Forum Marxiste-Léniniste
Forum Marxiste-Léniniste
Administrateurs : Finimore, ossip, Xuan
 
 Forum Marxiste-Léniniste  Actualités  A bas l'impérialisme français ! 

 présence française en Afrique, le ras-le-bol

Nouveau sujet   Répondre
 
Bas de pagePages : 1  
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
15960 messages postés
   Posté le 02-03-2020 à 16:18:38   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Dans le Monde Diplomatique de mars 2020

MANIFESTATIONS ET CRITIQUES DE BAMAKO A DAKAR

Présence française en Afrique, le ras-le-bol


Le slogan « France, dégage ! » se répand dans les anciennes colonies françaises, soixante ans après leur indépendance. Manifestants et intellectuels réclament la fin du franc CFA ou l’arrêt de l’opération militaire « Barkhane », engagée au Mali depuis 2013. Alors que la concurrence avec d’autres puissances s’accroît, l’ampleur de la contestation prend Paris au dépourvu.

PAR FANNY PIGEAUD


Un coq aux couleurs du drapeau français picorant un imposant sac de grains en forme de continent africain : fin 2019, la caricature a fait le tour des réseaux sociaux africains, en particulier dans les pays francophones. Son succès symbolise une vague inédite de critiques adressées à la France dans ce qu’on appelait encore récemment son « pré carré (1) » . Articles de presse, débats télévisés, déclarations et rassemblements s’en font l’écho dans toute l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. « À bas la France ! » , peut-on ainsi entendre, fin 2019 et début 2020, dans les rues de Bamako, au Mali, où des centaines de manifestants exigent le départ des troupes de l’opération « Barkhane » , qui luttent contre les mouvements djihadistes. Au même moment, à Zinder, au Niger, des étudiants découpent un drapeau français.

Face à cette contestation, des officiels français, dont le président Emmanuel Macron lui-même, dénoncent un « malentendu » , voire une « campagne de désinformation » menée par une puissance concurrente — incriminant ainsi, sans la nommer, la Russie. Il est vrai que Moscou a profité de ce climat défavorable à Paris pour prendre une part du marché sécuritaire en République centrafricaine, en 2018. Certaines des informations véhiculées relèvent de l’affabulation ou de la malveillance, comme ce photomontage de décembre 2019 qui laissait penser, à tort, que l’armée française avait livré des motos à des djihadistes au Mali. Mais l’exaspération qui se répand trouve sa source dans la politique africaine de la France elle-même. « C’est un ras-le-bol, une révolte, un refus de la mainmise de l’État français sur nos autorités et, par ricochet, sur nos économies, sur nos peuples » , résume dans une vidéo l’économiste et opposant ivoirien Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale dans son pays (2).

Si elle ne date pas d’hier, la dénonciation de l’impérialisme français et de la « Françafrique (3) » sort des cercles intellectuels et militants pour gagner la rue. Cette évolution s’explique par « l’arrivée à maturité d’une génération qui ne se sent pas concernée par ce que la France a pu représenter pour ses aînés, qui regarde de moins en moins vers elle » , explique l’écrivain Boubacar Boris Diop, coauteur, avec l’ancienne ministre malienne et militante altermondialiste Aminata Dramane Traoré, d’un petit livre au titre éloquent : La Gloire des imposteurs (Philippe Rey, 2014). Les réseaux sociaux jouent comme toujours un rôle amplificateur et accélérateur.

« Une guerre pour les ressources minières »

Parmi les griefs adressés à l’ancienne puissance coloniale figure la « coopération monétaire » avec quatorze pays d’Afrique depuis 1960. Reprenant une critique jusque-là confidentielle (4), des militants associatifs, des économistes et des opposants luttent désormais ouvertement pour la fin de la monnaie héritée de la colonisation et actuellement divisée en deux zones : le franc CFA d’Afrique de l’Ouest et le franc CFA d’Afrique centrale. Arrimée à l’euro, la devise demeure sous la tutelle de la France, qui en garantit officiellement la convertibilité. Selon ses détracteurs, le franc CFA entrave le développement de pays qu’elle prive d’une part de leur souveraineté. Ils plaident pour la création de monnaies régionales ou nationales. Au Sénégal, par exemple, le Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (Frapp) mène la charge avec un slogan sans ambiguïtés : « France, dégage ! »

Cette mobilisation a contraint M. Macron, qui assurait en 2017 encore que le franc CFA était un « non-sujet pour la France » , à changer radicalement de discours. En décembre 2019, lors d’un passage à Abidjan, il a annoncé — à la surprise générale — une réforme du franc CFA d’Afrique de l’Ouest. Les huit États concernés ne seront plus tenus de placer 50 % de leurs devises auprès du Trésor français. Cependant, une cinquantaine d’intellectuels africains dénoncent la persistance des « liens de subordination monétaire » , notamment le maintien de la parité fixe avec l’euro et de la garantie française (5).
Avec la recrudescence des attentats dans le Sahel, la présence militaire française en Afrique est devenue un autre sujet de controverse mobilisant le grand public. Depuis 1960, Paris maintient dans ses anciennes colonies un réseau de bases permanentes ou temporaires (6). L’armée tricolore a souvent été employée pour porter au pouvoir ou pour protéger des dirigeants alliés, tels Omar Bongo au Gabon en 1990 ou M. Idriss Déby Itno au Tchad en 2008. En 2011, son intervention pour permettre à M. Alassane Ouattara d’accéder à la présidence de la Côte d’Ivoire, à l’issue d’une crise postélectorale meurtrière, fut perçue comme un règlement de comptes avec le chef de l’État sortant Laurent Gbagbo (7). Dans la ville camerounaise de Douala, plusieurs centaines de conducteurs de moto-taxi avaient alors manifesté leur désapprobation vis-à-vis de l’ « ingérence française » .

Depuis 2013 et l’opération « Serval » , dont les circonstances et les motivations sont déjà controversées, les critiques s’exacerbent au fur et à mesure que des groupes armés regagnent du terrain, semant la mort au Mali et au Burkina Faso. Une partie des Maliens estiment « que la France n’intervient que pour des intérêts économiques et stratégiques inavoués, qu’elle participe à la déstabilisation du pays pour légitimer sa présence ; mais surtout, qu’elle a pris le parti des ex-rebelles touaregs » , analyse Boubacar Haidara, chercheur associé au laboratoire Les Afriques dans le monde (LAM), à l’institut d’études politiques de Bordeaux. « Je m’étonne que les Français n’aient pas été capables d’éradiquer ces bandes terroristes. (…) Le veulent-ils vraiment, ou ont-ils un autre agenda ? » , s’interrogeait le ministre de la défense burkinabé Chérif Sy dans un entretien à l’hebdomadaire sud-africain Mail & Guardian, en juin 2019 (8).

Les alliances nouées par l’armée française, comme celle passée avec le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), alimentent la défiance. Ce groupe armé a lancé en 2012, avec les islamistes d’Ansar Dine, les premières attaques contre des camps militaires du Nord malien. Peu après, l’armée française a fait de lui un partenaire dans la guerre contre les djihadistes. Elle lui a « donné » la ville de Kidal après l’avoir libérée en 2013, selon la formulation de l’ex-ambassadeur de France à Bamako Nicolas Normand (9).
Le fait que M. Macron ait été, en novembre 2019, le premier à annoncer que le chef du gouvernement malien se rendrait bientôt dans la ville, toujours contrôlée par le MNLA et ses alliés, a renforcé les soupçons. « C’est la preuve, pour certains Maliens, que c’est lui qui détient la clé du problème de Kidal » , commente Haidara. « Les Maliens ne voient que l’inefficacité — réelle ou supposée — des forces étrangères, sans toujours tenir compte de la grande difficulté à traiter le problème sécuritaire, tant ses facteurs sont imbriqués » , ajoute-t-il, précisant que d’autres forces armées étrangères suscitent la méfiance, dont celles déployées par les Nations unies.

Jusque-là silencieux, le monde de la culture se met de la partie. Dans une lettre ouverte adressée à M. Macron, Cheick Oumar Sissoko, cinéaste et ex-ministre de la culture malien, a dénoncé l’« habitus colonial », cette « disposition d’esprit faite de complexe de supériorité et de mépris souverain à l’égard de peuples dominés, exploités par le colonialisme français, qui est ancrée, cultivée et entretenue (…) au sein de la classe dirigeante française » . Le chanteur malien Salif Keita a quant à lui provoqué un tollé côté français en affirmant qu’il n’y avait « pas de djihadistes en Afrique, mais des mercenaires payés par la France » . Il a accusé le président du Mali, M. Ibrahim Boubacar Keïta, de « passer son temps à se soumettre à ce petit Emmanuel Macron, un gamin » . Le musicien, qui a fait ces déclarations de l’étranger, a reçu un accueil triomphal à son retour à Bamako. « Traiter le président français de “jeunot”, cela ne s’était jamais fait. Et tout le monde a approuvé » , observe Boubacar Boris Diop.

