Forum Marxiste-Léniniste
Forum Marxiste-Léniniste
Administrateurs : Finimore, ossip, Xuan
 
 Forum Marxiste-Léniniste  Actualités  Actualités françaises 

 classe contre classe

Nouveau sujet   Répondre
 
Bas de pagePages : 1 - 2Page précédente 
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
11201 messages postés
   Posté le 18-10-2018 à 08:30:20   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Info'comm sur le "dialogue social" et la lutte d'idées dans la CGT


Lettre aux organisations et adhérents CGT
Réponse à la lettre de la permanence confédérale



Une lettre datée du 11 octobre 2018, signée par la « permanence confédérale », prétend répondre aux six organisations confédérées qui ont mis en cause le bien-fondé de la lettre commune CGT/CFDT/CFTC/CGC/FO du 25 septembre, proposant au patronat « l’ouverture d’un agenda social de négociations et délibérations interprofessionnelles ».

La « permanence confédérale » n’est pas une instance statutaire, qui reflèterait le point de vue du bureau confédéral, de la commission exécutive confédérale ou du Comité confédéral national.

Si elle n’engage pas le point de vue de la Confédération CGT, il convient de l’examiner car elle traduit un certain état d’esprit avant notre congrès national des syndicats, prévu en mai 2019.


Pour la « permanence confédérale », dans sa lettre du 11 octobre, « Le dialogue social est un des combats historiques de la CGT, le nier c’est méconnaître ou négliger notre histoire sociale et nos combats ».

« Dialogue social » ?

Notre histoire sociale et nos combats ont pour but, défini par nos statuts :
La CGT « agit pour une société démocratique, libérée de l’exploitation capitaliste et des autres formes d’exploitation et de domination, contre les discriminations de toutes sortes, le racisme, la xénophobie et toutes les exclusions ».

Allez donc parler de « dialogue social » à nos anciens, celles et ceux de la Résistance, nos morts de Charonne ou de Châteaubriand, tous nos délégués et militants réprimés tous les jours tant par le patronat que son gouvernement.


« Dialogue social », c’est quoi ? « Pas des négociations, des thèmes de dialogue», dit le Medef en juillet 2018.

D’accord, répond la lettre commune du 25 septembre. Citation :
L’ancien président du « pôle social » du Medef, Jean-François Pilliard, dans son interview aux Echos le 17 juillet 2018, veille de la rencontre commune avec Macron, vend la mèche du « dialogue social » : « Notre système paritaire a vécu ».
« Il appartient aux partenaires sociaux … de définir de nouveaux thèmes de dialogue entre eux, qui ne se traduisent pas nécessairement par des négociations. »
« On peut penser à la transformation numérique de l’entreprise ou à des sujets économiques.
« Cette façon de partager des diagnostics économiques et technologiques pourrait permettre d’installer un cadre de qualité pour les négociations sociales de branche et d’entreprise. »
Des « thèmes de dialogue… pas des négociations », telle est la définition du Medef.

La lettre commune CGT/CFDT/FO/CGC/CFTC du 25 septembre se coule dans cette définition. La preuve ? Elle propose, entre autres sujets :
• « Mises en place de deux délibérations, sur le modèle de celle de 2017 sur le télétravail ; une sur les « Transitions numérique, écologique et énergétique : nouvelles formes d’emploi et travailleurs des plateformes » et une autre sur les « Discriminations dans l'accès au travail» ;
• une réflexion commune sur « Quel modèle économique et social en Europe ».


D’où sort cette réflexion commune ? de l’accord CFDT - Medef…
En 2012, l’accord Medef/UPA/CGPME – CFDT/CFTC/CGC déclare « Réinventer la croissance – Agir ensemble pour une dynamique économique ».

Il stipule : « Depuis 2005, les partenaires sociaux se sont engagés dans une démarche de dialogue économique, avec pour objectif de développer un diagnostic commun sur les forces et faiblesses de l’économie française. Ce travail de réflexion partagée a notamment abouti au rapport ‘’Approche de la compétitivité française’’ (juin 2011) signé par trois organisations de salariés (CFDT/CFTC/CFE-CGC) et les trois organisations d’employeurs (MEDEF/CGPME/UPA). »

Le « Dialogue social » désigne donc le rapprochement de la CFDT et du Medef après l’effondrement financier de 2008. Il a été initié, nous devons nous en souvenir, par le président Hollande.

