| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 16-03-2016 à 14:09:18
| Cette contribution résume bien les progrès réalisés dans la critique de la ligne révisionniste et qui constituent lessentiel aujourdhui du projet présenté au prochain congrès. Que la classe ouvrière ait été dépossédée de son parti est un constat établi avec une grande clarté par J. Mischi, cest aussi la conséquence de thèses révisionnistes sur « la classe ouvrière du manuvre à lingénieur » , puis sur lextinction de la classe ouvrière, puis des nouvelles catégories révolutionnaires, etc. Cette contribution veut restituer à la classe ouvrière son parti de classe, révolutionnaire, fondé sur les principes marxistes-léninistes. Nous soutenons cette démarche. En même temps les objectifs qui sont définis traduisent des confusions assez largement partagées, quil nous faudra nécessairement éclaircir, et qui sont aussi des conséquences de la ligne révisionniste. Je vous soumet notre point de vue. > La contribution indique : « Il s'agit pour nous d'abattre le capitalisme pour aller vers une société Socialiste . Le socialisme sétalera sans doute sur période prolongée, jusquau communisme, mais la société socialiste elle-même commence dès labolition du capitalisme. Il sagit pour nous dabattre le capitalisme pour instaurer une société socialiste . Cest elle qui constitue la transition au communisme. Nous devrions approfondir létude sur ce point, celui de la dictature du prolétariat, sinon que se passe-t-il entre le capitalisme et le socialisme ? Une « démocratie avancée » ? Ce nest pas un procès dintention à lendroit de cette camarade, mais plus généralement un rappel sur les nombreuses thèses qui ont dénaturé le marxisme en préconisant des étapes intermédiaires entre capitalisme et socialisme, dans un système qui serait encore capitaliste mais propice à une transformation socialiste de la société. > La contribution préconise « Sortir du carcan antidémocratique des institutions européennes pour retrouver notre souveraineté nationale et populaire : sans cela rien ne sera possible !!! » . Cest un objectif important du réseau formulé depuis longtemps. Mais rien ne démontre que la sortie de ce carcan soit la condition de labolition du capitalisme. Ou bien faudrait- il attendre cette sortie pour espérer changer de société ? On peut affirmer quà linverse la révolution prolétarienne est la condition sine qua non du rejet des institutions européennes et du rétablissement de la souveraineté nationale. Ce nest pas un seul chemin : la sortie de lEuro , mais : le socialisme, seule issue au carcan réactionnaire des institutions européennes . > Enfin : « Exiger l'appropriation collective des grands moyens de production, d'échange et des secteurs clé de l'économie (banques, assurances, santé, éducation, sciences, agriculture, transport, énergie, défense, médias, internet...) » . « Exiger » signifie que lappropriation collective des grands moyens de production
est une revendication. Cest dailleurs ce quindique le projet alternatif. La thèse des nationalisations comme étape vers le socialisme a servi de base au Programme Commun et elle a échoué. La reconduire en lappuyant sur des mouvements de masse nen change pas la nature foncièrement réformiste. La collectivisation des moyens de production, d'échange et des secteurs clé ne peut être revendiquée par la classe dominée auprès de la classe bourgeoise dominante, mais imposée par le prolétariat dominant à la classe bourgeoise dominée. Elle ne peut être réalisée quaprès la prise du pouvoir. Il ne sagit pas dun raisonnement spécieux mais dun principe formulé dès le Manifeste du Parti communiste : « Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production dans les mains de l'Etat, c'est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante, et pour augmenter aussi vite que possible la quantité des forces productives. » [K. Marx et Fr. Engels - Manifeste du Parti communiste.)] On voit ici que la démarche déjà ancienne des pré requis, des préalables, des étapes, des marches ou des petits pas vers le socialisme constitue un véritable chemin de croix qui nen diffère que par le nombre de stations, mais on pourrait y ajouter les scops, le salaire à vie, le retour aux acquis du CNR, la conquête des municipalités, la mutualisation des salaires, lautogestion, etc. Petits pas vers, mais aussi autant dobstacles inébranlables à renverser, dépreuves insurmontables à surmonter avant denvisager lobjectif lointain du socialisme. Celui-ci est ainsi repoussé dans les tréfonds du futur car aucune de ces conditions préliminaires sans laquelle rien ne sera possible ne peut être atteinte sous la dictature de la bourgeoisie. Le 27 novembre 46, peu après linterview de Thorez au Times, lHumanité précisait que : « Les nationalisations ne sont pas des mesures socialistes ... La première condition de l'introduction du socialisme dans un pays, c'est l'institution d'un État socialiste. » Mais la stratégie des étapes a été assénée si longtemps quelle a pris lallure de vérités premières, de postulats, daxiomes dispensés de toute remise en cause et de toute interrogation. Il ne sagit pas de nier la nécessité de lutter pour des réformes ou des revendications. La question clé qui est éludée ici est celle de la prise du pouvoir. Comme le socialisme a été censuré, la prise du pouvoir a été niée, comme si ce droit nappartenait quaux partis bourgeois mais pas à la classe ouvrière. Dénégation et autocensure qui ne datent pas dhier non plus car laccusation de la subversion communiste remonte fort loin, on pourrait déjà citer le discours de Jules Moch en 1948, qui sen prenait au léninisme du PCF et visait aussi la main de Moscou . Dautre part, non seulement seul le socialisme peut mettre en uvre la collectivisation des moyens de production, ou garantir lindépendance nationale (en matière de monnaie par exemple), mais ces mesures fondamentales en constituent le caractère concret. Sans elles le socialisme reste une abstraction, un idéal sans vie. Nous devons redonner vie au socialisme, en définir les contours, ses institutions, son expression démocratique (sans préjuger de linitiative et de limagination du peuple au pouvoir), ses grands objectifs et les mesures de première urgence destinées à préserver son existence et les besoins immédiats des masses populaires. Le débat devra se poursuivre au-delà du congrès, afin de faire progresser notre unité autour du marxisme-léninisme et de son application en France.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 21-03-2016 à 09:42:05
| PCF-37eme (3), Présidentielles : pas de primaires, une bataille communiste ! Suite de la diffusion de la base commune alternative "Unir les Communistes, le défi renouvelé du PCF". Premier point de discussion. Lire sur le site lepcf.fr, la signer en ligne. Télécharger lattestation individuelle de signature à remplir, et lattestation de cotisation à demander à lADF de sa fédération. Ces documents doivent être scannés et transmis par mail à contact@lepcf.fr Présidentielles : pas de primaires, une bataille communiste ! Lélection présidentielle a toujours été difficile pour nous car elle nous place devant une contradiction : nous combattons cette élection qui pervertit la république et en même temps, nous voulons mener cette bataille pour faire progresser nos idées et le rapport des forces en faveur du monde populaire. Mais à lapproche de 2017, le parti communiste est dans une impasse. > Son nom reste porteur dun idéal de changement de société que la violence du capitalisme mondialisé remet à lordre du jour. Bousculé par la contre révolution conservatrice et la diabolisation du socialisme réel, il avait rompu avec cette histoire et ses symboles, et sen retrouve orphelin. > Il a cherché depuis des décennies le chemin de lunion de la gauche, mais la victoire de 1981 a conduit aux politiques de privatisation et daustérité, jusquà ce gouvernement rétrograde conduit par le parti socialiste. Il multiplie les tentatives de gauche de la gauche depuis son congrès de Martigues dans des alliances électorales à géométrie variable qui se soldent par la perte continue délus et de militants. > En 2012, après un débat vif, le PCF a renoncé à présenter un candidat communiste au profit de Jean-Luc Mélenchon. Cette décision pèse lourd aujourdhui dans nos difficultés face à cette échéance. Jean-Luc Mélenchon pense pouvoir capitaliser son score de 2012 dans une démarche gaullienne dappel au peuple. Mais ce nest pas un présidentiable qui peut faire reculer lillusion électorale, gagner lautonomie du mouvement social et sa capacité à sorganiser. > Dans cette situation, la participation à des primaires est une fuite en avant dangereuse dans la présidentialisation qui conduit quasi inexorablement à soutenir un candidat socialiste au premier tour, aggrave leffacement du parti communiste, de son projet de société, de ses forces organisées au risque de menacer jusquà son existence. Lélection présidentielle est au cur du système de domination de la grande bourgeoisie dans notre société. Périodiquement, elle met en concurrence les élites politiques autour dune alternative entre deux présidentiables qui portent les intérêts dominants. Elle construit le discours idéologique qui permettra dimposer les intérêts du capital aux couches sociales victimes de ce système, pourtant largement majoritaires. Lutilisation depuis 1985 du Front National comme exutoire aux colères populaires et repoussoir au deuxième tour arrive à son comble en 2017, les primaires vidant le vote du premier tour de tout contenu autre que le choix du candidat de deuxième tour. Cest pourquoi nous devons rappeler notre position de fond : élection du président de la république par lassemblée nationale, calendrier électoral plaçant les législatives avant les présidentielles, proportionnelle à toutes les élections. Dans ces conditions, à quoi peuvent bien servir ces élections pour les communistes, pour les forces progressistes, pour le peuple ? Pas à choisir le président de la république ! "Il nest pas de sauveur suprême" affirme lInternationale. Mais cest plus globalement léchec historique de lunion de la gauche dont il faut tirer les leçons, ce que labstention massive dans les milieux populaires démontre depuis des années, comme le large rejet du PS et de Hollande. On ne change pas la société par en haut. Même les 16 % du candidat communiste Georges Marchais en 1981 nont pas empêché la pédagogie du renoncement pratiquée par le parti socialiste ! Une stratégie électorale na de sens que dans une stratégie de rassemblement populaire qui place en son centre la mobilisation et laction dans lentreprise, la rue, le quartier. Autrement dit, une élection est dabord et avant tout une bataille politique pour renforcer les forces progressistes en conscience, en capacité daction, en organisation. Le score et les éventuels élus en sont le résultat et en retour, lappui à cette puissance du peuple en action qui est le seul chemin de toute transformation sociale. Pour le parti communiste, ses directions, ses militants, les présidentielles de 2017 imposent un retournement complet de ses stratégies, de sa manière de parler dun changement de société, du rassemblement populaire, des élections. Dans lurgence il doit inventer de nouvelles réponses à la question historique de la révolution dans un système capitaliste développé en tenant compte de léchec de celles apportées depuis le programme commun. Les communistes sont au pied du mur. Ils doivent créer les conditions dun vote qui soit clairement un appel à la mobilisation populaire et à la reconstruction dun parti communiste de combat, porteur du changement de société, dun socialisme pour la France renouvelé. Les réactions de solidarité et dengagement après les chemises arrachées dAir France, le coup de poing télévisuel de Xavier Mathieu des Conti ou le tour de France de Mickael Wamen des Goodyear, montrent comment nous avons besoin de candidats et dirigeants ancrés dans le mouvement social, la réalité de lentreprise, engagés dans laffrontement capital/travail. Voilà le message utile pour soulever le peuple, le pousser à sunir, à sorganiser, à reprendre pied pour lui-même dans la vie politique, et pour personne dautre
Lémancipation des travailleurs doit être luvre des travailleurs eux-mêmes. Notre peuple a besoin dun candidat qui porte le refus de la présidentialisation, la révolte anticapitaliste, lalternative populaire et progressiste, la perspective communiste. Nous avons besoin dun candidat combattant du mouvement social, au meilleur sens du mot, dun candidat communiste. Malgré les difficultés actuelles, nous voulons tout faire pour en créer les conditions, une candidature ancrée dans le mouvement social et porteuse dune perspective révolutionnaire. Et nous voulons construire dans le même esprit nos candidatures aux élections législatives pour des députés qui portent en toutes circonstances à lassemblée nationale les intérêts populaires.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 21-03-2016 à 09:52:05
| | Un point de vue critique sur le projet du réseau faire vivre Le débat se poursuit sur le projet alternatif au 37e congrès du PCF. Ce débat est très fructueux. Il porte fondamentalement sur la critique de la ligne révisionniste. Nous savons que les points de vue sont différents, parfois très disparates. Certains reprennent des thèses révisionnistes qui ont il est vrai été matraquées pendant des dizaines d'années. Une autre caractéristique est que ce débat est fraternel parce que l'objectif commun est la reconstruction d'un parti fondé sur le marxisme-léninisme.
_______________________ Mon point de vue sur le texte de la base commune alternative proposée dans Faire Vivre le PCF. Suivi par une référence à un texte du KKE (Parti Communiste de Grèce) qui sur base des événements en Syrie nous donne son point de vue sur limpérialisme et les unions impérialiste et les BRICS en particulier. Je viens de lire en entier la base commune alternative proposée dans Faire vivre le PCF. La première chose qui me saute aux yeux c'est qu'il faille se pencher bien bas pour "lever le seau". (C'est une expression de Lénine, je crois, qui dit, en parlant de la conscience concrète de la classe ouvrière à un moment donné, qu'il faut prendre le seau là où il se trouvent ; donc ne pas se couper des masses populaires. Ici je parle de l'état des lieux du PCF tel que le suggère le texte de "La base commune".) Il y a beaucoup de travail à faire et il faut que ce travail soit accompli en relation intime avec la base du Parti et au-delà, et en l'impliquant. Quitte à ce que le résultat apparaisse parfois confus, chaotique. Je suis sentimentalement fort attaché au PCF (je n'ai arrêté de lire l'Huma et l'Huma Dimanche qu'aux alentour des années 90 lorsque l'Huma Dimanche accorda 4 pages à Furet (Hitler = Staline) et lorsque Robert Hue abandonna jusqu'à Marx lors d'une confrontation télévisée avec Courtois (Le livre noir du Communisme). Hier j'ai écrit une critique du texte proposé par Faire vivre le Communisme mais je l'ai retirée parce qu'elle n'était pas suffisamment positive. D'ailleurs, dans ce texte, malgré certaines timidités, ce qui se comprend très bien, et ce que je considère comme des fausses pistes et des illusions (influence des progressistes sud-américains, du socialisme de marché à la Chinoise, de Lordon, Brics comme facteur de paix, etc.) l'essentiel pour la reconstruction du Parti est bien présent : - priorité à la réorganisation du Parti sur des bases marxistes-léninistes (mais Marx, Lénine, Brecht sont seulement cités ; la défense du socialisme réel -bilan du point de vue du prolétariat et des petites gens des villes et des campagnes d'URSS et du monde ; du point de vue de la vitalité du Communisme dans le monde ; du point de vue des pays dominés ; du point de vue de la lutte contre le fascisme- est seulement suggérée) : - revitalisation et recréation de cellules dans les usines et les quartiers populaires, - formations, - travail à la base, - centralisme-démocratique (très timidement regretté alors qu'il est le seul moyen pour que les membres du Parti et au-delà puissent se sentir et être écoutés, mais dans la situation présente il peut n'être qu'un centralisme bureaucratique), - sortie du PGE ; renouer avec les Partis Communistes, - défense des exigences économiques, politiques et écologiques du prolétariat (ce mot n'est pas utilisé, je crois), - construction d'un front populaire (il règne cependant une certaine confusion entre Parti et Front ), - lutte pour la sortie de l'EURO, de l'EU, de l'OTAN et pour le socialisme (mais influence de Lordon). Je pense que le PTB (Parti du Travail de Belgique) a raison d'affirmer : "Il n'y a, en terme de caractère de classe, aucune différence qualitative entre l'Etat supranational européen en construction et les Etats membres pris séparément" PTB Congrès 2015 p. 33. Donc je ne crois pas judicieux de séparer la lutte pour la sortie de l'Euro, de l'EU, et de l'OTAN de la lutte pour le socialisme. Comme le dit le KKE (Parti Communiste de Grèce) : sous l'Euro ou sous la Drachme, c'est toujours le capitalisme. Et même si un mouvement se dessinait pour la sortie de l'Euro, par exemple, je pense que les communistes devraient le relier à la question du socialisme dans la propagande et dans l'agitation. , - etc. Quelques points problématiques toutefois : - Que signifie vraiment cette phrase : "Nous défendons clairement et simplement lidée dun plan conduit par un État démocratisé de haut en bas, possédant les moyens de le mettre en uvre, avec des services publics élargis facteur dégalité, DES CADRES REGLEMENTAIRES ET FISCAUX PLUS CONTRAIGNANTS POUR TOURNER L'EFFORT DES ENTREPRISES VERS LES OBJECTIFS DE LA SOCIETE
" ? - Le texte se pose contre l'électoralisme -c'est très bien- mais défend, avec insistance, le démocratisme. Dans le cadre de nos institutions cela ramène dangereusement à l'électoralisme. Et désarme (objectivement et subjectivement) la classe ouvrière. De plus, ni l'acquisition au Parti de la majorité du peuple, au parlement ou dans la rue, n'assure le renversement de la bourgeoisie ("La révolution n'est pas un pique-nique" dirait Lordon) ni ce renversement n'est impossible, dans certaines conditions, sans majorité au départ mais avec la mobilisation de la classe ouvrière et de ses alliés (les petites gens des villes et des campagnes, une bonne partie de la jeunesse), et la neutralisation des classes petite-bourgeoises hésitantes. Le prolétariat au pouvoir devra bien sûr articuler au mieux dictature du prolétariat et démocratie socialiste. http://inter.kke.gr/fr/articles/LEQUATION-MILITAIRE-POLITIQUE-EN-SYRIE/ KKE (Parti Communiste de Grèce) (Extraits étendus de larticle publié dans la « Kommounistiki Epitheorisi », organe politique et théorique du CC du KKE, dans le premier numéro de 2016). Elissaios Vagenas Membre du CC du KKE, Responsable du Département de Relations Internationales.
Edité le 21-03-2016 e 09:52:28 par Xuan
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 23-03-2016 à 11:47:57
| Sur le site pcf PCF-37eme (4), Pour construire une autre société, la France doit agir pour un autre monde Publié le : 21 mars 2016 Suite de la diffusion de la base commune alternative "Unir les Communistes, le défi renouvelé du PCF". Deuxième point de discussion. Lire sur le site lepcf.fr, la signer en ligne. Télécharger lattestation individuelle de signature à remplir, et lattestation de cotisation à demander à lADF de sa fédération. Ces documents doivent être scannés et transmis par mail à contact@lepcf.fr Pour construire une autre société, la France doit agir pour un autre monde La mondialisation capitaliste qui détruit des États, des régions et organise la guerre de tous contre tous nest pas une nouveauté. [i]« Par lexploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à lindustrie sa base nationale. » [/i] (Marx, Le Manifeste). Lénine a montré le lien étroit entre financiarisation, fascisation et guerre en caractérisant le stade mondialisé du capitalisme comme impérialisme. La chute de lURSS a libéré la violence de ce capitalisme qui « porte en lui la guerre comme la nuée lorage » , mondialisé la concurrence de tous contre tous. Limpérialisme cherche toujours le (re)partage du monde, mais il ne peut sétendre sur de nouveaux territoires vierges. Après lAsie, lAfrique est en plein développement malgré les inégalités et les violences. Limpérialisme fait face au monde issu du 20ème siècle, celui des indépendances nationales, et des formes de socialisme diverses marquant le développement du Sud. Le développement chinois a sorti de la misère un milliard dhumains et construit une société de moyenne aisance. Les conditions de vie de la grande masse des chinois sont désormais meilleures que celle des couches populaires du Nord. Le dialogue avec les communistes chinois est essentiel pour connaître et comprendre cette transformation, ses contradictions sociales, ses perspectives politiques. La Chine est une des rares puissances qui développe des coopérations économiques sans intervention militaire, malgré les guerres que les USA et lOTAN imposent. La situation du monde un siècle après la première guerre mondiale nest donc pas un nouvel affrontement entre blocs impérialistes concurrents, mais la mise en cause de la domination des USA et de lOTAN par le développement des BRICS et du socialisme de marché chinois. Depuis la première guerre dIrak et les armes de destruction massive, les guerres de Yougoslavie, dIrak, dAfghanistan, de Libye, du Yemen, de Syrie sont toutes marquées par cette situation qui voit lOccident masquer ses visées impérialistes avec des médias aux ordres désignant les régimes amis et ennemis, quelle que soit leur nature. Et cest en Ukraine, au cur de lEurope, que les USA ont imposé la guerre, en impulsant et armant les bandes nazies pour le coup dÉtat en Ukraine, en tentant dimposer laffrontement militaire aux portes de la Russie. Limpérialisme a besoin de laccès aux ressources, notamment énergétiques, mais il ne peut le faire sous la forme de la colonisation du 19ème siècle, car les États nationaux même dominés, ont une logique propre. Avec le pétrole, les marges pour une bourgeoisie locale docile existent encore. Mais le pétrole cher aide au développement des pays indépendants, et le pétrole bas affaiblit les bourgeoisies dociles
Le capitalisme na au fond plus rien à partager et organise au Sud comme au Nord la paupérisation généralisée annoncée par Marx qui le conduit à détruire les services publics, les systèmes sociaux et, quand il le peut, les états eux-mêmes. Car le pétrole continue à se vendre au cur des horreurs libyennes, syriennes ou irakiennes ! Limpérialisme na pas toujours besoin dÉtats nationaux. Le développement national et sa condition pour tous les peuples, la paix, sont devenus antagonistes à la domination impérialiste. Le coup détat fasciste en Ukraine montre que nous avons besoin de connaître les enjeux de limpérialisme américain contre la Russie et la Chine, ainsi que lhistoire réelle de lURSS. Lidéologie dominante contre le socialisme bloque toute approfondissement de notre réflexion communiste. Le peuple de France doit choisir : défendre la place de sa bourgeoisie dans lalliance atlantique en se mettant au service des guerres de lOTAN et en tentant dinfléchir lUnion Européenne, ou ouvrir une brèche dans limpérialisme en contribuant à un nouveau monde de coopérations entre nations souveraines, de paix et de progrès social, un nouveau monde qui fera apparaître le capitalisme pour ce quil est : historiquement dépassé. Le parti communiste doit appeler à la sortie de lOTAN, de lUnion Européenne et de lEuro pour ouvrir la perspective dune France socialiste dans un monde multi-polaire de coopérations et de solidarité pour la paix ! La sortie de lOTAN est nécessaire pour agir pour la paix ! Les horreurs des guerres impérialistes, leurs conséquences humaines et économiques, sans compter limpact environnemental et patrimonial, font de la paix une exigence première des forces progressistes. Dans la mobilisation contre la première guerre dIrak, lémotion était forte dans le peuple français et les communistes actifs. Mais depuis que nous avons participé au gouvernement qui a bombardé la Yougoslavie, nous avons repris trop souvent le vocabulaire dominant dénonçant les dictateurs et célébrant les révolutions orange ! La guerre idéologique et médiatique destinée à justifier les guerres tout court, a marqué notre peuple qui regarde avec effarement ce monde violent sans comprendre qui il faut défendre, qui il faut dénoncer. Le PCF doit reprendre avec énergie la bataille pour la paix avec deux idées fortes : > LOTAN est une alliance militaire agressive au service de la domination US. Cest le principal facteur de guerre, de prolifération des armements et désormais des mercenaires et des armées privées. La France, quatrième productrice mondiale darmements, doit prendre des initiatives, y compris unilatérales, visant aux désarmements atomiques et conventionnels négociés. > Respecter les indépendances nationales et le cadre de lONU. Ni la démocratie, ni le socialisme, ni le développement ne simposent par des armes étrangères, et le bilan des interventions humanitaires occidentales est terrible. Le "droit dingérence" est un droit impérialiste quil faut combattre en affirmant le "droit à lindépendance nationale". La solidarité avec les peuples en butte à des dictatures est utile aux forces progressistes, dans des actions de boycott économique, dans la diplomatie et la communauté internationale. Elle se fourvoie toujours dans lacceptation de la guerre étrangère.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 23-03-2016 à 20:02:37
| | PCF-37eme (5), Sortir de lU.E. et de lEuro pour engager la sortie du capitalisme ! Publié le : 22 mars 2016 Suite de la diffusion de la base commune alternative "Unir les Communistes, le défi renouvelé du PCF". Lire sur le site lepcf.fr, la signer en ligne. Télécharger lattestation individuelle de signature à remplir, et lattestation de cotisation à demander à lADF de sa fédération. Ces documents doivent être scannés et transmis par mail à contact@lepcf.fr Sortir de lU.E. et de lEuro pour engager la sortie du capitalisme ! La crise grecque, un révélateur En 2015, les communistes français ont suivi attentivement la Grèce de Syriza. Le référendum du 5 juillet, son résultat sans appel 61% de NON aux politiques daustérité que voulait imposer lU.E. mettaient Alexis Tsipras en position de force face aux créanciers de la Grèce et aux forces politiques, PASOK et Nouvelle Démocratie, qui avaient accepté les deux premiers mémorandums. Or, Syriza a signé un accord léonin qui foule aux pieds la souveraineté grecque. Au sein du PCF, cette crise a instauré un débat de fond sur le rôle de lU.E. et de lEuro. Rester prisonnier du PGE, de lEuro et des institutions européennes pourra-t-il durer ? Pour un parti révolutionnaire, ny a-t-il pas dautres propositions que « lEurope sociale et sa monnaie unique » ? Le déni de la part de la direction nationale, malgré les interrogations de nombreux communistes, devient insupportable. En effet, le troisième mémorandum grec est un véritable programme dextermination économique, sociale et culturelle du peuple grec, une sorte de colonisation. Le prétexte de la dette et du sauvetage de lEuro aura permis de mettre un pays officiellement sous tutelle. Le mémorandum impose un programme de privatisations, détouffement de lactivité par la surimposition, de diminution drastique des pensions de retraite, des salaires et des prestations sociales, faisant régresser le niveau sanitaire du pays. Qui peut croire que le « renflouement » de la Grèce par de largent prêté par la BCE et le FMI réglera quoi que ce soit ? Cette spirale infernale va approfondir lendettement de lÉtat grec et sa dépendance à légard des bailleurs de fonds. Le fonds alimenté par la privatisation des actifs publics sera directement soumis à la gestion de lUE. Et plus aucun texte, ni même alinéa... législatif ne pourra être présenté au "Parlement" grec sans obtenir laval préalable du Quartet (Troïka + FMI). Dautres pays sont en ligne de mire, à commencer par les plus faibles comme le Portugal. Pour de plus en plus de français, lU.E., loin de lémancipation annoncée, est un système dictatorial créé par le capitalisme pour soumettre les peuples en supprimant leur souveraineté. A la direction du PCF, les positions de soutien jusquau-boutiste à Syrisa et à Tsipras, membres du PGE, ont conduit nos parlementaires à annoncer leur vote pour le mémorandum grec à lAssemblée nationale, avant de reculer devant lémotion de milliers de communistes. Comment défendre les choix du gouvernement grec, quitte à justifier ce que nous combattons, faisant passer un message de renoncement à la lutte en France ? Refuser le débat, nous replier sur le postulat que seule lextrême droite contesterait leuro et lUnion européenne, serait suicidaire à lheure où la contestation de la construction européenne est largement partagée dans les milieux populaires. Pire, laisser la contestation de lUE à lextrême droite, contestation qui nest que de façade, est une erreur politique qui pourrait se révéler lourde de conséquences. La posture adoptée au début des années 90, lespoir dune réorientation de lintérieur de lUE, dune "Europe sociale" est un leurre. Nous avons tous constaté avec la Grèce, que lUE est un outil de domination du capitalisme contre les peuples, une superstructure politique dont les dirigeants nhésitent pas à broyer la souveraineté populaire. Il faut donc, de toute urgence, ouvrir le débat sur la nature de lUnion européenne, et sur les conditions pour se libérer de ses diktats. Sortir de lU.E. et de lEuro pour de nouvelles coopérations internationales Toutes les étapes de la construction de lU.E. ont été imposées aux peuples, jusquau traité constitutionnel de 2005, balayé par le vote des peuples de France et des Pays-Bas, mais que les gouvernements contourneront dans un véritable déni de démocratie. Comme la souligné J-Cl Juncker, le président de la Commission européenne, « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». En 1951, Robert Schuman, issu du "Comité des Forges" aujourdhui Medef, va avec Jean Monnet, lhomme des américains, imposer la CECA, entrainant des milliers de licenciements aux Charbonnages de France. Déjà, la concurrence libre et non faussée est un principe intangible. Mars 57, le Traité de Rome établit lU.E. dans les grandes lignes antidémocratiques que lon connaît aujourdhui. Les communistes sopposèrent à cette structure supranationale téléguidée par le patronat, depuis le cartel de lacier davant-guerre jusquau « Besoin daire » du Medef actuel qui préconise labandon total des états-nations. Cette construction européenne a été conçue pour répondre à la mondialisation capitaliste, afin de doper les taux de profits et faciliter laccumulation des capitaux. Cela passait par la casse du cadre national et louverture des frontières pour permettre la libre circulation des capitaux et de la main duvre bon marché et par la dérégulation financière. LU.E. a organisé le dumping social, avec la mise en concurrence déloyale de pays de développement économiques inégaux, faisant pression sur les salaires, les acquis sociaux et lemploi. LU.E. a dépossédé les nations de toute souveraineté monétaire, financière, budgétaire et donc économique pour soumettre les peuples au système de la dette dÉtat, système déjà analysé par Marx il y a 150 ans. Le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG), élaboré avec la droite et le PS, encadre ce système afin dimposer avec la dette et leuro, la baisse automatique et autoritaire du prix de la force de travail, salaires, pensions, prestations sociales. Mais tous les pays ne sont pas traités de la même façon. LEuro correspond au niveau de développement de lAllemagne. Il est bien trop fort pour les autres. Ce qui explique pourquoi le plus faible économiquement, la Grèce, a craqué en premier. Et dautres pays suivront. LEuro est un instrument de guerre contre les salaires et les services publics. Tout pays voulant rompre avec laustérité est menacé de lintérieur par lEuro qui permet aux institutions européennes détrangler les banques nationales. LEuro nest pas utilisable pour mobiliser des crédits au service de politiques publiques. LEuro na jamais été un instrument de résistance au dollar. Le traité de libre échange transatlantique (TAFTA) qui nous sera imposé confirmera que lU.E. est soumise à la puissance économique américaine, comme elle lest déjà sur le plan militaire au sein de lOTAN. Avec de tels objectifs de surexploitation, le capitalisme doit éteindre toute révolte populaire qui pourrait sexprimer dans les urnes. LU.E. a donc aussi comme objectif de détruire les institutions nationales, de remplacer le triptyque Nation-département-commune par lU.E.-région-métropole, éloignant toujours plus les travailleurs des pôles de décision, contribuant à les décourager de voter. Cela favorise le régionalisme et le nationalisme qui alimentent le racisme et multiplient les foyers de tensions. Léclatement de la Yougoslavie montre jusquoù peut aller lexploitation des contradictions régionales. Le Français est mis en cause comme langue de la république avec la domination de langlais et linstitutionnalisation des langues régionales. LEurope des régions se construit contre la nation. Cest ce quécrivait Huchon, ancien président PS de lIle-de-France, qui présentait la région comme « le seul territoire capable de rompre lunicité de la loi ». Lacharnement à parler dune "Europe sociale" creuse un gouffre entre le PCF et le peuple. La violence de la « concurrence libre et non faussée » apparaît aux yeux de tous dans les murs, les miradors et les affrontements autour des migrants jetés sans droits dans les routes de lEurope. Il est impossible de rompre avec le capitalisme en France sans maîtriser une monnaie au service dune politique progressiste, quelque soient les menaces et oukases des institutions de lUE. Et il ny aura pas de changement économique en France, sans sortir nos échanges avec le monde de la guerre des monnaies. Loin de toute stratégie de dévaluation compétitive, loin de tout repli nationaliste, sortir de lEuro est la condition dune rupture anticapitaliste en France, mettant en cause la mondialisation capitaliste. Une situation nouvelle serait ainsi créée en France et en Europe, porteuse de ruptures et de bouleversements au profit des peuples, permettant de construire des nouvelles coopérations mutuellement avantageuses entre nations souveraines.
Edité le 23-03-2016 e 20:15:15 par Xuan
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| Posté le 23-03-2016 à 23:50:57
| Un commentaire sur le texte ci-dessus Un commentaire à propos de ce dernier texte, la partie européenne de la base commune « PCF-37eme (5), Sortir de lU.E. et de lEuro pour engager la sortie du capitalisme ! » Naturellement nous partageons la volonté de rejeter les lois et règlements réactionnaires décidés par les bourgeoisies impérialistes dans le cadre européen. Cette volonté a été clairement exprimée par notre peuple lors du référendum sur la Constitution, et elle a été foulé aux pieds par notre propre bourgeoisie. Nous ne loublions pas. Le soutien aveugle à Syriza est aussi très justement dénoncé pas la « base commune ». De même lillusion dune « Europe sociale » est balayée.
