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 les relations sino-africaines

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Xuan
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   Posté le 19-02-2009 à 00:04:52   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

visite de Hu Jintao dans cinq pays africains


La tournée du président Hu Jintao en Afrique s’achève :
Arabie saoudite, Mali, Sénégal, Tanzanie et île Maurice.

Il s'agit de son deuxième voyage en Afrique depuis le sommet de Beijing du Forum sur la coopération Chine- Afrique, où il avait annoncé huit mesures visant à promouvoir les relations de la Chine avec l'Afrique, dont la réduction des droits de douanes pour des produits africains, l'annulation de dettes que des pays africains doivent à la Chine et le doublement de l'aide à l'Afrique pendant une période de trois ans.

Des différents articles publiés par la presse en ligne, on retiendra les déclarations suivantes :
Hu Jintao s'est engagé à mettre en œuvre "avec sérieux" les huit mesures annoncées en 2006 : "Il est encourageant de voir que la mise en œuvre de ces mesures se déroule bien" .
Il a également promis que la Chine continuerait d'accroître son assistance à l'Afrique et d'annuler des dettes contractées par les pays africains, et qu’elle ne réduirait pas son aide à l'Afrique en dépit de la crise financière globale.

Il a déclaré en Tanzanie :
"Nous considérerons toujours le peuple africain comme notre ami de tous temps en qui nous pouvons avoir confiance. Nous resterons toujours bons frères et bons partenaires du peuple africain » .
Le président chinois a avancé une proposition en six points sur le renforcement des relations avec les nations africaines :
Premièrement, renforcer la solidarité et l'assistance mutuelle pour répondre conjointement au défi de la crise financière internationale.
Deuxièmement, accroître la confiance mutuelle et consolider le fondement politique pour l'amitié traditionnelle.
Troisièmement, relever le niveau de la coopération pratique dans les domaines économique et commercial en suivant les principes de réciprocité et de bénéfice mutuel.
Quatrièmement, élargir les échanges entre les peuples et approfondir la coopération culturelle.
Cinquièmement, travailler étroitement et intensifier la coordination dans les affaires internationales.
Sixièmement, renforcer la coordination et promouvoir conjointement le développement du Forum sur la coopération sino-africaine.


Hu Jintao encourage et soutient les efforts entrepris par davantage de compagnies chinoises pour investir en Afrique, créer plus d'emplois pour les populations locales et transférer plus de technologies à leurs partenaires africains. Il a également encouragé les compagnies chinoises implantées en Afrique à endosser plus de responsabilités sociales et à établir de bonnes relations avec les communautés locales, ainsi que les entreprises africaines à s’établir en Chine.

La presse et la radio chinoise n’ont pas manque de relever que les pays riches ont diminué leur aide en prétextant la crise :
Hu Jintao a appelé la communauté internationale, les pays développés en particulier, à prêter plus d'attention à l'impact de la crise financière sur les pays en développement (PED), particulièrement les pays les moins développés et en Afrique, continuer à tenir ses engagements concernant la fourniture d'aide et la réduction de dette, soutenir et accroître l'assistance aux PED et aider de manière efficace ces derniers à maintenir la stabilité financière et la croissance économique, et à renforcer la représentation et la voix de l'Afrique dans la réforme du système financier international.
"Nous comprenons bien les difficultés auxquelles nous sommes confrontés chez nous; nous sommes aussi conscients des difficultés auxquelles nos amis africains sont confrontés"
"La Chine tient ses promesses, ne réduit pas son aide à l'Afrique et invite la communauté internationale à honorer ses engagements à aider le continent".


On aura noté au passage la critique discrète à l'égard de certains capitalistes chinois installés en Afrique. Peut-être destinée aux promesses non tenues de la firme sino italienne Elcostep Chong au Gabon.
On aura noté également la visite quasi simultanée mais en catimini d'une délégation du Medef au Mali et au Sénégal [info signalée dans la lettre du continent n°556 du 15/01/09]
"Medef
Le patronat français prépare une mission dans ces deux pays du 8 au 12 février. (...)"

http://www.africaintelligence.fr/aif/channels/defaultchannels.asp?channel=SENEGAL&type=country

...pure coïncidence.

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Xuan
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   Posté le 25-09-2009 à 21:30:23   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La nouvelle orientation du commerce chinois en Afrique suscite des critiques. Certaines sont fondées, d'autres ne sont pas innocentes.
La presse chinoise a mis en ligne plusieurs articles sur les rapports économiques sino-africains.

Concernant la visite du président Hu Jintao, Xu Jinghu, directrice du Département de l'Afrique sous l'égide du Ministère des Affaires étrangères avait déclaré : "Vous avez remarqué que les quatre pays africains que le président va visiter ne sont pas connus pour leurs ressources naturelles".

Le 5 mars, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Wu Dawei a réfuté l'accusation selon laquelle la coopération de la Chine avec des pays africains serait un acte de « colonialisme », disant que les relations sino-africaines sont basées sur des bénéfices mutuels.


Ici, dans un article du Quotidien du Peuple, l'Ambassadeur de Chine en Afrique du Sud répond à quelques questions de l'agence Reuters :


La Chine est une vraie ami de l'Afrique et elle n'a jamais pensé à s'emparer de ses ressources naturelles.


L'Agence de presse britannique Reuters rapporte que l'Ambassadeur de Chine en Afrique du Sud Zhong Jianhua a déclaré récemment que le gouvernement chinois s'inquiète de ce que les entreprises chinoises qui ont un comportement quelque peu puéril et naïf sur le plan culturel pourraient peut-être porter atteinte à l'image de la Chine en Afrique, mais il a affirmé formellement que la soi-disant idée occidentale qui dit que la Chine ne pense qu'à exploiter le pétrole et les minerais bon marché de l'Afrique est complètement injuste et irrationnelle.

Zhong Jianhua a indiqué que les pays africains s'engageront certainement dans une voie de réforme économique semblable à celle poursuivie par la Chine et que les investissements de cette dernière ainsi que les expériences qu'elle a accumulées durant les trente années passées pourront aider le continent le plus pauvre du monde à réaliser son objectif.

L'Ambassadeur chinois, qui a accepté de donner une interview à Reuters, a dit : « Tout le monde peut constater lui-même les changements qui se sont produits en Chine au cours des trois décennies écoulées …… et peut-être que le continent africain connaîtra, tôt ou tard, ce genre de changements. Nous espérons que la Chine pourra l'aider quant à cela. »

Le volume du commerce sino-africain a décuplé ces dix dernières années et la Chine a dépassé l'année dernière les Etats-Unis pour devenir le plus grand partenaire commercial de l'Afrique et le volume global du commerce bilatéral a atteint 107 milliards de dollars US.

Parallèlement, la Chine a accru ses investissements en continent africain, lesquels, qui couvraient principalement autrefois les domaines des matières premières et de l'énergie, se sont étendus maintenant aux secteurs de la banque, de la télécommunication, de la construction de routes et de la construction de chemins de fer.

Zhong Jianhua a reconnu qu'il existe effectivement des problèmes quant au développement en Afrique des entreprises chinoises. Mais, a-t-il indiqué, la plupart de ces problèmes et de ces difficultés sont dus principalement à l'inexpérience des responsables et des gestionnaires de celles-ci qui sont sortis pour la première fois du pays pour gérer et exploiter leurs entreprises à l'étranger et leur plus grand défaut c'est leur méconnaissance et leur inexpérience sur le plan culturel de l'investissement et de l'exploitation outre-mer.

Il a dit : « Lorsque les entreprises chinoises commencent à sortir des frontières du pays, le monde extérieur leur paraît complètement étranger et inconnu. C'est pourquoi elles ont beaucoup de choses à apprendre. »

Il a cité deux exemples : en 2005, des troubles ont éclaté dans une mine appartenant à une entreprise chinoise en raison des réclamations des travailleurs locaux insatisfaits de leur salaire, la police zambienne a intervenu en tirant des coups sur les manifestants dont trois ont été blessés. Un an plus tard, une terrible explosion s'est produite dans une entreprise chinoise de fabrication d'explosifs utilisés dans l'exploitation minière et le grave accident a fait de nombreuses victimes dont 52 morts.

Zhong Jianhua a poursuivi en disant : « Nous avons constaté que les entreprises chinoises font de très bonnes choses dans certains domaines, mais que dans d'autres, les choses vont mal. Quant au gouvernement chinois, il s'intéresse et se préoccupe de tout ce qui se passe ici. »

Exportation des capitaux.

La partie chinoise estime que durant les cinq années allant de 2004 à 2008, l'économie africaine s'est développée à un rythme rapide de 5% et l'investissement chinois a contribué de façon importante et positive à ce développement. Au contraire, certains organismes d'aide occidentaux pensent que la Chine agit seulement dans ses intérêts personnels tout en négligeant et en ignorant les problèmes locaux de despotisme et de corruption.

Mais pour Zhong Jianhua, il est tout à fait injuste de dire que la Chine s'empare des ressources naturelles africaines pour les mettre au service de son propre développement. Cette idée contraire à la réalité est même contestée par les gouvernements africains.

Ce qui est heureux pour la Chine, a précisé Zhong, c'est que ces derniers refusent d'être influencés par les idées toutes faites des médias occidentaux qui décrivent tout en noir les investissements chinois.

Les principaux cas d'investissement chinois en Afrique comprennent entre autres le financement de 5,6 milliards de dollars US par la Banque d'Industrie et de Commerce de Chine dans le but de racheter 20% des actions de la Banque sud-africaine Standard Bank Group.

Des responsables des deux banques intéressées ont indiqué qu'après leur coopération, elles ont financé des fonds à hauteur de 825 millions de dollars US un projet de construction d'une centrale électrique en Botswana, tandis que soixante autres accords d'investissement sont en cours d'études ou de réalisation.

Zhong Jianhua a indiqué que le changement de mode d'investissement de la Chine en Afrique ne vise aucunement à chercher à gagner la faveur de l'opinion publique locale ni à s'assurer l'élévation de l'influence de la Chine en Afrique, car cela reflète seulement la situation réelle de l'économie de la Chine, qui d'un pays exportateur de produits finis, est devenu un pays exportateur de capitaux.

[Source: le Quotidien du Peuple en ligne Mise à jour 24.09.2009 17h07]

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   Posté le 27-09-2009 à 13:26:31   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

article paru en avril 2007 dans chinafrique.com

Qui pratique le « néocolonialisme » en Afrique ?


Min Guowei

Ces derniers temps, l’opinion publique occidentale blâme la Chine de pratiquer le « néocolonialisme » en Afrique.

De toute évidence, cette critique est irrationnelle.

Il existe une différence notable entre la coopération sino-africaine et le colonialisme des impérialistes occidentaux en Afrique. La nature du colonialisme consiste à contrôler et intervenir dans les affaires politiques d’autres pays, et à monopoliser et piller les ressources économiques. La Chine, sur le plan politique, s’en tient toujours à la politique de non-ingérence dans les affaires intérieures et souligne, dans le domaine économique, à la coopération d’entraide mutuelle et au « gagnant-gagnant ». De plus, le commerce et l’investissement entre la Chine et l’Afrique se basent sur les négociations bilatérales égales ; parfois c’est la partie africaine qui manifeste d’abord l’intention de coopérer avec la Chine. Donc, il n’existe évidemment pas de « néocolonialisme » dans les échanges sino-africains.

Le « néocolonialisme » se caractérise par les facteurs suivants.

Facteur de contrôle : la puissance la plus forte qui contrôle le marché des matières premières est celle de certains grands pays occidentaux. Robert Murifi, analyste des affaires africaines du Département d’État des États-Unis, dit qu’outre le Moyen-Orient, l’Afrique est une autre source importante qui assure l’importation de pétrole des États-Unis. Actuellement, 15 % du pétrole importé par les États-Unis provient de l’Afrique, et ce chiffre arrivera à 25 % en 2015. Comment la Chine pourrait-elle posséder une telle puissance ?

Facteur d’intervention : selon l’analyse des médias occidentaux, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et le G8 fournissent une assistance économique conditionnelle à l’Afrique, c’est-à-dire que tout en réduisant le remboursement des dettes occidentales, les pays d’Afrique doivent augmenter l’exportation des matières premières, encourager l’investissement occidental en Afrique et privatiser leurs entreprises étatiques. Depuis l’application de la réforme imposée par l’Occident en 1980, les dettes extérieures africaines non seulement n’ont pas diminué mais ont même augmenté de 500 %. Ces dernières années, des centaines de milliards de dollars de capitaux ont coulé vers l’Occident, non pas vers la Chine.

Facteur de polarisation : l’Afrique a été divisée en pôles riche et pauvre, afin de faciliter l’intervention complète du néocolonialisme. Aujourd’hui, des guerres éclatent fréquemment en Afrique. Pendant les quinze dernières années, le feu de la guerre a touché 32 des 53 pays d’Afrique. Entre 1950 et 1989, certains grands pays occidentaux ont fourni 15 milliards de dollars d’« assistance » dans les domaines militaire et éducatif africains, préludant aux conflits d’aujourd’hui. De 1991 à 1995, ils ont augmenté encore une fois l’assistance militaire envers 50 pays d’Afrique, se mêlant à quelques guerres régionales, causant des millions de morts et des millions de réfugiés. Parmi ces guerres et fléaux, où apparaît la Chine ?

La Chine fait le commerce normal et rationnel en Afrique aux prix du marché. Par exemple, de la totalité du pétrole exporté de l’Afrique, l’Europe en prend 36 %, les États-Unis 33 % et la Chine seulement 8,7 %. Si ces 8,7 % s’appellent pillage de ressources, que dire des proportions de 36 % et de 33 % ? Depuis la mise en exploitation il y a quatre ans, la mine de cuivre de Chambishi, construite en coopération sino-zambienne, vend tous ses produits à la société britannique Transamine, sans que la moindre quantité soit transportée en Chine. Comment peut-on dire que la Chine « pille » les ressources africaines ?

Durant les quelque quarante années passées, la Chine a construit pour l’Afrique 19 écoles, 38 hôpitaux, envoyé plus de 16 000 médecins à 47 pays d’Afrique pour soigner 170 millions de personnes. On y compte aussi 760 000 sièges dans l’ensemble des stades construits par la Chine.

La Chine ne pratique jamais la domination coloniale dans d’autres pays. Au contraire, depuis la guerre de l’Opium en 1840, elle a subi l’invasion des puissances impérialistes des pays occidentaux pendant près de cent dix ans. La nation chinoise connait donc cette souffrance ; voilà qui explique pourquoi le gouvernement chinois soutient depuis longtemps la libération nationale africaine et le redressement.

