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 Halte à la fascisation !

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pzorba75
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   Posté le 23-02-2021 à 09:23:20   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Tu commences fort avec tes 50 paras. Pas très sérieux!

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marquetalia
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   Posté le 23-02-2021 à 10:09:29   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

https://www.ladepeche.fr/2021/02/22/une-cinquantaine-de-parachutistes-de-montauban-sont-enoyes-en-mission-en-nouvelle-caledonie-9388029.php

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pzorba75
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   Posté le 23-02-2021 à 11:28:02   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

marquetalia a écrit :

Fait chier,l article est tronqué.

Tu lasses avec tes grossièretés. Par ce message, je demande à Xuan de te confiner quelques mois pour que tu te calmes et que les sujets conservent du sens. Te voir disparaître un moment fera du bien à tous.

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Xuan
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   Posté le 24-02-2021 à 13:01:20   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je t'entends bien pzorba75, on va supposer que fait chier ne s'adressait à personne.
marquetalia il existe déjà un fil sur la kanakie, où tu es intervenu plusieurs fois.

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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   Posté le 03-03-2021 à 23:04:02   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Retour sur les actions gouvernementales destinées à faire pièce au RN, dans un but électoraliste.


Ce courrier officiel ci-dessous, adressé de façon "aléatoire", est destiné à réaliser une "enquête sur le vécu et les opinions en matière de sécurité" .
Rien ne garantit que la personne qui répond est effectivement celle qui reçoit le courrier, ces statistiques ne tiennent aucun compte des répartitions d'âge, de sexe, de lieu, de profession, etc. mais ce n'est pas l'essentiel.

Le fond du sac est la volonté de damer le pion au RN.
Depuis plusieurs mois les infos déversent quotidiennement des faits divers issus des quartiers pauvres supposément à majorité maghrébine, d'où il ressort qu'ils sont des nids de trafic de drogue, terrains d'affrontement - y compris armé - de bandes rivales, territoires de non-droit, voire annexés par la charia, d'où la police, les pompiers, les journalistes sont exclus, et où les honnêtes citoyens vivent dans la crainte d'une balle perdue.
Cette propagande fait écho aux propos de Sarkozy du 19/06/2005 à la Cité des 4000 : "Dès demain, on va nettoyer au Karcher la cité. On y mettra les effectifs nécessaires et le temps qu'il faudra, mais ça sera nettoyé"
Cette visite se déroulait 21 jours après le camouflet du NON aux élections européennes, qu'il s'agissait de faire oublier par ce "coup d'éclat".

Aujourd'hui on ne peut pas s'empêcher de penser que la campagne des faits divers est liée à la conduite désastreuse de la lutte contre le covid, qui se traduit par les progrès du RN.


___________________


Enquête statistique Genese sur le vécu et les opinions en matière de sécurité.


Le service statistique ministériel de la sécurité intérieure réalise une importante enquête sur le vécu et les opinions en matière de sécurité auprès des personnes âgées de 18 à 74 ans vivant en France métropolitaine.
Cette enquête, à caractère obligatoire , est reconnue d’intérêt général et de qualité statistique par le Conseil national de l’information statistique (Cnis).

Vous faites partie des personnes sélectionnées aléatoirement pour participer à l’enquête. Personne ne peut répondre au questionnaire à votre place . Le respect de cette consigne est primordial pour la fiabilité des résultats.

Le questionnaire est accessible en ligne et dure environ 20 minutes. Pour y répondre je vous invite à vous connecter dès maintenant de préférence à partir d’un ordinateur ou d’une tablette , à l’adresse sécurisée suivante à l’aide de votre identifiant et de votre mot de passe indiqués ci-dessous (merci de respecter les caractères majuscules).

Pour permettre aux pouvoirs publics d’adapter leur action dans le domaine de la sécurité, il est indispensable que toutes les personnes sollicitées , quelle que soit leur situation et leurs opinions, répondent à cette enquête .
Vos réponses sont protégées par le secret statistique. Elles resteront strictement confidentielles et serviront uniquement à établir des statistiques générales.

Vous trouverez plus d’informations au dos de cette lettre.

Je vous remercie vivement de votre participation et vous prie d’agréer, M…, l’expression de ma considération distinguée.

Christine Gonzalez-Demichel
Inspectrice générale de l’INSEE
Chef de Service
Service Statistique Ministériel
De la Sécurité Intérieure

_________________



[verso]

Pourquoi cette enquête ?
La réalisation de cette enquête répond au besoin de connaissances sur les expériences et les perceptions en matière de sécurité des personnes résidant en France métropolitaine. Interroger les habitants sur la façon dont ils perçoivent leur cadre de vie et sur les faits de délinquance qu’ils ont pu subir est essentiel afin d’évaluer la qualité de leur environnement et l’insécurité ressentie sur le territoire.

Que vont devenir les résultats de cette enquête ?
Cette enquête subventionnée par la Commission Européenne, permettra d’adapter la réponse des pouvoir publics pour mieux servir la population dans le domaine de la sécurité. Les résultats de l’enquête seront partagés avec Eurostats et serviront à la diffusion d’indicateurs nationaux au niveau européen.
De manière générale, les enquêtes de la statistique publique servent à alimenter des études économiques et sociales qui éclairent le débat public. Les résultats sont largement utilisés par les journalistes, entreprises, enseignants, chercheurs, pouvoirs publics, collectivités locales, administrations et particuliers

Comment avez-vous été sélectionné(e) ?
Pour disposer de résultats représentatifs de l’ensemble de la population, il n’est pas nécessaire d’interroger chaque personne. Un échantillon de la population tiré au sort suffit. Vous avez ainsi été sélectionné(e) au hasard dans le répertoire des logements gérés par l’Insee pour participer à l’enquête.
Quelle que soient votre expérience et vos opinions en matière de sécurité au quotidien, cette enquête vous concerne. Votre participation est essentielle car vos réponses comptent et vous représentez une partie de la population qui vous ressemble. Votre situation ne sera jamais étudiée de manière isolée. Vos réponses resteront strictement confidentielles.

Comment se déroule l’enquête ?
La collecte, assurée par IPSOS, débute le 1er mars 2021. Vous êtes invité(e) à répondre en ligne en vous connectant au questionnaire de l’enquête selon la procédure indiquée au recto de ce courrier. Vous pourrez vous interrompre et reprendre ce questionnaire là où vous l’aurez laissé.
La collecte par internet vous offre un maximum de souplesse horaire, de confort de réponse et de confidentialité, comparativement à une collecte réalisée par un enquêteur à votre domicile ou par téléphone. Si toutefois vous ne pouvez pas répondre par internet, vous serez contacté(e) dans quelques semaines par d’autres moyens (papier, téléphone).


Vous avez des questions ?


https://www.enquetegenese.org/
du lundi au vendredi de 9 h à 17 h 0 800 942 580
info@enquetegenese.org


Edité le 03-03-2021 à 23:39:33 par Xuan




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pzorba75
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   Posté le 04-03-2021 à 10:57:06   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Xuan a écrit :


De mémoire, Sarkozy ne proposait pas de nettoyer les 4.000 situés à La Courneuve, mais la dalle à Argenteuil

Les deux sites sont souvent utilisés pour des promesses fantaisistes.

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Xuan
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   Posté le 04-03-2021 à 13:10:40   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Oui, c'est le fond qui compte, j' ai piqué ce mot ici :https://www.europe1.fr/politique/On-va-nettoyer-au-Karcher-la-cite-287906 où il est question de la cité des 4000 à la Courneuve.
La dalle d'Argenteuil c'était le 25/10/2005 : "Vous en avez assez, hein ? Vous en avez assez de cette bande de racaille ? Eh bien, on va vous en débarrasser !"
Il venait de se faire huer et siffler et c'était deux jours avant la poursuite et la mort de Bouna et Zyed dans un transformateur de Clichy-sous-Bois.
https://www.lci.fr/politique/video-quand-nicolas-sarkozy-promettait-de-debarrasser-argenteuil-de-la-racaille-1534288.html

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   Posté le 04-03-2021 à 20:55:25   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur investig'action cette vidéo de S. Bouamama dans son émission quinzomadaire "le monde vu d'en bas" :
« Islamo-gauchisme » : la nouvelle chasse aux sorcières


Edité le 04-03-2021 à 21:02:20 par Xuan




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   Posté le 09-03-2021 à 20:12:05   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Islamo-gauchisme : 600 noms de chercheurs dont une vingtaine de Toulouse livrés à la vindicte sur Internet

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   Posté le 13-03-2021 à 18:08:21   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

De l’ensauvagement au discours sur les «bandes de jeunes : La fabrique d’une demande sécuritaire


Publié le 13 mars 2021 par bouamamas
https://bouamamas.wordpress.com/2021/03/13/de-lensauvagement-au-discours-sur-les-bandes-de-jeunes-la-fabrique-dune-demande-securitaire/

Les affrontements entre « bandes » de jeunes ont fait trois victimes dans la région parisienne en l’espace de quelques jours : le 22 février à Saint-Chéron dans l’Essonne, le lendemain à Boussy-Saint-Antoine dans le même département et à Bondy en Seine-Saint-Denis le 26 février. Deux de ces jeunes étaient âgés de 14 ans et le troisième de 15 ans. Le 8 mars à Champigny-sur-Marne deux autres adolescents âgés de 14 et 16 ans sont à leur tour grièvement blessés lors d’un affrontement entre « bandes ». En réaction le gouvernement annonce un « plan de lutte contre les bandes » dont le contenu ne saurait surprendre à écouter les discours du ministre de l’intérieur sur la responsabilité des parents. Du côté médiatique les fameux « chroniqueurs » s’en sont donnés à cœur joie pour diffuser des grilles explicatives angoissantes, essentialistes et culturalistes. L’image de quartiers populaires à la jeunesse ensauvagée, laissée à elle-même, par des parents démissionnaires pour certains et culturellement inadaptés pour d’autres, résume ce discours médiatique à une seule voix. Un tel diagnostic conduit à la préconisation d’un seul traitement : surveiller et punir. C’est Ainsi que se fabrique politiquement et médiatiquement une demande de sécuritaire.

article du Figaro du 25 juillet 1959


Un sensationnalisme producteur d’angoisses sociales

Le discours politique dominant sur ces faits dramatiques et leur couverture médiatique se résument en quelques idées forces ressassées en boucle sur les plateaux télévisions, les micros des radios et les colonnes de la presse écrite : les violences des bandes seraient nouvelles, exploseraient quantitativement et seraient le fait de sujets de plus en plus jeunes. Le sensationnalisme et l’alarmisme dominant comme mode descriptif de la violence juvénile conduit ainsi à la production d’une atmosphère de panique morale qui s’autorise de tout les raccourcis méthodologiques. Bien sûr ces violences juvéniles meurtrières existent dans les quartiers populaires mais elles ne sont pas nouvelles et le recul manque pour affirmer qu’elles sont en hausse significative ou qu’elles concerneraient des adolescents de plus en plus jeunes. La question de l’ancienneté des « bandes » de jeunes et de leurs pratiques violentes est documentée depuis longtemps. Le sociologue Gérard Mauger dont les travaux portent sur la délinquance juvénile réagit comme suit à l’affirmation d’une hausse contemporaine des violences en [i]« bandes » : « Si on écoute la radio et qu’on lit le journal, mais disons que cela retient spécialement l’attention des médias en ce moment parce qu’il y a eu des événements graves et successifs dans la même zone. Est-ce, pour autant, quelque chose de nouveau ? Je peux répondre catégoriquement que non. C’est très, très ancien. C’est un phénomène aussi ancien que les bandes. Les bandes, si tant est qu’il soit facile de les définir et que l’on s’en tient à un horizon historique relativement récent, remontent aux blousons noirs, dans les années 1950[ii]. » Le même auteur alertait déjà en 2011 sur le retour cyclique du discours sur les bandes à des fins de légitimation : « Le décès d’un adolescent lors d’un affrontement entre jeunes dans la région parisienne, en mars 2011, a de nouveau projeté les bandes à la « une » de l’actualité. […] A l’occasion de tel ou tel fait divers, de la publication des dernières statistiques policières ou de l’annonce d’un nouveau projet de loi sécuritaire, le monde des bandes resurgit régulièrement dans les débats politiques et médiatiques[iii]. »

Le lien entre discours sur les bandes et logique sécuritaire est également mis en exergue par les sociologues Laurent Mucchielli et Marwan Mohamed. En diffusant l’image d’un ensauvagement de la vie sociale dans certains territoires ce qui se fabrique c’est une légitimation des politiques sécuritaire, voire même la fabrique d’une demande sécuritaire :

Ces dernières années, de nombreux événements imputés aux « bandes » ont défrayé la chronique. Différents dans leur contenu, ils ont en commun de convoquer certaines figures centrales des peurs contemporaines. Les membres de ces bandes sont jeunes, majoritairement d’origine immigrée, issus des quartiers populaires, ils sont bien les « classes dangereuses » d’aujourd’hui [Dubet, Lapeyronnie 1992]. On peut même aller plus loin en suggérant que ces nouvelles « bandes » représentent au fond l’avant-garde bestialisée et déshumanisée de la « décadence » nationale, comme l’illustre par exemple ce titre récent d’un article de la presse quotidienne nationale : « De la loi des bandes à la jungle urbaine[iv] » .

