Forum Marxiste-Léniniste
Forum Marxiste-Léniniste
Administrateurs : Finimore, ossip, Xuan
 
 Forum Marxiste-Léniniste  Théorie  l'impérialisme, le Tiers Monde et la Chine 

 une nouvelle monnaie pour le monde ?

Nouveau sujet   Répondre
 
Bas de pagePages : 1 - 2 - 3Page précédente 
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
11930 messages postés
   Posté le 06-05-2019 à 23:58:22   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La Russie réduit drastiquement ses opérations en dollars

https://fr.sputniknews.com/russie/201905061041010706-russie-dollar-abandon/


06.05.2019
Les experts du réseau d'audit international FinExpertiza ont calculé qu'en cinq ans de sanctions la Russie avait réduit ses opérations internationales en dollars de presque 13%, tout en augmentant la part de l'euro et du rouble de 26% et de 14% respectivement. Dans quels secteurs le dollar se fera-t-il évincer le plus dans les années à venir?

En cinq ans, la part de la monnaie américaine dans les paiements russes dans le cadre de contrats étrangers a diminué jusqu'à 56% (388 milliards de dollars), alors qu'il y a cinq ans ce chiffre dépassait 80%, constatent les experts de FinExpertiza. Les experts indiquent que c'est les menaces des Etats-Unis de débrancher la Russie du système interbancaire SWIFT qui ont poussé Moscou à renoncer au dollar dans le commerce extérieur.

Le dollar est évincé par l'euro et le rouble — leur part dans l'ensemble des opérations étrangères a augmenté respectivement de 22% et de 20%.
«La tendance d'abandon du dollar au profit du rouble dans le commerce extérieur est flagrante. C'est un chemin vers une plus grande stabilité de l'économie russe, une protection contre les sanctions. Cela concerne avant tout les exportations, car la vente de marchandises moyennant la monnaie du pays vendeur est un ordre naturel des choses» , explique Elena Troubnikova, présidente du conseil d'administration de FinExpertiza.

En effet, la réduction des opérations en dollars est due en grande partie à une forte diminution des échanges entre Moscou et Washington. L'an dernier, cet indice n'a pas dépassé 25 milliards de dollars. A titre de comparaison: les échanges avec la Chine et l'UE s'élèvent respectivement à 108 et à 294 milliards de dollars. Par ailleurs, les analystes soulignent que la part du rouble dans les exportations avec la Chine a été multipliée par plus de cinq, et la part du yuan dans les importations — pratiquement par neuf.

La minimisation du risque de pertes économiques suite aux fluctuations du cours de change est un autre argument de poids au profit des paiements en monnaie nationale avec les plus grands partenaires commerciaux. Par exemple, en 2018, l'écart entre les indices minimaux et maximaux du dollar en Russie était de 20,5%, contre 16,6% pour l'euro et 14,4% pour le yuan.

A l'avant-garde

Les plus grandes compagnies d'exportation russes sont les principaux conducteurs des paiements en monnaies nationales. L'an dernier déjà, le directeur général adjoint de Severstal Alexeï Koulitchenko parlait dans une interview à l'agence Bloomberg de l'abandon des exportations en dollars car la moitié partait à destination de l'UE en échange des euros désormais.

La société Alrosa avait alors parlé de premiers succès. En août, les représentants de cette compagnie ont annoncé des contrats en roubles pour la fourniture de diamants en Chine et en Inde.

A noter que la part du rouble dans les importations indiennes de Russie a atteint 37% l'an dernier, sachant qu'au dernier trimestre ce chiffre a culminé à 53%. Un rôle important a été manifestement joué par le contrat en roubles pour la fourniture de systèmes antiaériens S-400 Triumph, qui a coûté à New Delhi, selon les estimations, 330 milliards de roubles (environ 5 milliards de dollars).

Les plus grands fournisseurs d'hydrocarbures ne restent pas non plus à l'écart. En mars, Gazprom export a annoncé le premier contrat de l'histoire en roubles pour la vente de 80 millions de mètres cubes de gaz au terminal allemand NCG via sa propre plateforme électronique.

Nombre d'analystes sont persuadés qu'à court terme les compagnies énergétiques russes deviendront les principales locomotives du passage aux paiements en monnaies nationales. Cela concerne avant tout Gazprom et son gazoduc Sila Sibiri (Force de la Sibérie), qui entrera en service à partir du 1er décembre. Le contrat en vigueur à hauteur de 400 milliards de dollars suppose une fourniture annuelle de 38 milliards de mètres cubes de gaz en Chine pendant 30 ans.
Cela remplira le marché de change russe avec des yuans et permettra de s'en servir pour l'achat de produits en provenance de Chine.

«Le cours de change du yuan est de facto contrôlé. Les risques liés à la volatilité sont minimes, même en comparaison avec l'euro. Des projets aussi importants que l'achat du gaz acheminé par Sila Sibiri pousseront Moscou et Pékin à accélérer le passage des transactions aux monnaies nationales» , suppose Pavel Gribov, maître de conférences à la chaire de sécurité économique à l'Académie russe de l'économie nationale et d'administration publique auprès du président de la Fédération de Russie.

Un fusil enrayé

Des tendances similaires sont également observées dans d'autres pays, sachant que l'argument le plus convainquant est la politique économique de Donald Trump. Dans ses tentatives de faire effondrer l'économie de l'un de ses principaux adversaires, l'Iran, l'an dernier déjà le locataire de la Maison-Blanche a interdit au monde entier d'acheter du pétrole iranien.

La Chine, l'Inde, la Corée du Sud et bien d'autres se sont retrouvés dans la zone à risques. Ce qui a servi de point de départ à un abandon massif du dollar.
«Plus le dollar est utilisé comme une arme contre certains pays, plus il est probable que ces mêmes pays recherchent une alternative à la monnaie américaine. Même si un certain temps sera nécessaire pour renverser le dollar de son trône, la politique actuelle des Etats-Unis accélérera son déclin» , écrit le journal britannique The Daily Telegraph.

Les consommateurs du pétrole iranien inventent de toute urgence des moyens permettant d'esquiver les sanctions américaines. L'Inde s'est entendue avec l'Iran sur les fournitures en roupies, et à son tour Téhéran s'en servira pour les importations indiennes.
L'UE, qui souhaite également commercer avec l'Iran, a mis au point un canal de liaison interbancaire spécial SPV, qui n'est pas soumis au contrôle des Etats-Unis. Et à en croire le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, l'Europe n'a certainement pas l'intention de l'utiliser pour les transferts en dollars.
«Il est absurde que l'Europe paie plus de 80% de sa facture énergétique, qui s'élève à 300 milliards d'euros par an, en dollars américains alors que 2% seulement de nos importations d'énergie viennent des Etats-Unis» , avait déclaré Jean-Claude Juncker lors de son allocution annuelle.

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
11930 messages postés
   Posté le 16-05-2019 à 19:45:50   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La guerre US vs RPC se déroule sur le front commercial, technologique, financier (et y compris militaire sous forme de provocations en mer de Chine).

http://www.globaltimes.cn/content/1150205.shtml

Les mesures de rétorsion financières sont comme le reste à double tranchant. La Chine est en position de créancier vis à vis des avoirs US mais une action brutale serait définitive et elle ne veut pas utiliser ce procédé. Par contre son action se fait progressivement et vise la multilatéralité, pour diminuer le poids du dollar dans le monde.


