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 Halte à la soumission à l'hégémonisme !

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Xuan
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   Posté le 11-07-2020 à 09:52:13   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Jusqu'à plus ample informé ces mouvements ne sont pas soutenus et encouragés par une puissance étrangère qui vise ouvertement à la sécession. De sorte qu'il y a une différence de nature entre eux et et les cas de Hong Kong et de Taïwan.
De plus Hong Kong est une ancienne colonie et le mouvement "pro démocratie" est compradore et non nationaliste.

Il est évident que l'UE ne peut pas supporter un mouvement séparatiste, et que le capitalisme ne peut pas non plus satisfaire les aspirations régionales.
Cela dit les courants "nationalistes" en France - exception des colonies évidemment - ont renoncé à la lutte armée et ont accepté des modus vivendi, y compris en Corse.
La question fondamentale est de savoir si une entité régionale peut fonctionner de façon indépendante notamment sur le plan économique.
Les mouvements catalans concernent essentiellement l'Espagne et n'ont pas le même impact en France. Ceci relève de l'histoire de la nation espagnole et de la nation française.

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Plaristes
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   Posté le 12-07-2020 à 02:03:22   Voir le profil de Plaristes (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Plaristes   

Les "Eurorégions" : Allons-nous laisser détruire les Nations ? (Partis 1/4)

Apparemment si, mais l'acharnement est moyen et ça prend du temps à prendre.

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Xuan
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   Posté le 12-07-2020 à 07:53:45   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Plaristes, que les panneaux indicateurs portent le nom français et catalan ou français et languedocien, ou français et breton et qu'Asselineau s'en afflige, d'abord j'en ai vraiment rien à cirer et au contraire je trouve ça positif, au même titre que la préservation des architecture régionales.
A partir des années 50-60 l'industrialisation de la construction a standardisé l'architecture et ça n'apporte rien à l'unité nationale.
Les particularismes régionaux ont quasiment disparu et les langues régionales sont un patrimoine que Gastaud ne nie pas lui-même.
Que la social-démocratie ait systématisé des affichages différenciés est assez insignifiant, et constitue un pâle écho aux courants indépendantistes des années 70, aujourd'hui très affaiblis en tant qu'indépendantismes, et ces mesures n'ont pas été généralisées.
Quant à affirmer que ça constitue une menace pour la nation, ça relève du grand délire.

Asselineau relève que les publicités sont en anglais et je trouve que c'est plus pertinent de le souligner, comme le franglais d'entreprise.
Aujourd'hui la plus grande menace pour les nations est l'hégémonisme US et c'est le sujet du fil. Avancer une menace provenant du régionalisme ou de la "domination allemande", etc. c'est brouiller les pistes.
Encore une fois aucune puissance étrangère dominante ne se dissimule derrière les langues régionales.


Edité le 12-07-2020 à 07:58:20 par Xuan




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   Posté le 12-07-2020 à 13:20:12   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je reviens sur le sujet :

La 5G ôte les masques


Malgré les injonctions de Trump, les pays européens y compris la Grande Bretagne se sont d’abord engagés à développer le réseau 5G d’Huawei.

En 2019 fin avril la Grande Bretagne avait commencé à prendre ses distances. Le fossé s’est accentué entre la GB et l’UE suivant cet article de fin juillet 2019 : « Le Brexit pourrait conduire le Royaume-Uni à suivre les Etats-Unis dans la guerre que Washington livre à Huawei. Une nouvelle donne qui pourrait amplifierait le fossé déjà creusé entre Londres et ses partenaires européens » .

Fin janvier La Croix titrait "5G : ’Union européenne ouvre la porte à Huawei"
« Après le feu vert partiel de Londres la veille, l’Union européenne a à son tour ouvert sa porte mercredi 29 janvier au géant chinois des télécoms pour développer la 5G. Une décision certes agrémentée de conditions très strictes mais qui risque de mécontenter les Américains. »

Le commissaire au commerce rejette la menace des États-Unis sur une menace de renseignement concernant Huawei

Mais simultanément Thierry Breton s’opposait à l’ouverture allemande : « L'Europe peut développer la 5G sans Huawei, assure Thierry Breton »

Plus récemment la France, l'Italie et même l'Allemagne sont revenues sur tous leurs engagement précédents.

On constate que sous les prétextes insinués par Pompeo les hésitations des pays européens deviennent un pur suivisme, tout en affirmant défendre leur "indépendance vis-à-vis de la Chine" .

En réalité il n'y a pas de troisième voie, comme l'indique cet article de Global Times Huawei domine les brevets d'invention avec 2722 brevets accordés au premier semestre 2020 : dopée par les interdictions US cette société a lourdement investi en R&D surtout dans les semi conducteurs, étant donné que les USA coupent toutes les sources d'approvisionnement.
Je cite quelques lignes de l'article :
"La Chine a déposé 58990 demandes de brevet auprès de la World Intellectual Property Association en 2019, dépassant pour la première fois les États-Unis, qui en ont déposé 57840, selon l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle
...
La Chine a déposé 58990 demandes de brevet auprès de la World Intellectual Property Association en 2019, dépassant pour la première fois les États-Unis, qui en ont déposé 57840, selon l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle


Il ressort que la Chine transforme un mal en bien. Inversement les pays capitalistes dominés par les USA sont paralysés.
L'article cité sur le fil USA vs Chine Populaire : la guerre hors limites dit par exemple :

"Le conglomérat français Alstom a été l'une des victimes en 2013, lorsqu'il a été inculpé de délits de corruption, condamné à une lourde amende par le ministère américain de la Justice et contraint de se restructurer, l'essentiel de son activité étant acquis par une société américaine, simplement parce qu'il était prêt à défier la position de leader de l'Amérique dans les mêmes domaines d'activité."

Dopé par cette lâcheté Trump n'a aucune raison de lâcher la grappe aux pays du second monde bien au contraire, Taxe Gafa: les États-Unis annoncent 1,3 milliard de dollars de sanctions contre la France
Bruno Lemaire peut toujours s'étrangler, «cette lettre est une provocation. Nous étions à quelques centimètres d'un accord sur la taxation des géants du numérique, qui sont peut-être les seuls au monde à avoir tiré d'immenses bénéfices du coronavirus» , et s'indigner de la manière dont Washington traite ses alliés en «les menaçant systématiquement de sanctions» .
La différence entre la Chine et la France est que notre pays suit comme un toutou les ordres de Trump et qu'il n'est pas question de sortir de l'OTAN, encore moins de répondre aux sanctions par d'autres sanctions.

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   Posté le 14-07-2020 à 21:06:23   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La Chine exhorte la France à faire des choix indépendants sur le réseau 5G

Xinhua | 07.07.2020 13h37

http://french.peopledaily.com.cn/Chine/n3/2020/0707/c31354-9707817.html

La Chine a exhorté lundi la France à faire des choix indépendants sur la construction du réseau 5G qui servent ses propres intérêts, et à fournir un environnement commercial ouvert, équitable, juste et non discriminatoire pour toutes les entreprises, y compris les entreprises chinoises.

Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a fait ces remarques lors d'un point de presse quotidien en commentant les informations des médias selon lesquelles Huawei sera autorisé à accéder au réseau 5G français, mais n'obtiendra qu'une licence limitée.

"Nous espérons que la France pourra maintenir une attitude objective et juste, respecter les règles du marché et la volonté des entreprises, faire des choix indépendants qui servent ses propres intérêts et prendre des mesures concrètes afin d'offrir un environnement commercial ouvert, juste, équitable et non discriminatoire pour toutes les entreprises, y compris les chinoises" , a annoncé M. Zhao.

Il a noté que le gouvernement français avait déclaré publiquement à plusieurs reprises qu'il ne prendrait pas de mesures discriminatoires contre certains pays ou certaines entreprises sur des questions liées à la 5G, et encore moins l'exclusion de Huawei.

"La Chine pense toujours que la technologie 5G est une technologie de pointe qui est à l'avant-garde de la quatrième Révolution industrielle et offre une plate-forme précieuse, et que le développement et l'utilisation de la 5G à l'ère de la mondialisation se produisent naturellement alors que tous les pays entreprennent des consultations approfondies et des contributions conjointes pour obtenir des résultats partagés" , a-t-il ajouté.

(Rédacteurs : Yishuang Liu)

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   Posté le 24-07-2020 à 07:36:24   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La France suit le mouvement anti-chinois



Campagne de presse sur les Ouïghours, menaces contre la 5 G chinoise. La France suit à son tour la campagne de propagande et de menaces de Trump.


Des signaux mitigés de la France sur Huawei suscitent des inquiétudes

Par les journalistes du personnel du GT Source: Global Times Publié: 23/07/2020 20:33:40
https://www.globaltimes.cn/content/1195478.shtml

Une décision déterminante pourrait retarder davantage le rythme du pays dans la configuration 5G, entraînant une augmentation des coûts: analyste

L'interdiction "cachée" de Huawei annoncée par la France retardera non seulement la commercialisation de la 5G dans le pays qui aurait pu prendre la tête de l'utilisation de la technologie de nouvelle génération, mais augmentera les incertitudes pour les opérateurs de télécommunications locaux, qui sont maintenant en difficulté dans un contexte de grave récession économique, selon les analystes. m'a dit.

Les autorités françaises ont déclaré aux opérateurs de télécommunications prévoyant d'acheter des équipements Huawei 5G qu'ils ne seraient pas en mesure de renouveler les licences de l'équipement une fois qu'ils expireraient en 2028, éliminant ainsi la société chinoise des réseaux mobiles, a déclaré Reuters.

Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré lors d'une conférence de presse régulière jeudi que la Chine espère et croit que "la France peut tenir ses promesses, éliminer les ingérences et prendre des mesures pratiques pour offrir un environnement commercial ouvert, équitable et non discriminatoire aux entreprises chinoises. investir en France, y compris Huawei " , pour sauvegarder efficacement la bonne dynamique de développement des relations économiques et commerciales sino-françaises.

La décision rapportée est l'inverse de son attitude quelques jours auparavant - lorsque le chef de l'agence française de cybersécurité ANSSI a déclaré qu'il n'y aurait pas d'interdiction totale d'utiliser l'équipement de Huawei dans le déploiement du réseau français 5G, mais qu'il poussait Les opérateurs télécoms français pour éviter de passer à la société chinoise.

Selon le rapport de Reuters, les sources ont déclaré que l'ANSSI avait informé les opérateurs de la plupart des décisions d'octroi de licences pour les grandes villes. Ils ont déclaré que la plupart des autorisations pour les équipements Huawei étaient de trois ou cinq ans, tandis que la plupart de celles pour les équipements des rivaux européens Ericsson ou Nokia ont reçu des licences de huit ans.

La politique pourrait forcer les opérateurs de télécommunications locaux à abandonner Huawei compte tenu du délai de licence raccourci, ont déclaré des analystes.

Huawei n'a pas fait de commentaire jeudi à l'heure de la presse.

"La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont pris la tête de la 5G en Europe, mais cette décision retardera bien sûr sa mise en page et sa commercialisation 5G, car les opérateurs de télécommunications locaux devront racheter et remplacer l'équipement 5G de Huawei" , Jiang Junmu, un Un analyste du secteur et un proche suiveur de Huawei, a déclaré mercredi au Global Times.

De plus, les analystes ont averti que les opérateurs qui utilisaient déjà la technologie Huawei pourraient faire face au coût supplémentaire de remplacement des équipements du fournisseur de télécommunications chinois, par exemple Bouygues Telecom et SFR d'Altice Europe.
Deux autres grands opérateurs en France - Orange et Iliad - s'appuient principalement sur Nokia et Ericsson, mais leurs produits sont plus chers que ceux de Huawei.

Néanmoins, les questions de coût sont dépassées, car Huawei est devenu plus un symbole politique qu'un simple problème commercial, ont déclaré les analystes.

Le gouvernement américain utilise Huawei comme symbole politique et envoie un signal à ses alliés que "si vous soutenez Huawei, vous soutenez la Chine" . Par conséquent, la France pourrait changer de cap compte tenu de l'état actuel des relations sino-américaines, a déclaré Jiang.

