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Xuan
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   Posté le 05-06-2020 à 00:24:46   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le racisme contre les Afro Américains est ancien aux USA. Les exactions policières s'inscrivent dans ce cadre et non dans une liste de faits divers.
D'autre part la crise sanitaire et économique ont particulièrement frappé la population noire. C'est l'ensemble de ces faits qu'il faut prendre en compte.

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Xuan
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   Posté le 05-06-2020 à 07:40:45   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le racisme et le colonialisme "interne" contre les indiens, les Mexicains, les noirs, et notamment l'esclavage et la ségrégation, ont jalonné l'histoire de ce pays depuis sa création jusqu'à nos jours.
Même l'élection d'un président noir n'a pas aboli les discriminations et les policiers racistes ont continué d'être protégés.
Ces faits ont été amplifiés par l'institutionnalisation de la violence dans le port d'armes, conduisant à plusieurs reprises à des massacres.

L'impérialisme ne peut pas résoudre ces contradictions dont il est à l'origine. Par conséquent la lutte pour l'égalité des droits devient aussitôt une lutte contre les institutions, contre l'Etat fédéral, c'est-à-dire contre les représentants de la bourgeoisie.
C'est une lutte qui ne concerne pas seulement les noirs et les antiracistes blancs, mais aussi les latinos et les blancs pauvres qui en sont tous victimes. Ces derniers ont aussi gravement souffert de la crise sanitaire et du chômage.

Sous la gouvernance de Trump les représentants du racisme et du grand capital sont intimement liés, aussi la révolte contre l'assassinat de Floyd s'est-elle tournée contre Trump, assiégé dans la Maison Blanche, qui a dû faire intervenir l'armée pour sortir de son trou et brandir la Bible, au milieu d'un aréopage de suprémacistes.


Edité le 05-06-2020 à 07:45:36 par Xuan




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   Posté le 05-06-2020 à 09:12:33   Voir le profil de Plaristes (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Plaristes   

Xuan a écrit :

Le racisme et le colonialisme "interne" contre les indiens, les Mexicains, les noirs, et notamment l'esclavage et la ségrégation, ont jalonné l'histoire de ce pays depuis sa création jusqu'à nos jours.
Même l'élection d'un président noir n'a pas aboli les discriminations et les policiers racistes ont continué d'être protégés.
Ces faits ont été amplifiés par l'institutionnalisation de la violence dans le port d'armes, conduisant à plusieurs reprises à des massacres.

L'impérialisme ne peut pas résoudre ces contradictions dont il est à l'origine. Par conséquent la lutte pour l'égalité des droits devient aussitôt une lutte contre les institutions, contre l'Etat fédéral, c'est-à-dire contre les représentants de la bourgeoisie.
C'est une lutte qui ne concerne pas seulement les noirs et les antiracistes blancs, mais aussi les latinos et les blancs pauvres qui en sont tous victimes. Ces derniers ont aussi gravement souffert de la crise sanitaire et du chômage.

Sous la gouvernance de Trump les représentants du racisme et du grand capital sont intimement liés, aussi la révolte contre l'assassinat de Floyd s'est-elle tournée contre Trump, assiégé dans la Maison Blanche, qui a dû faire intervenir l'armée pour sortir de son trou et brandir la Bible, au milieu d'un aréopage de suprémacistes.


Si tu lis la constitution, l'esclavage est toujours légal, et se pratique toujours. Lisez le 13° amendement. Il y a un mais.

"except as punishment for a crime whereof the party shall have been duly convicted"

Sauf si tu commet un crime.

C'est une lutte qui ne concerne pas seulement les noirs et les antiracistes blancs, mais aussi les latinos et les blancs pauvres qui en sont tous victimes. Ces derniers ont aussi gravement souffert de la crise sanitaire et du chômage.


Ce que je voulais rappeler.

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Xuan
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   Posté le 06-06-2020 à 07:20:30   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   




Je cite en extrait le sociologue marxiste argentin Atilio A.Boron.
Ces chiffres reflètent la base matérielle de la révolte populaire :

Le rapport du US Census Bureau 2019 confirme la validité de ce diagnostic à distance par Myrdal en montrant que si le revenu médian des ménages américains était de 63 179 $ et celui des ménages «blancs» était de 70 642 $ celui des Afro-Américains
Il s’est effondré à 41 361 $ et celui des «Hispaniques» a chuté mais est resté à 51 450 $.

Les Blancs représentent 64% du pays, mais 30% de la population carcérale; les Noirs représentent 33% des détenus, alors qu’il forment 12% de la population.

72% des jeunes blancs qui terminent leurs études secondaires entrent dans un établissement d’enseignement supérieur cette même année, ce que seulement 44% des Afro-descendants font.
Les révoltes récurrentes de ce groupe ethnique opprimé témoignent de l’échec des mesures timides adoptées pour l’intégrer.

»La pandémie de Covid-19 a aggravé la situation, mettant en évidence la discrimination scandaleuse qui existe: le taux de mortalité général pour ce virus est de 322 par million d’habitants et tombe à 227 pour les blancs, mais il augmente fortement chez les noirs à 546 par million.
Et la dépression économique que la pandémie a alimentée de façon exponentielle a des Afro-descendants parmi ses premières victimes.


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   Posté le 06-06-2020 à 07:35:28   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un article d'Entelekeia. L'article de Van Buren cité mettait l'accent sur la continuité des politiques de l'administration US. Cet article met l'accent sur la possiblité d'un Etat fascisant, compte tenu de l'absence d'avant-garde dirigeante, je dirais de la faiblesse du parti communiste.
Une réserve est la présence de manifestants sur les marches de la maison blanche, un degré inédit dans l'accusation de l'administration US.
Entelekeia publie la photo de Martin Luther King "leader charismatique qui manque au peuple des USA". En fait ce leader était pacifiste militant pour les droits civiques, pour la paix et contre la pauvreté et non pour le socialisme.


Pourquoi la révolution américaine ne sera pas télévisée

PAR ADMIN · PUBLIÉ 5 JUIN 2020 · MIS À JOUR 6 JUIN 2020


Avant-hier, nous avions posté l’opinion de Peter Van Buren, qu’on peut résumer à un constat d’échec pour les USA. La vision de Pepe Escobar, ci-dessous, ne brille pas non plus par un excès d’optimisme.

Pour le peuple américain privé de leaders révolutionnaires crédibles et d’objectifs clairs, désorganisé par des décennies d’individualisme, est-ce un échec et mat ? Il faut souhaiter que non, et en attendant, en tirer des leçons pour éviter de tomber à chaque fois dans le même piège : vous entendrez des échos des Gilets jaunes français dans les lignes qui suivent. En une phrase, comme l’avait dit Lénine cité par Emmanuel Todd à l’occasion d’encore un autre soulèvement raté à cause de ce que ce sociologue avait identifié comme un excès d’individualisme et de libertarisme (Nuit debout), « Pas de révolution sans organisation ».


Note : Le titre renvoie à la chanson de Gil Scott-Heron The Revolution Will Not Be Televised (La révolution ne sera pas télévisée). Dans son article, Peter Van Buren s’était servi de la même référence.

_______________________


Par Pepe Escobar
Paru sur Asia Times sous le titre Why America’s revolution won’t be televised

La révolution ne sera pas télévisée parce que ceci n’est pas une révolution. En tous cas, pas encore.
Brûler et/ou piller les magasins Target ou Macy’s est une diversion mineure. Personne ne vise le Pentagone (ni même les magasins du Pentagon Mall). Le FBI. La Réserve fédérale de NY. Le Département du Trésor. La CIA à Langley. Les maisons de Wall Street.

Les vrais pillards – la classe dirigeante – surveillent confortablement le spectacle sur leurs énormes Bravia 4K en sirotant du single malt.

C’est une lutte des classes bien plus qu’une lutte raciale et elle doit être abordée comme telle. Pourtant, elle a été détournée dès le début pour se dérouler comme une simple révolution de couleur.

Les médias mainstream américains ont laissé tomber comme une brique – stratégiquement placée ? – leur couverture haletante de la Planète Confinement pour couvrir en masse la nouvelle « révolution » américaine. La distanciation sociale n’est pas exactement propice à l’esprit révolutionnaire.

Il ne fait aucun doute que les États-Unis soient enlisés dans une guerre civile complexe aussi grave que celle qui a suivi l’assassinat du Dr Martin Luther King à Memphis en avril 1968.

Pourtant, la dissonance cognitive massive est la norme dans tout le spectre de la « stratégie de la tension ». De puissantes factions tentent de contrôler l’opinion. Personne n’est capable d’identifier pleinement toutes les subtilités et les incohérences de ce théâtre d’ombres.

Les programmes hardcore se mélangent : une tentative de révolution de couleur/changement de régime (un retour de boomerang, ça fait mal) interagit avec les Boogaloo Bois [organisation d’extrême droite US, NdT] – dans ce qui pourrait être vu comme un alliance tactique avec Black Lives Matter – tandis que les « accélérationnistes » de la suprématie blanche tentent de provoquer une guerre raciale.

Pour citer les Temptations : c’est une ‘ball of confusion’.

Les Antifa sont criminalisés mais les Boogaloo Bois obtiennent un laissez-passer. Encore une autre guerre tribale, encore une autre révolution de couleur – désormais intérieure – sous le signe de la « division pour régner », opposant les Antifa aux suprémacistes blancs fascistes.

Pendant ce temps, l’infrastructure politique nécessaire à la promulgation de la loi martiale a évolué en projet bipartite.

Nous sommes au milieu d’un brouillard total de guerre. Ceux qui défendent l’armée américaine écrasant les « insurgés » dans les rues prônent en même temps une fin rapide de l’empire américain.

Au milieu de tant de bruit et de fureur qui signifient perplexité et paralysie, nous pourrions atteindre un moment suprême d’ironie historique, où la (in)sécurité de la patrie américaine est frappée par un boomerang – non seulement l’un des artefacts-clés de la propre création de son État profond – une révolution de couleur – mais aussi les éléments combinés d’un trio parfait de chocs en retour : l’opération Phoenix, l’opération Jakarta [massacre dans le cadre d’une opération anticommuniste menée par les USA en Indonésie en 1965, un million de victimes, NdT] et l’opération Gladio.

Mais cette fois, les cibles ne seront pas des millions de personnes dans le Sud mondial. Il s’agira de citoyens américains.

L’Empire rentre à la maison
Un certain nombre de progressistes soutiennent qu’il s’agit d’un soulèvement de masse spontané contre la répression policière et l’oppression du système – et que cela conduira nécessairement à une révolution, comme la révolution de février 1917 en Russie, qui avait surgi d’une pénurie de pain à Petrograd.

Les protestations contre la brutalité policière endémique seraient donc le prélude à un remix de Levitate the Pentagon [une campagne de masse contre la guerre du Vietnam en 1967, NdT] – qui entraînerait bientôt un possible face-à-face avec l’armée américaine dans les rues.

Mais nous avons un problème. L’insurrection, jusqu’à présent purement pulsionnelle, n’a donné lieu à l’émergence d’aucune structure politique et à aucun dirigeant crédible pour articuler sa myriade de griefs. En l’état actuel des choses, il s’agit d’une insurrection inaboutie, placée sous le signe de l’appauvrissement et de la dette perpétuelle.

