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 contre la destruction du régime des retraites

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Xuan
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   Posté le 31-01-2020 à 18:29:30   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Retraites : "Les agriculteurs ne sont pas les grands gagnants de cette réforme"


https://www.centrepresseaveyron.fr/2020/01/30/retraites-les-agriculteurs-ne-sont-pas-les-grands-gagnants-de-cette-reforme,8698236.php



La confédération paysanne a bloqué l'entrée à la DDCSPP.
M.ROUALDÉS /
Publié le 30/01/2020 à 15:11 / Modifié le 30/01/2020 à 15:11


"Non, les agriculteurs ne sont pas les grands gagnants de cette réforme comme on peut l'entendre". Christian Roqueirol, tout jeune retraité à un peu moins de 800€ par mois - il tient à le préciser ! -, et la Confédération paysanne ont mené une nouvelle action ce jeudi matin afin de lutter contre la réforme des retraites. Cette fois, le rendez-vous avait été donné dans les locaux de la DDCSPP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations). Une cinquantaine de manifestants se sont réunis pour bloquer l'entrée à l'administration, obligée de fermer ses portes. Car, la Conf' a reçu le soutien de "gilets jaunes" et de plusieurs syndicats, à l'image de la CGT, lors de cette action.

"Voir des retraités vivre dans la misère, ce n'est plus possible"

"Nous, on demande la mise en place du minimum retraite de 1000€ de suite ! Car, ce n'est plus possible de voir des retraités agricoles vivre dans la misère dans un pays tel que le nôtre", appuie le porte-parole Roqueirol, avant d'être reçu par les services de la préfecture. "Ce régime à points, on n'en veut pas. Il n'y a aucune certitude sur le financement de nos retraites, arrêtons d'écouter la FNSEA (syndicat majoritaire chez les agriculteurs) qui dit que tout va bien !", poursuit Christian Roqueirol avant d'assurer de la présence de son syndicat lors des futures mobilisations.

Centre Presse Aveyron

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   Posté le 31-01-2020 à 18:36:28   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Retraites : les paysans offrent le banquet aux grévistes à Tours


Publié le 27/12/2019 à 13:55 | Mis à jour le 27/12/2019 à 15:32


Près de 300 personnes ont partagé le repas solidaire proposé vendredi 27 décembre à Tours.
© Photo NR, Julien Coquet

Les agriculteurs, jusqu'à présent discrets, ont apporté leur soutien à la lutte contre la réforme des retraites, à Tours. En proposant un repas "solidaire" boulevard Béranger, ce vendredi midi.


Derrière la soupe au potimarron offerte gracieusement, un message fort : "ne pas lacher contre la réforme des retraites".

Le banquet "solidaire" proposé ce vendredi 27 décembre midi, à Tours, a vocation à occuper le terrain de la lutte sociale durant les fêtes. Opération réussie pour la Confédération paysanne, syndicat à l'appel duquel ont répondu près de 300 personnes.

"C'est notre manière de montrer notre soutien aux grévistes", explique Romain Henry, apiculteur à Lémeré, entre Richelieu et Chinon. Les agriculteurs, que la réforme ne pénalisera pas, sont restés discrets sur le sujet jusqu'à présent.


Nous sommes souvent seuls dans nos exploitations, loin des villes. Difficile pour nous de libérer du temps pour manifester.

Thierry Bouvet, pêcheur et membre de la Confédération paysanne.


