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 L'Europe, maillon faible de l'impérialisme

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Xuan
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   Posté le 15-07-2018 à 16:05:16   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

le premier de cordée ...





Edité le 15-07-2018 à 16:06:18 par Xuan




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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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   Posté le 15-07-2018 à 20:28:25   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

sur Arrêt sur Images, des remarques fondées sur l'analyse des faits, un point de vue matérialiste sur la façon "douche écossaise" de Trump :

http://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/de-la-trumpologie-et-de-la-recherche-de-bugs

DE LA TRUMPOLOGIE ET DE LA RECHERCHE DE BUGS


"A l'OTAN, Trump souffle le chaud et le froid" , annonce le journal matinal de France Inter. Rien de plus commode que ces clichés journalistiques, pour tenter de décrire des événements auxquels on ne comprend pas grand chose, ou dont l'explication exigerait davantage que les vingt secondes réglementaires.

Pourquoi tant de haine de Trump à l'égard de l'Allemagne ? Pourquoi, à peine avait-il posé le pied à Bruxelles, expliquait-il que l'Allemagne était "complètement contrôlée par la Russie", à propos d'un projet de pipeline exportant vers l'Allemagne du gaz russe ? Pourquoi ces incompréhensibles provocations à l'égard des alliés de l'OTAN, exigeant d'eux une hausse du budget de la Défense à hauteur de 4%, alors qu'ils s'essoufflent déjà à atteindre les 2% exigés ?

Site de bonne réputation, Politico passe en revue les raisons possibles. Les origines allemandes du promoteur-président ; sa misogynie ; l'inaptitude de Merkel à la flatterie (à l'inverse de Macron ou Abe), etc etc. En fait, on peut tenter de procéder dans la recherche des comportements trumpiens comme dans la recherche de causes d'un bug apparemment aléatoire : chercher le point commun caché.

A lire de près les déclarations de Trump à l'OTAN, toutes peuvent avoir une explication commune : commerciale. Quand il exprime sa mauvaise humeur à l'égard du pipeline Nord Stream 2, qui doit acheminer vers l'Europe du gaz russe en évitant soigneusement l'Ukraine, ce n'est pas (seulement?) par tropisme pro-ukrainien. C'est parce que les USA sont dans une stratégie d'exportation vers l'Europe de leur propre gaz naturel. Quant à son exigence soudaine des 4%, est-il possible de la détacher des efforts américains pour vendre à l'Europe le F 35, l'avion le plus coûteux de tout le programme de l'aviation militaire ? Même si ces choses passent largement au-dessus de la tête des médias généralistes, qui traitent d'affaires footballistiques plus urgentes, la bataille commerciale autour du F 35 fait rage. On peut regarder ici un argumentaire anti F 35. Ou lire là une bonne synthèse des enjeux.


F 35

Comme dans le cas des sanctions iraniennes, ne vous demandez pas ce que pense Trump. Demandez vous ce qu'il a à vendre. Je ne dis pas que ce soit une clé universelle de la trumpologie. Certains bugs, et tous les développeurs qui me lisent me comprendront, restent désespérément incompréhensibles. Je dis seulement qu'elle semble cohérente.

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   Posté le 15-07-2018 à 23:58:12   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'UE en quête d'alliances contre Trump en Chine


Par Le Figaro.fr avec AFP Mis à jour le 15/07/2018 à 11:44
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/07/15/97002-20180715FILWWW00027-l-ue-en-quete-d-alliances-contre-trump-en-chine.php

Les dirigeants de l'Union européenne se rendent lundi et mardi à Pékin puis à Tokyo pour renforcer les relations commerciales avec ces deux pays afin de faire bloc si le président américain Donald Trump déclenche une guerre commerciale mondiale.

La tournée asiatique des représentants de l'Union européenne s'inscrit dans une démarche d'alliances forgées par l'UE - 28 pays, 500 millions d'habitants, le plus grand marché unique du monde - face au protectionnisme de l'administration de Trump dont le slogan est "América First".

Le président du Conseil européen Donald Tusk et le chef de la Commission Jean-Claude Juncker participeront lundi à Pékin au 20e sommet UE-Chine et s'entretiendront avec le président Xi Jinping le jour où Donald Trump rencontrera le président russe Vladimir Poutine à Helsinki.

Le sommet devrait être l'occasion pour les dirigeants de la Chine et de l'Ue de réaffirmer leur engagement commun en faveur d'une modernisation de l'Organisation mondiale du commerce à laquelle le président américain s'oppose.

Mais l'UE et la Chine devront aplanir les divergences sur les pratiques commerciales restrictives de Pékin, y compris le "dumping" des importations chinoises bon marché, en particulier de l'acier.

Certaines de ces préoccupations sont partagées par Washington.

L'UE a porté plainte à l'OMC contre la décision des USA d'imposer des droits de douane sur les exportations d'acier et d'aluminium et contre la Chine pour s'opposer "au transfert injuste de technologie" des entreprises européennes actives en Chine

"Si les acteurs de ce monde ne respectent pas les règles, alors le système risque de s'effondrer" , avait expliqué la Commission européenne pour justifier ses plaintes.

Donald Tusk et Jean-Claude Juncker se rendront ensuite mardi à Tokyo pour la signature d'un accord de libre-échange avec le Japon. La rencontre était initialement prévue la semaine dernière à Bruxelles mais le premier ministre japonais Shinzo Abe a été contraint d'annuler son voyage à cause des inondations mortelles au Japon.

L'accord avec le Japon est "historique" et constitue "le plus important jamais négocié par l'Union européenne" , a soutenu le porte-parole de la Commission européenne Margaritis Schinas.

"Cet accord créera une zone de libre-échange couvrant près d'un tiers du PIB mondial" , a-t-il expliqué.

A Tokyo, les discussions porteront également sur la présentation d'un front uni contre les Etats-Unis au sujet de leurs tarifs douaniers, le gouvernement japonais les ayant qualifiés d' "extrêmement déplorables" .

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   Posté le 18-07-2018 à 20:44:09   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un nouvel épisode de la série "je t'aime, moi non plus" entre les USA et l'UE, qu'illustre bien l'opposition hésitante des monopoles européens à l'hégémonisme US, et démontre la justesse de la thèse des Trois Mondes plus de quarante ans après :

Les Européens rejettent la demande américaine d’isoler l’Iran


Les Vingt-Huit ont adopté un instrument juridique pour protéger les entreprises européennes présentes dans ce pays contre les sanctions américaines.
Le Monde.fr avec AFP 16.07.2018
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/07/16/les-europeens-rejettent-la-demande-americaine-d-isoler-l-iran_5332309_3218.html


N’en déplaise à Donald Trump, les Européens ont rejeté, lundi 16 juillet, la demande des Etats-Unis d’isoler économiquement l’Iran. Les Vingt-Huit ont adopté un instrument juridique pour protéger les entreprises européennes présentes dans ce pays contre les sanctions américaines, a annoncé la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

« Nous avons approuvé l’actualisation du statut de blocage et nous prenons toutes les mesures pour permettre à l’Iran de bénéficier des retombées économiques de la levée des sanctions » , a expliqué MmeMogherini à l’issue d’une réunion avec les ministres des affaires étrangères des Etats membres de l’UE.

La loi de blocage européenne entrera en application le 6 août, date du premier volet des sanctions américaines. Le second volet entrera en vigueur le 4 novembre, pendant les élections de mi-mandat aux Etats-Unis.

Ce règlement établi en 1996 doit permettre de contrer le fait que les sanctions américaines s’appliquent à toutes les entreprises et personnes physiques dans le monde, en vertu du principe de l’extraterritorialité du droit américain. Nombre de grandes entreprises européennes comme le groupe pétrolier Total ont décidé de se retirer d’Iran s’ils ne sont pas exemptés des sanctions américaines.

Washington a refusé d’en dispenser les entreprises européennes après avoir dénoncé l’accord sur le nucléaire avec l’Iran.

« L’exercice est difficile »

Federica Mogherini a reconnu que « l’exercice est difficile » car le poids des Etats-Unis dans l’économie mondiale « n’est pas négligeable » . Et d’avertir :
« Je ne suis pas en mesure de dire si nos efforts vont suffire, mais nous faisons tout ce que nous pouvons pour éviter que l’accord sur le nucléaire avec l’Iran ne meure, car les conséquences seraient catastrophiques pour tous. »

Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves le Drian, a insisté pour sa part sur « la nécessité de permettre à l’Iran de continuer à vendre son pétrole » :
« L’UE et les autres signataires de l’accord conclu avec Téhéran en 2015, la Chine et la Russie, cherchent un mécanisme financier permettant de garantir à l’Iran la capacité d’exporter son pétrole. »

Le secteur de l’énergie a fourni 50 milliards de dollars (42 milliards d’euros) de recettes à l’Etat iranien en 2017, selon les données européennes. Les ressources proviennent essentiellement du pétrole, car les exportations de gaz sont très faibles – 10 milliards de mètres cubes en 2017.

L’Iran exporte 3,8 millions de barils de pétrole par jour ; 20 % sont achetés par l’UE et 70 % par la Chine et d’autres pays d’Asie, d’après les chiffres de l’UE. Les services du commissaire européen à l’énergie, Miguel Arias Cañete, travaillent sur ce mécanisme et « des propositions sont attendues » , a-t-on dit de source diplomatique.

L’euro et non plus le dollar devrait être la devise utilisée pour les transactions sur le pétrole iranien, réglées via des transferts entre les banques centrales européennes et la banque centrale iranienne. Des assurances seront en outre souscrites dans les Etats européens importateurs pour les cargaisons, comme cela se fait en Grèce, en France et en Italie.


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La dialectique matérialiste nous apprend qu'une chose engendre son contraire :
Ici l'euro remplace le dollar.
Les paiements se font de banque centrale européenne à banque centrale iranienne.
Idem pour les assurances.
Ce processus prend le contre-pied des abandons successifs dus à la pression du dollar sur les entreprises.
En définitive Trump est en train d'obliger l'UE a accroître son autonomie, ce qui va à l'encontre de l'hégémonisme US.


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   Posté le 05-08-2018 à 23:31:08   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Global Times publie un article de Fabio Massimo Parenti de l'Institut Laurent de Médicis - collège mariste : http://ldminstitute.academia.edu/FabioMassimoParenti/CurriculumVitae
Il analyse les rapports US / UE, les contradictions européennes, et appelle à soutenir le multilatéralisme et à renforcer la coopération avec la Chine



Réorienter l'Europe dans un monde en mutation

Par Fabio Massimo Parenti Source: Global Times Publié: 2018/8/5


L'article de Krastev dans le magazine FP "3 versions de l'Europe s'effondrent au même moment" mérite l'attention. Son analyse fait partie d'un large débat sur la fragilité européenne et occidentale au cours des 20 dernières années.