Cette décision reflète également l'ambivalence des pays européens, y compris la France - ils espèrent utiliser Huawei pour réduire la dépendance technologique aux États-Unis, tout en ne pouvant pas se révolter "trop" sous la pression accrue des États-Unis, et l'attitude intérieure envers la Chine est de plus en plus divisée. compte tenu d'une série de problèmes récemment, Wang Yiwei, directeur de l'Institut des affaires internationales de l'Université Renmin de Chine, a déclaré mercredi au Global Times.

Le sort de Huawei a été incertain en Europe - Le Premier ministre britannique Boris Johnson a ordonné que l'équipement Huawei soit complètement purgé du réseau 5G britannique d'ici 2027, tandis que les médias ont déclaré que le pays avait reconsidéré sa décision.

L'Allemagne a déclaré qu'elle n'interdirait pas à l'entreprise chinoise de construire sa 5G.

L'UE n'aura peut-être pas le ton fixé sur Huawei avant l'élection présidentielle américaine de novembre, a déclaré jeudi Cui Hongjian, directeur des études sur l'UE à l'Institut chinois des études internationales.

Dans un article sur Twitter mercredi sur l'inclusion numérique et la durabilité, Huawei Europe a déclaré: "Les États-Unis et la Chine créent actuellement la grande majorité de la richesse dans l'économie numérique, tandis que l'Europe peine à rattraper son retard. " Le message indique que Huawei vise à réduire la fracture numérique.


Edité le 24-07-2020 à 07:50:14 par Xuan




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   Posté le 03-08-2020 à 22:53:09   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Deux vidéos de la CGTN sur le revirement de la France :

Affaire Huawei : la pirouette française ?

"Le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire a eu beau clamer haut et fort la neutralité de son pays envers l’entreprise chinoise Huawei. Selon des sources concordantes de Reuters, les opérateurs français ne verront plus proroger leurs licences pour les équipements Huawei. Une interdiction qui ne dit pas son nom. Alors pourquoi Paris veut-il exclure le géant technologique chinois du marché français ? Quelles sont les conséquences de cet ostracisme ? Éléments de réponse dans « Ondes sur seine »"

______________________


Les États-Unis ont une histoire de ciblage des entreprises étrangères

La CGTN revient sur le rachat de la division Energie d'Alstom et le livre de Frédéric Pierucci "le piège américain".
On lit en introduction à ce livre :

"Qui le sait ? Depuis la fin 2014 la France a perdu une partie du contrôle de ses centrales nucléaires au profit des Américains.

Je m’appelle Frédéric Pierucci et je me suis retrouvé, bien malgré moi, au cœur de ce scandale d’État. Ancien patron d’une des filiales d’Alstom, je connais les dessous de ce thriller à 12 milliards de dollars. Après avoir été longtemps contraint au silence, j’ai décidé, avec le journaliste Matthieu Aron, de les révéler.

En avril 2013, j’ai été arrêté à New York par le FBI et poursuivi pour une affaire de corruption. Je n’ai pas touché un centime dans cette transaction, mais les autorités américaines m’ont enfermé pendant plus de deux ans – dont quatorze mois dans une prison de très haute sécurité.
Un véritable chantage pour obliger Alstom à payer la plus gigantesque amende jamais infligée par les États-Unis, et à se vendre à General Electric, son grand concurrent américain.

Mon histoire illustre la guerre secrète que les États-Unis livrent à la France et à l’Europe en détournant le droit et la morale pour les utiliser comme des armes économiques. L’une après l’autre, nos plus grandes sociétés (Alcatel, Total, Société Générale et bientôt d’autres) sont déstabilisées. Ces dernières années, plus de 14 milliards de dollars d’amende ont ainsi été payés par nos multinationales ces dernières années au Trésor américain. Et ce n’est qu’un début…"


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   Posté le 04-08-2020 à 23:23:06   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La France risque de devenir un refuge pour fugitifs
en mettant fin au traité d'extradition avec Hong Kong: experts

Par Wang Qi Source: Global Times Publié: 2020/8/4 20:42:43

https://www.globaltimes.cn/content/1196702.shtml

La France risque de devenir un refuge fugitif pour les desperados après avoir annoncé lundi l'arrêt du traité d'extradition de 2017 avec la Région administrative spéciale de Hong Kong (RASHK), ont déclaré des experts.

Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré que la décision avait été prise à la suite de la loi chinoise sur la sécurité nationale pour la RASHK, qui, selon lui, viole "un pays, deux systèmes" et "les libertés fondamentales" et affecte les personnes et les entreprises françaises.

La Chine est fermement opposée aux fausses remarques et mesures de la France sur Hong Kong qui interfèrent dans les affaires intérieures de la Chine, a déclaré mardi Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

La loi sur la sécurité nationale de la RASHK est conforme au principe "un pays, deux systèmes" et assure également le développement stable et à long terme de ce principe. L'allégation selon laquelle le degré élevé d'autonomie et les libertés fondamentales de Hong Kong sont sapés est intenable, a déclaré Wang.

Au 22 avril, la RASHK avait signé des traités d'extradition avec 19 pays. Les analystes estiment qu'il n'y a aucune preuve que la France blâme la législation sur la sécurité nationale pour Hong Kong, et sa décision était plus à des fins politiques.

Cui Hongjian, directeur des études sur l'UE à l'Institut chinois des études internationales à Pékin, a déclaré mardi au Global Times que la suspension de l'accord d'extradition avec Hong Kong provenait des États-Unis, ce qui pourrait affecter la confiance politique mutuelle entre la Chine et la France.
Signé en 2017, le traité entre la France et la RASHK n'avait pas encore été mis en œuvre avant sa suspension.
Néanmoins, les analystes ont souligné que la suspension du traité d'extradition affectera inévitablement la coopération judiciaire entre la Chine et les pays européens.

La décision de la France est intervenue après que le Canada, l'Australie, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande et l'Allemagne ont suspendu leurs accords d'extradition avec Hong Kong.
Cui a ajouté que l'épidémie de coronavirus avait réduit la confiance des Européens dans leur système politique et que différentes voix nationales se développaient, de sorte qu'ils sont devenus plus vigilants envers les pays dotés d'un système politique différent qui a bien performé contre le virus.
Cependant, contrairement aux pays de l'alliance du renseignement Five Eyes, la France et l'Allemagne ne suivront pas aveuglément les États-Unis contre la Chine en termes d'économie, de commerce et d'échanges de personnel, à l'exception des déclarations diplomatiques et de la fin de la coopération judiciaire avec HK politiquement, ont déclaré certains observateurs.

"Compte tenu de leurs relations avec la Chine, les pays européens essaient de limiter leur réponse aux affaires de Hong Kong et de se tenir à distance des États-Unis et du Royaume-Uni" , a déclaré Cui, notant que la décision de l'Allemagne est intervenue après le report des élections législatives en raison d'un pic de le virus, tandis que la France a déclaré que la loi sur la sécurité nationale de la RASHK "affecte nos citoyens et nos entreprises" .

La Chine est le premier partenaire commercial de la France en Asie et le premier partenaire commercial de l'Allemagne depuis 2016.


Edité le 04-08-2020 à 23:23:23 par Xuan




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   Posté le 22-08-2020 à 13:01:29   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les USA essaient d'intimider les pays occidentaux avec des menaces nullement voilées et en étalant leur mépris des institutions internationales. Entre ça et la sortie de l'ONU il n'y a qu'un pas.


Washington accuse Paris, Londres et Pékin de "manquer à leur devoir"


AFP / le 21 août 2020 à 21h47
https://www.lorientlejour.com/article/1230047/washington-accuse-paris-londres-et-pekin-de-manquer-a-leur-devoir.html



Brian Hook, émissaire américain pour l'Iran, le 17 janvier 2020 à Washington. Photo AFP / Brendan Smialowski

Washington a accusé vendredi Pékin, Londres et Paris de " manquer à leur devoir" en s'opposant à une procédure enclenchée par les Etats-Unis pour rétablir les sanctions internationales contre l'Iran.
"Nous n'avons besoin de la permission de personne pour lancer le +snapback+" , a dit à des journalistes Brian Hook, l'émissaire américain pour l'Iran. "L'Iran viole ses engagements en matière de nucléaire. Les conditions pour lancer le +snapback+ sont là" , a-t-il insisté.

Les Etats-Unis ont formellement activé jeudi à l'ONU ce mécanisme dit "snapback" au titre de "participant" à l'accord sur le nucléaire - conclu en 2015 entre l'Iran et la communauté internationale - pour réclamer le rétablissement des sanctions internationales contre Téhéran, accusé d'avoir violé ce pacte. Mais ils se sont immédiatement heurtés au refus catégorique de leurs alliés européens et des autres grandes puissances.

M. Hook a estimé que les autres membres du Conseil de sécurité de l'ONU avaient "échoué" il y a une semaine en ne prolongeant pas l'embargo sur la vente d'armes à l'Iran, qui arrive bientôt à échéance, comme demandé par le Conseil de coopération du Golfe. "La Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni ont décidé d'ignorer le point de vue du Conseil de coopération du Golfe" , qui rassemble "les pays les plus proches du danger" , a-t-il dit. Le Conseil de sécurité "avait la responsabilité de respecter leur point de vue pour prolonger l'embargo sur les armes" , a-t-il jugé. "Ce fut un manquement décevant à leur devoir" .

Pour M. Hook, quelle que soit la position des autres pays du Conseil de sécurité, le mécanisme ne peut être bloqué. "Le Conseil de sécurité, à la fin des 30 jours, va rétablir toutes les sanctions de l'ONU" , a-t-il assuré. "Que les gens soutiennent ou s'opposent à ce que nous faisons, ce n'est pas important" .
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a lui averti que Washington ne permettrait pas que des armes soient fournies à l'Iran après l'expiration de l'embargo le 18 octobre. "Je vous assure que les Etats-Unis utiliseront tous les moyens à leur disposition pour être sûrs que les Chinois et les Russes soient incapables de livrer des armes qui nous menacent à l'Iran" , a-t-il affirmé à Fox News.

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   Posté le 27-08-2020 à 23:18:02   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La lâcheté de l'Etat envers l'hégémonisme conduit à rembourser un opérateur privé avec l'argent public.

Réseau 5G : Bouygues Telecom va retirer 3.000 antennes Huawei


BOURSORAMA AVEC MEDIA SERVICES - 27/08/2020 à 15:01
https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/reseau-5g-bouygues-telecom-va-retirer-3-000-antennes-huawei-8248359b872fcc5f278ca34ba7e6345f

L'opérateur est en train de négocier avec l'État une compensation financière pour l'obligation de démonter ces antennes.

Bouygues Télécom va retirer 3.000 antennes de téléphonie mobile Huawei dans les zones très denses en population à la demande du gouvernement français, pour des raisons de sécurité du futur réseau 5G, a indiqué l'opérateur télécom jeudi 27 août.
"Nous n'aurons plus aucune antenne Huawei dans les zones très denses" d'ici à 2028, a expliqué Olivier Roussat, le président de Bouygues Telecom, lors d'une conférence téléphonique avec le patron de Bouygues Martin Bouygues. Cela implique de démonter 3.000 antennes, a-t-il expliqué. Bouygues Telecom compte au total environ 21.500 antennes aujourd'hui sur le territoire national, selon les chiffres du groupe.
"C'est un démontage qui va se traiter sur une période de huit ans" ce qui est "assez raisonnable en terme d'impact financier dans nos résultats opérationnels" , a-t-il précisé. Bouygues est en train de négocier avec l'État une compensation financière pour l'obligation de démonter les antennes existantes Huawei dans les zones très denses, et l'impossibilité d'en installer de nouvelles à ces endroits, a-t-il rappelé.

