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Xuan
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   Posté le 18-09-2021 à 13:54:56   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'article concerne ici l'Australie, il pourrait tout aussi bien représenter l'attitude de notre bourgeoisie et illustrer aussi le fait qu'il n'existe pas de troisième voie, contrairement au rêve de Macron et contrairement aux allégations des trotskistes et de tous ceux qui dénoncent un "impérialisme chinois".
Lire aussi L’Australie ou le traître de service… Le Drian ne décolère pas


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L’Australie a accepté les armes US pour se protéger des USA

DANIELLE BLEITRACH 18 SEPTEMBRE 2021
https://histoireetsociete.com/2021/09/18/laustralie-a-accepte-les-armes-us-pour-se-proteger-des-usa/

Au-delà de “l’humiliation française” il y a dans l’affaire australienne plus encore que des concurrences commerciales inter-impérialistes, il y a les menaces de guerre. Cet enjeu, que ne peut ignorer la présidentielle, est celui de la paix mais aussi celui des conditions de vie de la majorité des citoyens, les couches populaires, la jeunesse, la répression accrue, il s’agit de la défense de l’humanité. Le rôle de “parrain” de l’impérialisme US ainsi révélé après l’Afghanistan, le resserrement de blocus, Biden ou pas, et la volonté de guerre y compris nucléaire se dévoile. Méprisé ou non, Macron reste complice. Malheureusement en France, les forces de progrès, la gauche est très affaiblie, et tout repose sur le PCF, lui-même loin de l’unanimité dans ses propres rangs en matière de résistance, ce qui aboutit à une campagne où cet enjeu de la paix et de la guerre impérialiste se réduit à l’immigration et se transforme en xénophobie. Voici donc le danger que révèle l’affaire australienne et l’urgence pour les communistes de jouer le rôle qui doit être le leur face aux menaces de guerre, qui accompagnent l’autoritarisme fascisant des gouvernements impérialistes et leur volonté d’imposer aux peuples toujours plus d’exploitation et de misère avec la guerre et les dépenses d’armements. La campagne de l’élection présidentielle ne peut plus ignorer cet enjeu. (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société

voir les illustrations sur la page.


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Ce qu’il faut voir c’est qu’en Australie dont le premier partenaire commercial jusqu’ici est la Chine, un mouvement de protestation existe non seulement contre les armes US mais contre la manière dont le pays qui souffre d’une crise économique est forcé de dépenser en armement ce qu’il devrait réserver à l’aide à sa population. Une situation somme toute assez comparable à celle des pays de l’UE et de l’Otan où les États-Unis imposent une croisade.

En France, l’affaire se présente comme une humiliation : notre “partenaire” des USA et son rejeton britannique ont agi en méprisant totalement la France mais l’affaire va plus loin que ça.

Voici la manière dont les opposants australiens eux-mêmes la définissent et ce n’est pas par rapport à la France, à la rupture d’un contrat qu’il dénonçaient également mais bien par rapport à la guerre dans laquelle ils sont entraînés par chantage.

L’Australie a rejoint les États-Unis et le Royaume-Uni dans un « partenariat trilatéral renforcé en matière de sécurité » appelé AUKUS avec l’objectif tacite mais évident de coordonner les escalades contre la Chine. Rapports anti-guerre :

Le président Biden et les dirigeants de l’Australie et du Royaume-Uni ont annoncé mercredi un nouvel accord militaire visant à contrer la Chine. Le pacte, connu sous le nom d’AUKUS, se concentrera sur le partage de technologies militaires sensibles, et la première initiative se concentrera sur l’obtention de sous-marins à propulsion nucléaire australiens.

Des responsables américains s’adressant à CNN ont décrit l’effort de partage de la propulsion nucléaire avec un autre pays comme une « étape extrêmement rare » en raison de la sensibilité de la technologie. « Cette technologie est extrêmement sensible. C’est, franchement, une exception à notre politique à bien des égards » , a déclaré un responsable anonyme.

Cet accord remplacera un programme prévu de 90 milliards de dollars pour obtenir douze sous-marins conçus par la France, une dépense odieuse dans les deux sens alors qu’un quart des Australiens ont du mal à joindre les deux bouts pendant une pandémie qui est quatre fois plus susceptible de tuer les Australiens qui ont des difficultés financières. Ce n’est que la dernière en date de la politique sans cesse croissante de Canberra visant à alimenter de vastes fortunes dans l’impasse de Washington avec Pékin aux dépens de son propre peuple.

Si les lecteurs sont curieux de savoir pourquoi l’Australie subvertirait simultanément ses propres intérêts économiques en se retournant contre la Chine son principal partenaire commercial et ses propres intérêts en matière de sécurité en alimentant des provocations dangereuses et inutiles, on peut les renvoyer aux propos de l’analyste politique américain John Mearsheimer lors d’un débat organisé par le groupe de réflexion australien Center for Independent Studies en 2019. Mearsheimer a déclaré à son auditoire que les États-Unis allaient faire tout ce qui était en leur pouvoir pour arrêter l’ascension de la Chine et l’empêcher de devenir l’hégémon régional à l’Est, et que l’Australie devrait s’aligner sur les États-Unis dans cette bataille, sinon elle ferait face à la colère de Washington.

« La question qui est sur la table est de savoir quelle devrait être la politique étrangère de l’Australie à la lumière de la montée en puissance de la Chine » , a déclaré Mearsheimer. « Je vais vous dire ce que je suggérerais si j’étais un Australien. »

Mearsheimer a affirmé que la Chine va continuer à croître économiquement et convertira cette puissance économique en puissance militaire pour dominer l’Asie « comme les États-Unis dominent l’hémisphère occidental » , et a expliqué pourquoi il pense que les États-Unis et leurs alliés ont toutes les capacités pour empêcher que cela ne se produise.

« Maintenant, la question est de savoir ce que tout cela signifie pour l’Australie? » dit Mearsheimer. « Eh bien, vous êtes dans un dilemme à coup sûr. Tout le monde sait quel est le dilemme. Et d’ailleurs, vous n’êtes pas le seul pays d’Asie de l’Est à être dans ce dilemme. Vous faites beaucoup de commerce avec la Chine, et ce commerce est très important pour votre prospérité, cela ne fait aucun doute. Du point de vue de la sécurité, vous voulez vraiment aller avec nous. C’est juste beaucoup plus logique, non? Et vous comprenez que la sécurité est plus importante que la prospérité, parce que si vous ne survivez pas, vous n’allez pas prospérer. »

« Maintenant, certaines personnes disent qu’il y a une alternative : vous pouvez aller avec la Chine », a déclaré Mearsheimer. Vous avez le choix ici : vous pouvez aller avec la Chine plutôt qu’avec les États-Unis. Il y a deux choses que je vais dire à ce sujet. Premièrement, si vous allez avec la Chine, vous nous ferez comprendre que vous êtes notre ennemi. Vous décidez alors de devenir un ennemi des États-Unis. Parce qu’encore une fois, nous parlons d’une concurrence intense en matière de sécurité. »

« Vous êtes soit avec nous, soit contre nous » , a-t-il poursuivi. « Et si vous faites beaucoup de commerce avec la Chine et que vous êtes ami avec la Chine, vous sapez les États-Unis dans cette compétition de sécurité. Vous nourrissez la bête, de notre point de vue. Et cela ne va pas nous rendre satisfaits. Et quand nous ne sommes pas heureux, vous ne voulez pas sous-estimer à quel point nous pouvons être méchants. Il suffit de demander à Fidel Castro. »

Les rires nerveux du public du think tank australien ont ponctué les observations plus incendiaires de Mearsheimer. La CIA est connue pour avoir fait de nombreuses tentatives pour assassiner Castro. d’autres chefs d’etat comme Allende et sans doute Chavez ont eu moins de chance, les coups d’Etat n’ont jamais cessé comme les sanctions et blocus étranglant les peuples.