Les problèmes européens, sous l’apparition de nouvelles forces politiques et de faiblesses de l’union monétaire, ont suscité des revendications de réforme de l’Union européenne ou d’abandon du bloc. Malgré la volonté officielle de maintenir en vie l'espace euro et l'expérience de l'UE, il est urgent de faire face sérieusement aux problèmes structurels prolongés, qui ont été largement débattus dans les articles et les livres ces dernières années.

Cependant, l’élite politique et la bureaucratie européenne n’ont pas compris, défendant idéologiquement l’UE, indépendamment de la réalité. Beaucoup ont attribué les problèmes actuels de l'UE aux nouvelles politiques du président américain Donald Trump sur l'OTAN et les questions commerciales. Cependant, de nombreux problèmes sont apparus des années avant que Trump ne prenne le pouvoir.

En nous concentrant sur les nouveaux tours dits culturels, nous risquons de perdre l’occasion d’améliorer l’expérience européenne en fonction de ses phases historiques mouvementées. Nous devons nous attaquer aux problèmes structurels européens.

Un exemple: l’Italie, le père du rêve de l’intégration européenne, connaît la plus longue crise socioéconomique de l’histoire républicaine. Alberto Bagnai, sénateur de Lega, a clairement indiqué comment réorienter la voie européenne: "Les règles ne sont pas des totems mais des instruments pour s’adapter à l’époque. L’application rigide de règles souvent irrationnelles est incompatible avec la solidarité. comme alibi de la classe politique " , a conclu Bagnai.

L'Occident perd son attractivité. Pas depuis que Trump est arrivé au pouvoir, mais depuis des années. L ' "impératif d'imitation" du modèle occidental s'est avéré erroné par rapport à la catastrophe économique et géopolitique d'un projet européen intégré dans une alliance militaire et économique consolidée avec les États-Unis. Un projet européen, tombé depuis les années 1980 dans le piège néolibéral, a déjà échoué dans de nombreuses régions du monde et dans les pays du cœur.

Dans son article, Krastev suggère que l'UE doit forger sa propre puissance militaire. Cependant, Washington n'accepterait pas une Europe purement indépendante, militairement et stratégiquement. Les États-Unis veulent une Europe militairement inféodée à l’OTAN dirigée par les États-Unis, un marché économiquement fort, mais géopolitiquement faible.

Surtout, pendant une période historique au cours de laquelle l'Europe recrée des ponts avec la Chine, les États-Unis ont peur de perdre leur influence. Les États-Unis ne veulent pas de la désintégration de l'UE, mais ils ne souhaitent pas non plus une UE forte, une entité géopolitiquement indépendante.

Permettez-moi de rappeler une citation d’un article de 2005 de Robert Kaplan publié par The Atlantic et intitulé de manière significative "Comment nous combattrions la Chine" . Dans l’article, l’influence néo-néo-conservatrice exprimait la position structurelle des États-Unis vis-à-vis de l’Europe: «L’OTAN et une force de défense européenne autonome ne peuvent prospérer toutes les deux. , pas une responsabilité, comme nous le faisons face à la Chine. "

Les frictions commerciales transatlantiques créent de graves tensions entre les deux côtés de l'océan, même si des signes d'amélioration sont apparus lors de la dernière réunion aux États-Unis. L'approche de Trump vis-à-vis de l'OTAN et de la Russie pourrait potentiellement repenser la posture impérialiste du système américano-américain. Par ailleurs, l’annonce récente par le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, de l’intention des États-Unis d’investir dans le développement de la région indo-pacifique est une forme plus faible de maintien de la concurrence face à la montée pacifique de la Chine.

Je pense qu’il est historiquement impossible de dissocier les phases européennes de l’intégration avec l’expansionnisme américain, par le biais des entreprises et de la puissance militaire. Les médias traditionnels omettent souvent cette partie historique. Au sujet des fragilités européennes, des crises passées et actuelles, nous devons souligner les transformations internationales du monde entier au cours des dernières décennies, financièrement, commercialement, géopolitiquement.

Par conséquent, les crises européennes ont émergé en raison d'une combinaison d'erreurs politiques et économiques internes et internationales, liées à un groupe de coresponsabilité. Par exemple, le déséquilibre structurel en Europe a à voir avec les erreurs internes: "La désarticulation de l’Union européenne a commencé lorsque le potentiel destructeur de l’architecture communautaire a émergé, centré sur un pays exportateur structurel comme l’Allemagne, de ce point de vue, la monnaie unique a accentué les écarts de compétitivité entre les pays », a déclaré Giacomo Gabellini, chercheur indépendant et auteur du livre Eurocrack, 2015.

À l'échelle géographique mondiale, mener des guerres contre des États souverains, tels que la Serbie, la Libye ou la Syrie, pour n'en citer que quelques-uns, ne peut être interprété comme un facteur marginal des crises migratoires et des problèmes régionaux en Europe. En outre, soutenir le coup d'État en Ukraine, comme l'ont fait les États-Unis sous l'administration Obama, a signifié le soutien aux forces néo-nazies, un "gouvernement démocratique" légitimé par les États-Unis et leurs partenaires (absurdement en Europe). des forces d'inspiration nazie d'extrême droite.

Ce point est complètement négligé par le discours général américain, qui a créé un brouhaha sur l'ouverture de Trump au président russe Vladimir Poutine, une approche coopérative, et des mensonges sur l'ingérence constante dans des pays souverains par des méthodes non démocratiques et violentes.

L'UE se rend compte qu'elle peut se réformer en prenant au sérieux les critiques nombreuses et bien fondées, tout en repensant son rôle international. Soutenir le multilatéralisme, comme le prétend toujours l’UE, l’oblige à renforcer la coopération avec la Chine, qui offre une opportunité au monde entier grâce à une approche coopérative ouverte, clairement résumée par l’ initiative Belt and Road .


L'auteur est professeur agrégé d'études internationales à l'Institut Lorenzo de 'Medici, Florence, membre du groupe de réflexion CCERRI, Zhengzhou, et membre d'EURISPES, Laboratorio BRICS, Rome. Son dernier livre est Geofinance and Geopolitics, Egea. opinion@globaltimes.com.cn

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   Posté le 06-08-2018 à 22:36:52   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Nouvel épisode de la politique louvoyante de l'UE face à l'hégémonisme. Cette fois l'Europe sent que la Chine ou la Russie pourraient profiter de leur désengagement en Iran :
http://francais.rt.com/economie/50766-iran-total-risque-perdre-acces-gisement-south-pars-profit-chine
Tout bien pesé l'intérêt des monopoles européens est de maintenir l'accord sur le nucléaire iranien.
Il apparaît ainsi que le développement des pays émergents et de leurs relations économiques aboutit à accentuer les contradictions entre premier et second monde, et déstabiliser l'alliance impérialiste occidentale.


L'UE, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni maintiennent leurs relations économiques avec l'Iran malgré les sanctions américaines


BRUXELLES, 6 août (Xinhua) -- Alors que les Etats-Unis s'apprêtent à rétablir les sanctions contre l'Iran dès lundi, l'Union Européenne (UE) et trois de ses poids lourds (Royaume-Uni, France et Allemagne) ont fait savoir qu'ils maintiendraient leurs relations économiques avec Téhéran.

La cheffe de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini, actuellement en tournée officielle en Asie, a publié une déclaration commune avec les ministres des Affaires étrangères du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne, dans laquelle ils se disent "déterminés à protéger les opérateurs économiques européens engagés dans des activités commerciales légitimes avec l'Iran" .

Ces derniers affirment que l'accord sur le nucléaire iranien, également connu sous le nom de Plan d'Action Global Conjoint (PAGC), fonctionne et atteint ses objectifs. Ils ont souligné que l'accord était "un élément clé de l'architecture de non-prolifération nucléaire, crucial pour la sécurité de l'Europe, de la région et du monde entier" .

"C'est pourquoi la loi de blocage mise à jour de l'Union Européenne entre en vigueur le 7 août afin de protéger les entreprises européennes sous contrats commerciaux légitimes avec l'Iran de l'impact des sanctions extra-territoriales américaines" , ont poursuivi les responsables.

Selon eux, les parties restantes du PAGC maintiendront des canaux financiers avec l'Iran et continueront à acheter du pétrole et du gaz iraniens.

"Préserver l'accord sur le nucléaire iranien revient à respecter les accords internationaux et à assurer la sécurité internationale" , ont-ils poursuivi.

Depuis son retrait du PAGC en mai, Washington tente de rétablir des sanctions sur l'Iran dans le but de bloquer ses transactions financières internationales et de réduire ses exportations de pétrole à zéro.

Dans le cadre du PAGC, l'Iran a accepté de limiter son programme nucléaire en échange du retrait des sanctions liées au nucléaire.

Les premières sanctions américaines seront imposées le 6 août et viseront le secteur automobile iranien, son commerce de l'or et d'autres métaux.
Les autres sanctions seront rétablies le 4 novembre, ciblant le secteur de l'énergie, les transactions pétrolières et les transactions avec la Banque Centrale Iranienne.
Depuis que Donald Trump s'est retiré de l'accord sur le nucléaire, les pays européens se sont efforcés de faire en sorte que l'Iran obtienne assez de bénéfices économiques pour le convaincre de rester dans l'accord.


Edité le 06-08-2018 à 22:59:56 par Xuan




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   Posté le 06-08-2018 à 22:59:12   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'Union européenne active le «blocage» des sanctions américaines contre l'Iran


http://francais.rt.com/economie/53209-union-europeenne-active-blocage-sanctions-americaines-contre-iran
6 août 2018, 15:06 - Avec AFP


L'Union européenne «regrette profondément» la décision des Etats-Unis de rétablir des sanctions contre l'Iran, et a annoncé l'entrée en vigueur le 7 août d'une législation pour protéger les entreprises européennes présentes dans ce pays.

«Nous regrettons profondément la réimposition de sanctions par les Etats-Unis, en raison de leur retrait du Plan d'action global conjoint [JCPOA, le nom officiel de l'accord nucléaire iranien]» , ont déclaré le 6 août les ministres des Affaires étrangères de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni, les trois pays de l'Union européenne (UE) impliqués dans la conclusion de l'accord conclu en 2015, dans un communiqué conjoint avec le chef de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini.

Les signataires de la déclaration de l'UE ont ajouté : «Nous sommes déterminés à protéger les opérateurs économiques européens engagés dans des affaires légitimes avec l'Iran [...] C'est pourquoi le statut de blocage mis à jour par l'Union européenne entre en vigueur le 7 août» .

«les conséquences seraient catastrophiques pour tous»

La loi dite «de blocage» a été adoptée par l'Union en 1996 pour contourner les sanctions américaines contre Cuba, la Libye et l'Iran, mais n'avait jamais été utilisée. Son actualisation a été approuvée par les ministres des Affaires étrangères de l'UE le 16 juillet. Elle interdit aux entreprises européennes de se conformer aux effets extraterritoriaux des sanctions américaines, sous peine de pénalités fixées par chaque Etat membre.

