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 Renversement de situation

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Xuan
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   Posté le 26-12-2015 à 23:05:06   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Damas: Jaïch al-Islam décapité à l’Est. Daesh et Nosra évacuent le sud

L’équipe du site Al Manar


Les choses vont vite en Syrie, et surtout dans la capitale syrienne où deux événements de grande importance ont eu lieu ce vendredi.

Dans l'après-midi, il y a eu la mort du chef de l’une des plus fortes milices opérant dans la Ghouta orientale à l’est de Damas, Jaïch al-Islam, ainsi que d’autres chefs de cette milice pro saoudienne.
Au moment où un accord inédit était finalisé sur le départ d’autres milices des quartiers du sud de la capitale. Pas les moindres car il s’agit de la milice wahhabite takfiriste Daesh et du front al-Nosra, la branche d’Al-Qaïda.

Jaïch al-Islam décapité

Concernant le premier événement, rapporté par le média de guerre de la Résistance, et l’agence Reuters, Zahrane Allouche était en réunion avec d'autres chefs lorsque plusieurs raids aériens ont bombardé le lieu de la rencontre, pourtant tenue en secret.


Jaïh al-Islam est financée par l’Arabie saoudite et compte plusieurs milliers de miliciens dans ses rangs.
"La mort de Zahrane Allouche est l'une des pertes les plus significatives de l'opposition", a indiqué sur Twitter Charles Lister, un des principaux experts des groupes rebelles en Syrie pour l'AFP


Parmi les tués figurent aussi le numéro deux du groupe, son chef religieux, ainsi que son porte-parole, ont rapporté les sites de coordination. Des chefs des milices "Brigade al-Rahmane" et "Ahrar al-Sham" participaient aussi à la rencontre.

Selon le correspondant d'al-Manar en Syrie, il y aurait au moins 20 chefs de milices tués durant le raid contre cette réunion, qui a eu lieu dans la ferme d'Otaya au nord de l'aéroport Marj al-Sultane, libéré depuis une dizaine de jours. Dans la soirée de vendredi, le service de média de guerre de la Résistance a diffusé les images vidéos du raid contre cette ferme.

Selon Reuters, les avions russes ont effectué 13 raids dans la Ghouta orientale ce vendredi. Il était impossible dans l'immédiat de savoir si ces raids avaient été menés par l'aviation du régime ou par la Russie, souligne l'OSDH.

Qui est Allouche

Il appartient à une famille qui s'est convertie au wahhabisme, courant takfiriste importé de l'Arabie saoudite et n'ayant aucune origine en Syrie.



Selon la chaine de télévision al-Alam, son père, Abdallah Allouche était l'un des chefs du courant wahhabite au sein de la branche syrienne de la confrérie des Frères Musulmans.
Lui même a poursuivi ses études théologiques en Arabie saoudite, avant de revenir en Syrie, où sous la couverture d'activités dans l'immobilier, avec un associé saoudien, il enrôlait les jeunes syriens pour les convertir au wahhabisme et créer des cellules terroristes. Raison pour laquelle il a été capturé en 2009 jusqu'en 2011. Date à laquelle il a été libéré dans le cadre d'une amnistye présidentielle, consentie sous la pression de l'insurrection et des parties régionales.
Selon al-Alam, Allouche est encadré par les services de renseignements saoudiens, qui lui fournissent tout l'aide logistique, militaire et financière dont il a besoin.


Il était connu pour son discours confessionnel dans lequel il stigmatisait les alaouites et les chiites. Lors du lancement des frappes aériennes russes en Syrie, il a disséminé dans plusieurs régions de la Ghouta orientale des dizaines de cages dans lesquelles il avait renfermé des familles alaouites, enlevée lors de l'attaque meurtrière contre la cité industrielle de Aadra en 2013.
Selon le correspondant d'al-Manar, l'information de sa mort a été acueillie avec un grand soulagement de la part des habitants de la capitale qu'il a essayé à plusieurs reprises d'envahir, et qui a fait des centaines de fois l'objet de tirs d'obus de mortier et de roquettes, tuant et blessant des centaines.
Sa milice fait partie de la coalition qui encercle et bombarde sans répit les deux localités chiites Noubbol et Zahra au nord-ouest d'Alep, au côté du front al-Nosra et d'autres.

Le premier accord du genre


Au sud de Damas, ce sont 4.000 personnes, dont des membres de la milice wahhabite takfiriste Daesh et du Front Al-Nosra ainsi que des civils qui sont concernés par l’accord d’évacuation conclu avec les autorités syriennes.
C’est le premier accord de ce genre impliquant Daesh, voire le plus important aussi de tous.

Selon des sources proches des négociations, citées par l’AFPce départ est l'aboutissement de négociations débutées il y a deux mois, entre le pouvoir syrien et des représentants des habitants des trois quartiers du sud de la capitale.

Selon des sources proches du dossier, l'initiative concerne le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk et les quartiers voisins de Qadam et de Hajar al-Aswad. Ce dernier district était une base de l'EI près de la capitale.

"Un accord a été trouvé pour le départ de 4.000 civils et hommes armés appartenant à différents groupes, dont l'EI et le Front Al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda), qui refusent toute réconciliation", a indiqué à l'AFP une source gouvernementale proche des négociations.

L'application de l'accord débutera en principe samedi, a précisé cette source, indiquant que ces 4.000 personnes seront transférées soit à Raqa, fief de facto de Daesh, située dans le nord de la Syrie, soit à Marea, une localité de la province d'Alep, frontalière de la Turquie, aux mains de groupes rebelles islamistes et du Front Al-Nosra.

Quatre tentatives similaires avaient par le passé échoué, a souligné la source gouvernementale.

Un autre responsable de la sécurité syrienne sur le terrain a confirmé l'accord, précisant qu'il concernait 3.567 personnes, dont 2.000 combattants, "qui appartiennent dans leur majorité à l'EI, mais aussi au Front Al-Nosra".

Démilitarisation


Jeudi, une unité de l'armée est entrée à Qadam pour récupérer l'artillerie lourde et l'équipement militaire utilisés par les miliciens, a précisé ce responsable.
Par ailleurs, 18 bus sont déjà arrivés dans ce quartier pour assurer l'évacuation de samedi, a souligné le responsable.
"Chaque combattant sera autorisé à partir avec sa famille, une valise et son arme personnelle", a précisé de son côté un représentant local de Qadam, sous le couvert de l'anonymat.
Selon le correspondant de la chaine de télévision al-Manar, les autobus étaient accompagnés de deux véhicules des Nations Unies.
Interrogée par l'AFP, une responsable de l'ONU à Damas a affirmé que son organisation n'était pas impliquée dans cet accord. Un ministère destiné la réconciliation nationale a été mis en place sein du gouvernement syrien. Concernant l’accord, il est question d’une troisième partie non identifiée qui a joue un rôle dans la médiation.

Ces accords de "réconciliation locale", prévoient généralement l'abandon par les rebelles de leurs armes, en contrepartie d'aides aux habitants bloqués à l'intérieur et vivant dans des conditions précaires.

Selon l’AFP, début avril, Daesh et le Front Al-Nosra s'étaient emparés de 60% du camp de Yarmouk avant de se replier sur 40% du territoire. Ils sont actuellement présents dans la partie sud du camp près de la localité mitoyenne de Hajar al-Aswad.

Yarmouk est un quartier du sud de la capitale syrienne. Plus de 160.000 personnes y vivaient avant le début du conflit en 2011. Aujourd'hui, près de 7.000 civils palestiniens et syriens y habitent, alors que quelque 10.000 Palestiniens ont été évacués ces dernières semaines.

Darayya : sur le point de tomber


Non loin du camp Yarmouk, dans la province sud-ouest de Damas, l’armée syrienne poursuit la conquête de la localité de Darayya qui en est à ses dernières étapes. Selon la chaine de télévision iranienne arabophone al-Alam, elle a découvert un réseau de tunnels souterrains sur plusieurs kilomètres de longueur, qui relient les positions des milices entre elles.

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   Posté le 04-02-2016 à 23:03:20   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La Turquie en écho à l'OSDH


Alors que les voies de ravitaillement des milices takfiristes au nord d'Alep sont désormais coupées de la Turquie :

Alep assiégée par l'armée syrienne

« Les forces gouvernementales sont désormais plus proches que jamais d'assiéger totalement les rebelles qui contrôlent les quartiers est de l'ex-capitale économique du pays depuis 2012 » , avance l’AFP, citant l’Observatoire syrien des droits de l’homme, instance médiatique de l’opposition syrienne soutenue par l’Occident.

"A moins qu'ils ne reçoivent une aide urgente des pays du Golfe et de la Turquie, cela pourrait marquer le début de la fin pour eux" , a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. "Avec la perte de cet axe, la seule route d'approvisionnement qui reste est longue et compliquée et sera la prochaine cible" du pouvoir, a-t-il ajouté, en référence à la route dite du Castello, au nord-ouest de la ville.
"Si les rebelles la perdent, le siège sera total" , a précisé M. Abdel Rahmane. "Le régime a pu en 72 heures remporter une victoire qui lui a échappé au cours des trois dernières années" , a-t-il également souligné.
Il a bénéficié pour cela des centaines de frappes menées par les avions russes contre les positions rebelles.

La Turquie préparerait une agression contre la Syrie

Sur Al Manar :

Ce qui se passe sur la frontière turco-syrienne laisse entrevoir d’intenses préparations à une incursion turque en Syrie, a annoncé jeudi le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

«Nous avons de bonnes raisons de soupçonner d’intenses préparations de la Turquie à une incursion militaire sur le territoire d’un Etat souverain, la République syrienne arabe… Nous remarquons de plus en plus de signes de préparation des militaires turcs pour agir activement sur le territoire syrien» , a annoncé Igor Konachenkov aux journalistes.

Plus tôt, le ministère russe de la Défense avait présenté à la communauté internationale les preuves vidéo montrant que l’artillerie turque bombardait des villes syriennes au nord de Lattaquié....


Edité le 04-02-2016 à 23:25:14 par Xuan




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   Posté le 04-02-2016 à 23:18:08   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Et la voix de son maître Fabius ...

condamne l'offensive brutale de la Russie et de la Syrie contre le terrorisme :


Sur Romandie.com

Le régime syrien et la Russie doivent cesser les bombardements et les sièges


Londres - Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a appelé jeudi le régime de Bachar al-Assad et la Russie à cesser les bombardements et le siège de villes syriennes, condition pour la reprise des négociations de paix.

L'offensive brutale lancée par le régime de Bachar avec le soutien de la Russie torpille les négociations, a déclaré à la presse M. Fabius à Londres, où il participait à la conférence des donateurs pour les civils syriens.

La France demande le respect du droit humanitaire international, la levée de tous les sièges qui affament les populations et l'arrêt des bombardements, a ajouté M. Fabius qui s'est entretenu dans la matinée avec ses homologues américain et britannique.

Le responsable français a souligné que ce n'était pas une concession mais une condition à la reprise des négociations qui ont été suspendues mercredi à Genève.

A partir de là, on pourra reprendre les discussions et aboutir à une solution politique, a-t-il ajouté, critiquant également le soutien de Téhéran au régime syrien.

Il ne faut pas se voiler la face, si on traite les conséquences sans traiter les causes on se réunira l'an prochain pour soutenir davantage de civils, a encore dit M. Fabius, qualifiant Bachar al-Assad de criminel de l'humanité.

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, à Londres, où il participe aussi à la conférence des donateurs pour les civils syriens, a déclaré que ceux qui aident le régime d'Assad sont coupables des mêmes crimes de guerre, ciblant la Russie qui bombarde les écoles, les hôpitaux et pas les positions de Daech.

Ce sont des crimes de guerre, du nettoyage ethnique, a insisté M. Davotuglu.


(©AFP / 04 février 2016 15h32)


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   Posté le 14-02-2016 à 22:23:25   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L’Iran met en garde les Saoudiens contre l’envoi de troupes en Syrie


L’équipe du site Al Manar



L'Iran a mis en garde dimanche l'Arabie saoudite contre l'envoi de troupes en Syrie après le déploiement d'avions de combat saoudiens en Turquie, a rapporté la chaîne de télévision iranienne en arabe Al-Alam.

"Nous ne permettrons certainement pas que la situation en Syrie évolue conformément à la volonté des pays malveillants. Nous prendrons les décisions nécessaires le moment venu" , a déclaré l'adjoint du chef d'état-major des forces armées, le général Massoud Jazayeri, à la chaîne Al-Alam.

"Les terroristes qui se battent en Syrie sont les hommes de l'Arabie Saoudite ou des Américains, des Israéliens ou encore des forces réactionnaires de la région" , a déclaré M. Jazayeri.

A partir "de quel pays, sinon la Turquie, ces terroristes entrent en Syrie? Quels pays, si ce n'est les pays réactionnaires arabes, les soutiennent?" a-t-il demandé.

"Aujourd'hui, avec les victoires de l'armée syrienne et des forces populaires, ils veulent envoyer des troupes en Syrie, mais il s'agit d'un bluff et d'une guerre psychologique" , a ajouté M. Jazayeri.

"L'Arabie Saoudite a utilisé tout ce qu'elle avait en son pouvoir, et aujourd'hui non seulement en Syrie mais aussi au Yémen elle a échoué" , a-t-il ajouté.

Ryad a déployé des avions de combat sur une base aérienne en Turquie sous prétexte d’ "intensifier ses opérations contre Daesh en Syrie" .

Un responsable militaire saoudien a pour sa part déclaré que le royaume était prêt à dépêcher des troupes au sol en Syrie dans le cadre de la coalition américaine.

La Turquie de son côté bombardé des positions kurdes syriens dans le nord de la Syrie, non loin de la frontière turque.

M.Jazayeri a en outre démenti les informations selon lesquelles il y a un différend entre l’Iran et la Russie sur la Syrie. Il a fait état d’une coopération totale entre Téhéran et Moscou au niveau politique et militaire. Et d’ajouter : « l’Iran appuie la présence russe sur la scène syrienne vu qu’elle donne un coup de force à la Syrie : peuple et gouvernement » .

Avec AFP + AlAlam

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   Posté le 24-03-2016 à 23:26:04   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur Al Manar :

Daesh aurait perdu 20% des ses territoires et 40% de son chiffre d’affaires





Au cours des 14 derniers mois, la milice wahhabite takfiriste Daesh (Etat islamique-EI) a perdu le contrôle sur environ 22% de ses territoires occupés en Syrie et en Irak. Ces chiffres ont été indiqués par une étude de l'agence d'analyse IHS, relayée mercredi par l'antenne russe de la BBC.

