| | | | | | | | | | Posté le 10-08-2020 à 23:29:05
| Ducoup aucun commentaire là-dessus? Je pourrais ajouter que cette chasse aux sorcière amalgame tout et n'importe quoi. Et que donc ça rend certaines alliances possibles. |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 11-08-2020 à 16:12:30
| D'amalgame en amalgame...tout est possible !
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 16-09-2020 à 08:45:12
| Rappelons que Schiappa est candidate en 2001 aux élections municipales à Paris dans le quatorzième arrondissement sur « une liste associative de gauche » A la fin des années 2000 est repérée par le maire PS Jean-Claude Boulard. Pour les élections municipales de mars 2014, elle se présente sur la liste d'union de la gauche du maire, en quatorzième position, sans pour autant adhérer au PS. À l'issue du scrutin, elle est élue au conseil municipal de la ville et au conseil communautaire de Le Mans Métropole. Lors de la séance d'installation, le 4 avril, elle devient adjointe au maire, chargée de l'égalité, de la lutte contre les discriminations et de la charte LGBT37. À la fin du mois de mai 2014, elle annonce avec Assia Benziane, adjointe au maire de Fontenay-sous-Bois, la création du Mouvement des élus français pour l'égalité (MEFE). À l'occasion des élections départementales de 2015, elle se présente dans le canton du Mans-3 sous les couleurs de La Sarthe à gauche (binôme du Parti socialiste). Au second tour, le binôme qu'elle forme avec Stéphane Chevet est battu, recueillant 43,1 % des voix. En janvier 2016, Marlène Schiappa devient conseillère communautaire déléguée à l'attractivité économique du territoire et l'innovation technologique. La même année, en mars 2016, après l'ajustement du gouvernement Manuel Valls (2), la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, la nomme à son cabinet. Sa mission prend fin en juin 2016. Le 8 janvier à propos de la cagnotte pour Dettinger, Marlène Schiappa déclare : « On a là quelqu'un qui a commis des faits très graves, qui a frappé un policier dans l'exercice de ses fonctions, qui était en train de maintenir l'ordre public, c'est gravissime »
que cette cagnotte est « illégale » Elle réclame la suspension de la cagnotte et demande même l'identification des donateurs en imputant une complicité aux donateurs ( « Soutenir cela, c'est être complice de cet acte et c'est l'encourager » ). Dans la journée, la société clôture la cagnotte et gèle le montant. Pour l'avocat Régis de Castelnau, Leetchi : « a donc cédé aux pressions gouvernementales et à lordre donné par Marlène Schiappa. Situation absolument stupéfiante où le droit est simplement foulé aux pieds » . Dans un entretien accordé au journal Valeurs actuelles paru le 20 février 2019, Marlène Schiappa « souligne l'existence d'une convergence idéologique entre la Manif pour Tous et le terrorisme islamiste » [wikipedia]
_______________ https://www.huffingtonpost.fr/entry/marlene-schiappa-revele-t-elle-la-droitisation-du-quinquennat_fr_5f60808cc5b6fd3d0528ce69 Marlène Schiappa révèle-t-elle la droitisation du quinquennat? Depuis sa nomination auprès de Gérald Darmanin, la ministre est accusée d'accompagner "sans état d'âme" le virage droitier de l'exécutif. Par Romain Herreros POLITIQUE - Le mail a été envoyé le 20 juillet. Il conviait les journalistes au ministère de lIntérieur, afin de les briefer sur les grands axes du périmètre ministériel de Marlène Schiappa, fraîchement nommée ministre déléguée à la Citoyenneté. Si vous avez compris ce quelle va y faire, je veux bien que vous mexpliquiez, doutait alors un marcheur historique, craignant que ce poste aux attributions encore vagues signe définitivement le retour du ministère de lidentité nationale à la Brice Hortefeux. Ce ne ce sont pas les regards interrogatifs de la vingtaine de journalistes présents le lendemain sous les dorures du salon Erignac qui auraient pu être de nature à le rassurer. À sa décharge, linstallation de lex-secrétaire dÉtat à légalité entre les femmes et les hommes sous la tutelle de Gérald Darmanin, ministre de lIntérieur accusé de viol, avait dérouté plus dun observateur. Ce même parlementaire de premier plan jugeait dailleurs lattelage incohérent. Certains au sein de son camp ont bien un temps espéré que Marlène Schiappa apporte un rééquilibrage salutaire auprès dun premier flic de France venu de la droite sarkozyste, accusé de surjouer lhyperactivité de son mentor et de souffler sur les braises de la surenchère sécuritaire. Las, ils ont vite déchanté. On souhaitait quelle contrebalance le discours de Darmanin Gérald Darmanin froisse la majorité et divise jusquau gouvernement en adoptant le mot ensauvagement, imposé dans le discours politique par lextrême droite. Marlène Schiappa assume lutilisation du terme et trouve même que son ministre de tutelle a tout à fait raison de lutiliser. Cest lillustration parfaite de sa dérive droitière. On ne pensait pas quelle se raidisse à ce point. On souhaitait quelle contrebalance le discours de Gérald Darmanin, et finalement on voit quelle marche dans ses pas, se désole une députée macroniste, regrettant de voir Marlène Schiappa se jeter sur les faits-divers polémiques sans attendre den savoir plus. Une allusion à la passe darmes entre la ministre et le député ex-LREM Aurélien Taché à propos de lado dorigine bosnienne tondue et molestée par ses parents en raison de sa relation avec un garçon dorigine serbe à Besançon. Un dossier où le motif religieux, immédiatement mis en évidence par lIntérieur, est finalement moins prégnant quil ny paraît selon le procureur de la République. Peu importe pour Marlène Schiappa, laffaire imposait une réaction rapide de Beauvau et révélait au passage lexistence dune gauche identitaire qui porte en elle une culture de lexcuse. Une gauche dont le député du Val dOise, au motif de sinquiéter de la haine antimusulmane que la politisation du fait-divers pouvait nourrir, serait le représentant. Je