| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 20-06-2022 à 21:04:39
| Je reproduis dessous le point de vue de Danielle après le second tour : Les leçons dun scrutin: vive le congrès du PCF. 20 JUIN 2022 https://histoireetsociete.com/2022/06/20/les-lecons-dun-scrutin-vive-le-congres-du-pcf/ Que dire de ces élections, sinon que leur résultat na rien pour nous de surprenant et quil a ses ombres et ses lumières. Au titre des satisfactions il y a bien sûr la mise en petite majorité relative de Macron, un désaveu du président élu comme il y en eut jamais dans cette Constitution et ce mode de scrutin. Désaveu bien mérité et quelques battus comme Castaner qui arrachèrent des cris de joie à tout ceux pour qui il représente le mépris, la violence gratuite et la trahison de ses engagements. Cette constitution a été créée pour verrouiller tout changement de société et exclure le parti communiste, lhypothèse socialiste de la vie politique française en relation avec les institutions européennes opérant dans le même sens. Entre labstention, et labsence de majorité présidentielle, on peut dire que la Constitution a volé en éclat et cela se passe à un moment de crise ouverte de lUE de plus en plus identifiée à lOTAN. Macron en devient le visage de limpuissance. Oui mais à quel prix, revenons-y. Labstention est de loin le premier parti de France, elle dit la colère sans force motrice, comme cette assemblée. Autre fait, comme nous navons cessé de le répéter, le vote a été marqué par une poussée à droite et à lextrême-droite. Cest donc vers ce camp-là que le pouvoir des riches va chercher une majorité pour faire passer des lois scélérates, pour le capital et contre le monde du travail, contre la jeunesse avec le leurre de la haine raciste. Jamais la gauche na été aussi faible même si son rassemblement de dernière heure a permis de sauver quelques meubles et de limiter les dégâts. Nous sommes loin des illusions dun Mélenchon premier ministre, mais a été accomplie la véritable mission nécessaire : empêcher Macron dimposer son programme de liquidation des services publics et des droits des couches populaires, nous sommes dans ce domaine au milieu du gué puisque Macron attend tout de la droite et de lextrême-droite et na plus rien à espérer du centre gauche. Sur le plan social cest très inquiétant mais ça lest également dans la lutte pour la paix et lenvironnement. Ce que signifie ce vote a été peu souligné : la vie politique va devoir être différente à lAssemblée nationale mais elle va surtout lêtre enfin dans un nécessaire renouveau des partis. Il faudra bien que lon reprenne ce qui faisait loriginalité de la campagne présidentielle de Fabien Roussel dans sa première phase: sadresser aux abstentionnistes et même à ceux qui votaient Rassemblement National pour ouvrir un dialogue non politicien, ne pas tirer vers les jeux politiciens, les foires dempoigne, les rivalités dappareil, tout ce qui écure et qui risque de déshonorer un peu plus cette assemblée telle quelle est au soir de lélection. Cest une bonne chose que les forces de gauche rassemblées dans la NUPES aient leur groupe propre et cest encore meilleur que le PCF ait un groupe. On peut faire confiance à Chassaigne pour savoir ce qui doit unir la gauche et ce que le PCF doit développer. On se réjouit en particulier de lélection dun député communiste du Pas de Calais qui a battu le Rassemblement national même si Bruneel, louvrier droit et sincère nous manque. Ce groupe serra un facteur de justice et de paix, il fera écho des préoccupations populaires et saura se montrer unitaire pour contribuer à la principale force dopposition dans une chambre introuvable marquée par lextrême-droite et les forces du capital, mais son action aura ses limites et le parti doit savoir jouer son propre rôle. Tout cela devrait conduire les communistes à une prise de conscience, le rassemblement nécessaire excédera nécessairement les élus, députés et sénateurs, ils redeviennent ce quils nauraient jamais du cesser dêtre : une courroie de transmission de la volonté de changement, on a plus que jamais besoin dune perspective politique, le socialisme à la française, et lessentiel est donc de reconstruire un parti communiste qui na pas pour seule perspective lélection et comme activité les fêtes de lhumanité. Ces buts restent mais ils reprennent leur place parce que la Constitution qui les imposait a vu son plafond de verre brisé, la vie politique nest plus totalement verrouillée par une alternance sans alternative. Lassemblée nationale est ingouvernable sur ce mode-là, il va falloir lutiliser différemment, dans lunité et la diversité et en relation avec des enjeux non politiciens. Pour les communistes, il va falloir passer du rejet a priori le plus souvent fondé à laffirmation dune identité positive soucieuse dune politique propre et dententes nécessaires sur des points correspondant à lintérêt des travailleurs et du pays autant que de la défense, de la paix, de lenvironnement et des choix progressistes émancipateurs dans le contexte dune autre société, le socialisme. Les partis ont tous besoin de repenser leur rôle dans et hors assemblée et cest la grande chance du parti communiste français de pouvoir redevenir le parti de terrain, organisé au plus proche de ceux qui nont plus confiance dans ces jeux dappareil et qui ont un besoin urgent de repenser lavenir, dintervenir réellement et davoir les moyens de cette intervention avec une perspective qui embrasse leurs difficultés autant que le mouvement du monde. Que chacun prépare à sa place cette transformation de la vie politique en se disant bien que si le parti communiste et tous ceux qui sont prêts à agir dans le sens dun changement de pouvoir et de société senfermaient dans des jeux dappareil et se limitaient à des jeux oratoires dans cette assemblée telle quelle est, des rivalités de partis, lavenir serait alors dans le fascisme et ses haines. Cest de cela dont devra traiter le Congrès du parti communiste. Il reste encore un espace construisons-le sans exaspérer les rivalités politiciennes mais en créant un nouveau contrat social avec notre peuple, sa classe ouvrière, ses couches populaires et ses intellectuels et artistes, en sachant que le rôle du parti communiste est de favoriser lintervention populaire. VIVE LE CONGRÈS DU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS DANIELLE BLEITRACH
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| | pzorba75 | | Grand classique (ou très bavard) | | 1186 messages postés |
| Posté le 21-06-2022 à 05:23:48
| Elle est indécrottable Tatie Danielle en espérant que le Congrès du Parti amènera une politique conduisant au "socialisme" à la française, surtout en s'appuyant sur A. Chassaigne et F. Roussel pour renouveler la politique du Parti. Je lui suggère de ne pas oublier Y. Brossat, le petit adjoint d'Hidalgo au mal logement, pour assurer la communication et faire vibrer les derniers militants communistes de la région parisienne où il n'y aura plus de députés communistes. Une première bien révélatrice de la disparition de l'influence communiste dans les quartiers populaires de l'Île-de-France. Reste quand même le bâtiment d'Oscar Niemeyer pour organiser des expositions de mode ou de soutien aux artistes engagés, par exemple en Ukraine ou pour la fête de la Musique en hommage à J. Lang! Au delà du résultat des élections et de la perte d'influence des dirigeants communistes compromis dans les unions électorales avec leurs meilleurs adversaires, insoumis, européistes, écologistes et socialistes, il va falloir beaucoup de courage et d'énergie aux derniers militants de base pour semer les graines pour un programme de justice sociale, de progrès scientifique et de paix, bases d'un idéal communiste faisant front au monde libéral soumis à l'impérialisme américain. Les Jours heureux ne sont pas pour demain, une affaire de lutte contre le climat pour mobiliser la jeunesse et bruler son énergie sur des causes perdues d'avance!
