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 Mélenchon et la destruction du PCF

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Xuan
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   Posté le 28-04-2022 à 13:29:13   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Mélenchon poursuit l'objectif de Mitterrand de destruction du PCF et de tout ce qui peut rappeler le communisme.
On lira dans l'Huma blanche un résumé de ses objectifs immédiats :



Législatives. Jean-Luc Mélenchon : «La lutte reprend: on peut conquérir le pouvoir»


Le candidat FI, qui a réuni 22% des voix au premier tour de la présidentielle, appelle la gauche à bâtir une «fédération» pour remporter la majorité aux scrutins des 12 et 19 juin. ENTRETIEN

https://www.humanite.fr/politique/jean-luc-melenchon/legislatives-jean-luc-melenchon-la-lutte-reprend-peut-conquerir-le-pouvoir-748299?fbclid=IwAR1DELvm2z4H1AUBjU4lZj0Ap6s7KVx2n1lBGJ3OqU1SXhCslTfOStBOoFk
Publié le

Jeudi 28 Avril 2022
Maud Vergnol
Diego Chauvet
Julia Hamlaoui

Dans l’entre-deux-tours, le candidat de l’Union populaire a lancé un appel à faire des élections législatives le «troisième tour» de la présidentielle et à l’«élire premier ministre». Marine Le Pen désormais battue, Jean-Luc Mélenchon, qui fait «le pari qu’il n’y aura pas de prime au président si mal élu» , estime nécessaire d’ «unifier le maximum de forces» pour l’emporter. Alors qu’un accord est en cours de négociation à gauche (lire ici), il détaille les objectifs de la France insoumise.

Vous appelez les citoyens à vous élire premier ministre. Comment les convaincre qu’une victoire est possible aux législatives?

La présidentielle a recomposé le paysage politique en faisant émerger trois blocs politiques à peu près égaux: le bloc libéral, qui inclut la droite traditionnelle, celui d’extrême droite et enfin ce que nous avons appelé le bloc populaire. Ce dernier est le résultat d’une stratégie, dont le début est dans le Front de gauche de 2012, d’une construction patiente qui a aggloméré successivement plusieurs pans de la population autour d’une idée portée par «l’Avenir en commun». C’est un bloc social, celui des déshérités, et un bloc cohérent sur les mesures de rupture avec le capitalisme. La présidentielle n’a pas fait naître une véritable majorité politique. Tous les voyants de la crise démocratique restent allumés, comme tous ceux de la crise écologique et sociale. Ça fait beaucoup. Ceux qui ont porté ma candidature ressentent une frustration d’avoir raté la marche du second tour à 420000 voix. Nous aurions pu le faire si nous avions été organisés comme avant dans une alliance avec les communistes. Mais ce n’est pas une frustration résignée. Car, avec ce troisième tour, la lutte reprend: on peut conquérir le pouvoir. L’enjeu est immense: tous ceux qui attendaient l’augmentation du Smic ou la retraite à 60 ans en savent quelque chose. Le dernier élément clé, c’est notre capacité à démontrer qu’on fait tout ce qu’on peut pour unifier le maximum de forces.

Les macronistes persiflent sur un tel scénario de cohabitation avec vous, expliquant que c’est impossible compte tenu de la logique du calendrier électoral de la Ve République. Que leur opposez-vous?

C’est vrai quand l’élu gagne à la loyale avec un vrai choix. Mais c’est la troisième fois qu’on fait le coup au pays du vote par contrainte. En 2007, trois quarts des électeurs étaient représentés par les candidats du second tour, là c’est à peine un tiers des inscrits. L’abstention a progressé et le gagnant a perdu presque 2 millions de voix par rapport à l’élection précédente. C’est un gouffre. Je fais le pari qu’il n’y aura pas de prime au président si mal élu.

Certains vous reprochent de personnaliser les législatives et ainsi de participer aux travers de la Ve République…

J’ai même entendu dire que c’était dévaloriser les élections législatives que de les qualifier de troisième tour de la présidentielle. C’est exactement l’inverse: il s’agit d’élever l’enjeu d’une élection considérée comme une formalité administrative au niveau de la présidentielle. C’est déjà un peu de la VIe République dans la Ve.

À quoi ressembleraient vos premiers jours à Matignon?

La retraite à 60 ans, le refus du RSA-travail forcé, la réduction des écarts de salaires, l’allocation dignité, la garantie d’autonomie des étudiants… Il s’agirait aussi, en discussion avec le président de la République, d’obtenir soit un processus constituant, soit, si c’est impossible, le RIC (référendum d’initiative citoyenne – NDLR) et le référendum révocatoire par la négociation entre les deux Chambres. Les marqueurs essentiels de la présidentielle se retrouvent dans le programme des législatives. Et cela non parce que nous voudrions être «hégémoniques», mais parce que nous avons passé vingt mois de campagne à convaincre, jour après jour, par des milliers de rencontres.

Quelles seraient vos marges de manœuvre dans le cadre d’une cohabitation avec Emmanuel Macron?

La Ve République est l’enfant de circonstances: on sortait d’un régime d’Assemblée, d’une crise nationale épouvantable liée à la décolonisation et de Gaulle a mis ses œufs dans plusieurs paniers. Si bien que la Constitution donne à la fois un rôle absolument extravagant au chef de l’État mais elle confère aussi beaucoup de pouvoir au premier ministre. L’article 20 dit même qu’il «détermine et conduit la politique de la nation».

Deux mois après l’invasion russe, la guerre en Ukraine s’enlise et fait craindre le pire. Quelles initiatives prendre en faveur de la paix?

La guerre, dont Poutine porte la responsabilité entière, est un tremblement de terre géopolitique dont on n’a pas encore mesuré toutes les conséquences. Dans un premier temps, il faut obtenir de la Russie la fin des combats et l’évacuation du territoire ukrainien. Les sites nucléaires doivent aussi être protégés, et le premier ministre peut proposer d’y envoyer les casques bleus, et, s’il le faut, tous français. Ensuite, on ne peut pas parler de sanctions économiques sans dire les moyens de s’en protéger nous-mêmes. Nous ne pouvons nous passer ni de gaz ni de pétrole. Il faut donc penser des alternatives, par exemple avec l’Algérie pour un pacte blé contre pétrole et gaz. Nous avions affirmé, nous, Français, que jamais plus l’Europe ne serait le théâtre d’une guerre et que la dissuasion nous en protégerait. Mais la guerre a lieu, et nous n’avons rien pu faire! Un énorme défi nous est lancé. Ma politique reste celle d’un non-aligné. Les Français n’ont pas intérêt à aller s’enferrer dans tous les combats du monde sans avoir décidé par eux-mêmes ce qui est le plus conforme à leur intérêt.

Vous appelez à «élargir l’Union populaire». Que proposez-vous concrètement aux autres forces politiques?

Le vote a tranché au moins une question: qui de la rupture ou de l’accompagnement du néolibéralisme est majoritaire à gauche. Ça donne un cap, une orientation générale. Et les citoyens ont autant voté pour le programme que pour un candidat. «L’Avenir en commun» est un programme de rupture. Il est héritier des luttes de la société française. C’est un prolongement de «l’Humain d’abord», programme du Front de gauche en 2012. Sa mise à jour à travers les combats parlementaires s’est faite souvent avec des votes convergents des socialistes, et dans 98% des cas des communistes. Les différences entre notre programme et celui des communistes ne sont pas si importantes qu’elles justifient la séparation imposée par la campagne présidentielle.

Ensuite, ce n’est pas un accord électoral que nous proposons, même s’il est inclus. C’est un accord programmatique sans lequel il ne peut y avoir d’accord électoral. Nous voulons un programme qui nous permette de gouverner. Ce que nous proposons n’est pas l’ancienne union de la gauche. Il s’agissait alors d’un parti dominant sans aucune structure de médiation avec les autres. Nous proposons que chacun ait un groupe parlementaire, et en même temps un intergroupe. Et un Parlement commun sur le mode de l’Union populaire actuelle. Une fois d’accord, on peut ainsi continuer à tenir la ligne pendant cinq ans. Avec le vocable «union de la gauche», on reste enfermé dans la logique de la collection des logos et du commandement politique vertical. L’Union populaire est une démarche sur un programme. Elle donne une méthode qui permet à chaque organisation de rester elle-même et au peuple d’entrer en action. Je parle ici d’une fédération, ou d’une confédération, qui crée un cadre commun, un programme partagé, un Parlement commun.

En 2017, vous estimiez que le rassemblement des forces de gauche représentait un repoussoir. Qu’est-ce qui a changé depuis?

Rien. Mais notre score a tranché. Il faut tourner la page et jeter la rancune à la rivière. Ou bien les masses tranchent les problèmes par le vote, ou bien on reste coincé dans les conflits. Ce ne sont pas nos arguments qui changent la réalité, c’est la pratique. Si les communistes aujourd’hui acceptent l’accord qu’on leur propose, ils sont les bienvenus et on travaillera ensemble.

Cette présidentielle confirme une recomposition politique en trois blocs. Élément majeur de ce scrutin, le centre de gravité de la gauche s’est déplacé d’un social-libéralisme à une gauche de transformation sociale. Comment analysez-vous cette première victoire idéologique et comment la faire fructifier ?

En 2017, on avait déjà gagné. Mais comme tout avait l’air accidentel, y compris le surgissement de Macron, beaucoup n’ont pas vu ce que signifiait l’effondrement des deux partis traditionnels qu’étaient LR et le PS. En France, l’un des pays au centre du capitalisme mondial, la gauche radicale a été à deux doigts d’arriver au second tour. Ce progrès n’est pas définitif, mais le scénario à l’italienne de l’éradication de la gauche de rupture est derrière nous. D’autant que, dans l’intervalle, les sociaux-libéraux ont perdu la capacité d’entraînement de la société. La composition sociale du centre gauche l’empêche d’entraîner les classes populaires dans une illusion collective libérale du mieux-être pour demain. C’est aussi une raison pour laquelle l’alliance avec les communistes est si importante. La culture communiste est une culture de rupture avec le capitalisme. Nous avons ce socle en commun, et il est très important qu’il soit le plus fort possible.