Le continent africain a été victime de domination coloniale pendant cinq cents ans. Les Africains bien savent que ce qu’a rapporté cette domination et ce qu’elle leur a pris. Si la Chine y pratiquait véritablement le « néocolonialisme », il n’y aurait pas de si nombreux pays d’Afrique à désirer l’assistance et la coopération de la Chine.

L’auteur est le vice-président de la Société générale d'ingénierie outre-mer de Chine.

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   Posté le 27-09-2009 à 13:35:44   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

article paru en août 2006 dans chinafrique.com

On ne pourra jamais coller l’étiquette du néo-colonialisme à la Chine


Zhong Fei

Depuis le début du XXIe siècle, la Chine a pris une série de mesures stratégiques pour renforcer ses relations coopératives avec l’Afrique. Néanmoins, cela a causé la frayeur et l’inquiétude des médias de certains grands pays occidentaux qui colportent la soi-disant « menace de la Chine » en Afrique. Ils cherchent même à brouiller les relations sino-africaines qui se développent vigoureusement, en disant que la Chine pratique le « néo-colonialisme ».

Dans sa récente visite en Afrique, le premier ministre Wen Jiabao a déclaré solennellement qu’ « on ne pourra jamais coller l’étiquette du néo-colonialisme à la Chine ».

La « menace chinoise » répandue par les médias occidentaux se résume comme suit.

1. Piller les ressources énergétiques de l’Afrique ;
2. Dominer le marché africain au moyen de la fourniture de marchandises à bas prix ;
3. Prôner le modèle économique de la Chine et, sur le plan du sens des valeurs, lancer un défi au concept de la démocratie et des droits de l’homme pratiqué par les pays occidentaux dont les États-Unis.

Pourtant, les faits montrent que ces accusations sont tout à fait sans fondement. Prenons l’énergie comme exemple. Actuellement, la part du pétrole d’Afrique dans les importations des États-Unis s’est élevée à 16 % et, selon la prévision faite par les États-Unis eux-mêmes, ce pourcentage serait de 25 % en 2015, tandis que la quantité de pétrole importé de l’Afrique par la Chine est moins du tiers de celle des États-Unis. Selon les statistiques d'une institution étasunienne de recherche, la Chine a investi des milliards de dollars dans la construction d’infrastructures en Afrique pour exploiter le pétrole et le gaz. C'est principalement sur ce chiffre que se base l’argument des médias occidentaux en ce qui concerne le pillage des ressources énergétiques de l’Afrique par la Chine. Les données suivantes aideront à bien comprendre le fait réel. Les investissements des États-Unis dans l’industrie pétrolière et gazière de l’Afrique sont passés ces dernières années de 2,4 milliards de USD à 10 milliards par an ; le groupe Total de France projette d’investir dans les cinq années à venir 10 milliards de USD au Nigeria et 5 milliards en Angola pour exploiter le pétrole et le gaz ; dans son rapport, la compagnie anglaise Shell a déclaré qu’en 2002, elle possédait déjà 55 % des 30 milliards de barils de pétrole du Nigeria et 40 % de sa production journalière de 2,2 millions de barils. Néanmoins, les échanges commerciaux sino-africains, y compris le commerce pétrolier, sont ouverts, transparents et mutuellement avantageux. En ce qui concerne le marché africain, les médias de la Grande-Bretagne reconnaissent même que les échanges commerciaux avec la Chine amènent en Afrique plus de produits que les Africains sont capables d’en acheter. Quant à la question du modèle économique, elle est purement un argument indéfendable. C’est justement grâce à la non-ingérence de la Chine dans les affaires intérieures des pays africains et du respect de leur choix autonome de voie de développement que la Chine a gagné la confiance de l’Afrique.

En fin de compte, des pays occidentaux répandent à leur guise l’idée de « menace de la Chine » parce qu’ils craignent que le développement des relations sino-africaines constitue un défi pour leurs intérêts en Afrique, et surtout que la convergence de vues de la Chine et de l’Afrique sur le sens des valeurs soit un défi pour l’ordre politico-économique international existant. Comme le développement des relations stratégiques sino-africaines tous azimuts donne certainement sur les nerfs de certaines personnes, il n’est pas étonnant que ces dernières prônent à cor et à cri la « menace chinoise » en Afrique. En fait, le renforcement des relations amicales et coopératives entre la Chine et l’Afrique ne vise aucun pays tiers, et aucun pays n’a raison de le penser.

Dans son discours prononcé récemment en Afrique du Sud, le premier ministre Wen Jiabao a expliqué sur tous les plans la position de la Chine d’instaurer un nouveau type de partenariat stratégique sino-africain marqué par l’égalité et la confiance réciproque, la coopération et le « gagnant-gagnant », ainsi que les échanges et l’inspiration mutuelle. Lors de la visite de Wen Jiabao dans sept pays d’Afrique, la Chine a signé respectivement avec l’Égypte et l’Afrique du Sud le programme d’application sur l’approfondissement des relations de coopération stratégique et publié une déclaration conjointe avec cinq autres pays dans le but d’orienter et de programmer la coopération bilatérale à un niveau stratégique. Entre-temps, la Chine a signé avec les sept pays 71 accords qui touchent la politique, l’économie, le commerce, la construction d’infrastructures, la culture, l’éducation, la science et la technologie. La partie chinoise s’engage à poursuivre son assistance à leur développement social, entre autres la construction de centres de démonstration agricole et d’écoles primaires rurales, l’envoi d’équipes médicales, la donation de médicaments anti-paludisme, ainsi que la formation du personnel.

Sous l’influence de la soi-disant « menace de la Chine », il est compréhensible que certains amis africains s’inquiètent du choc éventuel des marchandises chinoises au marché et à l’emploi en Afrique. Néanmoins, tout comme le premier ministre Wen Jiabao l’a souligné lors de sa récente visite, la Chine fait preuve de sollicitude sincère envers l’Afrique, donne de l’aide à l’Afrique et est disposée à renforcer l’union et la coopération avec l’Afrique sur une base de respect mutuel, de non-ingérence dans les affaires intérieures, d’égalité et de réciprocité. En outre, il a signalé que certains Occidentaux tiennent des propos qui ne s’accordent pas avec la vérité ni la situation réelle des relations sino-africaines ; ils sont donc irresponsables.

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Finimore
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   Posté le 27-10-2009 à 06:56:30   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Le programme d'investissements de la Chine en Afrique a pour but d' « apprendre à pêcher »

Lors d'un entretien avec le quotidien économique "Handelsblatt" , le Président du Rwanda Paul Kagame a salué le programme d'investissements de la Chine en Afrique qui, selon lui, contribue au développement économique de l'Afrique et à la construction de ses installations d'infrastructure, et il a critiqué, en revanche, l'aide occidentale qui "n'a pas fait avancer" le continent, vu qu'elle s'attache seulement à spolier les ressources naturelles de l'Afrique tout en dégradant son environnement. "Nos ressources ont été exploitées et ont servi à d'autres. Des sociétés occidentales ont pollué l'Afrique à grande échelle et elles continuent à le faire", a-t-il déploré et d'ajouter "les Chinois apportent ce dont l'Afrique à besoin: des investissements et de l'argent pour les gouvernements et les entreprises. La Chine investit dans l'infrastructure, construit des routes". Ces commentaires du Président rwandais ont suscité un vif et animé écho parmi les autres pays africains.

Depuis de longues années, une grande quantité de capitaux d'aide ont afflué au tiers monde, et surtout dans les pays africains. Toutefois, ces aides ne constituent aucunement un remède infaillible, au contraire, certaines sont devenues même des ‘drogues' qui ont de graves effets secondaires. Dans certains pays africains qui reçoivent ce genre d'aide, des milliards de capitaux ou bien tombent dans les poches d'un petit nombre de dirigeants corrompus ou bien retournent, en tant qu'inflation ou sous d'autres formes disproportionné es, dans les entreprises installées en Afrique des pays investisseurs.

D'autre part, la plupart des pays occidentaux donateurs fixent toutes sortes de conditions à leurs dons. Comme le reconnaît Paul Kagame qui a dit que "les Européens posent davantage de questions, notamment sur les droits de l'homme". Mais "cela a-t-il contribué au développement de l'Afrique?", s'est-il demandé tout en indiquant qu'au lieu d'améliorer le niveau de vie de la population des pays aidés, cette façon de faire la plonge dans une plus grande pauvreté et une plus effroyable misère. De plus, la dépendance ce ces pays de l'aide extérieure les prive et les dépouille de leur dignité, car ils ne savent plus que demander l'aumône partout en compta nt sur le ‘bon cœur' des pays riches.

Quant aux investissements de la Chine, ils offrent un contraste saisissant avec l'aide occidentale. L'aide chinoise est constituée principalement de la construction d'installations d'infrastructure ainsi que de la formation et du perfectionnement de la capacité technique des pays qui reçoivent son aide. En faisant la comparaison entre les deux sortes d'aide, on peut utiliser le proverbe chinois « Plutôt que de donner à quelqu'un du poisson, mieux vaut lui apprendre à pêcher ». Certainement qu'il y aura des gens qui se plaindra de ce que la construction de route obligera peut-être des paysans à quitter la terre à laquelle ils sont très attachés, mais si par suite de la prospérité du commerce, due à l'amélioration de la route, laquelle élève le niveau de vie de ces derniers, tout mécontentement et toute plainte se dissiperont, car ils gagneront en santé et en indépendance économique.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne


Edité le 27-10-2009 à 06:57:11 par Finimore




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Xuan
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   Posté le 09-11-2009 à 22:23:30   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   


Afrique-Chine : adoption de la Déclaration de Charm el-Cheikh


2009-11-09 20:42:20 xinhua

La 4ème conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine (Focac) a adopté lundi "la Déclaration de Charm el-Cheikh".

Dans la déclaration, les ministres des Affaires étrangères et les ministres chargés de la coopération économique de Chine et de 49 pays africains, réunis dimanche et lundi à Charm el-Cheikh, en Egypte, ont convenu que les objectifs déterminés lors du Sommet de Beijing du Focac en 2006 ont été largement réalisés.

Notant que le Forum sur la coopération sino-africaine est devenu de plus en plus fort et a fait preuve de vigueur et de vitalité, les ministres ont réitéré l'esprit du Sommet de Beijing du Forum, tenu en novembre 2006 et qui annonçait "un nouveau type de partenariat stratégique entre la Chine et l'Afrique" caractérisé par l'égalité politique et la confiance mutuelle, la coopération économique où tout le monde gagne, et les échanges culturels.

Ils ont indiqué que les deux parties vont renforcer le dialogue stratégique, augmenter les visites à haut niveau, étendre les bénéfices mutuels, promouvoir le commerce et l'investissement bidirectionnels.

Les deux parties vont maintenir l'unité et l'appui mutuel pour aborder conjointement les défis amenés par la crise financière mondiale et s'assurer que les efforts de l'Afrique pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ne seront pas inversés.

Les efforts de coopération seront renforcés dans les domaines prioritaires comme l'allègement de la pauvreté, la protection de l'environnement, la formation et le renforcement des capacités et les technologies de l'information et des communications.

La déclaration souligne la nécessité d'une attention spécifique dans l'infrastructure, l'agriculture et la sécurité alimentaire.

Les deux parties vont aussi approfondir les échanges peuple à peuple et culturels.

Dans la déclaration, la Chine s'engage à œuvrer dans les limites de ses aptitudes à augmenter progressivement l'aide à l'Afrique, à réduire et annuler la dette due par les pays africains, à étendre l'investissement en Afrique, ouvrir davantage le marché chinois aux produits africains.

La déclaration appelle la communauté internationale, notamment les pays développés, à déployer de plus grands efforts pour mitiger les effets de la crise financière sur les pays en développement, surtout les pays africains.

Elle indique l'opposition de la Chine et des pays africains au protectionnisme commercial sous toutes ses formes.

Les ministres chinois et africains ont aussi réaffirmé le besoin de renforcer le rôle des Nations Unies, et rappelé la nécessité de réformer le système financier international et d'augmenter la représentation et la voix des pays en développement dans ce système.



La Chine et l'Afrique veulent intensifier une coopération en plein essor

De Inès BEL AïBA (AFP)

CHARM EL-CHEIKH, Egypte — La Chine et l'Afrique ont convenu lundi d'intensifier une coopération économique déjà en plein essor, au lendemain de l'annonce, saluée par les pays africains, que Pékin allait accorder 10 mds USD de prêts bonifiés à ce continent.

Les représentants de 49 Etats africains et de la Chine ont adopté, lors de la clôture du Forum sino-africain qui s'est tenu dimanche et lundi à Charm el-Cheikh (Egypte), deux documents --un plan d'action et une déclaration-- entérinant ces échanges et visant à les approfondir.

Selon la Déclaration de Charm el-Cheikh, la Chine et l'Afrique s'engagent à poursuivre leur coopération, tant économique que sociale et culturelle, et notent que "la majorité des objectifs (fixés lors de leur dernière réunion en 2006) ont été effectivement réalisés".

Le texte appelle également la communauté internationale à "accorder une importance particulière à l'impact négatif de la crise sur les pays en développement" et demande aux pays développés de tenir leurs engagements, tels que l'allègement des dettes et l'augmentation de l'aide et des investissements.

Quant au "plan d'action de Charm el-Cheikh", il dresse la liste des différents domaines de la coopération sino-africaine et des engagements pris par les deux parties pour renforcer leurs échanges.

"Le gouvernement chinois s'engage à (...) tout faire pour assister les pays africains dans l'amélioration de leur production agricole et leurs infrastructures" , a affirmé le ministre chinois du Commerce, Chen Deming.

La Chine demandera à ses entreprises "d'assumer plus de responsabilités sociales en Afrique et de créer des emplois dans les pays africains afin que le peuple africain puisse bénéficier de la coopération sino-africaine" , a-t-il ajouté.

La veille, à l'ouverture de cette "quatrième conférence ministérielle du Forum de coopération sino-africain" (FCSA, FOCAC en anglais), le Premier ministre chinois Wen Jiabao avait promis des prêts bonifiés de 10 milliards de dollars à l'Afrique dans le cadre d'un programme triennal.

Plusieurs pays africains ont salué l'annonce, comme le Maroc, la Sierra Leone, le Zimbabwe et le Kenya.

