| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 20-05-2021 à 13:00:15
| En video l'intervention de Mélenchon https://www.youtube.com/watch?v=mtJbFGuFgzg Sa position est la défense de l'institution judiciaire contre les factieux. Elle rappelle - et il en parle aussi - son esclandre face à la perquisition "je suis la république" . Il ressort que son orientation est fondamentalement cadrée par les institutions.
Edité le 20-05-2021 e 13:03:20 par Xuan
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| Posté le 20-05-2021 à 23:15:26
| J'ajoute le commentaire de Gilles mercier à l'article de Laurent Brun : Le PCF a eu raison dêtre présent à la manifestation des policiers. Il ne peut pas laisser le désarroi des policiers instrumentalisé par les forces politiques réactionnaires. Quil faille réprimer les actes dincivilité, les agressions contre les policiers qui ne cessent de se multiplier ; qui peut être contre ? Mais cette violence est à limage de la violence de la société qui noffre aucune perspective à la jeunesse. Doù vient la violence urbaine ? Personne ne pose cette question ? Le chômage de masse apparaît au milieu des années 1970. Depuis des régions entières sont sinistrées. Linsécurité est dabord sociale. Pour beaucoup, il faut survivre en recherchant des petits boulots pour des salaires minables sans perspective de carrière et donc de vie stable. LHomme est un être social qui est structuré par le travail. Cest le travail qui socialise les êtres humains qui leur confère une identité. Le chômage désocialise les individus. A quoi bon chercher du travail pour des salaires minables alors que lon peut se « faire de la tune » beaucoup plus facilement. De plus lécole minée par la crise sociale nest plus le lieu de socialisation des enfants. La création de ghettos urbains désocialisés est voulue par la bourgeoisie. Elle présente lavantage de fragmenter la société, de la cliver, de faire éclater les liens de solidarité. Ce nest pas pour rien que Sarko, lex Président de la République accusé dassociation de malfaiteurs, a supprimé les commissariats de proximité dans les cités, laissant le champ libre aux gangs. Dans ces cités les services publics et la police ont disparu, lEtat de Droit avec ! Il est préférable que la jeunesse sabime dans les trafics divers que de remettre en cause lordre social. Cette violence qui se fait surtout sentir dans les quartiers populaires rend la vie impossible Elle génère du fait du fort recul de la conscience de classe et de labsence de perspectives politiques, la nécessité de lordre. Seul un régime dordre centré sur une répression implacable à légard des délinquants apparaît comme la solution politique permettant dapporter la sécurité aux citoyens. Ne nous voilons pas la face, les lettres téléguidées de militaires appelant à mots à peine couverts à une intervention de larmée pour rétablir lEtat nest que lexpression dun glissement réactionnaire de lensemble de la société. Le Rassemblement National constitue une option politique pour la bourgeoisie pour maintenir son pouvoir. La police (celle des gardiens de la Paix) est en crise : manque de moyens, deffectifs, salaires et carrières minables, formation insuffisante. Elle nest plus en capacité de défendre les citoyens. Linstitution judiciaire est aussi confrontée à un manque criant de moyens financiers et en personnels qui la mettent en incapacité de rendre la justice dans des délais raisonnables. Ceux qui en pâtissent sont ceux qui ont recours à elle et qui sont le plus en difficultés financières. Lécole publique avec ses classes surchargées, son manque tout aussi criant denseignants, de surveillants dinfirmières nest plus en capacité dans les grands centres urbains de transmettre ce que la famille ne peut pas toujours instruire aux enfants. Elle nest même plus en capacité de transmettre les règles du savoir-vivre, des savoirs de base comme lire ou encore écrire et compter pour le grand bénéfice des établissements privés. Ceci est le bilan des gouvernements libéraux et sociaux-démocrates qui se succèdent à la tête de lEtat. Les richesses créées par le monde du travail doivent aller avant tout aller au Capital cest dire aider à la compétitivité des entreprises au détriment des dépenses socialisées, des services publics. La société est appelée à devenir encore plus sauvage plus inégalitaire. Il faut sopposer à cette politique et la battre. Ce nest pas en essayant de réactiver la gauche, cest à dire transformer le réformisme en force révolutionnaire qui a autant de succès que lalchimie sévertuant à transformer le plomb en or, que le PCF y arrivera. Il faut pour la Police comme pour lEcole et la Justice analyser les raisons politique de cette situation catastrophique comme jai essayé très succinctement de le faire et y associer des revendications en effectifs pour les différentes catégories de personnels et en moyens matériels et financiers afin dorganiser des réunions politiques avec les populations et les personnels concernés. Cest en retissant ses liens avec les classes populaires et les différentes catégories du salariat sur leurs problèmes concrets que le PCF redressera son influence et contribuera au développement des luttes et à lévolution du rapport des forces en faveur du monde du travail.
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| Posté le 21-05-2021 à 19:53:32
| Toujours sur cette manifestation, la déclaration de la CGT-intérieur police : Appel à la marche citoyenne, pour le respect, la mémoire de nos camarades mortellement touchés et la sauvegarde dune police Républicaine PUBLICATIONS 13 MAI 2021 CGT POLICE LA CGT-INTERIEUR-POLICE APPELLE LENSEMBLE DES AGENTS MI, ACTIFS COMME ADMINISTRATIFS, TECHNIQUES ET SCIENTIFIQUES À SE MOBILISER LE 19 MAI A PARIS ET A REJOINDRE LA MARCHE CITOYENNE EN HOMMAGE A NOS COLLÈGUES VICTIMES DE LA VIOLENCE QUI ENDEUILLE TOUTE LA POLICE La CGT-INTERIEUR-Police se joindra le mercredi 19 mai à la marche citoyenne qui se déroulera à Paris en hommage à nos collègues décédés de manière violente dans lexercice de leurs missions. A cette occasion, nous entendons nous associer à la douleur des familles de Stéphanie et Eric, mais également à participer à la solidarité qui simpose dans toute la profession dans ces moments difficiles. Le temps sera au recueillement, au respect, à la mémoire et à lunion. Nous considérons que les revendications catégorielles, bien quindispensables, devront de dérouler sur un autre temps. Par conséquent aucun signe dappartenance syndicale ne sera arboré par notre organisation. Par cette action, nous entendons rappeler notre attachement à la police républicaine, au respect des femmes et des hommes qui la servent quotidiennement avec abnégation pour la paix sociale et légalité de tous devant la loi. https://cgtpolice75.fr/2021/05/13/appel-a-la-marche-citoyenne-pour-le-respect-la-memoire-de-nos-camarades-mortellement-touches-et-la-sauvegarde-dune-police-republicaine/
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| Posté le 21-05-2021 à 22:42:48
| Je poursuis avec l'article de Marianne (et merci aux infos de Finimore) : La gauche et la sécurité : comme un malaise
________________ Egalement dans l'Affranchi. On notera qu'une partie de la CGT police a appelé à manifester, et une autre non : Manifestation Doit-on sauver la police ? La polémique générée par la manifestation de policiers qui a eu lieu aujourd'hui révèle des désaccords importants au sein de la gauche. Mais loin de clarifier les choses, cette polémique nous plonge dans un brouillard où l'on peine à se repérer. Par Bastien Castillo Publié le 19 mai 2021 à 19:10 Aujourdhui a eu lieu une manifestation des policiers suite à lappel à manifester de lintersyndicale de la police pour témoigner leur émotion face aux assassinats récents de deux agents. Ce qui devait être une marche rassembleuse est pourtant devenu lobjet dune vive polémique. Immédiatement la confusion a été semée par des syndicats dextrême-droite, qui ont voulu transformer cette marche en une manifestation visant à obtenir satisfaction sur des revendications qui ouvrent un peu plus la voie à larbitraire de la répression. De plus, des politiciens qui couvrent un spectre politique sétalant du RN au PS en passant par le ministre de lIntérieur lui-même (chose assez inédite et grave pour le souligner) ont rapidement annoncé leur participation à cette manifestation. Malgré cela une partie de la CGT police, suivie par Fabien Roussel, lactuel secrétaire national et candidat à la présidentielle du PCF, a maintenu sa participation à cette manifestation afin de rendre hommage à la mémoire des policiers assassinés, mais aussi pour ne pas abandonner la question de la sécurité à la droite et lextrême-droite (1) du spectre politique actuel. À lopposé, et à la suite du syndicat VIGI police (2), toute la gauche radicale, et notamment La France insoumise emmenée par Jean-Luc Mélenchon (3), a refusé de participer à cette marche en raison de la présence du RN et du gouvernement, ainsi que des revendications portées par cette manifestation. Le PCF se voit alors accusé de collusion avec lordre établi, voire de sêtre rallié sans condition à une police vue comme coupable dinnombrables violences depuis lautomne 2018. En participant à cette manifestation, le PCF ferait le jeu de lextrême-droite en allant sur son terrain et trahirait son histoire. Face à cette grande confusion nous nous devons dessayer de prendre du recul sur la question et de faire un effort de compréhension sur la situation dans laquelle nous nous trouvons. Cest à cette condition que nous pourrons avoir une position claire, qui nélude pas linquiétante transformation de la police en milice privée de la classe dominante, tout en réaffirmant le caractère essentiel du service public que les forces de lordre fournissent au quotidien. La violence comme mode de gestion systématique des mouvements sociaux Parmi les nombreuses choses que le mouvement des gilets jaunes a permis de révéler il y a maintenant plus de deux ans, il faut compter les violences policières systématiques contre les manifestants. Alors quelles étaient jusque-là cantonnées dans les banlieues sans intéresser grand monde, la France entière a enfin pu découvrir jusquà quel degré de violence un gouvernement libéral est prêt à aller lorsque lordre quil défend est menacé. Lappareil répressif d'État, les forces de lordre, et son appareil idéologique, les médias et nombre dintellectuels, ont été entièrement mis au service dune seule cause : maintenir à tout prix lordre actuel, celui du capital. Bien loin de sêtre atténué, ce mode de gouvernance est maintenant devenu la norme. Tout mouvement social est systématiquement réprimé par la force brute, et les médias assurent le service après-vente en dénonçant la prétendue violence des manifestants. La situation a atteint une gravité que lon ne saurait nier. Dune part il y a, du RN jusquà une partie du PS, une totale négation des violences policières. Les forces de lordre nagiraient quen utilisant la seule force nécessaire face à des manifestants de plus en plus violents et menaçant lordre républicain. Il ny aurait que deux camps, pour reprendre les mots du préfet Lallement : « le camp de lordre et celui du désordre » . Le relai médiatique de ce discours va jusquà convaincre une partie non négligeable de la population que ce sont les mouvements sociaux qui sèment le désordre, détruisent la France et contraignent, par leur violence, la police à user de la force. Dautre part, certains mouvements contestataires voient dans cette violence dÉtat une confirmation de leur pensée dogmatique. La police est selon eux intrinsèquement mauvaise et répressive. Il ny a plus une seule manifestation où nous nentendons pas ce slogan être crié : « Tout le monde déteste la police ! » . Alors que pour faire face à une classe dirigeante de plus en plus autoritaire il faudrait une alliance de tous les prolétaires, cest lexact inverse qui se produit. La population est scindée en deux camps ennemis, et les fonctionnaires de polices sont contraints de réprimer des personnes avec lesquelles ils ont pourtant les mêmes intérêts objectifs. Limage des forces de lordre matraquant et gazant des pompiers est restée dans les esprits. Michel Clouscard nous avait pourtant prévenu en écrivant « Le capitalisme apportera la guerre civile chez les pauvres » . Le respect des lois est une condition de la liberté individuelle et collective Cette situation résulte-t-elle dune nature intrinsèque de la police, ou encore dun ensauvagement des policiers ? Répondre par laffirmative serait passer à côté du problème principal. Ce problème est politique et non psychologique. Les membres des forces de lordre ne sont pas utilisés comme des gardiens de la paix mais comme une milice privée au service dune caste. Le rôle d'une police républicaine, qui consisterait à garantir le respect des lois qui permettent la liberté de tous, a été détourné pour quils ne soient plus que le bras armé du capital en crise (4). Rousseau avait pourtant bien indiqué quelles sont les conditions de la liberté de tous et quel rôle lappareil d'État remplit dans une société où la liberté est effective. Citons cet extrait des Lettres écrites sur la montagne rédigé par Rousseau : « Il ny a donc point de liberté sans lois, ni où quelquun est au-dessus des lois : dans létat même de nature lhomme nest libre quà la faveur de la loi naturelle qui commande à tous. Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas ; il a des chefs et non pas des maîtres ; il obéit aux lois, mais il nobéit quaux lois et cest par la force des lois quil nobéit pas aux hommes. Toutes les barrières quon donne dans les républiques au pouvoir des magistrats ne sont établies que pour garantir de leurs atteintes lenceinte sacrée des lois : ils en sont les ministres non les arbitres, ils doivent les garder non les enfreindre. Un peuple est libre, quelque forme quait son gouvernement, quand dans celui qui le gouverne il ne voit point lhomme, mais lorgane de la loi. En un mot, la liberté suit toujours le sort des lois, elle règne ou périt avec elles ; je ne sache rien de plus certain. » Rousseau nous explique ici que la loi que je fais mienne garantit ma liberté et celle des autres. Souscrire à cette loi est une libération : cest librement que nous choisissons de la respecter puisque cest nous-mêmes qui lavons énoncé. Cest un renversement total de la loi de nature dans laquelle cest la nécessité qui gouverne, c'est-à-dire l'impossibilité de choisir. Si nous étions déterminés uniquement par la nature notre existence ne consisterait quà survivre en satisfaisant nos besoins physiologiques élémentaires (boire, manger, déféquer, dormir, se reproduire). Entre hommes ce serait la loi du plus fort, et il ny aurait pas de société possible car sitôt que lun deviendrait le plus fort, il serait immédiatement dépassé en force par un autre (ou plusieurs autres) qui le renverserait. La liberté est donc bien « lobéissance à la loi quon sest prescrite ». Cest bien aux lois quil faut obéir, et non aux hommes qui les éditent. Ceux qui gouvernent ne sont pas là pour prescrire des lois mais pour garantir le respect desdites lois. Ici, il faut distinguer les maîtres des chefs. Les chefs sont ceux qui nous amènent à respecter les lois auxquelles nous avons décidé dobéir. À linverse les maîtres sont ceux qui détournent le pouvoir quon leur a confié pour servir leurs intérêts particuliers contre lintérêt général. Ainsi, si les chefs sont des organes indispensables des lois, les maîtres, eux, sont des tyrans. Le détournement de la police par la classe dominante Il est clair que loligarchie qui nous dirige est un maître à plusieurs têtes, au lieu dêtre un chef. Elle sest emparée de lappareil répressif dÉtat, à savoir la police et larmée, pour mater les contestations et les revendications qui vont à lencontre des impératifs de léconomie capitaliste. Ainsi, les forces de lordre ne sont plus utilisées pour garantir le respect des lois et de la république, mais pour protéger cette oligarchie, y compris lorsque les ordres qui leur sont adressés sont en dehors de toute légalité. Il nest dailleurs pas surprenant que lUnion Européenne pousse dans le sens de la suppression des polices nationales pour les remplacer par une police européenne. Si des policiers français peuvent encore avoir quelques réticences à brutaliser leurs compatriotes, il y a fort à parier quelles disparaitront lorsquil sagira daller mater des Polonais. De même des policiers polonais pourront être envoyés en France pour réprimer sans état dâme des Français trop remuants aux yeux du pouvoir. La destruction du service public est à l'origine du problème auquel nous faisons face Les forces de lordre nont bien entendu pas conscience du phénomène que nous décrivons, ou du moins naccèdent pas à la compréhension globale de la situation pour leur grande majorité. Ce phénomène sinscrit dans une logique plus globale qui est celle de la destruction des services publics. La méthode de destruction dun service public est on ne peut plus connue : dabord les gouvernements commencent par supprimer les moyens matériels nécessaires au bon fonctionnement du service public en coupant les subventions et en baissant considérablement les effectifs. Le service concerné ne peut alors plus remplir sa fonction et les dysfonctionnements saccumulent. Cest alors loccasion pour nos idéologues libéraux de dénoncer le manque defficacité du public par rapport au privé. En exploitant le mécontentement légitime des citoyens, ils peuvent ainsi introduire la logique du privé, à savoir celle du profit, dans le service public et finissent à terme par privatiser intégralement ce service (5). Certes ce nest pas encore le cas de la police nationale mais comment pourrait-on nier le manque deffectif dans ce corps détat, ou encore le délabrement croissant des commissariats et du matériel nécessaire aux policiers ? (6) À cela, sajoute une mise sous pression de plus en plus écrasante des policiers. Pour gagner des points et être valorisé par le commissaire il faut augmenter le nombre de contraventions, faire du chiffre que le ministère de lintérieur pourra utiliser politiquement. Face à cette pression et à limpossibilité dexercer correctement leur métier dans de nombreux quartiers délaissés par les gouvernements successifs (et non par la république) il nest pas étonnant que beaucoup de policiers sombrent dans la dépression, allant même jusquà retourner la violence quils subissent contre eux en se suicidant. La police est un service public essentiel à la nation et aux travailleurs Pourtant, les forces de lordre répondent à une valeur dusage qui na pas prix : la sécurité. Il serait grave pour des communistes ou tout autre organisation se déclarant du côté des travailleurs de négliger limportance de la sécurité pour ces derniers. Cest un droit essentiel du prolétariat (et cela comprend aussi les travailleurs sans papiers) qui, depuis quil a été relégué dans les banlieues ou le périurbain, doit supporter quotidiennement la petite délinquance et le crime organisé. Les bourgeois et les salariés les plus aisés nont pas à subir ces nuisances, car quand on vit dans les beaux quartiers et dans les résidences privées, linsécurité nexiste pas ou alors sous une forme extrêmement euphémisée. Mais le bien précieux quest la police républicaine pour le prolétariat, le capital nen a que faire. Pour les capitalistes, et le gouvernement qui est leur fondé de pouvoir, seul ce qui permet détendre sa sphère de profit et la protéger a de la valeur. La police doit donc devenir un moyen de maintenir son ordre, celui de la marchandise généralisée. En cela la gouvernance de Sarkozy, entre 2007 et 2012, a été exemplaire, notamment à travers la suppression de la police de proximité pourtant très utile dans les quartiers difficiles. Sa présence quotidienne permettait aux policiers détablir des rapports de confiance avec la population. Ils ny étaient pas seulement pour sévir, mais aussi pour régler les problèmes que rencontrent les gens. Avec sa suppression cest maintenant le contraire que nous observons. La police ny va plus que pour des opérations spectaculaires de répression et il est devenu quasi impossible pour des policiers de se rendre dans certaines banlieues sans être les cibles dinsultes et dagressions physiques. De la nécessité de dissiper la confusion qui règne Lextrême confusion qui résulte de tout cela empêche toute action commune contre lordre capitaliste. Les forces de lordre apparaissent comme des ennemis du peuple, servant uniquement à réprimer les manifestations tandis que dans le même temps les services quotidiens, comme les arrestations de délinquants, les interventions sur les lieux daccidents, ou encore la protection de victimes de violences, que la police peut encore rendre, sont invisibilisés. À cette confusion sajoute le fait que les plus grosses bévues en manifestation sont le fait de policiers non formés à lencadrement de mouvements sociaux, notamment la BAC. Cela répond encore une fois au manque deffectifs dans les rangs des CRS mais aussi, et même surtout, à une gestion volontairement chaotique et brutale de la part des préfectures aux ordres du ministère. Pour dissiper ce nuage de confusion il faut se rappeler que tout cela nest que le résultat des politiques de casse du service public lors des 40 dernières années. Comme léducation nationale, la police est un corps malade qui sert à passer léponge derrière une classe capitaliste qui nous montre une nouvelle fois que le libéralisme révèle toujours sa face fasciste lorsque la crise menace le maintien du mode de production capitaliste. Conclusion Face à lémotion et à la colère légitime que suscitent en nous les violences policières dirigées contre des femmes et des hommes qui portent par leur travail toute la société, il faut faire un effort de compréhension globale, refuser de céder le pas à nos impulsions. Ce nest quen saisissant le processus qui nous a conduit où nous en sommes que nous pouvons diriger notre action efficacement. Tout le monde déteste la police oui, mais seulement celle de Macron et de son gouvernement répressif. Tout le monde aime la police du quotidien, celle qui garantit les lois et notre liberté. Alors policiers ! Sachez reconnaître les situations où vous ne devez pas obéir ! Rejoignez-nous, nous le peuple de France en lutte. Cet article reprend en grande partie une vidéo de Loïc Chaigneau où il nous proposait son analyse de l'utilisation des forces de l'ordre lors du mouvement des gilets jaunes. Vous retrouverez cette vidéo ci-dessous https://youtu.be/CB5NqoQdOKk
___________ (1) Avec ces termes nous comprenons aussi le PS et EELV (2) VIGI police dénonce la manifestation du 19 mai (3) Pourquoi la France insoumise n'ira pas manifester (4) Ce passage pourrait sembler révisionniste au lecteur marxiste. Pourtant, nous ne nions pas non plus que la police est une des expressions de l'État bourgeois. Mais justement, il faut aller plus loin et suivre les distinctions que Michel Couscard avait posées dans sa réponse à Claude Morilhat lorsqu'il écrit : « Ma thèse est que lÉtat est à trois dimensions, trois attributs dirait Spinoza, trois rôles, trois fonctions. LÉtat français nest-il pas, quand même, aussi républicain ? Le gaucho-fascisme qui voulait détruite lÉtat naurait-il pas du coup, liquidé la République ? Peut-on définir lÉtat français comme si la Révolution Française navait pas eu lieu ? Aussi "le mythique État de la volonté générale" comme dit Claude Morilhat, me semble être au contraire, une composante très réelle, institutionnelle et constitutionnelle, que la théorie aurait grand tort de négliger car la conséquence serait une fatale erreur stratégique. LÉtat est aussi, et surtout évidemment, lexpression de la classe sociale dominante, lémanation politique du mode de production ; je cite constamment "le capitalisme monopoliste dÉtat". Troisième dimension de lÉtat : il est lÉtat-nation. Il gère lappareil infrastructural et superstructural de la Nation. Et là, je récidive: lÉtat est aussi, en plus des deux essentiels attributs cités, appareil de gestion, instrument dune nécessaire planification et centralisation ou décentralisation qui pourrait même être dit «neutre» ... si cette gestion nétait pas, par excellence, le lieu daffrontement de lÉtat républicain et de lÉtat capitaliste, de la contre-révolution et des droits de lhomme. » (5) Pour aller plus nous vous renvoyons vers le dossier du Monde diplomatique sur la casse du service public (6) Nous nous référons par exemple à cet article synthétique de Ouest france
Edité le 21-05-2021 e 22:43:47 par Xuan
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 21-05-2021 à 23:12:57