En ce qui concerne la gauche, elle a toujours existé, et elle existera toujours. Toute ma vie est liée à la gauche. Mais j’ai proposé de laisser ce mot en friche, c’est-à-dire d’attendre qu’il manifeste une nouvelle fécondité. Nous n’y sommes pas encore. Ce qui faisait notre force auparavant, c’étaient des masses concentrées: des ouvriers dans des usines, des statuts de la fonction publique regroupant des millions de personnes. Un acteur nouveau joue ce rôle central aujourd’hui: le peuple. Avec des penseurs communistes, on s’est un peu accrochés sur le concept de peuple. Mais je veux en discuter. Le XXIe siècle a besoin d’une théorie matérialiste de la révolution citoyenne, objectif commun de nos deux organisations.

Douze millions d’électeurs ne sont pas allés voter au premier tour. Une partie des classes populaires, notamment celles des territoires ruraux ou désindustrialisés, s’est davantage tournée vers l’abstention et l’extrême droite…

Il y a en effet un quatrième bloc abstentionniste. Il contient différentes composantes: les mal-inscrits – plusieurs millions tout de même –, et d’autres qui ne votent pas en estimant que ça ne sert à rien. Que leur vote n’a jamais changé leur vie. Difficile de leur donner tort. La gauche des 35 heures commence à dater. Le programme commun, c’est Vercingétorix pour les plus jeunes. Nous avons un travail acharné à mener. Je n’adhère pas au concept de «France périphérique», selon laquelle les citoyens sont réductibles à leur adresse. Comme ils ne le sont pas à leur religion. Ils sont tout cela à la fois et bien d’autres choses. Quant à l’extrême droite, beaucoup de citoyens pensent qu’elle est le plus gros bâton pour taper Macron. Il faut être présent sur le terrain comme nous contre l’imposture sociale du RN. Cessons de mythifier les classes sociales en leur attribuant une pensée automatique. En effet, le vote Le Pen au second tour a représenté pour certains un «vote de classe». Ils ont été encouragés à ça. Notamment par ceux qui ont aboyé avec les loups contre les musulmans ou nié les violences policières! Ils ont aussi mené une guerre stupide contre les outils intellectuels nous montrant comment la question des discriminations religieuses pouvait croiser celle de la classe sociale: l’intersectionnalité, tournée en dérision par des ignorants. Ils n’ont jamais lu Frantz Fanon! Rompre les consensus pourris, comme ceux-là, cela fait partie de nos tâches. L’intersectionnalité est un outil pour comprendre le réel, comme le matérialisme.

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Déjà on peut observer que la cohabitation pour lui C’est déjà un peu de la VIe République dans la Ve
La retraite à 60 ans avait déjà été l'argument de campagne de Hollande, en taisant soigneusement le nombre d'annuités de cotisation.
Il prétend que le "peuple" doit occuper le rôle central et non la classe ouvrière, que l'objectif commun avec le PCF est une "révolution citoyenne" , c'est-à-dire sans contenu de classe, l'attrape-mouche déjà utilisé par l'extrême droite pour abuser les gilets jaunes

Sur la guerre en Ukraine il ne dit rien de la progression de l'OTAN vers la Russie et de la menace que représente l'alliance belliciste US. En conséquence l'arrêt des combats ne débouche absolument pas sur une paix durable.
Il ne remet pas en cause les sanctions économiques mais prétend remplacer le gaz russe par celui d'Algérie.

Enfin l'élargissement dont il parle consiste à rallier les autres à son propre programme, c'est-à-dire à s'en servir comme colleurs d'affiche et distributeurs de tracts.



Edité le 28-04-2022 à 15:15:14 par Xuan




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   Posté le 28-04-2022 à 13:46:14   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Si ce programme électoral réussit, Mélenchon pourra ressusciter Jack Lang, éternel optimiste et créateur de la fête de la Musique le 21 juin 2022. En plus, cette fête est gratuite et le beau Jack ne doit pas être débordé dans ses responsabilités actuelles.

À compter du 20 juin, on pourra rêver, les nuits rallongent.

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Xuan
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   Posté le 28-04-2022 à 15:26:13   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le principe des présidentielles précédant les législatives a déjà été dénoncé de long en large par tous ces charlots, il s'agit de profiter du premier résultat pour assurer le second.
Il n'y a aucune raison pour que les perdants deviennent des gagnants.

Avec des mots ronflants Mélenchon brasse toutes les définitions et tous les objectifs, et les transforme en bouillie.

Ici l'objectif - s'il réussissait - est de faire élire un fusible, mais surtout de conforter l'avance de Mélenchon sur la "gauche", en profitant aussi de ses divisions, pour en faire le chefaillon incontesté, comme Mitterrand.

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   Posté le 28-04-2022 à 18:23:56   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

La principale faiblesse de Mélenchon et de ses proches reste l'évaporation des militants et des électeurs communistes qui servaient de réserve lors des élections prêchant l'union de la gauche.

Avec un score de 2% pour le PCF, les réserves de voix disponibles pour l'union dite populaire sont quasi nulles, les accords d'état-major en cours ne changeront pas la situation qui est l'aboutissement d'un long déclin de l'influence des forces de contestation sociale.

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   Posté le 28-04-2022 à 22:47:13   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'opération premier ministre de Macron et cohabitation-prélude à la 6e république vise à phagocyter le reste de la gauche, et notamment le PCF.
Réaction timide de Roussel :



AFP, publié le jeudi 28 avril 2022 à 09h39

Les discussions avec LFI autour d'un accord en vue des législatives "piétinent", a regretté jeudi le chef de file des communistes Fabien Roussel, réclamant que les communistes, les insoumis, les socialistes et les écologistes se réunissent pour "lever les points de blocage".

"A ce stade", les discussions avec les insoumis "piétinent. Cela n'avance pas assez vite parce que nous n'avons pas le sentiment que toutes les conditions sont réunies pour enclencher cette dynamique" de rassemblement, a déclaré Fabien Roussel sur Public Sénat.
"Ce qui manque, c'est qu'on arrive à passer d'un ralliement à l'Union populaire avec un logo et un homme à un rassemblement qui respecte l'ensemble des forces et qui nous permette d'enclencher une dynamique" , a-t-il insisté.
"Ca ne peut pas être +ralliez-vous à mon programme, ralliez-vous à mon logo et avec un objectif, élisez-moi Premier ministre+" , a-t-il estimé.
Il a appelé à "se rassembler derrière un label commun que nous pourrions construire ensemble" , et à "définir ensemble un contrat de législature" , en mettant "de côté ce qui fait nos différences et sur lequel nous n'arriverons pas à nous entendre" .
Pour lui, ce contrat de législature doit permettre de " se mettre d'accord sur les dix propositions que nous nous engageons à mettre en oeuvre dès le mois de juillet" , comme la hausse des salaires et du Smic, le blocage des prix, ou l'abrogation de la loi El Khomri.
Ce contrat doit rassembler sur "deux ou trois pages les points sur lesquels nous pouvons nous retrouver" et "pas sur 300 pages" , a-t-il insisté en référence au programme de La France insoumise.
Mais pour cela, Fabien Roussel demande que "nous arrivions à nous rencontrer ensemble, les quatre forces politiques" , pour " lever les différents points de blocage qui existent aujourd'hui" , alors que pour l'instant, seules des discussions bilatérales ont eu lieu avec les insoumis.

Concernant la répartition des circonscriptions, il a estimé qu'" on est loin du compte. Aujourd'hui, nous ne pourrions pas nous présenter dans 90% du territoire français, donc vous imaginez bien que concrètement ce n'est pas possible" .
Il a enfin critiqué l'affiche de campagne de La France insoumise pour les législatives, qui met en avant son leader Jean-Luc Mélenchon et l'inscription "Premier ministre" .
"Nous qui luttons pour une nouvelle République et contre le présidentialisme des élections, je regrette qu'on présidentialise aussi les élections législatives et que l'on présidentialise à ce point le Parlement" , a-t-il déploré.

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   Posté le 29-04-2022 à 04:59:50   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Roussel : le secrétaire des "regrets", heureusement qu'il soutient le gouvernement ukrainien avec son bidule bleu et jaune à la boutonnière. Autre forme du "regret" d'être contrarié par les héritiers du modèle longtemps soutenu par son parti.
Complètement nul!

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Xuan
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   Posté le 29-04-2022 à 16:56:09   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Lettre du Comité Exécutif National du PCF aux insoumis :

https://www.facebook.com/photo/?fbid=1156450391757907&set=pcb.1156450471757899

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   Posté le 29-04-2022 à 17:00:26   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

A noter la réaction de Hollande, qui en dit long sur la division de la gauche mais surtout sur la décomposition du PS.
Une mention spéciale sur la retraite à 60 ans :

Législatives : François Hollande met en garde contre «une disparition» du PS en cas d’accord avec LFI

Selon l’ex-président socialiste, LFI prévoirait l’effacement du PS aux élections législatives de juin.
afp

Publié: 28 Avril 2022 à 11h07 Modifié: 28 Avril 2022 à 11h07 T
https://www.lavoixdunord.fr/1172284/article/2022-04-28/legislatives-francois-hollande-met-en-garde-contre-une-disparition-du-ps-en-cas?referer=%2Farchives%2Frecherche%3Fdatefilter%3Dlastyear%26sort%3Ddate%2Bdesc%26word%3DHollande


Ce serait «une remise en cause de l’histoire même du socialisme, de François Mitterrand et ses engagements européens, de Lionel Jospin et sa crédibilité économique et ses avancées sociales» , a-t-il alerté sur franceinfo, disant son souhait de voir cet éventuel accord «revu ou repoussé de manière à ce que le Parti socialiste puisse, avec ses partenaires écologistes, communistes, commencer à envisager une autre union».
«Ce n’est pas une discussion qui est en cause, c’est une disparition. Discuter c’est nécessaire, disparaître c’est impossible»
, a-t-il souligné au lendemain de premiers échanges du PS avec LFI (où il était présent, d’après Politico). LFI négocie par ailleurs avec EELV et le PCF en vue du scrutin des 12 et 19 juin.

«Je pense que cet accord ne sera pas accepté car il est précisément inacceptable» , avec «pour la première fois dans l’histoire de la gauche (...) la disparition de toute candidature socialiste dans les deux tiers ou les trois quarts des départements» , a souligné M. Hollande.

