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 le covid-19 accélère l'histoire

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Xuan
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   Posté le 30-10-2020 à 19:26:57   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Fabrication des masques chirurgicaux en Inde :
https://www.facebook.com/jhullienny/videos/3018438168208995

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   Posté le 02-11-2020 à 13:32:16   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

faits divers de campagne :

Les médias russes ont rapporté le 30 octobre que dans l'État américain du Texas, le bus de campagne de Biden Harris avait été «encerclé» par un convoi de camionnettes et avait été contraint d'annuler la campagne ce jour-là.
Russia Today (RT) a rapporté le 30 octobre que cette flotte de camionnettes arborait le drapeau américain et la bannière "Making America Great Again (MAGA)" et était une flotte de partisans de l'actuel président Donald Trump. Par la suite, les démocrates ont condamné l'incident en le qualifiant de «harcèlement dangereux».
L'article indiquait que le 30 octobre, un bus blanc avec les photos "Biden Harris" roulait sur la route. Soudain, de nombreuses camionnettes portant les drapeaux de soutien de Trump ont suivi le bus, et l'ont encerclé.

Trump et son épouse Melania Trump ont lancé une tournée de campagne nationale pour tenter de renverser la vapeur:
Le 29 octobre 2020, la première dame des États-Unis, Melania, prend la parole lors d'un rassemblement électoral à l'extérieur du stade Raymond James à Tampa, en Floride. (AP)
Le 29 octobre 2020, Trump et la première dame Melanie ont quitté les lieux après un rassemblement de campagne organisé à l'extérieur du stade Raymond James. (AP)
Le 29 octobre 2020, Melania a présenté Trump lors d'un rassemblement électoral qui s'est tenu à l'extérieur du stade Raymond James à Tampa. (AP)

RT a cité une vidéo publiée par un internaute disant que pour suivre le bus de l'équipe de campagne de Biden, l'une des camionnettes noires de l'équipe d'assistance de Trump s'est même "écrasée" dans un autre SUV blanc.
À ce sujet, le représentant Rafael Anchia, un démocrate du Texas, a par la suite tweeté et condamné ce qu'il appelait un «harcèlement dangereux» de la part des partisans de Trump. Il a également déclaré que les partisans de Trump «sont entrés dans le véhicule d'un volontaire et ont bloqué la circulation pendant 40 minutes».
Les démocrates du Texas ont par la suite déclaré avoir annulé la campagne. La représentante du Texas, Sheryl Cole, a tweeté que le bus de Biden aurait dû s'arrêter à un endroit à Austin, où les démocrates locaux attendraient. Mais elle a écrit plus tard que pour des raisons de sécurité, ils ont dû annuler l'événement.

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   Posté le 07-11-2020 à 15:57:09   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

C'est un tournant historique mondial que nous sommes en train de vivre.
Il importe que les communistes saisissent la nature dialectique de la mondialisation, qui ne date pas de 1990 mais de la préhistoire, des premiers trocs et des premières guerres, et qui a pris la forme de la colonisation et de l’esclavage comme des luttes de libération, des révolutions et du commerce sous tous ses aspects.
Une mondialisation multipolaire s’annonce à laquelle l’hégémonisme oppose le protectionnisme.
Ce protectionnisme s’oppose au développement des forces productives mondiales, comme à la protection sanitaire des peuples.
Quelle doit être notre attitude dans cette situation, dans le cadre impérialiste et munichois de notre pays et du point de vue stratégique de la révolution socialiste ?

La Chine fixe la date d’expiration de l’hégémonie américaine

DANIELLE BLEITRACH
7 NOVEMBRE 2020

https://histoireetsociete.com/2020/11/07/la-chine-fixe-la-date-dexpiration-de-lhegemonie-americaine/
Comment peut-on penser une stratégie de rupture avec le capitalisme en étant dans un tel état d’ignorance que l’on ne mesure pas ce qui est en train d’évoluer au plan international en matière d’affrontement anti-impérialiste? C’est non seulement stupide mais criminel tant cela laisse notre propre classe ouvrière et couches populaires désarmées, imbéciles au sens premier à savoir privé de défense, cela condamne notre pays à un déclin irréversible dans le sillage des Etats-Unis. (note et traduction de Danielle Bleitrach)


Lundi 2 novembre 2020 par CEPRID

Alberto Cruz

CEPRID

La dernière quinzaine d’octobre a été cruciale pour l’avenir du monde. Dire cela peut paraître grandiloquent, surtout si l’on considère que, apparemment, rien d’anormal ne s’est passé dans cette quinzaine. En apparence. Parce que ce qui s’est passé, sans être anormal, était significatif et s’est produit en Chine avec l’adoption d’une loi très importante sur le contrôle des exportations et la tenue de la session plénière du Comité central du Parti communiste. Ce qui a été décidé là-bas est d’un tel poids qu’il reconfigurera le monde tel que nous le connaissons.

La Chine est dans une guerre commerciale et technologique imposée par les Etats-Unis depuis 2018. Une façon astucieuse, et dévastatrice, de répondre à chaque mouvement agressif des États-Unis a été d’adopter une approche qui a laissé le monde occidental désarmé : la « double circulation. » A l’inverse de ce qui a été dit par certains en Occident, ce n’est pas une mesure à court et moyen terme pour faire face aux « difficultés » (belle néo-langue) de l’agression américaine, mais c’est une nouvelle stratégie économique qui marque un changement presque total par rapport à ce qu’a été la Chine jusqu’à présent et qui a impacté pleinement l’économie mondiale.

Sans se fermer aux investissements occidentaux ou renoncer à ses exportations, la Chine regarde résolument vers l’intérieur de ses terres (production, distribution et consommation) avec la volonté de réduire sa dépendance à l’égard de la technologie et des marchés financiers. En bref: La Chine ne sera plus l’usine du monde.

Il s’agit officiellement de poursuivre une politique qui dure depuis un certain temps et qui a pris de l’ampleur comme le résultat de la pandémie de COVIDE-19, la quasi-totalité des pays occidentaux accusant la Chine de leurs propres erreurs et lacunes et initiant un processus naissant de relocalisation de ses industries en Chine vers d’autres pays asiatiques comme le Vietnam, la Thaïlande, la Malaisie ou le Cambodge. Bien que, et il est juste de le dire, certains à contrecœur et en tentant de contourner les sanctions américaines (illégales en vertu du droit international) et de continuer à commercer avec la Chine et en tentant de ne pas perdre sa part de marché dans le seul pays qui poursuit sa croissance malgré la pandémie. Cependant, la Chine en est venue à dire « vous le voulez de cette façon, alors allez-y. » Nous sommes à la fin de l’année et il sera très important de savoir quel est le pourcentage du commerce extérieur chinois en 2019. En 2018, il représentait 32% de son produit intérieur brut. De combien cette part s’est réduite nous donnera une idée de ce que cette mesure signifie pour le monde.

Dans le même temps, il y a ceux qui ne sont pas seulement tiré une balle dans le pied, mais dans la tête. C’est le cas de l’Union européenne, qui, dans son suicide derrière les Etats-Unis (non seulement avec la Chine, mais avec la Russie) perd des marchés à grande vitesse. A l’occasion de la pandémie et de la paranoïa occidentale anti-chine, l’UE a perdu sa position de premier partenaire commercial de la Chine, qui s’est reporté sur les pays de l’Association des États de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et qui, au cours de ces dix mois de 2020, a une part qui resté très proche de 500 milliards de dollars dans le commerce.