| Comme l'écrit Castillo en note : "Ce passage pourrait sembler révisionniste au lecteur marxiste" La seule réserve que je ferais est que le conditionnel ne s'impose pas. C'est clairement du révisionnisme, et c'est la finalité des thèses de Chaigneau et Clousclard. 1 - La répression policière ne peut être niée mais elle devient "un détournement de la police par la classe dominante" . Il n'y a aucun détournement, la répression est une conséquence de la dictature de la bourgeoisie. L'appareil d'état "détachement d'hommes armés" est au service d'une classe et non au service de la population. 2 - "La destruction du service public est à l'origine du problème auquel nous faisons face" : il suffirait de restaurer le service public pour résoudre le problème de la répression. C'est aussi ce que défend le PCF dans une police "républicaine". Mais l'Etat bourgeois oppose nécessairement la police, républicaine ou pas à la classe ouvrière. 3 - "La police est un service public essentiel à la nation et aux travailleurs" . Sur ce point il n'y a pas d'ambiguïté, au même titre que les hôpitaux et les pompiers, une police est nécessaire pour assurer la sécurité et la santé du peuple. Et c'est la raison pour laquelle il est nécessaire d'exiger que la sécurité du peuple soit assurée, non pas au nom de la république mais au nom des besoins du peuple, et en affirmant la nécessité d'un Etat socialiste. Mais la confusion que l'article prétend dissiper mais ne fait que renforcer consiste à placer l'Etat et son service public au-dessus des classes. La citation reprend le thème de l'Etat "républicain" que Castillo oppose à l'Etat capitaliste, "expression de la classe sociale dominante, lémanation politique du mode de production" . L'expression et l'émanation sont à l'opposé de l'instrument d'oppression défini par Marx et Lénine. Le rôle de tampon social de la police n'est pas le reflet d'un Etat "républicain", mais seulement un corollaire de la dictature de la bourgeoisie, visant à empêcher le désordre dans la société. Tous les Etats ont procédé ainsi, républicains ou pas, et y compris à travers l'Eglise. La notion d'Etat "républicain" et de police "républicaine" renvoient à la république bourgeoise de 1789, que l'auteur cite en le situant au-dessus des classes : "LÉtat français nest-il pas, quand même, aussi républicain ? Le gaucho-fascisme qui voulait détruite lÉtat naurait-il pas du coup, liquidé la République ? Peut-on définir lÉtat français comme si la Révolution Française navait pas eu lieu ? Aussi "le mythique État de la volonté générale" comme dit Claude Morilhat, me semble être au contraire, une composante très réelle, institutionnelle et constitutionnelle, que la théorie aurait grand tort de négliger car la conséquence serait une fatale erreur stratégique. Cette question rejoint naturellement l'affaire Plariste, qui a défendu Clousclard mordicus. Après l'éviction de la clique Laurent et Cie, la ligne révisionniste se déguise sous la forme d'un néo hégélianisme, dont la finalité est de revenir à la préservation de la république bourgeoise et de reculer l'échéance du socialisme.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 23-05-2021 à 20:29:23
| Je signalais que la CGT police était divisée sur la manifestation du 19 mai. [Il faut noter que les élections syndicales 2019 confirmaient la première place pour la CGT Préfecture de Police sur le périmètre des administrations parisiennes - il s'agit d'agents administratifs, cadres et techniciens, avec un effectif de 1700 personnes] :
_______________ CGT de la Préfecture de Police de Paris Non, toute la CGT Intérieur na pas appelé au rassemblement du 19 mai 2021 !!! Afin de clarifier les positions concernant la manifestation policière du 19 mai 2021
Non, toute la CGT du Ministère de lintérieur na pas appelé à se joindre au rassemblement « citoyen » organisé ce 19 mai, en soutien à la police républicaine. Il ne nous appartient pas de commenter les appels à y participer, y compris par le syndicat CGT Intérieur-Police. Cependant et afin déviter tout amalgame nous souhaitons succinctement expliquer notre position. Bien évidemment, en tant quorganisation syndicale et nous dirions même simplement en tant quêtres humains, nous compatissons sincèrement avec les familles des victimes de collègues morts dans lexercice de leurs missions. Il ne sera jamais acceptable pour la CGT de mourir au travail. Cest vrai pour les 11 policiers et gendarmes concernés par cet événement tragique en 2020, daprès les chiffres officiels, mais également pour les 176 morts daccident du travail rien que dans le secteur du BTP en 2019. Pourquoi cette comparaison ? Parce que pour la CGT Préfecture de Police, la vie dun salarié à la même valeur quel que soit son secteur dactivité. Mais alors nous direz-vous, pourquoi un gouvernement si prompt à rendre hommage aux policiers morts victimes de leurs devoirs, à grand renfort de déclarations et de « larmes de crocodiles », et parallèlement si muet sur les autres secteurs ? Dailleurs, nest-ce pas ce même gouvernement, certes dans la continuité des politiques menées depuis des décennies, qui continue à détruire le code du travail protecteur pour les salariés avec notamment en point dorgue la suppression des CHSCT ? Pourquoi un ministre présent dans un rassemblement syndical, une première dans lhistoire de la république, accompagné dun Préfet de Police devenu symbole de la répression contre les mouvements sociaux ? Sincère compassion ou récupération politique intéressée ? Car oui, en termes de récupération, ce rassemblement du 19 mai a été le théâtre de tous les « excès ». Il ne manquait quasiment aucun parti. Alors peut-être que les motivations de certains étaient sincères
mais tout de même, ouvrons les yeux !!!! Un appel à un rassemblement « citoyen » pour soutenir la « police républicaine » à linitiative des syndicats représentatif dans le secteur. Très jolie formulation sur le papier, mais qui ne résiste pas au poids de la réalité. Des syndicats de police « républicains », qui nont eu de cesse de critiquer et attaquer la justice, rompant une fois de plus avec le sacro-saint principe de séparation des pouvoirs dans la république ? Des demandes de durcissement des peines à destination des auteurs dattaques de policiers, avec notamment linstauration de peines planchers alors même que déjà testés ces principes nont aucunement réduit les exactions ? Quels sont finalement les véritables objectifs de ces organisations ? Linstauration dune police ayant tout pouvoir, intouchable, au service des plus puissants ? Sont-ils aussi aveugles pour nier la subjectivité et lhomogénéité de la police permettant ainsi la légitimation de tous les dérapages ? Que doivent comprendre les dizaines de milliers de citoyens gazés, blessés, morts lors de contrôle ou de manifestation du fait même des interventions policières ? Ce sont cela les valeurs « républicaines » défendues par ces syndicats ? Les médias mainstream sétonnaient hier davoir finalement vu peu de citoyens lors du rassemblement, arguant que les parisiens avaient préférés la réouverture des terrasses au soutien de leur police. Il se pourrait que la police, devenue une force autonome et non contrôlée, ait creusé un fossé dincompréhension avec une large partie de la société, notamment au sein des couches populaires. Au royaume des aveugles les borgnes sont rois ! Ces médias nous croient atteint du syndrome de Stockholm ? Alors bien évidemment, pour la CGT Préfecture de Police le niveau de conscience actuel de lhumanité nécessite le maintien dune police pour protéger les plus faibles, comme un tiers nécessaire. Nous sommes loin de pouvoir tous individuellement nous auto-limiter, condition sine qua none à la suppression de toute force de police. Pour autant, la montée en puissance de cette institution dotée de prérogatives excessive, peut devenir un danger pour la démocratie et le mouvement social dans son ensemble. Cest la raison pour laquelle, nous ne saurions partager la vision manichéenne et corporatiste de ces syndicats policiers et prétendons défendre encore une analyse éclairée et raisonnée sur des missions de la police assujetties à une éthique de service public et sur une place démocratiquement maîtrisée de cette institution dans la société. Analyser la violence que sous le prisme des idéologies sécuritaires, cest vouloir effacer des symptômes sans sattaquer à la maladie. Car la première violence subie par nombre de citoyens, cest bien la violence sociale résultant des politiques libérales mises en uvre depuis des décennies. Bien entendu il existera à ce stade toujours des voyous et brigands mais noublions jamais que laugmentation des violences et du climat dinsécurité prospère sur le terreau de la misère sociale. Ainsi défendre une police qui jusque à preuve du contraire participe activement à défendre les intérêts particuliers des classes dominantes contre le reste de la société, lors des mouvements sociaux sans analyse, ni autocritique, cest faire le choix de justifier la répression. Larticle R 434-14 du code de sécurité intérieur de la police nationale dispose que la police est au service de la population. Gageons que le soutien populaire tant demandé prendra forme lorsque cet article deviendra réalité.
Edité le 23-05-2021 e 20:41:26 par Xuan
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 23-05-2021 à 20:58:57
| La division au sein de la CGT police était apparue lors de la loi Travail. Marianne en avait fait ses choux gras en 2016 , en détaillant surtout le conflit politique entre Antony Caillé et Alexandre Langlois
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| Posté le 24-05-2021 à 08:52:15
| Les faits mettent en relief le lien entre fascisation et noyautage fasciste. L'article ne sort pas du réformisme et de la défense d'intérêts catégoriels. Police. « Un cap a été franchi dans les attaques contre les institutions » L'Humanité, Vendredi 21 Mai 2021 Mobilisés mercredi, des milliers de policiers ont accusé la justice dêtre « laxiste », notamment pour les crimes qui les visent directement. Un procès en laisser-faire que conteste Sarah Massoud, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature. Entretien. Mercredi, devant lAssemblée nationale, les fonctionnaires de police épaulés par des responsables politiques de droite sen sont donné à cur joie pour attaquer la justice, quils jugent responsable de leurs maux. La gauche, venue en soutien des policiers, est quant à elle tombée dans le piège de la surenchère sécuritaire, à limage du premier secrétaire du PS, Olivier Faure, qui a proposé un « droit de regard » des policiers sur les décisions de justice, avant de rétropédaler le lendemain. Face à ce coup de pression organisé par les syndicats de police, la secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature, Sarah Massoud, répond. Comment avez-vous perçu la manifestation des policiers devant le Palais Bourbon ? Sarah Massoud: Nous avons été sidérés : faire pression sur la représentation nationale, sur fond dinstrumentalisation politique daffaires dramatiques que sont les assassinats de deux fonctionnaires de police, représente un danger pour la démocratie. Nous avons été atterrés que le ministre de lIntérieur participe à un rassemblement orchestré par des syndicats de police majoritairement dextrême droite, de même que des élus de tous bords sy associent par opportunisme électoral, au mépris notamment de la séparation des pouvoirs qui est un pilier essentiel dun État de droit. Que répondez-vous aux attaques contre la justice, jugée « laxiste » par les syndicats ? Sarah Massoud: Quand on analyse les chiffres de la délinquance et de la criminalité, on constate quils stagnent sur les vingt dernières années. En parallèle, les chiffres de la surpopulation carcérale et du nombre de peines demprisonnement ferme augmentent. Ces attaques sont donc infondées. Mais une étape a été franchie avec des slogans affirmant que « le problème de la police, cest la justice » . Dans notre démocratie, il y a une séparation entre les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. La police nappartient ni au pouvoir législatif ni au pouvoir judiciaire, et na pas à sy substituer. Elle nest pas un pouvoir autonome, mais un corps au service des citoyens. Ces slogans remettent en cause cet équilibre pour faire de la police une entité toute-puissante. Lorsquon en arrive là, on appelle cela un État policier. Mercredi, le gouvernement a dégainé un amendement visant à instaurer une peine de sûreté de trente ans pour les crimes commis sur des policiers et des gendarmes. Quelle est votre position ? Sarah Massoud: Ce nest pas parce que vous renforcez la répression que ça va dissuader les personnes de commettre des infractions. Quelquun qui compte sen prendre à des policiers ne va pas réfléchir avant de passer à lacte pour savoir sil encourt vingt-deux ou trente ans de sûreté. Depuis vingt ans, les gouvernements successifs ont mis en place des lois de plus en plus répressives et ça na pas eu de conséquences sur le niveau de la délinquance. Comment améliorer les relations entre la police et la justice ? Sarah Massoud: Nous ne mésestimons pas le malaise des policiers : ils travaillent dans des conditions dégradées, doivent appliquer des instructions de politiques pénales incohérentes, faire face à une hiérarchie déconnectée du terrain et mener des affaires psychologiquement dures. Si on veut réconcilier une certaine police avec linstitution judiciaire, il faut sattaquer à ces questions via une formation différente, qui ne soit pas centrée sur le répressif, mais visant à retrouver des gardiens de la paix. Les politiques jouent les pyromanes. Ce qui se passe nest pas nouveau : les prédécesseurs de Gérald Darmanin se posaient déjà en premiers flics de France, en imposant un rapport de forces à la justice. Tant quon sera dans laffichage, on ny arrivera pas. Êtes-vous daccord avec Jean Castex lorsquil dit quil faut « réparer le service public de la justice » ? Sarah Massoud: Sil y a besoin de réparation, cest parce que les différents gouvernements nous ont cassés. Tant quon naura pas plusieurs centaines de nouveaux juges, procureurs et greffiers, la justice ne pourra ni fonctionner sereinement ni être plus rapide. Il faut en finir avec cette vision court-termiste et précarisante. Former des magistrats prend du temps : cest maintenant quil faut mettre le paquet.
