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 Voie Prolétarienne sur PSA

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Xuan
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   Posté le 25-07-2012 à 16:06:51   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

DÉCLARATION


L’annonce de la fermeture de l’usine de PSA Aulnay et les 8 000 suppressions d’emplois dans le groupe a suscité la révolte parmi les travailleurs. Elle met en difficulté un gouvernement qui s’était fait fort de « réindustrialiser la France ». Il hausse aujourd’hui le ton, s’indigne de cette mesure, des mensonges de la Direction de PSA qu’il soupçonne de dissimuler la situation réelle de l’entreprise. Il nomme un expert pour faire la « clarté » sur la situation de l’entreprise, mais surtout pour entretenir de faux espoirs parmi les travailleurs.

Mensonges, dissimulations, puis fermeture d’usine, délocalisation, précarisation de tous, ne sont que les moyens de la lutte des classes pour « eux » les patrons. Les décisions qu’ils prennent, comme la fermeture de Aulnay, ne sont pas « absurdes ». Elles ne sont que le résultat de leur logique, celle du capitalisme. Les propriétaires des entreprises ne produisent pas des voitures, des chaussettes ou tout autre chose, pour répondre aux besoins de la société ou pour fournir de l’emploi aux travailleurs. Ce qu’ils produisent c’est du profit. Produire toujours plus de profit pour survivre dans la crise, pour accumuler et faire la guerre à leur concurrents et s’enrichir, en exploitant au mieux les ouvriers de France et d’ailleurs. Dans cette guerre une chose est sûre : les travailleurs seront toujours les perdants, même quand « leur entreprise » gagne contre les autres.

La logique des travailleurs, des exploités, c’est de produire pour les besoins utiles de la société. De produire le nécessaire en travaillant tous, moins et autrement. C’est là du BON SENS. L’ouvrier n’a pas à se tuer à la tâche alors que d’autres sont envoyés allonger les files du chômage. La logique des travailleurs c’est de ne plus être « une ressource » dans la production du profit, que l’on jette quand elle n’en rapporte plus assez. La logique des travailleurs, c’est de vivre dans un monde de solidarité et non de concurrence, alors que tous les gouvernements, de droite comme de gauche, ne parlent que de compétitivité, de concurrence. Nous rejetons un monde où il faudrait souhaiter l’écrasement ou le chômage des autres, pour vivre soi même ici un peu mieux.

En perdant notre emploi, nous ne perdrons pas seulement un salaire qui nous permettait de vivre tant bien que mal. Nous perdrons aussi une vie sociale faite d’entraide, de solidarité et de lutte qui nous faisait vivre en hommes et femmes dignes et fiers de résister. Le gouvernement parle de reclassement, mais ce sera pour quelques uns des conditions de travail plus dures, et pour les autres la galère dans les boulots précaires et le chômage.

Face aux restructurations capitalistes, oui, il faut et l’on peut agir …. Montebourg, au fil des interviews, menace et se propose de contraindre PSA … non pas à ne pas fermer l’usine, mais à ré-industrialiser le site. Impuissant le gouvernement ? Non, il partage surtout la même logique que ceux qui ferment l’usine. Varin se plaint des charges qui pèsent sur les salaires, alors que le gouvernement, dans la conférence sociale, propose de les abaisser en transférant une partie du financement des prestations sociales sur la CSG, c’est-à-dire sur l’impôt que payent tous les travailleurs. Même discours côté patronat et gouvernement : coûts salariaux, compétitivité, concurrence, guerre économique... et lorsque le second se montre soucieux des conséquences désastreuses des licenciements, c’est moins sur nos conditions de vie que sur son crédit politique.

Oui la solution au problème est d’abord une question politique. C’est celle du POUVOIR, du pouvoir des capitalistes sur l’Etat et sur les entreprises. La seule politique qui puisse agir REELLEMENT est celle d’un pouvoir d’Etat aux mains des travailleurs ! Après avoir exproprié ceux qui nous exploitent et nous réduisent au chômage, ce pouvoir remettrait en cause les règles du jeu du capitalisme à l’origine de nos malheurs : la guerre économique et la concurrence. Il fonderait la société et la production sur la satisfaction de besoins réels, et pas sur la recherche du profit. Une société où l’on produirait en respectant l’intégrité physique et intellectuelle du travailleur (abolition du travail de nuit ou à la chaîne), en respectant la nature (écologie, contre les gaspillages...).

Aujourd’hui, pour préparer demain, contre la concurrence nous construisons la solidarité des travailleurs. Nationale et internationale. Voie Prolétarienne a contribué à ce que des liens soient noués entre PSA Aulnay, PSA Madrid et Opel Bochum l’usine allemande dont la fermeture a été annoncée en mai.
La fermeture de Aulnay PSA doit être un point d’appui dans la lutte de tous ceux qui dans d’autres boîtes, petites, moyennes aux grosses, sont victimes de la logique implacable du capitalisme. Construire une solidarité de classe, un front solide dans cette lutte, en cessant d’attendre des gouvernements de gauche qu’il fassent ce qu’il ne feront jamais : s’attaquer au capital. Prendre nos affaires en main, pour construire la solidarité de tous contre ceux qui ne nous laissent de choix qu’entre bosser plus et plus dur ou d’aller pointer au chômage. Faire notre politique, pour imposer notre logique. Nous devons non seulement nous organiser pour la résistance et la solidarité, mais aussi être offensifs contre eux, pour les vaincre un jour. Et pour faire prendre à la société le chemin du communisme.

Le 18 juillet 2012

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Xuan
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   Posté le 03-10-2012 à 20:16:40   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   



Tract de l’OCML Voie Prolétarienne à l’occasion du rassemblement à la cité des 3000 à Aulnay le 29 septembre 2012.

Rentrée en demi-teinte : on a bien dégagé Sarko, mais rien n’a changé pour nous. Les vagues de licenciements succèdent aux plans de restructurations, « les licenciements, c’est maintenant ! », ça, c’est sûr ! Pour nous tous, dans notre département le plus sinistré de France, le projet de fermeture de PSA est une catastrophe sociale de plus : 400 familles à Aulnay, des milliers ailleurs. Et voilà qu’un rapport d’experts vient appuyer la direction de PSA, et aussitôt Hollande et Montebourg prennent le chemin du Patron de PSA, Varin.
D’ailleurs, onze ministres sont allés à l’université d’été du syndicat patronal, le MEDEF, c’est pour dire ! En revanche rien pour les Fralib, Doux, SODIMEDICAL, Air-France, Sanofi… menacés de licenciement ?

Aujourd’hui, quatre ans après la fermeture, 600 ouvriers de Continental n’ont toujours pas re-trouvé de boulot. C’est ça qu’on propose aux camarades de PSA ?
Alors, la colère gronde chez les ouvriers de l’usine, dans le département.

A PSA comme ailleurs, le capitalisme fait faillite.


La guerre économique mondialisée se fait sur le dos des ouvriers, devenus simple chair à canon dans cette guerre qui n’est pas la nôtre. Et là, Hollande est dans la même logique que Sarkozy, celle d’une politique de crise CONTRE NOUS, en aggravant l’exploitation. Experts ou pas, le capitalisme c’est la catas-trophe et même s’il y a « de l’argent dans les poches de PSA », les licenciements à Aulnay ou à Rennes ne sont pas une « erreur de gestion » mais une décision logique et cynique face à la crise économique mondiale qui frappe aussi le secteur automobile.
Pour eux, c’est la guerre économique contre les autres requins. Pour nous, ouvriers de France, d’Espagne ou d’Allemagne, français ou immi-grés, avec ou sans papiers, la seule guerre que nous devons mener est une guerre de classe contre nos ennemis communs. Refusons la résigna-tion, le fatalisme, comme si « on ne pouvait pas faire autrement ». Ne nous laissons pas piéger dans l’impuissance.
Va-t-on se laisser tondre comme des moutons ?

Va-t-on bientôt mendier ou faire les poubelles comme tant de jeunes, de vieux et tant d’autres ? Va-t-on être réduits au désespoir des émeutes pour se faire entendre comme à Amiens ? Se résigner à la misère, à la pauvreté, à basculer dans l’extrémisme religieux, comme si ça allait nous donner un avenir ?
Face à un monde de barbares, c’est la révolte légitime : de nos camarades mineurs en Afrique du Sud ou en Espagne, de nos camarades en Grèce ou en Allemagne. Nous avons les mêmes ennemis : les capitalistes, les gouvernements à leur service, l’Union Européenne,…

Nous voulons une autre vie dans une autre société.