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| | | pzorba75 | | Grand classique (ou très bavard) | | 1186 messages postés |
| Posté le 21-06-2022 à 09:19:29
| Xuan a écrit :
Législatives: Fabien Roussel juge que la Nupes n'a parlé "qu'à une partie de la France" |
Comme si les candidats communistes avaient parlé à tout le pays à la présidentielle et aux dernières législatives. S'il pense lui - F. Roussel - parler à tous les français, peu nombreux sont ceux qui l'écoutent et se rangent derrière lui et les candidats communistes. Il gagnera à faire profil bas s'il veut conserver son poste de marionnette parmi les guignols de la NUPES qui représentent un passé qui a échoué régulièrement même après les "succès" électoraux de l'union de la gauche.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 21-06-2022 à 19:49:58
| Il évoquait la France rurale et prolétaire, par opposition à une petite-bourgeoisie urbaine radicalisée autour des combats sociétaux de LFI. https://www.marianne.net/politique/melenchon/nupes-fabien-roussel-et-olivier-faure-remettent-en-cause-la-strategie-de-melenchon Sur ce point il n'a pas tort. La coalition NUPES reflète essentiellement ces aspirations-là, surtout si on ajoute les socialos et les vert-de gris. Cette gauche n'a pas mobilisé la jeunesse qui s'est abstenue. Et c'est vrai aussi que cette gauche est passée complètement à côté des électeurs du RN, parce que sauf le racisme, la plupart n'y ont pas leur place. On assiste à une division un peu comparable à celle des USA, et n'importe quel parti communiste doit impérativement retrouver les aspirations du peuple, ses besoins légitimes, réaliser son unité aussi. Je ne crois pas que Roussel en soit capable, il s'arrête en chemin. Quand il dit de la NUPES que ces différences cest aussi notre richesse, et il faut savoir la préserver sinon les électeurs ne vont pas comprendre. *, c'est la même démarche déjà appliquée avec P. Laurent. Le cul entre l'unité sans principes et le point de vue de classe, ça ne peut pas marcher. On a vu comment sa candidature a été lessivée par Mélenchon et Laurent associés. Bleitrach poursuit sa réflexion ici https://histoireetsociete.com/2022/06/21/est-ce-quen-repetant-les-erreurs-on-finit-par-faire-du-neuf/ * voir l'interview à RTL dans le même article : https://youtu.be/D6Pros_k2xI
Edité le 21-06-2022 e 20:43:06 par Xuan
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 21-06-2022 à 21:37:47
| Chronique dun échec prévisible ou le buf sur la langue lundi 20 juin 2022 par Francis Arzalier (ANC) De longues semaines enfin achevées, de « campagne électorale » amorphe, comme la France nen avait jamais connu, avec des candidats à la députation qui, la plupart du temps, cachent leur appartenance politique en bavardant décologie et de proximité, sont peu diserts sur leur programme quand ils nen changent pas au gré des interviews successives. Et enfin, le 12 juin, les résultats aussi lamentables quon pouvait les redouter depuis plusieurs semaines. 1/ Premier constat, et ce nest pas le moins significatif du désarroi dune opinion française qui a perdu toute confiance dans ce mode de consultations électorales, qui fait choisir tous les cinq ans un Président tout-puissant, maître de la paix et la guerre, par une « majorité » de citoyens qui ne laiment pas, mais votent pour lui pour empêcher sa concurrente dêtre élue Et, quelques jours plus tard, des élections législatives absurdement non représentatives, qui avaient déjà donné en 2017 deux tiers de députés fidèles de Macron, bien quils naient réuni que 20 % des électeurs. Le même scrutin « majoritaire », avec un découpage des circonscriptions encore plus biaisé quen 2017, fait de lavis du monde entier de la France un pays où le suffrage universel est truqué jusquau ridicule. Cest pourquoi les Français, et dabord la majorité qui na que son travail pour vivre dans les banlieues et les campagnes, ne vote plus. Pas comme le disent nos « experts » télévisés, parce quils ne croient plus en la démocratie, mais au contraire parce quils savent le système politique de la France actuelle totalement anti-démocratique ! Le premier résultat du vote du 12 juin est dabord que 53 pour cent dentre eux ont délibérément choisi de ne pas voter ! Décidément, Il est temps de mettre fin à cette Véme République qui use du suffrage universel comme une dictature africaine, et de rétablir un suffrage proportionnel pour accoucher de législateurs représentatifs des citoyens et de leurs opinions ! 2/ Deuxième constat -Le 12 juin, le discrédit des candidats de la « majorité macronienne » (« Votez pour que nous puissions accomplir nos réformes » nous a dit la Première Ministre Borne ) est éclatant pour qui veut bien réfléchir plutôt quécouter la meute médiatique : ils obtiennent les suffrages de 25 pour cent des votants, soit environ douze pour cent des électeurs ! Connaissez-vous beaucoup de gouvernements dans le monde avec un palmarès si faible ? Seraient-ils les mêmes Macron et ses amis qui qualifient Poutine de dictateur alors que 7 Russes sur 10 le soutiennent ? 3/ Troisième constat - Autre enseignement du scrutin, la « Gauche » unifiée sous le sigle NUPES réunit à quelques décimales près le même pourcentage que les Macroniens, ce qui fait delle le courant oppositionnel majeur, et cest tant mieux, même si Extrème-droite et droite cumulées atteignent presque le double, ce qui est beaucoup. Dautant quil faut éviter le triomphalisme : le total des voix obtenue par la coalition NUPES réunit un pourcentage délecteurs aussi faible que les Macroniens pur jus, et se limite en tout à. 5 millions 939. 897 voix, soit, guère plus que celles obtenues par le candidat Mélenchon au premier tour des présidentielles. 4/ Quatrième constat - les sondages prévisionnels un peu hasardeux nous annoncent dores et déjà environ 250 députés Macroniens, et les NUPES un tiers de moins malgré un pourcentage de voix identique, ce qui corrobore amplement linjustice rédhibitoire du mode de scrutin. Macron ne disposerait donc pas de sa majorité automatique à lAssemblée, ce qui est bien mérité vu son score. Mais ne peut nous amener à pavoiser, car sil est amené à composer avec des élus de Droite, cela ne pourra quaccentuer le caractère nocif des mesures gouvernementales pour les libertés publiques et les droits sociaux, retraites et niveau de vie du grand nombre. Ces résultats électoraux nauront redu que plus difficiles les luttes à mener contre les projets présidentiels de régression sociale. Cet échec électoral de la NUPES, car il faut bien lappeler par son nom, est pire que nous le pensions sur le moment : le total des voix obtenues en France par les candidats aux présidentielles des 4 organisations signataires des accords NUPES (FI, Verts, PS, PCF) atteignait un total de 10 758 421 voix. Le score atteint par les candidats NUPES aux législatives le 12 juin nest que de 5 millions 939. 