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 reconstitution du PCI

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Xuan
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   Posté le 06-08-2018 à 20:14:49   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'eurocommunisme avait entraîné la liquidation du PCI, un des parti communistes les plus puissants et des plus influents à l'issue de la guerre.
Le PCI abandonne la voie de l'eurocommunisme et tente de revenir dans la voie du communisme.
La reconstitution des partis communistes est une nécessité historique, après des décennies de défaites dues au révisionnisme moderne.
C'est un processus qui s'apparente à la rupture entre social-démocratie et communisme, au lendemain de la première guerre mondiale et de la naissance de l'URSS.
Ce processus n'est nullement achevé, ainsi la référence au marxisme-léninisme n'est pas formulée.

L'Italie, pays dominé de l'Union européenne, est particulièrement concernée par les conséquences des ingérences et du bellicisme occidental au Moyen Orient puisque l'Italie est un passage privilégié des réfugiés.
Cette situation a entraîné des comportements contradictoires de la bourgeoisie italienne, déchirée entre l'allégeance à l'Europe et le "populisme", le néo fascisme ou le nationalisme bourgeois.


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Le « Parti communiste italien », nouveau parti reprenant le nom du parti historique, a été fondé en 2016 sur la base du rassemblement de l’ex « Parti des communistes italiens », d’éléments de « Refondation communiste » et d’autres groupes et personnalités.

Ci-dessous la déclaration finale de son premier congrès, tenu des 6 au 8 juillet 2018 à Orvieto, en présence de 300 délégués de tout le pays et de plus d’une vingtaine de délégations étrangères.

Nous observons avec attention cette nouvelle tentative de reconstitution du PCI sur des bases communistes. Notre intérêt n’est pas exclusif et se porte également vers d’autres initiatives de groupes et de partis communistes en Italie.

Une divergence entre eux, sans doute non décisive, s’est à nouveau manifestée aux élections générales de mars 2018. Le nouveau PCI s’est intégré au pôle « Pouvoir au peuple » avec « Refondation » et des différentes organisations écologistes ou sociétales. « Potere al Popolo » a obtenu le résultat désastreux de 1,13%.

La coalition électorale n’a pas porté les objectifs d’affirmation communiste, notamment la nécessité du socialisme ou la rupture avec l’UE, que le nouveau PCI se fixe.

Traduction MlJ pour « Solidarité internationale PCF – Vivelepcf », juillet 2018.



http://solidarite-internationale-pcf.fr/2018/08/reconstruire-le-pci-pour-changer-l-italie-declaration-finale-du-premier-congres-du-nouveau-parti-communiste-italien-juillet-2018.htm?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail






« RECONSTRUIRE LE PCI POUR CHANGER L’ITALIE », déclaration finale du premier congrès du (nouveau) Parti communiste italien, juillet 2018

Le premier congrès du Parti communiste italien s’est tenu à Orvieto du 6 au 8 juillet 2018. Il a approuvé les conclusions du camarade Mauro Alboresi qui a réitéré le projet de construction d'une organisation politique des communistes visant le dépassement du mode de production capitaliste et de la concrétisation historique d'une société socialiste. Ce parti, dans la phase difficile que nous connaissons, doit être en mesure de répondre aux intérêts des classes populaires. Ce parti, dans son expression, doit surmonter la fragmentation actuelle de la gauche de classe et aider à retrouver une unité des communistes eux-mêmes.


La phase constituante, ouverte à l’assemblée de Bologne en 2016, se referme en ayant pointé deux points essentiels, d’importance stratégique : d'une part, une critique radicale de la trajectoire PDS / DS / PD et de sa mutation néolibérale qui a marqué structurellement le caractère et la position du Parti démocrate; d'autre part, une opposition irréductible à l'Union européenne qui, en contradiction avec les intentions proclamées de « l'intégration », a en fait exacerbé les inégalités de classe dans chacun des Etats membres et, d'un autre côté, entre les pays du centre et ceux de la périphérie.


Les deux années qui se sont écoulées depuis cette assemblée ont non seulement confirmé la priorité et la justesse de ces deux points, mais elles ont encore accentué la gravité de la situation et le besoin urgent d'une riposte claire de la part des communistes et de la gauche de classe dans sa globalité. Aujourd'hui, nous faisons face à un gouvernement – issu d’un pacte post-idéologique inédit entre le Mouvement 5 étoile (M5S) et la Ligue qui se présente comme « ni droite, ni gauche », mais qui est à la remorque de la Ligue avec une prédominance manifeste « de droite ». Cela a des répercussions lourdes dans les zones délaissées par la gauche, suite aux évolutions du PD. Celui-ci a réussi, ces dernières décennies, à détruire tout un patrimoine d'idéaux, politiques et conceptuels, rendant encore plus méconnaissable la distinction entre gauche et droite, entre progressistes et réactionnaires.