Il sonne la charge contre Olivier Faure
«Jamais dans l’histoire de la gauche on a eu ce type de comportement, y compris quand le Parti socialiste faisait 25-30% et ses alliés, supposés ou réels, faisaient 5-6%» , a-t-il fait valoir.
Or «dans l’état actuel des négociations», «le prochain gouvernement (s’il était dirigé par LFI, ndlr) serait amené à mettre en cause les traités européens, à leur désobéir (...), à quitter l’Otan, n’aiderait plus les Ukrainiens en leur fournissant des équipements militaires» , porterait la retraite à 60 ans alors que «tout le monde sait que c’est impossible financièrement» , a-t-il dénoncé.

Alors que le premier secrétaire du PS Olivier Faure a enjoint mardi ceux qui ne seraient pas d’accord de quitter le parti, François Hollande a jugé que c’était «une curieuse manière». «Le premier devoir d’un responsable politique qui dirige une formation, c’est de rassembler d’abord les siens avant de penser se rassembler avec les autres» , a-t-il ajouté.

Et s’il a reconnu avoir «forcément une part de responsabilité» dans l’état actuel du PS, l’ancien numéro un du PS de 1997 à 2008 a déploré que «depuis cinq ans», son parti n’ait pas engagé de «travail programmatique» .
François Hollande a aussi pointé du doigt le fait que le PS soit «sans incarnation» , soulignant ne pas parler d’Anne Hidalgo mais de «la direction du PS»: «un chef se présente d’abord devant les électeurs» et il y avait pour cela «les élections européennes, régionales, pour entraîner les autres» , a-t-il remarqué, ciblant encore Olivier Faure sans jamais le nommer.


Et parallèlement la réponse de Faure dans le style je me couche:

https://www.lavoixdunord.fr/1172670/article/2022-04-29/legislatives-la-direction-du-parti-socialiste-souscrit-aux-propositions-de-lfi?referer=%2Farchives%2Frecherche%3Fdatefilter%3Dlastyear%26sort%3Ddate%2Bdesc%26word%3DHollande


Edité le 29-04-2022 à 17:07:12 par Xuan




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Le seuil de 12,5% des inscrits au premier tour pour se présenter au second tour est une excellent disposition pour faire disparaître du cinéma parlementaire tous les cadres des groupuscules ayant formé l'union de la gauche dont la principale réussite est le renforcement régulier du Front National et l'installation, renouvelée en 2022, des européistes dirigés par Macron et Bayrou.
La traversée du désert et la réduction des moyens financiers consécutifs aux résultats de juin 2022 permettront aux militants sincères :
- de se regrouper pour développer une organisation basée sur la lutte des classes, ceux-d-en-bas s'occupant des affaires de ceux-d-en-haut, la souveraineté nationale en se dégageant de l'UE, de l'OTAN par un programme de paix et de non intervention dans les pays étrangers, africains et DOM-TOM;
- de dégager du paysage politique tous les cadres dirigeants ayant profité du système depuis 1981, aussi bien socialistes que communistes "unitaires".
Bien évidemment, rien à attendre des magouilles en cours avec les suiveurs de Mélenchon, un prochain Tzipras français s'il est "nommé" premier ministre par Macron 2.
Ce qui est hautement improbable.

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   Posté le 30-04-2022 à 14:13:18   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les trois raisons du troisième échec de Jean-Luc Mélenchon


27 AVRIL 2022
par Pierre Alain Millet


https://histoireetsociete.com/2022/04/28/les-trois-raisons-du-troisieme-echec-de-jean-luc-melenchon/

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   Posté le 03-05-2022 à 08:55:22   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

A noter : l'accord entre LFI et les verts de gris indique :

Le communiqué évoque aussi "la mise en place d'une véritable planification écologique" et "l'instauration d'une VIe République" . Surtout, un long passage est consacré à l'Union européenne, l'un des principaux points de discorde entre les deux partis. Le compromis trouvé souligne que "l a France ne peut avoir pour politique ni la sortie de l'Union, ni sa désagrégation, ni la fin de la monnaie unique" . En revanche, conformément aux souhaits de LFI, il faudra être "prêts à désobéir à certaines règles européennes (en particulier économiques et budgétaires)" pour permettre l'application du programme.

Malgré les coups de gomme, tout indique que l'accord n'est pas collectif mais différencié selon l'interlocuteur. Il en résulte une union de bras cassés au service de LFI et sans programme commun de fait.

Pas un mot sur l'OTAN, pas un mot sur l'Ukraine.

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   Posté le 03-05-2022 à 09:36:45   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Qui peut accorder le moindre crédit à ces accords d'état-major de groupuscules tous alignés derrière la politique de l'OTAN et de l'UE?

Ces textes sont du bla-bla qui ne sera ni lu par les prochains électeurs ni suivi dans les faits par les futurs élus qui risquent de ne pas être très nombreux, vu la période de soumission qui s'ouvre devant cette fumeuse union populaire écologique et sociale.

Heureusement, en politique, le ridicule ne tue pas, et l'apport des communistes de F. Roussel va encore "monter" le niveau, à la hauteur de souvenir du Front Populaire...seulement des bons souvenirs qu'A. Hidalgo, fille de républicains espagnols, passera sous silence en n'intervenant pas!

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Xuan
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   Posté le 04-05-2022 à 13:36:27   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Au vu des échos sur les réseaux, les communistes qui se sont mis en quatre pour leur candidat vivent cet "accord" comme une nouvelle trahison de la clique Laurent, une négation du dernier congrès et une mise en boite de Roussel.
Ils sont remontés comme des pendules et le radis rouge peut courir pour récupérer leurs voix, quelles que soient les consignes.

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La question la plus évidente qui se pose est :
Mélenchon veut-il et peut-il seulement devenir le premier fusible de Macron, ou bien achever la "mort et le néant" du PCF ?
Il est clair qu'il est beaucoup plus simple de récolter les voix des derniers naïfs là où LFI se présente, et de lâcher tout simplement les candidats du PCF ailleurs.
On peut aussi se demander si les liquidateurs du PCF ne sont pas ici en train de scier les branches où ils sont perchés.

https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/v/t39.30808-6/279449542_10217021465847735_4344234232978304782_n.jpg?_nc_cat=111&ccb=1-5&_nc_sid=8bfeb9&_nc_ohc=2hy3sBIVo5AAX-OVYF9&_nc_ht=scontent-cdg2-1.xx&oh=00_AT-mrfnq0LcTYRONqocMUPNGoCwTDoISD2I92Pqx0Byftg&oe=6277D502


Edité le 05-05-2022 à 18:18:00 par Xuan




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pzorba75
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   Posté le 05-05-2022 à 14:22:42   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Qui en mai 2022 peut accorder le moindre crédit aux dirigeants du PCF? Les trois derniers secrétaires en chef (R. Hue, MG. Buffet et P. Laurent) ont toujours lâché leurs engagements en se rabattant sur les mirages de l'union avec les socialistes, la probabilité que F. Roussel suive la même trajectoire est grande, eu égard au faible score électoral de la présidentielle et à la campagne pour refaire un Front Populaire.

Le vrai problème de 2022 pour les dirigeants communistes est la disparition du parti socialiste, en fait sa mutation dans l'ordre libéral et européiste que Macron a tissé depuis qu'il est au pouvoir, sous Hollande comme secrétaire général adjoint à L'Elysée. Et faire l'union avec un ensemble vide, ça n'apporte pas grand chose.

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Xuan
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   Posté le 07-05-2022 à 09:31:33   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L’accord passé avec LFI, et la campagne dithyrambique de l’Humanité sur « la gauche renoue avec ses fondamentaux », la « clarification des idées », « l’union pour gagner l’assemblée » etc. ont soulevé une nouvelle tempête de critiques et de questions. Une seule se pose à mon avis :

Mélenchon veut-il et peut-il réellement devenir le premier fusible de Macron, ou bien tout simplement achever « la mort et le néant » du PCF ?
Un objectif beaucoup plus simple et réaliste consisterait là où LFI se présente à récupérer gratuitement les voix des derniers naïfs de l’Union Populaire, et laisser les candidats du PCF se débrouiller tous seuls. Après tout les Insoumis ont déjà rejeté sur la candidature Roussel la responsabilité de leur échec au premier tour. Ils ont eu tout le temps de ruminer cette « trahison », pourquoi feraient-ils des cadeaux à présent ?

Il existe une indication sur le sens de cette « union », c’est qu’elle s’est faite à huis clos, à l’insu des masses et à travers des accords bilatéraux ; de sorte qu’elle n’est pas le fruit d’un accord collectif ni d’un programme commun. En fait il n’y a aucun objectif commun et les contradictions demeurent, à peine dissimulées derrière des slogans creux.
Ce n’est pas une union « populaire » mais un accord électoral pour répartir les sièges, et au prorata des résultats des présidentielles c’est-à-dire au profit du plus gros score, celui de Mélenchon, qui devient le chef incontesté de toute la gauche.

Les vieux renards du PS ont parfaitement compris que leur sort est scellé, mais il ne pouvait en être autrement. Plusieurs socialos ont maintenu leur candidature malgré « l’accord » et les menaces d’exclusion. Mais de toutes façons le rejet populaire les condamne à l’effacement et plus personne n’a besoin d’eux. Vae victis !

Dans le PCF, les liquidateurs - et peu importe leurs intentions - ont tout fait pour privilégier cette issue. S’ils scient ainsi les pieds de leurs propres fauteuils, espèrent-ils quelque poste dans le parti gazeux ? Ils n’ont pas respecté les conclusions du dernier congrès. Roussel les avait-il lui–même respectées en maintenant Laurent et les membres de la commission internationale à des postes de décision ?
C’est de leur part une façon de préparer le prochain congrès : acter l’échec d’une candidature indépendante et ramener les reliquats du PCF dans les ornières de la gauche de gouvernement.
Les communistes doivent-ils attendre le prochain congrès pour entamer le débat sur tous ces sujets, ou bien prendre les devants comme l’a fait Poutine ?


L’enjeu des ces tripatouillages paraît bien dérisoire. Mais si on lève à peine le nez pour considérer les circonstances il en va autrement.
D’abord la crise sanitaire et la guerre des sanctions ont laminé tout espoir de rebond européen. A plusieurs reprises les contradictions européennes se sont affichées. L’inflation pèse sur les peuples et elle va s’alourdir davantage. Naturellement la colère accumulée devra trouver une issue.