Les avoirs du Trésor américain en Chine ont atteint leur plus bas niveau en deux ans

Par Shen Weiduo Source: Global Times Publié le: 2019/5/16 18:43:40

Le geste de Pékin reflète l'évitement des risques et le soutien au yuan

La Chine a ramené ses avoirs en obligations du Trésor américain en mars à leur plus bas niveau en près de deux ans, une tendance qui devrait se poursuivre alors que Pékin cherche à éviter les risques croissants tout en soutenant le yuan dans un climat d'incertitude croissante concernant les relations commerciales bilatérales, ont indiqué des experts.
Selon les données publiées mercredi par le département du Trésor américain, les avoirs de la Chine ont diminué pour la première fois en quatre mois en mars, tombant de 10,4 milliards de dollars en un mois à 1,12 billion de dollars. Il s'agissait du niveau le plus bas depuis mai 2017, lorsque les avoirs s'établissaient à 1 010 milliards de dollars.
C'était aussi la première fois que la Chine réduisait ses avoirs en dette américaine depuis novembre 2018. De juin à novembre dernier, elle réduisait ses avoirs en dette américaine chaque mois. En novembre 2018, elle a réduit ses avoirs de 17,5 milliards de dollars, soit la plus importante réduction en 14 mois.
Cette décision intervient alors que la Chine risquait de vendre certaines de ses positions au Trésor américain comme tactique de la guerre commerciale avec les États-Unis - une idée décrite par certains médias étrangers comme une "option nucléaire" qui pourrait nuire considérablement à l'économie américaine.

La Chine a réagi lundi contre les hausses tarifaires américaines de 200 milliards de dollars de marchandises chinoises, annonçant des droits de 5% à 25% sur plus de 5 100 produits en provenance des États-Unis d'une valeur de plusieurs dizaines de milliards de dollars.
Les experts ont toutefois déclaré que la réduction des avoirs du Trésor américain ne visait pas à contrer les États-Unis et que la Chine n’avait pas besoin de le faire à l’heure actuelle. Si les relations commerciales continuent à se détériorer, toutes les options seraient sur la table.
"Si la Chine libère la dette américaine, d'autres pays pourraient suivre, provoquant ainsi une hausse de ses taux d'intérêt qui affectera grandement l'économie américaine" , a déclaré Dong Dengxin, directeur du Finance and Securities Institute de l'Université des sciences et technologies de Wuhan, a déclaré au Global Times jeudi.
Malgré la réduction de mars, la Chine est restée le principal détenteur d'obligations du Trésor américain, suivie du Japon avec des avoirs de 1,08 billion de dollars.

Éviter les risques

Les experts ont déclaré que les principales raisons de la décision de la Chine étaient d'éviter les risques financiers, de réagir aux incertitudes de l'économie américaine et de disposer des liquidités nécessaires pour lutter contre la dépréciation du yuan.
La politique étrangère des États-Unis "America First" et ses caprices ont affecté ses relations avec les autres pays, y compris ses alliés, accroissant les incertitudes de son économie. Ainsi, la Chine doit diversifier ses réserves de change, principalement constituées d'actifs libellés en dollars américains, pour éviter les risques potentiels, a déclaré Dong.
Le principal vendeur de titres du Trésor américain en mars a été le Canada, qui a procédé à un dumping de la dette américaine pour une valeur de 12,5 milliards de dollars, la plus importante réduction depuis juillet 2011. La Chine était le deuxième vendeur en importance. L'Allemagne, la France et l'Australie ont également réduit leurs avoirs en mars.
"La guerre commerciale en cours avec les Etats-Unis a rendu la diversification plus urgente pour la Chine, mais les ventes devraient se faire à un rythme très modéré et dans une mesure limitée pour éviter les turbulences du marché mondial" , a déclaré Dong.
La diversification est également en ligne avec la politique financière globale de la Chine au cours de l'année écoulée, a noté Dong. "La Chine respectera sa politique d'ouverture financière, attirera les investissements étrangers et renforcera ses relations commerciales avec davantage de pays d'Europe et d'Asie afin de réduire sa dépendance à l'égard des États-Unis et du dollar" .
Zhou Yu, directeur du Centre de recherche sur les finances internationales à l'Académie des sciences sociales de Shanghai, a déclaré jeudi au Global Times que la Chine pourrait acheter davantage d'or et que les dettes publiques libellées en d'autres devises, telles que l'euro et le yen, seraient diversifiées et optimisées. réserves de change.
"Le mouvement vise également à stabiliser le taux de change du yuan, qui a été soumis à des pressions en raison de la guerre commerciale qui dure depuis plus d'un an" , a déclaré Zhou.

Lundi, le taux de change du yuan a atteint son plus bas niveau par rapport au dollar américain depuis le 24 décembre 2018. Le yuan s'est affaibli à 6,92 lundi et a légèrement rebondi à 6,91 jeudi à l'heure de la presse.

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
11930 messages postés
   Posté le 20-06-2019 à 19:28:51   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La Russie, la Chine et le Venezuela s'efforcent de réduire leur dépendance à l'égard du dollar américain

18 Juin 2019

Caracas, 18 juin AVN

La politique économique internationale agressive de l'administration du président américain Donald Trump accroît la méfiance envers le dollar. La Russie, la Chine, l'Union européenne et le Venezuela travaillent sur des formules pour réduire leur dépendance vis-à-vis de la monnaie américaine.

Face aux sanctions croissantes des États-Unis contre plusieurs pays du monde, certains développent de nouveaux mécanismes de transaction dans lesquels la politique de Washington ne peut intervenir.

Le dollar, " en tant que monnaie de réserve mondiale, est devenu un outil de pression pour le pays qui a émis cette monnaie contre le reste du monde. La confiance dans le dollar est en baisse" , a déclaré le président russe Vladimir Poutine lors du Forum économique international à Saint-Pétersbourg au début du mois, admettant que ces changements nécessitent un réexamen du rôle de la monnaie américaine, selon Russia Today.

cet égard, la Russie est en train de mettre au point des systèmes d'échange de monnaies nationales avec ses deux principaux partenaires économiques : l'Union européenne et la Chine.

Le vice-premier ministre russe Antón Siluánov et le commissaire européen à l'énergie, Maros Sevcovic, sont convenus le 13 juin de créer un groupe de travail chargé de remplacer le dollar par les monnaies nationales dans les relations commerciales entre la Russie et l'UE.

Le 5 juin, lors de la visite du président chinois Xi Jinping en Russie, les dirigeants des deux pays ont signé un accord pour développer les paiements transfrontaliers en yuan et en roubles.

D'autre part, les pays membres de Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) développent un système de paiement qui leur permettra d'utiliser leurs propres devises nationales pour les transactions transfrontalières au sein du bloc.

Le système Petro

En ce qui concerne le Venezuela, le gouvernement du président Nicolas Maduro a approuvé la création de la monnaie crypto Petro, pour réduire l'utilisation du dollar dans les opérations financières. Bien que la mesure ait été bloquée pour certains marchés, en raison de l'hégémonie américaine, Petro a une référence internationale dans les transactions commerciales avec des pays alliés comme la Russie et la Turquie, qui ont accepté la cryptomoneda comme élément d'échange.

