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 rattrapage technologique et technique en Chine

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Xuan
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   Posté le 13-08-2018 à 10:50:28   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Il n'existe pas de science prolétarienne ou de science bourgeoise, la bourgeoisie s'intéresse à la science dans la mesure où elle lui permet des profits, mais sa valeur d'usage l'indiffère.
Par contre la recherche scientifique comme toute forme d'activité humaine est affectée par la lutte des classes et par la lutte entre impérialisme et anti impérialisme.
Ici elle devient un enjeu de la contradiction entre le protectionnisme US et l'ouverture chinoise.


Les lauréats du prix Nobel se réunissent à Beijing alors que la Chine communique avec les meilleurs scientifiques


http://www.globaltimes.cn/content/1115053.shtml
Par Deng Xiaoci et Li Xuanmin Source: Global Times Publié: 2018/8/12 22:33:39


La Chine attire les meilleurs cerveaux du monde
Le Forum mondial sur l'innovation scientifique et technologique s'est tenu à Beijing du vendredi au dimanche, avec 20 lauréats du prix Nobel de physique, chimie et médecine et plus de 1 000 dirigeants d'entreprises de haute technologie.

Les observateurs chinois ont salué l’événement, qui a suivi l’escalade de la guerre commerciale déclenchée par les Etats-Unis, en tant que manifestation de l’adhésion de la Chine à son engagement à s’ouvrir davantage, en particulier dans le secteur scientifique et technologique. plus attrayant pour les esprits les plus intelligents du monde.

Hébergé par le magazine Caijing et le cabinet de recherche Houyi Holding, le forum présente des résultats de pointe dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, les nouveaux matériaux, le calcul des nuages, la biotechnologie, le changement climatique et l’espace.

Le forum a souligné l'engagement de la Chine à ouvrir son secteur de haute technologie et à communiquer activement avec des scientifiques du monde entier pour contribuer au bien commun de l'humanité, a déclaré Zhang Yandong, président du groupe de réflexion Caijing.

"C'est particulièrement difficile dans le contexte de tensions commerciales croissantes entre la Chine et les Etats-Unis" , a-t-il déclaré. Une telle ouverture renforcerait la chaîne industrielle chinoise sur le marché mondial, a-t-il noté.

"La Chine s'ouvre désormais davantage au monde" , a déclaré Michael Levitt, qui a reçu le prix Nobel de chimie en 2013 pour le développement de modèles multi-échelles pour des systèmes chimiques complexes.

Levitt a déclaré au Global Times que la Chine avait déjà attiré des scientifiques étrangers pour mener des recherches dans le pays et qu’il n’ya eu aucun obstacle à une telle coopération scientifique. Levitt lui-même, par exemple, a été nommé professeur honoraire de l’Université Fudan à Shanghai.

Des scientifiques de haut niveau

La confiance de la Chine dans la coopération scientifique et technologique avec le monde «découle de son avantage inné, notamment son marché national et sa capacité de soutien à la fabrication» , a déclaré au Global Times Xiang Ligang, directeur du site de nouvelles du secteur des télécommunications cctime.com. le dimanche.

Xiang a également déclaré que le développement robuste du pays dans les domaines de la science et de la technologie et la capacité accrue de sensibilisation et de gestion des droits de propriété intellectuelle au cours des dernières décennies ont également attiré davantage de scientifiques de haut niveau

Dans l’affaire la plus récente, samedi, les professeurs Robert Betts Laughlin, George Fitzgerald Smoot III et Konstantin Novoselov, prix Nobel de physique, ont été honorés en tant que «consultants distingués» par le gouvernement de la région autonome de Mongolie intérieure. secteur de l'énergie, rapporte Inner Mongolia Daily.

Une équipe dédiée à la recherche d’un traitement médical de la maladie d’Alzheimer, dirigée par Shuji Nakamura, un ingénieur américain né au Japon et lauréat du prix Nobel de physique en 2006, et Yoshinori Ohsumi, prix Nobel de physiologie ou médecine en 2016, ont également enregistré et ont établi leur base dans la zone de haute technologie de Kaihou, dans la province de Hainan (sud de la Chine), selon le site internet du gouvernement de la ville de Haikou, dimanche.

"La Chine ne s'est jamais opposée aux produits de haute technologie ou à la coopération dans le secteur des sciences et des technologies, ni poursuivi le populisme technologique" , a déclaré Xiang.

En plus d’insister sur la recherche indépendante et le développement de technologies de base pour éviter le blocage des techniques par certains pays, les scientifiques et les entreprises chinoises renforcent de plus en plus leur coopération avec le reste du monde pour stimuler le développement, a noté Xiang.

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   Posté le 30-08-2018 à 23:23:00   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La Chine et l'Italie préparent un essai de communication quantique

le Quotidien du Peuple en ligne 29.08.2018 09h07

http://french.peopledaily.com.cn/n3/2018/0829/c31357-9495051.html

La Chine et l'Italie préparent actuellement le troisième essai de communication quantique intercontinental au monde qui devrait être avoir lieu en septembre. Une telle expérience devrait permettre aux scientifiques d'avoir une meilleure compréhension de cette technologie ultra-sécurisée et de son champ d'application à travers de grandes distances.

Pan Jianwei, scientifique en chef en charge du satellite des sciences quantiques de la Chine, plus connu sous le surnom de « Micius », a dévoilé l'information en marge de la 8e Conférence internationale sur la cryptographie quantique qui s'est tenue lundi dernier à Shanghai.