Pressions américaines

Huawei, numéro deux mondial du téléphone portable et surtout numéro un des équipements 5G, est dans le collimateur des États-Unis qui le soupçonnent d'espionnage potentiel au profit de Pékin. L'administration Trump fait pression sur les pays alliés pour qu'ils renoncent à utiliser ses équipements.
Début juillet, l'agence nationale chargée de la sécurité informatique en France avait fait savoir qu'elle restreindrait fortement les autorisations d'exploitation des opérateurs français partenaires du groupe. Ces derniers avaient alors évoqué la nécessité de démonter leurs équipements actuels en cas d'incompatibilité avec ceux d'autres fabricants.
Dans le détail, Bouygues Telecom, qui n'utilise déjà pas d'antennes Huawei à Paris, ne pourra pas utiliser d'antennes Huawei pour la 5G à Strasbourg, Brest, Toulouse et Rennes , a expliqué l'opérateur. Dans ces villes se trouvent des installations stratégiques pour la France , comme le port militaire et une base de sous-marins nucléaires à Brest, le siège d'Airbus à Toulouse, ou des centres opérationnels clef en cybersécurité à Rennes.
Dans quatre autres villes qu'il n'a pas citées, Bouygues Telecom pourra continuer d'utiliser des antennes Huawei pour la 5G jusqu'en 2023. Pour un autre paquet de neuf villes, le délai est porté à 2025, tandis que sur le reste de la zone très dense, il est porté à 2028. Dans les zones qui ne sont pas des zones très denses, "a priori l'État français n'a pas de contre-indication dans l'usage des équipements Huawei" pour la 5G, a précisé Olivier Rossat.


Edité le 27-08-2020 à 23:19:13 par Xuan




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   Posté le 31-08-2020 à 00:00:21   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La France n'interdira pas Huawei car les relations avec la Chine restent `` stables et matures ''

Par Zhang Han Source: Global Times Publié: 2020/8/29 17:27:07 Dernière mise à jour: 2020/8/29 19:46:09

https://www.globaltimes.cn/content/1199234.shtml


Le conseiller d'État chinois et ministre des Affaires étrangères Wang Yi a rencontré vendredi (heure française) le président français Emmanuel Macron lors de sa tournée européenne en cours et les deux ont discuté d'un large éventail de sujets, notamment le co-développement d'un vaccin COVID-19 et l'engagement de la France de ne pas interdire la société chinoise de technologie Huawei.
Wang a déclaré que la tâche urgente est de redémarrer les échanges bilatéraux dans tous les domaines de manière ordonnée tout en maintenant des mesures régulières de confinement du COVID-19 en place, y compris le renforcement de la coordination et de la coopération dans la recherche et le développement de produits thérapeutiques et de vaccins COVID-19, a rapporté samedi l'agence Xinhua News

Macron a déclaré que la France appréciait vivement l'engagement de la Chine à faire de tout vaccin COVID-19 qu'elle développe un bien public mondial et qu'elle était prête à approfondir la coopération avec la Chine dans la lutte contre le virus et à faire pression pour obtenir plus de résultats dans la coopération bilatérale dans le commerce, l'agriculture et d'autres endroits. Il a également déclaré qu'il avait hâte de se rendre à nouveau en Chine à une date rapprochée.

Après la réunion, Macron a déclaré aux médias que la France n'exclurait pas Huawei de la construction de son réseau 5G, mais favoriserait les fournisseurs européens tels que Ericsson et Nokia, a rapporté samedi Associated Press.

Les analystes chinois ont noté que la France a son propre rythme en matière de politique, de commerce et de diplomatie. Donner la priorité aux fournisseurs 5G dans la région est la réponse de la France à la récente pression des États-Unis, après que le Royaume-Uni ait exclu Huawei de son réseau. L'engagement de Macron montre que le pays ne danse pas toujours sur l'air américain et qu'il n'a pas complètement rejoint son camp anti-Chine, ont-ils déclaré.
Cui Hongjian, directeur du département des études européennes de l'Institut chinois des études internationales, a déclaré samedi au Global Times que les relations commerciales et économiques sont le lien stable du pays avec la Chine et que la France veut également un monde multilatéral et stable comme le fait la Chine, ce qui signifie que les deux pays partagent des bases communes de coopération malgré les conflits dans certains domaines.
Les relations sino-françaises reposent sur une base économique stable et les deux parties veulent ajouter de la stabilité à un monde d'incertitudes et soutenir le multilatéralisme et un système économique fondé sur des règles au milieu de l'unilatéralisme et du protectionnisme américains, a déclaré Cui.
Le commerce Chine-France valait 58,6 milliards de dollars en 2019 et les principaux dirigeants des deux pays ont communiqué étroitement sur la lutte contre l'épidémie et les relations bilatérales au cours des dernières semaines, a rapporté Xinhua.
La position de leader de la Chine dans la recherche et le développement de vaccins à l'échelle mondiale a également contribué à élargir le champ de la coopération bilatérale, a déclaré Cui.

Cui a également noté certains éléments dans les relations Chine-France et Chine-Europe, y compris des changements idéologiques en Europe.
" Il y a une tendance en Europe selon laquelle plus de gens soulèvent des problèmes d'idéologie ou l'utilisent pour différencier ami et ennemi, ce qui contribue aux frictions politiques et est défavorable aux relations sino-françaises ", a déclaré Cui.
La France a été la première à couper ses traités d'extradition avec la Région administrative spéciale de Hong Kong après l'introduction de la loi sur la sécurité nationale pour Hong Kong.
La France et l'Europe sont plus alignées politiquement avec les États-Unis, et l'escalade des tensions sino-américaines a incité les pays européens à devenir plus explicites dans leurs critiques sur des conflits tels que les affaires liées à Hong Kong, a déclaré Cui.

Mais les relations amères avec la Chine vont à l'encontre des intérêts de la France, qui ne tombera pas complètement dans le camp américain, a prédit Cui.
Lors de sa rencontre avec Macon, Wang a déclaré que l'Europe était une force importante dans un monde multipolaire, et que la Chine et l'Europe ont toujours été des partenaires plutôt que des rivaux, leur consensus l'emportant largement sur les différences.
La Chine continuera d'encourager l'Europe à maintenir son indépendance stratégique conformément à ses propres intérêts fondamentaux et à long terme et à renforcer la coopération pratique avec l'Europe, ont déclaré des analystes.


Edité le 31-08-2020 à 23:41:05 par Xuan




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Sans Huawei, Bouygues Telecom et Free en difficulté sur la 5G

Télécom Par Olivier le 05 septembre 2020 à 11h00
https://www.journaldugeek.com/2020/09/05/sans-huawei-bouygues-telecom-et-free-en-difficulte-sur-la-5g/

Le déploiement de la 5G en France s’annonce compliqué. Alors que le pays est en retard par rapport à ses voisins européens, la quasi-interdiction d’utiliser des équipements Huawei est un obstacle supplémentaire pour les opérateurs.

Alors que les enchères pour obtenir les précieuses fréquences 5G devraient avoir lieu avant la fin du mois, c’est le branle-bas de combat chez Bouygues Telecom. L’opérateur est en effet très dépendant des équipements Huawei, utilisés pour déployer son réseau 3G et 4G. Il comptait bien s’appuyer sur l’existant pour le développement de son futur réseau 5G.

L’ANSSI veille au grain
Mais l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations (l’ANSSI) a mis le holà. Dans une décision rendue publique début juillet, l’organisme n’interdit pas complètement Huawei, mais les opérateurs qui voudront utiliser du matériel provenant de l’équipementier chinois devront demander des autorisations d’exploitation limitées à huit ans. Et ces autorisations ne seront pas renouvelées…

Pour les opérateurs, il n’y a donc aucun intérêt à s’équiper chez Huawei, puisqu’il faudra remplacer le matériel d’ici 2028, ce qui veut dire démanteler les antennes du constructeur. Bouygues Telecom a toutefois l’intention de se battre, selon L’Expansion : l’opérateur devrait saisir le conseil d’État pour faire annuler le décret qui s’oppose aux équipements Huawei. La tentative pourrait aboutir dans un sens, celui de Bouygues, comme dans celui de l’ANSSI.

Mais en attendant la décision de l’autorité, l’affaire hypothèque le déploiement du réseau 5G de Bouygues qui ne sait pas sur quel pied danser. L’ANSSI a également barré la route du matériel Huawei à Free. L’opérateur n’a pas obtenu le feu vert de l’Agence pour déployer des équipements du constructeur pour son propre réseau.

Free a déploré ce que Thomas Reynaud, le directeur général d’Iliad, qualifie de « différence de traitement ». Malgré les limites imposées aux équipements Huawei, Bouygues Telecom ainsi que SFR ont pu décrocher le feu vert de l’ANSSI. Il s’agit d’une « rupture d’égalité » pour Free. Les premiers forfaits 5G pour le grand public doivent normalement être lancés avant la fin de l’année, mais ces difficultés pourraient repousser le lancement effectif du nouveau réseau.

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   Posté le 06-09-2020 à 06:50:03   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La visite de Wang Yi est considérée comme un échec par la presse bourgeoise.
Le Monde, Libé et la plupart des médias ne manquent pas de s'en féliciter. Par exemple Le monde titre "l'Europe ne se laisse plus séduire par Pékin".
Et la campagne contre la loi sur la sécurité à Hong Kong reprend de plus belle avec un soutien appuyé des européens.
Les pays européens veulent affirmer par ces positions leur "indépendance" envers les grandes puissances. En fait ils ne sont absolument pas "indépendants" de l'hégémonisme et participent activement à sa campagne de propagande.

Sur le fond, les gouvernements européens ont approuvé le principe du multilatéralisme mais n'ont modifié aucune disposition sur la 5G.

En fait il est probable qu'ils attendent de savoir à quelle sauce ils seront mangés par les USA et le résultat est clair : le rejet de Huawei entrave le développement de la 5G et coûte beaucoup d'argent aux opérateurs.
L'hégémonisme devient ici un obstacle au progrès technologique et au développement des forces productives, comme un couvercle sur la marmite.

D'autre part il est clair que l'Europe veut affirmer son "indépendance", mais dans la situation actuelle de guerre froide tous azimuts il n'y a aucune indépendance possible parce que cette guerre annexe aussi la sphère diplomatique et que les USA se servent de leurs alliés comme de petits soldats : s'ils ne marchent pas au pas les sanctions tombent.
On peut comparer cette attitude avec celle des munichois avec une différence, dans le sens où l'hégémonisme US domine déjà l'UE. Elle n'a aucun avenir, "l'indépendance" aboutit à se plier aux desiderata des USA.

Dans le même temps la position "indépendante" existe aussi dans les rangs des communistes et marxistes-léninistes, où certains continuent de mettre les USA et la Chine dans le même sac impérialiste. Dans un cas comme dans l'autre il n'y a aucune indépendance possible et personne ne peut rester sur la touche. La guerre des USA contre la Chine Populaire ne peut qu'envahir davantage l'horizon et forcer chacun à soutenir un camp ou l'autre.


Edité le 06-09-2020 à 08:44:41 par Xuan




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   Posté le 14-09-2020 à 13:43:52   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Xi rencontre les dirigeants européens lundi


Par Leng Shumei et Li Xuanmin Source: Global Times Publié: 2020/9/13 21:23:40
https://www.globaltimes.cn/content/1200755.shtml

Conférence VIdeo pour ouvrir la voie au sommet de l'UE: experts

Le président chinois Xi Jinping doit assister lundi à une vidéoconférence avec les dirigeants européens, la deuxième réunion de ce type entre les dirigeants chinois et européens en deux mois.

Le Premier ministre chinois Li Keqiang participera mardi au Forum économique mondial (WEF).

La participation active des dirigeants chinois à la coopération internationale indique que le rythme de la Chine dans la promotion de la coopération internationale n'a pas été entravé par les interruptions des États-Unis, qui sont devenues une grande menace pour l'internationalisation et la stabilité mondiale.

Lors de la vidéoconférence de lundi, M. Xi rencontrera le président du Conseil européen Charles Michel, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et la chancelière allemande Angela Merkel pour discuter des relations Chine-UE et des questions d'intérêt commun, Zhang Ming, chef de la Mission chinoise auprès de l'UE, a déclaré aux médias lors d'un briefing vendredi.

Ce type de réunion est le premier du genre dans l'histoire. Nous espérons que cela contribuera à accroître la confiance politique, à renforcer la coopération pratique, à envoyer un signal positif indiquant que la Chine et l'UE soutiennent conjointement le multilatéralisme et le libre-échange et favorisent la reprise économique, a déclaré Zhang.

Malgré la pandémie COVID-19, qui sévit toujours dans le monde, la communication entre la Chine et l'UE n'a pas cessé. Xi et Li, ainsi que d'autres dirigeants chinois ont maintenu des contacts étroits avec leurs homologues européens par le biais d'appels téléphoniques et de correspondance, a noté Zhang.
Le sommet par liaison vidéo enverra un signal clair de confiance sur la négociation du traité bilatéral d'investissement Chine-Europe (TBI), ou dans un contexte plus large, que les deux économies partagent une base solide pour approfondir la coopération à l'ère post-virus. , ont déclaré les observateurs.