Au cours de la période de pré-vente en octobre 2018, Petro a reçu des offres d'achat de 133 pays, et le chef de l'État vénézuélien a annoncé la mesure de vendre du pétrole dans des devises telles que le yuan chinois, le rouble russe et la roupie indienne, afin de réagir aux sanctions illégales de Washington contre Caracas.

Ce développement s'ajoute aux innombrables propositions des banques vénézuéliennes pour promouvoir leur propre plateforme de paiement et réduire leur dépendance vis-à-vis des franchises internationales telles que Visa et Mastercad.

Dans ce contexte, la Banque centrale du Venezuela (BCV) a récemment annoncé l'entrée en vigueur de trois nouveaux projets de billets : 10 000, 20 000 et 50 000 bolivars, afin de renforcer le cône monétaire actuel. La circulation de ces billets permettra de consolider les paiements et d'accélérer les transactions, contribuant ainsi à la stabilisation monétaire du pays, a déclaré l'économiste vénézuélien Tony Boza.

source : http://www.avn.info.ve/node/474288

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
11930 messages postés
   Posté le 14-07-2019 à 22:53:10   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un article de Suptnik sur ce projet chinois, à suivre...

Vers un «yuan numérique»: la Chine met les bouchées doubles quant à sa propre cryptomonnaie


https://fr.sputniknews.com/economie/201907141041655202-vers-un-yuan-numerique-la-chine-met-les-bouchees-doubles-quant-a-sa-propre-cryptomonnaie/

11:30 14.07.2019

La Banque centrale de Chine accélère l'élaboration de sa propre cryptomonnaie.

Selon le directeur du département d'études de la Banque populaire de Chine Wang Xin, qui a fait cette annonce pendant un séminaire à l'université de Pékin, le programme de développement du «yuan numérique» a déjà été approuvé par le Conseil d’État.

A son élaboration participent notamment des structures commerciales, afin que le nouveau produit soit compétitif sur le marché. Le responsable de la Banque centrale a noté que le régulateur financier suivait de près le développement de la cryptomonnaie mondiale Libra, dont la création a été récemment annoncée par Facebook.

Plus tôt, le directeur adjoint du département des paiements et des virements de la Banque de Chine Mu Changchun avait écrit dans sa rubrique de la revue financière Caixin que les cryptomonnaies, y compris Libra, devaient être régulées par les banques centrales.

C'est probablement la possibilité même de l'apparition d'un véritable moyen de paiement international qui a poussé les autorités chinoises à accélérer leur propre travail pour ne pas manquer l'opportunité de participer activement à la création d'un nouveau système financier mondial.

Yuan numérique

Cela fait déjà plusieurs années que les autorités chinoises planchent sur l'élaboration de leur propre cryptomonnaie. La Banque de Chine détient déjà 78 brevets dans le domaine des cryptomonnaies et encore 44 brevets liés à la technologie de chaîne de blocs [blockchain].

Plus tôt, le vice-président de la Banque centrale Fang Yifei notait que le yuan numérique devrait finalement remplacer l'appareil monétaire M0 [l'argent liquide en circulation]. L'abandon progressif de l'argent liquide est une tendance mondiale flagrante et particulièrement visible en Chine, où les paiements mobiles prévalent déjà dans les achats quotidiens de la population. Il est donc tout à fait plausible que les autorités chinoises veuillent créer un analogue à part entière au yuan fiduciaire.
Peu d'informations étaient disponibles jusqu'à présent sur les avancées du travail de création du crypto-yuan. Mais après la publication par Facebook du Livre blanc de Libra, les responsables chinois ont mis les bouchées doubles.

Quid des avantages de Libra?

Le fait est que la monnaie Libra annoncée par Facebook est très différente techniquement et conceptuellement des autres cryptomonnaies, notamment du Bitcoin. Libra sera contrôlée par un consortium de plusieurs dizaines de grandes compagnies financières et technologiques, notamment Visa, Mastercard, Paypal, eBay, Uber et Lift. Ce consortium sera également responsable du processus et de l'émission de la nouvelle cryptomonnaie. Libra est une «stable coin» qui sera garantie avec des actifs fiables: des dépôts et des titres de valeur de plusieurs pays avec des monnaies fiables.

Autrement dit, Libra est pensée comme un moyen de paiement supranational. Les DTS - droits de tirage spéciaux - en sont l'analogue le plus proche aujourd'hui. Mais contrairement à ces derniers, Libra doit être un moyen d'échange parfaitement liquide avec des paiements transfrontaliers accessibles à la grande majorité de la population de la planète, qui prendraient quelques secondes.

Après la crise de 2008 la Chine avait proposé de créer une nouvelle monnaie mondiale de réserve sur la base des DTS pour se débarrasser de la dépendance envers le dollar. C'est pourquoi le concept Libra plaît globalement à la Chine, explique à Sputnik Liu Dongmin, directeur du Centre des finances mondiales à l'Institut d'économie mondiale et des finances affilié à l'Académie des sciences sociales de Chine.

«Du point de vue du maintien de la stabilité du système monétaire international, les monnaies supranationales en tant que principal moyen de paiements internationaux sont une solution relativement bonne. Par rapport à une monnaie souveraine, cette monnaie garantira mieux la stabilité financière mondiale. Mais de tels projets n'ont pas encore été réalisés à ce jour» , ajoute l'expert.

L'hégémonie du dollar dans les paiements internationaux est critiquée par de nombreux pays, Chine y compris. Mais l'attachement des prix de différents produits et services à une seule monnaie, le dollar, était pratique dans le commerce international. Le concept Libra, d'une part, est juste, mais pourrait aussi créer de nombreux problèmes.
Par exemple, le Livre blanc indique que la monnaie Libra peut être facilement convertie en monnaies fiduciaires. Mais les acteurs du consortium de gestion sont des compagnies privées qui ne peuvent pas physiquement fournir une quantité suffisante de liquidités. Seules les banques centrales ont cette possibilité, c'est pourquoi Libra a besoin de régulateurs financiers pour fonctionner normalement, explique Liu Dongmin.

«Il faut que les banques centrales de différents pays mettent au point des mesures de régulation pour Libra. Qui plus est si cette cryptomonnaie était promue comme un moyen de paiement dans le monde entier. Parce que toute monnaie mondiale, quels que soient ses principes de base, exercera une certaine influence sur la souveraineté monétaire et la sécurité financière de certains pays. Par exemple, en ce qui concerne la souveraineté monétaire, une cryptomonnaie mondiale pourrait remplacer les monnaies faibles de certains pays pour les évincer progressivement. Les individus essaieront de payer avec la monnaie mondiale plus stable, ce qui exercera encore plus de pression sur le cours des monnaies nationales.»

Cryptomonnaies nationales

Il est possible de protéger bien plus efficacement la souveraineté de la monnaie nationale si on crée une monnaie numérique nationale répondant aux tendances actuelles du développement financier, indique l'expert. Si la Chine lançait le yuan numérique, ce serait la première cryptomonnaie nationale dans le monde garantie par une monnaie fiduciaire stable.

Des tentatives de créer des cryptomonnaies nationales ont déjà été entreprises. Par exemple, le Venezuela a lancé El Petro garantie avec des actifs pétroliers. Mais compte tenu de la situation économique du Venezuela, El Petro peut difficilement revendiquer le statut de moyen de paiement international.