nai jamais défendu la famille! Je disais quil fallait que la justice passe sur ces faits atroces, et quil ne fallait pas en faire un dossier migratoire ou religieux. Prendre de la hauteur, cest ce quon peut attendre dune grande nation comme la nôtre, explique aujourdhui Aurélien Taché, dénonçant un raidissement idéologique chez Marlène Schiappa qui, en plus de dévisser à droite, adopte un ton populiste, une rhétorique de linstinct, opposée à celle de la raison, comme le ferait Donald Trump. Une inflexion évidente par rapport à lislam Alors que lexécutif assume un tournant dit régalien lorgnant sans complexe sur la droite identitaire, Marlène Schiappa, qui préférait perdre une élection plutôt que [ses] valeurs au moment où une alliance avec Rachida Dati bruissait dans Paris, aurait-elle retourné sa veste pour accompagner le virage négocié par Emmanuel Macron? Au Mans, où elle a commencé sa carrière politique en 2014, plusieurs de ses anciennes fréquentations -de gauche donc- jugent, sévèrement la trajectoire de Marlène. Sous couvert danonymat, un responsable local pointe une inflexion évidente par rapport à lislam, condition sine qua non dune adaptation au marketing sécuritaire du gouvernement. Une autre de ses anciennes connaissances, refusant également dêtre citée, est encore plus critique. On aurait pu prévoir quelle se retrouve un jour dans cette situation parce quelle na pas de convictions, hormis la laïcité et la cause féministe. Mais en bonne opportuniste, elle est capable de les mettre de côté ou de les faire évoluer au gré des besoins pour progresser. Il ny quà voir comment, après des années à lutter contre les violences faites aux femmes, elle dû se retrouver à blanchir Darmanin, dont lhistoire reste louche, enfonce-t-elle. Une inconstance qui serait donc au service de ses appétits carriéristes que conteste lentourage de la ministre. Elle na jamais changé. Elle vient de la gauche républicaine. Celle de Chevènement, de Valls, de Cazeneuve. Elle a écrit deux bouquins sur la laïcité, démine son équipe, répétant des arguments livrés dans des termes similaires à Libération quelques jours plus tôt. Depuis quelle est à lIntérieur, elle est perçue différemment. Mais il ny a rien de nouveau dans ses prises de positions récentes, poursuit-t-on de même source. Elle a toujours été clivante Très sourcilleux sur limage de leur ministre dans les médias, les conseillers de la ministre nhésitent pas à nous faire remonter un exemple qui montrerait sa constance. Le 15 septembre, Marlène Schiappa signait une circulaire facilitant laccès à la nationalité française pour les travailleurs étrangers en première ligne pendant le confinement. Dans un alignement complet avec le discours de son entourage, un ex-directeur de cabinet de Marlène Schiappa abonde. Je vois une constante dans son parcours. Depuis le début de sa carrière, elle promeut lengagement citoyen et affiche des positions claires sur la laïcité, assure cet ancien dircab au secrétariat à légalité entre les femmes et les hommes. Et dajouter: elle a toujours été clivante car elle est courageuse. Mais cest le propre des politiques qui vont sur des sujets sensibles et qui sy investissent à fond. Même analyse du côté de Matignon. Elle na pas varié. Elle na pas changé de convictions. Elle habite la fonction dans laquelle elle est aujourdhui. Cest la droite ligne de ce quelle a fait auparavant et cela sinscrit dans le dépassement de la droite et de la gauche voulu par le Président de la République, et quelle a toujours porté, observe-t-on dans lentourage de Jean Castex. Reste que ses détracteurs nen démordent pas, observant une sorte dindignation à géométrie variable chez la ministre déléguée à la Citoyenneté. Elle qui a commenté des faits-divers tout lété, elle est bizarrement restée silencieuse après quune étudiante a dû fermer son compte Twitter à la suite dun harcèlement qui a suivi le tweet islamophobe dune journaliste du Figaro. Une journaliste qui a reçu le soutien de Gérald Darmain par ailleurs, grince un autre parlementaire LREM qui tient lui aussi -décidément- à garder lanonymat. La polémique a dailleurs divisé la majorité, comme le révélait Libération le 14 septembre. Son principal problème, c'est qu'elle fait du zèle Aurélien Taché Des critiques que les proches de Marlène Schiappa jugent marginales. La majorité la soutient largement. Tous les bruits qui circulent, ce sont des offs que jai toujours entendus. Mais publiquement, personne ne la conteste au sein de la majorité. Au contraire, persiste lun de ses collaborateurs. Elle a failli se faire virer lors du précédent remaniement, elle crispe beaucoup Macron, nuancent deux sources proches de lÉlysée. Si le président de la République la voulue à ce poste, cest justement pour incarner un féminisme de combat et une ligne claire sur la laïcité, renchérit-on à son cabinet, laissant entendre que la ministre pourrait maintenir une ligne complémentaire à celle du ministre de lIntérieur. Si elle a été nommée là, cest pour contrebalancer Gérald Darmanin: une femme, un homme, une féministe, un mec accusé..., confirme, mais sans pincette, une source gouvernementale, considérant que les positions qui ont heurté la majorité font partie de son nouveau job. De nouvelles fonctions -régaliennes donc- quelle aurait eu à cur dappliquer sans trembler, au risque den faire trop. Elle est très talentueuse, mais son principal problème cest quelle fait du zèle. Cest ce qui lui permet dopérer une mue sans état dâme et ça interroge forcément sur ses convictions, tacle Aurélien Taché. Retour au Mans, où lune de ses anciennes connaissances sarthoises résume ainsi le tableau. Cest la première des macronistes. Donc si ça barre à droite à la tête de lexécutif, elle barre à droite. Au final, ce nest pas Marlène qui a changé par rapport à 2017, cest Macron, qui était accusé au début de manquer de fermeté sur la laïcité et la sécurité. Elle ne fait que suivre le mouvement.
