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 Mélenchon et la destruction du PCF

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Xuan
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   Posté le 20-06-2022 à 21:04:39   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je reproduis dessous le point de vue de Danielle après le second tour :

Les leçons d’un scrutin: vive le congrès du PCF.

20 JUIN 2022

https://histoireetsociete.com/2022/06/20/les-lecons-dun-scrutin-vive-le-congres-du-pcf/

Que dire de ces élections, sinon que leur résultat n’a rien pour nous de surprenant et qu’il a ses ombres et ses lumières. Au titre des satisfactions il y a bien sûr la mise en “petite” majorité relative de Macron, un désaveu du président élu comme il y en eut jamais dans cette Constitution et ce mode de scrutin. Désaveu bien mérité et quelques battus comme Castaner qui arrachèrent des cris de joie à tout ceux pour qui il représente le mépris, la violence gratuite et la trahison de ses engagements. Cette constitution a été créée pour verrouiller tout changement de société et exclure le parti communiste, l’hypothèse socialiste de la vie politique française en relation avec les institutions européennes opérant dans le même sens.

Entre l’abstention, et l’absence de majorité présidentielle, on peut dire que la Constitution a volé en éclat et cela se passe à un moment de crise ouverte de l’UE de plus en plus identifiée à l’OTAN. Macron en devient le visage de l’impuissance.

Oui mais à quel prix, revenons-y.

L’abstention est de loin le premier parti de France, elle dit la colère sans force motrice, comme cette assemblée. Autre fait, comme nous n’avons cessé de le répéter, le vote a été marqué par une poussée à droite et à l’extrême-droite. C’est donc vers ce camp-là que le pouvoir des riches va chercher une majorité pour faire passer des lois scélérates, pour le capital et contre le monde du travail, contre la jeunesse avec le leurre de la haine raciste. Jamais la gauche n’a été aussi faible même si son rassemblement de dernière heure a permis de sauver quelques meubles et de limiter les dégâts. Nous sommes loin des illusions d’un Mélenchon premier ministre, mais a été accomplie la véritable mission nécessaire : empêcher Macron d’imposer son programme de liquidation des services publics et des droits des couches populaires, nous sommes dans ce domaine au milieu du gué puisque Macron attend tout de la droite et de l’extrême-droite et n’a plus rien à espérer du centre gauche. Sur le plan social c’est très inquiétant mais ça l’est également dans la lutte pour la paix et l’environnement.

Ce que signifie ce vote a été peu souligné : la vie politique va devoir être différente à l’Assemblée nationale mais elle va surtout l’être enfin dans un nécessaire renouveau des partis. Il faudra bien que l’on reprenne ce qui faisait l’originalité de la campagne présidentielle de Fabien Roussel dans sa première phase: s’adresser aux abstentionnistes et même à ceux qui votaient Rassemblement National pour ouvrir un dialogue non politicien, ne pas tirer vers les jeux politiciens, les foires d’empoigne, les rivalités d’appareil, tout ce qui écœure et qui risque de déshonorer un peu plus cette assemblée telle qu’elle est au soir de l’élection.

C’est une bonne chose que les forces de gauche rassemblées dans la NUPES aient leur groupe propre et c’est encore meilleur que le PCF ait un groupe. On peut faire confiance à Chassaigne pour savoir ce qui doit unir la gauche et ce que le PCF doit développer. On se réjouit en particulier de l’élection d’un député communiste du Pas de Calais qui a battu le Rassemblement national même si Bruneel, l’ouvrier droit et sincère nous manque. Ce groupe serra un facteur de justice et de paix, il fera écho des préoccupations populaires et saura se montrer unitaire pour contribuer à la principale force d’opposition dans une chambre introuvable marquée par l’extrême-droite et les forces du capital, mais son action aura ses limites et le parti doit savoir jouer son propre rôle.

Tout cela devrait conduire les communistes à une prise de conscience, le rassemblement nécessaire excédera nécessairement les élus, députés et sénateurs, ils redeviennent ce qu’ils n’auraient jamais du cesser d’être : une courroie de transmission de la volonté de changement, on a plus que jamais besoin d’une perspective politique, le socialisme à la française, et l’essentiel est donc de reconstruire un parti communiste qui n’a pas pour seule perspective l’élection et comme activité les fêtes de l’humanité. Ces buts restent mais ils reprennent leur place parce que la Constitution qui les imposait a vu son plafond de verre brisé, la vie politique n’est plus totalement verrouillée par une alternance sans alternative.

L’assemblée nationale est ingouvernable sur ce mode-là, il va falloir l’utiliser différemment, dans l’unité et la diversité et en relation avec des enjeux non politiciens. Pour les communistes, il va falloir passer du rejet a priori le plus souvent fondé à l’affirmation d’une identité positive soucieuse d’une politique propre et d’ententes nécessaires sur des points correspondant à l’intérêt des travailleurs et du pays autant que de la défense, de la paix, de l’environnement et des choix progressistes émancipateurs dans le contexte d’une autre société, le socialisme.

Les partis ont tous besoin de repenser leur rôle dans et hors assemblée et c’est la grande chance du parti communiste français de pouvoir redevenir le parti de terrain, organisé au plus proche de ceux qui n’ont plus confiance dans ces jeux d’appareil et qui ont un besoin urgent de repenser l’avenir, d’intervenir réellement et d’avoir les moyens de cette intervention avec une perspective qui embrasse leurs difficultés autant que le mouvement du monde.

Que chacun prépare à sa place cette transformation de la vie politique en se disant bien que si le parti communiste et tous ceux qui sont prêts à agir dans le sens d’un changement de pouvoir et de société s’enfermaient dans des jeux d’appareil et se limitaient à des jeux oratoires dans cette assemblée telle qu’elle est, des rivalités de partis, l’avenir serait alors dans le fascisme et ses haines.

C’est de cela dont devra traiter le Congrès du parti communiste. Il reste encore un espace construisons-le sans exaspérer les rivalités politiciennes mais en créant un nouveau contrat social avec notre peuple, sa classe ouvrière, ses couches populaires et ses intellectuels et artistes, en sachant que le rôle du parti communiste est de favoriser l’intervention populaire.

