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 Hollande dans les rangers de Sarkozy !

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Xuan
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   Posté le 18-11-2012 à 09:34:05   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

UN ACTE HOSTILE


La décision de la France d'accueillir un "ambassadeur" de la Coalition d'opposition syrienne constitue un acte "hostile" à l'égard de la Syrie, a estimé dimanche le ministre syrien de la Réconciliation nationale, Ali Heydar.

"La France se comporte comme une nation hostile (...), comme si elle voulait revenir à l'époque de l'occupation de la Syrie" , a déclaré Ali Heydar, en faisant allusion au mandat français sur la Syrie.

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   Posté le 18-11-2012 à 09:55:29   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Presse aux ordres :



Source réseau Voltaire

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   Posté le 26-11-2012 à 13:19:31   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur la Voix du Nord :

Russie: Medvedev dénonce le soutien de Paris à l'opposition syrienne



PUBLIÉ LE 26/11/2012
Par MOSCOU (AFP)© 2012 AFP


Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a vivement critiqué le soutien "tout à fait inacceptable au regard du droit international" apporté par la France à la Coalition de l'opposition syrienne, dans une interview à l'AFP et au Figaro.

"La question est de savoir dans quelle mesure il est juste de prendre la décision de soutenir une force politique en opposition ouverte avec le gouvernement actuel, reconnu officiellement, d'un pays tiers. Au regard du droit international, il me semble que c'est tout à fait inacceptable" , a souligné le Premier ministre russe.

La décision de Paris de reconnaître la Coalition "seule représentante du peuple syrien" et de demander la levée de l'embargo sur les livraisons d'armes à l'opposition est "très discutable" , a ajouté M. Medvedev attendu lundi soir à Paris pour une visite de travail de deux jours.

"Je rappelle que selon les principes du droit international approuvés par l'ONU en 1970, aucun état ne doit entreprendre d'action visant au renversement par la force du régime en place dans un pays tiers" , a-t-il souligné.
Le président François Hollande, que M. Medvedev doit rencontrer lors de sa visite à Paris, a reçu le 17 novembre le président de la nouvelle Coalition de l'opposition syrienne, Ahmad Moaz Al-Khatib. [...]


L'interview au Figaro :

"La France est le premier des grands pays à avoir reconnu comme légitime la nouvelle opposition syrienne et évoque la possibilité de livraisons d'armes. Qu'en pensez-vous?

"Cela est très contestable. La France est un grand pays souverain, mais je voudrais néanmoins rappeler des principes du droit international approuvés par l'ONU en 1970. Ces derniers stipulent qu'aucun gouvernement ne doit entreprendre d'actions visant à changer, par la force, un régime politique d'un autre pays. Le problème n'est pas de savoir s'il convient de soutenir le régime d'el-Assad ou l'opposition - pour sa part, la Russie adopte une position neutre. Nous condamnons le régime syrien pour le niveau de violence qu'il admet, et également l'opposition, car cette dernière verse aussi le sang, et finalement on a une guerre ci­vile. Du point de vue du droit international, il est inadmissible de soutenir une autre force politique lorsque celle-ci se retrouve être le principal adversaire du gouvernement légitime d'un pays. Il revient au seul peuple syrien et aux forces d'opposition de décider du destin d'el-Assad et de son régime, d'une manière légale, et pas par le biais de la livraison d'armes organisée par un autre pays. Nous n'aimerions pas que la Syrie se désintègre et qu'au Proche-Orient naisse un nouveau foyer de tension, exploité par des extrémistes religieux. La désintégration de la Syrie ne profitera ni à la Russie, ni à la France."



Edité le 26-11-2012 à 13:19:59 par Xuan




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   Posté le 30-11-2012 à 11:35:32   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

15 novembre 2012 Le Petit Blanquiste

Mali : La reconquête coloniale



« Qu'y-a-t-il sous les bruits de bottes qui commencent à se faire entendre au Mali ? » , interroge Mireille Fanon-Mendès-France . [1]

Pour elle, il ne fait aucun doute que les menaces d’intervention américano-françaises s’inscrivent dans la stratégie occidentale visant à contrer la progression globale de la Chine dans la grande guerre pour les ressources de la planète, particulièrement en Afrique.

Dans le même mouvement, il s’agit aussi d’éradiquer toute tentative des peuples de s’affranchir de l’ordre ultralibéral qui leur a été imposé ces dernières décennies par le FMI et la Banque mondiale.

Pour atteindre leurs objectifs, les puissances impérialistes s’emploient à profiter de la déliquescence de certains Etats africains pour réintroduire une présence militaire camouflée derrière des armées locales défaillantes.

Conscients que la France, ex-puissance coloniale de l’Ouest africain, n’est plus en capacité de soutenir et de protéger les multinationales occidentales, les Etats-Unis, ont, depuis maintenant six ans, commencé à étoffer leur présence militaire en implantant des bases de l'US Africa Command ( Africom ), actuellement sous le commandement du général Carter Ham . [2]

Au Mali, les militaires américains ont mis en place des programmes de formation à l’intention de quelques 6.000 soldats de l’armée nationale.
Parallèlement, ils ont implanté un dispositif de renseignements et de surveillance codé Creek Sand [3] tandis que des éléments des forces spéciales s'investissaient secrètement dans des actions de contre-terrorisme visant officieusement AQMI. [4]

L’étape actuelle consiste à préparer l’opinion publique internationale à une intervention militaire au nord Mali au nom de lutte contre le terrorisme.

Hollande, en première ligne dans ce travail de « communication », a déclaré qu’une intervention était nécessaire pour « éradiquer le terrorisme dans l’intérêt de ce pays, de l’Afrique et de la stabilité du monde ».

Ce qu’il dissimule c’est que les organisations islamistes ne disposent de bases au Sahel que parce que leur présence a été favorisée - notamment par les Saoudiens et les Qataris - pour servir les intérêts des Occidentaux et particulièrement ceux des Américains.

La lutte contre le terrorisme ne sert qu’à justifier la mise sous tutelle du Mali et à faire main basse sur les ressources naturelles de cette région du monde (notamment des mines d'uranium) dont les multinationales occidentales veulent s’arroger le monopole.

Bien sûr, nombre de Maliens souhaitent, eux aussi, la fin de la présence des islamistes et de leurs exactions mais, pour autant, ils n’acceptent pas que leur ancien ou futur colonisateur vienne leur dire ce qui est bon pour eux, au nom de la démocratie ou de la lutte contre le terrorisme.


Elément des forces spéciales américaines supervisant l'entraînement de soldats maliens

***


[1] Mireille Fanon-Mendès-France, présidente de la Fondation Frantz Fanon, a été nommée membre du Groupe de travail d’experts sur les personnes d’ascendance africaine par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies (1er Mai 2010).
Cet article utilise comme source un de ses articles publiés le 5/11/2012 : http://frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com/?p=1761
[2] Selon The Washington Post, une douzaine de bases américaines ont été implantées en Afrique depuis 2007 :http://www.washingtonpost.com/world/national-security/us-expands-secret-intelligence-operations-in-africa/2012/06/13/gJQAHyvAbV_story.html
[3] L'opération Creek Sand utilise comme plate-forme deux aéronefs Pilatus PC-12/47 basés sur l’aéroport international de Ouagadougou au Burkina Fasso. Ceux-ci sont équipés de dispositifs vidéo électro-optiques et infrarouges, télémètre laser, radar, etc.
[4] Des commandos d'élite du 19th Special Forces Group, basé en Utah, ont été envoyés au Mali en mars 2012 :http://www.usnews.com/news/blogs/dotmil/2012/03/23/pentagon-all-us-elite-commandos-in-mali-accounted-for

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   Posté le 30-11-2012 à 11:41:46   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le Petit Blanquiste 29 novembre 2012

Abu Dhabi : Une provocation française



Le 26 mai 2009, à Abu Dhabi (Emirats arabes unis), Sarkozy inaugurait un nouveau complexe militaire français composé d’une base navale, d’une base aérienne et d’un camp pour l'armée de terre.

« C'est la première fois depuis cinquante ans, depuis les indépendances africaines exactement, que la France ouvre une base militaire permanente hors de son territoire national. » [1]

Pourquoi ce déploiement guerrier loin des frontières françaises ?

Ce serait un « virage géostratégique de la France, dont les intérêts se déplacent chaque année un peu plus à l'est, le long d'un arc de crise allant de l'Atlantique à l'océan Indien ». Cette région est aussi celle par laquelle transitent 40 % du pétrole mondial et où Total investit...

Face à l’Iran, dont les rives ne sont qu’à 225 km, l’implantation d’une base à Abu Dhabi représente aussi un acte provocateur qui entend montrer que la France participe aux préparatifs de guerre contre ce pays.

Elle vise à complèter la ceinture de bases que les Etats-Unis ont implantée au Qatar, en Irak, en Afghanistan, au Koweït, etc.

Au moment de sa mise en service, il a été question d’un accord secret avec les Emirats par lequel la France se serait engagée à utiliser « tous les moyens dont elle dispose » pour les défendre en cas de conflit. Avec l'arme nucléaire, s'il le faut.

« Cela veut dire qu'on met notre dissuasion nucléaire à la disposition des Émirats » , aurait déclaré un officier proche du dossier.

Curieusement, durant la campagne électorale des présidentielles, le sort de la base d’Abu Dhabi n’a été évoqué par aucun des candidats, seul le programme des écologistes se prononçait clairement pour sa fermeture [2].

Dans son discours du 11 mars, spécialement consacré à la Défense, Hollande n’en a pas fait mention.

Plus curieusement encore, lors du récent examen du budget de la Défense 2013, les documents produits par le ministère citent Abu Dhabi comme une des bases militaires existant hors de métropole mais ne donnent aucune précision quant à son avenir.

Cette dissimulation témoigne du choix de Hollande de maintenir en place ce dispositif voulu par Sarkozy et d’associer la France à une aventure militaire contre l’Iran - au cas où les Etats-Unis en décideraient ainsi.


Abu Dhabi, avril 2012 : le ministre de la Défense de l'émirat avec l’amiral Guillaud

***


[1] Le Figaro, 25 mai 2009, article de Isabelle Lasserre, envoyée spéciale à Abu Dhabi : http://www.lefigaro.fr/international/2009/05/26/01003-20090526ARTFIG00002-abu-dhabi-base-avancee-de-la-france-en-face-de-l-iran-.php

[2] Proposition du programme EELV : "Nous fermerons la base d’Abou Dhabi qui s’inscrit dans un objectif de ventes d’armes au pays du Golfe, politique belliciste et mercantile." (http://eelv.fr/wp-content/uploads/2011/12/Projet_EELV_dec11_OK.pdf )
JPD

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   Posté le 19-01-2013 à 15:47:53   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Resistance met en ligne :

François Hollande et la Françafrique : de changement, il n’y en a pas !


Samedi 19 janvier 2013



Tout comme Barack Obama lorsqu’il a accédé à la Maison blanche, l’opinion publique aspirait majoritairement au changement avec l’élection de François Hollande. Il y a bien eu quelques promesses tenues : un millier de professeurs supplémentaires créés à la rentrée 2012 à l’école primaire, au lieu des 5.100 postes qui devaient être supprimés ; 280 professeurs de plus pour le secondaire ; baisse du plafond du quotient familial, plafonnement du cumul des niches fiscales à 10.000 euros, etc. Des mesures caractéristiques de la social-démocratie qui sont fondamentalement loin de remettre en cause les cures d’austérité imposées par l’union européenne et la classe dominante. Les premiers mois de Hollande à la présidence sont bien décevants.

Tout comme Barack Obama en matière de politique étrangère, les résultats n’ont pas été au rendez-vous. Élu par un électorat un tantinet plus pacifiste que son prédécesseur, F. Hollande a fini en à peine quelques mois par se placer dans la continuité de ce dernier. Tout comme Obama avec Bush sur les dossiers brûlants de l’Afghanistan ou de l’Irak, notre locataire de l’Élysée ne se révèle pas moins impérialiste et belliqueux que Sarkozy.

Le modus operandi diffère. Mais les objectifs restent les mêmes : Sarkozy forçait la main à la communauté internationale et avait tendance à mettre cette dernière devant le fait accompli (on pense à l’agression de la Libye et à l’attaque du convoi de Kadhafi en direction de Benghazi). Hollande, quant à lui, joue la séduction tout en soutenant les « rebelles » en Syrie. Il n’a eu de cesse, avec le Qatar et d’autres pays membres de l’OTAN, d’appeler à agir contre Damas. Il a appris de son prédécesseur que les coups sur la tête et la fuite en avant ne sont d’aucune aide, surtout si la Russie et la Chine ne se décident pas à baisser la garde, et la Syrie de Bachar el-Assad est d’une autre consistance que la Jamahiriya libyenne. Cette prudence s’explique aussi par le fait que la France a travaillé en Libye pour le compte des États-Unis, lesquels ont envoyé les Français et les Britanniques opérer leur œuvre destructrice… avant de les exclure au dernier moment du partage du butin, resté en grande partie dans les mains des Étatsuniens et des Qataris. Contrairement à Sarkozy, Hollande est conscient de la faible influence de la France à l’échelle internationale. Il joue donc la mouche du coche, en excitant la Turquie, les États-Unis et le Qatar à ouvrir la route de Damas. Mais il semble, là aussi, que les résultats ne soient pas à la hauteur des efforts diplomatiques consentis.