La situation avec le yuan numérique est différente. Le crypto-yuan émis par la Banque centrale de Chine, disposant de tous les avantages techniques d'une cryptomonnaie, pourrait mériter la confiance sur les marchés mondiaux et accroître significativement le niveau d'internationalisation de la monnaie chinoise. Et si Libra ou une autre monnaie supranationale était lancée, la Chine, compte tenu de son expérience et de ses capacités, pourrait influer sur la mise en place des règles de fonctionnement du nouveau système financier international.


Lire aussi : Pour contourner les sanctions US, l’Iran lance sa propre cryptomonnaie basée sur l’or

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
11930 messages postés
   Posté le 14-07-2019 à 23:20:13   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les alliés des États-Unis se débarrassent eux aussi du dollar



https://fr.sputniknews.com/economie/201906201041481569-les-allies-des-etats-unis-se-debarrassent-eux-aussi-du-dollar/

20:00 20.06.2019URL courte16733
La part du dollar dans les réserves de change mondiales a atteint son minimum depuis le début du siècle. Jamais, en 20 ans, les banques centrales du monde n'avaient détenu aussi peu d'obligations américaines.

En avril, c'est l'un des alliés des Américains, le Royaume-Uni, qui est arrivé en tête des plus gros vendeurs de bons du Trésor US. Comment la dédollarisation s'est-elle répandue dans le monde entier?

Un minimum historique
En 2018, le dollar représentait 61,7% des réserves de change de différents pays: le taux le plus bas depuis vingt ans. Comme le note dans sa revue de juin la Banque centrale européenne (BCE), le dollar reste une monnaie de réserve mondiale, mais son leadership a significativement vacillé.

Depuis la crise financière mondiale de 2008, quand les banques centrales avaient stocké une quantité maximale de devise américaine, la part du dollar a diminué de 7 points.

En 2018, les pays émergents ont activement vendu leurs dollars et leurs obligations américaines. L'Argentine, la Chine, Hong Kong, l'Inde, l'Indonésie, la Thaïlande et la Turquie ont vendu des obligations pour près de 200 milliards de dollars. Certains ont eu besoin d'urgence de liquidités en dollars pour stabiliser leur propre monnaie, d'autres ont renoncé aux actifs américains à cause des conflits avec Washington.

«L'objectif de la plupart des pays consiste à réduire leur dépendance envers le dollar au vu des menaces de sanctions américaines. En Turquie, le portefeuille d'obligations du Trésor américain n'a jamais été aussi maigre. Ils ont pratiquement tout vendu» , indique le quotidien turc Sabah.

Par contre, le fait que des pays développés vendent leurs actifs américains, y compris les alliés traditionnels des États-Unis, est une tendance complètement nouvelle. Ainsi, en avril, le Royaume-Uni a vendu d'un coup 16,3 milliards de dollars d'obligations américaines.

Mais c'est la Chine, le plus grand détenteur étranger de dette américaine (1.100 milliards de dollars), qui est en tête. En raison de la guerre commerciale qui l'oppose à Washington, Pékin a vendu 60 milliards d'obligations en un an, et encore 20 milliards supplémentaires en avril 2019, réduisant ses réserves à leur minimum depuis deux ans. Le Japon, deuxième créancier des USA, ne se laisse pas non plus distancer : en avril, Tokyo a vendu 11,07 milliards de dollars d'actifs.

Les craintes se renforcent: la Chine aurait-elle l'intention de ne plus faire partie des principaux créanciers de l'Amérique? Les analystes affirment que ce scénario est peu plausible. La dévaluation inévitable des obligations dans ce cas serait plus nuisible pour les Chinois que pour les Américains, ainsi que pour toute l'économie mondiale.

Cependant, indique l'agence de presse Bloomberg, Pékin pourrait réduire à tout moment de plusieurs dizaines de milliards de dollars ses investissements dans ces actifs pour maintenir le cours du yuan.
«Si la Chine lançait la vente d'obligations américaines, cela serait moins lié aux nouvelles taxes qu'à la régulation de sa propre monnaie. Quand le reflux des capitaux se renforcera, Pékin devra protéger le yuan et vendre des obligations », a déclaré à Bloomberg Gene Tannuzzo, analyste de Columbia Threadneedle Investments.

Dédollarisation générale

La Russie est considérée comme l'un des vendeurs les plus actifs d'obligations américaines. En 2010 encore, les placements de la Banque de Russie dans les actifs américains dépassaient 176 milliards de dollars. A partir de 2014, à mesure que la pression des sanctions de Washington se durcissait, la Banque centrale réduisait son portefeuille d'obligations. Début 2019, il n'en restait plus que 14 milliards de dollars.

D'après le Trésor américain, en avril la Russie a vendu 1,6 milliard de dollars d'obligations américaines supplémentaires. A l'heure actuelle, la Banque centrale en détient 12,13 milliards de dollars - le minimum depuis 2007. Pratiquement toute la somme tirée de la vente des actifs américains par la Banque de Russie a été investie dans l'euro et le yuan.

«La part de l'euro dans les réserves de change de la Russie a augmenté jusqu'à 39%, celle du dollar a baissé jusqu'à 27% et celle du yuan a grandi jusqu'à 17%» , indique le récent rapport de la BCE.

Les banques centrales d'autres pays suivent le même chemin. Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment pointé la réduction continue de la signification du dollar parallèlement à une hausse de la part de l'euro, du yen et du yuan dans les réserves des banques centrales.
«A travers le monde, les banques continuent de diversifier leurs réserves et de les retirer du dollar», a constaté le FMI dans sa revue des tendances mondiales.

Un parachute doré
Tout en se débarrassant du dollar, les pays accumulent de l'or. Selon le Conseil mondial de l'or (WGC), le volume de ce métal précieux dans les coffres des banques centrales a augmenté de 651 tonnes en un an - la progression la plus forte depuis 1971, quand les États-Unis avaient renoncé à l'étalon-or. Presque la moitié de cet or a été achetée par la Banque de Russie.

«La Russie atteint rapidement des résultats dans sa tentative de diversifier la structure de ses réserves de change en réduisant la part des actifs américains» , indique Bloomberg.

Actuellement, la réserve d'or de la Banque centrale russe est estimée à 2.112 tonnes, soit près de 87 milliards de dollars - un record dans toute l'histoire postsoviétique. En dix ans, la part de l'or dans les réserves de change russe est passée de 3,5 à 18,6%.

«L'or est la devise la plus forte du monde. Soumise à une inflation naturelle minimale, elle est une bonne assurance contre les fluctuations du dollar. C'est une ressource très liquide, et les grandes réserves d'or renforcent la confiance des investisseurs envers le rouble» , souligne le quotidien Neue Zürcher Zeitung.

Le deuxième plus grand acheteur de ce métal précieux est la Chine, avec une réserve d'or de 1.853 tonnes pour 76 milliards de dollars. Fin 2018, après plus de deux ans d'interruption, Pékin a significativement accru ses achats, ce qui a entraîné une augmentation du prix de l'or à son maximum depuis six mois à 1.300 dollars l'once.

Les analystes expliquent que l'or est également une assurance contre un défaut de paiement des États-Unis. La Chine et la Russie sont parfaitement conscientes du fait que les USA auront énormément de mal à rembourser leur dette et qu'en fin de compte l'achat d'obligations est inutile. L'effondrement du marché américain de la dette est très probable, c'est pourquoi Moscou et Pékin préfèrent investir dans l'or.

