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 L'Europe, maillon faible de l'impérialisme

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Xuan
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   Posté le 04-07-2015 à 14:27:31   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Article transmis par G. Remond
acrimed.org


Dix ans après le référendum sur le TCE, des médias toujours en campagne ? - Acrimed


Sarah Lenfant

Comme nous avons eu l’occasion de le rappeler le 29 mai dernier, jour du dixième anniversaire de la victoire du « non » au référendum sur le Traité constitutionnel européen (TCE), le traitement médiatique de la campagne référendaire fut un modèle du genre : parti-pris éditorial pour le « oui », absence de pluralisme, éditorialistes s’érigeant comme les promoteurs de la vérité et de la raison face à un peuple infantile et infantilisé, le tout appuyé sur des sondages souvent contradictoires mais toujours commentés dans une logique à sens unique.

Le référendum passé, il n’y eut aucune réelle remise en question, au sein du champ médiatique, de ce traitement schématique de la campagne, et ce malgré les critiques. Au contraire, on a pu assister à d’étonnantes séances d’auto-justification, comme sur France Culture, France Inter ou dans Le Figaro, durant lesquelles la mauvaise foi confinait à l’aveuglement.

10 ans après, plusieurs « grands médias » ont consacré des articles, voire des dossiers, au référendum. L’occasion de revenir sur leur propre rôle et de tirer, enfin, un bilan critique ? Pas vraiment. On serait même tenté de dire que c’est le contraire qui s’est produit, comme on va le voir avec les articles parus le 29 mai 2015 dans trois « grands » quotidiens : Libération , Le Monde et Le Figaro , qui ont tous les trois consacré leur « une » (et plusieurs pages intérieures) à ce dixième anniversaire. Absence de bilan critique confirmé par le traitement, ces derniers jours, de la situation grecque, sur laquelle nous aurons rapidement l’occasion de revenir.

Dix ans après, des journalistes victimes d’amnésie

Les articles consacrés au référendum sont unanimes : les dirigeants politiques européens et français se sont efforcés de ne pas voir et écouter le camp du non, pourtant bien implanté dans la population. L’éditorial de Libération écrit par Laurent Joffrin illustre cette idée : « Mais c’est oublier la responsabilité centrale des dirigeants de l’Union. Le non était majoritaire : ils ont fait comme s’il n’existait pas » . Pas un mot toutefois, de la part de l’éditorialiste, sur le traitement médiatique caricatural de la campagne et sur son ignorance, ou son mépris, pour les partisans du « non », ce qui n’est pas étonnant lorsque l’on se souvient que Laurent Joffrin ne fut pas le dernier, à l’époque, à contribuer à ce traitement biaisé…

L’éditorial du Figaro va dans le même sens et insiste sur l’aveuglement des responsables politiques de l’époque qui n’ont pas vu arriver la victoire du non. Ainsi, le journal s’interroge : « Les gouvernants de l’UE vont-ils se décider à prêter l’oreille aux aspirations des citoyens ? » . Bizarrement, l’auteur ne semble pas trouver judicieux de poser cette même question à ses confrères journalistes, ceux-là même qui s’étaient évertués à ne pas donner la parole au camp du non, ou qui s’étaient bornés à caricaturer leurs arguments. Plus loin, on lit que la victoire du « non » fut « un camouflet pour la droite comme pour la gauche » . Et pour leurs relais médiatiques ?



Même son de cloche du côté du Monde, qui consacre sa « une », ses pages 2 et 3 et une page « Débats » au dixième anniversaire du référendum. Pas un mot sur le traitement médiatique de l’époque, mais soulignons que d’après le quotidien du soir, « pas plus qu’à Paris, ce non français à la Constitution européenne, les fonctionnaires européens ne l’avaient vu venir » . Et Le Monde, qui s’était entre autres illustré par sa campagne pro-oui grâce à des pseudos-sondages en ligne, des faux scoops et des éditoriaux malhonnêtes, avait-il « vu venir » la victoire du « non » ?

Fait notable, Libération revient brièvement sur le « débat » en son sein, et notamment sur le violent éditorial de Serge July paru au lendemain du référendum. Celui-ci avait suscité de vives réactions chez nombre de lecteurs et avait été très contesté, y compris en interne [1]. Serge July voyait en effet dans la victoire du non l’expression d’un « désastre général » et d’une « épidémie de populisme ». Selon l’article du 29 mai 2015, cet éditorial et les réactions qu’il a suscitées ont en réalité révélé des désaccords pré-existants au sein de la rédaction de Libération : « Au journal, tandis que le non grimpe dans les sondages, les discussions de conférence de rédaction - et celles de couloirs aussi - deviennent tendues. Serge July, et avec lui l’essentiel de la rédaction en chef, défend le oui. Dans la rédaction, c’est loin d’être aussi net » .

Mais s’agit-il réellement d’un retour critique sur le traitement de la campagne référendaire par Libération ? Au premier abord, on pourrait en effet penser que le journal cherche à faire un examen rétrospectif des travers qui avaient caractérisé sa couverture médiatique. Toutefois, on s’aperçoit rapidement que l’article, loin d’être une critique étayée, n’est qu’une critique de façade, destinée à mettre en valeur le travail du quotidien. En effet, l’article permet non seulement de dédouaner une partie de la rédaction en rappelant qu’elle était en désaccord avec l’éditorial du 30 mai 2005, mais aussi de faire un éloge du traitement médiatique réalisé par le journal durant la campagne : « Au début, tout allait bien. Pendant le mois qui précède le vote sur le traité constitutionnel européen, Libération publie d’instructifs articles thématisés , lestés d’encadrés avec les arguments du oui et du non. Modèle d’équilibre mis en scène dans nos pages » .

Libération réalise ainsi un joli tour de passe-passe : en faisant mine de revenir sur sa couverture médiatique douteuse de 2005, on en minimise en fait les défauts. En concentrant le tir sur un éditorial de Serge July, on met en valeur le reste des productions.



À Libération, au Monde et au Figaro, si on se désolidarise des responsables politiques (avec qui on avait pourtant mené campagne en 2005), et si on pointe du doigt leur aveuglement, c’est pour mieux éviter toute réelle introspection. Une introspection qui n’aurait pas été inutile quand on voit comment, 10 ans plus tard, les mêmes « erreurs » sont reproduites lorsqu’il s’agit de revenir sur les enjeux européens.

Approximations, amalgames et simplifications sur le camp du « Non »

Pour Le Figaro, l’ensemble des électeurs ayant voté non au référendum en 2005 sont ainsi regroupés uniformément sous le vocable « euroscepticisme ». Le problème est que ce terme est pour le moins nébuleux. Il renvoie à des degrés différents de doute envers la construction européenne. Cette dénomination peut donc favoriser des amalgames quant aux différentes raisons ayant amené à voter non…

Cette simplification établie, on peut relever des « contradictions » qui n’en sont pas, en se basant sur les réponses à un sondage commandé par le journal [2]. Par exemple, on s’étonne que le non au projet de Constitution (si on votait de nouveau aujourd’hui) ait augmenté, à hauteur de 62% des Français, et qu’en même temps, 62% des Français jugent que « l’appartenance de leur pays à l’UE est une bonne chose » . Avec ce commentaire tout en finesse, dans l’éditorial déjà cité : « Cela montre qu’au-delà de leur frustration, les électeurs ont le sens des réalités » . Même celles et ceux qui ont voté non seraient donc des citoyens doués de raison ? C’est trop aimable.

Un rejet de la Constitution européenne n’est en effet pas forcément synonyme de hantise de l’Europe, il peut simplement être l’expression d’une opposition à l’Europe telle qu’elle se construit, et de la volonté de la changer. Mais avec le terme fourre-tout « euroscepticisme » et la vision manichéenne qu’il induit, une telle position n’est pas possible : on parle ainsi de « clivage entre les partisans de l’Europe et ses opposants » , éludant la possibilité que des personnes ayant voté non soient simplement favorables à une Europe différente de celle que l’on connaît aujourd’hui. À se demander si, au Figaro, on a « le sens des réalités ».

La vision du camp du non offerte par Libération n’est guère plus subtile. Certes, on reconnaît que le camp du non « a été très disparate » et qu’il existait un non de gauche et un non de droite. Ce qui n’empêche pas l’auteur de l’article « "Non" de 2005 : les répliques d’un séisme », de nous proposer une division particulièrement schématique, selon son propre aveu : « Pour faire (très) schématique : une France du haut (diplômée, urbaine, issue de la classe moyenne et supérieure) contre une France du bas (populaire, sans diplôme et périurbaine). L’une revendiquant une société ouverte sur le monde, l’autre l’idée de frontières protectrices » [3]. En résumé, le « oui » signifiait l’ouverture, et le « non » la fermeture. Vous avez dit schématique ?
Enfin, pour parfaire le discrédit du camp du non, Libération a fait appel à l’image. Le choix de sa photo de couverture ne semble en effet pas anodin.



À gauche, des partisans du non en gros plan, poings levés ou applaudissant. À droite, des électeurs favorables au oui vus de loin, formant une chaîne humaine et brandissant des drapeaux de l’UE. Ceux de gauche semblent agités, ceux de droite calmes et disciplinés. On ne sait pas si ce choix est intentionnel, mais nul doute qu’il fait son petit effet, a fortiori au vu titre-jeu-de-mots choisi : « On paie encore la fracture ». La victoire du non aurait-elle coûté si cher ?

Mettre en avant l’échec du camp du « Non » pour légitimer la prise de position pour le « Oui » ?

Dans leurs éditions du 29 mai 2015, Libération et Le Monde mettent en avant l’échec des forces partisanes du non à fédérer sur le long terme. Libération consacre en effet un article à une partie du camp du « non », au titre sans appel : « Dix ans de gâchis pour la gauche radicale ». Le journal insiste donc sur l’incapacité d’une partie des forces partisanes du non à s’inscrire dans la durée. Étonnamment, le journal n’a cependant pas consacré d’article dressant le bilan des actions menées par les partis politiques favorables au oui (PS et UMP en tête).

Les deux quotidiens mettent également en exergue les conséquences néfastes qui ont fait suite au rejet du traité. Libération nous apprend ainsi que « la victoire du non a marqué la fin du rôle moteur de la France dans la construction européenne » ou encore que « Les nonistes de gauche voulaient "une autre Europe", plus sociale. Le rejet du traité a eu pour effet de donner un coup d’arrêt à la construction d’une Union plus intégrée, à même d’imposer des règles sociales et une harmonisation fiscale » ; en d’autres termes, si l’Europe n’est pas davantage sociale aujourd’hui, c’est à cause de ceux qui prétendaient voter pour une Europe plus sociale. Curieuse logique…

Le Monde ajoute que la victoire du non a entraîné « une vraie rupture de la confiance avec les Allemands, qui ne comprenaient pas qu’on puisse rejeter le marché unique et la concurrence » . Heureusement, Le Monde est là pour convaincre ses lecteurs, 10 ans plus tard, des bienfaits du marché unique et de la concurrence (comme il le fait à longueur d’année, entre autres et notamment par une surreprésentation de la parole des économistes europhiles), en donnant la parole à Yves Bertoncini, « directeur de l’Institut Notre-Europe » [4] qui prend soin de nous rappeler les vertus des politiques d’austérité menées par Bruxelles. Ainsi, « la crise et la politique de la "troïka" ont donné l’image désastreuse d’une Europe-FMI qui fait du mal. Mais cela a permis des avancées inimaginables et qui correspondent aux idées françaises » . Ah bon ?

Et ce n’est pas tout : « De la politique volontariste de Mario Draghi, qui demande en contrepartie d’approfondir encore la zone euro, au renflouement des Etats en faillite, en passant par le soutien aux investissements (…), ces avancées sont en contradiction avec un certain nombre de dogmes économiques allemands » . Comprendre : les politiques conduites ces dernières années par l’UE sont le signe d’une inflexion de l’Allemagne dogmatique ; or le « non » avait été mal accueilli par les Allemands en raison de leurs dogmes ; donc les politiques de l’UE correspondent aux aspirations des « nonistes », qui n’avaient pas compris que ce qu’ils voulaient, c’était plus d’austérité. CQFD.
***

Ainsi, l’angle choisi pour parler du non, qui insiste sur ses incohérences supposées et sur ses conséquences néfastes, permet aux trois « grands » quotidiens de revenir sur leur couverture du référendum en évitant soigneusement de revenir sur leurs manquements déontologiques à l’époque. Qui plus est, en insistant, comme le fait Le Monde, sur les bienfaits de la construction européenne, on tente de légitimer, certes peu subtilement, le fait que l’on ait fait campagne pour le oui. En résumé : malgré les conséquences catastrophiques de la victoire du « non », la déesse Union européenne a su faire face. Rideau.
Dix ans après le référendum, dans le petit monde des grands médias eurobéats, rien ne semble avoir changé.