Pour encore compliquer les choses, les Américains sont maintenant confrontés à ce que l’on ressent au Vietnam, au Salvador, dans les zones tribales pakistanaises ou à Sadr City à Bagdad.

L’Irak est entré en grande pompe à Washington DC, les Blackhawks du Pentagone faisant des « démonstration de force » au-dessus des manifestants, dans une technique de dispersion éprouvée appliquée dans d’innombrables opérations de contre-insurrection à travers les pays du Sud.

Et puis, est venu le « moment Elvis » : Le général Mark Milley, président de l’état-major interarmées, plastronnant dans les rues de Washington. Le lobbyiste de Raytheon qui dirige maintenant le Pentagone, Mark Esper, a dit qu’il « dominait l’espace de combat ».

Eh bien, après qu’ils se soient fait botter l’arrière-train en Afghanistan, en Irak et indirectement en Syrie, la « domination sur l’ensemble du spectre » doit bien dominer quelque part. Alors pourquoi pas chez eux?

Les troupes de la 82ème division aéroportée, de la 10ème division de montagne et de la 1ère division d’infanterie – qui ont perdu des guerres au Vietnam, en Afghanistan, en Irak et, oui, en Somalie – ont été déployées sur la base aérienne d’Andrews, près de Washington.

Le Super-Faucon de guerre Tom Cotton a même appelé, dans un tweet, la 82e division aéroportée à faire « tout ce qu’il faut pour rétablir l’ordre. Pas de quartier pour les insurgés, les anarchistes, les émeutiers et les pillards ». Ce sont certainement des cibles plus faciles que les armées russe, chinoise et iranienne.

La performance de Milley me rappelle John McCain paradant à Bagdad en 2007 en jouant au macho, sans casque, pour prouver que tout allait bien. Bien sûr : il avait un bataillon armé jusqu’aux dents qui surveillait ses arrières.

Et en complément de l’angle du racisme, il faut toujours se rappeler qu’un président blanc et un président noir ont tous deux signé pour des attaques de drones contre des fêtes de mariages dans les zones tribales pakistanaises.

Esper l’a bien expliqué : une armée d’occupation pourrait bientôt « dominer l’espace de combat » dans la capitale du pays, et peut-être même ailleurs. Quelle sera la prochaine étape ? Une Autorité provisoire de la coalition [comme en Irak, NdT] ?

Comparé à des opérations similaires dans le Sud, cela évitera non seulement un changement de régime, mais produira également l’effet souhaité par l’oligarchie au pouvoir : un serrage de vis néofasciste. De quoi prouver une fois de plus que si vous n’avez pas un Martin Luther King ou un Malcolm X pour combattre le pouvoir, alors le pouvoir vous écrasera quoi que vous fassiez.

Le totalitarisme inversé
Le grand théoricien politique Sheldon Wolin, aujourd’hui décédé, l’avait déjà bien compris dans un livre publié pour la première fois en 2008 : il s’agit de totalitarisme inversé.

Wolin montrait comment « les formes de contrôle les plus grossières – de la police militarisée à la surveillance de masse en passant par les policiers faisant office de juge, de jury et de bourreau, désormais une réalité pour la classe inférieure – deviendront une réalité pour nous tous si nous résistons au siphonnage constant du pouvoir et de la richesse par ceux qui se situent au sommet.
Nous ne sommes tolérés en tant que citoyens que tant que nous participons à l’illusion d’une démocratie participative. Au moment où nous nous rebellerons et refuserons de continuer à participer à l’illusion, le visage du totalitarisme inversé ressemblera à celui des systèmes totalitaires du passé », a-t-il écrit.

Sinclair Lewis (qui n’a pas dit « lorsque le fascisme arrivera en Amérique, il sera enveloppé dans le drapeau et agitera une croix » a en fait écrit, dans It Can’t Happen Here (Cela ne peut pas se produire ici, 1935), que les fascistes américains seront ceux « qui ont renié le mot ‘fascisme’ et prêché l’asservissement au capitalisme au nom de la liberté constitutionnelle et du mode de vie des natifs américains ».

Ainsi, le fascisme américain, quand il arrivera, selon lui, parlera et marchera comme l’Amérique habituelle.

George Floyd a été l’étincelle. Dans un rebondissement freudien, le retour du refoulé s’est fait brutalement, mettant à nu de multiples blessures : comment l’économie politique américaine a brisé les classes ouvrières ; a échoué lamentablement sur le Covid-19 ; n’a pas réussi à fournir des soins de santé abordables ; profite à une ploutocratie ; et prospère sur un marché du travail racialisé, une police militarisée, des guerres impériales de plusieurs billions de dollars et des renflouements en série des « trop importantes pour faire faillite » (« too big to fail »).

Instinctivement au moins, bien que de manière inaboutie, des millions d’Américains voient clairement comment, depuis le Reaganisme, tout le jeu consiste en une oligarchie/ploutocratie qui arme la suprématie blanche à des fins de pouvoir politique, avec en prime un transfert de richesse régulier et massif vers le haut.

Un peu avant les premières manifestations pacifiques de Minneapolis, j’ai fait valoir qu’en termes de realpolitik, les perspectives après le confinement étaient sombres, en privilégiant à la fois la restauration du néolibéralisme – déjà en vigueur – et le néofascisme hybride.

La séance de photo biblique du président Trump devant l’église St John’s, qui est désormais célèbre – y compris son introduction de tirs de gaz lacrymogènes contre des citoyens – ont permis de franchir une nouvelle étape. Trump voulait envoyer un signal soigneusement chorégraphié à sa base d’électeurs évangéliques. Mission accomplie.

Mais le signal le plus important (invisible) était sans doute celui du quatrième homme sur l’une des photos.

Giorgio Agamben a déjà prouvé au-delà de tout doute que l’état de siège est désormais totalement normalisé en Occident. Le procureur général William Barr vise maintenant à l’institutionnaliser aux États-Unis : c’est l’homme qui a la marge de manœuvre nécessaire pour aller jusqu’à un état d’urgence permanent, un Patriot Act sous stéroïdes, avec le soutien de « démonstrations de force » d’hélicoptères Blackhawk.

Traduction et note d’introduction Corinne Autey-Roussel pour Entelekheia
Photo : Martin Luther King, le leader charismatique qui manque au peuple des USA.


Edité le 06-06-2020 à 09:26:11 par Xuan




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   Posté le 06-06-2020 à 07:52:54   Voir le profil de Plaristes (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Plaristes   

Atilio A.Boron, me semble être dans ces délires anglo-saxons, qui considèrent que l'homme est un animal, un singe stupide et bordé avec quelquechose en plus.
Alors qu'en réalité le cœur de l'homme (the very core), c'est une vide un moins, un moins investit dans un plus qui fait sa grandeur, l'animalité de l'homme est secondaire et non primaire.

Les concepts qu'il emploie son typiquement anglo-saxon.

On va parler de race de mâle de femelle, à tout bout de champs pour parler d'homme !
Et pourquoi pas de territoire et de Lebansraum?

Sa sociologie me paraît donc pauvre et à côté de la plaque.
Les sciences de la natures ne peuvent être utilisées pour conceptualiser les sciences sociales.


Pour Pepe Escobar, son concept de totalitarisme inversé m'intrigue grandement, bien que j'ai énormément de problème avec le concept de totalitarisme.
Il a quelque part raison,nous somme dans une fascisme inversé, c'était une des théories de clouscard.

Il étudie la psyché..... Je mettrait ma mai à coupé qu'il est aussi freudien que Marxiste sans être freudo-marxiste.
Et je sens un sens dialectique digne de l'école hégéliano-marxiste.

Je me penche sur les travaux de Sheldon Wolin maintenant.


Edité le 06-06-2020 à 07:54:38 par Plaristes




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Xuan
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   Posté le 06-06-2020 à 13:49:08   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je n'ai pas cité l'intégralité de l'article de Boron mais les chiffres qui sont indépendants de lui et de ses opinions personnelles. Ce sont eux qui présentent un intérêt pour notre sujet.

En ce qui concerne Escobar son article éclaire des aspects peu cités dans la presse, d'où son intérêt.
Par contre il est unilatéral. Les institutions US ont dû reculer en requalifiant l'assassinat de Floyd en homicide volontaire, ce qui constitue une victoire face à Trump et aux bandes suprémacistes.

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   Posté le 06-06-2020 à 22:04:04   Voir le profil de Plaristes (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Plaristes   

Pas si sûr, la réaction est dure, si la révolution c'est le savoir absolu ; la réaction et la contre-révolution c'est le non-savoir absolu.

J'aimerai utiliser le terme Orwellianisme inversé.
On voit déjà en Chine ce que le communisme de guerre chinois fait. Pour maîtriser le capitalisme et ses ravages, l'appareil d'état Chinois déploie des moyens assez inhumains et terrifiants, assez Orwelliens, le système carcéral chinois est totalement immonde.

Et contrairement aux cubains il ont des fachos sur leur sol.


C'est ce qui nous attends quand le capitalisme montrera son vrai visage en occident.


Edité le 06-06-2020 à 22:04:14 par Plaristes




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Xuan
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   Posté le 06-06-2020 à 22:38:09   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Cite tes sources quand tu affirmes ceci ou cela.

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   Posté le 06-06-2020 à 23:34:42   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Des réactions qui reflètent le hiatus entre la ligne fascisante de Trump et les traditions constitutionnelles de l'administration

Les relations de Trump avec son armée sont au plus mal


Par AFP -5 juin 2020 à 19 h 00 min
http://www.45enord.ca/2020/06/les-relations-de-trump-avec-son-armee-sont-au-plus-mal/

Les relations de Donald Trump avec son armée sont au plus mal depuis que le ministre de la Défense Mark Esper et d’anciens responsables militaires respectés, notamment Jim Mattis, ont désavoué le président sur sa façon de répondre aux manifestations antiracistes dans le pays.

Le chef du Pentagone s’est publiquement désolidarisé du président, qui est commandant en chef des forces armées américaines, en se déclarant opposé au déploiement de l’armée américaine sur le territoire pour répondre aux manifestations émaillées d’émeutes qui ont gagné l’ensemble des Etats-Unis après la mort d’un homme noir aux mains d’un policier blanc.

« Je ne suis pas favorable à décréter l’état d’insurrection » , a déclaré M. Esper en référence au seul décret qui permettrait légalement au président de déployer des soldats d’active face à des citoyens américains, et non plus des réservistes de la Garde nationale.

Quelques heures plus tard, c’est le prédécesseur de M. Esper, Jim Mattis qui, lui, a porté mercredi un coup frontal à Donald Trump en l’accusant de vouloir « diviser » l’Amérique, dans une tribune publiée par la revue The Atlantic.

« Quand j’ai rejoint l’armée, il y a environ 50 ans, j’ai prêté serment de soutenir et défendre la Constitution » , a écrit l’ex-chef du Pentagone, qui avait démissionné avec fracas en décembre 2018 au pour protester contre l’annonce par M. Trump d’un retrait total de Syrie, sans concertation avec les alliés de Washington.