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
11930 messages postés
   Posté le 26-07-2019 à 17:45:16   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Comment la Russie appelle à s’émanciper de «l’étau du dollar», selon une revue autrichienne

CC0 / geralt
https://fr.sputniknews.com/international/201907261041798203-comment-la-russie-appelle-a-semanciper-de-letau-du-dollar-selon-une-revue-autrichienne/
16:56 26.07.2019

La Russie a annoncé son intention de rejoindre le mécanisme financier INSTEX, destiné à contourner les sanctions imposées par les États-Unis au commerce avec l’Iran. Elle a ainsi montré l’exemple à d’autres pays qui pourraient chercher à s’affranchir pareillement d’un système financier contrôlé et dominé par le dollar US, selon Contra Magazin.

Moscou a annoncé vouloir utiliser le mécanisme financier européen INSTEX qui sert à contourner les sanctions états-uniennes dans le commerce avec l’Iran, rapporte la revue autrichienne Contra Magazin.

Transformer la dépendance en indépendance
Le média indique qu’après cette annonce, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a appelé d’autres nations à suivre l’exemple de Moscou afin de s’affranchir de la domination du dollar et des systèmes financiers internationaux contrôlés par les États-Unis.
«Nous devons nous défendre contre les abus politiques réalisés par le biais du dollar et du système bancaire américain. Nous devons transformer notre dépendance dans ce domaine en indépendance. Devenons multipolaires dans le domaine des finances et de la monnaie» , a-t-il déclaré.

En tant qu’exemple de ces abus, M.Riabkov a cité le Venezuela. Contra Magazin rappelle à ce propos que Washington a frappé ce pays de sanctions, lui réduisant l’accès au marché pétrolier mondial et confisquant une partie de ses actifs en recourant à diverses institutions financières internationales et à l’aide de ses alliés en Amérique latine. Sans oublier, d’ailleurs, l’or vénézuélien valant 1,2 milliard de dollars et accaparé par Londres.

Une appropriation éhontée
M.Riabkov a ajouté que «l’appropriation éhontée» de la propriété d’autrui n’était qu’ «un exemple entre autres d’une politique plus large visant à provoquer des crises de façon volontaire afin d’obtenir le changement de gouvernement et de dirigeants légitimes par des protégés américains» .
INSTEX est en mesure de torpiller le statut du dollar en tant que monnaie de réserve internationale. Surtout si cet instrument est utilisé par la Russie, laquelle sert d’exemple à d’autres pays en les appelant à s’affranchir de «l’étau du dollar», conclut le média.

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
11930 messages postés
   Posté le 29-07-2019 à 22:42:00   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Quand la Russie se débarrasse du dollar…

par xavier dupret son site
Association Culturelle Joseph Jacquemotte
dimanche 17 février 2019
https://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/quand-la-russie-se-debarrasse-du-212717?var_hasard=19173648545d3ebab6c59fc&fbclid=IwAR0zn3Fm_kgx4RE_qWrviOVZwIjLrAMHyYG0IDv07oVH6Qf-rSV7uLKZPUo

La nouvelle n’a pas fait le tour des rédactions économiques dans le monde. Pourtant, il s’agit d’un événement très important. La Russie se débarrasserait de ses réserves de change en dollars.
Ce mouvement récent s’explique indubitablement par les sanctions que les Etats-Unis ont adoptées à l’encontre de la Russie. La réponse du berger à la bergère ne s’est finalement pas fait attendre de la part de Moscou.

Clarification et description

Avant toute chose, procédons à un rapide exercice de clarification. Que sont les réserves de change ? Il s’agit des devises étrangères et de l’or que détiennent les banques centrales. Elles revêtent assez souvent la forme d’obligations du Trésor des autres Etats. De cette façon, ces réserves rapportent un intérêt. L’utilité des réserves de change pour une banque centrale consiste à disposer de devises permettant d’agir sur le taux de change de la monnaie nationale. Par exemple, si le dollar vient à s’apprécier par rapport à la monnaie d’un pays, la Banque centrale de cet Etat peut choisir de vendre des dollars qu’elle détient en réserves.

Les dollars dont il est question dans le cas russe proviennent des exportations pétrolières et gazières du pays. Ces dernières constituent le moteur de l’accumulation de devises dans le chef de la Russie. En 2016, le pétrole et le gaz représentaient la moitié des revenus d’exportation de la Fédération de Russie. Or, on observe que près de 28% des exportations de la Russie avaient, à cette époque, pour destination la zone euro et 11% se dirigeaient vers la Chine. Par ailleurs, les Etats-Unis ne représentaient que 4,6% des exportations et 3,8% des importations russes[1]. Pourtant, jusqu’au moment où la crise ukrainienne a éclaté en 2014, la Russie facturait en dollars le pétrole qu’elle vendait aux Européens et aux Chinois.

Cet état de choses s’explique par la centralité du dollar dans le commerce international. Nous reviendrons plus tard sur cette donnée. En tout état de cause, depuis 2014, la Russie se distancie des Etats-Unis. Il en résulte une utilisation plus retreinte qu’autrefois du dollar de la part de Moscou. Ce mouvement s’est accéléré puisqu’au cours du deuxième trimestre 2018, la Banque centrale de la Fédération de Russie a converti plus de 100 milliards de dollars de ses réserves en euros et en yuans. Cette décision fait suite à un durcissement des sanctions américaines décidé en avril de l’année dernière[2].

La recomposition des réserves de change de la Russie a pris les proportions suivantes.

Evolution des réserves de la Banque centrale de la Fédération de Russie entre le premier et le deuxième trimestre de l’année 2018 (en milliards de dollars)

Source : Banque centrale de la Fédération de Russie, janvier 2019.

Entre le premier et le second trimestre de l’année dernière, 200 milliards de dollars étaient enregistrés sur les comptes de la Fédération de Russie. Trois mois plus tard, l’importance du billet vert dans la comptabilité de la banque centrale de ce pays avait fondu de moitié (100,32 milliards de dollars). Du même coup, l’euro a supplanté la devise américaine. En effet, au 1er trimestre 2018, l’euro était comptabilisé dans les avoirs de la Banque centrale russe à hauteur de l’équivalent de 102 milliards de dollars. Au 30 juin 2018, ce montant était passé à 201,02 milliards de dollars. Cette progression spectaculaire, puisqu’il s’agit, mine de rien, d’un doublement est inférieure à l’évolution caractérisant le yuan. Ce dernier, au premier trimestre 2018, valait l’équivalent de 23 milliards de dollars dans les réserves de la Russie. Cette position a été triplée en l’espace d’un trimestre. Les yuans détenus par la Banque de la Fédération de Russie valaient à la fin du mois de juin 2018 l’équivalent de 67,34 milliards de dollars. Ces arbitrages de la part de la Russie sont impressionnants. Il est vrai qu’ils se positionnent à rebours de la centralité du dollar dans le commerce international.

King dollar

Pour rendre compte de cette importance du dollar, il suffit de faire part de l’étonnement de journalistes du site d’informations d’information états-unien Bloomberg tout à leur découverte de ce que des responsables européens désiraient promouvoir l’euro dans les échanges commerciaux sur le Vieux Continent[3]. Ces mêmes commentateurs ne manquaient pas de relever que la Chine avait revendu une fraction importante de ses actifs libellés en dollars en 2017. Le monde se dédollarise.