Edité le 24-05-2021 e 08:57:59 par Xuan
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| Posté le 26-05-2021 à 14:03:55
| Derechef sur la sécurité, Jean-Claude Delaunay Jean-Claude Delaunay et la sécurité DANIELLE BLEITRACH 26 MAI 2021CIVILISATION https://histoireetsociete.com/2021/05/26/jean-claude-delaunay-et-la-securite/ Quand je dis que cette campagne de Fabien Roussel remue et que chacun a envie dintervenir ce qui est déjà une manière de se lapproprier je suis au-dessous de la réalité
Et jespère que pour être complet ce débat passionné et passionnant saccompagne de travail sur le terrain parce que comme chacun devrait le savoir le critère de la pratique tranche. (note de danielleBleitrach pour histoire et societe) Je suis bien daccord, il ny a pas que la sécurité des personnes, il y a lemploi, les services publics, lécole, lhôpital, et ainsi de suite. Mais tout se tient, et le problème de la sécurité me tient à cur, tant pour des raisons personnelles, que pour des raisons théoriques, que je voudrais expliquer ici. Tout se tient et il est bon de comprendre comment et pourquoi. Un souvenir me vient en tête pour commencer. Cétait un dimanche matin de lété, à Villejuif, il y a quelques années. Jétais sorti tôt et je rencontre mon camarade Jean-Claude, égoutier, un camarade que jaimais bien, vraiment, plutôt râblé, bien planté sur ses jambes, et surtout plein de bon sens. Il était blanc comme un linge. Je lui demande : quest ce qui se passe? Il me répond. «Ce matin, je devais partir en vacances. Mais ma voiture a été saccagée pendant la nuit. Le pare-brise, les vitres, tout ça a volé en morceau. Je dois la mener au garage. Ce sont les loubards du quartier qui ont fait ça». En quelques instants dun plaisir stupide, ces jeunes branleurs avaient bousillé les vacances de ce copain et de sa famille, mangé les quelques billets mis de côté, au fil de lannée, pour payer une glace aux enfants, aller ensemble aux restaurants sans avoir à faire la vaisselle, pour se détendre de lannée, pour lui passée dans les égouts de Paris. Des souvenirs de ce type, jen ai dautres. Pas des milliers, mais quand même suffisamment, et parfois plus dramatiques. Je ne sais pas ce quil est advenu de Jean-Claude. Il a quitté Villejuif. Je nen dirai pas plus, car il faut aller de lavant, sauf à souligner que nous, communistes, avons été décérébrés pendant plusieurs décennies sur beaucoup de questions et notamment sur celle-ci. Avoir été décérébré, ce fut agir sans principe, machinalement, parfois en fonction des bons sentiments. Ce fut dire le contraire ou autre chose que ce que disait la famille Le Pen. Comme si les communistes français navaient pas à sexprimer dabord et avant tout en fonction de leurs propres analyses et de leur propre pratique! Nous avons été décérébrés au plan de la théorie et plus particulièrement du marxisme, que nous avons laissé tomber. Nous avons été décérébrés en perdant le contact avec la classe ouvrière et les travailleurs en général. Cela a commencé bien avant Robert Hue. Cette époque, espérons-le, est révolue. Quelle leçon tirer de tout cela pour lavenir? Je voudrais éviter dêtre une sorte de père Machu ridicule, jurant par scrogneugneu tout en caressant une moustache imaginaire. Je vais, cependant, avoir cette folle audace. La sécurité des personnes fait partie de ces problèmes dont nous devons proclamer la solution de manière très carrée. Pour moi, la formulation correcte des choses est la suivante : NOUS, COMMUNISTES, SOMMES POUR LE RÉTABLISSEMENT DE LA SÉCURITÉ DANS CE PAYS DE MANIÈRE TOTALE ET IRRÉVERSIBLE. Je trouve que nous avons encore des réflexes de bon samaritain. Cest un peu comme si nous avions du remords à être en faveur de la sécurité des personnes. «Nous sommes en faveur de la sécurité, mais vous savez, on est pas des méchants». Évidemment que nous ne sommes pas des méchants, évidemment que nous ne sommes pas des imbéciles, croyant que la répression va tout régler. Mais, à mon avis, il faut savoir quil y aura, dans la solution de ce problème, au moins deux phases: 1) la phase de limmédiat qui sera à dominante répressive, 2) la phase du moyen long terme qui sera à dominante éducative et préventive. Mais alors pourquoi la phase de la répression doit-elle être soulignée avec force? Certainement pas pour faire de la surenchère avec lextrême droite, dont je nai que faire pour penser lavenir de mon pays, mais pour les deux raisons suivantes. La première est que les individus et les groupes portant atteinte à la sécurité des personnes ne vont pas sarrêter parce que lon aura froncé les sourcils en leur direction. Laurent Brun lexplique très bien. La bête va se débattre et mordre. La deuxième raison est que la voyoucratie est une alliée objective des classes dirigeantes. La France est malade et de sa maladie, dont la grande bourgeoisie porte lentière responsabilité, les dirigeants de cette classe sociale, féroce et épuisée, tirent avantage. Cela les aide à prolonger leur pouvoir. Sils observent que, dans le contexte dune démocratie nouvelle, la voyoucratie est en danger, soyons certains quils nhésiteront pas une seconde à la soutenir sans doute avec doigté mais néanmoins de toutes leurs forces. Pour autant que jaie compris lhistoire, le nazisme et ses variantes ne furent pas seulement lextrême droite. Ce furent des systèmes à plusieurs composantes et parmi celles-ci figuraient les voyous, ce que Marx et Engels ont appelé «le lumpen proletariat». Lutter contre les voyous, cest aussi lutter contre les classes dirigeantes. Si lon prétend rompre définitivement avec ces mêmes classes dirigeantes, ce que nous proclamons, nous, communistes français, alors il nous faut rompre tout aussi définitivement avec la voyoucratie. Mais comment faire? Bien sûr, la police et la gendarmerie vont se trouver en première ligne pour accomplir cette tâche. Mais comment concevoir que celle-ci puisse être accomplie par des composantes dun appareil dÉtat, qui fut structuré et formé par la bourgeoisie ? Je pense que, à travers ce questionnement, les communistes français sont directement confrontés au problème de lÉtat bourgeois et à la théorie quils en ont. Faudrait-il «refaire une police» avant de commander à ce corps de lÉtat de «faire la police»? Le problème est compliqué mais je crois, dune part, que nous devons laborder de front, car il concerne toutes les fonctions de lÉtat, et dautre part, que la solution que nous lui apporterons de manière explicite sera lillustration pratique de ce que nous appelons la dictature du prolétariat. Car il nous faudra non seulement mettre en uvre la dictature du prolétariat (lapplication de la théorie), il nous faudra également et peut-être surtout construire cette dictature dans la dialectique de la lutte et de la démocratie. Nous nallons pas reconstruire a priori, ou ex-ante, un appareil dÉtat devant nous permettre de mettre fin à la dictature de la grande bourgeoisie. Nous devrions plutôt, avec le soutien des masses populaires et, bien sûr, avec nos propres analyses, prendre place dans le mouvement réel. Cest ce qua fait Fabien Roussel, me semble-t-il, en participant à la manifestations des policiers. Reproche ne lui en sera certainement pas fait par les gens du peuple. Nous devrions ensuite, avec les policiers, construire la police susceptible de répondre aux besoins de sécurité ainsi quà tous les besoins que la police a pour fonction de satisfaire. Les dirigeants factieux de tous les corps de lÉtat concernés devront certainement être neutralisés et chassés de la position quils occupent. Mais dans lexpérimentation, par la majorité des personnels de lEtat, de la malfaisance de leurs chefs actuels, de la malfaisance des doctrines quils diffusent ainsi que des intérêts quils défendent vraiment sans forcément le savoir. Il va de soi quune telle démarche supposera, si elle est partagée, des conceptions et des analyses autres que celles de Titine Taintain, ou des supporters irréfléchis du marxisme-léninisme. Elle supposera une grande capacité politique et le soutien populaire. Cela dit, elle ne reposera pas sur le sable de notre imagination. 1) Les CRS, pour ne parler que deux, sont aussi des enfants du peuple. Ce sont aussi des fils de paysans, douvriers, de commerçants, de fonctionnaires. Cela ne sest pas effacé dun coup de leur mémoire. 2) Ensuite, la police nest que lun des corps professionnels concernés. Lexpérimentation démocratique de la construction de la dictature du prolétariat sera une expérimentation générale. Entre ces expériences se produiront des effets de réciprocité et lon peut espérer que ces effets seront positifs et convergents. 3) Il faut également penser que lexpérience de la démocratie nouvelle devra concerner dautres professions que celles des corps dÉtat traditionnels. Je pense notamment aux informaticiens dont jai fait mention dans larticle publié sur ce site à propos du système chinois de crédit social. Nous disposons aujourdhui de technologies matérielles et scientifiques dont nous pourrons faire usage dans cette lutte. 4) Enfin, dans ce domaine comme dans tous les autres, il est sain de tirer régulièrement les bilans nécessaires. La théorie est indispensable, mais la pratique collectivement raisonnée nest pas mal non plus. Je souhaite indiquer un dernier point relevant de lanalyse théorique. Les problèmes de sécurité que rencontrent aujourdhui les Français ou les résidents français me suggèrent personnellement quexistent 3 niveaux dans lanalyse des problèmes que les communistes se donnent lambition de contribuer à résoudre, et non pas 2, comme je je le croyais précédemment. La Nation, qui est le niveau de la décision, en occupe la place centrale. Elle est le point daboutissement de son intérieur et le lieu de la jonction avec lextérieur, cest à dire les autres Etats et les autres Nations. La Société est lassise de la Nation. Cest la cohérence de la Société qui constitue la force de la Nation. Éliminer immédiatement et définitivement la grande bourgeoisie de la direction et de la décision des affaires de la France est une priorité, dune part pour la bonne marche de la Nation mais dautre part aussi pour la bonne marche de la Société. Cest alors que, dun même mouvement, nous pouvons mieux comprendre les phénomènes suivants. La cohérence de la Société recouvre non seulement sa cohérence sécuritaire, mais également sa cohérence économique, Je ne dis rien de sa cohérence idéologique car cet aspect mériterait dautres développements. Je signale au passage, pour celles et ceux que cela intéresserait, que jai traité de ces questions dans mon récent ouvrage sur le socialisme. Jy renvoie car je me suis «mouillé» à ce propos. Quoiquil en soit, énoncer que nous recherchons la Cohérence de la Société en tant que résultante de toutes les cohérences jugées nécessaires à un moment donné du temps, et comme fondement de la force de la Nation, ne signifie pas que soit niée lexistence de contradictions au sein de la Société. Cela signifie que, lorsque la grande bourgeoisie aura été mise à la porte de tous les pouvoirs, la démocratie, à la fois procédurale et substantive, pourra donner à chacun sa place, sans phénomènes dexploitation et de domination. La Société est, pour moi, le niveau de ce que nous appelons le Peuple. Mais en abordant lanalyse de la Société par le biais de sa Cohérence, et donc de toutes les cohérences qui constituent cette dernière, nous agissons en sorte que le Peuple corresponde à une approche concrète, précise. Nous désidéologisons ce concept et la réalité quil recouvre. On comprendra alors que la Nation que nous défendons diffère profondément de la perception quen ont la grande bourgeoisie et lextrême droite. Nous, communistes, nous sommes des internationalistes. Nous ne sommes pas des nationalistes. Nous sommes à la fois des patriotes et des internationalistes parce nous aspirons seulement à la défense des intérêts de notre peuple et de sa souveraineté. Nous sommes pour le respect de toutes les nations et non pour la suprématie de notre Nation ou de quelque Nation que ce soit sur les autres.
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| Posté le 08-06-2021 à 13:04:29
| Dans l'Humanité cet article dénonce une vidéo appelant au meurtre des communistes. La violence fasciste se conjugue avec l'anticommunisme de la social-démocratie libérale. Par exemple les appels à la censure de la CGTN par le Figaro ou Le Point, ou le révisionnisme historique du parlement européen concernant le pacte germano-soviétique. Sur ce sujet Roussel est intervenu ce matin à télématin pour dénoncer les menaces fascistes à son encontre comme envers un militant syndical. Un appel à manifester est signé par un certain nombre d'organisations "pour les libertés et contre les idées d'extrême-droite". Dans un cas comme dans l'autre la réponse au fascisme est extrêmement frileuse et institutionnelle.