Visiblement surprises par l’ampleur du phénomène, les autorités françaises multiplient les démentis. « La France n’est pas là avec des visées néocoloniales, impérialistes, ou avec des finalités économiques. On est là pour la sécurité collective de la région et la nôtre » , a affirmé M. Macron le 4 décembre 2019. « La France n’a aucun intérêt au Mali. Elle ne défend aucun calcul économique ou politique » , avait déjà soutenu le président François Hollande en 2013. Mais ces dénégations pèsent peu face aux propos, régulièrement repris sur les réseaux sociaux, d’un ex-membre du MNLA et ancien ministre malien, M. Hama Ag Mahmoud : « Il y a une guerre pour les ressources minières (10). »

M. Macron cache mal son irritation. Fin 2019, il se plaint de l’« ambiguïté » dont feraient preuve des « responsables politiques » africains à l’égard des « mouvements antifrançais » . Visant les dirigeants des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad), il lance un ultimatum : « J’attends qu’ils clarifient et formalisent leurs demandes à l’égard de la France et de la communauté internationale », avant d’ajouter : « J’ai besoin qu’ils l’affirment politiquement devant leurs opinions publiques. » Des propos aussitôt interprétés comme un appel à faire taire les critiques. « Nous sommes en démocratie, lui répond alors par médias interposés le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré. Nous ne pouvons pas empêcher chacun d’avoir son opinion. »
Les autorités françaises paraissent d’autant plus fébriles que, outre la Russie, des États puissants, dont la Chine, l’Allemagne et la Turquie, cherchent à étendre leur influence commerciale et militaire sur le continent, multipliant les partenariats bilatéraux.

Des présidents aux mains liées

« Que doivent faire les Français ? Se résigner à décoloniser. Là, ils font durer le plaisir — ou le supplice, c’est selon. Mais il faut accepter le verdict de l’histoire. Quand Salif Keita dit à Ibrahim Boubacar Keïta : “Pars avant qu’il ne soit trop tard”, c’est aussi valable pour la France, souligne Boubacar Boris Diop. Même si on sait bien que cela n’est pas aussi simple. » Cela l’est d’autant moins que, en dépit du « ras-le-bol général » , une donnée ne change pas, remarque l’écrivain : « Qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition, les politiques ont, à quelques exceptions près, la trouille de dire du mal de la France. »
Les présidents d’Afrique francophone, dont certains sont en fonctions depuis plusieurs décennies, se retrouvent pris entre, d’un côté, une demande populaire d’émancipation croissante et, de l’autre, les pressions des autorités françaises, attentives à leurs intérêts économiques et sécuritaires. Plusieurs d’entre eux savent qu’ils ne seraient pas au pouvoir sans Paris. Aucun n’oublie les représailles subies par ceux de leurs prédécesseurs qui se sont opposés à la France, tel le Guinéen Ahmed Sékou Touré, victime de multiples tentatives de déstabilisation, ou le Burkinabé Thomas Sankara, renversé par un coup d’État et assassiné en 1987 (11).
Le 2 décembre 2019, les autorités ivoiriennes se sont d’ailleurs crues obligées d’expulser une Suisso-Camerounaise, Mme Nathalie Yamb, établie à Abidjan et membre du parti d’opposition ivoirien Liberté et démocratie pour la République, pour « activités incompatibles avec l’intérêt national » . Fin octobre, lors du sommet Russie-Afrique de Sotchi, Mme Yamb avait accusé la France de considérer l’Afrique « comme sa propriété » et qualifié les dirigeants de la zone franc de « laquais de la France » . Ces dernières années, seuls les dirigeants du Cameroun ont utilisé le levier « anti-France » dans le cadre d’un bras de fer avec Paris portant sur l’avenir politique du pays : pendant quelques mois, des médias proches de la présidence ont développé un discours virulent contre les autorités françaises.

Du côté des opposants, rares sont encore ceux pour qui la critique de l’impérialisme français est également l’occasion de raviver les idéaux de développement national portés jadis par le Malien Modibo Keïta ou le Burkinabé Sankara. En attendant, le gouvernement français ne change pas de cap : le 2 février 2020, faisant fi des avis de nombreux acteurs et observateurs selon lesquels le « tout sécuritaire » ne suffira pas à stabiliser le Sahel, il a annoncé le renforcement des effectifs de l’opération « Barkhane », portés de 4 500 à 5 100 hommes (12).

FANNY PIGEAUD
Journaliste. Auteure, avec Ndongo Samba Sylla, de L’Arme invisible de la Françafrique. Une histoire du franc CFA, La Découverte, Paris, 2018.

Notes
(1) Lire Olivier Piot, « La fin du pré carré », dans « France-Afrique. Domination et émancipation », Manière de voir, n° 165, juin-juillet 2019.
(2) « Jeudi, c’est Koulibaly ! “M. Macron, vous pouvez donner mille instructions à nos chefs d’État” », YouTube, 5 décembre 2019.
(3) Cf. François-Xavier Verschave, La Françafrique. Le plus long scandale de la République , Stock, Paris, 1998.
(4) Lire Sanou Mbaye, « Le franc CFA, monnaie anachronique », dans « France-Afrique. Domination et émancipation », op. cit.
(5) « Des intellectuels africains réagissent aux réformes du franc CFA », SenePlus, 7 janvier 2020.
(6) Voir la carte « Interventions militaires françaises en Afrique », dans « France-Afrique. Domination et émancipation », op. cit.
(7) Lire « Débâcle de l’accusation contre M. Gbagbo », Le Monde diplomatique, décembre 2017.
(8) Simon Allison, « I question France’s motives, says Burkina Faso’s defence minister », Mail & Guardian, Johannesburg, 4 juin 2019.
(9) Christine H. Gueye, « Un ex-ambassadeur français au Mali éclaire les propos de Salif Keita sans les excuser », Sputnik, 22 novembre 2019.
(10) « La France nous avait donné son feu vert pour l’indépendance de l’Azawad », Le Courrier du Sahara, 9 avril 2015.
(11) Lire « France-Afrique. Domination et émancipation », op. cit.
(12) Cf. Marc-Antoine Pérouse de Montclos, Une guerre perdue. La France au Sahel, Jean-Claude Lattès, Paris, 2020.

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
marquetalia
Grand classique (ou très bavard)
10200 messages postés
   Posté le 02-03-2020 à 16:27:01   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Djibouti n est pas citée dans l article.

--------------------
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
15960 messages postés
   Posté le 25-11-2020 à 23:46:20   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

REPONSE DU FRAPP AU COMMUNIQUE DE l’UNION EUROPENNE
LE PROTOCOLE NEOCOLONIAL DE PILLAGE HALIEUTIQUE



Sans qu’il ne soit nécessaire de revenir sur le titre provocateur de son communiqué (un accord de pêche transparent et réglementé entre le Sénégal et l’Union européenne), il y a lieu de révéler, avant tout, au peuple sénégalais les faits suivants :
• De 2006 à 2014, plus aucun accord de pêche ne liait l’Etat à l’Union Européenne ;
• Le 23 octobre 2014, deux ans après le changement de régime au Sénégal, un nouvel Accord dit de partenariat de pêche accompagné de son Protocole d’application fixant les possibilités de pêche accordées à l’UE sont signés le 23 octobre 2014. En vigueur depuis le 20 novembre 2014, le protocole qui était conclu pour une période de 5 ans a expiré depuis le 19 novembre 2019 ;
• C’est au lendemain de l’expiration de ce premier protocole et sans concertation aucune, dans la totale opacité et dans la clandestinité juridique que l’Etat du Sénégal a décidé de signer un nouveau protocole. En effet, depuis le 20 novembre 2019, le Sénégal a signé le deuxième et nouveau protocole relatif à la mise en œuvre de l’accord dit de partenariat dans le domaine de la pêche, et ce, pour une période de 5 (cinq) ans (2019-2024) et qui aujourd’hui suscite l’indignation générale.
Avant d’attaquer le fond de l’accord dont nous contestons la constitutionnalité, la conventionalité et la légalité, il faut que l’opinion publique sache que le protocole est déjà applicable et s’applique déjà. Même si l’UE a sciemment omis de le mentionner dans son communiqué, préférant parler de processus de ratification, il y a lieu de signaler que depuis la date de sa signature, c’est-à-dire depuis le 20 novembre 2019, le nouveau protocole (2019-2024) s’applique. En effet, aux termes de l’article 16 dudit protocole : « Le (…) protocole s’applique de manière provisoire à compter de la date de sa signature. » Autrement dit, le pillage a déjà démarré depuis déjà une année 2 jours.
Aussi, il est important de dire aux sénégalais le pourquoi de ce renouvellement automatique qui dans ces termes même est un instrument néocolonial achevé de pillage de nos ressources biologiques et de notre écosystème marin. L’objectif de cette entrée en vigueur provisoire et anticipée (avant ratification), sans concertation et sans implication de l’Assemblée nationale du Sénégal vise à faire en sorte que le marché européen soit correctement approvisionné et que les emplois européens qui en dépendent directement ou indirectement ne soient pas compromis. Et c’est bien l’UE qui l’affirme dans sa Décision 2019/1925 du Conseil de l’UE relative à ce nouveau protocole en ces termes : « Afin d’éviter une interruption des activités de pêche des navires de l’Union, il convient d’appliquer le protocole à titre provisoire dès sa signature »1.
Il est clair dès lors que ni le développement durable (gadget politico-juridique) ni la transparence n’intéresse l’UE encore moins l’Etat. La rapidité et l’opacité avec laquelle ce protocole a été signé et sa procédure de ratification déclenchée par la partie sénégalaise est le signe qu’il ne répond pas aux règles minimales d’une gestion rationnelle et durable des ressources biologiques marines ciblées comme l’exige la Constitution, le droit international et le code de la pêche maritime (Loi n°2015-18 du 13 juillet 2015), mais aux besoins commerciaux du marché européen.