A l'issue du repas, des conférences, des concerts et des moments d'échanges doivent permettre "de nourrir notre propre réflexion", fixe l'un d'eux.
https://twitter.com/i/status/1210535875593027585


Julien COQUET
@JuCOQUET
Banquet populaire en faveur des grévistes à #Tours pour maintenir la pression contre #reformedesretraites. 300 personnes nourries par les agriculteurs de la @ConfPaysanne

Vidéo intégrée
17
13:20 - 27 déc. 2019
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   Posté le 10-02-2020 à 21:02:43   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Désinformation, mode d’emploi : le cas du fret ferroviaire dans Le Monde

par Benjamin Lagues, lundi 3 février 2020

https://www.acrimed.org/Desinformation-mode-d-emploi-le-cas-du-fret

Pour désinformer, inutile de publier des « fausses informations » ; contentez-vous, pour traiter un sujet de choisir un angle biaisé et de resserrer le cadrage. Eric Béziat, spécialiste des transports au Monde – et « journaliste militant » puisque l’étiquette est en vogue – vous montre comment faire !

Le 8 janvier 2020, le journal Le Monde publie un article sur les difficultés économiques du fret ferroviaire en France. Une situation qui mérite en effet d’être documentée. Comment ? Voilà où le bât blesse ! Pour éclairer les lecteurs et lectrices, le « journal de référence » choisit en effet de désigner un coupable, et incombe la responsabilité première du « marasme » à… la mobilisation actuelle contre la réforme des retraites ! Avec un fil rouge : si le fret ferroviaire va si mal, c’est à cause des grévistes :

La cause première de ce marasme, ce sont d’abord les trente-cinq jours consécutifs de grève contre la réforme des retraites.

Une vue pour le moins dans l’air du temps, à la fois court-termiste et comptable, témoignant davantage des obsessions libérales du journaliste Eric Béziat (voir annexe) que d’une volonté d’offrir aux lecteurs une mise en perspective à même de rendre compte de la casse organisée du fret [1] !

Comment l’auteur parvient-il à une telle conclusion ? Les sources mobilisées constituent un indice, tant elles sont… univoques : la direction de l’entreprise Fret SNCF, l’Association française du rail (qui fédère les entreprises concurrentes à Fret SNCF) et le gouvernement actuel. Des sources qui ont toutes un point commun : celui de faire de la grève la « cause première » du « marasme » du fret ferroviaire français.

Dès lors, les informations portées à la connaissance du lecteur alimentent cette unique perspective, qu’elles aient trait aux pertes de l’entreprise par jour de conflit, à l’impact de la grève des aiguilleurs, au coût de l’immobilisation d’une locomotive, à la perte de clients, ou encore aux retards occasionnés dans les « projets de relance ». Le Monde appelle sans doute cela le « contradictoire ».

Les autres médias ne sont pas en reste : le 6 décembre 2019, le quotidien Les Échos publie un article intitulé « Fret SNCF, victime collatérale de la grève contre la réforme des retraites » ; le 19 décembre, Le Figaro en remet une louche : « La grève paralyse le fret ferroviaire, secteur déjà "très fragilisé" » ; et le 13 janvier, France 2, dans son JT de 20h enfonce le clou : « Grèves : le fret ferroviaire pourra-t-il s’en remettre ? » Entre autres exemples… Bref, une énième démonstration de circulation circulaire de l’information et du pluralisme à l’œuvre dans les grands médias, tout particulièrement en matière d’information économique !


***


Qu’un journaliste choisisse un angle pour un article est la base du métier. Mais que cet angle devienne un cadrage étriqué, conduisant à offrir une explication à sens unique – celle du patronat et du gouvernement – relève de la désinformation… si ce n’est d’un véritable bras d’honneur au métier. C’est pourtant de cette manière que Le Monde, France 2 et Les Échos ont choisi de traiter de la question du fret ferroviaire français. Un cas d’école : pour désinformer, inutile de publier des « fausses informations », contentez-vous de resserrer le cadrage !


Benjamin Lagues

note [1] perspective à même de rendre compte de la casse organisée du fret [1] !

Comment l’auteur parvient-il à une telle conclusion ? Les sources mobilisées constituent un indice, tant elles sont… univoques : la direction de l’entreprise Fret SNCF, l’Association française du rail (qui fédère les entreprises concurrentes à Fret SNCF) et le gouvernement actuel. Des sources qui ont toutes un point commun : celui de faire de la grève la « cause première » du « marasme » du fret ferroviaire français.

