" class="p14" target="_blank" rel="nofollow">https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/la-methode-bollore-expliquee-aux-enfants?utm_source=gazette%2B-%2Babonn%C3%A9s&utm_campaign=680d55e892-le-coup-de-coeur-de-la-redaccheffe_20210203&utm_medium=email&utm_term=0_bd520e065e-680d55e892-195805025
CHRONIQUE
LA MÉTHODE BOLLORÉ EXPLIQUÉE AUX ENFANTS
Après une télé d'extrême-droite, une radio d'extrême-droite ? Ayant guigné sans succès le rachat d'Europe 1, le milliardaire Bolloré, qui a caporalisé et zemmourisé CNews et Canal+, guigne aujourd'hui RTL, que souhaite vendre son propriétaire allemand Bertelsmann. Il n'est pas le seul. Bouygues et Drahi sont aussi sur les rangs. La queue du Mickey, croit-on comprendre à la lecture d'une excellente enquête du Monde, reviendra à celui des trois qui saura le plus artistiquement contourner la réglementation sur les concentrations.
On ne relève pas, ici, chaque appel à la haine, que déverse quotidiennement la télé "mille collines" de Bolloré. Le site tout entier n'y suffirait pas, et l'équipe ne ferait plus rien d'autre. Peut-être aussi, à tort, nous habituons-nous à voir monter la température, comme la grenouille du bocal. Les réseaux sociaux faisaient resurgir hier, par exemple, à l'occasion de sa nomination... parmi les quelques centaines de candidats au prix Nobel de la paix (!) l'appel de la polémiste Zineb El Rhazoui, adressé à la police, à "tirer à balles réelles" dans les quartiers populaires. CNews avait alors tenu à rappeler qu'elle avait été fermement rappelée à l'ordre par l'animateur, Pascal Praud.
La recette fonctionne parfaitement. C'est d'ailleurs ainsi que la télé de Bolloré se préserve des poursuites, car il reste tout de même, dans ce pays, quelques textes de loi antiracistes. Quelques moues, quelques "vous allez trop loin", et le tour est joué. Hier encore, le même plateau du même Praud a offert le même numéro de comparses de ligue d'impro : "Tant qu’on s’adressera à des classes qui comprennent 75% de Noirs, d’Arabes, j’en passe et des meilleures, on n'y arrivera jamais" s'envole l'ex-journaliste Jean-Claude Dassier, buffet indéplaçable de toutes les émissions de CNews. Alors Praud : "Qu'est-ce que vous voulez dire ? Des musulmans, mais pourquoi vous dites Noirs ? Quel est le rapport ?"
Il ne faut pas manquer, dans la vidéo, le coup d'œil à Praud du chroniqueur et directeur-adjoint de la rédaction du Point Jérôme Béglé, qui signifie : "Là, il passe la ligne, attention, ça va être à toi de donner la réplique". Il ne faudrait tout de même pas donner au CSA une bonne occasion s'agiter son sabre de bois, alors que le patron va bientôt le solliciter pour le rachat de RTL. S'il fallait résumer la règle du jeu aux enfants, on pourrait le faire ainsi : toute opinion raciste est bienvenue sur les plateaux, dès lors qu'il est rappelé sur le même plateau que le racisme est intolérable. Et ça marche ? Parfaitement.
Finimore |
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Toujours sur ASI : DOSSIER L'HEBDO #30. EXTRÊME DROITE ET RÉACS, LA GANGRÈNE https://www.arretsurimages.net/dossiers/lhebdo-30-extreme-droite-et-reacs-la-gangrene C'est une drôle d'histoire : pour protester contre le récent Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM), considéré par les médias comme illégitime et trop proche du gouvernement, les patrons de la presse magazine, y compris ceux des médias de gauche, ont décidé de soutenir publiquement la démarche de Valeurs actuelles qui vient de porter plainte pour atteinte à la présomption d'innocence contre ce fameux CDJM. Pourquoi ? Parce que le CDJM s'est prononcé avec sévérité contre les ignobles dessins représentant la députée Danièle Obono en esclave (en septembre 2020). C'est un bien mauvais cheval de bataille que celui-là, témoin de l'anesthésie générale quand à l'invasion des idées d'extrême droite dans le paysage médiatique. Pandémie aidant, nous oublions de nous en indigner. Vous lirez dans cet Hebdo de quelle manière, sur les plateaux de CNews, on parvient à rendre acceptables des idées qui ne le sont pas (accès libre) ; ou comment un récit nationaliste et réactionnaire de l'histoire de France s'y épanouit, erreurs historiques incluses. Bonnes lectures, et ne nous endormons pas (accès libre) ! [03-02-2021] 3 articles depuis janvier 2021 AJOUTÉS RÉCEMMENT LE MATINAUTE LA MÉTHODE BOLLORÉ EXPLIQUÉE AUX ENFANTS Après une télé d'extrême-droite, une radio d'extrême-droite ? Ayant guigné sans succès le rachat d'Europe 1, le milliardaire Bolloré, qui a caporalisé et zemmou(...) Daniel Schneidermann 02 février 2021 Réservé à nos abonné.e.s OBONO : "VALEURS ACTUELLES" À L'ASSAUT DU CONSEIL DE DÉONTOLOGIE On saura ce 2 février 2021 si le Conseil de déontologie journalistique et de médiation a nui à la "présomption d'innocence" de Valeurs actuelles en se prononçan(...) Maurice Midena 02 février 2021 FERRAND, MENANT ET CLOVIS, UNE HISTOIRE D'AMOUR SUR CNEWS L'historien médiéviste Florian Besson, qui co-anime le blog "Actuel Moyen Âge", a regardé l'épisode consacré à Clovis de la nouvelle émission de l'animateur Fra(...) 28 janvier 2021 |
Xuan |
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La récente "confrontation" Darmanin/ Le Pen sur FR2 le 11 février a laissé quelques naïfs pantois : Ecouter la vidéo sur le site où Hamon dénonce le lynchage du maire de Trappes Ali Rabeh. L'ancien candidat à la présidentielle Benoit Hamon réagit après le débat jeudi opposant Gérald Darminin et Marine Le Pen Sur franceinfo Benoît Hamon s'est estimé "volé, cocufié" par Gérald Darmanin qui regrettait lors d'un débat avec Marine Le Pen sur France 2 que la présidente du Rassemblement national soit "trop molle" sur la question de l'islam et du séparatisme. L'ancien candidat à la présidentielle poursuit : "Un soir d'avril 2017 j'ai appelé sans hésiter une seconde à voter Emmanuel Macron pour empêcher Marine Le Pen de diriger ce pays. J'ai 4 ans plus tard un ministre de l'Intérieur qui vient dire à Marine Le Pen 'je regrette que vous soyez plus molle que moi et Emmanuel Macron'" . "Je ne regrette pas d'avoir fait barrage à l'extrême droite" , détaille Benoît Hamon "mais comme beaucoup d'autres j'ai été volé, cocufié en direct par un ministre de l'Intérieur qui dit cela" . "Indiscutablement, quelque chose a changé" Selon Benoît Hamon on n'a pas "tous mesuré pour ceux qui l'ont vu" , les conséquences de ce débat. "Ce qu'il s'est passé" , c'est " qu'un ministre de l'Intérieur, d'un pouvoir dit libéral sur le plan politique dont le président de la République a été élu en appelant à faire barrage à l'extrême droite, a sollicité le vote de l'extrême droite, sur un texte qui concerne le séparatisme qui suscite beaucoup de débats, un texte qui stigmatise principalement les populations musulmanes en France ". "Il fut un temps dans la République où un républicain s'honorait de ne jamais demander sur le fond le vote de l'extrême droite. C'était presque un principe sacré" et "on s'est retrouvé dans un moment où ce ministre de l'Intérieur a reproché sur l'immigration, l'islam, à Marine Le Pen d'être trop molle, trop molle, trop molle" , a déploré Benoît Hamon. Selon Benoît Hamon, "indiscutablement, quelque chose a changé. Il y a énormément de gens qui se penchent aujourd'hui le moment dans lequel nous sommes. Je pense que nous sommes très près de ce moment qu'on a caractérisé comme le trumpisme aux Etats-Unis" . "Une situation de type pré-fasciste en France" A l'image de ce qui s'est passé avec Donald Trump aux Etats-Unis, en France aussi on vit avec ce débat un "moment où les faits n'ont plus aucune importance, où peu importe la vérité. L'essentiel, ce sont mes préjugés et le fait que j'impose mes préjugés comme le cadre à l'intérieur duquel tout le monde doit vivre" , a-t-il critiqué. "Je suppose que nous en sommes là, je pense que les faits sont en train de disparaître derrière des représentations, des imaginaires qui sont les imaginaires qui se fondent tous sur la peur". "Je ne me sens pas représenté par ces gens. Mais je crois qu'aujourd'hui, hélas, le consensus s'est fabriqué contre les musulmans dans ce pays et il s'est fabriqué en direct à travers la parole de Gérald Darmanin, l'acquiescement de Marine Le Pen" ce constat amène Benoît Hamon à penser que "nous sommes dans une situation de type pré-fasciste en France" . ___________________ Lire aussi : https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/19h20-politique/en-2017-j-ai-appele-a-voter-emmanuel-macron-j-ai-ete-cocufie-par-gerald-darmanin-apres-son-debat-avec-marine-le-pen-se-desole-benoit-hamon_4275957.html https://www.huffingtonpost.fr/entry/le-maire-de-trappes-attaque-de-toutes-parts-en-marge-dune-emission-mouvementee-sur-cnews_fr_6026b04dc5b6d667582c695e Edité le 13-02-2021 à 00:09:29 par Xuan |
marquetalia |
Xuan |
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Ne te sers pas des islamistes pour justifier la fascisation. |
marquetalia |
marquetalia |
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Marine Le Pen est protestantophobe. |
Grecfrites |
marquetalia |
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Comment veux tu que je réponde à ta question ?je ne suis pas aux RG! |
Grecfrites |
pzorba75 |
Xuan |
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..." après plusieurs jours de polémique et une tournée des médias, l’enseignant a avoué à Mediapart, ne jamais avoir reçu de menaces de mort, ajoutant ne pas avoir "eu peur" et avouant des "inexactitudes et des imprudences", dans ses propos accusant notamment les salons de coiffure de la ville de ne plus être mixte."... [bfmtv] |
Grecfrites |
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Grosse prestation de Madame Frédérique Vidal encore hier. Encore et toujours le poncif "d'islamogauchisme" qui "gangrène" les universités françaises. Pendant ce temps, les étudiants sont confrontés à un manque de moyens, un chômage du à la perte de leur emploi partiel, un manque de travail en alternance et de stages, un isolement lié à la pandémie et puis une crainte quant à leur avenir professionnel. Quelle indécence de la part de la ministre. Le dialogue Elkabbach - Vidal est incroyable, ça sous-entend que les Maoïstes et les partisans de Khomeini tiennent les universités françaises. On dirait un sketch ! https://www.telerama.fr/ecrans/sur-cnews-jean-pierre-elkabbach-et-frederique-vidal-sallient-contre-les-islamogauchistes-6822103.php |
Xuan |
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Blanquer - Veran : l'université gangrenée pas les fachos Derechef le criminel Blanquer ramène sa tronche de fasciste : ' "islamo-gauchisme" est un "fait social indubitable" Le ministre de l'Education nationale l'a déclaré, samedi. "C'est un mot qui n'a pas forcément un contenu scientifique" mais " décrit une réalité politique" , a-t-il jugé, ajoutant que c'était " un terme très global ". https://www.francetvinfo.fr/societe/education/pour-jean-michel-blanquer-l-islamo-gauchisme-est-un-fait-social-indubitable_4304631.html Je rappelle que ce sombre crétin préconisait "l'immunité collective" le 15 mars 2020 : «50 à 70% de la population [devrait finir] par être contaminée par le virus» , en précisant que c'était ce que disaient les scientifiques. «C'est d'ailleurs ça qui met fin au virus, puisque ça crée une forme d'immunité majoritaire, et donc le virus s'éteint de lui-même» . ... «Comme vous le savez, depuis le début, la stratégie ce n'est pas d'empêcher que le virus passe – on sait qu'il passera probablement par plus de la moitié d'entre nous –, mais c'est de faire en sorte qu'il passe de la manière la plus étalée possible dans le temps.» Reconnaissons que sur l'étalement dans le temps ce crétin malfaisant a réussi son coup. Edité le 21-02-2021 à 07:07:43 par Xuan |
Grecfrites |
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C'est incroyable que quasiment deux ans après, on reproche encore à une partie de la gauche d'avoir participé à une manifestation contre l'islamophobie. Comme si, c'était une manifestation en soutien à l'islamisme ... C'est un procédé qui a pour but de torpiller Mélenchon et de le disqualifier car c'est l'accuser de complaisance avec l'islamisme. Ça s'intègre dans les accusations portées contre la gauche depuis des décennies avec des qualificatifs comme "complaisante, laxiste, angéliste" envers les "islamistes" mais aussi les "racailles". Ce qui est assez drôle, c'est que la gauche peut aussi rapidement être accusé de "dictatoriale", "totalitaire", "restrictive de liberté" lorsqu'on aborde les questions économiques et notamment ce qui est politique fiscale. Tout un symbole d'accuser la gauche institutionnelle (et révolutionnaire) d'être laxiste avec les pauvres et dure avec les puissants. Concernant "l'islamo-gauchisme", dans une vidéo sur Twitch avec le chroniqueur Usul, le politologue/sociologue, Samuel Hayat, évoque son origine. (https://www.youtube.com/watch?v=aT2aIN551SQ&t=5880s) à partir de 15min10. Comme on le sait, la notion vient de Pierre-André Taguieff qui se base sur un rapprochement ponctuel des trotskistes anglais tel que le Socialist Worker Party, avec certains mouvements religieux comme la Muslim Association of Britain, autour de mobilisations anti-guerres dans les années 1990 et début 2000. C'est le seul exemple sur lequel les bourgeois et les réactionnaires se basent pour attaquer la gauche avec cette accusation. Dans la réalité, cette "alliance" fut courte dans la durée, stratégique en raison des guerres impérialistes et minoritaire car ce ne fut pas étendu au cadre européen et mondial. La question à se poser selon moi, c'est pourquoi est ce que ce sont des organisations à tendance religieuse qui peuvent mobiliser et représenter des Musulmans ? Cette question peut-être liée à la montée du sentiment religieux dans les classes populaires, qu'elles soient musulmanes, catholiques ou évangéliques. Pour moi, cela vient des échecs multiples des gauches parlementaires qui ont fait perdre les espoirs d'amélioration des conditions de vies matérielles et qui ont entrainé un détournement politique au profit d'une espérance d'une amélioration des conditions de vie avec l'aide d'un "dieu". En gros, "on a tout essayé, y'a que Dieu qui peut nous aider". Mais je précise que cette vision peut ne pas être partagée par l'ensemble de ces communautés, mais également elles n'empêchent pas certains croyants de vouloir lutter pour améliorer la vie des classes populaires par l'action politique et le renversement du capitalisme. Les croyants ne sont pas tous amorphes, certains adhèrent même à des organisations de gauche. |
Xuan |
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C'est juste. La cause première est l'abandon des quartiers populaires, que les Frères Musulmans ont exploité en jouant les bonnes œuvres dans les quartiers. Certains musulmans reprochent au PCF certains actes racistes ou opportunistes. C'est unilatéral mais ça repose sur une réalité aussi. Enfin la chute de l'URSS, comme le repli de la Chine de la scène internationale, ont temporairement brisé l'espoir d'une libération par le socialisme. |
marquetalia |
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[citation=Grecfrites]L'extrême droite parlementaire européenne ne se prononce pas sur les questions internes au christianisme. Ils sont partisans d'une unité au nom d'un bloc culturel et civilisationnel chrétien face aux Musulmans. Lors de la guerre dans les Balkans,l extrême droite française a soutenu les Slovènes et les Croates catholiques contre les Serbes orthodoxes. Edité le 21-02-2021 à 15:17:32 par marquetalia |
marquetalia |
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La bourgeoisie n a pas qu inventé le terme d "islamogauchisme",d autres courants,venant des milieux trotskystes,font de la diffamation en décrivant le PRCF comme étant"rouge brun".No comment... Edité le 21-02-2021 à 16:29:58 par marquetalia |
Xuan |
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Quel rapport entre islamo-gauchisme et rouge brun ? Ensuite il faudrait documenter tes affirmations. De quels courants parles-tu ? Edité le 21-02-2021 à 17:22:09 par Xuan |
marquetalia |
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https://blogs.mediapart.fr/frachon23/blog/140912/une-preuve-supplementaire-de-limposture-du-prcf |
marquetalia |
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Quel comble,accuser les héritiers de Joseph Staline,qui a joué un rôle primordial dans la défaite du nazi-fascisme,de "rouge-brun"! maintenant,je ne sais pas si c est un site trotskyste qui relaie la calomnie. |
marquetalia |
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L amalgame entre Staline et Hitler est un élément clef de la fascisation,pour réhabiliter le fascisme français, à savoir l Algerie française,l Oas.dans le combat contre ceux ci, les communistes ont joué un rôle d avant garde. Edité le 21-02-2021 à 18:00:47 par marquetalia |
pzorba75 |
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Souvent pour imposer la doctrine (dite) sociale de l'église, prêcher la compréhension et rejeter la lutte des classes, y compris avec la complicité de quelques organisations trotskistes. Voir la CFDT, héritière de la CFTC et l'influence des syndicats se disant chrétiens démocrates très actifs dans les institutions européistes. Edité le 21-02-2021 à 19:37:57 par pzorba75 |
Grecfrites |
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Je ne serais pas forcément aussi catégorique que toi, il y a des croyants qui peuvent oeuvrer à la lutte des classes, aux mouvements sociaux avec une ligne claire et parfois révolutionnaire. Cf : croyants dans les syndicats, dans les black blocks, dans les mouvements étudiants. Edité le 21-02-2021 à 19:42:35 par Grecfrites |
marquetalia |
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Des syndicats chrétiens démocrates?tiens,c est nouveau ça. |
Grecfrites |
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Tout à fait, certains musulmans voient le PCF comme un parti laïcard hurlant avec les loups islamophobes au nom de la laïcité et de la république. Notamment avec la dimension très assimilationiste vantée, mais comme déjà abordé plusieurs fois, diverses tendances ou sections du PCF peuvent être inclusives. Les quartiers populaires ont été abandonnés et parfois même le clientélisme de la droite ou de la social-démocratie oeuvraient avec certains représentants religieux plutôt avec les structures associatives. |
Grecfrites |
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Je suis désolé marquetalia, mais je pense ne plus répondre à tes commentaires. Trop souvent provocateurs ou à coté de la plaque. |
marquetalia |
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@Grecfrites, Pzorba57 a écrit celà quelques posts avant. |
marquetalia |
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La fascisation est en cours en Nouvelle Calédonie, où 50 paras de Montauban ont été déployés pour écraser le peuple kanak. |
pzorba75 |
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Tu commences fort avec tes 50 paras. Pas très sérieux! |
marquetalia |
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https://www.ladepeche.fr/2021/02/22/une-cinquantaine-de-parachutistes-de-montauban-sont-enoyes-en-mission-en-nouvelle-caledonie-9388029.php |
pzorba75 |
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Tu lasses avec tes grossièretés. Par ce message, je demande à Xuan de te confiner quelques mois pour que tu te calmes et que les sujets conservent du sens. Te voir disparaître un moment fera du bien à tous. |
Xuan |
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Je t'entends bien pzorba75, on va supposer que fait chier ne s'adressait à personne. marquetalia il existe déjà un fil sur la kanakie, où tu es intervenu plusieurs fois. |
Xuan |
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Retour sur les actions gouvernementales destinées à faire pièce au RN, dans un but électoraliste. Ce courrier officiel ci-dessous, adressé de façon "aléatoire", est destiné à réaliser une "enquête sur le vécu et les opinions en matière de sécurité" . Rien ne garantit que la personne qui répond est effectivement celle qui reçoit le courrier, ces statistiques ne tiennent aucun compte des répartitions d'âge, de sexe, de lieu, de profession, etc. mais ce n'est pas l'essentiel. Le fond du sac est la volonté de damer le pion au RN. Depuis plusieurs mois les infos déversent quotidiennement des faits divers issus des quartiers pauvres supposément à majorité maghrébine, d'où il ressort qu'ils sont des nids de trafic de drogue, terrains d'affrontement - y compris armé - de bandes rivales, territoires de non-droit, voire annexés par la charia, d'où la police, les pompiers, les journalistes sont exclus, et où les honnêtes citoyens vivent dans la crainte d'une balle perdue. Cette propagande fait écho aux propos de Sarkozy du 19/06/2005 à la Cité des 4000 : "Dès demain, on va nettoyer au Karcher la cité. On y mettra les effectifs nécessaires et le temps qu'il faudra, mais ça sera nettoyé" Cette visite se déroulait 21 jours après le camouflet du NON aux élections européennes, qu'il s'agissait de faire oublier par ce "coup d'éclat". Aujourd'hui on ne peut pas s'empêcher de penser que la campagne des faits divers est liée à la conduite désastreuse de la lutte contre le covid, qui se traduit par les progrès du RN. ___________________ Enquête statistique Genese sur le vécu et les opinions en matière de sécurité. Le service statistique ministériel de la sécurité intérieure réalise une importante enquête sur le vécu et les opinions en matière de sécurité auprès des personnes âgées de 18 à 74 ans vivant en France métropolitaine. Cette enquête, à caractère obligatoire , est reconnue d’intérêt général et de qualité statistique par le Conseil national de l’information statistique (Cnis). Vous faites partie des personnes sélectionnées aléatoirement pour participer à l’enquête. Personne ne peut répondre au questionnaire à votre place . Le respect de cette consigne est primordial pour la fiabilité des résultats. Le questionnaire est accessible en ligne et dure environ 20 minutes. Pour y répondre je vous invite à vous connecter dès maintenant de préférence à partir d’un ordinateur ou d’une tablette , à l’adresse sécurisée suivante à l’aide de votre identifiant et de votre mot de passe indiqués ci-dessous (merci de respecter les caractères majuscules). Pour permettre aux pouvoirs publics d’adapter leur action dans le domaine de la sécurité, il est indispensable que toutes les personnes sollicitées , quelle que soit leur situation et leurs opinions, répondent à cette enquête . Vos réponses sont protégées par le secret statistique. Elles resteront strictement confidentielles et serviront uniquement à établir des statistiques générales. Vous trouverez plus d’informations au dos de cette lettre. Je vous remercie vivement de votre participation et vous prie d’agréer, M…, l’expression de ma considération distinguée. Christine Gonzalez-Demichel Inspectrice générale de l’INSEE Chef de Service Service Statistique Ministériel De la Sécurité Intérieure _________________ [verso] Pourquoi cette enquête ? La réalisation de cette enquête répond au besoin de connaissances sur les expériences et les perceptions en matière de sécurité des personnes résidant en France métropolitaine. Interroger les habitants sur la façon dont ils perçoivent leur cadre de vie et sur les faits de délinquance qu’ils ont pu subir est essentiel afin d’évaluer la qualité de leur environnement et l’insécurité ressentie sur le territoire. Que vont devenir les résultats de cette enquête ? Cette enquête subventionnée par la Commission Européenne, permettra d’adapter la réponse des pouvoir publics pour mieux servir la population dans le domaine de la sécurité. Les résultats de l’enquête seront partagés avec Eurostats et serviront à la diffusion d’indicateurs nationaux au niveau européen. De manière générale, les enquêtes de la statistique publique servent à alimenter des études économiques et sociales qui éclairent le débat public. Les résultats sont largement utilisés par les journalistes, entreprises, enseignants, chercheurs, pouvoirs publics, collectivités locales, administrations et particuliers Comment avez-vous été sélectionné(e) ? Pour disposer de résultats représentatifs de l’ensemble de la population, il n’est pas nécessaire d’interroger chaque personne. Un échantillon de la population tiré au sort suffit. Vous avez ainsi été sélectionné(e) au hasard dans le répertoire des logements gérés par l’Insee pour participer à l’enquête. Quelle que soient votre expérience et vos opinions en matière de sécurité au quotidien, cette enquête vous concerne. Votre participation est essentielle car vos réponses comptent et vous représentez une partie de la population qui vous ressemble. Votre situation ne sera jamais étudiée de manière isolée. Vos réponses resteront strictement confidentielles. Comment se déroule l’enquête ? La collecte, assurée par IPSOS, débute le 1er mars 2021. Vous êtes invité(e) à répondre en ligne en vous connectant au questionnaire de l’enquête selon la procédure indiquée au recto de ce courrier. Vous pourrez vous interrompre et reprendre ce questionnaire là où vous l’aurez laissé. La collecte par internet vous offre un maximum de souplesse horaire, de confort de réponse et de confidentialité, comparativement à une collecte réalisée par un enquêteur à votre domicile ou par téléphone. Si toutefois vous ne pouvez pas répondre par internet, vous serez contacté(e) dans quelques semaines par d’autres moyens (papier, téléphone). Vous avez des questions ? https://www.enquetegenese.org/ du lundi au vendredi de 9 h à 17 h 0 800 942 580 info@enquetegenese.org Edité le 03-03-2021 à 23:39:33 par Xuan |
pzorba75 |
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Les deux sites sont souvent utilisés pour des promesses fantaisistes. |
Xuan |
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Oui, c'est le fond qui compte, j' ai piqué ce mot ici :https://www.europe1.fr/politique/On-va-nettoyer-au-Karcher-la-cite-287906 où il est question de la cité des 4000 à la Courneuve. La dalle d'Argenteuil c'était le 25/10/2005 : "Vous en avez assez, hein ? Vous en avez assez de cette bande de racaille ? Eh bien, on va vous en débarrasser !" Il venait de se faire huer et siffler et c'était deux jours avant la poursuite et la mort de Bouna et Zyed dans un transformateur de Clichy-sous-Bois. https://www.lci.fr/politique/video-quand-nicolas-sarkozy-promettait-de-debarrasser-argenteuil-de-la-racaille-1534288.html |
Xuan |
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Sur investig'action cette vidéo de S. Bouamama dans son émission quinzomadaire "le monde vu d'en bas" : « Islamo-gauchisme » : la nouvelle chasse aux sorcières Edité le 04-03-2021 à 21:02:20 par Xuan |
Xuan |
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Islamo-gauchisme : 600 noms de chercheurs dont une vingtaine de Toulouse livrés à la vindicte sur Internet |
Xuan |
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De l’ensauvagement au discours sur les «bandes de jeunes : La fabrique d’une demande sécuritaire Publié le 13 mars 2021 par bouamamas https://bouamamas.wordpress.com/2021/03/13/de-lensauvagement-au-discours-sur-les-bandes-de-jeunes-la-fabrique-dune-demande-securitaire/ Les affrontements entre « bandes » de jeunes ont fait trois victimes dans la région parisienne en l’espace de quelques jours : le 22 février à Saint-Chéron dans l’Essonne, le lendemain à Boussy-Saint-Antoine dans le même département et à Bondy en Seine-Saint-Denis le 26 février. Deux de ces jeunes étaient âgés de 14 ans et le troisième de 15 ans. Le 8 mars à Champigny-sur-Marne deux autres adolescents âgés de 14 et 16 ans sont à leur tour grièvement blessés lors d’un affrontement entre « bandes ». En réaction le gouvernement annonce un « plan de lutte contre les bandes » dont le contenu ne saurait surprendre à écouter les discours du ministre de l’intérieur sur la responsabilité des parents. Du côté médiatique les fameux « chroniqueurs » s’en sont donnés à cœur joie pour diffuser des grilles explicatives angoissantes, essentialistes et culturalistes. L’image de quartiers populaires à la jeunesse ensauvagée, laissée à elle-même, par des parents démissionnaires pour certains et culturellement inadaptés pour d’autres, résume ce discours médiatique à une seule voix. Un tel diagnostic conduit à la préconisation d’un seul traitement : surveiller et punir. C’est Ainsi que se fabrique politiquement et médiatiquement une demande de sécuritaire. article du Figaro du 25 juillet 1959 ![]() Un sensationnalisme producteur d’angoisses sociales Le discours politique dominant sur ces faits dramatiques et leur couverture médiatique se résument en quelques idées forces ressassées en boucle sur les plateaux télévisions, les micros des radios et les colonnes de la presse écrite : les violences des bandes seraient nouvelles, exploseraient quantitativement et seraient le fait de sujets de plus en plus jeunes. Le sensationnalisme et l’alarmisme dominant comme mode descriptif de la violence juvénile conduit ainsi à la production d’une atmosphère de panique morale qui s’autorise de tout les raccourcis méthodologiques. Bien sûr ces violences juvéniles meurtrières existent dans les quartiers populaires mais elles ne sont pas nouvelles et le recul manque pour affirmer qu’elles sont en hausse significative ou qu’elles concerneraient des adolescents de plus en plus jeunes. La question de l’ancienneté des « bandes » de jeunes et de leurs pratiques violentes est documentée depuis longtemps. Le sociologue Gérard Mauger dont les travaux portent sur la délinquance juvénile réagit comme suit à l’affirmation d’une hausse contemporaine des violences en [i]« bandes » : « Si on écoute la radio et qu’on lit le journal, mais disons que cela retient spécialement l’attention des médias en ce moment parce qu’il y a eu des événements graves et successifs dans la même zone. Est-ce, pour autant, quelque chose de nouveau ? Je peux répondre catégoriquement que non. C’est très, très ancien. C’est un phénomène aussi ancien que les bandes. Les bandes, si tant est qu’il soit facile de les définir et que l’on s’en tient à un horizon historique relativement récent, remontent aux blousons noirs, dans les années 1950[ii]. » Le même auteur alertait déjà en 2011 sur le retour cyclique du discours sur les bandes à des fins de légitimation : « Le décès d’un adolescent lors d’un affrontement entre jeunes dans la région parisienne, en mars 2011, a de nouveau projeté les bandes à la « une » de l’actualité. […] A l’occasion de tel ou tel fait divers, de la publication des dernières statistiques policières ou de l’annonce d’un nouveau projet de loi sécuritaire, le monde des bandes resurgit régulièrement dans les débats politiques et médiatiques[iii]. » Le lien entre discours sur les bandes et logique sécuritaire est également mis en exergue par les sociologues Laurent Mucchielli et Marwan Mohamed. En diffusant l’image d’un ensauvagement de la vie sociale dans certains territoires ce qui se fabrique c’est une légitimation des politiques sécuritaire, voire même la fabrique d’une demande sécuritaire : Ces dernières années, de nombreux événements imputés aux « bandes » ont défrayé la chronique. Différents dans leur contenu, ils ont en commun de convoquer certaines figures centrales des peurs contemporaines. Les membres de ces bandes sont jeunes, majoritairement d’origine immigrée, issus des quartiers populaires, ils sont bien les « classes dangereuses » d’aujourd’hui [Dubet, Lapeyronnie 1992]. On peut même aller plus loin en suggérant que ces nouvelles « bandes » représentent au fond l’avant-garde bestialisée et déshumanisée de la « décadence » nationale, comme l’illustre par exemple ce titre récent d’un article de la presse quotidienne nationale : « De la loi des bandes à la jungle urbaine[iv] » . Le thème de l’ensauvagement mis en avant par Emmanuel Macron est significatif de cette logique posant un diagnostic de bestialité de certains groupes sociaux appelant une action ferme et virile de défense de la République. Telle est la raison de la tendance à la négation de l’historicité du phénomène des bandes depuis les années 50. Il s’agit de diffuser l’image d’une réalité nouvelle périlleuse appelant une action répressive urgente pour stopper la gangrène. Les bandes du passé et leurs pratiques violentes sont ainsi occultées de l’analyse avec comme résultat d’orienter l’explication vers ce qui a changé dans les quartiers populaires c’est-à-dire la composition de la population avec l’arrivée des immigrations postcoloniales. Le thème de la nouveauté des violences des bandes participe de ce fait de la racialisation des analyses des phénomènes sociaux. Bien entendu les « bandes » du passé ne sont pas absolument identiques à celles d’aujourd’hui. Quatre décennies de politiques néolibérales sont venues entre temps désertifier de nombreux quartiers populaires de leurs services publics, paupériser massivement les habitants de ces territoires affaiblissant ce faisant les capacités socialisatrice des structures familiales, briser les structures collectives d’encadrement éducatif, précariser et flexibiliser le travail des parents qui travaillent les rendant moins disponibles pour leurs enfants, réduire drastiquement le champs des possibles en terme de rencontres et de découvertes pour ces enfants des périphéries de la république, etc. Les politiques d’austérité néolibérale ont eu ainsi comme conséquence un enfermement encore plus grand de nombreux adolescents sur leur seul territoire d’habitation. Ce territoire devient le seul et dernier espace de valorisation de l’image de soi et de reconnaissance pour de nombreux jeunes. Il n’est ainsi pas anodin de constater comme le font de nombreux chercheurs que les « bandes » touchent essentiellement des enfants en échec scolaire c’est-à-dire n’ayant plus l’espace scolaire comme espace de valorisation et de construction de soi. « La rivalité structurante, explique le sociologue Marwan Mohammed c’est souvent la rivalité entre quartiers. Il y a des logiques d’honneur, seul capital social qui reste à préserver pour des jeunes en échec scolaire ou sans emploi. Le butin c’est la réputation, faire parler de soi et accéder à des formes de reconnaissance[v] » . L’influence des réseaux sociaux, parfois évoquée dans les débats actuels, peut certes amplifier et accélérer de tels processus, mais elle ne peut pas éluder la prise en compte de la base matérielle de la violence juvénile contemporaine. Séparer cette influence de la dégradation des conditions d’existence dans les quartiers populaires revient de nouveau à invisibiliser et/ou nier l’existence de causes sociales conformément au dogme néolibéral. Il y a donc bien eu « ensauvagement » mais celui-ci ne concerne pas tel ou tel groupe social. Il s’agit de l’ensauvagement des politiques publiques du fait des politiques néolibérales qui ne sont rien d’autre que le renoncement non seulement à tout objectif égalitaire mais aussi à l’idée même de réduire les inégalités. Le postulat néolibéral est en effet clair : laisser faire les lois du marché et de la concurrence et réduire l’Etat à ses fonction régaliennes. Un essentialisme centré sur les « parents démissionnaires » Sans surprise l’essentielle des attributions causales de la violence juvénile en « bandes » concerne la fameuse « démission des parents » des classes populaires ». La chose n’est pas nouvelle mais revient en force dans les multiples prises de parole concernant les derniers drames. C’est ce même lien supposé entre la délinquance et/ou la violence juvénile d’une part et un pseudo « laxisme parental » d’autre part qu’invoquait Nicolas Sarkozy pour instaurer un « contrat de responsabilité parentale » en 2007. C’est le même pseudo « laxisme » qui sous-tend la proposition de Ségolène Royal d’instaurer des structures d’ « encadrement militaire » pour sanctionner les primo-délinquants. Bien entendu l’expression « démission parentale » n’est jamais définie tout en étant indéfiniment évoquée. Elle a l’avantage d’orienter le regard vers la responsabilité individuel des parents et d’occulter de l’analyse les autres causalités sociales et systémiques. Pourtant la question des causalités multiples de la délinquance juvénile a été largement explorée par les sciences sociales. Dressant un « bilan pluridisciplinaire des recherches anglophones et francophones » sur le lien supposé entre « Familles et délinquances » le sociologue Laurent Mucchielli résume : « Ainsi les facteurs qui contribuent à la genèse de la délinquance sont multiples. Les croisements et les régressions tendent à montrer assez clairement dans les études quantitatives que les facteurs familiaux n’expliquent finalement qu’une faible part de la délinquance, l’échec scolaire et l’influence des pairs étant plus importants chez les garçons.[vi]» L’argument d’une entrée plus précoce dans les bandes et d’adolescents devenant violents de plus en plus jeunes est au service de cette thèse de la « démission parentale » et de l’occultation des autres causalités. Loin d’être avérée cette thèse du « rajeunissement » est pourtant assénée à longueur d’antennes comme une vérité incontestable. Elle a en effet l’avantage du susciter la peur et la panique si utiles pour légitimer des choix de gestion sécuritaire de la question sociale. « « À Paris, les rixes entre bandes, dont le nombre est plutôt en baisse, concernent des jeunes âgés en moyenne de 17 ans. C’est assez stable[vii]» rappelle pourtant la juge pour enfant Lucille Rouet. Laurent Mucchielli souligne lui au contraire la tendance à rester plus longtemps dans la bande du fait d’un horizon social bouché : Les bandes étaient nombreuses et violentes au temps des « blousons noirs ». On se battait autant, sinon bien plus, entre bandes de villes, de villages ou de quartiers, et pour des raisons largement similaires. La grande différence, c’est le poids de la double exclusion scolaire et professionnelle : l’échec scolaire suivi de la perspective du chômage. Dans les années 1960, même si on n’avait pas de diplôme, on trouvait du boulot à l’usine. Résultat, la période de la jeunesse passait plus vite. À l’heure où l’on s’inquiète volontiers d’un rajeunissement de la délinquance, j’ai suggéré depuis longtemps déjà que l’on assiste bien plus sûrement à un vieillissement de la délinquance. Autrement dit, la sortie de la délinquance est plus longue et plus difficile qu’avant[viii]. « Le plus notable, ce n’est pas le rajeunissement, mais le vieillissement de la violence des bandes[ix] » confirme le sociologue Thomas Sauvadet. En fait l’état des statistiques existantes ne permet aujourd’hui aucune conclusion certaine sur les deux tendances présentées comme indiscutables dans les prises de parole politique et médiatique de ces derniers jours : celle d’une tendance à la hausse du nombre de jeunes touchés par le phénomène des bandes et celle d’un rajeunissement de l’âge de ces jeunes. La prudence de ces chercheurs, qui explorent depuis de nombreuses années, ce fait social contraste avec les certitudes des chroniqueurs médiatiques et avec les affirmations du ministre de l’intérieur. Ce dernier affirme sans nuance une explosion quantitative des affrontements entre « bandes » qui auraient, selon lui, connus une hausse de 9.17 % en 2018 par rapport à l’année précédente, de 21 % en 2019 et de 23.95 % en 2020[x]. Les sources de ces chiffres ne sont pas précisées. Présentant ces chiffres le journal Le Monde interroge : Problème : l’origine de tous ces chiffres est inconnue. Ont-ils été collectés et compilés par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) ? Traduisent-ils une activité judiciaire ? […] Interrogé sur leur provenance, l’entourage de M. Darmanin fait savoir qu’il s’agit de données du « ministère », sans autre forme de précision. La chancellerie, elle, affirme ne pas disposer de données susceptibles de corroborer les déclarations du ministre de l’intérieur car « il n’est pas possible de distinguer, dans les condamnations pour violences commises en réunion, celles qui le sont à deux ou en bandes[xi] » . Les nouveaux entrepreneur du sécuritaire comme Alain Bauer sont aussi absolus dans leurs affirmations. « On observe un rajeunissement très important des bandes[xii] » affirme-t-il sans nuance. Rien d’étonnant quand on connaît le rôle joué par ce criminologue dans la promotion d’une logique sécuritaire. Le sociologue Mathieu Rigouste lui a consacré un livre au titre éloquent : « Les marchands de peur. La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire[xiii] » . L’intérêt immense de la thèse du rajeunissement expliquée par une pseudo « démission parentale » pour tous les tenants de l’idéologie sécuritaire est d’imposer une définition néolibérale de la responsabilité. Pour cette idéologie en effet l’acte de délinquance s’analyse comme un « choix rationnel » des enfants et/ou des parents. Ces derniers effectueraient un calcul coûts-bénéfices et choisiraient la délinquance pour les premiers et la démission pour les second du fait du faible « coût ». Une telle analyse conduit à une conclusion univoque : renforcer le « coût » en durcissant les peines d’une part et en pénalisant les parents d’autre part. Dans une telle idéologie la question sociale est entièrement évacuée, la responsabilité étatique totalement ignorée, les politiques de prévention et d’accompagnement éducatif absolument inutiles. Une nouvelle fois l’émotion issue des drames est instrumentalisée pour accélérer un agenda sécuritaire préexistant. « Il y a la responsabilité des parents […] La République ne peut pas toujours faire le travail que doivent faire les parents[xiv] » déclare sans surprise Darmanin à BFM. Bien entendu rien n’est dit par notre ministre sur les raisons qui amènent des parents à ne pas ou plus « faire le travail ». « Quand bien même il existerait des parents «démissionnaires» – qui n’assument pas leurs responsabilités – la question prime sur la terminologie. A savoir : pourquoi ont-ils démissionné ?