Sarah Lenfant (avec Julien Salingue)

Post-Scriptum : Notre ouvrage Médias en Campagne : retours sur le référendum de 2005, est toujours disponible dans notre boutique.


Edité le 04-07-2015 à 14:53:30 par Xuan




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Grèce : positions syndicales très éclairantes à divers titres


samedi 4 juillet 2015
par Charles Hoareau

Rouge Midi

Voilà encore des positions que les médias ne publient guère et qui pourtant montrent chacune à leur façon les enjeux du référendum grec. En particulier nous n’avons trouvé nulle part sur le Net le comparatif pourtant éclairant qu’a publié le PAME (Front syndical grec affilié à la FSM) et que nous reproduisons par une quasi exclusivité dont nous nous serions volontiers passés…mais peut-être avons-nous mal cherché ?!

Le camp du capital partout, y compris au-delà de l’Europe mobilise pour le OUI, c’est-à-dire pour l’acceptation des mesures préconisées par l’UE, la BCE et le FMI : ça c’est logique.

En face le camp progressiste mobilise pour le NON et le soutien au gouvernement de Syriza...et donc le soutien à ses propositions. A priori cela parait logique également. Quoique… la question est plus complexe qu’il n’y parait et nous verrons pourquoi.

Mais que disent les syndicats grecs ? Les positions sont loin d’être uniformes ce qui n’étonnera pas celles et ceux qui avaint lu en son temps l’article que Rouge Midi avait publié sur le syndicalisme en Grèce.

Il y a d’abord la position de la GSEE , soutenue par la CES (confédération européenne des syndicats, branche européenne de la CSI, confédération syndicale internationale) et dont nous publions ci-dessous le communiqué intégral qui a suscité des remous. [1]

LA CONFÉDÉRATION EUROPÉENNE DES SYNDICATS SOUTIENT SON SYNDICAT GREC QUI APPELLE A L’ANNULATION DU REFERENDUM
La Confédération européenne des syndicats (CES) soutient la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE) qui appelle au retrait du référendum.
Lors d’une réunion plénière de la Confédération générale des travailleurs grecs qui s’est tenue mercredi 1er juillet 2015, le syndicat grec déclare :
La Confédération générale des travailleurs grecs considère que la tenue d’un référendum est un droit constitutionnel inaliénable des citoyens grecs dans le contexte des traditions européennes.
Cependant, le processus lui-même du référendum actuel, ses délais, sa légalité et son contenu ont été banalisés dans un cadre de faux dilemmes et d’une trop grande vitesse, qui pourrait conduire à des situations incontrôlables et diviser la société grecque.
La Confédération, de manière non négociable, s’oppose à tous les types de mémorandums et à toutes leurs implications qui se font aux frais du monde du travail et du peuple grec, que ces mémorandums viennent des créditeurs ou du gouvernement.
Notre position est également non négociable en faveur de l’orientation européenne de notre pays, et la place de la Grèce dans l’Europe et l’eurozone.
La question posée au référendum est infondée et réduit imprudemment les choix en semant la discorde alimentée par des forces extrémistes à l’intérieur et à l’extérieur de la Grèce, conduisant notre pays vers des aventures tragiques.
Nous demandons ici et maintenant le retrait du référendum.
En tant que principal syndicat des travailleurs du secteur privé, nous envoyons un message clair dans toutes les directions :
- L’orientation européenne de notre pays n’est pas négociable.
- Nous disons oui à l’Europe des peuples et de la solidarité !
- Nous disons oui à la monnaie unique et à une Europe fédérale !
1er juillet 2015


Sans commentaire...

Le PAME (affiliée à la FSM) publie lui le comparatif suivant des propositions de la Troïka (UE, BCE, FMI) et du gouvernement Tsipras. En rouge et en gras les points d’accord entre le gouvernement grec et la Troïka en noir les points où subsistent quelques différences…que chacun appréciera.



Pas étonnant que dans ces conditions le PAME (texte intégral ici) conclue :

Le NON au référendum sera interprété comme un OUI pour le mémorandum de SYRIZA
Nous rejetons les deux options
La classe ouvrière doit porter ses propres revendications
Allons voter avec nos propres revendications et non avec les « cartes truquées » des forces politiques pro-européennes.
Forces dans lesquelles il situe évidemment le gouvernement d’alliance Syriza-ANEL (droite nationaliste)

Dernier point. Si vous êtes de ceux qui vous dites mais alors que peut faire le gouvernement de Tsipras pour non seulement s’opposer au diktat du capitalisme international mais aussi (et surtout !) proposer une politique de réel progrès social pour le peuple de Grèce ?
Rien
Rien dans le cadre des règles actuelles de l’UE et les négociations en cours depuis son arrivée au pouvoir, ainsi que les abandons successifs le montrent bien.

La seule solution c’est de refuser de payer, sortir de l’euro et permettre ainsi au peuple de retrouver sa souveraineté.


*Merci à Véronique pour la traduction
En médaillon une manifestation à l’appel du PAME le 26 juin dernier...


[1] Entre autres, le M’PEP lance sur son site pour signature un appel en direction des syndicats français afin qu’ils protestent contre cette position de la CES.

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   Posté le 04-07-2015 à 15:28:52   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un éclair de lucidité au milieu du Tsipras bashing


Pendant que nos medias rivalisent d’imagination pour décrédibiliser la moindre résistance au diktat financier franco-allemand, des européens convaincus s’interrogent sur les conséquences de l’acharnement à presser le citron.

Pour Jacques Delors, la Grèce demeurera un "problème européen"


Sur Challenges

Dans une tribune publiée dans Le Monde et co-signée par Pascal Lamy et Antonio Vitorino, Jacques Delors estime que la Grèce demeurera "un problème" pour l'Europe quelle que soit l'issue du referendum.

Pour les trois dirigeants de l'Institut Jacques Delors, "ne considérer la crise grecque que sous l'angle des conséquences économiques et financières d'une sortie de la Grèce de l'union monétaire serait une erreur" . Pour eux, il conviendrait de ne pas considérer la Grèce avec "les seules lunettes" du Fonds monétaire international mais aussi avec celles de l'Organisation des nations unies.
"C'est-à-dire comme un pays appartenant à des Balkans dont l'instabilité n'a guère besoin d'être encouragée en ces temps de guerre en Ukraine et en Syrie et de défi terroriste, sans oublier la crise migratoire." ajoutent-ils.
…/…


En effet les contradictions financières en Europe ne sont pas isolées des conflits à l’échelle mondiale, et la Grèce soumise au chantage à l’ouest pourrait trouver ailleurs des ressources qui ne s’accompagnent pas d’ingérence.
Voir à ce sujet La Grèce n'exclut pas un soutien de la Chine et la Russie - Le Figaro du 11 février.



Edité le 04-07-2015 à 15:55:25 par Xuan




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   Posté le 04-07-2015 à 15:44:08   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur Les Crises



Mis à jour le 2 juillet : après l’ambassadrice d’Argentine en France, Mme María del Carmen Squeff, le conseiller spécial de la présidente brésilienne Marco Aurélio Garcia dément les propos tenus lundi 29 juin 2015 sur France Inter par le ministre français des finances Michel Sapin.

Lors de la matinale de Patrick Cohen, M. Sapin a été interrogé sur le rôle du Fonds monétaire international (FMI) dans la rupture des négociations entre la Grèce et ses interlocuteurs : « Et le FMI ? Tsipras dénonçait la “responsabilité criminelle” du FMI ; est-ce qu’il y a un problème FMI, comme beaucoup le pensent à Bruxelles ? »

Le ministre reprend alors un argument régulièrement avancé par les créanciers d’Athènes. Leur inflexibilité ne découlerait pas d’un choix politique — celui de voir échouer Syriza. Elle s’expliquerait par les pressions exercées par d’autres pays, d’autant plus compréhensibles qu’elles émanent de nations ayant elles-mêmes subi des programmes d’ajustement structurel : « Le FMI ne répond pas devant des pays d’Europe, il répond de sa responsabilité devant l’ensemble des pays du monde, déclare M. Sapin. Et dans ces pays du monde, savez-vous ceux qui étaient les plus exigeants ? L’Argentine, le Brésil. Des pays qui avaient, par le passé, bénéficié de l’aide du FMI et qui posaient une question à la directrice générale [Christine Lagarde] : “Pourquoi êtes-vous plus flexible avec un pays européen que vous ne l’avez été avec nous ?” »

Interrogée par Le Monde diplomatique, Mme del Carmen Squeff dément dans un courriel daté du 30 juin 2015 : « Cette information est totalement inexacte. L’Argentine s’est solidarisée avec la Grèce. D’ailleurs, (…) le ministre [Axel] Kicillof et le chef de cabinet de la présidente Cristina Fernández de Kirchner, M. Aníbal Fernández, ont publiquement soutenu le gouvernement et le peuple grecs, et ont dénoncé les politiques d’ajustement que l’ex-Troïka entend leur imposer. » Invité à réagir, le cabinet du ministre n’a pas souhaité donner suite à notre demande.

Dans un courriel adressé à l’édition brésilienne du Monde diplomatiquele 1er juillet 2015, le Brésil dément également officiellement : « Je viens juste de parler au Professeur Marco Aurélie Garcia, qui se trouve aux Etats-Unis avec la présidente Rousseff [dont il est le conseiller spécial], nous écrit M. Bruno Gaspar, collaborateur de M. Garcia. Il me demande de vous transmettre le message qu’il dément officiellement l’information du ministre français des finances. »

Dans les manuels de formation destinés aux négociateurs en herbe, la stratégie visant à justifier sa position par l’inflexibilité de ses partenaires constitue l’une des toutes premières leçons. On prévient en général les participants qu’essuyer un démenti les exposerait au ridicule. La préoccupation ne semble pas figurer au nombre des priorités des « partenaires » d’Athènes.

Source : Renaud Lambert, pour Le Monde Diplomatique, le 1er juillet 2015.


Edité le 04-07-2015 à 15:53:35 par Xuan




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   Posté le 04-07-2015 à 16:05:25   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur le site Vive la Revolution , la vidéo du discours de Tspiras http://mai68.org/spip/spip.php?article8969 du 2 juillet, à la veille du référendum.

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   Posté le 04-07-2015 à 23:26:46   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le discours de Tsipras appelant au référendum :

Grecques et Grecs,

Depuis 6 mois, le gouvernement hellénique se bat dans des conditions d’asphyxie financière inouïes pour mettre en œuvre le mandat que vous lui aviez confié à l’issue des élections du 25 janvier.

Un mandat qui nous enjoint de négocier avec nos partenaires pour mettre fin à l’austérité et faire en sorte que notre pays renoue avec la prospérité et la justice sociale.

Un mandat qui nous enjoint de parvenir à un accord viable, respectueux de la démocratie comme des règles de l’Union européenne, et qui permettra à la Grèce de sortir définitivement de la crise.

Tout au long de cette période de négociations, on nous a demandé d’appliquer les mémorandums qu’avaient signés les gouvernements précédents, mémorandums que le peuple grec a pourtant catégoriquement rejetés lors des dernières élections.

Mais nous n’avons pas un seul instant envisagé de céder. Autrement dit, de trahir votre confiance.

Après 5 mois de dures négociations, nos partenaires ont malheureusement abouti, lors de l’Eurogroupe d’avant-hier, à une proposition en forme d’ultimatum, un ultimatum adressé à la démocratie grecque et au peuple hellénique.

Un ultimatum qui va l’encontre des principes fondateurs et des valeurs fondamentales de l’Europe, de la construction européenne.

La proposition présentée au gouvernement fait peser sur le peuple grec de nouvelles charges, intolérables, mine la société et sape tout espoir de reprise économique en perpétuant l’incertitude et en aggravant encore les inégalités.

La proposition des Institutions [Union européenne, Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI)] comprend des mesures conduisant
- à une dérégulation accrue du marché du travail,
- à des coupes dans les allocations de retraite,
- à de nouvelles réductions de salaires dans le secteur public
- ainsi qu’à une augmentation de la TVA sur les aliments, l’hôtellerie et le tourisme ;
- les Institutions préconisent dans le même temps la suppression des exemptions fiscales pour les îles grecques.

Ces propositions, qui portent directement atteinte aux acquis sociaux européens et aux droits fondamentaux – droit au travail, à l’égalité et à la dignité –, prouvent que certains de nos partenaires, que certaines de ces Institutions ne souhaitent pas parvenir à un accord viable, également profitable à toutes les parties, mais ont pour objectif d’humilier tout un peuple.