The Big Blow

Cette quinzaine cruciale a commencé le 13 octobre, jour de l’adoption d’une loi sur le contrôle des exportations qui, dans le même temps, autorise le gouvernement à « prendre des contre-mesures » contre tout pays qui « abuse des mesures de contrôle des exportations » et constitue une menace pour la sécurité et les intérêts nationaux de la Chine. Cela dit, il semble que c’est une loi quelconque, mais ce qui est derrière elle est une interdiction d’exporter des substances stratégiques (en particulier les terres rares) et la technologie aux entreprises étrangères qui pourraient constituer une menace pour sa sécurité nationale.

Jusqu’à présent, nous étions habitués à entendre ce langage en provenance des États-Unis, mais venant maintenant de Chine cela indique également comment les choses sont et comment la Chine a décidé qu’elle ne se soucie pas qui gagne l’élection américaine. Les deux sont anti-chinois et la seule chose sur laquelle ils diffèrent, c’est que l’un préfère aller seul (Trump) et l’autre cherche à avoir des vassaux (Biden). En tout les cas, les Chinois savent que le temps joue en leur faveur et si Biden gagne, cela lui donnera quelques mois pour renverser la politique anti-Chine de Trump (bien qu’Obama ait également pris des mesures dans cette ligne de confrontation que Trump a accélérée), et c’est le sens de l’introduction d’un mot, « abus » dans la loi adoptée. Dans le cas où Trump gagne, le temps sera très limité puisque il faudra faire face dès la première session de l’Assemblée populaire nationale de l’année prochaine (il est nécessaire de prendre en compte quand l’année chinoise commence, ce qui n’est pas notre calendrier ), le feu vert définitif sera alors donné à la mise en oeuvre de cette loi qui viole définitivement la coutume américaine d’imposer sa juridiction nationale en dehors de son territoire.

Si la Chine tient également compte du fait qu’elle exporte 70 % de toutes les terres rares commercialisées dans le monde (et 95 % du total est supposé être sur son territoire, bien que de nouveaux gisements soient découverts en permanence comme en Corée du Nord, par exemple, ou au Vietnam), cela signifiera ce que cette mesure implique : des matériaux essentiels pour tous, des mobiles aux missiles. C’est un peu comme « pas de terres bizarres, pas de chips. »

L’importance de cette loi est qu’elle est la première de l’histoire de la Chine depuis son entrée dans l’Organisation mondiale du commerce (2001). Alors que les États-Unis ont rédigé des lois et des lois à leur guise à cet égard, et contre le mantra libéral du « libre-échange », la Chine est toujours restée dans le strict contexte officiel et a plaidé pour le « libre-échange ». Jusqu’à maintenant. Avec cette loi, la Chine applique l’« œil pour œil », c’est-à-dire qu’elle retourne aux États-Unis ses coups les plus durs. La Chine dit aux États-Unis que ceux-ci n’établiront plus de règles de commerce international unilatéralement et quand ils le veulent et l’imposent par leur capacité militaire, ni avec leurs bases, ni en comptant sur leurs alliances.

Depuis que les Etats-Unis ont commencé la guerre économique contre la Chine avec des droits de douane, en 2018, nous avons assisté à un échange de représailles les uns pour les autres jusqu’à ce que nous laissions la chose dans quelque chose comme un lien dans lequel les deux peuvent se vanter de la victoire. En effet, quelqu’un d’aussi peu soupçonné que Bloomberg a dû reconnaître (30 octobre 2020) que le respect par la Chine de l’accord dit de « phase 1 » permet aux États-Unis de lutter contre la pandémie en termes de ressources et de ventes, en particulier agricoles. Mais cette loi, si toutefois elle est appliquée – et elle dépendra de ce que les États-Unis font d’ici février ou mars 2021 – bouleversera toute géopolitique telle que nous la connaissons de manière irréversible.

La Chine a attendu très patiemment son temps et elle a été fournie par COVIDE-19 : avant la pandémie occidentale, elle était très touchée, perdant l’hégémonie chaque seconde qui passe ; il est maintenant coulé et les perspectives sont d’un naufrage encore plus grand. Il suffit de jeter un coup d’œil au dernier rapport du FMI (16 octobre 2020) lorsque vous parlez de la crise pandémique qui va durer beaucoup plus longtemps que prévu et qu’un seul pays est sauvé, la Chine.

Le XIVe plan quinquennal

C’est dans ce contexte que doit être placé l’autre grand mouvement: l’adoption à la XIXe plénière du Comité central de l’ASSEMBLÉE (26-29 octobre 2020) du XIVe plan quinquennal (2021-2025), qui sera officiellement adopté par l’Assemblée populaire nationale en mars 2021.

S’il y a une chose évidente dans le monde dans laquelle nous vivons, c’est que l’état de l’économie mondiale dépend, en particulier, de la voie que la Chine va suivre et à quel rythme son économie va aller. D’où l’importance du XIVe plan quinquennal.

Une brève réflexion doit être faite ici parce que les plans quinquennaux de la Chine commencent, mais ne suivent pas millimétriquement, les plans quinquennaux soviétiques. Parce que les Chinois ont beaucoup appris après la disparition de l’URSS, ils ont étudié beaucoup des causes de cette disparition et ont entrepris de nombreuses variables qui ont permis au pays d’atteindre où il atteint. Je veux dire, ils sont moins rigides que les Soviétiques. Par exemple, dans ce XIVe plan quinquennal, il existe une « combinaison flexible » de capitaux publics et privés, tout en soulignant que « c’est l’État qui est le principal sujet de l’économie et qu’il établit des conditions économiques ». En d’autres termes, l’intérêt des entreprises privées est subordonné à l’État, comme l’a prouvé de près la pandémie et la façon dont la Chine l’a confrontée.

Étant comme ils sont, avec une guerre économique ouverte par les Etats-Unis, avec une tendance croissante vers la démondialisation et avec une récession économique occidentale sans précédent la Chine a mis ses cartes sur la table (même si toutes ne sont pas encore connues). Il est clair derrière ce plan que la Chine choisit ouvertement de devenir la plus grande économie du monde (ce qu’elle est déjà et, surtout, « une société à revenus élevés » au cours des cinq prochaines années. C’est-à-dire, pour atteindre, ou dépasser, le chiffre de 10 700 euros de revenu par habitant que la Banque mondiale ou le FMI estime que le pays est à revenu élevé. Aujourd’hui, la Chine est légèrement au-dessus de 8.500 euros.

Mais pas toute la population, bien sûr (comme en Occident, cette moyenne est assez trompeuse parce qu’elle est égale aux très riches et aux très pauvres). Selon les données officielles, il y a environ 600 millions de Chinois (la population est de 1,4 milliard), à peu près le même pourcentage de la population rurale dans le pays, dont le salaire mensuel est de 120 euros et c’est en eux que ce XIVe plan quinquennal est dédié qui garantit une politique expansive avec une augmentation des dépenses publiques pour assurer la santé, l’éducation et les pensions, entre autres choses. C’est pourquoi vous vous détendrez jusqu’à ce que vous disparaissez presque le permis de séjour qui restreint la circulation des travailleurs qui migrent vers les villes. C’est l’augmentation de la qualité de vie de ce secteur dans lequel toute l’approche est tournée parce qu’elle implique également une augmentation substantielle des salaires.

Sans cela, la consommation ne peut pas être stimulée au niveau de la Chine avec sa stratégie de « double circulation ». Mais la Chine a tous les avantages pour y parvenir car grâce au PCC, le plein contrôle de l’Etat sur tous les secteurs stratégiques (énergie, télécommunications, crédit, transports, etc.) et, en particulier, sa souveraineté monétaire, le triomphe est assuré.

