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| Posté le 04-07-2015 à 14:49:27
| | Grèce : positions syndicales très éclairantes à divers titres samedi 4 juillet 2015 par Charles Hoareau Rouge Midi Voilà encore des positions que les médias ne publient guère et qui pourtant montrent chacune à leur façon les enjeux du référendum grec. En particulier nous navons trouvé nulle part sur le Net le comparatif pourtant éclairant qua publié le PAME (Front syndical grec affilié à la FSM) et que nous reproduisons par une quasi exclusivité dont nous nous serions volontiers passés
mais peut-être avons-nous mal cherché ?! Le camp du capital partout, y compris au-delà de lEurope mobilise pour le OUI, cest-à-dire pour lacceptation des mesures préconisées par lUE, la BCE et le FMI : ça cest logique. En face le camp progressiste mobilise pour le NON et le soutien au gouvernement de Syriza...et donc le soutien à ses propositions. A priori cela parait logique également. Quoique
la question est plus complexe quil ny parait et nous verrons pourquoi. Mais que disent les syndicats grecs ? Les positions sont loin dêtre uniformes ce qui nétonnera pas celles et ceux qui avaint lu en son temps larticle que Rouge Midi avait publié sur le syndicalisme en Grèce. Il y a dabord la position de la GSEE , soutenue par la CES (confédération européenne des syndicats, branche européenne de la CSI, confédération syndicale internationale) et dont nous publions ci-dessous le communiqué intégral qui a suscité des remous. [1] LA CONFÉDÉRATION EUROPÉENNE DES SYNDICATS SOUTIENT SON SYNDICAT GREC QUI APPELLE A LANNULATION DU REFERENDUM La Confédération européenne des syndicats (CES) soutient la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE) qui appelle au retrait du référendum. Lors dune réunion plénière de la Confédération générale des travailleurs grecs qui sest tenue mercredi 1er juillet 2015, le syndicat grec déclare : La Confédération générale des travailleurs grecs considère que la tenue dun référendum est un droit constitutionnel inaliénable des citoyens grecs dans le contexte des traditions européennes. Cependant, le processus lui-même du référendum actuel, ses délais, sa légalité et son contenu ont été banalisés dans un cadre de faux dilemmes et dune trop grande vitesse, qui pourrait conduire à des situations incontrôlables et diviser la société grecque. La Confédération, de manière non négociable, soppose à tous les types de mémorandums et à toutes leurs implications qui se font aux frais du monde du travail et du peuple grec, que ces mémorandums viennent des créditeurs ou du gouvernement. Notre position est également non négociable en faveur de lorientation européenne de notre pays, et la place de la Grèce dans lEurope et leurozone. La question posée au référendum est infondée et réduit imprudemment les choix en semant la discorde alimentée par des forces extrémistes à lintérieur et à lextérieur de la Grèce, conduisant notre pays vers des aventures tragiques. Nous demandons ici et maintenant le retrait du référendum. En tant que principal syndicat des travailleurs du secteur privé, nous envoyons un message clair dans toutes les directions : - Lorientation européenne de notre pays nest pas négociable. - Nous disons oui à lEurope des peuples et de la solidarité ! - Nous disons oui à la monnaie unique et à une Europe fédérale ! 1er juillet 2015 Sans commentaire... Le PAME (affiliée à la FSM) publie lui le comparatif suivant des propositions de la Troïka (UE, BCE, FMI) et du gouvernement Tsipras. En rouge et en gras les points daccord entre le gouvernement grec et la Troïka en noir les points où subsistent quelques différences
que chacun appréciera.
Pas étonnant que dans ces conditions le PAME (texte intégral ici) conclue : Le NON au référendum sera interprété comme un OUI pour le mémorandum de SYRIZA Nous rejetons les deux options La classe ouvrière doit porter ses propres revendications Allons voter avec nos propres revendications et non avec les « cartes truquées » des forces politiques pro-européennes. Forces dans lesquelles il situe évidemment le gouvernement dalliance Syriza-ANEL (droite nationaliste) Dernier point. Si vous êtes de ceux qui vous dites mais alors que peut faire le gouvernement de Tsipras pour non seulement sopposer au diktat du capitalisme international mais aussi (et surtout !) proposer une politique de réel progrès social pour le peuple de Grèce ? Rien Rien dans le cadre des règles actuelles de lUE et les négociations en cours depuis son arrivée au pouvoir, ainsi que les abandons successifs le montrent bien. La seule solution cest de refuser de payer, sortir de leuro et permettre ainsi au peuple de retrouver sa souveraineté. *Merci à Véronique pour la traduction En médaillon une manifestation à lappel du PAME le 26 juin dernier... [1] Entre autres, le MPEP lance sur son site pour signature un appel en direction des syndicats français afin quils protestent contre cette position de la CES.
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| Posté le 04-07-2015 à 15:44:08
| Sur Les Crises
Mis à jour le 2 juillet : après lambassadrice dArgentine en France, Mme María del Carmen Squeff, le conseiller spécial de la présidente brésilienne Marco Aurélio Garcia dément les propos tenus lundi 29 juin 2015 sur France Inter par le ministre français des finances Michel Sapin. Lors de la matinale de Patrick Cohen, M. Sapin a été interrogé sur le rôle du Fonds monétaire international (FMI) dans la rupture des négociations entre la Grèce et ses interlocuteurs : « Et le FMI ? Tsipras dénonçait la responsabilité criminelle du FMI ; est-ce quil y a un problème FMI, comme beaucoup le pensent à Bruxelles ? » Le ministre reprend alors un argument régulièrement avancé par les créanciers dAthènes. Leur inflexibilité ne découlerait pas dun choix politique celui de voir échouer Syriza. Elle sexpliquerait par les pressions exercées par dautres pays, dautant plus compréhensibles quelles émanent de nations ayant elles-mêmes subi des programmes dajustement structurel : « Le FMI ne répond pas devant des pays dEurope, il répond de sa responsabilité devant lensemble des pays du monde, déclare M. Sapin. Et dans ces pays du monde, savez-vous ceux qui étaient les plus exigeants ? LArgentine, le Brésil. Des pays qui avaient, par le passé, bénéficié de laide du FMI et qui posaient une question à la directrice générale [Christine Lagarde] : Pourquoi êtes-vous plus flexible avec un pays européen que vous ne lavez été avec nous ? » Interrogée par Le Monde diplomatique, Mme del Carmen Squeff dément dans un courriel daté du 30 juin 2015 : « Cette information est totalement inexacte. LArgentine sest solidarisée avec la Grèce. Dailleurs, (
) le ministre [Axel] Kicillof et le chef de cabinet de la présidente Cristina Fernández de Kirchner, M. Aníbal Fernández, ont publiquement soutenu le gouvernement et le peuple grecs, et ont dénoncé les politiques dajustement que lex-Troïka entend leur imposer. » Invité à réagir, le cabinet du ministre na pas souhaité donner suite à notre demande. Dans un courriel adressé à lédition brésilienne du Monde diplomatiquele 1er juillet 2015, le Brésil dément également officiellement : « Je viens juste de parler au Professeur Marco Aurélie Garcia, qui se trouve aux Etats-Unis avec la présidente Rousseff [dont il est le conseiller spécial], nous écrit M. Bruno Gaspar, collaborateur de M. Garcia. Il me demande de vous transmettre le message quil dément officiellement linformation du ministre français des finances. » Dans les manuels de formation destinés aux négociateurs en herbe, la stratégie visant à justifier sa position par linflexibilité de ses partenaires constitue lune des toutes premières leçons. On prévient en général les participants quessuyer un démenti les exposerait au ridicule. La préoccupation ne semble pas figurer au nombre des priorités des « partenaires » dAthènes. Source : Renaud Lambert, pour Le Monde Diplomatique, le 1er juillet 2015.
Edité le 04-07-2015 e 15:53:35 par Xuan
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| Posté le 04-07-2015 à 16:05:25
| Sur le site Vive la Revolution , la vidéo du discours de Tspiras http://mai68.org/spip/spip.php?article8969 du 2 juillet, à la veille du référendum.