Ces propositions démontrent l’insistance mise – en particulier par le Fonds monétaire international – sur une politique d’austérité extrême et punitive.

Les puissances aujourd’hui à la tête de l’Europe doivent dès lors et plus que jamais, se hisser à la hauteur des circonstances et prendre des initiatives qui mettront fin à la crise de la dette publique grecque, une crise qui touche d’autres pays européens et menace le futur même de l’intégration européenne.

Grecques et Grecs,

Nous sommes aujourd’hui porteurs d’une responsabilité historique à l’égard des luttes menées et des sacrifices consentis par le peuple grec pour la protection de la démocratie et de notre souveraineté nationale ; c’est notre responsabilité envers l’avenir de notre pays.

Cette responsabilité nous oblige à répondre à cet ultimatum en nous appuyant sur la volonté souveraine du peuple grec.

Au Conseil des ministres qui vient de se tenir, j’ai solennellement proposé l’organisation d’un référendum afin que le peuple grec puisse se prononcer souverainement.

Cette proposition a été adoptée à l’unanimité.

Demain [samedi 27 juin], l’Assemblée nationale se réunira en séance plénière extraordinaire afin d’entériner la proposition du Conseil des ministres en vue de la tenue, ce dimanche 5 juillet, d’un référendum à la faveur duquel les citoyens seront appelés à dire s’ils acceptent ou refusent la proposition avancée par les Institutions.

J’ai déjà informé de ma décision le président de la République hellénique, mais aussi, par téléphone, le président de la République française, la chancelière de la République d’Allemagne et le président de la Banque centrale européenne ; demain, j’adresserai un courrier officiel aux dirigeants de l’Union européenne et aux Institutions pour leur demander de prolonger le programme de quelques jours afin que le peuple grec puisse se prononcer librement, hors de toute pression et de tout chantage, conformément à la Constitution de notre pays et à la tradition démocratique européenne.

Grecques, Grecs,

Face à cette mise en demeure dont le but est de nous faire accepter une austérité extrême et humiliante, sans fin, sans perspective de redressement social et économique, je vous invite à vous prononcer souverainement, fièrement, comme l’histoire grecque vous y enjoint.

Répondons à l’autoritarisme et à l’austérité extrême par la démocratie, avec sérénité et détermination.

Que la Grèce, ce pays qui a vu naître la démocratie, adresse une réponse démocratique retentissante à la communauté européenne, à la communauté internationale.

Je m’engage à respecter le résultat de votre choix démocratique, quel qu’il soit.

Je suis absolument sûr que votre décision fera honneur à l’histoire de notre patrie et sera un message de dignité adressé au monde.

En ces heures cruciales, nous devons tous nous rappeler que l’Europe est la maison commune de ses peuples. Que l’Europe n’est pas faite de « propriétaires » et d’« invités ».

La Grèce est et demeurera une partie indissociable de l’Europe et l’Europe une partie indissociable de la Grèce.

Mais une Europe sans démocratie sera une Europe sans identité et sans boussole.

Je vous appelle tous et toutes, dans un même élan national, dans l’unité et la sérénité, à prendre les décisions que nous méritons.

Pour nous, pour les générations à venir, pour l’histoire des Grecs.

Pour la souveraineté et la dignité de notre peuple.


Aléxis Tsípras


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   Posté le 04-07-2015 à 23:51:08   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le réseau Voltaire publie le 31 mai l'article du Monde "L’Europe à la croisée des chemins" signé par Tsipras.

On remarquera que le ton diplomatique implique la dissimulation de l'oppression financière.
"Un accord mutuellement bénéfique, qui fixera des objectifs réalistes par rapport aux excédents tout en réintroduisant l’agenda du développement et des investissements – une solution définitive pour l’affaire grecque – est actuellement plus nécessaire que jamais. Par ailleurs, un tel accord marquera la fin de la crise économique européenne qui a éclaté il y a sept ans, en mettant fin au cycle de l’incertitude pour la zone euro."
Il ne peut exister d'accord mutuellement bénéfique entre le créancier et son débiteur, dès lors que l'appétit du créancier assèche le débiteur.

Tsipras recense les mesures permettant de revenir à l'équilibre :

"redistribution des charges à partir des citoyens à revenus moyens et faibles vers ceux qui ont des revenus élevés et qui, jusqu’à présent, s’abstenaient de payer leur part pour affronter la crise".

"le nouveau gouvernement a montré ses intentions et sa résolution par l’introduction d’une mesure législative pour faire face à la fraude des transactions triangulaires en intensifiant les contrôles douaniers et fiscaux, afin de limiter la contrebande et l’évasion fiscale. Parallèlement, pour la première fois après de nombreuses années, les dettes des propriétaires des médias leur ont été imputées par l’Etat grec".

"Il est également prouvé par le fait que les tribunaux accélèrent le traitement des dossiers pour que les jugements soient rendus dans des délais plus brefs lors d’affaires liées à l’évasion fiscale. Les oligarques qui étaient habitués à être protégés par le système politique ont toutes les raisons de perdre le sommeil."

"réformes institutionnelles, telles que le renforcement de l’indépendance de l’Agence grecque de la statistique (Elstat), les interventions visant à accélérer l’administration de la justice, ainsi que les interventions dans les marchés de produits, afin d’éliminer les distorsions et les privilèges."


A l'évidence la dette grecque est liée non seulement au pillage des puissances dominantes européennes, mais également à la gabegie de la bourgeoisie grecque.
A cet égard la sortie de l'euro ne saurait constituer une solution miracle.
Seul le socialisme peut abolir la misère et l'endettement en Grèce, et la révolution prolétarienne est inséparable de l'indépendance nationale de la Grèce.


Edité le 05-07-2015 à 00:03:10 par Xuan




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Thierry Meyssan met en ligne un article sur la genèse de l'Europe. On connait ses positions gaullistes ou souverainistes.
Les contradictions de classe en Grèce et les causes internes de la dette n'y figurent évidemment pas. Les contradictions au sein de l'Europe et entre Europe et USA sont sous estimées à notre avis.
Cet article se rapproche de certaines thèses du PRCF, il contient aussi des informations intéressantes.


_________________


source
Derrière la dette grecque

par Thierry Meyssan


Le débat actuel sur la dette grecque a donné lieu à toutes sortes de menaces, d’abord contre le gouvernement Tsípras, puis contre les électeurs grecs. S’abstenant d’entrer dans une discussion sur la partie odieuse de cette dette, Thierry Meyssan observe la campagne internationale contre la sortie de la Grèce de la zone euro. Il met en lumière le projet historique de l’Union et de l’euro, tel que formulé en 1946 par Churchill et Truman, pour conclure que la Grèce est aujourd’hui piégée par l’environnement géopolitique international et non pas par sa situation économique.


Joseph Retinger, ex-fasciste polonais devenu agent britannique. Dans le cadre de ses fonctions au MI6, il fonda l’European League for Economic Cooperation dont il devint le secrétaire général. À ce titre, il est le père de l’euro. Par la suite, il anima le Mouvement européen et créa le Club de Bilderberg.

Le référendum grec a donné lieu à de vifs débats dans l’Union européenne qui illustrent l’ignorance générale sur les règles du jeu. Les participants se sont déchirés pour savoir si les Grecs étaient ou non responsables de leur dette tout en veillant à ne jamais accuser leurs créanciers d’usure. Mais ils l’ont fait en ignorant l’histoire de l’euro et les motifs de sa création.

L’euro : un projet anglo-saxon de la Guerre froide

Depuis le Traité de Rome, il y a soixante-quatre ans, les instances administratives successives du « projet européen » (CECA, CEE, UE) ont dépensé des sommes colossales et sans équivalent pour financer leur propagande dans les médias. Quotidiennement des centaines d’articles, d’émissions de radio et de télévision, sont payées par Bruxelles pour nous raconter une version mensongère de son histoire et nous faire croire que le « projet européen » actuel est celui des Européens de l’entre-deux-guerres.

Les archives sont pourtant désormais accessibles à tous. Elles montrent qu’en 1946, Winston Churchill et Harry Truman décidèrent de diviser le continent européen en deux : d’un côté, leurs vassaux, de l’autre l’URSS et les siens. Pour s’assurer qu’aucun État ne s’affranchirait de leur suzeraineté, ils décidèrent de manipuler les idéaux de leur époque.

Ce que l’on appelait alors le « projet européen » ne consistait pas à défendre de prétendues valeurs communes, mais à fusionner l’exploitation des matières premières et des industries de Défense de la France et de l’Allemagne de manière à être certain que ces pays ne pourraient plus se faire la guerre (théorie de Louis Loucheur et du comte Richard de Coudenhove-Kalergi [1]). Il ne s’agissait pas de nier de profondes différences idéologiques, mais de s’assurer qu’elles ne se confronteraient plus par la force.

Le MI6 britannique et la CIA états-unienne ont alors été chargés d’organiser le premier « Congrès de l’Europe », à La Haye en mai 1948, auquel participèrent 750 personnalités (dont François Mitterrand) de 16 pays. Il s’agissait, ni plus, ni moins, que de ressusciter le « projet d’Europe fédérale » (rédigé par Walter Hallstein —le futur président de la Commission européenne— pour le chancelier Adolf Hitler) en se basant sur la rhétorique de Coudenhove-Kalergi.

Plusieurs idées fausses doivent être corrigées à propos de ce Congrès.
- En premier lieu, il convient de le replacer dans son contexte. Les États-Unis et le Royaume-Uni venaient de déclarer la Guerre froide à l’URSS. Celle-ci répliqua en soutenant les communistes tchèques qui parvinrent légalement à s’emparer du pouvoir lors du « Coup de Prague » (« Février victorieux », selon l’historiographie soviétique). Washington et Londres organisèrent alors le Traité de Bruxelles qui préfigure la création de l’Otan. Tous les participants au Congrès de l’Europe étaient pro-Anglo-Saxons et anti-Soviétiques.
- Deuxièmement, lorsque Winston Churchill prononça son discours, il employa le terme « Européen » pour désigner les habitants du continent européen (pas ceux du Royaume-Uni qui, selon lui, ne sont pas des Européens) qui se disaient anti-communistes. Il n’était pas question, à l’époque pour Churchill, que Londres adhère à l’Union européenne, mais uniquement qu’il la supervise.
- Troisièmement, deux tendances se firent jour au sein du Congrès : les « unionistes » pour qui il s’agissait uniquement de mettre en commun des moyens pour résister à l’expansion du communisme, et les « fédéralistes » qui souhaitaient réaliser le projet nazi d’État fédéral placé sous l’autorité d’une administration non-élue.


Walter Hallstein, haut fonctionnaire allemand, rédigea le projet hitlérien d’Europe fédérale. Il s’agissait de détruire les États européens et de fédérer les populations par ethnies autour du Reich aryen. L’ensemble aurait été soumis à la dictature d’une bureaucratie non-élue, contrôlée par Berlin. À la Libération, il mit en œuvre son projet avec l’aide des Anglo-Saxons et devint, en 1958, le premier président de la Commission européenne .
Le Congrès précisa tout ce qui a été réalisé depuis sous les noms successifs de CECA, CEE et UE.

Le Congrès adopta le principe d’une monnaie commune. Mais le MI6 et la CIA avaient déjà fondé l’Independent League for European Cooperation (ILEC) [2]—devenue European League for Economic Cooperation (ELEC)—. Son objectif était, une fois les institutions de l’Union créées, de passer de la monnaie commune (la future European Currency Unit – ECU) à une monnaie unique (l’euro), de sorte que les pays adhérents à l’Union ne puissent plus la quitter [3].

C’est ce projet que François Mitterrand réalisa, en 1992. Au regard de l’Histoire et de la participation de François Mitterrand au Congrès de La Haye, en 1948, il est absurde de prétendre aujourd’hui que l’euro ait eu un autre but. C’est pourquoi, en toute logique, les Traités actuels ne prévoient pas la sortie de l’euro, contraignant la Grèce, si elle le souhaite, à sortir d’abord de l’Union pour pouvoir sortir de l’euro.

Le glissement du « projet européen » dans le système états-unien

L’Union a connu deux tournants principaux :
- À la fin des 60, le Royaume-Uni refusa de participer à la guerre du Vietnam et retira ses troupes du Golfe persique et d’Asie. Les Britanniques cessèrent alors de se penser en 51ème État des États-Unis et d’invoquer leur « special relationship » avec Washington. Ils décidèrent donc d’adhérer à l’Union (1973).
- À la dissolution de l’URSS, les États-Unis restèrent seuls maîtres du jeu, le Royaume-Uni les assista, et les autres États leur obéirent. Par conséquent, l’Union n’a jamais délibéré de son élargissement à l’Est, mais uniquement validé une décision prise par Washington et annoncée par son secrétaire d’État James Baker. De même, elle a adopté aussi bien la stratégie militaire des États-Unis [4] que leur modèle économique et social caractérisé par de très fortes inégalités.