"La réunion est d'une grande importance dans le contexte de la répression menée par Washington contre Pékin et à l'approche de l'élection présidentielle américaine. Elle montre que la Chine et l'Europe cherchent à être indépendantes de la pression américaine, jetant ainsi les relations Chine-Europe de leur propre point de vue et en fonction de leur propre rythme » , a déclaré dimanche Cui Hongjian, directeur des études européennes à l'Institut chinois des études internationales.
La Chine et l'Europe s'uniront pour défendre le multilatéralisme, ce qui pourrait aider à dissiper les inquiétudes entourant la nouvelle idéologie de la guerre froide et le découplage. Une relation stable Chine-Europe aidera également l'économie mondiale à naviguer dans les eaux inexplorées à l'ombre de la pandémie COVID-19, selon Cui.
Les analystes prévoient que la vidéoconférence ouvrira la voie au sommet de l'UE, auquel les dirigeants chinois devraient participer et où de gros accords entre les deux économies devraient être signés.

Cette année marque le 45e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques Chine-UE et est décrite par beaucoup comme une année charnière dans les relations Chine-UE.

Le Premier ministre Li Keqiang participera mardi au Dialogue virtuel spécial du WEF avec les chefs d'entreprise mondiaux, a annoncé vendredi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian.
Il prononcera un discours et discutera avec les chefs d'entreprise présents à la réunion, a déclaré Zhao.

Les efforts continus et actifs de la Chine pour promouvoir la coopération internationale dans l'ère post-pandémique sont vitaux pour que l'économie mondiale se remette de la catastrophe, tandis que les États-Unis ont continué à s'opposer à la tendance à l'internationalisation en promouvant plutôt le protectionnisme et l'unilatéralisme, Li Haidong, professeur à l'Institut des relations internationales de l'Université des affaires étrangères de Chine, a déclaré dimanche au Global Times.

Les échanges prospères entre la Chine et d'autres pays indiquent que le rythme de la coopération internationale de la Chine n'a pas été affecté alors que les États-Unis encouragent l'unilatéralisme et le protectionnisme, a déclaré Li Haidong.

Sommet prometteur

Le sommet de l'UE était initialement prévu pour septembre à Leipzig, en Allemagne, mais a été reporté en raison de l'épidémie de COVID-19.
"Malgré l'absence de réunions physiques en raison de la pandémie, la réunion vidéo est un moyen pour les deux parties de continuer à communiquer, de réduire les malentendus et de consolider la confiance politique. Elle créera les conditions pour des réunions en personne plus tard ", a noté M. Cui. .

Le sommet mettra en œuvre plusieurs priorités, dont l'une est de faciliter le TBI et de garantir que sa négociation soit achevée d'ici la fin de 2020 - comme précédemment prévu par de hauts responsables, ont déclaré des analystes.
Des pourparlers sur l'accord ont été lancés en 2013 et il y a eu plus de 30 cycles de négociations depuis lors.
Le conseiller d'État chinois et ministre des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré début septembre que les négociations du TBI Chine-UE étaient entrées dans la phase finale et que les deux parties devaient redoubler d'efforts et prendre des "décisions politiques" si nécessaire pour résoudre les problèmes persistants dès que possible et garantir son achèvement comme prévu.
"Les deux parties sont parvenues à un consensus sur les questions les plus techniques. Au cours de la vidéoconférence, les responsables des deux parties aborderont certains désaccords persistants sur des questions telles que les subventions revendiquées aux entreprises publiques", a déclaré Cui.

Les analystes ont noté que tout au long de la réunion, la Chine et le bloc de l'UE s'engageront à renforcer la coopération sur les questions commerciales et économiques, en garantissant en particulier une chaîne d'approvisionnement stable et en empêchant le découplage industriel dans le contexte du redémarrage de l'économie dans la période post-virus.
"La Chine et l'Europe pourraient également élargir leur coopération dans la construction conjointe d'une économie verte et numérique, une direction vers laquelle le bloc de l'UE a transité" , a noté M. Cui.

La coopération soutient la stabilité

Il est important pour la Chine et les entreprises chinoises de renforcer la coopération avec leurs homologues étrangers, ce qui profitera au développement mondial et aidera à maintenir l'ordre international sous l'interruption des États-Unis, a noté Li Haidong.
Les États-Unis sont devenus une grande menace pour la stabilité et la sécurité mondiales. Il veut isoler la Chine du monde, mais il n'y parviendra pas, a déclaré Li.

La Chine, un pays qui a mené le monde dans la lutte contre l'épidémie du nouveau coronavirus et la reprise de la production, ne sera pas affectée par les interruptions externes, mais n'embrassera le monde que plus activement et ouvertement dans l'ère post-pandémique, ont déclaré des analystes chinois.


Edité le 14-09-2020 à 13:44:23 par Xuan




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Xi Jinping : la Chine et l'UE doivent adhérer aux quatre principes afin de promouvoir leurs relations


French.xinhuanet.com | Publié le 2020-09-14 à 21:40 http://french.xinhuanet.com/2020-09/14/c_139367866.htm
BEIJING, 14 septembre (Xinhua) -- Le président chinois Xi Jinping a déclaré lundi que la Chine et l'Union européenne (UE) devaient adhérer à la coexistence pacifique, à l'ouverture et à la coopération, au multilatéralisme, ainsi qu'au dialogue et à la consultation pour le développement sain et stable de leurs relations.

M. Xi a fait ces remarques en co-présidant une réunion des dirigeants Chine-Allemagne-UE à Beijing par liaison vidéo avec la chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l'UE, le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Notant que la pandémie de COVID-19 accélère des changements inédits en un siècle et que l'humanité est à une nouvelle croisée des chemins, M. Xi a appelé la Chine et l'UE à promouvoir sans relâche le développement sain et stable du partenariat stratégique global entre la Chine et l'UE.

________________


"Les dirigeants chinois et européens ont convenu lundi que les deux parties mettront en place des dialogues de haut niveau sur l'environnement et le climat ainsi que sur l'espace numérique. La décision a été prise lors d'un sommet virtuel entre les dirigeants chinois, allemands et européens." [communiqué Global Times]


Edité le 15-09-2020 à 07:24:14 par Xuan




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   Posté le 15-09-2020 à 08:16:19   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Visiblement le message ne passe pas
https://www.francetvinfo.fr/monde/chine/l-union-europeenne-veut-envoyer-des-observateurs-independants-au-xinjiang-ou-les-autorites-chinoises-sont-soupconnees-de-persecuter-la-minorite-ouighoure_4105993.html

"L'Union européenne a proposé, lundi 14 septembre, à la Chine l'envoi d'"observateurs indépendants" dans la province chinoise du Xinjiang, où Pékin est accusé d'orchestrer une persécution de grande ampleur contre la minorité musulmane ouïghoure, a indiqué le président du Conseil européen, Charles Michel. "Nous réitérons nos préoccupations sur le traitement par la Chine des minorités au Xinjiang et au Tibet, ainsi que sur le sort réservé aux défenseurs des droits de l'Homme et des journalistes" , a déclaré Charles Michel à la presse à l'issue d'une vidéoconférence avec le président chinois Xi Jinping..."

L'UE continue de s'ingérer dans les affaires chinoises.

En ce qui concerne la question des droits de l'homme, Xi Jinping a souligné qu'il n'y a pas de voie universelle de développement des droits de l'homme dans le monde. Les pays doivent d'abord faire leur propre travail. L'UE peut résoudre ses propres problèmes de droits de l'homme. La Chine n'accepte pas d'avoir un "enseignant" sur les droits de l'homme comme et s'oppose aux "doubles standards".


La Chine s'oppose fermement à l'ingérence de tout pays dans ses affaires intérieures (Xi Jinping)


French.xinhuanet.com | Publié le 2020-09-15 à 09:28 http://french.xinhuanet.com/2020-09/15/c_139368992.htm
BEIJING, 15 septembre (Xinhua) -- Le président chinois Xi Jinping a déclaré lundi à Beijing que la Chine s'oppose fermement à toute personne ou force créant de l'instabilité, de la division ou des troubles en Chine, et que le pays s'oppose fermement à l'ingérence de tout pays dans ses affaires intérieures.

Il a souligné cette position lors d'une réunion par liaison vidéo avec la chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l'UE, le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

M. Xi a clarifié la position de principe de la Chine sur les questions liées à Hong Kong et au Xinjiang, soulignant que l'essence de ces questions est de sauvegarder la souveraineté nationale, la sécurité et l'unité de la Chine, et de protéger les droits des personnes de tous les groupes ethniques en Chine à vivre et à travailler en paix.


Edité le 15-09-2020 à 12:59:47 par Xuan




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   Posté le 15-09-2020 à 23:29:56   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les médias européens se déchaînent sur les "droits de l'homme" en sachant pertinemment que la Chine ne tolérera aucune ingérence sur ses affaires intérieures au nom des droits de qui que ces soit.
Par conséquent aucune expertise "indépendante" ne sera acceptée, sauf une visite officielle dûment encadrée comme ce fut le cas pour la Turquie au Xinjiang.

Xi a défini les rails sur lesquels doit se poursuivre la concertation :
>coexistence pacifique (dont la non ingérence)
>coopération ouverte
>multilatéralisme
>dialogue et consultation

C'est donc à l'Europe de choir entre la coopération économique ou la confrontation.
Malgré tout le bruit médiatique l'UE devra changer de ton si elle veut se sortir de la crise.



Xi appelle à des liens solides avec l'Europe

Par Yang Sheng, Wang Cong et Deng Xiaoci Source: Global Times Publié: 2020/9/14 23:43:40 Dernière mise à jour: 2020/9/14 23:56:21
https://www.globaltimes.cn/content/1200887.shtml

Un sommet virtuel montre à la Chine et à l'UE qu'il faut se concentrer sur la coopération, sur les différences

Les dirigeants chinois, allemands et européens ont réaffirmé qu'ils renforceraient davantage la coopération du commerce à la lutte contre l'épidémie lors d'un sommet virtuel lundi, envoyant ce que les experts appellent un signal retentissant que les parties restent déterminées à poursuivre un engagement pragmatique plutôt que des différences, comme certains responsables et experts aux États-Unis le conseillent activement.

Lors de la réunion avec les dirigeants allemands et européens, le président chinois Xi Jinping a souligné que la Chine et l'UE devaient respecter quatre engagements, à savoir la coexistence pacifique, la coopération ouverte, le multilatéralisme, ainsi que le dialogue et la consultation , afin de promouvoir un développement sain de liens bilatéraux.

Les dirigeants chinois et européens ont déclaré leur engagement à accélérer les négociations du traité bilatéral d'investissement Chine-UE afin d'atteindre l'objectif de conclure les négociations dans le courant de cette année.

Les dirigeants ont annoncé la signature officielle de l'accord Chine-UE sur les indications géographiques. Ils ont également décidé d'établir un dialogue de haut niveau Chine-UE sur l'environnement et le climat et un dialogue de coopération numérique de haut niveau Chine-UE, et de forger des partenariats verts et numériques Chine-UE.

La réunion virtuelle devrait donner un élan à la coopération Chine-Europe, en particulier dans les domaines économique et commercial, et apporter la confiance dont a désespérément besoin une économie mondiale frappée non seulement par une pandémie mondiale, mais aussi par des tensions géopolitiques et commerciales créées par un gouvernement américain de plus en plus destructeur, Les experts chinois ont dit.

Coopération sur les différends

Xi a rencontré la chancelière allemande Angela Merkel, le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen par liaison vidéo. La réunion était la deuxième réunion de haut niveau entre la Chine et l'Europe en trois mois et faisait également suite à une série d'engagements diplomatiques entre les deux parties depuis le déclenchement du COVID-19. Xi a rencontré Michel et von der Leyen le 22 juin par liaison vidéo.

Parmi les résultats significatifs du sommet figurait une réaffirmation des dirigeants qu'ils achèveraient les négociations pour un traité bilatéral d'investissement (TBI) d'ici la fin de l'année. L'accord, une fois signé, devrait élargir considérablement le marché de chacun et offrir une plus grande protection.