Donc voilà ce que disent les anti-impérialistes et pacifistes australiens :. L’Australie n’est pas alignée sur les États-Unis pour se protéger de la Chine. L’Australie est alignée sur les États-Unis pour se protéger des États-Unis. D’ailleurs la proportion des dépenses militaires dans le monde témoigne si besoin était de qui accumule les armes au profit non pas de leur peuple mais des trusts de l’armement financiarisés dont l’influence ne cesse de croître avec celle des spéculateurs dont les profits ne reposent plus sur la production mais sur la capacité à faire gonfler leur capacité de pillage du reste du monde.

Voilà exposé dans sa trivialité pour les Australiens mais aussi pour tous les peuples du monde ce qui n’est pas seulement la manifestation d’un mépris total pour “l’allié vassal” français mais bien une politique impérialiste à laquelle personne n’échappera si les peuples y compris français ne la combattent pas.

Danielle Bleitrach


Edité le 18-09-2021 à 13:59:31 par Xuan




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   Posté le 20-09-2021 à 20:44:56   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Quelques indications :


La décision de l’Australie d’annuler le contrat d’achat de sous-marins français en faveur de navires américains à propulsion nucléaire a suscité l’indignation de Paris. Emmanuel Macron a rappelé les ambassadeurs de France à Canberra et à Washington dans un geste sans précédent. En fait, l’industrie d’armement française n’est qu’une victime collatérale de l’accord entre les trois pays anglo-saxons.

La coopérati­on entre les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Australie en matière de sous-marins nucléaires sape gravement la paix et la stabilité régionales, intensifie la course aux armements et compromet les efforts internationaux de non-proliféra­ti­on nucléaire.
Ceux qui suivent de près l’évolution du différend qui oppose la Chine et l’Australie, savent que l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI) est à la manœuvre. Etrange que les renseignements français ne soient pas au courant de cet aspect des choses.

ASPI se présente comme ceci:

ASPI est un groupe de réflexion indépendant et non partisan qui produit des conseils d’experts et en temps opportun pour les dirigeants stratégiques et de défense de l’Australie.
Mais en réalité, l’Australian Strategic Policy Institute est un groupe de réflexion sur la défense et la politique stratégique basé à Canberra, Territoire de la capitale australienne, fondé par le gouvernement australien et financé en partie par le ministère australien de la Défense.
Parmi les généreux donateurs et parrainages de l’ASTI, on trouve :
Microsoft, Google, Amazon. Mais aussi :
Northrop Grumman Corporation, un conglomérat américain dont les activités tournent autour du secteur de la défense : aéronautique, espace, électronique, etc. En 2012, elle est la quatrième entreprise d'armement dans le monde. Son siège social est situé à Los Angeles.

Jacobs Engineering Group inc. (NYSE: J) est un cabinet international américain de services professionnels techniques. La compagnie fournit des services techniques, professionnels et de construction, aussi bien que le conseil scientifique et de spécialité pour un large éventail de clients à l’échelle mondiale comprenant des compagnies, des organisations, et des agences gouvernementales.
Le 9 août 2017, le Pentagone a attribué un contrat de suivi de 4,6 milliards de dollars à Jacobs Technology Inc., une unité de Jacobs Engineering Group Inc., pour fournir des produits et des services à l’Agence de défense antimissile et à son Centre d’intégration et d’opérations de défense antimissile.

Lockheed Martin : est la première entreprise américaine et mondiale de défense et de sécurité. En 2010, sur les 45,8 milliards de dollars de chiffre d'affaires, 17,3 milliards proviennent de contrats signés avec l'administration américaine (10,9 milliards dans la défense, 6,6 milliards dans le civil).

Raytheon : entreprise américaine spécialisée principalement dans les domaines des systèmes de défense et d'électronique et dans l'aérospatiale. Elle se classe au sixième rang mondial des ventes de matériel militaire.

Austal : société de construction navale et une société de défense basée en Australie et spécialisée dans la conception, la construction et le soutien de navires de défense et commerciaux. La gamme de produits d’Austal comprend des navires de guerre, des traversiers de passagers et de véhicules à grande vitesse et des navires utilitaires spécialisés tels que les parcs éoliens offshore et les navires de transfert d’équipage.

Palo Alto Networks, Inc. (NYSE: PANW) est une société américaine de cybersécurité multinationale dont le siège social est situé à Santa Clara, en Californie. Ses produits de base sont une plate-forme qui comprend des pare-feu avancés et des offres basées sur le cloud qui étendent ces pare-feu pour couvrir d’autres aspects de la sécurité.
Les industries d’armement françaises pèsent bien peu face au lobby des armes américain.

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   Posté le 21-09-2021 à 18:54:03   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sous-marins australiens : ces vérités qui dérangent

Le pacte militaire entre l'Australie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni confirme à quel point l'influence de l'Europe s'érode. A défaut d'une défense à 27, il est urgent de créer des alliances à géométrie variable.

https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/sous-marins-australiens-ces-verites-qui-derangent-1346981
Lucie Robequain
Publié le 17 sept. 2021

La claque que vient de nous infliger l'Australie, et avec elle les Etats-Unis et le Royaume-Uni, impose de rappeler quelques vérités qui dérangent, assez contraires aux valeurs que nous chérissons. Tout d'abord le fait qu'en relations internationales, il n'y a jamais d'amis, tout juste des alliés partageant des intérêts communs. Les Européens ont longtemps vécu avec cette illusion que les Etats-Unis, pays frère, ne nous voudraient que du bien et que Joe Biden nourrissait une affection toute particulière pour la terre de ses ancêtres.

En convaincant Canberra de rompre ses engagements avec Naval Group , il montre sa détermination à ne suivre qu'un seul cap : celui des intérêts économiques et commerciaux de Washington. Joe Biden est, de ce point de vue, bien plus préjudiciable que Donald Trump, car plus réfléchi et plus efficace. Notons que ce camouflet est le deuxième infligé à la défense française depuis le début de l'été : le premier a permis aux Américains - déjà eux - d' imposer leurs avions de chasse à la Suisse , au détriment du Rafale.

Le tabou nucléaire
Le fiasco australien nous enseigne autre chose : nos alliés ont moins de scrupules que nous à transférer leurs technologies. La France s'est toujours interdite d'exporter ses navires à propulsion nucléaire, car elle y voit la clé de son indépendance et de son savoir-faire. En acceptant de partager le leur avec les Australiens, les Américains lèvent un tabou majeur.

L'histoire ne fournit qu'un seul précédent, quand Washington avait fourni son expertise atomique aux Britanniques. C'était en 1958, au paroxysme de la guerre froide - ce qui en dit long sur le front anti-Chine qui se constitue aujourd'hui. Cette coopération américano-australienne incitera-t-elle d'autres pays à développer leur arsenal nucléaire, civil ou militaire ? Beaucoup le craignent.

