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 LES LEÇONS DES ÉLECTIONS MUNICIPALES FRANÇAISES

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robertbibeau
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   Posté le 26-03-2014 à 15:34:14   Voir le profil de robertbibeau (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à robertbibeau   

LES LEÇONS DES ÉLECTIONS MUNICIPALES FRANÇAISES



robertbibeau@hotmail.com



Une élection démocratique bourgeoise est un moment suffisamment important dans la vie politique et économique du grand capital pour que nous prenions le temps d’ausculter cette classe sociale pour tenter d’en subodorer la destinée.

Si la «droite» – du moins ce que les plumitifs des médias à la solde, les bureaucrates syndicaux et la pseudo «gauche» accréditée conviennent d’appeler la «droite» – revient en force, c’est que le grand capital français le souhaite ainsi. Depuis quelques années, les différentes factions de la grande bourgeoisie se sont solidarisées pour convenir d’une stratégie unifiée afin de contrer la résistance des ouvriers et des salariés et pour les écraser.

Leur stratégie va comme suit : Premier mouvement : discréditer la vieille garde des oligarques de «droite», en l’incitant à la prévarication sans retenue, au détournement des biens publics, au vol de l’État et à la débauche au beau milieu de la misère populaire. Les sous-fifres politiques s’en sont mis plein les poches sous l’œil approbateur de ceux d’en Haut, qui s’empressaient ensuite de les livrer en livrée à leurs lévriers de la télé. Pour terminer de paralyser cette faction «droitiste» discréditée, une guerre d’avortons a été montée à l’UMP pour la succession de la direction de l’opposition au Palais Bourbon.

Deuxième mouvement de ce menuet du temps présent, il fallut aussi discréditer le deuxième parti de pouvoir d’alternance bourgeoise, le mal nommé Parti «socialiste». Nonobstant les tergiversations, l’insignifiant suprême fut juché au créneau, petitement écervelé, mais fortement amouraché, trottinant en mobylette à la nuit tombée jusque chez sa dulcinée.

Valls l’estafette fut mobilisé pompette, la kippa sous la bonnette, aux cérémonies du CRIF, afin que nul Français n’ignore qui stipendie le gouvernement français pro-sioniste. Sous des simagrées antiracistes, les «socialistes» préparent ainsi les conditions pour l’avènement de l’État policier vichyste. En effet, trop de gens croient naïvement que les néo-fascistes s’empareront du pouvoir d’État au service des riches en paradant – chemises brunes et oriflammes déployées, aligner en rangées bien cordées par centaines de milliers sur les Champs Élysées – vous vous trompez.


*****

Observez la nouvelle façon de travailler des néonazis en Ukraine asservie. Une poignée de mercenaires néonazis occupaient un camp retranché face au parlement des riches tétanisé. Un gouvernement corrompu par les soins des riches, faible et discrédité. Les manifestants néo-fascistes rejoints par des milliers de dupés croyant qu’ils avaient là des militants bien intentionnés. Quelques assassinats ciblés. Le soutien hystérique des médias et des gouvernements impérialistes de la soi-disant «communauté internationale». Pour coiffer le tout, un coup d’État pratiquement sans effusion de sang. Il en fut approximativement selon le même plan en Égypte ou l’armée du pharaon compléta l’opération. Aujourd’hui, elle assassine l’opposition sous un silence de mort médiatique.

Le grand capital monopoliste élabore et expérimente ses stratégies dans ses néo-colonies avant que de les appliquer dans sa patrie. La dégradation des conditions économiques et politiques étant habituellement plus avancée dans ces contrées éloignées sponsorisées.


*****


En France la stratégie du grand capital consiste à élaguer toute autre alternative sur son aile «droite» comme sur son aile pseudo «gauche» afin que les salariés, dirigés par la petite-bourgeoise paupérisée, en viennent à réclamer la montée des néo-fascistes éduqués jusqu’à l’Élysée.

Le troisième mouvement de cette danse macabre est en place. Il s’agit d’ouvrir le premier niveau du pouvoir de l’État policier aux néo-fascistes de «droite», poussée dans le dos par les néo-fascistes de «gauche» qui ont eu leur chance au temps de l’État providence aujourd’hui révolu. Ainsi la population s’habituera à ces malfrats à travers la gestion du quotidien, tandis que ces faux jetons se feront la main à la gestion de l’État policier aux prévarications et aux appartements de fonction. Bientôt, ils seront à couteau tiré avec Matignon et le Palais Bourbon créant les conditions de l’implosion de l’État croupion.

Ce que les ouvriers et les autres salariés doivent savoir de ces élections municipales bidons, c’est que cette mascarade démocratique bourgeoise leur échappe complètement et qu’ils ont raison de demeurer indifférent (40% d’abstention) sachant que c’est dans leurs usines, leurs ateliers, leurs chantiers, leurs bureaux, leurs services, leurs quartiers, et leurs cités de banlieue que la lutte de résistance à l’État policier doit se développer afin de préparer les conditions d’un grand et d’un véritable changement.

Pour s’informer, le webzine : http://www.les7duquebec.com/


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marquetalia
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   Posté le 26-03-2014 à 16:26:50   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

"les socialistes préparent ainsi les conditions pour l avénement de l Etat policier vichyste"c est quoi ces conneries ultragauchistes?c est comme wikipedia,qui a fait de la diffamation en accusant à tort le maire de creutzwald,monsieur Wozniak,de faire partie du Front National!faut il vous rappeller que monsieur Francois Hollande a fait repentance en Algérie pour le passé colonialiste de la France,ce qui ne fut pas du tout du gout des vrais nostalgiques de Vichy,qui regretterent Sarkozy?vu le nombre de listes p"s"/pcf,il est fort probable que des ministres du Front de Gauche entrent après le deuxième tour des municipales au sein d un nouveau gouvernement,le Pcf fera dès lors pression pour que l assassinat de Maurice Audin soit reconnu comme crime d état;par contre,comme il y a quinze ans pour la Serbie,les ministres communistes feront de la "contestation/caution"pour les guerres menées par la France au Mali et en centrafrique,mais quand meme,on fait de la politique,il ne faut pas raconter n importe quoi,il n y a pas en France de fascisation-excepté pour les Roms,qui sont un nouveau "bouc émissaire",meme aux yeux d autres "minorités ethniques".un allié inconditionnel de la France qui se fascise est Israel,où bientot la minorité arabe va etre expulsée,un exces qui va de paire avec la judaisation de la cisjordanie,de jerusalem-est et du plateau du Golan.
marquetalia
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   Posté le 26-03-2014 à 21:32:12   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

http://www.humanite.fr/politique/le-remaniement-la-martingale-du-pouvoir-562030
marquetalia
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   Posté le 26-03-2014 à 21:36:53   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

http://www.humanite.fr/monde/appel-nous-demandons-la-verite-sur-lassassinat-de-562044
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Pionnier
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   Posté le 27-03-2014 à 08:43:14   Voir le profil de blogblog (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à blogblog   

L'Etat policier vichyste est déjà en place. Les satellites de surveillance du Mind Control traquent secrètement les internautes sans que personne ne soit pour l'instant conscient du danger.
le fascisme est déjà en place. C'est maintenant qu'il faut protester.

http://mindcontrolfrance.unblog.fr

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marquetalia
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   Posté le 27-03-2014 à 08:51:19   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

la bourgeoisie francaise n est pas homophobe,elle a soutenu les musulmans bosniaques d izetbegovic contre les tchetniks serbes puis les mercenaires de l u.c.k contre milosevic.
marquetalia
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   Posté le 27-03-2014 à 08:52:00   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

erreur de frappe,je voulais dire islamophobe.
Xuan
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   Posté le 27-03-2014 à 23:02:04   Voir le profil de Xuan (Online dans la catégorie Actualités françaises)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je ne suis pas certain que les coups tordus échangés entre l'UMP et le PS soient calculés pour faire monter le FN. Les monopoles capitalistes sont calculateurs mais divisés aussi et ils ne maîtrisent pas tout.

Il y a en France un vice dans la démocratie bourgeoise c'est l'alternance.
Et on retrouve un peu le même problème aux USA.
Cette alternance constitue une dictature parce qu'en dehors d'elle il ne peut pas y avoir d'expression "démocratique".
L'autre aspect est qu'elle implique de telles rivalités que le pouvoir d'Etat en est lui-même compromis, et parfois entravé dans ses décisions.

Il semble que cette situation ne pourra pas durer, d'autant que les masses ne le supportent plus, le vote FN en est la traduction.
D'autre part la situation de plus en plus critique de l'économie implique la nécessité pour la bourgeoisie de couper court à toutes les entraves à la course aux profits, de supprimer les débats interminables et les montagnes d'amendements, bref d'en finir avec l'alternance elle-même s'il le faut.

Le FN pourrait mettre fin à cette alternance mais sa position sur l'Europe est inacceptable pour les monopoles, il faudrait qu'il mange son chapeau sur ce sujet avant de pouvoir prétendre à la direction des affaires de l'Etat.
Ce n'est pas exclu.

Une autre solution serait une forme de cohabitation du type Jospin-Chirac.

Enfin lorsque le PS ou l'UMP sont au pouvoir, il sont les mieux placés pour instaurer eux-mêmes une dictature fasciste ouverte pour le "salut public".

Quelle que soit la solution retenue il s'agit pour eux de faire avaler l'Union Sacrée, et pour nous de la faire exploser en vol.

En particulier, dans les conditions du mandat PS, il importe de concentrer nos coups contre le PS, puisqu'il est investi du pouvoir de nuisance antisociale :
le mettre à poil et réduire son électorat à néant.

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robertbibeau
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   Posté le 28-03-2014 à 00:47:54   Voir le profil de robertbibeau (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à robertbibeau   

Cher Camarade l'analyse que tu présentes ci-haut est une analyse de journaliste bourgeois -sans caractère de classe affirmée.

1) Les coups que s'échangent PS et UMP on s'en fiche nous les ouvriers c'est d la mascarade entre deux factions capitalistes qui se disputent pour obtenir l'assiette au beurre = les prébendes gouvernementales - et pour servir leur maître au mieux de leur capacité. Il suffirait d'un Ohla de leur maitre pour qu'il cesse leur chicane infantile qui n'a aucun intérêt pour nous. Les riches les laissent s'entredéchirer car ils souhaitent pousser un 3e poulain qui fera ce que ces deux précédents n'osent pas faire.
2) De plus les riches souhaitent ne pas compromettre leurs premiers poulains dans le fascisme ouvert et les garde en réserve pour après la phase fasciste.
3) L'alternance existe dans tous les pays impérialistes. Amis français vous êtes un peu chauvin de toujours penser que vous êtes particulier. Mais pourquoi un marxiste-léniniste s'intéresse-t-il à l'alternance ? Aucun intérêt pour la classe ouvrière sinon de bien percevoir que UMP=Socialiste= et ainsi de suite dans tous les pays impérialistes. L'Alternance n'est en aucune facon un problème pour nous ouvrier c'est la duplicité bourgeoise étalée en plein jour. Tant mieux.
4) LES MASSES - Pardonne moi je n'utilise jamais cette expression. Les masses c'est quelle classe sociale au juste ? Moi seule la classe ouvrière me préoccupe et m'intéresse.
5) Le FN prendra la position que le grand capital lui dira de prendre sur l'Europe le jour ou FN s'approchera réellement du pouvoir de l'Élysée et à Matignon. Le FN a encore du temps à jacasser avant que ce jour arrive. Tu observeras leur turn round le pouvoir s'approchant d'eux.
6) L'Union Sacré ???? Sans intérêt pour la classe ouvrière. Elle existe déjà l'Union sacrée des riches contre le prolétariat. Je ne comprends pas ce que tu introduis de neuf dans le débat avec l'Union sacrée.

7) NON le PS n'est pas l'ennemi immédiat - urgent - de la classe ouvrière française dans son état actuelle de faiblesse désorganisée sans parti de classe. Le PS est une cible lointaine que nous n'avons pas la capacité de détruire en ce moment.

8) L'ennemi actuel - présent - urgent - actuelle - aujourd'hui c'est toute la petite gogauche - au complet - petite très bavarde - avec peu d'influence dans la classe - mais qui s'agite en périphérie de la classe afin de créer une clameur qui empêche notre classe de lire et d'entendre des réflexions marxistes-léninistes. C'est exactement leur rôle. La gogauche et les variantes sont infinies créer du bruit et segmente les quelques troupes de la classe prête à amorcer le combat final- meurtrier - ils radottent - potifient - ergotent - scissionnent - crée leur chapelle - isolent - prétendent analyser - font d la «politique» mais jamais de classe - et s'arrangent pour que les ouvriers soient bien mêlés et ne s'y retrouvent plus. Ils sont pédants - arrogants - ignorants.
Toute cette merde qui nous empêchent de rejoindre la classe est portée par un fragment de classe très précis - concret les mêmes qu'en 1968 EXACTEMENT la même couche sociale des bobos - petits-bourgeois. Les tactiques l'ergotage sont des tactiques de petits-bourgeois intellectuels. Ceux qui ont liquidés le mouvement en 1968. Ils sont de retour Et si nous ne les rossons pas nous ne serons jamais assez fort pour espérer attaquer ensuite le PS
Depuis 4 ans je me promène dans la petite gauche à gogo ici au Canada et en France et je les regarde faire en Tunisie - Algérie - Égypte - Liban Palestine et aux USA et partout c'est pareil - identique.

9) Le but de mon papier ne vise qu'un objectif - montrer à la classe que outillez de la science ML nous pouvons comprendre le fond de leurs magouilles et que la démocratie bourgeoise est une fraude et qu'ils ont raisons de rejeter la légalité bourgeoise y compris son processus électoral truqué.
Ils sont tous pareils et c'est ailleurs que nous allons les renverser et violemment

Merci de ta patience

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Xuan
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   Posté le 29-03-2014 à 20:46:48   Voir le profil de Xuan (Online dans la catégorie Actualités françaises)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Nous savons déjà que les partis bourgeois représentent les intérêts de la bourgeoisie et le plus arriéré des ouvriers sait aussi que le PS applique une politique qui lui est hostile comme l'UMP. Il nous intéresse de savoir quel est notre ennemi principal maintenant.

L'abstention par elle-même ne constitue pas un progrès ni une forme de lutte, à moins de répondre à un mot d'ordre des marxistes-léninistes, à un appel public. Nous n'en sommes pas là.


Ne dis pas « on s’en fiche nous les ouvriers » si tu n’es pas ouvrier toi-même, dis-toi marxiste-léniniste et ça ira bien.
Les coups que s’échangent les partis bourgeois ne définissent pas notre ligne de conduite mais on ne s’en fiche pas, on doit les connaître aussi et en saisir le sens.