«Je ne suis pas en mesure de dire si nos efforts vont suffire, mais nous faisons tout ce que nous pouvons pour éviter que l'accord sur le nucléaire avec l'Iran ne meure car les conséquences seraient catastrophiques pour tous» , avait averti Federica Mogherini le 16 juillet. «L'exercice est difficile, car le poids des Etats-Unis dans l'économie mondiale n'est pas négligeable» , avait-elle reconnu.

La Banque européenne d'investissements (BEI) a ainsi renoncé à soutenir les investissements européens en Iran car, comme toutes les banques de l'UE, elle doit lever des capitaux sur les marchés, selon son président Werner Hoyer.

De même, la plupart des grands groupes européens vont se retirer d'Iran car «leurs financements et leur actionnariat sont en partie américains», ont expliqué les responsables européens.

L'UE et «les autres parties au JCPOA [la Chine et la Russie] se sont engagées à travailler, entre autres, à la préservation et au maintien de canaux financiers efficaces avec l'Iran et à la poursuite des exportations iraniennes de pétrole et de gaz», ont précisé les Européens dans leur déclaration du 6 août. « Sur ces questions, comme sur d'autres sujets, notre travail se poursuit, y compris avec les pays tiers intéressés à soutenir le JCPOA et à maintenir des relations économiques avec l'Iran» , ont-ils ajouté.

Une première vague de nouvelles sanctions américaines contre l'Iran entrera en vigueur le 7 août. Elle comprendra des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, ainsi que des sanctions sur les achats dans le secteur automobile et l'aviation commerciale.

Le secteur de l'énergie sera touché par une seconde vague de sanctions américaines en novembre et la Commission européenne fera des propositions «fin septembre» pour permettre à l'UE de poursuivre ses achats de pétrole iranien, selon une source européenne proche du dossier citée par l'AFP.

L'Iran exporte 3,8 millions de barils de pétrole par jour dont 20% sont achetés par l'UE et 70% par la Chine et d'autres pays d'Asie, d'après les chiffres de l'UE.

L'euro, et non plus le dollar, devrait être la devise utilisée pour les transactions sur le pétrole iranien, réglées via des transferts entre les banques centrales européennes et la banque centrale iranienne.

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   Posté le 09-08-2018 à 14:54:51   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Cet exemple montre les conséquences des contradictions entre les capitalistes européens et l'hégémonisme US.
Il est clair qu'il n'y a aucune équivalence entre les divers impérialismes, que l'impérialisme US est une superpuissance hégémonique dictant sa loi au monde entier, et qu'il constitue toujours l'ennemi principal des peuples et des nations dans le monde.
Face à lui les impérialismes d'Europe font toujours partie du second monde défini par Mao Tsétoung, et leur opposition irrésolue correspond à la fois à la défense de leurs intérêts nationaux et aux rapports de subordination.


Les vaches de Normandie victimes des sanctions contre l'Iran
par Julie Carriat


http://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/les-vaches-de-normandie-victimes-des-sanctions-contre-l-iran-aa90cc2dcf50e0821cca97d7080b814c

PARIS (Reuters) - L'exportation vers l'Iran d'un millier de vaches charolaises de Normandie, élément d'un ambitieux et fructueux contrat pour développer l'élevage bovin dans ce pays, est victime du rétablissement des sanctions américaines contre Téhéran.

La décision de Donald Trump, entrée en vigueur mardi, a déjà entraîné le retrait préventif de plusieurs grandes entreprises françaises, comme le transporteur maritime CMA-CGM, tandis que PSA a annoncé avoir commencé la suspension des activités de ses coentreprises sur place et que les raffineurs européens, dont Total, se préparent à arrêter leurs achats de pétrole à l'Iran.
A une autre échelle, un accord qui s'était tissé en août 2016 entre un exportateur français et le groupe iranien Seamorgh, premier producteur d'oeufs frais du pays, en vue d'envoyer à terme quelque 20.000 vaches charolaises de Normandie vers Téhéran, voit ses livraisons suspendues.

Pour la sénatrice UDI de l'Orne, Nathalie Goulet, l'une des instigatrices du projet, le blocage de ce contrat de "plusieurs millions d'euros" qui devait développer une filière bovine de qualité en Iran est la preuve concrète de l'absence de système de protection français ou européen face à l' "extraterritorialité américaine" .

Inquiétudes des banques après les amendes records infligées à BNP Paribas ou au Crédit agricole en 2015 pour rupture d'embargo, réticence d'intermédiaires français soucieux de ne pas heurter des autorités américaines avec lesquelles ils commercent par ailleurs, les raisons du blocage sont doubles, explique-t-elle.

PROMIS AU SUCCÈS

En octobre 2017, 310 broutards charolais élevés en Normandie étaient pourtant partis vers l'Iran, un premier envoi test, inédit, qui devait vérifier leur acclimatation et leur engraissement dans les infrastructures locales.

"Tout ça a été un succès et on était donc partis sur d'autres lots, à hauteur de 20.000 vaches par an" , explique de son côté le directeur général de l'agence de développement économique de Normandie, Alexandre Wahl, autre soutien du projet.
Mais les transactions qui devaient se faire par le biais de lettres de crédit présentées par l'importateur, dans un premier temps acceptées par les banques françaises, sont désormais refusées, malgré la venue en juin de représentants de l'importateur iranien pour négocier auprès des institutions.

Second obstacle, l'un des principaux fournisseurs de bovins du contrat, la coopérative Agrial, présente aux Etats-Unis, s'est retirée du projet dans le sillage des annonces de Donald Trump, rapporte en outre la sénatrice Nathalie Goulet, une mesure que le groupe, contacté, n'a pas souhaité commenter.
Au total, trois livraisons représentant près de mille animaux qui devaient suivre l'essai réussi ont été suspendues, a confirmé Alexandre Wahl, qui n'exclut pas que des moyens de contournement puissent être trouvés à terme.
"Toute action de la Commission européenne sera la bienvenue" , souligne-t-il.

"UNE RIPOSTE À L'EXTRATERRITORIALITÉ" ?

La Commission a activé mardi la "loi de blocage", dispositif de protection des entreprises européennes contre les sanctions que les Etats-Unis s'apprêtent à réinstaurer contre l'Iran.

"La loi de blocage ouvre aux opérateurs de l'UE le droit d'être indemnisés, par les personnes qui en sont à l'origine, de tout dommage découlant des sanctions extraterritoriales imposées par les États-Unis et annule les effets dans l'Union européenne de toute décision de justice étrangère fondée sur ces sanctions" , précise la Commission.

Pour la sénatrice Nathalie Goulet, cette loi peine cependant à dissiper les inquiétudes des petites et moyennes entreprises, comme des banques : "Est-ce que financièrement la Commission va couvrir les risques ? Il faut plus d'Europe et il surtout trouver une riposte à l'extraterritorialité américaine."

D'autres groupes agroalimentaires normands pâtissent du retrait unilatéral des Etats-Unis, note-t-elle, notamment la filière lait infantile de la laiterie Isigny-Sainte-Mère.

Quant à contourner les sanctions, "il n'est pas du tout impossible qu'on y arrive" , estime la sénatrice, "mais c'est loin d'être simple" . L'élue évoque la piste d'un pays tiers.

Les exportations agricoles françaises vers l'Iran ont représenté l'an dernier 19,5 millions d'euros, soit 1,3% du total des exports de près de 1,5 milliard d'euros.
La France est le 9e fournisseur de l'Iran à l'échelle mondiale et son deuxième partenaire commercial au sein de l'Union européenne, derrière l'Italie et devant l'Allemagne, selon les derniers chiffres de la direction générale du Trésor.

(avec Valérie Parent et Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)

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Xuan
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   Posté le 27-08-2018 à 08:06:47   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les relations entre la Russie et l'Allemagne sont d'abord économiques. Mais les sanctions US ont rapproché Merkel et Poutine.
On se souvient que certains camarades avaient dénoncé une Europe dirigée par l'atlantiste Merkel.
Les faits montrent que depuis de nombreuses années c'est la France qui se couche le plus souvent devant l'hégémonisme US et participe le plus activement à ses campagnes militaires. Macron n'a guère modifié la position pro US des socialos.
Il est nécessaire de fonder notre point de vue sur les faits et non sur des a priori chauvins.


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Rencontre avec Poutine: un journal polonais fustige l’«acte de trahison» de Merkel


© Sputnik . Mikhael Klimentyev http://fr.sputniknews.com/international/201808171037707870-poutine-merkel-trahison-journal-pologne/

17:29 17.08.2018
Les entrevues d'Angela Merkel avec le chef d'état-major des Forces armées russes, Valeri Guerassimov, en juillet puis avec Vladimir Poutine ce samedi donnent une image déplaisante de la chancelière, selon le journal polonais Gazeta Prawna, qui considère avec scepticisme les deux pays et craint que Varsovie ne fasse les frais de ces rencontres.

Merkel: le sommet Allemagne-France-Russie-Turquie sur la Syrie peut avoir du sens
Les récentes démarches du gouvernement allemand semblent décevoir la presse polonaise. Un sentiment de méfiance non seulement envers la Russie, mais aussi envers Angela Merkel, qui a décidé d'accueillir Valeri Guerassimov, chef d'état-major des Forces armées russes, en juillet et Vladimir Poutine en août, s'y fait sentir.
C'est notamment le journaliste de Gazeta Prawna, Zbigniew Parafianowicz, qui ne voit pas de bons signes dans cette remise en cause de l'isolement de la Russie et s'inquiète du fait que les pays baltes, dont la Pologne, et l'Ukraine doivent supporter les possibles conséquences de cette «faiblesse» de l'Allemagne.

Le premier reproche concerne l'accueil du chef d'état-major des Forces armées russes interdit d'entrée en Australie, au Canada, au Lichtenstein, en Suisse et dans l'Union européenne après les événements du printemps 2014 en Ukraine: le journaliste relève que la chancelière allemande, leader informel de l'UE, l'a accueilli fin juillet justifiant cette rencontre par les intérêts de son pays.

C'est pourquoi la rencontre avec le Président Poutine fixée au 18 août ne pose pas non plus de problème à Berlin, déplore l'auteur de l'article.
Bien que des hommes politiques allemands soient convaincus qu'il faut considérer la rencontre Merkel-Poutine dans un contexte global et y voir une opportunité de coopération pragmatique là où elle est possible, Gazeta Prawna refuse de prendre au sérieux leur point de vue. En guise de contre-argumentation, l'article souligne que Varsovie ne peut pas rester indifférent à ce sujet «se trouvant à une distance de 10 minutes de vol d'un missile Iskander-M, lancé depuis le territoire de la région de Kaliningrad».

«Une fracture dans l'isolement de Guerassimov et les pourparlers avec Poutine, c'est une trahison diplomatique» , insiste le journaliste. «En pliant face au Kremlin, Berlin a affaibli la sécurité du flanc est de l'Otan» , ajoute-t-il.