Le référendum grec a fait apparaître une ligne de partage entre d’un côté des élites européennes qui trouvent la vie de plus en plus facile et soutiennent sans réserve le « projet européen » et, d’autre part, des classes laborieuses qui souffrent de ce système et le rejettent ; un phénomène qui s’était déjà exprimé, mais uniquement à l’échelle nationale, lors de la ratification du Traité de Maastricht et du projet de Constitution européenne par le Danemark et la France.

Dans un premier temps, les dirigeants européens ont mis en cause la validité démocratique du référendum. Le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjørn Jagland (l’homme qui a été viré du jury Nobel pour corruption [5]) a déclaré
- que la durée de la campagne était trop courte (10 jours au lieu de 14) ;
- qu’il ne pourrait pas être surveillé par des organisations internationales (trop longues à s’organiser),
- et que la question posée n’était ni claire ni compréhensible (alors que la proposition de l’Union publiée au Journal officiel est bien plus courte et simple que les Traités européens qui furent soumis à référendum).
Cependant, la polémique a fait long feu après que le Conseil d’État grec, saisi par des particuliers de ces trois points, a validé la légalité de cette consultation.

La presse dominante a alors affirmé qu’en votant « non », l’économie grecque sauterait dans l’inconnu.

Pourtant, le fait d’appartenir à la zone euro n’est pas une garantie de performance économique. Si l’on se réfère à la liste du FMI du Produit intérieur brut (PIB) en Parité de pouvoir d’achat (PPA), un seul État membre de l’Union se trouve parmi les 10 premiers dans le monde : le paradis fiscal du Luxembourg. La France ne figure qu’en 25ème position sur 193.

La croissance de l’Union européenne était de 1,2 % en 2014, ce qui la classe au 173e rang mondial, c’est à dire un des plus mauvais résultats dans le monde (la moyenne mondiale est de 2,2 %).


Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, est l’ancien vice-président Europe de la banque Goldman-Sachs. Il a masqué au Parlement européen son rôle dans les malversation opérées par la banque pour le compte du gouvernement grec, pourtant attesté par des documents de la banque.
Force est de constater qu’appartenir à l’Union et utiliser l’euro ne sont pas des garanties de succès. Mais si les élites européennes soutiennent ce « projet », c’est qu’il leur est profitable. En effet, en créant un marché unique, puis une monnaie unique, les Unionistes ont brouillé les cartes. Désormais, les différences ne sont plus entre les États membres, mais entre des classes sociales qui se sont uniformisées à l’échelle européenne. C’est pourquoi les plus riches défendent l’Union, tandis que les plus pauvres aspirent au retour des États membres.

Les contresens à propos de l’Union et de l’euro

Voici des années que le débat est faussé par le vocabulaire officiel : les Européens ne seraient pas les porteurs de la culture européenne, mais uniquement les membres de l’Union. Depuis la Guerre froide, on affirme ainsi que les Russes ne seraient pas Européens, et désormais qu’en sortant de l’Union, la Grèce quitterait la culture européenne dont elle est le berceau.

Or, « les chiens ne font pas des chats ». L’Union a été conçue par les Anglo-Saxons, avec d’anciens nazis, contre l’URSS. Elle soutient aujourd’hui le gouvernement ukrainien, nazis inclus, et a déclaré la guerre économique à la Russie en la parant du nom de « sanctions ».

Comme son nom ne l’indique pas, l’Union n’a pas été créée pour unir le continent européen, mais pour le diviser, en écartant définitivement la Russie. C’est ce que Charles De Gaulle avait dénoncé en plaidant, lui, pour une Europe « de Brest à Vladivostock ».

Les unionistes assurent que le « projet européen » a permis la paix en Europe depuis 65 ans. Mais parlent-ils de l’appartenance à l’Union ou de leur vassalité aux États-Unis ? En réalité, c’est celle-ci qui a garanti la paix entre les États ouest-européens, tout en maintenant leur rivalité hors de la zone Otan. Doit-on rappeler, par exemple, que les membres de l’Union européenne ont soutenu des camps différents en ex-Yougoslavie avant de s’unifier derrière l’Otan ? Et doit-on considérer que s’ils redevenaient souverains, les membres de l’Union recommenceraient nécessairement à se quereller ?


Jean-Claude Juncker, s’est indigné du référendum grec qu’il a qualifié de « trahison ». M. Juncker a été contraint à la démission de ses fonctions de Premier ministre du Luxembourg, après que l’ont eut établi son appartenance au réseau d’espionnage Gladio de l’Alliance atlantique. Un an plus tard, il devenait président de la Commission européenne.

Pour revenir au cas grec, les experts ont largement démontré que cette dette est imputable à des problèmes nationaux non-résolus depuis la fin de l’Empire ottoman tout autant qu’à une escroquerie de grandes banques privées et de dirigeants politiques. Au demeurant, cette dette est insolvable comme le sont également les dettes des principaux États développés [6]. Quoi qu’il en soit, Athènes pourrait facilement s’en sortir en refusant de payer la partie odieuse de sa dette [7], en quittant l’Union, et en faisant alliance avec la Russie qui est pour elle un partenaire historique et culturel bien plus sérieux que la bureaucratie bruxelloise. La volonté de Moscou et de Beijing d’investir en Grèce et d’y créer de nouvelles institutions internationales est un secret de polichinelle. Cependant, la situation de la Grèce est d’autant plus complexe qu’elle est également membre de l’Otan et que l’Alliance y avait organisé un coup d’État militaire, en 1967, pour l’empêcher de se rapprocher de l’URSS [8].

Thierry Meyssan

Notes

[1] « Histoire secrète de l’Union européenne », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 28 juin 2004.

[2] La section française prend le nom de Ligue européenne de coopération économique (LECE). Elle est présidée par Edmond Giscard d’Estaing, père du futur président de la République et créateur de l’ECU.

[3] MI6 : Inside the Covert World of Her Majesty’s Secret Intelligence Service, Stephen Dorril, The Free Press, 2000.

[4] « Stratégie européenne de sécurité », Réseau Voltaire, 12 décembre 2003.

[5] « Thorbjørn Jagland destitué de ses fonctions de président du Nobel de la Paix », Réseau Voltaire, 5 mars 2015.

[6] « Selon la BRI, la dette des États développés est insolvable », Réseau Voltaire, 13 avril 2010.

[7] Cf. la théorie économique d’Alexander Sack.

[8] « La guerre secrète en Grèce », par Daniele Ganser ; « Grèce, le facteur Otan », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 24 août 2013 et 7 avril 2015.


Edité le 07-07-2015 à 16:21:51 par Xuan




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Le Parti communiste grec KKE est opposé au consensus antipopulaire des partis bourgeois.
07/07/2015



Traduction ML, depuis la version anglaise du site du KKE, pour Solidarité internationale PCF, 7 juillet 2015

Une réunion des dirigeants des partis politiques s’est tenue au palais présidentiel, le lendemain du référendum du 5 juillet, sous la présidence de P. Pavlopoulos, Président de la République.
Y assistaient le premier ministre et président de SYRIZA, A. Tsipras, le président exécutif de ND, E. Meimarakis, le président de POTAMI, S. Theodorakis, le secrétaire général du Comité central du KKE, D. Koutsoumbas, le président d’ANEL, P. Kammenos et le président du PASOK, F. Gennimata. La rencontre a duré 7 heures.

Lors de cette rencontre, les partis SYRIZA, ANEL, ND, POTAMI et PASOK sont arrivés à un accord et ont signé une déclaration commune, interprétant le résultat du référendum comme une adhésion de l’euro et de l’UE et pavant la voie à un nouvel accord antipopulaire.
Le secrétaire général du CC du KKE, D. Koutsoumbas, a exprimé son désaccord total avec la déclaration commune.

Le secrétaire général du CC du KKE, Dimitri Koutsoumbas, a fait la déclaration suivante à la suite de la réunion d’hier des dirigeants des partis politiques :

« Nous avons écouté l’exposé du premier ministre, à la rencontre qui a eu lieu sous la présidence du Président de la République, sur l’état de la poursuite des négociations et des discussions après le référendum.

Pour notre part, nous avons exprimé clairement, une fois de plus, les positions du KKE sur la signification du référendum, surtout en rapport avec les problèmes énormes vécus par le peuple grec au sein de l’alliance prédatrice qu’est l’UE. Cette dernière a une ligne politique qui aggrave continuellement les difficultés vécues par les gens, dans leur revenu, qui aggrave la situation du pays et la situation de notre peuple pris globalement. Il a été démontré, une fois de plus, qu’il ne peut y avoir aucune négociation qui se fasse dans l’intérêt du peuple et des travailleurs, à l’intérieur du carcan de l’UE, dans une voie capitaliste de développement.

Le KKE est en désaccord avec l’ensemble de la déclaration commune adoptée par les autres dirigeants et partis politiques. Notre désaccord repose sur notre analyse du vote du peuple grec hier. Il porte en particulier sur l’état des négociations et sur les tactiques que propose le gouvernement pour les pour les poursuivre et que tous les autres partis acceptent, du moins dans le cadre et orientation généraux.

Personne n’a donné mandat à qui que ce soit pour signer de nouveaux mémorandums, de nouvelles mesures douloureuses pour notre peuple. Et ces mesures seront terribles »
.

En réponse à une question d’un journaliste qui demandait s’il parlait d’une « solution par la sortie de l’euro », D. Koutsoumbas a insisté :

« Non. Nous nous sommes exprimés clairement sur ce sujet. Cette ligne politique peut aller dans deux directions.
Ou bien, comme cela semble le cas et bien prévu – nous le verrons dans les jours qui viennent – ils signent un nouvel accord douloureux, comprenant des mesures dures pour le peuple, un nouveau mémorandum, ou bien nous allons connaître une faillite d’Etat, avec un « Grexit », avec une sortie de l’euro ou l’établissement d’une double monnaie ou encore quelque chose d’autre.
Nous entendons parler de cela principalement par nos « partenaires ». Les partis politiques ne l’ont pas évoqué à la réunion des dirigeants politiques. Mais les « partenaires » en parlent. Donc notre peuple doit se préparer. La position du KKE est que ces deux issues possibles, c’est-à-dire un accord avec un nouveau mémorandum et de dures mesures ou bien un grexit ou quelque chose comme ça se feront aux dépens du peuple grec.

La rupture avec l’UE, avec le capital et leur pouvoir est la condition préalable à une stratégie totalement différente, avec un pouvoir véritablement aux travailleurs et au peuple, allant vers la socialisation des moyens de production, un détachement de l’UE et une dénonciation unilatérale de la dette.
C’est la proposition globale, totalement différente, que porte le KKE. Elle n’a rien à voir avec différents points de vue conduisant à une nouvelle paupérisation de notre peuple. Et je veux parler des points de vue qui existent au sein d’autres partis, minoritairement pour l’instant (notamment le parti qui gouverne et pour cela), qui parlent de sortie uniquement de la monnaie unique »
.

07/07/2015

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Yanis Varoufakis a démissionné pour ne pas cautionner la négociation du plan social. C'est une reculade de Tsipras indiquant sa volonté de négocier.

Réponse de la BCE :

"La banque centrale européenne (BCE) n’a laissé aucune chance au gouvernement de Syriza après la victoire du non au référendum du dimanche 5 juillet. Pressée de laver l’affront grec, l’institution monétaire a donné la réponse européenne. En fin de soirée, lundi, elle a annoncé qu’elle durcissait les conditions pour assurer la liquidité du système bancaire grec, acceptant le risque de provoquer un effondrement complet bancaire.
Alors que les banques grecques demandaient que le plafond des fonds d’urgence de liquidité (emergency liquidity assistance, ELA) soit augmenté de trois milliards, la banque centrale a refusé de changer la limite qu’elle avait imposée il y a dix jours."


Mediapart

_____________


La BCE étrangle la Grèce après le référendum :

RPT-La BCE maintient la pression sur la Grèce avant mardi


Reuters le 06/07/2015 à 21:16, mis à jour le 07/07/2015 à 06:301
(Répétition sans changement d'une dépêche transmise lundi soir)

Boursorama
par John O'Donnell et George Georgiopoulos

FRANCFORT/ATHENES, 7 juillet (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu lundi un contrôle strict sur le financement de banques grecques qui pour l'instant restent portes closes, un élément que le Premier ministre grec Alexis Tsipras devra prendre en compte à la veille d'un sommet de la zone euro à Bruxelles.