Nous savons que l’OTAN a déjà initié la 3e guerre mondiale. Les instructeurs et les armes ont été envoyés en Ukraine bien avant l’intervention de la Russie. La guerre n’est pas déclarée mais elle a déjà commencé par l’appropriation des actifs russes, l’exclusion du système swift, l’interdiction des banques, l’envoi des armes et des formateurs, les sanctions économiques…
Et comment ces sanctions pourraient-elles se justifier à fonds perdus ? Uniquement pour sauver Zelenski et sa clique de néo nazis ? Ou bien seulement pour se plier aux desiderata de Joe Biden ?
Zelenski n’est qu’un pion. Déjà la Pologne calcule quelle part de l’Ukraine lui reviendra.
L’OTAN et l’UE poursuivent des objectifs bellicistes et des intérêts communs. Faire plier la Russie et briser l’unité de l’Eurasie, recréer encore plus à l’est un espace colonisé.
Les médias ont déjà quotidiennement pratiqué le lavage des cerveaux mais ce n’est pas assez. Il manque encore l’unanimité assurée des partis politiques ou leur bannissement, ainsi que l’achèvement de la mise au pas dans les réseaux sociaux.

Bien qu’on ne puisse pas comparer cette guerre et celle de 14-18, un épisode doit être rappelé.
Le 27 juillet 1914 la CGT manifestait contre la guerre. Le lendemain la SFIO publiait le manifeste « À bas la guerre ! Vive la république sociale ! Vive le socialisme international ! ».
Le 4 août, jour de l’enterrement de Jaurès, les députés de la SFIO votaient à l’unanimité les crédits de guerre et l’état de siège restreignant les libertés, tandis que Jouhaux annonçait le ralliement de la CGT à l'Union Sacrée.

Est-ce que je me fais un film ? Mélenchon est-il d’une autre trempe que Mitterrand ? Est-ce que la petite-bourgeoisie insoumise pourrait se dresser face à la guerre, ceinte de son écharpe tricolore, en s’exclamant « la république c’est moi ! » ?
Mais alors comment aurait-elle pu signer un accord de gouvernement avec les atlantistes vert-de gris et les socialos tout en maintenant la moindre opposition au conflit ? Ce que l’on sait de cet accord dit de la guerre en Ukraine :
« Enfin, dans un contexte international de tensions et de guerre sur le continent européen et face aux atrocités décidées par Vladimir Poutine, nous défendons la souveraineté et la liberté de l’Ukraine. Par ailleurs, nous continuons à travailler nos convergences pour trouver les voies et moyens afin de rétablir la paix et préserver l’intégrité territoriale de tous les pays »
https://lafranceinsoumise.fr/2022/05/04/accord-entre-la-france-insoumise-et-le-parti-socialiste-pour-les-prochaines-elections-legislatives/

Il faut aller à contre-courant. Les peuples ne veulent pas la guerre. Ils en souffrent déjà.

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   Posté le 07-05-2022 à 10:44:32   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

L'histoire des guerres inter impérialismes apprend qu'à l'issue de chacune des guerres surviennent des événements complètement imprévus lors du déclenchement du conflit armé. En 1971, ce fut la Commune de paris et les communes dans d'autres villes, moins de 3 mois de pouvoir "révolutionnaire", on en reparle encore et certains avec effroi. En 1918, la révolution bolchévique et la grande peur en Allemagne, cent ans après les mêmes qui espéraient l'écrasement en ont encore peur. En 1945, l'éclatement des empires coloniaux et la victoire militaire de l'URSS, un soldat soviétique drapeau rouge sur le Reichstag, tableau à effacer en priorité, en fêtant adroitement le 9 mai Journée de l'Europe, das neue Europa de K. Waldheim...
Que va-t-il survenir après les premières batailles en Ukraine. La bourgeoisie et ses promoteurs et profiteurs devraient se méfier, il y aura comme à chaque fois des surprises.
Il est clair que l'UPES de la gauche française, comme on nous vante cette nouvelle lessive, ne va pas jouer un grand rôle, et ses promoteurs ne seront pas invités au partage du butin. Les verts sont déjà dans le fruit et la décomposition avance.

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Xuan
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   Posté le 07-05-2022 à 18:19:22   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je reposte ici le lien vers cet article publié durant la campagne présidentielle, où s'affiche très clairement le double jeu de certains dirigeants du PCF.
A noter qu'à présent P. Laurent, après avoir longtemps flirté avec la social-démocratie, ne jure plus que par Mélenchon.

du PCF à LFI : le mercato politicien de Marie-George Buffet

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Je reviens sur mon post précédent et sur le risque de guerre de grande ampleur.
Je ne crois pas que l'OTAN se console d'une victoire même limitée de la Russie sur l'Ukraine.
Initialement l'OTAN s'était installée officieusement en Ukraine. Puis l'Ukraine devait intervenir dans le Donbass. Mais tous les éléments étaient réunis pour aller plus loin, à la fois des armements nucléaires et des labos d'armes biologiques.
Si la Russie établit ne serait-ce qu'un tampon en Ukraine, l'OTAN ne s'en tiendra pas là, y compris en utilisant le prétexte de "crimes contre l'humanité" .
A présent les USA ne dissimulent plus leur participation à la guerre.
Je pense que plus la défaite de l'Ukraine se précise et plus ils voudront aller plus loin, déclarer une guerre ouverte et entraîner l'Europe dans le conflit.
Voir l'article l'OTAN se prépare à une grande guerre.


Edité le 07-05-2022 à 18:35:21 par Xuan




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   Posté le 16-05-2022 à 23:11:15   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

À propos de la « NUPES » et du « mélenchonisme » : le point de vue de Patrice Carvalho, ex-député communiste élu dans l’Oise

16 MAI 2022

https://histoireetsociete.com/2022/05/16/a-propos-de-la-nupes-et-du-melenchonisme-le-point-de-vue-de-patrice-carvalho-ex-depute-communiste-elu-dans-loise/

Sur le plan électoral et de ses logiques, on ne peut qu’être d’accord avec cette analyse mais il y a plus et c’est même l’essentiel: ceux qui ont voulu que le congrès du PCF ait lieu après les élections savaient ce qu’ils faisaient en matière de liquidation et ils sont disposés à utiliser à plein ce qui désormais détruit de l’intérieur le PCF: la désorganisation social-démocrate, l’absence de formation des adhérents et même des dirigeants, l’absence de stratégie vers un but le socialisme, un parti largement devenu un club de discussion imbibé par l’idéologie dominante et dont les seules activités militantes sont centrées sur les élections et les fêtes de l’huma… Une implantation locale qui est de moins en moins liée au monde du travail et des couches populaires, la domination des élus pour les meilleurs à la recherche de compromis et les voici logiquement réduits à la portion congrue avec un Mélenchon digne produit de l’union de la carpe (le mitterrandisme) et du lapin (le trotskisme lambertiste) qui a une seule obsession qui lui assure le rôle de premier “opposant” celle de la destruction du PCF avec la complicité des liquidateurs dont certains ne se sont pas cachés voter utile sans toujours comme le pathétique maire de Stain recevoir le prix de sa trahison. Fabien Roussel et son équipe n’ont pas su bénéficier de l’adhésion des communistes et avoir une ligne plus offensive, ils ont préféré dans la deuxième partie de leur campagne croire les “élus parisiens”, “le printemps républicain” et autres et faire une campagne de “sommet” avec des ralliements sans consistance en renonçant à s’adresser directement au monde du travail et aux couches populaires. L’obligation de céder à la NUPES a suivi le vote utile mais aussi cet abandon et cette campagne droitière faisant la part belle aux liquidateurs et décourageant la gauche du parti y compris avec la position de fait pro-OTAN. Qu’en résultera-t-il ? Partout les amis de Pierre Laurent ne chôment pas, ils préparent le congrès dans la logique de la NUPES. Mais ce serait une erreur de la mener dans cette seule logique et d’en rester à ce texte circonstanciel, Mélenchon si exécrable dans sa soif de domination soit le personnage n’est qu’une conséquence : il faut le centrer sur le fond, stratégie pour le socialisme, position anti-impérialiste, le parti qu’il faut, cellules en particulier d’entreprise, centralisme démocratique et formation des adhérents, est-ce possible, je l’espère même si je ne suis plus concernée. (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
À propos de la « NUPES » et du « mélenchonisme » : le point de vue de Patrice Carvalho, ex-député communiste élu dans l’Oise – Commun COMMUNE [le blog d’El Diablo]

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Patrice Carvalho
On me demande ce que je pense de l’accord intervenu à gauche après la présidentielle. J’ai l’habitude d’être franc. Le comportement hégémonique de Mélenchon, qui croit avoir décroché la timbale avec son score du 1er tour ne créé pas les meilleures conditions du rassemblement. Cet accord a été négocié sur un coin de table. Le programme – celui de Mélenchon – était à prendre ou à laisser. La répartition des circonscriptions a suivi. Les Insoumis s’en accordent 324 et en laissent 100 aux Verts, 70 au PS et 50 au PCF. C’est oublier que les législatives, ce sont deux dynamiques : l’une nationale, l’autre dépendant des implantations locales. Or, les Insoumis n’ont pas d’implantations locales. Ils présentent des candidats qui sont d’illustres inconnus sans bilan et écartent des élus PS ou PCF solidement ancrés sur leur territoire.

L’exemple de Vénissieux, qui fait beaucoup causer dans les médias est exemplaire de ce point de vue. Les « mélenchonistes » présentent un candidat contre la Maire de Vénissieux. Ils doivent le retirer car il a des comptes à rendre à la justice mais s’apprêtent à désigner un autre candidat au lieu de soutenir la Maire communiste;

Dans la circonscription où j’ai été député (6ème de l’Oise) au cours de deux mandats (mais j’ai décidé de ne pas me représenter. Il faut savoir passer la main.), on présente un candidat du PS. Or, le PS a disparu de la circonscription. Il ne dirige aucune mairie quand nous comptons plusieurs communes avec des maires communistes et deux conseillers départementaux. Les seuls élus socialistes siègent à Compiègne dans l’opposition et ont été élus derrière une tête de liste UDI. Pas idéal pour rassembler à gauche!

L’égocentrisme de Mélenchon est mortifère. Après « la République, c’est moi! » puis « le vote utile, c’est moi! », voilà « le futur Premier Ministre, c’est moi! ». Tout cela risque de tourner court, après avoir soulevé de faux espoirs.

