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 Halte à la fascisation !

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Xuan
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   Posté le 20-05-2021 à 13:00:15   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

En video l'intervention de Mélenchon https://www.youtube.com/watch?v=mtJbFGuFgzg

Sa position est la défense de l'institution judiciaire contre les factieux.
Elle rappelle - et il en parle aussi - son esclandre face à la perquisition "je suis la république" . Il ressort que son orientation est fondamentalement cadrée par les institutions.


Edité le 20-05-2021 à 13:03:20 par Xuan




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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
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   Posté le 20-05-2021 à 23:15:26   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

J'ajoute le commentaire de Gilles mercier à l'article de Laurent Brun :

Le PCF a eu raison d’être présent à la manifestation des policiers. Il ne peut pas laisser le désarroi des policiers instrumentalisé par les forces politiques réactionnaires. Qu’il faille réprimer les actes d’incivilité, les agressions contre les policiers qui ne cessent de se multiplier ; qui peut être contre ? Mais cette violence est à l’image de la violence de la société qui n’offre aucune perspective à la jeunesse. D’où vient la violence urbaine ? Personne ne pose cette question ?

Le chômage de masse apparaît au milieu des années 1970. Depuis des régions entières sont sinistrées. L’insécurité est d’abord sociale. Pour beaucoup, il faut survivre en recherchant des petits boulots pour des salaires minables sans perspective de carrière et donc de vie stable. L’Homme est un être social qui est structuré par le travail. C’est le travail qui socialise les êtres humains qui leur confère une identité. Le chômage désocialise les individus. A quoi bon chercher du travail pour des salaires minables alors que l’on peut se « faire de la tune » beaucoup plus facilement. De plus l’école minée par la crise sociale n’est plus le lieu de socialisation des enfants.

La création de ghettos urbains désocialisés est voulue par la bourgeoisie. Elle présente l’avantage de fragmenter la société, de la cliver, de faire éclater les liens de solidarité. Ce n’est pas pour rien que Sarko, l’ex Président de la République accusé d’association de malfaiteurs, a supprimé les commissariats de proximité dans les cités, laissant le champ libre aux gangs. Dans ces cités les services publics et la police ont disparu, l’Etat de Droit avec ! Il est préférable que la jeunesse s’abime dans les trafics divers que de remettre en cause l’ordre social.

Cette violence qui se fait surtout sentir dans les quartiers populaires rend la vie impossible Elle génère du fait du fort recul de la conscience de classe et de l’absence de perspectives politiques, la nécessité de l’ordre. Seul un régime d’ordre centré sur une répression implacable à l’égard des délinquants apparaît comme la solution politique permettant d’apporter la sécurité aux citoyens. Ne nous voilons pas la face, les lettres téléguidées de militaires appelant à mots à peine couverts à une intervention de l’armée pour rétablir l’Etat n’est que l’expression d’un glissement réactionnaire de l’ensemble de la société. Le Rassemblement National constitue une option politique pour la bourgeoisie pour maintenir son pouvoir.

La police (celle des gardiens de la Paix) est en crise : manque de moyens, d’effectifs, salaires et carrières minables, formation insuffisante. Elle n’est plus en capacité de défendre les citoyens.

L’institution judiciaire est aussi confrontée à un manque criant de moyens financiers et en personnels qui la mettent en incapacité de rendre la justice dans des délais raisonnables. Ceux qui en pâtissent sont ceux qui ont recours à elle et qui sont le plus en difficultés financières.

L’école publique avec ses classes surchargées, son manque tout aussi criant d’enseignants, de surveillants d’infirmières n’est plus en capacité dans les grands centres urbains de transmettre ce que la famille ne peut pas toujours instruire aux enfants. Elle n’est même plus en capacité de transmettre les règles du savoir-vivre, des savoirs de base comme lire ou encore écrire et compter pour le grand bénéfice des établissements privés.

Ceci est le bilan des gouvernements libéraux et sociaux-démocrates qui se succèdent à la tête de l’Etat.
Les richesses créées par le monde du travail doivent aller avant tout aller au Capital c’est dire aider à la compétitivité des entreprises au détriment des dépenses socialisées, des services publics. La société est appelée à devenir encore plus sauvage plus inégalitaire.

Il faut s’opposer à cette politique et la battre. Ce n’est pas en essayant de réactiver la gauche, c’est à dire transformer le réformisme en force révolutionnaire qui a autant de succès que l’alchimie s’évertuant à transformer le plomb en or, que le PCF y arrivera.

Il faut pour la Police comme pour l’Ecole et la Justice analyser les raisons politique de cette situation catastrophique comme j’ai essayé très succinctement de le faire et y associer des revendications en effectifs pour les différentes catégories de personnels et en moyens matériels et financiers afin d’organiser des réunions politiques avec les populations et les personnels concernés. C’est en retissant ses liens avec les classes populaires et les différentes catégories du salariat sur leurs problèmes concrets que le PCF redressera son influence et contribuera au développement des luttes et à l’évolution du rapport des forces en faveur du monde du travail.

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   Posté le 21-05-2021 à 19:53:32   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Toujours sur cette manifestation, la déclaration de la CGT-intérieur police :

Appel à la marche citoyenne, pour le respect, la mémoire de nos camarades mortellement touchés et la sauvegarde d’une police Républicaine
PUBLICATIONS 13 MAI 2021 CGT POLICE

LA CGT-INTERIEUR-POLICE APPELLE L’ENSEMBLE DES AGENTS MI, ACTIFS COMME ADMINISTRATIFS, TECHNIQUES ET SCIENTIFIQUES À SE MOBILISER LE 19 MAI A PARIS ET A REJOINDRE LA MARCHE CITOYENNE EN HOMMAGE A NOS COLLÈGUES VICTIMES DE LA VIOLENCE QUI ENDEUILLE TOUTE LA POLICE

La CGT-INTERIEUR-Police se joindra le mercredi 19 mai à la marche citoyenne qui se déroulera à Paris en hommage à nos collègues décédés de manière violente dans l’exercice de leurs missions.
A cette occasion, nous entendons nous associer à la douleur des familles de Stéphanie et Eric, mais également à participer à la solidarité qui s’impose dans toute la profession dans ces moments difficiles.
Le temps sera au recueillement, au respect, à la mémoire et à l’union. Nous considérons que les revendications catégorielles, bien qu’indispensables, devront de dérouler sur un autre temps. Par conséquent aucun signe d’appartenance syndicale ne sera arboré par notre organisation.
Par cette action, nous entendons rappeler notre attachement à la police républicaine, au respect des femmes et des hommes qui la servent quotidiennement avec abnégation pour la paix sociale et l’égalité de tous devant la loi.


https://cgtpolice75.fr/2021/05/13/appel-a-la-marche-citoyenne-pour-le-respect-la-memoire-de-nos-camarades-mortellement-touches-et-la-sauvegarde-dune-police-republicaine/

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   Posté le 21-05-2021 à 22:42:48   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je poursuis avec l'article de Marianne (et merci aux infos de Finimore) :
La gauche et la sécurité : comme un malaise

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Egalement dans l'Affranchi. On notera qu'une partie de la CGT police a appelé à manifester, et une autre non :

Manifestation
Doit-on sauver la police ?


La polémique générée par la manifestation de policiers qui a eu lieu aujourd'hui révèle des désaccords importants au sein de la gauche. Mais loin de clarifier les choses, cette polémique nous plonge dans un brouillard où l'on peine à se repérer.

Par Bastien Castillo
Publié le 19 mai 2021 à 19:10

Aujourd’hui a eu lieu une manifestation des policiers suite à l’appel à manifester de l’intersyndicale de la police pour témoigner leur émotion face aux assassinats récents de deux agents. Ce qui devait être une marche rassembleuse est pourtant devenu l’objet d’une vive polémique.

Immédiatement la confusion a été semée par des syndicats d’extrême-droite, qui ont voulu transformer cette marche en une manifestation visant à obtenir satisfaction sur des revendications qui ouvrent un peu plus la voie à l’arbitraire de la répression.

De plus, des politiciens qui couvrent un spectre politique s’étalant du RN au PS en passant par le ministre de l’Intérieur lui-même (chose assez inédite et grave pour le souligner) ont rapidement annoncé leur participation à cette manifestation.

Malgré cela une partie de la CGT police, suivie par Fabien Roussel, l’actuel secrétaire national et candidat à la présidentielle du PCF, a maintenu sa participation à cette manifestation afin de rendre hommage à la mémoire des policiers assassinés, mais aussi pour ne pas abandonner la question de la sécurité à la droite et l’extrême-droite (1) du spectre politique actuel.

À l’opposé, et à la suite du syndicat VIGI police (2), toute la “gauche radicale”, et notamment La France insoumise emmenée par Jean-Luc Mélenchon (3), a refusé de participer à cette marche en raison de la présence du RN et du gouvernement, ainsi que des revendications portées par cette manifestation.

Le PCF se voit alors accusé de collusion avec l’ordre établi, voire de s’être rallié sans condition à une police vue comme coupable d’innombrables violences depuis l’automne 2018. En participant à cette manifestation, le PCF ferait le jeu de l’extrême-droite en allant sur son terrain et trahirait son histoire.

Face à cette grande confusion nous nous devons d’essayer de prendre du recul sur la question et de faire un effort de compréhension sur la situation dans laquelle nous nous trouvons. C’est à cette condition que nous pourrons avoir une position claire, qui n’élude pas l’inquiétante transformation de la police en milice privée de la classe dominante, tout en réaffirmant le caractère essentiel du service public que les forces de l’ordre fournissent au quotidien.

La violence comme mode de gestion systématique des mouvements sociaux
Parmi les nombreuses choses que le mouvement des gilets jaunes a permis de révéler il y a maintenant plus de deux ans, il faut compter les violences policières systématiques contre les manifestants. Alors qu’elles étaient jusque-là cantonnées dans les banlieues sans intéresser grand monde, la France entière a enfin pu découvrir jusqu’à quel degré de violence un gouvernement “libéral” est prêt à aller lorsque l’ordre qu’il défend est menacé.

L’appareil répressif d'État, les forces de l’ordre, et son appareil idéologique, les médias et nombre d’intellectuels, ont été entièrement mis au service d’une seule cause : maintenir à tout prix l’ordre actuel, celui du capital. Bien loin de s’être atténué, ce mode de gouvernance est maintenant devenu la norme. Tout mouvement social est systématiquement réprimé par la force brute, et les médias assurent le service après-vente en dénonçant la prétendue violence des manifestants.

La situation a atteint une gravité que l’on ne saurait nier.
D’une part il y a, du RN jusqu’à une partie du PS, une totale négation des violences policières. Les forces de l’ordre n’agiraient qu’en utilisant la seule force nécessaire face à des manifestants de plus en plus violents et menaçant l’ordre républicain. Il n’y aurait que deux camps, pour reprendre les mots du préfet Lallement : « le camp de l’ordre et celui du désordre » .

Le relai médiatique de ce discours va jusqu’à convaincre une partie non négligeable de la population que ce sont les mouvements sociaux qui sèment le désordre, détruisent la France et contraignent, par leur violence, la police à user de la force.

