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Xuan
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   Posté le 17-05-2020 à 13:52:20   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

J'ai lancé ce slogan pendant le confinement. Il est nécessaire de donner quelques explications et de le vérifier (ou pas) dans la réalité.


Ce trait de notre époque s'inscrit dans la crise du capitalisme parce que les conditions matérielles du développement fasciste aux USA sont principalement les contradictions internes du capitalisme et de l'impérialisme US.

Je renvoie à plusieurs fils sur ce sujet :

le capitalisme et la misère aux USA
nouveau développement de la crise.
le covid-19 accélère l’histoire

la méthode Trump

La crise aux USA n'a pas été résolue par les QE de plusieurs milliards de dollars injectés successivement depuis la crise de 2008.
Au contraire, ces sommes se sont accumulées sans aucun rapport avec l'économie réelle.
La désindustrialisation des USA, les délocalisations, son économie fondée en grande partie sur les services, ont accentué la fragilité de ce pays. La pandémie a ainsi mis au chômage plus de 20 million d'américains, plus que pendant la grande crise des années 30.
La dette US a pris des proportions inégalées et le redémarrage économique est incapable de la régulariser. La perspective de passer au second rang devient de plus en plus claire et les conséquences sont inacceptables pour les impérialistes US : la perte de l’hégémonie signifie l’impossibilité de faire payer la dette US par les autres, et l’effondrement de l’économie US.


La personnalité de Trump a été depuis le début surprenante, ses soutiens dans la social-démocratie occidentale ont fini par s'étioler devant ses frasques, ses mensonges répétitifs, son ego caricatural, et ses brusques revirements. Il a renvoyé successivement plusieurs collaborateurs et les a critiqués publiquement, traité la presse d’opposition avec mépris, pris des décisions remises en question peu après, etc.
Depuis des années la contradiction entre les deux clans politiques de la bourgeoisie américaine s'est approfondie. Elle s’est particulièrement déchaînée depuis l’élection de Trump plutôt inattendue et n’a jamais cessé. Elle s'appuie aussi sur des intérêts monopolistiques différents.
Bien évidemment les deux clans sont l’un comme l’autre au service des monopoles et de la finance US et l’un comme l’autre ont déclenché subversion et guerres depuis des années.
Et dans la bourgeoisie américaine, comme dans la population, le consensus est hostile à la Chine.

Trump s’appuie notamment sur l’industrie pétrolière. Il représente aujourd’hui les intérêts de la frange la plus réactionnaire de la grande bourgeoisie US.
La proximité des élections et sa volonté d'être réélu à tout prix accentuent le risque d'actions violentes à l'échelle nationale et/ou mondiale.
Ses attaques contre la Chine, à des fins essentiellement électorales, en sont un exemple, jusqu'à la menace de rompre les relations, mais aussi avec la décision toute récente de couper l'approvisionnement de Huawei en composants, dont ceux fabriqués à Taïwan.

Trump a déclenché une guerre commerciale sans précédent. Elle est particulièrement vive dans le domaine technologique où la Chine devient leader, comme la 5G.

Simultanément Trump poursuit le blocus de Cuba et tente des opérations de subversion ou même militaire contre le Venezuela, avec l’appui des bourgeoisies européennes.
Ces attaques se complètent par des agressions informatiques signalées à plusieurs reprises par la Chine.
Un chercheur chinois a été tué récemment sans qu’on en sache exactement l’origine, mais également l’ambassadeur de Chine en Israël.
Les USA ont soutenu activement la subversion à Hong Kong.
Le renouvellement du mandat présidentiel à Taïwan fait aussi l’objet d’intense préparatifs pour s’opposer à la réunification.

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Cette guerre commerciale et idéologique s’accompagne de préparatifs militaires. Sur le plan militaire la flotte US a tellement sillonné le détroit de Taïwan que les navires n'ont pas été remis à neuf depuis des mois.
Pour prolonger cette présence l'administration a sacrifié l'équipage de deux porte-avions infecté par le covid-19 et limogé le commandant qui voulait rapatrier ses hommes. En fin de compte les marins ont dû être rapatriés quand même.
Les USA disposent d’une fenêtre de deux ans avant que le potentiel militaire chinois équilibre le leur.

Enfin la crise sanitaire a eu des conséquences graves sur l’électorat pauvre de Trump. Des manifestations appuyées par lui ont réclamé la fin du confinement dans les états démocrates. Ces manifestations sont devenues armées.
Au Texas et ailleurs des bandes fascistes armées ont rouvert les commerces. Bien entendu ils disposent de l’appui tacite voire ouvert de l’administration confédérale.

On assiste donc à l’émergence de courants fascistes armés associés au pouvoir central, au moment où les USA se trouvent dans une situation sans issue.
Elle rappelle dans un sens celle de l’Allemagne des années 30.
La guerre pourrait en être l’issue, dans tous les cas la Chine s’y prépare.
Le site théorique déjà cité a publié plusieurs articles sur l’éventualité d’une agression y compris nucléaire et sur les moyens de s’en prémunir et d’y répondre.
Tout récemment la Chine a décidé d'accroître sa dissuasion nucléaire.

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Enfin, à l’échelle internationale, dans les pays occidentaux le poids des USA reste décisif et leurs campagnes de propagande sont reprises assez régulièrement par toutes les agences de presse et amplifiées, à l’exception de la dernière accusation contre le labo de Wuhan, qui n’a jamais été démontrée.
Sur ce point et scientifiquement parlant, il est impossible que le covid-19 ait pu fuiter par erreur de ce labo parce qu’il s’agit d’un nouveau coronavirus jamais étudié jusque là.
Les souches de ce virus n’ont donc jamais pu être collectées dans le labo avant l’analyse déclenchée le 3 janvier et qui a permis d’en dresser le génotype.
L’Europe est piétinée régulièrement par les USA, mais les capitalistes européens craignent aussi d’être mangés par l’Eurasie.
La position des capitalistes européens et l’opinion publique de ces pays sont donc un enjeu politique dans ce conflit.

Notre soutien à la Chine n’est donc nullement une tocade de circonstance, une sorte d’adoration de ses dirigeants ou de déni des défauts inhérents à une société en transition.
Il est indispensable de s’opposer aux campagnes de propagande US, à leur écho en France, doublé d’une hystérie anticommuniste.
Nous appelons à la lutte pour la paix et contre le fascisme US.


Edité le 17-05-2020 à 17:13:51 par Xuan




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   Posté le 17-05-2020 à 15:07:00   Voir le profil de Plaristes (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Plaristes   

Techniquement Hllary et les republicians ayant changé de camp qui l'accompagnait étaient tout aussi belliciste et Russophobes.

Je pense que la différence entre les deux camps qui se sont ravisés, était au départ dans la stratégie. Et que donc il fallait lire les différents stratèges américains.

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Xuan
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   Posté le 17-05-2020 à 15:49:45   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Avant de te lancer attend que l'article soit terminé marquetalia...

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   Posté le 17-05-2020 à 15:55:47   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Xuan a écrit :

Avant de te lancer attend que l'article soit terminé marquetalia...

Depuis la sortie du confinement et la sortie plan vélo, Marquetalia est en roue libre, en descente, il regardera l'état de ses freins une fois arrivé à destination...

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Xuan
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   Posté le 17-05-2020 à 17:19:29   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Voilà, c'est feu vert
bien que la présentation soit très incomplète dans sa documentation.
Par exemple je n'ai pas abordé la question du racisme et des minorités, particulièrement victimes de la pandémie. De même la fermeture des frontières avec le Mexique.
Evidemment j'ajouterai d'autres éléments.

C'est un sujet grave, avec des aspects incertains, qu'il faut essayer de traiter de manière scientifique.
Peut-être serait-il judicieux de se pencher en particulier sur le développement du fascisme aux USA, sur l'opposition au fascisme, ainsi que sur l'aspect proprement militaire.

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   Posté le 17-05-2020 à 17:27:59   Voir le profil de Plaristes (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Plaristes   

C'est dommage je trouvais que la documentation était un peu vide sur les coulisses de la méthode trump.

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   Posté le 17-05-2020 à 17:29:27   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

marquetalia a écrit :

les peuples parasites qui phagocytent la Chine,et auxquels cet enfoiré de Deng Xiaoping avait laissé le droit d avoir plusieurs enfants


Cette réaction est inacceptable. La Chine met les minorités nationales et les Hans sur le même pied d'égalité, mais pour éviter les méthodes "grand Han", que les plus gros mangent les plus petits , ces minorités ont bénéficié de droits supplémentaires comme la dispense de l'enfant unique ou l'apprentissage des langues minoritaires, le respect de leurs lieux de culte et de leurs religions spécifiques dans le cadre privé ou encore l'entretien des traditions.

Ceci contredit la propagande du Dalaï Lama sur le "génocide culturel" des Tibétains, ainsi que les mensonges sur l'écrasement du culte musulman chez les Ouïgours.
Il n'y a rien de parasitaire chez les minorités nationales, elles participent à l'effort national comme les autres.

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   Posté le 17-05-2020 à 17:32:56   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

USA. L’extrême-droite en arme rouvre les commerces au Texas


https://www.revolutionpermanente.fr/USA-L-extreme-droite-en-arme-rouvre-les-commerces-au-Texas?fbclid=IwAR0pNOd0EnfnofTIc5LEyJBYeUbLprQJuqkXWVZvQXHz2glcvDuwFNcZksw



Au Texas et ailleurs aux États-unis, des groupes armés défient le confinement pour rouvrir des commerces. Pour eux, l’ouverture des entreprises est un droit constitutionnel, à l’opposé des différentes luttes qui agitent notamment Amazon afin de protéger les salariés des risques sanitaires.

Jean-Michel Larhot
jeudi 14 mai


Au Texas, État représentatif du « sud » des États-Unis, des milices armées défient les autorités en permettant la réouverture de commerces fermés suite aux mesures de confinements prises pour enrayer la propagation de la pandémie de Covid-19. Ces démonstrations sont l’œuvre des franges les plus réactionnaires de la population, avec le soutien des autorités politique et dans l’indifférence de la police. Les militants derrière ses actions n’hésitent pas à s’armer lourdement de fusils semi-automatiques ou de fusils à pompe comme le rapporte le New York Times.