Edité le 16-09-2020 e 09:23:53 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | pzorba75 | | Grand classique (ou très bavard) | | 1186 messages postés |
| Posté le 16-09-2020 à 10:45:09
| M. Schiappa a été bercée dans une famille trotskiste, libre penseuse, totalement compatible avec les sectes éclairées et résolument anticommuniste.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 22-09-2020 à 20:08:51
| Le racisme et particulièrement le racisme d'Etat est une composante essentielle de la fascisation. Nouvel âge et nouvelles figures du racisme. Ce que révèle un été et une rentrée aux senteurs islamophobes et négrophobes Publié le 21 septembre 2020par bouamamas La fin des vacances dété et la rentrée se caractérisent par une multiplication des propos et actes racistes, tant islamophobes que négrophobes, deux figures du racisme contemporains désormais avérées. La succession de ces expressions du racisme fait courir le risque certain quune partie des habitant de lhexagone « shabitue au mal », sacclimate à linacceptable et sadapte à linvivable ». Certes des condamnations de ces actes sont prononcées, des déclarations antiracistes sont produites, des communiqués de presse sont publiés. Cependant ces expressions antiracistes restent en réaction à chacune des agressions sans prendre la mesure de ce que révèle la succession des faits racistes et laccélération de celle-ci. Rappelons quelques-uns de ces passages à lacte raciste dont la succession indique le passage dun seuil dans lenracinement et la banalisation du racisme dans la société française. Analysons ensuite la signification de cette accélération raciste et les raisons possibles dune riposte bien en dessous des enjeux.
Un florilège raciste en guise dété et de rentrée Malgré le risque de litanie récapitulons de manière non exhaustive la banalité raciste de ces dernières semaines : 1) Le maire de Stains Azzedine Taïbi qui reçoit des lettres de menaces de mort et des appels téléphoniques insultants début juillet (« sale bougnoule, sale Arabe, retourne dans ton pays » ) pour avoir inauguré dans sa ville une fresque en hommage à Georges Floyd et à Adama Traoré ; 2) Reprise par le nouveau ministre de lintérieur Darmanin du concept dextrême-droite « Ensauvagement » fin juillet ; 3) Deux incendies criminels contre des lieux de culte musulman à Lyon et Bron à la mi-août ; 4) Insultes et menaces fin août contre le maire de Givors Mohamed Boudjellaba : « Allez fou le camp bougnoule si tu ne veux pas brûler comme une merguez » ; 5) Numéro de lhebdomadaire Valeurs Actuelles du 27 août représentant la député Danielle Obono en « esclave » ; 6) campagne dharcèlement contre la promotrice du compte Instagram « recette échelon 7 » en raison du fait quelle porte un foulard début septembre; 7) Dans la foulée publication dun Tweet de la journaliste du Figaro Judith Waintraub associant cette promotrice aux « terroristes du 11 septembre » avec une quasi absence de réactions des principaux partis politiques; 8) propos de lancien Président de la République le 10 septembre associant « nègres » et « singes » ; 9) départ « fracassant » et médiatisés de députés Républicains et LREM au prétexte que la vice-présidente de lUNEF portait un foulard lors de laudition à la commission denquête sur limpact de la crise sanitaire sur les jeunes le 17 septembre et dans la foulée succession démissions ou chroniqueurs et « experts » sen donnent à cur joie sur le thème de la laïcité menacée ; etc. Arrêtons-la les exemples. Les faits sont certes de nature différente [de linjure raciste à lattentat terroriste], portés par des acteurs de natures différentes [journalistes, « chroniqueurs » et pseudo, experts, ministre, individus et groupes racistes, etc.], les cibles varient [les Noirs, les Musulmans, les quartiers populaires] mais convergent tous vers la banalisation de la parole et des actes islamophobes et négrophobes. Ces faits ne sont pas isolés les uns des autres mais participent dun même contexte caractérisé par une crise économique et sociale sans précédent dont tous les effets ne se sont pas encore déployés, dun même climat idéologiques caractérisé par une Lepénisation des Esprits largement installée et dune même séquence historique caractérisée par la préparation des prochaines élections. Face à un tel déferlement et au délire médiatique qui laccompagne les réactions publiques restent largement en dessous des enjeux. Bien entendu nous nen sommes plus aux postures de négation de lislamophobie et de la négrophobie [ce qui ne veut pas dire quelles ont entièrement disparues] comme dans la séquence historique précédente. Les luttes menées ces deux dernières décennies sur le triple plan de lislamophobie, de la négrophobie et des violences policières ont contraint un nombre grandissant dorganisations, de leaders ou de militantes et militants à rompre avec le déni du réel. En témoigne la marche contre lislamophobie du 10 novembre dernier où pour la première fois étaient représentées des organisations et partis habituellement absents de ce type de mobilisation. En témoigne également lampleur des mobilisations contre les violences policières, en particulier par le comité Adama dont lintelligence tactique a permis dassurer une visibilité sans précédent à ce combat. En témoigne enfin la multiplication des actions symbolique de débaptisation des noms des espaces publics honorant des esclavagistes, colonialistes et racistes. Ces dernières actions ne parlent pas seulement dun héritage encombrant mais des effets de celui-ci sur notre présent et en particulier sur le racisme négrophobe qui le caractérise. La timidité des réactions publiques est à rechercher ailleurs que dans le déni. Elle sexplique, selon nous, par un contexte électoral déjà enclenché dans lequel le choix présidentiel est de jouer la bipolarité LREM/FN en nhésitant pas pour ce faire à reprendre des mots et concepts dextrême-droite ou issus de limaginaire colonial. Le terme ensauvagement par exemple nest pas une « erreur » de Darmanin ou un trait de son individualité. Il participe dune stratégie de langage murement réfléchie au service de cette volonté de centrer les futures échéances électorales sur le seul choix binaire Macron/Le Pen. Le terme ensauvagement est indéniablement issu de la galaxie dextrême-droite. Dès 