Sujet :

classe contre classe

Xuan
   Posté le 29-06-2017 à 15:14:58   

L'élection de Macron souhaitée et organisée par le grand capital a pour but la baisse des salaires, la destruction du code du travail et de toute forme d'organisation des salariés pour la lutte de classe.

La CFDT est clairement un syndicat d'Etat et on ne s'étendra pas là-dessus.

Depuis la lutte contre la loi travail, on constate que FO se tient sur des positions attentistes voire conciliatrices alors que la volonté clairement affichée de l'Etat est de poursuivre et achever le travail entamé par Sarkozy et Hollande dans l'esprit de la commission Attali.

Dans la CGT la masse des adhérents est convaincue de la nécessité de la lutte contre l'Etat et les lois anti sociales. Pour autant les positions défensives et attentistes retardent aussi l'appel à la lutte d'ensemble classe contre classe.
Ci-dessous un article critique sur le site oùvalacgt

Enfin les reliquats de la collaboration de classe qui avaient servi à museler les syndicats n'ont aujourd'hui plus de raison d'être dans la nouvelle donne et une sévère révision devrait s'engager.


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La CGT, Macron et la loi Travail



Il est temps de faire le point, les choses se décantent après la période électorale.
Beaucoup autour de nous s’inquiètent du peu de réactions syndicales, essayons d’y voir clair.

1) Petit retour en arrière : les élections présidentielles et la CGT

Dans sa déclaration du 24 mars à l’occasion des élections, la Confédération se prononçait « pour le progrès social » ce qui ne mangeait pas de pain, mais se concluait par une formule qui faisait consensus dans le syndicat : « Nous refusons d’avoir le choix entre le pire et le moins pire. Nous voulons le meilleur » . A l’époque, c’était la position moyenne entre les électeurs du PC, de Mélenchon et de Hamon.

Mais ça n’a pas duré. De glissement en glissement, Martinez a quasiment appelé à voter Macron (voir « La CGT vote Macron sans oser le dire » ). Lors d’une interview le 1er mai, il s’en est même pris violemment au Front Social et à une de ses affiches, comme nous l’avons rapporté dans cet article.

Tout cela est connu, mais il est utile de le rappeler avant d’aborder le dossier de la loi Travail XXL. On notera quand même que la CGT n’a eu aucune réaction après l’élection de Macron, n’a pas participé aux manifestations du 8 mai (lendemain de la présidentielle) et du 19 juin (lendemain des législatives), qu’il n’a organisé que des rassemblements le 29 juin avant d’appeler à une journée d’action… le 12 septembre ! Pourquoi pas en décembre ?
Pire même : dans un courrier aux organisations (voir ci-contre) la confédération s’en prend violemment au Front Social qui tente d’animer une résistance, quoiqu’on pense par ailleurs de son rôle.


2) Les ordonnances Macron sur la loi Travail

On ne pourra pas dire que Macron nous aura pris par surprise. Les ordonnances étaient annoncées depuis la campagne électorale, et la loi Travail XXL était connue dans ses grandes lignes depuis l’époque (et pour cause, il s’agit de valider les articles prévus et retoqués à l’époque de la loi El Khomri, sans vraiment de nouveauté).

La surprise, elle est plutôt du côté des syndicats. Une opposition de façade plutôt molle, même le Figaro s’en gargarise (6 juin 2017) : « En marche vers la réforme ? Mais on ne rêve pas : alors que le premier ministre vient de remettre aux syndicats un projet de refonte de droit du travail - par ordonnances, s'il vous plaît ! -, tous font preuve d'une surprenante et inédite modération » .
De son côté, Mailly (FO) est à fond dans « la concertation constructive », au fond comme la CFDT, mais en plus il s’en vante

Du côté de la CGT, aucune réaction de front, aucune opposition claire aux ordonnances ; au départ, sans même s’y opposer, la CGT ne cherche qu’à grappiller quelques semaines. Le Compte rendu de la rencontre avec le Premier Ministre le 29 mai dernier est plus que modéré.

Mais la colère est là, partout. Le souvenir des grandes mobilisations de l’an dernier n’est pas passé, et les faits sont connus, le projet de Macron n’a pas besoin de beaucoup d’explications supplémentaires : plus de précarité, plus de flexibilité, plus de fragilité et moins de droits pour les travailleurs.

Des syndicats se rassemblent autour du Front Social, 20 000 personnes dans 34 rassemblements le 19 juin, ce n’est pas si mal quand cela se fait à côté, voire contre la Confédération. Pour beaucoup de participants, ce sont les seules initiatives qui existent, il est impératif d’être présents vu ce qui nous attend, même si la base ne dépasse pas beaucoup le « Résistons, Contre Macron et ses lois » partagé par tous.

De son côté, la CGT attend la journée du 27/06 pour organiser des rassemblements dans toute la France, participation « modeste » quand même, bien sûr un peu plus qu’avec le Front Social – heureusement – mais surtout le public des permanents, directions syndicales, équipes militantes. On annonce 5000 aux Invalides, encore une fois une belle blague, franchement ça commence à nous saouler cette propagande minable sur les participations… Par contre une belle tribune de récupération pour les nouveaux députés du PC et de la FI, comme s’il fallait bien ancrer dans les esprits que la bataille allait se jouer au niveau parlementaire, alors que c’est bien sûr archi-faux (voir l’an dernier) et qu’en plus avec les ordonnances…

Participation modeste donc, mobilisation interne plus que modeste (on voit les boites mail quand la CGT décide de mettre le paquet, et on sait aussi les voir vides…). Et l’appel était triste à pleurer, vous savez cette langue de bois qu’on connaît tellement trop bien, celle qui se veut ronflante dans les généralités pour ne pas avouer qu’on n’a pas envie de faire grand-chose, qu’il s’agit juste de se montrer… Relisez la déclaration du 13 juin : « Depuis plusieurs semaines déjà, la CGT appelle ses organisations à se déployer partout sur tous les lieux de travail afin de débattre avec les salariés, d’élaborer avec eux leurs cahiers revendicatifs, de faire de la 3ème semaine du mois du juin des temps forts d’initiatives et de mobilisations, de profiter de l’été pour aller à la rencontre des saisonniers , des salariés lors des festivals, du Tour de France… » Ouah, tremblez bourgeois, la CGT mobilise…


Et tout ça pour déboucher sur une « journée d’actions et de grève » le 12 septembre, on voit le même flou des formulations : « Nous refusons d’ores et déjà d’entendre dire fin septembre que les ordonnances, présentées par le gouvernement, auraient été co-élaborées avec les syndicats » . Non, non, pas grève générale, même une seule journée, comme l’affirme BFM qui ne connaît pas bien les subtilités de la langue de bois CGT.

Quand on sait que la loi de validation doit sortir juillet, que les ordonnances doivent être adoptées au conseil des ministres 20/09, on comprend qu’il est urgent d’attendre et de ne rien faire. Et là encore on nous annonce la présence de la FI et sans doute du PC. Ca ne sent pas bon… On verra ce qu’il en sera de la préparation, il y a à peine deux semaines, sachant que la rentrée scolaire est le 4…

De son côté, le Front social propose une nouvelle mobilisation, le 14 juillet à Paris au moins pour l’instant, et il faut en être pour tous les présents, on ne va pas attendre la fin de la séquence comme nous le propose Martinez ?

3) Qu’est-ce qu’il y a derrière tout ça ?

Comme le disent certains autour de nous, « il y a un problème, là, à la CGT ». C’est le moins qu’on puisse dire ! Là où c’est plus compliqué, c’est de comprendre de quel problème. Nous en voyons en fait trois, étroitement reliés, bien sûr.


> D’abord les Illusions sur la légitimité électorale du nouveau président. L’idée qu’il a été élu, qu’il a une majorité, et que donc il a l’appui nécessaire pour ces réformes. La CGT étant parfaitement intégrée dans le capitalisme qu’il ne s’agit que de réformer, dans le parlementarisme et le jeu des élections et des lois, ça paralyse – c’est sûr. Ce n’est pas la première fois que ça se passe, si nos lecteurs ont bonne mémoire : lors de l’élection de Sarkozy en 2007, beaucoup avaient été très surpris de voir Thibault passer son temps dans les cabinets ministériels, à discuter avec Soubie et cie… Nous renvoyons à un article de 2009 : « Thibault et l’Elysée, toute une histoire ».


> Ensuite, probablement des illusions sur la relance économique représentée par Macron. A l’heure où le programme industriel de la CGT se tourne de plus en plus vers des contre projets pour la défense de l’impérialisme, cela fait peut-être hésiter la confédération qui ne voudrait pas trop mettre des bâtons dans les roues du gouvernement. Car la CGT, déjà incrustée dans la défense de l’emploi industriel (voir « défendre l’emploi industriel : le débat ») vire de plus en plus ouvertement dans la défense de l’impérialisme français et de ses monopoles (dernier exemple en date, la participation au Salon du Bourget « Retrait de la CGT du Salon aéronautique du Bourget » mais aussi l’énergie et le nucléaire, la défense « Livre blanc sur la défense : FNTE et FTM défendent l’impérialisme »). Il y a peu, la Confédération a entrepris de recenser tous les contreplans industriels développés par ses structures – la FTM est bien en pointe ! – dans une carte parlante voir ci-contre...


> Enfin, et tout aussi inquiétant, voilà que la presse (un article du Parisien, repris par un article de Capital) se met à parler d’une soumission à un chantage sur le financement des syndicats, appuyé sur le fameux rapport Perruchot de décembre 2011 (voir le rapport complet ICI) qui avait fait un beau scandale à l’époque avant d’être enterré. Macron en fait menacerait d’appliquer aux organisations syndicales la loi de transparence dont on voit les effets ravageurs dans les rangs politiques… Bien entendu tout le monde dément d’une seule voix… Mais Macron a rencontré Perruchot pendant la campagne électorale… Or on sait qu’il n’y a pas de sujet plus sensible dans la CGT (entre autres), journées de formation bidon, gestion des CER SNCF… Et en interne, ces histoires de sous, de petits (ou gros) avantages, de voitures de fonction, de notes de restos, de comptabilité pas claire, il y en a des kilos et c’est hyper sensible. Sur ce blog, nous avons un gros dossier publié, et autant sous le coude, en attente de preuves complémentaires… Alors nous, pas de souci pour la transparence, un bon coup de nettoyage dans ces écuries ne ferait pas de mal !!!

Alors, que Macron ait décidé de « tenir » les syndicats par ce biais, ce ne serait pas plus étonnant que cela, il n’est pas lié au consensus paritaire qui prévaut depuis des années, accepté plus ou moins tacitement par les partenaires institutionnels traditionnels… D’ailleurs, une autre rumeur similaire avait été diffusée dans le Canard Enchaîné du 24 mai, sous le titre « Pommade sur ordonnance » un peu plus tôt avec l’info que Macron « tenait » les syndicats, en particulier FO et la CFDT par le biais du paritarisme…
En fait, la seule question importante, c’est de savoir ce qui se trame et se négocie en coulisse, hors de notre vue, la seule question c’est la défense des intérêts des travailleurs et le refus absolu de toutes les compromissions !

4) Alors ? Plus que jamais, le combat dans la CGT

> Plus que jamais contre les orientations de défense de l’impérialisme qui sont de plus en plus explicites.
> Plus que jamais contre les compromissions et les collusions, contre les discussions d’alcôves et de cabinet, pour les mobilisations de masse
> Plus que jamais pour la défense de l’intérêt des travailleurs et rien d’autre : Non à la loi Travail XXL, non aux mesures qui suivront, organisons notre camp contre les restructurations capitalistes !
> Plus que jamais le combat ouvert et frontal contre les orientations réformistes dans nos structures, à tous les niveaux !
Xuan
   Posté le 30-06-2017 à 11:54:04   

Amiante : l'impunité !


On rappelle que les salariés de l'Alstom avaient été déboutés

vidéo

Amiante : pour des victimes, le parquet de Paris a pris «une décision inacceptable»


Par Anne Jouan Mis à jour le 28/06/2017 à 14:29 Publié le 28/06/2017 à 11:47
Des veuves de salariés victimes de l'amiante manifestant le 30 septembre 2006, à Paris.


http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/06/28/01016-20170628ARTFIG00116-amiante-pour-des-victimes-le-parquet-de-paris-a-pris-une-decision-inacceptable.php


INTERVIEW - Le parquet de Paris a requis la fin des investigations dans une vingtaine d'enquêtes sur l'amiante. Pour Pierre Pluta, président de l'Association régionale de défense des victimes, cette décision «méprise les victimes».

Le parquet de Paris a requis la fin des investigations dans une vingtaine d'enquêtes sur l'amiante. La raison: il serait impossible de dater l'intoxication des malades. Les victimes sont ulcérées. Les non-lieux qui pourraient être prononcés concernent une vingtaine de dossiers actuellement instruits au pôle de santé publique de Paris: celui de la société Eternit, premier producteur français d'amiante-ciment jusqu'à l'interdiction de la fibre, de l'usine de Condé-sur-Noireau dans le Calvados, de l'entreprise Everite implantée par Saint-Gobain, des anciens chantiers navals de la Normed à Dunkerque ou encore du campus de Jussieu. Mais dans les cas de Jussieu et la Normed, la justice doit se prononcer le 15 septembre sur les mises en examen de plusieurs protagonistes.

Pierre Pluta est président de l'Association régionale de défense des victimes de l'amiante (Ardeva) à Dunkerque. Il se bat depuis une vingtaine d'années pour que justice soit faite.

LE FIGARO. - Comment réagissez-vous à la décision du parquet de Paris?

Pierre PLUTA. - C'est la colère. C'est finalement ce que nous pensons depuis des années: la Chancellerie et l'instruction protègent ceux qui savaient que leurs décisions - et celles qu'ils n'ont pas voulu prendre — allaient tuer des dizaines de milliers de personnes. Cette réquisition du parquet de Paris demandant de clore ces instructions judiciaires méprise les victimes. Elle est scandaleuse et indigne de la justice de notre pays. À Dunkerque, notre dossier Solac est concerné par cette décision.

Dans quel état d'esprit sont les victimes de Solac?

La veuve d'un homme qui a travaillé 20 ans pour Solac et qui est décédé d'un mésotéliome m'a appelé ce matin. Elle est consternée. Cette décision est inacceptable, inadmissible. En 2005, nous avions déposé plainte pour trois anciens salariés décédés. Solac, ce sont 527 victimes recensées par notre association et reconnues comme ayant une maladie professionnelle due à l'amiante. Parmi elles, 95 sont décédées.

En somme, vous estimez que la justice protège les puissants?

Oui, c'est absolument ça. Et la justice prépare l'avenir. Elle dit aux empoisonneurs actuels et futurs, ceux qui fabriquent les pesticides, les fibres céramiques réfractaires, ou le chrome 6 qu'ils pourront tuer des milliers de personnes en toute impunité au nom du profit. Exactement comme cela a été le cas avec l'amiante. Aujourd'hui, notre devoir est de nous battre pour que la justice ne prononce pas un non-lieu pour la Normed, l'autre grand dossier amiante de notre région du Nord.
Xuan
   Posté le 08-07-2017 à 17:09:19   

Bouamama : « Il y a une France des dominés et une France des dominants »


Publié le 8 juillet 2017 par bouamamas

Faire barrage à l’extrême droite. Bien. Et après ? Dans un contexte marqué par la confusion idéologique, Emmanuel Macron a pris le devant de la scène, s’est accroché au podium et a étalé ses idées fétiches : « société civile », « présidence jupitérienne », « esprit de conquête »… On a le droit de s’interroger sur ce langage prétentieux. Car pendant ce temps-là les dérives liées à l’état d’urgence, les tentatives d’attentats déjoués, les attaques islamophobes, l’exclusion des jeunes ou encore le fléau du sexisme vont toujours bon train. Quelle place pour « les gens qui ne sont rien » ? Pour se faire une idée, nous avons interviewé le sociologue Saïd Bouamama, spécialiste de l’aspect structurel des discriminations en France et auteur de nombreux ouvrages de référence.

Alex Anfruns,Investig’Action




Le gouvernement Macron a mis en avant une notion de rassemblement de la “société civile” autour de son projet. Comment définiriez-vous cette fameuse “société civile”, et quelles sont ses limites ?

Le concept de société civile est devenu une tarte à la crème du débat politique et médiatique acquérant autant de définitions que de personnes l’utilisant. Cette polysémie du concept souligne que son sens est l’objet de multiples interprétations qui le détournent du sens qu’il avait pris dans les polémiques politiques depuis les débuts du mode de production capitaliste.

Nous sommes loin de la définition de Rousseau : « « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : “Ceci est à moi”, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile ». Pour cet auteur la société civile renvoie donc au monde de la propriété privée.

Nous sommes encore plus loin de la définition de Marx nous rappelant que « L’anatomie de la société civile doit être cherchée dans l’économie politique ». Autrement dit, il n’y a pas une société civile unique, homogène et unie face à un Etat ou une bureaucratie mais une société civile clivée par des intérêts de classes.

Tout le subterfuge de Macron est de vouloir gommer ce clivage interne à la société civile pour masquer que l’Etat n’est au service que d’une seule partie de cette fameuse société civile. Il ne se situe pas au-dessus de la société civile et de ses divisions mais au service d’une partie contre une autre. Macron est au service de la société civile dominante économiquement et contre la société civile dominée économiquement.

Il n’est qu’à prendre en compte l’appartenance de classe des députés macronistes pour se rendre compte qu’ils ne reflètent pas l’ensemble de la société civile mais bien une seule partie.