Le plus cruel, dans cette affaire, est de voir à quel point l'influence de l'Europe s'érode. Nos tergiversations vis-à-vis de la Chine poussent les Etats-Unis à forger des alliances ailleurs, et sans nous . Au passage, ils donnent à Boris Johnson une formidable occasion de concrétiser ses ambitions de « Global Britain ».

L'Europe, par contraste, ne donne aucun corps à la défense commune qu'elle appelle de ses voeux. La résistance de nombreux pays, Pologne en tête, devrait nous pousser à créer des mini-alliances, à l'instar de ce que font les Etats-Unis désormais. En espérant que l'élection allemande de la semaine prochaine désigne un chancelier plus volontariste qu'Angela Merkel, qui soutienne activement cette autonomie stratégique. Olaf Scholz, qui a la faveur des sondages, n'y est pas forcément disposé.

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pzorba75
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   Posté le 21-09-2021 à 20:10:52   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Attendre des décisions souveraines d'un allemand social démocrate est un fantasme. Les dirigeants allemands ont toujours agi comme le souhaitaient les classes dominantes des États-Unis d'Amérique du Nord. Probablement depuis plus d'un siècle.

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Xuan
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   Posté le 21-09-2021 à 20:49:18   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Non ce n'est pas exact. Sur le nord stream II par exemple il y a eu conflit, et c'est la France qui a soutenu les USA contre l'Allemagne.
Les sanctions, les pressions US sur l'Allemagne ont eu pour résultat que Merkel a fini par s'y opposer.
Par contre il n'est pas certain que son remplaçant conserve la même position.

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   Posté le 21-09-2021 à 23:45:46   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Ajoutons que la chasse aux sorcières vise même le site de l'IRIS et Pascal Boniface https://www.francetvinfo.fr/monde/chine/reseaux-d-influence-chinois-l-iris-en-tant-qu-institut-n-a-pas-de-position-reagit-pascal-boniface-son-directeur_4778125.html?fbclid=IwAR3KYmVrhpyQSyZgU9wrZfPftrnk8J2na6mnAbHiHZe1B1nYTCjGYbzYxCc


20 septembre 2021

L’analyse d’une historienne
Sur les influenceurs sinophobes parfois rémunérés


Annie LACROIX-RIZ
J’ai lu, avec un grand retard que je déplore, l’article du Monde du 3 septembre qui relaie avec chaleur le rapport intitulé « Les opérations d’influence de la Chine », dû à Paul Charon et Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, et que les deux journalistes-relais, Nathalie Guibert et Brice Pedroletti, présentent avec emphase en ces termes : « une étude exhaustive de 600 pages, publiée lundi 20 septembre au terme de deux ans de travail par l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (Irsem) ».

On lira aussi avec profit la biographie d’un des deux auteurs du présumé chef-d’œuvre, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, passé par l’université Yale, une des étapes obligées de « la classe dirigeante atlantique » chauffée aux États-Unis depuis 1945, voire avant (Van der Pijl Kees, The Making of an Atlantic Ruling Class, Londres, Verso, 2012, 1e éd., 1984) « actuellement directeur de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM) [français, rappelons-le] et membre du Academic Advisory Board du Collège de Défense de l’OTAN ». Ce prototype du chercheur (statut qui suppose un minimum d’indépendance intellectuelle ou d’absence de liens avec les puissants et du temps disponible pour la recherche) ouvertement atlantiste, russophobe et sinophobe, se réclame, comme il l’a écrit en 2013 dans la célèbre revue atlantico-européiste Commentaire (vol. 36, no 141; 2013, p. 13-20) fondée en 1978 par Raymond Aron ».

Ce concept est cher à ses prédécesseurs, Raymond Aron, Stanley Hoffmann et Pierre Hassner, lesquels ont joué un rôle majeur dans la « guerre culturelle » conduite en France, via les gigantesques financements de la CIA et du Département d’État depuis l’immédiat après-guerre, notamment via le centre de recherche de l’Institut d’études politiques qui a lancé en France, sous la houlette de Jean-Baptiste Duroselle pour la sphère historique, les « Area studies ». Depuis les travaux de Frances Saunders sur la question (1999), la recherche à ce sujet (déjà alors très riche sur Raymond Aron) s’est beaucoup amplifiée et précisée, dans les travaux surtout anglophones, et c’est un de mes sujets d’étude en cours (rappel sur l’ouvrage indispensable, Saunders Frances Stonor, The cultural Cold War : the CIA and the world of art and letters, New York, The New Press, 2000, réédition, 2013 ; édition anglaise, Who paid the piper ?, London, Granta Books, 1999 ; qui mène la danse, la Guerre froide culturelle, Denoël, 2003, traduction épuisée, 750 € à ce jour,

La thèse de M. Vilmer, Au nom de l’humanité ? Histoire, droit, éthique et politique de l’intervention militaire justifiée par des raisons humanitaire, soutenue en 2009 à l’EHESS, une des institutions, comme l’Institut d’études politiques, les plus anciennement pourvues en riches subventions américaines, est disponible en ligne et en PDF. Ce dithyrambe de l’Occident sous tutelle américaine mérite lecture très attentive. Son appareil scientifique se réduit aux textes et préceptes empruntés aux étoiles du firmament « occidental » qui sont quotidiennement offertes (pour user d’euphémisme, le choix n’existant que si on est objectivement aveugle et sourd) à notre connaissance et à notre admiration. Y figurent en bonne place ceux, d’une part, de la philosophe Monique Canto-Sperber, dont les exploits de directrice de l’ENS d’Ulm ont entre 2005 et 2012 défrayé la chronique, et d’autre part, de feu Pierre Hassner, un des diffuseurs, aux côtés de Jean-Baptiste Duroselle et de Raymond Aron, de ces Area Studies américaines concoctées du temps de l’OSS (depuis 1941-1942, Winks Robin W., Cloak & Gown. Scholars in the Secret War, 1939-1961, New York, William Morrow and C°, 1987) et déployées à l’ère de la CIA (depuis juillet 1947, là, je renonce à la bibliographie) : ces hommages réitérés étaient bien naturels, ces éminences, parmi les intellectuels atlantiques, étant respectivement co-directrice et membre du jury de thèse de l’intéressé.

L’autre auteur, aux titres d’expert militaire presque aussi pompeux que ceux de son compagnon de plume (en anglais, d’abord, puis en français , en anglais seulement https://www.apollo.io/people/Paul/Charon/5f6ddb5d13ce1b00011ed84b ), Paul Charon, est un sinophobe officiel « patenté », pour user du vocabulaire des deux « chercheurs » (thèse EHESS, 2012 : « Le vote contre la démocratie : construction de l’État et processus de politisationdans la Chine rurale post-maoïste », ) et enseignant à Science po-Saint-Germain-en-Laye ) gratifié d’une moindre visibilité. Mais j’insiste beaucoup, afin que les choses soient clairement établies, pour que les lecteurs du présent courriel qui le peuvent prennent le temps de consulter les références de la fiche.