La BCE a annoncé qu'elle avait maintenu en l'état le mécanisme de fourniture de liquidité d'urgence (ELA) aux banques grecques, mais en ajustant les décotes sur certaines des garanties présentées par ces dernières pour pouvoir se refinancer auprès d'elle par l'intermédiaire de la banque centrale locale.
Cet ajustement est largement symbolique et n'affecte en rien les capacités de refinancement des banques hellènes mais on peut aussi y voir un signe manifestant l'impatience de l'institut d'émission commun.
"Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a décidé aujourd'hui de maintenir l'ELA pour les banques grecques au niveau décidé le 26 juin 2015 après avoir discuté d'une proposition de la Banque de Grèce" , dit la BCE dans un communiqué. Elle ajoute que le Conseil des gouverneurs est "résolu à employer tous les instruments disponibles dans le cadre de son mandat" .
Selon une source bancaire grecque, la BCE a réclamé une hausse de l'ordre de 10% sur certaines garanties présentées par les banques grecques. "La hausse de la décote sur une partie de l'ensemble des garanties est de 10% environ... mais cela ne crée
aucun problème pour quelque banque que ce soit", a expliqué la source.
Dans un entretien à la chaîne publique autrichienne ORF, Ewald Nowotny, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, évoque la possibilité d'un crédit-relais pour la Grèce pendant que se poursuivraient des négociations en vue d'un nouveau programme de renflouement.
"Que ce soit possible, cela reste sujet à discussion" , a-t-il dit, ajoutant que la BCE ne pourrait fournir davantage de liquidités à la Grèce si celle-ci venait à faire défaut sur sa
dette.
La banque centrale grecque avait sollicité plus de soutien de la part de la BCE, selon une source bancaire, mais elle s'est vue opposer une fin de non recevoir après le "non" franc et massif des Grecs aux propositions des créanciers d'Athènes dimanche.
Le statu quo ne laisse guère de temps aux banques grecques avant d'épuiser intégralement les quelque 89 milliards d'euros de financements disponibles et aussi ne leur laisse d'autre choix que de rester fermées dans les jours qui viennent.
Le gouvernement s'était dans un premier temps engagé à ce qu'elles rouvrent mardi mais le patron de la fédération bancaire locale a dit qu'elles resteraient fermées mardi et mercredi, prolongeant ainsi leur absence de la semaine dernière.
Les banques ont toutes les peines du monde à approvisionner leurs distributeurs automatiques pour pouvoir assurer un plafond de retrait quotidien établi à 60 euros, épuisant peu à peu la monnaie en circulation.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français)

_____________


La première réaction du gouvernement français après le non a été celle de Michel Sapin sur Europe 1:
C'est au "gouvernement grec de faire des propositions" , affirmant que tout serait soumis à une position commune entre la France et l'Allemagne. Sapin a insisté sur le fait que "c'est la Grèce qui est dans la difficulté" et "c'est au gouvernement de M. Tsipras de faire au plus vite des propositions à partir desquelles nous pourrons réouvrir des discussions" . [Challenges]


Edité le 07-07-2015 à 21:34:25 par Xuan




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Sur le réseau Voltaire :


« L’ART DE LA GUERRE »
Grèce, l’ombre de « Prométhée »
par Manlio Dinucci

L’avenir de la Grèce ne sera pas dicté par sa situation économique, mais par son choix de rester allié de Washington ou de basculer du côté de la Russie et de la Chine. Le géographe Manlio Dinucci rappelle ici les enjeux.




Le « tête à tête » dans le référendum grec, dont les grands médias ont fait la propagande, s’est révélé un sonore coup de tête dans le mur pour les fauteurs internes et internationaux du « Oui ». Le peuple grec a dit « Non » pas seulement aux mesures d’ « austérité » imposées par l’UE, la BCE et le FMI, mais, de fait, à un système —celui du capitalisme— qui étouffe la réelle démocratie.

Les implications du référendum vont au-delà de la sphère économique, en impliquant les intérêts politiques et stratégiques non seulement de Bruxelles, mais (chose dont on ne parle pas) ceux de Washington. Le président Obama a déclaré être « profondément impliqué » dans la crise grecque, que « nous prenons en sérieuse considération », en travaillant avec les partenaires européens afin d’ « être prêts à toute éventualité ». Pourquoi tant d’attention sur la Grèce ? Parce qu’elle est membre non seulement de l’UE, mais de l’Otan. Un « solide allié », comme la définit le secrétaire général Jens Stoltenberg, qui joue un rôle important dans les corps de déploiement rapide et donne le bon exemple dans la dépense militaire, à laquelle elle consacre plus de 2 % du PIB, objectif atteint en Europe seulement par la Grande-Bretagne et l’Estonie.

Bien que Stoltenberg assure « l’engagement continu du gouvernement grec dans l’Alliance » , à Washington on craint que, en se rapprochant de la Russie et de fait de la Chine, la Grèce d’Aléxis Tsípras ne compromette son appartenance à l’Otan. Le Premier ministre a déclaré que « nous ne sommes pas d’accord avec les sanctions contre la Russie » et, au sommet UE, a soutenu que « la nouvelle architecture de la sécurité européenne doit inclure la Russie » . Dans la rencontre Tsípras-Poutine, en avril à Moscou, on a parlé de la possibilité que la Grèce devienne le nœud européen du nouveau gazoduc, remplaçant le South Stream bloqué par la Bulgarie sous la pression des USA ; nouveau gazoduc qui à travers la Turquie apportera le gaz russe au seuil de l’UE [1].

Il y a en outre la possibilité que la Grèce reçoive des financements de la Banque pour le développement créée par les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et de la Banque d’investissements pour les infrastructures asiatiques créée par la Chine, qui veut faire du Pirée un important nœud de son réseau commercial.

« Une Grèce amie de Moscou pourrait paralyser la capacité de l’Otan à réagir à l’agression russe » [2], a prévenu Zbigniew Brzezinski (ancien conseiller stratégique de la Maison-Blanche), exprimant la position des conservateurs. Celle des progressistes s’exprime par la voix de James Galbraith, enseignant en Relations de gouvernement et business à l’Université du Texas, qui a travaillé pendant quelques années avec Yánis Varoufákis, devenu ministre des Finances grec (aujourd’hui démissionnaire), auquel il a fourni une « assistance informelle » ces derniers jours [3].

Galbraith soutient que, malgré le rôle joué par la CIA dans le putsch de 1967, qui porta au pouvoir en Grèce les colonels selon le plan « Prométhée » de l’Otan, « la gauche grecque a changé et ce gouvernement est pro-US et fermement membre de l’Otan » . Il propose donc : « Si l’Europe échoue, les États-Unis peuvent agir pour aider la Grèce, laquelle, étant un petit pays, peut être sauvée avec des mesures mineures, parmi lesquelles une garantie sur les prêts » [4].

Les deux positions sont dangereuses pour la Grèce. Si à Washington prévaut celle des conservateurs, se dessine un nouveau plan « Prométhée » de l’Otan, une « Place Syntagma » sur le modèle de la « Place Maïdan » en Ukraine. Si c’est celle des progressistes qui prévaut, c’est une opération d’empreinte néo-coloniale qui ferait tomber la Grèce de Charybde en Scylla. L’unique voie reste celle d’une dure lutte populaire pour la défense de la souveraineté nationale et de la démocratie.

Manlio Dinucci
Traduction
Marie-Ange Patrizio
Source
Il Manifesto (Italie)



Notes
[1] “Möglicher Deal zwischen Athen und Moskau : Griechenland hofft auf russische Pipeline-Milliarden”, Von Giorgos Christides, Der Spiegel, 18. April 2015. « Poutine et Tsípras examinent le projet Turkish Stream », Anadolu Agency, 7 mai 2015. « Soutenu par Poutine, Tsípras signe un accord avec Gazprom », par Benjamin Quenelle, Les Échos, 22 juin 2015.

[2] « La Grèce pourrait "paralyser" l’Otan, estime Brzezinski », AFP, 25 mars 2015.

[3] Modeste proposition pour résoudre la crise de la zone euro, Yánis Varoufákis, James K. Galbraith et Stuart Holland (préface de Michel Rocard), Les Petits matins,‎ 2014 (ISBN 978-2363831248)

[4] “US must rally to Greece”, James K. Galbraith, The Boston Globe, February 19, 2015.


Edité le 07-07-2015 à 23:12:09 par Xuan




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les Etats Unis appuieront ils Aube Dorée en Grèce,tout comme ils ont porté au pouvoir les néo-nazis en Ukraine?ils peuvent toujours faire pression sur Athènes en armant la Turquie,qui reve de chasser les populations hellénophones de l ensemble de l ile de Chypre,avec la complicité des troupes angloaméricaines qui occupent l ancienne colonie britannique.


Edité le 08-07-2015 à 12:52:30 par marquetalia




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   Posté le 09-07-2015 à 15:15:25   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Deux faits d’actualité :

1 > Le Monde fait observer Le revirement de Nicolas Sarkozy sur la Grèce :

[…]
Dans Le Monde daté du 2 juillet, [Sarkozy] défendait une ligne très dure, en décrétant de manière prématurée que le gouvernement grec avait « suspendu de fait, de lui-même, l’appartenance de la Grèce à la zone euro » .
[…]
Samedi 4 juillet, Nicolas Sarkozy avait réaffirmé ses convictions lors de la Fête de la violette, à La Ferté-Imbault (Loir-et-Cher), en dénonçant la volonté de François Hollande de « chercher des compromis » à tout prix. Ainsi que sa supposée bienveillance à l’égard de M. Tsipras : « Qui a reçu le premier un gouvernement composé de membres d’extrême gauche et d’extrême droite ? François Hollande ! »



ça lui va bien ces petites cornes !

[…]
Une semaine plus tard, le ton a totalement changé : M. Sarkozy se rallie à la position française, consistant à tout faire pour éviter un « Grexit », et va jusqu’à accorder un bon point à l’exécutif qu’il accablait hier. « Tout doit être fait pour trouver un compromis, je partage ce point de vue exprimé par Monsieur Hollande et par Monsieur Valls » , a déclaré M. Sarkozy sur TF1, après que la Grèce a promis de présenter jeudi au plus tard des propositions de réformes de son économie pour obtenir une nouvelle aide de ses créanciers.
[…]


__________________


2 > A propos du sommet des BRICS, qui s’ouvre en ce moment, le site Spoutnik publie une série d’articles dont BRICS: les échanges atteignent 300 milliards de dollars, où on peut lire :

« Le 6 juin, Sergueï Katyrine, président de la Chambre de commerce et du Conseil d’affaires des BRICS a déclaré que la Grèce pourrait se joindre au groupe si elle devenait un pays à économie émergente. »
Petit renvoi d’ascenseur pour Syriza, qui s’était opposé à de nouvelles sanctions européennes le 27 janvier, indiquant dans un communiqué que la Déclaration du Conseil de l’UE avait été décidée « sans la procédure prescrite pour obtenir le consentement par les Etats membres et en particulier sans l'obtention du consentement de la Grèce » .

__________________


Pourquoi ce revirement de Sarkozy ? Est-il lié à l’éviction symbolique de Varoufakis, signifiant la capitulation de Syriza tandis que la BCE étrangle le crédit des banques grecques ?
Ou bien à la soudaine prise de conscience des enjeux géostratégiques actuels, bien différents de la situation de 2011, lorsque Sarkozy et Merkel avaient contraint Papandréou à renoncer à son référendum ?

En tous cas pour le peuple grec le référendum n’était pas qu’un moyen de pression, c’était le rejet de l’austérité et du diktat franco-allemand.
Quelle que soit l’issue immédiate, le fossé s’est profondément creusé entre les nations spoliatrices et celles opprimées.
Toute l’Europe a été profondément divisée à cette occasion, et la solution retenue est admise par tous ces réactionnaires comme la « moins pire ».

Il va sans dire que les capitalistes grecs seront de plus en plus sur la sellette et que la lutte des classes va s’aiguiser en Grèce. Dans notre pays les masses ne sont pas non plus disposées à payer une dette creusée dans les caisses de l’Etat par la BNP et la Société Générale notamment : qui aurait le culot de faire rembourser par la sécu ses ardoises au casino?

Ces deux faits illustrent clairement les contradictions à l’échelle mondiale, européenne, et au sein de chaque pays capitaliste en Europe.


Edité le 09-07-2015 à 15:20:55 par Xuan




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   Posté le 09-07-2015 à 15:21:39   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

en meme temps,cette alliance à Athènes de Syriza à une formation national-populiste accroit les tentatives d amalgame entre extreme-gauche et extreme -droite,amalgame entretenu en France essentiellement par le nazbol Alain Soral.