L’offensive idéologique est de masquer dans les consciences le clivage dominants/dominés, riches/pauvres, exploiteurs/exploités en évoquant uniquement un rapport vertical haut/bas, personnel politique/citoyens, etc. Bien sûr le clivage vertical existe mais il est au service du clivage horizontal constitué par la lutte au sein de la société civile entre classes aux intérêts divergents.

Récemment, la néo-députée Danièle Obono a été soumise à un véritable procès à la radio en direct, où on lui a rappelé ses origines et sa chance d’avoir été élue dans ce pays. Elle a été sommée de reconnaître une sorte de dette envers les valeurs de la République. Quelle est votre réaction face à cette affaire?

La campagne contre Danièle Obono est tout simplement raciste et sexiste. Elle est attaquée pour avoir signé une pétition me soutenant moi-même et le rappeur Saïdou du groupe ZEP lors de la plainte déposée par l’extrême-droite contre nous pour avoir dit dans le livre/CD « nique la France-devoir d’insolence » : «Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes. Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes.»

Nous sommes dans la même opération qu’avec le concept de « société civile ». Il s’agit ici d’essentialiser la nation France en niant les conflits qui la traversent hier comme aujourd’hui. Il y a une France des dominés et une France des dominants, et celles-ci s’affrontent.

Ce qu’on reproche à Danièle Obono, ce sont ses prises de position antiracistes, anticolonialistes et anti-guerre. Que ce soit de surcroît une femme noire qui adopte ces positions est insupportable aux oreilles de ceux qui défendent la France impérialiste qui, de la Côte d’Ivoire, au Mali, en passant par la Libye et la Syrie, ne cesse de participer à des guerres meurtrières pour le pétrole, le gaz et les minerais stratégiques.

Deux semaines après l’attentat de Londres, il s’est produit une attaque contre la mosquée de Finsbury Park. Fin juin, un individu a essayé de renverser les fidèles qui sortaient de la mosquée de Créteil. Cette semaine encore, une fusillade a eu lieu devant la mosquée d’Avignon. Le contraste entre la médiatisation des attentats et les nombreuses tentatives ratées, et celle des attaques islamophobes est saisissant. Comment l’expliquez-vous ?

Comme je l’ai souligné dans plusieurs textes récents, nous sommes dans une séquence historique caractérisée par une banalisation de l’islamophobie. Ce nouveau visage du racisme remplit des fonctions systémiques tant sur le plan international que sur le plan des pays européens. Sur le plan international, il réunit les conditions permettant de forger du consensus au sujet des guerres pour les ressources naturelles en les couvrant de l’alibi « anti-terroriste ». Sur le plan national, il permet de dévier les colères populaires montantes contre l’ultralibéralisme vers de fausses cibles, de faux adversaires, de faux dangers, etc. Bref l’islamophobie est un débat-écran à forte productivité idéologique.

Le danger social et politique est que cette islamophobie diffusée par les plus hautes autorités de l’Etat en ce qui concerne la France (de la loi sur le foulard en 2004 au débat sur l’identité nationale en passant par la ridicule interdiction du burkini sur les plages françaises l’année dernière, etc.) imbibe désormais une partie du peuple de ce pays, ou, pour le dire autrement, qu’il a accéléré un processus de fascisation qu’il ne faut pas sous-estimer. En témoignent les passages à l’acte islamophobes mais aussi la hausse des violences policières contre des jeunes des quartiers populaires.

Le double standard dans le traitement médiatique consistant à diffuser de l’angoisse se rajoutant à l’angoisse spontanée lorsqu’il s’agit d’un attentat dit « djihadiste » d’une part et à se contenter du service minimum lorsqu’il s’agit d’une violence islamophobe d’autre part, contribue au processus de fascisation.

Ce double standard se trouve également dans les différentes grilles explicatives avancées : la fragilité psychologique de l’acteur de violence islamophobe contre le calcul conscient dudit « djihadiste ». Bien sûr cela ne signifie pas forcément pour la majorité des journalistes un choix conscient de couvrir différemment ces deux types de violences.

Le centrage sur l’audimat, le besoin de sensationnel, l’entre soi journalistique, l’instrumentalisation politique tacticienne, etc., convergent pour produire ce double standard. Il est, selon moi, urgent qu’un mouvement social s’organise pour poser la question de la presse et de sa manière de couvrir l’actualité en question.

Vous connaissez bien le large éventail de problèmes qui touchent la jeunesse des quartiers populaires. Comme dans n’importe quel pays, ces jeunes ont un potentiel de créativité et sont toujours à la recherche de voies d’émancipation. Quels sont les pièges que cette société leur tend et comment les aider à les éviter?



Les raisons de la révolte des jeunes de quartiers populaires en général et des jeunes issus de l’immigration en particulier sont légitimes. Les choix économiques qui sont fait depuis plusieurs décennies paupérisent et précarisent les classes populaires en général et leur composante issue de l’immigration encore plus fortement. De surcroît l’ultralibéralisme a pour effet une hausse de la concurrence pour les biens rares (emplois, formations, logements, etc.) qui conduit inéluctablement à une paupérisation accrue des plus pauvres, une précarisation accrue des plus précaires et à une hausse des discriminations racistes et sexistes systémiques.

Cette révolte légitime peut s’orienter vers un mouvement social porteur d’un rapport de force susceptible de contraindre les dominants à prendre en compte ces classes populaires ou peut s’égarer dans des impasses individuelles (autodestruction et violences contre les proches, mythe de la réussite individuelle en écrasant les autres, toxicomanie, etc.) ou collective (attirance vers le nihilisme, écoute des charlatans se couvrant d’un discours religieux ou politique, etc.). La seule manière d’éviter ces impasses reste l’organisation collective pour ne pas être que dans la réaction.
Xuan
   Posté le 18-07-2017 à 22:18:37   

Solidarité avec les travailleurs de l’usine de TORAY


Depuis le 11 juillet les ouvriers de l’usine de TORAY CFE, sur le complexe de Lacq (64), sont en grève pour obtenir la réintégration d’un de leur camarade licencié pour « insubordination »[1]. L’usine est quasiment à l’arrêt. La direction préfère perdre des millions d’euros par la paralysie de la production que de céder à la revendication des travailleurs. Voilà qui est révélateur du véritable visage du patronat qui ne tolère pas, au-delà de toute autre considération, que l’on puisse contester son autorité et son pouvoir dans « son » usine. Le travailleur doit rester son esclave salarié !

Mais voilà que contre toute attente de sa part, habitué à mettre les travailleurs en condition de concurrence les uns par rapport aux autres, il voit s’exprimer la solidarité de cette classe de prolétaires qu’il méprise et exploite et sans le travail de laquelle il n’est rien et ne pourrait vivre un seul instant.

Cette lutte vient grossir toutes les luttes et grèves en cours partout en France et que les médias couvrent de leur silence. Viendra le jour où ces luttes iront grossir le fleuve qui emportera cette société malade du capital et grosse d’une société sans exploitation. Société socialiste dans laquelle ce sont les travailleurs qui auront le pouvoir.

Popularisons cette grève exemplaire, soyons prêts à répondre à toute demande de solidarité de leur part. Leur détermination et leur unité dans la lutte sont une garantie d’une issue victorieuse.

ROCML le 16 juillet 2017


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Grève dans l’usine Toray CFE (64)


Dans les usines TORAY CFE sur le complexe de Lacq qui embauche plus de 400 salariés, la quasi-totalité des ouvriers s’est mise en grève depuis le 11 juillet pour un salarié licencié injustement ! Presque toute l’usine est depuis à l’arrêt, chose qui ne s’était jamais produite dans l’histoire de cette entreprise. C’est environ 200 grévistes qui se mobilisent pour une seule personne sur le principe de « un pour tous, tous pour un ». Ce n’est ni une logique financière, ni un mot d’ordre national qui a conduit tous ces salariés en grève mais la solidarité. Les salariés et la Cgt réclament la réintégration immédiate de notre camarade dont la direction lui reproche une insubordination. Ce que l’ensemble des grévistes conteste. Nous sommes à l’heure actuelle toujours en grève dans une usine qui est quasiment à l’arrêt complet. La Direction ne veut faire aucun geste envers notre camarade alors nous continuons la lutte.

La Cgt Toray-CFE
cgt.toray@laposte.net


pg

[1] Voir le communiqué du syndicat de TORAY que nous reproduisons ici.
Solidarité avec les travailleurs de l’usine de TORAY
Xuan
   Posté le 29-07-2017 à 20:05:11   

Source : oùvalacgt

Samedi 29 juillet 2017
Pénibilité : la CGT sort (enfin !) de son silence !





Voilà des années que nous protestons sur ce blog sur le silence de la Confédération. En fait, depuis la fin des négos avec Sarkozy, autour de 2011, plus rien.

Lire tous les articles de ce blog à ce propos ICI.


Rien plus un mot. Arrêt de la campagne Pénibilité qui avait pourtant eu un gros succès. Pas un mot dans les résolutions de Congrès Confédéral (voir le coup de gueule d’un délégué au 51° Congrès à ce propos), donc de même dans les structures (FDs etUDs), pas de fiche spécifique dans les repères revendicatifs, pas un mot et même pas de prise de position lors de la mise en place du Compte Personnel de Prévention de la Pénibilité, pas de revendications spécifiques, silence lors des déclarations de Macron pendant les présidentielles…
Le silence total. A se demander les raisons de ce silence ? A tel point que nous, petit collectif bien faible, avons dû prendre en charge par nous-mêmes les formations syndicales sur le sujet (voir la plaquette de formation syndicale diffusée sur ce blog).


Et voilà. On ne sait trop ce qui s’est passé, mais la Confédération vient de sortir des fiches argumentaires contre la nouvelle loi Travail XXL – dont une sur la pénibilité !!
Mais si, on ne rêve pas… D’ailleurs, la voilà ci-contre en intégral, en plus du lien.

Qu’en dire ? Que globalement ça aurait pu être pire, vu les réactions précédentes au projet Macron, proprement calamiteuses (lire « la pénibilité, Macron… et la CGT »).

On y trouve :

> La dénonciation de la limitation des critères
> Le rejet de définitions individuelles et la revendication de statuts collectifs (par métiers-type, par branche, par entreprise)
> La contrepartie d’un trimestre de retraite anticipée pour une année revendiquée, ce qui revient à un « Quart temps », un peu comme le Tiers Temps Amiante sur lequel nous proposions de caler la revendication pour uniformiser nos demandes. Mais pourquoi limiter à cinq ans cette anticipation, 7,5 ans d’anticipation pour 30 ans de travaux pénibles, c’est « trop » ? Il faut paraître « crédible et raisonnable » ? Pour l’exposition à l’amiante, le tiers-temps n’est pas limité…
> La critique des restrictions apportées par le C3P en termes de réparation, comme en termes de seuil de reconnaissance.
> Le fait que ce soit aux entreprises de payer, et pas aux régimes sociaux (Maladie en particulier, via l’invalidité

Tout ça est quand même positif, ça va dans le bon sens, et nous invitons tous les camarades à utiliser ce document dans le travail syndical, pour forcer la main aux structures bien trop silencieuses partout.




Quelques remarques néanmoins sur les limites de ce document :
> - Il n’y a pas de critique claire du C3P, c’est une fiche un peu opportuniste qui tourne autour, comme si on ne savait pas bien ce qu’il fallait en dire… Allez, pas d’hésitations, le C3P à la poubelle et hissons haut à nouveau le drapeau du combat contre la pénibilité et pour la défense des conditions de travail, pour la prévention et la réparation !
> - Il n’y a aucune critique sur l’impossibilité de vérifier et de contester les déclarations des employeurs, si bien que les travailleurs sont soumis à leur arbitraire
> - L’accent est encore trop mis sur le contrôle des patrons et pas assez sur la colère et la révolte des travailleurs, leur réaction collective pour s’organiser pour gagner face au MEDEF et au gouvernement.
> - Et même pas de rappel de la revendication phare encore portée par certaines fédérations, « la retraite à 55 ans pour les travaux pénibles »…
Cela dit, maintenant, nous pouvons avoir un point d’appui pour organiser cette mobilisation, avec cette note, même si elle est imparfaite. Nous pouvons organiser l’enquête sur les conditions de travail, dégager des revendications, mobiliser les travailleurs !

Alors pour finir quand même, deux petites questions pièges ; cette note a été diffusée plus que confidentiellement fin-juillet – le 24, pour être précis.
Alors :
• Quels sont les militants qui en eu ont connaissance ?
• Quelles sont les structures qui l’ont relayée ??

Ça nous intéresse de savoir sur ce blog… Savoir si cette fiche a juste été écrite pour la frime et calmer les énervés, ou si c’est le signe d’une véritable reprise en main du dossier !
Xuan
   Posté le 03-08-2017 à 16:25:41   

ROCML met en ligne 3 articles de la CGT avec des liens vers ses propres positions:


3 août 2017

Le contrat de travail : le salarié ne pourra plus refuser les modifications

Retrouver notre propre analyse ICI

source la CGT

Toute modification du contrat de travail et des éléments qui le constituent, nécessite l’accord de l’employeur et du salarié. Un droit remis en cause depuis plusieurs années. Les projets d’ordonnances « Macron » ont pour volonté de pousser encore plus loin la précarisation et la flexibilisation du contrat de travail en prévoyant encore plus de cas pour lesquels un accord d’entreprise peut s’imposer à lui.

Comme tout contrat, des modifications ne sont possibles qu’avec l’accord des différentes parties qui l’ont contracté, ces dernières devant alors signer un avenant modifiant le contrat initial. Si le salarié refuse la modification de son contrat de travail, il ne peut pas être sanctionné pour ce motif et encore moins être licencié ! Le refus est un droit pour le salarié. Il en est de même d’un accord d’entreprise, celui-ci ne peut pas modifier le contrat de travail du salarié sans l’accord de ce dernier.

Un droit remis en cause au fil des années. D’abord par la loi Aubry de 1998, la loi « Aubry II » de 2000, ensuite par la loi de « sécurisation de l’emploi » de 2013, enfin, par la loi « El Khomri » de 2016 qui créée les accords collectifs de développement ou de préservation de l’emploi, permettant de diminuer la rémunération et d’augmenter la durée du travail sans l’accord du salarié. Mais la loi « El Khomri » de 2016 va encore plus loin que la loi de 2013, car ces accords peuvent être conclus alors même que l’entreprise ne connaît aucune difficulté économique !

Avec la Loi Travail XXL, le projet du gouvernement est de contraindre le salarié à devoir accepter tout changement de lieu de travail, de temps de travail et de rémunération, sans aucune possibilité de s’y opposer.

Pour la CGT, le contrat de travail ne devrait, dans aucun cas pouvoir être modifié sans l’accord du salarié ! Voir les propositions de la CGT


Edité le 03-08-2017 à 16:34:42 par Xuan


Xuan
   Posté le 03-08-2017 à 16:29:12   

3 août 2017
Non aux ordonnances Macron ! Non à la casse du Code du travail !

source la CGT

L'analyse du ROCML des ordonnances: ICI

À l’appel des syndicats CGT, FO, Solidaires, Unef et FSU, plusieurs milliers de personnes étaient rassemblées près de l’Assemblée nationale, et dans toute la France, le 27 juin 2017, jour de rentrée des nouveaux députés.
Des slogans, des banderoles et des pancartes contre le projet d’Emmanuel Macron de réformer le code du travail par ordonnances et contre le démantèlement du Code du travail.

Sur la tribune, des témoignages de salariés et de dirigeants des différents syndicats qui se battent contre le projet gouvernemental qui s’attaque à tous les droits du Code du travail. Des droits qui seraient remis en cause, voire amenés à disparaître, comme par exemple, dans les conventions collectives : les primes diverses (ancienneté, vacances, etc.), l’intégralité du salaire versée pendant les arrêts maladie, l’indemnité conventionnelle de départ en retraite ou de licenciement... Dans cette reforme, ce que l’on appelle « la place centrale » dévolue aux accords d’entreprise, n’est que l’inversion de la hiérarchie des normes, qui permettra au patronat d’appliquer des accords moins favorables aux salariés.

Avec l’extension des contrats de chantier, la fusion des instances représentatives du personnel et la barémisation des dommages et intérêts aux prud’hommes en cas de licenciement abusif, le gouvernement prépare des cadeaux au Medef, et surtout une plus grande précarisation pour les salariés.


Il n’y avait pas qu’à Paris que la CGT était mobilisée ce mardi 27 juin. Une journée d’action avait été par exemple décidée par l’UD du Nord et les UL du département. Des rassemblements ont eu lieu à Cambrai, Valenciennes, Dunkerque ou Lille. Place de la République, à Lille, les pompiers du Nord en grève depuis une dizaine de jours protestaient contre la baisse de leurs effectifs et étaient venus grossir les rangs de cette journée d’action avec les cheminots et les hospitaliers. Des prises de paroles ont eu lieu notamment sur les combats à mener cet été afin d’établir un calendrier de luttes convergentes.


Plus que jamais, il faut informer les salariés des dangers de cette loi. Ludovic Bouvier, responsable régional CGT Métallurgie Nord-Pas-de-Calais, nous explique en quoi la Loi Travail XXL est déjà présente d’une certaine façon dans les secteurs touchés par les accords de compétitivité comme celui de l’automobile. Un secteur où l’application du "CDI de projet" serait fortement à craindre.