C’est l’échec sur le front syrien. On tente alors d’ouvrir un nouveau front sur ce qu’on appelait il y a encore très peu de temps de la Françafrique. Cette Afrique autrefois française où l’influence de la métropole s’effrite chaque jour un peu plus au profit de la Chine et des puissances régionales. Cette fois, l’occasion d’intervenir est fournie par le Mali. Ironie du sort : le bourbier dans lequel est plongé ce pays est la conséquence directe, à un an d’intervalle, du conflit libyen. Le Sahara, ce désert où les frontières et l’autorité des États sont purement théoriques, sera le théâtre de cette nouvelle guerre.

Dans un premier temps, les Touaregs conquièrent le nord du pays et fondent même l’État qu’ils appelaient de leurs vœux depuis si longtemps. Viennent ensuite les militants liés à Al-Qaïda qui ont enrichi leur arsenal en pillant les dépôts libyens ouverts aux quatre vents et en acquérant des armes que la France et les autres belligérants avaient fournies aux rebelles du CNT. Contre ces gens-là, l’armée malienne, faiblement équipée et désorganisée, ne put qu’opposer une résistance symbolique. Les soldats maliens, en grande partie originaires du sud du pays, étaient pressés de quitter ces régions inhospitalières du nord pour retourner chez eux. Face à ce chaos politique et militaire, Paris et Washington fomentèrent un coup d’État qui portera au pouvoir un nouveau gouvernement philo-occidental à Bamako. Celui-ci en appellera à une intervention internationale au Mali, avant que l’armée française aux ordres de F. Hollande n’entre en action.

D’aucuns penseront qu’il y a une contradiction fondamentale entre soutenir les fondamentalistes en Syrie et les combattre au Mali. En réalité, de contradiction il n’y en a pas. Dans les deux cas, ils fournissent le prétexte pour s’ingérer dans les affaires d’un autre pays. Ce qui importe, en revanche, c’est que ce casus belli soit fourni par la situation chaotique que connaît ce dernier, qu’il s’appelle la Syrie ou le Mali.

En ce qui concerne la Syrie, elle est l’alliée de la Russie, de la Chine et de l’Iran. Á ce titre, elle est difficilement attaquable. Le Mali au contraire se trouve encore dans la sphère d’influence française, et Paris peut agir plus librement, en s’appuyant sur quelques alliés locaux et sur des partenaires internationaux.

Les raisons pour lesquelles F. Hollande a attaqué le nord du Mali sont nombreuses et comprennent, outre la nécessité de mettre la main sur une région stratégique riche en ressources naturelles, la volonté d’intervenir dans la vie interne de quelques États limitrophes parmi lesquels la Mauritanie et surtout l’Algérie. Bien qu’elle ait ouvert son espace aérien aux aéronefs français, Paris a, depuis l’époque de Sarkozy, des comptes à régler avec elle. L’ancien président n’a-t-il pas dit plusieurs fois, à mots couverts, que la capitale algérienne pouvait être la prochaine victime des révolutions arabes. Des déstabilisations qui ont déjà été opérées avec succès dans d’autres pays arabes, comme la Libye…

Les prochaines semaines nous diront si la tactique de François Hollande permettra de réaliser cette percée belliqueuse dans la Françafrique. Une chose est néanmoins certaine : de changement, il n’y en a pas !

Capitaine Martin

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   Posté le 30-01-2013 à 00:29:05   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

"La dynamique de l'opposition syrienne semble s'essouffler"

...titre Le Monde

L'article est réservé aux abonnés, mais on s'en passera aisément : la tronche de Fabius et de ses acolytes en dit plus long qu'un article.



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   Posté le 02-02-2013 à 13:19:56   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Communiqué par Comité de base [comibase@gmail.com]

"Les 6 millions de personnes de confession juive assassinées par les barbares nazis entre 1935 et 1945, dont les 44 enfants d'Isieux arrêtés et déportés par Klauss Barbie et les 81 enfants déportés sur ordre de Maurice Papon qui fût condamné pour crime contre l'humanité mais libéré au bout de 2 ans... ne doivent pas être un prétexte pour mépriser, humilier et assassiner le peuple palestinien, mais ce n'est pas l'avis de Manuel Valls, le ministre chargé de faire respecter la sécurité sur le territoire de la France. Jusqu'où ira-t-il ?"


Manuel Valls : « Je suis lié de manière éternelle à Israël »

-17 juin 2011 à Strasbourg-

Permis de tuer : six Palestiniens assassinés par les forces israéliennes en moins de 2 semaines



Mercredi 23 janvier, pendant que les médias se concentraient sur l’issue de l’élection israélienne, les choses suivaient leur cours habituel dans les territoires occupés de Palestine. Deux Palestiniens étaient tués par les forces israéliennes, amenant à 6 le nombre de jeunes Palestiniens assassinés par l’armée israélienne rien que pendant la dernière quinzaine.

On n’a quasiment pas parlé de ces morts dans les médias et les exactions israéliennes se poursuivent sans désemparer. Le gouvernement israélien et son armée continue de tuer, d’estropier, de détruire des vies et d’empêcher les Palestiniens de gagner leur vie en toute impunité, sans que la Communauté internationale ne s’en émeuve, comme l’a constaté dernièrement Ireland Palestine Solidarity Campaign.

Mercredi 23 janvier 2013, Lubna Munir Hanash, une jeune femme palestinienne de 22 ans, a reçu une balle dans la tête et est morte de ses blessures. Des témoins ont raconté à un média palestinien que des colons qui passaient en voiture ont ouvert le feu sur un groupe de gens près du camp de réfugiés d’Arroub entre Bethlehem et Hébron. Hanash, une étudiante de quatrième année de l’Université d’AlQuds, rendait visite à sa soeur dans le camp.

Plus tôt le même jour, Salih al-Amarin, un adolescent palestinien de 15 ans, est mort à l’hôpital de blessures par balles. Un soldat israélien lui avait tiré une balle dans la tête le vendredi précédent à Bethlehem et il est mort tragiquement de ses blessures.

Quatre autres jeunes Palestiniens ont été tués pendant les deux semaines précédentes, deux à Gaza et deux en Cisjordanie.

Le 11 janvier, Anwar Mamlouk qui était âgé de 22 ans, a été tué par des soldats israéliens à l’extérieur d’un camp de réfugiés à Gaza. Mustafa Jarad, un fermier de 21 ans de Beit Lahiya au nord de la bande de Gaza, a reçu une balle dans le front tirée par un sniper israélien pendant qu’il travaillait sur sa terre à 1200 mètres de la frontière. Les docteurs ont essayé d’extraire la balle qui avait pénétré dans son cerveau mais il est mort pendant l’opération.

Le 12 janvier, Odai al-Darawish, 21 ans a reçu une balle qui l’a tué sur le coup. Bien que les sources israéliennes affirment qu’ils lui ont tiré dans les jambes selon leurs "règles d’engagement", les rapports médicaux montrent qu’il a reçu une balle dans le dos, sans doute en courant se mettre à l’abri. Samir Awad, un jeune de 17 ans de Budus, un village près de Ramallah fameux pour sa résistance non violente à l’occupation, a reçu des balles dans la tête, le torse et la jambe en essayant d’échapper aux soldats israéliens le 14 janvier. Samir venait de passer le dernier examen qui le séparait des vacances et il avait rejoint un groupe d’amis pour manifester contre le mur d’apartheid illégal israélien.

Le mur, qui traverse et annexe la terre palestinienne a causé à la famille Awad la perte de deux hectares de terre et de 3000 oliviers. Le mur n’est qu’un moyen de plus pour Israël de dépouiller les Palestiniens et la Cour internationale de Justice (CCI) a décrété en 2004 que le mur était illégal : "la construction du mur élevé par Israël, la puissance occupante dans les Territoires Occupés de Palestine, y compris dans et autour de Jérusalem, et tout ce que ce mur engendre, sont contraires au droit international."

Quand il arrive aux médias irlandais et/ou occidentaux de rapporter de tels évènements, la plupart de temps, ils se contentent de reprendre la version israélienne sans remettre en question un discours dans lequel le terme "règles de l’engagement" sert à dissimuler le fait que des jeunes Palestiniens sont morts d’une balle dans le dos, et où les euphémismes "territoire interdit" et "infiltrés" permettent de rendre les victimes responsables de ces crimes perpétrés de sang-froid.

Il faut mentionner ici des faits qui n’ont pas été suffisamment couverts par nos médias. Depuis l’annonce d’un cessez-le-feu à Gaza, sous l’égide égyptienne, après l’attaque israélienne de novembre dernier, Israël n’a pas cessé de violer les termes de l’accord. Pendant les deux mois derniers, 4 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne à Gaza, et 77 ont été blessés dont 16 enfants. Il y a eu 5 incursions militaires, des tirs réguliers à partir des postes de frontière vers la bande côtière et de nombreuses attaques de pécheurs palestiniens par la marine israélienne. De plus, le blocus imposé par Israël à Gaza ne s’est pas relâché et Israël a créé illégalement des "zones tampons" le long de la frontière en terre palestinienne et empêche les fermiers d’aller cultiver leurs terres. Les combattants palestiniens, quant à eux, ont respecté les termes du cessez-le-feu.

Pendant la même période, les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem Est ont été confrontés à la violence et la répression continuelles des colons et de l’armée israélienne. 6 personnes dont 3 enfants ont été tuées ; 79 blessées dont 18 enfants ; il y a eu plus de 530 incursions de l’armée et environ 30 attaques de colons contre des personnes et des biens ; plus de 2100 oliviers ont été arrachés, détruits ou endommagés ; un projet de construction d’environ 9000 logements illégaux a été annoncé ; et à Gaza, en Cisjordanie et dans Jérusalem Est plus de 440 Palestiniens ont été arrêtées, dont près de 70 enfants, ainsi que 6 militants des droits humains israéliens et internationaux.

Il est donc clair que, quel que soit l’issue de l’élection israélienne, il y aura peu de changement pour les Palestiniens de la région —qu’ils habitent en Palestine Occupée ou en Israël. Israël se vante d’être la "seule démocratie du Moyen Orient" et on l’en félicite souvent sans restriction en dépit des grosses lacunes de la démocratie israélienne, mais la vérité c’est que les Palestiniens sont soumis à une discrimination systématique et à l’apartheid et sont persécutés et humiliés tous les jours de mille manières différentes par les Israéliens.

L’ambassadeur israélien en Irlande, Boaz Modai, a défendu récemment l’utilisation d’un liquide à l’odeur nauséabonde issu de la moufette contre des militants palestiniens, israéliens et internationaux désarmés.

Il a déclaré que "à la différence des dictatures du Moyen-Orient qui tirent à balle réelle sur les manifestants, Israël s’efforce toujours d’utiliser la force minimale pour maintenir l’ordre" .

Mais en réalité les manifestants pacifiques ont régulièrement affaire non seulement à la bête puante mais aux balles réelles, aux balles en caoutchouc recouvertes d’acier, aux gaz lacrymogènes, aux grenades assourdissantes et aux matraques.

De plus, il n’est pas nécessaire de participer à une manifestation pour que l’armée vous tire dessus à balle réelle. Etre palestinien semble être un délit suffisant pour recevoir une balle dans la rue comme c’est arrivé à Lubna Hnesh.


Edité le 02-02-2013 à 13:21:12 par Xuan




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Censure du gouvernement socialo belliciste : Martine Aubry interdit une conférence d'information sur la Syrie organisée par Coordination communiste - Front de Gauche.

Info communiquée par Comité de base [comibase@gmail.com]



Lille, le 07 avril 2013

Communiqué

Atteinte à la démocratie à Lille :


la Mairie interdit une conférence d’information sur la situation en Syrie !
Ce samedi 6 avril, à l’initiative de la Coordination Communiste, devait se tenir, dans une salle municipale, une conférence-débat intitulée « la parole aux Syriens », avec comme principale invitée Ayssar Midani, de l’Union des Patriotes Syriens en France, qui milite pour la paix et la concorde Syrie, pour la défense de la souveraineté nationale syrienne contre toute ingérence étrangère.

Un débat annoncé en toute transparence sur la place publique depuis près de 3 semaines, avec moult tracts distribués dans les manifestations, sur les marchés et au porte-à-porte.
Or la veille de la Conférence, après nous avoir pourtant confié la clef de la salle, subitement, par coup de fil sur un répondeur puis un mail en soirée, nous étions informés par la Mairie que « thème » de notre conférence était « susceptible de troubler l’ordre public » et que, par conséquent la salle nous était retirée : « Nous vous demandons d’annuler le conférence prévue » concluait la Mairie.

Très rapidement, et comme il était impensable de ne pas tenir cette réunion publique ne serait-ce que par respect pour les Syriens qui souffrent, dans le silence médiatique absolu, de l’agression occidentalo-salafiste, nous décidions d’un lieu de repli.