« Jamais je n’ai imaginé que des soldats qui prêtent le même serment puissent recevoir l’ordre, quelles que soient les circonstances, de violer les droits constitutionnels de leurs concitoyens — et encore moins pour permettre au commandant-en-chef élu d’aller poser pour une photo, de manière saugrenue, avec les chefs militaires à ses côtés ».

Politiser l’armée

William Barr, Donald Trump, Mark Esper et Mark Milley. [AFP]

M. Mattis faisait allusion aux images dévastatrices de M. Esper et du chef d’état-major, le général Mark Milley, marchant lundi soir avec M. Trump près de la Maison Blanche après la dispersion brutale de manifestants qui protestaient pacifiquement.
Deux anciens chefs d’état-major sont également intervenus dans le débat. « L’Amérique n’est pas un champ de bataille. Nos concitoyens ne sont pas l’ennemi » , a tweeté l’ex-général Martin Dempsey qui a dirigé l’état-major de 2011 à 2015.
Son prédécesseur immédiat, l’ex-général Mike Mullen a dit craindre que les militaires « soient utilisés à des fins politiques » .
David Lapan, un ancien porte-parole du Pentagone, a indiqué à l’AFP n’avoir jamais vu pareil désaveu du président, notamment par quelqu’un de la stature de Jim Mattis.
« Ce président a politisé l’armée comme jamais » , a-t-il ajouté, rappelant les images devant l’église lundi soir.
M. Esper et le général Milley « ont trop attendu » avant de se désolidariser du président et « ils ont laissé la situation s’envenimer » , a-t-il ajouté. « Ils ont perdu dans une certaine mesure la confiance des troupes et du public américain » .
Même tardive, la déclaration publique de Mark Esper contre l’emploi de l’armée contre les manifestants a libéré la parole au sein du Pentagone et ouvert le débat sur les disparités raciales.
« Je suis George Floyd » , a notamment tweeté un conseiller de l’état-major, l’adjudant de l’US Air Force Kaleth Wright, qui est noir. « Ce qui arrive trop souvent dans ce pays à des hommes noirs victimes de brutalités policières (…) pourrait m’arriver à moi » .

« Chaque soldat et employé civil du ministère de la Défense prête le serment de soutenir et défendre notre constitution » , a rappelé dans un message aux troupes le secrétaire à l’Armée de Terre, Ryan McCarthy. « Cela inclut le droit de la population de se rassembler pacifiquement » .

Le général Robert Abrams, qui commande les forces américaines en Corée du Sud, a indiqué vendredi avoir lui-même ouvert un débat sur le racisme au sein de ses forces.
« Ce que j’ai entendu me fend le coeur. Nous devons faire mieux » , a-t-il tweeté, appelant tous ses chefs d’unités à ouvrir un débat avec leurs soldats, même s’ils n’ont pas conscience de problèmes. Car « si vous ne voyez pas de problème, vous faites peut-être partie du problème » .

C’est maintenant l’avenir du ministre de la Défense qui apparaît fragilisé. La porte-parole de la Maison Blanche Kayleigh McEnany s’est abstenue de dire jeudi si M. Esper avait encore la confiance du président.

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   Posté le 07-06-2020 à 08:27:08   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Après avoir opposé le déni aux manifestants l'administration US cède sur les revendications, tandis que l'armée refuse de s'engager dans la répression.
Il faut interpréter cela comme la conséquence des manifestations répétées malgré le couvre-feu et de la solidarité internationale, jusqu'aux critiques des chefs d'état africains et des autres bourgeoisies impérialistes.
Ceci ne mettra pas un terme aux exactions policières ni à la présence de fascistes dans la police, mais objectivement c'est un camouflet pour Trump et pour les suprémacistes blancs qui doivent reculer et sont publiquement déconsidérés.


Sur https://www.globaltimes.cn/content/1190583.shtml

Les complices de Derek Chauvin inculpés à leur tour


Trois policiers de Minneapolis ont été inculpés mercredi pour leur rôle dans le meurtre d'un homme noir menotté qui a déclenché des manifestations à l'échelle nationale, tandis que des accusations plus graves ont été portées contre l'officier principalement responsable.
Les procureurs du Minnesota avaient annoncé vendredi un acte d'accusation de meurtre au troisième degré contre Derek Chauvin, 44 ans - l'officier blanc filmé à genoux sur le cou de George Floyd pendant près de neuf minutes alors qu'il plaide: "Je ne peux pas respirer".
Mais ils ont dit qu'ils augmentaient l'accusation, à peu près semblable à l'homicide involontaire coupable, au meurtre au deuxième degré, ce qui n'implique pas une préméditation mais entraîne des sanctions plus sévères.
"Je crois que les preuves dont nous disposons soutiennent désormais l'accusation plus forte de meurtre au deuxième degré" , a déclaré le procureur général du Minnesota, Keith Ellison.
Les trois collègues de Chauvin, sur les lieux de l'arrestation de Floyd le 25 mai pour avoir prétendument acheté des cigarettes avec un chèque en bois, sont accusés d'être complices du meurtre.

Tou Thao, 34 ans, J. Alexander Kueng, 26 ans, et Thomas Lane, 37 ans, ont été accusés de complicité de meurtre au deuxième degré.
L'arrestation de tous les officiers impliqués a été une demande persistante des manifestants qui sont descendus dans les rues de dizaines de villes américaines au cours des neuf derniers jours pour condamner les violences policières et exiger la justice raciale.
Des dizaines de milliers de personnes ont défié les couvre-feux dans plusieurs villes américaines du jour au lendemain pour exprimer leur colère contre la mort de Floyd, âgé de 46 ans, mais les manifestations ont été largement pacifiques et n'ont pas comporté les pillages ou les affrontements avec la police des jours précédents.
La famille de Floyd, dans un communiqué, a qualifié ces arrestations de «moment doux-amer» et de «pas en avant significatif sur la voie de la justice» .
"Ces officiers savaient qu'ils pouvaient agir en toute impunité, étant donné le modèle et la pratique répandus et prolongés du département de police de Minneapolis de violer les droits constitutionnels des gens" , a déclaré sa famille.
"Nous sommes profondément reconnaissants pour l'effusion de soutien par les Américains dans les villes à travers le pays, et nous les exhortons à faire entendre leur voix pour le changement de manière pacifique."
L'ancien président américain Barack Obama a applaudi mercredi les protestations "profondes" exigeant la justice raciale et a déclaré que les manifestations sur le meurtre d'un homme noir en garde à vue la semaine dernière pourraient déclencher des réformes à l'échelle nationale.
Dans ses premiers commentaires vidéo depuis la mort de George Floyd le 25 mai à Minneapolis déclenchant des troubles à travers le pays, le prédécesseur du président Donald Trump a également exhorté les autorités étatiques et locales à revoir leurs politiques sur le recours à la force.
Obama a adressé ses commentaires aux jeunes hommes et femmes noirs qui, selon lui, ont souvent été témoins ou victimes de trop de violence.
"Trop souvent, une partie de cette violence est venue de gens qui étaient censés vous servir et vous protéger" , a déclaré Obama lors d'une webémission avec des militants.


Edité le 07-06-2020 à 08:39:24 par Xuan




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Xuan
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   Posté le 07-06-2020 à 23:06:22   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Une photo symptomatique : le président du pays le plus puissant du monde doit faire intervenir l'armée pour sortir de la Maison Blanche faire une photo de propagande avec la Bible.
Il passe devant un mur couvert d'injures.




Edité le 07-06-2020 à 23:07:42 par Xuan




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pzorba75
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   Posté le 08-06-2020 à 08:09:41   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Bilan rapide : ni les tags, ni la Bible ne peuvent traiter les problèmes sociaux. Ni aux États-Unis, ni ailleurs, ces modes d'expression sont la destruction de la réflexion, les symboles d'un monde de brutes.

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   Posté le 08-06-2020 à 13:10:53   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

En eux-mêmes non, ce sont seulement des symboles.
C'est ce qu'ils représentent qui peut transformer la société US.

Il n'est jamais arrivé jusqu'à présent que le président des USA soit insulté à deux pas de sa porte, tandis qu'il s'adresse à des catholiques intégristes.

Ces symboles reflètent une division inédite de la société américaine, et une telle contradiction aboutit à une transformation, dont on ne peut pas encore prévoir le sens mais qui est inévitable.

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pzorba75
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   Posté le 08-06-2020 à 16:18:13   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Les inégalités et le racisme restent le socle de la société américaine, les opérations actuelles d'information - émotion ne préparent pas de solution.

Depuis le temps que la communication et l'information sont présentées comme des piliers de la démocratie américaine, "on" devrait avoir eu l'occasion de voir une évolution vers plus de justice et une relative égalité des droits, or ce n'est toujours pas le cas.

Les classes dirigeantes restent solidement en place, avec l'alternance bidonnée républicains - démocrates, toujours fidèles employés du complexe militaro industriel qu'elles défendent et qui reste la principale menace pour les classes populaires américaines et les peuples qui lui résistent.

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Xuan
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   Posté le 08-06-2020 à 17:44:15   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Il ne s'agit pas de communication et d'information . Il y a eu des manifestations monstres qui ont secoué tout le pays. Inévitablement le rapport des forces entre les suprémacistes et les antiracistes va peser.

Après il est certain qu'il n'y a pas de solution sans changement de société.
L'article du Global Times cité page précédente https://www.globaltimes.cn/content/1190218.shtml dit à peu près la même chose.


Edité le 08-06-2020 à 17:46:51 par Xuan




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Xuan
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   Posté le 08-06-2020 à 20:58:18   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un article intéressant sur le racisme et le rétablissement de l'esclavage :

« RACISME SYSTEMIQUE », RACISME SANS MECHANTS ?


8 JUIN 2020 / JEAN-LOUIS SAGOT-DUVAUROUX
https://jlsagotduvauroux.wordpress.com/2020/06/08/racisme-systemique-racisme-sans-mechants/?fbclid=IwAR3CxZXvmnmpgFSDuZcTDb3prEKCBRHkU1YqEkB-31a3exMcgGVpd3EqUpI

« Racisme systémique ». L’expression est entrée dans le langage commun à l’occasion des soulèvements antiracistes provoqués par le lynchage policier de George Floyd. Elle suggère l’existence d’un racisme qui ne prendrait pas racine dans la méchanceté des personnes (elle aussi joue son rôle), mais dans l’organisation même, dans la structuration du système. Ce racisme existe. Son « isme » se rapproche de celui par lequel on désigne le système où règne le capital : capital-isme. Rac-isme : système d’organisation sociale et de représentations idéologiques fondé sur la croyance dans l’existence des races humaines, dans leur hiérarchisation.
La matrice de ce rac-isme structurel est un événement massif et pluri-séculaire : la conquête et l’assujettissement de la totalité de la planète par une poignée de nations européennes ; la justification de cette conquête par l’invention d’une race blanche prétendue supérieure à tous les autres humains ; la croyance dans la vocation de cette race à unifier et à conduire l’histoire humaine. Mon dernier livre – L’art est un faux dieu / Contribution à la construction d’une mondialité culturelle – explore la façon dont cette croyance s’est construite et comment elle structure inconsciemment nos pensées, nos affects, nos institutions. Cette exploration le conduit au cœur du champ culturel et artistique, dans un lieu où les méchants racistes sont rares mais que je crois être tordu en profondeur par le racisme systémique de la domination occidentale. Voici, tiré de ce livre, un exemple de ce racisme sans méchant, de ce racisme systémique qui marche tout seul.