Dans un contexte difficile, nous devons d'abord repousser les invectives, aussi sordides qu’anachroniques, sur le thème de l'immigration. Nous dénonçons les fausses données véhiculées pour attiser des troubles sociaux et des réactions xénophobes dans les masses. Nous ramenons ce sujet à la préoccupation réelle : quel flux régulé d'arrivées est à la hauteur de la capacité d'accueil objective et comment construire une unité de classe entre travailleurs italiens et étrangers. Mais, avant tout, la question du travail doit être placée au centre de notre action politique.


Fondamentalement, la tâche des communistes consiste à inlassablement attaquer le gouvernement en faisant ressortir les contradictions entre les positions affichées par le M5S et la Ligue, comme au sein même du M5S. Nous devons éviter que notre voix soit associée à celle du Parti démocrate. Le PD porte une opposition sur une base régressive, en hurlant contre les mesures « populistes » du gouvernement « de la Ligue-facho », pour mieux revenir aux politiques antipopulaires mises en œuvre ces dernières années, enfermées dans les équilibres budgétaires et les diktats de Bruxelles et de Berlin.

Cibler le gouvernement ne signifie pas pour nous appeler à revenir aux politiques désastreuses du centre-droit et du centre gauche. Nous pointons que, au-delà de quelques décrets visant à donner un minimum d'oxygène au monde du travail, après des années d'abstinence, l'action de cet exécutif gouvernemental ne sera jamais un véritable changement de tendance. Un véritable retournement ne peut passer que par un transfert substantiel de richesses des profits et des rentes vers les salaires: en renforçant notamment la progressivité fiscale, à l'opposé de ce qui est prévu dans le programme gouvernemental.


Pour cela nous avons besoin d'un parti communiste, qui, en même temps qu’il définit sa ligne politique, revigore son organisation centrale et territoriale, et affecte à cet effort toutes les ressources humaines et économiques: un parti qui recherche l’échange avec les autres forces communistes et avec toute la gauche de classe sans renoncer à son identité et à sa pleine autonomie politique et organisationnelle.

Nous avons besoin d'un parti qui améliore sa structure interne, qui dépasse les limites et les difficultés dans l’application de sa ligne politique, qui veille particulièrement à entretenir le débat dialectique nécessaire et à soigner les relations entre les organisations centrale et territoriales. Nous voulons un parti solide, prêt à affronter les prochaines échéances électorales, apte à prendre collectivement la meilleure décision, en recherchant toutes les convergences unitaires, et, si elles ne sont pas possibles ou opportunes, en essayant de se présenter sous ses propres couleurs.
Sur le fond, deux tendances dangereuses doivent être évitées.

La première serait de continuer à concevoir notre fonction comme ancre de gauche pour rattacher le centre-gauche (le PCI comme «gauche du centre-gauche»). Il faut aller jusqu’au bout et reconnaître ce rôle pour ce qu'il est: une action d'arrière-garde. La seconde consisterait à suivre une dérive extrémiste, un positionnement immature, qui ne considèrerait comme possibles et utiles uniquement que la confrontation et le dialogue avec les composantes communistes. L’une et l’autre nuiraient au souffle dont a besoin le projet de reconstruction d’un Parti communiste italien en mesure d'innover et de se renouveler à la lumière de la dure leçon des faits, d’avancer sans regarder en arrière ou se consoler en récitant un passé extraordinaire. Aussi, autant nous devons combattre toute sous-évaluation du moment institutionnel et toute dérive purement identitaire ou tournée sur soi-même, autant nous devons combattre toute obsession électorale, toute tactique politicienne. La recherche nécessaire de l’unité ne peut pas être rabaissée à des accords sans principe ou à des coalitions électorales, construites sur des positions incompatibles, qui diluent ou même contredisent l'identité et la cohérence des idées du PCI.

Le PCI, partant de la défense de son autonomie et des différences de projet, s'engage à évaluer, avec courage, toutes les possibilités d’affronter les échéances politiques et électorales, le cas échéant, sous ses couleurs, avec ses propres propositions politiques, avec ses propres candidats. Nous savons que le chemin ne sera pas simple et que cela prendra du temps. La conquête progressive de positions plus avancées exige un long processus de préparation et de construction, patience et fermeté politique.

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