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   Posté le 09-07-2015 à 15:28:41   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les marxistes s'intéressent au fait et pas aux amalgames de la bourgeoisie.
Amalgames qui ne résistent pas au premier examen.
En France aussi le FN défend la Grèce contre "la finance mondialisée", mais outre ses relents germanophobes cette propagande tait la part française de cette finance.

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   Posté le 09-07-2015 à 17:38:42   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

En France aussi le FN défend la Grèce contre "la finance mondialisée", mais outre ses relents germanophobes cette propagande tait la part française de cette finance.[/citation]

c est pourquoi il faut prioritairement combattre l impérialisme Français,et particulièrement le retour en force des monopoles de l Hexagone en Algérie,Hollande espère que Paris redeviendra le premier partenaire commercial d Alger,dépassant la Chine Populaire,qui elle finance la construction de la mosquée Bouteflika,dont la construction sera finie en Novembre 2016.il est meme possible qu en cas de mort du dirigeant algérien,Hollande-ou Valls-intervienne militairement et directement à Alger pour y défendre les intérêts de l impérialisme Français.Sarkozy,qui voulait réhabiliter la colonisation francaise en Algérie, n est pas l homme de main des monopoles et des intérêts de la classe dirigeante francaise,qui sait qu il faut passer par la repentance totale pour reprendre pied en Afrique du Nord,et non pas en glorifiant "l Algérie Francaise" de grand-père,mais en placant Manuel Valls à la tete de l Etat,d autant plus que "notre"complexe militaro industriel a besoin de l Algérie,pour mener la guerre néo-coloniale contre les peuples sahélo-sahariens.une victoire de Sarko serait vécue par l oligarchie comme un désastre...


Edité le 09-07-2015 à 17:50:14 par marquetalia




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   Posté le 09-07-2015 à 19:53:26   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Étonnant comme le ton de Sarkozy s’est radouci. Notre appréciation de Syriza se confirme et les accusations d’extrême gauche envers ce groupe apparaissent maintenant pour ce qu’elles étaient : des effets de manche d’avocat véreux, assorties de pressions médiatiques, d’étranglement financier et d’ingérences.

Il faut souligner en Grèce la combinaison de la lutte pour l’indépendance et contre le capitalisme.

La Grèce n’est pas un pays du Tiers Monde mais elle est quand même dominée en Europe. On peut même dire écrasée quand on voit la BCE fermer le robinet des banques grecques, les contraignant à fermer leurs portes, briser l’économie et mettre le peuple sur la paille (et les retraités effondrés sur le trottoir).
Simultanément on devine que la sortie de l’Europe à elle seule ne réglerait pas les contradictions de classe criantes. On devine que les armateurs grecs on dû s’entendre comme larrons en foire avec nos capitalistes, lesquels viennent maintenant donner des leçons de bonne gestion patrimoniale.

L’autre aspect ce sont les rapports internationaux. Il est clair que les rapports des forces ont basculé : l’Europe doit assumer ses propres contradictions face à la confrontation USA - BRICS.

Et c’est là que les Athéniens s'atteignirent, que les Perses se percèrent, que les Satrapes s'attrapèrent, et que les Mèdes s'emmerdèrent...

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   Posté le 09-07-2015 à 20:00:25   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

[citation=Xuan]

L’autre aspect ce sont les rapports internationaux. Il est clair que les rapports des forces ont basculé : l’Europe doit assumer ses propres contradictions face à la confrontation USA - BRICS.

dans le cadre de la confrontation USA-BRICS,certains milieux nationalistes Français (la Nouvelle Revue d Histoire)penchent en faveur de l emergence d un bloc euro-russe,"seul en mesure de contester l hégémonie de la puissance dominante".par ailleurs,les BRICS sont,exceptée la Russie,des anciennes colonies des pays d Europe Occidentale(le Brésil,du Portugal,l Inde du Royaume-Uni,la Chine fut semi-colonisée,forcée à accepter le trafic d oipum,et écrasée à Pékin en 1900 lors de la révolte des Boxers,par les puissances coloniales européennes-Russie comprise-,plus les Etats Unis et le Japon.l Afrique du Sud va voir ses relations se dégrader avec les pays anglo-saxons et surtout les Pays Bas à mesure que le peuple noir revendiquera les terres accaparées par les Afrikaaners.et,en meme temps,l Occident-ou plutôt le Japon- pousse New Dehli à la confrontation avec la Chine Populaire.


Edité le 09-07-2015 à 20:09:39 par marquetalia




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   Posté le 12-07-2015 à 15:40:58   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les USA et le FMI s'inquiètent d'un Grexit :

Sputnik


USA et FMI favorables à une restructuration de la dette grecque


La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, et le secrétaire au Trésor américain, Jacob Lew, appellent à la résolution de la crise financière grecque et à l'allègement de sa dette colossale.
La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a affirmé mercredi qu'une restructuration de la dette de la Grèce était "nécessaire" et a assuré qu'elle restait "engagée" pour trouver une solution à la crise dans le pays. Mme Lagarde a mentionné que la Grèce faisait face à une " crise aigüe qui doit être réglée " et a recommandé au gouvernement grec un programme basé sur deux jambes.

"La première jambe, c'est un mélange de réformes structurelles profondes pour redresser l'économie et de la consolidation budgétaire. La deuxième jambe, c'est une opération sur la dette, c'est à dire une restructuration de dette qui permette une soutenabilité à moyen terme pour le pays" , a indiqué la patronne du FMI.

Selon le secrétaire au Trésor américain, Jacob Lew, un accord sur la Grèce n'est possible que si des "décisions difficiles" sont prises par Athènes sur les réformes et par les Européens sur un allègement de dette.
Parallèlement, le responsable américain a assuré qu'un "Grexit" éventuel pourrait déstabiliser l'Europe et créer des risques géopolitiques.

Néanmoins, l'Allemagne, le principal créancier de la Grèce, refuse toujours d'envisager une renégociation de la dette grecque.

La Grèce, qui réclame un allègement de sa dette, a formulé mercredi une demande non chiffrée pour un prêt sur trois ans auprès du Mécanisme européen de stabilité (MES) et a promis de présenter un nouveau programme de réformes "crédibles", répondant à l'ultimatum lancé par les dirigeants européens.
Le nouveau programme grec sera examiné vendredi par les créanciers de la Grèce puis soumis samedi aux ministres des Finances de la zone euro. Il devrait être présenté dimanche au chef d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne.

En 2012, les détenteurs de titres grecs ont accepté de réduire de 53,5% leurs créances pour un montant de 107 milliards d'euros. La BCE et les autres banques centrales de la zone euro ont renoncé aux plus-values sur les obligations de la dette grecques qu'elles détenaient. Pourtant, Athènes doit rembourser 130 milliards d'euros au Fonds européen de stabilité financière (FESF) et encore 50 milliards à divers pays. La dette auprès de détenteurs de titres, émis après le défaut de 2012, est de 35 milliards d'euros. En outre, la balance négative de la banque centrale de Grèce vis-à-vis du reste de l'Eurosystème dépasserait aujourd'hui les 100 milliards d'euros.


Il apparaît que la crise grecque s'inscrit aussi dans la confrontation entre l'hégémonisme US et les BRICS.
Un Grexit (dette mise à part, mais les capitalistes peuvent toujours la faire payer par d'autres peuples) coûterait cher en terme d'équilibre géopolitique.
La Grèce se trouve sur la route de la soie et s'est déjà opposée aux sanctions contre la Russie.
Quitte à mettre la main à la poche, l'impérialisme US est prêt à tout pour conserver la Grèce dans l'Otan.

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   Posté le 12-07-2015 à 16:08:50   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Lire également sur le développement de liens entre la Grèce et les émergents :

L'Europe et les pays émergents

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   Posté le 14-07-2015 à 17:22:02   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Bureau de presse du PAME, 13 juillet 2015, traduction Solidarité internationale PCF




TOUS AUX RASSEMBLEMENTS organisés par le PAME
Mercredi 15 juillet
Tous dans la rue! Battons-nous maintenant!


Le secrétariat exécutif du PAME dénonce l’accord tourné contre les travailleurs, le 3ème mémorandum décidé au sommet de la zone euro.

Le parti social-démocrate SYRIZA, le parti d’extrême-droite ANEL, le parti conservateur ND et les autres partis politiques bourgeois ont immédiatement retourné les votes NON et OUI au référendum en une seule réponse : « accord avec l’UE à n’importe quel prix ».
« Accord » égale « nouveau mémorandum » avec un nouveau cortège de mesures antipopulaires, des mesures qui s’additionneront aux lois contre les travailleurs issues des deux premiers mémorandums.

Cet accord ordonne la destruction de tous les droits qui restent aux travailleurs, la destruction des allocations sociales, du droit du travail, des taxes plus lourdes sur les couches populaires.

Le PAME appelle la classe ouvrière à rejeter le nouvel accord, en luttant pour dire NON au troisième mémorandum et sa barbarie, non aux nouvelles mesures et à leur brutalité.

Nous avons le pouvoir de rejeter le mémorandum, les patrons et les directions syndicales vendues, d’exiger des mesures immédiates de soulagement de l’urgence sociale et de restitution de nos acquis perdus.

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   Posté le 14-07-2015 à 20:29:03   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur le site les crises :

Capitulation, par Jacques Sapir



Au petit matin de ce lundi 13 juillet, le Premier-ministre grec, M. Alexis Tsipras, a fini par capituler. Il a capitulé sous les pressions insensées de l’Allemagne, mais aussi de la France, de la Commission européenne et de l’Eurogroupe. Il n’en reste pas moins qu’il a capitulé. Car, il n’y a pas d’autres mots pour désigner l’accord qui lui a été imposé par l’Eurogroupe, puis par les différents dirigeants européens, le revolver – ou plus précisément la menace d’une expulsion de la Grèce hors de la zone Euro – sur la tempe. Cette capitulation aura des conséquences dramatiques, en Grèce en premier lieu où l’austérité va continuer à se déployer, mais aussi au sein de l’Union européenne. Les conditions dans lesquelles cette capitulation a été arrachée font voler en éclat le mythe d’une Europe unie et pacifiée, d’une Europe de la solidarité et des compromis. On a vu l’Allemagne obtenir de la Grèce ce que les anciens appelaient une paix carthaginoise. On sait que telle était la position dès le départ de M. Dijsselbloem, le Président de l’Eurogroupe[1]. On a vu, avec tristesse mais aussi avec colère, la France finir par se plier à la plupart des exigences allemandes, quoi qu’en dise notre Président.

Ce 13 juillet est et restera dans l’histoire un jour de deuil, à la fois pour la démocratie et pour l’Europe.

Un accord détestable

Cet accord est un accord détestable, et pour plusieurs raisons. Il l’est dans le domaine économique. Il saigne à nouveau l’économie grecque sans lui offrir la nécessaire et réelle bouffée d’oxygène dont elle avait besoin. L’accroissement de la pression fiscale sans contreparties, aura des conséquences désastreuses pour l’économie grecque. C’est la poursuite de l’austérité dans la plus pure logique d’un Pierre Laval en France, mais surtout d’un Brüning en Allemagne, ou d’un McDonald en Grande-Bretagne, ces figures tragiques des années trente qui ont aggravé par leurs politiques les conséquences de la crise de 1929. La hausse de la pression fiscale exigée, les nouvelles coupes dans les dépenses, ne s’accompagnent nullement du plan d’investissement massif qui aurait pu en compenser, au moins en partie, les effets. Notons ainsi que le gouvernement grec est contraint de s’engager à : « mener d’ambitieuses réformes des retraites et définir des politiques visant à compenser pleinement l’incidence budgétaire de l’arrêt de la cour constitutionnelle relatif à la réforme des pensions de 2012 et mettre en œuvre la clause de déficit zéro ou des mesures alternatives mutuellement acceptables d’ici octobre 2015 ». En d’autres termes on demande au gouvernement grec de compenser l’arrêt de la cour constitutionnelle qui avait cassé la réforme des retraites de 2012. Bref, la logique de l’austérité est ici proclamée plus importante que la constitution d’un état souverain[2].

Cet accord est aussi détestable dans le domaine financier aussi. Il engage donc le Mécanisme Européen de Stabilité, ou MES. Mais, cet engagement sera appelé à grandir régulièrement. L’économie grecque va, en effet, continuer à s’enfoncer dans la dépression. Les ressources fiscales vont au total stagner, voire diminuer et cela même si la pression fiscale augmente comme il est prévu dans l’accord. La dette va donc, en proportion de la richesse produite, devenir de plus en plus lourde. Sur cette dette, le reprofilage – mot barbare qui désigne un allongement des délais de paiement du principal et un report des intérêts – ne résout rien. On sait, le Fonds Monétaire International l’a dit, qu’il faut restructurer, c’est à dire annuler, une partie de la dette grecque. Mais, l’Allemagne s’y refuse toujours avec obstination. Il faudra d’ici peu trouver à nouveau de l’argent pour la Grèce. L’une des raisons pour lesquelles ce plan est détestable est qu’il ne règle rien, ni économiquement, ni financièrement.