VIVE LE CONGRÈS DU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS

DANIELLE BLEITRACH

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pzorba75
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   Posté le 21-06-2022 à 05:23:48   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Elle est indécrottable Tatie Danielle en espérant que le Congrès du Parti amènera une politique conduisant au "socialisme" à la française, surtout en s'appuyant sur A. Chassaigne et F. Roussel pour renouveler la politique du Parti. Je lui suggère de ne pas oublier Y. Brossat, le petit adjoint d'Hidalgo au mal logement, pour assurer la communication et faire vibrer les derniers militants communistes de la région parisienne où il n'y aura plus de députés communistes.
Une première bien révélatrice de la disparition de l'influence communiste dans les quartiers populaires de l'Île-de-France. Reste quand même le bâtiment d'Oscar Niemeyer pour organiser des expositions de mode ou de soutien aux artistes engagés, par exemple en Ukraine ou pour la fête de la Musique en hommage à J. Lang!
Au delà du résultat des élections et de la perte d'influence des dirigeants communistes compromis dans les unions électorales avec leurs meilleurs adversaires, insoumis, européistes, écologistes et socialistes, il va falloir beaucoup de courage et d'énergie aux derniers militants de base pour semer les graines pour un programme de justice sociale, de progrès scientifique et de paix, bases d'un idéal communiste faisant front au monde libéral soumis à l'impérialisme américain.
Les Jours heureux ne sont pas pour demain, une affaire de lutte contre le climat pour mobiliser la jeunesse et bruler son énergie sur des causes perdues d'avance!

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Xuan
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   Posté le 21-06-2022 à 07:48:52   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Législatives: Fabien Roussel juge que la Nupes n'a parlé "qu'à une partie de la France"

https://www.bfmtv.com/politique/elections/legislatives/legislatives-fabien-roussel-juge-que-la-nupes-n-a-parle-qu-a-une-partie-de-la-france_AV-202206190494.html

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   Posté le 21-06-2022 à 09:19:29   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Xuan a écrit :

Législatives: Fabien Roussel juge que la Nupes n'a parlé "qu'à une partie de la France"


Comme si les candidats communistes avaient parlé à tout le pays à la présidentielle et aux dernières législatives. S'il pense lui - F. Roussel - parler à tous les français, peu nombreux sont ceux qui l'écoutent et se rangent derrière lui et les candidats communistes.
Il gagnera à faire profil bas s'il veut conserver son poste de marionnette parmi les guignols de la NUPES qui représentent un passé qui a échoué régulièrement même après les "succès" électoraux de l'union de la gauche.

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Xuan
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   Posté le 21-06-2022 à 19:49:58   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Il évoquait la France rurale et prolétaire, par opposition à une petite-bourgeoisie urbaine radicalisée autour des combats sociétaux de LFI.
https://www.marianne.net/politique/melenchon/nupes-fabien-roussel-et-olivier-faure-remettent-en-cause-la-strategie-de-melenchon

Sur ce point il n'a pas tort. La coalition NUPES reflète essentiellement ces aspirations-là, surtout si on ajoute les socialos et les vert-de gris.
Cette gauche n'a pas mobilisé la jeunesse qui s'est abstenue.
Et c'est vrai aussi que cette gauche est passée complètement à côté des électeurs du RN, parce que sauf le racisme, la plupart n'y ont pas leur place.
On assiste à une division un peu comparable à celle des USA, et n'importe quel parti communiste doit impérativement retrouver les aspirations du peuple, ses besoins légitimes, réaliser son unité aussi.

Je ne crois pas que Roussel en soit capable, il s'arrête en chemin. Quand il dit de la NUPES que “ces différences c’est aussi notre richesse, et il faut savoir la préserver sinon les électeurs ne vont pas comprendre.” *, c'est la même démarche déjà appliquée avec P. Laurent. Le cul entre l'unité sans principes et le point de vue de classe, ça ne peut pas marcher. On a vu comment sa candidature a été lessivée par Mélenchon et Laurent associés.

Bleitrach poursuit sa réflexion ici https://histoireetsociete.com/2022/06/21/est-ce-quen-repetant-les-erreurs-on-finit-par-faire-du-neuf/

* voir l'interview à RTL dans le même article : https://youtu.be/D6Pros_k2xI


Edité le 21-06-2022 à 20:43:06 par Xuan




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Xuan
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   Posté le 21-06-2022 à 21:37:47   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Chronique d’un échec prévisible ou le bœuf sur la langue
lundi 20 juin 2022 par Francis Arzalier (ANC)



De longues semaines enfin achevées, de « campagne électorale » amorphe, comme la France n’en avait jamais connu, avec des candidats à la députation qui, la plupart du temps, cachent leur appartenance politique en bavardant d’écologie et de proximité, sont peu diserts sur leur programme quand ils n’en changent pas au gré des interviews successives.

Et enfin, le 12 juin, les résultats aussi lamentables qu’on pouvait les redouter depuis plusieurs semaines.

1/ Premier constat, et ce n’est pas le moins significatif du désarroi d’une opinion française qui a perdu toute confiance dans ce mode de consultations électorales, qui fait choisir tous les cinq ans un Président tout-puissant, maître de la paix et la guerre, par une « majorité » de citoyens qui ne l’aiment pas, mais votent pour lui pour empêcher sa concurrente d’être élue

Et, quelques jours plus tard, des élections législatives absurdement non représentatives, qui avaient déjà donné en 2017 deux tiers de députés fidèles de Macron, bien qu’ils n’aient réuni que 20 % des électeurs. Le même scrutin « majoritaire », avec un découpage des circonscriptions encore plus biaisé qu’en 2017, fait de l’avis du monde entier de la France un pays où le suffrage universel est truqué jusqu’au ridicule.
C’est pourquoi les Français, et d’abord la majorité qui n’a que son travail pour vivre dans les banlieues et les campagnes, ne vote plus.

Pas comme le disent nos « experts » télévisés, parce qu’ils ne croient plus en la démocratie, mais au contraire parce qu’ils savent le système politique de la France actuelle totalement anti-démocratique !

Le premier résultat du vote du 12 juin est d’abord que 53 pour cent d’entre eux ont délibérément choisi de ne pas voter !
Décidément, Il est temps de mettre fin à cette Véme République qui use du suffrage universel comme une dictature africaine, et de rétablir un suffrage proportionnel pour accoucher de législateurs représentatifs des citoyens et de leurs opinions !

2/ Deuxième constat -Le 12 juin, le discrédit des candidats de la « majorité macronienne » (« Votez pour que nous puissions accomplir nos réformes » nous a dit la Première Ministre Borne ) est éclatant pour qui veut bien réfléchir plutôt qu’écouter la meute médiatique : ils obtiennent les suffrages de 25 pour cent des votants, soit environ douze pour cent des électeurs !

Connaissez-vous beaucoup de gouvernements dans le monde avec un palmarès si faible ?

Seraient-ils les mêmes Macron et ses amis qui qualifient Poutine de dictateur alors que 7 Russes sur 10 le soutiennent ?