Charles Victoire Emmanuel Leclerc, chef de l’armée envoyé par Bonaparte pour rétablir l’esclavage à Saint-Domingue (Haïti)

Cet exemple prend la forme d’une statue qui trône sur une place publique de la République française – Liberté, Egalité, Fraternité – et qui glorifie un criminel contre l’humanité. Contre l’humanité…noire. Effigie dressée là par le système, effigie considérée par le système avec les mêmes yeux vides que ceux qu’on voit au meurtrier de George Floyd en train d’étouffer sa victime :

7 octobre 1802

«Voici mon opinion sur ce pays (la colonie de Saint-Domingue, future Haïti). Il faut détruire tous les Nègres des montagnes, hommes et femmes, ne garder que les enfants au-dessous de douze ans, détruire moitié de ceux de la plaine et ne laisser dans la colonie un seul homme de couleur qui ait porté l’épaulette, sans cela jamais la colonie ne sera tranquille.»

Ces propos génocidaires sont tirés d’une lettre envoyée à Napoléon Bonaparte, Premier Consul de la République française, par le général Charles Victoire Emmanuel Leclerc, son beau-frère. Leclerc a été dépêché dans l’île des Caraïbes à la tête de 30 000 hommes pour y rétablir l’esclavage, aboli sous la pression conjuguée de l’insurrection conduite sur l’île par Toussaint Louverture et de la ferveur révolutionnaire de la Convention à Paris.

Charles Victoire Emmanuel Leclerc est natif de Pontoise. Le site internet de cette ville d’Ile de France présente ainsi ce qui lui semble utile d’être rapporté sur ce « Pontoisien illustre » :

« Le Général sous le Premier Empire épousa en 1797 la princesse Pauline Bonaparte, sœur de Napoléon Bonaparte. C’est le futur empereur lui-même qui proposa la main de sa sœur au Général Leclerc ! Les deux hommes étaient devenus très amis quatre ans plus tôt lors du siège de Toulon, à tel point que Napoléon Bonaparte avait demandé au Général Leclerc d’annoncer au Directoire la signature du Traité de paix de Loeben”, souligne Pascal Gaillard, responsable des Archives Municipales. Une statue à Pontoise, surplombant la rue Thiers, honore également la mémoire de ce Pontoisien illustre. Le militaire y est représenté en uniforme, son épée au fourreau touchant terre. »

Sur l’action de l’illustre en Haïti, l’i-rédacteur a peut-être l’info. Ce n’est pas sûr. En 1797, ce n’est pas une princesse qu’il épouse, mais la sœur d’un général de la République engagé dans la campagne d’Italie. Et Leclerc meurt en 1802, bien avant la proclamation de l’Empire. Quoi qu’il en soit, volontairement ou non, cet historien approximatif ne juge pas nécessaire de ternir la gloire du notable pontoisien avec une histoire dont son silence nous révèle qu’il la juge anecdotique, si même il la connaît, ce qui revient presqu’au même. En tout cas, programmer l’assassinat de masse de « tous les Nègres des montagnes, hommes ou femmes » ne mérite pas pour lui d’ôter à la dévotion des Pontoisiens et à l’éclat de la ville le souvenir du beau-frère de l’empereur. Pas pour ce qui apparaît de fait comme un « point de détail de l’histoire » , comme dirait Jean-Marie Le Pen.

Évoquant parfois, dans des conversations fortuites et avec une prudence de chat, l’étonnante prolifération des distinctions honorifiques accordées à des acteurs directs du ravage des civilisations américaines, de la traite des Africains, de l’esclavage et de l’occupation coloniale – noms de rues, monuments, cartes postales, promo numériques… –, j’ai souvent reçu en retour des regards vaguement apitoyés, légèrement agacés, accompagnés de réactions qui disaient en substance : « D’accord, d’accord, mais pourquoi tu vas chercher la petite bête ? »
Et qui sous-entendaient : « Tu commences à franchement nous agacer avec ta négrophilie obsessionnelle » .
Souvent mais pas toujours. Parmi mes interlocuteurs, certains sont les descendants de la dévoration à laquelle la « petite bête » se livra durant cinq siècles. Ça ne les amuse pas particulièrement de constater les honneurs accordés aux bourreaux de leurs ancêtres et surtout le peu de cas qui est fait de ces crimes, comme s’ils avaient reçu en héritage mémoriel l’assignation de leur « race » à l’état de détail.

Fin de la citation.

Un mot pour conclure, mais pas pour en finir avec ces questions. J’ai à dessein fait le parallèle entre le système capitaliste et le système raciste. L’un et l’autre sont nés de notre histoire. L’un et l’autre l’habitent et la structurent. L’un et l’autre peuvent être dépassés. On appelle ce type de dépassement Révolution.
Par sa puissance, par sa forme, par la variété de celles et ceux qui la font vivre, par les mots dont elle se nomme, la révolte provoquée par le lynchage de George Floyd sonne différemment que la plupart des soulèvements analogues du passé. Prodromes d’une révolution contre le racisme systémique ?
Balbutiements d’un système où ne viendrait plus à l’esprit de personne l’idée de glorifier quelqu’un qui a prôné le massacre de milliers d’entre nous ?

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Plaristes
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   Posté le 08-06-2020 à 21:09:42   Voir le profil de Plaristes (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Plaristes   

C'est symbole sont l'expression le signifiant de quelque-chose, il ne sont pas le symbole du symbole.

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Xuan
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   Posté le 09-06-2020 à 08:17:49   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les puissances occidentales forment une nouvelle alliance contre la Chine


Les États-Unis et leurs alliés occidentaux forment une nouvelle alliance anti-Chine pour lutter contre l’influence de la nation asiatique à travers le monde, apprend-on ce lundi 8 juin sur le site web d’Al-Masdar News depuis Beyrouth.
Selon Sputnik, le nouveau groupe, l'Alliance interparlementaire sur la Chine, se compose de huit pays du monde entier, dont trois membres du Conseil de sécurité de l’Union européenne.
Le rapport indique que le groupe sera composé du Royaume-Uni, des États-Unis, du Canada, du Japon, de la Norvège, de la Suède, de l'Allemagne et du reste de l'Union européenne. Dans une déclaration, le groupe a déclaré qu’il vise à « donner des réponses appropriées et coordonnées et à aider à élaborer une réponse proactive et stratégique aux questions liées à la République populaire de Chine » .
Les coprésidents du nouveau groupe suivront les États-Unis dans leurs démarches.
Le sénateur républicain Marco Rubio et le sénateur démocrate Robert Menendez, l'ancien ministre japonais de la Défense Gen Nakatani, le membre de la commission des affaires étrangères du Parlement européen Miriam Lexmann et le célèbre député conservateur britannique Iain Duncan Smith ont dans un communiqué déclaré : « Le moment est venu pour les pays démocratiques de s'unir pour défendre ensemble nos valeurs communes.»

« Ravi de coprésider l'Alliance interparlementaire sur la Chine » , a tweeté Duncan Smith.

Source: Avia.pro
http://french.presstv.com/Detail/2020/06/08/627000/LOccident-se-ligue-contre-la-Chine

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marquetalia
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   Posté le 09-06-2020 à 09:35:03   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Il n est pas certain que la prochaine administration américaine fasse la guerre froide à la Chine,des dirigeants Républicains aux États-Unis vont voter contre Trump,donc Joe Biden va être élu en Novembre.il faut garder en mémoire que c est Bill Clinton qui a fait entrer les Usa en guerre contre l ex Fédération Yougoslave,Joe Biden risque de continuer l œuvre funeste des Yankees dans les Balkans, en chassant les Serbes de Bosnie,donc déclencher un conflit en Europe,pour pérenniser la domination nord américaine dans le Vieux Continent.il faudra voir quelle sera la réaction des Russes, Poutine n étant pas un molasson comme Eltsine dans les années 90,pas certain que Moscou laissera l OTAN réduire la Serbie à peau de chagrin.en tous les cas,en cas d agression contre le peuple serbe,il faudra prendre garde à ne pas mener d alliances rouges brunes avec le Mnr de Megret,ou encore avec un certain Alain Soral,qui soutiennent aussi la Serbie,pour des raisons historiques et civilisationelles.il faut également se méfier du courant pro albanais, des adorateurs de Enver Hoxha, dont certains ont appuyés l Uck,les maos de Vp Partisan ont pour leur part soutenus les Bosniaques dans les années 90.et le Pcof, également hoxhiste jusqu'à peu?


Edité le 09-06-2020 à 11:31:03 par marquetalia




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Xuan
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   Posté le 12-06-2020 à 07:35:17   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

A l'enterrement de Floyd, l'antiracisme a pris un tour institutionnel et les démocrates s'en servent à des fins électoralistes.



Le système politique américain aggrave ses propres problèmes

Par Yang Sheng Source: Global Times Publié: 2020/6/11 22:33:40
https://www.globaltimes.cn/content/1191363.shtml

Supprimer des films, renverser des statues n'aidera pas les minorités, les pauvres

Les protestations et les émeutes à travers les États-Unis déclenchées par la mort de George Floyd sont devenues une nouvelle étape - la révolution culturelle américaine , un mouvement social plus large. Malheureusement, ni les manifestants ni les démocrates n'ont trouvé de solution pratique pour résoudre les problèmes raciaux de longue date, mais utilisent la fureur du peuple pour obtenir des avantages politiques.

Certains internautes chinois ont déclaré sur Sina Weibo, comme le Twitter chinois, qu '"il semble que la révolution culturelle se poursuive aux États-Unis" et "les Américains font quelque chose de similaire à ce que nous avons fait dans les années 1960-1970". Ces commentaires sont apparus après que des statues de Christophe Colomb ont été renversées à plusieurs endroits aux États-Unis et dans certains films et séries télévisées classiques. est devenu le centre de l'attention du public pour avoir hissé le drapeau du racisme.

Ces actes, tels que le ciblage de films et de statues, ainsi que les manifestations dans d'autres pays occidentaux déclenchées par les mêmes raisons, sont tous inutiles pour résoudre les vrais problèmes rencontrés par les minorités et la classe inférieure aux États-Unis, car aucune idée ou solution claire n'est apparue pour réformer le système social injuste, ont déclaré des analystes chinois, ajoutant qu'avec l'hégémonie américaine en déclin, davantage de problèmes et de conflits intérieurs apparaîtront à l'avenir, et les troubles ne sont qu'un début.

Certains médias américains traditionnels partagent également ce sentiment. Le magazine américain National Review a publié mardi un article intitulé "Bienvenue dans la révolution culturelle américaine" de l'écrivain David Harsanyi.