L'essai va être conduit entre plusieurs stations terrestres en Chine et le Centre d'exploration spatiale Geodesy à Matera, ce qui représente une distance de plus de 8 000 kilomètres.

« Nous avons effectué avec succès une communication quantique avec l'Autriche l'année dernière, ainsi qu'avec Ténériffe, dans les îles Canaries, au large des côtes du nord-ouest de l'Afrique, plus tôt dans l'année », rapporte Pan. « Le prochain essai se fera avec l'Italie au mois de septembre ou d'octobre. »

« Nous sommes disposés à travailler avec des équipes d'autres pays, ainsi qu'à partager nos expériences en communication quantique », précise-t-il, ajoutant que d'éventuelles coopérations avec le Japon et les États-Unis sont en cours de discussion.

L'essai de communication intercontinental entre la Chine et l'Italie sera conduit via Micius, le premier et unique satellite capable d'établir une communication quantique. Ce dernier est capable d'envoyer et de recevoir des clefs quantiques et des messages cryptés.

Lancé en août 2016, Micius a été conçu pour durer deux années, ce qui ne l'empêche nullement de fonctionner encore à ce jour, comme le rapportent des spécialistes du projet.

Paolo Villoresi, professeur de physique à l'université de Padou, confirme la collaboration avec les Chinois et précise que l'essai va permettre aux scientifiques de mieux comprendre comment fonctionne la communication quantique dans l'espace.

« Nous n'avions aucun signal actif dans l'espace pour nos expériences avant que la Chine n'y envoie Micius », rapporte-t-il.

En juillet, deux scientifiques chinois dans l'équipe de Pan se sont rendus en Italie pour aider leurs homologues à suivre la trace de Micius et à comprendre ses paramètres en vue du prochain essai.

L'une des clefs d'utilisation de la communication quantique repose sur la cryptographie quantique, un système de sécurité qui repose sur la technologie de distribution quantique de clé.

Grâce aux considérables progrès qui ont été réalisés dans le domaine de cryptographie quantique ces dernières années, la communication quantique a commencé à être utilisée dans la vie réelle en Chine où un réseau de communication quantique de l'espace au sol terrestre est en développement.

La fibre quantique de 2 000 kilomètres reliant Beijing à Shanghai a été mise en service en septembre, et 32 nœuds locaux ont été construits le long du câble.

Micius a été intégré à ce réseau l'année dernière, signant la création du premier réseau quantique intégré au monde capable d'envoyer des messages via des lignes de terre et depuis l'espace.

Zhao Bo, directeur du département des produits appliqués chez QuantumCTek, l'un des principaux fabricants d'appareils de distribution quantique de clé en Chine, explique que ses clients sont des entreprises des technologies de l'information, des banques et des gouvernements.

« La technologie de cryptographie quantique peut améliorer la sécurité des communications, ce qui est quelque chose de plus en plus crucial dans le monde digital dans lequel nous vivons », explique Zhao.

Il ajoute que l'Industrial and Commercial Bank of China a intégré des dispositifs de communication quantique dans ses centres de données à Beijing et à Shanghai, et que de nombreuses provinces construisent actuellement des réseaux de communication quantique.


Edité le 30-08-2018 à 23:23:12 par Xuan




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   Posté le 13-11-2018 à 08:10:22   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le «soleil artificiel» chinois atteint une température de 100 millions de degrés


Source: Global Times Publié le 2018/11/12 20:58:39
http://www.globaltimes.cn/content/1127053.shtml

Le Tokamak supraconducteur avancé expérimental (EAST), surnommé le «soleil artificiel» de Chine, est en cours d'expérimentation à l'Institut de physique des plasmas, affilié à l'Académie chinoise des sciences. Source: Télévision centrale de Chine



Le "soleil artificiel" conçu par la Chine, un appareil destiné à exploiter l'énergie de fusion, a réalisé une avancée importante en atteignant une température de plasma de 100 millions de C et une puissance de chauffage de 10 mégawatts, ont rapporté les médias, soulignant que ces progrès pourraient moyen de développer une énergie propre par la fusion nucléaire.

L'Institut de physique des plasmas, affilié à l'Académie chinoise des sciences, a annoncé lundi sur son site Web que divers points de données obtenus au cours des expériences étaient sur le point de répondre à la demande de la physique concernant le fonctionnement futur d'un réacteur à fusion à l'état stable.

Il fournit également une base technologique importante pour le développement de l’énergie nucléaire propre par l’humanité, a déclaré l’institut.

Conçu et développé indépendamment par la Chine, le Tokamak supraconducteur avancé expérimental (EAST) est le premier tokamak totalement supraconducteur au monde avec une section transversale non circulaire et le dispositif de fusion nucléaire expérimental du pays de la quatrième génération, a rapporté la télévision publique chinoise Central Television (CCTV). Lundi.

L’appareil est surnommé le "soleil artificiel" dans la mesure où il vise à réaliser une fusion nucléaire comme celle du soleil en utilisant du deutérium et du tritium, qui existent largement dans l’eau de mer, a rapporté CCTV.

Le rapport de CCTV a déclaré que l'appareil pourrait fournir en permanence une énergie propre à l'humanité.

Après avoir établi un record du monde en atteignant 101,2 secondes de fonctionnement en mode H à l'état d'équilibre de l'EST en 2017, les scientifiques se sont tournés vers la recherche pour étudier le mécanisme physique du noyau soumis à un chauffage de grande puissance en 2018, a annoncé l'institut.