"L'Afrique est avide de développement. L'Afrique est restée en arrière trop longtemps et a été trop longtemps traitée sur des critères faussés" , a déclaré à l'AFP Moses Wetangula, le ministre des Affaires étrangères du Kenya.

"Et maintenant, les Chinois arrivent et disent: +vous voulez une voie de chemin de fer? Nous avons l'argent et la technologie pour ça+. Qui refuserait? L'Afrique a terriblement besoin de tout cela" , a-t-il poursuivi.

M. Wetangula et son homologue de Sierra Leone, Zainab Bangura, ont toutefois insisté sur la nécessité d'une plus grande coopération à l'intérieur du continent.

"Ce que nous souhaitons, c'est une plus grande intégration régionale et sub-saharienne" , a souligné Mme Bangura.

La Chine, dont la présence sur le continent africain est de plus en plus visible et revendiquée, a de nouveau répondu à ceux qui l'accusent de "néo-colonialisme" et d'exploiter les ressources naturelles africaines sans transmettre son savoir-faire.

La Chine est déterminée à "transférer technologie et expertise" à l'Afrique, a affirmé M. Chen, tandis que l'adjoint du ministre des Affaires étrangères Zhai Jun a nié que son pays cherche à imposer son "hégémonie" sur le continent.

"La Chine ne traitera pas l'Afrique de manière impérialiste. La Chine ne pointera le doigt en direction de personne et n'intimidera personne" , a-t-il déclaré.

Les investissements directs chinois en Afrique sont passés de 491 millions de dollars en 2003 à 7,8 milliards fin 2008, selon les chiffres officiels chinois. Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont quant à eux décuplé depuis le début de la décennie pour atteindre 106,8 mds USD en 2008.

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Mise à jour 09.11.2009 08h22

Le PM chinois rencontre le secrétaire général de la Ligue arabe


Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a rencontré samedi au Caire le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa et exprimé la volonté de la Chine de renforcer davantage sa coopération avec les pays arabes en enrichissant les contenus de la coopération d'amitié sino-arabe.
La rencontre a eu lieu au siège de la Ligue arabe au Caire.
"Dans les actuelles circonstances politique et économique internationales qui connaîent des changements profonds et complexes, il est dans l'intérêt de la Chine et des pays arabes de renforcer la coopération qui contribue à la paix, à la stabilité et au développement du monde" , a souligné le Premier ministre chinois.
M. Wen a informé M. Moussa du voeu de la Chine de conjuguer ses efforts avec la Ligue arabe et les pays arabes pour faire du Forum de la coopération sino-arabe une plateforme plus efficace qui aboutira à plus de progrès.
"La Chine et les pays arabes appartiennent tous au monde en voie de développement" , a affirmé le chef du gouvernement chinois qui a hautement apprécisé une contribution positive de M. Moussa à la promotion des relations d'amitié arabo-chinoises.
Le secrétaire général de la Ligue arabe a pour sa part indiqué durant la rencontre que le discours prononcé plus tôt par M. Wen au siège de la Ligue arabe a mis l'accent sur l'importance que la Chine a attachée au développement de ses relations d'amitié avec le monde arabe.
M. Moussa a exprimé sa gratitude à la Chine pour son soutien aux justes causes arabes. Il a réitéré le soutien de la Ligue arabe à l'intégrité territoriale de la Chine.
Il a espéré que la Ligue arabe coopèrera avec la Chine dans tous les domaines pour faire avancer le Forum de la coopération arabo-chinoise et promouvoir la paix, la stabilité et le développement à l'échelle régionale et mondiale.
[Source: xinhua]



Wen Jiabao annonce huit nouvelles mesures pour renforcer la coopération Chine-Afrique


Le Quotidien du Peuple 09/11/09

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a annoncé dimanche huit nouvelles mesures que le gouvernement chinois doit prendre d'ici trois ans pour renforcer la coopération Chine-Afrique.

Ces mesures annoncées par M. Wen lors de la cérémonie d'ouverture de la quatrième conférence ministérielle du Forum sur la coopération Chine-Afrique (Focac) à Charm el-Cheikh, prévoient un partenariat sino-africain sur le changement climatique. La Chine projette, à cet effet, de réaliser 100 projets écologiques en Afrique .

Le gouvernement chinois va promouvoir la coopération dans la science et la technologie et 100 projets de recherche seront mis en oeuvre conjointement avec l'Afrique.
La Chine fournira 10 millards de dollars de crédits préférentiels aux pays africains ainsi qu'un fonds spécial d'un milliard de dollars aux PME africaines.
Le Chine va ouvrir davantage son marché aux produits africains et offrir le tarif douanier zéro à 95% des produits des pays les moins avancés africains .

Dans le cadre de la coopération agricole, la Chine envisage de mettre en place 20 centres agricoles de démonstration technique en Afrique, d'y envoyer 50 équipes techniques agricoles et former 2.000 agronomes africains.
Dans le domaine de la santé, la Chine est prête à fournir des équipements et d'autres matériels médicaux d'une valeur de 5 milliards de yuans RMB (plus de 700 millions de dollars) et à former 3.000 médecins et infirmières africains .

D'ici en 2012, le gouvernement chinois projette de construire 50 écoles d'amitié sino-africaine en Afrique et de fournir 5.500 bourses aux étudiants africains .
Le gouvernement chinois envisage aussi de promouvoir les échanges intellectuels .
Au sommet du Focac à Beijing, tenu en novembre 2006, le président chinois Hu Jintao a annoncé huit mesures visant à contribuer au développement de l'Afrique, qui ont été mises en oeuvre de façon globale et efficace.

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Le Quotidien du Peuple commente les critiques de la presse occidentale envers la présence grandissante de la Chine en Afrique - [article du 11/11/2009]



L'Occident n'est pas qualifié pour demander à l'Afrique de se méfier de la Chine




Suite à la tenue de la 4ème Conférence ministérielles du Forum sur la coopération sino-africaine à Charm el-Cheikh en Egypte, les médias occidentaux recommencent à tenir leurs propos pernicieux selon lesquels la Chine « pille l'Afrique » et demandent à celle-ci de se méfier de la Chine. A cet effet, la presse de certains pays africains a commencé à critiquer l'un après l'autre les pays occidentaux qui avaient agressé et colonisé l'Afrique tout en indiquant qu'ils ne sont pas qualifiés à appeler l'Afrique à se méfier de la Chine.

Les articles publiés par la presse africaine rappellent que le mépris et le dédain affichés par certains pays occidentaux à l'égard de l'Afrique et qui ne font rien pour l'aider à se débarrasser complètement de la pauvreté et de la misère suscitent le froissement et l'indignation de celle-ci. Le quotidien kenyan « Daily Nation » a publié le 5 novembre un article qui dit : lorsqu'on survole le continent africain le soir à bord d'un avion, on ne voit rien par la fenêtre sinon que la terre est dans le noir le plus complet, tandis qu'en passant au-dessus de l'Asie, on remarque que l'obscurité complète est parsemée de lueurs faibles et vacillantes, mais visibles et intéressantes et si l'avion arrive au-dessus de l'Europe ou de l'Amérique du nord, les clartés deviennent plus nettes et plus distinctes encore.

Un correspondant du journal britannique « The Financial Times » a interviewé en 2006 le Ministre kenyan des Affaires étrangères Raphaël Tuju. En répondant à une de ses questions, ce dernier s'est emporté et n'a pas quitté son siège, mais s'est penché en avant tout en secouant son doigt furieusement. Le journal a précisé que la question qui l'a irrité à ce point-là se rapporte aux relations en plein développement entre la Chine et l'Afrique qui possède de riches ressources naturelles. Lorsque le journaliste a fait remarquer que ces relations sont de plus en plus contestées et suscitent inquiétudes et préoccupations, Raphaël Tuju a répliqué : « Je ne crois pas qu'il y aurait dans notre monde des repas gratis », « Si vous voulez, vous pouvez dire que c'est une ‘grande marche' vers l'Afrique, mais nous sommes les négociateurs qui acceptent de plein gré et de bon cœur cette 'grande marche' en avant. ».

Quant à « Nigeria's Daily Trust », il a publié le 8 courant un article qui indique que les journalistes, les spécialistes et les politiciens occidentaux, qui envient et jalousent profondément la coopération sino-africaine, sont en train de verser le sable dans le 'garri' (nourriture des Nigérians confectionnée avec la farine de manioc) préparé par les Chinois et les Africains. Ils adressent des reproches à la Chine en l'accusant de soutenir de mauvais systèmes politiques africains et de ne pas exiger qu'ils respectent les droits de l'homme dans le but d'acquérir des profits.

L'article déclare que personne au monde n'a le droit de demander à l'Afrique de se méfier de la Chine : 600 ans auparavant, les Portugais étaient venus sur les côtes africaines pour ramener chez eux l'huile du palmier et ils ont emmené avec eux 10 millions d'Africains pour les vendre comme des esclaves aux Américains ; Les Français doivent se rappeler que leur parent le Roi de la Belgique s'était rendu en 1884 à Berlin où, avec un crayon, il a divisé l'Afrique en plusieurs parties pour la partager avec les autres colonialistes européens et les Français ont l'obligation d'indemniser les Africains pour la politique d'assimilation qu'ils ont appliqué en atnt que colonialistes ; les Anglais aussi ne doivent pas oublier les méfaits qu'ils ont commis un siècle auparavant en apprenant aux écoliers africains à chanter 'le soleil du Royaume-Uni ne se couche jamais' tout en s'appropriant du cacao, du coton et de la fourrure d'animaux qu'ils arrachaient des mains des Africains pour les transporter en Angleterre ; Les Allemands n'en sont pas quitte, posez leur la question de savoir ce que leurs aïeuls colonialistes ont fait en Afrique au 19ème siècle, et surtout les pires méfaits qu'il ont commis en Namibie, au Togo et au Cameroun ? Et maintenant les descendants de tous ces gens-là nous demandent de se méfier de la Chine, n'est-ce pas que cela tourne quelque peu à la dérision et à l'ironie !

Quant à l'Union soviétique, elle a apporté sa contribution à la libération du continent africain, mais lors de la Guerre froide, pour s'opposer à l'Occident, elle nous a donné des armes, dont mitraillettes Kalashnikov, tanks T-54, missiles terre-air et chasseurs Mig. En dehors du barrage Aswan, construit en Egypte, y a-t-il d'autres projets sociaux et économiques d'importance qu'elle a réalisés en Afrique ?

Même si ce sont les Japonais qui viennent chez nous pour nous dire de se méfier et de se garder de la Chine, nous les chasserons également, car ils n'ont toujours pas présenté leur excuses et leurs regrets pour l'abominable massacre que leurs prédécesseurs ont perpétré en 1937 à Nanjing (Nankin) qui était alors la capitale chinoise. Au contraire, leurs manuels d'histoire contiennent beaucoup d'erreurs sur cette époque-là et ils ne veulent pas les corriger. En dehors de la voiture Honda, de la télé Sony et de la moto Suzuki qui inondent les marchés africains, y a-t-il autres choses ? La réponse à ces deux dernières questions, c'est non.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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   Posté le 21-01-2010 à 22:49:26   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Source: le Quotidien du Peuple en ligne Mise à jour 20.01.2010 14h46

La Chine ne pratique pas le néocolonialisme en Afrique


Du 11 au 17 janvier, le Ministre chinois du Commerce Chen Deming, à la tête d'une délégation gouvernementale chinoise d'économie et de commerce, a visité trois pays africains, dont l'Ethiopie, le Mozambique et la Tanzanie. A l'issue de sa visite en Afrique, il a bien voulu répondre à des questions concernées posées par des journalistes.



La Chine accorde beaucoup d'importance au développement des industries nationales africaines et fait tout pour l'aider et le soutenir.

Question : On entend parfois dans le monde certains gens qui prétendent que la Chine pratique le néocolonialisme en Afrique en y imposant la domination économique et en s'emparant de ses ressources naturelles. Quelle est votre idée sur cela ?

Chen Deming : Ces dernières années, suite à la croissance de la coopération économique et commerciale entre la Chine et l'Afrique, des gens malveillants hostiles à la Chine se démènent pour essayer de coller une étiquette à la Chine en la qualifiant de néocolonialiste. Ce qu'ils prétendent est complètement illogique et ne répond pas à la réalité.

Tout d'abord sur le plan politique, la Chine et les pays africains se traitent d'égal à égal, respectent mutuellement la souveraineté, n'interviennent pas dans les affaires intérieures et ne recherchent aucunement des privilèges.
Sur le plan économique, depuis de longues années, le gouvernement chinois a toujours accordé à l'Afrique une aide désintéressée et lui procure toute aide et tout soutien qu'elle désire en vue d'améliorer la vie de sa population, d'accélérer la réalisation d'installations d'infrastructure et de créer des conditions favorables au développement économique durable. Par exemple, la Chine a aidé des pays africains à construire plus de 2.200 kilomètres de chemins de fer et près de 3.400 kilomètres de routes. L'aide chinoise n'est pas assortie de conditions politiques et n'exige pas de faveur économique en retour.

Après l'application en Chine de la politique de réforme et d'ouverture sur l'extérieur, les entreprises chinoises occupent petit à petit une position déterminante dans la coopération économique et commerciale sino-africaine.
Ce genre de coopération est de nature différente par rapport à l'aide au développement accordée à l'Afrique par le gouvernement chinois, car elle observe la loi du marché tout en respectant strictement et totalement le principe de l'égalité et des avantages réciproques.

Ceux qui prétendent que la Chine pratique le néocolonialisme exploitent toujours la situation à leur avantage en dénaturant la coopération sino-africaine dans le domaine de l'exploitation des ressources naturelles. Mus par des arrière-pensées malveillantes et des desseins inavoués, ils débitant des accusations calomnieuses et des diffamations mensongères à l'endroit de la Chine. Ils accusent et diffament complètement à tort et à travers et sans aucune raison valable.

Un grand nombre de pays africains possèdent de riches ressources naturelles et ce qui est important pour eux c'est de les exploiter et utiliser rationnellement pour pouvoir accumuler et réunir des fonds nécessaires à leur développement économique.