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| Posté le 04-07-2015 à 23:26:46
| Le discours de Tsipras appelant au référendum : Grecques et Grecs, Depuis 6 mois, le gouvernement hellénique se bat dans des conditions dasphyxie financière inouïes pour mettre en uvre le mandat que vous lui aviez confié à lissue des élections du 25 janvier. Un mandat qui nous enjoint de négocier avec nos partenaires pour mettre fin à laustérité et faire en sorte que notre pays renoue avec la prospérité et la justice sociale. Un mandat qui nous enjoint de parvenir à un accord viable, respectueux de la démocratie comme des règles de lUnion européenne, et qui permettra à la Grèce de sortir définitivement de la crise. Tout au long de cette période de négociations, on nous a demandé dappliquer les mémorandums quavaient signés les gouvernements précédents, mémorandums que le peuple grec a pourtant catégoriquement rejetés lors des dernières élections. Mais nous navons pas un seul instant envisagé de céder. Autrement dit, de trahir votre confiance. Après 5 mois de dures négociations, nos partenaires ont malheureusement abouti, lors de lEurogroupe davant-hier, à une proposition en forme dultimatum, un ultimatum adressé à la démocratie grecque et au peuple hellénique. Un ultimatum qui va lencontre des principes fondateurs et des valeurs fondamentales de lEurope, de la construction européenne. La proposition présentée au gouvernement fait peser sur le peuple grec de nouvelles charges, intolérables, mine la société et sape tout espoir de reprise économique en perpétuant lincertitude et en aggravant encore les inégalités. La proposition des Institutions [Union européenne, Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI)] comprend des mesures conduisant - à une dérégulation accrue du marché du travail, - à des coupes dans les allocations de retraite, - à de nouvelles réductions de salaires dans le secteur public - ainsi quà une augmentation de la TVA sur les aliments, lhôtellerie et le tourisme ; - les Institutions préconisent dans le même temps la suppression des exemptions fiscales pour les îles grecques. Ces propositions, qui portent directement atteinte aux acquis sociaux européens et aux droits fondamentaux droit au travail, à légalité et à la dignité , prouvent que certains de nos partenaires, que certaines de ces Institutions ne souhaitent pas parvenir à un accord viable, également profitable à toutes les parties, mais ont pour objectif dhumilier tout un peuple. Ces propositions démontrent linsistance mise en particulier par le Fonds monétaire international sur une politique daustérité extrême et punitive. Les puissances aujourdhui à la tête de lEurope doivent dès lors et plus que jamais, se hisser à la hauteur des circonstances et prendre des initiatives qui mettront fin à la crise de la dette publique grecque, une crise qui touche dautres pays européens et menace le futur même de lintégration européenne. Grecques et Grecs, Nous sommes aujourdhui porteurs dune responsabilité historique à légard des luttes menées et des sacrifices consentis par le peuple grec pour la protection de la démocratie et de notre souveraineté nationale ; cest notre responsabilité envers lavenir de notre pays. Cette responsabilité nous oblige à répondre à cet ultimatum en nous appuyant sur la volonté souveraine du peuple grec. Au Conseil des ministres qui vient de se tenir, jai solennellement proposé lorganisation dun référendum afin que le peuple grec puisse se prononcer souverainement. Cette proposition a été adoptée à lunanimité. Demain [samedi 27 juin], lAssemblée nationale se réunira en séance plénière extraordinaire afin dentériner la proposition du Conseil des ministres en vue de la tenue, ce dimanche 5 juillet, dun référendum à la faveur duquel les citoyens seront appelés à dire sils acceptent ou refusent la proposition avancée par les Institutions. Jai déjà informé de ma décision le président de la République hellénique, mais aussi, par téléphone, le président de la République française, la chancelière de la République dAllemagne et le président de la Banque centrale européenne ; demain, jadresserai un courrier officiel aux dirigeants de lUnion européenne et aux Institutions pour leur demander de prolonger le programme de quelques jours afin que le peuple grec puisse se prononcer librement, hors de toute pression et de tout chantage, conformément à la Constitution de notre pays et à la tradition démocratique européenne. Grecques, Grecs, Face à cette mise en demeure dont le but est de nous faire accepter une austérité extrême et humiliante, sans fin, sans perspective de redressement social et économique, je vous invite à vous prononcer souverainement, fièrement, comme lhistoire grecque vous y enjoint. Répondons à lautoritarisme et à laustérité extrême par la démocratie, avec sérénité et détermination. Que la Grèce, ce pays qui a vu naître la démocratie, adresse une réponse démocratique retentissante à la communauté européenne, à la communauté internationale. Je mengage à respecter le résultat de votre choix démocratique, quel quil soit. Je suis absolument sûr que votre décision fera honneur à lhistoire de notre patrie et sera un message de dignité adressé au monde. En ces heures cruciales, nous devons tous nous rappeler que lEurope est la maison commune de ses peuples. Que lEurope nest pas faite de « propriétaires » et d« invités ». La Grèce est et demeurera une partie indissociable de lEurope et lEurope une partie indissociable de la Grèce. Mais une Europe sans démocratie sera une Europe sans identité et sans boussole. Je vous appelle tous et toutes, dans un même élan national, dans lunité et la sérénité, à prendre les décisions que nous méritons. Pour nous, pour les générations à venir, pour lhistoire des Grecs. Pour la souveraineté et la dignité de notre peuple. Aléxis Tsípras
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| Posté le 04-07-2015 à 23:51:08
| Le réseau Voltaire publie le 31 mai l'article du Monde "LEurope à la croisée des chemins" signé par Tsipras. On remarquera que le ton diplomatique implique la dissimulation de l'oppression financière. "Un accord mutuellement bénéfique, qui fixera des objectifs réalistes par rapport aux excédents tout en réintroduisant lagenda du développement et des investissements une solution définitive pour laffaire grecque est actuellement plus nécessaire que jamais. Par ailleurs, un tel accord marquera la fin de la crise économique européenne qui a éclaté il y a sept ans, en mettant fin au cycle de lincertitude pour la zone euro." Il ne peut exister d'accord mutuellement bénéfique entre le créancier et son débiteur, dès lors que l'appétit du créancier assèche le débiteur. Tsipras recense les mesures permettant de revenir à l'équilibre : "redistribution des charges à partir des citoyens à revenus moyens et faibles vers ceux qui ont des revenus élevés et qui, jusquà présent, sabstenaient de payer leur part pour affronter la crise". "le nouveau gouvernement a montré ses intentions et sa résolution par lintroduction dune mesure législative pour faire face à la fraude des transactions triangulaires en intensifiant les contrôles douaniers et fiscaux, afin de limiter la contrebande et lévasion fiscale. Parallèlement, pour la première fois après de nombreuses années, les dettes des propriétaires des médias leur ont été imputées par lEtat grec". "Il est également prouvé par le fait que les tribunaux accélèrent le traitement des dossiers pour que les jugements soient rendus dans des délais plus brefs lors daffaires liées à lévasion fiscale. Les oligarques qui étaient habitués à être protégés par le système politique ont toutes les raisons de perdre le sommeil." "réformes institutionnelles, telles que le renforcement de lindépendance de lAgence grecque de la statistique (Elstat), les interventions visant à accélérer ladministration de la justice, ainsi que les interventions dans les marchés de produits, afin déliminer les distorsions et les privilèges." A l'évidence la dette grecque est liée non seulement au pillage des puissances dominantes européennes, mais également à la gabegie de la bourgeoisie grecque. A cet égard la sortie de l'euro ne saurait constituer une solution miracle. Seul le socialisme peut abolir la misère et l'endettement en Grèce, et la révolution prolétarienne est inséparable de l'indépendance nationale de la Grèce.
Edité le 05-07-2015 e 00:03:10 par Xuan
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| Posté le 07-07-2015 à 16:14:28
| Thierry Meyssan met en ligne un article sur la genèse de l'Europe. On connait ses positions gaullistes ou souverainistes. Les contradictions de classe en Grèce et les causes internes de la dette n'y figurent évidemment pas. Les contradictions au sein de l'Europe et entre Europe et USA sont sous estimées à notre avis. Cet article se rapproche de certaines thèses du PRCF, il contient aussi des informations intéressantes.
_________________ source Derrière la dette grecque par Thierry Meyssan Le débat actuel sur la dette grecque a donné lieu à toutes sortes de menaces, dabord contre le gouvernement Tsípras, puis contre les électeurs grecs. Sabstenant dentrer dans une discussion sur la partie odieuse de cette dette, Thierry Meyssan observe la campagne internationale contre la sortie de la Grèce de la zone euro. Il met en lumière le projet historique de lUnion et de leuro, tel que formulé en 1946 par Churchill et Truman, pour conclure que la Grèce est aujourdhui piégée par lenvironnement géopolitique international et non pas par sa situation économique.
Joseph Retinger, ex-fasciste polonais devenu agent britannique. Dans le cadre de ses fonctions au MI6, il fonda lEuropean League for Economic Cooperation dont il devint le secrétaire général. À ce titre, il est le père de leuro. Par la suite, il anima le Mouvement européen et créa le Club de Bilderberg. Le référendum grec a donné lieu à de vifs débats dans lUnion européenne qui illustrent lignorance générale sur les règles du jeu. Les participants se sont déchirés pour savoir si les Grecs étaient ou non responsables de leur dette tout en veillant à ne jamais accuser leurs créanciers dusure. Mais ils lont fait en ignorant lhistoire de leuro et les motifs de sa création. Leuro : un projet anglo-saxon de la Guerre froide Depuis le Traité de Rome, il y a soixante-quatre ans, les instances administratives successives du « projet européen » (CECA, CEE, UE) ont dépensé des sommes colossales et sans équivalent pour financer leur propagande dans les médias. Quotidiennement des centaines darticles, démissions de radio et de télévision, sont payées par Bruxelles pour nous raconter une version mensongère de son histoire et nous faire croire que le « projet européen » actuel est celui des Européens de lentre-deux-guerres. Les archives sont pourtant désormais accessibles à tous. Elles montrent quen 1946, Winston Churchill et Harry Truman décidèrent de diviser le continent européen en deux : dun côté, leurs vassaux, de lautre lURSS et les siens. Pour sassurer quaucun État ne saffranchirait de leur suzeraineté, ils décidèrent de manipuler les idéaux de leur époque. Ce que lon appelait alors le « projet européen » ne consistait pas à défendre de prétendues valeurs communes, mais à fusionner lexploitation des matières premières et des industries de Défense de la France et de lAllemagne de manière à être certain que ces pays ne pourraient plus se faire la guerre (théorie de Louis Loucheur et du comte Richard de Coudenhove-Kalergi [1]). Il ne sagissait pas de nier de profondes différences idéologiques, mais de sassurer quelles ne se confronteraient plus par la force. Le MI6 britannique et la CIA états-unienne ont alors été chargés dorganiser le premier « Congrès de lEurope », à La Haye en mai 1948, auquel participèrent 750 personnalités (dont François Mitterrand) de 16 pays. Il sagissait, ni plus, ni moins, que de ressusciter le « projet dEurope fédérale » (rédigé par Walter Hallstein le futur président de la Commission européenne pour le chancelier Adolf Hitler) en se basant sur la rhétorique de Coudenhove-Kalergi. Plusieurs idées fausses doivent être corrigées à propos de ce Congrès. - En premier lieu, il convient de le replacer dans son contexte. Les États-Unis et le Royaume-Uni venaient de déclarer la Guerre froide à lURSS. Celle-ci répliqua en soutenant les communistes tchèques qui parvinrent légalement à semparer du pouvoir lors du « Coup de Prague » (« Février victorieux », selon lhistoriographie soviétique). Washington et Londres organisèrent alors le Traité de Bruxelles qui préfigure la création de lOtan. Tous les participants au Congrès de lEurope étaient pro-Anglo-Saxons et anti-Soviétiques. - Deuxièmement, lorsque Winston Churchill prononça son discours, il employa le terme « Européen » pour désigner les habitants du continent européen (pas ceux du Royaume-Uni qui, selon lui, ne sont pas des Européens) qui se disaient anti-communistes. Il nétait pas question, à lépoque pour Churchill, que Londres adhère à lUnion européenne, mais uniquement quil la supervise. - Troisièmement, deux tendances se firent jour au sein du Congrès : les « unionistes » pour qui il sagissait uniquement de mettre en commun des moyens pour résister à lexpansion du communisme, et les « fédéralistes » qui souhaitaient réaliser le projet nazi dÉtat fédéral placé sous lautorité dune administration non-élue.