3/ Troisième constat - Autre enseignement du scrutin, la « Gauche » unifiée sous le sigle NUPES réunit à quelques décimales près le même pourcentage que les Macroniens, ce qui fait d’elle le courant oppositionnel majeur, et c’est tant mieux, même si Extrème-droite et droite cumulées atteignent presque le double, ce qui est beaucoup.
D’autant qu’il faut éviter le triomphalisme : le total des voix obtenue par la coalition NUPES réunit un pourcentage d’électeurs aussi faible que les Macroniens pur jus, et se limite en tout à. 5 millions 939. 897 voix, soit, guère plus que celles obtenues par le candidat Mélenchon au premier tour des présidentielles.

4/ Quatrième constat - les sondages prévisionnels un peu hasardeux nous annoncent d’ores et déjà environ 250 députés Macroniens, et les NUPES un tiers de moins malgré un pourcentage de voix identique, ce qui corrobore amplement l’injustice rédhibitoire du mode de scrutin. Macron ne disposerait donc pas de sa majorité automatique à l’Assemblée, ce qui est bien mérité vu son score.

Mais ne peut nous amener à pavoiser, car s’il est amené à composer avec des élus de Droite, cela ne pourra qu’accentuer le caractère nocif des mesures gouvernementales pour les libertés publiques et les droits sociaux, retraites et niveau de vie du grand nombre. Ces résultats électoraux n’auront redu que plus difficiles les luttes à mener contre les projets présidentiels de régression sociale.

Cet échec électoral de la NUPES, car il faut bien l’appeler par son nom, est pire que nous le pensions sur le moment : le total des voix obtenues en France par les candidats aux présidentielles des 4 organisations signataires des accords NUPES (FI, Verts, PS, PCF) atteignait un total de 10 758 421 voix.
Le score atteint par les candidats NUPES aux législatives le 12 juin n’est que de 5 millions 939. 897 voix selon Le Monde (plus que le Ministère de l’Intérieur). Dans les deux cas, cela se passe de commentaires !

Les résultats du second tour le 19 juin n’ont fait que confirmer ces analyses :

1/Des abstentions encore plus nombreuses (54 % !)

2/ Un effondrement tel de la « majorité » macronienne, que le scrutin majoritaire amène à l’Assemblée plus de 80 xénophobes fascisants !

3/ Une minorité mélenchonienne, satisfaite d’avoir réduit ses comparses PCF à la dizaine, comme De Gaulle en 58 !

Au total, une Assemblée largement dominée par les xénophobes et les Ultra-Libéraux, qui ne pourra qu’aggraver les projets néfastes de Macron au lieu d’aider à les combattre….

À l’issue de plusieurs semaines de mutisme pour ne pas risquer d’influer sur les votes au détriment des candidats de Gauche, il nous est tout de même temps de dresser les responsabilités de cet échec.

" il n’est pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun.
producteurs, sauvons nous nous-mêmes, décrétons le salut commun.!"
Refrain de l’Internationale
.
Tous nous proposent surtout de soutenir un homme : pour les uns, c’est Macron, que « ses » députés auront pour tâche d’approuver. Cela n’a rien de neuf, nous l’avons subi durant 5 ans déjà, et espérions un peu d’air frais démocratique.
Ce sera pour une autre fois, l’opposition dite de Gauche, NUPES pour les intimes, que beaucoup parmi les Français vivant de leur travail, non de celui des autres, avaient cru un instant capable de dresser un barrage aux projets néfastes du Monarque Emmanuel premier (la retraite à 65 ans, la destruction des services publics, santé, transports, école, etc…).

Pour arriver à créer ce rempart, les élections ne doivent pas être le but, mais simplement une aide aux luttes sociales de masse qui seront déterminantes. Or, à l’issue de l’accord électoral entre Insoumis, PS, Verts et PCF, sous la houlette du Parti trotskiste POI (ex-OCI, qui n’a pas signé, mais a accueilli le « Parlement » auto désigné de la NUPES dans ses locaux ), c’est à un appel à soutenir un homme, le tribun Jean Luc Mélenchon, que les éventuels Députés de la NUPES soutiendront quand il sera Premier Ministre.

Sur les affiches et bulletins électoraux de nos quartiers, dans une profusion de candidats très souvent inconnus affichant rarement le parti qui les a désignés, celui de la NUPES (et son suppléant) ne se revendiquent pas de son parti, de son programme spécifique, mais se présente d’abord comme soutien du futur premier ministre.

C’est d’ailleurs le portrait du tribun Mélenchon, en médaillon ou en pied, qui fleurit sur les panneaux électoraux, avant celle du candidat.

Mêmes photographies sur pleine page dans la brochure sur papier glacé éditée avant le scrutin sous le nom de « la revue de l’insoumission, « le programme s’y réduisant .aux interviews du leader, avec une propension électoraliste pour les thèmes écologistes (y compris des pages sur les vertus du lichen !). Et ce culte imagé du chef semble avoir contaminé les partenaires communistes, si l’on en juge par le numéro de l’Humanité Magazine du , dont la page titre s’orne de la photo en pied du « futur premier ministre ».

Qu’en conclure sinon que cette Gauche NUPES de 2022, tous partenaires confondus, a endossé à son tour l’idéologie monarchiste qui est la base de la Cinquième République. Celle dont Mélenchon disait encore il y a quelques semaines qu’elle était totalement anti-démocratique,
et qu’il fallait d’urgence la remplacer par une Sixième République, reposant sur le référendum, le contrôle des élus par les citoyens, et j’en oublie encore.

On ne peut s’empêcher de penser à Mitterrand, l’immortel auteur du « Coup d’État permanent, « critique au vitriol de la « monarchie gaulliste », quelques mois avant son élection de 1981, qui lui a permis de se couler avec aisance dans cette « monarchie républicaine » dans laquelle le Président décide de tout à la place des élus et des citoyens.

Ce ralliement de fait des partenaires de la NUPES à l’esprit de la Constitution Gaulliste cache en fait un reniement beaucoup plus grave : les luttes populaires nécessaires pour combattre les projets de Macron et du CAC 40 ne sont même plus évoqués, tout disparaît dans le seul objectif électoral.

Une victoire définitive de’ l’électoralisme et du carriérisme ?

Dans notre France capitaliste, ou la « démocratie libérale « se réduit à des élections périodiques fort peu représentatives de responsables nationaux et locaux, le goût du pouvoir carrièriste et l’électoralisme qui en découle ont toujours été fréquents dans tous les partis conservateurs et réformistes : de la Droite à l’extrême-droite ( même si cette dernière a toujours utilisé à son profit la démagogie anti-corruption ), du Centre au Parti Socialiste, les politiciens professionnels les ont toujours dirigés depuis un siècle en France.