Dans le passé, l'exploitation de ressources naturelles en Afrique était essentiellement et en grande partie soumise au contrôle monopoliste d'entreprises multinationales occidentales. Aujourd'hui, avec l'entrée en scène d'entreprises chinoises, la réalisation de projets se fait par lancement d'appels d'offres et par concurrence entre les soumissionnaires. Tout se fait dans le respect de la loi que ce soit dans la gestion, dans l'exploitation, dans le versement fiscale ou dans l'embauche de travailleurs, en plus, le monopole une fois brisé, la valeur des ressources augmente et tout cela est de fait irrépréhensible, irréprochable et inattaquable, mais c'est justement ceux dont le cerveau est rempli d'idées colonialistes et qui ont toujours considéré que les ressources africaines leur appartiennent qui crient à l'injustice, qui interdisent aux autres de s'en mêler et qui se permettent de tenir des propos déplacés et de faire des remarques irresponsables.

D'autre part, il est important de faire remarquer que l'exploitation de ressources n'est qu'une partie de la coopération économique et commerciale sino-africaine et que le gouvernement chinois accorde encore plus d'importance au soutien aux pays africains pour les aider à développer leurs industries nationales et au renforcement de leur capacité de développement autonome.
Nous avons mené également une intense coopération avec des pays africains relativement dépourvus de ressources naturelles. On peut citer l'Ethiopie comme exemple, car elle est un pays qui ne possède pas beaucoup de ressources. Les gouvernements des deux pays coopèrent fructueusement et la Chine accorde à l'Ethiopie, comme aux autres pays africains, une aide désintéressée. De leur côté, les entreprises chinoises ont augmenté leur investissement dans ce pays où un parc industriel qui a nécessité un investissement total de plus de 400 millions de dollars US est en cours de construction actuellement. La réalisation de ce projet permettra à l'Ethiopie de développer ses industries nationales de la sidérurgie, des matériaux de construction et de la construction mécanique. Lors d'un entretien avec le Ministre éthiopien des Finances, il m'a dit tout particulièrement que les diffamations calomnieuses contre les entreprises chinoises en les accusant de vouloir accaparer des ressources naturelles sont complètement fausses et ne tiennent pas debout.

A l'heure actuelle, le développement constitue toujours pour l'Afrique son problème le plus urgent et le plus important. A cet effet, le gouvernement chinois est décidé inébranlablement à renforcer la coopération économique et commerciale sino-africaine et à soutenir le développement de l'Afrique et il souhaite agir de concert avec la communauté internationale dans le but d'apporter une contribution réelle et efficace au développement africain.


Il faut matérialiser et concrétiser le plus tôt possible les huit nouvelles mesures de coopération.

Question : En janvier 2009, vous avez déjà effectué une visite en Afrique et en début 2010, vous commencez la nouvelle année en faisant la même chose. Quel est votre principal but dans cela ?


Chen Deming : Le renforcement et le développement de la coopération amicale sino-africaine est une importante position de base de la politique extérieure chinoise et également un point d'appui de travail que nous envisageons en priorité dans nos échanges économiques avec l'extérieur. Et c'est la raison pour laquelle ces deux dernières années, j'ai choisi de visiter l'Afrique dès le début de la nouvelle année.

En novembre dernier, la quatrième réunion ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine, tenue en Egypte, a été un succès et le Premier Ministre Wen Jiabao a annoncé, au nom du gouvernement chinois, huit nouvelles mesures en vue de promouvoir davantage la coopération sino-africaine. Notre présente visite en Afrique a pour but principal de renforcer la communication et la coordination avec les pays africains et d'assurer la concrétisation le plus tôt possible des huit nouvelles mesures.

Premièrement, il nous faut faire le bilan des précieuses expériences acquises dans la pratique ces dernières années et mettre au point par anticipation un nouveau programme ;

Deuxièmement, il nous faut prêter une oreille attentive aux idées et aux avis émis par la partie africaine, ce afin que tous les pays africains puissent en profiter et en bénéficier ;

Troisièmement, nous devons agir en tenant compte des conditions spécifiques et en fonction des réalités locales, il faut que nous soyons pragmatiques dans notre travail dont l'efficacité, la qualité et le critère doivent être assurés tout en évitant absolument de faires des choses à apparences trompeuses ;

Quatrièmement, il faut procéder en même temps aux choses faciles et aux choses difficiles à traiter et lancer le plus tôt possible certains projets qui nécessitent des justifications préliminaires et les études de faisabilité doivent commencer dès maintenant. Parallèlement, lancer sans retard le travail d'exonération de droit de douane et d'exemption de dettes. Nous avons commencé déjà à procéder avec les pays africains les moins développés à l'échange de notes au sujet du problème d'exonération de droit de douane à l'encontre de leurs produits exportés vers la Chine. Nous tâcherons que les mesures d'exonération puissent être appliquées officiellement vers le milieu de cette année, ce afin que les pays concernés puissent en profiter le plus tôt possible.


Nous devons être pleinement confiants dans le développement de la coopération économique et commerciale sino-africaine.


Question : La crise financière internationale a-t-elle compromis et affecté le développement stable de la coopération économique et commerciale sino-africaine. ?

Chen Deming : La crise financière a produit effectivement certains effets négatifs sur la coopération économique et commerciale entre la Chine et l'Afrique : le volume commercial bilatéral se chiffre en 2009 à 91,066 milliards de dollars US, soit une baisse de 15,1%. Mais ce qui est réconfortant, c'est que le commerce sino-africain n'en n'est pas compromis pour autant et qu'il continue sur sa lancée de croissance stable qui demeure inchangée.

Premièrement, la baisse du volume global du commerce sino-africain est due en grande partie à la chute des prix des produits en grande quantité, tandis qu'il n'y a pas eu d'importante réduction dans les quantités du commerce bilatéral ;

Deuxièmement, dans la situation de la diminution importante des investissements transnationaux à travers le monde, les investissements de la Chine en Afrique ont au contraire augmenté dans de fortes proportions, et pour les trois premiers trimestres de l'année 2009, ils se sont accrus de 77,5% par rapport à la même période de l'année précédente.

Troisièmement, dans la situation où la plupart des pays africains rencontrent des difficultés en matière de financement, nous leur avons accordé des prêts préférentiels et le crédit acheteur à l'exportation pour les aider à poursuivre leur construction d'installations d'infrastructure. Les chiffres d'affaires réalisés par les entreprises chinoises qui exécutent des contrats forfaitaires en Afrique ont dépassé les 20 milliards de dollars US, soit une augmentation de 42,3% par rapport à l'année précédente.

Quatrièmement, la partie chinoise a accompli dans les délais la concrétisation des huit mesures fixées et déterminées par le Sommet à Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine, ce qui contribue à la croissance en ampleur de la coopération bilatérale et à l'aide au développement accordée par la Chine à l'Afrique.

Le développement stable de la coopération économique et commerciale sino-africaine joue un rôle positif en soutenant les pays africains dans leur lutte contre la crise financière internationale.

Avec le redressement de l'économie mondiale et suite à la concrétisation des huit nouvelles mesures à l'égard de l'Afrique prescrites par la quatrième réunion ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine, nous sommes pleins de confiance quant à la perspective d'avenir de la coopération économique et commerciale sino-africaine durant toute l'année 2009 et même quant à son développement dans les années à venir.

Les entreprises chinoises continuent à augmenter leurs investissements en Afrique.

Question : les pays africains adoptent en général une attitude favorable quant aux investissements en Afrique des entreprises chinoises. Dans ce cas-là, comment la Chine va-t-elle procéder pour accroître ses investissements sur le territoire africain ?


Chen Deming , les investissements chinois en Afrique ont augmenté rapidement. En 2001, par exemple, nous avons investi seulement 50 millions de dollars US dans ce continent et huit ans plus tard, c'est-à-dire en 2009, les sommes réellement investies ont dépassé un milliard de dollars US. Toutefois, vu de l'ampleur d'ensemble, il existe toujours un grand espace de développement pour cela.

Faisant partie des huit mesures fixées par le Sommet à Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine, la Chine a réalisé à l'extérieur du pays six zones de coopération économique et commerciale dans cinq pays africains dont la Zambie, le Nigéria et l'Ethiopie. Ces zones de coopération économique et commerciale s'inspireront des expériences acquises par la Chine dans ses propres zones d'exploitation en introduisant collectivement les investissements d'entreprises chinoises, en formant des chaînes de production industrielle et en contribuant à la transformation en profondeur des ressources naturelles locales et au développement de l'industrie manufacturière locale

D'autre part, la Chine a établi spécialement le Fonds au développement sino-africain, lequel a pour tâche de soutenir les entreprises chinoises qui désirent investir dans des pays africains en participant à leurs projets et jusqu'à ce jour, il a déjà investi environ 540 millions de dollars US pour aider à la réalisation de vingt sept projets et il est prévu que son geste poussera des entreprises chinoises à investir près de 3,6 milliards de dollars US en Afrique. En tant qu'une des nouvelles mesures déterminées par la quatrième réunion ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine, nous envisageons d'accroître l'ampleur des Fonds au développement sino-africain jusqu'à la hauteur de trois milliards de dollars US.

Parallèlement, nous prévoyons de renforcer en envergure notre soutien et notre orientation à l'encontre des entreprises chinoises quant à leur acte d'investissement tout en les incitant à s'acquitter effectivement et sérieusement leur responsabilité sociale, à prendre en considération la protection de l'environnement, à entreprendre l'exploitation autochtone, à créer encore plus d'emplois à l'intention des populations locales, à participer activement aux œuvres de bienfaisance et d'intérêt public et à apporter une plus grande contribution au développement économique et social de l'Afrique.

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   Posté le 08-01-2011 à 20:36:48   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

AfrikECO.com publie un article sur les relations économiques Chine-Afrique, sous le titre : Chine-Afrique : l’économie au beau fixe en 2010.

Les échanges commerciaux ont progressé de 43,5% de 2009 à 2010, atteignant 87,7 milliards d’euros, faisant de la Chine le premier partenaire commercial de l’Afrique.
Selon Radio Chine internationale, aider « l’Afrique à résoudre ses problèmes de sécurité alimentaire est l’objectif fondamental de (la) coopération agricole » .
Le Figaro cite un rapport du FMI selon lequel : « L’exposition grandissante de la région à la demande asiatique a certainement contribué à atténuer l’impact de la crise financière mondiale et aidera à maintenir la croissance de certains pays sub-sahariens » .

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   Posté le 07-06-2011 à 22:48:24   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le Monde du 06 juin publie un article sur les rapports économiques entre l’Afrique et les pays émergents, dont la Chine.
On lira également « L'Afrique s'extrait du post-colonialisme », sur le site Perspectives Economiques en Afrique .



Les émergents créent de l'espace politique pour l'Afrique


LEMONDE.FR | 06.06.11

Le terme d'"aide crapuleuse" ( rogue aid , en anglais) est aujourd'hui clairement inadéquat pour caractériser la coopération des nouveaux partenaires, en particulier la Chine, avec les pays pauvres d'Afrique.
Ce concept apparu dans le prestigieux magazine américain Foreign Policy au début 2007 véhicule plusieurs idées reçues sur l'impact de cette aide d'un type nouveau : détérioration des normes de gouvernance en Afrique, ré-endettement, désindustrialisation, acculement à la production de produits de base non transformés, etc. Ce faisant, le concept est triplement inadéquat : non seulement ce qu'offrent ces nouveaux partenaires n'est pas vraiment de "l'aide", mais de surcroît ils ne se conduisent pas en "crapules", pas plus qu'ils ne sont perçus comme tels par les africains eux-mêmes.

Il n'est plus besoin de rappeler l'importance des pays émergents pour l'Afrique. Sur la base des données les plus récentes, l'édition 2011 des Perspectives économiques en Afrique montre comment, en l'espace d'une seule décennie, ces pays sont passés d'une relative marginalité au premier rang des partenaires commerciaux de l'Afrique. Les Perspectives définissent ces nouveaux partenaires comme les pays qui n'étaient pas membres du club de donateurs occidentaux – c'est-à-dire Comité d'aide au développent de l'OCDE – à l'orée du millénaire. En tête de peloton se trouvent la Chine, l'Inde, le Brésil, la Corée et la Turquie, non seulement par le volume de leurs relations économiques avec les pays africains, mais aussi par la diversité des pays et de secteurs dans lesquels ils interviennent sur le continent.

Quels partenaires économiques aident le plus efficacement les pays africains dans la réalisation de leurs objectifs de développement ? Les nouveaux partenaires sont perçus, sur place, comme plus efficaces que les partenaires traditionnels ou les institutions multilatérales dans les domaines de l'infrastructure, y compris l'eau, le transport et l'énergie, et de l'innovation. Ces résultats sont d'autant plus frappants quand on considère les efforts des donateurs traditionnels dans ces domaines.

La coopération économique entre l'Afrique et ses partenaires émergents représente bien plus que la "Chinafrique", elle dépasse le cadre des échanges commerciaux, et de plus en plus celui de l'extraction des matières premières. Les partenaires émergents offrent des financements plus souples, une expertise, de la technologie et de la formation plus appropriées, des infrastructures abordables et livrées rapidement, des médicaments génériques, des machines et des biens de consommation adaptés.

De manière encore plus cruciale, les gouvernements africains ont vu s'élargir leur "espace de politiques" ( policy space , en anglais), terme jargonneux qui signifie qu'ils ont accru leur capacité à prendre les décisions nécessaires pour poursuivre leurs propres objectifs de développement et non plus ceux de leurs donateurs, mettant fin à des décennies de dépendance quasi-unilatérale à l'égard des bailleurs occidentaux. Et comme l'Afrique est un continent sujet aux chocs, il est plus prudent pour elle de dépendre d'un nombre plus large de partenaires et de clients.

Il n'y a pas que la "Chinafrique". Le commerce entre les pays africains et leurs partenaires émergents a progressé à une vitesse prodigieuse au cours de la dernière décennie. La part du commerce de l'Afrique avec les partenaires émergents a doublé pour atteindre près de 40 %. La part des émergents dans le commerce africain est maintenant comparable à celle de l'Union européenne alors qu'elle ne représentait que la moitié de celle-ci au début de la décennie. En 2009, la Chine a remplacé les Etats-Unis comme premier partenaire commercial de l'Afrique.

Alors, l'Afrique est-elle en train de passer d'une dépendance, post-coloniale, à une autre, envers la Chine ? Les tendances récentes sont bien plus prometteuses : l'Afrique a désormais le choix dans ses partenariats. Ainsi, la Chine n'a pas remplacé l'Occident comme partenaire exclusif. En fait, lorsqu'on fait abstraction de cette dernière, on se rend compte que tous les autres partenaires émergents pris ensemble représentent plus d'une fois et demi le commerce de l'Afrique avec la Chine.

