| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 17-04-2021 à 16:16:40
| Il s'agit du double jeu de Macron sur le RN, Pleynel y dénonce une attitude consistant à attaquer le RN tout en reprenant les mêmes positions. Je relève "Le 5 mai il prétendait faire barrage au FN ...il lui fait la courte échelle... Ce nest pas un choix et nous vivons déjà à lheure dune politique de droite extrême" Ce qui est entièrement juste. Pour le reste le laïus de Pleynel sur la république nous importe peu, on ne joue pas dans la même cour évidemment.
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | pzorba75 | | Grand classique (ou très bavard) | | 1186 messages postés |
| Posté le 17-04-2021 à 19:33:17
| Xuan a écrit :
... Ce qui est entièrement juste. Pour le reste le laïus de Pleynel sur la république nous importe peu, on ne joue pas dans la même cour évidemment. |
Les diagnostics des militants passés par les organisations trotskistes sont assez souvent assez justes, mais c'est après dans l'action que tout déraille et qu'ils sombrent et finissent avec les pires tenants de l'impérialisme. L'exemple des trotskistes qui grenouillent au parti socialiste, à FO ou à la Fédération de la Libre Pensée est assez éclairant pour se méfier de leurs discours et de ne pas s'associer à leur propagande qui vire très souvent à l'anticommunisme (soviétique ou chinois) en oubliant commodément le combat anti-impérialiste.
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| | Finimore | | Grand classique (ou très bavard) |  | | 2647 messages postés |
| Posté le 18-04-2021 à 07:12:45
| En effet ce texte est à faire connaitre largement, il montre bien que le discours au sujet de l'islamo-gauchisme est bien inscrit dans le processus de fascisation. Dans son analyse, Saïd Bouamama cite Samuel Huntington et son livre Le choc des civilisations. Précisons au sujet de Samuel Huntington qu'il fut très impliqué dans La Trilatérale. Maurice Goldring dans son livre de 1978 paru aux éditions sociales sous le titre 'Démocratie croissance zéro' en parle car Samuel Huntington était un des principaux dirigeant de cette Trilatérale. Dans le livre de Goldring il y a la liste des membres de cette commission en août 1975 (Trilatérale) en pages 19-20. Dans cette liste on trouve par exemple : J. Paul Austin de la firme Coca Cola, Alden W. Clausen (Bank of America, des membres de firmes Exxon, Texas Instruments, HP, Giovanni Agnelli (Fiat), Raymond Barre (futur premier ministre, EDF, Banque Lambert, Edmond de Rothschild etc. Toujours dans l'article de Saïd Bouamama, il fait référence au communiste anglais Palme Dutt qui a écrit des textes intéressants sur le fascisme, notamment en 1934. En 1981 l'ouvrage fut réédité par lignes de démarcation- Montréal-, sous le titre : La lutte contre le fascisme - Les écrits de R. Palme Dutt. Cet ouvrage est très difficile à trouver (à un prix correct).
-------------------- Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO) |
| | Finimore | | Grand classique (ou très bavard) |  | | 2647 messages postés |
| Posté le 18-04-2021 à 14:16:23
| Une autre précision, dans le livre de Goldring il est également fit mention de Zbigniew Brzezinski "la commission trilatérale a semble-t-il servi de tremplin vers les plus hautes carrièresgouvernementales, qu'il suffise de rappeler que Carter est présent, Brzezinski est présent, Raymond Barre es présent" (page 21)
-------------------- Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO) |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| | | Grecfrites | | Jeune Communiste | | 230 messages postés |
| Posté le 27-04-2021 à 20:18:08
| La lettre des militaires et ex-généraux vient rappeler que certaines institutions de l'État sont menacées et gangrenées par des réactionnaires voir des fascistes.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 27-04-2021 à 21:02:31
| Exact https://www.francetvinfo.fr/politique/front-national/tribune-de-militaires-dans-valeurs-actuelles-des-generaux-a-la-retraite-proches-de-l-extreme-droite-et-de-milieux-conspirationnistes_4387105.html Ils sont sur la ligne de Zemmour et du RN qui les soutient ouvertement "Je souscris à vos analyses et partage votre affliction" Marine Le Pen avait invité les militaires à «se joindre» à elle. Une position qu'elle a maintenu ce 27 avril, renouvelant son soutien aux militaires en dépit de la polémique. «Ces militaires, ils savent très bien comment ça se passe quand les politiques ne font pas leur travail, ne font pas respecter la Constitution. A un moment donné, la situation est si grave quon en appelle à l'armée»...«Ils viennent dire qu'il faut faire appliquer les lois [...], que la situation du pays est terriblement inquiétante». Avec un appel à la subversion clair et net "nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation" et "il nest plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers" . voir la réaction d'Eric Boquet face à Eléonore Bez Le clan au pouvoir est ulcéré et cette fracture fait un peu penser à celle des trumpistes et des néocons. Bien que le quarteron de généraux en retraite comme disait De Gaulle ne soit qu'un petit nombre de signataires, l'armée est coufie de fascistes comme la police, et ils jouissent aussi de sympathie dans la population. Ci-dessous leur lettre dans Valeurs Actuelles : « Pour un retour de lhonneur de nos gouvernants » : 20 généraux appellent Macron à défendre le patriotisme À l'initiative de Jean-Pierre Fabre-Bernadac, officier de carrière et responsable du site Place Armes, une vingtaine de généraux, une centaine de hauts-gradés et plus d'un millier d'autres militaires ont signé un appel pour un retour de l'honneur et du devoir au sein de la classe politique. Valeurs actuelles diffuse avec leur autorisation la lettre empreinte de conviction et d'engagement de ces hommes attachés à leur pays. Par Jean-Pierre Fabre-Bernadac Publié le 21 avril 2021 à 7h00 Mis à jour le 22 avril 2021 à 12h25
________________ Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs du gouvernement, Mesdames, Messieurs les parlementaires, Lheure est grave, la France est en péril, plusieurs dangers mortels la menacent. Nous qui, même à la retraite, restons des soldats de France, ne pouvons, dans les circonstances actuelles, demeurer indifférents au sort de notre beau pays. Nos drapeaux tricolores ne sont pas simplement un morceau détoffe, ils symbolisent la tradition, à travers les âges, de ceux qui, quelles que soient leurs couleurs de peau ou leurs confessions, ont servi la France et ont donné leur vie pour elle. Sur ces drapeaux, nous trouvons en lettres dor les mots « Honneur et Patrie ». Or, notre honneur aujourdhui tient dans la dénonciation du délitement qui frappe notre patrie. Délitement qui, à travers un certain antiracisme, saffiche dans un seul but : créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés. Aujourdhui, certains parlent de racialisme, dindigénisme et de théories décoloniales, mais à travers ces termes cest la guerre raciale que veulent ces partisans haineux et fanatiques. Ils méprisent notre pays, ses traditions, sa culture, et veulent le voir se dissoudre en lui arrachant son passé et son histoire. Ainsi sen prennent-ils, par le biais de statues, à danciennes gloires militaires et civiles en analysant des propos vieux de plusieurs siècles. Délitement qui, avec lislamisme et les hordes de banlieue, entraîne le détachement de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoires soumis à des dogmes contraires à notre constitution. Or, chaque Français, quelle que soit sa croyance ou sa non-croyance, est partout chez lui dans lHexagone ; il ne peut et ne doit exister aucune ville, aucun quartier où les lois de la République ne sappliquent pas. Délitement, car la haine prend le pas sur la fraternité lors de manifestations où le pouvoir utilise les forces de lordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs. Ceci alors que des individus infiltrés et encagoulés saccagent des commerces et menacent ces mêmes forces de lordre. Pourtant, ces dernières ne font quappliquer les directives, parfois contradictoires, données par vous, gouvernants. Les périls montent, la violence saccroît de jour en jour. Qui aurait prédit il y a dix ans quun professeur serait un jour