Les travailleurs unis, c’est un espoir, pour nous, pour nos enfants. En finir avec la guerre économique, la vie de robots, le chômage et la précarité, le corps et la tête détruits par le boulot, l’exploitation, le travail de nuit, la chaîne, les horaires de folie, les heures dans les transports, les gamins à l’abandon dans la rue.

Nous voulons travailler tous, moins, autrement. Nous voulons une société de coopération et de solidarité et pas de concurrence et de profits. Une société, où la production sert à satisfaire les besoins de tous et non aux profits ! NOUS créons toutes les richesses. A nous travailleurs exploités de prendre le Pouvoir pour supprimer les exploiteurs, les profiteurs. C’est aux travailleurs d’être les maîtres des entreprises. Pour construire le socialisme révolutionnaire.

Il faut se regrouper, s’organiser


Ah, bien sûr, ça ne va pas tomber du ciel. Il faut se regrouper, commencer par perdre ses illusions sur tous ces beaux parleurs qui nous proposent la lune sans efforts ! Qui nous proposent un capitalisme à visage humain, quel beau rêve impossible ! Sans même parler de ceux qui nous proposent de « fabriquer français » et de fermer l’usine de PSA Madrid plutôt que celle d’Aulnay, belle solidarité !

Aujourd’hui, il nous faut nous organiser, les ouvriers au travail ou au chômage, avec ou sans papiers, les précaires, les étudiants, les femmes. Ne rien attendre du système capitaliste, de ces élections, tous les cinq ans, qui promettent le changement qui n’arrive jamais.

Aujourd’hui, on se regroupe, on s’organise. On commence par un puissant mouvement de soutien aux camarades de PSA. On ne se résigne pas, on bouge, on est aux côtés des camarades !

NON à la fermeture des entreprises ! Zéro licenciement !
Non à la concurrence entre travailleurs !
Développons la solidarité de classe !
Réduction du temps de travail sans baisse des salaires et sans flexibilité !
Aucune confiance dans le gouvernement Hollande !


Venez nombreux à notre Réunion Publique le Samedi 20 octobre à 14h30 au Campanile, 14 rue Jean-Jaurès à Saint Denis (93)


Photo du rassemblement du 29 septembre à Aulnay


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Xuan
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   Posté le 06-11-2012 à 20:32:44   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur le blog
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Mardi 6 novembre 2012
PSA Aulnay : l'intersyndicale abandonne la défense des emplois !


Nous le pressentions ( "PSA Aulnay : nouvelle étape le 8 novembre"), mais c'est malgré tout un coup de tonnerre !

A la suite du CCE du 25 octobre, l'intersyndicale CGT SIA CFTC FO et CFDT (sans SUD) a lancé une consultation des salariés pour définir les renvendications à défendre lors de la réunion tripartite du 8 novembre à Bobigny, et la synthèse vient de sortir (voir ci-dessous).
Or, si l'on consulte les salariés sans défendre un point de vue ferme et clair sur la défense intransigeante de l'emploi, il est évident que le point de vue dominant va être celui du fatalisme, de la résignation et de la négociation des conditions de départ - "vendre sa peau le plus cher possible" comme dit Lutte Ouvrière, mais en abandonnant le combat contre la fermeture et la défense des emplois.
Encore plus quand on a en face un gouvernement prétendument de gauche qui valide semaine après semaine la logique des restructurations du capital dans la guerre économique mondiale. Qu'il s'agisse du rapport Sartorius sur PSA ("PSA : des expertises pour quoi faire ?") ou ces jours-ci du rapport sur la compétitivité de Gallois. Cela pèse dans les esprits.

Ce qui devait arriver arriva... Nous voici avec un cahier de revendications qui n'exige plus le maintien de l'usine, seulement jusqu'en 2016, qui ne demande même plus le maintien des emplois mais qui négocie un PSE qui ne dit pas son nom... et valide donc la fermeture, les licenciements et la dégradation des conditions de vie des travailleurs (négocier le transfert à Poissy... 45 kilomètres de plus !).
Quant aux reclassements espérés, faut-il une nouvelle fois rappeler la situation des Contis deux ans après la fermeture, et le coup de gueule de Xavier Mathieu à ce propos ("Xavier Mathieu à propos de PSA : c'est la guerre !") ?
C'est quelque part un tournant pour la lutte à Aulnay, et on peut dire un abandon des intérêts ouvriers.

Nous attendons maintenant avec inquiétude l'expression de la CGT de PSA Aulnay à propos de cette synthèse, de la CGT en tant que telle et pas de l'Intersyndicale.
Nous espérons qu'elle saura garder son point de vue autonome, continuer mordicus à défendre l'emploi, s'allier avec SUD qui malgré tous ses défauts refuse ces compromissions.

Loin de nous de nier la difficulté du combat pour l'emploi, de la nécessité de rassembler le plus largement possible. Mais c'est une illusion de croire que l'on va mieux mobiliser et plus largement sur des revendications au rabais, toute l'histoire du mouvement ouvrier est là pour nous le rappeler.
C'est la même difficulté pour les camarades de Goodyear à Amiens. Nous avons beaucoup de reproches et de discussions à mener avec eux ("Que se passe-t-il à Goodyear ?"), mais il faut reconnaître qu'ils refusent d'abandonner le combat pour l'emploi au nom du départ des seniors. Il y a eu une assemblée difficile le 22 octobre où cela a été débattu et redébattu et où Mickaël Wamen n'a cessé de répéter que la CGT avait été élue sur la base de la défense de l'emploi de tous, et qu'il n'était pas question de trahir cet engagement au nom de la lassitude et l'urgence du départ des plus anciens... Nous y reviendrons.
Si la CGT d'Aulnay s'aligne sur l'intersyndicale au nom d'un supposé élargissement, du rêve de la participation "du plus grand nombre" en rabaissant les exigences, finalement elle s'alignera sur un syndicalisme raisonnable et négociateur, doublé peut-être d'un discours ronflant mais sans enjeu. Si au contraire la CGT sait maintenir un point de vue syndical clair et radical, anticapitaliste, contre la fermeture et pour la défense des emplois, elle pourra combattre les illusions réformistes et progresser pour que le secteur le plus combatif de l'usine prenne la direction de la lutte et entraîne derrière lui la grande masse des ouvriers inquiets et attentistes, mais néanmoins révoltés par le sort qu'on veut leur promettre.



Lu sur le blog de J. Tourtaux


Edité le 06-11-2012 à 20:33:48 par Xuan




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marquetalia
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   Posté le 07-11-2012 à 06:08:22   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

vp-partisan sont des trotskystes,je me trompe?

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Xuan
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   Posté le 07-11-2012 à 09:06:11   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

VP Partisan ne se réclame pas du trotskisme mais de Marx, Engels, Lénine et Mao. Donc pas de Staline.
Après pour te faire une idée, le mieux est d'aller sur leur site. Je ne partage pas leurs position sur la Chine ni sur la situation au Moyen Orient.
Lors des élections présidentielles, VP Partisan s'est abstenue

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marquetalia
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   Posté le 07-11-2012 à 14:10:31   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

vp-partisan est restée fidèle a ses convictions,lors de la guerre du kosovo,ils continuèrnent de soutenir les albanophones-tandis que les opportunistes et girouettes du p"c"f puis du front de "gauche" appuyèrent les serbes de kosovo-metochie,alors qu aujourd hui les députés "communistes" sont favorables au mariage gay-alors que les nationalistes serbes qui résistaient effectivement à l impérialisme prussien dans les années 90 s opposent fermement aux droits des minorités sexuelles;que le front national et le mouvement national républicain -et depuis le bloc identitaire-soient pro-serbes,cela se comprend,mais le p"c"f?à noter que les ex marxistes de l uck ont reconnu des droits aux homosexuels dans ce protectorat u.s qu est le kosovo.

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Xuan
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   Posté le 11-11-2012 à 18:42:54   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un nouvel article de ouvalacgt.
Une vidéo de la manifestation est visible sur le lien ci-dessus.