Le jour J, venus devant la salle municipale pour mettre des affiches indiquant le nouveau lieu, nous constatons que la Mairie a été jusqu’à changer les serrures de la porte de la salle ! Comme s’il était dans notre intention de briser par la force cet interdit politique ! De même la police était présente, officiellement parce qu’était annoncée une « contre-manifestation » (ceux qui, réellement, voulaient « troubler l’ordre public » ?) : mais bien sûr, pas l’ombre d’un manifestant n’a pointé son nez, ce n’était, de toute évidence, qu’un prétexte facile pour interdire le débat.

Par cette réaction de la Mairie de Lille, nous voyons clairement qui fait usage de la force et veut censurer le débat démocratique.
Nous ne savions pas que nous étions dans un état de guerre et que l’heure était à l’union sacrée derrière la position officielle du gouvernement français de soutien (y compris armé ?) à la rébellion islamiste. Comment peut se comprendre autrement la volonté d’étouffer des voix discordantes ?
Comment peut-on encore accepter ces attentats et ces massacres fomentés pour briser la Syrie ?


Comme, dernièrement encore, cet attentat le 28 mars à Damas : des obus de mortier tirés sur la faculté d’architecture à 13h, faisant une dizaine de morts parmi les étudiants et 6 blessés. Comme le 1er avril, le site juif le plus sacré de Syrie, la synagogue Jobar, vieille de 2 000 ans, détruite, pillée, incendiée, et son toit arraché.

Heureusement, ce samedi 6 avril à Lille, ce sont au final près d’une centaine de participants, de toutes origines, qui se sont pressées dans une salle trop petite, pour apprendre et échanger sereinement sur la réalité syrienne, son histoire (ses tentatives passées de dislocation et de soumission par les grandes puissances impérialistes, dont la France), ses difficultés sociales, et les enjeux à l’échelle nationale, de la sous-région et du monde de l’entreprise de déstabilisation d’un des derniers pays laïcs et non-alignés.

La voix de la Syrie, contournant la censure, a pu se faire entendre ! Un succès qui en appellera d’autres, car la campagne contre la guerre en Syrie ne fait que commencer !

Non, nous ne nous tairons pas ! Non, nous ne cèderons pas à la censure qui bafoue le droit constitutionnel, conquis de haute lutte dans ce pays, du droit à la libre expression et à la libre information ! Oui, nous continuerons à donner la parole aux Syriens pour dire leur vérité sur la tragédie macabre que subit ce peuple ! Oui, nous résisterons aux médiamensonges !


Coordination Communiste 59/62 – coordcommuniste@numericable.fr - http://www.rassemblementcommuniste.org

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Eric
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   Posté le 09-04-2013 à 09:59:59   Voir le profil de Eric (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Eric   

Ouais ; c'est bien joli de pleurnicher contre la social-démocratie .
Cependant Hollande a bien été élu avec les voix de la Coordination " communiste " du Nord et avec celles du Front de gauche .
D'ailleurs , dans un an cette même Coordination "communiste " ne manquera pas d'appeler à voter Aubry , ou son remplaçant , lors du second tour , au nom de la lutte contre la droite .
Comme si pour le Prolétariat il y avait une différence d'exploitation entre la bourgeoisie de gauche et celle de droite .
Gauche ou droite c'est toujours la bourgeoisie .


Edité le 09-04-2013 à 10:01:35 par Eric




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Finimore
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   Posté le 09-04-2013 à 16:21:57   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Eric a écrit :

Ouais ; c'est bien joli de pleurnicher contre la social-démocratie .
Cependant Hollande a bien été élu avec les voix de la Coordination " communiste " du Nord et avec celles du Front de gauche .
D'ailleurs , dans un an cette même Coordination "communiste " ne manquera pas d'appeler à voter Aubry , ou son remplaçant , lors du second tour , au nom de la lutte contre la droite .
Comme si pour le Prolétariat il y avait une différence d'exploitation entre la bourgeoisie de gauche et celle de droite .
Gauche ou droite c'est toujours la bourgeoisie .


Tu as raison, nous devons bien montrer là ou sont les contradictions de la CC (soutien à la social-démocratie au second tour au nom d'une soi-disante opposition gauche/droite).
Le problème est bien de montrer ce sur quoi nous sommes en désaccord sans rompre le débat.

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Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO)
Xuan
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   Posté le 09-04-2013 à 18:11:29   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

D'accord avec toi Eric.
Il faut aussi examiner la situation dans ses transformations.

Il faut écouter les militants du parti révisionniste qui avaient débouché la bouteille de Clairette à l'élection de Hollande en rêvant à 36 et qui voient maintenant où ils en sont.
Combien de syndicalistes CGT avaient voté pour lui qui ont sifflé les locaux du PS aujourd'hui ?

C'est notre rôle - non pas de dénoncer les socialos, on n'en est plus là - mais de stigmatiser l'électoralisme et ses conséquences, et de mettre les défenseurs de la ligne révisionniste en face de leurs contradictions.

Bonne question sur l'élection d'Aubry : ce sera certainement l'occasion de rappeler ce qu'en disent aujourd'hui la CC.
Mais je n'anticipe pas leur position de demain.

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Xuan
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   Posté le 13-04-2013 à 00:12:48   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

On aurait presque oublié les déclarations fracassantes d'Hollande, assurant qu'avec la Grande Bretagne il était résolu à armer l'opposition syrienne quelle que soit la décision de l'Europe.
Curieusement Tartarin de Tarascon a remisé sa pétoire au placard et l'affaire Cahusac, entre autres vagues, a effacé comme un château de sable au bord de la mer les cris du va-t-en guerre.

Cet article, qui apporte quelques éléments sur les contradictions de la politique étrangère de l'impérialisme français et ses conséquences, pose aussi la question d'un revirement éventuel. On jugera sur pièces.
Dans le même ordre d'idées, on peut lire aussi l'article de Thierry Meyssan "Syrie : marche arrière de Paris ?", qui signale les pressions de l'impérialisme US.



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12 avril 2013
Quand la France se brûle les doigts dans le brasier syrien


Enquête sur les nouvelles filières terroristes en Syrie et en Europe


Henri Sylvain

Comment sortir du bourbier syrien ? C’est la question qui tracasse, deux ans après le déclenchement de la crise syrienne, non seulement les décideurs politiques en Occident, mais aussi les services de sécurité de renseignement européens et américains qui sont aujourd’hui dans le noir total.

À l’euphorie des premiers mois, quand tous les décideurs occidentaux, sans doute aveuglés par certains analystes trop pressés d’en finir avec le chef d’État syrien et ne connaissant rien à l’exception syrienne, ont succédé le doute et la confusion.

La question qui se pose aujourd’hui à ces stratèges en herbe, auto-intoxiqués par les précédents tunisien, libyen, yéménite et égyptien, n’est plus de savoir quand le régime de Bachar al-Assad va tomber, mais comment sortir indemne de ce bourbier. Car entre-temps, les services de renseignement, particulièrement ceux en charge de la lutte anti-terroriste, avaient tiré la sonnette d’alarme et s’étaient opposés, parfois ouvertement, à la politique myope et suicidaire que certains néoconservateurs occidentaux attardés voulaient appliquer à la Syrie, avec le soutien médiatique et financier des monarchies du Golfe, de la Jordanie, de la Turquie.

Ce constat désabusé a été dressé récemment par un diplomate français, cité en off par le quotidien Le Monde (édition du dimanche 31 mars - lundi 1er avril 2013) à propos de la politique en zigzag poursuivie par François Hollande à propos de la Syrie depuis son accession à la présidence… Pour ce diplomate, c’est « l’incertitude » , voire « la confusion qui règne au sommet de l’État sur cette question. » Il commentait ainsi le renoncement de la France à armer l’opposition syrienne après avoir réclamé à cor et à cri la levée de l’embargo européen sur les livraisons d’armes à la Syrie, régime et opposition confondus, embargo instauré, faut-il le rappeler par Paris et Londres.

Les Européens, conduits par la France et le Royaume-Uni, avaient également entraîné les autres membres de l’Union européenne à imposer un train de sanctions économiques, financières et diplomatiques contre, disent-ils, le régime syrien, mais qui, en réalité, touchait de plein fouet les catégories les plus fragiles de la société. C’est la même logique meurtrière qui avait conduit ces mêmes pays à imposer un embargo meurtrier contre l’Irak en 1991 causant la mort d’un million et demi d’Irakiens.
Parmi ces sanctions notons celles qui visent personnellement non seulement toute la nomenklatura politique et économique du régime, mais aussi les chefs du renseignement anti-terroriste, ceux-là même avec qui ils avaient tissé, dans le passé, les meilleures relations dans la lutte commune contre les groupes terroristes et les réseaux mafieux. En visant les chefs du renseignement syrien extérieur chargé de traquer la nébuleuse d’Al-Qaïda et des réseaux dormants dhjiadistes, non seulement en Syrie, mais aussi en Europe et dans le Maghreb, la France s’est tiré une balle dans les pieds.

Le diplomate en question cité par Le Monde a reconnu cette faute à demi-mot : « Depuis que nous avons fermé l’ambassade à Damas, avoue-t-il, notre appréhension des réalités du terrain a beaucoup diminué. Plus personne ne peut assurer que ce qu’il dit est fondé. Les trois principaux acteurs de notre diplomatie - la défense, les affaires étrangères et la présidence - n’ont pas de vision commune. De là vient l’impression de flottement. »

Nombreux sont ceux qui dans la communauté du renseignement français, qui ont une certaine idée de la politique étrangère de la France, avaient vertement critiqué l’aveuglement des politiciens français, d’abord sous Sarkozy et aujourd’hui sous Hollande. Beaucoup, surtout parmi les anciens directeurs du renseignement, s’étaient exprimé publiquement comme c’est le cas d’Yves Bonnet ou d’Alain Chouet. D’autres, encore en fonction, partagent parfaitement la position de leurs aînés, mais ne se prononcent pas publiquement, droit de réserve oblige. Cela n’a pas empêché l’indocile juge anti-terroriste français Marc Trevidic de se soulever contre le cynisme des responsables occidentaux.

Dans un entretien avec le JDD (1), il reconnaît que « la situation est trop confuse en Syrie. En plus, l’Occident est contre le régime en place (…) Le souci, et c’est ce que l’on voit actuellement en Syrie, est que ces élans spontanés [des dhjiadistes étrangers], sans réseau, sont tôt ou tard pris en charge par des groupes proches d’Al-Qaïda. Le terrorisme est une notion malléable, très liée à la géopolitique, aux alliances. Ces situations sont confuses, compliquées, voire hypocrites : quand ces gens-là nous servent, on ferme les yeux. Ça ne veut pas dire qu’ils ne sont pas dangereux, mais qu’ils sont dans le bon camp. Pour l’instant » .

Ce sont sans doute les positions de ces personnalités pragmatiques, bien informées et courageuses, qui font passer l’intérêt de l’État avant les intérêts des différents lobbies médiatiques et politiciens, qui ont pesé dans le flottement de la politique française et empêché la fuite en avant suicidaire de cette politique. Ce n’est pas encore gagné, mais le dernier revirement rocambolesque de François Hollande sur la livraison des armes sophistiquées aux groupes armés syriens est un pas dans la bonne direction.

Il y a quelques mois, le site français http://www.afrique-asie.fr, dans un article bien informé intitulé : « Quand la communauté du renseignement se rebelle contre la stratégie suicidaire de la France en Syrie » (2), avait consacré un article aux relations sécuritaires entre la France et la Syrie où il affirme que ces relations sont aujourd’hui « au point mort » . Le même article soulignait déjà « le mécontentement des hauts gradés de la DGSE à propos de la politique menée par leur pays à l’égard de la Syrie. Une politique qui leur a coûté cher en matière de collaboration antiterroriste » .

Or devant la montée en puissance du péril terroriste, particulièrement après l’engagement militaire de la France dans le Sahel, et la prolifération des groupes dhjiadistes en Libye et en Tunisie, mais aussi en Europe, certains anciens agents des services français, sans doute avec l’accord de leur hiérarchie, avaient tenté de renouer le fil de la collaboration antiterroriste entre les deux pays. Selon plusieurs sites et médias arabes, Paris aurait même demandé à la Jordanie d’intercéder en sa faveur auprès de Damas pour que cette coopération reprenne d’une façon informelle. Cette demande est intervenue après que les services syriens avaient déjoué une tentative d’assassinat contre le chef de l’État syrien, commanditée par les services secrets français et turcs.

L’agence de presse Asia News (3), reprise par de très nombreux médias de la région, était le premier média en ligne à avoir relaté en détail cet attentat manqué. En Turquie, les médias de l’opposition avaient largement commenté la nouvelle, évoquant un scandale et sommant le Premier ministre islamiste Erdogan à s’expliquer. Les médias français ont gardé jusqu’ici un black-out total sur cette affaire d’État. D’autant plus que cette révélation intervenait peu après le refus de Damas de répondre favorablement à la demande française, par Jordaniens interposés, de reprendre la coopération sécuritaire.