Dès lors, les informations portées à la connaissance du lecteur alimentent cette unique perspective, qu’elles aient trait aux pertes de l’entreprise par jour de conflit, à l’impact de la grève des aiguilleurs, au coût de l’immobilisation d’une locomotive, à la perte de clients, ou encore aux retards occasionnés dans les « projets de relance ». Le Monde appelle sans doute cela le « contradictoire ».

Les autres médias ne sont pas en reste : le 6 décembre 2019, le quotidien Les Échos publie un article intitulé « Fret SNCF, victime collatérale de la grève contre la réforme des retraites » ; le 19 décembre, Le Figaro en remet une louche : « La grève paralyse le fret ferroviaire, secteur déjà "très fragilisé" » ; et le 13 janvier, France 2, dans son JT de 20h enfonce le clou : « Grèves : le fret ferroviaire pourra-t-il s’en remettre ? » Entre autres exemples… Bref, une énième démonstration de circulation circulaire de l’information et du pluralisme à l’œuvre dans les grands médias, tout particulièrement en matière d’information économique !


***


Qu’un journaliste choisisse un angle pour un article est la base du métier. Mais que cet angle devienne un cadrage étriqué, conduisant à offrir une explication à sens unique – celle du patronat et du gouvernement – relève de la désinformation… si ce n’est d’un véritable bras d’honneur au métier. C’est pourtant de cette manière que Le Monde, France 2 et Les Échos ont choisi de traiter de la question du fret ferroviaire français. Un cas d’école : pour désinformer, inutile de publier des « fausses informations », contentez-vous de resserrer le cadrage !


Benjamin Lagues


Annexe : les obsessions d’Eric Béziat, « journaliste transports » au Monde


Cette « analyse » n’est pas une surprise : signée Eric Béziat, qui commet également de temps à autres quelques éditos au Monde, elle s’ajoute à la liste des partis-pris du journaliste « transports », en charge de la plupart des articles dédiés à la SNCF dans ce « grand journal ».

Nous avions signalé, par exemple, combien le journaliste avait jeté le quotidien dans la « bataille du rail » (côté privatisations) lors de la contre-réforme de la SNCF en 2018 : Eric Béziat qualifiait alors la réforme d’« historique » (7/02/18). Il appelait ensuite le rapport Spinetta une « révolution », interviewait son auteur avec une complaisance delahoussienne, et affirmait que « l’ouverture à la concurrence » était, somme toute… « inéluctable ». Le tout en une seule journée (15 février 2018) ! Deux jours plus tard, l’éditorial – anonyme – avait comme un air de déjà-lu : enjoignant – à demi-mot – au gouvernement de ne pas « reculer devant de probables mouvements sociaux » et vantant les « principes de bon sens » du projet gouvernemental. Comme souvent avec Eric Béziat, la messe patronale était dite. Petit florilège de sa production :

- « A la SNCF, le nouveau PDG doit commencer son mandat par un plan d’économies en raison de la grève », 17/01/20.

- « En Ile-de-France, les grèves affectent les comptes de la RATP et de SNCF Transilien », 7/01/20.

- « A la RATP et à la SNCF, une routine de la grève s’est installée », 28/12/19.

- « Grève contre la réforme des retraites : un manque à gagner de 400 millions d’euros pour la SNCF, selon Jean-Pierre Farandou », 24/12/19.

- « Elisabeth Borne à l’écologie, une travailleuse acharnée de la macronie monte d’un cran », 17/07/19.

- « Les grèves mettent Fret SNCF au bord du gouffre », 7/04/18.

- « Grève à la SNCF : "Les moyens qu’a l’Etat pour empêcher un tel mouvement sont limités" », 3/04/18.

- « Grève à la SNCF : mais où est passé le service minimum ? », 3/04/18.