897 voix selon Le Monde (plus que le Ministère de lIntérieur). Dans les deux cas, cela se passe de commentaires ! Les résultats du second tour le 19 juin nont fait que confirmer ces analyses : 1/Des abstentions encore plus nombreuses (54 % !) 2/ Un effondrement tel de la « majorité » macronienne, que le scrutin majoritaire amène à lAssemblée plus de 80 xénophobes fascisants ! 3/ Une minorité mélenchonienne, satisfaite davoir réduit ses comparses PCF à la dizaine, comme De Gaulle en 58 ! Au total, une Assemblée largement dominée par les xénophobes et les Ultra-Libéraux, qui ne pourra quaggraver les projets néfastes de Macron au lieu daider à les combattre
. À lissue de plusieurs semaines de mutisme pour ne pas risquer dinfluer sur les votes au détriment des candidats de Gauche, il nous est tout de même temps de dresser les responsabilités de cet échec. " il nest pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun. producteurs, sauvons nous nous-mêmes, décrétons le salut commun.!" Refrain de lInternationale . Tous nous proposent surtout de soutenir un homme : pour les uns, cest Macron, que « ses » députés auront pour tâche dapprouver. Cela na rien de neuf, nous lavons subi durant 5 ans déjà, et espérions un peu dair frais démocratique. Ce sera pour une autre fois, lopposition dite de Gauche, NUPES pour les intimes, que beaucoup parmi les Français vivant de leur travail, non de celui des autres, avaient cru un instant capable de dresser un barrage aux projets néfastes du Monarque Emmanuel premier (la retraite à 65 ans, la destruction des services publics, santé, transports, école, etc
). Pour arriver à créer ce rempart, les élections ne doivent pas être le but, mais simplement une aide aux luttes sociales de masse qui seront déterminantes. Or, à lissue de laccord électoral entre Insoumis, PS, Verts et PCF, sous la houlette du Parti trotskiste POI (ex-OCI, qui na pas signé, mais a accueilli le « Parlement » auto désigné de la NUPES dans ses locaux ), cest à un appel à soutenir un homme, le tribun Jean Luc Mélenchon, que les éventuels Députés de la NUPES soutiendront quand il sera Premier Ministre. Sur les affiches et bulletins électoraux de nos quartiers, dans une profusion de candidats très souvent inconnus affichant rarement le parti qui les a désignés, celui de la NUPES (et son suppléant) ne se revendiquent pas de son parti, de son programme spécifique, mais se présente dabord comme soutien du futur premier ministre. Cest dailleurs le portrait du tribun Mélenchon, en médaillon ou en pied, qui fleurit sur les panneaux électoraux, avant celle du candidat. Mêmes photographies sur pleine page dans la brochure sur papier glacé éditée avant le scrutin sous le nom de « la revue de linsoumission, « le programme sy réduisant .aux interviews du leader, avec une propension électoraliste pour les thèmes écologistes (y compris des pages sur les vertus du lichen !). Et ce culte imagé du chef semble avoir contaminé les partenaires communistes, si lon en juge par le numéro de lHumanité Magazine du , dont la page titre sorne de la photo en pied du « futur premier ministre ». Quen conclure sinon que cette Gauche NUPES de 2022, tous partenaires confondus, a endossé à son tour lidéologie monarchiste qui est la base de la Cinquième République. Celle dont Mélenchon disait encore il y a quelques semaines quelle était totalement anti-démocratique, et quil fallait durgence la remplacer par une Sixième République, reposant sur le référendum, le contrôle des élus par les citoyens, et jen oublie encore. On ne peut sempêcher de penser à Mitterrand, limmortel auteur du « Coup dÉtat permanent, « critique au vitriol de la « monarchie gaulliste », quelques mois avant son élection de 1981, qui lui a permis de se couler avec aisance dans cette « monarchie républicaine » dans laquelle le Président décide de tout à la place des élus et des citoyens. Ce ralliement de fait des partenaires de la NUPES à lesprit de la Constitution Gaulliste cache en fait un reniement beaucoup plus grave : les luttes populaires nécessaires pour combattre les projets de Macron et du CAC 40 ne sont même plus évoqués, tout disparaît dans le seul objectif électoral. Une victoire définitive de lélectoralisme et du carriérisme ? Dans notre France capitaliste, ou la « démocratie libérale « se réduit à des élections périodiques fort peu représentatives de responsables nationaux et locaux, le goût du pouvoir carrièriste et lélectoralisme qui en découle ont toujours été fréquents dans tous les partis conservateurs et réformistes : de la Droite à lextrême-droite ( même si cette dernière a toujours utilisé à son profit la démagogie anti-corruption ), du Centre au Parti Socialiste, les politiciens professionnels les ont toujours dirigés depuis un siècle en France. Mais notre peuple avait aussi le privilège de compter au XXéme siècle une cohorte de militants attachés à leur idéal de luttes de classe, Communistes organisés dans le PCF, syndicalistes dans la CGT. Ils ont pu parfois se tromper, mais ils ont été durant des décennies le fer de lance des conquêtes altruistes des progrès sociaux et politiques, Sécurité sociale, services publics de santé, transports, énergie, etc. Jusquaux ultimes décennies du siècle, où le poison du carriérisme, de lélectoralisme sans principe a contaminé progressivement les cadres militants, qui ont peu à peu oublié quils nétaient quau service du prolétariat, et ont largement basculé vers le « prêt à tout pour conserver mon poste ! ». Cette période de dérive droitière, de ralliement massif aux comportements qui nétaient jusque-là quune spécialité du PS, est connue sous le nom de « Mutation » et « dUnion de la Gauche » : il sagissait dans tous les cas de se faire réélire aux divers postes de responsabilité par le Parti Socialiste, voire les Verts, tous deux ralliés au Social-Libéralisme, en multipliant les concessions politiques, jusquà collaborer avec eux dans des gouvernements successifs, qui ont multiplié les privatisations, la destruction