D’autre part, certains mouvements contestataires voient dans cette violence d’État une confirmation de leur pensée dogmatique. La police est selon eux intrinsèquement mauvaise et répressive. Il n’y a plus une seule manifestation où nous n’entendons pas ce slogan être crié : « Tout le monde déteste la police ! » .

Alors que pour faire face à une classe dirigeante de plus en plus autoritaire il faudrait une alliance de tous les prolétaires, c’est l’exact inverse qui se produit. La population est scindée en deux camps ennemis, et les fonctionnaires de polices sont contraints de réprimer des personnes avec lesquelles ils ont pourtant les mêmes intérêts objectifs.

L’image des forces de l’ordre matraquant et gazant des pompiers est restée dans les esprits. Michel Clouscard nous avait pourtant prévenu en écrivant « Le capitalisme apportera la guerre civile chez les pauvres » .

Le respect des lois est une condition de la liberté individuelle et collective
Cette situation résulte-t-elle d’une nature intrinsèque de la police, ou encore d’un ensauvagement des policiers ? Répondre par l’affirmative serait passer à côté du problème principal. Ce problème est politique et non psychologique.

Les membres des forces de l’ordre ne sont pas utilisés comme des gardiens de la paix mais comme une milice privée au service d’une caste. Le rôle d'une police républicaine, qui consisterait à garantir le respect des lois qui permettent la liberté de tous, a été détourné pour qu’ils ne soient plus que le bras armé du capital en crise (4).

Rousseau avait pourtant bien indiqué quelles sont les conditions de la liberté de tous et quel rôle l’appareil d'État remplit dans une société où la liberté est effective.

Citons cet extrait des Lettres écrites sur la montagne rédigé par Rousseau : « Il n’y a donc point de liberté sans lois, ni où quelqu’un est au-dessus des lois : dans l’état même de nature l’homme n’est libre qu’à la faveur de la loi naturelle qui commande à tous. Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas ; il a des chefs et non pas des maîtres ; il obéit aux lois, mais il n’obéit qu’aux lois et c’est par la force des lois qu’il n’obéit pas aux hommes. Toutes les barrières qu’on donne dans les républiques au pouvoir des magistrats ne sont établies que pour garantir de leurs atteintes l’enceinte sacrée des lois : ils en sont les ministres non les arbitres, ils doivent les garder non les enfreindre. Un peuple est libre, quelque forme qu’ait son gouvernement, quand dans celui qui le gouverne il ne voit point l’homme, mais l’organe de la loi. En un mot, la liberté suit toujours le sort des lois, elle règne ou périt avec elles ; je ne sache rien de plus certain. »

Rousseau nous explique ici que la loi que je fais mienne garantit ma liberté et celle des autres. Souscrire à cette loi est une libération : c’est librement que nous choisissons de la respecter puisque c’est nous-mêmes qui l’avons énoncé.

C’est un renversement total de la loi de nature dans laquelle c’est la nécessité qui gouverne, c'est-à-dire l'impossibilité de choisir. Si nous étions déterminés uniquement par la nature notre existence ne consisterait qu’à survivre en satisfaisant nos besoins physiologiques élémentaires (boire, manger, déféquer, dormir, se reproduire).

Entre hommes ce serait la loi du plus fort, et il n’y aurait pas de société possible car sitôt que l’un deviendrait le plus fort, il serait immédiatement dépassé en force par un autre (ou plusieurs autres) qui le renverserait.

La liberté est donc bien « l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite ». C’est bien aux lois qu’il faut obéir, et non aux hommes qui les éditent. Ceux qui gouvernent ne sont pas là pour prescrire des lois mais pour garantir le respect desdites lois. Ici, il faut distinguer les maîtres des chefs. Les chefs sont ceux qui nous amènent à respecter les lois auxquelles nous avons décidé d’obéir.

À l’inverse les maîtres sont ceux qui détournent le pouvoir qu’on leur a confié pour servir leurs intérêts particuliers contre l’intérêt général. Ainsi, si les chefs sont des “organes” indispensables des lois, les maîtres, eux, sont des tyrans.

Le détournement de la police par la classe dominante
Il est clair que l’oligarchie qui nous dirige est un maître à plusieurs têtes, au lieu d’être un chef. Elle s’est emparée de l’appareil répressif d’État, à savoir la police et l’armée, pour mater les contestations et les revendications qui vont à l’encontre des impératifs de l’économie capitaliste.

Ainsi, les forces de l’ordre ne sont plus utilisées pour garantir le respect des lois et de la république, mais pour protéger cette oligarchie, y compris lorsque les ordres qui leur sont adressés sont en dehors de toute légalité. Il n’est d’ailleurs pas surprenant que l’Union Européenne pousse dans le sens de la suppression des polices nationales pour les remplacer par une police européenne.

Si des policiers français peuvent encore avoir quelques réticences à brutaliser leurs compatriotes, il y a fort à parier qu’elles disparaitront lorsqu’il s’agira d’aller mater des Polonais. De même des policiers polonais pourront être envoyés en France pour réprimer sans état d’âme des Français trop remuants aux yeux du pouvoir.

La destruction du service public est à l'origine du problème auquel nous faisons face
Les forces de l’ordre n’ont bien entendu pas conscience du phénomène que nous décrivons, ou du moins n’accèdent pas à la compréhension globale de la situation pour leur grande majorité. Ce phénomène s’inscrit dans une logique plus globale qui est celle de la destruction des services publics.

La méthode de destruction d’un service public est on ne peut plus connue : d’abord les gouvernements commencent par supprimer les moyens matériels nécessaires au bon fonctionnement du service public en coupant les subventions et en baissant considérablement les effectifs.

Le service concerné ne peut alors plus remplir sa fonction et les dysfonctionnements s’accumulent. C’est alors l’occasion pour nos idéologues libéraux de dénoncer le manque d’efficacité du public par rapport au privé.

En exploitant le mécontentement légitime des citoyens, ils peuvent ainsi introduire la logique du privé, à savoir celle du profit, dans le service public et finissent à terme par privatiser intégralement ce service (5).

Certes ce n’est pas encore le cas de la police nationale mais comment pourrait-on nier le manque d’effectif dans ce corps d’état, ou encore le délabrement croissant des commissariats et du matériel nécessaire aux policiers ? (6)

À cela, s’ajoute une mise sous pression de plus en plus écrasante des policiers. Pour gagner des points et être valorisé par le commissaire il faut augmenter le nombre de contraventions, faire du chiffre que le ministère de l’intérieur pourra utiliser politiquement.

Face à cette pression et à l’impossibilité d’exercer correctement leur métier dans de nombreux quartiers délaissés par les gouvernements successifs (et non par la république) il n’est pas étonnant que beaucoup de policiers sombrent dans la dépression, allant même jusqu’à retourner la violence qu’ils subissent contre eux en se suicidant.

La police est un service public essentiel à la nation et aux travailleurs
Pourtant, les forces de l’ordre répondent à une valeur d’usage qui n’a pas prix : la sécurité. Il serait grave pour des communistes ou tout autre organisation se déclarant du côté des travailleurs de négliger l’importance de la sécurité pour ces derniers.

C’est un droit essentiel du prolétariat (et cela comprend aussi les travailleurs sans papiers) qui, depuis qu’il a été relégué dans les banlieues ou le périurbain, doit supporter quotidiennement la petite délinquance et le crime organisé.

Les bourgeois et les salariés les plus aisés n’ont pas à subir ces nuisances, car quand on vit dans les beaux quartiers et dans les résidences privées, l’insécurité n’existe pas ou alors sous une forme extrêmement euphémisée.

Mais le bien précieux qu’est la police républicaine pour le prolétariat, le capital n’en a que faire. Pour les capitalistes, et le gouvernement qui est leur fondé de pouvoir, seul ce qui permet d’étendre sa sphère de profit et la protéger a de la valeur. La police doit donc devenir un moyen de maintenir son ordre, celui de la marchandise généralisée.

En cela la gouvernance de Sarkozy, entre 2007 et 2012, a été exemplaire, notamment à travers la suppression de la police de proximité pourtant très utile dans les “quartiers difficiles”. Sa présence quotidienne permettait aux policiers d’établir des rapports de confiance avec la population. Ils n’y étaient pas seulement pour sévir, mais aussi pour régler les problèmes que rencontrent les gens.

Avec sa suppression c’est maintenant le contraire que nous observons. La police n’y va plus que pour des opérations spectaculaires de répression et il est devenu quasi impossible pour des policiers de se rendre dans certaines banlieues sans être les cibles d’insultes et d’agressions physiques.

De la nécessité de dissiper la confusion qui règne
L’extrême confusion qui résulte de tout cela empêche toute action commune contre l’ordre capitaliste. Les forces de l’ordre apparaissent comme des ennemis du peuple, servant uniquement à réprimer les manifestations tandis que dans le même temps les services quotidiens, comme les arrestations de délinquants, les interventions sur les lieux d’accidents, ou encore la protection de victimes de violences, que la police peut encore rendre, sont invisibilisés.

À cette confusion s’ajoute le fait que les plus grosses bévues en manifestation sont le fait de policiers non formés à l’encadrement de mouvements sociaux, notamment la BAC. Cela répond encore une fois au manque d’effectifs dans les rangs des CRS mais aussi, et même surtout, à une gestion volontairement chaotique et brutale de la part des préfectures aux ordres du ministère.

Pour dissiper ce nuage de confusion il faut se rappeler que tout cela n’est que le résultat des politiques de casse du service public lors des 40 dernières années. Comme l’éducation nationale, la police est un corps malade qui sert à passer l’éponge derrière une classe capitaliste qui nous montre une nouvelle fois que le libéralisme révèle toujours sa face fasciste lorsque la crise menace le maintien du mode de production capitaliste.

Conclusion
Face à l’émotion et à la colère légitime que suscitent en nous les violences policières dirigées contre des femmes et des hommes qui portent par leur travail toute la société, il faut faire un effort de compréhension globale, refuser de céder le pas à nos impulsions.

Ce n’est qu’en saisissant le processus qui nous a conduit où nous en sommes que nous pouvons diriger notre action efficacement.

Tout le monde déteste la police oui, mais seulement celle de Macron et de son gouvernement répressif. Tout le monde aime la police du quotidien, celle qui garantit les lois et notre liberté.

Alors policiers ! Sachez reconnaître les situations où vous ne devez pas obéir ! Rejoignez-nous, nous le peuple de France en lutte.