Et voici l’autre question pertinente parce qu’en optant pour la stratégie de « double circulation », elle est clairement engagée dans la consommation intérieure par rapport aux exportations. Cela permettra à la Chine de stimuler le développement socio-économique de sa population à court et moyen terme et – surtout – sans pression extérieure.

Ce plan quinquennal stipule que la priorité absolue pour la Chine est l’économie nationale et la réalisation d’objectifs technologiques qui améliorent son développement. En d’autres termes, l’intelligence artificielle devient la clé de ce qui précède avec une application à grande échelle, aussi, dans les zones rurales. Parce que ce qu’il implique, ni plus ni moins, qu’il « remplace les technologies américaines dans les zones centrales » de l’économie et pour cela il augmente l’investissement dans la recherche et le développement de l’actuel 2,2% à 3% du budget de l’Etat. Un pourcentage que les États-Unis ne sont pas en mesure d’assumer.

Les Etats-Unis ont peut-être prévu ce mouvement et ont essayé de l’empêcher de toutes leurs forces, mais il est tard, trop tard. Peu de gens soutiennent aujourd’hui que toutes les actions agressives contre Huawei, TikTok, WeChat et autres n’ont pas réussi à obtenir les résultats escomptés et qu’il y a des « conséquences collatérales » (The Asia Times, 30 octobre 2020) qui ne devraient pas être le fait qu’elles ont affecté de nombreuses entreprises américaines.

Ce XIVe plan quinquennal stipule que ce qui précède est le prélude au grand objectif : 2035 avec la Chine comme leader mondial de la technologie, en dehors de la grande puissance économique sans aucune discussion, montrant que la puissance hégémonique de l’Amérique s’affaiblit très rapidement et a une date d’expiration.

Se souvenir de Lénine

De toute évidence, le soi-disant « ordre mondial » change en temps de crise, nous n’avons qu’à revoir l’histoire. Si l’hégémonisation menée par les États-Unis s’est jusqu’à présent déchirée, la pandémie l’a complètement brisée. Nous vivons dans un moment historique, en regardant la domination américaine décliner exactement comme les empires britanniques et Français fondus après la Seconde Guerre mondiale ou espagnol à la fin du 19ème siècle.

Lénine a parlé dans son « impérialisme, phase ultime du capitalisme » de la façon dont la concurrence féroce pour le contrôle des ressources et le commerce entre les États capitalistes européens a conduit à la Première Guerre mondiale. Et comment l’impérialisme, directement ou indirectement, impose toujours les règles du commerce international pour s’assurer que l’excédent économique se répercute sur le pouvoir impérialiste. Je suppose qu’il n’est pas nécessaire de dire ce que les États-Unis ont fait depuis le déclin britannique après la Seconde Guerre mondiale et sur quoi repose leur contrôle du monde, surtout après la disparition de l’URSS.

Et les Etats-Unis l’ont même fait en écrasant et en humiliant leurs « alliés », comme lors de la soi-disant « crise asiatique » des années 1990, bien qu’ils aient auparavant coulé le Japon, qui avait surpassé les États-Unis dans les exportations manufacturières. Le Japon a dû avaler sa mise au pas, les pays asiatiques ont vu ce qui s’était passé et ont également baissé la tête, mais la Chine ne l’a pas fait. La Chine accepte la guerre et la porte sur le terrain américain lui-même. L’adoption de la loi sur le contrôle des exportations et le pouvoir de faire des contre-mesures, ainsi que l’adoption du XIVe plan quinquennal marquant un avenir proche sont les manifestations de ce que les États-Unis ne peuvent pas intimider la Chine comme ils l’ont fait avec le Japon et d’autres pays, qu’ils ne peuvent pas établir des règles commerciales et interdire les entreprises technologiques qui les dépassent, et, au contraire, la Chine peut envoyer les Etats-Unis dans les poubelles de l’histoire et ils ne seront rien de plus qu’un autre empire qui est tombé.

Une note de plus à souligner: 2035 sera non seulement lorsque la Chine sera le leader mondial de la technologie, mais quand elle aura atteint le rang de « nation socialiste entièrement modernisée. »

Nous revenons ici au débat éternel sur la question de savoir si la Chine est socialiste ou capitaliste. Mais si nous suivons ce que l’on sait du XIVe Plan quinquennal, nous voyons qu’il n’y a rien qui n’est ni une chose ni une autre parce que nous sommes confrontés à la fusion de l’économie monétaire, keynesianisme au sens strict et à la planification initialement soviétique.

Peut-être quelque chose comme la nouvelle politique économique de Lénine. Peut-être. La différence est que Lénine a conçu la NEP comme un système de transition, un « pas en arrière forcé » au sein du système socialiste, et la Chine y voit un grand pas en avant et rien de transitoire. La ressemblance est que, dans les deux cas, l’économie reste sous la direction et la planification de l’État, bien que soutenue par des capitaux privés.

Parce que la vérité est que ces dernières années – surtout après la première crise capitaliste majeure de 2008 et surtout après l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2013 – la dépendance vis-à-vis de l’économie du secteur public a doublé, les entreprises d’État ont bénéficié de politiques gouvernementales de plus en plus favorables pour les rendre « plus fortes, meilleures et plus grandes » , comme Xi lui-même l’a dit. S’agit-il d’un « socialisme de marché » ou d’un « socialisme aux caractéristiques chinoises » ? Peut-être.

Alberto Cruz est journaliste, politologue et écrivain. Son nouveau livre est « Les Sorcières de la Nuit. Le 46e régiment d’aviateurs soviétiques « aman » pendant la Seconde Guerre mondial », édité par La Caída avec la collaboration du CEPRID et déjà en passant par la troisième édition. Les commandes peuvent être passées à libros.lacaida@gmail.com ou à ceprid@nodo50.org peuvent également être trouvées dans les librairies.

albercruz@eresmas.com


Edité le 07-11-2020 à 15:57:58 par Xuan




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   Posté le 23-11-2020 à 00:06:32   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Au G20 : le vaccin bien public mondial


Tandis que Trump retournait jouer au golf le sommet du G20 a adopté cette décision initiée par la Chine Populaire

https://www.youtube.com/watch?v=NnhlLx83ddE


Le discours de Xi Jinping


Trump distrait au G20 reflète la lutte américaine contre le COVID: éditorial du Global Times

Source: Global Times Publié: 2020/11/22 21:54:37


https://www.globaltimes.cn/content/1207676.shtml


Le roi saoudien Salman bin Abdulaziz Al Saud a présidé samedi le sommet virtuel du G20 organisé par le pays arabe à Riyad, le forum étant dominé par les efforts pour lutter contre la pandémie de COVID-19. Dans son discours, le président chinois Xi Jinping a impressionné le monde, affirmant que la Chine honorerait son "engagement de fournir assistance et soutien à d'autres pays en développement, et œuvrerait à faire des vaccins un bien public mondial accessible et abordable pour les personnes du monde entier". Le président russe Vladimir Poutine a également déclaré que la Russie était prête à fournir son propre vaccin contre le coronavirus aux pays dans le besoin.

Le président américain Donald Trump a été critiqué pour sa distraction lors du sommet. La vidéo a montré que Trump gardait la tête baissée lorsque le roi saoudien Salman a prononcé son discours d'ouverture. Au cours du sommet, Trump a envoyé de nombreux tweets qui n'avaient rien à voir avec le G20 ou le COVID-19, alors qu'il continuait à se plaindre des fraudes électorales au Michigan, dont aucune preuve n'a encore été fournie, etc. En plus de cela, les États-Unis Le président a sauté l'événement «Préparation à la pandémie» du sommet en faveur d'un voyage dans l'un de ses clubs de golf. Trump n'était clairement pas intéressé par le sommet du G20 et ses discussions car son esprit était toujours pleinement préoccupé par les élections de 2020. Sa présence à la réunion virtuelle des dirigeants de l'APEC, organisée à distance par la Malaisie vendredi, et au sommet virtuel du G20 ne serait qu'un geste pour montrer qu'il est toujours président des États-Unis.