Ces démonstrations de force sont dans la continuité des rassemblements armés devant le parlement du Michigan au début du mois. Il s’agit des secteurs les plus réactionnaires de l’extrême-droite américaine. Un des principaux socles du président américain Donald Trump. Ils bénéficient d’ailleurs du soutien des politiciens républicains locaux comme le gouverneur du Texas, qui a pesé de tout son poids pour la libération de la propriétaire d’un salon de coiffure de Dallas qui avait déjà eu recours à des miliciens en arme pour la réouverture de son salon. Cela va de pair avec l’insistance de Trump pour pousser à la reprise de l’économie américaine, quel qu’en soit le coût en termes de vies humaines.

Il convient aussi de noter comme l’ont fait nos camarades du journal Left Voice que l’attitude de la police envers ces manifestations se démarque largement de la violence raciste que celle-ci exerce face à la population noire et latino-américaine. Cela démontre le caractère profondément réactionnaire de la police. En effet, celle-ci tolère des manifestations armées de l’extrême-droite mais tue des Noirs, sous prétexte de se sentir menacés par eux. S’il n’y a pas encore d’alliance entre la police et ces milices, il y a pour le moins une forme de connivence et de tolérance réciproque fasse au reste de la société.

En effet, la « liberté » défendue par ces manifestants est avant tout celle de la bourgeoisie qui veut imposer la reprise du travail alors que les USA comptent désormais plus de 30 millions de chômeurs. Cette volonté de réouverture de l’économie n’est pas soutenue uniquement par les petits commerçants qui ont fait appel aux milices armées. En effet, en Californie, le milliardaire Elon Musk défie également autorités pour obtenir la réouverture des usines Tesla. De la même manière Jeff Bezos tient au maintien de l’activité d’Amazon, et pourrait devenir le premier trillionaire à l’issue de la crise du covid.

Face à cela, les travailleurs d’Amazon se mettent en grève afin d’obtenir de meilleures protections face au risque du Covid-19.. De la même façon, les ouvriers agricoles demandent de meilleures protections et des primes de risques alors que leur activité est pour le moins essentielle afin de maintenir l’approvisionnement en nourriture de l’ensemble de la société (en anglais).

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   Posté le 17-05-2020 à 17:42:12   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Ci-dessous un article très intéressant de "Renaissance socialiste" publié dans la rubrique internationale du site chinois http://www.cwzg.cn/theory/202005/57649.html
trad auto Google


Des manifestants d'extrême droite américains armés d'armes demandent une "réouverture" économique

2020-05-16 09:41
John Leslie (orthographe à vérifier ?)
WorldCommunistParties
Auteur: CCNUMPFC


La classe ouvrière et ses alliés sont la clé pour s'opposer à ces manifestations d'extrême droite. Des opérations à grande échelle basées sur les syndicats, les groupes communautaires et d'autres organisations de la classe ouvrière doivent être lancées pour s'opposer à de telles attaques contre les travailleurs. Ces opérations à grande échelle doivent défendre le droit d'organiser la légitime défense et le droit de former une équipe de défense au sein des organisations de masse des opprimés et exploités pour se protéger des attaques des forces d'extrême droite.
Des manifestants d'extrême droite américains armés d'armes demandent une "réouverture" économique


( Le 30 avril, des manifestants armés se sont rassemblés sur les marches du Michigan State Capitol à Lansing )

[Note de l'éditeur: les États-Unis sont au centre de l'épidémie, tandis que le Michigan, le Massachusetts, le Texas, la Californie et d'autres endroits ont été témoins de manifestations armées, exigeant que le gouvernement assouplisse les restrictions de prévention des épidémies et rétablisse l'économie. John Leslie a posté sur le site "Socialist Renaissance", soulignant que ces manifestants d'extrême droite ont reçu des fonds et le soutien de la bourgeoisie et a appelé la majorité des travailleurs à s'organiser contre les forces réactionnaires et à s'efforcer de défendre leurs intérêts.
Les protestations et les manifestations dans le Michigan, le Massachusetts, le Texas, la Californie et d'autres endroits ont exigé le rétablissement de l'économie. De nombreux manifestants détiennent des fusils et des pistolets.


Le 30 avril, le deuxième événement «American Patriot Rally» s'est tenu sur les marches du Michigan State Capitol en deux semaines. L'événement a été initié par le Michigan United for Liberty et d'autres groupes de droite y ont participé. La brutale milice du Michigan Liberty a assuré la «sécurité» de l'opération. Après avoir demandé la permission d'entrer à la Chambre des représentants pour la première fois, des centaines de manifestants armés sont entrés dans le hall du Capitole de l'État et se sont précipités dans les couloirs du Sénat de l'État.

Lors d’une manifestation à Boise, dans l’Idaho, le 2 mai, l’extrémiste de la milice Ammon Bundy a comparé les mesures d’isolement du gouvernement au massacre nazi des Juifs et a appelé un tel gouvernement L'intervention est la «tyrannie». La manifestation de "réouverture de Philadelphie" organisée par les propriétaires de petites entreprises et les "Proud Boys" d'extrême droite s'est tenue le vendredi 8 mai à l'hôtel de ville.

Le nombre de cas confirmés de nouvelle pneumonie coronarienne dans ces États continue d'augmenter, mais les gens sont désireux de promouvoir la «réouverture» de l'économie, désireux d'assouplir les réglementations sur la distance sociale et les réglementations de blocus. Les politiques de l'administration Trump établissent des lignes directrices pour que les États assouplissent les restrictions, et aucune de ces restrictions n'est appliquée. Trump a déclaré qu'il était nécessaire de garder une distance, mais a également exprimé son soutien à ces manifestations, affirmant que c'est l'expression de "très bonnes personnes".

Actions soutenues par une partie de la classe dirigeante
Ces protestations, y compris des militants d'extrême droite et ceux qui s'opposent à la vaccination scientifique, ont reçu un financement d'une partie de la bourgeoisie. Tous les facteurs les plus arriérés de la société américaine sont regroupés sous la bannière de la "réouverture de l'économie" et de la "liberté". Les Américains pour la prospérité et l'American Legislative Exchange Commission (ALEC), financés par Charles Koch, sont des institutions typiques.

Le magazine économique Forbes a souligné que le réseau de «toutes sortes de groupes de défense des droits des armes à feu, d'organisations républicaines d'État, de groupes de réflexion conservateurs, de groupes religieux et de défense» était à l'origine de ces manifestations. "Forbes" a déclaré que ces mobilisations n'étaient pas des mouvements de base, mais qu'elles étaient le produit d'une "manipulation cynique" de la part de forces commerciales lourdes.

De toute évidence, certains capitalistes estiment qu'il est nécessaire de rendre à nouveau l'économie et leurs bénéfices opérationnels par tous les moyens nécessaires. Le lieutenant-gouverneur du Texas a exprimé la nécessité d'un "sacrifice" au nom de l'économie. Dans une interview avec ABC, Trump a déclaré: "Le nombre de décès va augmenter ... Je pense que nous avons fait du bon travail dans les vaccins, mais qu'il y ait ou non un vaccin, tout cela passera et nous reviendrons à la normale." Il Continuer, "Nous devons rendre notre pays ... De toute évidence, les gens meurent toujours d'une manière ou d'une autre."

L'ancien gouverneur du New Jersey, Chris Christie, s'est également joint au choeur de la mort. Il a comparé la situation actuelle aux sacrifices de la Seconde Guerre mondiale: "Nous avons envoyé nos jeunes en Europe et dans le Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale. , Nous savons que beaucoup d'entre eux ne reviendront pas vivants. Nous avons décidé de faire un tel sacrifice, parce que nous insistons sur le mode de vie américain. Maintenant, nous devons défendre le mode de vie américain de la même manière ... " En bref, nous devons laisser les gens mourir pour Wall Street.

Lorsque le géant de la transformation de la viande Tyson a fermé ses usines en réponse à la propagation des infections des employés, Trump a publié un décret en vertu de la Defense Production Act qui oblige les transformateurs de viande à ignorer les risques pour la santé des travailleurs Continuez vos affaires. À titre d'urgence, certains responsables du Parti démocrate se sont tournés vers la suppression des contrats syndicaux. Il y a une forte probabilité d'exposition à l'infection sur le lieu de travail, et il peut y avoir une forte augmentation des cas de COVID-19 à l'échelle nationale. Les travailleurs des secteurs de la vente au détail, de la production alimentaire, du transport, de l'entreposage et de la logistique sont à risque.

L'épidémiologiste Dr Tom Frieden est le président-directeur général de l'organisation "Resolve to Save Life" (RSL). Il a déclaré devant le Congrès le 6 mai que selon "le nombre de personnes déjà infectées..., Le virus tuera au moins 100 000 Américains en un mois (mai) . " Il a également déclaré que sans tests approfondis, la situation ne ferait qu'empirer.

Cependant, le même jour, Avik Roy, un économiste conservateur, a répété l'un des mots préférés de Trump, affirmant devant un comité au Sénat qu'aucune mesure d'isolement n'était nécessaire. Roy a déclaré: " 37 000 Américains meurent dans des accidents de la circulation chaque année, mais nous n'avons pas fermé la route."

L'absence de réponse centralisée du gouvernement fédéral, qui attend des États qu'ils élaborent leurs propres politiques et obtiennent leur propre équipement, des tests et un équipement de protection individuelle, a entraîné de nombreux décès inutiles. L'opposition de Trump aux tests approfondis d'acide nucléique est l'une des clés pour assouplir les restrictions de sécurité. Dans certains cas, les autorités fédérales ont saisi des marchandises expédiées vers certaines municipalités. Par conséquent, le gouverneur du Parti républicain du Maryland devra mettre la boîte de détection des coronavirus obtenue de Corée du Sud dans un endroit secret et être gardé par des gardes armés.