Patrice Carvalho

Maire de Thourotte

Député communiste de 1997 à 2002 et 2012 à 2017

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   Posté le 20-05-2022 à 11:11:18   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je cite ce texte de PAM, très intéressant, en signalant ses commentaires nombreux qui se trouvent sur le site de D. Bleitrach.
Je l'ai commenté aussi :

"Nous devrions relier la stratégie de cette « gauche » recomposée aux besoins de la classe bourgeoise : réaliser l’union sacrée pour museler la colère populaire contre la hausse des prix et préparer la guerre.

De ce point de vue il apparaît absolument nécessaire de briser toute forme d’organisation communiste, mais aussi d’organisation de masse de la classe ouvrière et du peuple.
La « convergence des luttes » comme son nom ne l’indique pas vise en réalité leur séparation et leur division.

On se souvient que le PS avait chassé de la CFDT les sections « gauchistes » qualifiées de « nids de coucous », avec pour objectif d’en faire le syndicat jaune à sa dévotion, que l’on connaît. Mélenchon procède autrement mais son objectif est maintenant d’annexer la CGT.

L’offensive anti-communiste du radis rouge s’appuie sur le courant social-démocrate au sein du PCF. Cela signifie que la survie d’une organisation communiste dépend d’abord de sa propre santé idéologique, de son idéologie de classe et de son esprit révolutionnaire.
Autrement dit le choix de Roussel d’avoir maintenu à des postes dirigeant le courant liquidateur – par souci d’unité – était erroné.

La lutte contre ce courant devrait viser non pas tant des individus que le programme qu’ils ont élaboré, et y compris dans le domaine économique. Notre camarade JC Delaunay a avancé quelques idées sur le sujet".


La réponse de D. Bleitrach à mon commentaire apporte des indications intéressantes aussi sur ce qui se passe dans le PCF :

JE SUIS assez d’accord avec l’idée que le choix de Roussel de maintenir à leur poste des liquidateurs était erroné mais il faut préciser:

1) Il a dû subir les effets de la tactique des liquidateurs lors du congrès qui consistait à vider le programme de tout son contenu en particulier international et sur les raisons de l’affaiblissement tout en proclamant après un accord et l’unanimité. Il a eu affaire à des naïfs qui à la base non seulement on laissé faire mais on laissé composer les délégations avec une majorité de liquidateurs et quelques innocents et ils ont fait élire les membres du CN de leur choix, ce qui s’est passé dans les Bouches du Rhône était caricatural. Cette opération témoigne ce qui est encore le problème principal du parti à savoir son incapacité politique, l’absence de formation la plus élémentaire confronté à des manipulateurs d’assemblée. Résultat le Conseil NATIONAL élu n’était pas représentatif du choix majoritaire des adhérents et Pierre LAURENT jouant avec le printemps acquis totalement aux insoumis a récupéré les finances, le secteur international, la présidence du Conseil NATIONAL? La commission féminine, la culture, etc…Plus la quasi totalité de la presse communiste. De surcroit ces gens qui tenaient le sénat, une bonne partie des parlementaires étaient en mesure de ne rien foutre d’autre alors que les gens qui comme ceux de VENISSIEUX ou du PAS DE calais AVAIENT créé l’élan du congrès étaient occupés dans leur fédération. Donc nous avons une situation qui fait que Roussel est obligé de laisser ces liquidateurs à leur poste.

2) Roussel se conduit bien et tient bon y compris sur la candidature communiste mais il est lui même le produit de trente ans d’abandon, il est très faible sur l’histoire du parti et sur l’international et n’a ni le temps ni l’envie de se former. Il a la vision d’un député communiste et ces députés ont toujours été des atouts mais ils ont toujours eu besoin d’être aidés par un appareil qui voit au-delà de l’opinion et de ses errances. pendant trente ans le rôle du parti s’est de plus en plus limité aux campagnes électorales et les militants ont eu comme vision de leur rôle les dites élections et les fêtes de l’humanité. Le parti est devenu le produit de ces deux activités donc il n’y a plus de direction et Roussel est un communiste mais sans appareil comme nous tous.

3) Il ne saura pas profiter de ce qu’il arrive à impulser à la base qui redécouvre grâce à la première partie de sa campagne la nécessité d’un parti communiste. Les communistes à cause de cela ne vivent pas “le vote utile” et le faible score comme un échec et c’est un point d’appui trés important. C’est ce que ne cesse de dire Girard et d’autres, ils ont retrouvé leur parti.

4) mais cela peut être daté très précisément : alors qu’il n’y est plus obligé Roussel pris par une direction qui est celle de Piquet et des parisiens réoriente sa campagne, cela commence avec l’université d’été où je vois avec stupéfaction qu’il accorde sa confiance à Roubaud QASHIE, Iann BROSSAT est d’accord et peu à peu on va voir la campagne complètement prise dans des alliances de sommet groupusculaire et le monde médiatique : il abandonne ce qui a fait l’originalité de sa campagne le fait de s’adresser directement à l’électorat populaire. l’autre date est celle de Montreuil où on accorde cette fois le pouvoir aux liquidateurs sous prétexte de ralliement. Là encore le meeting marseillais témoigne d’une conception différente et totalement erronée de l’union et des compromis de sommet avec des gens qui sont déjà en train en sous main d’organiser le ralliement à MELENCHON, comme d’autres secteurs du printemps républicains se retournent vers MACRON; TOUT CELA parce qu’avec cette union de sommet avec des groupuscules coupés du peuple Roussel est rentrés dans le ^piège de la division de la gauche entre communautaristes et souverainistes républicains et le vote utile sera orienté sur ce mode.

4) comble de malheur pour Roussel et le PCF IL y a l’Ukraine et la cocarde ou les stupidités que l’on sait alors qu’il aurait fallu intervenir sur la paix et sur l’OTAN, cela aurait été plus difficile mais certainement plus rentable pour l’élection peut-être mais pour le parti surement.

je crois que l’on a intérêt à voir la complexité de l’évolution et ne pas seulement regarder “la faute” de la soumission aux liquidateurs mais bien voir également les tentatives et ce qu’elles ont produites.


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Quelle unité populaire pour une rupture politique ? par PIERRE ALAIN MILLET

19 MAI 2022

https://histoireetsociete.com/2022/05/19/quelle-unite-populaire-pour-une-rupture-politique-par-pierre-alain-millet/

Un très beau texte, calme digne et politique au sens noble du terme… Espérons qu’il sera entendu… Être communiste ce n’est pas suivre l’air du temps c’est savoir défendre ce qu’on estime juste, l’individu peut le faire mais l’essentiel est un parti qui lui donne la force de résister et il faudra cette force-là dans ce qui nous attend quel que soit le résultat des élections parce que tout ne dépend pas des institutions mais bien de la mobilisation populaire, les élections en font simplement partie et sont souvent conçues pour démobiliser, l’analyse concrète d’une situation concrète reste indispensable, merci PAM. (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)



La création de la “nouvelle union populaire écologique et sociale” est présentée comme un évènement historique sortant de décennies de divisions pour ouvrir la possibilité d’une rupture politique. Jean-Luc Mélenchon avait donné le ton “élisez-moi premier ministre”. Les dirigeants de gauche suivent avec des annonces spectaculaires, salaires, retraite, emploi… tout va changer dès le 1er juillet. Mieux que le 10 Mai 1981..

Pourtant, de nombreux militants se posent des questions sur la réalité derrière l’affichage quasi publicitaire, des insoumis se demandant pourquoi faire autant de place au PS, et même à deux anciens LREM, des communistes se demandant où sont passés les jours heureux, des candidats locaux légitimes effacés au profit de parachutages insoumis, et beaucoup d’anciens se demandant si on ne recommence pas comme hier… Si la promesse médiatique NUPES ne se concrétise pas à la hauteur de l’annonce, le retour de bâton pourrait être violent…

Une exigence populaire ou une illusion médiatique ?
Oui, tous les militants le savent, et les sondages le disent, il y avait, il y a, une forte attente d’unité ressentie comme la condition pour affronter le pouvoir des riches. Mais les communistes peuvent-ils se contenter des idées dominantes ?

Le parti communiste ne serait pas né en 1920 si ses militants avaient suivi en 1914 un peuple qui envoyait sa jeunesse à la boucherie “la fleur au fusil”. Il n’existerait pas s’il ne s’était pas engagé contre la guerre du Rif contre la majorité de notre peuple, ni s’il avait suivi la collaboration largement majoritaire pendant de longs mois après la défaite en 1939. En 1956, c’est bien sous la pression du soutien populaire à celui qui disait préparer la paix en Algérie que le PCF vote les pleins pouvoirs. Avec le recul, était-ce si raisonnable ?

Enfin, ma génération se souvient bien de la difficulté à expliquer à la fin des années 1970 qu’il fallait renforcer le parti communiste et conforter le programme commun. A tel point que nous avons constaté le 24 avril 1981 que le parti socialiste était devenu majoritaire à gauche et que nous avons dû organiser à contrecœur, des “fêtes de la victoire” en juin, quand de nombreux communistes savaient que la trahison des espoirs de “changer la vie” ne tarderait pas. Dans son célèbre rapport secret au comité central de 1972, Georges Marchais avait pourtant prévenu. A Vénissieux, déjà, cela avait fait perdre un député communiste au profit d’un socialiste.

On le sait, l’histoire se répète, la deuxième fois comme une farce. Alors quelle est la réalité de cette exigence populaire d’une nouvelle union de la gauche ? Comment ne pas voir que ce qui domine, loin d’une exigence populaire unie, c’est la division avec un quart d’abstentionnistes, un quart d’extrême-droite, un quart d’une gauche dans laquelle les idées communistes sont très faibles. La situation est bien plus dangereuse qu’en 1981 !

D’abord, cette “exigence populaire” reste faible, elle a permis à Jean-Luc Mélenchon d’écraser la gauche, mais elle ne lui a permis de faire reculer ni l’abstention ni l’extrême-droite. Et l’analyse géographique et sociologique confirme même que le monde ouvrier s’est massivement détourné de cette “exigence populaire de l’union de la gauche”, en tout cas de sa représentation par l’Union Populaire.