Les résultats obtenus en 2018 dans le cadre des expériences EAST fourniront une expérience importante et directe de la construction du réacteur thermonucléaire expérimental international (ITER), un vaste projet scientifique international qui regroupe 35 pays, dont la Chine, la Russie et les États-Unis.

Il fournira également des preuves expérimentales et un soutien scientifique au projet chinois CFETR (China Fusion Engineering Test Reactor), a indiqué l'institut.

Comparé à ITER, bien que plus petit, EAST est similaire à ITER par sa forme et son équilibre, tout en étant plus flexible.

Au cours des 10 années de construction d’ITER, EAST sera l’un des rares dispositifs internationaux pouvant servir de banc d’essai expérimental important pour mener des recherches scientifiques et technologiques avancées sur les plasmas en régime permanent liées à ITER, selon le site officiel de l’institut.

Global Times

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   Posté le 17-11-2018 à 18:09:33   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le scientifique chinois inventeur de la technologie Juncao





Photo prise le 2 novembre 2018 (Xinhua/Wei Peiquan)

FUZHOU, 17 novembre (Xinhua) -- Les champignons et les herbes, deux choses n'ayant apparemment rien en commun, sont aujourd'hui liés par un scientifique chinois.

En 1986, le professeur Lin Zhanxi a inventé une technologie baptisée "Juncao", qui permet de transformer les feuilles d'une plante herbacée en gaz domestique, de faire pousser des champignons en une semaine et d'obtenir du bois dur à partir d'une fragile tige de roseau. Aujourd'hui, le Juncao, qui est aussi le nom de la plante, possède un énorme potentiel pour le développement durable, notamment dans la réduction de la pauvreté, la lutte contre la désertification, l'élevage et la production d'électricité.

Le 16 novembre 2018, la technologie Juncao a été présentée en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en amont du sommet de l'APEC. Un accord d'aide entre la Chine et la Papouasie-Nouvelle-Guinée concernant la technologie Juncao et le riz sec a été officiellement signé en présence des dirigeants chinois et papouans-néo-guinéens.

"Ce lieu deviendra un exemple de développement durable pour les pays en développement", a déclaré le professeur Lin Zhanxi, chercheur à l'Université d'agriculture et de sylviculture du Fujian, en jetant un regard tendre sur le Juncao cultivé en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Par pure coïncidence, ce jour marque également son anniversaire.

Il y a 40 ans, alors que Lin Zhanxi était technicien à l'institut de recherche sur les champignons de Sanming, dans la province orientale du Fujian, il était très inquiet de la surcoupe d'arbres destinés à la production de champignons comestibles.

Etait-il possible d'utiliser de l'herbe plutôt que du bois pour cultiver ces champignons ? De retour à son université, l'Institut d'agriculture du Fujian, Lin Zhanxi passait son temps libre à rechercher une solution début 1986. Il utilisa avec succès des herbes sauvages, telles que Mangga, comme matière première pour produire des champignons comestibles et médicinales et remporta un grand prix au Salon international des inventions de Genève.

En 1996, lors du premier symposium international sur la technologie Juncao, Lin Zhanxi a officiellement rendu public ce nom. "Si les gens ne savent pas ce que c'est, ce n'est pas grave. Qu'ils viennent apprendre", indique Lin Zhanxi. "Je veux simplement que le monde sache qu'il s'agit d'une invention chinoise."

Juncao est une fusion entre les mots "champignon" et "herbe". Il s'agit d'une sorte d'herbe géante ressemblant à la canne à sucre, mais encore plus haute. Certains pensent qu'elle consomme trop d'eau et d'engrais et qu'il est difficile de la promouvoir dans les zones arides, mais Lin Zhanxi a constaté que produire une tonne de Juncao frais consommait environ 19 tonnes d'eau, soit seulement le tiers de l'eau requise pour une tonne de maïs.

A ce jour, Lin Zhanxi a réussi à cultiver 45 types de Juncao et a développé d'autres technologies, telles que la gestion écologique des champignons, la production de fourrage et d'engrais, la production d'électricité et la fabrication de matériaux à partir de Juncao.

Le Juncao est planté non seulement dans les régions provinciales chinoises comme le Fujian, le Guizhou, la région autonome Hui du Ningxia et la région autonome du Tibet, mais aussi dans 105 autres pays répartis notamment en Afrique, en Asie et dans la région Pacifique.

Pourtant, Lin Zhanxi n'est pas intéressé par la commercialisation du Juncao. Selon certains, il n'a pas d'esprit commercial. "Aider les gens à sortir de la pauvreté est la chose revêtant la plus grande valeur dans ma vie", explique-t-il.

La culture du Juncao dans la province des Eastern Highlands en Papouasie-Nouvelle-Guinée, avec l'aide du Fujian, a commencé en 1997 quand Lin Zhanxi a découvert l'état de pauvreté de la région, alors que plus de 85% des habitants portaient des feuilles comme vêtements.

"En tant que scientifique, je ressens la responsabilité d'aider les habitants locaux à sortir de la pauvreté et à s'enrichir en cultivant le Juncao et les champignons", déclare-t-il.

"Le principe, s'il y en a un, doit être simple : le processus doit être facile à comprendre au premier coup d'oeil", note Lin Zhanxi, qui a changé le mode de production des champignons en usine en laissant tout le monde participer à la culture.