2013 est publié le livre La France Orange mécanique qui dénonce dans sa préface « lensauvagement dune nation [1] ». En 2018 cest au tour du Rassemblement National de mettre en avant ce terme dans le titre dun colloque « De la délinquance à lensauvagement » . Celui-ci est présidé par Marine Le Pen qui dans son introduction pose la question « Allons-nous de la délinquance à lensauvagement de la société ? Cest vrai que tout porte à le croire [2]» avant dévoquer le « terrorisme civil » et les « zones de non France » assimilables à des « jungles ». Le terme charrie également avec lui toute lépaisseur des périodes esclavagiste et coloniale. Cest aussi au nom de la lutte contre la sauvagerie et pour protéger les esclavagisés de celle-ci que sargumenta lesclavage : « Ce commerce paraît inhumain, explique le négociant esclavagiste Jacques Savary en 1675, à ceux qui ne savent pas que ces pauvres gens sont idolâtres ou mahométans, et que les marchands chrétiens en les achetant de leurs ennemis, les tirent dun cruel esclavage et leur font trouver dans les îles où ils sont portés [
] une servitude plus douce [3]. » Deux siècles plus tard on invoquera la nécessité de lutter contre la sauvagerie que constitue lesclavage pour justifier la colonisation du continent Africain. « Labolition de lesclavage et la justification de lexpansion coloniale, rappelle la politologue Françoise Vergès, se trouvent liées par linstauration de la République de 1848. Bien que ces deux logiques semblent absolument antinomiques, lune va justifier et permettre lautre. Cest précisément afin de libérer certaines populations de lasservissement, ou de la menace dasservissement par dautres, que la France pourra intervenir dans divers territoires qui seront ainsi noblement libérés et commodément exploités [4] ». Le Rassemblement National compte pour sa part, comme à son habitude, jouer la logique de la surenchère raciste pour accélérer la droitisation du champ politique, seul espoir pour lui de parvenir à terme au pouvoir. La droitisation du champ politique construit en effet progressivement les bases dun accord avec une partie de la droite sans lequel laccès au pouvoir est impossible à court et même à moyen terme. A gauche la discrétion est de mise sur ce racisme contemporain. On le dénonce désormais mais du bout des lèvres ou conjoncturellement mais on ne veut pas considérer quil est un des axes essentiels du combat social aujourdhui. La crainte des conséquences électorales nest pas pour rien dans cette « timidité » dans un contexte où les quartiers populaires restent marqués par une abstention record et où en revanche le vote dextrême-droite est stable. Les préoccupations de chaque échéance électorale repoussent à toujours plus tard la possibilité dune réponse antiraciste à la hauteur du nouvel âge du racisme que nous vivons et qui se concrétise dans les deux figures de lislamophobie et de la négrophobie. Un petit détour sur lhistoire du racisme nous permet de saisir lampleur de ces enjeux. Un nouvel « âge » raciste ? Le racisme nest pas une malédiction, une tare, une simple « peur de lautre », un « virus », une « méconnaissance de lautre » ou une caractéristique ahistorique de lhumanité. Ces différentes variantes de la définition idéaliste du racisme sont courantes et occultent les causes réelles du racisme et donc produisent une riposte inadaptée. Seule une approche matérialiste permet, en effet, de prendre en compte la dimension systémique du racisme et en particulier ses fonctions sociales, politiques et idéologiques. Le racisme émerge et se développe dans des conditions historiques données et pour servir des intérêts sociaux. Il nest pas sans histoire mais au contraire revêt les formes historiques lui permettant de garder son efficacité sociale et idéologique. Ce nest pas un hasard sil est formalisé et théorisé au moment où le mode de production capitaliste part à la conquête du monde. Cest pour justifier celle-ci quémerge cette théorisation que lon peut en conséquence dater de 1492 et de la conquête sanglante du continent américain. La fonction sociale du racisme est justement de justifier linjustifiable aux yeux des peuples des pays esclavagistes, puis colonialistes et enfin néocolonialistes. Après avoir revêtu une forme biologiste pendant plusieurs siècles, la classification et la hiérarchisation de lhumanité ont été contrainte par le rapport des forces sociales à revêtir de nouveaux atours. Théorisé initialement sous la forme du racisme biologique cest-à-dire sous la forme de la double affirmation de lexistence de « races » biologiquement différentes et dune hiérarchie de celles-ci, le racisme sest brusquement trouvé délégitimé par lexpérience traumatique du nazisme. Pour la première fois avec Hitler la théorie des races biologiquement inégales était appliquée par des Blancs à dautres Blancs. La victoire contre le nazisme rend impossible pour une longue période la figure du racisme biologique. Elle est devenue obsolète cest-à-dire incapable de remplir sa fonction de justification. Emerge alors une nouvelle théorisation à base, non plus de « races biologiques » mais de « cultures » tout autant hiérarchisées que ne létaient avant les « races ». La confusion entre le racisme en général et ses figures historiques a eu comme conséquence lillusion dune disparition du racisme. Le recul du racisme biologique a été confondu avec le recul du racisme en général. Au premier âge du racisme quétait le racisme biologique a succédé un second âge sous la forme du racisme culturaliste. Frantz Fanon a été, à notre connaissance, le premier à lanalyser : Le racisme na pas pu se scléroser. Il lui a fallu se renouveler, se nuancer, changer de physionomie. [
] Ce racisme qui se veut rationnel, individuel, déterminé génotypique et phénotypique se transforme en racisme culturel. Lobjet du racisme nest plus lhomme particulier mais une certaine forme dexister [