décapité à la sortie de son collège ? Or, nous, serviteurs de la Nation, qui avons toujours été prêts à mettre notre peau au bout de notre engagement comme lexigeait notre état militaire, ne pouvons être devant de tels agissements des spectateurs passifs. Aussi, ceux qui dirigent notre pays doivent impérativement trouver le courage nécessaire à léradication de ces dangers. Pour cela, il suffit souvent dappliquer sans faiblesse des lois qui existent déjà. Noubliez pas que, comme nous, une grande majorité de nos concitoyens est excédée par vos louvoiements et vos silences coupables. Comme le disait le cardinal Mercier, primat de Belgique : « Quand la prudence est partout, le courage nest nulle part. » Alors, Mesdames, Messieurs, assez datermoiements, lheure est grave, le travail est colossal ; ne perdez pas de temps et sachez que nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation. Par contre, si rien nest entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et lintervention de nos camarades dactive dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national. On le voit, il nest plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers. Les généraux signataires : Général de Corps dArmée (ER) Christian PIQUEMAL (Légion Étrangère), général de Corps dArmée (2S) Gilles BARRIE (Infanterie), général de Division (2S) François GAUBERT ancien Gouverneur militaire de Lille, général de Division (2S) Emmanuel de RICHOUFFTZ (Infanterie), général de Division (2S) Michel JOSLIN DE NORAY (Troupes de Marine), général de Brigade (2S) André COUSTOU (Infanterie), général de Brigade (2S) Philippe DESROUSSEAUX de MEDRANO (Train), général de Brigade Aérienne (2S) Antoine MARTINEZ (Armée de lair), général de Brigade Aérienne (2S) Daniel GROSMAIRE (Armée de lair), général de Brigade (2S) Robert JEANNEROD (Cavalerie), général de Brigade (2S) Pierre Dominique AIGUEPERSE (Infanterie), général de Brigade (2S) Roland DUBOIS (Transmissions), général de Brigade (2S) Dominique DELAWARDE (Infanterie), général de Brigade (2S) Jean Claude GROLIER (Artillerie), général de Brigade (2S) Norbert de CACQUERAY (Direction Générale de lArmement), général de Brigade (2S) Roger PRIGENT (ALAT), général de Brigade (2S) Alfred LEBRETON (CAT), médecin Général (2S) Guy DURAND (Service de Santé des Armées), contre-amiral (2S) Gérard BALASTRE (Marine Nationale).
Edité le 27-04-2021 e 23:52:07 par Xuan
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 27-04-2021 à 23:21:57
| Quand je dis qu'ils jouissent de sympathie dans la population ça veut dire que la bourgeoisie libérale est incapable de contenir le racisme, parce qu'elle même accable le peuple. On notera que le Figaro ne soutient pas les militaires, mais que le Point écrit dans son chapeau "En invitant les signataires du texte à la rejoindre, la candidate du RN a déclenché une salve de réactions politiques, et imposé son agenda" . Les bouleversements en cours à l'échelle internationale jouent un rôle important dans la situation de chaque pays. Nous avons constaté à de multiples occasions les division profondes qui se font jour en Europe, comme une coquille de noix prise en étau. L'étau ce sont les USA d'une part, et de l'autre les pays émergents comme la Chine mais aussi l'Afrique. Il faut signaler que la population de ce continent atteint bientôt 1,4 milliards comme la Chine, soit 17 % de la population mondiale. Lors de la pandémie les 10 pays les plus riches se sont accaparé les 3/4 des doses. La misère et le sous développement, entretenus pas les appétits colonialistes et exacerbés par la subversion terroriste, les conflits internes, les interventions militaires impérialistes et la destruction des états émergents, occasionnent depuis plusieurs années des migrations massives, en priorité vers la Turquie mais aussi vers l'Europe, et la tentation de fermer ses frontières est entretenue par les milieux xénophobes. Quoi qu'il se produise et avec ou sans frontières, l'oppression et l'exploitation impérialistes doivent disparaître et l'équilibre se rétablir entre les continents. Même à distance le travail des peuples d'Afrique, au même titre que celui des peuples d'Asie, fera concurrence à celui des peuples d'Europe et cela ne pourra que briser l'échafaudage capitaliste. La lutte de classe est liée au développement du Tiers Monde. Pour ce qui nous concerne il s'agit de l'effondrement de la société française sur le plan économique, social, moral, institutionnel et politique. Ses contradictions propres opposent la bourgeoisie et la classe ouvrière, le grand capital monopoliste et financier et l'ensemble du peuple, la propriété privée des moyens de production et la socialisation de la production, la délocalisation et le développement des forces productives, la spéculation immobilière et la crise du logement, le petit commerce et la grande distribution, les producteurs agricoles et l'industrie alimentaire, les grandes entreprises et la sous traitance, etc. La crise sanitaire porte ces contradictions à un degré jamais atteint et la colère est en train de bouillir derrière les masques anticovid.
Edité le 28-04-2021 e 00:08:13 par Xuan
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 28-04-2021 à 14:50:32
| L'arrestation des brigadistes réfugiés en France depuis 30 ans, dont Marine Petrella, et à la demande de Salvini, montre le double aspect fascisme/fascisation dont on a déjà parlé. Les avocats se sont indignés : Me Terrel «c'est la France qui leur a donné l'asile, les autorités, droite et gauche confondues, et non pas François Mitterrand»... «Depuis les années 1980, ces gens-là sont sous la protection de la France, ils ont refait leur vie ici depuis 30 ans, sont installés au vu et au su de tous, avec leurs enfants, leurs petits-enfants... et au petit matin, on vient les chercher, 40 ans après les faits ?»...«C'est innommable et irrecevable en droit» Me Jean-Louis Chalanset «L'État s'était engagé à ce qu'il n'y ait pas d'extradition malgré les demandes répétées des Italiens, alors pourquoi ce revirement, 40 ans après les faits ? C'est un reniement de la parole d'État» Visiblement Macron veut aplanir les différends entre l'Europe et l'Italie, et pour ce faire la justice, la loi et toutes les paroles données par l'Etat français ne pèsent pas lourd. Mais la simultanéité de cette action avec la lettre des 20 généraux fascistes indique aussi que l'Etat veut arrondir les angles avec la droite et l'extrême droite, qui éructent en permanence contre les gauchistes, gauchiasses, islamo-gauchistes , etc. ce qui comprend à peu près tout ce qui est à gauche des radis roses, et qui se sont empressés d'assimiler le terrorisme des brigades rouges et celui des islamistes. Le concept d' islamo-gauchiste a d'ailleurs pour objectif de désigner tout ce qui est de gauche comme terroriste ou complice du terrorisme islamique, de le même façon que le totalitarisme assimile le socialisme et le fascisme. Initialement les BR s'étaient orientés vers la lutte armée par analogie avec la résistance et par crainte d'un coup d'Etat fasciste comme en Grèce. Dans le climat des années de plomb où le terrorisme fasciste avait déjà frappé indistinctement la population, ils visaient policiers et magistrats et notamment l'ancien chef du gouvernement italien Aldo Moro, qui fut exécuté. Ces actes gauchistes ont échoué car ils ne visaient pas l'organisation des masses et prétendaient suppléer à l'absence de liaison avec elles. Mais on ne peut pas comparer avec le terrorisme aveugle des islamiste. On voit à travers cet exemple que Macron est otage de la droite et de l'extrême droite, et que la proximité des élections serre un peu plus la corde à son cou chaque jour. Mais dans le même temps, la nécessité de poursuivre les affaires en Afrique et au Maghreb le contraignent a certaines contorsions historiques. Le développement du tiers monde et son autonomie par rapport au colonialisme français obligent l'impérialisme de notre pays à faire certaines concessions, de sorte qu'on voit ponctuellement quelques repentirs s'afficher, au regard des méfaits abominables commis dans le passé. Là aussi, le développement du fascisme et du racisme en France est contraint par la résistance des anciennes colonies et le développement de l'Afrique en général.