"Nous sommes à l'aube d'une révolution culturelle de haute technologie sans effusion de sang; une révolution qui s'appuie sur l'intimidation, la honte publique et la ruine économique pour dicter quels mots et idées sont autorisés sur la place publique" , et "elle guide désormais la politique sur des pages éditoriales de journaux tels que le Philadelphia Inquirer, le New York Times et la plupart des grands médias " , qui font référence à la démission des rédacteurs en chef des deux journaux alors qu'ils supervisaient la publication d'opinions controversées qui s'opposent aux troubles actuels provoqués par Floyd's mort.

Wang Xiao, un commentateur du site d'information guancha.cn basé à Shanghai, qui a étudié la politique et l'histoire aux États-Unis pendant des années, a déclaré au Global Times que les élites politiques des États-Unis ont toujours utilisé la "politique identitaire" pour diviser la classe inférieure depuis l'ère de la guerre froide, afin qu'ils puissent transformer le conflit entre les classes en un conflit entre différentes minorités ou groupes religieux ou des personnes d'orientation sexuelle différente, permet ainsi aux élites de maintenir facilement leur avantage dans un système capitaliste.

"Nous voyons beaucoup d'étiquettes pour différents groupes minoritaires aux États-Unis, tels que les Afro-Américains, les Américains d'origine asiatique, les Latino-américains ou les LGBT" , mais pas le prolétariat ou la bourgeoisie, qui reflète la théorie du marxisme, a déclaré Wang. Il est donc facile pour les élites américaines d'émettre des politiques pour satisfaire des groupes spécifiques, et la division entre les différents groupes peut effectivement empêcher la classe inférieure de s'unir et même de lancer une révolution pour changer fondamentalement le système américain.

Des manifestations similaires provoquées par la politique identitaire se sont produites occasionnellement ces dernières années. En 2017, un rassemblement Unite the Right organisé par des nationalistes blancs s'est tenu à Charlottesville, en Virginie, pour s'opposer au retrait proposé de la statue du général Robert E. Lee, commandant de l'armée des États confédérés pendant la guerre de Sécession, a également provoqué des affrontements.

Cette fois, la statue du général Lee a également été prise pour cible par les manifestants, et la crise profonde des droits de l'homme et des divisions de classe aux États-Unis devient de plus en plus grave sous la révolution culturelle américaine.

Exactitude politique

L'animateur de Fox News TV, Tucker Carlson, a même déclaré que "la révolution culturelle était venue en Occident" . Le week-end dernier, lors d'une manifestation de Black Lives Matter à Londres, la statue de Winston Churchill sur la place du Parlement a été défigurée avec des graffitis indiquant «Churchill était un raciste» . Et un article d'opinion publié par CNN mercredi a déclaré: "Oui, Churchill était un raciste. Il est temps de se libérer de sa vision des" grands hommes blancs "de l'histoire."

Lü Xiang, chercheur en études américaines à l'Académie chinoise des sciences sociales, a déclaré au Global Times que ces activités montrent que les pays occidentaux avec un grand nombre d'immigrants ont des problèmes similaires, mais, malheureusement, il n'y a pas de force dirigeante ou de parti politique d'unir les manifestants sur la question centrale,

Les médias américains ont rapporté que les principaux politiciens démocrates, y compris le candidat à la présidence Joe Biden et la présidente de la Chambre Nancy Pelosi, ont exprimé leur soutien aux manifestations en assistant aux funérailles de Floyd ou en se mettant à genoux.

Mais aucun d'entre eux n'a abordé la question fondamentale des inégalités subies par les Afro-Américains et d'autres minorités, ont déclaré des observateurs chinois.

Ce qu'ils font, c'est "faire un show" pour gagner plus de votes, utiliser la colère du peuple pour servir leurs intérêts politiques, et c'est ainsi que le politiquement correct fonctionne pour eux, a déclaré Lü.

Le président américain Donald Trump, des responsables comme le secrétaire d'État Mike Pompeo, ainsi que d'autres républicains, n'ont pas réussi à résoudre le problème également. Ils ont accusé les forces étrangères d'avoir incité aux émeutes aux États-Unis, ont déclaré des experts chinois.

«L'administration Trump utilise un autre type de« politiquement correct »qui s'adresse aux Blancs pour détourner la colère des pauvres Blancs - blâme les Latinos pour avoir volé leurs emplois; blâme les Noirs pour avoir pillé leurs propriétés; blâme les Chinois pour avoir pris leurs usines. et blâmer les musulmans de les avoir rendus précaires " , a déclaré Lü.

Fan Yongpeng, expert américain en études et directeur adjoint du China Institute de l'Université Fudan à Shanghai, a déclaré au Global Times que la politique partisane entre démocrates et républicains rend les États-Unis presque impossibles à réformer pour répondre efficacement aux demandes de son peuple. Et en raison de la culture éducative et politique des États-Unis, ainsi que de son économie de marché, il est presque impossible pour les Américains de réformer fondamentalement son système capitaliste, même s'il est très problématique et inégal.

https://www.globaltimes.cn/Portals/0/attachment/2020/2020-06-08/968a3463-7210-4b57-afb5-7aeda0ba1333.jpeg
Des gens participent à une manifestation contre la mort de George Floyd près du Palais de justice de Bruxelles, Belgique, le 7 juin 2020. (Xinhua / Zheng Huansong)

Pays divisé

Au fur et à mesure que son hégémonie s'affaiblit, ajoutant les impacts externes tels que la montée en puissance de la Chine, l'Amérique à l'avenir serait plus divisée et les troubles ne sont qu'un début, selon les analystes chinois.

"Le fédéralisme et la séparation des pouvoirs aux États-Unis ont enterré les graines d'une séparation potentielle du pays. Mais dans le passé, en raison de l'hégémonie inébranlable des États-Unis, le pays a évité ce problème en pillant d'autres pays à travers les guerres et la mondialisation dirigée par les États-Unis" . il a dit.

La montée de la Chine et d'autres changements dans le monde ont empêché les États-Unis de poursuivre ce jeu. Ainsi, le potentiel d'une scission des États-Unis pourrait progressivement émerger, a noté Fan.

Lü a déclaré que dans le passé, lorsque les États-Unis dominaient l'ordre mondial, ils pouvaient créer des ennemis étrangers pour couvrir leurs problèmes intérieurs. Mais après les guerres en Irak et en Afghanistan, il est très clair que l'hégémonie américaine s'est affaiblie et il est peu probable qu'elle joue de vieux tours car elle ne peut pas se le permettre.

"Les États-Unis seront de plus en plus incapables de mener des réformes politiques ou de lancer des guerres à l'étranger. Dans quelle mesure ils pourraient couvrir ou résoudre leurs propres problèmes profondément enracinés reste une grande question pour le monde. Nous espérons que les États-Unis pourront être stables, mais seuls les Américains peuvent sauver leur propre pays " , a-t-il noté.


Edité le 12-06-2020 à 07:43:01 par Xuan




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   Posté le 12-06-2020 à 07:35:41   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Qu’est-ce que les Black Panthers penseraient de Black Lives Matter ?


http://www.entelekheia.fr/2020/06/11/quest-ce-que-les-black-panthers-penseraient-de-black-lives-matter/ PUBLIÉ 11 JUIN 2020

Une question que vous vous posez peut-être est celle de la différence entre les militants historiques des droits civiques des USA – Malcolm X, Martin Luther King, les Black Panthers, etc – et les organisations antiracistes actuelles. Cet article paru en 2017 et republié par Truthdig à l’occasion des troubles consécutifs au meurtre de George Floyd y apporte une réponse précise.

Que l’on soit américain ou français de droite – même et surtout si l’on est raciste assumé – ou de gauche, la réflexion qu’il propose est fondamentale : à quoi et qui sert le racisme soigneusement entretenu par une certaine droite? À quoi et qui sert son image inversée, l’antiracisme d’une certaine gauche communautariste, dont les excès de sentimentalisme et les affectations de vertu, il faut bien le dire, peuvent agacer l’opinion publique et engendrer des réflexes de rejet ? La clé est dans la citation de Fred Hampton, des Black Panthers, que vous trouverez dans l’article. Hampton a été assassiné par la police pour avoir insisté sur cette idée, qui reprenait la vision de Martin Luther King – également assassiné. Car ce que prônaient ces hommes n’était pas l’antiracisme clivant actuel, mais une doctrine bien autrement dangereuse pour les élites économiques : l’union des peuples de toutes couleurs et ethnies en vue d’une refonte totale de la société capitaliste. Autrement dit, la révolution.

Par Paul Street
Paru sur Truthdig sous le titre What Would the Black Panthers Think of Black Lives Matter?

La révolution noire est bien plus qu’une lutte pour les droits des Noirs. Elle oblige l’Amérique à faire face à toutes ses failles interconnectées : le racisme, la pauvreté, le militarisme et le matérialisme. Elle expose des maux qui sont profondément ancrés dans toute la structure de notre société. Elle révèle des défauts systémiques plutôt que superficiels et suggère qu’une reconstruction radicale de la société elle-même est le véritable problème à affronter. – Martin Luther King Jr., 1968

Il n’est pas nécessaire d’être un de ces complotistes qui réduisent chaque signe de protestation populaire à « l’argent de George Soros » pour reconnaître qu’une grande partie de ce qui passe pour de l’activisme populaire et progressiste a été coopté, repris et/ou créé par les entreprises américaines, le « complexe industriel à but non lucratif » financé par les grandes entreprises, et le bon ami de Wall Street, le Parti démocrate depuis longtemps connu par les gauchistes comme « le cimetière des mouvements sociaux ». Cette « corporatisation de l’activisme » (terme de Peter Dauvergne, professeur à l’université de Colombie britannique) est omniprésente dans une grande partie de ce qui passe pour la gauche aux États-Unis aujourd’hui.

Qu’en est-il du groupe racialiste Black Lives Matter, qui a reçu l’année dernière une énorme subvention de 100 millions de dollars de la Fondation Ford ? Sous l’impulsion des meurtres racistes par des agents de sécurité et des policiers de Trayvon Martin, Mike Brown et Eric Garner, BLM a obtenu un soutien sans réserve de la part de l’ensemble du spectre de la gauche libérale où il est presque cité de manière pavolvienne comme un exemple d’activisme populaire noble et radical. C’est une erreur.

J’ai commencé à me demander où se situait BLM sur l’échelle de l’AstroTurf
  • par rapport à la base populaire lorsque j’ai lu un essai publié il y a trois ans dans The Feminist Wire par Alicia Garza, l’une des trois fondatrices noires et lesbiennes de BLM, une femme qui a fait carrière dans le business de l’intérêt public. Dans son « Herstory of the #BlackLivesMatter Movement », Garza a écrit : « Les vies noires. Pas seulement toutes les vies. Les vies noires. S’il vous plaît, ne détournez pas le débat en parlant de l’importance de votre vie aussi. C’est le cas, mais nous avons besoin d’une unité moins édulcorée et d’une solidarité plus active avec nous, les Noirs, pour défendre notre humanité. Notre avenir collectif en dépend ».

    Dénonçant l’ « hétéro-patriarcat », Garza a décrit les adaptations de son habile slogan (« black lives matter » par d’autres – « brown lives matter, migrant lives matter, women’s lives matter, et ainsi de suite » (les mots dédaigneux de Garza) – comme « des vols du travail des femmes noires queer ».