La CGT créera toutes les conditions pour que s’ouvre une véritable négociation à partir de ses propositions d’un Code du Travail du 21ème siècle et de celles remises à la ministre du Travail le 3 juin, résolument tournées vers l’avenir pour les salariés.

Dès aujourd’hui, la CGT invite tous les salariés à se mobiliser, le 12 septembre, dans l’action et la grève.

Non aux ordonnances Macron ! Non à la casse du Code du travail !


Xuan
   Posté le 03-08-2017 à 16:33:21   

3 août 2017

Hiérarchie des normes : la grande remise en cause


source la CGT

Retrouver l'analyse du ROCML ICI

Dans la droite ligne de la loi El Khomri, les ordonnances travail prévoient de démolir les conventions collectives en permettant aux accords d’entreprises de leur être moins favorable dans la quasi-totalité des matières du code du travail. Les droits des salariés deviendraient un objet de concurrence entre entreprises qui pourront négocier à la baisse les droits des salariés en expliquant que « c’est pour rester compétitif » ! Et comme au niveau de l’entreprise les négociateurs sont plus proches des pressions patronales ça facilite encore la casse sociale. Au final, les salariés vont perdre de nombreux droits garantis par leur convention collective : primes, jours de congés… et se retrouver avec un code du travail par entreprise !

Pour rappel, la hiérarchie des normes c’est :
- Le code du travail socle de droits pour tous les salariés
- Les conventions collectives qui améliorent les dispositions du code du travail
- Les accords de groupes ou d’entreprises qui améliorent les conventions collectives



Nos acquis les plus importants viennent non pas du code du travail ni même des accords d’entreprises mais des conventions collectives, puisque toutes améliorent les dispositions du code du travail. Elles permettent de doter les salariés de protections, garanties et droits et ce, quelle que soit la taille de l’entreprise, qu’il y ait ou pas une présence syndicale ou d’instances représentatives du personnel. Elles couvrent dans notre pays 98% des salariés du secteur privé.

Grâce aux conventions collectives, voici par exemple ce qui a été obtenu :
- 6 mois de maintien du salaire en cas d’arrêt maladie Convention Collective Nationale de la chimie, pour l’industrie pharmaceutique 3 mois. Hors le Code du travail ne prévoit pas de maintien !
- Un temps de pause de 30mn pour les salariés en équipe, CCN chimie, plasturgie, industrie pharma. 20 minutes seulement dans le Code du travail.
- Une prime de froid et de chaud CCN industrie agroalimentaire alors que le code du travail ne prévoit rien !
- Etc.

La CGT porte et revendique un nouveau statut du travail salarié, la sécurité sociale professionnelle protégeant ainsi tous les travailleurs des aléas de la vie, mais cela ne peut se faire qu’en ayant pour fondation un code du travail garantissant un socle commun de droits et des conventions collectives nationales améliorant ses dispositions, augmentant ses acquis.

Voir l’intégral de l’argumentaire : "Pas de protection individuelle des salariés sans protection collective !"

Xuan
   Posté le 30-08-2017 à 09:04:39   

La Chine cite une interview du CEVIPOF :


"Emmanuel Macron risque d'apparaître comme le porte-parole des gens les plus fortunés" (CEVIPOF) (INTERVIEW)

2017-08-30 08:21:17 xinhua

Selon une nouvelle enquête d'opinion publiée mardi, la popularité du président Macron continue de baisser. Seule une minorité de Français déclare avoir une bonne opinion du chef de l'Etat (43%), contre 55% qui en ont une mauvaise. "Faute d'une base sociale et idéologique suffisamment large, Emmanuel Macron risque d'apparaître comme le porte-parole des gens les plus fortunés" , relève le politologue du CEVIPOF, centre de recherches de Science Po, Luc Rouban.

La popularité du président de la République est en chute, selon la dernière enquête d'août de l'Observatoire de la politique nationale qui associe BVA, La Tribune et Orange. Désormais, seule une minorité de Français déclare avoir une bonne opinion du chef de l'Etat (43%), contre 55% qui en ont une mauvaise (soit une progression de 11 points en un mois).

C'est la première fois depuis trois mois que le président français rassemble davantage d'opinions négatives que positives. Une période pendant laquelle il a perdu 19 points d'opinions positives. Un quasi record sous la Ve République.

"La base sociale et idéologique du Président reste très faible et son projet de société manque de lisibilité. La chute de sa popularité l'indique. Il risque d'être considéré comme le porte-parole des gens les plus fortunés, d'une bourgeoisie diplômée; ce qui est par ailleurs assez conforme à sa base électorale. Pour dire les choses simplement, Emmanuel Macron risque de passer pour un réformateur libéral technocratique qui oublierait la question des personnes modestes et serait suspect de mépris social" , commente le politologue Luc Rouban.

Le double positionnement libéral - sur le plan économique comme sociétal - du chef de l'Etat ne cadre pas avec la matrice de l'Hexagone, relève par ailleurs le chercheur. "La formule du en même temps chère à Emmanuel Macron montre ses limites. Il ne va pas pouvoir rester ami avec tout le monde..." , glisse-t-il.

"En France, les vrais sociaux-libéraux représentent 6% de l'opinion. Globalement, les Français sont peu favorables au libéralisme économique. Il y a très forte demande de protection sociale, de services publics de qualité..." , affirme-t-il. Avant d'ajouter: "Les attentes et les angoisses des Français se mêlent et font émerger le doute et la crainte que le programme d'Emmanuel Macron soit uniquement un programme néo-libéral" .

"Le président n'a pas précisé son projet de société" , estime d'autre part Luc Rouban. "Des questions essentielles que se posent les citoyens comme celle de la place de l'islam dans la société française, la laïcité, la mobilité sociale et d'autres ne sont pas abordées jusqu'ici" , note-t-il.

Selon la dernière vague d'août de l'Observatoire de la politique nationale qui associe BVA, La Tribune et Orange, les jugements positifs sur Emmanuel Macron sont minoritaires dans toutes les catégories socioprofessionnelles (CSP), à l'exception des CSP supérieures (51%), et notamment les cadres (58%).

Emmanuel Macron perd des points chez les sympathisants de gauche comme de droite. Chez les électeurs de droite, il a perdu 20 points en un mois, avec 38% seulement d'opinion favorable. Chez les proches du PS, ils sont encore 51% à lui faire confiance, mais la chute est de 13 points. Il conserve en revanche une très solide assise (93%, - 5 points) chez les sympathisants La République en Marche (LREM).
Xuan
   Posté le 09-09-2017 à 10:43:59   

"Fainéants, cyniques, extrêmes"


Trois mots résument la haine de classe du représentant de la bourgeoisie. Si on y réfléchit un instant ils s'appliquent exactement à sa propre classe, qui vit du travail du peuple.
Xuan
   Posté le 09-09-2017 à 10:46:19   

"Président raté" : la tribune du New York Times qui accable Emmanuel Macron

...Pour Chris Bickerton, Emmanuel Macron, "l’enfant chéri de l’élite libérale mondiale" a perdu de son aura à cause de son attitude arrogante vis-à-vis du pouvoir. Il cite alors en exemple, sa déclaration au sujet d’une présidence jupitérienne, son discours au Congrès de Versailles ou encore ses propos sur la loi Travail. "Beaucoup de français se sont hérissés de ces accents monarchiques" , note l’éditorialiste.

Quatre mois après l’élection du président français, le quotidien américain estime que le vide de son projet est en train de se découvrir. L’éditorialiste se montre particulièrement septique concernant la réforme du Code du travail. "La politique économique d’Emmanuel Macron favorise les employeurs par rapport aux salariés et ébrèche ce qui reste de l’État providence français" , écrit-il.

Pour illustrer son propos, Chris Bickerton rappelle qu’en matière de lutte contre le chômage, les expériences d’autres pays suggèrent que des résultats s’obtiennent au prix de nouvelles inégalités. En Allemagne, les réformes du marché du travail ont entraîné une prolifération de "mini-emplois" , un travail à temps partiel légèrement réglementé et qui a remplacé les emplois à plein temps dans certains secteurs.

Il prend enfin l’exemple de la Grande-Bretagne où les niveaux records d’emplois existent, mais parallèlement à la faible productivité, à la stagnation des salaires et à la prolifération de contrats à court terme. "Est-ce ce futur que la France veut ?" , s’indigne-t-il.
Xuan
   Posté le 11-09-2017 à 09:21:48   

Sur le site de la CGT la carte des mobilisations contre les ordonnances Macron

Que la CGT se retrouve seule (avec FSU et Solidaires et au niveau confédéral), à manifester, traduit un tournant sur le terrain syndical, une clarification en quelque sorte, et d'une certaine manière un progrès dans l'unité et non une division.
L'an dernier la CFDT s'est écartée de l'unité syndicale, cette année FO fait de même.
Il vient que l'objectif d'union syndicale au sommet en prend un vieux coup, tandis qu'à la base les syndiqués et militants agissent ensemble dans bien des cas.

Nous devons favoriser l'unité à la base qui correspond aux intérêts des salariés en général et de la classe ouvrière en particulier. Cet intérêt commun n'est autre à terme qu'un syndicat unique de masse et de lutte de classe.

Parallèlement, il faut prêter attention aux salariés des petites entreprises, les plus exploités et les moins syndiqués. Nous devons soutenir tout ce qui peut favoriser leur organisation.

Enfin les manœuvres électoralistes de Mélenchon aboutiront probablement au sabotage de l'opposition aux ordonnances Macron. Il est nécessaire d'éveiller les ouvriers les plus conscients à la nocivité de cette voie de garage.


Edité le 11-09-2017 à 09:24:44 par Xuan


Xuan
   Posté le 02-10-2017 à 20:58:32   

ROCML signale cet article sur l'isolement de Mailly dans FO. Ce petit événement constitue peut-être un pas vers une centrale syndicale unique de lutte de classe

30 septembre 2017
[Le Parisien] Force ouvrière : Jean-Claude Mailly dans la tourmente

Mis en minorité ce vendredi, au sein de son organisation, le secrétaire général de Force Ouvrière, qui a refusé de porter le fer contre la loi Travail, est dans une position trés inconfortable. Lundi il réunit le bureau confédéral exécutif.

C'est un véritable coup de tonnerre qui s'est abattu ce vendredi sur la tête de Jean-Claude Mailly. Mis en difficulté depuis plusieurs semaines pour ses positions modérées sur la loi Travail, le secrétaire général de FO, est désormais sur la sellette. Le parlement de la centrale syndicale (Comité confédéral national) réuni à Paris pendant deux jours pour débattre de la ligne défendue par son chef et son bureau, a décidé de changer le cap et a repris la main pour dénoncer «la casse du Code du travail».

Selon nos informations, les 143 secrétaires d'union départementales, de fédérations et d'organisations ont voté à la quasi unanimité une résolution allant à l'opposé des arguments défendus depuis des mois par Mailly : « contre les ordonnances, FO est déterminée à défendre le droit des salariés», elle considère qu'une «mobilisation interprofessionnelle avant la ratification est nécessaire». Le résultat des urnes a été sans appel et sonne comme un véritable vote de défiance : 123 voix pour et 20 abstentions.


La veille déjà, Jean-Claude Mailly avait ouvert la séance par un discours « un peu sur la défensive », justifiant pied à pied sa position. Depuis la fin août, le secrétaire général répète que les ordonnances voulues par Emmanuel Macron « ne sont pas la casse du Code du Travail ». Par deux fois en interne, il a d'ailleurs mis sa démission dans la balance contre un appel de FO à une journée de mobilisation. « On a obtenu plus en trois mois de discussions qu'en douze journées d'action l'an dernier », a-t-il d'ailleurs martelé à longueur d'interview. Des mots bien plus conciliants que ceux de Laurent Berger, le patron de la CFDT, qui ont alimenté la grogne de nombre de ses militants. Certains n'ont pas hésité à aller grossir les rangs des manifestants de la CGT lors des mobilisations du 12 et 21 septembre. Lors des deux journées d'action, 58 unions départementales de FO (sur 97) et 8 fédérations avaient appelé à défiler, bravant les consignes données par la confédération. Du jamais vu. Récemment, l'annonce de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, sur une hausse limitée des indemnités légales de licenciement aux dix années d'ancienneté, et non au-delà comme le réclamait Mailly qui en avait fait son totem, a fini de jeter le trouble. Un malaise grandissant qui est maintenant étalé au grand jour.

Jean-Claude Mailly ne s'y trompe pas. Absent ce matin, comme de coutume, lors des débats du CCN sur les ordonnances et le projet de résolution, le secrétaire général a fait un bref passage vers 16H40 pour la clôture. Son discours a duré à peine une minute: « Mes camarades, a-t-il lancé, je considère que le bureau (NDLR: le gouvernement de la centrale) est mis en minorité. Je réunirai le bureau confédéral exécutif lundi et je vous tiendrai informé de la suite ». De quoi faire dire à certains «ça y est, il va sûrement démissionner».

«Non je ne démissionne pas, arrêtons l'intox», a réagi ce vendredi soir Jean-Claude Mailly sur son compte Twitter.

leparisien.fr
Xuan
   Posté le 19-10-2017 à 22:47:31   

Il faut que ça cesse !



Solidarité avec les Goodyear ! « Les larmes qui coulent sont à la fois celles de tristesse et de colère, tôt ou tard cela devra cesser !!!!! » écrit Mikael Wamen dans un texte plein d’émotion.
S’il est toujours triste de voir partir un pote de combat, si l’humanité de l’homme passe par ses émotions et les larmes qu’elle détache de ses yeux, la colère n’est jamais loin quand les circonstances de sa disparition ont de telles rugosité mutilantes, quand c’est bien après des humiliations liées a la perte de leur travail, que Jérémy et d’autres avant lui ont été conduit à se supprimer d’un monde qui ne voulait plus d’eux !
Nous devons exprimer notre solidarité comme hier le monde du travail l’exprimait envers les mineurs victimes de catastrophes provoquées par les conditions de travail impitoyables exigées par les patrons des houillères. Et c’est à bon escient que je fais ce rapprochement, puisque c’est à la suite de l’une de ces catastrophes qu’était décidé la rédaction d’un code du travail pour donner à ceux qui vendent leur force de travail, un minimum de sécurité, le droit de vivre et de pouvoir faire vivre les leurs dans la dignité.
Et parce que c’est au moment que ce dernier est gravement remis en cause par l’entente des patrons et de leur gouvernement que Jérémy a décidé de se supprimer. C’est aussi parce que Jérémy est le seizième travailleurs de chez Goodyear à le faire, que cela prend bien les apparences d’une catastrophe équivalente à celle qui endeuillaient jadis les corons, une catastrophe dont la responsabilité n’est pas difficile à établir puisqu’il s’agit de celle des patrons, du gouvernement qui leur cède sur tous leurs désirs, du profit auquel tout doit être sacrifié.

Oui tôt ou tard il faudra que cela cesse, et c’est à quoi devrait s’employer notre parti. Nous en sommes sûr et c’est pourquoi sans perdre un instant nous devons considérer que ce deuil est aussi le nôtre et devons apporter toute notre solidarité à ceux qui l’ont connu et leur dire de tenir, que nous sommes à leur côté dans leur combat pour le droit de vivre au pays parmi les leurs.

Gilbert Remond

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Y a vraiment des jours de merde, j’apprends une nouvelle fois qu’un ancien pote de Goodyear à mis fin à ces jours, mon pote Jérémy notre pote, ami et frère, a décidé d’en finir hier...
Mais putain, ça va s’arrêter quand, il y a quelques semaines, Regis, lui aussi à mis fin à ses jours, broyé par les conditions de travail, inapte à tous travaux depuis des années, il vivait sous médocs H 24, la souffrance était telle qu’il a préféré y mettre un terme !!!

Combien de nos copains se sont flingués depuis cette fermeture violente, les saloperies qui ont décidé de nous mettre dehors broyant ainsi nos vies sont coupables, nous perdons des potes et des familles perdent des papas, des époux, des frères...

J’ai la haine quand je pense aux deux enfants et l’épouse que Jérémy laisse, envie de gerber, putain Jérémy était jeune, bien trop jeune pour nous quitter, il faut sacrément être à bout pour en arriver là.

La fin du chômage, l’arrivée au galop du RSA, Goodyear devrait être obligé de payer de suite les indemnités réclamées aux prud’hommes et ou sont les promesses de reclassement, revitalisation ????

Du vent, en attendant deux nouvelles familles sont anéanties, pour nous, ni Regis, ni Jérémy et tous nos autres amis, potes et frangins auraient dû en arriver là, les actionnaires qui ont décidé de faire fermer notre usine sont de vraies pourritures, ils se font un max de fric et continuent à broyer d’autres familles en toute impunité.
Qu’ils sachent que je me battrai jusqu’au bout, je ne lâcherai rien, mon combat ne trouvera de fin que quand plus jamais des personnes n’auront à vivre et subir ce qu’ils nous ont fait endurer, leur course aux dividendes à détruit une grande partie de nos vies et pousser certains à en finir avec l’autre partie...

Toutes mes pensées et celles de mes camarades qui comme moi sont abasourdis par cette Énième nouvelle catastrophique, vont à tous les proches de Jeremy, sa femme et ses enfants....

En colère, triste, effondré... les larmes qui coulent sont à la fois celles de tristesse et de colère, tôt ou tard cela devra cesser !!!!!

Wamen Mickael
Ex Goodyear
Xuan
   Posté le 20-10-2017 à 23:16:52   

Contrairement au slogan démagogique et réformiste sur le "gouvernement des riches" , la clique Macron affirme clairement que son objectif est le soutien au CAC 40, qu'il ne faut pas "lancer des cailloux sur le premier de cordée" , etc.