Cet article reprend en grande partie une vidéo de Loïc Chaigneau où il nous proposait son analyse de l'utilisation des forces de l'ordre lors du mouvement des gilets jaunes. Vous retrouverez cette vidéo ci-dessous
https://youtu.be/CB5NqoQdOKk

___________


(1) Avec ces termes nous comprenons aussi le PS et EELV
(2) VIGI police dénonce la manifestation du 19 mai
(3) Pourquoi la France insoumise n'ira pas manifester
(4) Ce passage pourrait sembler révisionniste au lecteur marxiste. Pourtant, nous ne nions pas non plus que la police est une des expressions de l'État bourgeois. Mais justement, il faut aller plus loin et suivre les distinctions que Michel Couscard avait posées dans sa réponse à Claude Morilhat lorsqu'il écrit :
« Ma thèse est que l’État est à trois dimensions, trois attributs dirait Spinoza, trois rôles, trois fonctions. L’État français n’est-il pas, quand même, aussi républicain ? Le gaucho-fascisme qui voulait détruite l’État n’aurait-il pas du coup, liquidé la République ? Peut-on définir l’État français comme si la Révolution Française n’avait pas eu lieu ? Aussi "le mythique État de la volonté générale" comme dit Claude Morilhat, me semble être au contraire, une composante très réelle, institutionnelle et constitutionnelle, que la théorie aurait grand tort de négliger car la conséquence serait une fatale erreur stratégique. L’État est aussi, et surtout évidemment, l’expression de la classe sociale dominante, l’émanation politique du mode de production ; je cite constamment "le capitalisme monopoliste d’État". Troisième dimension de l’État : il est l’État-nation. Il gère l’appareil infrastructural et superstructural de la Nation. Et là, je récidive: l’État est aussi, en plus des deux essentiels attributs cités, appareil de gestion, instrument d’une nécessaire planification et centralisation ou décentralisation qui pourrait même être dit «neutre» ... si cette gestion n’était pas, par excellence, le lieu d’affrontement de l’État républicain et de l’État capitaliste, de la contre-révolution et des droits de l’homme. »
(5) Pour aller plus nous vous renvoyons vers le dossier du Monde diplomatique sur la casse du service public
(6) Nous nous référons par exemple à cet article synthétique de Ouest france


Edité le 21-05-2021 à 22:43:47 par Xuan




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   Posté le 21-05-2021 à 23:12:57   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Comme l'écrit Castillo en note : "Ce passage pourrait sembler révisionniste au lecteur marxiste"
La seule réserve que je ferais est que le conditionnel ne s'impose pas. C'est clairement du révisionnisme, et c'est la finalité des thèses de Chaigneau et Clousclard.

1 - La répression policière ne peut être niée mais elle devient "un détournement de la police par la classe dominante" . Il n'y a aucun détournement, la répression est une conséquence de la dictature de la bourgeoisie. L'appareil d'état "détachement d'hommes armés" est au service d'une classe et non au service de la population.

2 - "La destruction du service public est à l'origine du problème auquel nous faisons face" : il suffirait de restaurer le service public pour résoudre le problème de la répression. C'est aussi ce que défend le PCF dans une police "républicaine".
Mais l'Etat bourgeois oppose nécessairement la police, républicaine ou pas à la classe ouvrière.

3 - "La police est un service public essentiel à la nation et aux travailleurs" . Sur ce point il n'y a pas d'ambiguïté, au même titre que les hôpitaux et les pompiers, une police est nécessaire pour assurer la sécurité et la santé du peuple.
Et c'est la raison pour laquelle il est nécessaire d'exiger que la sécurité du peuple soit assurée, non pas au nom de la république mais au nom des besoins du peuple, et en affirmant la nécessité d'un Etat socialiste.

Mais la confusion que l'article prétend dissiper mais ne fait que renforcer consiste à placer l'Etat et son service public au-dessus des classes. La citation reprend le thème de l'Etat "républicain" que Castillo oppose à l'Etat capitaliste, "expression de la classe sociale dominante, l’émanation politique du mode de production" .
L'expression et l'émanation sont à l'opposé de l'instrument d'oppression défini par Marx et Lénine.

Le rôle de tampon social de la police n'est pas le reflet d'un Etat "républicain", mais seulement un corollaire de la dictature de la bourgeoisie, visant à empêcher le désordre dans la société. Tous les Etats ont procédé ainsi, républicains ou pas, et y compris à travers l'Eglise. La notion d'Etat "républicain" et de police "républicaine" renvoient à la république bourgeoise de 1789, que l'auteur cite en le situant au-dessus des classes :
"L’État français n’est-il pas, quand même, aussi républicain ? Le gaucho-fascisme qui voulait détruite l’État n’aurait-il pas du coup, liquidé la République ? Peut-on définir l’État français comme si la Révolution Française n’avait pas eu lieu ? Aussi "le mythique État de la volonté générale" comme dit Claude Morilhat, me semble être au contraire, une composante très réelle, institutionnelle et constitutionnelle, que la théorie aurait grand tort de négliger car la conséquence serait une fatale erreur stratégique.

Cette question rejoint naturellement l'affaire Plariste, qui a défendu Clousclard mordicus. Après l'éviction de la clique Laurent et Cie, la ligne révisionniste se déguise sous la forme d'un néo hégélianisme, dont la finalité est de revenir à la préservation de la république bourgeoise et de reculer l'échéance du socialisme.

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   Posté le 23-05-2021 à 20:29:23   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je signalais que la CGT police était divisée sur la manifestation du 19 mai.
[Il faut noter que les élections syndicales 2019 confirmaient la première place pour la CGT Préfecture de Police sur le périmètre des administrations parisiennes - il s'agit d'agents administratifs, cadres et techniciens, avec un effectif de 1700 personnes] :


_______________



CGT de la Préfecture de Police de Paris

Non, toute la CGT Intérieur n’a pas appelé au rassemblement du 19 mai 2021 !!!



Afin de clarifier les positions concernant la manifestation policière du 19 mai 2021…

Non, toute la CGT du Ministère de l’intérieur n’a pas appelé à se joindre au rassemblement « citoyen » organisé ce 19 mai, en soutien à la police républicaine.

Il ne nous appartient pas de commenter les appels à y participer, y compris par le syndicat CGT Intérieur-Police. Cependant et afin d’éviter tout amalgame nous souhaitons succinctement expliquer notre position.

Bien évidemment, en tant qu’organisation syndicale et nous dirions même simplement en tant qu’êtres humains, nous compatissons sincèrement avec les familles des victimes de collègues morts dans l’exercice de leurs missions. Il ne sera jamais acceptable pour la CGT de mourir au travail. C’est vrai pour les 11 policiers et gendarmes concernés par cet événement tragique en 2020, d’après les chiffres officiels, mais également pour les 176 morts d’accident du travail rien que dans le secteur du BTP en 2019. Pourquoi cette comparaison ? Parce que pour la CGT Préfecture de Police, la vie d’un salarié à la même valeur quel que soit son secteur d’activité. Mais alors nous direz-vous, pourquoi un gouvernement si prompt à rendre hommage aux policiers morts victimes de leurs devoirs, à grand renfort de déclarations et de « larmes de crocodiles », et parallèlement si muet sur les autres secteurs ? D’ailleurs, n’est-ce pas ce même gouvernement, certes dans la continuité des politiques menées depuis des décennies, qui continue à détruire le code du travail protecteur pour les salariés avec notamment en point d’orgue la suppression des CHSCT ? Pourquoi un ministre présent dans un rassemblement syndical, une première dans l’histoire de la république, accompagné d’un Préfet de Police devenu symbole de la répression contre les mouvements sociaux ? Sincère compassion ou récupération politique intéressée ?

Car oui, en termes de récupération, ce rassemblement du 19 mai a été le théâtre de tous les « excès ». Il ne manquait quasiment aucun parti. Alors peut-être que les motivations de certains étaient sincères…mais tout de même, ouvrons les yeux !!!!

Un appel à un rassemblement « citoyen » pour soutenir la « police républicaine » à l’initiative des syndicats représentatif dans le secteur. Très jolie formulation sur le papier, mais qui ne résiste pas au poids de la réalité. Des syndicats de police « républicains », qui n’ont eu de cesse de critiquer et attaquer la justice, rompant une fois de plus avec le sacro-saint principe de séparation des pouvoirs dans la république ? Des demandes de durcissement des peines à destination des auteurs d’attaques de policiers, avec notamment l’instauration de peines planchers alors même que déjà testés ces principes n’ont aucunement réduit les exactions ? Quels sont finalement les véritables objectifs de ces organisations ? L’instauration d’une police ayant tout pouvoir, intouchable, au service des plus puissants ? Sont-ils aussi aveugles pour nier la subjectivité et l’homogénéité de la police permettant ainsi la légitimation de tous les dérapages ? Que doivent comprendre les dizaines de milliers de citoyens gazés, blessés, morts lors de contrôle ou de manifestation du fait même des interventions policières ? Ce sont cela les valeurs « républicaines » défendues par ces syndicats ? Les médias mainstream s’étonnaient hier d’avoir finalement vu peu de citoyens lors du rassemblement, arguant que les parisiens avaient préférés la réouverture des terrasses au soutien de leur police. Il se pourrait que la police, devenue une force autonome et non contrôlée, ait creusé un fossé d’incompréhension avec une large partie de la société, notamment au sein des couches populaires. Au royaume des aveugles les borgnes sont rois ! Ces médias nous croient atteint du syndrome de Stockholm ?

Alors bien évidemment, pour la CGT Préfecture de Police le niveau de conscience actuel de l’humanité nécessite le maintien d’une police pour protéger les plus faibles, comme un tiers nécessaire. Nous sommes loin de pouvoir tous individuellement nous auto-limiter, condition sine qua none à la suppression de toute force de police. Pour autant, la montée en puissance de cette institution dotée de prérogatives excessive, peut devenir un danger pour la démocratie et le mouvement social dans son ensemble. C’est la raison pour laquelle, nous ne saurions partager la vision manichéenne et corporatiste de ces syndicats policiers et prétendons défendre encore une analyse éclairée et raisonnée sur des missions de la police assujetties à une éthique de service public et sur une place démocratiquement maîtrisée de cette institution dans la société.

Analyser la violence que sous le prisme des idéologies sécuritaires, c’est vouloir effacer des symptômes sans s’attaquer à la maladie. Car la première violence subie par nombre de citoyens, c’est bien la violence sociale résultant des politiques libérales mises en œuvre depuis des décennies. Bien entendu il existera à ce stade toujours des voyous et brigands mais n’oublions jamais que l’augmentation des violences et du climat d’insécurité prospère sur le terreau de la misère sociale. Ainsi défendre une police qui jusque à preuve du contraire participe activement à défendre les intérêts particuliers des classes dominantes contre le reste de la société, lors des mouvements sociaux sans analyse, ni autocritique, c’est faire le choix de justifier la répression.

L’article R 434-14 du code de sécurité intérieur de la police nationale dispose que la police est au service de la population. Gageons que le soutien populaire tant demandé prendra forme lorsque cet article deviendra réalité.


Edité le 23-05-2021 à 20:41:26 par Xuan




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   Posté le 23-05-2021 à 20:58:57   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La division au sein de la CGT police était apparue lors de la loi Travail. Marianne en avait fait ses choux gras en 2016 , en détaillant surtout le conflit politique entre Antony Caillé et Alexandre Langlois

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   Posté le 24-05-2021 à 08:38:46   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Toujours pour alimenter le dossier sur les revendications des flics, la fascisation, etc.