La performance de Trump lors des deux grandes réunions est précisément le reflet de la lutte américaine contre le COVID-19. Les États-Unis ont étonnamment enregistré plus de 12 millions d'infections à coronavirus avec près de 256000 décès. Les États-Unis devraient afficher le plus d'inquiétude et rechercher la coopération pour le combat contre le COVID-19. Cependant, Washington, dans son indifférence, a jeté de l'eau froide sur la notion de coopération mondiale face à la pandémie.

Dans une large mesure, l'élection présidentielle américaine reflète le mécontentement des électeurs américains contre le combat du gouvernement contre le COVID-19. De toute évidence, l’actuelle administration américaine ignore volontairement ce signal fort. Il est frustrant que le gouvernement américain ne puisse pas traduire les souhaits du peuple américain en actions résolues.

Les États-Unis ont fait certaines percées dans le développement de vaccins, tout comme la Chine, la Russie et d'autres pays. L'attitude des États-Unis à l'égard des vaccins semble beaucoup trop optimiste. Comme l'a déclaré le 16 novembre le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, "Un vaccin complétera les autres outils dont nous disposons, ne les remplacera pas… un vaccin à lui seul ne mettra pas fin à la pandémie."

Au lieu de devenir un leader dans le combat contre le COVID-19 avec son énorme force technologique et financière, les États-Unis sont devenus les plus touchés par le COVID-19 et ont traîné le monde entier derrière. L'administration Trump a permis à la politique interne de perturber la réponse mondiale au COVID-19 et se tient ouvertement du côté opposé de l'OMS. C'est impardonnable. L'histoire se souviendra de ce que l'administration américaine actuelle a fait. Les astuces de Washington pour se soustraire à ses responsabilités découlent d'un opportunisme politique à court terme. L'histoire les jugera en conséquence.

L'administration Trump a fait reculer la roue de la mondialisation. Il s'est retiré d'une série d'organisations internationales. Diverses parties espèrent vivement que l'administration Biden apportera les modifications nécessaires. De nombreuses organisations relevant de l'ONU et d'autres mécanismes multilatéraux se sont habituées à l'absence des États-Unis. Sans les États-Unis, le monde continuera de bouger et la vie des gens continuera. On espère que Washington cessera de marginaliser les États-Unis à un moment où l'humanité est confrontée à des défis majeurs. Nous espérons que les dirigeants américains ne publieront plus jamais de tweets ni ne joueront au golf tant que le reste du monde s'efforcera de résoudre les crises courantes.

Il est rapporté que la nouvelle administration Biden est prête à renforcer la coopération étrangère. Mais de nombreux rapports indiquent que le futur gouvernement le fera pour faire face au «défi chinois». C'est une mauvaise perception. Le plus grand défi pour les États-Unis et leurs alliés aujourd'hui n'est pas la Chine, mais le nouveau coronavirus, et les plus gros problèmes à l'avenir ne viendront pas non plus de Chine. De la promotion de la reprise économique mondiale à la réponse aux crises publiques, la Chine est un partenaire des États-Unis et de l'Occident, plutôt qu'un adversaire comme certains l'imaginent.

Si la prochaine administration continue de considérer la Chine comme un problème majeur que les États-Unis doivent résoudre, il sera impossible de conduire les États-Unis vers une nouvelle voie de recherche de la vérité à partir des faits. Il errera dans l'ombre du Trumpisme. Toute l'humanité doit se donner la main et faire des efforts ardus pour vaincre complètement le COVID-19. Il n'y a pas de moralité plus élevée que de sauver des vies dans le monde. Le sort de l’économie mondiale l’année prochaine dépendra des progrès substantiels accomplis pour vaincre la pandémie. Il n’ya pas le temps de jouer à des jeux politiques dans la lutte contre la pandémie.


Edité le 23-11-2020 à 00:11:47 par Xuan




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   Posté le 05-12-2020 à 07:44:47   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

UN BOULEVERSEMENT MONDIAL


Dans l'Humanité https://www.humanite.fr/economie-vers-un-bouleversement-des-grandes-puissances-697138

ROBERT KISSOUS
Président de Rencontres Marx


En 2006 la France reculait de la 5e à la 6e position, en termes de PIB, au profit de la Chine. En 2017, c’était au tour de l’Inde qui, doublant son PIB en dix ans, passait devant la France rétrogradée au 7e rang.

Diverses études prévoient les évolutions à venir en 2030 ou 2050. Toutes convergent sur ce fait: la montée des pays émergents est une tendance de fond. Selon plusieurs projections de cabinets d’audit et d’institutions économico-financières, en 2050, six pays émergents seraient dans les dix premiers, la France reculant à la 12e place. Déclin relatif, puisque le PIB ne recule pas mais croît beaucoup moins vite que celui d’autres pays. Fait notable, la Chine passerait devant les États-Unis d’ici à 2030. À 2050, sept pays émergents représenteraient 50% du PIB mondial contre 20% pour les pays du G7. La pandémie, survenue depuis ces études, ne modifiera pas ce pronostic. Elle peut même l’accélérer puisque les pays asiatiques s’en sortent plutôt mieux que les pays occidentaux. Le très important accord de libre-échange RCEP (Regional Comprehensive Economic Partnership – partenariat régional économique global – NDLR), comprenant quinze pays – l’Asean (Association des nations de l’Asie du Sud-Est – NDLR) plus Chine, Japon, Corée du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande – renforce le poids de la zone Asie-Pacifique dans l’économie mondiale. L’Inde et les États-Unis ont refusé de s’y associer. Pour ces derniers, la «concurrence libre et non faussée» est acceptable si elle leur profite. Ce n’est pas la théorie économique néolibérale ou autre qui les guide mais leur visée hégémonique. C’est un bouleversement considérable des rapports mondiaux qui s’affirme. Ce n’est pas l’accumulation de capitaux ni le casino boursier qui créent les richesses mais le labeur des millions de travailleurs d’ex-pays sous-développés, exploités dans l’échange inégal subi au profit des pays impérialistes et qui se mettent en mouvement pour sortir de la misère.

Les pays du G7 pourraient s’en réjouir et décider de prendre le chemin de la coopération avec les économies émergentes, sur un pied d’égalité, en endossant le multilatéralisme. Les dirigeants de ces pays, Emmanuel Macron notamment avec l’arrogance habituelle, adoptent une telle rhétorique. Mais la pratique est autre, on ne change pas l’essence de l’impérialisme même si on peut parfois en infléchir le cours. La bourgeoisie française cherche à renforcer ses positions ou au moins à les maintenir sur la scène internationale. Il y va de sa capacité à peser dans sa zone d’influence traditionnelle, de l’accès aux ressources nécessaires et à «sa part du gâteau».