En plus, indiquent les estimations de la société d'experts, Daesh a perdu au cours de la même période jusqu'à 40% de ses avoirs financiers, provenant principalement de la vente de pétrole.

Les analystes expliquent cela par le fait que les extrémistes ne contrôlent plus la frontière entre la Turquie et la Syrie.
Il est également question dans le rapport d’une réduction du flux des bénévoles, venant à la rescousse de Daesh de pays différents.

Selon les données des Nations Unies, le commerce du pétrole est la principale source de revenus de ce groupuscule. En 2015, le montant des recettes pétrolières s’élevait à 400 à 500 millions de dollars.

Le 18 décembre 2015, le Conseil de Sécurité des NATIONS unies a adopté une résolution qui oblige les pays à lutter contre les sources de financement des terroristes. Toutefois, en mars 2016, du carburant et des produits manufacturés fabriqués par l’EI ont été découverts dans la vente en Bulgarie.

C’est la Turquie qui est accusée de recueillir et de commercialiser ce pétrole, obtenu à un prix nettement inferieur à celui du marché. L’implication turque a été prouvée par le ministère de la défense russe qui, images à l’appui, a filmé au début de la campagne militaire russe en Syrie comment les camions-citernes de Daesh acheminent l’hydrocarbure vers ce pays.
L’Irak aussi accuse Ankara de faciliter l’acheminement du pétrole en provenance des régions irakiennes occupées par Daesh.


Sources : RT, News 4-u.

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   Posté le 27-03-2016 à 14:13:38   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La prise de Palmyre : un tournant




La prise de Palmyre constitue en Syrie d’un tournant non seulement militaire mais politique. L’opposition dite modérée se trouve réduite à l’impuissance.

La presse bourgeoise reconnaît que la prise de Palmyre constitue un tournant.
Pour les pays impérialistes c’est aussi un tournant. On n’entend plus Fabius pérorer sur le « boucher Assad » et le « dictateur Poutine » : il est au placard.

Ceci aura certainement des conséquences sur l’attitude des monopoles français. Sarkozy continue de se tourner vers la Russie et ce courant s’est développé contre l’atlantisme des socialos.

La défaite de l’Etat Islamique aura aussi des conséquences sur le recrutement en Europe. D’abord parce que l’argent commence à manquer et que les combattants surtout ceux européens sont des mercenaires et non une armée populaire.
Puis l’influence de l’islamisme radical reposant sur les succès de l’Etat Islamique s’effritera nécessairement, non sans poussées de violence dans les pays riches qui lui avaient permis de croître et embellir.

Nous ne devons pas laisser la jeunesse d’origine immigrée dans le désarroi mais poursuivre nos explications sur la nécessité du socialisme et de l’unité anti capitaliste et anti impérialiste de toutes les composantes de la classe ouvrière.

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marquetalia
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   Posté le 27-03-2016 à 17:58:36   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Une fois que Assad aura annihilé les djihadistes,la Russie pourra exercer des pressions sur Israel afin que la Syrie récupére le plateau du Golan -soit 50 ans après l invasion.par contre,il n est pas certain que Damas restaurera sa présence au Kurdistan,où les peshmergas sont appuyés par les Etats Unis.

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Xuan
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   Posté le 28-03-2016 à 11:58:35   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

AlAssad :la libération de Palmyre prouve l’efficacité de la stratégie de l’armée


L’équipe du site al Manar

Le président Bachar al-Assad a affirmé que "la libération de la ville de Palmyre représente un exploit important et prouve l’efficacité de la stratégie adoptée par l’armée syrienne et ses alliés dans la guerre antiterroriste" a rapporté SANA.



S'exprimant lors d'une réunion avec une délégation française regroupant un certain nombre de parlementaires, d’intellectuels, de chercheurs et de journalistes, le président alAssad a précisé que "les visites de délégations parlementaires en Syrie permettent de corriger les politiques erronées adoptées par certains gouvernements, dont la France, à l’égard de ce qui se déroule en Syrie" .

Les membres de la délégation ont exprimé [i]"l’espoir de voir la stabilité et la paix s’instauraient en Syrie dans les plus brefs délais" [/i], affirmant "l’importance de la sauvegarde de la diversité intellectuelle et civilisationnelle en Syrie" .


Source: Agences

27-03-2016 - 15:55 Dernière mise à jour 27-03-2016 - 15:55

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   Posté le 09-04-2016 à 13:54:28   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un article déjà ancien du Monde Diplomatique (novembre 2015) mais on y trouve quelques indications

Basculement stratégique au Proche-Orient


Coup double pour le président russe, qui vient de faire irruption sur le champ de bataille syrien. M. Vladimir Poutine a fait savoir qu’il avait reçu au Kremlin le président Bachar Al-Assad ; dans la foulée, il a organisé une réunion quadripartite (Etats-Unis, Russie, Arabie saoudite, Turquie) sur le « processus politique » censé succéder aux frappes militaires. Une fois de plus, la France semble hors jeu.
par Olivier Zajec


«Est-il temps de faire de l’Iran notre ami et de l’Arabie saoudite notre ennemi ? » Sous ce titre provocateur, le chroniqueur britannique Michael Axworthy notait en janvier 2015 que « l’idée selon laquelle l’Iran est devenu une force de stabilité dans la région du Golfe relève désormais de l’évidence acceptée (1) ».

On est bien loin de la rhétorique de l’« axe du mal », reprise sans nuance depuis le 11 septembre 2001 et martelée ensuite avec passion et suivisme. Ni le discours enflammé du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou devant le Congrès américain, le 3 mars 2015, ni les combats d’arrière-garde des disciples néoconservateurs de Thérèse Delpech (2) au Quai d’Orsay ne sont parvenus à prévenir ce renversement des mentalités.

Passé du rôle de croquemitaine à celui de pivot régional antidjihadiste, fort d’un accord nucléaire habilement négocié et d’une alliance objective avec Washington en Irak pour contrebattre l’Organisation de l’Etat islamique (OEI), l’Iran n’est plus un exemple isolé. Les retournements de perception de ce type se multiplient.

Avec une menace terroriste intérieure élevée et une crise migratoire qui bouleverse les équilibres politiques de l’Union européenne, aucun des poncifs qui structuraient le commentaire dominant ne semble donc plus offrir la moindre solidité, impuissance analytique dont la presse française offre peut-être l’exemple le plus sidérant. De la dangerosité de l’Iran des mollahs au devoir moral de « punir » M. Bachar Al-Assad, de l’impossibilité d’un califat djihadiste au destin européen du « modèle démocratique turc (3) », de la nécessité de faire chuter M. Vladimir Poutine à l’urgence d’un partenariat gagnant-gagnant avec le hub mondialisé des émirats du Golfe, de la solidité du couple franco-allemand aux réjouissances obscènes qui ont suivi la pendaison en direct de Saddam Hussein, les certitudes ont fait place aux atermoiements, les rengorgements aux louvoiements, les rodomontades aux reniements.

Pis : alors même que le droit d’ingérence coercitif, la communauté de destin atlantiste et les croisades armées contre la « saloperie souverainiste » (selon la forte expression de Bernard-Henri Lévy (4)) sont toujours promus avec une admirable constance, l’opinion publique, sondage après sondage, persiste désormais à considérer que la chute du régime syrien, le renforcement des liens avec l’Arabie saoudite, l’endiguement de la Russie ou la signature du traité de libre-échange transatlantique ne sont peut-être pas les priorités les plus brûlantes du moment.

Ce retournement idéologique, qui prend la forme d’un réalisme de réaction plus que sévère envers le bilan des approximations messianiques et ingérentes de l’après-11-Septembre, a de quoi inquiéter les responsables de la politique étrangère française de l’ère Sarkozy-Hollande. Reconnaître avec humilité l’échec des changements de régime erratiques des dernières années n’en est pas moins exclu. Pour justifier l’injustifiable, ne reste donc qu’une seule solution : transférer la responsabilité du naufrage à un coupable crédible. Or, des dirigeants mondiaux actuels, qui plus que M. Barack Obama semble mériter par sa faiblesse et son irrésolution d’être blâmé pour le chaos proche-oriental ?

Pour le chef de l’Etat turc, M. Recep Tayyip Erdogan, M. Obama est un faible. Les monarques sunnites du Golfe, quant à eux, ne cachent qu’à grand-peine leur détestation — et leur mépris parfois raciste — de ce président qui joue désormais la carte du « diable » iranien. Selon son opposant républicain de 2008, M. John McCain, toujours prêt à faire parler les armes en Iran ou en Ukraine, M. Obama « abîme » le leadership américain (5). Et la vedette actuelle du même parti, M. Donald Trump, fait chorus. M. François Hollande, lui, va répétant sans ciller que la raison principale du renforcement de l’Organisation de l’Etat islamique (OEI) est à chercher dans le « lâchage » américain qui, un « samedi noir de la fin août 2013 (6) », a empêché Paris de bombarder le régime de M. Al-Assad.

Cependant, la politique étrangère de M. Obama n’est pas réductible à une série d’atermoiements. Elle reste même, nonobstant certains échecs et de nombreux inachèvements, bien supérieure à celle de ses partenaires britanniques, saoudiens, français ou israéliens. Loin d’abuser de l’anabolisant sondagier que procure toujours le costume de « président de guerre », il a tenté de respecter la retenue diplomatique globale dont il s’était fait l’avocat dès son entrée en fonctions, après l’apocalyptique principat de M. George W. Bush. L’accord du 1er juillet 2015 avec Cuba, celui du 14 juillet sur le nucléaire iranien, la relative prudence observée en Ukraine malgré l’animosité personnelle qui l’oppose à M. Poutine, malgré surtout le déchaînement hystérique de ses opposants paléo-reaganiens, sont les marqueurs d’une ligne relativement maîtrisée. Le contraste apparaît assez frappant avec l’aventurisme libyen de M. Nicolas Sarkozy en 2011, l’agressivité autiste de M. Netanyahou ou l’entêtement de M. Hollande sur le dossier syrien depuis 2012.

M. Obama ne déçoit au fond que les somnambules qui ne se consolent pas de ce que MM. Donald Rumsfeld et Anthony Blair, ou Mme Condoleezza Rice (7), aient été renvoyés aux oubliettes de la diplomatie mondiale. Son cap, raisonnable, est celui du refus de l’aventurisme que constituerait, en particulier au Proche-Orient, un nouveau changement de régime coercitif sans solution pérenne de continuité. Il s’agit ici de ce que l’on pourrait dénommer la « doctrine Gates », du nom du secrétaire américain à la défense entre 2006 et 2011. « La dernière chose dont [l’Amérique] a besoin, jugeait en effet M. Robert Gates lors de la guerre en Libye, c’est d’un nouvel exercice de nation building (8) » : énoncée au Congrès au moment même où M. Obama s’y voyait reprocher son leading from behind (« direction en sous-main »), cette sentence lapidaire clôturait symboliquement l’ère des ingérences.

Après bien des vertiges, tout se passe comme si, refermant les bréviaires des auteurs néoconservateurs Norman Podhoretz et Irving Kristol, la Maison Blanche avait rouvert Aristote pour y redécouvrir le sens de la délibération stratégique : « Aucun Lacédémonien ne délibère sur la meilleure forme de gouvernement pour les Scythes. (…) Nous délibérons sur les choses qui dépendent de nous et que nous pouvons réaliser (…). Nous délibérons non pas sur les fins elles-mêmes, mais sur les moyens d’atteindre les fins (9). »

On peut reprocher bien des choses à M. Obama sur la Syrie, à commencer par la faiblesse dont il fait preuve envers le gouvernement turc, l’acteur le plus cynique et le plus manipulateur du conflit. Malheureusement, le dernier pays à pouvoir lui adresser des reproches sur ce plan est la France. La virtuosité sémantique ne pouvant être le paravent éternel de la vacuité stratégique, il convient de reconnaître que le storytelling français développé à l’occasion de la tragédie syrienne ne résiste pas à l’analyse. Pendant des mois, Paris a soutenu qu’il ne bombarderait pas l’OEI, car il était hors de question de renforcer le régime de Damas, désigné comme l’adversaire prioritaire. Prenant ainsi parti dans une guerre civile, le gouvernement français est allé jusqu’au bout de sa logique en lâchant dans la nature des armements destinés à une opposition modérée mal définie, armements qui ont bientôt renforcé les arsenaux djihadistes (Le Monde, 21 août 2014).

Le 27 septembre 2015, la situation se dégradant, la France décide finalement de bombarder « Daech ». A l’Elysée, on évoque une « évolution stratégique », audacieuse litote au cas où des observateurs peu perspicaces auraient la tentation de n’y discerner qu’une absence totale de stratégie. S’autorisant de cette « évolution », M. Hollande, qui reçoit M. Poutine le 4 octobre 2015, « rappelle » à son hôte que « l’Etat islamique est l’ennemi que nous devons combattre (10) ».

L’aplomb de la formule est tout à fait admirable. Malheureusement, elle ne saurait impressionner que les amnésiques. Depuis le début de l’insurrection syrienne, en 2011, et la progressive prise en otage de celle-ci par des factions islamistes de plus en plus dures, M. Poutine, que l’on sait têtu, défend le même plan en deux volets : soutenir M. Al-Assad pour réduire Al-Qaida et l’OEI, menaces prioritaires, avant de trouver dans un deuxième temps une solution politique négociée à Damas, sous la forme d’une évolution du régime. Quelles que soient les arrière-pensées du Kremlin, personne à Moscou ne songe en effet que M. Al-Assad restera éternellement au pouvoir (lire « Le pari syrien de Moscou »). C’est la raison pour laquelle divers émissaires de l’opposition syrienne, tels M. Khaled Khoja ou M. Haytham Manna, ont été reçus en 2015 par le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov. « Il n’y aura pas d’autre Kadhafi » : la stratégie de Moscou, aussi critiquable soit-elle, est constante et claire. Elle ne rend que plus brouillons le cynisme d’Ankara, la fébrilité de Riyad ou les changements de cap de Paris, qui contrastent avec les choix opérationnels et diplomatiques de la France au Mali et en Centrafrique, largement salués en 2013-2014.