Evidemment la société capitaliste n'est pas une cordée où les capitalistes tireraient le peuple vers des sommets radieux. Les capitalistes exploitent le prolétariat et c'est ce dernier qui fait vivre la société.

Une des mesures-phares des ordonnances Macron consiste à voler une partie substantielle du salaire, le salaire différé, et d'en reverser une partie dans le salaire net en présentant cela comme une augmentation de salaire.
Je te pique 500 balles et je t'en rends cent, merci qui ?

Pour les patrons la "baisse des charges" constitue réellement une baisse de la "charge salariale", c'est-à-dire une hausse du profit car l'un et l'autre sont dialectiquement liés.
On constate que ce vol appliqué initialement aux petites entreprises et aux plus bas salaires, concerne maintenant les cadres d’ingénierie.

Le manque à gagner pour les régimes de protection sociale sera donc nécessairement compensé par des prélèvements sur les revenus salariés, sous forme de CSG ou de taxes diverses, c'est-à-dire payé par le peuple. De sorte que les salariés devront restituer l'argent que leur patron leur a volé !

Dans le même temps et de surcroît, les capitalistes sont moins imposés.
La hausse du profit est la baisse des salaires.

Ces mesures marquées clairement d'une empreinte de classe, sont à relier à la constitution de conglomérats industriels franco-allemands ou franco-italiens, Comme Alstom- Siemens, les chantiers STX-Fincantieri et d'autres comme Rhodia alias Solvay repris par BASF.
La présentation de cette concentration régionale est censée faire obstacle à la concurrence chinoise. En fait elle vise tout autant l'hégémonie US, dont les dérèglements, les contradictions et les incohérences traduisent le déclin irréversible.

Cette offensive du capital contre la classe ouvrière et l'ensemble des salariés utilise la fin des illusions électoralistes, et les querelles entre réformistes insoumis , frondeurs et révisionnistes , mais aussi black blocks , Front Social , et tutti quanti, alors qu'un parti révolutionnaire n'est pas encore créé.

Sur le terrain syndical s'est ébauchée une unité à la base, mais la perspective d'un syndicat unique est encore masquée par les manœuvres "unitaires" des directions confédérales.

Seul l'objectif de la société socialiste peut être opposé à l'offensive du capital et guider l'action politique de masse, y compris à travers ses revendications économiques.

Seule la reconstitution du parti communiste peut redonner un espoir aux opprimés.



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Bruno Le Maire revendique « haut et fort » l’allégement massif de la fiscalité du capital



Le ministre de l’économie a réagi mercredi aux accusations sur le premier budget du quinquennat, accusé de favoriser les riches. « Nous allons rendre 400 millions d’euros aux 1 000 premiers contributeurs à l’ISF » , a-t-il annoncé.


LE MONDE - 18.10.2017 - Par Audrey Tonnelier


En plein débat sur le projet de loi de finances (PLF) 2018 à l’Assemblée nationale, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, était l’invité, mercredi 18 octobre, du Club de l’économie du Monde. L’occasion pour lui de revenir sur les accusations de « budget pour les riches » lancées par les oppositions, et sur la polémique qui entoure la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), remplacé par un impôt sur la fortune immobilière (IFI).

« Nous défendons l’allégement massif de la fiscalité du capital, (…) je le revendique haut et fort. (…) C’est la seule politique qui n’a pas été essayée en France » , a souligné l’ancien candidat à la primaire de la droite, persuadé que taxer les revenus du capital davantage que ceux du travail n’est pas la bonne solution pour l’économie et donc la création d’emplois. « Quatre-vingts pour cent des pays européens ont une “flat tax”, la baisse de l’impôt sur les sociétés a été engagée dans quasiment tous les pays développés » , a-t-il plaidé.

Mission d’évaluation

Interrogé sur les propos de l’ex-président de la République François Hollande, sorti de sa réserve mardi depuis Séoul pour mettre en garde son successeur Emmanuel Macron contre « une fiscalité allégée pour les riches » , M. Le Maire a rétorqué : « Je réponds à François Hollande que, si sa politique avait été la bonne, il aurait été réélu » , estimant que « les choix de matraquage fiscal qu’il avait faits n’étaient pas les bons » .

Tout comme le chef de l’Etat, le locataire de Bercy reste inflexible sur ses réformes. « Nous préférons mettre à disposition de l’économie française 3 milliards d’euros sans les flécher » , car « flécher, ça ne marche pas » , a asséné M. Le Maire, étrillant le dispositif ISF-PME (qui permet de défiscaliser des investissements dans les PME). « Ce dispositif est une niche fiscale qui ne doit pas être reconduite » , a-t-il déclaré.
Questionné sur le délai nécessaire pour que les Français voient les fruits de la politique gouvernementale de « transformation de l’économie » , le ministre a estimé que « deux ans, c’est un bon délai pour commencer à enregistrer de premiers résultats » .

M. Le Maire a d’ailleurs confirmé la création d’une mission d’évaluation de la politique fiscale de l’exécutif. Elle sera constituée de quatre parlementaires, dont deux de l’opposition, de deux membres de la Cour des comptes, d’une personne du Trésor et une de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et de trois personnalités qualifiées, avait-il annoncé mardi à l’Assemblée. Le premier rapport de cette instance devra être transmis au Parlement avant avril 2020.

« Pas question de remettre en cause le secret fiscal »

Interrogé sur la pétition lancée par Libération et signée par une centaine de parlementaires de gauche afin que le gouvernement publie l’impact de ses mesures sur les 100 Français les plus riches, M. Le Maire a fait savoir qu’il n’était « pas question de remettre en cause le secret fiscal » .
Il a toutefois donné des chiffres sur les 1 000 plus gros contributeurs à cet impôt : « Nous allons rendre 400 millions d’euros aux 1 000 premiers contributeurs à l’ISF » , a-t-il annoncé.

En effet, selon Bercy, les 1 000 plus gros contribuables imposés à l’ISF (sur un total de 330 000 personnes) paient 400 millions d’euros d’ISF.
« Nous allons leur rendre 10 % du montant total [des recettes] de l’ISF [qui a rapporté 4,1 milliards d’euros dans les caisses de l’Etat] » , a détaillé le ministre, précisant que « ce n’est pas un solde net, il faut en déduire [l’]IFI qui sera maintenu. »

A propos de la réforme de l’intéressement et de la participation annoncée par M. Macron dimanche 15 octobre lors de son interview sur TF1, Bruno Le Maire a expliqué vouloir « simplifier et donner accès [à ces dispositifs] aux entreprises de moins de 50 salariés » , dans le cadre de sa loi entreprises prévue pour le printemps 2018, et dont les travaux préparatoires (consultations de parlementaires, chefs d’entreprise…) doivent débuter « lundi prochain » .
« On doit donner à l’entreprise les moyens de se développer le plus possible » , afin de transformer les petites et moyennes entreprises en ETI (entreprises de taille intermédiaire), estime-t-il. En revanche, le ministre a semblé refuser l’ouverture du conseil d’administration des entreprises aux salariés, estimant que la cogestion, en Allemagne, « ne [concerne] pas les organes décisionnaires » .

Rouvrir deux débats

M. Le Maire a également réitéré sa volonté de rouvrir deux débats :
le déplafonnement du crédit d’impôt recherche, et le « déplafonnement des allégements de charges » .
Objectif : « améliorer la compétitivité de notre industrie » , secteur dans lequel les salaires sont couramment supérieurs à cette limite.
L’idée serait de baisser le coût du travail au-delà des allègements actuels jusqu’à 2,5 smic, permis par le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), pour aller jusqu’à 3 smic.

« Aujourd’hui, les allégements de charges sont concentrés sur les bas salaires et c’est légitime, car c’est là qu’est concentré le chômage. Mais il y a un vrai paradoxe à dire à notre industrie qu’elle doit être de haute technologie (…) et ne faire aucun allégement au-dessus de 2,5 smic » ,a souligné M. Le Maire. Mais une telle mesure, qui coûterait quelque 5 milliards d’euros, ne pourra être mise en œuvre dans l’immédiat compte tenu des contraintes du budget 2018.

Sur les privatisations, M. Le Maire a rappelé qu’il n’était « pas question d’ouvrir les entreprises du service public (…) mais le secteur concurrentiel, oui ». « Je crois à l’Etat, c’est ce qui garantit la stabilité et le respect de l’intérêt général. Mais il faut redéfinir sa place » , a-t-il affirmé. Il a confirmé la création, « début 2018 » , d’un « fonds pour l’innovation de rupture » qui « financera de grands projets » et s’est dit prêt à l’étendre à l’Europe, en mobilisant des « centaines de millions d’euros » .

Sur l’Europe, M. Le Maire a précisé que « la transformation économique de la France ne va pas sans transformation de la zone monétaire [euro] en zone économique ». « Aujourd’hui, l’affrontement européen [se joue] entre ceux qui veulent affirmer l’Europe, et ceux qui veulent la disloquer » , a affirmé le ministre, plaidant pour « un budget pour les Etats ayant la même monnaie » , indispensable, selon lui, à une « vraie intégration » économique en zone euro.


Edité le 20-10-2017 à 23:30:18 par Xuan


Xuan
   Posté le 29-10-2017 à 19:02:30   

La lutte des classes, Mélenchon et le baby-foot



La dernière déclaration de Mélenchon en dit long sur la nature de son "combat" :

Macron «pour l'instant c'est lui qui a le point». «Il ne faut pas chercher à le cacher, parce que si on raconte des histoires on est pas crédible, les gens se disent mais ils parlent de choses qui n'existent pas. Donc voilà la situation»... «Mais on peut espérer reprendre le point... Et c'est clair que si la jeunesse se met en mouvement, ça y est c'est parti hein... Mais c'est pas le cas»" !

Mélenchon se fout bien du peuple, la lutte des classes n'est qu'un jeu pour ce type.



Edité le 29-10-2017 à 23:35:29 par Xuan


Xuan
   Posté le 10-01-2018 à 23:08:55   

Le syndicat jaune à la manoeuvre


Sur France info, un article éclaire le travail de sape de la CFDT pour favoriser la rupture conventionnelle collective.
Le syndicat jaune salue l'accroissement de la productivité par la baisse de effectifs ouvriers, c'est-à-dire producteurs de plus-value. Ceci a pour conséquence de diminuer le salaire relatif puisqu'un surtravail plus important est effectué à salaire égal.
Les départs en préretraite signifient qu'en versant 75 % de leur salaire aux partants pendant 5 ans, leur travail et leur surtravail seront effectués à 100 % par ceux qui restent.
Ou bien les effectifs en CDI sont remplacés par des intérimaires, accroissant la précarité et créant une concurrence au sein de la classe ouvrière.

Parallèlement les Echos se félicitent de la reprise économique :

"Quant aux marges, elles se sont bien redressées. Elles dépassent désormais 40% de la valeur ajoutée. Là, l'industrie a même dépassé son dernier record datant de 2000. « Les industriels ont profité de la baisse du prix du pétrole et de la dépréciation de l'euro au cours des années récentes. Elles sont toutes deux intervenues au bon moment et ont donné l'impulsion nécessaire à la reprise, estime Julien Pouget. L'industrie française a aussi bénéficié des mesures de baisse du coût du travail prises ces dernières années. » "


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PSA La Janais : les syndicats divisés sur la rupture conventionnelle collective



C'est sur la ligne de montage que la main d'oeuvre est la plus nombreuse / © Bruno Van Wassenhove - France 3 Bretagne

Ce mardi 9 janvier le groupe PSA réunissait les syndicats pour négocier deux accords. L'un sur des ruptures conventionnelles collectives. L'autre sur le congé mobilité. À la Janais, au-delà des enjeux sur les emplois, c'est la confiance dans l'avenir du site qui taraude certains salariés.

Par Marc-André Mouchère
Publié le 10/01/2018 à 18:14 Mis à jour le 10/01/2018 à 19:50

La direction de PSA veut utiliser les possibilités offertes depuis ce 1er janvier par la rupture conventionnelle collective pour supprimer 1 300 emplois au plan national. Elle veut aussi inciter 900 salariés à utiliser le dispositif du congé senior. En parallèle, la direction affiche vouloir embaucher 1 300 personnes. Les réactions sont mitigées.

Divergences de vues au plan national
L’interprétation des stratégies sociales et économiques du groupe PSA-Automobiles est différente selon les syndicats.

Après la réunion du 9 janvier Christine Virassamy (déléguée centrale Cfdt PSA) était plutôt positive préférant regarder les 1300 recrutements en CDI promis par la direction en 2018, plutôt que les ruptures conventionnelles collectives (RCC) espérées par le groupe automobile. Pour Christine Virassamy l’entreprise a besoin de restructurer ses forces de travail, de les adapter à ses besoins futurs.
Aider les salariés à évoluer et à se former pour exercer de nouveau métiers utiles à l’entreprise, c’est de la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences

Pour Jean-Pierre Mercier, (délégué central CGT du groupe PSA) :
c'est complètement inacceptable ! On ne peut pas imaginer que la direction de PSA continue à vouloir supprimer des milliers d'emplois dans un groupe qui accumule depuis plusieurs années des milliards de bénéfices

Selon l’AFP, FO aussi a jugé "intolérable que les ruptures collectives ne servent qu’à faire partir les salariés [quand] les ateliers se vident [et qu’il y a] des équipes complètes d’intérimaires" . Mais la CFTC relève que « ce n’est pas un plan social mais la mise en œuvre de démarches volontaires dans le but d’adapter les effectifs à l’évolution du secteur. » La CFE-CGC abonde dans le même sens soulignant un équilibre des « entrants et des sortants » et réclamant le « respect » du volontariat.

Le verre à moitié plein

Pour Laurent Valy, le délégué Cfdt de la Janais, les deux accords négociés sont la continuité de ceux liés au PSE de 2012 pour limiter les licenciements ou faciliter les reclassements et qui ont débouché sur le Dispositif d’adéquation des emplois et des compétences (DAEC). Un accord renégocié chaque année en janvier.

Il était donc impossible de revoir cet accord en 2018 sans prendre en compte les nouvelles ordonnances sur le travail. Il se trouve que les dispositions de l’accord portant Rupture conventionnelle collective (RCC) mis en place par le gouvernement Philippe, ne permettent pas d’y inclure l’équivalent du congé reclassement qui permettait d’accompagner le salarié dans la durée lors d’une reconversion professionnelle et figurait dans le DAEC ; d’où un deuxième accord en parallèle.

Pour la Cfdt il est plutôt heureux que l’entreprise se refasse une santé financière distribue des dividendes aux actionnaires, et verse de l’intéressement aux salariés. La Cfdt insiste sur le fait que la rupture conventionnelle collective ne peut se faire sans l’accord volontaire du salarié. Laurent Valy souligne que le salarié qui choisit le congé mobilité (qui remplace le congé reclassement) pour un projet personnel d’entreprise ou une formation certifiée ou diplômante y trouve son compte : 7 à 10 000 euros, en plus des indemnités conventionnelles de licenciement ( 7 mois de salaire pour 20 ans d’ancienneté, 3 mois pour dix ans).
Rien de choquant non plus pour la Cfdt à ce que PSA propose aux salariés séniors 900 dispenses d’activité.
Il s’agit de leur verser 75% de leurs salaires pendant 3 ans et même pendant 5 ans pour les séniors de la Janais (article 2 de l’accord, 300 personnes concernées jusqu’en 2019).
Il s'agit d'une sorte de préretraite, entièrement financée par PSA pour rééquilibrer sa pyramide des âges. Elle se sépare ainsi de personnels difficiles à reclasser ou ayant des restrictions médicales et qui ont le plus d’ancienneté. Mais toujours s'ils sont volontaires.
Et la Cfdt justifie sa confiance à PSA sur la foi du bilan 2017.
Ce bilan affiche 1170 congés de séniors et 2500 emplois de jeunes en compensation, mais aussi 1200 CDI en France sur la Division automobile. Et encore 1500 salariés accompagnés en mobilités externes sécurisées…

Aussi quand PSA annonce pour 2018 la perspective de 6000 nouvelles mobilités internes (comme en 2017), 1000 reconversions internes et 1250 en mesures externes sécurisées. Elle y croit.

Le verre à moitié vide

Au contraire, pour Mickael Gallais (délégué CGT de la Janais) le compte n’y est pas.
Une entreprise multimilliardaire devrait embaucher des CDI et la rupture conventionnelle collective (RCC) est un déguisement de PSE sans justification économique.
« Ce sont surtout les ouvriers des ateliers de productions qui souffrent. De plus en plus nombreux en CDD ou en intérim avec aussi des CDI intérim toujours plus nombreux » .

Ce « CDII » permet à l’entreprise d’intérim d’embaucher le salarié sur 3 ans avec un salaire mensuel régulier. Mais ajoute la CGT ils peuvent avoir plusieurs employeurs dans un périmètre de 50 km ou une heure trente de transport (par exemple naviguer entre Rennes, Lorient et Redon). Ils perdent aussi les primes de fin de contrat ou de précarité qui sont importantes pour des smicards (Le salaire moyen en production est de 1300 euros).
Pour eux comme pour les CDD ou les CDI il faut subir des cadences toujours plus fortes et des planifications les jours fériés qui succèdent à des périodes de chômages (100 jours de chômage en 2017).
Mickael Gallais ajoute qu’il a vu les effectifs s’écrouler depuis 10 ans surtout dans les ateliers : il n’y a plus que 2000 salariés permanents à la Janais et 1000 intérimaires.