Il n’y a, dans le fond, que les commentateurs états-uniens pour s’en étonner. On peut les comprendre. Le dollar occupe une fonction de pivot du système monétaire international depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Les accords de Bretton Woods, signés le 23 août 1944 par les nations alliées, reposaient sur un système de parité fixe des monnaies par rapport au dollar. Ce dernier était défini par un poids en or. Une once d’or valait 35 dollars. Le rattachement du dollar à l’or suppose que les États-Unis ne pouvaient pas connaître de déséquilibres majeurs de leur balance des paiements afin de préserver la valeur en or de leur monnaie conçue comme pivot du système. Précisément, cette condition ne va plus être respectée au fil du temps.

Avec le recul, le dollar s’est avéré être un pivot bancal. Le stock d’or détenu par les États-Unis ne va, au fil des années, plus suffire à couvrir le volume des dollars circulant en dehors des USA. Or, le système de Bretton Woods laissait la possibilité à chaque pays, mais avec l’accord de tous ses partenaires dans le système, de procéder à des ajustements monétaires si nécessaire (dévaluation ou, au contraire, réévaluation). Tout pays partie prenante à la conférence de Bretton Woods, puisqu’il avait des réserves en dollars américains, pouvait décider de les changer contre l’or que les États-Unis possédaient. La situation du dollar a été bien caractérisée par un économiste belge, Robert Triffin (1919-1993)[4]. Le paradoxe que Triffin repère dans les relations monétaires entre nations occidentales est le suivant. A la sortie de la guerre mondiale, l’Europe et le Japon sont des terres ravagées en comparaison des États-Unis dont la production industrielle a doublé entre 1940 et 1945. Les États-Unis sont donc, à cette époque, clairement la nation qui accumulé un capital dont les autres nations sous parapluie américain ont besoin pour leur reconstruction. Le monde enfanté par les accords de Bretton Woods fonctionnait comme un système de financement de la croissance des exportations américaines en solvabilisant la demande du Japon et des pays d’Europe occidentale.

Donc, à l’époque, logiquement, le dollar est la monnaie qui inspire confiance. En basant le système monétaire international sur le dollar, l’attrait pour ce dernier est pleinement consacré. Ce qui a pour effet, paradoxalement, de le fragiliser, car fournir des liquidités au monde occidental en plein effort de reconstruction peut conduire à un déficit de la balance des paiements des États-Unis. Avec le temps, les émissions de dollars vont déstabiliser la politique monétaire de l’oncle Sam. Par ailleurs, les pays qui exportaient vers les États-Unis accumulaient des dollars qui étaient alors convertis dans les monnaies locales. Ce qui y alimentait l’inflation puisque la masse monétaire y augmentait en raison des taux de change fixes. L’Allemagne, traumatisée par l’hyperinflation de l’entre-deux-guerres, va alors vouloir commencer à faire rembourser ses dollars excédentaires en or. Comme les USA ne veulent pas entamer leurs réserves, ils ont suspendu la convertibilité-or de leur devise nationale le 15 août 1971. Les conséquences de l’adoption de taux flottants ont été importantes puisque les monnaies ont, à partir de ce moment-clé, pu varier entre elles de manière nettement moins contrôlée au gré des mouvements des capitaux.

Il n’en reste pas moins que le dollar continuera à partir de 1971 à occuper un rôle central dans le système monétaire international. Les autres pays de la planète vont alors financer les déficits américains qui avaient déjà été à la base du démantèlement du système de Bretton Woods. Si le dollar s’effondrait, le commerce international s’effondrait également. Depuis 1970, les Etats-Unis n’ont connu que quatre années de surplus budgétaire (1998, 1999, 2000 et 2001). Depuis 1977, les Etats-Unis sont en déficit commercial chronique. Si l’on élargit l’analyse à l’ensemble des rentrées que les Etats-Unis tirent de l’extérieur, il faut scruter ce que l’on appelle la balance des opérations courantes. Cette dernière n’a plus été positive qu’au cours de sept exercices depuis 1970 (1970, 1971, 1973, 1974, 1975, 1976, 1980, 1981, 1991)[5]. La place du dollar a donc bel et bien servi d’instrument de financement par l’extérieur des déficits américains. C’est cet élément central de la finance internationale qui est en train de se défaire progressivement sous nos yeux.

Renaissance chinoise

Il est toutefois clair que la recomposition de réserves de la Russie a tout à avoir avec le durcissement des sanctions contre Moscou. Certains chiffres le prouvent aisément. Les réserves de la Fédération de Russie comptent 15% de yuans (pour une moyenne mondiale de 1,5%). En ce qui concerne l’euro, sa récente et fulgurante progression au sein des réserves russes tranche avec le fait que la monnaie unique européenne est de plus en plus délaissée dans les réserves des banques centrales de par le vaste monde.

C’est ainsi que le poids de l’euro sur la scène internationale a rapidement augmenté entre 2001 et 2003. A cette époque, la part de la monnaie unique européenne dans les réserves des banques centrales est passée de près de 24% à plus de 27% avant de se stabiliser aux alentours de 26%. La crise financière de 2006-2007 a entraîné une chute rapide et constante avec un mouvement de stabilisation depuis la fin de l’année 2016 jusque 2018 à hauteur de 22% des réserves mondiales[6].

La Russie ne fait, pour autant, pas exception à un mouvement plus lent et plus imperceptible de montée du yuan. Cette dernière n’a en rien perdu de sa vigueur cette année en dépit de la dépréciation du yuan face au dollar. C’est ainsi que les banques centrales ont augmenté leurs actifs en yuans de 32,6 % au deuxième trimestre de l’année 2018. D’ici 2022, la part du yuan dans les réserves mondial devrait, d’après la banque d’affaires Goldman Sachs, doubler et passer à 3% des réserves des banques centrales. Deux monnaies seront victimes de cette modification. Il s’agit du dollar et du yen.

C’est d’ailleurs la devise nippone qui souffrirait le plus de cette réallocation des avoirs des banques centrales. La chute du yen dans les réserves devrait dépasser les 12%. Celle du dollar sera, pour sa part, plus modérée (4%). Sur le plus long terme, le déplacement du dollar en faveur du yuan devrait être davantage prononcé.

Les mouvements de modifications de réserves des banques centrales se produisent toujours avec un temps de décalage sur les évolutions économiques. Alors que la puissance américaine constituait un fait accompli au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, la livre sterling était toujours la première monnaie de réserve dans le monde jusque durant les années 50 du siècle dernier, époque à laquelle elle fut définitivement supplantée par le billet vert.

En 1950, 55% des réserves en devises des banques centrales dans le monde étaient libellées en livres. Dans les années 1960, cette part est passée à 30% avant de plonger en-dessous des 15% à partir de 1970[7].

De surcroît, la montée en gamme de l’économie chinoise va conférer à l’Empire du milieu un poids de plus en plus central dans l’économie internationale. Lancé en mai 2015, le plan intitulé « Made in China 2025 » se vise à la promotion de l’industrie manufacturière. « Ce premier plan d’action sur dix ans vise à transformer le géant manufacturier qu’est la Chine en une puissance mondiale manufacturière » [8].