Edité le 28-04-2021 e 14:56:24 par Xuan
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| Posté le 30-04-2021 à 10:19:31
| Une parenthèse sur le "droit au logement" ?. On se souvient de la campagne médiatique qui a entouré l'occupation illégale du logement d'un couple de retraité, insistant sur le préjudice causé, les vieux "à la rue", les ordures accumulées et les dégradations causées. La finalité n'est pas uniquement la punition des squatters, c'est-à-dire des pauvres, mais également de tout bâtiment également industriel, c'est-à-dire dans le cadre d'une occupation d'usine. La loi "sécurité globale" stipule que l'occupation par des sans logis d'un local vacant professionnel, commercial, agricole ou industriel sera soumis aux mêmes sanctions que celles, jusque là, uniquement prévues pour les occupations de domicile d'autrui(1). Selon l'Association Droit au logement ces dispositions pourraient s'appliquer à "l'occupation de leur lieu de travail par les salariés, des amphithéâtres par les étudiants, des écoles par des parents et des enseignants ainsi qu'à des occupations ponctuelles à caractères militants" . (1) Sanctions passant de un à trois ans d'emprisonnement, de 15 000 à 45 000 euros d'amende Voir LA LOI « SÉCURITÉ GLOBALE » CRIMINALISE LES PERSONNES SANS LOGEMENT ET LA PAUVRETÉ ! notes : Article 1er bis A de la loi de sécurité globale Au premier alinéa de larticle 226-4 du code pénal, les mots : « dun an demprisonnement et de 15 000 » sont remplacés par les mots : « de trois ans demprisonnement et de 45 000 » . En cas d introduction dans un local professionnel, commercial, agricole ou industriel , en violation flagrante de larticle 226-4 du code pénal, les agents de police municipale en rendent immédiatement compte à tout officier de police judiciaire de la police nationale ou de la gendarmerie nationale territorialement compétent, qui peut alors lui ordonner sans délai de lui présenter sur-le-champ lauteur de linfraction ou de retenir celui-ci pendant le temps nécessaire à son arrivée ou à celle dun agent de police judiciaire agissant sous son contrôle. Art. 226-4 du code pénal Lintroduction dans le domicile dautrui à laide de manuvres, menaces, voies de fait ou contrainte, hors les cas où la loi le permet, est puni dun an demprisonnement et de 15 000 euros damende. Le maintien dans le domicile dautrui à la suite de lintroduction mentionnée au premier alinéa, hors les cas où la loi le permet, est puni des mêmes peines.
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| Posté le 03-05-2021 à 14:49:50
| Cette agression fait écho à la lettre des généraux ci-dessus, et à la campagne contre "l'islamo-gauchisme" venant de l'extrême-droite. Cette lettre complétée par le soutien du RN à lui-même, a rencontré des échos positifs dans les réseaux sociaux, et ceci donne des ailes aux éléments les plus radicaux du fascisme, dont l'objectif prioritaire - en dépit de la démagogie vers les GJ - est de casser du prolo, casser du syndicaliste et de casser du coco comme dans les années 30 et "les raisins de la colère" .
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| Posté le 05-05-2021 à 13:07:08
| | France 2 et Bernard Vivier, l"expert" de lantisyndicalisme Mardi 4 Mai 2021 Rosa Moussaoui https://www.humanite.fr/france-2-et-bernard-vivier-l-expert-de-lantisyndicalisme-705787 Pour commenter les violences du 1er Mai contre la CGT, la chaîne publique a sollicité dimanche un intervenant marqué très à droite. Voilà qui commence mal. Pour évoquer les violences du 1er Mai contre la CGT dans la manifestation parisienne, ce dimanche soir, le JT de France 2 ouvre son sujet sur le recul des effectifs de la centrale ces dernières décennies. On voit mal le rapport ; le phénomène touche toutes les organisations syndicales, il est étroitement lié à la désindustrialisation, à latomisation des collectifs de travail, à lenvolée du chômage et de la précarité, mais de cela on ne saura rien. Vient ensuite lincontournable "expert". Un certain Bernard Vivier, habitué des plateaux télé, directeur dun brumeux "Institut supérieur du travail" (IST). Lequel insiste sur "la mauvaise réputation" de la CGT. Lhomme na rien dun observateur impartial. Ce catholique fondamentaliste, ancien dirigeant de la CFTC, qui siège au Conseil économique, social et environnemental, fut candidat suppléant apparenté Front national en 1978 dans le Puy-de-Dôme. Quant à linstitut quil dirige, il a été fondé en 1969 par Guy Lemonnier, alias Claude Harmel, un collaborationniste proche de Marcel Déat, arrêté à la Libération, révoqué de lenseignement, condamné en mai 1947 à quatre années de prison et à la dégradation nationale à vie, avant son amnistie en 1951. Dans son livre les Valets de la guerre froide. Comment la République a recyclé les collabos, Frédéric Charpier reconstitue la genèse de cette "officine patronale " créée au lendemain de mai 1968 et du vote de la loi sur la reconnaissance des sections syndicales, à la demande de Pierre Jouven, le PDG de Pechiney, pour former les cadres à laction antisyndicale. Au passage laffaire est juteuse, avec largent de la formation professionnelle qui coule alors à flots. Parmi les clients de lIST figureront les fleurons de lindustrie française, et de jeunes nervis dOccident, comme Alain Madelin, sy recycleront. À défaut dobjectivité, France 2 serait bien inspirée de dire doù parlent les "experts"dont elle sollicite lavis.
Edité le 05-05-2021 e 13:07:38 par Xuan
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| | | Posté le 05-05-2021 à 14:16:38
| Bizzare nous les anars nous traitent d'homophobes, de réacs et de fachos... Je suppose que dans certaines régions le fascisme plus traditionnel reste fort et n'a aps été remplacé par ces gugus... Ou bien Benalla & co et le reste de la REM suit la politique de castex. Mais jai limpression qu'il y a des chefaillons dans les orga anars qui dirigent leur orgas de manière postmoderne, comme un patrons d'entreprise postmoderne (invisibilisation de la hiérarchie). Ces chefaillons à Nantes sont tellement vendus à la préfecture que les flics n'ont plus besoin d'infiltrer ces mouvements. |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 06-05-2021 à 00:06:07
| Qui parle d'anars ici ? Dans son témoignage Benjamin Amar parle d'individus qu'il relie très clairement à l'extrême droite, mais jamais d'anars.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 10-05-2021 à 10:10:52
| Valeurs Actuelles publie la lettre d'un second contingent anonyme, "ouverte à la signature des citoyens" . On relève "nos aînés ont raison sur le fond de leur texte, dans sa totalité [...]vous les avez traités de factieux alors que leur seul tort est daimer leur pays et de pleurer sa visible déchéance" . Puis "cette déchéance, nous lavons vue dans bien des pays en crise. Elle précède leffondrement. Elle annonce le chaos et la violence, et contrairement à ce que vous affirmez ici où là, ce chaos et cette violence ne viendront pas dun « pronunciamento militaire » mais dune insurrection civile"[..]"si une guerre civile éclate, larmée maintiendra lordre sur son propre sol, parce quon le lui demandera. Cest même la définition de la guerre civile. Personne ne peut vouloir une situation aussi terrible, nos aînés pas plus que nous, mais oui, de nouveau, la guerre civile couve en France et vous le savez parfaitement." Le scenario est assez clair : l'insurrection civile ce sont les agressions contre la police, les noirs et les maghrébins, elle nécessite une intervention militaire pour faire régner l'ordre, prélude au gouvernement militaire puis lepéniste, étant donné que ce sont les mêmes.