Rien ne permet d’affirmer que « Les riches les laissent s'entredéchirer car ils souhaitent pousser un 3e poulain qui fera ce que ces deux précédents n'osent pas faire » .
D’abord nous ne parlons pas des « riches » mais du capital monopoliste, ensuite ces querelles concernent des clans de cette classe grand bourgeoise, auxquels les partis UMP et PS sont étroitement liés.
Affirmer que les partis bourgeois se disputent simplement « parce que la place est bonne » c’est un point de vue petit-bourgeois qu’on lit par exemple dans le Canard Enchaîné.
D’un point de vue de classe prolétarien précisément, les disputes entre les clans de la bourgeoisie reposent sur des intérêts matériels, sur la concurrence capitaliste des monopoles, et non sur le simple partage des maroquins.
Les politiciens bourgeois font partie intégrante de la grande bourgeoise.
Il n’y a pas de « maître » au-dessus d’eux, les maîtres sont les bourgeois monopolistes et ils sont eux-mêmes en rivalité, c’est dans la nature du capitalisme.

« L'alternance existe dans tous les pays impérialistes ».
Peu importe, il s’agit de la situation en France, qu’elle soit particulière ou pas ne change rien à l’existence de l’alternance, à ses caractéristiques et ses conséquences.
Ce qui est plus spécifique à notre pays est la domination présidentielle. De ce point de vue l’alternance peut être remise en cause et elle l’a déjà été à l’occasion des cohabitations qui sont une forme d’Union Sacrée.

« Aucun intérêt pour la classe ouvrière sinon de bien percevoir que UMP=Socialiste= et ainsi de suite dans tous les pays impérialistes. »
Il est sommaire d’affirmer qu’UMP = PS, sinon pour indiquer qu’il s’agit de deux partis bourgeois. La réalité est que le gouvernement PS se traduit par moins de grèves, moins de mouvements de masse et davantage de coups contre la classe ouvrière, ceci à cause de l’influence réformiste et révisionniste dans la classe ouvrière.
De là découle notre mot d'ordre "arracher la classe ouvrière au révisionnisme moderne" , combattre le réformiste.

« Moi seule la classe ouvrière me préoccupe et m'intéresse. » Notre point de vue est que la classe ouvrière doit diriger la révolution. Mais elle ne fera aucune révolution sans alliés dans la population, qui constituent avec elle les masses populaires. Ces masses populaires se définissent par leur intérêt objectif à la révolution prolétarienne et au socialisme.

« L'Union Sacré ???? Sans intérêt pour la classe ouvrière. »
L’Union Sacrée signifie l’Union du Capital et du travail. Elle a pour but des rallier l’ensemble des partis politiques, y compris celui du prolétariat, autour de la bourgeoise.
Ceci s’est produit lorsque la 1e guerre mondiale a commencé.
Il est essentiel et pas « sans intérêt » que la classe ouvrière s’oppose à l’Union Sacrée avec la plus grande énergie. Précisément dans une situation où le parti au pouvoir est soutenu par d'autres partis ou syndicats réformistes, ou bien critiqué mollement. C'est le cas justement.

« NON le PS n'est pas l'ennemi immédiat - urgent - de la classe ouvrière française dans son état actuelle de faiblesse désorganisée sans parti de classe. Le PS est une cible lointaine que nous n'avons pas la capacité de détruire en ce moment.
L'ennemi actuel - présent - urgent - actuelle - aujourd'hui c'est toute la petite gogauche - au complet - petite très bavarde »
, etc.

Je regrette mon camarade, on ne s’intéresse pas aux bavardages de la gauche radicale mais aux classes en présence et aux partis qui les représentent.

Aujourd’hui le PS est en charge de l’appareil d’Etat, il est le représentant actuel de la bourgeoisie monopoliste, c’est-à-dire de l’ennemi le plus acharné de la classe ouvrière et du peuple. Il est lui-même l'incarnation de la classe qui nous est fondamentalement opposée. C'est lui qui promulgue les lois antisociales, qui augmente les impôts et les taxes, qui détruit la santé publique, qui valide les plans de licenciements, qui envoie la police contre les grévistes, qui expulse les sans papiers...
La gauche radicale et les bobos n’ont aucun pouvoir sinon celui de bavarder.

Le PS n’est pas une cible lointaine , pas plus que l’UMP lorsqu’il était aux affaires de l’Etat.
C’est notre cible principale et elle est déjà fort mal en point.
Il suffit de voir les sondages d’opinion et d’écouter ce que disent ses alliés, ses électeurs ouvriers, employés, observer l’évolution qui se dessine chez les syndicalistes et les militants de la base des partis réformistes, écologiste et révisionniste depuis l’élection de Hollande.pour comprendre que sa situation est très mauvaise.
Les élections municipales lui ont déjà infligé une correction parce que son propre électorat s’est délité. Il n’y a pas une vague bleue , c’est l'électorat du PS qui s’en va en courant.

Dans un second temps c’est la division qui ne manquera pas de se produire comme toujours après un échec. Et bien évidemment nous avons tout intérêt à exploiter cette situation pour réduire le soutien populaire du PS à 0 %, impulser les grèves et les manifestations de masses contre ses ministres et se décrets.

Si les communistes savent désigner aux masses le PS comme l’ennemi du peuple à abattre aujourd’hui, la gauche radicale devra suivre le mouvement et le FN fondra comme un glaçon.

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robertbibeau
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   Posté le 30-03-2014 à 16:24:55   Voir le profil de robertbibeau (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à robertbibeau   

Réponse à XUAN

1) Tu écris «L'abstention par elle-même ne constitue pas un progrès ni une forme de lutte» Cela est faux. Le refus de voter dans le cadre de la pseudo démocratie bourgeoise est déjà une forme de conscience de classe - une marque d'une certaine perspicacité et d'écoeurement du prolétariat vis-à-vis de la mascarade électorale. A PREUVE nombre de partis qui se disent de gauche - le PCF mais aussi le PRCF, etc. n'ont même pas atteint ce niveau de conscience et militent encore en faveur de la participation aux élections bourgeoises truquées - contribuant de la sorte à crédibiliser la «démocratie» bourgeoise que nous devons rejeter du revers de la main. Ce que des ouvriers que tu dis arriérés ont déjà compris. Par contre tu as totalement tort quand tu écris ceci « le plus arriéré des ouvriers sait aussi que le PS applique une politique qui lui est hostile comme l'UMP» Si cet ouvrier le savait il ne voterait plus PS hors il y a encore des ouvriers français qui votent PS et l'étape que nous devons lui faire franchir est de mépriser et rejeter l'ensemble du processus électoral bourgeois - l'Assemblée nationale - la Présidence et tout cet appareil Étatique bourgeois que nous devons détruire jusqu'à la dernière pierre.

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robertbibeau
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   Posté le 30-03-2014 à 16:32:30   Voir le profil de robertbibeau (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à robertbibeau   

2) Réglons j'espère pour la dernière fois cette question de OUVRIER - Pas ouvrier - insignifiance à laquelle j'ai été confronté ailleurs en France. Je suis un petit commis qui place des biscuit sur les tablettes dans un TARGET ici au Québec. Suis-je assez travailleur pour me dire travailleur.

Je ne sais pas bien ce que reflète ces attaques (et tu n'es pas le premier j'en conviens). Il ne me serait jamais venue à l'idée de demander à quelque camarade que ce soit d me montrer sa fiche de paye pour lui accorder le droit d'écrire le mot OUVRIER. Je crois que cela reflète sectarisme -petit-bourgeois très étroit. Si un individu se dit OUVRIER et défend réellement la cause révolutionnaire ouvrière - ceci me suffit.

Ma critique envers vous ne porte pas sur le fait que vous écriviez ou non le mot OUVRIER - PROLÉTAIRE mais que vous ne défendiez pas la ligne politique ouvrière. Tenons-nous en à la ligne politique si tu le veux bien et inutile de m'indiquer ou et combien d'heures tu travailles et dans quelles conditions - cela n'intéresse que les FLICS, pas moi.

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robertbibeau
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   Posté le 30-03-2014 à 16:44:32   Voir le profil de robertbibeau (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à robertbibeau   

3) Revenons à la politique et aux lignes politiques. Tu écris ceci « Notre point de vue est que la classe ouvrière doit diriger la révolution. Mais elle ne fera aucune révolution sans alliés dans la population, qui constituent avec elle les masses populaires. Ces masses populaires se définissent par leur intérêt objectif à la révolution prolétarienne et au socialisme. »

Tu erres en faits et en principe. La classe ouvrière fera la révolution mais c'est le parti politique révolutionnaire conscient prolétarien - la quintescence de la conscience et du courage de la classe qui dirigera le mouvement. La classe ouvrière fera la révolution et ce sera le problème des soi-disant «masses populaires» de se mettre sous la direction du parti de la classe et dans le mouvement révolutionnaire de la classe. En d'autres termes - Ce qui distingue un Marxiste-Léniniste d'un maoiste entre autre c'est le rôle que chacun accorde à ces alliances de la classe révolutionnaire ouvrière - seule et unique classe révolutionnaire jusqu'au bout et divers fragments de classes qui peuvent trouver intérêt à faire un bout de chemin révolutionnaire avec notre classe et son parti strictement OUVRIER-PROLÉTARIEN.
Mao a fait alliance avec la petite bourgeoisie intellectuelle, la petite-bourgeoise d'affaire - le capital national non compradore et les petits propriétaires fonciers etc. la paysannerie etc. si bien qu'a la fin le PC chinois n'avait plus rien de prolétarien - la classe ouvrière amené de compromis en compromis s'est retrouvé largement minoritaire dans ce parti de masse de millions d'adhérents.
Un parti communiste prolétarien n'est jamais un parti de masse et surtout pas de masses populaires mais un parti d'avant garde prolétarien conscient dévoué à la seule révolution - seulement et uniquement.

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   Posté le 30-03-2014 à 17:07:00   Voir le profil de robertbibeau (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à robertbibeau   

4) Je termine en analysant cet extrait de tes propos «Il suffit de voir les sondages d’opinion et d’écouter ce que disent ses alliés, ses électeurs ouvriers, employés, observer l’évolution qui se dessine chez les syndicalistes et les militants de la base des partis réformistes, écologiste et révisionniste depuis l’élection de Hollande pour comprendre que sa situation est très mauvaise. Les élections municipales lui ont déjà infligé une correction parce que son propre électorat s’est délité. Il n’y a pas une vague bleue , c’est l'électorat du PS qui s’en va en courant.»

Tu as raison et en tant qu'ouvrier (eh les agents de police je m'affirme ouvrier juste pour les nargués pardonnez-moi cette fronde anodine) en tant que ML ce qui me préoccupe ce n'est pas que ce qui reste d'ouvriers au PS s'enfui de ce parti. Ni de constater que même la petite-bourgeoisie que vous aimez particulièrement rallié autour de vous se désintéresse du PS qui comme tout parti bourgeois ne peut plus sauver les prébendes qui jadis étaient réservées au petit-bourgeois COURROIE
de transmission et kapo du pouvoir bourgeois NON ce qui m'intéresse concrètement en tant que militant c'est jusqu'à quel point les marxistes-léninistes parviennent à canaliser - absorber - recruter ces militants écoeurés afin de leur proposer la perspective révolutionnaire et profiter de ce délitement du PS et autres pour élargir les rangs de la révolution en prévision de l'insurrection ????

A cette question - tout ce que je perçois ce sont des phrases ronflantes d'impuissances navrantes. Le jour n'est pas encore venu ou les ML de France peuvent appeler à l'insurrection armée contre le PS - Auparavant le ménage devra être fait patiemment - (et autrement qu'en demandant à un camarade de décliner son emploi) afin que les ouvriers trompés - tentés même de regarder du côté du FRONT NATIONAL - l'épouvantail que le grand capital leur propose comme alternative.
En effet savez-vous détecter que toute cette campagne de terreur que la bourgeoise répand - et j'entends la bourgeoise de droite comme de gauche - et d'extrême-gauche - les bobos agités - toute cette terreur à propos du FN vise à crédibiliser le FN comme parti différent - solution aux tourments que l'ouvrier inconscient finit par croire différent.
Comme cet ouvrier en sait assez pour comprendre que les anciens partis et cela comprend le vieux PCF que la bourgeoise maintient en vie pour faire repoussoir anti-communiste l'ouvrier finit par pensé «je n'ai plus rien à perdre autant allé du côté de celui que tout le monde déteste - s'il le déteste autant ce doit être que ce parti est pour nous».

Voilà le défi présent - qui confronte le mouvement communiste (réellement communiste) français. Quel mot d'ordre quelle ligne politique présentée aux ouvriers français et seulement aux ouvriers pour l'instant - les petits-bourgeois ne doivent pas vous préoccupez - ils se joindront s'ils ont l'humilité de le faire - afin que l'ouvrier ne tombe pas dans le panneau FN et comprenne que les soi-disant communiste n'en sont pas et que le communisme véritable est la véritable alternative unique sans équivoque - déterminée sans analyse entourloupette - oiseuse et pédante -

Ou est le chemin de la révolution en France aujourd'hui Voilà la question de l'ouvrier conscient (avec ou sans son livret de paye dans sa poche) ???

(:-))

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   Posté le 01-04-2014 à 23:42:14   Voir le profil de Xuan (Online dans la catégorie Actualités françaises)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le rejet du PS par les classes populaires crève déjà les yeux, y compris chez ses propres électeurs. Au passage il faut savoir que les électeurs ouvriers du PS ont fondu comme la neige et qu'il n'y reste quasiment plus hormis les grands bourgeois que des cadres, enseignants universitaires et professions libérales.

L'arrogance et le diktat observés du PS envers ses alliés d'hier a conduit dans bien des endroits la gauche radicale à s'écarter de lui ou à se faire laminer.

Ce que les commentateurs bourgeois n'ont pas relevé est la fin de l'Union de la Gauche entre le parti révisionniste et le PS. Seuls y restent fidèles les dirigeants parisiens du P"C"F et cela ne manquera pas d'y accentuer les contradictions. Ensuite la rupture est consommée entre le PS et les verts, contrairement à ce qu'annonçait ce soir même un de leurs responsables et vice-président, aussitôt démenti. Quoi qu'il arrive, les militants écolos ne veulent plus entendre parler du PS.

Ce parti est donc complètement isolé politiquement et du peuple et de ses alliés.
Le coup de semonce à l'adresse de ses mesures antisociales ne l'a pas poussé à faire amende honorable mais à l'inverse, à nommer Valls comme premier ministre, soit confirmer qu'il entend renforcer l'oppression capitaliste sans vergogne.
On peut s'attendre à ce que ce gouvernement cherche désormais à appliquer les cures d'austérité sans prendre de gants et qu'il applique la dictature du grand capital ouvertement.
Bientôt ce qui le différenciera du FN c'est uniquement qu'il est au pouvoir.


Edité le 02-04-2014 à 00:07:46 par Xuan




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Ci-dessous quelques analyses concernant les municipales, qui me sont communiquées par Gilbert Remond.
Naturellement leur publication ne signifie pas un accord sans réserve ni systématique mais traduit avant tout un souci d'information et répond à la nécessité d'étudier avec attention tous ces points de vue ainsi que les faits chiffrés qui sont avancés.
Il en ressort en particulier l'indication faite plus haut selon laquelle la punition du PS a aussi des répercussions dans le parti révisionniste et sur sa ligne jamais remise en question de l'Union de la Gauche. L'opposition à cette ligne ne manquera pas de se développer et de se généraliser.