Rançon de cet enlisement moralisant et inefficace, les relations internationales voient se multiplier des initiatives diplomatiques qui ne reposent plus sur les seules décisions occidentales. Cette mutation stratégique est fondamentale. Car qui sont aujourd’hui les game changers (11) au Proche-Orient ? Certainement pas M. Obama, pressé d’agir par ses tributaires en Europe de l’Est et sur l’Euphrate, mais qui y est d’autant plus réticent qu’il reste concentré sur le « pivot Pacifique » qui constitue sa vraie priorité. Pas davantage M. Hollande, qui s’essouffle derrière Berlin en Europe et derrière Washington presque partout ailleurs, en critiquant ces deux capitales pour préserver l’illusion d’une indépendance bien écornée (lire « Dégringolade de la France »). Les puissances régionales ? Tel-Aviv est tétanisé par la convergence Washington-Téhéran, comme par la reprise de la révolte palestinienne ; Riyad, confronté à la baisse des prix du pétrole et englué dans son intervention au Yémen ; Ankara, à nouveau en guerre contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et durablement décrédibilisé pour avoir longtemps joué l’OEI contre les Kurdes.

La liberté d’action est aujourd’hui passée du côté de la Russie et de l’Iran, en attendant que la Chine, qui se tient à l’écart du conflit, ne saisisse peut-être un jour l’occasion de proposer à son tour une solution diplomatique. Moscou avait déjà changé la donne en 2013 en offrant à tous les protagonistes une porte de sortie grâce à la neutralisation de l’arsenal chimique syrien. A présent, M. Poutine roque (12) une nouvelle fois sur l’échiquier syrien, en présentant dans un premier temps le plan d’une nouvelle coalition antiterroriste devant l’Organisation des Nations unies (ONU) le 28 septembre 2015, puis en intervenant militairement — à la demande du gouvernement syrien — à travers des bombardements qui, conformément à sa lecture du conflit, visent aussi bien, dit-il, les positions de l’OEI que celles de l’Armée de la conquête, coordination soutenue par l’Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar et regroupant principalement les salafistes d’Ahrar Al-Cham et le Front Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaida.

Cette seule initiative russe a redistribué les cartes d’un jeu mésopotamien grippé. Après un an d’opérations aériennes et sept mille « frappes » contre une OEI résiliente, il apparaît que la stratégie poursuivie depuis 2013 par la coalition occidentale réunie par les Etats-Unis a échoué. Le secrétaire d’Etat américain John Kerry concède désormais que le calendrier de sortie de M. Al-Assad est négociable et que la collaboration avec la Russie et l’Iran est nécessaire (13). Le commentaire journalistique se retourne donc une nouvelle fois : « Si le départ d’Assad, la défaite de l’OEI et un avenir pacifique pour la Syrie sont l’objectif ultime, n’essayons pas de tout faire en une seule fois (14). »

Avec beaucoup d’autres, Matthew Rojansky, l’expert américain du Wilson Center cité par Les Echos, redécouvre avec fraîcheur ce que l’on pensait acquis depuis Sun Tzu, au VIe siècle avant J.-C. : il vaut mieux combattre sur un front que sur deux. M. Henry Kissinger vient de faire à peu près le même constat (15). Le mantra commun à MM. Erdogan et Fabius, selon lequel il existe une « alliance objective entre M. Bachar Al-Assad et les terroristes (16) », a perdu toute applicabilité. On saisit bien, du côté français, la volonté de sauver un bilan extérieur en demi-teinte en vue des débats électoraux de 2017. Mais ce « ni-ni » intenable, en sus de s’être révélé stratégiquement contre-productif, sera bientôt médiatiquement inaudible. Voire politiquement suicidaire, pour peu que Palmyre soit reprise par les forces russes et syriennes ; une option en forme de coup d’éclat, dont on ne sait si elle est possible mais à laquelle il serait étonnant que MM. Lavrov et Poutine n’aient pas songé. En attendant, la stratégie russe actuelle est soutenue ouvertement par l’Iran… et l’Irak (17). L’Egypte n’y est pas opposée. Pékin observe et ne désapprouve pas.

Ainsi, l’inattendu et la surprise, carburants premiers de l’action stratégique, sont aujourd’hui maniés sur le champ clos mésopotamien par des acteurs extérieurs à « l’Occident ». Dans le vortex proche-oriental, une Amérique affaiblie et une Russie opportuniste continuent à défendre leurs intérêts. Ces intérêts ne seront jamais complètement ceux de l’Europe, et prendre totalement parti pour Washington ou pour Moscou en la matière relève d’une forme de capitulation intellectuelle. Il serait bien plus satisfaisant de faire ici l’éloge de la diplomatie française que de constater, l’honnêteté ayant ses exigences, la supériorité tactique de M. Poutine. Mais l’étoile morte qu’est le néoconservatisme continue à éclairer les rives de la Seine, et l’Union européenne a aliéné sa sécurité externe — en dehors de l’exception que constituent les actions de la France en Afrique. Que ceux qui regrettent cette situation soient de plus en plus nombreux par-delà les clivages politiques ne constitue qu’une très médiocre et très insuffisante consolation.

Olivier Zajec
Maître de conférences en science politique, université Jean-Moulin Lyon-III.

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(1) Michael Axworthy, « Is it time to make Iran our friend and Saudi Arabia our enemy ? », The Guardian, Londres, 28 janvier 2015.

(2) Thérèse Delpech (1948-2012), spécialiste des affaires nucléaires et stratégiques, auteure notamment de l’ouvrage Le Grand Perturbateur. Réflexions sur la question iranienne (2007), fut directrice des affaires stratégiques au Commissariat à l’énergie atomique.

(3) « Le parti islamique turc AKP s’érige en modèle démocratique pour le monde musulman », La Croix, Paris, 1er octobre 2012.

(4) Bernard-Henri Lévy, La Guerre sans l’aimer. Journal d’un écrivain au cœur du printemps libyen, Grasset, Paris, 2011.

(5) Sandy Fitzgerald, « McCain : “Putin’s actions in Syria the fault of Obama’s weakness” », Newsmax, West Palm Beach (Floride), 30 septembre 2015.

(6) L’expression est de Bernard-Henri Lévy dans son « Bloc-notes » du Point, Paris, 15 octobre 2015.

(7) Mme Condoleezza Rice et M. Donald Rumsfeld furent respectivement secrétaire d’Etat des Etats-Unis de 2005 à 2009 et secrétaire à la défense de 2001 à 2006, sous l’administration de M. George W. Bush.

(8) Déclaration devant la commission des forces armées du Sénat, mars 2011.

(9) Aristote, Ethique à Nicomaque, III, 4.

(10) Benoît Vitkine « “L’EI est l’ennemi que nous devons combattre”, rappelle Hollande à Poutine », lemonde.fr, 2 octobre 2015.

(11) Dans le vocabulaire stratégique, acteur capable à lui seul de réorienter le cours de l’affrontement.

(12) Aux échecs, le roque permet, en un seul coup, de mettre le roi à l’abri tout en centralisant une tour.

(13) Karen DeYoung, « Obama administration scrambles as Russia attempts to seize initiative in Syria », The Washington Post, 30 septembre 2015.

(14) « Syrie : Obama traite avec Moscou et s’accommode d’Assad », Les Echos, Paris, 30 septembre 2015.

(15) Henry Kissinger, « A path out of the Middle East collapse », The Wall Street Journal, New York, 17 octobre 2015.

(16) Point presse de M. Laurent Fabius à l’issue de la conférence de Montreux, Conférence de Genève II, 22 janvier 2014.

(17) Hélène Sallon,« La tentation russe de Bagdad », Le Monde, 17 octobre 2015.

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Le Courrier du Vietnam met en ligne cet article sur la Syrie. On remarquera que l'article est signé Xinhua, VNA (Vietnam News Agency) et CVN (Courrier du Vietnam) :

L'armée syrienne repousse une offensive d'opposants de grande envergure à Alep


11/04/2016 18:30
L'armée syrienne a repoussé une offensive à grande échelle de plusieurs groupes opposants dans la province septentrionale d'Alep, a déclaré le 10 avril une source militaire.


La force pro-gouvernementale de la Syrie sur une route à travers la ville d'El Khanasser, près d'Alep, le 29 février. Photo : AFP/VNA/CVN

Plusieurs groupes opposants ont lancé samedi soir 9 avril une attaque de grande envergure dans des zones contrôlées par le gouvernement dans la banlieue au sud d'Alep, a déclaré une source militaire syrienne sous couvert d'anonymat. Elle a indiqué que les affrontements s'étaient poursuivis jusqu'à dimanche 10 avril à l'aube et que l'armée syrienne avait réussi à repousser l'attaque après avoir infligé de lourdes pertes aux assaillants.

La source a démenti les informations diffusées par certaines chaînes de télévision arabes qui ont indiqué que plusieurs villes au Sud d'Alep étaient sous le contrôle des opposants.

Cependant, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (opposition) a déclaré que les combats étaient toujours en cours entre l'armée syrienne soutenue par le Hezbollah et des groupes d'oppositions, notamment le Front al-Nosra affilié à Al-Qaïda, dans plusieurs zones au sud d'Alep.

Le groupe a indiqué que l'armée syrienne avait réussi à repousser les attaques et avançait vers les oppositions.

Cette attaque n'était pas la première du genre. La semaine dernière, les oppositions d'Alep avaient également tenté une percée contre l'armée syrienne dans certaines zones. Celle-ci avait alors menacé de frapper tous ceux qui tenteraient d'attaquer des positions militaires ou des zones civiles sous le contrôle du gouvernement à Alep.

Xinhua/VNA/CVN


Edité le 16-04-2016 à 21:23:56 par Xuan




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Syrie: l'unique route de ravitaillement des rebelles à Alep coupée de facto


Romandie


Beyrouth - L'armée syrienne a coupé de facto jeudi, après de violents combats, la dernière route d'approvisionnement des rebelles assiégés dans la ville d'Alep, malgré son annonce d'une trêve de 72 heures, selon une ONG.

Les forces du régime de Bachar al-Assad sont parvenues à s'emparer d'une position rebelle à un kilomètre de la route dite du Castello, dernier axe de ravitaillement des quartiers tenus par les rebelles dans l'est d'Alep, deuxième ville du pays en guerre, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les troupes loyalistes n'ont jamais été aussi proches de la route du Castello, désormais à portée de leurs tirs, a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'ONG. Si elles parviennent à consolider leurs positions, les quartiers insurgés seront totalement assiégés.

L'armée et ses alliés peuvent maintenant surveiller et tirer sur toute personne ou tout véhicule empruntant cette route, mais en fin d'après-midi les rebelles tentaient de les repousser, d'après l'OSDH.

Selon le correspondant de l'AFP dans les quartiers rebelles, aucune personne n'est en mesure d'entrer ou de sortir de la métropole septentrionale. Des familles qui s'étaient rendues via la route du Castello à Alep pour visiter leurs proches ne pouvaient pour le moment rentrer chez eux.

Au premier jour de l'Aïd, je suis allé avec ma famille à Alep pour voir des proches. Nous avons traversé la route du Castello très prudemment, les feux de la voiture éteints, confie Mohammad Yassin, père de cinq enfants.

L'homme de 43 ans dit avoir appris que la route était totalement coupée jeudi matin.

Je ne sais pas ce qui va se passer, mais j'ai peur que la situation reste comme ça pour longtemps, a-t-il ajouté.

Divisée depuis 2012 entre secteurs prorégime (ouest) et secteurs rebelles (est), la métropole d'Alep est un enjeu principal du conflit.

Depuis deux ans, le régime tente de s'emparer de la route du Castello. Ses troupes avaient coupé techniquement cette route en la bombardant par voie aérienne, mais c'est la première fois qu'elles se retrouvent aussi proches au sol.

Un porte-parole de Jaich al-Islam, influent groupe rebelle, a annoncé la mort de quatre de ses combattants dans la zone de combats, connue sous le nom d'al-Mallah.

Par le passé, les forces syriennes avaient dû reculer face aux contre-offensives menées par les rebelles et les jihadistes du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda.

Les combats ont lieu malgré une nouvelle annonce de trêve par le régime décrétée de mercredi à vendredi à minuit locale (jeudi 21H00 GMT).

Déjà la veille, le régime avait poursuivi ses raids aériens et ses tirs d'artillerie contre les secteurs rebelles d'Alep, et les insurgés avaient bombardé les quartiers prorégime. Jeudi, trois civils ont péri dans des tirs rebelles, selon l'OSDH.

Selon un photographe de l'AFP dans les quartiers prorégime, ceux-ci ont été visés par des tirs de roquettes rebelles intenses avant que le calme n'y revienne dans l'après-midi. Mais peu d'habitants osaient sortir de chez eux.

Ces derniers mois, toutes les tentatives de faire respecter les trêves, notamment à Alep, ont échoué de même que les efforts d'un règlement du conflit qui a fait plus de 280.000 morts et poussé à la fuite des millions de personnes.

Déclenchée en mars 2011 par la répression de manifestations réclamant des réformes, la révolte contre le régime s'est transformée en une guerre dévastatrice impliquant une multitude d'acteurs locaux, régionaux et internationaux, ainsi que des groupes jihadistes.

La province d'Alep est morcelée entre les différents protagonistes de la guerre, avec des régions contrôlées par le régime, d'autres par les rebelles ou encore par le Front Al-Nosra ou encore par les jihadistes rivaux de l'organisation Etat islamique (EI).


(©AFP / 07 juillet 2016 21h49)

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22 juillet 2016 - Le Grand Soir

Texte intégral de l’entrevue accordée par le Président Bachar al-Assad à la chaîne américaine NBC News


En ce 14 juillet 2016, où le peuple français a eu à souffrir du même terrorisme qui déchire et bafoue quotidiennement la Syrie depuis plus de cinq ans, dans un contexte d’hypocrisie meurtrière d’une grande majorité de dirigeants régionaux et occidentaux, la chaîne américaine NBC News a publié un entretien accordé par le Président syrien à son journaliste Bill Neely.



Pour préparer son questionnaire [1], M. Neely nous dit qu’il a visionné les vidéos et lu les transcriptions de presque tous les entretiens accordés par le Président syrien ces dernières années, en plus d’avoir bénéficié des suggestions de toute l’équipe de NBC News, « y compris celles qui occupent l’esprit de beaucoup de gens » . Il a retenu de l’entretien : « Je lui ai dit qu’il était un dictateur brutal avec le sang de centaines de milliers sur les mains. Il a répondu à cela. Il n’a pas flanché. Je présume que c’est un homme qui avait déjà entendu toutes ces questions » . Quel scoop !

À lire les points essentiels retenus par nos médias aux ordres, nous pouvons nous demander s’ils s’intéressent, un peu plus que M. Neely, à ce qui préoccupe « l’esprit des gens » et surtout s’ils écoutent les vraies réponses aux sujets qu’ils refusent d’aborder.

Admettront-ils, un de ces jours, que la guerre des Syriens est de défendre la Syrie contre le terrorisme, tandis que la guerre des coalisés à Washington, Paris et Londres, est de la détruire par ce même terrorisme qu’ils ont excellemment utilisé, nourri et soutenu, avant qu’il ne se retourne contre eux ?