des services publics et des avancées sociales. Le résultat de cette litanie de trahisons na pas manqué de survenir en quelques vingt ans de suicide : le PCF est tombé au score ridicule de 1,93 pour cent des exprimés en 2007, abandonné peu à peu par son électorat populaire, massivement converti à labstention découragée, ou pire à la démagogie raciste de lextrême droite. Il eut fallu pour sen guérir reprendre le chemin des luttes sociales, le PCF en fut bien incapable, et ne pouvait que sétioler, dépourvu de sa vigueur militante passée. La solution quil crut trouver était encore plus électorale, et suicidaire : à partir de la gifle de 2007, le PCF, pour 15 ans ne présenta plus de candidat aux présidentielles, en apportant les voix qui lui restaient fidèles à un Socialiste en rupture de ban, le tribun Mélenchon et ses hétéroclites « Insoumis », un « mouvement » calqué sur léphémère « Podemos » en Espagne. Ce fut en tout cas une marche nouvelle vers la disparition, à tel point que le sursaut dorgueil des militants résiduels voulant à tout prix avoir un candidat en 2022 sest traduit par un minable 3% : lélectorat salarié ny croyait plus à lissue de décennies de démission politique. Et cela malgré les qualités personnelles du candidat communiste Roussel, notée par tous les observateurs. Les électeurs opposés au « Président des Riches », formatés par une idéologie monarchiste qui nest plus vraiment remise en cause, ont concentré leurs voix sur Mélenchon, suivant en cela les directives des médias consensuels, ce qui a permis au tribun dorganiser sous sa houlette le regroupement des « partis de Gauche », réduits à létat de débris. Certains parmi nous ny virent quune chose, la possibilité dempêcher le désastre annoncé par Macron. Cest bien pourquoi nous avions depuis un mois un buf sur la langue. Nous ne pouvions en disant clairement le fonds de nos pensées avant le scrutin, contribuer à une défaite éventuelle de « la gauche ». Ce cap est passé, le 12 Juin le verdict des urnes est tombé, lamentable comme nous lavions prévu. Il est temps de dire les responsabilités, et dabord de revenir sur cet accord électoral de la NUPES. Certes, le programme annoncé au départ ne pouvait que nous réjouir, il était en rupture avec ce quavait accompli au pouvoir le Parti Socialiste. Il condamnait les privatisations libérales passées, la destruction des services publics, les réformes régressives de la retraite, des allocations-chômage, etc
et il semblait aussi rompre avec lattitude passée du Parti des Verts, qui, depuis trente ans, sévertue à justifier les capitalistes français détruisant lindustrie nationale en la délocalisant vers les contrées à bas salaires, sous prétexte de protéger la nature et le climat. De quoi la NUPES est-elle le nom ? Lex-président Hollande confortait cette naïveté en sopposant à la « glissade à gauche » de la part dun PS en déshérence et dun Parti Vert son compère, tous deux solidement ancrés depuis des décennies dans lidéologie libérale, les dogmes du marché capitaliste et de la « liberté dentreprendre. » Notre naïveté oubliait une constante de la Social-démocratie depuis toujours : « les promesses électorales nengagent que ceux qui les croient ! ». Léon Blum décrétant « la pause sociale » en 1938, Guy Mollet expédiant les conscrits guerroyer en Algérie en 1956, Mitterrand et les siens faisant avaler des boas aux ministres du PCF, avaient tous promis au départ le mieux-vivre, la paix négociée, et de « changer la vie « , alors quils ne rêvaient que de réduire les militants Communistes à leur merci et au silence. Ce dernier avait en partie réussi, avec la collaboration des courants les plus opportunistes et conciliants au sein du PCF en mutation. Et ces dérives suicidaires ont empiré à partir de 2007 en ne présentant plus personne aux élections présidentielles sous prétexte dunité. Ce nétait pas encore le cas aux élections législatives, garantissant lancrage minimum dans quelques zones de fortes traditions de luttes ouvrières, Nord, banlieues de lEst parisien, avec quelques députés, pas mal de maires, etc. Mais, en 2021, profitant du « vote utile » dun électorat des Gauches réduites à un votant sur 5, Mélenchon a réuni les « représentants » non-élus de ce qui restait des appareils PS, Verts, et PCF, pour leur faire approuver le couteau sous la gorge, les accords dits de la NUPES. Avec un programme écrit pour lessentiel par lui comme sil navait rassemblé au premier tour que ses fidèles, sachant quil nengageait à rien « le futur Premier Ministre », qui ne se priva dailleurs pas de latténuer en fonction de ses auditeurs-électeurs potentiels. Cest ainsi que notre PM, en parfait électoraliste, nhésita pas lors dinterviews à BFM et au Figaro, à reprocher à Macron de « ne pas vouloir humilier Poutine », donc, de ne pas être assez belliciste ! Tout cela entre deux plaidoyers contre lénergie nucléaire, pour absorber les écolos irrationnels, prêts à réouvrir comme en Allemagne les centrales au charbon bavant du CO2 en pagaille
Mais le pire de cet accord nest pas dans le programme, dont on sait ce quil vaut après les élections. Plus grave est la façon dont furent décidées en petit comité les candidatures uniques pour chacune des circonscriptions électorales, qui relèvent encore du plus grand brouillard à quelques jours du scrutin. Les recoupements faits avec des camarades de diverses régions permettent en tout cas daccumuler des indices allant tous dans le même sens. Les candidats uniques qui ont le label NUPES sont massivement, même si le nombre exact nest pas publié, de la FI, ce qui na rien détonnant, selon la vieille recette du pâté dalouette, une alouette, un cheval, une alouette, un cheval