- « Les projets radicaux d’Emmanuel Macron pour "réinventer" la SNCF », 6/09/17.

- « Les "cars Macron" ont séduit une clientèle peu voyageuse jusque-là », 29/07/19.

Mais n’y voyez pas là un quelconque « journalisme militant »…

Acrimed est une association qui tient à son indépendance. Nous ne recourons ni à la publicité ni aux subventions. Vous pouvez nous soutenir en faisant un don ou en adhérant à l’association.

[1] Sur ce sujet, on pourra se reporter au documentaire de Gilles Balbastre, « Transport de marchandises : changeons d’ère ! » ou encore aux différents articles du Monde diplomatique (juin 2016 et juin 2019), tant sur le « sabotage du train » par l’État que sur « l’acharnement des privatisations ».
Annexe : les obsessions d’Eric Béziat, « journaliste transports » au Monde

Cette « analyse » n’est pas une surprise : signée Eric Béziat, qui commet également de temps à autres quelques éditos au Monde, elle s’ajoute à la liste des partis-pris du journaliste « transports », en charge de la plupart des articles dédiés à la SNCF dans ce « grand journal ».

Nous avions signalé, par exemple, combien le journaliste avait jeté le quotidien dans la « bataille du rail » (côté privatisations) lors de la contre-réforme de la SNCF en 2018 : Eric Béziat qualifiait alors la réforme d’« historique » (7/02/18). Il appelait ensuite le rapport Spinetta une « révolution », interviewait son auteur avec une complaisance delahoussienne, et affirmait que « l’ouverture à la concurrence » était, somme toute… « inéluctable ». Le tout en une seule journée (15 février 2018) ! Deux jours plus tard, l’éditorial – anonyme – avait comme un air de déjà-lu : enjoignant – à demi-mot – au gouvernement de ne pas « reculer devant de probables mouvements sociaux » et vantant les « principes de bon sens » du projet gouvernemental. Comme souvent avec Eric Béziat, la messe patronale était dite. Petit florilège de sa production :

- « A la SNCF, le nouveau PDG doit commencer son mandat par un plan d’économies en raison de la grève », 17/01/20.

- « En Ile-de-France, les grèves affectent les comptes de la RATP et de SNCF Transilien », 7/01/20.

- « A la RATP et à la SNCF, une routine de la grève s’est installée », 28/12/19.

- « Grève contre la réforme des retraites : un manque à gagner de 400 millions d’euros pour la SNCF, selon Jean-Pierre Farandou », 24/12/19.

- « Elisabeth Borne à l’écologie, une travailleuse acharnée de la macronie monte d’un cran », 17/07/19.

- « Les grèves mettent Fret SNCF au bord du gouffre », 7/04/18.

- « Grève à la SNCF : "Les moyens qu’a l’Etat pour empêcher un tel mouvement sont limités" », 3/04/18.

- « Grève à la SNCF : mais où est passé le service minimum ? », 3/04/18.

- « Les projets radicaux d’Emmanuel Macron pour "réinventer" la SNCF », 6/09/17.

- « Les "cars Macron" ont séduit une clientèle peu voyageuse jusque-là », 29/07/19.

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Xuan a écrit :

Désinformation, mode d’emploi : le cas du fret ferroviaire dans Le Monde

par Benjamin Lagues, lundi 3 février 2020

https://www.acrimed.org/Desinformation-mode-d-emploi-le-cas-du-fret

Pour désinformer, inutile de publier des « fausses informations » ; contentez-vous, pour traiter un sujet de choisir un angle biaisé et de resserrer le cadrage. Eric Béziat, spécialiste des transports au Monde – et « journaliste militant » puisque l’étiquette est en vogue – vous montre comment faire !