___________________ Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs les ministres, parlementaires, officiers généraux, en vos grades et qualités, On ne chante plus le septième couplet de la Marseillaise, dit « couplet des enfants ». Il est pourtant riche denseignements. Laissons-lui le soin de nous les prodiguer : « Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés ny seront plus. Nous y trouverons leur poussière, et la trace de leurs vertus. Bien moins jaloux de leur survivre que de partager leur cercueil, nous aurons le sublime orgueil de les venger ou de les suivre » Nos aînés, ce sont des combattants qui ont mérité quon les respecte. Ce sont par exemple les vieux soldats dont vous avez piétiné lhonneur ces dernières semaines. Ce sont ces milliers de serviteurs de la France, signataires dune tribune de simple bon sens, des soldats qui ont donné leurs plus belles années pour défendre notre liberté, obéissant à vos ordres, pour faire vos guerres ou mettre en uvre vos restrictions budgétaires, que vous avez salis alors que le peuple de France les soutenait. Ces gens qui ont lutté contre tous les ennemis de la France, vous les avez traités de factieux alors que leur seul tort est daimer leur pays et de pleurer sa visible déchéance. Dans ces conditions, cest à nous, qui sommes récemment entrés dans la carrière, dentrer dans larène pour avoir simplement lhonneur dy dire la vérité. Nous sommes de ce que les journaux ont nommé « la génération du feu ». Hommes et femmes, militaires en activité, de toutes les armées et de tous les grades, de toutes les sensibilités, nous aimons notre pays. Ce sont nos seuls titres de gloire. Et si nous ne pouvons pas, réglementairement, nous exprimer à visage découvert, il nous est tout aussi impossible de nous taire. Afghanistan, Mali, Centrafrique ou ailleurs, un certain nombre dentre nous ont connu le feu ennemi. Certains y ont laissé des camarades. Ils ont offert leur peau pour détruire lislamisme auquel vous faites des concessions sur notre sol. Presque tous, nous avons connu lopération Sentinelle. Nous y avons vu de nos yeux les banlieues abandonnées, les accommodements avec la délinquance. Nous avons subi les tentatives dinstrumentalisation de plusieurs communautés religieuses, pour qui la France ne signifie rien -rien quun objet de sarcasmes, de mépris voire de haine. Nous avons défilé le 14 juillet. Et cette foule bienveillante et diverse, qui nous acclamait parce que nous en sommes lémanation, on nous a demandé de nous en méfier pendant des mois, en nous interdisant de circuler en uniforme, en faisant de nous des victimes en puissance, sur un sol que nous sommes pourtant capables de défendre. Oui, nos aînés ont raison sur le fond de leur texte, dans sa totalité. Nous voyons la violence dans nos villes et villages. Nous voyons le communautarisme sinstaller dans lespace public, dans le débat public. Nous voyons la haine de la France et de son histoire devenir la norme. Ce nest peut-être pas à des militaires de dire cela, arguerez-vous. Bien au contraire : parce que nous sommes apolitiques dans nos appréciations de situation, cest un constat professionnel que nous livrons. Car cette déchéance, nous lavons vue dans bien des pays en crise. Elle précède leffondrement. Elle annonce le chaos et la violence, et contrairement à ce que vous affirmez ici où là, ce chaos et cette violence ne viendront pas dun « pronunciamento militaire » mais dune insurrection civile. Pour ergoter sur la forme de la tribune de nos aînés au lieu de reconnaître lévidence de leurs constats, il faut être bien lâche. Pour invoquer un devoir de réserve mal interprété dans le but de faire taire des citoyens français, il faut être bien fourbe. Pour encourager les cadres dirigeants de larmée à prendre position et à sexposer, avant de les sanctionner rageusement dès quils écrivent autre chose que des récits de batailles, il faut être bien pervers. Lâcheté, fourberie, perversion : telle nest pas notre vision de la hiérarchie. Larmée est au contraire, par excellence, le lieu où lon se parle vrai parce que lon engage sa vie. Cest cette confiance en linstitution militaire que nous appelons de nos vux. Oui, si une guerre civile éclate, larmée maintiendra lordre sur son propre sol, parce quon le lui demandera. Cest même la définition de la guerre civile. Personne ne peut vouloir une situation aussi terrible, nos aînés pas plus que nous, mais oui, de nouveau, la guerre civile couve en France et vous le savez parfaitement. Le cri dalarme de nos Anciens renvoie enfin à de plus lointains échos. Nos aînés, ce sont les résistants de 1940, que, bien souvent, des gens comme vous traitaient de factieux, et qui ont continué le combat pendant que les légalistes, transis de peur, misaient déjà sur les concessions avec le mal pour limiter les dégâts ; ce sont les poilus de 14, qui mouraient pour quelques mètres de terre, alors que vous abandonnez, sans réagir, des quartiers entiers de notre pays à la loi du plus fort; ce sont tous les morts, célèbres ou anonymes, tombés au front ou après une vie de service. Tous nos aînés, ceux qui ont fait de notre pays ce quil est, qui ont dessiné son territoire, défendu sa culture, donné ou reçu des ordres dans sa langue, ont-ils combattu pour que vous laissiez la France devenir un Etat failli, qui remplace son impuissance régalienne de plus en plus patente par une tyrannie brutale contre ceux de ses serviteurs qui veulent encore lavertir ? Agissez, Mesdames et Messieurs. Il ne sagit pas, cette fois, démotion sur commande, de formules toutes faites ou de médiatisation. Il ne sagit pas de prolonger vos mandats ou den conquérir dautres. Il sagit de la survie de notre pays, de votre pays.
___________________ Il s'agit là d'une opération pilotée par le RN, visant à déstabiliser la droite. Pendant ce temps la télé fait la promotion du 10 mai 81. Autant dire que le gouvernement se flagelle lui-même.
Edité le 10-05-2021 e 11:41:50 par Xuan
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| Posté le 14-05-2021 à 23:06:47
| Un article très pertinent de S. Bouamama sur les banlieues, sur les lettres des factieux militaires et sur le lien avec la grande bourgeoisie Tribunes militaires et policières et hégémonie culturelle Publié le 14 mai 2021 par bouamamas La montée de lextrême-droite aux élections municipale de 1900 avait suscité à Georges Clémenceau la déclaration suivante : « En ce moment, cest la dictature du sabre et du goupillon qui est à lordre du jour ». Il soulignait ainsi les deux assises de loffensive des droites nationalistes de la séquence historique : lidéologie cléricale appelant à lutter contre la décadence et la dépravation et le pouvoir militaire sexprimant pour un retour autoritaire à lordre. Lentre-deux-guerres et ses ligues sont également caractérisés par le double discours de la décadence et du péril civilisationnel comme diagnostic et dappel à un retour viril à lordre comme solution. Ces deux séquences historiques sont par ailleurs inscrites dans un contexte de crise sociale et économique, de colères sociales massives et de crise de légitimité du pouvoir. Une série de tribunes et déclarations collectives récentes de militaires et de policiers dune part et les contours de notre contexte contemporains [avec des ingrédients de même nature que ceux des deux séquences évoquées ci-dessus] dautre part, réinterrogent larticulation actuelle de ces deux assises du pouvoir [la contrainte violente et lidéologie].