Et pour que cela ne choque personne, les maîtres à penser de la NUPES ont obtenu du Conseil dÉtat que les candidats de la « Gauche » ne soient annoncés que comme NUPES, à lexclusion de leur appartenance à un autre parti ! ! Un dispositif que les « Unions de la Gauche » mitterrandiennes navaient jamais osé mettre en place ! La portion congrue laissée en matière de candidatures NUPES aux autres partenaires que la FI amène quelques observations, dun département à lautre, notamment pour ceux concédés au PCF. Dans les banlieues Est de Paris, qui furent durant les décennies précédentes les « forteresses ouvrières » du PCF, Val de Marne, Seine Saint Denis, les candidats communistes sont curieusement absents de leurs fiefs historiques. Dans le Val dOise urbain, pour la circonscription de Bezons-Argenteuil, qui fut autrefois celle de Gabriel Péri, pas de candidat PCF qui avait quelques chances dêtre élu. Par contre la 3ème , où le PCF est faible, présente pour la NUPES un candidat Vert, agrémenté dun suppléant PCF, qui se garde bien de se référer à son parti dans sa profession de foi. Bien sûr, pour que lopération NUPES reste crédible, elle a concédé la candidature (et la réélection probable) des incontournables « patrons » de lappareil PCF, Roussel à Saint Amand les eaux, Chassaigne en Auvergne, Dharreville en Bouches du Rhône. Mais en éliminant les autres communistes susceptibles dêtre élus, dans le Nord, et à Vénissieux, en banlieue lyonnaise, au profit dun parachuté fort controversé au sein même de la FI ! On pourrait multiplier les exemples locaux, dun choix clair des négociateurs obscurs de laccord NUPES : éliminer lancrage local des Communistes au profit de la FI, avec lassentiment du PS ou des Verts en quête de survie, et des négociateurs du PcF tenants de la tendance la plus droitière. Défaite au dernier congrès du parti, elle a trouvé à cette occasion le moyen déliminer de la vie publique le courant interne au PcF qui y avait eu la majorité ! Le candidat FI imposé à Vénissieux au détriment de la mairesse élue qui avait de grandes chances dêtre élue député, na dailleurs pas caché que son objectif était deffacer la mairie communiste, dès que possible. Au-delà de ces sordides magouilles dapparatchiks, la NUPES est donc le fruit dune volonté déradication de lancrage local résiduel des Communistes, et lacte de naissance sur les ruines complaisantes des partenaires dune Social-démocratie française renouvelée, dévouée à son chef sinon à son programme, élaboré sans dailleurs la moindre consultation des adhérents-militants, de la FI, du PS ou des Verts. Nous espérions du scrutin de juin 2022 un adjuvant des luttes populaires, il ne sera quun frein supplémentaire ! Que faire maintenant ? Nous navons aucune responsabilité dans cette négociation électoraliste, réalisée sans aucune participation militante, et qui accouche aujourdhui dun champ de ruines politique, sur fond de destruction des forces populaires encore présentes : qui dira les ravages laissés au sein des militants syndicaux par les disputes fratricides entre électeurs de Roussel et Mélenchon ? Il est temps de dépasser cet épisode électoral calamiteux, de travailler à organiser les deux seuls objectifs nécessaires : 1/ participer, sinon animer les luttes sociales et politiques, seules capables dempêcher les projets néfastes de Macron, des diverses Droites à son service et leurs complices camouflés en sociaux-démocrates et Verts, et de lui imposer une politique de paix, contre lOTAN et lUE. 2/ et, parallèlement, au sein même de ces luttes, il nous faut uvrer sans relâche et sans sectarisme aucun, à reconstruire patiemment un Parti des Communistes en France, une force organisée, démocratiquement structurée, sans laquelle aucun avenir meilleur nest possible. Ce travail commun pour y parvenir sera long, mais il est la seule issue. 20 juin 2022 http://ancommunistes.fr/spip.php?article4010
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| | | pzorba75 | | Grand classique (ou très bavard) | | 1186 messages postés |
| Posté le 22-06-2022 à 19:17:33
| Roussel peut remercier Mélenchon et la NUPES de lui avoir permis de sauvegarder un groupe avec quelques députés encartés PCF, groupe dirigé par le papy de service A. Chassaigne. Autant dire que le bla-bla de la direction du PCF va encore continuer jusqu'aux prochaines élections et contribuer au découragement des militants du terrain.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 23-06-2022 à 22:48:34
| | A gauche, le mensonge est dangereux, seule la vérité est révolutionnaire ! Quelle situation politique après les élections législatives ? Mercredi 22 juin 2022, par Pierre- https://lepcf.fr/A-gauche-le-mensonge-est-dangereux-seule-la-verite-est-revolutionnaire Le deuxième tour des élections législatives est passé, terminant une longue période électorale. On peut désormais ouvrir franchement le débat sur la base des résultats. Pour tous ceux qui espéraient un tournant à gauche après un mandat Macron au service des riches, le constat est brutal. - un record dabstentions [1] - 89 députés RN, un record historique - seulement 131 [2] députés NUPES après avoir organisé une campagne pour élire Mélenchon à lElysée, avant de se limiter à viser une majorité relative et quon nous en promettait entre 160 et 200 - les 3/4 de lassemblée à droite ou à lextrême-droite [3] Au soir du deuxième tour des législatives, Mélenchon presque triomphant déclare quil na manqué que quelques voix pour avoir une majorité relative. De nombreux commentateurs à gauche ont cru pouvoir crier victoire parce-que Macron navait pas de majorité absolue... Pourtant, le fait principal est là. La droite est très largement majoritaire et na donc que des problèmes dégo pour construire une majorité inscrite dans le vote très majoritaire à droite des électeurs... Pourquoi cette situation ? On ne peut la comprendre sans faire la critique du discours politique construit depuis deux ans par Jean-Luc Mélenchon qui a rythmé toute cette période électorale depuis lannonce isolée de sa candidature fin 2020, jouant à fonds de la présidentialisation de la 5ème république jusquà transformer les 577 élections législatives en 3ème tour de la présidentielle pour lélire premier ministre... Ses soutiens diront quil a été brillant dans la bataille médiatique. Brillant certes, mais efficace vu le résultat ? utile vu du peuple qui souffre ? utile pour reconstruire une gauche populaire ? Il faut bien reconnaitre que le résultat est très loin des espoirs quil a lui-même mis en scène dans ses discours. Au risque dêtre brutal, je pense quil y a une lecture moins brillante de ces deux années électorales. Mélenchon a menti avant, pendant et après les élections, et le résultat est un grand pas de plus à droite pour la France et une fracture politique plus grande à gauche avec les milieux populaires. Non seulement Mélenchon est en échec, mais il est en fait le problème de la gauche, une impasse, et sa persistance dans lagitation médiatique au détriment de la construction populaire est dangereuse. Mélenchon a menti avant lélection Depuis 2017, Jean-Luc Mélenchon dirige un mouvement sans élection interne, sans organisation départementale, sans responsables