En 2017, la Papouasie-Nouvelle-Guinée a enregistré une production record de Juncao frais de 854 tonnes par hectare. Dans ce pays, le Juncao est également nommé Lin Cao, en l'honneur de M. Lin. Le Juncao est aussi devenu un projet important développé par la Chine et l'UNPDF.

L'équipe de Lin Zhanxi a formé près de 7.000 techniciens et universitaires étrangers, dont 15 masters et docteurs dans la discipline du Juncao.

Dans la province des Eastern Highlands de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, l'équipe du professeur Lin a aussi introduit le riz sec de Chine et a formé des lycéens à la culture du riz sec et du Juncao. "En Chine, on dit depuis longtemps qu'au lieu de donner un poisson à quelqu'un, il vaut mieux lui apprendre à pêcher. C'est ça l'esprit de l'aide chinoise", indique le professeur Lin.

Ces dernières années, Lin Zhanxi oeuvre à des essais dans la lutte contre la désertification dans le bassin du fleuve Jaune, avec pour objectif d'offrir un exemple d'aménagement des rivières et des lacs au monde entier.

Lin Zhanxi, âgé de 76 ans, plaisante souvent qu'il n'a que 38 ans, pour se rappeler qu'il faut toujours travailler comme un jeune de 38 ans. "Il y a trop de choses à faire, et la vie est trop courte. Le recul n'est pas possible, et il faut continuer d'avancer", indique Lin Zhanxi.

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   Posté le 28-01-2019 à 09:37:05   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les Crises publie cet article sur le volet technologique de la guerre commerciale déclenchée par les USA contre la Chine et les émergents
http://www.les-crises.fr/pourquoi-la-chine-sest-faufilee-sur-la-face-cachee-de-la-lune-par-patrick-lawrence/

Pourquoi la Chine s’est faufilée sur la face cachée de la lune
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Par Patrick Lawrence

Source : Consortium News, Patrick Lawrence, 09-01-2019

9 janvier 2019

Les médias d’État de Xi Jinping ont été étrangement silencieux au sujet de son atterrissage historique sur la lune, écrit Patrick Lawrence dans cette analyse des efforts des États-Unis pour maintenir leur primauté sur les technologies avancées.

Lorsque la Chine a posé une sonde spatiale sur la face cachée de la Lune la semaine dernière, c’était une première pour l’humanité. Le vaisseau spatial Chang’e 4 a atterri jeudi et a ensuite envoyé un rover pour explorer et photographier ce sol lunaire que nous, terriens, n’avions jamais vu auparavant. Cet exploit a eu lieu lors de l’alunissage des États-Unis en 1969. Mais alors que les scientifiques qui ont conçu la sonde Chang’e 4 en étaient à juste titre fiers, les médias contrôlés par l’État chinois ont enterré l’histoire sous les nouvelles les plus banales de la journée. Comme l’a dit un analyste du spatial, le silence était assourdissant.

Le New York Times l’a rapporté : « Comparée aux missions précédentes, la réaction aux événements de jeudi a, en revanche, semblé étonnamment modérée, tant dans les organes d’information publics du pays que sur les médias sociaux. Dans l’émission d’information télévisée la plus regardée de Chine, jeudi soir, en début de soirée , l’alunissage – déclaré comme étant un succès par les responsables du contrôle de la mission – n’a même pas été l’un des quatre grands titres. » (CGTN, la chaîne de télévision publique chinoise de langue anglaise orientée vers l’Occident, a cependant diffusé plus de 15 reportages sur l’alunissage entre le mercredi 2 janvier et le vendredi 4 janvier).

Pourquoi en serait-il ainsi ? Pourquoi la Chine hyper-ambitieuse de Xi Jinping serait-elle plutôt silencieuse après avoir démontré que ses capacités technologiques en rapide développement font de ce pays le leader mondial que son président pense être destiné à devenir ?


Carte topographique lunaire de la NASA de 2010, les altitudes les plus élevées au-dessus de 6000 mètres en rouge et les altitudes les plus basses en dessous de 6000 mètres en bleu. (NASA/Goddard)

Mike Pompeo a suggéré une réponse le jour même où le Chang’e 4 a atterri sur le sol lunaire. Le secrétaire d’État du président Donald Trump a choisi jeudi dernier d’avertir les Iraniens d’abandonner leurs plans de lancer trois satellites dans l’espace au cours des prochains mois. Pompeo a rejeté ces projets comme n’étant rien de plus qu’une couverture pour tester des missiles balistiques intercontinentaux capables de porter des ogives.

Ces événements ne sont pas sans liens.

Oui, l’administration Trump a commencé une guerre commerciale avec la Chine. Mais les querelles de Washington avec Pékin vont bien au-delà du commerce. Les États-Unis qui proposent de sanctionner l’Iran jusqu’à la fin des temps, interviennent de manière à limiter son influence en tant que puissance émergente au Moyen-Orient. Mais la politique dangereusement agressive de l’administration américaine à l’égard de Téhéran ne se limite pas à l’influence régionale de la République islamique.

Une question plus large

Il y a ici un sujet plus vaste qu’il ne faut pas négliger. Maintenir l’avance de l’Amérique dans le domaine des technologies de pointe est maintenant essentiel pour préserver la primauté des États-Unis. Et la Chine et l’Iran font partie de ces pays à revenu médian dont les progrès scientifiques et technologiques remettront à un moment donné en question cette avance.