Walter Hallstein, haut fonctionnaire allemand, rédigea le projet hitlérien dEurope fédérale. Il sagissait de détruire les États européens et de fédérer les populations par ethnies autour du Reich aryen. Lensemble aurait été soumis à la dictature dune bureaucratie non-élue, contrôlée par Berlin. À la Libération, il mit en uvre son projet avec laide des Anglo-Saxons et devint, en 1958, le premier président de la Commission européenne . Le Congrès précisa tout ce qui a été réalisé depuis sous les noms successifs de CECA, CEE et UE. Le Congrès adopta le principe dune monnaie commune. Mais le MI6 et la CIA avaient déjà fondé lIndependent League for European Cooperation (ILEC) [2]devenue European League for Economic Cooperation (ELEC). Son objectif était, une fois les institutions de lUnion créées, de passer de la monnaie commune (la future European Currency Unit ECU) à une monnaie unique (leuro), de sorte que les pays adhérents à lUnion ne puissent plus la quitter [3]. Cest ce projet que François Mitterrand réalisa, en 1992. Au regard de lHistoire et de la participation de François Mitterrand au Congrès de La Haye, en 1948, il est absurde de prétendre aujourdhui que leuro ait eu un autre but. Cest pourquoi, en toute logique, les Traités actuels ne prévoient pas la sortie de leuro, contraignant la Grèce, si elle le souhaite, à sortir dabord de lUnion pour pouvoir sortir de leuro. Le glissement du « projet européen » dans le système états-unien LUnion a connu deux tournants principaux : - À la fin des 60, le Royaume-Uni refusa de participer à la guerre du Vietnam et retira ses troupes du Golfe persique et dAsie. Les Britanniques cessèrent alors de se penser en 51ème État des États-Unis et dinvoquer leur « special relationship » avec Washington. Ils décidèrent donc dadhérer à lUnion (1973). - À la dissolution de lURSS, les États-Unis restèrent seuls maîtres du jeu, le Royaume-Uni les assista, et les autres États leur obéirent. Par conséquent, lUnion na jamais délibéré de son élargissement à lEst, mais uniquement validé une décision prise par Washington et annoncée par son secrétaire dÉtat James Baker. De même, elle a adopté aussi bien la stratégie militaire des États-Unis [4] que leur modèle économique et social caractérisé par de très fortes inégalités. Le référendum grec a fait apparaître une ligne de partage entre dun côté des élites européennes qui trouvent la vie de plus en plus facile et soutiennent sans réserve le « projet européen » et, dautre part, des classes laborieuses qui souffrent de ce système et le rejettent ; un phénomène qui sétait déjà exprimé, mais uniquement à léchelle nationale, lors de la ratification du Traité de Maastricht et du projet de Constitution européenne par le Danemark et la France. Dans un premier temps, les dirigeants européens ont mis en cause la validité démocratique du référendum. Le secrétaire général du Conseil de lEurope, Thorbjørn Jagland (lhomme qui a été viré du jury Nobel pour corruption [5]) a déclaré - que la durée de la campagne était trop courte (10 jours au lieu de 14) ; - quil ne pourrait pas être surveillé par des organisations internationales (trop longues à sorganiser), - et que la question posée nétait ni claire ni compréhensible (alors que la proposition de lUnion publiée au Journal officiel est bien plus courte et simple que les Traités européens qui furent soumis à référendum). Cependant, la polémique a fait long feu après que le Conseil dÉtat grec, saisi par des particuliers de ces trois points, a validé la légalité de cette consultation. La presse dominante a alors affirmé quen votant « non », léconomie grecque sauterait dans linconnu. Pourtant, le fait dappartenir à la zone euro nest pas une garantie de performance économique. Si lon se réfère à la liste du FMI du Produit intérieur brut (PIB) en Parité de pouvoir dachat (PPA), un seul État membre de lUnion se trouve parmi les 10 premiers dans le monde : le paradis fiscal du Luxembourg. La France ne figure quen 25ème position sur 193. La croissance de lUnion européenne était de 1,2 % en 2014, ce qui la classe au 173e rang mondial, cest à dire un des plus mauvais résultats dans le monde (la moyenne mondiale est de 2,2 %).
Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, est lancien vice-président Europe de la banque Goldman-Sachs. Il a masqué au Parlement européen son rôle dans les malversation opérées par la banque pour le compte du gouvernement grec, pourtant attesté par des documents de la banque. Force est de constater quappartenir à lUnion et utiliser leuro ne sont pas des garanties de succès. Mais si les élites européennes soutiennent ce « projet », cest quil leur est profitable. En effet, en créant un marché unique, puis une monnaie unique, les Unionistes ont brouillé les cartes. Désormais, les différences ne sont plus entre les États membres, mais entre des classes sociales qui se sont uniformisées à léchelle européenne. Cest pourquoi les plus riches défendent lUnion, tandis que les plus pauvres aspirent au retour des États membres. Les contresens à propos de lUnion et de leuro Voici des années que le débat est faussé par le vocabulaire officiel : les Européens ne seraient pas les porteurs de la culture européenne, mais uniquement les membres de lUnion. Depuis la Guerre froide, on affirme ainsi que les Russes ne seraient pas Européens, et désormais quen sortant de lUnion, la Grèce quitterait la culture européenne dont elle est le berceau. Or, « les chiens ne font pas des chats ». LUnion a été conçue par les Anglo-Saxons, avec danciens nazis, contre lURSS. Elle soutient aujourdhui le gouvernement ukrainien, nazis inclus, et a déclaré la guerre économique à la Russie en la parant du nom de « sanctions ». Comme son nom ne lindique pas, lUnion na pas été créée pour unir le continent européen, mais pour le diviser, en écartant définitivement la Russie. Cest ce que Charles De Gaulle avait dénoncé en plaidant, lui, pour une Europe « de Brest à Vladivostock ». Les unionistes assurent que le « projet européen » a permis la paix en Europe depuis 65 ans. Mais parlent-ils de lappartenance à lUnion ou de leur vassalité aux États-Unis ? En réalité, cest celle-ci qui a garanti la paix entre les États ouest-européens, tout en maintenant leur rivalité hors de la zone Otan. Doit-on rappeler, par exemple, que les membres de lUnion européenne ont soutenu des camps différents en ex-Yougoslavie avant de sunifier derrière lOtan ? Et doit-on considérer que sils redevenaient souverains, les membres de lUnion recommenceraient nécessairement à se quereller ?
Jean-Claude Juncker, sest indigné du référendum grec quil a qualifié de « trahison ». M. Juncker a été contraint à la démission de ses fonctions de Premier ministre du Luxembourg, après que lont eut établi son appartenance au réseau despionnage Gladio de lAlliance atlantique. Un an plus tard, il devenait président de la Commission européenne. Pour revenir au cas grec, les experts ont largement démontré que cette dette est imputable à des problèmes nationaux non-résolus depuis la fin de lEmpire ottoman tout autant quà une escroquerie de grandes banques privées et de dirigeants politiques. Au demeurant, cette dette est insolvable comme le sont également les dettes des principaux États développés [6]. Quoi quil en soit, Athènes pourrait facilement sen sortir en refusant de payer la partie odieuse de sa dette [7], en quittant lUnion, et en faisant alliance avec la Russie qui est pour elle un partenaire historique et culturel bien plus sérieux que la bureaucratie bruxelloise. La volonté de Moscou et de Beijing dinvestir en Grèce et dy créer de nouvelles institutions internationales est un secret de polichinelle. Cependant, la situation de la Grèce est dautant plus complexe quelle est également membre de lOtan et que lAlliance y avait organisé un coup dÉtat militaire, en 1967, pour lempêcher de se rapprocher de lURSS [8]. Thierry Meyssan Notes [1] « Histoire secrète de lUnion européenne », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 28 juin 2004. [2] La section française prend le nom de Ligue européenne de coopération économique (LECE). Elle est présidée par Edmond Giscard dEstaing, père du futur président de la République et créateur de lECU. [3] MI6 : Inside the Covert World of Her Majestys Secret Intelligence Service, Stephen Dorril, The Free Press, 2000. [4] « Stratégie européenne de sécurité », Réseau Voltaire, 12 décembre 2003. [5] « Thorbjørn Jagland destitué de ses fonctions de président du Nobel de la Paix », Réseau Voltaire, 5 mars 2015. [6] « Selon la BRI, la dette des États développés est insolvable », Réseau Voltaire, 13 avril 2010. [7] Cf. la théorie économique dAlexander Sack. [8] « La guerre secrète en Grèce », par Daniele Ganser ; « Grèce, le facteur Otan », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 24 août 2013 et 7 avril 2015.
Edité le 07-07-2015 e 16:21:51 par Xuan
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| Posté le 07-07-2015 à 20:34:11
| | Le Parti communiste grec KKE est opposé au consensus antipopulaire des partis bourgeois. 07/07/2015
Traduction ML, depuis la version anglaise du site du KKE, pour Solidarité internationale PCF, 7 juillet 2015 Une réunion des dirigeants des partis politiques sest tenue au palais présidentiel, le lendemain du référendum du 5 juillet, sous la présidence de P. Pavlopoulos, Président de la République. Y assistaient le premier ministre et président de SYRIZA, A. Tsipras, le président exécutif de ND, E. Meimarakis, le président de POTAMI, S. Theodorakis, le secrétaire général du Comité central du KKE, D. Koutsoumbas, le président dANEL, P. Kammenos et le président du PASOK, F. Gennimata. La rencontre a duré 7 heures. Lors de cette rencontre, les partis SYRIZA, ANEL, ND, POTAMI et PASOK sont arrivés à un accord et ont signé une déclaration commune, interprétant le résultat du référendum comme une adhésion de leuro et de lUE et pavant la voie à un nouvel accord antipopulaire. Le secrétaire général du CC du KKE, D. Koutsoumbas, a exprimé son désaccord total avec la déclaration commune. Le secrétaire général du CC du KKE, Dimitri Koutsoumbas, a fait la déclaration suivante à la suite de la réunion dhier des dirigeants des partis politiques : « Nous avons écouté lexposé du premier ministre, à la rencontre qui a eu lieu sous la présidence du Président de la République, sur létat de la poursuite des négociations et des discussions après le référendum. Pour notre part, nous avons exprimé clairement, une fois de plus, les positions du KKE sur la signification du référendum, surtout en rapport avec les problèmes énormes vécus par le peuple grec au sein de lalliance prédatrice quest lUE. Cette dernière a une ligne politique qui aggrave continuellement les difficultés vécues par les gens, dans leur revenu, qui aggrave la situation du pays et la situation de notre peuple pris globalement. Il a été démontré, une fois de plus, quil ne peut y avoir aucune négociation qui se fasse dans lintérêt du peuple et des travailleurs, à lintérieur du carcan de lUE, dans une voie capitaliste de développement. Le KKE est en désaccord avec lensemble de la déclaration commune adoptée par les autres dirigeants et partis politiques. Notre désaccord repose sur notre analyse du vote du peuple grec hier. Il porte en particulier sur létat des négociations et sur les tactiques que propose le gouvernement pour les pour les poursuivre et que tous les autres partis acceptent, du moins dans le cadre et orientation généraux. Personne na donné mandat à qui que ce soit pour signer de nouveaux mémorandums, de nouvelles mesures douloureuses pour notre peuple. Et ces mesures seront terribles » . En réponse à une question dun journaliste qui demandait sil parlait dune « solution par la sortie de leuro », D. Koutsoumbas a insisté : « Non. Nous nous sommes exprimés clairement sur ce sujet. Cette ligne politique peut aller dans deux directions. Ou bien, comme cela semble le cas et bien prévu nous le verrons dans les jours qui viennent ils signent un nouvel accord douloureux, comprenant des mesures dures pour le peuple, un nouveau mémorandum, ou bien nous allons connaître une faillite dEtat, avec un « Grexit », avec une sortie de leuro ou létablissement dune double monnaie ou encore quelque chose dautre. Nous entendons parler de cela principalement par nos « partenaires ». Les partis politiques ne lont pas évoqué à la réunion des dirigeants politiques. Mais les « partenaires » en parlent. Donc notre peuple doit se préparer. La position du KKE est que ces deux issues possibles, cest-à-dire un accord avec un nouveau mémorandum et de dures mesures ou bien un grexit ou quelque chose comme ça se feront aux dépens du peuple grec. La rupture avec lUE, avec le capital et leur pouvoir est la condition préalable à une stratégie totalement différente, avec un pouvoir véritablement aux travailleurs et au peuple, allant vers la socialisation des moyens de production, un détachement de lUE et une dénonciation unilatérale de la dette. Cest la proposition globale, totalement différente, que porte le KKE. Elle na rien à voir avec différents points de vue conduisant à une nouvelle paupérisation de notre peuple. Et je veux parler des points de vue qui existent au sein dautres partis, minoritairement pour linstant (notamment le parti qui gouverne et pour cela), qui parlent de sortie uniquement de la monnaie unique » . 07/07/2015