locaux. Quelques personnalités nationales existent à coté de lui, mais ce sont ses seuls messages qui sont relayés partout, repris dans de multiples réseaux. Premier mensonge. "nous sommes le peuple". Lanalyse électorale de la présidentielle montre au contraire à quel point Mélenchon divise le peuple, un peuple écartelé entre labstention majoritaire chez les ouvriers, la colère noire du vote RN majoritaire dans les périphéries, et un vote de gauche affaibli dans les agglomérations. Mélenchon est un champion de la communication. Il appelle son mouvement lUnion Populaire alors même quil sait très bien que sa base militante est implantée dans les couches moyennes urbaines éduquées. Et il dirige un mouvement sans congrès, sans organisation locale, sans démocratie interne. Depuis 2017, les "groupes dappui" insoumis sont souvent en opposition, en concurrence pour les élections locales, et les désignations de candidature ressemblent à un congrès du parti socialiste... la guerre des courants. Cela exclut de fait toute implantation populaire de masse. Le "mouvement" nest fait que pour lélection présidentielle, loin de la formule consacrée de linternationale "il nest pas de sauveur suprême, producteurs sauvons-nous nous-mêmes". Deuxième mensonge "nous avons un programme de rupture". Le programme de lAEC est un assemblage de toutes les contestations sociales et sociétales qui peut satisfaire tout ceux qui vont retrouver leur propre revendication. Cest lobjectif, fédérer les contestations. Mais dès quon demande comment ces revendications sont satisfaites, cest le flou qui domine. - Oui à la retraite à 60 ans, mais avec combien de trimestres ? - Oui à la SECU à 100% mais financée par la CSG ou par les cotisations sociales ? - Oui à laugmentation forte du SMIC, mais en brut avec les cotisations ou en net comme le propose souvent le patronat en réduisant les cotisations ? Et parfois, des objectifs sont contradictoires selon le chapitre quon regarde. - Oui à la construction de 200 000 logements sociaux par an, mais le même programme limite la construction totale à 36 000 logements par an dans le scénario énergétique [4] ? - Oui à la relocalisation industrielle, mais en dehors des équipements dénergie renouvelable et de la massification de lisolation, que fait-on de lacier, de la métallurgie, du ciment, du pétrole, de la chimie ? Faut-il comme le propose certains fermer toutes les usines polluantes ? Une usine sans pollution, ça nexiste pas ! Et de toute façon, la division par deux de la consommation énergétique globale interdit toute réindustrialisation dampleur... En fait, cest un programme qui peut sembler efficace électoralement, mais pas du tout un programme de rupture gouvernemental. Or une fois au gouvernement, la gauche fait face au "mur de largent" [5] et que cest là que les choses sérieuses commencent et se finissent comme en 1983 avec le "tournant de la rigueur" ou comme en Grèce avec Tsipras et le "tournant du mémorandum européen", ou encore comme au Chili en 1973 avec le coup détat fasciste. Un programme de rupture doit clairement dire COMMENT il va prendre la main sur le système économique et financier, comment il peut surmonter le refus de la bourgeoisie de voire remis en cause ses privilèges.. Nationalisations ? Droits des travailleurs ? Remise en cause des traités européens... Coopérations technologiques et industrielles avec qui ? Ces questions sont absentes du programme de lAEC car elles divisent en fait les forces sociales, les syndicats. On parle souvent du nucléaire, mais ce nest quune question parmi de très nombreuses où il ny a pas de consensus à gauche entre les partisans de la "sobriété heureuse" et ceux de la réponse aux besoins populaires. Troisième mensonge : "je suis la gauche" Mélenchon a un grande expérience politique et peut dire parfois une chose et son contraire. Il a parfois dit que la gauche était un concept dépassé, remplacé par "le peuple", puis il a refait lunion de la gauche avec la Nupes. Peu importe. En décidant seul de sa candidature tout en appelant les autres à le rejoindre, il a dès le début fixé un cadre, "la gauche ne peut être représenté que par moi" et la médiatisation a fait le reste. Mais la réalité cest quaprès avoir écrasé toute la gauche à la présidentielle, ses députés représentent la moitié (45%) de la gauche à lassemblée. Constatant son échec avec 20 députés de moins que le RN, il tente dobtenir un groupe unique de la Nupes, se heurtant à la réalité, la gauche est divisée, profondément même, et elle est ... très faible ! Contrairement à tous ses discours, la gauche nest pas faible parce quelle est divisée, elle est faible parce quelle sest éloignée des milieux populaires eux-mêmes divisés, et elle est divisée sur les causes de cette fracture et donc sur les politiques qui seraient nécessaire pour reconstruire... Mélenchon a construit limage dune union populaire et le prospectus publicitaire dun programme de rupture, mais ce nest que de la communication et le retour brutal du réel laisse notre peuple désuni et dans la cacophonie idéologique. Mélenchon a menti pendant lélection Il a dabord dit que pour gagner, il fallait faire sortir des millions dabstentionnistes. Cétait surtout dans la première partie de campagne. Mais début 2022, progressivement, il a orienté ses efforts sur les autres forces de gauche, interrogeant la pertinence de leur candidature, notamment en interpellant brutalement Fabien Roussel pour son retrait. Il a progressivement centré sa campagne sur le "vote utile", qui serait la clé se son succès. La vie a montré que cétait un mensonge, car cette bataille médiatique du vote utile fonctionnait bien sûr pour les trois premiers candidats. Autrement dit, plus Mélenchon "pompait" la gauche et grimpait dans les sondages, plus Marine Le Pen écrasait Zemmour et montait dans les sondages, et plus Macron écrasait Pécresse et montait dans les sondages... Autrement dit, cétait une tactique qui écrasait les petits candidats et faisait grimper les "grands" candidats. Compte tenu du rapport de forces global qui est toujours resté défavorable à la gauche, cétait un choix tactique perdant. Macron avait plus a gagné sur Pécresse, Le Pen avait plus a gagné sur Zemmour et aussi sur tous les anti-macron déterminés... Mélenchon le savait très bien. Il savait que cela ne lui permettrait pas de faire reculer labstention, ni le vote RN, mais cela lui permettait dêtre largement dominant à gauche... Il