Vendredi 9 novembre 2012

Les ouvrier(e)s, la CGT et SUD à PSA Aulnay


[Tous les articles de ce blog sur la lutte à PSA, ICI]

Un rassemblement de soutien avait lieu hier devant la préfecture, après manifestation depuis la Bourse du Travail départementale, rassemblement accueilli par un déploiement de CRS pas vu depuis longtemps à Bobigny. 300 à 400 ouvriers s'étaient déplacés, dans une ambiance "chaude" pourrait-on dire.
Enormément de journalistes aussi, ce qui montre l'impact politique de ce conflit, et ses répercussions bien au delà du site d'Aulnay (plusieurs médias étrangers, par exemple). On passera rapidement sur les interventions calamiteuses des représentants de l'UD 93, manifestement ils n'ont pas la moindre idée de ce qu'est une lutte ouvrière...



Ambiance chaude disons-nous...
C'est le moins qu'on puisse dire.
Les deux AG de mardi (équipe du matin et équipe de l'après-midi) avaient largement validé la plateforme de revendications recueillies parmi les travailleurs et ensuite présentée par l'intersyndicale, ce qui veut dire que cette synthèse n'a rien d'une magouille et représente plus ou moins le sentiment dans l'usine.
Cette plateforme a donc un double caractère : à la fois elle liquide la lutte contre la fermeture et du maintien des emplois ("PSA Aulnay : l'intersyndicale abandonne la défense des emplois") et s'engage dans la voie des contreparties et reclassements; et en même temps, elle est légitime (ce qui ne veut pas dire juste) car elle représente sans conteste le sentiment de la masse des ouvriers. En ce sens, l'ouvrière dans la vidéo ci-dessus (*) retrace le sentiment moyen.
(*) sur le blog


Les syndicats face aux ouvrier(e)s.

SUD, s'est opposé violemment à cette plateforme. On lira par exemple ICI leur déclaration à l'occasion de la tripartite. Sur le fond, c'est assez correct, au delà des illusions sur le droit de veto pour les CE en matière de licenciements économiques.

Le problème, c'est que les militants de SUD se sont violemment et radicalement opposés aux décisions des AG (à la limite de l'affrontement physique) et se sont totalement isolés de la masse des ouvriers : "ils refusent de défendre ce que nous voulons" voilà ce que disent désormais les travailleurs de l'usine... A tel point que lors du rassemblement devant la préfecture, leur représentant n'a pas pu du tout prendre la parole au micro, hué par une bronca massive de l'assemblée. Du jamais vu...
La démocratie ouvrière, c'est quoi qu'on en pense, qu'on ne s'oppose pas aux décisions de la majorité. Pour une raison bien simple : il ne sert à rien d'avoir raison tout seul ! On ne peut pas en même temps affirmer que c'est la base qui décide, et refuser ses décisions parce qu'elles ne plaisent pas !

La CGT, de son côté, a repris à son compte la synthèse revendicative et l'a présentée lors de la tripartite. C'est normal, c'est correct, c'est la décision de l'AG.
Le problème, c'est que le syndicat abandonne tout point de vue propre, et s'aligne sur une plateforme qui tire en arrière et valide de fait la fermeture.
Lors de son intervention devant l'assemblée, au sortir de la tripartite, JP Mercier a résumé la négociation à "Annulation du PSE" et "obtenir pour tous un CDI acceptable" au final, mais n'a pas eu un mot pour exposer le point de vue de la CGT, la lutte contre la fermeture et pour le maintien des emplois, ce qui laisse à penser que celle-ci assume cette évolution, et ça c'est grave.

Le rôle d'un syndicat qui se respecte, en particulier à la CGT, c'est de défendre avec rigueur des convictions, un projet, pas de s'aligner de manière opportuniste sur ce que pensent les ouvriers moyens qui rêvent "aux thunes" et à l'illusion de s'en sortir individuellement. C'est de savoir être à contre-courant sans perdre la confiance des masses, sans naviguer à vue d'une contradiction à l'autre...

Oui, il est difficile de maintenir la double position : "Voilà ce que la CGT pense, la défense de l'emploi, le combat contre les restructurations et le capital, l'illusion des reclassements, l'illusion des sous, la défense de l'intéret ouvrier et rien d'autre etc", et d'autre côté "vous avez décidé cela, nous CGT pensons que vous vous trompez, mais nous le défendrons car nous sommes vos représentants". Mais c'est la seule position qui défende des valeurs, qui combatte le capitalisme, et la démocratie ouvrière de l'autre côté.
Et ces derniers temps, on n'a pas vu beaucoup de propagande contre la fermeture à la CGT (au delà de timides et rapides formules de circonstances), certes à contre-courant, mais pour convaincre (voir leur site, ICI) !

Le paradoxe du rassemblement

C'était étonnant. D'une côté une banderole de tête "Non à la fermeture de PSA Aulnay", des autocollants plutôt clairs, (voir sur cet article), et de l'autre le discours des ouvriers qui étaient venus là clairement pour discuter des conditions de leur licenciement.
D'un côté des mots d'ordre radicaux : "Hollande menteur", "Varin assassin", "Aucune usine ne doit fermer !" etc. et de l'autre l'attente des modalités de départ.

Certains militants CGT étaient tout à fait conscients de la situation, des contradictions et des positions inquiétantes de leur syndicat, de la fausse division en train de se créer avec SUD (du fait du radicalisme gauchiste des délégués sudistes), et qui va de fait pousser encore plus à rabaisser les revendications aux conditions de départ... On peut dire que c'est la suite logique à avoir privilégié l'alliance avec le SIA.
Dur, dur pour eux. Mais il va falloir lutter sur tous les fronts. Remettre au premier plan la défense de l'emploi sans se couper des masses, tant dans la CGT, qu'avec SUD ou face aux travailleurs excédés et révoltés.

Le résultat de la tripartite et des négociations en cours.

On a une direction de choc, et elle le fait savoir.
Difficilement des représentants non délégués ont été acceptés en réunion, mais au final, il n'en sort qu'une vague liste d'entreprises susceptibles de s'implanter à la place de PSA, dont la plus grosse d'ailleurs, ID Logistics, a la réputation d'être une sale boîte au "moins-disant social", bien connue dans le milieu, ce que dénoncera un délégué de DHL à la tribune. L'engagement de traiter du départ des anciens... ce sera à partir de 60 ans !!! (non, c'est pas une blague !).
Quant aux 130 000 euros demandés pour le départ, même pas en rêve, même pas en débat. Mais bon, cela on pouvait s'en douter, il n'y aura que le rapport de forces pour l'obtenir.
Même le paiement des heures passées en AG d'information est refusé (elles sont comptabilisées en heures de grève) et il va falloir une intervention au plan juridique et légal (inspection du travail) pour tenter de faire plier la direction.
On voit bien en tous les cas que l'abandon de la lutte contre la fermeture vers la lutte pour les reclassements et les thunes va déboucher sur de nouveaux renoncements en termes de CDI "acceptables" (ID Logistics ? une blanchisserie industrielle ?), que de conditions de transferts à Poissy (on y annonce maintenant 1250 suppressions d'emplois...) ou de montants pour un départ sec.

La direction veut solder la négociation en quelques semaines

PSA prétend régler l'affaire en 6 ou 7 réunions, en gros d'ici fin décembre, pour plier l'affaire début 2013. C'est dire qu'il reste peu de temps pour renforcer les rangs ouvriers, surmonter les divisions et clarifier les objectifs.
Peu de temps pour renforcer la mobilisation dans ce contexte, pour faire pression sur la direction et gagner sur l'emploi.
Il n'y a pourtant pas d'autre chemin à suivre !


Edité le 11-11-2012 à 18:43:19 par Xuan




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   Posté le 22-11-2012 à 15:39:39   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un militant de Voie Prolétarienne m'a fait parvenir le bulletin PLEIN PHARE sur la lutte de PSA à Aulnay.
Le format du forum ne permet pas d'en reproduire exactement la mise en page, qu'ils m'en excusent.