Ils ont également convenu de mettre en place des dialogues de haut niveau pour l'environnement et le climat ainsi que le domaine numérique, signalant que les deux parties élargissent encore leurs domaines de coopération, alors que les États-Unis se sont retirés de l'Accord de Paris sur le changement climatique et font constamment pression pour des affrontements dans le domaine numérique avec des mesures de répression contre les entreprises technologiques chinoises.

Au cours de la réunion, M. Xi a noté que la pandémie de COVID-19 avait accéléré les transformations qui se déroulaient une fois en un siècle dans le monde et placé l'humanité à un nouveau carrefour. Il est important que la Chine et l'UE restent déterminées à poursuivre une croissance saine et régulière de leur partenariat stratégique global.

Alors que la Chine et l'UE ont maintenu des interactions diplomatiques étroites pendant la pandémie qui fait rage, elles ont également eu des divergences sur plusieurs fronts, notamment Hong Kong, le Xinjiang et la 5G.

Au cours du sommet virtuel, M. Xi a clarifié la position de la Chine sur les affaires de Hong Kong et du Xinjiang, affirmant que ces affaires sont le droit de la Chine de défendre sa souveraineté, sa sécurité et son unité, et que la Chine s'oppose fermement à toute personne et à toute force qui sème l'instabilité, la sécession et les troubles en Chine. et interfère dans les affaires intérieures de la Chine.

Concernant les droits de l'homme, M. Xi a souligné qu'il n'y avait pas de voie de développement unique et qu'il n'y avait pas de protection des droits de l'homme meilleure que les autres mais seulement une meilleure protection, et que tous les pays devraient d'abord s'occuper de leurs propres affaires. La Chine n'accepte pas un "prédicateur des droits de l'homme" et s'oppose au double standard.


Sur le front économique, M. Xi a déclaré que la Chine suivait de près les tendances récentes dans l'UE en ce qui concerne la 5G, les examens des investissements étrangers, les marchés publics et d'autres domaines, et espère que l'UE maintient un marché ouvert des investissements et du commerce.

Wang Yiwei, directeur du Centre d'études européennes de l'Université Renmin de Chine à Pékin, a déclaré lundi au Global Times que de nombreux investissements de la Chine et son influence économique croissante en Europe avaient amené certaines forces conservatrices de l'UE à dire que la Chine et l'UE sont en conflit, la Chine doit donc souligner la sincérité et l’importance de la «coexistence pacifique».

"La montée du protectionnisme et de l'unilatéralisme, en particulier aux États-Unis, menace la stabilité de la situation internationale et la reprise économique mondiale. La Chine et l'UE, en tant que grandes puissances chargées de stabiliser la situation internationale, partagent des intérêts communs pour défendre l'ouverture et la coopération, ainsi que le multilatéralisme » , a déclaré Wang.

L'UE et la Chine ont également des divergences sur certains sujets sensibles, comme les affaires du Xinjiang et de Hong Kong. Ainsi, les deux parties devraient insister sur le dialogue et les consultations, plutôt que sur la confrontation qui amplifierait ces différences et perturberait la coopération, a noté Wang.

Lors du sommet virtuel de lundi, la Chine et l'UE ont également conclu un accord historique sur la protection des indications géographiques de 100 de leurs produits respectifs, le premier accord majeur entre les deux parties. Devant entrer en vigueur au début de 2012, l'accord sera élargi pour couvrir 175 noms d'IG supplémentaires des deux côtés d'ici quatre ans.

"La signature de l'accord est d'une grande importance et marque les progrès accomplis dans la coopération commerciale Chine-UE, car un tel accord montre une conscience accrue de la protection de la propriété intellectuelle et une reconnaissance mutuelle des valeurs culturelles et historiques derrière les IG" , Cui Hongjian, directeur of EU Studies à l'Institut chinois d'études internationales, a déclaré lundi au Global Times.

Rejet de l'ingérence américaine

Le moment choisi pour ce sommet Chine-UE - quelques semaines à peine avant les élections américaines - montre que les décideurs politiques de Pékin et de Bruxelles sont déterminés à conclure des accords de manière indépendante, et les problèmes spécifiques persistants pendant les négociations ne font que prouver la sincérité authentique de la les deux, nota Cui.

Il n'a pas encore exclu la possibilité que certains politiciens attachants des États-Unis dans l'UE attendent que Joe Biden remporte les élections et se préparent à s'aligner avec la nouvelle administration Biden sur la gestion de la Chine, et ils ont tendance à lancer des demandes déraisonnables et à retarder délibérément les négociations. , Avertit Cui.

Alors même qu'ils se battent avec l'Europe sur plusieurs fronts, du commerce à l'armée, et que son président gronde à plusieurs reprises l'Europe dans un large éventail de domaines, de l'immigration à l'approvisionnement énergétique, les États-Unis cherchent également à se mêler des relations Chine-Europe. Le mois dernier, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo s'est rendu en Europe pour ce que certains experts chinois ont appelé un voyage de mensonges et de peur au-dessus de la Chine.

Les experts chinois ont déclaré que la Chine et l'UE étaient victimes de l'unilatéralisme américain, et c'est pourquoi les dirigeants des deux parties ont convenu de construire conjointement le partenariat sur les questions de protection de l'environnement et du changement climatique, ainsi que sur la coopération numérique.

Alors que les États-Unis sont embourbés dans une série de crises allant de la pire épidémie du COVID-19, à des troubles sociaux constants, à une économie vacillante, la Chine et l'UE sont désireuses d'accélérer le processus de reprise après la pandémie et de relancer la leur. économies - un autre intérêt commun qui, selon les experts, pourrait amener les deux parties à coopérer.

Au cours des huit premiers mois de l'année, les échanges commerciaux de la Chine avec l'UE ont augmenté de 1,4% en glissement annuel pour atteindre 2,81 billions de yuans (411,95 milliards de dollars), selon les données officielles chinoises. Bien que cela soit inférieur au commerce entre la Chine et l'ASEAN, qui a augmenté de 7% à 2,93 billions de yuans, il est toujours plus élevé que le commerce entre la Chine et les États-Unis, qui a chuté de 0,4% à 2,42 milliards de yuans.

En outre, au deuxième trimestre de l'année, la Chine a dépassé les États-Unis en tant que plus grand marché d'exportation de l'Allemagne, les exportations allemandes vers la Chine atteignant 23 milliards d'euros (27,25 milliards de dollars).

Les analystes chinois ont déclaré que l'interdépendance et la complémentarité des relations commerciales Chine-UE seraient importantes pour que les deux parties réalisent une reprise économique dans l'ère post-pandémique.

Mais les différences entre les deux parties pourraient également avoir un impact sur la coopération, et l'UE continue de surveiller le développement de la Chine.La Chine doit donc également être préparée à des changements dans les relations Chine-UE, ont déclaré des analystes.

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La Chine organise une visite au Xinjiang pour des diplomates de l'UE: FM

Source: Global Times Publié: 2020/9/15 19:07:54

https://www.globaltimes.cn/content/1200978.shtml


La Chine a accepté et organisera la visite des diplomates de l'Union européenne (UE) en Chine dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, en réponse à la demande des diplomates, a annoncé mardi le ministère chinois des Affaires étrangères.

Wang Wenbin, porte-parole du ministère, a déclaré lors d'une conférence de presse mardi que sur les questions du Xinjiang, la Chine accueillait toujours des amis d'autres pays, y compris des pays européens, pour jeter un coup d'œil au Xinjiang et connaître la situation réelle sur le terrain, au lieu de s'appuyer sur des ouï-dire ou des mensonges délibérément fabriqués.
Il a souligné que toute enquête sur des questions liées au Xinjiang basée sur une présomption de culpabilité est fermement refusée.
Les remarques de Wang étaient en réponse aux responsables de l'UE '

Wang a déclaré que la Chine avait publié lundi un communiqué de presse détaillé lors d'un sommet virtuel des dirigeants chinois, allemands et européens. Sur la question des droits de l'homme, le président chinois Xi Jinping a souligné qu'il n'y avait pas de voie unifiée vers le développement, qu'il n'y avait pas de meilleure protection des droits de l'homme mais seulement une meilleure protection, et que tous les pays devraient d'abord s'occuper de leurs propres affaires. La Chine n'accepte pas un "prédicateur des droits de l'homme" et s'oppose au double standard.

Xi a également clarifié la position de la Chine sur les affaires de Hong Kong et du Xinjiang, affirmant que de telles affaires sont le droit de la Chine de défendre sa souveraineté, sa sécurité et son unité, et que la Chine s'oppose fermement à toute personne et à toute force qui sème l'instabilité, la sécession et les troubles en Chine, et interfère dans Affaires intérieures de la Chine.

Wang a déclaré que la Chine était prête à renforcer les échanges et à faire des progrès communs avec l'UE sur le principe du respect mutuel.
Wang a déclaré que la réunion avait également abordé les questions relatives aux droits de l'homme au sein de l'UE, telles que le problème prolongé des réfugiés, la montée du racisme, de l'extrémisme et des minorités ethniques dans certains États membres de l'UE, et de fréquentes remarques anti-juives, anti-musulmanes et anti-noires, et des incidents vicieux.

L'UE a reconnu ses propres problèmes et espère avoir un dialogue avec la Chine sur la base du principe d'égalité et de respect, améliorer la compréhension mutuelle et gérer correctement les différences, a déclaré Wang.

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   Posté le 16-09-2020 à 09:48:31   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La Chine et l'Europe choisissent la coopération plutôt que les différences: éditorial du Global Times


Source: Global Times Publié: 2020/9/15 21:51:24
https://www.globaltimes.cn/content/1201000.shtml

Un sommet entre les dirigeants chinois, allemands et européens s'est tenu lundi par vidéoconférence. Selon le briefing de la partie chinoise, le sommet a atteint un certain nombre de résultats, notamment l'objectif de conclure les négociations sur le traité bilatéral d'investissement Chine-UE dans l'année. Les informations officielles de l'Allemagne et de l'UE ont également porté sur la coopération.

Mais l'opinion publique européenne a souligné les différences entre les deux côtés, qui reflètent l'état normal de l'Europe.

Les différences idéologiques entre la Chine et l'Europe existent depuis longtemps. Pourtant, les deux parties continuent d'étendre leur coopération et leurs interactions. Telle est la tendance générale des relations Chine-Europe. Le désir des deux côtés de continuer à renforcer la tendance est réel. C'est un souhait non seulement au niveau national, mais aussi de leurs entreprises.

Les enquêtes menées par la Chambre de commerce de l'Union européenne en Chine et la Chambre de commerce chinoise auprès de l'UE montrent que si la Chine élargit encore son accès au marché et que l'Europe améliore encore son environnement commercial, les entreprises des deux côtés sont prêtes à investir davantage les unes dans les autres.

La coopération économique et commerciale est la partie la plus importante et la plus stimulante des relations sino-européennes. Elle peut constituer une formidable force motrice pour les échanges interpersonnels et culturels, qui à leur tour favorisent la compréhension mutuelle et la tolérance entre les deux parties. La coopération économique et commerciale entre la Chine et l'Europe pourrait être considérée comme bien développée. La Chine a dépassé les États-Unis en tant que plus grand marché d'exportation de l'Allemagne au deuxième trimestre de 2020 et est depuis longtemps devenue le plus grand marché de la mode de certains pays européens en dehors de l'UE.

Les différends les plus courants entre la Chine et l'Europe concernent les droits de l'homme et dans des domaines pertinents, tels que les affaires liées au Xinjiang et au Tibet, et la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong. Mais il faut souligner que de tels affrontements concernant les droits de l’homme sont ambigus. Il est vrai qu'il existe des différences en matière de droits de l'homme entre les deux parties. Pourtant, la partie inexacte est que ces différends ont été gravement exagérés. Ils ont été transformés en affrontements politiques, même comme monnaie d'échange pour faire pression sur la Chine, dans le but de faire concéder cette dernière sur les questions économiques et commerciales.

La société chinoise a absorbé une partie des concepts occidentaux des droits de l'homme. Aujourd'hui, la Chine accorde une grande attention à l'amélioration des moyens de subsistance des populations et chérit chaque vie pendant sa lutte contre l'épidémie. Cela a-t-il eu un impact sur l'Europe? Alors que la Chine réduit son écart avec l'Occident en matière d'industrialisation, les échanges sur les droits de l'homme seront un processus pour apprendre les uns des autres. L'époque où l'Occident pouvait facilement sermonner la Chine est révolue.