Retiendront-ils, contrairement à M. Neely, que diaboliser le Gouvernement et l’Armée nationale syrienne ne dissipera pas la peur qui s’est emparée de nous ? Ou bien se contenteront-ils de continuer à nous servir des insanités du style des rédacteurs de Libération ; lesquels osent encore commenter, en ces termes, la mort de plus de 120 civils, ce 19 juillet, à Manbej, une ville au nord d’Alep, par une supposée bavure [2] : « Cette bavure de la coalition internationale fait le jeu à la fois du gouvernement syrien et de l’Etat islamique, qui se sont rapidement emparés de l’information pour leur propagande... Selon des témoins sur place en contact avec Libération, l’implication de l’aviation française serait fausse. Cette accusation du régime syrien révèle tout de même sa volonté de s’attaquer à la France. Et pour Bachar al-Assad, d’appuyer sa volonté de participer à la coordination des frappes de la coalition internationale » ? Rien que ça !

Nous aurons compris qu’ils n’ont pas encore reçu les ordres pour tenir compte du message évident du Président syrien malgré l’arrogance et le nombrilisme de M. Neely : aidez-nous à combattre les terroristes pour les empêcher de retourner chez vous. Faites en sorte de ne pas nourrir leur arsenal et surtout leur idéologie.

Nous aurons compris que nos dirigeants n’ont toujours pas renoncé à leur projet initial et que le « bon boulot », défini initialement par Laurent Fabius, consiste toujours à tuer plus de Syriens.

Puissent les blessés se remettre au plus vite. Puissent les victimes innocentes, ici et ailleurs, reposer en paix. Puissent leurs familles surmonter la douleur de leur absence [NdT].


* * *


Bill Neely : Monsieur le Président, nous vous remercions de nous avoir reçus et de permettre à NBC de vous poser quelques questions importantes.

Le Président al-Assad : Vous êtes les bienvenus à Damas.

1. Il y a quelques semaines, vous avez dit devant les membres du Parlement syrien que vous reprendriez chaque pouce de la Syrie. Le Département d’État américain a qualifié cette déclaration de « délirante ». Vous êtes loin de gagner cette guerre, n’est ce pas, sans même parler de reprendre chaque pouce de la Syrie ?

Le Président al-Assad : En fait, l’Armée syrienne a fait beaucoup de progrès récemment, ce qui est le but de toute armée ou de tout gouvernement. Je ne pense pas que cette déclaration des États-Unis soit pertinente. Elle ne reflète ni le respect du droit international et de la Charte des Nations Unies, ni le respect de la souveraineté d’un pays ayant le droit de contrôler l’ensemble de son territoire.

2. Mais, à votre avis, combien de temps vous faudra-t-il pour gagner cette guerre ?

Le Président al-Assad : Vous parlez d’une question liée à nombre de facteurs, le facteur le plus important étant : « Combien de temps les soutiens de ces terroristes vont-ils continuer à les soutenir, en particulier la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite, avec l’appui de certains pays occidentaux, y compris les États-Unis ? ». Si ce soutien cessait, cela ne prendrait pas plus de quelques mois.

3. Pas plus de quelques mois ? Voyez-vous, je me suis trouvé ici une dizaine de fois et j’ai entendu vos responsables dire : « Il faudra un mois pour reprendre Homs… Il faudra six mois pour reprendre ailleurs… » Cela prend toujours plus de temps. Donc, d’un point de vue réaliste, cela prendra des années. Non ?

Le Président al-Assad : Voilà pourquoi j’ai dit que cela dépend de l’importance du soutien que les terroristes vont continuer à recevoir et de l’importance de leur recrutement en Turquie grâce à l’argent saoudien, pour toujours en expédier un plus grand nombre en Syrie. Leur but est de prolonger la guerre. Ils peuvent la prolonger tant qu’ils le voudront et ont déjà réussi à ce faire. Si bien que la réponse dépend de votre question. Si vous parlez du temps qu’il faudra pour régler le conflit, en tant que conflit syrien isolé, cela ne prendra pas plus de quelques mois. Mais si vous en parlez comme d’un conflit où interviennent nombre de puissances régionales et internationales, comme c’est le cas aujourd’hui, cela prendra beaucoup de temps et nul ne peut répondre à votre question. Nul ne sait comment la guerre va évoluer.

4. Il y a un an, la guerre évoluait tout autrement. Dans l’un de vos discours, vous avez dit que vous étiez à court de troupes et que vous aviez dû renoncer à certaines zones à contrecœur. Qu’est-ce qui a changé depuis ? Est-ce l’intervention de la Russie ? Voilà la vraie raison du tournant pris par cette guerre, n’est-ce pas ? Le fait que la Russie soit de votre côté.

Le Président al-Assad : Certainement, le soutien russe à l’Armée syrienne a fait pencher la balance contre les terroristes.

5. C’est le facteur crucial ?

Le Président al-Assad
: Il l’est, sans aucun doute. En même temps, la Turquie et l’Arabie saoudite ont envoyé plus de troupes depuis que cette intervention légale de la Russie a commencé. Mais, malgré ce fait, ce fut le facteur crucial, comme vous venez de le mentionner.

6. Donc, vous devez beaucoup au Président Poutine .

Le Président al-Assad : Tout le monde sait quels sont ceux qui se sont tenus à nos côtés : les Russes, les Iraniens, et même les Chinois, chacun à sa manière, qu’elle soit politique, militaire ou économique, car il ne s’agit pas d’une question à facteur unique. Vous ne pouvez donc pas parler uniquement de la puissance de feu ou des ressources humaines. C’est une question à plusieurs facteurs. Tous ces pays ont soutenu la Syrie, à côté d’autres pays qui l’ont soutenue à un degré moindre.

7. Est-ce que le président Poutine a exigé quelque chose de vous ? Quel est le « deal » ?

Le Président al-Assad : Il n’a rien demandé.

8. Rien ?

Le Président al-Assad : Pour deux simples raisons : la première est que leur politique est fondée sur des valeurs, ce qui est très important ; la deuxième est qu’actuellement nos intérêts sont communs parce qu’ils combattent les mêmes terroristes qu’ils auraient à combattre en Russie. Nous combattons des terroristes qu’il faudra peut-être combattre en Europe, aux États-Unis et partout ailleurs dans le monde. Mais la différence entre le Président Poutine et les autres responsables occidentaux est qu’il le voit clairement, alors que les autres responsables en Europe, et plus généralement en Occident en sont incapables. Voilà pourquoi son intervention repose à la fois sur des valeurs et sur l’intérêt du peuple russe.

9. Vous vous parlez souvent ?

Le Président al-Assad : Quand il le faut. Nous nous parlons directement ou par l’intermédiaire de nos fonctionnaires réciproques.

10. Pour exemple, combien de fois vous vous êtes parlé cette année ?

Le Président al-Assad : Je ne les ai pas comptées. Nous nous sommes parlé à plusieurs reprises.

11. Comment décririez-vous votre relation avec lui ?

Le Président al-Assad : Très franche, très honnête, respect mutuel.

12. Mais il ne vous a rien demandé, c’est bien le cas ?

Le Président al-Assad : Rien du tout.

13. Parce que le soupçon est que la Russie puisse travailler de concert avec les États-Unis. Le secrétaire d’État Kerry devant rencontrer Vladimir Poutine ce jeudi à Moscou, le soupçon est qu’ils en viennent à une sorte de « deal » qui pourrait porter de mauvaises nouvelles pour vous.

Le Président al-Assad : Tout d’abord, concernant la première partie de votre question, si Poutine voulait me demander quelque chose, il me demanderait de combattre les terroristes, parce que c’est là que résident ses intérêts en tant que Président d’un pays tel que la Russie. Ensuite, concernant cette allégation qui revient de temps à autre afin de suggérer que les Russes et les Américains se sont réunis et se sont entendus sur l’avenir de la Syrie, les responsables russes ont déclaré clairement, et à maintes reprises, que la question syrienne dépend du peuple syrien.

Hier encore, le ministre Lavrov a dit : « Nous ne pouvons pas nous asseoir avec les Américains pour définir ce que veulent les Syriens. C’est une question syrienne et seul le peuple syrien peut définir l’avenir de son pays et comment résoudre son problème ». Le rôle de la Russie et des États-Unis est d’offrir l’atmosphère internationale susceptible de protéger les Syriens de n’importe quelle ingérence. Le problème est que les Russes sont honnêtes, tandis que les Américains n’ont rien offert dans ce domaine ; mais cela ne signifie pas qu’ils décident de ce que nous avons à faire en tant que Syriens.

14. Donc, juste pour être clair, ni le ministre des Affaires étrangères Lavrov, ni le Président Poutine, ne vous ont jamais parlé de transition politique et du jour où vous aurez à quitter le pouvoir ? Ce n’est jamais arrivé ?

Le Président al-Assad : Jamais, parce que, comme je l’ai dit, cela dépend du peuple syrien. Seul le peuple syrien décide qui peut être Président, comment il arrive au pouvoir et quand il doit le quitter. Ils ne m’ont jamais dit un seul mot à ce sujet.

15. Et vous n’avez donc pas la moindre inquiétude que la rencontre entre le Secrétaire Kerry et Vladimir Poutine aboutisse à une entente qui pourrait vous obliger à quitter le pouvoir ?

Le Président al-Assad : Non, parce que contrairement à la politique américaine, la politique russe ne repose pas sur la conclusion d’accords, mais sur des valeurs. C’est en raison de ces principes différents que je ne vois pas ce genre d’entente entre les Russes et les Américains.

16. Pourtant, il n’y a pas que la Russie qui bombarde vos ennemis, ce qui est sûr est que les États-Unis en font autant. Accueillez-vous favorablement les frappes aériennes américaines contre l’EIIL [État Islamique en Irak et au Levant] ?

Le Président al-Assad : Non, parce qu’elles ne sont pas légales.

17. Elles ne sont pas légales pour la Russie non plus. N’est-ce pas ?

Le Président al-Assad : Non. Premièrement, les Russes sont invités légalement et officiellement par le gouvernement syrien. Tout gouvernement a le droit d’inviter tout autre pays à l’aider dans n’importe quel domaine. Par conséquent, les frappes russes sont légales en Syrie, tandis que les frappes américaines et évidemment celles de tous leurs alliés ne le sont pas. Deuxièmement, depuis l’intervention russe, le terrorisme, disons-le, a subi une régression ; alors qu’avant cela et au cours de l’intervention illégale des Américains et de leurs alliés, l’EIIL et le terrorisme étaient en expansion et s’étendaient sur de nouvelles zones syriennes. Ils ne sont pas sérieux. Je ne peux donc pas accueillir favorablement leur manque de sérieux et leur présence illégale en Syrie.

18. Des milliers de missions, des centaines de frappes aériennes, et les États-Unis ne sont pas sérieux en Syrie ?

Le Président al-Assad : La question ne relève pas du nombre de frappes, mais du résultat. Telle est la question. La réalité du terrain dit que depuis le début des frappes aériennes américaines, le terrorisme s’est étendu et s’est renforcé, non l’inverse. Il n’a diminué que quand les Russes sont intervenus. C’est cela la réalité. Nous devons parler des faits et non seulement des actions superficielles qui ont été menées.

19. Donc, les frappes aériennes américaines sont inefficaces et contre-productives ?

Le Président al-Assad : Oui, d’une certaine façon. Lorsque le terrorisme est en croissance, les frappes sont contre-productives. C’est exact.

20. A qui la faute ? Est-ce une faute militaire, ou bien est-ce tout simplement le Président Obama qui n’a pas été, disons-le, suffisamment impitoyable ?

Le Président al-Assad
: Non, il ne s’agit pas d’être impitoyable, mais d’être authentique. Il s’agit des intentions réelles. Il s’agit du sérieux et de la volonté. Les États-Unis n’ont pas la volonté de vaincre les terroristes.
Ils veulent les contrôler et les utiliser en tant que carte comme ils l’ont fait en Afghanistan. Ce qui se reflète sur le terrain militaire.
Si vous comparez les résultats de plus de 120 à 130 frappes aériennes russes sur quelques zones en Syrie, aux 10 à 12 frappes américaines avec tous leurs alliés en Syrie et en Irak, vous constateriez que leur résultat est non significatif, militairement parlant, et que cette inefficacité militaire traduit leur volonté politique.

21. Selon votre propre expression, il y avait la « volonté politique » de vous écarter du pouvoir. Telle était la volonté de Washington. Il semble que ce ne soit plus le cas. Avez-vous une idée pourquoi les États-Unis ont apparemment changé d’avis sur votre avenir ?

Le Président al-Assad : Non, parce que le problème avec les responsables américains est qu’ils disent quelque chose, masquent leurs intentions, et avancent dans une autre direction. Ils disent quelque chose, puis disent son contraire. Vous ne pouvez donc pas parler de leurs vraies intentions. Ce dont je suis sûr est qu’ils n’ont pas de bonnes intentions à l’égard de la Syrie. Peut-être sont-ils en train de manœuvrer ou de modifier leurs tactiques. Mais, ce que je crois est que leurs intentions n’ont pas changé.

22. Le Président Obama voulait vous éjecter. Il va bientôt quitter son poste, alors que vous restez en place. Avez-vous gagné ?

Le Président al-Assad : Non, ce n’est pas entre lui et moi. C’est entre moi et qui veut détruire ce pays, surtout les terroristes sévissant actuellement en Syrie. Notre victoire en tant que Syriens se situe là où nous pouvons nous en débarrasser et rétablir la stabilité en Syrie. Sinon, nous ne pouvons pas parler de victoire. Il est vrai qu’ils n’ont pas réussi à exécuter leur plan. Mais s’ils ont essuyé un fiasco, cela ne signifie pas que nous avons gagné la guerre. Je dois donc être réaliste et précis dans le choix des termes à cet égard.

23. Mais l’un des principaux objectifs du Président Obama, qui était de vous éjecter du pouvoir, a clairement échoué. Pensez-vous qu’il a échoué ?

Le Président al-Assad : Oui, je l’ai dit, il a échoué. Mais cela ne signifie pas que je gagne, parce que pour lui la guerre est de m’éjecter, alors que pour moi la guerre est de restaurer la Syrie, non de rester à mon poste. Donc, vous parlez de deux guerres différentes. Pour moi, il ne s’agit pas d’une guerre personnelle. Ma guerre est de protéger la Syrie. Je ne me soucie pas de ce que veulent les autres présidents. Je me soucie de ce que les Syriens veulent. S’ils veulent que je reste, je resterai ; s’ils veulent que je parte, je partirai. Ce sont là des situations différentes, complètement différentes.