C’est effectivement le point noir pour tous les syndicats de la Janais, le groupe PSA n’annonce que 400 créations de CDI au plan national alors la Cfdt, la plus optimiste mise sur une cinquantaine à Rennes-La Janais.
Mais Mickaël Gallais tranche : "qu’est ce qui prouve aujourd’hui que notre production ici ne va pas fermer ?"

Les accords négociés seront soumis aux signatures des syndicats le 17 janvier.


Edité le 10-01-2018 à 23:15:42 par Xuan


Xuan
   Posté le 01-02-2018 à 07:21:11   

Victoire des chibanis contre la SNCF !


La SNCF condamnée en appel pour discrimination envers des cheminots marocains

La justice examinait le dossier d’environ 800 « chibanis », recrutés dans les années 1970, qui estiment avoir été spoliés par le groupe public.



L’avocate Clelie de Lesquen-Jonas au milieu des « chibanis » le 31 janvier. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La SNCF a été condamnée mercredi 31 janvier en appel pour discrimination envers des cheminots marocains, a annoncé leur avocate après avoir eu connaissance d’une partie des jugements dans l’affaire des chibanis (« cheveux blancs » ) poursuivant la compagnie ferroviaire.

Clélie de Lesquen-Jonas a brandi les mains en l’air en criant « c’est gagné » , avant de préciser à la presse que les cheminots avaient en outre obtenu reconnaissance d’un « préjudice moral ». « C’est un grand soulagement, une grande satisfaction » , a-t-elle commenté. Les premiers recours aux prud’hommes remontent à plus de douze ans.

« Il y a eu aujourd’hui la confirmation des condamnations [pour discrimination] obtenues en première instance en matière de carrière et de retraite et nous avons obtenu en plus des dommages et intérêts pour préjudice moral » , a déclaré Me de Lesquen-Jonas à la cour d’appel de Paris, où une centaine d’anciens salariés s’étaient déplacés.

La SNCF se réserve le droit d’un pourvoi en cassation
En première instance, devant les prud’hommes en septembre 2015, la plupart des chibanis avaient obtenu gain de cause. Moins d’une dizaine de dossiers avaient été rejetés. Mais l’entreprise avait fait appel de cette décision qui la condamnait à plus de 170 millions de dommages et intérêts.

Dans une déclaration à l’Agence France-Presse, la SNCF « prend acte de cette décision de justice » . Ses avocats vont « étudier les décisions prises par la cour d’appel pour chacun des 848 dossiers » et « à l’issue de cette analyse, SNCF Mobilités se réserve le droit d’un éventuel pourvoi en cassation » , précise-t-elle.

SUR LE MÊME SUJET
Les déclassés de la SNCF demandent réparation après « quarante ans de discrimination »

Recrutés dans les années 1970, ces 832 salariés marocains de l’entreprise publique n’ont pour la plupart pas bénéficié du statut plus avantageux des cheminots, réservé aux ressortissants européens, âgés de moins de 30 ans à l’embauche. Surnommés les « indigènes du rail » ou « les déclassés de la SNCF » , ils estimaient avoir été spoliés par rapport à leurs collègues français et demandent réparation.

Voir vidéo sur le site http://mobile.lemonde.fr/police-justice/article/2018/01/31/la-sncf-condamnee-en-appel-pour-discrimination-envers-des-cheminots-marocains_5249818_1653578.html?xtref=http%3A%2F%2Fm.facebook.com%2F


Une autre vidéo dans l'Humanité


Edité le 01-02-2018 à 09:17:56 par Xuan


Xuan
   Posté le 10-02-2018 à 17:55:40   

CGT-HPE Une grève exemplaire pour l'unité des salariés des entreprises sous-traitance / donneur d'ordre.

Victoire des salariés de la sous-traitance chez Holiday Inn Clichy !




Holiday Inn Clichy : VICTOIRE !
9 février 2018

Après 111 jours de grève , un accord a été signé jeudi 8 février 2018 avec la direction de l’hôtel Holiday Inn de la Porte de Clichy, la société HEMERA garantissant de son côté les termes de cet accord.

Signé par les délégués des grévistes et les organisations syndicales CNT-SO et CGT-HPE cet accord permet :

la réintégration des deux salariées mutées abusivement,
la fin du paiement à la chambre avec le contrôle rigoureux des horaires,
la prise en compte du temps d’habillage-déshabillage comme du temps de travail effectif, le respect de deux jours consécutifs de repos hebdomadaire,
la disparition des contrats de moins de 130h mensuelles,
l’augmentation des qualifications,
la suppression de la clause de mobilité.
une prime de panier de 7,14 € par jour travaillé
la suppression de l’abattement de 8% sur l’assiette des cotisations sociales.
Après le rejet des grévistes, qui ne voulaient pas être divisés, d’une internalisation partielle des services (plongeurs et équipiers), les parties sont convenues de se revoir avant le 31 août 2019 pour négocier la possibilité d’internaliser les services de la plonge, de l’entretien des parties communes et du nettoyage des chambres, et pour ouvrir la discussion autour de la mise en place d’un 13ème mois.


Depuis le début de la grève au 19 octobre 2017, les grévistes ont enchaîné les actions et les rassemblements et ont construit une solidarité autour de leurs revendications, mais aussi des convergences avec d’autres secteurs en lutte !

Occupations des halls d'hôtels parisiens du groupe Intercontinental, manifestations avec les camarades grévistes d'ONET de la Gare du Nord, rassemblements et manifestations à Toulouse, Marseille, Lyon, Barcelone, Bruxelles, Genève, et jusqu'au siège d’Intercontinental à Londres, les actions ont été démultipliées, dénonçant ainsi les dessous de la sous-traitance hôtelière.

Pendant près de 4 mois, les invisibles de la sous-traitance hôtelière ont rompu le silence et ont dénoncé avec force et courage leurs conditions de travail lamentables et la politique de dumping social pratiquée par le groupe Intercontinental , premier groupe hôtelier mondial, pratique malheureusement répandue dans les grandes chaines hôtelières en France et dans le monde.

Cette victoire est celle de David contre Goliath, c'est celle de ces douze grévistes déterminés qui ont pu remporter ce bras de fer face à une multinationale et face à une entreprise de sous-traitance voyou, qui, avec une multitude de pratiques illégales, a mis en place un réel système de misère.

Cette victoire est aussi celle du syndicalisme de classe, celui qui se veut défenseur des droits des salariés, et porteur de leurs revendications.

Dans ce secteur de la propreté où la corruption des syndicats et leur complicité avec les patrons sont la norme, et face au silence assourdissant des directions syndicales qui ne bougent pas le petit doigt pour que cela cesse, à l’exception notable de l’Union départementale CGT de PARIS qui a radié le syndicat régional de la CGT Propreté lors de son dernier congrès, les 500000 salariés du secteur sont réduits à toujours plus de précarité et d'exploitation.

Les grévistes de l’HOLIDAY INN ont relevé la tête et ont pu aussi imposer à la direction de l’hôtel l’élection d’un délégué de proximité qui sera leur représentant sur leur lieu de travail.

Les syndicats vendus d’HEMERA sont définitivement réduits au silence à l’Holiday Inn de Clichy !

Cette victoire constitue un formidable point d’appui pour les luttes à venir contre la sous-traitance hôtelière, nouvelle forme d’esclavagisme moderne.

Ce conflit de 4 mois, c’est aussi la preuve que la solidarité de la classe ouvrière est toujours bien vivante : dons à la caisse de grève, participation aux multiples actions organisées, …, les soutiens aux grévistes ont toujours répondu présents. Cette victoire, c’est aussi la leur.


Lire le communiqué de presse de La CGT HPE 04 conflit Holiday Inn la victoire

Lire le protocole de fin de conflit 04 protocole d'accord fin de conflit holiday inn


Edité le 10-02-2018 à 18:04:27 par Xuan


Xuan
   Posté le 05-03-2018 à 00:15:50   

Une seule solution à l'oppression des monopoles européens : l'unité internationaliste des prolétariats d'Europe !


Face au refus de tout dialogue chez Amazon, les syndicats européens coordonnent leurs actions


15 FÉVRIER 2018 PAR RACHEL KNAEBEL multinationales.org

Chez Amazon, le « dialogue social » a du plomb dans l’aile, et n’a même jamais décollé. En Allemagne comme en France, les syndicats luttent bec et ongle pour obtenir l’application de la convention collective, des revalorisations salariales ou la préservation de la santé au travail. Ils se heurtent systématiquement à une fin de non recevoir de la direction. Le conflit se durcit, et les grèves se multiplient. Tout en cherchant à consolider leur implantation sur le terrain, les syndicats commencent à coordonner des actions entre les différents pays.

Amazon vient d’annoncer avoir conclu un accord à l’amiable avec l’administration de Bercy, alors qu’elle était sous le coup d’une procédure de redressement fiscal dépassant les 200 millions d’euros. Le géant du commerce en ligne a également été sanctionné au niveau européen pour ses pratiques d’optimisation fiscale via son siège régional installé au Luxembourg. Une certaine propension à fuir l’impôt et sa contribution à l’intérêt général n’est pas la seule marque de fabrique d’Amazon. En matière de « dialogue social », la multinationale dirigée par l’ultra-libéral Jeff Bezos semble avoir aussi bien des progrès à réaliser. Mais en Allemagne, en France et ailleurs en Europe, syndicalistes et salariés ne se laissent pas impressionner.

« Le conflit social le plus triste d’Allemagne » : voici comment le quotidien de gauche allemand la Taz qualifie fin décembre la mobilisation des travailleurs d’Amazon qui dure maintenant depuis cinq ans outre-Rhin ! La multinationale y emploie au moins 12 000 personnes, soit deux fois plus qu’en France. Un chiffre qui peut doubler au moment des pics de commandes, comme lors de Noël [1]. Amazon vient d’ouvrir un neuvième site en Allemagne. Six autres sont en construction.

En Allemagne, bras de fer autour de la convention collective
« Il y a des grèves depuis 2013 », précise Thomas Voss, coordinateur de la lutte des salariés d’Amazon Allemagne au sein de la puissante fédération syndicale des services Verdi. Depuis cinq ans, le syndicat demande à Amazon une chose pourtant simple : reconnaître que son activité relève de la convention collective du commerce de détail et de la vente à distance, et par conséquent d’en respecter les règles. En Allemagne, les entreprises ne sont pas de facto soumises aux conventions collectives, sauf décision du ministère du Travail qui peut déclarer telle ou telle convention collective valable pour toute une branche, sans exception. Si tel n’est pas le cas, c’est aux entreprises d’accepter de s’y plier.

Ce qu’Amazon refuse catégoriquement. Une reconnaissance de la convention collective signifierait des hausses de salaires immédiates. « Amazon tire les salaires vers le bas dans la branche », observe le syndicat Verdi. Depuis cinq ans, malgré des grèves répétées, l’entreprise ne semble pas avoir la moindre intention de céder. Plutôt que d’entamer des discussions avec ses salariés, Amazon vient de déposer aux États-Unis des brevets destinés à développer un bracelet électronique qui traquerait le moindre mouvement de ses travailleurs [2] au sein de ses gigantesques entrepôts.

« Au début, nous misions avant tout sur l’effet des grèves sur l’opinion publique. Nous les organisions au moment des fêtes de Noël, sur le plus de sites possibles. Mais Amazon embauchait des intérimaires, et affirmait que les grèves n’avaient aucun effet, explique Thomas Voss. Entre temps, nous avons changé de stratégie. Les grèves sont dorénavant décidées directement sur place, sur les différents sites. Les responsables syndicaux locaux regardent quels jours les absences pour congés ou maladies sont le plus nombreuses, et organisent une grève à ce moment. Parfois, ils viennent informer les travailleurs à leur poste de travail, et les salariés se déclarent en grève à ce moment là, sans préavis. Nous testons aussi les grèves de deux heures. Amazon prétend que cela n’a pas d’effet. C’est faux : cela met l’organisation du travail sens dessus dessous. » Pour autant, l’entreprise n’a toujours pas accepté d’ouvrir des négociations sur la convention collective.

En France, un préavis de grève en cours depuis plus d’un an
En Allemagne, plus d’un tiers des salariés d’Amazon sont syndiqués, selon Verdi. En France, c’est beaucoup moins. « Il est difficile de s’organiser », admet Alain Jeault, délégué de la CGT à Chalon-sur Saône. Le géant de commerce en ligne exploite cinq plateformes dans l’hexagone, et y emploie 6000 salariés. En France aussi, négocier avec la direction est une gageure : « Les négociations sur les salaires de 2016 n’ont pas abouti. Un échec complet. Pour celles de 2017, c’est pareil », rappelle le délégué syndical. Résultat : « Depuis un an et demi, nous sommes sous le coup d’un préavis de grève à durée indéterminée. » Ce qui permet d’organiser des grèves locales au coup par coup. Comme à Chalon-sur-Saône, « lorsqu’il a été décidé, pour des équipes travaillant en journée, de passer aux trois huit », le matin, l’après-midi ou la nuit.

Comme en Allemagne, la raison principale du conflit est l’application de la convention collective, dont relève l’entreprise, celle du commerce de détail non alimentaire. En France, les conventions collectives – lorsqu’elles sont dites « étendues » – s’imposent à toutes les entreprises du secteur. Pourtant, Amazon peine à l’appliquer réellement lorsqu’il s’agit des salaires, selon les syndicats.

« Nous menons des procédures aux Prud’hommes depuis plus de six mois, pour une vingtaine de salariés, afin qu’Amazon fasse réellement appliquer la convention collective, rapporte l’avocat des salariés concernés, Lionel Thomasson. En terme de rémunération, la convention collective classe, par exemple, un cariste au même niveau qu’un technicien. Or, Amazon les paie différemment. » La CFDT est elle-aussi en conflit avec la direction sur ce sujet. En novembre, le syndicat a posé une question à la Commission paritaire permanente de négociation et d’interprétation de la convention collective de la branche. En cause toujours : la rémunération des salariés.

« Les salaires sont plus élevés sur les sites où il y a le plus de grèves »
« Dès lors que le salarié excède 24 mois de présence dans l’entreprise, les différences de salaires (...) ne sont corrélées qu’à des conditions d’ancienneté, et non de compétences », écrit la CFDT dans son courrier. Ce qui peut sembler un détail a un effet direct sur les fiches de paie et sur les perspectives d’évolution. La réponse, apportée le 20 décembre 2017, est claire : la commission paritaire, où siègent patronat et syndicats, considère que « la société Amazon ne respecte en aucun cas les dispositions légales et conventionnelles en vigueur, dès lors que l’ensemble des employés et ouvriers est indistinctement réuni au sein d’un seul et même niveau, ce qui prive ces derniers de perspectives d’évolution, pourtant garanties par la convention collective. » Et de conclure : « La société Amazon ne respecte ni la lettre, ni l’esprit des dispositions de la convention collective. » L’entreprise a-t-elle obtempérée ? « Chez Amazon, ils font la sourde oreille », constate l’avocat Lionel Thomasson. Mais ailleurs en Europe, le rapport de force commence à payer.

Un salarié qui intègre Amazon en France est payé dix euros bruts de l’heure, soit très légèrement plus que le Smic horaire, fixé à 9,88 euros bruts. En Allemagne, « les salaires varient de 10,5 à 12 euros bruts de l’heure, selon les sites, signale Thomas Voss. Depuis cinq ans et le début des grèves, il y a des augmentations tous les ans. Ce n’était pas le cas avant. Et les salaires sont plus élevés sur les sites où il y a le plus de grèves, se réjouit-il. Verdi voit donc, en fin de compte, des effets positifs de la confrontation en cours depuis 2013. Et ne veut pas lâcher.

En Pologne, des salariés payés moins de cinq euros de l’heure
Le syndicat allemand a même ajouté une nouvelle revendication à la reconnaissance de la convention collective. « Nous voulons un accord d’entreprise spécial concernant la santé des travailleurs, précise Thomas Voss. Entre les cadences et le port de charges, le travail dans un dépôt logistique d’Amazon est physiquement exténuant [3]. « Le taux de maladie est trois fois supérieur chez Amazon par rapport au reste de l’économie allemande. Mais sur ce sujet également, Amazon refuse de discuter. »

Pour le responsable syndical, « il s’agit d’une lutte de principe : il faut qu’Amazon accepte enfin de négocier avec les représentants du personnel. Je pense qu’à la fin, la direction ne pourra pas faire autrement que de s’asseoir à la table des négociations. Surtout si nous continuons à faire pression en Allemagne et ailleurs en Europe. »

Amazon construit de nouveau sites un peu partout sur le continent, y compris dans des pays où les salaires sont bien moins élevés qu’en Allemagne ou en France. En Pologne, Amazon compte cinq sites logistiques et y emploie 10 000 personnes, sans compter les intérimaires. « Le salaire moyen dans les sites polonais d’Amazon varie de 3,86 à 4,34 euros de l’heure, rapporte Grzegorz Cisoń, délégué du syndicat polonais Solidarność. Amazon n’est pas disposé à négocier sur les salaire, et agit conter la loi polonaise », ajoute-t-il.

Ébauche d’une coordination européenne des syndicats d’Amazon
Les salariés d’Amazon à travers toute l’Europe se coordonnent face à la multinationale. Les représentants syndicaux en Allemagne, en France, en Grande Bretagne, en Pologne, en Italie, aux USA, en République tchèque, se réunissent plusieurs fois par an. En novembre, une grève commune a même été organisée en Allemagne et en Italie lors du Black Friday, journée de soldes hyper-agressives importée des États-Unis. C’était la première grève des salariés italiens d’Amazon. En mars, c’est justement à Rome que leurs représentants de toute l’Europe se retrouveront pour coordonner leurs actions.