Importante question

Dans la foulée, un enjeu majeur relatif à la montée du yuan a trait à la montée d’un modèle économique différent de celui des Etats-Unis. En effet, le yuan est une devise dont le cours est contrôlé par l’Etat alors que la valeur du dollar est déterminée librement par la confrontation de l’offre et de la demande sur les marchés. Il en résulte que la prédation du capital financier sur le travail et les processus productifs sortira affaiblie de la confrontation yuan-dollar au fur et à mesure de la progression de la devise chinoise dans les échanges internationaux.

La suite de cette analyse visera à faire le point sur les mécanismes permettant au yuan de ne pas être une monnaie aussi librement échangeable que l’euro ou le dollar. Nul doute, à ce propos, que la description de dispositions échappant à la logique du capitalisme néolibéral financiarisé pourra servir de points de repères en ces temps de crise profonde du capitalisme néolibéral occidental.

Lorsque l’on parle d’une monnaie dont le cours est administré, on fait référence à un mécanisme de fixation des prix. Le taux de change d’une monnaie, c’est son prix exprimé dans une autre monnaie. Le cours du yuan est administré en ce sens que l’administration, c’est-à-dire le politique, en fixe le prix face aux autres devises (on dit, dans ce cas, que le yuan n’est pas pleinement convertible).

Depuis 2005, ces devises sont principalement le dollar, le yen, l’euro et le won (la devise sud-coréenne). Le pilotage du yuan est effectué de façon souple puisque les autorités chinoises laissent évoluer leur devise à l’intérieur d’une bande de fluctuation. Concrètement, depuis le 17 mars 2014, le taux de change du renminbi est fixé chaque matin par la banque centrale et est autorisé à monter ou à baisser de 2% au jour le jour. Si le yuan évolue en dehors de cette bande, la banque centrale intervient en vendant des devises étrangères en cas de dépréciation trop marquée du yuan. En cas d’appréciation de ce dernier, la banque centrale va, au contraire, vendre des yuans.

En procédant de la sorte, la Chine utilise ses prodigieuses réserves, en fait, les plus importantes au monde, accumulées en devises (plus de 3.000 milliards de dollars) pour régler le taux de change de sa devise. Les autres pays du Sud font autrement. Sous la pression du FMI et de la Banque mondiale (qui ne sont jamais intervenus en Chine), les banques centrales du Tiers-monde travaillent essentiellement à partir de leurs taux d’intérêt. Lorsque leur monnaie se déprécie, ils augmentent les taux pour attirer les capitaux extérieurs. Et dans le cas où leur devise s’apprécierait trop, ces pays baissent leurs taux pour diminuer leur attractivité. Cette stratégie pourrait paraître attrayante de prime abord pour des pays qui disposent de moins de réserves que la Chine. Elle présente, cependant, un inconvénient majeur. En faisant dépendre leur destin de la finance occidentale, ces pays sont sujets à de fortes variations en ce qui concerne le taux d’investissement. Ces soubresauts sont à poser en lien avec la conjoncture économique du moment au sein des pays fournisseurs capitaux. Si une situation de crise y éclate, on va alors assister à un exode des capitaux au sein des pays émergents. C’est ainsi qu’entre 2008 et 2009, plus de 60 milliards de dollars ont quitté les pays émergents pour revenir vers leurs sièges sociaux au nord[9].

C’est ce schéma que la Chine a voulu éviter. Pour ce faire, elle a empêché que des mouvements trop brusques d’entrées et de sorties de capitaux ne nuise à la stabilité de son économie. Dans le jargon des économistes, on dit que la Chine n’a pas libéralisé son compte de capital. La fermeture du compte de capital du pays implique logiquement que sa devise ne puisse s’échanger de manière complètement libéralisée.

Internationalisation du yuan et force de l’Etat chinois

Pourtant, comme nous l’avons vu, la Chine est une puissance montante en pleine renaissance. Aussi désire-t-elle que sa monnaie soit davantage utilisée dans ses échanges commerciaux avec le reste du monde. Cet objectif, somme toute légitime, aurait pu entrer en contradiction avec la limitation de l’ouverture du compte de capital. En effet, l’usage international d’une monnaie est facilité par la généralisation des mouvements de capitaux qui la concernent.

Comment la Chine a-t-elle géré cette opposition ? Le gouvernement chinois a repéré, il y a déjà quelques années de cela, une demande croissante de yuans vu l’ampleur des échanges de tous les pays du monde avec la Chine. Les autorités chinoises ne devaient pas faire trop d’efforts pour séduire des partenaires internationaux. Il leur était donc loisible d’imposer leurs conditions au capitalisme financier international dans un rapport de forces bien compris. Cette disposition d’esprit est caractéristique de la méthode dont le yuan s’est diffusé dans le monde. Examinons cet aspect des choses d’un peu plus près. Nous verrons que jusqu’à présent, l’ouverture de la Chine aux investisseurs internationaux est le fait des Chinois eux-mêmes sans pression de l’extérieur.

Remettre le politique aux commandes au-dessus de l’économique suppose une certaine pratique de la planification. Cette dernière n’a rien d’évident pour des générations d’Européens habituées, depuis des décennies, à la libéralisation des marchés financiers. Voilà pourquoi il s’avère intéressant de décrire dans le concret les voies et moyens selon lesquels Pékin administre sa monnaie.

Il existe non pas un mais deux marchés de changes pour les yuans. On trouve, d’une part, le yuan onshore (désigné par l’abréviation CNY dans la presse économique) et d’autre part, le yuan offshore (CNH). Le yuan onshore ne circule qu’à l’intérieur des frontières de la Chine. Il forme la plus grande part de la masse monétaire chinoise. C’est ce yuan qui est strictement encadré par les autorités chinoises. En vertu de ces dispositions, il est impossible de spéculer contre le yuan et partant, de déstabiliser l’économie chinoise dans le chef des capitaux étrangers. Ces derniers peuvent se rabattre sur le yuan offshore. Ce dernier ne peut être acquis qu’en dehors des frontières de la Chine.

La création en 2004 du yuan offshore démontre un grand sens de la planification de la part du gouvernement chinois. La mise en avant de cette monnaie s’est faite de façon progressive. Au départ, il n’était possible de la trouver qu’à Hong Kong puis Singapour. L’arrivée du yuan offshore dans les pays occidentaux est plus récente. C’est en 2014, par exemple, que le yuan offshore est arrivé en France. C’est la Banque de Chine qui a fixé le montant de yuans offshore qui circulera dans chacun des pays partenaires de la Chine dans l’internationalisation du yuan.

De cette façon, l’Empire du Milieu ne risque pas de voir des montants trop importants de yuans circuler en dehors du pays. Si tel était le cas, les paiements et les investissements auxquels donnent lieu le yuan offshore pourraient finir par submerger l’économie chinoise. A l’été 2018, on trouvait 1.250 milliards de yuans offshore en dehors de la Chine. Par comparaison, la masse monétaire en circulation en Chine était, à la même époque, de 180.000 milliards de yuans[10]. On fera également remarquer que le yuan offshore s’échange sans problème selon la loi de l’offre et de la demande. Vu les faibles quantités en jeu, cette disposition n’entraîne aucune conséquence pour l’économique chinoise et le cours administré du yuan onshore. Voici la répartition exacte des yuans offshore à travers le monde

Répartition des comptes libellés en Yuans offshore dans le monde en 2018 (milliards)

Source : Banque des Règlements Internationaux, novembre 2018.