Le 8 janvier 2020, le journal Le Monde publie un article sur les difficultés économiques du fret ferroviaire en France. Une situation qui mérite en effet d’être documentée. Comment ? Voilà où le bât blesse ! Pour éclairer les lecteurs et lectrices, le « journal de référence » choisit en effet de désigner un coupable, et incombe la responsabilité première du « marasme » à… la mobilisation actuelle contre la réforme des retraites ! Avec un fil rouge : si le fret ferroviaire va si mal, c’est à cause des grévistes :

La cause première de ce marasme, ce sont d’abord les trente-cinq jours consécutifs de grève contre la réforme des retraites.

Une vue pour le moins dans l’air du temps, à la fois court-termiste et comptable, témoignant davantage des obsessions libérales du journaliste Eric Béziat (voir annexe) que d’une volonté d’offrir aux lecteurs une mise en perspective à même de rendre compte de la casse organisée du fret [1] !

Comment l’auteur parvient-il à une telle conclusion ? Les sources mobilisées constituent un indice, tant elles sont… univoques : la direction de l’entreprise Fret SNCF, l’Association française du rail (qui fédère les entreprises concurrentes à Fret SNCF) et le gouvernement actuel. Des sources qui ont toutes un point commun : celui de faire de la grève la « cause première » du « marasme » du fret ferroviaire français.

Dès lors, les informations portées à la connaissance du lecteur alimentent cette unique perspective, qu’elles aient trait aux pertes de l’entreprise par jour de conflit, à l’impact de la grève des aiguilleurs, au coût de l’immobilisation d’une locomotive, à la perte de clients, ou encore aux retards occasionnés dans les « projets de relance ». Le Monde appelle sans doute cela le « contradictoire ».

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Dès lors, les informations portées à la connaissance du lecteur alimentent cette unique perspective, qu’elles aient trait aux pertes de l’entreprise par jour de conflit, à l’impact de la grève des aiguilleurs, au coût de l’immobilisation d’une locomotive, à la perte de clients, ou encore aux retards occasionnés dans les « projets de relance ». Le Monde appelle sans doute cela le « contradictoire ».

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Annexe : les obsessions d’Eric Béziat, « journaliste transports » au Monde


Cette « analyse » n’est pas une surprise : signée Eric Béziat, qui commet également de temps à autres quelques éditos au Monde, elle s’ajoute à la liste des partis-pris du journaliste « transports », en charge de la plupart des articles dédiés à la SNCF dans ce « grand journal ».

Nous avions signalé, par exemple, combien le journaliste avait jeté le quotidien dans la « bataille du rail » (côté privatisations) lors de la contre-réforme de la SNCF en 2018 : Eric Béziat qualifiait alors la réforme d’« historique » (7/02/18). Il appelait ensuite le rapport Spinetta une « révolution », interviewait son auteur avec une complaisance delahoussienne, et affirmait que « l’ouverture à la concurrence » était, somme toute… « inéluctable ». Le tout en une seule journée (15 février 2018) ! Deux jours plus tard, l’éditorial – anonyme – avait comme un air de déjà-lu : enjoignant – à demi-mot – au gouvernement de ne pas « reculer devant de probables mouvements sociaux » et vantant les « principes de bon sens » du projet gouvernemental. Comme souvent avec Eric Béziat, la messe patronale était dite. Petit florilège de sa production :

- « A la SNCF, le nouveau PDG doit commencer son mandat par un plan d’économies en raison de la grève », 17/01/20.

- « En Ile-de-France, les grèves affectent les comptes de la RATP et de SNCF Transilien », 7/01/20.

- « A la RATP et à la SNCF, une routine de la grève s’est installée », 28/12/19.

- « Grève contre la réforme des retraites : un manque à gagner de 400 millions d’euros pour la SNCF, selon Jean-Pierre Farandou », 24/12/19.

- « Elisabeth Borne à l’écologie, une travailleuse acharnée de la macronie monte d’un cran », 17/07/19.

- « Les grèves mettent Fret SNCF au bord du gouffre », 7/04/18.