A plusieurs reprises, la Pologne a fait preuve d'une profonde méfiance à l'encontre de la Russie et a tenté de communiquer ce sentiment à d'autres pays membres de l'UE. En mai dernier, la Défense polonaise a publié un document proposant aux États-Unis de construire à ses frais une base militaire pour y installer en permanence une division blindée américaine. La proposition a été motivée traditionnellement par «la position ferme et dangereuse de la Russie, qui menace l'Europe» . Varsovie s'est dit prêt à débloquer à ces fins entre 1,5 et 2 milliards de dollars.

Plus tôt dans la journée, Angela Merkel a donné des précisions sur le caractère des ses pourparlers avec le Président russe, soulignant qu'il s'agirait d'une rencontre de travail qui témoignerait de la détermination de la partie allemande à entretenir de bonnes relations avec la Russie. Selon elle, le nombre des problèmes communs — du dossier ukrainien au dossier syrien et à celui la coopération dans le domaine économique — justifie un dialogue permanent entre les deux pays. Le sujet du sommet Allemagne-France-Russie-Turquie sera également abordé, a-t-elle assuré.

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   Posté le 14-01-2019 à 23:37:47   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Nouvel épisode du diktat US sur le second monde. Les USA accusent l'Allemagne d'être prisonnière de la Russie pour s'approvisionner chez elle, e la menacent de sanctions :

Le gouvernement Trump menace désormais les entreprises allemandes associées au projet controversé de gazoduc Nord Stream 2 de «sanctions».


http://www.liberation.fr/planete/2019/01/14/gazoduc-nord-stream-2-les-etats-unis-accentuent-la-pression-contre-l-allemagne_1702787

"Ce pipeline, dont la construction a déjà commencé, prévoit d’acheminer 55 milliards de mètres cubes de gaz russe par an vers l’Europe via la mer Baltique – c’est plus du double de ce qu’achemine déjà Nord Stream 1, inauguré en 2011. Nord Stream 2 devrait ainsi rendre l’Europe particulièrement dépendante de la Russie d’un point de vue énergétique. Le projet associe Gazprom à plusieurs entreprises européennes : Shell, OMV en Autriche, Wintershall et Uniper en Allemagne, et Engie en France.

Allemagne «prisonnière» de la Russie

De manière générale, Nord Stream 2 suscite bien des hostilités. Plusieurs pays d’Europe de l’Est y sont opposés, notamment la Pologne, privée de précieux droits de transit. Mais le plus virulent de ses contempteurs s’appelle Donald Trump.

Le président américain critique le projet depuis des mois : en juillet, lors du sommet de l’Otan à Bruxelles, il accusait déjà, dans une hallucinante diatribe, l’Allemagne d’être «complètement contrôlée par la Russie» , utilisant même le terme de «prisonnière».
L’Allemagne, estimait-il alors, « paie des milliards de dollars à la Russie pour ses approvisionnements en énergie et nous devons payer pour la protéger contre la Russie. Comment expliquer cela ? Ce n’est pas juste.» Depuis cet été, les pressions se sont intensifiées. Désormais, l’ambassadeur des Etats-Unis à Berlin, le sulfureux «Trump boy» Richard Grenell, a pris le relais.

Dans une lettre de deux pages datée du 3 janvier, le diplomate menace les entreprises allemandes associées au projet. «Comme vous le savez, les Etats-Unis s’opposent fortement à Nord Stream 2», attaque-t-il bille en tête, avant de conclure : «C’est pourquoi je demande, au nom de mon gouvernement, que votre entreprise prenne en considération le danger que ce projet représente pour la sécurité énergétique européenne, ainsi que les coûts en matière de réputation et les risques de sanctions qui pourraient y être associés.» Sanctions : le mot est lâché – et Grenell l’a répété dans une interview ultérieure, donnée au quotidien économique Handelsblatt..."

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   Posté le 09-02-2019 à 08:48:50   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Xinhua relève la division au sein de l'Europe mais aussi en Italie même. Ce sont les contradictions internes qui sont la cause des transformations, de la même façon la lutte de classe en France peut modifier la politique étrangère de notre pays.
On note que c'est 5 étoiles qui s'oppose à la reconnaissance de Guaido.
Sans faire d'amalgame dans la mesure où il s'agit d'un mouvement organisé, il existe quelques correspondances avec certaines positions des GJ sur la démocratie directe et l'antipartisme . Ceci correspond à une tendance idéologique de fond.



La division entre l'Italie et les grands pays de l'UE sur le Venezuela reflète aussi une division interne
(ANALYSE)


ROME, 8 février (Xinhua) -- L'Italie a bloqué cette semaine une proposition de l'Union européenne (UE) visant à reconnaître le principal dirigeant d'opposition, Juan Guaido, comme président par intérim, une décision que les analystes interprètent non seulement comme une divergence avec les autres États-membres mais aussi comme une division interne de l'Italie.

Les États-membres de l'UE ont débattu plusieurs jours de la manière de régler la question du Venezuela avant de parvenir à cette proposition, et certains pays appelaient à soutenir l'opposition, tandis que d'autres étaient sceptiques sur le précédent que constituerait la reconnaissance d'un dirigeant autoproclamé.

Une déclaration conjointe de l'UE reconnaissant M. Guaido comme président par intérim a finalement été contrée par le veto de l'Italie.

"Le mouvement 5 étoiles et ce gouvernement ne reconnaîtront jamais des personnes qui se désignent elles-mêmes comme présidents" , a déclaré Alessandro Di Battista, député et figure emblématique du mouvement 5 étoiles.

Ce développement plonge les responsables de l'UE dans l'incertitude sur la manière de procéder sans le soutien de l'un des membres fondateurs du bloc.

Une première étape a consisté dans la publication par un groupe de pays européens, dont la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, d'une déclaration informelle de soutien à M. Guaido.

Le Venezuela a rejeté lundi cette déclaration, estimant que cette décision "est une violation flagrante des principes et des pratiques régissant les relations diplomatiques, ouvrant un précédent dangereux pour la coexistence entre les pays".

Parallèlement, M. Guaido enverra à Rome une équipe de diplomates pour courtiser le soutien des dirigeants italiens. Ces diplomates doivent arriver lundi prochain.

Le recours au "droit de veto" n'est pas une nouveauté au sein de l'UE, soulignent des experts, toutefois il est rare qu'il soit invoqué dans le cadre des relations internationales.

"Il est parfaitement légal pour un pays de mettre son veto à une déclaration conjointe, et cela arrive parfois dans certains domaines. Toutefois, en matière de relations internationales, cela est très rare" , a souligné à Xinhua, Nicola Missaglia, chargée de recherche de l'Institut italien d'études de politique international, un cabinet de réflexion.

De plus, des analystes italiens soulignent que cela illustre une division au sein des dirigeants italiens, ce qui pourrait avoir des conséquences graves pour le pays.

En effet, le gouvernement n'est pas uni sur cette question, estiment-ils. La Ligue, parti nationaliste et partenaire minoritaire du gouvernement italien, a déclaré que M. Guaido devrait selon elle diriger le Venezuela. Quant au président italien, Sergio Mattarella, il a appelé les partenaires de coalition à "faire preuve de responsabilité en exprimant clairement une position commune" avec l'Union européenne.


Edité le 09-02-2019 à 09:06:56 par Xuan




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   Posté le 28-02-2019 à 08:46:31   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

l'approche des élections européennes nous invite à approfondir nos connaissances sur le sujet, d'autant que de nombreux éléments se sont ajoutés au dossier comme la crise des réfugiés, le Brexit et les tendances centrifuges dites "populistes" ou souverainistes.
Les pressions dues au déclin des USA, leurs sanctions économiques et financières se sont accentuées.
Ce qui n'est pas sans incidence sur les contradictions internes, de classe, au sein des pays européens, ou encore entre les deux puissances dominantes.
Au chapitre des contradictions franco-allemandes, cet article de Xinhua
:


http://french.xinhuanet.com/2019-02/28/c_137855538.htm
Entre Paris et Berlin, une difficile recherche de compromis nécessaires à la relance de l'UE


PARIS, 27 février (Xinhua) - Au-delà de l'unité affichée, mercredi, à Paris, entre le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, de multiples sujets de désaccords, notamment sur les dossiers économiques, opposent Paris et Berlin.

Des questions d'autant plus épineuses pour ces deux grands leaders, fragilisés dans leur pays respectif, alors que se profilent les élections européennes de mai.

Lors d'une conférence de presse conjointe à l'Elysée, mercredi, le président français et la chancelière allemande ont, comme à l'accoutumée, présenté le visage de la concorde et de l'unité du "couple franco-allemand".

Sur la question du Brexit, ils sont sur la même longueur d'onde, ont-ils clairement fait comprendre aux journalistes, au lendemain de l'annonce par la Première ministre britannique Theresa May d'un éventuel report du départ du Royaume-Uni de l'UE prévu le 29 mars à la fin juin.

"L'accord de retrait ne peut être renégocié", a déclaré le président français. "Si les Britanniques ont besoin de davantage de temps, nous pourrons examiner une demande d'extension", a-t-il ajouté, en précisant: "Si elle est justifiée".

Mais, au-delà de leur unité affichée, M. Macron, confronté à une crise sociale et politique sans précédent depuis plusieurs mois, et Mme Merkel, qui a renoncé à briguer un nouveau mandat, apparaissent tous deux fragilisés : dans une certaine mesure, ils sont otages des débats de politique intérieure et sous la pression de leur électorat respectif.

Le président français, empêtré dans la crise des "gilets jaunes" et confronté aux violences qui ont émaillé les manifestations depuis mi-novembre dernier, a d'ailleurs une nouvelle fois été interrogé lors de la conférence de presse sur la politique du gouvernement face à cette contestation toujours vivace malgré le lancement du grand débat le 15 janvier dernier.

"Je ne laisserai pas les forces de l'ordre sans aucun moyen de se défendre, face à des gens qui arrivent avec les pires intentions", a-t-il lancé en réponse à une question sur les lanceurs de balles de défense et leur dangerosité, au lendemain des vives critiques du Conseil de l'Europe qui a appelé Paris à suspendre leur utilisation.

Face aux nombreux sujets de désaccords qui divisent Paris et Berlin, la chancelière allemande a de son côté souligné devant les journalistes les nécessaires "compromis" à trouver.

Lors de leur déjeuner de travail, les deux leaders européens ont évoqué "les principaux sujets à l'ordre du jour du Conseil européen de mars (politique industrielle européenne, renforcement de la zone euro, lutte contre la désinformation), le Brexit, les relations transatlantiques et la situation internationale, ainsi que la relation de défense entre la France et l'Allemagne", a précisé l'Elysée.

La mise en oeuvre du traité de coopération et d'intégration franco-allemand signé le janvier à Aix-la-Chapelle était également au menu.

Macron et Mme Merkel ont d'ailleurs insisté devant la presse sur le moteur que représente pour l'Union européenne l'axe Paris-Berlin et plaidé en faveur du travail réalisé entre les deux pays depuis l'élection du président français en mai 2017.