Le thème de l’ensauvagement mis en avant par Emmanuel Macron est significatif de cette logique posant un diagnostic de bestialité de certains groupes sociaux appelant une action ferme et virile de défense de la République. Telle est la raison de la tendance à la négation de l’historicité du phénomène des bandes depuis les années 50. Il s’agit de diffuser l’image d’une réalité nouvelle périlleuse appelant une action répressive urgente pour stopper la gangrène. Les bandes du passé et leurs pratiques violentes sont ainsi occultées de l’analyse avec comme résultat d’orienter l’explication vers ce qui a changé dans les quartiers populaires c’est-à-dire la composition de la population avec l’arrivée des immigrations postcoloniales. Le thème de la nouveauté des violences des bandes participe de ce fait de la racialisation des analyses des phénomènes sociaux.

Bien entendu les « bandes » du passé ne sont pas absolument identiques à celles d’aujourd’hui. Quatre décennies de politiques néolibérales sont venues entre temps désertifier de nombreux quartiers populaires de leurs services publics, paupériser massivement les habitants de ces territoires affaiblissant ce faisant les capacités socialisatrice des structures familiales, briser les structures collectives d’encadrement éducatif, précariser et flexibiliser le travail des parents qui travaillent les rendant moins disponibles pour leurs enfants, réduire drastiquement le champs des possibles en terme de rencontres et de découvertes pour ces enfants des périphéries de la république, etc.

Les politiques d’austérité néolibérale ont eu ainsi comme conséquence un enfermement encore plus grand de nombreux adolescents sur leur seul territoire d’habitation. Ce territoire devient le seul et dernier espace de valorisation de l’image de soi et de reconnaissance pour de nombreux jeunes. Il n’est ainsi pas anodin de constater comme le font de nombreux chercheurs que les « bandes » touchent essentiellement des enfants en échec scolaire c’est-à-dire n’ayant plus l’espace scolaire comme espace de valorisation et de construction de soi. « La rivalité structurante, explique le sociologue Marwan Mohammed c’est souvent la rivalité entre quartiers. Il y a des logiques d’honneur, seul capital social qui reste à préserver pour des jeunes en échec scolaire ou sans emploi. Le butin c’est la réputation, faire parler de soi et accéder à des formes de reconnaissance[v] » .
L’influence des réseaux sociaux, parfois évoquée dans les débats actuels, peut certes amplifier et accélérer de tels processus, mais elle ne peut pas éluder la prise en compte de la base matérielle de la violence juvénile contemporaine. Séparer cette influence de la dégradation des conditions d’existence dans les quartiers populaires revient de nouveau à invisibiliser et/ou nier l’existence de causes sociales conformément au dogme néolibéral.

Il y a donc bien eu « ensauvagement » mais celui-ci ne concerne pas tel ou tel groupe social. Il s’agit de l’ensauvagement des politiques publiques du fait des politiques néolibérales qui ne sont rien d’autre que le renoncement non seulement à tout objectif égalitaire mais aussi à l’idée même de réduire les inégalités. Le postulat néolibéral est en effet clair : laisser faire les lois du marché et de la concurrence et réduire l’Etat à ses fonction régaliennes.

Un essentialisme centré sur les « parents démissionnaires »

Sans surprise l’essentielle des attributions causales de la violence juvénile en « bandes » concerne la fameuse « démission des parents » des classes populaires ». La chose n’est pas nouvelle mais revient en force dans les multiples prises de parole concernant les derniers drames. C’est ce même lien supposé entre la délinquance et/ou la violence juvénile d’une part et un pseudo « laxisme parental » d’autre part qu’invoquait Nicolas Sarkozy pour instaurer un « contrat de responsabilité parentale » en 2007. C’est le même pseudo « laxisme » qui sous-tend la proposition de Ségolène Royal d’instaurer des structures d’ « encadrement militaire » pour sanctionner les primo-délinquants. Bien entendu l’expression « démission parentale » n’est jamais définie tout en étant indéfiniment évoquée. Elle a l’avantage d’orienter le regard vers la responsabilité individuel des parents et d’occulter de l’analyse les autres causalités sociales et systémiques. Pourtant la question des causalités multiples de la délinquance juvénile a été largement explorée par les sciences sociales. Dressant un « bilan pluridisciplinaire des recherches anglophones et francophones » sur le lien supposé entre « Familles et délinquances » le sociologue Laurent Mucchielli résume : « Ainsi les facteurs qui contribuent à la genèse de la délinquance sont multiples. Les croisements et les régressions tendent à montrer assez clairement dans les études quantitatives que les facteurs familiaux n’expliquent finalement qu’une faible part de la délinquance, l’échec scolaire et l’influence des pairs étant plus importants chez les garçons.[vi]»

L’argument d’une entrée plus précoce dans les bandes et d’adolescents devenant violents de plus en plus jeunes est au service de cette thèse de la « démission parentale » et de l’occultation des autres causalités. Loin d’être avérée cette thèse du « rajeunissement » est pourtant assénée à longueur d’antennes comme une vérité incontestable. Elle a en effet l’avantage du susciter la peur et la panique si utiles pour légitimer des choix de gestion sécuritaire de la question sociale. « « À Paris, les rixes entre bandes, dont le nombre est plutôt en baisse, concernent des jeunes âgés en moyenne de 17 ans. C’est assez stable[vii]» rappelle pourtant la juge pour enfant Lucille Rouet. Laurent Mucchielli souligne lui au contraire la tendance à rester plus longtemps dans la bande du fait d’un horizon social bouché :

Les bandes étaient nombreuses et violentes au temps des « blousons noirs ». On se battait autant, sinon bien plus, entre bandes de villes, de villages ou de quartiers, et pour des raisons largement similaires.
La grande différence, c’est le poids de la double exclusion scolaire et professionnelle : l’échec scolaire suivi de la perspective du chômage.
Dans les années 1960, même si on n’avait pas de diplôme, on trouvait du boulot à l’usine. Résultat, la période de la jeunesse passait plus vite. À l’heure où l’on s’inquiète volontiers d’un rajeunissement de la délinquance, j’ai suggéré depuis longtemps déjà que l’on assiste bien plus sûrement à un vieillissement de la délinquance. Autrement dit, la sortie de la délinquance est plus longue et plus difficile qu’avant[viii].


« Le plus notable, ce n’est pas le rajeunissement, mais le vieillissement de la violence des bandes[ix] » confirme le sociologue Thomas Sauvadet.
En fait l’état des statistiques existantes ne permet aujourd’hui aucune conclusion certaine sur les deux tendances présentées comme indiscutables dans les prises de parole politique et médiatique de ces derniers jours : celle d’une tendance à la hausse du nombre de jeunes touchés par le phénomène des bandes et celle d’un rajeunissement de l’âge de ces jeunes.
La prudence de ces chercheurs, qui explorent depuis de nombreuses années, ce fait social contraste avec les certitudes des chroniqueurs médiatiques et avec les affirmations du ministre de l’intérieur. Ce dernier affirme sans nuance une explosion quantitative des affrontements entre « bandes » qui auraient, selon lui, connus une hausse de 9.17 % en 2018 par rapport à l’année précédente, de 21 % en 2019 et de 23.95 % en 2020[x]. Les sources de ces chiffres ne sont pas précisées. Présentant ces chiffres le journal Le Monde interroge :

Problème : l’origine de tous ces chiffres est inconnue. Ont-ils été collectés et compilés par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) ? Traduisent-ils une activité judiciaire ? […] Interrogé sur leur provenance, l’entourage de M. Darmanin fait savoir qu’il s’agit de données du « ministère », sans autre forme de précision. La chancellerie, elle, affirme ne pas disposer de données susceptibles de corroborer les déclarations du ministre de l’intérieur car « il n’est pas possible de distinguer, dans les condamnations pour violences commises en réunion, celles qui le sont à deux ou en bandes[xi] » .

Les nouveaux entrepreneur du sécuritaire comme Alain Bauer sont aussi absolus dans leurs affirmations. « On observe un rajeunissement très important des bandes[xii] » affirme-t-il sans nuance. Rien d’étonnant quand on connaît le rôle joué par ce criminologue dans la promotion d’une logique sécuritaire.

Le sociologue Mathieu Rigouste lui a consacré un livre au titre éloquent : « Les marchands de peur. La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire[xiii] » .
L’intérêt immense de la thèse du rajeunissement expliquée par une pseudo « démission parentale » pour tous les tenants de l’idéologie sécuritaire est d’imposer une définition néolibérale de la responsabilité. Pour cette idéologie en effet l’acte de délinquance s’analyse comme un « choix rationnel » des enfants et/ou des parents. Ces derniers effectueraient un calcul coûts-bénéfices et choisiraient la délinquance pour les premiers et la démission pour les second du fait du faible « coût ». Une telle analyse conduit à une conclusion univoque : renforcer le « coût » en durcissant les peines d’une part et en pénalisant les parents d’autre part. Dans une telle idéologie la question sociale est entièrement évacuée, la responsabilité étatique totalement ignorée, les politiques de prévention et d’accompagnement éducatif absolument inutiles. Une nouvelle fois l’émotion issue des drames est instrumentalisée pour accélérer un agenda sécuritaire préexistant.
« Il y a la responsabilité des parents […] La République ne peut pas toujours faire le travail que doivent faire les parents[xiv] » déclare sans surprise Darmanin à BFM.
Bien entendu rien n’est dit par notre ministre sur les raisons qui amènent des parents à ne pas ou plus « faire le travail ». « Quand bien même il existerait des parents «démissionnaires» – qui n’assument pas leurs responsabilités – la question prime sur la terminologie. A savoir : pourquoi ont-ils démissionné ?[xv] » interroge le sociologue Thomas Sauvadet. Une telle question est évacuée du logiciel néolibéral. Elle conduit en effet à interroger ce qui a changé au cours de ces dernières décennies dans les territoires touchés par le phénomènes des bandes : baisse drastique des services publics, réduction de la prévention spécialisée à une peau de chagrin, fragilisation du tissus associatif de proximité, précarisation et paupérisation des classes populaires, etc.

Un culturalisme racialisant

La seconde attribution causale en terme de fréquence présente dans les discours politiques et médiatiques sur les « bandes » est celle de la culture de leurs membres. Certaines familles seraient culturellement inadaptées à la société française. Cette carence « d’intégration » culturellement déterminées laisserait les enfants sans cadres et sans repères. Les « bandes » de jeunes et leurs violences attesteraient de l’incompatibilité culturelle entre certaines immigrations et la société française.
Pierre-Marie Sève, délégué général de « l’Institut pour la Justice [ un think tank comptant l’incontournable Alain Bauer dans son comité scientifique] résume comme suit dans le Figaro ce qu’il appelle « l’ultra-violence des jeunes » :
« La cruauté des crimes s’explique en partie par le milieu culturel des auteurs de ces crimes, souvent issus d’immigration africaine aux modèles familiaux parfois très éloignés du modèle occidental. Mais plus encore, l’appartenance à des modèles familiaux fonctionnant sur le mode clanique explique une grande part de cette violence et le manque total d’empathie pour les victimes dont font preuve ces jeunes[xvi]. »


Comme sur de nombreux autres sujets Éric Zemmour détient la palme de la surenchère en déclarant sur Cnews à propos des mineurs isolés : « [Ils] sont tous des voleurs, ils sont tous des assassins, ils sont tous de violeurs[xvii]» .

Quelques mois plus tôt la cible de notre chroniqueur vedette était encore plus large :
« On sait bien qui ensauvage, qui agresse, qui roule sur la gendarme Mélanie, qui tue le chauffeur de bus de Bayonne, qui casse tout dans les centres de loisirs [ …] on sait que ce sont à 99,9% des enfants de l’immigration maghrébine et africaine[xviii] .»

Si nous donnons ces deux citations c’est qu’elles sont significatives du passage de la vieille attribution causale [On la retrouve pour les immigrations européennes des XIXème et vingtième siècle mais aussi pour les immigration internes antérieures des Bretons ou Auvergnats] de la délinquance et de la criminalité à l’étranger de nationalité à une grille explicative désormais en termes d’origine, de culture, de religion, etc.
Ce type d’explications culturalistes ne se limite pas à Éric Zemmour ou à l’extrême-droite.
En témoigne ces lignes écrites par un pédopsychiatre et psychanalyste appelé fréquemment en renfort pour donner une caution scientifique à ces affirmations infondées :

Il apparaît que dans la région où je travaille, la grande majorité de ces mineurs sont issus de l’immigration originaire du Maghreb. […] Les familles concernées ici […] ont un fonctionnement clanique, c’est un corps dont chaque individu est un membre, sous l’autorité d’un patriarche ou d’une matriarche. Si un sujet s’éloigne géographiquement, ou se met à penser différemment, le groupe se vit comme amputé d’un membre et va chercher à le récupérer. […] Dans ce cadre indifférencié, certains parents nous déclarent avoir décidé de ne jamais dire non à leur enfant! Les conséquences de ce fonctionnement sont d’abord que les codes du groupe priment sur la loi extérieure. Et la représentation que ces jeunes ont de la relation n’est pas de personne à personne mais de groupe à groupe. Si l’un d’eux est en difficulté dans une relation, il rameute son groupe: «mes frères vont venir te tuer[xix]» .