Comment la direction du parti communiste peut-elle rester muette sur cette situation ? Comment ne pas voir que nous faisons face d’abord à une construction médiatique certes réussie, avec le slogan dénué de tout fondement politique “Élisez moi premier ministre”, mais une construction qui peut éclater comme toute bulle médiatique devant la dureté du réel, des contradictions, et du potentiel de violence de notre société ? Des sauvetages électoraux momentanés ne seront rien par rapport au mouvement historique. En acceptant cet accord, nous avons conforté les illusions populaires sur les conditions du changement et nous nous sommes associés à la stratégie mélenchoniste, malgré les insultes et les injures qui ont explosé contre nous dans les réseaux sociaux insoumis. Avec cet accord, il sera plus difficile de faire un vrai travail d’éducation populaire sur la nature de la démocratie en système capitaliste, sur la nécessité d’unir et d’organiser le monde du travail pour affronter le capital partout et pas seulement dans les institutions.

Avons-nous appris quoi que ce soit de l’histoire de l’union de la gauche et de ce qui a fait que le peuple ouvrier nous a fait payer durement cette stratégie d’effacement devant la pression de l’unité à gauche ?

Qu’est ce que la NUPES ?
Très vite, le débat public a simplifié ce sigle, il s’agit de l’union de la gauche retrouvée, et Jean-Luc Mélenchon a clairement tracé son objectif, une alliance qui doit devenir une “fédération de la gauche”, un nom qui rappelle aux anciens les origines du parti socialiste créé par François Mitterrand en 1972 à partir déjà d’une “fédération de la gauche”.

Et Jean-Luc Mélenchon, qu’il faut lire et écouter car personne ne pourra lui reprocher de ne pas avoir clairement affiché sa stratégie, a droit à la une de l’humanité pour peser sur la direction du PCF en pleine négociation [1]. Il s’installe comme son mentor Mitterrand dans les habits de la 5ème république, réduit les législatives à un troisième tour des présidentielles et demande de l’élire premier ministre. Une militante syndicale crédule résumera parfaitement comment elle comprend ce discours. Elle demande le retrait de la candidature communiste de la 14ème circonscription avec l’argument simple « L’élection législative ne serait pas “une question de personne ou de parti” ». Fermez le ban, supprimez le parti communiste, transformer les militants en supporters spectateurs, et faites une campagne dans 577 circonscriptions avec un seul candidat, Jean-Luc Mélenchon.

Et le leader LFI révèle le fonds de sa stratégie. Pour lui, il n’y a plus de différences entre réforme et révolution, une fois éliminés les macronisés. D’ailleurs, selon lui, il n’y a pas de différences de programme entre LFI et le PCF. L’insoumission a réglé le problème de la trahison de la social-démocratie. Et le parti communiste doit rejoindre la grande fédération de gauche, ce que JLM lui-même appelait la “famille socialiste”.

Les communistes doivent prendre au sérieux cette affirmation dont découle la création de l’UP, de son parlement, de son intergroupe parlementaire… Jean-Luc Mélenchon pense avoir refermé la parenthèse de 1920, autrement dit, rendu inutile le parti communiste. Et il fait tout pour le faire disparaitre au plus vite, par son affaiblissement comme par son absorption dans le “mouvement”.

Il faut donc le dire clairement. La NUPES est le nouveau parti socialiste. Le programme AEC n’est pas plus un programme de rupture que les 101 propositions de Mittterrand en 1981. D’autant qu’il y a trois programmes de la NUPES, puisque la FI a négocié séparément des accords avec EELV, le PC et le PS sur des textes différents et contradictoires sur plusieurs points. Quand à sa stratégie d’insoumission et ses éclats médiatiques, elle aurait fait plaisir à celui qui disait avec force en 1981 « la révolution, c’est d’abord une rupture avec l’ordre établi. Celui qui n’accepte pas cette rupture avec l’ordre établi, avec la société capitaliste, celui-là ne peut pas être adhérent du Parti socialiste. » [2]

Cela dit, si les femmes et les hommes politiques ont des responsabilités, l’histoire n’est pas d’abord celles des personnalités, mais celle des luttes de classe. Il faut donc comprendre ce qui est ou non différent dans la situation de 2022 par rapport à celle de 1981. En quoi, cette NUPES est différente de la gauche plurielle de Lionel Jospin ou de l’union de la gauche de Mitterrand. Mais cela suppose de tirer les leçons des échecs successifs de l’union de la gauche de 1981, ou peut-être d’ailleurs de ses trahisons réussies !

Quelle leçons de 1981 et de l’union de la gauche ?
Là encore, il faut lire JLM ! Nous avions publié sur ce site son très utile “bilan raisonné de 1981 et de la présidence de François Mitterrand” prononcé le 9 Mai 2011 et une analyse critique d’un point de vue communiste. Pour lui, l’échec de 1983 réside dans la trahison des “sociaux-démocrates” et l’absence du “mouvement révolutionnaire des masses”.

On parle beaucoup du tournant de 1983 mais on en parle très mal. Quelle était la situation ? Nous avions eu 4 dévaluations, nous avions instauré le contrôle des changes et l’emprunt forcé. Le pays a touché le mur de l’argent, que faire ? Une stratégie eût été de dire, nous nous appuyons sur le mouvement social, révolutionnaire des masses qui vont défendre les acquis du gouvernement de gauche. Et bien où était le mouvement des masses ? Il n’y en avait pas. Pourquoi ? première leçon parce qu’il y avait une conception totalement institutionnelle du changement

Excellente analyse. Mais d’où vient cette “conception totalement institutionnelle du changement” ? Pour lui, c’est seulement d’un coté le poids des éléphants du PS, la nouvelle gauche de Rocard et de l’autre, le gauchisme type NPA qui refuse toute responsabilité gouvernementale. Autrement dit, faites-moi confiance, avec moi, d’un coté, les sociaux-démocrates sont éliminés ou recyclés par Macron, et de l’autre les plus radicaux ont leur place dans des groupes d’actions où ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Les contradictions dans le peuple peuvent se traduire par des groupes d’actions concurrents, voire des listes concurrentes aux élections locales, peu importe, car à la fin, tout converge vers cette “exigence de l’union populaire de rupture” concentrée sur l’élection présidentielle et ses suites.

Cette analyse ne peut satisfaire un communiste. D’abord parce qu’elle passe sous silence toute analyse de classe, et notamment ce fait incontournable que l’abstention à l’élection présidentielle est directement corrélée au poids de la classe ouvrière. Si la FI a mobilisé un militantisme écologique et social très urbain, présent d’abord dans les couches moyennes éduquées, si elle a aussi marqué un syndicalisme CGT à la recherche d’une issue politique à ses difficultés de mobilisation, elle n’a nulle part construit de nouvelles bases d’unité et d’organisation populaire. Les 7 millions de voix insoumises en 2017 se sont pour moitié évanouies dans les luttes sociales des années suivantes.

Ensuite justement, parce-que nous savons qu’aucune majorité de gauche ne pourra résister au “mur de l’argent” sans un puissant mouvement populaire capable d’imposer réellement une rupture, et donc une défaite pour tous les gagnants du système, non pas seulement une défaite électorale, mais une défaite économique et sociale, autrement dit, la remise en cause de leurs privilèges et de leurs pouvoirs.

Que peut être un mouvement populaire majoritaire ?
D’abord, l’Union Populaire peut-elle être la base d’un tel mouvement ?
Sur le contenu et donc le programme, tout le monde connait les contradictions antagoniques d’intérêt entre couches sociales que le programme insoumis masque soigneusement pour intégrer en apparence toute contestation. C’est vrai sur les questions écologiques comme sociales ou régaliennes :
- les promoteurs du photovoltaïque citoyen peuvent être mélenchonistes sans critiquer le fait que leurs installations sont payées par une taxe y compris par les précaires énergétiques !
- Les défenseurs des réseaux coopératifs électriques citoyens, proposant de reprendre des éléments du réseau public de l’électricité peuvent être mélenchonistes en, contradiction avec l’objectif d’un grand service public de l’électricité.
- Les défenseurs du logement social peuvent être mélenchonistes très satisfaits de l’objectif de 200 000 constructions de logement social par an sans remettre en cause le scénario negawatt qui lui limite la construction à 36 000 logements par an.
- Les défenseurs de la sécu à 100% peuvent être mélenchonistes tout en défendant la fiscalisation de la SECU en rapprochant fiscalité et CSG.
- Les militants “anti-flics” contre les violences policières peuvent être mélenchonistes tout en soutenant les black blocks contre les cortèges de la CGT, et même en défendant le trafic de stupéfiants et sa légalisation contre l’attente populaire massive dans les quartiers d’une plus forte présence et sévérité de la police…

Ensuite sur la pratique des mouvements sociaux que promeut un “mouvement gazeux”. Tout le monde le sait, il n’y a pas d’organisation LFI, uniquement des groupes d’actions, qui peuvent être concurrents, il n’y a pas de structure départementale, seulement des élus municipaux, métropolitains ou régionaux, dont on peut constater qu’ils ne sont nulle part dans les processus de décision qui sont tous concentrés à la tête du mouvement. Pour se faire désigner candidat, JLM organise ce qui n’est évidemment qu’un plébiscite, et entre les deux tours, il organise un sondage sans pouvoir décisionnaire puisque sa décision répétée “’pas une voix pour MLP” est connue avant les résultats… Bref, les insoumis sont totalement… soumis aux décisions du leader. Les communistes se reprochent parfois, d’avoir été trop centralistes, mais plus “stalinien” que Mélenchon, pas possible !

Peu importe cependant comment fonctionne en interne la FI si on arrive à organiser un mouvement populaire puissant. Or, c’est là que l’expérience des grandes mobilisations contre les lois travail, retraite, assurance chômage, sont éclairantes. La faiblesse des organisations syndicales, les contradictions de centaines d’organisations militantes écologiques ou sociales, la place de la violence de manifestants, black block ou gilets jaunes, certains théorisant la violence, d’autres s’y laissant entrainer, mais tous entrant dans le cycle bien connu “provocations répressions”, tout conduit de larges parties de notre peuple à se détourner de mobilisations qui mettent en scène des divisions au lieu de faire converger des mobilisations. Et les incertitudes sur le projet de société rend impossible un mouvement massif dans les entreprises.

Bref, s’il fallait soutenir un gouvernement de rupture dans les conditions politiques et sociales actuelles, nous sommes sûr d’aller au casse-pipe ! Un mai 68 aujourd’hui, nécessairement plus faible que l’original, se traduirait par un coup de barre politique à droite beaucoup plus fort !