Dans ledit rapport des deux éminents collaborateurs de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM), Maxime Vivas subit le traitement infligé à d’autres parias, traîtres coupables de russophiles ; dont Olivier Berruyer, responsable du site Les Crises, une des cibles favorites des « anti-complotistes » patentés , exécutés par une autre présumée chercheuse en histoire russe, en fait linguiste reconvertie dans la russophobie militante à prétentions, sinon scientifiques, du moins médiatiques, particulièrement glorifiée, en 2016, par nos grands médias, dont Le Monde, Libération et Médiapart, Mme Cécile Vaissié, pour son ouvrage délirant Les réseaux du Kremlin en France (Jacques Sapir et, à bien moindre degré, moi-même, figurions dans le panthéon) .

Maxime Vivas est donc, dans l’article susmentionné, « Comment la Chine durcit sa guerre d’influence pour démontrer sa puissance », ouvertement pris à parti, comme un « des « influenceurs patentés, parfois rémunérés » : « En France, Maxime Vivas, un militant d’extrême gauche auteur d’un ouvrage prétendant que la répression des Ouïgours au Xinjiang est une “fake news” semble être un cas d’école d’hameçonnage réussi : il fut invité en Chine par des entités locales directement impliquées dans la répression, comme, en 2018, le Corps de production et de construction du Xinjiang, ou Bingtuan, une organisation paramilitaire subordonnée au PCC. Maxime Vivas s’appuie essentiellement sur des données issues directement de la propagande chinoise, et des sites complotistes étrangers comme l’américain Grayzone ».

Cette attaque, non étayée par des preuves (on remarquera naturellement le juridiquement habile « semble être »), relève de la pure et simple diffamation, et mérite ferme réplique. J’espère qu’un certain nombre de citoyens, et parmi eux, d’intellectuels dignes de leur métier, apporteront à l’assailli leur soutien explicite, milieux pro-gaullistes inclus. Jusqu’à nouvel ordre, M. Vivas est moins visiblement dépendant de la Chine que nos experts militaires ne sont ouvertement dépendants, à tous égards et, en l’occurrence, depuis leur plus jeune âge intellectuel, de l’« allié américain ». Au fait, qui paie les séjours aux États-Unis multipliés de longue date par les auteurs du rapport ?

Le dossier a été relancé aujourd’hui 20 septembre 2021 par Christian Chesnot « grand reporter au service étranger de France Inter depuis 2005 ». Le coup est si grossier qu’il est permis d’y soupçonner une des parades envisagées par les atlantistes qui nous dirigent pour faire oublier l’humiliation suprême de l’annulation américaine du contrat australien et pour inciter les Français à réclamer plus d’atlantisme encore, soit par réflexe pavlovien, soit par résignation : vu la nocivité du « monstre chinois », « courons nous jeter dans les bras [non pas des évêques, comme après juin 1848, mais] des Américains »… L’impayable courrier des lecteurs du Monde, où tout individu émettant le moindre doute sur le refrain imposé se fait traiter de « troll chinois » ou/et envoyer d’urgence « en Chine » (pour la Russie, c’est « troll russe » et l’envoi immédiat à Moscou), rappelle celui de l’ineffable Temps, organe du Comité des Forges dont Le Monde a pris en 1945 la suite directe (lecteurs inclus).

Annie LACROIX-RIZ

URL de cet article 37394
https://www.legrandsoir.info/sur-les-influenceurs-sinophobes-parfois-remuneres.html


Edité le 22-09-2021 à 00:11:07 par Xuan




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   Posté le 22-09-2021 à 20:34:21   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'affaire des sous-marins met en relief l'attitude des alliés des USA envers la Chine, leur obéissance et leur sens de la discipline envers l'hégémonisme US.
Evidemment la déclaration de Biden à l'ONU "pas de guerre froide" ne trompe personne et c'est bien une guerre qu'il prépare en s'entourant d'alliés prêts à en découdre.

Il est évident aussi que la politique ni les USA ni la Chine se retrouve au pied du mur. L'évaporation du contrat avec l'Australie sonne comme une injonction à choisir définitivement son camp sous peine d'une punition plus sévère.

En parallèle l'UE conserve des intérêts commerciaux avec la Chine, comme je l'ai déjà signalé, la Chine est devenue le premier partenaire de l'UE devant les USA.

Par contre l'UE est liée idéologiquement avec les USA puisque la Chine est un pays socialiste, et sur le terrain économique le commerce avec la Chine est défavorable pour la balance commerciale étant donné les prix de fabrication.
[C'est une inégalité que les pays impérialistes ont eux-mêmes créée soit en délocalisant leurs propres entreprises, soit en maintenant les pays émergents dans une économie de main d'œuvre, où le taux de profit est nécessairement plus élevé que dans une économie où le taux de capital fixe domine celui du capital variable, selon la loi de la baisse tangentielle du taux de profit.]


Déjà la "colère" de Macron est retombée après un petit entretien avec Biden, et l'ambassadeur français va reprendre son poste.
Lors de précédentes mesures d'intimidation la France s'était déjà pliée en écartant Huawei malgré sa parole donnée.
Il est difficile de déterminer quelle sera la position de la bourgeoisie française et celle des bourgeoisies européennes dans les mois à venir, mais il est clair que plus la contradiction USA/RPC devient antagoniste plus une troisième voie devient intenable.

Cela vaut aussi pour les groupes "de gauche" pour lesquels ce conflit est "inter-impérialiste".

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Sur France 24, site atlantiste et anti chinois * , on lit ceci :


... "Scepticisme à l'égard de Paris”

Ce changement de paradigme australien, qui consiste à passer d'un engagement de prudence face à la Chine à la préparation d’une potentielle confrontation, reflète une nouvelle approche partagée par Washington et Londres. En revanche, la politique chinoise de la France demeure plus ambiguë, Paris partageant la ligne officielle de l'UE selon laquelle Pékin est à la fois un partenaire, un concurrent et un rival.

Graduellement, l’écart s’est creusé entre la position d’Emmanuel Macron et la vision majoritaire dans le monde anglophone. Les appels à "se liguer tous ensemble contre la Chine" créent un "scénario de la plus grande conflictualité possible" et sont " contre-productifs ", a déclaré le président français, en février, lors d'une discussion diffusée par le groupe de réflexion de Washington DC, l'Atlantic Council.

"La France a une approche plus prudente vis-à-vis de la Chine, alors que ce que l'Amérique veut, c'est que les pays s'unissent collectivement et s'équilibrent face à Pékin" , décrypte Shashank Joshi, rédacteur en chef de la section défense de The Economist.

Emmanuel Macron a concrétisé cette position lorsqu'il a soutenu la chancelière allemande, Angela Merkel, dans la conclusion de l’accord global sur les investissements avec la Chine, dévoilé en décembre 2020.

Si cet accord représentait des gains certains pour de grosses entreprises européennes comme les constructeurs automobiles allemands, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont néanmoins été accusés de naïveté, en accordant du crédit aux engagements de la Chine en matière de transferts de technologie et de recours au travail forcé. De l'autre côté de l'Atlantique, la nouvelle administration Biden a été déçue que l'UE ait rejeté ses demandes de consultation sur les relations économiques européennes avec la Chine. En mai, le Parlement européen a finalement suspendu l’accord en protestation, à la suite de sanctions imposées par Pékin à plusieurs députés et chercheurs européens spécialistes de la Chine.