Le retour des clans et des tribus comme indicateur d’un ensauvagement d’une partie de notre société. Voilà de quoi susciter de l’angoisse et de la panique morale permettant de balayer la recherche sur les causes sociales de la délinquance et de la violence juvénile. L’auteur le précise d’ailleurs dans la phrase choisie pour titrer l’interview :
« Non, la violence gratuite n’est pas due à la ghettoïsation » .
Un autre auteur fréquemment convoqué ces derniers jours pour expliquer la violence en « bande » est le sociologue Hugues Lagrange. Ici aussi les fonctions de cette convocation sont identiques : donner une caution scientifique et invalider la recherche des causalités sociales.
Le site d’extrême-droite « Le salon beige » résume comme suit son intérêt pour Hugues Lagrange : « En 2010, le sociologue Hugues Lagrange publie [i]“Le déni des cultures”, un ouvrage qui jette un pavé dans la mare puisqu’il ose pour une fois étudier le facteur culturel (et non le facteur social inconditionnellement invoqué par la gauche) pour expliquer les problèmes posés par l’immigration et son intégration, notamment la délinquance[xx]. »[/i]

La surmédiatisation des drames de ces dernières semaines d’une part et l’instrumentalisation médiatique et politique de l’émotion qu’ils ont suscités d’autre part s’inscrivent dans une offensive idéologique de plus vaste ampleur. Les discours sur « l’ensauvagement », « le séparatisme », « l’islamo-gauchisme », « l’incivilité des quartiers populaires » à l’endroit du confinement ou du couvre feux, etc., constituent d’autres composantes de cette offensive. La fonction de cette offensive est de légitimer le tour de vis autoritaire par la diffusion d’une panique morale afin de susciter une demande autoritaire.
La répression violente des manifestations, les lois sur la « sécurité globales » et sur le « renforcement des principes républicains » ne sont que des premières concrétisation de ce tour de vis. Au-delà il s’agit d’interdire toute réflexion sur les causes sociales et politiques des problèmes sociaux conformément à la doxa néolibérale. Nous sommes bien dans une tentative d’imposer une police de la pensée.
Nous sommes bien en présence de deux objets : la violence juvénile qui est réellement un problème social d’une part et l’instrumentalisation de celle-ci d’autre part pour faire avancer un agenda néolibéral dans un contexte de colère sociale massive.


[i] Gérard Mauger, Sociologie de la délinquance juvénile, La Découverte, Paris, 2009.

[ii] Gérard Mauger, La médiatisation encourage le phénomène, consultable sur le site francetvinfo.fr.

[iii] Gérard Mauger, Eternel retour des bandes de jeunes, Le Monde diplomatique, Mars 2011, p. 3.

[iv] Laurent Mucchielli et Marwan Mohammed (dir.), Les bandes de jeunes, La Découverte, Paris, 2007, p. 13.

[v] Marwan Mohammed, Les bandes de jeunes, analyse d’un phénomène, France Info, 27 février 2021, consultable sur le site francetvinfo.fr

[vi] Laurent Mucchielli, Familles et délinquances. Un bilan pluridisciplinaire des recherches anglophones et francophones, Caisse Nationale des Allocations Familiales, Dossier d’étude n° 9, Juin 2000, p. 66.

[vii] Cité in Alexandre Sutherland, Rixes en Iles de France : la procureur d’Evry évoque une « transmission générationnelle », consultable sur le site sputniknews.com, 01/03/2021.

[viii] Louis Chahuneau, Entretien avec Laurent Mucchielli, 25 octobre 2018, consultable sur le site lepoint.fr.

[ix] Emmanuelle Souffi, Le sociologue Thomas Sauvadet : « La culture des bandes est devenue tendance, Le journal du Dimanche du 27 février 2021, consultable sur le site lejdd.fr.

[x] Antoine Albertini et Lucie Soullier, Les bandes, un phénomène difficile à quantifier, Le Monde du 26 février 2021, consultable sur le site lemonde.fr.

[xi] Ibid.

[xii] Interview d’Alain Bauer, La dépêche du 25 février 2021, consultable sur le site ladepeche.fr.

[xiii] Mathieu Rigouste, Les marchands de peur. La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire, Libertaria, Paris, 2011.

[xiv] Agression de Yuriy : Pour Darmanin « La République ne peut pas toujours faire le travail des parents », BFM le 26 janvier 2021, consultable sur le site bfm.com.

[xv] Thomas Sauvadet, Entretien à Libération du 28 octobre 2018, consultable sur le site liberation.fr.

[xvi] Pierre-Marie Sève, Tabassage de Yuriy: «Les jeunes auteurs d’agressions sont plus nombreux, plus jeunes et plus violents», Figaro Vox du 25 janvier 2021, consultable sur le site lefigaro.fr.

[xvii] Éric Zemmour, émission « face à l’info » du 1er octobre 2020, consultable sur le site youtube.com.

[xviii] Éric Zemmour, émission « face à l’info » du 31 aout 2020, consultable sur le site dailymotion.com.

[xix] Maurice Berger, « Non, la violence gratuite n’est pas due à la ghettoïsation, Figarovox du 17 novembre 2019, consultable sur le site lefigaro.fr.

[xx] Philippe Carhon, Lien entre immigration et délinquance : les 10 preuves scientifiques et sourcées, 20 février 2020, consultable sur le site lesalonbeige.fr.


Edité le 13-03-2021 à 18:48:57 par Xuan




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Maccarthysme à l'œuvre à propos du Xinjiang :

Certains Occidentaux persécutent politiquement des opinions favorables à la situation du Xinjiang

https://francais.cgtn.com/n/BfJEA-cA-EAA/DbCfcA/index.html?fbclid=IwAR0l3guEL6G0UD7zHKv4NcR5VYUJsjTJ-W1YjNE83a5cL5WsFGpk55PUPNE

Professeur français, également spécialiste en droit, Christian Mestre a été récemment obligé de démissionner de son poste de déontologue du Projet Eurométropole. Les forces anti-chinoises lui reprochent de faire un commentaire positif sur les mesures préventives mises en œuvre dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang, pour lutter contre le terrorisme. Des analyses justes d'autant plus que ce professeur français a visité cette région il y a deux ans. Ce traitement réservé à Christian Mestre a suscité des critiques à l'encontre de l'opinion publique occidentale qui se vante de la « liberté d'expression » .

Tout a commencé par le journaliste Jérémy André Florès du magazine « Le Point », qui n'a jamais mis ses pieds au Xinjiang, a rendu public un article visant à « dévoiler » les « propos et actes pro-chinois » du professeur Mestre. Les principales preuves proviennent des évaluations objectives de Mestre sur le Xinjiang. Comme il fallait s'y attendre, cet article de l'hebdomadaire « Le Point » a poussé des forces hostiles à la Chine à attaquer Mestre. Résultat : Christian Mestre a démissionné du poste de déontologue du « Projet Eurométropole » auquel Strasbourg prend part.

Il est à noter que ce projet Eurométropole discute en ce moment de l'autorisation de l'introduction de la technologie 5G développée par la société de télécommunication Huawei, dans la ville de Strasbourg. Pour cela, Jérémy André Florès a clairement indiqué sur les réseaux sociaux, que c'était pour l'implantation du Huawei qu'il revenait sur le voyage de Christian Mestre en 2019.

C'est évident que cette pression exercée sur ce spécialiste en droit soit alimentée par des visées politiques, car cela ne fait preuve d'aucun élément objectif en matière de la presse. Ce n'est donc pas étrange de voir certains internautes français s'en prennent à cet article dont l'auteur est connu pour son hostilité envers la Chine. Pour des internautes français, des faits présentés dans l'article sont fausses et dénués de tout fondement.

Le cas du professeur Mestre n'est qu'une partie émergée de l'iceberg. Dans le but de contenir la Chine, des politiciens et médias occidentaux trouvent plaisir à fabriquer et propager des mensonges liés au Xinjiang. De plus, ils organisent des chasses à l'homme contre des personnalités et médias qui osent dire la vérité, en les « persécutant politiquement » .

Citons l'exemple du site d'informations américain « Grayzone », qui a dévoilé le mensonge du chercheur hostile à la Chine Adrian Zenz, qui parlait de « génocide » au Xinjiang. Ce média indépendant est étiqueté pour cela comme « négationniste » sur Twitter.

La justice ne cèdera jamais à la méchanceté. Bien que certains Occidentaux ternissent l'image du Xinjiang et tentent par tous les moyens de dissimuler la vérité, de plus en plus d'experts et des journalistes continuent à raconter les faits à l'échelle mondiale.

Par exemple, le célèbre écrivain français Maxime Vivas a mis quatre ans pour écrire un livre intitulé « Ouïgours, pour en finir avec les fakes news ». « ……Je n'ai défiguré ou caché aucun fait que j'ai constaté. J'ai vu un dynamisme incroyable lors de mes deux voyages au Xinjiang » , a-t-il affirmé dans une interview accordée aux médias.

Lors de la 46e session du Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies, de nombreux pays ont soutenu la politique chinoise en matière d'administration du Xinjiang dans leurs allocutions. Lors d'une visioconférence parallèlement tenue en marge du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, les participants ont reconnu l'éradication historique de la pauvreté absolue dans le Xinjiang qui constitue une importante victoire de la protection des droits de l'Homme en Chine. A cette occasion, Osama Abu Saud, enseignant à l'Université El Arish, a qualifié le Xinjiang d'une région bien intéressante et particulière. Selon lui, les populations de diverses ethnies vivent en étroite collaboration et sont très solidaires. Ils y vivent et travaillent en menant une vie heureuse.

Le mal ne peut vaincre le bien. Bien que certains médias occidentaux discréditent le Xinjiang et répriment la vérité, tout cela prouve finalement que « la liberté d'expression » n'est qu'un jeu qui trompe les autres et soi-même et qu'un outil médiatique servant à des desseins politiques. Le développement du Xinjiang est en mesure de résister à l'épreuve du temps et de l'histoire. Les complots destinés à salir le Xinjiang seront bien évidemment un travail en vain !

(Source : RCI)

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Horrible et inquiétante situation...


Une filière néonazie au sein de l’armée française


16 MARS 2021 PAR SÉBASTIEN BOURDON, JUSTINE BRABANT ET MATTHIEU SUC

Mediapart révèle une cinquantaine de nouveaux cas de militaires néonazis. Des hommes qui n’hésitent plus à afficher leurs convictions à l'intérieur de leurs casernes ou lors de missions menées par l’armée française. « Les éléments soulevés par l’enquête de Mediapart sont très graves », reconnaît le ministère des armées.

n décembre 2019, le caporal Nikita H. partage sur son compte Instagram, qui comptabilise plus d’un millier d’abonnés, une vidéo compilant des souvenirs de sa participation à l’opération « Harpie » visant à lutter contre l’orpaillage illégal en Guyane. On voit ce membre de la Légion étrangère d’origine ukrainienne en tenue de combat, écartant des lianes, traversant des rivières dans la jungle amazonienne.

Cela ne déparerait pas dans ces reportages montrant la difficile traque des braconniers d’or que l’armée française aime à mettre en scène. Sauf que là, le compte-rendu fait par Nikita n’est pas ripoliné par sa hiérarchie. La dernière séquence montre quatre jeunes enfants noirs effectuant… un salut nazi. Les petits répètent à tue-tête « Sieg Heil ! » tout en tendant maladroitement le bras, un geste que, selon toute évidence, quelqu’un leur a demandé d’effectuer et dont les enfants ne comprennent pas la portée. La vidéo, nauséeuse, est agrémentée d’un ironique commentaire en russe : « Aryens »…

La consultation du compte Instagram du légionnaire ne laisse pas place au doute quant à sa fascination pour l’idéologie nazie. Torse nu à la plage, il porte une croix gammée en pendentif. Et lorsqu’il prend la pose devant la tour Eiffel, il accole à sa photo une image d’Adolf Hitler dans la même pose devant le même monument en 1940.
Après avoir révélé en juillet 2020 comment une dizaine de militaires se vantaient sur les réseaux sociaux de leur adhésion à l’idéologie néonazie, Mediapart dévoile aujourd’hui, documents à l’appui, qu’en réalité le phénomène est d’une tout autre ampleur : nous avons découvert 50 nouveaux cas de militaires affichant leur nostalgie pour le IIIe Reich. Interrogé, le ministère des armées reconnaît que « les éléments soulevés par l’enquête de Mediapart sont très graves ».

Bon nombre de ces nouveaux cas se retrouvent dans les rangs de la Légion étrangère mais pas uniquement. En plus des six régiments métropolitains que compte cette célèbre institution, le 3e régiment de parachutistes d’infanterie de marine (3e RPIMa), le 35e régiment d’infanterie (35e RI) et le 132e régiment d’infanterie cynotechnique (132e RIC) sont concernés à la marge. À noter que la plupart des cas identifiés ne sont pas isolés. Les uns sont en contact avec les autres. On les retrouve souvent réunis sur des photos de groupe.

Le précédent article de Mediapart révélait la présence de militaires néonazis au sein du 13e bataillon de chasseurs alpins (13e BCA), du 1er régiment de hussards parachutistes (1er RHP), du 2e régiment d’infanterie de marine (2e RIMa), etc. Nos nouvelles révélations portent à 14 le nombre de régiments de l’armée française comptant de tels individus dans leurs rangs. Comparée à l’ensemble des 210 000 militaires, la soixantaine de cas désormais identifiés en quelques mois par Mediapart pèse peu mais notre enquête, menée essentiellement en sources ouvertes (c’est-à-dire en consultant les publications sur les réseaux sociaux accessibles à tous) avec les moyens qui sont ceux d’un journal et non de l’État, ne saurait être exhaustive.