Mais notre peuple avait aussi le privilège de compter au XXéme siècle une cohorte de militants attachés à leur idéal de luttes de classe, Communistes organisés dans le PCF, syndicalistes dans la CGT. Ils ont pu parfois se tromper, mais ils ont été durant des décennies le fer de lance des conquêtes altruistes des progrès sociaux et politiques, Sécurité sociale, services publics de santé, transports, énergie, etc.

Jusqu’aux ultimes décennies du siècle, où le poison du carriérisme, de l’électoralisme sans principe a contaminé progressivement les cadres militants, qui ont peu à peu oublié qu’ils n’étaient qu’au service du prolétariat, et ont largement basculé vers le « prêt à tout pour conserver mon poste ! ».

Cette période de dérive droitière, de ralliement massif aux comportements qui n’étaient jusque-là qu’une spécialité du PS, est connue sous le nom de
« Mutation » et « d’Union de la Gauche » : il s’agissait dans tous les cas de se faire réélire aux divers postes de responsabilité par le Parti Socialiste, voire les Verts, tous deux ralliés au Social-Libéralisme, en multipliant les concessions politiques, jusqu’à collaborer avec eux dans des gouvernements successifs, qui ont multiplié les privatisations, la destruction des services publics et des avancées sociales.

Le résultat de cette litanie de trahisons n’a pas manqué de survenir en quelques vingt ans de suicide : le PCF est tombé au score ridicule de 1,93 pour cent des exprimés en 2007, abandonné peu à peu par son électorat populaire, massivement converti à l’abstention découragée, ou pire à la démagogie raciste de l’extrême droite.

Il eut fallu pour s’en guérir reprendre le chemin des luttes sociales, le PCF en fut bien incapable, et ne pouvait que s’étioler, dépourvu de sa vigueur militante passée. La solution qu’il crut trouver était encore plus électorale, et suicidaire : à partir de la gifle de 2007, le PCF, pour 15 ans ne présenta plus de candidat aux présidentielles, en apportant les voix qui lui restaient fidèles à un Socialiste en rupture de ban, le tribun Mélenchon et ses hétéroclites « Insoumis », un « mouvement » calqué sur l’éphémère « Podemos » en Espagne.

Ce fut en tout cas une marche nouvelle vers la disparition, à tel point que le sursaut d’orgueil des militants résiduels voulant à tout prix avoir un candidat en 2022 s’est traduit par un minable 3% : l’électorat salarié n’y croyait plus à l’issue de décennies de démission politique. Et cela malgré les qualités personnelles du candidat communiste Roussel, notée par tous les observateurs.

Les électeurs opposés au « Président des Riches », formatés par une idéologie monarchiste qui n’est plus vraiment remise en cause, ont concentré leurs voix sur Mélenchon, suivant en cela les directives des médias consensuels, ce qui a permis au tribun d’organiser sous sa houlette le regroupement des « partis de Gauche », réduits à l’état de débris.
Certains parmi nous n’y virent qu’une chose, la possibilité d’empêcher le désastre annoncé par Macron.

C’est bien pourquoi nous avions depuis un mois un bœuf sur la langue.
Nous ne pouvions en disant clairement le fonds de nos pensées avant le scrutin, contribuer à une défaite éventuelle de « la gauche ».

Ce cap est passé, le 12 Juin le verdict des urnes est tombé, lamentable comme nous l’avions prévu. Il est temps de dire les responsabilités, et d’abord de revenir sur cet accord électoral de la NUPES.
Certes, le programme annoncé au départ ne pouvait que nous réjouir, il était en rupture avec ce qu’avait accompli au pouvoir le Parti Socialiste. Il condamnait les privatisations libérales passées, la destruction des services publics, les réformes régressives de la retraite, des allocations-chômage, etc… et il semblait aussi rompre avec l’attitude passée du Parti des Verts, qui, depuis trente ans, s’évertue à justifier les capitalistes français détruisant l’industrie nationale en la délocalisant vers les contrées à bas salaires, sous prétexte de protéger la nature et le climat.

De quoi la NUPES est-elle le nom ?

L’ex-président Hollande confortait cette naïveté en s’opposant à la « glissade à gauche » de la part d’un PS en déshérence et d’un Parti Vert son compère, tous deux solidement ancrés depuis des décennies dans l’idéologie libérale, les dogmes du marché capitaliste et de la « liberté d’entreprendre. »

Notre naïveté oubliait une constante de la Social-démocratie depuis toujours :
« les promesses électorales n’engagent que ceux qui les croient ! ». Léon Blum décrétant « la pause sociale » en 1938, Guy Mollet expédiant les conscrits guerroyer en Algérie en 1956, Mitterrand et les siens faisant avaler des boas aux ministres du PCF, avaient tous promis au départ le mieux-vivre, la paix négociée, et de « changer la vie « , alors qu’ils ne rêvaient que de réduire les militants Communistes à leur merci et au silence. Ce dernier avait en partie réussi, avec la collaboration des courants les plus opportunistes et conciliants au sein du PCF en mutation.

Et ces dérives suicidaires ont empiré à partir de 2007 en ne présentant plus personne aux élections présidentielles sous prétexte d’unité. Ce n’était pas encore le cas aux élections législatives, garantissant l’ancrage minimum dans quelques zones de fortes traditions de luttes ouvrières, Nord, banlieues de l’Est parisien, avec quelques députés, pas mal de maires, etc.

Mais, en 2021, profitant du « vote utile » d’un électorat des Gauches réduites à un votant sur 5, Mélenchon a réuni les « représentants » non-élus de ce qui restait des appareils PS, Verts, et PCF, pour leur faire approuver le couteau sous la gorge, les accords dits de la NUPES.

Avec un programme écrit pour l’essentiel par lui comme s’il n’avait rassemblé au premier tour que ses fidèles, sachant qu’il n’engageait à rien « le futur Premier Ministre », qui ne se priva d’ailleurs pas de l’atténuer en fonction de ses auditeurs-électeurs potentiels.

C’est ainsi que notre PM, en parfait électoraliste, n’hésita pas lors d’interviews à BFM et au Figaro, à reprocher à Macron de « ne pas vouloir humilier Poutine », donc, de ne pas être assez belliciste ! Tout cela entre deux plaidoyers contre l’énergie nucléaire, pour absorber les écolos irrationnels, prêts à réouvrir comme en Allemagne les centrales au charbon bavant du CO2 en pagaille…

Mais le pire de cet accord n’est pas dans le programme, dont on sait ce qu’il vaut après les élections. Plus grave est la façon dont furent décidées en petit comité les candidatures uniques pour chacune des circonscriptions électorales, qui relèvent encore du plus grand brouillard à quelques jours du scrutin. Les recoupements faits avec des camarades de diverses régions permettent en tout cas d’accumuler des indices allant tous dans le même sens.