[xv] » interroge le sociologue Thomas Sauvadet. Une telle question est évacuée du logiciel néolibéral. Elle conduit en effet à interroger ce qui a changé au cours de ces dernières décennies dans les territoires touchés par le phénomènes des bandes : baisse drastique des services publics, réduction de la prévention spécialisée à une peau de chagrin, fragilisation du tissus associatif de proximité, précarisation et paupérisation des classes populaires, etc. Un culturalisme racialisant La seconde attribution causale en terme de fréquence présente dans les discours politiques et médiatiques sur les « bandes » est celle de la culture de leurs membres. Certaines familles seraient culturellement inadaptées à la société française. Cette carence « d’intégration » culturellement déterminées laisserait les enfants sans cadres et sans repères. Les « bandes » de jeunes et leurs violences attesteraient de l’incompatibilité culturelle entre certaines immigrations et la société française. Pierre-Marie Sève, délégué général de « l’Institut pour la Justice [ un think tank comptant l’incontournable Alain Bauer dans son comité scientifique] résume comme suit dans le Figaro ce qu’il appelle « l’ultra-violence des jeunes » : « La cruauté des crimes s’explique en partie par le milieu culturel des auteurs de ces crimes, souvent issus d’immigration africaine aux modèles familiaux parfois très éloignés du modèle occidental. Mais plus encore, l’appartenance à des modèles familiaux fonctionnant sur le mode clanique explique une grande part de cette violence et le manque total d’empathie pour les victimes dont font preuve ces jeunes[xvi]. » Comme sur de nombreux autres sujets Éric Zemmour détient la palme de la surenchère en déclarant sur Cnews à propos des mineurs isolés : « [Ils] sont tous des voleurs, ils sont tous des assassins, ils sont tous de violeurs[xvii]» . Quelques mois plus tôt la cible de notre chroniqueur vedette était encore plus large : « On sait bien qui ensauvage, qui agresse, qui roule sur la gendarme Mélanie, qui tue le chauffeur de bus de Bayonne, qui casse tout dans les centres de loisirs [ …] on sait que ce sont à 99,9% des enfants de l’immigration maghrébine et africaine[xviii] .» Si nous donnons ces deux citations c’est qu’elles sont significatives du passage de la vieille attribution causale [On la retrouve pour les immigrations européennes des XIXème et vingtième siècle mais aussi pour les immigration internes antérieures des Bretons ou Auvergnats] de la délinquance et de la criminalité à l’étranger de nationalité à une grille explicative désormais en termes d’origine, de culture, de religion, etc. Ce type d’explications culturalistes ne se limite pas à Éric Zemmour ou à l’extrême-droite. En témoigne ces lignes écrites par un pédopsychiatre et psychanalyste appelé fréquemment en renfort pour donner une caution scientifique à ces affirmations infondées : Il apparaît que dans la région où je travaille, la grande majorité de ces mineurs sont issus de l’immigration originaire du Maghreb. […] Les familles concernées ici […] ont un fonctionnement clanique, c’est un corps dont chaque individu est un membre, sous l’autorité d’un patriarche ou d’une matriarche. Si un sujet s’éloigne géographiquement, ou se met à penser différemment, le groupe se vit comme amputé d’un membre et va chercher à le récupérer. […] Dans ce cadre indifférencié, certains parents nous déclarent avoir décidé de ne jamais dire non à leur enfant! Les conséquences de ce fonctionnement sont d’abord que les codes du groupe priment sur la loi extérieure. Et la représentation que ces jeunes ont de la relation n’est pas de personne à personne mais de groupe à groupe. Si l’un d’eux est en difficulté dans une relation, il rameute son groupe: «mes frères vont venir te tuer[xix]» . Le retour des clans et des tribus comme indicateur d’un ensauvagement d’une partie de notre société. Voilà de quoi susciter de l’angoisse et de la panique morale permettant de balayer la recherche sur les causes sociales de la délinquance et de la violence juvénile. L’auteur le précise d’ailleurs dans la phrase choisie pour titrer l’interview : « Non, la violence gratuite n’est pas due à la ghettoïsation » . Un autre auteur fréquemment convoqué ces derniers jours pour expliquer la violence en « bande » est le sociologue Hugues Lagrange. Ici aussi les fonctions de cette convocation sont identiques : donner une caution scientifique et invalider la recherche des causalités sociales. Le site d’extrême-droite « Le salon beige » résume comme suit son intérêt pour Hugues Lagrange : « En 2010, le sociologue Hugues Lagrange publie [i]“Le déni des cultures”, un ouvrage qui jette un pavé dans la mare puisqu’il ose pour une fois étudier le facteur culturel (et non le facteur social inconditionnellement invoqué par la gauche) pour expliquer les problèmes posés par l’immigration et son intégration, notamment la délinquance[xx]. »[/i] La surmédiatisation des drames de ces dernières semaines d’une part et l’instrumentalisation médiatique et politique de l’émotion qu’ils ont suscités d’autre part s’inscrivent dans une offensive idéologique de plus vaste ampleur. Les discours sur « l’ensauvagement », « le séparatisme », « l’islamo-gauchisme », « l’incivilité des quartiers populaires » à l’endroit du confinement ou du couvre feux, etc., constituent d’autres composantes de cette offensive. La fonction de cette offensive est de légitimer le tour de vis autoritaire par la diffusion d’une panique morale afin de susciter une demande autoritaire. La répression violente des manifestations, les lois sur la « sécurité globales » et sur le « renforcement des principes républicains » ne sont que des premières concrétisation de ce tour de vis. Au-delà il s’agit d’interdire toute réflexion sur les causes sociales et politiques des problèmes sociaux conformément à la doxa néolibérale. Nous sommes bien dans une tentative d’imposer une police de la pensée. Nous sommes bien en présence de deux objets : la violence juvénile qui est réellement un problème social d’une part et l’instrumentalisation de celle-ci d’autre part pour faire avancer un agenda néolibéral dans un contexte de colère sociale massive. [i] Gérard Mauger, Sociologie de la délinquance juvénile, La Découverte, Paris, 2009. [ii] Gérard Mauger, La médiatisation encourage le phénomène, consultable sur le site francetvinfo.fr. [iii] Gérard Mauger, Eternel retour des bandes de jeunes, Le Monde diplomatique, Mars 2011, p. 3. [iv] Laurent Mucchielli et Marwan Mohammed (dir.), Les bandes de jeunes, La Découverte, Paris, 2007, p. 13. [v] Marwan Mohammed, Les bandes de jeunes, analyse d’un phénomène, France Info, 27 février 2021, consultable sur le site francetvinfo.fr [vi] Laurent Mucchielli, Familles et délinquances. Un bilan pluridisciplinaire des recherches anglophones et francophones, Caisse Nationale des Allocations Familiales, Dossier d’étude n° 9, Juin 2000, p. 66. [vii] Cité in Alexandre Sutherland, Rixes en Iles de France : la procureur d’Evry évoque une « transmission générationnelle », consultable sur le site sputniknews.com, 01/03/2021. [viii] Louis Chahuneau, Entretien avec Laurent Mucchielli, 25 octobre 2018, consultable sur le site lepoint.fr. [ix] Emmanuelle Souffi, Le sociologue Thomas Sauvadet : « La culture des bandes est devenue tendance, Le journal du Dimanche du 27 février 2021, consultable sur le site lejdd.fr. [x] Antoine Albertini et Lucie Soullier, Les bandes, un phénomène difficile à quantifier, Le Monde du 26 février 2021, consultable sur le site lemonde.fr. [xi] Ibid. [xii] Interview d’Alain Bauer, La dépêche du 25 février 2021, consultable sur le site ladepeche.fr. [xiii] Mathieu Rigouste, Les marchands de peur. La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire, Libertaria, Paris, 2011. [xiv] Agression de Yuriy : Pour Darmanin « La République ne peut pas toujours faire le travail des parents », BFM le 26 janvier 2021, consultable sur le site bfm.com. [xv] Thomas Sauvadet, Entretien à Libération du 28 octobre 2018, consultable sur le site liberation.fr. [xvi] Pierre-Marie Sève, Tabassage de Yuriy: «Les jeunes auteurs d’agressions sont plus nombreux, plus jeunes et plus violents», Figaro Vox du 25 janvier 2021, consultable sur le site lefigaro.fr. [xvii] Éric Zemmour, émission « face à l’info » du 1er octobre 2020, consultable sur le site youtube.com. [xviii] Éric Zemmour, émission « face à l’info » du 31 aout 2020, consultable sur le site dailymotion.com. [xix] Maurice Berger, « Non, la violence gratuite n’est pas due à la ghettoïsation, Figarovox du 17 novembre 2019, consultable sur le site lefigaro.fr. [xx] Philippe Carhon, Lien entre immigration et délinquance : les 10 preuves scientifiques et sourcées, 20 février 2020, consultable sur le site lesalonbeige.fr. Edité le 13-03-2021 à 18:48:57 par Xuan |
Xuan |
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Maccarthysme à l'œuvre à propos du Xinjiang : Certains Occidentaux persécutent politiquement des opinions favorables à la situation du Xinjiang https://francais.cgtn.com/n/BfJEA-cA-EAA/DbCfcA/index.html?fbclid=IwAR0l3guEL6G0UD7zHKv4NcR5VYUJsjTJ-W1YjNE83a5cL5WsFGpk55PUPNE Professeur français, également spécialiste en droit, Christian Mestre a été récemment obligé de démissionner de son poste de déontologue du Projet Eurométropole. Les forces anti-chinoises lui reprochent de faire un commentaire positif sur les mesures préventives mises en œuvre dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang, pour lutter contre le terrorisme. Des analyses justes d'autant plus que ce professeur français a visité cette région il y a deux ans. Ce traitement réservé à Christian Mestre a suscité des critiques à l'encontre de l'opinion publique occidentale qui se vante de la « liberté d'expression » . Tout a commencé par le journaliste Jérémy André Florès du magazine « Le Point », qui n'a jamais mis ses pieds au Xinjiang, a rendu public un article visant à « dévoiler » les « propos et actes pro-chinois » du professeur Mestre. Les principales preuves proviennent des évaluations objectives de Mestre sur le Xinjiang. Comme il fallait s'y attendre, cet article de l'hebdomadaire « Le Point » a poussé des forces hostiles à la Chine à attaquer Mestre. Résultat : Christian Mestre a démissionné du poste de déontologue du « Projet Eurométropole » auquel Strasbourg prend part. Il est à noter que ce projet Eurométropole discute en ce moment de l'autorisation de l'introduction de la technologie 5G développée par la société de télécommunication Huawei, dans la ville de Strasbourg. Pour cela, Jérémy André Florès a clairement indiqué sur les réseaux sociaux, que c'était pour l'implantation du Huawei qu'il revenait sur le voyage de Christian Mestre en 2019. C'est évident que cette pression exercée sur ce spécialiste en droit soit alimentée par des visées politiques, car cela ne fait preuve d'aucun élément objectif en matière de la presse. Ce n'est donc pas étrange de voir certains internautes français s'en prennent à cet article dont l'auteur est connu pour son hostilité envers la Chine. Pour des internautes français, des faits présentés dans l'article sont fausses et dénués de tout fondement. Le cas du professeur Mestre n'est qu'une partie émergée de l'iceberg. Dans le but de contenir la Chine, des politiciens et médias occidentaux trouvent plaisir à fabriquer et propager des mensonges liés au Xinjiang. De plus, ils organisent des chasses à l'homme contre des personnalités et médias qui osent dire la vérité, en les « persécutant politiquement » . Citons l'exemple du site d'informations américain « Grayzone », qui a dévoilé le mensonge du chercheur hostile à la Chine Adrian Zenz, qui parlait de « génocide » au Xinjiang. Ce média indépendant est étiqueté pour cela comme « négationniste » sur Twitter. La justice ne cèdera jamais à la méchanceté. Bien que certains Occidentaux ternissent l'image du Xinjiang et tentent par tous les moyens de dissimuler la vérité, de plus en plus d'experts et des journalistes continuent à raconter les faits à l'échelle mondiale. Par exemple, le célèbre écrivain français Maxime Vivas a mis quatre ans pour écrire un livre intitulé « Ouïgours, pour en finir avec les fakes news ». « ……Je n'ai défiguré ou caché aucun fait que j'ai constaté. J'ai vu un dynamisme incroyable lors de mes deux voyages au Xinjiang » , a-t-il affirmé dans une interview accordée aux médias. Lors de la 46e session du Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies, de nombreux pays ont soutenu la politique chinoise en matière d'administration du Xinjiang dans leurs allocutions. Lors d'une visioconférence parallèlement tenue en marge du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, les participants ont reconnu l'éradication historique de la pauvreté absolue dans le Xinjiang qui constitue une importante victoire de la protection des droits de l'Homme en Chine. A cette occasion, Osama Abu Saud, enseignant à l'Université El Arish, a qualifié le Xinjiang d'une région bien intéressante et particulière. Selon lui, les populations de diverses ethnies vivent en étroite collaboration et sont très solidaires. Ils y vivent et travaillent en menant une vie heureuse. Le mal ne peut vaincre le bien. Bien que certains médias occidentaux discréditent le Xinjiang et répriment la vérité, tout cela prouve finalement que « la liberté d'expression » n'est qu'un jeu qui trompe les autres et soi-même et qu'un outil médiatique servant à des desseins politiques. Le développement du Xinjiang est en mesure de résister à l'épreuve du temps et de l'histoire. Les complots destinés à salir le Xinjiang seront bien évidemment un travail en vain ! (Source : RCI) |
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Horrible et inquiétante situation... Une filière néonazie au sein de l’armée française 16 MARS 2021 PAR SÉBASTIEN BOURDON, JUSTINE BRABANT ET MATTHIEU SUC Mediapart révèle une cinquantaine de nouveaux cas de militaires néonazis. Des hommes qui n’hésitent plus à afficher leurs convictions à l'intérieur de leurs casernes ou lors de missions menées par l’armée française. « Les éléments soulevés par l’enquête de Mediapart sont très graves », reconnaît le ministère des armées. n décembre 2019, le caporal Nikita H. partage sur son compte Instagram, qui comptabilise plus d’un millier d’abonnés, une vidéo compilant des souvenirs de sa participation à l’opération « Harpie » visant à lutter contre l’orpaillage illégal en Guyane. On voit ce membre de la Légion étrangère d’origine ukrainienne en tenue de combat, écartant des lianes, traversant des rivières dans la jungle amazonienne. Cela ne déparerait pas dans ces reportages montrant la difficile traque des braconniers d’or que l’armée française aime à mettre en scène. Sauf que là, le compte-rendu fait par Nikita n’est pas ripoliné par sa hiérarchie. La dernière séquence montre quatre jeunes enfants noirs effectuant… un salut nazi. Les petits répètent à tue-tête « Sieg Heil ! » tout en tendant maladroitement le bras, un geste que, selon toute évidence, quelqu’un leur a demandé d’effectuer et dont les enfants ne comprennent pas la portée. La vidéo, nauséeuse, est agrémentée d’un ironique commentaire en russe : « Aryens »… La consultation du compte Instagram du légionnaire ne laisse pas place au doute quant à sa fascination pour l’idéologie nazie. Torse nu à la plage, il porte une croix gammée en pendentif. Et lorsqu’il prend la pose devant la tour Eiffel, il accole à sa photo une image d’Adolf Hitler dans la même pose devant le même monument en 1940. Après avoir révélé en juillet 2020 comment une dizaine de militaires se vantaient sur les réseaux sociaux de leur adhésion à l’idéologie néonazie, Mediapart dévoile aujourd’hui, documents à l’appui, qu’en réalité le phénomène est d’une tout autre ampleur : nous avons découvert 50 nouveaux cas de militaires affichant leur nostalgie pour le IIIe Reich. Interrogé, le ministère des armées reconnaît que « les éléments soulevés par l’enquête de Mediapart sont très graves ». Bon nombre de ces nouveaux cas se retrouvent dans les rangs de la Légion étrangère mais pas uniquement. En plus des six régiments métropolitains que compte cette célèbre institution, le 3e régiment de parachutistes d’infanterie de marine (3e RPIMa), le 35e régiment d’infanterie (35e RI) et le 132e régiment d’infanterie cynotechnique (132e RIC) sont concernés à la marge. À noter que la plupart des cas identifiés ne sont pas isolés. Les uns sont en contact avec les autres. On les retrouve souvent réunis sur des photos de groupe. Le précédent article de Mediapart révélait la présence de militaires néonazis au sein du 13e bataillon de chasseurs alpins (13e BCA), du 1er régiment de hussards parachutistes (1er RHP), du 2e régiment d’infanterie de marine (2e RIMa), etc. Nos nouvelles révélations portent à 14 le nombre de régiments de l’armée française comptant de tels individus dans leurs rangs. Comparée à l’ensemble des 210 000 militaires, la soixantaine de cas désormais identifiés en quelques mois par Mediapart pèse peu mais notre enquête, menée essentiellement en sources ouvertes (c’est-à-dire en consultant les publications sur les réseaux sociaux accessibles à tous) avec les moyens qui sont ceux d’un journal et non de l’État, ne saurait être exhaustive. Surtout, cette enquête, parcellaire et limitée aux seuls néonazis (sans retenir les militaires affichant des convictions d’autres familles de l’extrême droite), contredit les chiffres officiels. En juin 2019, le rapport de la mission d’information sur les services publics face à la radicalisation des députés Éric Diard et Éric Poulliat estimait que « le personnel des forces armées […] paraît dans notre pays à l’abri, pour l’instant, de toute radicalisation notable ». Les rapporteurs s’appuyaient sur les chiffres que leur avait soumis la Direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD). Selon ce service de renseignement dit du premier cercle, la proportion de suspicion de radicalisation (« qu’elle soit islamique ou politique » ![]() Comment expliquer que Mediapart ait recensé de son côté une soixantaine de cas, et seulement néonazis ? Le ministère des armées a une réponse toute trouvée : il tente de minimiser nos chiffres par de savants calculs, fruits « d’une analyse minutieuse » (voir sa réponse complète dans l’onglet Prolonger). Selon le ministère en effet, sur les 50 noms que nous lui avons soumis, « une douzaine ne sont plus liés aux armées ; pour une vingtaine des cas cités, nos investigations, qui se poursuivent, ne confirment pas vos informations de liens avec l’ultradroite ; une dizaine de légionnaires avaient déjà été détectés lors de leur engagement. N’étant pas impliqués dans des affaires de crimes de sang, ils ont été recrutés dans le cadre du droit à l’oubli spécifique à l’incorporation dans la Légion étrangère. Ils ont été mis en garde et n’ont, à notre connaissance, rien publié depuis leur engagement ; enfin, quelques-uns des militaires cités avaient déjà été détectés et sanctionnés pour les faits évoqués. Au bilan et en l’état de nos investigations, Mediapart révèle l’existence de 6 à 7 cas qui n’étaient pas encore détectés sur nos radars ». On passerait donc de 50 militaires à moins d’une dizaine. Et la conclusion devient évidente : « Ces comportements condamnables relèvent du domaine de la dérive individuelle. » Une façon de botter en touche récurrente pour le ministère, dès lors que des militaires d’extrême droite défrayent la chronique (voir ici). Mediapart, de son côté, maintient ses informations pour l’ensemble des militaires identifiés. Pour établir son décompte de 50 cas de militaires aux convictions néonazies, nous n’avons en effet retenu que des soldats dont le culte du IIIe Reich se traduit par des références incontestables et multiples (voir Boîte noire). Si des militaires figurant néanmoins sur notre liste ont quitté l’armée, il s’agit d’un changement de situation récent. À la suite de l’envoi de nos questions aux militaires mis en cause, bon nombre d’entre eux ont par ailleurs modifié les paramètres de confidentialité de leurs profils sur les réseaux sociaux, voire supprimé leurs comptes (voir l’onglet Boîte noire). Nous en avons cependant bien évidemment gardé toutes les traces. Enfin, concernant la « dizaine de légionnaires déjà détectés », le ministère les balaye d’un revers de main considérant qu’ils n’ont, « à notre connaissance, rien publié depuis leur engagement ». En réalité, pour la quasi-totalité des militaires incriminés, les éléments sont concomitants avec leur période d’engagement. Un drapeau de la République de Salò L’aveuglement des autorités est d’autant plus difficile à comprendre que les militaires que nous avons identifiés affichent sur les réseaux sociaux leur fascination pour le nazisme avec des codes peu discrets (et récurrents d’un régiment à l’autre). Ainsi, nombre de soldats se risquent aux saluts nazis sur les réseaux sociaux. Certains cherchent à maquiller, un peu, leur geste. Tous de la même manière. Les uns apparaissent le bras tendu tout en masquant leur visage, d’autres font le choix d’un salut effectué avec le seul avant-bras tendu. L’un des militaires faisant ce demi-salut nazi porte à cette occasion un sweat-shirt orné d’un « 88 » assorti d’une totenkopf, l’emblème d’une division SS notamment affectée à la garde des camps de concentration et d’extermination nazis. Autre technique pour afficher leurs idées de manière plus ou moins subtile : plusieurs militaires partagent sur les réseaux sociaux des photos les montrant en train de prendre la pose devant des drapeaux du IIIe Reich… exposés dans des musées. Une pratique qui a minima interroge sur l’imaginaire de ces soldats qui décident de diffuser publiquement des clichés les montrant, parfois en uniforme, devant des croix gammées. L’un d’entre eux, un légionnaire, se montre par exemple de la sorte sur son compte Instagram tenant lui-même un drapeau ukrainien déployé, et va jusqu’à reproduire en description de sa photo les premiers mots, « Ein Volk… » (« un peuple »), du slogan nazi « Ein Volk, ein Reich, ein Führer » (« Un peuple, un empire, un guide »). Pour établir son décompte de 50 cas de militaires aux convictions néonazies dans l’armée française, Mediapart n’a retenu ces cas (« saluts » discrets et photos dans les musées) que lorsqu’ils étaient étayés par d’autres références plus explicites (voir Boîte noire). Et puis il y a les « classiques » : ces pseudos qui fleurissent sur les réseaux sociaux auxquels des soldats accolent un « 88 ». Nulle référence au numéro de leur régiment mais au H, la huitième lettre de l’alphabet, qui est doublée. Pour « Heil Hitler ». Certains ne finassent pas avec ces codes. Comme ce militaire qui s’est choisi pour pseudo sur Instagram « Valhalla SS ». Ou cet autre qui utilise pour biographie « Meine Ehre heißt Treue » (« Mon honneur s’appelle fidélité »). Soit la devise gravée sur la boucle de ceinture des SS en référence à leur fidélité à Adolf Hitler. Le légionnaire Danilo P. aime à afficher sur Instagram des clichés montrant ses tatouages non équivoques : sur le ventre, une croix celtique ; sur l’épaule, le slogan « White Pride » ; entre les omoplates, un aigle surmontant un soleil noir. Populaire dans les mouvances néonazies, et en particulier celles aux accents de mysticisme et d’ésotérisme, le soleil noir a figuré sur la couverture du manifeste de Brenton Tarrant, le terroriste australien auteur de la tuerie ayant fait 51 morts dans deux mosquées à Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Composé de douze lettres « Sig » de l’alphabet runique, la même qui dédoublée forme l’emblème de la SS, le soleil noir était notamment représenté sur le sol de marbre du château de Wewelsburg en Allemagne, acquis par Heinrich Himmler en 1934 dans le but d’en faire un centre d’élaboration des théories raciales nazies et un lieu de cérémonies pour la SS qu’il dirige. Il n’y a pas que sur son corps que Danilo montre sa fascination. Dans l’appartement de celui qui vient de quitter la Légion, tasse et sous-tasse siglées « SS » côtoient une figurine de Benito Mussolini et une bouteille de bière à l’effigie d’Adolf Hitler… Contacté, Danilo P., après avoir pris connaissance de nos questions, nous a fait savoir qu’il ne « souhaite pas répondre » et nous « interdit » de diffuser ses photos. Plus problématique encore : ces militaires n’hésitent plus à glorifier le nazisme non seulement sur les réseaux sociaux mais aussi au sein même de leurs régiments. Plusieurs photos et vidéos montrent en effet des drapeaux et autres symboles sans équivoque affichés au sein même des casernes. Dans une courte vidéo filmée en décembre 2019, une dizaine de militaires fêtent Noël devant un drapeau noir orné d’une croix celtique, symbole utilisé par de nombreux mouvements d’extrême droite, notamment les suprémacistes blancs. Sur une autre photo, prise dans une chambrée, on distingue un drapeau similaire ainsi qu’une affiche d’une commémoration des événements dits d’« Acca Larenzia », où se retrouve chaque année la fine fleur de l’ultradroite européenne pour commémorer la mémoire de trois jeunes militants du parti néofasciste italien MSI tués en 1978. Plus anecdotique peut-être, mais tout aussi révélatrice, cette photo, vraisemblablement dans une caserne, d’un frigidaire sur lequel ont été tracées deux croix gammées. Enfin, sur un autre cliché où plusieurs militaires partagent un repas, on aperçoit en arrière-plan un drapeau de la République de Salò, état fasciste fantoche dirigé par Mussolini dans les dernières années de la Seconde Guerre mondiale. Certains continuent à manifester leurs opinions en pleine opération. Parmi eux, on retrouve le légionnaire Nikita H., celui qui s’amuse à filmer des enfants noirs en Guyane faisant un salut nazi. Le mois dernier, il diffuse des souvenirs de sa participation en 2020 à l’opération Barkhane, la mission française visant à lutter contre les groupes armés djihadistes au Sahel. Outre des photos de lui en tenue sable, fusil d’assaut en bandoulière, il publie une vidéo d’un jeune enfant noir manifestement forcé à faire une série de pompes dans le désert. On y entend les encouragements goguenards des légionnaires avec en voix off le caméraman, visiblement Nikita H., qui commente en ukrainien puis en russe : « Pompe, sale pute ! Qu’est-ce que tu pensais ? Que la nourriture française est distribuée gratuitement ? » L’attitude de Nikita H. avec ces enfants noirs en Guyane comme au Mali illustre le problème, grave, que pose l’emploi de militaires aux convictions néonazies dans le cadre d’opérations de l’armée française. Parce qu’ils sont racistes, ces hommes, armes au poing, se retrouvent en situation de brimer, maltraiter, humilier des individus. Au nom de la France. Major de la 329e promotion de l’École nationale des sous-officiers d’active, le sergent Victor G. intègre en 2019 le 3e RPIMa. On pourrait alors imaginer révolue l’époque où il écrivait sur son compte Instagram être à Dubaï « #chezlennemie [sic] » ou bien agrémentait une photo le montrant serrant la main d’un homme asiatique d’une saillie raciste : « Derrière leurs sourires se cache souvent leur fourberie #nem #free #nouille #riz. » Pourtant, depuis le désert malien où il est engagé en 2020 dans le cadre de l’opération Barkhane, Victor G. arbore un symbole tatoué sur le triceps : celui du « C3G », un groupe qui rassemble le gratin de l’extrême droite militante lyonnaise et dont le nom officiel « Cigale 3 Grammée », est un jeu de mots permettant à ses membres de répéter à loisir « Sieg Heil croix gammée »… Nombre des cinquante nouveaux cas révélés aujourd’hui avaient, avant leur incorporation, déjà publié sur les réseaux sociaux des contenus dans lesquels ils affichaient leur fascination pour le nazisme. Alors, comment expliquer ces « trous dans la raquette » évoqués par Florence Parly, interrogée le 14 juillet 2020 par France Info, au lendemain des premières révélations de Mediapart ? Peut-être dans les moyens mis pour combler ces trous. Dans un avis de la commission de la défense nationale et des forces armées à propos du projet de loi de finances pour 2021, on découvre que, concernant le crédit « Recherche et exploitation du renseignement intéressant la sécurité de la France », là où le budget de la DGSE est marqué par une hausse de 310 %, celui de la DRSD baisse de 14,6 %… Et ce, alors que l’auteur de cet avis, le député Fabien Gouttefarde, pointe un « besoin de protection de la sphère défense [qui] conduit la DRSD à monter en puissance rapidement pour se transformer et se moderniser ». Et l’élu de préciser, entre autres, que « pour fluidifier le processus d’habilitation, des outils d’aide à la décision seront mis en place en 2021 ». Lorsqu’on l’avait interrogé à l’été 2020, le ministère des armées avait avoué : « Par construction, nous n’avons pas les moyens de suivre les publications de nos 140 000 personnels lorsqu’ils s’expriment sur Internet. Tous ne font pas état de leur qualité de militaire dans leurs publications ou s’expriment sous une autre identité. […] Une minorité de soldats s’expriment via leurs comptes personnels sur les réseaux sociaux ou sur des sites extrémistes sans que l’armée de terre puisse le détecter. » Un an plus tard, relancé sur les failles que notre enquête pointe, le ministère des armées répond que « la DRSD réalise un travail immense et crucial afin de prévenir toute incursion de ce type d’idéologies dans les armées. Mais, comme Madame la ministre des armées a eu l’occasion de le dire, il faut bien entendu rester humble car aucun dispositif de détection n’est infaillible ». Trop « précieux » pour être viré Sur France Info, Florence Parly avait tenu un discours de fermeté concernant les cas de militaires néonazis révélés quatre jours plus tôt par Mediapart : « Nous sommes très attentifs à cela parce qu’ils véhiculent une idéologie qui n’a pas sa place dans nos armées, ce sont des extrémistes, des révisionnistes. […] Il faut prendre cela énormément de sérieux. C’est ce que nous faisons et c’est pourquoi le haut commandement s’en est immédiatement saisi ! Ce n’est pas parce que ce sont des cas rares que nous ne devons pas prendre de sanctions ! » Ce discours volontariste n’a été que partiellement suivi d’effet. Le 21 octobre, le père d’un chasseur alpin épinglé dans la première enquête de Mediapart nous a écrit pour se plaindre que son fils, après avoir recouvert son tatouage – la devise de la SS –, avait écopé de 40 jours d’arrêts et devait être dégradé pour une durée de six mois, avant que l’armée ne se ravise et ne le radie définitivement. Un récit similaire nous était fait à propos de Teddy M., un sous-officier du 2e régiment étranger parachutiste (2e REP) qui avait orné son corps d’un imposant soleil noir sur l’épaule, d’une totenkopf sur le bras et de la devise de la SS sur le torse. Selon une source proche du dossier, le sous-officier devait recouvrir un seul tatouage, les autres ayant été faits antérieurement à son entrée dans la Légion, et comme le chasseur alpin être condamné à des jours d’arrêts. Mais, contrairement à ce dernier cas, Teddy est, de ce que nous avons pu en constater, toujours militaire. Sur une photo publiée le 1er février 2021 et prise dans le bar de la caserne du 2e REP, il apparaît en compagnie de collègues légionnaires dont deux d’entre eux figurent dans notre liste de néonazis. Selon la source proche du dossier déjà citée, Teddy se serait vanté d’être trop « précieux » pour être viré. Interrogé sur la réalité des sanctions évoquées par Florence Parly, le ministère des armées nous répond qu’« en juillet 2020, sept militaires ont déjà été lourdement sanctionnés dont deux ont fait l’objet d’une radiation ». Sans préciser qu’elle est la teneur des « sanctions lourdes » évoquées. Toujours lors de l’intervention de Florence Parly sur France Info, la ministre des armées avait affirmé : « Nous sommes très attentifs au moment de leur recrutement, il y a un service dont c’est la responsabilité de s’assurer que ceux qui nous rejoignent ne véhiculent pas ce type d’idéologie. » Il s’agit du Centre national des habilitations de défense (CNHD, une antenne de la DRSD) qui dispose, entre autres, d’un outil de criblage des réseaux sociaux. L’histoire de Lucas M. vient très exactement contredire la ministre. En avril 2019, Lucas M. partage sur Facebook une vidéo du chanteur Bilal Hassani (fréquemment victime d’insultes homophobes) et commente « Zyklon B sa mère », en référence au pesticide utilisé par les nazis dans les chambres à gaz durant la Seconde Guerre mondiale. Une autre fois, il poste une vidéo montrant un homme transgenre avec pour commentaire : « BurnBurnBurnBurnBurn », soit « BrûleBrûleBrûleBrûleBrûle »… Sur Instagram, Lucas s’affiche à l’été 2019 vêtu d’un T-shirt à la gloire de la Division Charlemagne, une unité de la Waffen-SS composée de volontaires français. En juin 2020, il participe à un chat d’extrême droite sur la messagerie Telegram, partageant une vidéo intitulée « Guerre raciale : le fondamentalisme antiblanc, nouvelle religion de l’Occident », du néonazi français Boris Le Lay. En décembre 2019, il prépare un dossier de candidature pour rejoindre l’armée. Au moment de conclure notre première enquête, ignorant s’il l’avait finalement intégrée ou non, Mediapart l’avait contacté (voir sa réponse complète dans l’onglet Prolonger) ainsi que le ministère. L’un et l’autre nous avaient confirmé que cela n’était pas le cas. Nous n’avions donc rien publié le concernant. Alors qu’à la suite des questions envoyées par Mediapart, l’institution militaire n’ignorait rien du profil de Lucas M. et de ses publications néonazies, le jeune homme a pourtant bel et fini par intégrer ses rangs. Il pose désormais sur les réseaux sociaux en uniforme de la Légion, tantôt porteur du célèbre béret vert, tantôt muni de son képi blanc. Sans avoir renié ses convictions. Pour fêter son incorporation, il trinque « à la race et à Maurras » et se fait tatouer dans le cou « Me ne frego » (« Je m’en fous » ![]() Le samedi 6 mars, un légionnaire publie sur Instagram des images du barbecue organisé avec une quinzaine de camarades, tous en tenue. En légende d’une photo de la tablée en extérieur, il a écrit « 13 DBLE » en référence à la 13e demi-brigade de Légion étrangère, basée dans le Larzac. Sur une vidéo, quelques légionnaires rangent en musique le fruit de leurs agapes. Ce qu’ils écoutent ? « Cara al sol », hymne de la Phalange espagnole et symbole du franquisme. Quand il remarque qu’on le filme, Lucas M. effectue un salut nazi, ce qui provoque l’hilarité de celui qui enregistre la scène. Un autre légionnaire met sa main droite sur le cœur, dans une attitude de recueillement en écoutant le chant qui fait toujours florès parmi les nostalgiques du Caudillo. Lucas M. prend le bras de son camarade et lui fait faire un salut nazi. Créée en 1940, la 13e demi-brigade de la Légion étrangère était l’un des premiers régiments des Forces françaises libres (FFL) lors de la Seconde Guerre mondiale. https://www.mediapart.fr/journal/france/160321/une-filiere-neonazie-au-sein-de-l-armee-francaise Images disponibles ici : https://twitter.com/_alairlibre/status/1371885474894262273 |
Xuan |
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Je ne suis pas surpris. J'ai été confronté à la cohabitation avec une bande de légionnaires il y a assez longtemps déjà. La majeure partie rêvaient de se payer un café-tabac en sortant, surtout pas de devenir ouvriers. Mais ils torchaient régulièrement leur pécule en beuveries, puis ils se tronchaient avec les paras et la PM les séparait. Certains d'entre eux étaient ouvertement fascistes et racontaient des "exploits" crapuleux accomplis ou inventés lors de guerres coloniales. L'un d'entre eux riait des déboires d'un traînard qui avait la cheville foulée. Aspergé d'urine jetée avec les casques lourds il dut monter sur un toit. Puis la compagnie le fit sauter en lui jetant des pierres. Evidemment il se brisa la cheville. Leur fierté toute militaire était à la mesure de leur délabrement. Il ne faut pas se leurrer, cet "esprit de corps" est entretenu au moins par certains cadres haut gradés, sinon il n'existerait pas. Et il en est de même dans la police. Il s'agit du bras armé de l'idéologie néo fasciste en France, un courant comparable à celui de Trump. Mais on voit que sur le fond la différence avec la bourgeoisie libérale est ténue. Edité le 19-03-2021 à 16:24:48 par Xuan |
pzorba75 |
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La suppression du service militaire a également accentué la tendance "fasciste" des engagés de l'armée devenue une armée de mercenaires. Les appelés du contingent représentait un obstacle à la propagation des idées racistes, les corps d'officiers issus de la noblesse et de la haute bourgeoisie ne pouvaient pas manoeuver en sous main aussi facilement qu'ils le peuvent maintenant en milieu fermé. La décision prise par Jospin et Chirac, comme celle sur le voile islamique, préparaient la fascisation, sur ce point ils ont réussi au-delà de leurs espérances. |
Xuan |
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D'accord avec toi, et ceci recoupe le déni de l'Etat concernant les violences policières et les contrôles au faciès . |
Grecfrites |
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Je m'excuse par avance de le prendre en référence, mais Ali H. Soufan, ancien agent du FBI s'est exprimé publiquement concernant les suprémacistes blancs aux États-Unis. Il a beaucoup étudié les mouvances néo-nazies et d'extrême droite là-bas et considère que depuis ces dernières années elles sont en cours de germination au même titre que les mouvements djihadistes dans les années 1990. Le parallèle me semble assez pertinent au niveau de la sous-estimation, du financement et de la structuration des réseaux. C'est également transposable en France avec des néo-nazis qui partent combattre et donc se former sur des zones de guerres de manière rares mais intenses de la même manière que des djihadistes français partaient en Afghanistan ou en Bosnie pendant les années 1990. Espérons une mise hors d'état de nuire tout comme une lutte contre les terreaux encourageant ce phénomène, à la fois dans les perspectives professionnelles et sociales et dans la banalisation des différents racismes dans le débat public. |
Xuan |
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Toutes les références sont utilisables dès qu'on définit l'origine ![]() |
Xuan |