Mais, malgré la signature du traité d'Aix-la-Chapelle, censé revitaliser la coopération entre les deux pays, les divergences entre la France et l'Allemagne restent nombreuses, notamment sur les dossiers économiques et la question de la souveraineté européenne, comme nationale.

M. Macron a d'ailleurs été interpellé sur la décision des Pays-Bas relative à la compagnie aérienne Air France KLM, pour le moins fraîchement accueillie par Paris. Il a rappelé que le ministre de l'Economie des Pays-Bas est attendu à Paris pour s'expliquer sur l'entrée de son pays au capital d'Air France KLM. "Le gouvernement français n'a pas été informé de cette décision. J'en prends note. Il appartient au gouvernement néerlandais de clarifier cette décision.", a-t-il dit.

Parmi les gros dossiers qui cristallisent les divisions entre Paris et Berlin figurent en bonne place le refus de l'Allemagne de soutenir une taxe en Europe pour les géants du numérique ou encore la prise de distance de la France sur le projet du gazoduc Nord Stream 2.

D'autre part, face aux menaces américaines sur les automobiles importées, l'Allemagne voudrait que Bruxelles engage rapidement des négociations avec Washington tandis que la France s'inquiète pour ses produits agricoles.

En matière de politique industrielle, après le récent échec de l'union entre l'Allemand Siemens et le Français Alstom rejetée par la Commission européenne, Paris et Berlin plaident pour une modification du droit européen de la concurrence. Mais il va leur falloir convaincre les autres pays de l'UE et dépasser les égoïsmes nationaux.

Dans le cadre d'une nouvelle politique industrielle destinée à aider les entreprises européennes à résister à la concurrence internationale, un premier projet soutenu par les deux pays concerne la production de batteries pour les véhicules électriques.

La France et l'Allemagne ont par ailleurs avancé vers une position commune sur un budget de la zone euro qui vise à soutenir la croissance, la compétitivité et la convergence en son sein.

Concernant les questions relatives à la politique de défense européenne, Paris et Berlin s'approcheraient également d'un accord technique sur la question très délicate des exportations d'armements.

Le président français doit prononcer fin février-début mars un important discours sur l'Europe pour mobiliser les Européens en vue notamment des élections européennes de mai. Un discours d'autant plus attendu que pèsent sur le scrutin de multiples inconnues et que l'Union européenne, plus que jamais, cristallise les oppositions, notamment dans les rangs du mouvement des "gilets jaunes".

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pzorba75
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   Posté le 28-02-2019 à 13:54:24   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Finalement, les allemands et les français ne sont pas d'accord entre eux, mais d'accord avec leur maître américain ce qui est l'essentiel. Même bilan avec les hollandais alignés sur les américains et opposés aux français.
Est-ce nouveau? Il me semble que c'est du réchauffé.
Le maître américain trouvera bien une solution en désignant l'ennemi commun, la Russie, puisque l'URSS n'existe plus.

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Xuan
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   Posté le 05-03-2019 à 18:00:01   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Nous devrions étudier la dernière déclaration de Macron, «Pour une renaissance européenne» (discours ci-dessous).

Les éditorialistes bourgeois ont remarqué l' oubli du populisme, destiné à gommer les contradictions internes à l'Europe. Mais les discours ne changent pas les causes. En ce qui concerne les mesures pratiques :

Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à chaque État membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations.
Il s'agit de discipliner l'ensemble des pays européens afin de s'opposer aux tendances centrifuges et éviter la reproduction d'un Brexit.

Dans cet esprit d’indépendance, nous devons aussi interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères.
Ici c'est évidemment la censure des partis "populistes" comme le RN, mais là encore la tendance au séparatisme, le RN n'étant pas encore clairement identifié comme un parti européen.
L'Europe est effectivement prise en sandwich entre les USA et les pays émergents, dont la Russie, ce ne sont pas des divergences d'opinion mais des intérêts économiques réels.
Aucun discours ne peut résoudre de telles contradictions en particulier tant que les monopoles français seront soumis à l'hégémonisme US.
Mais ces mesures signifient aussi une domination ouverte des puissances franco-allemandes sur l'ensemble des pays européens.


Nous devrons bannir d’Internet, par des règles européennes, tous les discours de haine et de violence, car le respect de l’individu est le fondement de notre civilisation de dignité.
Ici il s'agit très exactement de censurer tout ce qui s'oppose à la domination des monopoles capitalistes.


Une police des frontières commune et un office européen de l’asile, des obligations strictes de contrôle, une solidarité européenne à laquelle chaque pays contribue, sous l’autorité d’un Conseil européen de sécurité intérieure: je crois, face aux migrations, à une Europe qui protège à la fois ses valeurs et ses frontières.
Les contradictions internes à l'Europe entre les pays dominants et dominés se sont traduites par des conflits diplomatiques entre la France et l'Italie.
Le conflit des GJ n'était qu'un prétexte, la crise des migrants pèse beaucoup plus.
Mais il faut être prudent sur la différence apparente entre la politique migratoire française et celle de l'Italie (voir par exemple Contre la fourniture de bateaux à la Libye: une pétition

Ici les mesures avancées ont pour objectif de resserrer les rangs avec l'Italie en interdisant toute forme de déplacement des réfugiés vers l'Europe.

L'opposition au populisme , qu'elle soit déclarée ou dissimulée n'est qu'un prétexte. Le fond du sac n'est rien d'autre que le renforcement de la domination économique et politique des monopoles franco-allemands sur les peuples et les nations d'Europe.


Il reste beaucoup à dire sur ce sujet, que mes commentaires sont loin d'épuiser.
Bonne lecture.

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Citoyens d’Europe,

Si je prends la liberté de m’adresser directement à vous, ce n’est pas seulement au nom de l’histoire et des valeurs qui nous rassemblent. C’est parce qu’il y a urgence. Dans quelques semaines, les élections européennes seront décisives pour l’avenir de notre continent.

Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire. Et pourtant, jamais l’Europe n’a été autant en danger.

Le Brexit en est le symbole. Symbole de la crise de l’Europe, qui n’a pas su répondre aux besoins de protection des peuples face aux grands chocs du monde contemporain. Symbole, aussi, du piège européen. Le piège n’est pas l’appartenance à l’Union européenne ; ce sont le mensonge et l’irresponsabilité qui peuvent la détruire. Qui a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit? Qui leur a parlé de perdre l’accès au marché européen? Qui a évoqué les risques pour la paix en Irlande en revenant à la frontière du passé? Le repli nationaliste ne propose rien ; c’est un rejet sans projet. Et ce piège menace toute l’Europe: les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire.

Face à ces manipulations, nous devons tenir debout. Fiers et lucides. Dire d’abord ce qu’est l’Europe. C’est un succès historique: la réconciliation d’un continent dévasté, dans un projet inédit de paix, de prospérité et de liberté. Ne l’oublions jamais. Et ce projet continue à nous protéger aujourd’hui: quel pays peut agir seul face aux stratégies agressives de grandes puissances? Qui peut prétendre être souverain, seul, face aux géants du numérique? Comment résisterions-nous aux crises du capitalisme financier sans l’euro, qui est une force pour toute l’Union? L’Europe, ce sont aussi ces milliers de projets du quotidien qui ont changé le visage de nos territoires, ce lycée rénové, cette route construite, l’accès rapide à Internet qui arrive, enfin. Ce combat est un engagement de chaque jour, car l’Europe comme la paix ne sont jamais acquises. Au nom de la France, je le mène sans relâche pour faire progresser l’Europe et défendre son modèle. Nous avons montré que ce qu’on nous disait inaccessible, la création d’une défense européenne ou la protection des droits sociaux, était possible.

Mais il faut faire plus, plus vite. Car il y a l’autre piège, celui du statu quo et de la résignation. Face aux grands chocs du monde, les citoyens nous disent bien souvent: «Où est l’Europe? Que fait l’Europe?». Elle est devenue à leurs yeux un marché sans âme. Or l’Europe n’est pas qu’un marché, elle est un projet. Un marché est utile, mais il ne doit pas faire oublier la nécessité de frontières qui protègent et de valeurs qui unissent. Les nationalistes se trompent quand ils prétendent défendre notre identité dans le retrait de l’Europe ; car c’est la civilisation européenne qui nous réunit, nous libère et nous protège. Mais ceux qui ne voudraient rien changer se trompent aussi, car ils nient les peurs qui traversent nos peuples, les doutes qui minent nos démocraties. Nous sommes à un moment décisif pour notre continent ; un moment où, collectivement, nous devons réinventer politiquement, culturellement, les formes de notre civilisation dans un monde qui se transforme. C’est le moment de la Renaissance européenne. Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions: la liberté, la protection et le progrès.

Défendre notre liberté
Le modèle européen repose sur la liberté de l’homme, la diversité des opinions, de la création. Notre liberté première est la liberté démocratique, celle de choisir nos gouvernants là où, à chaque scrutin, des puissances étrangères cherchent à peser sur nos votes. Je propose que soit créée une Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à chaque État membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations. Dans cet esprit d’indépendance, nous devons aussi interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères. Nous devrons bannir d’Internet, par des règles européennes, tous les discours de haine et de violence, car le respect de l’individu est le fondement de notre civilisation de dignité.

Protéger notre continent
Fondée sur la réconciliation interne, l’Union européenne a oublié de regarder les réalités du monde. Or aucune communauté ne crée de sentiment d’appartenance si elle n’a pas des limites qu’elle protège. La frontière, c’est la liberté en sécurité. Nous devons ainsi remettre à plat l’espace Schengen: tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité (contrôle rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d’asile, avec les mêmes règles d’accueil et de refus). Une police des frontières commune et un office européen de l’asile, des obligations strictes de contrôle, une solidarité européenne à laquelle chaque pays contribue, sous l’autorité d’un Conseil européen de sécurité intérieure: je crois, face aux migrations, à une Europe qui protège à la fois ses valeurs et ses frontières.

Les mêmes exigences doivent s’appliquer à la défense. D’importants progrès ont été réalisés depuis deux ans, mais nous devons donner un cap clair: un traité de défense et de sécurité devra définir nos obligations indispensables, en lien avec l’OTAN et nos alliés européens: augmentation des dépenses militaires, clause de défense mutuelle rendue opérationnelle, Conseil de sécurité européen associant le Royaume-Uni pour préparer nos décisions collectives.

Nos frontières doivent aussi assurer une juste concurrence. Quelle puissance au monde accepte de poursuivre ses échanges avec ceux qui ne respectent aucune de ses règles? Nous ne pouvons pas subir sans rien dire. Nous devons réformer notre politique de concurrence, refonder notre politique commerciale: sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à nos intérêts stratégiques et nos valeurs essentielles, comme les normes environnementales, la protection des données et le juste paiement de l’impôt ; et assumer, dans les industries stratégiques et nos marchés publics, une préférence européenne comme le font nos concurrents américains ou chinois.