24. Pensez-vous que les États-Unis ont fondamentalement mal compris votre guerre contre l’EIIL, contre ce que vous pourriez désigner par l’ennemi commun ?

Le Président al-Assad : Encore une fois, ce n’est pas un ennemi commun, parce que nous, nous sommes sincères dans notre combat, non seulement contre l’EIIL, mais aussi contre le Front al-Nosra et toutes les organisations terroristes affiliées à Al-Qaïda en Syrie. Nous voulions nous débarrasser de tous les groupes terroristes. Nous voulions les vaincre, alors que les États-Unis voulaient les gérer afin de renverser le gouvernement syrien. Vous ne pouvez donc pas parler d’un intérêt commun, à moins qu’ils ne veuillent vraiment les combattre et les vaincre. Ce qu’ils n’ont pas fait. Ils étaient présents en Irak en 2006, ils n’ont pas cherché à les vaincre.

25. Mais l’Amérique est très sincère en ce qui concerne le combat contre l’EIIL. L’EIIL est une menace pour le territoire américain. Comment pouvez-vous dire que l’Amérique n’est pas sérieuse dans la lutte contre l’EIIL ?

Le Président al-Assad : Parce que l’EIIL a été mis en place en Irak dès 2006 alors que les États-Unis y étaient, non la Syrie. Il s’est développé sous le contrôle des autorités américaines qui n’ont rien fait pour le combattre à l’époque. Pourquoi le combattraient-elles maintenant ?
D’ailleurs, elles ne le combattent toujours pas. Il a prospéré sous le regard des avions américains, lesquels auraient pu le voir exploiter les champs pétroliers puis acheminer le pétrole vers la Turquie. Ils n’ont même pas essayé d’attaquer un seul convoi de l’EIIL. Comment pouvaient-ils être contre l’EIIL ?
Ils ne pouvaient pas le voir ? Ils ne voyaient pas ? Comment se fait-il que les Russes l’ont vu dès le premier jour et ont lancé leurs attaques contre ses convois ? En fait, l’intervention russe a démasqué les intentions américaines concernant L’EIIL et les autres groupes terroristes. C’est évident.

26. Il y a trois ans, le président Obama a menacé de vous attaquer. Il a tracé une ligne rouge, puis s’est retiré sans exécuter sa menace. Qu’en pensez-vous ? Est-ce le signe d’un président faible ?

Le Président al-Assad : C’est le problème avec les États-Unis. Depuis des années, ils ont promu l’idée qu’un bon président est dur, impitoyable et va-t-en guerre, sinon ce serait par définition un président faible ; ce qui est faux.
En fait, depuis la deuxième Guerre mondiale, les administrations américaines successives ont agi en attisant le feu des conflits dans toutes les parties de ce monde. Avec le temps, elles sont devenues de plus en plus pyromanes. Elles se différencient les unes des autres par les moyens utilisés, non par l’objectif.
C’est ainsi que l’administration Bush a continué à engager ses propres troupes, que la suivante a utilisé des mercenaires de substitution et que la troisième a travaillé par procuration. Rien n’a changé, le cœur du problème est toujours le même.

27. Revenons à ce moment précis d’il y a trois ans. Était-ce le signe d’une faiblesse des États-Unis et de son président ?

Le Président al-Assad : Non, parce qu’ils ont quand même mené leur guerre par procuration contre la Syrie. Ils n’ont pas combattu l’EIIL. Ils n’ont exercé aucune pression sur la Turquie ou l’Arabie Saoudite afin qu’elles arrêtent d’envoyer argent, personnel et soutien logistique aux terroristes. Ils auraient pu le faire. Ils ne l’ont pas fait. Par conséquent, ils mènent toujours leur guerre, mais d’une manière différente. Ils n’ont pas envoyé leurs troupes, ils ne nous ont pas attaqués avec leurs missiles, mais nous envoient des mercenaires. C’est ce que j’ai signifié en disant que le cœur du problème est toujours le même.

28. Avez-vous été surpris qu’ils n’aient pas attaqué ?

Le Président al-Assad : Non, non. Ce ne fut pas une surprise. Cependant, je pense que ce qu’ils font actuellement revient au même et qu’entre nous expédier des mercenaires et nous envoyer des missiles, cette dernière option pourrait être plus efficace pour eux.

29. Vous êtes un leader. Pensez-vous qu’en ne respectant pas la ligne rouge qu’elle a elle-même tracée, l’Amérique a nui à sa propre crédibilité, non seulement au Moyen-Orient, mais dans le monde entier ?

Le Président al-Assad : Pour être franc avec vous, cette crédibilité n’a jamais existé pour nous, au moins depuis le début des années soixante dix. Depuis que nous avons rétabli nos relations avec les États-Unis en 1974, nous n’avons jamais vu une réelle crédibilité quelle que soit l’administration et sur tous les sujets que nous avons eu à traiter. Je ne peux donc pas dire que les États-Unis ont nui à leur propre crédibilité. Nombre de leurs propres alliés ne les croient pas. Je pense que la crédibilité américaine est au plus bas, généralement en raison de leur politique, leurs politiques dominantes, et non en conséquence du cas que vous avez mentionné. Telle est notre vision sur ce sujet.

30. Au plus bas, en termes de crédibilité dans le monde ?

Le Président al-Assad : En général, oui. Et c’est dû à l’ensemble de leur politique, non particulièrement à celle adoptée contre la Syrie.

31. Vous réjouissez-vous de la fin du mandat du président Obama ?

Le Président al-Assad : Changer d’administration sans changer de politique ne signifie rien pour nous. C’est donc un problème de politique et, en Syrie, nous n’avons jamais parié sur un président qui vient ou s’en va, pour la bonne raison que ce qu’ils disent au cours de leur campagne est différent de ce qu’ils mettent en pratique après leur élection.

32. Vous avez parlé des présidents qui se valent et qui n’ont jamais changé de politique. Il n’empêche que l’année prochaine, il y aura un nouveau président aux États-Unis. Espérez-vous une relation différente ? Pensez-vous que ce soit possible ?

Le Président al-Assad : Oui, bien sûr. Nous espérons toujours que le prochain président serait plus sage, moins pyromane, moins militariste et moins aventuriste. Voilà ce que nous espérons, mais que nous n’avons jamais constaté ; la différence entre les présidents successifs étant très marginale. Donc, nous gardons l’espoir, mais nous ne parions pas là-dessus.

33. Il y aura un nouveau président aux États-Unis où existent deux choix principaux, l’un d’eux étant Donald Trump. Que savez-vous de M. Trump ?

Le Président al-Assad : Rien. Juste ce que j’ai entendu dans les médias, et pendant la campagne. Comme je viens de le dire, nous ne devons pas perdre notre temps à écouter ce qu’ils disent pendant leur campagne et qu’ils modifieront après leur élection. C’est donc après la campagne que nous pourrons évaluer le nouveau président, non pendant.

34. Étant à Damas, qu’entendez-vous dans les médias au sujet de M. Trump ?

Le Président al-Assad : Le conflit entre les Américains auquel nous ne prêtons pas beaucoup d’attention. Je veux dire que même la rhétorique des différents candidats change en cours de campagne. Ce que vous entendez aujourd’hui ne sera pas pertinent demain. Nous ne pouvons donc pas construire nos propres politiques sur leur politique menée au jour le jour.

35. Mais vous suivez cette élection ?

Le Président al-Assad : Pas vraiment. Parce que, comme je l’ai dit, vous ne pouvez suivre un débat, aujourd’hui encore, déconnecté de la réalité. Il le deviendra après la prise de fonction. Jusqu’à présent, il reste rhétorique. Nous n’avons pas de temps à perdre avec la rhétorique.

36. Simplement rhétorique. Ainsi, par exemple et concernant M. Trump, vous ne croiriez pas que sa politique sera nécessairement conforme à ses dires ?

Le Président al-Assad : Non, nous ne le pouvons pas. Je ne parle pas de Trump, de Clinton ou de quelqu’un d’autre. Je parle d’un principe général s’appliquant à tout président américain et dans toute campagne américaine.

37. Il a fait très peu de commentaires sur la Syrie ou le Moyen-Orient, mais il vous décrit comme un « bad guy ». Cela vous inquiète-il ?

Le Président al-Assad : Non. C’est son opinion. Il n’a pas à me voir comme un bon gars. Pour moi, la question est comment les Syriens me voient, bon gars ou mauvais gars, non l’avis d’un américain qu’il soit citoyen, président ou candidat à la présidence. Je ne me soucie pas de cela. Disons que cela ne fait pas partie de ma carte politique.

38. L’une des choses qu’il a dite très clairement est qu’il sera plus dur avec l’EIIL. Cela devrait vous réjouir, puisque vous venez de dire qu’Obama n’était pas sérieux avec l’EIIL. Est-ce le cas ?

Le Président al-Assad : Vous n’avez pas à être plus dur. En réalité, dans la vraie vie et en cette région, ces mots n’ont aucun sens. Vous devez combattre l’EIIL par différents moyens. Il ne s’agit pas seulement de combattants que vous devez frapper par les bombes et les missiles les plus perfectionnés. Le problème du terrorisme est très compliqué et lié à une idéologie. Comment pouvez-vous être dur contre l’idéologie de l’EIIL ? Telle est la question. Comment pouvez-vous être dur à l’égard de son économie, de ses finances et des dons qu’il reçoit ? Comment pouvez-vous remédier à cela ?

39. Je pense que M. Trump parle de dureté militaire. Il veut…

Le Président al-Assad : Ce n’est pas suffisant. Vous devez être intelligent. Il ne suffit pas d’être dur. Pour commencer, vous devez avoir la volonté et être authentique, puis vous devez vous comporter avec intelligence. Ce n’est qu’ensuite que vous devrez être dur et militairement efficace. La dureté est donc l’ultime option après avoir rempli ces premiers critères.

40. D’après ce que vous en savez, M. Trump est-il suffisamment intelligent ?

Le Président al-Assad : Je ne le connais pas. Dans un face-à-face, je pourrai le juger, mais je ne vois cette personne qu’à la télévision, où vous savez qu’on peut tout manipuler. Vous pouvez vous préparer, vous pouvez répéter ; ce qui fait que le problème n’est pas là.

4 1. Aimez-vous ce que vous voyez de M. Trump à la télévision ?

Le Président al-Assad : Je ne suis pas les élections américaines parce que, comme je l’ai dit, nous ne parions pas là-dessus.

42. Il semble respecter le président Poutine. Est-ce que cela vous donne l’espoir d’un homme avec lequel vous pourriez, peut-être, faire des affaires ?

Le Président al-Assad : S’il est sincère. Je pense qu’il dit vrai, car chaque personne sur Terre, qu’elle soit d’accord ou non avec le président Poutine, devrait le respecter parce qu’il est respectable. Il se respecte, respecte l’autre, respecte ses valeurs, respecte les intérêts de son peuple ; et il est honnête et authentique. Alors, comment ne pas respecter une telle personne ? Donc, si Trump est sincère, je pense qu’il est correct. Voilà ce que je peux en dire.

43. M. Trump a également fait des commentaires sur les Musulmans, proposant d’interdire leur entrée aux États-Unis. Est-ce que cela vous a dérangé ou mis en colère ?

Le Président al-Assad : Oui, d’autant plus que la Syrie est un mélange de religions, de confessions et d’ethnies. Nous pensons que cette grande diversité est une grande richesse, non l’inverse. C’est le comportement des gouvernements et des forces influentes qui peut en faire un problème ou une source de conflit. Mais si vous faites en sorte que des gens différents s’intègrent véritablement et harmonieusement, cette richesse bénéficie à toute société, y compris aux États-Unis.

44. Donc, M. Trump n’aurait pas dû prononcer cette sorte de commentaire à propos des Musulmans ?

Le Président al-Assad : Nul ne devrait user d’un discours discriminatoire dans aucun pays. Je ne crois évidemment pas en ce genre de rhétorique.

45. M. Trump n’a aucune expérience en politique étrangère. Cela vous inquiète-t-il ?

Le Président al-Assad : Qui avait une telle expérience avant lui. Obama, George Bush ou Clinton ? Aucun d’entre eux n’en avait. Tel est le problème avec les États-Unis. Vous devez vous trouver un homme d’État qui ait une réelle et longue expérience, parce qu’avoir fait partie du Congrès pendant quelques années ou, par exemple, avoir été ministre des Affaires étrangères, ne signifient pas que vous possédez une telle expérience. L’expérience des États exige beaucoup plus de temps. Par conséquent, nous ne pensons pas que tous les présidents des États-Unis étaient suffisamment versés en matière de politiques.

46. Ainsi, un homme sans expérience en politique étrangère, à la Maison Blanche, n’est pas nécessairement dangereux de votre point de vue ?

Le Président al-Assad : Toute personne qui n’a pas d’expérience, que ce soit à la Maison Blanche, au Palais présidentiel en Syrie, ou à la tête de n’importe quel autre État, est généralement dangereuse pour le pays. Les États-Unis étant une grande puissance, bien sûr que les répercussions sont plus graves sur le reste du monde. Mais il ne s’agit pas uniquement d’un problème d’expérience, puisqu’au final les institutions du pays peuvent compenser. Il s’agit d’intention. Cet homme aura-t-il une bonne expérience, mais des intentions militaristes, destructrices et ainsi de suite ? Vous devez donc tenir compte de plusieurs facteurs. Il ne suffit pas de parler uniquement de l’expérience.

47. Quelqu’un d’autre a plus d’expérience en matière de politique étrangère et c’est Hillary Clinton. Dans un certain sens, vous la connaissez. Quelles seraient les conséquences de sa victoire aux élections ?

Le Président al-Assad : Une fois de plus, je dois vous répéter la même réponse. Cela dépendra de sa politique. Quelle politique va-t-elle adopter ? Va-t-elle prouver sa dureté en emmenant les États-Unis vers une autre guerre ou plus d’escalades ? Dans ce cas, ce sera mauvais pour tout le monde, y compris les États-Unis. Si elle prend une autre direction, ce sera mieux.
Mais, encore une fois, nous nous concentrons plus sur les intentions que sur l’expérience. L’expérience est certes très importante, mais l’intention est cruciale pour tout président.
Par conséquent, pourriez-vous leur poser la question de savoir s’ils peuvent vraiment dire au peuple américain, et au reste du monde, quelles sont leurs véritables intentions politiques ? Vont-ils vers une escalade, ou bien nous donneront-ils à voir plus de concorde en ce monde ?

