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 guerre commerciale USA Chine

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Xuan
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   Posté le 22-06-2019 à 23:45:37   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Des tarifs douaniers supplémentaires sur les produits chinois étoufferaient l'économie américaine


http://french.xinhuanet.com/2019-06/22/c_138163258.htm
WASHINGTON, 21 juin (Xinhua) -- La nouvelle série de tarifs douaniers sur près de 300 milliards de dollars de produits de Chine, si elle est effectivement adoptée, étouffera l'économie des États-Unis, a estimé un groupe de défense d'intérêts économiques.

"Au lieu de créer davantage d'opportunités pour les entreprises des États-Unis, ces tarifs entraveront les exportations de produits agricoles, de marchandises et de services des États-Unis et augmenteront les coûts pour les entreprises et les consommateurs" , a déclaré le Conseil des États-Unis pour le commerce international (USCIB, United States Council for International Business), dans un commentaire écrit présenté récemment au Bureau du représentant américain au commerce (USTR).

Cette mise en garde survient alors que l'USTR tient actuellement une série d'audiences pour collecter les réactions publiques à la proposition de relèvement des tarifs douaniers, la quatrième série de mesures de ce type depuis que Washington a démarré une querelle commerciale avec Beijing en relevant ses droits de douane sur les importations chinoises l'année dernière.
La responsable du USCIB pour la Chine, Eva Hampl, a témoigné devant un panel de responsables de l'administration du commerce vendredi, mettant en garde que la liste des produits soumis à ces hausses de tarifs envisagées "comprend des catégories de produits qui ne feront qu'affecter négativement les entreprises américaines, et non leurs concurrents mondiaux" .
"Céder des parts de marché aux concurrents n'affaiblit pas l'économie chinoise. Cela ne fait qu'affaiblir le marché des États-Unis" , a fait valoir Mme Hampl.

Des dizaines d'autres témoins, représentant des industries telles que le thé, l'informatique ou la distribution, ont également participé à cette audience vendredi, au cours de laquelle la plupart d'entre eux ont expliqué pourquoi des relèvements de tarifs douaniers seraient néfastes pour les entreprises, perturberaient les chaînes d'approvisionnement, et augmenteraient les coûts pour les consommateurs.

Deux autres audiences d'une journée sont prévues la semaine prochaine.

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Xuan
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   Posté le 29-06-2019 à 11:57:10   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Brandon Smith écrit dans le Saker francophone, un site souverainiste.
Il vise la mondialisation et 'l'élite monétaire", autre visage de la "finance cosmopolite et enjuivée" des années trente.
La première partie de l'article dit
"Que vous soyez d’accord ou non avec les rationalisations derrière la guerre commerciale, le fait est que les seules personnes qui en bénéficieront en fin de compte sont celles qui luttent pour la globalisation."
Or le protectionnisme est à l'inverse de la mondialisation.

J'ai reproduit la partie plus factuelle de l'article.

La fin reproduite aussi reprend la théorie de la "globalisation" avec des spéculations affirmant que les "DTS pourrait être utilisé comme monnaie de réserve pour « combattre les dangers du nationalisme populiste » .
En réalité l'utilisation des DTS comme alternative au dollar constitue une forme multilatéralisme et non de globalisation. Ou bien c'est une mondialisation qui échappe à l'hégémonisme US.

Cette thèse fondé sur une toute-puissance de la finance globalisée reprend sous une autre forme celle du "super impérialisme" de Karl Kautsky, une sorte de fusion de toues les impérialismes.
A l'inverse la situation actuelle montre la concurrence des impérialismes, concurrence à laquelle la multipolarité ne mettrait pas fin.

Elle ne présente aucun intérêt sauf si on s'intéresse aux incohérences des souverainistes.
On pourra lire pour plus de précision sur ces paradoxes La prochaine étape du reset préfabriqué de l’économie globale est arrivée]

Il serait utile d'examiner les positions de Marion Maréchal LP de ce point de vue. Pour combattre ses adversaires il faut les connaître.


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La guerre commerciale est sur le point de devenir une troisième guerre globale économique


Par Brandon Smith
Mondialisation.ca, 28 juin 2019
alt-market.com 12 juin 2019


[...]

Une hausse brutale des barrières douanières contre la Chine : L’annonce de l’Administration Trump d’une augmentation soudaine et rapide des barrières douanières ne m’a pas surpris, mais elle a certainement semblé choquer le monde économique des médias dominants. C’est probablement le cas à cause de l’interminable discussion depuis janvier au sujet d’un accord imminent qui est en train d’être négocié. D’un côté, on disait que la Chine se replierait parce qu’elle » ne pourrait pas survivre « sans exportations vers les marchés américains. Bien sûr, les États-Unis représentent 18% des exportations chinoises, ce qui représente une part importante du gâteau, mais ce n’est guère un coup mortel pour la Chine si la guerre commerciale se poursuit à long terme.

Le mot de l’autre côté était que Trump tomberait parce qu’il avait attaché le succès de son administration au succès du marché boursier, et qu’une guerre commerciale prolongée provoquerait invariablement le crash des actions. C’est en partie vrai….

Au cours de sa campagne présidentielle, M. Trump a insisté à juste titre sur le fait que la Réserve fédérale avait utilisé des mesures d’assouplissement quantitatif (QE) pour gonfler artificiellement la bulle boursière au cours des dernières années. Puis, après être entré à la Maison-Blanche, il a viré à 180° et a commencé à tweeter implacablement sur la façon dont les plus hauts des marchés boursiers étaient dus à son administration, pas à la Fed. Maintenant, cela peut sembler insensé jusqu’à ce que vous regardiez les élites occupant le cabinet de Trump, et alors tout commence à avoir un sens.

Les représailles de la Chine : La Chine a augmenté ses droits de douane sur les exportations américaines de 25% et a pratiquement mis fin à ses achats de produits agricoles américains, ce qui a un effet dévastateur sur les marges bénéficiaires des agriculteurs américains juste après les inondations massives dans le Midwest qui ont déjà nui aux perspectives de plantation. Toutefois, la Chine n’a pas encore publié de déclaration complète sur les mesures de rétorsion qu’elle entend prendre. Les options sur la table comprennent l’interdiction des exportations de métaux des terres rares vers les États-Unis, le ciblage des entreprises américaines comme Google, Qualcomm ou Apple avec des restrictions ou des interdictions de leurs opérations en Chine, comme les États-Unis l’ont fait avec Huawei, la vente de leurs avoirs considérables en bons du Trésor américain, ou la tactique la plus dommageable de toutes – abandonner le dollar américain comme monnaie de réserve globale pour les achats chinois, une perspective que je vais examiner prochainement.

Menaces sur les barrières douanières inattendues sur le Mexique :
Une autre surprise est sorti de nulle part alors que Trump a ciblé le Mexique avec une augmentation de 5% des barrières douanières, devant passer à 25% dans les prochains mois si le Mexique n’endigue pas le flux d’immigrants illégaux aux États-Unis. Une telle mesure effacerait le « North American Trade Deal » qui doit être finalisé ce mois-ci si la situation ne se règle pas. Bien que Trump ait annoncé qu’un accord a été finalisé, je reste très sceptique. Comme nous l’avons vu avec les pourparlers commerciaux avec la Chine, toute discussion sur un » accord « devrait être prise circonspection, et je prévois que les tensions avec le Mexique reviendront d’ici quelques mois.

Le Mexique est le plus important partenaire commercial des États-Unis après la Chine et le Canada, et le troisième plus gros acheteur de biens américains. Une guerre commerciale avec le Mexique devrait être prise aussi au sérieux que la guerre commerciale avec la Chine.

Barrières douanières contre l’Inde : Les États-Unis mettent fin à leur statut commercial préférentiel avec l’Inde dans le cadre de la salve d’augmentation des barrières douanières, qui impose des droits de douane sur plus de 3 000 articles d’exportation différents qui étaient auparavant considérés comme étant en franchise de droits. L’Inde envisage maintenant d’éventuelles mesures de rétorsion et s’oriente depuis quelques années vers des liens économiques plus étroits avec la Chine. Ce mouvement pourrait les pousser dans le camp chinois. En passant, l’Inde et la Chine représentent ensemble environ un tiers de la population mondiale.

Barrières douanières contre l’Australie : Un allié clé dans la région du Pacifique, l’Australie, a été exempté des droits de douane sur les exportations d’acier et d’aluminium vers les États-Unis. Toutefois, l’administration Trump envisage de supprimer cette exemption, ce qui signifierait des droits de 10 % sur l’aluminium australien et des droits de 25 % sur l’acier australien. L’Australie ne représente qu’environ 6 % du marché américain de l’aluminium, mais les droits de douane pourraient être considérés comme une attaque contre un partenaire de longue date et comme une question de principe.

Trump offre un accord au Royaume-uni en cas de Brexit : J’ai prédit le résultat du vote pour le Brexit en 2016 en me basant sur une théorie – que ceux qui souhaitaient la globalisation se retiraient de l’ingérence réelle (par opposition à l’ingérence théâtrale) et permettaient aux « mouvements populistes » de prendre une place apparente dans l’arène politique. Pourquoi ? Pour qu’ils puissent ensuite faire s’effondrer la « bulle de tout » que les banques centrales ont créé, sur la tête de ces mêmes mouvements avant de les blâmer pour la catastrophe.

J’ai également prédit, sur la base de cette même théorie, que le Brexit aboutirait finalement à un scénario « sans accord », autrement dit un Brexit dur, dans lequel le Royaume-Uni quitterait l’UE sans un accord définitif sur le commerce futur. Jusqu’à présent, la théorie tient bon, avec Trump qui était de passage au Royaume-Uni, cherchant récemment à conclure un accord commercial entre les États-Unis et le Royaume-Uni si le Royaume-Uni se retire de l’UE. Cela place les deux plus grands mouvements « populistes » du monde en alliance directe, et si les deux se rejoignent économiquement, les livres d’histoire blâmeront sûrement leur protectionnisme commercial et leur nationalisme « ouvert » plutôt que les banques centrales qui ont causé l’instabilité financière en premier lieu.

Barrières douanières potentielles sur l’industrie automobile de l’UE : Cet événement plane sur les marchés comme un nuage noir depuis des mois, et avec l’accélération des dernières hausses des droits de douane en mai, on s’attend, cet été, à ce que Trump tire la sonnette d’alarme sur les exportations automobiles européennes [Allemande, NdT]. Le fait que Trump ait récemment courtisé le Royaume-Uni en tant que partenaire commercial étendu signale également l’imminence d’une guerre commerciale avec l’UE. Pour l’instant, de telles actions restent incertaines, mais le moment serait parfait pour les globalistes si l’UE devait entrer en conflit avec les États-Unis.

Le résultat de l’escalade commerciale sera la guerre économique globale
Si les États-Unis négociaient à partir d’une position de force économique, les barrières douanières pourraient être tout à fait logiques. Mais, comme la plupart des économistes alternatifs le savent bien, la force de l’économie américaine n’est rien de plus qu’une façade suspendue par un mince fil.

Les États-Unis ont besoin d’une vaste base manufacturière qui peut fournir des biens et des emplois directement au peuple américain afin de mener une guerre commerciale adéquate. Nous sommes beaucoup trop dépendants des importations étrangères et du secteur du commerce de détail. Cependant, les entreprises qui externalisent à l’étranger n’ont pas été incitées à ramener des emplois et des usines à l’étranger. Si Trump avait offert des réductions d’impôts des sociétés en échange d’un transfert de la production manufacturière sur les côtes américaines, cela aurait pu garantir la position des États-Unis en termes de barrières douanières, mais la guerre commerciale est menée à l’envers.

Nous entendons souvent dire que le consommateur américain est la plus grande ressource économique dont nous disposons et ce qui rend les marchés américains si attrayants pour les pays exportateurs étrangers. C’est la raison pour laquelle on nous a dit il y a un an que la Chine se plierait aux exigences américaines, ce qui, bien sûr, ne s’est pas produit. Le fait est que le marché de consommation américain est une fraude. La véritable ressource qui alimente notre secteur de la vente au détail est la dette ; la dette massive.

L’endettement des ménages américains n’a jamais été aussi élevé et un quart des Américains utilisent des cartes de crédit pour acheter des articles de première nécessité. Une grande partie du commerce de détail aux États-Unis repose sur l’expansion de la dette, et non sur la véritable richesse, et une fois que la dette dépassera la capacité des consommateurs de suivre le mouvement, le commerce de détail commencera à diminuer.

C’est probablement la raison pour laquelle, malgré l’augmentation des dépenses de crédit, l’ensemble des ventes au détail aux États-Unis diminuent en 2019. Si les consommateurs américains n’achètent pas plus de biens avec plus de crédit, où dépensent-ils leur argent ? La réponse probable est qu’ils s’endettent pour rembourser d’anciennes dettes. C’est exactement ce qui s’est produit juste avant le krach de 2008 et c’est encore le cas aujourd’hui.

Si le marché de consommation américain s’effondre, les exportateurs étrangers ne seront pas incités à capituler devant les exigences commerciales américaines.

Cela signifie que la guerre commerciale se poursuivra sans relâche. D’éventuelles opérations seront annoncées pour maintenir le public absorbé dans le chaos et pour éviter que les marchés boursiers ne chutent trop vite. Toutefois, comme nous l’avons vu avec la Chine, un accord commercial annoncé presque tous les mois pendant un an, ne garantit pas qu’un accord commercial sera mis en œuvre. Au fur et à mesure que cette situation traine en longueur, je m’attends à ce que le conflit entre les États-Unis et la Chine se transforme en un conflit global. Ce qui veut dire que les pays vont commencer à prendre parti.

Déjà, les États-Unis tracent des lignes de bataille en cherchant des alliances de guerre commerciale avec le Japon et la Corée du Sud. La question de savoir si cela porte ses fruits reste encore à déterminer. La longue querelle sanglante du Japon avec la Chine garantit presque que le Japon se rangera du côté des États-Unis dans une guerre économique, mais la Chine est l’un de leurs plus grands marchés d’exportation, et le conflit lui ferait du tort. La dépendance de la Corée du Sud à l’égard de la protection américaine contre la Corée du Nord fait également de leur participation un bon choix. Mais la plupart des autres pays s’éloignent des États-Unis depuis un certain temps.

La Russie et la Chine ont déjà conclu un pacte par le biais d’accords commerciaux bilatéraux. Certaines parties de l’Europe, dont l’Allemagne, ont tissé des liens économiques étroits avec la Chine au cours de la dernière décennie. J’ai beaucoup écrit sur cette relation en 2017 et j’ai prédit qu’en cas de crise économique globale, l’Allemagne et la Chine formeraient une alliance. Vladimir Poutine appelle une fois de plus ouvertement à l’abandon du dollar comme monnaie de réserve mondiale.

La plus grande partie de l’Asie du Sud sera sans aucun doute du côté de la Chine, car ces nations sont si interdépendantes avec l’économie chinoise qu’il serait impensable de les séparer. L’Australie dépend aussi beaucoup de la Chine comme marché d’exportation, et comme les droits de douane américains empoisonnent le puits, je crois que les Australiens sont beaucoup plus susceptibles de se ranger du côté de la Chine que des États-Unis dans une guerre commerciale. L’Inde est incertaine, mais encore une fois, avec la menace des barrières douanières américaines et le facteur de la proximité de la frontière, l’Inde va probablement se joindre aux Chinois.

L’option nucléaire, l’arme qui mettra inévitablement fin à la guerre commerciale et à l’économie américaine, est la vente de leurs dollars américains par plusieurs pays comme monnaie de réserve globale. La perte du statut de réserve écraserait notre capacité de créer de la dette sans conséquences. C’est le seul pilier qui reste pour soutenir la puissance économique des États-Unis, et ne vous y trompez pas, les globalistes sont parfaitement positionnés pour tirer profit de cet événement. L’introduction d’un nouveau système monétaire global lié au panier de droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI a été évoquée à maintes reprises par diverses élites, dont Mohamed El-Erian en 2017, qui a suggéré que le DTS pourrait être utilisé comme monnaie de réserve pour « combattre les dangers du nationalisme populiste ».

Le FMI s’est également montré très enthousiaste à l’égard de la technologie de la blockchain et des crypto-monnaies qu’il espère utiliser pour créer son propre système de monnaie numérique dans un proche avenir (il en a probablement déjà un). Une guerre commerciale globale est un scénario de rêve pour ceux qui veulent la globalisation, qui peuvent maintenant instituer une centralisation sans précédent comme « solution »tout en blâmant toutes les conséquences négatives sur la guerre, les événements fortuits et le zèle populiste.