_____________________ Par contre sur la question européenne, le projet insiste de façon unilatérale sur la domination allemande et présente la France comme une victime de lEuro. Il existe des contradictions inter-impérialistes entre la France et lAllemagne et des rapports concurrentiels cest-à-dire inégaux par définition. Mais pour autant la situation de la France ne peut absolument pas être comparée à celle de la Grèce. En effet « tous les pays ne sont pas traités de la même façon » en Europe. Mais demandons-nous de quel côté se trouve notre pays : du côté des pays oppresseurs ou du côté des pays dominés ? Rappelons que le 2 novembre 2011 à Cannes, ce sont Merkel et Sarkozy qui ont fait sauter Papandreou, tandis que le représentant « officiel » des instances européennes tenait la chandelle, comme cest généralement le cas pour toutes les questions sérieuses. Onze jours plus tard, cest Berlusconi qui a dégagé après un véritable coup détat financier réalisé par la Société Générale et la BNP en Italie. Lété dernier le talon de fer sur la tête de la Grèce a été imposé par le duo franco-allemand et non par le seul impérialisme allemand. Ce dernier préconisait on sen souvient un grexit et cest lintervention de Delors, rappelant la position stratégique de la Grèce pour lOTAN, qui a fait pencher la balance et placer la Grèce dans un état de soumission et de débiteur à vie. La négociation du brexit , si on la compare avec celle du grexit , a aussi montré quil existe en Europe des pays dominants comme lAllemagne, la France, la Grande Bretagne. La loi européenne saccommode des volontés de leurs monopoles. Il nen est pas de même pour les pays dominés qui doivent courber léchine. Tout récemment la Turquie a été mise à genoux sur la question des réfugiés en lui faisant miroiter un accès conditionnel au club. Il est surprenant que la nature impérialiste de la France soit justement rappelée sur les questions internationales, mais quelle soit oubliée en Europe. Dailleurs le terme « impérialisme » ne figure pas dans cette partie. Lorsque Parisot défendait le « Besoin daire » , sagissait-il dun « abandon total des états-nations » ou de la volonté expansionniste et impérialiste des monopoles français, au détriment des autres ? Relisons attentivement le texte de Parisot en nous souvenant de la nature impérialiste de notre pays et sa finalité apparaîtra tout-à-fait clairement. Ceci a des conséquences importantes pour lobjectif de la révolution socialiste : Une société socialiste doit rompre définitivement avec les rapports impérialistes pratiqués par notre pays en Europe du sud. Si nous dénonçons le leurre de lEurope sociale , il nous paraît important de favoriser lunité des prolétariats et des peuples dEurope contre les bourgeoisies européennes et pour la paix. Notre combat contre les monopoles de notre pays est un combat révolutionnaire et internationaliste. Lunité internationaliste, lunité des classes ouvrières et des peuples dEurope devrait figurer dans ce texte. Ajoutons que la sortie de lOTAN est liée à notre position sur lEurope, parce quil sagit dune alliance belliciste au service de lhégémonie US, dirigée contre la Russie et menaçant la paix dans cette région.
_____________________ La base commune dit aussi sur lEurope : « Avec de tels objectifs de surexploitation, le capitalisme doit éteindre toute révolte populaire qui pourrait sexprimer dans les urnes ». Cette observation a de quoi étonner, à comparer avec la teneur générale de la base commune qui dénonce lélectoralisme. Et en conclusion : « Il est impossible de rompre avec le capitalisme en France sans maîtriser une monnaie au service dune politique progressiste, quelque soient les menaces et oukases des institutions de lUE. Et il ny aura pas de changement économique en France, sans sortir nos échanges avec le monde de la guerre des monnaies. Loin de toute stratégie de dévaluation compétitive, loin de tout repli nationaliste, sortir de lEuro est la condition dune rupture anticapitaliste en France, mettant en cause la mondialisation capitaliste. Une situation nouvelle serait ainsi créée en France et en Europe, porteuse de ruptures et de bouleversements au profit des peuples, permettant de construire des nouvelles coopérations mutuellement avantageuses entre nations souveraines ». Dabord signalons encore que les menaces et oukases proviennent pour une bonne part de Paris, et reviennent ici avec le label « Bruxelles ». Puis que signifie une monnaie « au service dune politique progressiste » ? Pourquoi lobjectif du socialisme, revendiqué par ailleurs, est-il ici remplacé par une politique progressiste , dont nous savons parfaitement quelle est absolument impossible dans le système capitaliste ? Il tombe sous le sens que la maîtrise de la monnaie par le peuple ne peut être réalisée que sous la dictature du prolétariat, interdisant les flux incontrôlés de capitaux, les « murs dargent », la spéculation à des fins subversives, etc. Par conséquent nous devons restituer au concept de socialisme son contenu vivant et au lieu décrire « Il est impossible de rompre avec le capitalisme en France sans maîtriser une monnaie au service dune politique progressiste » , déclarons qu « Il est impossible de maîtriser une monnaie au service du peuple sans instaurer le socialisme dans notre pays» .
Edité le 23-03-2016 e 23:51:51 par Xuan
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| Posté le 24-03-2016 à 08:32:54
| Une nouvelle contribution sur le site faire vivre Contre le FN, un parti communiste populaire et rassembleur Le FN correspond à la version adaptée du fascisme à lépoque de la mondialisation et de la numérisation. Sil se donne des airs de bonhomie avec larrivée de nouveaux cadres se réclamant du gaullisme et de la république, il reste fondamentalement une formation nationaliste, lié à ses origines. Cette formation fondée en 1972 par un petit groupe de néofascistes issu du groupe Occident, de nostalgiques du régime de Vichy, dancien partisans de lAlgérie française et dactivistes de lOAS, fût largement promotionné par la télévision publique dans les années 80 pour diviser la droite et favoriser la réélection de Mitterrand, sous limpulsion des services de lÉlysée. Elle cristallise les reliquats idéologiques de plusieurs traditions de lextrême droite fasciste, dont faut-il le rappeler, celle anti-patriotique du patronat de la fin des années trente qui proclamait « plutôt Hitler que le front populaire ». Le FN est aujourdhui utilisé comme leurre protestataire en même temps que repoussoir pour permettre et accélérer la recomposition politique dont le capital a besoin pour mettre en uvre les politiques qui le servent au mieux de ses intérêts afin de dégager toujours plus de profits sur la force de travail. Après trois décennies dun capitalisme débridé, la société arrive à un point à la fois de souffrance et dimpossibilité où la question politique va devoir se poser de nouveau dans les termes : « socialisme ou barbarie ». Or le capital entend se donner libre cours. Toute avancée sociale est pour lui un frein à ôter, toute résistance salariale un obstacle à détruire. La dépendance vitale et la peur sont historiquement ses objectifs ultimes pour le salariat. Son corollaire est lobéissance absolue. Quand cette structure se dévoile, voire se déchire dans les luttes de classes, le capitalisme a recours à la terreur qui est son fonds inaltérable. La main de fer dans un gant de velours, si caractéristique des sociétés libérales, perd son apparence souple et paternaliste. La violence devient sa réponse. La criminalisation des résistances syndicales comme dans le cas dAir France et de Goodyear en est une des manifestations, le recours au fascisme une autre. Le fascisme constitue un type de réponse à la crise structurelle et conjoncturelle qui agite les sociétés capitalistes dans la période dentre-deux guerres. Il dénonce limmoralité et les mauvaises murs issues des partis politiques traditionnels, les excès de la propriété privée causés par les monopoles capitalistes. Il donne préférence à la petite et moyenne propriété et soppose violemment aux organisations se réclamant de la lutte des classes. Sil ne nie pas lexistence de classes sociales, il prétend les discipliner en soumettant les intérêts particuliers à lintérêt national. Avec le nazisme, la lutte des classes se déplace vers des luttes raciales où saffirme la solidarité fondamentale des citoyens devant les non-citoyens, version initiale de la préférence nationale. Pour Dimitrov, le fascisme représente, malgré ses dénégations, lidéologie du capital et de limpérialisme. Cest ce que nous montre lactualité en Ukraine et en Syrie, comme au Chili il ny a pas si longtemps, et partout où il utilise des bandes armées fanatisées pour ses basses uvres. Malgré ses prétentions populistes, le fascisme est une entreprise de soumission des masses dont il a besoin pour son assise. Il développe à cette fin une démagogie sociale effrénée. Il utilise le chauvinisme, la xénophobie et les replis identitaires pour tromper les masses, les détourner de leur soucis quotidiens, faire glisser leur attention des problèmes intérieurs vers ceux de lextérieur. Nous sommes dans une situation proche de celle de la veille des deux guerres mondiales où une crise financière majeure et structurelle est accompagnée par une montée des nationalismes, lenvie den découdre et labsence dune résistance cohérente et organisée pour apporter une réponse. Cest le contexte des élections régionales du 6 et du 13 décembre qui consacraient la victoire dun FN se déclarant avec triomphalisme au porte du pouvoir. Délection en élection le FN poursuit son ascension malgré les campagnes morales de la gauche sociétale et les fronts républicains quelle prétend lui opposer. Car le FN ne cesse dêtre promotionné à chaque scrutin. Cette complaisance lui permet dinfluencer les débats et de pousser chaque fois un peu plus son hégémonie dans le domaine des idées, comme le prouvent les débats sur lidentité nationale, limmigration, la sécurité, et la déchéance de la nationalité. Grâce à la bienveillance socialiste et son double langage, toutes les conditions ont été réunies pour entraîner une part importante de la population, fragilisée par la désindustrialisation de régions entières et les pertes massives demplois, vers la haine anti-immigrés et pour détourner la colère des classes populaires vers des boucs émissaires. Le PS pour la cinquième fois de son histoire porte la lourde responsabilité de faire le lit de lextrême droite, au lieu de sattaquer aux causes et de les chercher dans la structuration capitaliste de la société. La lutte contre le Front national est possible à condition de passer par la lutte contre le capital, son ventre nourricier. Comme lécrivait Brecht, « le ventre est toujours fécond doù est sortie la bête immonde » si nous ne nous attaquons pas à sa domination. Le fascisme est un danger mortel pour la classe ouvrière, le danger principal contre lequel il faut en urgence rassembler les forces populaires et démocratiques. Si lexpérience nous montre que la réprobation morale ou les combinaisons de type front républicain ne sont daucun effet, nous savons depuis le Front populaire que le meilleur remède contre le fascisme est lexistence dun parti communiste proche des couches populaires, apte à transformer les besoins de sécurité, de vie, en luttes unitaires pour lemploi, la paix et les salaires, un parti qui sache organiser les rassemblements et désigner ladversaire de classe, le responsable de la lutte de tous contre tous, le système capitaliste.
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| Posté le 27-03-2016 à 21:20:20
| 7e partie du projet : Pour sortir de limpasse de la gauche, un grand parti communiste, un rassemblement populaire majoritaire ! Les luttes, terrain premier des constructions politiques Les emplois, salaires, retraites, protection sociale, mais aussi santé, formation, logement, libertés... tout ce qui porte progrès est acquis puis conservé par la lutte. Rien nest jamais octroyé aux exploités. Passer du particulier, du corporatif au général, créer les conditions des convergences dans laction est toujours une question décisive pour les communistes. Ne jamais instrumentaliser et ne jamais oublier que sans lutte de masse entraînant à un moment la majorité du peuple, aucun progrès idéologique et politique nest possible. Depuis des années (luttes contre le CPE), aucune lutte na été victorieuse, et cela a pesé lourd dans la détérioration des rapports de force idéologiques. Le FN, réponse "électorale" à jamais déconnecté des luttes démocratiques, y puise sa force. Nous noublions ni Fralib, ni Pilpa, ni les femmes de ménage des grands hôtels parisiens pour ne citer que quelques victoires emblématiques, ni toutes les dures luttes menées : Air France, Goodyear... Ce qui a manqué, cest le "tous ensemble" et des victoires à ce niveau. Au moment où nous écrivons ce texte, nous ne savons pas quelle sera lampleur, la durée, le contenu exact de laffrontement qui se dessine contre le projet El Khomri, mais le mouvement est là après des années de résignation, dabstention électorale. Une partie de la difficile équation des présidentielles peut être modifiée. Le rapport entre lutte et politique est complexe : effort permanent des sociaux-démocrates de récupérer et même instrumentaliser les luttes, difficulté permanente pour les communistes dêtre au plus haut du possible, vécus comme utiles, améliorant la lecture de classe de chacun, permettant la victoire. Les actions peuvent parfois aboutir (1968,1995) et lissue politique nous être défavorable (majorité écrasante UNR en juin 68, gauche plurielle devenue gauche "plus rien" en 1996). Cest donc bien dun rapport étroit, en permanence en construction, dont il est question. Les communistes, les militants, les responsables et les élus ont donc de lourdes responsabilités quotidiennes dans laction. Chacun en agissant, modifie le réel. Les luttes sont donc une composante essentielle de notre formation, souvent un moment particulièrement favorable à ladhésion. Prenons garde de ne pas oublier les 30.000 adhésions au PCF de mai 1968. Les forces de la bourgeoisie savent tout cela, elles mobilisent énormément dénergie pour empêcher les luttes, de la kyrielle des DRH et autres idéologues, aux forces de répression et aux mouchards. Communistes, consacrons aussi beaucoup dénergie, de temps, defforts à ce que les luttes, toutes les luttes de classe, vivent, convergent, gagnent. Un des plus grands reculs de ces dernières décennies idéologique, politique, matériel est laffaiblissement rapide des liens entre syndicalistes de lutte et parti communiste. Il sera nécessaire, en lien avec les luttes réelles, de résoudre cette question. Pour sortir de limpasse de la gauche, un grand parti communiste, un rassemblement populaire majoritaire ! Le PCF, une organisation affaiblie Depuis la « mutation » initiée par Robert Hue, le PCF a suivi, de congrès en congrès, des stratégies qui ont toutes conduit à un affaiblissement organisationnel, électif et politique. La suppression des cellules dentreprises et de quartiers, a porté un grave coup à lorganisation. Les cellules répondaient à un besoin organisationnel fort : rassembler des militants, leur donner des espaces de discussion et délaboration politique, pour leur permettre dagir. La disparition des cellules de quartiers a cassé le lien entre militants. Dans les assemblées de section, ce sont souvent les mêmes militants qui prennent la parole. Les militants des milieux populaires nosent plus parler, et ce faisant, sautocensurent et se détachent du parti. Les cellules dentreprises ont disparu, rompant le lien avec le monde du travail. Même dans de grandes entreprises, il ny a plus de militants communistes, ni dexpression du Parti communiste. Dans plusieurs luttes emblématiques, les militants syndicaux organisés le sont rarement au PCF. Trop souvent, le parti ne se mobilise plus que lors des échéances électorales, à lopposé dune organisation communiste qui devrait au contraire mener un travail politique de long terme, détecter des militants issus de la classe ouvrière, les former, et leur confier des responsabilités. Ni les réunions nationales thématiques, ni les réseaux sociaux ne remplaceront le militantisme de terrain. Seule la reconstruction de lappareil militant nous permettra de redevenir un parti qui soit lexpression des classes populaires, capable de mener des luttes, de créer des rapports de force, et de donner une perspective de rupture avec le système capitaliste. Reconstruire un parti populaire de combat Plusieurs études sociologiques sur le parti doivent nous alerter. Très peu de nos dirigeants viennent de lindustrie, beaucoup sont des salariés de la fonction publique, beaucoup ont toujours été élus ou au service délus. Nous avons de moins en moins de dirigeants issus des entreprises, nos liens avec les classes populaires se sont affaiblis considérablement. Comment sétonner que nos campagnes politiques ou nos adresses à la nation soient déconnectées des réalités ? Dans la période actuelle, où des mouvements de lutte et de résistance se multiplient entreprises, universités, quartiers populaires, etc. nous avons besoin dune campagne très ouverte dadhésion dans les luttes et les entreprises, en leur donnant toute leur place dans lorganisation. Nous devons renouer avec le travail théorique et la formation. Nombre de nos adhérents nont jamais reçu de formation politique, ils sont idéologiquement désarmés. Leffort théorique est indispensable au communiste pour analyser une situation et apporter une perspective politique. Démocratie et fraternité Après les décennies de rénovation et métamorphose multipliant les collectifs, fronts, mouvements, forums, la question de lorganisation, de lefficacité revient au premier plan. Comment créer les conditions dune grève générale réussie, comment faire vivre et renforcer une organisation communiste ancrée dans le monde du travail ? La force historique des communistes, leur organisation, semble avoir disparue. La démocratie sans cohérence se transforme en « chacun cause pour soi » inefficace, laissant les décisions aux exécutifs, comme le montre lannonce des primaires avant tout débat des communistes. Les directions ne construisent plus la mise en cohérence des communistes au service de leur action. Les interventions des dirigeants ne portent plus une parole collective, construite dans la durée pour être identifiée, défendue, portée par les militants. Les "je" se multiplient sans jamais construire le "nous". La démocratie est en panne, et avec elle, laction. Il faut réinventer une forme de démocratie efficace, qui était lobjectif du centralisme démocratique. Lorganisation dont nous avons besoin se construit dabord sur le terrain. Cest pourquoi nous voulons rétablir la règle des quatre quarts, qui permettait aux organisations de base de bénéficier de la moitié des cotisations des adhérents. Leffort pour reconstruire nos organisations de base, cellules et sections est essentiel. Rassemblement ou fuite en avant dans la dilution ? Jamais le Parti communiste na été aussi fort que lorsquil a su travailler à de larges rassemblements dans le cadre dun rapport de forces, comme en 1936 avec le Front populaire et à la Libération avec le Conseil National de la Résistance. Dans ces deux cas, le PCF na rabattu ni ses exigences ni son identité, au contraire. Mais ces dernières années, nos expériences dalliances collectifs antilibéraux et Front de gauche se sont soldées par des déceptions, la perte délus et de crédibilité. Ce type dalliance est inefficace, restant sur le modèle de lunion de la gauche. Or dans tous les domaines politique intérieure, européenne ou internationale le PS est un serviteur du capitalisme. Tant que nous restons dans la confusion, nous sommes sanctionnés par les électeurs. Le rassemblement ne peut passer ni par un effacement de notre parti, ni par la soumission au PS. Nous devons revoir notre stratégie, réfléchir à une véritable politique de rassemblement et dalliances et définir une ligne nationale qui permettra aux adhérents et aux sympathisants communistes de sy retrouver. Un nécessaire bilan A chaque congrès, la direction nationale met en place tous les artifices pour empêcher de tirer le bilan de sa stratégie. Des textes à rallonge, qui ne posent pas les vraies questions, sont adressés aux communistes, qui dans leur grande majorité ne les lisent pas. Les questions essentielles sur lorganisation du Parti ou sur notre stratégie ne sont jamais abordées. Nous demandons un véritable bilan des 15 dernières années, létat réel de lorganisation par fédération, le nombre des adhérents, létat des cotisations, le reversement des élus. Malgré nos défaites électorales successives, nous restons une force dans le paysage politique français. Nous bénéficions de points dappui importants partout. Nous avons un patrimoine immobilier, un patrimoine culturel, et un poids politique. Il ny a donc pas de fatalité à notre déclin. Un parti libre de ses choix Ladhésion au PGE en 2004 a marqué une rupture avec plusieurs partis communistes. Le PGE ne sinscrit pas dans le combat anticapitaliste. On lit sur son site internet en anglais « La vieille contradiction facilement comprise entre le Capital et le Travail est balayée par de nouvelles aspirations et contradictions entre les sexes, les générations, les cultures, les groupes ethniques et surtout par une conscience nouvelle de linterrelation entre lhumanité et lenvironnement ». Pire, ses statuts nous contraignent au respect des institutions européennes. Les échanges avec des forces internationales diverses sont utiles. Mais quand les relations internationales entre partis communistes se multiplient, le PCF ne peut rester enfermé dans ce parti lié aux institutions européennes. Il doit reconstruire des relations fraternelles et solidaires avec tous les partis communistes.
Edité le 27-03-2016 e 21:20:51 par Xuan
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| Posté le 28-03-2016 à 00:33:32
| La 8e partie du projet (reproduite à la suite) est certainement une des parties les plus importantes puisquelle remet en cause labandon de la lutte pour socialisme décrétée par Robert Hue et le XXIXe congrès. La prise de conscience des échecs subis depuis, les débats, létude du marxisme-léninisme, et lapprofondissement de la critique du révisionnisme ont permis cette importante rectification. Il est indiqué par exemple : « Il ny a plus de marge de manuvre dans le capitalisme, plus de compromis possible avec la grande bourgeoise, tant son intérêt vital pour maintenir ses revenus et son mode de vie, est dobtenir une réduction massive des salaires et des droits. La conséquence est quune solidarité réelle assurant des droits à tous nécessite une véritable révolution, oblige à sinscrire dans la construction dune autre société, dans le renversement du rapport de forces entre capital et travail. Lincroyable socialisation des forces productives appelle plus que jamais une socialisation massive de la propriété » (On comprend ici quil sagit de la propriété des moyens de production et non de la propriété en général). Il faudra néanmoins continuer dans le même esprit fraternel pour en tirer toutes les conséquences. Tout le pouvoir au peuple Le texte indique un peu plus loin : "Oui, nous devons être porteurs dun projet de socialisme du 21ème siècle, réduisant, par de larges nationalisations des grands moyens de production et déchange, le pouvoir de la bourgeoisie" Il y a là une confusion entre le pouvoir et la propriété des moyens de production. Le Manifeste du parti communiste écrivait ceci : "Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production dans les mains de l'Etat, c'est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante, et pour augmenter aussi vite que possible la quantité des forces productives". Ce nest donc pas le pouvoir de la bourgeoisie qui est limité petit à petit mais son capital, sa propriété des moyens de production. Le pouvoir dans la société socialiste nappartient plus à la classe capitaliste mais au prolétariat, devenu la classe dominante, alors que la bourgeoisie est devenue classe dominée et na plus aucun pouvoir. "Nous avons déjà vu plus haut que la première étape dans la révolution ouvrière est la constitution du prolétariat en classe dominante, la conquête de la démocratie." [Le Manifeste] Il nest pas question ici de la conquête de la démocratie parlementaire, de la démocratie bourgeoise, mais de la démocratie nouvelle, socialiste. Le projet écrit : Nous nommons donc sans complexe notre projet de société comme une société socialiste. Nous défendons clairement et simplement lidée dun plan conduit par un État démocratisé de haut en bas, possédant les moyens de le mettre en uvre, avec des services publics élargis facteur dégalité, des cadres réglementaires et fiscaux plus contraignants pour tourner leffort des entreprises vers les objectifs de la société, sappuyant sur la mobilisation du mouvement populaire pour une nouvelle démocratie, de la cité à lentreprise . Le projet insiste sur cet aspect démocratique et cest parfaitement naturel puisque le socialisme est le pouvoir de limmense majorité. La notion dEtat démocratisé de haut en bas devra senrichir dune réflexion approfondie sur les institutions socialistes remplaçant le parlementarisme bourgeois et fondées notamment sur des assemblées populaires, dont les prérogatives devront être définies avec les masses. La dictature du prolétariat Lautre aspect de ce pouvoir, cest-à-dire la contrainte, est encore insuffisamment développé et se réduit à « possédant les moyens de le mettre en uvre » et « des cadres réglementaires et fiscaux plus contraignants pour tourner leffort des entreprises vers les objectifs de la société » . On devine que sous cet aspect létat socialiste ne sera pas simplement plus contraignant, mais devra se constituer comme instrument de domination du prolétariat sur la bourgeoisie, sadjoignant les services de corps détat répressifs destinés à empêcher toute tentative de sabotage, de subversion et de contre-révolution. Le Manifeste écrit à ce sujet : Cela ne pourra naturellement se faire, au début, que par une violation despotique du droit de propriété et du régime bourgeois de production Marx et Engels puis Lénine ont précisé quil sagissait là de la dictature du prolétariat . Que la dictature du prolétariat napparaisse pas dans le projet traduit notre manque dunité sur la question. Naturellement rien nempêche de formuler cette notion différemment, mais ne nous leurrons pas, nos ennemis de classe sauront très exactement à quoi sen tenir et ne sembarrasseront pas de périphrases pour appeler un chat un chat si nous ne le faisons pas nous-mêmes. Là aussi une remise en cause simpose, non plus sur les reniements de Robert Hue, mais sur un abandon qui remonte au XXIe congrès en 1976, annoncé plusieurs mois auparavant par Georges Marchais. Cet abandon était lié à la stratégie dUnion de la Gauche. En renonçant à ce principe inséparable de lexercice du pouvoir, il sagissait de rendre le parti communiste acceptable pour ses alliés. Mais le compromis na été quun jeu de dupes et na servi quà entériner le discrédit et lanathème lancé par la bourgeoisie contre le communisme. En fait liberté et dictature sont deux aspects inséparables de lexercice du pouvoir dans ne société divisée en classes, quelle soit capitaliste ou socialiste. Mais la première opprime le peuple et la seconde les exploiteurs. Voir larticle « Démocratie et dictature », ou sur ce site Comment la rupture avec le capital ? Le « programme de rupture du capital » présente des « revendications immédiates » qui permettraient daller vers le socialisme parce quelles figurent dans les mesures prises par létat socialiste lui-même. Cest-à-dire quelles ne pourraient pas être prises auparavant. On comprend la finalité, mais je ne crois pas quil sagisse alors pour la totalité dentre elles de « revendications immédiates » . Les revendications salariales effectivement immédiates, le combat pour le code du travail, ou la sécurité au travail nexcluent nullement lobjectif du socialisme à condition de les relier ensemble dans le combat quotidien dune cellule dentreprise. En fait le programme immédiat des communistes ne vise pas tant à construire des marchepieds qu'à organiser les masses pour la prise du pouvoir. Mais le projet écrit : Ce programme doit poser en même temps la question du pouvoir. Quel gouvernement mettrait en uvre ces revendications La notion de gouvernement renvoie à un changement de personnel politique, or il sagit dun Etat nouveau socialiste et non dun nouveau gouvernement issu dun Front Populaire. Le « programme de rupture du capital » passe ici sur le renversement du pouvoir dEtat et la création dun nouvel Etat, doté dune nouvelle constitution et de nouvelles institutions. Il sera nécessaire de poursuivre notre réflexion sur ces institutions nouvelles, même en sachant quelles apparaîtront naturellement dans le cours de la lutte révolutionnaire. Les partisans acharnés de la voie électorale ont voulu ridiculiser la révolution prolétarienne sous le sobriquet ironique de « grand soir ». En fait nous ne pouvons pas anticiper la forme quelle prendra et qui dépendra essentiellement de la résistance et de la violence contre-révolutionnaire des classes possédantes. Quoi quil en soit le passage du capitalisme au socialisme constitue bel et bien une révolution, portant au pouvoir une nouvelle classe dirigeante, le prolétariat.
______________________ III. Notre projet et le chemin du socialisme pour la France Limpasse de la gauche, laffaiblissement du parti communiste, sont aussi la traduction de limpossibilité de penser une autre société que le capitalisme, tant la bataille de diabolisation du socialisme du 20ème siècle a fait reculer lidée dun vrai changement de société. Les pays de lEst étaient le mal absolu, la Chine est une puissance dangereuse, les expériences latino-américaines des échecs. Le parti communiste lui même, laisse dans le flou, des caractéristiques essentielles dune société se libérant du capitalisme : la propriété publique, le pouvoir des travailleurs, la maîtrise de la monnaie. Il refuse jusquà aujourdhui de nommer clairement son projet de société comme "socialiste", se faisant déborder sur sa gauche par un candidat
démocrate US ! Pourtant, les luttes sociales, et notamment les grandes luttes de défense des sites industriels (Conti, Goodyear, Aulnay, Fralib
) toutes interrogent la propriété des moyens de production. Il ny a plus de marge de manuvre dans le capitalisme, plus de compromis possible avec la grande bourgeoise, tant son intérêt vital pour maintenir ses revenus et son mode de vie, est dobtenir une réduction massive des salaires et des droits. La conséquence est quune solidarité réelle assurant des droits à tous nécessite une véritable révolution, oblige à sinscrire dans la construction dune autre société, dans le renversement du rapport de forces entre capital et travail. Lincroyable socialisation des forces productives appelle plus que jamais une socialisation massive de la propriété. Il y a nécessité historique que le monde du travail prenne toute sa place dans la direction des affaires du pays, pour la maîtrise de ses moyens de production et déchanges, de ses conditions de travail et de vie. La bourgeoisie, avec ses rentiers, spéculateurs, affairistes spécialistes de la subvention publique, est inapte pour diriger la société dans le sens de lintérêt général. Ce sont les travailleurs qui doivent se considérer comme les véritables dirigeants, ceux qui peuvent décider quel travail est utile, sous quelle condition, pour quelle production, pour quel besoin social. Oui, nous devons être porteurs dun projet de socialisme du 21ème siècle, réduisant, par de larges nationalisations des grands moyens de production et déchange, le pouvoir de la bourgeoisie, recherchant des coopérations internationales libérées de la domination des règles des marchés, rompant radicalement avec les règles de la concurrence et de la spécialisation, pour imposer la planification en réponse aux besoins, le pouvoir des travailleurs dans une république sociale. Nous nommons donc sans complexe notre projet de société comme une société socialiste. Nous défendons clairement et simplement lidée dun plan conduit par un État démocratisé de haut en bas, possédant les moyens de le mettre en uvre, avec des services publics élargis facteur dégalité, des cadres réglementaires et fiscaux plus contraignants pour tourner leffort des entreprises vers les objectifs de la société, sappuyant sur la mobilisation du mouvement populaire pour une nouvelle démocratie, de la cité à lentreprise. Ce projet doit porter la libération humaine de toutes les aliénations, dans la soumission au travail, dans lintensité du travail, dans la consommation publicitaire, dans la guerre de tous contre tous. Il doit porter une réduction massive du temps de travail et un développement sans précédent de la formation, de la culture comme lieu essentiel de socialisation, de partage entre les hommes, de construction des conditions dune démocratie réelle, dune citoyenneté populaire. Le socialisme que nous voulons répondra à la critique de Marx du capitalisme qui « épuise la Terre et le Travail ». Il assurera la gestion des ressources naturelles pour les besoins de lhumanité daujourdhui et de demain, fera de la biodiversité, de la qualité de lair et de leau, de lefficacité énergétique, de la préservation des sols, de la réduction des pollutions, des critères essentiels de la planification et des choix économiques. Mais léco-socialisme est une formule souvent utilisée pour refuser daffronter le véritable défi dun socialisme du 21ème siècle, celui dun développement continu et rapide des forces productives, appuyé sur la robotique, la biologie, le numérique, sans compter de nouvelles révolutions énergétiques (4ème génération du nucléaire, fusion, algo-carburants
). Si les circuits courts et léconomie circulaire peuvent jouer un rôle important dans un développement équilibré, ils ne peuvent apporter seuls des réponses à la hauteur des besoins sociaux. La mondialisation en cours de la distribution (Amazon, Alibaba
) nous montre au contraire la nécessité doutils mondialisés de planification et de coopération. Ce projet doit porter enfin lexigence de paix, de rupture avec les institutions de la mondialisation capitaliste, la participation de la France à de nouvelles institutions dun monde multipolaire ouvert aux pays du Sud, la sortie de lOTAN et lengagement dans le désarmement. Un programme de rupture avec le capital La bataille communiste dici 2017 doit faire grandir des revendications politiques fortes qui soient à la fois des outils pour le mouvement social, des revendications que les travailleurs peuvent porter dans leurs luttes, et qui soient des repères dun programme politique de rupture, capable de porter lexigence de rapidité dans la transformation sociale, et la capacité à porter à long terme le changement de société. Lurgence est de se doter dun programme ambitieux pour la défense de lemploi et des salaires. Cette bataille pour lemploi et les salaires doit être un point essentiel du combat des communistes, car elle concentre lessentiel des luttes sociales actuelles. Ce programme doit poser en même temps la question du pouvoir. Quel gouvernement mettrait en uvre ces revendications, avec quel rapport de forces, quel « Front Populaire », libéré du carcan de lUE et appuyé par le mouvement des salariés, des classes populaires et des jeunes et où le Parti Communiste jouerait bien évidement un rôle central. Dans la période actuelle nous proposons un programme de revendications économiques immédiates pour faire reculer la misère et la souffrance populaire et instaurer plus de justice, mais aussi aller vers le socialisme : >Nationalisation/socialisation des secteurs bancaires, financiers et assurances, des secteurs de la production vitaux pour le pays et de la grande distribution. >Renationalisation immédiate dEDF-GDF, de la SNCF (avec réunification), de la Poste, de France Telecom et dAir France. >Plan de développement des services publics, en priorité école, santé, transports et poste, avec les embauches statutaires nécessaires. >Remise en cause fondamentale de la dette publique. >Interdiction des licenciements et des délocalisations et appropriation par les salariés avec le concours de la force publique, des entreprises désertées ou bradées par leurs actionnaires. >Réduction massive du temps de travail sans perte de salaires, semaine de 28h sur 4 jours augmentée de 4h de formation hebdomadaire pour tous. >Rétablissement dune indexation des salaires sur linflation, blocage des prix des produits de première nécessité. >Création dun grand service public de la formation continue permettant de proposer à tous les salariés des démarches de qualification, au service de linnovation et la qualité au travail. >Augmentation significatives des salaires, des pensions et minima sociaux. >Rétablissement de la retraite à 60 ans à taux plein et départ dès 55 ans pour la pénibilité. >Construction de logements sociaux à hauteur des besoins, blocage des loyers et interdiction des saisies et expulsions pour les familles en difficulté. >Non-application des directives et traités européens. >Sortie de lOTAN et de lalliance atlantique, refus de toute intervention militaire de la France dans un pays souverain.