Un signe avant-coureur du fascisme?
Ces manifestations ne représentaient pas un mouvement fasciste à grande échelle, mais ces mobilisateurs d'extrême droite ont planté les graines d'un tel mouvement. Certains membres de la bourgeoisie estiment qu'il est raisonnable d'utiliser ces mobilisations réactionnaires pour renforcer leurs intérêts. Cependant, jusqu'à présent, les canaux «légaux» traditionnels pour attaquer les travailleurs ont répondu aux besoins de la plupart des capitalistes. Dans le contexte d'une contre-attaque de la classe ouvrière plus large et plus radicale, cette situation pourrait changer. Par exemple, il n'est pas inconcevable que des militants de droite armés attaquent les grévistes contre des conditions de travail dangereuses.

La classe ouvrière et ses alliés sont la clé pour s'opposer à ces manifestations d'extrême droite. Des opérations à grande échelle basées sur les syndicats, les groupes communautaires et d'autres organisations de la classe ouvrière doivent être lancées pour s'opposer à de telles attaques contre les travailleurs. Ces opérations à grande échelle doivent défendre le droit d'organiser la légitime défense et le droit de former une équipe de défense au sein des organisations de masse des opprimés et exploités pour se protéger des attaques des forces d'extrême droite.

S'appuyer sur la protection de la police et des tribunaux n'est pas la réponse au vrai problème. Nous voyons souvent la police former des alliances avec des organisations d'extrême droite. Le leader socialiste américain Farrell Dobbs a souligné:

"D'une part, le devoir de la police est de défendre les fascistes d'exercer leurs droits démocratiques formels, et d'autre part, de ne pas" voir "que les droits démocratiques des victimes fascistes sont violés. Dans le même temps, la police utilise pleinement toute violation de la loi démocratique bourgeoise Crimes possibles commis par des antifascistes. Dans toute forme de confrontation entre les forces antifascistes et les forces fascistes, la ligne de base de la police est de faire tout son possible pour protéger les fascistes et participer à la persécution des antifascistes. "

Le mouvement syndical doit également exiger beaucoup de la sécurité au travail et des droits des travailleurs. De nombreux parents devraient retourner au travail, mais comme les systèmes scolaires à travers le pays sont toujours fermés, les enfants qui n'ont pas commencé l'école ne sont pas bien pris en charge. Il est essentiel que les parents travaillent en toute tranquillité pour améliorer les services de garde d'enfants en toute sécurité et gratuitement. Le système de santé doit être nationalisé sous le contrôle des travailleurs démocratiques. Les soins de santé doivent être considérés comme un droit de l'homme et non comme un privilège . Même pour atteindre ces objectifs modestes, les travailleurs ont besoin d'une indépendance politique par rapport au Parti démocrate.

Un travail ne doit pas être un procès pour condamnation à mort! Les horaires de travail hebdomadaires doivent être réduits sans diminuer les salaires! Le salaire doit satisfaire la vie de chacun! Effectuez immédiatement un nouveau test de coronavirus à grande échelle pour assurer la sécurité au travail! Des soins gratuits et sûrs pour tous les enfants! Des soins médicaux gratuits pour tous!

(Compilé par Wang Mingdong, Centre de recherche du parti politique marxiste étranger de l'Université normale de Chine centrale)

[Cet article contenait à l'origine le compte public WeChat "WorldCommunistParties", autorisé à être publié par Chawang]

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   Posté le 17-05-2020 à 18:17:33   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je signale ce livre paru en 2009, qui relie l'aventure Trump à la Grande crise.
La question fédérale aux USA recouvre à la fois une forte unité nationale et des contradictions profondes que Tocqueville expliquait par le caractère particulièrement civilisé des Américains. Si on s'arrêt une seconde à cet argument il apparaît qu'il ne tient pas face à des intérêts fondamentalement opposés.


Les Etats-désunis de Vadimir Pozner

Sur Trump et le fascisme aux USA (cf. C. Rioux). Une rencontre entre Dos Passos et Pozner, dans Les États-Désunis (brillant livre sur l’Amérique) offre des pistes de réflexions.

« Rencontré John Dos Passos

« Dos Passos traverse la pièce, prend une cigarette, fouille dans ses poches, s’en va chercher des allumettes, revient en aspirant la fumée.
— Nous sommes dans un pays barbare, dit-il, le plus barbare de tous. Le berceau même du fascisme. Les Allemands ont tellement emprunté à certains idéologues américains. L’influence anticivilisatrice des États-Unis en Europe a été beaucoup plus puissante qu’on ne l’a cru. […] Le Ku Klux Klan a été le premier fascisme organisé. Le mot liberté lui-même a été annexé par la classe dominante qui en a baptisé son organisation la plus réactionnaire, la Liberty League. Le fascisme est tellement répandu chez nous que nous en sommes quelque peu immunisés. Et puis, le pays est si grand, si chaotique que les industriels ne pourront jamais s’entendre entre eux, par excès de force. Je ne crois pas que nous ayons jamais un fascisme centralisé, unique.


« Il y a encore ceci : les organisations qui exploitent le fascisme sont tellement malhonnêtes. Lorsqu’il y a eu cinquante mille dollars dans la caisse du Ku Klux Klan, le chef de l’organisation a disparu avec l’argent. Les mots que ces hommes emploient n’ont pas de sens. Ce sont des hommes d’affaires, des marchands de mots, mais ils oublient la nature de leur marchandise : les mots qu’ils négocient ne signifient rien pour eux. Ce qui importe, c’est le fait de vendre. »

https://www.luxediteur.com/catalogue/les-etats-desunis/



En ces temps de crise, il faut lire et relire cette chronique de l’Amérique de la Grande Dépression. Ce livre clé, « d’une critique impitoyable et d’une grande tendresse » (Jorge Semprun), a marqué les esprits dès sa sortie en 1938. Dans un genre littéraire qui lui est propre, qui tient autant du reportage que de la forme roma­nesque, Pozner observe et décrit un pays, les États-Unis, alors en pleine détresse spirituelle et matérielle, mais qui ne cesse de fasciner. Ce peuple, l’auteur en sonde l’âme par un puissant montage de détails : la vie quotidienne de Harlem, les briseurs de grève de l’agence Pinkerton, la guerre des journaux à Chicago, les héros déchus de Hollywood, les grèves violentes dans les mines de Pennsylvanie, John Dos Passos et Waldo Frank, le courrier du cœur et les écrivains publics, le marchand de lacets de Wall Street, les gangsters et les croque-morts… Il compose une mosaïque qui renvoie l’image d’un pays où l’éner­gie le dispute au désespoir, la solidarité à la misère, et où le culte du service et de l’efficacité mène le plus souvent à l’asservissement et au décervelage.

Noam Chomsky, dans un entretien, rappelle l’actualité criante de cette époque et de ce livre. Jean-Pierre Faye signe une postface qui évoque la vie de Pozner et le caractère novateur de son écriture.

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   Posté le 17-05-2020 à 18:24:35   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un article historique des "Insoumis" sur les chemises d'argent. Je ne tirerai pas de conclusion aussi hâtivement que l'auteur mais ce sujet rappelle que le courant fasciste a déjà existé aux USA

http://www.gauchemip.org/spip.php?article5419

Les Chemises d’Argent, organisation fasciste US

samedi 22 février 2020.
Source : Jacques Serieys

Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler accède au pouvoir politique en Allemagne en s’appuyant sur la majorité de droite du Reichstag. Aussitôt, un activiste américain nommé William Dudley Pelley estime l’heure venue de lancer le fascisme aux Etats Unis. Le lendemain 31 janvier, il fonde la Silver Legion of America (Légion d’Argent d’Amérique).

A) William Dudley Pelley, original à l’origine de la Légion d’argent
Né en 1890, il devient un écrivain et journaliste marqué par un fond mystique ésotérique. En 1918, les USA investissent des sommes et des moyens considérables pour aider les armées blanches russes contre l’armée rouge. Dans cet affrontement sans pitié, Pelley se dépense sans compter :

- comme courrier consulaire du gouvernement US en Russie
- comme dirigeant en second de la Young Men’s Christian Association ( association caritative chrétienne) qui apporte une aide aux populations civiles des Etats formés par les Blancs

Parcourant la Sibérie en tous sens (13000 kilomètres en deux ans), la violence des combats le transforme « d’un écrivain inclassable en un croisé brutal » , écrit-il. Ce terme de croisé est bien choisi pour quiconque connaît le fond idéologique antisémite développé par les Alliés ( USA, Grande Bretagne, France, Allemagne, Japon...) pour monter les paysans contre les communistes russes qui comptent un nombre important de juifs parmi leurs responsables locaux et nationaux.

De retour aux USA, il publie des écrits et donne des conférences violemment anticommunistes et antisémites s’attirant la sympathie et même l’amitié de plusieurs responsables des services secrets du Département d’Etat US qui constituent alors « une documentation sur l’implication juive dans le communisme ».
Sa popularité, ses qualités et ses protections lui ouvrent les portes du monde du cinéma. De 1921 à 1928, il écrit ou supervise 21 scénarios de films.

Dans le même temps, il poursuit son délire ésotérique, aussi naturel pour un "chrétien américain" de son type que pour un nazi. Ainsi, il prétend avoir rencontré en 1927 des êtres astraux qui lui ont transmis des vérités sur le corps, "vêtement" très conjoncturel de l’esprit humain. Il publie cette expérience sous le titre « My Seven Minutes in Eternity » qui se vend à 90000 exemplaires.

En 1930, il lance la revue Libération dans laquelle il transmet les articles reçus d’un « Maître » astral. En 1932, il ouvre le « Galahad College », sorte de locaux pour secte ésotérique, en Caroline du Nord : étude des cultures de la Lémurie et de l’Atlantide, enseignement du Troisième oeil, « mathématiques cosmiques » enseignant les lois de la vibration individuelle et collective, inégalité des races (les Aryens ayant « cosmiquement atteint quelque chose que les Asiatiques sémitiques n’ont pas atteint » )...