Du discours de la décadence à celui du délitement En quelques semaines nous avons vu la succession dune tribune de militaires de réserve, une autre de militaires dits dactive et une lettre ouverte au président de la République du syndicat Police-France, sans compter, bien entendu, les multiples déclarations de droites et du Rassemblement National affirmant « comprendre le malaise » qui sexprime. Dans lensemble de ces textes et déclarations le cur de lanalyse est identique et est exprimé comme suit dans la tribune signée par « une vingtaine de généraux, une centaine de hauts gradés et plus dun milliers dautres militaire » de réserve selon lhebdomadaire Valeurs actuelles qui lui offre ses colonnes : [i] Or, notre honneur aujourdhui tient dans la dénonciation du délitement qui frappe notre patrie : Délitement qui, à travers un certain antiracisme, saffiche dans un seul but : créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés. [
] Délitement qui, avec lislamisme et les hordes de banlieue, entraîne le détachement de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoires soumis à des dogmes contraires à notre constitution. [
] Délitement, car la haine prend le pas sur la fraternité lors de manifestations où le pouvoir utilise les forces de lordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs. [
] Les périls montent, la violence saccroît de jour en jour[ii] . La répétition du terme délitement désigne le mal et pose un diagnostic appelant logiquement un remède précis. Ce mot renvoie à un champs lexical résumé comme suit par différents dictionnaires : désagréger, fragmenter, dissoudre, se décomposer, exploser, imploser, etc. En outre le terme renvoie également à lidée dun processus inscrit dans la durée marqué par une aggravation progressive pouvant aboutir à un point de non-retour. La « patrie » serait ainsi devant un péril imminent conduisant à terme à sa disparition. Comme nous lavons souligné en introduction ce nest pas la première fois dans lhistoire du capitalisme en général et du capitalisme français en particulier quapparaissent ces images rhétoriques dun déclin mortel nécessitant une réaction dexception urgente. Toutes les séquences de fascisme réel que nous avons connues sur la planète se sont légitimées à partir de ces images nommées déclin et décadence hier et délitement aujourdhui. Si les causes avancées peuvent être différentes [Les juifs, les francs-maçons, les communistes et le parlementarisme hier, les musulmans, les « séparatistes » et les islamo-gauchistes aujourdhui] le diagnostic reste identique. Toutes ces séquences ont également été caractérisées par lidée dune mission exceptionnelle pour enrayer le déclin à confier aux institutions détentrices du « monopole de la violence physique légitime[iii] » selon lexpression du sociologue Max Weber cest-à-dire à larmée et la police. La lettre ouverte du syndicat Police-France précise les contours de cette mission exceptionnelle : « Dans le cadre de létat durgence, il faut procéder au bouclage des 600 territoires perdus de la République, y compris avec le renfort de lArmée, en contrôlant et en limitant les entrées et sorties de ces zones par des checkpoints sur le modèle israélien de séparation mis en place avec les territoires palestiniens[iv]. » Certes il faut toujours se méfier des parallèles historiques et les différences de contexte doivent toujours être prises en compte mais lécho avec le discours des ligues fascistes dès leur première apparition à la fin du dix-neuvième siècle est indéniable. Voici comment lhistorien Serge Berstein résume le discours de celles-ci, le diagnostic quelles posent et le remède quelles préconisent : La défaite française résulte de la longue décadence que la démocratie a provoquée dans le pays. Aussi remet-il [Déroulède le principal dirigeant de la ligue des patriotes] en cause la philosophie des droits naturels, légalitarisme, les conceptions universalistes, le libéralisme. Le mal étant identifié, le remède simpose de lui-même. Pour que la revanche soit possible et que les provinces perdues soient reconquises, il faut créer une France nouvelle, une société disciplinée, régie par un pouvoir autoritaire, organisée sur le modèle militaire avec le respect de la hiérarchie et le culte du sacrifice. Et cette mutation exige labandon du système parlementaire vu comme synonyme de bavardages, de faiblesse et dimpuissance[v]. La même logique de raisonnement se retrouve avec les ligues de lentre-deux-guerres dans le contexte de la crise de 29, dans le discours pétainiste sur la Révolution Nationale, dans le discours nazi sur la dégénérescence de la race allemande, dans le discours mussolinien sur la « décadence des hiérarchies » qui signifierait « la décadence des Etats », etc. Sans conclure à la similitude totale des situations, les points communs avec notre contexte contemporain ne doivent pas être négligés alerte lhistorien Michel Winock : « Plus que jamais le changement brutal que connaît le XXe siècle stimule le discours de la décadence, lappel au sauveur et le refuge dans une pensée au sens propre réactionnaire[vi] » Les nouvelles configurations de lhégémonie culturelle comme consensus idéologique Un autre point commun entre les trois séquences historiques évoquées ci-dessus [la fin du dix-neuvième et ses ligues « patriotiques », lentre-deux-guerres et ses ligues nationalistes et aujourdhui et sa fachosphère] est justement ce « changement brutal » quévoque Michel Winock. La première se caractérise par le paiement de limpôt de guerre suite à laccord de Francfort réglant la fin de la guerre franco-prussienne de 1870 dune part et par ce que certains économistes ont appelés la « longue dépression » du fait quelle sétale de 1873 à 1896 dautre part. La seconde est inséparable de la crise de 29. La troisième enfin est indissociable de la nouvelle régulation du capitalisme du fait de ladite « mondialisation ». Dans les trois cas des effets comparables sont repérables : paupérisation rapide et massive des classes populaires, déclassement des dites « couches moyennes », explosion du chômage et montée en radicalisation des luttes sociales et des pratiques de « violences légitimes » visant à les contenir par la répression. Ces trois contextes différents mais porteurs de quelques invariants structurants ont suscités à la fois des organisations politiques appelant à la prise du pouvoir fasciste, des mesures législatives gouvernementales des restrictions des droits et libertés dune part et de pénalisation de la contestation dautre part [ce que les antifascistes des années trente appelaient le processus de fascisation], lappel à un « sauveur » sappuyant sur les « forces de lordre » [armée et police] pour sauver le pays du déclin et des prises de parole policières et militaires allant dans ce sens et enfin une nouvelle configuration du discours idéologique dominant partagée à la fois par le pouvoir en place et par les groupes fascisant qui le contestent. Ce dernier aspect est, selon nous essentiel. Dans ces trois séquences historiques le désaccord sur les solutions entre groupes fascisants et pouvoir en place saccompagne dun accord sur le diagnostic de la situation. Laccord nest certes pas total et le discours idéologique tenu varie sur la gravité de la crise, sur lampleur et limminence du danger, sur les solutions à apporter, sur la figure du danger désignée, etc. Cependant lidée dune « menace extérieure » portée par des groupes sociaux précis [les juifs et les bolcheviks hier, les musulmans ou les « islamistes » et les islamogauchistes aujourdhui] introduisant un virus mortel pour la nation fait lobjet dun consensus entre groupes fascistes et pouvoir en place dans ces trois séquences historiques. Autrement dit le consensus idéologique repérable est celui portant sur les causes de la crise subie par les classes populaires cest-à-dire sur le fait de les situer à lextérieur du système social capitaliste et des choix économiques mis en uvre par le pouvoir en place. Cette opération dexternalisation de lexplication des crises peut se dérouler, selon nous, selon deux modalités essentielles. La première est la construction dun « ennemi extérieur » comme la été pendant des décennies lURSS sous la forme du discours sur le « péril rouge ». La seconde est lethnicisation des questions sociales posant un groupe social « ethniquement » défini [ou religieusement, ou