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 04-04-2016 à 13:49:41
| Un courrier de Danielle Bleitrach : Le congrès des communistes: il ne doit pas y avoir de "déchéance de la citoyenneté communiste" suivant que vous vous prononcez pour la base commune ou une autre Pourquoi je parle de « déchéance citoyenne » à propos du Congrès du PCF, parce que les conditions dun véritable débat ne peuvent être réalisées tant quil sera instauré une différence entre texte dit légitime et textes qui ne le seraient pas. Donc voici dabord une réflexion sur les conditions dun véritable débat au sein du PCF et ensuite la présentation du résumé de notre base commune alternative que jai faite pour les communistes de ma section du 13e à partir de la réflexion de camarades de Vénissieux. Pour ceux qui ne sont pas au courant des nouveaux rituels des Congrès du PCF, il y a plusieurs étapes avant le commencement dudit Congrès. Le Conseil national sortant est censé faire un bilan de sa mandature et proposer des orientations jusquau prochain congrès. Cela sappelle la base commune, elle est donc votée par le Conseil National. Ce qui a été fait au mois de février 2016. Oui mais voilà il y a eu une première « Innovation » de la part dune partie de la direction puisque sitôt votée la base commune, ceux-là même qui lavaient votée ont présenté un texte alternatif, de soutien à lexpérience du Front de gauche et de fait à la candidature de Mélenchon. Cest Patrice Cohen Seat, Nicole Borvo mais aussi Roland Leroy qui ont présenté cette orientation. Et lon sait bien que des gens qui ne lont pas signée comme Marie-Georges Buffet sont proches. Cest leur droit et lon doit se réjouir que chacun dise ce qui lui paraît le meilleur mais ils ont créé des conditions nouvelles. Nous avons donc une situation extraordinaire dans laquelle une direction au plus haut niveau après avoir voté la base commune se divise autour de deux textes, la base commune et un texte alternatif, une autre proposition globale de base commune. La division de fait porte essentiellement sur la stratégie à adopter aux présidentielles: pour les uns il sagit dopérer des primaires avec en gros les frondeurs du PS, quelques verts non encore passés au gouvernement (ces derniers exigeant que lEurope ne soit pas attaquée), le tout managé par Cambadelis et Cohn Bendit. Lautre partie de la direction proposant à la fois la candidature de Mélenchon et de fondre toujours plus le parti communiste dans un Front proche de lexpérience Syriza en Grèce et Podemos en Espagne. Notre texte alternatif propose une autre démarche qui prend les élections y compris présidentielle dans une stratégie de changement de société, de rassemblement de type Front populaire avec un parti communiste proche des exploités étant la colonne vertébrale pour renouveler la confiance dans une issue de gauche, dans le socialisme. Luttes et élections favorisent lintervention populaire et construisent une perspective de renouvellement de la politique. Ce qui suppose des candidats communistes, en particulier à la présidentielle, clé de voûte du système constitutionnel actuel. Ce fut une des conclusions de notre parti qui tout en condamnant ladite constitution affirma par la voix de son secrétaire dalors la nécessité dune candidature communiste. Notons que notre proposition de base commune sest heurtée dès le départ à des conditions dinégalité manifestes. Si les deux tendances de la direction nont aucun mal à réunir les conditions de validation exigées pour que leur texte soit pris en considération, il nen est pas de même pour dautres textes/ Les conditions exigées pour quun texte soit validées sont en effet: Il faut que 300 camarades à jour de leur cotisation aient soutenu ce texte. Alors que jusquici cétaient les trésoriers qui validaient les signatures, là il a fallu quon réclame une attestation auprès des ADF fédérales. Dans ma fédération ils ont même raffiné en exigeant que la procuration par laquelle un camarade pouvait récupérer plusieurs attestations soit assortie de la photocopie de papiers didentité du demandeur. Dans dautres ils ont menacé de vérifier avec bulletin de salaire à lappui si la cotisation correspondait bien au salaire. Donc pour signer un texte dit alternatif, il fallait envoyer une attestation de cotisation à jour et une attestation de signature du texte. Par parenthèse nous avons eu le cas extraordinaire de signatures en blanc puisque le texte du 15e nétait pas paru. Notre texte, « unir les communistes » étant visiblement le seul contre lequel il y avait des consignes. Toujours au titre des difficultés, ces 300 signatures devaient émaner de 24 fédérations différentes et aucune fédération ne devait présenter plus de trente signatures. Mais ce nétait pas tout, en effet dans ma section du 13e il sest passé un déni de démocratie extraordinaire. Le permanent de la fédération avec laide dun acolyte brutal ma interdit de parler de tout texte alternatif sous le prétexte que nayant pas reçu les signatures des 300 il nétait pas validé, étaient seulement validée la base commune. Ils me condamnaient de ce fait soit à pratiquer un travail fractionnel, soit à créer un clash qui ferait imploser la section. Comme nous avions déjà les signatures et que je souhaite lunité du parti, je me suis tue. Mais jai fait remarquer la manipulation et la tentative dinstaurer deux catégories de communistes dune telle pratique. Le parti communiste étant je dirai fort heureusement ce quil est, détestant les divisions mais aussi faisant confiance à sa direction comme garantie de lunité du parti, a accepté à son corps défendant le principe des textes alternatifs. Personnellement jai toujours été contre et je lai exprimé par mes votes minoritaires. Je suis pour une base commune claire, qui propose aux communistes de se prononcer sur des orientations après un bilan de nos réussites et de nos échecs et surtout une analyse des conditions dexploitation dont souffre notre peuple, notre classe ouvrière, la jeunesse et tous ceux qui souffrent dune aggravation de leur situation quil sagisse de leur origine ou de leur sexe. Si lanalyse est claire, les questions bien posées, il ny a pas besoin de textes qui créent inutilement des camps. Disons tout de suite que la base commune telle que la présente une partie de la direction sortante ne me paraît pas correspondre à cette exigence, cest pourquoi je propose avec 400 autres communistes une base commune alternative. Le Congrès doit être en mesure de faire de véritables choix et il ne doit pas utiliser la volonté des communistes au refus des divisions pour créer une légitimité artificielle autour dun direction sortante qui savère désormais elle-même divisée. Ce serait instituer une sorte de déchéance citoyenne à lintérieur des communistes à partir dailleurs de règles que les communistes ont votées: la seule solution si lon veut garantir lunité des communistes est de les placer dans le cadre de ce congrès dans une situation dégalité. De considérer quil sagit de choisir une base commune pour tous les communistes dans un grand dialogue démocratique. Voici donc un résumé de notre base commune que jai écris à partir dun texte de résumé dautres camarades, texte pour ma section du 13e arrondissement à Marseille. Danielle Bleitrach Unir les communistes, le défi renouvelé du parti communiste! Base commune alternative proposée par 400 communistes de toute la France Alors que notre peuple, sa classe ouvrière, sa jeunesse, qui subissent une exploitation capitaliste toujours plus dure, ont un besoin vital dun parti communiste, nous communistes avons de plus en plus de mal à faire la démonstration de lutilité de ce parti : de sa capacité à créer des liens de solidarité et tracer une perspective de changement de société. Ce sont la droite et lextrême droite qui simposent avec leur concurrence entre les individus, la mise à mal des services publics et le démantèlement des acquis collectifs fruits de nos luttes et celles de nos anciens. La gauche est dans une impasse, le PS mène une politique réactionnaire, militariste. Le Front de Gauche est dispersé et incompréhensible. Le PCF annonce participer avec les frondeurs du PS à des primaires qui ne seront quune tentative médiatique de sauver un système électoral dépassé et dempêcher au profit du candidat socialiste une dispersion des voix de gauche. Dans le même temps dailleurs le gouvernement met en uvre une transformation des conditions de lélection présidentielle qui ne reconnait de droits quaux grands candidats. Le bilan des derniers congrès est clair: plus le parti communiste sefface au profit des « fronts », plus il saffaiblit, se coupe du monde du travail, et plus la gauche dérive vers la droite dans la gestion de la crise capitaliste. Pourtant, lexaspération populaire est manifeste dans les conflits sociaux, le refus de la réforme du code du travail, posant plus que jamais la question communiste. Le 9 puis le 31 mars, une foule immense est venue dire son refus de la politique menée par le pouvoir et des manuvres politiciennes comme les primaires paraissent hors de saison, incompréhensibles pour ceux qui protestent. En 2007, les communistes avaient rejeté la « métamorphose » en choisissant de maintenir le PCF. En 2016, ils peuvent relancer leur parti en affirmant un projet de rupture avec le capitalisme, après un vrai examen des choix stratégiques du PCF, de ses échecs électoraux de 2012, 2014 et 2015. Mais le texte voté par le Conseil National refuse tout examen critique, et le congrès pourrait remettre sur le tapis la dissolution du PCF dans une nouvelle force politique soit faire de notre parti léquivalent des radicaux de gauche, appendice du PS, soit le dissoudre un peu plus dans un mouvement proche de Podemos et Syriza. Avec cette base alternative, nous voulons contribuer à un vrai dialogue entre communistes pour de nouvelles orientations stratégiques, retrouvant le fil de notre histoire cassé par la « mutation », retissant les liens avec le monde du travail, avec le mouvement communiste. Le capitalisme, cest la crise, payée par les peuples ! Pour maintenir sa domination, le capitalisme organise la régression sociale, la guerre de tous contre tous, la paupérisation de larges couches populaires. En France, Hollande le soi-disant « ennemi de la finance » est le relais de cette politique de coups redoublés contre les travailleurs, la jeunesse et les peuples. La politique gouvernementale livre à lexploitation capitaliste des secteurs de léconomie qui lui échappaient encore en partie (enseignement, transports, santé, énergie, etc.), permettant au patronat avec la casse du code du travail, les travailleurs détachés, de nouvelles conditions dexploitation et de destruction de lenvironnement, faisant de la France un pays de bas salaires. Face aux résistances, il ne connait quune réponse la répression, de la mise en prison des syndicalistes au matraquage des lycéens en passant pas les tentatives de constitutionnalisation de lEtat durgence, on voit bien quels sont ses ennemis et de qui il se fait lallié, du patronat, de la fiance et des marchands darmes. La situation politique, limpasse à gauche, le terrorisme La crise sociale samplifie, plus de 6 millions de chômeurs, 8,5 millions de Français pauvres, des millions de salariés en difficulté dans le public comme dans le privé. La crise politique atteint son paroxysme. Depuis 1981, tous les gouvernements ont renié leurs promesses. Comment sétonner de la perte croissante de confiance dans les élus et les partis ? Les dernières élections lont montré : abstention, vote pour la droite ou le Front National, individualisme, anticommunisme, populisme se mêlant de communautarisme et daffairisme. Les attentats qui ont profondément traumatisé notre peuple, sans pour autant le faire rentrer apeuré chez lui, sont le fruit dun double mal qui frappe nos sociétés, la manière dont nos marchands darmes et nos capitalistes sous des prétextes humanitaires et de défense des droits de lhomme pratiquent un nouveau colonialisme, bombardent des peuples et y créent le terrain de prolifération de bandes fascistes qui provoquent des exodes massifs. Mais cette nouvelle forme de fascisme à prétexte religieux concerne parfois aussi nos propres enfants confrontés au nihilisme de cette société sans avenir. Ce nest pas un hasard si les réseaux de la drogue, ceux du trafic darmes sont les mêmes que ceux de ces crimes aveugles et massifs. Le capitalisme organise le crime et se sert de la peur quil suscite pour faire monter les solutions de haine fascistes qui divisent les travailleurs. Notre peuple, notre classe ouvrière, notre jeunesse qu lon pouvait croire résignée, qui sabstenait de plus en plus est en train de manifester sa colère et notre rôle à nous communistes est non seulement de faire monter ce mouvement, damplifier lintervention populaire, mais de laider à construire une perspective politique. Dans ce mouvement le FN apparaît pour ce quil est : il a tenté de copier notre politique, de se présenter en défenseur des travailleurs, tout en étant les soutiens du patronat comme tous les fascismes. Ce mouvement dévoile sa vraie nature. En revanche il pose plus que jamais la nécessité dun parti communiste véritable colonne vertébrale dun rassemblement de nouveau Front populaire. Si nous ne désertons pas les élections, alors quelles sont faites pour nous marginaliser, nous devons constater que seul un puissant mouvement social peut redonner confiance et faire reculer ces symptômes dune crise historique. Lémancipation des travailleurs doit être luvre des travailleurs eux-mêmes. Les réponses électoralistes et institutionnelles de la direction du PCF, avec la proposition de primaires sont totalement dépassées, inefficaces et dangereuses pour le présent et lavenir du peuple, du monde du travail et de la France, de notre parti. Il ny a pas de perspective de reconstruction communiste en dehors de laction et de lorganisation dans le peuple. Présidentielles : pas de primaires, une bataille communiste ! Nous combattons lélection présidentielle qui pervertit la république, mais nous voulons faire à chaque élection y compris celle-la, progresser le rapport des forces pour le peuple. Cependant, à lapproche de 2017, le parti communiste est dans une impasse. Porte-t-il encore une perspective communiste dun changement de société ? Peut-il inventer de nouvelles formes de rassemblement tirant les leçons de léchec de lunion de la gauche ? Les primaires seraient un contre-sens total, nous enfermant dans le piège présidentiel. Elles ne serviront pas à résister au FN, ni à la crise de confiance dans le système électoral. Nous devons au contraire porter notre refus de la présidentialisation, faire reculer lillusion du sauveur suprême, aider lélectorat populaire à choisir une alternative progressiste à limpasse de lunion de la gauche et au danger du FN. Une stratégie électorale na de sens que dans une stratégie sur le long et moyen terme. Un parti révolutionnaire ne peut pas se jouer à chaque élection quand celles-ci sont faites pour nous marginaliser. Il doit situer chaque bataille électorale dans une perspective de rassemblement populaire en vue dun changement de direction politique mais surtout de contenu politique, changer de politique, passer de laustérité, du chômage, de la misère, à la justice et au progrès social. Aller enfin vers le socialisme tel que le peuple français le décidera. Une telle stratégie destinée à organiser et à élever la conscience des masses, place en son centre la mobilisation et laction dans lentreprise, la rue, le quartier. Une élection est avant tout une bataille pour renforcer les forces progressistes en conscience, en capacité daction, en organisation, pour construire cette puissance du peuple en action, seul chemin de toute transformation sociale. Pour le parti communiste, ses directions, ses militants, les présidentielles de 2017 imposent un retournement complet de ses stratégies, de sa manière de parler dun changement de société, du rassemblement populaire, des élections. Nous voulons un langage clair, populaire, compréhensible de tous. Pas de propositions sans que nous indiquions les moyens dy parvenir. Nous voulons tout faire pour créer les conditions dune candidature communiste ancrée dans le mouvement social, porteuse dune perspective révolutionnaire, de candidatures législatives qui portent en toutes circonstances à lassemblée les intérêts populaires. Pour construire une autre société, la France doit agir pour un autre monde La mondialisation capitaliste qui détruit des États, des régions et organise la guerre de tous contre tous nest pas une nouveauté. « Par lexploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à lindustrie sa base nationale. » (Marx, Le Manifeste). Lénine a montré le lien étroit entre financiarisation, fascisation et guerre en caractérisant le stade mondialisé du capitalisme comme impérialisme. La chute de lURSS a libéré la violence de ce capitalisme qui « porte en lui la guerre comme la nuée lorage », mais dans le monde les indépendances nationales, des formes de socialisme diverses marquant le développement du Sud, du développement chinois qui a sorti de la misère un milliard dhumains et construit une société de moyenne aisance ne constituent pas un modèle, ce temps est révolu mais prouve que planification et maîtrise des leviers bancaires et industriels sont les seuls moyens du développement. Nous ne vivons pas un nouvel affrontement entre blocs impérialistes concurrents, mais la mise en cause de la domination des USA et de lOTAN par le développement des BRICS et du socialisme de marché chinois. Le capitalisme sous domination des USA, né de la seconde guerre mondiale est entré en crise profonde et la nouveauté est la montée des alliances et des résistances dans un effort de paix et de respect des souveraineté. Cest la raison de la violence impérialiste en Irak, Libye, Syrie, Ukraine. Notre peuple doit choisir: défendre sa bourgeoisie dans lalliance atlantique en tentant dinfléchir lU.E., ou ouvrir une brèche en contribuant à un nouveau monde de coopérations entre nations souveraines. Le parti communiste doit appeler à la sortie de lOTAN, de lUnion Européenne et de lEuro pour ouvrir la perspective dune France socialiste dans un monde multipolaire de coopérations et de solidarité pour la paix ! Nous devons renouer des liens de camaraderie dans légalité et la coopération avec les partis communistes et les forces progressistes du monde entier. Sortir de lU.E. et de lEuro pour engager la sortie du capitalisme ! Nous avons tous suivi la Grèce de Syriza, les 61% de NON au référendum du 5 juillet, et laccord léonin qui a suivi, foulant aux pieds la souveraineté grecque. Cette crise a instauré au PCF un débat de fond sur le rôle de lU.E. et de lEuro. Il a fallu les protestations de militants pour remettre en cause le vote annoncé de nos parlementaires pour le mémorandum grec. Le déni de la part de la direction nationale devient insupportable. La posture adoptée depuis 1990 dune « Europe sociale » est un leurre. Il faut de toute urgence ouvrir le débat sur les conditions pour se libérer des diktats de lU.E. Le PCF avait eu raison de sopposer à toutes les étapes de la construction de lU.E., jusquau traité constitutionnel de 2005, balayé par le vote mais imposé. La construction européenne a été conçue pour doper les taux de profits par la libre circulation des capitaux et la mise en concurrence de la main duvre. LEuro est un instrument de guerre contre les salaires et les services publics. Il na jamais été un instrument de résistance au dollar. La violence de la « concurrence libre et non faussée » apparaît dans les murs et les affrontements autour des migrants jetés sur les routes de lEurope. Il est impossible de rompre avec le capitalisme en France sans maîtriser une monnaie au service dune politique progressiste, quelque soient les menaces et oukases des institutions de lUE. Loin de tout repli nationaliste, sortir de lEuro est la condition dune rupture anticapitaliste en France, porteuse de ruptures et de bouleversements au profit des peuples, permettant de construire des nouvelles coopérations mutuellement avantageuses entre nations souveraines. Les luttes, terrain premier des constructions politiques Emplois, salaires, retraites, santé, formation, logement,
tout ce qui porte progrès est acquis puis conservé par la lutte. Créer les convergences dans laction est une question décisive pour les communistes. Nous savons que sans lutte de masse, aucun progrès idéologique et politique nest possible. Mais le rapport entre lutte et politique est complexe : effort permanent des sociaux-démocrates de détourner les luttes, difficulté pour les communistes dêtre utiles en élargissant le rassemblement. Et les actions peuvent aboutir (1968,1995) et lissue politique nous être défavorable. Les communistes ont de lourdes responsabilités dans les luttes qui sont une composante essentielle de notre formation, notre renforcement. Les forces de la bourgeoisie le savent. Elles mobilisent énormément dénergie contre le potentiel des luttes, actions idéologiques, forces de répression, mouchards. Consacrons aussi beaucoup defforts à faire vivre toutes les luttes de classe. Un des plus grands reculs de ces dernières décennies idéologique, politique, matériel est laffaiblissement rapide des liens entre syndicalistes de lutte et parti communiste. Il sera nécessaire, en lien avec les luttes réelles, de résoudre cette question. Contre le FN, un parti communiste populaire et rassembleur Le FN est utilisé comme leurre protestataire en même temps que repoussoir pour accélérer la recomposition politique dont le capital a besoin. La société arrive à un point à la fois de souffrance où la question politique se pose de nouveau dans les termes « socialisme ou barbarie ». Or le capital entend se donner libre cours. Toute avancée sociale est pour lui un frein à ôter. La main de fer dans le gant de velours des sociétés libérales, perd son apparence et la violence redevient sa réponse naturelle, de la criminalisation des résistances syndicales, Air France, Goodyear au recours au fascisme. Comme à la veille des deux guerres mondiales, une crise financière majeure et structurelle est accompagnée par une montée des nationalismes, et labsence dune résistance cohérente et organisée. Le FN poursuit son ascension électorale malgré les campagnes morales de la gauche sociétale et les fronts républicains. La complaisance médiatique lui permet dinfluencer les débats et réunir toutes les conditions pour entraîner une population fragilisée par la désindustrialisation vers la haine anti-immigrés. La lutte contre le Front national passe par la lutte contre le capital, son ventre nourricier. Comme lécrivait Brecht, « le ventre est toujours fécond doù est sortie la bête immonde » si nous ne nous attaquons pas à sa domination. Le fascisme est un danger mortel pour la classe ouvrière, le danger principal contre lequel il faut en urgence rassembler les forces populaires et démocratiques. Le meilleur remède est lexistence dun parti communiste proche des couches populaires, qui sache rassembler et désigner ladversaire de classe, le système capitaliste. Pour sortir de limpasse, un grand parti communiste Depuis la « mutation » initiée par Robert Hue, le PCF a suivi, de congrès en congrès, des stratégies qui ont toutes conduit à un affaiblissement organisationnel, électif et politique. Les organisations de base, cellules dentreprises et de quartiers répondaient au besoin essentiel de rassembler des militants pour leur permettre dagir. Même dans de grandes entreprises, il ny a plus de militants communistes, nos liens avec les classes populaires se sont affaiblis considérablement. Le parti ne mobilise plus que lors des échéances électorales. Nous demandons un véritable bilan des 15 dernières années, létat réel de lorganisation par fédération, le nombre des adhérents, létat des cotisations, le reversement des élus. Après les décennies de « mutation », la question de lorganisation revient au premier plan. Comment faire vivre une organisation communiste ancrée dans le monde du travail ? La démocratie sans cohérence est inefficace, laissant les décisions aux exécutifs. Les directions ne construisent plus la mise en cohérence des communistes au service de leur action, ne portent plus une parole collective, construite dans la durée pour être identifiée, défendue, portée par les militants. Les « je » se multiplient sans jamais construire le « nous ». Dans le Front populaire comme avec le Conseil National de la Résistance, le PCF na rabattu ni ses exigences ni son identité. Les alliances de ces dernières années, restant sur le modèle de lunion de la gauche, se sont soldées par la perte délus et de crédibilité. Tant que nous restons dans la confusion avec le PS, nous sommes sanctionnés par les électeurs. Nous devons réfléchir à une véritable politique de rassemblement populaire et dalliances sans soumission, dans une cohérence nationale qui permettra aux communistes de sy retrouver. Les relations internationales entre partis communistes se multiplient, le PCF ne peut rester enfermé dans un PGE lié aux institutions européennes. Notre projet et le chemin du socialisme pour la France Limpasse de la gauche, laffaiblissement du parti communiste, sont aussi la traduction de limpossibilité de penser une autre société que le capitalisme, tant la bataille de diabolisation du socialisme du 20ème siècle a fait reculer lidée dun vrai changement de société. Les pays de lEst étaient le mal absolu, la Chine est une puissance dangereuse, les expériences latino-américaines des échecs. Le parti communiste lui-même laisse dans le flou des caractéristiques essentielles dune société se libérant du capitalisme : la propriété publique, le pouvoir des travailleurs, la maîtrise de la monnaie. Pourtant, les grandes luttes sociales interrogent toutes la propriété des moyens de production. La socialisation des forces productives appelle plus que jamais une socialisation massive de la propriété. Le monde du travail doit prendre toute sa place dans la direction des affaires, pour la maîtrise de ses moyens de production et déchanges, de ses conditions de travail et de vie. La bourgeoisie, avec ses rentiers, spéculateurs, affairistes spécialistes de la subvention publique, est inapte pour diriger la société dans le sens de lintérêt général. Nous devons être porteurs dun projet de socialisme du 21ème siècle, réduisant, par de larges nationalisations des grands moyens de production et déchange, le pouvoir de la bourgeoisie, recherchant des coopérations internationales libérées de la domination des marchés, rompant radicalement avec les règles de la concurrence et de la spécialisation, pour imposer la planification en réponse aux besoins, le pouvoir des travailleurs dans une république sociale, assurant le développement continu de forces productives modernes pour répondre aux immenses besoins sociaux et environnementaux, déducation, de culture, portant lexigence de paix, de rupture avec les institutions de la mondialisation capitaliste, la participation de la France à de nouvelles institutions dun monde multipolaire ouvert aux pays du Sud, la sortie de lOTAN et lengagement dans le désarmement. Un programme de rupture avec le capital La bataille communiste dici 2017 doit faire grandir des revendications politiques fortes, que les travailleurs peuvent porter dans leurs luttes, et qui soient des repères dun programme politique de rupture : Nationalisation/socialisation des grands secteurs économiques, dont EDF-GDF, SNCF, Poste
, Développement des services publics, école, santé, transports et poste
, Remise en cause fondamentale de la dette publique, Réduction massive du temps de travail sans perte de salaires, semaine de 28h sur 4 jours, indexation des salaires sur linflation, blocage des prix des produits de première nécessité, Augmentation des salaires, pensions, minima sociaux, retraite à 60 ans à taux plein, blocage des prix, Construction de logements sociaux, blocage des loyers, Non-application des directives et traités européens, sortie de lOTAN,
Un seul chemin, un rassemblement populaire conscient et organisé ! Pour tourner la page de la longue construction dune union de la gauche au profit du parti socialiste, puis de son lent enfermement dans limpasse actuelle, il faut proposer de nouvelles formes de rassemblement, un rassemblement populaire dont la fonction première nest pas électorale, mais dabord déducation populaire pour un peuple uni, conscient et organisé. Nous pensons que la rupture dans une société capitaliste est impossible sans un mouvement populaire capable de gérer dans la durée les tensions, les contradictions, les freins qui ne manquent pas de surgir dans tout processus de transformation politique. Lalternative à lunion de la gauche suppose de construire pas à pas un « Front Populaire » moderne, outil déducation populaire pour que des millions de citoyens soient capables de sinformer sans dépendre des médias dominants, de sunir malgré les contradictions locales ou corporatistes, de sapproprier les enjeux environnementaux, économiques, culturels, de la transformation socialiste. Le parti sans rassemblement est impuissant, le rassemblement sans parti est inconscient. Oui, le défi du parti communiste ! Nous relevons le défi de faire vivre et renforcer un parti communiste de combat, populaire, marxiste. Nous avons un double atout : la montée du mécontentement populaire, lunité qui se construit dans les luttes et ce que sont les communistes, leur volonté dunion. Ce qui unit les communistes est plus fort que ce qui les divise. Tous les communistes veulent que leur parti soit un grand parti des travailleurs, un parti démocratique où lopinion de chaque adhérent compte pour un, un parti de responsabilité et de dévouement qui regagne la confiance du peuple. Nous abordons ce congrès dans un esprit de fraternité, découte mutuelle. Il faut unir les communistes pour ouvrir la perspective dun nouveau Front populaire vers le socialisme. Vive le Parti Communiste Français !