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Censure des témoignages sur le Xinjiang Que des médias d'état et affidés sèment des mensonges sur la Chine, on savait. Maintenant ils cherchent à étouffer d'autres voix. Tandis que £e Mon$e fait grand bruit autour des articles d'une journaliste française sur le site CGTN (voir £e Mon$e part en guerre contre ... un nom de plume et fait harceler une journaliste), Tristan Mendès-France chroniqueur à France Inter répand des calomnies sur Maxime Vivas. La vérité sur le Xinjiang irrite à tel point que les médias bourgeois utilisent tous les procédés, et tout particulièrement à l'encontre de journalistes français. Que des témoins non chinois parlent de leur vécu au Xinjiang est devenu un tabou insupportable et le discrédit est devenu le dernier argument. Je signale que du 30 mars au 2 avril, le Secrétaire général de l'Organisation de coopération de Shanghai, Vladimir Norov, et plus de 30 envoyés et diplomates de plus de 20 pays se sont rendus dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang. L'ambassadeur Li Hui, Représentant Spécial pour les affaires eurasiennes du gouvernement chinois, a accompagné la visite. Au cours de la visite de ces derniers jours, le Secrétaire général Norov et son entourage se sont rendus à Urumqi, Kashgar et Aksu. Ils ont visité l'exposition thématique de lutte contre le terrorisme et la déradicalisation du Xinjiang, le Grand Bazar international d'Urumqi, l'ancienne ville de Kashgar et Aitiga. Mosquée, Kekeya Greening Project Memorial Hall, etc... Lors de la réunion d'échange, le secrétaire général Norov et des diplomates de nombreux pays ont tous parlé librement de ce qu'ils ont vu, entendu et ressenti au Xinjiang, et ils ont tous déclaré que voir c'est croire. Ce qu'ils ont vu au Xinjiang prouve qu'il n'y a pas de prétendues violations des droits de l'homme, de discrimination religieuse et de travail forcé selon les accusations de certains pays, et l'accusation d'extinction religieuse est encore plus absurde. [info dnews] Lettre de Maxime Vivas à France Inter Lettre ouverte à la radio que je paie et qui me calomnie Chère madame France Inter, Je suis auditeur de France Inter et contribuable français, deux raisons d’être attristé par la charge de votre chroniqueur Tristan Mendès-France à mon encontre dans l’émission « Antidote » qui gagnerait en excellence si elle voulait (à l’occasion, ou pas, d’une prochaine salve contre moi) préciser ce qui suit et qui le contredit : 1) Je ne suis pas le responsable du site Le Grand Soir. 2) Le Grand Soir ne relaie pas de « nombreuses théories complotistes ». Il n’en relaie aucune. C’est vérifiable : il a publié 30 000 articles, tous en archives libres. 3) Il n’a donc à aucun moment contesté l’existence « des attentats du 11 septembre 2001 ». A titre préventif, je signale que Le Grand Soir n’a pas davantage nié que Neil Armstrong ait posé le pied sur la lune le 21 juillet 1969. S’il vous est pénible de rectifier vos 3 fake news du 26 mars 2021, au moins pouvez-vous, SVP, considérer qu’il n’est pas digne d’une radio publique de traiter à l’improviste un auditeur et un citoyen d’«individu » (deux fois » ) et de le rabaisser d’un : « Voilà le genre de source… ». Que sait-il de moi, de ma vie, de mes écrits, Tristan Mendès-France ? Rien, dirait-on. Bien à vous (enfin, moins qu’hier). Maxime Vivas Edité le 02-04-2021 à 23:13:36 par Xuan |
Xuan |
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Je signale cette vidéo de Pascal Boniface, qui n'est pas marxiste mais milite pour le multilatéralisme : Blacklisté par France Inter, France Culture & Le Monde Pascal Boniface revient dans cette vidéo sur les pratiques de France Inter, France Culture et Le Monde, qui ne lui offrent absolument aucune audience depuis quelques années, ce qui n'était pas le cas auparavant. Pourquoi l'avoir mis sur liste noire ? Quelques pistes d'explication dans cette vidéo. |
pzorba75 |
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Il est bien gentil et a bien profité du système, y compris pour déverser de l'anticommunisme. À lui de faire front contre ceux d'en haut, en se plaçant sur un terrain qui lui est étranger celui de la lutte des classes, le monde de ceux d'en bas. Une expérience de multipolarité. |
Xuan |
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J'entends bien, j'ai précisé qu'il n'est pas communiste, mais cet exemple montre que les cercles atlantistes sociaux-démocrates pratiquent la censure y compris avec des personnalités bourgeoises. En l'occurrence il s'agit de la critique du sionisme assimilée à de l'antisémitisme et sur ce point il a raison. Il apparaît que la "gauche" réformiste est capable de pratiquer le fascisme intellectuel et la censure envers tout ce qui peut s'opposer à elle, y compris des reliquats du gaullisme ou d'autres courants bourgeois qui s'opposent à l'hégémonisme US et ses laquais. C'est aux communiste qu'il revient de dénoncer cette aile particulièrement réactionnaire de la bourgeoisie, qui se pare de vertus "humanistes" voire "progressistes" Edité le 03-04-2021 à 10:29:45 par Xuan |
Xuan |
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Edité le 10-04-2021 à 13:51:12 par Xuan |
Xuan |
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Fascisme et fascisation - un texte de Saïd Bouamama J'ai repris dans l'article de Danielle Bleitrach le texte de 'Marianne' À un an de la présidentielle, la déroute annoncée de la gauche Il insiste lourdement sur des sujets où la bourgeoisie assène régulièrement une multiplication de faits divers, de façon à créer un consensus raciste et sécuritaire et faire concurrence à Le Pen : "l'insécurité identitaire" et notamment le décalage patent de la gauche avec l'opinion majoritaire sur des sujets comme l'immigration ou la sécurité. Ces deux thèmes figurent systématiquement au rang des priorités des Français ; dans sa grande majorité, soit la gauche les ignore, soit elle les rejette, soit elle professe un catéchisme déconnecté. Il suffit d'observer les données disponibles pour s'en apercevoir : concernant l'immigration, le point de vue des Français est imprégné de craintes. D'après une étude de l'Ifop en novembre dernier, 78 % souhaitent "passer d'une immigration subie à une immigration choisie" , quand seulement 37 % estiment que "l'immigration est une chance pour la France" . Une majorité se prononce même pour la suppression du droit du sol et du regroupement familial. Même tableau sur la sécurité : un sondage de l'Ifop paru ce mois-ci révèle que 71 % des Français "ont le sentiment que la délinquance a augmenté ces derniers mois" , et que toutes les solutions basées sur la répression sont bien moins populaires que les mesures répressives. Le sujet est loin d'être anodin, puisque 63 % des sympathisants de la France insoumise et 45 % de ceux du PS se déclarent " prêts à renoncer à voter en faveur d’un candidat proche de leur sensibilité politique mais qui ne consacrerait pas une partie importante de son programme à la lutte contre l’insécurité" . La gauche pérore sur ces sujets et déballe un jargon sur l'intersectionnalité des luttes , au lieu d'appeler à l'unité du peuple contre la bourgeoisie sous la direction de la classe ouvrière. C'est le rejet de cette direction comme d'une révolution socialiste qui motive ces débats et ces disputes superficielles coupées des masses. L'article de Marianne contribue lui-même au développement du racisme et du fascisme, mais son diagnostic est juste sur le discrédit de la gauche social-démocrate et réformiste. Ce discrédit est parallèle au développement des bandes fascistes et de la fascisation d'Etat, dont le lien est en train de se tisser. Le texte de S. Bouamama expose de façon très claire la différence et le lien entre fascisme et fascisation. On comprend dès lors que les politiciens au pouvoir ne sont absolument pas un rempart contre le fascisme. _____________________ Comprendre et combattre le fascisme et la fascisation Publié le 11 avril 2021 par Saïd Bouamama - https://bouamamas.wordpress.com/2021/04/11/comprendre-et-combattre-le-fascisme-et-la-fascisation/ Le 24 octobre 2009 à Paris, au Centre International de Culture Populaire, je donnais une conférence sur le fascisme dans le cadre d’un cycle de formations marxistes. Plus de 10 ans après le média en ligne antifasciste « ACTA » me demandait de l’actualiser pour son site qui le publia le 27 mars 2021 avec l’introduction suivante : » Nous avons tenu à retranscrire son contenu, tant il nous paraît d’une actualité brûlante, dans un contexte où le fascisme structure une part de plus en plus importante du champ politique français. Cette formation nous semble essentielle pour les nouvelles générations antifascistes qui s’engagent dans une séquence où le fascisme va être un sujet et un objet de lutte central (notamment dans la perspective des élections présidentielles à venir). Le fascisme peut prendre différentes formes et pour le démasquer, en comprendre le but, et le combattre de manière efficace, la théorie marxiste fournit des outils indispensables. Cette version, réactualisée et corrigée par l’auteur lui-même, n’inclut pas les digressions très intéressantes qui ont entrecoupé la conférence, dont vous pouvez retrouver le lien ici.« De nombreuses analyses du fascisme ont été produites depuis les années 1930 et une multitude de définitions de ce régime politique ont été avancées. Il ne s’agit pas ici de les exposer exhaustivement mais de souligner quelques débats clefs essentiels dans le contexte de fascisation actuelle accompagnant l’offensive capitaliste ultralibérale qui caractérise notre planète depuis plusieurs décennies. Il n’y aura en effet pas de pratique antifasciste efficace sans théorie antifasciste clarifiant les causes, enjeux et cibles. Sans théorie antifasciste, il n’y a pas et il ne peut pas avoir de pratiques antifascistes efficaces. Les approches parcellaires du fascisme Il existe une multitude de définitions « spontanées » du fascisme. Celles-ci sont en apparence « spontanées » au sens où les personnes qui en parlent ne les réfèrent pas à un corpus théorique précis ou à une analyse du fascisme identifiée. Au-delà de l’apparence cependant, ces définitions sont le reflet des luttes idéologiques entre classes sociales. En particulier le discours dominant sur le fascisme transmis par une multitude de canaux constituant les « appareils idéologiques d’État » (discours médiatique, contenus des enseignements des cours d’histoire, contenus et formes des commémorations, etc.), contribue à imposer « spontanément » certaines définitions et à en éliminer d’autres. Ainsi par exemple l’occultation du lien entre capitalisme et fascisme résumée dans le slogan de la bourgeoisie des années 1930 « plutôt Hitler que le Front populaire » contribue à nous habituer à détacher le fascisme de sa dimension de classe. Il est en conséquence essentiel de renouer avec une analyse systémique du fascisme. Ce dernier n’est jamais simplement le fait d’un homme et de sa folie ou d’une organisation fasciste accédant seule au pouvoir et bafouant la « démocratie ». Il est un résultat logique d’un système dans un contexte de rapports de force entre classes sociales précis. Il est un mode de gestion du rapport de classes dans un contexte de crise économique et de crise politique menaçant les classes dominantes. Regardons du côté des définitions « spontanées » du fascisme. La première de ces définitions consiste à le réduire à sa forme dictatoriale ou violente et à l’opposer ainsi à la « démocratie ». Que le fascisme soit violent et dictatorial est une évidence. Que ce soient ces dimensions qui le distinguent d’autres formes de gouvernement l’est beaucoup moins. Faut-il rappeler que se sont de bons « républicains » qui ont massacrés à grande échelle et férocement les communards ? Faut-il remettre en mémoire que c’est la « République » qui instaura pendant des décennies une violence systémique dans les colonies ? Réduire le fascisme à la violence ou à la dictature c’est ainsi s’empêcher de comprendre les liens qu’il a avec le système capitaliste, c’est couper le fascisme comme idéologie et comme mode d’exercice du pouvoir de sa base matérielle, c’est-à-dire des intérêts de classe. Une seconde idée « spontanée » est de définir le fascisme par sa dimension raciste. On insiste alors sur la racialisation qu’il opère, sur la division qu’il entretient au sein des classes populaires, sur sa construction de « boucs émissaire ». Que le fascisme soit raciste est également une évidence. Que ce soit le racisme qui le distingue des autres formes de gouvernement l’est beaucoup moins. En témoignent les multiples séquences historiques de racisme d’État avant et après les victoires fascistes des années 1930. Du traitement des « tsiganes » à celui des indigènes coloniaux en passant par l’antisémitisme, le racisme fut présent dans les périodes dites « démocratiques » depuis la naissance du capitalisme. Une nouvelle fois cette approche du fascisme conduit à couper celui-ci de sa base matérielle ou de classe. Une troisième idée « spontanée » du fascisme consiste à le définir par une ou plusieurs de ses formes historiques, le plus souvent ses formes nazie ou mussolinienne. Cette approche occulte que le fascisme comme forme du pouvoir est doté d’une dynamique historique, c’est-à-dire qu’il adapte ses formes aux besoins du contexte. Il en est du fascisme comme du racisme pour lequel la forme historique peut varier pour préserver le fond. Le racisme a ainsi historiquement pris une forme biologique, puis après la défaite du nazisme et les luttes anticoloniales une forme « culturaliste », avant d’adopter aujourd’hui une forme « civilisationnelle » dans ses versions que sont l’islamophobie, la négrophobie, le racisme anti-rom ou anti-asiatique. Ceux qui adoptent cette approche attendent les défilés de chemises brunes. Ils oublient ainsi que le fascisme contemporain peut très bien s’accommoder du costume cravate ou du jeans. Ces idées « spontanées », loin d’être neutres, aboutissent toutes à découpler le fascisme de sa base matérielle. L’approche parcellaire du fascisme empêche de saisir les liens entre ces différentes dimensions c’est-à-dire occulte la dimension systémique du fascisme. Un fond de classe et des formes nationales et historiques Le fascisme comme toutes les formes politiques est un concept soulignant ce qu’il y a de commun à de nombreuses réalités matérielles. Le concept d’arbre décrit ainsi ce qu’il y a de commun entre un chêne, un pin ou un baobab. Si le chêne est différent du baobab, ils appartiennent néanmoins tous les deux à la catégorie arbre. Le fascisme est ainsi un « fond » pouvant se traduire par une multitude de « formes ». L’enjeu de cette précision est de taille. Sans elle les formes contemporaines du fascisme deviennent imperceptibles. Les fascistes contemporains prennent dans leur grande majorité soin de se distinguer des formes historiques antérieures délégitimées par l’expérience historique du fascisme et les horreurs qui l’ont accompagnées. La variabilité historique du fascisme est accompagnée d’une variabilité géographique ou nationale. Hier comme aujourd’hui le fascisme ne peut pas être indifférent aux héritages et aux histoires nationaux. Plusieurs aspects distinguaient le nazisme du mussolinisme ou du pétainisme. Les argumentaires antisémites par exemple n’avait pas la même place dans ces différents régimes fascistes. Il en est de même aujourd’hui où le discours fasciste s’adapte aux différents contextes nationaux. Le thème d’une pseudo « défense de la laïcité » n’a ainsi pas le même poids dans les différents discours fascistes nationaux. Il convient de se défaire de l’idée de l’existence d’une forme unique et pure du fascisme. Le fascisme n’a jamais de forme pure, il est toujours historiquement et nationalement situé. De la même façon le fascisme ne peut pas se diagnostiquer à partir du discours qu’il tient sur lui-même. Très peu de fascistes aujourd’hui se définissent publiquement et explicitement comme fascistes. C’est d’ailleurs un des éléments de distinction de la période d’avant 1945 et de celle d’aujourd’hui. Beaucoup de militants antifascistes sous-estiment la victoire populaire qu’a été la défaite du nazisme ou n’en mesurent pas toutes les conséquences. Le mouvement ouvrier, le mouvement antifasciste et le mouvement anticolonial ont imposé durablement une frontière de légitimité rendant impossible ou difficile de se revendiquer explicitement du fascisme aujourd’hui. Le fascisme est ainsi contraint de se présenter différemment, de faire passer en contrebande sa marchandise en quelque sorte. Le combat essentiel aujourd’hui n’est pas de chasser le fasciste explicite mais de déceler l’idéologie fasciste dans des mouvements qui ne le revendiquent pas. Ceux-ci peuvent prendre des visages multiples pour neutraliser la frontière de légitimité posée par nos luttes : défense de la République, défense de la Nation, défense de la laïcité et même national-communisme, nationalisme socialiste, etc. Le fascisme contemporain s’adapte au contexte actuel et prend donc une forme dominante différente des visages qu’il a pu avoir dans le passé. La lutte antifasciste ne peut en conséquence pas être limitée aux groupes explicitement fascistes. Les approches idéalistes du fascisme L’idéalisme est un courant philosophique expliquant le monde par les idées et leurs évolutions. Il s’oppose à un autre courant, le matérialisme, expliquant la réalité par les facteurs matériels et leurs évolutions. Les premiers expliquent la réalité sociale à partir des idées et les seconds expliquent les idées et théories à partir de leurs bases matérielles. Dans l’approche idéaliste du fascisme ce dernier s’explique par l’action d’un homme [Hitler, Mussolini, Pétain, Jean-Marie Le Pen]. Il n’y aurait aucun intérêt matériel en jeu dans l’avènement du fascisme mais simplement l’action néfaste d’un homme et de ses idées. On comprend dès lors l’intérêt de la classe dominante à diffuser des approches idéalistes du fascisme. Refuser ces approches idéalistes ne signifie pas que les idées n’ont aucun rôle et qu’il est inutile de mener la bataille des idées. Simplement les idées à elles seules ne peuvent pas expliquer l’avènement du fascisme. Ces explications passent sous silence des questions aussi importantes que : « pourquoi ces idées prennent-elles dans certaines circonstances historiques et pas dans d’autres ? » ou « qui a intérêt à l’émergence des théorisations fascistes dans certains contextes précis ? » . Poser ces questions conduit en effet à s’interroger sur le rôle de la classe dominante dans l’émergence de forces fascistes et dans l’avènement d’un régime fasciste. Toutes les explications en termes de « manipulateurs » , de « gourous » , de « charisme d’un leader » , de « stratégie d’une organisation politique » , etc., conduisent à une lutte inconséquente contre le fascisme en centrant celle-ci sur l’élimination ou la neutralisation des « perturbateurs » [par l’interdiction d’une organisation, la condamnation d’un leader, la mise en avant d’un « Front Républicain » pour faire barrage, etc.] en laissant de côté le système économique et social qui leur donne naissance, qui les encourage à certains moments et qui les appelle au pouvoir lorsqu’il est sérieusement mis en danger. Il ne suffira donc pas d’éradiquer des fascistes ou de les neutraliser [même s’il faut bien sûr le faire] pour éliminer définitivement le fascisme. Seul est un antifasciste conséquent celui qui ne se contente pas de combattre les fascistes explicites pour étendre le combat jusqu’au système social qui l’engendre. Un antifascisme conséquent ne peut pas ne pas être un anticapitalisme. Cette explication idéaliste niant le lien entre capitalisme et fascisme présente donc le fascisme comme un accident de l’histoire lié aux circonstances particulières de la première guerre mondiale et au traumatisme qu’elle a constitué. Dans ce contexte de confusion sociale et de crise morale, des « manipulateurs » auraient trouvé le chemin de l’accès au pouvoir en s’appuyant sur le besoin de cadre et de stabilité des masses populaires frappées de plein fouet par la paupérisation. Le fascisme comme le bolchévisme seraient ainsi des accidents de l’histoire libérale. On retrouve cette thèse dès les années 1920 dans les écrits du dirigeant radical italien Francesco Nitti. On la retrouve également après la seconde guerre mondiale dans les analyses du leader du parti libéral italien Benedetto Croce pour qui le fascisme et le communisme sont tous deux de simples parenthèses historiques liées à des circonstances particulières. Bien sûr à aucun moment ces analyses ne s’interrogent sur les liens entre les classes sociales et le fascisme. L’intérêt d’une telle approche pour la classe dominante est de présenter le fascisme comme un phénomène du passé ne pouvant pas se reproduire aujourd’hui. Une deuxième explication idéaliste du fascisme consiste à l’analyser comme une exceptionnalité nationale de certains pays. Le fascisme ne serait que le résultat logique des histoires allemande et italienne. Le fascisme serait le fait des pays ayant connu une unification tardive et une industrialisation rapide menées sous la direction d’une classe féodale se mutant en classe capitaliste. Les autres pays capitalistes seraient ainsi préservés du fascisme par leur héritage historique différent. Les chercheurs anglais Brian Jenkins et Chris Millington ont largement documenté la prédominance de cette thèse « exceptionnaliste » dans les analyses françaises du fascisme [le fascisme comme caractéristique spécifique et exceptionnelle de certaines histoires nationales] dans leur ouvrage paru en 2020 L e fascisme français : Le 6 février 1934 et le déclin de la République . Une troisième analyse idéaliste du fascisme consiste justement à le présenter comme un anticapitalisme. Des groupes fascistes eux-mêmes n’hésitent pas à se présenter comme révolutionnaires ou anticapitalistes [ou anti-mondialisation, anti-Europe du capital, etc.]. Le terme de « totalitarisme » a été propulsé idéologiquement pour mettre dans le même sac des théories anticapitalistes et le fascisme. Dans les cours d’histoire les enfants apprennent ainsi que nazisme et communisme appartiennent à une même catégorie de régime. Les grands médias reprennent également régulièrement cet amalgame. Ce faisant ce sont toutes les tentatives d’émancipation sociale et politique qui sont délégitimées. Elles seront toutes présentées comme des fascismes parce que justement anticapitalistes. Le pseudo « anticapitalisme » des fascistes n’est jamais la critique du capitalisme comme système. Il est généralement la critique du capitalisme des autres pays c’est-à-dire des concurrents du capitalisme français. C’est pourquoi il est fréquent d’entendre des fascistes critiquer le capitalisme états-unien ou allemand mais on n’entend jamais ces derniers critiquer sérieusement [cela peut arriver de manière conjoncturelle, tactique, momentanée] le capitalisme de leur nation. La critique du capitalisme comme système conduit en effet à une analyse de classe alors que la critique du capitalisme des concurrents conduit à la défense des intérêts de ma bourgeoisie contre ceux des intérêts des autres bourgeoisies. Le fascisme tente ainsi de récupérer par le nationalisme bourgeois les colères et révoltes anticapitalistes en essayant de les canaliser vers des cibles compatibles avec les intérêts de la classe dominante nationale. Dans chaque nation les fascistes s’inscrivent ainsi dans les intérêts de leur classe dominante confrontée aux contradictions d’intérêt avec les autres capitalismes, c’est-à-dire aux contradictions inter-impérialistes. C’est pourquoi les mêmes qui se disent anticapitalistes peuvent aussi se proclamer contre l’indépendance des colonies, celle-ci étant en contradiction avec les intérêts de la classe dominante. Le capitalisme est d’abord un système social et économique basé sur l’exploitation, c’est-à-dire l’extorsion de la plus-value. Être anticapitaliste c’est agir pour abattre ce système et le remplacer par un autre exempt de l’exploitation, c’est-à-dire sans propriété privée des moyens de production. C’est pourquoi les fascistes ne peuvent pas être anticapitalistes. C’est pourquoi le combat idéologique antifasciste ne peut pas faire l’économie de la critique du programme économique des fascistes. Ceux-ci défendent la propriété privée, s’opposent à la hausse des salaires et des prestations sociales, refusent la taxation du capital, condamnent toute réduction du temps de travail, se prononcent pour l’allongement des durées de cotisations pour la retraite ou les prestations chômage, etc. Une quatrième explication idéaliste du fascisme consiste à le définir d’abord par son racisme et ses discours à l’encontre de l’immigration. De nouveau le lien entre capitalisme et fascisme est ainsi occulté. Que le fascisme soit raciste est une évidence. Mais encore faut-il se poser la question de la fonction sociale et idéologique de ce racisme [qui au demeurant est loin de se limiter à la galaxie fasciste]. En présentant l’immigration comme cause des difficultés sociales, il s’agit pour les fascistes d’éloigner les prises de conscience des véritables causes qui sont liées au capitalisme en tant que système ne pouvant que générer [du fait même des lois de son fonctionnement] des crises et les paupérisations et précarisations qui vont avec. Comme on le saisit tout n’est pas faux dans les explications idéalistes du fascisme. Il est vrai que le fascisme historique [tel que nous l’avons connu dans les années 1930] se caractérise par l’existence de leaders charismatiques, qu’il se développe dans les circonstances traumatisantes issues de la première guerre mondiale, que certaines histoires nationales ont été des terrains favorables au fascisme, que le racisme est un trait commun à tous les fascismes, etc. Ces vérités descriptives sont cependant systématiquement coupées de la question de la base matérielle c’est-à-dire des intérêts de classe que défend le fascisme. Le pseudo « anticapitalisme » des fascistes Le premier aspect du discours fasciste est son pseudo « anticapitalisme ». Des fascistes peuvent certes dans certaines périodes historiques se faire le porte-parole de révoltes sociales mais c’est toujours pour les détourner ou les dévoyer des véritables cibles des classes populaires. Un Alain Soral n’hésite ainsi pas à se réclamer de la « gauche du travail » en se proclamant simultanément à « la droite des valeurs ». C’est pourquoi nous devons apprendre à nous adresser à des personnes attirées par les fascistes pour leurs discours sur la « droite des valeurs » . Ces personnes sont dans une révolte que les fascistes dévoient. Nous sommes en présence d’une « révolte dévoyée ». Si le dévoiement doit être combattu, la révolte, elle, est saine. Le second aspect du discours des fascistes se situe dans la nature des critiques faites au capitalisme [à la mondialisation, à l’Europe, etc.]. Ce qui est reproché au gouvernement en place, c’est sa « mollesse » par rapport aux pays capitalistes concurrents, c’est la défense jugée insuffisante de la « nation », c’est la pseudo absence de fermeté à l’égard des syndicats et des revendications sociales. À aucun moment le système capitaliste en tant que tel n’est remis en cause. Il est possible que soit critiqué tel ou tel aspect du capitalisme mais jamais ce dernier comme système. Les aspects du capitalisme critiqués par les fascistes sont toujours ceux correspondants aux colères sociales les plus importantes du moment. La logique ici présente est celle de la critique d’une partie pour préserver le tout, de la critique d’un aspect pour protéger le système. La troisième dimension du discours fasciste est la fameuse défense des valeurs que nous avons évoquée plus haut à propos d’Alain Soral. L’approche commune à toutes les versions du fascisme est l’approche organiciste, c’est-à-dire qu’elles conçoivent la société comme un organisme dans lequel chaque élément a une place « naturelle » intangible. Selon cette approche la société est un organisme à l’image d’un corps humain et les classes sociales correspondraient aux différents organes de ce corps. Dans cette logique les classes sociales ne devraient pas s’opposer mais collaborer. Les rapports sociaux idéaux pour eux sont ceux qui respectent ces équilibres pseudo naturels que seraient la soumission de la femme à l’homme, du salarié à son patron, des gouvernés aux gouvernants. L’origine de ces « équilibres naturels » et leur fonction sociale sont évacuées de l’analyse. Ce faisant, ce qui est occulté, c’est que loin d’être naturels ces « équilibres naturels » produisent une hiérarchie sociale au service du capitalisme. Certains discours contemporains fascistes peuvent sembler contradictoires avec nos propos. Le Rassemblement national n’hésite pas aujourd’hui à se déclarer pour les droits des femmes ou pour la laïcité alors que toute l’histoire de ce courant de pensée témoigne de l’inverse. Cette « conversion » survient justement au moment où la laïcité comme les droits des femmes sont instrumentalisées par la classe dominante contre l’immigration, les musulmans ou supposés tels, les habitants des quartiers populaires, etc. La laïcité et les droits des femmes deviennent défendables à condition d’être intégrés à une logique islamophobe et/ou de « choc des civilisations ». Le quatrième trait distinctif du discours des fascistes est la négation et l’opposition à la lutte des classes. Celle-ci est considérée comme affaiblissant la « nation » face aux concurrents. La fameuse unité nationale qu’ils défendent suppose la négation de l’existence de classes sociales aux intérêts divergents, c’est-à-dire de classes entrant inévitablement en lutte les unes contre les autres. Niant ce moteur de l’histoire qu’est la lutte des classes, les fascistes ne peuvent que se rabattre sur une présentation de « l’ordre » comme moteur de l’histoire. C’est pourquoi les fascistes considèrent que se sont les grands hommes et les élites qui font l’histoire. Hier avec des théories sur les races inférieures et aujourd’hui avec des discours sur le « choc des civilisations », c’est l’idée d’une hiérarchie naturelle des peuples au niveau international et celle d’une hiérarchie tout aussi « naturelle » des élites à l’échelle nationale, qu’ils défendent. Une cinquième caractéristique du discours fasciste est l’explication qu’il avance des crises sociales. Alors que celles-ci sont le résultat du fonctionnement même du capitalisme, elles sont expliquées par les fascistes par la « mauvaise gestion », par « l’anarchie », par « l’absence de fermeté » des gouvernements successifs, par « la soumission aux mondialisme », etc. Une telle analyse conduit à un appel à « l’ordre », à la « fermeté », à la « priorité nationale », etc. Autrement dit, les réponses proposées aux crises du capitalisme consistent à exiger le renforcement des idéologies et pratiques historiquement liées au capitalisme. Le système qui engendre les crises est présenté comme solution à ces crises. Enfin parmi les spécificités essentielles du discours fasciste on trouve la critique du parlementarisme dans une logique du « tous pourris ». Ils s’appuient pour ce faire sur de réels scandales du parlementarisme tel que nous le connaissons [non représentativité sociale des élus, carence de légitimité liée au fort taux d’abstention des classes populaires, poids prédominant de l’exécutif, etc.]. C’est pourquoi le discours antifasciste ne peut pas consister en une défense du parlementarisme qui n’est pas le nôtre mais qui est celui de la classe dominante. Il convient également de visibiliser les différences absolues entre la critique du parlementarisme des progressistes et celle des fascistes. Si eux critiquent le parlementarisme sur la base d’une exigence de moins de démocratie, notre critique se déploie elle sur la base d’une exigence de plus de démocratie directe. Ils pensent qu’il y a trop de démocratie, nous pensons qu’il n’y en a pas assez. L’anticapitalisme des fascistes est toujours de façade, partiel, conjoncturel. Leur critique du parlementarisme dominant se déploie en direction d’une restriction des droits et libertés démocratiques alors même que le scandale de ce parlementarisme se situe dans une démocratie formelle et de façade. Connaître l’héritage théorique antifasciste Nous ne sommes pas les premiers à avoir tenté de comprendre la nature politique du fascisme. Il y a des générations de militants qui se sont battus avant nous et qui ont essayé d’analyser le fascisme avant nous. Nous disposons d’un héritage nous permettant d’éviter des erreurs qui ont été dramatiques dans le passé. Bien sûr cet héritage doit être adapté aux réalités contemporaines et aux nouveaux visages du fascisme. Sans être exhaustif, il n’est pas inutile de rappeler quelques-uns de ces héritages. Commençons par la définition du fascisme lui-même. Un des premiers acquis des débats contradictoires qui ont caractérisé l’antifascisme est sa caractérisation de classe du fascisme. La nécessité de distinguer la nature de classes du fascisme d’une part et les classes qu’il mobilise pour accéder au pouvoir d’autre part, est un des acquis importants dont nous sommes héritiers. Si les cibles du fascisme sont les classes populaires et les couches moyennes déclassées, en cours de déclassement ou en crainte de déclassement, les intérêts de classe défendus par les fascistes sont ceux de la classe dominante et même d’une fraction particulière de cette classe, celle liée au capital financier. Cette fraction de la bourgeoisie que Lénine définissait comme « la fusion du capital bancaire et du capital industriel » prend la forme de grands groupes industriels et financiers ou de fonds spéculatifs ne se contentant pas du profit moyen de chaque marché national mais étant à la recherche d’un profit maximum sur le marché mondial. Le capital financier n’hésite pas à déplacer ses capitaux d’une branche à l’autre, d’un pays à l’autre dans la quête d’une force de travail la moins payée possible afin de maximiser son profit. Logiquement la concurrence au sein de ce capital financier mondial est féroce. Chaque capital financier national s’appuie dès lors sur son État national pour défendre ses intérêts face aux autre capitaux nationaux et à leurs États. C’est pourquoi le capital financier national se caractérise aussi par son caractère chauvin. Si les multinationales regroupent des capitaux appartenant à des actionnaires de plusieurs pays, cela ne veut pas dire qu’elles n’ont plus un ancrage national. Ce regroupement de capitaux de plusieurs pays se réalise toujours sous la direction ou la domination d’un groupe industriel et/ou financier d’un pays. Chaque multinationale du point de vue de ses capitaux est en fait nationale du point de vue du groupe dirigeant. Ce dernier peut s’appuyer sur la politique étrangère de son État pour faire avancer ses intérêts, c’est-à-dire maximiser ses profits. C’est cette fraction du capital, la plus réactionnaire, la plus impérialiste et la plus chauvine qui dans certaines circonstances a besoin du fascisme pour maintenir ses profits. Georges Dimitrov formule en 1935 une définition du fascisme qui reste, selon moi, d’une actualité brûlante. Ce communiste bulgare accusé par les nazis de l’incendie du Reichstag et qui transforme son audition devant les juges en procès du fascisme, définit le fascisme comme suit : « une dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins et les plus impérialistes du capitalisme financier » . Le fascisme est donc à la fois en continuité avec le pouvoir classique de la bourgeoisie [dans les deux cas il s’agit d’un capitalisme et d’une bourgeoisie dominante] et en rupture avec lui [en ce qui concerne les moyens terroristes mobilisés par cette classe dominante]. D’autres analyses antifascistes se sont interrogées sur les circonstances historiques de développement du fascisme. Le communiste allemand August Thalheimer définit ainsi en 1929 le fascisme comme un régime d’exception prenant une forme bonapartiste, c’est-à-dire que la classe dominante confie le pouvoir à un « Bonaparte » afin de sauvegarder son pouvoir économique. Ces analyses reliant fascisme et analyse de classe mettent en exergue que le fascisme se développe quand la classe dominante se sent menacée par le développement des luttes sociales, qu’il devient une hypothèse crédible pour cette classe lorsqu’elle est confrontée à une crise de légitimité et à une crise de gouvernementalité. C’est donc la classe dominante qui fait appel au fascisme lorsque son pouvoir lui semble menacé. C’est pour cette raison que les facteurs menant à une révolution et celles menant au fascisme sont fréquemment réunis simultanément. Le communiste anglais Palme Dutt développe ainsi en 1934 la thèse du fascisme comme résultat de trois circonstances : une bourgeoisie affaiblie par le développement des luttes sociales et une crise de légitimité ; une bourgeoisie restant cependant encore forte ; des couches moyennes déstabilisées et subissant un processus de déclassement. Dans ces circonstances, l’enjeu est la récupération de la révolte montante des classes populaires paupérisées et encore plus de la révolte grandissante des couches moyennes en voie de déclassement. Celles-ci orienteront-elles leurs colères contre le capitalisme ou contre un autre groupe social [les étrangers, les juifs, les musulmans, etc.] ? Telle est la question que se pose la classe dominante dans ces circonstances. Souligner que le fascisme est en lien avec les intérêts de la classe dominante en général et avec ceux du capital financier en particulier ne signifie pas que nous sommes en présence d’un complot. Les fascistes ne sont pas seulement les outils de la classe dominante. Cette dernière estime généralement qu’elle pourra canaliser, contrôler ou limiter le fascisme. Le communiste italien Antonio Gramsci insiste ainsi sur le fait que les fascistes disposent d’une autonomie relative par rapport à la classe dominante. Ils jouent des luttes de pouvoir entre les différentes fractions du capital pour faire avancer leur propre agenda en se posant progressivement comme le dernier et seul recours face à la menace d’une révolution sociale. Il y a donc une offre de fascisme constituée par les organisations fascistes et une demande de fascisme constituée par d’abord certaines fractions de la classe dominante puis par des fractions plus importantes. Lorsque les deux se rencontrent la situation devient mûre pour que s’installe une dictature terroriste ouverte. Quand l’offre ne correspond pas à la demande du fait que la bourgeoisie ne se sent pas suffisamment menacée, le fascisme ne trouve pas les conditions d’un accès au pouvoir. Cependant dans des circonstances de développement et de radicalisation importantes des luttes sociales, la classe dominante n’hésitera pas à emprunter au fascisme ses analyses, ses propositions et une partie de ses méthodes. Nous sommes alors en présence d’un processus de fascisation de l’appareil d’État. Le processus de fascisation Les quelques analyses ci-dessus exposées, constitutive de notre héritage antifasciste, ne sont pas exhaustives. Il en existe de nombreuses autres que nous ne pouvons pas exposer dans cette séance pour des raisons de temps. Elles suffisent cependant pour tordre le coup à quelques idées erronées encore trop fréquentes dans les rangs antifascistes. La première erreur consiste à analyser le fascisme comme l’arrivée brusque et instantanée d’un régime dictatorial. Ce qui est sous-estimé dans cette thèse est la séquence qui précède le fascisme c’est-à-dire le processus de fascisation. Bien avant que d’avoir besoin d’un pouvoir fasciste, la classe dominante se sert de son État pour réagir à la montée des luttes sociales. La répression de plus en plus violente de ces luttes, la restriction des droits et libertés démocratiques, la dissolution d’organisations contestataires, la modification de la législation vers une logique autoritaire et sécuritaire grandissante, la construction de groupes sociaux en boucs émissaires, etc., précèdent l’arrivée au pouvoir des fascistes. Ce n’est que quand ces mesures s’avèrent inefficaces et que le pouvoir est immédiatement menacé que la fascisation passe un seuil qualitatif en se mutant en fascisme. En lien avec cette première erreur s’en trouve une seconde consistant à considérer que le fascisme vient au pouvoir par la violence. Cela peut certes survenir mais généralement c’est en toute légalité que les fascistes arrivent au pouvoir et transforment ensuite celui-ci en dictature terroriste ouverte. Le processus de fascisation réuni les conditions du fascisme pour rendre celui-ci possible si la classe dominante venait à en avoir besoin. C’est en ce sens que l’on peut dire que la fascisation est l’antichambre du fascisme. Mais cela ne veut pas dire que la fascisation mène systématiquement au fascisme. Il n’y a aucun déterminisme historique absolu à ce niveau. Tout dépend du rapport des forces. C’est ainsi le roi Victor Emmanuel III qui confie à Mussolini les rênes du pouvoir après la marche sur Rome des fascistes. C’est également le président Hindenburg qui nomme Hitler chancelier. La troisième erreur est celle que nous avons déjà soulignée, c’est-à-dire la confusion entre le fascisme et l’une de ses formes historiques. Le fascisme contemporain peut prendre des formes historiques nouvelles. Il ne défilera pas forcément avec des chemises brunes. Il peut très bien surgir du sein même de l’appareil d’État actuel et de la démocratie parlementaire actuellement en place. Il peut être le fait d’une mutation qualitative de membres de la classe politique « démocrates » et « républicains ». Prendre en compte la diversité des origines possibles du fascisme c’est revenir à cette notion « d’autonomie relative » des fascistes dont parlait Gramsci. Il n’existe pas un seul bloc fasciste mais une galaxie fasciste caractérisée par la diversité de ses analyses. Nous n’avons pas le temps nécessaire pour décrire toute cette diversité. Contentons-nous de rappeler deux de ses principaux courants. Le premier se base sur une logique centrée sur l’affirmation de l’existence d’un danger que subirait la « civilisation occidentale » du fait de la montée de « l’islamisme » pour certains, de la montée de l’Islam pour d’autres, de l’immigration que l’on prétend devenue massive pour d’autres encore. L’idéologue de la bourgeoisie Samuel Huntington a théorisé cette approche dans ses livres Le choc des civilisations et Qui sommes-nous ? Identité nationale et choc des cultures. Un des visages principaux du fascisme [du discours sur le péril musulman à la thèse du « grand remplacement » en passant par celle d’une identité nationale menacée par l’immigration] s’origine de ce postulat d’une guerre des civilisations. L’aura de cette thèse dépasse largement l’extrême-droite, faisant d’elle une des assises centrales de justification de la fascisation de l’appareil d’État. C’est pourquoi se limiter à l’affrontement avec les groupes explicitement fascistes ou d’extrême-droite sans combattre la fascisation de l’appareil d’État est une autre erreur possible. Le second courant est plus classique et est constitué du « nationalisme révolutionnaire » mettant en avant des thèses proches du fascisme que nous avons connu dans les années 1930 [critique du parlementarisme, appel à l’ordre moral, racisme explicite, etc.]