48. Il existe une nette différence entre Mme Clinton et M. Trump. Il semble que la première soit déterminée à se débarrasser de vous. C’est du moins sa position déclarée. Le second dit vouloir se concentrer sur l’EIIL en vous abandonnant à votre sort. Ma question est : pour vous-même, Hillary Clinton représente-t-elle une plus grande menace que Donald Trump ?

Le Président al-Assad : Non, parce que depuis le début de cette crise, nous avons entendu à maintes reprises la même litanie, « Assad doit partir », de la part de presque tous les officiels occidentaux, quel que soit leur niveau de responsabilité. Nous ne nous en sommes jamais souciés. Jamais. Vous ne pouvez donc pas parler de cela comme d’une menace.
C’est une ingérence dans nos affaires internes à laquelle nous n’allons pas répondre. Tant que j’ai le soutien du peuple syrien, je ne me soucie pas de quiconque en parle, qu’il s’agisse du président des États-Unis, lui-même, ou de n’importe qui d’autre. Pour nous, cela ne change rien. Voilà pourquoi j’ai dit que ce disent Clinton, Trump ou Obama n’a aucun sens pour moi. Nous n’en tenons pas compte sur notre carte politique. Nous ne perdons pas notre temps avec ce genre de rhétorique ou d’exigences.

49. Mais si Hillary Clinton, élue présidente, établissait une zone d’exclusion aérienne sur votre territoire, au nord de la Syrie par exemple, cela ferait une énorme différence.

Le Président al-Assad : Bien sûr. C’est là que vous pouvez parler de menace et voilà pourquoi je vous ai dit que, pour nous, la politique est d’une grande importance. C’est quand ils ont commencé à soutenir les terroristes dans le cadre de leur projet, plan ou étape, que vous avez observé plus de chaos dans le monde.
Une première question : les États-Unis ont-ils intérêt à plus de chaos dans le monde entier, ou bien ont-ils intérêt à plus de stabilité ?
Bien sûr qu’ils peuvent créer le chaos. C’est ce qu’ils n’ont cessé de créer dans le monde entier les 50 à 60 dernières années. Ce n’est pas nouveau. D’où une autre question : vont-ils faire pire et plus fort ? Il ne s’agit donc pas de moi et cela ne concerne pas ma présidence. Cela concerne la situation d’ensemble dans le monde, parce que vous ne pouvez pas séparer la situation en Syrie de celle du Moyen-Orient, et que quand le Moyen-Orient n’est pas stable, le monde ne peut pas être stable.

50. Permettez-moi de mesurer jusqu’à quel point vous pourriez souhaiter une nouvelle relation avec les États-Unis. L’EIIL a son quartier général dans votre pays, à Raqqa. Si jamais vous saviez que l’EIIL était sur le point d’attaquer les États-Unis, en avertiriez-vous l’Amérique ?

Le Président al-Assad : Par principe, oui, parce que l’EIIL peut s’attaquer à des civils et que je ne peux pas blâmer des innocents, aux États-Unis, du fait des mauvaises intentions de leurs dirigeants. Et, comme je l’ai dit à plusieurs reprises, je ne considère pas les États-Unis comme un ennemi direct tant qu’ils n’occupent pas ma terre. En même temps, disons que ce cas de figure n’est pas réaliste, puisqu’il n’y a pas de relation entre nous. Ce type d’information ou de coopération sur la sécurité nécessite une coopération politique. Nous n’avons ni l’une, ni l’autre.

51. Je me suis entretenu plusieurs fois avec votre Vice-ministre des Affaires étrangères, Dr Fayçal al-Miqdad. Il m’a décrit le danger d’une explosion de la crise syrienne, non seulement à travers le Moyen-Orient, mais à travers le monde entier. Ce qui est clairement arrivé. Maintenant que l’EIIL est refoulé ou brisé, y’a-t-il un danger que ses combattants se dispersent ? Votre victoire contre L’EIIL constituerait-elle un danger pour les États-Unis, lesquels deviendraient plus vulnérables au terrorisme ?

Le Président al-Assad : Non, si nous vainquons l’EIIL, nous aidons le reste du monde, parce que ces terroristes viennent de plus d’une centaine de pays, y compris les pays occidentaux. S’ils ne sont pas vaincus, ils retourneront dans ces pays plus expérimentés, plus fanatisés, plus extrémistes, et mèneront des attaques. Donc, si nous les vainquons ici, nous aidons tous les autres pays, y compris les États-Unis.

52. Mais les combattants de l’EIIL peuvent quitter Raqqa et comme nous l’avons vu avec les attaques terroristes en Europe, ils viennent en France, ils viennent en Belgique. Ils pourraient aussi bien venir et mener des attaques aux États-Unis. C’est un vrai risque, non ?

Le Président al-Assad : Oui, c’est de cela que je parle. J’ai dit que si nous les vainquons ici, si nous réussissons à les défaire dans le sens où ils ne pourraient plus retourner d’où ils viennent, nous aidons. S’ils quittent, s’ils échappent, si vous continuez à maintenir ce terrorisme, c’est là que peut commencer l’exportation de ces terroristes en Europe, comme ce qui est arrivé récemment en France.
Donc, ce que vous dites est exact, et c’est ce que je veux dire. En les menant à leur défaite ici, nous aidons les autres. S’ils repartent, ils seront un danger pour le reste du monde.

53. Comme dans toute guerre, il y a deux côtés. Vos forces ont été accusées de faire des choses terribles. Je suis venu ici plusieurs fois et j’ai vu quelques-unes de ces choses terribles suite à des attaques aériennes et des bombardements de vos forces. Pensez-vous qu’un jour vous ferez face à un tribunal international ?

Le Président al-Assad : Tout d’abord, vous devez faire votre travail de Président. Lorsque votre pays est attaqué par des terroristes, vous devez le défendre et c’est mon travail selon la Constitution. Je fais donc mon travail et je vais continuer à le faire, peu importe ce à quoi je ferai face.
Soyons clairs à ce sujet. Défendre le pays ne peut pas être mis en balance avec l’avenir personnel du Président, qu’il risque de passer devant une cour criminelle ou équivalent, qu’il risque la mort. Cela n’a pas d’importance. Si vous ne voulez pas faire face à toutes ces choses, quittez votre poste et cédez-le à quelqu’un d’autre.

54. Mais la raison pour laquelle les gens disent que vous devriez passer devant un tribunal pour crimes de guerre est qu’il est clair que vous usez de n’importe quel moyen. Je sais que vous ne reconnaissez pas l’usage de barils explosifs. Peu importe le métal, vous attaquez avec une force et des armes non discriminatoires dans des zones civiles. C’est vrai, non ?

Le Président al-Assad : Premièrement, ces gens ont-ils des critères concernant le genre de moyens que vous devriez utiliser contre des terroristes ? Ils n’en ont pas. La question n’est donc pas pertinente. Elle n’a pas de sens d’un point de vue juridique, ni d’un point de vue réaliste. Deuxièmement, aucune armée n’userait d’un armement non discriminatoire dans une telle situation où les deux parties sont presque entremêlées.

55. Sauf votre respect, Monsieur le Président, j’ai vu une bombe lancée à partir d’un hélicoptère. C’était non discriminatoire.

Le Président al-Assad : Disons que, techniquement parlant, le problème n’est pas de savoir si le lancement s’est fait d’un hélicoptère ou d’un avion.
Ce n’est pas la question. Puisque vous parlez de précision, le plus important serait de dire que nous utilisons des armes dont la précision est comparable aux drones et missiles de haute précision utilisés par les États-Unis en Afghanistan. Combien de terroristes ont-ils tués jusqu’à présent ? Ils ont tué beaucoup, beaucoup plus de civils et d’innocents.

56. Même si cela était vrai, cela ne n’implique pas que vous faites bien .

Le Président al-Assad : Non, non, non. Je veux dire que le genre d’armement que vous utilisez n’a pas de rapport avec le sujet que vous soulevez.
Il ne s’agit pas de l’usage d’armes plus ou moins précises. De tels critères n’existent pas. Cela fait juste partie de la campagne médiatique lancée récemment. Ici, je parle du point de vue légal. Nous avons le droit de nous défendre.

57. Sauf votre respect, il ne s’agit pas juste d’une campagne médiatique. Comme vous le savez bien, les Nations Unies ont parlé de ce sujet ainsi que les associations des droits de l’homme. Et il ne s’agit pas uniquement de l’usage d’armes non discriminatoires contre des civils, puisque cette semaine l’ONU a parlé de l’utilisation du siège et de la famine comme armes de guerre à Alep et à Darayya, près d’ici. Cela se passe en ce moment même, tout près de nous, non ?

Le Président al-Assad : Nous parlerons du siège. Pour revenir aux armes, la seule chose dont le gouvernement ne peut pas faire usage est ce qu’interdit le droit international.
N’importe quelles autres armes que vous utilisez contre le terrorisme est un droit. Il est donc de notre droit d’user de n’importe quel autre armement pour vaincre les terroristes.

58. Et vous savez que vous êtes accusé d’avoir utilisé des armes chimiques ? Ce que vous niez.

Le Président al-Assad : Nous ne l’avons pas fait. Cela fait trois ans que personne n’a avancé aucune preuve à ce sujet. Que des allégations.

59. Il y a beaucoup de preuves, mais vous les rejetez.

Le Président al-Assad : Non, non. Il n’y a pas de preuve, seulement des photos sur Internet et chacun peut…

60. Photographique, scientifique, témoin oculaire...

Le Président al-Assad : Rien. Une délégation de l’Organisation internationale des armes chimiques est venue en Syrie et n’a trouvé aucune preuve. Ses délégués ont recueilli toutes sortes d’échantillons pour offrir des preuves, mais rien. Il n’y a aucune preuve. Nous n’avons donc pas utilisé des armes chimiques, d’autant plus qu’il n’y a aucune logique à un tel usage de notre part.

61. Parlons des méthodes utilisées par vos forces, lesquelles isolent et assiègent des milliers de civils qui meurent de faim, tout près d’ici. Le reconnaissez-vous ?

Le Président al-Assad : Supposons que ce que vous dites soit exact. Supposons. Vous parlez de zones encerclées ou assiégées par l’Armée depuis des années, non des mois.
Ces gens là manqueraient de nourriture et de toutes les nécessités de base du fait du gouvernement, mais en même temps nous combattent depuis deux ans et nous pilonnent de leurs mortiers tuant les civils des régions voisines.
Selon votre récit, cela signifie, que nous leur permettons d’être approvisionnés en armement mais pas en nourriture. Est-ce réaliste ?

62. C’est ce que dit l’ONU. Par exemple, l’ONU dit qu’à Madaya elle a réussi à acheminer seulement quatre convois d’aide pendant toutes ces années.

Le Président al-Assad : Comment les empêcherions-nous de recevoir de la nourriture, alors que nous n’avons pas pu les empêcher de recevoir des armes pour nous tuer ? Quelle est la logique dans tout cela ? C’est contradictoire.
Soit nous dressons un siège contre tout, soit nous autorisons tout.
C’est le premier point. Le deuxième qui prouve que ce que vous dites n’est pas vrai, ce sont toutes les vidéos qui montrent tous les convois, envoyés par les Nations Unies, atteignant ces mêmes zones.
Cela fait des années que l’ONU dit et répète à l’envi cette même narrative, mais ces gens sont toujours en vie Comment auraient-ils pu vivre aussi longtemps sans nourriture ?

63. Cibler des civils est un crime de guerre. Tout récemment, la famille de Marie Colvin, une journaliste américaine, a lancé une procédure aux États-Unis contre vous et votre gouvernement qu’elle accuse de l’avoir délibérément ciblée et tuée. Vous connaissez Marie Colvin, c’était une de mes amis.

Le Président al-Assad : Oui. Une journaliste, oui.

64. Vos forces ont-elles ciblé Marie Colvin et ses collègues dans l’intention de la tuer ?

Le Président al-Assad : Tout simplement, non. Tout d’abord, les Forces armées n’avaient aucune idée de sa présence et nous ne la connaissions pas.
C’est la guerre. Elle est entrée illégalement en Syrie et a travaillé avec les terroristes. Étant donné qu’elle est entrée illégalement, elle a été responsable de ce qui lui est arrivé. Deuxième…

65. Elle est responsable de sa propre mort ?

Le Président al-Assad : Bien sûr, elle est venue illégalement en Syrie. Nous ne pouvons être responsables de chaque personne qui entre légalement dans notre pays. Elle est entrée illégalement et elle est allée du côté des terroristes. Nous ne l’avons envoyée nulle part, nous ne connaissions rien d’elle.

66. Comme vous le savez, cela n’explique pas pourquoi les missiles ont frappé la maison où elle se trouvait à Homs ?

Le Président al-Assad : Non, non, personne ne sait si elle a été tuée par un missile, de quel type de missile il pourrait s’agir, d’où il venait et comment c’est arrivé. Personne n’a la moindre preuve. C’est arrivé en zone de conflit, en zone de guerre, et vous savez que lorsque vous êtes pris quelque part sous un feu croisé, vous ne pouvez pas dire qui a tué qui. Ce sont donc des allégations.
Deuxièmement, des centaines de journalistes sont venus en Syrie, légalement et illégalement, et ont couvert du côté des terroristes, non de celui du gouvernement ; nous ne les avons pas tués. Alors, pourquoi aurions-nous sélectionné cette personne afin de la tuer ? Il n’y a pas de raison.
Troisièmement, des dizaines de journalistes travaillant pour le gouvernement et le soutenant ont été tués. Les avons-nous tués ? Nous ne l’avons pas fait. Avez-vous jamais entendu parler d’une bonne guerre ? Je ne le pense pas. C’est une guerre. Vous avez toujours des victimes innocentes tuées dans diverses circonstances, sans que personne ne puisse dire comment.

67. Voyez-vous, Monsieur le Président, vous donnez l’impression d’un homme qui ne ressent aucune responsabilité pour les choses terribles subies, en son nom, par le peuple syrien. Vous avez un air de : « Eh bien, cela n’a vraiment pas d’importance ! ».

Le Président al-Assad : Vous portez uniquement la responsabilité de la décision que vous prenez. Vous ne portez pas la responsabilité de la décision que vous n’avez pas prise.

68. Mais certaines des décisions que vous avez prises ont entraîné la mort de centaines de milliers de personnes.

Le Président al-Assad : Comme ?