"À Washington, cet épisode a contribué à un scepticisme à l'égard de Paris" , souligne Robert Singh, professeur de politique américaine à Birkbeck, université de Londres. " La France est considérée comme trop douce avec la Chine, alors que les États-Unis s’inquiètent de voir l’influence économique grandissante de Pékin menacer les alliances sécuritaires américaines. L'engagement de la France dans cet accord commercial avec la Chine a beaucoup déçu l'administration Biden" , poursuit Robert Singh. "Je pense que les États-Unis ne se soucieront pas beaucoup d'avoir indigné la France avec cet accord sur les sous-marins australiens."

Les États-Unis, “le meilleur partenaire”

Si Joe Biden compte faire part de sa désapprobation concernant la politique chinoise de la France lors de sa conversation téléphonique avec Emmanuel Macron, attendue dans les prochains jours, le président français pourrait mettre en avant ses actions dans l'Indo-Pacifique en réponse aux menaces de Pékin contre les alliés occidentaux.
Car la France effectue des patrouilles navales dans le détroit de Taïwan au moins une fois par an, pour soutenir la liberté de navigation, et a même déployé, en février, un sous-marin nucléaire en mer de Chine méridionale, dont la quasi-totalité est revendiquée de manière controversée par Pékin.
Décrire la France comme douce à l'égard de la Chine est "injuste" , estime Shashank Joshi, suggérant que le terme "ambivalent" est plus approprié. Mais il semblerait que cette ambivalence ne soit pas jugée suffisante par les États-Unis et l'Australie. Car, outre l’aspect purement technologique conférant aux sous-marins américains nucléaires un avantage, l'approche géostratégique de la France a également contribué à créer de la distance avec Canberra, juge Richard Whitman, professeur de politique et de relations internationales à l'université du Kent.
"Les États-Unis réfléchissent à la manière de contenir la Chine. L'Australie partage cette vision, contrairement à la France qui cherche à accommoder Pékin", pointe le spécialiste. "En conséquence, les États-Unis apparaissent comme le meilleur partenaire. La France a toujours été un partenaire de second ordre qui pouvait compléter, plutôt que remplacer, tout ce que les États-Unis pouvaient avoir à offrir."

Article en anglais de Tom WHEELDON traduit par David Rich


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* Voir la vidéo sur le même site UE - Chine l'accord de la honte ?


Edité le 22-09-2021 à 20:35:24 par Xuan




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Médias français : Au moins 5 téléphones portables de ministres français ont été attaqués par le logiciel espion "Pegasus"


Écrit par : Hong Yilin
2021-09-25 00:05:01

Les médias français ont cité des informations le 23 septembre selon lesquelles les téléphones portables d'un conseiller diplomatique du président français Emmanuel Macron et d'au moins 5 ministres du cabinet du gouvernement ont été affectés par le logiciel espion "Pegasus" de la société israélienne NSO Group entre 2019 et 2020. Pegasus) invasion.

Le site d'information français d'enquête Mediapart a cité un certain nombre de sources anonymes et un rapport de dossier de renseignement classifié le 23 septembre. Le ministre français de l'Éducation Jean-Michel Blanquer et la ministre de la Cohésion territoriale Jacqueline Gourault, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie, la ministre du Logement et de l'Urbanisme Emmanuelle Wargon et des Outre-mer Les téléphones portables du ministre Sébastien Lecornu ont été retrouvés avec des traces de l'activité "Pegasus".

Le gouvernement français a temporairement refusé de répondre à cette affaire.

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La puissance nationale de la Chine garantit un résultat différent de Meng par rapport à l'exécutif d'Alstom : éditorial du Global Times

La puissance nationale de la Chine garantit un résultat différent de Meng par rapport à l'exécutif d'Alstom : éditorial du Global Times
Par Global Times
Publié: 25 sept. 2021 18:15

https://www.globaltimes.cn/page/202109/1235051.shtml

Le directeur financier de Huawei, Meng Wanzhou, a été libéré par le Canada tôt samedi matin (heure de Pékin) et est parti à bord d'un avion affrété organisé par le gouvernement chinois à destination de Shenzhen. Meng avait précédemment conclu un accord avec le ministère américain de la Justice. Dans une audience vidéo quelques heures avant sa libération, elle n'a accepté qu'un "exposé des faits" devant le tribunal fédéral américain de New York et a plaidé non coupable de toutes les accusations, préservant sa propre dignité et celle de Huawei. Comme l'affaire a duré plus de 1 000 jours et a fait sensation dans le monde entier, le résultat a également protégé efficacement la dignité nationale de la Chine.

Le 1er décembre 2018, Meng a été arrêté par les autorités canadiennes à l'aéroport international de Vancouver à la demande des États-Unis. Au plus fort de la guerre commerciale sino-américaine, les États-Unis commençaient à attaquer les entreprises chinoises de haute technologie. L'arrestation et les accusations qui ont suivi étaient une persécution politique non déguisée. Cela a créé un mauvais précédent d'arrestation d'hommes d'affaires lors d'une compétition de grandes puissances, menaçant la sécurité des voyages d'affaires dans le monde.

Après sa détention, Meng et Huawei ont mené une poursuite marathon contre le gouvernement canadien. En apparence, le Canada était engagé dans une bataille juridique avec Meng, mais en fait, il a examiné l'attitude politique des États-Unis. Toute la société occidentale en est tacitement consciente.

Meng ne plaidera pas coupable, et Huawei n'acceptera pas non plus d'énormes amendes ou compensations. C'est la ligne de fond de la justice. Meng elle-même et Huawei n'ont pas pu affronter l'appareil d'État des États-Unis et du Canada. Ainsi, le gouvernement chinois s'est levé dès le début et a déployé des efforts continus et inlassables pour la libération de Meng.

La société chinoise a également accordé une attention et un soutien continus à la protection des droits de Meng. Lorsque Meng a été détenu au Canada pendant près de 1 000 jours en août, le Global Times a lancé une pétition en ligne exigeant la libération immédiate et inconditionnelle de Meng, et a rapidement accumulé 15 millions de signatures, montrant l'opinion publique chinoise au Canada.

Les États-Unis et le Canada ne peuvent pas sauvagement persécuter politiquement les hommes d'affaires chinois. C'est l'attitude claire de toute la Chine. La volonté de la Chine est soutenue par une force puissante et persistante. Nous pensons que ce facteur occupera une place prépondérante lorsque les États-Unis et le Canada réfléchiront au cas de Meng.

Le même jour, Meng est rentré en Chine, les Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig, accusés d'espionnage, sont également rentrés au Canada. Mais l'infraction criminelle commise par les deux Canadiens est de nature complètement différente de la souffrance politique innocente de Meng. Le récit déformé du Canada et de l'Occident n'aveuglera pas les gens du monde entier, ni ne changera le jugement de bon sens des gens sur les tenants et les aboutissants du cas de Meng.

L'arrestation de Meng a enfreint certaines règles fondamentales de l'ordre international et a stimulé l'action de la concurrence des grandes puissances. Les dommages causés sont considérables. Nous espérons que lorsque l'affaire Meng se terminera, Washington réfléchira à ses choix : ont-ils fait peur et ont-ils vaincu Huawei ? Ont-ils intimidé la Chine ? Non. Le seul effet de cette affaire est de montrer au monde à quel point les États-Unis peuvent être brutaux pour atteindre leur objectif politique, et comment les États-Unis ont ignoré les règles. L'affaire sera une tache éternelle sur les États-Unis.