- « Grève à la SNCF : "Les moyens qu’a l’Etat pour empêcher un tel mouvement sont limités" », 3/04/18.

- « Grève à la SNCF : mais où est passé le service minimum ? », 3/04/18.

- « Les projets radicaux d’Emmanuel Macron pour "réinventer" la SNCF », 6/09/17.

- « Les "cars Macron" ont séduit une clientèle peu voyageuse jusque-là », 29/07/19.

Mais n’y voyez pas là un quelconque « journalisme militant »…

Acrimed est une association qui tient à son indépendance. Nous ne recourons ni à la publicité ni aux subventions. Vous pouvez nous soutenir en faisant un don ou en adhérant à l’association.

[1] Sur ce sujet, on pourra se reporter au documentaire de Gilles Balbastre, « Transport de marchandises : changeons d’ère ! » ou encore aux différents articles du Monde diplomatique (juin 2016 et juin 2019), tant sur le « sabotage du train » par l’État que sur « l’acharnement des privatisations ».
Annexe : les obsessions d’Eric Béziat, « journaliste transports » au Monde

Cette « analyse » n’est pas une surprise : signée Eric Béziat, qui commet également de temps à autres quelques éditos au Monde, elle s’ajoute à la liste des partis-pris du journaliste « transports », en charge de la plupart des articles dédiés à la SNCF dans ce « grand journal ».

Nous avions signalé, par exemple, combien le journaliste avait jeté le quotidien dans la « bataille du rail » (côté privatisations) lors de la contre-réforme de la SNCF en 2018 : Eric Béziat qualifiait alors la réforme d’« historique » (7/02/18). Il appelait ensuite le rapport Spinetta une « révolution », interviewait son auteur avec une complaisance delahoussienne, et affirmait que « l’ouverture à la concurrence » était, somme toute… « inéluctable ». Le tout en une seule journée (15 février 2018) ! Deux jours plus tard, l’éditorial – anonyme – avait comme un air de déjà-lu : enjoignant – à demi-mot – au gouvernement de ne pas « reculer devant de probables mouvements sociaux » et vantant les « principes de bon sens » du projet gouvernemental. Comme souvent avec Eric Béziat, la messe patronale était dite. Petit florilège de sa production :

- « A la SNCF, le nouveau PDG doit commencer son mandat par un plan d’économies en raison de la grève », 17/01/20.

- « En Ile-de-France, les grèves affectent les comptes de la RATP et de SNCF Transilien », 7/01/20.

- « A la RATP et à la SNCF, une routine de la grève s’est installée », 28/12/19.

- « Grève contre la réforme des retraites : un manque à gagner de 400 millions d’euros pour la SNCF, selon Jean-Pierre Farandou », 24/12/19.

- « Elisabeth Borne à l’écologie, une travailleuse acharnée de la macronie monte d’un cran », 17/07/19.

- « Les grèves mettent Fret SNCF au bord du gouffre », 7/04/18.

- « Grève à la SNCF : "Les moyens qu’a l’Etat pour empêcher un tel mouvement sont limités" », 3/04/18.

- « Grève à la SNCF : mais où est passé le service minimum ? », 3/04/18.

- « Les projets radicaux d’Emmanuel Macron pour "réinventer" la SNCF », 6/09/17.

- « Les "cars Macron" ont séduit une clientèle peu voyageuse jusque-là », 29/07/19.

Mais n’y voyez pas là un quelconque « journalisme militant »…


Un petit ménage semble nécessaire dans cet article, au demeurant intéressant pour éviter de perdre sont temps avec le "grand journal" compréhensif, européiste et aussi patronal que le Figaro.

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Liquidation de la commission spéciale



https://www.humanite.fr/assemblee-nationale-la-majorite-bazarde-sa-commission-speciale-684658?fbclid=IwAR3kGLhcvEt16Db7mUhztyL14LJwAwnM3cwuD4ynSMyOZ2ZAI8HEsVR3xUE
ASSEMBLÉE NATIONALE. LA MAJORITÉ BAZARDE SA COMMISSION SPÉCIALE

L’examen du volet principal de la réforme des retraites a été stoppé mardi en commission, à cause de délais contraints.