. Ces deux courants ont néanmoins un point commun essentiel : la présentation de la lutte des classes comme divisant la nation, comme destructrice de l’unité nationale, comme complicité objective face au péril civilisationnel qui nous menacerait. Sur notre séquence historique Nous sommes actuellement dans une séquence historique caractérisée par l’arrivée au pouvoir depuis plus de quatre décennies du néolibéralisme sous la forme d’une mondialisation capitaliste. Ce néolibéralisme n’est rien d’autre que la politique économique correspondant aux intérêts des monopoles et grands groupes du capital financier. Basée sur une course mondiale à la maximisation du profit cette phase néolibérale se concrétise par la destruction des conquêtes sociales, par une délocalisation massive à la recherche des coûts toujours plus bas du travail, par une flexibilisation généralisée du travail, un repli de l’État sur ses seules fonctions régaliennes [le maintien de l’ordre, la justice et la défense guerrière des intérêts du capitalisme français et européen au niveau international]. La conséquence en est une paupérisation massive des classes populaires et un déclassement social des couches moyennes. Une autre conséquence de la mondialisation capitaliste est l’exacerbation de la concurrence entre les différents pays capitalistes qui se concrétise par le développement des guerres pour la maîtrise des sources de matières premières et par une militarisation croissante. Le développement des discours chauvins sur l’identité nationale menacée n’est que l’expression de cette base matérielle que constitue la lutte entre les puissances impérialistes pour se partager le monde. Nous sommes également dans un contexte de développement et de radicalisation des luttes sociales concrétisé par le mouvement contre les réformes des retraites, celui des cheminots contre la privatisation, celui des Gilets jaunes, celui contre les violences policières, etc. Après une phase de deux décennies de recul face à la logique implacable de la mondialisation capitaliste, le temps est de nouveau celui des luttes sociales grandissantes. La pandémie du coronavirus, en mettant en exergue les conséquences des choix économiques néolibéraux des dernières décennies, accroit encore plus la colère sociale et plonge la classe dominante dans une crise de légitimité importante. Les prises de conscience d’une cause systémique de la paupérisation et de la précarisation massive connaissent un progrès inédit depuis le tournant néolibéral des décennies 1970 et 1980. La possibilité de mouvements sociaux de grande ampleur est présente et anticipée dans les analyses et les choix du gouvernement. Bien sûr, ces mouvements sociaux ne constituent pas un danger immédiat pour la classe dominante. Cependant cette dernière possède une expérience historique lui permettant de saisir les dangers potentiels de la situation sociale actuelle. Il ne faut jamais sous-estimer notre ennemi. Ce contexte d’une bourgeoisie affaiblie mais encore forte et d’un mouvement social en progression importante mais encore insuffisamment puissant permet d’expliquer la fascisation actuelle de l’appareil d’État. La reprise par Macron et ses ministres de pans entiers d’analyses jusque-là spécifiques à l’extrême-droite reflète cette fascisation, de même que les mesures liberticides contenues dans l’entrée dans le droit commun de l’État d’urgence, dans la loi sur la « sécurité globale » ou dans celle contre le pseudo-séparatisme. Si la classe dominante n’a pas encore besoin du fascisme, elle en prépare les conditions au cas où l’évolution de la situation sociale le rendrait nécessaire. Dans cette préparation de l’hypothèse fasciste comme dernier recours, la classe dominante entretient deux fers au feu : la tolérance vis-à-vis de groupes plus ou moins explicitement fascistes d’une part et l’accélération de la fascisation de l’appareil d’État d’autre part. Dans ce contexte il est illusoire de combattre le fascisme en sous-estimant la gravité de la fascisation de l’appareil d’État. Il est tout aussi illusoire de sous-estimer le combat contre les groupes explicitement fascistes. Une fois au pouvoir ces groupes ne pourront être combattus que par la lutte armée comme au temps du nazisme. C’est dès aujourd’hui que nous sommes confrontés au double combat contre la fascisation et contre les groupes fascistes. Edité le 13-04-2021 à 19:16:51 par Xuan |
Xuan |
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L'intervention d'E. Pleynel sur le double jeu de Macron envers le RN. https://www.facebook.com/watch/?v=2988968717991641 |
pzorba75 |
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Pleynel est aussi une partie du problème de la caste dirigeant le pays. Ni son son passé, ni son projet pour 2022 n'ouvrent la moindre perspective d'une révolution, il n'est qu'une branche pourrie de la bourgeoisie qu'il défend. Tout juste bonne au feu avant d'être dispersée dans ses cendres. |
Xuan |
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Il s'agit du double jeu de Macron sur le RN, Pleynel y dénonce une attitude consistant à attaquer le RN tout en reprenant les mêmes positions. Je relève "Le 5 mai il prétendait faire barrage au FN ...il lui fait la courte échelle... Ce n’est pas un choix et nous vivons déjà à l’heure d’une politique de droite extrême" Ce qui est entièrement juste. Pour le reste le laïus de Pleynel sur la république nous importe peu, on ne joue pas dans la même cour évidemment. |
pzorba75 |
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Les diagnostics des militants passés par les organisations trotskistes sont assez souvent assez justes, mais c'est après dans l'action que tout déraille et qu'ils sombrent et finissent avec les pires tenants de l'impérialisme. L'exemple des trotskistes qui grenouillent au parti socialiste, à FO ou à la Fédération de la Libre Pensée est assez éclairant pour se méfier de leurs discours et de ne pas s'associer à leur propagande qui vire très souvent à l'anticommunisme (soviétique ou chinois) en oubliant commodément le combat anti-impérialiste. |
Finimore |
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En effet ce texte est à faire connaitre largement, il montre bien que le discours au sujet de l'islamo-gauchisme est bien inscrit dans le processus de fascisation. Dans son analyse, Saïd Bouamama cite Samuel Huntington et son livre Le choc des civilisations. Précisons au sujet de Samuel Huntington qu'il fut très impliqué dans La Trilatérale. Maurice Goldring dans son livre de 1978 paru aux éditions sociales sous le titre 'Démocratie croissance zéro' en parle car Samuel Huntington était un des principaux dirigeant de cette Trilatérale. Dans le livre de Goldring il y a la liste des membres de cette commission en août 1975 (Trilatérale) en pages 19-20. Dans cette liste on trouve par exemple : J. Paul Austin de la firme Coca Cola, Alden W. Clausen (Bank of America, des membres de firmes Exxon, Texas Instruments, HP, Giovanni Agnelli (Fiat), Raymond Barre (futur premier ministre, EDF, Banque Lambert, Edmond de Rothschild etc. Toujours dans l'article de Saïd Bouamama, il fait référence au communiste anglais Palme Dutt qui a écrit des textes intéressants sur le fascisme, notamment en 1934. En 1981 l'ouvrage fut réédité par –lignes de démarcation- Montréal-, sous le titre : La lutte contre le fascisme - Les écrits de R. Palme Dutt. Cet ouvrage est très difficile à trouver (à un prix correct). |
Finimore |
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Une autre précision, dans le livre de Goldring il est également fit mention de Zbigniew Brzezinski "la commission trilatérale a semble-t-il servi de tremplin vers les plus hautes carrièresgouvernementales, qu'il suffise de rappeler que Carter est présent, Brzezinski est présent, Raymond Barre es présent" (page 21) |
Xuan |
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LE PEN DIVISE LES SALARIES Au micro de France info ce matin, Le Pen enfonce les portes ouvertes de la débandade sanitaire et trouve des « solutions » au chômage en se déchaînant sur les immigrés. Elle n’apporte aucune solution dans les ghettos des quartiers pauvres où il explose, mais veut réduire le permis de séjour de 10 à 5 ans. Conséquence : la précarisation accentuée des immigrés ne réduit pas le chômage. Elle aboutit à baisser leurs salaires et accentuer la concurrence entre tous les salariés, voire accentuer le chômage des non immigrés. C’est une mesure de division du salariat au seul profit de la classe bourgeoise. |
Grecfrites |
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La lettre des militaires et ex-généraux vient rappeler que certaines institutions de l'État sont menacées et gangrenées par des réactionnaires voir des fascistes. |
Xuan |
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Exact https://www.francetvinfo.fr/politique/front-national/tribune-de-militaires-dans-valeurs-actuelles-des-generaux-a-la-retraite-proches-de-l-extreme-droite-et-de-milieux-conspirationnistes_4387105.html Ils sont sur la ligne de Zemmour et du RN qui les soutient ouvertement "Je souscris à vos analyses et partage votre affliction" Marine Le Pen avait invité les militaires à «se joindre» à elle. Une position qu'elle a maintenu ce 27 avril, renouvelant son soutien aux militaires en dépit de la polémique. «Ces militaires, ils savent très bien comment ça se passe quand les politiques ne font pas leur travail, ne font pas respecter la Constitution. A un moment donné, la situation est si grave qu’on en appelle à l'armée»...«Ils viennent dire qu'il faut faire appliquer les lois [...], que la situation du pays est terriblement inquiétante». Avec un appel à la subversion clair et net "nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation" et "il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers" . voir la réaction d'Eric Boquet face à Eléonore Bez Le clan au pouvoir est ulcéré et cette fracture fait un peu penser à celle des trumpistes et des néocons. Bien que le quarteron de généraux en retraite comme disait De Gaulle ne soit qu'un petit nombre de signataires, l'armée est coufie de fascistes comme la police, et ils jouissent aussi de sympathie dans la population. Ci-dessous leur lettre dans Valeurs Actuelles : « Pour un retour de l’honneur de nos gouvernants » : 20 généraux appellent Macron à défendre le patriotisme À l'initiative de Jean-Pierre Fabre-Bernadac, officier de carrière et responsable du site Place Armes, une vingtaine de généraux, une centaine de hauts-gradés et plus d'un millier d'autres militaires ont signé un appel pour un retour de l'honneur et du devoir au sein de la classe politique. Valeurs actuelles diffuse avec leur autorisation la lettre empreinte de conviction et d'engagement de ces hommes attachés à leur pays. Par Jean-Pierre Fabre-Bernadac Publié le 21 avril 2021 à 7h00 Mis à jour le 22 avril 2021 à 12h25 ________________ Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs du gouvernement, Mesdames, Messieurs les parlementaires, L’heure est grave, la France est en péril, plusieurs dangers mortels la menacent. Nous qui, même à la retraite, restons des soldats de France, ne pouvons, dans les circonstances actuelles, demeurer indifférents au sort de notre beau pays. Nos drapeaux tricolores ne sont pas simplement un morceau d’étoffe, ils symbolisent la tradition, à travers les âges, de ceux qui, quelles que soient leurs couleurs de peau ou leurs confessions, ont servi la France et ont donné leur vie pour elle. Sur ces drapeaux, nous trouvons en lettres d’or les mots « Honneur et Patrie ». Or, notre honneur aujourd’hui tient dans la dénonciation du délitement qui frappe notre patrie. – Délitement qui, à travers un certain antiracisme, s’affiche dans un seul but : créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés. Aujourd’hui, certains parlent de racialisme, d’indigénisme et de théories décoloniales, mais à travers ces termes c’est la guerre raciale que veulent ces partisans haineux et fanatiques. Ils méprisent notre pays, ses traditions, sa culture, et veulent le voir se dissoudre en lui arrachant son passé et son histoire. Ainsi s’en prennent-ils, par le biais de statues, à d’anciennes gloires militaires et civiles en analysant des propos vieux de plusieurs siècles. – Délitement qui, avec l’islamisme et les hordes de banlieue, entraîne le détachement de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoires soumis à des dogmes contraires à notre constitution. Or, chaque Français, quelle que soit sa croyance ou sa non-croyance, est partout chez lui dans l’Hexagone ; il ne peut et ne doit exister aucune ville, aucun quartier où les lois de la République ne s’appliquent pas. – Délitement, car la haine prend le pas sur la fraternité lors de manifestations où le pouvoir utilise les forces de l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs. Ceci alors que des individus infiltrés et encagoulés saccagent des commerces et menacent ces mêmes forces de l’ordre. Pourtant, ces dernières ne font qu’appliquer les directives, parfois contradictoires, données par vous, gouvernants. Les périls montent, la violence s’accroît de jour en jour. Qui aurait prédit il y a dix ans qu’un professeur serait un jour décapité à la sortie de son collège ? Or, nous, serviteurs de la Nation, qui avons toujours été prêts à mettre notre peau au bout de notre engagement – comme l’exigeait notre état militaire, ne pouvons être devant de tels agissements des spectateurs passifs. Aussi, ceux qui dirigent notre pays doivent impérativement trouver le courage nécessaire à l’éradication de ces dangers. Pour cela, il suffit souvent d’appliquer sans faiblesse des lois qui existent déjà. N’oubliez pas que, comme nous, une grande majorité de nos concitoyens est excédée par vos louvoiements et vos silences coupables. Comme le disait le cardinal Mercier, primat de Belgique : « Quand la prudence est partout, le courage n’est nulle part. » Alors, Mesdames, Messieurs, assez d’atermoiements, l’heure est grave, le travail est colossal ; ne perdez pas de temps et sachez que nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation. Par contre, si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national. On le voit, il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers. Les généraux signataires : Général de Corps d’Armée (ER) Christian PIQUEMAL (Légion Étrangère), général de Corps d’Armée (2S) Gilles BARRIE (Infanterie), général de Division (2S) François GAUBERT ancien Gouverneur militaire de Lille, général de Division (2S) Emmanuel de RICHOUFFTZ (Infanterie), général de Division (2S) Michel JOSLIN DE NORAY (Troupes de Marine), général de Brigade (2S) André COUSTOU (Infanterie), général de Brigade (2S) Philippe DESROUSSEAUX de MEDRANO (Train), général de Brigade Aérienne (2S) Antoine MARTINEZ (Armée de l’air), général de Brigade Aérienne (2S) Daniel GROSMAIRE (Armée de l’air), général de Brigade (2S) Robert JEANNEROD (Cavalerie), général de Brigade (2S) Pierre Dominique AIGUEPERSE (Infanterie), général de Brigade (2S) Roland DUBOIS (Transmissions), général de Brigade (2S) Dominique DELAWARDE (Infanterie), général de Brigade (2S) Jean Claude GROLIER (Artillerie), général de Brigade (2S) Norbert de CACQUERAY (Direction Générale de l’Armement), général de Brigade (2S) Roger PRIGENT (ALAT), général de Brigade (2S) Alfred LEBRETON (CAT), médecin Général (2S) Guy DURAND (Service de Santé des Armées), contre-amiral (2S) Gérard BALASTRE (Marine Nationale). Edité le 27-04-2021 à 23:52:07 par Xuan |
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Quand je dis qu'ils jouissent de sympathie dans la population ça veut dire que la bourgeoisie libérale est incapable de contenir le racisme, parce qu'elle même accable le peuple. On notera que le Figaro ne soutient pas les militaires, mais que le Point écrit dans son chapeau "En invitant les signataires du texte à la rejoindre, la candidate du RN a déclenché une salve de réactions politiques, et imposé son agenda" . Les bouleversements en cours à l'échelle internationale jouent un rôle important dans la situation de chaque pays. Nous avons constaté à de multiples occasions les division profondes qui se font jour en Europe, comme une coquille de noix prise en étau. L'étau ce sont les USA d'une part, et de l'autre les pays émergents comme la Chine mais aussi l'Afrique. Il faut signaler que la population de ce continent atteint bientôt 1,4 milliards comme la Chine, soit 17 % de la population mondiale. Lors de la pandémie les 10 pays les plus riches se sont accaparé les 3/4 des doses. La misère et le sous développement, entretenus pas les appétits colonialistes et exacerbés par la subversion terroriste, les conflits internes, les interventions militaires impérialistes et la destruction des états émergents, occasionnent depuis plusieurs années des migrations massives, en priorité vers la Turquie mais aussi vers l'Europe, et la tentation de fermer ses frontières est entretenue par les milieux xénophobes. Quoi qu'il se produise et avec ou sans frontières, l'oppression et l'exploitation impérialistes doivent disparaître et l'équilibre se rétablir entre les continents. Même à distance le travail des peuples d'Afrique, au même titre que celui des peuples d'Asie, fera concurrence à celui des peuples d'Europe et cela ne pourra que briser l'échafaudage capitaliste. La lutte de classe est liée au développement du Tiers Monde. Pour ce qui nous concerne il s'agit de l'effondrement de la société française sur le plan économique, social, moral, institutionnel et politique. Ses contradictions propres opposent la bourgeoisie et la classe ouvrière, le grand capital monopoliste et financier et l'ensemble du peuple, la propriété privée des moyens de production et la socialisation de la production, la délocalisation et le développement des forces productives, la spéculation immobilière et la crise du logement, le petit commerce et la grande distribution, les producteurs agricoles et l'industrie alimentaire, les grandes entreprises et la sous traitance, etc. La crise sanitaire porte ces contradictions à un degré jamais atteint et la colère est en train de bouillir derrière les masques anticovid. Edité le 28-04-2021 à 00:08:13 par Xuan |
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L'arrestation des brigadistes réfugiés en France depuis 30 ans, dont Marine Petrella, et à la demande de Salvini, montre le double aspect fascisme/fascisation dont on a déjà parlé. Les avocats se sont indignés : Me Terrel «c'est la France qui leur a donné l'asile, les autorités, droite et gauche confondues, et non pas François Mitterrand»... «Depuis les années 1980, ces gens-là sont sous la protection de la France, ils ont refait leur vie ici depuis 30 ans, sont installés au vu et au su de tous, avec leurs enfants, leurs petits-enfants... et au petit matin, on vient les chercher, 40 ans après les faits ?»...«C'est innommable et irrecevable en droit» Me Jean-Louis Chalanset «L'État s'était engagé à ce qu'il n'y ait pas d'extradition malgré les demandes répétées des Italiens, alors pourquoi ce revirement, 40 ans après les faits ? C'est un reniement de la parole d'État» Visiblement Macron veut aplanir les différends entre l'Europe et l'Italie, et pour ce faire la justice, la loi et toutes les paroles données par l'Etat français ne pèsent pas lourd. Mais la simultanéité de cette action avec la lettre des 20 généraux fascistes indique aussi que l'Etat veut arrondir les angles avec la droite et l'extrême droite, qui éructent en permanence contre les gauchistes, gauchiasses, islamo-gauchistes , etc. ce qui comprend à peu près tout ce qui est à gauche des radis roses, et qui se sont empressés d'assimiler le terrorisme des brigades rouges et celui des islamistes. Le concept d' islamo-gauchiste a d'ailleurs pour objectif de désigner tout ce qui est de gauche comme terroriste ou complice du terrorisme islamique, de le même façon que le totalitarisme assimile le socialisme et le fascisme. Initialement les BR s'étaient orientés vers la lutte armée par analogie avec la résistance et par crainte d'un coup d'Etat fasciste comme en Grèce. Dans le climat des années de plomb où le terrorisme fasciste avait déjà frappé indistinctement la population, ils visaient policiers et magistrats et notamment l'ancien chef du gouvernement italien Aldo Moro, qui fut exécuté. Ces actes gauchistes ont échoué car ils ne visaient pas l'organisation des masses et prétendaient suppléer à l'absence de liaison avec elles. Mais on ne peut pas comparer avec le terrorisme aveugle des islamiste. On voit à travers cet exemple que Macron est otage de la droite et de l'extrême droite, et que la proximité des élections serre un peu plus la corde à son cou chaque jour. Mais dans le même temps, la nécessité de poursuivre les affaires en Afrique et au Maghreb le contraignent a certaines contorsions historiques. Le développement du tiers monde et son autonomie par rapport au colonialisme français obligent l'impérialisme de notre pays à faire certaines concessions, de sorte qu'on voit ponctuellement quelques repentirs s'afficher, au regard des méfaits abominables commis dans le passé. Là aussi, le développement du fascisme et du racisme en France est contraint par la résistance des anciennes colonies et le développement de l'Afrique en général. Edité le 28-04-2021 à 14:56:24 par Xuan |
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Une parenthèse sur le "droit au logement" ?. On se souvient de la campagne médiatique qui a entouré l'occupation illégale du logement d'un couple de retraité, insistant sur le préjudice causé, les vieux "à la rue", les ordures accumulées et les dégradations causées. La finalité n'est pas uniquement la punition des squatters, c'est-à-dire des pauvres, mais également de tout bâtiment également industriel, c'est-à-dire dans le cadre d'une occupation d'usine. La loi "sécurité globale" stipule que l'occupation par des sans logis d'un local vacant professionnel, commercial, agricole ou industriel sera soumis aux mêmes sanctions que celles, jusque là, uniquement prévues pour les occupations de domicile d'autrui(1). Selon l'Association Droit au logement ces dispositions pourraient s'appliquer à "l'occupation de leur lieu de travail par les salariés, des amphithéâtres par les étudiants, des écoles par des parents et des enseignants ainsi qu'à des occupations ponctuelles à caractères militants" . (1) Sanctions passant de un à trois ans d'emprisonnement, de 15 000 à 45 000 euros d'amende Voir LA LOI « SÉCURITÉ GLOBALE » CRIMINALISE LES PERSONNES SANS LOGEMENT ET LA PAUVRETÉ ! notes : Article 1er bis A de la loi de sécurité globale – Au premier alinéa de l’article 226-4 du code pénal, les mots : « d’un an d’emprisonnement et de 15 000 » sont remplacés par les mots : « de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 » . – En cas d’ introduction dans un local professionnel, commercial, agricole ou industriel , en violation flagrante de l’article 226-4 du code pénal, les agents de police municipale en rendent immédiatement compte à tout officier de police judiciaire de la police nationale ou de la gendarmerie nationale territorialement compétent, qui peut alors lui ordonner sans délai de lui présenter sur-le-champ l’auteur de l’infraction ou de retenir celui-ci pendant le temps nécessaire à son arrivée ou à celle d’un agent de police judiciaire agissant sous son contrôle. Art. 226-4 du code pénal L’introduction dans le domicile d’autrui à l’aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte, hors les cas où la loi le permet, est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Le maintien dans le domicile d’autrui à la suite de l’introduction mentionnée au premier alinéa, hors les cas où la loi le permet, est puni des mêmes peines. |
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A propos de l'agression fasciste contre le cortège CGT : https://twitter.com/CGTUberDeli69/status/1388577411646820361/photo/1 |
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Cette agression fait écho à la lettre des généraux ci-dessus, et à la campagne contre "l'islamo-gauchisme" venant de l'extrême-droite. Cette lettre complétée par le soutien du RN à lui-même, a rencontré des échos positifs dans les réseaux sociaux, et ceci donne des ailes aux éléments les plus radicaux du fascisme, dont l'objectif prioritaire - en dépit de la démagogie vers les GJ - est de casser du prolo, casser du syndicaliste et de casser du coco comme dans les années 30 et "les raisins de la colère" . |
Xuan |
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France 2 et Bernard Vivier, l’"expert" de l’antisyndicalisme Mardi 4 Mai 2021 Rosa Moussaoui https://www.humanite.fr/france-2-et-bernard-vivier-l-expert-de-lantisyndicalisme-705787 Pour commenter les violences du 1er Mai contre la CGT, la chaîne publique a sollicité dimanche un intervenant marqué très à droite. Voilà qui commence mal. Pour évoquer les violences du 1er Mai contre la CGT dans la manifestation parisienne, ce dimanche soir, le JT de France 2 ouvre son sujet sur le recul des effectifs de la centrale ces dernières décennies. On voit mal le rapport ; le phénomène touche toutes les organisations syndicales, il est étroitement lié à la désindustrialisation, à l’atomisation des collectifs de travail, à l’envolée du chômage et de la précarité, mais de cela on ne saura rien. Vient ensuite l’incontournable "expert". Un certain Bernard Vivier, habitué des plateaux télé, directeur d’un brumeux "Institut supérieur du travail" (IST). Lequel insiste sur "la mauvaise réputation" de la CGT. L’homme n’a rien d’un observateur impartial. Ce catholique fondamentaliste, ancien dirigeant de la CFTC, qui siège au Conseil économique, social et environnemental, fut candidat suppléant apparenté Front national en 1978 dans le Puy-de-Dôme. Quant à l’institut qu’il dirige, il a été fondé en 1969 par Guy Lemonnier, alias Claude Harmel, un collaborationniste proche de Marcel Déat, arrêté à la Libération, révoqué de l’enseignement, condamné en mai 1947 à quatre années de prison et à la dégradation nationale à vie, avant son amnistie en 1951. Dans son livre les Valets de la guerre froide. Comment la République a recyclé les collabos, Frédéric Charpier reconstitue la genèse de cette "officine patronale " créée au lendemain de mai 1968 et du vote de la loi sur la reconnaissance des sections syndicales, à la demande de Pierre Jouven, le PDG de Pechiney, pour former les cadres à l’action antisyndicale. Au passage l’affaire est juteuse, avec l’argent de la formation professionnelle qui coule alors à flots. Parmi les clients de l’IST figureront les fleurons de l’industrie française, et de jeunes nervis d’Occident, comme Alain Madelin, s’y recycleront. À défaut d’objectivité, France 2 serait bien inspirée de dire d’où parlent les "experts"dont elle sollicite l’avis. Edité le 05-05-2021 à 13:07:38 par Xuan |
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Vidéo de Benjamin Amar, porte-parole CGT https://www.youtube.com/watch?v=W1VPiPXhCYg |
Xuan |
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1er mai à Lyon, manifestation syndicale unitaire (dont CNT) http://www.cnt-f.org/fte/2021/05/02/1er-mai-2021-la-colere-reprend-la-rue-quand-tout-sera-prive-on-sera-prive-de-tout/ |
Membre désinscrit |
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Bizzare nous les anars nous traitent d'homophobes, de réacs et de fachos... Je suppose que dans certaines régions le fascisme plus traditionnel reste fort et n'a aps été remplacé par ces gugus... Ou bien Benalla & co et le reste de la REM suit la politique de castex. Mais j’ai l’impression qu'il y a des chefaillons dans les orga anars qui dirigent leur orgas de manière postmoderne, comme un patrons d'entreprise postmoderne (invisibilisation de la hiérarchie). Ces chefaillons à Nantes sont tellement vendus à la préfecture que les flics n'ont plus besoin d'infiltrer ces mouvements. |
Xuan |
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Qui parle d'anars ici ? Dans son témoignage Benjamin Amar parle d'individus qu'il relie très clairement à l'extrême droite, mais jamais d'anars. |
Xuan |
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Valeurs Actuelles publie la lettre d'un second contingent anonyme, "ouverte à la signature des citoyens" . On relève "nos aînés ont raison sur le fond de leur texte, dans sa totalité [...]vous les avez traités de factieux alors que leur seul tort est d’aimer leur pays et de pleurer sa visible déchéance" . Puis "cette déchéance, nous l’avons vue dans bien des pays en crise. Elle précède l’effondrement. Elle annonce le chaos et la violence, et contrairement à ce que vous affirmez ici où là, ce chaos et cette violence ne viendront pas d’un « pronunciamento militaire » mais d’une insurrection civile"[..]"si une guerre civile éclate, l’armée maintiendra l’ordre sur son propre sol, parce qu’on le lui demandera. C’est même la définition de la guerre civile. Personne ne peut vouloir une situation aussi terrible, nos aînés pas plus que nous, mais oui, de nouveau, la guerre civile couve en France et vous le savez parfaitement." Le scenario est assez clair : l'insurrection civile ce sont les agressions contre la police, les noirs et les maghrébins, elle nécessite une intervention militaire pour faire régner l'ordre, prélude au gouvernement militaire puis lepéniste, étant donné que ce sont les mêmes. ___________________ Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs les ministres, parlementaires, officiers généraux, en vos grades et qualités, On ne chante plus le septième couplet de la Marseillaise, dit « couplet des enfants ». Il est pourtant riche d’enseignements. Laissons-lui le soin de nous les prodiguer : « Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n’y seront plus. Nous y trouverons leur poussière, et la trace de leurs vertus. Bien moins jaloux de leur survivre que de partager leur cercueil, nous aurons le sublime orgueil de les venger ou de les suivre » Nos aînés, ce sont des combattants qui ont mérité qu’on les respecte. Ce sont par exemple les vieux soldats dont vous avez piétiné l’honneur ces dernières semaines. Ce sont ces milliers de serviteurs de la France, signataires d’une tribune de simple bon sens, des soldats qui ont donné leurs plus belles années pour défendre notre liberté, obéissant à vos ordres, pour faire vos guerres ou mettre en œuvre vos restrictions budgétaires, que vous avez salis alors que le peuple de France les soutenait. Ces gens qui ont lutté contre tous les ennemis de la France, vous les avez traités de factieux alors que leur seul tort est d’aimer leur pays et de pleurer sa visible déchéance. Dans ces conditions, c’est à nous, qui sommes récemment entrés dans la carrière, d’entrer dans l’arène pour avoir simplement l’honneur d’y dire la vérité. Nous sommes de ce que les journaux ont nommé « la génération du feu ». Hommes et femmes, militaires en activité, de toutes les armées et de tous les grades, de toutes les sensibilités, nous aimons notre pays. Ce sont nos seuls titres de gloire. Et si nous ne pouvons pas, réglementairement, nous exprimer à visage découvert, il nous est tout aussi impossible de nous taire. Afghanistan, Mali, Centrafrique ou ailleurs, un certain nombre d’entre nous ont connu le feu ennemi. Certains y ont laissé des camarades. Ils ont offert leur peau pour détruire l’islamisme auquel vous faites des concessions sur notre sol. Presque tous, nous avons connu l’opération Sentinelle. Nous y avons vu de nos yeux les banlieues abandonnées, les accommodements avec la délinquance. Nous avons subi les tentatives d’instrumentalisation de plusieurs communautés religieuses, pour qui la France ne signifie rien -rien qu’un objet de sarcasmes, de mépris voire de haine. Nous avons défilé le 14 juillet. Et cette foule bienveillante et diverse, qui nous acclamait parce que nous en sommes l’émanation, on nous a demandé de nous en méfier pendant des mois, en nous interdisant de circuler en uniforme, en faisant de nous des victimes en puissance, sur un sol que nous sommes pourtant capables de défendre. Oui, nos aînés ont raison sur le fond de leur texte, dans sa totalité. Nous voyons la violence dans nos villes et villages. Nous voyons le communautarisme s’installer dans l’espace public, dans le débat public. Nous voyons la haine de la France et de son histoire devenir la norme. Ce n’est peut-être pas à des militaires de dire cela, arguerez-vous. Bien au contraire : parce que nous sommes apolitiques dans nos appréciations de situation, c’est un constat professionnel que nous livrons. Car cette déchéance, nous l’avons vue dans bien des pays en crise. Elle précède l’effondrement. Elle annonce le chaos et la violence, et contrairement à ce que vous affirmez ici où là, ce chaos et cette violence ne viendront pas d’un « pronunciamento militaire » mais d’une insurrection civile. Pour ergoter sur la forme de la tribune de nos aînés au lieu de reconnaître l’évidence de leurs constats, il faut être bien lâche. Pour invoquer un devoir de réserve mal interprété dans le but de faire taire des citoyens français, il faut être bien fourbe. Pour encourager les cadres dirigeants de l’armée à prendre position et à s’exposer, avant de les sanctionner rageusement dès qu’ils écrivent autre chose que des récits de batailles, il faut être bien pervers. Lâcheté, fourberie, perversion : telle n’est pas notre vision de la hiérarchie. L’armée est au contraire, par excellence, le lieu où l’on se parle vrai parce que l’on engage sa vie. C’est cette confiance en l’institution militaire que nous appelons de nos vœux. Oui, si une guerre civile éclate, l’armée maintiendra l’ordre sur son propre sol, parce qu’on le lui demandera. C’est même la définition de la guerre civile. Personne ne peut vouloir une situation aussi terrible, nos aînés pas plus que nous, mais oui, de nouveau, la guerre civile couve en France et vous le savez parfaitement. Le cri d’alarme de nos Anciens renvoie enfin à de plus lointains échos. Nos aînés, ce sont les résistants de 1940, que, bien souvent, des gens comme vous traitaient de factieux, et qui ont continué le combat pendant que les légalistes, transis de peur, misaient déjà sur les concessions avec le mal pour limiter les dégâts ; ce sont les poilus de 14, qui mouraient pour quelques mètres de terre, alors que vous abandonnez, sans réagir, des quartiers entiers de notre pays à la loi du plus fort; ce sont tous les morts, célèbres ou anonymes, tombés au front ou après une vie de service. Tous nos aînés, ceux qui ont fait de notre pays ce qu’il est, qui ont dessiné son territoire, défendu sa culture, donné ou reçu des ordres dans sa langue, ont-ils combattu pour que vous laissiez la France devenir un Etat failli, qui remplace son impuissance régalienne de plus en plus patente par une tyrannie brutale contre ceux de ses serviteurs qui veulent encore l’avertir ? Agissez, Mesdames et Messieurs. Il ne s’agit pas, cette fois, d’émotion sur commande, de formules toutes faites ou de médiatisation. Il ne s’agit pas de prolonger vos mandats ou d’en conquérir d’autres. Il s’agit de la survie de notre pays, de votre pays. ___________________ Il s'agit là d'une opération pilotée par le RN, visant à déstabiliser la droite. Pendant ce temps la télé fait la promotion du 10 mai 81. Autant dire que le gouvernement se flagelle lui-même. Edité le 10-05-2021 à 11:41:50 par Xuan |
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Inadmissible interdiction de la manifestation du Collectif pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens par le préfet Lallemand et à la demande de Darmanin. Arrestation injustifiée du président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) Bertrand Heilbronn. Ces actes s'inscrivent à la fois dans la soumission à l'hégémonisme US et dans la fascisation de l'Etat |
Xuan |