_________________


Quelques articles et analyses sur les municipales.
Quelles leçons devons-nous tirer? De ce point de vu les analyses de Martelli qui vient du courant refondateur, méritent toute notre attention puisqu'elles portent une critique assez sévère sur le front de gauche. Elles mettent en particulier en valeur, l'échec de son implantation dans les quartiers populaires, ce que nous signalions depuis longtemps dans les différentes orga du courant communiste révolutionnaire que le PRCF nomme vraiment communiste et qui en gros se retrouvent sur les orientations discutées aux assises du communisme
Il est par ailleurs intéressante de revenir sur le témoignage de Jean-Pierre au sujet de "changer de cap" le programme communiste qui avait précédé le programme commun. Il nous donne la mesure des erreurs accumulées depuis près de quarante ans . Il nous permet aussi de comprendre pourquoi nous vivons le désastre politique et social actuel.
Il s'en dégage une leçon très claire à comprendre! Il ne peut y avoir de changement sans se donner les moyens du changement élaborés à partir d'une analyse de classe, et portés par les mouvements qu'expriment la lutte des classes. Il faut s'attaquer faiblir au capital et à la propriété privée des moyens de production et mobiliser les masses pour atteindre et réaliser ces objectifs. Tout discours qui n'en porte pas la trace n'est que du story telling pour nous faire avaler la pilule et maintenir le système en l'état.
L'autre leçon qui se dégage de la situation politique au lendemain de ces élections, c'est qu'il nous faut assumer nos responsabilités, se sortir de toute alliance avec le PS et reconstruire le parti révolutionnaire dont le pays a besoin. Il semblerait que sur au moins un de ces points le peuple ai pris une longueur d'avance sur les militants en sanctionnant cruellement le PS et en actant une séparation sanitaire. Sa victoire d'une courte tête à Vaulx en Velin n'est que la conséquence de son ralliement au libéralisme et de la bascule à droite du pays. A vaulx en velin c'est la droite qui a remporté le scrutin de dimanche et le refus de voir la fracture qui s'est faite entre les milieux populaires et la gauche
.
Gilbert



Edité le 02-04-2014 à 00:04:01 par Xuan




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Municipales : PC, l’autre Bérézina
Par Roger Martelli| 31 mars 2014


À l’issue des municipales de 2008, un maire communiste ou apparenté était à la tête de 726 communes sur le territoire métropolitain. Parmi elles, 81 comptaient plus de 10 000 habitants et 28 plus de 30 000. Les déclarations officielles de la place du Colonel-Fabien portaient à 185 le nombre de communes métropolitaines de plus de 3 500 habitants dont le maire était considéré comme communiste.

En 2008, l’érosion municipale s’était atténuée . Comme il le fait continûment depuis 1983, le PC avait perdu quelques mairies, mais beaucoup moins que lors des scrutins précédents. Il pouvait penser, cette fois, que les malheurs du concurrent socialiste conforteraient sa stabilité relative. En outre, la direction communiste a tout fait pour protéger les restes non négligeables du communisme municipal. C’est ainsi qu’elle a eu recours, une fois de plus, à l’appel appuyé au rassemblement de toute la gauche, dans les espaces encore contrôlés par le PC.

Au soir du premier tour, 26 communes de plus de 3 500 habitants avaient déjà été perdues, comme nous le notions sur le site de Regards, dont 13 au profit de la droite et 8 au profit de la gauche socialisante. Ce soir-là, l’analyse des résultats laissait entendre qu’une vingtaine des mairies communistes de 2008 se trouvaient en ballottage délicat et qu’une poignée (9 cas) pouvait mathématiquement être gagnée. En fait, loin de provoquer un sursaut, le second tour a amplifié les pertes du premier.

Sans doute les communistes regagnent-ils Aubervilliers et Montreuil (dans ce dernier cas, après avoir dû se contenter de 18 % au premier tour), ainsi que Thiers (Puy-de-Dôme), Sérémange (Moselle) et Annay (Pas-de-Calais). Mais ces quelques cas ne compensent pas la saignée enregistrée ailleurs. Au total, le PC perd 57 villes de plus de 3 500 habitants et en regagne 5, soit un déficit de 52 villes, près de 30 % de l’effectif de départ. Il perd 7 villes de plus de 30 000 habitants sur 28 et 19 villes de plus de 10 000 habitants sur 81. Il faut remonter à 1983 et 1989 pour trouver un tel recul.

Sur les 57 villes perdues, 30 l’ont été sur la droite, 22 sur la gauche, 5 sur des « divers ». Ces pertes sont réparties sur tout le territoire national avec des zones de plus grande fragilité. Les départements les plus touchés sont le Nord (9) et le Pas-de-Calais (5), la Seine-Saint-Denis (6), le Rhône et le Morbihan (4), les Bouches-du-Rhône (3). Des bastions historiques sont tombés : Garchizy (Nièvre), Escaudain, Fenain et Vieux-Condé (Pas-de-Calais), Bagnolet, Bobigny, Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) étaient des villes « rouges » dès 1919.

Treize communes perdues l’ont été en Ile-de-France dont 7 en petite couronne. La « banlieue rouge » s’est une nouvelle fois effritée. Aubervilliers et Montreuil rentrent dans le giron communiste. Mais Bagnolet, Saint-Ouen, Bobigny, Le Blanc-Mesnil et Villejuif n’auront pas de maire communiste. Dans cette affaire, le PS aura joué le rôle de l’apprenti sorcier . Il a considéré que la petite couronne lui revenait, dans l’attraction parisienne, et que les terres rouges étaient par vocation les siennes. Il a ainsi patiemment détricoté le réseau communiste séquano-dionysien et il a cherché à porter l’estocade finale en 2014. À l’arrivée, c’est la droite qui tire les marrons du feu. Les socialistes ravissent certes Bagnolet aux communistes, à l’arrachée. Ils ne récupèrent pas Saint-Denis et Montreuil comme ils l’espéraient. Et ils perdent Aubervilliers, Aulnay-sous-Bois et Livry-Gargan. C’est la droite, inexistante du temps de l’hégémonie communiste, qui étend ses mailles sur l’ancienne terre par excellence du communisme urbain (quand le département de Seine-Saint-Denis est créé, ce sont 80 % de sa population qui sont gérés par une mairie communiste). Les socialistes rêvaient de la grande revanche sur les communistes ; ils ont servi de sas à une conquête à droite.

Le nouveau recul communiste surprend par son ampleur . Et il est vrai que, dans plusieurs cas, la défaite du second tour s’est jouée sur une poignée de voix. La surprise ne devrait pas toutefois faire oublier le fond. Quand le PCF s’implante dans la périphérie parisienne, dans ces terres délaissées que l’on surnommait alors le « Far West français », il s’appuyait sur une espérance formidable de révolution et de république sociale. Il pratiquait en outre une gestion municipale originale, raccordée à une sociabilité ouvrière bien vivace, et qui parvenait, avant d’autres, à opérer une part de redistribution publique vers les catégories défavorisées et discriminées du monde ouvrier. L’expansion du communisme coïncidait avec celle de la banlieue, faisant corps avec une fierté populaire d’un temps où le prolétariat commençait à imposer sa dignité et la stabilisation de ses statuts.

La gestion communiste a ainsi été prise de plein fouet par le recul de l’État-providence, de la dépense publique et de la relative redistribution. Quant au PCF, il ne sut pas se renouveler avec assez de hardiesse , quand il avait les moyens de le faire. La gestion communiste a cherché à garder sa fibre constructive et populaire, mais dans un contexte de rétraction publique et d’une énorme frilosité interne. Pour une part, on dira que le roi est nu. Le communisme municipal s’est contracté, sans que l’on puisse encore en mesurer l’ampleur exacte. Là où le PCF n’est pas en tête de la gauche, il va être pénalisé par la débâcle socialiste. Au bout du compte, il y aura nettement moins de mairies et d’élus communistes. Ce n’est pas une bonne nouvelle, en ces temps difficiles pour les catégories populaires et pour la démocratie.

Front de gauche - Retour sur le premier tour [1]


Les données chiffrées présentées ici portent sur les communes de plus de 1000 habitants (9663). Des listes étiquetées à gauche sont présentes dans 5476, soit un peu plus que la moitié (56 %). Des listes officiellement désignées comme étant celles du Front de gauche ou de certaines de ses composantes sont présentes dans 607 communes, soit à peine un peu plus de 6 % de l’échantillon de communes. Par commodité, les sigles utilisés sont ceux du site officiel de l’Intérieur :

LEXG : Liste Extrême gauche
LFG : Liste Front de Gauche
LPG : Liste du Parti de Gauche
LCOM : Liste du Parti communiste français
LSOC : Liste Socialiste
LUG : Liste Union de la Gauche
LDVG : Liste Divers gauche
LVEC : Liste Europe-Ecologie-Les Verts

On sait que les formations du Front de gauche se sont dispersées. Elles se sont encore intégrées dans des formules classiques d’union de la gauche, qu’elles soient ou non en position subordonnées. Dans les autres cas, on décompte 610 listes étiquetées LFG, LPG ou LCOM.

Le total des listes à la gauche du PS regroupent 4,2 % et la gauche dans son ensemble atteint 40,9 %.

Si l’on s’en tient aux 607 communes ou le Front est présent, rassemblé ou au travers de certaines de ses composantes, les résultats sont alors :

LEXG : 1.0 %
LFG : 6,9 %
LPG : 1.1 %
LCOM : 2,9 %
LSOC : 8,1 %
LUG : 16,3 %
LDVG : 5,6 %
VVEC : 2,6 %

Le total de la gauche de gauche atteint cette fois 12 % et la gauche tout entière est à 44,7 %.

P our rappel, les résultats dans les villes de plus de 20 000 habitants où le Front de gauche était présent en tant que tel, contre des listes d’Union de la gauche ou contre des listes socialistes ont été les suivants :

LEXG : 1,3 %
LFG :
6,4 %
LCOM : 0,5 %
LPG : 0 ;6 %
LSOC : 11,6 % LUG : 15,3 %
LVEC : 3,0 %

2. La comparaison avec 2012 est malaisée, les choix du PCF brouillant sévèrement les cartes.
Sans surprise, les progressions les plus nettes s’observent dans les communes où le maire est communiste et où il n’y a pas d’alliance avec le Parti socialiste (comme à Fontenay-sous-Bois, Ivry ou Saint-Denis). Des progressions s’observent dans une trentaine de villes où le maire n’est pas communiste. Dans plusieurs d’entre elles, comme Saint-Dizier, Calais, Sevran, Corbeil, Sète, Romainville ou Bourges, il s’agit de villes de sensibilité communiste forte, qui ont été gérées par des communistes.

Mais les pertes l’emportent largement sur la progression, dans près de 200 communes de l’échantillon. Dans 90 d’entre elles, ces pertes représentent plus de la moitié du pourcentage de 2012 et les deux tiers pour une vingtaine. Bien sûr, ces pertes sont particulièrement significatives dans les grandes villes où le PCF a choisi l’alliance avec le PS, comme à Paris, Toulouse ou Nantes.

Dans l’ensemble, s’observe incontestablement un problème propre aux grandes villes. Alors que le vote Mélenchon avait montré une spectaculaire percée dans les centres des principales métropoles, le vote municipal s’est effondré, notamment à Toulouse, Strasbourg, Bordeaux, Lille ou Reims.

3. Si l’on observe la globalité du scrutin municipal de premier tour, il révèle avant tout l’insuffisant ancrage du Front de gauche sur le terrain local. On sait que les municipales sont redoutables par la complexité des liens qui s’établissent entre les données nationales et le fait communal. Dans la France des 37 000 communes, les étiquettes qui dominent de façon écrasante sont celles des « divers gauche » et des « divers droite ». Mais, dans sa grande période, le PCF avait su, dans cet environnement a priori peu favorable, concilier l’enracinement local et l’identification politique. C’est lui qui, dans les années 1960 et 1970, a imposé une formule de l’union de la gauche qui contribua alors fortement à la déstabilisation de la droite et à la consolidation de l’espérance sociale en milieu populaire.

Pour l’instant, le Front de gauche est loin de cet équilibre. Dans les communes de plus de 1000 habitants, 9 % à peine des listes présentes correspondaient à une étiquette associée au Front de gauche. Les listes associées directement au PS représentaient à elles seules 15 % du total, 14 % pour les listes d’union de la gauche et 56 % pour les inévitables « divers gauche ».

Alors que la visibilité présidentielle du Front de gauche a été maximale, celle des municipales s’est diluée dans un océan de confusion. Or l’articulation complexe du national et du local suppose une base de clarification qui n’est pas encore accomplie.

Réflexions finales


1. Les élections municipales sont toujours un combiné de local et de national. Le Parti de gauche a eu raison de plaider pour une cohérence politique du Front de gauche , notamment dans les grandes agglomérations qui sont le cœur des redéploiements contemporains. Il a eu le tort de sous-estimer les dimensions locales, en privilégiant un discours avant tout critique à l’égard du Parti socialiste. Les communistes ont eu raison de souligner l’importance des enjeux locaux. Mais ils ont eu tort d’ignorer la place spécifique de la métropolisation, à la charnière du local et du national, qui a « nationalisé » massivement le scrutin.

2. À partir de 1965, le Parti communiste a imposé la méthode de l’union de la gauche dans le tissu local. Elle est en train de s’essouffler, notamment dans le cœur de la France métropolitaine. Il faut donc inventer des dynamiques permettant de concilier la clarté des débats de projet (adaptation ou rupture) et la nécessité de rassemblements à portée majoritaire. Il est vrai que le passage d’une méthode à une autre ne se décrète pas en claquant des doigts. Mais encore faut-il avoir la volonté de cultiver le nouveau, eu lieu de se cramponner à l’ancien. Depuis 1983, le PCF ne cesse de chercher à préserver ses municipalités, en s’inscrivant dans la continuation des dynamiques d’hier. Il a pu parfois (par exemple en 2008) freiner son déclin municipal. Il ne l’a jamais enrayé. Une nouvelle donne s’impose pour le rassemblement à gauche : il n’y a plus d’échappatoire.

3. Le médiocre résultat municipal au cœur de la France urbaine, après le brillant succès de Jean-Luc Mélenchon au printemps 2012 , ne peut manquer d’interroger. Globalement, le Front de gauche a un problème d’implantation territoriale inégal. Dans les agglomérations, le problème est peut-être d’abord celui d’une inadéquation. Dans ces territoires refaçonnés par la mondialisation, il ne suffit plus de s’opposer aux choix globaux existants. Encore faut-il leur opposer des projets qui soient à la hauteur des enjeux et des attentes. Dans cette part du territoire national, où la polarisation des avoirs, des savoirs et des pouvoirs est maximale, c’est une vision métropolitaine qui peut faire le lien du local, du national et même du supranational. Sans doute le Front est-il bien fragile sur ce point.