Les candidats uniques qui ont le label NUPES sont massivement, même si le nombre exact n’est pas publié, de la FI, ce qui n’a rien d’étonnant, selon la vieille recette du pâté d’alouette, une alouette, un cheval, une alouette, un cheval…Et pour que cela ne choque personne, les maîtres à penser de la NUPES ont obtenu du Conseil d’État que les candidats de la « Gauche » ne soient annoncés que comme NUPES, à l’exclusion de leur appartenance à un autre parti ! ! Un dispositif que les « Unions de la Gauche » mitterrandiennes n’avaient jamais osé mettre en place !

La portion congrue laissée en matière de candidatures NUPES aux autres partenaires que la FI amène quelques observations, d’un département à l’autre, notamment pour ceux concédés au PCF.

Dans les banlieues Est de Paris, qui furent durant les décennies précédentes les « forteresses ouvrières » du PCF, Val de Marne, Seine Saint Denis, les candidats communistes sont curieusement absents de leurs fiefs historiques.
Dans le Val d’Oise urbain, pour la circonscription de Bezons-Argenteuil, qui fut autrefois celle de Gabriel Péri, pas de candidat PCF qui avait quelques chances d’être élu. Par contre la 3ème , où le PCF est faible, présente pour la NUPES un candidat Vert, agrémenté d’un suppléant PCF, qui se garde bien de se référer à son parti dans sa profession de foi.

Bien sûr, pour que l’opération NUPES reste crédible, elle a concédé la candidature (et la réélection probable) des incontournables « patrons » de l’appareil PCF, Roussel à Saint Amand les eaux, Chassaigne en Auvergne, Dharreville en Bouches du Rhône. Mais en éliminant les autres communistes susceptibles d’être élus, dans le Nord, et à Vénissieux, en banlieue lyonnaise, au profit d’un parachuté fort controversé au sein même de la FI !

On pourrait multiplier les exemples locaux, d’un choix clair des négociateurs obscurs de l’accord NUPES : éliminer l’ancrage local des Communistes au profit de la FI, avec l’assentiment du PS ou des Verts en quête de survie, et des négociateurs du PcF tenants de la tendance la plus droitière. Défaite au dernier congrès du parti, elle a trouvé à cette occasion le moyen d’éliminer de la vie publique le courant interne au PcF qui y avait eu la majorité !

Le candidat FI imposé à Vénissieux au détriment de la mairesse élue qui avait de grandes chances d’être élue député, n’a d’ailleurs pas caché que son objectif était d’effacer la mairie communiste, dès que possible.

Au-delà de ces sordides magouilles d’apparatchiks, la NUPES est donc le fruit d’une volonté d’éradication de l’ancrage local résiduel des Communistes, et l’acte de naissance sur les ruines complaisantes des partenaires d’une Social-démocratie française renouvelée, dévouée à son chef sinon à son programme, élaboré sans d’ailleurs la moindre consultation des adhérents-militants, de la FI, du PS ou des Verts.

Nous espérions du scrutin de juin 2022 un adjuvant des luttes populaires, il ne sera qu’un frein supplémentaire !

Que faire maintenant ?

Nous n’avons aucune responsabilité dans cette négociation électoraliste, réalisée sans aucune participation militante, et qui accouche aujourd’hui d’un champ de ruines politique, sur fond de destruction des forces populaires encore présentes : qui dira les ravages laissés au sein des militants syndicaux par les disputes fratricides entre électeurs de Roussel et Mélenchon ?

Il est temps de dépasser cet épisode électoral calamiteux, de travailler à organiser les deux seuls objectifs nécessaires :

1/ participer, sinon animer les luttes sociales et politiques, seules capables d’empêcher les projets néfastes de Macron, des diverses Droites à son service et leurs complices camouflés en sociaux-démocrates et Verts, et de lui imposer une politique de paix, contre l’OTAN et l’UE.

2/ et, parallèlement, au sein même de ces luttes, il nous faut œuvrer sans relâche et sans sectarisme aucun, à reconstruire patiemment un Parti des Communistes en France, une force organisée, démocratiquement structurée, sans laquelle aucun avenir meilleur n’est possible.
Ce travail commun pour y parvenir sera long, mais il est la seule issue.

20 juin 2022

http://ancommunistes.fr/spip.php?article4010

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Xuan
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   Posté le 22-06-2022 à 18:49:26   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Roussel "tout ne se passera pas à l'Assemblée" https://www.youtube.com/watch?v=Jgn8h2xoRG4

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pzorba75
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   Posté le 22-06-2022 à 19:17:33   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Roussel peut remercier Mélenchon et la NUPES de lui avoir permis de sauvegarder un groupe avec quelques députés encartés PCF, groupe dirigé par le papy de service A. Chassaigne.
Autant dire que le bla-bla de la direction du PCF va encore continuer jusqu'aux prochaines élections et contribuer au découragement des militants du terrain.

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Xuan
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   Posté le 23-06-2022 à 22:48:34   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

A gauche, le mensonge est dangereux, seule la vérité est révolutionnaire ! Quelle situation politique après les élections législatives ?

Mercredi 22 juin 2022, par Pierre-

https://lepcf.fr/A-gauche-le-mensonge-est-dangereux-seule-la-verite-est-revolutionnaire
Le deuxième tour des élections législatives est passé, terminant une longue période électorale. On peut désormais ouvrir franchement le débat sur la base des résultats. Pour tous ceux qui espéraient un tournant à gauche après un mandat Macron au service des riches, le constat est brutal.
- un record d’abstentions [1]
- 89 députés RN, un record historique
- seulement 131 [2] députés NUPES après avoir organisé une campagne pour élire Mélenchon à l’Elysée, avant de se limiter à viser une majorité relative et qu’on nous en promettait entre 160 et 200
- les 3/4 de l’assemblée à droite ou à l’extrême-droite [3]

Au soir du deuxième tour des législatives, Mélenchon presque triomphant déclare qu’il n’a manqué que quelques voix pour avoir une majorité relative. De nombreux commentateurs à gauche ont cru pouvoir crier victoire parce-que Macron n’avait pas de majorité absolue...