En effet, au titre des possibilités ou droits de pêche accordés à l’UE par l’Etat du Sénégal dans le nouveau protocole, deux catégories d’espèces sont ciblées et selon les tonnages de référence suivants :
• 1750 tonnes/an pour les merlus noirs (Merluccius senegalensis et Merluccius polli) qui sont des espèces démersales profondes ; voir protocole appendice 2, 5) ;
• 10000 tonnes/ an pour les thons tropicaux : l’albacore (Thunnus albacares), le thon obèse ou patudo (Thunnus obesus), le listao (Katsuwonus pelamis) et l’espadon (Xiphias gladius) ; voir article 4 1 a)
Le protocole en question pose un problème majeur celui de la disponibilité biologique des espèces ciblées. En effet, contrairement à ce que prétend l’UE dans son communiqué, les données scientifiques actuelles sur les espèces qu’elle veut cibler démontrent très largement qu’elles sont surexploitées.
LE MERLU NOIR EST UNE ESPECE DEJA SUREXPLOITEE SELON LE CRODT
D’abord, le merlu noir, principale espèce ciblée par le nouveau protocole entre l’Etat et l’UE est une espèce surexploitée selon la dernière étude du Centre de Recherche Océanographique de Dakar Thiaroye (CRODT). En effet, saisi par courrier le 11 mai 2020 par le Groupement des Armateurs et Industriels de la Pêche du Sénégal (GAIPES-S.G. AD/SDS/028/2020) afin de déterminer l’état biologique des ressources de pélagiques côtières et de merlus, l’avis scientifique du CRODT transmis par correspondance (n°110 D-CRODT du 27 mai 2020) fût sans appel. Les scientifiques sénégalais constatent que le Merlu noir est non seulement surexploité, mais soutiennent en même temps que le niveau de capture devait être revu à la baisse et que l’effort de pêche à son propos devrait être diminué de 15 % pour atteindre un niveau d’exploitation soutenable.
Ensuite, étant donné que l’effort de pêche concernant le merlu a été encore maintenu 2 chalutiers (comme dans le dernier protocole de 2014-2019), considérant aussi que le passage du niveau de captures de 2000 tonnes à 1750 tonnes dans le nouveau protocole est sans portée pratique puisqu’il s’agit techniquement et simplement d’un tonnage de référence que les chalutiers européens ont le droit de dépasser moyennant compensation financière (95 € 62225 frcfa la tonne), il y a lieu de considérer que l’Etat a rompu avec son obligation constitutionnelle « de préserver, de restaurer les processus écologiques essentiels, de pourvoir à la gestion responsable des espèces et des écosystèmes, de préserver la diversité » biologique.
Enfin, même si l’UE prétend encore dans son communiqué que ses droits de pêche n’interférent pas sur la pêche artisanale, il y a lieu aussi de souligner que cet argument n’est pas du tout conforme aux dispositions même du protocole. En effet, l’actuel protocole comme son prédécesseur, cible directement les espèces pêchées par nos pêcheurs artisanaux. En réalité, c’est au titre des captures prétendument accessoires que sont insérés des droits de pêche qui impactent directement et négativement sur l’activité de pêche de nos pêcheurs locaux. Ainsi s’agissant de l’accès au merlu noir, l’Etat permet à l’UE d’avoir en même temps accès aux 15 % des céphalopodes, 5 % de crustacés, et 20 % d’autres poissons démersaux profonds au titre des « captures accessoires », mettant ainsi directement en concurrence nos pêcheurs locaux avec les chalutiers de l’UE. Ici également c’est la technique du tonnage de référence qui s’applique.
En vérité, l’Etat tient très peu à protéger la pêche artisanale c’est que le volume admissible des captures concernant le merlu (1750 tonnes) n’est tout au plus qu’un tonnage de référence qui peut être dépassé librement par l’UE tant qu’elle trouve du poisson et ce en vertu de l’article 4 paragraphe 7 du protocole2. Cela signifie en même temps que l’accès par l’UE aux céphalopodes, aux crustacés et à tous les poissons démersaux profonds est tout autant et de facto illimité.
En permettant à l’UE d’avoir accès aux espèces pêchées par nos pêcheurs l’Etat les met en concurrence. Cette concurrence évidemment inéquitable que fait l’UE, puissance maritime, à nos pêcheurs locaux a brisé la chaine d’accès et d’approvisionnement de la pêche artisanale l’obligeant à aller soit plus loin soit à pêcher clandestinement en Mauritanie ou en Guinée Bissau des espèces qu’elle trouvait jadis en abondance dans nos eaux. En déréglant ainsi l’accès des pêcheurs à nos ressources côtières, l’Etat organise lui-même la rareté de leur principal outil de travail principal (le poisson), cause de cette nouvelle vague d’immigration clandestine irrégulière.

Dakar, le mercredi 25 novembre 2020

Le Secrétariat Exécutif National (SEN) du FRAPP
1 V. Journal officiel de l’Union européenne, du 20 novembre 2019, L/299, p. 11.
2 Il stipule : « Si la quantité annuelle des captures des espèces hautement migratoires effectuées par les navires de pêche de l’Union dans les eaux sénégalaises dépasse le tonnage de référence annuel indiqué au paragraphe 1, premier tiret, point a), le montant total de la contrepartie financière annuelle est augmenté de 45 euros (…) »

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
15960 messages postés
   Posté le 10-12-2020 à 09:20:36   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Vu d’Amérique latine: Néocolonialisme en Afrique, la France fer de lance



DANIELLE BLEITRACH10 DÉCEMBRE 2020


Cette analyse va peut-être éclairer le rôle joué par Macron et ses prédécesseurs dans la lutte désespérée pour l’hégémonie occidentale, en lisant ce réquisitoire argumenté on comprend mieux la violence xénophobe anti-chinoise qui s’est emparée de la France, de ses médias, et l’on voit à quel point l’unanimité du sénat n’est pas simple hasard, ce soutien aux politiques de l’oTAN part d’une vision néo-coloniale ancienne et réactualisée par un pseudo anti-terrorisme qui l’utilise partout. A lire impérativement pour mesurer le rôle de la France et ‘étonnante unanimité des forces politiques françaises autour de ce rôle. (note et traduction de Danielle Bleitrach)
Mardi 8 décembre 2020 par CEPRID

Alberto Cruz

CEPRID (CEPRID)
Nous avons prês d’un quart du XXI e siècle derrière nous, il y a déjà deux ou trois choses claires : l’hégémonie occidentale disparaît à une vitesse vertgineuse alors que l’Asie est le continent qui en est bénéficiaire, sans aucune discussion, pour tout ce siècle. C’est la fin de la toute-puissance, un processus qui est vécu très douloureusement par les pays qui contrôlent le monde depuis 500 ans, puisque dès le XVIe siècle, ils ont commencé à établir des règles et des règlements qui imposaient ce qui était bien ou mal.

La crise de 2008 nous a déjà fait voir le soleil se lever à l’est et se coucher à l’ouest. Elle a été la visualisation qu’un monde multipolaire a commencé face auquel l’Occident a été forcé de battre en retraite alors qu’émergeait à l’Est toutes ses puissances, à la fois la Russie et, surtout, la Chine. La pandémie covid-19 n’a fait incontestablement que rendre cette réalité plus massive. Parce que le coronavirus a laissé l’Occident nu, mis en évidence sa fragilité et sa vulnérabilité, et démontré la force économique et politique de la Chine. Le fait que les pays de l’Association des États de l’Asie du Sud-Est (ANASE, qui sont tous inclus dans le nouveau Partenariat économique global régional) soient devenus le premier partenaire commercial de la Chine cette année de la pandémie, dépassant une Union européenne de plus en plus moribonde, a été le facteur déterminant. Dans le même temps, c’est la Chine qui a délogé les États-Unis en tant que premier partenaire commercial de l’Union européenne.

Sans cette épidémie, les pays asiatiques n’auraient pas finalisé quelque chose qui a commencé peu de temps après la crise de 2008 et le Partenariat économique global régional (Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Brunei, Vietnam, Laos, Birmanie, Cambodge, Chine, Japon, Corée du Sud, Australie et Nouvelle-Zélande) n’aurait pas existé,donant lieu au plus grand accord commercial au monde, englobant 31 % de la population mondiale. , qui représentent presque la même part du PIB mondial et un peu moins que cette part du commerce mondia

Le seul pays asiatique laissé de côté est l’Inde (en plus de la Corée du Nord) et cela après qu’il ait dérivé vers les États-Unis avec cette lune de miel entre Modi et Trump qui a commencé il ya quelques années. Toutefois, si Trump quitte la présidence, il est fort probable que l’Inde reconsidérera sa position afin de ne pas être exclu d’un marché aussi lucratif. D’autant plus que ce que préconise ce nouvel accord économique, c’est la suppression des barrières tarifaires et non tarifaires entre les pays membres, et qui à elle seule devrait déjà augmenter le PIB de tous les pays d’au moins 2% par an. Il s’agit d’un accord dans lequel tous les pays asiatiques gagnent (et dans lequel l’Occident perd).