Jeudi, 13 Février, 2020
Lola Ruscio et Aurélien Soucheyre

Certains y voient un « fiasco parlementaire», d’autres un énorme « gâchis». Mardi, les travaux de la commission spéciale retraite ont pris fin sans parvenir au terme de l’examen du projet de loi ordinaire. C’est donc la version initiale du gouvernement qui arrivera dans l’Hémicycle, le 17 février. « Tous les articles n’ont pas été examinés mais tous les thèmes ont été abordés», se contente Marie Lebec, vice-présidente du groupe LaREM à l’Assemblée, imputant aux milliers d’amendements FI la responsabilité de l’échec. Depuis mercredi, les élus planchent sur la partie organique des textes. « C’est un peu surréaliste que d’examiner cette loi organique alors que nous n’avons pas terminé la loi ordinaire», déplore le député PCF Sébastien Jumel.
L’opposition n’avait eu de cesse de dénoncer la procédure accélérée enclenchée pour examiner la réforme, fustigeant des conditions de travail « inadmissibles» et un calendrier resserré qui « relève de la démocratie expéditive». « L’obstruction, contrairement à ce que prétend la majorité, est bien de ce côté-là. Pour preuve, si chacun des 8 groupes de l’Assemblée avait déposé autant d’amendements que celui de la majorité, soit 322, il aurait fallu vingt jours pour les étudier sereinement en commission. Or ils n’en ont ouvert que 9», estime le député Fabien Roussel (PCF), quand Adrien Quatennens (FI) rappelle que « l’étude d’impact est pipée avec de faux âges de départ indiqués».
Cet examen a eu au moins une vertu : pointer les inexactitudes, le flou, les failles béantes du texte. Selon Boris Vallaud (PS), le gouvernement a « reconnu que tous les Français seront concernés par cette réforme», que l’indicateur sur le montant des pensions est « imaginaire», et que la pension minimum à 1000 euros pour les agriculteurs ne va « en réalité pas tous les concerner». Loin d’entendre ces inquiétudes, Marie Lebec considère que l’essentiel est ailleurs : « Le sujet, ce n’est pas de savoir si le travail doit être fait en commission ou en séance. Ce qui est fondamental, c’est quelle réforme nous allons présenter aux Français, et c’est un débat qui doit prendre son temps.»
Mais dans l’Hémicycle aussi les discussions seront rapides, puisque la majorité vise une adoption en première lecture avant les municipales, conformément aux souhaits du gouvernement. Les députés PCF, FI et PS prévoient d’ores et déjà le dépôt d’une motion référendaire pour conditionner le texte de loi au vote des citoyens. Et l’élu PCF Pierre Dharréville de lancer à l’Assemblée: « Ayez le courage de soumettre votre projet au peuple, puisque vous le croyez si génial et si bien ficelé, puisque vous le prétendez légitime. Ayez le courage de la démocratie.»
Lola Ruscio avec Aurélien Soucheyre


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Ce n'est pas seulement un déni de démocratie avec à la clé l'adoption du projet initial par la force. C'est sur le fond une nouvelle indication du naufrage de la démocratie parlementaire bourgeoise. Macron y a participé directement avec la notion "ni gauche ni droite" qui traduit le rejet des partis bourgeois. Sur le plan politique et institutionnel le capitalisme n'est plus gérable.


Edité le 15-02-2020 à 19:45:32 par Xuan




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pzorba75
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   Posté le 15-02-2020 à 19:50:39   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Xuan a écrit :

Liquidation de la commission spéciale


Et l’élu PCF Pierre Dharréville de lancer à l’Assemblée: « Ayez le courage de soumettre votre projet au peuple, puisque vous le croyez si génial et si bien ficelé, puisque vous le prétendez légitime. Ayez le courage de la démocratie.»