Les licenciements de masse menacent directement des milliers et des milliers de nos camarades dans les usines, dans les bureaux, les chantiers, et bouchent aussi l'avenir de milliers d'autres qui ne savent pas de quoi demain sera fait et qui vivent au jour le jour sans pouvoir envisager sereinement un projet.
La lutte contre ces licenciements, inséparable de notre objectif d'établir une société socialiste est un impératif pour la communistes.
Nous savons que le capitalisme ne peut pas garantir la sécurité de l'emploi mais pour le renverser la lutte unie de la classe ouvrière est indispensable, de même que l'unité internationaliste, notamment au niveau de l'entité européenne.

Plein succès à ces camarades et aux ouvriers de PSA dans l'unité de classe.
DU TRAVAIL POUR TOUS !

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Bulletin de camarades à camarades de PSA Aulnay


Les 2 voies de la lutte


Ca discute dur dans les ateliers, chacun réfléchit à l’avenir. Mais attention, il faut penser collectif , ne pas abandonner le « Non à la fermeture », le « Non à tous licenciements », c’est la voie d’avenir.
Impossible ? Ce sera impossible si l’on ne regarde pas plus loin que le bout de son nez. Si l’on refuse de voir que partout les capitalistes licencient, partout les usines ferment… Alors, où irons nous travailler après la fermeture ? Et nos enfants, nos jeunes ?
« On sera reclassés » ! C’est une mauvaise blague, à l’heure où on annonce des licenciements à Rennes, à Poissy, à Faurecia, etc …; et, demain, après la liquidation d’Aulnay, celle de Madrid, de Rennes ou de Valenciennes… ?
Prendre le fric et se tirer ? On rêve debout ! A l’heure où PSA perd des marchés, où ses actions se cassent la gueule, où l’Etat est endetté… Qui va payer ?
On doit mener la lutte contre la fermeture. Battons nous avec les Sanofi, les Air-France, les 3 Suisses,… avec ceux d’Opel, de Ford-Genk avec toutes les victimes de la crise capitalistes. Ceux qui luttent trouvent des alliés.
Les capitalistes et leur gouvernement sont nerveux - ce n’est pas étonnant. Ils ont envoyé la police au Salon auto. Les ouvriers de Ford/Genk, venus à Cologne/Allemagne pour protester devant le siège de Ford, ont été encerclés, menacés par la police et photographiés. Aulnay est la première cible de PSA en France - si Aulnay lâche, d’autres usines vont suivre. L’équipe combative d’Aulnay a une grande responsabilité pour orienter toute la classe ouvrière.
Faisons trembler les capitalistes alors on pourra obtenir nos revendications particulières ; mais négocier sans rapport de force nous entraînera à des reculs constants !
Ce nouveau Plein Phare se met pleinement au service d’une lutte sans concession, sans compromission car nous n’avons rien à perdre !



Tous les jours on annonce de nouveaux licenciements, de nouvelles fermetures. Un sacré potentiel de lutte, n'est-ce pas ?



Le 9 octobre devant le Salon


Nous étions près de 2000. De tout le secteur Auto : de PSA à Ford en passant par Renault et puis il y avait les Goodyear - des courageux depuis 2 ans en lutte - et les Delphi et bien d’autres. On n’oubliera pas la délégation d’Opel Bochum d’Allemagne, montrant une volonté de luttes communes. Tous en colère avec l’envie de se battre, de faire reculer le patronat. Envie de se battre car on ne veut rien lâcher, tous ensemble pour nos emplois, contre les licenciements.
On n’a pas pu rentrer. Les CRS étaient là, à toutes les portes. Ils nous ont gazés pour nous empêcher d’admirer ce Salon de nos exploiteurs. Enfin, on a vu clairement dans quel camp se situait le nouveau gouvernement de « gauche », dans celui des capitalistes !

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Interview de la délégation de Opel-GM/Allemagne


Votre usine est également menacée de fermeture?
Fin Juin 2012, GM a annoncé l’arrêt de la production à Bochum en 2016. Ils avaient essayé une fermeture déjà en 2004, mais une grève internationale a pu l’empêchée ! Maintenant, c’est la terreur psychologique à l’usine et toujours de nouvelles «offres » pour que les ouvriers partent. Depuis mai, GM / Opel ne paie pas l’augmentation de nos salaire - comme «condition préalable» pour les négociations. Demander des « sacrifices» et ensuite fermer l’usine – cela a déjà été la stratégie à Anvers. A Bochum, nous avons maintenant obtenu notre argent. Cette réussite importante a encouragé les camarades, parce qu'ils se sont rendu comptes de leur force et de la peur d’Opel devant une lutte.

A Paris, vous portiez la banderole "Ouvriers de PSA et de GM/Opel - lutter ensemble." Qu’est-ce que vous proposez concrètement?
Le 9 octobre on l’a vu, les ouvriers sont camarades quel que soient leurs pays. La détermination et l'esprit offensif des collègues de PSA nous ont impressionnés. Mais nous avons remarqué que s’organiser ensemble et coordonner nos luttes au-delà des frontières c'est encore une idée nouvelle pour de nombreux camarades en France. Il ne suffit plus aujourd'hui d’organiser la lutte dans « son » usine seule. Nous avons commencé à établir des liens dans les syndicats et avec le Conseil
international des Travailleurs de l'automobile(CITA)
Nous avons distribué notre «Programme d’avenir pour la lutte pour chaque poste de travail." à Paris. 2.000 personnes en Allemagne ont signé ce programme. Il donne une perspective à notre combat.


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La crise – où est la sortie ?

Crise de surproduction : trop de richesses, trop de marchandises pour les patrons comme PSA --- Misère, famine, pauvreté pour nous, qui avons crée ces richesses. Le monde à l’envers !
Crise politique : en Grèce, en Espagne, au Portugal,… c’est l’austérité qui creuse les inégalités, déstabilise les sociétés, les familles, la vie. Hollande vient de signer le « Pacte européen » qui abaissera les salaires, augmentera les prix et encouragera les licenciements.
Crise de l’environnement : sécheresse, inondations, ouragans... La course au profit capitaliste finit par menacer les bases Combien de temps encore les ouvriers du monde doivent-ils se laisser traiter comme des pions ? De plus en plus de travailleurs cherchent une alternative. Les camarades de Voie Prolétarienne (journal Partisan) disent qu’il faut une révolution, une vraie - pour construire le socialisme révolutionnaire où l’Homme vit en unité avec la nature et où la production sert aux besoins de la société.


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L’alliance PSA et GM/OPEL – ne c’est pas faite par amour mais pour être plus brutales ! Face à la crise dans l’automobile, leur but c’est de trouver des « synergies », c'est-à-dire produire autant avec moins de travailleurs et d'usines pour être « compétitifs ». Les restructurations continueront et les suppressions d'emplois aussi. Les possibilités de reconversion en interne seront de plus en plus réduites. Ainsi, PSA-GM ont annoncé l'abandon de la boite de vitesse DCT qui devait être fabriquée à Valenciennes, avec l'embauche de 800 travailleurs.
Montebourg et Hollande vont dans le même sens et encouragent le « pacte de compétitivité » en sacrifiant nos emplois, nos vies, au profit de nos exploiteurs. Sûr, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes ! Nous ne pouvons pas espérer non plus un «capitalisme à visage humain » . Battons-nous dès maintenant, tous ensemble : travailleurs de PSA, de GM/OPEL, de Renault et d’ailleurs, contre toute suppression d'emploi. Mais, pourquoi toujours se défendre contre la soif du profit des capitalistes ? A un moment donné, il faut s’organiser pour une autre société solidaire, contrôlée par nous, où nous ne serons plus des marchandises dans les mains des patrons c’est-à-dire pour le socialisme.

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Quelles voies suivre pour résister ?


Se battre ou partir ?
Ceux qui sont pour la lutte disent qu’on a tout à perdre : le boulot, le revenu régulier, une ambiance qu’on connaît, des potes,…
Du boulot ? Dans le 93, il y a déjà 6000 chômeurs, 35% des jeunes sans boulot et sans espoir ; dans tous le pays le chiffre réel des demandeurs d’emploi atteindrait 7 à 8 millions,…
Un revenu régulier ? Des millions de personnes vivent de petits boulots intermit-tents, d’intérim, de RMI, de stages bidon,…
Une ambiance ? Combien, jetés du boulot, se replient chez eux dans la solitude, dans la déprime. Combien tournent en rond !

Ne jamais abandonner !