B) 31 janvier 1933 : Fondation de la Légion d’argent américaine
Lancer la Silver Legion of America (Légion d’Argent d’Amérique) en vingt quatre heures ne fut possible qu’en intégrant dans le profil fasciste tous les mystiques des réseaux préalables de Pelley. Pour commencer à donner à ses Chemises d’Argent une conscience collective, ils portent tous l’uniforme des légionnaires : une chemise grisée avec un grand « L » rouge sur le cœur, représentant l’amour (Love) de la race aryenne, la loyauté (Loyalty) envers la République américaine, et la libération (Liberation) vis-à-vis de la finance juive. Le drapeau de la Légion est blanc avec un grand « L » rouge en son centre.
Malgré ces aspects surprenants, les Chemises d’Argent deviennent rapidement le plus fort mouvement fasciste US, recevant le soutien de personnalités aussi prestigieuses que Charles Lindbergh et Walt Disney.

Dans le contexte de crise économique et sociale vécue par les USA en 1933, la Légion d’Argent reçoit rapidement l’adhésion :

- de milliers de chômeurs et ouvriers pauvres attirés par la partie "anticapitaliste" du programme qu’elle développe.
- de milliers de vétérans anciens combattants attirés par le discours nationaliste sécuritaire

Sur le fond, la Silver Legion of America peut être analysée comme fasciste par son caractère
Pelley multiplie les meetings faisant preuve de talents d’orateurs multipliés par le bon retour d’une partie importante de la presse. La Légion se donne publiquement une image de type militaire, chevalerie moderne comme les SS, avec par exemple des défilés de tambours et clairons annonçant les réunions.
En 1934, la Légion compte déjà 15000 à 25000 membres et 50000 sympathisants organisés. Des groupes locaux se créent dans toutes les grandes ville du pays.

Le financement apporté par le parti nazi allemand permet aux Chemises d’Argent de construire l’immense Ranch Murphy, fortifié, sur un site intéressant (55 acres) dans les monts proches de Los Angeles dans le but d’en faire le siège social mondial du fascisme après la victoire attendue.

Des Représentants républicains au Congrès apportent une crédibilité supplémentaire en s’affichant à la tribune lors des grandes réunions publiques :

- Jacob Thorkelson (officier de réserve, élu violemment antisémite et pro-fasciste du parti républicain qui ne l’exclut pas)
- Louis Thomas McFadden, banquier, président de la Pennsylvania Bankers’ Association (1914-15), président de la First National Bank of Canton (1916-25) et président du United States House Committee on Banking and Currency (1920-1931).

« Liberation » se vend de plus en plus, en particulier de façon militante dans les rues entraînant des bagarres fréquentes contre des groupes juifs et communistes.
William Dudley Pelley incarne le type même du Chef fasciste par lequel passe toute la vie et toutes les décisions de l’organisation. On a pu dire par exemple que sa voiture était le vrai quartier général de la Légion et non le local central en Caroline du Nord.
En 1936, Pelley participe à l’élection présidentielle sans succès (victoire de Roosevelt).

En 1940, le cap des 100.000 membres est atteint malgré l’hostilité du président, de son gouvernement et du Procureur général Murphy : local perquisitionné, propriété confisquée, accusations diverses, procédures judiciaires coûteuses. Pelley lui-même doit affronter une accusation de fraude fiscale. Ces manoeuvres coupent la dynamique de la campagne menée par la Légion d’argent pour les présidentielles de 1940.

C) Le mouvement America First
La Silver Legion of America connaissant un moment difficile, Pelley s’associe à d’autres groupes et personnalités pour dénoncer le bellicisme de Roosevelt contre l’Allemagne et le Japon.
Le mouvement « America First » bénéficie rapidement d’une écoute considérable, en particulier grâce à l’audience du colonel Lindbergh et du général Van Horn Moseley. Quelques jours avant l’attaque japonaise de Pearl Harbour des sondages d’opinion font apparaître que les trois quarts des gens s’opposent à la participation des USA à des guerres à l’étranger.
Malgré l’entrée en guerre suite à l’attaque du Japon (7 décembre 1941), Pelley lance une nouvelle revue intitulée « Roll Call » qui défend des positions ouvertement favorables à l’Axe Berlin Tokyo. Il se voit bientôt inculpé pour pour « dissémination de fausses informations » en temps de guerre au nom de l’Espionnage Act de 1917.
Après la déclaration de guerre allemande aux USA, le fameux "siège social mondial" du fascisme est occupé par la police.
Malgré le soutien actif de célébrités comme Thorkelson et Lindbergh, le contexte politique de la guerre permet au tribunal de condamner Pelley à 15 ans de prison.

Comment conclure ?

Si le gouvernement avait été républicain dans ces années 1933 à 1940 ou même si le président n’avait pas été aussi fermement antifasciste que Roosevelt, la roue de l’histoire aurait pu tourner autrement.

Jacques Serieys

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Xuan
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   Posté le 17-05-2020 à 18:27:20   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le qualificatif de fasciste a déjà été utilisé plusieurs fois contre Trump. Je ferai un récapitulatif sur ce point.

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marquetalia
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   Posté le 17-05-2020 à 19:24:09   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Xuan a écrit :

[citation=marquetalia]les peuples parasites qui phagocytent la Chine,et auxquels cet enfoiré de Deng Xiaoping avait laissé le droit d avoir plusieurs enfants


Cette réaction est inacceptable. La Chine met les minorités nationales et les Hans sur le même pied d'égalité, mais pour éviter les méthodes "grand Han", que les plus gros mangent les plus petits , ces minorités ont bénéficié de droits supplémentaires comme la dispense de l'enfant unique ou l'apprentissage des langues minoritaires, le respect de leurs lieux de culte et de leurs religions spécifiques dans le cadre privé ou encore l'entretien des traditions.

Ceci contredit la propagande du Dalaï Lama sur le "génocide culturel" des Tibétains, ainsi que les mensonges sur l'écrasement du culte musulman chez les Ouïgours.
Il n'y a rien de parasitaire chez les minorités nationales, elles participent à l'effort national comme les autres.[/citation]Pourtant,le séparatisme a le vent en poupe au Tibet et au Menjiang-l actuelle Mongolie intérieure, séparatisme appuyé par les Usa-lire l ouvrage "les guerriers de Bouddha"sur la guérilla des Khampas appuyée par la CIA,et ce jusqu'à la reconnaissance de la Chine Populaire par Nixon,qui rompit avec la sedition des neo-Vendeens de l Himalaya.


Edité le 17-05-2020 à 19:35:42 par marquetalia




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marquetalia
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   Posté le 17-05-2020 à 19:30:16   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Les minorités ethniques de Chine comptent autant de personnes que le Mexique...qui lui,par contre,réprime ses territoires indianises du Sud dans le sang.le fait que l Ezln soit d obédience communiste libertaire ne doit pas nous conduire à occulter les véritables génocides culturels qui y sont en cours,il faut couper l herbe sous les pieds des islamogauchistes d Al,qui instrumentalisent cette cause pour attirer le courant altermondialiste,et les mener à soutenir les ordures comme Daech et consort-Plaristes a raison sur Alternative Libertaire et son soutien passé à l État Islamique.A moins de vouloir suivre les pas de Pierre Bergé,et soutenir le nationaliste de gauche AMLO,qui est en bons termes avec Trump.il arrêta de soutenir l Ezln une fois que Mexico a cédé des droits aux LGBT.


Edité le 17-05-2020 à 20:03:22 par marquetalia




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pzorba75
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   Posté le 17-05-2020 à 19:56:40   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Tu as encore ressorti ta tambouille. Le sujet traite de Trump et du fascisme aux Etats-Unis. Rien à voir avec ton charabia sans queue ni tête. Essaie de faire un plan, un brouillon et de t'y tenir avant de lâcher tes messages.

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marquetalia
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   Posté le 17-05-2020 à 20:05:10   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Xuan a écrit :

[citation=marquetalia]les peuples parasites qui phagocytent la Chine,et auxquels cet enfoiré de Deng Xiaoping avait laissé le droit d avoir plusieurs enfants


Cette réaction est inacceptable. La Chine met les minorités nationales et les Hans sur le même pied d'égalité, mais pour éviter les méthodes "grand Han", que les plus gros mangent les plus petits , ces minorités ont bénéficié de droits supplémentaires comme la dispense de l'enfant unique ou l'apprentissage des langues minoritaires, le respect de leurs lieux de culte et de leurs religions spécifiques dans le cadre privé ou encore l'entretien des traditions.

Ceci contredit la propagande du Dalaï Lama sur le "génocide culturel" des Tibétains, ainsi que les mensonges sur l'écrasement du culte musulman chez les Ouïgours.
Il n'y a rien de parasitaire chez les minorités nationales, elles participent à l'effort national comme les autres.[/citation]le séparatisme tibétain est une épine dans le pied de la Chine Populaire,donc un atout pour le fasciste Trump.idem pour l irredentisme mongol en Mongolie intérieure.avant la libération par l Armée chinoise,le Tibet était une théocratie, après,c est devenu un pays laïc.


Edité le 17-05-2020 à 20:27:44 par marquetalia




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marquetalia
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   Posté le 17-05-2020 à 20:06:16   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

La réhabilitation du fascisme passe par l amalgame entre communisme et fascisme.et le Tibet était prisé par les autorités du Troisième Reich et l organisation de l Ahnenherbe.le Rassemblement National surfe également sur la tibetomania pour attirer des adhérents vers le parti fasciste.


Edité le 17-05-2020 à 21:20:14 par marquetalia




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Xuan
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   Posté le 17-05-2020 à 21:12:01   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La question « Trump est-il fasciste ? » s’est posée lors de son élection, et même auparavant.
Et les suprématistes et fascistes blancs ont très vite salué son élection. «Ce qui se passe ici est un tournant pour ce pays. Nous sommes déterminés à reprendre notre pays. Nous allons remplir les promesses de Donald Trump. C’est ce que nous croyons et c’est pour cela que nous avons voté pour lui.»