_______________ Fachosphère. Sur YouTube, Papacito appelle au meurtre de militants de gauche Mardi 8 Juin 2021 Julia Hamlaoui https://www.humanite.fr/fachosphere-sur-youtube-papacito-appelle-au-meurtre-de-militants-de-gauche-709873?fbclid=IwAR3MrPaX28rMmT5yfrHrgPdtDKahUPehHofU-wD5pV0HLy_akDcMN3ejBGA
Dans une vidéo vue 130 000 fois entre dimanche et lundi, l'influenceur d'extrême droite et son acolyte Code Reinho expliquent comment sen prendre « aux gauchistes ». La France insoumise et le PCF portent plainte. Ses protagonistes ont le sourire aux lèvres, jouent la décontraction. La vidéo nen est que plus glaçante. Le youtubeur dextrême droite Papacito et son acolyte Code Reinho, sous couvert d « expérience scientifique », y tirent sur un mannequin représentant un militant de gauche un « électeur de Jean-Luc Mélenchon », équipé dun T-shirt floqué dun « Je suis communiste », et posté à côté dun drapeau Che Guevara. « Le but, cest de savoir si Jean-Gauchiste pourra survivre aux gens normaux quil insulte et quil méprise depuis des années» , explique lun, au cas où il subsisterait un doute sur la nature de cet appel au meurtre publié dimanche en fin de journée. Un tuto pour se procurer des armes Les deux influenceurs de la fachosphère ne sarrêtent pas là et transforment la séquence en tuto pour se procurer des armes. «180 euros et un quiz de merde, cest ce qui vous sépare de lassurance dêtre entendu quand vous avez quelque chose à dire» , lâche Papacito à propos du permis de chasse, et après avoir défini une arme de catégorie C comme « lassurance de vous faire respecter dans les moments où on mettra en doute vos convictions ». Et on passe sur le flot continu dinsultes, de propos virilistes ou homophobes, ou encore les invitations à sinspirer des pires moments de lhistoire. La chute de la vidéo, vue lundi par 130 000 personnes, est à lavenant, avec une scène dans laquelle le mannequin est poignardé à de très nombreuses reprises par Papacito. «Des actes odieux suggérés» Ses électeurs directement visés, le candidat FI à la présidentielle a tiré la sonnette dalarme lundi. Visiblement ému par ce torrent de haine, Jean-Luc Mélenchon a jugé «indispensable» den diffuser des extraits pour montrer la véritable nature «des actes odieux suggérés». «Qui que vous soyez, quelle que soit votre opinion politique, à mon sujet ou celui des insoumis, je suis certain quaucun dentre vous napprouve une telle mise en scène» , a déclaré le leader insoumis lors dune conférence de presse de dernière minute. Le député a également fait le lien avec la polémique née la veille après son interview sur France Inter: «Je mets en garde, en discernant les choses, contre la violence verbale qui nous entoure et peut parfois conduire à nous désigner en permanence comme des cibles.» Les communistes et Jean-Luc Mélenchon sont pris pour cible dans une vidéo dextrême droite dune rare violence. (...) Au nom des communistes, je saisis le procureur de la République. FABIEN ROUSSEL Secrétaire national du PCF Sur certains plateaux TV, cette intervention de FI na été présentée que comme un «contre-feu» tandis que, à lheure où nous écrivons ces lignes, la vidéo dappel au meurtre navait pas suscité de réactions unanimes. Les insoumis lont signalée à YouTube, doù elle a finalement disparu en fin de journée, à la plate-forme dédiée Pharos, et au commandant militaire du Palais-Bourbon. Ils portent plainte et invitent les citoyens à se joindre à leur démarche. Le PCF a également réagi : «Les communistes et Jean-Luc Mélenchon sont pris pour cible dans une vidéo dextrême droite dune rare violence. Il faut mettre fin à ce climat de violence. Au nom des communistes, je saisis le procureur de la République» , a annoncé le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel. Un « ami » d'Éric Zemmour Si cette dernière vidéo a franchi un nouveau cap, Papacito, égérie dextrême droite, nen est pas à son premier fait darmes avec de multiples publications et 100 000 abonnés sur YouTube. Éric Zemmour, par exemple, lévoquait sur CNews la semaine dernière comme son «ami». Celui-ci le lui rend bien, prêt à le soutenir sil « permet via sa présidence de sortir de plus en plus du cadre républicain » et dinstaurer « un climat qui fait quil y aura des flingues ».
______________ Les deux intelligents sont clairement inspirés du trumpisme, incapables de distinguer PCF et FI. Du reste pour les fascistes, le gauchisme commence au MODEM. Mais c'est un fait nouveau qui porte deux indications : D'une part la fachosphère est politiquement muette. D'autre part l'essor de la Chine, même le fait que le PCF sorte de l'ombre de la social-démocratie, doit commencer à la mettre sur le gril.
Edité le 08-06-2021 e 20:21:46 par Xuan
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| Posté le 08-06-2021 à 20:04:55
| Un appel d'info'com CGT. Pourquoi "les idées d'extrême-droite" et non le fascisme ? D'autant que la CGT n'a pas à stigmatiser des idées d'extrême-droite mais le fascisme, qui n'est pas exactement "des idées". On peut se demander quel groupe "de gauche" a imposé ce slogan. TOUS ET TOUTES ENSEMBLE POUR LES LIBERTES ET CONTRE LES IDÉES DEXTRÊME-DROITE
Racisme, antisémitisme, attaques contre les libertés, banalisation des idées dextrême droite... STOP ! Manifestations unitaires à l'appel de syndicats, associations, partis politiques
À PARIS : SAMEDI 12 JUIN 2021 14 HEURES PLACE CLICHY VERS RÉPUBLIQUE AUTRES RENDEZ-VOUS : Voir la carte de France sur https://marchedeslibertes.fr POUR NOS LIBERTÉS ET CONTRE LES IDÉES DEXTRÊME-DROITE Depuis maintenant plusieurs mois nous constatons un climat politique et social alarmant. Sallier avec lextrême droite ou reprendre ses idées ne constituent plus un interdit. Les propos et actes racistes et sexistes au travail et dans la vie se propagent. Les attaques contre les libertés et les droits sociaux saccentuent gravement. Dans ce contexte politique, économique, social et sanitaire les injustices explosent et génèrent une forte misère sociale. Plusieurs lois liberticides organisent une société autoritaire de surveillance et de contrôle qui empêcheraient dinformer sur des violences policières, déjà trop importantes. De plus, si certaines de ces lois stigmatisent une partie de la population en raison de sa religion, dautres en ciblent en raison de leur activité militante. Comme les signataires de lappel pour les libertés et contre les idées mortifères de dextrême droite (www.marchedeslibertes.fr), nous ressentons toutes et tous lurgence de construire une réponse forte et unitaire qui dessine lalliance des libertés, du travail et dun avenir durable. Face à ce climat de haine, raciste et attentatoire aux libertés individuelles et collectives, nous avons décidé collectivement dorganiser le samedi 12 juin une première grande journée nationale de manifestation et de mobilisations qui se déclinera localement. Cette journée fait partie des initiatives unitaires qui se multiplient. Dores et déjà, nos organisations syndicales, politiques, associations, collectifs, signataires de lappel, ont décidé de co-construire ce combat dans la durée.
Edité le 08-06-2021 e 20:07:34 par Xuan
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| Posté le 09-06-2021 à 08:49:22
| Commentaire de Laurent Brun à propos de la claque ramassée par Macron : Comme on dit chez moi « pour être respecté il faut être respectable »... Il appauvrit les jeunes, les vieux, les chômeurs, met à genou les services publics de la santé, de léducation, de lénergie, des transports, brade notre patrimoine public, remet en cause les droits des travailleurs, leur représentation, etc etc etc. Franchement, aucun respect pour ce président. Il a prit une claque dans la gueule, ce nest pas un mode habituel dexpression, et nimporte quel citoyen doit être protégé de la violence. Mais on a prit des coups de matraque, des lacrymogènes, des tirs de LBD. Nous navons pas été protégés de la violence. Sa personne nest pas plus sacrée que nimporte quel citoyen. La violence qui nous frappe nest pas plus légitime que celle dont il a été victime. Certains ont perdu des yeux ou des mains sans quaucun des ténors de LREM ne verse une larme, au contraire. Quand on légitime la violence, ça finit fatalement par déraper. Alors il est peut être temps de décider que les manifestants ne seront plus tabasses, que les préfets Brutos doivent être démis, que les factieux et les fascistes doivent être expurgés de la police, que lorsquun patron provoque un préjudice à un salarié il ne bénéficiera plus de forfait de condamnation ou de prescription, etc etc... Dans une société plus juste, tout le monde serait choqué quun manifestant soit violenté et tout le monde serait choqué quun président prenne une claque. Enfin Macron alimente lextrême droite qui se sent pousser des ailes au point que ses électrons libres ou ses nervis passent à lacte et démontrent quils sont capable de dépasser toutes les limites de la violence et des coups de force. Quil cesse de jouer avec le feu et nous risquerons tous moins de brûlure. Franchement ce soir je suis totalement indifférent à ce qui sest passé à Tain. Perso je ne pense pas que la population devienne royaliste, par contre beaucoup se sont fendu la gueule de voir le freluquet se faire baffer. A force de courtiser les électeurs de Le Pen, Macron se fait tutoyer par un groupuscule royaliste. Par contre les médias n'ont pas poussé de grands cris pour l'appel au meurtre de papacito.
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| Posté le 09-06-2021 à 20:59:35
| L'appel à manifester à Lille de Rassemblement Communiste : LEUR FASCISATION CREVE LES YEUX! La multiplication des actes politiques « glaçants », pour citer le mot dAudrey Pulvar au sujet de la manifestation policière, immédiatement menacée par le Ministre de lIntérieur, est particulièrement nette ces dernières semaines, au point quon peut se demander à quoi joue réellement la Macronie. Dans la même période, le gouvernement interdit une manifestation parisienne de soutien au peuple palestinien qui subit un nouveau déchaînement militaire de la part de lentité sioniste, et Darmanin participe à une manifestation policière factieuse qui sen prend directement à la Justice française et joue les gros bras devant le Parlement. La France a été, de fait, le seul pays à interdire un soutien à la Palestine, quand il sest exprimé partout ailleurs dans le monde, jusquen Israël même ! Dans le même temps, une grande manifestation policière fortement teintée de brun, vue lomniprésence des courants fascistes de ce pays, du syndicat Alliance au RN en passant par Zemmour et autres « intellectuels » dextrême droite islamophobe, a ouvert ses rangs à larrogant et ambitieux Ministre Darmanin, celui qui disait il y a peu sur un plateau télé à Marine Le Pen quelle était « trop molle » en matière de sécurité
Nous avons dailleurs pu mesurer à quel point il sagissait dune démonstration de force « politique » à labsence remarquée de la CGT Intérieur (dont Darmanin vient dailleurs de licencier illégalement le secrétaire général), qui a refusé la manipulation dun appel qui concernait initialement un simple hommage à Eric Masson, policier mort récemment. LElysée et le gouvernement ont visiblement pris goût à une forme de « conseil de guerre » excluant systématiquement des décisions politiques les parlementaires, avec la crise sanitaire quils ont géré si lamentablement
mais dune main de fer (on se rappelle du musicien tabassé par des policiers déchaînés, dans son studio et sous des caméras, au seul motif quil navait pas de masque dans la rue en rentrant chez lui). Leur déchaînement actuel, à tous points de vue, crève les yeux. La parution publique, dans un journal à large diffusion, dune tribune putschiste de hauts gradés fascistes à la retraite très influents au sein de la prétendue « grande muette », aurait-elle pu advenir aussi impunément il y a seulement quelques années ? Ces signes ne sont pas fortuits : Ils découlent dune politique sécuritaire et discrimimatoire extrêmement dangereuse, flanquée de lois bien concrètes : la loi « sécurité » (qui allait tellement loin dans limpunité policière quelle vient dêtre retoquée par le Conseil Constitutionnel) et la loi contre les « séparatismes », qui constitue un arsenal particulièrement agressif et stigmatisant contre un « ennemi intérieur » fantasmé, les musulmans de ce pays. Ils trouvent aussi leur origine dans le régime présidentialiste autoritaire de la Vème République gaulliste. Bref, nos Droits Démocratiques, qui rappelons-le- furent conquis par nos luttes et non offerts par les puissants, reculent
pendant que Macron et son gouvernement se « radicalisent à droite » (euphémisme) : soutien aux putschistes fascistes qui ont renversé Evo Morales en Bolivie, soutien au gouvernement hyper-répressif qui mitraille son peuple en Colombie, soutien aux terroristes antiMaduro au Venezuela, soutien au « dissident » raciste Navalny en Russie, au néonazis pro-UE ukrainiens ou au « dissident » nazi Protashevich au Belarus
et peut être surtout, soutien sans faille au gouvernement dextrême droite israélien qui bombarde impunément les palestiniens quand bon lui semble. Les « amis » de Macron à linternational sont à limage de ses propres options politiques sur les plans interieur et extérieur, depuis la répression sanglante, dénoncée à létranger, des manifestations populaires des Gilets Jaunes depuis trois ans, et ce nest quun exemple. Depuis la poursuite résolue des opérations meurtrières de la françafrique au Mali, au Sahel également
Cest à ses fruits quon reconnaît larbre. Et larbre, ici, porte un nom précis. Cest la fascisation. Ce terme, contrairement à son apparence, nest pas équivoque : il sagit dun processus de long terme, qui du reste na pas commencé avec Macron, mais qui, sous nos yeux, saccélère. Ce dernier nest certes pas encore un « fasciste » au sens propre, mais il poursuit un processus offensif de répression et de tentative de dérivation de la colère populaire quand celle-ci se renforce, et qui peut quand « les circonstances lexigent », sous la forme dun « état durgence » par exemple, déboucher sur le fascisme. Cest Hindenburg et des magnats très « démocratiques » de la finance allemande qui ont installé Hitler au Pouvoir. Ce sont des financements anglais et français qui ont aidé Mussolini à prendre le pouvoir. Ce sont notoirement les Etats-Unis, « grande démocratie », qui ont assassiné le président élu Allende pour le remplacer par le fasciste Pinochet. Les exemples de ce genre ne manquent pas. Il est donc absurde dopposer comme des « contraires » le fascisme dune part et la « démocratie libérale » de lautre : Toute lhistoire du 20ème siècle la déjà confirmé. Souvenons-nous que ce sont bien des grands patrons qui ont dressé la menace cagoularde contre la montée en puissance du mouvement ouvrier avant la victoire du Front Populaire. Les mêmes, au nom dun « plutôt Hitler que le Front Populaire », ont fini par mettre Pétain au pouvoir après une « étrange défaite » face à la Wehrmacht. Chaque fois, ils ont défait les droits démocratiques un moment concédés face au mouvement ouvrier organisé menaçant leurs intérêts. Chaque fois ils ont construit un ennemi de lintérieur pour détourner la colère. Chaque fois ils ont tenté de briser la résistance syndicale et de museler lopposition politique. Nous vivons une crise économique et sociale que plus personne ne conteste, et la tentation de criminaliser tout mouvement populaire est grande à lElysée et au MEDEF, comme dans les salons de Bruxelles. Si nous ne réagissons pas, si nous refusons de comprendre que la période nadmet pas la division dans nos rangs, si nous ne montrons pas notre unité face à ce processus de fascisation déjà bien entamé et qui saccélère aujourdhui, nous désarmerons notre camp contre la menace fasciste, incarnée par le RN, les « identitaires », la LDJ et autres milices, exploitée par LERM et ses satellites LR et PS. Il est plus que temps de dire stop à un pouvoir aux abois qui cherche à brouiller les pistes pour passer à lattaque ! Cest ainsi que tous ensemble, nous reprendrons loffensive ! Lensemble de notre camp social et politique antilibéral doit sunir pour ne plus subir !