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Un article très pertinent de S. Bouamama sur les banlieues, sur les lettres des factieux militaires et sur le lien avec la grande bourgeoisie Tribunes militaires et policières et hégémonie culturelle Publié le 14 mai 2021 par bouamamas La montée de l’extrême-droite aux élections municipale de 1900 avait suscité à Georges Clémenceau la déclaration suivante : « En ce moment, c’est la dictature du sabre et du goupillon qui est à l’ordre du jour ». Il soulignait ainsi les deux assises de l’offensive des droites nationalistes de la séquence historique : l’idéologie cléricale appelant à lutter contre la décadence et la dépravation et le pouvoir militaire s’exprimant pour un retour autoritaire à l’ordre. L’entre-deux-guerres et ses ligues sont également caractérisés par le double discours de la décadence et du péril civilisationnel comme diagnostic et d’appel à un retour viril à l’ordre comme solution. Ces deux séquences historiques sont par ailleurs inscrites dans un contexte de crise sociale et économique, de colères sociales massives et de crise de légitimité du pouvoir. Une série de tribunes et déclarations collectives récentes de militaires et de policiers d’une part et les contours de notre contexte contemporains [avec des ingrédients de même nature que ceux des deux séquences évoquées ci-dessus] d’autre part, réinterrogent l’articulation actuelle de ces deux assises du pouvoir [la contrainte violente et l’idéologie]. Du discours de la décadence à celui du délitement En quelques semaines nous avons vu la succession d’une tribune de militaires de réserve, une autre de militaires dits d’active et une lettre ouverte au président de la République du syndicat Police-France, sans compter, bien entendu, les multiples déclarations de droites et du Rassemblement National affirmant « comprendre le malaise » qui s’exprime. Dans l’ensemble de ces textes et déclarations le cœur de l’analyse est identique et est exprimé comme suit dans la tribune signée par « une vingtaine de généraux, une centaine de hauts gradés et plus d’un milliers d’autres militaire » de réserve selon l’hebdomadaire Valeurs actuelles qui lui offre ses colonnes : [i] Or, notre honneur aujourd’hui tient dans la dénonciation du délitement qui frappe notre patrie : – Délitement qui, à travers un certain antiracisme, s’affiche dans un seul but : créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés. […] – Délitement qui, avec l’islamisme et les hordes de banlieue, entraîne le détachement de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoires soumis à des dogmes contraires à notre constitution. […] – Délitement, car la haine prend le pas sur la fraternité lors de manifestations où le pouvoir utilise les forces de l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs. […] Les périls montent, la violence s’accroît de jour en jour[ii] . La répétition du terme délitement désigne le mal et pose un diagnostic appelant logiquement un remède précis. Ce mot renvoie à un champs lexical résumé comme suit par différents dictionnaires : désagréger, fragmenter, dissoudre, se décomposer, exploser, imploser, etc. En outre le terme renvoie également à l’idée d’un processus inscrit dans la durée marqué par une aggravation progressive pouvant aboutir à un point de non-retour. La « patrie » serait ainsi devant un péril imminent conduisant à terme à sa disparition. Comme nous l’avons souligné en introduction ce n’est pas la première fois dans l’histoire du capitalisme en général et du capitalisme français en particulier qu’apparaissent ces images rhétoriques d’un déclin mortel nécessitant une réaction d’exception urgente. Toutes les séquences de fascisme réel que nous avons connues sur la planète se sont légitimées à partir de ces images nommées déclin et décadence hier et délitement aujourd’hui. Si les causes avancées peuvent être différentes [Les juifs, les francs-maçons, les communistes et le parlementarisme hier, les musulmans, les « séparatistes » et les islamo-gauchistes aujourd’hui] le diagnostic reste identique. Toutes ces séquences ont également été caractérisées par l’idée d’une mission exceptionnelle pour enrayer le déclin à confier aux institutions détentrices du « monopole de la violence physique légitime[iii] » selon l’expression du sociologue Max Weber c’est-à-dire à l’armée et la police. La lettre ouverte du syndicat Police-France précise les contours de cette mission exceptionnelle : « Dans le cadre de l’état d’urgence, il faut procéder au bouclage des 600 territoires perdus de la République, y compris avec le renfort de l’Armée, en contrôlant et en limitant les entrées et sorties de ces zones par des checkpoints sur le modèle israélien de séparation mis en place avec les territoires palestiniens[iv]. » Certes il faut toujours se méfier des parallèles historiques et les différences de contexte doivent toujours être prises en compte mais l’écho avec le discours des ligues fascistes dès leur première apparition à la fin du dix-neuvième siècle est indéniable. Voici comment l’historien Serge Berstein résume le discours de celles-ci, le diagnostic qu’elles posent et le remède qu’elles préconisent : La défaite française résulte de la longue décadence que la démocratie a provoquée dans le pays. Aussi remet-il [Déroulède le principal dirigeant de la ligue des patriotes] en cause la philosophie des droits naturels, l’égalitarisme, les conceptions universalistes, le libéralisme. Le mal étant identifié, le remède s’impose de lui-même. Pour que la revanche soit possible et que les provinces perdues soient reconquises, il faut créer une France nouvelle, une société disciplinée, régie par un pouvoir autoritaire, organisée sur le modèle militaire avec le respect de la hiérarchie et le culte du sacrifice. Et cette mutation exige l’abandon du système parlementaire vu comme synonyme de bavardages, de faiblesse et d’impuissance[v]. La même logique de raisonnement se retrouve avec les ligues de l’entre-deux-guerres dans le contexte de la crise de 29, dans le discours pétainiste sur la Révolution Nationale, dans le discours nazi sur la dégénérescence de la race allemande, dans le discours mussolinien sur la « décadence des hiérarchies » qui signifierait « la décadence des Etats », etc. Sans conclure à la similitude totale des situations, les points communs avec notre contexte contemporain ne doivent pas être négligés alerte l’historien Michel Winock : « Plus que jamais le changement brutal que connaît le XXe siècle stimule le discours de la décadence, l’appel au sauveur et le refuge dans une pensée au sens propre réactionnaire[vi] » Les nouvelles configurations de l’hégémonie culturelle comme consensus idéologique Un autre point commun entre les trois séquences historiques évoquées ci-dessus [la fin du dix-neuvième et ses ligues « patriotiques », l’entre-deux-guerres et ses ligues nationalistes et aujourd’hui et sa fachosphère] est justement ce « changement brutal » qu’évoque Michel Winock. La première se caractérise par le paiement de l’impôt de guerre suite à l’accord de Francfort réglant la fin de la guerre franco-prussienne de 1870 d’une part et par ce que certains économistes ont appelés la « longue dépression » du fait qu’elle s’étale de 1873 à 1896 d’autre part. La seconde est inséparable de la crise de 29. La troisième enfin est indissociable de la nouvelle régulation du capitalisme du fait de ladite « mondialisation ». Dans les trois cas des effets comparables sont repérables : paupérisation rapide et massive des classes populaires, déclassement des dites « couches moyennes », explosion du chômage et montée en radicalisation des luttes sociales et des pratiques de « violences légitimes » visant à les contenir par la répression. Ces trois contextes différents mais porteurs de quelques invariants structurants ont suscités à la fois des organisations politiques appelant à la prise du pouvoir fasciste, des mesures législatives gouvernementales des restrictions des droits et libertés d’une part et de pénalisation de la contestation d’autre part [ce que les antifascistes des années trente appelaient le processus de fascisation], l’appel à un « sauveur » s’appuyant sur les « forces de l’ordre » [armée et police] pour sauver le pays du déclin et des prises de parole policières et militaires allant dans ce sens et enfin une nouvelle configuration du discours idéologique dominant partagée à la fois par le pouvoir en place et par les groupes fascisant qui le contestent. Ce dernier aspect est, selon nous essentiel. Dans ces trois séquences historiques le désaccord sur les solutions entre groupes fascisants et pouvoir en place s’accompagne d’un accord sur le diagnostic de la situation. L’accord n’est certes pas total et le discours idéologique tenu varie sur la gravité de la crise, sur l’ampleur et l’imminence du danger, sur les solutions à apporter, sur la figure du danger désignée, etc. Cependant l’idée d’une « menace extérieure » portée par des groupes sociaux précis [les juifs et les bolcheviks hier, les musulmans ou les « islamistes » et les islamogauchistes aujourd’hui] introduisant un virus mortel pour la nation fait l’objet d’un consensus entre groupes fascistes et pouvoir en place dans ces trois séquences historiques. Autrement dit le consensus idéologique repérable est celui portant sur les causes de la crise subie par les classes populaires c’est-à-dire sur le fait de les situer à l’extérieur du système social capitaliste et des choix économiques mis en œuvre par le pouvoir en place. Cette opération d’externalisation de l’explication des crises peut se dérouler, selon nous, selon deux modalités essentielles. La première est la construction d’un « ennemi extérieur » comme l’a été pendant des décennies l’URSS sous la forme du discours sur le « péril rouge ». La seconde est l’ethnicisation des questions sociales posant un groupe social « ethniquement » défini [ou religieusement, ou culturellement, etc.] comme la cause première du péril. Les deux modalités peuvent, bien entendu s’articuler aisément comme dans la version du péril judéo-bolchévik que nous avons connus dans l’entre-deux-guerres ou dans celle de l’alliance islamogauchiste que dénoncent les tribunes militaires et policières évoquées et avant elles le discours officiel du gouvernement. Un tel discours idéologique ne peut avoir des chances d’être efficace qu’en suscitant une logique de panique, de peur, d’angoisse, etc. C’est la raison pour laquelle il se développe fortement par l’invention d’une différence « ethnique » beaucoup plus que par l’instrumentalisation d’une différence « objective ». Au moment où les « Juifs » hier et les musulmans aujourd’hui sont désignés comme cause de tous les maux de la société française en France comme ailleurs, ils sont déjà et depuis longtemps devenus français. Les discours sur l’impossible « assimilation » hier ou sur la « crise de l’intégration » [ou encore sur l’incompatibilité de l’Islam et des « valeurs de la République »] aujourd’hui, correspondent à une invention de la « différence » à des fins d’imposer un clivage entre deux composantes de la population française populaire en lieu et place du clivage de classes. L’ennemi extérieur est certes toujours présent mais sa dangerosité est accrue par l’existence d’un « ennemi intérieur » et par les alliances possibles entre eux. L’obligation de porter une étoile jaune portant la mention « juif » a pour objectif justement de rendre visible une « différence » qui ne l’était plus depuis longtemps. Le basculement du discours anti-immigré vers un discours antimusulman n’est pas sans lien avec cette logique de désignation d’un ennemi de l’intérieur d’autant plus dangereux qu’il est « intégré », d’autant plus périlleux qu’il est « invisible » ou qu’il se cache, d’autant plus pernicieux qu’il est présent dans nos syndicats, nos universités, nos associations, nos écoles, etc. La seconde condition d’efficacité d’une telle logique de panique est de mettre en scène des scénarios catastrophes en visibilisant des résultats catastrophiques supposés du « laxisme » face aux dangers qui menacent. La seconde tribune militaire émanant cette fois de militaires d’actives alerte ainsi sur les dangers à venir : Oui, nos aînés ont raison sur le fond de leur texte, dans sa totalité. Nous voyons la violence dans nos villes et villages. Nous voyons le communautarisme s’installer dans l’espace public, dans le débat public. Nous voyons la haine de la France et de son histoire devenir la norme. Ce n’est peut-être pas à des militaires de dire cela, arguerez-vous. Bien au contraire : parce que nous sommes apolitiques dans nos appréciations de situation, c’est un constat professionnel que nous livrons. Car cette déchéance, nous l’avons vue dans bien des pays en crise. Elle précède l’effondrement. Elle annonce le chaos et la violence, et contrairement à ce que vous affirmez ici où là, ce chaos et cette violence ne viendront pas d’un “pronunciamento militaire” mais d’une insurrection civile[vii]. Hier comme aujourd’hui le discours sur la menace invisible se complète par un discours territorial dans lequel certaines zones géographiques sont construites comme symbole du danger qui menace l’ensemble de la nation. Les « hordes de banlieue » de la tribune dites des généraux ou les « 600 territoires perdus » à « boucler par des checkpoints sur le modèle israélien de séparation » ne sont rien d’autres que la version contemporaine de la territorialisation du danger. Une telle logique appelle inévitablement à des pratiques d’exception comme le propose ce syndicat de police. La nouvelle configuration idéologique de l’hégémonie culturelle dominante à base de « guerre » contre le terrorisme, le communautarisme, le séparatisme d’une part et de territorialisation du danger sous la forme du discours sur les « territoires perdus de la République » d’autre part constitue bien un consensus idéologique entre le pouvoir en place et ses contestataires d’extrême-droite. La logique électorale conduit la droite à la reprise de ce consensus. Plus grave l’emprunt par de larges pans de la gauche d’ « éléments de discours », comme disent les libéraux, issus de cette nouvelle configuration de l’idéologie dominante, contribue objectivement à l’enracinement de celle-ci. Dans le combat pour l’hégémonie culturelle aucun emprunt à l’adversaire n’est possible sans le renforcer. L’illusion d’une reprise de certains thèmes dominants en les « adoucissant » conduit inévitablement à renforcer cette nouvelle configuration. L’appel au sécuritaire comme accompagnement politico-médiatique Bien entendu les « 600 territoires perdus » ne sont pas exempts de facteurs de dégradation. L’idéologie n’est que rarement entièrement hors sol. Elle s’appuie fréquemment sur des constats sociaux indéniables mais pour en proposer des attributions causales faisant écran à la perception des véritables causes sociales, économiques et politiques. Les fameux « 600 territoires perdus » se caractérisent tous par des taux de pauvreté hallucinants. Ils ne sont que la partie la plus visible de l’iceberg du déclassement social subit ces dernières décennies par l’ensemble des classes et quartiers populaires. La réaction à ces changements brutaux et massifs ne sont pas univoques. La colère sociale prend des canaux divers d’expressions. Certains de ceux-ci orientent vers le collectif, la solidarité et la résistance. D’autres vers l’individualisme, la guerre de tous contre tous et l’adaptation au pire pour survivre. Les quartiers populaires en général et les « 600 territoires » en particulier ne sont ni les jungles humaines où la violence est constante que décrivent les médias sensationnalistes, ni des havres de paix et de solidarité que renvois en réaction certains militants. Ils sont les deux à la fois avec des variations selon les endroits, les moments, les structures collectives encore disponibles, etc. Ce qui est constant en revanche c’est la triple violence qu’ils subissent : la violence sociale de la précarité économique d’autant plus destructrice qu’elle n’est pas exercée par un acteur visible d’une part, la violence de la surveillance policière spécifique d’autre part et en particulier des contrôles au faciès humiliants et la violence du discours médiatiques les décrivant comme espaces de « sauvagerie ». C’est pourquoi nous parlions dans un article antérieur de « violences atmosphériques ». C’est dans ce contexte global qu’il convient de restituer la dégradation des rapports avec la police depuis plusieurs décennies. Une socialisation précoce [quasi-enfantine] et négative à l’institution policière s’est installée du fait du type de présence des agents de cette institution [contrôle à répétition, interventions guerrières, type d’armements, etc.] dans de nombreux quartiers. Les interactions avec la police sont perçues comme porteuses de dangers, d’humiliations potentielles et de rapports de force. La présentation médiatique et politique d’agents des forces de l’ordre victimes de violences grandissantes déconnectée de ce contexte global est réductrice. Elle amplifie ces « agressions », masque les causes profondes et produit une demande grandissante de sécuritaire sur laquelle surfe l’extrême-droite et sur laquelle s’appuient les tribunes militaires pour appeler à un régime d’exception pour une partie précise de la population. La colère sociale d’« en bas » que les « Gilets Jaunes » ont symbolisé et visibilisé est une conséquence de l’insécurité sociale. La pandémie et sa gestion ont encore accrue cette dernière faisant craindre aux classes dominantes de nouvelles expressions plus radicales de la contestation de l’ordre établi. La gestion libérale du financement du coût économique de la pandémie conduit de surcroît à de nouvelles mesures austéritaires qui ne peuvent qu’amplifier encore cette contestation. Transformer la colère contre l’insécurité sociale en révolte contre « l’insécurité » est la logique de nombreux discours politiques et médiatiques récents successifs : polémiques sur les islamogauchistes fleurissant sur le terreau du laxisme, discours sur les rixes entre bandes de jeunes qui seraient en explosion quantitatives, instrumentalisation de l’émotion suscitée par la mort d’agents de force de l’ordre en affirmant pour elles aussi une hausse vertigineuse, injonction à l’unanimisme excluant tout débat sur les causes à chaque attentat ou agression contre un agent des forces de l’ordre, etc. Les réactions de certains médias vont dans la même direction de susciter une demande de sécuritaire globalement et d’appel à un homme providentiel pour certains. L’hebdomadaire Valeurs actuelles transforme une des tribunes des militaires en pétition publique et annonce le 10 mai qu’« ils sont déjà 784 000 à soutenir cet appel[viii] ». L’hebdomadaire Marianne feint de prendre de la distance en affirmant que la tribune des ex-généraux contient des « relents putschistes » mais pour mieux affirmer ensuite qu’elle « met le doigt là où ça fait mal[ix] ». LCI commande un sondage à la société Harris qui conclut que 58 % des personnes interrogées soutiennent cette tribune, que 86 % de ceux-ci considèrent que les lois de la République ne s’appliquent plus sur l’ensemble du territoire, que 84 % pensent que la violence augmente, que 74 % analysent l’antiracisme comme une des causes de la « dégradation » de la situation, que 73 % partagent l’affirmation de l’existence d’un « délitement » de la société et que 49 % se déclarent favorable à une intervention de l’armée « sans qu’on ne lui en donne l’ordre » pour garantir la sécurité. Bien sur les chroniqueurs médiatiques et pseudo experts sont s’en donné à cœur joie pour dénoncer, approuver ou nuancer les tribunes en question mais sur la base d’un constat partagé quasi-unanime sur le fameux pseudo « délitement » de notre société. Nous ne partageons pas l’affirmation de l’existence d’un danger fasciste à court-terme. La classe dominante n’en a ni le besoin politique, ni le besoin idéologique, ni les moyens politiques immédiatement disponibles. Sur le plan des besoins politiques, elle dispose encore de ressources électorales lui permettant d’espérer sauvegarder une façade légale et démocratique tout en poursuivant ses politiques néolibérales et en faisant de nouveau payer la facture du COVID aux classes populaires. Sur celui des besoins idéologiques, elle a réussi à imposer son hégémonie sur un large pan du champ politique [Jusqu’au sein d’une partie du Parti Communiste, de la France Insoumise et de l’extrême-gauche] sur les questions de la « laïcité », des « valeurs de la République », de la lutte contre le pseudo « séparatisme », etc. En témoignent les faibles mobilisations et/ou les silences assourdissants à propos de la loi sur le séparatisme. En témoigne également le contraste entre les appels à se mobiliser contre la loi sur la « sécurité globale » et ceux contre la loi sur le séparatisme alors qu’elles sont fondamentalement des « lois jumelles ». Sur le plan des moyens politiques enfin l’assise sociale et organisationnelle d’un pouvoir fasciste n’est pas encore suffisamment large. En revanche les tribunes militaires et policières indiquent qu’une partie de la classe dominante est inquiète des radicalisations possibles des luttes sociales. C’est cette partie que visait déjà l’extrême-droite avec son collectif « Audace Jeunes actifs Patriotes » depuis 2014 s’adressant aux dirigeants des PME [Petites et Moyennes Entreprises]et des TPE [Très Petites Entreprises] et son cercle « Audace » également créé en 2014 pour des entreprises plus importantes. C’est également cette partie qui a investie dans la promotion de nouveaux titres comme « Valeurs actuelles ». L’actionnaire principal de ce titre est ainsi Iskandar Safa qui était la 92ème fortune de France en 2020[x]. Encore largement minoritaire cette fraction du patronat utilise sa presse comme ballon d’essai, comme mesure de l’opinion et de ses réactions aux différents thèmes de la bataille idéologique, comme outil d’analyse de son champ des possibles politique. Dans un tel contexte les tribunes militaires et policières apparaissent comme un des résultats de la bataille pour l’hégémonie culturelle menée depuis plusieurs décennies sur les thèmes de l’immigration, du pseudo-communautarisme, du soi-disant danger « séparatiste », des prétendues « menaces sur la laïcité », etc. L’illusion de combattre idéologiquement les conséquences [les fameuses tribunes, l’implantation de l’extrême-droite dans les institutions militaire et policière, etc.] sans s’attaquer aux causes [la nouvelle idéologie culturelle à base de « civilisation menacée »] est le principal élément de la dynamique de droitisation de la société française. _________________ [i] L’Aurore du 1er juin 1900, [ii] « Pour un retour de l’honneur de nos gouvernants », Valeurs Actuelles du 21 avril 2021, consultable sur le site valeursactuelles.com. [iii] Max Weber, Le savant et le politique, 10/18, Paris, 1959, pp. 100 – 101. [iv] Lettre ouverte au président Macron du syndicat France Police du 6 mai 2021, consultable sur le site France-police.org. [v] Serge Berstein, Les Ligues, Après-Demain, n° 43, 2017/3, pp. 31 -32. [vi] Michel Winock, Nationalisme, Antisémitisme et Fascisme en France, Seuil, Paris, 2015 [vii] Lettre des officiers français, consultable sur le site valeursactuelles.com. [viii] En réalité ce chiffre correspond au nombre de visites sur le site. Deux heures plus tard l’hebdomadaire rectifie et annonce 76 000 signatures. [ix] Jack Dion, Malgré ses relents putschistes, la tribune des ex-généraux met le doigt là où ça fait mal, Marianne, 28 avril 2021, consultable sur le site marianne.net. [x] Voir sur le financement de la presse d’extrême-droite l’excellent article de René Monzat, Qui soutient la presse d’extrême-droite ? Un voyage dans les droites radicales depuis 60 ans, Contretemps, 21 décembre 2020, consultable sur le site contretemps.eu. |
Xuan |
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Sur FR3 régions : Droite dure et extrême-droite : comment leurs mots et leurs idées progressent chez LREM "Ni de droite, ni de gauche" : c'était la bannière d'En Marche lorsqu'Emmanuel Macron a été élu, en 2017. Quatre ans plus tard, alors que les échéances électorales s'enchaînent, la bienveillance a laissé place à un discours infusé par les idées de la droite, voire de l'extrême-droite. |
Xuan |
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Quel est le sens de la participation de F. Roussel à la manif des flics ? Cette manifestation en a fait rire ou se lamenter beaucoup. "être le porte-voix des élus locaux qui réclament plus de moyens, de sécurité et plus de sanctions" , ajouté à la présence de Darmanin et au noyautage du RN, ça fait beaucoup. Cependant deux éléments doivent être pris en compte, d'une part l'existence du banditisme dans les quartiers pauvres, amplifiée à dessin par les médias mais réelle. Et d'autre part le noyautage de la police comme de l'armée par le RN. Il est naturel d'exiger que soit assurée la sécurité du peuple, c'est une exigence à imposer dans la république bourgeoise, comme on doit imposer la sécurité au travail dans les entreprises capitalistes. De même, sans verser dans la querelle police vs justice attisée par la droite et les fascistes, il est juste de soutenir les policiers victimes de la mafia de la drogue. Ceci aussi bien du point de vue du droit du peuple à la sécurité que du rôle de la police dans ce cas. J'ajouterai que pour réaliser une révolution, sachant que le service militaire n'existe pas, il est indispensable que la police et l'armée soient au moins neutralisées du point de vue idéologique, qu'elles pactisent avec le peuple, sinon c'est une boucherie. Là dessus il ne faut pas être gauchiste mais partir des faits et des intérêts des masses. Par contre ce qui distingue la ligne communiste du réformisme ordinaire, c'est notre objectif de remplacer le capitalisme par le socialisme. Au fond la cause profonde du banditisme voire de la mafia qui s'installe dans les quartiers pauvres, c'est le chômage et la précarité. La police de proximité et les services sociaux ne pourront pas résoudre ces fléaux parce qu'ils ne maîtrisent le chômage. Peuvent-ils seulement maîtriser des mafieux armés de kalachnikovs ? Si une inflation se développe, associée à une hausse des taux d'intérêts, c'est-à-dire une dette publique abyssale, que feront les flics de quartier ? Il est indispensable de relier l'exigence de sécurité publique à la nécessité du socialisme, et pas seulement entre nous mais publiquement. C'est la raison pour laquelle il est faux de parler de police républicaine, c'est semer la confusion. La police est républicaine bourgeoise c'est inévitable. Nous voulons une police "républicaine populaire", une police du peuple, et elle n'existe que dans la société socialiste. |
pzorba75 |
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Affirmation imprudente : la police dans les états se réclamant du "socialisme" devra démonter qu'elle est une police du peuple, ce que l'histoire des pays dit "socialistes" n'a pas démontré clairement. À suivre pour ne pas retomber dans les systèmes répressifs. |
Xuan |
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Le socialisme n'est pas le communisme, un outil d'oppression et de répression existe toujours afin de réprimer les reliquats de la classe bourgeoise qui s'opposent aux intérêts du peuple, ainsi que des gangsters et des délinquants, qui n'ont pas disparu spontanément. Ensuite ce n'est pas à la police de démontrer, c'est au parti communiste comme dirigeant de la société. D'ailleurs la manifestation d'hier a révélé que la "séparation des pouvoirs" devient une contradiction entre les pouvoirs, contradiction accentuée par le capitalisme lui-même. J'avais mis en ligne l'article du Diplo Une justice au bord de l’implosion La manif des flics s'en est prise à la justice et Darmanin à lui-même. En fait la question qui se pose à travers ces dérèglements absurdes n'est rien d'autre que l'inanité de la "séparation des pouvoirs". Loin de résoudre la séparation de l'Etat et du peuple, elle n'apporte aucune garantie de démocratie et ne sert qu'à ajouter des difficultés supplémentaires. Ce sont les institutions bourgeoises et leurs principes constitutifs qui sont obsolètes. |
Xuan |
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Ci-dessous le point de vue de Laurent Brun sur le site de D. Bleitrach : Dossier : repenser la question de la sécurité DANIELLE BLEITRACH 20 MAI 2021ACTUALITÉ https://histoireetsociete.com/2021/05/20/laurent-brun-repenser-la-question-de-la-securite/ Il en est de la sécurité comme bien des problèmes qui paraissent aujourd’hui insolubles tant ils sont posés dans des termes qui interdisent toute solution. Pour les aborder il faut changer la perspective politique. Il faut ne pas se limiter à un débat entre forces politiques et médiatiques qui se déplacent de plus en plus sur le terrain de l’extrême-droite – même celles qui pensent s’y opposer. Il faut, mais c’est plus facile à dire qu’à faire, penser et agir pour la résolution des problèmes en fonction de l’intérêt du monde du travail et des couches populaires. De ce point de vue, la position de Fabien Roussel devient audible et dans sa singularité. Je ne sais si vous avez écouté le débat dans C dans l’air sur la manifestation revendicative de la police et qui était présent. La différence que faisaient les participants entre le positionnement de Jadot qui se heurterait aux divisions entre les verts et celle des communistes qui correspond à une tradition disaient-ils, celles des nombreux maires et militants du monde ouvrier qui n’ont jamais eu de complaisance pour la délinquance. Ce texte de Laurent Brun dit très bien ce déplacement que les communistes doivent opérer. Vidéos : https://youtu.be/juf7JDrQANI https://youtu.be/o1TdHvybmCA L’ARTICLE DE LAURENT BRUN Sur la question de la sécurité, la gauche doit elle intervenir ? Certains mélangent la stratégie du gouvernement de restriction des libertés publique avec la stratégie de sécurité publique. Personnellement je ne mélange pas l’utilisation faite par le gouvernement des CRS, des BRAV et autres pendant les manifs, leur stratégie de conflit et de provocations, leur objectif de réduction par la force du mouvement social, avec la question des moyens de sécurité publique face aux crimes divers (agression, trafics, vols…). Parmi les criminels, il y a beaucoup de gens brisés par le système économique, mais il y a aussi de vrais capitalistes, qui savent ce qu’ils font et qui l’assument. Dans ma ville de banlieue lyonnaise, les caïds du trafic de drogue ont décidé de privatiser certains quartiers pour que leur business se fasse tranquillement. Ils emploient des nervis pour casser la tête aux livreurs, aux médecins ou aux pompiers qui viennent dans le quartier, ils font cramer les bagnoles des voisins… Ça s’est amplifié depuis un mois parce qu’ils sentent venir le déconfinement et qu’ils avaient été tranquilles pendant le confinement donc ils veulent conserver cette « tranquillité ». Or en face, il y a très peu de moyens policiers, notamment la nuit (un seul équipage de 3 agents pour une ville de 60 000 habitants!). Donc oui il faut de la prévention, du social, de la traque du blanchiment d’argent pour faire tomber les barons, etc… Les communistes ont des propositions là dessus. Oui les chouff ou les petits vendeurs n’ont pas d’autre perspectives sociales et donc avec une vraie politique juste ils rentreraient dans une activité légale (40% de chômage dans les quartiers concernés). Mais les caïds dont je parle sont les « cadres intermédiaires » du business. Ceux-la ils défendent leur activité et leur « poste ». Il y a un an, ils ont ordonné l’exécution en plein centre ville et en plein jour d’un vendeur (probablement un concurrent qui tentait de s’installer). Ça c’est du factuel, du vécu, pas de l’imaginaire romantique. Je n’ai pas la naïveté de penser que ces personnes-là rentreront dans le rang juste avec de la pédagogie. S’ils travaillaient en entreprise, ce seraient cette sorte de DRH qui est près à pousser un salarié au suicide pour atteindre ses objectifs. Donc oui, pour ces cas-là, qui sont minoritaires mais qui sont au cœur de la structuration de l’organisation mafieuse (ils ne sont pas à sa tête mais ils la font tenir et ils en retirent un statut social très privilégié ) il faut un appareil répressif. Ça n’est pas une carte blanche à la police dont il faut par ailleurs extirper les éléments racistes ou factieux. Mais la question des moyens (Roussel propose 30 000 postes de policiers supplémentaires) et de l’Arsenal législatif est posée. Ce n’est pas une question d’extrême-droite, notamment parce que cette dernière ne pose que la répression, sans la question sociale ou la lutte contre les circuits de blanchiment (ce que fait Roussel). Il faut rappeler d’ailleurs que le RN s’est abstenu, ou a rejeté, la majorité des textes luttant contre la fraude fiscale, le blanchiment et l’optimisation des multinationales. Donc le PCF, comme l’ensemble de la gauche, ne doit pas laisser cette question au RN. La gauche est légitime à proposer des solutions sur ce sujet. Parmi ces solutions il y a beaucoup de mesures sociales, beaucoup de mesures sur le contrôle des circuits financiers et aussi des moyens pour la police (et la justice). Quand Roussel propose que les circonstances aggravantes soient étendues des policiers à l’ensemble des salariés ayant une autorité (pompiers, profs…) il veut justement montrer que le policier n’est pas le seul qui doit être défendu parce que la police n’est pas la seule réponse. Aujourd’hui la circonstance aggravante est systématique dans le cas d’un policier mais doit faire l’objet d’une analyse pour les autres professions des services publics. Donc nous avons besoin de débattre de ces sujets pour ne pas tomber dans les pièges de la droite et l’extrême-droite (la « sécurisation » sociale doit rester notre priorité, elle doit mobiliser l’essentiel de notre énergie) mais il n’est pas question de nous interdire de traiter le sujet, qui est un sujet de société. Et à l’occasion de la mort d’un agent de police, qui est inacceptable au même titre que la mort de tout salarié au travail, il est légitime d’aborder ces questions, il est légitime de rendre hommage et d’apporter son soutien à la famille. Que des éléments politiques ou syndicaux d’extrême-droite tentent de s’emparer du sujet n’est pas une raison pour l’éluder. Il faut au contraire mener la bataille politique pour extirper cette question de l’instrumentalisation par les fachistes (on se rappelle d’ailleurs qu’un jeune cadre du FN a été condamné pour avoir incendié des voitures afin de mieux dénoncer l’insécurité). Edité le 20-05-2021 à 09:39:18 par Xuan |
Xuan |
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En video l'intervention de Mélenchon https://www.youtube.com/watch?v=mtJbFGuFgzg Sa position est la défense de l'institution judiciaire contre les factieux. Elle rappelle - et il en parle aussi - son esclandre face à la perquisition "je suis la république" . Il ressort que son orientation est fondamentalement cadrée par les institutions. Edité le 20-05-2021 à 13:03:20 par Xuan |
Xuan |
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J'ajoute le commentaire de Gilles mercier à l'article de Laurent Brun : Le PCF a eu raison d’être présent à la manifestation des policiers. Il ne peut pas laisser le désarroi des policiers instrumentalisé par les forces politiques réactionnaires. Qu’il faille réprimer les actes d’incivilité, les agressions contre les policiers qui ne cessent de se multiplier ; qui peut être contre ? Mais cette violence est à l’image de la violence de la société qui n’offre aucune perspective à la jeunesse. D’où vient la violence urbaine ? Personne ne pose cette question ? Le chômage de masse apparaît au milieu des années 1970. Depuis des régions entières sont sinistrées. L’insécurité est d’abord sociale. Pour beaucoup, il faut survivre en recherchant des petits boulots pour des salaires minables sans perspective de carrière et donc de vie stable. L’Homme est un être social qui est structuré par le travail. C’est le travail qui socialise les êtres humains qui leur confère une identité. Le chômage désocialise les individus. A quoi bon chercher du travail pour des salaires minables alors que l’on peut se « faire de la tune » beaucoup plus facilement. De plus l’école minée par la crise sociale n’est plus le lieu de socialisation des enfants. La création de ghettos urbains désocialisés est voulue par la bourgeoisie. Elle présente l’avantage de fragmenter la société, de la cliver, de faire éclater les liens de solidarité. Ce n’est pas pour rien que Sarko, l’ex Président de la République accusé d’association de malfaiteurs, a supprimé les commissariats de proximité dans les cités, laissant le champ libre aux gangs. Dans ces cités les services publics et la police ont disparu, l’Etat de Droit avec ! Il est préférable que la jeunesse s’abime dans les trafics divers que de remettre en cause l’ordre social. Cette violence qui se fait surtout sentir dans les quartiers populaires rend la vie impossible Elle génère du fait du fort recul de la conscience de classe et de l’absence de perspectives politiques, la nécessité de l’ordre. Seul un régime d’ordre centré sur une répression implacable à l’égard des délinquants apparaît comme la solution politique permettant d’apporter la sécurité aux citoyens. Ne nous voilons pas la face, les lettres téléguidées de militaires appelant à mots à peine couverts à une intervention de l’armée pour rétablir l’Etat n’est que l’expression d’un glissement réactionnaire de l’ensemble de la société. Le Rassemblement National constitue une option politique pour la bourgeoisie pour maintenir son pouvoir. La police (celle des gardiens de la Paix) est en crise : manque de moyens, d’effectifs, salaires et carrières minables, formation insuffisante. Elle n’est plus en capacité de défendre les citoyens. L’institution judiciaire est aussi confrontée à un manque criant de moyens financiers et en personnels qui la mettent en incapacité de rendre la justice dans des délais raisonnables. Ceux qui en pâtissent sont ceux qui ont recours à elle et qui sont le plus en difficultés financières. L’école publique avec ses classes surchargées, son manque tout aussi criant d’enseignants, de surveillants d’infirmières n’est plus en capacité dans les grands centres urbains de transmettre ce que la famille ne peut pas toujours instruire aux enfants. Elle n’est même plus en capacité de transmettre les règles du savoir-vivre, des savoirs de base comme lire ou encore écrire et compter pour le grand bénéfice des établissements privés. Ceci est le bilan des gouvernements libéraux et sociaux-démocrates qui se succèdent à la tête de l’Etat. Les richesses créées par le monde du travail doivent aller avant tout aller au Capital c’est dire aider à la compétitivité des entreprises au détriment des dépenses socialisées, des services publics. La société est appelée à devenir encore plus sauvage plus inégalitaire. Il faut s’opposer à cette politique et la battre. Ce n’est pas en essayant de réactiver la gauche, c’est à dire transformer le réformisme en force révolutionnaire qui a autant de succès que l’alchimie s’évertuant à transformer le plomb en or, que le PCF y arrivera. Il faut pour la Police comme pour l’Ecole et la Justice analyser les raisons politique de cette situation catastrophique comme j’ai essayé très succinctement de le faire et y associer des revendications en effectifs pour les différentes catégories de personnels et en moyens matériels et financiers afin d’organiser des réunions politiques avec les populations et les personnels concernés. C’est en retissant ses liens avec les classes populaires et les différentes catégories du salariat sur leurs problèmes concrets que le PCF redressera son influence et contribuera au développement des luttes et à l’évolution du rapport des forces en faveur du monde du travail. |
Xuan |
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Toujours sur cette manifestation, la déclaration de la CGT-intérieur police : Appel à la marche citoyenne, pour le respect, la mémoire de nos camarades mortellement touchés et la sauvegarde d’une police Républicaine PUBLICATIONS 13 MAI 2021 CGT POLICE LA CGT-INTERIEUR-POLICE APPELLE L’ENSEMBLE DES AGENTS MI, ACTIFS COMME ADMINISTRATIFS, TECHNIQUES ET SCIENTIFIQUES À SE MOBILISER LE 19 MAI A PARIS ET A REJOINDRE LA MARCHE CITOYENNE EN HOMMAGE A NOS COLLÈGUES VICTIMES DE LA VIOLENCE QUI ENDEUILLE TOUTE LA POLICE La CGT-INTERIEUR-Police se joindra le mercredi 19 mai à la marche citoyenne qui se déroulera à Paris en hommage à nos collègues décédés de manière violente dans l’exercice de leurs missions. A cette occasion, nous entendons nous associer à la douleur des familles de Stéphanie et Eric, mais également à participer à la solidarité qui s’impose dans toute la profession dans ces moments difficiles. Le temps sera au recueillement, au respect, à la mémoire et à l’union. Nous considérons que les revendications catégorielles, bien qu’indispensables, devront de dérouler sur un autre temps. Par conséquent aucun signe d’appartenance syndicale ne sera arboré par notre organisation. Par cette action, nous entendons rappeler notre attachement à la police républicaine, au respect des femmes et des hommes qui la servent quotidiennement avec abnégation pour la paix sociale et l’égalité de tous devant la loi. https://cgtpolice75.fr/2021/05/13/appel-a-la-marche-citoyenne-pour-le-respect-la-memoire-de-nos-camarades-mortellement-touches-et-la-sauvegarde-dune-police-republicaine/ |
Xuan |