Nous espérons que la libération de Meng jouera un rôle positif pour faire face au choc et au chaos qui ont commencé il y a trois ans, et contribuera à un redémarrage des relations sino-canadiennes et au dégel des relations sino-américaines.

Nous pensons que de nombreux Chinois ont à nouveau pensé à l'expérience du français Alstom. En raison de la concurrence de l'entreprise avec ses homologues américains, le dirigeant d'Alstom, Frédéric Pierucci, a été condamné aux États-Unis pour corruption transnationale à cinq ans de prison. Alstom a payé une énorme amende et a été contraint de vendre son cœur de métier à l'américain General Motors. En comparaison, Meng et Huawei sont beaucoup plus chanceux.
C'est la puissance nationale de la Chine qui a façonné ce résultat final. Un pays sera entouré de plus de problèmes à mesure qu'il se renforce, mais seul un pays fort peut nous permettre de faire face à ces problèmes avec dignité. Chaque fois que nous rencontrons un défi, nous n'avons pas à tout risquer dans le combat, ni à compromettre notre dignité.


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   Posté le 26-09-2021 à 18:58:14   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

En raison de la concurrence de l’entreprise avec ses homologues américains, le dirigeant d’Alstom, Frédéric Pierucci, a été condamné aux États-Unis pour corruption transnationale à cinq ans de prison. Alstom a payé une énorme amende et a été contraint de vendre son activité principale à l’américain General Motors.

Marc Lassus, co-fondateur du géant français Gemplus, dans un livre intitulé « La puce et le Morpion », révèle comment Gemplus, à l’époque, leader mondial de la carte à puce, la société qu’il a créée et qui comptait alors déjà plus de deux milliards d’utilisateurs dans le monde, a subi un raid orchestré par les services américains.
Il faut se souvenir que cette « pépite » technologique française, abandonnée par l’Etat, a pu être siphonnée à l’insu de son plein gré, par la société américaine Texas Pacific Group avec en sous-main In-Q-Tel, un fonds de capital-risque créé par la CIA.

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   Posté le 08-10-2021 à 14:08:58   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Une interview de Pierucci par Global Times



Exclusif : Agir avec force ou les États-Unis ne reculeront pas : un ancien dirigeant d'Alstom sur la victoire de la Chine dans l'affaire Meng Wanzhou

https://www.globaltimes.cn/page/202110/1235713.shtml
Par Chen Qingqing
Publié: 07 oct. 2021 17:43

Note de l'éditeur :
Meng Wanzhou, directeur financier de Huawei, a récemment signé un accord de report de poursuites avec les États-Unis et est retourné en Chine après avoir été détenu au Canada pendant plus de 1 000 jours. L'histoire de Meng rappelle beaucoup d'un incident similaire qui s'est produit il y a des années lorsque les États-Unis ont utilisé leurs pouvoirs de juridiction à long terme pour abattre un cadre supérieur de la société française d'énergie et de transport Alstom. L'ancien cadre d'Alstom Frederic Pierucci, qui a raconté cette histoire dans son livre intitulé Le Piège Américain ( Le piège américain ), s'est entretenu avec le journaliste du Global Times (GT) Chen Qingqing dans la dernière interview, partageant sa réflexion sur l'incident de Meng et sa signification, en particulier concernant la lutte contre l'utilisation par les États-Unis de leur système juridique pour mener une guerre économique
.

Frédéric Pierucci


GT : Quelle a été votre première réaction lorsque vous avez entendu parler de l'accord de Meng Wanzhou avec le ministère américain de la Justice (DOJ) et qu'elle pourrait enfin retourner en Chine ? Le résultat était-il à la hauteur de vos attentes ? Qu'avez-vous ressenti à ce sujet ?

Pierucci : Quand j'ai appris ça, j'étais à Paris et quelqu'un m'a appelé et m'a demandé si j'avais vu les informations. Au départ, l'accord de poursuite différée (DPA) n'avait pas encore été signé. Quand j'ai entendu qu'il y aurait un DPA à signer, j'ai été assez surpris et un peu inquiet car rien n'est fait tant que ce n'est pas fait. J'ai donc attendu que cela soit fait et téléchargé le DPA sur Internet pour le voir de mes propres yeux, car je ne pouvais pas croire que cela se produisait.
Pour moi, ce fut une grande surprise. L'accord est unique, ce qui est vraiment un accord très spécial qui a été conclu.

GT : Pourquoi l'appelez-vous « l'accord unique » ?

Pierucci : Parce qu'habituellement, lorsqu'un individu fait l'objet d'une enquête ou d'une inculpation par les États-Unis, l'accusation du DOJ n'offre pas l'alternative d'une DPA avec la personne inculpée. C'est soit la personne va au procès et gagne ou perd. Ou ils font signer un plaidoyer de culpabilité à la personne. Il est donc très inhabituel pour eux de proposer à une personne physique de signer un DPA où la personne n'a pas à admettre sa culpabilité, pas un accord de plaidoyer.

En fait, ce type de DPA est généralement utilisé pour les entreprises, pas pour les particuliers. C'est donc très unique.

GT : Bien que Meng ait admis avoir induit l'institution financière mondiale en erreur, elle n'a pas payé une lourde amende ni plaidé coupable, ce que certains experts juridiques considèrent comme un bon résultat. Qu'en pensez-vous ? Pensez-vous que c'est un bon résultat pour Meng ? Huawei sera-t-il confronté à plus de défis lors de futurs procès aux États-Unis ?

Pierucci : C'est un excellent résultat pour Meng, car dans ce genre de DPA, vous admettez en même temps certains faits stipulés. La personne et le procureur ont convenu que la personne n'avait commis aucun crime d'État fédéral ou local.
Dans le cas de Huawei, il est bien mieux pour Huawei que Meng ait signé un DPA plutôt que de signer un accord de plaidoyer. Personne ne peut prédire ce qui va se passer maintenant dans l'affaire contre Huawei. Mais cela ne renforce pas le DOJ. C'est vraiment beaucoup plus à voir avec une poursuite contre Huawei car cela aurait pu être bien pire. C'est donc un bon résultat.
Bien que l'exposé des faits puisse être utilisé contre Huawei, et c'est ce qu'ils essaieront probablement de faire, je pense que ce n'est pas une surprise que Huawei soit confronté à une grande bataille aux États-Unis, mais cela aurait pu être bien pire pour Huawei si Meng avait signé un accord de plaidoyer.

GT : Dans votre livre The American Trap, votre histoire a en effet exposé la guerre économique secrète que les États-Unis ont tenté de mener contre des entités et des individus étrangers. Pensez-vous qu'il existe des similitudes et des différences entre votre histoire et celle de Meng, en particulier les résultats que vous avez obtenus car vous pensez que c'est une peine injuste dans votre cas ? Pouvez-vous nous dire ce que vous avez appris de vos expériences passées ?