Retrouver l’esprit de progrès
L’Europe n’est pas une puissance de second rang. L’Europe entière est une avant-garde: elle a toujours su définir les normes du progrès. Pour cela, elle doit porter un projet de convergence plus que de concurrence: l’Europe, où a été créée la sécurité sociale, doit instaurer pour chaque travailleur, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement.

Renouer avec le fil du progrès, c’est aussi prendre la tête du combat écologique. Regarderons-nous nos enfants en face, si nous ne résorbons pas aussi notre dette climatique? L’Union européenne doit fixer son ambition - 0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025 - et adapter ses politiques à cette exigence: Banque européenne du climat pour financer la transition écologique ; force sanitaire européenne pour renforcer les contrôles de nos aliments ; contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l’environnement et la santé... Cet impératif doit guider toute notre action: de la Banque centrale à la Commission européenne, du budget européen au plan d’investissement pour l’Europe, toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat.

Le progrès et la liberté, c’est pouvoir vivre de son travail: pour créer des emplois, l’Europe doit anticiper. C’est pour cela qu’elle doit non seulement réguler les géants du numérique, en créant une supervision européenne des grandes plateformes (sanction accélérée des atteintes à la concurrence, transparence de leurs algorithmes…), mais aussi financer l’innovation en dotant le nouveau Conseil européen de l’innovation d’un budget comparable à celui des États-Unis, pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l’intelligence artificielle.

Une Europe qui se projette dans le monde doit être tournée vers l’Afrique, avec laquelle nous devons nouer un pacte d’avenir. En assumant un destin commun, en soutenant son développement de manière ambitieuse et non défensive: investissement, partenariats universitaires, éducation des jeunes filles…

Liberté, protection, progrès. Nous devons bâtir sur ces piliers une Renaissance européenne. Nous ne pouvons pas laisser les nationalistes sans solution exploiter la colère des peuples. Nous ne pouvons pas être les somnambules d’une Europe amollie. Nous ne pouvons pas rester dans la routine et l’incantation. L’humanisme européen est une exigence d’action. Et partout les citoyens demandent à participer au changement. Alors d’ici la fin de l’année, avec les représentants des institutions européennes et des États, mettons en place une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique, sans tabou, pas même la révision des traités. Cette conférence devra associer des panels de citoyens, auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels. Elle définira une feuille de route pour l’Union européenne traduisant en actions concrètes ces grandes priorités. Nous aurons des désaccords, mais vaut-il mieux une Europe figée ou une Europe qui progresse parfois à différents rythmes, en restant ouverte à tous?

Dans cette Europe, les peuples auront vraiment repris le contrôle de leur destin ; dans cette Europe, le Royaume-Uni, j’en suis sûr, trouvera toute sa place.

Citoyens d’Europe, l’impasse du Brexit est une leçon pour tous. Sortons de ce piège, donnons un sens aux élections à venir et à notre projet. A vous de décider si l’Europe, les valeurs de progrès qu’elle porte, doivent être davantage qu’une parenthèse dans l’histoire. C’est le choix que je vous propose, pour tracer ensemble le chemin d’une Renaissance européenne.


Emmanuel Macron



Edité le 05-03-2019 à 19:50:12 par Xuan




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Xuan a écrit :

«Pour une renaissance européenne»

Du bla-bla européiste.
Il a évité les origines chrétiennes et s'est limité à la "Renaissance", attitude rassurante pour sa clientèle essentiellement réactionnaire.
Les jours à venir diront si ses propos permettront aux européistes de conserver la majorité et d'éviter une dislocation brutale ou en douceur de l'édifice branlant qu'est l'UE.

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Xuan
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   Posté le 06-03-2019 à 22:52:03   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

C'est toute la question. Paris Match fait encore dans le sensationnel sur le "large rassemblement" qui se prépare. Mais avec les guillemets ça frise l'ironie :

Européenes: 50 personnalités écologistes proposent un "large rassemblement" avec LREM


Paris Match Publié le 03/03/2019 à 16h14
La Rédaction avec AFP http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Europeenes-50-personnalites-ecologistes-proposent-un-large-rassemblement-avec-LREM-1610046?fbclid=IwAR2O9Wlr50jeYlq-6kqvxuRb0liHuIfzh-OhcRHCasAv2eESeBsG4a7APDs

Une cinquantaine de personnalités écologistes appellent à un "large rassemblement des progressistes" pour les élections européennes, autour de la majorité présidentielle.
Une cinquantaine de personnalités, emmenées par le parti écologiste de centre gauche UDE, ont appelé dimanche à un "large rassemblement des progressistes" pour les élections européennes, autour de la majorité présidentielle, dans une tribune parue dans le JDD.

"Nous appelons à un large rassemblement des progressistes à l'occasion des élections européennes, au-delà des deux formations de la majorité parlementaire au sein d'une large coalition" , écrivent la cinquantaine de signataires, parmi lesquels les délégué général et secrétaire général de l'Union des démocrates et des écologistes, Mathieu Cuip et Christophe Madrolle, ainsi que l'adjointe au maire de Lyon Anne-Sophie Condemine (également UDE).

"Face à l'inquiétante tournure que prend l'Europe, à l'heure du Brexit et de l'arrivée au pouvoir de gouvernements populistes anti-européens, l’avenir de l'Union ne peut être l'enjeu d’une seule formation politique et aucun parti, aucune femme ni aucun homme, ne peut prétendre y arriver seul, tels les défis sont immenses, tant elle oblige au changement de réflexes, et à tourner le dos aux attitudes d'hier" , écrivent encore les auteurs, dont le proche de François Hollande et soutien d'Emmanuel Macron en 2017 Dominique Vuillemot, le secrétaire général de Cap 21 Stéphane Gemmani ou la romancière Pauline Delpech.

Parmi les thèmes qu'ils entendent porter au niveau européen, ils citent notamment "le soutien à l'économie circulaire, le développement massif des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique, l'investissement dans les transports doux, la sécurité alimentaire, la sauvegarde de notre biodiversité, la qualité de l'air, la croissance verte, ou encore les nouvelles normes environnementales protégeant le marché européen" .

L'UDE avait indiqué il y a quinze jours à l'AFP avoir "entamé une grosse réflexion pour participer à un rassemblement" , en s'interrogeant sur l'opportunité de participer à la "liste centrale" portée par La République en marche et le MoDem, et à laquelle doivent également s'arrimer le Mouvement radical et les juppéistes du parti Agir.

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   Posté le 06-03-2019 à 23:03:12   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

On notera qu'après tous ses discours contre l'antisémitisme, Macron ne prend aucune disposition contre ses manifestations chez nos plus proches voisins :


http://www.haaretz.com/world-news/europe/belgian-mayor-defends-carnival-float-featuring-jews-with-money-and-a-rat-1.6998272?fbclid=IwAR1wvNuPuFozRLv4vOfJDAlo2tjEsDODOAia0LUqUerHMUh5ugBcwnxckwc



Commentaire : Carnaval de Aalst, à l'ouest de Bruxelles... ce 3 mars 2019. Des juifs, nez crochus, l’argent, une petite musique... la racaille nazi s'affiche publiquement.
"Lors de l’édition 2013 du festival d’Alost, un autre groupe avait créé un char qui ressemblait aux wagons nazis utilisés pour déporter les Juifs vers les camps de la mort.
Ses créateurs, issus du groupe FTP, avaient défilé à côté du char en tenue d’officier nazi et de Juifs orthodoxes. Une affiche présente sur le wagon montrait des responsables politiques flamands vêtus en nazis et tenant des bonbonnes étiquetées « Zyklon B », le poison utilisé par les nazis pour exterminer les Juifs dans les chambres à gaz pendant la Shoah."


Edité le 06-03-2019 à 23:04:35 par Xuan




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   Posté le 09-03-2019 à 21:02:01   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un article de Ruptures sur les contradictions occidentales.
NB la ligne éditoriale de Rupture


Refroidissement climatique sur l’Atlantique (éditorial paru dans l’édition du 26/02/19)

le 01 mars 2019

http://ruptures-presse.fr/actu/conference-securite-munich-pence-merkel/


Conférence de Munich sur la sécurité

Février 2019, Munich. La 55ème édition de la Conférence annuelle sur la Sécurité a laissé beaucoup de participants occidentaux désemparés. Jamais les tensions entre alliés de part et d’autre de l’Atlantique n’avaient paru aussi fortes.

Il y a d’abord la guerre commerciale que le président américain entend mener contre l’Europe, contre l’Allemagne en particulier. Ensuite, sur le plan diplomatico-militaire, les défenseurs d’une « autonomie stratégique » du « pilier européen » au sein de l’Alliance atlantique se sont une nouvelle fois confrontés aux partisans d’un monopole de l’OTAN.

Autre empoignade : Washington voudrait contraindre Paris, Berlin et Londres à dénoncer l’accord nucléaire signé en 2015 avec Téhéran. Par ailleurs, le bras de fer se poursuit entre dirigeants américains et allemands sur le doublement du gazoduc Nord Stream qui fournit du gaz russe à l’économie d’outre-Rhin.

Enfin, les Etats-Unis jettent aux orties le traité signé avec Moscou en 1987 interdisant les missiles à moyenne portée en Europe. Les dirigeants européens reprennent certes l’argument américain accusant la Russie de violer ledit accord, mais trouvent tout de même saumâtre d’être mis devant le fait accompli alors même qu’il s’agit de la sécurité du Vieux continent.

A Munich, Angela Merkel a choisi un ton peu diplomatique pour mettre en cause la politique de la Maison-Blanche. Pour sa part, le vice-président Michael Pence a affiché une ostensible arrogance : « aujourd’hui, l’Amérique est plus forte qu’elle ne l’a jamais été, et est redevenue le leader mondial » . Le caractère de Donald Trump, provocateur et imprévisible, donne à ces contradictions une virulence inédite. Les responsables européens vivent dans la frayeur du prochain Tweet présidentiel.

Qui plus est, les oppositions ne se situent pas seulement entre les deux rives de l’Atlantique, mais au sein même de chaque camp. Plusieurs pays orientaux de l’UE, par exemple, se rangent plus volontiers dans le camp de Washington que dans celui de Bruxelles. A l’inverse, Joseph Biden, le prédécesseur démocrate de M. Pence, également présent dans la capitale bavaroise, a rêvé d’organiser avec l’UE « le monde des cinquante prochaines années » .

Entre les deux rives de l’Atlantique, il y n’y a pas de contradiction idéologique, mais bien choc des intérêts

En réalité, entre Occidentaux, les contradictions ne sont pas idéologiques. Tous accusent Moscou d’être la cause des malheurs du monde (du reste, sans la Russie, comment pourrait-on justifier l’OTAN ?). Tous redoutent l’émergence de la Chine. Tous communient dans le culte du marché et de la gouvernance globale faisant fi des souverainetés des Etats. Tous s’inscrivent dans une logique de domination mondiale incluant le « droit d’ingérence » (aujourd’hui brandi contre Caracas). En revanche, il y a bel et bien choc des intérêts dans de nombreux domaines. Dans deux en particulier : les marchés d’armements, et l’énergie.