Brandon Smith


La source originale de cet article est alt-market.com
Copyright © Brandon Smith, alt-market.com, 2019


Edité le 29-06-2019 à 12:48:04 par Xuan




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marquetalia
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   Posté le 29-06-2019 à 20:25:50   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

La plus grande partie de l’Asie du Sud sera sans aucun doute du côté de la Chine, car ces nations sont si interdépendantes avec l’économie chinoise qu’il serait impensable de les séparer. L’Australie dépend aussi beaucoup de la Chine comme marché d’exportation, et comme les droits de douane américains empoisonnent le puits, je crois que les Australiens sont beaucoup plus susceptibles de se ranger du côté de la Chine que des États-Unis dans une guerre commerciale. L’Inde est incertaine, mais encore une fois, avec la menace des barrières douanières américaines et le facteur de la proximité de la frontière, l’Inde va probablement se joindre aux Chinois. Voilà la réponse à mes questions sur l hypothétique signature d un traité de libre échange entre New Delhi et Pekin-cf l ouvrage"Sindia"sur un autre topic.


Edité le 29-06-2019 à 20:26:26 par marquetalia




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Xuan
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   Posté le 30-06-2019 à 23:10:47   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Recul de Trump sur l'affaire Huawei


Après avoir affirmé que Huawei menaçait la sécurité, Trump annonce que les entreprises US peuvent de nouveau commercer avec cette société lorsqu'elle ne "menace pas la sécurité". Il faut dire que les entreprises US avaient pris des chemins détournés et faisaient le forcing pour mettre fin aux interdictions.

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Sur le site Phone Android
Par Maxime Lancelin-Golbery , le 29 juin 2019 à 10:41 : D


Huawei : Donald Trump met fin au bannissement, ou presque


Après des semaines troubles, Donald Trump a finalement cédé : les entreprises américaines ont de nouveau le droit d’interagir avec et de vendre au constructeur chinois Huawei. Toutefois, ce dernier n’est pas encore sorti d’affaire.

Vous n’avez pas pu le rater ces dernières semaines : Huawei est en lutte avec le gouvernement américain. Concerné par le possible espionnage chinois, et en pleine opposition avec la Chine, l’administration Trump a intégré l’équipementier américain à sa « Entity List ».
Cette action a eu pour cause d’interdire la moindre interaction entre une entreprise américaine et le géant de la Tech chinois. Toutefois, à l’occasion d’une conférence de presse organisée lors du G20, Donald Trump est revenu sur sa décision.

Déblocage partiel de Huawei aux États-Unis

Comme le rapporte Bloomberg, le président américain a précisément déclaré :
« Les entreprises américaines peuvent vendre leur équipement à Huawei. Nous parlons d’équipement qui ne pose pas de grand problème de sécurité nationale » .

Pressé sur la question, alors que les entreprises américaines se sont organisées pour soutenir leur partenaire chinois, il a précisé dans sa prose habituelle :
« J’ai bien accepté de libérer nos entreprises — vous savez, les emplois, j’aime que nos entreprises vendent à d’autres personnes. Donc j’ai accepté qu’ils le fassent. Une chose très complexe. Pas facile — ce ne sont pas des choses faciles à faire. Peu d’entreprises sont capables de le faire, mais [ça représente] une somme colossale d’argent. Nos entreprises étaient vraiment en colère. Ces entreprises sont d’excellentes entreprises, vous les connaissez toutes. Mais elles n’étaient pas vraiment contentes avec ça. Mais nous avons libérés ça, parce que ce n’était pas de la sécurité nationale » .

Ainsi, tant que les produits vendus à Huawei ne sont pas considérés comme relevant de la sécurité nationale, les entreprises américaines sont libres d’interagir avec l’acteur chinois. Où Android se place là-dedans ? Difficile à dire pour le moment.

Huawei est toujours dans l’Entity List

Car oui : Huawei est toujours dans l’Entity List américaine, et n’est pas certain d’en sortir pour le moment. Il s’agit donc d’une concession plus que d’un retour à la normale.

Donald Trump a précisé que les discussions concernant le retrait de Huawei de l’Entity list se feront au cours des prochains jours. L’acteur tech chinois n’est plus le focus lors de ce G20 :
« Nous les autorisons à vendre. Mais nous avons accepté de laisser ça jusqu’à la fin. Huawei est une situation compliquée. Nous laissons ça de côté. Nous laissons Huawei jusqu’à la fin, et on verra. On verra où nous mène les accords d’échange [avec la Chine] » .

Le G20 était en effet attendu principalement dans le cadre de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, les analystes pensant qu’une solution serait trouvée lors de l’événement. Il semble bien que ce sera le cas, et que le cas Huawei ne sera pleinement discuté qu’après accord trouvé entre les deux parties.
Nous n’avons plus que quelques semaines voire jours à attendre pour connaître le fin mot de la situation.

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Huawei doit rester vigilant et investir dans la technologie même si les Etats-Unis lèvent l'interdiction

Par Chen Qingqing Source: Global Times Publié le 2019/6/30 20:23:39

http://www.globaltimes.cn/content/1156276.shtml
La société investit dans les technologies de base même si les Etats-Unis lèvent l'interdiction

Les États-Unis envisagent de lever l'interdiction frappant les Chinois Huawei Technologies et de permettre aux entreprises américaines de lui vendre des composants alors que les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis s'atténuent, mais les représentants de l'industrie ont exhorté le géant chinois de la technologie à rester vigilant et à continuer d'investir dans les technologies de base.

Le président américain Donald Trump a semblé assouplir son ton sur Huawei après que les hauts dirigeants américains et chinois se soient rencontrés au sommet du G20 au Japon samedi et aient conclu une trêve commerciale après une guerre de droits de douane qui dure depuis un an. Il a suggéré que les sociétés américaines vendent leur équipement à Huawei, et a indiqué qu'autoriser ces transactions ne présenterait pas de problème de sécurité nationale, a rapporté CNN samedi.

Le Département du commerce des États-Unis a inclus Huawei et ses filiales sur une liste d'entités en mai, limitant ainsi la vente ou le transfert de technologies américaines à la société chinoise. Cependant, il a par la suite émis une restriction temporaire d'assouplissement des licences de 90 jours et autorisé les entreprises américaines à prendre d'autres dispositions.

"La liste des entités américaines n'est pas une menace de mort pour nous" , a déclaré Ren Zhengfei, fondateur de Huawei, cité dans un document publié par la société samedi. Il a répété que la société était capable de fournir elle-même tous ses chipsets haut de gamme et qu'il lui faudrait peut-être un peu de temps pour trouver des pièces de remplacement pour une petite quantité de composants.
Il s’agit de la première déclaration publique publiée par Huawei après que Trump lui ait permis de continuer à acheter des produits à des fournisseurs américains, ce qui est largement considéré comme une concession majeure à la Chine.
Tous les problèmes techniques peuvent être facilement résolus, ce qui ne prend que du temps, a déclaré l'entrepreneur âgé de 76 ans. "Par exemple, la répression américaine vise trois composants. Nous sommes capables de trouver des solutions de rechange ou de les fabriquer nous-mêmes" , a-t-il déclaré, soulignant qu'il ne faisait aucun doute que rien ne pouvait être résolu.

"C'est une victoire pour la première phase de la bataille commerciale" , a déclaré Mei Xinyu, analyste chevronné proche du ministère du Commerce , au cours du week-end.

Les analystes ont ajouté que le relâchement des restrictions permettait également à Huawei de trouver du temps pour trouver des alternatives et accélérer le développement de ses propres technologies.
"Nous espérons que Huawei et tous ses fournisseurs et sous-traitants travailleront ensemble pour relever les défis des deux prochaines années" , a déclaré Mei.

Certains employés de Huawei ont été encouragés par le ton modéré des États-Unis, mais certains cadres supérieurs ont averti que la croissance et la prospérité à long terme de la société ne devraient pas dépendre de la clémence de Washington, mais de sa concentration sur la recherche et le développement.
"Il faudrait rester vigilant face aux demandes capricieuses des États-Unis" , a déclaré Xiang Ligang, directeur général de l'Alliance de la consommation de l'information basée à Beijing, au Global Times.

Pour Huawei, il est plus important de travailler sur ses propres technologies, allant des systèmes d'exploitation aux chipsets, a-t-il déclaré. Les restrictions imposées par les États-Unis et la réduction des chaînes d'approvisionnement nuisent beaucoup plus aux entreprises américaines, car beaucoup d'entre elles comptent énormément sur le marché chinois pour accroître leurs revenus.

On ignore si les autorités américaines vont revoir les mesures administratives qui empêchent les entreprises américaines de coopérer avec Huawei, et on ignore également quels produits causent des problèmes de sécurité nationale aux États-Unis, selon les analystes.

Ren est confiant à propos de Huawei, qui est maintenant fréquemment décrit comme un avion de combat gravement endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale et qui continue à avancer sur sa route.


Edité le 30-06-2019 à 23:24:54 par Xuan




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   Posté le 06-07-2019 à 07:51:34   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les Etats-Unis doivent supprimer tous les droits de douane supplémentaires pour parvenir à un accord avec la Chine


http://french.xinhuanet.com/2019-07/05/c_138201394.htm

(Xinhua/Jin Liangkuai)

BEIJING, 5 juillet (Xinhua) -- Etant donné que les frictions économiques et commerciales entre la Chine et les Etats-Unis ont été provoquées par les droits de douane supplémentaires imposés aux produits chinois par les Etats-Unis, tous ces droits doivent être supprimés pour que les deux pays parviennent à un accord, a déclaré jeudi le ministère chinois du Commerce.

En marge du sommet du G20 d'Osaka qui vient de se terminer, les chefs d'Etats chinois et américain ont convenu de reprendre les consultations économiques et commerciales sur la base de l'égalité et du respect mutuel. Et les Etats-Unis ont déclaré qu'ils n'imposeraient pas de nouveaux droits de douane sur les produits chinois.

Les négociateurs de la Chine et des Etats-Unis sont actuellement en contact, a déclaré Gao Feng, porte-parole du ministère du Commerce, lors d'une conférence de presse.
"La Chine est fermement convaincue que les frictions économiques et commerciales sino-américaines doivent être résolues par le dialogue et les consultations sur un pied d'égalité" , a indiqué M. Gao. "La Chine se félicite du fait que les Etats-Unis n'imposeront pas de nouveaux droits de douane sur les produits chinois afin d'éviter une nouvelle escalade des frictions."

Commentant l'argument de la partie américaine selon lequel le futur accord commercial devrait être favorable aux Etats-Unis, M. Gao a déclaré que l'essence de la coopération économique et commerciale sino-américaine était le bénéfice mutuel et la coopération gagnant-gagnant.
"Si un accord peut être conclu, il doit être équilibré, égal et mutuellement bénéfique, et les préoccupations fondamentales de la Chine doivent être convenablement prises en compte" , a déclaré M. Gao.

A propos de l'affirmation de la partie américaine selon laquelle la Chine accepte d'acheter de grandes quantités de produits agricoles américains, M. Gao a affirmé que la Chine et les Etats-Unis étaient fortement complémentaires dans le commerce agricole et avaient un énorme champ de coopération.
"Affecté par les frictions économiques et commerciales sino-américaines, le commerce agricole entre les deux pays a souffert d'un déclin, ce que nous ne voulons pas voir" , a indiqué M. Gao.
"Le commerce des produits agricoles est une question importante qui doit être discutée" , a poursuivi M. Gao. "Nous espérons que les deux parties partirons des intérêts fondamentaux des deux peuples et trouveront une solution au problème sur la base de l'égalité et du respect mutuel."

M. Gao a exprimé l'espoir que les deux parties suivront les instructions données lors de la réunion des chefs d'Etats des deux pays, répondront aux préoccupations raisonnables de chacun sur la base de l'égalité et du respect mutuel et rechercheront des solutions mutuellement bénéfiques et gagnant-gagnant pour créer un environnement commercial et d'investissement stable et prévisible pour les entreprises des deux pays et du reste du monde.
"Cela n'est pas seulement dans l'intérêt de la Chine et des Etats-Unis et de leurs peuples, mais aussi l'attente de la communauté internationale" , note M. Gao.

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   Posté le 10-07-2019 à 20:33:44   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Affaire Huawei :

Suite à la trêve de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine par le président Donald Trump lors du sommet du G20, l’administration Trump vient d’annoncer un assouplissement des restrictions imposées aux entreprises américaines qui souhaitent travailler avec Huawei, affirmant que l’interdiction ne s’appliquerait qu’aux produits liés à la sécurité nationale. Cette décision marque donc une victoire majeure pour les entreprises technologiques américaines qui ont dernièrement mis beaucoup de pression sur le gouvernement américain pour continuer à travailler avec Huawei.
https://www.frandroid.com/marques/huawei/608003_les-etats-unis-annoncent-un-assouplissement-important-de-linterdiction-de-huawei

Finalement... Huawei aide au déploiement de la 5G de quatre opérateurs britanniques
Christelle Perret
09 juillet 2019
https://www.clubic.com/5G/actualite-863255-huawei-aide-deploiement-5g-4-operateurs-britanniques.html

Sans surprise, le constructeur chinois Huawei est déjà impliqué dans la construction de réseaux 5G pour quatre opérateurs britanniques. Toutefois, le gouvernement britannique pourrait décider d'une restriction partielle à totale concernant Huawei.
Cela coûterait plus de 7,5 milliards d'euros à l'économie et entraînerait jusqu'à deux ans de retard dans la disponibilité de la technologie. Un scénario assez peu probable, tandis que Donald Trump assouplit sa position vis-à-vis de la société chinoise. Le gouvernement britannique est dans une situation délicate alors que le Royaume-Uni ambitionne de devenir un leader mondial de la 5G.

Huawei engagé auprès de quatre opérateurs britanniques

Au mois de mai, Donald Trump a ordonné que Huawei soit considéré comme une menace pour la sécurité nationale, conduisant les entreprises américaines à prendre leurs distances avec le constructeur chinois. Les Etats-Unis ont aussi fait pression sur d'autres pays afin qu'ils cessent d'utiliser les équipements de Huawei, notamment auprès de leurs alliés, avec lesquels ils envisagent même de cesser le partage d'informations classifiées s'ils poursuivent leurs relations avec l'entreprise chinoise.

Voici donc une révélation qui pourrait exacerber les tensions entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis. En effet, Huawei construit les réseaux 5G de six villes où l'opérateur Vodafone a été mis en service. Également, il participe aux chantiers de centaines de sites 5G pour l'opérateur EE. Enfin, le constructeur chinois a remporté les contrats pour construire les réseaux 5G des opérateurs Three et O2. Et le gouvernement britannique n'a pas encore pris position pour interdire ces travaux de l'entreprise chinoise.

Une restriction coûterait deux ans de retard et plus de 7,5 milliards d'euros

Huawei a déjà signé pour la construction de 50 réseaux 5G partout dans le monde, pour environ 150 000 stations de base. Le Royaume-Uni s'est fixé comme objectif d'être un leader mondial de la 5G. Cependant, une restriction partielle à totale sur Huawei pourrait entraîner 18 à 24 mois de retard de disponibilité pour la 5G. Mais aussi un coût estimé entre 5 et 7,6 milliards d'euros. Et donc, l'incapacité pour le pays d'atteindre son objectif.

Selon Matthew Howett, fondateur et analyste chez Assembly, « les opérateurs utilisent tous Huawei dans une certaine mesure - ils en sont très satisfaits. Le gouvernement a d'énormes ambitions pour la 5G et ce qu'elle peut apporter à l'économie, et une mauvaise décision fondée sur la politique pourrait sérieusement empêcher que cela devienne une réalité » .
Il rappelle également qu'au mois de décembre, le réseau 4G de l'opérateur O2, basé sur la technologie de la société suédoise de télécommunications Ericsson, s'est arrêté pendant 24 heures, impactant 30 millions d'utilisateurs. « Si nous avions interdit Huawei et que tout le monde utilisait Ericsson, nous aurions eu une journée sans couverture mobile, sur n'importe quel réseau » . Et puisque Donald Trump semble assouplir sa position vis-à-vis de Huawei, ce dernier devrait finalement bel et bien poursuivre le déploiement du réseau 5G au Royaume-Uni.

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Contrairement aux Etats-Unis, la Chine ne cherche jamais à devenir un leader mondial

Par Xu Hailin Source: Global Times Publié le: 2019/7/28 20:28:39

http://www.globaltimes.cn/content/1159492.shtml
Michael Pillsbury, l'un des conseillers du président américain Donald Trump, a déclaré jeudi devant le Conseil de l'Atlantique du Conseil de réflexion basé à Washington DC que "la compétition pour empêcher à jamais la Chine de devenir le numéro 1 mondial est primordiale pour Trump" , a déclaré le président. sur le site chinois Voice of America (VOA).