Déclaration Pascal Martini ancien SG de la FD CGT POLICE
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Concernant la manifestation citoyenne à l’appel des syndicats de police ce jour du 19 mai
à laquelle ont participé des responsables politiques de gauche dont le secrétaire national du PCF et candidat à l’élection présidentielle

on peut en tirer des enseignements très importants pour l’avenir. Personnellement malgré les intentions de départ de faire une manifestation silencieuse à la mémoire des policiers décédés dans l’exercice de leurs missions et connaissant parfaitement ces syndicats catégoriels de la semaine des quatre jeudis, je ne suis nullement étonné de leur comportement et d’avoir trahis les engagements de départ.
Je persiste en tant qu’ancien secrétaire général de la fédération cgt de la police, a affirmer que notre syndicat cgt a eu raison d’y être et de respecter les orientations de départ en ne s’exprimant pas et rester fidèle à ses conceptions. En effet de nombreux policiers dans les services de police font savoir qu’ils sont dégoûtés du comportement des syndicats qui ont exprimés des critiques contre la justice alors que c’était pas l’objet de la manifestation. Là les masques tombent et nous les militants cgt police qui combattons ces dérives extrémistes nous savons mieux que personne que la meilleure façon de les combattre c’est d’être présents et faire connaître nos propositions sur la profession et sur le droit à la sécurité.
Comme je disais que la présence du communiste Fabien Roussel, critiqué au demeurant, allait créer l’événement car désormais les médias sont obligés de souligner que le PCF se préoccupe de la sécurité des citoyens. Pour c’est un élément important dont on mesure pas la portée pour l’avenir. De tous temps l et syndicalisme policier catégoriels a fait de la surenchère électorale son quotidien. La démonstration de ce jour l’a démontré. Raison de plus de ne pas courbé l’échine mais tout au contraire d’être à l’offensive pour créer un grand service public de police nationale pour assurer la sécurité de tous les citoyens dans le respect des droits de chacun.

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   Posté le 24-05-2021 à 08:52:15   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les faits mettent en relief le lien entre fascisation et noyautage fasciste. L'article ne sort pas du réformisme et de la défense d'intérêts catégoriels.


Police. « Un cap a été franchi dans les attaques contre les institutions »


L'Humanité, Vendredi 21 Mai 2021

Mobilisés mercredi, des milliers de policiers ont accusé la justice d’être « laxiste », notamment pour les crimes qui les visent directement. Un procès en laisser-faire que conteste Sarah Massoud, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature. Entretien.
Mercredi, devant l’Assemblée nationale, les fonctionnaires de police – épaulés par des responsables politiques de droite – s’en sont donné à cœur joie pour attaquer la justice, qu’ils jugent responsable de leurs maux. La gauche, venue en soutien des policiers, est quant à elle tombée dans le piège de la surenchère sécuritaire, à l’image du premier secrétaire du PS, Olivier Faure, qui a proposé un « droit de regard » des policiers sur les décisions de justice, avant de rétropédaler le lendemain. Face à ce coup de pression organisé par les syndicats de police, la secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature, Sarah Massoud, répond.

Comment avez-vous perçu la manifestation des policiers devant le Palais Bourbon ?

Sarah Massoud: Nous avons été sidérés : faire pression sur la représentation nationale, sur fond d’instrumentalisation politique d’affaires dramatiques que sont les assassinats de deux fonctionnaires de police, représente un danger pour la démocratie. Nous avons été atterrés que le ministre de l’Intérieur participe à un rassemblement orchestré par des syndicats de police majoritairement d’extrême droite, de même que des élus de tous bords s’y associent par opportunisme électoral, au mépris notamment de la séparation des pouvoirs qui est un pilier essentiel d’un État de droit.

Que répondez-vous aux attaques contre la justice, jugée « laxiste » par les syndicats ?

Sarah Massoud: Quand on analyse les chiffres de la délinquance et de la criminalité, on constate qu’ils stagnent sur les vingt dernières années. En parallèle, les chiffres de la surpopulation carcérale et du nombre de peines d’emprisonnement ferme augmentent. Ces attaques sont donc infondées. Mais une étape a été franchie avec des slogans affirmant que « le problème de la police, c’est la justice » . Dans notre démocratie, il y a une séparation entre les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. La police n’appartient ni au pouvoir législatif ni au pouvoir judiciaire, et n’a pas à s’y substituer. Elle n’est pas un pouvoir autonome, mais un corps au service des citoyens. Ces slogans remettent en cause cet équilibre pour faire de la police une entité toute-puissante. Lorsqu’on en arrive là, on appelle cela un État policier.

Mercredi, le gouvernement a dégainé un amendement visant à instaurer une peine de sûreté de trente ans pour les crimes commis sur des policiers et des gendarmes. Quelle est votre position ?

Sarah Massoud: Ce n’est pas parce que vous renforcez la répression que ça va dissuader les personnes de commettre des infractions. Quelqu’un qui compte s’en prendre à des policiers ne va pas réfléchir avant de passer à l’acte pour savoir s’il encourt vingt-deux ou trente ans de sûreté. Depuis vingt ans, les gouvernements successifs ont mis en place des lois de plus en plus répressives et ça n’a pas eu de conséquences sur le niveau de la délinquance.

Comment améliorer les relations entre la police et la justice ?

Sarah Massoud: Nous ne més­estimons pas le malaise des policiers : ils travaillent dans des conditions dégradées, doivent appliquer des instructions de politiques pénales incohérentes, faire face à une hiérarchie déconnectée du terrain et mener des affaires psychologiquement dures. Si on veut réconcilier une certaine police avec l’institution judiciaire, il faut s’attaquer à ces questions via une formation différente, qui ne soit pas centrée sur le répressif, mais visant à retrouver des gardiens de la paix. Les politiques jouent les pyromanes. Ce qui se passe n’est pas nouveau : les prédécesseurs de Gérald Darmanin se posaient déjà en premiers flics de France, en imposant un rapport de forces à la justice. Tant qu’on sera dans l’affichage, on n’y arrivera pas.

Êtes-vous d’accord avec Jean Castex lorsqu’il dit qu’il faut « réparer le service public de la justice » ?

Sarah Massoud: S’il y a besoin de réparation, c’est parce que les différents gouvernements nous ont cassés. Tant qu’on n’aura pas plusieurs centaines de nouveaux juges, procureurs et greffiers, la justice ne pourra ni fonctionner sereinement ni être plus rapide. Il faut en finir avec cette vision court-­termiste et précarisante. Former des magistrats prend du temps : c’est maintenant qu’il faut mettre le paquet.


Edité le 24-05-2021 à 08:57:59 par Xuan




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   Posté le 24-05-2021 à 08:55:10   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je signale aussi cet article que je retrouve pas sur le net, sur le meurtre d'une travailleuse sociale, pour laquelle le gouvernement n'a pas levé le petit doigt.

https://www.facebook.com/photo?fbid=10216333228118162&set=a.1049832700901

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   Posté le 24-05-2021 à 11:43:24   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La gauche n'est pas seule à se diviser


Passons sur un suicide politique, le lapsus révélateur du socialo Faure, emballé par la manifestation des flics et réclamant son "droit de regard" sur les décisions de justice.
https://www.bfmtv.com/politique/parti-socialiste/droit-de-regard-des-policiers-olivier-faure-s-excuse-d-une-expression-malheureuse_AD-202105200198.html

Il faut jeter une oeil sur les divisions dans la gouvernement lui-même à propos du foutoir institutionnel :

https://www.nouvelobs.com/politique/20210519.OBS44227/hue-a-la-manifestation-des-policiers-dupond-moretti-repond-aux-syndicats.html

https://www.ouest-france.fr/politique/eric-dupond-moretti-appelle-a-ne-pas-opposer-justice-et-police-f6707ef6-b8b4-11eb-8bbb-da50c17eaa65

Il ressort qu'un des fondements de la République bourgeoise, la séparation des pouvoirs est un mot creux puisqu'aucun des trois ne possède le pouvoir décisif, et qu'il ne reste qu'un cloisonnement des services de l'Etat, en conflit interne pour des enveloppes de fonctionnement et des motifs idéologiques.
Il est du ressort des communistes de mettre sur le tapis la vanité des institutions bourgeoises, fondées sur la propriété privée des moyens de production, et la nécessité d'établir de nouvelles institutions au service du peuple.



Edité le 24-05-2021 à 13:51:48 par Xuan




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   Posté le 26-05-2021 à 08:51:03   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La bourgeoisie rapetasse les lézardes de la façade


Sauver à tout prix les institutions menacées de l'intérieur ! Mais le cœur n'y est pas.

Le projet de loi pour la "confiance dans l'institution judiciaire" adopté en première lecture par l'Assemblée nationale
Le texte a été adopté par 342 voix contre 105, et 96 abstentions, et devrait être examiné au Sénat en septembre.


Edité le 26-05-2021 à 08:52:44 par Xuan




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   Posté le 26-05-2021 à 14:03:55   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Derechef sur la sécurité, Jean-Claude Delaunay


Jean-Claude Delaunay et la “sécurité”

DANIELLE BLEITRACH 26 MAI 2021CIVILISATION
https://histoireetsociete.com/2021/05/26/jean-claude-delaunay-et-la-securite/


Quand je dis que cette campagne de Fabien Roussel remue et que chacun a envie d’intervenir ce qui est déjà une manière de se l’approprier je suis au-dessous de la réalité… Et j’espère que pour être complet ce débat passionné et passionnant s’accompagne de travail sur le terrain parce que comme chacun devrait le savoir le critère de la pratique tranche. (note de danielleBleitrach pour histoire et societe)

Je suis bien d’accord, il n’y a pas que la sécurité des personnes, il y a l’emploi, les services publics, l’école, l’hôpital, et ainsi de suite.

Mais tout se tient, et le problème de la sécurité me tient à cœur, tant pour des raisons personnelles, que pour des raisons théoriques, que je voudrais expliquer ici. Tout se tient et il est bon de comprendre comment et pourquoi.

Un souvenir me vient en tête pour commencer. C’était un dimanche matin de l’été, à Villejuif, il y a quelques années. J’étais sorti tôt et je rencontre mon camarade Jean-Claude, égoutier, un camarade que j’aimais bien, vraiment, plutôt râblé, bien planté sur ses jambes, et surtout plein de bon sens. Il était blanc comme un linge. Je lui demande : qu’est ce qui se passe? Il me répond. «Ce matin, je devais partir en vacances. Mais ma voiture a été saccagée pendant la nuit. Le pare-brise, les vitres, tout ça a volé en morceau. Je dois la mener au garage. Ce sont les loubards du quartier qui ont fait ça». En quelques instants d’un plaisir stupide, ces jeunes branleurs avaient bousillé les vacances de ce copain et de sa famille, mangé les quelques billets mis de côté, au fil de l’année, pour payer une glace aux enfants, aller ensemble aux restaurants sans avoir à faire la vaisselle, pour se détendre de l’année, pour lui passée dans les égouts de Paris.
Des souvenirs de ce type, j’en ai d’autres. Pas des milliers, mais quand même suffisamment, et parfois plus dramatiques. Je ne sais pas ce qu’il est advenu de Jean-Claude. Il a quitté Villejuif. Je n’en dirai pas plus, car il faut aller de l’avant, sauf à souligner que nous, communistes, avons été décérébrés pendant plusieurs décennies sur beaucoup de questions et notamment sur celle-ci. Avoir été décérébré, ce fut agir sans principe, machinalement, parfois en fonction des bons sentiments. Ce fut dire le contraire ou autre chose que ce que disait la famille Le Pen. Comme si les communistes français n’avaient pas à s’exprimer d’abord et avant tout en fonction de leurs propres analyses et de leur propre pratique!

Nous avons été décérébrés au plan de la théorie et plus particulièrement du marxisme, que nous avons laissé tomber. Nous avons été décérébrés en perdant le contact avec la classe ouvrière et les travailleurs en général. Cela a commencé bien avant Robert Hue. Cette époque, espérons-le, est révolue. Quelle leçon tirer de tout cela pour l’avenir?