En effet, Washington semble vouloir imposer un plafond de développement à tout pays résistant à son hégémonie mondiale. Et de toutes les politiques étrangères fâcheuses que les États-Unis mènent actuellement, celle-ci doit compter parmi les moins réfléchies. Tenter de limiter les aspirations d’un pays à gravir les échelons du développement est tout simplement une politique perdante. Personne comprenant l’histoire du monde depuis que l’ère de la décolonisation a commencé dans les années 1950 ne peut en tirer une autre conclusion.

Les tensions entre les États-Unis et la Chine n’ont cessé d’augmenter depuis que Pékin a annoncé son initiative Made in China 2025 il y a plusieurs années, et il est difficile d’imaginer que c’est une simple coïncidence. L’une des stratégies de base de Xi, Made in China 2025 désigne 10 industries de haute technologie – robotique, produits pharmaceutiques, réseaux de télécommunications de pointe, machines-outils avancées, etc. – dans lesquelles la Chine se propose de devenir un leader mondial. Ces dix industries sont actuellement dominées par les États-Unis et d’autres pays occidentaux.

Depuis le début du programme de Xi, Washington n’a cessé de s’efforcer d’en limiter les progrès. L’an dernier, le département d’État a lancé un programme visant à limiter le nombre d’étudiants chinois autorisés à étudier dans les universités américaines.

Dans deux cas très médiatisés, le ministère du Commerce a poursuivi des entreprises de haute technologie chinoises de premier plan, ZTE et, plus récemment, Huawei, les accusant toutes deux de violations des restrictions américaines aux exportations vers l’Iran et la Corée du Nord. La loi interdit maintenant au gouvernement fédéral d’acheter des produits de l’une ou l’autre entreprise.

Le ministère de la Justice est déchaîné

Le ministère de la Justice est également déchaîné. L’automne dernier, il a coup sur coup inculpé quatre entreprises chinoises, dont l’une était contrôlée par l’État, pour avoir volé des secrets commerciaux à des fabricants américains dans diverses industries. « L’espionnage économique chinois sur les États-Unis a augmenté, et il a augmenté rapidement », a affirmé Jeff Sessions, alors procureur général. « Assez, c’est assez. Nous n’allons plus le supporter ». Aucune des quatre affaires n’a encore été jugée.

Il n’est pas difficile de détecter une version du 21ème siècle du vieux « péril jaune » dans tout cela. L’an dernier, le Council on Foreign Relations a qualifié Made in China 2025 de « vraie menace existentielle pour le leadership technologique américain ». À long terme, cela pourrait s’avérer être le cas. La stratégie chinoise a beaucoup en commun avec la détermination par le Japon d’« industries stratégiques » – automobiles, construction navale et électronique, entre autres – des décennies de l’après-guerre, et nous savons comment ces batailles se sont terminées.


Arrivée d’un train électrique à grande vitesse dans une gare de Shanghai. (Wikimédia)

Les États-Unis n’ont pas plus de chances de freiner le développement de la Chine aujourd’hui qu’ils n’en ont eu pour celui du Japon dans les années 1970 et 1980. La réponse appropriée à l’émergence de la Chine en tant que concurrent technologique est de rechercher des opportunités dans les avancées de autre nation. L’alternative est de mener une guerre technologique où il y a peu de chances de gagner.

Nous attendons maintenant les résultats concrets de la trêve commerciale annoncée par Trump et Xi après leur rencontre à la session du G20 à Buenos Aires en novembre dernier. Avant le début des pourparlers cette semaine, il y avait déjà des indications que Pékin pourrait atténuer son initiative « Made in China 2025 » en permettant à des entreprises étrangères d’y participer.

La modestie chinoise en réserve

Dans ce contexte, la modestie de Pékin après l’alunissage de la semaine dernière semble être un autre effort pour en faire le moins possible au sujet du défi technologique de la Chine envers ses concurrents américains. Mais ce serait une erreur d’interpréter de tels développements comme des signes que la Chine est prête à abandonner ses aspirations. Il n’y a aucune chance qu’il en soit ainsi.

L’affaire de l’Iran est une piètre variante de ce que la presse spécialisée de Washington a monté contre la Chine. Pompéo, qui a formé un « Groupe d’action pour l’Iran » après le retrait de l’administration Trump de l’accord nucléaire de 2015 l’année dernière, patine sur une couche de glace très mince en accusant Téhéran de faux lancements de satellites qui ne seraient que des couvertures pour des essais de missiles balistiques. Il y a trois raisons :

N°1 : L’Iran envoie des satellites dans l’espace depuis 2005. Il n’y a rien de singulier dans ce qu’il envisage maintenant.

N° 2 : Même si les Iraniens testaient des missiles balistiques – et il n’y a aucune raison évidente de croire que c’est le cas – ce ne serait pas en violation de la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies régissant ces essais. Téhéran a été aussi scrupuleuse dans l’application de la résolution 2231, approuvée à l’unanimité cinq jours après que l’accord nucléaire a été rendu définitif, comme elle l’a été avec l’accord lui-même.

Enfin, il y a la question de la dissuasion. Étant donné que Washington reconnaît maintenant – enfin – qu’Israël possède un arsenal nucléaire, l’Iran a un dossier simple pour maintenir des défenses adéquates en cas d’attaque d’un voisin hostile. Souviens-toi de ce que tous les anciens de la guerre froide nous disaient : La dissuasion était la clé même de la prévention d’une attaque soviétique contre les États-Unis. Ce raisonnement n’est-il plus valable lorsqu’il s’applique à un pays figurant sur la liste des ennemis de Washington ?