Construire un mouvement populaire majoritaire suppose d’unir et d’organiser de larges parties du peuple de manière cohérente, en faisant converger les revendications et pas seulement les manifestations, en se donnant les moyens de défendre nos mobilisations contre les provocations, les divisions, les répressions.

Quand on se heurte au mur de l’argent, celui-ci a d’énormes moyens médiatiques, politiques et de mouvements sociaux pour organiser sa défense, et en premier lieu diviser ceux qui le contestent. Et ses armes sont nombreuses, opposer ville et campagne, diplômés et non diplômés, statutaires et précaires, industrie et services, environnement et emploi, ouvriers et cadres…. On ne peut y résister sans engagement de masse, sans des centaines de milliers de militants capables de s’organiser, de se mettre d’accord à l’échelle de la lutte, pas seulement au plan local, mais à tous les niveaux de la lutte, d’agglomération, départementaux, jusqu’au national et aux relations internationales.

Le cas exemplaire de Vénissieux et de la 14ème circonscription du Rhône
La 14ème circonscription du Rhône, comme quelques autres, est révélatrice de la réalité de “l’accord” associant le PCF à la NUPES et qui a conduit le député communiste Stéphane Peu a dire qu’il viendrait lui-même défendre le sulfureux Taha Bouhafs contre les communistes, sans qu’aucune déclaration de la direction du parti ne vienne le rappeler au minimum de fraternité.

De fait, dans la logique de l’union populaire, les dirigeants du PCF, ses négociateurs, Fabien Roussel lui-même, ont dû lâcher les communistes de la 14ème circonscription, malgré les alertes nombreuses. Chacun doit le savoir, pour beaucoup de militants, c’est une trahison. Quand le maire de la plus grande ville communiste hors région parisienne est candidate légitime pour rassembler la gauche, on lui explique que c’est compliqué, que l’accord est difficile, mais en fait, aucun négociateur ne fait de cette circonscription une ligne rouge. Mélenchon est intransigeant. D’ailleurs, il semble que toutes les grandes villes communistes historiques sont préemptées par la FI. Mais quand Sébastien Jumel, Stéphane Peu, Elsa Faucillon mènent campagne contre Fabien Roussel aux élections présidentielles, non seulement il n’y a aucune sanction, mais ils sont candidats NUPES-PCF aux législatives ! Quel dirigeant communiste a dit quoi que ce soit aux députés du groupe communiste qui n’ont pas soutenu le candidat communiste à la présidentielle ?

En cédant dans cet accord, le PCF s’efface, ses candidats s’affichent NUPES et l’électeur ne saura pas qu’il vote communiste. Dans 520 circonscriptions, de toute façon, il n’a pas de candidat communiste. Dans des dizaines de villes où les communistes sont organisés, ont une histoire y compris de députés, ils sont absorbés dans une union de la gauche dirigée par Mélenchon. Et Fabien Roussel ne peut défendre publiquement la candidature de Michèle Picard au fond. Les communistes de Vénissieux prennent leur responsabilité et organisent une consultation large des communistes et de leurs nombreux soutiens.

Mais il faudrait dire qui refusait que Michèle Picard soit députée, qui d’autres que Stéphane Peu au plan national ? Qui au plan local ? Notons que dans les deux circonscriptions historiquement à gauche du Rhône, Villeurbanne et Vénissieux, ce sont deux femmes candidates légitimes qui sont effacées par la FI au profit de deux hommes. Il est vrai qu’il semble que les négociateurs de la NUPES étaient principalement des hommes.

Quand on ne mène pas une bataille, les reculs sont toujours plus violents
La décision du 38ème congrès de présenter un candidat à l’élection présidentielle répondait à une exigence historique. Sans candidat, le PCF, déjà fortement affaibli disparaissait de la vie politique française. JLM avait valorisé le PCF en 2012, utilisé en 2017, il l’aurait effacé en 2022.

Le vote Roussel au premier tour est certes faible, beaucoup plus faible que ce que la campagne montrait comme possible, beaucoup plus faible que les espoirs militants. Mais le fait est que le PCF a existé dans cette campagne, qu’un discours communiste qui ne se confondait pas avec un discours “de gauche” a été visible pour les citoyens. Et beaucoup ont dit qu’ils auraient aimé voter Roussel s’ils n’avaient pas été contraints au vote utile.

Cette bataille difficile s’est donc traduite par deux résultats positifs, une large unité des communistes très heureux de cette bataille, et une forte visibilité médiatique dont l’absence pendant des années nous avait couté cher.

Mais la bataille politique ne s’arrêtait évidemment pas au premier tour, et une véritable guerre contre le vote communiste s’est organisée pour contraindre les communistes à reculer. Mais quelle est la première raison de l’échec de Mélenchon ? C’est bien l’échec de sa stratégie de vote utile qui est devenue dominante dans les dernières semaines alors qu’il avait dit lui-même que c’était l’abstention qui était déterminante. Et c’est bien l’abstention qui a progressé pendant que Mélenchon écrasait la gauche !

Aux Minguettes à Vénissieux, Mélenchon progresse de 50% à 3069 voix, et les militants communistes ne peuvent que constater que tout leur travail de mobilisation a finalement produit du vote Mélenchon, mais il y a encore 3138 abstentionnistes ! Quel est le vrai problème dans ce grand quartier populaire, le vote Roussel ou l’abstention ? Et quand le monde ouvrier s’est majoritairement abstenu comme le montrent toutes les études, comment peut-on parler de la France qui travaille sans en tenir compte comme le fait d’ailleurs justement François Ruffin ?

De fait, le vote Roussel bien trop faible n’est pas du tout la cause de l’échec de Mélenchon. C’est au contraire sa propre stratégie de fin de campagne qui est en cause. Plus le vote utile était mis en avant, plus les TROIS candidats en tête progressaient. Autrement dit, plus Mélenchon pompait l’électorat de gauche, plus Macron pompait celui de droite et plus Le Pen récupérait la colère noire populaire. Cette stratégie était une impasse concentrée sur le premier tour contre le reste de la gauche, au lieu de créer les conditions d’une victoire au deuxième qui supposait à la fois le recul de l’abstention et des réserves de voix à gauche !

L’agressivité de Mélenchon contre Roussel après le 10 avril était d’abord une manière d’interdire le débat sur cette stratégie en désignant un coupable facile. L’anticommunisme latent a fait le reste. Une bordée d’insultes et d’injures dans les réseaux sociaux qui laissera des traces.

Donc oui, il y a eu une terrible bataille politique pour renforcer encore le vote utile au-delà de la présidentielle, et enfermer définitivement la vie politique française dans cette médiatisation des réseaux sociaux qui fait de chacun le spectateur-cliqueur qui n’existe que pour soutenir. Cette rupture engagée depuis des années dans la vie politique et qui est caractéristique du mélenchonisme comme du macronisme révèle au fond que le capitalisme ne peut plus rester dans l’illusion d’une démocratie politique. Il a besoin d’un pouvoir “jupitérien” qui pousse la 5ème république jusqu’au bout. On parle parfois de fascisation, ce n’est sans doute pas le bon terme, mais il y a quelque chose de la fin de la démocratie “libérale” dans ce vote utile. Cette bataille acharnée contre le vote communiste avant, pendant et après l’élection montre que pour le système, 2,3%, c’est encore trop.

Si le PCF ne mène pas cette bataille, s’il ne construit pas avec ses militants la capacité de résister aux idées dominantes, s’il s’efface derrière un nouveau parti socialiste, il jettera à la poubelle les faibles acquis de la campagne présidentielle qui sont pourtant sa première base pour reconstruire.


Edité le 20-05-2022 à 14:18:16 par Xuan




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Xuan
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   Posté le 12-06-2022 à 20:13:19   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'article filtre les raisons exactes, mais les explications du PCF sont pratiquement inexistantes. En fait on sent que la base n'a pas avalé la couleuvre.


Signataire de l’accord des gauches pour les législatives, le communiste Fabien Roussel s’en écarte de plus en plus. Il l'a encore démontré depuis le 6 juin sur l'éventuelle nomination de Jean-Luc Mélenchon à Matignon.


Article rédigé par
Neïla Latrous - franceinfo
Radio France
Publié le 09/06/2022 08:46
https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-brief-politique/legislatives-2022-pourquoi-fabien-roussel-se-tient-a-l-ecart-de-la-nupes_5159440.html?fbclid=IwAR1sGKS5vI25os9iAytN3bHU4zTKjXOZjoxjpBmZQeJ8gVl88tzmae2E2Ok#xtor=CS2-765-[facebook]-

Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste français, était l'invité de franceinfo lundi 2 mai 2022.
(FRANCEINFO / RADIOFRANCE)
Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste français, était l'invité de franceinfo lundi 2 mai 2022. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)
Fabien Roussel avait déjà expliqué en mai qu’il n’aimait pas trop la formule "élisez-moi Premier ministre" , employé par le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Le communiste, ancien candidat à l'élection présidentielle, est allé plus loin, mardi 7 juin, dans les colonnes du journal L’Humanité, en déclarant que "la confusion et la personnalisation du régime sont déjà suffisamment grandes ".

Même s'il est signataire de l'accord des gauches pour les élections législatives, il prend ses distances avec la Nupes. "Ce n’est pas la peine d’en rajouter" , dit le secrétaire national du Parti communiste français. Pourtant, "Mélenchon Premier ministre" est le premier point de l’accord signé le 3 mai entre La France insoumise et le PCF. L'accord, toujours en ligne sur le site du PCF, annonce noir sur blanc que, "dans la perspective d’une majorité de gauche à l’Assemblée nationale, le Premier ministre serait issu du plus grand groupe à l’Assemblée, soit Jean-Luc Mélenchon" .

Un pied dedans, un pied dehors
Ce n'est pas la première fois que Fabien Roussel fait entendre une musique différente. Il a été l’un des plus virulents contre Taha Bouhafs, le candidat qui s’est retiré dans le Rhône après des accusations de violences sexuelles. Depuis la signature de l'accord de la Nupes, l'ex-candidat à la présidentielle est régulièrement absent des événements communs à la gauche, les meetings notamment.