] Le souvenir du nazisme, la commune misère dhommes différents, le commun asservissement de groupes sociaux importants, lapparition de « colonies européennes » cest-à-dire linstitution dun régime colonial en pleine terre dEurope, la prise de conscience des travailleurs des pays colonisateurs et racistes, lévolution des techniques, tout cela a modifié profondément laspect du problème[5]. Pour Fanon cest donc une mutation matérielle [le rapport des forces antifasciste issu de la seconde guerre mondiale] et ses conséquences, tout autant matérielles [conquis sociaux nouveaux, abolition du code de lindigénat, etc.], qui enclenche le processus de reformulation du racisme. Ce dernier ne sest pas déployé brusquement. Il nest pas le résultat dune décision politique unique ou dun complot machiavélique. Un besoin et une demande didéologie ont simplement après une série de tâtonnements et dajustements finis par produire une offre adéquate. Il a fallu ainsi deux décennies cest-à-dire la moitié de la décennie 60 pour que le culturalisme devienne hégémonique, les indépendances ayant encore accéléré lobsolescence du racisme biologique. Or nous vivons aujourdhui une nouvelle mutation dampleur du rapport des forces avec ce qui est communément appelé « mondialisation ». Loin dêtre le résultat dun développement des échanges, la mondialisation est le résultat de décisions politiques [de lOrganisation Mondiale du Commerce, de la Banque Mondiale, du Fond monétaire International, de lUnion Européenne, etc.] imposant par la contrainte financière [et au besoin par la contrainte militaire] la remise en cause de toutes les régulations et limitations à la logique pure du profit quavait imposé la séquence historiques antérieures et ses luttes [sociale dans chacun des pays, de libération nationale dans les anciens pays colonisés]. Cette nouvelle grande mutation appelle une nouvelle adaptation du racisme pour quil puisse continuer à exercer sa fonction de justification. Il sagit désormais de justifier un nouvel asservissement de la planète qui à bien des égards peut se comparer à une recolonisation. Après la « race » puis la « culture » cest la notion de « civilisation » qui est mobilisée pour hiérarchiser lhumanité et justifier la domination. La théorie du « choc des civilisations[6] » de Samuel Huntington inaugure ce nouveau visage du racisme que nous proposons en conséquence dappeler « racisme civilisationniste ». Les « civilisations » y sont présentées comme des entités homogènes et incompatibles entre elles. Elles seraient en lutte permanente les unes avec les autres. La « civilisation occidentale » y est présentée comme menacée en premier lieu par la « musulmane » puis par l« orthodoxe » [autour de la Russie] et la « confucéenne » [autour de la Chine]. LAfrique subsaharienne est considérée pour sa part comme nayant même pas atteint un stade de civilisation ce qui ne lempêche pas dêtre construite comme menace pour la civilisation occidentale, pour des raisons démographiques cette fois-ci. Cest de cela dont nous parle un Sarkozy, un Valls puis un Macron lorsquils parlent de « menaces sur la laïcité, lidentité nationale, le droit des femmes, la République, etc. » voire même avec Valls de « guerre de civilisation ». Comme lors du passage au deuxième âge du racisme, le passage au troisième a été progressif. Entre la publication du livre dHuntington, limportation et ladaptation de ses thématiques à la société française et son caractère quasi-hégémonique daujourdhui, il sest déroulé plus de deux décennies caractérisées par les multiples polémiques sur le foulard, lIslam et les musulmans dune part et par le thème dun danger de submersion africaine dautre part dont la théorie du « Grand Remplacement » nest que la version dextrême-droite. Ce dernier thème est dailleurs présent dans les théorisations dHuntington qui après son fameux livre en publie un autre[7] portant sur le pseudo danger de submersion latino aux Etats-Unis constitutif affirme-t-il dune menace pour lidentité nationale états-unienne définie comme centrée sur les Anglo-Saxons blancs protestants. Islamophobie et négrophobie comme figures du racisme civilisationniste Bien sur le thème de la « civilisation » nest pas entièrement neuf comme en témoigne la rhétorique de la « mission civilisatrice » de la colonisation mais il était un élément second sarticulant au socle du racisme biologique. Il devient désormais le centre de largumentaire raciste pour remplir une fonction sociale et idéologique quEdward Said, auteur dune critique magistrale de lorientalisme, résume comme suit : Ce que Huntington fournit dans son travail [
est en fait une version recyclée de la thèse de la guerre froide selon laquelle les conflits dans le monde daujourdhui et de demain resteront non pas essentiellement économiques ou sociaux mais idéologiques. [
] La guerre froide continue, mais cette fois sur de nombreux fronts, avec de nombreux systèmes de valeurs plus fondamentaux comme lislam et le confucianisme qui luttent pour lascendant et même pour la domination de lOccident. Sans surprise, donc, Huntington conclut son essai [
) sur ce que lOccident doit faire pour rester fort et garder ses adversaires faibles et divisés[8]. Sur le plan interne à chaque pays « riche » comme au niveau international la mondialisation est une logique de guerre permanente dont il faut masquer à la fois la nature économique et les conséquences désastreuses. Au niveau international elle signifie une concurrence accrue pour laccès et la maitrise des ressources énergétiques et des minéraux stratégiques se traduisant par une multiplication des guerres et ingérences militaires auxquelles il faut préparer les opinions publiques. Sur le plan de chaque pays elle signifie la plus grande régression sociale depuis la seconde guerre mondiale sur les plans des salaires, des conditions de travail, des droits sociaux, etc., de laquelle il faut détourner lattention par la mise en scène dune menace plus grande, plus immédiate, plus radicale. Lampleur du déclassement social généralisé que porte la mondialisation ne doit pas être sous-estimé. La logique enclenchée na aucune limite si ce nest celle imposée par les luttes dans les pays du Sud comme dans les pays du Nord. Sous-estimer ce déclassement revient à sinterdire de comprendre le besoin systémique du racisme civilisationniste comme outil de légitimation des guerres à lextérieur et de détournement des colères sociales potentielles à lintérieur. Pour jouer ces fonctions le racisme civilisationniste a lavantage doffrir des cibles idoines. Cest en effet dans les pays où la majorité de la population est musulmane dune part et en Afrique dautre part que se situent les