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| Posté le 09-06-2021 à 22:47:28
| A propos de papacito, un article de France info assez instructif : https://www.francetvinfo.fr/politique/six-choses-a-savoir-sur-ugo-gil-jimenez-alias-papacito-youtubeur-et-influenceur-d-extreme-droite_4655517.html Quant au "royaliste" confus "Damien T." qui a claqué Macron, il est abonné à la chaîne de papacito, celle de Julien Rochedy, lancien président du Front national de la jeunesse, ainsi que les activités du groupe "Équipe Communautaire Paris", affilié au réseau "Les Braves", du suprémaciste blanc Daniel Conversano. Il est aussi président de l'association des arts martiaux historiques européens (AMHE) à Saint-Vallier. Sur les armes et le reste, la presse a déjà tout dit. Bien qu'il s'agisse d'influenceurs très confus dans leurs idées, ils ont une audience importante sur les réseaux sociaux comme sur You tube, auprès des jeunes notamment.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 11-06-2021 à 07:50:39
| | Crise de lImpérialisme français en Afrique et processus de fascisation dans lhexagone Publié le 10 juin 2021 par bouamamas Coup dÉtat au Tchad approuvé et soutenu par Macron avec un appel à « mettre en uvre un processus démocratique le plus rapidement possible » ; « Coup dÉtat » au Mali condamné par Macron alors quil est soutenu par de nombreuses organisations populaires maliennes ; manifestations et déclarations politiques contre lingérence française à Bamako, NDjaména, Ouagadougou ou Niamey, accusation publique par le Chef de lÉtat de la Russie accusée d « alimenter un sentiment anti-français en Afrique » , etc. Limpérialisme français en Afrique est indéniablement dans une séquence historique de crise. Dans la même période se déploie dans lhexagone un processus de fascisation que nous avons longuement analysé dans nos derniers articles [lois jumelles liberticides sur la sûreté globale et sur le « séparatisme », basculement du centre de gravité des discours politiques du ministre de lintérieur vers lextrême-droite, tribunes de militaires, manifestations policières devant lassemblée nationale, multiplication des discours et analyses sur le déclin à conjurer, etc.]. Les deux réalités externe et interne sont rarement mises en lien dans les analyses politique. La cécité sur ces liens est un obstacle à la compréhension des enjeux et dangers politiques contemporains en France.
Si tous les impérialismes, en tant que capitalisme parvenu au stade de « la domination des monopoles et du capital financier », possèdent des invariants [exportation des capitaux, place prépondérante du capital financier, etc.], ils nen sont pas moins chacun le résultat dune histoire spécifique les spécifiant et les particularisant. Ils sinsèrent en outre tous dans un rapport de force mondial quil est incontournable de prendre en compte pour comprendre les stratégies et les politiques mises en uvre. Certaines spécificités de limpérialisme français sont, selon nous, à prendre en compte, pour comprendre la séquence historique actuelle. La collaboration massive de la classe dominante française avec le nazisme met cette dernière dans une situation particulière au moment de la Libération. Elle ne peut espérer se relever et rester au pouvoir quen sappuyant sur son empire colonial [il en découlera la reconquête du Vietnam et la sale guerre qui lui succède, les crimes de masse de mai 1945 en Algérie, la longue et barbare guerre dAlgérie, etc.]. Cependant cette reconquête est soumise à lapprobation des USA qui deviennent la puissance impérialiste dominante et qui conditionne logiquement cette approbation à une dépendance économique et militaire. Cela se traduira par le plan Marshall dont une des conditions est lenclenchement de la construction européenne que Washington veut intégrer pour isoler lUnion Soviétique. Affaiblie structurellement la classe dominante française est contrainte daccepter cette place d« impérialisme secondaire ». Cest ainsi avec la bénédiction de lOTAN que la France mène les salles guerres du Vietnam, dAlgérie, du Cameroun, etc. Cela ne veut pas dire que la classe dominante française renonce à redevenir une puissance impérialiste de premier plan. Lépisode gaulliste en témoigne, de même dailleurs que la construction européenne ultérieure. Lépisode gaulliste exprime la tentative de limpérialisme français de reprendre pied en jouant une place « entre les deux grands » alors que la construction européenne signifie le même objectif en tentant cette fois-ci de devenir la puissance dominante de lUnion européenne. Ce dernier espoir volera en éclat avec la réunification allemande qui fait basculer le rapport de forces intra-européen en faveur de Berlin. Le caractère secondaire de limpérialisme français est ainsi renforcé par la réunification allemande. Lavenir et la place de limpérialisme français dépendent désormais de la construction dun nouveau super-impérialisme : celui de lEurope. Cet avenir et cette place sont lobjet daffrontements et de contradictions entre les pays européens et en particulier entre la France, lAllemagne et le Royaume-Uni. Dans cette lutte impitoyable les seuls atouts réels que possède la France est son lien historique particulier avec lAfrique, son expérience dinterventions militaires et les effets en retour sur la production darmements, son « pré-carré » reproduit par le système Françafrique, etc. Le caractère secondaire de limpérialisme français est justement le facteur qui transforme celui-ci en gendarme de lAfrique dont le dernier avatar est la guerre contre la Libye et ses effets chaotiques qui perdurent jusquà aujourdhui. La fréquence des interventions militaires françaises en Afrique ne découle pas de pseudo « liens historiques », dune soi-disant « destinée commune » ou dune nécessité commune de lutter contre le « terrorisme djihadiste ». Elle sexplique par le fait que lAfrique est le dernier atout français pour négocier une place au sein des rapports de forces entre puissances impérialistes. François Mitterrand en parlait déjà comme suit en 1957 : « Le monde africain naura pas de centre de gravité sil se borne à ses frontières géographiques. [
] Dire à nos alliés que là est notre domaine réservé [
] car sans lAfrique il ny aura pas dhistoire de France au XXIe siècle [
] La France reste celle qui conduit, celle dont on a besoin, celle à laquelle on se rattache. [ii] » Cinquante ans plus tard Jacques Chirac lui répond en écho : « Sans lAfrique, la France descendra au rang de puissance de troisième rang[iii]. » Laggravation contemporaine de la crise de limpérialisme français Un simple regard sur les évolutions des importations et des exportations de lAfrique ces dernières décennies permet de visualiser la perte dinfluence économique française et européenne sur le continent. Les données de la CNUCED [Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement] indiquent ainsi que lUnion européenne comptait pour 48. 2 % dans les exportations africaines en 1995 et pour 33.2 % en 2019. Elles précisent également que 43 % des importations africaine provenaient dEurope en 1995 contre 29.9 % en 2019[iv]. Concernant la place de la France, un rapport dHervé Gaymard [réalisé pour le ministère de lEurope et des affaires étrangères] utilise lexpression « déclin relatif » pour qualifier lévolution des échanges entre lhexagone et le continent. Ce dernier qui porte un titre significatif [« Relancer la présence économique française en Afrique : lurgence dune ambition collective à long terme »] résume comme suit la situation : Le déclin relatif de la présence économique française sur le continent africain est à la fois massif et soudain. Ce déclin relatif est très net : les parts de marché de la France en Afrique ont été divisées par deux depuis 2001, de près de 12% à environ 6% [
]. Ce déclin relatif, très net, est dautant plus spectaculaire que le poids de la France dans le commerce total des marchandises avec lAfrique sétait maintenu, de 1970 au début des années 2000, autour de 15%[v]. Le rapport souligne en outre que le « déclin des parts de marché françaises est particulièrement marqué en Afrique francophone [de 25 % en 2000 à 15 % en 2017]. Une étude de la COFACE [Compagnie française dassurance pour le commerce extérieur] datée de 2019 précise que tous les grands secteurs dexportation, à lexception de laéronautique, sont touchés par ce « déclin relatif » : Machines, appareils électriques, Pharmacie, automobile, blé[vi], etc. La perte de ces parts de marché selon cette étude provient de « la fulgurante progression de la Chine [
] En Afrique de lOuest, la percée de la Chine est encore plus notable si lon inclut Hong Kong, qui sest imposé comme un acteur important avec des gains de parts de marché de lordre de 10 points[vii]. » Plusieurs seuils symboliques sont dépassés : la Chine remplace la France à la place de premier exportateur vers lAfrique en 2007 et lAllemagne remplace la France à la place de premier exportateur européen en 2017. Ces quelques données mettent en exergue que de nombreux pays africains ont mis à profit le contexte de « mondialisation » et la multilatéralisation du monde qui laccompagne pour sortir du face-à-face contraint avec lancienne puissance coloniale. Ils ont diversifié leurs échanges en sappuyant sur les pays dits « émergents » et en particulier sur la Chine pour desserrer le carcan de la relation de dépendance caractéristique du colonialisme et du néocolonialisme. Ils ont mis en uvre la logique de la « concurrence libre et non faussée » de la mondialisation capitaliste en la retournant contre un de ses promoteurs important : la classe dominante française. Les réactions ne tardèrent pas. Elles prirent de multiples formes. En premier lieu elles sorientèrent vers des campagnes idéologiques diverses [La Chine et les Ouïgours, la mauvaise qualité des produits chinois, le nouvel impérialisme chinois, etc.] dont le point commun est de diaboliser les concurrents actuels des entreprises françaises en Afrique. Elles prirent ensuite la forme des promesses politiques de réformes tous azimuts des rapports franco-africains : promesse de sortie de la Françafrique, reconnaissance euphémisée des massacres coloniaux, discours du « responsable mais pas coupable » à propos du génocide au Rwanda, annonce de la réforme du Franc CFA pour le remplacer par lECO, etc. Elles prirent enfin la forme dun changement de doctrine militaire pour lutter contre le « terrorisme ». Cumulée ces différentes réactions soulignent lampleur de la crise actuelle de limpérialisme français, ravalé plus que jamais au rang dimpérialisme secondaire et menacé de perdre son dernier atout dans les négociations avec les autres impérialismes : son « pré-carré » africain. Le vocabulaire du rapport au ministre des affaires étrangères [« Déclin relatif », « massif et soudain », « spectaculaire », « urgence », etc.] est significatif de limportance de cette crise conduisant à un diagnostic dalarme porteur de nombreux dangers pour la paix sur le continent africain. La même période qui voit se déployer ce « déclin relatif » se caractérise en effet également par un changement de la doctrine militaire française. Le livre blanc de la défense de 2013 sinquiète ainsi de la « montée en puissance des pays émergents, en particulier celle du Brésil, de lInde et de la Chine ». Il alerte sur le fait que ces nouveaux concurrents « ne se limitent plus aux seuls produits énergétiques et aux matières-premières ». Il met en garde également sur lactivisme du concurrent états-unien sur le continent : « [Les États-Unis] continuent de sintéresser à cette zone comme en témoigne la création dun commandement spécialisé Africom. » Il déduit ensuite de ce diagnostic des axes stratégiques prioritaires de défense vers « le Sahel, de la Mauritanie à la Corne de lAfrique, ainsi quune partie de de lAfrique subsaharienne [qui] sont également des zones dintérêts prioritaires pour la France, en raison dune histoire commune, de la présence de ressortissants français, des enjeux quelles portent et des menaces auxquelles elles sont confrontées ». Il conclut enfin à la nécessité dune intervention militaire directe plus forte, plus durable et plus fréquente dans ces « zones stratégiques » : « Lévolution du contexte stratégique pourrait amener notre pays à devoir prendre linitiative dopérations, ou à assumer, plus souvent que par le passé, une part substantielle des responsabilités impliquées par la conduite de laction militaire[viii]. » Un autre axe essentiel du livre blanc de la défense de 2013 est le renforcement de la production darmement présentée comme un des atouts importants des capacités de défense française. Cette production, rappelons-le, a besoin de guerres pour se maintenir. Dans les salons où se négocient les contrats de vente darmements entre États, lindustrie française peut mettre en avant comme arguments de vente des produits des expérimentations pratiques en Afrique. Les profits faramineux de lindustrie darmement ont besoin de guerres réelles pour se réaliser. La France est ainsi en 2020 le troisième exportateur darmes dans le monde avec 8. 