Un accord de type néo-colonial

Enfin, ce plan est détestable pour une troisième raison. Politiquement, il aboutit à mettre la Grèce en tutelle, à l’assimiler dans les faits à une colonie privée de tout pouvoir réel. Le parlement grec non seulement est sommé de voter au plus vite certaines réformes, avec deux dates butoirs, du 15 et du 22 juillet[3], mais il devra soumettre désormais les différentes mesures à prendre au contrôle et au bon vouloir des institutions européennes. En particulier, un paragraphe de l’accord est très significatif. Il dit ceci : « Le gouvernement doit consulter les institutions et convenir avec elles de tout projet législatif dans les domaines concernés dans un délai approprié avant de le soumettre à la consultation publique ou au Parlement » [4].

C’est le rétablissement de ce que les grecs appellent le « régime de la Troïka » , régime qu’ils avaient répudié lors des élections du 25 janvier dernier. Et c’est là sans doute le résultat le plus inouï de cet accord. Il équivaut à annuler une élection libre et démocratique, à affirmer que les règles édictées à Bruxelles ont plus de poids que le jeu démocratique. Il faudra s’en souvenir car, de ce point de vue, cet accord ne concerne pas les seuls grecs ; il menace aussi tous les peuples de la Zone Euro. Il nous menace donc nous aussi, les français. Et c’est pourquoi le fait que notre Président, M. François Hollande, se soit prêté à ce crime, car il n’y a pas d’autre mot pour qualifier cet accord dans le domaine politique, doit nous emplir d’effroi. En acceptant de poser sa signature au bas de cet accord, en acceptant de la faire voter d’ici la fin de la semaine au Parlement français, François Hollande est dès lors connivent à cet étranglement de la démocratie en Grèce, mais aussi dans l’ensemble de la Zone Euro.

Allant toujours plus loin, cet accord organise la spoliation de la population grecque dans le paragraphe léonin qui concerne les privatisations et qui date directement de ce que l’on appelait au XIXème siècle la « politique de la canonnière » . Ce paragraphe stipule en effet que le gouvernement grec doit : « élaborer un programme de privatisation nettement plus étoffé avec une meilleure gouvernance; des actifs grecs de valeur seront transférés dans un fonds indépendant qui monétisera les actifs par des privatisations et d’autres moyens. La monétisation des actifs constituera une source permettant le remboursement programmé du nouveau prêt du MES et générera sur la durée du nouveau prêt un montant total fixé à 50 milliards d’euros, dont 25 milliards d’euros serviront au remboursement de la recapitalisation des banques et d’autres actifs, et 50 % de chaque euro restant (c’est-à-dire 50 % de 25 milliards d’euros) serviront à diminuer le ratio d’endettement, les autres 50% étant utilisés pour des investissements » [5]. Cela revient à dire que la Grèce ne pourra utiliser que 50% de 25 milliards, soit 12,5 milliards issus des privatisations pour des investissements. Or, ces sommes ne seront pas disponibles – si tant est qu’elles le soient un jour – avant deux à trois ans.

Quand on entend François Hollande affirmer dans la mâtinée de ce 13 juillet que la souveraineté de la Grèce a été préservée, on se dit que notre Président a un goût douteux pour la plaisanterie. C’est ajouter l’insulte à la blessure. Car la souveraineté de la Grèce a bel et bien été piétinée par l’Eurogroupe et par l’Allemagne, avec l’aide et avec l’assentiment de la France. C’est pour cela que ce 13 juillet sera désormais un jour de deuil pour tous ceux qui défendent la démocratie, la souveraineté et la liberté des peuples.

La question de l’Euro

François Hollande affirme que son action a sauvé l’Euro. Il est clair que si l’Allemagne avait imposé l’expulsion de la Grèce hors de la Zone Euro, cela aurait déclenché à relativement court terme le processus de dissolution de cette zone. Mais, le maintient de la Grèce dans la zone Euro ne sauve nullement l’Euro. D’une part parce que les problèmes économiques et financiers de la Grèce ne sont pas résolus. D’autre part, parce que d’autres pays sont aujourd’hui en grandes difficultés, et en particulier l’un de nos voisins, l’Italie.

L’Euro est, on en a eu la preuve aujourd’hui, indissolublement lié à la politique d’austérité. La politique économique menée dans la Zone Euro consolidée par le rôle des divers traités, et en particulier du dernier le TSCG ratifié en septembre 2012, ne peuvent que mener à l’austérité. Si on ne l’avait pas encore compris c’est aujourd’hui parfaitement clair : l’Euro c’est l’austérité. Bien sur, il peut y avoir des politiques d’austérité sans l’Euro. Mais l’Euro implique en réalité la politique d’austérité et toute politique menée dans le cadre de l’Euro conduit à l’austérité. Il faut comprendre le sens profond de cette affirmation. Aujourd’hui, tant que l’on restera dans la zone Euro, il sera impossible de mener une autre politique économique que l’austérité. Pour ne pas avoir compris cela Alexis Tsipras s’est mis de lui-même la tête sur le billot.

Cette constatation est appelée à devenir le véritable point de clivage de la politique française dans les mois et les années à venir. Ainsi, ce qu’a sauvé François Hollande, en réalité, c’est bel et bien l’austérité. On sait qu’il fit ce choix en 2012. Il n’en a pas changé. Il devra donc être jugé dessus aux prochaines élections.



[1] VAROUFAKIS: POURQUOI L’Allemagne REFUSE D’ALLÉGER LA DETTE DE LA GRÈCE, http://blogs.mediapart.fr/blog/monica-m/120715/varoufakis-pourquoi-lallemagne-refuse-dalleger-la-dette-de-la-grece
[2] Déclaration du sommet de la zone euro , Bruxelles, le 12 juillet 2015, page 3.
[3] Le texte de l’accord précise que ce dernier ne sera valable que dans les conditions suivantes : « Ce n’est qu’après – et immédiatement après – que les quatre premières mesures susmentionnées auront fait l’objet d’une mise en oeuvre au plan juridique et que le Parlement grec aura approuvé tous les engagements figurant dans le présent document, avec vérification par les institutions et l’Eurogroupe, qu’une décision pourra être prise donnant mandat aux institutions de négocier un protocole d’accord » . Déclaration du sommet de la zone euro, Bruxelles, le 12 juillet 2015, page 2.
[4] Déclaration du sommet de la zone euro, Bruxelles, le 12 juillet 2015, page 5.
[5] Déclaration du sommet de la zone euro, Bruxelles, le 12 juillet 2015, page 4.


Source : Jacques Sapir, pour son blog RussEurope, le 13 juillet 2015.

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KKE, 10 juillet: Non au nouveau mémorandum de “gauche”




Compte-rendu du KKE, 11 juillet 2015, traduction depuis la page en anglais du site du KKE, par MlN pour Solidarité internationale communiste PCF

Le gouvernement du parti de « gauche » SYRIZA et du parti nationaliste ANEL place le fardeau insupportable de nouvelles mesures antipopulaires sur le dos de la classe ouvrière et des autres couches du peuple, avec le soutien du parti de droite ND, du parti social-démocrate PASOK (les deux gouvernaient ensemble jusqu’en janvier 2015) et du parti centriste POTAMI.

Dans la nuit du 10 juillet, a été mise à l’ordre du jour de la séance plénière du Parlement la question d’autoriser ou non le gouvernement à négocier un nouveau mémorandum, le 3ème, comprenant une série de mesures antipopulaires. L’alternative a été posée de la façon suivante : ou bien la continuation de la ligne politique antipopulaire, ou bien la banqueroute du pays et une sortie de la zone euro.

Le premier ministre, Alexis Tsipras a défendu son mémorandum, le « mémorandum-Tsipras », en expliquant en substance que les mesures antipopulaires devaient être prises pour regagner la confiance des investisseurs et des marchés.

A 5 heures du matin, 251 députés ont voté pour la proposition du gouvernement. L’ensemble du groupe KKE a voté contre. Au final, il s’est trouvé 32 voix contre et 8 abstentions volontaires. 9 députés étaient absents.

Ces développements, qui révèlent une fois de plus le vrai visage du gouvernement « patriotique de gauche » de SYRIZA/ANEL, montrent la position inacceptable tenue ces derniers mois par différentes forces à l’étranger, y compris par certains partis communistes et ouvriers, qui ont soutenu le gouvernement au nom de la « solidarité avec la Grèce » .

Prenant la parole devant le Parlement pendant la discussion générale relative à « l’autorisation » au gouvernement d’approuver le nouveau, 3ème, mémorandum, le secrétaire général du Comité central du KKE, Dimitris Koutsoumbas, a insisté interpelant gouvernement :
« Vous avez toujours pratiqué l’absence de morale en politique, l’opportunisme, ce qui veut simplement dire littéralement, sans approfondir théoriquement, être opportuniste et aventuriste.

Il y a à peine 10 jours, ici même, pendant la discussion sur la proposition de référendum, le KKE a clairement expliqué devant vous que vous appeliez le peuple à voter sur un « oui » ou un « non » qui ne diffèrent que superficiellement, puisque tous les deux portaient l’acceptation d’un nouveau mémorandum, peut-être pire encore que les précédents.
Vous avez transformé le « non » du peuple en un « oui » à un nouveau mémorandum.

Cela s’est trouvé confirmé le lendemain même du référendum. Les autres partis politiques, aussi bien ceux qui soutenaient le «oui» que ceux qui soutenaient le «non», se sont mis d’accord sur un nouveau mémorandum qui sera encore plus dur.

Nous étions certains depuis le départ qu’il allait en être ainsi. Non parce que nous sommes devins, mais parce que votre stratégie, votre programme, votre position sur l’UE, l’euro et les alliances capitalistes en général, votre position sur le mode de développement et le système qui vous servez, vous menaient inévitablement du côté de l’UE, de la BCE, du FMI, du grand capital, des groupes monopolistes. Avec eux, vous avez vu comment le butin serait partagé, comment vous alliez servir leurs rendements, comment, en fin de compte, vous alliez diminuer le revenu de la population, comment vous alliez économiquement réduire le prix de la force de travail, comment vous alliez sucer les gens jusqu’à l’os pour que les parasites du système puissent prospérer »
.

Le secrétaire général du CC du KKE, au sujet de l’alternative posée par le gouvernement, « accord antisocial, c’est-à-dire mémorandum, ou Grexit » , a souligné les points suivants : « Le 3ème mémorandum va se traduire par une véritable banqueroute pour le peuple. Evidemment suivant une voie qui, d’une certaine façon, est mieux ordonnée. Nous allons connaître des mesures antipopulaires barbares. Avec le Grexit, nous connaîtrions un appauvrissement rapide, la faillite des ménages conjuguée avec la faillite de l’Etat, sans aucune voie de sortie, toujours pris au piège, emprisonnés dans le carcan de l’UE, dans le même vieux mode de développement capitaliste.

C’est pourquoi tous les autres partis portent une responsabilité historique, en particulier SYRIZA qui gouverne aujourd’hui et a bénéficié de la confiance du peuple.

La véritable voie pour sortir de la crise, pour un développement profitable aux intérêts des travailleurs et de la population, passe par l’organisation du peuple lui-même, la mise au point de son intervention, un langage de vérité, des programmes et des positions clairs qui permettent au peuple lui-même de décider, de prendre le pouvoir et d’organiser l’économie et une nouvelle société, en dehors et bien loin des regroupements capitalistes, avec une planification centralisée, avec une propriété socialisée des richesses produites par la classe ouvrière et le peuple.

Toutes les autres options se ramènent aux expériences d’échec de la gestion social-démocrate, des soi-disant gouvernements de gauche qui ont géré le système dans le cadre du capitalisme. Les espoirs fugitifs qu’ils ont répandus, les fausses attentes ont conduit le peuple à une grande désillusion, le mouvement des travailleurs à un recul. Ils ont renforcé les tendances conservatrices et même extrêmement réactionnaires »
.

A propos de l’enchevêtrement entre la « question grecque » et les contradictions interimpérialistes, D. Koutsoumbas a fait remarquer :

« Vous présentez souvent le « cruel » Schaüble comme l’adversaire unique, ce Schaüble qui représente une part importante du capitalisme allemand, mais vous présentez aussi de temps en temps, comme des amis de la Grèce, les Etats-Unis et le FMI, maintenant la France, en concentrant l’attention sur la question de la restructuration de la dette publique.