Que tous les pays asiatiques, sans exception, aient été en mesure de lutter contre la pandémie beaucoup mieux que les Occidentaux et en sont sortis non seulement plus rapidement, mais avec plus de force ne peut plus être nié par personne. C’est ainsi que des pays aussi éloignés politiquement que la Chine et le Japon, par exemple, se sont reconnus comme faisant partie de l’EIR.

Mais l’Occident tente de raviver son hégémonie, quelque chose comme le sursaut de l’agonisant. D’une part, imposer des sanctions à tout ce qui bouge (sanctions illégales au droit international si elles ne sont pas imposées par le Conseil de sécurité de l’ONU) et ainsi montrer leurs fameuses « valeurs démocratiques ». D’autre part, le recours au néocolonialisme classique en essayant de raviver les anciennes gloires passées du colonialisme stricto sensu. L’Europe est un expert en la matière. Sans surprise, donc, la Bretagne du Brexit tente de renforcer sa marine pour relancer sa scène coloniale (Johnson a dit que les navires britanniques seront « toujours présents » dans les mers asiatiques et même en mer Noire) ou que la France recourt à sa zone traditionnelle de domination coloniale: l’Afrique.

Le deuxième axe

Un peu plus d’un demi-siècle après avoir achevé les processus formels de décolonisation des pays africains, ce continent est l’autre axe où se joue l’équilibre géopolitique du monde post-pandémique. Et c’est là que l’Union européenne mourante s’accroche à la vie en essayant de conserver une sorte de pouvoir et d’autonomie face à des rivaux anciens et nouveaux : les États-Unis, la Chine, la Turquie et les pays du Golfe.

Le fer de lance est la France, puissance coloniale par excellence sur le continent africain. Dès juillet, les anciennes colonies françaises se sont abstenues de soutenir l’initiative de l’Organisation pour l’unité africaine en demandant de l’aide à la Chine pour faire face à la pandémie. Face aux appels désespérés des pays africains pour une aide économique et sanitaire, l’UE a déclaré qu’elle ne pouvait pas faire plus et que ce que ces pays devaient faire était de « compléter les programmes en cours ». Tradution: L’Afrique doit se contenter de ce qu’elle a.

La France semble alors avoir à coeur d’empêcher ses anciennes colonies de se tourner vers a Chine et elle offre 1,2 milliard d’euros par l’intermédiaire de l’Agence française de développement à toutes ses anciennes colonies (23 au total sur le continent africain), en particulier le Sénégal, le Burkina Faso, la Guinée et Madagascar. Les propos de Macron étaient très clairs : « C’estdans une perspective stratégique, le jeu n’est pas seulement de développer un contre-discours [à la Chine], mais aussi de pouvoir compter sur un équilibre [économique] éloquent. » Mais après la déclaration anti-chinoise expresse, la réalité: sur ce montant, seuls 150 millions d’euros ont été versé , le reste a dû être retourné avec intérêt et les pays bénéficiaires ont été contraints d’allouer 500 millions d’euros pour le « traitement de diverses maladies infectieuses ». Donner d’une main, reprendre de l’autre et se faire prendre en photo en souriant à propos de la santé. La France coloniale était de retour.

La France ces dernières annéex a déjà été très présente militairement au Sahel (onze pays) sous couvert de « lutte contre le djihadisme » bien qu’en profitant du déclin occidental, elle tente aujourd’hui de « s’étendre » aux territoires d’autres métropoles coloniales. Par exemple, au Mozambique, avec ses importantes réserves de gaz (la neuvième au monde à ce qu’on dit) et où une version du soi-disant État islamique a récemment surgi. Ou, par exemple, au Nigeria, un grand pays pétrolier, où elle vient d’annoncer un accord pour la construction d’une raffinerie de pétrole. Le Mozambique était une colonie portugaise, le Nigeria britannique.

Ces mouvements néocoloniaux sont en train d’être contrecarrés par des mesures qui semblent être un retrait de l’influence de la Français dans leurs anciennes colonies, comme l’adoption d’un projet de loi qui abroge définitivement la franchise de la Communauté financière africaine (CFA), monnaie utilisée dans tous ces pays influencés par les Français et qui était non seulement garantie par la France mais qui obligeait ces pays africains à avoir la moitié de leurs réserves monétaires à la Banque de France.

Mais ce qui se fait d’uncôté est supprimé de l’autre, parce qu’il y aura une nouvelle monnaie, appelée echo, qui maintient également sa subordination à la métropole en ayant une parité fixe avec l’euro, ce sera aussi la Banque de France qui garantit ou non sa convertibilité et maintient également l’obligation de ces pays africains de déposer « au moins » 50% de leurs réserves de change à Paris.

S’en suit une spacificité en France que la révolte et la critique de sa présence en Afrique suivent, comme au Mali où le coup d’Etat militaire de fin août a mis en évidence le rejet de ce néocolonialisme. Quelle a été la réaction de la France ? Elle a demandé tout de suite la suspension « immédiate » du Mali au titre de l’Organisation mondiale de la francophonie (49 pays). Aussitôt il a été fait de même pour L’Organisation pour l’unité africaine, bien qu’elle l’ait levée début octobre.

Néocolonialisme-djihadisme

La France est le fer de lance de cette tentative occidentale de rester hégémonique quelque part. Il s’agit d’une tentative de consolider une distribution leadership mondial dans les sphères d’influence, quelque chose comme l’Asie pour la Chine, l’Amérique pour les États-Unis et l’Afrique pour l’Europe. En juin, l’UE a alloué 8 milliards d’euros, renouvelables tous les quatre ans, dans le but fondamental de « financer des opérations militaires dans des pays étrangers ». La main de la France dans ses anciennes colonies est tiut à fait reconnue et est sous son influence, de sorte que l’UE maintient quatre de ses cinq missions militaires actuelles sur le continent africain, et il est vrai qu’elle aussi en vue de contenir l’immigration.

L’UE parle désormais pas tellement d’immigration mais plutôt de « lutte contre le djihadisme ». Il est typique de l’Occident de remarquer la chaleur des flammes lorsque arrive le feu. En France, notamment avec les attentats islamistes. Que ce soit l’Occident avec son alliance avec les pétro-monarchies du Golfe qui l’ait utilisé et défendu pour atteindre ses objectifs géopolitiques ne fait aucun doute. Le premier succès a été l’Afghanistan, le dernier la Libye. Au milieu se trouve le soutien aux djihadistes en Syrie, aujourd’hui presque vaincus et soutenus essentiellement par la Turquie.

Mais il est très difficile de trouver des analyses liées aux effets du néocolonialisme sur l’expansion du djihadisme et comment ce djihadisme est utilisé comme excuse pour protéger les intérêts économiques néocoloniaux occidentaux. C’est le cas au Mozambique, où la France a entraîné l’UE parce qu’elle fait valoir que les intérêts de sa multinationale Total, le plus grand projet de Français sur le continent africain, sont menacés. Ce n’est pas le cas, parce qu’au cours des trois années où le soi-disant État islamique a existé au Mozambique, pas une seule fois la multinationale n’a été attaquée. Mais il faut continuer à agiter le chiffon rouge pour que les gens assument l’inassumable.

En effet, la présence de l’UE au Mozambique s’explique formellement par une demande du gouvernement mozambicain en septembre, lorsque le soi-disant État islamique (qui au Mozambique agit comme Ansar al-Sunna) a commencé ses opérations dans la province du Cap Delgado, où se trouvent les principales réserves de gaz et de rubis et où se trouve la multinationale Françaies. Bien sûr, la séquence chronologique est plus que simplement curieuse et il est peu probable qu’il s’agit d’une coïncidence. Car un peu plus tard, en octobre, l’UE a réagi en annonçant son « engagement à fournir une aide à la sécurité contre l’Etat islamique » tout en ajoutant le nouveau mantra moderne: « la formation et la logistique technique dans plusieurs domaines spécifiques [non mentionnés], ainsi que l’assistance pour faire face aux défis humanitaires, y compris les services médicaux ».

Stopper la Chine (et la Turquie)

Les Français, qui tirent l’UE, ont beaucoup à voir avec cette tentative de produire un « contre-discours » pour contrer la Chine sur le continent africain. Les trois grandes compagnies pétrolières et gazières chinoises (toutes sous contrôle de l’Etat) sont très actives et près de 25% de toutes les importations de ces matières premières arrivent d’Afrique. Et il proviennent principalement de quatre pays : le Nigeria, l’Angola, l’Ouganda et le Mozambique. Comme il a été mentionné ci-dessus, la France est également entrée au Nigeria et au Mozambique.

La lutte est sourde, bien que la France (et l’UE) soient clairement désavantagées. Ils n’ont ni l’argent ni le prestige de la Chine, augmenté non seulement par l’aide fournie par la pandémie, mais par l’annonce d’offrir 55 milliards d’euros de financement sous forme de prêts sans intérêt aux pays africains (3 septembre) et l’annulation de la dette aux pays les plus pauvres. Et surtout, la Chine a adhéré aux principes de ne pas interférer avec les pays africains dans l’exploration des voies de développement qui s’adaptent à leurs conditions nationales, de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures, de ne pas imposer de conditions politiques pour aider l’Afrique et de ne pas chercher d’avantages politiques privés en matière d’investissement et de financement en Afrique. C’est pourquoi toutes les références de l’UE à l’Afrique commencent maintenant à dire que « il faut abandonner le paternalisme ». Les efforts de la France et de l’UE se concentrent pourtenter de ne pas laisser l’impression que leur « nouveau comportement » n’est guère plus qu’un changement de nom aux choses.