Surtout, cette enquête, parcellaire et limitée aux seuls néonazis (sans retenir les militaires affichant des convictions d’autres familles de l’extrême droite), contredit les chiffres officiels. En juin 2019, le rapport de la mission d’information sur les services publics face à la radicalisation des députés Éric Diard et Éric Poulliat estimait que « le personnel des forces armées […] paraît dans notre pays à l’abri, pour l’instant, de toute radicalisation notable ». Les rapporteurs s’appuyaient sur les chiffres que leur avait soumis la Direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD). Selon ce service de renseignement dit du premier cercle, la proportion de suspicion de radicalisation (« qu’elle soit islamique ou politique » est évaluée à 0,05 % dans l’armée de terre, à 0,03 % dans la marine. Le site Opex360 relevait alors que cela représentait, à en croire les pourcentages donnés, 57 radicalisés au sein de l’armée de terre – « essentiellement des cas d’islam radical », avait précisé le rapport – et 11 dans la marine.

Comment expliquer que Mediapart ait recensé de son côté une soixantaine de cas, et seulement néonazis ?

Le ministère des armées a une réponse toute trouvée : il tente de minimiser nos chiffres par de savants calculs, fruits « d’une analyse minutieuse » (voir sa réponse complète dans l’onglet Prolonger). Selon le ministère en effet, sur les 50 noms que nous lui avons soumis, « une douzaine ne sont plus liés aux armées ; pour une vingtaine des cas cités, nos investigations, qui se poursuivent, ne confirment pas vos informations de liens avec l’ultradroite ; une dizaine de légionnaires avaient déjà été détectés lors de leur engagement. N’étant pas impliqués dans des affaires de crimes de sang, ils ont été recrutés dans le cadre du droit à l’oubli spécifique à l’incorporation dans la Légion étrangère. Ils ont été mis en garde et n’ont, à notre connaissance, rien publié depuis leur engagement ; enfin, quelques-uns des militaires cités avaient déjà été détectés et sanctionnés pour les faits évoqués. Au bilan et en l’état de nos investigations, Mediapart révèle l’existence de 6 à 7 cas qui n’étaient pas encore détectés sur nos radars ». On passerait donc de 50 militaires à moins d’une dizaine. Et la conclusion devient évidente : « Ces comportements condamnables relèvent du domaine de la dérive individuelle. » Une façon de botter en touche récurrente pour le ministère, dès lors que des militaires d’extrême droite défrayent la chronique (voir ici).

Mediapart, de son côté, maintient ses informations pour l’ensemble des militaires identifiés. Pour établir son décompte de 50 cas de militaires aux convictions néonazies, nous n’avons en effet retenu que des soldats dont le culte du IIIe Reich se traduit par des références incontestables et multiples (voir Boîte noire). Si des militaires figurant néanmoins sur notre liste ont quitté l’armée, il s’agit d’un changement de situation récent. À la suite de l’envoi de nos questions aux militaires mis en cause, bon nombre d’entre eux ont par ailleurs modifié les paramètres de confidentialité de leurs profils sur les réseaux sociaux, voire supprimé leurs comptes (voir l’onglet Boîte noire). Nous en avons cependant bien évidemment gardé toutes les traces. Enfin, concernant la « dizaine de légionnaires déjà détectés », le ministère les balaye d’un revers de main considérant qu’ils n’ont, « à notre connaissance, rien publié depuis leur engagement ». En réalité, pour la quasi-totalité des militaires incriminés, les éléments sont concomitants avec leur période d’engagement.

Un drapeau de la République de Salò

L’aveuglement des autorités est d’autant plus difficile à comprendre que les militaires que nous avons identifiés affichent sur les réseaux sociaux leur fascination pour le nazisme avec des codes peu discrets (et récurrents d’un régiment à l’autre).

Ainsi, nombre de soldats se risquent aux saluts nazis sur les réseaux sociaux. Certains cherchent à maquiller, un peu, leur geste. Tous de la même manière. Les uns apparaissent le bras tendu tout en masquant leur visage, d’autres font le choix d’un salut effectué avec le seul avant-bras tendu. L’un des militaires faisant ce demi-salut nazi porte à cette occasion un sweat-shirt orné d’un « 88 » assorti d’une totenkopf, l’emblème d’une division SS notamment affectée à la garde des camps de concentration et d’extermination nazis.


Autre technique pour afficher leurs idées de manière plus ou moins subtile : plusieurs militaires partagent sur les réseaux sociaux des photos les montrant en train de prendre la pose devant des drapeaux du IIIe Reich… exposés dans des musées. Une pratique qui a minima interroge sur l’imaginaire de ces soldats qui décident de diffuser publiquement des clichés les montrant, parfois en uniforme, devant des croix gammées. L’un d’entre eux, un légionnaire, se montre par exemple de la sorte sur son compte Instagram tenant lui-même un drapeau ukrainien déployé, et va jusqu’à reproduire en description de sa photo les premiers mots, « Ein Volk… » (« un peuple »), du slogan nazi « Ein Volk, ein Reich, ein Führer » (« Un peuple, un empire, un guide »). Pour établir son décompte de 50 cas de militaires aux convictions néonazies dans l’armée française, Mediapart n’a retenu ces cas (« saluts » discrets et photos dans les musées) que lorsqu’ils étaient étayés par d’autres références plus explicites (voir Boîte noire).
Et puis il y a les « classiques » : ces pseudos qui fleurissent sur les réseaux sociaux auxquels des soldats accolent un « 88 ». Nulle référence au numéro de leur régiment mais au H, la huitième lettre de l’alphabet, qui est doublée. Pour « Heil Hitler ». Certains ne finassent pas avec ces codes. Comme ce militaire qui s’est choisi pour pseudo sur Instagram « Valhalla SS ». Ou cet autre qui utilise pour biographie « Meine Ehre heißt Treue » (« Mon honneur s’appelle fidélité »). Soit la devise gravée sur la boucle de ceinture des SS en référence à leur fidélité à Adolf Hitler.

Le légionnaire Danilo P. aime à afficher sur Instagram des clichés montrant ses tatouages non équivoques : sur le ventre, une croix celtique ; sur l’épaule, le slogan « White Pride » ; entre les omoplates, un aigle surmontant un soleil noir. Populaire dans les mouvances néonazies, et en particulier celles aux accents de mysticisme et d’ésotérisme, le soleil noir a figuré sur la couverture du manifeste de Brenton Tarrant, le terroriste australien auteur de la tuerie ayant fait 51 morts dans deux mosquées à Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Composé de douze lettres « Sig » de l’alphabet runique, la même qui dédoublée forme l’emblème de la SS, le soleil noir était notamment représenté sur le sol de marbre du château de Wewelsburg en Allemagne, acquis par Heinrich Himmler en 1934 dans le but d’en faire un centre d’élaboration des théories raciales nazies et un lieu de cérémonies pour la SS qu’il dirige.

Il n’y a pas que sur son corps que Danilo montre sa fascination. Dans l’appartement de celui qui vient de quitter la Légion, tasse et sous-tasse siglées « SS » côtoient une figurine de Benito Mussolini et une bouteille de bière à l’effigie d’Adolf Hitler… Contacté, Danilo P., après avoir pris connaissance de nos questions, nous a fait savoir qu’il ne « souhaite pas répondre » et nous « interdit » de diffuser ses photos.

Plus problématique encore : ces militaires n’hésitent plus à glorifier le nazisme non seulement sur les réseaux sociaux mais aussi au sein même de leurs régiments. Plusieurs photos et vidéos montrent en effet des drapeaux et autres symboles sans équivoque affichés au sein même des casernes. Dans une courte vidéo filmée en décembre 2019, une dizaine de militaires fêtent Noël devant un drapeau noir orné d’une croix celtique, symbole utilisé par de nombreux mouvements d’extrême droite, notamment les suprémacistes blancs. Sur une autre photo, prise dans une chambrée, on distingue un drapeau similaire ainsi qu’une affiche d’une commémoration des événements dits d’« Acca Larenzia », où se retrouve chaque année la fine fleur de l’ultradroite européenne pour commémorer la mémoire de trois jeunes militants du parti néofasciste italien MSI tués en 1978.

Plus anecdotique peut-être, mais tout aussi révélatrice, cette photo, vraisemblablement dans une caserne, d’un frigidaire sur lequel ont été tracées deux croix gammées. Enfin, sur un autre cliché où plusieurs militaires partagent un repas, on aperçoit en arrière-plan un drapeau de la République de Salò, état fasciste fantoche dirigé par Mussolini dans les dernières années de la Seconde Guerre mondiale.
Certains continuent à manifester leurs opinions en pleine opération. Parmi eux, on retrouve le légionnaire Nikita H., celui qui s’amuse à filmer des enfants noirs en Guyane faisant un salut nazi. Le mois dernier, il diffuse des souvenirs de sa participation en 2020 à l’opération Barkhane, la mission française visant à lutter contre les groupes armés djihadistes au Sahel. Outre des photos de lui en tenue sable, fusil d’assaut en bandoulière, il publie une vidéo d’un jeune enfant noir manifestement forcé à faire une série de pompes dans le désert. On y entend les encouragements goguenards des légionnaires avec en voix off le caméraman, visiblement Nikita H., qui commente en ukrainien puis en russe : « Pompe, sale pute ! Qu’est-ce que tu pensais ? Que la nourriture française est distribuée gratuitement ? »

L’attitude de Nikita H. avec ces enfants noirs en Guyane comme au Mali illustre le problème, grave, que pose l’emploi de militaires aux convictions néonazies dans le cadre d’opérations de l’armée française. Parce qu’ils sont racistes, ces hommes, armes au poing, se retrouvent en situation de brimer, maltraiter, humilier des individus. Au nom de la France.
Major de la 329e promotion de l’École nationale des sous-officiers d’active, le sergent Victor G. intègre en 2019 le 3e RPIMa. On pourrait alors imaginer révolue l’époque où il écrivait sur son compte Instagram être à Dubaï « #chezlennemie [sic] » ou bien agrémentait une photo le montrant serrant la main d’un homme asiatique d’une saillie raciste : « Derrière leurs sourires se cache souvent leur fourberie #nem #free #nouille #riz. » Pourtant, depuis le désert malien où il est engagé en 2020 dans le cadre de l’opération Barkhane, Victor G. arbore un symbole tatoué sur le triceps : celui du « C3G », un groupe qui rassemble le gratin de l’extrême droite militante lyonnaise et dont le nom officiel « Cigale 3 Grammée », est un jeu de mots permettant à ses membres de répéter à loisir « Sieg Heil croix gammée »…

Nombre des cinquante nouveaux cas révélés aujourd’hui avaient, avant leur incorporation, déjà publié sur les réseaux sociaux des contenus dans lesquels ils affichaient leur fascination pour le nazisme. Alors, comment expliquer ces « trous dans la raquette » évoqués par Florence Parly, interrogée le 14 juillet 2020 par France Info, au lendemain des premières révélations de Mediapart ?
Peut-être dans les moyens mis pour combler ces trous. Dans un avis de la commission de la défense nationale et des forces armées à propos du projet de loi de finances pour 2021, on découvre que, concernant le crédit « Recherche et exploitation du renseignement intéressant la sécurité de la France », là où le budget de la DGSE est marqué par une hausse de 310 %, celui de la DRSD baisse de 14,6 %…
Et ce, alors que l’auteur de cet avis, le député Fabien Gouttefarde, pointe un « besoin de protection de la sphère défense [qui] conduit la DRSD à monter en puissance rapidement pour se transformer et se moderniser ». Et l’élu de préciser, entre autres, que « pour fluidifier le processus d’habilitation, des outils d’aide à la décision seront mis en place en 2021 ».

Lorsqu’on l’avait interrogé à l’été 2020, le ministère des armées avait avoué : « Par construction, nous n’avons pas les moyens de suivre les publications de nos 140 000 personnels lorsqu’ils s’expriment sur Internet. Tous ne font pas état de leur qualité de militaire dans leurs publications ou s’expriment sous une autre identité. […] Une minorité de soldats s’expriment via leurs comptes personnels sur les réseaux sociaux ou sur des sites extrémistes sans que l’armée de terre puisse le détecter. »

Un an plus tard, relancé sur les failles que notre enquête pointe, le ministère des armées répond que « la DRSD réalise un travail immense et crucial afin de prévenir toute incursion de ce type d’idéologies dans les armées. Mais, comme Madame la ministre des armées a eu l’occasion de le dire, il faut bien entendu rester humble car aucun dispositif de détection n’est infaillible ».

Trop « précieux » pour être viré

Sur France Info, Florence Parly avait tenu un discours de fermeté concernant les cas de militaires néonazis révélés quatre jours plus tôt par Mediapart : « Nous sommes très attentifs à cela parce qu’ils véhiculent une idéologie qui n’a pas sa place dans nos armées, ce sont des extrémistes, des révisionnistes. […] Il faut prendre cela énormément de sérieux. C’est ce que nous faisons et c’est pourquoi le haut commandement s’en est immédiatement saisi ! Ce n’est pas parce que ce sont des cas rares que nous ne devons pas prendre de sanctions ! » Ce discours volontariste n’a été que partiellement suivi d’effet.
Le 21 octobre, le père d’un chasseur alpin épinglé dans la première enquête de Mediapart nous a écrit pour se plaindre que son fils, après avoir recouvert son tatouage – la devise de la SS –, avait écopé de 40 jours d’arrêts et devait être dégradé pour une durée de six mois, avant que l’armée ne se ravise et ne le radie définitivement.