Le « dialogue social » est un sous-produit du paritarisme, c’est-à-dire le nom d’une offensive contre la sécurité sociale et la CGT !
Dès mars 1944, le Conseil national de la Résistance adopte « un plan complet de Sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’Etat ». « Le plan de Sécurité sociale ne tend pas uniquement à l’amélioration matérielle des travailleurs mais surtout à la création d’un ordre social nouveau dans lequel les travailleurs aient leurs pleines responsabilités. »

Il s’agit « de changer notre démocratie politique en démocratie sociale » et de favoriser l’émancipation des salariés.

L’objectif est de « confier aux intéressés la gestion d’institutions et d’organismes qui, jusqu’à présent, relevaient d’une gestion patronale ou d’une gestion commerciale », afin « d’éliminer cette autre atteinte à la dignité humaine qu’est le paternalisme privé ou étatique ».

Des cinq élections organisées au sein des caisses primaires entre 1947 et 1962, la CGT sort majoritaire, recueillant d’abord 60 % des suffrages (puis 50 % après la création de FO), devant la CFTC (20 %), ainsi que divers acteurs, dont la mutualité (20 %).

En plein mois d’août 1967, par l’une de ses quatre ordonnances (n° 67-706), le gouvernement De Gaulle décide de satisfaire une vieille revendication du patronat, en instaurant, d’une part, le paritarisme strict entre les « partenaires sociaux » qui auront désormais le même nombre de représentants dans les conseils d’administration et en supprimant, d’autre part, les élections des administrateurs salariés, qui seront désormais désignés.

Il n’y aura plus d’élections des représentants des assurés avant… 1983.

« Dialogue social » ? Le gouvernement actuel veut la destruction de la sécurité sociale ! Il met en place une comédie de la concertation menée par son haut-commissaire qui mène à la retraite par points. Tout est décidé, malgré ce que prétend la CFDT.
La « permanence confédérale » écrit :
« Demander l’ouverture de négociations et ce, à quelque niveau que ce soit, ce n’est pas s’entendre préalablement sur le résultat de ces dernières, ce n’est pas non plus établir un socle revendicatif unitaire avec d’autres. »

Non, ça ne devrait pas. Et pourtant…

• Le gouvernement a convoqué Badinter et Lyon-Caen pour dénigrer le Code du travail, puis a enclenché une concertation de diversion avec les confédérations pour déboucher sur la brutalité de la loi dite El Khomri, tournée contre la représentation syndicale à l’entreprise.
• Le gouvernement suivant prend des ordonnances qui aggravent la loi précédente, éloignant les syndicats de l’entreprise, tant dans les TPE et PME, que dans les plus grandes entreprises, les conseils sociaux et économiques remplaçant la représentation syndicale et décimant les délégués.

Et voilà que le même processus recommence avec la retraite par points !

CGT échaudée craint l’eau froide.

Nous voulons une rupture avec cette pratique de réunions convoquées sur les lettres de cadrage du gouvernement, ces séances ambiguës, donc destructrices pour notre syndicalisme CGT, qui ne sont ni négociation ni concertation, juste du « dialogue social », dont nous apprenons l’existence par le gouvernement, ses médias et ses patrons.

Retrouvons le chemin CGT de nos historiques mandats impératifs, qui lient les négociateurs aux adhérents et aux salariés par les revendications défendues, pour nos objectifs, contre ceux du patronat.

La « retraite par points » serait une rupture avec nos combats CGT, une contre-révolution sociale, un triomphe libéral. Nous proposons d’y résister jusqu’au bout ! Tel est l’autre mandat, « tous ensemble pour notre sécurité sociale, l’augmentation générale des salaires, des pensions et des aides sociales ».


Fraternellement,

Pour le secrétariat d’Info’Com-CGT
Romain Altmann
Secrétaire général

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
11201 messages postés
   Posté le 11-11-2018 à 22:53:26   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

A propos de la hausse du prix du carburant, un tract des retraités PSA :

http://retraitescgtpsa.free.fr/Publications/Tract_2018_11_17_Prix_carburants.pdf

Contester la hausse des carburants
C’est légitime
Agir contre la baisse des retraites et
pour l’augmentation des salaires
C’est nécessaire



Contester la hausse des carburants, c’est légitime.
Une atteinte de plus au pouvoir d’achat.