Il est intéressant d’observer les réactions en France, côté social-démocratie :

Le 1er mars 2016 l’Obs titrait « Non, Donald Trump n'est pas fasciste mais...»

« Un segment de la presse anglo-saxonne voit en Donald Trump une réincarnation du fascisme. Serge Berstein, historien du fascisme, rétorque qu'il ne faut pas tout mélanger. "Il n'y a aucun rapport entre le monde des années 30, berceau du fascisme, et la société mondialisée d'aujourd'hui" , alerte-t-il.
… Trump pratique le populisme de la même manière que les partis populistes européens. Ce n'est pas le fascisme. Mais cela n'exclut ni la violence, ni le risque pour la démocratie » .
Je passe sur la suite à retrouver sur le lien.

Puis le 31 mars de nouveau « Donald Trump est-il fasciste ? » en publiant un article de l’historien Robert Paxton, qui dément :

Des personnalités comme l'ancien secrétaire au Travail Robert Reich ou l'acteur George Clooney ont qualifié Donald Trump de "fasciste". Est-ce pertinent ?

«Une étiquette doit être utilisée si elle aide à la compréhension, et je ne pense pas que ce soit ici le cas. Entre le phénomène Trump et le fascisme, il y a certes des similitudes dans les thèmes et le style, mais les dynamiques sociales et politiques sont très différentes. La fonction fondamentale du fascisme est d'intégrer un peuple, qui a été divisé, par la subordination de l'individu à la communauté, et de créer pour cela un Etat fort : Hitler a ainsi détruit le pouvoir des Länder, pour magnifier l'Etat central. Trump est à l'opposé : c'est l'Etat central qui doit s'effacer, cesser de protéger les pauvres, l'environnement, etc. Nous ne sommes pas en présence d'un extrémisme de droite, mais d'un extrémisme du centre, qui prône la suprématie de l'individu : chacun est invité à faire ce qu'il veut, à s'enrichir, à s'amuser » ...

Les pauvres aux USA apprécieront « l’extrémisme du centre ». Du reste l’Etat central ne disparaît absolument pas aux USA puisque Trump a cherché à contraindre les entreprises US à se plier aux sanctions contre des entreprises étrangères, au mépris de leurs propres intérêts.
En fait de suprématie de l’individu il s’agit de la suprématie des monopoles capitalistes et la liberté individuelle n’est ici qu’un prétexte.

On relèvera donc qu’en 2016 l’Obs se refuse à voir un fasciste en Trump.
Depuis ce canard s’est mis à le critiquer, pour ses fake news, pour son ignorance, pour ses shows « clownesques », ses mensonges, ses affirmations farfelues, son agressivité, mais ne parle jamais de fascisme.

D’autant moins que face à la Chine, c’est plutôt l’Amérique.

Je n’ai pas vu la trace non plus d’une menace fasciste dans le Monde, qui ne se prive pas de critiquer Trump. On confirmera ou pas.


Edité le 17-05-2020 à 21:13:17 par Xuan




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   Posté le 17-05-2020 à 22:27:37   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Plus intéressant cet article de Mohamed Belaali en novembre 2016.
Il relève d'une part le capitalisme en crise et d'autre part l'agressivité économique de Trump, sa volonté de ne reculer devant rien et la possibilité d'une guerre.
Jusqu'ici les USA n'ont pas été jusqu'au conflit armé et doivent mesurer les avantages et les inconvénients à le déclencher.

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/donald-trump-ou-le-spectre-du-186719
« … Le capitalisme en crise a produit un nouveau monstre aux États-Unis et risque d'en produire d'autres à travers le monde. L'agressivité économique et politique de Trump et de son équipe montre si besoin est que la classe dirigeante américaine, pour sauvegarder et perpétuer ses privilèges, ne reculera devant aucun moyen y compris le plus terrible et le plus abjecte, la guerre. Trump représente un véritable danger non seulement pour le peuple américain mais pour le monde entier. Il est donc urgent de construire un mouvement de résistance planétaire contre Trump, tout en s'attaquant en même temps au système, le capitalisme qui a produit un tel monstre. »


Edité le 17-05-2020 à 22:28:09 par Xuan




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   Posté le 17-05-2020 à 22:31:27   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un article de Giorgos Mitralias en 2017. Il insiste sur l'appui populaire du fascisme.
Plus récemment et du même auteur :
> url=http://www.cadtm.org/Le-spectre-de-la-guerre-civile-hante-deja-les-Etats-Unis-d-Amerique]le spectre de la guerre civile hante déjà les Etats Unis d'Amérique[/url]
> Les très dangereux jeux anti-chinois des apprentis-sorciers qui nous gouvernent…
> États-Unis : La pandémie accélère la crise et dessine les contours de l’affrontement de classe qui se prépare



Trump est-il ou non fasciste ? Et fasciste ou non le régime qu’il compte créer ?

9 janvier 2017 par Yorgos Mitralias

http://www.cadtm.org/Trump-est-il-ou-non-fasciste-Et

Journaliste, Giorgos Mitralias est l’un des fondateurs et animateurs du Comité grec contre la dette, membre du réseau international CADTM et de la Campagne Grecque pour l’Audit de la Dette. Membre de la Commission pour la vérité sur la dette grecque et initiateur de l’appel de soutien à cette Commission.

Trump est-il ou non fasciste ? Question pertinente qui -à juste titre- est en train de préoccuper par les temps -toujours plus barbares- qui courent. Sans vouloir sous-estimer l’importance de traits personnels de Donald Trump, il nous serait pourtant plus utile qu’elle soit formulée ainsi : Fasciste ou non le régime que Trump et ses amis comptent établir aux États-Unis ?

Évidemment, cette question n’est pas du tout académique et ne concerne en aucune façon... le sexe des anges. Au contraire, elle est déterminante pour la suite des événements planétaires et même pour notre propre présent et avenir. Ceci étant dit, qu’il nous soit permis une précision préliminaire : contrairement à une habitude plutôt commune, il ne suffit pas de trouver quelqu’un antipathique pour qu’il soit... fasciste. Et encore plus, il ne suffit pas qu’un parti, régime ou mouvement soit réactionnaire, obscurantiste, raciste, violent ou va-t-en-guerre pour qu’il soit fasciste.

Sur la base des leçons tirées des expériences (tragiques) du passé, est fasciste le parti ou le régime qui s’appuie sur un mouvement organisé de masse, qu’il utilise pour attaquer les organisations de toute espèce des travailleurs avec comme objectif déclaré de les dissoudre et les écraser par la violence. Et tout ça afin d’atomiser les travailleurs pour les rendre incapables de résister à l’intérieur comme à l’extérieur de leurs lieux de travail.
Il est évident que, malgré l’important impact qu’ont les idées de Trump dans la société nord-américaine et bien que ses meetings sont suivis par des milliers de gens, il faut reconnaître que, pour l’instant, n’existe pas ce mouvement organisé de masse qui rendrait Trump capable de matérialiser par la violence ses cauchemardesques promesses électorales. Cependant, attention : si ce mouvement de masse n’existe pas « pour l’instant », il y a par contre de nombreux indices très clairs que Trump veut le créer et fait jour après jour tout ce qu’il peut pour le construire !

En effet, contrairement à ce qu’on attendait et veulent les traditions politiques, Trump ne semble pas se reposer sur ses lauriers et continue, après les élections, à parcourir le pays organisant des meetings, surtout à ses bastions, pour s’adresser directement à ses supporters. Ce premier acte pas tellement « orthodoxe » du « Président élu » est éclairé et acquiert tout son sens quand on apprend ce que Trump dit à ces meetings post-électoraux, lesquels il promet d’ailleurs de continuer après son installation à la Maison Blanche !
Voici donc le Trump post-électoral qui n’arrête pas de répéter qu’« il s’agit d’un mouvement », et qui hausse le ton de ses discours au moins autant qu’il le faisait en période pré-électorale. Plus grave, il va jusqu’à faire l’éloge de la vulgarité et de la violence dont avaient déjà fait preuve ses supporters à ses meetings électoraux. Il se peut que ce qui suit semble invraisemblable ou inimaginable mais c’est pourtant la vérité, une vérité que nous devons nous tous regarder en face : Trump non seulement s’adresse aux foules de ses supporters en les appelant avec tendresse... « bêtes sauvages » (wild beasts), mais il a aussi l’habitude d’approuver leur violence quand il flatte leurs pires instincts et les exhorte à faire comme avant les élections, ce qui donne des incitations du genre... « Vous étiez barbares, violents, quand vous hurliez « Où est le mur ? », « Nous voulons le mur ! », quand vous hurliez « En taule ! », « En taule ! », « Mets-la en taule ! », je veux dire que deveniez dingues. Vous étiez des ordures, des sauvages et des vicieux » !!

Mais, pourquoi tous ces comportements « impossibles et pourtant vrais », mais qui éclairent les vraies intentions du très dangereux M. Trump ? La réponse n’est pas trop difficile : pour que M. Trump puisse conduire ses auditoires où il veut, en bourrant leur crâne avec ses propres « vérités », bref pour faire d’eux l’instrument docile de ses volontés. Ce n’est donc pas un hasard que p.ex. 53 % de ses électeurs déclarent croire totalement Trump quand il prétend avoir remporté une victoire écrasante (landslide), bien qu’en réalité Hillary Clinton l’a battu avec presque 3 millions de voix d’écart...
Robert Reich, ministre du Travail dans un gouvernement de Bill Clinton et grand supporter de Bernie Sanders, qui a écrit l’article d’où on a tiré les citations ci-susmentionnées, [1] n’hésite pas à conclure avec le constat perspicace mais aussi cauchemardesque suivant :
« Un président qui fait tout pour créer une base de supporters enthousiastes croyant les mensonges les plus éhontés constitue une menace flagrante pour la démocratie américaine. Voici comment commence la tyrannie » .