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Je poursuis avec l'article de Marianne (et merci aux infos de Finimore) : La gauche et la sécurité : comme un malaise ________________ Egalement dans l'Affranchi. On notera qu'une partie de la CGT police a appelé à manifester, et une autre non : Manifestation Doit-on sauver la police ? La polémique générée par la manifestation de policiers qui a eu lieu aujourd'hui révèle des désaccords importants au sein de la gauche. Mais loin de clarifier les choses, cette polémique nous plonge dans un brouillard où l'on peine à se repérer. Par Bastien Castillo Publié le 19 mai 2021 à 19:10 Aujourd’hui a eu lieu une manifestation des policiers suite à l’appel à manifester de l’intersyndicale de la police pour témoigner leur émotion face aux assassinats récents de deux agents. Ce qui devait être une marche rassembleuse est pourtant devenu l’objet d’une vive polémique. Immédiatement la confusion a été semée par des syndicats d’extrême-droite, qui ont voulu transformer cette marche en une manifestation visant à obtenir satisfaction sur des revendications qui ouvrent un peu plus la voie à l’arbitraire de la répression. De plus, des politiciens qui couvrent un spectre politique s’étalant du RN au PS en passant par le ministre de l’Intérieur lui-même (chose assez inédite et grave pour le souligner) ont rapidement annoncé leur participation à cette manifestation. Malgré cela une partie de la CGT police, suivie par Fabien Roussel, l’actuel secrétaire national et candidat à la présidentielle du PCF, a maintenu sa participation à cette manifestation afin de rendre hommage à la mémoire des policiers assassinés, mais aussi pour ne pas abandonner la question de la sécurité à la droite et l’extrême-droite (1) du spectre politique actuel. À l’opposé, et à la suite du syndicat VIGI police (2), toute la “gauche radicale”, et notamment La France insoumise emmenée par Jean-Luc Mélenchon (3), a refusé de participer à cette marche en raison de la présence du RN et du gouvernement, ainsi que des revendications portées par cette manifestation. Le PCF se voit alors accusé de collusion avec l’ordre établi, voire de s’être rallié sans condition à une police vue comme coupable d’innombrables violences depuis l’automne 2018. En participant à cette manifestation, le PCF ferait le jeu de l’extrême-droite en allant sur son terrain et trahirait son histoire. Face à cette grande confusion nous nous devons d’essayer de prendre du recul sur la question et de faire un effort de compréhension sur la situation dans laquelle nous nous trouvons. C’est à cette condition que nous pourrons avoir une position claire, qui n’élude pas l’inquiétante transformation de la police en milice privée de la classe dominante, tout en réaffirmant le caractère essentiel du service public que les forces de l’ordre fournissent au quotidien. La violence comme mode de gestion systématique des mouvements sociaux Parmi les nombreuses choses que le mouvement des gilets jaunes a permis de révéler il y a maintenant plus de deux ans, il faut compter les violences policières systématiques contre les manifestants. Alors qu’elles étaient jusque-là cantonnées dans les banlieues sans intéresser grand monde, la France entière a enfin pu découvrir jusqu’à quel degré de violence un gouvernement “libéral” est prêt à aller lorsque l’ordre qu’il défend est menacé. L’appareil répressif d'État, les forces de l’ordre, et son appareil idéologique, les médias et nombre d’intellectuels, ont été entièrement mis au service d’une seule cause : maintenir à tout prix l’ordre actuel, celui du capital. Bien loin de s’être atténué, ce mode de gouvernance est maintenant devenu la norme. Tout mouvement social est systématiquement réprimé par la force brute, et les médias assurent le service après-vente en dénonçant la prétendue violence des manifestants. La situation a atteint une gravité que l’on ne saurait nier. D’une part il y a, du RN jusqu’à une partie du PS, une totale négation des violences policières. Les forces de l’ordre n’agiraient qu’en utilisant la seule force nécessaire face à des manifestants de plus en plus violents et menaçant l’ordre républicain. Il n’y aurait que deux camps, pour reprendre les mots du préfet Lallement : « le camp de l’ordre et celui du désordre » . Le relai médiatique de ce discours va jusqu’à convaincre une partie non négligeable de la population que ce sont les mouvements sociaux qui sèment le désordre, détruisent la France et contraignent, par leur violence, la police à user de la force. D’autre part, certains mouvements contestataires voient dans cette violence d’État une confirmation de leur pensée dogmatique. La police est selon eux intrinsèquement mauvaise et répressive. Il n’y a plus une seule manifestation où nous n’entendons pas ce slogan être crié : « Tout le monde déteste la police ! » . Alors que pour faire face à une classe dirigeante de plus en plus autoritaire il faudrait une alliance de tous les prolétaires, c’est l’exact inverse qui se produit. La population est scindée en deux camps ennemis, et les fonctionnaires de polices sont contraints de réprimer des personnes avec lesquelles ils ont pourtant les mêmes intérêts objectifs. L’image des forces de l’ordre matraquant et gazant des pompiers est restée dans les esprits. Michel Clouscard nous avait pourtant prévenu en écrivant « Le capitalisme apportera la guerre civile chez les pauvres » . Le respect des lois est une condition de la liberté individuelle et collective Cette situation résulte-t-elle d’une nature intrinsèque de la police, ou encore d’un ensauvagement des policiers ? Répondre par l’affirmative serait passer à côté du problème principal. Ce problème est politique et non psychologique. Les membres des forces de l’ordre ne sont pas utilisés comme des gardiens de la paix mais comme une milice privée au service d’une caste. Le rôle d'une police républicaine, qui consisterait à garantir le respect des lois qui permettent la liberté de tous, a été détourné pour qu’ils ne soient plus que le bras armé du capital en crise (4). Rousseau avait pourtant bien indiqué quelles sont les conditions de la liberté de tous et quel rôle l’appareil d'État remplit dans une société où la liberté est effective. Citons cet extrait des Lettres écrites sur la montagne rédigé par Rousseau : « Il n’y a donc point de liberté sans lois, ni où quelqu’un est au-dessus des lois : dans l’état même de nature l’homme n’est libre qu’à la faveur de la loi naturelle qui commande à tous. Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas ; il a des chefs et non pas des maîtres ; il obéit aux lois, mais il n’obéit qu’aux lois et c’est par la force des lois qu’il n’obéit pas aux hommes. Toutes les barrières qu’on donne dans les républiques au pouvoir des magistrats ne sont établies que pour garantir de leurs atteintes l’enceinte sacrée des lois : ils en sont les ministres non les arbitres, ils doivent les garder non les enfreindre. Un peuple est libre, quelque forme qu’ait son gouvernement, quand dans celui qui le gouverne il ne voit point l’homme, mais l’organe de la loi. En un mot, la liberté suit toujours le sort des lois, elle règne ou périt avec elles ; je ne sache rien de plus certain. » Rousseau nous explique ici que la loi que je fais mienne garantit ma liberté et celle des autres. Souscrire à cette loi est une libération : c’est librement que nous choisissons de la respecter puisque c’est nous-mêmes qui l’avons énoncé. C’est un renversement total de la loi de nature dans laquelle c’est la nécessité qui gouverne, c'est-à-dire l'impossibilité de choisir. Si nous étions déterminés uniquement par la nature notre existence ne consisterait qu’à survivre en satisfaisant nos besoins physiologiques élémentaires (boire, manger, déféquer, dormir, se reproduire). Entre hommes ce serait la loi du plus fort, et il n’y aurait pas de société possible car sitôt que l’un deviendrait le plus fort, il serait immédiatement dépassé en force par un autre (ou plusieurs autres) qui le renverserait. La liberté est donc bien « l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite ». C’est bien aux lois qu’il faut obéir, et non aux hommes qui les éditent. Ceux qui gouvernent ne sont pas là pour prescrire des lois mais pour garantir le respect desdites lois. Ici, il faut distinguer les maîtres des chefs. Les chefs sont ceux qui nous amènent à respecter les lois auxquelles nous avons décidé d’obéir. À l’inverse les maîtres sont ceux qui détournent le pouvoir qu’on leur a confié pour servir leurs intérêts particuliers contre l’intérêt général. Ainsi, si les chefs sont des “organes” indispensables des lois, les maîtres, eux, sont des tyrans. Le détournement de la police par la classe dominante Il est clair que l’oligarchie qui nous dirige est un maître à plusieurs têtes, au lieu d’être un chef. Elle s’est emparée de l’appareil répressif d’État, à savoir la police et l’armée, pour mater les contestations et les revendications qui vont à l’encontre des impératifs de l’économie capitaliste. Ainsi, les forces de l’ordre ne sont plus utilisées pour garantir le respect des lois et de la république, mais pour protéger cette oligarchie, y compris lorsque les ordres qui leur sont adressés sont en dehors de toute légalité. Il n’est d’ailleurs pas surprenant que l’Union Européenne pousse dans le sens de la suppression des polices nationales pour les remplacer par une police européenne. Si des policiers français peuvent encore avoir quelques réticences à brutaliser leurs compatriotes, il y a fort à parier qu’elles disparaitront lorsqu’il s’agira d’aller mater des Polonais. De même des policiers polonais pourront être envoyés en France pour réprimer sans état d’âme des Français trop remuants aux yeux du pouvoir. La destruction du service public est à l'origine du problème auquel nous faisons face Les forces de l’ordre n’ont bien entendu pas conscience du phénomène que nous décrivons, ou du moins n’accèdent pas à la compréhension globale de la situation pour leur grande majorité. Ce phénomène s’inscrit dans une logique plus globale qui est celle de la destruction des services publics. La méthode de destruction d’un service public est on ne peut plus connue : d’abord les gouvernements commencent par supprimer les moyens matériels nécessaires au bon fonctionnement du service public en coupant les subventions et en baissant considérablement les effectifs. Le service concerné ne peut alors plus remplir sa fonction et les dysfonctionnements s’accumulent. C’est alors l’occasion pour nos idéologues libéraux de dénoncer le manque d’efficacité du public par rapport au privé. En exploitant le mécontentement légitime des citoyens, ils peuvent ainsi introduire la logique du privé, à savoir celle du profit, dans le service public et finissent à terme par privatiser intégralement ce service (5). Certes ce n’est pas encore le cas de la police nationale mais comment pourrait-on nier le manque d’effectif dans ce corps d’état, ou encore le délabrement croissant des commissariats et du matériel nécessaire aux policiers ? (6) À cela, s’ajoute une mise sous pression de plus en plus écrasante des policiers. Pour gagner des points et être valorisé par le commissaire il faut augmenter le nombre de contraventions, faire du chiffre que le ministère de l’intérieur pourra utiliser politiquement. Face à cette pression et à l’impossibilité d’exercer correctement leur métier dans de nombreux quartiers délaissés par les gouvernements successifs (et non par la république) il n’est pas étonnant que beaucoup de policiers sombrent dans la dépression, allant même jusqu’à retourner la violence qu’ils subissent contre eux en se suicidant. La police est un service public essentiel à la nation et aux travailleurs Pourtant, les forces de l’ordre répondent à une valeur d’usage qui n’a pas prix : la sécurité. Il serait grave pour des communistes ou tout autre organisation se déclarant du côté des travailleurs de négliger l’importance de la sécurité pour ces derniers. C’est un droit essentiel du prolétariat (et cela comprend aussi les travailleurs sans papiers) qui, depuis qu’il a été relégué dans les banlieues ou le périurbain, doit supporter quotidiennement la petite délinquance et le crime organisé. Les bourgeois et les salariés les plus aisés n’ont pas à subir ces nuisances, car quand on vit dans les beaux quartiers et dans les résidences privées, l’insécurité n’existe pas ou alors sous une forme extrêmement euphémisée. Mais le bien précieux qu’est la police républicaine pour le prolétariat, le capital n’en a que faire. Pour les capitalistes, et le gouvernement qui est leur fondé de pouvoir, seul ce qui permet d’étendre sa sphère de profit et la protéger a de la valeur. La police doit donc devenir un moyen de maintenir son ordre, celui de la marchandise généralisée. En cela la gouvernance de Sarkozy, entre 2007 et 2012, a été exemplaire, notamment à travers la suppression de la police de proximité pourtant très utile dans les “quartiers difficiles”. Sa présence quotidienne permettait aux policiers d’établir des rapports de confiance avec la population. Ils n’y étaient pas seulement pour sévir, mais aussi pour régler les problèmes que rencontrent les gens. Avec sa suppression c’est maintenant le contraire que nous observons. La police n’y va plus que pour des opérations spectaculaires de répression et il est devenu quasi impossible pour des policiers de se rendre dans certaines banlieues sans être les cibles d’insultes et d’agressions physiques. De la nécessité de dissiper la confusion qui règne L’extrême confusion qui résulte de tout cela empêche toute action commune contre l’ordre capitaliste. Les forces de l’ordre apparaissent comme des ennemis du peuple, servant uniquement à réprimer les manifestations tandis que dans le même temps les services quotidiens, comme les arrestations de délinquants, les interventions sur les lieux d’accidents, ou encore la protection de victimes de violences, que la police peut encore rendre, sont invisibilisés. À cette confusion s’ajoute le fait que les plus grosses bévues en manifestation sont le fait de policiers non formés à l’encadrement de mouvements sociaux, notamment la BAC. Cela répond encore une fois au manque d’effectifs dans les rangs des CRS mais aussi, et même surtout, à une gestion volontairement chaotique et brutale de la part des préfectures aux ordres du ministère. Pour dissiper ce nuage de confusion il faut se rappeler que tout cela n’est que le résultat des politiques de casse du service public lors des 40 dernières années. Comme l’éducation nationale, la police est un corps malade qui sert à passer l’éponge derrière une classe capitaliste qui nous montre une nouvelle fois que le libéralisme révèle toujours sa face fasciste lorsque la crise menace le maintien du mode de production capitaliste. Conclusion Face à l’émotion et à la colère légitime que suscitent en nous les violences policières dirigées contre des femmes et des hommes qui portent par leur travail toute la société, il faut faire un effort de compréhension globale, refuser de céder le pas à nos impulsions. Ce n’est qu’en saisissant le processus qui nous a conduit où nous en sommes que nous pouvons diriger notre action efficacement. Tout le monde déteste la police oui, mais seulement celle de Macron et de son gouvernement répressif. Tout le monde aime la police du quotidien, celle qui garantit les lois et notre liberté. Alors policiers ! Sachez reconnaître les situations où vous ne devez pas obéir ! Rejoignez-nous, nous le peuple de France en lutte. Cet article reprend en grande partie une vidéo de Loïc Chaigneau où il nous proposait son analyse de l'utilisation des forces de l'ordre lors du mouvement des gilets jaunes. Vous retrouverez cette vidéo ci-dessous https://youtu.be/CB5NqoQdOKk ___________ (1) Avec ces termes nous comprenons aussi le PS et EELV (2) VIGI police dénonce la manifestation du 19 mai (3) Pourquoi la France insoumise n'ira pas manifester (4) Ce passage pourrait sembler révisionniste au lecteur marxiste. Pourtant, nous ne nions pas non plus que la police est une des expressions de l'État bourgeois. Mais justement, il faut aller plus loin et suivre les distinctions que Michel Couscard avait posées dans sa réponse à Claude Morilhat lorsqu'il écrit : « Ma thèse est que l’État est à trois dimensions, trois attributs dirait Spinoza, trois rôles, trois fonctions. L’État français n’est-il pas, quand même, aussi républicain ? Le gaucho-fascisme qui voulait détruite l’État n’aurait-il pas du coup, liquidé la République ? Peut-on définir l’État français comme si la Révolution Française n’avait pas eu lieu ? Aussi "le mythique État de la volonté générale" comme dit Claude Morilhat, me semble être au contraire, une composante très réelle, institutionnelle et constitutionnelle, que la théorie aurait grand tort de négliger car la conséquence serait une fatale erreur stratégique. L’État est aussi, et surtout évidemment, l’expression de la classe sociale dominante, l’émanation politique du mode de production ; je cite constamment "le capitalisme monopoliste d’État". Troisième dimension de l’État : il est l’État-nation. Il gère l’appareil infrastructural et superstructural de la Nation. Et là, je récidive: l’État est aussi, en plus des deux essentiels attributs cités, appareil de gestion, instrument d’une nécessaire planification et centralisation ou décentralisation qui pourrait même être dit «neutre» ... si cette gestion n’était pas, par excellence, le lieu d’affrontement de l’État républicain et de l’État capitaliste, de la contre-révolution et des droits de l’homme. » (5) Pour aller plus nous vous renvoyons vers le dossier du Monde diplomatique sur la casse du service public (6) Nous nous référons par exemple à cet article synthétique de Ouest france Edité le 21-05-2021 à 22:43:47 par Xuan |
Xuan |
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Comme l'écrit Castillo en note : "Ce passage pourrait sembler révisionniste au lecteur marxiste" La seule réserve que je ferais est que le conditionnel ne s'impose pas. C'est clairement du révisionnisme, et c'est la finalité des thèses de Chaigneau et Clousclard. 1 - La répression policière ne peut être niée mais elle devient "un détournement de la police par la classe dominante" . Il n'y a aucun détournement, la répression est une conséquence de la dictature de la bourgeoisie. L'appareil d'état "détachement d'hommes armés" est au service d'une classe et non au service de la population. 2 - "La destruction du service public est à l'origine du problème auquel nous faisons face" : il suffirait de restaurer le service public pour résoudre le problème de la répression. C'est aussi ce que défend le PCF dans une police "républicaine". Mais l'Etat bourgeois oppose nécessairement la police, républicaine ou pas à la classe ouvrière. 3 - "La police est un service public essentiel à la nation et aux travailleurs" . Sur ce point il n'y a pas d'ambiguïté, au même titre que les hôpitaux et les pompiers, une police est nécessaire pour assurer la sécurité et la santé du peuple. Et c'est la raison pour laquelle il est nécessaire d'exiger que la sécurité du peuple soit assurée, non pas au nom de la république mais au nom des besoins du peuple, et en affirmant la nécessité d'un Etat socialiste. Mais la confusion que l'article prétend dissiper mais ne fait que renforcer consiste à placer l'Etat et son service public au-dessus des classes. La citation reprend le thème de l'Etat "républicain" que Castillo oppose à l'Etat capitaliste, "expression de la classe sociale dominante, l’émanation politique du mode de production" . L'expression et l'émanation sont à l'opposé de l'instrument d'oppression défini par Marx et Lénine. Le rôle de tampon social de la police n'est pas le reflet d'un Etat "républicain", mais seulement un corollaire de la dictature de la bourgeoisie, visant à empêcher le désordre dans la société. Tous les Etats ont procédé ainsi, républicains ou pas, et y compris à travers l'Eglise. La notion d'Etat "républicain" et de police "républicaine" renvoient à la république bourgeoise de 1789, que l'auteur cite en le situant au-dessus des classes : "L’État français n’est-il pas, quand même, aussi républicain ? Le gaucho-fascisme qui voulait détruite l’État n’aurait-il pas du coup, liquidé la République ? Peut-on définir l’État français comme si la Révolution Française n’avait pas eu lieu ? Aussi "le mythique État de la volonté générale" comme dit Claude Morilhat, me semble être au contraire, une composante très réelle, institutionnelle et constitutionnelle, que la théorie aurait grand tort de négliger car la conséquence serait une fatale erreur stratégique. Cette question rejoint naturellement l'affaire Plariste, qui a défendu Clousclard mordicus. Après l'éviction de la clique Laurent et Cie, la ligne révisionniste se déguise sous la forme d'un néo hégélianisme, dont la finalité est de revenir à la préservation de la république bourgeoise et de reculer l'échéance du socialisme. |
Xuan |
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Je signalais que la CGT police était divisée sur la manifestation du 19 mai. [Il faut noter que les élections syndicales 2019 confirmaient la première place pour la CGT Préfecture de Police sur le périmètre des administrations parisiennes - il s'agit d'agents administratifs, cadres et techniciens, avec un effectif de 1700 personnes] : _______________ CGT de la Préfecture de Police de Paris Non, toute la CGT Intérieur n’a pas appelé au rassemblement du 19 mai 2021 !!! Afin de clarifier les positions concernant la manifestation policière du 19 mai 2021… Non, toute la CGT du Ministère de l’intérieur n’a pas appelé à se joindre au rassemblement « citoyen » organisé ce 19 mai, en soutien à la police républicaine. Il ne nous appartient pas de commenter les appels à y participer, y compris par le syndicat CGT Intérieur-Police. Cependant et afin d’éviter tout amalgame nous souhaitons succinctement expliquer notre position. Bien évidemment, en tant qu’organisation syndicale et nous dirions même simplement en tant qu’êtres humains, nous compatissons sincèrement avec les familles des victimes de collègues morts dans l’exercice de leurs missions. Il ne sera jamais acceptable pour la CGT de mourir au travail. C’est vrai pour les 11 policiers et gendarmes concernés par cet événement tragique en 2020, d’après les chiffres officiels, mais également pour les 176 morts d’accident du travail rien que dans le secteur du BTP en 2019. Pourquoi cette comparaison ? Parce que pour la CGT Préfecture de Police, la vie d’un salarié à la même valeur quel que soit son secteur d’activité. Mais alors nous direz-vous, pourquoi un gouvernement si prompt à rendre hommage aux policiers morts victimes de leurs devoirs, à grand renfort de déclarations et de « larmes de crocodiles », et parallèlement si muet sur les autres secteurs ? D’ailleurs, n’est-ce pas ce même gouvernement, certes dans la continuité des politiques menées depuis des décennies, qui continue à détruire le code du travail protecteur pour les salariés avec notamment en point d’orgue la suppression des CHSCT ? Pourquoi un ministre présent dans un rassemblement syndical, une première dans l’histoire de la république, accompagné d’un Préfet de Police devenu symbole de la répression contre les mouvements sociaux ? Sincère compassion ou récupération politique intéressée ? Car oui, en termes de récupération, ce rassemblement du 19 mai a été le théâtre de tous les « excès ». Il ne manquait quasiment aucun parti. Alors peut-être que les motivations de certains étaient sincères…mais tout de même, ouvrons les yeux !!!! Un appel à un rassemblement « citoyen » pour soutenir la « police républicaine » à l’initiative des syndicats représentatif dans le secteur. Très jolie formulation sur le papier, mais qui ne résiste pas au poids de la réalité. Des syndicats de police « républicains », qui n’ont eu de cesse de critiquer et attaquer la justice, rompant une fois de plus avec le sacro-saint principe de séparation des pouvoirs dans la république ? Des demandes de durcissement des peines à destination des auteurs d’attaques de policiers, avec notamment l’instauration de peines planchers alors même que déjà testés ces principes n’ont aucunement réduit les exactions ? Quels sont finalement les véritables objectifs de ces organisations ? L’instauration d’une police ayant tout pouvoir, intouchable, au service des plus puissants ? Sont-ils aussi aveugles pour nier la subjectivité et l’homogénéité de la police permettant ainsi la légitimation de tous les dérapages ? Que doivent comprendre les dizaines de milliers de citoyens gazés, blessés, morts lors de contrôle ou de manifestation du fait même des interventions policières ? Ce sont cela les valeurs « républicaines » défendues par ces syndicats ? Les médias mainstream s’étonnaient hier d’avoir finalement vu peu de citoyens lors du rassemblement, arguant que les parisiens avaient préférés la réouverture des terrasses au soutien de leur police. Il se pourrait que la police, devenue une force autonome et non contrôlée, ait creusé un fossé d’incompréhension avec une large partie de la société, notamment au sein des couches populaires. Au royaume des aveugles les borgnes sont rois ! Ces médias nous croient atteint du syndrome de Stockholm ? Alors bien évidemment, pour la CGT Préfecture de Police le niveau de conscience actuel de l’humanité nécessite le maintien d’une police pour protéger les plus faibles, comme un tiers nécessaire. Nous sommes loin de pouvoir tous individuellement nous auto-limiter, condition sine qua none à la suppression de toute force de police. Pour autant, la montée en puissance de cette institution dotée de prérogatives excessive, peut devenir un danger pour la démocratie et le mouvement social dans son ensemble. C’est la raison pour laquelle, nous ne saurions partager la vision manichéenne et corporatiste de ces syndicats policiers et prétendons défendre encore une analyse éclairée et raisonnée sur des missions de la police assujetties à une éthique de service public et sur une place démocratiquement maîtrisée de cette institution dans la société. Analyser la violence que sous le prisme des idéologies sécuritaires, c’est vouloir effacer des symptômes sans s’attaquer à la maladie. Car la première violence subie par nombre de citoyens, c’est bien la violence sociale résultant des politiques libérales mises en œuvre depuis des décennies. Bien entendu il existera à ce stade toujours des voyous et brigands mais n’oublions jamais que l’augmentation des violences et du climat d’insécurité prospère sur le terreau de la misère sociale. Ainsi défendre une police qui jusque à preuve du contraire participe activement à défendre les intérêts particuliers des classes dominantes contre le reste de la société, lors des mouvements sociaux sans analyse, ni autocritique, c’est faire le choix de justifier la répression. L’article R 434-14 du code de sécurité intérieur de la police nationale dispose que la police est au service de la population. Gageons que le soutien populaire tant demandé prendra forme lorsque cet article deviendra réalité. Edité le 23-05-2021 à 20:41:26 par Xuan |
Xuan |
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La division au sein de la CGT police était apparue lors de la loi Travail. Marianne en avait fait ses choux gras en 2016 , en détaillant surtout le conflit politique entre Antony Caillé et Alexandre Langlois |
Xuan |
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Toujours pour alimenter le dossier sur les revendications des flics, la fascisation, etc. Déclaration Pascal Martini ancien SG de la FD CGT POLICE °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°° Concernant la manifestation citoyenne à l’appel des syndicats de police ce jour du 19 mai à laquelle ont participé des responsables politiques de gauche dont le secrétaire national du PCF et candidat à l’élection présidentielle on peut en tirer des enseignements très importants pour l’avenir. Personnellement malgré les intentions de départ de faire une manifestation silencieuse à la mémoire des policiers décédés dans l’exercice de leurs missions et connaissant parfaitement ces syndicats catégoriels de la semaine des quatre jeudis, je ne suis nullement étonné de leur comportement et d’avoir trahis les engagements de départ. Je persiste en tant qu’ancien secrétaire général de la fédération cgt de la police, a affirmer que notre syndicat cgt a eu raison d’y être et de respecter les orientations de départ en ne s’exprimant pas et rester fidèle à ses conceptions. En effet de nombreux policiers dans les services de police font savoir qu’ils sont dégoûtés du comportement des syndicats qui ont exprimés des critiques contre la justice alors que c’était pas l’objet de la manifestation. Là les masques tombent et nous les militants cgt police qui combattons ces dérives extrémistes nous savons mieux que personne que la meilleure façon de les combattre c’est d’être présents et faire connaître nos propositions sur la profession et sur le droit à la sécurité. Comme je disais que la présence du communiste Fabien Roussel, critiqué au demeurant, allait créer l’événement car désormais les médias sont obligés de souligner que le PCF se préoccupe de la sécurité des citoyens. Pour c’est un élément important dont on mesure pas la portée pour l’avenir. De tous temps l et syndicalisme policier catégoriels a fait de la surenchère électorale son quotidien. La démonstration de ce jour l’a démontré. Raison de plus de ne pas courbé l’échine mais tout au contraire d’être à l’offensive pour créer un grand service public de police nationale pour assurer la sécurité de tous les citoyens dans le respect des droits de chacun. |
Xuan |
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Les faits mettent en relief le lien entre fascisation et noyautage fasciste. L'article ne sort pas du réformisme et de la défense d'intérêts catégoriels. Police. « Un cap a été franchi dans les attaques contre les institutions » L'Humanité, Vendredi 21 Mai 2021 Mobilisés mercredi, des milliers de policiers ont accusé la justice d’être « laxiste », notamment pour les crimes qui les visent directement. Un procès en laisser-faire que conteste Sarah Massoud, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature. Entretien. Mercredi, devant l’Assemblée nationale, les fonctionnaires de police – épaulés par des responsables politiques de droite – s’en sont donné à cœur joie pour attaquer la justice, qu’ils jugent responsable de leurs maux. La gauche, venue en soutien des policiers, est quant à elle tombée dans le piège de la surenchère sécuritaire, à l’image du premier secrétaire du PS, Olivier Faure, qui a proposé un « droit de regard » des policiers sur les décisions de justice, avant de rétropédaler le lendemain. Face à ce coup de pression organisé par les syndicats de police, la secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature, Sarah Massoud, répond. Comment avez-vous perçu la manifestation des policiers devant le Palais Bourbon ? Sarah Massoud: Nous avons été sidérés : faire pression sur la représentation nationale, sur fond d’instrumentalisation politique d’affaires dramatiques que sont les assassinats de deux fonctionnaires de police, représente un danger pour la démocratie. Nous avons été atterrés que le ministre de l’Intérieur participe à un rassemblement orchestré par des syndicats de police majoritairement d’extrême droite, de même que des élus de tous bords s’y associent par opportunisme électoral, au mépris notamment de la séparation des pouvoirs qui est un pilier essentiel d’un État de droit. Que répondez-vous aux attaques contre la justice, jugée « laxiste » par les syndicats ? Sarah Massoud: Quand on analyse les chiffres de la délinquance et de la criminalité, on constate qu’ils stagnent sur les vingt dernières années. En parallèle, les chiffres de la surpopulation carcérale et du nombre de peines d’emprisonnement ferme augmentent. Ces attaques sont donc infondées. Mais une étape a été franchie avec des slogans affirmant que « le problème de la police, c’est la justice » . Dans notre démocratie, il y a une séparation entre les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. La police n’appartient ni au pouvoir législatif ni au pouvoir judiciaire, et n’a pas à s’y substituer. Elle n’est pas un pouvoir autonome, mais un corps au service des citoyens. Ces slogans remettent en cause cet équilibre pour faire de la police une entité toute-puissante. Lorsqu’on en arrive là, on appelle cela un État policier. Mercredi, le gouvernement a dégainé un amendement visant à instaurer une peine de sûreté de trente ans pour les crimes commis sur des policiers et des gendarmes. Quelle est votre position ? Sarah Massoud: Ce n’est pas parce que vous renforcez la répression que ça va dissuader les personnes de commettre des infractions. Quelqu’un qui compte s’en prendre à des policiers ne va pas réfléchir avant de passer à l’acte pour savoir s’il encourt vingt-deux ou trente ans de sûreté. Depuis vingt ans, les gouvernements successifs ont mis en place des lois de plus en plus répressives et ça n’a pas eu de conséquences sur le niveau de la délinquance. Comment améliorer les relations entre la police et la justice ? Sarah Massoud: Nous ne mésestimons pas le malaise des policiers : ils travaillent dans des conditions dégradées, doivent appliquer des instructions de politiques pénales incohérentes, faire face à une hiérarchie déconnectée du terrain et mener des affaires psychologiquement dures. Si on veut réconcilier une certaine police avec l’institution judiciaire, il faut s’attaquer à ces questions via une formation différente, qui ne soit pas centrée sur le répressif, mais visant à retrouver des gardiens de la paix. Les politiques jouent les pyromanes. Ce qui se passe n’est pas nouveau : les prédécesseurs de Gérald Darmanin se posaient déjà en premiers flics de France, en imposant un rapport de forces à la justice. Tant qu’on sera dans l’affichage, on n’y arrivera pas. Êtes-vous d’accord avec Jean Castex lorsqu’il dit qu’il faut « réparer le service public de la justice » ? Sarah Massoud: S’il y a besoin de réparation, c’est parce que les différents gouvernements nous ont cassés. Tant qu’on n’aura pas plusieurs centaines de nouveaux juges, procureurs et greffiers, la justice ne pourra ni fonctionner sereinement ni être plus rapide. Il faut en finir avec cette vision court-termiste et précarisante. Former des magistrats prend du temps : c’est maintenant qu’il faut mettre le paquet. Edité le 24-05-2021 à 08:57:59 par Xuan |
Xuan |
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Je signale aussi cet article que je retrouve pas sur le net, sur le meurtre d'une travailleuse sociale, pour laquelle le gouvernement n'a pas levé le petit doigt. https://www.facebook.com/photo?fbid=10216333228118162&set=a.1049832700901 |
Xuan |
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La gauche n'est pas seule à se diviser Passons sur un suicide politique, le lapsus révélateur du socialo Faure, emballé par la manifestation des flics et réclamant son "droit de regard" sur les décisions de justice. https://www.bfmtv.com/politique/parti-socialiste/droit-de-regard-des-policiers-olivier-faure-s-excuse-d-une-expression-malheureuse_AD-202105200198.html Il faut jeter une oeil sur les divisions dans la gouvernement lui-même à propos du foutoir institutionnel : https://www.nouvelobs.com/politique/20210519.OBS44227/hue-a-la-manifestation-des-policiers-dupond-moretti-repond-aux-syndicats.html https://www.ouest-france.fr/politique/eric-dupond-moretti-appelle-a-ne-pas-opposer-justice-et-police-f6707ef6-b8b4-11eb-8bbb-da50c17eaa65 Il ressort qu'un des fondements de la République bourgeoise, la séparation des pouvoirs est un mot creux puisqu'aucun des trois ne possède le pouvoir décisif, et qu'il ne reste qu'un cloisonnement des services de l'Etat, en conflit interne pour des enveloppes de fonctionnement et des motifs idéologiques. Il est du ressort des communistes de mettre sur le tapis la vanité des institutions bourgeoises, fondées sur la propriété privée des moyens de production, et la nécessité d'établir de nouvelles institutions au service du peuple. Edité le 24-05-2021 à 13:51:48 par Xuan |
Xuan |
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La bourgeoisie rapetasse les lézardes de la façade Sauver à tout prix les institutions menacées de l'intérieur ! Mais le cœur n'y est pas. Le projet de loi pour la "confiance dans l'institution judiciaire" adopté en première lecture par l'Assemblée nationale Le texte a été adopté par 342 voix contre 105, et 96 abstentions, et devrait être examiné au Sénat en septembre. Edité le 26-05-2021 à 08:52:44 par Xuan |
Xuan |