Alors que les salaires stagnent, que les retraites et les aides au logement diminuent, de plus en plus de familles ont des difficultés à faire face à l’augmentation des prix du gaz, de l’électricité, de l’alimentation, des mutuelles …
A presque 1 € le litre de fioul domestique, il devient compliqué de se chauffer !
Alors, l’augmentation du prix de l’essence et du gaz-oil, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

L’excuse de la défense de l’environnement ne tient pas.
S’il est nécessaire de lutter contre le réchauffement climatique pour préserver les générations futures, cela ne peut se faire en prenant pour boucs émissaires ceux qui, aujourd’hui ont besoin de leur voiture au quotidien.

Pour préserver la planète, nous n’avons pas besoin d’essence plus chère mais de transports publics moins onéreux et mieux adaptés, d’une véritable politique en faveur du fret ferroviaire et de l’isolation des logements, de services publics de proximité pour éviter de multiplier les déplacements.

Nous avons surtout besoin d’une économie privilégiant les produits locaux au lieu d’entasser les camions sur les routes, les portes-conteneurs sur les océans, au profit des multinationales qui délocalisent leur production et leurs fournisseurs.

La hausse des carburants ne règle aucun de ces problèmes. Derrière l’habillage
environnemental, c’est en réalité une façon scandaleuse pour le gouvernement de nous faire les poches pour remplir ses caisses !



Hausse des carburants, baisse des retraites, la même logique


Tous les retraités n’ont pas les moyens d’avoir une voiture, et certains n’ont plus une vue suffisante pour conduire, notamment la nuit.
Pourtant ils sont eux aussi la cible du gouvernement de M. Macron.
La hausse de la CSG ampute les retraites de 25 à 50 € par mois La désindexation des retraites par rapport aux prix, votée par l’Assemblée pour les 2 années à venir représentent une perte de pouvoir d’achat supplémentaire de 50 à 100 € mensuels.
Sur une retraite moyenne de 1300 € (pour 43 ans de travail), c’est 75 € par mois qui sont pris dans nos poches !

Avec ce qui reste, il faut veiller à chaque dépense.

Vous n’êtes pas retraités ? Pourtant vous êtes concernés :

Vous avez ou aurez des parents retraités. S’ils ne peuvent plus faire face, qui paiera la maison de retraite, ou tout simplement les soins avec les dépassements d’honoraires ?
Et vous-même êtes un(e) futur(e) retraité(e). Si les retraites actuelles continuent de s’effondrer, quelle sera la vôtre ? Surtout si on a un système par points où c’est le gouvernement qui fixe la valeur du point !
Défendre les droits d’aujourd’hui est la meilleure garantie pour les droits de demain !

Prendre l’argent là où il est.
Retraités, salariés, automobilistes, on a raison d’être indigné par ces nouvelles ponctions sur nos conditions de vie alors que le gouvernement a supprimé l’ISF (impôt sur la fortune), l’exit-tax (taxation des « exilés fiscaux »). Il a même réduit l’impôt sur les grandes sociétés alors que le groupe pétrolier français Total a augmenté ses bénéfices de 28 % en 2017 pour dépasser les 10 milliards de dollars.
On a raison d’être indigné quand les salariés, les retraités, leurs familles doivent se serrer la ceinture alors que les dividendes versés aux actionnaires du CAC 40 battent tous les records avec près de 47 milliards € en 2017.

Le 17 novembre … et après ?
La CGT trouve légitime le mécontentement contre la vie chère qui va s’exprimer le 17 novembre.
D’autant que les initiateurs tentent de se démarquer des tentatives de récupération comme celles qu’ont essayées le Front National et les organisations patronales de transporteurs routiers et du BTP.
Cette journée permettra que de nombreuses personnes, au lieu de rester dans la protestation individuelle, trouvent le chemin de la manifestation et de l’action collective.
Mais une journée de blocage ne suffira sans doute pas à faire reculer le gouvernement.
Et un succès sur le prix des carburants, s’il marquerait un premier pas, ne règlerait pas nos problèmes de pouvoir d’achat, impactés par la stagnation des salaires et la baisse des retraites.
Après le 17 novembre, il faudra donc que l’action collective se poursuive et s’élargisse pour imposer au gouvernement et au MEDEF une autre répartition des richesses. La CGT qui agit dans ce sens depuis des années, prendra toute sa part dans un tel mouvement.