4. Dans bien des cas, le Front de gauche apparaît trop institutionnel . Les résultats intéressants des listes souvent dites « citoyennes » ou « alternatives » disent à leur manière l’attente d’un vent nouveau. Que les Verts, alors qu’ils participent à l’exercice du pouvoir, aient bien passé le cap du premier tour dit quelque chose d’analogue. Que cela soit mérité ou non, ils incarnent chez beaucoup d’urbains un rapport différent à la politique et à la quotidienneté.

Il ne faut certes pas en tirer de conclusions hâtives, sous la forme d’un éloignement des enjeux institutionnels. Mais il faut savoir prendre du champ à l’égard de la mécanique essoufflée des institutions, pour y revenir plus efficacement, pour subvertir cette caricature de démocratie qu’est aujourd’hui la « gouvernance » des élites. Si le Front de gauche a une mission, c’est à retisser les liens désormais inexistants entre l’expérience sociale et le champ politique. Mais pour cela, il devrait apprendre à incarner décidément une autre façon de faire de la politique. C’est une clé majeure de la reconquête des catégories populaires. On ne lutte pas contre le ressentiment en attisant seulement la colère, mais en raccordant les pratiques pour améliorer l’existant à une nouvelle espérance.

5 . Ainsi, le Front ne peut plus contourner l’exigence de la novation. Il faut rassembler, plus que jamais. Et plus que jamais il convient d’incarner un renouveau. Que cela plaise ou non, que cela soit juste ou non, le Front de gauche est perçu davantage comme une butte-témoin du passé que comme un vecteur d’avenir. Et sans doute, a-t-il involontairement contribué à cette image par la référence obsédante aux grandes heures du passé populaire. Par métier et par passion je vibre toujours intensément au récit de la grande geste révolutionnaire. Mais les jours heureux d’hier sont derrière nous, irrémédiablement. Si la mémoire populaire vient se greffer sur l’innovation démocratique et sociale, elle enfle une dynamique propulsive, en réarticulant le passé, le présent et l’avenir. Elle englue si, un tant soit peu, elle apparaît comme un substitut de sens et de repère.

Les jolis scores, au premier tour, de Sevran et de Romainville , ont été acquis par deux jeunes femmes, Clémentine Autain et Sonia Dauvergne. Toutes deux ont amplifié leur score au second tour. Le signal est heureux. Il rend exigeant sur la capacité d’initiative historique d’une gauche bien à gauche. Les jours heureux de la révolution émancipatrice sont devant nous. Encore faut-il les inventer.


Roger Martelli

Notes

[1] Les statistiques globales sont faites sur les communes de plus de 1000 habitants. Elles reposent sur les données du Ministère de l’Intérieur. Celles-ci sont imprécises, du fait des complexités de répartition des étiquettes. Pour les villes qui étaient communistes en 2008, la correction des étiquettes a été faite. Pour les autres, il faudra tenir compte d’une marge d’erreur qui n’invalide pas les grandes données du scrutin.

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Appel

mercredi 26 mars 2014
par Rouge Vif 13


(Re)-construire
Les élections qui viennent de se tenir montrent que la non prise en compte des questions d’emploi, de salaire, de protection sociale, de logement et l’absence d’un parti révolutionnaire conduisent le monde du travail, au découragement, au désespoir ou à se tromper de colère.
Dans les quartiers populaires force est de constater qu’il y a correspondance entre chômage, abstention et vote FN.
La droite et son extrême gagnent surtout par défaut de perspective politique ouverte par un mouvement progressiste.
Le PCF et le Front de gauche sont plombés par leur impossibilité à se défaire d’accords avec un PS de plus en plus ouvertement réactionnaire.
Plus que jamais une organisation révolutionnaire en prise avec les luttes dans les entreprises et les quartiers populaires et détachée de tout électoralisme doit émerger. C’est de notre responsabilité à chacun de nous,
• Nous qui ne croyons pas que le capitalisme soit aménageable,
• Nous qui ne voulons pas de compromission avec la social-démocratie
• Nous qui ne confondons pas mondialisme et internationalisme
• Nous qui ne voulons pas de cette alliance ouest-européenne nouvelle puissance impérialiste en construction
• Nous qui voulons que les plus exploités, les plus précaires, les chômeurs, les discriminé-e-s, ne laissent à personne d’autres qu’à eux-mêmes la prise en main de la lutte pour leur émancipation.
Nous affirmons qu’à l’image de ce qu’essaient de construire les peuples d’Amérique du Sud nous pouvons nous débarrasser des accords de libre échange du type ALENA chez eux, UE chez nous et construire notre ALBA à nous.
Nous affirmons qu’il est temps que celles ceux qui veulent inventer le socialisme du 21ème siècle se rassemblent quelques soient par ailleurs les engagements qu’ils peuvent avoir.
Si nous laissons faire c’est l’obscurantisme, la réaction et même le fascisme qui gagneront.
La transformation de la société passera par chacun de nous ou ne sera pas. Nous ne pouvons nous défiler, remettre au lendemain ou nous décourager devant l’ampleur de la tâche.
Assumons nos responsabilités. Dans toute la France, prenons notre place dans la (re)construction de l’organisation révolutionnaire dont le pays a besoin.

Rouges Vifs 13, pour sa part, se tient à disposition pour aider à cette œuvre d’avenir.
Rassemblons-nous !


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Communiqué du secrétariat national du Pôle de Renaissance Communiste en France. 31 mars 2014
Après l’énorme claque reçue par Hollande-M.E.D.E.F., comment rendre l’initiative au camp populaire ?


La cinglante défaite de Hollande et du P.S. aux municipales est potentiellement explosive.

Une bonne partie de l’électorat populaire a à nouveau fait la grève du vote. Une autre partie, et c’est encourageant, a soutenu dès le premier tour les listes indépendantes du P.S. qui se sont opposées aux euro-métropoles (nous saluons la réélection emblématique, dans ce contexte difficile, de la municipalité communiste de Vénissieux conduite par Michelle Picard). La troisième partie de l’électorat populaire, et c’est très inquiétant, a voté aux deux tours pour le F.N. : c’est un camouflet pour la fausse gauche et pour les pseudo-communistes mutants qui, depuis deux décennies, ont promu le mensonge de l’Europe sociale, ont « collé » à la social-démocratie et ont renié à la fois la classe ouvrière, la nation et la perspective révolutionnaire ! Terrible responsabilité aussi que celle des états-majors syndicaux hollando-complaisants et euro-formatés qui en sont à « négocier » les contreparties patronales au « pacte de responsabilité » de Hollande-M.E.D.E.F., alors que Mme Le Pen – dont c’est peu dire qu’elle roule pour le capital – s’est payé le luxe ce soir d’exiger l’abrogation !

Plutôt que de se lamenter sur la « vague bleue » et « bleue marine », les militants franchement communistes, les vrais syndicalistes, les patriotes républicains, les antifascistes véritables, doivent se rencontrer, agir ensemble. Sans cela, ils porteraient aussi à terme une responsabilité dans la décomposition de notre pays, pris en tenaille entre le Parti Maastrichtien Unique (P.S., U.M.P., U.D.I., Europe-Ecologie), l’U.M.’ Pen en gestation et les euro-séparatistes qui viennent de faire une percée de mauvaise augure en Corse.

Dans ces conditions, il est urgent que :
• les organisations franchement communistes, membres ou pas du P.C.F., s’organisent solidement dans l’action pour les « quatre sorties » (de l’U.E., de l’euro, de l’O.T.A.N. et du capitalisme) pour la restauration de l’indépendance nationale, des acquis du C.N.R. et la reprise de la marche révolutionnaire vers le socialisme ;

• les syndicalistes de classe – qui sont nombreux à mener des luttes dures, chacun dans son syndicat et dans son secteur professionnel – se coordonnent dans un large front rouge : sans cela, les classes populaires ne pourront pas disputer la rue à la réaction.

• que les républicains patriotes exigent ensemble que la France sorte du mouroir de l’euro, de la « construction » européenne et du Grand Marché Transatlantique qui broient nos emplois, nos services publics, notre langue et notre dignité nationale la plus élémentaire, tout en marginalisant des millions d’ouvriers et de fils d’ouvriers.

Dans l’immédiat, le P.R.C.F. participera, sur des bases 100% euro-critiques, et en toute indépendance à l’égard des appareils euro-constructifs, à la manifestation nationale du 12 avril. Pourquoi pas à cette occasion, un défilé commun des organisations communistes qui ont signé l’appel des Assises du communisme contre l’U.E. ?

En menant sa propre campagne communiste, mais aussi en soutenant le Comité National pour la Résistance Républicaine à l’U.E. (C.N.R.-R.U.E.), le P.R.C.F. appellera par ailleurs notre peuple à coller une énorme claque à Hollande-M.E.D.E.F., à la droite atlantique et au Front « national » (qui feint de condamner l’U.E. mais qui se goberge au parlement supranational) : pour cela, boycottons le scrutin piégé des européennes. Délégitimons l’U.E. en délégitimant le scrutin supranational. Faisons en sorte que des millions d’électeurs ouvriers se détournent consciemment, politiquement, de l’U.E. capitaliste en leur proposant un programme de lutte fondé sur les quatre piliers du Conseil National de la Résistance : indépendance nationale, progrès social, antifascisme et nationalisation des secteurs stratégiques de l’économie. Engageons à cette occasion la construction « en bas » du Front de Résistance Antifasciste, Patriotique et Populaire (F.R..A.P.P. !).

Rien ne sert de se lamenter sur la vague réactionnaire qui déferle si par ailleurs, on refuse de délégitimer radicalement l’U.E. du grand capital et ses institutions pseudo-démocratiques qui est la matrice de l’euro-austérité et de la fascisation en Europe. OPPOSITION POPULAIRE à Hollande-M.E.D.E.F. et à l’U.E. pour refouler la réaction en rendant l’initiative au camp progressiste.

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Quelques remarques rapides sur la déroute de la gauche et celle du PCF



source

la campagne a tenté de transformer la colère et la déception des français en manoeuvres politiciennes, c’est un échec le taux d’abstention le prouve. Une grande partie de l’élctorat de gauche refuse les manoeuvres et le dit en se détournant des urnes.
la campagne obstinée en faveur de la promotion du Front National lui assure une représentativité qu’il n’a jamais eu même si nous sommes très loin de la vague bleue.
Pour la première fois la stratégie de Mitterrand consistant à faire monter le Front National et réduire le PCF pour affaiblir la droite et assurer la suprématie au PS, n’a pas tout à fait réussi.
En effet la promotion obstinée, indécente du Front National n’a pas déclenché la vague bleue marine mais a au contraire amplifié la vague de la droite qui réussit un triomphe dans un contexte marqué par l’abstention.
En revanche la destruction du PCF s’accentue avec la disparition de bastion comme Bobigny ou Villejuif, c’est une stratégie qui a été poursuivie dans le même temps que l’on nous faisait peur avec le front national. Bartelone dans la Seine Saint Denis est l’homme de cette stratégie mais elle s’est étendue au Val De Marne et dans d’autres villes. Le PS dans sa destruction obstinée du PCF a un peu joué le rôle du scorpion demandant à la grenouille de lui faire traverser le gué et la piquant mortellement en chemin "c’était dans sa nature". cela dit le département de bartelone , la Seine Saint denis qui passe à droite et voit la réélection de maires communistes par ailleurs témoigne de la folie d’une telle tactique à gauche. Le PS voit s’accélérer le désaveu de gauche, ne bénéficie plus du report des électeurs PCF et il a trouvé son propre scorpion avec les écologistes (Jean Luc Melenchon devrait méditer ce petit jeu des porteurs de venin)
Il est vrai que le PCF a fait tout ce qu’il fallait pour qu’il en soit ainsi.
Il a subi un quadruple phénomène:
le premier a été la chute de l’union soviétique
Le second a été l’intégration européenne qui a amplifié le bipartisme inscrit dans la Constitution de la Vème
Le troisième est d’ordre sociologique, avec la politique de desindustrialisation, le néolibéralisme, la pression constante sur les salaires , le peuple qui votait communiste s’est scindé en plusieurs catégories. Ceux qu’on a appelé les bobos et qui sont souvent des salariés de deux ordres, ceux avec des salaires élevés liés au tertiaire à la recherche, à la mondialisation dont une partie vote à droite mais une autre conserve un vote PS voire écologiste. Une partie qui soit travaille dans les milieux de la communication, artistes, enseignants. Ce qui caractérise donc ceux qu’on appelle les bobos est un fort capital culturel. Ils constituent le dernier bastion de la gauche, celle qui vote PS ou écologiste comme à Grenoble. En revanche et c’est ce qui a laminé le PCF, l’essentiel de ce qui formait jadis sa clientèle politique, les ouvriers, les employés soit sont allés dans l’ancien tissu rural, soit dans les banlieues avec forte paupérisation. Mais le PS paye lui aussi son abandon de ces couches populaires et de multiples manières. Si les villes mondialisées, tertiarisées comme Lyon, Lille, Paris et Grenoble conservent leur implantation, les communautés urbaines passent à la droite. De même, le PS ne bénéficie pas de report. Enfin une partie importante de ceux qui votaient pS sont allés au front national comme dans le cas de la mairie du 13e à Marseille. Dans la mesure où les électeurs du PCF se sont retirés, l’appel à la peur du front national ne joue plus. Donc si pour la première fois la montée du front national à cause de cette abstention ne joue pas en faveur du PS, cela amplifie donc le ressac du PS et joue de ce fait sur bon nombre de mairies communistes ayant fait alliance avec le PS.
Là-dessus en quatre, il y a les erreurs stratégiques du PCF en réponse à chacune de ces situations
I Face à la chute de l’Union soviétique, il n’y a eu aucune réflexion conséquente mais l’adoption de la condamnation du capital, une ignorance manifeste y compris des nouveaux rapports de force dans le monde, un repliement sur l’hexagone avec une seule stratégie, conserver des élus et sacrifier l’organisation militante et la formation à ce seul enjeu. Pour conserver des élus il fallait accepter la soumission au PS quitte à se soumettre à la stratégie mortifère de ce dernier.
II Dans un tel contexte, la question de l’Europe est devenue totalement inaudible et là encore de fait il y a eu soumission au PS avec l’idée que l’Europe en soi était bien mais que cette Europe là était mauvaise. Aucune réflexion sur ces espaces régionaux que les multinationales financiarisées constituaient partout et donc aucune proposition crédible, laissant au chauvinisme du Front National le soin de récupérer le thème. Il est clair que les prochaines européennes vont poursuivre sur cette lancée.
III- Il n’ya plus de stratégie mais des tactiques à chaque élection pour tenter de sortir la tête hors de l’eau quitte à s’enfoncer plus profondéments. Ainsi pour faire face à la présidentielle et à ses conséquences législatives le PCF a choisi de se donner à Jean Luc melenchon, tout en refusant les conséquences. Celles-ci sont multiples. Elles font un peu plus disparaître ce qui a constitué l’originalité du PCF. Le parti communiste a continué de dissoudre son appareil militant proche des victimes de la crise, dans les entreprises et dans les établissements scolaires et universitaires au profit d’un Front purement électoraliste. Ce qui a été négatif à la fois pour son implantation dans les quartiers populaires et pour les orientations syndicales de plus en plus attirées dans l’orbite de l’Europe et du PS. Mais un autre effet de ce choix est d’organiser la rupture avec le monde enseignant et celui avec capital culturel qui se reconnaît plus dans le Front de gauche que dans le PCF y compris au niveau de ses élus.
Au total, le PC perd 57 villes de plus de 3 500 habitants et en regagne 5, soit un déficit de 52 villes, près de 30 % de l’effectif de départ. Il perd 7 villes de plus de 30 000 habitants sur 28 et 19 villes de plus de 10 000 habitants sur 81. Mais alors que jusqu’ici selon la stratégie du PS qui estimait que les ville du PCF lui revenaient de droit, la grande nouveauté est que ce mouvement de perte se fait au profit de la droite et de l’extrême-droite ultérieurement… Un glissement…
Sur les 57 villes perdues, 30 l’ont été sur la droite, 22 sur la gauche, 5 sur des « divers ».
Voilà pour le diagnostic, mais les solutions je crois qu’il faut les voir dans ce diagnostic et la manière dont par exemple il témoigne que les vagues, les triomphes se situent dans un profond désaveu.
La France est en attente d’une autre stratégie face à la mondialisation, face à la crise qui frappe une grande partie de sa population, elle a des atouts et il faut les voir pour faire des propositions, tracer une perspective. Arrêter de se laisser avoir par cette technicisation de la politique où il ne reste que des appels à des positions partisanes politiciennes pour se répartir entre droite et gauche, ce qui est déjà le cas des Etats-Unis.
Voilà, si l’on veut avancer il faut certes penser à l’échéance des Européennes, mais le faire dans cette perspective plus vaste et arrêter ces tactiques au jour le jour pour tenter la survie. Il faut avoir le courage de la reconquête, à ce titre on peut se féliciter du nombre de mairie communistes réélues dès le premier tour et de celles dont le courage militant a assuré l’élection dans des terres hostiles comme venissieux ou dans un tout autre genre qui manifeste la. résistance à Bartelone celle d’Aubervilliers. Il est possible que nous soyons entrés dans une période de reflux durable du PS et de la stratégie social démocrate, cela ouvre un espace considérable.
Un mot encore, la situation était totalement prévisible, c’est pour cela que j’ai refusé dans ce blog à prendre position pour ces élections municipales en laissant ceux qui avaient en charge les directions politiques assumer leurs tactiques et leurs choix.
Danielle Bleitrach