Je voudrais éviter d’être une sorte de père Machu ridicule, jurant par scrogneugneu tout en caressant une moustache imaginaire. Je vais, cependant, avoir cette folle audace.
La sécurité des personnes fait partie de ces problèmes dont nous devons proclamer la solution de manière très carrée. Pour moi, la formulation correcte des choses est la suivante : NOUS, COMMUNISTES, SOMMES POUR LE RÉTABLISSEMENT DE LA SÉCURITÉ DANS CE PAYS DE MANIÈRE TOTALE ET IRRÉVERSIBLE. Je trouve que nous avons encore des réflexes de bon samaritain. C’est un peu comme si nous avions du remords à être en faveur de la sécurité des personnes. «Nous sommes en faveur de la sécurité, mais vous savez, on est pas des méchants». Évidemment que nous ne sommes pas des méchants, évidemment que nous ne sommes pas des imbéciles, croyant que la répression va tout régler. Mais, à mon avis, il faut savoir qu’il y aura, dans la solution de ce problème, au moins deux phases: 1) la phase de l’immédiat qui sera à dominante répressive, 2) la phase du moyen long terme qui sera à dominante éducative et préventive.

Mais alors pourquoi la phase de la répression doit-elle être soulignée avec force? Certainement pas pour faire de la surenchère avec l’extrême droite, dont je n’ai que faire pour penser l’avenir de mon pays, mais pour les deux raisons suivantes.

La première est que les individus et les groupes portant atteinte à la sécurité des personnes ne vont pas s’arrêter parce que l’on aura froncé les sourcils en leur direction. Laurent Brun l’explique très bien. La bête va se débattre et mordre.

La deuxième raison est que la voyoucratie est une alliée objective des classes dirigeantes. La France est malade et de sa maladie, dont la grande bourgeoisie porte l’entière responsabilité, les dirigeants de cette classe sociale, féroce et épuisée, tirent avantage. Cela les aide à prolonger leur pouvoir. S’ils observent que, dans le contexte d’une démocratie nouvelle, la voyoucratie est en danger, soyons certains qu’ils n’hésiteront pas une seconde à la soutenir sans doute avec doigté mais néanmoins de toutes leurs forces. Pour autant que j’aie compris l’histoire, le nazisme et ses variantes ne furent pas seulement l’extrême droite. Ce furent des systèmes à plusieurs composantes et parmi celles-ci figuraient les voyous, ce que Marx et Engels ont appelé «le lumpen proletariat».

Lutter contre les voyous, c’est aussi lutter contre les classes dirigeantes. Si l’on prétend rompre définitivement avec ces mêmes classes dirigeantes, ce que nous proclamons, nous, communistes français, alors il nous faut rompre tout aussi définitivement avec la voyoucratie.

Mais comment faire? Bien sûr, la police et la gendarmerie vont se trouver en première ligne pour accomplir cette tâche. Mais comment concevoir que celle-ci puisse être accomplie par des composantes d’un appareil d’État, qui fut structuré et formé par la bourgeoisie ? Je pense que, à travers ce questionnement, les communistes français sont directement confrontés au problème de l’État bourgeois et à la théorie qu’ils en ont. Faudrait-il «refaire une police» avant de commander à ce corps de l’État de «faire la police»?
Le problème est compliqué mais je crois, d’une part, que nous devons l’aborder de front, car il concerne toutes les fonctions de l’État, et d’autre part, que la solution que nous lui apporterons de manière explicite sera l’illustration pratique de ce que nous appelons la dictature du prolétariat. Car il nous faudra non seulement mettre en œuvre la dictature du prolétariat (l’application de la théorie), il nous faudra également et peut-être surtout construire cette dictature dans la dialectique de la lutte et de la démocratie.

Nous n’allons pas reconstruire a priori, ou ex-ante, un appareil d’État devant nous permettre de mettre fin à la dictature de la grande bourgeoisie. Nous devrions plutôt, avec le soutien des masses populaires et, bien sûr, avec nos propres analyses, prendre place dans le mouvement réel. C’est ce qu’a fait Fabien Roussel, me semble-t-il, en participant à la manifestations des policiers. Reproche ne lui en sera certainement pas fait par les gens du peuple.

Nous devrions ensuite, avec les policiers, construire la police susceptible de répondre aux besoins de sécurité ainsi qu’à tous les besoins que la police a pour fonction de satisfaire. Les dirigeants factieux de tous les corps de l’État concernés devront certainement être neutralisés et chassés de la position qu’ils occupent. Mais dans l’expérimentation, par la majorité des personnels de l’Etat, de la malfaisance de leurs chefs actuels, de la malfaisance des doctrines qu’ils diffusent ainsi que des intérêts qu’ils défendent vraiment sans forcément le savoir.

Il va de soi qu’une telle démarche supposera, si elle est partagée, des conceptions et des analyses autres que celles de Titine Taintain, ou des supporters irréfléchis du marxisme-léninisme. Elle supposera une grande capacité politique et le soutien populaire.

Cela dit, elle ne reposera pas sur le sable de notre imagination. 1) Les CRS, pour ne parler que d’eux, sont aussi des enfants du peuple. Ce sont aussi des fils de paysans, d’ouvriers, de commerçants, de fonctionnaires. Cela ne s’est pas effacé d’un coup de leur mémoire. 2) Ensuite, la police n’est que l’un des corps professionnels concernés. L’expérimentation démocratique de la construction de la dictature du prolétariat sera une expérimentation générale. Entre ces expériences se produiront des effets de réciprocité et l’on peut espérer que ces effets seront positifs et convergents. 3) Il faut également penser que l’expérience de la démocratie nouvelle devra concerner d’autres professions que celles des corps d’État traditionnels. Je pense notamment aux informaticiens dont j’ai fait mention dans l’article publié sur ce site à propos du système chinois de crédit social. Nous disposons aujourd’hui de technologies matérielles et scientifiques dont nous pourrons faire usage dans cette lutte. 4) Enfin, dans ce domaine comme dans tous les autres, il est sain de tirer régulièrement les bilans nécessaires. La théorie est indispensable, mais la pratique collectivement raisonnée n’est pas mal non plus.

Je souhaite indiquer un dernier point relevant de l’analyse théorique. Les problèmes de sécurité que rencontrent aujourd’hui les Français ou les résidents français me suggèrent personnellement qu’existent 3 niveaux dans l’analyse des problèmes que les communistes se donnent l’ambition de contribuer à résoudre, et non pas 2, comme je je le croyais précédemment.
La Nation, qui est le niveau de la décision, en occupe la place centrale. Elle est le point d’aboutissement de son intérieur et le lieu de la jonction avec l’extérieur, c’est à dire les autres Etats et les autres Nations.

La Société est l’assise de la Nation. C’est la cohérence de la Société qui constitue la force de la Nation. Éliminer immédiatement et définitivement la grande bourgeoisie de la direction et de la décision des affaires de la France est une priorité, d’une part pour la bonne marche de la Nation mais d’autre part aussi pour la bonne marche de la Société.

C’est alors que, d’un même mouvement, nous pouvons mieux comprendre les phénomènes suivants. La cohérence de la Société recouvre non seulement sa cohérence sécuritaire, mais également sa cohérence économique, Je ne dis rien de sa cohérence idéologique car cet aspect mériterait d’autres développements. Je signale au passage, pour celles et ceux que cela intéresserait, que j’ai traité de ces questions dans mon récent ouvrage sur le socialisme. J’y renvoie car je me suis «mouillé» à ce propos.

Quoiqu’il en soit, énoncer que nous recherchons la Cohérence de la Société en tant que résultante de toutes les cohérences jugées nécessaires à un moment donné du temps, et comme fondement de la force de la Nation, ne signifie pas que soit niée l’existence de contradictions au sein de la Société. Cela signifie que, lorsque la grande bourgeoisie aura été mise à la porte de tous les pouvoirs, la démocratie, à la fois procédurale et substantive, pourra donner à chacun sa place, sans phénomènes d’exploitation et de domination.

La Société est, pour moi, le niveau de ce que nous appelons le Peuple. Mais en abordant l’analyse de la Société par le biais de sa Cohérence, et donc de toutes les cohérences qui constituent cette dernière, nous agissons en sorte que le Peuple corresponde à une approche concrète, précise. Nous désidéologisons ce concept et la réalité qu’il recouvre.

On comprendra alors que la Nation que nous défendons diffère profondément de la perception qu’en ont la grande bourgeoisie et l’extrême droite. Nous, communistes, nous sommes des internationalistes. Nous ne sommes pas des nationalistes. Nous sommes à la fois des patriotes et des internationalistes parce nous aspirons seulement à la défense des intérêts de notre peuple et de sa souveraineté. Nous sommes pour le respect de toutes les nations et non pour la suprématie de notre Nation ou de quelque Nation que ce soit sur les autres.

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   Posté le 08-06-2021 à 13:04:29   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Dans l'Humanité cet article dénonce une vidéo appelant au meurtre des communistes. La violence fasciste se conjugue avec l'anticommunisme de la social-démocratie libérale.
Par exemple les appels à la censure de la CGTN par le Figaro ou Le Point, ou le révisionnisme historique du parlement européen concernant le pacte germano-soviétique.

Sur ce sujet Roussel est intervenu ce matin à télématin pour dénoncer les menaces fascistes à son encontre comme envers un militant syndical.
Un appel à manifester est signé par un certain nombre d'organisations "pour les libertés et contre les idées d'extrême-droite". Dans un cas comme dans l'autre la réponse au fascisme est extrêmement frileuse et institutionnelle.


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Fachosphère. Sur YouTube, Papacito appelle au meurtre de militants de gauche

Mardi 8 Juin 2021
Julia Hamlaoui

https://www.humanite.fr/fachosphere-sur-youtube-papacito-appelle-au-meurtre-de-militants-de-gauche-709873?fbclid=IwAR3MrPaX28rMmT5yfrHrgPdtDKahUPehHofU-wD5pV0HLy_akDcMN3ejBGA



Dans une vidéo vue 130 000 fois entre dimanche et lundi, l'influenceur d'extrême droite et son acolyte Code Reinho expliquent comment s’en prendre « aux gauchistes ». La France insoumise et le PCF portent plainte.

Ses protagonistes ont le sourire aux lèvres, jouent la décontraction. La vidéo n’en est que plus glaçante. Le youtubeur d’extrême droite Papacito et son acolyte Code Reinho, sous couvert d’ « expérience scientifique », y tirent sur un mannequin représentant un militant de gauche – un « électeur de Jean-Luc Mélenchon », équipé d’un T-shirt floqué d’un « Je suis communiste », et posté à côté d’un drapeau Che Guevara. « Le but, c’est de savoir si Jean-Gauchiste pourra survivre aux gens normaux qu’il insulte et qu’il méprise depuis des années» , explique l’un, au cas où il subsisterait un doute sur la nature de cet appel au meurtre publié dimanche en fin de journée.

Un tuto pour se procurer des armes

Les deux influenceurs de la fachosphère ne s’arrêtent pas là et transforment la séquence en tuto pour se procurer des armes. «180 euros et un quiz de merde, c’est ce qui vous sépare de l’assurance d’être entendu quand vous avez quelque chose à dire» , lâche Papacito à propos du permis de chasse, et après avoir défini une arme de catégorie C comme « l’assurance de vous faire respecter dans les moments où on mettra en doute vos convictions ».