Pas plus le capital américain, le capital français ou le capital allemand ne sont les amis du peuple. Ils réclament tous aussi bien la mise à mort des droits et des revenus du peuple. La concurrence entre eux se déroule dans le contexte de la crise capitaliste et des profonds déséquilibres au sein du noyau dur de la zone euro. Les Etats-Unis et l’Allemagne sont en concurrence pour l’hégémonie en Europe, le FMI, la France et l’Allemagne pour l’avenir de la zone euro. Des sections du capital grec, industriels, banquiers, armateurs sont impliqués dans cette confrontation.

Tant que nous serons pris dans ce dangereux tissus de contradictions, tous les choix possibles seront un cauchemar pour le peuple : autant un nouvel accord/mémorandum, qu’un défaut de paiement ou même l’éventualité d’une guerre dans la région »
.

Concernant les développements d’avenir, Le secrétaire général a souligné ceci :

« Malgré les compromis temporaires, la tendance reste lourde à l’expulsion de certains pays. Cela ne concerne pas simplement que la Grèce mais tous les pays endettés, même ceux qui sont candidats à rejoindre l’euro.
Le peuple ne doit pas avoir à choisir entre sa faillite avec l’euro ou sa faillite avec la drachme.

Une solution décisive en faveur du peuple nécessite une vraie rupture qui n’a rien à voir avec la fausse rupture que certains courants dans SYRIZA invoquent quand ils défendent une sortie de la Grèce, uniquement, de la zone euro.

Ceux qui prétendent – parmi eux, ces courants de SYRIZA, comme d’autres forces nationalistes et réactionnaires partant d’un autre point de vue – que la sortie de la Grèce de la zone euro, avec une monnaie dévaluée, donnerait un coup de fouet à la compétitivité et à la croissance et aurait de bonnes répercussions pour le peuple, sont en train, délibérément, de tromper le peuple.

La perspective d’une Grèce, pays capitaliste doté d’une monnaie nationale, ne constitue pas une rupture en faveur du peuple. Ces forces politiques qui mettent en avant cet objectif comme une solution ou comme un objectif intermédiaire en vue de changements radicaux (comme la « plateforme de gauche » de SYRIZA, ANTARSYA, ou comme également des forces d’extrême-droite fascistes en Europe) jouent dans les faits le jeu de certaines sections du capital.

Aussi nous ne choisirons pas si nous ferons faillite avec l’euro ou avec la drachme, sous l’effet d’une dévaluation interne ou externe.

Pour cette raison, nous ne choisissons pas entre un mémorandum ou un Grexit.
Parce qu’il y a une solution alternative si le peuple lutte pour une rupture avec l’UE, le capital et leur pouvoir.
Par exemple, nous pouvons abolir les directives de l’UE qui ont causé la stagnation de la production nationale, de la production de sucre et de viande aux chantiers navals en passant par bien d’autres secteurs.
Nous pouvons utiliser les contradictions entre les centres impérialistes et gagner des accords internationaux avantageux pour la Grèce et le pouvoir populaire, dégagés de l’UE et de l’OTAN.
Nous pouvons préparer la voie à la satisfaction des besoins populaires en procédant à la socialisation des monopoles, des moyens de production avec une planification nationale scientifique de l’économie »
.

En conclusion, D. Koutsoumbas a rappelé que le KKE appelle les travailleurs à organiser leur riposte dans les rues et les lieux de travail contre les nouvelles mesures de destruction.

Dans l’après-midi, ce même jour (vendredi 10 juillet), le PAME organisait un rassemblement de masse à Athènes et dans les principales villes du pays contre le 3ème mémorandum (« de gauche » regroupant des mesures antipopulaires.
Les manifestations ont regroupé des syndicats, des comités populaires, des associations et groupes féminins, des organisations de masse, des comités de lutte de chômeurs, de travailleurs indépendants et d’artisans, comme d’étudiants, c’est-à-dire de tous ceux qui sont frappés par les mesures du gouvernement de coalition. Tous ont crié : « assez ! – Une autre voie existe dans l’intérêt du peuple” .

D. Koutsoumbas, qui a participé au rassemblement de masse du PAME à Athènes a déclaré: "nous ne pouvons pas perdre plus de temps. Les travailleurs doivent organiser leur lutte, mettre en avant leurs revendications et organiser l'alliance populaire " .

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Xuan
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   Posté le 14-07-2015 à 23:17:11   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   


La bal des faux derches, comme socialos en foire

Sur Histoire et Société :

The Guardian : Beaucoup de Grecs pensent maintenant que Tsipras est un traître. Mais il va survivre par David Patrikaros


14JUIL

Alexis Tsipras avait beaucoup promis aux Grecs, mais il n’a pas pu éviter l’humiliation de ses créanciers de la zone euro. Tandis que ceux qui ont voté se sentent trahis, il n y a pas pas une alternative viable

L’année dernière, alors que sa campagne électorale approchait de sa fin, le premier ministre grec Alexis Tsipras a visité la Crète en promettant aux gens. « Nous allons jouer du tambour et ils danseront. Et parce que nous sommes en Crète, nous jouerons le lyra et les marchés vont danser le pendozali, » a-t-il déclaré, se référant à une danse traditionnelle et locale sur l’île grecque.

Six mois après et les marchés, si ce n’est danser, poussaient certainement un soupir de soulagement hier. Et si Tsipras joue sur toutes sortes de tambour, il doit les battre lentement et mélancoliquement.

La Semaine dernière, après avoir promis à plusieurs reprises à son peuple qu’avec son gouvernement prendrait fin les mesures d’austérité paralysant Grèce, Tsipras a avancé une série de propositions qui apporteront encore plus d’austérité, plus d’impôts et une plus grande misère.

Hier, les créanciers du pays ont accepté ces propositions ; Il y aura un accord. Pour aggraver les choses, cela est s’est passé une semaine à peine après que le pays ait voté globalement un référendum – auquel Tsipras avait appelé – de rejet de plus d’austérité. En possession d’un mandat pour dire non, Tsipras a dit oui.

Le mouvement a déjà provoqué une faille importante, jusqu’à présent maîtrisable, au sein de la coalition au pouvoir de la Grèce. Le ministre de l’énergie Panayotis Lafazanis, membre de Syriza quitté l’équipe, il a déjà déclaré qu’il ne votere pour le projet lorsqu’il passera devant le Parlement mercredi pour devenir Loi. Mais, dit-il, il ne démissionnera pas. Pendant ce temps, Panos Kammenos, chef du parti des Grecs indépendants parti qui gouverne en coalition avec le Syriza, a également dit que son parti ne voterait pas non plus. Mais comme Lafazanis, il a montré aucun désir de renoncer à son poste de ministre de la défense ou de retirer son parti de la coalition. La Dissidence politique grecque a clairement ses limites.

J’ai peu de doute que Tsipras va pousser l’affaire. Il a un soutien multi-partis pour lui et il n’y a simplement aucune alternative crédible à lui ou son parti dans la vie politique grecque.

Dans les rues de la capitale de la Grèce, la situation est quelque peu différente. Beaucoup de Grecs ordinaires – qui ne sont pas tentés par les salaires ministérielles ou ont des retraites – ont été beaucoup plus clair dans leur dégoût face aux événements de la journée. Hier soir, après ce qui a été une semaine maniaque pour le pays, le Centre d’Athènes était rempli de gens discutant des événements de la journée de nourriture et de boisson dans les premières heures.

Dans une petite rue à côté de place Exarchia, qui abrite des éléments plus bohèmes de la ville, j’ai rencontré un groupe de jeunes Athéniens assis sous un porche recouvert de graffitis. Ils ont bu de la bière et fumaient des cigarettes roulées. « Que pensez-vous de l’affaire? » J’ai demandé. Ils ont tous ri.

Lefteris, ou Terry, car il préférait être appelé ainsi, a parlé le premier. Vêtus de noir T-shirt et Short, il avait les mots « Black-Eyed » tatoué sur son avant-bras. Il a été, dit-il, dégoûté par ce qui s’est passé. « Le pire, c’est qu’ils [Syriza] avait lancé un mouvement contre les politiques d’austérité de l’UE . Je pense que quelque chose s’est passé après le référendum – la pression peut-être des États-Unis – je ne peux pas comprendre. »

« Dupés les 61 % de la population grecque qui ont voté « non », » poursuit-il.

« Ils ont tourné un »non » pour un « oui ». Ils ont trahi le peuple grec – et qui est livré avec un coût politique. Ils ont trahi les classes les plus pauvres et pour le prochain cinq ans il y n’aura aucun solution. »

« Cinq ans ? Tu veux dire cinquantes années , » , a répliqué son ami Evianna, qui avait gardé le silence, se contentant de fumer sa cigarette roulée.

« Je pense vraiment que la solution est juste de quitter l’UE et recommencer encore une fois, » a ajouté Terry.

La profondeur de sa déception était palpable. Pendant des décennies, deux partis – nouvelle démocratie et le Pasok – ont gouverné la Grèce. Quand Syriza a pris le pouvoir en janvier il brisé un duopole de la politique grecque qui existait depuis près d’un demi-siècle. « Syriza était plus qu’un parti, c’était un mouvement, » a répété Terry, comme s’il ne parvenait toujours pas à y croire tout à fait. « Nous nous attendions à vraiment faire une différence. Après que cinq mois de négociations, ils se sont rendus après 17 heures, juste comme ça. »

Tsipras a pour guider la Grèce à travers les temps douloureux à venir et de reconquérir le soutien de ceux qui une fois confiance en lui.
« Et maintenant il attend juste de nous que nous le suivions. Mais la plupart d’entre nous n’ont aucun argent pour poursuivre nos vies. Quand j’avais 16 ans j’ai eu un travail dans une cafétéria de l’école secondaire-j’ai gagné 800 € par mois. Depuis lors, j’ai eu rien. Je suis un pas loin de finir un diplôme d’histoire mais cela ne fait plus aucune différence, un diplôme est inutile aujourd’hui – surtout s’il n’est pas en mathématiques ou en informatique. »

Evianna intervient « Tsipras a trahi sans aucun doute le peuple grec, » . « Il a appelé à l’organisation d’un référendum, il savait ce que nous voulions ; « mais en fin de compte notre opinion n’avait pas d’importance. »
« Je veux ouvrir une boutique avec Iva, »
dit-elle, désignant le troisième membre du groupe, une fille mince, blonde avec des lunettes et des tatouages sur le bras. « Nous sommes des graphistes. Mais impossible d’ouvrir une boutique parce que ont doit payer braucoup d’impôts. Peu importe si vous travaillez dur ou non. Je n’ai pas eu un travail durant les quatre dernières années, à l’exception de trois mois où j’ai travaillé dans un fast food – et ils ne m’ont même jamais payé. »

« Je suis allé à tant d’entrevues pour essayer de trouver du travail », a-t-elle ajouté, « mais si vous avez plus de 25 ans – et j’ai 28 ans – ils ne vous donnent pas un emploi parce qu’ils doivent payer 100 € de plus selon la loi grecque. Donc, ils préfèrent prendre des gens plus jeunes. Dans ce pays si vous avez plus de 25 vous êtes vieux, » elle rit amèrement.
« Tsipras a déclaré qu’il rendrait plus facile pour les jeunes la création d’entreprises mais vous avez besoin d’argent pour démarrer une entreprise et pour cela il faut un travail. Maintenant que Tsipras a signé cet accord il n’y a aucune raison pour moi de rester dans ce pays. Et je ne veux pas le quitter – c’est ma maison. »

Des Millions-dans et hors de Grèce – partagent leur sentiment de déception et de colère. Partout la sympathie de l’Europe face aux mesures dures, beaucoup pensent que les créanciers ont imposé la Grèce et ils se déversent sur les médias sociaux, avec le hashtag « coup d’Etat » sur Twitter.

Certain temps prennent parti pour les grecs, à gauche, cela ne sert qu’à souligner l’ampleur de l’ humiliation de Tsipras aux mains des créanciers de la Grèce, qui ont, en tout les cas, à plusieurs reprises fait allusion à leur méfiance envers lui et son parti. Mais il va survivre. Le problème, il doit faire face est désormais double : pour guider la Grèce à travers les temps douloureux à venir et de reconquérir le soutien de ceux qui une fois confiance en lui. Ce ne sera pas facile.

Quand je l’ai quitté, Terry a insisté sur un dernier point. « Quand vous écrirez sur Tsipras, assurez-vous que vous dites qu’il est un traître. Tous les autres politiciens, ceux qui sont venus avant lui – nous savions à quoi ils ressemblaient. Nous pensions vraiment qu’il était différent. »


Edité le 14-07-2015 à 23:40:26 par Xuan




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   Posté le 14-07-2015 à 23:39:57   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

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