Mais il n’y a pas que la Chine, c’est aussi la Turquie. Le soutien actif de la Turquie à l’Azerbaïdjan dans la guerre du Haut-Karabakh a tenté d’être combattu par la France avec l’annonce par le Sénat français, non mise en œuvre, de reconnaître la république d’Artsaj (le nom par lequel les indépendantistes se réfèrent au Nagono-Karabakh) comme un pays indépendant. C’est un autre exemple de la confrontation presque historique entre Macron et Erdogan qui a conduit au retrait de l’ambassadeur turc de Paris. Mais avant le Haut-Karabakh se trouve la Libye, où la France et la Turquie sont dchacue d’un côté opposé . Ici, la France a un allié évident: l’Egypte. Français et les Égyptiens ont le même intérêt, « éviter l’expansionnisme » turc. Pour ce faire, et sous le couvert de la « lutte contre le djihadisme », ils s’entendent.

Alberto Cruz est journaliste, politiste et écrivain. Son nouveau livre est « Les Sorcières de la Nuit. Le 46e Régiment « Taman » d’Aviateurs soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale », édité par La Caída avec la collaboration du CEPRID et déjà en passant par la troisième édition. Les commandes peuvent être passées à libros.lacaida@gmail.com ou à ceprid@nodo50.org peuvent également être trouvés dans les librairies.

albercruz@eresmas.com

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
marquetalia
Grand classique (ou très bavard)
10200 messages postés
   Posté le 10-12-2020 à 11:10:12   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Qu en est il du Népal,du Bangladesh,du Pakistan et du Sri Lanka ?ces pays sont sous influence chinoise,il me semble.sans oublier Timor est, dirigé par des anciens communistes-le Fretelin-,le Bouthan,l Iran,les Maldives et la Nouvelle Guinée ?


Edité le 10-12-2020 à 11:13:24 par marquetalia




--------------------
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
15960 messages postés
   Posté le 10-12-2020 à 22:08:43   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Hors sujet.
Si tu veux parler du Népal change de fil.

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
marquetalia
Grand classique (ou très bavard)
10200 messages postés
   Posté le 11-12-2020 à 09:01:01   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Ok.

--------------------
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
15960 messages postés
   Posté le 01-01-2021 à 18:46:31   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

DÉNONCIATION DE LA POLITIQUE FRANÇAISE AU MALI : Un grand rassemblement en gestation

31/12/2020
http://www.defenddemocracy.press/denonciation-de-la-politique-francaise-au-mali-un-grand-rassemblement-en-gestation/

Le mouvement « Yèrèwolo, debout sur les remparts », composé de plusieurs regroupements et personnalités, annonce un grand rassemblement pour dénoncer la politique française au Mali. L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse tenue le samedi 12 décembre, à la Maison de la presse.

L’objectif de cette rencontre, selon les organisateurs, était d’informer l’opinion nationale et internationale de l’initiative d’un grand rassemblement prévu le 20 janvier 2021, au monument de l’indépendance de Bamako, pour dénoncer la politique française au Mali.
Dans la déclaration liminaire, les responsables du mouvement « Yèrèwolo, debout sur les remparts » se disent conscients du danger de la présence militaire française au Mali. Et qu’en tant que combattantes et combattants de la liberté, ils doivent rester mobilisés pour une seule cause : la paix au Mali et dans le Sahel.
Pour ce faire, ils affirment que le peuple malien se propose une lutte sans relâche contre la politique africaine de la France, c’est-à-dire la présence militaire française sur le territoire malien, l’occupation des 2/3 du territoire malien par des groupes armés à la solde de la France, l’ingérence de la France dans les affaires intérieures du Mali, le mécanisme du franc CFA, etc.

Par conséquent, le mouvement lance un appel à l’endroit de tous « les dignes » fils du Mali pour une sortie massive le 20 janvier 2021 pour, disent-ils, « chasser la France du territoire du Mali ». Ils justifient la date 20 janvier par le fait que cette date est très importante dans l’histoire du Mali. Elle marque le jour de la demande du départ des troupes françaises du Mali par le père de l’indépendance, Modibo Keïta. Ils estiment que seul le peuple malien peut demander le départ de la France.

De façon continuelle et efficace, le mouvement prévoit des actions sur le plan national et international, ainsi que dans toutes les régions accessibles jusqu’à la libération totale du Mali de l’occupation française. Toujours à la recherche de la paix, le mouvement se prépare pour le lancement de « l’Opération cap sur Kidal pour la paix au Mali et dans le Sahel ». A cet effet, une assise est prévue à Ségou les 26 et 27 décembre 2020.
A noter aussi que le Groupe des Patriotes du Mali (GPM), membre du mouvement « Yèrèwolo debout sur les remparts », a fait signer une pétition par plus de huit (8) millions de Maliens pour demander une coopération militaire avec la Russie.
Parmi les leaders présents à cette rencontre, nous pouvons citer l’ancien député de la commune 4, Moussa Diarra, Siriki Kouyaté, Adama Diarra alias Ben Le cerveau, Bassaro Sylla de l’Urgence Panafricaniste.

Abdrahamane BABA KOUYATE
Source: Azalaï Express

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
15960 messages postés
   Posté le 18-01-2021 à 13:28:37   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

ce que révèlent les archives de François Mitterrand sur le rôle de la France au Rwanda

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
15960 messages postés
   Posté le 19-01-2021 à 07:01:47   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le Parti SADI condamne la frappe de l’armée française contre la localité de Bounti et exprime sa solidarité et son soutien aux victimes de cette tragique bavure.


Le Parti SADI a invité à son siège les représentants, les parents de victimes des localités de Bounti et de Douentza pour échanger sur l’ampleur de la tragédie qui frappé le village de Bounti, au pied de la Falaise, au Nord-Ouest de Douentza, le dimanche 3 Janvier 2021 entre 14H30 et 15 Heures, suite à des frappes d’une rare violence de l’armée française ayant visé des populations qui célébraient un mariage.
A l’issue de nombreuses séances d’écoute, de recoupements et de la confrontation de différentes versions, auxquels s’ajoute un faisceau de preuves irréfutables du lieu d’intervention de l’armée française, le Parti SADI déclare sans ambage que l’armée française a commis une tragique bavure qui a coûté la vie à de nombreux innocents et décimé partiellement une lignée familiale.
Pour le Parti SADI, Il ne s’agissait nullement de Groupes Armés Terroristes, mais d’un rassemblement festif pour célébrer un mariage.
Vouloir occulter cette réalité et conclure à la présence de Groupes Armés Terroristes pour justifier une quelconque frappe de l’armée française, est une insulte à l’intelligence collective de notre peuple profondément attristé par cette tragédie.
La version que l’armée française tente de nous faire avaler ressemble à une fable. Elle n’est ni crédible, ni acceptable. Parce que dans sa version, elle soutient que les observations qui ont précédées la frappe ont établi qu’il s’agissait de Groupes Armés Terroristes. Alors des questions méritent d’être posées:

- Quels sont les éléments qui l’ont conduite à identifier formellement ces Groupes terroristes ?
- Des armes ont-elles été repérées? Quelle est la nature de ces armes ?
- Les mouvements observés étaient-ils ceux des GAT?
- Par ailleurs, l’armée française soutient n’avoir effectué qu’une seule frappe. Pourtant, ce sont deux Mirages 2000 basés à Niamey qui ont largué trois bombes. Ce qui confirme les témoignages recueillis qui parlent de deux frappes: une première qui a fait 16 morts et une seconde qui a fait 3 blessés qui succomberont au cours de leur évacuation (1 est mort avant d’atteindre le Centre de santé, le second meurt au dispensaire, le 3 ème, évacué à bord d’une ambulance vers Sevaré a été intercepté à un barrage tenu par la malice donso. Le blessé en fut extrait et exécuté).
- Ces mêmes témoignages établissent qu’aucun Djihaddiste n’était présent, qu’il n’y avait ni arme, ni moto;
- Pourquoi, l’armée francaise d’habitude prompte à célébrer ses trophées contre les Groupes Armés Terroristes a -t-elle gardé le silence durant 48 heures sur les évènements de Bounti ?
- Quelle crédibilité peut-on accorder à sa version lorsque c’est elle même qui envoie une mission d’enquête sur les lieux de la frappe et écarte d’emblée la thèse d’une bavure ?
- Comment un nombre si élevé de Djihaddistes peut-il se rassembler en plein jour dans une zone où les armées franç aises, maliennes, le G5 Sahel concentrent leurs efforts dans leur traque et leur élimination ?
- Où se trouvent les carcasses des motos repérées par la chasse française ?


Le Parti SADI rappelle que ce n’est pas la première fois que l’armée française commet des bavures sur le territoire malien. Dans la nuit du 23 au 24 octobre 2017, elle a bombardé un camp de groupes djihadistes dans le secteur d’Abeibara, près de la frontière algérienne où étaient détenus des soldats maliens Kidnappés par le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans.
L’action qui a mobilisé des chasseurs Mirage 2000, des Hélicoptères Tigre, les forces spéciales « Sabre » et des soldats de la Force Barkhane, a couté la vie à 11 soldats maliens. Il a fallu une forte pression de l’opinion publique nationale pour contraindre la France à admettre la bavure.