Un récit similaire nous était fait à propos de Teddy M., un sous-officier du 2e régiment étranger parachutiste (2e REP) qui avait orné son corps d’un imposant soleil noir sur l’épaule, d’une totenkopf sur le bras et de la devise de la SS sur le torse. Selon une source proche du dossier, le sous-officier devait recouvrir un seul tatouage, les autres ayant été faits antérieurement à son entrée dans la Légion, et comme le chasseur alpin être condamné à des jours d’arrêts. Mais, contrairement à ce dernier cas, Teddy est, de ce que nous avons pu en constater, toujours militaire. Sur une photo publiée le 1er février 2021 et prise dans le bar de la caserne du 2e REP, il apparaît en compagnie de collègues légionnaires dont deux d’entre eux figurent dans notre liste de néonazis. Selon la source proche du dossier déjà citée, Teddy se serait vanté d’être trop « précieux » pour être viré.
Interrogé sur la réalité des sanctions évoquées par Florence Parly, le ministère des armées nous répond qu’« en juillet 2020, sept militaires ont déjà été lourdement sanctionnés dont deux ont fait l’objet d’une radiation ». Sans préciser qu’elle est la teneur des « sanctions lourdes » évoquées.

Toujours lors de l’intervention de Florence Parly sur France Info, la ministre des armées avait affirmé : « Nous sommes très attentifs au moment de leur recrutement, il y a un service dont c’est la responsabilité de s’assurer que ceux qui nous rejoignent ne véhiculent pas ce type d’idéologie. » Il s’agit du Centre national des habilitations de défense (CNHD, une antenne de la DRSD) qui dispose, entre autres, d’un outil de criblage des réseaux sociaux.
L’histoire de Lucas M. vient très exactement contredire la ministre.
En avril 2019, Lucas M. partage sur Facebook une vidéo du chanteur Bilal Hassani (fréquemment victime d’insultes homophobes) et commente « Zyklon B sa mère », en référence au pesticide utilisé par les nazis dans les chambres à gaz durant la Seconde Guerre mondiale. Une autre fois, il poste une vidéo montrant un homme transgenre avec pour commentaire : « BurnBurnBurnBurnBurn », soit « BrûleBrûleBrûleBrûleBrûle »…

Sur Instagram, Lucas s’affiche à l’été 2019 vêtu d’un T-shirt à la gloire de la Division Charlemagne, une unité de la Waffen-SS composée de volontaires français. En juin 2020, il participe à un chat d’extrême droite sur la messagerie Telegram, partageant une vidéo intitulée « Guerre raciale : le fondamentalisme antiblanc, nouvelle religion de l’Occident », du néonazi français Boris Le Lay.

En décembre 2019, il prépare un dossier de candidature pour rejoindre l’armée. Au moment de conclure notre première enquête, ignorant s’il l’avait finalement intégrée ou non, Mediapart l’avait contacté (voir sa réponse complète dans l’onglet Prolonger) ainsi que le ministère. L’un et l’autre nous avaient confirmé que cela n’était pas le cas. Nous n’avions donc rien publié le concernant. Alors qu’à la suite des questions envoyées par Mediapart, l’institution militaire n’ignorait rien du profil de Lucas M. et de ses publications néonazies, le jeune homme a pourtant bel et fini par intégrer ses rangs.
Il pose désormais sur les réseaux sociaux en uniforme de la Légion, tantôt porteur du célèbre béret vert, tantôt muni de son képi blanc. Sans avoir renié ses convictions. Pour fêter son incorporation, il trinque « à la race et à Maurras » et se fait tatouer dans le cou « Me ne frego » (« Je m’en fous » – une célèbre devise du fascisme italien.

Le samedi 6 mars, un légionnaire publie sur Instagram des images du barbecue organisé avec une quinzaine de camarades, tous en tenue. En légende d’une photo de la tablée en extérieur, il a écrit « 13 DBLE » en référence à la 13e demi-brigade de Légion étrangère, basée dans le Larzac. Sur une vidéo, quelques légionnaires rangent en musique le fruit de leurs agapes. Ce qu’ils écoutent ? « Cara al sol », hymne de la Phalange espagnole et symbole du franquisme. Quand il remarque qu’on le filme, Lucas M. effectue un salut nazi, ce qui provoque l’hilarité de celui qui enregistre la scène. Un autre légionnaire met sa main droite sur le cœur, dans une attitude de recueillement en écoutant le chant qui fait toujours florès parmi les nostalgiques du Caudillo. Lucas M. prend le bras de son camarade et lui fait faire un salut nazi. Créée en 1940, la 13e demi-brigade de la Légion étrangère était l’un des premiers régiments des Forces françaises libres (FFL) lors de la Seconde Guerre mondiale.


https://www.mediapart.fr/journal/france/160321/une-filiere-neonazie-au-sein-de-l-armee-francaise

Images disponibles ici : https://twitter.com/_alairlibre/status/1371885474894262273

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Xuan
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   Posté le 19-03-2021 à 16:20:33   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je ne suis pas surpris.
J'ai été confronté à la cohabitation avec une bande de légionnaires il y a assez longtemps déjà.
La majeure partie rêvaient de se payer un café-tabac en sortant, surtout pas de devenir ouvriers. Mais ils torchaient régulièrement leur pécule en beuveries, puis ils se tronchaient avec les paras et la PM les séparait.
Certains d'entre eux étaient ouvertement fascistes et racontaient des "exploits" crapuleux accomplis ou inventés lors de guerres coloniales.
L'un d'entre eux riait des déboires d'un traînard qui avait la cheville foulée. Aspergé d'urine jetée avec les casques lourds il dut monter sur un toit. Puis la compagnie le fit sauter en lui jetant des pierres. Evidemment il se brisa la cheville.
Leur fierté toute militaire était à la mesure de leur délabrement.

Il ne faut pas se leurrer, cet "esprit de corps" est entretenu au moins par certains cadres haut gradés, sinon il n'existerait pas.
Et il en est de même dans la police.

Il s'agit du bras armé de l'idéologie néo fasciste en France, un courant comparable à celui de Trump. Mais on voit que sur le fond la différence avec la bourgeoisie libérale est ténue.


Edité le 19-03-2021 à 16:24:48 par Xuan




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pzorba75
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   Posté le 19-03-2021 à 17:23:01   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

La suppression du service militaire a également accentué la tendance "fasciste" des engagés de l'armée devenue une armée de mercenaires. Les appelés du contingent représentait un obstacle à la propagation des idées racistes, les corps d'officiers issus de la noblesse et de la haute bourgeoisie ne pouvaient pas manoeuver en sous main aussi facilement qu'ils le peuvent maintenant en milieu fermé.
La décision prise par Jospin et Chirac, comme celle sur le voile islamique, préparaient la fascisation, sur ce point ils ont réussi au-delà de leurs espérances.

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Xuan
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   Posté le 19-03-2021 à 18:24:59   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

D'accord avec toi, et ceci recoupe le déni de l'Etat concernant les violences policières et les contrôles au faciès .

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Grecfrites
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   Posté le 19-03-2021 à 18:41:19   Voir le profil de Grecfrites (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Grecfrites   

Je m'excuse par avance de le prendre en référence, mais Ali H. Soufan, ancien agent du FBI s'est exprimé publiquement concernant les suprémacistes blancs aux États-Unis.
Il a beaucoup étudié les mouvances néo-nazies et d'extrême droite là-bas et considère que depuis ces dernières années elles sont en cours de germination au même titre que les mouvements djihadistes dans les années 1990.
Le parallèle me semble assez pertinent au niveau de la sous-estimation, du financement et de la structuration des réseaux.
C'est également transposable en France avec des néo-nazis qui partent combattre et donc se former sur des zones de guerres de manière rares mais intenses de la même manière que des djihadistes français partaient en Afghanistan ou en Bosnie pendant les années 1990.
Espérons une mise hors d'état de nuire tout comme une lutte contre les terreaux encourageant ce phénomène, à la fois dans les perspectives professionnelles et sociales et dans la banalisation des différents racismes dans le débat public.

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Xuan
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   Posté le 19-03-2021 à 18:55:37   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Toutes les références sont utilisables dès qu'on définit l'origine

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Xuan
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   Posté le 02-04-2021 à 23:04:35   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Censure des témoignages sur le Xinjiang


Que des médias d'état et affidés sèment des mensonges sur la Chine, on savait.
Maintenant ils cherchent à étouffer d'autres voix.

Tandis que £e Mon$e fait grand bruit autour des articles d'une journaliste française sur le site CGTN (voir £e Mon$e part en guerre contre ... un nom de plume et fait harceler une journaliste), Tristan Mendès-France chroniqueur à France Inter répand des calomnies sur Maxime Vivas.
La vérité sur le Xinjiang irrite à tel point que les médias bourgeois utilisent tous les procédés, et tout particulièrement à l'encontre de journalistes français.
Que des témoins non chinois parlent de leur vécu au Xinjiang est devenu un tabou insupportable et le discrédit est devenu le dernier argument.

Je signale que du 30 mars au 2 avril, le Secrétaire général de l'Organisation de coopération de Shanghai, Vladimir Norov, et plus de 30 envoyés et diplomates de plus de 20 pays se sont rendus dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang.
L'ambassadeur Li Hui, Représentant Spécial pour les affaires eurasiennes du gouvernement chinois, a accompagné la visite.
Au cours de la visite de ces derniers jours, le Secrétaire général Norov et son entourage se sont rendus à Urumqi, Kashgar et Aksu. Ils ont visité l'exposition thématique de lutte contre le terrorisme et la déradicalisation du Xinjiang, le Grand Bazar international d'Urumqi, l'ancienne ville de Kashgar et Aitiga. Mosquée, Kekeya Greening Project Memorial Hall, etc...
Lors de la réunion d'échange, le secrétaire général Norov et des diplomates de nombreux pays ont tous parlé librement de ce qu'ils ont vu, entendu et ressenti au Xinjiang, et ils ont tous déclaré que voir c'est croire. Ce qu'ils ont vu au Xinjiang prouve qu'il n'y a pas de prétendues violations des droits de l'homme, de discrimination religieuse et de travail forcé selon les accusations de certains pays, et l'accusation d'extinction religieuse est encore plus absurde.
[info dnews]


Lettre de Maxime Vivas à France Inter


Lettre ouverte à la radio que je paie et qui me calomnie
Chère madame France Inter,
Je suis auditeur de France Inter et contribuable français, deux raisons d’être attristé par la charge de votre chroniqueur Tristan Mendès-France à mon encontre dans l’émission « Antidote » qui gagnerait en excellence si elle voulait (à l’occasion, ou pas, d’une prochaine salve contre moi) préciser ce qui suit et qui le contredit :

1) Je ne suis pas le responsable du site Le Grand Soir.
2) Le Grand Soir ne relaie pas de « nombreuses théories complotistes ». Il n’en relaie aucune. C’est vérifiable : il a publié 30 000 articles, tous en archives libres.
3) Il n’a donc à aucun moment contesté l’existence « des attentats du 11 septembre 2001 ». A titre préventif, je signale que Le Grand Soir n’a pas davantage nié que Neil Armstrong ait posé le pied sur la lune le 21 juillet 1969.

S’il vous est pénible de rectifier vos 3 fake news du 26 mars 2021, au moins pouvez-vous, SVP, considérer qu’il n’est pas digne d’une radio publique de traiter à l’improviste un auditeur et un citoyen d’«individu » (deux fois » ) et de le rabaisser d’un : « Voilà le genre de source… ».
Que sait-il de moi, de ma vie, de mes écrits, Tristan Mendès-France ? Rien, dirait-on.

Bien à vous (enfin, moins qu’hier).
Maxime Vivas


Edité le 02-04-2021 à 23:13:36 par Xuan




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Xuan
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   Posté le 03-04-2021 à 08:41:45   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je signale cette vidéo de Pascal Boniface, qui n'est pas marxiste mais milite pour le multilatéralisme :

Blacklisté par France Inter, France Culture & Le Monde

Pascal Boniface revient dans cette vidéo sur les pratiques de France Inter, France Culture et Le Monde, qui ne lui offrent absolument aucune audience depuis quelques années, ce qui n'était pas le cas auparavant. Pourquoi l'avoir mis sur liste noire ? Quelques pistes d'explication dans cette vidéo.

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   Posté le 03-04-2021 à 09:48:01   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Xuan a écrit :

Je signale cette vidéo de Pascal Boniface, qui n'est pas marxiste mais milite pour le multilatéralisme :

Blacklisté par France Inter, France Culture & Le Monde

Pascal Boniface revient dans cette vidéo sur les pratiques de France Inter, France Culture et Le Monde, qui ne lui offrent absolument aucune audience depuis quelques années, ce qui n'était pas le cas auparavant. Pourquoi l'avoir mis sur liste noire ? Quelques pistes d'explication dans cette vidéo.


Il est bien gentil et a bien profité du système, y compris pour déverser de l'anticommunisme. À lui de faire front contre ceux d'en haut, en se plaçant sur un terrain qui lui est étranger celui de la lutte des classes, le monde de ceux d'en bas. Une expérience de multipolarité.

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Xuan
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   Posté le 03-04-2021 à 10:16:58   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

J'entends bien, j'ai précisé qu'il n'est pas communiste, mais cet exemple montre que les cercles atlantistes sociaux-démocrates pratiquent la censure y compris avec des personnalités bourgeoises.
En l'occurrence il s'agit de la critique du sionisme assimilée à de l'antisémitisme et sur ce point il a raison.
Il apparaît que la "gauche" réformiste est capable de pratiquer le fascisme intellectuel et la censure envers tout ce qui peut s'opposer à elle, y compris des reliquats du gaullisme ou d'autres courants bourgeois qui s'opposent à l'hégémonisme US et ses laquais.