Pierucci : Il est clair que les États-Unis utilisent leur juridiction parallèle depuis assez longtemps en ciblant des entreprises spécifiques dans des secteurs spécifiques, qui sont la plupart du temps des secteurs stratégiques. Ils ont commencé avec Toshiba dans les années 80 et 90, puis Alstom, puis Huawei et ainsi de suite. Vous voyez une similitude de cas où la juridiction américaine s'applique à des sociétés étrangères afin d'atteindre un objectif économique.
La différence entre, évidemment, mon cas et celui de Meng, c'est que j'ai été arrêté alors que j'étais aux États-Unis. Par conséquent, je n'ai pas eu la chance de vraiment me battre avant d'être incarcéré. Le fait qu'elle ait été arrêtée au Canada a fait une énorme différence. L'autre grande différence est qu'elle avait le soutien total de Huawei et du gouvernement chinois car ils ont compris très rapidement qu'il ne s'agissait pas d'une affaire légale comme d'habitude. C'était un cas juridique très particulier. Je pense que le gouvernement chinois et Huawei ont compris très rapidement, cela faisait partie d'une guerre économique.
De mon côté, l'affaire remontait à 2013 et 2014. A cette époque, du moins en Europe, on ne savait pas grand-chose de cette utilisation de la justice pour cibler des entreprises spécifiques. Je n'ai donc pas eu le soutien de mon entreprise ni le soutien du gouvernement français. Maintenant, je pense que le monde comprend comment cela fonctionne et nous pouvons réagir beaucoup mieux.
Je pense que le cas de Huawei va, espérons-le, commencer à ralentir les pratiques de juridiction à bras long des États-Unis. Pour la première fois, un pays se lève vraiment et éloigne certains de ses citoyens des prisons américaines et protège ainsi ses entreprises. Peut-être que cela ne va pas arrêter les États-Unis, mais au moins c'est une victoire.

GT : Pensez-vous qu'une telle victoire incitera d'autres pays ou entreprises à se battre contre les États-Unis ?

Pierucci : Oui, certains pays ont commencé à réagir. Je pense que le premier pays qui a vraiment réagi a été le Royaume-Uni, où il a promulgué sa propre loi anti-corruption en 2010 - le UK Bribery Act 2010 - pour également contrer l'application extraordinaire de la loi américaine. Alors que les États-Unis s'en prenaient à l'une des plus grandes entreprises britanniques, British Aerospace, et lui faisaient payer des millions d'amendes, les Britanniques ont compris que cela était utilisé pour cibler leurs entreprises, alors ils ont promulgué leur propre loi pour les protéger.
En France, en 2016, suite à l'affaire Alstom, nous avons promulgué la loi française anti-corruption, appelée Sapin II, pour protéger les entreprises françaises. En Chine, après les affaires ZTE et Huawei, la Chine a commencé à promulguer de nouvelles lois, notamment la loi sur le contrôle des exportations et une loi sur les contre-sanctions. Différents pays ont commencé à réagir à de telles portées extraterritoriales [des lois américaines.] La Russie a également commencé à réagir.

GT : Vous avez mentionné que dans une récente interview avec un autre média chinois, CGTN, c'était la première fois qu'un pays luttait avec succès contre la juridiction à bras long des États-Unis, mais vous n'êtes pas aussi chanceux que Meng. Pourriez-vous nous dire ce que votre entreprise et votre pays auraient pu faire de plus pour vous à ce moment-là ?

Pierucci : C'est arrivé en 2013, et je pense que l'entreprise et le gouvernement n'étaient pas prêts à se dresser contre les États-Unis. Et ils l'ont simplement vu comme une affaire juridique au lieu de la considérer comme une affaire économique. Ils auraient pu faire ce qu'ils ont fait plus tard après la promulgation du Sapin II en France.
Pour protéger les entreprises françaises, il y a deux exemples. L'un était avec la Société Générale et l'autre avec Airbus. Nous sommes en mesure de régler ces cas en France, principalement, et les amendes sont payées en France principalement et personne n'a été arrêté. Mais ils ont pris Alstom en partie avant que nous ne puissions réagir de la sorte.

GT : Certains pays, comme le Canada et le Mexique, ont introduit une législation pour bloquer la « juridiction au bras long » des États-Unis, interdisant à leurs ressortissants de se soumettre aux lois américaines et punissant les entreprises et le personnel qui violent les « lois de blocage ». Pensez-vous que l'Europe devrait ressembler davantage à ces pays ? Est-il juste que les États-Unis - un pays qui prône le libre marché - soient en concurrence avec ses rivaux alors qu'en même temps ils pourraient gouverner les autres par leur propre soi-disant loi ?

Pierucci :Bien sûr, ce n'est pas juste. En repensant à l'histoire, lorsqu'un pays avait une suprématie militaire, il essayait d'imposer ses lois au reste du monde, par exemple, les Romains imposaient leurs lois lorsqu'ils envahissaient les autres, et Napoléon imposait la loi française dans tous les les territoires qu'il concédait, tandis que les Britanniques faisaient de même. À nous maintenant de l'accepter ou non. Maintenant, les pays réagissent à cela.
C'est bien d'établir une loi, mais c'est beaucoup mieux si la loi est appliquée. Par exemple, en France, nous avons une loi de blocage qui interdit également aux entreprises françaises de transférer des informations vers une autre juridiction étrangère au cas où elles feraient l'objet d'une enquête. Le problème est que la loi n'avait pas été appliquée et donc, parce qu'il n'y avait pas de réelles sanctions pour les entreprises qui le faisaient. Les entreprises préfèrent transférer des documents hors de France vers les États-Unis dans l'espoir de réduire les amendes qu'elles paieront aux États-Unis.
Comme ils ne payaient pas d'amende en France pour avoir enfreint une loi de blocage française, la culpabilité n'était pas un problème. C'est bien que le Mexique, le Canada, la France et d'autres pays, et maintenant la Chine, aient également mis en place une sorte de loi de blocage. Voyons maintenant quel pays l'applique vraiment.

GT : Alors que c'est la première fois que la Chine se bat contre la juridiction au bras long des États-Unis et remporte une victoire jusqu'à présent, pensez-vous que la guerre juridique et économique entre la Chine et les États-Unis a déjà commencé ? Que devons-nous faire en tant que gouvernement, entreprise ou individu pour gagner cette guerre ?

Pierucci : Maintenant, les États-Unis et la Chine sont en guerre économique comme les États-Unis étaient en guerre contre le Japon dans les années 80 et 90, et les États-Unis avaient été en guerre avec l'Europe auparavant. L'un des problèmes est que si vous ne montrez pas que vous êtes fort, ils ne vous considéreront pas de manière positive. Par conséquent, ils continueront à faire ce que les États-Unis ont fait.
Seulement si vous prenez des mesures fortes et parfois des mesures de représailles, alors seulement ils commenceront à reculer.
Par exemple, en Europe, dans les années 80, les États-Unis avaient commencé à attaquer les entreprises françaises sur des questions antitrust. Par conséquent, ils ont infligé de nombreuses amendes aux entreprises françaises et européennes sur des questions antitrust. À ce moment-là, l'Europe a également réagi et a infligé de nombreuses amendes aux entreprises américaines pour antitrust. Et puis, il y a eu un équilibre qui s'est créé.
Vous devez montrer que vous êtes fort car sinon vous ne serez pas considéré comme un adversaire digne de ce nom. Et puis vous allez être plastifié. Il faut donc réagir avec force, évidemment.