sources dénergies et les minerais convoités. Ce sont également de ces deux espaces que proviennent les immigrations contemporaines. Islamophobie et Négrophobie émergent logiquement comme les deux figures incarnant le nouvel âge du racisme. Chacune a été bâtie politiquement et médiatiquement en suscitant une peur spécifique liée à un pseudo péril tout autant singulier. Pour lislamophobie le péril est « islamiste » avec, bien entendu, une explication de celui-ci évacuant les enjeux économiques et donc ayant comme conséquence de le faire apparaître comme consubstantiel à la religion musulmane elle-même. Pour la négrophobie le péril est « démographique » avec, cela va de soi, la même évacuation des enjeux économiques et donc ayant comme conséquence de faire apparaître celle-ci comme résultant dune sexualité débridée et animale. Ce nest pas un hasard ou le seul fait des manuvres de lextrême droite que se déploient dans les champs médiatiques et politiques des islamalgames récurrents passant aisément de la dénonciation de « lislamisme » à celle de « lIslam » et des musulmans. Ce nest pas non plus étonnant (ou lunique résultat des stratégies dextrême-droite,) que se banalise jusque dans les discours de plusieurs Présidents de la République limage démentie scientifiquement dune « bombe démographique Africaine ». Dans les deux cas la construction du péril est cohérente avec le besoin de justifier les ingérence là-bas [la lutte contre lislamisme est ainsi mobilisée de lIrak au Mali et de la Syrie à la Somalie en passant par lIran et le Soudan] et les politiques migratoires restrictives ici : Europe forteresse au prix dune Méditerranée devenant un cimetière géant, organisation dun volant de main duvre servile avec les sans-papiers pour les secteurs non délocalisables, précarisation du séjour pour les immigrés réguliers, etc. Bien sur lextrême-droite nest pas passive. Elle perçoit ce contexte comme un effet daubaine et déploie en conséquence une logique de surenchère. Mais elle ne constitue pas la cause première du développement des deux figures du racisme civilisationniste que sont lislamophobie et la négrophobie. Celle-ci se situe, selon nous, dans les besoins de légitimation dune mondialisation capitaliste ramenant le monde à avant les conquis politiques et sociaux des luttes des deux derniers siècles ici et avant ceux des luttes de libération nationale là-bas. Scénarios pour le futur La mondialisation suscitera inévitablement une exacerbation des luttes et des résistances que ce soit ici ou là-bas. Elles prendront les formes quelles peuvent prendre comme lont illustré les différentes luttes de ces dernières années [mouvement des Gilets Jaunes, manifestations de masse sur la longue durée comme en Algérie, au Soudan, « coup dEtat » au Mali, etc.]. Elles seront lobjet dune intense bataille idéologique pour les isoler les unes des autres, les diaboliser, les retourner les unes contre les autres, les réduire à une dérive tantôt « fascisante » et tantôt « communautariste ». Lislamophobie et la négrophobie sont deux outils dune redoutable efficacité au cur de cette bataille idéologique. Lampleur des luttes sociales potentielles liée elle-même à lampleur du déclassement généralisé porté par la mondialisation capitaliste [qui signifie concrètement une recolonisation là-bas et un retour à la condition salariale du dix-neuvième siècle ici] rend ces deux outils absolument nécessaires aux classes dominantes. Il en découle deux scénarios possibles sur un plan abstrait : Soit la lutte contre lislamophobie et la négrophobie prend une place réelle dans les stratégies des organisations syndicales et politiques déclarant défendre les intérêts des classes populaires, soit elle continue de garder comme aujourdhui une place marginale dans leurs agendas pour des préoccupations liées uniquement aux échéances électorales. Sur un plan plus concret le second scénario reste largement dominant. Cest pourquoi laction des associations, collectifs et organisations de limmigration et de leurs descendants aujourdhui autochtones est essentielle. Leurs actions autonomes sont les seules à pouvoir perturber un ordre dans lagenda reléguant la lutte contre lislamophobie et la négrophobie à une place symbolique quand ce nest pas à une absence totale de place. Leur éparpillement actuel ne leurs permet pas de jouer cette fonction suffisamment. Cest dans le sens de la réduction de celui-ci quil convient, selon nous de porter nos efforts. Cest pourquoi lidée dEtat généraux des quartiers populaires est, à notre sens, essentielle dans la période actuelle. Les obstacles sont certes nombreux mais limportance des enjeux impose à tous dagir collectivement pour les dépasser. Faisons murir collectivement cette échéance sans précipitation mais avec détermination. Là où il y a une volonté politique, il y a un chemin. Sans changements notables dans cette direction, islamophobie et négrophobie den haut sancreront dans la durée « en bas ». Sans lutte conséquente contre lislamophobie et la négrophobie la lutte contre la mondialisation et ses effets se déploient avec une faille énorme pour le plus grand plaisir des classes dominantes. [1] Laurent Obertone, La France Orange mécanique, Ring, Paris, 2013. [2] Introduction au colloque des députés du Rassemblement National, De la délinquance à lensauvagement, 1er décembre 2018, entendable dans son intégralité sur le site youtube.com. [3]Jacques Savary, Le parfait négociant, ou instruction générale pour ce qui regarde le commerce de toute sorte de marchandises, tant de France que des pays étrangers, Paris, 1675, p.140, consultable sur Gallica. [4] Françoise Vergès, Une citoyenneté paradoxale, affranchis, colonisés et citoyens des vieilles colonies, in Chantal Georgel (dir.), LAbolition de lesclavage. Un combat pour les droits de lhomme, Complexe, Bruxelles, 1998, p. 24. [5] Frantz Fanon, Racisme et culture, in Frantz Fanon, Pour la Révolution Africaine. Ecrits politiques, La Découverte, Paris, 2001, pp. 39 41. [6]Samuel Huntington, Le Choc des civilisations, Éditions Odile Jacob, Paris, 1997. [7] Samuel Huntington, Qui sommes-nous ? Identité nationale et choc des cultures, Odile Jacob, Paris, 2004. [8]Edward Saïd, The Myth. of the clash of civilizations, Media Education Foundation, Northampton, 1998, pp. 2-3.