Ensemble, on est plus fort !


Edité le 11-11-2018 à 22:55:04 par Xuan




--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
11201 messages postés
   Posté le 10-01-2019 à 16:15:24   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le syndicalisme de complaisance :


Une formation DRH pour la CGT : "une reconnaissance de l'activité militante par le pays"

"L’Université Paris-Dauphine a créé en 2008, le Master Négociations et Relations Sociales, première formation universitaire sur ces questions, et premier lieu paritaire de formation des acteurs du dialogue social. Fin novembre dernier, la CGT a signé une convention de partenariat avec l'Université. Le but : la reconnaissance des compétences des syndicalistes à travers un diplôme. Une façon aussi pour la CGT de participer au jury et aux équipes pédagogiques en place."

http://www.youtube.com/watch?v=IKs6kSDqQks&fbclid=IwAR34YQMfXXI7ECTvsv9-BMTwheu7iwyq5wWePF7CuK3KEEBfFb_NdkOMtzk


Edité le 10-01-2019 à 16:16:17 par Xuan




--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
11201 messages postés
   Posté le 15-03-2019 à 20:04:36   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Ci-dessous un article de oùvalacgt, sur un sujet qui ne semble pas se réduire à Air France, bien que les contradictions internes à la CGT n'y soient pas pour rien.

Au moment où la lutte contre les monopoles s'affiche dans les rues, mais en refusant parfois l'unité avec les syndicats, les élections professionnelles ne tournent pas à l'avantage de la CGT.
Les camarades de ce blog remettent en question certaines réponses : « Oui, on peut faire autrement, oui il y a un plan B » . Un leitmotiv asséné depuis longtemps sur les restructurations mais sans résultat.
Entre autres chansons :

"La crise que nous traversons est la conséquence d’une insécurité sociale grandissante. Difficile de se projeter vers un avenir assuré. Pourquoi ne pas imaginer l’instauration d’une « sécurité sociale professionnelle » qui gommerait toutes les aspérités de nos parcours (chômage, mobilité professionnelle, formation…) ? Pourquoi ne pas réfléchir à des droits attachés à la personne et transférables d’une entreprise à l’autre ?"

Oùvala CGT écrit :
"Faute d’une orientation vraiment anticapitaliste, (les salariés) préfèrent le réformisme crédible et cohérent (FO, CFDT etc.) à la radicalité d’un réformisme illusoire et sans issue" .
On peut aussi s'interroger sur une tendance à vouloir faire de la CGT le parti révolutionnaire qui n'existe pas, l'avant-garde absente de la scène politique, avec pour résultat une érosion de ses adhérents.


__________________________


Vendredi 15 mars 2018

De quoi les élections à Air France sont-elles le nom ?



Les élections professionnelles viennent de se dérouler à Air France, et la CGT continue de s’effondrer à 9,25% des suffrages, même plus représentative ! Voir ci-contre les résultats des trois précédents scrutins pour mesurer les évolutions au fil des années.



Ce résultat – catastrophique – suscite chez les camarades de la CGT un flot de commentaires pour s’émouvoir, s’indigner, juger définitivement, ou simplement pour s’interroger. Et il y a de quoi.
Mais le débat ne va pas très loin, paralysé par le « mode de pensée » qui règne dans nos rangs et empêche de creuser pour trouver les vraies raisons. Alors, essayons d’ouvrir quelques portes, bien entendu sans nous substituer aux camarades d’Air France, encore à la CGT ou l’ayant quitté, qui seuls pourrons tirer le bilan.
D’ailleurs ces camarades sont invités à s’exprimer sur ce blog, y compris bien sûr pour contester éventuellement les propositions qui suivent.