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Derechef sur la sécurité, Jean-Claude Delaunay Jean-Claude Delaunay et la “sécurité” DANIELLE BLEITRACH 26 MAI 2021CIVILISATION https://histoireetsociete.com/2021/05/26/jean-claude-delaunay-et-la-securite/ Quand je dis que cette campagne de Fabien Roussel remue et que chacun a envie d’intervenir ce qui est déjà une manière de se l’approprier je suis au-dessous de la réalité… Et j’espère que pour être complet ce débat passionné et passionnant s’accompagne de travail sur le terrain parce que comme chacun devrait le savoir le critère de la pratique tranche. (note de danielleBleitrach pour histoire et societe) Je suis bien d’accord, il n’y a pas que la sécurité des personnes, il y a l’emploi, les services publics, l’école, l’hôpital, et ainsi de suite. Mais tout se tient, et le problème de la sécurité me tient à cœur, tant pour des raisons personnelles, que pour des raisons théoriques, que je voudrais expliquer ici. Tout se tient et il est bon de comprendre comment et pourquoi. Un souvenir me vient en tête pour commencer. C’était un dimanche matin de l’été, à Villejuif, il y a quelques années. J’étais sorti tôt et je rencontre mon camarade Jean-Claude, égoutier, un camarade que j’aimais bien, vraiment, plutôt râblé, bien planté sur ses jambes, et surtout plein de bon sens. Il était blanc comme un linge. Je lui demande : qu’est ce qui se passe? Il me répond. «Ce matin, je devais partir en vacances. Mais ma voiture a été saccagée pendant la nuit. Le pare-brise, les vitres, tout ça a volé en morceau. Je dois la mener au garage. Ce sont les loubards du quartier qui ont fait ça». En quelques instants d’un plaisir stupide, ces jeunes branleurs avaient bousillé les vacances de ce copain et de sa famille, mangé les quelques billets mis de côté, au fil de l’année, pour payer une glace aux enfants, aller ensemble aux restaurants sans avoir à faire la vaisselle, pour se détendre de l’année, pour lui passée dans les égouts de Paris. Des souvenirs de ce type, j’en ai d’autres. Pas des milliers, mais quand même suffisamment, et parfois plus dramatiques. Je ne sais pas ce qu’il est advenu de Jean-Claude. Il a quitté Villejuif. Je n’en dirai pas plus, car il faut aller de l’avant, sauf à souligner que nous, communistes, avons été décérébrés pendant plusieurs décennies sur beaucoup de questions et notamment sur celle-ci. Avoir été décérébré, ce fut agir sans principe, machinalement, parfois en fonction des bons sentiments. Ce fut dire le contraire ou autre chose que ce que disait la famille Le Pen. Comme si les communistes français n’avaient pas à s’exprimer d’abord et avant tout en fonction de leurs propres analyses et de leur propre pratique! Nous avons été décérébrés au plan de la théorie et plus particulièrement du marxisme, que nous avons laissé tomber. Nous avons été décérébrés en perdant le contact avec la classe ouvrière et les travailleurs en général. Cela a commencé bien avant Robert Hue. Cette époque, espérons-le, est révolue. Quelle leçon tirer de tout cela pour l’avenir? Je voudrais éviter d’être une sorte de père Machu ridicule, jurant par scrogneugneu tout en caressant une moustache imaginaire. Je vais, cependant, avoir cette folle audace. La sécurité des personnes fait partie de ces problèmes dont nous devons proclamer la solution de manière très carrée. Pour moi, la formulation correcte des choses est la suivante : NOUS, COMMUNISTES, SOMMES POUR LE RÉTABLISSEMENT DE LA SÉCURITÉ DANS CE PAYS DE MANIÈRE TOTALE ET IRRÉVERSIBLE. Je trouve que nous avons encore des réflexes de bon samaritain. C’est un peu comme si nous avions du remords à être en faveur de la sécurité des personnes. «Nous sommes en faveur de la sécurité, mais vous savez, on est pas des méchants». Évidemment que nous ne sommes pas des méchants, évidemment que nous ne sommes pas des imbéciles, croyant que la répression va tout régler. Mais, à mon avis, il faut savoir qu’il y aura, dans la solution de ce problème, au moins deux phases: 1) la phase de l’immédiat qui sera à dominante répressive, 2) la phase du moyen long terme qui sera à dominante éducative et préventive. Mais alors pourquoi la phase de la répression doit-elle être soulignée avec force? Certainement pas pour faire de la surenchère avec l’extrême droite, dont je n’ai que faire pour penser l’avenir de mon pays, mais pour les deux raisons suivantes. La première est que les individus et les groupes portant atteinte à la sécurité des personnes ne vont pas s’arrêter parce que l’on aura froncé les sourcils en leur direction. Laurent Brun l’explique très bien. La bête va se débattre et mordre. La deuxième raison est que la voyoucratie est une alliée objective des classes dirigeantes. La France est malade et de sa maladie, dont la grande bourgeoisie porte l’entière responsabilité, les dirigeants de cette classe sociale, féroce et épuisée, tirent avantage. Cela les aide à prolonger leur pouvoir. S’ils observent que, dans le contexte d’une démocratie nouvelle, la voyoucratie est en danger, soyons certains qu’ils n’hésiteront pas une seconde à la soutenir sans doute avec doigté mais néanmoins de toutes leurs forces. Pour autant que j’aie compris l’histoire, le nazisme et ses variantes ne furent pas seulement l’extrême droite. Ce furent des systèmes à plusieurs composantes et parmi celles-ci figuraient les voyous, ce que Marx et Engels ont appelé «le lumpen proletariat». Lutter contre les voyous, c’est aussi lutter contre les classes dirigeantes. Si l’on prétend rompre définitivement avec ces mêmes classes dirigeantes, ce que nous proclamons, nous, communistes français, alors il nous faut rompre tout aussi définitivement avec la voyoucratie. Mais comment faire? Bien sûr, la police et la gendarmerie vont se trouver en première ligne pour accomplir cette tâche. Mais comment concevoir que celle-ci puisse être accomplie par des composantes d’un appareil d’État, qui fut structuré et formé par la bourgeoisie ? Je pense que, à travers ce questionnement, les communistes français sont directement confrontés au problème de l’État bourgeois et à la théorie qu’ils en ont. Faudrait-il «refaire une police» avant de commander à ce corps de l’État de «faire la police»? Le problème est compliqué mais je crois, d’une part, que nous devons l’aborder de front, car il concerne toutes les fonctions de l’État, et d’autre part, que la solution que nous lui apporterons de manière explicite sera l’illustration pratique de ce que nous appelons la dictature du prolétariat. Car il nous faudra non seulement mettre en œuvre la dictature du prolétariat (l’application de la théorie), il nous faudra également et peut-être surtout construire cette dictature dans la dialectique de la lutte et de la démocratie. Nous n’allons pas reconstruire a priori, ou ex-ante, un appareil d’État devant nous permettre de mettre fin à la dictature de la grande bourgeoisie. Nous devrions plutôt, avec le soutien des masses populaires et, bien sûr, avec nos propres analyses, prendre place dans le mouvement réel. C’est ce qu’a fait Fabien Roussel, me semble-t-il, en participant à la manifestations des policiers. Reproche ne lui en sera certainement pas fait par les gens du peuple. Nous devrions ensuite, avec les policiers, construire la police susceptible de répondre aux besoins de sécurité ainsi qu’à tous les besoins que la police a pour fonction de satisfaire. Les dirigeants factieux de tous les corps de l’État concernés devront certainement être neutralisés et chassés de la position qu’ils occupent. Mais dans l’expérimentation, par la majorité des personnels de l’Etat, de la malfaisance de leurs chefs actuels, de la malfaisance des doctrines qu’ils diffusent ainsi que des intérêts qu’ils défendent vraiment sans forcément le savoir. Il va de soi qu’une telle démarche supposera, si elle est partagée, des conceptions et des analyses autres que celles de Titine Taintain, ou des supporters irréfléchis du marxisme-léninisme. Elle supposera une grande capacité politique et le soutien populaire. Cela dit, elle ne reposera pas sur le sable de notre imagination. 1) Les CRS, pour ne parler que d’eux, sont aussi des enfants du peuple. Ce sont aussi des fils de paysans, d’ouvriers, de commerçants, de fonctionnaires. Cela ne s’est pas effacé d’un coup de leur mémoire. 2) Ensuite, la police n’est que l’un des corps professionnels concernés. L’expérimentation démocratique de la construction de la dictature du prolétariat sera une expérimentation générale. Entre ces expériences se produiront des effets de réciprocité et l’on peut espérer que ces effets seront positifs et convergents. 3) Il faut également penser que l’expérience de la démocratie nouvelle devra concerner d’autres professions que celles des corps d’État traditionnels. Je pense notamment aux informaticiens dont j’ai fait mention dans l’article publié sur ce site à propos du système chinois de crédit social. Nous disposons aujourd’hui de technologies matérielles et scientifiques dont nous pourrons faire usage dans cette lutte. 4) Enfin, dans ce domaine comme dans tous les autres, il est sain de tirer régulièrement les bilans nécessaires. La théorie est indispensable, mais la pratique collectivement raisonnée n’est pas mal non plus. Je souhaite indiquer un dernier point relevant de l’analyse théorique. Les problèmes de sécurité que rencontrent aujourd’hui les Français ou les résidents français me suggèrent personnellement qu’existent 3 niveaux dans l’analyse des problèmes que les communistes se donnent l’ambition de contribuer à résoudre, et non pas 2, comme je je le croyais précédemment. La Nation, qui est le niveau de la décision, en occupe la place centrale. Elle est le point d’aboutissement de son intérieur et le lieu de la jonction avec l’extérieur, c’est à dire les autres Etats et les autres Nations. La Société est l’assise de la Nation. C’est la cohérence de la Société qui constitue la force de la Nation. Éliminer immédiatement et définitivement la grande bourgeoisie de la direction et de la décision des affaires de la France est une priorité, d’une part pour la bonne marche de la Nation mais d’autre part aussi pour la bonne marche de la Société. C’est alors que, d’un même mouvement, nous pouvons mieux comprendre les phénomènes suivants. La cohérence de la Société recouvre non seulement sa cohérence sécuritaire, mais également sa cohérence économique, Je ne dis rien de sa cohérence idéologique car cet aspect mériterait d’autres développements. Je signale au passage, pour celles et ceux que cela intéresserait, que j’ai traité de ces questions dans mon récent ouvrage sur le socialisme. J’y renvoie car je me suis «mouillé» à ce propos. Quoiqu’il en soit, énoncer que nous recherchons la Cohérence de la Société en tant que résultante de toutes les cohérences jugées nécessaires à un moment donné du temps, et comme fondement de la force de la Nation, ne signifie pas que soit niée l’existence de contradictions au sein de la Société. Cela signifie que, lorsque la grande bourgeoisie aura été mise à la porte de tous les pouvoirs, la démocratie, à la fois procédurale et substantive, pourra donner à chacun sa place, sans phénomènes d’exploitation et de domination. La Société est, pour moi, le niveau de ce que nous appelons le Peuple. Mais en abordant l’analyse de la Société par le biais de sa Cohérence, et donc de toutes les cohérences qui constituent cette dernière, nous agissons en sorte que le Peuple corresponde à une approche concrète, précise. Nous désidéologisons ce concept et la réalité qu’il recouvre. On comprendra alors que la Nation que nous défendons diffère profondément de la perception qu’en ont la grande bourgeoisie et l’extrême droite. Nous, communistes, nous sommes des internationalistes. Nous ne sommes pas des nationalistes. Nous sommes à la fois des patriotes et des internationalistes parce nous aspirons seulement à la défense des intérêts de notre peuple et de sa souveraineté. Nous sommes pour le respect de toutes les nations et non pour la suprématie de notre Nation ou de quelque Nation que ce soit sur les autres. |
Xuan |
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Dans l'Humanité cet article dénonce une vidéo appelant au meurtre des communistes. La violence fasciste se conjugue avec l'anticommunisme de la social-démocratie libérale. Par exemple les appels à la censure de la CGTN par le Figaro ou Le Point, ou le révisionnisme historique du parlement européen concernant le pacte germano-soviétique. Sur ce sujet Roussel est intervenu ce matin à télématin pour dénoncer les menaces fascistes à son encontre comme envers un militant syndical. Un appel à manifester est signé par un certain nombre d'organisations "pour les libertés et contre les idées d'extrême-droite". Dans un cas comme dans l'autre la réponse au fascisme est extrêmement frileuse et institutionnelle. _______________ Fachosphère. Sur YouTube, Papacito appelle au meurtre de militants de gauche Mardi 8 Juin 2021 Julia Hamlaoui https://www.humanite.fr/fachosphere-sur-youtube-papacito-appelle-au-meurtre-de-militants-de-gauche-709873?fbclid=IwAR3MrPaX28rMmT5yfrHrgPdtDKahUPehHofU-wD5pV0HLy_akDcMN3ejBGA Dans une vidéo vue 130 000 fois entre dimanche et lundi, l'influenceur d'extrême droite et son acolyte Code Reinho expliquent comment s’en prendre « aux gauchistes ». La France insoumise et le PCF portent plainte. Ses protagonistes ont le sourire aux lèvres, jouent la décontraction. La vidéo n’en est que plus glaçante. Le youtubeur d’extrême droite Papacito et son acolyte Code Reinho, sous couvert d’ « expérience scientifique », y tirent sur un mannequin représentant un militant de gauche – un « électeur de Jean-Luc Mélenchon », équipé d’un T-shirt floqué d’un « Je suis communiste », et posté à côté d’un drapeau Che Guevara. « Le but, c’est de savoir si Jean-Gauchiste pourra survivre aux gens normaux qu’il insulte et qu’il méprise depuis des années» , explique l’un, au cas où il subsisterait un doute sur la nature de cet appel au meurtre publié dimanche en fin de journée. Un tuto pour se procurer des armes Les deux influenceurs de la fachosphère ne s’arrêtent pas là et transforment la séquence en tuto pour se procurer des armes. «180 euros et un quiz de merde, c’est ce qui vous sépare de l’assurance d’être entendu quand vous avez quelque chose à dire» , lâche Papacito à propos du permis de chasse, et après avoir défini une arme de catégorie C comme « l’assurance de vous faire respecter dans les moments où on mettra en doute vos convictions ». Et on passe sur le flot continu d’insultes, de propos virilistes ou homophobes, ou encore les invitations à s’inspirer des pires moments de l’histoire. La chute de la vidéo, vue lundi par 130 000 personnes, est à l’avenant, avec une scène dans laquelle le mannequin est poignardé à de très nombreuses reprises par Papacito. «Des actes odieux suggérés» Ses électeurs directement visés, le candidat FI à la présidentielle a tiré la sonnette d’alarme lundi. Visiblement ému par ce torrent de haine, Jean-Luc Mélenchon a jugé «indispensable» d’en diffuser des extraits pour montrer la véritable nature «des actes odieux suggérés». «Qui que vous soyez, quelle que soit votre opinion politique, à mon sujet ou celui des insoumis, je suis certain qu’aucun d’entre vous n’approuve une telle mise en scène» , a déclaré le leader insoumis lors d’une conférence de presse de dernière minute. Le député a également fait le lien avec la polémique née la veille après son interview sur France Inter: «Je mets en garde, en discernant les choses, contre la violence verbale qui nous entoure et peut parfois conduire à nous désigner en permanence comme des cibles.» Les communistes et Jean-Luc Mélenchon sont pris pour cible dans une vidéo d’extrême droite d’une rare violence. (...) Au nom des communistes, je saisis le procureur de la République. FABIEN ROUSSEL Secrétaire national du PCF Sur certains plateaux TV, cette intervention de FI n’a été présentée que comme un «contre-feu» tandis que, à l’heure où nous écrivons ces lignes, la vidéo d’appel au meurtre n’avait pas suscité de réactions unanimes. Les insoumis l’ont signalée à YouTube, d’où elle a finalement disparu en fin de journée, à la plate-forme dédiée Pharos, et au commandant militaire du Palais-Bourbon. Ils portent plainte et invitent les citoyens à se joindre à leur démarche. Le PCF a également réagi : «Les communistes et Jean-Luc Mélenchon sont pris pour cible dans une vidéo d’extrême droite d’une rare violence. Il faut mettre fin à ce climat de violence. Au nom des communistes, je saisis le procureur de la République» , a annoncé le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel. Un « ami » d'Éric Zemmour Si cette dernière vidéo a franchi un nouveau cap, Papacito, égérie d’extrême droite, n’en est pas à son premier fait d’armes avec de multiples publications et 100 000 abonnés sur YouTube. Éric Zemmour, par exemple, l’évoquait sur CNews la semaine dernière comme son «ami». Celui-ci le lui rend bien, prêt à le soutenir s’il « permet via sa présidence de sortir de plus en plus du cadre républicain » et d’instaurer « un climat qui fait qu’il y aura des flingues ». ______________ Les deux intelligents sont clairement inspirés du trumpisme, incapables de distinguer PCF et FI. Du reste pour les fascistes, le gauchisme commence au MODEM. Mais c'est un fait nouveau qui porte deux indications : D'une part la fachosphère est politiquement muette. D'autre part l'essor de la Chine, même le fait que le PCF sorte de l'ombre de la social-démocratie, doit commencer à la mettre sur le gril. Edité le 08-06-2021 à 20:21:46 par Xuan |
Xuan |
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Un appel d'info'com CGT. Pourquoi "les idées d'extrême-droite" et non le fascisme ? D'autant que la CGT n'a pas à stigmatiser des idées d'extrême-droite mais le fascisme, qui n'est pas exactement "des idées". On peut se demander quel groupe "de gauche" a imposé ce slogan. TOUS ET TOUTES ENSEMBLE POUR LES LIBERTES ET CONTRE LES IDÉES D’EXTRÊME-DROITE Racisme, antisémitisme, attaques contre les libertés, banalisation des idées d’extrême droite... STOP ! Manifestations unitaires à l'appel de syndicats, associations, partis politiques… À PARIS : SAMEDI 12 JUIN 2021 14 HEURES • PLACE CLICHY VERS RÉPUBLIQUE AUTRES RENDEZ-VOUS : Voir la carte de France sur https://marchedeslibertes.fr POUR NOS LIBERTÉS ET CONTRE LES IDÉES D’EXTRÊME-DROITE Depuis maintenant plusieurs mois nous constatons un climat politique et social alarmant. S’allier avec l’extrême droite ou reprendre ses idées ne constituent plus un interdit. Les propos et actes racistes et sexistes au travail et dans la vie se propagent. Les attaques contre les libertés et les droits sociaux s’accentuent gravement. Dans ce contexte politique, économique, social et sanitaire les injustices explosent et génèrent une forte misère sociale. Plusieurs lois liberticides organisent une société autoritaire de surveillance et de contrôle qui empêcheraient d’informer sur des violences policières, déjà trop importantes. De plus, si certaines de ces lois stigmatisent une partie de la population en raison de sa religion, d’autres en ciblent en raison de leur activité militante. Comme les signataires de l’appel pour les libertés et contre les idées mortifères de d’extrême droite (www.marchedeslibertes.fr), nous ressentons toutes et tous l’urgence de construire une réponse forte et unitaire qui dessine l’alliance des libertés, du travail et d’un avenir durable. Face à ce climat de haine, raciste et attentatoire aux libertés individuelles et collectives, nous avons décidé collectivement d’organiser le samedi 12 juin une première grande journée nationale de manifestation et de mobilisations qui se déclinera localement. Cette journée fait partie des initiatives unitaires qui se multiplient. D’ores et déjà, nos organisations syndicales, politiques, associations, collectifs, signataires de l’appel, ont décidé de co-construire ce combat dans la durée. Edité le 08-06-2021 à 20:07:34 par Xuan |
Xuan |
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Commentaire de Laurent Brun à propos de la claque ramassée par Macron : Comme on dit chez moi « pour être respecté il faut être respectable »... Il appauvrit les jeunes, les vieux, les chômeurs, met à genou les services publics de la santé, de l’éducation, de l’énergie, des transports, brade notre patrimoine public, remet en cause les droits des travailleurs, leur représentation, etc etc etc. Franchement, aucun respect pour ce président. Il a prit une claque dans la gueule, ce n’est pas un mode habituel d’expression, et n’importe quel citoyen doit être protégé de la violence. Mais on a prit des coups de matraque, des lacrymogènes, des tirs de LBD. Nous n’avons pas été protégés de la violence. Sa personne n’est pas plus sacrée que n’importe quel citoyen. La violence qui nous frappe n’est pas plus légitime que celle dont il a été victime. Certains ont perdu des yeux ou des mains sans qu’aucun des ténors de LREM ne verse une larme, au contraire. Quand on légitime la violence, ça finit fatalement par déraper. Alors il est peut être temps de décider que les manifestants ne seront plus tabasses, que les préfets Brutos doivent être démis, que les factieux et les fascistes doivent être expurgés de la police, que lorsqu’un patron provoque un préjudice à un salarié il ne bénéficiera plus de forfait de condamnation ou de prescription, etc etc... Dans une société plus juste, tout le monde serait choqué qu’un manifestant soit violenté et tout le monde serait choqué qu’un président prenne une claque. Enfin Macron alimente l’extrême droite qui se sent pousser des ailes au point que ses électrons libres ou ses nervis passent à l’acte et démontrent qu’ils sont capable de dépasser toutes les limites de la violence et des coups de force. Qu’il cesse de jouer avec le feu et nous risquerons tous moins de brûlure. Franchement ce soir je suis totalement indifférent à ce qui s’est passé à Tain. Perso je ne pense pas que la population devienne royaliste, par contre beaucoup se sont fendu la gueule de voir le freluquet se faire baffer. A force de courtiser les électeurs de Le Pen, Macron se fait tutoyer par un groupuscule royaliste. Par contre les médias n'ont pas poussé de grands cris pour l'appel au meurtre de papacito. |
Xuan |
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L'appel à manifester à Lille de Rassemblement Communiste : LEUR FASCISATION CREVE LES YEUX! La multiplication des actes politiques « glaçants », pour citer le mot d’Audrey Pulvar au sujet de la manifestation policière, immédiatement menacée par le Ministre de l’Intérieur, est particulièrement nette ces dernières semaines, au point qu’on peut se demander à quoi joue réellement la Macronie. Dans la même période, le gouvernement interdit une manifestation parisienne de soutien au peuple palestinien qui subit un nouveau déchaînement militaire de la part de l’entité sioniste, et Darmanin participe à une manifestation policière factieuse qui s’en prend directement à la Justice française et joue les gros bras devant le Parlement. La France a été, de fait, le seul pays à interdire un soutien à la Palestine, quand il s’est exprimé partout ailleurs dans le monde, jusqu’en Israël même ! Dans le même temps, une grande manifestation policière fortement teintée de brun, vue l’omniprésence des courants fascistes de ce pays, du syndicat Alliance au RN en passant par Zemmour et autres « intellectuels » d’extrême droite islamophobe, a ouvert ses rangs à l’arrogant et ambitieux Ministre Darmanin, celui qui disait il y a peu sur un plateau télé à Marine Le Pen qu’elle était « trop molle » en matière de sécurité… Nous avons d’ailleurs pu mesurer à quel point il s’agissait d’une démonstration de force « politique » à l’absence remarquée de la CGT Intérieur (dont Darmanin vient d’ailleurs de licencier illégalement le secrétaire général), qui a refusé la manipulation d’un appel qui concernait initialement un simple hommage à Eric Masson, policier mort récemment. L’Elysée et le gouvernement ont visiblement pris goût à une forme de « conseil de guerre » excluant systématiquement des décisions politiques les parlementaires, avec la crise sanitaire qu’ils ont géré si lamentablement … mais d’une main de fer (on se rappelle du musicien tabassé par des policiers déchaînés, dans son studio et sous des caméras, au seul motif qu’il n’avait pas de masque dans la rue en rentrant chez lui). Leur déchaînement actuel, à tous points de vue, crève les yeux. La parution publique, dans un journal à large diffusion, d’une tribune putschiste de hauts gradés fascistes à la retraite très influents au sein de la prétendue « grande muette », aurait-elle pu advenir aussi impunément il y a seulement quelques années ? Ces signes ne sont pas fortuits : Ils découlent d’une politique sécuritaire et discrimimatoire extrêmement dangereuse, flanquée de lois bien concrètes : la loi « sécurité » (qui allait tellement loin dans l’impunité policière qu’elle vient d’être retoquée par le Conseil Constitutionnel) et la loi contre les « séparatismes », qui constitue un arsenal particulièrement agressif et stigmatisant contre un « ennemi intérieur » fantasmé, les musulmans de ce pays. Ils trouvent aussi leur origine dans le régime présidentialiste autoritaire de la Vème République gaulliste. Bref, nos Droits Démocratiques, qui –rappelons-le- furent conquis par nos luttes et non offerts par les puissants, reculent… pendant que Macron et son gouvernement se « radicalisent à droite » (euphémisme) : soutien aux putschistes fascistes qui ont renversé Evo Morales en Bolivie, soutien au gouvernement hyper-répressif qui mitraille son peuple en Colombie, soutien aux terroristes antiMaduro au Venezuela, soutien au « dissident » raciste Navalny en Russie, au néonazis pro-UE ukrainiens ou au « dissident » nazi Protashevich au Belarus… et peut être surtout, soutien sans faille au gouvernement d’extrême droite israélien qui bombarde impunément les palestiniens quand bon lui semble. Les « amis » de Macron à l’international sont à l’image de ses propres options politiques sur les plans interieur et extérieur, depuis la répression sanglante, dénoncée à l’étranger, des manifestations populaires des Gilets Jaunes depuis trois ans, et ce n’est qu’un exemple. Depuis la poursuite résolue des opérations meurtrières de la françafrique au Mali, au Sahel également… C’est à ses fruits qu’on reconnaît l’arbre. Et l’arbre, ici, porte un nom précis. C’est la fascisation. Ce terme, contrairement à son apparence, n’est pas équivoque : il s’agit d’un processus de long terme, qui du reste n’a pas commencé avec Macron, mais qui, sous nos yeux, s’accélère. Ce dernier n’est certes pas encore un « fasciste » au sens propre, mais il poursuit un processus offensif de répression et de tentative de dérivation de la colère populaire quand celle-ci se renforce, et qui peut quand « les circonstances l’exigent », sous la forme d’un « état d’urgence » par exemple, déboucher sur le fascisme. C’est Hindenburg et des magnats très « démocratiques » de la finance allemande qui ont installé Hitler au Pouvoir. Ce sont des financements anglais et français qui ont aidé Mussolini à prendre le pouvoir. Ce sont notoirement les Etats-Unis, « grande démocratie », qui ont assassiné le président élu Allende pour le remplacer par le fasciste Pinochet. Les exemples de ce genre ne manquent pas. Il est donc absurde d’opposer comme des « contraires » le fascisme d’une part et la « démocratie libérale » de l’autre : Toute l’histoire du 20ème siècle l’a déjà confirmé. Souvenons-nous que ce sont bien des grands patrons qui ont dressé la menace cagoularde contre la montée en puissance du mouvement ouvrier avant la victoire du Front Populaire. Les mêmes, au nom d’un « plutôt Hitler que le Front Populaire », ont fini par mettre Pétain au pouvoir après une « étrange défaite » face à la Wehrmacht. Chaque fois, ils ont défait les droits démocratiques un moment concédés face au mouvement ouvrier organisé menaçant leurs intérêts. Chaque fois ils ont construit un ennemi de l’intérieur pour détourner la colère. Chaque fois ils ont tenté de briser la résistance syndicale et de museler l’opposition politique. Nous vivons une crise économique et sociale que plus personne ne conteste, et la tentation de criminaliser tout mouvement populaire est grande à l’Elysée et au MEDEF, comme dans les salons de Bruxelles. Si nous ne réagissons pas, si nous refusons de comprendre que la période n’admet pas la division dans nos rangs, si nous ne montrons pas notre unité face à ce processus de fascisation déjà bien entamé et qui s’accélère aujourd’hui, nous désarmerons notre camp contre la menace fasciste, incarnée par le RN, les « identitaires », la LDJ et autres milices, exploitée par LERM et ses satellites LR et PS. Il est plus que temps de dire stop à un pouvoir aux abois qui cherche à brouiller les pistes pour passer à l’attaque ! C’est ainsi que tous ensemble, nous reprendrons l’offensive ! L’ensemble de notre camp social et politique antilibéral doit s’unir pour ne plus subir ! |
Xuan |
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A propos de papacito, un article de France info assez instructif : https://www.francetvinfo.fr/politique/six-choses-a-savoir-sur-ugo-gil-jimenez-alias-papacito-youtubeur-et-influenceur-d-extreme-droite_4655517.html Quant au "royaliste" confus "Damien T." qui a claqué Macron, il est abonné à la chaîne de papacito, celle de Julien Rochedy, l’ancien président du Front national de la jeunesse, ainsi que les activités du groupe "Équipe Communautaire Paris", affilié au réseau "Les Braves", du suprémaciste blanc Daniel Conversano. Il est aussi président de l'association des arts martiaux historiques européens (AMHE) à Saint-Vallier. Sur les armes et le reste, la presse a déjà tout dit. Bien qu'il s'agisse d'influenceurs très confus dans leurs idées, ils ont une audience importante sur les réseaux sociaux comme sur You tube, auprès des jeunes notamment. |
Xuan |
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Crise de l’Impérialisme français en Afrique et processus de fascisation dans l’hexagone Publié le 10 juin 2021 par bouamamas Coup d’État au Tchad approuvé et soutenu par Macron avec un appel à « mettre en œuvre un processus démocratique le plus rapidement possible » ; « Coup d’État » au Mali condamné par Macron alors qu’il est soutenu par de nombreuses organisations populaires maliennes ; manifestations et déclarations politiques contre l’ingérence française à Bamako, N’Djaména, Ouagadougou ou Niamey, accusation publique par le Chef de l’’État de la Russie accusée d’ « alimenter un sentiment anti-français en Afrique » , etc. L’impérialisme français en Afrique est indéniablement dans une séquence historique de crise. Dans la même période se déploie dans l’hexagone un processus de fascisation que nous avons longuement analysé dans nos derniers articles [lois jumelles liberticides sur la sûreté globale et sur le « séparatisme », basculement du centre de gravité des discours politiques du ministre de l’intérieur vers l’extrême-droite, tribunes de militaires, manifestations policières devant l’assemblée nationale, multiplication des discours et analyses sur le déclin à conjurer, etc.]. Les deux réalités externe et interne sont rarement mises en lien dans les analyses politique. La cécité sur ces liens est un obstacle à la compréhension des enjeux et dangers politiques contemporains en France. ![]() Si tous les impérialismes, en tant que capitalisme parvenu au stade de « la domination des monopoles et du capital financier », possèdent des invariants [exportation des capitaux, place prépondérante du capital financier, etc.], ils n’en sont pas moins chacun le résultat d’une histoire spécifique les spécifiant et les particularisant. Ils s’insèrent en outre tous dans un rapport de force mondial qu’il est incontournable de prendre en compte pour comprendre les stratégies et les politiques mises en œuvre. Certaines spécificités de l’impérialisme français sont, selon nous, à prendre en compte, pour comprendre la séquence historique actuelle. La collaboration massive de la classe dominante française avec le nazisme met cette dernière dans une situation particulière au moment de la Libération. Elle ne peut espérer se relever et rester au pouvoir qu’en s’appuyant sur son empire colonial [il en découlera la reconquête du Vietnam et la sale guerre qui lui succède, les crimes de masse de mai 1945 en Algérie, la longue et barbare guerre d’Algérie, etc.]. Cependant cette reconquête est soumise à l’approbation des USA qui deviennent la puissance impérialiste dominante et qui conditionne logiquement cette approbation à une dépendance économique et militaire. Cela se traduira par le plan Marshall dont une des conditions est l’enclenchement de la construction européenne que Washington veut intégrer pour isoler l’Union Soviétique. Affaiblie structurellement la classe dominante française est contrainte d’accepter cette place d’« impérialisme secondaire ». C’est ainsi avec la bénédiction de l’OTAN que la France mène les salles guerres du Vietnam, d’Algérie, du Cameroun, etc. Cela ne veut pas dire que la classe dominante française renonce à redevenir une puissance impérialiste de premier plan. L’épisode gaulliste en témoigne, de même d’ailleurs que la construction européenne ultérieure. L’épisode gaulliste exprime la tentative de l’impérialisme français de reprendre pied en jouant une place « entre les deux grands » alors que la construction européenne signifie le même objectif en tentant cette fois-ci de devenir la puissance dominante de l’Union européenne. Ce dernier espoir volera en éclat avec la réunification allemande qui fait basculer le rapport de forces intra-européen en faveur de Berlin. Le caractère secondaire de l’impérialisme français est ainsi renforcé par la réunification allemande. L’avenir et la place de l’impérialisme français dépendent désormais de la construction d’un nouveau super-impérialisme : celui de l’’Europe. Cet avenir et cette place sont l’objet d’affrontements et de contradictions entre les pays européens et en particulier entre la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Dans cette lutte impitoyable les seuls atouts réels que possède la France est son lien historique particulier avec l’Afrique, son expérience d’interventions militaires et les effets en retour sur la production d’armements, son « pré-carré » reproduit par le système Françafrique, etc. Le caractère secondaire de l’impérialisme français est justement le facteur qui transforme celui-ci en gendarme de l’Afrique dont le dernier avatar est la guerre contre la Libye et ses effets chaotiques qui perdurent jusqu’à aujourd’hui. La fréquence des interventions militaires françaises en Afrique ne découle pas de pseudo « liens historiques », d’une soi-disant « destinée commune » ou d’une nécessité commune de lutter contre le « terrorisme djihadiste ». Elle s’explique par le fait que l’Afrique est le dernier atout français pour négocier une place au sein des rapports de forces entre puissances impérialistes. François Mitterrand en parlait déjà comme suit en 1957 : « Le monde africain n’aura pas de centre de gravité s’il se borne à ses frontières géographiques. […] Dire à nos alliés que là est notre domaine réservé […] car sans l’Afrique il n’y aura pas d’histoire de France au XXIe siècle […] La France reste celle qui conduit, celle dont on a besoin, celle à laquelle on se rattache. [ii] » Cinquante ans plus tard Jacques Chirac lui répond en écho : « Sans l’Afrique, la France descendra au rang de puissance de troisième rang[iii]. » L’aggravation contemporaine de la crise de l’impérialisme français Un simple regard sur les évolutions des importations et des exportations de l’Afrique ces dernières décennies permet de visualiser la perte d’influence économique française et européenne sur le continent. Les données de la CNUCED [Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement] indiquent ainsi que l’Union européenne comptait pour 48. 2 % dans les exportations africaines en 1995 et pour 33.2 % en 2019. Elles précisent également que 43 % des importations africaine provenaient d’Europe en 1995 contre 29.9 % en 2019[iv]. Concernant la place de la France, un rapport d’Hervé Gaymard [réalisé pour le ministère de l’Europe et des affaires étrangères] utilise l’expression « déclin relatif » pour qualifier l’évolution des échanges entre l’hexagone et le continent. Ce dernier qui porte un titre significatif [« Relancer la présence économique française en Afrique : l’urgence d’une ambition collective à long terme »] résume comme suit la situation : Le déclin relatif de la présence économique française sur le continent africain est à la fois massif et soudain. Ce déclin relatif est très net : les parts de marché de la France en Afrique ont été divisées par deux depuis 2001, de près de 12% à environ 6% […]. Ce déclin relatif, très net, est d’autant plus spectaculaire que le poids de la France dans le commerce total des marchandises avec l’Afrique s’était maintenu, de 1970 au début des années 2000, autour de 15%[v]. Le rapport souligne en outre que le « déclin des parts de marché françaises est particulièrement marqué en Afrique francophone [de 25 % en 2000 à 15 % en 2017]. Une étude de la COFACE [Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur] datée de 2019 précise que tous les grands secteurs d’exportation, à l’exception de l’aéronautique, sont touchés par ce « déclin relatif » : Machines, appareils électriques, Pharmacie, automobile, blé[vi], etc. La perte de ces parts de marché selon cette étude provient de « la fulgurante progression de la Chine […] En Afrique de l’Ouest, la percée de la Chine est encore plus notable si l’on inclut Hong Kong, qui s’est imposé comme un acteur important avec des gains de parts de marché de l’ordre de 10 points[vii]. » Plusieurs seuils symboliques sont dépassés : la Chine remplace la France à la place de premier exportateur vers l’Afrique en 2007 et l’Allemagne remplace la France à la place de premier exportateur européen en 2017. Ces quelques données mettent en exergue que de nombreux pays africains ont mis à profit le contexte de « mondialisation » et la multilatéralisation du monde qui l’accompagne pour sortir du face-à-face contraint avec l’ancienne puissance coloniale. Ils ont diversifié leurs échanges en s’appuyant sur les pays dits « émergents » et en particulier sur la Chine pour desserrer le carcan de la relation de dépendance caractéristique du colonialisme et du néocolonialisme. Ils ont mis en œuvre la logique de la « concurrence libre et non faussée » de la mondialisation capitaliste en la retournant contre un de ses promoteurs important : la classe dominante française. Les réactions ne tardèrent pas. Elles prirent de multiples formes. En premier lieu elles s’orientèrent vers des campagnes idéologiques diverses [La Chine et les Ouïgours, la mauvaise qualité des produits chinois, le nouvel impérialisme chinois, etc.] dont le point commun est de diaboliser les concurrents actuels des entreprises françaises en Afrique. Elles prirent ensuite la forme des promesses politiques de réformes tous azimuts des rapports franco-africains : promesse de sortie de la Françafrique, reconnaissance euphémisée des massacres coloniaux, discours du « responsable mais pas coupable » à propos du génocide au Rwanda, annonce de la réforme du Franc CFA pour le remplacer par l’ECO, etc. Elles prirent enfin la forme d’un changement de doctrine militaire pour lutter contre le « terrorisme ». Cumulée ces différentes réactions soulignent l’ampleur de la crise actuelle de l’impérialisme français, ravalé plus que jamais au rang d’impérialisme secondaire et menacé de perdre son dernier atout dans les négociations avec les autres impérialismes : son « pré-carré » africain. Le vocabulaire du rapport au ministre des affaires étrangères [« Déclin relatif », « massif et soudain », « spectaculaire », « urgence », etc.] est significatif de l’importance de cette crise conduisant à un diagnostic d’alarme porteur de nombreux dangers pour la paix sur le continent africain. La même période qui voit se déployer ce « déclin relatif » se caractérise en effet également par un changement de la doctrine militaire française. Le livre blanc de la défense de 2013 s’inquiète ainsi de la « montée en puissance des pays émergents, en particulier celle du Brésil, de l’Inde et de la Chine ». Il alerte sur le fait que ces nouveaux concurrents « ne se limitent plus aux seuls produits énergétiques et aux matières-premières ». Il met en garde également sur l’activisme du concurrent états-unien sur le continent : « [Les États-Unis] continuent de s’intéresser à cette zone comme en témoigne la création d’un commandement spécialisé – Africom. » Il déduit ensuite de ce diagnostic des axes stratégiques prioritaires de défense vers « le Sahel, de la Mauritanie à la Corne de l’Afrique, ainsi qu’une partie de de l’Afrique subsaharienne [qui] sont également des zones d’intérêts prioritaires pour la France, en raison d’une histoire commune, de la présence de ressortissants français, des enjeux qu’elles portent et des menaces auxquelles elles sont confrontées ». Il conclut enfin à la nécessité d’une intervention militaire directe plus forte, plus durable et plus fréquente dans ces « zones stratégiques » : « L’évolution du contexte stratégique pourrait amener notre pays à devoir prendre l’initiative d’opérations, ou à assumer, plus souvent que par le passé, une part substantielle des responsabilités impliquées par la conduite de l’action militaire[viii]. » Un autre axe essentiel du livre blanc de la défense de 2013 est le renforcement de la production d’armement présentée comme un des atouts importants des capacités de défense française. Cette production, rappelons-le, a besoin de guerres pour se maintenir. Dans les salons où se négocient les contrats de vente d’armements entre États, l’industrie française peut mettre en avant comme arguments de vente des produits des expérimentations pratiques en Afrique. Les profits faramineux de l’industrie d’armement ont besoin de guerres réelles pour se réaliser. La France est ainsi en 2020 le troisième exportateur d’armes dans le monde avec 8. 2 % des exportations mondiales. De même les exportations françaises ont bondit de 44 % entre 2016 et 2020[ix]. Les profits des grands groupes français sont logiquement faramineux : Thalès [8.56 milliards d’euros en 2018] ; Naval group [3.81 milliards] ; Safran [2.93 milliards] ; Dassault [2.65 milliards] ; le Commissariat à l’Énergie atomique [2.08 milliards] ; etc[x]. Le fait que l’impérialisme français est effectivement en crise et en « déclin relatif » ne signifie donc pas qu’il est moins actif et moins agressif. Au contraire la sécurisation des sources de matières premières et des parts de marché des entreprises françaises d’une part et le besoin de promouvoir son industrie d’armement d’autre part suscitent un activisme d’ingérence militaire grandissant dont les derniers évènements africains ne sont que des illustrations. La fabrique du consentement de l’opinion publique La crise et le « déclin relatif » de l’impérialisme français, de même que l’activisme d’ingérence militaire qui en découle, se déploient cependant dans une séquence historique particulière caractérisée par une hausse massive de la paupérisation et de la précarisation, une montée de la colère et de la contestation sociale, une crise de légitimité du pouvoir d’État sans précédent depuis de nombreuses décennies. Du mouvement des Gilets jaunes à celui contre la réforme des retraites, des manifestations massives contre les crimes policiers à l’opposition à la loi sur la sureté globale, de la grève longue des éboueurs à celles tout aussi durable de Chronopost ou de l’hôtel Ibis de Batignolles, etc., ce qui s’exprime de plus en plus c’est une distance et une rupture de la majorité de la population d’avec le discours officiel de légitimation du néolibéralisme et de son austérité inéluctable. Le processus de fascisation que nous avons décrit dans nos derniers articles est une réponse à la fois à cette situation hexagonale et à la nécessité de préparer une opinion publique pour le moins indifférente à ces interventions militaires françaises [couteuses pour la nation mais rentables pour les monopoles de l’armement] et pour le mieux favorable. C’est pour cette raison qu’une logique d’extrême-droitisation de la vie politique française a été déployée par le gouvernement lui-même : nomination de Gérard Darmanin, promotion du thème idéologique sur le séparatisme et loi sur le séparatisme, promotion du thème sécuritaire comme pôle central de la campagne des présidentielles, etc. Cette logique instrumentale d’État a été confortée par les mutations récentes du paysage audio-visuel qui avec le développement des chaînes comme CNews ont pour principal caractéristique de diffuser un discours du « déclin et du sursaut » qui est un des traits identitaires de l’extrême-droite et du fascisme. Elle a été renforcée par la logique de surenchère de la galaxie fasciste et/ou identitaire qui tient le même discours du « déclin et du sursaut » sur un plan général et au sein de certaines institutions en particulier [armée, police, etc. Si chacun joue ici sa partition pour ses intérêts propres, le résultat d’ensemble est la réunion progressive des conditions de possibilité d’une séquence fasciste non plus comme une hypothèse lointaine mais comme une perspective de court terme de réponse au « déclin relatif » national et international. Certes nous n’en sommes pas là et d’autres options existent encore pour la classe dominante. Cependant indéniablement le contexte idéologique promu, de même que les évolutions législatives sécuritaires, constituent des ingrédients d’une solution fascisante à la crise, surtout si on ne limite pas cette dernière à la seule figure du Rassemblement National et de Marine Le Pen. Comme nous l’avons souligné dans nos articles précédents, le fascisme contemporain ne se moule pas forcément dans les habits anciens. Il ne défile pas forcément en chemise brune et peut très bien s’acclimater au « costume-cravate » et même au « jeans et aux cheveux longs ». Face à ce contexte national et international, force est de constater une faiblesse idéologique des réactions. Nous disons idéologique parce que la faiblesse quantitative n’est, selon nous, qu’une des conséquences de la faiblesse idéologique. Sans être exhaustif au moins trois éléments de faiblesse structurelles de l’opposition à la fascisation peuvent être mentionnés. Le premier est l’analyse du racisme comme phénomène individuel empêchant de saisir sa dimension structurelle comme en témoigne les polémiques au sein même de la « gauche » sur le « racisme d’Etat », le « racisme anti-blanc », les « violences policières systémiques », etc. Le second est le mythe de la République et l’essentialisation des conquis politiques historiques [la laïcité, le principe d’égalité homme-femme, l’interdiction de la discrimination légale en fonction de l’origine, etc.] comme étant des traits de « l’identité française » comme en témoigne la difficulté à constater le développement réel de l’islamophobie en France, à s’opposer radicalement à la loi sur le séparatisme ou à exiger la régularisation de tous les sans-papiers. Le troisième est enfin la sous-estimation de la dimension anti-impérialiste dans la prise en compte des rapports de force entre classes sociales comme en témoigne l’absence dramatique de mobilisations contre les guerres menées par l’armée française en général et en Afrique en particulier. Négation du racisme comme modalité de gestion du rapport de classe, persistance d’une vision idéaliste de la République et de la Nation et faiblesse de l’anti-impérialisme sont les trois mamelles politiques nourrissant la faiblesse de la résistance antifasciste aujourd’hui. [i] Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, éditions sociales, Editions sociales, Paris, 1971, p. 124. [ii] François Mitterrand, Présence française et abandon, Plon, Paris, 1957, cité in Abdoulaye Diarra, La gauche française et l’Afrique subsaharienne, Karthala, Paris, 2014, p.258. [iii] Cité in Philippe Leymarie, Malaise dans la coopération entre la France et l’Afrique, Le Monde Diplomatique, juin 2002, pp. 18 -19. [iv] Jacques Berthelot, L’extraversion croissante et suicidaire des échanges de l’Afrique, 8 juin 2021, document ronéoté. [v] Hervé Gaymard, Relancer la présence économique française en Afrique : l’urgence d’une ambition collective à long terme, Ministère de l’Europe, des Affaires Etrangères, avril 2019, p. 15. [vi] Coface, Course aux parts de marché en Afrique : l’échappée française reprise par le peloton européen, Les publications économiques de COFACE, juin 2018, p. 5. [vii] Ibid., p. 10. [viii] Livre Blanc : Défense et sécurité nationale 2013, Direction de l’information légale et administrative, Paris, 2013, pp. 27-29, p. 40, p.54-55 et p.83. [ix] Auteur anonyme, Défense : bond des exportations d’armes de la France, Capital du 15 mars 2021, consultable sur le site capital.fr. [x] Rémi Amalvy, Avec ses six plus grosses sociétés du secteur, la France est le quatrième vendeur d’armes mondial, L’usine nouvelle du 9 décembre 2019, consultable sur le site usinenouvelle.com. |