La Chine ne cherche jamais à être un chef de file mondial, mais elle ne sera jamais non plus un vassal des États-Unis ou ne cessera jamais de se développer simplement parce qu'elle mène dans certains domaines. Empêcher la Chine de prendre la tête du monde dans le monde est une supposition pieuse des États-Unis dans leurs propres domaines, ce qui suggère que la Chine fera tout ce que les États-Unis demanderont et espéreront de faire. C'est définitivement impossible.

Actuellement, dans certains domaines, la Chine a réalisé des progrès et même conduit le monde. La Chine réduit l'écart avec les États-Unis dans certains domaines et accroît son influence. L'expérience de la Chine en matière de développement est également saluée par de nombreux pays en développement. Ceci est le résultat du développement rapide de la Chine au cours des dernières décennies, plutôt que de celui acquis par l'expansion coloniale, à l'instar des pays occidentaux.

L'investissement de la Chine dans la recherche et le développement (R & D) en est une preuve éloquente. Entre 2003 et 2013, la Chine a dominé le monde en termes de croissance annuelle des dépenses de R & D, avec une moyenne de 19,5%. En 2018, la Chine a consacré un montant record de 370,6 milliards de dollars à la RD - en parité de pouvoir d'achat - au deuxième rang mondial après les États-Unis, réduisant ainsi l'écart.

En fait, ce n’est pas la Chine ni certains autres pays qui veulent faire concurrence aux États-Unis pour occuper la position de numéro un mondial. Ce sont les États-Unis qui craignent toujours que leur position de leader ne soit pas assez solide. Cependant, Washington refuse d’attribuer la cause à ses propres défauts mais plutôt au développement d’autres pays, qui, dit Trump, "profitent de l’Amérique".

Telle étant cette idée, il est compréhensible que les États-Unis aient lancé une guerre commerciale contre la Chine, supprimé les privilèges commerciaux conférés par le Système généralisé de préférences pour l'Inde et ouvert une enquête au titre de l'article 301 de la taxe sur les services numériques du gouvernement français. Ces actions irresponsables et capricieuses ont porté atteinte à la réputation des États-Unis sur la scène internationale, ont ébranlé son statut et affecté son influence dans le monde.

Après la prise de fonction de Trump et le maintien de sa politique America First, les États-Unis semblaient avoir abandonné la voie du développement rationnel et équitable pour adopter un régime puéril de tarif et utiliser les sanctions comme une arme conventionnelle. L’administration Trump veut rendre l’Amérique encore une fois grande, mais elle force d’autres pays à sacrifier leurs propres intérêts pour la grandeur des États-Unis. Washington devrait envisager de changer ses gestes en tant que leader mondial.

Le système international a été construit par les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale. Il a rempli le complexe de sauveurs que les États-Unis avaient et ont toujours. À mesure que la mondialisation se développe, la structure du monde évolue, ce qui exige une réforme du système international existant afin de s'adapter aux caractéristiques de la nouvelle ère. Le système mondial ne doit pas être un outil de profit, mais un cadre et une garantie pour le développement partagé de l’humanité.

C'est la raison pour laquelle la Chine s'efforce de réformer le système et l'ordre internationaux, plutôt que la prétendue ambition de dépasser les États-Unis. Une telle incompréhension de la Chine découle d'une fausse affirmation, qui conduira donc à des arguments et à des conclusions biaisés.

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Guerre commerciale Chine-USA : cette fois, les consommateurs seront impactés

Publié le 02/08/2019 à 7h08 par SudOuest.fr avec AFP.

https://www.sudouest.fr/2019/08/02/guerre-commerciale-chine-usa-cette-fois-les-consommateurs-seront-impactes-6406428-705.php

Une nouvelle taxe de 10% devrait s’appliquer dès le 1er septembre sur plus de 300 milliards de dollars de marchandises chinoises. Elle concerne tous les produits finis importés de Chine, dont les prix pourraient s’envoler.

Les précédents droits de douane établis par le président Donald Trump dans la guerre commerciale sino-américaine avaient peu affecté les consommateurs. Il en ira bien autrement avec ceux annoncés jeudi.
"Cela touche les consommateurs frontalement" , a estimé Steve Pasierb, le président de la Toy Association (fédération du jouet), dans un entretien. "Il s’agit de produits finis, pas de matériau brut" .
Les nouveaux droits de douane, une taxe de 10% sur 300 milliards de dollars de marchandises chinoises, doivent entrer en vigueur le 1er septembre, selon Donald Trump. Ils devraient concerner à peu près tous les produits finis importés de Chine.

Quels produits seront concernés ?
Pêle-mêle : les sèche-cheveux, les baskets, les téléviseurs à écran plat, les robes de mariée et autres vêtements pour occasions spéciales.
La perspective de tels droits de douane élargis plane sur les détaillants depuis des mois. Elle est perçue comme une "issue croque-mitaine" par certains dans les secteurs en prise directe avec les consommateurs.
Dans une série de tweets, Donald Trump, qui brigue un deuxième mandat, a annoncé que son administration allait infliger, à compter du 1er septembre, "de petits droits de douane supplémentaires de 10% sur les 300 milliards de dollars" d’importations chinoises jusque-là épargnées.
Mais il a aussi prévenu qu’il pourrait augmenter "bien plus encore" les tarifs douaniers sur les produits chinois si Pékin n’acceptait pas les exigences américaines. Il a ainsi évoqué la possibilité d’aller "bien au-delà de 25%" .

Le commerce de détail touché
De grands groupes commerciaux ont également critiqué l’initiative du président américain.

"Nous soutenons l’objectif de l’administration de restructurer la relation commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Mais nous sommes déçus que l’administration s’appuie sur une stratégie erronée de taxes douanières" , a dit le premier vice-président de la Fédération nationale de la vente au détail, David French.
"Ces droits de douane supplémentaires ne feront que menacer les emplois américains et augmenter le coût de biens de consommation courante pour les familles américaines"
"Des représailles tarifaires, qu’elles soient de 10 ou 25%, sont de mauvaise politique" , affirme pour sa part Gary Shapiro, président de la fédération des consommateurs de technologie.
"Les droits de douane sont des taxes payées par les consommateurs américains, pas par le gouvernement chinois. Ces représailles tarifaires ne font pas une politique commerciale efficace et pourraient violer la loi américaine" .

Les entreprises dévissent en bourse
Les actions des détaillants ont fortement chuté jeudi, les baisses les plus importantes affectant Best Buy, Target et Macy’s. A un moindre degré, Apple et Nike y ont aussi perdu des plumes.
Les actions des géants Amazon et Walmart ont également baissé, mais moins que la plupart de leurs concurrents car ils sont perçus comme ayant plus de poids auprès de leurs fournisseurs.
La décision de jeudi pourrait menacer les dépenses de consommation aux Etats-Unis, un pilier de l’économie américaine et mondiale, qui a continué d’afficher de solides performances.


_____________________


Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/donald-trump-annonce-10-de-tarifs-douaniers-sur-les-300-milliards-d-importations-chinoises-20190801

...Avec ces taxes, ce sont près de la quasi-totalité des importations chinoises qui se retrouvent concernées, après les 25% de taxes imposés déjà sur 250 milliards de produits. Mais cette fois, les droits de douane supplémentaires concernent des biens de consommation courante, tels que l’électroménager et les produits agroalimentaires, laissant ainsi présager une hausse des prix dans les mois à venir.

En attendant, l’annonce surprise du président a fortement déstabilisé les marchés, qui redoutent l’impact sur l’économie américaine. Wall Street a terminé nettement dans le rouge jeudi soir, son indice vedette, le Dow Jones, reculant de 1,05% et le Nasdaq de 0,79%. Le S&P 500 a pour sa part lâché 0,90%. Vendredi matin, l'ambiance était aussi maussade sur les marchés asiatiques. La Bourse de Tokyo perdait 2,32% dans la matinée, les Hong Kong reculait de 2,11% au même moment et Shanghai de 1,70%. Même constat morose en Europe, où la Bourse de Paris a perdu 2,34% à l'ouverture, celle de Londres 1,5% et celle de Francfort 2,03%. L'automobile et les matières premières ont été les secteurs les plus frappés par cette baisse....


Edité le 02-08-2019 à 19:08:32 par Xuan




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   Posté le 06-08-2019 à 23:52:56   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Guerre commerciale : la Chine laisse chuter le yuan et les marchés dévissent


Publié le 05/08/2019 à 21h40 par SudOuest.fr avec AFP.

https://www.sudouest.fr/2019/08/05/guerre-commerciale-la-chine-laisse-chuter-le-yuan-et-les-marches-devissent-6416096-4803.php



Le bras de fer entre Donald Trump et Xi Jinping se poursuit. FRED DUFOUR AFP OR LICENSORS
La décision de la Chine de laisser chuter sa devise vis-à-vis du dollar lundi, en pleine guerre commerciale entre Pékin et Washington, a provoqué une tempête sur les marchés financiers et la colère de Donald Trump, qui a dénoncé une nouvelle fois la manipulation du yuan.

La monnaie chinoise a franchi le seuil symbolique des 7 yuans pour un dollar, ce lundi, un seuil qui n’avait pas été enfoncé depuis 9 ans. Dans la nuit de dimanche à lundi, l’agence officielle Chine nouvelle a, de plus, annoncé que les entreprises chinoises avaient cessé d’acheter des produits agricoles américains.

Cette décision fait suite à la menace de Donald Trump d’imposer des droits de douane supplémentaires à la quasi-totalité des importations chinoises à compter du 1er septembre.

La dépreciation du yuan a entraîné, sans surprise, une vive réaction du président américain qui a dénoncé une "manipulation de la monnaie". "Cette violation majeure affaiblira considérablement la Chine avec le temps" , a-t-il tweeté.

" La Chine a l’intention de continuer à toucher des milliards de dollars pris aux Etats-Unis grâce aux pratiques commerciales déloyales et à la manipulation de la monnaie" , a encore ajouté le président.

A 20h25 (14h25 locales à New York) à Wall Street qui, comme l’ensemble des marchés mondiaux était fortement chahutée lundi, le Dow Jones perdait plus de 3%.
A l’ouverture de Wall Street, le yuan onshore est tombé vers 15h15 jusqu’à 7,0536 yuans pour un dollar, un niveau plus vu depuis 2008.
Le yuan offshore, plus libre, a atteint en début des échanges asiatiques 7,1114 yuans pour un dollar, pour la première fois depuis 2010.
La monnaie chinoise n’est pas entièrement convertible et la Banque centrale chinoise fixe chaque jour un taux pivot, qui s’inscrivait lundi à 6,9225 pour un dollar, en repli de 0,33% par rapport à vendredi.

Mais les marchés jouaient le yuan à la baisse, le faisant tomber jusqu’à près de 7,11 yuans pour un dollar en début de journée, avant un redressement laissant supposer que la Banque centrale serait intervenue pour calmer les marchés.
Dans un communiqué, l’institution a assuré avoir "l’expérience, la confiance et la capacité de maintenir le taux de change du yuan à un niveau raisonnable et équilibré" .

7,30 yuans pour un dollar ?

La Chine et les Etats-Unis sont engagés depuis plus d’un an dans un bras de fer commercial qui s’est traduit par l’imposition réciproque de droits de douane punitifs sur plus de 360 milliards de dollars d’échanges annuels.
Une baisse du yuan favorise les exportations chinoises et atténuerait l’impact de la hausse des droits de douane américains sur les produits chinois.

"Le gouvernement chinois peut être tenté d’autoriser une dépréciation supplémentaire du yuan pour soutenir sa croissance" au moment où les perspectives économiques du géant asiatique s’assombrissent du fait de la guerre commerciale, estime Ken Cheung, stratège à Mizuho Bank.
Pékin s’efforçait jusqu’ici de soutenir sa monnaie "pour ne pas compromettre" les pourparlers commerciaux avec les Etats-Unis, relève Julian Evans-Pritchard, du cabinet Capital Economics.
Le Trésor américain s’est d’ailleurs refusé plusieurs fois, après enquête, à accuser la Chine de manipuler sa monnaie. Interrogés lundi sur le niveau du yuan, les services du Trésor n’ont pas fait de commentaires.
Mais laisser filer la devise sous les 7 yuans montre que les autorités chinoises "ont pratiquement abandonné tout espoir d’un accord commercial" avec Washington, estime Evans-Pritchard.

Donald Trump a relancé jeudi la guerre commerciale contre Pékin en annonçant son intention d’étendre des droits de douane supplémentaires à la quasi-totalité des importations en provenance de Chine à compter du 1er septembre.

La Chine suspend ses achats de produits agricoles américains
Les Etats-Unis reprochent à la Chine d’être largement responsable de leur énorme déficit commercial. Ils réclament à Pékin des réformes structurelles pour interdire par exemple les subventions aux entreprises publiques, les transferts de technologie imposés aux entreprises étrangères et le "vol" de la propriété intellectuelle américaine. Ils exigent aussi l’achat de davantage de produits américains, notamment agricoles.
Mais en représailles aux dernières menaces de Donald Trump, Pékin a demandé à ses entreprises publiques de cesser l’achat de produits agricoles américains.
Dans sa riposte à Washington, la Chine viserait ainsi les agriculteurs américains, très dépendants du marché chinois et qui constituent une importante base électorale pour Donald Trump à l’approche de la présidentielle de 2020.
La Chine "n’écarte pas temporairement la possibilité d’imposer des droits de douane supplémentaires sur les produits agricoles américains pour les transactions conclues après le 3 août, et les compagnies chinoises concernées ont cessé d’acheter des produits agricoles américains" , a rapporté Chine nouvelle, citant le ministre du Commerce et la Commission nationale du développement et des réformes.


Edité le 06-08-2019 à 23:59:06 par Xuan




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   Posté le 07-08-2019 à 19:53:29   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un article de l'Humanité sur le sujet :


GUERRE ÉCONOMIQUE. LES RISQUES POUR LE MONDE DE "L’AMÉRIQUE D’ABORD"


https://www.humanite.fr/guerre-economique-les-risques-pour-le-monde-de-lamerique-dabord-675624

Mercredi, 7 Août, 2019
La stratégie de Donald Trump d’affrontement commercial et monétaire avec la Chine attise les tensions économiques et diplomatiques. Pékin riposte tout en refusant une escalade. Décryptage.

Droits de douane augmentés sur les produits chinois importés par les États-Unis, monnaie chinoise dévaluée en réaction, Bourses mondiales fébriles sur fond d’accumulation historique de liquidités, d’argent quasi gratuit et de "bulles" gorgées comme jamais : en déclenchant une nouvelle étape de la guerre commerciale, Donald Trump a craqué une allumette au-dessus de multiples barils de poudre. Comment, pourquoi et jusqu’où ?

1 Pourquoi Donald Trump a-t-il repris la guerre commerciale ?
Dès son entrée en fonction, Donald Trump a tenté d’extorquer, mesures punitives à l’appui, aux principaux partenaires commerciaux, à commencer par la Chine, un nouveau mode de relations commerciales, dans l’espoir de passer avec chacun d’entre eux un nouveau "deal" plus bénéfique pour les États-Unis.

Pourquoi à ce moment-là ? Trump a sans doute interprété la décision de la FED de baisser les taux d’intérêt comme un alignement de la banque centrale, pourtant indépendante, sur ses desiderata politiques. Elle ferait bien de même en cas de nouvelle guerre commerciale qu’il déclenche aussitôt en annonçant l’établissement de nouveaux droits de douane sur des produits chinois au point que ceux-ci "ont retrouvé les niveaux que nous associons avec le protectionnisme d’avant les années 1930" , selon Paul Krugman, prix Nobel d’économie.

Mais la guerre commerciale relève principalement de l’argument de campagne électorale permanente qu’entretient Trump. Il sait que sa réélection tient aux quelques dizaines de milliers d’électeurs qui l’ont fait roi dans trois États du Midwest, sensibles à sa rhétorique de nationalisme économique ("America First").

2 Le "protectionnisme" de Trump favorise-t-il l’emploi américain ?
Les politiques commerciales de Donald Trump sont frappées du sceau du "protectionnisme" ; tous les indicateurs de l’économie sont au vert, donc le nationalisme économique a engendré une nouvelle phase de croissance : voilà le dernier sophisme à la mode.