Une récente nouvelle peut donner de l’espoir aux syndicats européens en lutte face à l’inflexible direction d’Amazon. Une autre entreprise connue pour sa fermeture à tout dialogue a finalement cédé : fin janvier, la compagnie aérienne low cost Ryanair, qui fait travailler une partie de ses pilotes sous statut d’indépendant (voir notre article), a enfin reconnu un syndicat de pilotes comme une instance représentative [4]. Instance avec laquelle la direction va, au moins, commencer à discuter.

Rachel Knaebel

[1] Voir ici.

[2] Voir cet article du New York Times et les brevets ici.

[3] Sur le sujet, lire par exemple l’éclairante enquête du journaliste Jean-Baptiste Mallet, En Amazonie, infiltré dans le "meilleur des mondes", Fayard, 2013.

[4] Voir ici.
pzorba75
   Posté le 05-03-2018 à 04:56:15   

D'accord pour les luttes locales contre Amazon et ses patrons. Faire de l'unité internationale des travailleurs une solution pour les ouvriers exploités chez Amazon,et ailleurs, est une douce hystérie. Surtout quand cette nouvelle internationale regroupe des militants formés par la doctrine (dite) sociale de l'Eglise catholique, représentés en France par la CFDT et Solidarnorsc en Pologne, des pays où l'exploitation des travailleurs est une parfaite réussite.
La méthode de l'internationale n'a pas marché au 19eme siècle, pas d'avantage au 20eme, excepté contre l'Internationale communiste, pour le 21eme siècle, j'espère vivre assez longtemps pour retrouver l'optimisme.
Xuan
   Posté le 05-03-2018 à 08:39:43   

Je ne parle pas ici d'Internationale, d'ailleurs il existe encore trop de division au sein du mouvement communiste international, et il faudrait rompre définitivement avec la notion de "parti père".

Il s'agit seulement de l'action revendicative. Bien d'accord avec toi sur la direction réformiste de la plupart des syndicats, mais là où il y a oppression il y a révolte, soit de façon spontanée soit de façon organisée.
Dans tous les cas il faut que la colère s'exprime et l'exploitation la provoque inévitablement.

En même temps l'Europe constitue un cadre de domination concertée des monopoles, face auquel les salariés sont divisés. L'action unie à cette échelle s'impose tôt ou tard, sans parler d'un cadre organisationnel - celui de la CSE est à pleurer évidemment.

Enfin il existe en Europe une division entre pays dominants et dominés, et même entre les régions d'nu même pays. Elle se traduit aussi par la concurrence salariale à l'échelle européenne. Cette division apparaît encore à travers les mouvements néo fascistes particulièrement bruyants dans les pays dominés, c'est-à-dire en réaction à l'oppression, à la désindustrialisation, au chômage, à la misère.
Mais en réalité ce sont les pays les plus clean sous l'angle de la démocratie qui sont les plus violents sous celui de l'oppression.

Là encore la seule réponse qui puisse convenir c'est une action unie contre les monopoles capitalistes. En ce qui concerne les communistes il est de notre devoir de nous interroger sur ces divisions. Dans les pays dominants comme le notre, il faut tout particulièrement combattre le chauvinisme qui se déguise sous des slogans comme "le diktat de Bruxelles".
Xuan
   Posté le 27-04-2018 à 23:43:59   

Ne nous leurrons pas sur la fin supposée du réformisme à FO, mais le renversement de situation que s'y produit reflète le rejet du syndicalisme jaune et la nécessité d'un syndicat unique de lutte de classe.

Force ouvrière vote pour une mobilisation interprofessionnelle

Rédaction Reuters

LILLE (Reuters) - Le 24e congrès confédéral de Force ouvrière, qui s’est achevé vendredi, a donné mandat à son nouveau secrétaire général, Pascal Pavageau, de mener une mobilisation interprofessionnelle pour combattre la politique sociale d’Emmanuel Macron.

Le 24e congrès confédéral de Force ouvrière, qui s'est achevé vendredi, a donné mandat à son nouveau secrétaire général, Pascal Pavageau (photo), de mener une mobilisation interprofessionnelle pour combattre la politique sociale d'Emmanuel Macron.
“Compte tenu de l’extrême gravité de la situation et des risques qui se profilent pour les travailleurs, les droits sociaux, notre modèle social et les valeurs républicaines, le congrès considère que la perspective d’une mobilisation interprofessionnelle est aujourd’hui nécessaire, y compris par la grève” , peut-on lire dans la résolution adoptée à la quasi-unanimité par les 3.500 délégués syndicaux présents au congrès.

“Je prendrai contact avec les autres secrétaires généraux des autres confédérations dès la semaine prochaine, de façon à pouvoir échanger avec eux” , a dit Pascal Pavageau.

Le congrès dénonce les politiques sociales d’Emmanuel Macron, des ordonnances de réforme du Code du Travail aux réformes de la formation professionnelle et de l’assurance chômage, présentées en conseil des ministres ce vendredi, ou encore des retraites.

Le climat social est particulièrement tendu en France, entre les cheminots de la SNCF qui ont déclenché le 3 avril une grève par intermittence pour dénoncer la réforme du ferroviaire, les syndicats de la fonction publique qui prévoient une nouvelle journée de mobilisation le 22 mai et les retraités fâchés par la hausse de la CSG.

A cela se greffent des mobilisations dans le secteur privé. L’intersyndicale d’Air France, par exemple, a appelé à quatre nouveaux jours de grève en mai.

Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse
Xuan
   Posté le 19-08-2018 à 16:03:27   

"être libre d'acheter, de se divertir, de travailler ou non le dimanche" traduire : être libre d'exploiter 24h/24h et 7j/7j.


Travail le dimanche : des députés LREM veulent "aller plus loin"



"La loi Pacte serait l'opportunité à saisir pour donner plus de libertés aux commerces d'ouvrir ou non le dimanche" , écrivent ces députés de la majorité.

Un employé du magasin de bricolage, Castorama, arbore un tee-shirt "oui à l'ouverture le dimanche", le 6 octobre 2013, à Créteil (Val-de-Marne). (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

franceinfo avec AFP
France Télévisions
Mis à jour le 19/08/2018 | 09:51
publié le 19/08/2018 | 09:36
http://www.francetvinfo.fr/economie/entreprises/travail-le-dimanche/ouverture-dominicale-des-commerces-des-deputes-lrem-veulent-aller-plus-loin_2902299.html

Une vingtaine de députés LREM appelle à "aller plus loin" dans les possibilités d'ouverture dominicale des commerces, à l'occasion de la loi Pacte, dans une tribune publiée dans le JDD, dimanche 18 août.

"N'attendons plus ! La loi Pacte serait l'opportunité à saisir pour donner plus de libertés aux commerces d'ouvrir ou non le dimanche, et ainsi redynamiser nos coeurs de ville" , écrivent Buon Tan, député de Paris, Benoit Potterie, député du Pas-de-Calais et vingt autres députés LREM.

"Etre libre d'acheter, de se divertir, de travailler ou non le dimanche"
"La loi Macron a été un succès. Qu'attendons-nous pour aller plus loin?" , plaident-ils en louant les résultats de cette loi de 2015 qui a permis un "premier assouplissement" en créant les "zones touristiques internationales" où, sous réserve de la conclusion d'un accord, les magasins peuvent ouvrir le dimanche et en soirée jusqu'à minuit.

"L'ouverture dominicale est avant tout un enjeu sociétal qui correspond à l'aspiration des Français : être libre d'acheter, de se divertir, de travailler ou non le dimanche" , affirment les signataires. "L'attrait des Français pour l'e-commerce est également révélateur de notre aspiration à être libre de consommer" , ajoutent-ils. "De nombreux commerces de proximité subissent de plein fouet cette concurrence 24 h/24 et 7 j/7. Certains, même situés dans les artères les plus commerçantes, ferment et ne contribuent plus au lien social" .

"Londres, Madrid, Rome... Les grandes capitales européennes ont bien compris la nécessité d'ouvrir leurs magasins le dimanche pour attirer les touristes internationaux et soutenir l'activité" , ajoutent les députés. "Dans le contexte du Brexit, le temps est venu de rattraper notre retard en offrant des services au moins comparables" .
Xuan
   Posté le 19-08-2018 à 16:15:05   

"Ces nouveaux chiffres de la Dares sont étonnants" . Précisément non comme l'article précédent l'indique.
On voit que l'exploitation capitaliste s’accroît et que les jeunes sont particulièrement victimes. Mais ce n'est pas sans rapport avec la désyndicalisation.
Ensuite les artisans et autoentrepreneurs paient leur pseudo indépendance au prix fort.

Le travail en horaires décalés est en passe de devenir la norme

Travailler le soir, la nuit ou le weekend... L'exception est en train de devenir la norme pour les salariés français. Près d'un sur deux est concerné.

franceinfo
Radio France http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/c-est-mon-boulot/le-travail-en-horaires-decales-est-en-passe-de-devenir-la-norme_2802109.html
Mis à jour le 29/06/2018 | 11:38
publié le 29/06/2018 | 11:38


Des bureaux à Issy-Val de Seine allumés en pleine nuit.  Des bureaux à Issy-Val de Seine allumés en pleine nuit. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Ces nouveaux chiffres de la Dares sont étonnants. Pas moins de 44% des salariés français travaillent en horaires décalés, près d'un sur deux. Pas tous les jours mais au moins une fois par mois. Qu'est-ce qu'on entend par horaires décalés exactement ? C'est le soir, de 20 heures à minuit. Beaucoup vont se reconnaître, en particulier chez les cadres. La nuit, de minuit à cinq heures. Le personnel de santé - et de radio - connaît bien. Le samedi et le dimanche. Ceux qui travaillent dans le commerce de détail et la restauration sont tout particulièrement concernés.

Un tiers des salariés travaillent le samedi
Et c'est surtout le samedi qui est devenu un jour habituellement travaillé. Il concerne désormais huit millions de personnes, un tiers des salariés. Le travail le soir occupe la deuxième place. Vient ensuite le travail le dimanche. Le travail de nuit ferme la marche, avec 9% des salariés. Les hommes travaillent plus souvent le soir et la nuit. Les femmes sont plus concernées par le travail le samedi. Les cadres sont les plus nombreux le soir. Et les ouvriers plus touchés par le travail de nuit.

Les jeunes les plus concernés
D'une manière générale les jeunes sont plus concernés par les horaires décalés. Chez les moins de 30 ans c'est net. Ils travaillent bien plus que les autres le samedi et le dimanche. On pense au commerce de détail, alimentaire ou pas, et à l'hôtellerie-restauration, gros pourvoyeurs de petits boulots. Et si vous êtes une personne seule alors vous avez encore plus de chance de travailler le soir, la nuit ou le weekend. A partir de 40 ans en revanche, on travaille moins en horaires décalés. Et de moins en moins à mesure que l'on vieillit, que l'on avance en ancienneté et donc en capacité à imposer ses horaires.

Les travailleurs indépendants, champions des horaires décalés
Autre surprise, les personnes en horaires atypiques travaillent plus que les autres. Très nettement. Ils déclarent en moyenne 85 heures supplémentaires par an. Alors que les salariés en horaires standards n'en font que 38. Et si vous trouvez que le travail en horaires décalés devient un peu trop la norme, regardez ce qu'il se passe pour les non salariés, les travailleurs indépendants. Chez eux, c'est un raz de marée. Les trois-quarts travaillent le soir, la nuit ou le weekend. On en trouve même 7% qui disent bosser le soir, la nuit, le samedi et le dimanche. Des forçats du travail qui laissent loin derrière les salariés les plus investis.
Xuan
   Posté le 18-10-2018 à 08:30:20   

Info'comm sur le "dialogue social" et la lutte d'idées dans la CGT


Lettre aux organisations et adhérents CGT
Réponse à la lettre de la permanence confédérale



Une lettre datée du 11 octobre 2018, signée par la « permanence confédérale », prétend répondre aux six organisations confédérées qui ont mis en cause le bien-fondé de la lettre commune CGT/CFDT/CFTC/CGC/FO du 25 septembre, proposant au patronat « l’ouverture d’un agenda social de négociations et délibérations interprofessionnelles ».

La « permanence confédérale » n’est pas une instance statutaire, qui reflèterait le point de vue du bureau confédéral, de la commission exécutive confédérale ou du Comité confédéral national.

Si elle n’engage pas le point de vue de la Confédération CGT, il convient de l’examiner car elle traduit un certain état d’esprit avant notre congrès national des syndicats, prévu en mai 2019.


Pour la « permanence confédérale », dans sa lettre du 11 octobre, « Le dialogue social est un des combats historiques de la CGT, le nier c’est méconnaître ou négliger notre histoire sociale et nos combats ».

« Dialogue social » ?

Notre histoire sociale et nos combats ont pour but, défini par nos statuts :
La CGT « agit pour une société démocratique, libérée de l’exploitation capitaliste et des autres formes d’exploitation et de domination, contre les discriminations de toutes sortes, le racisme, la xénophobie et toutes les exclusions ».

Allez donc parler de « dialogue social » à nos anciens, celles et ceux de la Résistance, nos morts de Charonne ou de Châteaubriand, tous nos délégués et militants réprimés tous les jours tant par le patronat que son gouvernement.


« Dialogue social », c’est quoi ? « Pas des négociations, des thèmes de dialogue», dit le Medef en juillet 2018.

D’accord, répond la lettre commune du 25 septembre. Citation :
L’ancien président du « pôle social » du Medef, Jean-François Pilliard, dans son interview aux Echos le 17 juillet 2018, veille de la rencontre commune avec Macron, vend la mèche du « dialogue social » : « Notre système paritaire a vécu ».
« Il appartient aux partenaires sociaux … de définir de nouveaux thèmes de dialogue entre eux, qui ne se traduisent pas nécessairement par des négociations. »
« On peut penser à la transformation numérique de l’entreprise ou à des sujets économiques.
« Cette façon de partager des diagnostics économiques et technologiques pourrait permettre d’installer un cadre de qualité pour les négociations sociales de branche et d’entreprise. »
Des « thèmes de dialogue… pas des négociations », telle est la définition du Medef.

La lettre commune CGT/CFDT/FO/CGC/CFTC du 25 septembre se coule dans cette définition. La preuve ? Elle propose, entre autres sujets :
• « Mises en place de deux délibérations, sur le modèle de celle de 2017 sur le télétravail ; une sur les « Transitions numérique, écologique et énergétique : nouvelles formes d’emploi et travailleurs des plateformes » et une autre sur les « Discriminations dans l'accès au travail» ;
• une réflexion commune sur « Quel modèle économique et social en Europe ».


D’où sort cette réflexion commune ? de l’accord CFDT - Medef…
En 2012, l’accord Medef/UPA/CGPME – CFDT/CFTC/CGC déclare « Réinventer la croissance – Agir ensemble pour une dynamique économique ».

Il stipule : « Depuis 2005, les partenaires sociaux se sont engagés dans une démarche de dialogue économique, avec pour objectif de développer un diagnostic commun sur les forces et faiblesses de l’économie française. Ce travail de réflexion partagée a notamment abouti au rapport ‘’Approche de la compétitivité française’’ (juin 2011) signé par trois organisations de salariés (CFDT/CFTC/CFE-CGC) et les trois organisations d’employeurs (MEDEF/CGPME/UPA). »

Le « Dialogue social » désigne donc le rapprochement de la CFDT et du Medef après l’effondrement financier de 2008. Il a été initié, nous devons nous en souvenir, par le président Hollande.

Le « dialogue social » est un sous-produit du paritarisme, c’est-à-dire le nom d’une offensive contre la sécurité sociale et la CGT !
Dès mars 1944, le Conseil national de la Résistance adopte « un plan complet de Sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’Etat ». « Le plan de Sécurité sociale ne tend pas uniquement à l’amélioration matérielle des travailleurs mais surtout à la création d’un ordre social nouveau dans lequel les travailleurs aient leurs pleines responsabilités. »

Il s’agit « de changer notre démocratie politique en démocratie sociale » et de favoriser l’émancipation des salariés.

L’objectif est de « confier aux intéressés la gestion d’institutions et d’organismes qui, jusqu’à présent, relevaient d’une gestion patronale ou d’une gestion commerciale », afin « d’éliminer cette autre atteinte à la dignité humaine qu’est le paternalisme privé ou étatique ».

Des cinq élections organisées au sein des caisses primaires entre 1947 et 1962, la CGT sort majoritaire, recueillant d’abord 60 % des suffrages (puis 50 % après la création de FO), devant la CFTC (20 %), ainsi que divers acteurs, dont la mutualité (20 %).

En plein mois d’août 1967, par l’une de ses quatre ordonnances (n° 67-706), le gouvernement De Gaulle décide de satisfaire une vieille revendication du patronat, en instaurant, d’une part, le paritarisme strict entre les « partenaires sociaux » qui auront désormais le même nombre de représentants dans les conseils d’administration et en supprimant, d’autre part, les élections des administrateurs salariés, qui seront désormais désignés.

Il n’y aura plus d’élections des représentants des assurés avant… 1983.