Xuan |
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grève à Cnews https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20210621-la-gr%C3%A8ve-reconduite-%C3%A0-europe-1-les-synergies-avec-cnews-pr%C3%A9cis%C3%A9es Il est à noter le rapprochement Bolloré-Lagardère et leur soutien à Zemmour. C'est la première fois que le grand capital soutient un courant ouvertement raciste et fasciste. A noter également les critiques de Zemmour à Le Pen suite à son échec électoral. https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/06/22/apres-le-revers-du-rn-aux-regionales-eric-zemmour-critique-marine-le-pen_6085256_823448.html |
Xuan |
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Je signale cet article de l'Huma sur Bolloré, qui s'oppose à la mainmise ouverte du grand capital - et de sa fraction la plus réactionnaire - sur les médias. Naturellement l'article ne sort pas des canons du réformisme et de la démocratie bourgeoise et des "valeurs républicaines", dont le grand capital se contrefout. L'article parle de dérapage régulier avec une naïveté confondante puisqu'il s'agit d'une ligne éditoriale fasciste. La démocratie bourgeoise est incapable de s'opposer au fascisme, il en est l'expression. C'est le droit de la propriété privée des moyens de production qui autorise CNews à déverse le fascisme. Par contre il est symptomatique de voir le fascisme soutenu maintenant par le grand capital, ce qui n'était pas officiellement le cas jusqu'ici. C'est un phénomène nouveau sur lequel nous avions déjà alerté, alors que Le Pen devait trouver un financement à l'étranger. Pour l'heure Zemmour n'est qu'un polémiste, il songe fortement à poser une candidature et les médias sont en train de sonder le public dans ce sens : https://www.sudouest.fr/espace-debat/debat/eric-zemmour-sa-candidature-a-la-presidentielle-serait-elle-credible?utm_source=fid&utm_medium=email&utm_campaign=logora https://www.lepoint.fr/politique/exclusif-le-sondage-qui-teste-eric-zemmour-pour-2022--16-06-2021-2431266_20.php https://www.laprovence.com/actu/en-direct/6392208/presidentielle-2022-5-des-francais-se-disent-certainement-prets-a-voter-zemmour-en-cas-de-candidature-sel https://www.francetvinfo.fr/elections/presidentielle/presidentielle-2022-pour-marine-le-pen-une-candidature-d-eric-zemmour-affaiblirait-le-camp-national_4653207.html ______________ Médias. Face à Bolloré, silence radio du CSA et de l’État Jeudi 24 Juin 2021 Caroline Constant Grégory Marin https://www.humanite.fr/medias-face-bollore-silence-radio-du-csa-et-de-letat-712291 Vincent Bolloré apparaît comme tout-puissant dans le paysage médiatique. Il existe pourtant des leviers que la puissance publique pourrait décider d’actionner pour empêcher les concentrations et garantir le pluralisme des idées. Un grand magnat des médias fond sur sa proie, la dépèce, sans que la société, sidérée, n’ait le temps de réagir. Sommes-nous condamnés à voir se répéter indéfiniment cette scène macabre ? Car, c’est ce qui s’est passé en 2016, quand Vincent Bolloré, déjà, avait mis la main sur I-Télé. Chacun se souvient de la brutalité de cette séquence, de cette grève de trente et un jours achevée par une vague de départs, suivis ou choisis, d’une chaîne de télévision débaptisée pour donner naissance à CNews, où se déverse depuis la haine de Zemmour, Praud et consorts. Est-ce à cette sauce que vont être mangés les salariés d’Europe 1 ? Mobilisés depuis vendredi, ils protestent contre le rapprochement éditorial entre leur station et CNews. Un rapprochement idéologique soutenu par une opération de terreur dans les couloirs, puisqu’un journaliste a été mis à pied en attente d’une sanction le 30 juin et plusieurs personnalités poussées vers la sortie. La grève a été levée mercredi après-midi, mais la question du devenir de ces salariés, et de la station, reste entière. Face aux appétits de Vincent Bolloré, Patrick Drahi ou autre Reworld Media, il existe pourtant des leviers d’action légaux. «On pourrait carrément couper les fréquences» Les salariés d’Europe 1 ont raison d’être inquiets. Pour David Assouline, vice-président de la commission des Affaires culturelles du Sénat, Vincent Bolloré a fait «un coup d’essai» en s’en prenant à I-Télé. «Il savait très bien qu’il y aurait conflit, ça lui permettait même de repérer un peu plus amplement qui va dégager. À ce moment, certains hésitaient sur le réel projet de Bolloré : asseoir une puissance ? une direction ou une rédaction à sa botte ?» Aujourd’hui, son but est clair : fonder «un grand groupe de médias d’extrême droite» , estime l’élu. Et « ce qui est le plus dangereux, en termes médiatiques, ce sont les valeurs antirépublicaines qu’il instille tous les jours" , reprend le sénateur. Pierre Laurent, sénateur communiste de Paris, est tout aussi sévère sur le danger. Ce qui se joue, selon lui, « ce ne sont donc pas seulement des mouvements économiques, mais aussi des mouvements de quadrillage politique du paysage informationnel. Ces mouvements politiques correspondent en parallèle à une radicalisation d’une partie des forces de droite et des forces du capital » (1). Quelles solutions, alors, face à cette situation? Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pourrait être un levier. C’est d’ailleurs cette instance qui a condamné CNews à payer 200 000 euros d’amende à la suite des propos racistes de son éditorialiste vedette, Éric Zemmour. L’instance dispose par ailleurs d’un catalogue de sanctions importantes. Pour David Assouline, « on pourrait carrément couper les fréquences de ceux qui ne respectent pas le jeu démocratique. Le problème est structurel : il y a une convention entre le CSA et la chaîne ou la radio pour avoir le droit d’émettre. Les médias audiovisuels occupent des fréquences qui sont un bien public. Ces fréquences sont louées, en quelque sorte, à partir d’engagements établis dans une convention. Quand on lit bien la convention qui lie CNews au CSA, il est dit qu’il faut œuvrer à la concorde républicaine et aux valeurs antidiscriminatoires ». CNews dérape régulièrement ? On est loin d’un « manquement isolé, c’est donc un choix ». La sanction devrait pouvoir tomber, sans gradation. Idem pour Europe 1. « Il y a un changement de projet. Il faut donc que le CSA s’en mêle. Et s’il y a un changement éditorial, la clause de conscience des journalistes doit pouvoir s’effectuer. » Droit d’opposition des journalistes Mais le tempo de Bolloré, qui fait appliquer au pas de charge ses décisions, et le temps long du CSA sont-ils compatibles ? Emmanuel Vire, du SNJ-CGT, n’est guère confiant : «La grille de rentrée, avec les nouveaux acteurs dépêchés par CNews, est calée.» Pourtant, explique le journaliste, le CSA pourrait jouer un tout autre rôle, «intervenir en amont, sur les cahiers des charges des chaînes. Rien que sur l’égalité hommes-femmes, il n’intervient pas… L’organisme ne se donne pas les moyens parce que la puissance publique ne dit rien, sur ce sujet comme sur les autres, le pluralisme des idées par exemple» . Pierre Laurent reprend cette idée au vol : « On a mis en place des notions d’équité extrêmement vagues qui permettent de contourner déjà beaucoup les règles d’égalité de temps de parole. Mais là, on passe à autre chose. Parce que les chaînes militantes comme CNews s’affranchissent justement de toutes les règles et, pour le moment, dans une très grande impunité.» Pour lui, la question médiatique doit «devenir une question démocratique, dans un moment où il y a une telle crise politique et démocratique, le débat politique et le débat législatif devraient se saisir à nouveau de la question du pluralisme de l’information. » David Assouline note, en défense du CSA, que la garantie démocratique exige, comme dans un procès, d’avoir du temps. Pour autant, dit-il, «il faut permettre que les menaces lourdes s’exercent. Certains pensaient que taper au portefeuille aurait un écho. Mais ce n’est pas assez. Ce qui compte pour Bolloré, c’est le projet politique, et il a sans doute déjà intégré des amendes.» Il faut donc taper autrement. Sur le droit d’émettre, donc, ou d’acquisition de nouveaux médias. Les médias français sont-ils tous destinés à finir dans les mains de milliardaires ? Emmanuel Poupard, secrétaire général du Syndicat national des journalistes, avoue sa colère : «En tant que journalistes, on a une liberté et des droits individuels, statut et convention collective, carte de presse, etc. Mais ce n’est pas suffisant. Nous demandons l’indépendance juridique des équipes rédactionnelles, c’est-à-dire un droit d’opposition collectif aux décisions de l’actionnaire majoritaire." Il rappelle que la sénatrice Nathalie Goulet avait déposé, en 2014, une proposition de loi en ce sens, prévoyant notamment la suspension des aides publiques en cas d’entrave au bon fonctionnement de la rédaction. Elle n’a jamais été examinée. Un débat législatif et citoyen pour un vrai contre-pouvoir «Certes, il s’agit d’une entreprise privée, mais il n’y a pas de condamnation de la concentration. Le gouvernement ne l’a fait ni pour Prisma, ni pour Europe 1. Bolloré va devenir tout puissant, ça doit interroger notre démocratie, le législateur, la ministre de la Culture, le premier ministre, le président…» s’agace le syndicaliste. Même ton chez Emmanuel Vire, du SNJ-CGT, qui plaide pour un renforcement des lois anticoncentration : «Jusqu’où l’État subventionnera-t-il des médias détenus par des milliardaires ? Roselyne Bachelot ne réagit pas quand on lui demande d’intervenir sur cette question, parce qu’elle n’est pas d’accord.» La sanction, d’un côté, le débat législatif et citoyen, de l’autre. À la clef, une possibilité de contre-pouvoir, que pointe Pierre Laurent : «La condition des journalistes, de leur travail, du respect des règles déontologiques doit aussi redevenir un sujet de mobilisation de la profession, en dialogue avec les citoyens. On aurait besoin d’états généraux citoyens et professionnels du pluralisme de l’information. Parce que, sinon, la dégradation du débat politique, sa violence, va malmener beaucoup de médias et de journalistes.» Dans les médias indépendants, bien sûr. Et dans le service public, aussi, dont David Assouline regrette qu’il soit «asséché». Les leviers existent pour garantir leurs droits aux rédactions, le premier étant de pouvoir informer le public sans contrainte. Pour les actionner, encore faut-il avoir confiance en la puissance publique. Et la volonté de ne pas laisser un Vincent Bolloré, au nom de sa fortune, décider de repeindre en brun un des piliers de la démocratie… (1) Les entretiens de David Assouline et Pierre Laurent sont à retrouver sur l’Humanité.fr ____________ Motion de défiance Les salariés d’Europe 1 ont voté, mardi 22 juin, une motion de défiance en assemblée générale contre Donat Vidal-Revel, le directeur de l’information. Pour eux, « tordre les faits, proposer des faits alternatifs, ce n’est pas l’esprit d’Europe 1. La grande tradition de rigueur, de mesure, d’indépendance intellectuelle de notre radio mérite mieux. Nos auditeurs aussi» . Ils dénoncent «plusieurs cas de burn-out», des «mensonges» sur le rapprochement avec CNews, et l’arrivée d’un transfuge de Valeurs actuelles à la tête du service politique. Enfin, estiment les salariés, Donat Vidal-Revel «porte la responsabilité des changements incessants de la ligne éditoriale et de leurs échecs successifs» . |
Xuan |
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Sur la candidature de Zemmour, on lit dans Politico * : ZEMMOUR CHERCHE POIDS LOURD INFO PLAYBOOK. Patrick Stefanini, figure bien de connue de la droite, ancien directeur de campagne de Jacques Chirac en 1995 et François Fillon en 2017, a été aperçu prodiguant quelques conseils dans une réunion de travail en visio sur la préparation de la candidature à la présidentielle d’Eric Zemmour, d’après deux personnes ayant participé à la réu. Playbook a donc décroché son téléphone hier pour interroger le principal intéressé. S’il n’a pas confirmé — ou plutôt pas commenté — cette information, Stefanini nous a bel et bien dit avoir rencontré le polémiste de CNews, à l’occasion d’un déjeuner il y a un an, par l’intermédiaire de feu Philippe Martel, un ex-juppéiste époque RPR passé plus récemment par le cabinet de Marine Le Pen. Puis l’ex-préfet a revu Zemmour en début d’année. “Il m’a exposé son projet”, raconte-t-il, “j’ai écouté avec intérêt”. Il ajoute que l’ancien journaliste lui a demandé avec insistance d’être son directeur de campagne. “Je lui ai dit qu’autant j’étais prêt à lui expliquer ce qu’est une campagne présidentielle, autant je ne suis pas en mesure de prendre le moindre engagement présidentiel”, précise Stefanini. Ce dernier rappelle être pour l’heure candidat aux élections départementales dans les Yvelines et pris par la campagne de Valérie Pécresse, en Ile-de-France, qu’il conseille, et dont il a été le directeur général des services. *Politico Europe est un média hebdomadaire de langue anglaise, basé à Bruxelles. |
Xuan |
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Sur Zemmour et Bolloré : https://www.francetvinfo.fr/politique/eric-zemmour/presidentielle-la-candidature-d-eric-zemmour-se-precise-lechec-du-rn-lui-a-donne-des-ailes_4684033.html https://www.marianne.net/societe/medias/pourquoi-bollore-protege-zemmour https://lesjours.fr/obsessions/l-empire/ep155-zemmour-decision-csa-mineurs/ https://www.nouvelobs.com/medias/20210224.OBS40605/je-suis-le-diable-qui-sort-de-sa-boite-comment-vincent-bollore-batit-un-empire-mediatique.html |
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Déménagements sur Europe 1 où clairement le PS se fait virer d'Europe 1. Difficile de dire s'il s'agit d'une fascisation à proprement parler, les socialos qui sont débarqués ou qui s'en vont par désaccord ne valaient guère mieux dans leur genre. Affirmer que Patrick Cohen faisait de l'information "non partisane" ce serait se foutre du monde. Mais tout se passe comme si le remplacement du "journalisme frondeur et impertinent, mais jamais partisan. " par le "commentariat" soit la mise au rencart des chroniqueurs social-démocrates. Pendant que la candidature de Zemmour est lancée : https://news.google.com/stories/CAAqOQgKIjNDQklTSURvSmMzUnZjbmt0TXpZd1NoTUtFUWlmaDZ6VW80QU1FWVBYYkpfck9CZmJLQUFQAQ?hl=fr&gl=FR&ceid=FR%3Afr Les journalistes d'Europe 1 ont été soutenus par : Philippe Alfonsi ; Antonin Amado ; Jean-Michel Aphatie ; Roger Arduin ; Claude Askolovitch ; Sylvain Attal ; Marc Autheman; Pierre-Louis Basse ; Laurent Bazin ; Brigitte Bejean ; Claude Bellei ; Brigitte Benkemoun ; Inès de Beistegui ; Emilie Bonnaud ; Bérengère Bonte ; Ariane Bouissou ; Bernard Chabbert ; Jean-Yves Chaperon ; Xavier Colin ; Paule Coudert ; Mathieu Delahousse ; Nicolas Delourme ; Luc Evrard ; Emmanuel Faux ; Hélène Fontanaud ; Marielle Fournier ; Philippe Gault ; Camille Girerd ; Michel Grossiord ; Jérôme Godefroy ; Damien Gourlet ; Béatrice Hadjaje ; Hélène Jouan ; François Jouffa ; Jean-François Kahn ; Pascal Lafitte Certa ; Benoit Laporte ; Nathalie Leruch ; Ivan LevaÏ ; Patrice Louis ; Serge Marie ; Elizabeth Martichoux ; Michel Moineau ; Jean-Pierre Montanay ; Robert Namias ; Stéphane Paoli ; Dominique Paganelli ; Michel Pascal ; Elodie Pigeon ; Nicolas Poincaré ; Lise Pressac ; Jean-François Rabilloud ; Emilie Raffoul ; Brigitte Rinaldi ; Karim Rissouli ; Olivier de Rincquesen ; Gilles Schneider ; Anne Sinclair ; Dominique Souchier ; Laurence Thomas ; Jean-Noël Tournier ; Marc Tronchot ; Alba Ventura ; Edmond Zucchelli https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/07/07/a-europe-1-le-grand-exode-va-commencer_6087395_3234.html A Europe 1, le grand exode va commencer Selon nos informations, 76 salariés, dont 36 journalistes radio, ont déposé un dossier pour partir dans le cadre de la rupture conventionnelle collective. Par Sandrine Cassini A Europe 1, les salariés voguent vers la sortie. Selon nos informations, 76 salariés, dont 36 journalistes radio, ont déposé un dossier pour partir dans le cadre de la rupture conventionnelle collective (RCC) ouverte en avril, et dont la période de volontariat s’achevait mardi 6 juillet au soir. Le nombre de candidats est bien supérieur aux objectifs de l’accord, qui prévoyait entre 39 et 48 départs sur 204 salariés, et ce afin de réduire les 20 millions de pertes annuelles de la radio. « En vingt ans, on n’avait jamais vu autant de gens qui avaient envie de partir. A Europe 1, il y a une ambiance de fin de règne. Une nouvelle histoire va s’écrire à la rentrée » , constate un journaliste. ...Les salariés ont appris, lundi 5 juillet, par Le Parisien, qu’outre Dimitri Pavlenko (chroniqueur dans « Face à l’info », l’émission d’Eric Zemmour), Laurence Ferrari et Sonia Mabrouk, d’autres figures de CNews prendraient place à la rentrée. ...Romain Desarbres va remplacer Patrick Cohen, Mouloud Achour (« Clique » sur Canal+) succédera à Emilie Mazoyer, aux commandes d’une émission musicale, et Thomas Lequertier, matinalier du week-end, enchaînera par des journaux au sein de la station. « Les gens prennent la fuite, surtout depuis qu’ils ont découvert le profil des nouveaux visages de l’antenne », commente un vétéran d’Europe 1... Edité le 08-07-2021 à 00:09:53 par Xuan |
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L’Élysée «attend beaucoup de Zemmour» pour la présidentielle, selon Le Point L'article cité ici On lit : "Selon ses informations, la présence médiatique de Zemmour conforte aux yeux des macronistes «l’idée d’un nouveau clivage, non plus droite-gauche, mais progressistes et européens contre nationalistes et conservateurs» . L’administration française actuelle considère le polémiste comme un candidat capable d’affaiblir à la fois Marine Le Pen et le candidat LR, indique le magazine. «Bruno Roger-Petit, le "conseiller mémoire" d’Emmanuel Macron, est spécialement chargé de suivre l’évolution de cette candidature» . Toujours d’après l’hebdomadaire, la participation des ministres tels que Clément Beaune, Agnès Pannier-Runacher, Emmanuelle Wargon et Alain Griset à l’émission de M.Zemmour sur CNews est également censée «marquer encore plus» la différence entre «conservateurs» et «progressistes»." A noter Clément Beaune qui s'est distingué à plusieurs reprises au parlement européen, conte la Chine et la Russie. Agnès Pannier-Runacher a refusé, malgré les appels émanant des oppositions et des syndicats42, de nationaliser l'usine Luxfer de Gerzat. Emmanuelle Wargon fille de Lionel Stoleru, a été lobbyiste de Danone Alain Griset a juste fait l'objet de deux enquêtes pour abus de confiance |
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Le budget du ministère français de l'Intérieur va être augmenté "de plus de 900 millions d'euros" en 2022, s'ajoutant aux 2,5 milliards supplémentaires mobilisés pour la période de 2017 et 2021, a annoncé, lundi, le premier ministre Jean Castex. https://fr.sputniknews.com/france/202107261045929084-le-budget-de-linterieur-sera-augmente-de-plus-de-900-millions-deuros-en-2022/ Le chef du gouvernement a également affirmé, lors d'un déplacement à Saint-Dizier (Haute-Marne), que la promesse du président Emmanuel Macron de créer 10.000 postes de policiers et de gendarmes au cours de son quinquennat serait "tenue", avec les "885 emplois supplémentaires qui seront créés en 2022". Jean Castex s’exprimait à l’occasion de la signature d'une "charte d'engagement inédite, autour d'un 'territoire de sécurité urbain et rural (TSUR)'". "Mon Gouvernement, comme celui qui l'a précédé, a mis la sécurité tout en haut de ses priorités et cela se traduit par des actes concrets, précis et mesurables", a-t-il indiqué, ajoutant qu’entre 2017 et 2021, le budget du ministère de l’Intérieur aura augmenté de plus de 2,5 milliards d’euros. Ces efforts budgétaires ont des effets “très concrets” a-t-il dit, soulignant qu'entre juillet 2020 et la fin de 2021, un quart du parc automobile de la police nationale aura été renouvelé, et depuis juillet dernier, la généralisation des caméras piétons a été lancée permettant aux forces de sécurité d’intervenir dans un cadre plus sécurisé", a précisé M. Castex. Avec Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, "nous revendiquons ouvertement une politique de sécurité publique qui part des territoires et passe par les territoires et qui repose sur un lien de confiance" pour "assurer plus efficacement les responsabilités régaliennes prééminente de l'État", a précisé le premier ministre. NB : https://fr.sputniknews.com/politique-francaise/202105051045558074-un-conseiller-de-veran-deplore-letat-catastrophique-du-pays-et-rejoint-le-rn/ |
Xuan |
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Néonazis en Ukraine: Moscou étonné par les propos de Jean-Yves Le Drian - Sputnik . Evguéni Kotenko 22:29 31.07.2021 Par Irina Dmitrieva https://fr.sputniknews.com/international/202107311045951014-neonazis-en-ukraine-moscou-etonne-par-les-propos-de-jean-yves-le-drian/ La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, s’est dite étonnée par les propos récemment tenus par le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, sur les néonazis en Ukraine. Les conclusions du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sur les groupes néonazis en Ukraine sont absurdes, a déclaré ce samedi 31 juillet la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. «Lorsque des sénateurs français dirigés par […] Nathalie Goulet ont vu des enfants ukrainiens en train d’apprendre, dans le centre de Kiev, à assembler un fusil d’assaut sous la supervision de partisans de l'idéologie d'ultra-droite, et d’écouter les appels à aller dans le Donbass pour tuer, ils devraient être dans un état proche du choc. À présent, personne ne dira que la flambée de néonazisme en Ukraine est de la propagande russe» , a indiqué Mme Zakharova sur Telegram. Mme Goulet a ensuite appelé le ministère français des Affaires étrangères à réagir. Et la réponse signée par M.Le Drian, qui a reconnu l’existence du problème en notant que la popularité des néonazis en Ukraine n’était pas plus importante «que dans d’autres pays européens», est choquante, selon Mme Zakharova. «Je suis choquée, car tout le monde connaît le bataillon Azov depuis longtemps, mais pas le fait qu'en Europe la situation est encore pire. Les enfants y sont initiés à une idéologie fratricide misanthrope, et les responsables français disent qu'en général c'est courant: on le fait partout en Europe» , note Mme Zakharova. Une autre partie du commentaire du ministère français semble aussi «absurde» et «risible», à son avis. Pour la diplomatie française, le fait que le Président Volodymyr Zelensky soit arrivé au pouvoir de manière démocratique prouve l'absence de néonazisme en Ukraine. «Un homme est arrivé au pouvoir dans un pays européen de la manière la plus démocratique pendant les années 1930. Plus tard, il a conquis la moitié de la France, Paris doit s’en souvenir. Alors qu’il était au pouvoir, il n’y avait pas de néonazisme, c’était un nazisme ordinaire» , a-t-elle rappelé. Jean-Yves Le Drian a récemment estimé que s’ «il existe des groupes néonazis en Ukraine, leur popularité et leur influence ne sont pas plus importantes que dans d’autres pays européens» . Il a ainsi répondu à la sénatrice UDI Nathalie Goulet qui, aux côtés de deux de ses collègues, avait visité fin mai l’Ukraine et avait constaté que les partis néonazis développaient «des activités de plus en plus visibles, y compris au centre de Kiev avec des stands de tir, des pratiques de montage et de démontage de kalachnikov, et des bureaux d’embrigadement de jeunes dans des milices qui se revendiquent clairement de l’idéologie nazie» . Bataillon Azov Mme Goulet, qui a dénoncé ces activités «conjointes à l’entraînement de miliciens de suprématie blanche qui fomentent des attentats dans toute l’Europe, au nom du tristement célèbre régiment Azov» , voulait savoir ce que la France faisait pour «éviter la contagion de cette idéologie mortifère ». Selon M.Le Drian, «le conflit dans l’est de l’Ukraine a effectivement mobilisé certains groupuscules extrémistes violents, mais la plupart ont, depuis, disparu» . Azov est l'un des soi-disant bataillons de volontaires financés de sources privées, qui a participé à l'opération militaire dans le Donbass. Kiev a plus tard déclaré qu'il ne devrait pas y avoir de groupes armés illégaux dans le pays. Le ministère de la Défense a invité ces bataillons de volontaires à rejoindre les rangs des forces armées. Azov est ainsi devenu une unité spéciale de la Garde nationale. |
Xuan |
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Tirs policiers à Stains : « je me suis vu mourir » Par Céline Beaury Le 16/09/2021 https://www.bondyblog.fr/societe/police-justice/tirs-policiers-a-stains-je-me-suis-vu-mourir/?fbclid=IwAR0X1mA9teF5jfH4UCquWNdUZHD5CNXKNaoFW2kq7Mtefd25bwCYnt1nRy4 Dans la nuit du 15 au 16 aout dernier, Nordine et sa compagne reçoivent près d'une dizaine de coups de feu à Stains, tirés par des policiers sans brassards, non identifiables. Près d'un mois après les faits, l'homme toujours choqué, se confie pour la première fois aux médias, pour le BB. Témoignage. « Nous aurions pu mourir, je ne comprends pas pourquoi ils ont tiré autant de fois, ils auraient pu viser les roues. » Le récit de Nordine est aussi glaçant que les images publiées en août dernier, qui ont fait le tour des réseaux sociaux. Dans la vidéo, des hommes tirent à plusieurs reprises sur une voiture. Les images enflamment la toile, et suscite l’émotion et l’effroi. Au lendemain des faits, même les Grandes Gueules sur RMC y consacre une émission intitulée « Stains : BAC les nouveaux Cow-boys ? Il s’agit de policiers de la BAC de Stains (Seine-Saint-Denis), en civil, sans brassards et dont le véhicule n’est pas équipé de gyrophare. La scène d’une rare violence s’est déroulée dans la nuit du 15 au 16 août dernier, à l’angle du boulevard Maxime-Gorki et la rue Salvador-Allende. J’ai eu très peur, j’ai voulu fuir parce qu’à aucun moment je me dis que ces hommes sont des policiers. Le conducteur Nordine et sa passagère sont alors grièvement blessés et transportés à l’hôpital en état d’urgence absolue. Très vite la préfecture de police affirme que les agents ont agi dans le cadre de la légitime défense lors d’un contrôle où le conducteur aurait refusé d’obtempérer. https://twitter.com/i/status/1427078198274187265 Reprise de nombreuses fois sur les réseaux sociaux, la vidéo des faits a provoqué énormément de réactions. Une volonté de rester discret après le drame Depuis la nuit où il a subi ces coups de feu, Nordine, le conducteur, ne s’était jusqu’alors jamais exprimé. Lui et sa famille n’ont pas envie d’être exposés, et ont à plusieurs reprises refusé les différentes sollicitations médiatiques. Moins d’un mois après le drame, l’homme porte encore les stigmates de cette nuit d’horreur. Le bras gauche immobilisé par un gilet orthopédique, le conducteur de bus de profession, âgé de 37 ans tient à rester discret. De cette nuit d’août, Nordine a des souvenirs flous. « Je rentrais de Paris avec ma copine, où nous avions été manger dans une crêperie. Elle dormait sur la banquette arrière. Nous nous apprêtions à rentrer sur Sarcelles. Il était 1h30 du matin. Le comble, c’est que je ne passe quasiment jamais par cet endroit, mais là c’était sur mon trajet » , raconte le trentenaire. Selon la psychologue, mon cerveau s’est verrouillé et s’est mis en mode sécurité. Puis le discours se fait plus confus, outre les blessures physiques que l’homme porte dans sa chair, le traumatisme psychologique est palpable. « Je ne me souviens quasiment de rien, les images sont confuses » , déplore le trentenaire. « Dans mes souvenirs j’étais à l’arrêt. Une voiture s’arrête à ma hauteur. Trois hommes à l’intérieur me regardent avec insistance. J’ignore qu’il s’agit de policiers. Je leur fais signe pour savoir qu’est-ce qu’il y a ? À ce moment, ma copine M. dort à l’arrière. Très vite, je reçois un coup de feu. Après j’ai des flashs qui me reviennent. Selon la psychologue, mon cerveau s’est verrouillé et s’est mis en mode sécurité » , regrette Nordine, toujours très choqué. Peu à peu, le regard de l’homme se perd, comme si une partie de sa vie lui avait échappé. « J’ai eu très peur, j’ai voulu fuir parce qu’à aucun moment je me dis que ces hommes sont des policiers. Ils ne portaient ni brassard, et leur voiture n’avait pas de gyrophare, ça aurait pu être un car-jacking ou autre chose… » , explique l’ancien Sarcellois. En visionnant les images vidéo, on constate effectivement que les agents ne sont pas identifiables. « Je me suis vu mourir, j’ai dit à ma copine de dire à ma mère que je l’aime et de me pardonner… je perdais beaucoup de sang. Dans l’ambulance, je me souviens avoir pris une petite claque, il ne fallait pas que je m’endorme, je devais rester éveillé », poursuit le jeune homme. Au moins 7 balles reçues dans le corps Pris en charge par les secours, Nordine est transporté en état d’urgence absolue à l’hôpital Georges Pompidou, dans le quinzième arrondissement de Paris, tandis que son amie, dont le pronostic vital est également engagé, est transférée à la Pitié-Salpêtrière. « J’ai été emmené à l’hôpital Georges Pompidou sous X, car mes papiers et ceux de ma copine sont restés dans ma voiture, qui a été réquisitionnée par la police. De mon côté j’ai reçu entre 7 et 9 balles selon les médecins. Une dans l’épaule gauche, quatre dans l’aine et les membres inférieurs et des éclats dans le dos. Mon humérus est en morceaux » , explique la victime tout en montrant ses cicatrices. Un médecin m’a demandé si j’étais d’accord pour qu’on m’ampute le bras gauche. J’ai refusé car je pouvais bouger mes doigts. «Ma copine, elle, a reçu une balle dans le dos qui est ressortie par devant et a perforé un poumon, elle est toujours hospitalisée » , déplore-t-il, très affecté par son état de santé. Au vu de l’état du bras du blessé, une amputation lui est proposée quelques heures après son admission. « Un médecin m’a demandé si j’étais d’accord pour qu’on m’ampute le bras gauche. J’ai refusé car je pouvais bouger mes doigts. Ils m’ont finalement opéré, mis des plaques, des vis et du ciment. Je repasse au bloc dans un mois. Au vu des nombreux fragments, je vais avoir une greffe osseuse » , précise-t-il. Le compte rendu opératoire du dossier médical que nous avons pu consulter, fait état de fractures osseuses « très importantes » et « d’orifices de balles à la cuisse droite, main droite, thorax gauche » , ainsi que de « l’ablation d’une balle en sous cutanée en regard du rachis cervical » . 10 jours après le drame, Nordine a pu regagner son domicile. Mais reste très affecté physiquement et psychologiquement par le comportement des policiers. « Sur les vidéos on voit ma copine sortir le dos en sang de ma voiture, les policiers ne lui portent pas secours, on voit l’un d’eux parler au conducteur de la Mini Cooper, témoin du drame sans même prêter attention à elle», souligne celui qui sur les conseils de ses proches a consenti à solliciter l’aide d’une psychologue. Une famille sous le choc De son côté Yasmine, 36 ans, la sœur cadette de Nordine, n’en revient toujours pas. Depuis un mois elle court les hôpitaux, et tente d’aider son frère dans ses démarches du mieux qu’elle peut. « J’ai appris ce qu’il s’est passé seulement le lendemain aux alentours de 17h. J’étais chez moi quand mon neveu m’a appelée. Des amis de Nordine ont vu la vidéo sur les réseaux et reconnu sa voiture. Ils ont averti mon neveu qui m’a prévenu dans la foulée. Ni les policiers, ni l’hôpital n’ont pris la peine de nous appeler. C’est à partir de ce moment-là que j’ai entamé les recherches et su où il était. Je me suis alors rendue à Pompidou mais je n’ai pas pu le voir ». La vidéo a tourné partout, des amis de mon frère ont reconnu sa voiture et prévenu mon neveu. C’est lui qui nous a fait remonter l’info. « Le mercredi nous décidons d’aller voir mon frère avec quelques proches. Des amis de Nordine nous accompagnent également, mais restent à l’extérieur. Plusieurs dizaines de policiers nous attendent, nous sommes contrôlés et fouillés contre un mur. Nous voulions juste des nouvelles, mais trois amis sont carrément emmenés en garde à vue. Arrivée dans sa chambre, mon frère est sous morphine, un peu shooté, on parle rapidement, il me demande d’aller voir sa copine qui se trouve dans un autre hôpital parisien. Je m’y rends le lendemain, choquée mais soulagée de les avoir vus tous les deux » , raconte la sœur de la victime. L’IGPN saisie, des policiers libérés Quelques heures après le drame, et face à la polémique la préfecture de police de Paris communique sur Twitter par l’intermédiaire de sa porte-parole Laetitia Vallar. Cette dernière affirme que deux des fonctionnaires ont été blessés lors de la manœuvre du véhicule et que c’est pour cette raison que ces derniers ont dû faire usage de leurs armes. Elle précise par ailleurs qu’une enquête a été ouverte. La Police judiciaire de Seine-Saint-Denis et l’IGPN ont été saisies. https://twitter.com/i/status/1427213468831264773 Le lendemain des faits, la préfecture de Police de Paris a communiqué via son compte Twitter. « 48h après les faits, un agent de l’IGPN est venu à l’hôpital et a demandé à m’interroger. J’ai dit que je n’étais pas en état. Depuis aucune nouvelle », se rappelle Nordine. Mais pour le jeune homme, les fonctionnaires n’auront rien… « Ils auraient pu nous tuer, mais ce sont eux qui sont présentés comme des victimes et nous les coupables. On sait que dans ce genre d’affaires, les policiers sont acquittés et s’en sortent toujours bien. Ils justifient leurs actes par de la légitime défense. Ce qui passe dans un quartier populaire, tout le monde s’en fout » , lâche-t-il résigné. Nordine est accusé de tentative d’homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique. Pour la police, il aurait percuté un agent en faisant marche arrière en tentant de fuir le contrôle. De leur côté, deux des policiers, âgés de 27 et 30 ans, mis en garde à vue pour « tentative d’homicide volontaire », ont été libérés quelques heures après. Il y a une plainte contre mon frère, mais qui a voulu tuer qui ? « Il y a une plainte contre mon frère, mais qui a voulu tuer qui ? Ces hommes sont-ils réellement aptes au port d’arme ? Ils se permettent un tel comportement parce que ça se passe dans un quartier, et ont un véritable sentiment d’impunité » , s’interroge Yasmine. Le jeune homme et sa sœur aimeraient retrouver des témoins pour savoir ce qu’il s’est passé. Une instruction a été ouverte le 24 août, confirme Loïc Pageot, procureur adjoint de Bobigny, en charge de l’affaire, que nous avons pu contacter et qui atteste du fait que deux policiers ont bénéficié de quelques très faibles jours d’ITT « mais sans aucune mesure avec les blessures des automobilistes ». Il indique par ailleurs que la conductrice de la Mini Cooper visible sur la vidéo a été entendue comme témoin, mais que le deuxième automobiliste auteur de la vidéo n’a pas été identifié. Représentée par Maître Bouzrou, la famille a porté plainte pour tentative d’homicide volontaire et faux en écriture publique, après que les policiers « auraient affirmé qu’ils étaient en position de légitime défense et que les tirs étaient dus à leur peur de se faire écraser et d’être traînés par le conducteur du véhicule » , or « sur la séquence vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, il ne ressort absolument pas que les fonctionnaires tirent parce qu’ils sont en danger » , peut on lire dans le courrier adressé à Madame la procureure de la République de Seine-Saint-Denis, consulté par Mediapart. Un dépaysement de l’affaire a aussi été demandé par le représentant de la famille. Absence de brassard et de sommation « La question n’est pas tant de connaître le motif du contrôle ou de savoir si oui ou non le conducteur avait identifié les policiers comme tels, mais de savoir si les nombreux tirs des fonctionnaires étaient légitimes et rentrent dans le cadre de la légitime défense » , conclut le Procureur. L’absence de brassard, pourtant obligatoire dans le cadre d’une opération de police, ainsi que l’absence de sommation avant le tir interpellent. Le nombre de coups de feu, au regard du danger potentiel représenté par la voiture de Nordine, soulève des question sur le caractère disproportionné du comportement des policiers. La jeune femme tente de percer à jour les raisons qui ont pu pousser les agents à tirer à plusieurs reprises sans mise en danger apparente. « Ce qui est arrivé à mon frère et ma belle-sœur aurait pu arriver à n’importe qui. Ils auraient pu mourir…! Alors, même si j’ai peu d’espoir que ces policiers aillent en prison, j’attends une condamnation pénale, et qu’ils ne puissent plus exercer. Que le statut de victimes soit reconnu pour Nordine et sa copine et qu’ils soient indemnisés pour l’ensemble du préjudice subi » . Céline Beaury |