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robertbibeau
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   Posté le 03-04-2014 à 02:12:23   Voir le profil de robertbibeau (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à robertbibeau   

Toutes ces fastidieuses pseudo analyses des élections bidons aux municipales françaises pêchent toutes par deux aspects et celui qui les rediffuses pêchent aussi sous deux aspects

1) Ces analyses révisos partent - adoptent - le point de vue de classe bourgeois et petits-bourgeois pour observer cette activité électorale strictement bourgeoise et n'ayant AUCUN intérêt pour la classe ouvrière et la révolution violente socialiste (non démocratique bourgeoise)

2) Ces analyses oublient de considérer que tout ce jeux électoraliste d'alliances entre partis bourgeois et petits-bourgeois ne peut mener qu'a la liquidation de la lutte ouvrière - de la révolte ouvrière en la dirigeant vers le marigot d l'électoralisme parlementaire traitre. Réfuter - rejeter - répudier toute ces tactiques - magouilles - supputations électoralistes comme pourries -anti-démocratiques - sans intérêt pour la classe ouvrière qui déjà rejette ces élections bidon (la classe ouvrière est ici en avance sur sa supposée avant-garde communiste)

3) Il est très bien que la classe ouvrière méprise le légalisme et le parlementarisme - et le légalisme et l'État capitaliste et les récuses attendant son heure pour les renverser violemment - définitivement.

4) Je seul et unique intérêt d'analyser ces mascarades électorales c'est de pouvoir observer leur niveau de dégénérescence - de décrépitude - leur paralysie et les sources de contradictions qui les amèneront à s'entredéchirer jusqu'à ne plus pouvoir gouverner leur structure d'État policier... afin de nous préparer à les renverser violemment (non pas par des élections bidons).

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Xuan
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   Posté le 06-04-2014 à 23:08:32   Voir le profil de Xuan (Online dans la catégorie Actualités françaises)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'échec du PS dans ces municipales a des répercussions non seulement chez lui mais aussi chez ses alliés les plus proches. Ci-dessous le courrier de G. Remond :

Une nouvelle épine dans le pied du front de gauche. La campagne laissera des traces aux effets désagrégateurs et la direction du PCF entre de ce point de vu dans une crise qu'elle aura de plus en plus de mal à règler, conséquence prévisible de l'effet Charyb en Scilla dont j'avait déjà parlé et de ses choix à la carte quant à son implication dans l'élection selon celui opportuniste de la reconduction de ses élus. La décision de Danielle Simonet qui résulte de celle de la fédération de Paris du PCF et de la manière dont elle s'est impliquée dans la campagne (voir a ce sujet le compte rendu de négociation entre les deux tours donne par Alexis Corbière) en annonce d'autres qui viendront inévitablements, réactions en cascades qui de parts et d'autres vont se produire .
(voir l'exemple a Grigny de la démission du parti de gauche de Christian Goubert
et celui de Danielle Simonnet)

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   Posté le 07-04-2014 à 08:50:13   Voir le profil de gorki (Offline)   Répondre à ce message   http://ouvrier.communiste.free.fr/   Envoyer un message privé à gorki   

Robertbibeau a écrit :

Toutes ces fastidieuses pseudo analyses des élections bidon aux municipales Français pêchent toutes par deux aspects et celui qui les rediffusent pêchent aussi sous deux aspects


Aussi pour ces derniers, j’en ajouterai un troisième, celui de sacrifier aux principes, pour survire au titre de bienveillant envers le régime social-fasciste de Pékin, à toute une cohorte de nouveaux et tout à fais provisoires amis de la chine dans le mouvement « communiste » français, empruntant tout aussi provisoirement aux thèses marxiste-léniniste accommodées à la sauce social patriote, eux aussi pour exister dans la radicalité petite bourgeoise

Étrange coup du sort que cette nouvelle situation qui fait bouger les lignes. Un PCF qui au fil du temps c’est totalement social-démocratisé, ne pouvait que donner naissance à un mouvement de la renaissance révisionniste revendiquant des points d’ancrage « ML » . C’est cela qui pousse actuellement quelqu’un comme Xuan, par exemple, (en vertu du principe que les amis de mes amis chinois sont mes amis) à la flagornerie, envers tout ce que le mouvement néo-révisionniste petit bourgeois, produit de pseudo analystes sociaux patriotes, etc.

La situation politique en France elle et des plus simple à aborder. En effet, il y a dans ce pays, deux grands courants de pensée hégémoniques de culture générale et de la politique bourgeoise qui rassemblent les opinions les plus diverses ; celui de la bourgeoisie des monopole et celui de la petite bourgeoisie traditionnelle et contemporaine . Ce compartimentant idéologiquement sans véritables frontières, ils ne laissent quasiment aucun espace a l’expression authentiquement communiste.

Le mouvement communiste en France dans tous ses compartiments d’expressions, et idéologiquement totalement gangrené d’idéologie petite bourgeoise, soit eurocentriste, soit totalement social-chauvine. Aujourd’hui une des taches des communistes authentiques dans leur lutte contre l’opportunisme doit être celle de la proposition d’action, qui permettra de séparer le bon grain de l’ivraie, le tri devant se faire entre ceux de la volonté d’êtres d’authentiques serviteurs du communisme, donc de l’avant-garde ouvrière organisée en parti, et ceux, servant d’autres intérêts, ayant l’ambition de le paraître…



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L'émancipation des ouvriers sera l'œuvre des ouvriers eux-mêmes
Xuan
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   Posté le 08-04-2014 à 22:36:29   Voir le profil de Xuan (Online dans la catégorie Actualités françaises)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Il n'y a pas plus de flagornerie de ma part que de "social-fascisme" de la part des communistes chinois.
Notre objectif est toujours le même tant qu'il n'est pas atteint :
arracher la classe ouvrière au révisionnisme moderne et organiser son avant-garde dans un nouveau parti communiste.

La punition infligée au PS ébranle l'ensemble du Front de Gauche et du parti révisionniste avec des réactions diverses et variées, dont l'aspect principal est le rejet de l'Union de la Gauche telle que la conçurent les dirigeants révisionnistes et notamment Georges Marchais.
Ceci constitue un élément fondamental du combat des marxistes-léninistes français contre le révisionnisme moderne.
Naturellement il n'exclut pas la persistance d'illusions, d'interrogations ou de confusions sur les objectifs à suivre et ceci est le résultat de dizaines d'années d'éducation anti-communiste au sein du P"C"F.
Les contradictions qui se font jour actuellement et de plus en plus profondément au sein du parti révisionniste, à travers ses différents groupes d'opposition, relèvent de ce processus complexe et il est indispensable de les faire connaître.
Cela ne signifie en aucun cas l'adhésion ou l'unité de pensée de notre part avec les positions exprimées et je l'ai indiqué dès le début si tu avais pris la peine de tout lire avant d'écrire n'importe quoi.

Le processus de reconstitution du nouveau parti communiste est long et complexe. Nous ne sommes pas les seuls à l'engager et nous trimbalons les uns et les autres - et toi aussi figure-toi - notre sac de cailloux sur le dos.
En tout état de cause ce n'est pas en distribuant les bons points et les certificats de marxisme-léninisme que ce parti se constituera.

Pour ce qui nous concerne nous mettons l'accent sur ce qui nous paraît essentiel : la fidélité aux principes marxistes-léninistes et l'idéologie prolétarienne.
Qui n'a pas fait d'enquête n'a pas droit à la parole, je poursuis la publication des réactions au sein des groupes d'opposition qui se réclament du marxisme-léninisme. C'est une démarche indispensable pour définir notre propre orientation.

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Xuan
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   Posté le 08-04-2014 à 22:56:35   Voir le profil de Xuan (Online dans la catégorie Actualités françaises)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Guy Poussy ancien membre du comité central du PCF, fait le constat dans une déclaration, au lendemain des municipales que les ouvriers et les ouvrières sont tenus à l’écart de l'assemblée nationale, des directions des partis politiques et même de celles des organisations syndicales. Ils sont méprisés. Pour lui, ce fait de société explique pourquoi, les partis institutionnels qui les repoussent au second plan de leurs préoccupations politiques ont reçu une sanction sévère a l'occasion des élections municipales, illustrant pleinement ce qu'un sondage récent établissait: 80% des Français ne leur font plus confiance.

Après cette déroute historique qui est l'aboutissement des doutes multiples engendrés par les promesses non tenues et les voltes-faces successifs des gauches au pouvoir, nous pouvons postuler qu'existe, une crise profonde du politique. Elle est un des facteurs actifs de ce résultat, mais nous pouvons parier que son onde de choc aggravera encore d'avantage sa mise en abîme si aucune alternative ne s'ouvre. Il n'est qu'un chemin à prendre pour s'en sortir, celui de la lutte mais pour l’emprunter, il faudra avant tout lever les ambiguïtés d'un certain nombre des positionnements qui ont été admis, jusqu’à ces jours.

Il faut mobiliser contre l'austérité! C'est ce que réclame aussi le M'pep dans un appel lancé aux organisateurs de "la marche du 12 avril contre l'austérité". Pourtant il annonce qu'il n'en sera pas tant qu'un certain nombre de points ne seront pas clarifiés. Car si la nomination du premier flic de France à la tête de l'exécutif national ne laisse aucun doute sur la dureté pour les masses populaires, de la politique qui sera par lui imposé, il convient de se démarquer radicalement de cette majorité qui n'en a plus que le nom et dont il n'y a plus rien à attendre, sinon de la sueur des larmes et du sang . Cette manifestation peut être un temps de la riposte populaire mais pour qu'elle ne sonne pas creux et serve à quelque chose, le m'pep pose six conditions qu'il détaille et explique dans un communiqué.

Voici revenu le temps des imposteurs nous dit Jacques Cotta, et la farce va se perpétuer. Comment pourrait-il en être autrement quand l'adversaire déclaré de la finance aussi tôt son annonce parlé va donner des gages à la city puis aussitôt élu poursuit la politique de celui que le pays avait rejeté? Hollande bien qu'il s'en soit défendu la main sur le cœur, s’apprête à importer la sinistre réforme Hartz IV qui donne obligation de travailler pour des salaires de misère mise en place par le social démocrate Schröder. Il laisse à un de ses proches, le soin d'en préparer les conditions d'applications, l'homme lige de l'OMC Pascal Lamy qui s'active en plaidant ouvertement pour plus de flexibilité sur le marché du travail et son ouverture aux petits boulots."Il faut accepter de temps en temps de franchir les espaces symboliques de ce type pour rentrer dans la réalité et la transformer" argumente-t-il sans gêne. "Un petit boulot, c'est mieux que pas de boulot". A quand les camps pour la mise au travail des indigents?

L'autre imposture c'est le délire de la croissance et ce que recouvre en fait le mot économie. Sa puissance sur nos comportements est tel qu'il prend le caractère d'une religion. L'homme doit y régler le tout de ses pratiques. Ce qui a changé , ce n'est pas seulement le dieu de l'économie ou de ses avatars, "c'est la relation avec ce qui-se-tien- là, voulant obéissance" nous dit Maurice Bellet dans son essaie "l'avenir du communisme" (1). Les marchés y sont devenus l’entitée sacrée devant qui tout doit se plier. A ces grands jeux, ou les vainqueurs ne le deviennent qu'en écrasant les vaincus, l'être humain est devenu une marchandise et si dans nos pays dits développés l’exploitation et l'exclusion n'ont plus la brutalité extrême et évidente qu'elles ont eue par le passé ou qu'elles ont gardé ailleurs dans certaines régions du monde, nous ne devons pas en déduire pour autant qu'elles ont fondamentalement changé de nature. Au contraire pour les exploités et les exclus de nos sociétés elles ont pris un caractère de brutalité extrême touchant à ce que l'on peut appeler une violence nue.

Exploiter, exclure, comme nous le connaissions jusqu'alors laissait derrière leur côté monstrueux un espace possible aux humains. La violence nue qui résulte des nouvelles formes d'exploitation mises en œuvre par les théories managériales du néolibéralisme, éradique l'humain de l'homme en lui ôtant toute possibilité d'être présent à lui même, d'avoir conscience de sa situation. Sa philosophie qui s'appuie sur un post -darwinisme favorisant la lutte pour la vie, ou l'essence de l'histoire humaine conduit à l'effacement des plus faibles, reste des plus inquiétantes. Son rayonnement, explique en partie l'état de sidération dans lequel se trouve les masses privées de structures politiques à leur service car si dans le nazisme la nullité de la pensé était sidérante, nous fait remarquer Maurice Bellet, chez les grands joueurs de la finance et de l'argent elle n'existe pas du tout sinon, comme ornement pour les amateurs, sous la forme de nouveau gadgets culturels tombés à leurs tours dans le cycle de la marchandise.