L'Europe considère les affaires liées au Xinjiang et à Hong Kong comme des questions de droits de l'homme, mais les 1,4 milliard de Chinois ne le pensent pas. Ils pensent que le Xinjiang a dû prendre les mesures les plus strictes pour éliminer le terrorisme et l'extrémisme dont il souffrait autrefois gravement. La société chinoise s'oppose également fermement à certaines forces qui se sont efforcées de transformer le haut degré d'autonomie de Hong Kong en indépendance, ou de retirer Hong Kong de la juridiction du gouvernement central chinois et de le faire tomber dans l'étreinte des États-Unis et du Royaume-Uni. .

La Chine est un pays si vaste que la complexité de sa gouvernance interne lors de son processus de modernisation est inimaginable pour les Européens. L'opinion publique européenne devrait respecter les intérêts des 1,4 milliard de Chinois ainsi que leur compréhension et leurs émotions envers les affaires de la Chine. Les Européens doivent être clairs sur le fait que les politiques chinoises sur le Xinjiang et Hong Kong ne sont pas seulement la décision du gouvernement chinois, mais aussi le choix du peuple chinois.

Si les Européens ont des vues raisonnables sur les affaires du Xinjiang et de Hong Kong, le peuple chinois ne les rejettera pas. Mais si certaines forces en Europe tentent de forcer la Chine à se comporter comme elles le souhaitent, elles peuvent simplement l'oublier. Quels que soient les dommages qu'elle pourrait causer aux relations Chine-UE, la Chine ne fera jamais de concessions sur ses principes.

Si la Chine demande à l'Europe de résoudre ses problèmes de migration, offre des solutions à des pays comme la France, l'Espagne et le Royaume-Uni pour faire face aux mouvements séparatistes, et exige que l'Europe fasse face à l'épidémie de COVID-19 de certaines manières spécifiques, car réduire les infections et les décès est une question cruciale des droits de l'homme pour la Chine, l'Europe l'accepterait-elle? Les Européens se sentiraient-ils offensés?

Il ne faut jamais trop politiser la coopération qui s'impose entre les sociétés chinoise et européenne. On espère que la Chine et l'UE pourront se respecter mutuellement et obtenir des résultats gagnant-gagnant grâce à la coopération. Cela devrait l'emporter sur les préoccupations ou les projets insignifiants.

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   Posté le 16-09-2020 à 20:27:18   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Taïwan, nouvelle pomme de discorde entre la Chine et l’Union européenne


Extrait de https://fr.sputniknews.com/international/202009161044440202-taiwan-nouvelle-pomme-de-discorde-entre-la-chine-et-lunion-europeenne/

Neuf experts et parlementaires européens ont appelé Bruxelles à soutenir Taïwan face à Pékin. Mais l’UE a-t-elle réellement les moyens de sa puissance?
Décryptage des enjeux avec Gérard Chaliand, géopolitologue, et Michel Jan, spécialiste de la Chine.

Le texte n’a pas fait grand bruit au-delà des cercles initiés, mais il illustre le virage politique chez les Vingt-Sept. Le 14 septembre, tandis que les Européens négociaient avec la Chine un accord sur les investissements, un collectif de neuf députés et experts européens signait une tribune dans Le Monde appelant Bruxelles à «revoir sa “politique d’une seule Chine” et à soutenir Taïwan» .
Parmi eux, trois Français: Raphaël Glucksmann, en pointe dans la dénonciation du traitement infligé aux Ouïghours, Nathalie Loiseau, tête de liste LREM aux dernières européennes, et François Godement, éminent spécialiste de l’Empire du Milieu à l’Institut Montaigne.
[...]
Mais la «rupture politique et économique» évoquée par le texte est-elle vraiment réaliste? Si Gérard Chaliand salue «une déclaration d’intention louable», il note cependant les faiblesses intrinsèques de l’Union européenne: «Nous n’avons pas la cohésion nécessaire pour peser». Il s’agirait donc d’un «vœu pieux».

«Ils ont autant de moyens de nous nuire en rétorquant, que nous de les gêner sur le plan des échanges économiques. On irait s’engager dans une histoire qui nous coûterait cher pour un jeu qui pour nous n’est pas essentiel.» ...



Edité le 16-09-2020 à 20:28:36 par Xuan




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   Posté le 18-09-2020 à 19:51:22   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le Diplo de septembre publie un article sur la politique étrangère de la France et le courant atlantiste depuis plusieurs mandats présidentiels.
Je souligne certains passages, on note que derrière la ligne néocon française se trouvent le MEDEF et la hiérarchie militaire.
Ce qui laisse deviner que l'oppression US sur les "alliés" occidentaux peut entraîner l'échec de cette ligne.
Mais pour l'instant c'est l'hésitation qui domine


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Qui pilote vraiment le Quai d’Orsay ?
Emmanuel Macron et l’« État profond »


Respecter les alliances sans s’aligner sur les États-Unis : la voie diplomatique singulière de la France tracée par le général de Gaulle a été poursuivie jusqu’à la présidence Chirac. Elle fut ensuite abandonnée par MM. Sarkozy et Hollande avec l’arrivée au Quai d’Orsay de diplomates néoconservateurs. M. Macron affirme vouloir renouer avec l’héritage gaullien, notamment vis-à-vis de la Russie, mais sans vraiment s’en donner les moyens.

par Marc Endeweld

En cette rentrée 2019, le président Emmanuel Macron décide de surprendre ses diplomates. Les accueillant à l’Élysée pour la traditionnelle « conférence des ambassadeurs et des ambassadrices » , il dénonce l’existence d’un « État profond » au Quai d’Orsay : « Alors je sais, comme diraient certains théoriciens étrangers, nous avons, nous aussi, un État profond, explique soudainement M. Macron. Et donc, parfois, le président de la République dit des choses, et puis la tendance collective pourrait être de dire : “Il a dit ça, mais enfin nous on connaît la vérité, on va continuer comme on a toujours fait.” » Puis il avertit qu’il ne faut pas « suivre cette voie » (1). Immédiatement, quelques rires gênés fusent de l’assistance : ces hauts fonctionnaires, qui se comportent comme les aristocrates de la République, ne sont guère habitués à se faire malmener de la sorte. De fait, cette démonstration d’autorité — certains y voient un aveu de faiblesse — n’est pas du goût de tous : « Cette déclaration a été très mal prise au Quai » , nous confie l’un des diplomates présents.

Aujourd’hui avocat au cabinet August Debouzy, situé dans le « triangle d’or » parisien (2), à deux pas des banques d’affaires Rothschild et Lazard, M. Pierre Sellal connaît bien le Quai d’Orsay pour en avoir été le secrétaire général de 2009 à 2014. Il fut aussi, longtemps, le représentant permanent de la France auprès de l’Union européenne et dit ne pas comprendre la formule employée par M. Macron : « J’ai été un peu étonné par la référence à l’État profond. Le Quai est l’administration la plus loyale qui soit et la plus profondément régalienne. Il existe un continuum entre les ambassadeurs et le président de la République. La politique étrangère, c’est la parole de l’État, celle du président de la République. » Sous la Ve République, le président, désigné chef des armées, a également pris en main la politique étrangère, donnant naissance à ce qu’on appelle son « domaine réservé » en matière de diplomatie et de défense. Toutefois, un bon spécialiste du Quai, Christian Lequesne, professeur au Centre de recherches internationales de Sciences Po, rappelle que « les diplomates ont recours à des méthodes indirectes de résistance visant à sabrer en laissant traîner les choses (3) » .

Une semaine avant cette mise au point présidentielle, M. Macron accueillait le président russe Vladimir Poutine au fort de Brégançon, résidence d’été des présidents français située dans le Var. Une nouvelle invitation après celle de juin 2017 sous les ors du château de Versailles, et d’autant plus marquante qu’elle intervenait juste avant l’organisation par la France du sommet du G7 à Biarritz — Moscou étant exclu du G8 depuis 2014. Dans ce contexte, M. Macron décide d’exhorter ses diplomates à «repenser (…) notre relation avec la Russie » , et à renforcer le dialogue avec celle-ci, car « pousser la Russie loin de l’Europe est une profonde erreur stratégique, parce que nous poussons la Russie soit à un isolement qui accroît les tensions, soit à s’allier avec d’autres puissances comme la Chine, ce qui ne serait pas du tout notre intérêt » . Déjà, dans son livre Révolution, publié lors de la campagne présidentielle, il annonçait son intention de « travailler avec les Russes pour stabiliser leur relation avec l’Ukraine et permettre que soient levées progressivement les sanctions de part et d’autre (4) » . À l’Élysée, un conseiller tient aujourd’hui à nous rappeler qu’ « il n’y a pas de virage à 180° à l’égard de la Russie » , ajoutant qu’ « il ne s’agit en aucun cas d’absoudre » le pays.

Le dossier de la sécurité collective européenne est très sensible. Kosovo, Géorgie, Ukraine, Syrie, depuis une vingtaine d’années les confrontations se multiplient avec Moscou (5), qui n’a pas digéré les promesses non tenues sur l’élargissement de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) à l’est de l’Europe (6). Les Américains ont poussé leur avantage au maximum, jusqu’à sortir unilatéralement, en 2002, du traité antimissile balistique (ABM). Puis, en février 2019, du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), signé en 1987, qui avait marqué le dénouement de la crise des euromissiles (mettant fin au déploiement des missiles soviétiques SS-20 et des Pershing américains).

La reprise d’un dialogue bilatéral entre la France et la Russie, interrompu depuis la crise ukrainienne de 2014, suscite les critiques appuyées de certains des partenaires européens de la France, qui n’ont guère apprécié d’être placés devant le fait accompli par Paris. Les experts et commentateurs atlantistes, hostiles à la Russie, ne manquent pas non plus en France. Le directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, Bruno Tertrais, affiche son scepticisme : « Sur un sujet qui concerne l’Europe tout entière, la France a choisi de jouer seule… Conclusion : non, ça n’aboutira à rien de concret. Ce qui ne veut pas dire qu’il [M. Macron] a tort d’essayer. Au moins personne ne pourra plus nous reprocher de “ne pas assez parler à la Russie”. » D’autant que certains, au sein de l’administration diplomatique française, attendaient cette reprise du dialogue : « Une grande partie du Quai, estime même M. Sellal, a la nostalgie d’une grande politique vis-à-vis de la Russie, politique qui s’est réduite aux sanctions. S’il y a eu des éléments de résistance, ils étaient ailleurs, parmi les ONG [organisations non gouvernementales], les médias. »

« Politique arabe » ou « famille occidentale »
M. Macron a découvert le dossier russe en janvier 2016 quand il s’est rendu à Moscou alors qu’il était ministre de l’économie. Il est alors accompagné de M. Jean-Pierre Chevènement, nommé quatre ans plus tôt représentant spécial de la France pour la Russie dans le cadre de la « diplomatie économique » . Les deux hommes, qui s’apprécient — M. Chevènement nous rappelle que M. Macron fut plus jeune, à la fin des années 1990, engagé dans son parti, le Mouvement des citoyens (MDC) —, entament vite un dialogue sur le sujet. « En 2017, Emmanuel Macron m’a demandé de reprendre du service » , nous confie l’ancien ministre, avec pour nouvelle mission de réintégrer pleinement la Russie au sein du Conseil de l’Europe — une instance intergouvernementale qui regroupe quarante-sept pays, soit toute l’Europe au sens large sauf la Biélorussie. Ce sera chose faite en juin 2019, la Russie retrouvant ses droits de vote perdus après l’annexion de la Crimée en mars 2014.
M. Chevènement n’utilise pas de pincettes diplomatiques pour exposer les résistances à l’intérieur du ministère des affaires étrangères : « Quand le président Macron me reçoit avec tout son “staff”, je sens très vite qu’il y a des gens sur l’ancienne ligne. Je me heurte à tous les étages à cet État profond. Toutes mes propositions contredisaient nombre de responsables du Quai. Depuis Bernard Kouchner [ministre des affaires étrangères de 2007 à 2010], et les nominations qui en ont résulté, la ligne sur ce dossier est celle des néoconservateurs américains. »

Lancé dans les années 1970, le « néoconservatisme » est un courant de pensée diffusé par des intellectuels américains venus de la gauche, qui dénonçaient alors la realpolitik de Henry Kissinger. Anticommunistes, partisans d’une défense agressive des « valeurs » occidentales et de l’hégémonie américaine, ils ont rejoint les républicains et connu leur heure de gloire sous la présidence de George W. Bush, entre 2001 et 2009. Dans ce sillage, en 2003, l’opposition déterminée du président Jacques Chirac à la guerre américaine en Irak — avec menace d’un veto au Conseil de sécurité des Nations unies — suscita en France la mobilisation intellectuelle, médiatique et diplomatique de réseaux néoconservateurs, réclamant une rupture avec l’héritage gaulliste et la « politique arabe » de la France. Des diplomates en poste notamment à Washington, Tel-Aviv, ou auprès de l’OTAN, se déclarèrent en faveur de la guerre, au prétexte de la solidarité transatlantique, de la « famille occidentale » , des droits de l’homme ou du droit d’ingérence.