Et cela va bien au delà du commerce. Les nouveaux partenaires offrent de nouveaux mécanismes de financement. La Chine, l'Inde et le Brésil en particulier offrent des modalités alternatives de financement du développement. Ces nouveaux acteurs brouillent les frontières traditionnelles entre investissement et aide publique au développement ; entre commerce et aide ; et entre l'action du secteur public et celle du privé. L'aide n'est qu'un outil parmi d'autres dans la boîte à outils de leur coopération économique. Ceci reflète une différence marquante entre la philosophie de coopération des bailleurs traditionnels et celle des nouveaux partenaires. La "charité" à l'occidentale met l'accent sur l'"aide" qui cherche à réduire la pauvreté. Le modèle "asiatique", en revanche, met l'accent sur le potentiel du partenaire et cherche à développer des bénéfices mutuels. En fait, cette dernière approche est comparable à celle du Japon jadis dans sa coopération avec la Chine.

Et il est n'est pas question que d'approvisionnement en matières premières. Beaucoup seraient surpris d'apprendre que la croissance du commerce africain n'est pas seulement basée sur les ressources naturelles. Les produits manufacturés constituent en fait une part croissante des importations des pays émergents en provenance d'Afrique, tandis que la part de ces produits dans les importations des partenaires traditionnels de l'Afrique est en baisse. De même, les flux d'investissement direct étranger en provenance des nouveaux partenaires sont en réalité moins concentrés dans les pays africains exportateurs de pétrole que ceux des pays de l'OCDE.

Bien entendu, ces nouveaux partenariats n'en présentent pas moins des défis importants pour les pays africains. Les autorités africaines doivent s'assurer qu'elles obtiennent pour leur pays une répartition juste des bénéfices économiques mutuels découlant de ces nouveaux partenariats ; que ceux-ci sont partagés de manière équitable à travers la société ; et que la concurrence joue en faveur des pays africains plutôt que les dresser les uns contre les autres.

On ne peut pas attendre d'un petit pays d'Afrique qu'il mène seul une négociation d'égal à égal avec un grand pays émergent. Mais grâce à l'amélioration des infrastructures transfrontalières, les pays africains peuvent aujourd'hui approfondir significativement la coopération régionale et l'intégration économique qui représente le moteur du développement durable à venir. Une plus grande transparence de la part des partenaires émergents de l'Afrique permettrait de dissiper les mythes que certains africains et de trop nombreux bailleurs dans les capitales occidentales entretiennent à leur sujet.

Helmut Reisen, directeur de recherche au Centre de développement de l'OCDE et Jean-Philippe Stijns, économiste


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   Posté le 11-08-2011 à 22:43:37   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le Quotidien du Peuple publie un article sur l’attitude de la Chine en Afrique :


L'aide chinoise est accompagnée de respect et d'amitié pour les peuples africains




Quand l'occident met l'accent sur le développement des « projets software » , la Chine a investi davantage dans la construction de ponts et chaussées, « projets hardware » dont les habitants locaux peuvent directement bénéficier. Quand l'occident utilise des termes passifs tels que des « guerres civiles » , la « pauvreté » , les « maladies » , la « corruption » et le « sous-développement » pour décrire l'Afrique, la Chine utilise des termes actifs comme la « coexistence » , le « développement commun » , les « bénéfices mutuels » , l' « amitié » , la « sincérité » et le « respect mutuel » pour décrire les relations sino-africaines.

Aujourd'hui, la Chine a aidé à construire en Afrique quelque 2 000 km de chemins de fer, plus de 3 000 km de routes, plus de 100 écoles et 60 hôpitaux. Pour la dette africaine, la Chine a fait une remise de plus de 20 milliards de yuans.

L'aide chinoise ne présente aucune condition additionnelle. La Chine ne s'ingère pas dans les affaires intérieures des pays africains et met l'accent sur l'aide bilatérale, non sur l'aide multilatérale. Bien que l'aide chinoise en Afrique gagne toujours en ampleur, la Chine ne s'est jamais prétendue, ni ne se prétend «pays donateurs” . Elle considère toujours que son aide en Afrique est une sorte d'entraide parmi les pays en voie de développement et fait partie de la coopération sud sud. La Chine respecte toujours le choix fait par l'Afrique dans sa voie de développement. Elle n'a jamais cherché à exporter sa conception de valeur et son mode de développement vers les pays africains.

La confiance de la Chine dans l'Afrique provient de son point de vue toujours positif sur le continent africain. Le professeur Kenneth King, ancien directeur du Centre d'étude africaine d'University of Edinburgh de la Grande-Bretagne, a indiqué que les pays donateurs de l'occident ont souvent considéré l'Afrique comme le continent le plus pauvre du monde. Mais dans le livre blanc de la Chine sur ses politiques africaines, on n'y a trouvé aucun mot de «pauvreté” . Le livre mentionne plusieurs fois la coopération économique.

Certains médias et politiciens occidentaux ont prétendu que la Chine pratiquait un « néo-colonialisme » en Afrique. Ils s'inquiètent que l'amélioration des relations entre la Chine et l'Afrique constitue un défi pour les intérêts de l'occident en Afrique et que la coopération sino-africaine dans les affaires mondiales devienne un défi pour l'actuel ordre économique et politique mondial dominé par l'occident.

Au cours de sa visite en Zambie en juin de cette année, la Secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a dit que les pays africains devraient faire attention au «néo-colonialisme” , quand ils ont affaire à la Chine, ajoutant que dans son investissement et son octroi d'aide à l'Afrique, elle ne tient pas toujours compte des intérêts des peuples africains.

En ripostant à ce qu'a dit la Secrétaire d'Etat américaine, le Président de la Zambie , Rupiah Banda, a dit au cours d'une conférence de presse tenue le même jour qu' avant la proclamation de son indépendance, la Zambie a déjà établi des relations étroites avec la Chine. Que ce soit pendant la période de lutte pour la conquête de l'indépendance ou après l'indépendance, la Zambie et la Chine s'accordent soutien et aide. Surtout pendant la crise financière internationale, la Zambie a bénéficié de l'aide chinoise. Même à ce moment-là, la Chine a manifesté son intérêt pour les produits zambiens. Ainsi, la Zambie a pu vite sortir de la crise financière internationale, a dit le Président zambien.

Dans un article d'un hebdomadaire économique allemand, il se trouve un passage suivant : Avec l'aide chinoise, "l'économie africaine a connu une croissance de plus de 5% en 2005 et le taux d'inflation a baissé au niveau le plus bas depuis 25 ans. Dans l'histoire africaine, les capitaux introduits sous forme d'investissement économique ont dépassé pour la première fois les capitaux absorbés sous forme d'aide....Pour la première fois dans son histoire, l'Afrique est devenue le maître de son sort. Ce sont les Chinois qui ont créé une telle excellente occasion pour ce continent ”.

(L'auteur est le directeur de l'Institut des Etudes africaines rattaché à l'Académie des Sciences sociales de Chine)




Source: le Quotidien du Peuple en ligne le 8/8/11

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   Posté le 12-08-2011 à 05:52:48   Voir le profil de zorba (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à zorba   

Je crois que c'était également la politique de l'URSS, au moins jusqu'à Brejnev. Après, n'en parlons plus.
Les résultats ont-ils été à la hauteur des espérances? Pas sur.
Cuba, avec ses petits moyens humains et matériels, me semble un bon exemple de l'intervention socialiste, des militaires pour soutenir des guerres de libération, comme en Angola, des médecins pour les hôpitaux par exemple en Haiti et des enseignants pour instruire et donner les vrais moyens de libération aux peuples dominés par l'exploitation capitaliste.
Ce qui n'a rien à voir avec les ONG soutenues par les américains, leurs églises et sectes racistes réunies.

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   Posté le 16-10-2011 à 00:11:25   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

EXEMPLE DE LA COOPERATION CHINOISE EN AFRIQUE :


Le cas du Cameroun
Voici la Liste des 10 plus importants contrats signés entre le Cameroun et la Chine
Contre l’exploitation d’une mine de cobalte pendant 30 ans, les Chinois vont construire au Cameroun dès Janvier 2012 :

1- Usine de Production de voitures à Kribi
2- usine de production de camions à Bamenda
3- Chantier Naval à Kribi pour produire des bateaux Porte-conteneurs
4- Autoroute triangulaire à 6 voies reliant : Douala-Yaounde-Bamenda-Douala.
5- Train de Kribi à Djamena et à Brazzaville
6- Train Douala à Nyala (au Soudan) en traversant 5 pays.
7- Transformation au Cameroun de la mine de Bauxite de Fongo-Tongo en Alumine
8- Constructions des égouts dans les principales villes
9- Dotation d’un Hopital Général dans chaque chef Lieu de Région
10- Construction des maisons populaires dans chaque grande ville

Monsieur Biya lors du Congrès du RDPC a parlé de passer des Grandes Ambitions aux Grandes réalisations et surtout, de faire du Cameroun un pays émergent.

N.B : de ces contrats sont exclus les nouveaux sur les découvertes de 7 importants puits de pétrole au Nord Cameroun où l’exploitation se fera 50%-50% entre les 2 pays.
Pour comparaison, le Tchad n’a que 8% de son propre pétrole dans l’accord avec les sociétés occidentales.

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   Posté le 16-10-2011 à 11:47:20   Voir le profil de zorba (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à zorba   

Le Cameroun risque de devenir une cible pour l'impérialisme, qui va bien trouver un prétexte droits de l'hommiste à la BHL pour tout casser. Comme c'est bien malheureusement le cas en Lybie.

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   Posté le 16-10-2011 à 18:20:53   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

En fait, c'est tout le continent africain qui constitue une cible.
L'émergence de ce continent est un obstacle aux visées impérialistes, sinon on ne comprendrait pas pourquoi ces puissances se sont toujours opposées à y développer des infrastructures, sauf celles destinées uniquement à pomper les ressources naturelles.

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   Posté le 27-10-2011 à 19:39:44   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le Quotidien du Peuple publie un article rédigé par un écrivain américain sur l'attitude des médias occidentaux envers la Chine, sa politique et son comportement en Afrique :




Quand l'Occident tirera t-il enfin les leçons de l'histoire ?


Les salves du réseau de médias d'Etat britannique BBC contre la Chine s'intensifient à nouveau. Mais la BBC n'est pas la seule à réagir aussi abruptement, ce qui a conduit de nombreuses personnes à se demander pourquoi certains médias occidentaux passent leur temps à diaboliser la Chine et son rôle en Afrique.

Il semble qu'il y ait plusieurs raisons à cela.

D'abord, le niveau de la brutalité infligée aux peuples africains par les pays européens et les Etats-Unis les contraint à se serrer les coudes entre coupables.

Lors des deux derniers siècles, les puissances européennes ont commis des crimes odieux en Afrique. Cela va du massacre de plus de 7 millions de Congolais par les Belges durant le règne du Roi Léopold II au génocide perpétré par les Allemands dans ce qui est aujourd'hui la Namibie, les massacres opérés par les Britanniques en Afrique de l'Est et du Sud, et les crimes contre l'humanité des Italiens en Ethiopie. En fait, aucun pays d'Afrique n'a pu éviter d'être écrasé sous la botte des colonialistes européens, et les peuples de chaque pays ont dû endurer leur cruauté, leurs humiliations, l'esclavage et parfois même l'extermination.

La Chine, elle, est venue en Afrique en amie. Cela a contraint l'Occident, conscient de ses crimes, à réagir, parce qu'il sait qu'à présent, il pourrait « perdre » l'Afrique. Diaboliser la Chine est à présent l'objectif principal de la propagande occidentale. L'Occident vante son propre système politico-économique comme étant le seul possible dans le monde.

La Chine, elle, est un pays socialiste, bien qu'étant une économie de marché. Elle ne copie pas le modèle de développement occidental. Ce que font les médias occidentaux reflète combien les pays occidentaux sont peu désireux de partager leurs profits avec des nations non occidentales.

A chaque fois que la Chine tend une main secourable, et c'est bien sûr le cas en Afrique, les médias et les gouvernements occidentaux l'accusent de suivre ses propres intérêts, exploitant les riches ressources naturelles du continent et « travaillant avec des dictateurs locaux » .

Aux yeux des médias ocidentaux, rien de ce que fait la Chine n'est bien. Quand la Chine veut construire une voie ferrée, « on l'accuse de vouloir piller les ressources naturelles » . La même accusation se fait jour quand elle construit aussi des routes, d'ailleurs. Et quand elle veut construire des bâtiments pour les Etats, la propagande occidentale commence à raconter des histoires, disant qu'elle « corrompt les gouvernements locaux » .

En revanche, quand la Chine offre son aide pour des raisons indiscutablement charitables et humanitaires, comme pour combattre le paludisme en Afrique de l'Est, les médias occidentaux se taisent brusquement. En fait, de nombreux propagandistes anti-chinois dans les pays pauvres et en développement sont stipendiés par l'Occident. Des membres du monde universitaire et des médias qui suivent des « formations » fréquentes sont emmenés vers le Royaume-Uni et les Etats-Unis, où ils sont grassement payés à la journée –en bref, ils sont chouchoutés. Dans des pays où de nombreux journalistes vivent avec 100 Dollars US, ou moins, par mois, un voyage en Europe ou aux Etats-Unis pourrait permettre une amélioration du niveau de vie pendant plusieurs années.

La plupart des ONG du monde en développement (et cela inclut l'Afrique et l'Asie du Sud-Est) sont supposées être opposées à la Chine ou tout au moins ne souhaitant pas suivre l'exemple de la Chine ou discuter du succès du « modèle chinois » de développement économique.

« Ecrivez un seul paragraphe critiquant le Dalai-Lama et vous vous retrouvez dehors et sans financement » , m'a récemment dit un membre d'une ONG malaise. Et c'est la même chose en Afrique.

En fait, l'Occident est parfaitement conscient des bonnes intentions de la Chine. La Chine est « dangereuse » parce qu'elle est différente et qu'elle ne fait pas ce que les puissances occidentales ont fait en Afrique.

Les Africains sont troublés. J'ai parlé avec de nombreux Africains travaillant sur des projets chinois au
Kenya et ailleurs, qui m'ont dit être reconnaissants envers les Chinois. Nombre d'entre eux ont même dit que c'était la première fois qu'ils étéient traités comme des êtres humains par des étrangers. Mais dans le même temps, les habitants locaux pouvaient lire dans leurs propres médias (qui pour la plupart d'entre eux ne font rien d'autre que relayer la propagande occidentale) des articles ne cessant de critiquer la Chine.