Il est fort à craindre que la tragédie de Bounti ne se répète ailleurs. Le refus d’une franche collaboration de Barkhane avec les Forces armées maliennes et celles du G5 Sahel , contrairement aux homélies hypocrites et aux convenances diplomatiques, sa volonté affichée de continuer à se comporter en terrain conquis au Mali depuis 2013 et sous la couverture juridique de l’accord de coopération militaire qui interdit toute poursuite ni même interpellation sur d’éventuelles infractions, actes criminels et dégâts, constituent un véritable passeport à la bavure et à l’impunité.

L’armée française circule sans restriction sur toute l’étendue du territoire national. Elle n’a pas besoin de solliciter l’armée malienne. L’État du Mali n’a aucun droit de regard, encore moins un contrôle sur ses agissements. Dans ces conditions, comment croire aux propos tenus par le ministère malien de la Défense qui soutient avoir été associé à cette boucherie?

Dans la prétendue collaboration, la France ne fait qu’intégrer au sein des unités maliennes des détachements de liaison et d’appui, dans le but évident de mieux surveiller et d’espionner les unités maliennes. Aussi, l’armée française peut-elle mettre sur écoute les dirigeants politiques, les acteurs sociaux ou toute autre personne pouvant représenter un danger quelconque. Une possibilité qui est également élargie à la MINUSMA.
Cette triste réalité confirme aisément le renforcement d’une situation d’inféodation de notre armée nationale à l’armée française. Ceci n’a hélas pas été remis en question par le Gouvernement de Transition.
L’attitude du Gouvernement de Transition qui manifeste clairement son soutien à l’Accord de défense avec la France n’est pas de nature à créer les conditions d’un débat profond et serein entre les maliens qui doivent, sur la base d’une saine évaluation de cette présence française sur notre territoire, décider du destin du Mali et de son armée.
Du reste, le Gouvernement de Transition a raté l’occasion de se taire. Ses propos sur le déroulé des faits qui s’inscrivent dans le cadre d’une opération conjointe baptisée « Eclipse », sont en nette contradiction avec son engagement et sa promesse d’envoyer une mission d’enquête sur le terrain.

_____________________


Le Parti SADI :
- Condamne le bombardement de la localité de Bounti par l’armée française ;
- Exige la prise en charge des blesses et des orphelins, leur indemnisation par les autorités ;
- Exige du Gouvernement de Transition, une évaluation de l’Accord de Coopération militaire entre la France et le Mali et de la présence des armées étrangères avec l’ensemble des forces politiques et sociales ;
- Demande aux autorités maliennes la dénonciation de l’accord de défense inique ;
- Exige que la France reconnaisse la bavure et présente solennellement ses excuses publiques aux familles des défunts, aux blessés, à tout le peuple malien.

Bamako, le 18 janvier 2021
Le Bureau Politique

_____________________


Visio conférence 15 janvier 2021
PALESTINE, SAHARA ET L'AFRIQUE
LA NOUVELLE PHASE DE LA LIBERATION NATIONALE
pour Ferñent/L'etincelle du Sénégal, Diagne Fodé Roland

>
Chers Camarades, recevez les salutations fraternelles du journal ouvrier et populaire Ferñent du Sénégal,
Félicitation aux camarades initiateurs de cette rencontre en visio-conférence et salut fraternel à Georges Ibrahim Abdallah, l'un des plus vieux prisonniers politiques de l'impérialisme français et aux héroïques peuples martyrs de Palestine et du Sahara.
Il faut le dire clairement objectivement: la question nationale de la Palestine occupée par les sionistes portée très haut lors de la première phase de libération nationale en même temps que celle de l'Afrique du Sud de l'apartheid ainsi que la question nationale Sahraouie, dernière colonie d'Afrique, connaissent actuellement en terme de soutien un certain recul en Afrique noire même si continue un arc de résistance solidaire sur ces questions coloniales qui va du Zimbabwe, Mozambique, Angola, Namibie et Afrique du Sud.
En fait ce recul est consécutive aux trahisons des leaders de la gauche historique absorbés souvent dans des gouvernements néocoloniaux surtout depuis la défaite du camp socialiste , à la proclamation de "there is no alternative" au libéralisme dans le sillage de Thatcher et à l'imposition des recettes néolibérales par le FMI, la Banque Mondiale et l'OMC.

Quand on regarde le monde actuel vu d'Afrique, on voit que l'Asie a décollé, l'Amérique du Sud se cherche avec des flux et reflux de la lutte anti-impérialiste et anti-libérale sur la base de la résistance héroïque exemplaire de Cuba socialiste et dont le dernier épisode est celui du putsch fasciste puis la réélection triomphale du MAS en Bolivie et l'Afrique semble engluée dans ce que Francis Fukuyama a nommé "les marécages de l'histoire".
Mais semble s'annoncer la fin de cette vague de capitulations avec l'avènement de plus en plus perceptible d'une rébellion souverainiste, patriotique et même panafricaine de la jeunesse africaine. Les illusions sur "there is no alternative" commencent à s'estomper au sein même de la jeunesse intellectuelle qui avait été subjuguée par le triomphe de la pensée unique libérale depuis les années 80.

Tout se passe comme si on est au début d'une seconde vague de libération nationale portée par cette jeunesse rebelle qui renoue avec le discours patriotique, souverainiste, panafricain et anti-impérialiste revendiquant la fin du franc CFA, non aux APE (accords libéraux de partenariat économique dictés par l'UE), la fin de la présence militaire des impérialistes, le patriotisme économique, etc.

Et ces mobilisations de plus en plus populaires en Afrique s'opèrent dans un contexte où le capitalisme impérialisme (USA/UE) est de plus en plus décadent et en putréfaction incapable de plus en plus à duper les peuples par sa propagande et même de ses propres peuples de plus en plus victimes des régressions sociales et anti-démocratiques répressives et fascisantes à l'instar de ce que l'on a pu voir en France contre les Gilets Jaunes et les luttes syndicales et anti-racistes des sans papiers et des quartiers populaires.

Il nous faut éviter les deux déviations suivantes dans l'approche des luttes et mobilisations populaires qui explosent partout, notamment en Afrique:
- surestimer la capacité des explosions populaires spontanées en sous-estimant le rôle de dévoiement qu'y joue l'impérialisme avec ses suppôts, notamment les Ong et médias sociaux
– sous-estimer les mobilisations et luttes spontanées des masses en surestimant la capacité des impérialistes à les détourner. En général, quand les impérialistes arrivent à détourner les luttes des masses, c'est parce que les révolutionnaires organisés y sont absents et donc n'y jouent pas leur rôle d'avant-garde.

La rébellion de la jeunesse patriotique s'engage de plus en plus à rechercher une alternative à "there is no alternative", au néolibéralisme.

L'impérialisme (USA, UE) est décadent, en putréfaction et n'a plus rien à offrir que misère, fascisme, guerre à l'humanité au moment même où se développent les pays "émergents" dont les principaux sont des rescapés du camp socialiste vaincu à la fin des années 80. On a trop tendance à considérer la défaite de l'URSS et des Démocraties Populaires de l'est européen comme celle de tout le camp socialiste.

Or la réalité est que c'est le camp socialiste d'Europe qui a été vaincu dans les années 90, mais pas Cuba socialiste et puissance médicale, pas la Corée du Nord puissance nucléaire défensive, pas le Vietnam qui a le moins de morts du covid dans le monde depuis un an et surtout pas la Chine qui est devenue la première puissance économique. Ces pays sont tous du camp socialiste qui a existé et en sont les actuels rescapés. Ces expériences là sont aussi à étudiées.


Voilà pourquoi nous devons en Afrique faire en sorte que l'actuelle rébellion de la jeunesse patriotique qui met au centre de son action politique la question de la souveraineté nationale mette en avant sur le plan tactique la revendication du MULTILATERALISME pour briser la soumission à l'unilatéralisme hégémonique de la françafrique, l'eurafrique et l'usafrique.

Rappelons nous que pour piéger l'URSS en Afghanistan comme déclaré par Brezinski, l'occident impérialiste a concocté une alliance stratégique avec les monarchies fanatiques religieuses (wahhabites et salafistes) des pétrodollars dans le cadre sa guerre contre "l'ennemi principal communiste". Aujourd'hui, leur alliance produit des guerres contre les États nationaux ou Multinationaux laïcs comme ce fut le cas en Irak, en Libye, en Syrie.

L'impérialisme cherche là à se venger de ses défaites d'hier lors de la première phase de libération nationale avec pour objectif de balkaniser les Etats Multinationaux africains. Mais là où l'impérialisme se trompe est que 60 ans après les indépendances obtenues, le Wolof, le Pular, le Mande, le Katangais, le Kabyle, etc se sent plus Sénégalais, Malien, Congolais, Algérien, etc. La preuve en est donnée par la RDC (Congo de Lumumba, Mulélé, Kabila) qui, depuis les années 60, est en proie en vain à des tentatives multiples et récurrentes de balkanisation, dont l'actuelle occupation de l'est a engendré 6 millions de morts. Il faut maintenant à partir de cette réalité construire le panafricanisme des peuples libres d'Afrique.