Le refus syrien à l’offre française de coopération est compréhensif. Il s’explique sans doute par les incontestables succès que les services anti-terroristes de Damas venaient d’enregistrer sur le terrain. Ils avaient en effet donné un coup de pied dans la fourmilière dhjiadiste qui s’est conclu par une série de coups de filets contre les réseaux terroristes proches d’Al-Qaïda, qui projetaient de perpétrer des dizaines d’attentats spectaculaires, dont des attentats à la voiture piégée. À l’issue de ces coups de filet, ils avaient recueilli de précieuses informations sur les cellules dormantes, non seulement en Syrie, mais également en Jordanie. Sitôt transmises à leurs collègues jordaniens, ces informations leur ont permis de déjouer une série d’attentats similaires dans le royaume hachémite.

On comprend mieux pourquoi la Jordanie avait soudainement fermé hermétiquement ses frontières avec la Syrie et avait interdit aux groupes dhjiadistes de les franchir. On a même assisté depuis à un revirement spectaculaire du Roi Abdallah II qui a réalisé qu’après la chute programmée du régime syrien par l’action conjuguée des Frères musulmans et des groupes salafistes radicaux, il serait le second sur la liste. D’où sa colère soudaine contre le nouveau « croissant sunnite » dirigé par la Turquie, l’Égypte et le Qatar, trois pays piliers de la Confrérie des Frères musulmans. Venant d’un roi proche des services britanniques, américains et israéliens, et qui avait le premier parlé d’un « croissant chiite » , il y a quelques années, le retournement, il faut le reconnaître, est colossal ! Ce changement d’un roi girouette est plus dû à un réflexe d’auto-défense tactique qu’à un véritable tournant stratégique.

C’est cette nouvelle donne qui a sans doute refroidi l’ardeur anti-syrienne des Jordaniens, et qui a poussé certaines sources proches des services secrets de Sa Majesté hachémite, à se confier, en off à l’agence arabophone en ligne asianewslb.com. « Nous avons soumis aux Syriens tous les dossiers concernant les enquêtes sur les cellules terroristes qui projetaient de commettre des attentats à la voiture piégée, affirme cette source sécuritaire jordanienne. Ces enquêtes ont mis en évidence que toutes ces cellules terroristes actives ou dormantes qui opèrent en Syrie et en Jordanie, voire en France sont dirigées par un commandement central décloisonné représenté par un personnage central dit “le facilitateur”. C’est lui qui dirige les cellules sur le terrain sans que les membres de ces cellules le connaissent. Or ce personnage clé est tombé entre les mains des services syriens qui ont pu remonter, aveux et documents à l’appui, toute la filière dont toutes les actions s’étendent de la Syrie jusqu’en Europe en passant par la Jordanie et le Liban. »

Toujours selon les confidences recueillies par Asia News, « grâce aux renseignements fournis par Damas, nous avons pu identifier des individus qui étaient en contact avec le facilitateur. C’est après cette arrestation que les services français ont voulu renouer les contacts avec Damas qui a refusé net. Et pour cause : l’officier supérieur en charge de cette affaire n’est d’autre que le colonel Hafez Makhlouf qui fait partie d’un groupe d’officiers syriens dont les noms figurent sur les listes des sanctions française et européenne. »

Pour rappel, l’enquête publiée par le site http://www.afrique-asie.fr ci haut mentionnée faisait état du mécontentement des hauts gradés de la DGSE à propos de la politique menée par leur pays à l’égard de la Syrie. Une politique qui leur a coûté cher en matière de collaboration antiterroriste. « Les syriens, écrit cette enquête, ont sauvé la vie de centaines de citoyens français grâce à leur collaboration avec leurs homologues français et occidentaux en matière de lutte antiterroriste et de lutte contre le crime organisé (notamment la mafia des contrefaçons des médicaments). »

La politique insensée, résolument anti-syrienne, entreprise par l’ancien président Nicolas Sakozy et poursuivie avec hargne et dogmatisme par son successeur socialiste François Hollande, notamment en matière de soutien à une opposition disparate et conduite sur le terrain par des groupes terroristes, dont le seul objectif est le renversement du régime séculier du Baas et son remplacement par un « émirat wahhabite » ou un régime islamiste, a poussé Damas, soulignent hauts gradés de la communauté du renseignement français, « à geler toute coopération avec nos services, au grand dam de la sécurité de nos citoyens. »

Le même article rappelait encore les lettres de remerciement rédigées et envoyées par les officiers français à leurs homologues syriens pour avoir aidé au démantèlement de nombreux réseaux mafieux et/ou terroristes et à déjouer de nombreuses tentatives d’attentats. En plus de son soutien aux terroristes en Syrie, l’ingratitude de Paris l’a mené à la mise sur liste noire européenne de la plupart de ces officiers dont l’un des plus connus, le colonel Hafez Makhlouf, dont le nom, avant de figurer sur la liste noire, trônait à l’entête des lettres de remerciement et de gratitude adressées par ses homologues français.

Bassam Tayyarah, le journaliste libanais résidant à Paris partage, dans son site arabophone d’information en ligne http://www.akhbarboom.com/, la même analyse que celle des milieux du renseignement français. « Si vous avez aimé Claude Guéant (ancien ministre de l’Intérieur sous Sarkozy), vous allez adorer Manuel Valls (l’actuel détenteur du poste) » , écrit-il. Il fait ainsi référence à la politique, en matière de lutte antiterroriste, de l’actuel ministre de l’Intérieur qui emboîte le pas à son prédécesseur de droite. Pour tous les deux, la lutte antiterroriste représente « une priorité absolue » . Particulièrement depuis le début de la guerre contre le Mali, et les menaces proférées par les islamistes contre ceux qu’ils qualifient de « nouveaux croisés français. »

Claude Guéant entretenait d’excellentes relations avec les services de renseignements du Moyen-Orient, quand il n’était encore que l’homme d’ombre de Sarkozy, avant même de devenir son ministre de l’Intérieur. L’une de ses relations, et pas des moindres, était les services de sécurité syriens réputés comme les meilleurs d’après un proche de Guéant.

La France a beaucoup profité de sa collaboration sécuritaire avec la Syrie, dont l’aide était précieuse dans des opérations telles que le démantèlement de réseaux terroristes ou la mise en échec d’attentats contre des intérêts français ou même contre le métro parisien. Toujours selon Tayyarah, les services de renseignement syriens tenaient leurs homologues français au courant des mouvements des dhjiadistes français qui traversaient ses frontières pour rejoindre l’Irak.

Celle collaboration syrienne était tellement appréciée qu’elle a contribué, à l’époque, à la volonté d’ouverture de Sarkozy envers Damas. Mais les choses ont changé depuis deux ans, c’est-à-dire depuis le début de la « révolution » syrienne car la France a choisi d’être le fer de lance dans le soutien de l’opposition armée ce qui a logiquement conduit à la rupture de tous les ponts entre les deux pays. Le bureau annexe de la sécurité et de la lutte antiterroriste, qui coordonnait la collaboration, a été transféré de Damas à Amman.

Face à la montée des périls terroristes, une source proche des services français se montre pourtant optimiste. « Il ne faut pas perdre espoir, confie-t-elle, car c’est maintenant de l’intérêt des deux parties d’arrêter la casse et de renouer avec la coopération sécuritaire bilatérale, à condition toutefois que Paris se fasse à l’idée que la guerre secrète qu’elle mène contre Damas ne mène nulle part et qu’elle est perdue d’avance. » En attendant cet hypothétique retour à la raison et au pragmatisme, le régime syrien ne baisse pas les bras et continue à mener une traque implacable contre les réseaux terroristes et dhjiadistes alimentés de l’extérieur.

Selon un observateur libanais cité par le site bien informé Arabi Press, « Damas sait pertinemment qu’un nombre non négligeable de forces spéciales françaises entraînent l’armée syrienne libre. La France leur facilite l’approvisionnement en armes au marché noir. Les services syriens sont parfaitement au courant de la présence militaire française, britannique et américaine qui opère à travers les frontières avec le Liban, la Jordanie et la Turquie. Cette présence n’est pas encore de nature combattante. Elle se situe encore au stade de l’entraînement, de la gestion des centres de commandement arrière et la fourniture d’armes et de matériels de communication. Sans parler de son rôle dans la surveillance des groupes dhjiadistes et des armes qu’ils peuvent se procurer » .

Ce sont sans doute ces agents français qui opèrent à ces frontières de la Syrie qui avaient alerté le chef de l’État et l’avaient convaincu de renoncer à fournir des armes sophistiquées à l’opposition.

Est-ce le début d’une révision de la politique offensive française dramatique vis-à-vis de la Syrie ? Dans ce cas, la France aura de nouveau besoin de la coopération sécuritaire avec Damas en vue d’arrêter le flux ininterrompu de dhjiadistes étrangers et l’arrêt des financements à ces filières provenant des pays du Golfe. On n’en est pas encore là. Mais le spectre du retour vers l’Europe des dhjiadistes qui ont combattu (et combattent toujours) en Syrie, fait trembler ces capitales et pousse Paris à un retournement spectaculaire, dont elle est coutumière.

Henri Sylvain

Source : http://www.silviacattori.net/article4342.html

(1) http://www.lejdd.fr/Societe/Justice/Actualite/Le-juge-antiterroriste-Marc-Trevidic-La-France-ennemi-bien-identifie-584526

(2) http://afrique-asie.fr/menu/moyen-orient/4596-quand-la-communaute-du-renseignement-se-rebelle-contre-la-strategie-suicidaire-de-la-france-en-syrie.html

(3) http://www.asianewslb.com/vdcbszbf.rhb09pukur.html


Edité le 13-04-2013 à 00:19:50 par Xuan




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Xuan
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   Posté le 19-05-2013 à 12:55:30   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur le blog du
Comité pour l’annulation de la dette du Tiers Monde



« La France aujourd’hui est très dangereuse pour la situation actuelle au Mali. Elle n’est pas là pour le nord mais pour le maintien de l’ancien système »


10 mai par Attac/Cadtm Maroc


Marche du MP22

Interview réalisée par Omar & Jawad d’ATTAC / CADTM Maroc fin du mois de février 2013 avec les membres du secrétariat national du mouvement MP22 du Mali :
> Professeur Rokia Sanogo, présidente du MP22 au Mali
> Mme. Mariam Diawara, Avocate et Présidente du Club des avocats « Ahmed Sékou Touré »
> Mr Perygnama Sylla, membre secrétariat exécutif de MP22


Omar : Nous vivons aujourd’hui une situation de désinformation totale par rapport à ce qui se passe chez vous au Mali. Nous avons pu à travers nos échanges depuis hier apprendre beaucoup de choses qui nous ont bouleversés et donc nous sommes là pour en savoir d’avantage.
Jawad : Pouvez-vous nous présenter votre mouvement MP22 ?


Rokia : Vous devez savoir que ce mouvement populaire comme son nom l’indique est l’aboutissement de tout un rassemblement de forces qui se battaient contre l’impérialisme donc on peut dire que c’était l’opposition au régime de ATT (Amadou Toumani Touré).
Il est composé du parti SADI |1| qui était dans l’opposition parlementaire mais aussi d’autres partis d’opposition extraparlementaires ainsi que d’autres organisations comme la CAD Mali ou encore le club Ahmed Sékou Touré |2|, et d’autres organisations qui ne se reconnaissaient pas dans la manière dont était gouvernée le Mali.
Ces organisations ont été en contact dans différentes activités.
Par exemple, quand il y a eu la question de la Libye, il y a eu une mobilisation pour dire qu’il n’est pas normal que la France intervienne dans ce pays. Nous avons aussi mené des actions en solidarité avec les peuples d’Amérique Latine ou encore contre l’intervention et l’ingérence française en Côte d’ivoire.

Quand il y a eu la crise du 22 et les événements du Nord du Mali, en conséquence de ce qui s’est passé en Libye et à l’initiative du parti SADI, on s’est dit qu’il fallait que les organisations progressistes qui ont une autre vision puissent se retrouver.
Le parti SADI, qui avait mené des actions politiques pour demander la démission d’ATT, était dans une logique de changement.
Quand il y a eu les événements du 22 Mars, le SADI a été un des premiers à soutenir les changements issus de ce coup d’État du 22 Mars 2012.
On était à la veille des élections et rien n’a été réuni pour une alternance démocratique qui aboutirait à un changement. Politiquement nous n’avions pas le poids politique pour réussir ce changement.
Donc quand il y a eu ces événements, le SADI a fait appel aux autres forces progressistes pour échanger sur notre manière de s’organiser.
C’est de ces échanges que nous avons décidé de créer un mouvement qui puisse soutenir les changements issus de ce coup d’État. C’est de là que vous entendez que nous sommes des pro-putschistes.

Jawad : Justement, comment vous répondez à ceux qui vous critiquent d’être des pro-putschistes ?