culturellement, etc.] comme la cause première du péril. Les deux modalités peuvent, bien entendu sarticuler aisément comme dans la version du péril judéo-bolchévik que nous avons connus dans lentre-deux-guerres ou dans celle de lalliance islamogauchiste que dénoncent les tribunes militaires et policières évoquées et avant elles le discours officiel du gouvernement. Un tel discours idéologique ne peut avoir des chances dêtre efficace quen suscitant une logique de panique, de peur, dangoisse, etc. Cest la raison pour laquelle il se développe fortement par linvention dune différence « ethnique » beaucoup plus que par linstrumentalisation dune différence « objective ». Au moment où les « Juifs » hier et les musulmans aujourdhui sont désignés comme cause de tous les maux de la société française en France comme ailleurs, ils sont déjà et depuis longtemps devenus français. Les discours sur limpossible « assimilation » hier ou sur la « crise de lintégration » [ou encore sur lincompatibilité de lIslam et des « valeurs de la République »] aujourdhui, correspondent à une invention de la « différence » à des fins dimposer un clivage entre deux composantes de la population française populaire en lieu et place du clivage de classes. Lennemi extérieur est certes toujours présent mais sa dangerosité est accrue par lexistence dun « ennemi intérieur » et par les alliances possibles entre eux. Lobligation de porter une étoile jaune portant la mention « juif » a pour objectif justement de rendre visible une « différence » qui ne létait plus depuis longtemps. Le basculement du discours anti-immigré vers un discours antimusulman nest pas sans lien avec cette logique de désignation dun ennemi de lintérieur dautant plus dangereux quil est « intégré », dautant plus périlleux quil est « invisible » ou quil se cache, dautant plus pernicieux quil est présent dans nos syndicats, nos universités, nos associations, nos écoles, etc. La seconde condition defficacité dune telle logique de panique est de mettre en scène des scénarios catastrophes en visibilisant des résultats catastrophiques supposés du « laxisme » face aux dangers qui menacent. La seconde tribune militaire émanant cette fois de militaires dactives alerte ainsi sur les dangers à venir : Oui, nos aînés ont raison sur le fond de leur texte, dans sa totalité. Nous voyons la violence dans nos villes et villages. Nous voyons le communautarisme sinstaller dans lespace public, dans le débat public. Nous voyons la haine de la France et de son histoire devenir la norme. Ce nest peut-être pas à des militaires de dire cela, arguerez-vous. Bien au contraire : parce que nous sommes apolitiques dans nos appréciations de situation, cest un constat professionnel que nous livrons. Car cette déchéance, nous lavons vue dans bien des pays en crise. Elle précède leffondrement. Elle annonce le chaos et la violence, et contrairement à ce que vous affirmez ici où là, ce chaos et cette violence ne viendront pas dun pronunciamento militaire mais dune insurrection civile[vii]. Hier comme aujourdhui le discours sur la menace invisible se complète par un discours territorial dans lequel certaines zones géographiques sont construites comme symbole du danger qui menace lensemble de la nation. Les « hordes de banlieue » de la tribune dites des généraux ou les « 600 territoires perdus » à « boucler par des checkpoints sur le modèle israélien de séparation » ne sont rien dautres que la version contemporaine de la territorialisation du danger. Une telle logique appelle inévitablement à des pratiques dexception comme le propose ce syndicat de police. La nouvelle configuration idéologique de lhégémonie culturelle dominante à base de « guerre » contre le terrorisme, le communautarisme, le séparatisme dune part et de territorialisation du danger sous la forme du discours sur les « territoires perdus de la République » dautre part constitue bien un consensus idéologique entre le pouvoir en place et ses contestataires dextrême-droite. La logique électorale conduit la droite à la reprise de ce consensus. Plus grave lemprunt par de larges pans de la gauche d « éléments de discours », comme disent les libéraux, issus de cette nouvelle configuration de lidéologie dominante, contribue objectivement à lenracinement de celle-ci. Dans le combat pour lhégémonie culturelle aucun emprunt à ladversaire nest possible sans le renforcer. Lillusion dune reprise de certains thèmes dominants en les « adoucissant » conduit inévitablement à renforcer cette nouvelle configuration. Lappel au sécuritaire comme accompagnement politico-médiatique Bien entendu les « 600 territoires perdus » ne sont pas exempts de facteurs de dégradation. Lidéologie nest que rarement entièrement hors sol. Elle sappuie fréquemment sur des constats sociaux indéniables mais pour en proposer des attributions causales faisant écran à la perception des véritables causes sociales, économiques et politiques. Les fameux « 600 territoires perdus » se caractérisent tous par des taux de pauvreté hallucinants. Ils ne sont que la partie la plus visible de liceberg du déclassement social subit ces dernières décennies par lensemble des classes et quartiers populaires. La réaction à ces changements brutaux et massifs ne sont pas univoques. La colère sociale prend des canaux divers dexpressions. Certains de ceux-ci orientent vers le collectif, la solidarité et la résistance. Dautres vers lindividualisme, la guerre de tous contre tous et ladaptation au pire pour survivre. Les quartiers populaires en général et les « 600 territoires » en particulier ne sont ni les jungles humaines où la violence est constante que décrivent les médias sensationnalistes, ni des havres de paix et de solidarité que renvois en réaction certains militants. Ils sont les deux à la fois avec des variations selon les endroits, les moments, les structures collectives encore disponibles, etc. Ce qui est constant en revanche cest la triple violence quils subissent : la violence sociale de la précarité économique dautant plus destructrice quelle nest pas exercée par un acteur visible dune part, la violence de la surveillance policière spécifique dautre part et en particulier des contrôles au faciès humiliants et la violence du discours médiatiques les décrivant comme espaces de « sauvagerie ». Cest pourquoi nous parlions dans un article antérieur de « violences atmosphériques ». Cest dans ce contexte global quil convient de restituer la dégradation des rapports avec la police depuis plusieurs décennies. Une socialisation précoce [quasi-enfantine] et négative à linstitution policière sest installée du fait du type de présence des agents de cette institution [contrôle à répétition, interventions guerrières, type darmements, etc.] dans de nombreux quartiers. Les interactions avec la police sont perçues comme porteuses de dangers, dhumiliations potentielles et de rapports de force. La présentation médiatique et politique dagents des forces de lordre victimes de violences grandissantes déconnectée de ce contexte global est réductrice. Elle amplifie ces « agressions », masque les causes profondes et produit une demande grandissante de sécuritaire sur laquelle surfe lextrême-droite et sur laquelle sappuient les tribunes militaires pour appeler à un régime dexception pour une partie précise de la population. La colère sociale d« en bas » que les « Gilets Jaunes » ont symbolisé et visibilisé est une conséquence de linsécurité sociale. La pandémie et sa gestion ont encore accrue cette dernière faisant craindre aux classes dominantes de nouvelles expressions plus radicales de la contestation de lordre établi. La gestion libérale du financement du coût économique de la pandémie conduit de surcroît à de nouvelles mesures austéritaires qui ne peuvent quamplifier encore cette contestation. Transformer la colère contre linsécurité sociale en révolte contre « linsécurité » est la logique de nombreux discours politiques et médiatiques récents successifs : polémiques sur les islamogauchistes fleurissant sur le terreau du laxisme, discours sur les rixes entre bandes de jeunes qui seraient en explosion quantitatives, instrumentalisation de lémotion suscitée par la mort dagents de force de lordre en affirmant pour elles aussi une hausse vertigineuse, injonction à lunanimisme excluant tout débat sur les causes à chaque attentat ou agression contre un agent des forces de