Si le président en exercice ne valorise pas outrageusement (ce qui ne correspond évidemment pas à son caractère) l’apparente bonne santé de l’économie, c’est aussi parce que les Américains savent ce qui se cache derrière : l’accentuation des inégalités sociales et la faiblesse de la mobilité sociale. Quant aux mesures virilement annoncées de protectionnisme, leur effet concret apparaît nul, voire contre-productif. Le fardeau de l’augmentation des tarifs douaniers ne pèse pas sur la Chine mais sur les consommateurs américains. Les entreprises voient le coût des "biens intermédiaires" s’alourdir. Par ailleurs, la guerre commerciale entraîne des représailles qui minent les exportations américaines. Enfin, ce qui n’est plus importé de Chine l’est du Vietnam. Au final, le déficit commercial des États-Unis continue de se creuser.

3 La Chine a-t-elle manipulé sa monnaie ?
Depuis lundi, la guerre commerciale lancée par Donald Trump a entraîné celle de la monnaie. Pour la première fois depuis onze ans, la valeur de la devise chinoise a dévissé au point de franchir un seuil symbolique de 7 yuans pour 1 dollar. Contrairement à ses habitudes, la Chine a laissé jouer le marché. Habituellement, sa banque centrale intervient pour soutenir sa monnaie lorsque son cours fluctue au-delà des 2 %. C’est d’ailleurs ce qu’elle a fait dès le lendemain, mardi, en intervenant sur le taux pivot – la devise n’étant pas totalement convertible. Pékin s’est défendu de vouloir utiliser l’arme monétaire dans la guerre commerciale. La baisse de la valeur du yuan permet à la Chine de faire baisser le prix de ses produits vendus en dollars et donc d’absorber les droits de douane supplémentaires. Reste que la deuxième puissance mondiale a envoyé un sérieux avertissement : elle dispose des moyens de "résister", pour reprendre les propos du président chinois Xi Jinping. "En dévaluant de façon temporaire, ils ont montré habilement de quoi ils pourraient être capables" , confirme l’économiste et membre du conseil scientifique d’Attac Dominique Plihon. D’autant que le pays, grâce à ses excédents commerciaux, est assis sur une montagne de dollars. Il peut donc intervenir et fixer la valeur du yuan comme et quand il le souhaite.

4 Une guerre perdant-perdant pour Pékin et Washington ?
Les deux principales puissances économiques mondiales n’ont aucun intérêt à se lancer dans une telle escalade. Même si Xi Jinping assure que "le navire de l’économie chinoise (peut) affronter les vagues", en enregistrant une croissance de 6,2 % au second trimestre, soit sa plus faible performance depuis vingt-sept ans, la Chine a montré que sa situation économique se dégradait. D’ailleurs, le premier ministre Li Keqiang a appelé la semaine dernière à prendre davantage de mesures pour soutenir l’emploi et prévenir "les risques de licenciements massifs et de chômage".
"La Chine est d’autant plus vulnérable qu’elle est très ouverte, (les États-Unis étant le premier débouché de ses exportations – NDLR) même si, depuis la crise de 2008, elle tente de changer son modèle de croissance, en mettant davantage l’accent sur la consommation intérieure"
, analyse Dominique Plihon. En jouant sur le yuan, la Chine prendrait également le risque de perdre des investisseurs, ce qui pourrait freiner son développement.

Les stratégies de Donald Trump pourraient également se retourner contre son pays. "Les États-Unis sont en fin de cycle économique. Après neuf ans de croissance, celle-ci devrait également s’essouffler" , estime David Cayla, maître de conférences à l’université d’Angers et membre des Économistes atterrés. Depuis quelques mois, les économistes entrevoient un ralentissement. Dans de nombreux secteurs, la politique commerciale agressive aura des effets négatifs. Dans l’agriculture par exemple, Pékin a d’ailleurs suspendu tous ses achats de produits agricoles américains et n’exclut pas d’imposer des taxes sur l’importation de produits agricoles issus des États-Unis et achetés après le 3 août. Dans l’industrie, la Chine est le premier sous-traitant des entreprises américaines. L’augmentation du prix des biens intermédiaires chinois entraînerait un renchérissement des produits finis américains, une baisse des exportations, une baisse de production et in fine une hausse du chômage.

5 La croissance mondiale est-elle menacée ?
L’affaiblissement de ces deux puissances accentuerait le ralentissement de la croissance mondiale. Depuis plusieurs mois, les institutions internationales comme le FMI et l’OCDE alertent et revoient à la baisse leurs prévisions en la matière. Dans sa note de conjoncture, le FMI constatait mi-juillet que l’évolution des échanges commerciaux stagnait à 0,5 % au premier trimestre et qu’elle ne devrait pas dépasser les 2,5 % en 2019, contre 5,5 % en 2017. Dans ce contexte morose, les Européens seront les premières victimes. La crise industrielle allemande, totalement dépendante de ses exportations, en est révélatrice. "L’effet de l’augmentation des droits de douane pourrait être amplifié dans la mesure où une proportion importante de marchandises passe les frontières à de multiples reprises au cours du processus de production" , avait également averti en juin le président de la BCE. Mais, surtout le climat d’incertitude pourrait créer une rupture du cycle de croissance. Les entreprises, par exemple, en manque de visibilité préféreront reporter leurs investissements ou les embauches prévues, au risque de gripper la machine.

6 Y a-t-il un risque de krach financier ?
La tempête semblait s’éloigner, mardi, sur les places financières, après l’annonce du patron de la banque centrale chinoise, Yi Gang, d’une stabilisation du yuan. Mais le fort tangage des Bourses mondiales de ces derniers jours a rappelé combien la planète était à la merci d’un nouveau krach majeur semblable à celui de 2008, alors que les bulles spéculatives se sont reformées, comme en témoignent les records battus, semestre après semestre, par les principaux indices.
Un tel scénario noir pourrait-il se produire, plongeant le monde dans une nouvelle crise ? Personne ne peut le dire à l’avance. Mais les signaux d’alerte se sont allumés dès l’annonce des mesures de Trump. La réplique de Pékin a amplifié la crispation des marchés. Le CAC 40 avait perdu 300 points (– 5 %) entre le 1er et le 6 août, et le Nasdaq américain 500 points (– 6 %).

Si l’accès de panique est passé, de nombreux voyants restent au rouge vif. L’excès de monnaie déversée sans contrepartie par les banques centrales à des taux historiquement bas pour soutenir à tout prix l’investissement et l’inflation, surfant sur l’illusion d’une ère sans fin d’ "argent gratuit" . Ce qui favorise le gonflement des bulles boursières déconnectées du réel, tandis que les leviers budgétaires publics restent grippés et que la fin du cycle de croissance guette aux États-Unis. "Pour une crise financière il faut un terrain favorable : beaucoup de liquidités, un ralentissement de l’activité, et un choc, une étincelle. La dévaluation du yuan pourrait provoquer ce choc sur le marché des changes et entraîner cela" , met en garde l’économiste Dominique Plihon.

7 Pourquoi l’Europe est-elle aux abonnés absents ?
Prise au dépourvu par le krach économique et financier en 2008, l’Europe est censée avoir tiré les enseignements de cette période noire, avec un arsenal anticrise renforcé grâce à la mise sur pied de l’union bancaire et de mécanismes budgétaires destinés à assurer la solidarité de ses États dans la tempête. Mais au moment où une nouvelle menace surgit, ses dirigeants paraissent singulièrement manquer de voix et d’initiative pour la contrer. «L’Union européenne n’a pas trouvé de moteur interne pour compenser la baisse de ses exportations. Elle n’a ni politique économique, ni politique commerciale. Même si elle signe des accords de libre-échange dangereux, elle laisse passer les trains» , estime l’économiste David Cayla.

Du fait, notamment, de la dépendance aux exportations de l’Allemagne, première économie de l’UE, toute nouvelle restriction du commerce mondial risquerait d’entraîner le continent dans la récession. Une tragédie, alors que la croissance, poussive en comparaison des États-Unis, fait l’objet d’un soutien aussi massif que son efficacité est contestable de la part de la Banque centrale européenne (BCE). Avec un curseur bloqué en position maximum en matière de rachats de dette et de baisse des taux d’intérêt, la BCE n’a plus de marge de manœuvre pour réagir en cas de survenue d’un nouveau choc, tandis que les États sont prisonniers de dogmes qui empêchent toute réelle politique de relance. Pour Dominique Plihon, «les mesures qu’a prises la BCE pour endiguer la crise de 2008 ont créé les conditions d’une nouvelle crise. Quant aux États, ils restent dans un attentisme coupable face aux salaires trop faibles et aux immenses besoins d’investissements dans la transition écologique et les services publics» .

Sébastien Crépel, Christophe Deroubaix et Clotilde Mathieu

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La Chine suspend l’achat de produits agricoles américains
© REUTERS / Jason Lee

10:02 05.08.2019
https://fr.sputniknews.com/economie/201908051041867195-la-chine-suspend-lachat-de-produits-agricoles-americains/?fbclid=IwAR03qi7SVCj4YxA3Rc-JUrPGiidP6FZFCRL445glv7m6s58hWXMKXMea7oQ

Dans le cadre de la guerre commerciale qui bat son plein entre les États-Unis et la Chine, Pékin a ordonné la suspension des importations de produits agricoles américains suite à l’imposition par Donald Trump de nouveaux droits de douane sur les importations chinoises, selon Bloomberg.

Le gouvernement chinois a ordonné aux compagnies nationales de suspendre les importations de produits agricoles américains, relate le 5 août l’agence Bloomberg se référant à des sources informées.

La Chine a ainsi réagi à une nouvelle escalade de la guerre commerciale initiée par Donald Trump la semaine dernière.
Le Président Trump a proposé d’imposer, à compter du 1er septembre, des droits de douane de 10% sur les 300 milliards de dollars (270 milliards d'euros) d’importations chinoises jusqu'ici épargnées, intensifiant ainsi brutalement la guerre commerciale entre les deux plus grandes économies mondiales peu après la reprise des négociations.

Fin de la trêve
Les fonctionnaires chinois ont été stupéfaits par l’annonce du Président américain, selon des responsables impliqués dans les négociations cités par l’agence. Cette annonce a de fait mis fin à la trêve que les deux pays respectaient depuis la fin juin dans leur conflit commercial, ajoute l’AFP.

Donald Trump a plus d’une fois déclaré que la Chine n’augmente pas les importations de produits agricoles en provenance des États-Unis, ce qui, selon lui, avait été promis par le Président Xi Jinping lors de leur rencontre au sommet du G20 à Osaka, au Japon.

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   Posté le 09-08-2019 à 09:12:46   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur le site faire vivre :


« Les Américains ne sortiront pas gagnants de l’affrontement avec la Chine »


Interview de Jean-Claude Delaunay par l’Humanité

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À l’horizon 2050, la Chine espère se propulser au premier rang économique mondial. Notre camarade Jean-Claude Delaunay, économiste vice-président de la World Association for Political Economy, livre au journal l’Humanité les clés d’une économie chinoise en pleine mutation.

L’Humanité : Comment analyser la guerre commerciale qui agite actuellement la Chine et les États-Unis ?

Jean-Claude Delaunay : Les États-Unis semblent découvrir avec cinq ans de retard la stratégie chinoise de « nouvelle normalité ». Il ne s’agit pas seulement de parvenir à des progrès sociaux, mais au développement des forces productives : Internet, électronique, intelligence artificielle, développement de la 5G… Washington prend peur. Je crois qu’il s’agit bien d’une guerre parce que les États-Unis craignent de perdre leur position. L’affrontement militaire étant difficile à mener, ils poursuivent une guerre économique. Face à cela, les Chinois ont une stratégie pacifique extrêmement patiente. Ils s’entourent de la confiance des pays en voie de développement, favorables à cette stratégie qui ne prône pas la guerre, sans être naïve – la Chine a développé ses capacités de défense –, mais qui cherche à désamorcer les conflits par le dialogue. Les Américains ne sortiront pas gagnants de cet affrontement.

Des critiques émergent autour des nouvelles routes de la soie et de l’accroissement de la dette dans les pays partenaires. Est-ce un réel danger ?

Jean-Claude Delaunay : Les pays en voie de développement concernés par cette stratégie sont les premiers à considérer que la Chine est de leur côté. Il n’y a qu’à voir le nombre de chefs d’État africains présents l’an dernier pour le sommet des routes de la soie. Pourquoi ? Parce que la Chine est considérée comme un contre-pouvoir sur ce continent, carrefour de l’impérialisme mondial. L’hégémonie chinoise supposée est un contre-feu lancé par les puissances occidentales. La Chine développe des infrastructures qui restent à la disposition des États, elle ne pille pas. On lui reproche d’acheter des terrains pour nourrir sa population. Voilà le genre de problèmes que le monde devrait prendre en charge : comment nourrir l’ensemble de la population mondiale, y compris les Chinois ? Pour l’instant, on la laisse se débrouiller. Ce n’est pas à proprement parler de l’impérialisme. Il y a eu un affadissement de ce terme. L’impérialisme, c’est la guerre.

La Chine se définit comme un pays en développement à l’économie socialiste de marché…

Jean-Claude Delaunay : Je pense que le socialisme sera inévitablement marchand. On peut rêver d’un socialisme sans marché avec une planification intégrale, mais, en Chine, cela a complètement échoué. Mao Zedong a suivi le modèle soviétique, qui était un modèle d’économie de guerre. Il faut comprendre que le marché n’est pas unimodal. Je crois profondément qu’il existe une différence entre une marchandise capitaliste et une marchandise socialiste. La marchandise capitaliste repose sur des entreprises distinctes qui produisent des biens inévitablement porteurs de profits. Une marchandise socialiste peut quant à elle avoir une orientation macroéconomique. Des entreprises chinoises produisent par exemple des réacteurs en fonction d’un projet planifié de production de l’énergie. C’est une marchandise orientée vers une production globale qui n’est pas forcément génératrice de profits. Dans une économie socialisée, l’investissement peut être réparti différemment. Telle entreprise ne fait pas de profit mais telle autre va la financer. La socialisation de l’investissement est un progrès considérable. Socialiser, cela signifie que l’on peut planifier, rationaliser, contrôler l’investissement, étudier les effets sur la main-d’œuvre. Dans ce genre d’investissement, le marché capitaliste est aveugle. Chacun investit dans son coin et cela produit la suraccumulation.

La Chine a connu ces problèmes de suraccumulation. Sa manière de régler la question est-elle différente ?

Jean-Claude Delaunay : On ne peut nier qu’il y a des suraccumulations de type socialiste qui sont d’une autre nature que celles d’un régime capitaliste. Cela peut par exemple concerner une surestimation de la quantité d’acier nécessaire. L’accroissement du marché est une façon de lutter contre la suraccumulation. Les Chinois ont également pris conscience de la nécessité de développer leur marché intérieur. L’une des différences du marché socialiste réside dans le fonctionnement de la force de travail. Après la crise de 2008, la Chine s’est rendu compte qu’elle devait augmenter les salaires et accélérer la formation. Je ne sais pas si les dirigeants chinois sont convaincus par le socialisme, je crois qu’ils sont convaincus par l’intérêt populaire. Ils ont très profondément le sens de la nation souveraine. Ils portent en eux une histoire d’humiliation qui n’est pas si lointaine. Aujourd’hui, à peine la Chine fait-elle démonstration de sa puissance que les États-Unis veulent l’écorner.

La Chine s’est dotée d’une nouvelle loi sur les investissements étrangers pour répondre aux préoccupations exprimées par les pays occidentaux. Quelle en est la substance ?

Jean-Claude Delaunay : L’entrée de la Chine dans l’OMC en 2001 a accéléré le processus d’ouverture aux capitaux étrangers. À ce moment-là, les multinationales ont pris confiance et pensaient que le pays se convertirait au capitalisme. De leur côté, les dirigeants chinois ont nourri des illusions quant à la volonté de ces entreprises d’apporter le progrès technique et social. Elles se sont implantées et contentées de surexploiter la main-d’œuvre. Le paroxysme a été atteint entre 2009 et 2010, avec la vague de suicides chez Foxconn. Les autorités ont pris conscience d’un certain nombre de problèmes. Une réflexion a alors été menée sur la crise mondiale et l’obligation de mettre sur pied une stratégie de progrès techniques et d’élévation du niveau de développement. Le principe fut simple : en l’échange des parts de marché gagnées, les entreprises avaient pour obligation d’accepter le transfert technologique. Les Chinois ont compris qu’ils devaient se développer eux-mêmes tout en contraignant les entreprises étrangères à leur apporter le progrès.

Les entreprises étrangères risquent pourtant de se retrouver à la remorque de l’innovation, à force de sous-traitance…

Jean-Claude Delaunay : Il faudra qu’elles comprennent que la coopération avec la Chine est la seule voie. Les multinationales occidentales détruisent leur capacité technique alors que les entreprises chinoises la renforcent. La sous-traitance en cascade est une catastrophe technologique. La sous-traitance des contrats conduit certainement à accroître les profits, mais, du point de vue productif, c’est un échec. Les Chinois l’ont très bien compris.