Comme si un référendum allait changer la politique de l'équipe conduite par Macron. Il a oublié le NON de 2005 cet élu PCF et comment les députés ont arrangé l'affaire en OUI.

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Xuan
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   Posté le 15-02-2020 à 23:06:47   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je ne crois pas que quelqu'un ait oublié ce camouflet envers la bourgeoisie. Une seconde claque ne ferait pas de mal même - et surtout - si le résultat du référendum était de nouveau bafoué.
Il reste encore dans l'opinion publique assez de gens pour croire que les politiciens bourgeois seraient sensibles au raisonnement ou aux bons sentiments, le réformisme fait de ces naïvetés son fonds de commerce.

Précisément ce sont les catégories les moins brutalisées par le capitalisme qui sont les plus crédules, mais aussi une classe en voie de paupérisation voire de prolétarisation, qui s'accroche avec l'énergie du désespoir aux fantômes de la "démocratie", comme si elle garantissait l'avenir de leur propre train de vie.
Ils sont alors extrêmement sensibles à tout ce qui peut menacer l'allure de ces costumes élimés, et toute atteinte à leur propre droit d'expression et vécue comme le pire des crimes, bien plus grave que la retraite des femmes seules ou des précaires.

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Xuan
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   Posté le 17-02-2020 à 22:51:27   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les dividendes versés aux actionnaires ont atteint un nouveau record en 2019


Le taux de croissance des dividendes enregistré en 2019 ressort toutefois "au plus bas depuis 2016, en raison de la complexité de l'environnement économique mondial", selon une étude de la société de gestion Janus Henderson Investors publiée lundi .

Coronavirus Covid-19 : où en est la situation en France ?

Les dividendes versés aux actionnaires ont atteint un nouveau record mondial de 1 430 milliards de dollars en 2019, mais leur croissance (+3,5%) a marqué le pas et devrait se maintenir au même niveau en 2020, d'après un rapport publié lundi 17 février.
Sur le seul quatrième trimestre, les dividendes ont progressé de 4,6%, pour atteindre le montant record de 291,8 milliards de dollars, en dépit d'un ralentissement de la croissance des bénéfices en Amérique du Nord.
Le taux de croissance enregistré en 2019 ressort toutefois "au plus bas depuis 2016, en raison de la complexité de l'environnement économique mondial" et en particulier de la solidité du dollar, précise l'étude de référence, réalisée par la société de gestion Janus Henderson Investors.

Si les marchés émergents et le Japon ont tiré la croissance des dividendes à la hausse l'an passé, l'Asie pacifique hors Japon, l'Europe et le Royaume-Uni ont en revanche été à la traîne par rapport à la moyenne mondiale, constate la société de gestion. Sur le Vieux Continent, les dividendes ont chuté de 2%, à 251,4 milliards de dollars.

Nouveau record en France
La France – principal payeur de dividendes sur le Vieux Continent – a été le seul pays à battre son record annuel (+1,3% à 63,9 milliards de dollars), grâce aux importants dividendes extraordinaires de Natixis et d'Engie.
Le Japon a de nouveau enregistré la plus forte croissance des dividendes à l'échelle mondiale (+6,3% à 85,7 milliards de dollars) alors que "dans le reste de l'Asie, le ralentissement de la croissance économique mondiale et l'impact des tensions commerciales ont eu un effet négatif" , note Janus Henderson. Par ailleurs, "le secteur pétrolier est celui qui a généré la plus forte croissance, ses dividendes augmentant d'un dixième, alors que le secteur des télécommunications a vu ses dividendes diminuer" .

Pour 2020, Janus Henderson prévoit une hausse de 3,9% des dividendes totaux, à 1 480 milliards de dollars par rapport à 2019, soit une cinquième année consécutive de record.

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