« Dialogue social » ? Le gouvernement actuel veut la destruction de la sécurité sociale ! Il met en place une comédie de la concertation menée par son haut-commissaire qui mène à la retraite par points. Tout est décidé, malgré ce que prétend la CFDT.
La « permanence confédérale » écrit :
« Demander l’ouverture de négociations et ce, à quelque niveau que ce soit, ce n’est pas s’entendre préalablement sur le résultat de ces dernières, ce n’est pas non plus établir un socle revendicatif unitaire avec d’autres. »

Non, ça ne devrait pas. Et pourtant…

• Le gouvernement a convoqué Badinter et Lyon-Caen pour dénigrer le Code du travail, puis a enclenché une concertation de diversion avec les confédérations pour déboucher sur la brutalité de la loi dite El Khomri, tournée contre la représentation syndicale à l’entreprise.
• Le gouvernement suivant prend des ordonnances qui aggravent la loi précédente, éloignant les syndicats de l’entreprise, tant dans les TPE et PME, que dans les plus grandes entreprises, les conseils sociaux et économiques remplaçant la représentation syndicale et décimant les délégués.

Et voilà que le même processus recommence avec la retraite par points !

CGT échaudée craint l’eau froide.

Nous voulons une rupture avec cette pratique de réunions convoquées sur les lettres de cadrage du gouvernement, ces séances ambiguës, donc destructrices pour notre syndicalisme CGT, qui ne sont ni négociation ni concertation, juste du « dialogue social », dont nous apprenons l’existence par le gouvernement, ses médias et ses patrons.

Retrouvons le chemin CGT de nos historiques mandats impératifs, qui lient les négociateurs aux adhérents et aux salariés par les revendications défendues, pour nos objectifs, contre ceux du patronat.

La « retraite par points » serait une rupture avec nos combats CGT, une contre-révolution sociale, un triomphe libéral. Nous proposons d’y résister jusqu’au bout ! Tel est l’autre mandat, « tous ensemble pour notre sécurité sociale, l’augmentation générale des salaires, des pensions et des aides sociales ».


Fraternellement,

Pour le secrétariat d’Info’Com-CGT
Romain Altmann
Secrétaire général
Xuan
   Posté le 11-11-2018 à 22:53:26   

A propos de la hausse du prix du carburant, un tract des retraités PSA :

http://retraitescgtpsa.free.fr/Publications/Tract_2018_11_17_Prix_carburants.pdf

Contester la hausse des carburants
C’est légitime
Agir contre la baisse des retraites et
pour l’augmentation des salaires
C’est nécessaire



Contester la hausse des carburants, c’est légitime.
Une atteinte de plus au pouvoir d’achat.


Alors que les salaires stagnent, que les retraites et les aides au logement diminuent, de plus en plus de familles ont des difficultés à faire face à l’augmentation des prix du gaz, de l’électricité, de l’alimentation, des mutuelles …
A presque 1 € le litre de fioul domestique, il devient compliqué de se chauffer !
Alors, l’augmentation du prix de l’essence et du gaz-oil, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

L’excuse de la défense de l’environnement ne tient pas.
S’il est nécessaire de lutter contre le réchauffement climatique pour préserver les générations futures, cela ne peut se faire en prenant pour boucs émissaires ceux qui, aujourd’hui ont besoin de leur voiture au quotidien.

Pour préserver la planète, nous n’avons pas besoin d’essence plus chère mais de transports publics moins onéreux et mieux adaptés, d’une véritable politique en faveur du fret ferroviaire et de l’isolation des logements, de services publics de proximité pour éviter de multiplier les déplacements.

Nous avons surtout besoin d’une économie privilégiant les produits locaux au lieu d’entasser les camions sur les routes, les portes-conteneurs sur les océans, au profit des multinationales qui délocalisent leur production et leurs fournisseurs.

La hausse des carburants ne règle aucun de ces problèmes. Derrière l’habillage
environnemental, c’est en réalité une façon scandaleuse pour le gouvernement de nous faire les poches pour remplir ses caisses !



Hausse des carburants, baisse des retraites, la même logique


Tous les retraités n’ont pas les moyens d’avoir une voiture, et certains n’ont plus une vue suffisante pour conduire, notamment la nuit.
Pourtant ils sont eux aussi la cible du gouvernement de M. Macron.
La hausse de la CSG ampute les retraites de 25 à 50 € par mois La désindexation des retraites par rapport aux prix, votée par l’Assemblée pour les 2 années à venir représentent une perte de pouvoir d’achat supplémentaire de 50 à 100 € mensuels.
Sur une retraite moyenne de 1300 € (pour 43 ans de travail), c’est 75 € par mois qui sont pris dans nos poches !

Avec ce qui reste, il faut veiller à chaque dépense.

Vous n’êtes pas retraités ? Pourtant vous êtes concernés :

Vous avez ou aurez des parents retraités. S’ils ne peuvent plus faire face, qui paiera la maison de retraite, ou tout simplement les soins avec les dépassements d’honoraires ?
Et vous-même êtes un(e) futur(e) retraité(e). Si les retraites actuelles continuent de s’effondrer, quelle sera la vôtre ? Surtout si on a un système par points où c’est le gouvernement qui fixe la valeur du point !
Défendre les droits d’aujourd’hui est la meilleure garantie pour les droits de demain !

Prendre l’argent là où il est.
Retraités, salariés, automobilistes, on a raison d’être indigné par ces nouvelles ponctions sur nos conditions de vie alors que le gouvernement a supprimé l’ISF (impôt sur la fortune), l’exit-tax (taxation des « exilés fiscaux »). Il a même réduit l’impôt sur les grandes sociétés alors que le groupe pétrolier français Total a augmenté ses bénéfices de 28 % en 2017 pour dépasser les 10 milliards de dollars.
On a raison d’être indigné quand les salariés, les retraités, leurs familles doivent se serrer la ceinture alors que les dividendes versés aux actionnaires du CAC 40 battent tous les records avec près de 47 milliards € en 2017.

Le 17 novembre … et après ?
La CGT trouve légitime le mécontentement contre la vie chère qui va s’exprimer le 17 novembre.
D’autant que les initiateurs tentent de se démarquer des tentatives de récupération comme celles qu’ont essayées le Front National et les organisations patronales de transporteurs routiers et du BTP.
Cette journée permettra que de nombreuses personnes, au lieu de rester dans la protestation individuelle, trouvent le chemin de la manifestation et de l’action collective.
Mais une journée de blocage ne suffira sans doute pas à faire reculer le gouvernement.
Et un succès sur le prix des carburants, s’il marquerait un premier pas, ne règlerait pas nos problèmes de pouvoir d’achat, impactés par la stagnation des salaires et la baisse des retraites.
Après le 17 novembre, il faudra donc que l’action collective se poursuive et s’élargisse pour imposer au gouvernement et au MEDEF une autre répartition des richesses. La CGT qui agit dans ce sens depuis des années, prendra toute sa part dans un tel mouvement.

Ensemble, on est plus fort !


Edité le 11-11-2018 à 22:55:04 par Xuan


Xuan
   Posté le 10-01-2019 à 16:15:24   

Le syndicalisme de complaisance :


Une formation DRH pour la CGT : "une reconnaissance de l'activité militante par le pays"

"L’Université Paris-Dauphine a créé en 2008, le Master Négociations et Relations Sociales, première formation universitaire sur ces questions, et premier lieu paritaire de formation des acteurs du dialogue social. Fin novembre dernier, la CGT a signé une convention de partenariat avec l'Université. Le but : la reconnaissance des compétences des syndicalistes à travers un diplôme. Une façon aussi pour la CGT de participer au jury et aux équipes pédagogiques en place."

http://www.youtube.com/watch?v=IKs6kSDqQks&fbclid=IwAR34YQMfXXI7ECTvsv9-BMTwheu7iwyq5wWePF7CuK3KEEBfFb_NdkOMtzk


Edité le 10-01-2019 à 16:16:17 par Xuan


Xuan
   Posté le 15-03-2019 à 20:04:36   

Ci-dessous un article de oùvalacgt, sur un sujet qui ne semble pas se réduire à Air France, bien que les contradictions internes à la CGT n'y soient pas pour rien.

Au moment où la lutte contre les monopoles s'affiche dans les rues, mais en refusant parfois l'unité avec les syndicats, les élections professionnelles ne tournent pas à l'avantage de la CGT.
Les camarades de ce blog remettent en question certaines réponses : « Oui, on peut faire autrement, oui il y a un plan B » . Un leitmotiv asséné depuis longtemps sur les restructurations mais sans résultat.
Entre autres chansons :

"La crise que nous traversons est la conséquence d’une insécurité sociale grandissante. Difficile de se projeter vers un avenir assuré. Pourquoi ne pas imaginer l’instauration d’une « sécurité sociale professionnelle » qui gommerait toutes les aspérités de nos parcours (chômage, mobilité professionnelle, formation…) ? Pourquoi ne pas réfléchir à des droits attachés à la personne et transférables d’une entreprise à l’autre ?"

Oùvala CGT écrit :
"Faute d’une orientation vraiment anticapitaliste, (les salariés) préfèrent le réformisme crédible et cohérent (FO, CFDT etc.) à la radicalité d’un réformisme illusoire et sans issue" .
On peut aussi s'interroger sur une tendance à vouloir faire de la CGT le parti révolutionnaire qui n'existe pas, l'avant-garde absente de la scène politique, avec pour résultat une érosion de ses adhérents.


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Vendredi 15 mars 2018

De quoi les élections à Air France sont-elles le nom ?



Les élections professionnelles viennent de se dérouler à Air France, et la CGT continue de s’effondrer à 9,25% des suffrages, même plus représentative ! Voir ci-contre les résultats des trois précédents scrutins pour mesurer les évolutions au fil des années.



Ce résultat – catastrophique – suscite chez les camarades de la CGT un flot de commentaires pour s’émouvoir, s’indigner, juger définitivement, ou simplement pour s’interroger. Et il y a de quoi.
Mais le débat ne va pas très loin, paralysé par le « mode de pensée » qui règne dans nos rangs et empêche de creuser pour trouver les vraies raisons. Alors, essayons d’ouvrir quelques portes, bien entendu sans nous substituer aux camarades d’Air France, encore à la CGT ou l’ayant quitté, qui seuls pourrons tirer le bilan.
D’ailleurs ces camarades sont invités à s’exprimer sur ce blog, y compris bien sûr pour contester éventuellement les propositions qui suivent.


De restructuration en restructuration…


Depuis 2011, l’entreprise a perdu près de 10 000 emplois, fruit des divers plans de restructurations, plans « Transform » et autres « Perform 2020 ». Voilà le contexte électoral, et l’affaire des chemises déchirées s’inscrit là-dedans (octobre 2015). On peut relire tous les articles du blog à propos d'Air France ICI.

La lutte contre les restructurations est une des pierres de touche qui sépare le syndicalisme réformiste du syndicalisme de classe.

On connaît trois positions possibles face aux restructurations :

Le réformisme d’accompagnement . Au nom de « ça pourrait être pire », ou « c’est mieux que rien », on s’insère dans la gestion de l’entreprise, au mieux on revendique un meilleur partage du gâteau (voir le conflit sur les salaires). C’est le cas de FO, de la CFDT, de la CGC, de l’UNSA, du SNPL ou du nouveau syndicat 2.0 SNGAF etc… dont les résultats des uns et des autres fluctuent au fil des élections et des rapports de force locaux et nationaux.
Le syndicalisme de classe . Un syndicalisme qui analyse correctement le monde capitaliste, la guerre économique mondialisée, la concurrence entre requins exploiteurs, qui démonte tous les volets de l’aggravation de l’exploitation pour ancrer l’activité syndicale sur « la défense des intérêts des travailleurs et rien d’autre », sans compromission avec la marche de l’entreprise. Qui ne réclame pas un « meilleur partage du gâteau », mais défend l’emploi, les salaires, les conditions de travail sur la base de la défense des intérêts et des besoins des plus exploités. Et qui construit donc une orientation de rupture avec le capitalisme pour préparer une issue révolutionnaire. Et en même temps, du fait de la clarté de ses positions, il acquiert la confiance des masses combatives.
Le réformisme radical . Il critique les réformistes pour se coucher devant les exigences patronales (ce qui est évidemment juste), mais revendique « une autre politique », un « meilleur partage des richesses », des « contreplans industriels pour le transport aérien » et autres fariboles sur le « développement humain durable ». Il reste dans le cadre d’un système où selon eux les patrons font les « mauvais choix », mais ils ne comprennent rien à la réalité fondamentale du capitalisme. Et il ne se démarque des purs réformistes que par une certaine radicalité, l’exigence de luttes dures. C’est le cas de la CGT et de SUD.

Aujourd'hui, ce sont ces syndicats combatifs, réformistes radicaux qui paient la note. La CGT perd la moitié de son influence depuis 2011, SUD un tiers.

C’est cela qu’il faut comprendre.

La période actuelle, partout, c’est une régression dans la conscience des travailleurs, qui se manifeste à chaque plan de restructuration : « There Is No Alternative », TINA comme l’acronyme prêté à Margaret Thatcher dans les années 80, « Il n’y a pas de plan B ». Idée martelée jour après jour, année après année par la bourgeoisie pour éteindre toute tentative de révolte, semer la résignation et valider ses plans. Associé à l’échec de la gauche au gouvernement dans les années 80, et à l’échec du capitalisme d’Etat à l’Est (chute du mur de Berlin à l’Est en 1989), tout cela a ancré dans les consciences la résignation et le repli – bien sûr à contre cœur, bien sûr sans empêcher de futures révoltes.



Les réformistes radicaux combattent cette théorie, mais sur une base fausse : « Oui, on peut faire autrement, oui il y a un plan B », pas besoin de rupture révolutionnaire. Or, la réalité de l’économie mondialisée est un peu connue des travailleurs (la concurrence), et ils ne croient plus à ces mirages. Faute d’une orientation vraiment anticapitaliste, ils préfèrent le réformisme crédible et cohérent (FO, CFDT etc.) à la radicalité d’un réformisme illusoire et sans issue – d’autant que la répression féroce (l’affaire de la chemise déchirée) a laissé des traces dans les consciences.

Quand en plus un nouveau patron (Ben Smith), arrivé après un désaveu de son prédécesseur (le référendum du 4 mai 2018), sait y faire pour désamorcer les conflits récurrents et gérer le réformisme ambiant, c’est l’échec assuré.



Les particularités à Air France


On notera d’une manière générale le suivisme de la CGT vis-à-vis de l’intersyndicale – voir le communiqué puant signé en août 2018 suite à nomination Ben Smith. On peut comprendre à la fois l’aspiration des travailleurs à l’unité (on connaît ça…) et la crainte de la CGT de s’isoler. Mais il y a là un bilan à faire : n’est-ce pas l’intersyndicale qui a servi de passe plat aux divers réformistes en validant l’accompagnement de la gestion ?


Il faudra aussi revenir sur les affaires internes de la CGT Air France, toujours très agitée depuis fort longtemps. Pour cela on pourra relire quelques articles de ce blog :

« Sarkozysme à la CGT Air France ? » octobre 2007
« CGT Air France, allez on le fait à l’ancienne » novembre 2009
« Ménage à la CGT Air France » juin 2010
« Elections à Air France, une claque pour la CGT » mars 2011

Et ça continue. Fin 2015 (en plein dans l’affaire des chemises) la CGT fait le ménage dans la section Roissy Escales et vire 500 adhérents pour des raisons obscures, au prétexte de dérives religieuses radicales, ce que reprendra sans précautions Philippe Martinez sur France Info (voir l’article de France24), ensuite démenti par la CGT Air France elle-même – il s’agirait d’affaires de clientélisme et de corruption.

En 2017, le bureau de section est à son tour exclu…

Voici ce qu’en dit sur Facebook Didier Altis ex secrétaire de la section syndicale :

« Ex-secrétaire de la plus grosse section CGT Air France à Roissy Escales (7000 salariés!), ex membre de la CE Air France, exclu avec tous les membres le bureau de section en avril 2017 en total désaccord avec les syndiqués de notre section !!! En 2015 notre section faisait 24% à Roissy Escales !!! En 2019, moins de 9% !!! Activité et présence syndicales nulles en 2 ans ... pas de campagne électorale !! Nous avions prévenu le Secrétaire National de l'époque, aujourd'hui planqué dans les mêmes locaux que le DRH, que la section ne se relèvera pas de notre départ !!! Lui et tous les membres du BN nous ont ri au nez !!! Du coup, les salariés n’avaient plus que 3 choix : FO, CGC et CFDT... comme un collègue m'a dit : j'ai voté pour le moins pire !!!

Le Bureau National a voulu nous imposer une "mise sous tutelle" de la section, qui aurait pour conséquences de ne plus écrire un tract, ne plus avoir de négociations avec nos responsables locaux, ne plus avoir la main sur la désignation de délégués syndicaux locaux, en fait de devenir de simples pantins et distributeurs de tracts centraux et VRP pour récupérer des adhérents !!! Inacceptable !!! Les adhérents de notre section ont massivement rejeté cette tutelle !!! La réponse que l'on a eu de notre Bureau National : " Ce ne sont pas les adhérents qui décident, c'est la Commission Exécutive Nationale " Du coup, nous avons refusé la tutelle donc nous avons été exclus.... Voilà l'explication...