Le but de ces guerres impérialistes et du chaos qui en résulte est d'occuper les sources de matières premières pour empêcher ou conditionner l'accès à celles ci des pays "émergents" dont le développement en a besoin.

Et depuis la destruction de la Libye et l'assassinat de Khadafi, on oberve les effets de ce qu'on peut appeler le "syndrome Khadafi". Au sein même des néocolonies françafricaines des contradictions se manifestent par la recherche du multilatéralisme en lieu et place de l'unilatéralisme précédent de la relation avec le maître impérialiste françafricain. Les relations commerciales et les investissements, notamment chinois, mais pas seulement, contribuent à cette évolution lente mais de plus en plus perceptible. En Centrafrique, le gouvernement actuel confronté à une déstabilisation orchestrée par la françafrique a fait appel à la Russie tout comme l'a fait la Syrie pour contrer l'alliance militaire des milices "séléka - islamistes et anti-balakat chrétiennes" qui s'entretuaient hier et sont maintenant unies contre le pouvoir légal. On peut observer par exemple aussi que le Nigeria, le Cameroun ont rejeté l'offre de présence militaire française et US d'Afrikom pour une option souveraine de lutte contre Boko Haram. Au Mali les nouvelles autorités expriment ouvertement leur désaccord avec la stratégie militaire française et veulent combattre les djihado-terroristes étrangers et négocier avec les rebelles maliens, ce que refuse la France.

Dans les situations évolutives actuelles, PRIVILÉGIER LA SOLUTION SOUVERAINE NATIONALE et PANAFRICAINE est LA VOIE de plus en plus recherchée DANS LES MOBILISATIONS POPULAIRES sur fond d'exigence d'exigence DU DÉPART DES TROUPES ETRANGERES (française, européenne et étatsunienne).
>

Bref pour terminer, il faut réarmer l'actuelle seconde phase de libération nationale des exigences du MULTILATERALISME et du PANAFRICANISME ADOSSES à la SOUVERAINETÉ NATIONALE SANS ET CONTRE LES IMPERIALISTES.

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
15960 messages postés
   Posté le 19-01-2021 à 07:04:46   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

64 interventions militaires françaises en Afrique depuis les années d’indépendances dans 24 pays


L’indépendance des pays africains n’a pas mis un terme à l’ingérence militaire française en Afrique. Les prétextes de ces interventions sont à peu près tous les mêmes : « respect des accords de défense », mais aussi « protection des ressortissants français » ou encore « maintien de la stabilité face au risque de chaos », quand bien même s’agissant de la « stabilité » d’une dictature prédatrice.

Opérations les plus importantes postérieures à 1960 :

Présidence de De Gaulle 10
- 1955-1970 au Cameroun : guerre coloniale permettant l’installation d’un régime fantoche puis répression sur les populations qui soutiennent l’UPC (Union des Populations du Cameroun), anéantissement des maquis, exécution de des dirigeants.
- 1960-1962 au Gabon, Congo, Tchad, Mauritanie : interventions « antiémeutes »
- 1961 en Tunisie : intervention le 18 juillet 1961, avec pour but le maintien de la base militaire navale de Bizerte. Opération Bouledogue (transformée en opération « Charrue longue »
- 1962 au Sénégal : opération de maintien de l’ordre suite d’une prétendue tentative de renversement du Président Senghor
- 1963 au Niger : répression d’une révolte militaire
- 1964 au Gabon : rétablissement de Léon M’Bo après le putsch d’une partie de l’armée
- 1967 en Centrafrique : renforts envoyés à Bokassa qui craint un coup d’Etat

Présidence Pompidou 2
- 1969-1972 au Tchad : opération Limousin (opérations Moquette 1.7.70, Ephémère mars.70, Bison janvier71, Languedoc février 72) contre le FROLINAT, mouvement progressiste (suite opération camomille)

Présidence Giscard
- 1976-1977 à Djibouti : opération Lavado et Saphir contre l’irréden Kisma Somalien (mouvement se réclamant de la réunion en une nation….
- 1977 au Zaïre : opération Verveine en soutien au Général Mobutu, contre la rébellion au Shaba
- 1977 Janvier – Bénin Agression d’un commando de mercenaires commandé par Bob Denard à Cotonou
- 1977-1981 au Sahara occidental et en Mauritanie : opération Lamentin appui de l’aviation française aux Forces Armées Marocaines contre le Front Polisario
- 1978 au Zaïre : opération Bonite et Léopard, 600 parachutistes sautent sur Kolwezi
- 1978-1980 au Tchad : opération Tacaud. La France envoie 2000 hommes et des avions Jaguar contre l’avancée du Frolimat à l’appel du président Félix Malloum
- 1979-1981 en Centrafrique : opération secrète Caban, puis opération Barracuda, l’Empereur Bokassa est déposé par les parachutistes français
- 1980 en Tunisie : opération Scorpion en soutien au régime tunisien contre une tentative d’insurrection d’anciens partisans de Salah Ben Youssef

Présidence Mitterrand 19
- 1983/1984 au Tchad : opération Manta, à l’appel du Président Hissen Habré face à la rébellion des partisans de Goukoumi Oueddaye, la France mobilise 4000 hommes et déplace un arsenal militaire aérien considérable
- Février 1986/2014 : opération Epervier Tchad – (bombardement en Libye t de la base aérienne de Ouadi-Doum)
- Septembre 1986 au Togo : 150 parachutistes et quatre avions Jaguar sont envoyés suite à une tentative de renversement du dictateur GNassinghi Eyadéma

- 1986 Tchad : Opération « Epervier » succède à l’opération Manta
- 1989 aux Comores : opération Oside, quelques 200 soldats français débarquent après l’assassinat du Président comorien Ahmed Abdallah et la prise de contrôle du pays par les mercenaires de Bob Denard, chef de la garde présidentielle
- 1990 au Gabon : opération Requin. Des troupes sont envoyées à Libreville et à Port Gentil en renfort du dispositif militaire français, suite à des émeutes contre le régime d’Omar Bongo
- 1990-1993 au Rwanda : opération Noroit pour stopper le Front Patriotique Rwandais (FPR)
- 1990 /toujours en place en 2016 – Mission Corymbe, dispositif naval mis en place en 1990 par la Marine nationale française : présence permanente minimum d'un bâtiment dans le Golfe de Guinée.
- 1991 au Zaïre : opération Baumier, 1000 soldats sont envoyés à Kinshassa après la manifestation contre Mobutu
- 1991 à Djibouti : opération Godaria, pour renforcer le dispositif militaire djiboutien suite à la chute du régime de Mengistu en Ethiopie
- 1991 au Bénin : opération Vendier 450 hommes sont dépêchés sur l’aéroport de Cotonou censés répondre à une tentative de putsch contre le premier ministre togolais de transition Joseph Kakou Koffigoh
- 1992-1993 en Somalie, opération Oryx sous la direction américaine et puis participation à l’opération Restore Hofre et aux combats de Mogadiscio en 1993 là aussi sous couvert d’humanitaire.
- 1992 à Djibouti : opération Dkoutir, sous couvert d’humanitaire, interposition entre la rébellion Afar et les forces militaires du dictateur Hassa Gouled permettant à ce dernier de se réarmer et de faire appel à des mercenaires.
- 1993 au Burundi : opération Yambo de maintien de l’ordre
- 1993 au Zaïre : opération Bajoyer, évacuation de ressortissants français
- 1993 au Rwanda : opération Chimère et Volcan, soutien et formation de l’armée gouvernementale ….
- 1994 au Rwanda : opération Maryllis, évacuation des ressortissants européens alors que commence le génocide des Tutsis. L’arrivée des avions français permet aussi l’approvisionnement en munitions et l’entrainement des forces génocidaires.
- 1994 au Rwanda : opération Turquoise, sous couvert d’opération humanitaire, les forces françaises bloquent la progression du FPR et organisent l’exfiltration des forces génocidaires vers le Zaïre.
- 1994 Yémen : opération Diapason 1 et 2, évacuation des ressortissants occidentaux
- 1994-1995 au Niger : opération Croix du Sud, mission de sécurité dans le cadre des accords de Ouagadougou, contrôle du cessez-le-feu