Entretien réalisé par Lina Sankari pour l’Humanité le mercredi 7 août 2019


Edité le 09-08-2019 à 09:13:51 par Xuan




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Sur CGTN (China Global Television Network -remplace CCTV)

Emission spéciale :
Bataille juridique de Huawei


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Un débat sur Arte
"La Chine peut-elle se révéler plus forte que les États-Unis ? - 28 minutes - ARTE"

https://www.youtube.com/watch?v=NeUvrCJ-ntk

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Martine Bulard écrit un article documenté dans le Monde diplomatique :
https://www.monde-diplomatique.fr/2018/10/BULARD/59160

Chine - États-Unis, où s’arrêtera l’escalade ?


Un récapitulatif :

Bientôt des yuans dans toutes les poches ? en 2015

Opium et canons font plier la Chine en 2016

Comment l’État chinois a su exploiter la mondialisation en 2017

Des importations déjà surtaxées en 2018

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Les producteurs de la partie continentale de Taiwan tirent profit du transfert des commandes de Flex par Huawei

Par Xie Jun et Yang Kunyi Source: Global Times Publication: 2019/8/13 19:03:40

http://www.globaltimes.cn/content/1161329.shtml
Les producteurs de la partie continentale de Taiwan bénéficient des mutations de la chaîne d'approvisionnement

Le géant chinois de la technologie Huawei transfère ses commandes de fabrication de Flex à d’autres fournisseurs, notamment Foxconn et Wingtec, après avoir rompu ses liens avec le fabricant américain de matériel d’origine, ont indiqué des sources du secteur au Global Times.

La société taïwanaise Foxconn a reçu certaines commandes de Huawei après que le géant de la technologie ait abandonné Flex, une personne proche de Foxconn a déclaré au Global Times que l'anonymat était conditionnel.
Foxconn a également confirmé au Global Times que la production de ses deux sites de production à Shenzhen, dans la province du Guangdong, dans le sud de la Chine, avait augmenté de 12% au deuxième trimestre.
Deng Anming, directeur du département de planification de Wingtec, fabricant de produits électriques basé à Shanghai, a confirmé au Global Times que la société avait récemment assisté à une augmentation "évidente" des commandes de Huawei en raison de changements dans la chaîne d'approvisionnement de ce dernier.
Selon Deng, la part des commandes de Huawei dans les commandes totales de la société a augmenté de 10%, mais il n'a pas précisé le niveau avant que Huawei ne coupe le marché avec Flex.
Pour faire face à la hausse des commandes, Wingtec augmente la capacité de production de son ancienne usine de Jiaxing, dans la province du Zhejiang, dans l'est de la Chine, et installe de nouvelles usines en Inde et en Indonésie, a déclaré Deng.
"À l'heure actuelle, de nombreux fabricants d'équipement d'origine sur le continent ont une capacité de production stable ainsi que des capacités de recherche et développement. Ils peuvent absorber les commandes détournées de Flex et la chaîne d'approvisionnement de Huawei ne sera donc pas grandement influencée" , a déclaré Deng.

Un proche de Huawei a également déclaré mercredi au Global Times que Huawei changeait sa façon de penser en matière de choix de partenaires commerciaux et était de plus en plus disposé à coopérer avec de petites entreprises dotées de fortes capacités de production.
Certaines des commandes passées auparavant à Flex ont été transmises à des fournisseurs nationaux, notamment Longcheer et DBG Holdings, selon un rapport publié par yicai.com lundi.
Aucune de ces sociétés n’avait répondu aux questions au moment de la presse et Huawei n’avait fait aucun commentaire à ce sujet.
BYD, basé à Shenzhen, absorbera une grande partie des commandes de Huawei. BYD a déclaré qu'il n'était pas commode de commenter la question.

Flex aurait interrompu la production de certaines de ses usines situées sur le continent et commencé à licencier des employés après son retrait par Huawei de la chaîne d'approvisionnement de ce dernier. Auparavant, Flex avait détenu plus de 700 millions de yuans (101 millions de dollars) de marchandises appartenant à Huawei, ce qui avait été interprété par le marché comme un écho des attaques du gouvernement Trump contre le géant chinois de la technologie.

Xiang Ligang, directeur général de l'Information Consumption Alliance basée à Beijing et observateur expérimenté du secteur des télécommunications, a déclaré que le président américain Donald Trump "apportait de grandes contributions" à la Chine "
"En ce qui concerne l'incident Flex, il exerce certainement une influence bien pire sur Flex, qui a perdu un client aussi important que Huawei. C'est également le prix à payer par Flex pour son rapprochement téméraire avec le gouvernement américain" , a déclaré Xiang au journal Global mardi.

L'incident a également sonné le glas pour que les autres entreprises chinoises de technologie accordent plus d'attention aux propres fournisseurs chinois, avec lesquels il est plus sûr de coopérer que les entreprises américaines, a déclaré Xiang. "Les entreprises de la partie continentale ne bénéficiaient pas trop du bonus Huawei dans le passé. Cela devrait changer, ce qui stimulera la croissance des fournisseurs nationaux" , a-t-il déclaré.


Edité le 14-08-2019 à 23:12:16 par Xuan




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L'esprit Daqing est une "arme secrète" qui peut aider la Chine dans la guerre commerciale

Par Li Qiao Source: Global Times Publié le 2019/8/14 17:18:40

http://www.globaltimes.cn/content/1161425.shtml


Regardez l'arme secrète qui peut aider la Chine dans la guerre commerciale

Des pompes à pétrole dans le champ pétrolifère de Daqing dans la province du Heilongjiang, dans le nord-est de la Chine Photo: Li Qiao / GT


Alors que les États-Unis mènent une guerre commerciale contre la Chine, le journaliste du Global Times s’est rendu à Daqing Oil Field, la plus grande base de production de pétrole de Chine.
Daqing, dans la province du Heilongjiang, dans le nord-est de la Chine, a changé la donne pour la Chine, contribuant ainsi à la réforme du pays, selon Hart Energy, un éditeur américain du secteur de l'énergie.
Bien que la guerre commerciale paraisse bien loin de la vie des travailleurs de Daqing Oil Field, et que cela n’a pas été évoqué activement au cours de l’entretien, ils comprennent que le développement de la Chine dépend des expériences qu’ils ont accumulées au cours de décennies de dur labeur.

Le gisement de pétrole de Daqing, qui a donné son autosuffisance en pétrole à la Chine, célèbre son 60ème anniversaire cette année alors que le peuple chinois célèbre le 70ème anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine cette année.
"Face à l'endiguement par les Etats-Unis, nous devrions maintenir" l'esprit de Daqing "" , a déclaré Gao Jinying, 74 ans, septième dirigeant de l'équipe de forage 1205, au Global Times. Gao était un apprenti de Wang Jinxi, l'homme de fer de Daqing.
L'esprit assidu de Daqing n'est ni unique ni obsolète , a déclaré Gao.

En effet, même face à des sanctions américaines, Ren Zhengfei, fondateur et PDG de Huawei, a insisté pour que le personnel de Huawei continue à travailler dur et avec fermeté.

"Grâce au travail acharné et à l'autonomie, la Chine peut certainement lutter contre le confinement au moment même où nous avons gagné ce grand gisement de pétrole" , a déclaré Gao.

Travail acharné, autonomie

En 1960, la Chine avait besoin de plus de 10 millions de tonnes de pétrole brut et faisait face à un déficit de plus de la moitié. Même les bus manquaient de carburant, alors ils transportaient des sacs de charbon,
Au même moment, des forces occidentales hostiles lançaient un blocus économique et tentaient d'étouffer la Chine en utilisant le pétrole comme arme, selon le Qiushi Journal.
De 1959 à 1961, une grande famine a balayé la Chine, entraînant la mort de dizaines de milliers de personnes.
La situation difficile à laquelle la Chine était confrontée à cette époque était plus grave que celle à laquelle elle est confrontée aujourd'hui. Les États-Unis tentent de contenir la Chine pendant la guerre commerciale.
Le champ pétrolifère de Daqing a été créé dans de telles conditions difficiles.

La découverte du puits de pétrole Songji n ° 3, le 26 septembre 1959, a marqué le premier pas vers la création du gisement de pétrole de Daqing, qui a brisé l'allégation selon laquelle il n'y aurait pas de gisement de pétrole à grande échelle en Chine.

"L'homme de fer " Wang Jinxi, qui était un modèle national de la classe ouvrière, était un représentant de l'ancienne génération de travailleurs du secteur pétrolier qui s'était battu pour l'honneur de la Chine avec sa sueur et sa vie.
Des slogans tels que "Je donnerais 20 ans de ma vie pour faire de mon mieux pour vaincre le grand champ de pétrole!" a montré l'esprit de travail acharné et d'autonomie de Daqing, a déclaré Gao au Global Times.

"Quand je suis rentré à la maison et que j'ai enlevé mes vêtements, ma veste en coton pourrait me tenir comme une glace à l'eau" , a déclaré Gao, ajoutant que "les conditions difficiles n'ont pas affaibli notre détermination à fournir du pétrole à notre pays" .

Daqing a produit 2,37 milliards de tonnes de pétrole brut, la plus grande base de récupération de pétrole tertiaire au monde, selon Daqing Oil Field Ltd (DOLC).
Le champ pétrolifère de Daqing fait partie d'une base industrielle complète construite par la Chine dans un esprit de dur labeur et d'autosuffisance au cours des 70 dernières années. Cette base constitue notre force contre le confinement américain , a déclaré Gao.

Innovation indépendante

Zhang Yin, 35 ans, ouvrier pétrolier au champ pétrolifère de Daqing, a déclaré au Global Times que l'esprit de travail acharné et d'autonomie comptait toujours dans son travail quotidien. Il a également déclaré que ses conditions de travail s'étaient beaucoup améliorées au fil des ans.
Entretenir les pompes à pétrole, en service depuis 20 à 30 ans, est sa tâche quotidienne, quelle que soit la météo.

"Notre nouvelle génération de travailleurs du secteur pétrolier met l'accent sur l'efficacité élevée et les coûts bas pendant les étapes intermédiaires et avancées du champ pétrolifère. L'esprit d'innovation indépendante nous inspire toujours à développer une technologie plus innovante pour continuer à fournir du pétrole à notre pays" , a déclaré Zhang .
Dans la recherche et le développement de la technologie pétrolière, Daqing Oil Field a toujours mis l’accent sur l’innovation indépendante.
Wu Xiaolin, expert pétrolier de premier plan auprès de DOLC, a déclaré au Global Times: " Sous la contrainte actuelle des États-Unis, Daqing s'efforce de réaliser la nationalisation totale de la technologie d'extraction pétrolière, au moment même où Huawei développe le système d'exploitation Harmony. "
"Nous développons un nouveau type de tensioactif requis par l'inondation alcaline-tensioactif-polymère. Des matières premières aux équipements et technologies de production en passant par les produits finaux, l'ensemble du processus devrait être entièrement domestique et ne nécessiter aucune importation des États-Unis, " Wu a dit.

Xue Mingwu, 30 ans, technicien au gisement de pétrole de Daqing, a déclaré à Global Times qu'il était difficile d'importer du pétrole dans le passé, car les pays occidentaux resserraient leur blocus technologique sur la Chine. Seule l'autonomie peut vraiment résoudre le problème, a déclaré Xue.
Les Etats-Unis ont déclenché la guerre commerciale pour endiguer la Chine, ce qui nous rappelle de continuer à promouvoir de manière indépendante l'esprit d'innovation, les droits de propriété, la production et la résolution de la consommation interne et des facteurs externes du champ pétrolier, a déclaré Xue.

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   Posté le 17-08-2019 à 00:00:10   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'économie des États-Unis se détériore parce que ce sont eux qui ont provoqué une guerre commerciale


le Quotidien du Peuple en ligne 15.08.2019 15h32

Le 13 août, le bureau du représentant américain au commerce a publié une déclaration différant l'imposition de droits de douane de 10% sur certaines catégories de produits de base chinois du 1er septembre au 15 décembre. Le 1er août, le président Trump avait publié un message sur la plate-forme de réseaux sociaux Twitter, annonçant que les États-Unis imposeraient des droits de douane de 10% sur les importations chinoises à destination des États-Unis d'une valeur de 300 milliards de dollars à compter du 1er septembre, avant de qualifier la Chine de « manipulatrice de monnaie » .

Ces derniers jours, l'escalade des frictions économiques et commerciales entre la Chine et les États-Unis, ce qui constitue une grave violation du consensus auquel étaient parvenus les chefs d'État des deux pays à Osaka, suscitant de vives critiques de la part de tous les milieux aux États-Unis même.

Le protectionnisme peut-il protéger l'industrie américaine et la sécurité de l'emploi? L'unilatéralisme peut-il rendre les États-Unis grands à nouveau ? Au sein des médias et de l'industrie américains, les avis sont partagés.

« Ce sont les Américains qui paient les droits de douane »

« Contrairement aux types de droits précédemment imposés à la Chine, les nouveaux droits visent aux biens de consommation » . CBS s'est dite préoccupée par l'augmentation de droits proposée par les États-Unis. « Cela concerne les produits électroniques, Les prix des vêtements et autres produits peuvent être plus élevés. Une fois la décision prise, ce sont les importateurs américains, et non la Chine, qui devront payer de nouveaux droits de douane » .

Le site internet américain Consumer News et Business Channel (CNBC) a également déclaré que « les propriétaires d'entreprises sont de plus en plus déçus par les affirmations du gouvernement. De nombreux contrats d'approvisionnement de sociétés américaines sont basés sur le dollar américain » . Ils ne pensent pas que la dépréciation du yuan pourra compenser les droits qu'ils devront acquitter.

Comme l'a souligné le rapport de CBS, « la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine pourrait bientôt toucher une longue liste de biens de consommation » , et c'est le peuple américain qui finira par supporter le fardeau des droits de douane. Prenons l'exemple des chaussures : environ 70% des chaussures vendues sur le marché américain sont fabriquées en Chine. Aux États-Unis, les distributeurs et les détaillants de chaussures ont souligné que tous les produits, des chaussures plates aux chaussures de sport, ont été soumis à des droits de douane de 67%, et que les consommateurs américains paient 3 milliards de dollars supplémentaires par an pour des chaussures.

"Ce ne sont ni le gouvernement chinois ni les Chinois qui paient pour les droits de douane, mais les Américains. Ils ont pris de plein fouet ces droits de la part des revendeurs américains directement ou indirectement » , a déclaré sans détour le présentateur américain de Fox News Channel. CNBC a cité des données indiquant que jusqu'à présent, les contribuables américains avaient déboursé 27 milliards de dollars pour les droits gouvernementaux, dont la plupart provenaient de ceux qui ont été imposés à la Chine.

« On voit des choses irrationnelles presque tous les jours » . Paul Krugman, économiste américain et lauréat du prix Nobel d'économie, publié dans le New York Times, a souligné que le gouvernement américain avait principalement pris des mesures pour contrer l'excédent commercial de la Chine avec les États-Unis. Cependant, la formation de cet excédent commercial a plusieurs raisons, qui ne résultent pas d'un contrôle artificiel du gouvernement chinois. En outre, a-t-il noté, « l'économie chinoise repose moins sur le commerce et exporte moins d'un cinquième de ses exportations totales vers les États-Unis » .

« Je crains qu'il n'y ait pas que les agriculteurs qui perdent de l'argent »

Face à la dureté et à la pression exercées par les États-Unis avec les droits de douane, la Commission du tarif douanier du Conseil des affaires de l'Etat -le gouvernement chinois- a de son côté provisoirement imposé des droits à l'importation sur les produits agricoles américains nouvellement achetés après le 3 août et les sociétés liées chinoises ont suspendu leurs achats.

Dès que la nouvelle a été annoncée, la communauté agricole américaine a de nouveau fait part de ses inquiétudes. « Le tweet du président sur les droits jette une ombre de guerre commerciale pour les agriculteurs et les détaillants américains » . Selon Washington Observer, « Pour les agriculteurs du Midwest, la guerre commerciale déclenchée par le gouvernement leur a imposé un lourd fardeau, obligeant certaines personnes à s'endetter tandis que d'autres se dirigent tout droit vers la faillite. Ce tweet a jeté le chaos dans leur vie » .

« C'est un nouveau clou enfoncé dans notre cercueil » , a dit un cultivateur de soja du Dakota du Nord, cité dans le site de Yahoo Finance, ajoutant « La situation actuelle semble se détériorer plutôt que de s'améliorer. Si cela continue, les contribuables américains devront peut-être payer une autre série d'aides pour éviter des pertes aux agriculteurs de tout le pays » .