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 10-04-2016 à 15:50:28
| la position de Paris XVe : RECONSTRUISONS LE PARTI DE CLASSE ! PRIORITE AU RASSEMBLEMENT DANS LES LUTTES 37 ème congrès du PCF Avril Juin 2016 Proposition alternative de « base commune de discussion », proposée par plus de 300 communistes de 25 fédérations. Formulaires de soutiens et attestations de cotisation signée par les trésoriers fédéraux à renvoyer à cahierscommunistes@orange.fr Sommaire I Reconstruire un parti de classe : une nécessité historique. Cela passe par le refus des primaires et par faire le bilan de la politique de liquidation menée ces dernières années par la direction du PCF II - Crise du capitalisme: lever quelques illusions réformistes. Rupture avec lUnion Européenne et leuro III Propositions de luttes immédiates IV Retrouver notre engagement total contre limpérialisme et pour la paix V Évaluer la crise de la démocratie bourgeoise VI Reconstruire le parti de classe, redevenir le parti de la classe ouvrière VII Redonner son nom à notre projet de société : le socialisme Conclusion Préparer le centenaire de 1917 et 1920
________________ I Reconstruire un parti de classe est une nécessité historique. Cela passe par le refus des primaires et par faire le bilan de la politique de liquidation menée ces dernières années par la direction du PCF Rompre avec le réformisme mortifère, renouer avec des positions communistes Ce texte se propose comme un outil daction et de combat. A loccasion du 37 ème congrès du PCF, nous voulons permettre au plus grand nombre de communistes dexprimer, en direction des adhérents du Parti mais aussi des travailleurs qui y sont attentifs, leur choix de rupture avec la ligne de liquidation réformiste de lorganisation et des positions communistes que poursuit léquipe dirigeante depuis plus de 20 ans. La caricature des « primaires de la gauche », après lapprobation de létat durgence, en est le dernier avatar. Nous voulons surtout montrer que, partout en France, des organisations locales du PCF font vivre et renforcent le Parti sur des bases de lutte de classe , recherchent lunion dans cette voie, dans la réponse aux aspirations et à la colère du monde du travail, quelles ont entamé la réappropriation du PCF par ceux qui ont le plus besoin du parti révolutionnaire historique de la classe ouvrière en France, quelles travaillent à sa reconstruction. Un texte de base commune et un congrès mal engagés La préparation de ce congrès est une caricature. Le Conseil national avait initialement décidé dun calendrier intelligent : il a été abandonné. Une convention nationale sur le projet devait se tenir au printemps 2016, le congrès à lautomne, réglant en temps et en heure, la question de lélection présidentielle. Mais voilà que la haute direction a choisi de bousculer la donne, de précipiter lorganisation du congrès et de la plomber avec la présidentielle et le processus des primaires. La « base commune » de la direction est un texte hors du temps, abscons, évacuant à la fois tout bilan critique des trois dernières années de direction du PCF que les points saillants de la situation actuelle. Comme au 36 congrès, les camarades vont disposer dà peine une semaine pour prendre connaissance dun pavé, long comme un roman de Tolstoï, regroupant ce texte, les éventuels textes alternatifs, les textes daccompagnement de la direction. Ce constat et lexpérience nous amènent, initiateurs de ce texte alternatif, à cibler quelques points de plus grande actualité et à renvoyer à des écrits antérieurs (dont les textes alternatifs des 4 derniers congrès) certaines analyses de fond. Sortir de l'impasse des primaires En préalable du congrès, nous demandons le retrait du PCF du processus des primaires pour les présidentielles 2016. Nous rappelons que la décision structurante dy intégrer le Parti a été prise unilatéralement par Pierre Laurent et quelques dirigeants, sans aval du Conseil national, encore moins de consultation des communistes. Dès lors que le PCF rentre dans les primaires, une stratégie et un contenu politiques lui sont imposés par ce cadre ainsi que son insertion dans une recomposition politique dite de « gauche », en fait la constitution dune deuxième social-démocratie de substitution. Le congrès du PCF dans ces conditions nest plus que décoratif et destiné à anesthésier les communistes. Nous ne lacceptons pas. Nous avons trois raisons de récuser totalement les « primaires » à laméricaine . Premièrement, cest la caricature absolue, antidémocratique, de tout ce que nous dénonçons dans la présidentialisation du régime, la personnification, les grenouillages politiciens et opportunistes. Deuxièmement, communistes, nous ne pouvons pas accepter la focalisation de la vie politique sur la présidentielle. Nous avons dénoncé le piège du quinquennat (même si la direction du PCF a appelé à labstention au référendum de 2000) qui fait coïncider les présidentielles et les législatives et subordonnent ces dernières aux premières. Ne rentrons pas dedans maintenant, encore moins après les expériences et les désillusions de 2007 et de 2012 ! Pour nous, quitte à aller à contre-courant, ce nest pas la présidentielle qui doit structurer notre perspective politique, mais au contraire, notre ligne politique qui doit conditionner notre participation à la présidentielle. Nous demandons que le 37ème congrès renvoie lessentiel du débat et la décision sur la candidature éventuelle à une convention nationale du PCF à la fin de lannée. De son côté, JL. Mélenchon rejette officiellement les primaires, mais cest pour sinscrire dans une même logique présidentielle tout à fait parallèle. Il ramasse des soutiens de personnalités diverses plus ou moins intéressées par cette locomotive, dont certains du PS ou du PCF, sur son objectif « JLM2017 ». Il pousse à loutrance sa dérive personnelle, populiste, bonapartiste, teintée de chauvinisme, dénigrant la forme parti et niant la lutte des classes (la révolution par les urnes par le vote pour lui-même). Les travailleurs nont rien à faire de ces hommes ou femmes providentiels, même de plus présentables. Lexpérience JLM 2012 parle delle-même. Le bon score électoral presque 4 millions de voix na contribué aucunement à préparer la résistance, encore moins organisée, à la poursuite de la politique du capital par Hollande . Au contraire, dès le soir du 1 er tour, Mélenchon révélait son rôle de force dappoint de sa maison-mère socialdémocrate en se désistant sans condition sur Hollande. Le Front de gauche sest confirmé être ce que nous dénoncions dès le départ : un attelage politicien entre les ambitions de Mélenchon et la recherche par la direction du PCF dune nouvelle formule pour poursuivre le processus de mutation réformiste en échec après lépisode des « collectifs antilibéraux » de 2006/2007. Depuis 2012, le FdG nest que crises, conflits politiciens incessants, avec maints coups bas, surtout pour des places aux élections, discrimination et dénigrement du PCF . Avant 2012, il y a eu un élan réel, vite désillusionné. Nous ne pensons pas que conserver le logo « front de gauche » accolé à « PCF » aidera à le faire revivre sur une meilleure perspective. Pour nous, le 37 ème congrès doit acter léchec de la stratégie du Front de gauche, imposée aux communistes en 2008, en marge du 34 ème congrès. Troisièmement, notre opposition aux primaires sappuie sur notre refus de la fausse alternative et la recomposition politiques quelles impliquent. Pour leurs partisans, dont les dirigeants du PCF, la condition du changement passe par larrivée au 2 nd tour en 2017, malgré le FN, dun candidat de « gauche ». Admettons que Macron, Valls et même Hollande soient exclus du casting, les partenaires éventuels principaux du PCF restent alors les « frondeurs » du PS et EELV, sinon des personnalités, ni gauche, ni droite, comme Nicolas Hulot
Les « frondeurs » ont le programme Hollande 2012 comme référence. Ils ont approuvé quasiment tous les pires mauvais coups du gouvernement. Montebourg, que courtise maintenant Mélenchon, a été le ministre de la liquidation dArcelor-Florange et du démantèlement dAlstom
EELV, groupement de politiciens, sans base sociale et théorique, voit ses dirigeants opportunistes valser, à tour de rôle, des postes gouvernementaux aux « tribunes contestatrices ». Aucun programme, aucun positionnement dans les luttes, réellement anticapitalistes, nest compatible avec cet ensemble. Le comble est atteint lorsque lon rappelle que Daniel Cohn-Bendit est à lorigine du premier appel aux primaires en janvier, cet anticommuniste, ultra-libéral et pro-européen viscéral
4 Il est clair que Macron, Valls et Hollande sont allés trop loin dans la collaboration avec le capital pour pouvoir canaliser « à gauche », comme en 2012, le mouvement social. Le système met en scène une social démocratie de recours, sinon réellement pour les présidentielles, du moins pour laprès 2017 lorsque la droite aura probablement réinvesti Élysée et Palais Bourbon. Dans le même but : canaliser la colère populaire à « gauche ». La préparation de primaires improbables sert à des politiciens de « gauche » à se placer dans cette perspective. Que les primaires aient lieu finalement ou non, le 37e congrès du PCF doit dégager totalement notre parti de cette recomposition politicienne. Nouvelle tromperie du peuple, elle porte aussi la disparition pure et simple de notre parti. Dire stop aux combinaisons politiciennes qui accélèrent notre effacement En 2015, aux élections départementales puis aux régionales, la direction du PCF a tenté dimposer un rapprochement national avec EELV. Nous considérons, pour les raisons déjà mentionnées, quil est contrenature. EELV ne représente même rien de comparable socialement au PS, tout en étant aussi favorable à lUE du capital. Dans les régions, les politiciens dEELV ont été les plus ardents défenseurs de la loi « NOTRE » établissant les nouvelles eurorégions, ou de la régionalisation des opérateurs de transports. Les efforts de communistes dans certaines régions pour préparer sérieusement les propositions pour la campagne ont été court-circuités par cette stratégie dalliances quelle ait abouti ou non. Avec EELV, la direction du PCF restait aussi compromise dans la cogestion avec le PS. La nouvelle région LanguedocRoussillon-Midi-Pyrénées est le laboratoire de cette recomposition. La direction nationale du PCF a poussé, laissant les adhérents dans la méconnaissance des enjeux, à une alliance électorale derrière EELV, précisément derrière Gérard Onesta, corédacteur avec Giscard du projet de constitution européenne 2005. Aujourdhui, à quelques exceptions, les élus PCF siègent dans un groupe unique « Nouveau monde » avec EELV, dirigé par Onesta. Cette situation est grave et injustifiable. Pour nous, le 37 congrès doit demander aux fédérations du PCF et aux élus concernés de constituer un groupe communiste dans la région LRMP. La nocivité de la stratégie reprise par les primaires se mesure dans la bataille actuelle, majeure, contre la casse du code du travail et le projet de loi El-Khomri. Le gouvernement, de toute évidence, veut faire un coup double politique. Dune part, il pousse le démantèlement du statut du travail, après lANI de 2013 et la loi Rebsamen. Il aura été aussi loin que possible, quitte à faire semblant de reculer sur un point ou un autre. Le terrain sera préparé pour le gouvernement qui lui succédera en 2017 pour une remise en cause équivalente à ce que les travailleurs allemands, italiens ou espagnols ont déjà subi. Dautre part, avant 2017, se sachant disqualifié à « gauche », le pouvoir offre une bataille inaugurale pour légitimer une nouvelle « gauche » réformiste de rechange apte à canaliser la colère sociale (à gauche) dici les échéances électorales. Cette analyse nest pas difficile tant les réactions opportunistes de Martine Aubry, des « frondeurs », des plants de la pépinière de cadres du PS quest lUNEF, sans même parler de celle de la CFDT, sont téléphonées. Mais voilà, la mobilisation des salariés est plus forte que prévue, comme nous, communistes, pouvions l'imaginer après notamment lappel de la CGT du 9 avril. Elle dépasse largement les mouvements de jeunesse, qui en sont une part bienvenue. A quoi dautre devraient tendre lexpress ion et laction du Parti dans la lutte sinon à déborder les organisations réformistes, à étendre le mouvement en mettant en avant les convergences flagrantes avec les luttes des cheminots contre la deuxième phase, antisociale, de la « réforme ferroviaire », ou avec celle des fonctionnaires, à gagner le retrait du projet de loi et la remise en cause lensemble de la politique gouvernementale depuis 2012 ? Au plan national du ème 5 PCF, pratiquement rien de cela ! Non, des discours du secrétaire national, des tracts renvoyant lalternative à 2017, instrumentalisant ouvertement le mouvement pour construire des alliances de type primaires dici là (Pierre évoquant à la télévision EELV et Montebourg notamment !). Heureusement que de nombreux communistes, dans leurs entreprises et leurs sections locales, en militants révolutionnaires, ont le bon sens des priorités. Abandonner toute collusion avec la gauche qui a trahi Une question centrale doit être posée au 37 ème congrès : « la ligne suivie par la direction du PCF a-t-elle permis de combattre efficacement la politique au service du capital aggravée par la « gauche » depuis 2012 ? ». Clairement, nous répondons non. Le bilan de 4 ans de Hollande/Ayrault/Valls est très lourd pour les travailleurs et le pays. On risque de sen rendre pleinement compte plus tard quand éclatera la nouvelle phase de la crise du capital, avec par exemple, léclatement des bulles spéculatives, boursières et immobilières, gonflées par la politique de la BCE. La France a du retard en Europe sur la politique de casse sociale mais la « gauche » au pouvoir depuis 2012 est coupable déjà davoir accompli le plus gros transfert dargent du travail, du salaire socialisé vers le profit capitaliste . Le « Pacte de responsabilité » avec le CICE, à lui seul, représentent 41 milliards deuros par an. Cest 60 fois plus que le « bouclier fiscal » de Sarkozy. Pour
60.000 créations demplois revendiquées ! Loi Macron, « transition énergétique », ANI, loi Touraine etc. la somme des contreréformes structurantes est accablante et à sens unique en faveur de la finance et du patronat. Le gouvernement de « gauche » prépare aussi lavenir en renforçant, au nom de la lutte contre le « terrorisme », de façon inédite, larsenal répressif du pouvoir au service des possédants. Il a fait aussi le choix effrayant de favoriser la montée de lextrême-droite en général et du FN en particulier. Devant un bilan aussi accablant, limage de Pierre Laurent, en décembre 2015, le poing levé, au meeting électoral régional de la « gauche » en Île-de-France, à côté du 3 ème personnage de lÉtat PS, Claude Bartolone et d'Emmanuelle Cosse future transfuge EELV au gouvernement détruit à elle seule des centaines dheures de militantisme des militants communistes contre cette politique. Ce sommet fait suite à bien dautres compromissions, dont lalignement aux municipales 2014 à Paris, pour une poignée de bonnes places, des candidats du PCF derrière le symbole du social-libéralisme petit-bourgeois, Anne Hidalgo, héritière de Bertrand Delanoë. Cette dernière vient de faire voter un vu criminalisant la solidarité avec le peuple palestinien. Autant dire quune candidature Pierre Laurent aux présidentielles de 2017, comme les journalistes lavancent sans être contredits, un pied dans la « gauche » Bartolone, un pied dans la gauche « primaires », ne peut que nous conduire à la mort, plus assurément encore quen 2007. Mais il nest pas question pour nous de laisser mourir notre parti. Ni Parti Socialiste, ni Front de gauche : communistes ! Concernant Hollande, le ver est dans le fruit depuis le début et y reste. Quel communiste, en toute connaissance de cause, a pu croire à une rupture politique en 2012 avec son élection ? Ses quelques déclamations vagues contre largent-roi nont engagé que ceux qui y ont cru. Sa plaquette de propositions avançait très peu de points concrets. Son adhésion totale à lUE du capital, jusquà faire campagne côte-àcôte avec Sarkozy pour la constitution Giscard de 2005 était connue. On ne peut pas parler de « trahison » 6 sous peine de passer pour naïf. Ceux qui ont semé des illusions le font payer très cher à notre Parti, encore davantage en salignant électoralement avec le PS A ce stade historique, considérant lhistoire de la gauche en France, nous estimons que le 37 congrès du PCF peut et doit affirmer le refus, dans les grandes collectivités, dune collaboration dans les exécutifs à direction social-démocrates , le refus dune fusion automatique avec les listes PS, le principe de désistement ou daccord aux législatives et aux sénatoriales uniquement sur une base de rapport de force et sur une base technique. Sans, au minimum, ce niveau de clarté électorale, le PCF continuera à être confondu avec la gauche qui trahit. Nous rappelons que le bilan des dernières années, en termes délus communistes, du Front de gauche comme des accords avec le PS est désastreux : entre un et deux tiers de pertes, avec toutes les conséquences que nous savons sur les organisations du Parti. Nous affirmons la priorité à laction et au rassemblement dans les luttes . Nous constatons que ce nest pas le choix qui a été fait depuis des années. Il ne sagit pas pour nous de nous poser en donneurs de leçons, dautant que nous avons fait le maximum pour être conséquents dans les luttes qui nous concernaient, mais de souligner la gravité du contre-sens (pour les communistes) de la stratégie de la direction du Parti. Être au rendez-vous des luttes avec des perspectives politiques Nous avons évoqué la bataille présente contre le projet El-Khomri. Remontons un peu en arrière sur des luttes que la direction du PCF na pas ou a mal suivies. + En 2009, la volonté de défendre les services publics et La Poste en particulier sest exprimée massivement. La « gauche » et ses satellites ont organisé une « votation » qui a recueilli plus de 2 millions de voix. Mais cette force sest trouvée dévoyée vers la perspective électorale de 2012. Et la votation évitait un point principal : le rejet nécessaire de lapplication de la directive européenne de mise en concurrence générale du courrier. La direction du PCF sest coulée dans le moule unitaire, stérile. Depuis, des dizaines de milliers demplois ont été supprimés à la Poste, le prix du timbre a explosé, le service sest dégradé (de 86% à 11% de J+1). Mais des dizaines de luttes résolues de postiers se développent chaque mois dans tout le pays contre les « restructurations ». Nous proposons que le PCF impulse une véritable nationalisation de la bataille de La Poste (en lien avec notre rejet de la réforme territoriale), en remettant en avant le refus des directives européennes. + Dès son arrivée en 2012, Hollande a validé le plan de liquidation des usines PSA en France, lenterrement de la sidérurgie de Florange. Puis Montebourg a démantelé Alstom. Mais le PCF nationalement (et aucune force politique) na pas mis en avant la nécessité et les possibilités effectives, liées au rapport de force, de la nationalisation. + En juin 2014, les cheminots ont mené un mouvement de grande ampleur pour défendre une entreprise nationale centrale, des acquis sociaux importants pour tout le monde du travail. Leur mobilisation a déjoué le plan du gouvernement qui attendait une réaction résignée de complaisance. Elle préserve le développement et les convergences des luttes dans tout le secteur des transports. Il est nécessaire aujourdhui de rappele rles positions de repli du porte-parole parlementaire du Front de gauche (PCF) qui sest abstenu sur la dissolution de la SNCF de 1937 avant dappeler à la fin de la grève. Les députés PS « frondeurs » ont voté comme un seul homme contre les cheminots et les usagers. Il est impensable de continuer à saligner sur eux ! + En 2010, par millions, les salariés sont descendus dans la rue pour défendre la sécurité sociale et la retraite à 60 ans, des semaines durant. Englués dans le Front de gauche, le Parti na pas aidé à préciser les revendications retrait de la loi Woerth -, a contribué à renvoyer lissue vers les élections de 2012. Auparavant, la faiblesse du ème 7 soutien à la lutte contre la casse des régimes spéciaux en 2007, a participé de léchec de 2010. Ce rapport de force pour la sécurité sociale ne sest pas évaporé. Mais sur ce sujet, comme sur les autres, une clarification de nos positions théoriques est indispensable, même si (dautant plus si !) elle nous met en contradiction avec les organisations réformistes. II - Crise du capitalisme: lever quelques illusions réformistes De « crise » en « crise » : la crise générale du capitalisme lautomne 2008 éclatait la « crise financière ». Elle suivait la « crise des « subprimes ». Les économies des principales puissances capitalistes (États-Unis, Europe, Japon
) ont connu en 2009 une récession dune gravité souvent inédite depuis 1945. Ce mouvement de repli continue depuis 2010. On parle maintenant de la « crise des dettes publiques ». Nos économistes sattendent à une nouvelle crise après 2017 avec lexplosion des bulles spéculatives, notamment immobilières, gonflées par la politique dinjection massive dargent dans léconomie par la BCE. La succession rapprochée de ces crises, leur intensité donnent lieu à différentes interprétations. Pour nous, elles ne résultent pas dun excès du capitalisme, du « néolibéralisme », mais de la manifestation de la crise générale du capitalisme. La financiarisation du capitalisme ne date pas daujourdhui. Elle a été précisément analysée déjà par Lénine en 1916 dans « Limpérialisme, stade suprême du capitalisme ». La faculté du capitalisme à impulser et instrumentaliser à son profit de nouvelles techniques et technologies est inhérente à son essence. Un facteur peut expliquer lintensification de la crise générale du capitalisme : laffaiblissement, puis la disparition du contrepoids que représentait, dans le rapport de classe mondial, lexistence de lURSS et des pays socialistes dEurope de lest. Notamment en Europe de louest, la période du « compromis social » est révolue. Depuis 40 ans en France, la tendance à la paupérisation de la classe ouvrière, théorisée par Maurice Thorez, se confirme au grand dam des réformistes dhier et daujourdhui. La disparition du « camp socialiste » a entraîné également une nouvelle étape de la mondialisation du capitalisme. Elle sest caractérisée par une extension géographique du système, par une lutte encore plus exacerbée entre puissances capitalistes et multinationales pour le contrôle des richesses naturelles et des marchés. Des économies dites « émergentes » ne semblent plus échapper à la crise du capitalisme, que ce soit le Brésil ou même la Chine. Lanalyse marxiste fondamentale se vérifie : La réalité du capitalisme, cest la recherche du profit maximal confrontée à la baisse tendancielle du taux de profit. Ce qui est décrit comme la financiarisation de léconomie, lexplosion de la dette privée, notamment dans les pays anglo-saxons, puis de la dette publique est autant une manifestation de la crise quun instrument pour renforcer lexploitation du travail. Le système a besoin, plus que jamais, de détruire du capital pour renforcer son taux de profit. La crise est inhérente au système. Le capitalisme sait utiliser sa propre crise pour renforcer sa domination en labsence dun mouvement révolutionnaire suffisamment fort. On assiste ainsi à un affrontement terrible entre le capital et le travail, à léchelle planétaire, les uns pour maintenir et accroître leur taux de profit, les autres pour sassurer des conditions dexistence décentes. Les gouvernements au service du capital entreprennent daccélérer et daggraver brutalement, à la faveur de la crise, toutes leurs politiques antisociales qui sont pourtant à lorigine de cette dernière. Les mêmes recettes sappliquent dans tous les pays, notamment dEurope, où tous les acquis sociaux et démocratiques des peuples sont attaqués. Le risque de guerre saggrave. Ces fondamentaux de notre théorie marxiste de la crise nous font réfuter certains raisonnements réformistes actuellement mis en avant, même à « gauche ». Il y a quelques années, la dénonciation par Sarkozy des « excès du capitalisme » et son invitation à « le moraliser » avaient amusé et scandalisé. Aujourdhui est diffusée à « gauche » la thèse quil faudrait « baisser le coût du capital plutôt que le coût du travail ». Lexpression semble opposer capital et travail, alors quau contraire elle légitime le système lui-même dans une formule trompeuse. Dans les deux expressions, la notion de coût suppose que lon se mette dans la situation du patron, du capitaliste. Un taux de profit de 10% serait excessif, un taux de 5% légitime. Nous mesurons le danger de ces théories qui légitiment lexploitation capitaliste et sopposent aux revendications des travailleurs. Par ailleurs, nous savons que la captation du profit par les capitalistes seffectue de plusieurs façons. La hausse constatée des dividendes servis aux actionnaires (à corriger statistiquement pas les dividendes servies aux maisons-mères) est totalement à dénoncer, mais elle coïncide avec des taux dintérêt très bas. Notre seul combat doit être contre lexploitation capitaliste. De même, nous savons depuis Marx que le chômage est inhérent au système capitaliste qui a besoin « de larmée de réserve » des chômeurs pour renforcer lexploitation des actifs. Nous ne pouvons concevoir de lutte contre le chômage hors dune lutte contre le capital. Nous luttons pour le renforcement de lassurance chômage, de la formation professionnelle, financées par la cotisation patronale, pour des moyens nouveaux de Pôle emploi. Nous nous battons aussi pour la baisse du temps de travail (la semaine de travail à temps plein est remontée à 39,4 heures) et le rétablissement de la retraite pleine à 60 ans avec 37,5 annuités, revendication de progrès et de justice sociale, amenant une baisse du chômage. Mais nous rejetons toute prise en charge par la collectivité les travailleurs de la précarité, de la flexibilité, dune partie des salaires dus par lexploiteur destinée à camoufler statistiquement le chômage tout en continuant à peser sur les salaires et les conditions de travail. Notre principal axe de lutte contre le chômage restant la défense de lappareil productif, du salaire et du salaire socialisé, de la réponse aux besoins. Face au réformisme, une autre clarification simpose : la levée du mythe dune possible transformation de lUE du capital en « Europe sociale ». UE du capital/euro : la question, cest comment sen sortir ! LUE est une machine à broyer les acquis sociaux et démocratiques nationaux. Ce constat est de plus en plus partagé. Les reculs sociaux dans chaque pays s'inscrivent dans le droit fil du Traité européen de Lisbonne. Au nom de la « concurrence libre et non faussée », de la recherche de « compétitivité », lUE sert de prétexte et dinstrument aux gouvernements nationaux en vue daugmenter le profit capitaliste , par le renforcement de lexploitation des travailleurs et par lextension du marché capitaliste à tous les domaines qui lui échappent, services publics, protection sociale. LUE dévoile encore plus clairement sa raison dêtre, qui remonte au Traité de Rome , en faveur de la finance et des trusts. Avec le FMI et les gouvernements nationaux, elle est à la barre pour imposer les plans de recul social aux pays, similaires aux plans dajustements structurels quimpose le FMI. Lexemple grec est éloquent. Profitant de la crise, lUE tente un pas de plus dans la remise en cause des démocraties nationales. La Commission européenne prétend maintenant placer les budgets nationaux directement sous sa tutelle pour imposer le carcan de Maastricht. Les effets de leuro, pour lequel devraient être consentis toutes les régressions sociales, apparaissent de façon flagrante. Ce que nous dénoncions dans les années 90, dans nos campagnes contre le traité de Maastricht, celui dAmsterdam et la monnaie unique, se réalise exactement. Leuro est conçu dans lintérêt de la finance européenne. Leuro fort laide à spéculer, à délocaliser. Au sein de sa zone, leuro accentue la mise en concurrence des économies et des travailleurs. Il écrase les activités économiques en développement , notamment dans les pays périphériques, mais favorise les groupes capitalistes les plus forts, notamment en Allemagne (mais pas les travailleurs allemands). Là encore, lexemple grec illustre combien leuro place les peuples sous la dépendance du capitalisme européen. Comme nous mettions notre pays en garde, leuro, loin dunir les peuples, les dresse les uns contre les autres et attise le nationalisme. Les campagnes de dénigrement, de haine, reprenant tous les clichés xénophobes, auxquelles nous assistons, lattestent. Le mythe européen, celui de lEurope « qui protège, qui unit », a de plus en plus de plomb dans laile, malgré les campagnes idéologiques incessantes, à tous les niveaux, pour forger un nationalisme européen. LUE, ce nest pas la paix : elle attise les guerres comme on le voit en Ukraine. Loin de sémanciper de limpérialisme américain, lUE, coordination des impérialismes européens, est plus associée avec lui dans lOTAN, peut-être demain dans le TAFTA. Transformer lopposition de classe à lUE en positions de classe et de lutte pour rompre avec elle Le rejet de lUE unit de plus en plus fortement les peuples , après les victoires du NON aux référendums de 2005 en France et aux Pays-Bas. Nous pouvons et nous devons le caractériser comme un rejet de classe du capitalisme européen que les peuples identifient, à juste titre, comme source de recul économique et social et de souffrance. Les tenants de lUE du capital tentent de dévoyer cette réaction dans des partis nationalistes et des part is dextrême-droite. Ceux-ci servent, dune part, de forces dappoint politiques aux capitalismes nationaux dans leur concurrence au sein de lUE. Ils servent surtout, dautre part, à disqualifier lopposition à lUE du capital en lassociant à des positionnements xénophobes et racistes. Communistes, il est de notre responsabilité, en France, de ne pas laisser faire, de ne pas laisser aux nationalistes le terrain de lopposition à lUE. De son côté, le mouvement réformiste peine de plus en plus à convaincre que lon pourrait « changer lUE ». On voit comment sest traduite la volonté de Hollande en 2012 de « réorienter la construction européenne ». Sous un affichage plus « radical », le nouveau dirigeant du parti travailliste britannique Corbyn ou le leader du parti espagnol Podemos Iglesias sefforce de contenir le mouvement populaire contre laustérité dans le cadre de lacceptation de lUE. Tsipras défendait aussi en Grèce lillusion dune UE réformable. Au pouvoir il a fait la démonstration quaucune alternative politique nest possible dans le cadre de lacceptation (la soumission) à lUnion européenne dont il applique la politique violemment antisociale (et anti-migrants). Notre parti doit revenir à ses positions historiques de rupture avec l Union européenne. Aussi fermement quil sest toujours battu pour le développement de coopérations mutuellement avantageuses entre les nations dEurope (et dailleurs), devenu encore plus nécessaire, notre parti sétait opposé à lEurope supranationale du capital, depuis le Traité de Rome, jusquà ceux de Maastricht en 1992 et dAmsterdam en 1998, en passant par lActe unique de 1986. Nos positions, fortement ancrées dans le Parti et le pays, ont alimenté laction décisive des communistes dans le rejet par notre peuple en 2005 du projet de constitution européenne. Après 1997, la direction de notre parti a opéré un virage appelé alors « euroconstructif ». Le gouvernement de la gauche plurielle venait dapprouver le Traité dAmsterdam et allait signer les conclusions du sommet de Barcelone. Ce revirement a amené la direction du PCF à abandonner la défense de la souveraineté nationale et à envisager une réforme de lUE, allant dans le sens de « lEurope sociale », indépendamment du droit de notre peuple à disposer de lui-même. Ladhésion au PGE, puis la collaboration avec la Confédération européenne des syndicats, CES (favorable au traité très libéral de Lisbonne), a accentué cette évolution. La situation présente doit nous amener, avec encore plus durgence, à revenir sur ces orientations, sous peine dêtre en porte-à-faux avec les aspirations de notre peuple et nos propres propositions. LUE souffre dun déficit croissant de légitimité. Cest tant mieux ! Elle nest pas réformable. Ce discrédit est un point dappui pour mettre en échec les politiques menées en son nom dans lintérêt du capital. En France, les traités, directives et règlements européens, par exemple ceux de marchandisation des services publics nont pas à sappliquer, à servir de prétextes à la politique du pouvoir La coopération entre les peuples ne se fera jamais dans le cadre de lUE. LUE, mais aussi la BCE et lensemble de ses institutions sont conçues pour imposer un niveau supranational où les trusts sont tout puissants mais sur lequel les peuples nont aucune prise. Affirmons clairement que « lEurope sociale », comme la « refonte démocratique et solidaire de lEurope » sont des leurres ! Comme la victoire du Non en France en 2005 ou la lutte héroïque des travailleurs grecs le montrent, les luttes de chaque peuple senrichissent des batailles nationales et de linternationalisme, mais non de lacceptation du cadre supranational du capital. Aussi, nous proposons que le 37 ème congrès : - Ouvre une réflexion sur les conditions dune sortie de la France de lUE - Lance une campagne pour la sortie de la France de leuro, synonyme, vu la position centrale et le poids de la France (à la différence du cas grec) de dissolution de cette monnaie et de la BCE - Renforce sa campagne contre le TAFTA, dont les négociations laborieuses et secrète illustrent les divergences entre les intérêts impérialistes américains et européens mais seffectuent, de toute façon, sur le dos des peuples. - Félicite les organisations progressistes néerlandaises pour leur campagne pour non au référendum du 6 avril sur la ratification de laccord dassociation UE-Ukraine et la relaie en France. - Adresse un témoignage de soutien aux organisations progressistes, dont les partis communistes, de Grande-Bretagne et dIrlande-du-Nord qui militent pour la sortie du Royaume-Uni de lUE en vue du référendum du 23 juin. Cesser de cautionner le PGE pro-européen et renouer avec les partis communistes en Europe et dans le Monde Ladhésion du PCF sest faite dans la précipitation et la confusion en 2001, avec lavis de moins dun quart des communistes français. Des partis communistes importants, comme le KKE et PCP (Portugal) ont exclu dy adhérer. Le Parti communiste allemand (DKP) vient de décider en congrès de sen retirer. Les communistes français doivent disposer de tous les éléments. Le PGE est un « parti européen », parrainé et financé par la Commission européenne. Il a inscrit dans ses statuts sa fidélité à lintégration européenne et à ses mythes fondateurs. Au Portugal, en Grèce et ailleurs, il soutient structurellement des organisations ouvertement opposées aux PC. Son adhésion à la « construction » européenne est originelle. Elle sest confirmée de façon flagrante et grave pour les progressistes européens. En Grèce, une de ses composantes, Syriza, est au pouvoir, relaie et applique les diktats antisociaux de lUE et de la BCE. A côté de Tsipras, un autre dirigeant historique du PGE, lAllemand Gregor Gysi, appelle, après les élections régionales qui ont vu la percée du parti nationaliste AfD, à des rapprochements avec
la CDU de Mme Merkel. Le PCF dispose dun autre cadre, souple, déchange avec des partis européens : le groupe au Parlement européen GUE-NGL. Aussi, nous demandons que le 37 ème congrès remette en cause lappartenance du PCF au PGE et organise une consultation des communistes sur cette question.