lordre, etc. Les réactions de certains médias vont dans la même direction de susciter une demande de sécuritaire globalement et dappel à un homme providentiel pour certains. Lhebdomadaire Valeurs actuelles transforme une des tribunes des militaires en pétition publique et annonce le 10 mai qu« ils sont déjà 784 000 à soutenir cet appel[viii] ». Lhebdomadaire Marianne feint de prendre de la distance en affirmant que la tribune des ex-généraux contient des « relents putschistes » mais pour mieux affirmer ensuite quelle « met le doigt là où ça fait mal[ix] ». LCI commande un sondage à la société Harris qui conclut que 58 % des personnes interrogées soutiennent cette tribune, que 86 % de ceux-ci considèrent que les lois de la République ne sappliquent plus sur lensemble du territoire, que 84 % pensent que la violence augmente, que 74 % analysent lantiracisme comme une des causes de la « dégradation » de la situation, que 73 % partagent laffirmation de lexistence dun « délitement » de la société et que 49 % se déclarent favorable à une intervention de larmée « sans quon ne lui en donne lordre » pour garantir la sécurité. Bien sur les chroniqueurs médiatiques et pseudo experts sont sen donné à cur joie pour dénoncer, approuver ou nuancer les tribunes en question mais sur la base dun constat partagé quasi-unanime sur le fameux pseudo « délitement » de notre société. Nous ne partageons pas laffirmation de lexistence dun danger fasciste à court-terme. La classe dominante nen a ni le besoin politique, ni le besoin idéologique, ni les moyens politiques immédiatement disponibles. Sur le plan des besoins politiques, elle dispose encore de ressources électorales lui permettant despérer sauvegarder une façade légale et démocratique tout en poursuivant ses politiques néolibérales et en faisant de nouveau payer la facture du COVID aux classes populaires. Sur celui des besoins idéologiques, elle a réussi à imposer son hégémonie sur un large pan du champ politique [Jusquau sein dune partie du Parti Communiste, de la France Insoumise et de lextrême-gauche] sur les questions de la « laïcité », des « valeurs de la République », de la lutte contre le pseudo « séparatisme », etc. En témoignent les faibles mobilisations et/ou les silences assourdissants à propos de la loi sur le séparatisme. En témoigne également le contraste entre les appels à se mobiliser contre la loi sur la « sécurité globale » et ceux contre la loi sur le séparatisme alors quelles sont fondamentalement des « lois jumelles ». Sur le plan des moyens politiques enfin lassise sociale et organisationnelle dun pouvoir fasciste nest pas encore suffisamment large. En revanche les tribunes militaires et policières indiquent quune partie de la classe dominante est inquiète des radicalisations possibles des luttes sociales. Cest cette partie que visait déjà lextrême-droite avec son collectif « Audace Jeunes actifs Patriotes » depuis 2014 sadressant aux dirigeants des PME [Petites et Moyennes Entreprises]et des TPE [Très Petites Entreprises] et son cercle « Audace » également créé en 2014 pour des entreprises plus importantes. Cest également cette partie qui a investie dans la promotion de nouveaux titres comme « Valeurs actuelles ». Lactionnaire principal de ce titre est ainsi Iskandar Safa qui était la 92ème fortune de France en 2020[x]. Encore largement minoritaire cette fraction du patronat utilise sa presse comme ballon dessai, comme mesure de lopinion et de ses réactions aux différents thèmes de la bataille idéologique, comme outil danalyse de son champ des possibles politique. Dans un tel contexte les tribunes militaires et policières apparaissent comme un des résultats de la bataille pour lhégémonie culturelle menée depuis plusieurs décennies sur les thèmes de limmigration, du pseudo-communautarisme, du soi-disant danger « séparatiste », des prétendues « menaces sur la laïcité », etc. Lillusion de combattre idéologiquement les conséquences [les fameuses tribunes, limplantation de lextrême-droite dans les institutions militaire et policière, etc.] sans sattaquer aux causes [la nouvelle idéologie culturelle à base de « civilisation menacée »] est le principal élément de la dynamique de droitisation de la société française.
_________________ [i] LAurore du 1er juin 1900, [ii] « Pour un retour de lhonneur de nos gouvernants », Valeurs Actuelles du 21 avril 2021, consultable sur le site valeursactuelles.com. [iii] Max Weber, Le savant et le politique, 10/18, Paris, 1959, pp. 100 101. [iv] Lettre ouverte au président Macron du syndicat France Police du 6 mai 2021, consultable sur le site France-police.org. [v] Serge Berstein, Les Ligues, Après-Demain, n° 43, 2017/3, pp. 31 -32. [vi] Michel Winock, Nationalisme, Antisémitisme et Fascisme en France, Seuil, Paris, 2015 [vii] Lettre des officiers français, consultable sur le site valeursactuelles.com. [viii] En réalité ce chiffre correspond au nombre de visites sur le site. Deux heures plus tard lhebdomadaire rectifie et annonce 76 000 signatures. [ix] Jack Dion, Malgré ses relents putschistes, la tribune des ex-généraux met le doigt là où ça fait mal, Marianne, 28 avril 2021, consultable sur le site marianne.net. [x] Voir sur le financement de la presse dextrême-droite lexcellent article de René Monzat, Qui soutient la presse dextrême-droite ? Un voyage dans les droites radicales depuis 60 ans, Contretemps, 21 décembre 2020, consultable sur le site contretemps.eu.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 17-05-2021 à 21:05:36
| Sur FR3 régions : Droite dure et extrême-droite : comment leurs mots et leurs idées progressent chez LREM "Ni de droite, ni de gauche" : c'était la bannière d'En Marche lorsqu'Emmanuel Macron a été élu, en 2017. Quatre ans plus tard, alors que les échéances électorales s'enchaînent, la bienveillance a laissé place à un discours infusé par les idées de la droite, voire de l'extrême-droite.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 19-05-2021 à 23:09:51
| Quel est le sens de la participation de F. Roussel à la manif des flics ? Cette manifestation en a fait rire ou se lamenter beaucoup. "être le porte-voix des élus locaux qui réclament plus de moyens, de sécurité et plus de sanctions" , ajouté à la présence de Darmanin et au noyautage du RN, ça fait beaucoup. Cependant deux éléments doivent être pris en compte, d'une part l'existence du banditisme dans les quartiers pauvres, amplifiée à dessin par les médias mais réelle. Et d'autre part le noyautage de la police comme de l'armée par le RN. Il est naturel d'exiger que soit assurée la sécurité du peuple, c'est une exigence à imposer dans la république bourgeoise, comme on doit imposer la sécurité au travail dans les entreprises capitalistes. De même, sans verser dans la querelle police vs justice attisée par la droite et les fascistes, il est juste de soutenir les policiers victimes de la mafia de la drogue. Ceci aussi bien du point de vue du droit du peuple à la sécurité que du rôle de la police dans ce cas. J'ajouterai que pour réaliser une révolution, sachant que le service militaire n'existe pas, il est indispensable que la police et l'armée soient au moins neutralisées du point de vue idéologique, qu'elles pactisent avec le peuple, sinon c'est une boucherie. Là dessus il ne faut pas être gauchiste mais partir des faits et des intérêts des masses. Par contre ce qui distingue la ligne communiste du réformisme ordinaire, c'est notre objectif de remplacer le capitalisme par le socialisme. Au fond la cause profonde du banditisme voire de la mafia qui s'installe dans les quartiers pauvres, c'est le chômage et la précarité. La police de proximité et les services sociaux ne pourront pas résoudre ces fléaux parce qu'ils ne maîtrisent le chômage. Peuvent-ils seulement maîtriser des mafieux armés de kalachnikovs ? Si une inflation se développe, associée à une hausse des taux d'intérêts, c'est-à-dire une dette publique abyssale, que feront les flics de quartier ? Il est indispensable de relier l'exigence de sécurité publique à la nécessité du socialisme, et pas seulement entre nous mais publiquement. C'est la raison pour laquelle il est faux de parler de police républicaine, c'est semer la confusion. La police est républicaine bourgeoise c'est inévitable. Nous voulons une police "républicaine populaire", une police du peuple, et elle n'existe que dans la société socialiste.