La Chine, l’Iran, et n’oublions pas la Russie : Aucun de ces trois pays ne veut une guerre avec les États-Unis, tous les trois s’opposent résolument à la quête d’hégémonie mondiale de Washington et ils grimpent tous rapidement les échelons du développement technologique. Le défi de l’Amérique est d’apprendre à vivre avec ces trois réalités. Aucune nation n’a jamais réussi à empêcher la roue de l’histoire de tourner.

Patrick Lawrence, correspondant à l’étranger depuis de nombreuses années, principalement pour l’International Herald Tribune, est chroniqueur, essayiste, auteur et conférencier. Son livre le plus récent est Time No Longer : Americans After the American Century (Yale) [L’époque est finie : les Américains après le siècle américain, NdT] . Suivez-le @thefloutist.
Son site Web est
http://www.patricklawrence.us/.
Soutenez son travail via
http://www.patreon.com/thefloutist.

Source : Consortium News, Patrick Lawrence, 09-01-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.


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   Posté le 28-01-2019 à 09:50:27   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Géopolitique de la Science : la remontada chinoise bouleverse l’ordre ancien
, par Sylvestre Huet*
27
JAN

http://histoireetsociete.wordpress.com/2019/01/27/geopolitique-de-la-science-la-remontada-chinoise-bouleverse-lordre-ancien-par-sylvestre-huet/?fbclid=IwAR38JxKiUXukLbZ_PF7AeUvUG8YhiNv3eLLl4-_lGpTyYW9RpqTNeWyJOP8


Toujours l’excellente revue progressistes, cet article sur la manière dont la science chinoise a opéré une remontée qui bouscule l’ordre établi.Il faut s’abonner à cette revue qui est une des rares revue des communistes qui est non seulement informée, qui s’ouvre à des compétences indéniables et est fondamentalement progressistes au lieu de suivre l’idéologie dominante qui bien sur ne nous présentera jamais les réalisations du socialisme réel. Ce qui ne signifie en rien l’adhésion à un modèle. (note de Danielle Bleitrach)

http://revue-progressistes.org/2019/01/06/geopolitique-de-la-science-la-remontada-chinoise-bouleverse-lordre-ancien-par-sylvestre-huet/#respond
6JAN 2019

Sylvestre Huet

Tel un bulldozer, la science chinoise bouscule les hiérarchies établies au siècle dernier. Elle s’impose comme une grande puissance de la science et promet d’en devenir une superpuissance tout en acquérant à grande vitesse son autonomie sur l’ensemble des fronts technologiques.

*Sylvestre Huet est journaliste scientifique.


L’émergence de la Chine comme géant de la science se lit dans les principaux résultats d’une étude bibliométrique1 fondée sur les données du Web of Science, rendue publique en avril dernier par le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES). Une étude de l’Observatoire des sciences et des techniques (OST), dirigé par Frédérique Sachwald, aujourd’hui un département du HCERES. Son intérêt est de synthétiser une évolution de quinze ans, de 2000 à 2015. Points saillants? Les États-Unis perdent leur hégémonie, éclatante il y a un demi-siècle. Le Japon s’écroule. Des pays émergent : Inde, Iran, Brésil, Corée du Sud. La France ? Elle ne pointe désormais qu’au 7e rang, dépassée par la Chine, mais aussi l’Inde, et ne représente plus que 3,2 % des publications scientifiques mondiales. Une autre étude, le rapport Science & Engineering Indicators 2018 de la National Science Foundation étatsunienne2, souligne l’envol spectaculaire de la Chine, passée de moins de 87 000 articles publiés en 2003 à 426 000 en 2016, année où le géant asiatique passe en tête de ce classement par pays.

La reine rouge
Au pays de la science mondiale, c’est comme dans celui de la Reine Rouge d’Alice au pays des merveilles : si tu ne cours point, ou pas assez vite, tu te fais dépasser. Du coup, tout le monde, ou presque, essaie de courir de plus en plus vite, de produire de plus en plus de connaissances scientifiques. En outre, les dirigeants politiques, souvent incapables de mesurer autrement que par des chiffres une activité quelconque, se sont mis en tête de mettre la pression sur les scientifiques de la recherche publique en les sommant de publier toujours plus et plus vite des « articles », résultats de recherches, dans des revues destinées à leurs collègues. Les « bons » chercheurs sont ceux qui publient le plus, croient-ils, ce qui est une vision très simpliste.
Résultat? Le nombre de publications scientifiques s’envole. « Un doublement» , annonce Frédérique Sachwald de l’OST, en fait d’un peu plus de 800 000 articles en 2000 on est passé à près de 1 800 000 en 20153. Cette inflation reflète d’abord l’augmentation du nombre des scientifiques en activité dans le monde comme de leurs moyens techniques (obtenir le séquençage du génome d’un organisme, et donc le publier, prend mille fois moins de temps et d’argent qu’il y a vingt ans), et partant des connaissances produites.
Si cette vision est pour l’essentiel correcte, il faut néanmoins la nuancer. La « digestion » par les communautés scientifiques de cette masse de résultats produits devient ainsi un problème crucial. Mais, surtout, cette inflation résulte aussi de problèmes sérieux : création en série de revues prédatrices dénuées de toute sélection des articles, saucissonnage des résultats d’expériences, publications prématurées, résultats non reproductibles, fraudes, mauvaises conduites… Lorsqu’elle est plutôt le résultat de la pression exercée par le pouvoir politique, soucieux de « productivité », cette inflation contribue à des dérives, fraudes et méconduites, dont la Chine n’est pas exempte.