    « Peut-être », a-t-elle ajouté, « si nous étions les hommes noirs charismatiques qui rassemblent beaucoup de gens ces jours-ci, l’histoire aurait été différente ».

    D’un point de vue gauchiste, cela m’a semblé alarmant. Pourquoi cet attachement agressif, hyper-axé sur l’identité et exclusif à la phrase « la vie compte » (« Life matters » ? Garza semblait plus intéressée par la valeur de la marque et une identité étroite que par la justice sociale. Voulait-elle qu’on lui paie des droits ? Tout militant populaire sérieux de gauche n’offrirait-il pas avec empressement l’expression accrocheuse « la vie compte » à tous les opprimés et n’espérerait-il pas qu’elle soit largement diffusée dans une société lourdement capitaliste qui a soumis tout et tout le monde à la logique sans âme de la marchandise, du profit et de la valeur d’échange ? Et qui étaient ces « hommes noirs charismatiques qui rassemblent beaucoup de gens ces jours-ci » dont elle parlait ?

    Et dans quelle mesure les attaques de Garza contre l’ « hétéro-patriarcat » et les « hommes noirs charismatiques » de la communauté noire au nom de laquelle elle s’exprimait étaient-elles représentatives ? Serait-ce trop patriarcal de ma part, me suis-je demandé, de suggérer qu’un ou deux hommes noirs dotés d’expériences de l’oppression dans le système pénal raciste de la nation devraient peut-être avoir un peu d’espace au sein d’un mouvement axé sur un État policier et carcéral qui cible avant tout les garçons et les hommes noirs ?

    J’ai défendu l’expression « les vies noires comptent » contre l’accusation absurde selon laquelle elle serait raciste, mais je ne pouvais pas m’empêcher de m’interroger sur les références de gauche de quiconque s’agace de voir que d’autres voudraient un « débat » (comme l’a dit Garza) sur le fait que leur vie compte aussi. Y a-t-il vraiment quelque chose de mal à ce qu’un ouvrier amérindien marginalisé ou un ex-ouvrier d’usine blanc et pas si « privilégié par la couleur de sa peau », qui luttent contre la maladie et la pauvreté, veuillent entendre que leur vie compte ? Pour toute personne de gauche un tant soit peu sérieuse, y a-t-il quelque chose de mystérieux dans le fait que de nombreux Blancs confrontés à la saisie de leurs biens, à la perte d’un emploi, à des salaires de misère et autres ne s’extasient pas sur l’expression « la vie des Noirs compte » alors qu’ils vivent la même dure réalité quotidienne dans laquelle leur vie n’a pas d’importance dans le contexte du système de profit ?

    Mes inquiétudes concernant le service potentiel rendu par BLM à l’élite capitaliste ont été ravivées lorsque j’ai entendu un discours de Patrisse Cullors (autre carriériste vétéran des ONG à but non lucratif), une des fondatrices de BLM avec Garza. Patrisse Cullors s’est exprimée devant des centaines de libéraux de gauche blancs dans le centre-ville d’Iowa City en février. « Nous assistons à l’érosion de la démocratie américaine », a-t-elle déclaré, ajoutant que Donald Trump « est en train de construire un État policier ». En relatant qu’elle était entrée dans une « dépression de deux semaines » après la défaite d’Hillary Clinton face à Trump, Cullors a déclaré qu’elle se demandait si BLM en avait « fait assez pour éduquer les gens sur les différences entre Donald Trump et Hillary Clinton ». Elle a décrit Trump comme un fasciste.

    Je pense que Cullors savait certainement que les États-Unis sont sous l’emprise d’une oligarchie d’entreprises dirigée par la finance et qu’ils construisent un État policier militarisé depuis de nombreuses années, sous Barack Obama ainsi que George W. Bush et d’autres. Elle comprenait certainement, je l’espérais, que « l’érosion de la démocratie » et la construction d’un État policier raciste étaient en cours depuis bien avant que Trump ne s’installe à la Maison Blanche. J’avais le sentiment que Cullors savait que les Clinton étaient des racistes toxiques qui ont privé des millions de femmes et d’enfants noirs des aides publiques fédérales, tout en encourageant l’incarcération de masse à caractère racial avec leur horrible loi sur les crimes en trois coups (que Bill Clinton a plus tard admis avoir regretté). [La troisième incarcération envoie en prison à vie, NdT]

    Cullors n’a rien dit dans son discours sur le problème de la domination de classe et la situation critique de la classe ouvrière multiraciale, qui comprend les travailleurs blancs. Je me suis dit qu’elle savait qu’une « belliciste néolibérale menteuse » (la description d’Hillary Clinton par le politologue noir de gauche Adolph Reed Jr.) avait perdu contre un « fasciste » à cause de sa proximité avec l’élite de la finance et des grandes entreprises du pays, qui a abandonné la classe ouvrière blanche et multiraciale depuis le néolibéralisme (de 1975 à nos jours). A cause de cette proximité – de nature politique, économique, idéologique et même culturelle – le « Parti d’opposition inauthentique » (selon la description impitoyable des lamentables Démocrates amis du dollar par le défunt théoricien politique Sheldon Wolin) a perdu le vote des classes inférieures et ouvrières et a remis la majorité de l’électorat actif, blanc et ouvrier au Parti républicain, nationaliste blanc. C’est une vieille histoire.

    Il n’aurait pas été si difficile de faire valoir ce point à Iowa City, où les électeurs, surtout les jeunes, étaient entièrement acquis à Bernie Sanders, le social-démocrate autoproclamé qui s’est présenté contre la ploutocratie des entreprises et de la finance et qui aurait probablement battu Trump aux élections générales, si les Démocrates amis des grandes entreprises n’avaient pas truqué l’investiture en faveur de Clinton.

    Si Cullors reconsidérait sa position sur (et au sein) de la politique des grands partis lors du dernier cycle électoral, je me suis demandé si elle penserait que BLM « en avait fait assez pour éduquer les gens » sur la différence entre une candidate raciste, impérialiste et militante néolibérale comme Hillary et un candidat grosso modo social-démocrate et anti-néolibéral comme Sanders. Et qu’en est-il des partis tiers? BLM a-t-il essayé de parler du programme du Parti vert de Jill Stein-Ajamu Baraka, qui prônait des réformes de bon sens telles qu’un dividende de paix géant pour financer des programmes d’emplois verts qui aideraient à sauver la planète, une assurance maladie digne de ce nom et des programmes massifs de reconstruction sociale dans les ghettos, les barrios et les réserves indiennes du pays ?

    Puis je me suis souvenu que le seul candidat à la présidence à avoir vu un de ses événements de campagne interrompus par des militants de BLM était Sanders, le candidat de gauche qui avait le plus à offrir aux noirs américains pauvres et à la classe ouvrière. En ce qui concerne Hillary Clinton, tout ce que les militants de BLM ont trouvé à faire, c’est une réunion « auto-humiliante » en coulisses d’un meeting, où ils l’ont écoutée leur faire la leçon sur la façon de formuler des revendications.

    Si vous écoutez les nombreux critiques paranoïaques, nationalistes et de droite de BLM, vous pourriez être amené à penser que le groupe est un agent radical, voire terroriste, de troubles civils destiné à ressusciter l’esprit du Black Panther Party dans une lutte populaire à mort contre chacun de ceux que Martin Luther King Jr. avait appelés « les trois maux liés » : le racisme, les inégalités économiques (le capitalisme) et le militarisme impérialiste.

    Les Black Panthers trouveraient ce jugement amusant. « Nous croyons », écrivait en 1969 le ministre de l’Information des Panthers, Eldridge Cleaver, « à la nécessité d’un mouvement révolutionnaire unifié … informé par les principes révolutionnaires du socialisme scientifique. » Formés par de jeunes intellectuels noirs qui avaient lu Marx, Lénine, Mao, W.E.B. Du Bois, Malcom X et Frantz Fanon, les Panthers avaient fusionné le nationalisme noir avec le marxisme dans une opposition militante à tous les maux cités par King, en accord avec sa conclusion selon laquelle la « vraie question à affronter » au-delà des questions « superficielles » était « la reconstruction radicale de la société elle-même ».

    La solution, selon les Panthers, était la révolution, une transformation de toute la société, à réaliser en combinant les forces des « prolétariats » noir, brun, jaune, rouge et blanc en opposition à l’empire capitaliste et raciste américain. Cette idée était le « Black Power » mais aussi et, plus largement, le « Power to the People » (« Pouvoir pour le peuple »). Comme l’a expliqué le jeune et légendaire Black Panther de Chicago Fred Hampton dans un discours prononcé en 1969 :

    Nous devons faire face à certains faits. Que les masses sont pauvres, que les masses appartiennent à ce que vous appelez la classe inférieure, et quand je parle des masses, je parle des masses blanches, je parle des masses noires, et des masses brunes, et des masses jaunes aussi. Nous devons admettre que certains disent que le feu est le meilleur moyen de combattre le feu, mais nous disons que l’eau est le meilleur moyen d’éteindre le feu. Nous disons qu’on ne combat pas le racisme par le racisme. Nous allons combattre le racisme par la solidarité. Nous disons qu’on ne combat pas le capitalisme en rejetant le capitalisme noir, mais qu’on combat le capitalisme par le socialisme.

    Hampton et ses cohortes encourageaient et aidaient les pauvres et les radicaux blancs de la classe ouvrière à organiser des groupes de « nationalistes hillbilly » [littéralement « nationalistes péquenauds blancs », NdT] de gauche comme la Young Patriots Organization (Chicago), Rising Up Angry (Chicago), la October 4th Organization (Philadelphie) et White Lightning (le Bronx). Comme l’ont noté Amy Sonnie et James Tracy dans « Hillbilly Nationalists, Urban Race Rebels, and Black Power », « La coalition arc-en-ciel [originale] initiée par les Panthers a réuni les blancs, les noirs et les Latinos pauvres dans une « avant-garde des dépossédés ».

    En plus de leur pratique bien connue de « maintien de l’ordre » avec autodéfense armée des ghettos noirs « occupés », le modèle des Panthers comprenait une approche directe de service à la population qui « touchait des milliers de familles [des quartiers noirs pauvres] chaque jour ». Dans le cadre d’une stratégie appelée « Survie en attendant la révolution », les Panthers Sonnie et Tracy ont écrit qu’ils « ont fourni des services de base dont les gens avaient désespérément besoin, y compris un programme populaire de petits déjeuners gratuits, des tests de dépistage de la drépanocytose, des centres de défense juridique, des cours de littérature et des écoles qui ont enseigné aux enfants la fierté culturelle et l’histoire des Noirs pour la première fois ».

    Ce n’est pas sans raison que les Panthers ont fait face à une répression féroce de la part de l’État américain (y compris la froide exécution de Fred Hampton par la police lors d’une descente organisée par le procureur du comté de Cook, Ed Hanrahan, en décembre 1969).