Et on passe sur le flot continu d’insultes, de propos virilistes ou homophobes, ou encore les invitations à s’inspirer des pires moments de l’histoire. La chute de la vidéo, vue lundi par 130 000 personnes, est à l’avenant, avec une scène dans laquelle le mannequin est poignardé à de très nombreuses reprises par Papacito.

«Des actes odieux suggérés»
Ses électeurs directement visés, le candidat FI à la présidentielle a tiré la sonnette d’alarme lundi. Visiblement ému par ce torrent de haine, Jean-Luc Mélenchon a jugé «indispensable» d’en diffuser des extraits pour montrer la véritable nature «des actes odieux suggérés». «Qui que vous soyez, quelle que soit votre opinion politique, à mon sujet ou celui des insoumis, je suis certain qu’aucun d’entre vous n’approuve une telle mise en scène» , a déclaré le leader insoumis lors d’une conférence de presse de dernière minute. Le député a également fait le lien avec la polémique née la veille après son interview sur France Inter: «Je mets en garde, en discernant les choses, contre la violence verbale qui nous entoure et peut parfois conduire à nous désigner en permanence comme des cibles.»

Les communistes et Jean-Luc Mélenchon sont pris pour cible dans une vidéo d’extrême droite d’une rare violence. (...) Au nom des communistes, je saisis le procureur de la République.
FABIEN ROUSSEL Secrétaire national du PCF


Sur certains plateaux TV, cette intervention de FI n’a été présentée que comme un «contre-feu» tandis que, à l’heure où nous écrivons ces lignes, la vidéo d’appel au meurtre n’avait pas suscité de réactions unanimes. Les insoumis l’ont signalée à YouTube, d’où elle a finalement disparu en fin de journée, à la plate-forme dédiée Pharos, et au commandant militaire du Palais-Bourbon. Ils portent plainte et invitent les citoyens à se joindre à leur démarche.

Le PCF a également réagi : «Les communistes et Jean-Luc Mélenchon sont pris pour cible dans une vidéo d’extrême droite d’une rare violence. Il faut mettre fin à ce climat de violence. Au nom des communistes, je saisis le procureur de la République» , a annoncé le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.

Un « ami » d'Éric Zemmour
Si cette dernière vidéo a franchi un nouveau cap, Papacito, égérie d’extrême droite, n’en est pas à son premier fait d’armes avec de multiples publications et 100 000 abonnés sur YouTube. Éric Zemmour, par exemple, l’évoquait sur CNews la semaine dernière comme son «ami». Celui-ci le lui rend bien, prêt à le soutenir s’il « permet via sa présidence de sortir de plus en plus du cadre républicain » et d’instaurer « un climat qui fait qu’il y aura des flingues ».

______________



Les deux intelligents sont clairement inspirés du trumpisme, incapables de distinguer PCF et FI. Du reste pour les fascistes, le gauchisme commence au MODEM.
Mais c'est un fait nouveau qui porte deux indications :

D'une part la fachosphère est politiquement muette.
D'autre part l'essor de la Chine, même le fait que le PCF sorte de l'ombre de la social-démocratie, doit commencer à la mettre sur le gril.


Edité le 08-06-2021 à 20:21:46 par Xuan




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   Posté le 08-06-2021 à 20:04:55   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un appel d'info'com CGT.
Pourquoi "les idées d'extrême-droite" et non le fascisme ? D'autant que la CGT n'a pas à stigmatiser des idées d'extrême-droite mais le fascisme, qui n'est pas exactement "des idées".
On peut se demander quel groupe "de gauche" a imposé ce slogan.


TOUS ET TOUTES ENSEMBLE
POUR LES LIBERTES ET CONTRE LES IDÉES D’EXTRÊME-DROITE


Racisme, antisémitisme,
attaques contre les libertés,
banalisation des idées d’extrême droite...

STOP !


Manifestations unitaires à l'appel de syndicats, associations, partis politiques…

À PARIS :
SAMEDI 12 JUIN 2021
14 HEURES • PLACE CLICHY VERS RÉPUBLIQUE

AUTRES RENDEZ-VOUS :
Voir la carte de France sur
https://marchedeslibertes.fr

POUR NOS LIBERTÉS ET CONTRE LES IDÉES D’EXTRÊME-DROITE


Depuis maintenant plusieurs mois nous constatons un climat politique et social alarmant.
S’allier avec l’extrême droite ou reprendre ses idées ne constituent plus un interdit. Les propos et actes racistes et sexistes au travail et dans la vie se propagent. Les attaques contre les libertés et les droits sociaux s’accentuent gravement. Dans ce contexte politique, économique, social et sanitaire les injustices explosent et génèrent une forte misère sociale.

Plusieurs lois liberticides organisent une société autoritaire de surveillance et de contrôle qui empêcheraient d’informer sur des violences policières, déjà trop importantes. De plus, si certaines de ces lois stigmatisent une partie de la population en raison de sa religion, d’autres en ciblent en raison de leur activité militante.

Comme les signataires de l’appel pour les libertés et contre les idées mortifères de d’extrême droite (www.marchedeslibertes.fr), nous ressentons toutes et tous l’urgence de construire une réponse forte et unitaire qui dessine l’alliance des libertés, du travail et d’un avenir durable.

Face à ce climat de haine, raciste et attentatoire aux libertés individuelles et collectives, nous avons décidé collectivement d’organiser le samedi 12 juin une première grande journée nationale de manifestation et de mobilisations qui se déclinera localement.

Cette journée fait partie des initiatives unitaires qui se multiplient. D’ores et déjà, nos organisations syndicales, politiques, associations, collectifs, signataires de l’appel, ont décidé de co-construire ce combat dans la durée.


Edité le 08-06-2021 à 20:07:34 par Xuan




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   Posté le 09-06-2021 à 08:49:22   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Commentaire de Laurent Brun à propos de la claque ramassée par Macron :

Comme on dit chez moi « pour être respecté il faut être respectable »...
Il appauvrit les jeunes, les vieux, les chômeurs, met à genou les services publics de la santé, de l’éducation, de l’énergie, des transports, brade notre patrimoine public, remet en cause les droits des travailleurs, leur représentation, etc etc etc.
Franchement, aucun respect pour ce président.
Il a prit une claque dans la gueule, ce n’est pas un mode habituel d’expression, et n’importe quel citoyen doit être protégé de la violence.
Mais on a prit des coups de matraque, des lacrymogènes, des tirs de LBD. Nous n’avons pas été protégés de la violence.
Sa personne n’est pas plus sacrée que n’importe quel citoyen. La violence qui nous frappe n’est pas plus légitime que celle dont il a été victime. Certains ont perdu des yeux ou des mains sans qu’aucun des ténors de LREM ne verse une larme, au contraire. Quand on légitime la violence, ça finit fatalement par déraper. Alors il est peut être temps de décider que les manifestants ne seront plus tabasses, que les préfets Brutos doivent être démis, que les factieux et les fascistes doivent être expurgés de la police, que lorsqu’un patron provoque un préjudice à un salarié il ne bénéficiera plus de forfait de condamnation ou de prescription, etc etc...
Dans une société plus juste, tout le monde serait choqué qu’un manifestant soit violenté et tout le monde serait choqué qu’un président prenne une claque.
Enfin Macron alimente l’extrême droite qui se sent pousser des ailes au point que ses électrons libres ou ses nervis passent à l’acte et démontrent qu’ils sont capable de dépasser toutes les limites de la violence et des coups de force. Qu’il cesse de jouer avec le feu et nous risquerons tous moins de brûlure.
Franchement ce soir je suis totalement indifférent à ce qui s’est passé à Tain.



Perso je ne pense pas que la population devienne royaliste, par contre beaucoup se sont fendu la gueule de voir le freluquet se faire baffer.
A force de courtiser les électeurs de Le Pen, Macron se fait tutoyer par un groupuscule royaliste. Par contre les médias n'ont pas poussé de grands cris pour l'appel au meurtre de papacito.


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   Posté le 09-06-2021 à 20:59:35   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'appel à manifester à Lille de Rassemblement Communiste :

LEUR FASCISATION CREVE LES YEUX!


La multiplication des actes politiques « glaçants », pour citer le mot d’Audrey Pulvar au sujet de la manifestation policière, immédiatement menacée par le Ministre de l’Intérieur, est particulièrement nette ces dernières semaines, au point qu’on peut se demander à quoi joue réellement la Macronie.

Dans la même période, le gouvernement interdit une manifestation parisienne de soutien au peuple palestinien qui subit un nouveau déchaînement militaire de la part de l’entité sioniste, et Darmanin participe à une manifestation policière factieuse qui s’en prend directement à la Justice française et joue les gros bras devant le Parlement.

La France a été, de fait, le seul pays à interdire un soutien à la Palestine, quand il s’est exprimé partout ailleurs dans le monde, jusqu’en Israël même ! Dans le même temps, une grande manifestation policière fortement teintée de brun, vue l’omniprésence des courants fascistes de ce pays, du syndicat Alliance au RN en passant par Zemmour et autres « intellectuels » d’extrême droite islamophobe, a ouvert ses rangs à l’arrogant et ambitieux Ministre Darmanin, celui qui disait il y a peu sur un plateau télé à Marine Le Pen qu’elle était « trop molle » en matière de sécurité…

Nous avons d’ailleurs pu mesurer à quel point il s’agissait d’une démonstration de force « politique » à l’absence remarquée de la CGT Intérieur (dont Darmanin vient d’ailleurs de licencier illégalement le secrétaire général), qui a refusé la manipulation d’un appel qui concernait initialement un simple hommage à Eric Masson, policier mort récemment.
L’Elysée et le gouvernement ont visiblement pris goût à une forme de « conseil de guerre » excluant systématiquement des décisions politiques les parlementaires, avec la crise sanitaire qu’ils ont géré si lamentablement … mais d’une main de fer (on se rappelle du musicien tabassé par des policiers déchaînés, dans son studio et sous des caméras, au seul motif qu’il n’avait pas de masque dans la rue en rentrant chez lui).
Leur déchaînement actuel, à tous points de vue, crève les yeux. La parution publique, dans un journal à large diffusion, d’une tribune putschiste de hauts gradés fascistes à
la retraite très influents au sein de la prétendue « grande muette », aurait-elle pu advenir aussi impunément il y a seulement quelques années ?

Ces signes ne sont pas fortuits : Ils découlent d’une politique sécuritaire et discrimimatoire extrêmement dangereuse, flanquée de lois bien concrètes : la loi « sécurité » (qui allait tellement loin dans l’impunité policière qu’elle vient d’être retoquée par le Conseil Constitutionnel) et la loi contre les « séparatismes », qui constitue un arsenal particulièrement agressif et stigmatisant contre un « ennemi intérieur » fantasmé, les musulmans de ce pays. Ils trouvent aussi leur origine dans le régime présidentialiste autoritaire de la Vème République gaulliste.