Selon CNBC, ces dernières années, la Chine est devenue l'un des plus importants partenaires commerciaux des États-Unis. Depuis le début des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, les exportations de produits agricoles des États-Unis vers la Chine ont chuté de 19,5 milliards de dollars en 2017 à 9,2 milliards de dollars en 2018, soit le niveau le plus bas depuis 2007. « Cette baisse a aggravé les difficultés économiques du district agricole central. Le nombre de faillites d'exploitations agricoles est le plus élevé depuis 2012. Plus des trois quarts de la population estiment que les agriculteurs américains sont les premiers à subir l'impact des droits de douane » .

En fait, aux États-Unis, la volonté du gouvernement d'imposer des droits de douane à la Chine a de profondes répercussions sur tous les milieux. « Les agriculteurs ne sont pas les seuls à craindre de perdre de l'argent dans la guerre commerciale déclenchée par la Maison-Blanche » . Selon CNBC, le commerce de détail est généralement considéré comme l'un des secteurs les plus touchés en raison d'une nouvelle série de droits de douane ciblant les vêtements et les autres biens de consommation. « Les détaillants et les fabricants ont récemment averti que les droits gouvernementaux les obligeraient à choisir entre des hausses de prix et des suppressions d'emplois » .

« Les différends tarifaires ont un impact considérable sur la fabrication et les investissements en capital aux États-Unis » . Gary Cohen, ancien conseiller économique en chef du président américain Trump, a déclaré dans une émission de la BBC que « les droits ont augmenté le coût d'importation de produits importants en provenance de Chine, compensant ainsi le rôle des réductions d'impôts gouvernementales visant à stimuler l'économie. La guerre commerciale est contre-productive. Nous n'avons vu aucune création d'opportunités d'emploi dans le secteur de la fabrication » .

« Cela pourrait conduire à une récession de l'économie américaine »

Face à des États-Unis qui font fausse route et ne reviennent pas en arrière, des institutions telles que Goldman Sachs, Morgan Stanley et d'autres banques d'investissement de Wall Street ont déclenché un « feu rouge » pour l'économie américaine.

Selon les nouvelles de Reuters, Goldman Sachs a ainsi abaissé ses prévisions de croissance économique au quatrième trimestre de cette année de 20 points de base, à 1,8%, en raison de l'impact des tensions commerciales plus important que prévu. Dans un rapport, Morgan Stanley a souligné que, d'après le PMI manufacturier mondial, les indicateurs économiques et les conditions économiques, l'économie américaine actuelle est dans une moins bonne situation qu'avant la crise économique de 2007.

De plus, d'après un récent sondage d'économistes publié par le Wall Street Journal, la probabilité d'une récession de l'économie américaine au cours des 12 prochains mois est passée de 30,1% en juillet à 33,6%, le niveau le plus élevé depuis l'enquête de 2011.

Les statistiques de la plus grande association commerciale aux États-Unis montrent que « les droits de douane nuisent à l'hinterland américain » , et que depuis que les États-Unis ont provoqué des frictions commerciales sino-américaines, leur économie a perdu plus de 30 milliards de dollars, soit environ 208 milliards de yuans.

L'éditorial du Wall Street Journal a averti que la mauvaise politique commerciale des États-Unis pourrait entraîner une récession de l'économie américaine. L'article souligne que depuis l'escalade des frictions du commerce extérieur américain en 2018, la confiance et les dépenses en capital des entreprises américaines ont progressivement diminué et ont commencé à avoir un impact négatif sur la croissance économique américaine. À l'heure actuelle, le taux de croissance économique des États-Unis a ralenti de près de 3% à 2% et la création mensuelle moyenne de nouveaux emplois est passée de 223 000 en 2018 à 165 000 cette année.

Selon la BBC, la guerre commerciale a également entraîné une contraction des investissements commerciaux des États-Unis à l'étranger. La Chambre de commerce américaine, qui représente plus de 3 millions d'entreprises américaines, a déclaré que les derniers droits de douane appliqués à la Chine « ne feraient que causer davantage de souffrances aux entreprises, agriculteurs, travailleurs et consommateurs américains, et porteraient atteinte à l'économie américaine » .

« Comment mettre fin à la folie de la guerre commerciale présidentielle ? » . Le New York Times a récemment publié un article de Jennifer A. Hillman, haut responsable du Conseil américain des relations étrangères et professeur au Georgetown Law Center, proposant de renforcer le pouvoir du Congrès et de limiter les conséquence de l'imprudence du président à l'égard de l'économie.

« L'approche du gouvernement américain est comme une épée. Elle pèse sur la gorge de l'économie américaine, et non de l'économie chinoise. L'économie américaine pourrait être durement touchée et la consommation et l'emploi courent le même risque » , a conclu CNBC.

Par Li Jiabao, journaliste au Quotidien du Peuple édition outre-mer

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La Chine imposera des droits supplémentaires sur 75 milliards de dollars d'importations américaines


http://french.xinhuanet.com/2019-08/23/c_138332784.htm

BEIJING, 23 août (Xinhua) -- La Chine imposera des droits de douane supplémentaires sur des importations américaines d'une valeur d'environ 75 milliards de dollars, en réponse aux hausses des droits de douane récemment annoncées par les Etats-Unis sur les produits chinois, a annoncé vendredi la Commission des droits de douane du Conseil des Affaires d'Etat.

Sur la base des lois et après approbation par le Conseil des Affaires d'Etat, un total de 5.078 produits américains seront soumis à des droits de douane supplémentaires de 10% ou 5%. L'augmentation des droits de douane sera appliquée en deux temps, à savoir le 1er septembre à 12h01 et le 15 décembre à 12h01 (heure de Beijing), a indiqué la commission dans un communiqué.

Le gouvernement américain a annoncé le 15 août qu'il imposerait des droits de douane supplémentaires de 10% sur des produits chinois d'une valeur totale d'environ 300 milliards de dollars à partir du 1er septembre et du 15 décembre.
La décision américaine a provoqué une nouvelle escalade des frictions commerciales bilatérales, portant gravement atteinte aux intérêts de la Chine, des Etats-Unis et d'autres pays et menaçant gravement le système commercial multilatéral et les principes du libre-échange, selon le communiqué.
La commission poursuivra le travail d'exemption de droits de douane supplémentaires pour certains produits.
L'imposition par la Chine de droits de douane supplémentaires est une réponse forcée à l'unilatéralisme et au protectionnisme commercial des Etats-Unis.
La Chine réitère une nouvelle fois que la coopération est l'unique choix correct pour la Chine et les Etats-Unis et que seule une situation gagnant-gagnant conduira à un avenir meilleur.

"Nous espérons que la Chine et les Etats-Unis résoudront les différends d'une manière acceptable pour les deux parties, sur la base du respect mutuel, de l'égalité, de la bonne foi et de la cohérence entre les paroles et les actes" , note le communiqué.

Les deux parties doivent activement bâtir un nouvel ordre économique et commercial sino-américain équilibré, inclusif et gagnant-gagnant, sauvegarder, réformer et améliorer conjointement le système commercial multilatéral et promouvoir une coopération gagnant-gagnant avec les autres pays du monde, ajoute le communiqué.

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La Chine reprendra l'imposition de droits de douane supplémentaires sur les véhicules fabriqués aux Etats-Unis le 15 décembre


http://french.xinhuanet.com/2019-08/23/c_138332786.htm

BEIJING, 23 août (Xinhua) -- La Chine reprendra l'imposition de droits de douane supplémentaires de 25% ou 5% sur les véhicules et les pièces automobiles fabriqués aux Etats-Unis à partir du 15 décembre à 12h01, a annoncé vendredi la Commission des droits de douane du Conseil des Affaires d'Etat.

Une exemption des droits de douane supplémentaires peut être demandée, et les politiques détaillées concernant ces demandes seront publiées séparément, a indiqué la commission.

La Chine espère que les Etats-Unis continueront de suivre les consensus atteints en Argentine et à Osaka par les chefs d'Etat des deux pays, reviendront sur la voie correcte de résolution des différends via les négociations, travailleront avec la Chine et déploieront des efforts concrets pour mettre fin aux frictions économiques et commerciales, a déclaré la commission.
Le 10 mai, les Etats-Unis ont augmenté de 10 à 25% les droits de douane supplémentaires imposés sur des importations chinoises d'une valeur de 200 milliards de dollars. Le 15 août, ils ont annoncé l'imposition de droits de douane supplémentaires de 10% sur environ 300 milliards de dollars d'importations chinoises qui prendraient effet le 1er septembre et le 15 décembre.
Les mesures adoptées par les Etats-Unis ont conduit à une escalade continue des frictions économiques et commerciales entre les deux pays et vont à l'encontre des consensus conclus par les deux chefs d'Etat en Argentine et à Osaka, a expliqué la commission.
Pour mettre en œuvre le consensus atteint par les deux chefs d'Etat en Argentine, la Chine a suspendu les droits de douane supplémentaires sur les véhicules et les pièces automobiles fabriqués aux Etats-Unis pendant trois mois à compter du 1er janvier 2019. Le 31 mars, le pays a annoncé qu'il prolongerait la suspension jusqu'à nouvel ordre.

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Du coup Trump "ordonne" aux entreprises US de quitter la Chine.

https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/guerre-commerciale-trump-ordonne-aux-entreprises-americaines-de-quitter-la-chine_3587919.html

Il n'est pas certain qu'il soit suivi immédiatement, parce qu'elles n'ont pas de plan B et qu'une entreprise n'est pas un pion sur un jeu d'échec.
On notera au passage que le capitalisme "libéral" se transformerait alors en capitalisme "étatisé" voire militarisé.

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   Posté le 20-09-2019 à 11:58:31   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La Chine s'adapte à une nouvelle normalité avec les États-Unis


Par Yang Sheng et Wang Cong Source: Global Times Publication: 2019/9/19 http://www.globaltimes.cn/content/1164901.shtml


Les entreprises réduisent leur dépendance au marché américain, aux produits
Les frictions entre la Chine et les États-Unis ont actuellement un impact considérable sur les relations bilatérales.

La Chine et les États-Unis reprennent leurs consultations commerciales à la fin de cette semaine. Que les négociateurs des deux plus grandes économies du monde concluent ou non un accord final, le peuple chinois s’adapte à la nouvelle donne des relations sino-américaines, plus compétitive que coopérative.

Le pays semble utiliser cette occasion pour approfondir les réformes, ou du moins pour réduire sa dépendance aux États-Unis et se préparer à une ère de "découplage" .

Un grave déclin de la confiance mutuelle entre la Chine et les États-Unis constitue un changement important et de nombreux universitaires chinois estiment qu'il est impossible de revenir aux relations bilatérales avant la guerre commerciale, alors que les deux pays étaient de plus en plus étroitement liés malgré la concurrence.

Jin Canrong, doyen associé de l'École d'études internationales de l'Université Renmin de Chine à Beijing, a déclaré au Global Times que, dans le passé, la coopération et la concurrence dans les relations sino-américaines étaient d'environ "50-50" , mais aujourd'hui, il s'agit d'environ "30 -70, " et " la concurrence est de 70%, le reste est de la coopération. La relation bilatérale ne reviendra pas à l'ère précédente. "

An Gang, expert en études américaines et chercheur principal à la Pangoal Institution, un groupe de réflexion basé à Beijing, a déclaré: "Avant, j'étais très sûr que la nouvelle guerre froide ne se produirait pas, mais je ne le suis plus. Dans le passé, il était difficile de croire que la Chine et les États-Unis se dissocieraient l'un de l'autre, mais maintenant nous pouvons vraiment voir que cela se produit progressivement. "

Mais à présent, selon les dernières expressions officielles des deux pays, les liens militaires sont en train de devenir le nouveau "stabilisateur" et les experts chinois notent que ce changement signale que la peur de la destruction mutuelle remplace le désir d'avantages mutuels lorsque les deux parties doivent apaiser les tensions.

De plus en plus de méfiance

Des entretiens avec des Chinois de tous les horizons - des personnes de la rue aux dirigeants d’entreprises - brossent un tableau où beaucoup, y compris ceux qui considèrent positivement les États-Unis, voient de plus en plus des États-Unis hostiles dans l’intention de contenir la montée de la Chine.
Plus important encore, beaucoup perdent espoir que les relations sino-américaines puissent retrouver leur état d'avant la guerre commerciale.

Han, qui venait de rentrer en Chine de Los Angeles, où il vivait depuis plusieurs années, a déclaré qu'il ne pouvait pas ressentir les tensions lorsqu'il était aux États-Unis, mais l'a certainement ressenti à son retour en Chine et a tenté de présenter une nouvelle demande. son visa.

"Je n'avais jamais eu de problème avec mon visa auparavant, mais cette fois, je ne sais pas ce qui ne va pas. Je n'ai pas eu de nouvelles de l'ambassade depuis plus d'un mois. Je suppose que c'est réel ", a-t-il déclaré.

Han, qui a préféré être identifié par son prénom, a déclaré qu'il avait maintenant commencé à chercher du travail à Beijing. " La maison est meilleure que partout ailleurs, non? " dit-il avec un sourire amer.

Frank Wang, 33 ans, employé dans une entreprise publique à Beijing, a déclaré au Global Times: "Je suis allé plusieurs fois aux États-Unis en tant que touriste avec ma femme et mon fils et je suis un grand fan des San Antonio Spurs. Mais la prochaine fois, si je dois y retourner, j'apporterai un tout nouveau téléphone sans aucune information personnelle ni mot sur mon travail, "car les agents des douanes américains vont rechercher et vérifier les voyageurs" .

Ce n'est pas du tout une nouvelle pour les citoyens chinois qui se rendent fréquemment aux États-Unis. Mais maintenant, des gens comme Wang se sont inquiétés des agences de renseignement américaines, telles que le FBI, qui visaient et espionnaient les Chinois.

Lorsque des citoyens chinois de la classe moyenne envisagent d’envoyer leurs enfants étudier à bord ou que des étudiants chinois choisissent un pays pour faire des études supérieures, les États-Unis, autrefois le choix le plus populaire, sont beaucoup moins populaires pour des raisons de sécurité.

"Nous avons vu de nombreux reportages sur des universitaires et des étudiants chinois ciblés par les agences de renseignement américaines en raison de recherches ou d'études sur des sujets de haute technologie aux Etats-Unis. Certains chercheurs ont même été licenciés ou leurs laboratoires ont été fermés simplement parce qu'ils sont chinois ou coopèrent avec Les instituts chinois. Nous sommes bien sûr inquiets si mon fils va étudier là-bas. Nous envisageons à présent de postuler à une université britannique " , a déclaré Liao Ming, 54 ans, résident de Shanghai, dont le fils va postuler à un diplôme de troisième cycle en un pays anglophone.

Alors que 2018 a connu la première baisse du nombre de visiteurs chinois aux États-Unis en 15 ans, l'industrie du tourisme et du tourisme aux États-Unis est confrontée à la perspective de perdre davantage d'affaires en Chine dans le prolongement de la guerre commerciale, a rapporté l'agence de presse Xinhua en juin.

Les données publiées le mois dernier par l'Office national du tourisme et des voyages des États-Unis ont montré que le nombre de touristes chinois aux États-Unis a diminué de 5,7% à 2,9 millions en 2018, malgré le nombre total de voyages à l'étranger de touristes chinois affichant une croissance remarquable.

"Nous sommes très préoccupés par ce déclin des touristes chinois" , a déclaré à Xinhua Christopher Heywood, vice-président exécutif en charge des communications mondiales de NYC & Company, l'organisation officielle de marketing de destinations pour New York. "Nous surveillons la situation de très près."

Réduire la dépendance

Il peut être plus facile pour des personnes comme Han, Wang et le fils de Liao de rester à l'écart des États-Unis, mais pour de nombreuses entreprises qui dépendent du marché américain, les choses vont devenir plus compliquées.

"En tant qu'entreprise, je pense que nous ne pouvons plus nous concentrer uniquement sur le marché américain" , a déclaré Chen Liang, directeur général de Dongguan Jinconn New Material Holdings, une société privée spécialisée dans les matériaux magnétiques. Cela se traduira par des investissements sur d'autres marchés tels que l'Europe et l'Asie du Sud-Est.

"D'un point de vue à long terme, je pense que la [relation] ne sera jamais comme avant, car l'intention des Etats-Unis est très claire" , a déclaré Chen, "ils doivent contenir la Chine".

En raison d'une série d'actions hostiles prises par les États-Unis contre des entreprises chinoises, dont Huawei, le marché américain s'est révélé indigne de confiance du point de vue des entreprises chinoises. Les produits et technologies américains pourraient toujours être utilisés et achetés, mais les entreprises chinoises ont commencé à considérer les États-Unis comme un fournisseur peu fiable, a déclaré Lü Xiang, expert américain sur les États-Unis à l'Académie chinoise des sciences sociales de Beijing.