Dans ce contexte, la pandémie a retardé des projets de loi ou de décision tout en posant la question: qui va payer la crise sanitaire? Pour renforcer ses positions, la classe dominante prépare sa «sortie de la pandémie». La loi sur la sécurité globale renforce les moyens pour imposer par la violence, si nécessaire, les choix politiques sur le plan social et économique. Quand le pouvoir peine à convaincre, il lui reste l’autoritarisme. Darmanin menace, avec la bénédiction de Macron. Mais avec une large opposition. C’est là qu’intervient la loi sur le séparatisme. Elle vise à constituer un bloc idéologique autour de Macron et de la classe dominante, en le faisant apparaître comme «progressiste». En ciblant une partie des classes populaires, les musulmans ou supposés tels, elle caresse la droite et l’extrême droite en vue de 2022. Des manœuvres qui n’effaceront pas la réalité catastrophique dans laquelle la classe dominante a mis le pays…


Edité le 05-12-2020 à 08:10:13 par Xuan




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Je fais volontairement le parallèle entre l'article de Robert Kissous dans l'Humanité et celui de Danielle Bleitrach.
Robert Kissous est membre du PCF, il fut autrefois membre du PCMLF jusqu'à son noyautage par la social-démocratie du PSU et la liquidation opérée par les groupes ml.
Danielle Bleitrach a été proche de Georges Marchais, qu'elle n'a jamais renié. Mais sa position vis-à-vis de la Chine et de la pensée maotsétoung a évolué.



La Chine ne remplace pas les USA, nous entrons dans une nouvelle ère… par Danielle Bleitrach


https://histoireetsociete.com/2020/12/05/la-chine-ne-remplace-les-usa-nous-entrons-dans-une-nouvelle-ere-par-danielle-bleitrach/

DANIELLE BLEITRACH 5 DÉCEMBRE 2020

Tandis que les États-Unis et l’Europe semblent avoir les plus grandes difficultés à sortir de leur crise – mais quelle crise? La Chine continue sa progression, est-ce que pour autant la Chine prétend prendre la place des USA en tant que nouvelle puissance hégémonique ? Il n’en est rien, nous sommes devant un nouveau cas de figure, celui que Fidel Castro annonçait depuis 1983. Mais voyons plutôt ce qu’il en est. Pour une fois que nous pouvons un peu échapper au catastrophisme et complotisme ambiant, sans parler des jeux de pouvoir et de couloir sans intérêt auxquels notre monde politique et ses médias semblent vouloir se vouer.

La nouvelle centralité Asie-pacifique

Le Partenariat économique global régional (RECP) récemment signé avec les 10 pays de l’ANASE ainsi que l’Australie, la Chine, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud représentent 30 % de l’économie mondiale et 2,2 milliards de personnes, soit environ 30 % de la population mondiale. Le fait majeur d’un tel accord est non seulement l’ampleur du marché qu’il recouvre mais aussi le fait que ce soit le premier accord commercial au monde qui unisse la Chine, le Japon et la Corée du Sud.

Ces deux derniers sont en effet les alliés majeurs des États-Unis, tout comme l’Australie, mais leur adhésion à l’ASEP pour signer cet accord commercial important consacre le fait qu’il y a réellement un déplacement du centre de l’activité économique mondiale. Comme l’avait annoncé Marx cela fait du pacifique la zone la plus importante vers laquelle se tournent d’autres zones mondiales et relativise l’importance de l’Atlantique qui risque de se retrouver toujours comme Marx l’avait prédit au statut de la mer méditerranée lors de la première mondialisation capitaliste.

Déjà la présence de la Nouvelle-Zélande va dans ce sens, parce que c’est l’Océanie et pas l’Asie, comme l’Australie. Ces deux pays sont membres de la soi-disant alliance militaire Five Eyes (avec le Canada, le Royaume-Uni et les États-Unis), de plus en plus conçue contre la Chine. Mais si l’Australie (comme la France) joue le double jeu de relations commerciales avec la Chine tout en alimentant un discours xénophobe d’allégeance aux USA, la Nouvelle Zélande est plus amicale. La récente nomination d’une femme maorie au poste de ministre des Affaires étrangères crée de nouvelles conditions de relations amicales avec la Chine, celles de nouveaux rapports sud-sud entre gens ayant subi la colonisation.

La Chine a construit de nouveaux circuits

Alors que la fin du règne de Trump coïncide avec des discours particulièrement hostiles des USA contre la Chine, la mobilisation y compris de l’OTAN et sur le modèle de l’OTAN va d’autant plus a contrario de ce pacte que celui-ci a été concocté de longue date, cela fait huit ans que tout est fait pour aboutir à une telle signature. L’occident y voit une victoire de la Chine, c’est incontestablement une victoire politique contre l’endiguement mais en fait celle-ci a apporté encore plus : son poids, son énorme marché mais aussi les liens qu’elle a réussi à tisser dans le monde à la fois à travers l’organisation de coopération de Shanghai (1) et l’initiative ceinture et route signée par 138 nations et 29 organisations internationales en Afrique, en Europe (18 membres de l’UE), au Moyen Orient, en Amérique latine et en Asie du sud-est. Les États-Unis et le magazine Forbes ont récemment laissé croire que la Chine renonçait à la route de la soie, l’affirmation est erronée, ce maillage international est au contraire aussi ce qui attire les pays asiatiques.

La mondialisation est irréversible et on ne peut pas penser politiquement en l’ignorant, ne serait-ce que pour faire face à des phénomène comme la financiarisation, ses liens non seulement avec des monopoles comme le pétrole, l’énergie, les armes, la drogue, et maintenant plus déterminant encore les nouvelles technologies. Autre chose est le fait que c’est au niveau national que nous avons les armes pour y faire face et que la perte de souveraineté est une condamnation à subir la crise du capitalisme à son stade impérialiste financiarisé.

Ces pactes, ententes économiques sont donc des stratégies nationales pour tenter de récupérer une part de souveraineté et ils sont à mettre en relation avec la transformation des organismes internationaux, là encore la Chine joue le même jeu de multilatéralisme en transformant de l’intérieur ces organismes et en les orientant plus vers des coopérations dans lesquelles le poids des nations du sud est plus pris en compte. Elle n’est pas la seule, mais là encore la question reste concurrence ou coopération.

L’Inde qui avait participé aux discussions s’est retirée à la dernière minute à la fois sous pression américaine et par hostilité personnelle à la Chine, mais la porte reste ouverte et l’Inde cherche à suivre les pas de la Chine y compris en Afrique et a bien du mal à régler ses contradictions internes. Elle tente avec les États-Unis d’attirer à elle Japon et Australie mais ceux-ci ont préféré la dynamique du RECP.

Dynamique sud-sud: la prévision de Fidel Castro

En fait la Chine a accepté une dynamique qui va bien au-delà de ce qu’elle impulse, cette dynamique est celle de nouveaux rapports sud-sud, multilatéraux avec des accords intervenus depuis une vingtaine d’années mais qui se sont encore accélérés. Il n’est pas question pour la Chine de prétendre y jouer le rôle des américains et de revendiquer une quelconque hégémonie mais de mettre à profit ce que souvent avec la Russie elle a impulsé au plan international et qui va dans le sens de ce multilatéralisme.

Je dois dire que chaque fois que je vois l’évolution du monde, je suis de plus en plus frappée par la prescience du rapport de Fidel Castro en 1983 dans lequel il annonçait une telle évolution (2).

Pour faire simple sur ce que disait ce rapport de Fidel Castro aux non alignés à Bangkok, en 1983, c’était que le capitalisme était entré dans une crise profonde dans laquelle il allait entraîner le monde entier et que même l’URSS malgré sa planification ne pourrait faire face. Le phénomène majeur en était la croissance poussive, le chômage, de l’occident. Le tiers monde qui jusqu’ici était entièrement polarisé vers les métropoles coloniales, système de transport, immigration compris, ne pouvait rien en espérer en matière de croissance, même inégale, il ne pouvait plus désormais compter sur le capitalisme pour assurer son développement. Si je devais traduire cela en terme marxiste, je dirais que la crise du capitalisme engendre à la fois une paupérisation relative et absolue pour le dit tiers monde. Pour faire une fois encore simple :

– la paupérisation relative : en proportion, le prolétariat a « une part du gâteau » toujours plus petite, mais le gâteau continue de grandir ;

– la paupérisation absolue : en proportion, le prolétariat a « une part du gâteau » toujours plus petite, mais le gâteau a cessé de grandir.