Prendre le chèque ?
Aujourd’hui ce qui est proposé est minable. Alors on attend, on spécule sur ce qu’il faudrait… Ca monte parfois à 150.000 €, voire plus. Un rêve ! Une fuite en avant vers un désastre collectif, au bout duquel il n’y aura que la démission individualiste.
Pense-t-on vraiment que dans la crise actuelle, PSA, sa banque qui emprunte 6 à 7 milliards va lâcher un gros chèque ? Un rêve !
Pas con la direction de PSA, elle attend qu’on se divise, pour qu’on aille quémander, un par un, un minable chèque pour déménager l’usine.

Alors battons-nous contre tout licenciement, contre la fermeture et contre toutes pertes d’emplois c’est la seule perspective réaliste. Et comme dit le proverbe : « un bon tiens, vaut mieux que deux tu l’auras » ; autrement dit on a un boulot aujourd’hui, demain rien n’est sûr !

Tous ensemble !
La force des travailleurs c’est leur nombre ; c’est leur nombre en action. C’est l’action ici et maintenant. C’est l’action avec tous les autres menacés de licenciements ou déjà licenciés, avec ceux d’Air-France, de Sanofi, d’Opel, de Ford ….
Seule une lutte d’ensemble fera plier patrons et gouvernement. Le reste c’est du pipeau et du rêve !
Y’en a qui disent on n’est pas assez nombreux. Mais ce n’est pas en le répétant qu’on avance et qu’on donne du courage à ceux qui hésitent encore ou qui ont des illusions sur ce que propose PSA.

Compter sur le gouvernement ?
On a vu le Ministre de la Relance Industrielle nous lâcher pour relancer la banque de PSA. On a vu Hollande nous lâcher pour faire la politique du patronat et annoncer l’austérité. De ce gouvernement là on n’a rien à attendre, ceux qui le disaient avant les élections avaient raison. Ces soi-disant socialos dès qu’un patron tousse un peu, rangent leurs promesses sociales.

Des reclassements… à l’ANPE
A l’heure où la crise se développe, où les actions de PSA se cassent la gueule, où l’on parle de fusion avec la GM, avec Opel, il faut être bien naïf pour croire à des reclassements à PSA. On vire à Rennes, on réduit à Poissy, à Mulhouse et ailleurs. Et ce n’est pas fini…

Des formations ?? Pour chômer !
Gouvernement et patronat vont nous en proposer. Cela ne leur coûtera rien, c’est nous, c’est nos impôts qui financeront. Des formations pour quoi faire ? On connaît autour de nous quantité de gens qui ont 5 ou 6 brevets ou CAP et qui chôment.

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Dialogue entre nous, pour ou contre ?


Certains disent que l’on a abandonné le ‘NON aux licenciements’ et à le ‘Non à la fermeture’ ?

Marco L. : Pour moi c’est évident. On ne le voit plus dans les tracts syndicaux. Et même certains s’en moquent ; quand j’en parle on me dit que je rêve ; que la fermeture est inéluctable ; qu’il faut être réaliste…
Moha. S. : C’est vrai, il faut être réaliste, les patrons sont les plus forts ; Il n’y a pas d’autres solutions que de prendre le chèque ; d’obtenir des reclassements et quelques revendications…
Aldo P. : Tu parles comme le SIA, comme FO : ils sont pour négocier la fermeture. Mais ce sont des illusionnistes, très peu d’entre nous seront « reclassés » à PSA ou sur ce site. Quant au chèque, il faudra un sacré rapport de force pour l’avoir !
Yves B. : Y en a d’autres, quand on les entend parler, quand on lit leurs tracts ils ne sont pas très clairs. Alors, comment mobiliser, résister aux licenciements et à la fermeture si l’objectif est flou ? Ça plombe l'effort des ouvriers pour manifester leur courage et leur détermination.
Moha. S. : Pour moi, quand on sait qu’on va fermer et qu’on ne revendique rien, c’est accepter de partir sans rien !
Marco L. : Alors, selon toi, c’est ceux qui veulent toujours lutter contre la fermeture, qui seraient responsable d’un échec !? Moi, j’ai appris de toutes mes années de lutte qu’on n’obtient rien des patrons sans rapport de force. Alors si on ne lutte plus contre la fermeture, le patron imposera ses projets : un peu de préretraites, un peu de reclassements, un peu de primes, et il videra l’usine.
Aldo P. : Le réalisme il est là, dans la lutte contre la fermeture, contre les licenciements et selon le rapport de force atteint, on pourra négocier au mieux de nos revendications de travailleurs.

NE NOUS LAISSONS PAS ENFUMER


Les licenciements, ça se passe toujours de la même façon : d'abord la direction nous demande de faire des sacrifices pour « sauver l’entreprise », c’est à dire ses profits. "On est tous dans le même bateau" dit-elle, sauf qu'il y en a qui sont en haut sur la passerelle et d'autres qui rament tout en bas…
Puis, quand ils ont tiré tout le jus, viennent quand-même la liquidation et les licenciements. Et là, c'est toujours la même chanson : "on ne laissera personne tomber" . Les ouvriers de Continental l’ont bien compris, ils sont à plus de 600 au chômedu, sans perspective de retrouver du boulot.
Chez PSA aussi ça y va les promesses : reclassements à Poissy, reconversions sur le site,… Ils cherchent à nous enfumer pour nous faire accepter la fermeture de l'usine. Ils sont capables, pour nous endormir d'aller jusqu'à faire croire à des modèles de véhicules futurs comme à Madrid. Ne tombons pas dans leur panneau. Soyons clairs ! Nous serons peut-être amenés un jour à négocier les conditions de nos licenciements si notre rapport de force ne nous permet pas, au final, de les empêcher. Mais la seule chance que nous ayons de construire ce rapport de force, c'est de nous battre tous ensemble sur le même objectif : non à la fermeture, non aux licenciements.

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Dernière minute :
Solidarité avec GAZA. Depuis 1947, les sionistes colonisent progressivement la Palestine. Depuis le peuple palestinien résiste avec de faibles moyens à l’occupation. Alors luttons pour une Palestine indépendante, démocratique où tous les humains, quelles que soient leurs origines ou religions, vivront ensemble. A bas l’Etat colonial sioniste fauteur de guerre !

Ce bulletin a été réalisé et imprimé avec l’aide de camarades de l’OCML Voie Prolétarienne (journal PARTISAN). Pour nous joindre, nous informer : Plein Phare Co/ VP, BP 122, 93403 Saint-Ouen.

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Je reçois un nouveau n° de plein phare :


n° 4 décembre 2012

Bulletin de camarades à camarades de PSA Aulnay


La leçon de la grève du ferrage :

Mettre la barre plus haute !


1. Tout le monde l’a vu la semaine dernière : la grève est possible à Aulnay et elle fait PEUR à PSA : les patrons ont besoin qu’on sorte les bagnoles. Même peu nombreux on est une force : on a bloqué la machine à profit de PSA

2. L’union à la base a forcé l’unité syndicale : on se plaint souvent que les « syndicats sont divisés » ; quand le ferrage a explosé les syndicalistes de lutte étaient là, unis.

3. La détermination et le libre choix paient : ce sont les travailleurs qui ont décidés du mouvement sans qu’on leur dise « faites pas ci, faites pas ça » L’esprit de résistance est bien là : certains disaient, que c’étaient foutus, que le soufflet étaient retombé. Faux. Le refus de la fermeture, la colère est bien sont bien là – on n’est qu’au début de la lutte.

4. Frapper les profits de PSA , couler les cadences – cela ne touche pas que PSA. La cascade des licenciements – Mittal, Petroplus, Faurécia,…. Beaucoup de colère contre les patrons, contre la logique du profit, contre le gouvernement qui déçoit…. « Pourquoi, travailler comme des fous quand on sait qu’ils veulent nous virer ! » Les PSA ne sont pas seuls. Vous avez vu : dans un rien de temps, l’information sur la grève s’est vite répandue. PSA c’est une affaire nationale et internationale. Ceux qui luttent auront de la solidarité.

La fermeture serait inévitable ??? Il faudrait négocier sans rapport de force ??? Pour des miettes ??? Avec pôle emploi comme perspective ????

Il faut mettre la barre plus haute . Les travailleurs d’Opel en 2004 ont fait reculer la direction – une grève reconductible. Suivons l’exemple !