Les médias occidentaux, adroits comme ils sont, savent taper là où ça fait mal. Ils ont perfectionné leurs capacités depuis de longues années, et ils sont particulièrement efficaces en Afrique, sur laquelle l'Occident a régné pendant des siècles. Les Européens connaissent bien la mentalité des Africains et comment la manipuler.

Pour l'Occident, attaquer la Chine sur des sujets concernant l'Afrique n'est rien moins qu'une lutte pour la survie –ou, plus exactement, pour la survie de son ordre mondial et de son contrôle colonial sur le continent.

Puisque l'Occident défend son contrôle sur les vies des peuples d'Afrique et le pillage de leurs ressources, la Chine n'a plus aucune raison de prendre des gants. Elle doit parler avec plus de force et de clarté, au nom de son propre peuple et au nom de ceux qui de par le monde n'ont pas eu le droit à la parole pendant des siècles. Et elle devrait commencer à poser certaines questions inconfortables à l'Occident.

L'auteur est un écrivain américain, auteur de documentaires et journaliste d'investigation.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne - Mise à jour 27.10.2011


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   Posté le 09-12-2011 à 19:27:03   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Vendredi 9 décembre 2011

La Chine réfute les accusations de "pillage de terres" en Afrique

Copyright © Chine Nouvelle (Xinhua) -
Gu Manxi, le 08-12-2011 13:11


La Chine a réfuté jeudi les accusations selon lesquelles elle aurait acheté des terres en Afrique, appelant à faire plutôt des efforts "concrets" pour aider au développement agricole sur le continent africain d'une manière durable.

"La Chine cherche toujours l'autosuffisance alimentaire grâce à sa propre production domestique" , a rappelé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hong Lei, lors d'un point de presse journalier.

Plutôt que de s'approprier des terres en Afrique, la Chine a apporté autant d'assistance technique que possible afin d'aider à y développer l'agriculture et à renforcer la capacité du continent à utiliser ses ressources naturelles et faire face à des enjeux tels que le changement climatique et la sécurité alimentaire, a poursuivi le porte-parole.

"Ces efforts ont été bien accueillis par les nations africaines" , a-t-il ajouté.

En réponse à une question portant sur la néo-colonialisme, Hong Lei a souligné que "le néo-colonialisme existe en effet en Afrique, mais absolument pas du fait de la Chine" , sans indiquer à quels pays il faisait référence.

"Les pays africains ont atteint un vaste consensus à propos de cette question" , a fait remarquer Hong Lei, citant le président sud-africain Jacob Zuma, qui a qualifié de "mensongères" les accusations de néo-colonialisme en Afrique contre la Chine.

"En tant que partenaire stratégique important, la Chine a apporté une grande contribution au développement économique et à l'amélioration des conditions de vie des habitants en Afrique du Sud" , a rappelé le porte-parole.

Il a cité en outre la coopération à petite envergure entre les entreprises chinoises et leurs partenaires Africains, à travers des modèles de commerce courants dans le monde, et qui vendent leurs production pour répondre à la demande locale.

Cette année, la Chine a fait don de 443,2 milliards de yuans (44 milliards d'euros) en céréales et en fonds aux pays de la Corne africaine souffrant de la famine, soit le don le plus important fait par la Chine depuis 1949.

"L'Afrique est victime du néo-colonialisme agricole" , a estimé le porte-parole, ajoutant que c'est une obligation commune pour la communauté internationale de promouvoir le développement durable du secteur agricole en Afrique.

Hong Lei a également demandé aux pays "qui possèdent de vastes terres" d' "écouter la voix de l'Afrique et de prendre des mesures concrètes" afin de contribuer à la sécurité alimentaire à long terme sur le continent africain.


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   Posté le 19-07-2012 à 13:45:57   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le Quotidien du Peuple en ligne renouvelle la position de la Chine sur ses relations commerciales avec l'Afrique.
Sans les citer l'article vise les critiques de médias impérialistes occidentaux qui accusent la Chine de pratiquer le néo colonialisme parce qu'ils considèrent l'Afrique comme une chasse gardée.
Cependant la présence française en Afrique n'y a jamais développé d'infrastructures ni permis le moindre décollage économique.
D'autre part la Chine n'impose aucune condition politique dans ses relations commerciales tandis que les puissances impérialistes essaient d'acheter et de placer des alliés dans les anciennes colonies.
Lorsque ce n'est pas possible les pays impérialistes pratiquent l'ingérence et la subversion, voire la guerre civile ou même l'intervention directe, afin de chasser les gouvernements qui constituent des obstacles et qui sont alors qualifiés de dictatures sanguinaires.




Un autre article paru la veille rapporte la volonté du ministre du commerce Chen de poursuivre la coopération sino-africaine, pour "résoudre les "douleurs de développement" partagées et faire face aux défis extérieurs" .
L'article indique que la Chine est le plus grand partenaire commercial de l'Afrique "avec un volume des échanges totalisant 166,3 milliards de dollars en 2011, en hausse de 83% en deux ans" , tandis que les IDE chinois en Afrique "ont dépassé 14,7 milliards de dollars fin 2011, en hausse de 60% par rapport à 2009" .
"La 5e Conférence ministérielle du Forum sur la coopération Chine-Afrique se tiendra à Beijing les 19 et 20 juillet" et la Chine annoncera de nouvelles mesures pour approfondir la coopération.

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Le concept de "néo-colonialisme" ne peut aucunement s'appliquer à la coopération sino-africaine


Bien avant leur venue à Beijing pour une conférence biennale sur la coopération jeudi, les ministres africains des Affaires étrangères ont été mis en garde contre le "néo-colonialisme" qui guetterait l'Afrique à l'heure où le continent renforce ses relations avec la Chine.

La coopération sino-africaine s'est fortement développée ces dernières années, ce qui a beaucoup attiré l'attention des médias du monde entier, qui, le plus souvent, rendent compte de cette évolution avec objectivité.

Un petit nombre de détracteurs, cependant, font entendre des voix discordantes, mettant en garde contre un soi-disant "néo-colonialisme" qui menacerait le continent africain, et s'attaquant ainsi de manière voilée aux efforts que déploie Beijing pour resserrer ses liens avec l'Afrique.

Le bilan de plus d'une décennie de coopération bilatérale viendrait facilement discréditer un tel point de vue, qui est partial et mal fondé.

Les relations entre la Chine et l'Afrique, de part leur nature, sont fondées sur l'égalité et sur les bénéfices mutuels destinés à assurer la prospérité de 2,3 milliards de personnes, plutôt que sur une "aide" unilatérale, comme l'ont suggéré certaines critiques superficielles.

En 2011, le volume des échanges commerciaux entre l'Afrique et la Chine a fortement progressé, atteignant 166,3 milliards de dollars, et les exportations africaines vers la Chine ont dépassé 93 milliards de dollars, ce qui représente une hausse considérable.

Si l'on observe les bienfaits pour la Chine, on peut noter que les exportations africaines de pétrole brut, de minéraux, d'acier et de produits agricoles permettent d'augmenter le niveau de vie de la population chinoise, et que dans le même temps, le continent africain est un marché indispensable et doté d'un grand potentiel pour les produits chinois.

Si l'on regarde maintenant les bénéfices pour l'Afrique, on constate que la Chine fournit au continent des produits et des technologies dont il a grandement besoin, et que parallèlement, elle offre un vaste marché pour l'écoulement des produits d'export africains.

Qui plus est, Beijing cherche à aider l'Afrique à renforcer ses capacités productives en oeuvrant à l'amélioration des infrastructures et au renforcement du secteur manufacturier du continent, tout en excluant toute "pratique de spoliation des ressources".

A titre d'exemple, on peut citer les prêts consentis par la Banque d'import-export de Chine. La plupart des quelque 500 projets qu'elle a financés visent à contribuer à la construction d'infrastructures locales, telles que des usines de traitement de l'eau, des systèmes d'irrigation, ou encore des écoles.

Ces pratiques sont la concrétisation de la volonté de la Chine de mettre en place une coopération "gagnant-gagnant" avec l'Afrique.

La 5e Conférence ministérielle du Forum sur la Coopération Chine-Afrique (FCCA) qui débutera jeudi doit permettre aux représentants d'élaborer un plan d'ensemble pour orienter la coopération sur les trois prochaines années.

Les faits sont plus convaincants que les discours. On ne peut que conseiller à ceux qui offrent une vision déformée des relations sino-africaines, ou qui font preuve de méfiance à l'égard de l'action de la Chine, de jeter un oeil sur l'histoire de la coopération entre la Chine et l'Afrique pour se faire un jugement objectif.


Source: xinhua le 19.07.2012

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Un troisième article enfonce le clou à quelques heurs d'intervalle, en citant un article de Sehlare Makgetlaneng :

L'Afrique est a même de choisir ses propres amis


L'importance primordiale pour les entreprises chinoises en Afrique est la manière dont elles opèrent et aussi les politiques qu'elles adoptent dans les pays africains. Ont-elles des politiques d'investissement progressives ? Investissent-elles dans la création d'emplois ? Leurs politiques d'investissement et salaires sont-ils meilleurs que ceux offerts par des sociétés occidentales ? En d'autres termes, nous devrions juger les entreprises chinoises sur la base des avantages matériels qu'elles proposent aux populations locales dans les pays où elles opèrent et la manière dont elles contribuent à la croissance économique, le développement et le progrès des pays africains.

En construisant et en réhabilitant les routes, les infrastructures, les hôpitaux, les cliniques et les systèmes de télécommunication, les entreprises chinoises ont créé des richesses et des emplois pour les populations locales et stimuler les économies nationales et l'amélioration de l'environnement national pour le développement et le progrès des pays africains. Elles ont également contribué à l'intégration des marchés que l'Afrique a acquis lors de leur rôle sur le plan socio-économique.

La Chine, grâce à ses investissements et a ses relations financières et commerciales avec l'Afrique, a également fourni aux pays africains un effet de levier pour négocier de meilleurs investissement et accords commerciaux avec des sociétés occidentales. Grâce aux relations sino-africaines, les sociétés et les gouvernements occidentaux font face à une concurrence accrue. Cela offre aux pays africains une plus grande marge de manœuvre dans leurs relations avec l'Occident. Ils ont maintenant une alternative solide pour accepter le dictat des institutions financières internationales. La Chine est l'allié de l'Afrique dans la promotion d'un système mondial dans lequel les intérêts de l'Afrique ne sont plus pris pour acquis .

Les entreprises chinoises fabriquent des produits disponibles pour les Africains à des prix qui restent relativement bas par rapport aux entreprises nationales et de l'Ouest. Alors que ces entreprises se tournent principalement vers les classes moyennes et supérieures, les entreprises chinoises rendentles produits accesibles à la classe ouvrière et aux plus pauvres. Est-il vrai que cela va contre un futur du développement de l'industrie textile des pays africains ? Est-ce immoral pour les Africains qui sont pauvres d'améliorer leurs conditions matérielles en achetant des biens relativement moins chers ?

La gestion rigoureuse de la Chine quant à l'immigration clandestine ne nuira pas à ses liens avec l'Afrique. Mais la Chine a besoin d'avoir des mesures de politique favorables à une amélioration qualitative dans les relations entre Chinois et Africains. Elle doit faire face à des revendications légitimes des Africains, de leur traitement par les autorités et citoyens chinois. La mise en œuvre de ces mesures permettra à la Chine afin de minimiser l'impact négatif des immigrés clandestins sur ses liens avec l'Afrique.

Le commerce de la Chine avec l'Afrique, se caractérisant par des produits manufacturés en provenance de Chine vers l'Afrique et des matières premières en l'Afrique vers la Chine, n'est pas du néo-colonialisme. Au lieu de cela, cela reflète un niveau de développement du secteur manufacturier en Afrique. La plupart des pays africains ne bénéficient pas d'une fabrication sérieuse dans ce secteur. Il n'existe aucune preuve montrant que la Chine dans son investissement, ses relations financières et commerciales avec l'Afrique cherche à restreindre le développement et le progrès du secteur de la fabrication du continent.

L'Occident traitant les relations de la Chine avec l'Afrique de néo-colonialisme, au contraire découle de sa propre politique envers l'Afrique, qui résulte de la crainte d'un préjudice de ses intérêts stratégiques suite aux changements structurels dans les pays africains et la présence croissante de la Chine sur le continent. Camouflant l'importance de ces intérêts stratégiques, sous prétexte de préoccupations concernant la sécurité de l'Afrique et le développement et le sort des pauvres. Avec cette perspective, les Africains ne sont pas capables de décider pour eux-mêmes qui sont leurs amis et qui sont leurs ennemis.

En affirmant que la Chine est une nouvelle puissance coloniale en Afrique, l'Occident s'est positionnée en tant que gardien autoproclamé du continent et met en garde l'Afrique de ne pas devenir une extension de la Chine. Qui est hypocrite, cela venant justement des pays qui ont colonisé et exploité l'Afrique dans le passé. L'indépendance de leurs anciennes colonies n'ayant pas mis fin à leur coopération économique, financière, commerciale et de la domination technologique à l'ère post-coloniale, ils ont peur que les relations amicales de la Chine avec l'Afrique constituent une menace pour leurs intérêts.

L'Occident dans ses liens avec l'Afrique a assumé le rôle de gendarme et a également assumé la paternité des Africains soutenant les principes directeurs de sa politique de domination par le biais de «diviser pour mieux régner». Pour devenir dans le processus, la police, le juge, le jury et bourreau des Africains qui dans la théorie et la pratique a engagé une transformation structurelle de leur continent. A tant insister pour jouer le rôle de gendarme du monde, l'Occident ne respectera pas le droit des pays africains à l'autodétermination nationale et à la libre circulation, l'exercice indépendant de leur souveraineté et de leur politique étrangère.

Le rapprochement des relations sino-africaines constitue une occasion historique pour l'Afrique. Il est de la responsabilité des Africains de s'assurer qu'elles contribuent au progrès politique de leur continent vers l'indépendance économique.

L'auteur Sehlare Makgetlaneng est spécialiste et responsable de la recherche et directeur de la gouvernance et du programme de sécurité à Africa Institute of South Africa à Pretoria, en Afrique du Sud .


Source: le Quotidien du Peuple en ligne

NB : Sehlare Makgetlaneng a publié entre autres THE EXTERNAL EXPANSION FACTOR OF SOUTH AFRICA: THE THEORETICAL POSITION OF WHITE INTELECTUALS THAT SOUTH AFRICA IS ADVANCED CAPITALIST COUNTRY où il rejette l'accusation d'impérialisme portée sur l'Afrique du Sud formulée par certains intellectuels et le South African Communist Party. On trouve plusieurs de ses articles sur pambazuka.