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| | pzorba75 | | Grand classique (ou très bavard) | | 1186 messages postés |
| Posté le 20-05-2021 à 07:38:19
| Xuan a écrit :
Quel est le sens de la participation de F. Roussel à la manif des flics ? ... Nous voulons une police "républicaine populaire", une police du peuple, et elle n'existe que dans la société socialiste. |
Affirmation imprudente : la police dans les états se réclamant du "socialisme" devra démonter qu'elle est une police du peuple, ce que l'histoire des pays dit "socialistes" n'a pas démontré clairement. À suivre pour ne pas retomber dans les systèmes répressifs.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 20-05-2021 à 09:02:23
| pzorba75 a écrit :
...Affirmation imprudente : la police dans les états se réclamant du "socialisme" devra démonter qu'elle est une police du peuple, ce que l'histoire des pays dit "socialistes" n'a pas démontré clairement. À suivre pour ne pas retomber dans les systèmes répressifs. |
Le socialisme n'est pas le communisme, un outil d'oppression et de répression existe toujours afin de réprimer les reliquats de la classe bourgeoise qui s'opposent aux intérêts du peuple, ainsi que des gangsters et des délinquants, qui n'ont pas disparu spontanément. Ensuite ce n'est pas à la police de démontrer, c'est au parti communiste comme dirigeant de la société. D'ailleurs la manifestation d'hier a révélé que la "séparation des pouvoirs" devient une contradiction entre les pouvoirs, contradiction accentuée par le capitalisme lui-même. J'avais mis en ligne l'article du Diplo Une justice au bord de limplosion La manif des flics s'en est prise à la justice et Darmanin à lui-même. En fait la question qui se pose à travers ces dérèglements absurdes n'est rien d'autre que l'inanité de la "séparation des pouvoirs". Loin de résoudre la séparation de l'Etat et du peuple, elle n'apporte aucune garantie de démocratie et ne sert qu'à ajouter des difficultés supplémentaires. Ce sont les institutions bourgeoises et leurs principes constitutifs qui sont obsolètes.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 20-05-2021 à 09:35:56
| Ci-dessous le point de vue de Laurent Brun sur le site de D. Bleitrach : Dossier : repenser la question de la sécurité DANIELLE BLEITRACH 20 MAI 2021ACTUALITÉ https://histoireetsociete.com/2021/05/20/laurent-brun-repenser-la-question-de-la-securite/ Il en est de la sécurité comme bien des problèmes qui paraissent aujourdhui insolubles tant ils sont posés dans des termes qui interdisent toute solution. Pour les aborder il faut changer la perspective politique. Il faut ne pas se limiter à un débat entre forces politiques et médiatiques qui se déplacent de plus en plus sur le terrain de lextrême-droite même celles qui pensent sy opposer. Il faut, mais cest plus facile à dire quà faire, penser et agir pour la résolution des problèmes en fonction de lintérêt du monde du travail et des couches populaires. De ce point de vue, la position de Fabien Roussel devient audible et dans sa singularité. Je ne sais si vous avez écouté le débat dans C dans lair sur la manifestation revendicative de la police et qui était présent. La différence que faisaient les participants entre le positionnement de Jadot qui se heurterait aux divisions entre les verts et celle des communistes qui correspond à une tradition disaient-ils, celles des nombreux maires et militants du monde ouvrier qui nont jamais eu de complaisance pour la délinquance. Ce texte de Laurent Brun dit très bien ce déplacement que les communistes doivent opérer. Vidéos : https://youtu.be/juf7JDrQANI https://youtu.be/o1TdHvybmCA LARTICLE DE LAURENT BRUN Sur la question de la sécurité, la gauche doit elle intervenir ? Certains mélangent la stratégie du gouvernement de restriction des libertés publique avec la stratégie de sécurité publique. Personnellement je ne mélange pas lutilisation faite par le gouvernement des CRS, des BRAV et autres pendant les manifs, leur stratégie de conflit et de provocations, leur objectif de réduction par la force du mouvement social, avec la question des moyens de sécurité publique face aux crimes divers (agression, trafics, vols
). Parmi les criminels, il y a beaucoup de gens brisés par le système économique, mais il y a aussi de vrais capitalistes, qui savent ce quils font et qui lassument. Dans ma ville de banlieue lyonnaise, les caïds du trafic de drogue ont décidé de privatiser certains quartiers pour que leur business se fasse tranquillement. Ils emploient des nervis pour casser la tête aux livreurs, aux médecins ou aux pompiers qui viennent dans le quartier, ils font cramer les bagnoles des voisins
Ça sest amplifié depuis un mois parce quils sentent venir le déconfinement et quils avaient été tranquilles pendant le confinement donc ils veulent conserver cette « tranquillité ». Or en face, il y a très peu de moyens policiers, notamment la nuit (un seul équipage de 3 agents pour une ville de 60 000 habitants!). Donc oui il faut de la prévention, du social, de la traque du blanchiment dargent pour faire tomber les barons, etc
Les communistes ont des propositions là dessus. Oui les chouff ou les petits vendeurs nont pas dautre perspectives sociales et donc avec une vraie politique juste ils rentreraient dans une activité légale (40% de chômage dans les quartiers concernés). Mais les caïds dont je parle sont les « cadres intermédiaires » du business. Ceux-la ils défendent leur activité et leur « poste ». Il y a un an, ils ont ordonné lexécution en plein centre ville et en plein jour dun vendeur (probablement un concurrent qui tentait de sinstaller). Ça cest du factuel, du vécu, pas de limaginaire romantique. Je nai pas la naïveté de penser que ces personnes-là rentreront dans le rang juste avec de la pédagogie. Sils travaillaient en entreprise, ce seraient cette sorte de DRH qui est près à pousser un salarié au suicide pour atteindre ses objectifs. Donc oui, pour ces cas-là, qui sont minoritaires mais qui sont au cur de la structuration de lorganisation mafieuse (ils ne sont pas à sa tête mais ils la font tenir et ils en retirent un statut social très privilégié ) il faut un appareil répressif. Ça nest pas une carte blanche à la police dont il faut par ailleurs extirper les éléments racistes ou factieux. Mais la question des moyens (Roussel propose 30 000 postes de policiers supplémentaires) et de lArsenal législatif est posée. Ce nest pas une question dextrême-droite, notamment parce que cette dernière ne pose que la répression, sans la question sociale ou la lutte contre les circuits de blanchiment (ce que fait Roussel). Il faut rappeler dailleurs que le RN sest abstenu, ou a rejeté, la majorité des textes luttant contre la fraude fiscale, le blanchiment et loptimisation des multinationales. Donc le PCF, comme lensemble de la gauche, ne doit pas laisser cette question au RN. La gauche est légitime à proposer des solutions sur ce sujet. Parmi ces solutions il y a beaucoup de mesures sociales, beaucoup de mesures sur le contrôle des circuits financiers et aussi des moyens pour la police (et la justice). Quand Roussel propose que les circonstances aggravantes soient étendues des policiers à lensemble des salariés ayant une autorité (pompiers, profs
) il veut justement montrer que le policier nest pas le seul qui doit être défendu parce que la police nest pas la seule réponse. Aujourdhui la circonstance aggravante est systématique dans le cas dun policier mais doit faire lobjet dune analyse pour les autres professions des services publics. Donc nous avons besoin de débattre de ces sujets pour ne pas tomber dans les pièges de la droite et lextrême-droite (la « sécurisation » sociale doit rester notre priorité, elle doit mobiliser lessentiel de notre énergie) mais il nest pas question de nous interdire de traiter le sujet, qui est un sujet de société. Et à loccasion de la mort dun agent de police, qui est inacceptable au même titre que la mort de tout salarié au travail, il est légitime daborder ces questions, il est légitime de rendre hommage et dapporter son soutien à la famille. Que des éléments politiques ou syndicaux dextrême-droite tentent de semparer du sujet nest pas une raison pour léluder. Il faut au contraire mener la bataille politique pour extirper cette question de linstrumentalisation par les fachistes (on se rappelle dailleurs quun jeune cadre du FN a été condamné pour avoir incendié des voitures afin de mieux dénoncer linsécurité).
Edité le 20-05-2021 e 09:39:18 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
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