C'est aux communiste qu'il revient de dénoncer cette aile particulièrement réactionnaire de la bourgeoisie, qui se pare de vertus "humanistes" voire "progressistes"


Edité le 03-04-2021 à 10:29:45 par Xuan




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   Posté le 10-04-2021 à 13:50:24   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   




Edité le 10-04-2021 à 13:51:12 par Xuan




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   Posté le 13-04-2021 à 18:59:34   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Fascisme et fascisation - un texte de Saïd Bouamama

J'ai repris dans l'article de Danielle Bleitrach le texte de 'Marianne' À un an de la présidentielle, la déroute annoncée de la gauche
Il insiste lourdement sur des sujets où la bourgeoisie assène régulièrement une multiplication de faits divers, de façon à créer un consensus raciste et sécuritaire et faire concurrence à Le Pen :

"l'insécurité identitaire" et notamment le décalage patent de la gauche avec l'opinion majoritaire sur des sujets comme l'immigration ou la sécurité. Ces deux thèmes figurent systématiquement au rang des priorités des Français ; dans sa grande majorité, soit la gauche les ignore, soit elle les rejette, soit elle professe un catéchisme déconnecté. Il suffit d'observer les données disponibles pour s'en apercevoir : concernant l'immigration, le point de vue des Français est imprégné de craintes. D'après une étude de l'Ifop en novembre dernier, 78 % souhaitent "passer d'une immigration subie à une immigration choisie" , quand seulement 37 % estiment que "l'immigration est une chance pour la France" . Une majorité se prononce même pour la suppression du droit du sol et du regroupement familial.

Même tableau sur la sécurité : un sondage de l'Ifop paru ce mois-ci révèle que 71 % des Français "ont le sentiment que la délinquance a augmenté ces derniers mois" , et que toutes les solutions basées sur la répression sont bien moins populaires que les mesures répressives. Le sujet est loin d'être anodin, puisque 63 % des sympathisants de la France insoumise et 45 % de ceux du PS se déclarent " prêts à renoncer à voter en faveur d’un candidat proche de leur sensibilité politique mais qui ne consacrerait pas une partie importante de son programme à la lutte contre l’insécurité" .


La gauche pérore sur ces sujets et déballe un jargon sur l'intersectionnalité des luttes , au lieu d'appeler à l'unité du peuple contre la bourgeoisie sous la direction de la classe ouvrière.
C'est le rejet de cette direction comme d'une révolution socialiste qui motive ces débats et ces disputes superficielles coupées des masses.
L'article de Marianne contribue lui-même au développement du racisme et du fascisme, mais son diagnostic est juste sur le discrédit de la gauche social-démocrate et réformiste.
Ce discrédit est parallèle au développement des bandes fascistes et de la fascisation d'Etat, dont le lien est en train de se tisser.
Le texte de S. Bouamama expose de façon très claire la différence et le lien entre fascisme et fascisation.
On comprend dès lors que les politiciens au pouvoir ne sont absolument pas un rempart contre le fascisme.


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Comprendre et combattre le fascisme et la fascisation

Publié le 11 avril 2021 par Saïd Bouamama -
https://bouamamas.wordpress.com/2021/04/11/comprendre-et-combattre-le-fascisme-et-la-fascisation/

Le 24 octobre 2009 à Paris, au Centre International de Culture Populaire, je donnais une conférence sur le fascisme dans le cadre d’un cycle de formations marxistes. Plus de 10 ans après le média en ligne antifasciste « ACTA » me demandait de l’actualiser pour son site qui le publia le 27 mars 2021 avec l’introduction suivante :

» Nous avons tenu à retranscrire son contenu, tant il nous paraît d’une actualité brûlante, dans un contexte où le fascisme structure une part de plus en plus importante du champ politique français.

Cette formation nous semble essentielle pour les nouvelles générations antifascistes qui s’engagent dans une séquence où le fascisme va être un sujet et un objet de lutte central (notamment dans la perspective des élections présidentielles à venir). Le fascisme peut prendre différentes formes et pour le démasquer, en comprendre le but, et le combattre de manière efficace, la théorie marxiste fournit des outils indispensables.

Cette version, réactualisée et corrigée par l’auteur lui-même, n’inclut pas les digressions très intéressantes qui ont entrecoupé la conférence, dont vous pouvez retrouver le lien ici



De nombreuses analyses du fascisme ont été produites depuis les années 1930 et une multitude de définitions de ce régime politique ont été avancées. Il ne s’agit pas ici de les exposer exhaustivement mais de souligner quelques débats clefs essentiels dans le contexte de fascisation actuelle accompagnant l’offensive capitaliste ultralibérale qui caractérise notre planète depuis plusieurs décennies. Il n’y aura en effet pas de pratique antifasciste efficace sans théorie antifasciste clarifiant les causes, enjeux et cibles. Sans théorie antifasciste, il n’y a pas et il ne peut pas avoir de pratiques antifascistes efficaces.

Les approches parcellaires du fascisme

Il existe une multitude de définitions « spontanées » du fascisme. Celles-ci sont en apparence « spontanées » au sens où les personnes qui en parlent ne les réfèrent pas à un corpus théorique précis ou à une analyse du fascisme identifiée. Au-delà de l’apparence cependant, ces définitions sont le reflet des luttes idéologiques entre classes sociales. En particulier le discours dominant sur le fascisme transmis par une multitude de canaux constituant les « appareils idéologiques d’État » (discours médiatique, contenus des enseignements des cours d’histoire, contenus et formes des commémorations, etc.), contribue à imposer « spontanément » certaines définitions et à en éliminer d’autres. Ainsi par exemple l’occultation du lien entre capitalisme et fascisme résumée dans le slogan de la bourgeoisie des années 1930 « plutôt Hitler que le Front populaire » contribue à nous habituer à détacher le fascisme de sa dimension de classe. Il est en conséquence essentiel de renouer avec une analyse systémique du fascisme. Ce dernier n’est jamais simplement le fait d’un homme et de sa folie ou d’une organisation fasciste accédant seule au pouvoir et bafouant la « démocratie ». Il est un résultat logique d’un système dans un contexte de rapports de force entre classes sociales précis. Il est un mode de gestion du rapport de classes dans un contexte de crise économique et de crise politique menaçant les classes dominantes.

Regardons du côté des définitions « spontanées » du fascisme. La première de ces définitions consiste à le réduire à sa forme dictatoriale ou violente et à l’opposer ainsi à la « démocratie ». Que le fascisme soit violent et dictatorial est une évidence. Que ce soient ces dimensions qui le distinguent d’autres formes de gouvernement l’est beaucoup moins. Faut-il rappeler que se sont de bons « républicains » qui ont massacrés à grande échelle et férocement les communards ? Faut-il remettre en mémoire que c’est la « République » qui instaura pendant des décennies une violence systémique dans les colonies ? Réduire le fascisme à la violence ou à la dictature c’est ainsi s’empêcher de comprendre les liens qu’il a avec le système capitaliste, c’est couper le fascisme comme idéologie et comme mode d’exercice du pouvoir de sa base matérielle, c’est-à-dire des intérêts de classe.

Une seconde idée « spontanée » est de définir le fascisme par sa dimension raciste. On insiste alors sur la racialisation qu’il opère, sur la division qu’il entretient au sein des classes populaires, sur sa construction de « boucs émissaire ». Que le fascisme soit raciste est également une évidence. Que ce soit le racisme qui le distingue des autres formes de gouvernement l’est beaucoup moins. En témoignent les multiples séquences historiques de racisme d’État avant et après les victoires fascistes des années 1930. Du traitement des « tsiganes » à celui des indigènes coloniaux en passant par l’antisémitisme, le racisme fut présent dans les périodes dites « démocratiques » depuis la naissance du capitalisme. Une nouvelle fois cette approche du fascisme conduit à couper celui-ci de sa base matérielle ou de classe.

Une troisième idée « spontanée » du fascisme consiste à le définir par une ou plusieurs de ses formes historiques, le plus souvent ses formes nazie ou mussolinienne. Cette approche occulte que le fascisme comme forme du pouvoir est doté d’une dynamique historique, c’est-à-dire qu’il adapte ses formes aux besoins du contexte. Il en est du fascisme comme du racisme pour lequel la forme historique peut varier pour préserver le fond. Le racisme a ainsi historiquement pris une forme biologique, puis après la défaite du nazisme et les luttes anticoloniales une forme « culturaliste », avant d’adopter aujourd’hui une forme « civilisationnelle » dans ses versions que sont l’islamophobie, la négrophobie, le racisme anti-rom ou anti-asiatique. Ceux qui adoptent cette approche attendent les défilés de chemises brunes. Ils oublient ainsi que le fascisme contemporain peut très bien s’accommoder du costume cravate ou du jeans.

Ces idées « spontanées », loin d’être neutres, aboutissent toutes à découpler le fascisme de sa base matérielle. L’approche parcellaire du fascisme empêche de saisir les liens entre ces différentes dimensions c’est-à-dire occulte la dimension systémique du fascisme.

Un fond de classe et des formes nationales et historiques

Le fascisme comme toutes les formes politiques est un concept soulignant ce qu’il y a de commun à de nombreuses réalités matérielles. Le concept d’arbre décrit ainsi ce qu’il y a de commun entre un chêne, un pin ou un baobab. Si le chêne est différent du baobab, ils appartiennent néanmoins tous les deux à la catégorie arbre. Le fascisme est ainsi un « fond » pouvant se traduire par une multitude de « formes ». L’enjeu de cette précision est de taille. Sans elle les formes contemporaines du fascisme deviennent imperceptibles. Les fascistes contemporains prennent dans leur grande majorité soin de se distinguer des formes historiques antérieures délégitimées par l’expérience historique du fascisme et les horreurs qui l’ont accompagnées.

La variabilité historique du fascisme est accompagnée d’une variabilité géographique ou nationale. Hier comme aujourd’hui le fascisme ne peut pas être indifférent aux héritages et aux histoires nationaux. Plusieurs aspects distinguaient le nazisme du mussolinisme ou du pétainisme. Les argumentaires antisémites par exemple n’avait pas la même place dans ces différents régimes fascistes. Il en est de même aujourd’hui où le discours fasciste s’adapte aux différents contextes nationaux. Le thème d’une pseudo « défense de la laïcité » n’a ainsi pas le même poids dans les différents discours fascistes nationaux. Il convient de se défaire de l’idée de l’existence d’une forme unique et pure du fascisme. Le fascisme n’a jamais de forme pure, il est toujours historiquement et nationalement situé.

De la même façon le fascisme ne peut pas se diagnostiquer à partir du discours qu’il tient sur lui-même. Très peu de fascistes aujourd’hui se définissent publiquement et explicitement comme fascistes. C’est d’ailleurs un des éléments de distinction de la période d’avant 1945 et de celle d’aujourd’hui. Beaucoup de militants antifascistes sous-estiment la victoire populaire qu’a été la défaite du nazisme ou n’en mesurent pas toutes les conséquences. Le mouvement ouvrier, le mouvement antifasciste et le mouvement anticolonial ont imposé durablement une frontière de légitimité rendant impossible ou difficile de se revendiquer explicitement du fascisme aujourd’hui. Le fascisme est ainsi contraint de se présenter différemment, de faire passer en contrebande sa marchandise en quelque sorte. Le combat essentiel aujourd’hui n’est pas de chasser le fasciste explicite mais de déceler l’idéologie fasciste dans des mouvements qui ne le revendiquent pas. Ceux-ci peuvent prendre des visages multiples pour neutraliser la frontière de légitimité posée par nos luttes : défense de la République, défense de la Nation, défense de la laïcité et même national-communisme, nationalisme socialiste, etc.

Le fascisme contemporain s’adapte au contexte actuel et prend donc une forme dominante différente des visages qu’il a pu avoir dans le passé. La lutte antifasciste ne peut en conséquence pas être limitée aux groupes explicitement fascistes.

Les approches idéalistes du fascisme

L’idéalisme est un courant philosophique expliquant le monde par les idées et leurs évolutions. Il s’oppose à un autre courant, le matérialisme, expliquant la réalité par les facteurs matériels et leurs évolutions. Les premiers expliquent la réalité sociale à partir des idées et les seconds expliquent les idées et théories à partir de leurs bases matérielles. Dans l’approche idéaliste du fascisme ce dernier s’explique par l’action d’un homme [Hitler, Mussolini, Pétain, Jean-Marie Le Pen]. Il n’y aurait aucun intérêt matériel en jeu dans l’avènement du fascisme mais simplement l’action néfaste d’un homme et de ses idées. On comprend dès lors l’intérêt de la classe dominante à diffuser des approches idéalistes du fascisme.

Refuser ces approches idéalistes ne signifie pas que les idées n’ont aucun rôle et qu’il est inutile de mener la bataille des idées. Simplement les idées à elles seules ne peuvent pas expliquer l’avènement du fascisme. Ces explications passent sous silence des questions aussi importantes que : « pourquoi ces idées prennent-elles dans certaines circonstances historiques et pas dans d’autres ? » ou « qui a intérêt à l’émergence des théorisations fascistes dans certains contextes précis ? » . Poser ces questions conduit en effet à s’interroger sur le rôle de la classe dominante dans l’émergence de forces fascistes et dans l’avènement d’un régime fasciste.

Toutes les explications en termes de « manipulateurs » , de « gourous » , de « charisme d’un leader » , de « stratégie d’une organisation politique » , etc., conduisent à une lutte inconséquente contre le fascisme en centrant celle-ci sur l’élimination ou la neutralisation des « perturbateurs » [par l’interdiction d’une organisation, la condamnation d’un leader, la mise en avant d’un « Front Républicain » pour faire barrage, etc.] en laissant de côté le système économique et social qui leur donne naissance, qui les encourage à certains moments et qui les appelle au pouvoir lorsqu’il est sérieusement mis en danger. Il ne suffira donc pas d’éradiquer des fascistes ou de les neutraliser [même s’il faut bien sûr le faire] pour éliminer définitivement le fascisme. Seul est un antifasciste conséquent celui qui ne se contente pas de combattre les fascistes explicites pour étendre le combat jusqu’au système social qui l’engendre. Un antifascisme conséquent ne peut pas ne pas être un anticapitalisme.