Les entreprises chinoises ont déjà commencé à trouver leur "plan B" - élargir leur coopération avec d’autres pays et réduire leur dépendance aux États-Unis, a ajouté Lü. "Le manque de confiance mutuelle entre les deux atteint son apogée depuis l'établissement des relations diplomatiques normales."

Les observateurs et les chefs d'entreprise chinois ont conclu que les entreprises chinoises prenaient trois mesures principales pour faire face à l'évolution des relations entre la Chine et les États-Unis: réduire la dépendance à l'égard du marché américain et explorer de nouveaux marchés dans des régions telles que l'Asie du Sud-Est, l'Europe et l'Afrique; participer activement à l' initiative de ceintures et de routes proposée par la Chine ; et d'ajouter des intrants à l'innovation technologique et à la mise à niveau des produits, afin qu'ils soient irremplaçables dans la chaîne d'approvisionnement.

Une chance de réforme

Bien que les peuples des deux pays s'adaptent à la nouvelle normalité des relations sino-américaines, qui sont plus compétitives que les coopératives, des universitaires chinois ont noté que cela pourrait être une chance pour la Chine d'approfondir les réformes et d'avoir une vision plus large de monde.

Diao Daming, professeur agrégé à l'Université Renmin de Chine à Beijing, a indiqué que si la Chine se positionnait comme une puissance responsable qui jouerait un rôle de premier plan dans l'ordre international de la nouvelle ère, elle ne devrait pas simplement regarder vers les États-Unis. et "même s'il n'y avait pas de frictions commerciales avec les États-Unis, la Chine devrait également mettre davantage l'accent sur le reste du monde, ainsi que diversifier ses échanges extérieurs et sa coopération à l'étranger".

"Les entreprises chinoises vont faire face à une période cruciale pour un grand saut technologique dans les 3-5 prochaines années" , parce que les pressions, les boycotts et les sanctions des Etats-Unis vont les forcer à se réformer, a souligné Lü.

Quoi qu’il en soit, la relation sino-américaine reste la relation bilatérale la plus importante du monde, et les deux parties devraient déployer des efforts considérables pour empêcher son aggravation, a souligné An. "Personne ne peut exclure l’autre de sa vie. Le grand match a déjà commencé, mais il n’est pas nécessaire qu’il passe à une nouvelle guerre froide, voire à une guerre chaude. "
Titre de journal: la Chine s'adapte à la nouvelle norme américaine

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   Posté le 26-09-2019 à 22:37:59   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Dans le Monde Diplomatique d'octobre l'édito de S. Halimi sur la guerre commerciale des USA contre la Chine, et un article de Golub sur la nature géopolitique de ce conflit.

On relève dans l'article :
"La situation actuelle remet ainsi en cause l’hypothèse libérale selon laquelle le degré d’interdépendance atteint à la fin du XXe siècle avait induit un changement de phase irréversible dans les relations sociales mondiales. Elle remet aussi en question les perspectives néomarxistes qui envisageaient l’émergence d’une « classe régnante transnationale » transcendant définitivement le politique et l’État "

La guerre commerciale des USA contre la Chine, mais aussi contre ses propres alliés, confirme que le "capitalisme transnational" est une vue de l'esprit qui ne correspond en fait qu'à la période de domination exclusive de l'hégémonisme US



https://www.monde-diplomatique.fr/2019/10/HALIMI/60515

Washington contre Pékin

par Serge Halimi

Les États-Unis semblent désormais estimer qu’ils ne peuvent pas affronter la Chine et la Russie à la fois. Dans les décennies qui viennent, leur principal rival géopolitique sera Pékin. Sur ce sujet, un consensus existe même entre l’administration républicaine de M. Donald Trump et les démocrates, que l’élection présidentielle de l’année prochaine oppose pourtant avec vigueur.
La Chine succède ainsi à l’ « empire du Mal » soviétique et au « terrorisme islamique » comme adversaire prioritaire de Washington. Mais, à la différence de l’Union soviétique, elle dispose d’une économie dynamique, avec laquelle les États-Unis enregistrent un déficit commercial abyssal. Et sa puissance est singulièrement plus impressionnante que celle de quelques dizaines de milliers de combattants intégristes errant entre les déserts de l’ancienne Mésopotamie et les montagnes d’Afghanistan.

M. Barack Obama avait déjà entrepris un « pivot vers l’Asie » et le Pacifique de la diplomatie américaine. Comme souvent, son successeur formule cette nouvelle stratégie avec moins d’élégance et de subtilité (lire « Entre les États-Unis et la Chine, une guerre moins commerciale que géopolitique » ). Puisque, dans son esprit, la coopération est toujours un piège, un jeu à somme nulle, l’essor économique du rival asiatique menace automatiquement le développement des États-Unis. Et réciproquement : « On est en train de gagner contre la Chine, a plastronné M. Trump en août dernier. Ils viennent de connaître leur plus mauvaise année depuis un demi-siècle, et c’est à cause de moi. Je n’en suis pas fier. »

« Pas fier », cela ne lui ressemble guère… Il y a un peu plus d’un an, il avait autorisé les caméras à diffuser en direct une réunion de son cabinet. Et tout y était passé : un de ses ministres s’était félicité du ralentissement de la croissance en Chine ; un autre avait imputé aux exportations chinoises de fentanyl l’épidémie d’opioïdes aux États-Unis ; un troisième avait attribué les difficultés des agriculteurs américains aux mesures de rétorsion commerciale de la Chine. Il ne restait plus alors à M. Trump qu’à expliquer la récalcitrance nucléaire nord-coréenne par la mansuétude de Pékin envers son allié.

Pour Washington, vendre un peu plus de maïs ou d’électronique à la Chine ne suffira donc plus. Il lui faut isoler ce rival dont le produit intérieur brut a été multiplié par neuf en dix-sept ans, l’affaiblir, l’empêcher d’étendre son influence, et surtout de devenir l’égal stratégique des États-Unis. Sa prospérité fulgurante ne l’ayant pas conduit à s’américaniser, à se montrer docile, les coups ne lui seront pas ménagés.

Le 4 octobre 2018, le vice-président américain Mike Pence pourfendait déjà dans un discours d’une extrême violence un « système orwellien » , des « autorités qui détruisent des croix, brûlent des bibles et emprisonnent les croyants » , la « coercition des entreprises, studios de cinéma, universités, think tanks, chercheurs, journalistes américains » . Il détectait même alors des « tentatives pour influencer l’élection présidentielle de 2020. » Après le « Russiagate » , un « Chinagate » qui, cette fois, aurait pour objectif la défaite de M. Trump ? Les États-Unis sont décidément un pays bien fragile…

Serge Halimi

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Les multinationales s’alarment des rivalités au sommet

Entre les États-Unis et la Chine, une guerre moins commerciale que géopolitique


Une fois convertie à l’économie de marché, la Chine devait ne constituer qu’un maillon dans les chaînes de production d’une économie mondiale pilotée par les États-Unis et leurs multinationales. Mais la rapidité de son développement inquiète désormais les dirigeants américains. Ils s’emploient donc à écraser une concurrence surgie plus vite que prévu et qui menace leur position de superpuissance hégémonique.

par Philip S. Golub

Le 28 juin 2016, M. Donald Trump prononçait un important discours dans lequel il énonçait le programme économique et commercial international qu’il appliquerait s’il était élu. La teneur générale de son propos était une critique acerbe à l’encontre des politiciens américains, accusés d’avoir « mené une politique agressive de mondialisation [qui] a déplacé nos emplois, notre richesse et nos usines à l’étranger » , entraînant la désindustrialisation et la « destruction » de la classe moyenne aux États-Unis.
Dénonçant une « classe dirigeante qui vénère le mondialisme plutôt que l’américanisme » , il désignait l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena), l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les pratiques économiques chinoises et le partenariat transpacifique (TPP) comme les causes principales du déclin du secteur industriel de son pays. Dans la foulée, il annonçait qu’il retirerait les États-Unis du TPP, renégocierait l’Alena, sanctionnerait la République populaire de Chine (RPC), dont il jugeait qu’elle « manipulait » les marchés des devises, engagerait des poursuites judiciaires contre ses pratiques commerciales « déloyales » , appliquerait des droits de douane sur les importations provenant de Chine et « utiliserai[t] tous les pouvoirs présidentiels légitimes pour régler les différends commerciaux [bilatéraux] » avec Pékin (1).

À l’époque, peu d’observateurs prirent au sérieux cet assaut verbal contre la mondialisation et l’architecture institutionnelle du commerce international. Après tout, l’élection de M. Trump paraissait improbable. Et, dans l’éventualité où il accéderait au pouvoir, il serait vraisemblablement ramené à la raison par le Trésor américain et par la constellation d’acteurs économiques qui ont d’importants intérêts dans la préservation du « marché libre » mondial. Les institutions de gouvernance économique et de sécurité bâties par les États-Unis à partir de la conférence de Bretton Woods, en 1944, dans l’objectif de pérenniser leur position centrale, pèseraient sur la prise de décision. La voix des segments les plus internationalisés du capitalisme américain prévaudrait.

Ces conditions structurantes laissaient penser qu’aucun président, même aussi idiosyncratique que M. Trump, ne pourrait s’écarter trop nettement des politiques et des cadres qui ont longtemps assuré l’hégémonie des États-Unis. Or ces hypothèses surestimaient le poids du capital dans la détermination de la trajectoire du monde, et sous-estimaient les potentialités politiques nées de la montée en puissance de la Chine, que les États-Unis tentent aujourd’hui activement d’endiguer. Né de l’idée que la Chine « représente une menace fondamentale à long terme (2) » , selon Mme Kiron Skinner, alors directrice de la planification politique au sein du département d’État, cet effort est en train d’altérer la nature des rapports internationaux et de changer le cours de la mondialisation.

Ce temps où Pékin était un allié
Après 1991, l’axe central de la politique internationale des États-Unis a été la propagation dans le monde du modèle américain de capitalisme de marché. Sous l’appellation générique « consensus de Washington » , le Trésor américain et le Fonds monétaire international (FMI) ont mis en œuvre un programme de libéralisation, de déréglementation et de privatisation mondiales qui fut imposé aux pays en développement endettés, donc vulnérables, d’Afrique subsaharienne et d’Amérique latine. À la suite de la crise financière asiatique de 1997-1998, les systèmes économiques des nouveaux pays industrialisés (NPI) d’Asie de l’Est et ceux des pays en développement de la région ont également été remis en question. Sous une très forte pression externe, les politiques industrielles étatistes et la protection des marchés intérieurs ont cédé la place, à des degrés divers, à un recul de l’État et à une ouverture aux investissements internationaux. La campagne officielle, davantage fondée sur la coercition que sur la persuasion, a été promue par les sociétés transnationales, qui cherchaient à accéder à des marchés auparavant fermés.

Pour elles, la chute de l’Union soviétique avait créé les conditions d’un second âge d’or du capitalisme international, après celui de la fin du XIXe siècle, interrompu par la violence de masse au siècle suivant. Les États-Unis étaient devenus la seule grande puissance, et, dans les années 1990, les objectifs de l’État et ceux du capital coïncidaient à un degré exceptionnel. Cette configuration était comparable à la symbiose entre l’État et le capital à l’apogée de l’Empire britannique, lorsque leurs objectifs respectifs de maximisation du pouvoir et de la richesse furent fonctionnellement liés. Une telle convergence d’intérêts conduisit le gouvernement britannique à travailler pour le capital (par la force ou par la menace du recours à la force, si besoin, comme en Amérique latine, en Chine et en Égypte). Elle amena les investisseurs privés à se plier souplement aux impératifs stratégiques de l’État impérial lorsque la situation mondiale l’exigeait — par exemple dans le cas de la Russie, où l’on fit comprendre aux investisseurs que l’équilibre des forces en Europe l’emportait sur le profit. De manière similaire, l’État américain a joué un rôle décisif aux côtés des entreprises multinationales et des banques dans l’instauration et la diffusion de la libéralisation mondiale à la fin du XXe siècle. Comme l’écrit Stephen Walt, professeur de relations internationales à Harvard, les dirigeants américains « ont vu dans la puissance incontestée à leur disposition l’occasion de façonner l’environnement international afin d’améliorer encore la position des États-Unis et de récolter plus d’avantages à l’avenir » , en amenant « autant de pays que possible à adhérer à leur vision particulière d’un ordre mondial capitaliste libéral » (3).

À l’époque, les élites politiques et économiques américaines considéraient la Chine comme une alliée plutôt que comme une rivale, et certainement pas comme une menace. La République populaire avait fait cause commune avec les États-Unis, à la fin des années 1960 et dans les années 1970, autour du projet d’endiguement de l’Union soviétique. Les relations diplomatiques furent établies le 1er janvier 1979, et, moins d’un mois plus tard, Deng Xiaoping entreprit une tournée de neuf jours aux États-Unis pour célébrer l’événement. À cette occasion, selon le journaliste du Guardian Jonathan Steele, il déclara que la Chine et les États-Unis avaient « le devoir de travailler ensemble [et de] s’unir pour contrer l’ours polaire » . Lors de la cérémonie à la Maison Blanche, le drapeau rouge chinois flottait fièrement et, alors que résonnait la traditionnelle salve de dix-neuf coups de canon, « une fourgonnette de livraison de Coca-Cola rouge vif passa non loin (…), symbole opportun des millions de dollars (…) que les hommes d’affaires américains impatients [espéraient] récolter grâce au nouvel appétit de la Chine pour le commerce, la technologie et les crédits américains » (4).

Dans les années 1980, la Chine entama une libéralisation limitée du marché intérieur et une ouverture graduelle aux investissements internationaux. En 1986, elle demanda à adhérer à l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), précurseur de l’OMC. Puis, au début des années 1990, après l’effondrement de l’Union soviétique et une pause de trois ans au lendemain de la répression de Tiananmen (1989), Deng passa à la vitesse supérieure. Il amplifia la restructuration intérieure et accéléra l’internationalisation et l’intégration du pays dans l’économie mondiale. Le corrélat géopolitique de l’intégration économique était un accommodement avec les États-Unis pour éviter des affrontements susceptibles de compromettre la transition. Ce choix s’est vérifié au Conseil de sécurité des Nations unies, où la Chine s’est gardée d’entraver l’action diplomatique des États-Unis (5). Ces derniers, pour leur part, ont cherché à insérer Pékin dans les systèmes institutionnels et commerciaux de l’économie mondiale occidentale, dont les règles et les contraintes étaient fixées à Washington (les États-Unis ont imposé des conditions strictes à l’admission de la Chine à l’OMC, qui n’est devenue effective que le 11 décembre 2001). Partant du postulat que les libertés économiques et politiques sont nécessairement imbriquées, et agissant depuis une position de force, les élites américaines ont estimé pouvoir ainsi façonner la trajectoire chinoise sur ces deux plans.

Se débarrasser de toutes les règles
Ouverte sur l’extérieur, la Chine devint une destination de plus en plus importante pour les investissements directs étrangers (IDE). Les entrées nettes furent en moyenne de 2,2 milliards de dollars par an (en dollars internationaux courants) entre 1984 et 1989, de 30,8 milliards de dollars par an entre 1992 et 2000, et de 170 milliards de dollars par an entre 2000 et 2013. Alors que la RPC cherchait à les utiliser pour acquérir technologies et savoir-faire, la majeure partie des investissements étaient initialement destinés à des secteurs à faible valeur ajoutée, comme le textile, ou à des industries de transformation, comme l’assemblage d’équipements électriques et électroniques avec des composants fabriqués hors de Chine, pour des entreprises mondiales qui possédaient les droits de propriété intellectuelle sur les produits. Des observateurs critiques, tel Yasheng Huang, professeur en management international à la MIT Sloan, notèrent à l’époque qu’il y avait « peu de preuves que les IDE en Chine intègrent beaucoup de technologies (…), l’écart technologique entre les pays investisseurs et la Chine [étant] généralement perçu à hauteur de vingt ans (6) » . Les gains de la Chine dans les chaînes de valeur étaient faibles, tandis que les gains des sociétés transnationales étaient énormes (lire « Chaînes de valeur globales »). La Chine semblait empêtrée dans des structures de dépendance.