« Gérard Araud était à l’époque [au début des années 2000] le directeur des affaires stratégiques. Lors des réunions chez Pierre Sellal, qui était alors le directeur de cabinet d’Hubert Védrine, il tenait des discours d’une grande fermeté sur le Hamas et le Hezbollah, se souvient l’ancien diplomate Yves Aubin de la Messuzière, patron de la direction Afrique du Nord et Moyen-Orient du Quai de 1999 à 2002, et ancien ambassadeur en Irak. Il y avait aussi toute cette mouvance autour de Thérèse Delpech, patronne des affaires stratégiques au Commissariat à l’énergie atomique. Pour eux, il fallait aller dans le sens des Américains. Lors d’un dîner avec Thérèse Delpech, alors qu’elle m’expliquait que l’Irak était proche de la bombe, je lui rétorquais que les Irakiens étaient en incapacité de reprendre leur programme. Mais avant 2003, il ne fallait pas être sur cette ligne. »
Qualifié de proaméricain à l’époque, M. Araud, parti à la retraite, esquisse un mea culpa sur toute cette période, non sans autodérision : « Je ne suis pas assez con au point d’être le chef des néocons (7). » Le diplomate, qui pensait qu’il valait mieux faire profil bas face à George W. Bush, affirme aujourd’hui : « En y repensant, j’ai eu tort, contrairement à Chirac et Villepin. »

Jusqu’à sa mort en 2012, la politologue Thérèse Delpech, longtemps compagne de l’historien anticommuniste François Furet, agrégea autour d’elle tout un groupe de hauts fonctionnaires du Quai spécialisés dans les affaires stratégiques et la lutte contre la prolifération nucléaire, rapidement surnommé la « secte » par leurs détracteurs. C’est aussi l’époque du Cercle de l’Oratoire , un club de réflexion créé après les attentats du 11 septembre 2001, clairement favorable à la guerre en Irak. Depuis lors, ces diplomates ne cesseront de voir leur influence grandir, notamment depuis le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN décidé par le président Nicolas Sarkozy en 2008 (mais préparé dès la fin du quinquennat de Jacques Chirac). Son successeur, M. François Hollande, décide ensuite d’aligner sa politique au Proche-Orient sur celle de la monarchie saoudienne. Sur le dossier du nucléaire iranien, son ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, revendique même une ligne plus dure que celle de l’administration Obama. La « secte » a l’oreille des gouvernements de droite comme de gauche. Lors de la conférence des ambassadeurs de 2019, le ministre des affaires étrangères, M. Jean-Yves Le Drian, a d’ailleurs rendu hommage à Thérèse Delpech, en mentionnant dans son discours qu’elle avait écrit l’ouvrage L’Ensauvagement du monde en 2005. Un rappel effectué deux jours à peine après la mise au point présidentielle sur l’État profond…

« En une quinzaine d’années, ces diplomates “occidentalistes”, qui considèrent que la France doit défendre les “valeurs occidentales”, et ne peut pas avoir une politique étrangère trop autonome, se sont installés aux commandes de la direction politique et stratégique du Quai », déplore M. Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères de 1997 à 2002, au temps de la cohabitation Chirac-Jospin, et qui dialogue aujourd’hui avec M. Macron. En vingt ans, les rapports de forces au sein du ministère des affaires étrangères ont été bouleversés : « La noblesse du Quai, c’était les arabisants, maintenant, ce sont les énarques qui font carrière », pointe le chercheur Christian Lequesne.

La « secte » perd un peu de sa superbe
La transformation s’est accélérée avec la concentration du pouvoir sur quelques postes-clés dans l’administration du ministère : « Les directions géographiques ont moins de pouvoir qu’avant, elles dépendent désormais de la direction [générale des affaires] politique[s] et de sécurité, qui règne sur le Quai, et cela change tout » , explique M. de la Messuzière. À cela s’ajoute un phénomène générationnel : « Les diplomates entre 45 et 55 ans sont imprégnés d’occidentalisme, ajoute Lequesne. Notamment parce que, depuis les années 2000, l’enseignement des relations internationales à Sciences Po — qui continue d’être dispensé à la plupart des futurs diplomates français — confronte les étudiants à d’autres représentations de la politique étrangère de la France que celles de l’indépendance et du rang. » Depuis vingt ans, dans les milieux diplomatiques, on assiste à une guerre sourde entre partisans du « gaullo-mitterrandisme » , pour qui la France doit préserver sa singularité face aux États-Unis, et les néoconservateurs soucieux que la France devienne la meilleure élève du camp occidental.

Après le départ de MM. Hollande et Fabius, la « secte » perd un peu de sa superbe. Alors que M. Araud avait produit des notes pour les équipes Macron pendant la présidentielle, comme M. Justin Vaïsse, ancien patron du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) nommé par M. Fabius, c’est finalement M. Philippe Étienne, ancien ambassadeur en Allemagne, un profil classique, qui est nommé conseiller diplomatique à l’Élysée. « Il faisait la paix des braves entre les différents clans du Quai au cours de la campagne » , témoigne un ancien conseiller. À ses côtés, est nommé un proche de M. Macron, M. Aurélien Lechevallier, un spécialiste du Proche-Orient. Mais, en 2019, nouveau mercato diplomatique : ce dernier devient ambassadeur (en Afrique du Sud), tout comme M. Étienne (aux États-Unis), qui est remplacé par M. Emmanuel Bonne, ancien conseiller du président Hollande. Peu après, M. Philippe Errera, ancien directeur de cabinet de M. Kouchner, et ancien ambassadeur à l’OTAN, est nommé directeur général des affaires politiques et de sécurité du ministère, et M. Nicolas Roche, ancien ambassadeur à Washington, devient directeur de cabinet du ministre, M. Jean-Yves Le Drian. M. Martin Briens reste directeur de cabinet de Mme Florence Parly, la ministre de la défense. Or MM. Errera, Roche et Briens occupaient des postes-clés pendant la présidence très atlantiste de M. Sarkozy.

Pour quelles raisons le chef de l’État a-t-il accepté de telles nominations, pour ensuite dénoncer l’existence d’un « État profond » ? Un diplomate se désespère : « Macron ne s’est pas donné les moyens de prendre le contrôle de l’appareil. Il se retrouve à la fois seul face à son administration, mais aussi au sein même de l’Élysée. » Le crédit de la France en pâtit. M. Poutine a lui-même relevé cette confusion lors du forum international Valdaï à l’automne 2019 : « Je ne sais pas ce qu’est l’État profond. En Russie, il y a un État qui obéit au président » , a répondu le président russe au géopolitologue français Pascal Boniface, qui lui demandait de réagir aux propos de M. Macron.

Plusieurs initiatives de Paris en direction de la Russie ont bien été freinées par le Quai au début du quinquennat. Ainsi, M. Macron a reçu à l’Élysée M. Errera pour s’assurer de sa loyauté sur le dossier russe, et il a fait nommer un nouveau directeur Europe continentale (chargé des Balkans, de la Russie et de ses voisins du Caucase du Sud, et de l’Asie centrale), M. Frédéric Mondoloni, ancien ambassadeur à Belgrade, qui a autrefois conseillé la ministre chiraquienne Michèle Alliot-Marie. « Il dispose d’un accès direct à la cellule diplo de l’Élysée » , nous souffle un diplomate. Et avant la mise au point présidentielle d’août 2019, le cabinet de Mme Parly avait interdit au chef d’état-major des armées de se rendre à Moscou, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Sollicité par l’intermédiaire de son cabinet, M. Le Drian n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Parler enfin avec tout le monde
Ancien ministre des affaires étrangères et diplomate de carrière, M. Dominique de Villepin a affronté de telles résistances lors de la guerre en Irak : « Ces réseaux atlantistes sont extrêmement forts chez les militaires français, et ils sont également en lien avec les activités économiques. Ils sont anglo-saxons d’esprit » , nous assure-t-il. Dans ses Mémoires, Jacques Chirac abonde : « Du Medef [Mouvement des entreprises de France] et de certains patrons du CAC 40 me parviennent des messages plus insistants, où l’on me recommande de faire preuve de plus de souplesse à l’égard des États-Unis (8). »

Dès juin 2017, sitôt élu président, dans un entretien au Figaro, M. Macron promet : « Avec moi, ce sera la fin d’une forme de néoconservatisme importée en France depuis dix ans. La démocratie ne se fait pas depuis l’extérieur à l’insu des peuples. La France n’a pas participé à la guerre en Irak et elle a eu raison. Et elle a eu tort de faire la guerre de cette manière en Libye. Quel fut le résultat de ces interventions ? Des États faillis dans lesquels prospèrent les groupes terroristes. Je ne veux pas de cela en Syrie (9). » Sur ce dernier dossier, le nouveau président ne souhaite plus faire du départ de Bachar Al-Assad un préalable. À la lecture de cet entretien, Bruno Tertrais, à la Fondation pour la recherche stratégique, manque de s’étrangler, et publie un tweet : « Syrie. Ukraine. Les prises de position du PR [président de la République] suscitent la perplexité et l’incompréhension #euphémisme. »

M. Macron entend troquer le discours sur les « valeurs » pour celui de la realpolitik. Il veut parler avec tout le monde. Voilà pour les intentions. Car, dans ses premiers pas sur la scène internationale, il multiplie les coups d’éclat, accueille Donald Trump le 14 juillet 2017, puis lui rétorque en anglais sur Internet pour défendre l’accord de Paris sur le climat, évoque ses grands projets pour l’Europe à la Sorbonne ou devant le Parthénon à Athènes… « Emmanuel Macron ne considère pas que la France doit faire profil bas. Il n’achète pas l’idée d’une France qui devrait se fondre dans le magma occidental. Il a l’ambition de jouer un rôle » , assure M. Védrine, qui ajoute : « Il n’est pas gaullo-mitterrandien, il n’est pas néoconservateur. La synthèse macronienne emprunte à tous les courants. » Pragmatisme gaullien ou vulgaire opportunisme ? « C’est une diplomatie par défaut » , estime pour sa part Bertrand Badie, politiste spécialiste des relations internationales. « Il s’inscrit comme un bon élève de Sciences Po, dans une certaine continuité gaullo-mitterrandienne, tout en reprenant certains thèmes néoconservateurs. Tout cela repose sur un très faible renouvellement de logiciel de notre diplomatie. »

Dès 2016, dans Révolution, le futur président soulignait qu’il faut assurer un « rééquilibrage de notre relation » avec les États-Unis. Mais, depuis, M. Macron peine à faire sien l’axiome gaulliste : une France alliée, mais non alignée. En février 2019, la France reconnaît précipitamment Juan Guaido, l’homme de Washington, comme « président en charge » (sic) du Venezuela. En janvier dernier, alors qu’un drone américain assassine le général iranien Ghassem Soleimani, il exprime son « entière solidarité » avec les États-Unis et appelle l’Iran à s’abstenir « de toute mesure d’escalade militaire » … Au Proche-Orient, en dehors de relations soutenues avec les Émirats arabes unis, qui viennent de normaliser leurs relations diplomatiques avec Israël, la France brille par son absence : « Emmanuel Macron n’a pas de vision sur les crises de la région, souligne M. de la Messuzière. Sur le sujet israélo-palestinien, si essentiel, ne pas s’exprimer, c’est s’aligner sur la politique américaine. » En novembre 2019, M. Macron est mis devant le fait accompli par l’offensive turque dans le nord-est de la Syrie contre les Kurdes soutenus par la France, sans aucune concertation entre alliés, en dehors de l’approbation de M. Trump. Au président français, qui dénonce la « mort cérébrale » de l’OTAN dans un entretien choc à The Economist (10), le Turc Recep Tayyip Erdoğan répond vertement dans un discours prononcé à l’université d’Istanbul : « Je m’adresse à vous depuis la Turquie, et je le redirai aussi à l’OTAN, vous devriez d’abord vérifier votre propre mort cérébrale (11). »