Rokia : Ce coup d’État est venu dans un contexte où le Mali avait besoin d’un changement. Et ce changement est venu de militaires patriotes qui ont pris les armes à un moment pour dire qu’il faut rompre avec le régime d’ATT.
Pour nous il ne fallait pas ignorer cet élan de changement qui venait. Voilà pourquoi nous nous sommes mobilisés en tant que militants politiques et des associations de la société civile pour dire que ce coup d’État n’est pas comme les autres.
Ce système était tellement pourri, il y avait une très grande absence de l’État notamment au Nord du pays qui a été laissé dans les mains des narcotrafiquants avec une économie de la drogue et des rançons des prises d’otages.
Et c’est dans ce contexte que les groupes armés venant principalement de la Libye ont été accueillis.
Ce qui a occasionné l’assassinat de militaires maliens par le MNLA |3| qui est une création de la France avec toujours comme objectif de diviser le Mali afin de créer un État Saharien.
Les militaires assassinés sont les compagnons de ceux qui ont fait le coup d’État.
L’armée a été dans une situation catastrophique à cause de ce système politique qui a décidé de la détruire.
En 20 ans, il n’y a pas eu d’achat d’armes, il n’y a pas eu de formation conséquente de l’armée. Donc ce sont des militaires patriotes qui se sont soulevés pour dire « Ça suffit, nous prenons nos responsabilités contre ce système ».
Nous, en tant que progressistes pour le changement, nous ne pouvions pas laisser ces militaires patriotes seuls.
C’est comme ça que le MP22 a vu le jour. Depuis le MP22 œuvre pour dire qu’il faut renforcer l’armée malienne, il faut donner tous les moyens à l’armée malienne pour qu’elle joue son rôle régalien de défense de l’intégrité du territoire.

Donc on s’est retrouvé avec d’autres mouvements qui ont vu le jour dans le cadre d’une coordination appelée le Collectif des Patriotes du Mali (COPA).
Nous avons dit non à toute intervention militaire étrangère mais nous avons dit oui au renforcement des capacités opérationnelles de l’armée malienne.

Dans notre processus de mobilisation nous avons été confrontés à un blocage de la CEDEAO |4| qui a pris en otage la transition.
La CEDEAO a dit qu’elle refusait de reconnaître ce coup d’État, que les militaires devaient retourner dans leurs casernes et qu’on devait passer le pouvoir aux civils.
Tandis que le coup d’État avait suspendu la constitution, la CEDEAO a exigé la remise de la constitution ce qui nous a ramené à un intérim qui prévoyait juste 40 jours mais qui continue jusqu’à aujourd’hui.

Au MP22 avec les autres forces nous avons dit que pour sortir de la crise il faut qu’il y ait des concertations entre toutes les forces du Mali afin d’échanger et proposer une sortie de crise, avec un organe qui peut jouer le rôle d’une direction transitoire.
La mission de cet organe est de réunir les conditions de la libération du nord du Mali et donc de renforcer l’armée malienne pour que cette libération soit possible.
Il faut créer les conditions d’une stabilité avec un retour des populations dans les zones qui étaient occupées et un retour des réfugiés. On pourra ensuite aller vers des élections bien préparées qui doivent permettre de mettre en place des institutions légitimes. Notre combat en tant que MP 22 s’inscrit donc dans la recherche d’une gestion conséquente et réelle de la crise qui passe par une mobilisation populaire.

Omar : Ce que nous ne comprenons pas bien c’est que vous MP 22, le SADI et les autres forces opposantes qui militent pour un autre changement au Mali sont bien enracinés dans la société.
Et au moment où on assiste à un affaiblissement total de l’appareil de l’État et alors que le coup d’État militaire est une manifestation de cette faiblesse générale de l’État, on sent un manque de volonté de transformer ce rapport de forces en alternatives.
On sent aussi un manque de propositions allant dans le sens d’un processus constituant qui va réunir tout le peuple malien autour de messages politiques bien clairs et qui permettent aux citoyens de faire la distinction entre les différentes forces politiques.


Rokia : En fait c’est à ça qu’on est arrivé dans la COPAM (coalition des patriotes). C’est une coalition mise en place en vue d’organiser des concertations populaires immédiates et de présenter des alternatives. Nous avions fait un programme de mobilisation qui allait du 08 au 15 janvier 2013.
Le 10 janvier il y avait une grosse marche à Bamako qui a réuni des centaines de milliers de Maliens. C’est ce jour-là, pour se préserver et se sauver, que le pouvoir en place a fait appel à la France.
L’intervention militaire française visait aussi à bloquer toute alternative et casser le processus que nous avons démarré et qui allait arriver à bout de ce président par intérim et son système fantoche.

Jawad : Mais il y avait également la descente des groupes armés vers la ville de Konna au sud, c’était une coïncidence ?

Sylla : Non ce n’est pas une coïncidence, la question que tu poses mérite d’être traitée en remontant le temps depuis le début du coup d’État.
Il faut dire qu’il a été approuvé d’une manière générale par l’opinion publique mais l’absence de manifestation donnait l’impression, surtout à l’étranger, que le coup militaire n’était pas soutenu.
Il a fallu que le MP 22 mobilise et fasse des marches pour montrer que les militaires avaient le peuple avec eux.
C’est vrai et je pense que vous avez tout à fait raison, on a envisagé l’idée d’une constituante mais nous avons opté pour une conférence nationale.

En fait l’accord cadre de Ouagadougou qui nous a fait revenir à l’ancienne constitution prévoyait également une concertation des forces vives de la nation pour aller vers de nouvelles perspectives après les 40 jours d’intérim. La CEDEAO a fait un coup de force en disant que le président par intérim doit continuer même après les 40 jours.
Malgré ça, nous avons organisé le 21 et 22 mai une conférence nationale que le gouvernement aurait dû organiser lui même. De mémoire de Malien on a jamais vu une telle mobilisation à Bamako.

Nous avons créé une plateforme avec d’autres forces allant de la gauche au centre et nous avons donné un ultimatum au président par intérim pour organiser les concertations avant le 15 Janvier.
Mais on ne sait pas par quel mécanisme, sachant que les rebelles du nord sont aussi infiltrés par les forces françaises, sentant le danger de la mobilisation venir, ils les ont manipulé et les groupes ont attaqué.
La France a fait sa propagande comme si Bamako allait être pris en quarante huit heures alors que ces groupes ne pouvaient même pas prendre la localité qu’ils ont attaqué. Cela a donné l’occasion d’une intervention étrangère et aujourd’hui les gens ne peuvent même pas parler de concertations nationales.

OMAR : Justement, pourquoi il n’y a pas eu de mobilisation contre l’intervention étrangère ?

Sylla : Oui, il faut dire que les gens n’étaient pas tous contre l’intervention étrangère.

Omar : Est-ce que ça n’a pas de relation avec cette confusion que nous apercevons de l’extérieur entre soutenir l’armée malienne et être contre la France sans donner d’explications sur le plan et le montage fait par la France ?

C’est tout un plan monté, un des chefs de la majorité dans une interview reconnaît que l’intervention française était organisée pour empêcher les « gardistes » de fuir le vendredi 11. Maintenant, ils le disent alors que nous on le savait. On l’avait compris mais la propagande française est très forte.

Jawad : Est-ce qu’on peut avoir une description des militaires putschistes ? Leurs âges, leurs grades et leur appartenance idéologique ?

Rokia : Ils n’ont pas d’appartenance idéologique. On peut dire que c’est le peuple opprimé de l’armée qui a pris ses responsabilités, ce sont principalement des sous-officiers.
Ce qu’il faut dire c’est qu’il y eu pendant 20 ans une proclamation de la liquidation de l’armée.
L’ancien président Alpha Oumar Konare |5| a même dit dans un conseil des ministres « est-ce qu’une démocratie a besoin d’armée ».
On voit que ce sont ces gens qui ont peur d’un coup d’État.

Lorsque vous dites que vous soutenez l’armée, peut-on dire qu’aujourd’hui elle est homogène ? Est ce qu’il n’y a pas une partie de cette armée qui est réactionnaire et qui profitait du système. Est-ce que ça ne sème pas la confusion lorsque vous proclamez votre soutien de l’armée sans préciser de laquelle il s’agit ?

Non ça ne sème pas la confusion dans la mesure où nous avons toujours réclamé notre soutien au CNRDRE (comité national de réforme et de redressement de l’État). Quand nous disons que nous soutenons l’armée nos adversaires comprennent parfaitement de quoi il s’agit.

Mariam : Je voudrais rebondir sur vos questions. Depuis plus de 20 ans, on ne parle pas de la dictature mais de démocratie de façade. Notre peuple a été maintenu dans la misère.
Il n’y a pas eu d’instruction politique, les gens ne sont pas informés.
De plus, depuis le coup d’État du 22 mars les médias de l’État sont détenus par l’ancien système et nous, nous avons toutes les difficultés du monde à faire passer ce que nous faisons comme activités. Ce que l’on entend à la radio et à la télévision est loin de la vérité.

Rokia : Quand il y a eu l’intervention française, malgré que nous ayons toujours soutenu l’armée, quand les forces rétrogrades ont commencé à soutenir l’armée et l’intervention française ils ont dit que nous étions de connivence avec les jihadistes !
Et ils ont essayé de faire croire que c’est nous qui ne voulons pas que le nord du Mali soit libéré et que c’est nous qui mettons le Mali en danger en disant que l’armée malienne est capable.
Les Français ont fait croire qu’ils sont les seuls à pouvoir sauver le Mali, pour eux l’armée malienne n’existe plus donc ils voulaient nous mettre en porte à faux avec le peuple.
Ils sont rentrés dans une logique qui était de dire : État d’urgence, tout le monde se tait jusqu’à ce qu’on libère le nord du Mali. Nous avons été contraints de temporiser face à l’enthousiasme populaire suite à l’intervention de la France, présentée comme le sauveur.

Sylla : Quand même. On n’a pas arrêté !

Rokia : On n’a pas arrêté, mais je dis que ça nous a manqué de ne pas pouvoir informer l’opinion publique avec nos analyses et nos propositions à l’opinion. Je pense que, dorénavant, nous devons faire attention et diffuser systématiquement nos déclarations. Nous réfléchissons aussi à la mise en place de notre propre site web.

Jawad : avant de parler des perspectives dans le cadre de la situation actuelle, j’ai une question par rapport aux femmes, je suis content qu’il y ait deux femmes dans la direction de ce mouvement mais quel est l’impact de cette crise sur les femmes et quel est leur rôle dans la résistance ? J’ai appris hier que ce sont les femmes des militaires qui étaient les premières à aller protester chez le président et qu’elles étaient même à l’origine de tout cela ?

Rokia : D’une façon générale, la femme dans notre société n’a pas la position qu’elle mérite.
Elle fait beaucoup mais au niveau de la valorisation de ce qu’elle fait ça laisse à désirer.
Il y a une forte mobilisation des femmes, pas des femmes d’élite, mais des mamas, nos mamas.
C’est comme ça, au Mali, depuis la révolution de mars 1991, celle conduite par les élèves et étudiants. A l’époque, les femmes sont sorties pour les secourir et n’ont pas hésité à se mettre entre les élèves-étudiants et l’armée de la dictature. Ceci prouve bien la conscience de mobilisation des femmes derrière leurs enfants pour des causes sociales.

De cette même manière ce sont aujourd’hui les femmes des militaires assassinés, les femmes des militaires opprimés du KADI qui, ayant vu la situation au Nord du Mali, ont marché pour aller dire au président de la république ATT qu’il était de connivence, qu’il était complice de la rébellion et que c’est lui qui a vendu le Mali.
On remarque que devant une situation d’injustice les femmes maliennes ont du se mobiliser pour se défendre parce que quelque part elles en sont les premières victimes. Et même au nord du Mali, ce sont les femmes les premières victimes à travers des questions comme le fait de s’habiller différemment, ne pas sortir en public ou ne pas parler à la radio.
Elles ont souffert de privations de libertés.
Les femmes se sont mobilisées aussi pour qu’il y ait un dialogue mais nous avons une situation hétéroclite et pas homogène. On a voulu faire un mouvement de femmes mais malheureusement parmi ces femmes certaines veulent le maintien du système ATT et certaines veulent le changement.
Nous au niveau du MP22 nous avons des mouvements de femmes de base qui se sont organisés pour mener des actions différentes de l’instrumentalisation de la femme. J’avoue que malgré que nous soyons aujourd’hui deux femmes à la tête du mouvement, les femmes restent sous-représentées.

Jawad : Je rappelle juste que le gouvernement français a joué énormément sur cette image de la femme du nord réprimée par les Jihadistes pour justifier leur intervention et convaincre l’opinion publique qu’il y a urgence.

Rokia : Pas plus loin qu’hier j’ai reçu une invitation pour préparer la journée du 08 mars On y voit les drapeaux maliens et français avec une phrase « merci à la France ».
On est dans un système où on veut montrer qu’il n’y a pas de crise, que les français sont les sauveurs et qu’ils ont tout résolu. Tout ça en oubliant que la France ne peut pas se substituer à l’armée malienne. Le débat sur lequel nous devons nous concentrer aujourd’hui c’est la guerre au mali, mais qui pilote cette guerre ?
Quels sont les moyens mis à la disposition de cette guerre ? Comment les actions sont coordonnées ? Ils ne veulent pas de ce débat. Le sauveur est là et il faut que tout le monde se taise pour qu’il ne se fâche pas ! Pour ça on utilise tous les médias et on évite toutes les personnes qui contredisent cette thèse. Malheureusement l’effort que nous menons n’est pas connu et nous devons travailler davantage pour trouver des partenariats nous permettant d’amplifier nos activités et faire en sorte que la voix des populations soit entendue.