Pourtant, le fait principal est là. La droite est très largement majoritaire et n’a donc que des problèmes d’égo pour construire une majorité inscrite dans le vote très majoritaire à droite des électeurs...

Pourquoi cette situation ?

On ne peut la comprendre sans faire la critique du discours politique construit depuis deux ans par Jean-Luc Mélenchon qui a rythmé toute cette période électorale depuis l’annonce isolée de sa candidature fin 2020, jouant à fonds de la présidentialisation de la 5ème république jusqu’à transformer les 577 élections législatives en 3ème tour de la présidentielle pour l’élire premier ministre...

Ses soutiens diront qu’il a été brillant dans la bataille médiatique. Brillant certes, mais efficace vu le résultat ? utile vu du peuple qui souffre ? utile pour reconstruire une gauche populaire ? Il faut bien reconnaitre que le résultat est très loin des espoirs qu’il a lui-même mis en scène dans ses discours.

Au risque d’être brutal, je pense qu’il y a une lecture moins brillante de ces deux années électorales. Mélenchon a menti avant, pendant et après les élections, et le résultat est un grand pas de plus à droite pour la France et une fracture politique plus grande à gauche avec les milieux populaires. Non seulement Mélenchon est en échec, mais il est en fait le problème de la gauche, une impasse, et sa persistance dans l’agitation médiatique au détriment de la construction populaire est dangereuse.

Mélenchon a menti avant l’élection
Depuis 2017, Jean-Luc Mélenchon dirige un mouvement sans élection interne, sans organisation départementale, sans responsables locaux. Quelques personnalités nationales existent à coté de lui, mais ce sont ses seuls messages qui sont relayés partout, repris dans de multiples réseaux.

Premier mensonge. "nous sommes le peuple".

L’analyse électorale de la présidentielle montre au contraire à quel point Mélenchon divise le peuple, un peuple écartelé entre l’abstention majoritaire chez les ouvriers, la colère noire du vote RN majoritaire dans les périphéries, et un vote de gauche affaibli dans les agglomérations. Mélenchon est un champion de la communication. Il appelle son mouvement l’Union Populaire alors même qu’il sait très bien que sa base militante est implantée dans les couches moyennes urbaines éduquées. Et il dirige un mouvement sans congrès, sans organisation locale, sans démocratie interne. Depuis 2017, les "groupes d’appui" insoumis sont souvent en opposition, en concurrence pour les élections locales, et les désignations de candidature ressemblent à un congrès du parti socialiste... la guerre des courants. Cela exclut de fait toute implantation populaire de masse. Le "mouvement" n’est fait que pour l’élection présidentielle, loin de la formule consacrée de l’internationale "il n’est pas de sauveur suprême, producteurs sauvons-nous nous-mêmes".

Deuxième mensonge "nous avons un programme de rupture".

Le programme de l’AEC est un assemblage de toutes les contestations sociales et sociétales qui peut satisfaire tout ceux qui vont retrouver leur propre revendication. C’est l’objectif, fédérer les contestations. Mais dès qu’on demande comment ces revendications sont satisfaites, c’est le flou qui domine.
- Oui à la retraite à 60 ans, mais avec combien de trimestres ?
- Oui à la SECU à 100% mais financée par la CSG ou par les cotisations sociales ?
- Oui à l’augmentation forte du SMIC, mais en brut avec les cotisations ou en net comme le propose souvent le patronat en réduisant les cotisations ?

Et parfois, des objectifs sont contradictoires selon le chapitre qu’on regarde.
- Oui à la construction de 200 000 logements sociaux par an, mais le même programme limite la construction totale à 36 000 logements par an dans le scénario énergétique [4] ?
- Oui à la relocalisation industrielle, mais en dehors des équipements d’énergie renouvelable et de la massification de l’isolation, que fait-on de l’acier, de la métallurgie, du ciment, du pétrole, de la chimie ? Faut-il comme le propose certains fermer toutes les usines polluantes ? Une usine sans pollution, ça n’existe pas ! Et de toute façon, la division par deux de la consommation énergétique globale interdit toute réindustrialisation d’ampleur...

En fait, c’est un programme qui peut sembler efficace électoralement, mais pas du tout un programme de rupture gouvernemental. Or une fois au gouvernement, la gauche fait face au "mur de l’argent" [5] et que c’est là que les choses sérieuses commencent et se finissent comme en 1983 avec le "tournant de la rigueur" ou comme en Grèce avec Tsipras et le "tournant du mémorandum européen", ou encore comme au Chili en 1973 avec le coup d’état fasciste.

Un programme de rupture doit clairement dire COMMENT il va prendre la main sur le système économique et financier, comment il peut surmonter le refus de la bourgeoisie de voire remis en cause ses privilèges.. Nationalisations ? Droits des travailleurs ? Remise en cause des traités européens... Coopérations technologiques et industrielles avec qui ? Ces questions sont absentes du programme de l’AEC car elles divisent en fait les forces sociales, les syndicats. On parle souvent du nucléaire, mais ce n’est qu’une question parmi de très nombreuses où il n’y a pas de consensus à gauche entre les partisans de la "sobriété heureuse" et ceux de la réponse aux besoins populaires.

Troisième mensonge : "je suis la gauche"
Mélenchon a un grande expérience politique et peut dire parfois une chose et son contraire. Il a parfois dit que la gauche était un concept dépassé, remplacé par "le peuple", puis il a refait l’union de la gauche avec la Nupes. Peu importe. En décidant seul de sa candidature tout en appelant les autres à le rejoindre, il a dès le début fixé un cadre, "la gauche ne peut être représenté que par moi" et la médiatisation a fait le reste.

Mais la réalité c’est qu’après avoir écrasé toute la gauche à la présidentielle, ses députés représentent la moitié (45%) de la gauche à l’assemblée. Constatant son échec avec 20 députés de moins que le RN, il tente d’obtenir un groupe unique de la Nupes, se heurtant à la réalité, la gauche est divisée, profondément même, et elle est ... très faible ! Contrairement à tous ses discours, la gauche n’est pas faible parce qu’elle est divisée, elle est faible parce qu’elle s’est éloignée des milieux populaires eux-mêmes divisés, et elle est divisée sur les causes de cette fracture et donc sur les politiques qui seraient nécessaire pour reconstruire...

Mélenchon a construit l’image d’une union populaire et le prospectus publicitaire d’un programme de rupture, mais ce n’est que de la communication et le retour brutal du réel laisse notre peuple désuni et dans la cacophonie idéologique.