De notre côté, on ajouterait que personne ne pourra accuser Trump qu’il ne nous a pas fait connaître qui sera la cible prioritaire du mouvement de masse qu’il compte créer : ce sont les 13 millions d’immigrés sans papiers qu’il menace d’expulser, les citoyens afro-américains et latinos des États-Unis, les femmes et tous ceux et celles visées par son racisme et son inénarrable misogynie. Mais, tout d’abord et en toute priorité, ce sont les syndicats ouvriers auxquels Trump s’est empressé de déclarer la guerre il y a déjà quatre semaines, quand il a attaqué publiquement et avec une violence inouïe un brave leader syndical qui a eu le courage de dénoncer sa démagogie et ses projets anti-ouvriers.

La conclusion est à la fois claire et inquiétante : aux États-Unis on assiste déjà à une course de vitesse entre le camp de Trump et le mouvement de masse qui se déclare décidé à se battre contre les projets du nouveau président du pays. Si Trump et ses amis réussissent à créer ce mouvement organisé de masse qui leur permettra d’attaquer frontalement les minorités, les femmes, les mouvements progressistes et radicaux de jeunes, et surtout les travailleurs et leurs organisations, alors la suite des événements pourrait résulter aussi tragique que l’entre-deux-guerres européen. Quant au reste, c’est-à-dire nous tous, il serait sage qu’on tienne compte non pas des paroles rassurantes mais des actes bien plus éloquents de Trump, et aussi des CV des ministres et autres cadres de son prochain gouvernement, qui ne laissent aucun doute sur ses véritables intentions. Les jours et les heures sont plus que critiques et il est impensable qu’on puisse assister à la répétition des mêmes comportements qui ont permis il y a 95 ou 85 ans la montée au pouvoir, sans pratiquement coup férir, du fascisme italien et du nazisme allemand…



Notes
[1] http://www.commondreams.org/views/2016/12/19/onslaught-tyranny-why-trump-rallies-trump
Cet article comme des centaines d’autres textes, vidéos et informations de première main concernant tant la situation créée aux États-Unis après l’élection de Trump que les développements à l’intérieur du mouvement radical de masse en pleine mutation, sont disponibles sur le Facebook : https://www.facebook.com/Europeans-for-Bernies-mass-movement-199793103737306/


Edité le 17-05-2020 à 22:37:23 par Xuan




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Plaristes
Communiste et Français !
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   Posté le 18-05-2020 à 00:02:47   Voir le profil de Plaristes (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Plaristes   

"Des manifestants d'extrême droite américains armés d'armes demandent une "réouverture" économique"

C'est moi qui ait balancé l'article en premier. C'est un Camarade Vietnamien qui m'avait transmit l'info.


Il serait bien de définir le fascisme avant. C'est ce qui distingue foncièrement le marxiste du vulgaire petit (et aussi du grand) bourgeois.

Le fascisme s’inscrit dans une décadence idéologique de la bourgeoisie devenue réactionnaire par Georg Luckacs.
Et il prend forme grâce à la crise du capitalisme.

Clouscard décrivait déjà ces populisme nouveau qui caractérisent trump.

3 Du nationalisme au mondialisme
a/ Le national- socialisme

Phénomène majeur passé inaperçu, cassure idéologique :
le populisme s'est substitué au national-socialisme. Il n'y a
qu'un national-socialisme. L'après-guerre (de 40) met en
scène un système de populismes. Aussi faut-il établir la
spécificité du national-socialisme, la révélation de son rôle
historique pour déterminer le passage aux populismes en
tant que « rectification » du national-socialisme.

Le fascisme traditionnel est le national-socialisme. Il est
spécifique d'un mode de production : le capitalisme
concurrentiel libéral. Il témoigne de la crise. C'est qu'il porte
en lui une contradiction, fatale, entre la nation et le
capitalisme.

En un premier moment, le national (socialisme) accède au
pouvoir grâce au développement du capitalisme et peut
même en venir à un capitalisme d'Etat. C'est la période de la
complémentarité, nationale et socialiste. Elle se concrétise
par des réalisations fondamentales, infrastructurales et
superstructurales : politique autarcique de l'énergie;
concentration de la production en trusts; industrie lourde ;
infrastructures de la nation, communication (autoroutes),
équipements collectifs et des ménages ; production de série
limitée aux biens de subsistance mais permettant d'accéder à
un certain confort (Volkswagen, voiture populaire). Les
capitaux américains favorisent ce développement.


Le nationalisme, en tant qu'émanation de la province H
campagnes (notables et petits hobereaux), des classes
moyennes, de la caste des services et fonctions de la natio
(qui s'identifie au parti-bureaucratie) peut prétendre avoir
accompli l'unité nationale et même avoir concrétisé le rêve
allemand.

L'Etat fort homogénéise les dynasties régionales (Ruhr
Bavière), autant de places fortes qui doivent se mettre au
service du Grand Reich. La xénophobie et le racisme seront
les moyens d'homogénéiser cette nation, stratégies de l'Etat
fasciste pour imposer le sentiment nationaliste aux
régionalismes et corporatismes. Tout cela, j'insiste, avec
l'aide des capitaux américains.

En un second moment, la dualité de complémentarité -
du national et du socialisme, de l'expansion économique et
du développement de la nation — se transforme en
contradiction, en dualité antagoniste. La stratégie
expansionniste de la Nation, du Grand Reich, freine, retarde,
empêche le développement de la logique capitaliste, la course
aux plus grands profits.

Il n'y aura plus l'aide américaine et l'industrie de guerre va
se détourner de la production de série dévolue à la
consommation de masse. La conquête du territoire, les
annexions, le Reich rêvant du Grand Reich, se font
prédominants. L'économie politique est totalement
surdéterminée par le nationalisme. La conquête n'est plus
celle d'un marché mais d'un territoire. A la fin il ne s'agira
plus que de défendre le sol national.

b/ La mondialisation permet au capitalisme de
faire « l'économie » du fascisme

Le national-socialisme aura révélé son rôle historique,
économique, culturel. Il est certes une pièce maîtresse
stratégique et opportuniste, qui permet au capitalisme


d"éviter le pire, les pires conséquences de la crise, mais un
non-sens pour l'économie politique, le profit, le
développement C'est un moyen de sauvegarde, un pouvoir
étatique qui n'est pas une finalité en soi. Mais est-ce une
arme absolue, nécessaire ? Faut-il passer nécessairement par
le fascisme pour sortir de la crise ?

Il y a deux exemples spectaculaires et récents qui
prouveraient le contraire. L'Espagne franquiste de l'Opus
Dei s'est reconvertie sans problème à la société de
consommation. Le franquisme ayant accompli son rôle
répressif empêchait de bétonner le sol national du plus grand
profit touristique. S'il y avait eu guerre civile pour implanter
le fascisme, la société de consommation veut la paix civique.
L' Opus Dei s'est mis en place grâce au franquisme et s'est
maintenu en place en faisant disparaître l'Etat fasciste. De
même pour le Chili de Pinochet qui glisse du fascisme brutal
au néolibéralisme « soft » des Golden Boys. Constat
significatif: c'est le même homme qui accomplit les deux
opérations. Sans état d'âme.

Le libéralisme n'est pas d'essence fasciste. L'économie
politique fasciste n'existe pas, sinon comme embargo (Cuba,
Irak) de l'impérialisme. Le fascisme ne doit pas être une
référence automatique et machinale.

Tout au contraire, car le libéralisme a découvert le moyen
d'échapper aux conséquences extrêmes de la crise. Non par
le nationalisme, mais avec la mondialisation. Il faut bien
préciser que cette stratégie se dédouble, selon qu'il s'agit des
pays industriels et « post-industriels » d'une part, ou des pays
dits « en voie de développement », d'autre part. Pour ces
derniers, la stratégie libérale est faite d'agression,
d'occupation militaire, de corruption. Mais pour les pays
industriels, le fascisme de papa apparaît comme un double
échec, de la nation et du libéralisme. Ce fascisme est le


révélateur de la contradiction inhérente au marché. Il s'est
avéré être une voie sans issue et doit céder la place à l'autre
solution spécifique de la modernité : le marché du désir, le
permissif.

Il faut, pour « échapper » au fascisme, une condition
essentielle : empêcher ses conditions d'existence, le classe-
contre-classe. Aussi, la stratégie qui doit remplacer celle du
fascisme sera une stratégie du tiers inclus, de l'intégration des
classes moyennes. La troisième force doit être au moins aussi
forte que celle des extrêmes. Ce sera l'expansionnisme des
nouvelles couches moyennes, du tertiaire et du quaternaire
des services qui décident du primaire et du secondaire
(bureaucratie). La médiation s'impose aux extrêmes.

4 Les populismes de la fin du capitalisme
concurrentiel libéral

a/ Le populisme du boutiquier (poujadisme), fin du
capitalisme concurrentiel libéral

Ma thèse : il n'y a eu qu'un national-socialisme. Après, le
libéralisme ne peut qu'en venir aux populismes. Ceux-ci font
« l'économie » de la prise de pouvoir fascisante. Ils se
constituent comme relève d'un modèle qui n'a plus cours.
Ces populismes déplacent radicalement les enjeux. Mais s'ils
peuvent se passer de la prise du pouvoir d'Etat, c'est qu'ils
ont ou ont eu une autorité, une puissance, une fonctionnalité
indépendamment de cet Etat, qui les autorise à négocier avec
ce pouvoir. Ils disposent d'un tel appareil superstructural,
d'un tel corps social, qu'ils sont déjà Etat dans l'Etat. Ainsi le
poujadisme venu du corporatisme et de la caste
chrématistique, celle des marchands. Ce service s'étend du
B.O.F. (beurre, œufs, fromage) qui fait fortune (marché noir)
jusqu'au commerce de proximité, qui vivote. Du profit le
plus éhonté à la survivance.


poujade ne voulait pas un ordre nouveau mais l'ordre
ncien, celui qui a transféré le chrématistique dans le
corporatisme et qui a reconduit celui-ci dans la libre
entreprise. Alors que le national-socialisme prétend changer
le monde, ce populisme ne veut que conserver le statut
acquis antérieurement (au capitalisme concurrentiel libéral).
Il veut cumuler les privilèges corporatifs et le profit de la
libre entreprise.