Cette explication idéaliste niant le lien entre capitalisme et fascisme présente donc le fascisme comme un accident de l’histoire lié aux circonstances particulières de la première guerre mondiale et au traumatisme qu’elle a constitué. Dans ce contexte de confusion sociale et de crise morale, des « manipulateurs » auraient trouvé le chemin de l’accès au pouvoir en s’appuyant sur le besoin de cadre et de stabilité des masses populaires frappées de plein fouet par la paupérisation. Le fascisme comme le bolchévisme seraient ainsi des accidents de l’histoire libérale. On retrouve cette thèse dès les années 1920 dans les écrits du dirigeant radical italien Francesco Nitti. On la retrouve également après la seconde guerre mondiale dans les analyses du leader du parti libéral italien Benedetto Croce pour qui le fascisme et le communisme sont tous deux de simples parenthèses historiques liées à des circonstances particulières. Bien sûr à aucun moment ces analyses ne s’interrogent sur les liens entre les classes sociales et le fascisme. L’intérêt d’une telle approche pour la classe dominante est de présenter le fascisme comme un phénomène du passé ne pouvant pas se reproduire aujourd’hui.

Une deuxième explication idéaliste du fascisme consiste à l’analyser comme une exceptionnalité nationale de certains pays. Le fascisme ne serait que le résultat logique des histoires allemande et italienne. Le fascisme serait le fait des pays ayant connu une unification tardive et une industrialisation rapide menées sous la direction d’une classe féodale se mutant en classe capitaliste. Les autres pays capitalistes seraient ainsi préservés du fascisme par leur héritage historique différent. Les chercheurs anglais Brian Jenkins et Chris Millington ont largement documenté la prédominance de cette thèse « exceptionnaliste » dans les analyses françaises du fascisme [le fascisme comme caractéristique spécifique et exceptionnelle de certaines histoires nationales] dans leur ouvrage paru en 2020 L e fascisme français : Le 6 février 1934 et le déclin de la République .

Une troisième analyse idéaliste du fascisme consiste justement à le présenter comme un anticapitalisme. Des groupes fascistes eux-mêmes n’hésitent pas à se présenter comme révolutionnaires ou anticapitalistes [ou anti-mondialisation, anti-Europe du capital, etc.]. Le terme de « totalitarisme » a été propulsé idéologiquement pour mettre dans le même sac des théories anticapitalistes et le fascisme. Dans les cours d’histoire les enfants apprennent ainsi que nazisme et communisme appartiennent à une même catégorie de régime. Les grands médias reprennent également régulièrement cet amalgame. Ce faisant ce sont toutes les tentatives d’émancipation sociale et politique qui sont délégitimées. Elles seront toutes présentées comme des fascismes parce que justement anticapitalistes.

Le pseudo « anticapitalisme » des fascistes n’est jamais la critique du capitalisme comme système. Il est généralement la critique du capitalisme des autres pays c’est-à-dire des concurrents du capitalisme français. C’est pourquoi il est fréquent d’entendre des fascistes critiquer le capitalisme états-unien ou allemand mais on n’entend jamais ces derniers critiquer sérieusement [cela peut arriver de manière conjoncturelle, tactique, momentanée] le capitalisme de leur nation. La critique du capitalisme comme système conduit en effet à une analyse de classe alors que la critique du capitalisme des concurrents conduit à la défense des intérêts de ma bourgeoisie contre ceux des intérêts des autres bourgeoisies. Le fascisme tente ainsi de récupérer par le nationalisme bourgeois les colères et révoltes anticapitalistes en essayant de les canaliser vers des cibles compatibles avec les intérêts de la classe dominante nationale. Dans chaque nation les fascistes s’inscrivent ainsi dans les intérêts de leur classe dominante confrontée aux contradictions d’intérêt avec les autres capitalismes, c’est-à-dire aux contradictions inter-impérialistes. C’est pourquoi les mêmes qui se disent anticapitalistes peuvent aussi se proclamer contre l’indépendance des colonies, celle-ci étant en contradiction avec les intérêts de la classe dominante.

Le capitalisme est d’abord un système social et économique basé sur l’exploitation, c’est-à-dire l’extorsion de la plus-value. Être anticapitaliste c’est agir pour abattre ce système et le remplacer par un autre exempt de l’exploitation, c’est-à-dire sans propriété privée des moyens de production. C’est pourquoi les fascistes ne peuvent pas être anticapitalistes. C’est pourquoi le combat idéologique antifasciste ne peut pas faire l’économie de la critique du programme économique des fascistes. Ceux-ci défendent la propriété privée, s’opposent à la hausse des salaires et des prestations sociales, refusent la taxation du capital, condamnent toute réduction du temps de travail, se prononcent pour l’allongement des durées de cotisations pour la retraite ou les prestations chômage, etc.

Une quatrième explication idéaliste du fascisme consiste à le définir d’abord par son racisme et ses discours à l’encontre de l’immigration. De nouveau le lien entre capitalisme et fascisme est ainsi occulté. Que le fascisme soit raciste est une évidence. Mais encore faut-il se poser la question de la fonction sociale et idéologique de ce racisme [qui au demeurant est loin de se limiter à la galaxie fasciste]. En présentant l’immigration comme cause des difficultés sociales, il s’agit pour les fascistes d’éloigner les prises de conscience des véritables causes qui sont liées au capitalisme en tant que système ne pouvant que générer [du fait même des lois de son fonctionnement] des crises et les paupérisations et précarisations qui vont avec.

Comme on le saisit tout n’est pas faux dans les explications idéalistes du fascisme. Il est vrai que le fascisme historique [tel que nous l’avons connu dans les années 1930] se caractérise par l’existence de leaders charismatiques, qu’il se développe dans les circonstances traumatisantes issues de la première guerre mondiale, que certaines histoires nationales ont été des terrains favorables au fascisme, que le racisme est un trait commun à tous les fascismes, etc. Ces vérités descriptives sont cependant systématiquement coupées de la question de la base matérielle c’est-à-dire des intérêts de classe que défend le fascisme.

Le pseudo « anticapitalisme » des fascistes

Le premier aspect du discours fasciste est son pseudo « anticapitalisme ». Des fascistes peuvent certes dans certaines périodes historiques se faire le porte-parole de révoltes sociales mais c’est toujours pour les détourner ou les dévoyer des véritables cibles des classes populaires. Un Alain Soral n’hésite ainsi pas à se réclamer de la « gauche du travail » en se proclamant simultanément à « la droite des valeurs ». C’est pourquoi nous devons apprendre à nous adresser à des personnes attirées par les fascistes pour leurs discours sur la « droite des valeurs » . Ces personnes sont dans une révolte que les fascistes dévoient. Nous sommes en présence d’une « révolte dévoyée ». Si le dévoiement doit être combattu, la révolte, elle, est saine.

Le second aspect du discours des fascistes se situe dans la nature des critiques faites au capitalisme [à la mondialisation, à l’Europe, etc.]. Ce qui est reproché au gouvernement en place, c’est sa « mollesse » par rapport aux pays capitalistes concurrents, c’est la défense jugée insuffisante de la « nation », c’est la pseudo absence de fermeté à l’égard des syndicats et des revendications sociales. À aucun moment le système capitaliste en tant que tel n’est remis en cause. Il est possible que soit critiqué tel ou tel aspect du capitalisme mais jamais ce dernier comme système. Les aspects du capitalisme critiqués par les fascistes sont toujours ceux correspondants aux colères sociales les plus importantes du moment. La logique ici présente est celle de la critique d’une partie pour préserver le tout, de la critique d’un aspect pour protéger le système.

La troisième dimension du discours fasciste est la fameuse défense des valeurs que nous avons évoquée plus haut à propos d’Alain Soral. L’approche commune à toutes les versions du fascisme est l’approche organiciste, c’est-à-dire qu’elles conçoivent la société comme un organisme dans lequel chaque élément a une place « naturelle » intangible. Selon cette approche la société est un organisme à l’image d’un corps humain et les classes sociales correspondraient aux différents organes de ce corps. Dans cette logique les classes sociales ne devraient pas s’opposer mais collaborer. Les rapports sociaux idéaux pour eux sont ceux qui respectent ces équilibres pseudo naturels que seraient la soumission de la femme à l’homme, du salarié à son patron, des gouvernés aux gouvernants. L’origine de ces « équilibres naturels » et leur fonction sociale sont évacuées de l’analyse. Ce faisant, ce qui est occulté, c’est que loin d’être naturels ces « équilibres naturels » produisent une hiérarchie sociale au service du capitalisme. Certains discours contemporains fascistes peuvent sembler contradictoires avec nos propos. Le Rassemblement national n’hésite pas aujourd’hui à se déclarer pour les droits des femmes ou pour la laïcité alors que toute l’histoire de ce courant de pensée témoigne de l’inverse. Cette « conversion » survient justement au moment où la laïcité comme les droits des femmes sont instrumentalisées par la classe dominante contre l’immigration, les musulmans ou supposés tels, les habitants des quartiers populaires, etc. La laïcité et les droits des femmes deviennent défendables à condition d’être intégrés à une logique islamophobe et/ou de « choc des civilisations ».

Le quatrième trait distinctif du discours des fascistes est la négation et l’opposition à la lutte des classes. Celle-ci est considérée comme affaiblissant la « nation » face aux concurrents. La fameuse unité nationale qu’ils défendent suppose la négation de l’existence de classes sociales aux intérêts divergents, c’est-à-dire de classes entrant inévitablement en lutte les unes contre les autres. Niant ce moteur de l’histoire qu’est la lutte des classes, les fascistes ne peuvent que se rabattre sur une présentation de « l’ordre » comme moteur de l’histoire. C’est pourquoi les fascistes considèrent que se sont les grands hommes et les élites qui font l’histoire. Hier avec des théories sur les races inférieures et aujourd’hui avec des discours sur le « choc des civilisations », c’est l’idée d’une hiérarchie naturelle des peuples au niveau international et celle d’une hiérarchie tout aussi « naturelle » des élites à l’échelle nationale, qu’ils défendent.

Une cinquième caractéristique du discours fasciste est l’explication qu’il avance des crises sociales. Alors que celles-ci sont le résultat du fonctionnement même du capitalisme, elles sont expliquées par les fascistes par la « mauvaise gestion », par « l’anarchie », par « l’absence de fermeté » des gouvernements successifs, par « la soumission aux mondialisme », etc. Une telle analyse conduit à un appel à « l’ordre », à la « fermeté », à la « priorité nationale », etc. Autrement dit, les réponses proposées aux crises du capitalisme consistent à exiger le renforcement des idéologies et pratiques historiquement liées au capitalisme. Le système qui engendre les crises est présenté comme solution à ces crises.

Enfin parmi les spécificités essentielles du discours fasciste on trouve la critique du parlementarisme dans une logique du « tous pourris ». Ils s’appuient pour ce faire sur de réels scandales du parlementarisme tel que nous le connaissons [non représentativité sociale des élus, carence de légitimité liée au fort taux d’abstention des classes populaires, poids prédominant de l’exécutif, etc.]. C’est pourquoi le discours antifasciste ne peut pas consister en une défense du parlementarisme qui n’est pas le nôtre mais qui est celui de la classe dominante. Il convient également de visibiliser les différences absolues entre la critique du parlementarisme des progressistes et celle des fascistes. Si eux critiquent le parlementarisme sur la base d’une exigence de moins de démocratie, notre critique se déploie elle sur la base d’une exigence de plus de démocratie directe. Ils pensent qu’il y a trop de démocratie, nous pensons qu’il n’y en a pas assez.

L’anticapitalisme des fascistes est toujours de façade, partiel, conjoncturel. Leur critique du parlementarisme dominant se déploie en direction d’une restriction des droits et libertés démocratiques alors même que le scandale de ce parlementarisme se situe dans une démocratie formelle et de façade.

Connaître l’héritage théorique antifasciste

Nous ne sommes pas les premiers à avoir tenté de comprendre la nature politique du fascisme. Il y a des générations de militants qui se sont battus avant nous et qui ont essayé d’analyser le fascisme avant nous. Nous disposons d’un héritage nous permettant d’éviter des erreurs qui ont été dramatiques dans le passé. Bien sûr cet héritage doit être adapté aux réalités contemporaines et aux nouveaux visages du fascisme. Sans être exhaustif, il n’est pas inutile de rappeler quelques-uns de ces héritages.

Commençons par la définition du fascisme lui-même. Un des premiers acquis des débats contradictoires qui ont caractérisé l’antifascisme est sa caractérisation de classe du fascisme. La nécessité de distinguer la nature de classes du fascisme d’une part et les classes qu’il mobilise pour accéder au pouvoir d’autre part, est un des acquis importants dont nous sommes héritiers. Si les cibles du fascisme sont les classes populaires et les couches moyennes déclassées, en cours de déclassement ou en crainte de déclassement, les intérêts de classe défendus par les fascistes sont ceux de la classe dominante et même d’une fraction particulière de cette classe, celle liée au capital financier.