Mélenchon a menti pendant l’élection
Il a d’abord dit que pour gagner, il fallait faire sortir des millions d’abstentionnistes. C’était surtout dans la première partie de campagne. Mais début 2022, progressivement, il a orienté ses efforts sur les autres forces de gauche, interrogeant la pertinence de leur candidature, notamment en interpellant brutalement Fabien Roussel pour son retrait. Il a progressivement centré sa campagne sur le "vote utile", qui serait la clé se son succès.

La vie a montré que c’était un mensonge, car cette bataille médiatique du vote utile fonctionnait bien sûr pour les trois premiers candidats. Autrement dit, plus Mélenchon "pompait" la gauche et grimpait dans les sondages, plus Marine Le Pen écrasait Zemmour et montait dans les sondages, et plus Macron écrasait Pécresse et montait dans les sondages... Autrement dit, c’était une tactique qui écrasait les petits candidats et faisait grimper les "grands" candidats. Compte tenu du rapport de forces global qui est toujours resté défavorable à la gauche, c’était un choix tactique perdant. Macron avait plus a gagné sur Pécresse, Le Pen avait plus a gagné sur Zemmour et aussi sur tous les anti-macron déterminés...

Mélenchon le savait très bien. Il savait que cela ne lui permettrait pas de faire reculer l’abstention, ni le vote RN, mais cela lui permettait d’être largement dominant à gauche... Il a choisi tactiquement son intérêt politicien plutôt que d’affronter l’abstention et le vote RN populaire pour tenter de compenser la faiblesse de la gauche.

Mélenchon a menti après l’élection
le 10 avril 2022 au soir, Mélenchon se souvient bien de son raté après le premier tour de 2017 quand il ne peut accepter le constat de son échec [6]. Il engage donc dès la soirée électorale la bataille médiatique pour détourner les questions militantes de sa personne et de sa stratégie. Il lui faut un coupable, il est tout trouvé, c’est d’abord Fabien Roussel et plus généralement les autres partis de gauche.

Pourtant, il suffit de regarder les chiffres pour comprendre que le troisième échec de Mélenchon n’a rien à voir avec le candidat communiste mais a des raisons sérieuses, historiques et directement liées à ses propres choix politiques.
- Il n’a pas fait reculer l’abstention,
- il n’a pas fait reculer la colère noire populaire des zones périphériques,
- il n’a pas gagné le vote ouvrier qui reste très majoritairement abstentionniste,
- enfin il n’a pas construit d’unité populaire, mettant en scène au contraire ce qui divise, cette "intersectionnalité" des combats minoritaires et parfois sectaires, à l’exemple de ceux qui dénoncent les mangeurs de viandes responsables de la crise alimentaire ou écologique...

Et il a mené une bataille politique acharnée et presque personnelle contre Fabien Roussel en jouant le jeu des contradictions internes au PCF. Il sait bien que Fabien Roussel est devenu dirigeant du PCF après un congrès mouvementé où la direction sortante a été mise en minorité, mais où le texte dominant n’avait qu’une majorité relative. Il connait bien tous les députés communistes qui pourraient être à la FI plutôt qu’au PCF et qui ne croient plus à l’autonomie du PCF. Certains qui l’avaient déjà soutenu à la présidentielle contre le candidat communiste, d’autres qui avaient soutenu "officiellement" Fabien Roussel, mais qui affirment dès le 11 avril qu’il faut partout des candidatures uniques aux législatives.

Résultat, Mélenchon impose la Nupes parce-que les députés et dirigeants communistes ont peur d’affronter un rapport de forces défavorables. Et ce sont les députés communistes qui sont quasi sûr d’être élus, ceux qui ont déjà un accord avec la FI, notamment ceux qui ont soutenu Mélenchon à la présidentielle, qui font pression pour l’accord Nupes dont ils n’ont pas besoin, alors que cela interdit aux communistes de mener campagne dans des circonscriptions gagnables comme celle de Vénissieux. Mélenchon exploite à fonds ses soutiens à l’intérieur du PCF et impose un accord injuste qui crée beaucoup de mécontentements, mais qui est tout à son avantage.

Mélenchon a menti pour les législatives
Il construit ce qui est pour toute analyse sérieuse un véritable délire politique "élisez-moi premier ministre" pour capter toute l’attention médiatique, centrer la bataille sur son nom, jouer à fonds la carte de cette 5eme république présidentielle qu’il dénonce pourtant dans ses discours pour s’en servir en pratique, comme l’avait fait avec brio son maitre à penser, François Mitterrand.

Là aussi, il ment et ça commence à se voir, mais il persiste, montre qu’il pourrait passer un accord avec Macron, fait même des déclarations de "premier-ministrable", allant plus loin que Macron sur la guerre. La campagne législative se réduit à une campagne nationale, les candidats locaux n’ont pas de communication spécifique, tout vient d’en haut, piloté par l’équipe réduite autour du "grand homme".

Et le résultat est là. C’était un mensonge énorme, une publicité mensongère pour être précis car s’il savait bien qu’il ne pouvait être premier ministre, l’annonce fait quand même parler de lui, les médias relaient, bref, la pub fonctionne.

Le résultat est une défaite pour la gauche qui, après un mandat de droite reste à un de ses plus bas niveau historique malgré la colère populaire contre Macron. Et le pire est que le plus grand groupe de gauche, celui de Mélenchon, a 20 députés de moins que le RN. C’est pourquoi Mélenchon tente un dernier coup, un dernier mensonge. Il faudrait un groupe unique Nupes pour être devant le RN et avoir la présidence de la commission des finances. Oublié l’accord Nupes qui devait garantir un groupe à chaque parti. Et surtout oublié le règlement de l’assemblée qui dit simplement que le président de la commission des finances est élu par l’assemblée parmi les groupes d’opposition. Aucune chance donc que ce soit un député RN, même avec un accord LR-RN...

Mélenchon s’est construit pour lui-même, il peut s’installer dans une fondation à sa mémoire, mais le mouvement populaire est à terre, à reconstruire. La première étape est de sortir de cette longue séquence Mélenchon qui n’est que la répétition sous forme de farce de la séquence Mitterrand dont il est le produit. Il faut dire la vérité de cette "nouvelle union" mélenchoniste qui n’est que la dernière mouture de l’union de la gauche initiée dans les années 1970. L’union populaire ne peut que se construire dans l’action, dans les entreprises et les quartiers, et cela suppose un immense effort militant, d’éducation populaire et d’organisation. Pour cela, il faut en finir avec les mensonges de Jean-Luc Mélenchon. Il faut inventer autre chose. Les communistes ont un rôle décisif à jouer s’ils choisissent toujours de dire la vérité à notre peuple, de faire le pari de l’éducation populaire, de l’engagement de terrain, même quand le rapport de forces est difficile.