Jawad : Comment vous voyez l’avenir ? La France se présente comme faisant partie de la solution mais à partir de vos explications elle apparaît plus comme faisant partie du problème et complique davantage la situation.

Rokia : Elle est même à l’origine du problème. Aujourd’hui, on veut faire croire que les élections constituent la solution et la France est là pour maintenir ses amis politiques au pouvoir car elle a des intérêts économiques et géostratégiques dans la région et elle tient à ce que ça ne change pas. La France prétend qu’elle veut aider le Mali mais en fait elle défend le statut quo. Elle cherche donc à légitimer des institutions en crise à travers les élections. La France aujourd’hui est très dangereuse pour la situation actuelle au Mali. Elle n’est pas là pour le nord mais pour le maintien de l’ancien système. Nous, notre approche actuelle est de réclamer encore une mobilisation populaire pour une solution politique de la crise. Une mobilisation pour exiger une transition politique réelle. Si on va aux élections dans ces conditions on va aggraver encore la crise et on sera au point de départ après les élections. Nous sommes à la recherche de moyens pour être sur le terrain et de faire ces assises populaires qui traiteront de la nécessité d’une transition politique réelle. Il faut discuter réellement de la question du nord et pas juste de façade comme la France nous fait croire avec les forces de restauration. Nous voulons discuter sur des bases réelles et ensuite dans des conditions crédibles sur la manière d’organiser de bonnes élections parce que le résultat que nous cherchons c’est une sortie de crise durable.
Omar Jawad : Nous vous remercions et nous vous souhaitons bon courage dans vos luttes.

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Notes
|1| Parti : Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi)
|2| Ahmed Sékou Touré est le premier président de la République de Guinée, en poste de l’indépendance obtenue de la France en 1958, jusqu’en 1984.
|3| Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) est une organisation politique et militaire touarègue active au Nord-Mali. Ses objectifs sont l’autodétermination et l’indépendance du territoire de l’Azawad
|4| La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) est un regroupement régional de quinze pays créé en 1975.
|5| Alpha Oumar Konaré a été président de la République au Mali de 1992 à 2002.

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Xuan
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L'impérialisme français fer de lance de l'intox

Hollande et son compère Fabius ont pris la tête de la réaction internationale en faisant voter à Bruxelles la levée de l’embargo et l’envoi d’armes à la subversion en Syrie, tandis qu’une campagne de presse était simultanément orchestrée avec le torche-cul réactionnaire Le Monde.

En tendant l'oreille, on pouvait aussi entendre certains journalistes ajouter qu'il s'agissait peut-être de gaz lacrymogènes, mais qu'à forte dose les gaz lacrymogènes aussi...peuvent tuer. On voit ça dans toutes les manifestations.

L’article de Badia Benjelloun, repris sur le blog du camarade J. Tourtaux, démonte cette intox digne de la propagande US sur l’Irak.

Evidemment ce type de manœuvre belliciste n’est pas gratuit et doit être replacé dans le cadre de la crise mondiale du capitalisme. Du point de vue de l’impérialisme français il s’agit aussi de se poser en leader européen.
Cette véritable fuite en avant est un signal supplémentaire qui nous indique à quel point nos ennemis de classe sont en très mauvaise posture.
Faut-il le regretter ? Non.
Nous devrions pour commencer voir les choses autrement, car seule notre faiblesse leur permet de rester au pouvoir.
La dégradation de l’économie de la France est celle du capitalisme et rien d’autre.
Notre peuple est la première victime du chômage et de la guerre de classe contre les salaires et la protection sociale. La situation devient insupportable pour un nombre croissant, on ne peut sûrement pas s’en réjouir.
Mais en même temps cela signifie que la nécessité du socialisme s’impose de plus en plus. Notre faiblesse est donc relative et temporaire.


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29 mai 2013

L'im-Monde immergé en Syrie


Par Badia Benjelloun

Un correspondant du quotidien vespéral français aurait été témoin de l’emploi d’armes chimiques par l’armée gouvernementale syrienne (1).

La description des symptômes endurés par les miliciens « rebelles » évoquent ceux produits par des gaz neurotoxiques.
Signes ophtalmologiques avec troubles visuels et une pupille "rétractée", signes digestifs, vomissements et signes respiratoires décrits comme raclements et suffocation.
Le récit, espéré digeste grâce la petite touche littéraire avec le petit bruit de la canette non pas sur le comptoir d’étain mais un certain cliquetis à peine audible, produit des témoignages de ces combattants et d’un médecin.



Le photographe du journal le Monde (en lettres gothiques) aurait souffert de troubles visuels et respiratoires durant plusieurs jours.

Première invraisemblance du récit : les gaz neurotoxiques utilisés comme armes de guerre sont certes inodores et incolores, mais les signes digestifs sont sur le même plan que les signes respiratoires. L’antidote doit être immédiatement administré pour lever le blocage des terminaisons nerveuses sans quoi la paralysie est rapidement mortelle.

Deuxième incongruité . L’iconographie censée illustrer le texte montre un homme qui tente avec une seringue de prodiguer des instillations oculaires. Les effets des gaz neurotoxiques à pénétration cutanée et respiratoire n’ont aucune chance d’être levés par des lavages oculaires. Ceux-ci ne peuvent soulager qu’en cas de gaz irritants des muqueuses.

Troisième aberration . Le médecin rebelle rapporte le cas d’un combattant qui lui a été confié avec un rythme cardiaque fou. Le blocage enzymatique qui conduit à l’accumulation du neurotransmetteur l’acétylcholine induit surtout une bradycardie, et l’hypotension majeure par absence du tonus vasculaire est l’urgence absolue. On restitue une tension artérielle inexistante avant de vouloir contrôler un rythme cardiaque, même aberrant, même anarchique. Pour être rigoureux une phase d’hypertension avec tachycardie peut être observée dans les premières minutes de l’intoxication. Le délai nécessaire pour transporter un patient jusqu’à un centre de secours à travers le dédale imposé par une zone de guerre en milieu urbain exclut cette hypothèse.

Quatrième anomalie . La consultation de n’importe encyclopédie en ligne indique comme symptôme cardinal des effets neurotoxiques les convulsions. Le sujet mortellement atteint suffoque dans un contexte de crises cloniques spectaculaires. Ce type de manifestations est si impressionnant que leur absence dans le roman permet de qualifier le récit de faux témoignage.

L’auteur à la fin de son article prend une précaution rhétorique. Il émet la possibilité de l’usage de plusieurs variétés de gaz toxiques par l’armée gouvernementale, solution élégante pour brouiller les pistes de l’usage d’un gaz mortel prohibé qu’il suggère fortement tout au long de son histoire très arrangée.

Cependant, sensation de brûlure oculaire et toux irritatives se rencontrent lors de l’exposition à des gaz lacrymogènes. À chaque dispersion de foules ou de manifestations par les CRS en France ou aux USA où l’usage des gaz poivrés connaît un regain, il faudra mobiliser la Cour européenne des Droits de l’Homme.

La publication de cet épisode survient au moment où les pays incarcérés dans l’Union Européenne ont décidé de suspendre officiellement l’embargo sur la livraison des armes à la rébellion en Syrie.
Elle est contemporaine également de la préparation des pourparlers en faveur d’un Genève II où devraient siéger les « belligérants » et les pays qui les arment et sans lesquels cette confrontation du bloc occidental avec les intérêts de puissances dites émergentes sur les décombres de la souveraineté de la Syrie n’aurait pas lieu.

Le régime syrien est explicitement accusé de crimes de guerre ou contre l’humanité au moment où plus de 15.000 soldats des armées impériales occidentales et de leurs vassaux subissent un entraînement intense en Jordanie. Cette préparation anormale sur le plan numérique indiquerait l’imminence d’une attaque type coalition contre l’Irak.

Déjà, les effets d’une dissémination du conflit au Liban se font ressentir.
Les escarmouches autour plateau occupé du Golan entre Israël et des combattants du côté syrien signalent la possibilité d’un autre front. Un char d’assaut israélien y a été récemment détruit.

Ce que redoutent le plus les rares stratèges sionistes, c’est l’extension du chaos à la Jordanie. La version officielle de la neutralité israélienne est une légende de façade. Le soutien à la rébellion syrienne a pris de nombreuses formes, y compris sous celle d’une assistance logistique et médicale. Au-delà de leur crainte que des missiles russes S 300 soient opérationnels aux mains de la défense de la souveraineté syrienne, l’embrasement de la région aura un impact civil non négligeable sur une population israélienne prête à émigrer en cas de danger. En cas de conflit militaire généralisé, l’État-major sioniste n’oublie pas que les discours de Sayed Hassan Nasrallah ne sont pas des rodomontades. Le Hezbollah doit disposer d’un arsenal et d’un entraînement convaincants.

Badia Benjelloun
28 mai 2013

Sources :
The International Solidarity Movement
J. Tourtaux

(1) "Guerre chimique en Syrie - Sur le front de Damas 1/5", par Jean-Philippe Rémy, Le Monde, 27.05.2013


Edité le 31-05-2013 à 20:30:41 par Xuan




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   Posté le 10-06-2013 à 15:04:22   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La police française s'inquiète d'un possible retour de bâton en provenance de la Syrie


Après que l'armée régulière ait repris Qousseir, de nombreux djihadistes d'origine européenne retournent au bercail.

Le site Al Manar signale :

"Au sujet des groupes rebelles, le ministre de l’intérieur français Manuel Valls a reconnu que plus de 600 Européens, dont 120 Français combattent en Syrie. Valls a appelé l’Union Européenne à s’apprêter à faire face à la menace de ces jeunes européens islamistes une fois qu’ils rentrent de Syrie, qualifiant l’adhésion de ces derniers à l’organisation d’alQaida de « phénomène très inquiétant ». Ce responsable français a indiqué que la plupart d’eux sont impliqués dans le trafic de drogue et des vols".

On retrouvait cette information dans le Figaro du 27 mai :

«Pas moins de 120 djihadistes français sont partis en un temps record pour se battre en Syrie, soit autant que de Belges et environ 60 % de la totalité de nos compatriotes engagés dans les rangs d'al-Qaida à l'étranger, confie Manuel Valls en petit comité. Aujourd'hui encore, environ 50 d'entre eux sont encore sur place, 40 en transit pour la Syrie et les 30 autres revenus dans l'Hexagone sont sous haute surveillance…»[Manuel Valls]

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   Posté le 24-08-2013 à 19:44:25   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Kouchner, Hollande, Fabius font des pieds et des mains pour déclencher une agression militaire en Syrie, si possible en poussant les USA devant puisque l'impérialisme français est incapable d'intervenir par lui-même, excepté dans ses anciennes colonies.

Mais le matraquage médiatique ne trompe pas grand monde à présent. Il suffit de lire les commentaires au dernier article du Point :

Fabius : "Il y a eu un massacre chimique près de Damas"
Toutes les informations dont dispose le gouvernement français indiquent que le régime syrien est à l'origine de l'attaque chimique, a déclaré le chef de la diplomatie française .


Sur 6 pages de commentaires aucun ne défend les allégations de Fabius. Un échantillon :

"Colère et dégoût : voilà ce qu'inspirent ces dirigeants occidentaux qui se livrent à une écœurante surenchère belliqueuse contre la Syrie. Qui a oublié les mêmes mensonges des mêmes va-t-en-guerre contre l'Irak il y a dix ans ?"...

"El Assad n'a certainement pas employé de gaz de combat contre les rebelles, bien trop dangereux à mettre en œuvre. A la merci d'un vent qui tourne, c'est lui qui se fait arroser... "

"Fabius accuse sans preuve et veut être celui qui condamne avant même qu'une enquête n'ait eu lieu !
Une action "coupable" dont il ne s'avouera cependant jamais "responsable" !
Cet homme représente un grave danger pour la paix, il est temps de le débarquer de ses fonctions ministérielles !"

"...Mr Fabius veut nous entraîner dans quoi ? A qui veut-il faire plaisir en soutenant les djihadistes ? ..."

"... Rappelez vous de l'IRAK avec la fiole présenté par le ministre de la défense à l'ONU.
Résultat des courses PAS D'ARMES CHIMIQUE.
Alors, pas trop d'accusations sans preuves tangibles."

"Les USA et l'Europe montent un stratagème pour accuser la Syrie pour des faits monter de toutes pièces...."

"Alors que la haute représentante de l'ONU pour le désarmement Angela Kane est attendue à Damas aujourd'hui 24/08/2013 pour négocier les modalités d'une enquête, notre ministre des affaires étrangères s'est déjà fait son opinion ! Cette affirmation pour le moins hasardeuse, qui plus est d'un très haut diplomate va dans le sens des gesticulations américaines en Méditerranée orientale. ..."