Donc la seule solution pour les pays du tiers monde est de créer de nouveaux rapports sud-sud, dans lequel le gâteau continue de grandir et à chaque nation de régir la distribution des parts.

Pour le tiers monde mais pour une part croissante de sa propre population, c’est là la crise révélée par la pandémie avec des phénomènes massifs: usure des services publics, destruction même, et surtout le fait qu’il n’y a plus de mobilité sociale ascendante et que les enfants de la génération qui a bénéficié des trente glorieuses vivra beaucoup moins bien que leurs parents, des compensation comme les retraites sont à leur tour attaquées.

Mais ces phénomènes de dégradation des pays capitalistes occidentaux ne sont que très atténués par rapport à ce qui s’est installé dans le tiers monde à partir des années soixante et dix et face auxquels la Chine a joué un rôle d’atténuation multiple en apportant un autre système de crédit, en favorisant par exemple en Afrique des systèmes d’échange internes. (3)

La Chine présentait un effet de masse tel qu’elle pouvait créer de nouveaux rapports sud-sud. La Chine présentant la double caractéristique d’être la plus vieille civilisation de l’humanité et d’avoir connu le niveau actuel du Zimbawe et d’être obligée de lutter en son sein contre les effets du capitalisme de paupérisation absolue et ceux de paupérisation relative liés au marché. On mesure mal l’importance de la lutte contre la pauvreté absolue qui caractérise la Chine et qui fait qu’elle représente 70 % de la réduction de cette pauvreté dans le monde, et l’annonce de cette victoire en 2020. Ce n’est pas seulement une volonté de justice sociale mais bien une mise en cause de la tendance actuelle du capitalisme qui va vers la paupérisation absolue de part croissante de la population. C’est avec la paix et les propositions de coopération, l’aspect le plus caractéristique du “socialisme de marché”, désormais suivi de près par la lutte pour l’environnement et contre l’épidémie.

Ces rapports sud-sud ne sont pas un simple changement d’hégémonie, la Chine ayant tiré bilan des erreurs de l’URSS dans l’affrontement avec l’occident.

Le choix du multilatéralisme

Cela s’accompagne incontestablement d’une absence d’attente réelle sur ce que l’on peut escompter d’un changement de tête politique de l’impérialisme. La Chine mais aussi la Russie ont marqué leur désintérêt. On a noté que Xi n’a envoyé qu’un banal message de félicitation à Biden, le 25 novembre et encore c’était après une nouvelle provocation de Pompeo affirmant que Taïwan ne faisait pas partie de la Chine. Ce qui est posé là encore c’est un principe sur la souveraineté des frontières, le refus d’un droit extraterritorial, dans lequel l’impérialisme est de moins en moins en situation d’intervention et qui là encore concerne bien au-delà de la Chine. Comment ne pas voir que le message nous concerne, nous et les vassaux européens et nous dit “occupez-vous de vos intérêts économiques, vous en avez bien besoin!” Effectivement. Nous, Français, sommes passés en peu de temps de la quatrième puissance du monde à la sixième et il semble que notre place réelle soit désormais sous Macron en train de rétrograder à la douzième et plus.

Danielle Bleitrach

(1) l’Organisation de Coopération de Shanghai, commencée en 2003, d’abord avec la Chine et la Russie, ainsi que quatre des anciens « Stans » soviétiques qui forment un bloc de pays d’Asie centrale. Ils ont été rejoints en juin 2017 par le Pakistan et l’Inde. Il y a également toujours autour de l’alliance sino-russe, un dernier groupe qui transforme la nature du commerce mondial, c’est l’Union économique eurasienne (EAEU). Ce groupe est entré en vigueur le 1er janvier 2015 et se compose de l’Arménie, du Bélarus, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de la Russie et du Tadjikistan. L’Ouzbékistan a obtenu le statut d’observateur en 2020.

(2) C’est à la suite de cette lecture que j’ai écris les chapitres des États-Unis de mal empire (édition Aden) correspondant à cette analyse en 2004 et surtout l’édition cubaine revue et corrigée en 2006.

(3) Le bilan de cette intervention n’est pas celui présenté par la presse occidentale. On le voit avec le choix du RECP, de l’ANASE, mais on peut le lire d’une manière détaillée (par exemple l’article publié sur les vaccins) ou d’autres observations, quand par exemple on lit que la Tasmanie (une ile australienne) a atteint son niveau d’autosatisfaction énergétique en énergie propre et ceci grâce à la collaboration avec la Chine et si l’on a suivi l’évolution de ce dossier on sait combien cette collaboration a été décriée avec de pseudos écologistes et des vrais qui ont tenu bon. l’ANASE à elle seule est un ensemble d’ententes autour de projets.

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   Posté le 05-12-2020 à 17:40:25   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

États-Unis : nouveau record de contaminations
Aux États-Unis, l'épidémie de coronavirus flambe : jeudi 3 décembre, le pays a enregistré 210 000 nouveaux cas. Un record. Le point avec la journaliste Agnès Vahramian, en direct de Washington, vendredi 4 décembre.

L'écart se creuse encore entre la Chine et les USA. Il est certain que la poursuite de la guerre anti Chine menée par Trump jusqu'à l'année prochaine est un handicap dans la lutte contre le covid. Ses coups tordus se retournent conte lui.




Edité le 05-12-2020 à 17:44:11 par Xuan




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   Posté le 30-12-2020 à 00:05:35   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Echec de la théorie de l'immunité collective


La Suède et le Japon payent le prix de leur gestion de la Covid

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L'obsession de la `` fin de l'histoire '' est liée au problème de l'Occident avec la démocratie

Par Yu Ning
Publié: 30 déc.2020 21:58
https://www.globaltimes.cn/page/202012/1211467.shtml


Malgré une crise généralisée dans le système démocratique américain, qui a été mis à nu par l'épidémie qui fait rage et le chaos post-électoral, le politologue américain Francis Fukuyama a souligné samedi la supériorité du système démocratique occidental dans une interview accordée au journal français Le Figaro. . Il a déclaré que bien que la pandémie de COVID-19 ait mis en évidence les différences entre la Chine et les pays occidentaux et ait déplacé le centre de l'économie mondiale vers l'Asie de l'Est, les avantages de la Chine pourraient ne pas durer. Il a exhorté les pays occidentaux à ne pas perdre confiance, car l'Occident ne perdra pas nécessairement dans un «long combat» avec la Chine et qu'un système démocratique avec responsabilité est meilleur.

Fukuyama est surtout connu pour son livre de 1992 The End of History and the Last Man, qui affirmait que la démocratie libérale occidentale deviendrait une norme mondiale après la fin de la guerre froide et la désintégration de l'Union soviétique. Près de 30 ans se sont écoulés. Bien que la démocratie libérale n'ait pas triomphé dans le monde entier comme Fukuyama l'avait prédit, la théorie de la «fin de l'histoire» de Fukuyama a eu une profonde influence sur les opinions des Occidentaux sur les pays dits non démocratiques. C'est comme un piège qui maintient les Occidentaux à croire au mythe du système occidental, les rendant incapables d'évaluer les pays démocratiques non occidentaux, en particulier la Chine, de manière juste et objective et de faire face aux failles du système occidental.