Enfin dernière imposture, celle qui a conduit à présenter des candidats socialistes contre leurs partenaires de la défunte union de la gauche sous le mot d'ordre préféré des fascistes "en finir avec 80 ans de communisme". Nous avons connu cela dans plusieurs communes dirigées par des communistes. La le PS ne recherchait pas d'accord, sinon pour obtenir comme dans les autres situations, soumission.

Alors comment nous sortir de là? Là, encore, Maurice Bellet voit un avenir pour le communisme et son universalisme résolu pour une volonté de régénération qui serait liberté et création. Mais, nous dit-il, cela aura un prix, et nous le rejoingnons sur cette opinion, celui du pouvoir qu'il faut prendre. Il ne s'agit pas de son ultime objectif mais d'un moment nécessaire qu'exprimait selon lui, fort bien la formule "dictature du prolétariat"!Nous le rejoindrons aussi sur cette opinion. "il y faut, poursuit-il, la vision et la volonté. Voir grand et loin; vouloir fort et longtemps. C'est casser l'hébétude, passer au-delà de la médiocrité et des arrangements, affronter les mépris et, si jamais l'on avance, une hostilité qui peut aller jusqu’à la haine......Avenir du communisme, parce que le communisme est la dernière formule que nous connaissions d'une initiative de mutation radicale, et qu'elle paraissait animée de ce que nous avons à retrouver: une vie humaine libérée du meurtre, de l'orgie de la violence dont l'histoire nous donne l'accablante mémoire"

Dans ce moment douloureux où nous assistons une fois de plus à une droitisation de la société, il nous faut comme le dit Guy Poussy pousser la réflexion jusqu'au bout et accepter les décisions qui s'imposent en sortant des consensus et des compromissions, des arrangements et des demies mesures, pour, retrouvant les utopies libératrices se décider a des changements radicaux portés par des luttes qui nous le savons seront dures et meurtrissantes. C’est a quoi peuvent nous aider les conférences du cercle universitaire marxiste dont le lien ci dessous donne accès aux vidéos qui les ont enregistrés.

Gilbert Rémond


(1) Maurice Bellet est prêtre et psycanalyste, théologien et philosophe. "l'avenir du communisme" est paru chez Bayard

http://www.lesfilmsdelan2.org/lesfilmsdelan2/Les_conferences.html



- Communauté : les anti-capitalistes
Après la SANCTION des ÉLECTIONS, pousser la réflexion JUSQU’AU BOUT [Guy Poussy]


Moi Président de la République j’ai décidé que le premier flic de France serait premier ministre d’un gouvernement de combat. Voila en quelque sorte la conclusion que F. Hollande tire après la débâcle des municipales. Sa politique a été sévèrement sanctionnée mais il entend la poursuivre, pensant avoir trouvé la parade en changeant de gouvernement. Il est aidé en cela par les médias, et les commentateurs politiques qui s’efforcent de cacher à l’opinion publique la réalité concrète de la situation politique. Oui les institutions de la 5e République sont arrivées à bout de souffle, leur légitimité est atteinte. Il y a crise du régime, et le jeu politique est sclérosé. Quel mépris de vouloir ignorer l’exaspération populaire qui vient de s’exprimer fermement par l’abstention massive, le vote blanc.

Il y a deux ans c’était le rejet de Sarkozy, aujourd’hui c’est le rejet de la gauche confondue, du PS tout particulièrement. Les dirigeants des partis institutionnels sont discrédités (Près de 80% de Français disent ne plus faire confiance aux partis politiques). Le divorce entre les élus nationaux, la classe politique, et le peuple est des plus flagrant. Ceci favorise la progression du FN. La prétendue adhésion des français à l’élection du président de la République au suffrage universel ne tient plus, elle est le camouflage d’une résignation politique. La constitution de 1958 taillée sur mesure pour le général De Gaulle était de caractère monarchique confiant à un seul homme un pouvoir sans limite, et sans contrôle.

En 2001 la droite et le PS, avec le soutien du dirigeant du PCF, R HUE, instaurèrent le quinquennat. Le mandat du président ramené à 5 ans. L’élection des députés alignés sur celle du monarque. L’assemblée Nationale est devenue une simple chambre d’enregistrement qui se plie aux injonctions de l’Elysée, et des puissances d’argent. Pour une grande part son rôle consiste à mettre en œuvre des choix et décisions politiques et économiques décidées par les institutions européennes. La France est totalement alignée et soumise à Bruxelles. La gestion de la politique internationale et militaire illustre parfaitement le caractère monarchique du régime.

Les parlementaires n’ont pas le droit de vote lors des interventions militaires extérieures, alors que celles-ci se multiplient et coûtent de plus en plus chères. L’élection du président au suffrage universel devrait être aboli. Sortons du piège qui laisse croire aux miracles de l’homme ou de la femme providentielle. Le monde du travail devrait aussi disposer de nouveaux droits et pouvoirs en particulier sur le lieu de travail. Aujourd’hui il en va tout autrement.

Les ouvriers, et ouvrières, sont méprisés et relégués au second plan. Ils ne sont pas élus à l’assemblée nationale. Ils occupent peu de responsabilité dans les directions des syndicats et des partis politiques qui se réclament du monde du travail. Il est fréquent que des militants syndicaux qui conduisent des grêves soient traduit devant les tribunanx et condamnés. Le pouvoir et le MEDEF font tout pour discréditer, et dénaturer, les luttes ouvrières et populaires.

Après la déroute des municipales il est nécessaire de reprendre le chemin des luttes car la politique d’austérité est inscrite dans le programme du gouvernement VALLS. Il est d’ailleurs nécessaire de rendre visible, et surtout de lever toutes ambigüités sur la politique mise en œuvre par le pouvoir socialiste, et la gauche qui ne participe pas au gouvernement. Le 12 avril à Paris la marche nationale contre l’austérité revêt une grande importance. Elle permettra de clarifier les choix politiques, ce sera la première manifestation contre le gouvernement HOLLANDE. Entre REPUBLIQUE NATION la fin du pouvoir personnel d’un seul homme, l’exigence d’une 6ème République ne manquera pas non plus de s’exprimer dans les rues de Paris
Le 2 avril 2014
Guy Poussy
ancien membre du Comité Central du PCF


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Pourquoi le Mouvement Politique d’Émancipation Populaire (M’PEP) ne participera pas à la marche de la « GAUCHE » le 12 avril 2014 à Paris ?



M'PEP

Le 17 février dernier, Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche (PG) et OLivier Besancenot, porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) ont lancé l’idée d’organiser une « marche nationale » le week-end des 12 et 13 avril. Leur but est de répondre aux « manifestations de droite et d’extrême droite des derniers mois ». Ils précisaient que « c’est un appel qu’on lance ensemble pour construire la mobilisation de ceux qui voudront exprimer un ras-le-bol de gauche à la politique du gouvernement ».
Le même jour, Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français (PCF), affirmait dans un communiqué : « une grande marche pour un sursaut de la gauche : c’est à notre portée » . Il indiquait que « les conditions pour un grand sursaut de la gauche face aux mobilisations de la droite et de l’extrême droite, face aux choix d’austérité du gouvernement et au pacte de responsabilité, se dessinent » .
La lutte contre la politique d’austérité du gouvernement Hollande est en effet nécessaire. Mais les compromissions du PCF et du PG avec le PS et EELV, organisateurs de l’austérité, font apparaître cette « marche » comme une simple gesticulation dans la perspective de l’élection européenne du 25 mai. Tout sonne creux dans cette opération, il s’agit d’une fausse manifestation.
Voilà, de l’avis du M’PEP, ce qu’il conviendrait de faire pour lutter vraiment contre l’austérité :

1.- Il ne fallait pas voter pour les listes aux élections municipales où se trouvaient des membres du Parti socialiste et d’Europe Ecologie Les Verts. Dans de trop nombreuses villes, des responsables locaux du PCF, avec les encouragements de la direction de ce parti, comme à Paris, se sont placés sur des listes dirigées par le PS. Par ce geste, les responsables du PCF ont avalisé les politiques d’austérité du gouvernement. De la même manière, des responsables locaux du PG, soutenus par leur direction nationale, ont recherché des accords pour construire des listes avec EELV, là où des membres du PCF se sont alliés au PS. Les écologistes d’EELV, qui disposaient de ministres, ont appliqué la politique d’austérité du gouvernement. Les partis membres du Front de gauche ont organisé ainsi une vaste confusion politique, appelant même à cette marche du 12 avril une prétendue « gauche » du PS qui ne sert que de caution au PS pour entretenir le mythe que ce parti serait favorable aux intérêts des classes populaires. On ne peut pas s’allier aux municipales avec les organisateurs de l’austérité et, une fois les électionsterminées, faire semblant de manifester contre eux.

2.- obtenir de la direction du PCF qu’elle annonce publiquement qu’elle ne fait plus partie de la majorité avec le PS. Car jusqu’à présent, aucun démenti n’a été apporté aux déclarations suivantes :

-A la sortie d’un entretien avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault (Reuters, 8 novembre 2012), Pierre Laurent affirme que le PCF et le Front de gauche ont « participé à la victoire d’une majorité politique au printemps et nous considérons que nous sommes dans cette majorité politique [...] mais il y a dans cette majorité un débat politique de fond ».
-Orientation confirmer dans L’Humanité des 10 et 11 novembre 2012 par Eliane Assassi, présidente du groupe communiste républicain et citoyen (CRC) au Sénat, qui notait que « nous appartenons à la majorité parlementaire et nous travaillons à ce que la gauche réussisse ».
-Dans « L’Humanité » du 12 novembre 2012, Pierre Laurent rappelait que « nous sommes dans la majorité qui a permis le changement ».
- Marie-George Buffet dans « L’Humanité » du 18 juin 2012 : « nous ne sommes pas dans l’opposition mais dans la majorité de gauche de façon constructive, pour réussir ».
-André Chassaigne, président du groupe Front de gauche à l’Assemblée nationale, affirme que son groupe se situera « clairement dans le cadre de la majorité de gauche » (Agence France presse, dépêche du 20 juin 2012).

3.- Etablir clairement la responsabilité de l’Union européenne et de l’euro dans les politiques d’austérité. On ne peut pas, comme le fait le Front de gauche, faire l’impasse sur les causes essentielles des politiques d’austérité qui se trouvent dans les traités européens et la politique suivie par l’Union européenne. Le système de l’Union européenne, par construction, est organisé pour entretenir l’austérité permanente. Car c’est bien l’austérité pour le plus grand nombre qui permet l’abondance pour une poignée de privilégiés. Prétendre que l’on peut changer l’Union européenne de l’intérieur est une impasse qui désarme les peuples.

4.- Débattre avec les syndicats pour qu’ils organisent une riposte digne de ce nom. Prisonniers de la Confédération européenne des syndicats, rouage intégré au système de l’Union européenne, la plupart des syndicats français ont adopté une position défensive. Certains ont même, comme la CFDT, approuvé le « Pacte de compétitivité » du gouvernement qui n’est pourtant qu’un alignement de la politique du gouvernement sur celle du grand patronat rassemblé dans le MEDEF.

5.- Refuser la participation d’Alexis Tsipras, le leader de Syriza en Grèce, tête de liste du Front de gauche à l’élection européenne . Que vient faire Alexis Tsipras à cette manifestation, si ce n’est collecter des voix ? Soit on lutte vraiment contre l’austérité, soit on fait une opération électorale en prenant la lutte contre l’austérité comme prétexte. C’est manifestement la deuxième solution qui a été choisie par les organisateurs. C’est d’autant plus regrettable que le leader de Syriza, avec le soutien du Parti de la gauche européenne (PGE), dont sont membres le PCF et le PG, s’est porté candidat à la présidence de la Commission européenne. C’est hallucinant ! On voit mal comment un président de la Commission européenne se réclamant de la « gauche » pourrait changer quoi que ce soit puisqu’il serait minoritaire et que de toute manière son rôle ne serait que d’appliquer les traités européens. En procédant de la sorte, Alexis Tsipras et le PGE (et donc le PCF et le PG) contribuent à la légitimation de tout le système de l’Union européenne. C’est gravement mystifier les électeurs qui devront sanctionner ces comportements par le boycott le 25 mai.

6.- Appeler le peuple à manifester, pas simplement la gauche . Pourquoi cette manifestation ne s’adresse-t-elle qu’à ceux qui se réclament de la « gauche » puisqu’on nous dit que « c’est un appel qu’on lance ensemble pour construire la mobilisation de ceux qui voudront exprimer un ras-le-bol de gauche à la politique du gouvernement » . C’est le peuple qui doit être appelé à se lever contre le gouvernement et l’Union européenne ! Dès le départ cette manifestation signe son échec car on ne voit pas comment les politiques d’austérité pourraient être remises en cause sans une mobilisation large et déterminée de tout le peuple.
Cette manifestation vise en réalité à favoriser le vote pour les listes du Front de gauche à l’élection européenne du 25 mai. Le M’PEP ne peut donc y participer car notre Mouvement ne veut pas entretenir de confusion. Le M’PEP est engagé en faveur d’une véritable rupture avec l’Union européenne et l’euro, et il dénonce la mascarade démocratique de l’élection du Parlement européen. C’est pourquoi il appelle au boycott de l’élection européenne. Le 25 mai, la seule réponse pour délégitimer le système eurolibéral sera le boycott citoyen.
source : M'PEP

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La « farce tragique » va-t-elle se perpétuer ?


« La question posée aujourd’hui est bien celle de la politique suivie. Du consensus des formations politiques qui toutes se retrouvent au parlement de Strasbourg ou à Bruxelles pour cautionner les directives qui jouent contre les peuples au profit du capital financier. Ces questions sont incontournables et devraient être abordées dans les combats à venir, dont celui qui se mènera pour le boycott militant des prochaines élections européennes, farce tragique destinée à faire cautionner l’Union Européenne par les peuples qui la subissent au quotidien. »
L'article de Jacques Cotta présente bien des aspects intéressants.

Mais est-il tout à fait an niveau de l'immense rejet de tout un système politique, de toute une conception de la société, rejet qui sera certainement accentué lors des prochaines élections européennes ?

En particulier, est-il suffisant de dénoncer les méfaits du seul capital financier ?
Le capitalisme, la société dominée par le capitalisme, ne sont-ils pas, fondamentalement, le, ou les, principaux responsables, et donc la principale cible du rejet ?
Et, si, enfin, l'on mettait en relation ce rejet avec les 72% de salariés qui considèrent le capitalisme comme négatif, selon l'enquête SOFRES que j'évoque souvent !
Michel Peyret


L'Imposteur Hollande et ses complices


L'orientation politique du gouvernement Hollande et les élections municipales...