"Le gouvernement devrait faire un référendum. On n’entraine pas des pays dans une guerre, on n’envoie pas des jeunes hommes à mort, en se basant sur des impressions personnelles des membres du parti au pouvoir, sans preuves et avec beaucoup de suspicion de manipulation.
Les ministres sont de plus en plus éloignes des avis des Français alors ils n’ont plus aucune crédibilité. Ceux qui ont voté pour eux devraient (en constatant qu’ils ont été trompés avec les promesses électorales et faux programmes), pouvoir les forcer à démissionner !"

"Notre ministre des affaires étrangéres est surout préoccupé par la défense d'Israël, plutôt que par la vérité du terrain en Syrie..."

"Les vidéos sur YouTube attestant du massacre du 21 août ont été mises en ligne par le compte « Majles Rif »… la veille, le 20 août…. )
Par ailleurs, , le 14 aout dernier, l’opposant syrien Nizar Nayyouf, qui est aussi le directeur du département des informations et de leur analyse au Centre européen des études et des recherches du Proche Orient à Londres a dit ne pas en être surpris et prédit à l’avance l’imminence d’un évènement hors de nature. « nous avons des correspondances entre des dirigeants du Conseil national syrien et ceux de la coalition, notamment de Gorges Sabra, et qui comprennent des signes et des indices comme quoi ils préparent quelque chose de grave, une sorte de bombe médiatique qui exploserait au moment même où la commission d’enquête internationale entamerait ses travaux en Syrie », a-t-il assuré."

"Les BHL, JUPPE et maintenant FABIUS veulent nous conduire dans une intervention armée en SYRIE aussi hasardeuse que dangereuse!. Ils n'ont manifestement aucune preuve tangible mais leur désir de guerre est plus fort...
Que tous les pacifistes authentiques se lèvent pour faire barrage à ces va-t-en-guerre!..."

"Syrie – Le Massacre Chimique d’Al Ghouta. La Russie fournit les preuves Satelittes aux Nations Unies sur les auteurs du massacre :
http://imranhoseinfr.wordpress.com/2013/08/23/syrie-le-massacre-chimique-dal-ghouta-la-russie-fournit-les-preuves-satelittes-aux-nations-unies-sur-les-auteurs-du-massacre/."

"N'est pas plus crédible que BHL lorsqu'il parle de politique étrangère au Moyen-Orient. Il y a 2 jours, BHL s'agitait sur les écrans de télé pour défendre une intervention occidentale en Syrie pour des raisons humanitaires, tout comme il avait réclamé une intervention en Libye. On en voit aujourd'hui le résultat et la question qu'il est bon de se poser est de savoir quelle est la raison réelle de l'activisme médiatique de ce "philosophe". Serait-il conseiller spécial au Ministère des Affaires étrangères ? Quel le but réel de ses prises de position ? N'agit-il pas en l'occurence pour défendre les intérêts stratégiques d'Israël ?"

"En mai 2013 des islamistes de Al Nostra ont été arrêté en Turquie avec du gaz sarin ! Nous ne pouvons ignorer que les "rebelles" ont déjà utilisé du gaz sarin !
concernant FAFA, ou sont ses interets ? Il manque complérement d'objectivité.
vous avez dit ministre des Affaires extérieures.."

"Que des armes chimiques aient été utilisées ne semble plus guère faire de doute. Qu'elles l'aient été par les troupes du régime est loin d'être démontré. Du reste, quel intérêt aurait donc B. Al Assad à utiliser pareilles armes ? Son armée remporte victoire sur victoire d'une part, et il sait que les armes chimiques sont la ligne rouge à ne pas franchir. Il semble que les rebelles, qui essuient de forts reculs, aient décidé de jouer leur va-tout en imputant l'emploi d'armes chimiques au régime pour pouvoir faire appel à la communauté internationale, qui se méfie toutefois. L'UCK avait déjà fait le coup au Kosovo : commettre un carnage, l'imputer à l'adversaire, et appeler à la compassion, puis à l'aide. Technique cynique et criminelle, mais efficace."

"La Syrie est un état indépendant, respectons-le. De plus son dictateur n'a pas insulté ni notre pays ni notre président. En Irak aussi il y avait des gaz etc.
Le Moyen Orient est une bombe à retardement et la forêt qui cache nos problèmes."

"Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de dire une c... Monsieur Fabius devrait suivre cet adage populaire. Car à l'heure où il envenime verbalement la situation, l'armée nationale syrienne a découvert des agents chimiques dans des galeries jusqu'alors tenues par les mercenaires islamistes djihadistes. Des ambulances sont en train d'évacuer des victimes et l'assaut va bientôt être donné."

"Les russes ont divulgué des images satellites qui montrent que les deux missiles qui ont frappé Al Gouta venaient de la région de Douma contrôlée par les rebelles. De plus à Jobar encerclé par l'armée syrienne des soldats asphyxié on été pris en charge par des médecins. Question qui leur a fourni des produits chimiques ? Certain pense que c'est l'Arabie Saoudite car elle en dispose."

"La Russie aurait fourni à l'ONU des images satellites démontrant que les attaques venaient de l'opposition comme celle du printemps. De plus, une vidéo postée sur you tube le 20 août par l'opposition, nous montrait un enfant victime de gaz alors que l'attaque s'est déroulée le 21. La manipulation est en marche depuis longtemps. Heureusement que les socialistes n'étaient pas au pouvoir en 2003 sinon ils nous auraient envoyés avec la coalition abattre le régime de Sadam Hussein. Le peuple irakien est il plus heureux depuis, j'en doute fortement."


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Sur le blog de J. Lacaze

Mardi 27 août 2013
ABAMA, HOLLANDE, CAMEROM: DETRUIRE AU MAXIMUM UN PAYS




Vous, apprenez à voir au lieu de regarder
Bêtement. Agissez au lieu de bavarder.
Voilà ce qui a failli dominer une fois le monde.
Les peuples ont fini par en avoir raison.
Mais nul ne doit chanter victoire hors de saison:
Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la chose immonde.

Bertold Brecht après le nazisme ...

« Le pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre, pour faire périr les hommes par l’épée, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages de la terre. »

Danielle Bleitrach sera t elle la seule à lancer cet immense cri? Le silence des forces progressistes, des intellectuels est assourdissant.

"Ce qui va se passer en Syrie est gravissisme. Notons qu’il s’agit d’un acte qui n’a pas d’objectif défini en particulier il ne s’agit en aucun cas d’aider des révolutionnaires, un peuple syrien épris de liberté à renverser un tyran. Il est probable que le tyran en question restera en place comme Saddam a été maintenu là par Bush père après la première guerre du Golfe. L’opération est destinée à détruire un peu plus un pays et à accroître partout la débilité et la partition du Moyen orient, quitte à ce que surgissent de ce champ de ruines les pires monstruosités, les mercenaires drainés de partout, changeant de camp au gré des caprices des despotes locaux.

"Tout le monde le sait et nul ne se fait d’illusion sur la vertu d’Obama, de Cameron, de Fabius, sans parler de l’ordure fossoyeur du peuple juif et des espérances israélo-palestinienne qui à nom Benjamin Netanahyou , tout le monde sait ce qu’ils valent , ce sont les mêmes qui ont aidé Saddam Hussein à utiliser le gaz sarin contre les iraniens, et qui quelques années après ont fait de leur exécutant un "nouvel Hitler", ont inventé un crime au Koweit assorti de campagnes bidon sur les bébés en couveuse tués par les irakiens… Tout le monde sait ce qu’il en est, existe-t-il encore quelques naïfs pour croire à la vocation humanitaire de cette expédition ? Non , la plupart savent ce qu’il en est et ils disent faites vite que l’on soit débarrassé de ces gens là.

"La servitude volontaire que nous acceptons a fait que « Le pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre, pour faire périr les hommes par l’épée, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages de la terre. »

"Demain probablement, sans attendre même l’expertise de l’ONU dont ils n’ont que faire, sans le moindre mandat, ils vont bombarder ce qui est déjà un chaudron des sorcières. Il s’agit d’un acte gravissime dans lequel les marchands d’armes qui dirigent nos "démocraties" accompagné du choeur des pleureuses de la presse dans lequel ils ont des intérêts vont faire de la guerre l’unique solution à tous les problèmes. La guerre selon eux ne sera pas le corps à corps dangereux mais le bombardement de civil, stratégie ne l’oublions pas inaugurée par Hitler durant la seconde guerre mondiale poussée à son paroxysme à Hiroshima .

"La guerre ne sera pas légale, on retourne aux croisades, la guerre est juste puisque les médias aux ordres le répètent sans la moindre consultation du peuple invité à devenir spectateur de jeux vidéos. Crimes et châtiments. Il ne s’agit pas d’obtenir la paix pour un peuple, la prospérité pour une terre en ruine, il s’agit de châtier, de se positionner à la fois comme gangsters pillant les richesses de la zone énergétique, juges de la morale et policiers exécuteurs, parce qu’il ne s’agit pas de combats mais bien d’opération de simple police. Quand un système s’affirme à la fois gangster, juge et policier, il est mafieux, simplement mafieux.

"Non! L’objectif n’est pas la paix, la fin d’une tyrannie comme on nous vend cette folie onéreuse. Ce gouffre financier meurtrier, au moment même où l’on attaque notre protection sociale, nos retraites. Non il s’agit de satisfaire les caprices d’une tragique bande de malfaiteurs, marchands d’armes, despotes capricieux financiers de toutes les grandes compagnies de fanatiques, contrebandiers, trafiquants de drogue qui se puissent imaginer. Quelle autre expédition malienne nous vendra-t-on pour nous débarrasser de ces gens-là, quel chef ancien stipendié de la CIA exécutera-t-on dans une opération digne d’un film de série B.

"Les peuples ont perdu cette bataille que l’on appelle le printemps arabe, ils l’ont perdu faute d’unité, faute de perspectives politiques, déchirés par les combats de chefs. Une fois de plus le capital utilise sa propre crise pour empêcher l’émergence de toute solution, pour diviser, individualiser, pour faire se déchirer entre elles les victimes. Le racisme, l’antisémitisme, l’amour des tyrans, le narcissisme chauvin des micro-identités font le travail du capital. Est-ce que pour autant le capital est capable d’avoir un projet de domination qui offre un minimum de sécurité, de survie, de participation à son accumulation ? Point du tout, il est dans un état de faiblesse tel qu’il n’a plus d’autre issue que l’exploitation à outrance et la guerre.

"L’opération qui va se dérouler en Syrie et demain ailleurs n’est pas la manifestation de la force du capital, elle est course désespérée après une hégémonie perdue et manifestation de son incapacité à être autre chose que destructeur"
.

Danielle Bleitrach 27 août 2013


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Xuan
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Hollande boutefeu en Syrie


Quel est la raison exacte de cette intervention ?
Le 4 août 1914 les députés SFIO votaient les crédits de la boucherie impérialiste.
Près de 100 ans plus tard, les socialistes français remuent ciel et terre pour bombarder la Syrie.
D’où vient cette précipitation alors que notre pays n’est nullement menacé ?
Rien n’est venu étayer la thèse selon laquelle Assad aurait fait bombarder la banlieue de Damas au moment même où il invitait les inspecteurs de l’ONU à effectuer des contrôles. A l’inverse la surveillance satellitaire russe a détecté l’envoi de roquettes depuis les zones contrôlées par les terroristes.
Mais les puissances impérialistes baptisées « communauté internationale » par les médias bourgeois n’ont que faire des faits car leurs intentions étaient avouées avant le résultat de toute enquête. Il est clair qu’il ne s’agit que d’une mascarade destinée à justifier l’agression militaire.
On a vu ainsi les médias prétendre qu’Assad "refusait l’accès" au site, alors qu'il était tenu par des terroristes dont certains, encore présents après l’intervention de l’armée, ont tiré sur les véhicules de l’ONU.

La raison effective de cette attitude réside dans les changements opérés en Syrie même.
Le conflit oppose de plus en plus ouvertement la nation syrienne au terrorisme, lequel recrute ses mercenaires l’étranger et applique la terreur fasciste envers la population. D’autre part l’armée syrienne et le Hamas gagnent du terrain depuis plusieurs semaines.
Il est désormais exclu de mettre au pouvoir l’opposition fabriquée de toutes pièces par l’occident à moins d’intervenir directement.

Le bellicisme de l’impérialisme est le pendant extérieur de la guerre de classe à l’intérieur .
Le prétexte invoqué par Hollande au déni de toute légalité internationale est la « protection des civils », alors que ce sont les pays impérialistes qui soutiennent et arment les terroristes, comme l’a reconnu tout récemment le Figaro.
Il ne s’agit nullement de protéger des civils mais de les bombarder, comme la France l’a déjà fait en Libye, et ici l’objectif est de faire pencher la balance du côté des terroristes en privant la Syrie de son aviation, prolongeant ainsi les souffrances du peuple syrien.
La politique belliciste de la France n’a changé en rien après les élections. Chaque fois c’est un gouvernement largement discrédité et désavoué qui pratique la fuite en avant.
De même la politique anti sociale n’a pas varié et Jean Marc Ayrault a fini par reconnaître à la grande satisfaction de Gattaz que son objectif était de diminuer le coût du travail.
Il s’agit dans les deux cas, avec Sarkozy puis Hollande, et dans les domaines intérieur et extérieur, de défendre les intérêts de classe des monopoles impérialistes français.