Non à tout licenciement, non à la fermeture ! Retrait du Plan Varin !
Arrêt des négociations bidons !


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Alors que PSA, avec le SIA-FO, nous parle de reclassements internes ou externes, le très sérieux journal « Le Monde » nous apprend que : « La suppression de 8 000 postes ne suffira pas à sauver le groupe… Pour PSA Peugeot-Citroën, 2013 sera l'année de tous les dangers. »

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Un collègue parle aux autres collègues et aux syndicats :

NOUS NE SOMMES PAS DES BETES


Le combat contre la fermeture est un juste combat qu'il faut mener jusqu'au bout, l’heure n’est pas aux négociations. Ce combat sert à repousser les décisions injustes et insensées de nos dirigeants de PSA. Il sert à nous opposer fermement et en toute solidarité, à leur plan de licenciements.
Dans ce combat savez-vous que de nombreux ouvriers d’autres entreprises nous soutiennent sans condition. Que des organismes à caractère communiste et anticapitaliste aussi ? Ils ne refuseront jamais de nous prêter main forte dans des opérations coup de poing. Même des associations religieuses chrétiennes sont récemment venues nous soutenir contre la fermeture. Toute la population de France nous soutien, voir même européenne. Demain le monde entier nous soutiendra en apprenant qu'une usine comme la notre fermera ses portes pour jeter des milliers de familles à la rue. Il est clair que l’action de PSA est inhumaine. Il faut raisonner là-dessus afin d'agir.
Donc nous avons bien là le moyen, et l’honneur pour nous réunir tous ensemble. Pour construire une vraie force pour nous battre dignement sans jamais reculer d'un seul centimètre dans un combats "sincères" et "solidaire", sous la fidèle banderole du "Non a la Fermeture d'Aulnay PSA et nous irons jusqu'au bout!!!"
Des actions pour les faire reculer, il y en a des tonnes, donc il est trop tôt pour négocier nos CDI et de parler argent ou retraites, tel que nous sommes en train de le faire malheureusement. Quitter Aulnay pour de l'argent ? Quelle faiblesse, quelle terrible erreur ! Dans cette lutte, il faut nous faire craindre. Ils ne nous craindront jamais, ou moins qu'avant, si nous montrons un recul. Quel gâchis ! Nous qui nous battons depuis longtemps !
Vous avez remplacé la lutte collective par une course individuelle, avide et cupide, vers l'argent. Dans cette lutte, et sans le rapport de force, on ne gagnera jamais de véritables départs si on met en avant les négociations. Au contraire il faut leur montrer notre grande détermination, et ne jamais abandonner notre drapeau “contre la fermeture”.
C'est sur cette base que notre avenir pourra être discuté plus tard, car même si chaque cas est différent nous sommes tous d'accord que notre CDI est le plus important A NOS YEUX dans cette crise mondiale. Dehors c'est l'hiver sibérien, le chômage partout, les usines qui ferment les une après les autres. Méfions nous de cette époque où le mensonge est partout, partout des promesses qui n'ont jamais été tenu.
Donc, les camarades relevez-vous ! Marchons tous ensemble, soyons les partisans d'une lutte jusqu’au bout que tous les ouvriers du monde soutiendront sans conteste.

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PSA raconte du pipeau , le SIA-FO et autres suivent ; certains seraient tentés de suivre le SIA. Nous savions que PSA mentait (comme tous les capitalistes : Arcelor, Doux,…). Ils cachent leur jeu, font des promesses qu’ils ne tiendront jamais. Le plus grave c’est que des syndicalistes suivent. Ils nous mènent à l’abattoir, nous font croire qu’il y aura du boulot pour tout le monde, que tout le monde sera reclassé… demandez donc aux gars de Continental ou à ceux de Doux .… Ils nous font croire ces syndicalistes que partir avec du fric est possible aujourd’hui en pleine crise. Alors que les capitalistes négocient aujourd’hui à l’envers : augmentation du temps de travail et diminution des salaires. Voilà ce qu’ils imposent à Sevelnord, à Renault en Espagne et que le gouvernement négocie avec le MEDEF pour tous actuellement.

Ce bulletin a été réalisé et imprimé avec l’aide de camarades de l’OCML Voie Prolétarienne (journal PARTISAN). Pour nous joindre, nous informer : Plein Phare Co/ VP, BP 122, 93403 Saint-Ouen.


Edité le 04-12-2012 à 19:06:40 par Xuan




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   Posté le 22-01-2013 à 19:40:26   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur le site ouvalacgt :


Lundi 21 janvier 2013

PSA Aulnay : les ouvriers à l'initiative


Depuis la reprise début janvier, l'ambiance à changé à Aulnay. Le Comité de Lutte s'est reformé et fonctionne par AGs quotidiennes, et l'heure est à l'action offensive. Ca bouge, et les patrons sont nerveux.
C'est la conséquence évidente et directe de l'absence totale de résultat des "négociations". Rien, des miettes.
Alors, Mercredi dernier, première grève avec occupation, Jeudi la presse qui pénètre dans l'usine avec les grévistes (voir ICI), vendredi la grève et l'occupation se poursuit. Aujourd'hui lundi, la direction a lock-outé l'usine au prétexte des problèmes climatiques (... mort de rire !), mais gageons que ça reprendra demain, car les camarades sont regonflés à bloc.
C'est la couvergence de trois courants ouvriers de l'usine :
Les radicaux, décidés depuis un moment à en découdre, qu'ils soient syndiqués (une partie à la CGT, d'autres à SUD) ou pas syndiqués (comme au ferrage).
Le courant un peu centriste représenté par la majorité de la CGT qui constate que la négociation n'a rien donné, mais navigue à vue, à l'image de JP Mercier radical un jour ("Un CDI pour tous !"), opportuniste un autre ("Nous avons un plan B pour le site d'Aulnay"), au gré des échéances, du public auquel il s'adresse et de la mobilisation.
Et la base de la SIA qui en a marre des tergiversations. Pour information, le secteur le plus réactionnaire du SIA a rejoint FO (le syndicat qu'il vous faut, Ah, ah...).
Alors c'est une ambiance de lutte, avec encore beaucoup d'ambiguités : certains se battent pour le maintien de l'emploi, d'autres pour des contreparties au départ plus satisfaisantes. Mais dans tous les cas, c'est la révolte contre la fermeture, face au mépris de la direction.

Après plusieurs semaines d'attentisme, le défi est relevé et les ouvriers sont à l'offensive. On trouvera ICI sur le site de la CGT de PSA Aulnay plusieurs vidéos qui méritent d'être visionnées, celle de l'entrée dans l'usine avec la presse, celle du rassemblement départemental du 17 janvier, celle de l'action surprise à PSA Saint-Ouen etc. !
Le quotidien, c'est la grève, le blocage et l'occupation, le comité de lutte, les collectes pour soutenir le mouvement un peu partout, l'argent est le nerf de la guerre, et d'ailleurs, un centre de collectage est constitué (y compris avec possibilité de paiement en ligne, voir sur le site ci-dessous) :



C'est la tâche du moment, pour tous les camarades, pour tous les syndicalistes de classe, partout en France. La grève de PSA est un symbole, bien sur d'une lutte pour l'emploi comme de nombreuses autres, mais aussi un des premiers symboles qui dévoile la nature réelle du nouveau gouvernement Hollande/Montebourg/Sapin .


Le rassemblement intersyndical départemental de Seine Saint-Denis, jeudi dernier (voir l'article du Parisien ICI), sans être un vrai succès, n'était pas ridicule malgré le grand froid et c'était le sentiment le mieux partagé parmi les participants : le nouveau gouvernement n'est pas plus aux côtés des ouvriers que le précédent ! Certains croient encore que c'est une "trahison", qu'il faut mettre la pression pour obtenir plus, mais dans les têtes, c'est bien l'idée que "la gauche c'est comme la droite" qui fait son chemin. C'est dans ce sens que les militants de Voie Prolétarienne du département avaient appelé à ce rassemblement (voir le tract ci-contre).