Bref, nos Droits Démocratiques, qui –rappelons-le- furent conquis par nos luttes et non offerts par les puissants, reculent… pendant que Macron et son gouvernement se « radicalisent à droite » (euphémisme) : soutien aux putschistes fascistes qui ont renversé Evo Morales en Bolivie, soutien au gouvernement hyper-répressif qui mitraille son peuple en Colombie, soutien aux terroristes antiMaduro au Venezuela, soutien au « dissident » raciste Navalny en Russie, au néonazis pro-UE ukrainiens ou au « dissident » nazi Protashevich au Belarus… et peut être surtout, soutien sans faille au gouvernement d’extrême droite israélien qui bombarde impunément les palestiniens quand bon lui semble.

Les « amis » de Macron à l’international sont à l’image de ses propres options politiques sur les plans interieur et extérieur, depuis la répression sanglante, dénoncée à l’étranger, des manifestations populaires des Gilets Jaunes depuis trois ans, et ce n’est qu’un exemple. Depuis la poursuite résolue des opérations meurtrières de la françafrique au Mali, au Sahel également…
C’est à ses fruits qu’on reconnaît l’arbre. Et l’arbre, ici, porte un nom précis. C’est la fascisation. Ce terme, contrairement à son apparence, n’est pas équivoque : il s’agit d’un processus de long terme, qui du reste n’a pas commencé avec Macron, mais qui, sous nos yeux, s’accélère. Ce dernier n’est certes pas encore un « fasciste » au sens propre, mais il poursuit un processus offensif de répression et de tentative de dérivation de la colère populaire quand celle-ci se renforce, et qui peut quand « les circonstances l’exigent », sous la forme d’un « état d’urgence » par exemple, déboucher sur le fascisme.

C’est Hindenburg et des magnats très « démocratiques » de la finance allemande qui ont installé Hitler au Pouvoir. Ce sont des financements anglais et français qui ont aidé Mussolini à prendre le pouvoir. Ce sont notoirement les Etats-Unis, « grande démocratie », qui ont assassiné le président élu Allende pour le remplacer par le fasciste Pinochet. Les exemples de ce genre ne manquent pas. Il est donc absurde d’opposer comme des « contraires » le fascisme d’une part et la « démocratie libérale » de l’autre : Toute l’histoire du 20ème siècle l’a déjà confirmé.

Souvenons-nous que ce sont bien des grands patrons qui ont dressé la menace cagoularde contre la montée en puissance du mouvement ouvrier avant la victoire du Front Populaire. Les mêmes, au nom d’un « plutôt Hitler que le Front Populaire », ont fini par mettre Pétain au pouvoir après une « étrange défaite » face à la Wehrmacht. Chaque fois, ils ont défait les droits démocratiques un moment concédés face au mouvement ouvrier organisé menaçant leurs intérêts. Chaque fois ils ont construit un ennemi de l’intérieur pour détourner la colère. Chaque fois ils ont tenté de briser la résistance syndicale et de museler l’opposition politique.

Nous vivons une crise économique et sociale que plus personne ne conteste, et la tentation de criminaliser tout mouvement populaire est grande à l’Elysée et au MEDEF, comme dans les salons de Bruxelles. Si nous ne réagissons pas, si nous refusons de comprendre que la période n’admet pas la division dans nos rangs, si nous ne montrons pas notre unité face à ce processus de fascisation déjà bien entamé et qui s’accélère aujourd’hui, nous désarmerons notre camp contre la menace fasciste, incarnée par le RN, les « identitaires », la LDJ et autres milices, exploitée par LERM et ses satellites LR et PS. Il est plus que temps de dire stop à un pouvoir aux abois qui cherche à brouiller les pistes pour passer à l’attaque ! C’est ainsi que tous ensemble, nous reprendrons l’offensive ! L’ensemble de notre camp social et politique antilibéral doit s’unir pour ne plus subir !

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   Posté le 09-06-2021 à 22:47:28   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

A propos de papacito, un article de France info assez instructif :
https://www.francetvinfo.fr/politique/six-choses-a-savoir-sur-ugo-gil-jimenez-alias-papacito-youtubeur-et-influenceur-d-extreme-droite_4655517.html

Quant au "royaliste" confus "Damien T." qui a claqué Macron, il est abonné à la chaîne de papacito, celle de Julien Rochedy, l’ancien président du Front national de la jeunesse, ainsi que les activités du groupe "Équipe Communautaire Paris", affilié au réseau "Les Braves", du suprémaciste blanc Daniel Conversano.
Il est aussi président de l'association des arts martiaux historiques européens (AMHE) à Saint-Vallier.
Sur les armes et le reste, la presse a déjà tout dit.

Bien qu'il s'agisse d'influenceurs très confus dans leurs idées, ils ont une audience importante sur les réseaux sociaux comme sur You tube, auprès des jeunes notamment.

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   Posté le 11-06-2021 à 07:50:39   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Crise de l’Impérialisme français en Afrique et processus de fascisation dans l’hexagone



Publié le 10 juin 2021 par bouamamas

Coup d’État au Tchad approuvé et soutenu par Macron avec un appel à « mettre en œuvre un processus démocratique le plus rapidement possible » ; « Coup d’État » au Mali condamné par Macron alors qu’il est soutenu par de nombreuses organisations populaires maliennes ; manifestations et déclarations politiques contre l’ingérence française à Bamako, N’Djaména, Ouagadougou ou Niamey, accusation publique par le Chef de l’’État de la Russie accusée d’ « alimenter un sentiment anti-français en Afrique » , etc. L’impérialisme français en Afrique est indéniablement dans une séquence historique de crise. Dans la même période se déploie dans l’hexagone un processus de fascisation que nous avons longuement analysé dans nos derniers articles [lois jumelles liberticides sur la sûreté globale et sur le « séparatisme », basculement du centre de gravité des discours politiques du ministre de l’intérieur vers l’extrême-droite, tribunes de militaires, manifestations policières devant l’assemblée nationale, multiplication des discours et analyses sur le déclin à conjurer, etc.]. Les deux réalités externe et interne sont rarement mises en lien dans les analyses politique. La cécité sur ces liens est un obstacle à la compréhension des enjeux et dangers politiques contemporains en France.



Si tous les impérialismes, en tant que capitalisme parvenu au stade de « la domination des monopoles et du capital financier », possèdent des invariants [exportation des capitaux, place prépondérante du capital financier, etc.], ils n’en sont pas moins chacun le résultat d’une histoire spécifique les spécifiant et les particularisant. Ils s’insèrent en outre tous dans un rapport de force mondial qu’il est incontournable de prendre en compte pour comprendre les stratégies et les politiques mises en œuvre. Certaines spécificités de l’impérialisme français sont, selon nous, à prendre en compte, pour comprendre la séquence historique actuelle.

La collaboration massive de la classe dominante française avec le nazisme met cette dernière dans une situation particulière au moment de la Libération. Elle ne peut espérer se relever et rester au pouvoir qu’en s’appuyant sur son empire colonial [il en découlera la reconquête du Vietnam et la sale guerre qui lui succède, les crimes de masse de mai 1945 en Algérie, la longue et barbare guerre d’Algérie, etc.]. Cependant cette reconquête est soumise à l’approbation des USA qui deviennent la puissance impérialiste dominante et qui conditionne logiquement cette approbation à une dépendance économique et militaire. Cela se traduira par le plan Marshall dont une des conditions est l’enclenchement de la construction européenne que Washington veut intégrer pour isoler l’Union Soviétique. Affaiblie structurellement la classe dominante française est contrainte d’accepter cette place d’« impérialisme secondaire ». C’est ainsi avec la bénédiction de l’OTAN que la France mène les salles guerres du Vietnam, d’Algérie, du Cameroun, etc.

Cela ne veut pas dire que la classe dominante française renonce à redevenir une puissance impérialiste de premier plan. L’épisode gaulliste en témoigne, de même d’ailleurs que la construction européenne ultérieure. L’épisode gaulliste exprime la tentative de l’impérialisme français de reprendre pied en jouant une place « entre les deux grands » alors que la construction européenne signifie le même objectif en tentant cette fois-ci de devenir la puissance dominante de l’Union européenne. Ce dernier espoir volera en éclat avec la réunification allemande qui fait basculer le rapport de forces intra-européen en faveur de Berlin. Le caractère secondaire de l’impérialisme français est ainsi renforcé par la réunification allemande. L’avenir et la place de l’impérialisme français dépendent désormais de la construction d’un nouveau super-impérialisme : celui de l’’Europe.

Cet avenir et cette place sont l’objet d’affrontements et de contradictions entre les pays européens et en particulier entre la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Dans cette lutte impitoyable les seuls atouts réels que possède la France est son lien historique particulier avec l’Afrique, son expérience d’interventions militaires et les effets en retour sur la production d’armements, son « pré-carré » reproduit par le système Françafrique, etc. Le caractère secondaire de l’impérialisme français est justement le facteur qui transforme celui-ci en gendarme de l’Afrique dont le dernier avatar est la guerre contre la Libye et ses effets chaotiques qui perdurent jusqu’à aujourd’hui. La fréquence des interventions militaires françaises en Afrique ne découle pas de pseudo « liens historiques », d’une soi-disant « destinée commune » ou d’une nécessité commune de lutter contre le « terrorisme djihadiste ». Elle s’explique par le fait que l’Afrique est le dernier atout français pour négocier une place au sein des rapports de forces entre puissances impérialistes. François Mitterrand en parlait déjà comme suit en 1957 : « Le monde africain n’aura pas de centre de gravité s’il se borne à ses frontières géographiques. […] Dire à nos alliés que là est notre domaine réservé […] car sans l’Afrique il n’y aura pas d’histoire de France au XXIe siècle […] La France reste celle qui conduit, celle dont on a besoin, celle à laquelle on se rattache. [ii] » Cinquante ans plus tard Jacques Chirac lui répond en écho : « Sans l’Afrique, la France descendra au rang de puissance de troisième rang[iii]. »

L’aggravation contemporaine de la crise de l’impérialisme français

Un simple regard sur les évolutions des importations et des exportations de l’Afrique ces dernières décennies permet de visualiser la perte d’influence économique française et européenne sur le continent. Les données de la CNUCED [Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement] indiquent ainsi que l’Union européenne comptait pour 48. 2 % dans les exportations africaines en 1995 et pour 33.2 % en 2019. Elles précisent également que 43 % des importations africaine provenaient d’Europe en 1995 contre 29.9 % en 2019[iv]. Concernant la place de la France, un rapport d’Hervé Gaymard [réalisé pour le ministère de l’Europe et des affaires étrangères] utilise l’expression « déclin relatif » pour qualifier l’évolution des échanges entre l’hexagone et le continent. Ce dernier qui porte un titre significatif [« Relancer la présence économique française en Afrique : l’urgence d’une ambition collective à long terme »] résume comme suit la situation :

Le déclin relatif de la présence économique française sur le continent africain est à la fois massif et soudain. Ce déclin relatif est très net : les parts de marché de la France en Afrique ont été divisées par deux depuis 2001, de près de 12% à environ 6% […]. Ce déclin relatif, très net, est d’autant plus spectaculaire que le poids de la France dans le commerce total des marchandises avec l’Afrique s’était maintenu, de 1970 au début des années 2000, autour de 15%[v].