Les marchands de canons européens veulent accroître leur part du gâteau sonnant et trébuchant face à leurs homologues américains peu enclins à laisser mettre en cause leur suprématie. C’est à cette aune qu’il faut comprendre les affrontements en matière d’« Europe de la Défense ». Les projets et marchés des systèmes d’armes du futur se chiffrent en milliers de milliards de dollars.

Le secteur de l’énergie n’est pas moins considérable, d’autant qu’il joue un rôle crucial dans les dépendances de demain. Ce n’est peut-être pas un hasard si se trouvent aujourd’hui dans l’œil du cyclone l’Iran et le Venezuela, membres fondateurs de l’OPEP ; si le gazoduc Nord Stream II oppose si violemment Washington et Berlin ; si les dirigeants américains et européens s’écharpent à propos du combat contre le réchauffement climatique (une « bataille » pour laquelle les élites européennes mobilisent des milliers d’« idiots utiles » ) : alors que l’Oncle Sam a atteint l’autosuffisance pétrolo-gazière, c’est loin d’être le cas pour le Vieux continent dont les dirigeants souhaitent donc réduire leur dépendance aux hydrocarbures.

En toile de fond, un dernier facteur torture les chefs de l’Union européenne et les médias qui leur sont fidèles : la « montée des populismes », terme convenu qui recouvre les insurrections populaires latentes ou tâtonnantes contre la régression sociale et la mise en cause toujours plus drastique des souverainetés (Brexit, Gilets jaunes, tsunami électoral italien…).
De fait, si les dirigeants européens voient des rivaux à Washington, leurs véritables ennemis n’avaient pas été invités à Munich – mais étaient dans toutes les têtes.

Les peuples.

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pzorba75
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Ruptures, Pierre Lévy, devrait expliciter qui sont les "idiots utiles". Pense-t-il aux écologistes, bobos européistes, aux sociaux démocrates et à leurs alliés décomposés, les communistes à la Brossat, sans oublier les gauchistes pro OTAN, pro USA à la sauce trotskiste?
Finalement, ne font défaut que ceux qui brandissent le drapeau rouge.

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Xuan
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   Posté le 10-03-2019 à 23:37:07   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   


Les idiots utiles sont probablement ceux que tu désignes en effet.

Un autre élément à mettre en regard au discours de Macron plus haut : les positions divergentes de l'Allemagne commencent à émerger.
Rejet du centralisme européen, d’une mutualisation des dettes, de systèmes sociaux européens et du salaire minimum.
L’objectif est de favoriser la concurrence salariale en utilisant la main d’œuvre à bon marché d’Europe centrale. D’autre part l’endettement des pays en difficulté serait alourdi.
L’Allemagne oppose aussi une représentation européenne au conseil de sécurité à la seule représentation française.
Par contre les deux pays s’entendent sur le dos des réfugiés pour dresser des frontières infranchissables.

Le commentaire "cap à droite" ne doit pas être pris au pied de la lettre, c'est le point de vue du Huffington post. La position française est tout aussi réactionnaire et il s'agit d'intérêts capitaliste concurrents.

Par contre, cette contradiction - déjà signalée de façon abstraite dans les pages précédentes - prend tournure. Elle vient s'ajouter à celles qui ont engendré les désordres actuels avec l'élection de "populistes", le Brexit, etc.
L'accentuation de la contradiction entre les USA et le reste du monde - surtout la Chine -accélère l'apparition d'antagonismes dans l'Union européenne.
Il est possible que l'attitude envers les USA devienne dans le temps une sérieuse pomme de discorde.




La probable successeure de Merkel met en garde Macron après sa tribune sur l'Europe


http://www.huffingtonpost.fr/2019/03/10/la-probable-successeure-de-merkel-met-en-garde-macron-apres-sa-tribune-sur-leurope_a_23688820/
Annegret Kramp-Karrenbauer, la dauphine de la chancelière allemande, prend ses distances avec le président français.

Annegret Kramp-Karrenbauer, dirigeante du parti conservateur allemand CDU et dauphine d'Angela Merkel, a présenté ce samedi 9 mars un plan pour l'Europe qui prend ses distances avec les propositions récentes du président français Emmanuel Macron en matière sociale, financière et diplomatique.
"Notre Europe doit devenir plus forte" dans un monde miné par les replis protectionnistes et nationalistes, écrit Annegret Kramp-Karrenbauer dans ce texte intitulé "Bien faire l'Europe" et diffusé samedi par Welt am Sonntag.

Dans l'optique des élections européennes fin mai, "le président français Emmanuel Macron a adressé un appel aux citoyens de l'Europe il y a quelques jours, disant qu'il y avait urgence à agir. Il a raison" , estime la dirigeante depuis décembre du plus grand parti d'Allemagne, l'Union chrétienne-démocrate.

Celle qu'on surnomme "AKK" partage les idées du chef de l'Etat français notamment sur la politique migratoire européenne et la nécessité de mieux protéger les frontières ou de tendre vers une politique de l'asile commune. "Pour nous sentir en sécurité en Europe, nous avons besoin de frontières extérieures plus sûres" , écrit-elle en endossant l'idée d'une police des frontières commune.

Pas de salaire minimum européen

Mais la responsable, qui dans le camp conservateur allemand prend de plus en plus l'ascendant sur la chancelière Angela Merkel depuis son élection en décembre à la tête de la CDU et a de bonnes chances de lui succéder au pouvoir, marque sa différence sur plusieurs points.

Elle rejette ainsi la proposition française d'un salaire minimum européen et met en garde contre l'idée d'une mutualisation des dettes honnie par l'Allemagne mais promue par Emmanuel Macron pour le financement de projets d'avenir. "Nous devons nous appuyer de manière conséquente sur un système de subsidiarité et de responsabilités propres" , a-t-elle estimé. "Le centralisme européen, l'étatisme européen, la mutualisation des dettes, l'européanisation des systèmes sociaux et du salaire minimum seraient la mauvaise voie" , a-t-elle jugé.

Emmanuel Macron a lui proposé la création d'un "bouclier social" pour les Européens et évoqué dans ce contexte "une même rémunération sur le même lieu de travail et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays" .

La responsable a aussi réclamé pour l'Europe un "siège permanent commun au conseil de sécurité" des Nations Unies, une revendication de longue date de l'Allemagne, alors que la France souhaite garder son siège. Cette proposition irrite au plus haut point Paris. Emmanuel Macron a lui proposé la mise en place d'un Conseil de sécurité européen pour préparer les "décisions collectives" de l'UE dans le domaine de la défense.

Cap à droite

Angela Merkel, qui a abandonné les rênes de la CDU mais entend rester chancelière en principe jusqu'en 2021, n'a pas réagi jusqu'ici à la tribune d'Emmanuel Macron, diffusée le 4 mars et intitulée "Pour une renaissance européenne" .
Un "silence de Berlin" que le magazine Der Spiegel déplore dans un éditorial paru samedi, accusant le pouvoir d'éviter "une discussion sérieuse sur ce que doit devenir l'Europe" par peur des élections régionales à l'est cet automne que le parti d'extrême droite allemand AfD, anti-européen, pourraient remporter selon les sondages.

L'hebdomadaire estime que l'Allemagne est en train de "laisser une passer une chance historique" pour l'Europe en raison de la faiblesse politique d'une chancelière en fin de mandat, et de celle en parallèle de son partenaire social-démocrate de coalition gouvernementale. "AKK", appelée à lui succéder, a déjà commencé à droitiser le discours du parti d'Angela Merkel dans l'espoir de reconquérir une partie de l'électorat conservateur parti à l'extrême droite en raison du cap centriste de la chancelière.


Edité le 10-03-2019 à 23:55:12 par Xuan




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   Posté le 11-03-2019 à 23:27:51   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Pour reprendre la conclusion du post précédent : "L'accentuation de la contradiction entre les USA et le reste du monde - surtout la Chine -accélère l'apparition d'antagonismes dans l'Union européenne.
Il est possible que l'attitude envers les USA devienne dans le temps une sérieuse pomme de discorde".

L'attitude de l'Italie concernant les sanctions anti-russes est significative des contradictions US/Europe et de l'absence d'unité européenne.



Levée des sanctions antirusses: le Premier ministre italien révèle où en est Rome

© Sputnik . Aleksei Vitvitsky

http://fr.sputniknews.com/economie/201903091040294771-levee-sanctions-antirusses-italie-giuseppe-conte/
09:51 09.03.2019
Le Premier ministre italien a déclaré que son gouvernement poursuivait son objectif de lever les sanctions antirusses introduites par l’UE. Il a jugé «essentiel» de maintenir le dialogue avec Moscou.

Le gouvernement italien poursuit son objectif de lever les sanctions de l'Union européenne contre la Russie, a annoncé vendredi le Premier ministre Giuseppe Conte lors d'une conférence à Gênes.
«Nous sommes en train de travailler afin de lever les sanctions contre la Russie. Pas demain matin, mais nous travaillons pour cet objectif» , a-t-il précisé.

Selon lui, cela permettrait d' «atténuer les tensions» et de «protéger les pays les plus exposés à l'influence russe» .
Le Premier ministre italien a réitéré qu'il était «essentiel» de maintenir le dialogue avec la Russie, laquelle est un partenaire commercial important pour son pays.
«Le maintien du dialogue avec la Russie est essentiel et cela est devenu aussi nécessaire pour nous puisque nous avons des échanges commerciaux intensifs et comme d'autres pays qui défendent leurs intérêts, nous avons besoin de défendre nos intérêts économiques liés à nos intérêts nationaux» , a-t-il ajouté.

Après sa nomination au poste de chef du gouvernement italien le 31 mai, Giuseppe Conte a déclaré que Rome s'opposerait désormais aux sanctions antirusses. Cette position est soutenue par ses vices-Premiers ministres, Matteo Salvini et Luigi Di Maio.


Edité le 11-03-2019 à 23:28:39 par Xuan




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   Posté le 12-03-2019 à 05:17:59   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

En ajoutant "Pas demain matin", le gouvernement italien se donne du travail pour l'éternité. Une manoeuvre habile pour ne rien faire et rester dans les clous des décisions européennes et américaines.

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   Posté le 13-03-2019 à 11:30:29   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Poursuite des valses hésitations européennes face à l'hégémonisme US :

Angela Merkel rejette les menaces américaines liées à l'implication de Huawei dans son réseau 5G


http://french.xinhuanet.com/2019-03/13/c_137889811.htm
BERLIN, 12 mars (Xinhua) -- Après l'envoi d'une lettre d'avertissement par l'ambassadeur des Etats-Unis à Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré mardi qu'il "allait de soi" que le gouvernement allemand définirait ses propres normes de sécurité dans le cadre de l'expansion de son réseau 5G.
Mme Merkel a ajouté que l'Allemagne considérait la sécurité comme un élément crucial dans l'expansion de son réseau mobile 5G, et que les normes de sécurité de ce réseau seraient discutées avec les partenaires de l'Allemagne en Europe et aux Etats-Unis.