Edité le 10-04-2016 e 15:55:26 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 10-04-2016 à 15:51:14
| la position de Paris XVe : RECONSTRUISONS LE PARTI DE CLASSE ! PRIORITE AU RASSEMBLEMENT DANS LES LUTTES 37 ème congrès du PCF Avril Juin 2016 Proposition alternative de « base commune de discussion », proposée par plus de 300 communistes de 25 fédérations. Formulaires de soutiens et attestations de cotisation signée par les trésoriers fédéraux à renvoyer à cahierscommunistes@orange.fr Sommaire I Reconstruire un parti de classe : une nécessité historique. Cela passe par le refus des primaires et par faire le bilan de la politique de liquidation menée ces dernières années par la direction du PCF II - Crise du capitalisme: lever quelques illusions réformistes. Rupture avec lUnion Européenne et leuro III Propositions de luttes immédiates IV Retrouver notre engagement total contre limpérialisme et pour la paix V Évaluer la crise de la démocratie bourgeoise VI Reconstruire le parti de classe, redevenir le parti de la classe ouvrière VII Redonner son nom à notre projet de société : le socialisme Conclusion Préparer le centenaire de 1917 et 1920
________________ I Reconstruire un parti de classe est une nécessité historique. Cela passe par le refus des primaires et par faire le bilan de la politique de liquidation menée ces dernières années par la direction du PCF Rompre avec le réformisme mortifère, renouer avec des positions communistes Ce texte se propose comme un outil daction et de combat. A loccasion du 37 ème congrès du PCF, nous voulons permettre au plus grand nombre de communistes dexprimer, en direction des adhérents du Parti mais aussi des travailleurs qui y sont attentifs, leur choix de rupture avec la ligne de liquidation réformiste de lorganisation et des positions communistes que poursuit léquipe dirigeante depuis plus de 20 ans. La caricature des « primaires de la gauche », après lapprobation de létat durgence, en est le dernier avatar. Nous voulons surtout montrer que, partout en France, des organisations locales du PCF font vivre et renforcent le Parti sur des bases de lutte de classe , recherchent lunion dans cette voie, dans la réponse aux aspirations et à la colère du monde du travail, quelles ont entamé la réappropriation du PCF par ceux qui ont le plus besoin du parti révolutionnaire historique de la classe ouvrière en France, quelles travaillent à sa reconstruction. Un texte de base commune et un congrès mal engagés La préparation de ce congrès est une caricature. Le Conseil national avait initialement décidé dun calendrier intelligent : il a été abandonné. Une convention nationale sur le projet devait se tenir au printemps 2016, le congrès à lautomne, réglant en temps et en heure, la question de lélection présidentielle. Mais voilà que la haute direction a choisi de bousculer la donne, de précipiter lorganisation du congrès et de la plomber avec la présidentielle et le processus des primaires. La « base commune » de la direction est un texte hors du temps, abscons, évacuant à la fois tout bilan critique des trois dernières années de direction du PCF que les points saillants de la situation actuelle. Comme au 36 congrès, les camarades vont disposer dà peine une semaine pour prendre connaissance dun pavé, long comme un roman de Tolstoï, regroupant ce texte, les éventuels textes alternatifs, les textes daccompagnement de la direction. Ce constat et lexpérience nous amènent, initiateurs de ce texte alternatif, à cibler quelques points de plus grande actualité et à renvoyer à des écrits antérieurs (dont les textes alternatifs des 4 derniers congrès) certaines analyses de fond. Sortir de l'impasse des primaires En préalable du congrès, nous demandons le retrait du PCF du processus des primaires pour les présidentielles 2016. Nous rappelons que la décision structurante dy intégrer le Parti a été prise unilatéralement par Pierre Laurent et quelques dirigeants, sans aval du Conseil national, encore moins de consultation des communistes. Dès lors que le PCF rentre dans les primaires, une stratégie et un contenu politiques lui sont imposés par ce cadre ainsi que son insertion dans une recomposition politique dite de « gauche », en fait la constitution dune deuxième social-démocratie de substitution. Le congrès du PCF dans ces conditions nest plus que décoratif et destiné à anesthésier les communistes. Nous ne lacceptons pas. Nous avons trois raisons de récuser totalement les « primaires » à laméricaine . Premièrement, cest la caricature absolue, antidémocratique, de tout ce que nous dénonçons dans la présidentialisation du régime, la personnification, les grenouillages politiciens et opportunistes. Deuxièmement, communistes, nous ne pouvons pas accepter la focalisation de la vie politique sur la présidentielle. Nous avons dénoncé le piège du quinquennat (même si la direction du PCF a appelé à labstention au référendum de 2000) qui fait coïncider les présidentielles et les législatives et subordonnent ces dernières aux premières. Ne rentrons pas dedans maintenant, encore moins après les expériences et les désillusions de 2007 et de 2012 ! Pour nous, quitte à aller à contre-courant, ce nest pas la présidentielle qui doit structurer notre perspective politique, mais au contraire, notre ligne politique qui doit conditionner notre participation à la présidentielle. Nous demandons que le 37ème congrès renvoie lessentiel du débat et la décision sur la candidature éventuelle à une convention nationale du PCF à la fin de lannée. De son côté, JL. Mélenchon rejette officiellement les primaires, mais cest pour sinscrire dans une même logique présidentielle tout à fait parallèle. Il ramasse des soutiens de personnalités diverses plus ou moins intéressées par cette locomotive, dont certains du PS ou du PCF, sur son objectif « JLM2017 ». Il pousse à loutrance sa dérive personnelle, populiste, bonapartiste, teintée de chauvinisme, dénigrant la forme parti et niant la lutte des classes (la révolution par les urnes par le vote pour lui-même). Les travailleurs nont rien à faire de ces hommes ou femmes providentiels, même de plus présentables. Lexpérience JLM 2012 parle delle-même. Le bon score électoral presque 4 millions de voix na contribué aucunement à préparer la résistance, encore moins organisée, à la poursuite de la politique du capital par Hollande . Au contraire, dès le soir du 1 er tour, Mélenchon révélait son rôle de force dappoint de sa maison-mère socialdémocrate en se désistant sans condition sur Hollande. Le Front de gauche sest confirmé être ce que nous dénoncions dès le départ : un attelage politicien entre les ambitions de Mélenchon et la recherche par la direction du PCF dune nouvelle formule pour poursuivre le processus de mutation réformiste en échec après lépisode des « collectifs antilibéraux » de 2006/2007. Depuis 2012, le FdG nest que crises, conflits politiciens incessants, avec maints coups bas, surtout pour des places aux élections, discrimination et dénigrement du PCF . Avant 2012, il y a eu un élan réel, vite désillusionné. Nous ne pensons pas que conserver le logo « front de gauche » accolé à « PCF » aidera à le faire revivre sur une meilleure perspective. Pour nous, le 37 ème congrès doit acter léchec de la stratégie du Front de gauche, imposée aux communistes en 2008, en marge du 34 ème congrès. Troisièmement, notre opposition aux primaires sappuie sur notre refus de la fausse alternative et la recomposition politiques quelles impliquent. Pour leurs partisans, dont les dirigeants du PCF, la condition du changement passe par larrivée au 2 nd tour en 2017, malgré le FN, dun candidat de « gauche ». Admettons que Macron, Valls et même Hollande soient exclus du casting, les partenaires éventuels principaux du PCF restent alors les « frondeurs » du PS et EELV, sinon des personnalités, ni gauche, ni droite, comme Nicolas Hulot
Les « frondeurs » ont le programme Hollande 2012 comme référence. Ils ont approuvé quasiment tous les pires mauvais coups du gouvernement. Montebourg, que courtise maintenant Mélenchon, a été le ministre de la liquidation dArcelor-Florange et du démantèlement dAlstom
EELV, groupement de politiciens, sans base sociale et théorique, voit ses dirigeants opportunistes valser, à tour de rôle, des postes gouvernementaux aux « tribunes contestatrices ». Aucun programme, aucun positionnement dans les luttes, réellement anticapitalistes, nest compatible avec cet ensemble. Le comble est atteint lorsque lon rappelle que Daniel Cohn-Bendit est à lorigine du premier appel aux primaires en janvier, cet anticommuniste, ultra-libéral et pro-européen viscéral
4 Il est clair que Macron, Valls et Hollande sont allés trop loin dans la collaboration avec le capital pour pouvoir canaliser « à gauche », comme en 2012, le mouvement social. Le système met en scène une social démocratie de recours, sinon réellement pour les présidentielles, du moins pour laprès 2017 lorsque la droite aura probablement réinvesti Élysée et Palais Bourbon. Dans le même but : canaliser la colère populaire à « gauche ». La préparation de primaires improbables sert à des politiciens de « gauche » à se placer dans cette perspective. Que les primaires aient lieu finalement ou non, le 37e congrès du PCF doit dégager totalement notre parti de cette recomposition politicienne. Nouvelle tromperie du peuple, elle porte aussi la disparition pure et simple de notre parti. Dire stop aux combinaisons politiciennes qui accélèrent notre effacement En 2015, aux élections départementales puis aux régionales, la direction du PCF a tenté dimposer un rapprochement national avec EELV. Nous considérons, pour les raisons déjà mentionnées, quil est contrenature. EELV ne représente même rien de comparable socialement au PS, tout en étant aussi favorable à lUE du capital. Dans les régions, les politiciens dEELV ont été les plus ardents défenseurs de la loi « NOTRE » établissant les nouvelles eurorégions, ou de la régionalisation des opérateurs de transports. Les efforts de communistes dans certaines régions pour préparer sérieusement les propositions pour la campagne ont été court-circuités par cette stratégie dalliances quelle ait abouti ou non. Avec EELV, la direction du PCF restait aussi compromise dans la cogestion avec le PS. La nouvelle région LanguedocRoussillon-Midi-Pyrénées est le laboratoire de cette recomposition. La direction nationale du PCF a poussé, laissant les adhérents dans la méconnaissance des enjeux, à une alliance électorale derrière EELV, précisément derrière Gérard Onesta, corédacteur avec Giscard du projet de constitution européenne 2005. Aujourdhui, à quelques exceptions, les élus PCF siègent dans un groupe unique « Nouveau monde » avec EELV, dirigé par Onesta. Cette situation est grave et injustifiable. Pour nous, le 37 congrès doit demander aux fédérations du PCF et aux élus concernés de constituer un groupe communiste dans la région LRMP. La nocivité de la stratégie reprise par les primaires se mesure dans la bataille actuelle, majeure, contre la casse du code du travail et le projet de loi El-Khomri. Le gouvernement, de toute évidence, veut faire un coup double politique. Dune part, il pousse le démantèlement du statut du travail, après lANI de 2013 et la loi Rebsamen. Il aura été aussi loin que possible, quitte à faire semblant de reculer sur un point ou un autre. Le terrain sera préparé pour le gouvernement qui lui succédera en 2017 pour une remise en cause équivalente à ce que les travailleurs allemands, italiens ou espagnols ont déjà subi. Dautre part, avant 2017, se sachant disqualifié à « gauche », le pouvoir offre une bataille inaugurale pour légitimer une nouvelle « gauche » réformiste de rechange apte à canaliser la colère sociale (à gauche) dici les échéances électorales. Cette analyse nest pas difficile tant les réactions opportunistes de Martine Aubry, des « frondeurs », des plants de la pépinière de cadres du PS quest lUNEF, sans même parler de celle de la CFDT, sont téléphonées. Mais voilà, la mobilisation des salariés est plus forte que prévue, comme nous, communistes, pouvions l'imaginer après notamment lappel de la CGT du 9 avril. Elle dépasse largement les mouvements de jeunesse, qui en sont une part bienvenue. A quoi dautre devraient tendre lexpress ion et laction du Parti dans la lutte sinon à déborder les organisations réformistes, à étendre le mouvement en mettant en avant les convergences flagrantes avec les luttes des cheminots contre la deuxième phase, antisociale, de la « réforme ferroviaire », ou avec celle des fonctionnaires, à gagner le retrait du projet de loi et la remise en cause lensemble de la politique gouvernementale depuis 2012 ? Au plan national du ème 5 PCF, pratiquement rien de cela ! Non, des discours du secrétaire national, des tracts renvoyant lalternative à 2017, instrumentalisant ouvertement le mouvement pour construire des alliances de type primaires dici là (Pierre évoquant à la télévision EELV et Montebourg notamment !). Heureusement que de nombreux communistes, dans leurs entreprises et leurs sections locales, en militants révolutionnaires, ont le bon sens des priorités. Abandonner toute collusion avec la gauche qui a trahi Une question centrale doit être posée au 37 ème congrès : « la ligne suivie par la direction du PCF a-t-elle permis de combattre efficacement la politique au service du capital aggravée par la « gauche » depuis 2012 ? ». Clairement, nous répondons non. Le bilan de 4 ans de Hollande/Ayrault/Valls est très lourd pour les travailleurs et le pays. On risque de sen rendre pleinement compte plus tard quand éclatera la nouvelle phase de la crise du capital, avec par exemple, léclatement des bulles spéculatives, boursières et immobilières, gonflées par la politique de la BCE. La France a du retard en Europe sur la politique de casse sociale mais la « gauche » au pouvoir depuis 2012 est coupable déjà davoir accompli le plus gros transfert dargent du travail, du salaire socialisé vers le profit capitaliste . Le « Pacte de responsabilité » avec le CICE, à lui seul, représentent 41 milliards deuros par an. Cest 60 fois plus que le « bouclier fiscal » de Sarkozy. Pour
60.000 créations demplois revendiquées ! Loi Macron, « transition énergétique », ANI, loi Touraine etc. la somme des contreréformes structurantes est accablante et à sens unique en faveur de la finance et du patronat. Le gouvernement de « gauche » prépare aussi lavenir en renforçant, au nom de la lutte contre le « terrorisme », de façon inédite, larsenal répressif du pouvoir au service des possédants. Il a fait aussi le choix effrayant de favoriser la montée de lextrême-droite en général et du FN en particulier. Devant un bilan aussi accablant, limage de Pierre Laurent, en décembre 2015, le poing levé, au meeting électoral régional de la « gauche » en Île-de-France, à côté du 3 ème personnage de lÉtat PS, Claude Bartolone et d'Emmanuelle Cosse future transfuge EELV au gouvernement détruit à elle seule des centaines dheures de militantisme des militants communistes contre cette politique. Ce sommet fait suite à bien dautres compromissions, dont lalignement aux municipales 2014 à Paris, pour une poignée de bonnes places, des candidats du PCF derrière le symbole du social-libéralisme petit-bourgeois, Anne Hidalgo, héritière de Bertrand Delanoë. Cette dernière vient de faire voter un vu criminalisant la solidarité avec le peuple palestinien. Autant dire quune candidature Pierre Laurent aux présidentielles de 2017, comme les journalistes lavancent sans être contredits, un pied dans la « gauche » Bartolone, un pied dans la gauche « primaires », ne peut que nous conduire à la mort, plus assurément encore quen 2007. Mais il nest pas question pour nous de laisser mourir notre parti. Ni Parti Socialiste, ni Front de gauche : communistes ! Concernant Hollande, le ver est dans le fruit depuis le début et y reste. Quel communiste, en toute connaissance de cause, a pu croire à une rupture politique en 2012 avec son élection ? Ses quelques déclamations vagues contre largent-roi nont engagé que ceux qui y ont cru. Sa plaquette de propositions avançait très peu de points concrets. Son adhésion totale à lUE du capital, jusquà faire campagne côte-àcôte avec Sarkozy pour la constitution Giscard de 2005 était connue. On ne peut pas parler de « trahison » 6 sous peine de passer pour naïf. Ceux qui ont semé des illusions le font payer très cher à notre Parti, encore davantage en salignant électoralement avec le PS A ce stade historique, considérant lhistoire de la gauche en France, nous estimons que le 37 congrès du PCF peut et doit affirmer le refus, dans les grandes collectivités, dune collaboration dans les exécutifs à direction social-démocrates , le refus dune fusion automatique avec les listes PS, le principe de désistement ou daccord aux législatives et aux sénatoriales uniquement sur une base de rapport de force et sur une base technique. Sans, au minimum, ce niveau de clarté électorale, le PCF continuera à être confondu avec la gauche qui trahit. Nous rappelons que le bilan des dernières années, en termes délus communistes, du Front de gauche comme des accords avec le PS est désastreux : entre un et deux tiers de pertes, avec toutes les conséquences que nous savons sur les organisations du Parti. Nous affirmons la priorité à laction et au rassemblement dans les luttes . Nous constatons que ce nest pas le choix qui a été fait depuis des années. Il ne sagit pas pour nous de nous poser en donneurs de leçons, dautant que nous avons fait le maximum pour être conséquents dans les luttes qui nous concernaient, mais de souligner la gravité du contre-sens (pour les communistes) de la stratégie de la direction du Parti. Être au rendez-vous des luttes avec des perspectives politiques Nous avons évoqué la bataille présente contre le projet El-Khomri. Remontons un peu en arrière sur des luttes que la direction du PCF na pas ou a mal suivies. + En 2009, la volonté de défendre les services publics et La Poste en particulier sest exprimée massivement. La « gauche » et ses satellites ont organisé une « votation » qui a recueilli plus de 2 millions de voix. Mais cette force sest trouvée dévoyée vers la perspective électorale de 2012. Et la votation évitait un point principal : le rejet nécessaire de lapplication de la directive européenne de mise en concurrence générale du courrier. La direction du PCF sest coulée dans le moule unitaire, stérile. Depuis, des dizaines de milliers demplois ont été supprimés à la Poste, le prix du timbre a explosé, le service sest dégradé (de 86% à 11% de J+1). Mais des dizaines de luttes résolues de postiers se développent chaque mois dans tout le pays contre les « restructurations ». Nous proposons que le PCF impulse une véritable nationalisation de la bataille de La Poste (en lien avec notre rejet de la réforme territoriale), en remettant en avant le refus des directives européennes. + Dès son arrivée en 2012, Hollande a validé le plan de liquidation des usines PSA en France, lenterrement de la sidérurgie de Florange. Puis Montebourg a démantelé Alstom. Mais le PCF nationalement (et aucune force politique) na pas mis en avant la nécessité et les possibilités effectives, liées au rapport de force, de la nationalisation. + En juin 2014, les cheminots ont mené un mouvement de grande ampleur pour défendre une entreprise nationale centrale, des acquis sociaux importants pour tout le monde du travail. Leur mobilisation a déjoué le plan du gouvernement qui attendait une réaction résignée de complaisance. Elle préserve le développement et les convergences des luttes dans tout le secteur des transports. Il est nécessaire aujourdhui de rappele rles positions de repli du porte-parole parlementaire du Front de gauche (PCF) qui sest abstenu sur la dissolution de la SNCF de 1937 avant dappeler à la fin de la grève. Les députés PS « frondeurs » ont voté comme un seul homme contre les cheminots et les usagers. Il est impensable de continuer à saligner sur eux ! + En 2010, par millions, les salariés sont descendus dans la rue pour défendre la sécurité sociale et la retraite à 60 ans, des semaines durant. Englués dans le Front de gauche, le Parti na pas aidé à préciser les revendications retrait de la loi Woerth -, a contribué à renvoyer lissue vers les élections de 2012. Auparavant, la faiblesse du ème 7 soutien à la lutte contre la casse des régimes spéciaux en 2007, a participé de léchec de 2010. Ce rapport de force pour la sécurité sociale ne sest pas évaporé. Mais sur ce sujet, comme sur les autres, une clarification de nos positions théoriques est indispensable, même si (dautant plus si !) elle nous met en contradiction avec les organisations réformistes. II - Crise du capitalisme: lever quelques illusions réformistes De « crise » en « crise » : la crise générale du capitalisme lautomne 2008 éclatait la « crise financière ». Elle suivait la « crise des « subprimes ». Les économies des principales puissances capitalistes (États-Unis, Europe, Japon
) ont connu en 2009 une récession dune gravité souvent inédite depuis 1945. Ce mouvement de repli continue depuis 2010. On parle maintenant de la « crise des dettes publiques ». Nos économistes sattendent à une nouvelle crise après 2017 avec lexplosion des bulles spéculatives, notamment immobilières, gonflées par la politique dinjection massive dargent dans léconomie par la BCE. La succession rapprochée de ces crises, leur intensité donnent lieu à différentes interprétations. Pour nous, elles ne résultent pas dun excès du capitalisme, du « néolibéralisme », mais de la manifestation de la crise générale du capitalisme. La financiarisation du capitalisme ne date pas daujourdhui. Elle a été précisément analysée déjà par Lénine en 1916 dans « Limpérialisme, stade suprême du capitalisme ». La faculté du capitalisme à impulser et instrumentaliser à son profit de nouvelles techniques et technologies est inhérente à son essence. Un facteur peut expliquer lintensification de la crise générale du capitalisme : laffaiblissement, puis la disparition du contrepoids que représentait, dans le rapport de classe mondial, lexistence de lURSS et des pays socialistes dEurope de lest. Notamment en Europe de louest, la période du « compromis social » est révolue. Depuis 40 ans en France, la tendance à la paupérisation de la classe ouvrière, théorisée par Maurice Thorez, se confirme au grand dam des réformistes dhier et daujourdhui. La disparition du « camp socialiste » a entraîné également une nouvelle étape de la mondialisation du capitalisme. Elle sest caractérisée par une extension géographique du système, par une lutte encore plus exacerbée entre puissances capitalistes et multinationales pour le contrôle des richesses naturelles et des marchés. Des économies dites « émergentes » ne semblent plus échapper à la crise du capitalisme, que ce soit le Brésil ou même la Chine. Lanalyse marxiste fondamentale se vérifie : La réalité du capitalisme, cest la recherche du profit maximal confrontée à la baisse tendancielle du taux de profit. Ce qui est décrit comme la financiarisation de léconomie, lexplosion de la dette privée, notamment dans les pays anglo-saxons, puis de la dette publique est autant une manifestation de la crise quun instrument pour renforcer lexploitation du travail. Le système a besoin, plus que jamais, de détruire du capital pour renforcer son taux de profit. La crise est inhérente au système. Le capitalisme sait utiliser sa propre crise pour renforcer sa domination en labsence dun mouvement révolutionnaire suffisamment fort. On assiste ainsi à un affrontement terrible entre le capital et le travail, à léchelle planétaire, les uns pour maintenir et accroître leur taux de profit, les autres pour sassurer des conditions dexistence décentes. Les gouvernements au service du capital entreprennent daccélérer et daggraver brutalement, à la faveur de la crise, toutes leurs politiques antisociales qui sont pourtant à lorigine de cette dernière. Les mêmes recettes sappliquent dans tous les pays, notamment dEurope, où tous les acquis sociaux et démocratiques des peuples sont attaqués. Le risque de guerre saggrave. Ces fondamentaux de notre théorie marxiste de la crise nous font réfuter certains raisonnements réformistes actuellement mis en avant, même à « gauche ». Il y a quelques années, la dénonciation par Sarkozy des « excès du capitalisme » et son invitation à « le moraliser » avaient amusé et scandalisé. Aujourdhui est diffusée à « gauche » la thèse quil faudrait « baisser le coût du capital plutôt que le coût du travail ». Lexpression semble opposer capital et travail, alors quau contraire elle légitime le système lui-même dans une formule trompeuse. Dans les deux expressions, la notion de coût suppose que lon se mette dans la situation du patron, du capitaliste. Un taux de profit de 10% serait excessif, un taux de 5% légitime. Nous mesurons le danger de ces théories qui légitiment lexploitation capitaliste et sopposent aux revendications des travailleurs. Par ailleurs, nous savons que la captation du profit par les capitalistes seffectue de plusieurs façons. La hausse constatée des dividendes servis aux actionnaires (à corriger statistiquement pas les dividendes servies aux maisons-mères) est totalement à dénoncer, mais elle coïncide avec des taux dintérêt très bas. Notre seul combat doit être contre lexploitation capitaliste. De même, nous savons depuis Marx que le chômage est inhérent au système capitaliste qui a besoin « de larmée de réserve » des chômeurs pour renforcer lexploitation des actifs. Nous ne pouvons concevoir de lutte contre le chômage hors dune lutte contre le capital. Nous luttons pour le renforcement de lassurance chômage, de la formation professionnelle, financées par la cotisation patronale, pour des moyens nouveaux de Pôle emploi. Nous nous battons aussi pour la baisse du temps de travail (la semaine de travail à temps plein est remontée à 39,4 heures) et le rétablissement de la retraite pleine à 60 ans avec 37,5 annuités, revendication de progrès et de justice sociale, amenant une baisse du chômage. Mais nous rejetons toute prise en charge par la collectivité les travailleurs de la précarité, de la flexibilité, dune partie des salaires dus par lexploiteur destinée à camoufler statistiquement le chômage tout en continuant à peser sur les salaires et les conditions de travail. Notre principal axe de lutte contre le chômage restant la défense de lappareil productif, du salaire et du salaire socialisé, de la réponse aux besoins. Face au réformisme, une autre clarification simpose : la levée du mythe dune possible transformation de lUE du capital en « Europe sociale ». UE du capital/euro : la question, cest comment sen sortir ! LUE est une machine à broyer les acquis sociaux et démocratiques nationaux. Ce constat est de plus en plus partagé. Les reculs sociaux dans chaque pays s'inscrivent dans le droit fil du Traité européen de Lisbonne. Au nom de la « concurrence libre et non faussée », de la recherche de « compétitivité », lUE sert de prétexte et dinstrument aux gouvernements nationaux en vue daugmenter le profit capitaliste , par le renforcement de lexploitation des travailleurs et par lextension du marché capitaliste à tous les domaines qui lui échappent, services publics, protection sociale. LUE dévoile encore plus clairement sa raison dêtre, qui remonte au Traité de Rome , en faveur de la finance et des trusts. Avec le FMI et les gouvernements nationaux, elle est à la barre pour imposer les plans de recul social aux pays, similaires aux plans dajustements structurels quimpose le FMI. Lexemple grec est éloquent. Profitant de la crise, lUE tente un pas de plus dans la remise en cause des démocraties nationales. La Commission européenne prétend maintenant placer les budgets nationaux directement sous sa tutelle pour imposer le carcan de Maastricht. Les effets de leuro, pour lequel devraient être consentis toutes les régressions sociales, apparaissent de façon flagrante. Ce que nous dénoncions dans les années 90, dans nos campagnes contre le traité de Maastricht, celui dAmsterdam et la monnaie unique, se réalise exactement. Leuro est conçu dans lintérêt de la finance européenne. Leuro fort laide à spéculer, à délocaliser. Au sein de sa zone, leuro accentue la mise en concurrence des économies et des travailleurs. Il écrase les activités économiques en développement , notamment dans les pays périphériques, mais favorise les groupes capitalistes les plus forts, notamment en Allemagne (mais pas les travailleurs allemands). Là encore, lexemple grec illustre combien leuro place les peuples sous la dépendance du capitalisme européen. Comme nous mettions notre pays en garde, leuro, loin dunir les peuples, les dresse les uns contre les autres et attise le nationalisme. Les campagnes de dénigrement, de haine, reprenant tous les clichés xénophobes, auxquelles nous assistons, lattestent. Le mythe européen, celui de lEurope « qui protège, qui unit », a de plus en plus de plomb dans laile, malgré les campagnes idéologiques incessantes, à tous les niveaux, pour forger un nationalisme européen. LUE, ce nest pas la paix : elle attise les guerres comme on le voit en Ukraine. Loin de sémanciper de limpérialisme américain, lUE, coordination des impérialismes européens, est plus associée avec lui dans lOTAN, peut-être demain dans le TAFTA. Transformer lopposition de classe à lUE en positions de classe et de lutte pour rompre avec elle Le rejet de lUE unit de plus en plus fortement les peuples , après les victoires du NON aux référendums de 2005 en France et aux Pays-Bas. Nous pouvons et nous devons le caractériser comme un rejet de classe du capitalisme européen que les peuples identifient, à juste titre, comme source de recul économique et social et de souffrance. Les tenants de lUE du capital tentent de dévoyer cette réaction dans des partis nationalistes et des part is dextrême-droite. Ceux-ci servent, dune part, de forces dappoint politiques aux capitalismes nationaux dans leur concurrence au sein de lUE. Ils servent surtout, dautre part, à disqualifier lopposition à lUE du capital en lassociant à des positionnements xénophobes et racistes. Communistes, il est de notre responsabilité, en France, de ne pas laisser faire, de ne pas laisser aux nationalistes le terrain de lopposition à lUE. De son côté, le mouvement réformiste peine de plus en plus à convaincre que lon pourrait « changer lUE ». On voit comment sest traduite la volonté de Hollande en 2012 de « réorienter la construction européenne ». Sous un affichage plus « radical », le nouveau dirigeant du parti travailliste britannique Corbyn ou le leader du parti espagnol Podemos Iglesias sefforce de contenir le mouvement populaire contre laustérité dans le cadre de lacceptation de lUE. Tsipras défendait aussi en Grèce lillusion dune UE réformable. Au pouvoir il a fait la démonstration quaucune alternative politique nest possible dans le cadre de lacceptation (la soumission) à lUnion européenne dont il applique la politique violemment antisociale (et anti-migrants). Notre parti doit revenir à ses positions historiques de rupture avec l Union européenne. Aussi fermement quil sest toujours battu pour le développement de coopérations mutuellement avantageuses entre les nations dEurope (et dailleurs), devenu encore plus nécessaire, notre parti sétait opposé à lEurope supranationale du capital, depuis le Traité de Rome, jusquà ceux de Maastricht en 1992 et dAmsterdam en 1998, en passant par lActe unique de 1986. Nos positions, fortement ancrées dans le Parti et le pays, ont alimenté laction décisive des communistes dans le rejet par notre peuple en 2005 du projet de constitution européenne. Après 1997, la direction de notre parti a opéré un virage appelé alors « euroconstructif ». Le gouvernement de la gauche plurielle venait dapprouver le Traité dAmsterdam et allait signer les conclusions du sommet de Barcelone. Ce revirement a amené la direction du PCF à abandonner la défense de la souveraineté nationale et à envisager une réforme de lUE, allant dans le sens de « lEurope sociale », indépendamment du droit de notre peuple à disposer de lui-même. Ladhésion au PGE, puis la collaboration avec la Confédération européenne des syndicats, CES (favorable au traité très libéral de Lisbonne), a accentué cette évolution. La situation présente doit nous amener, avec encore plus durgence, à revenir sur ces orientations, sous peine dêtre en porte-à-faux avec les aspirations de notre peuple et nos propres propositions. LUE souffre dun déficit croissant de légitimité. Cest tant mieux ! Elle nest pas réformable. Ce discrédit est un point dappui pour mettre en échec les politiques menées en son nom dans lintérêt du capital. En France, les traités, directives et règlements européens, par exemple ceux de marchandisation des services publics nont pas à sappliquer, à servir de prétextes à la politique du pouvoir La coopération entre les peuples ne se fera jamais dans le cadre de lUE. LUE, mais aussi la BCE et lensemble de ses institutions sont conçues pour imposer un niveau supranational où les trusts sont tout puissants mais sur lequel les peuples nont aucune prise. Affirmons clairement que « lEurope sociale », comme la « refonte démocratique et solidaire de lEurope » sont des leurres ! Comme la victoire du Non en France en 2005 ou la lutte héroïque des travailleurs grecs le montrent, les luttes de chaque peuple senrichissent des batailles nationales et de linternationalisme, mais non de lacceptation du cadre supranational du capital. Aussi, nous proposons que le 37 ème congrès : - Ouvre une réflexion sur les conditions dune sortie de la France de lUE - Lance une campagne pour la sortie de la France de leuro, synonyme, vu la position centrale et le poids de la France (à la différence du cas grec) de dissolution de cette monnaie et de la BCE - Renforce sa campagne contre le TAFTA, dont les négociations laborieuses et secrète illustrent les divergences entre les intérêts impérialistes américains et européens mais seffectuent, de toute façon, sur le dos des peuples. - Félicite les organisations progressistes néerlandaises pour leur campagne pour non au référendum du 6 avril sur la ratification de laccord dassociation UE-Ukraine et la relaie en France. - Adresse un témoignage de soutien aux organisations progressistes, dont les partis communistes, de Grande-Bretagne et dIrlande-du-Nord qui militent pour la sortie du Royaume-Uni de lUE en vue du référendum du 23 juin. Cesser de cautionner le PGE pro-européen et renouer avec les partis communistes en Europe et dans le Monde Ladhésion du PCF sest faite dans la précipitation et la confusion en 2001, avec lavis de moins dun quart des communistes français. Des partis communistes importants, comme le KKE et PCP (Portugal) ont exclu dy adhérer. Le Parti communiste allemand (DKP) vient de décider en congrès de sen retirer. Les communistes français doivent disposer de tous les éléments. Le PGE est un « parti européen », parrainé et financé par la Commission européenne. Il a inscrit dans ses statuts sa fidélité à lintégration européenne et à ses mythes fondateurs. Au Portugal, en Grèce et ailleurs, il soutient structurellement des organisations ouvertement opposées aux PC. Son adhésion à la « construction » européenne est originelle. Elle sest confirmée de façon flagrante et grave pour les progressistes européens. En Grèce, une de ses composantes, Syriza, est au pouvoir, relaie et applique les diktats antisociaux de lUE et de la BCE. A côté de Tsipras, un autre dirigeant historique du PGE, lAllemand Gregor Gysi, appelle, après les élections régionales qui ont vu la percée du parti nationaliste AfD, à des rapprochements avec
la CDU de Mme Merkel. Le PCF dispose dun autre cadre, souple, déchange avec des partis européens : le groupe au Parlement européen GUE-NGL. Aussi, nous demandons que le 37 ème congrès remette en cause lappartenance du PCF au PGE et organise une consultation des communistes sur cette question.