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   Posté le 19-07-2012 à 19:27:20   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

FCSA : Le président chinois propose des mesures dans cinq domaines prioritaires pour promouvoir les relations sino-africaines




Le président chinois Hu Jintao a proposé jeudi, lors de la cérémonie d'ouverture de la cinquième Conférence ministérielle du Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA), des mesures dans cinq domaines prioritaires pour promouvoir les relations sino-africaines.

"Dans les trois ans à venir, le gouvernement chinois prendra des mesures dans les cinq domaines prioritaires suivants pour soutenir la cause de la paix et du développement en Afrique et faire progresser le nouveau partenariat stratégique sino-africain" , a annoncé M. Hu durant la cérémonie.

Premièrement, la partie chinoise élargira la coopération en matière d'investissement et de financement afin d'appuyer le développement durable en Afrique. La Chine mettra à la disposition des pays africains une ligne de crédit de 20 milliards de dollars destinée en priorité à promouvoir le développement des infrastructures, de l'agriculture, de l'industrie manufacturière et des PME en Afrique, a déclaré le président.

Deuxièmement, la Chine continuera à accroître l'aide à l'Afrique pour que les fruits du développement bénéficient aux peuples africains.

Le pays augmentera le nombre de centres-pilotes agricoles en Afrique pour aider les pays africains à renforcer leur capacité de production agricole et mettra en oeuvre le programme "Talents africains" pour former 30 000 personnes dans différents secteurs, fournir 18 000 bourses gouvernementales et construire des infrastructures culturelles et de formation technique et professionnelle en faveur des pays africains.

La Chine approfondira la coopération médicale et sanitaire avec l'Afrique, enverra 1 500 médecins sur le continent africain et poursuivra les activités dans le cadre de "l'Action lumière" pour donner des soins gratuits à des Africains atteints de cataracte.

Elle aidera aussi les pays africains à renforcer les infrastructures météorologiques ainsi que la protection et la gestion des forêts et continuera à mettre en oeuvre des projets de forage de puits et d'adduction d'eau afin de fournir de l'eau potable sûre aux populations africaines.

Troisièmement, la Chine soutiendra l'intégration africaine et aidera l'Afrique à renforcer sa capacité de développement collectif . Elle établira avec l'Afrique un partenariat sur la construction des infrastructures transnationales et transrégionales pour soutenir la planification et l'étude de faisabilité des projets et encourager les entreprises et institutions financières chinoises performantes à prendre part à la construction de ces infrastructures. Elle aidera en outre les pays africains à améliorer les infrastructures douanières et de contrôle des marchandises afin de faciliter le commerce intra-africain.

Quatrièmement, la Chine resserrera les liens d'amitié entre les peuples chinois et africains afin de jeter une base populaire solide pour un développement commun de la Chine et des pays africains . La Chine propose de lancer l' "Action pour l'Amitié des peuples Chine-Afrique" afin de soutenir et promouvoir les échanges et la coopération entre les associations, les femmes et les jeunes chinois et africains. Elle créera en Chine un "centre d'échanges de la presse Chine-Afrique" , afin d'encourager les visites entre les professionnels de la presse des deux côtés, et soutiendra l'envoi réciproque de correspondants par leurs médias. Le pays continuera à mettre en oeuvre le programme sino-africain d'échanges et d'études conjointes en finançant 100 projets d'études académiques, d'échanges et de coopération entre les établissements académiques et les chercheurs des deux parties.

Cinquièmement, la Chine encouragera la paix et la stabilité en Afrique dans le but de créer un environnement sûr pour le développement du continent. La Chine lancera l' "Initiative du partenariat de coopération Chine-Afrique pour la paix et la sécurité" afin d'approfondir sa coopération avec l'UA et les pays africains dans les domaines de la paix et de la sécurité en Afrique, de fournir un soutien financier aux opérations de maintien de la paix de l'UA sur le continent africain et à l'édification de la Force africaine en attente, ainsi que de former pour l'UA davantage de responsables des questions de paix et de sécurité et plus d'agents de maintien de la paix.

Source: xinhua le 19.07.2012

NB : un article du Monde en ligne sur le sujet : En Afrique, les groupes chinois profitent du retrait des Occidentaux

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   Posté le 21-07-2012 à 14:41:42   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur ce sujet, un article de LibertéAlgérie

En accordant une ligne de crédit de 20 milliards de dollars
La Chine devient le premier bailleur de fonds de l’Afrique

Par : Salim Tamani



La 5e conférence ministérielle du Forum de coopération sino-africain (FCSA) qui vient d’avoir lieu à Pékin n’aura pas été vaine. Le plan 2013-2015 est en marche. Pékin consolide ses positions dans le continent noir. Rendez-vous en 2015 en Afrique du Sud pour la 6e édition.

Jeudi 19 juillet. 8h30. Les premières délégations arrivent au Grand Palais du Peuple.
Le dispositif pour l’accueil des officiels est déjà là. Garde républicaine, tapis rouge déroulé et agents de sécurité veillant au grain et scrutant le moindre mouvement.
Avec 6 présidents africains, 2 premiers ministres et plusieurs MAE, les autorités n’ont rien laissé au hasard.
La circulation automobile est réglementée devant cette imposante bâtisse de 150 000 m2 construite à la fin des années 1950. Les lignes du métro menant jusque-là sont suspendues pour la journée.
Situé tout près de la place Tian An Men, ce bâtiment reçoit les sessions de la législature, ainsi que d'importantes réunions politiques. Et c’est le cas avec la 5e conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) que le président Hu Jintao a personnellement tenu à inaugurer.
10h, la cérémonie commence.
Dans son discours devant des chefs d’État africains, du SG de l’ONU et d’autres délégations, Hu Jintao a détaillé le plan 2013-2015 que la Chine mettra en œuvre en direction du continent. Première mesure : “La Chine mettra à la disposition des pays africains une ligne de crédit de 20 milliards de dollars destinée en priorité à promouvoir le développement des infrastructures, de l'agriculture, de l'industrie manufacturière et des PME en Afrique” , a-t-il précisé.
Les observateurs estiment qu’avec cette enveloppe, la Chine devient le premier bailleur de fonds du continent, loin derrière le club de Londres ou de Paris ainsi que du FMI et de la Banque mondiale. Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont atteint un niveau record de 166 milliards en 2011, plaçant du coup la Chine au premier rang des partenaires commerciaux du continent.

18 000 bourses d’études accordées et 30 000 cadres à former.
Deuxièmement, la Chine “augmentera le nombre de centres-pilotes agricoles en Afrique pour aider les pays africains à renforcer leur capacité de production agricole et mettra en œuvre le programme "Talents africains" pour former 30 000 personnes dans différents secteurs, fournir 18 000 bourses gouvernementales et construire des infrastructures culturelles et de formation technique et professionnelle”.

Troisième mesure : Hu Jintao a indiqué que la Chine “établira avec l'Afrique un partenariat sur la construction des infrastructures transnationales et transrégionales pour soutenir la planification et l'étude de faisabilité des projets, encourager les entreprises et institutions financières chinoises performantes à prendre part à la construction de ces infrastructures, comme elle aidera les pays africains à améliorer les infrastructures douanières et de contrôle des marchandises afin de faciliter le commerce intra-africain” .

Quatrième mesure : “La Chine propose de lancer l' “Action pour l'amitié des peuples Chine-Afrique” afin de soutenir et promouvoir les échanges et la coopération entre les associations, les femmes et les jeunes Chinois et Africains. Elle créera en Chine un “centre d'échanges de la presse Chine-Afrique”, afin d'encourager les visites entre les professionnels de la presse des deux côtés, et soutiendra l'envoi réciproque de correspondants par leurs médias. Le pays continuera à mettre en œuvre le programme sino-africain d'échanges et d'études conjointes en finançant 100 projets d'études entre les établissements des deux parties” , a encore précisé le chef de l’État chinois.

Cinquième mesure : le président Hu Jintao a annoncé que son pays “encouragera la paix et la stabilité en Afrique dans le but de créer un environnement sûr pour le développement du continent.” Pékin “lancera l'Initiative du partenariat de coopération Chine-Afrique pour la paix et la sécurité afin d'approfondir sa coopération avec l'UA et les pays africains dans les domaines de la paix et de la sécurité en Afrique, fournir un soutien financier aux opérations de maintien de la paix de l'UA sur le continent” .

Ban Ki-moon : réduire la pauvreté et partager les connaissances
Intervenant à son tour, le SG de l'ONU Ban Ki-moon a qualifié les mesures du président chinois de “nouvelle hauteur” dans les relations sino-africaines. Il a affirmé que le partenariat stratégique entre la Chine et l’Afrique “contribuera également à l'économie mondiale à un moment où les pays traditionnellement moteurs de la croissance sont en récession” . Dans ce cadre, il a proposé trois domaines de coopération, dont la lutte contre la pauvreté, le renforcement de la capacité de l'Afrique en encourageant la Chine à continuer de partager ses connaissances, et la construction d'une économie verte.

De son côté, le président de l’Afrique du Sud, Jacob Zuma, tout en mettant l’accent sur la croissance et les opportunités d'investissement en Afrique, ajoutant que l'Afrique est devenue l'un des continents ayant réalisé la croissance économique la plus rapide au monde, a cependant reconnu que “l'Afrique restait confrontée à d'importants défis, tels que le développement des infrastructures et des technologies de l'information” .

Le président actuel de l'UA et président béninois Boni Yayi a déclaré quant à lui que l'Afrique souhaitait renforcer le partenariat gagnant-gagnant avec la Chine et explorer conjointement les ressources abondantes de l'Afrique. “La population africaine devrait atteindre les deux milliards d'habitants en 2050, ce qui devrait poser de sérieux défis à l'éducation, à l'hygiène, à l'énergie et à la sécurité alimentaire de ce continent” , a dit M. Yayi.

Abdelkader Messahel : “Une représentation équitable de l’Afrique dans les institutions”
Intervenant lors du débat général, le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, a souligné l’importance du plaidoyer de la Chine “en faveur d’une coopération internationale rénovée pour le développement en Afrique, et pour une représentation équitable de notre continent dans les institutions et aux processus de réforme de la gouvernance mondiale”.
“L’Afrique, qui est attachée à l’approfondissement par les Africains des solutions aux conflits et aux crises sur le continent, trouve auprès de la Chine un soutien constant à ses positions et initiatives”
, a estimé M. Messahel. Sur le plan bilatéral, le ministre a souligné que l’Algérie fonde de grands espoirs dans la capacité du forum à approfondir le partenariat stratégique sino-africain. Pour M. Messahel, ces relations “ont été toujours empreintes d’exemplarité, d’abord par le soutien apporté par la Chine à l’Algérie combattante, ensuite par sa solidarité dans la phase postcoloniale de restructuration socioéconomique, pour aboutir aujourd’hui au développement continu d’un partenariat global de portée stratégique” .

S. T.


La veille, Salim Tamani relevait sous le titre « Les produits de basse qualité, le poids diplomatique et les affaires » :

Le conférencier [Lu Shy : directeur général Afrique du MAE et coordinateur du FCSA] a également répondu à certaines interrogations des journalistes dont principalement la qualité des produits chinois exportés vers l’Afrique et le rôle diplomatique de la Chine dans le monde .
Sur le premier dossier qui fait polémique depuis déjà plusieurs années, et à la question de savoir si des pays africains s’en seraient plaints, le coordinateur du FCSA a déclaré que “le marché africain est demandeur des produits bas de gamme formulés par les exportateurs. Le problème réside également dans la crédibilité du producteur qui vend un article de basse qualité à un prix élevé pour gagner plus, mais je peux vous dire que la vente bas de gamme n’est pas la politique du gouvernement chinois” , avant d’ajouter : “La Chine a pris des mesures pour sévir contre les exportateurs chinois de produits de mauvaise qualité vers l’Afrique. Ce point a été inscrit dans le document qui sera discuté lors du forum.”
[…]
Autre sujet à polémique, la position de Pékin dans certains conflits dans le monde. Sans les nommer, le conférencier a d’abord donné la vision de son pays des événements dans certains pays. “La Chine considère que dans certains cas, les raisons des conflits sont certes internes mais ils sont aussi externes. Nous appelons la communauté internationale à arrêter ses ingérences, c’est une forme de soutien de la Chine à l’Afrique” , a-t-il souligné avant de clarifier les choses : “Mais la non-interférence ne veut pas dire irresponsabilité. La position de la Chine a été critiquée par l’Occident mais je dois souligner que le rôle de notre pays est de soutenir les efforts politiques pour régler les conflits.”


Edité le 21-07-2012 à 19:34:56 par Xuan




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il ne fait aucun doute que l occident va vouloir chasser la chine d afrique,comme le prouve l opération atalante,qui sous pretexte de lutte contre la piraterie,permet d évincer pékin de l océan indien,pour couper,à terme l approvisionnement depuis le continent noir.cela commencera par l invasion du soudan,de l erythrée et du zimbabwe par l impérialisme-l australie n est pas étrangère a ces manoeuvres.
Xuan
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C'est bien d'avoir des certitudes de temps en temps.

Le texte intégral de l'allocution de Hu Jintao à la cérémonie d'ouverture de la 5e Conférence ministérielle du Forum sur la Coopération sino-africaine ici.

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4 août 2012
La Chine en Afrique : OPA ou réelle aide au développement ?


Chems Eddine CHITOUR

« Au lieu de donner un poisson à quelqu’un, il faut lui apprendre à pêcher » . Mao Tsé Toung

La semaine dernière s’est tenu à Pékin le forum de la coopération Chine-Afrique. Ce rendez-vous traditionnel - ignoré superbement par l’Occident - a pour ambition de développer un partenariat winn-winn, désintéressé en ce sens qu’il n’est pas connoté par des arrière-pensées paternalistes, reliquat d’un colonialisme qui ne veut pas mourir. Naturellement, cette coopération est brocardée notamment par les anciennes puissances coloniales qui continuent à intervenir d’une façon ou d’une autre dans les affaires internes des Africains par des canaux divers, le Commonwealth et la France-Afrique qui ne veulent pas lâcher leur « pré carré », en y plaçant à demeure, leurs troupes.