Publié sur La Sociale (http://la-sociale.viabloga.com) dans la rubrique Actualités
Par Jacques Cotta, le Lundi 31 Mars 2014

La déroute électorale annoncée au soir du premier tour des élections municipales prend l’allure d’une véritable bérézina. Rejet d’une politique, rejet des socialistes au pouvoir, rejet des hommes, rejet des institutions de la cinquième république. Tout y est et curieusement politiques, journalistes, ou encore éditorialistes qui s’obnubilent sur un éventuel remaniement sont nombreux à ne rien voir…

De la déroute à la Bérézina

Même si dans le cadre de nos institutions il est habituel de voir aux élections intermédiaires le parti au pouvoir reculer, le parti socialiste aidé en cela par le gouvernement et le président François Hollande se sont ce coup-ci surpassés. La déroute annoncée au soir du premier tour prend l’allure d’une véritable bérézina. Quelques éléments permettent de cerner l’ampleur de cette débâcle.

D’abord le taux historique des abstentions pour ce type d’élections. Il dépasse nationalement les 36%. Mais la moyenne est trompeuse. Dans nombre de quartiers populaires, ce chiffre atteint les 40, 45 voire 50 ou même 60% d’abstentions. Le « clivage » gauche-droite entretenu les jours de vote a fait long feu… L’abstention massive exprime un rejet des politiques suivies.
Les pertes du parti socialiste sont tout autant historiques. Ce qu’il avait acquis durant plus de dix ans s’est évaporé en l’espace d’un scrutin.
a/155 villes de plus de 9000 habitants passent à « droite » dont 68 de plus de 30 000 habitants.
b/Parmi les pertes, certaines sont particulièrement symboliques. Angers que le PS dirigeait depuis 1977, Aulnay-Sous-Bois, ville symbole de la crise depuis la fermeture de PSA Peugeot-Citroën, où le socialiste sortant est écrasé par l’UMP et par l’abstention qui atteint 43,43%, Belfort, le fief de Jean Pierre Chevènement détenu depuis 37 ans, Charleville-Mézières, bastion historique de la gauche au cœur des Ardennes, La Roche-sur-Yon en Vendée, détenue par le parti socialiste depuis 1977, Limoges socialiste depuis 1990, Nevers depuis 1971, ou encore Quimper dans le Finistère où le perdant est le conseiller proche de François Hollande, Bernard Poignant, qui était en place depuis 3 mandats… Et Reims, Toulouse, Pau, Saint-Etienne, Valence… etc.…
Derrière les élections municipales se profile une onde de choc terrible pour le parti socialiste. Les communautés urbaines de Lille, Lyon, Bordeaux, Nantes, Marseille par exemple, que les socialistes géraient, risquent bien d’être perdues. Les conséquences pour le parti de la rue de Solferino vont être redoutables et les députés ou sénateurs qui m’indiquaient craindre le pire –lors de confidences anonymes ou revendiquées qu’ils me faisaient dans le cadre de mon dernier livre « L’Imposteur[1] » que je rédigeais quelques mois avant les élections- ne se trompaient pas. Les positions municipales permettaient au parti socialiste d’entretenir une armada d’affidés dans les exécutifs locaux. Avec une hémorragie d’élus et de fonctionnaires que ces élus faisaient vivre, c’est le parti socialiste lui-même qui va un peu plus s’étioler…

A la gauche de la gauche, c’est pas mieux
Le constat est là aussi sans appel. Ce que le parti socialiste a perdu n’a pas bénéficié à la gauche de la gauche qui depuis les présidentielles de 2012 a l’ambition de se présenter comme le recours.

Là encore quelques résultats symboliques sont sans appel :
a/Bobigny dominé depuis un siècle par le parti communiste -depuis sa création en 1920 - est terrassée par un candidat UDI et par 49% d’abstention.
b/Saint-Ouen, un des bastions historiques du parti communiste, tombe dans l’escarcelle d’un divers-droite avec une participation qui n’atteint que 55,26%.

c/Villejuif, gérée depuis 1925 par le parti communiste, qui tombe dans les mains de l'UMP.
....
Mais il y a pire que les résultats arithmétiques. Dans les faits que reste-t-il en effet du Front de Gauche principalement constitué par le parti de gauche et le parti communiste ? Le parti communiste pour sauver quelques fauteuils a privilégié des accords à géométrie variable, parfois dés le premier tour, avec le parti socialiste. Il s’est ainsi retrouvé sur des listes communes pour les élections locales avec ceux qu’il est censé combattre au niveau national. Vive l’austérité et le pacte de compétitivité d’un côté, à bas de l’autre…. Comprenne qui pourra… Il s’est ainsi défini non comme un parti, mais comme une espèce de fédération ou ses composantes sont plus déterminées par leurs intérêts que par une orientation commune. En quoi dés lors peut-on encore parler d’un parti ? Situation explosive au sein du PCF –que l’appareil et les intérêts particuliers peuvent certes momentanément contenir- mais surtout au sein du front de gauche. A Paris par exemple, les tensions avec le parti de Jean Luc Mélenchon ont été à l’extrême. Dés lors le Front de gauche risque d’avoir bien du mal à se redonner une légitimité que l’absence de cohérence de sa principale composante lui a ôtée.

L’Imposteur et ses complices

La scène vaut toutes les démonstrations. Nous sommes sur le plateau de France 2 le soir dimanche au soir. Pour la énième fois de la soirée, David Pujadas pose la même question. Quel que soit l’invité, elle semble l’obséder.

-Alors, va-t-il y avoir remaniement ? Quand ? …
Chaque fois la même réponse des émissaires socialistes sur les plateaux de télévision…
-C’est au président de savoir et de décider…
Et soudain c’est à Marine Le Pen que le présentateur s’adresse, après avoir recensé la dizaine de villes –Nîmes, Fréjus, Beaucaire, Béziers, Hayange, Cogolin…- emportées par le Front National. Il questionne encore…
-Un remaniement, vous en pensez quoi ?
La leader du Front national saisit la perche.
-La leçon du soir, ce n’est pas remaniement ou pas, mais quelle politique demain. Vous allez arrêter le « pacte de responsabilité » j’espère… dit-elle à l’adresse de Pierre Moscovici.
-Il nous faut aller plus vite et plus fort, répond celui-ci sans sourciller.
-Mais le remaniement ? demande à nouveau Pujadas.
-A quoi sert un remaniement ? C’est la politique suivie qui compte ! conclut Marine Le Pen.
La scène serait grotesque si elle ne révélait le caractère tragique de la situation. Alors que les ministres socialistes se succèdent pour annoncer qu’il leur faudra aller « plus vite et plus fort », donc pour qui sait comprendre poursuivre en l’amplifiant la politique qui a été désavouée et rejetée par les français, c’est la leader d’extrême droite qui ramène le débat là où il doit être.
Tout cela révèle les complicités dont jouit François Hollande, l’Imposteur qui a été élu pour une rupture avec Nicolas Sarkozy et qui une fois au pouvoir fait la même politique, en pire parfois. Les médias, journalistes en vue en tête, sont les acteurs d’un grand « jeu » qui se borne à savoir si dans le cadre de la même politique, c’est Pierre, Paul ou Jacques qui occupera le poste de commandes. Mais nul ne s’aventure sur le contenu de cette politique qui réalise le consensus PS – UMP et malgré les apparences FN aussi, et que rejettent les français. Cela transgresserait les règles du jeu au point d’en perturber le déroulement. Cela remettrait en cause le système, et c’est précisément cela que nul ne veut. Alors pas un mot sur la politique suivie et surtout sur le désintérêt que représente un remaniement pour une politique qui globalement demeurerait identique.

Ce n’est qu’un début

Comme le « jeu » doit se poursuivre, quitte à conduire à la catastrophe, le parti socialiste, François Hollande et les ministres ont déjà asséné que la politique qui sera suivie sera globalement la même. Ils se retranchent derrière les institutions anti-démocratiques de la 5èmerépublique pour se croire tout permis, et intouchables.
Hollande, l’Imposteur encore et toujours. Elu pour mettre un coup d’arrêt au Sarkozysme, « moi président » s’est empressé de reprendre la TVA sociale, de s’inscrire dans les « réformes » des retraites, de multiplier les cadeaux aux chefs d’entreprises, payés par les contribuables, de mettre en place l’ANI qui instaure la flexibilité du travail et interdit tout recourt sérieux, de démanteler un peu plus l’organisation territoriale avec le nouvel acte de décentralisation, d’entamer le caractère national de l’éducation, de s’inscrire dans le projet « d’Europe des régions », d’instaurer la MAP en lieu et place de la RGPP, de liquider toujours les postes de fonctionnaires et d’entamer notre bien commun, les services publics, au nom d’économies exigées par le Medef et les marchés financiers, …. La liste n’est pas close. C’est celle qui a conduit à la débâcle des municipales et qui annonce une amplification aux prochaines européennes.
François Hollande « l’Imposteur » se trompe-t-il ? Comme me l’ont confié certains de ses proches[2], il suivrait un plan de marche établi par ses conseillers avec en ligne de mire les présidentielles de 2017. Cela en trois étapes. D’abord la réduction dans son propre camp de ses adversaires potentiels. La mise à mal du PS tomberait à pic. Ensuite la réduction de la droite parlementaire au profit du FN. Il compte sur les affrontements au sein de l’UMP et sur la « droite la plus bête du monde » pour l’y aider. Enfin un duel Hollande Le Pen dont il se verrait victorieux, comme Jacques Chirac avant lui. Mais c’est là oublier que si l’histoire se répète parfois, c’est souvent en tragédie ou en farce…
La question posée aujourd’hui est bien celle de la politique suivie. Du consensus des formations politiques qui toutes se retrouvent au parlement de Strasbourg ou à Bruxelles pour cautionner les directives qui jouent contre les peuples au profit du capital financier. Ces questions sont incontournables et devraient être abordées dans les combats à venir, dont celui qui se mènera pour le boycott militant des prochaines élections européennes, farce tragique destinée à faire cautionner l’Union Européenne par les peuples qui la subissent au quotidien.
Jacques Cotta
Le 31 mars 2014


[1] Voir « L’Imposteur », éditions Balland, février 2014
[2] Op cit

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Le « socialiste » Pascal LAMY milite pour des « petits boulots » payés MOINS QUE LE SMIC


source
Pascal Lamy, ex-directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et proche du président François HOLLANDE, a plaidé mercredi pour plus de "flexibilité" sur le marché du travail, avec notamment des "petits boulots" payés en dessous du Smic.

" Je sais que je ne suis pas en harmonie avec une bonne partie de mes camarades socialistes mais je pense qu'il faut, à ce niveau de chomage, aller davantage vers de la flexibilité et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au Smic ", a-t-il déclaré lors de "Questions d'Info" LCP/France Info/Le Monde/AFP.
C'est-à-dire moins que le Smic? "Oui absolument" a-t-il ajouté. "Un petit boulot, c'est mieux que pas de boulot. Je ne réponds pas ça dans l'absolu, je n'aurais pas dit ça il y a 10 ans ou il y a 20 ans, mais à ce niveau de chômage..."
Pour l'ancien commissaire européen socialiste, "il faut accepter de temps en temps de franchir les espaces symboliques de ce type pour rentrer dans la réalité et la transformer" .
Au risque que cela rappelle le "Smic jeunes" de Edouard Balladur ou le "CPE" de Dominique de Villepin, tous deux abandonnés après des semaines de contestation sociale ? "Ce n'est parce qu'une réforme n'a pas marché ou parce qu'on a reculé devant la pression de l'opinion que c'est une mauvaise idée. Si on prenait tous les réformes qu'on a essayées à un moment, qui n'ont pas marché et si on ne les avait pas reprises, on serait encore au Moyen-Age" , a lâché M. Lamy.

source : L'INDEPENDANT

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Vénissieux fait face, malgré l’austérité, pour une ville pour tous

jeudi 3 avril 2014
par Pierre-Alain


Le résultat des municipales de Vénissieux est à la fois marqué par la vague bleue qui a submergé tant de terres de gauche, et en même temps originale par la résistance de la liste conduite par Michèle Picard à la tenaille que tenaient l’UMP et le PS. Imaginez un seul instant que le résultat se soit traduit comme à Vaulx-en-Velin par une courte défaite du maire communiste sortant, les médias nationaux seraient venus en masse, les télés et les radios commentant à n’en plus finir la "chute du dernier bastion communiste avec la faucille et le marteau" comme le dénonçait le candidat de droite.
Pourtant, nationalement, c’est le silence ! Déçu sans doute, ceux, nombreux, qui avaient construit ce personnage médiatique "Obama des banlieues" qui allait "faire tomber le bastion communiste" se désintéressent de notre ville, attendant le prochain accident social pour confirmer leur discours préfabriqué sur une ville qu’ils ne connaissent pas et ne comprennent pas.
Car Vénissieux a résisté à la vague bleue, avec une droite qui, au total, avec son extrême ne progresse que de 2,8% sur 2008, nettement moins qu’au niveau national où elle passe de 38,14 % à 42,77% (+4,63%). Elle perd même 989 voix sur 2008... A Vénissieux, pas de vague bleue, et le bleu marine est contenu, l’identitaire fasciste Lyonnais Gabriac a perdu son parachutage à Vénissieux et n’est pas élu.

Si l’abstention au 1er tour progresse de 51,7 à 55,7 % (+4%), soit 1624 abstentionnistes de plus qu’en 2001 et 2829 qu’en 2008, dans une période de développement de la ville, les votants restent autour de 13000, les exprimés ne perdent que 361 (-2,8%) sur 2001 et 731 (-5,7%) sur 2008. L’abstention à Vénissieux reste en dessous de celle de nombreuses villes populaires de banlieue (à plus de 58 %, on trouve Villiers le Bel, Vaulx-en-Velin, Bobigny, St-Denis, Aubervilliers, Vitry, Sarcelles, Roubaix, Clichy...), et contrairement au niveau national, elle baisse de 3,34% entre les deux tours, il y a 852 exprimés de plus en 2014 au deuxième tour que dans la quadrangulaire de 2001... Si la campagne a pris des formes délétères, le fait est que de nombreux Vénissians se sont mobilisés pour le choix de leur maire.

Dans ce contexte 2014, la liste dirigée par le PCF mobilise 67 % du vote d’union de la gauche de 2008 et 73% du vote d’union de la gauche de 2001... La tête de liste socialiste peut se répandre dans les médias pour rassurer ceux à qui il a tant promis pendant des semaines de mensonges, le rapport de forces à gauche est clairement en faveur du PCF. La proposition faite avant la campagne par le PCF d’accorder 11 élus au PS sur une liste d’union de 34 correspondait bien aux votes des Vénissians.

Cette analyse doit être précisée par quartier, ce qui permet de bien mesurer a quel point le choix de "l’alternative de gauche à la gestion par les communistes" que tente de défendre Lotfi Ben Khelifa est d’abord et avant tout la porte ouverte à la droite. Le quartier du Moulin à Vent était le quartier ou le parti socialiste faisait traditionnellement ses plus hauts scores, souvent devant le parti communiste. en 2014, il s’effondre et perd 30% de son électorat des cantonales de 2008, ce qui profite un peu à Michèle Picard, mais aussi malheureusement à la droite qui progresse elle dans ce quartier de +20% sur les mêmes cantonales.