Ce populisme — et ceux qui vont suivre - se définit selon
la loi des trois états : d'abord la conquête révolutionnaire (sur
la féodalité qui, ensuite, se fait conservatisme social (les
jurandes) pour enfin s'achever en revendication
réactionnaire. Il dispose de trois clientèles : celle des
progressistes (du mode de production, du métier), qui
deviennent conservateurs (bénéfice du métier), lesquels
deviennent réactionnaires (conserver les privilèges). Ces trois
états politiques sont les trois états d'âme du populisme : ce
qui a été conquis sur la réaction, devenu nécessité
fonctionnelle, se trouve à son tour dépassé par la
technologie.

Mais le populisme est bien plus que ce populisme. Son
parcours, le système de ses valeurs, rendent compte de
l'histoire de France de la Libération à nos jours. Ce ne sera
plus l'histoire bricolée et empirique des historiens et des
journalistes, mais celle de l'encadrement a priori du mode de
production, celle de la crise, celle de la relation production-
consommation. Cette histoire des catégories constitutives de
la modernité devient l'histoire du populisme, le système
affectif et parental qui s'est constitué pendant les Trente
Glorieuses et les Trente Honteuses.

Ce populisme commence avec Poujade et s'achève avec
Bové : du populisme urbain au populisme rural. La boucle
est bouclée. Ainsi on peut disposer d'un ensemble clos dont


on connaît le commencement et l'achèvement. On peut alors
établir la continuité de ce parcours. Il faudra passer par Alger
et Saint Germain des Prés, faire deux détours du destin pour
rencontrer le populisme de droite - le petit blanc de l'OAS -
et celui de gauche - le petit prince estudiantin.

b/ Le populisme de l'OAS, fin de l'Empire colonial

Le poujadisme signifie une fondamentale remise en
question du capitalisme concurrentiel libéral - du mode de
production - par la modernité — la production de série et la
consommation de masse. Ce populisme de l'OAS remet en
question l'autre pilier du système. Ce sont les fondements
mêmes du mode de production qui sont anéantis. Table rase
est faite : la consommation transgressive va pouvoir se
mettre en place après ce nettoyage par le vide.

L'OAS est l'expression du désir petit blanc qui soudain se
trouve placé devant l'interdit : la Résistance algérienne. C'est
le passage de la toute-puissance de ce désir à l'injonction :
« la valise ou le cercueil ». C'est le recours à la « violence », à
l'armée, à la terreur pour restaurer le consumérisme perdu. Il
s'agit là de la figure essentielle du populisme de la
restauration des privilèges perdus. Elle traduit la situation
d'une multitude de petites gens, de corps intermédiaires,
médiateurs qui ont profité de l'exploitation coloniale sans
être les instigateurs et les gros profiteurs du système (petit
chef, petit patron, petit employé).

La fin de l'Empire colonial est le commencement de la
société de consommation. Le populisme du conservateur va
céder la place au populisme de la modernité. Dans le premier
cas il s'agit de restaurer, dans le second cas il s'agit de
promouvoir. On perd un modèle mais on en gagne un autre.
Il y a passation d'un désir à l'autre. Le capitalisme a perdu
l'Empire mais a gagné le marché du désir. Il y a même un
continuité territoriale et culturelle. Le désir du petit blanc,


sous sa forme littéraire, gidienne se recycle : « Nathanaël,
jette ce livre et va draguer à Saint Germain des Prés ! »

La quête gidienne de la « disponibilité » « s'engage » dans
« la libération du désir ». Quelle continuité, de la philosophie
de la disponibilité à celle de l'engagement ! On croit que
Gide et Sartre s'opposent alors qu'ils sont la
complémentarité des deux moments généalogiques d'un
ensemble éminemment bourgeois.

La médiation qui assure le passage du colonialisme
traditionnel au libéralisme libertaire est le plan Marshall.
C'est le passage à la mondialisation. Certes le colonialisme
était déjà mondialiste. Mais avec le plan Marshall, les USA
imposent le potlatch qui conditionne et soumet les
économies politiques des pays en voie de redressement, de
reconstruction (dont la France). Tout un système d'objets,
de conduites, d'usages s'impose à la culture française : le
surplus américain se fait la cherté et la rareté ! Le
déferlement des films d'Hollywood (accords Blum) imposera
le rêve américain. C'est une autre voie qui s'ouvre vers la
consommation libidinale, ludique et marginale.


5 Le syncrétisme du national-socialisme et du
populisme


a/ Le recyclage du surplus. La nouvelle hiérarchie de class

Il y a deux genres d'étudiants. Ceux qui font des études

pour ne pas être ouvriers et ceux qui font des études pour

être patrons (ou managers). On pourrait ajouter la troisième

composante minoritaire : ceux qui se sont voués «aux

disciplines d'éveil », enfants, et qui se retrouvent

intermittents du spectacle.


Le populisme estudiantin est un état de surplus. J'ai déià
proposé ce statut du surplus à travers les siècles, du surplus
féodal - le cadet et le chevalier - au double recyclage colonial
et artistique. Car les surplus peuvent se recycler selon des
vocations contradictoires. Ce phénomène « mécaniciste » de
la classe sociale, son recrutement et son rôle, permettent
d'accéder à un point de vue inédit sur l'artiste de masse
(Montparnasse, Montmartre, St Germain des Prés).

Le pré-Mai 68 est cette période d'impossible reconversion
des surplus démographiques, familiaux et culturels après la
fin de l'empire colonial et l'aventure populiste de l'OAS. Ce
qui était le principe d'expansion colonial se fait la raison de
l'implosion nationale (guerre civile) : suraccumulation de
surplus. Mai 68 est le constat de la fin des deux recyclages
traditionnels de ce surplus : l'empire colonial et la vie
d'artiste. Table rase du passé, donc. Mais béance de masse,
stupeur existentielle : pré-chômage de masse. Si on a fait des
études pour ne pas devenir ouvrier on se retrouve chômeur,
car ce ne sont pas les études qui permettent de devenir cadre
ou patron.

Mai 68 est bien une contre-révolution. L'estudiantin de
masse se souciait bien peu du marxisme, à part quelques
prétendus mao et non moins prétendus léninistes qui
comme par hasard s'en prenaient à la cible de papa - le PC -,
déjà hors du coup : le coup de pied de l'âne. Mais l'étudiant
était en état de candidat potentiel aux nouveaux métiers
venus d'Amérique - terre du libéralisme - aux nouveaux
métiers de la hiérarchie de l'animation et de celle du
management.

Il ne faut pas réduire le promotionnel libéral à un
opportunisme arriviste de quelques individus qui deviennent
exemplaires avec leur repentance littéraire, gogos abusés puis
désabusés, qui auront vécu « la totale » : « papa ne me


comprend pas», «je m'éclate sur les barricades», «j'étais
bien con ». Que de variantes d'une même partition ! On
entend dire « ils ont réussi parce qu'ils ont trahi ». Tout au
contraire : ils ont réussi parce qu'ils ont été fidèles à eux-
mêmes, libéraux libertaires jusqu'à la moelle, radicaux du
Marais, du centre mou. Tout un ensemble doué de
l'indéniable talent de s'inscrire dans la nouvelle hiérarchie
sociale des deux encadrements de « la nouvelle société » :
l'animation et le management.

Car c'est toute la société qui est rénovée par ce double
contrôle du libéralisme, double création d'emplois. La
modernité n'est autre que le passage de la société sans
tertiaire - embryonnaire — à la société de la saturation du
tertiaire et du quaternaire, celle des métiers du culturel et du
mondain.

La jeunesse de France, déjà libérée de Poujade et de Salan
(OAS) - des deux populismes de la fin du mode de
production et de la fin du colonialisme - est alors totalement
disponible pour constituer la hiérarchie de classe de cette
nouvelle société. Un bel exemple de la disponibilité gidienne.

C'est toute une refondation de l'esprit public, un

basculement de la société française qui passe quasiment sans

transition de la Vieille France de la ruralité à celle de la
modernité.

Aussi peut-on reprendre cette généalogie du libéralisme
libertaire comme une « génération spontanée » qui rendrait
compte de tout un pouvoir d'auto-engendrement. On peut
proposer l'ensemble évolutif selon un tableau constitué
essentiellement à partir des apports de « Néofascisme et
idéologie du Désir » et de « Capitalisme de la Séduction ». Il
s'agit de constituer une anthropologie qui servirait de
référence à une éducation échappant à l'unité des contraires
du permissif et du répressif. Il s'agit en même temps de


reconstituer et de mesurer la pathologie de la civilisation du
libéralisme libertaire et de ne jamais oublier que le
narcissisme en est à la fois l'origine et le terreau. Le tableau
suivant peut figurer cet engendrement :


https://pbs.twimg.com/media/EXh-HDGXQAAPEsO?format=jpg&name=large

Il faut souligner la prégnance de ces déterminations
phénoménologiques. Une fois que l'initiation mondaine a pu
atteindre une certaine consommation transgressive, le
libéralisme libertaire ne peut en venir qu'à ses ultimes
conséquences, à une intériorisation radicale, aliénation
définitive qu'est la servitude volontaire, forme pathologique
de l'action sociale.


Du narcissisme à la psychose, quel parcours ! C'est aussi
la relation dialectique du marché et du désir. Toute une
padiologie sociale est contenue dans la logique économique
des trois parrains et des quatre vénéneuses.

b/ Le triplé électoral de Le Pen : les repentis, les
ratés et les réussis

La crise va révéler tout un nouveau jeu social, un jeu de
société qui est à la fois comédie humaine et drame social.
Trois spécimens humains combien remarquables sont
apparus pour constituer un ensemble spécifique de la
modernité en crise : les parvenus et les ratés de la nouvelle
société, et les repentis du gauchisme. La raison de cette
situation est paradoxale : c'est la société mise en place par
Cohn-Bendit qui est à l'origine de l'électorat de Le Pen.
Cette affirmation mérite évidemment d'être explicitée. Notre
thèse sera une loi méconnue : une société qui accède au
permissif doit proposer une autorégulation de ce permissif.
Dans l'opposition, le discours contestataire a dû être une
radicalisation provocatrice. Au pouvoir, face à la crise, il doit
se normaliser, assurer le minimum de fonctionnalité.