Depuis le déclenchement de la pandémie, les mesures prises par la Chine contrastent fortement avec les réponses incompétentes de nombreux pays occidentaux, en particulier les États-Unis. Face à l'urgence sanitaire, la Chine a agi rapidement et efficacement, et elle a mobilisé l'ensemble de la société pour qu'elle coopère et maintienne sa solidarité dans la lutte contre l'épidémie. Cela démontre les avantages institutionnels de la Chine et est la principale raison pour laquelle la Chine a été parmi les premiers pays à contenir l'épidémie et à entamer sa reprise économique. Cependant, certains Occidentaux représentés par Fukuyama hésitent à comprendre et à admettre la vitalité, l'efficacité et la supériorité du modèle de gouvernance sociale sous le système chinois.

Fukuyama pense que le système démocratique occidental avec responsabilité sera meilleur. Ironiquement, c'est dans le cadre de ce système qu'une tragédie humanitaire a fait plus de 330 000 morts aux États-Unis seulement et en tue davantage. Ce que nous voyons, ce sont les intérêts politiques et économiques mis au-dessus de la vie des gens, et il n'y a toujours pas de stratégie anti-virus claire et cohérente aux États-Unis après environ 10 mois de confusion, de chaos et de morts. De plus, nous n'avons vu aucun politicien, responsable ou institution être tenu responsable de cette catastrophe.

De nombreux Occidentaux, y compris Fukuyama, considèrent l'élection de Joe Biden à la présidence comme le résultat de la capacité du système américain à corriger les erreurs et à retenir les gens pour leur incompétence. Fukuyama dans l'interview a souligné que les États-Unis auront un nouveau président et un nouveau gouvernement en janvier. Mais cela signifie-t-il que le système américain est responsable? Le titulaire Donald Trump a encore recueilli plus de 70 millions de voix. Peu de gens croient que Biden, avec le soutien de seulement la moitié des Américains, sera en mesure de résoudre les problèmes profondément enracinés dans le système politique du pays, tels que la polarisation politique, la division sociale, les conflits ethniques et la réponse bâclée au COVID-19 épidémie.

"Dans un sens, Fukuyama est dans une position théorique très inconfortable. Il a pris conscience de certains problèmes internes au système occidental, mais adhère toujours obstinément à sa théorie de la" fin de l'histoire ". Il ne veut pas nier la" supériorité "de l'Occident. Il ne peut pas non plus faire face aux problèmes essentiels qui menacent le système démocratique », a déclaré au Global Times Gao Jian, chercheur à l'Université des études internationales de Shanghai. "Il est profondément coincé dans une mentalité de guerre froide et dans le centrisme occidental", a noté Gao.

Il est juste de dire que lorsque Fukuyama a avancé la théorie de la «fin de l'histoire», l'Occident était à son apogée. Mais comment une théorie déconnectée de la réalité de nos jours peut-elle encore guider la compréhension par l'Occident de son propre système et du système non occidental? L'obsession de la «fin de l'histoire» empêche les Occidentaux de faire face aux problèmes de leur système. Il est très probable que la dégradation du système occidental s'aggravera.

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   Posté le 01-01-2021 à 17:15:38   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

La République populaire de Chine apporte son aide à l Arménie nécessaire contre la Covid 19.


Edité le 01-01-2021 à 17:19:38 par marquetalia




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   Posté le 01-01-2021 à 17:17:29   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

https://www.armenews.com/spip.php?id_article=74117

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   Posté le 03-01-2021 à 23:59:00   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

`` Le pire à venir '' dans la pandémie de COVID-19

https://www.globaltimes.cn/page/202101/1211665.shtml

Les verrouillages, les couvre-feux et l'interdiction de l'alcool augmentent alors que les nations combattent la résurgence du virus
Par AFP
Publié: 03 janv.2021 17:23

Les pays du monde entier ont resserré samedi les restrictions sur leurs populations pour lutter contre une résurgence du coronavirus, alors que l'Union européenne proposait d'aider les sociétés pharmaceutiques à développer la production de vaccins pour améliorer les «goulots d'étranglement» de la distribution.
Des couvre-feux locaux aux interdictions d'alcool et aux verrouillages complets, les gouvernements tentent de faire face à une augmentation du nombre de cas.

Le coronavirus a tué plus de 1,8 million de personnes dans le monde depuis son émergence en décembre 2019, selon un décompte de sources officielles compilé par l'AFP.
Mais les experts craignent que le pire ne soit encore à venir, prévoyant une forte augmentation des infections et des décès après des semaines de rassemblements de vacances.

La police française a réservé samedi des centaines de fêtards du Nouvel An pour avoir bafoué les mesures anti-virus lors d'une rave illégale.

À Bangkok, la vie nocturne de la ville a été fermée à la suite d'une interdiction des ventes d'alcool dans les bars, les discothèques et les restaurants, parmi une série de restrictions visant à freiner le nombre croissant de virus dans le royaume.
Les écoles publiques de la capitale thaïlandaise doivent fermer pendant deux semaines.
Une épidémie le mois dernier sur un marché de fruits de mer a conduit à une résurgence du virus en Thaïlande, avec des infections détectées dans 53 des 77 provinces du royaume.

À Tokyo, le gouverneur de la ville a demandé samedi au gouvernement japonais de déclarer un nouvel état d'urgence alors que le pays se bat contre une troisième vague, avec un nombre record de nouveaux cas.

Et la Corée du Sud a prolongé ses restrictions anti-virus jusqu'au 17 janvier dans la grande région de Séoul, y compris une interdiction de rassembler plus de quatre personnes, qui sera élargie pour couvrir tout le pays.

Le nombre croissant d'infections dans le monde signifie que la course à la vaccination devrait dominer l'année à venir.
Les retards dans l'obtention des vaccins en Europe n'étaient pas la faute de l'Union européenne, a déclaré la commissaire à la santé du bloc, Stella Kyriakides.
"Le goulot d'étranglement pour le moment n'est pas le volume des commandes mais la pénurie mondiale de capacités de production" , a-t-elle déclaré.

L'Inde a autorisé dimanche l'utilisation d'urgence de deux vaccins développés par AstraZeneca et l'Université d'Oxford et par la société pharmaceutique locale Bharat Biotech.

Aux États-Unis, le programme de vaccination a été en proie à des problèmes logistiques, tandis que le pays le plus touché au monde a dépassé vendredi 20 millions de cas.
Les États-Unis ont connu une augmentation inquiétante des infections à coronavirus ces derniers mois et ont vu samedi leur nombre le plus élevé jamais enregistré en une journée, avec plus de 277000.

En Russie, le ministre de la Santé Mikhail Murashko a déclaré que plus de 800 000 personnes avaient reçu le vaccin contre le Spoutnik V produit dans le pays et que 1,5 million de doses avaient été distribuées dans tout le pays.

La Norvège, qui a l'un des taux d'infection les plus bas d'Europe, a commencé samedi à exiger des tests COVID-19 à l'arrivée dans le pays, après avoir trouvé cinq cas d'une nouvelle variante de coronavirus apparue pour la première fois en Grande-Bretagne.

Le Danemark a découvert 86 cas de la nouvelle variante, que l'on pense être plus contagieuse, tandis que le Vietnam a également détecté la souche.

La minuscule enclave britannique de Gibraltar, au large de l'Espagne, a été fermée samedi pendant 14 jours. Le ministre en chef Fabian Picardo a déclaré que le virus se propageait "plus rapidement que nous ne pouvons le contrôler" .

La Grèce a prolongé jusqu'au 10 janvier ses mesures strictes de verrouillage de deux mois, mettant fin à un assouplissement des restrictions pendant la période des vacances.