De restructuration en restructuration…


Depuis 2011, l’entreprise a perdu près de 10 000 emplois, fruit des divers plans de restructurations, plans « Transform » et autres « Perform 2020 ». Voilà le contexte électoral, et l’affaire des chemises déchirées s’inscrit là-dedans (octobre 2015). On peut relire tous les articles du blog à propos d'Air France ICI.

La lutte contre les restructurations est une des pierres de touche qui sépare le syndicalisme réformiste du syndicalisme de classe.

On connaît trois positions possibles face aux restructurations :

Le réformisme d’accompagnement . Au nom de « ça pourrait être pire », ou « c’est mieux que rien », on s’insère dans la gestion de l’entreprise, au mieux on revendique un meilleur partage du gâteau (voir le conflit sur les salaires). C’est le cas de FO, de la CFDT, de la CGC, de l’UNSA, du SNPL ou du nouveau syndicat 2.0 SNGAF etc… dont les résultats des uns et des autres fluctuent au fil des élections et des rapports de force locaux et nationaux.
Le syndicalisme de classe . Un syndicalisme qui analyse correctement le monde capitaliste, la guerre économique mondialisée, la concurrence entre requins exploiteurs, qui démonte tous les volets de l’aggravation de l’exploitation pour ancrer l’activité syndicale sur « la défense des intérêts des travailleurs et rien d’autre », sans compromission avec la marche de l’entreprise. Qui ne réclame pas un « meilleur partage du gâteau », mais défend l’emploi, les salaires, les conditions de travail sur la base de la défense des intérêts et des besoins des plus exploités. Et qui construit donc une orientation de rupture avec le capitalisme pour préparer une issue révolutionnaire. Et en même temps, du fait de la clarté de ses positions, il acquiert la confiance des masses combatives.
Le réformisme radical . Il critique les réformistes pour se coucher devant les exigences patronales (ce qui est évidemment juste), mais revendique « une autre politique », un « meilleur partage des richesses », des « contreplans industriels pour le transport aérien » et autres fariboles sur le « développement humain durable ». Il reste dans le cadre d’un système où selon eux les patrons font les « mauvais choix », mais ils ne comprennent rien à la réalité fondamentale du capitalisme. Et il ne se démarque des purs réformistes que par une certaine radicalité, l’exigence de luttes dures. C’est le cas de la CGT et de SUD.

Aujourd'hui, ce sont ces syndicats combatifs, réformistes radicaux qui paient la note. La CGT perd la moitié de son influence depuis 2011, SUD un tiers.

C’est cela qu’il faut comprendre.

La période actuelle, partout, c’est une régression dans la conscience des travailleurs, qui se manifeste à chaque plan de restructuration : « There Is No Alternative », TINA comme l’acronyme prêté à Margaret Thatcher dans les années 80, « Il n’y a pas de plan B ». Idée martelée jour après jour, année après année par la bourgeoisie pour éteindre toute tentative de révolte, semer la résignation et valider ses plans. Associé à l’échec de la gauche au gouvernement dans les années 80, et à l’échec du capitalisme d’Etat à l’Est (chute du mur de Berlin à l’Est en 1989), tout cela a ancré dans les consciences la résignation et le repli – bien sûr à contre cœur, bien sûr sans empêcher de futures révoltes.



Les réformistes radicaux combattent cette théorie, mais sur une base fausse : « Oui, on peut faire autrement, oui il y a un plan B », pas besoin de rupture révolutionnaire. Or, la réalité de l’économie mondialisée est un peu connue des travailleurs (la concurrence), et ils ne croient plus à ces mirages. Faute d’une orientation vraiment anticapitaliste, ils préfèrent le réformisme crédible et cohérent (FO, CFDT etc.) à la radicalité d’un réformisme illusoire et sans issue – d’autant que la répression féroce (l’affaire de la chemise déchirée) a laissé des traces dans les consciences.

Quand en plus un nouveau patron (Ben Smith), arrivé après un désaveu de son prédécesseur (le référendum du 4 mai 2018), sait y faire pour désamorcer les conflits récurrents et gérer le réformisme ambiant, c’est l’échec assuré.