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 07-07-2015 à 21:26:38
| Yanis Varoufakis a démissionné pour ne pas cautionner la négociation du plan social. C'est une reculade de Tsipras indiquant sa volonté de négocier. Réponse de la BCE : "La banque centrale européenne (BCE) na laissé aucune chance au gouvernement de Syriza après la victoire du non au référendum du dimanche 5 juillet. Pressée de laver laffront grec, linstitution monétaire a donné la réponse européenne. En fin de soirée, lundi, elle a annoncé quelle durcissait les conditions pour assurer la liquidité du système bancaire grec, acceptant le risque de provoquer un effondrement complet bancaire. Alors que les banques grecques demandaient que le plafond des fonds durgence de liquidité (emergency liquidity assistance, ELA) soit augmenté de trois milliards, la banque centrale a refusé de changer la limite quelle avait imposée il y a dix jours." Mediapart
_____________ La BCE étrangle la Grèce après le référendum : RPT-La BCE maintient la pression sur la Grèce avant mardi Reuters le 06/07/2015 à 21:16, mis à jour le 07/07/2015 à 06:301 (Répétition sans changement d'une dépêche transmise lundi soir) Boursorama par John O'Donnell et George Georgiopoulos FRANCFORT/ATHENES, 7 juillet (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu lundi un contrôle strict sur le financement de banques grecques qui pour l'instant restent portes closes, un élément que le Premier ministre grec Alexis Tsipras devra prendre en compte à la veille d'un sommet de la zone euro à Bruxelles. La BCE a annoncé qu'elle avait maintenu en l'état le mécanisme de fourniture de liquidité d'urgence (ELA) aux banques grecques, mais en ajustant les décotes sur certaines des garanties présentées par ces dernières pour pouvoir se refinancer auprès d'elle par l'intermédiaire de la banque centrale locale. Cet ajustement est largement symbolique et n'affecte en rien les capacités de refinancement des banques hellènes mais on peut aussi y voir un signe manifestant l'impatience de l'institut d'émission commun. "Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a décidé aujourd'hui de maintenir l'ELA pour les banques grecques au niveau décidé le 26 juin 2015 après avoir discuté d'une proposition de la Banque de Grèce" , dit la BCE dans un communiqué. Elle ajoute que le Conseil des gouverneurs est "résolu à employer tous les instruments disponibles dans le cadre de son mandat" . Selon une source bancaire grecque, la BCE a réclamé une hausse de l'ordre de 10% sur certaines garanties présentées par les banques grecques. "La hausse de la décote sur une partie de l'ensemble des garanties est de 10% environ... mais cela ne crée aucun problème pour quelque banque que ce soit", a expliqué la source. Dans un entretien à la chaîne publique autrichienne ORF, Ewald Nowotny, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, évoque la possibilité d'un crédit-relais pour la Grèce pendant que se poursuivraient des négociations en vue d'un nouveau programme de renflouement. "Que ce soit possible, cela reste sujet à discussion" , a-t-il dit, ajoutant que la BCE ne pourrait fournir davantage de liquidités à la Grèce si celle-ci venait à faire défaut sur sa dette. La banque centrale grecque avait sollicité plus de soutien de la part de la BCE, selon une source bancaire, mais elle s'est vue opposer une fin de non recevoir après le "non" franc et massif des Grecs aux propositions des créanciers d'Athènes dimanche. Le statu quo ne laisse guère de temps aux banques grecques avant d'épuiser intégralement les quelque 89 milliards d'euros de financements disponibles et aussi ne leur laisse d'autre choix que de rester fermées dans les jours qui viennent. Le gouvernement s'était dans un premier temps engagé à ce qu'elles rouvrent mardi mais le patron de la fédération bancaire locale a dit qu'elles resteraient fermées mardi et mercredi, prolongeant ainsi leur absence de la semaine dernière. Les banques ont toutes les peines du monde à approvisionner leurs distributeurs automatiques pour pouvoir assurer un plafond de retrait quotidien établi à 60 euros, épuisant peu à peu la monnaie en circulation. (Wilfrid Exbrayat pour le service français) _____________ La première réaction du gouvernement français après le non a été celle de Michel Sapin sur Europe 1: C'est au "gouvernement grec de faire des propositions" , affirmant que tout serait soumis à une position commune entre la France et l'Allemagne. Sapin a insisté sur le fait que "c'est la Grèce qui est dans la difficulté" et "c'est au gouvernement de M. Tsipras de faire au plus vite des propositions à partir desquelles nous pourrons réouvrir des discussions" . [Challenges]
Edité le 07-07-2015 e 21:34:25 par Xuan
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| Posté le 07-07-2015 à 23:11:21
| Sur le réseau Voltaire :
« LART DE LA GUERRE » Grèce, lombre de « Prométhée » par Manlio Dinucci Lavenir de la Grèce ne sera pas dicté par sa situation économique, mais par son choix de rester allié de Washington ou de basculer du côté de la Russie et de la Chine. Le géographe Manlio Dinucci rappelle ici les enjeux.
Le « tête à tête » dans le référendum grec, dont les grands médias ont fait la propagande, sest révélé un sonore coup de tête dans le mur pour les fauteurs internes et internationaux du « Oui ». Le peuple grec a dit « Non » pas seulement aux mesures d « austérité » imposées par lUE, la BCE et le FMI, mais, de fait, à un système celui du capitalisme qui étouffe la réelle démocratie. Les implications du référendum vont au-delà de la sphère économique, en impliquant les intérêts politiques et stratégiques non seulement de Bruxelles, mais (chose dont on ne parle pas) ceux de Washington. Le président Obama a déclaré être « profondément impliqué » dans la crise grecque, que « nous prenons en sérieuse considération », en travaillant avec les partenaires européens afin d « être prêts à toute éventualité ». Pourquoi tant dattention sur la Grèce ? Parce quelle est membre non seulement de lUE, mais de lOtan. Un « solide allié », comme la définit le secrétaire général Jens Stoltenberg, qui joue un rôle important dans les corps de déploiement rapide et donne le bon exemple dans la dépense militaire, à laquelle elle consacre plus de 2 % du PIB, objectif atteint en Europe seulement par la Grande-Bretagne et lEstonie. Bien que Stoltenberg assure « lengagement continu du gouvernement grec dans lAlliance » , à Washington on craint que, en se rapprochant de la Russie et de fait de la Chine, la Grèce dAléxis Tsípras ne compromette son appartenance à lOtan. Le Premier ministre a déclaré que « nous ne sommes pas daccord avec les sanctions contre la Russie » et, au sommet UE, a soutenu que « la nouvelle architecture de la sécurité européenne doit inclure la Russie » . Dans la rencontre Tsípras-Poutine, en avril à Moscou, on a parlé de la possibilité que la Grèce devienne le nud européen du nouveau gazoduc, remplaçant le South Stream bloqué par la Bulgarie sous la pression des USA ; nouveau gazoduc qui à travers la Turquie apportera le gaz russe au seuil de lUE [1]. Il y a en outre la possibilité que la Grèce reçoive des financements de la Banque pour le développement créée par les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et de la Banque dinvestissements pour les infrastructures asiatiques créée par la Chine, qui veut faire du Pirée un important nud de son réseau commercial. « Une Grèce amie de Moscou pourrait paralyser la capacité de lOtan à réagir à lagression russe » [2], a prévenu Zbigniew Brzezinski (ancien conseiller stratégique de la Maison-Blanche), exprimant la position des conservateurs. Celle des progressistes sexprime par la voix de James Galbraith, enseignant en Relations de gouvernement et business à lUniversité du Texas, qui a travaillé pendant quelques années avec Yánis Varoufákis, devenu ministre des Finances grec (aujourdhui démissionnaire), auquel il a fourni une « assistance informelle » ces derniers jours [3]. Galbraith soutient que, malgré le rôle joué par la CIA dans le putsch de 1967, qui porta au pouvoir en Grèce les colonels selon le plan « Prométhée » de lOtan, « la gauche grecque a changé et ce gouvernement est pro-US et fermement membre de lOtan » . Il propose donc : « Si lEurope échoue, les États-Unis peuvent agir pour aider la Grèce, laquelle, étant un petit pays, peut être sauvée avec des mesures mineures, parmi lesquelles une garantie sur les prêts » [4]. Les deux positions sont dangereuses pour la Grèce. Si à Washington prévaut celle des conservateurs, se dessine un nouveau plan « Prométhée » de lOtan, une « Place Syntagma » sur le modèle de la « Place Maïdan » en Ukraine. Si cest celle des progressistes qui prévaut, cest une opération dempreinte néo-coloniale qui ferait tomber la Grèce de Charybde en Scylla. Lunique voie reste celle dune dure lutte populaire pour la défense de la souveraineté nationale et de la démocratie. Manlio Dinucci Traduction Marie-Ange Patrizio Source Il Manifesto (Italie) Notes [1] Möglicher Deal zwischen Athen und Moskau : Griechenland hofft auf russische Pipeline-Milliarden, Von Giorgos Christides, Der Spiegel, 18. April 2015. « Poutine et Tsípras examinent le projet Turkish Stream », Anadolu Agency, 7 mai 2015. « Soutenu par Poutine, Tsípras signe un accord avec Gazprom », par Benjamin Quenelle, Les Échos, 22 juin 2015. [2] « La Grèce pourrait "paralyser" lOtan, estime Brzezinski », AFP, 25 mars 2015. [3] Modeste proposition pour résoudre la crise de la zone euro, Yánis Varoufákis, James K. Galbraith et Stuart Holland (préface de Michel Rocard), Les Petits matins,‎ 2014 (ISBN 978-2363831248) [4] US must rally to Greece, James K. Galbraith, The Boston Globe, February 19, 2015.
Edité le 07-07-2015 e 23:12:09 par Xuan
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| Posté le 08-07-2015 à 12:41:42
| les Etats Unis appuieront ils Aube Dorée en Grèce,tout comme ils ont porté au pouvoir les néo-nazis en Ukraine?ils peuvent toujours faire pression sur Athènes en armant la Turquie,qui reve de chasser les populations hellénophones de l ensemble de l ile de Chypre,avec la complicité des troupes angloaméricaines qui occupent l ancienne colonie britannique.
Edité le 08-07-2015 e 12:52:30 par marquetalia
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 09-07-2015 à 15:15:25
| Deux faits dactualité : 1 > Le Monde fait observer Le revirement de Nicolas Sarkozy sur la Grèce : [
] Dans Le Monde daté du 2 juillet, [Sarkozy] défendait une ligne très dure, en décrétant de manière prématurée que le gouvernement grec avait « suspendu de fait, de lui-même, lappartenance de la Grèce à la zone euro » . [
] Samedi 4 juillet, Nicolas Sarkozy avait réaffirmé ses convictions lors de la Fête de la violette, à La Ferté-Imbault (Loir-et-Cher), en dénonçant la volonté de François Hollande de « chercher des compromis » à tout prix. Ainsi que sa supposée bienveillance à légard de M. Tsipras : « Qui a reçu le premier un gouvernement composé de membres dextrême gauche et dextrême droite ? François Hollande ! »
ça lui va bien ces petites cornes ! [
] Une semaine plus tard, le ton a totalement changé : M. Sarkozy se rallie à la position française, consistant à tout faire pour éviter un « Grexit », et va jusquà accorder un bon point à lexécutif quil accablait hier. « Tout doit être fait pour trouver un compromis, je partage ce point de vue exprimé par Monsieur Hollande et par Monsieur Valls » , a déclaré M. Sarkozy sur TF1, après que la Grèce a promis de présenter jeudi au plus tard des propositions de réformes de son économie pour obtenir une nouvelle aide de ses créanciers. [
]
__________________ 2 > A propos du sommet des BRICS, qui souvre en ce moment, le site Spoutnik publie une série darticles dont BRICS: les échanges atteignent 300 milliards de dollars, où on peut lire : « Le 6 juin, Sergueï Katyrine, président de la Chambre de commerce et du Conseil daffaires des BRICS a déclaré que la Grèce pourrait se joindre au groupe si elle devenait un pays à économie émergente. » Petit renvoi dascenseur pour Syriza, qui sétait opposé à de nouvelles sanctions européennes le 27 janvier, indiquant dans un communiqué que la Déclaration du Conseil de lUE avait été décidée « sans la procédure prescrite pour obtenir le consentement par les Etats membres et en particulier sans l'obtention du consentement de la Grèce » .