Cette fraction de la bourgeoisie que Lénine définissait comme « la fusion du capital bancaire et du capital industriel » prend la forme de grands groupes industriels et financiers ou de fonds spéculatifs ne se contentant pas du profit moyen de chaque marché national mais étant à la recherche d’un profit maximum sur le marché mondial. Le capital financier n’hésite pas à déplacer ses capitaux d’une branche à l’autre, d’un pays à l’autre dans la quête d’une force de travail la moins payée possible afin de maximiser son profit. Logiquement la concurrence au sein de ce capital financier mondial est féroce. Chaque capital financier national s’appuie dès lors sur son État national pour défendre ses intérêts face aux autre capitaux nationaux et à leurs États. C’est pourquoi le capital financier national se caractérise aussi par son caractère chauvin. Si les multinationales regroupent des capitaux appartenant à des actionnaires de plusieurs pays, cela ne veut pas dire qu’elles n’ont plus un ancrage national. Ce regroupement de capitaux de plusieurs pays se réalise toujours sous la direction ou la domination d’un groupe industriel et/ou financier d’un pays. Chaque multinationale du point de vue de ses capitaux est en fait nationale du point de vue du groupe dirigeant. Ce dernier peut s’appuyer sur la politique étrangère de son État pour faire avancer ses intérêts, c’est-à-dire maximiser ses profits. C’est cette fraction du capital, la plus réactionnaire, la plus impérialiste et la plus chauvine qui dans certaines circonstances a besoin du fascisme pour maintenir ses profits.

Georges Dimitrov formule en 1935 une définition du fascisme qui reste, selon moi, d’une actualité brûlante. Ce communiste bulgare accusé par les nazis de l’incendie du Reichstag et qui transforme son audition devant les juges en procès du fascisme, définit le fascisme comme suit : « une dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins et les plus impérialistes du capitalisme financier » . Le fascisme est donc à la fois en continuité avec le pouvoir classique de la bourgeoisie [dans les deux cas il s’agit d’un capitalisme et d’une bourgeoisie dominante] et en rupture avec lui [en ce qui concerne les moyens terroristes mobilisés par cette classe dominante]. D’autres analyses antifascistes se sont interrogées sur les circonstances historiques de développement du fascisme. Le communiste allemand August Thalheimer définit ainsi en 1929 le fascisme comme un régime d’exception prenant une forme bonapartiste, c’est-à-dire que la classe dominante confie le pouvoir à un « Bonaparte » afin de sauvegarder son pouvoir économique.

Ces analyses reliant fascisme et analyse de classe mettent en exergue que le fascisme se développe quand la classe dominante se sent menacée par le développement des luttes sociales, qu’il devient une hypothèse crédible pour cette classe lorsqu’elle est confrontée à une crise de légitimité et à une crise de gouvernementalité. C’est donc la classe dominante qui fait appel au fascisme lorsque son pouvoir lui semble menacé. C’est pour cette raison que les facteurs menant à une révolution et celles menant au fascisme sont fréquemment réunis simultanément. Le communiste anglais Palme Dutt développe ainsi en 1934 la thèse du fascisme comme résultat de trois circonstances : une bourgeoisie affaiblie par le développement des luttes sociales et une crise de légitimité ; une bourgeoisie restant cependant encore forte ; des couches moyennes déstabilisées et subissant un processus de déclassement. Dans ces circonstances, l’enjeu est la récupération de la révolte montante des classes populaires paupérisées et encore plus de la révolte grandissante des couches moyennes en voie de déclassement. Celles-ci orienteront-elles leurs colères contre le capitalisme ou contre un autre groupe social [les étrangers, les juifs, les musulmans, etc.] ? Telle est la question que se pose la classe dominante dans ces circonstances.

Souligner que le fascisme est en lien avec les intérêts de la classe dominante en général et avec ceux du capital financier en particulier ne signifie pas que nous sommes en présence d’un complot. Les fascistes ne sont pas seulement les outils de la classe dominante. Cette dernière estime généralement qu’elle pourra canaliser, contrôler ou limiter le fascisme. Le communiste italien Antonio Gramsci insiste ainsi sur le fait que les fascistes disposent d’une autonomie relative par rapport à la classe dominante. Ils jouent des luttes de pouvoir entre les différentes fractions du capital pour faire avancer leur propre agenda en se posant progressivement comme le dernier et seul recours face à la menace d’une révolution sociale. Il y a donc une offre de fascisme constituée par les organisations fascistes et une demande de fascisme constituée par d’abord certaines fractions de la classe dominante puis par des fractions plus importantes. Lorsque les deux se rencontrent la situation devient mûre pour que s’installe une dictature terroriste ouverte.

Quand l’offre ne correspond pas à la demande du fait que la bourgeoisie ne se sent pas suffisamment menacée, le fascisme ne trouve pas les conditions d’un accès au pouvoir. Cependant dans des circonstances de développement et de radicalisation importantes des luttes sociales, la classe dominante n’hésitera pas à emprunter au fascisme ses analyses, ses propositions et une partie de ses méthodes. Nous sommes alors en présence d’un processus de fascisation de l’appareil d’État.

Le processus de fascisation

Les quelques analyses ci-dessus exposées, constitutive de notre héritage antifasciste, ne sont pas exhaustives. Il en existe de nombreuses autres que nous ne pouvons pas exposer dans cette séance pour des raisons de temps. Elles suffisent cependant pour tordre le coup à quelques idées erronées encore trop fréquentes dans les rangs antifascistes. La première erreur consiste à analyser le fascisme comme l’arrivée brusque et instantanée d’un régime dictatorial. Ce qui est sous-estimé dans cette thèse est la séquence qui précède le fascisme c’est-à-dire le processus de fascisation. Bien avant que d’avoir besoin d’un pouvoir fasciste, la classe dominante se sert de son État pour réagir à la montée des luttes sociales. La répression de plus en plus violente de ces luttes, la restriction des droits et libertés démocratiques, la dissolution d’organisations contestataires, la modification de la législation vers une logique autoritaire et sécuritaire grandissante, la construction de groupes sociaux en boucs émissaires, etc., précèdent l’arrivée au pouvoir des fascistes. Ce n’est que quand ces mesures s’avèrent inefficaces et que le pouvoir est immédiatement menacé que la fascisation passe un seuil qualitatif en se mutant en fascisme.

En lien avec cette première erreur s’en trouve une seconde consistant à considérer que le fascisme vient au pouvoir par la violence. Cela peut certes survenir mais généralement c’est en toute légalité que les fascistes arrivent au pouvoir et transforment ensuite celui-ci en dictature terroriste ouverte. Le processus de fascisation réuni les conditions du fascisme pour rendre celui-ci possible si la classe dominante venait à en avoir besoin. C’est en ce sens que l’on peut dire que la fascisation est l’antichambre du fascisme. Mais cela ne veut pas dire que la fascisation mène systématiquement au fascisme. Il n’y a aucun déterminisme historique absolu à ce niveau. Tout dépend du rapport des forces. C’est ainsi le roi Victor Emmanuel III qui confie à Mussolini les rênes du pouvoir après la marche sur Rome des fascistes. C’est également le président Hindenburg qui nomme Hitler chancelier.

La troisième erreur est celle que nous avons déjà soulignée, c’est-à-dire la confusion entre le fascisme et l’une de ses formes historiques. Le fascisme contemporain peut prendre des formes historiques nouvelles. Il ne défilera pas forcément avec des chemises brunes. Il peut très bien surgir du sein même de l’appareil d’État actuel et de la démocratie parlementaire actuellement en place. Il peut être le fait d’une mutation qualitative de membres de la classe politique « démocrates » et « républicains ». Prendre en compte la diversité des origines possibles du fascisme c’est revenir à cette notion « d’autonomie relative » des fascistes dont parlait Gramsci. Il n’existe pas un seul bloc fasciste mais une galaxie fasciste caractérisée par la diversité de ses analyses.

Nous n’avons pas le temps nécessaire pour décrire toute cette diversité. Contentons-nous de rappeler deux de ses principaux courants. Le premier se base sur une logique centrée sur l’affirmation de l’existence d’un danger que subirait la « civilisation occidentale » du fait de la montée de « l’islamisme » pour certains, de la montée de l’Islam pour d’autres, de l’immigration que l’on prétend devenue massive pour d’autres encore. L’idéologue de la bourgeoisie Samuel Huntington a théorisé cette approche dans ses livres Le choc des civilisations et Qui sommes-nous ? Identité nationale et choc des cultures. Un des visages principaux du fascisme [du discours sur le péril musulman à la thèse du « grand remplacement » en passant par celle d’une identité nationale menacée par l’immigration] s’origine de ce postulat d’une guerre des civilisations. L’aura de cette thèse dépasse largement l’extrême-droite, faisant d’elle une des assises centrales de justification de la fascisation de l’appareil d’État. C’est pourquoi se limiter à l’affrontement avec les groupes explicitement fascistes ou d’extrême-droite sans combattre la fascisation de l’appareil d’État est une autre erreur possible. Le second courant est plus classique et est constitué du « nationalisme révolutionnaire » mettant en avant des thèses proches du fascisme que nous avons connu dans les années 1930 [critique du parlementarisme, appel à l’ordre moral, racisme explicite, etc.].

Ces deux courants ont néanmoins un point commun essentiel : la présentation de la lutte des classes comme divisant la nation, comme destructrice de l’unité nationale, comme complicité objective face au péril civilisationnel qui nous menacerait.

Sur notre séquence historique

Nous sommes actuellement dans une séquence historique caractérisée par l’arrivée au pouvoir depuis plus de quatre décennies du néolibéralisme sous la forme d’une mondialisation capitaliste. Ce néolibéralisme n’est rien d’autre que la politique économique correspondant aux intérêts des monopoles et grands groupes du capital financier. Basée sur une course mondiale à la maximisation du profit cette phase néolibérale se concrétise par la destruction des conquêtes sociales, par une délocalisation massive à la recherche des coûts toujours plus bas du travail, par une flexibilisation généralisée du travail, un repli de l’État sur ses seules fonctions régaliennes [le maintien de l’ordre, la justice et la défense guerrière des intérêts du capitalisme français et européen au niveau international]. La conséquence en est une paupérisation massive des classes populaires et un déclassement social des couches moyennes.

Une autre conséquence de la mondialisation capitaliste est l’exacerbation de la concurrence entre les différents pays capitalistes qui se concrétise par le développement des guerres pour la maîtrise des sources de matières premières et par une militarisation croissante. Le développement des discours chauvins sur l’identité nationale menacée n’est que l’expression de cette base matérielle que constitue la lutte entre les puissances impérialistes pour se partager le monde.

Nous sommes également dans un contexte de développement et de radicalisation des luttes sociales concrétisé par le mouvement contre les réformes des retraites, celui des cheminots contre la privatisation, celui des Gilets jaunes, celui contre les violences policières, etc. Après une phase de deux décennies de recul face à la logique implacable de la mondialisation capitaliste, le temps est de nouveau celui des luttes sociales grandissantes. La pandémie du coronavirus, en mettant en exergue les conséquences des choix économiques néolibéraux des dernières décennies, accroit encore plus la colère sociale et plonge la classe dominante dans une crise de légitimité importante. Les prises de conscience d’une cause systémique de la paupérisation et de la précarisation massive connaissent un progrès inédit depuis le tournant néolibéral des décennies 1970 et 1980. La possibilité de mouvements sociaux de grande ampleur est présente et anticipée dans les analyses et les choix du gouvernement. Bien sûr, ces mouvements sociaux ne constituent pas un danger immédiat pour la classe dominante. Cependant cette dernière possède une expérience historique lui permettant de saisir les dangers potentiels de la situation sociale actuelle. Il ne faut jamais sous-estimer notre ennemi.

Ce contexte d’une bourgeoisie affaiblie mais encore forte et d’un mouvement social en progression importante mais encore insuffisamment puissant permet d’expliquer la fascisation actuelle de l’appareil d’État. La reprise par Macron et ses ministres de pans entiers d’analyses jusque-là spécifiques à l’extrême-droite reflète cette fascisation, de même que les mesures liberticides contenues dans l’entrée dans le droit commun de l’État d’urgence, dans la loi sur la « sécurité globale » ou dans celle contre le pseudo-séparatisme. Si la classe dominante n’a pas encore besoin du fascisme, elle en prépare les conditions au cas où l’évolution de la situation sociale le rendrait nécessaire. Dans cette préparation de l’hypothèse fasciste comme dernier recours, la classe dominante entretient deux fers au feu : la tolérance vis-à-vis de groupes plus ou moins explicitement fascistes d’une part et l’accélération de la fascisation de l’appareil d’État d’autre part.

Dans ce contexte il est illusoire de combattre le fascisme en sous-estimant la gravité de la fascisation de l’appareil d’État. Il est tout aussi illusoire de sous-estimer le combat contre les groupes explicitement fascistes. Une fois au pouvoir ces groupes ne pourront être combattus que par la lutte armée comme au temps du nazisme. C’est dès aujourd’hui que nous sommes confrontés au double combat contre la fascisation et contre les groupes fascistes.


Edité le 13-04-2021 à 19:16:51 par Xuan




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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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   Posté le 16-04-2021 à 23:53:24   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'intervention d'E. Pleynel sur le double jeu de Macron envers le RN.

https://www.facebook.com/watch/?v=2988968717991641

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
pzorba75
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   Posté le 17-04-2021 à 07:21:51   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Xuan a écrit :

L'intervention d'E. Pleynel sur le double jeu de Macron envers le RN.

https://www.facebook.com/watch/?v=2988968717991641


Pleynel est aussi une partie du problème de la caste dirigeant le pays. Ni son son passé, ni son projet pour 2022 n'ouvrent la moindre perspective d'une révolution, il n'est qu'une branche pourrie de la bourgeoisie qu'il défend. Tout juste bonne au feu avant d'être dispersée dans ses cendres.

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