L’adresse originale de cet article est https://pierrealainmillet.fr/A-gauc...

[1] 54%, 26 millions d’abstentionnistes plus 1,7 Millions de blancs ou nuls pour moins de 7 millions de voix NUPES et 8 millions pour Macron

[2] 131 Nupes + 22 divers gauche ou 133 Nupes + 20 divers gauche selon les décomptes

[3] seulement 153 députés de gauche sur 577 soit 26,5% à gauche

[4] ce qu’implique le scenario negawatt

[5] comme le montre lui-même JLM dans son bilan raisonné de la présidence de Mitterrand

[6] dont à l’époque il ne peut accuser les communistes qui n’avaient pas de candidat

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marquetalia
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   Posté le 27-06-2022 à 20:40:19   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Macron appelle à une coalition des Lr....,au pcf,et Fabien roussel y est favorable selon certaines conditions. La bourgeoisie française a t elle besoin du Parti communiste français pour la visite du président le 3 et 5 Juillet à Alger, pour la repentance ?.

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marquetalia
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   Posté le 27-06-2022 à 20:41:26   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Un nouveau compromis historique ?

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pzorba75
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   Posté le 28-06-2022 à 04:57:17   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Les rapports de classe ne sont pas tout à fait comparables entre mi 1944, l'invasion de la France par les troupes américaines et de l'Europe orientale par les troupes soviétiques et la déconfiture électorale du parti communiste français en 2022, parti qui recueille moins de 2% de 45% des électeurs inscrits.
Que Roussel cherche quelques euros pour maintenir en vie la secte euro communiste qui grenouille Place du Colonel Fabien n'est pas une surprise pour les observateurs de la situation sociale en France et dans le monde occidental, disons jusqu'aux frontières de la Russie.
Roussel a pris position pour la défense de l'intégrité territoriale de l'Ukraine et arbore une épinglette aux couleurs de ce pays, libre à lui de se mettre en ligne derrière Macron et les européistes va-t-en guerre. Il se fait des illusions sur cette soumission à l'ordre otanien, l'issue militaire de la guerre en Ukraine est encore floue et l'après-guerre réservera son lot habituel de surprises. Certainement pas un regain de l'influence communiste sociale démocratisée en France.
Quand à la situation de l'Algérie et des problèmes des communautés issues de l'immigration d'origine algérienne ou magrébine, Roussel ne s'en préoccupe pas beaucoup en public et les résultats électoraux du PCF sont aussi faibles dans les quartiers où les immigrés sont nombreux que dans le XVIeme arrondissement de Paris.
Pas vraiment la situation des jours heureux de 1944, qui ont pris rapidement l'eau faut-il s'en souvenir!


Edité le 28-06-2022 à 04:58:20 par pzorba75




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Xuan
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   Posté le 28-06-2022 à 07:45:41   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La ligne internationale du PCF est parfaitement opportuniste.

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pzorba75
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   Posté le 28-06-2022 à 09:56:32   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Xuan a écrit :

La ligne internationale du PCF est parfaitement opportuniste.

Je dirai plutôt qu'elle joue en division régionale!

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marquetalia
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   Posté le 28-06-2022 à 11:52:35   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Finalement, Roussel n intégrera pas un gouvernement de centre droit.

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Xuan
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   Posté le 01-07-2022 à 13:25:49   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

22/06/2022 11:11 CEST
François Ruffin prend ses distances avec la stratégie de Jean-Luc Mélenchon


Dans une interview au Monde, le député NUPES de la Somme invite la gauche à ne pas laisser tomber les électorats ouvriers et populaires des périphéries.


DENIS CHARLET VIA AFP
François Ruffin s'adresse à des électeurs dans un café de Condé-Folie, dans la Somme, le 31 mai 2022, avant les élections législatives. (Photo by Denis Charlet / AFP)
POLITIQUE - “Où sont les millions de voix qui nous manquent?” Au lendemain des élections législatives, l’insoumis François Ruffin, réélu dans la 1re circonscription de la Somme, voit le verre à moitié vide et ne se satisfait pas du score de la coalition de gauche NUPES, qui a fait élire 142 députés et privé Emmanuel Macron d’une majorité absolue.

Dans un entretien au Monde publié mercredi 22 juin, il questionne la stratégie (“ C’est très bien d’avoir posé l’idée du troisième tour, d’une revanche sur Macron même si je ne pensais pas possible d’avoir une majorité” ) et remet en cause certaines positions de Jean-Luc Mélenchon, qui minent selon lui la place de la gauche dans l’électorat populaire et ouvrier. “On ne doit pas devenir la gauche des métropoles contre la droite et l’extrême droite des bourgs et des champs, qu’on leur laisserait” , affirme l’élu, préoccupé par l’élection de 89 députés du Rassemblement national.

Des propos sur la police qui “heurtent”
Pour François Ruffin, la gauche doit plus que jamais miser sur la valeur du travail. “La gauche doit évidemment défendre les pauvres, mais aussi les modestes, les ‘moyens’” , ajoute celui qui défend l’indexation des salaires sur l’inflation, en plus du Smic à 1500 euros, proposition du programme de la NUPES. Crise du textile et de la métallurgie, délocalisations en série... Le fondateur du journal Fakir rappelle la “demande de protection des classes populaires” face à la mondialisation et au libéralisme.


Le “député-reporter” prend aussi ses distances avec certaines déclarations du leader de la France insoumise sur les policiers. “La police tue et le groupe factieux Alliance justifie les tirs et la mort pour ‘refus d’obtempérer’. La honte c’est quand?” , avait tweeté Jean-Luc Mélenchon le 6 juin, après l’annonce de la mort d’une passagère d’une voiture soupçonnée d’avoir foncé sur des policiers à Paris. “Il y a des endroits, comme le mien, où ce genre de propos, oui, heurte” , affirme François Ruffin, élu picard où le RN a obtenu de très bons scores.

Électron libre, François Ruffin ne secoue pas le cocotier de son camp pour la première fois. Après l’élimination de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle, il se disait “fier” du score du candidat et de la gauche, mais pointait aussi, dans une interview à Libération, la difficulté à “muer en espoir la colère des ‘fâchés pas fachos’” .

https://www.huffingtonpost.fr/entry/francois-ruffin-prend-ses-distances-avec-la-strategie-de-jean-luc-melenchon_fr_62b2ca23e4b0cdccbe6480be?ncid=other_facebook_eucluwzme5k&fbclid=IwAR3llsbPGJvpnmNFM-4QIV-JlTISsyklVZrkfqwnlmKNlyhp7ezb-v3yK-o

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