Les désaccords ne portaient pas du tout sur le fond, sur les revendications, sur les moyens d’action, juste sur des rapports humains... notre section fonctionnait très bien, sinon on n'aurait jamais pu faire 24% aux élections de 2015 !!! Et si cette décision était justifiée, elle n'aurait jamais dû entraîner à ce score historique de 9% !!! »


Il est bien difficile de démêler ce qui tient de l’orientation, de la qualité de vie syndicale et ce qui tient des questions de personnes, dont les conflits augmentent au même rythme que la confusion dans notre confédération (voir les conflits à la CGT Commerce, où l’on constate des pratiques similaires). C’est aux camarades d’Air France de faire le tri et le ménage…


Mais tant qu’on n’aura pas compris ce qu’est le réformisme syndical, et en quoi le réformisme radical ne permet pas une démarcation réelle et une vraie construction d’un syndicalisme de classe, gageons qu’on va continuer à voir de telles dérives, qui vont à nouveau déboucher sur des conflits et de telles catastrophes électorales…


Edité le 15-03-2019 à 22:49:48 par Xuan


Xuan
   Posté le 16-04-2019 à 22:29:35   

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/04/16/les-prix-des-medicaments-sans-ordonnance-vendus-en-acces-libre-s-envolent_5450956_3224.html

Les prix des médicaments sans ordonnance vendus en accès libre s’envolent


Un article du Monde s'appuyant sur le constat de Familles Rurales signale que le panier moyen de médicaments a grimpé de 9 %. Mais certains très utilisés ont bondi.

Dix ans après l’autorisation de vente en accès libre des médicaments sans ordonnance, « les prix se sont envolés », selon l’association de consommateurs Familles rurales qui a publié, mardi 16 avril, les résultats de son étude annuelle sur les prix des médicaments.
En 2008, le gouvernement avait adopté un décret autorisant les pharmacies à vendre en « libre accès » certains médicaments sans ordonnance (produits OTC). Mais pour l’association de consommateurs, « force est de constater que le gouvernement n’a pas réussi le pari d’offrir des prix publics concurrentiels et d’améliorer le pouvoir d’achat des citoyens » avec cette mesure.
Depuis la création de son « observatoire des médicaments » en 2010, Familles rurales dit avoir constaté une hausse de 9 % du prix moyen de son « panier » de médicaments les plus fréquemment utilisés dans la santé familiale. Le prix de l’anti-inflammatoire Nurofen, par exemple, a bondi de 25 % depuis 2010, celui des pastilles pour la gorge Strepsils de 19 % et celui du médicament contre les aigreurs d’estomac Maalox de 12 %, selon l’association.

Les médicaments OTC ont par ailleurs subi deux hausses successives de TVA sur la période, passée de 5,5 % à 7 % en 2012 puis de 7 % à 10 % en 2014. L’association relève aussi des écarts de prix très importants de ces médicaments, qui peuvent varier du simple au triple selon les pharmacies. En moyenne, l’écart constaté tourne autour de 190 %.
L’ouverture à la vente en ligne de médicaments OTC depuis fin 2012 renforce la « jungle tarifaire qui règne sur ce secteur », en plus de dégrader l’accompagnement des patients, estime encore Familles rurales. De nombreux sites ne respecteraient pas les règles applicables en termes de conseils aux consommateurs : 30 % ne proposent pas de questionnaire visant à vérifier la compatibilité du médicament avec l’état de santé du patient.


Le Monde publie aussi : « L’industrie pharmaceutique est préoccupée avant tout par sa rentabilité financière »
Le Monde réinvente ici l'eau chaude. On se doutait qu'il ne s'agissait pas d'entreprises philanthropiques et que la seule motivation des industriels est le profit capitaliste.
Mais ces petits faits mis bout à bout ont pour conséquence l'appauvrissement des masses et la dégradation de leur vie. On comprend pourquoi les GJ battent le pavé sans fléchir depuis plus de 20 semaines.
Evidemment ce n'est pas avec des discours qu'on va pouvoir racheter du Strepsil ou du Maalox.

Parallèlement, Slate se demande "Pourquoi l'espérance de vie n'augmente plus aussi vite en France", en avançant de très bonnes raisons, mais sans signaler les déremboursements ni la hausse des prix.

Slate observe bien qu'aux Etats Unis où "Autre facteur aggravant: le système de santé américain est inégalitaire, rendant difficile l'accès aux soins pour les plus pauvres." .

Mais ici tout va bien "Il n'est pas du tout certain que l'Europe, et notamment la France, soient touchées à leur tour par un recul de l'espérance de vie, car leurs systèmes sanitaires sont plus protecteurs et plus égalitaires que celui des États-Unis."

Eh bien non, même en France les dégâts commencent à se faire sentir.


Edité le 16-04-2019 à 22:49:27 par Xuan


Xuan
   Posté le 06-06-2019 à 22:49:43   

Le site faire vivre publie cet article de Remi Herrera sur la CGT, au lendemain de son dernier congrès.
Cette déclaration montre que le courant de lutte de classe existe dans la CGT malgré les apparences.
La passivité de la direction syndicale envers les gilets jaunes a crevé les yeux.
C'est vrai que ces derniers ne voulaient pas manifester avec les syndicats.
C'est vrai aussi que la mobilisation syndicale n'a pas existé en dépit des annonces, et ceci n'a fait que conforter les gilets jaunes dans leur opinion.
C'est vrai enfin que des syndicalistes ont bougé et réellement soutenu la révolte populaire.

http://lepcf.fr/Apres-le-congres-de-la-CGT-la-lutte-interne-continue


Après le congrès de la CGT, la lutte (interne) continue




Dimanche 2 juin 2019, par Remy Herrera


Le 52ème Congrès de la CGT (Confédération générale du Travail) s’est tenu les 13-17 mai à Dijon. Son contexte conjoncturel était particulier : depuis plus de six mois, le mouvement populaire des gilets jaunes, malgré sa complexité et son hétérogénéité, ses difficultés et ses limitations, est parvenu, pour la toute première fois depuis fort longtemps, à enrayer – si ce n’est à stopper – la machine infernale des politiques néolibérales. Il faut en réalité remonter au mois d’avril 2006 et aux manifestations étudiantes et lycéennes contre le Contrat Première Embauche (CPE) du gouvernement de Dominique de Villepin, sous la présidence de Jacques Chirac, pour voir un pouvoir en place en France céder à la pression de la rue.

En plus longue période – et sur fond de crise systémique du capitalisme –, l’arrière-plan de ce Congrès, c’est aussi celui d’une perte de représentativité des organisations syndicales en général et d’un recul relatif de la CGT spécialement. Car depuis les dernières élections professionnelles, bien qu’elle demeure prépondérante dans la fonction publique, la Centrale syndicale n’apparaît plus qu’en deuxième position dans l’ensemble du secteur privé, désormais devancée par la CFDT « social-démocrate » (Confédération française démocratique du Travail, soutien objectif des gouvernements néolibéraux démantelant les droits des travailleurs). Toutefois, en dépit d’un effritement certain – ses rangs ont continué à se dégarnir au cours de ces dernières années, avec près de 23.000 cartes en moins depuis 2015 –, la CGT reste toujours devant la CFDT pour ce qui est du nombre d’adhérents : 653.000 syndiqués pour la première, contre 624.000 environ pour la seconde. Souvenons-nous qu’en 1975, la CGT, c’était 2,4 millions de syndiqués… Et 5.597.000 adhérents en 1945.

Cette relative perte de vitesse de la CGT a des raisons profondes et s’explique par de multiples facteurs, d’ailleurs assez largement partagés par la plupart des autres syndicats. La violence de l’offensive néolibérale lancée dès la décennie 1970, la désindustrialisation graduelle du pays, l’accélération des délocalisations, l’essor de la sous-traitance et l’« ubérisation » de la société, mais aussi la répression patronale et étatique visant spécifiquement les activités syndicales, ont assurément produit leurs effets, déterminants, dévastateurs, en accentuant la précarisation et la fragmentation du monde du travail. L’influence de la CGT s’est réduite, fondamentalement, parce que, sous la poussée néolibérale, liée au retour au pouvoir de la haute finance à la fin des années 1970, le rapport de forces entre le capital et le travail s’est considérablement modifié en faveur du premier, ce qui a fait reculer le second et l’a depuis 40 ans placé sur la défensive.

Il n’en demeure pas moins que, parmi ces évolutions lourdes – et ne concernant évidemment pas seulement la France –, le manque de combativité de plus en plus manifeste des directions successives de la CGT a considérablement aggravé la situation. Les couteaux ont été aiguisés, au moment du virage néolibéral opéré par les gouvernements socialistes du temps du président Mitterrand, en coulisses, dans l’entourage d’Henri Krazucki, secrétaire général de 1982 à 1992 et héros des Francs-tireurs et partisans - Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) dans la résistance communiste à l’occupation nazie. Par la suite, les conflits internes ne firent que s’exacerber avec ses successeurs, qui imprimèrent une tendance réformiste défaitiste aux instances dirigeantes. C’est sous la mandature de Louis Viannet, secrétaire général de 1992 à 1999, que ces dernières décidèrent en novembre 1994 le retrait de la CGT de la Fédération syndicale mondiale (FSM), jugée « non démocratique » car « révolutionnaire » – et considérée, dès mai 1992, comme étant « arrivée au terme de son processus historique » et relevant du « dernier carré » des syndicats inscrits dans une vision « obsolète » du monde. Le syndrome de la « fin de l’histoire » frappa donc de plein fouet ces dirigeants et les conduisit à acter, en 1999, par un vote du 45ème Congrès, la sortie officielle de la FSM, condition sine qua non à remplir pour adhérer à la Confédération européenne des Syndicats (CES).

Cette attitude de suivisme opportuniste s’approfondit encore avec Bernard Thibault, secrétaire général de 1999 à 2013 (leader des cheminots CGT… mais personnellement opposé à la grande grève de novembre-décembre 1995 qui fit pourtant reculer le gouvernement d’Alain Juppé dans sa « réforme des retraites »). La conception réformiste des rapports capital-travail imposa ainsi le renoncement à la lutte de classes et lui substitua un prétendu « syndicalisme rassemblé » (pro-capitaliste et pro-européen, bien sûr !), fondé sur le déploiement d’un « dialogue social » par la « concertation », la « négociation », la « proposition » et le « partenariat ». Logiquement, compte tenu de ces dérives et de cette inconsistance d’analyse, la direction confédérale toucha le fond durant les deux années de mandat de Thierry Lepaon (2013-2015), lequel fut contraint de démissionner à la suite d’un scandale lamentable – avant d’être généreusement récompensé pour son œuvre par le Premier ministre « socialiste » Manuel Valls (qui le propulsa à la tête de l’« Agence de la langue française » ) et récemment recyclé par le président Macron en personne (qui le nomma, en mars dernier, « inspecteur général de la jeunesse et des sports de première classe »). Cette lente et désastreuse dégénérescence d’une direction confédérale de plus en plus visiblement intégrée au "système" détériora gravement l’image de la CGT et la discrédita aux yeux de maints salariés. Quoi de surprenant ? La Centrale n’était plus que l’ombre d’elle-même et tournait le dos aux combats héroïques des camarades du passé. À vrai dire, ce ne sont pas les travailleurs qui se sont détournés d’elle ; c’est sa direction qui les a tous abandonnés sous le feu de la guerre de classes que les capitalistes menaient contre eux.

Si au sein du leadership actuel, Philippe Martinez, en poste depuis 2015, n’est certainement pas le pire, le fait est qu’il a choisi de se couler dans la continuité de cet abandon des positions de classe et de l’internationalisme engagé par ses prédécesseurs depuis le début des années 1990. Sa plus grave erreur est la distanciation qu’il a sciemment maintenue vis-à-vis des gilets jaunes au début de leur mobilisation en novembre 2018. Sous sa conduite, la direction du syndicat est passée complètement à côté de l’événement. Événement certes imprévisible, insolite, difficile à appréhender et à analyser, multiforme, mais qui s’interprétait, dès son surgissement spontané (dans les « déserts syndicaux »), comme un sursaut salutaire et au fond inévitable de rébellion d’un peuple contre la violence sociale qu’il subit depuis plus de 40 ans. Un événement qui fit trembler les sphères du pouvoir, et jusqu’au président de la République lui-même. Oublierait-on qu’Emmanuel Macron, paniqué face aux émeutes de décembre, visita dans les sous-sols de l’Élysée le « PC Jupiter », poste de commandement bunkerisé de l’aile Est du palais présidentiel prévu pour protéger le chef de l’État en cas d’attaque nucléaire ? Et que fit Philippe Martinez ? Il choisit le silence et l’inertie. Ce, dans l’instant précis où l’on doutait au sommet de l’État, où 80 % des Français soutenaient la révolte des gilets jaunes et où ses propres bases cégétistes défilaient avec ces derniers pour la raison évidente que les revendications des uns et des autres se rejoignent naturellement.

Cela faisait des années que les équipes dirigeantes de la CGT entendaient « bouger les choses » – un peu à la manière d’un Emmanuel Macron parlant de « réformes » : il s’agissait de « faire preuve de réalisme », de ne pas « se replier sur soi », de ne pas être « sectaires ou passéistes », de « pratiquer le dialogue social » aux côtés des autres organisations syndicales (CFDT en tête, qui, depuis si longtemps, collabore avec les gouvernements néolibéraux successifs (y compris « socialistes » ) pour aider à implanter les mesures conçues et voulues par le patronat). Curieuse initiative que celle d’un Philippe Martinez signant un accord de partenariat avec l’Université Paris-Dauphine, réputée pour ses enseignements très à droite, afin de mettre sur pieds un cursus de formation des cadres de la CGT à la « gestion des ressources humaines » ! Et quelle belle photo du même secrétaire tout sourire aux côtés de François Rebsamen, le maire « socialiste » de la ville hôte du 52ème Congrès et ancien Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social (du gouvernement de Manuel Valls) qui prépara le terrain à l’application des lois « El Khomri » démantelant le droit du travail… Le même Rebsamen qui déclarait il y a peu ne pas se souvenir de qui était exactement Ambroise Croizat, le ministre communiste (1945-1947) qui honora scrupuleusement l’instauration du programme du Conseil national de la Résistance en fondant, dans la France de la Libération, les systèmes de Sécurité sociale et de retraites, les comités d’entreprise, mais également (par un décret du 2 novembre 1945 notamment), les cantines, les crèches, les dispositifs d’aides au relogement, d’assistances sociales, de dispensaires de Médecine du Travail, d’Inspection du Travail ! Oublier ces conquis, c’est vendre son âme. Pactiser avec l’ennemi de classe. Trahir.

Or les choses ont effectivement "bougé" au 52ème Congrès de Dijon, et plutôt dans le bon sens ! C’est-à-dire pas dans celui souhaité par la direction sortante. Malgré les manœuvres (grossières et maladroites) de cette dernière, les près de 1.000 délégués présents ont : 1. majoritairement voté une déclaration finale mentionnant les gilets jaunes et manifestant un soutien de la CGT à leur mobilisation (alors que P. Martinez ne les a pas même mentionnés dans ses discours) ; 2. radicalisé les critiques adressées à l’encontre de l’Union européenne et de l’euro (encore trop mollement, mais c’est déjà un progrès) ; et 3. adopté un amendement qui ouvre la voie à une demande de statut d’observateur de la CGT à la Fédération syndicale mondiale – quittée il y a 20 ans par rejet de la « voie révolutionnaire ». Philippe Martinez et les siens ne voulaient rien de tout cela, mais les militants l’ont imposé, ensemble, démocratiquement, par leurs votes. Et il y eut des délégués qui entonnèrent L’Internationale, poings levés, en protestation contre les prises de positions « consensuelles » (traduire : de soumission au patronat) des représentants de la CES et de la CSI (Confédération syndicale internationale), Luca Visentini (numéro un de la CES) et Owen Tudor (numéro deux de la CSI), invités à prendre la parole. Philippe Martinez – évidemment réélu secrétaire général le 17 mai à Dijon (il était seul candidat) – n’a-t-il pas apporté son soutien à la candidature de Laurent Berger, son nouveau maître à penser, au poste de président de la CES ? Poste qu’occupe dorénavant le responsable de la CFDT depuis le 23 mai.

Il est clair que la tendance à la capitulation de la direction de la CGT n’a pas été inversée, ni même vraiment bloquée. Mais les forces combattives authentiquement progressistes en son sein ont répondu présentes, et en masse – malgré le verrouillage préalable des débats par la direction et l’éviction volontaire des éventuels contestataires. Toutes ces forces internes à la CGT refusent et continueront de refuser courageusement la poursuite de l’effacement indigne de leurs leaders soumis aux diktats de centrales réformistes elles-mêmes domestiquées par les puissances de l’argent et leurs gouvernements. Elles restent actives sur le terrain des luttes dans tout le pays, poussent à la prise de conscience et à l’organisation d’une nécessaire grève générale illimitée, cherchent à amplifier la mobilisation des gilets jaunes qui dure depuis maintenant plus de six mois. Ces forces progressistes, qui sont l’avenir, devront surmonter les obstacles, leurs divisions d’abord – diverses, et souvent injustifiées –, leur timidité aussi – encore marquée, en particulier lorsqu’elles hésitèrent à passer à l’offensive face à une direction qui montra une fois de plus ses défaillances en condamnant, avec le président Macron, en pleine répression, les violences des gilets jaunes (mais pas celles de la police !). Contre un appareil bureaucratisé et des dirigeants qui ont renoncé à lutter, elles se battront, au cœur de ce syndicat qui est le leur, pour l’unité des salariés et la convergence des luttes, nationales et internationales, afin que la CGT redevienne un outil entre les mains des travailleurs pour la défense conséquente de leurs intérêts de classe et pour une solidarité internationaliste effective. Et il n’est pas écrit qu’elles seront défaites.

Rémy Herrera
Le vendredi 24 mai 2019


Edité le 06-06-2019 à 22:59:22 par Xuan