Les particularités à Air France


On notera d’une manière générale le suivisme de la CGT vis-à-vis de l’intersyndicale – voir le communiqué puant signé en août 2018 suite à nomination Ben Smith. On peut comprendre à la fois l’aspiration des travailleurs à l’unité (on connaît ça…) et la crainte de la CGT de s’isoler. Mais il y a là un bilan à faire : n’est-ce pas l’intersyndicale qui a servi de passe plat aux divers réformistes en validant l’accompagnement de la gestion ?


Il faudra aussi revenir sur les affaires internes de la CGT Air France, toujours très agitée depuis fort longtemps. Pour cela on pourra relire quelques articles de ce blog :

« Sarkozysme à la CGT Air France ? » octobre 2007
« CGT Air France, allez on le fait à l’ancienne » novembre 2009
« Ménage à la CGT Air France » juin 2010
« Elections à Air France, une claque pour la CGT » mars 2011

Et ça continue. Fin 2015 (en plein dans l’affaire des chemises) la CGT fait le ménage dans la section Roissy Escales et vire 500 adhérents pour des raisons obscures, au prétexte de dérives religieuses radicales, ce que reprendra sans précautions Philippe Martinez sur France Info (voir l’article de France24), ensuite démenti par la CGT Air France elle-même – il s’agirait d’affaires de clientélisme et de corruption.

En 2017, le bureau de section est à son tour exclu…

Voici ce qu’en dit sur Facebook Didier Altis ex secrétaire de la section syndicale :

« Ex-secrétaire de la plus grosse section CGT Air France à Roissy Escales (7000 salariés!), ex membre de la CE Air France, exclu avec tous les membres le bureau de section en avril 2017 en total désaccord avec les syndiqués de notre section !!! En 2015 notre section faisait 24% à Roissy Escales !!! En 2019, moins de 9% !!! Activité et présence syndicales nulles en 2 ans ... pas de campagne électorale !! Nous avions prévenu le Secrétaire National de l'époque, aujourd'hui planqué dans les mêmes locaux que le DRH, que la section ne se relèvera pas de notre départ !!! Lui et tous les membres du BN nous ont ri au nez !!! Du coup, les salariés n’avaient plus que 3 choix : FO, CGC et CFDT... comme un collègue m'a dit : j'ai voté pour le moins pire !!!

Le Bureau National a voulu nous imposer une "mise sous tutelle" de la section, qui aurait pour conséquences de ne plus écrire un tract, ne plus avoir de négociations avec nos responsables locaux, ne plus avoir la main sur la désignation de délégués syndicaux locaux, en fait de devenir de simples pantins et distributeurs de tracts centraux et VRP pour récupérer des adhérents !!! Inacceptable !!! Les adhérents de notre section ont massivement rejeté cette tutelle !!! La réponse que l'on a eu de notre Bureau National : " Ce ne sont pas les adhérents qui décident, c'est la Commission Exécutive Nationale " Du coup, nous avons refusé la tutelle donc nous avons été exclus.... Voilà l'explication...

Les désaccords ne portaient pas du tout sur le fond, sur les revendications, sur les moyens d’action, juste sur des rapports humains... notre section fonctionnait très bien, sinon on n'aurait jamais pu faire 24% aux élections de 2015 !!! Et si cette décision était justifiée, elle n'aurait jamais dû entraîner à ce score historique de 9% !!! »


Il est bien difficile de démêler ce qui tient de l’orientation, de la qualité de vie syndicale et ce qui tient des questions de personnes, dont les conflits augmentent au même rythme que la confusion dans notre confédération (voir les conflits à la CGT Commerce, où l’on constate des pratiques similaires). C’est aux camarades d’Air France de faire le tri et le ménage…


Mais tant qu’on n’aura pas compris ce qu’est le réformisme syndical, et en quoi le réformisme radical ne permet pas une démarcation réelle et une vraie construction d’un syndicalisme de classe, gageons qu’on va continuer à voir de telles dérives, qui vont à nouveau déboucher sur des conflits et de telles catastrophes électorales…


Edité le 15-03-2019 à 22:49:48 par Xuan




--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Haut de pagePages : 1 - 2Page précédente 
 
 Forum Marxiste-Léniniste  Actualités  Actualités françaises  classe contre classeNouveau sujet   Répondre
 
Identification rapide :         
 
Divers
Imprimer ce sujet
Aller à :   
 
créer forum