Edité le 22-09-2020 e 20:09:24 par Xuan
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| Posté le 19-11-2020 à 12:58:34
| | "Sécurité globale": des journalistes placés en garde à vue en marge de la manifestation Des interpellations qui interviennent alors que le texte est justement accusé d'entraver la liberté d'informer. Par Romain Herreros
Hannah Nelson, photographe travaillant pour Taranis News, arrêtée mardi soir en marge de... Hannah Nelson, photographe travaillant pour Taranis News, arrêtée mardi soir en marge de la manifestation contre la loi "Sécurité globale". POLITIQUE - Les défenseurs de la loi Sécurité globale sen seraient sans doute bien passés. Mardi 17 novembre dans la soirée, et alors que la manifestation contre le texte controversé (accusé justement dentraver la liberté de la presse) a été marqué par des heurts entre forces de lordre et manifestants, deux journalistes ont été arrêtés et placés en garde à vue. Parmi eux, la photographe Hannah Nelson qui a été libérée en début daprès-midi ce mercredi 18 novembre, alors quun rassemblement était organisé devant le commissariat du 10e arrondissement où elle était retenue. Selon Taranis News, un média se focalisant essentiellement sur les mouvements sociaux et pour lequel la jeune femme travaille, ce passage en garde à vue sest soldé par un rappel à la loi et la confiscation de son masque à gaz. À sa sortie, Hannah Nelson a expliqué les conditions de son interpellation. Cétait à la fin de la manifestation dhier soir. Il y avait eu plusieurs somations visiblement, on nous poussait vers la bouche de métro qui était blindée, rapporte la photographe, décrivant une arrestation soudaine qui la surprise. Hannah Nelson jure par ailleurs quelle navait pas entendu les sommations faites par les forces de lordre, lesquelles lui ont également reproché de dissimuler son visage. Au bout dun moment vous nous saoulez Hannah Neslon nest pas la seule journaliste à avoir subi ce sort. En début daprès-midi ce jeudi, Francois Desnoyers, directeur du réseau régional de France 3, a annoncé quun journaliste membre du réseau de la chaîne avait également été arrêté et placé en garde à vue. La Direction de France Télévisions condamne cette restriction des droits de la presse et lobstruction au bon exercice du droit dinformer, a-t-il tweeté, sans révéler lidentité du reporter interpellé. Après l'interpellation et la mise en garde à vue, hier soir à Paris, d'un journaliste du Réseau de France 3, la Direction de France Télévisions condamne cette restriction des droits de la presse et lobstruction au bon exercice du droit dinformer. Francois Desnoyers (@FrancoisDesnoy1) November 18, 2020 Sur le site de la chaîne, lintéressé, qui a également été libéré en début daprès-midi, raconte comment les choses se sont passées. Je me suis retrouvé à langle du boulevard Saint-Germain et de la rue du Bac vers 21h. Jai vu au loin un déploiement de forces de lordre vers lequel je me suis aussitôt dirigé muni de ma carte de presse. Je filmais avec mon téléphone dans mon autre main, détaille-t-il en précisant que tout se passait sans encombre, jusquà ce quil retrouve rue de Bellechasse, où sept personnes venaient dêtre arrêtées. Une fois encore, jai ma carte de presse et je filme la scène avec mon téléphone. Et là, un officier, visiblement énervé, ma interpellé. Il ma invectivé et ma demandé de masseoir auprès des autres personnes interpellés, rapporte le journaliste. Sur un extrait vidéo mis en ligne par France 3, on entend un policier se plaindre la présence du journaliste: au bout dun moment vous nous saoulez, vous venez à cinq centimètres de nous. Les policiers mont reproché de ne pas mêtre dispersé après sommation lorsquils tentaient de disperser la manifestation. Mais comme je suis arrivé sur les lieux une heure après la dispersion du mouvement, on ne ma au final jamais fait de sommation. Et tous les policiers que javais croisés mont laissé passer, poursuit le reporter, ayant lui aussi écopé dun rappel à la loi. Également cité par la chaîne, lavocat du journaliste déplore une arrestation survenue alors quil faisait simplement son travail. Et dajouter: Il y a très longtemps quun journaliste dune grande chaîne de télévision navait pas été interpellé dans ces conditions. Pas de journaliste en prison Ces interpellations interviennent alors que le projet de loi Sécurité globale, actuellement discuté à lAssemblée nationale, est justement accusé dentraver le travail de la presse, que ce soit par la Défenseure des droits, de lOnu ou des syndicats de journalistes. Ce qui immanquablement nourrit les arguments des opposants au texte. Un avant-goût de la loi Sécurité globale, a grincé le député Insoumis Éric Coquerel, présent à la sortie dHannah Nelson. En tant que député mais aussi ancien de France 3, je trouve inadmissible quun journaliste de cette chaîne se retrouve en garde à vue pour avoir fait son travail. Pas de journaliste en prison!, a renchéri Fabien Roussel, député du Nord et premier secrétaire du Parti communiste.
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| Posté le 21-11-2020 à 06:46:00
| Je suis entrain de finir la lecture du livre de Maurice Rajfus : Je n'aime pas la police de mon pays L'aventure du bulletin Que fait la police ? (1994-2012), illustrations de Siné, Faujour et Tignous, éditions Libertalia, collection « À boulets rouges », 2012. Maurice Rajfus mort à 92 ans le 13 juin 2020 pose des questions importantes et actuelles dans son livre (évidemment on peux ne pas partager toutes les positions politiques passées de l'auteur). Dans la période actuelle ou s'accélère un processus de fascisation, il me semble important de lire ce livre (comme celui de Pierre Douillard-Lefevre : L'arme à l'oeil - Violence d'Etat et militarisation de la police (édition Le bord de l'eau : 2016).
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| Posté le 21-11-2020 à 07:32:40
| Un site intéressant : La Mule du Pape - Le média qui s'entête https://www.lamuledupape.com/category/actualite/
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| Posté le 21-11-2020 à 13:11:19
| amendement à la loi "sécurité globale" : seuls les journalistes sont autorisés à photographier les flics ....
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| Posté le 27-11-2020 à 20:10:26
| Rebelote avec le matraquage d'un producteur en plein Paris. Mais l'article 24 ne s'applique pas aux caméras de surveillance. Macron est "choqué". Il est bien brave ce président. Sur ce site la vidéo prise par un voisin : https://twitter.com/i/status/1332300846038716416 En fait les flics étaient beaucoup plus de quatre.
Edité le 27-11-2020 e 23:41:34 par Xuan
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| Posté le 30-11-2020 à 15:10:43
| Il est exagéré de parler de "fascisation" avec le gouvernement Castex,tout comme il est abusé de traîter Trump de "Nouvel Hitler";il faut prendre en compte le fait que Darmanin,le premier flic de France,s'est recueilli au monument des martyrs à Alger.par contre,le Mouvement National Républicain de Bruno Megret,qui a le plus critiqué ce déplacement, est ,en effet ,authentiquement fasciste,voir nazi,il est négationniste sur le massacre d Oradour sur glane.il faut appeler chat un chat,et chien un chien,et ne pas faire comme l autre idiot de Cohn Bendit en 1968,qui traitait l armée française,ayant compté à l époque bon nombre d anciens résistants,de "nazie". problème de sémantique.
Edité le 30-11-2020 e 15:15:40 par marquetalia
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| Posté le 30-11-2020 à 15:32:57
| Le fascisme reste la fraction la plus réactionnaire de la bourgeoisie.