On retrouve cet entre-deux dans le dossier russe : « Quand on joue une partie, et qu’on ne la joue pas à fond, le partenaire a tendance à vouloir vous contourner, assure M. de Villepin. En fait, on ne joue pas assez avec l’autre monde, on continue de préférer un partenaire central, les États-Unis. Je me souviens que, sur l’Irak en 2003, j’avais mis des mois à convaincre Poutine que nous étions sérieux, c’est-à-dire que nous étions prêts à mettre notre veto au Conseil de sécurité. Le problème aujourd’hui est que, sur plusieurs sujets, Poutine doute que la France soit prête à en payer le prix. Est-on pris au sérieux ? Nos hésitations, notre confort atlantique, nous mettent dans une position où on perd sur tous les tableaux. » Sur la question ukrainienne, un seul des neuf points convenus lors du dernier sommet au format dit « Normandie » (Ukraine, Russie, Allemagne et France), qui s’est tenu à Paris en décembre 2019, a été mis en œuvre à ce jour : l’échange de détenus entre Kiev et le Donbass (12). Pourtant, le temps presse, car Moscou pourrait être tenté d’enjamber l’Europe, ainsi que l’a rappelé au Sénat le diplomate Pierre Vimont, nommé représentant spécial de la France pour la Russie : « Nous assistons au développement d’un dialogue direct, au-dessus de nos têtes, entre Russes et Américains sur des questions qui intéressent la sécurité des États européens, ce qui me dérange quelque peu. Les Européens doivent défendre leurs propres intérêts (13). »
Dès 2017, M. Macron a souhaité l’établissement d’une véritable Europe de la défense, passant par un « dialogue stratégique avec l’Allemagne ». L’automne dernier, il a réaffirmé cette ambition en déclarant souhaiter que l’Europe acquière son « autonomie stratégique » . Mais il ne veut pas remettre en cause l’inscription de ce projet dans l’OTAN, par crainte de susciter l’opposition immédiate de plusieurs États membres de l’UE, notamment ceux d’Europe centrale.

Les choses commencent-elles pourtant à bouger ? Le 20 mai dernier, lors d’une conférence au Centre d’étude et prospective stratégique (CEPS), le général Vincent Desportes, ancien directeur de l’École de guerre, n’y est pas allé par quatre chemins pour critiquer l’OTAN : « L’organisation est devenue désormais plus dangereuse qu’utile, car elle donne aux Européens un faux sentiment de sécurité. » Il ajoutait : « Pour le dire autrement, brutalement et au risque de choquer, l’OTAN, même en “état de mort cérébrale”, est devenue une menace pour notre sécurité, celle de la France et celle de l’Europe. » Des propos chocs dans la bouche d’un militaire qui n’a jamais caché sa sympathie pour les États-Unis. C’est précisément parce que Washington s’éloigne du Vieux Continent qu’il est nécessaire d’en tirer la leçon : « Il est parfaitement déraisonnable pour l’Europe de lier son destin stratégique à une puissance dont les intérêts stratégiques sont de plus en plus divergents des siens » , estime M. Desportes.

Une perspective à laquelle se refuse l’ancien président François Hollande, qui nous confie : « Si on sort de l’OTAN, il n’y aura pas d’Europe de la défense. Il faut ménager nos partenaires. » Devant l’École de guerre, en février dernier, M. Macron avait souhaité un « dialogue stratégique avec nos partenaires européens qui y sont prêts sur le rôle de la dissuasion nucléaire française dans notre sécurité collective ». « Les Européens doivent saisir cette proposition » , avait déclaré un proche de la chancelière allemande, Mme Angela Merkel. Mais M. Hollande met en avant un principe de réalité qui lui semble infranchissable : « Ni la France ni l’Allemagne ne sont prêtes à une codécision en matière de dissuasion nucléaire. »

Cynisme de Paris en Libye
Pour M. Macron et la France, les périls viennent aujourd’hui de l’autre côté de la Méditerranée. Dès le début de son quinquennat, le président français s’est impliqué dans le dossier libyen, avec le souhait de réussir là où ses prédécesseurs avaient échoué : M. Sarkozy avait lancé la France dans une hasardeuse intervention militaire contre Mouammar Kadhafi, et M. Hollande avait géré les suites désastreuses de cette opération en laissant son ministre des affaires étrangères, M. Fabius, soutenir le président Fayez Sarraj et le gouvernement de Tripoli, soutenu par la Turquie et reconnu par l’ONU, pendant que son ministre de la défense, M. Le Drian, s’engageait auprès du maréchal Haftar, appuyé par l’Égypte, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, au point d’engager des forces spéciales dans l’est de la Libye. Cette incohérence voire ce cynisme subsistent. Ils contribuent à l’isolement de la France dans cette affaire. Si M. Macron réussit, en juillet 2017, à amener MM. Haftar et Sarraj autour d’une même table, au château de La Celle-Saint-Cloud, dans les Yvelines, ce coup d’éclat, organisé par quelques personnes à l’Élysée dans le dos du Quai d’Orsay, ne fut suivi d’aucun résultat diplomatique. Et cette initiative lancée sans aucune concertation suscita de nombreuses incompréhensions entre la France et l’Italie. Au printemps 2020, M. Erdoğan a su tirer parti de la situation en passant outre les contrôles maritimes français pour livrer des armes et des mercenaires à Tripoli (lire également « Libye, le terrain de jeu russo-turc »).

Paris a également du mal à préciser sa relation avec la Chine. « Macron est ambigu, estime un diplomate : il souhaite établir un vrai partenariat, tout en n’ayant pas confiance, et en adoptant une stratégie du cordon sanitaire » contre Pékin. Le président français évoque la bascule stratégique vers la région « indopacifique (14) », dont la France fait partie (via l’outre-mer), et multiplie les initiatives auprès de l’Australie, de l’Inde et du Japon. « Comme souvent, remarque Badie, la France regarde la Chine tantôt comme un danger, tantôt comme un marché. Macron comme ses prédécesseurs dévalue les partenaires extra-européens et extra-occidentaux, et appréhende mal les puissances régionales. » Toutefois, un redéploiement des diplomates français vers les pays du G20 (Chine, Brésil, Afrique du Sud, Inde, etc.) devrait porter la part de leurs effectifs dans cette zone de 13 % à 25 % du total d’ici à 2025. « Quand je suis arrivé au Quai dans les années 1970, se rappelle en souriant M. Sellal, la direction Asie semblait exotique et principalement axée sur les questions culturelles. »

Le jeu diplomatique paraît marginalisé au profit d’une vision manichéenne du monde, qui privilégie la guerre et les sanctions commerciales comme instrument de la politique étrangère. « Le Quai subit la militarisation de la diplomatie française depuis Sarkozy, estime M. de Villepin. Il a perdu beaucoup de ses capteurs dans le monde, notamment en Afrique. Il n’est plus à l’avant-garde, mais dans une gestion de l’intendance. » Longtemps en poste en Afrique, l’ancien diplomate Laurent Bigot s’en désole : « Les diplomates ne sont plus capables de produire des analyses et une stratégie. Sur le Sahel (15), les seuls qui produisent, c’est le ministère de la défense et la DGSE [direction générale de la sécurité extérieure]. Les militaires ont occupé l’espace vide. » De leur côté, les « faucons » du Quai d’Orsay semblent comme orphelins : « [Ils sont] très embarrassés par Trump, car celui-ci n’en a rien à faire des valeurs des États-Unis. Il ne remplit pas la mission » , remarque M. Védrine. Reste qu’il ne suffira pas d’un seul homme, fût-il président, pour restaurer la voix de la France dans le concert des nations. Mais le veut-il vraiment ?

Marc Endeweld
Journaliste, auteur du Grand Manipulateur, les réseaux secrets de Macron, Stock, Paris, 2019

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(1) Discours du 27 août 2019.
(2) Voir notre carte « Lieux de pouvoir à Paris », Le Monde diplomatique, février 2019.
(3) Christian Lequesne, Ethnographie du Quai d’Orsay, CNRS Éditions, coll. « Biblis », Paris, 2020.
(4) Emmanuel Macron, Révolution, XO éditions, Paris, 2016.
(5) Cf. Maxime Lefebvre, « La Russie et l’Occident : dix contentieux et une escalade inévitable ? », Fondation Robert Schuman, 25 janvier 2016.
(6) Lire Philippe Descamps, « “L’OTAN ne s’étendra pas d’un pouce vers l’est” », Le Monde diplomatique, septembre 2018.
(7) Alexandre Duyck, « Gérard Araud, l’ambassadeur pas toujours très diplomate », Le Monde, 20 septembre 2019.
(8) Jacques Chirac (en collaboration avec Jean-Luc Barré), Le Temps présidentiel. Mémoires, vol. 2, NiL, Paris, 2011. Lire également Serge Halimi, « Mémoires du président Chirac », Le Monde diplomatique, novembre 2011.
(9) « “L’Europe n’est pas un supermarché” », Le Figaro, Paris, 22 juin 2017.
(10) « Emmanuel Macron warns Europe : NATO is becoming brain-dead », The Economist, Londres, 7 novembre 2019.
(11) Hürriyet, Istanbul, 28 novembre 2019.
(12) Lire Igor Delanoë, « Qui veut la paix en Ukraine ? », Le Monde diplomatique, février 2020.
(13) Audition de Pierre Vimont, le 19 février 2020, devant la commission des affaires étrangères, de la défense, et des forces armées du Sénat.
(14) Discours du 3 décembre 2019.
(15) Lire Rémi Carayol, « Sahel, les militaires évincent le Quai d’Orsay », Le Monde diplomatique, juillet 2019.

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Xuan
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   Posté le 20-09-2020 à 20:22:45   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Pompeo menace l'Europe de nouveau en décrétant que les sanctions seront de nouveau appliquées à l'Iran : «Si des États membres de l'Onu ne remplissent pas leurs obligations pour appliquer ces sanctions, les États-Unis sont prêts à utiliser leurs propres outils pour punir ces défaillances» .
Voir conséquences de sanctions le post "L’UE réagit aux sanctions contre l’Iran rétablies unilatéralement par les États-Unis" .

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Xuan
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   Posté le 23-09-2020 à 18:04:47   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Il n'y a pas de troisième voie !


Dans son discours à l'ONU Macron s'est posé comme un défenseur du multilatéralisme.
Et dans le même temps il a renvoyé dos-à-dos Trump et Xi Jinping, le premier pour son opposition au multilatéralisme et le second pour son "instrumentalisation" du multilatéralisme.

Je remets ici les deux discours
celui de Trump et celui de Xi.

On notera que le discours de Xi constitue une vision à longue échéance sur l'histoire des nations et les transformations mondiales en cours, contrairement aux discours de Trump émaillé d'attaques contre la Chine et de menaces évoquant l'armée la plus puissante du monde .

La position de Macron est intenable, la France ne va pas seule instaurer un pseudo multilatéralisme "vertueux". En fait il est coincé et impuissant.

Parmi les communistes et les marxistes-léninistes, certains continuent de qualifier la Chine de social-impérialisme ou de social-fascisme, et leur théorie les conduit dans une impasse comparable, au point de devenir muets sur le principal conflit à l'échelle de la planète, de se cantonner aux questions économiques et de répéter les mêmes incantations anticapitalistes que l'Humanité ou la CGT sur les profits du capital.

Leur position est elle aussi intenable. Que ce soit pour la bourgeoisie ou pour le prolétariat il n'y a pas de troisième voie dans l'affrontement entre hégémonisme et multilatéralisme.


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