La crise et la guerre
L’agressivité de l’impérialisme français est liée de près à l’approfondissement de la crise.
On se souvient que la guerre d’agression contre la Libye, baptisée pour la partie française opération Harmattan, s’est déroulée du 19 mars 2011 au 31 octobre 2011, au moment même où était signé le plan de sauvetage européen, et un mois avant l’éviction de Papandréou et de Berlusconi, c’est-à-dire au plus fort de la crise des dettes souveraines en Europe.

Aujourd’hui, tandis que les actionnaires ont retrouvé le sourire et que le CAC 40 est passé de 3400 à plus de 4000 en un an, la courbe du chômage s’accroît sans arrêt, de plus de 7100 victimes chaque mois de mai à juillet, portant le nombre total officiel de chômeurs à 5,14 millions fin juillet.
De leur côté les USA sont toujours embourbés dans leur programme d’assouplissement monétaire conduisant à fabriquer chaque mois 40 milliards, puis 85 milliards de $ depuis le12 décembre 2012. Le plafond de la dette de 16 700 Mds $ sera atteint mi octobre, et le chômage a rebondi cet été avec 336.000 chômeurs supplémentaires dans la semaine du 17 août.

Une nouvelle guerre d’Espagne ?
Certains théoriciens bourgeois font un parallèle entre la guerre en Syrie et la guerre d’Espagne Or chacun sait que celle-ci a préfiguré et préparé la seconde guerre mondiale.
Leur intention se devine aisément car ils assimilent La Russie, la Chine, l’Iran et la Syrie aux puissances fascistes, tandis que les pays occidentaux représenteraient la liberté et la démocratie .
Nous sommes bien placés pour mesurer la nature factice de la démocratie en France. Les communistes ne jugent pas l’histoire en fonction des apparences ni des déclarations d’intention.
La seconde guerre mondiale a été le produit de la crise non résolue de 1929, et en particulier de la situation économique de l’Allemagne, privée par les vainqueurs de ses colonies, et frappée à la fois par la crise et par les contraintes du Traité de Versailles. Des millions de chômeurs non indemnisés en étaient alors les premières victimes.
Si des pays peuvent être comparés aux puissances de l’Axe, ce sont précisément les puissances impérialistes occidentales, dont le déclin se conjugue avec une crise dont ils sont les principaux responsables. L’Axe aujourd’hui c'est Washington-Paris-Londres.

L’histoire ne se répète pas
Une différence notable sépare la guerre d’agression contre la Syrie et celle contre la Libye.
L’expérience de la guerre contre la Libye a déjà éveillé l’attention des peuples et des nations sur les justifications des pays impérialistes et sur les conséquences désastreuses de leur intervention armée.
En particulier le crédit de la France, « patrie des Droits de l’Homme » et opposée certaines fois aux dessins impérialistes des USA (pour des motifs tout aussi impérialistes), a déjà été sévèrement écorné par ses bombardement en Libye, par l’assassinat de Kadhafi et de ses fils, par ses multiples interventions en Afrique, par ses ingérences et ses retournements de veste lors des printemps arabes , au point que les peuples du Proche Orient, voire certains Etats, voient désormais clair dans son jeu.
D’autre part les intérêts économiques de la Russie sont désormais directement menacés par la subversion en Syrie.
La matérialisation la plus claire de ce changement de situation est que la Russie et la Chine ont opposé par trois fois leur veto au Conseil de Sécurité et que l’intervention armée impérialiste ne peut plus recevoir l’aval des Nations Unies.
Ceci n’empêche pas l’Axe impérialiste de déclencher une nouvelle guerre, mais celle-ci aurait des conséquences beaucoup plus graves dans tout le Proche Orient.
A n'en pas douter les peuples arabes jugeront comme ils le méritent les agresseurs impérialistes et s'uniront davantage contre eux.
Mais en retour cette aventure n'apportera aucun bénéfice aux impérialistes et risque fort d'y accentuer la crise.


NON A L'INTERVENTION EN SYRIE !
RETRAIT DE L'OTAN !



Edité le 28-08-2013 à 19:22:37 par Xuan




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La bourgeoisise divisée


Yvan Rioufol dans le Figaro s'interroge : "La France évitera-t-elle le piège syrien?"

"François Hollande décidera "dans les prochains jours" de l’action à mener contre le régime syrien, accusé - sans preuve puisque les experts n’ont pas encore rendu leurs conclusions - d’avoir utilisé illégalement des armes chimiques contre les rebelles. S’il est une erreur qui peut être encore évitée, c’est d’intervenir militairement dans ce conflit opaque, où se mêlent dans un même combat contre Assad la coalition nationale syrienne et les djihadistes partisans de l’épuration religieuse, et singulièrement des chrétiens. Paris à tout à perdre à soutenir un camp contre l’autre : personne n’est capable d’assurer aujourd’hui que la démocratie, évidemment souhaitée, s’installera à Damas. Il est même permis de redouter l’issue inverse, qui verrait les islamistes, chassés d’Egypte par le peuple, prendre le pouvoir en Syrie grâce aux Américains et à ses martiaux alliés..."

Visiblement Fabius a soulevé une énorme pierre qui lui retombera sur les pieds.

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La bourgeoisie divisée :


PIERRE BEYLAU dans le Point
"Syrie : 5 bonnes raisons de ne pas faire la guerre"

L'indignation ne peut tenir lieu de politique étrangère. La France a tout à perdre à se lancer dans une aventure hasardeuse à la remorque des États-Unis. [...]


Edité le 30-08-2013 à 15:14:22 par Xuan




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La bourgeoisie divisée :


D. de Villepin, qui n'a pas toujours défendu cette position *, s'oppose maintenant à une intervention militaire

Syrie: Villepin condamne une "stratégie aveugle"

"Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et ancien ministre des Affaires étrangères, s'est exprimé sur BFMTV sur la possible intervention militaire de la France en Syrie. Pour lui, une telle action n'apporterait aucune solution à la crise traversée par le pays"...


* Le 4 mars 2012, sur le plateau du Soir 3 : "Il est temps maintenant de réfléchir à une action sur le terrain, des frappes ciblées à la fois sur les institutions civiles et militaires syriennes". "Si la menace de la force n'intervient pas, le pouvoir syrien ne modifiera pas son cours" .


Edité le 30-08-2013 à 19:35:09 par Xuan




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Sur le blog de J. Tourtaux :


SYRIE : HONTEUX COMMUNIQUE DE LA CGT, SYNDICAT AUQUEL JE MILITE DEPUIS 1964. SELON NOS DIRIGEANTS, LE GOUVERNEMENT SYRIEN SERAIT COUPABLE DES ATROCITES COMMISES PAR LES TERRORISTES. A VOMIR !



Syrie : Honteux et scandaleux communiqué de la Confédération CGT, le syndicat auquel je milite depuis janvier 1964.

La CGT se fend d'un discours calamiteux indigne des combats anticolonialistes qui firent l'Honneur de notre grande dame.

Ainsi, notre direction confédérale met dans le même sac les terroristes amis de la gouvernance socialo-verts et le gouvernement légitime syrien qui, avec l'armée loyaliste, organisent la Résistance en osmose avec le peuple syrien pour la défense du pays.

Je cite la dernière phrase de ce texte ci-dessous, elle est à vomir :

"De nombreuses pressions peuvent être exercées sur le régime pour le contraindre à s’asseoir à une table de négociation sans l’utilisation de moyens militaires qui ajouteront encore à la détresse de la population et ne seront qu’une escalade de plus dans les affrontements en cours."


HONTE A LA DIRECTION CONFEDERALE DE LA CGT QUI, APRES LA LIBYE, CONTINUE DE DESHONORER ET DE SALIR SES MILITANTS.



Jacques Tourtaux
Militant Cheminot retraité CGT
Anticolonialiste


_______________________


Intervention militaire en Syrie
Fausse solution à un vrai problème


mercredi 28 août 2013

L’horreur qui caractérise la situation en Syrie après le bombardement de la population à l’arme chimique, ne peut laisser personne indifférent.
Il faut que d’urgence la lumière soit faite sur les responsables de ce massacre et la délégation de l’ONU sur place doit pouvoir mener ses investigations en toute liberté sans aucune pression.
La crise syrienne a pris une dimension d’affrontement géopolitique entre les grandes puissances qui veulent maintenir leur influence dans une région qui est une véritable poudrière. Le bilan de ces affrontements est effroyable et il est de la responsabilité de l’ONU de rechercher d’urgence les solutions pour arrêter les massacres et éviter un embrasement régional qui pourrait avoir des conséquences dramatiques pour la paix dans le monde.
La population syrienne ne peut être prise en otage alors qu’elle n’aspire qu’à vivre en paix et souhaite voir la démocratie s’instaurer dans le pays.
A l’heure actuelle, il semble bien que les États-Unis, la Grande-Bretagne mais aussi la France seraient prêts à lancer une intervention militaire dont on ne connaît pas les objectifs même sans un accord des instances de l’ONU.
Nous avons connu par le passé et dans d’autres pays de la région, les conséquences néfastes pour la population d’intervention militaire qui n’ont pas résolu les problèmes, bien au contraire.
La France ne doit pas participer à des initiatives de ce type mais elle s’honorerait à faire jouer son poids sur le plan international, pour imposer un cessez-le-feu et un règlement négocié au conflit syrien entre tous les belligérants pour l’instauration d’une réelle démocratie dans le pays.
De nombreuses pressions peuvent être exercées sur le régime pour le contraindre à s’asseoir à une table de négociation sans l’utilisation de moyens militaires qui ajouteront encore à la détresse de la population et ne seront qu’une escalade de plus dans les affrontements en cours.

Montreuil, le 28 août 2013



Edité le 30-08-2013 à 20:00:48 par Xuan




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La bourgeoisie divisée (suite)


Sous la plume d'Yves Bourdillon, les Echos du 30 août titrent dans les "analyses de la direction" : L’Occident face au dilemme d’une intervention en Syrie, où ils soupèsent tous les inconvénients à intervenir sans le moindre retour sur investissement .

L'article insiste sur le sac de noeuds du Moyen Orient et cite un commentaire paru dans le "Financial Times" du 22 août, qui a fait florès sur internet A Short Guide to the Middle East :
Sir, Iran is backing Assad. Gulf states are against Assad!
Assad is against Muslim Brotherhood. Muslim Brotherhood and Obama are against General Sisi.
But Gulf states are pro Sisi! Which means they are against Muslim Brotherhood!
Iran is pro Hamas, but Hamas is backing Muslim Brotherhood!
Obama is backing Muslim Brotherhood, yet Hamas is against the US!
Gulf states are pro US. But Turkey is with Gulf states against Assad; yet Turkey is pro Muslim Brotherhood against General Sisi. And General Sisi is being backed by the Gulf states!
Welcome to the Middle East and have a nice day.


Mais surtout le cynisme de l'approche purement utilitaire des 'Echos' présente l'intérêt d'afficher celui des capitalistes à ne pas mettre en danger l'approvisionnement en pétrole.

"L’hypothèse d’une frappe aérienne occidentale imminente sur la Syrie pose davantage de problèmes qu’elle n’en résout. Le risque est grand de déstabiliser la région entière et de provoquer un choc pétrolier qui ­compromettrait une fragile reprise...."

Voilà qui met en relief les contradictions de la bourgeoisie, exacerbées par la crise et la concurrence entre les monopoles impérialistes.
L'expérience de la Libye leur a déjà prouvé que la méthode du chaos est contre-productive, abstraction faite des victimes dont ils n'ont que faire.
Si l'entreprise s'avère hasardeuse et de plus en plus isolée (et bizarrement l'éditorialiste Yves Bourdillon était encore ignorant le 30 que la Grande Bretagne a déclaré forfait) ceci amène les stratèges impérialistes à peser et soupeser les modalités de leur agression, à prétendre attendre des résultats qu'ils connaissent déjà, voire consulter un Congrès ou un Parlement qui n'ont que le pouvoir d'enregistrer les décisions.

Il faut prendre en compte ces faiblesses et enfoncer le coin afin de préserver la paix.
Mais ces contradictions et ces hésitations n'altèrent en rien la nécessité où sont réduites les puissances impérialistes de s'opposer par tous les moyens au développement économique des nations émergentes et de régler par tous les moyens aussi leurs propres différends.
"L'impérialisme engendre la guerre comme la nuée l'orage."
Il ne faut pas s'illusionner sur la possibilité d'une extinction naturelle du bellicisme franco-américain.

Développons l'opposition à la guerre. Les atermoiements des impérialistes doivent servir à les isoler.

Pas d'intervention en Syrie !
Retrait de l'OTAN !
Fabius dehors !


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"Les politiciens français ont trompé le peuple français et se sont comportés de façon irresponsable (...) Ils ont falsifié les faits et soutiennent des organisations comme Al-Qaïda"

Fayçal Moqdad, vice-ministre syrien des Affaires étrangères

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