2 % des exportations mondiales. De même les exportations françaises ont bondit de 44 % entre 2016 et 2020[ix]. Les profits des grands groupes français sont logiquement faramineux : Thalès [8.56 milliards deuros en 2018] ; Naval group [3.81 milliards] ; Safran [2.93 milliards] ; Dassault [2.65 milliards] ; le Commissariat à lÉnergie atomique [2.08 milliards] ; etc[x]. Le fait que limpérialisme français est effectivement en crise et en « déclin relatif » ne signifie donc pas quil est moins actif et moins agressif. Au contraire la sécurisation des sources de matières premières et des parts de marché des entreprises françaises dune part et le besoin de promouvoir son industrie darmement dautre part suscitent un activisme dingérence militaire grandissant dont les derniers évènements africains ne sont que des illustrations. La fabrique du consentement de lopinion publique La crise et le « déclin relatif » de limpérialisme français, de même que lactivisme dingérence militaire qui en découle, se déploient cependant dans une séquence historique particulière caractérisée par une hausse massive de la paupérisation et de la précarisation, une montée de la colère et de la contestation sociale, une crise de légitimité du pouvoir dÉtat sans précédent depuis de nombreuses décennies. Du mouvement des Gilets jaunes à celui contre la réforme des retraites, des manifestations massives contre les crimes policiers à lopposition à la loi sur la sureté globale, de la grève longue des éboueurs à celles tout aussi durable de Chronopost ou de lhôtel Ibis de Batignolles, etc., ce qui sexprime de plus en plus cest une distance et une rupture de la majorité de la population davec le discours officiel de légitimation du néolibéralisme et de son austérité inéluctable. Le processus de fascisation que nous avons décrit dans nos derniers articles est une réponse à la fois à cette situation hexagonale et à la nécessité de préparer une opinion publique pour le moins indifférente à ces interventions militaires françaises [couteuses pour la nation mais rentables pour les monopoles de larmement] et pour le mieux favorable. Cest pour cette raison quune logique dextrême-droitisation de la vie politique française a été déployée par le gouvernement lui-même : nomination de Gérard Darmanin, promotion du thème idéologique sur le séparatisme et loi sur le séparatisme, promotion du thème sécuritaire comme pôle central de la campagne des présidentielles, etc. Cette logique instrumentale dÉtat a été confortée par les mutations récentes du paysage audio-visuel qui avec le développement des chaînes comme CNews ont pour principal caractéristique de diffuser un discours du « déclin et du sursaut » qui est un des traits identitaires de lextrême-droite et du fascisme. Elle a été renforcée par la logique de surenchère de la galaxie fasciste et/ou identitaire qui tient le même discours du « déclin et du sursaut » sur un plan général et au sein de certaines institutions en particulier [armée, police, etc. Si chacun joue ici sa partition pour ses intérêts propres, le résultat densemble est la réunion progressive des conditions de possibilité dune séquence fasciste non plus comme une hypothèse lointaine mais comme une perspective de court terme de réponse au « déclin relatif » national et international. Certes nous nen sommes pas là et dautres options existent encore pour la classe dominante. Cependant indéniablement le contexte idéologique promu, de même que les évolutions législatives sécuritaires, constituent des ingrédients dune solution fascisante à la crise, surtout si on ne limite pas cette dernière à la seule figure du Rassemblement National et de Marine Le Pen. Comme nous lavons souligné dans nos articles précédents, le fascisme contemporain ne se moule pas forcément dans les habits anciens. Il ne défile pas forcément en chemise brune et peut très bien sacclimater au « costume-cravate » et même au « jeans et aux cheveux longs ». Face à ce contexte national et international, force est de constater une faiblesse idéologique des réactions. Nous disons idéologique parce que la faiblesse quantitative nest, selon nous, quune des conséquences de la faiblesse idéologique. Sans être exhaustif au moins trois éléments de faiblesse structurelles de lopposition à la fascisation peuvent être mentionnés. Le premier est lanalyse du racisme comme phénomène individuel empêchant de saisir sa dimension structurelle comme en témoigne les polémiques au sein même de la « gauche » sur le « racisme dEtat », le « racisme anti-blanc », les « violences policières systémiques », etc. Le second est le mythe de la République et lessentialisation des conquis politiques historiques [la laïcité, le principe dégalité homme-femme, linterdiction de la discrimination légale en fonction de lorigine, etc.] comme étant des traits de « lidentité française » comme en témoigne la difficulté à constater le développement réel de lislamophobie en France, à sopposer radicalement à la loi sur le séparatisme ou à exiger la régularisation de tous les sans-papiers. Le troisième est enfin la sous-estimation de la dimension anti-impérialiste dans la prise en compte des rapports de force entre classes sociales comme en témoigne labsence dramatique de mobilisations contre les guerres menées par larmée française en général et en Afrique en particulier. Négation du racisme comme modalité de gestion du rapport de classe, persistance dune vision idéaliste de la République et de la Nation et faiblesse de lanti-impérialisme sont les trois mamelles politiques nourrissant la faiblesse de la résistance antifasciste aujourdhui. [i] Lénine, Limpérialisme, stade suprême du capitalisme, éditions sociales, Editions sociales, Paris, 1971, p. 124. [ii] François Mitterrand, Présence française et abandon, Plon, Paris, 1957, cité in Abdoulaye Diarra, La gauche française et lAfrique subsaharienne, Karthala, Paris, 2014, p.258. [iii] Cité in Philippe Leymarie, Malaise dans la coopération entre la France et lAfrique, Le Monde Diplomatique, juin 2002, pp. 18 -19. [iv] Jacques Berthelot, Lextraversion croissante et suicidaire des échanges de lAfrique, 8 juin 2021, document ronéoté. [v] Hervé Gaymard, Relancer la présence économique française en Afrique : lurgence dune ambition collective à long terme, Ministère de lEurope, des Affaires Etrangères, avril 2019, p. 15. [vi] Coface, Course aux parts de marché en Afrique : léchappée française reprise par le peloton européen, Les publications économiques de COFACE, juin 2018, p. 5. [vii] Ibid., p. 10. [viii] Livre Blanc : Défense et sécurité nationale 2013, Direction de linformation légale et administrative, Paris, 2013, pp. 27-29, p. 40, p.54-55 et p.83. [ix] Auteur anonyme, Défense : bond des exportations darmes de la France, Capital du 15 mars 2021, consultable sur le site capital.fr. [x] Rémi Amalvy, Avec ses six plus grosses sociétés du secteur, la France est le quatrième vendeur darmes mondial, Lusine nouvelle du 9 décembre 2019, consultable sur le site usinenouvelle.com.
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| Posté le 24-06-2021 à 14:54:12
| Je signale cet article de l'Huma sur Bolloré, qui s'oppose à la mainmise ouverte du grand capital - et de sa fraction la plus réactionnaire - sur les médias. Naturellement l'article ne sort pas des canons du réformisme et de la démocratie bourgeoise et des "valeurs républicaines", dont le grand capital se contrefout. L'article parle de dérapage régulier avec une naïveté confondante puisqu'il s'agit d'une ligne éditoriale fasciste. La démocratie bourgeoise est incapable de s'opposer au fascisme, il en est l'expression. C'est le droit de la propriété privée des moyens de production qui autorise CNews à déverse le fascisme. Par contre il est symptomatique de voir le fascisme soutenu maintenant par le grand capital, ce qui n'était pas officiellement le cas jusqu'ici. C'est un phénomène nouveau sur lequel nous avions déjà alerté, alors que Le Pen devait trouver un financement à l'étranger. Pour l'heure Zemmour n'est qu'un polémiste, il songe fortement à poser une candidature et les médias sont en train de sonder le public dans ce sens : https://www.sudouest.fr/espace-debat/debat/eric-zemmour-sa-candidature-a-la-presidentielle-serait-elle-credible?utm_source=fid&utm_medium=email&utm_campaign=logora https://www.lepoint.fr/politique/exclusif-le-sondage-qui-teste-eric-zemmour-pour-2022--16-06-2021-2431266_20.php https://www.laprovence.com/actu/en-direct/6392208/presidentielle-2022-5-des-francais-se-disent-certainement-prets-a-voter-zemmour-en-cas-de-candidature-sel https://www.francetvinfo.fr/elections/presidentielle/presidentielle-2022-pour-marine-le-pen-une-candidature-d-eric-zemmour-affaiblirait-le-camp-national_4653207.html
______________ Médias. Face à Bolloré, silence radio du CSA et de lÉtat Jeudi 24 Juin 2021 Caroline Constant Grégory Marin https://www.humanite.fr/medias-face-bollore-silence-radio-du-csa-et-de-letat-712291 Vincent Bolloré apparaît comme tout-puissant dans le paysage médiatique. Il existe pourtant des leviers que la puissance publique pourrait décider dactionner pour empêcher les concentrations et garantir le pluralisme des idées. Un grand magnat des médias fond sur sa proie, la dépèce, sans que la société, sidérée, nait le temps de réagir. Sommes-nous condamnés à voir se répéter indéfiniment cette scène macabre ? Car, cest ce qui sest passé en 2016, quand Vincent Bolloré, déjà, avait mis la main sur I-Télé. Chacun se souvient de la brutalité de cette séquence, de cette grève de trente et un jours achevée par une vague de départs, suivis ou choisis, dune chaîne de télévision débaptisée pour donner naissance à CNews, où se déverse depuis la haine de Zemmour, Praud et consorts. Est-ce à cette sauce que vont être mangés les salariés dEurope 1 ? Mobilisés depuis vendredi, ils protestent contre le rapprochement éditorial entre leur station et CNews. Un rapprochement idéologique soutenu par une opération de terreur dans les couloirs, puisquun journaliste a été mis à pied en attente dune sanction le 30 juin et plusieurs personnalités poussées vers la sortie. La grève a été levée mercredi après-midi, mais la question du devenir de ces salariés, et de la station, reste entière. Face aux appétits de Vincent Bolloré, Patrick Drahi ou autre Reworld Media, il existe pourtant des leviers daction légaux. «On pourrait carrément couper les fréquences» Les salariés dEurope 1 ont raison dêtre inquiets. Pour David Assouline, vice-président de la commission des Affaires culturelles du Sénat, Vincent Bolloré a fait «un coup dessai» en sen prenant à I-Télé. «Il savait très bien quil y aurait conflit, ça lui permettait même de repérer un peu plus amplement qui va dégager. À ce moment, certains hésitaient sur le réel projet de Bolloré : asseoir une puissance ? une direction ou une rédaction à sa botte ?» Aujourdhui, son but est clair : fonder «un grand groupe de médias dextrême droite» , estime lélu. Et « ce qui est le plus dangereux, en termes médiatiques, ce sont les valeurs antirépublicaines quil instille tous les jours" , reprend le sénateur. Pierre Laurent, sénateur communiste de Paris, est tout aussi sévère sur le danger. Ce qui se joue, selon lui, « ce ne sont donc pas seulement des mouvements économiques, mais aussi des mouvements de quadrillage politique du paysage informationnel. Ces mouvements politiques correspondent en parallèle à une radicalisation dune partie des forces de droite et des forces du capital » (1). Quelles solutions, alors, face à cette situation? Le Conseil supérieur de laudiovisuel (CSA) pourrait être un levier. Cest dailleurs cette instance qui a condamné CNews à payer 200 000 euros damende à la suite des propos racistes de son éditorialiste vedette, Éric Zemmour. Linstance dispose par ailleurs dun catalogue de sanctions importantes. Pour David Assouline, « on pourrait carrément couper les fréquences de ceux qui ne