Edité le 10-04-2016 e 15:56:06 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 10-04-2016 à 15:53:27
| III Propositions de luttes immédiates Des axes de luttes immédiates Notre parti a vocation à intervenir sur tous les sujets politiques pour construire, par ses propositions, ses actions dans les luttes, des rassemblements susceptibles de mettre en échec le pouvoir au service du capital. La « convention nationale du projet », annulée par la direction du PCF, aurait dû être la base de lélaboration dun programme général du Parti. Sa nécessité demeure. Dans cette attente, le 37 ème congrès doit proposer quelques grandes campagnes rassembleuses, en lien avec les principales luttes imminentes, porteuses des positions de rupture nécessaire pour gagner et contribuer à leur convergence. La bataille la plus immédiate est celle contre la casse du code du travail . Nous avons précisé plus haut le contenu de notre action communiste, pour déborder les récupérations politiques, pour gagner le retrait pur et simple du projet de loi El-Khomri et pour faire éclater les convergences dintérêt manifestes avec la lutte des cheminots contre les dispositions antisociales de la « réforme » ferroviaire et celle des fonctionnaires contre les atteintes au statut général de la fonction publique. Cette bataille générale pour le statut du travail, défendant tous les acquis, est une réponse à la tentative du système détendre lexploitation par lauto-entreprenariat. Le congrès appelle à une réflexion approfondie sur ce phénomène et la riposte à lui apporter. En 2015, pour la première fois, lespérance de vie a diminué sans cause exceptionnelle. Parallèlement, le gouvernement se flatte dun « déficit » moindre que prévu de lassurance maladie. Lattaque contre notre système de santé, notamment contre lhôpital public sintensifie. La loi Touraine est venue compléter la loi Bachelot avec les « groupements hospitaliers de territoire », machines à broyer les hôpitaux, notamment de proximité, et les services. La réforme territoriale et les nouvelles grandes régions laggravent. La généralisation du tiers-payant ne seffectuera finalement que pour la part Sécu : elle a servi décran de fumée. La désertification médicale (offre de soin de secteur 1) saggrave, même en secteur urbain. Les centres de santé, dont la défense et le développement sont une de nos priorités, sont menacés par leur déficit structurel de financement, aggravé par la loi Bachelot. Les objectifs de cette politique, continue malgré les alternances, sont bien connus. Il sagit dun côté de développer le secteur privé lucratif, en particulier pour les longs et moyens séjours, de lautre de détourner le financement de la sécurité sociale vers le profit. Nous faisons une priorité de lunification des multiples luttes locales pour la défense des hôpitaux, de leurs moyens humains et matériels. Au cur de nos propositions, se trouve le rétablissement et le développement du financement solidaire de la Sécurité sociale par la cotisation sociale. A la logique « baisse des cotisations sociales au profit du patronat - fabrication dun déficit - destruction de loffre de soin pour le combler », nous opposons « évaluation des besoins de santé développement de loffre mise à niveau des cotisations sociales correspondante ». Une nouvelle bataille fondamentale pour la défense du financement de la Sécu (toutes branches confondues, retraites, famille, maladie, AT-MP) sannonce pour 2017. Le Pacte de responsabilité avec le CICE que Hollande va transformer en nouvelles exonérations définitives de cotisations patronales va à nouveau plomber les comptes et creuser les déficits dautant plus que la politique daustérité diminuera encore les compensations du budget de lEtat. Dautres contre-réformes structurelles sont programmées en complément dont la retenue à la source de limpôt et la fusion CSG-impôt sur le revenu. Notre campagne ne peut pas sappuyer sur certaines propositions erronées. La « modulation des cotisations 14 sociales » en fonction de la politique demploi des entreprises est une fausse bonne idée qui légitime les exonérations, la pédagogie de la « baisse du coût du travail ». La taxation des revenus financiers des entreprises serait une très bonne chose mais non pour la Sécu dont le financement ne peut pas reposer sur les aléas de la finance comme les fonds de pension. Notre bataille doit essentiellement exiger la fin des exonérations de cotisations sociales patronales qui représentent au total 41 milliards deuros par an, soit plus de quatre fois le « déficit ». Education et enseignement supérieur. Sur ce sujet, une Commission du Parti a actualisé nos positions constantes. Nous proposons que le congrès appelle à mieux les diffuser. La création de 60.000 postes pendant le quinquennat, censés compenser (en fait insuffisamment) les suppressions sous Sarkozy était lune des seules promesses concrètes du candidat Hollande. Alors quil ne lui reste plus quune rentrée, Hollande nest même pas à la moitié de lobjectif. Avant 2017, pour des postes, des postes de remplaçants, contre les fermetures de classe, notre bataille politique saura reprendre cet engagement. Après la contreréforme Darcos du lycée, les « rythmes scolaires » de Peillon, maintenant la contre-réforme du collège de Vallaud-Belkacem, visent, sous différents affichages, à réduire loffre en quantité et qualité loffre publique denseignement, à attaquer lunicité de léducation nationale et son principe dégalité, à favoriser le secteur privé et lintrusion dacteurs privés et de la logique marchande dans lécole publique. Nous réaffirmons notre implication dans la bataille contre ces « lois », actuellement contre la « réforme » du collège. Nous faisons du rétablissement dune carte scolaire, à tous les niveaux, redéfinie pour plus dégalité, une priorité. Nous demandons plus que jamais la fin des subventions à lécole privée, la suppression immédiate des aides extra-légales que lui accordent les collectivités, lobligation de scolarisation dans le public ou dans le privé sous contrat. Logement : financer et construire 250.000 logements réellement sociaux par an pendant 5 ans . Le système et la politique des gouvernements successifs sefforcent de faire du logement, besoin élémentaire, une marchandise toujours plus rare et plus chère. Le mal-logement frappe 3,8 millions de personnes. Le taux deffort des ménages, pour des logements dont la qualité de saméliore plus, ne cesse daugmenter, dépassant 20% en moyenne du revenu (énergie et eau comprises), encore davantage avec le poids croissant des impôts locaux. Il dépasse 40% pour les revenus les plus modestes, dont les jeunes et les étudiants. Le budget des accédants et des « petits » propriétaires est aussi lourdement grevé pour une propriété de plus en plus précaire. Le taux deffort dans le parc social tend également à monter, même si les aides sociales le répartissent sur lensemble de la collectivité. Le taux planché de logements « sociaux » (incluant en réalité des loyers « intermédiaires » mis en place dans les villes depuis la loi SRU ont peu modifié cette situation de pénurie. Les effets de la loi Boutin de 2008, abaissant les plafonds de revenus pour laccès au logement social et généralisant les surloyers, se font sentir et renforcent la ségrégation sociale et spatiale, aux conséquences néfastes multiples. Pour répondre aux besoins, « détendre le marché », nous faisons de la construction de logements réellement sociaux notre objectif prioritaire : 250.000 constructions (nettes des démolitions) par an pendant 5 ans. Nous militons pour une forte augmentation de laide à la pierre, la centralisation intégrale de lépargne du livret A à la Caisse des dépôts et consignations et son affection entière au logement sociale, le rétablissement du montant et des objectifs (logement des salariés) du « 1% logement ». Nous demandons la création dun service public national du logement au service doffices HLM publics autonomes (et non de SA). Pour nous, lécologie est une préoccupation essentielle mais qui ne saurait être dissociée de nos luttes contre le capitalisme . Ce système, dans sa recherche de profit maximum à court terme, tend à être indifférent à la détérioration du cadre de vie, de la santé des travailleurs et des populations, à gaspiller les 15 ressources, à menacer, dangereusement pour lhumanité, des équilibres écologiques, du local au planétaire. Lidéologie dominante utilise aujourdhui les propres menaces que le capitalisme fait peser sur lenvironnement pour développer de nouveaux marchés à son profit : marché des droits à polluer, « capitalisme » vert. Au nom de lénergie renouvelable, des taxes nouvelles sont, par exemple, prélevées sur les factures des consommateurs. Le risque « écologique » sert de prétexte à la fermeture dusine pour mieux les délocaliser, tandis que la recherche de compétitivité justifie labaissement, la « simplification » des règles de sécurité etc. Le réchauffement climatique constaté dans les dernières décennies du 20 siècle pose des inquiétudes légitimes. Ses causes font lobjet de recherche. Mais au-delà de cela, la « COP 21 » a été le symbole de linstrumentalisation par le capital des préoccupations écologiques. Indifférentes, par exemple, à la faim dans le monde, les grandes puissances impérialistes enrôlent les opinions publiques dans cette nouvelle croisade morale. On invite les populations à accepter une restriction de la réponse à leur besoin au nom de cette cause, notamment dans les pays les moins développés. Laide au développement est détournée vers le capitalisme « vert », tandis que le pillage des ressources énergétiques des pays les plus pauvres continue. Les puissances impérialistes, les lobbys représentant les différentes industries énergétiques saffrontent dans ce cadre idéologique imposé par les impérialismes occidentaux. Parce que nous sommes communistes, nous sommes des écologistes conséquents. Nous replaçons les conséquences et les causes dans lordre et croyons à la science et au progrès. Lagriculture française connaît une crise structurelle profonde. La situation est grave. Un tiers des exploitations sont menacées. La balance commerciale agricole du pays, hors vins et spiritueux, est passée dans le rouge. Le système, avec lUE, passe à une nouvelle étape de la liquidation de lagriculture paysanne. La PAC ancienne manière a organisé et accompagné la mise à mort des petites et moyennes exploitations, la concurrence dans le marché commun européen. La future PAC prépare, avec lOMC, linsertion totale dans le marché spéculatif mondial de lalimentation. La fin des quotas sucriers lan prochain en est une étape, par exemple. La disparition de quantité de productions en France, même des plus traditionnelles, est programmée. Les luttes paysannes, notamment des éleveurs, sont déterminées et cherchent une réponse politique que les tenants de lagriculture industrialisée ne peuvent leur apporter. Communistes, nous défendons une agriculture paysanne répondant, en qualité et quantité, aux besoins de la population du pays, dans toutes les productions possibles, ouverte à des échanges équitables avec dautres pays, moins avantagés par la nature notamment. Cela passe, non par des « aides » accompagnant la fin, mais par des prix rémunérateurs et donc par une régulation publique des marchés. Cela passe aussi par des financements nouveaux, prêts avantageux à très long terme, aux exploitations, par une relance publique dun mouvement coopératif digne de ce nom. La proposition de nationalisation de la grande distribution rentre dans cette perspective. La rupture avec le « libre échange », la concurrence déloyale et le dumping social imposés par lUE et lOMC est une nécessité encore plus forte dans le secteur de lalimentation humaine. La défense et le développement des services publics, la lutte contre les privatisations. La question de la défense des services publics est décisive pour construire lalternative politique tout de suite. Ils tiennent en effet une place structurante dans lorganisation et léconomie du pays. Ils constituent une référence sociale pour lensemble des salariés. La capacité de mobilisation et dentraînement des salariés du secteur public est un atout déterminant pour lensemble du mouvement social. Le démantèlement, létablissement des critères du privé, la privatisation de tous les services publics sont lun des axes de la politique des gouvernements successifs. Le processus de privatisation suit un schéma similaire pour chaque entreprise, marqué notamment par la mise en concurrence et la marchandisation de ème 16 lactivité sous prétexte dune directive européenne, la remise en cause des statuts de lentreprise et des personnels. La force et les suites de la lutte des cheminots en 2014 contre la « réforme ferroviaire » constituent de nouveaux points dappui pour la résistance de tous les salariés des services publics et des usagers. Les points de convergences avec les usagers et lensemble des citoyens sont très importants. Lexpérience est faite des premières privatisations, aussi bien en termes de dégradation du service rendu, des conditions de travail et de sécurité, de remise en cause du principe dégalité, de hausse des tarifs, de menaces de désertification, de suppressions demploi quéconomiquement, en termes de reconstitution doligopoles privés. Pour nous communistes, la question des services publics et des entreprises nationales est essentielle parce quils constituent un point de résistance fondamental au marché capitaliste, une première étape dans lappropriation publique des moyens de production, le socle dun développement de léconomie basé sur la réponse aux besoins. Nos camarades, à limage de Marcel Paul, ministre communiste à la Libération, auteur de la nationalisation de lélectricité et du gaz, ont joué un rôle déterminant dans leur conquête. Notre efficacité dans cette lutte suppose une clarification sans ambiguïté de nos positions : - refus de lapplication en France des directives et règlements européens de mise en concurrence des activités de service public - revendication de la défense, de la reconquête et de lextension des monopoles publics, notamment gagnés en 1937 et en 1944. - conception du service public « à la française » : la notion de service public est indissociablement liée à la propriété publique de lopérateur. La bataille pour la sauvegarde et le développement des services publics tout de suite doit aussi être dirigée vers les collectivités locales, régions, communautés dagglomération, municipalités. Nous revendiquons la (re)municipalisation ou la création de régies (gérant directement lexécution) par exemple pour assurer un service public de distribution de leau ou des transports urbains
Pour la nationalisation des secteurs clés de léconomie. A côté de nos actions pour la reconquête des grands services publics nationalisés, nous proposons que le congrès reprenne résolument nos campagnes pour la nationalisation des secteurs clés de léconomie dans lesprit des nationalisations démocratiques de la Libération. Le Parti na jamais prétendu que des nationalisations, sous régime capitaliste, représentaient un début de socialisme ou des îlots de socialisme. Mais la nationalisation représente une importante amélioration du rapport de force, en faveur des salariés et du peuple, pour développer les secteurs clés de léconomie, les défendre face à des projets destructeurs du capital, dans le sens de la réponse aux besoins du pays. Nous nous prononçons pour des nationalisations intégrales, à 100%, y compris par voie de réquisition, excluant lactionnariat privé. Dans les entreprises publiques, la lutte reste constante contre létatisation au service du profit capitaliste réalisé dans le reste de léconomie, contre la « nationalisation des pertes ». La signification historique, démocratique, de la « nationalisation à la française » explique pourquoi le gouvernement de Sarkozy en 2008 sest bien gardé de nationaliser les banques mais a eu recours à une autre forme pour son plan daide à la finance. En 2012, face au plan de liquidation de plusieurs usines de PSA en France, à lenterrement de la sidérurgie de Florange, en 2013, face au plan de démantèlement dAlstom, le Parti aurait pu et dû porter la revendication de la nationalisation dans une campagne nationale de soutien aux luttes. 17 Parmi les secteurs clés, dont la nationalisation simpose, nous proposons que le congrès inscrive, entre autres : Lensemble du secteur bancaire et financier, les industries sidérurgiques, automobiles, aéronautiques, pharmaceutiques
, les industries darmement, le secteur énergétique, les autoroutes
Dans ces activités particulièrement, il existe objectivement un rapport de force potentiel national pour des nationalisations démocratiques. IV Retrouvons notre engagement total contre limpérialisme et pour la paix Le capitalisme mondialisé, c'est la guerre Au plan international, nous assistons à une effrayante montée des périls. La fin de la « guerre froide » était censée ouvrir une période de détente et de désarmement. Le contraire se produit avec la multiplication des foyers de guerre et des risques dembrasement régionaux voire mondiaux. Les dépenses darmement, notamment celles des États-Unis, de la Chine ou de la France senvolent. Nous analysons tout cela comme le résultat de la nouvelle étape de la mondialisation capitaliste et de lexacerbation des oppositions interimpérialistes, notamment avec lémergence de nouvelles puissances mondiales et régionales. La concurrence pour le contrôle des marchés, des matières premières, y compris lalimentation, bat son plein. Notamment depuis le 11 septembre 2001, les stratèges américains appliquent la théorie de la guerre permanente. Outre ses objectifs impérialistes directs, elle vise également à nourrir leur puissant lobby militaro-industriel. Elle rentre dans la logique du développement de grandes peurs collectives, pour écraser la contestation politique et sociale du système capitaliste par un renforcement de lappareil répressif, par un embrigadement idéologique des peuples. Les impérialismes européens, dont les intérêts ne concordent pas exactement, sintègrent globalement, comme alliés dans lOTAN, dans la politique américaine, participant à ces guerres, prenant à leur charge les expéditions en Libye et en Afrique subsaharienne. Les puissances de lUE et les États-Unis ont collaboré au coup dÉtat et au déclenchement de la guerre en Ukraine, facteur grave de déstabilisation du continent européen. Pour autant, leurs intérêts principaux ne semblent pas coïncider entièrement, les États-Unis semblant chercher plutôt à juguler la puissance russe, les États européens et singulièrement lAllemagne à disposer en Ukraine dune base arrière de main duvre et de délocalisation au moyen de laccord dassociation avec lUE. La dénonciation de cette ingérence et de cet accord, le refus du régime de Kiev qui plonge le pays dans la faillite, le chaos et le fascisme, sont des priorités pour notre Parti. A ce congrès, nous en sommes encore à pousser notre réflexion sur la nature du régime russe. La Russie de Poutine suit incontestablement une politique daffirmation, y compris agressive, de puissance nationaliste. Pour autant, léconomie russe en pleine décadence, dilapidant ses matières premières et ce qui reste des acquis du socialisme, sans réellement de bourgeoisie avide de marchés et dexpansion, ne rentre pas dans la caractérisation de limpérialisme. Le régime autoritaire de Poutine, érigé en modèle par une partie de la droite et de lextrême-droite française ne suscite en rien notre sympathie, pas davantage avec sa pratique de détournement de certains symboles de lURSS. La Chine, en voie de surarmement, à léconomie et à la bourgeoisie expansionnistes, à la recherche de marchés, dinvestissements et de ressources primaires présente les traits dune puissance impérialiste. La montée des tensions avec le Japon, les tentatives dexpansion en mer de Chine face au Vietnam et aux Philippines sont préoccupantes pour la paix. Mais là aussi, notre analyse a besoin dun complément dinformation vu lorigine socialiste de ce pays et sa gouvernance par un parti « communiste ». La Syrie est le théâtre dramatique de laffrontement par procuration de la plupart des impérialismes mondiaux et régionaux (Turquie, pays du Golfe, Iran, Israël). Les groupes terroristes islamiques dont Daech sont les enfants directs de celles de ces puissances qui les ont armés et financés. Notre parti doit reprendre son combat pour la paix et contre l'impérialisme Notre théorie et notre expérience historique issue de lopposition à la première guerre mondiale nous enseignent que notre Parti doit, dans le cadre de la solidarité internationaliste, pour la paix, contre limpérialisme, combattre dabord son impérialisme national. La direction et les parlementaires du PCF ont rompu avec les positions communistes de toujours en rentrant dans lunion « sacrée » derrière Hollande aux lendemains des attentats du 13 novembre, puis en votant la prolongation de létat durgence et lintensification des frappes en Syrie. Ils sont rentrés en contradiction avec des slogans aussi justes que « ne pas ajouter la guerre à la guerre » ou « leurs guerres, nos morts ». Le congrès doit réviser cette position belliciste . Elle suit lapprobation, déjà, de lopération militaire au Mali et surtout lalignement derrière les positions chauvines, liées au lobby militaro-industriel français de Mélenchon (ami de Dassault), qui sest prononcé pour une intervention militaire européenne en Libye. Les positions internationales du Parti ne peuvent plus se cantonner à des appels rituels à des tables rondes sous légide de lONU. LONU est certes la seule organisation disposant dune légitimité et dune légalité internationales mais ses résolutions sont limitées par les marchandages entre grandes puissances. Depuis la présidence de Sarkozy et encore plus depuis celle de Hollande, la diplomatie française connaît un infléchissement inquiétant qui pose question. Au refus sous Chirac de lintervention US/OTAN en Irak a succédé lintervention en Libye, la surenchère incendiaire en Syrie (Fabius allant jusquà saluer les mérites des terroristes dAl Nosra). Le gouvernement a également apporté un soutien inacceptable à la politique guerrière, criminelle dIsraël (Gaza 2014), État colonialiste, fauteur de guerre, pointe avancée de limpérialisme occidental. Nous devons poser la question des intérêts économiques qui ont amené à ce changement dans la politique de limpérialisme français, notamment avec en lien avec les dictatures du Golfe. Le 37 ème congrès doit affirmer ou réaffirmer : - Lexigence de larrêt immédiat des opérations militaires françaises à létranger , de la fermeture des bases militaires à létranger, du rapatriement de tous les soldats français. - Lexigence de la sortie de la France de lOTAN et de toute forme dEurope de la défense. - Notre condamnation de la politique de lÉtat dIsraël, de guerre, doppression et de colonisation , de son soutien par les autorités françaises. Notre solidarité avec le peuple palestinien et les pacifistes israéliens qui sebattent pour une paix juste et durable. - Lexigence de la suspension des livraisons darmes et des accords économiques avec les dictatures obscurantistes du Golfe , à commencer par le Qatar et lArabie Saoudite. - La nécessaire fin de la politique de complaisance avec le régime turc à tendance dictatoriale, à sa politique de répression des libertés, à ses guerres contre les populations kurdes de Turquie et de Syrie, à son soutien au terrorisme. - Notre condamnation totale de laccord UE/Turquie sur les « migrants » , concocté notamment par les premiers ministres Tsipras et Davutoglu, du marchandage dêtres humains quil organise, - lexigence dun accueil décent pour les réfugiés, lexpression de notre solidarité de classe avec eux , la condamnation des causes qui les poussent à partir - guerres et dictatures du cynisme des capitalismes européens, notamment allemand à la recherche dune main duvre dappoint. Par ailleurs, le congrès doit être loccasion - de réaffirmer notre soutien à Cuba socialiste , dans la phase nouvelle, de détente, dans son affrontement avec limpérialisme américain, lexigence de la levée immédiate et complète du blocus US et du rétablissement de la souveraineté cubaine sur Guantanamo. - De manifester notre soutien au peuple vénézuélien et notre condamnation de la tentative impérialiste de renversement de son expérience émancipatrice. Le congrès peut et doit enfin être le moment de clarifier la position du PCF sur larme atomique française, dexiger son démantèlement unilatéral, denterrer définitivement les fables de la dissuasion et de lindépendance de limpérialisme français, dexiger une baisse des dépenses militaires, la (re)nationalisation et la relocalisation des usines darmement. Nos campagnes historiques sont plus que jamais dactualité : « largent pour lécole, pour lhôpital, pour le développement et la coopération, pas pour la guerre ! ». V Évaluer la crise de la démocratie bourgeoise Sur les ruines de la social-démocratie, rebâtir un parti marxiste et léniniste Dans tous les pays, la démocratie bourgeoise « à loccidentale » est en crise grave. Des États comme lEspagne ou la Belgique restent des mois sans gouvernement issu des élections. Ladhésion au système seffondre avec une augmentation générale de labstention. Des formations politiques nationalistes, même ouvertement dextrême-droite, progressent. En Europe de lEst, où la démocratie bourgeoise ne sest jamais vraiment imposée, labstention est régulièrement majoritaire et des gouvernements ultraréactionnaires sont aux commandes dans plusieurs pays. Dans le même temps, les libertés démocratiques fondamentales sont dangereusement remises en cause. En France notamment, le système politique de lalternance arrive à bout avec ses deux équipes qui se succèdent pour appliquer la même politique au service du patronat et du capital. La différence entre la droite et la « gauche », par rapport à ce que continuent de représenter ces notions dans le pays, tient désormais dans la répartition des rôles dans la même pièce qui se joue. Par exemple contre la Sécurité sociale, la droite attaque davantage les prestations, dont la plus symbolique, la retraite à 60 ans. La gauche en sape son financement. On a presque atteint le modèle américain avec quasiment aucune différenciation entre démocrates et républicains. Mais même ce modèle est en crise aux États-Unis comme on le voit dans la préparation de la présidentielle de fin 2016. Une théorie est développée par des intellectuels de gauche et reprise par la direction du PCF selon laquelle cette crise serait issue dun double échec, celui du socialisme « réel » et du mouvement communiste dun côté, celui de la social-démocratie réformiste de lautre. Il faudrait maintenant reconstruire la gauche. Nous réfutons entièrement ce raisonnement et sa conclusion. Pour nous, cest le parti révolutionnaire marxiste et léniniste, le parti communiste quil faut reconstruire. Avec la victoire de la contre-révolution à lEst (y compris pour des raisons internes) et laffaiblissement du mouvement politique révolutionnaire, la social-démocratie, le PS en France, a perdu la raison dêtre qui était devenue la sienne depuis 1917 et 1920 : contenir le mouvement populaire, la lutte des classes, dans la loyauté au capital. Le PS était là pour incarner et limiter les conquêtes sociales, les réformes réelles quen réalité la lutte des classes conduites par les organisations révolutionnaires avait permis de gagner. Mais voilà, maintenant, il ny a plus de « grain à moudre ». Au contraire même, le PS et la « gauche » sont mieux placés que la droite, de par cette histoire, pour détruire les acquis sociaux. Alors, sauver la « gauche », tirer le PS à « gauche », sauver le PS ? Non, merci ! Dire cela ne signifie absolument pas que nous ne fassions pas toujours une différence, notamment en ce qui concerne la défense des libertés, entre ce que représente la gauche et ce que représente la droite, également entre ce que représentent la gauche et la droite dun côté et ce que le danger que représente lextrême-droite de lautre (même si ce sont les politiciens de droite et de gauche qui font le lit de cette dernière). Le capitalisme n'a plus besoin de la démocratie Le capital se trouve devant une contradiction. Les formes de la démocratie bourgeoise quil a dû concéder dans un rapport de forces données, notamment en Europe occidentale, pour garantir sa domination constituent aujourdhui, dans un rapport de forces bien plus défavorable pour le monde du travail, une entrave politique, un ralentisseur, à son besoin intrinsèque de maximisation des profits. Le capitalisme français en particulier est handicapé, face à la concurrence mondialisée, malgré laide de lUE, par ses difficultés politiques nationales à liquider les acquis sociaux et démocratiques de notre peuple. Communistes, nous ne sommes pas du tout des partisans de la démocratie bourgeoise dont nous avons analysé théoriquement la rasions dêtre. Aujourdhui, sa remise en cause se situe sur le front de la lutte des classes en France. Le capitalisme na pas la force de placer tout de suite notre pays sous dictature. Létat durgence, la répression des mouvements sociaux, la multiplication sous tous les prétextes des milices privées et des systèmes de surveillance y tendent cependant dangereusement. Le capitalisme en est au stade, dans les pays occidentaux, de vider de leur sens les acquis démocratiques. Nous devons lutter contre lexclusion des masses de la vie politique. Labstention (la non-inscription même sur les listes électorales) peut être un acte politique ponctuel justifié. Mais son inscription dans la durée, jusquà lindifférence, est dangereuse. La meilleure façon pour nous de sopposer à cette tendance est de redonner son sens au vote communiste. Il nous faut évaluer également les effets de léclatement du débat public et de linformation avec les nouvelles technologies de la communication. Les référents communs, comme le JT ou la presse quotidienne, seffacent. Avec internet, la hiérarchisation de linformation est remise en cause ouvrant à de nouvelles récupérations politiques, parfois extrémistes voire sectaires (théorie du complot). Lidéologie dominante sait aussi multiplier les débats de diversion, notamment lorsquils renvoient les uns et les autres vers des identités ou des catégories présumées. Nos congrès précédents ont consacré beaucoup de temps aux questions « sociétales » notamment. La plupart méritent une position politique du Parti mais sans que jamais elle ne soit coupée des enjeux de classe profonds et des questions économiques et sociales. Pour les capitalistes, plutôt le FN que le PCF Cest le cas pour la plus grave des positions de diversion quencourage lidéologique dominante : la division entre les travailleurs par la xénophobie et toutes les formes de racisme. Le recours par le système à lextrême-droite remonte à 30 ans en France (alors directement par le PS) mais il est passé depuis 2012 à un nouveau stade. La montée de lextrême-droite ne se limite pas quau FN en France. A défaut pour linstant nous devons vérifier et réviser sans cesse la validité de ce constat dun parti fasciste de masse, des mouvements ultraréactionnaires, ou étroitement catégoriels (néo-poujadistes) ont envahi les rues ces dernières années et des groupuscules ouvertement néofascistes se manifestent plus bruyamment. Le mouvement est général dans les pays occidentaux mais prend des formes différentes suivant la force des traditions antifascistes et les besoins du capitalisme national (nous devons notamment étudier attentivement la poussée électorale récente du parti AfD et la signification des manifestations de rue antiimmigrés, anti-musulmans du mouvement « Pegida » en Allemagne). En France, le FN, dans toutes ses composantes, continue plus que jamais à dévoyer et détourner les colères populaires vers la haine. Mais le nouvel appareil dirigeant de ce parti a fortement augmenté la démagogie sociale dans son discours et la associée de façon nouvelle à un positionnement économique étatiste et technocratique. Le système a décidé de pousser des franges beaucoup plus larges de la population, et notamment de la classe ouvrière, vers le FN et son organisation . La promotion éhontée du FN, érigé en opposant principal à la politique gouvernementale, par Valls notamment dans la dernière campagne électorale des régionales dépasse le calcul politicien à court terme. Nous devons mesurer attentivement la portée de deux prises de position récentes : lappel solennel du président du Medef, Gattaz, à faire front contre le FN avant les élections régionales, la déclaration très calculée de Hollande comparant le discours du FN « à des tracts du PCF des années 70 ». Cette déclaration insultante pour nos camarades a suscité notre indignation générale. Il nous faut analyser en même à quel point le pouvoir essaie de valider et crédibiliser la démagogie sociale du FN en lassociant à notre histoire. Mener le combat anticapitaliste est la meilleure arme contre les fascismes Laxe de notre riposte au FN est la dénonciation de sa nature de classe au service du patronat et du capital par, en priorité, notre expression et notre action dans les entreprises, les quartiers et les campagnes, dans les luttes . Pour autant, cette position passe par le refus, largement exprimé par dautres, de la banalisation du FN. Nous défendons sans relâche lhistoire et lactualité de lantifascisme. Nous ne tolérons aucun racisme, y compris dans nos rangs, en suivant le slogan toujours juste : « un raciste est quelquun qui se trompe de colère » . Ce refus de la banalisation du FN ne se confond en rien avec une « union sacrée », sur nimporte quelle base contre lui. Il nest pas question pour nous de combattre le FN main dans la main avec le Medef ! Certaines positions « unitaires » récentes, notamment intersyndicales, opposant par exemple les soi-disant idéaux de « paix et de coopération » qui auraient présidé à la « construction de lEurope » relèvent du parfait contresens ou de la tromperie dangereuse. Lopposition au FN ne saurait servir de prétexte à valider lUE du capital qui porte intrinsèquement la mise en concurrence des peuples. Nous avons été confrontés et nous allons être confrontés à la question de notre attitude au second tour des élections. Elle est piégeuse. Ne la laissons pas être structurante, diriger nos positionnements, notamment contre le FN. En rabattre sur nos positions anticapitalistes pour ménager des alliances électorales défensives contre le FN serait un parfait contresens. Au contraire, plus nous seront forts et clairs dans le combat anticapitaliste, dont la lutte contre le FN fait partie, plus nous serons à même déchapper au piège électoral . Le moment venu, à partir de ce positionnement sans concession, nous pourrons faire la part des choses entre, dun côté, limpossibilité de cautionner, au nom de la lutte contre le FN, ceux dont la politique fait son lit et, de lautre, lenseignement historique quil ne faut laisser aucune tête de pont institutionnelle aux fascistes. Dans le refus de la banalisation du FN, un exemple mérite dêtre discuté au congrès. Lentreprise SAPAG, à Ham dans la Somme, produit des valves pour la grande industrie. Elle était menacée de fermeture imminente cet hiver par la multinationale qui la reprise (elle est toujours dici deux ans). Lintersyndicale a interpellé les élus de tous bords et organisé une réunion publique. A la tribune, se sont retrouvées toutes les étiquettes politiques dont le FN. Lorsque le FN est intervenu, avec un discours étudié en direction des salariés, personne de la tribune, pas même les élus communistes, na bronché. Seuls dans la salle, les représentants de la section voisine du PCF de Saint-Quentin ont manifesté ostensiblement leur refus de cette situation, entraînant un débat avec les ouvriers. Cette dernière position doit être tenue systématiquement et lorganisation du Parti doit donner le plus de moyens aux camarades pour la tenir. Faisons éclater les contradictions entre la démagogie sociale et la nature de classe du FN ! Lorsque les salariés dAir France ont été sanctionnés, placés en garde à vue, après une lutte pour leur emploi, Philippot et Le Pen se sont rangés dans le camp des patrons. Il est impossible pour eux, sous peine de contrarier leur 24 base bourgeoise, de ne pas dénoncer les grèves ouvrières, les manifestations pour les retraites ou le code du travail. En bref, face au FN, soyons le mieux communistes possible ! Les nouveaux mouvements radicaux : crétins utiles du système Devant la crise de sa démocratie bourgeoise, le système encourage aussi lémergence dune social démocratie de « gauche ». Il en a besoin pour contenir lopposition populaire notamment du « peuple de gauche » attaché aux acquis sociaux et démocratiques. La vie politique reste formatée par les expériences comme lUnion de la gauche. La social-démocratie « de gauche », un certain gauchisme aussi, sont beaucoup moins stigmatisés que le point de vue révolutionnaire communiste, qui plus est en plein effacement depuis des années. Nous allons à la rencontre des aspirations que nous partageons de ce « peuple de gauche », aussi des couches moyennes en voie de prolétarisation et de paupérisation. Mais nous devons y aller sur une base de classe, sur des objectifs de lutte. Nous développons à plusieurs reprises, dans ce texte de congrès, la thèse que le PCF ne doit pas seffacer plus encore dans cette illusion, dans une nouvelle illusion, une nouvelle tromperie social-démocrate de « gauche », même teintée « dindignation ». Lanalyse de la situation politique dans dautres pays létaye. Aux États-Unis, symétriquement au succès dans les primaires du candidat populiste de droite extrême Trump, on assiste à lémergence de Bernie Sanders, sénateur indépendant, qui se prétend « socialiste », dans les primaires démocrates avec Hillary Clinton. Sa promotion médiatique est par elle-même le signe, comme celle de Trump, de lépuisement du système politique américain et daspirations réelles à des changements sociaux, même si Sanders recueille principalement un soutien dans la petite bourgeoisie intellectuelle. Mais il ny a aucune illusion à se faire sur Sanders. Ce « socialiste » exclut lappropriation publique des moyens de production privés. Ses références sont Roosevelt ou Truman. Son directeur de campagne est celui qui a organisé la campagne dAl Gore en 2000. Sur les questions très contestées des interventions américaines à lextérieur, il les a quasiment toutes approuvées. Il est clair que la candidature Sanders est le moyen de canaliser l'aspiration au changement pour renforcer la candidature dHillary Clinton, représentante directe de limpérialisme US. Au Royaume-Uni, Jeremy Corbyn est certainement le dirigeant du Parti travailliste le plus à gauche depuis 30 ans. Son élection est également un signe de crise de ce parti et du bipartisme britannique traditionnel. Pour autant, Corbyn est député depuis 28 ans et est un cadre du Parti social-démocrate le plus inséré historiquement et institutionnellement dans la collaboration de classe. Il peine à rassembler le Labour sur ses positions courageuses contre les bombardements en Syrie ou pour le désarmement nucléaire. Il recule sur ses positions hostiles à lUE et appelle maintenant à voter pour le maintien du Royaume-Uni dans lUE au référendum de juin. Comme si le rôle que le système lui aurait dévolu était dempêcher lémergence dune position de gauche de rupture avec lUE. En Espagne, le parti Podemos a canalisé, avec pour linstant des succès électoraux, la contestation qui sest exprimée notamment dans le mouvement diffus des « Indignés » ou dans la volonté de renouvellement politique manifestée, entre autres, par le changement déquipes municipales dans les villes principales. Mais la nature opportuniste et politicienne de Podemos se révèle vite malgré la mise en scène dune « nouvelle façon de faire de la politique » par son leader Pablo Iglesias. Non conformisme, «happening », « cyberdémocratie » dun côté, mais négociations politiciennes très traditionnelles, recrutement hautement symbolique sur les listes électorales de lex général en chef de larmée espagnole et de 25 lOTAN de lautre. En fait de modernité, Iglesias sapplique, en populiste, à mettre en avant sa personne, à rejeter la forme parti, à dénigrer le Parti communiste espagnol. Le Grèce de Syriza et de Tsipras fournit lexemple le plus abouti du rôle de ces nouvelles formes politiques « radicales » et réformistes dans le système. Cest le seule pays où lune delle est arrivée au pouvoir. Le cas grec est devenu, encore plus en 2015, un sujet politique international. Cette expérience attire dautant plus notre attention que Tsipras, dirigeant du PGE, a été et est toujours érigé en modèle par Pierre Laurent, ces dernières semaines encore, malgré laccord UE/Turquie odieux contre les « migrants » qua préparé et défend Tsipras. La Grèce présente plusieurs particularités. Le retard de développement de son économie dans la zone euro, le niveau de corruption de son appareil politique traditionnel, notamment du Parti socialiste Pasok, ont fait subir à son peuple, encore plus gravement quailleurs, la dernière crise « financière » du capitalisme après 2008. Sa position géostratégique en fait un élément indispensable à lOTAN. Les luttes sociales ont été fortes en nombre et notamment orientées par le Parti communiste grec (KKE) et le syndicat PAME suivant une ligne anticapitaliste conséquente. Les puissances capitalistes européennes et américaines avaient donc encore plus de raisons dempêcher une rupture de ce pays avec leuro et lUE et le précédent quelle aurait représenté. Depuis le départ, nous disposons de faits et danalyses précis, notamment apportées par le KKE, sur la nature opportuniste et la ligne réformiste de collaboration de Syriza, malgré limage de « radicalité » diffusée par lidéologie dominante. Ensemble hétéroclite de petits groupes politiques, Syriza est devenue lusine de recyclage de la social-démocratie. Le système avait besoin dune nouvelle force dopposition tant les partis dalternance traditionnels, le PASOK totalement discrédité et la droite, se confondaient aux yeux du peuple. Vers 2010, le système pouvait craindre que la colère et les luttes populaires contre le gouvernement Pasok et la droite, tous deux pro-UE, débouchent sur une rupture avec lUE. En quelques années dattention particulière de la « Troïka » (UE, BCE, FMI), Syriza a pu monter en puissance à la fois comme force nouvelle prétendument dopposition « radicale » mais fidèle à lUE et leuro. Sa réalité a éclaté dès sa victoire électorale de janvier 2015. Tsipras noue aussitôt une coalition avec un parti libéral et raciste de droite extrême (ANEL), donne des gages à lEglise, larmée et aux armateurs. Il renforce ensuite lintégration dans lOTAN et sallie de façon inédite avec Israël. Les mois de laborieuse négociation, début 2015, avec lUE, la BCE et le FMI se confirment être rétrospectivement un travail politique de pédagogie de la résignation. Il débouche en juillet sur lacceptation du pire plan antisocial infligé à un peuple dEurope capitaliste depuis 1945. La porte est ouverte à un retour direct de la droite au pouvoir et à une poussée fasciste, encore davantage avec la gestion désastreuse de la question des « migrants ». Lutilité politique de lexemple grec et de Syriza pour le capital vaut, comme école de la résignation, pour toute lEurope. Nous soumettons ces faits et analyses, désormais peu contestables, au 37 ème congrès et proposons que le congrès acte une rupture avec Syriza et un rétablissement des relations officielles entre le PCF et le KKE et invite notamment ce dernier à la Fête de lHumanité 2016. Moins flambante que la tromperie du réformisme « radical », la seule voie pour des communistes conséquents, cest la reconstruction dun parti de classe sur des analyses rigoureusement anticapitalistes.