__________________ Pourquoi ce revirement de Sarkozy ? Est-il lié à léviction symbolique de Varoufakis, signifiant la capitulation de Syriza tandis que la BCE étrangle le crédit des banques grecques ? Ou bien à la soudaine prise de conscience des enjeux géostratégiques actuels, bien différents de la situation de 2011, lorsque Sarkozy et Merkel avaient contraint Papandréou à renoncer à son référendum ? En tous cas pour le peuple grec le référendum nétait pas quun moyen de pression, cétait le rejet de laustérité et du diktat franco-allemand. Quelle que soit lissue immédiate, le fossé sest profondément creusé entre les nations spoliatrices et celles opprimées. Toute lEurope a été profondément divisée à cette occasion, et la solution retenue est admise par tous ces réactionnaires comme la « moins pire ». Il va sans dire que les capitalistes grecs seront de plus en plus sur la sellette et que la lutte des classes va saiguiser en Grèce. Dans notre pays les masses ne sont pas non plus disposées à payer une dette creusée dans les caisses de lEtat par la BNP et la Société Générale notamment : qui aurait le culot de faire rembourser par la sécu ses ardoises au casino? Ces deux faits illustrent clairement les contradictions à léchelle mondiale, européenne, et au sein de chaque pays capitaliste en Europe.
Edité le 09-07-2015 e 15:20:55 par Xuan
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| | marquetalia | | Grand classique (ou très bavard) | | 9697 messages postés |
| Posté le 09-07-2015 à 15:21:39
| en meme temps,cette alliance à Athènes de Syriza à une formation national-populiste accroit les tentatives d amalgame entre extreme-gauche et extreme -droite,amalgame entretenu en France essentiellement par le nazbol Alain Soral.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 09-07-2015 à 15:28:41
| Les marxistes s'intéressent au fait et pas aux amalgames de la bourgeoisie. Amalgames qui ne résistent pas au premier examen. En France aussi le FN défend la Grèce contre "la finance mondialisée", mais outre ses relents germanophobes cette propagande tait la part française de cette finance.
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| | marquetalia | | Grand classique (ou très bavard) | | 9697 messages postés |
| Posté le 09-07-2015 à 17:38:42
| En France aussi le FN défend la Grèce contre "la finance mondialisée", mais outre ses relents germanophobes cette propagande tait la part française de cette finance.[/citation] c est pourquoi il faut prioritairement combattre l impérialisme Français,et particulièrement le retour en force des monopoles de l Hexagone en Algérie,Hollande espère que Paris redeviendra le premier partenaire commercial d Alger,dépassant la Chine Populaire,qui elle finance la construction de la mosquée Bouteflika,dont la construction sera finie en Novembre 2016.il est meme possible qu en cas de mort du dirigeant algérien,Hollande-ou Valls-intervienne militairement et directement à Alger pour y défendre les intérêts de l impérialisme Français.Sarkozy,qui voulait réhabiliter la colonisation francaise en Algérie, n est pas l homme de main des monopoles et des intérêts de la classe dirigeante francaise,qui sait qu il faut passer par la repentance totale pour reprendre pied en Afrique du Nord,et non pas en glorifiant "l Algérie Francaise" de grand-père,mais en placant Manuel Valls à la tete de l Etat,d autant plus que "notre"complexe militaro industriel a besoin de l Algérie,pour mener la guerre néo-coloniale contre les peuples sahélo-sahariens.une victoire de Sarko serait vécue par l oligarchie comme un désastre...
Edité le 09-07-2015 e 17:50:14 par marquetalia
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 09-07-2015 à 19:53:26
| Étonnant comme le ton de Sarkozy sest radouci. Notre appréciation de Syriza se confirme et les accusations dextrême gauche envers ce groupe apparaissent maintenant pour ce quelles étaient : des effets de manche davocat véreux, assorties de pressions médiatiques, détranglement financier et dingérences. Il faut souligner en Grèce la combinaison de la lutte pour lindépendance et contre le capitalisme. La Grèce nest pas un pays du Tiers Monde mais elle est quand même dominée en Europe. On peut même dire écrasée quand on voit la BCE fermer le robinet des banques grecques, les contraignant à fermer leurs portes, briser léconomie et mettre le peuple sur la paille (et les retraités effondrés sur le trottoir). Simultanément on devine que la sortie de lEurope à elle seule ne réglerait pas les contradictions de classe criantes. On devine que les armateurs grecs on dû sentendre comme larrons en foire avec nos capitalistes, lesquels viennent maintenant donner des leçons de bonne gestion patrimoniale. Lautre aspect ce sont les rapports internationaux. Il est clair que les rapports des forces ont basculé : lEurope doit assumer ses propres contradictions face à la confrontation USA - BRICS. Et cest là que les Athéniens s'atteignirent, que les Perses se percèrent, que les Satrapes s'attrapèrent, et que les Mèdes s'emmerdèrent...
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| | marquetalia | | Grand classique (ou très bavard) | | 9697 messages postés |
| Posté le 09-07-2015 à 20:00:25
| [citation=Xuan] Lautre aspect ce sont les rapports internationaux. Il est clair que les rapports des forces ont basculé : lEurope doit assumer ses propres contradictions face à la confrontation USA - BRICS. dans le cadre de la confrontation USA-BRICS,certains milieux nationalistes Français (la Nouvelle Revue d Histoire)penchent en faveur de l emergence d un bloc euro-russe,"seul en mesure de contester l hégémonie de la puissance dominante".par ailleurs,les BRICS sont,exceptée la Russie,des anciennes colonies des pays d Europe Occidentale(le Brésil,du Portugal,l Inde du Royaume-Uni,la Chine fut semi-colonisée,forcée à accepter le trafic d oipum,et écrasée à Pékin en 1900 lors de la révolte des Boxers,par les puissances coloniales européennes-Russie comprise-,plus les Etats Unis et le Japon.l Afrique du Sud va voir ses relations se dégrader avec les pays anglo-saxons et surtout les Pays Bas à mesure que le peuple noir revendiquera les terres accaparées par les Afrikaaners.et,en meme temps,l Occident-ou plutôt le Japon- pousse New Dehli à la confrontation avec la Chine Populaire.
Edité le 09-07-2015 e 20:09:39 par marquetalia
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 12-07-2015 à 15:40:58
| Les USA et le FMI s'inquiètent d'un Grexit : Sputnik USA et FMI favorables à une restructuration de la dette grecque La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, et le secrétaire au Trésor américain, Jacob Lew, appellent à la résolution de la crise financière grecque et à l'allègement de sa dette colossale. La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a affirmé mercredi qu'une restructuration de la dette de la Grèce était "nécessaire" et a assuré qu'elle restait "engagée" pour trouver une solution à la crise dans le pays. Mme Lagarde a mentionné que la Grèce faisait face à une " crise aigüe qui doit être réglée " et a recommandé au gouvernement grec un programme basé sur deux jambes. "La première jambe, c'est un mélange de réformes structurelles profondes pour redresser l'économie et de la consolidation budgétaire. La deuxième jambe, c'est une opération sur la dette, c'est à dire une restructuration de dette qui permette une soutenabilité à moyen terme pour le pays" , a indiqué la patronne du FMI. Selon le secrétaire au Trésor américain, Jacob Lew, un accord sur la Grèce n'est possible que si des "décisions difficiles" sont prises par Athènes sur les réformes et par les Européens sur un allègement de dette. Parallèlement, le responsable américain a assuré qu'un "Grexit" éventuel pourrait déstabiliser l'Europe et créer des risques géopolitiques. Néanmoins, l'Allemagne, le principal créancier de la Grèce, refuse toujours d'envisager une renégociation de la dette grecque. La Grèce, qui réclame un allègement de sa dette, a formulé mercredi une demande non chiffrée pour un prêt sur trois ans auprès du Mécanisme européen de stabilité (MES) et a promis de présenter un nouveau programme de réformes "crédibles", répondant à l'ultimatum lancé par les dirigeants européens. Le nouveau programme grec sera examiné vendredi par les créanciers de la Grèce puis soumis samedi aux ministres des Finances de la zone euro. Il devrait être présenté dimanche au chef d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne. En 2012, les détenteurs de titres grecs ont accepté de réduire de 53,5% leurs créances pour un montant de 107 milliards d'euros. La BCE et les autres banques centrales de la zone euro ont renoncé aux plus-values sur les obligations de la dette grecques qu'elles détenaient. Pourtant, Athènes doit rembourser 130 milliards d'euros au Fonds européen de stabilité financière (FESF) et encore 50 milliards à divers pays. La dette auprès de détenteurs de titres, émis après le défaut de 2012, est de 35 milliards d'euros. En outre, la balance négative de la banque centrale de Grèce vis-à-vis du reste de l'Eurosystème dépasserait aujourd'hui les 100 milliards d'euros. Il apparaît que la crise grecque s'inscrit aussi dans la confrontation entre l'hégémonisme US et les BRICS. Un Grexit (dette mise à part, mais les capitalistes peuvent toujours la faire payer par d'autres peuples) coûterait cher en terme d'équilibre géopolitique. La Grèce se trouve sur la route de la soie et s'est déjà opposée aux sanctions contre la Russie. Quitte à mettre la main à la poche, l'impérialisme US est prêt à tout pour conserver la Grèce dans l'Otan.
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| Posté le 12-07-2015 à 16:08:50
| Lire également sur le développement de liens entre la Grèce et les émergents : L'Europe et les pays émergents
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 14-07-2015 à 17:22:02
| Bureau de presse du PAME, 13 juillet 2015, traduction Solidarité internationale PCF TOUS AUX RASSEMBLEMENTS organisés par le PAME Mercredi 15 juillet Tous dans la rue! Battons-nous maintenant! Le secrétariat exécutif du PAME dénonce laccord tourné contre les travailleurs, le 3ème mémorandum décidé au sommet de la zone euro. Le parti social-démocrate SYRIZA, le parti dextrême-droite ANEL, le parti conservateur ND et les autres partis politiques bourgeois ont immédiatement retourné les votes NON et OUI au référendum en une seule réponse : « accord avec lUE à nimporte quel prix ». « Accord » égale « nouveau mémorandum » avec un nouveau cortège de mesures antipopulaires, des mesures qui sadditionneront aux lois contre les travailleurs issues des deux premiers mémorandums. Cet accord ordonne la destruction de tous les droits qui restent aux travailleurs, la destruction des allocations sociales, du droit du travail, des taxes plus lourdes sur les couches populaires. Le PAME appelle la classe ouvrière à rejeter le nouvel accord, en luttant pour dire NON au troisième mémorandum et sa barbarie, non aux nouvelles mesures et à leur brutalité. Nous avons le pouvoir de rejeter le mémorandum, les patrons et les directions syndicales vendues, dexiger des mesures immédiates de soulagement de lurgence sociale et de restitution de nos acquis perdus.