Sans vraiment le mesurer, les ouvriers de PSA Aulnay sont au coeur de la nouvelle situation politique.
Aussi, leur soutien est à la fois un enjeu de lutte et un enjeu politique (même si dans l'usine beaucoup ne veulent plus entendre ce mot, illustré par la relation entre LO et la CGT d'une part, compris comme facteur de magouilles et de division d'autre part).
Alors, il faut maintenant organiser largement le soutien, partout. Organiser des collectes, dans les entreprises, sur les marchés, dans les manifestations, car la lutte va être très dure, avec en face une direction de guerriers et un gouvernement qui ne fera rien.
Les ouvriers ont repris l'initiative, il faut les aider à la conserver, car quelque part, on est dans un moment clé : les négociations n'ont rien donné et sont dans l'impasse, et le collectif ouvrier est encore nombreux et soudé (300 personnes sont déjà parties...).

Le combat rentre dans une phase critique, rien n'est gagné.
Tous les efforts doivent être mis dans le soutien au combat des camarades !



Edité le 22-01-2013 à 19:43:47 par Xuan




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   Posté le 28-05-2013 à 14:06:25   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Lundi 27 mai 2013
Source : ouvalacgt

PSA Aulnay : une grève historique !


Les camarades ont repris le chemin de la chaîne à PSA Aulnay, en attendant désormais la fermeture.
L'heure est à la fierté d'avoir tenu 4 mois face au monopole PSA, d'avoir suscité la solidarité des prolétaires de toute la France et bien au delà.
L'heure est aussi aux bilans. A comprendre tout ce que cette grève à apporté au mouvement ouvrier, mais aussi toutes les limites qui ont fait qu'elle n'a pu gagner.

On est ici à la frontière de la lutte ouvrière, du syndicalisme et de la politique. Nous publierons donc ci-dessous la déclaration de l'OCML Voie Prolétarienne, dont les militants animent ce blog, elle revient sur tous les volets de ce combat, et trouve parfaitement sa place ici !

Tous les articles de ce blog sur la lutte pour l'emploi à PSA, ICI


Les camarades de PSA ont repris le travail au terme de 4 mois de grève totale, et leur combat marque d’une pierre blanche la lutte pour l’emploi de tous les prolétaires du monde entier face aux restructurations de la guerre économique mondialisée, face à la spirale sans fin de la crise capitaliste.
Partout, en France, en Europe et dans le monde, dans l’automobile mais dans tous les secteurs industriels, des usines ferment, des dizaines de milliers d’ouvriers sont menacés par le chômage et la misère.

Les camarades de PSA Aulnay ont bloqué totalement la production de l’usine à plusieurs centaines de grévistes, quatre mois durant.
> Ils se sont affrontés à une direction de choc qui ne voulait rien lâcher, qui voulait faire un exemple avant de poursuivre ses projets ailleurs. Mais ils ont résisté à tous les discours fatalistes sur les lois prétendument incontournables du capital, ils n’ont « rien lâché » !
> Ils se sont affrontés aux faux amis, nouveau gouvernement Hollande/Montebourg en tête, ceux qui se prétendent du côté des travailleurs mais appliquent en fait la loi du capital. Les yeux se sont ouverts sur ces vrais ennemis de la classe ouvrière, même s’ils masquent leur vraie nature en se disant « socialistes et de gauche".
> Ils se sont affrontés aux licenciements, à la répression, aux CRS envoyés par Hollande/Valls et ils ont compris que la police, la justice ne sont là qu’aux côtés des bourgeois des banques, des entreprises et des ministères.
> Ils ont vu que tous les experts économiques, même les plus radicaux des experts syndicaux sont complètement dans la logique de la gestion du capitalisme et ont finalement validé la fermeture.
> Ils ont résisté farouchement, comme des lions, parce que « ça peut plus durer », et qu’ils refusaient que la vie des prolétaires soit considérée comme une « variable d’ajustement structurel », et être jetés comme des vieux torchons, et qu’ils ne supportent plus les conséquences dans leur chair du capitalisme en crise.
> Ils se sont organisés en assemblée générale quotidienne et en Comité de Grève, en refusant de déléguer leurs décisions à des avocats ou experts politiques et syndicaux, même les mieux intentionnés.
> Ils ont été capables d’organiser une solidarité financière absolument jamais vue, avec près d’un million d’euros de collecte regroupés de toute la France, et même de bien au-delà. Collecte qui leur a permis de tenir dans la durée, « la solidarité est une arme ! », collecte à laquelle Voie prolétarienne a activement contribué.


Oui, les camarades de PSA Aulnay ont montré ce que les ouvriers organisés et conscients étaient capables de faire. Eux-mêmes ont énormément appris. Ils ont pris une place glorieuse aux côtés de tous leurs frères de classe en France, en Europe et dans le monde dans le combat contre la barbarie capitaliste.

Le résultat concret de la grève est certes loin des enjeux et des espoirs, contre la fermeture de l’usine, pour le maintien de l’emploi.
Et c’est vrai les camarades n’ont pas réussi à élargir leur combat à d’autres usines, d’autres secteurs, en France ou au niveau européen (les autres usines PSA, le groupe Renault, Opel en Allemagne, la coordination du Conseil international des ouvriers de l’automobile (CITA)…) – ce n’est pas que de leur faute, Lutte Ouvrière a tout fait pour empêcher cet élargissement – mais à l’ère de la mondialisation, être localiste ou se limiter aux frontières nationales est un piège et ne permet pas de faire reculer les grands groupes internationaux. D’autres n’ont cessé de semer des illusions sur le nouveau gouvernement qu’il ne faudrait « pas trop » critiquer et surtout pas combattre frontalement.

Aujourd’hui, l’usine va fermer, les camarades vont être éparpillés, certains vont retrouver un emploi, d’autres vont se retrouver dans le chômage. C’est malheureusement le sort de l’immense majorité des prolétaires en France, en Europe et dans le monde, confrontés aux restructurations et plans de licenciements.

Mais, comme le disait Le Manifeste du Parti Communiste, « parfois, les ouvriers triomphent ; mais c’est un triomphe éphémère. Le résultat véritable de leurs luttes est moins le succès immédiat que l’union grandissante des travailleurs » .

Aujourd’hui, la faiblesse de la classe ouvrière n’est pas du côté de sa détermination et de sa colère, les camarades de PSA en ont fait la preuve.
La faiblesse de la classe ouvrière est d’abord du côté de son union, de la perspective de son combat et de son organisation. Aujourd’hui, les ouvriers de France, français ou immigrés, n’ont pas de parti qui les représente vraiment.

Oh, il y a bien sûr des militants pour les défendre, pour organiser la lutte, même de manière déterminée. Mais il n’y a pas de parti qui lie le combat immédiat à la perspective pour en finir avec cette société d’exploitation, qui trace le chemin, la voie du futur, afin que la vie ne soit pas que combats éternellement recommencés, qui affirme le caractère international du combat ouvrier dans la lutte contre notre impérialisme en France comme partout dans le monde…

Beaucoup ont voté Hollande pour dégager Sarkozy. Aujourd’hui, les mêmes s’imaginent voter Mélenchon pour dégager Hollande. Demain, ils nous diront peut-être qu’il faut voter Artaud pour dégager Mélenchon ? Mais au final, aura-t-on avancé ?
Pas d’un millimètre. Toujours piégés entre l’exploitation au boulot ou au chômage, d’une lutte défensive à l’autre, d’une élection à l’autre, enfumés par les médias, drogués par les jeux vidéos, la musique débile, la télé réalité ou les séries policières sans futur…

Les camarades de PSA ont montré toute la richesse d’une lutte ouvrière radicale. C’est sur ces aspirations qu’il faut appuyer notre combat pour une autre vie, dans une autre société débarrassée des exploiteurs.
Nous n’avons rien à attendre du système économique, ça c’est plutôt assez clair, rien que de la misère. Mais nous n’avons rien à attendre non plus du système politique qui le protège, qui le défend, qui l’organise au travers de la police, la justice, les élections, la bureaucratie, les médias.