Edité le 10-04-2016 e 15:57:10 par Xuan
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| Posté le 10-04-2016 à 15:54:21
| VI Reconstruire le parti de classe, redevenir le parti de la classe ouvrière Redevenir le parti des exploités, des petites gens, des travailleurs 99% de la population mondiale possède autant que lautre 1%. Le chiffre affiché par lONG multinationale Oxfam fait florès. Il traduit symboliquement, moralement, au-delà de la méthode de calcul, la dynamique profondément inégalitaire du capitalisme. Ce nest pas non plus une découverte. Que 99%, peut-être même 100%, certains à leur insu, des femmes et des hommes vivraient mieux sous un autre système que le capitalisme, cest probable. Le slogan « lhumain dabord » traduisait cette indifférenciation. Même Serge Dassault est humain après tout. Mais que 99% aient également intérêt et soient également en situation dagir pour combattre et renverser le capitalisme, cest évident que non. Penser le contraire, cest penser un parti petit-bourgeois sous lemprise de lidéologie dominante. Quand le Front de gauche réalise des résultats électoraux supérieurs dans des arrondissements bourgeois de Paris que dans des villes à tradition ouvrière de banlieue ou de province, cela pose question. Comme beaucoup de communistes, nous sommes sidérés devant les explications de dirigeants qui estiment que le message « exigeant » du Front de gauche est mieux compris par les couches plus éduquées et plus « politisées ». Quelle amnésie (volontaire?) concernant notre propre histoire ! Une force historique de notre parti est davoir été le Parti de la classe ouvrière, davoir été loutil dune intervention politique directe et de haut niveau de centaines de milliers de ses représentants, ouvriers, employés, paysans, femmes au foyer. Cette originalité unique dans notre pays est pratiquement effacée . Lévolution des conditions dexploitation, des formes de travail, de la vie sociale y sont pour quelque chose. Le travail de destruction de la direction du PCF depuis la « mutation » de 1993 en est grandement responsable avec la suppression formelle après avoir cessé dalimenté leur activité - des cellules, de lactivité à lentreprise, aussi de la plupart des CDH et de la remise de carte annuelle etc. Nous nous sommes sans doute trop interrogés, à partir des années 70, sur les contours de la classe ouvrière alors que le capital faisait évaluer rapidement les conditions du travail proprement ouvrier en France. Avec le renforcement de linstitutionnalisation du Parti et son premier affaiblissement cela constitue un ensemble, une histoire que nous devons étudier. Mais pour nous aujourdhui , sans nier le besoin dune actualisation théorique, il est clair que la classe ouvrière, suivant la mise en évidence de son rôle historique par Marx, se définit, parmi ceux qui nont que le travail pour vivre , par un niveau dexploitation, un niveau objectif dintérêt à renverser le capitalisme, par une position dans la création de plus-value, par des formes de travail plus propres au développement de la conscience de classe. Reconstruire à la base, au plus près des problèmes et des luttes A ce 37 ème congrès, nous voulons faire connaître et partager des expériences de sections du PCF, un peu partout en France, qui sefforcent de faire vivre, revivre ce parti de classe, de reconstituer des cellules, 27 cest-à-dire de reconstruire le PCF, conformément à ce quil continue à représenter dans le pays, dans son histoire, dans son inconscient collectifs, tel que de plus en plus de travailleurs, de syndicalistes, de jeunes lattendent et le recherchent. La question de forme, de structure est indissociable de la question de fond, des positions politiques. On comprend aisément que lon ne conçoit pas le même parti dans une réunion le soir sur la répartition des places aux régionales entre composantes du Front de gauche et une discussion le midi, brève et furtive bien que patiemment organisée, au self sur la situation de son entreprise. Reconstituer le Parti dans les quartiers , ce nest pas du moins pas seulement venir en tant quélu ou candidat offrir sa compassion ou mieux son aide, certainement pas non plus utiliser le clientélisme façon PS. Reconstituer le Parti à lentreprise, ce nest pas jumeler, suivant une courroie de transmission qui na pas lieu dêtre, directions réformistes du parti et du syndicat. Les travailleurs en lutte ont raison dutiliser toutes les tribunes. Mais linstrumentalisation des luttes dans les meetings électoraux « pour faire bien », ou de certains militants recrutés sur les listes relève de la démagogie et du mépris. Le recul du point de vue communiste pèse lourdement sur lorientation des syndicats de tradition révolutionnaire. Les bons militants communistes marchent sur deux pieds le syndical et le politique, cest bien connu. Le renforcement et la diffusion danalyses de classe communistes sont une priorité, y compris dans notre conception du mouvement syndical, de son rôle spécifique et de son indépendance. Ce que les communistes peuvent et doivent développer, aussi pour se renforcer pour faire adhérer sur des bases de classe, cest en priorité la traduction politique des préoccupations immédiates, la prise en main collective des problèmes, la construction de luttes, même petites. Dans les grandes entreprises et les services publics, un début de fonctionnement en réseau entre camarades (et sympathisants) commence à se réinstaurer pour diffuser des analyses de lutte . Les nouveaux moyens de communication permettent déchanger plus facilement des tracts, des journaux de cellule ou de quartier, des modèles daffiches. Nous voulons donner une nouvelle impulsion à ces échanges à loccasion du congrès. Il est significatif quil faille remettre aujourdhui dans un texte de congrès national le contenu de ce qui était historiquement des formations élémentaires et fédérales du Parti. La formation des communistes est capitale. La demande est forte des jeunes adhérents et dautres. La liquidation de nos outils, exceptionnels, de formation dans les années 90 a été scandaleuse. Des expériences nouvelles de formation se développent. Il faut les valoriser, en particulier celles qui font le lien entre nos fondamentaux théoriques et les luttes présentes. Cest une préoccupation majeure pour lavenir du Parti. Exiger des dirigeants de notre parti et de nos élus qu'ils mènent la lutte des classes à leur niveau Ce travail de reconstruction du PCF peut-il se faire dans lindifférence devant la gouvernance de lappareil par la direction et ses dérives réformistes et politiciennes ? Bien sûr que non ! Cest pour cela notamment que nous intervenons à ce congrès pour sortir le parti du scénario mortifère des primaires. A trois reprises en dix-huit mois, notamment grâce aux interventions des initiateurs de ce texte, les communistes ont évité le pire. 28 En juin 2014, alors quAndré Chassaigne avait approuvé les amendements à la « réforme » ferroviaire et sétait abstenu sur larticle le plus grave de la loi, une pétition rapide a garanti un vote contre de la part des députés communistes. Sinon, le PCF risquait dêtre totalement discrédité dans cette entreprise capitale dans la lutte des classes en France. En juillet 2015, P. Laurent et A. Chassaigne annonçaient leur intention de voter au parlement pourle plan antisocial imposé par lUE et Tsipras au peuple grec. En partie grâce à une pétition en deux jours, leur vote sest heureusement inversé. Comment lutter contre laustérité en France quand on lapprouve en Grèce ? En novembre 2015, la forte réaction des communistes après ladhésion des mêmes dirigeants à lunion sacrée après les attentats, état durgence compris a infléchi le vote de certain sur sa prolongation puis la position contre la déchéance de nationalité. Faire vivre, renforcer le PCF doit se faire avec, sans ou même contre sa direction, comme lavait exprimé le grand résistant André Tollet à une conférence de presse en 2000. Cest toujours et plus que jamais notre conviction. Être le parti davant-garde socialiste ne se décrète pas mais cest un objectif, même exigeant. Lorsquune lutte échoue, nous ne disons pas que cest la faute des travailleurs (combien de fois pourtant lentendons nous ?), mais nous nous demandons ce que nous navons pas réussi à faire et comment nous pourrons faire mieux pour la suite. Au 36 ème congrès, un mouvement sest fait entendre pour la préservation du symbole du Parti, celui des travailleurs, la faucille et le marteau. Nous avions dénoncé leur suppression des cartes du Parti, transformées en carte du PGE (alors que les adhérents du PCF ne sont pas membres personnellement du PGE). La direction a été bien en mal dexpliquer aux médias la mise au placard du symbole historique. En 2014, faucille et marteau sont réapparus, même si cest en minuscule, sur les timbres de cotisants. Communistes, sachons utiliser cet identifiant fort en grand. VII Redonner son nom à notre projet de société : le socialisme La mutation et le Front de gauche sont morts : place au socialisme ! Face à loffensive massive du capitalisme, la notion de socialisme revient en force un peu partout. Le socialisme est de nouveau synonyme dalternative au système, même si le mot est souvent vidé de son sens comme dans la campagne présidentielle du sénateur américain Bernie Sanders qui se dit socialiste mais exclut lappropriation sociale des moyens de production privés
Très longtemps, le PCF a incarné cette alternative, le seul à la porter dune façon théorique cohérente, sappuyant sur le marxisme-léninisme, sur les expériences nées de la Révolution doctobre et sur lhistoire du mouvement ouvrier français. Après la victoire de la contre-révolution à lEst, sa direction a décidé deffacer la perspective socialiste et, avec elle, la perspective même de rupture révolutionnaire, refoulant toute notion détape vers le changement de société. Le socialisme a été abandonné en 1996, avec la « Mutation ». Cest lépoque où Robert Hue, de la même façon que ses successeurs, reprend à son compte toute la propagande antisoviétique de lidéologie dominante. Avec le Front de gauche, la direction a dépassé la « visée communiste » pour la remplacer par « lhumain dabord » , qui selon son programme « nexprime pas seulement une préférence morale mais dit aussi sa stratégie contre la crise » et « vise lintérêt général
face à la domination des marchés financiers ». Effectivement, cela na plus rien à voir, même de loin, avec le socialisme et le marxisme. Pour notre parti, le PCF, le mot « socialisme » a une signification historique trop forte pour être déformée à lenvie, encore aujourdhui. Notre conception du socialisme charpente nos luttes En 1968, le Manifeste de Champigny reprenait ainsi notre conception du socialisme : « Le socialisme, cest tout à la fois la propriété collective des grands moyens de production et déchange, lexercice du pouvoir politique par la classe ouvrière et ses alliés, la satisfaction progressive des besoins matériels et intellectuels sans cesse croissants des membres de la société, la création des conditions propres à lépanouissement de chaque personnalité ». Nous jugeons nécessaire dexaminer à nouveau la perspective révolutionnaire aujourdhui , comme lhistoire des expériences socialistes du 20ème siècle, suivant cette définition, sans éluder aucundes questionnements des dernières décennies sur le socialisme. Certains révisionnistes ont porté lidée quil y aurait eu un socialisme non-démocratique et quil faudrait imaginer un « socialisme démocratique ». Mais pouvons-nous concevoir un socialisme qui ne soit pas démocratique à moins dêtre imparfait ou usurpé ? Pouvons-nous imaginer une démocratie réelle sans socialisme, cest-à-dire sans contrôle collectif des moyens de production ? Dautres tentent une expression astucieuse, « Le socialisme du 21 ème siècle », pour sépargner létude du 20 Cest impossible. Parlons plutôt de socialisme au 21 ème siècle ! La question du socialisme se pose concrètement dans nos luttes quotidiennes, dans notre conception de la propriété des moyens de production, des nationalisations en régime capitaliste, selon létat des rapports de classe, dans notre recherche détapes et de ruptures immédiates avec la politique du capital. Face à loffensive violente du capital contre les droits des travailleurs, le Parti Communiste Français doit faire face, assumer son héritage révolutionnaire, à limage des partis communistes de Grèce ou du Portugal, et sengager à nouveau résolument dans la construction du socialisme. Conclusion Préparer le centenaire de 1917 et 1920 Lhistoire du PCF fait partie de lhistoire du pays et imprègne profondément ses traditions de lutte. Nous en sommes fiers. Elle est un enjeu de lutte idéologique en elle-même. On se souvient de la tentative de récupération et de « décommunisation » de la mémoire de Guy Môcquet et de la résistance communiste par Sarkozy. Militants, nous entendons souvent des patrons ou des DRH nous dire quils avaient un grand parent communiste. Comme un courant de sociologues spontanés, ils nous expliquent volontiers que le parti a permis lascension sociale de certains ouvriers pendant les « trente glorieuses », que ça avait été bien, mais que cela correspondait plus à une situation individuelle, dans un cadre historique révolu, quà un engagement révolutionnaire
Quel révisionnisme ! Cette année, on fête le 80 ème anniversaire du Front Populaire. Certains prétendent placer sous ces auspices leurs initiatives de recomposition politique « à gauche » ou « à la gauche de la gauche », dont notamment les primaires. Imagine-t-on Cécile Duflot ou Arnaud Montebourg à la place de Blum ? Qui à la place de Maurice Thorez ? Et que donnerait la photo ? Ce que lon met moins en avant à propos du Front populaire, cest que linitiative dune unité antifasciste revient au parti communiste, que le Parti et son formidable essor sont le moteur des luttes ouvrières à lorigine des grandes conquêtes sociales de 36 . De son côté, Blum affichait sa loyauté aux possédants, abandonnait les Républicains espagnols. La majorité des parlementaires du Front populaire socialistes et radicaux pas Blum allaient voter les pleins pouvoirs à Pétain
Le patronat cible ouvertement les conquêtes de la Libération issues du Programme du Conseil national de la Résistance. Communistes, leur défense, celles des grands monopoles publics nationalisés, sortis des « grandes féodalités économiques », celle de la Sécurité sociale sont une de nos priorités. Mais, sauf le respect que lon doit aux représentants des autres courants de la Résistance, nous ne pouvons pas laisser dire aujourdhui que le programme du CNR est issu dune alliance nationale. Comme nous ne pouvons pas laisser dire que la paternité de la Sécurité sociale reviendrait à De Gaulle et non au Parti communiste, à la CGT et en particulier à Ambroise Croizat ! Non, le programme du CNR est issu du rapport de classe existant à la Libération, alors que la bourgeoisie, en tant que la classe, sétait discréditée dans la collaboration et était momentanément très affaiblie et le PCF à la tête de la classe ouvrière, seule résistante en tant que classe, était très renforcé. Il y a deux événements historiques dont personne ne disputera au PCF la commémoration : le centenaire de la Révolution dOctobre et le centenaire de la fondation de notre parti au Congrès de Tours en 1920. La direction du Parti depuis la Mutation 1993 a fait acte de repentance pour 1917 par la voix de Robert Hue. En 2008, Marie-George Buffet reniait à peu près tout le contenu du Congrès de Tours et déclarait: « Nous sommes au 21ème siècle, le monde a changé, les modèles se sont écroulés. Aussi, dans cette belle ville de Tours, si nous ne retenions de son célèbre congrès quune seule chose : le formidable espoir, cette énorme volonté politique de la part de nos camarades de construire une société meilleure. » Nous ne partageons pas ces positions de reniement. Nous continuons à penser que la Révolution dOctobre est féconde. Nous continuons à penser que la création, à lappel de Lénine, des partis communistes, suivant le nom du Manifeste de Marx et Engels, prolongeant lexpérience inaboutie de la Commune de Paris, la constitution dun parti de type nouveau, réellement un parti de classe, en rupture avec la collaboration de classe de la social-démocratie, restent dactualité dans une perspective révolutionnaire. Libres à des dirigeants actuels du PCF de penser le contraire. Mais nous leur faisons observer que lidentité du PCF se confond définitivement avec son histoire et sa naissance. Garder le nom « PCF », mais renier le principal de ce quil représente dans le pays, cest se condamner à disparaître. Cest ce que nous constatons, durement, non spécialement depuis 1989, mais depuis 1997 et le congrès de Martigues de 2000. Se renier et disparaître, ce nest pas notre choix. Assumer, même de façon impitoyablement critique notre histoire, pour la poursuivre, si ! Aussi, nous proposons que le 37 ème congrès du PCF lance, à loccasion du centenaire de la Révolution dOctobre, une vaste commémoration , des rencontres nationales, non pas un colloque dhistoriens choisis, mais une mise en débat général dans le Parti et au-delà de lhéritage et de lactualité de 1917 . Un politicien socialiste, Jean-Marie Le Guen, a prédit, goguenard, que le PCF ne fêterait pas son 100e anniversaire. Nous lassurons du contraire. Nous pensons que les travailleurs, notre peuple ont besoin du Parti communiste français. Nous savons que le besoin ne suffit pas à lexistence du PCF. Le PCF doit donner la priorité au rassemblement dans les luttes et redevenir un parti de classe Notre texte est un appel à faire vivre, à renforcer, à reconstruire le PCF
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 10-04-2016 à 23:54:09
| Le projet présenté par Corinne Becourt présente des similitudes avec le projet faire vivre. Quelques remarques en positif et en négatif. Une critique bienvenue de lélectoralisme, des combinaisons politiciennes du Front de Gauche, et de lalliance sans principe avec la « gauche », conduisant à la liquidation du PCF. Lappréciation « la gauche a trahi » est erronée. Elle oublie lhistoire du parti socialiste, qui a trahi dès la guerre de 14, justifiant alors la création du parti communiste au Congrès de Tours. Le paragraphe « le capitalisme na plus besoin de démocratie », peut être encore un peu en avance sur les faits, reflète la fascisation en cours et le double jeu pratiqué avec le FN. Les institutions actuelles entravent en effet la course aux profits et les réformes anti sociales. La gauche radicale est aussi critiquée à juste titre. Le projet « reconstruisons le parti de classe » soppose également à la construction européenne et rejette les solutions réformistes. Le document insiste aussi sur la priorité aux luttes et insiste sur le caractère de classe du parti communiste. La reconstruction dun parti communiste est inséparable de la lutte des classes et les deux sont effectivement liés. Il étudie la crise de lagriculture qui est une conséquence directe des contradictions du capitalisme. De ce point de vue la cause principale ne se trouve pas à létranger mais bien dans la domination des monopoles français de lindustrie agro-alimentaire et de la grande distribution, ce que le projet ne relève pas. Enfin lobjectif de la société socialiste et le retour aux principes marxistes-léninistes sont affirmés. Sur de nombreux points lunité de pensée peut progresser parmi les communistes opposés à la ligne révisionniste, au sein du PCF mais aussi parmi les marxistes-léninistes qui lavaient quitté, en furent exclus, ou avaient déjà tenté de reconstruire un parti communiste. Sur certains sujets le débat doit se poursuivre. > Le document insiste sur la nature démocratique du socialisme. Cest une question importante et un combat nécessaire, en opposition avec la campagne anticommuniste déclenchée particulièrement depuis les années 70 et sappuyant sur la dégénérescence révisionniste de lURSS. Cependant la démocratie socialiste na aucun compte à rendre aux exploiteurs à propos de lindispensable dictature du prolétariat qui devra sexercer sur eux. La démocratie socialiste et la dictature du prolétariat sont inséparables et se conditionnent mutuellement. Il est regrettable que le texte « reconstruisons le parti de classe » nen parle pas. > Le projet « reconstruisons le parti de classe » revendique aussi la nationalisation des secteurs clés de léconomie « dans lesprit des nationalisations démocratiques de la Libération ». La notion de nationalisation démocratique est une vue de lesprit et na rien à voir avec la conception marxiste. Cette position qui reprend des thèses réformistes sur la possibilité de nationalisations démocratiques en système capitaliste se trouve en contradiction avec la dénonciation du réformisme par ailleurs. > Enfin le document affirme que « Le capitalisme mondialisé cest la guerre » et dénonce particulièrement les méfaits de limpérialisme US. La menace réelle que fait peser limpérialisme US existe parce quelle soppose à lémergence des nations et des peuples. Elle soppose aussi aux intérêts impérialistes européens. Il sagit là dun aspect spécifique de limpérialisme à notre époque et depuis la chute de lURSS, qui est lhégémonisme des USA. Ceci nest pas assimilable à la mondialisation, y compris capitaliste car celle-ci ne concerne pas spécifiquement les USA mais lensemble des pays, des puissances impérialistes de second rang, des pays émergents et opprimés. Que les anciennes colonies aujourdhui indépendantes utilisent le commerce et la finance capitalistes ne change pas sur le fond les rapports de domination mais exprime sous une autre forme la poursuite de leur lutte anti impérialiste. On ne peut comprendre les derniers conflits en Libye, en Ukraine et en Syrie séparément de ces contradictions et en se contentant de la notion de « capitalisme mondialisé ». > Concernant la Chine le projet « reconstruisons le parti de classe » affirme quelle « présente les traits dune puissance impérialiste » et assimile indistinctement ses dépenses darmement à celles de la France ou des USA. Dans la contribution à la critique de léconomie politique, Marx indique « Une formation sociale ne meurt jamais avant que soient développées toutes les forces productives auxquelles elle peut donner libre cours ». Or limpérialisme na jamais permis au capitalisme chinois de développer les forces productives et le socialisme chinois, au cours de sa première phase, lui laisse cette possibilité sous le contrôle de la dictature du prolétariat. On lira par exemple sur Qiushi : Travail idéologique dans les entreprises non publiques (malheureusement trad. automatique) Les faits montrent que la situation du peuple chinois saméliore et que face à la crise mondiale de surproduction, au lieu de laustérité, la Chine développe la consommation intérieure, la hausse des salaires et la protection sociale. La Chine est socialiste au même titre que Cuba et son armement soppose à lencerclement US. Le document « reconstruisons le parti de classe » nanalyse pas dun point de vue léniniste les contradictions mondiales et défend ici des thèses développées par les officines trotskistes, et largement reprises par la propagande bourgeoise, notamment par la feuille atlantiste et anti sociale « le Monde ». Cette position « gauchiste » aboutit à mettre limpérialisme US et la Chine socialiste dans le même sac et détourne la lutte impérialiste de son but fondamental actuel consistant à briser lhégémonisme US. Cette divergence ne se résoudra pas rapidement. Les groupes marxistes-léninistes sont aussi divisés sur ce point depuis la controverse sino-albanaise. On se souvient que lAlbanie socialiste navait pas résisté à loffensive anti communiste des années 80 et 90, et se trouve aujourdhui dans le giron de lOTAN, sans que les positions du PTA naient été remises en question. Il existe pourtant un lien de cause à effet au même titre quentre la dégénérescence révisionniste et la restauration du capitalisme en URSS. Nous invitons les camarades à poursuivre le débat et la remise en question du révisionnisme sur les questions en suspens, y compris sur les questions internationales. Avec les luttes de la classe ouvrière, le débat fraternel pour lunité des communistes sur la base des principes marxistes-léninistes, est lautre élément essentiel de la reconstruction du parti révolutionnaire du prolétariat.
Edité le 11-04-2016 e 00:02:23 par Xuan
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 11-04-2016 à 00:00:39
| Je ne reproduis pas ici les courriers qui ont accompagné la publication du texte de Paris XVe. Il apparaît que sa fonction fondamentale consiste à diviser l'opposition à la direction révisionniste.
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| | marquetalia | | Grand classique (ou très bavard) | | 9697 messages postés |
| Posté le 11-04-2016 à 08:30:16
| "elle s oppose aussi aux intérêts impérialistes européens";à méditer.ainsi,la guerre au Rwanda et dans l ex Zaire a sans conteste ete une confrontation entre usa et France.dans les Balkans,Clinton a fait pression sur les Croates de Herceg Bosna pour s allier avec les Bosniaques au sein d une fédération pour briser l élan de l Allemagne,qui voulait créer une Grande Croatie d où auraient ete expulsés les orthodoxes et les musulmans.par contre,au Sahel,les intérêts us et Français convergent,dans le cadre de la dite"lutte contre le terrorisme".
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 14-04-2016 à 23:48:43
| NB : le texte "Reconstruire le PCF" de Paris XVe est publié ci-dessus. C'est celui-ci qui est accusé de constituer une division puisqu'il a été publié à la dernière limite, malgré des discussions pour un projet commun avec le réseau faire vivre. Outre l'apparition de tendances, il s'agit d'une manifestation de l'esprit de scission. Sur le Venissian - extrait : Le sens du vote pour la base commune Avec le texte validé par le Conseil National, cela fera 5 textes, un casse-tête qui peut décourager pas mal de camarades. Cinq textes sont soumis au vote des communistes : > Deux de la direction : un pour la continuité proposant des primaires, un pour défaire le PCF >Deux textes de tendances
Contre lémiettement, nous proposons un texte pour unir les communistes ! "Le temps du commun" et "lambition communiste", deux textes dune direction divisée, voudraient nous obliger à choisir entre le soutien à une candidature socialiste ou labsorption du PCF dans un Front de gauche devenu nouvelle force politique ; cest leffacement refusé en 2007 qui continue ! Le texte de la Riposte fait vivre à chaque congrès une force extérieure au PCF, affiliée à une organisation internationale trotskyste. Le texte "Reconstruire le PCF", frappé du sceau du secret et rendu public in extremis, ne se sépare du nôtre que sur le refus dunir les communistes. Cest un texte qui brouille les cartes pour ceux qui veulent "Faire vivre et renforcer le PCF" ! Cette multiplicité de textes sinscrit dans la volonté de la direction de mettre en place les tendances, cest pourquoi plus il y en a, mieux cest pour elle. Les risques dexplosion-délitement du PCF sont réels et nous ne les favoriserons pas. Notre texte veut construire. La force que nous donneront les communistes sera un facteur dunité et de résistance contre les forces de liquidation et de destruction à luvre dans le PCF, une force pour dire « continuons le PCF, gagnons le pari de son existence et de son influence avec les travailleurs et les quartiers populaires face au capitalisme ».
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 17-04-2016 à 23:52:03
| Ci-dessous, un intéressant courrier du camarade Daniel Rougerie. On notera que les tribulations de Finkielkraut place de la République confirment ce qu'il dit au sujet de la démocratie : la démocratie bourgeoise consiste à donner la parole à la bourgeoisie, à ses représentants et à ses lèche-culs. Et gare si on rabaisse leur caquet ! Aussitôt on nous joue le grand air de l'insupportable dictature. Eh bien justement reparlons de la dictature, et de celle "infiniment plus démocratique" du prolétariat. "... je ne suis pas intervenu dans le débat sur la préparation du congrès du PCF, parce qu'il me semble illusoire et voué à l'échec. Les débats de congrès ne sont jamais victorieux si la victoire n'a pas été acquise avant ! Et c'est loin d'être le cas. D'autre part, le vu de création d'un Parti Communiste, en unissant ce qui traine de militants se réclamant du marxisme-léniniste, ne me semble pas pertinent. D'ailleurs, malgré les affirmations de volonté de convergence, les divergences l'emportent ! Dans la période actuelle, qui n'est d'ailleurs pas si défavorable que ça, la question de la démocratie (bourgeoise) est sans doute déterminante. La démocratie est au capitalisme ce que le catholicisme était à la féodalité : son soutien le plus ferme ! Le peuple a bien compris le problème en s'abstenant massivement, comme au 18° il avait bien compris le rôle de la religion en s'abstenant d'aller à la messe ! La pratique sociale du peuple est plus forte que les supputations électorales de nos amis ! Tout ceci non développé, et sans polémique ! Amitiés DR"
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 01-05-2016 à 23:00:38
| Deux textes sur la situation dans le pcf et les propositions pour éviter sa liquidation. Le réseau faire vivre publie deux textes de Paul Barbazange et Danielle Bleitrach, ci-dessous, tous deux destinés à la rencontre de Vénissieux du 30 avril. Le texte signé Danielle Bleitrach appelle à l'unité des communistes, et il est vrai que cette unité est indispensable. Elle écrit : "Les camarades de la direction qui ont pris le risque de faire imploser le PCF doivent tout faire pour créer les conditions de lunité des communistes" . Or tout démontre que les dirigeants révisionnistes - préoccupés par leurs querelles internes - n'ont nullement l'intention de revenir sur l'abandon du marxisme-léninisme, de la dictature du prolétariat, du socialisme. S'ils créent les conditions d'une quelconque unité, elle sera imposée à tous ceux qui rejettent la dérive social-démocrate et réformiste de leur parti. Contrairement à ce que décrit Danielle Bleitrach les dirigeants du pcf ne sont pas des camarades susceptibles de corriger une ligne erronée dans un débat fraternel. Ce sont des ennemis de l'unité, des ennemis du communisme. Danielle Bleitrach ne veut pas "cliver les camps" . S'adressant à l'ensemble des membres du pcf l'appel à l'unité est compréhensible, cependant le clivage existe d'ores et déjà et se manifeste par les procédés mis en place par la direction révisionniste pour entraver toute forme d'expression démocratique, et elle en a fait encore récemment l'expérience. L'appel à l'unité sera inévitablement brisé par la direction et il faudra alors en tirer toutes les conséquences. Les communistes sincères dans le pcf n'ont pas d'autre choix que de combattre le révisionnisme moderne de manière ouverte, de la même façon que les communistes qui ont fondé le PCF ont combattu les dirigeants de la SFIO, dans une lutte sans merci.