69. Les attaques contre certaines zones, les campagnes de frappes aériennes, l’utilisation de certaines armes.

L e Président al-Assad : Les deux seules décisions que nous avons prises depuis le début de la crise sont de défendre notre pays contre les terroristes et d’instaurer le dialogue avec tous. Nous avons dialogué avec tout le monde, y compris certains groupes terroristes prêts à déposer leurs armes.
Nous sommes restés très souples. Nous n’avons jamais pris la décision d’attaquer une zone qui n’était pas occupée par des terroristes ou d’où ils bombardaient les villes adjacentes.

70. Avez-vous jamais regardé, par exemple, les images, photos et vidéos d’enfants se trouvant dans les zones tenues par les rebelles ? Si oui, je me demande ce que vous ressentez. Le chagrin, le regret, rien ?

Le Président al-Assad : Ma question est comment pouvez-vous vérifier que ces enfants vus sur Internet sont bien présents dans ces zones ?

71. Vous voyez, Monsieur le Président, vous voilà reparti. Une telle réponse renforce tout simplement le point de vue selon lequel vous éludez votre responsabilité.

Le Président al-Assad : Non, non, non.

72. En réalité, vous ne vous souciez pas des gens de l’autre côté, que vos forces tuent ?

Président Assad : Cette question pourrait recevoir une réponse si vous répondez à la question suivante : comment jugez-vous actuellement Bush pour le million d’Irakiens morts depuis la guerre d’Irak en 2003 ?

73. Je ne suis pas ici pour parler de Bush. Je suis ici pour vous interroger .

Le Président al-Assad : Non, non. Ici, je ne parle que de principe. D’un même principe. Il a attaqué un pays souverain, alors que je défends mon pays. Si vous utilisez un seul standard, c’est une chose, mais si vous appliquez un double standard, c’est autre chose.

74. Vous ne me donnez toujours pas l’impression de vous soucier vraiment beaucoup de tout ceci.

Le Président al-Assad : Non, non. Je m’adresse à un public américain et il nous faut établir une analogie entre nos deux situations, parce que c’est en rapport avec la logique dont vous vous servez pour expliquer quelque chose. Il ne s’agit pas de ma réponse.
Bush a attaqué un pays souverain, alors que nous défendons notre pays. Il a tué les Irakiens sur leur terre, alors que nous nous défendons principalement contre des terroristes venus de différents pays à travers le monde.
Nous sommes donc dans notre droit, et vous venez nous parler d’une guerre propre sans victimes, sans civils innocents tués ; ce qui n’existe pas…

75. Est-ce ainsi que vous expliquez la guerre, par exemple, à vos enfants à la table du petit déjeuner ? Je suis sûr qu’ils sont très…

Le Président al-Assad : Bien sûr et je leur parle de la réalité, des faits. Quant aux enfants tués, je leur dis de qui sont-ils les enfants, d’où ils sont, comment ils ont été tués. Vous, vous parlez de la propagande, des campagnes médiatiques et parfois de fausses photos sur internet. Nous, nous ne pouvons parler que des faits. Je ne peux pas leur parler d’allégations.

76. Avez-vous déjà pleuré à propos de ce qui est arrivé en Syrie ?

Le Président al-Assad : Pleurer ne signifie pas que vous êtes un homme bon ou que vous ressentez beaucoup de compassion. Il s’agit de ce que vous éprouvez dans votre cœur, non dans vos yeux. Ce n’est donc pas une question de larmes. Ensuite, en tant que Président, il ne s’agit pas de ce que vous ressentez, mais de ce que vous comptez faire. Comment allez-vous procéder pour protéger les Syriens ? Lorsqu’un événement malheureux survient, ce qui est quotidien, allez-vous continuer de pleurer tous les jours, ou bien continuer à travailler ? Chaque fois qu’un incident malheureux arrive, je me demande comment je pourrais en protéger les autres Syriens.

77. Que comptez-vous faire à l’avenir ? Allez-vous poursuivre encore et encore et encore ? Vous et votre père avez occupé le pouvoir pendant quarante-six ans, est-ce exact ?

Le Président al-Assad : Non, ce n’est pas exact, parce qu’il fut un président et que je suis un autre président. Votre description n’est absolument pas exacte. Il a été élu par le peuple syrien et j’ai été élu après sa mort. Il ne m’a pas placé sur un poste quelconque, de sorte que vous ne pouvez pas faire cette liaison. Je suis au pouvoir depuis seize ans et non quarante-six.

78. Vous êtes au pouvoir depuis seize ans, ma question est : allez-vous y rester encore et encore ?

Le Président al-Assad : S’il s’agit de mon poste, vous devez interroger le peuple syrien. S’il ne veut pas de moi, je dois partir de suite, aujourd’hui même. S’il veut de moi, je dois rester. Cela dépend de lui. Je veux dire que je ne peux pas rester contre sa volonté ; auquel cas, je ne peux pas continuer, je ne peux pas réussir. Je n’ai pas l’intention de ne pas réussir.

79. Comment pensez-vous que l’Histoire se souviendra de vous ?

Le Président al-Assad : Comment j’espère que l’Histoire se souviendra de moi ? Je ne peux pas le prédire, je ne suis pas devin. J’espère que l’histoire me verra comme l’homme qui a protégé son pays du terrorisme, de l’ingérence, a sauvé sa souveraineté et l’intégrité de son territoire.

80. Parce que vous savez que le premier jet qu’a retenu l’Histoire dit que vous êtes un dictateur brutal, un homme avec du sang sur vos mains et même plus de sang que votre père.

Le Président al-Assad : Non. Une fois de plus je donnerai cet exemple du médecin qui coupe un bras gangréné pour sauver le patient. Vous ne dites pas de lui qu’il est médecin brutal. Il fait son travail pour sauver le reste du corps. Par conséquent, lorsque vous protégez votre pays des terroristes, lorsque vous tuez des terroristes et que vous défaites des terroristes, vous n’êtes pas brutal, vous êtes un patriote. Voilà comment vous vous voyez et voilà comment le peuple veut vous voir.

81. Et voilà comment vous vous voyez ? Comme un patriote ?

Le Président al-Assad : Je ne peux pas être objectif sur moi-même. Le plus important est de savoir comment les Syriens me voient. C’est là une opinion vraie et objective, non ma propre opinion.

Bill Neely : Monsieur le Président, merci beaucoup pour avoir répondu aux questions de NBC et d’avoir pris le temps de vous entretenir avec moi. Merci beaucoup.

Le Président al-Assad : Merci à vous.

Docteur Bachar al-Assad

Président de la République arabe syrienne

14/ 07/ 2016

Sources : SANA / NBC News

Texte intégral de l’entrevue en anglais http://sana.sy/en/?p=82569

Vidéo NBC news http://www.nbcnews.com/nightly-news/video/watch-full-exclusive-interview-with-syrian-president-bashar-al-assad-724734019921

Traduit de l’anglais par Mouna Alno-Nakhal

Notes :

[1] ‘He Didn’t Flinch’ : NBC’s Bill Neely on Interviewing Syrian President Bashir al-Assad http://www.adweek.com/tvnewser/he-didnt-flinch-nbcs-bill-neely-on-interviewing-syrian-president-bashir-al-assad/298950

[2] La coalition internationale aurait tué au moins 85 civils dans un village syrien http://www.liberation.fr/planete/2016/07/20/la-coalition-internationale-aurait-tue-au-moins-85-civils-dans-un-village-syrien_1467386

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Alep, SyrieAlep: des terroristes déposent les armes et se rendent



Sputnik


30.07.2016

Les couloirs humanitaires créés par la Russie et les autorités syriennes dans la ville d'Alep permettent d'évacuer non seulement des civils, mais également des djihadistes souhaitant déposer les armes.

Les terroristes de différents groupes armés ont déposé les armes et se rendent à l'armée dans les quartiers est de la ville d'Alep, annoncent les milices soutenant l'armée du gouvernement syrien.

"Pour le moment, on ne peut pas dire que les terroristes se rendent massivement. Mais ces dernières 48 heures, plusieurs dizaines de djihadistes se sont rendus dans les quartiers de Salaheddine et de Cheikh Maqsoud" , a indiqué une source au sein des milices.

Les djihadistes ayant accepté la proposition de l'armée syrienne ont déposé leurs armes au poste de contrôle et passeront par les services spéciaux avant de bénéficier de
Des civils continuent de quitter la ville d'Alep par les couloirs humanitaires définis par les autorités. Selon l'agence Sana, des dizaines de familles ont quitté, samedi matin, les quartiers est de la ville. Tous les citoyens ont été installés dans des centres d'accueil spécialement aménagés à cet effet. Ils pourront bénéficier d’une visite chez le médecin et seront logés et nourris.

Vendredi, on a appris que dans certains quartiers, les djihadistes avaient interdit aux hommes de moins de 50 ans de quitter la zone des combats, menaçant également les personnes âgées et les femmes qui voulaient partir.

Vendredi, lors d'une opération humanitaire de grande envergure menée conjointement avec les autorités syriennes, le Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie a ouvert trois corridors humanitaires à l'intention des civils retenus en otage par les terroristes et des combattants ayant exprimé la volonté de déposer les armes. Un quatrième couloir est ouvert sur la route du Castello, afin de permettre "le passage en sécurité des combattants armés".

Lire aussi : La Russie crée des couloirs humanitaires à Alep

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   Posté le 17-08-2016 à 22:46:47   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

sur Euronews :
17/08/2016

L'AXE RUSSIE-IRAN-TURQUIE ÉMERGE AU MOYEN-ORIENT


Des jets russes bombardant la Syrie. Des images devenus habituelles depuis que la Russie a décidé d’entrer en guerre pour soutenir Damas, il y a bientôt un an. Mais ces jets là sont partis d’Iran. Une première pour la Russie, comme pour l’Iran, qui n’avait pas autorisé l’utilisation de ses bases par un pays tiers depuis 1979.

Cela représente un avantage tactique et logistique certain pour la Russie, qui gagne en temps de vol et peut transporter davantage de bombes. Mais l’intérêt premier est bien évidemment politique pour les deux puissances qui ont multiplié ces derniers jours rencontres et déclarations.

Pour les deux alliés historiques de Damas, il s’agit de constituer un front puissant et de se poser en détenteur des clés de la solution au conflit. Le soutien au régime syrien est sans équivoque : “Parce que le peuple syrien est en première ligne de la résistance, nous sommes aux côtés du peuple syrien. Nous sommes venus ici pour annonce notre soutien à la Syrie”, soulignait Alaeddin Boroujerdi, chef de la commission parlementaire iranienne de la sécurité nationale et de la politique étrangère.

En s’affichant aux côtés du puissant allié russe, l’Iran sort ainsi encore davantage de l’ombre. Pour la Russie, c’est un retour en force au Moyen-Orient qui se joue. Une pièce centrale dans l‘échiquier géopolitique de la région.
L’intérêt de voir l’islam radical sunnite stoppé dans sa course est primordial pour Moscou. L’Iran, chiite, ne sera, à priori jamais une menace pour ses intérêts, notamment dans les ex-Républiques du Caucase, musulmanes sunnites. Par ailleurs, la Russie a tout à gagner d’un axe fort formé avec les deux puissances régionales : l’Iran et la Turquie. Le tout, bien sûr, pour contrer l’influence américaine :

“C’est la première fois que la Russie mène des raids aériens depuis l’Iran, cela marque une escalade en terme de combat en Syrie, pas nécessairement sur le plan militaire, mais au niveau de l’alignement russe sur l’Iran dans des endroits comme la Syrie. Et on peut voir très clairement que les Russes jouent une carte politique très forte en Syrie, alors que les Etats-Unis, jouent, aux mieux, la carte défensive’‘, souligne Andrew Tabler, analyste au Washington Institute for Near East Policy.

Dans ce contexte, la brouille entre Moscou et Ankara ne pouvait pas durer. La réconciliation est donc en marche, ce dont se félicite l’Iran, qui a bien compris l’intérêt de cet axe tripartite, en dépit de son inimitié historique avec Ankara.
On voit ainsi émerger une alliance inédite pour contrer l’influence occidentale dans la région

“Il y a de la défiance de la part des Turcs à l‘égard des Américains, de l’OTAN et des Européens, et plus de confiance vis-à-vis de Poutine. C’est quelque chose de nouveau dans nos relations’‘, explique le professeur Huseyin Bagci, du département des relations internationales à l’Université technique du Moyen-Orient d’Ankara.

La Russie, elle, se targue de sa nouvelle stratégie militaire. Selon le ministère de la Défense, les frappes depuis l’Iran ont permis la destruction de deux postes de commandement et d’entraînement de l‘État islamique et l‘élimination de plus de 150 combattants.


Edité le 17-08-2016 à 22:51:21 par Xuan




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   Posté le 23-08-2016 à 15:10:03   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La Chine veut développer des liens militaires plus étroits avec la Syrie


Sputnik

19.08.2016

Jusque-là, la Chine laissait les autres membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu s'occuper de diplomatie au Proche-Orient. A présent, elle semble déterminée à s'impliquer, afin d'aider à trouver une solution diplomatique à la violence en Syrie.
La Chine a l’intention de renforcer ses liens militaires avec la Syrie, rapporte l’agence de nouvelle chinoise Xinhua, citant un haut responsable militaire de Pékin, qui s’est rendu en Syrie pour une visite de travail.

Guan Youfei, directeur du Bureau pour la coopération militaire internationale de la Commission chinoise militaire centrale, a rencontré le ministre syrien de la Défense Fahad Jassim al-Freij à Damas, informe l’agence de nouvelles chinoise.

M. Guan a annoncé que la Chine a toujours joué un rôle positif dans la promotion d'une solution politique au problème syrien.
"Les relations entre la Chine et les militaires syriens sont traditionnellement amicales et l’armée chinoise est prête à continuer à renforcer les échanges et la coopération avec l'armée syrienne" , a déclaré le responsable chinois.
Les deux dirigeants ont aussi parlé de la formation du personnel et "sont parvenus à un consensus" prévoyant la fourniture d'une aide humanitaire chinoise, a ajouté l'agence Xinhua, sans plus de précisions.

Guan Youfei a également rencontré un général russe à Damas.

Alors que la Chine n'a jamais souhaité s'impliquer militairement en Syrie, un envoyé spécial chinois a salué en avril dernier le rôle militaire de la Russie dans cette guerre.

La Chine a ses propres préoccupations de sécurité concernant la violence dans la région.
Elle craint que les Ouïghours, un peuple essentiellement musulman de la région occidentale chinoise du Xinjiang, viennent en Syrie et en Irak pour combattre au côté des groupes terroristes. Certains y voyagent illégalement via l'Asie du Sud-Est et la Turquie.