La situation évolua à partir de la fin des années 2000, et elle est aujourd’hui sensiblement différente (7). L’appropriation technologique, par le biais de transferts obligatoires pour les investisseurs étrangers, et la modernisation industrielle intersectorielle menée par l’État ont permis à la Chine de progresser régulièrement dans de nombreux domaines industriels et de capter une part croissante de la valeur ajoutée. Ces avancées et le poids économique et politique du pays en Asie orientale ont commencé à susciter de sérieuses inquiétudes à Washington et dans d’autres capitales occidentales. En 2011, M. Barack Obama annonça le « pivot » de la politique américaine vers l’Asie. Puis, dans son discours sur l’état de l’Union de 2015, il déclara : « La Chine veut écrire les règles pour la région du monde qui connaît la croissance la plus rapide. Pourquoi la laisserait-on faire ? Nous devrions écrire ces règles. »

Pour freiner l’ascension de la Chine, l’administration actuelle a choisi d’aller beaucoup plus loin en se débarrassant de toutes les règles. Soutenue par le Congrès et par l’appareil de sécurité national, elle présente la Chine comme une menace majeure. Les États-Unis voient en elle un pays énorme devenu trop riche, trop vite — le produit intérieur brut (PIB) par habitant est passé de 194 dollars en 1980 à 9 174 dollars en 2015 (en dollars de 2010). Ils voient un État fort qui a encouragé et guidé le développement de conglomérats industriels nationaux, notamment dans les télécommunications, les transports maritimes et les trains à grande vitesse, et qui consacre une part croissante du PIB à la recherche scientifique et technique : plus de 2 % en 2016, contre 0,6 % en 1996, quand le ratio américain est de 2,74 % et celui de la France de 2,25 %. Ils voient un pays en train de moderniser sa marine, engagé dans une phase d’expansion économique internationale par le biais de ses nouvelles routes de la soie (Belt and Road Initiative, BRI), dont la composante maritime a permis à ce jour l’achat, la construction ou l’exploitation de quarante-deux ports dans trente-quatre pays. Ils savent que la Chine accuse encore un retard qualitatif important par rapport aux États-Unis dans la plupart des domaines techniques stratégiques, mais sont profondément préoccupés par le fait que, comme le Japon dans les années 1970 et au début des années 1980, elle est en train de les rattraper rapidement.

Comme l’écrit le Financial Times, Washington « cherche maintenant activement à contenir la montée en puissance de la Chine (8) » avant que ses efforts de modernisation ne parviennent à maturité. John Mearsheimer, chercheur de l’école réaliste en relations internationales et ardent partisan de l’endiguement, soutient que les États-Unis devraient tout faire pour empêcher la réémergence chinoise et pour que « l’économie chinoise s’écroule » avant que la Chine ne devienne un « Hongkong géant » (9). Pour cela, ils réduisent l’accès des importations d’origine chinoise au marché américain (guerre commerciale), excluent les entreprises chinoises des secteurs de haute technologie où ils ont une avance qualitative, contestent les revendications territoriales de Pékin en mer de Chine méridionale au motif que son accès aux îles serait une « menace pour l’économie mondiale » — selon M. Rex Tillerson, secrétaire d’État américain de février 2017 à mars 2018 (10) —, imposent des contrôles stricts pour les visas des étudiants étrangers et des contrôles de sécurité à tous les étudiants chinois diplômés.

Les mesures juridiques et réglementaires énergiques prises par Washington à l’encontre du conglomérat de télécommunications Huawei, plus grand fournisseur mondial d’équipements pour les réseaux sans fil, constituent les premiers pas décisifs dans cette démarche. L’administration prône une interdiction mondiale de la participation de Huawei à la construction d’infrastructures 5G, avec des résultats mitigés. Le 1er décembre 2018, le Canada a arrêté Mme Meng Wanzhou à la demande des États-Unis. La directrice financière de Huawei est accusée de fraude bancaire et de conspiration en vue de commettre des fraudes pour avoir supposément violé les sanctions américaines contre l’Iran et volé des secrets commerciaux, et elle est engagée dans une bataille juridique contre son extradition. Comme le note avec inquiétude le Financial Times (20 mai 2019), « la décision américaine de mettre le fleuron des télécommunications chinoises sur sa liste des entités avec lesquelles les entreprises américaines ne peuvent commercer que si elles obtiennent une licence gouvernementale marque un moment crucial pour l’industrie technologique mondiale. Elle donne le coup d’envoi d’une guerre froide entre les États-Unis et la Chine (…). Les dernières mesures américaines semblent conçues pour paralyser ou écraser l’une des premières entreprises technologiques chinoises devenues concurrentielles à l’échelle mondiale (…). Il s’agit d’un effort visant à découpler les secteurs technologiques américain et chinois, entraînant une bifurcation de cette industrie mondiale » .

Des entreprises « antipatriotiques »
Washington cherche en effet à déconstruire les chaînes de production et de valeur transnationales, qui profitent de plus en plus à la Chine et ont été l’une des caractéristiques essentielles de la mondialisation de la fin du XXe siècle. La guerre commerciale impulsée par les États-Unis est dirigée autant contre les sociétés transnationales qui ont fait de la Chine une plate-forme d’assemblage et de production que contre Pékin. Les autorités américaines estiment qu’ « une trop grande part de la chaîne d’approvisionnement s’est déplacée vers la Chine (11) » et que les multinationales qui ont investi en Chine, soit directement, soit à travers la construction de réseaux de sous-traitance multiniveaux, font partie du problème. Elles considèrent les activités de ces entreprises comme antipatriotiques — un argument qui a une longue généalogie dans la pensée nationaliste. Le professeur de science politique Samuel Huntington, connu pour sa théorie du « choc des civilisations », en a donné une formulation succincte en 1999 lorsqu’il a critiqué « les libéraux et les universitaires » ainsi que les « élites économiques » qui nourrissent des « sentiments antinationaux » et soutiennent un « cosmopolitisme [érodant] l’unité nationale » par en bas et par en haut. Il appelait de ses vœux un « nationalisme robuste » fondé sur une trinité nationaliste : Dieu, la nation et les forces armées (12).

L’espoir de l’administration, mais aussi des hauts responsables du Parti démocrate et de l’appareil de sécurité, est qu’un conflit commercial durable associé à des régimes de sécurité contraignants entraîne des coûts prohibitifs pour les entreprises transnationales, les poussant à se désinvestir de la Chine et à mettre fin aux transferts de technologie et autres formes de coopération commerciale — telle la vente de puces à Huawei par les sociétés américaines Intel et Micron. Cela affecte les entreprises non américaines, puisque les lois et réglementations américaines ont une portée mondiale : elles s’appliquent à tous les produits ou processus qui comprennent des composants fabriqués aux États-Unis ou des droits de propriété intellectuelle incorporés. À l’avenir, elles pourraient s’appliquer à toutes les entreprises qui utilisent le dollar dans leurs transactions, comme le montre le cas du blocus mondial actuel de l’Iran décidé par Washington.

Les résultats ne se sont pas fait attendre : Foxconn (Hon Hai Precision Industry), gigantesque entreprise taïwanaise qui assure l’assemblage en Chine des produits Apple ainsi que d’autres grands noms de l’électronique, a annoncé en avril 2019 des plans de diversification de sa chaîne en direction de l’Inde et du Vietnam (deux pays rivaux de la Chine) pour se prémunir contre les perturbations à venir dans les chaînes d’approvisionnement asiatiques. Depuis février, soixante-six sociétés taïwanaises ont commencé à rapatrier leur production de la Chine continentale à Taïwan, soutenues par un programme incitatif du gouvernement de Taipei (13). Des dizaines d’entreprises américaines et japonaises se désinvestissent de la Chine en se tournant vers le Mexique, l’Inde et le Vietnam. Selon une étude récente, sur les deux cents principales sociétés américaines actives en Chine, cent vingt revoient ou vont revoir leurs chaînes d’approvisionnement au cours des prochains mois (14). Le processus s’accélérera si l’administration intensifie la guerre commerciale. Selon la banque Morgan Stanley, le coût de l’iPhone XS augmenterait de 160 dollars si les États-Unis appliquaient des tarifs douaniers dissuasifs sur l’ensemble des exportations « chinoises » (15).

Les néomercantilistes américains espèrent ramener une partie des chaînes de fabrication aux États-Unis, ce que l’administration réclame avec insistance, sans résultats tangibles jusqu’ici. Les entreprises transnationales — notamment, mais pas seulement, les sociétés sans usines, comme Apple ou Nike — auraient besoin d’incitations très fortes pour le faire. Le démantèlement de leurs plates-formes chinoises serait un processus coûteux et ardu. Plus encore, la relocalisation aux États-Unis réduirait considérablement leurs marges bénéficiaires. Néanmoins, la volonté politique paraît ferme. Interrogé sur CNBC le 10 juin 2019, M. Trump a mis en cause la Chambre de commerce américaine pour son soutien affiché au maintien des relations commerciales avec la Chine, et a déclaré qu’il imposerait des droits de douane de 25 % sur toutes les importations d’origine chinoise (contre environ la moitié des importations actuellement assujetties aux nouveaux tarifs) si ce pays ne respectait pas les exigences des États-Unis. Selon lui, cela obligera les entreprises américaines « à déménager ailleurs (…). Elles [iront] au Vietnam ou dans l’un des nombreux autres pays possibles, ou bien elles fabriqueront leurs produits aux États-Unis, ce qui est [mon option] préférée (16) » . Sur ce point, le président jouit du soutien des dirigeants du Parti démocrate au Sénat, dont le chef, M. Chuck Schumer, exige une position de grande fermeté vis-à-vis de la Chine (17).

Une tension nouvelle s’établit donc entre les parties les plus internationalisées du capital et l’État. Contrairement à l’Union soviétique, qui se trouvait en dehors de l’économie capitaliste mondiale, la Chine en est devenue une composante essentielle. Le capitalisme, utilement redéfini par Fernand Braudel comme l’ « étage supérieur » des activités économiques, où le commerce de longue distance génère les profits les plus élevés, s’épanouit dans l’espace mondial, et non sur des marchés segmentés selon des lignes nationales. Cet étage, que Braudel distingue des marchés locaux du « rez-de-chaussée » , exige une économie mondiale ouverte que le capital peut traverser sans entraves. À quelques exceptions importantes près, comme le secteur de la défense et l’industrie des hydrocarbures, étroitement liés à l’État, les éléments-clés du capital ont une portée et des intérêts mondiaux. La situation actuelle remet ainsi en cause l’hypothèse libérale selon laquelle le degré d’interdépendance atteint à la fin du XXe siècle avait induit un changement de phase irréversible dans les relations sociales mondiales. Elle remet aussi en question les perspectives néomarxistes qui envisageaient l’émergence d’une « classe régnante transnationale » transcendant définitivement le politique et l’État (18).

Il serait naïf de penser que la Chine pliera sous la pression. Le 30 mai dernier, le Global Times, quotidien reflétant généralement la ligne officielle, écrivait : « La Chine est prête pour une bataille commerciale à long terme avec les États-Unis. Par rapport à l’année dernière, lorsque les États-Unis ont commencé la guerre commerciale, l’opinion publique chinoise est plus favorable à ce que le gouvernement prenne des contre-mesures sévères. De plus en plus de Chinois croient maintenant que le véritable but de certaines élites de Washington est de ruiner les capacités de développement de la Chine, et que ces gens ont pris en otage la politique des États-Unis envers Pékin. » De part et d’autre, la quête de pouvoir semble prendre le pas sur la quête de profit. Les interactions entre les nationalismes américain et chinois pourraient bien mettre fin à la mondialisation telle que nous la connaissons.

Philip S. Golub

Professeur de relations internationales, Université américaine de Paris. Auteur de l’ouvrage East Asia’s Reemergence, Polity Press, Cambridge, 2016.

(1) Donald Trump, « Declaring America’s economic independence » (PDF), discours à Monessen, Pennsylvanie, 28 juin 2016.

(2) Déclaration faite lors d’un colloque de la New America Foundation, Washington, DC, 29 avril 2019.

(3) Stephen Walt, Taming American Power : The Global Response to US Primacy, W.W. Norton, New York, 2006.

(4) Jonathan Steele, « America puts the flag out for Deng » , The Guardian, Londres, 30 janvier 1979.

(5) De 1971 à 2006, la République populaire de Chine a usé 2 fois de son droit de veto au Conseil de sécurité, contre 76 fois pour les États-Unis, 24 fois pour le Royaume-Uni, 14 fois pour la France et 13 fois pour l’URSS (puis pour la Fédération de Russie).

(6) Yasheng Huang, « The role of foreign-invested enterprises in the Chinese economy : An institutional foundation approach » , dans Shuxun Chen et Charles Wolf Jr (sous la dir. de), China, the United States, and the Global Economy, Rand, Santa Monica, 2001.

(7) Lire « Comment l’État chinois a su exploiter la mondialisation » , Le Monde diplomatique, décembre 2017.

(8) « The US is seeking to constrain China’s rise » , Financial Times, Londres, 20 mai 2019.

(9) Cité par Zachary Keck, « US-China rivalry more dangerous than Cold War ? » , The Diplomat, 28 janvier 2014.

(10) Témoignage de M. Rex Tillerson lors de son audition de confirmation au Sénat, le 11 janvier 2017.

(11) Mme Nazak Nikakhtar, secrétaire adjointe à l’industrie et à l’analyse, ministère du commerce. Citée par James Politi, « US trade hawk circles prey in China conflict », Financial Times, 27 mai 2019.

(12) Lire « Dieu, la nation et l’armée, une sainte trinité », Le Monde diplomatique, juillet 2005.

(13) Lawrence Chung, « Taiwanese companies hit by US-China trade war lured back home by Taipei » , South China Morning Post, Hongkong, 15 juin 2019.

(14) Taisei Hoyama, « US and Japan rethink supply chains as trade war widens » , Nikkei Asian Review, Tokyo, 20 mai 2019.

(15) Takeshi Kawanami et Takeshi Shiraishi, « Trump’s latest China tariffs to shock global supply chains » , Nikkei Asian Review, 12 mai 2019.

(16) Interview de M. Trump par Joe Kernen, CNBC, 10 juin 2019.

(17) Keith Bradsher, « A China-US trade truce could enshrine a global economic shift » , The New York Times, 29 juin 2019.

(18) Cf. William I. Robinson et Jerry Harris, « Towards a global ruling class ? Globalization and the transnational capitalist class », Science & Society, vol. 64, no 1, New York, printemps 2000.


Edité le 26-09-2019 à 23:00:49 par Xuan




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Xuan
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   Posté le 16-10-2019 à 23:56:59   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur Sputnik un article montre que les sanctions US n'ont pas brisé Huawei.

Il ressort aussi que les USA envisagent de soutenir financièrement deux entreprises concurrentes : les sanctions commerciales trahissaient déjà le credo libéral en obligeant des entreprises US à suivre les injonctions de l'Etat contre leurs propres intérêts, mais ici ce serait une nouvelle entorse au pseudo saint principe "pas d'aide de l'Etat".
Le conflit US - RPC remet en cause le libéralisme économique.

En Europe la France a accueilli Huawei avec des réserves, en Allemagne Huawei va s'installer, ainsi qu'en Norvège.


Malgré les sanctions américaines, le chiffre d’affaires de Huawei en forte hausse


REUTERS / Eric Gaillard

18:15 16.10.2019

L’entreprise technologique Huawei indique connaît une augmentation de son chiffre d’affaires de plus de 24% sur les neufs premiers mois de l’année, alors qu’elle a été placée sur la liste noire de Washington.

Le géant chinois Huawei a annoncé une augmentation de 24,4% de son chiffre d’affaires sur les neuf premiers mois de 2019, dans un communiqué publié ce mercredi 16 octobre. L’entreprise fait pourtant l’objet de sanctions de la part des États-Unis depuis mai dernier ainsi que de la part de certains pays occidentaux.

Huawei a réalisé un chiffre d’affaires de 610,8 milliards de yen (environ 77,9 millions d’euros) au cours des trois premiers trimestres de 2019, selon le communiqué. La société chinoise affiche une marge bénéficiaire nette de 8,7% sur cette période.
Elle a également vendu plus de 185 millions de smartphones au cours de la même période, ce qui représente une augmentation de 26% en volume par rapport à l’année dernière.

Par ailleurs, Huawei demeure le leader de la 5G, avec plus de 60 contrats signés et plus de 400.000 antennes 5G livrées. Ericsson et Nokia, ses principaux concurrents, ont quant à eux déclaré avoir conclu respectivement 47 et 42 contrats.
D’après le Financial Times, l’administration américaine serait prête à accorder des crédits à Nokia et Ericsson afin qu’ils puissent concurrencer Huawei.
«C’est l’une des grandes préoccupations du gouvernement en ce moment. Tout le monde, du département de la Défense, au département du Commerce, en passant par le département de la Sécurité intérieure, se penche sur la question» , a confié une source proche du dossier.

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