GT : Avez-vous vu la Chine changer sa façon d'interagir avec les États-Unis ces dernières années ? En avez-vous vu davantage en termes de réaction ou de contre-mesures de la part de la Chine ces dernières années, surtout depuis le début de la guerre commerciale ?

Pierucci :Oui bien sûr. C'était comme jouer au ping-pong entre les deux pays. De 2020 à 2021, la Chine a promulgué différents décrets et lois pour protéger essentiellement ses intérêts économiques. Le cadre juridique est actuellement en cours de construction en Chine pour contrer cela.
Concernant l'Europe, le problème est que l'Europe n'est pas vraiment une, avec 27 pays ayant des intérêts différents. Certains sont beaucoup plus proches des États-Unis tandis que d'autres souhaitent une Europe plus indépendante d'un point de vue militaire et économique. Par exemple, nous avons maintenant commencé à discuter de la protection des données pour les entreprises, en évitant le transfert de données d'Europe vers les États-Unis. Nous avons un nouveau décret appelé Schrems II qui interdit le transfert de données personnelles vers les États-Unis, et nous avons commencé à réagir mais cela prendra du temps.
Mais nous avons besoin que les pays membres se mettent d'accord avant de promulguer les lois, et les États-Unis sont très bons pour jouer les uns contre les autres en Europe et cela prend donc plus de temps.

GT : Pensez-vous que l'Europe est également dans une certaine sorte de guerre juridique ou économique avec les États-Unis ? Pensez-vous que les entreprises multinationales européennes sont confrontées aux mêmes défis que les entreprises chinoises et que faut-il faire pour lutter contre de tels mouvements unilatéraux ?

Pierucci :Il est clair que certaines actions ciblent des technologies spécifiques mais que d'autres ne ciblent pas des technologies mais certaines entreprises et certaines banques. Par exemple, la plus grosse amende payée en Europe a été payée par la banque française BNP Paribas pour des problèmes de contrôle des exportations similaires à l'affaire Huawei en payant 8,9 milliards de dollars. En effet, l'Europe a été frappée avant la Chine par l'extraterritorialité de la loi américaine sur les sanctions, les embargos, le contrôle des exportations et sur les affaires de corruption.
Ce que vous voyez en Chine pourrait n'être que le début des problèmes, car les États-Unis ont promulgué des décrets selon lesquels les agents du FBI doivent désormais se concentrer sur les entreprises chinoises en concurrence avec les entreprises américaines pour violation de la loi sur les pratiques de corruption à l'étranger, vous pouvez donc vous attendre à plus de cas contre entreprises chinoises.

GT : Il y a un autre livre récent d'un entrepreneur français, Marc Lassus, publié en chinois, qui révèle comment les services de sécurité américains l'ont persécuté et ont pris le contrôle de son entreprise technologique. Mais il a dit qu'il hésitait à écrire un tel livre, inquiet des représailles américaines, combattant seul (sans le soutien de l'État). Avez-vous hésité avant de publier le livre The American Trap ? Avez-vous par la suite subi des représailles de la part des autorités américaines compétentes ?

Pierucci : Je connais très bien Lassus et c'est un bon ami à moi, et son histoire est similaire à la mienne. En fait, il a mentionné qu'il attendait que j'écrive le livre pour qu'il puisse se sentir libre d'écrire son livre plusieurs fois. Son histoire s'est déroulée il y a une vingtaine d'années. Et il n'y a rien de nouveau, c'est juste que la Chine a été blessée après nous en Europe sur ces questions.
Il y a un risque à écrire et il y a un risque à ne pas écrire. J'ai ressenti ce devoir de le mettre dans mes écrits, car je veux protéger les entreprises françaises contre cela. Je veux aussi mettre en garde les employés des grandes entreprises, car ce qui m'est arrivé pourrait arriver à d'autres. Et en fait, cela arrive tout le temps. Dans de nombreux pays, il y a beaucoup de "Meng Wanzhou" et de "Frederic Pierucci" dans les prisons américaines. J'ai publié le livre dès que je suis sorti de prison.

GT : Pour les entreprises chinoises mais aussi pour les entreprises européennes, que doivent-elles faire pendant cette guerre juridique et économique prolongée avec les États-Unis ? Quelle est votre suggestion?

Pierucci :J'ai créé ma propre société constitutive en 2015 après que cela s'est produit, car je sentais que la première chose à faire dans les entreprises est la nécessité de mettre en place des processus pour minimiser ce type de risque.
Vous devez mettre en place des processus anti-corruption dans l'entreprise, rédiger le code de conduite, rédiger des processus, nommer des consultants et des agents, ainsi que des intermédiaires. Vous devez dresser une carte des risques pour identifier où vous êtes potentiellement à risque de corruption, qu'elle soit interpersonnelle ou entreprise-client. Vous devez mettre en place une sorte de plan de dénonciation au sein de votre entreprise pour détecter les signaux et vous devez exercer une diligence raisonnable sur vos partenaires car si votre partenaire, c'est-à-dire vos distributeurs ou agents, verse un pot-de-vin dont vous bénéficiez, vous êtes également responsable. Vous devez donc mettre toutes ces politiques en place au sein de l'entreprise et protéger la direction.
C'est ce que nous faisons. Fondamentalement, nous le faisons sur la lutte contre la corruption. Nous le faisons en matière de contrôle des exportations et de conformité commerciale. Il est important d'avoir un ensemble de règles internes pour minimiser le service.
Si quelque chose devait arriver, vous pouvez toujours vous défendre en disant que j'ai fait tout ce que je pouvais pour l'empêcher au sein de l'entreprise en mettant en œuvre tous les processus et politiques. Il est également important de former le management et le personnel les plus exposés à ces risques, ce que nous pourrions faire au niveau de l'entreprise. Au niveau des pays, vous devez faire exactement ce que la France a fait ou la Chine fait maintenant en mettant en place votre propre ensemble de lois pour protéger également les entreprises.

GT : Après l'incident de Meng Wanzhou, des incidents similaires se reproduiront-ils ? Y aura-t-il un autre Meng Wanzhou en Chine ?

Pierucci : Je ne sais pas. Certaines personnes moins en vue pourraient être poursuivies car Huawei n'est pas la seule entreprise à avoir été ciblée. Chaque année, de nouvelles entreprises, peut-être plus petites et avec des affaires moins médiatisées, sont sous surveillance ou inculpées ou doivent faire face à ce genre de problème. Cela ne va donc pas s'arrêter. Ce qui pourrait arrêter cela, c'est de le minimiser si le pays met en place des lois et juge les affaires à l'intérieur de votre propre pays. Contrairement à ce qui s'est fait en France avec les cas de la Société Générale et d'Airbus. Si la Chine traite ces cas dans le pays, les entreprises ne seront pas soumises à la juridiction américaine. Ce sera une situation différente.

GT : Si on vous demandait d'utiliser un mot pour décrire la pratique des États-Unis, quel mot choisiriez-vous ?

Pierucci : Très pragmatique. Les États-Unis sont la superpuissance, et ils défendent leurs intérêts et ils utilisent tous les moyens pour défendre leurs intérêts. Les États-Unis ne changeront pas, que ce soit les démocrates ou les républicains. Ils vont toujours se battre pour les intérêts économiques des États-Unis.

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