respectent pas le jeu démocratique. Le problème est structurel : il y a une convention entre le CSA et la chaîne ou la radio pour avoir le droit démettre. Les médias audiovisuels occupent des fréquences qui sont un bien public. Ces fréquences sont louées, en quelque sorte, à partir dengagements établis dans une convention. Quand on lit bien la convention qui lie CNews au CSA, il est dit quil faut uvrer à la concorde républicaine et aux valeurs antidiscriminatoires ». CNews dérape régulièrement ? On est loin dun « manquement isolé, cest donc un choix ». La sanction devrait pouvoir tomber, sans gradation. Idem pour Europe 1. « Il y a un changement de projet. Il faut donc que le CSA sen mêle. Et sil y a un changement éditorial, la clause de conscience des journalistes doit pouvoir seffectuer. » Droit dopposition des journalistes Mais le tempo de Bolloré, qui fait appliquer au pas de charge ses décisions, et le temps long du CSA sont-ils compatibles ? Emmanuel Vire, du SNJ-CGT, nest guère confiant : «La grille de rentrée, avec les nouveaux acteurs dépêchés par CNews, est calée.» Pourtant, explique le journaliste, le CSA pourrait jouer un tout autre rôle, «intervenir en amont, sur les cahiers des charges des chaînes. Rien que sur légalité hommes-femmes, il nintervient pas
Lorganisme ne se donne pas les moyens parce que la puissance publique ne dit rien, sur ce sujet comme sur les autres, le pluralisme des idées par exemple» . Pierre Laurent reprend cette idée au vol : « On a mis en place des notions déquité extrêmement vagues qui permettent de contourner déjà beaucoup les règles dégalité de temps de parole. Mais là, on passe à autre chose. Parce que les chaînes militantes comme CNews saffranchissent justement de toutes les règles et, pour le moment, dans une très grande impunité.» Pour lui, la question médiatique doit «devenir une question démocratique, dans un moment où il y a une telle crise politique et démocratique, le débat politique et le débat législatif devraient se saisir à nouveau de la question du pluralisme de linformation. » David Assouline note, en défense du CSA, que la garantie démocratique exige, comme dans un procès, davoir du temps. Pour autant, dit-il, «il faut permettre que les menaces lourdes sexercent. Certains pensaient que taper au portefeuille aurait un écho. Mais ce nest pas assez. Ce qui compte pour Bolloré, cest le projet politique, et il a sans doute déjà intégré des amendes.» Il faut donc taper autrement. Sur le droit démettre, donc, ou dacquisition de nouveaux médias. Les médias français sont-ils tous destinés à finir dans les mains de milliardaires ? Emmanuel Poupard, secrétaire général du Syndicat national des journalistes, avoue sa colère : «En tant que journalistes, on a une liberté et des droits individuels, statut et convention collective, carte de presse, etc. Mais ce nest pas suffisant. Nous demandons lindépendance juridique des équipes rédactionnelles, cest-à-dire un droit dopposition collectif aux décisions de lactionnaire majoritaire." Il rappelle que la sénatrice Nathalie Goulet avait déposé, en 2014, une proposition de loi en ce sens, prévoyant notamment la suspension des aides publiques en cas dentrave au bon fonctionnement de la rédaction. Elle na jamais été examinée. Un débat législatif et citoyen pour un vrai contre-pouvoir «Certes, il sagit dune entreprise privée, mais il ny a pas de condamnation de la concentration. Le gouvernement ne la fait ni pour Prisma, ni pour Europe 1. Bolloré va devenir tout puissant, ça doit interroger notre démocratie, le législateur, la ministre de la Culture, le premier ministre, le président
» sagace le syndicaliste. Même ton chez Emmanuel Vire, du SNJ-CGT, qui plaide pour un renforcement des lois anticoncentration : «Jusquoù lÉtat subventionnera-t-il des médias détenus par des milliardaires ? Roselyne Bachelot ne réagit pas quand on lui demande dintervenir sur cette question, parce quelle nest pas daccord.» La sanction, dun côté, le débat législatif et citoyen, de lautre. À la clef, une possibilité de contre-pouvoir, que pointe Pierre Laurent : «La condition des journalistes, de leur travail, du respect des règles déontologiques doit aussi redevenir un sujet de mobilisation de la profession, en dialogue avec les citoyens. On aurait besoin détats généraux citoyens et professionnels du pluralisme de linformation. Parce que, sinon, la dégradation du débat politique, sa violence, va malmener beaucoup de médias et de journalistes.» Dans les médias indépendants, bien sûr. Et dans le service public, aussi, dont David Assouline regrette quil soit «asséché». Les leviers existent pour garantir leurs droits aux rédactions, le premier étant de pouvoir informer le public sans contrainte. Pour les actionner, encore faut-il avoir confiance en la puissance publique. Et la volonté de ne pas laisser un Vincent Bolloré, au nom de sa fortune, décider de repeindre en brun un des piliers de la démocratie
(1) Les entretiens de David Assouline et Pierre Laurent sont à retrouver sur lHumanité.fr
____________ Motion de défiance Les salariés dEurope 1 ont voté, mardi 22 juin, une motion de défiance en assemblée générale contre Donat Vidal-Revel, le directeur de linformation. Pour eux, « tordre les faits, proposer des faits alternatifs, ce nest pas lesprit dEurope 1. La grande tradition de rigueur, de mesure, dindépendance intellectuelle de notre radio mérite mieux. Nos auditeurs aussi» . Ils dénoncent «plusieurs cas de burn-out», des «mensonges» sur le rapprochement avec CNews, et larrivée dun transfuge de Valeurs actuelles à la tête du service politique. Enfin, estiment les salariés, Donat Vidal-Revel «porte la responsabilité des changements incessants de la ligne éditoriale et de leurs échecs successifs» .
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| Posté le 24-06-2021 à 19:18:15
| Sur la candidature de Zemmour, on lit dans Politico * : ZEMMOUR CHERCHE POIDS LOURD INFO PLAYBOOK. Patrick Stefanini, figure bien de connue de la droite, ancien directeur de campagne de Jacques Chirac en 1995 et François Fillon en 2017, a été aperçu prodiguant quelques conseils dans une réunion de travail en visio sur la préparation de la candidature à la présidentielle dEric Zemmour, daprès deux personnes ayant participé à la réu. Playbook a donc décroché son téléphone hier pour interroger le principal intéressé. Sil na pas confirmé ou plutôt pas commenté cette information, Stefanini nous a bel et bien dit avoir rencontré le polémiste de CNews, à loccasion dun déjeuner il y a un an, par lintermédiaire de feu Philippe Martel, un ex-juppéiste époque RPR passé plus récemment par le cabinet de Marine Le Pen. Puis lex-préfet a revu Zemmour en début dannée. Il ma exposé son projet, raconte-t-il, jai écouté avec intérêt. Il ajoute que lancien journaliste lui a demandé avec insistance dêtre son directeur de campagne. Je lui ai dit quautant jétais prêt à lui expliquer ce quest une campagne présidentielle, autant je ne suis pas en mesure de prendre le moindre engagement présidentiel, précise Stefanini. Ce dernier rappelle être pour lheure candidat aux élections départementales dans les Yvelines et pris par la campagne de Valérie Pécresse, en Ile-de-France, quil conseille, et dont il a été le directeur général des services. *Politico Europe est un média hebdomadaire de langue anglaise, basé à Bruxelles.
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| Posté le 08-07-2021 à 00:06:43
| Déménagements sur Europe 1 où clairement le PS se fait virer d'Europe 1. Difficile de dire s'il s'agit d'une fascisation à proprement parler, les socialos qui sont débarqués ou qui s'en vont par désaccord ne valaient guère mieux dans leur genre. Affirmer que Patrick Cohen faisait de l'information "non partisane" ce serait se foutre du monde. Mais tout se passe comme si le remplacement du "journalisme frondeur et impertinent, mais jamais partisan. " par le "commentariat" soit la mise au rencart des chroniqueurs social-démocrates. Pendant que la candidature de Zemmour est lancée : https://news.google.com/stories/CAAqOQgKIjNDQklTSURvSmMzUnZjbmt0TXpZd1NoTUtFUWlmaDZ6VW80QU1FWVBYYkpfck9CZmJLQUFQAQ?hl=fr&gl=FR&ceid=FR%3Afr Les journalistes d'Europe 1 ont été soutenus par : Philippe Alfonsi ; Antonin Amado ; Jean-Michel Aphatie ; Roger Arduin ; Claude Askolovitch ; Sylvain Attal ; Marc Autheman; Pierre-Louis Basse ; Laurent Bazin ; Brigitte Bejean ; Claude Bellei ; Brigitte Benkemoun ; Inès de Beistegui ; Emilie Bonnaud ; Bérengère Bonte ; Ariane Bouissou ; Bernard Chabbert ; Jean-Yves Chaperon ; Xavier Colin ; Paule Coudert ; Mathieu Delahousse ; Nicolas Delourme ; Luc Evrard ; Emmanuel Faux ; Hélène Fontanaud ; Marielle Fournier ; Philippe Gault ; Camille Girerd ; Michel Grossiord ; Jérôme Godefroy ; Damien Gourlet ; Béatrice Hadjaje ; Hélène Jouan ; François Jouffa ; Jean-François Kahn ; Pascal Lafitte Certa ; Benoit Laporte ; Nathalie Leruch ; Ivan LevaÏ ; Patrice Louis ; Serge Marie ; Elizabeth Martichoux ; Michel Moineau ; Jean-Pierre Montanay ; Robert Namias ; Stéphane Paoli ; Dominique Paganelli ; Michel Pascal ; Elodie Pigeon ; Nicolas Poincaré ; Lise Pressac ; Jean-François Rabilloud ; Emilie Raffoul ; Brigitte Rinaldi ; Karim Rissouli ; Olivier de Rincquesen ; Gilles Schneider ; Anne Sinclair ; Dominique Souchier ; Laurence Thomas ; Jean-Noël Tournier ; Marc Tronchot ; Alba Ventura ; Edmond Zucchelli https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/07/07/a-europe-1-le-grand-exode-va-commencer_6087395_3234.html A Europe 1, le grand exode va commencer Selon nos informations, 76 salariés, dont 36 journalistes radio, ont déposé un dossier pour partir dans le cadre de la rupture conventionnelle collective. Par Sandrine Cassini A Europe 1, les salariés voguent vers la sortie. Selon nos informations, 76 salariés, dont 36 journalistes radio, ont déposé un dossier pour partir dans le cadre de la rupture conventionnelle collective (RCC) ouverte en avril, et dont la période de volontariat sachevait mardi 6 juillet au soir. Le nombre de candidats est bien supérieur aux objectifs de laccord, qui prévoyait entre 39 et 48 départs sur 204 salariés, et ce afin de réduire les 20 millions de pertes annuelles de la radio. « En vingt ans, on navait jamais vu autant de gens qui avaient envie de partir. A Europe 1, il y a une ambiance de fin de règne. Une nouvelle histoire va sécrire à la rentrée » , constate un journaliste. ...Les salariés ont appris, lundi 5 juillet, par Le Parisien, quoutre Dimitri Pavlenko (chroniqueur dans « Face à linfo », lémission dEric Zemmour), Laurence Ferrari et Sonia Mabrouk, dautres figures de CNews prendraient place à la rentrée. ...Romain Desarbres va remplacer Patrick Cohen, Mouloud Achour (« Clique » sur Canal+) succédera à Emilie Mazoyer, aux commandes dune émission musicale, et Thomas Lequertier, matinalier du week-end, enchaînera par des journaux au sein de la station. « Les gens prennent la fuite, surtout depuis quils ont découvert le profil des nouveaux visages de lantenne », commente un vétéran dEurope 1...
Edité le 08-07-2021 e 00:09:53 par Xuan
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| Posté le 09-07-2021 à 15:08:22
| LÉlysée «attend beaucoup de Zemmour» pour la présidentielle, selon Le Point L'article cité ici On lit : "Selon ses informations, la présence médiatique de Zemmour conforte aux yeux des macronistes «lidée dun nouveau clivage, non plus droite-gauche, mais progressistes et européens contre nationalistes et conservateurs» . Ladministration française actuelle considère le polémiste comme un candidat capable daffaiblir à la fois Marine Le Pen et le candidat LR, indique le magazine. «Bruno Roger-Petit, le "conseiller mémoire" dEmmanuel Macron, est spécialement chargé de suivre lévolution de cette candidature» . Toujours daprès lhebdomadaire, la participation des ministres tels que Clément Beaune, Agnès Pannier-Runacher, Emmanuelle Wargon et Alain Griset à lémission de M.Zemmour sur CNews est également censée «marquer encore plus» la différence entre «conservateurs» et «progressistes»." A noter Clément Beaune qui s'est distingué à plusieurs reprises au parlement européen, conte la Chine et la Russie. Agnès Pannier-Runacher a refusé, malgré les appels émanant des oppositions et des syndicats42, de nationaliser l'usine Luxfer de Gerzat. Emmanuelle Wargon fille de Lionel Stoleru, a été lobbyiste de Danone Alain Griset a juste fait l'objet de deux enquêtes pour abus de confiance
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