Et si aux Minguettes, le PS triple presque ses voix sur 2008 , faisant jeu égal au total avec la liste de Michèle Picard, les 338 votants de plus entre ce deuxième tour 2014 et l’élection municipale de 2008 profite aussi à la droite qui gagne 107 voix. A force de répéter "pas d’accord avec le PCF, stop aux 80 ans de communisme", les électeurs mobilisés par cette campagne peuvent se dire que le plus sûr moyen de battre Michèle Picard, c’est de voter à droite !
Certains disent que cette bataille du PS a été décidé pour "sauver Bernard Rivalta", jusqu’alors président du SYTRAL. Mais tout ceux qui avaient étudié dans le detail les règles d’élection des conseillers communautaires, savaient que de toute façon, Bernard Rivalta allait être réélu [2] et chacun savait que Lotfi Ben Khelifa, tout en motivant les habitants des Minguettes à voter pour le "premier maire des Minguettes", se préparait à démissionner pour laisser sa place de conseillé communautaire à Bernard Rivalta, un des "barons" du système en place...

Il y a donc d’autres motivations, personnelles et du parti socialiste, pour avoir choisi une telle bataille anti-communiste, et ce sont celles qui ont animées le discours du PS à Vaulx-en-Velin, celles de toutes les villes que le PS a tenté de prendre au PCF au lieu de défendre les siennes contre la droite. On peut noter ainsi que Gérard Collomb entre les deux tours n’est allé ni à Rillieux, ni à St-Priest, ni à St-Fons, ni à Décines, ni à Chassieu, ni à Mions, villes socialistes qui étaient en danger, mais qu’il a trouvé le temps de venir à Vénissieux...

La crise de la politique s’est approfondie, et les dirigeants actuels s’installent dans une fuite en avant politique et institutionnelle.
Le gouvernement élu par un peuple qui en avait marre d’une politique Sarkosyste outrancièrement en faveur des oligarchies économiques, se prend une claque politique gigantesque car il n’a pas décidé du changement attendu ? Il annonce qu’il va accélérer cette politique d’austérité, de mise en concurrence acharnée dans l’intégration européenne, politique dont la grande majorité des électeurs, de gauche comme de droite, ne veulent plus...
L’abstention progresse à chaque élection, les Français exprimant de plus en plus ouvertement leur méfiance envers les institutions, les partis, et même envers la démocratie comme mode de gestion des gouvernements ? Les partis gouvernementaux, multiplient les "coups" :
— je veux mener une politique encore plus antisociale à droite, et je mène campagne auprès des décus de la gauche en promettant des mesures sociales...
— je soutiens la politique gouvernementale socialiste qui impose la réduction de la couverture maladie pour réduire le "trou" de la Sécu, mais je mène campagne au plan local pour proposer un "système de garantie de soins pour tous"...
— je vais au gouvernement acquérir de la légitimité, et vote toutes les réformes de droite et j’en sors après la vague bleue et un peu avant une échéance électorale pour tenter de me refaire une virginité politique de gauche...
Cette crise politique et institutionnelle va encore s’aggraver avec les prochaines élection européennes qui vont battre tous les records d’abstention, mettant en avant le FN, seul parti que les médias présentent comme "anti-système", en tout cas, seul à porter dans ses discours, la colère populaire contre l’Euro et l’U.E.
Elle s’aggravera encore avec les sénatoriales qui verra le Sénat rebasculer à droite, poussant de plus en plus dans les faits à cette "grande alliance" qui serait la européenne à l’allemande à la nécessité de majorités solides pour "faire passer" les réformes anti-populaires.
C’est avec tout cela en tête qu’il faut bien apprécier le résultat Vénissian. Un nouveau maire communiste a pris ses marques. Michèle Picard a pu démontrer ses capacités, son engagement depuis 2009. Elle a su rassembler largement les Vénissians sur un projet clair, affichant son objectif de "tenir le cap à gauche", tout en tendant la main à toutes les personnalités de la ville attachées à l’intérêt général. Elle est désormais regardée par tous comme une nouvelle personnalité politique de poids dans l’agglomération. Elle va réaliser le projet de ville de Vénissieux au service de tous ses habitants, et en même temps, elle va faire la démonstration qu’on peut refuser le cynisme en politique, le cynisme des affaires, des compromissions avec les institutions, des discours démagogiques et populistes, du clientélisme...
Un renouveau de la vie politique est absolument nécessaire, mais loin des formules médiatiques du coup de balai tant affectionné par la droite, c’est au contraire dans un patient travail pédagogique et citoyen que le rassemblement réalisé ce 30 mars 2014 à Vénissieux pourra s’élargir, acquérir de la force pour prendre ses responsabilités avec les Vénissians dans les années à venir, regagner pas à pas les abstentionnistes, les "je n’y crois plus", et même les "chacun pour soi".

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Lotfi, Ben Khelifa, LBK...

mardi 1er avril 2014
par Pierre-Alain

Lotfi était un enfant des Minguettes. Comme la plupart des enfants de cette ville mélange de tant d’immigrations et de luttes ouvrières, il a été sensible aux injustices, aux inégalités, aux discriminations. Mais comment est-il devenu le syndicaliste Ben Khelifa, puis LBK, ce candidat très médiatique cherchant à en finir avec l’histoire communiste ?
Beaucoup de jeunes de banlieues ne trouvent pas le chemin de l’engagement militant. Ce n’est pas propre aux jeunes, encore moins aux quartiers populaires. Pour tout le monde, l’engagement est un chemin difficile car les idées dominantes et les médias nous poussent toujours vers le futile, vers l’illusion qu’on peut s’en sortir et au fonds, nous poussent toujours vers la concurrence et le chacun pour soi.
Mais Lotfi est devenu syndicaliste [1]. C’est souvent une première étape dans la prise de conscience qu’on ne peut pas laisser faire, qu’on doit s’unir avec d’autres pour imposer ses revendications. Dans la foulée, il a choisi le parti socialiste, sans doute parce qu’il parait un parti efficace, capable de peser sur l’état, donc sur les réalités, capable, comme le disent ses communicants de "changer la vie", "changer maintenant". Le syndicaliste Ben Khelifa sait bien que ce n’est pas si facile, et que le parti socialiste au gouvernement fait souvent (toujours ?) le contraire de ce qu’il a promis.
Lotfi sait que Mitterrand avait promis aux immigré le droit de vote aux élection locales, et que tous les gouvernements socialistes ont toujours repoussé cette promesse à plus tard, jusqu’à Hollande qui n’hésite pas à reprendre la promesse en 2012 pour la reporter encore une fois quelques mois plus tard.
Lotfi se rappelle aussi les suites de la "marche des beurs", cette marche des quartiers populaires détournée et récupéré par les dirigeants socialistes ce qui laissera tant de militants des quartiers désabusés, aigris, ou revanchards. Mais il y a toujours un dirigeant socialiste pour redire la grandeur de ce mouvement des banlieues, l’importance de la lutte contre les discriminations... Il y a toujours des dirigeants socialistes pour venir dans les quartiers mettre en valeur les "jeunes de banlieues", même si leurs gouvernements multiplient les réformes qui précarisent, divisent, appauvrissent, stigmatisent le monde du travail.
Le syndicaliste Ben Khelifa est donc un socialiste "de gauche"’, il dénonce les réformes que la majorité du parti socialiste impose au gouvernement et dénonce quand c’est la droite qui les met en œuvre. Il n’hésite pas comme syndicaliste à s’opposer au président socialiste de la communauté urbaine de Lyon...
Et Lotfi devient Mr Ben Khelifa, adjoint au maire et participe pendant 6 ans à la gestion municipale dans une ville où il a l’occasion de montrer cet engagement "de gauche". La tradition de nombreux élus socialistes de Vénissieux est effectivement un travail loyal avec les communistes, même si des questions nationales les opposent parfois. Les projets de la ville, le soutien aux luttes sociales sont partagés à gauche. On peut croire que Ben Khelifa, le Lotfi des Minguettes va s’inscrire dans cette tradition. Il a en effet voté toutes les décision du conseil municipal pendant 6 ans...
Et pourtant, devenu la tête de liste des socialistes Vénissians, il se transforme en "LBK", multiplie les déclarations agressives contre les communistes, menaçant de rompre cette union qui tient depuis 80 ans à Vénissieux... Finalement, prenant prétexte d’un tract du PCF dénonçant entre autres la réforme des retraites, il annonce la décision du parti socialiste de mener une liste autonome aux élections municipales. Et les dirigeants et ministres socialistes se déplacent ! Et Gérard Collomb que certains disait ennemi de ce syndicaliste remuant, lui apporte tout son appui pour défendre sa métropole... Et voilà le gamin de quartier devenu la coqueluche du système, des médias qui lui forgent un costume de star "l’Obama des Minguettes".
Ces surnoms, autant LBK que Obama ne viennent sans doute pas de rien, car le Lotfi des Minguettes avait déjà participé à un programme financé par le gouvernement des USA, pays dont on sait qu’il intervient sur toute la planète militairement et diplomatiquement, mais dont on mesure moins comment il intervient aussi politiquement. On connait les interventions de la CIA sur toute la planète, mais on connait moins le programme du gouvernement US de détection de "leaders" [2] dans tous les pays, dont les bénéficiaires, les "Alumni" [3] deviennent membres de cercles de prestige comme le "cercle Jefferson". Ce programme a des participants qui sont devenus célèbres, Tony Blair, Nicolas Sarkozy... En France, deux présidents de la République et trois Premiers ministres parmi les anciens, et des noms "d’hommes et de femmes appartenant à la politique, la haute fonction publique, la magistrature...", des "personnalités ayant toutes vécues l’expérience unique de la diplomatie citoyenne aux Etats-Unis" comme le dit le site officiel.
C’est sans doute suite à ce stage politique aux USA que le futur LBK a renvoyé l’ascenseur en invitant aux Minguettes le consul des USA... Quel retournement pour un arabe noir des quartiers populaires ! Inviter le représentant du pays où il y a plus de noirs en prisons en 2011 que d’esclaves il y a 150 ans, qui bat les records mondiaux de population incarcérée, plus de 1%, dans lequel plus de 20% des jeunes noirs sont passés en prison [4], plus de 50% de ceux qui n’ont pas obtenu un BAC ! Ce pays qui enferme toujours le journaliste noir Mumia Abu Jamal condamné à mort depuis 30 ans par un procureur raciste !
Est-ce le consul des USA qui lui a conseillé de s’attaquer aux communistes ? Peu importe, c’est la cohérence de la trajectoire personnelle... On ne peut pas rêver de devenir "Obama" sans ranger ses idéaux de jeunesse au placard du pragmatisme politique et sans comprendre que pour "réussir" dans cette société, il fautaccepter les règles du système, celui de la guerre de tous contre tous, de la loi du plus fort dont les USA sont le symbole et le maitre, et dont l’utopie communiste est l’adversaire déterminé.
C’est donc un LBK décomplexé qui se prend au grand jeu de la politique spectacle, de ses petites phrases et de ses bons mots, de ce parti socialiste où tous les coups sont permis pourvu qu’on soit du bon coté du manche, peut-être encore surpris des courbettes médiatiques qui le présentent dans la presse nationale comme celui qui va "faire tomber un des derniers bastions communistes" [5], activant les ressorts identitaires en se présentant comme "d’origine tunisienne, noir, musulman" tout en affirmant que "ce qui a une chance de nous réunir, ce n’est ni une origine, ni une couleur de peau, ni une religion", faisant dire dans la presse qu’il aurait pu être communiste, et dénonçant les "80 ans de communisme",... Il avait réussi à éliminer une jeune adjointe socialiste de la section locale, elle aurait pu le gêner. Il a réussi à prendre la section PS malgré les conflits avec tous les arrivistes qui surfaient sur la vague rose anti-sarkosyste, il rompt avec le PS local historique, dont la presque totalité des anciens élus socialistes. Et il reproduit sans vergogne les pires pratiques politiciennes du système si peu démocratique de la 5eme république.
Il a tout voté pendant 6 ans avec les communistes ? il ne savait pas, il n’avait pas les dossiers, les communistes lui cachait tout...
Il est officiellement un socialiste de gauche qui dénonce les accords du PS avec le MODEM de droite ? soyons pragmatique, le MODEM Vénissian a une élue sortante, elle prépare une liste avec des socialistes dissidents, mais il va la récupérer pour faire une liste PS-MODEM. Que lui a-t-il promis ? Mystère...
Il est bien placé comme syndicaliste de la collecte du Grand Lyon pour savoir a quel point le président du Grand Lyon est favorable au privé pour les services publics, mais pour dénoncer les communistes, il se présente comme le promoteur de cette métropole qui va renforcer encore le poids de la présidence du Grand Lyon dans les décisions de modes de gestion...
Bref, LBK est devenu un "réaliste politique". S’il est encore de gauche, c’est comme DSK, à la gauche de la droite, mais tout juste à gauche, un petit peu et pas trop, et sur ce qui ne fâche pas les patrons ! L’austérité ? Le gouvernement n’a pas le choix !
Dommage pour tous les Lotfi des minguettes. Avec LBK, ils ont un (contre)exemple d’insertion dans le système politique, ce système qui continuera à les appauvrir, les précariser, les stigmatiser... Finalement, la pub médiatique est assez juste, toute proportion gardée... LBK est bien un OBAMA des banlieues, un OBAMA qui promet l’égalité à ses frères noirs, surfe sur leur joie de sa victoire, mais gouverne ensuite avec les grands finnancier blancs pour maintenir ce système violent et ses institutions, et aggraver les inégalités et les discriminations dont sont victimes les noirs...
La ressemblance s’arrête là. LBK a perdu son pari au premier tour des municipales de 2014. Malgré l’emballement médiatique, il est loin derrière Michèle Picard, et fait le résultat qui correspond à ce que la section PCF de Vénissieux lui avait proposé pour une liste d’union qu’il a refusé. En politique, il ne suffit pas d’avoir les médias dominants avec soi...
Résultat, LBK s’enferme dans son échec en appelant au deuxième tour à "battre l’extrême droite et l’extrême gauche", autrement dit à ne pas battre l’UMP qui est la seule menace contre le maire communiste. Après la victoire sans appel de Michèle Picard, il s’installe dans l’opposition, dans un cousinage avec la droite qui annonce de futurs accords, comme le parti socialiste l’a fait pour battre un maire communiste à Vaulx-en-Velin ou Villejuif.
Le PS a peut-être détecté un nouveau "leader", si la guerre des éléphants ne l’écrase pas au passage, mais les Minguettes ont perdu un jeune qui aurait pu porter la parole des banlieues... Lotfi devenu LBK l’américain s’est perdu dans le système...

[1] à la CFTC, syndicat chrétien plutôt centriste et corporatiste, peu connu pour ses positions combatives, issu de la "doctrine sociale de l’église"
[2] International Visitors Leadership Program
[3] d’un mot latin qui signifie "élèves" utilisé par les universités des USA
[4] selon une étude détaillée de la revue Sciences Humaines
[5] on mesure d’ailleurs les connivences de ce 4eme pouvoir si peu indépendant... avec des journaux qui n’ont jamais interviewé le maire de Vénissieux, ni mené aucun reportage sur la ville, mais trouvent subitement des pages pour un illustre inconnu...

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
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