Dans nos combats, il faut voir plus loin pour arracher notre indépendance, pour briser les chaînes qui nous réduisent à l’impuissance. Chaînes du réformisme, du chauvinisme, du corporatisme et toutes leurs variantes qui nous maintiennent esclaves du capitalisme.
Nous ne voulons pas partager les richesses avec le capital, nous voulons TOUTES les richesses. Nous voulons travailler TOUS, travailler MOINS, travailler AUTREMENT. Nous voulons une société répondant aux besoins du peuple, pas à ceux des profits et du marché. Nous voulons une société de démocratie, de fraternité et de solidarité, pas une société de dictature et d’individualisme. Nous voulons une société où le travail soit une activité utile à toutes et tous, respectueuse de la santé et de l’environnement, pas un esclavage destructeur et traumatisant, à la chaîne, à la machine ou empoisonnés par le nucléaire ou les toxiques.
Nous devons nous réunir, nous regrouper en parti politique de type nouveau, pour tracer pour nous, les prolétaires, la « voie prolétarienne » qui nous mènera à cette libération.
Et si notre organisation communiste s’appelle Voie Prolétarienne, ce n’est pas du tout un hasard.

Les camarades de PSA Aulnay ont montré que toutes ces aspirations sont présentes dès aujourd’hui. Maintenant, il faut en faire une force consciente et organisée, dégager nos ennemis directs que sont nos exploiteurs, et nos ennemis indirects qui prétendent qu’il est possible d’adoucir notre souffrance au sein du capitalisme même, sans en finir avec lui !

Camarades de PSA et d’ailleurs !


Camarades prolétaires et ouvrier(e)s, français ou immigrés, avec ou sans papiers, chômeur(se)s ou au boulot, il faut s’organiser, se regrouper, redresser la tête !
Camarades, assez de jeux médiocres pour tenter de limiter des dégâts qui ne feront que s’aggraver, assez de jeux électoraux où on nous ballade !
Camarades ouvriers et prolétaires, reprenons la voie de nos ancien(ne)s, celles et ceux de la Commune de Paris, des révolutions russe et chinoise, celle du Communisme, celle de l’espoir et de la libération.

Camarades révoltés, indignés et conscients, rejoignez l’Organisation Communiste Marxiste-Léniniste Voie Prolétarienne !
Le 26 mai 2013

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   Posté le 29-05-2013 à 10:20:14   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Ci-dessous l'adresse aux travailleurs de PSA Aulnay qui m'a été communiquée par un camarade de VP Partisan.

Adresse aux travailleurs de PSA - Mai 2013

Vous vous êtes battus mieux que des lions



Les grévistes d’Aulnay et tous ceux qui les ont soutenu ouvertement ou discrètement ont défen-du les intérêts ouvriers contre la dictature des patrons. La lutte a vaincu la fatalité et a permis de redresser la tête et d’engager la résistance.
Toute la classe ouvrière combative de France et d’ailleurs s’est reconnue dans votre lutte pour l’emploi, contre la fermeture des usines : le sou-tien politique et financier de plus de 900.000 euros ont été immenses. Partisan-Voie proléta-rienne, à la mesure de ses forces a participé ac-tivement à ce soutien.
Vous avez montré de quoi la classe ouvrière est capable : même un nombre limité de grévistes actifs et courageux peut tenir en respect un patronat assoiffé de profit.

PSA, Renault et tous les autres, MEDEF et gouvernement avec leur discours de « paix sociale », de fatalisme face à la crise, d’appel à une attitude « responsable » des ouvriers ne font que défendre leurs intérêts de classe. Ils ont échoué à vous décourager ! Cette grève montre la voie d’avenir.
Vos actions ont aussi contribué à démasquer le soi-disant gouvernement « socialiste » qui ac-compagne les fermetures. A PSA, à SEVELnord ou à Renault, il encourage des accords pourris signés par quelques syndicats qui sacrifient nos intérêts à ceux des capitalistes.

On a raison de se battre …
La fermeture d’Aulnay est une catastrophe de plus pour les ouvriers et leurs familles, surtout pour les jeunes dans une région déjà fortement frappée par le chômage et la misère.
La cause n’en est pas la gestion d’un « mau-vais » patron comme la famille Peugeot ou d’une mauvaise politique des gouvernements – la cause c’est que tout un système est en crise : le capitalisme. Et les patrons veulent faire payer la crise aux prolétaires : 12 usines de l’automobile en Europe sont menacées : PSA, Opel, Ford, etc . Et PSA continue à frapper : annonce de la fermeture de Meudon (600 em-plois menacés) ; annonce d’un accord « compé-titivité-emploi », c’est à dire pour travailler plus et gagner moins.
On a raison de se battre contre les licenciements quand on voit l’épuisement au travail d’un côté alors que de l’autre le chômage, la précarité, la galère des jeunes ne cessent de se développer.
On a raison de se battre contre ce gouvernement Hollande qui défend cette société capitaliste. Il fait approuver des programmes d’austérité, une loi de compétitivité (ANI),…Le gouvernement veut toujours baisser le « coût du travail ». Il renforcera la flexibilité et donc la précarité. Il démantèle les droits et libertés que les travailleurs ont conquis depuis un siècle. Votre grève dit « Ça suffit ! Il faut agir ensemble et s’organiser ! »

La grève n’a pas pu empêcher PSA…
… de fermer Aulnay et de licencier. Une in-demnité financière ne peut remplacer un emploi assuré quand le travail se fait rare. On peut rêver de petits commerces mais la réalité c’est la fail-lite de beaucoup de petites entreprises dans cette crise !

Beaucoup de grévistes l’ont dit : « Si TOUS ensemble on s’était battu, on aurait gagné ! ».
Nous devons combattre le fatalisme qui pense pouvoir s’en sortir seul et pouvoir échapper à la crise. C’est une illusion ! Nous surmonterons le fatalisme par l’organisation de notre classe. Elle peut alors devenir une force ! En tissant des liens entre tous les ouvriers, comme le fait le Conseil international des travailleurs de l’automobile (CITA). En étant VERITABLE-MENT INTERNATIONALISTE

Nous devons combattre dans nos rangs le corpo-ratisme qui limite la lutte à « chacun dans son entreprise ».
Nous devons combattre l’économisme qui limite notre action à la lutte immédiate et qui est un frein au développement de la conscience poli-tique des ouvriers.
Nous devons combattre l’opportunisme qui au nom de l’esprit de chapelle empêche l’organisation des prolétaires dans un Parti qui représente vraiment les intérêts de leur classe.

Une lutte qui montre l’avenir
* Dans notre lutte, une autre logique que celle des profits toujours plus importants s’est impo-sée : nous voulons pouvoir « travailler tous, moins et autrement » pour nos besoins.
* Il a fallu s’organiser collectivement pour résis-ter et agir contre le patronat – la force des ou-vriers c’est leur nombre quand ils sont organi-sés !
* La formidable solidarité entre camarades – les ouvriers en sont capables --, alors qu’entre patrons c’est la concurrence et la guerre de tous contre tous !
* L’immense solidarité populaire apparue montre l’immense besoin de coordination, d’entente pour défendre nos intérêts de classe.
* Une autre répartition des richesses est néces-saire. Les ouvriers créent les richesses mais elles sont accaparées par une poignée de grand bourgeois et pas seulement par PSA.
* Une démocratie réelle, directe non électoraliste a vue le jour lors des assemblées générales, et des réunions du Comité de grève. Oui, on peut se diriger soi-même ! Le pouvoir capitaliste nous en prive.

Construire une société socialiste !
La société capitaliste menace nos vies et notre avenir. Nous devons prendre le pouvoir politique et économique, même si le chemin sera long. Plus de patrons ! Plus d’experts et de spé-cialistes bourgeois de la politique ! Nous devons prendre en main la production, décider quoi produire et pour qui. Mettre la capacité de la société à produire des richesses en toujours moins de temps au service de tous.
Pour mettre en œuvre ces changements nous avons besoin d’un Parti révolutionnaire. La construction de ce Parti, qui défend réellement les intérêts les travailleurs, qui encourage à s’engager et à prendre en main notre avenir, doit être l’œuvre de chacune et de chacun. En com-mençant dès aujourd’hui !


Organisés et conscients nous sommes forts ! Rejoignez le combat de VP-Partisan !




Lisez le n°266 (juin 2013)


* Edito : « Front de gauche » : nouveau regroupement politique mais vieilles recettes
* Comment le capitalisme organise la fraude
* Le changement c’est pire qu’avant ! Alors on fait quoi ?
* C’est quoi VOIE PROLETARIENNE ?
* La face cachée de la crise malienne
* Palestine, pays arabes par Adel Samara
* Le mariage gay vu par une ado
* PSA : 4 mois !



Edité le 29-05-2013 à 10:21:46 par Xuan




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