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| Posté le 14-07-2015 à 20:29:03
| Sur le site les crises : Capitulation, par Jacques Sapir Au petit matin de ce lundi 13 juillet, le Premier-ministre grec, M. Alexis Tsipras, a fini par capituler. Il a capitulé sous les pressions insensées de lAllemagne, mais aussi de la France, de la Commission européenne et de lEurogroupe. Il nen reste pas moins quil a capitulé. Car, il ny a pas dautres mots pour désigner laccord qui lui a été imposé par lEurogroupe, puis par les différents dirigeants européens, le revolver ou plus précisément la menace dune expulsion de la Grèce hors de la zone Euro sur la tempe. Cette capitulation aura des conséquences dramatiques, en Grèce en premier lieu où laustérité va continuer à se déployer, mais aussi au sein de lUnion européenne. Les conditions dans lesquelles cette capitulation a été arrachée font voler en éclat le mythe dune Europe unie et pacifiée, dune Europe de la solidarité et des compromis. On a vu lAllemagne obtenir de la Grèce ce que les anciens appelaient une paix carthaginoise. On sait que telle était la position dès le départ de M. Dijsselbloem, le Président de lEurogroupe[1]. On a vu, avec tristesse mais aussi avec colère, la France finir par se plier à la plupart des exigences allemandes, quoi quen dise notre Président. Ce 13 juillet est et restera dans lhistoire un jour de deuil, à la fois pour la démocratie et pour lEurope. Un accord détestable Cet accord est un accord détestable, et pour plusieurs raisons. Il lest dans le domaine économique. Il saigne à nouveau léconomie grecque sans lui offrir la nécessaire et réelle bouffée doxygène dont elle avait besoin. Laccroissement de la pression fiscale sans contreparties, aura des conséquences désastreuses pour léconomie grecque. Cest la poursuite de laustérité dans la plus pure logique dun Pierre Laval en France, mais surtout dun Brüning en Allemagne, ou dun McDonald en Grande-Bretagne, ces figures tragiques des années trente qui ont aggravé par leurs politiques les conséquences de la crise de 1929. La hausse de la pression fiscale exigée, les nouvelles coupes dans les dépenses, ne saccompagnent nullement du plan dinvestissement massif qui aurait pu en compenser, au moins en partie, les effets. Notons ainsi que le gouvernement grec est contraint de sengager à : « mener dambitieuses réformes des retraites et définir des politiques visant à compenser pleinement lincidence budgétaire de larrêt de la cour constitutionnelle relatif à la réforme des pensions de 2012 et mettre en uvre la clause de déficit zéro ou des mesures alternatives mutuellement acceptables dici octobre 2015 ». En dautres termes on demande au gouvernement grec de compenser larrêt de la cour constitutionnelle qui avait cassé la réforme des retraites de 2012. Bref, la logique de laustérité est ici proclamée plus importante que la constitution dun état souverain[2]. Cet accord est aussi détestable dans le domaine financier aussi. Il engage donc le Mécanisme Européen de Stabilité, ou MES. Mais, cet engagement sera appelé à grandir régulièrement. Léconomie grecque va, en effet, continuer à senfoncer dans la dépression. Les ressources fiscales vont au total stagner, voire diminuer et cela même si la pression fiscale augmente comme il est prévu dans laccord. La dette va donc, en proportion de la richesse produite, devenir de plus en plus lourde. Sur cette dette, le reprofilage mot barbare qui désigne un allongement des délais de paiement du principal et un report des intérêts ne résout rien. On sait, le Fonds Monétaire International la dit, quil faut restructurer, cest à dire annuler, une partie de la dette grecque. Mais, lAllemagne sy refuse toujours avec obstination. Il faudra dici peu trouver à nouveau de largent pour la Grèce. Lune des raisons pour lesquelles ce plan est détestable est quil ne règle rien, ni économiquement, ni financièrement. Un accord de type néo-colonial Enfin, ce plan est détestable pour une troisième raison. Politiquement, il aboutit à mettre la Grèce en tutelle, à lassimiler dans les faits à une colonie privée de tout pouvoir réel. Le parlement grec non seulement est sommé de voter au plus vite certaines réformes, avec deux dates butoirs, du 15 et du 22 juillet[3], mais il devra soumettre désormais les différentes mesures à prendre au contrôle et au bon vouloir des institutions européennes. En particulier, un paragraphe de laccord est très significatif. Il dit ceci : « Le gouvernement doit consulter les institutions et convenir avec elles de tout projet législatif dans les domaines concernés dans un délai approprié avant de le soumettre à la consultation publique ou au Parlement » [4]. Cest le rétablissement de ce que les grecs appellent le « régime de la Troïka » , régime quils avaient répudié lors des élections du 25 janvier dernier. Et cest là sans doute le résultat le plus inouï de cet accord. Il équivaut à annuler une élection libre et démocratique, à affirmer que les règles édictées à Bruxelles ont plus de poids que le jeu démocratique. Il faudra sen souvenir car, de ce point de vue, cet accord ne concerne pas les seuls grecs ; il menace aussi tous les peuples de la Zone Euro. Il nous menace donc nous aussi, les français. Et cest pourquoi le fait que notre Président, M. François Hollande, se soit prêté à ce crime, car il ny a pas dautre mot pour qualifier cet accord dans le domaine politique, doit nous emplir deffroi. En acceptant de poser sa signature au bas de cet accord, en acceptant de la faire voter dici la fin de la semaine au Parlement français, François Hollande est dès lors connivent à cet étranglement de la démocratie en Grèce, mais aussi dans lensemble de la Zone Euro. Allant toujours plus loin, cet accord organise la spoliation de la population grecque dans le paragraphe léonin qui concerne les privatisations et qui date directement de ce que lon appelait au XIXème siècle la « politique de la canonnière » . Ce paragraphe stipule en effet que le gouvernement grec doit : « élaborer un programme de privatisation nettement plus étoffé avec une meilleure gouvernance; des actifs grecs de valeur seront transférés dans un fonds indépendant qui monétisera les actifs par des privatisations et dautres moyens. La monétisation des actifs constituera une source permettant le remboursement programmé du nouveau prêt du MES et générera sur la durée du nouveau prêt un montant total fixé à 50 milliards deuros, dont 25 milliards deuros serviront au remboursement de la recapitalisation des banques et dautres actifs, et 50 % de chaque euro restant (cest-à-dire 50 % de 25 milliards deuros) serviront à diminuer le ratio dendettement, les autres 50% étant utilisés pour des investissements » [5]. Cela revient à dire que la Grèce ne pourra utiliser que 50% de 25 milliards, soit 12,5 milliards issus des privatisations pour des investissements. Or, ces sommes ne seront pas disponibles si tant est quelles le soient un jour avant deux à trois ans. Quand on entend François Hollande affirmer dans la mâtinée de ce 13 juillet que la souveraineté de la Grèce a été préservée, on se dit que notre Président a un goût douteux pour la plaisanterie. Cest ajouter linsulte à la blessure. Car la souveraineté de la Grèce a bel et bien été piétinée par lEurogroupe et par lAllemagne, avec laide et avec lassentiment de la France. Cest pour cela que ce 13 juillet sera désormais un jour de deuil pour tous ceux qui défendent la démocratie, la souveraineté et la liberté des peuples. La question de lEuro François Hollande affirme que son action a sauvé lEuro. Il est clair que si lAllemagne avait imposé lexpulsion de la Grèce hors de la Zone Euro, cela aurait déclenché à relativement court terme le processus de dissolution de cette zone. Mais, le maintient de la Grèce dans la zone Euro ne sauve nullement lEuro. Dune part parce que les problèmes économiques et financiers de la Grèce ne sont pas résolus. Dautre part, parce que dautres pays sont aujourdhui en grandes difficultés, et en particulier lun de nos voisins, lItalie. LEuro est, on en a eu la preuve aujourdhui, indissolublement lié à la politique daustérité. La politique économique menée dans la Zone Euro consolidée par le rôle des divers traités, et en particulier du dernier le TSCG ratifié en septembre 2012, ne peuvent que mener à laustérité. Si on ne lavait pas encore compris cest aujourdhui parfaitement clair : lEuro cest laustérité. Bien sur, il peut y avoir des politiques daustérité sans lEuro. Mais lEuro implique en réalité la politique daustérité et toute politique menée dans le cadre de lEuro conduit à laustérité. Il faut comprendre le sens profond de cette affirmation. Aujourdhui, tant que lon restera dans la zone Euro, il sera impossible de mener une autre politique économique que laustérité. Pour ne pas avoir compris cela Alexis Tsipras sest mis de lui-même la tête sur le billot. Cette constatation est appelée à devenir le véritable point de clivage de la politique française dans les mois et les années à venir. Ainsi, ce qua sauvé François Hollande, en réalité, cest bel et bien laustérité. On sait quil fit ce choix en 2012. Il nen a pas changé. Il devra donc être jugé dessus aux prochaines élections. [1] VAROUFAKIS: POURQUOI LAllemagne REFUSE DALLÉGER LA DETTE DE LA GRÈCE, http://blogs.mediapart.fr/blog/monica-m/120715/varoufakis-pourquoi-lallemagne-refuse-dalleger-la-dette-de-la-grece [2] Déclaration du sommet de la zone euro , Bruxelles, le 12 juillet 2015, page 3. [3] Le texte de laccord précise que ce dernier ne sera valable que dans les conditions suivantes : « Ce nest quaprès et immédiatement après que les quatre premières mesures susmentionnées auront fait lobjet dune mise en oeuvre au plan juridique et que le Parlement grec aura approuvé tous les engagements figurant dans le présent document, avec vérification par les institutions et lEurogroupe, quune décision pourra être prise donnant mandat aux institutions de négocier un protocole daccord » . Déclaration du sommet de la zone euro, Bruxelles, le 12 juillet 2015, page 2. [4] Déclaration du sommet de la zone euro, Bruxelles, le 12 juillet 2015, page 5. [5] Déclaration du sommet de la zone euro, Bruxelles, le 12 juillet 2015, page 4. Source : Jacques Sapir, pour son blog RussEurope, le 13 juillet 2015.