Le petit prince du populisme estudiantin sera la parfaite
illustration de cette loi. Dans l'opposition, il provoque, se
vante d'une certaine pédophilie. Accédant au pouvoir
écologique, il met de l'eau dans son vin, procède, tout
penaud, à son autocritique. Et il se sert habilement de
l'hypothèse freudienne d'une sexualité infantile réprimée
pour justifier des actes équivoques.

Qu'il y ait une sexualité infantile, peut-être. Mais le fait ne
doit pas engendrer la loi, comme le cynisme empiriste
voudrait nous le faire croire. La prétendue libération sexuelle
fondatrice du libéralisme libertaire ne serait dans ce cas que
justification du fait naturel. Prétendant se libérer, le petit


prince du populisme estudiantin se soumet à l'impitoyable
pression de la nature. Sa proclamation immoraliste est une
proposition anti-sociale, anti-républicaine, anti-

démocratique. Elle n'est autre que l'alibi qui cache qu'il est le
parvenu du permissif.

Ne faut-il pas dire au contraire que, puisque sexualité
infantile il y aurait, mais potentielle, virtuelle, il faut d'autant
plus la prévenir, la cultiver par l'interdit pour qu'elle puisse
atteindre sa totale plénitude civique ! L'interdit est donation
de sens à ce qui manque d'être, d'existence. Il charge, il
apporte les conditions de la plénitude. Si l'on fait jouer la loi
naturelle, la soumission à la dictature du fait, on pourrait dire
aussi que, la femelle n'étant en chaleur et disponible à l'acte
sexuel qu'une très courte période du cycle menstruel,
l'homme - par respect naturaliste — ne devrait pas connaître
de vie sexuelle en dehors de ce moment. La loi naturelle doit
jouer dans l'ensemble si elle est promulguée dans une partie.
Le fait de la sexualité infantile devrait avoir comme
conséquence le respect du fait menstruel, la non
instrumentation de la femme en dehors de son « désir ».

Deuxièmement : la crise se manifeste dans la société
globalement rénovée (double contrôle et dressage par
l'animation et le management). Il s'agit alors, pour toute une
population de parvenus, de conserver les privilèges acquis et
de se défendre contre ceux qui voudraient prendre leur
place, profiter aussi du permissif.

De là cette situation brzarre, paradoxale, comico-
dramatique : une société de « réussis » et de ratés. Les réussis
de la refondation que Mai 68 a imposés (parce que
nécessaires à la survie du capitalisme) : un corps élitaire de
gens qui ont su profiter de la création d'emplois, ou de leurs
transformations selon de nouvelles compétences. Ces
individus doivent faire face à l'énorme cohorte des victimes
de la crise, des suppressions d'emplois, des emplois


précaires, de la flexibilité, masse informe des victimes du
système, ratés objectifs.

Les deux vieux copains que l'on disait inséparables, et qui
s'étaient perdus de vue, se rencontrent fortuitement : « Viens
prendre un pot ! », « que deviens-tu ? ». On informe l'autre
de son parcours depuis Mai 68 et l'on se remet à discuter...
Jusqu'à ce qu'une violente dispute les sépare à jamais : « Moi,
je n'ai pas trahi ». « Toi, tu n'es qu'un rêveur ! »

Ce ratage objectif s'alourdit de toutes les retombées de la
permissivité par temps de crise. Les petits boulots s'avèrent
impossible survie ; c'est là où il y a, paradoxalement, le plus
de concurrence. Le retour à la terre qui, en période
d'euphorie de la croissance (les Trente Glorieuses) a pu se
vivre comme vacances bucoliques, s'avère création de néo-
surplus, héritiers de la non formation professionnelle de
l'après Mai 68, celle de gens qui n'ont pas suffisamment de
qualification pour exercer un métier qui fait vivre à la
campagne et qui interdit aussi d'envisager une réinsertion
sociale à la ville.

Après la fin de l'amitié, la fin de l'amour, la rupture avec
la compagne rencontrée à la manif, femme libérée et qui jette
l'éponge, ultime trahison. Elle épousera un métier, car il faut
bien que vivent ses enfants. Quelle amertume pour le raté de
Mai 68. « Les salauds ! Le Pen a bien raison ».

Troisièmement - et c'est l'ironie de l'histoire et du
transcendantal (de la connaissance) - les opposés votent
pour le même parti, le F.N. ! Mais alors, inquiétant constat :
Le Pen pourrait faire l'unanimité ? C'est toute la modernité
qui vote pour ce ringard. Il peut ratisser large. Les réussis et
les ratés de Cohn-Bendit - c'est lui qui est le symbole de la
société permissive - vont se retrouver dans l'électorat de Le
Pen. Engendrement réciproque du permissif et du répressif,
Faut-il s'étonner, étant donné la logique de l'ensemble, de


trouver dans cet électorat des jeunes, des chômeurs, des
employés, des ouvriers ?

On peut alors mesurer toute la portée de la menace Front
National. C'est celle d'un populisme moderne qui traduit et
récupère l'inquiétude d'une société en crise, qui a normalisé
le permissif mais qui reste toujours dépendante des effets
contradictoires de la crise : l'arrogance d'Alcibiade, le jeune
fils à papa, et la frustration du quidam de base, qui a cru que
tout était permis et pour qui rien n'est possible. L'un attend
sa revanche, l'autre est prêt à tout pour conserver sa
consommation libidinale, ludique, marginale.

Ce pouvoir syncrétique du lepénisme est très
préoccupant : c'est toute la modernité qui adhère à la contre-
révolution libérale, qui la façonne. Mais ce syncrétisme n'est
pas la seule prouesse de Le Pen. 11 amalgame ce populisme
du Front National et le national-socialisme, du moins ce qu'il
en reste. Il y a toute une vieille clientèle d'extrême droite à
récupérer et toute acquise à un leader charismatique. Le petit
patron et même la grosse entreprise, dont la production et la
distribution restent délimitées par le territoire national,
opposent à la mondialisation un néo-nationalisme. Les petits
vieux retraités redoutent la dévaluation de leur retraite.
Toutes les composantes du national-socialisme redressent la
tête.


Il faut bien convenir de la fécondité de la méthode qui
consiste à définir un corps social, un mouvement de société,
le populisme lui-même, par la relation dialectique de la
production et de la consommation. La sociologie électorale
est le moyen de cacher cette dialectique et d'imposer des
critères purement descriptifs, des repérages qui sont
proposés comme des explications.


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Michel Clouscard – C’est cela. Le populisme actuel, celui de Le Pen, n’est autre que le ramassage des déçus de la libération des désirs. Une promesse a été faîte, qui se révèle impossible à satisfaire. Quel traumatisme! La jouissance promise est confisquée. Alors Le Pen ramasse les déçus de la société de consommation. Le Pen est le lieu de synthèse du fascisme de papa et du populisme d’après la libération, de la bourgeoisie traditionnelle remise en question par la crise, et de la nouvelle bourgeoisie des déçus. Les déçus de Cohn-Bendit forment la clientèle de Le Pen.

Autrement dit :
Le fascisme de trump Le Pen & un syncrétisme du vieux fascisme et de forme de populisme nouvelle.


Je vous conseil la vidéo de badiou :
https://youtu.be/IfqkZJSakWw

de quoi Trump est-il le nom à la librairie tropique, qui se concentre sur les mécanisme de la machine plutôt que Trump et sa clique.

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Xuan
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14410 messages postés
   Posté le 18-05-2020 à 00:11:42   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La définition du fascisme est la dictature terroriste ouverte de la fraction la plus réactionnaire du grand capital.
C'est celle donnée par Dimitrov, qui savait de quoi il parlait.

Cette définition montre à la fois la forme que prend le fascisme et son origine de classe.
Nous nous en tiendrons à cette définition.

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Plaristes
Communiste et Français !
Militant expérimenté
863 messages postés
   Posté le 18-05-2020 à 00:29:25   Voir le profil de Plaristes (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Plaristes   

La faction la plus réactionnaire? Je crois que Lukacs a démontré que c'est la quasi totalité du grand capital qui embrasse la réaction.


http://viedelabrochure.canalblog.com/archives/2016/09/23/34356044.html

L'évolution du FN confirme totalement son analyse. Si pour certains l'homosexualité de Philippot et le concubiage de Marine sont anecdotiques et relèvent de la vie privée, ils sont aussi le symbole de cet engendrement qui obsède Clouscard : l'engendrement du permissif et du répressif afin de valider la contgre-révolution libérale. Oui le FN c'est la modernité !

De plus je ne crois pas que ces phénomènes "nouveaux" puisse être à 100% considéré comme fascisme, ils sont un syncrétisme de l'ancien fascisme et des populisme de la libération.

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Xuan
Grand classique (ou très bavard)
14410 messages postés
   Posté le 18-05-2020 à 07:07:00   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

A lire sur le covid-19 accélère l'histoire :

Le meurtre d'une ambulancière noire par des policiers dans son sommeil choque les États-Unis
[https://www.leprogres.fr/faits-divers-justice/2020/05/14/le-meurtre-d-une-ambulanciere-noire-dans-son-sommeil-par-des-policiers-choque-les-etats-unis]

Trump convoque les fantômes du maccarthysme
[https://www.globaltimes.cn/content/1188268.shtml]

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Xuan
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14410 messages postés
   Posté le 18-05-2020 à 09:08:49   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Dans le Washington Post un article évoquant la possibilité d'une guerre civile consécutive à l'élection présidentielle aux États-Unis. Si Trump n'était pas élu il n'admettrait pas sa défaite.
https://www.washingtonpost.com/opinions/2020/05/14/we-need-prepare-possibility-trump-rejecting-election-results/?fbclid=IwAR09cuANExhzIP5RFBdoEeD7Sg4dqzbkids_sr3mJvctnYR2S_ea4dCsSMo

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