Dans une lettre adressée au ministre allemand de l'Economie Peter Altmaier, l'ambassadeur américain en Allemagne, Richard Grenell, aurait en effet averti que la coopération en matière de renseignement entre les Etats-Unis et l'Allemagne ne pourrait être maintenue à son niveau actuel qu'à condition d'exclure les entreprises chinoises de la construction du réseau 5G.

Plusieurs autres politiciens allemands ont également critiqué la lettre de M. Grenell.

"Le gouvernement fédéral n'a besoin d'aucune exhortation ou information de la part de l'ambassadeur américain pour prendre des mesures sensées en termes de politique de sécurité" , a ainsi déclaré Michael Grosse-Broemer, qui dirige le groupe parlementaire de l'union conservatrice CDU/CSU, la coalition au pouvoir.
"Un pays ne doit pas se servir de sa puissance politique pour nuire à une entreprise commerciale. Les Etats-Unis vont trop loin" , a déclaré au journal allemand Handelsblatt, Vincent Pang, responsable de la société chinoise de télécommunications Huawei pour l'Europe occidentale.

L'Allemagne envisage actuellement de durcir les règles de sécurité relatives à son infrastructure de télécommunications et à l'implication de Huawei dans la construction du réseau 5G allemand.
La mise aux enchères des licences d'expansion du nouveau réseau 5G allemand devrait débuter le 19 mars.

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L'autonomie de l'Europe testée dans l'affaire Huawei


Source: Global Times Publié le 2019/3/12 20:33:40
http://www.globaltimes.cn/content/1141845.shtml

Dans une lettre au ministre allemand de l'Economie, Peter Altmaier, l'ambassadeur américain en Allemagne, Richard Grenell, a averti que si l'Allemagne autorisait Huawei ou d'autres fournisseurs d'équipement chinois à participer à son projet 5G, les États-Unis ne maintiendraient pas le même niveau de coopération avec les agences de sécurité allemandes. Les analystes ont souligné que l'Allemagne s'était fortement appuyée sur les renseignements américains dans ses opérations antiterroristes et que la menace de Washington semblait frapper l'Allemagne à son point faible.

L'Allemagne devait organiser la vente aux enchères de licences de spectre 5G au plus tôt la semaine prochaine. Berlin a déclaré qu'il renforcerait les critères de sécurité pour tous les fournisseurs mais ne souhaite exclure aucune société. Huawei a également bien accueilli les nouveaux critères.

Les États-Unis ont lancé une persécution politique contre Huawei sur des accusations injustifiées. Washington empêche également ses alliés d’utiliser les équipements Huawei dans leur construction 5G. Un débat sans précédent est en cours sur le progrès technologique d’un géant des télécommunications et la menace que celui-ci pourrait poser à la sécurité. Jusqu'à présent, les résultats du débat pourraient être irritants, car la plupart des opérateurs de télécommunication du monde entier estiment que Huawei est le seul fournisseur de réseau 5G mature et que sa technologie a au moins un an d'avance sur ses homologues occidentaux.

Washington a contraint Berlin avec des menaces. Pour l'Allemagne, il est toujours important de maintenir la coopération en matière de sécurité avec les États-Unis. Bien que l’Allemagne et la France discutent de l’autonomie de la sécurité européenne, le continent n’a pas vraiment décidé de vivre sans l’abri de sécurité américain.

Mais l'Allemagne a de sérieuses raisons de ne pas interdire Huawei. Premièrement, Huawei peut aider la construction allemande 5G avec un rendement élevé et des coûts bas. Deuxièmement, l'avertissement des États-Unis a manifestement porté atteinte à la souveraineté de l'Allemagne. Ce n'est pas la première fois que Grenell fait des gestes dictatoriaux envers Berlin. Depuis qu’il assume le rôle d’ambassadeur des États-Unis en Allemagne, il a mis Berlin mal à l'aise en mettant en garde contre le gazoduc russe et en exigeant que les entreprises allemandes cessent leurs activités en Iran. Si Berlin se plie aux exigences américaines cette fois-ci, cela signifie que Berlin donne son consentement au droit de Washington d'être autoritaire.

Face à des Etats-Unis égoïstes et dominateurs, l'Allemagne et d'autres pays européens insisteront pour plus d'indépendance. Dans le cas de Huawei, les États-Unis ont directement ordonné aux pays européens de sacrifier leurs intérêts et l’Europe a réitéré sa réticence, bien qu'avec tact. Compte tenu du rôle de premier plan joué par l'Allemagne en Europe, la manière dont Berlin gère Huawei peut être considérée comme une pierre de touche de la manière dont l'Europe peut être indépendante face aux États-Unis.

La lettre écrite par l'ambassadeur américain indique que les États-Unis ne peuvent recourir qu'à des menaces contre leurs alliés européens. Mais l'Europe doit être suffisamment expérimentée pour se rendre compte que le développement de relations amicales avec la Chine n'est pas un fardeau pour ses relations avec les États-Unis. Au contraire, la relation peut servir de levier stratégique avec lequel l'Europe peut changer l'attitude des États-Unis.

Washington ne prend pas au sérieux une Europe complètement redevable. L'Europe doit avoir le courage de se démarquer des États-Unis tout en développant des liens avec la Chine et la Russie. Le monde change et les stratégies de l'Europe aussi. Le continent devrait chercher à maximiser ses intérêts au lieu d’adhérer à la doctrine America First.

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Lire aussi : Huawei : quand les Etats-Unis menacent l’Allemagne

L'Allemagne affirme son indépendance après l'avertissement américain sur Huawei

5G : Angela Merkel promet de consulter Washington à propos de Huawei

Les Etats-Unis sont derrière la Chine dans la commercialisation de la 5G, a déclaré l’ancien conseiller à la sécurité nationale de l’ère Obama


Edité le 13-03-2019 à 11:49:09 par Xuan




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   Posté le 13-03-2019 à 13:06:39   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La « taxe Gafa » européenne suspendue... et jugée discriminatoire par les États-Unis

12/03/2019 à 19h32

https://www.01net.com/actualites/la-taxe-gafa-europeenne-suspendue-et-jugee-discriminatoire-par-les-etats-unis-1650808.html

La « taxe Gafa » européenne suspendue... et jugée discriminatoire par les États-Unis
Les 28 pays de l'UE ont formellement suspendu, mardi 12 mars 2019, le projet d'une taxe européenne dite « Gafa » sur les géants du numérique. Un impôt jugé « discriminatoire » par les États-Unis.
Les 28 membres de l’Union Européenne (UE) ont rejeté le projet d’une taxe sur les géants du numérique, dite « Gafa » (Google, Amazon, Facebook et Apple) au niveau européen, à cause de l’opposition de quatre pays : l’Irlande, la Suède, le Danemark et la Finlande. L’initiative est désormais bloquée car en matière fiscale, l'unanimité est nécessaire.

Réunis à Bruxelles, les ministres des Finances européens ont renvoyé la balle à l'OCDE, où des discussions se poursuivent pour parvenir à un accord sur une taxe internationale sur les géants du numérique d'ici à 2020.

« Dans le cas où d'ici la fin de 2020, il apparaîtrait que l'accord au niveau de l'OCDE prend plus de temps, le Conseil européen pourrait, le cas échéant, revenir à la discussion sur une approche européenne » , a dit le ministre roumain des Finances, Eugen Orlando Teodorovici, après une réunion avec ses 27 homologues.

L'UE se divise et s'en remet donc à l'échelon supérieur. Cet échec était attendu et avait contraint la France à présenter le 6 mars dernier son propre projet de taxe sur les géants du numérique.

« Je suis désolé que nous n'ayons pas pu nous entendre aujourd'hui. Je suis d'accord avec Bruno [Le Maire, ministre français des Finances], c'est une occasion manquée » , a déclaré le Commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, à l'issue de la réunion. Bien qu'il assure que « La commission européenne n'a pas l'intention de retirer son projet de la table, ce n'est pas la fin, il n'est pas mort », faute d'accord d'ici 2020.

Pour les États-Unis, une taxe « discriminatoire »
De leur côté, les États-Unis envisagent de saisir l'Organisation mondiale du commerce (OMC) des taxes, à leurs yeux « discriminatoires », que la France et d'autres pays européens veulent imposer aux mastodontes de l'internet comme Facebook et Google, a indiqué mardi 12 mars, à Paris un responsable américain à l’AFP.

« Au sein de notre gouvernement, certains étudient si cet impact discriminatoire nous donnerait le droit [de contester] en vertu des accords commerciaux et traités OMC » , a indiqué Chip Harter, responsable du Trésor et délégué américain pour les discussions fiscales internationales. « Nous pensons que toute la base théorique des taxes sur les services numériques est mal conçue et que le résultat est extrêmement discriminatoire à l'égard des multinationales basées aux Etats-Unis », a-t-il poursuivi.

L'OCDE, une voie de garage pour l’UE ?
L'OCDE récupère la patate chaude. L’organisation internationale devient le fer de lance d’un nouvel accord mondial sur la taxation des géants de la technologie et du numérique, qui déclarent souvent leurs revenus dans des pays à faible imposition.

Mais cette refonte est attendue au plus tôt l'année prochaine, poussant la France, le Royaume-Uni, l'Espagne, l'Autriche et l'Italie à adopter leur propre version d'une « taxe Gafa » dès cette année. Et les projets nationaux divergent sur la forme. En France, elle serait appliquée rétroactivement à compter du 1er janvier 2019, alors que des mesures au Royaume-Uni et dans d'autres pays européens ne rentreraient pas en vigueur avant l'année prochaine.

« Nous comprenons qu'il existe des pressions politiques dans le monde entier pour taxer plus lourdement diverses entreprises internationales et nous sommes convenus que cela était approprié » , a déclaré Chip Harter à l'AFP, avant de continuer : « Mais nous pensons que cela devrait être fait sur une base plus large que la sélection d'un secteur particulier ».

Cette réaction s'inscrit dans la veine des déclarations de Steven Mnuchin, secrétaire du Trésor américain, lors de sa rencontre avec le ministres des Finances français, fin janvier à Paris pour évoquer ce « problème » de taxe pour le « régler ensemble d'ici la fin de l'année » .

Un recours à l'OCDE qui repousse encore l'engagement européen face aux géants du numérique, majoritairement américains.

Marion Simon-Rainaud avec AFP

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marquetalia
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   Posté le 14-03-2019 à 21:19:45   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Le Europe est le maillon faible de l impérialisme.d où les dérives fascisantes qui visent à interdire le communisme en Europe en l assimilant au fascisme,comme en Pologne, demain en Allemagne avec l Afd.

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