a choisi tactiquement son intérêt politicien plutôt que daffronter labstention et le vote RN populaire pour tenter de compenser la faiblesse de la gauche. Mélenchon a menti après lélection le 10 avril 2022 au soir, Mélenchon se souvient bien de son raté après le premier tour de 2017 quand il ne peut accepter le constat de son échec [6]. Il engage donc dès la soirée électorale la bataille médiatique pour détourner les questions militantes de sa personne et de sa stratégie. Il lui faut un coupable, il est tout trouvé, cest dabord Fabien Roussel et plus généralement les autres partis de gauche. Pourtant, il suffit de regarder les chiffres pour comprendre que le troisième échec de Mélenchon na rien à voir avec le candidat communiste mais a des raisons sérieuses, historiques et directement liées à ses propres choix politiques. - Il na pas fait reculer labstention, - il na pas fait reculer la colère noire populaire des zones périphériques, - il na pas gagné le vote ouvrier qui reste très majoritairement abstentionniste, - enfin il na pas construit dunité populaire, mettant en scène au contraire ce qui divise, cette "intersectionnalité" des combats minoritaires et parfois sectaires, à lexemple de ceux qui dénoncent les mangeurs de viandes responsables de la crise alimentaire ou écologique... Et il a mené une bataille politique acharnée et presque personnelle contre Fabien Roussel en jouant le jeu des contradictions internes au PCF. Il sait bien que Fabien Roussel est devenu dirigeant du PCF après un congrès mouvementé où la direction sortante a été mise en minorité, mais où le texte dominant navait quune majorité relative. Il connait bien tous les députés communistes qui pourraient être à la FI plutôt quau PCF et qui ne croient plus à lautonomie du PCF. Certains qui lavaient déjà soutenu à la présidentielle contre le candidat communiste, dautres qui avaient soutenu "officiellement" Fabien Roussel, mais qui affirment dès le 11 avril quil faut partout des candidatures uniques aux législatives. Résultat, Mélenchon impose la Nupes parce-que les députés et dirigeants communistes ont peur daffronter un rapport de forces défavorables. Et ce sont les députés communistes qui sont quasi sûr dêtre élus, ceux qui ont déjà un accord avec la FI, notamment ceux qui ont soutenu Mélenchon à la présidentielle, qui font pression pour laccord Nupes dont ils nont pas besoin, alors que cela interdit aux communistes de mener campagne dans des circonscriptions gagnables comme celle de Vénissieux. Mélenchon exploite à fonds ses soutiens à lintérieur du PCF et impose un accord injuste qui crée beaucoup de mécontentements, mais qui est tout à son avantage. Mélenchon a menti pour les législatives Il construit ce qui est pour toute analyse sérieuse un véritable délire politique "élisez-moi premier ministre" pour capter toute lattention médiatique, centrer la bataille sur son nom, jouer à fonds la carte de cette 5eme république présidentielle quil dénonce pourtant dans ses discours pour sen servir en pratique, comme lavait fait avec brio son maitre à penser, François Mitterrand. Là aussi, il ment et ça commence à se voir, mais il persiste, montre quil pourrait passer un accord avec Macron, fait même des déclarations de "premier-ministrable", allant plus loin que Macron sur la guerre. La campagne législative se réduit à une campagne nationale, les candidats locaux nont pas de communication spécifique, tout vient den haut, piloté par léquipe réduite autour du "grand homme". Et le résultat est là. Cétait un mensonge énorme, une publicité mensongère pour être précis car sil savait bien quil ne pouvait être premier ministre, lannonce fait quand même parler de lui, les médias relaient, bref, la pub fonctionne. Le résultat est une défaite pour la gauche qui, après un mandat de droite reste à un de ses plus bas niveau historique malgré la colère populaire contre Macron. Et le pire est que le plus grand groupe de gauche, celui de Mélenchon, a 20 députés de moins que le RN. Cest pourquoi Mélenchon tente un dernier coup, un dernier mensonge. Il faudrait un groupe unique Nupes pour être devant le RN et avoir la présidence de la commission des finances. Oublié laccord Nupes qui devait garantir un groupe à chaque parti. Et surtout oublié le règlement de lassemblée qui dit simplement que le président de la commission des finances est élu par lassemblée parmi les groupes dopposition. Aucune chance donc que ce soit un député RN, même avec un accord LR-RN... Mélenchon sest construit pour lui-même, il peut sinstaller dans une fondation à sa mémoire, mais le mouvement populaire est à terre, à reconstruire. La première étape est de sortir de cette longue séquence Mélenchon qui nest que la répétition sous forme de farce de la séquence Mitterrand dont il est le produit. Il faut dire la vérité de cette "nouvelle union" mélenchoniste qui nest que la dernière mouture de lunion de la gauche initiée dans les années 1970. Lunion populaire ne peut que se construire dans laction, dans les entreprises et les quartiers, et cela suppose un immense effort militant, déducation populaire et dorganisation. Pour cela, il faut en finir avec les mensonges de Jean-Luc Mélenchon. Il faut inventer autre chose. Les communistes ont un rôle décisif à jouer sils choisissent toujours de dire la vérité à notre peuple, de faire le pari de léducation populaire, de lengagement de terrain, même quand le rapport de forces est difficile. Ladresse originale de cet article est https://pierrealainmillet.fr/A-gauc... [1] 54%, 26 millions dabstentionnistes plus 1,7 Millions de blancs ou nuls pour moins de 7 millions de voix NUPES et 8 millions pour Macron [2] 131 Nupes + 22 divers gauche ou 133 Nupes + 20 divers gauche selon les décomptes [3] seulement 153 députés de gauche sur 577 soit 26,5% à gauche [4] ce quimplique le scenario negawatt [5] comme le montre lui-même JLM dans son bilan raisonné de la présidence de Mitterrand [6] dont à lépoque il ne peut accuser les communistes qui navaient pas de candidat
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | marquetalia | | Grand classique (ou très bavard) | | 9697 messages postés |
| Posté le 27-06-2022 à 20:40:19
| Macron appelle à une coalition des Lr....,au pcf,et Fabien roussel y est favorable selon certaines conditions. La bourgeoisie française a t elle besoin du Parti communiste français pour la visite du président le 3 et 5 Juillet à Alger, pour la repentance ?.