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   Posté le 19-01-2021 à 07:24:34   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La Chine a gagné la guerre commerciale avec les USA


PAR ADMIN · PUBLIÉ 18 JANVIER 2021 · MIS À JOUR 18 JANVIER 2021
http://www.entelekheia.fr/2021/01/18/la-chine-a-gagne-la-guerre-commerciale-avec-les-usa/

Par Tom Fowdy
Paru sur RT America sous le titre China won the trade war with the US. Business trumps politics, and China is a cornerstone of the global economy

Malgré des années d’attaques contre la Chine, y compris à travers des sanctions et des droits de douane, et malgré ses fanfaronnades sur la facilité avec laquelle cette guerre commerciale allait être gagnée, Trump a échoué à imposer les conditions de Washington à Pékin en matière de relations commerciales. Voici pourquoi.

Les dernières données commerciales de la Chine révèlent un excédent commercial record. Alimenté en partie par la demande d’équipements médicaux et électroniques due à la pandémie, l’excédent de Pékin par rapport aux États-Unis a augmenté de 7,1 %, créant un écart (en augmentation) de 317 milliards de dollars pour l’année 2020. Et ce, alors même que l’administration Trump a consacré la majeure partie de son mandat à mener une guerre commerciale contre la Chine et à imposer des droits de douane sur les importations en provenance de ce pays, avec pour objectif stratégique de « réorienter les chaînes d’approvisionnement » soit vers les États-Unis, soit vers des partenaires plus amicaux.

Si cette saga a effectivement eu pour effet de faire passer les États-Unis de premier à troisième partenaire commercial de la Chine, dépassés par l’Europe et l’ASEAN, elle n’a finalement pas modifié la tectonique de la domination de Pékin sur le commerce mondial, ni d’ailleurs sur l’Amérique elle-même. Pourquoi ? Parce que de tels changements sont plus faciles à dire qu’à faire. Les chaînes d’approvisionnement de la Chine restent plus compétitives en termes de coûts, plus solides, mieux interconnectées et plus soutenues par la demande locale que n’importe où ailleurs dans le monde. Certains des pays qui ont été présentés comme des alternatives, tels que l’Inde et le Vietnam, n’ont pas la capacité de remplacer la Chine à court terme. Sur cette question, les incitations commerciales continuent à être plus fortes que les incitations politiques.

Les chaînes d’approvisionnement ne sont pas un magasin éphémère qui peut être assemblé, démonté et déplacé n’importe où pendant la nuit. Ce qu’elles représentent est dans le nom : une chaîne d’approvisionnement n’est pas une « usine unique qui fabrique X » – c’est un réseau interconnecté de diverses usines, fournisseurs, entreprises associées, usines d’assemblage et infrastructures, le tout situé dans un espace géographique circonscrit. Ce réseau n’est pas automatisé, il est co-dépendant. L’accessibilité, la fiabilité et l’efficacité sont les clés de la réussite d’une chaîne d’approvisionnement. Par exemple, pourquoi personne n’investit pour fabriquer des MacBooks au Groenland, par exemple ? Apple pourrait bien y construire une usine, non ?

Mais ce n’est pas comme ça que ça marche. On ne construit pas un MacBook dans une seule usine. Ils pourraient être assemblés dans une usine, oui, mais qui fabriquerait les circuits ? Les écrans ? Les processeurs ? Et comment faire pour que toutes ces pièces restent proches les unes des autres et intactes, afin que votre produit soit rapidement commercialisé sans avoir à craindre de ruptures de stock dans les marchés ? Peut-on imaginer qu’un endroit lointain, isolé, sans infrastructure et sans marché significatif comme le Groenland soit une bonne alternative ? Bien sûr que non. Vous n’avez pas simplement besoin d’une usine, vous avez besoin d’une chaîne d’approvisionnement, à savoir d’un réseau d’entreprises proches les unes des autres. Et il se trouve que la Chine domine nombre d’entre elles dans le monde entier.

Pourquoi ? Tout d’abord, la taille et la population de la Chine ont permis de créer une main-d’œuvre abondante, associée à des infrastructures compétitives qui la rendent plus abordable que partout ailleurs dans le monde. Ensuite, la taille du marché intérieur chinois et ses coûts plus bas signifient que la demande locale est très élevée, et qu’il est donc facile pour une entreprise de dégager une marge bénéficiaire. Et enfin, comme la Chine s’est déjà imposée comme la plaque tournante du commerce mondial depuis des décennies en raison de ces facteurs, cela consolide sa position, et la demande mondiale rend ensuite ses coûts encore plus attractifs. Il s’agit depuis longtemps d’un scénario gagnant-gagnant pour les entreprises.

Bien que le Vietnam et l’Inde aient été maintes fois présentés comme des alternatives, ces pays n’ont pas, pour l’instant, l’avantage concurrentiel ou les capacités nécessaires pour affronter la Chine de manière significative. Par exemple, alors que l’Inde compte 1,3 milliard d’habitants et une main-d’œuvre encore plus abordable que celle de Pékin, elle ne dispose ni de l’infrastructure ou du niveau de développement nécessaires pour reproduire le succès de la Chine à court terme, ni d’un marché de consommation aussi important. Elle a un potentiel, mais c’est à peu près tout pour l’instant. Les entreprises peuvent néanmoins considérer que l’Inde vaut la peine d’investir, mais uniquement pour ce qu’elle offre en elle-même plutôt que comme alternative mondiale à la Chine. Les récentes émeutes dans les usines du complexe d’Apple à Bangalore ont également révélé des risques d’instabilité sociale.

Deux, le Vietnam. L’économie de Hanoï représente la Chine à un stade antérieur, un État communiste qui entre dans une phase d’essor et de croissance rapide. Sa main-d’œuvre est également moins chère que celle de la Chine. Pour certains biens simples, comme les plastiques et les tissus bas de gamme, il est plus pratique pour les entreprises d’investir là, car nous devons tenir compte de l’argument selon lequel, à mesure que la Chine se développe, le type de fabrication où elle excelle évolue également. Néanmoins, il s’agit d’un pays beaucoup plus petit que la Chine, et qui ne peut en aucun cas reproduire l’ensemble de sa capacité industrielle et manufacturière sur une échelle mondiale.

Dans ce cas, il ne faut pas s’étonner si, malgré tous les discours sur le découplage et le déplacement des chaînes d’approvisionnement hors de Chine, cela ne se produit pas. Pékin domine les chaînes d’approvisionnement mondiales non pas à cause d’un grand complot visant à voler des emplois américains, mais simplement parce que son offre est plus compétitive que toutes les autres, et que des projets tels que l’initiative « Belt & Road » (nouvelle Route de la soie), la création du chemin de fer Europe-Chine, et d’autres grands projets n’ont fait que consolider sa position. De plus, les fabricants occidentaux ne se retireront pas du pays, parce que le marché intérieur de la Chine est très attractif. Ainsi, même s’ils se diversifient dans d’autres pays, ils restent en fin de compte installés en Chine.

Compte tenu de tout ce qui précède, la guerre commerciale de Donald Trump n’a pas fondamentalement réécrit le paradigme des relations commerciales entre la Chine et les États-Unis. La Chine reste un élément central des chaînes d’approvisionnement mondiales, malgré les droits de douane qu’il a mis en place, parce qu’il n’y a tout simplement pas de rivaux ou d’alternatives possibles. Les chaînes d’approvisionnement fonctionnent en fin de compte sur la base de l’accessibilité financière, de la géographie et de la commodité, et non sur des préférences politiques. L’Inde a un potentiel, mais elle a encore du chemin à parcourir.

Tom Fowdy est un analyste britannique spécialisé en politique et relations internationales, principalement avec l’Asie.

Traduction Corinne Autey-Roussel pour Entelekheia

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marquetalia
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   Posté le 19-01-2021 à 18:18:02   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

T as lu l Antéchrist de Nietzsche ?

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