Le rapport souligne en outre que le « déclin des parts de marché françaises est particulièrement marqué en Afrique francophone [de 25 % en 2000 à 15 % en 2017]. Une étude de la COFACE [Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur] datée de 2019 précise que tous les grands secteurs d’exportation, à l’exception de l’aéronautique, sont touchés par ce « déclin relatif » : Machines, appareils électriques, Pharmacie, automobile, blé[vi], etc. La perte de ces parts de marché selon cette étude provient de « la fulgurante progression de la Chine […] En Afrique de l’Ouest, la percée de la Chine est encore plus notable si l’on inclut Hong Kong, qui s’est imposé comme un acteur important avec des gains de parts de marché de l’ordre de 10 points[vii]. » Plusieurs seuils symboliques sont dépassés : la Chine remplace la France à la place de premier exportateur vers l’Afrique en 2007 et l’Allemagne remplace la France à la place de premier exportateur européen en 2017. Ces quelques données mettent en exergue que de nombreux pays africains ont mis à profit le contexte de « mondialisation » et la multilatéralisation du monde qui l’accompagne pour sortir du face-à-face contraint avec l’ancienne puissance coloniale. Ils ont diversifié leurs échanges en s’appuyant sur les pays dits « émergents » et en particulier sur la Chine pour desserrer le carcan de la relation de dépendance caractéristique du colonialisme et du néocolonialisme. Ils ont mis en œuvre la logique de la « concurrence libre et non faussée » de la mondialisation capitaliste en la retournant contre un de ses promoteurs important : la classe dominante française.

Les réactions ne tardèrent pas. Elles prirent de multiples formes. En premier lieu elles s’orientèrent vers des campagnes idéologiques diverses [La Chine et les Ouïgours, la mauvaise qualité des produits chinois, le nouvel impérialisme chinois, etc.] dont le point commun est de diaboliser les concurrents actuels des entreprises françaises en Afrique. Elles prirent ensuite la forme des promesses politiques de réformes tous azimuts des rapports franco-africains : promesse de sortie de la Françafrique, reconnaissance euphémisée des massacres coloniaux, discours du « responsable mais pas coupable » à propos du génocide au Rwanda, annonce de la réforme du Franc CFA pour le remplacer par l’ECO, etc. Elles prirent enfin la forme d’un changement de doctrine militaire pour lutter contre le « terrorisme ». Cumulée ces différentes réactions soulignent l’ampleur de la crise actuelle de l’impérialisme français, ravalé plus que jamais au rang d’impérialisme secondaire et menacé de perdre son dernier atout dans les négociations avec les autres impérialismes : son « pré-carré » africain. Le vocabulaire du rapport au ministre des affaires étrangères [« Déclin relatif », « massif et soudain », « spectaculaire », « urgence », etc.] est significatif de l’importance de cette crise conduisant à un diagnostic d’alarme porteur de nombreux dangers pour la paix sur le continent africain.

La même période qui voit se déployer ce « déclin relatif » se caractérise en effet également par un changement de la doctrine militaire française. Le livre blanc de la défense de 2013 s’inquiète ainsi de la « montée en puissance des pays émergents, en particulier celle du Brésil, de l’Inde et de la Chine ». Il alerte sur le fait que ces nouveaux concurrents « ne se limitent plus aux seuls produits énergétiques et aux matières-premières ». Il met en garde également sur l’activisme du concurrent états-unien sur le continent : « [Les États-Unis] continuent de s’intéresser à cette zone comme en témoigne la création d’un commandement spécialisé – Africom. » Il déduit ensuite de ce diagnostic des axes stratégiques prioritaires de défense vers « le Sahel, de la Mauritanie à la Corne de l’Afrique, ainsi qu’une partie de de l’Afrique subsaharienne [qui] sont également des zones d’intérêts prioritaires pour la France, en raison d’une histoire commune, de la présence de ressortissants français, des enjeux qu’elles portent et des menaces auxquelles elles sont confrontées ». Il conclut enfin à la nécessité d’une intervention militaire directe plus forte, plus durable et plus fréquente dans ces « zones stratégiques » : « L’évolution du contexte stratégique pourrait amener notre pays à devoir prendre l’initiative d’opérations, ou à assumer, plus souvent que par le passé, une part substantielle des responsabilités impliquées par la conduite de l’action militaire[viii]. »

Un autre axe essentiel du livre blanc de la défense de 2013 est le renforcement de la production d’armement présentée comme un des atouts importants des capacités de défense française. Cette production, rappelons-le, a besoin de guerres pour se maintenir. Dans les salons où se négocient les contrats de vente d’armements entre États, l’industrie française peut mettre en avant comme arguments de vente des produits des expérimentations pratiques en Afrique. Les profits faramineux de l’industrie d’armement ont besoin de guerres réelles pour se réaliser. La France est ainsi en 2020 le troisième exportateur d’armes dans le monde avec 8. 2 % des exportations mondiales. De même les exportations françaises ont bondit de 44 % entre 2016 et 2020[ix]. Les profits des grands groupes français sont logiquement faramineux : Thalès [8.56 milliards d’euros en 2018] ; Naval group [3.81 milliards] ; Safran [2.93 milliards] ; Dassault [2.65 milliards] ; le Commissariat à l’Énergie atomique [2.08 milliards] ; etc[x].

Le fait que l’impérialisme français est effectivement en crise et en « déclin relatif » ne signifie donc pas qu’il est moins actif et moins agressif. Au contraire la sécurisation des sources de matières premières et des parts de marché des entreprises françaises d’une part et le besoin de promouvoir son industrie d’armement d’autre part suscitent un activisme d’ingérence militaire grandissant dont les derniers évènements africains ne sont que des illustrations.

La fabrique du consentement de l’opinion publique

La crise et le « déclin relatif » de l’impérialisme français, de même que l’activisme d’ingérence militaire qui en découle, se déploient cependant dans une séquence historique particulière caractérisée par une hausse massive de la paupérisation et de la précarisation, une montée de la colère et de la contestation sociale, une crise de légitimité du pouvoir d’État sans précédent depuis de nombreuses décennies. Du mouvement des Gilets jaunes à celui contre la réforme des retraites, des manifestations massives contre les crimes policiers à l’opposition à la loi sur la sureté globale, de la grève longue des éboueurs à celles tout aussi durable de Chronopost ou de l’hôtel Ibis de Batignolles, etc., ce qui s’exprime de plus en plus c’est une distance et une rupture de la majorité de la population d’avec le discours officiel de légitimation du néolibéralisme et de son austérité inéluctable. Le processus de fascisation que nous avons décrit dans nos derniers articles est une réponse à la fois à cette situation hexagonale et à la nécessité de préparer une opinion publique pour le moins indifférente à ces interventions militaires françaises [couteuses pour la nation mais rentables pour les monopoles de l’armement] et pour le mieux favorable.

C’est pour cette raison qu’une logique d’extrême-droitisation de la vie politique française a été déployée par le gouvernement lui-même : nomination de Gérard Darmanin, promotion du thème idéologique sur le séparatisme et loi sur le séparatisme, promotion du thème sécuritaire comme pôle central de la campagne des présidentielles, etc. Cette logique instrumentale d’État a été confortée par les mutations récentes du paysage audio-visuel qui avec le développement des chaînes comme CNews ont pour principal caractéristique de diffuser un discours du « déclin et du sursaut » qui est un des traits identitaires de l’extrême-droite et du fascisme. Elle a été renforcée par la logique de surenchère de la galaxie fasciste et/ou identitaire qui tient le même discours du « déclin et du sursaut » sur un plan général et au sein de certaines institutions en particulier [armée, police, etc. Si chacun joue ici sa partition pour ses intérêts propres, le résultat d’ensemble est la réunion progressive des conditions de possibilité d’une séquence fasciste non plus comme une hypothèse lointaine mais comme une perspective de court terme de réponse au « déclin relatif » national et international. Certes nous n’en sommes pas là et d’autres options existent encore pour la classe dominante. Cependant indéniablement le contexte idéologique promu, de même que les évolutions législatives sécuritaires, constituent des ingrédients d’une solution fascisante à la crise, surtout si on ne limite pas cette dernière à la seule figure du Rassemblement National et de Marine Le Pen. Comme nous l’avons souligné dans nos articles précédents, le fascisme contemporain ne se moule pas forcément dans les habits anciens. Il ne défile pas forcément en chemise brune et peut très bien s’acclimater au « costume-cravate » et même au « jeans et aux cheveux longs ».

Face à ce contexte national et international, force est de constater une faiblesse idéologique des réactions. Nous disons idéologique parce que la faiblesse quantitative n’est, selon nous, qu’une des conséquences de la faiblesse idéologique. Sans être exhaustif au moins trois éléments de faiblesse structurelles de l’opposition à la fascisation peuvent être mentionnés. Le premier est l’analyse du racisme comme phénomène individuel empêchant de saisir sa dimension structurelle comme en témoigne les polémiques au sein même de la « gauche » sur le « racisme d’Etat », le « racisme anti-blanc », les « violences policières systémiques », etc. Le second est le mythe de la République et l’essentialisation des conquis politiques historiques [la laïcité, le principe d’égalité homme-femme, l’interdiction de la discrimination légale en fonction de l’origine, etc.] comme étant des traits de « l’identité française » comme en témoigne la difficulté à constater le développement réel de l’islamophobie en France, à s’opposer radicalement à la loi sur le séparatisme ou à exiger la régularisation de tous les sans-papiers. Le troisième est enfin la sous-estimation de la dimension anti-impérialiste dans la prise en compte des rapports de force entre classes sociales comme en témoigne l’absence dramatique de mobilisations contre les guerres menées par l’armée française en général et en Afrique en particulier.

Négation du racisme comme modalité de gestion du rapport de classe, persistance d’une vision idéaliste de la République et de la Nation et faiblesse de l’anti-impérialisme sont les trois mamelles politiques nourrissant la faiblesse de la résistance antifasciste aujourd’hui.

[i] Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, éditions sociales, Editions sociales, Paris, 1971, p. 124.

[ii] François Mitterrand, Présence française et abandon, Plon, Paris, 1957, cité in Abdoulaye Diarra, La gauche française et l’Afrique subsaharienne, Karthala, Paris, 2014, p.258.

[iii] Cité in Philippe Leymarie, Malaise dans la coopération entre la France et l’Afrique, Le Monde Diplomatique, juin 2002, pp. 18 -19.

[iv] Jacques Berthelot, L’extraversion croissante et suicidaire des échanges de l’Afrique, 8 juin 2021, document ronéoté.

[v] Hervé Gaymard, Relancer la présence économique française en Afrique : l’urgence d’une ambition collective à long terme, Ministère de l’Europe, des Affaires Etrangères, avril 2019, p. 15.

[vi] Coface, Course aux parts de marché en Afrique : l’échappée française reprise par le peloton européen, Les publications économiques de COFACE, juin 2018, p. 5.

[vii] Ibid., p. 10.

[viii] Livre Blanc : Défense et sécurité nationale 2013, Direction de l’information légale et administrative, Paris, 2013, pp. 27-29, p. 40, p.54-55 et p.83.

[ix] Auteur anonyme, Défense : bond des exportations d’armes de la France, Capital du 15 mars 2021, consultable sur le site capital.fr.

[x] Rémi Amalvy, Avec ses six plus grosses sociétés du secteur, la France est le quatrième vendeur d’armes mondial, L’usine nouvelle du 9 décembre 2019, consultable sur le site usinenouvelle.com.

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