L’Europe vieillissante en est encore à vouloir sérier les espèces, et imposer un magister dixit qui n’a plus cours. « Le « drame de l’Afrique » vient du fait que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire ». [...] Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance. [...] Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès. » On comprend tout à fait Nicolas Sarkozy sans son discours de Dakar de juillet 2007, qui dénie aux Africains d’être rentrés dans « l’Histoire », à moins d’être guidé par lui.

Les Etats-Unis, tard venus dans les aventures coloniales, ont la finesse et la délicatesse de l’éléphant dans un magasin de porcelaine. Ils prennent par la force ce dont ils ont besoin chez les pays faibles et tous les moyens sont bons avec chaque fois de nouveaux concepts : l’aspect humanitaire avec ses variantes de droits puis de devoirs d’ingérence et depuis Bush II, l’exportation de la démocratie avec le chaos-réorganisateur dans le sens des intérêts de l’Empire puis l’assistance aux peuples pour la liberté via Internet et Facebook...

La Chine et l’Afrique : une longue histoire

« Les relations de la Chine avec l’Afrique sont anciennes. « Au XVe siècle, écrit S.Togola, le début de l’élargissement du monde faillit donner naissance à une scène qui ne manquait pas de piquant : la rencontre, au large des côtes africaines, de caravelles portugaises et de jonques chinoises. Les deux puissances menaient parallèlement des expéditions maritimes d’envergure. D’un côté, le prince Henri le Navigateur (...) De l’autre côté, un amiral chinois, Zheng He, homme de confiance de l’amiral Yongle, prenait la tête d’une armada de 300 navires et partait vers l’ouest. (...) Ce fils d’une famille musulmane du Yunnan, atteignit les côtes de la Somalie, du Kenya et de Zanzibar. D’aucuns assurent même qu’il aurait découvert, avant Christophe Colomb, les côtes de l’Amérique. » (1)

Pourquoi la Chine s’intéresse-t-elle tant à l’Afrique ?

Ben Kabou s’interroge sur le pourquoi de cette coopération. Il écrit : « Qu’est-ce qui pousse la Chine à s’investir autant en Afrique ? Satisfaire ses besoins en ressources naturelles nécessaires à son décollage économique ? S’implanter comme la première force économique dans un marché porteur, encore très peu développé ? La Chine fait décidément les choses en grand et pas comme tout le monde ! Sa politique étrangère est essentiellement basée sur la coopération économique à grande échelle, Sa démarche découle de sa propre histoire, de son ambition grandissante pour le leadership économique mondial, mais aussi d’une volonté manifeste de contrer celle des puissances occidentales au passé marqué par le combat démocratique et la colonisation, et dont les relations économiques avec les pays en développement en général, et d’Afrique en particulier, supposent souvent une contrepartie politique plus ou moins discutable. » (2)

« Cet engouement chinois pour l’Afrique est réglé par la Conférence du Forum économique sino-africain, initiée à l’automne de l’année 2000 à Pékin. Il constitue aujourd’hui une réalité qui ne laisse pas indifférentes les autres puissances mondiales. Outre son engagement, dans le cadre du plan d’action sino-africain 2007-2009, à annuler les dettes pour 1,4 milliard de dollars de 31 pays pauvres lourdement endettés et des pays les moins développés en Afrique, et l’extension de l’application de taxes nulles à des importations africaines, la Chine a fixé en 2006 comme objectif de porter, à l’horizon 2010, le volume de son commerce avec l’Afrique à 100 millions de dollars, alors que ce volume progressait de 297% au cours de la période 2000-2005, passant de 10 milliards à 39,7 milliards de dollars « Cet objectif a déjà été dépassé en 2008 selon le ministère chinois du Commerce (106,8 milliards de dollars) (...). » (2)

« En s’engageant en Afrique, poursuit l’auteur, la Chine ne fait donc que conforter sa propre stratégie globale de développement économique. Il y a d’abord l’approvisionnement en matières premières appelées à être de plus en plus importées par la Chine, compte tenu des objectifs de croissance prévisionnels du système de production chinois, fort ambitieux et très soutenus par les autorités chinoises. (...) Pétrole brut, minerais de fer, produits sidérurgiques, bois de grume, diamant, minerais de manganèse, produits en cuivre, minerais de cuivre, coton... représentent 87% des importations chinoises en provenance d’Afrique (...). Pour l’or noir, et dans un souci de diversifier ses sources d’approvisionnement, risques géopolitiques au Moyen-Orient obligent, l’Afrique constitue depuis quelque temps déjà le deuxième fournisseur de la Chine, avec un peu plus du quart des importations chinoises. » (2)

Il y a naturellement le revers de la médaille. Ben Khabou en convient : « D’aucuns reprocheraient, à juste titre, les conditions infligées par les entreprises chinoises aux travailleurs africains - rémunération, sécurité, libertés syndicales, le non-respect de l’environnement, voire la protection politique par la Chine de certains régimes africains plus ou moins contestés. D’autres rétorqueront que l’Occident n’a pas fait mieux que la Chine jusqu’ici en termes d’investissement en Afrique, avec l’échec auquel ont mené les conditions imposées par l’Occident aux pays africains en matière de coopération économique, via la Banque mondiale et le Fonds monétaire international » . (2)

Est-ce que les pays occidentaux ont fait mieux ?

Il est vrai que dans un monde qui va de plus en plus vers la pénurie, il n’y a pas de philanthropie : les besoins sont de tout ordre : matières premières, énergie mais aussi agriculture. Un des secteurs dans lesquels la Chine, mais avec elle d’autres pays asiatiques, s’engagent massivement. En 2008, l’Arabie Saoudite, les Emirats, la Corée du Sud, le Japon et la Chine ont acheté 76 millions d’hectares de terres arables, pour subvenir à leurs propres besoins alimentaires.

L’influence de la Chine en Afrique est très souvent vue de façon exagérée et cette vision ne reflète souvent que les peurs des Occidentaux de perdre le contrôle de ce continent. Il faut ajouter à cela le fait que les Occidentaux peinent de plus en plus à avoir des marchés dès qu’ils sont en concurrence avec les Chinois. Quelles que soient les vraies intentions de la Chine, les Africains ne sont pas mécontents d’avoir, pour la première fois depuis des siècles, de vrais concurrents aux Occidentaux. Jamais l’Afrique ne pourra être plus martyrisée qu’elle ne l’a été depuis les premiers colonisateurs-profiteurs occidentaux

Qui dira les génocides humains et culturels, les souffrances sans nom, les déportations massives, les désastres écologiques...les carnages, en un mot... auxquels « l’homme blanc » s’est livré sur cette pauvre, superbe, généreuse, incomparable Afrique ? On dit que la différence entre les Chinois et les Occidentaux est plus dans la méthode que dans le résultat qui est le même, à savoir se servir en matières premières. Il est vrai que la Chine dispose d’un matelas de 3000 milliards de dollars qu’elle doit recycler en achetant utile du fait d’une confiance toute relative dans le dollar.

Avec un rare parti pris, une contribution sur Agoravox dont nous rapportons les grandes lignes, met sur le même pied la coopération chinoise et occidentale : « Lors du dernier en date, qui vient de se tenir à Pékin, le président chinois Hu Jin Tao a annoncé des prêts pour un montant total de 20 milliards de dollars US aux pays partenaires de la Chine sur le continent africain. Deux chiffres disent tout de l’évolution de plus en plus rapide des liens sino-africains : selon les données officielles des autorités de Pékin, en 2011, les exportations de la Chine vers l’Afrique ont atteint 166,3 milliards de dollars US. La même année, les exportations africaines vers la Chine ont culminé à 93,2 milliards de dollars US. (...) En dix ans, le montant des exportations africaines a donc crû d’environ 18 fois son chiffre initial de 2001. (...) Face à des Etats-Unis lointains, une Union européenne désargentée et en crise, une Russie qui n’a pas pour le moment les moyens de reprendre la politique d’amitié, fructueuse pour son économie, de l’époque soviétique, (...) Ainsi, quand des ministres européens vitupèrent contre ce qu’ils appellent ’la politique du chéquier’, des hauts responsables africains leur rétorquent, non sans quelque raison, que pour se développer, il vaut mieux avoir un partenaire riche et intéressé que des anciens Etats coloniaux financièrement exsangues et qui n’ont plus les moyens d’aider leurs ex-colonies. » (3)

« Tandis qu’en Asie, la politique chinoise d’ensemble vise clairement à des relations apaisées, dans l’intérêt même de la stabilité du pouvoir à Pékin, en Afrique, il apparaît évident que la Chine entend maîtriser les sols et donc les sous-sols, protéger ses installations. Il en résulte que la Chine tourne des yeux militaires, notamment en termes de puissance navale, vers l’océan Indien et l’approche de ses côtes méridionales, riches en industries de transformation. » (3)

L’auteur de l’article qui est carrément anti-chinois promet aux Africains le même destin avec la Chine, c’est-à-dire une colonisation en perspective, il écrit : « Cependant, à terme, il est manifeste que, face à la voracité des appétits chinois sur le sous-sol africain et l’intrusion croissante de ce pays dans la vie des peuples du continent noir, il n’est pas exclu que la Chine finisse par apparaître aux peuples d’Afrique comme un nouvel Etat colonisateur . » Nous ne sommes absolument pas d’accord !

Qu’en est-il de la coopération avec l’Algérie ?

Il est utile de rappeler l’aide importante financière, militaire et politique pendant la Révolution. Dans son ouvrage « les Fellagha s » très instructif et qui gagnerait grandement à être connu et lu notamment pas les jeunes, quant à la réalité de la lutte sur le terrain, le commandant Azzedine écrit : « La Chine nous a apporté une aide financière, matérielle et morale. Bon nombre de militants ont séjourné à Pékin et y ont reçu une formation solide, sans que jamais on n’essaya de les endoctriner ou d’influer sur leur choix politique.. (…) » Lors de l’entretien avec la délégation conduite par Omar Oussedik, le maréchal Pen To Hué déclare : « (...) Nous apprécions à sa juste valeur votre détermination. Vous pouvez choisir de quoi armer 180.000 hommes, escompter une aide conséquente pour les réfugiés et j’ai pour instruction de vous informer que notre ambassade au Caire versera au compte que lui indiquera le GPRA le montant du budget de guerre pour une année . » (4)

Cependant et bien que la coopération actuelle avec la Chine soit bien développée, il nous paraît évident qu’il n’y a pas, pour le moment, de transfert de savoir-faire. A titre d’exemple, la mise en place d’un Centre de formation et de recherche sur la construction d’autoroutes peut donner à l’Algérie le savoir-faire pour savoir pêcher. C’est notamment dans le système éducatif que l’apport de la Chine pourrait être décisif et relancer à titre d’exemple une coopération pour la fabrication d’équipements pédagogiques, que j’avais initiée à la fin des années 1980. Cette politique si elle avait été mise en oeuvre nous aurait permis de gagner chaque année des milliards de dinars par une création de richesse pérenne. Il n’est pas trop tard pour mettre en place cette nouvelle vision dans le cadre d’une refondation du système éducatif qui doit pouvoir concevoir et fabriquer ses équipements de base.

Les colonies africaines sont indépendantes, mais la nostalgie de l’Empire reste ce qui fait que les relations de l’Europe avec l’Afrique ne seront jamais « normales » tant que subsistera le mythe de la race supérieure de l’homme blanc venu civiliser, apportant, éclairant de ses lumières, au besoin au napalm, ces contrées obscures qui ne sont pas rentrées dans l’Histoire dont Fukuyama nous annonçait déjà la fin avec le triomphe de l’hyper puissance américaine suite à la débâcle de l’Empire soviétique. Pour rappel, le montant de 50 milliards de APD - chantée par les médias occidentaux sur tous les tons - n’a jamais été respectée.

Les Etats occidentaux conditionnent cette aide à de multiples contraintes, alors que le président chinois vient d’annoncer que la Chine met à elle seule 20 milliards de dollars sur la table. Sans faire dans l’angélisme, les affaires sont les affaires, il n’y a pas d’Opération publique d’achat (OPA), qu’elle soit amicale ou non. L’Afrique a besoin de la Chine pour son développement et réciproquement. Il n’y a pas cette posture paternaliste comme avec l’Europe et c’est tant mieux.

Chems Eddine Chitour

1 S.Togola http://www.chine-informations.com/guide/afrique-chine-une-longue-histoire_1561.html

2. Ben Khabou http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/pourquoi-la-chine-s-interesse-t-55688 jeudi7mai 2009

3. http://www.agoravox.fr/Actualites/International/Article/La-Chine-Et-L-Afrique-Le-Grand-120252?1342858847

4. Commandant Azzedine. Les Fellagas Editions Enag Alger pp. 281 -283. 1997.

Source : le grand soir

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Xuan
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   Posté le 24-08-2012 à 21:54:11   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   


La Chine estime injustes les accusations de "néocolonialisme" à son encontre


Les accusations de "néocolonialisme" chinois dans l'exploitation des ressources de l'Afrique sont injustes, car le pays a réalisé d'importants efforts pour contribuer au développement du continent et bénéficier au peuple de celui-ci, a déclaré jeudi un responsable chinois.

"Certains pays propagent la rumeur selon laquelle la Chine mène un pillage colonialiste des ressources de l'Afrique, ou un soi-disant 'néocolonialisme'. Il s'agit d'une accusation injuste" , a affirmé Sun Zhenyu, président de la Société chinoise pour les études sur l'Organisation mondiale du commerce, lors du deuxième Sommet des investissements chinois à l'étranger.

"Durant plus d'un siècle, les exportations africaines de pétrole vers la Chine ont représenté 13% du total du continent, tandis que celles à destination des Etats-Unis et de l'Union européenne se sont respectivement élevées à 30% et 37%" , a rappelé Sun Zhenyu. Il a également souligné que la Chine avait aidé l'Afrique à construire plus de 2 000 km de chemins de fer, 3 000 km de routes, une centaine d'écoles et une soixantaine d'hôpitaux.

Selon Sun Zhenyu, les entreprises chinoises doivent respecter les lois et règlements en vigueur en Afrique, car des pratiques irrégulières auraient des conséquences négatives et détérioreraient l'environnement général d'investissement.

Les entreprises chinoises doivent également accorder une attention particulière à la protection de l'environnement et traiter de manière appropriée les relations avec les travailleurs locaux, a-t-il indiqué.

L'Afrique est devenue l'une des premières destinations des investissements de la Chine. Plus de 2 000 entreprises chinoises ont ainsi investi dans le continent, et les investissements cumulés du pays ont dépassé 40 milliards de dollars fin 2011.

Source : Le Quotidien du Peuple 24 / 08 / 2012

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