Edité le 30-11-2020 e 15:34:07 par marquetalia
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 01-12-2020 à 00:17:50
| marquetalia a écrit :
Il est exagéré de parler de "fascisation" avec le gouvernement Castex,tout comme il est abusé de traîter Trump de "Nouvel Hitler";il faut prendre en compte le fait que Darmanin,le premier flic de France,s'est recueilli au monument des martyrs à Alger.par contre,le Mouvement National Républicain de Bruno Megret,qui a le plus critiqué ce déplacement, est ,en effet ,authentiquement fasciste,voir nazi,il est négationniste sur le massacre d Oradour sur glane.il faut appeler chat un chat,et chien un chien,et ne pas faire comme l autre idiot de Cohn Bendit en 1968,qui traitait l armée française,ayant compté à l époque bon nombre d anciens résistants,de "nazie". problème de sémantique. |
Je te rappelle que dès 1947 les CRS ont été purgées des éléments "pro communistes". Je te rappelle aussi que ce n'est pas Cohn Bendit qui a lancé le slogan CRS=SS mais les mineurs grévistes, et le 4 novembre 1948. Il est parfaitement justifié et nécessaire de stigmatiser toute tentative de durcir la répression et de rogner la liberté du peuple, si on veut envisager une révolution. Je t'invite à réfléchir sérieusement à cet objectif, au lieu de raisonner comme un journaliste bourgeois "objectif". Et j'espère qu'il ne t'arrivera pas de tomber entre les pattes des flics. https://www.lesinrocks.com/2020/11/27/medias/tele/voici-un-docu-pour-comprendre-la-derive-du-maintien-de-lordre-en-france/
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| | Finimore | | Grand classique (ou très bavard) |  | | 2647 messages postés |
| Posté le 01-12-2020 à 06:02:49
| La fascisation n'est pas le fascisme ou le nazisme. La fascisation est un processus, plus ou moins long qui permet au fascisme d'être la solution de rechange dans le cadre de l'aggravation de la crise du capitalisme. La fascisation ouvre la voie au fascisme, mais comme réponse aux crises du système bourgeois quand ses contradictions imposent la fin de ce système. Le fascisme est une réponse contre-révolutionnaire à une crise révolutionnaire, mais avant la crise révolutionnaire (nous n'en sommes pas là). Cependant il y a bien : crise politique, crise économique, crise idéologique...
Edité le 01-12-2020 e 06:03:56 par Finimore
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| Posté le 01-12-2020 à 07:19:40
| Et crise sanitaire. Il y a aussi 10 millions de pauvres, 5 millions en dessous de 800 € par mois. Beaucoup à dire sur les impayés de loyers par exemple.
Ce sont ces conditions qui déterminent la possibilité d'un fascisme qu'il faut combattre dès à présent sans se laisser amadouer par les simagrées de Macron. Parce qu'il ne s'agit plus de bavures
Edité le 01-12-2020 e 07:55:48 par Xuan
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| Posté le 01-12-2020 à 09:23:48
| On ne pas verser des larmes si le pouvoir en place expulse des djihadistes fichés S capables de perpétrer des carnages !pour ceux qui vont être rapatriés vers l Algerie,le problème va être vite résolu,ce pays ne veut plus connaître le même cas de guerre civile que celui des années 90,les fous de Dieu seront exécutés en descendant de l avion qui les aura rapatriés.et encore,ces fanatiques coûtent très cher,il faut leur payer le trajet jusqu'a la patrie de Boumediene et de Maurice Audin, et le prix d une bastos chacun !
Edité le 01-12-2020 e 09:56:48 par marquetalia
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| Posté le 01-12-2020 à 10:01:30
| Ce sont ces ordures de djihadistes qui permettent à Macron de mettre en place un état policier en France.
Edité le 01-12-2020 e 10:01:50 par marquetalia
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| | Finimore | | Grand classique (ou très bavard) |  | | 2647 messages postés |
| Posté le 01-12-2020 à 11:06:55
| Non ce sont les idiots utiles de Macron et il le sait très bien.
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| Posté le 01-12-2020 à 11:43:38
| Arrête avec tes djihadistes On parle de l'article 24 et des violences policières. Le terrorisme ne justifie pas les violences policières racistes.
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| Posté le 01-12-2020 à 12:21:50
| Pourtant,ce sont des djihadistes qui vont être expulsés par Darmanin.
Edité le 01-12-2020 e 12:23:11 par marquetalia
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| Posté le 01-12-2020 à 17:03:27
| Et alors? ...tu veux lui brûler un cierge ? Chanter Darmanin on est bien ? Un petit pot-pourri de sa ligne de défense : « Je ne partage pas le fait quil y ait un divorce entre la police et sa population » « les individualités ne sont pas un tout », il « ne supporterait pas quon porte atteinte à linstitution de la police et de la gendarmerie » . « Le préfet Lallement a toute ma confiance » Dans La République des Apparatchiks. Enquête sur les meilleurs agents du système . Jean-Baptiste Forray écrit de lui qu'il " suit Vanneste dans « la zone grise à la lisière de la droite et de l'extrême droite »" D'après l'universitaire Anne-Sophie Petitfils, il « procède à un travail de sélection implicite des adhérents les plus attachés à la personne du député » [Vanneste] et, près de deux ans avant le premier tour des élections législatives de 2007, met en uvre une stratégie qui « sapparente à une forme de néo-clientélisme » , consistant à « offrir des biens divisibles et [à] proposer des interventions personnelles à ses électeurs » . Darmanin a alors 23 ans. Selon la journaliste du Canard enchaîné Anne-Sophie Mercier, Darmanin adopte une position catholique traditionaliste « tendance intégriste » et une position homophobe. Par l'entremise de Guy de Chergé, il collabore en 2008 au mensuel Politique magazine, organe de presse de l'Action française royaliste, inspiré de Charles Maurras et lié au mouvement Restauration nationale. C'est lui qui appelle à « stopper lensauvagement dune certaine partie de la société » , reprenant ainsi un terme popularisé par l'extrême droite, notamment par l'auteur Laurent Obertone, et que la droite tend à sapproprier. Je passe sur les multiples accusation d'homophobie, d'abus de faiblesse, de viol et de harcèlement et les coups tordus à ses propres amis.
Edité le 01-12-2020 e 17:04:20 par Xuan
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