    La mention des Black Panthers peut faire hausser les sourcils aux féministes en raison de la réputation d’hyper-virilisme du parti. Cependant, le Combahee River Collective, une coalition dirigée par des femmes noires qui est devenue l’aile gauche du mouvement féministe des années 1970, partageait l’engagement de l’organisation pour une transformation sociale et politique radicale, bien au-delà de la seule égalité raciale. Le manifeste du CRC d’avril 1977 appelait à une « révolution féministe et antiraciste » qui serait aussi « une révolution socialiste ». Il disait que « la libération de tous les peuples opprimés nécessite la destruction des systèmes politico-économiques du capitalisme et de l’impérialisme ainsi que du patriarcat ».

    Black Lives Matter – fondé par trois militantes professionnelles des associations à but non lucratif et de la collecte de fonds (Garza, Cullors et Opal Tometi) ayant depuis longtemps des « liens étroits avec des entreprises, des fondations, des universités et des agences gouvernementales » – ne représente aucune menace similaire aux Black Panthers envers l’ordre établi. Ses slogans savamment commercialisés, « Black Lives Matter » et « Hands Up, Don’t Shoot » (« mains en l’air, ne tirez pas »), sont défensifs, de pâles reflets du « Black Power » et du « Power to the People ». BLM n’a que peu, voire pas du tout de relations de service directes avec les communautés noires pauvres au nom desquelles il s’exprime. Il n’appelle pas à une large rébellion populaire contre les structures d’oppression combinées et interconnectées du racisme, du capitalisme, de l’impérialisme et du patriarcat. En décembre, il s’est ouvertement engagé dans la cause du capitalisme noir, s’associant à l’agence de publicité J. Walter Thompson (Fortune 500) pour créer une base de données nationale sur le commerce noir. En février, BLM a marqué le Black History Month (Mois de l’histoire des Noirs) en commercialisant une « carte de débit noire » (la « carte de débit Amir Visa » avec OneUnited Bank, la plus grande banque américaine détenue par des Noirs. Tout cela et bien d’autres choses encore pourraient surprendre nombre de gauchistes qui ont adopté avec enthousiasme la marque #BLM au nom de la lutte contre la violence raciale policière.

    La classe dirigeante américaine, dont le système capitaliste est la sage-femme historique du racisme moderne, n’est pas menacée par le BLM racialiste et capitaliste noir. Mais juste pour s’assurer que la colère des Noirs reste dans des limites politiques sûres, une émanation de la concentration de richesse a accepté l’année dernière de financer somptueusement le groupe, et un nombre important de groupes politiques et de défense des droits dirigés par la classe moyenne noire.

    En août 2016, lorsque j’ai appris que BLM avait obtenu 100 millions de dollars de la Fondation Ford et d’autres philanthro-capitalistes d’élite (dont la Fondation Hill-Snowden, la Fondation NoVo, Solidaire, JPMorgan Chase et la Fondation Kellogg), j’ai cru que c’était une « fake news » provenant de la machine à bruit de la droite. L’histoire m’a semblé correspondre trop parfaitement au récit républicain et nationaliste blanc selon lequel les manifestants noirs sont à la solde de la diabolique « élite de gauche libérale ». Elle semblait trop parfaitement synchronisée avec la saison des élections et trop proche des propos racistes et faussement populistes de Trump et Steve Bannon contre les libéraux de gauche.

    Mais l’histoire a été vérifiée. La remarquable subvention – une somme d’argent énorme, dépassant toutes les habitudes des fondations – avait été octroyée de façon publique. Le magazine Fortune a écrit que ce don « ferait se redresser n’importe qui s’il le lisait dans un pitch deck ». C’était une déclaration curieuse : Un « pitch deck » est un lieu de présentation pour start-ups à la recherche d’un soutien financier.

    Le jour de l’élection présidentielle de l’année dernière, le Huffington Post a publié un article intitulé « Black Lives Matter – A Catalyst for Philanthropic Change »(Black Lives Matter – un catalyseur pour des changements philanthropiques »), rédigé par une ancienne du « complexe industriel à but non lucratif ». L’auteur de l’article, Liora Norwich, a qualifié cette subvention historique d’exemple de « philanthropie pour la justice sociale (PJS, pour les connaisseurs) » et l’a saluée pour « avoir marqué un changement notable et louable, de l’octroi de petites subventions épisodiques vers des investissements à plus long terme soutenant un processus de construction du mouvement via un modèle flexible de dons ». Norwich a répété la déclaration de la Fondation Ford selon laquelle elle et d’autres fondations de la PJS « cherchaient activement à ne pas [selon les termes exacts de la Fondation Ford] « dicter ou dévier le travail en cours ». Norwich a écrit que « ces mêmes bailleurs de fonds semblent également conscients des pièges historiques du soutien des grandes fondations aux mouvements ». Ainsi, ils peuvent essayer d’éviter ce qui s’est passé dans les années 1960 lors du mouvement des droits civiques et dans le dilemme actuel du mouvement environnemental, où le soutien philanthropique a forcé une modération des programmes des mouvements, les rendant moins réceptifs à leurs membres ».

    Malgré sa richesse en mises en garde et en réserves (« semblent conscients » et « peuvent essayer »), Norwich a affirmé avec naïveté que la fondation n’avait aucun intérêt à s’assurer que BLM reste inoffensif pour les riches et les blancs. Comme l’a noté le World Socialist Website en octobre :

    La Fondation Ford, l’une des plus puissantes fondations privées au monde, étroitement liée à Wall Street et au gouvernement américain, … reçoit la majeure partie de ses fonds de dotation de sociétés privées et de donateurs très riches par le biais de fiducies et de legs. … La Fondation Ford entretient depuis des années des liens étroits avec l’armée et les services de renseignement américains. … Son conseil d’administration est un « who’s who » de puissants acteurs du monde des affaires, dont des PDG et des avocats de Wall Street. … La contribution d’une telle somme [100 millions de dollars] est un don de la classe dirigeante qui permettra à Black Lives Matter de construire une bureaucratie de salariés et de lobbyistes. L’afflux d’argent apportera au mouvement une plus grande influence par le biais de contributions aux campagnes et l’intégrera encore plus étroitement au Parti démocrate et aux médias grand public.

    Selon le World Socialist Website, la subvention était un investissement capitaliste dans l’ancien jeu de domination de la classe dirigeante à travers les divisions raciales, une tactique qui a fait ses preuves :

    Le don de 100 millions de dollars par une puissante partie de la classe dirigeante équivaut à une reconnaissance des objectifs du mouvement Black Lives Matter considérés comme alignés sur ceux de Wall Street et du gouvernement américain. Dans une interview accordée à Bloomberg News en 2015, l’actuel président de la Fondation Ford, Darren Walker, ancien banquier à UBS, a expliqué la perspective pro-capitaliste qui sous-tend la décision de la fondation de financer le mouvement Black Lives Matter : Les inégalités … tuent les aspirations et les rêves et nous rendent plus cyniques en tant que peuple… Quel genre de Capitalisme voulons-nous avoir en Amérique ?… Le soutien de la fondation à Black Lives Matter est un investissement dans la défense du système de profit. Black Lives Matter dépeint le monde comme divisé selon des lignes raciales, proclamant sur son site web qu’elle « se voit comme faisant partie d’une famille noire globale ».

    Il est pertinent de noter que la vénérable fondation de la classe dirigeante Ford avait réagi à l’émeute raciale de 1967 à Detroit (provoquée par la brutalité de la police blanche) en essayant de promouvoir le capitalisme noir à Detroit, il y a un demi-siècle.

    Le jugement du World Socialist Website était-il trop sévère ? Peut-être. Il n’est pas nécessaire d’être un racialiste bourgeois pour voir que la nation est divisée selon des critères de race et de classe, après tout. Un examen attentif du programme politique en ligne de BLM/Movement for Black Lives (Mouvement pour les vies noires, M4BL) suggère que les organisations qui la composent se situent à gauche, au sens large, du spectre politique américain. Sous une épaisse couche de politiques communautaires spécifiques aux Noirs, se cache un monument tentaculaire à la politique progressiste, rempli des dernières et meilleures idées libérales et sociales-démocrates pour créer un capitalisme américain plus juste, plus inclusif, plus démocratique et plus durable sur le plan social, économique et racial. Les États-Unis et le monde seraient de meilleurs endroits si la « Vision 4 Black Lives » de M4BL – comprenant des soins de santé universels, la restauration du droit des travailleurs à s’organiser, le financement public des élections, un transfert de ressources du militarisme vers la satisfaction des besoins sociaux, des réparations pour l’esclavage – était mise en œuvre.

    Pourtant, les formulations de M4BL trouvables sur le web sont emballées dans le jargon exclusif de la classe professionnelle et politique soutenue par les fondations, remplies de références à l’ « intersectionnalité » et autres expressions de l’élite qui trahissent un manque de présence organique et populaire dans les communautés noires pauvres au nom desquelles BLM parle. Parmi les pauvres noirs ghettoïsés et incarcérés, rares sont ceux qui, sur Internet, se frayent un chemin à travers les idées politiques complexes des professionnels noirs de la classe des coordinateurs qui reçoivent des subventions des grandes fondations bourgeoises, dont peu de donateurs et de responsables de programmes s’intéressent de près ou de loin à la « reconstruction radicale de la société elle-même » de Martin Luther King.

    En tant qu’ancien bénéficiaire de subventions de la Fondation pour la justice raciale (j’ai passé des années dans le complexe industriel à but non lucratif), je peux assurer aux lecteurs que l’argent de Ford est assorti d’au moins quatre conditions. D’abord, il ne doit pas y avoir d’appel à une révolution radicale sérieuse et à une solidarité entre les classes populaires de toutes races et ethnies. Ensuite, les idées politiques progressistes doivent être énoncées dans un langage de classe moyenne destiné aux responsables des programmes de la Fondation et du Parti démocrate, et non aux gens de la rue, des projets de logement, des emplois mal payés ou des prisons. Trois, les organisations qui bénéficient des largesses de la Fondation doivent s’inspirer de ceux qui sont déjà au pouvoir, et non de ceux qui sont en marge. Quatre, les groupes recevant de l’argent sous la rubrique ou la marque BLM doivent être (selon les termes du site Black Agenda Report) « dirigés exclusivement par des professionnels formés à l’université et responsables devant des conseils d’administration et des bailleurs de fonds philanthropiques ». Ils ne doivent pas devenir des organisations de masse financièrement redevable à leur base de membres.

    L’argent parle plus haut, mais la Fondation Ford ne se contente pas de laisser parler son argent sans supervision et contrôle. La subvention à BLM permet au bailleur de fonds de fournir « des conseils auxiliaires à une confédération de 14 groupes liés à BLM ». L’argent et les « services auxiliaires » ont été coordonnés par le biais du dénommé « Black-Led Movement Fund », supervisé par une société à but lucratif appelée Borealis Philanthropy. Ford et Borealis affirment vouloir « soutenir l’infrastructure, l’innovation et le dynamisme des méthodes d’organisation intersectionelle dirigées par des Noirs ».

    Avec l’argent viennent le statut et la célébrité. Comme le font remarquer les journalistes du World Socialist Website Lawrence Porter et Nancy Hanover, « la direction de BLM a été couverte d’honoraires, de récompenses et de primes, tant aux États-Unis qu’au niveau international. Cullors a été élue Femme de l’année pour les Tribuns de la Justice par le magazine Glamour, Plus Grande Dirigeante du monde par le magazine Fortune et a reçu un doctorat honoraire de l’université Clarkson ».