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| | marquetalia | | Grand classique (ou très bavard) | | 9697 messages postés |
| Posté le 27-06-2022 à 20:41:26
| Un nouveau compromis historique ?
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| | pzorba75 | | Grand classique (ou très bavard) | | 1186 messages postés |
| Posté le 28-06-2022 à 04:57:17
| Les rapports de classe ne sont pas tout à fait comparables entre mi 1944, l'invasion de la France par les troupes américaines et de l'Europe orientale par les troupes soviétiques et la déconfiture électorale du parti communiste français en 2022, parti qui recueille moins de 2% de 45% des électeurs inscrits. Que Roussel cherche quelques euros pour maintenir en vie la secte euro communiste qui grenouille Place du Colonel Fabien n'est pas une surprise pour les observateurs de la situation sociale en France et dans le monde occidental, disons jusqu'aux frontières de la Russie. Roussel a pris position pour la défense de l'intégrité territoriale de l'Ukraine et arbore une épinglette aux couleurs de ce pays, libre à lui de se mettre en ligne derrière Macron et les européistes va-t-en guerre. Il se fait des illusions sur cette soumission à l'ordre otanien, l'issue militaire de la guerre en Ukraine est encore floue et l'après-guerre réservera son lot habituel de surprises. Certainement pas un regain de l'influence communiste sociale démocratisée en France. Quand à la situation de l'Algérie et des problèmes des communautés issues de l'immigration d'origine algérienne ou magrébine, Roussel ne s'en préoccupe pas beaucoup en public et les résultats électoraux du PCF sont aussi faibles dans les quartiers où les immigrés sont nombreux que dans le XVIeme arrondissement de Paris. Pas vraiment la situation des jours heureux de 1944, qui ont pris rapidement l'eau faut-il s'en souvenir!
Edité le 28-06-2022 e 04:58:20 par pzorba75
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 28-06-2022 à 07:45:41
| La ligne internationale du PCF est parfaitement opportuniste.
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| | pzorba75 | | Grand classique (ou très bavard) | | 1186 messages postés |
| Posté le 28-06-2022 à 09:56:32
| Xuan a écrit :
La ligne internationale du PCF est parfaitement opportuniste. |
Je dirai plutôt qu'elle joue en division régionale!
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| | marquetalia | | Grand classique (ou très bavard) | | 9697 messages postés |
| Posté le 28-06-2022 à 11:52:35
| Finalement, Roussel n intégrera pas un gouvernement de centre droit.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 01-07-2022 à 13:25:49
| 22/06/2022 11:11 CEST François Ruffin prend ses distances avec la stratégie de Jean-Luc Mélenchon Dans une interview au Monde, le député NUPES de la Somme invite la gauche à ne pas laisser tomber les électorats ouvriers et populaires des périphéries. DENIS CHARLET VIA AFP François Ruffin s'adresse à des électeurs dans un café de Condé-Folie, dans la Somme, le 31 mai 2022, avant les élections législatives. (Photo by Denis Charlet / AFP) POLITIQUE - Où sont les millions de voix qui nous manquent? Au lendemain des élections législatives, linsoumis François Ruffin, réélu dans la 1re circonscription de la Somme, voit le verre à moitié vide et ne se satisfait pas du score de la coalition de gauche NUPES, qui a fait élire 142 députés et privé Emmanuel Macron dune majorité absolue. Dans un entretien au Monde publié mercredi 22 juin, il questionne la stratégie ( Cest très bien davoir posé lidée du troisième tour, dune revanche sur Macron même si je ne pensais pas possible davoir une majorité ) et remet en cause certaines positions de Jean-Luc Mélenchon, qui minent selon lui la place de la gauche dans lélectorat populaire et ouvrier. On ne doit pas devenir la gauche des métropoles contre la droite et lextrême droite des bourgs et des champs, quon leur laisserait , affirme lélu, préoccupé par lélection de 89 députés du Rassemblement national. Des propos sur la police qui heurtent Pour François Ruffin, la gauche doit plus que jamais miser sur la valeur du travail. La gauche doit évidemment défendre les pauvres, mais aussi les modestes, les moyens , ajoute celui qui défend lindexation des salaires sur linflation, en plus du Smic à 1500 euros, proposition du programme de la NUPES. Crise du textile et de la métallurgie, délocalisations en série... Le fondateur du journal Fakir rappelle la demande de protection des classes populaires face à la mondialisation et au libéralisme. Le député-reporter prend aussi ses distances avec certaines déclarations du leader de la France insoumise sur les policiers. La police tue et le groupe factieux Alliance justifie les tirs et la mort pour refus dobtempérer. La honte cest quand? , avait tweeté Jean-Luc Mélenchon le 6 juin, après lannonce de la mort dune passagère dune voiture soupçonnée davoir foncé sur des policiers à Paris. Il y a des endroits, comme le mien, où ce genre de propos, oui, heurte , affirme François Ruffin, élu picard où le RN a obtenu de très bons scores. Électron libre, François Ruffin ne secoue pas le cocotier de son camp pour la première fois. Après lélimination de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle, il se disait fier du score du candidat et de la gauche, mais pointait aussi, dans une interview à Libération, la difficulté à muer en espoir la colère des fâchés pas fachos . https://www.huffingtonpost.fr/entry/francois-ruffin-prend-ses-distances-avec-la-strategie-de-jean-luc-melenchon_fr_62b2ca23e4b0cdccbe6480be?ncid=other_facebook_eucluwzme5k&fbclid=IwAR3llsbPGJvpnmNFM-4QIV-JlTISsyklVZrkfqwnlmKNlyhp7ezb-v3yK-o
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