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| Posté le 14-07-2015 à 23:15:32
| | KKE, 10 juillet: Non au nouveau mémorandum de gauche Compte-rendu du KKE, 11 juillet 2015, traduction depuis la page en anglais du site du KKE, par MlN pour Solidarité internationale communiste PCF Le gouvernement du parti de « gauche » SYRIZA et du parti nationaliste ANEL place le fardeau insupportable de nouvelles mesures antipopulaires sur le dos de la classe ouvrière et des autres couches du peuple, avec le soutien du parti de droite ND, du parti social-démocrate PASOK (les deux gouvernaient ensemble jusquen janvier 2015) et du parti centriste POTAMI. Dans la nuit du 10 juillet, a été mise à lordre du jour de la séance plénière du Parlement la question dautoriser ou non le gouvernement à négocier un nouveau mémorandum, le 3ème, comprenant une série de mesures antipopulaires. Lalternative a été posée de la façon suivante : ou bien la continuation de la ligne politique antipopulaire, ou bien la banqueroute du pays et une sortie de la zone euro. Le premier ministre, Alexis Tsipras a défendu son mémorandum, le « mémorandum-Tsipras », en expliquant en substance que les mesures antipopulaires devaient être prises pour regagner la confiance des investisseurs et des marchés. A 5 heures du matin, 251 députés ont voté pour la proposition du gouvernement. Lensemble du groupe KKE a voté contre. Au final, il sest trouvé 32 voix contre et 8 abstentions volontaires. 9 députés étaient absents. Ces développements, qui révèlent une fois de plus le vrai visage du gouvernement « patriotique de gauche » de SYRIZA/ANEL, montrent la position inacceptable tenue ces derniers mois par différentes forces à létranger, y compris par certains partis communistes et ouvriers, qui ont soutenu le gouvernement au nom de la « solidarité avec la Grèce » . Prenant la parole devant le Parlement pendant la discussion générale relative à « lautorisation » au gouvernement dapprouver le nouveau, 3ème, mémorandum, le secrétaire général du Comité central du KKE, Dimitris Koutsoumbas, a insisté interpelant gouvernement : « Vous avez toujours pratiqué labsence de morale en politique, lopportunisme, ce qui veut simplement dire littéralement, sans approfondir théoriquement, être opportuniste et aventuriste. Il y a à peine 10 jours, ici même, pendant la discussion sur la proposition de référendum, le KKE a clairement expliqué devant vous que vous appeliez le peuple à voter sur un « oui » ou un « non » qui ne diffèrent que superficiellement, puisque tous les deux portaient lacceptation dun nouveau mémorandum, peut-être pire encore que les précédents. Vous avez transformé le « non » du peuple en un « oui » à un nouveau mémorandum. Cela sest trouvé confirmé le lendemain même du référendum. Les autres partis politiques, aussi bien ceux qui soutenaient le «oui» que ceux qui soutenaient le «non», se sont mis daccord sur un nouveau mémorandum qui sera encore plus dur. Nous étions certains depuis le départ quil allait en être ainsi. Non parce que nous sommes devins, mais parce que votre stratégie, votre programme, votre position sur lUE, leuro et les alliances capitalistes en général, votre position sur le mode de développement et le système qui vous servez, vous menaient inévitablement du côté de lUE, de la BCE, du FMI, du grand capital, des groupes monopolistes. Avec eux, vous avez vu comment le butin serait partagé, comment vous alliez servir leurs rendements, comment, en fin de compte, vous alliez diminuer le revenu de la population, comment vous alliez économiquement réduire le prix de la force de travail, comment vous alliez sucer les gens jusquà los pour que les parasites du système puissent prospérer » . Le secrétaire général du CC du KKE, au sujet de lalternative posée par le gouvernement, « accord antisocial, cest-à-dire mémorandum, ou Grexit » , a souligné les points suivants : « Le 3ème mémorandum va se traduire par une véritable banqueroute pour le peuple. Evidemment suivant une voie qui, dune certaine façon, est mieux ordonnée. Nous allons connaître des mesures antipopulaires barbares. Avec le Grexit, nous connaîtrions un appauvrissement rapide, la faillite des ménages conjuguée avec la faillite de lEtat, sans aucune voie de sortie, toujours pris au piège, emprisonnés dans le carcan de lUE, dans le même vieux mode de développement capitaliste. Cest pourquoi tous les autres partis portent une responsabilité historique, en particulier SYRIZA qui gouverne aujourdhui et a bénéficié de la confiance du peuple. La véritable voie pour sortir de la crise, pour un développement profitable aux intérêts des travailleurs et de la population, passe par lorganisation du peuple lui-même, la mise au point de son intervention, un langage de vérité, des programmes et des positions clairs qui permettent au peuple lui-même de décider, de prendre le pouvoir et dorganiser léconomie et une nouvelle société, en dehors et bien loin des regroupements capitalistes, avec une planification centralisée, avec une propriété socialisée des richesses produites par la classe ouvrière et le peuple. Toutes les autres options se ramènent aux expériences déchec de la gestion social-démocrate, des soi-disant gouvernements de gauche qui ont géré le système dans le cadre du capitalisme. Les espoirs fugitifs quils ont répandus, les fausses attentes ont conduit le peuple à une grande désillusion, le mouvement des travailleurs à un recul. Ils ont renforcé les tendances conservatrices et même extrêmement réactionnaires » . A propos de lenchevêtrement entre la « question grecque » et les contradictions interimpérialistes, D. Koutsoumbas a fait remarquer : « Vous présentez souvent le « cruel » Schaüble comme ladversaire unique, ce Schaüble qui représente une part importante du capitalisme allemand, mais vous présentez aussi de temps en temps, comme des amis de la Grèce, les Etats-Unis et le FMI, maintenant la France, en concentrant lattention sur la question de la restructuration de la dette publique. Pas plus le capital américain, le capital français ou le capital allemand ne sont les amis du peuple. Ils réclament tous aussi bien la mise à mort des droits et des revenus du peuple. La concurrence entre eux se déroule dans le contexte de la crise capitaliste et des profonds déséquilibres au sein du noyau dur de la zone euro. Les Etats-Unis et lAllemagne sont en concurrence pour lhégémonie en Europe, le FMI, la France et lAllemagne pour lavenir de la zone euro. Des sections du capital grec, industriels, banquiers, armateurs sont impliqués dans cette confrontation. Tant que nous serons pris dans ce dangereux tissus de contradictions, tous les choix possibles seront un cauchemar pour le peuple : autant un nouvel accord/mémorandum, quun défaut de paiement ou même léventualité dune guerre dans la région » . Concernant les développements davenir, Le secrétaire général a souligné ceci : « Malgré les compromis temporaires, la tendance reste lourde à lexpulsion de certains pays. Cela ne concerne pas simplement que la Grèce mais tous les pays endettés, même ceux qui sont candidats à rejoindre leuro. Le peuple ne doit pas avoir à choisir entre sa faillite avec leuro ou sa faillite avec la drachme. Une solution décisive en faveur du peuple nécessite une vraie rupture qui na rien à voir avec la fausse rupture que certains courants dans SYRIZA invoquent quand ils défendent une sortie de la Grèce, uniquement, de la zone euro. Ceux qui prétendent parmi eux, ces courants de SYRIZA, comme dautres forces nationalistes et réactionnaires partant dun autre point de vue que la sortie de la Grèce de la zone euro, avec une monnaie dévaluée, donnerait un coup de fouet à la compétitivité et à la croissance et aurait de bonnes répercussions pour le peuple, sont en train, délibérément, de tromper le peuple. La perspective dune Grèce, pays capitaliste doté dune monnaie nationale, ne constitue pas une rupture en faveur du peuple. Ces forces politiques qui mettent en avant cet objectif comme une solution ou comme un objectif intermédiaire en vue de changements radicaux (comme la « plateforme de gauche » de SYRIZA, ANTARSYA, ou comme également des forces dextrême-droite fascistes en Europe) jouent dans les faits le jeu de certaines sections du capital. Aussi nous ne choisirons pas si nous ferons faillite avec leuro ou avec la drachme, sous leffet dune dévaluation interne ou externe. Pour cette raison, nous ne choisissons pas entre un mémorandum ou un Grexit. Parce quil y a une solution alternative si le peuple lutte pour une rupture avec lUE, le capital et leur pouvoir. Par exemple, nous pouvons abolir les directives de lUE qui ont causé la stagnation de la production nationale, de la production de sucre et de viande aux chantiers navals en passant par bien dautres secteurs. Nous pouvons utiliser les contradictions entre les centres impérialistes et gagner des accords internationaux avantageux pour la Grèce et le pouvoir populaire, dégagés de lUE et de lOTAN. Nous pouvons préparer la voie à la satisfaction des besoins populaires en procédant à la socialisation des monopoles, des moyens de production avec une planification nationale scientifique de léconomie » . En conclusion, D. Koutsoumbas a rappelé que le KKE appelle les travailleurs à organiser leur riposte dans les rues et les lieux de travail contre les nouvelles mesures de destruction. Dans laprès-midi, ce même jour (vendredi 10 juillet), le PAME organisait un rassemblement de masse à Athènes et dans les principales villes du pays contre le 3ème mémorandum (« de gauche » regroupant des mesures antipopulaires. Les manifestations ont regroupé des syndicats, des comités populaires, des associations et groupes féminins, des organisations de masse, des comités de lutte de chômeurs, de travailleurs indépendants et dartisans, comme détudiants, cest-à-dire de tous ceux qui sont frappés par les mesures du gouvernement de coalition. Tous ont crié : « assez ! Une autre voie existe dans lintérêt du peuple . D. Koutsoumbas, qui a participé au rassemblement de masse du PAME à Athènes a déclaré: "nous ne pouvons pas perdre plus de temps. Les travailleurs doivent organiser leur lutte, mettre en avant leurs revendications et organiser l'alliance populaire " .
