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Xuan
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   Posté le 14-06-2020 à 23:31:45   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Mercredi, 10 Juin, 2020

https://www.humanite.fr/noam-anouar-policier-lanceur-dalerte-le-pouvoir-ne-peut-pas-se-mettre-sa-police-dos-690148

NOAM ANOUAR, POLICIER LANCEUR D'ALERTE : "LE POUVOIR NE PEUT PAS SE METTRE SA POLICE À DOS"


Eugénie Barbezat
Tout au long de sa carrière dans la police, Noam Anouar a subi le racisme. Sanctionné pour l’avoir dénoncé, il illustre le sort réservé à celles et ceux qui rompent l’omerta qui règne sur l’institution.

Palais de justice, Champ-de-Mars, place de la République… Noam Anouar est de tous les rassemblements parisiens. Du côté des manifestants. Pour en avoir fait l’expérience, ce policier sait que le racisme et l’impunité des exactions au sein de l’institution n’ont rien d’un mythe. Issu d’un quartier populaire de Goussainville, dans le Val-d’Oise, il choisit de rentrer dans la police après un BTS, puis deux ans dans l’armée, et une expérience d’encadrement sportif. «J’allais être papa, il me fallait trouver un emploi stable. À cause de mes origines algériennes, j’avais subi la discrimination à l’embauche dans le privé. Je croyais que ce ne serait pas le cas dans une institution républicaine…»

«On dit que 50 % des policiers votent Le Pen, mais c’est bien plus. Et il n’y a rien à attendre des autres qui, pour ne pas être mis à l’écart, se murent dans un silence complice.»

Le jeune homme passe le concours des cadets de l’école de police, qu’il décroche haut la main. C’est après que tout se gâte. «;Dès leur formation, les futurs agents sont mis en concurrence pour obtenir le meilleur classement possible, déterminant pour la future affectation… Tout est bon pour discréditer un rival», regrette celui qui, son diplôme en poche, a reçu une première affectation à la préfecture de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Là, il subit le racisme de ses collègues. «Des petites remarques quotidiennes, pointant mes origines…»

Un tract sur la pare-brise
Le policier prend le parti d’ignorer les provocations, mais un jour il trouve un tract d’appel au vote pour Marine Le Pen sur le pare-brise de sa voiture. «J’ai voulu déposer une main courante, mais le gradé qui m’a entendu m’a signifié avec un sourire que les caméras de surveillance qui auraient pu permettre d’identifier la personne qui avait déposé le papier étaient malheureusement en panne…» Noam Anouar réalise alors la complaisance de toute l’institution vis-à-vis de l’extrême droite. «On dit que 50 % des policiers votent Le Pen, mais c’est bien plus. Et il n’y a rien à attendre des autres qui, pour ne pas être mis à l’écart, se murent dans un silence complice» , déplore celui qui, en 2008, profondément choqué par le suicide d’une collègue harcelée elle aussi, décide de quitter ce service.

Il est alors affecté à la surveillance des réseaux liés à l’islam radical en Seine-Saint-Denis, au sein de la Direction des renseignements de la préfecture de police de Paris (DRPP, ex-RG). À ce poste jusqu’en 2016, Noam Anouar rédige plusieurs notes remarquées sur les acteurs des filières djihadistes. Tout se passe bien jusqu’à l’arrivée d’un nouveau commissaire, qui voit d’un mauvais œil la confiance et les relations privilégiées entre le policier et le préfet. «Pour gagner du temps, le préfet m’appelait directement pour me demander une note, plutôt que de passer par mon responsable qui allait de toute façon m’en confier la rédaction…» Du jour au lendemain, Noam devient l’homme à abattre. Pour ne pas avoir respecté la hiérarchie, il se retrouve mis en congé forcé puis privé de son habilitation secret-défense.

Dossier à charge
Après des mois sans affectation, il est envoyé au centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot, où le racisme est encore plus criant qu’à Bobigny: «Dans une salle, un dessin montrant un personnage noir écrasé par un Blanc était placé bien en évidence…» , se souvient le policier. Choqué, il explique qu’il trouve ces affiches plus qu’inappropriées. Mal lui en a pris. Son alerte donne lieu à l’ouverture d’une enquête par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN)… contre lui. La police des polices lui reproche d’être sorti de son devoir de réserve! Pour étayer un dossier à charge contre lui, l’administration met en avant ses bonnes relations avec les retenus, à qui il avait donné des vêtements d’hiver. «Ils ont affirmé que j’avais aidé ces malheureux par solidarité communautaire… et m’ont prétendu radicalisé car je mangeais “casher” (sic)» , rapporte-t-il. La hiérarchie tente même de convaincre une de ses collègues de l’accuser de harcèlement sexuel. «Elle est originaire du Sud-Ouest. On lui a fait miroiter une mutation en échange d’un témoignage mensonger. Heureusement, elle a refusé et est venue m’avertir, raconte Noam. Le pire, c’est qu’on l’a accusée d’avoir tout inventé et qu’elle a été sanctionnée.»

Témoignages de l'intérieur
Scandalisé par ces pratiques, le lanceur d’alerte sait qu’elles traduisent un mode de fonctionnement délibéré: «Dans la police, les rivalités et les divisions sont entretenues par les chefs, qui assoient ainsi leur autorité. C’est déplorable, mais seuls le ciblage de certaines catégories de population et la couverture de pratiques injustes ou violentes permettent aux policiers de se solidariser.» Un système que peu osent dénoncer. «C’est miraculeux qu’Alex, le collègue de Rouen qui a mis au jour le groupe qui échangeait des propos racistes et sexistes, ait eu des preuves matérielles irréfutables…» , affirme Noam Anouar. Lui pense que le contexte a favorisé l’émergence de témoignages venant de l’intérieur de l’institution.

«C’est miraculeux qu’Alex, le collègue de Rouen qui a mis au jour le groupe qui échangeait des propos racistes et sexistes, ait eu des preuves matérielles irréfutables…»

Néanmoins, le policier reste pessimiste quant à la possibilité d’un changement tangible, malgré les annonces du ministre de l’Intérieur. «Il n’y a qu’à observer les réactions des syndicats. Pour eux, leur tutelle les a “lâchés”. Et le pouvoir, par manque d’assise populaire, ne peut prendre le risque de se mettre à dos la police qui assure sa protection» , estime celui qui, sous le coup d’une suspension disciplinaire de 60 mois, ne se voit pas renfiler l’uniforme. Il aspire désormais à rejoindre la police municipale, où il espère pouvoir faire son métier avec humanité et sérénité.

"La France doit savoir, un flic chargé d’infiltrer les islamistes raconte" , de Noam Anouar et Willy Le Devin, aux éditions Plon.
Eugénie Barbezat


Edité le 14-06-2020 à 23:36:04 par Xuan




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