__________________ PCF : Unir et agir face à des dirigeants qui ont pris le risque de limplosion
Samedi 26 mars 2016 sur pcf Un duo qui a laccent du sud, Danielle Bleitrach et Paul Barbazange se répondent ! Commençons donc par un texte de lami Paul Barbazange (Hérault) et son résumé de la situation et sur lequel je rebondirai
Unir les communistes et agir
Dans un mois de mars qui va je le souhaite se terminer par un grand 31 de luttes, de revendications, despoir avec une France en partie à larrêt, un vrai débat agite nombre de militants communistes. Tous perçoivent quavec la publication dun texte alternatif visant à la promotion de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle 2017, cest lavenir du parti communiste né à Tours en 1921, construit dans les luttes, les multiples histoires, parfois la douleur et le sang qui est en jeu. A un moment où des réponses audacieuses au capitalisme mondialisé sont nécessaires en France comme partout. Allons-nous dans les prochains jours céder face à léchéance des présidentielles parce que cest trop difficile ! Parce que cette présidentalisation quasi monarchique est organisée depuis 1964 par la bourgeoisie et le pouvoir personnel contre nous. Parce quà la majorité, nous avons choisi en 2012 comme représentant un Mélenchon, certes pétri de qualités dorateur de rudesse et dhabileté, mais avant tout socialiste mitterrandien. Parce que beaucoup dentre nous, combattants courageux de la lutte des classes, risquent un repli sur quelques bastions illusoires ? Un autre chemin est possible, nous en continuerons le tracé en marchant : celui du maintien en France dun vrai parti communiste de masse et de classe, ancré partout au plus près des exploités. Nous ne voulons pas vivre ce quont été les 6 mois de liquidation du parti communiste italien. Nos camarades et le peuple italien savent ce quil en coûte. Cest au fond ce que propose le texte alternatif "Unir les communistes" ; il était écrit avant une partie des derniers développements. Il est lhéritier des luttes et des textes qui ont vu le jour depuis léchec des huistes en 2008 dans leur tentative den finir avec le PCF. Il est plus que jamais dans lactualité. Deux tâches pour lheure : - Faire signer par les membres du parti le formulaire permettant sa prise en compte au congrès, récupérer partout les attestations de cotisation auprès des ADF. - Réussir une grande journée de lutte le 31 pour que lanticapitalisme de classe puisse à nouveau sexprimer avec force dici les présidentielles. Paul Barbazange
__________________ Empêcher les divisions et se donner une stratégie sur le long terme Ce texte, je crois correspond bien à lémotion que lon peut constater chez les militants. Ils préparent la manifestation du 31 et voient un gouvernement de gauche sentêter dans le démantèlement du code du travail et aller jusquà organiser la répression des lycéens. Face à cela, à leur colère, ils ont eu la stupéfaction de voir débouler deux initiatives anti-démocratique, celle de J.L.Mélenchon sautoproclamant candidat aux présidentielles et celle tout aussi invraisemblable de la mise en uvre de primaires avec les socialistes. Ce qui domine chez les militants, hier comme aujourdhui, cest une volonté de préserver loutil quest le PCF. Face à lexaspération populaire, celle de la jeunesse en particulier, un parti, un collectif conscient de ses responsabilités est indispensable. Un parti qui ne soit pas occupé par des jeux dappareil, des ambitions de sommet mais qui développe la solidarité partout et sengage dans une perspective politique nouvelle. Cest ce qui devrait distinguer un parti révolutionnaire. Mais au même moment sexercent dans le parti des forces destructrices dont certaines inconscientes. Au titre des aspects délétères, il y a non seulement laffaiblissement du parti, les échecs électoraux, le départ des militants, et pour couronner le tout des déclarations insensées, anti-démocratiques, comme lannonce des primaires suivi de la division de la direction. Cest pourquoi ce Congrès doit être réellement extraordinaire vu la gravité des enjeux, et la direction prend le risque de faire imploser le parti. Il ny a plus une base commune de la direction mais deux, celle de Pierre Laurent et celle de fait de Patrice Cohen-Seat autour du Front de gauche. Ainsi, le texte, dit base commune, dont les insuffisances sont manifestes, qui avait été voté à 90% par le Conseil National, il y a peu, est remis en cause de fait par les membres de la direction qui lavaient voté et il y a publication de deux textes disons officiels, ce qui consacre une des formes de la liquidation, un parti de tendance. Laccélération de la social-démocratisation sous des formes apparemment antagoniques mais qui vont dans le même sens, celui dune liquidation du parti soit dans une subordination au PS, soit dans laventure dune métamorphose repoussée par divers congrès, appliquée cependant et qui nous a menés à léchec. Donc il ny a plus de base commune votée par le Conseil National mais deux textes. Si cela devait se confirmer, notre propre texte qui a toute chance dêtre le troisième légitimé par le choix des adhérents savère le seul à poser la question dun parti révolutionnaire au Congrès ; il devra donc être proposé dans les mêmes conditions, publié et soumis à amendements. Mais il faut aussi, au-delà des textes, adopter un mode de travail dans ce Congrès, qui permette de rester sur le seul choix réel : faut-il un parti communiste qui dégage une perspective de transformation profonde de la société par un rassemblement majoritaire construit dans les luttes et les élections ? Quel parti ? Sa forme doit être déterminée par une unique question : favoriser lintervention populaire de ceux qui ont intérêt à ce changement. Les camarades de la direction qui ont pris le risque de faire imploser le PCF doivent tout faire pour créer les conditions de lunité des communistes et cela passe désormais par une vue beaucoup plus démocratique et ouverte sur lavenir dun parti révolutionnaire face au bouleversement du mode de production capitaliste dans lequel nous sommes aujourdhui : - Partir non des querelles de sommet, des ambitions personnelles de tel ou tel, mais de la souffrance, des difficultés quotidiennes que vit notre peuple français dans sa majorité comme dailleurs la plupart des autres peuples. - Reconstituer une relation à notre base naturelle, la classe ouvrière, les exploités, pour rassembler tous ceux qui ont intérêt au changement. - Se donner les moyens davoir un parti uni dans ses buts stratégiques et fort pourtant de sa diversité qui est celle de notre nation, dans son histoire comme dans son actualité, un parti capable de développer lintervention populaire vers le socialisme tel que le voudra la majorité. Un parti capable de toujours mieux développer une vision internationale de paix et de coopération. - Pour cela la première tâche est de dépasser les divisions actuelles et unir les communistes. Permettez-moi de parler de ce qui ma fait retourner au PCF. Nulle ambition, chacun sen doute, mais la conscience que se joue lidéal dune vie. Jai choisi dans le cadre du Congrès de soutenir la liste "Unir les communistes". Il y a deux originalités à laquelle je tiens dans notre démarche "Unir les communistes" : premièrement ne pas cliver les camps, se rendre compte que dans létat de confusion politique, non seulement des communistes mais de la société tout entière, des gens, voire des militants peuvent très bien se positionner pour un texte, voire pour un leader en période électorale, tout en aspirant sur le fond à tout autre chose et nous allons probablement vers des temps qui obligeront les individus à des choix. Et cest létat des nécessités auxquelles sont confrontées la classe ouvrière, ceux qui souffrent, la jeunesse qui doivent à chaque moment nous déterminer et pas les manuvres dappareil. Il faut également dès aujourdhui prendre conscience quil y a plus de communistes hors du parti que dedans. La rencontre de Vénissieux du 30 avril me paraît correspondre à cette nécessité. Un parti révolutionnaire ne se joue pas à chaque échéance électorale, surtout quand les élections sont justement conçues pour le marginaliser. Il doit certes ne négliger aucune échéance, ni électorale, ni des luttes, mais il doit les aborder dans une visée stratégique à long terme. Le texte "Unir les communistes" nest pas parfait, mais il est le seul à affirmer cette exigence dun parti révolutionnaire, communiste, dune manière non sectaire mais ouverte
Il invite les communistes à unir et à agir, ce qui va ensemble
Danielle Bleitrach
Edité le 01-05-2016 e 23:19:42 par Xuan
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 03-05-2016 à 23:16:18
| Sans illusion mais confiante dans l'avenir, Danielle Bleitrach : La réflexion du jour: le bien le plus précieux en politique, la confiance
. 03 MAI
Aujourdhui en fin de journée, je vais aller me plier à un rituel auquel je ne crois pas: je vais aller voter pour le texte du Congrès que je soutiens et qui sintitule « unir les communistes ». Jexpliquais dernièrement à un ami et néanmoins camarade: si je suis revenue au parti, cest une manière de « régulariser ». Je suis communiste, je lai toujours été, je suis convaincue par expérience que tant que que des conditions objectives de désintéressement, de fraternité ne seront pas réunies avec la fin de la propriété privée sur ce qui gouverne la vie de tous, les moyens de production, les êtres humains seront des loups les uns pour les autres. Jai la foi du charbonnier en ce qui concerne ce fait, jai beaucoup vécu, fait le tour de la planète, multiplié les expériences et je conserve cette conviction
Elle sest encore amplifiée avec la montée de ce quon appelle la crise et qui est la permanence de la dégénérescence dun système, le capitalisme à son stade de sénilité meurtrière avec y compris la menace dune guerre nucléaire et le retour de tous les fascismes. Donc je suis communiste depuis toujours et reprendre ma carte au PCF était simplement régulariser une situation, puisque pour le meilleur comme pour le pire, les Français reconnaissent encore les communistes dans ce parti. Mais cest un peu comme si un individu choisissait de se marier avec un vieil amant quil a aimé passionnément alors quaujourdhui le désir a disparu et que le promis na plus rien de séduisant. Ce nest pas ce lit conjugal là dans lequel je retrouverai les flammes dantan, il y a dans les structures telles quelles se décomposent sur place quelque chose de mort, je nose même pas y toucher tant je les sens fragiles, les individus malheureux et hargneux du moins dans ma fédération des Bouches du Rhône
Donc je vais aller voter, je le fais sans illusion, rien ni personne ne surveille les procédures, le secrétaire de section et la représentante de la fédé ont pris les choses en main, ils feront voter les morts. Alors que nous avons eu droit à une folie dattestation , de preuves pour faire entériner nos soutiens aux textes alternatifs, ceux-ci étaient donnés à dautres et ce sont les mêmes qui sans le moindre contrôle recueillent les votes. Je dirais que ceux-ci sont déjà prévisibles et que voter dans ces conditions est lescroquerie habituelle Ce nest pas daujourdhui que lon vote ainsi dans les bouches du Rhône, je sais à quel point dans cette fédération le bourrage des urnes est une tradition qui nest pas celle des communistes mais quils ont empruntée aux socialistes et quils sont fiers de pratiquer
Jai quitté le parti en 2003 parce que la secrétaire de section de lépoque Mireille Mavrides sur ordre de Christine Mendhelsson a bourré les urnes et comme je protestais a envoyé des sans papier déchirer mes vêtements et me frapper ; il ma fallu 13 ans pour oublier ce quétaient ces gens là, je les ai retrouvés égaux à eux-mêmes, minables et manoeuvriers entre eux, de vieux galopins grossiers et un peu bêtassons qui se croient malins. Je voterai donc ce texte mais je nirai ni à la conférence fédérale, ni au Congrès pour y retrouver aux côtés de vieux militants qui depuis toujours ont le parti chevillé au coeur et continuent à se battre héroïquement au quotidien un petit groupe de voyous qui détruisent le parti et le déshonorent et croient faire de la politique quand ils exercent la brutalité de leur arbitraire
Utilisent le sacrifice de ceux qui comme mon mari ont subi tortures et internement, on donné leur vie pour un idéal, ce parti là il nous reste à le recréer. Et pour cela il faut unir les communistes dans et hors parti. Dans le fond, si jai choisi ce texte alternatif « Unir les communistes », cest à cause de la politique quil défend, mais cest surtout pour une raison simple et élémentaire : jai confiance en ces gens-là, dans leur projet, pour moi les communistes qui se sont regroupés autour de ce texte, du Pas de Calais à lHérault, en passant par la Gironde, et dans le Var, dans chaque coin de France où ils ont surgi, je les ai retrouvés les mêmes, fraternels, goguenards, sans acrimonie mais sans illusion, ils représentent non seulement le vrai parti celui des fusillés, du journal que lon vend un matin un dimanche, de lhonneur dêtre communiste face à des liquidateurs que personnellement je ne peux pas regarder avec fraternité. Le bien le plus précieux en politique cest la confiance et jai confiance en ces gens, en ce texte pour lequel je vote, en leur capacité daction et de rassemblement. La confiance cest comme les allumettes on ne lutilise quune fois et en tant dannées jamais ils ne mont fait défaut, pas pour moi, pour les épreuves personnelles que je traversais, faut pas rêver
Non! pour ce en quoi je croyais et que je désigne comme le communisme
Je suis comme Robespierre je crois que nos raisons dexister valent mieux que notre existence et eux, ils ont préservé les raisons qui me font exister, me tenir droite y compris dans les plus terribles des épreuves qui ne manquent à aucun dentre nous
Depuis tant dannées ils mont aidée à mener des combats que jestimais justes, je les ai tous retrouvés à Vénissieux ce samedi 30 avril, ils sont encore au parti, ou ils ny sont plus, ils sont fermes sur les principes, droits mais pas sectaires, ils sont marxistes mais ouverts à tous les débats, ils se battent au quotidien avec les entreprises, avec les pauvres dans les cités. Encore aujourdhui dans le Pas de Calais certains dentre eux sont traînés au commissariat pas parce quils sont des casseurs, parce quils ont combattu les huissiers. Voilà je vais aller voter pour eux, pour dire mon amitié et ma confiance en sachant que dans les Bouches du Rhône, les dirigeants actuels ont déjà les résultats dans leurs urnes sans la moindre surveillance, que le débat y est impossible dans certains lieux, je déteste les tendances et jaurais préféré pouvoir vivre au sein de ce parti, mais je découvre à quel point il est mortifère et à quel point les communistes qui ne se résignent pas ont besoin de se retrouver entre eux, avec ceux qui ont déjà réussi à changer les choses autour deux
Alors voilà je nai rien dautre à vous proposer que de continuer à écoper, à assainir la situation partout et de le faire avec patience en gardant clairement lobjectif, la justice et la paix pour notre peuple et ceux du monde. Bien sûr ce serait mieux si comme moi vous reveniez au PCF, si on travaillait ensemble à sa recréation, mais je sais pas expérience que cest une tâche difficile et que je ne peux conseiller à personne un combat qui peut paraître stérile comme lest le vote dans les Bouches du Rhône, ce Congrès vidé de tout contenu
avec des gens qui non contents davoir atteint le fond continuent à creuser
Pourtant je ne regrette pas davoir fait ce pas là, aussi étonnant que cela puisse paraître à la lecture de ma réflexion daujourdhui
Mais jespère parce que même dans ce département des choses ont commencé à naître, les luttes, lexpérience communiste est là, lavenir est à nous mes chers camarades
Je vote sans illusion mais avec beaucoup despoir dans notre capacité à changer les choses. Danielle Bleitrach
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| | DUROC | | Militant de valeur | | 365 messages postés |
| Posté le 04-05-2016 à 14:52:45
| Salut Xuan, Tu es plein de compréhension pour les plumitifs de quelques "courants" qui s'animent dans le P"C"F à l'occasion du 37 ème Congrès de ce parti. Je veux parler, pour être clair de Danielle Bleitrach en particulier et de quelques autres. Tous se lamentent de l'effondrement du P"C"F et veulent sans trop y croire refaire de ce parti un véritable parti communiste. Je voudrais dire que vu l'âge et les responsabilités qu'ils ou elles ont eu au sein de la direction du P"C"F, ces "communistes"ont complètement accompagné la dégénérescence de ce parti en parti social-démocrate, après qu'il eut trahi le marxisme léninisme et dégénéré en parti révisionniste. Il faudrait que ces gens-là s'interrogent sur quelles furent leurs positions dans le grand débat des années 60/80 entre le révisionnisme krouchtchévien et ses prolongements euro-communistes et le mouvement communiste marxiste-léniniste. Plus profondément que leur chagrin que le P"C"F soit en passe d'être liquidé, il conviendrait que ces personnes se demandent: Quelles sont les causes de cette destruction du P"C"F en tant que parti communiste, et se renseignent sur comment les dirigeants révisionnistes ont agi pour interdire ce débat. Mais cela est-il possible? Ils ou elles ont adhéré au P"C"F et pour certains et certaines accédé à des postes dirigeants sur la base de la politique antirévolutionnaire de ce parti. Ils ou elles n'auront jamais le courage et la capacité d'aller jusqu'aux racines lointaines du passage de leur cher parti dans la voie de la social démocratisation. Ce serait se remettre en cause eux ou elles-mêmes. Je tirerai mon béret à celui ou celle qui franchirait ce pas. En tout cas, refaire du P"C"F un véritable Parti Communiste est un rêve creux et voué à l'échec. C'est hors du P"C"F et sur une ligne idéologique et une stratégie politique que les communistes doivent s'unir. Toute autre voie est une illusion ou une tromperie. Il faut le dire clairement.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 06-05-2016 à 23:48:03
| Salut Duroc, il est clair que nombre d'entre eux conservent une grande nostalgie pour la ligne Marchais, alors que c'est précisément cette ligne qui propulsa l'Union de la Gauche. Danielle Bleitrach y occupait alors un poste dirigeant. Sans doute avait-elle des critiques à formuler mais elle en approuvait l'essentiel sinon elle aurait quitté le pcf plus tôt. C'est bien sous la direction de Marchais que fut abandonnée la dictature du prolétariat et le centralisme démocratique, sans parler de son numéro déquilibriste à propos des interventions du social-impérialisme russe. Il y a chez ces militants des contradictions qui ne sont pas résolues, dans la mesure où la critique du révisionnisme de leur part s'arrête à Robert Hue. La nature des nationalisations ou la thèse d'une révolution par étapes (comme la sortie de l'Europe, la multiplication des coopératives, les thèses de Friot, etc.) continuent d'entraver l'approfondissement de la critique. Mais dans le processus en cours la volonté de revenir aux principes marxistes-léninistes existe aussi. La remise en cause du révisionnisme reste un fait que j'ai pu constater à travers des courriers et des débats, et ces débats doivent se poursuivre tant qu'ils y restent ouverts. Loppression accentuée du capital dune part, linamovibilité de la direction dautre part ne peuvent quencourager lesprit de critique et le retour au marxisme-léninisme. La liquidation du parti révisionniste n'est pas la liquidation du révisionnisme, c'est la poursuite du processus révisionniste lui-même (cest pour cette raison que je continue de parler de lutte anti-révisionniste alors que plusieurs camarades mont fait remarquer que ce parti était devenu « social-démocrate »). Il est notable que dès 58 le PCF appelait à voter Mitterrand contre le "pouvoir personnel de De Gaulle" et qu'en 65 il n'a même pas présenté de candidat communiste pour soutenir Mitterrand. Cétait d'ores et déjà une forme de liquidation. Elle peut se poursuivre jusqu'à l'abandon de son nom ou sa dissolution dans une association du genre Front de Gauche, ou NPA pour la LCR. Une chose est certaine, cette liquidation n'est pas une bonne chose, y compris pour ceux qui considèrent le pcf irrécupérable et qui veulent reconstruire un parti communiste sur d'autres bases. Loin de nous aider elle ne pourrait que compliquer notre tâche, contrairement à la première impression. La ligne révisionniste et la liquidation, c'est de l'anticommunisme, comme l'abjuration publique du stalinisme par Robert Hue. Du point de vue de la bourgeoisie cela constitue un encouragement à pousser plus loin la criminalisation du communisme, à transformer les communistes en justiciables, dans lespoir d'éradiquer le marxisme-léninisme et toute possibilité de révolution. Ton observation concernant l'avenir de ce parti se trouve confirmée par des résultats partiels que D. Bleitrach publie sur histoire et société. On y observe que le projet du réseau a progressé, mais l'appareil est bien aux mains de la direction, elle peut maîtriser un congrès et dispose d'une base de classe nullement prolétarienne bien entendu. Je crois que les militants du réseau ne se font pas dillusions sur le résultat du congrès, mais ils se battent quand même et sur le fond ils ont raison. Cette lutte interne au pcf participe de la reconstitution du futur parti communiste, quelle que soit la forme quelle puisse prendre et y compris à lextérieur. Je distingue ici le réseau faire vivre d'autres groupes comme la Riposte , dont les orientations sont clairement trotskistes, ou d'autres fondés sur des ambitions personnelles.
Edité le 07-05-2016 e 00:00:58 par Xuan
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 10-05-2016 à 22:55:20
| Des commentaires sur le scrutin des bases politiques dans le parti révisionniste. Ci-dessous le blog de D. Bleitrach Les votes des textes au Congrès du PCF et mes remarques personnelles 07 MAI
Cette image concernant léducation des enfants dans lex-Union soviétique, na pas apparemment grand rapport avec cet article, quoiquen cherchant bien on mesure à quel point les enfants dévoyés du communisme peuvent se mal conduire en se croyant les héritiers, les copropriétaires dun parti quils détruisent en continuant à profiter des quelques miettes dun patrimoine et dune réputation que dautres ont payé de leur sang
Mais que lon se rassure, il y a de lironie dans cette référence (1)
Ces résultats me paraissent à la fois illustrer le degré de deshérence et dinertie de notre parti mais aussi la responsabilité de ceux qui ont choisi de sengager dans le texte « UNIR LES COMMUNISTES » qui savère de fait la seule alternative politique à la liquidation. commentaires sur les Résultats le parti perd plus de 11000 cotisants en 3 ans
et près de 5000 votants au mieux, mais le fond de ces résultats est la contestation dans des proportions jamais vues de la direction du PCF, ce qui est remis en cause cest une stratégie de soumission au PS et le choix des primaires. Les refondateurs qui ont pensé bénéficier de ce mécontentement ne réussissent pas non plus leur pari. En effet, la direction sortante obtient la majorité absolue dans 58 départements et elle est minoritaire absolument dans 34. Cest le cas dans cinq des onze fédérations ayant encore plus de 1.000 cotisants (Nord, Pas-de-Calais, Paris, Seine-Maritime, Rhône), la direction restant majoritaire dans les Bouches-du-Rhône, le Val-de-Marne, la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine, la Haute-Garonne et la Gironde. Les résultats des Bouches du Rhône et du val de Marne au moins posent quelques questions. dans ce contexte notre texte « unir » comme le texte « classe » du 15eme progressent légèrement en voix, et donc nettement en %, les résultats dans le Pas de calais, mais aussi dans le nord et dans lHérault sont remarquables. de ce point de vue, nous sommes presque au double du 15eme, avec presque 13% contre moins de 7%
Leur refus de faire lunion sous des prétextes fallacieux voir diffamatoires, les rumeurs quils ont fait courir sur tel ou tel et qui relèvent des tribunaux ont joué leur rôle au profit de la direction du PCF
Sil y avait eu comme nous le proposions un seul texte alternatif au lieu de deux, assez proches sur le fond, plus la dynamique unitaire autour dun parti communiste de lutte, de classe, la situation de reconquête aurait été beaucoup plus facilitée.. Nous serions tous dans de meilleures conditions au sortir de ce Congrès. le cas des BOuches du rhône que jai pu observer de près A noter cependant que ce texte de division progresse de 38 voix dans les BDR ou nous en perdons 39 malgré lengagement des copains
et la situation de St-Quentin qui comme le Val de Marne et la Loire progresse nettement en votants
Jai dis ce que je pensais des conditions de transparence dans les Bouches du Rhône, et des petites manoeuvres mais là nest sans doute pas lessentiel, qui est et demeure le terrible affaiblissement du parti dans ce qui fut une des plus fortes fédérations de France, affaiblissement en nombre mais aussi au niveau du débat et de la formation des militants. A titre personnel je dois dire que je me suis trés vite aperçue que je risquais de polariser autour de ma personne des antagonismes inutiles et comme jétais confrontée à de graves problèmes personnels, je me suis retirée du devant de la scène, ce qui a probablement limité les dégâts et pu faire mener un combat dans la sérénité à ceux qui défendaient politiquement le contenu de notre texte. Il est clair que si javais la moindre vanité concernant mon audience personnelle, la manière dont la direction fédérale mutilise comme un bouc émissaire me laurait ôté, cette prise de conscience salutaire est un des acquis personnels de la période
Que chacun en fasse autant et se rende compte quil ny a pas de sauveur suprême de groupuscules, nous reconstruirons tous ensemble ou nous périrons
:-) ,Les réalités ce ne sont pas les petites manoeuvres, les campagnes ad nominem contre tel ou tel mais bien une fédération parmi les plus importantes de France, une des villes les plus pauvres de France, une classe ouvrière combative, la corruption partout, un PS mafieux et déconsidéré et un parti en incapacité de proposer autre chose que les petites combinaisons contre tel ou tel, les luttes de clan, les rumeurs infondées. La faiblesse politique, un débat tronqué, pourtant il y a des ressources dans les bouches du Rhône comme ailleurs. Un congrès préparé dans des conditions bien au-dessous des exigences du moment Quand on lance un Congrès sur fond de débâcle électorale que lon analyse jamais et en faisant porter tout le débat sur les primaires ou sur le rassemblement derrière la candidature « au dessus des partis » de Melenchon, que peut-on en attendre? Certainement pas le débat de fond dont on besoin les communistes, lappel à un légitimisme usé jusquà la corde, des textes alternatifs leurre ? Notons également que les Bouches du Rhône ressemblent aux fédérations de la Région parisienne et de la Loire il y a des résultats qui interrogent avec un nombre de cotisants qui augmente ou de votants qui baisse moins quailleurs, le tout au seul profit de la base commune. le résultat de la base commune qui était annoncé à 50,4% hier soir sans lHéraut qui le réduisait à 50,2%
mais les fédés qui avaient retardé leur résultat (Loire, Loire Atlantique,
) arrivent ce matin avec des scores supérieurs pour la base commune qui arrive à dépasser les 51%
notez le dernier résultat exceptionnel de la Loire qui frole les 80% pour la base commune
le cas particulier de la Loire se confirme avec le nombre de cotisants qui augmente de 215 et près de 30% alors quil baisse de 21% nationalement
Même cas pour le Val de Marne dont le nombre de cotisants augmente de 15% . Toujours au titre dun certain folklore, le cas de Saint Quentin qui augmente miraculeusement ses cotisants qui unanimement à une exception près votent tous pour le texte 4, le tout validé par la direction nationale malgré le refus de verser les dites cotisations. Mais cet intéressant folklors na pas grande importance sur le fond qui demeure un fort mécontentement et le refus de renoncer à un parti communiste. Et toujours face à ces mouvements de fond, il est a noter que la fédé des refondateurs, la seine-st-denis, seffondre, perdant 43% de ses cotisants en 3 ans
50 votants à St-Denis, « plus grande ville communiste de France
» A noter la différenciation nette entre région parisienne et province
la base commune fait 55,6% dans la RP et seulement 50,2% en province les refondateurs font 28% en RP et seulement 22,6% en province.. nous faisons 14,5% en province, et seulement 6% en RP
le parti perd 18% de ses votants en province et seulement 3% en RP alors quil perd seulement 20% de cotisants en province et 24,3% en RP
En gros, le parti se défait plus vite dans la RP, et cest là où la direction se maintient
Tout cela ne serait rien si toutes ces manipulations, ces petits jeux ne correspondaient pas à une absence totale de perspective politique et cest à ce titre que je considère que nous avons une responsabilité importante qui va bien au-delà de ce Congrès. Les faits sont têtus, la France, sa jeunesse est en état de révolte, la colère, le mépris de notre peuple enfle tous les jours, les manoeuvres politiciennes qui vont encore samplifier dans la préparation des présidentielles exigent une toute autre attitude des communistes. Que faire ? A noter que nous nous approchons de 4000 votants pour notre texte, cest un potentiel important quil ne faut pas sousestimer, beaucoup de camarades qui se sont engagés dans cette bataille sont conscients du fait que se jouait lavenir du parti et quil nétait plus possible de le laisser séteindre sous les coups dune direction diviseé sur la manière de faire disparaître le PCF mais pas sur le but. Ils ont fait preuve desprit de responsabilité, ayant à coeur de maintenir lunité du parti partout où cétait possible. Il faut continuer, tout en nous donnant les moyens de nous retrouver. Il est clair que nous sommes face à un désaveu de la direction, après des élections calamiteuses (municipales et régionales), la proposition de cette direction a été une fuite en avant dans les primaires, ce qui a provoqué un fort mouvement de contestation dans le parti. Face à ce refus des primaires, Pierre Laurent a tenté de récupérer la situation en faisant part du refus des communistes de participer à une primaire dont le vainqueur pourrait être le président de la République.Ce qui ne rassurait personne. Plus juste a été la position de la direction du PCF sur lopposition à la loi Khomri et aussi sur la répression policière. Pierre laurent et ceux qui le suivaient ont tenté de reprendre pied sur cette position juste en rassemblant tous ceux qui sopposaient à la loi El Khomri, ce qui revenait à la position initiale des primaires avec les frondeurs, on a même envisagé comme vainqueur potentiel Arnaud Montebourg. Mais je crois quil faut bien mesurer que cela nest pas apparu suffisant à un grand nombre de communistes qui ont de plus en plus de doutes sur des élus frondeurs du PS, les parlementaires socialistes en question ont approuvé le traité budgétaire européen sans renégociation, voté la traduction législative de lANI, le CICE, la loi réformant les retraites, ou le pacte de responsabilité, les budgets daustérité et les réformes territoriales, quand ils nont pas tout récemment (le 5 avril) approuvé la loi modifiant les règles de la présidentielle et dénoncée par le PCF comme « un nouveau coup porté au pluralisme » au profit du PS, de LR et dans une moindre mesure du FN.Sans parler de la politique guerrière du PS, et ils ont abouti à lidée basique que sans un parti communiste fort et sur des bases claires, il ny aurait aucune politique de gauche valide. Et cest cette prise de conscience quil faut saluer et se donner les moyens damplifier. Des camarades sortis plus résolus plus aguerris de cette bataille sont demandeurs dapprofondissements et de réflexions communes en particulier sur lEurope, sur la perspective, sur larticulation entre luttes et élections, mais aussi sur la paix, sur lhistoire du communisme. Nous avons du pain sur la planche et un réseau à étendre. Notons au titre du positif quune fois de plus les communistes se sont prononcés contre la fin du PCF, quils laient fait en donnant leur voix à la direction par refus des tendances, quils laient fait en choisissant notre liste ou celles de division, le fait est quune fois de plus les communistes ont repoussé la solution préconisé par les refondateurs, ladhésion directe au Front de gauche, le soutien à la candidature de Mélenchon et le refus de primaires qui ne sont que lacceptation de la soumission définitive au PS. Nul doute que la base commune profondément rénovée qui sortira de ce Congrès devra en tenir compte mais on ne peut pas se contenter de ce voeu renouvelé à chaque Congrès, il faut se donner les moyens de faire vivre un parti qui corresponde à ce voeu. Conclusion tout à fait personnelle : Cest pour toutes ces raisons que ma proposition de retour au PCF faite à tous les camarades me paraît plus que jamais dactualité. Danielle Bleitrach (1) et mon bien connu amour du cinéma
La référence est ici le magnifique « poëme de la mer » de Dovjenko tourné par son épouse après sa mort et qui raconte la manière dont la société soviétique perd ses valeurs
Edité le 10-05-2016 e 23:01:38 par Xuan
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| Posté le 10-05-2016 à 22:59:59
| Un second commentaire sur le site de Guillaume Sayon adjoint à la culture de la ville d'Avion et membre de la direction départementale du PCF (62) Congrès du PCF : les communistes face à lhistoire ! De nombreux camarades ont écrit sur les résultats de la consultation des communistes pour choisir le texte qui deviendra base commune du congrès. Pour autant, je ne pouvais pas rester sans donner mon point de vue sur ces résultats historiques. Comme dautres, je me suis beaucoup impliqué dans cette première étape du congrès. Jai signé le texte « Unir les communistes » et jai produit de nombreux écrits pour tenter de convaincre un maximum de camarades de lintérêt déviter les pièges qui, inéluctablement, nous ramèneraient très rapidement à une période de crise interne et au danger de la disparition. Beaucoup de camarades me demandent mon sentiment avec toujours ce regard de grande inquiétude. Et pour cause, il y a un réel danger déclatement du PCF tant ces résultats reflètent lincompréhension dune grande partie des militants face aux choix stratégiques de la direction. La question nest bien évidemment pas de savoir sil faut réclamer la démission de Pierre Laurent ou pas. Le problème est bien plus profond et sérieux. Cest toute la direction du parti qui porte une lourde responsabilité dans laffaiblissement de notre organisation, y compris les frondeurs avides de liquidation et leur texte attrape-tout « Lambition communiste ». Un affaiblissement quon ne peut pas simplement ramener à des causes conjoncturelles inhérentes à lhistoire. Oui il y a eu leffondrement du bloc soviétique, oui il y a eu une conversion des valeurs de nos sociétés guidée par un capitalisme méthodique et militant, entre les mains dune oligarchie organisée, répondant pour le coup aux schémas de la lutte des classes pensés par Marx et Engels. Cest dailleurs largument majeur qui me pousse à penser et à dire que lexpérience Nuit debout ne pourra, en létat actuel, que se solder par un échec. Il semblerait que les mouvements de contestation du capitalisme daujourdhui réfutent violemment, comme sil sagissait dune thérapie de choc, toute tentative dorganisation directement inspirée du marxisme et de ses héritiers, les léninistes. A linverse, le capital lui exécute rigoureusement les principes qui font quun groupe social aux intérêts communs devienne une classe au sens marxiste du terme. Cest dautant plus vrai en cette phase dimpérialisme où le capital se concentre fortement entre quelques mains. Les citations doligarques qui vont dans ce sens vous les connaissez et pour peu que lon pratique les sciences sociales avec sérieux, ce phénomène ne peut que nous sauter à la figure. Reste que notre parti comme dautres organisations contestataires, refusent de se convaincre de lévidence. On ne peut répondre à une machine de guerre parfaitement huilée quen dressant en face une autre machine de guerre elle aussi parfaitement organisée. Cela réclame donc le soucis de lorganisation, point névralgique de la stratégie, mais aussi du projet fédérateur qui lui donne son âme. Lun ne peut aller sans lautre. Le PCF nie aujourdhui lintérêt de lorganisation, ne pensant les événements et les batailles que sous langle de la stratégie électorale et du mythe du cartel, et il na même plus de projet à proposer à la société, aux exploités. Le programme lhumain dabord nest quune plate-forme programmatique répondant aux prérogatives dun élection, lélection présidentielle. Quel projet pour la société les communistes proposent t-ils ? Aucun ! Voilà, il me semble, exactement les chantiers que ce congrès aurait du ouvrir en mettant tout le parti en ébullition et au travail. Mais non
Il ne sera question que de 2017 car Pierre Laurent et les autres ont saboté notre congrès dès janvier en engageant notre organisation dans le processus des primaires. Pour couronner le tout, en jouant aux petites combines et querelles pré-électorales, nous subirons le mouvement dhumeur de Mélenchon qui rendra notre congrès inaudible et transparent car tous les médias ne parleront que de sa marche militante organisée à Paris en même temps que notre congrès. Personne ne saura que des centaines de communistes se seront réunis pour discuter de leur utilité au quotidien. Bien joué ! Les conséquences nous les connaissons. Un parti qui se transforme en paquebot perdu en mer du Nord abandonné par ses militants avant quil ne sombre dans les eaux profondes. Les chiffres de la consultation le montrent, par rapport au dernier congrès et sa consultation de lépoque, une perte de 11.317 cotisants et 4.535 votants en moins. Sans aller jusquà parler dhémorragie, ces chiffres ont tout de même de quoi nous inquiéter. Puisquon ne peut raisonnablement pas faire danalyse de ce genre sans évoquer quelques chiffres, un autre extrêmement révélateur, celui de ladhésion toute limitée au texte proposé par le Conseil national. Il ne recueille que 14.942 voix (51,20 %) soit une perte de 9.655 voix par rapport à 2012. Cest un résultat historiquement bas pour un texte proposé par la direction, comme le soulignait très justement ma camarade Danielle Bleitrach sur son blog. Malgré toutes les difficultés, malgré le combat inégal puisque pour défendre notre texte nous navions que notre énergie et la force de nos convictions, nous sommes (les initiateurs du texte « Unir les communistes » ) en progression par rapport au dernier congrès et ce malgré les textes de division proposés par les trotskistes de la Riposte et les malfaiteurs de Paris XV et sa secte obscure Dang Trannienne. A noter que nous arrivons en tête dans deux des plus grosses fédérations de France, celle du Nord et celle du Pas-de-Calais. Dans les autres grosses fédérations de France, cest notamment vrai dans les Bouches-du-Rhône, les chiffres communiqués sont relativement stupéfiants tant ils marquent des contre-tendances aussi bien au niveau de la participation que des résultats. Je laisse chacun en tirer les conclusions. Va maintenant souvrir une nouvelle phase dans ce congrès. Très rapidement, les sections et les fédérations vont se réunir en conférence et vont devoir mener la bataille des amendements. Le texte na pas changé depuis que nous lavons combattu ces dernières semaines. Cest une coquille vide et une grosse partie de ce dernier sattelle à nous vendre les bienfaits de la primaire à gauche. Alors je nous invite, mes camarades, à être méthodique pour ce nouveau travail. Certains ont dores et déjà décidé dabandonner le combat, se résignant avec douleur au constat que ce parti est perdu. Ils décideront donc de le quitter le fragilisant de fait encore davantage. Puis dautres, des milliers de camarades et je my inclus, ne déserteront pas le champ de bataille. Il nest pas question dabandonner le parti de Thorez entre les mains des convertis au réformisme gentillet. Surtout que des millions de nos compatriotes souffrent plus que jamais de lexploitation et que la disparition du PCF ne ferait que faire perdre un temps précieux au mouvement révolutionnaire. Alors stratégiquement, au travers de la bataille des amendements, il nous faut mettre en échec lidée de la primaire à gauche, qui nest rien dautre que la pelle du fossoyeur, celle que les liquidateurs ont marqué des points, ce qui est empiriquement faux, et celle qui se traduit dans les faits par un affaiblissement de notre organisation. Peut-être faudra t-il alors imaginer créer un groupe de travail chargé de formuler quelques amendements simples mais efficaces que nous pourrions proposer un peu partout dans les sections et les fédérations. Jy ajouterais tout de même, un amendement solide sur lEurope pour mettre un terme à la stratégie portée par le PGE qui soutient les mouvements opportunistes au détriment de ceux qui, ailleurs en Europe, mènent la bataille sur une ligne classe contre classe comme au Portugal par exemple. Il faut être aveugle ou ne rien comprendre à lhistoire et ses mouvements pour ne pas être convaincu de limpérieuse nécessité de faire vivre un mouvement communiste fort et organisé. Le mouvement social partout dans le monde patine du fait de labsence de réelles perspectives de transformation radicale de la société. La sphère révolutionnaire ne peut pas marcher sur une seule jambe. Il lui faut une assise solide pour véritablement exister et être conquérante. Cest là, camarades, notre responsabilité collective devant lhistoire et devant nos toutes jeunes générations engagées dans leur première lutte sociale en France contre la loi travail. G.S guillaumesayon.wordpress.com
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