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| Posté le 14-07-2015 à 23:17:11
| La bal des faux derches, comme socialos en foire Sur Histoire et Société : The Guardian : Beaucoup de Grecs pensent maintenant que Tsipras est un traître. Mais il va survivre par David Patrikaros 14JUIL Alexis Tsipras avait beaucoup promis aux Grecs, mais il na pas pu éviter lhumiliation de ses créanciers de la zone euro. Tandis que ceux qui ont voté se sentent trahis, il n y a pas pas une alternative viable Lannée dernière, alors que sa campagne électorale approchait de sa fin, le premier ministre grec Alexis Tsipras a visité la Crète en promettant aux gens. « Nous allons jouer du tambour et ils danseront. Et parce que nous sommes en Crète, nous jouerons le lyra et les marchés vont danser le pendozali, » a-t-il déclaré, se référant à une danse traditionnelle et locale sur lîle grecque. Six mois après et les marchés, si ce nest danser, poussaient certainement un soupir de soulagement hier. Et si Tsipras joue sur toutes sortes de tambour, il doit les battre lentement et mélancoliquement. La Semaine dernière, après avoir promis à plusieurs reprises à son peuple quavec son gouvernement prendrait fin les mesures daustérité paralysant Grèce, Tsipras a avancé une série de propositions qui apporteront encore plus daustérité, plus dimpôts et une plus grande misère. Hier, les créanciers du pays ont accepté ces propositions ; Il y aura un accord. Pour aggraver les choses, cela est sest passé une semaine à peine après que le pays ait voté globalement un référendum auquel Tsipras avait appelé de rejet de plus daustérité. En possession dun mandat pour dire non, Tsipras a dit oui. Le mouvement a déjà provoqué une faille importante, jusquà présent maîtrisable, au sein de la coalition au pouvoir de la Grèce. Le ministre de lénergie Panayotis Lafazanis, membre de Syriza quitté léquipe, il a déjà déclaré quil ne votere pour le projet lorsquil passera devant le Parlement mercredi pour devenir Loi. Mais, dit-il, il ne démissionnera pas. Pendant ce temps, Panos Kammenos, chef du parti des Grecs indépendants parti qui gouverne en coalition avec le Syriza, a également dit que son parti ne voterait pas non plus. Mais comme Lafazanis, il a montré aucun désir de renoncer à son poste de ministre de la défense ou de retirer son parti de la coalition. La Dissidence politique grecque a clairement ses limites. Jai peu de doute que Tsipras va pousser laffaire. Il a un soutien multi-partis pour lui et il ny a simplement aucune alternative crédible à lui ou son parti dans la vie politique grecque. Dans les rues de la capitale de la Grèce, la situation est quelque peu différente. Beaucoup de Grecs ordinaires qui ne sont pas tentés par les salaires ministérielles ou ont des retraites ont été beaucoup plus clair dans leur dégoût face aux événements de la journée. Hier soir, après ce qui a été une semaine maniaque pour le pays, le Centre dAthènes était rempli de gens discutant des événements de la journée de nourriture et de boisson dans les premières heures. Dans une petite rue à côté de place Exarchia, qui abrite des éléments plus bohèmes de la ville, jai rencontré un groupe de jeunes Athéniens assis sous un porche recouvert de graffitis. Ils ont bu de la bière et fumaient des cigarettes roulées. « Que pensez-vous de laffaire? » Jai demandé. Ils ont tous ri. Lefteris, ou Terry, car il préférait être appelé ainsi, a parlé le premier. Vêtus de noir T-shirt et Short, il avait les mots « Black-Eyed » tatoué sur son avant-bras. Il a été, dit-il, dégoûté par ce qui sest passé. « Le pire, cest quils [Syriza] avait lancé un mouvement contre les politiques daustérité de lUE . Je pense que quelque chose sest passé après le référendum la pression peut-être des États-Unis je ne peux pas comprendre. » « Dupés les 61 % de la population grecque qui ont voté « non », » poursuit-il. « Ils ont tourné un »non » pour un « oui ». Ils ont trahi le peuple grec et qui est livré avec un coût politique. Ils ont trahi les classes les plus pauvres et pour le prochain cinq ans il y naura aucun solution. » « Cinq ans ? Tu veux dire cinquantes années , » , a répliqué son ami Evianna, qui avait gardé le silence, se contentant de fumer sa cigarette roulée. « Je pense vraiment que la solution est juste de quitter lUE et recommencer encore une fois, » a ajouté Terry. La profondeur de sa déception était palpable. Pendant des décennies, deux partis nouvelle démocratie et le Pasok ont gouverné la Grèce. Quand Syriza a pris le pouvoir en janvier il brisé un duopole de la politique grecque qui existait depuis près dun demi-siècle. « Syriza était plus quun parti, cétait un mouvement, » a répété Terry, comme sil ne parvenait toujours pas à y croire tout à fait. « Nous nous attendions à vraiment faire une différence. Après que cinq mois de négociations, ils se sont rendus après 17 heures, juste comme ça. » Tsipras a pour guider la Grèce à travers les temps douloureux à venir et de reconquérir le soutien de ceux qui une fois confiance en lui. « Et maintenant il attend juste de nous que nous le suivions. Mais la plupart dentre nous nont aucun argent pour poursuivre nos vies. Quand javais 16 ans jai eu un travail dans une cafétéria de lécole secondaire-jai gagné 800 € par mois. Depuis lors, jai eu rien. Je suis un pas loin de finir un diplôme dhistoire mais cela ne fait plus aucune différence, un diplôme est inutile aujourdhui surtout sil nest pas en mathématiques ou en informatique. » Evianna intervient « Tsipras a trahi sans aucun doute le peuple grec, » . « Il a appelé à lorganisation dun référendum, il savait ce que nous voulions ; « mais en fin de compte notre opinion navait pas dimportance. » « Je veux ouvrir une boutique avec Iva, » dit-elle, désignant le troisième membre du groupe, une fille mince, blonde avec des lunettes et des tatouages sur le bras. « Nous sommes des graphistes. Mais impossible douvrir une boutique parce que ont doit payer braucoup dimpôts. Peu importe si vous travaillez dur ou non. Je nai pas eu un travail durant les quatre dernières années, à lexception de trois mois où jai travaillé dans un fast food et ils ne mont même jamais payé. » « Je suis allé à tant dentrevues pour essayer de trouver du travail », a-t-elle ajouté, « mais si vous avez plus de 25 ans et jai 28 ans ils ne vous donnent pas un emploi parce quils doivent payer 100 € de plus selon la loi grecque. Donc, ils préfèrent prendre des gens plus jeunes. Dans ce pays si vous avez plus de 25 vous êtes vieux, » elle rit amèrement. « Tsipras a déclaré quil rendrait plus facile pour les jeunes la création dentreprises mais vous avez besoin dargent pour démarrer une entreprise et pour cela il faut un travail. Maintenant que Tsipras a signé cet accord il ny a aucune raison pour moi de rester dans ce pays. Et je ne veux pas le quitter cest ma maison. » Des Millions-dans et hors de Grèce partagent leur sentiment de déception et de colère. Partout la sympathie de lEurope face aux mesures dures, beaucoup pensent que les créanciers ont imposé la Grèce et ils se déversent sur les médias sociaux, avec le hashtag « coup dEtat » sur Twitter. Certain temps prennent parti pour les grecs, à gauche, cela ne sert quà souligner lampleur de l humiliation de Tsipras aux mains des créanciers de la Grèce, qui ont, en tout les cas, à plusieurs reprises fait allusion à leur méfiance envers lui et son parti. Mais il va survivre. Le problème, il doit faire face est désormais double : pour guider la Grèce à travers les temps douloureux à venir et de reconquérir le soutien de ceux qui une fois confiance en lui. Ce ne sera pas facile. Quand je lai quitté, Terry a insisté sur un dernier point. « Quand vous écrirez sur Tsipras, assurez-vous que vous dites quil est un traître. Tous les autres politiciens, ceux qui sont venus avant lui nous savions à quoi ils ressemblaient. Nous pensions vraiment quil était différent. »
Edité le 14-07-2015 e 23:40:26 par Xuan
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| Posté le 14-07-2015 à 23:39:57
| de nombreux articles sur le site Histoire et Société
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 15-07-2015 à 11:59:56
| Reuters publie un article repris sur le site Les crises.Cette nouvelle n'est pas vraiment une surprise après la déclaration de Tsipras "nous avons gagné le référendum, moi je signe un accord auquel je ne crois pas". Reste une question subsidiaire : que justifie le pseudo "recouvrement" de cette dette abyssale, à part mettre au pas Syriza et imposer un statut néo colonial à la Grèce ? Hollande se vante d'avoir fait taire lutilitarisme allemand et obligé Tsipras à trahir le vote de ses compatriotes, mais le costume est un peu trop grand pour lui. Hollande est l'homme de paille de l'hégémonisme US, qui ne peut pas accepter le renforcement des liens économiques entre la Grèce et la Russie et pour lequel la route de la soie est une épine dans le pied. Exclusif : la Grèce a besoin de l'allègement des dettes bien au-delà des plans de lUnion Européenne le rapport de Secret du FMI Reuters 14/07/2015 La Grèce aura besoin dun allégement des dettes beaucoup plus important que ce que les partenaires de la zone Euro se sont préparés à envisager jusquà présent, en raison de la dévastation de son économie et de ses banques durant les deux dernières semaines, celons une étude confidentielle menée par le Fonds monétaire international vue par des personnes de Reuters. Lanalyse de la soutenabilité de la dette mise à jour (DSA) a été envoyée aux gouvernements de la zone Euro tard lundi, des heures après quAthènes et ses 18 partenaires aient trouvés un accord de principe pour ouvrir des négociations sur un troisième programme de sauvetage, en hausse de 86 milliards deuros en échange des mesures de rigueur plus dures et des réformes structurelles. La détérioration dramatique de la soutenabilité de la dette montre le besoin de lallégement de celle-ci dans uen ampleur qui va bien au-delà de ce qui a été pris en considération jusquà présent et qui a été proposé par le MES , daprès le FMI se référant au mécanisme européen de stabilité. Les pays européens devraient accorder un délai de grâce de 30 ans à la Grèce pour sa dette européenne, y compris sur les nouveaux prêts, et une spectaculaire extension de maturité, ou alors faire des transferts fiscaux annuels conséquents au budget grec, ou encore accepter des coupes profondément franches sur leurs prêts à Athènes, selon le rapport. Il a été répandu par le Ministre Des Finances Allemand Wolfgang Schäuble que quelques membres du gouvernement de Berlin ont pensé que la Grèce aurait fait mieux de prendre la sortie temporaire de la zone Euro, plutôt que recevoir un autre sauvetage géant. La directrice générale du FMI Christine Lagarde, a assisté aux pourparlers de week-end entre les ministres des Finances de la zone Euro et les leaders gouvernementaux qui ont convenu dune feuille de route pour un nouveau sauvetage. Une source de lUnion Européenne a dit que lon a donné les nouveaux chiffres de soutenabilité des dettes aux différents ministres des Finances de la zone Euro, ils en ont pris connaissance samedi, avant quils aient conclu lundi laccord avec Athènes. Létude du FMI indique que la fermeture des banques grecques et limposition de contrôles des capitaux le 29 juin imposait un lourd tribu sur le système bancaire et léconomie, menant à une détérioration encore plus significative de la soutenabilité de la dette, par rapport à ce qui a été projeté dans le DSA récemment publié . Les membres européens du comité de direction du FMI ont essayé en vain darrêter la publication de cette étude précédente du 2 juillet, juste trois jours avant le référendum grec qui a rejeté les termes du sauvetage précédent, daprès des sources proche des discussions qui lont dit à Reuters. Le Premier Ministre grec Alexis Tsipras et son ancien ministre des Finances, Yanis Varoufakis, ont saisi létude du FMI comme le faire valoir de leur argument sur le sauvetage proposé, qui était juste dexiger de lallégement des dettes. La dernière étude de FMI dit que la dette grecque atteindrait maintenant un niveau maximal de près de 200% du PIB dans les deux prochaines années, comparée la précédente prévision à hauteur de 177%. Même dici à 2022, la dette sélèverait toujours à 170% du produit intérieur brut, comparé à une évaluation de 142% publié juste il y a deux semaines. Des besoins de financement bruts sélèveraient au-dessus du seuil de 15% de PIB, considéré comme le coffre-fort et continueraient à monter à long terme, daprès létude du FMI mise à jour. De plus, les dernières projections restent soumises au risque de sous évaluation considérable signifiant que les pays de la zone Euro devraient probablement fournir des financement encore plus exceptionnels. Dans la langue technocratique laconique et bureaucratie du FMI, le rapport a noté que peu de pays navaient jamais réussi à supporter pendant plusieurs décennies lexcédent budgétaire principal de 3,5% du PIB demandé pour la Grèce. Bien quAthènes soit entrée dans un petit excédent primaire lannée dernière, le gouvernement a échoué à résister à la pression politique datténuer lobjectif, il est noté dans le rapport. Létude du FMI semble aussi défier la supposition faite par quelques officiels européens que la Grèce pourra respecter certains de ses besoins de financement sur les marchés en 2018. Emprunter à tout autre taux que AAA provoquera à court terme une dette dynamiquement non soutenable pendant plusieurs décennies supplémentaires dit-il. Source : Reuters, 14/07/2015 Traduction Dizalch pour le site www.les-crises.fr
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