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   Posté le 28-08-2016 à 20:02:37   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Fin de la deuxième étape de l'évacuation des rebelles de la ville syrienne de Daraya


French.xinhuanet.com - Publié le 2016-08-28 à 01:16


Des soldats de l'armée gouvernementale syrienne célèbrent leur victoire dans la ville de Daraya, à l'ouest de Damas, en Syrie, le 26 août 2016.
(Xinhua/Yang Zhen)

DAMAS, 27 août (Xinhua) -- La deuxième étape de l'évacuation des rebelles de la ville de Daraya, à l'ouest de Damas, capitale syrienne, a pris fin samedi, marquant le retour complet de cette ville sous le contrôle de l'armée syrienne, a rapporté l'agence de presse officielle SANA.

Samedi a marqué la fin de la mise en oeuvre d'un accord passé jeudi entre les combattants rebelles et l'armée gouvernementale. L'accord autorise plus de 4 000 civils à évacuer la ville pour se rendre dans des centres d'hébergement dans des zones contrôlées par le gouvernement.

La chaîne de télévision officielle, al-Ekhbaria TV a rapporté qu'il n'y a plus de rebelles dans la ville de Daraya, que la ville est complètement sous le contrôle de l'armée syrienne pour la première fois depuis 2012.

L'accord conclu pour Daraya comprend aussi le départ des rebelles qui ne veulent pas se réconcilier avec le gouvernement ainsi que leurs familles à destination des zones sous contrôle des rebelles dans la province d'Idlib, dans le nord-ouest du pays.

SANA a auparavant rapporté que 4.000 civils devaient quitter Daraya, ainsi que 700 rebelles.

Pourtant, SANA n'a pas fourni le nombre final des personnes évacuées, mais tous les organes de presse pro-gouvernementaux ont rapporté que la ville est dvenue vide.

Les civils qui désirent vivre sous le contrôle du gouvernement, ont été transportés par autobus à la ville de Hirjalleh, dans le sud de Damas.

L'accord sur l'évacuation de Daraya a marqué le retour de l'un des bastions rebelles les plus importants sous contrôle des forces gouvernementales.

Daraya a échappé au contrôle du gouvernement en 2012, et était depuis cette date assiégé par les forces gouvernementales syriennes.

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Xuan
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   Posté le 28-08-2016 à 20:19:37   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur le site Al Manar :


Trois raisons pour lesquelles l’alliance Russie-Iran-Turquie est prometteuse



La Russie, l'Iran et la Turquie ont renforcé leur coopération politique et militaire dans le but de lutter contre le groupe takfiro-wahhabite Daesh (EI) et de résoudre la crise syrienne. Voici trois raisons pour lesquelles cette coopération est prometteuse.

La semaine dernière, Téhéran a permis à Moscou d'utiliser sa base aérienne de Hamadan pour ravitailler les bombardiers chargés de frapper des cibles terroristes en Syrie, principalement à Alep, un pas sans précédent dans l'histoire moderne de l'Iran.

D'un autre côté, la Turquie, qui a lancé le processus de normalisation des relations avec Moscou après une grave crise entre les deux pays, cherche à coopérer avec la Russie dans tous les domaines, y compris militaire.

Le journal China Youth Daily cite trois raisons qui pourraient expliquer l'amélioration de la coopération entre les trois pays.

Premièrement, si la Russie, l'Iran et la Turquie joignent leurs efforts dans la lutte contre le terrorisme, cela augmentera leurs capacités de vaincre Daesh.

En outre, ils feront comprendre aux Etats-Unis, à l'Europe et aux pays du Proche-Orient qu'ils sont les acteurs principaux en Syrie.

"Toute tentative politique, économique et militaire de résoudre la crise en contournant Moscou, Téhéran et Ankara est vouée à l'échec" , note le journal.

En second lieu, l'alliance offre une occasion d'exercer une pression sur l'Arabie saoudite, l'allié le plus proche de Washington au Proche-Orient.

"Auparavant, l'Arabie saoudite et ses amis dans le golfe Persique essayaient d'utiliser la crise syrienne dans le but de saper les affaires intérieures de l'Iran. Grâce à la coopération avec la Russie et la Turquie, l'Iran envoie un message fort à Riyad, lui conseillant de ne pas se mêler de ses affaires intérieures" , indique l'édition.

Et troisièmement, l'alliance forcera les Etats-Unis, l'Europe et l'Otan à revoir leur stratégie au Proche-Orient. Bien que l'Occident ait essayé de s'ouvrir à la Turquie et à l'Iran, les deux pays semblent avoir opté pour des relations plus étroites avec la Russie.

Le journal qualifie ce processus d'étape logique, ajoutant qu'il est toujours difficile de savoir si les Etats-Unis et l'Europe sont prêts à accepter le virage d'Ankara et de Téhéran en faveur de la Russie.

Avec Sputnik

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DUROC
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   Posté le 29-08-2016 à 10:09:41   Voir le profil de DUROC (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à DUROC   

Prometteuse pour qui, l'invasion par l'armée turque du kurdistan syrien (Rojava), invasion épaulée par la "coalition" dirigée par les USA et avec l'accord tacite de tous les Etats impliqués dans les guerres au proche Orient ? Il faut choisir son camp, Xuan, et ne pas se contenter de commenter les" contradictions de la réalité". La position léniniste, c'est le soutien aux kurdes et aux autres peuples organisés dans ROJAVA !
Xuan
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   Posté le 06-09-2016 à 00:13:46   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'intervention turque répond vraisemblablement aux intérêts de la Turquie et de la Syrie, par contre il est avéré que les USA et les autres pays impérialistes ont essayé d'utiliser les kurdes à des fins de partition de la Syrie.
La teneur des reportages sur nos médias ne laissent aucun doute là-dessus.
Jusqu'ici le combat des kurdes a pu profiter des conflits d'intérêts dans cette zone. Il faudra qu'il s'adapte à une situation nouvelle, mais s'il continue de s'appuyer sur la logistique occidentale il n'a pas d'avenir parce que et l'Europe et les USA devront partir.

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marquetalia
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   Posté le 06-09-2016 à 00:28:41   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Xuan a écrit :

L'intervention turque répond vraisemblablement aux intérêts de la Turquie et de la Syrie, par contre il est avéré que les USA et les autres pays impérialistes ont essayé d'utiliser les kurdes à des fins de partition de la Syrie.
La teneur des reportages sur nos médias ne laissent aucun doute là-dessus.
Jusqu'ici le combat des kurdes a pu profiter des conflits d'intérêts dans cette zone. Il faudra qu'il s'adapte à une situation nouvelle, mais s'il continue de s'appuyer sur la logistique occidentale il n'a pas d'avenir parce que et l'Europe et les USA devront partir.

Les Kurdes de Syrie,tout comme le Pkk,ont une idéologie proche du courant altermondialiste,a l image de l Ezln


Edité le 09-09-2016 à 19:46:47 par marquetalia




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Xuan
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   Posté le 09-09-2016 à 15:23:39   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Assad bientôt en Chine? Pékin voudrait une base navale à Tartous


L’équipe du site Al Manar

Deux visites internationales seront les semaines prochaines dans le calendrier du président syrien Bachar al-Assad.

En plus de la Russie, il devra se rendre en Chine, pour une visite officielle, a révélé le journal libanais Assafir. Sa dernière visite remonte à 2004. La prochaine doit lui accorder une légitimité supplémentaire, alors que ses troupes et ses alliés réalisent des avancées importantes sur plus d'un front en Syrie.

Selon le journal libanais c’est l’amiral Guyan Yuvi, directeur du département des coopérations militaires au sein de l’armée chinoise, qui a transmis l’invitation au président syrien lors de la visite qu’il a lui-même effectuée le 16 août dernier en Syrie

A noter que pendant les trois premières années de la guerre en Syrie, les autorités chinoises ont pris une position très prudente et se sont abstenu d’honorer les contrats d’armements signés avec Damas.

Mais les choses ont changé depuis un an et demi et Pékin a annoncé être disposée à apporter un soutien réel au gouvernement syrien et à honorer les contrats de vente des armements.

Selon l’amiral Yuvi, la Chine compte former des unités de l’armée arabe syrienne et n’hésitera pas à moderniser leur arsenal dès cette année.

Pour cette fin, rapporte Assafir, Pékin aura besoin d’une base navale à Tartous, où la Russie en possède déjà une.

Les côtes syriennes en Méditerranée permettront à la marine chinoise de se tenir aux côtés de la Russie.

Plus est-il que le port de Tartous revêt une importance majeure pour Pékin qui cherche à briser le siège que les États-Unis ont créé autour d’elle en mer de Chine.

Dans les semaines qui viendront, prévoient des analystes, le changement de cap stratégique de la Chine dans sa politique vis à vis des Américains sera de plus en plus visible.

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Xuan
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   Posté le 12-09-2016 à 13:53:18   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Accord Russie-USA-Syrie :

Accord 2 sur la Syrie: le Nosra vendu. Trêve et coopération militaire russo-US


L.Mazboudi



Constat préliminaire : chaque fois que Damas réalise des avancées militaires, les Américains sont plus enclins à consentir de conclure un accord avec les Russes.

Il en a été ainsi le mois de février dernier. Et ce vendredi 9 septembre de même. Dans les deux cas, la bataille d’Alep a été la clé de voûte. Pendant les jours qui l’on précédé, l’armée syrienne et ses alliés avaient réduit à néant les conquêtes réalisées par les milices et tiennent désormais cette ville en laisse, assiégeant hermétiquement ses quartiers occupés par les insurgés.

Or, il a fallu tout de même 14 heures de pourparlers, une durée record, selon les observateurs, pour que les deux chefs de la diplomatie russe et américaine parviennent à s’entendre sur la voie à suivre en vue de la résolution de la crise syrienne.


Le Nosra contre Alep

La conclusion essentielle qui en découle est que Washington est disposé à livrer à Moscou la tête du front al-Nosra, en dépit du changement de nom (front Fateh al-Sham) qu'il a opéré et de son annonce ,du moins verbale, de rompre son lien organisationnel avec al-Qaïda.

En échange de quoi elle exige un arrêt des hostilités à Alep et le gel de la situation. John Kerry a également insisté sur l’ouverture d’un accès vers les quartiers est de la ville occupés par les insurgés, à travers la route Castello, au nord d'Alep et dont la récupération le 17 juillet par l'armée syrienne a été un coup décisif contre les insurgés et les forces de l'opposition pro occindentales.

Selon l'AFP, l'accord prévoit la "démilitarisation" de cette route qui était un axe de ravitaillement pour les miliciens et stipule que c'est à travers cette route-là que sera acheminée l'aide humanitaire à la cité.

Cette trêve devrait entrer en vigueur dès le premier jour de la fête de l’Aïd al-Adha, soit le 12 septembre prochain.


Opérations conjointes, sans l’aviation syrienne

Dans l'accord il est aussi question que Washington a accepté de mener des opérations conjointes et de coordonner les frappes aériennes dans certaines régions, à condition d’interdire à l’aviation syrienne de survoler les zones qui seront le théâtre d’opérations conjointes entre les Russes et les Américains.

"Nous nous sommes entendus sur les régions dans lesquelles nous effectuerons des frappes aériennes. En accord avec les dirigeants syriens, seules les Forces aérospatiales russes et la Force aérienne des Etats-Unis auront le droit de travailler dans ces régions. En ce qui concerne les Forces armées syriennes, elles opéreront dans d'autres régions non concernées par la coopération russo-américaine", a expliqué le ministre russe des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse à l'issue de sa rencontre avec John Kerry.

Plus d’une fois, Lavrov a tenu à rappeler que les clauses de l’accord consenties par Moscou avaient été au préalable admises par le gouvernement syrien.

Les militaires des deux pays vont ainsi partager des informations sur les frappes aériennes, dirigées contre Daesh et le front al-Nosra . Un centre conjoint créé à ces fins se chargera également de différencier l'opposition modérée des terroristes, a précisé M. Lavrov.


Le si de Kerry pour la coopération militaire

Mais cette coopération, réclamée de longue date par Moscou et rejetée par Washington, passe par une autre condition réclamée par les Américains.

Si la trêve dure "une semaine", les forces américaines accepteront de collaborer en Syrie avec l'armée russe, a expliqué Kerry.

Les engagements inscrits dans l'accord "doivent être totalement respectés avant toute coopération militaire potentielle", a tenu à souligner le Pentagone dans un communiqué.

Les réserves de Lavrov sur le processus politique

Mais il y a eu aussi les réserves de Moscou.

Dans ses déclarations, Kerry a tenu à lier ces acceptations américaines au processus politique. "Les Etats-Unis acceptent de faire un pas supplémentaire car nous pensons que la Russie et mon collègue ont la capacité de faire pression sur le régime Assad pour mettre fin à ce conflit et venir à la table des négociations", a-t-il indiqué.


Ce à quoi Lavrov aussi a répondu, indiquant que le plan russo-américain "permet de mettre en place une coordination efficace pour lutter contre le terrorisme, avant tout à Alep, et permet de renforcer le cessez-le-feu. Tout cela crée les conditions pour un retour au processus politique".


Et le chef de la diplomatie russe de reconnaitre qu'il n'est pas en mesure de garantir "à 100%" sa réussite.



Sources: Sputnik; AFP; Al-Akhbar; Al Manar

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Xuan
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   Posté le 12-09-2016 à 13:55:33   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Après quoi il sera intéressant de voir comment l'impérialisme français et le gouvernement socialiste (qui n'ont pas été consultés par les USA) vont présenter les choses. Fameux numéro de funambule en perspective.


Edité le 12-09-2016 à 14:06:58 par Xuan




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DUROC
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   Posté le 12-09-2016 à 18:15:53   Voir le profil de DUROC (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à DUROC   

Et la position des communistes ?
Quid des positions des révolutionnaires Kurdes syriens ( PYD ) sur l'objectif du conflit au proche orient par le fédéralisme ?
Il serait intéressant que ce forum publie la "constitution" de ROJAVA !

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DUROC
Jeune Communiste
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   Posté le 12-09-2016 à 18:27:27   Voir le profil de DUROC (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à DUROC   

La géo-politique, c'est intéressant ("que va faire l'impérialisme français? " ).
Mais peut-on se contenter d'observer les positions de l'ennemi ?
Encore faudrait-il que les communistes aient des positions de principe et pratiques à défendre !
J'ai déjà posé la question dans ce sujet ou dans un autre: QUI soutient-on, en Syrie, en dépit des fluctuations liées aux intérêts des différents impérialismes en alliance contradictoire, ou en conflit stratégique ?
Pour moi, militant du ROCML, la réponse est: le peuple kurde, les autres peuples de la région, leurs organisations révolutionnaires et leurs forces armées

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