    Une ironie de la situation est que cette dépendance à l’argent et à une administration par des élites (néo)libérales liées au Parti Démocrate est handicapante pour les bénéficiaires des subventions octroyées à BLM/M4BL sincères et véritablement engagés. En l’absence de tonnerre révolutionnaire venant de la gauche réelle, les libéraux de gauche/néolibéraux ne vont pas mettre en œuvre bon nombre des réformes qu’ils préconisent, voire aucune.

    La révolution ne sera pas financée par la Fondation Ford. Et elle ne sera pas menée par des « carriéristes dans le business de l’intérêt public qui veulent être des acteurs » à travers des accords avec la classe dirigeante.

    Paul Street est titulaire d’un doctorat en histoire américaine de l’université de Binghamton. Il était vice-président de la Chicago Urban League pour la recherche et la planification. Outre ses contributions régulières à Truthdig et Counterpunch, Street est l’auteur de sept livres.

    Traduction et note d’introduction Corinne Autey-Roussel pour Entelekheia
    Photo Elizabeth Cecil / Pixabay

  • Note de la traduction : « Astroturf », une marque de gazon artificiel, désigne les groupes/actions/campagnes/mouvements faussement populaires et spontanés utilisés à des fins de manipulation des masses. Voir la fiche Wikipedia en français.

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       Posté le 12-06-2020 à 08:08:59   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

    Le politiquement correct américain ne résoudra pas l'inégalité raciale

    Par Mu Lu Source: Global Times Publié: 2020/6/11 21:58:40

    https://www.globaltimes.cn/content/1191361.shtml
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    Un manifestant tient une pancarte devant les troupes de la Garde nationale lors d'une manifestation sur la mort de George Floyd à Hollywood, en Californie, mardi. Photo: AFP

    Le politiquement correct peut-il résoudre des problèmes sociaux profondément enracinés tels que l'inégalité raciale aux États-Unis? Je suppose que les Américains sont les mieux placés pour répondre à cette question, et une majorité d'entre eux pourraient dire «non».

    Alors que les flammes de la colère alimentées par la mort de George Floyd continuent de se propager aux États-Unis, le politiquement correct a déclenché une série d'incidents - une statue d'un général confédéré en Virginie a été renversée par des manifestants; La co-créatrice d'amis Marta Kauffman a regretté le manque de diversité raciale dans la série télévisée; les principaux dirigeants du Pentagone ont déclaré qu'ils étaient ouverts à l'idée de renommer 10 installations de l'armée américaine; et Autant en emporte le vent, l'épopée de la guerre civile américaine considérée comme un classique du cinéma américain, a été temporairement retiré de HBO Max.

    Cependant, tout cela n'est qu'un soulagement temporaire qui ne touchera certainement pas au cœur de l'inégalité raciale profondément enracinée aux États-Unis.

    Il a fallu 100 ans aux États-Unis pour interdire la ségrégation raciale après l'abolition de l'esclavage dans le pays. Un autre demi-siècle s'est écoulé, mais les États-Unis de 2020 rejouent toujours les scénarios qui étaient courants en 1968. Pire, selon certains points de vue, les minorités ethniques aux États-Unis d'aujourd'hui souffrent plus que jamais.

    Les efforts d'innombrables pionniers au prix de leur vie pour l'égalité raciale semblent avoir échoué en vain. Malgré le politiquement correct, les États-Unis n'ont jamais été épargnés par les inégalités raciales. Sous la direction du politiquement correct, ils n’ont pu ni répondre à l’humeur publique ni publier des déclarations qui puissent dissiper le trouble de l’inégalité raciale.

    La mort de Floyd a attisé les flammes de protestations féroces contre la discrimination raciale, mais les mouvements ne peuvent pas bouger le gouvernement américain actuel. Le président américain Donald Trump a utilisé des mots discriminatoires tels que "basse vie et racaille" pour décrire les manifestants, continuant à remuer les nerfs sensibles de l'inégalité raciale. Bien que certains démocrates de haut rang se soient engagés à faire pression sur une législation pour annuler le racisme systémique, ils n'ont rien apporté de pragmatique.

    Pendant ce temps, la question de l'égalité raciale a été de plus en plus politisée aux États-Unis et s'est transformée en un outil permettant aux politiciens de gagner plus d'intérêts politiques. Les politiciens profitent de la question pour gagner des intérêts plutôt que pour défendre les droits des groupes minoritaires.

    Le politiquement correct vient de plaquer et de blanchir les problèmes à la surface, mais n'a jamais vraiment abordé la racine des problèmes.

    Le politiquement correct n'est pas un remède à l'inégalité raciale. Tant que les politiciens américains politiseront le problème et s'en serviront pour leurs propres intérêts, les Américains ordinaires ne pourront pas jouir d'une véritable égalité raciale et la crise du racisme réapparaîtra encore et encore.

    Dans la structure politique américaine actuelle, les problèmes d'inégalité raciale sont presque impossibles à résoudre. Les conflits entre républicains et démocrates deviennent extrêmement intenses. Ils ne feront aucun compromis. Pire encore, les deux parties n'osent même pas penser à faire des compromis. Par conséquent, l'élan et la vitalité de la réforme sont perdus dans les conflits quotidiens entre les partis. Mais si les choses continuent de cette façon, les États-Unis auront-ils suffisamment de ressources politiques pour résoudre ce problème social au lieu d'être complètement déchirés par lui?


    Edité le 12-06-2020 à 09:27:55 par Xuan




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    Justice internationale.Les États-Unis menacent les magistrats de la CPI


    https://www.courrierinternational.com/article/justice-internationale-les-etats-unis-menacent-les-magistrats-de-la-cpi?fbclid=IwAR0wXmFSbhfYOkGZP-z6SmIiQPJl5914s7icb87qUXOSWA0zaPHGtkjHTDs

    Publié le 12/06/2020 - 05:56
    Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, accompagné des ministres de la Justice et de la Défense, annonce les sanctions potentielles contre des magistrats de la CPI, à Washington. Reuters (Yuri Gripas / Pool)Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, accompagné des ministres de la Justice et de la Défense, annonce les sanctions potentielles contre des magistrats de la CPI, à Washington. Reuters (Yuri Gripas / Pool)

    Donald Trump a signé jeudi un décret autorisant les États-Unis à empêcher les employés de la Cour pénale internationale d’entrer dans le pays ainsi qu’à les pénaliser financièrement. L’administration Trump, qui critique depuis des mois la CPI, s’oppose à l’ouverture d’une enquête pour crimes de guerre en Afghanistan.

    Pour El País, c’est un nouveau “coup” porté à la Cour pénale internationale, qui s’ajoute “à l’obstruction constante” de Washington. Le Guardian parle, lui, d’une “offensive juridique et économique” contre la CPI en réponse à l’ouverture d’une enquête pour crimes de guerre en Afghanistan. Jeudi, Donald Trump a signé un décret autorisant les États-Unis à geler les avoirs des magistrats participant aux investigations mais aussi à “imposer des restrictions de visa aux familles de ces officiels” , précise le quotidien britannique.

    Politico note que le 45e président américain a également déclaré une urgence nationale face à la “menace” que poserait selon lui la CPI. “Une action qui pose les bases légales pour de futures sanctions” , commente le site.

    Le secrétaire d’État Mike Pompeo, le ministre de la Défense Mark Esper et le ministre de la Justice Bill Barr ont justifié lors d’une conférence de presse commune cette décision “dans une démonstration sans précédent de la puissance de feu de l’administration” , constate le Washington Post.
    “Nous ne pouvons pas et ne resterons pas sans rien faire quand nos concitoyens sont menacés par un tribunal fantoche”, a prévenu M. Pompeo. M. Esper, cité par The Hill, a rappelé que son pays “pouvait mener les actions appropriées comme nous l’avons régulièrement fait dans le passé” , suggérant qu’un tribunal international n’était pas nécessaire pour condamner des actes répréhensibles commis par un Américain. La BBC souligne toutefois que le président Trump a “pardonné des soldats poursuivis aux États-Unis pour des crimes de guerre en Afghanistan” .

    Benyamin Nétanyahou se félicite de l’initiative américaine
    De son côté, M. Barr a reproché à la CPI “une longue histoire de corruption au plus haut niveau”, assurant avoir reçu des “informations crédibles” . Le ministre de la Justice n’a toutefois pas donné de détails sur ces allégations, relève The Hill. Il a également affirmé que des puissances étrangères manipulaient la cour, mettant en cause la Russie. Moscou, signale Politico, s’est désengagé du tribunal en 2016 après un rapport qualifiant son intervention en Crimée d’occupation.
    Benyamin Nétanyahou “a fait l’éloge” de Donald Trump pour son action, rapporte le Times of Israel. Le dirigeant a qualifié jeudi la CPI de “cour politisée”, “corrompue”, “partisane” et “obsédée par des chasses aux sorcières contre Israël, les États-Unis et d’autres démocraties qui respectent les droits de l’homme” . Comme Washington, Tel-Aviv est dans le viseur de la procureure Fatou Bensouda pour de potentiels crimes de guerre contre des Palestiniens. Il faut dire que, selon Axios, l’initiative de l’administration Trump a été “coordonnée” avec Israël. Il s’agirait même de “l’une des principales raisons” de la visite de Mike Pompeo à Jérusalem le mois dernier.
    Des organisations de défense de droits de l’homme ont “rapidement critiqué” le décret, insiste la BBC. “Les pays soutenant la justice internationale devraient publiquement s’opposer à cette tentative manifeste d’obstruction” , dénonce Humans Rights Watch. L’Union américaine pour les libertés civiles (Aclu) estime que le chef d’État américain “emploie des méthodes de régimes autoritaires en intimidant juges et procureurs” .

    El País voit là un exemple supplémentaire du rejet du multilatéralisme démontré par Donald Trump et son gouvernement depuis janvier 2017. Le quotidien espagnol évoque notamment le retrait des accords de Paris sur le climat, de l’accord nucléaire iranien ou plus récemment la fin des subventions américaines à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

    Alors que des millions d’Américains manifestent à travers le pays contre les violences policières, l’initiative du locataire de la Maison-Blanche a incité Slate à ironiser : “Après des semaines de tourmente nationale et d’introspection, l’administration Trump agit enfin pour contrôler des figures d’autorité hors de contrôle, accusant ces officiels d’utiliser leurs vastes pouvoirs de manière capricieuse et discriminatoire, à l’abri de toute responsabilité, forçant des citoyens américains innocents à vivre dans la peur.”

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    contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
    marquetalia
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       Posté le 13-06-2020 à 00:19:28   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

    Trump risque de perdre des voix,en particulier parmi les courants évangélistes,du fait de son propre non respect de ses promesses électorales, surtout celle de défendre partout les chrétiens,il soutient les menées turques en Syrie-ou Erdogan arme le front Al Nosra-en et Libye-ou toutefois les Turcs vont voir leur marge de manœuvre limitées par l alliance greco égyptienne,Le Caire s opposé au transfert d armes d Ankara vers Tripoli.

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