Pour garantir que l’opération d’internationalisation du yuan se passe sans encombre, ce sont des banques d’Etat chinoises qui en assurent la promotion directement auprès du public. En Belgique, c’est la Bank of China, propriété intégrale du gouvernement chinois, qui s’acquitte de cette mission[11]. Cet impressionnant réseau de banques publiques, puisque c’est lui qui a accès aux yuans émis en Chine, fait respecter les règles imposées par la partie chinoise dans les paiements en yuans. Pour éviter que des flux à caractère spéculatif ne soient organisés, les envois de yuans entre particuliers sont prohibés.

Donc monsieur X à Anvers ne peut envoyer de fonds à Monsieur Y à Shanghai, lequel ne pourra pas spéculer à la Bourse en Chine pour le compte de Monsieur X et renvoyer à ce dernier son capital ainsi que sa plus-value (éventuellement minorée d’une commission). De surcroît, les banques publiques désignées par le gouvernement chinois pour promouvoir le yuan imposent une série de conditions à leurs homologues occidentales avec lesquelles elles mettent en œuvre la politique d’internationalisation du yuan.

Les entreprises occidentales désirant effectuer des transactions en yuans sont soumises à des conditions drastiques. Elles doivent certifier qu’elles sont opérationnelles et entretiennent des relations commerciales effectives avec la Chine. Ce qui signifie que les paiements en yuans depuis et en direction de la Chine continentale ne seront effectués que dans la mesure où un véritable besoin d’affaires est prouvé auprès des banques d’Etat chinoises qui servent d’intermédiaires entre la Chine et l’Occident. L’idée est là encore de protéger l’économie chinoise de mouvements spéculatifs. Par contre, si le lien avec l’économie productive locale est établi, la partie chinoise acceptera volontiers ce paiement qui rend, en fin de compte, la Chine moins dépendante du dollar. Un véritable besoin d’affaires est censé exister ipso facto si un client occidental possède une filiale ou un partenaire commercial en Chine continentale.

Le moins que l’on puisse dire est que la façon de procéder des autorités chinoises constitue un franc succès. « Le RMB est la 5ième monnaie pour le règlement des transactions internationales. En 2013-2014, environ entre 14 et 16 % du commerce de la Chine étaient réglés en renminbi (presque 0 en 2009) »[12]. On notera que cette internationalisation s’est produite alors que la Chine s’est attelée à régler une crise financière interne qui aurait pu, faute de traitement adéquat, porter un sérieux coup aux finances publiques du pays.

Comme quoi, un solide réseau de banques publiques et un Etat limitant l’activité des marchés constituent d’évidence de bien meilleures méthodes que la libéralisation financière et la dérégulation. Cette leçon mérite d’être méditée alors qu’une nouvelle déflagration financière pointe à l’horizon en Europe et aux Etats-Unis…

________________________________________
[1] Observatory of Economic Complexity, janvier 2019.
[2] Bloomberg, 9 janvier 2019.
[3] Bloomberg, ibid.
[4] Robert Triffin, Gold and the Dollar Crisis : The future of convertibility, Yale University Press, New Haven (Conecticut), 1960.
[5] Banque Mondiale, janvier 2019.
[6] Banque Centrale Européenne, juin 2018
[7] Catherine R. Schenk, The Retirement of Sterling as a Reserve Currency after 1945. Lessons for the US Dollar, University of Glasgow, pp.9-10.
[8] Chine Magazine, 19 mai 2015.
[9] Caixa Bank, monthly report, 2 septembre 2013.
Url : http://www.caixabankresearch.com/en/13im09_f1-es. Date de consultation : 30 janvier 2019. Calculs propres.
[10] Banque mondiale, China Money Supply M2, août 2018.
[11] L’Echo, 14 février 2011.
[12] Lahet, Delphine. « Le degré d’internationalisation du Renminbi. Un bilan d’étape fondé sur une revue de la littérature », Revue d'économie politique, vol. vol. 127, no. 5, 2017, pp. 761-811.

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
11930 messages postés
   Posté le 02-08-2019 à 18:31:42   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La guerre des devises ne peut qu'entraîner l'effondrement du dollar américain


Par Hu Weijia Source: Global Times Publié le 2019/8/1 21:13:40
http://www.globaltimes.cn/content/1160042.shtml

La Réserve fédérale américaine a abaissé mercredi sa fourchette cible de taux des fonds fédéraux de 25 points de base, alors même que l'économie américaine connaissait la plus longue expansion jamais enregistrée. Cependant, le président américain Donald Trump peut difficilement se contenter d'une réduction de 25 points de base et il est susceptible de maintenir la pression sur la Fed pour obtenir quelque chose de plus substantiel.

Trump a tweeté en mai que "ce serait la fin de partie, nous gagnerions" si la Fed faisait un "match" pour réduire les taux d'intérêt. Ce n’est un secret pour personne que Trump veut injecter de l’argent dans le système financier pour soutenir l’économie américaine. Maintenant, Trump est sur le point de mener une guerre des devises et il semble que la Fed puisse difficilement l'arrêter.

Pékin est parfaitement préparé si Trump cherche une guerre des devises avec la Chine. Les baisses de taux d'intérêt ne sont pas les seuls outils à la disposition des décideurs américains pour affaiblir la devise américaine. En 1985, les États-Unis ont signé l'accord avec le Japon, l'Allemagne de l'Ouest, la France et la Grande-Bretagne afin de déprécier artificiellement sa monnaie face au yen. Cependant, une intervention monétaire de type Plaza Accord semble hautement improbable aujourd'hui. Une guerre monétaire est vouée à l'échec dans l'économie mondiale d'aujourd'hui.

Trump n'aime pas que les Etats-Unis aient des déficits commerciaux. Il est compréhensible qu'il prône une politique du dollar faible, car une dépréciation du dollar peut gonfler les exportations américaines et ainsi réduire le déficit commercial. Une guerre des devises pourrait aider Trump à atteindre l'objectif de réduction du déficit commercial américain à court terme,

La prédominance du dollar américain dans le système monétaire mondial a jeté une base solide pour l'intervention monétaire de Plaza Accord. Cependant, la situation a considérablement changé depuis ce temps, l’émergence de l’euro, du yen et du yuan comme monnaie de réserve mondiale ayant brisé la domination du dollar américain dans le système monétaire. Si Trump continue d'entraîner le dollar américain dans une guerre monétaire, une dépréciation rapide fera complètement perdre au dollar américain son rôle dominant créé par le système de Bretton Woods.

Le privilège exorbitant du dollar américain a longtemps été un levier extraordinaire pour l'économie américaine, mais maintenant, Trump semble vouloir renoncer à ce privilège en échange d'une réduction temporaire du déficit commercial. Une guerre des devises entraînera un effondrement du dollar américain. La Chine est disposée à prévenir les risques éventuels découlant de la guerre des devises.

L'auteur est journaliste au Global Times. bizopinion@globaltimes.com.cn

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Haut de pagePages : 1 - 2 - 3Page précédente 
 
 Forum Marxiste-Léniniste  Théorie  l'impérialisme, le Tiers Monde et la Chine  une nouvelle monnaie pour le monde ?Nouveau sujet   Répondre
 
Identification rapide :         
 
Divers
Imprimer ce sujet
Aller à :   
 
créer forum