Cette singularité commence à exaspérer ses partenaires. " C’est un mec qui se construit politiquement contre Mélenchon" , grince l’un des négociateurs de l’accord, qui l’accuse de tout faire, depuis le début, "pour faire dérailler l’union en mettant des bâtons dans les roues". "Pour Roussel, c’est un mariage forcé" , analyse un autre. "Il a été mis en minorité dans son parti sur cet accord. Du moment où sa ligne ne l’a pas emporté, il essaye de trouver des arguments pour s’inscrire à la marge et se refaire la cerise." Conclusion cinglante d’un insoumis : "On est mieux avec lui, évidemment, mais on peut avancer sans. "

Au PCF, pas question de nier que la dimension personnelle existe, entre un accord "à l’insu de son plein gré" , confirme un élu, et "sans doute un peu d’amertume" après le résultat décevant de la présidentielle. Mais à en croire les proches de Fabien Roussel, cette lecture est réductrice. Eux invitent d’abord à se pencher sur la sociologie électorale de la 20e circonscription du Nord où se présente le patron du PCF. Marine Le Pen y a obtenu 37% des voix au premier tour. "Chez Roussel, le total gauche / écologiste est suffisant pour se qualifier au second tour, mais pas pour gagner" , explique un cadre communiste. "Il faut donc aussi parler à des gens qui ont voté à droite ou à l’extrême droite" , des électeurs qui voient en Jean-Luc Mélenchon un épouvantail. D’où cette campagne "un pied dedans, un pied dehors" .


Edité le 12-06-2022 à 20:17:41 par Xuan




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   Posté le 13-06-2022 à 04:55:13   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Jamais le score communiste n'a été aussi insignifiant, au niveau des candidats trotskistes LO et NPA, partis seuls contre les candidats PNEUS de l'union dite populaire. La marginalisation du PCF est confirmée, et tout à fait logique après 41 années d'union de la gauche avec les pro UE, pro euros et pro OTAN, y compris pour faire la guerre américaine en Ukraine.
Les dirigeants du parti communiste français vont devoir régler deux redoutables défis, (ils peuvent dire "challenges" pour faire "in"), la fin des financements publics le parti n'ayant plus de groupe parlementaire et la disparition des médias dominants. Autant dire que les jours heureux ont pris un sérieux coup sur la tête et que les dirigeants communistes vont faire profil bas, ce qui évitera bien des magouilles et des trahisons.

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   Posté le 13-06-2022 à 20:50:58   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Si la base commence à les secouer...

Ci-dessous le commentaire de D. Bleitrach

Cachez cette extrême-droite que je ne saurais voir

13 JUIN 2022
https://histoireetsociete.com/2022/06/13/cachez-cette-extreme-droite-que-je-ne-saurais-voir/


Décidemment la macronie a une étrange propension à ignorer l’extrême-droite quand ça l’arrange. En Ukraine, on le savait il n’y a pas de nazis que des braves gens un peu folklorique avec leurs croix gammées tatouées mais on leur pardonne tout puisqu’ils défendent l’OTAN et sa mission anticommuniste. Même si ces braves gens multiplient tel un boomerang les attentats et s’arment, ils bénéficient de bureau de recrutement à Paris et leur légion étrangère est encadrée par des militaires de carrière.

En France, après avoir sommé chaque candidat de gauche de se prononcer sur le vote contre MARINE LE PEN quand se jouait le sort de Macron président, voici que les mêmes refusent de se prononcer comme si tout à coup la gauche et le RASSEMBLEMENT NATIONAL étaient devenus les mêmes. Le discours est devenu le refus des extrêmes, là encore on poursuit la propagande européenne, atlantiste, celle qui identifie communisme et nazisme, refait l’histoire pour mieux préserver les fascistes.

On mesure mieux pourquoi ils ont besoin de faire monter une caricature de gauche pour jouer les petits bourgeois gauchistes, en quoi les outrances de Melenchon et certains pitres à l’assemblée nationale sont exactement ce qui leur convient pour mieux exclure des millions de votants du droit à être représentés. C”est la poursuite d’une certaine conception de la politique dans laquelle la gauche s’est identifiée aux divisions communautaristes, au sociétal, une petite bourgeoisie urbaine a imposé ses choix et tics, la social démocratie a effacé ou prétendu effacer toute dimension de classe. Notons qu’au moins dans la première partie de leur campagne, les communistes avec leur candidat ont obligé à une réorientation vers la dimension de classe et de souveraineté nationale. Seuls cinq députés sont élus au premier tour malgré l’abstention massive (1)

Hier soir, les chaines en continue, la Macronie officieuse comme Ruth el krief et ses spécialistes, les mêmes que pour l’ukraine, ont joué à un petit jeu caricatural, toute la soirée, en ne présentant que ce qui allait dans leur sens: celui de la promotion des “infréquentables” et en feignant de s’indigner de paroles dont ils avaient fait l’essentiel de la campagne au milieu de la promotion internationale de leurs néo-nazis. Les chaines publiques étaient à peine plus ouvertes mais avaient à coeur elle aussi de créer l’équivalence entre les “extrêmes”.

Deuxiemement, au risque de vous décevoir, non Mélenchon ne sera pas premier ministre. Il a comme son parrain Mitterrand su jouer avec des institutions qu’il feint de condamner et il a siphonné les voix des autres forces de gauche sans gagner le moindre abstentionniste. tout ce qui reste c’est d’avoir inventé pour un soir d’élection où personne n’est élu une force politique qui est en devenir, l’union qu’il a fabriqué autour de sa personne n’est rien d’autre dans ses aspects les meilleurs que le pacte des forces de gauche pour les législatives proposé par les communistes au début de présidentielles. La NUPES reste une enveloppe vide, elle est une armée derrière un chef qui perd pied à convaincre la grande masse de nos concitoyens. une armée mexicaine où il y a plus de chefs que de vrais militants. comme pour toutes les autres forces politique, y compris le Rassemblement National qui perd son caractère militant épuisé par les combat des chefs et qui méprise SES MILITANTS pour lequel ces politiciens n’ont pas plus d’estime que pour les citoyens de notre malheureux pays.


L’épuisement des institutions et du système est apparu dans toute sa crudité et beaucoup de Français ont découvert sans doute avec stupéfaction le trafic du scrutin majoritaire à deux tours. ou comment imposer une majorité du parti choisi par le capital à des citoyens qui l’ont refusé par tous les moyens à leur disposition.

Troisiemement, ce n’est donc pas seulement au titre de la personne que celui qui paraissait le plus digne, mais capable néanmoins d’être compatible avec ce cirque, c’était iann Brossat. IL était un des rares visages décent d’une NUPES incapable de s’imposer malgré un recul de la macronie, il était un pur produit du système mais avec une dignité et une attention au monde du travail qui manquait à d’autres.

Au positif, il faut considérer que la seule manière sure de perdre une élection c’est de changer son fusil d’épaule en chemin, on perd de partout à la fois, donc puisque NUPES, il y a il faut poursuivre en sachant que nul n’est dupe de l’hétérogénéité des gauches et que cela peut être une chance pour tous que Mélenchon ne soit pas devenu le leader incontesté de la gauche, que personne n’ait vraiment cru en son slogan égotiste et mensonger de devenir le premier ministre parce que cela serait un handicap, et que se pose la vraie question celui de la perte de la majorité absolue pour les marcheurs qui ont raté à l’image de Blanquer leur Renaissance. La Macronie, dont il faut saluer la défaite de fait va devoir jouer serré pour tenter une majorité absolue et pour se faire elle doit se déplacer vers la droite, le véritable vainqueur de ce tour là c’est Edouard Philippe qui a réussi son embuscade.


Il faut que “les gauches” se montrent pleinement telles qu’elles sont et si ce pari est réussi nous en aurons fini avec les illusions “ni droite, ni gauche’, la majorité relative fera un peu plus tomber les masques et dans ce retour de la gauche, un parti communiste qui correspondra réellement aux défis de l’heure est absolument indispensable. Donc l’essentiel se jouera dans le congrès qui fera le bilan du parti dont le monde du travail, les couches populaires, la jeunesse ont besoin et chacun doit dès maintenant y réfléchir.
Les communistes peuvent espérer quelques élus supplémentaires et conserver leur groupe même sans leurs anciens alliés ultramarins éliminés ou en difficulté. L’opération contre Fabien Roussel et d’autres élus communistes a plus ou moins été déjouée.

Dans les luttes et à l’assemblée, ils porteront l’espérance des jours heureux ils mettront alors en échec les projets du medef et du président Macron parce que non seulement ils seront l’aiguillon de la gauche mais en conservant leur autonomie ils recréeront les conditions de l’initiative populaire face à ces projets.

Il reste donc à poursuivre et à amplifier cette poussée et à mettre en évidence le danger d’extrême-droite qui a réussi désormais à devenir à la fois le repoussoir et l’éclaireur de la politique anti-sociale, raciste, xénophobe et représsive qui est celle dont le capital et l’impérialisme en crise ont besoin.

danielle Bleitrach

(1)ces députés élus dès le premier tour, on retrouve plusieurs candidats de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) de Paris et de Seine-Saint-Denis : Alexis Corbière (septième circonscription de Seine-Saint-Denis), Sophia Chikirou (sixième circonscription de Paris), Danièle Obono (dix-septième circonscription de Paris) et Sarah Legrain (dix-neuvième circonscription de Paris).

De son côté, la majorité présidentielle peut déjà compter sur un député, Yannick Favennec, réelu pour la troisième fois avec plus de 57% des suffrages dans la troisième circonscription de Mayenne.

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pzorba75
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   Posté le 14-06-2022 à 05:10:02   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Tatie Danielle est indécrottable. Promouvoir Iann Brossat comme modèle de dignité d'un dirigeant du Parti Communiste Français et attendre une solution du prochain Congrès...
Quant aux élus communistes au soir du 19 juin, l'affaire ne semble pas bien engagée pour maintenir un groupe parlementaire avec 15 élus, la disparition semble probable, et surement la fin des marqueurs communistes même si un tripatouillage entre les élus NUPES permet la survie du mini groupe de députés "communistes".

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Xuan
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   Posté le 14-06-2022 à 14:00:29   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Digne, mais "compatible avec ce cirque" quand même.
Ce n'est pas l'existence d'un groupe parlementaire qui me préoccupe, mais la reprise en mains par la clique parisienne, qui prépare déjà à sa façon le prochain congrès.
La finalité c'est un parti croupion et les bras des bonnes volontés.

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