Tragédie de la révolution culturelle
Si tout le monde court – voire accélère – à la même vitesse, les hiérarchies établies demeurent les mêmes. Mais si l’un accélère beaucoup plus que les autres, elles sont bouleversées. C’est ce qui s’est produit avec l’arrivée d’un nouveau coureur surpuissant : la Chine. Avec les réformes des années 1980, ce pays immense a, petit à petit, constitué une force de frappe scientifique. Ce fut difficile, la Chine pré-Mao ayant été dépecée et envahie par des puissances étrangères mettant à profit leur supériorité technologique, et la Chine de Mao ayant démoli ses premiers efforts dans l’enseignement supérieur et la recherche avec la tragédie de la Révolution culturelle, le pays ne pèse qu’à peine 1 % du total mondial en 1980. Mais depuis le début du XXIe siècle la machine à former scientifiques et ingénieurs monte en puissance année après année. Les laboratoires reçoivent des financements substantiels. Les échanges internationaux sont devenus la règle, favorisés par une diaspora chinoise (ou d’origine chinoise) abondamment présente dans les laboratoires des États-Unis ou d’autres pays.
Il y a quinze ans, des responsables politiques ou des collègues journalistes – dont un correspondant en Chine ! – auxquels je faisais part de l’observation de la montée en puissance chinoise me rétorquaient : « C’est de la mauvaise science, de la copie. » À l’époque, il est vrai, la part chinoise des articles du « top » – les meilleures revues et le 1 % articles les plus cités – était encore très modeste. Ce n’est plus le cas. Même si la production chinoise affiche une performance moyenne inférieure à celle d’autres pays, son volume lui permet de pointer au 2e rang mondial, derrière les États-Unis, pour sa part du « top ». Depuis 2000, elle a dépassé dix pays dans ce classement des meilleurs articles, une remontada encore plus marquée que pour le nombre total d’articles. Les laboratoires chinois participent à toutes les aventures scientifiques de pointe, de la génétique à l’astrophysique… quand ils ne sont pas leader mondial comme pour la téléportation quantique par satellite. Leurs copublications avec les autres pays – notamment en mettant à profit la diaspora chinoise aux États-Unis – montrent leur insertion dans la communauté scientifique mondiale et boostent leurs résultats dans les classements fondés sur le nombre de citations.
La première place de la Chine en nombre de publications n’en fait pas encore le véritable numéro un de la science mondiale, surtout si l’on compte l’Union européenne comme un « pays », qui prend alors la tête. En outre, la baisse récente (depuis 2014) des publications des États-Unis et des pays de l’Union européenne est un effet en trompe-l’œil. Elle s’explique en partie par l’accroissement très rapide des articles publiés en coopération internationale – ce qui aboutit à un décompte fractionnaire de chacune de ces publications, diminuant le total de chaque pays. Or, si les copublications internationales sont passées de 15 à 23 % du total, ce mouvement est encore plus accentué en Europe et aux États-Unis. Ainsi, en France, les copublications (avec les pays de l’UE et hors UE) représentent nettement plus de la moitié du total.

La fraude en Chine
La rapidité de cette évolution produit manifestement dans les laboratoires des effets pervers, dont la fraude majeure et tout l’éventail des « méconduites scientifiques » et autres manquements à l’intégrité possibles : articles bidon, signatures d’auteurs fantômes, revues dites « prédatrices » qui attirent des scientifiques corrompus… La liste est longue. Même si elle ne doit pas illusionner, la science chinoise est pour l’essentiel « normale ». La revue Tumor Biology a ainsi mis à la poubelle en 2017 plus de cent articles d’un coup, tous frauduleux via un système astucieux contournant la « revue par les pairs ». Les auteurs chinois étaient parvenus à faire relire leurs articles par des pairs fantômes, dupant la revue4, un type de fraude particulièrement prisé en Chine. L’origine de cette fraude massive ? Une décision stupide du gouvernement chinois consistant à décider de la carrière des médecins des hôpitaux publics sur la base de leurs publications scientifiques. Mais l’intérêt de cette histoire réside surtout dans sa suite.
Le gouvernement chinois a en effet réagi de manière très vigoureuse à cette fraude massive en déclenchant une enquête judiciaire approfondie qui a concerné plus de 500 scientifiques5. L’affaire s’est terminée par un procès spectaculaire dont le site web Rédaction médicale et scientifique, tenu par Hervé Maisonneuve, présentait ainsi le bilan : « Sur les 521 auteurs impliqués, 11 ont été jugés innocents avec 24 encore sous enquête. Parmi les auteurs restants, 486 auteurs ont été reconnus coupables d’inconduites à différents niveaux. Un total de 102 personnes ont été principalement responsables, 70 responsables secondairement et 314 n’ont pas participé à la fraude, selon un responsable du ministère chargé de l’application des règles. Les 314 auteurs, déclarés non coupables de fraude, mais ayant des programmes de recherche ou des récompenses, ont été accusés de négligences dans la gestion des recherches académiques et des publications. Parmi les 107 articles rétractés, deux étaient des plagiats, l’un a été rétracté par erreur et ses auteurs étaient innocents. Au total, 101 articles ont été fabriqués, dont 95 ont été examinés par des experts fabriqués (fraude au peer-review avec de fausses adresses email). Douze articles ont été achetés auprès d’institutions tierces. »

Une géopolitique de la Science bousculée
Les chiffres de la géopolitique de la science disent une transformation du monde que l’on peut résumer en quelques remarques (très) lapidaires. Dans les sciences, les technologies, l’économie, la géopolitique…, la Chine reprend la place que lui donne sa démographie. Dans le monde de demain, son statut de superpuissance sera une donnée de base. Traduire ce rapport des forces des publications scientifiques en puissance scientifique et technologique serait toutefois abusif. Il reflète plus précisément l’effort de publications académiques des équipes de recherche financées sur fonds publics. Si c’est la base de la puissance scientifique et technologique que recherchent les pouvoirs publics, cette dernière provient également d’autres facteurs : l’effort de recherche privé, la capacité à concentrer les efforts, le lien avec les industriels opérant dans les secteurs de haute technologie et y disposant de positions fortes (la domination étatsunienne sur les technologies numériques en est un exemple frappant), et surtout la durée passée de la maîtrise scientifique et technique. Si ces facteurs ne jouaient pas, l’Union européenne serait en situation de nette domination face aux États-Unis depuis dix ans, mais l’écart favorable en production académique dont elle bénéficie ne se traduit pas dans les dimensions industrielles de la technologie où les deux puissances sont plutôt à parité globale.

Un exemple frappant de la capacité de la Chine à « transformer l’essai scientifique en puissance technologique » est la mise en service du premier réacteur nucléaire de 3e génération, l’EPR de Taishan, dont EDF a 30 % des parts. Mais le plus significatif n’est pas la rapidité du chantier (commencé deux ans après celui de Flamanville, il est déjà en service). Le plus important est ceci : le premier EPR chinois a été construit avec une cuve et des générateurs de vapeur achetés à Areva, le second, presque terminé, l’a été avec une cuve et des générateurs de vapeur fabriqués en Chine. L’étape suivante, c’est le réacteur de 3e génération Hualong, 100 % chinois, tant pour la conception que pour la construction… et déjà proposé à l’exportation en Grande-Bretagne. Les entreprises françaises seront au mieux sous-traitantes dans l’opération.

Hégémoniques en 1990, après l’éclatement du bloc soviétique, les États-Unis ne peuvent plus espérer dominer le monde, même s’ils demeurent très puissants. Les pays d’Europe peuvent, ensemble et coordonnés, constituer une puissance mondiale de premier plan puisque l’UE est… la première productrice de science. En revanche, isolés, ils seront des acteurs d’abord de second rang, puis de moindre importance au fur et à mesure que d’autres pays s’approprieront sciences et technologies. D’ailleurs, c’est grâce à leur coopération serrée qu’ils ont réussi à se hisser aux premiers rangs dans les domaines de la physique des particules, de l’astronomie ou des technologies spatiales.
Sciences et technologies de pointe sont encore hors de portée de la plupart des pays d’Afrique, d’une bonne partie de l’Asie ou de l’Amérique latine. C’est un problème mondial. Car la résolution de leurs difficultés économiques, sociales et culturelles – lesquelles vont jusqu’à la guerre et la sous-alimentation qui provoquent des migrations massives non voulues – ne se fera pas à technologies constantes pour la production agricole, industrielle et l’aménagement urbain en croissance explosive.
La question du transfert de savoirs et de technologies doit donc être posée autrement que dans le cadre d’échanges marchands. Soutenir la formation d’une capacité scientifique et technologique dans les pays du Sud les plus en difficulté devient un impératif mondial si l’on veut affronter les défis du changement climatique, de la gestion des ressources naturelles et de la paix.

Rapport sur la position scientifique de la France dans le monde, 2000-2015
Science & Engineering Indicators 2018
Les palmarès de déposants de brevets
Science Mag : China cracks down after investigation finds massive peer-review fraud
China Focus: China announces result of academic fraud investigation

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
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   Posté le 01-02-2019 à 13:22:01   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Une étude chinoise sur les communications quantiques remporte le prix Newcomb-Cleveland


WASHINGTON, 31 janvier (Xinhua) -- Une étude sur les communications quantiques, réalisée par des scientifiques chinois, recevra le prix Newcomb-Cleveland 2018, pour avoir posé les fondations du développement de futurs réseaux de communication ultra-sécurisés.

L'Association américaine pour l'avancement des sciences (AAAS) a annoncé jeudi qu'une équipe de 34 physiciens chinois dirigée par Pan Jianwei de l'Université de sciences et de technologie de Chine a remporté ce prix qui sera remis le 14 février.

C'est la première fois qu'une équipe chinoise remporte ce prix grâce à des recherches menées dans son propre pays.

M. Pan et ses collaborateurs chinois ont utilisé un satellite appelé "Quantum Experiments at Space Scale" (QUESS), ou Micius, pour projeter des paires de photons intriqués dans le quasi-vide spatial, et mesurer les clés quantiques sur des postes de réception éloignés de plus de 1 200 kilomètres.

Ces recherches montrent qu'un ensemble de satellites pourrait un jour servir d'infrastructures pour un réseau Internet quantique.

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