Présidence Chirac 13
- 1995 - Aux Comores : opération Azalée 1 et 2, un millier d’hommes des forces spéciales récupèrent Bob Denard et ses mercenaires qui viennent de destituer Saïd Mohamed Djohot
- 1996-2007 au Cameroun : opération Aramis. Présence militaire française dans le cadre du contentieux territorial avec le Nigéria concernant la presqu’ile pétrolière de Bakassi
- 1996 en Centrafrique : opération Almandin 1, l’armée française intervient à Bangui avec 1400 hommes pour une assistance opérationnelle, suite à la mutinerie d’une partie de l’armée centrafricaine. Sur ordre de l’Elysée, les téléphones des leaders de l’opposition sont coupés et c’est un général français sans représentant du gouvernement centrafricain qui négocie avec les mutins.
- 1997 en Centrafrique : opération Almandin 2, après l’assassinat de 2 militaires français, les troupes françaises sont engagées avec 14 unités, soit 8300 hommes, dans une opération de représailles dans les quartiers hostiles qui fera plusieurs dizaines de morts militaires et civils, suscitant des protestations du Premier Ministre de la coalition Lionel Jospin. François Bozisé est rétabli.
- 1997 Congo Brazzaville : opération Pélican déclenchée lorsque les forces de Laurent Désiré Kabila su…. De Kinsaha …
- 1997 Congo Brazzaville : opération Pélican 2 les ressortissants étrangers sont évacués de Brazzaville en proie à la guerre civile. (Le versant secret des interventions au Congo est abordé plus loin).
- 1997 Sierra Leone : opération Espadon pour évacuer les ressortissants français
- 1998 en Guinée-Bissau : opération Iroko pour sécuriser l’ambassade de France, évacuer des ressortissants pendant la guerre civile, mais surtout prêter main-forte au dictateur déchu Nino Viéra
- 1998 au RDC : opération malachite : mise ne place à Brazzaville d’un dispositif français pour faciliter le départ de 2500 ressortissants étrangers de Kinshasa
- 1998 à Djibouti : opération Khor Angar : renforcement des défenses aériennes et maritimes à Djibouti en raison du conflit entre l’Ethiopie et l’Erythrée
- 1999 en Côte d’Ivoire : l’opération Khaya pour « protéger les intérêts de firmes françaises éventuellement menacées par les troubles liés au coup d’Etat du Général Guei »
- 2002 en Côte d’Ivoire : opération Licorne pour « s’interposer entre les forces rebelles et loyalistes »
- 2002 en Centrafrique : opération Boali pour « sécuriser les ressortissants et former les forces armées » centrafricaines

Présidence Sarkozy 6
- 2003 en RDC : opération Artémis pour « sécuriser » le processus électoral
- 2008 (janvier) à 2009 (décembre) au Tchad et Centrafrique : opération EUFOR-Tchad/RCA – 18 pays d’Europe dépêchent 3700 hommes (dont 1700 Français) protection des réfugiés du Darfour. Au passage la France sauve I. Deby lors de l’avance aux portes de Ndjamna des troupes rebelles : intervention aux abords de l’aéroport.
- 2008 à Djibouti : positionnement d’une base logistique de 200 légionnaires à la frontière avec l’Erythrée après la défaite de l’armée djiboutienne
- 2008 dans le Golfe d’Aden : opération Atalante contre la piraterie maritime
- 2011 – Libye opération Aube de l’Odyssée défense de la population civile
- 2011 – Côte d’Ivoire opération Licorne sous mandat de l’ONU pour le respect du scrutin et sauver les populations civiles – servira de soutien à Alassane Ouattara

Présidence Hollande 5
- 2012 Attaque de la Libye, opération l’Harmattan pour liquider Mouammar Kadhafi
- 2012 août Opération Sabre : déploiement des soldats du COS (Commandement des Opérations Spéciales) dans le Sahel
- 2013 Intervention au Mali opération Serval « pour sauver les Maliens des islamistes »
- 2013 Novembre Intervention en Centrafrique opération Sangaris « pour sauver les Centrafricains des massacres » 1200 hommes + 600 hommes de la force Bouali
- 2014 Opération Barkhane : positionnement de 3000 soldats dans 5 pays de la région sahélienne : Tchad, Mali, Niger, Mauritanie et Burkina Faso. Elle fusionne avec l’opération Epervier et Sabre. Officiellement « pour une meilleure réactivité face à la menace terroriste »

Présidence Macron 1
- 3 février 2019 : bombardement par la force aérienne basée au Tchad, appuyée la force Barkhane, de la rébellion de l’UFR (Union des forces de la résistance) en route pour Ndjamena. Sjuite à l’appel du président Déby.

Dont 7 au Tchad, 7 au Zaïre-RDC, 7 en Centrafrique, 5 à Djibouti, 3 Côte d’Ivoire, 3 Niger 3 Gabon

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
15960 messages postés
   Posté le 19-01-2021 à 07:08:56   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   



MEETING DE SOLIDARITE ANTI IMPERIALISTE



60 ans après l’adoption par l’Assemblée générale de l’ONU de la résolution sur le droit à l’indépendance des pays colonisés, il est clair que le rapport de forces n’est plus en faveur de l’émancipation des peuples. C’est particulièrement vrai pour ceux qui n’ont pas été libérés de la domination coloniale, malgré des résistances magnifiques comme celles qui viennent d’être évoquées en Palestine et au Sahara occidental.
Le droit international est bafoué ouvertement par des Etats et des institutions internationales qui tentent d’y substituer une realpolitik, expression inventée par Bismarck au 19ème siècle.

Le discours d’experts omniprésents à la télé, dans les radios et relayé par la presse, s’ingénie à découper l’Histoire des sociétés et des conflits du monde – dans le temps et l’espace-, pour éviter à l’opinion publique d’en saisir le fil conducteur, les similitudes et d’entrevoir des résolutions simples dans un respect strict du droit international.
C’est le cas pour les deux peuples qui nous rassemblent aujourd’hui.
L’origine des conflits est semblable, les effets sur la vie quotidienne sont les mêmes :

- Chacun a connu une première colonisation, de la Grande Bretagne pour l’un de l’Esagne pour l’autre. Ces puissances se sont désengagées de leur responsabilité sans respecter les droits des peuples, droits reconnus par les instances internationales : Résolutions de l’ONU et Cour Internationale de Justice.
- Une partie des leurs populations fut contrainte à l’exil : expulsée pour les Palestiniens qui vivent depuis 72 ans dans des camps de réfugiés dans 3 pays de la région, menacée de génocide pour les Sahraouis, accueillis depuis 45 ans en Algérie.
- Dans les territoires occupés, une politique de colonisation de peuplement et de marginalisation des autochtones a été mise en place.
- Quotidiennement les organisations de solidarité reçoivent les images et infos de la répression : arrestations arbitraires, procès inéquitables aux condamnations à des peines de prison allant jusqu’à la perpétuité, tortures, exécutions sommaires. Femmes et enfants, très présents dans les manifestations, ne sont pas épargnés.
- Dans les deux pays des murs ont été érigés séparant les familles, sur 2720km pour celui qui balafre le Sahara occidental, le plus grand champ de mines d’Afrique. En 1980 Israël fut le conseiller technique de Hassan II, pour ce système préfigurant la muraille érigée en Palestine à partir de 2002 qui morcelle la Palestine rendant impossible l’unité territoriale.
- Forts du soutien de leurs parrains au Conseil de Sécurité à New York, Israël et le Maroc ignorent les condamnations du Conseil des Droits de l’homme de l’ONU à Genève. L’Union européenne ferme les yeux alors que ses accords économiques sont conditionnés au respect des droits humains.
Et face à ce sinistre tableau se dresse la dignité des peuples
- Des Résistances populaires relayées de génération en génération pour revendiquer le droit à l’indépendance, dans des Intifada adaptées à la situation.
- La création et le fonctionnement d’institutions d’Etat
- Une solidarité internationale qui s’exprime à travers le monde. Les missions internationales de solidarité vont à la rencontre de ces deux peuples.
- Les deux colonisateurs s’attaquent à cette solidarité :

Depuis 2006, les 2 millions d’habitants de Gaza subissent le blocus terrestre et maritime de l’armée israélienne. Les missions civiles qui se rendent en Palestine n’y ont pas toujours accès, certains membres sont refoulés. Israël interdit à ses ressortissants d’aller en Palestine. Braver l’interdit vaut la prison.
Le territoire occupé du Sahara occidental n’a connu qu’une courte période entre 2002 et 2013 où des observateurs et professionnels de l’information ont été tolérés. Ils sont venus des 5 continents et de 28 pays. Mais depuis janvier 2014, nous sommes 283 personnes de 20 nationalités à avoir été expulsées, enlevées ou empêchées d’entrer sur ce territoire non autonome.
Le Maroc qui siège aujourd’hui à côté de la RASD à l’Union Africaine, n’a toutefois pas ratifié la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Ce qui empêche les Marocains et les Sahraouis de recourir à la Cour africaine des droits de l’homme et évite au royaume d’être interpelé.

Les indépendances en Asie et en Afrique n’ont pas été généreusement « octroyées ». Elles ont été imposées aux puissances coloniales par les peuples qui ont rarement obtenu une pleine souveraineté. Les puissances impérialistes ont tout fait pour retarder l’échéance de certaines colonies stratégiques (Djibouti et Les Comores -1975-, le processus est inachevé pour la Kanaky/Nouvelle Calédonie riche de son Nikel).
Dans les années 60, l’Angleterre écrit la légende d’une émancipation sans violence tout en confortant le Commonwealth de la plupart des colonies perdue. La France, elle, accroche des élastiques économiques et politiques aux pays nouvellement indépendants.
Mais l’outil du maintien du l’ordre colonial par excellence reste militaire.
Nous avons dénombré 64 opérations militaires de la France depuis la veille des années 60 à nos jours, dans 24 pays d’Afrique., de quelques semaines à plusieurs années.
Les 3 états parmi les plus déstabilisés du continent sont aussi ceux qui ont supporté chacun 7 fois ces incursions : le Tchad, la RDC et la Centrafrique.

Ces trois pays regorgent de ressources naturelles dont l’exploitation se poursuit malgré le chaos permanent organisé. Est-ce le hasard?
Palmarès présidentiel des interventions militaires françaises en Afrique :

1er François Mitterrand avec 19 interventions (dont Turquoise au Rwanda durant le génocide)
2ème Jacques Chirac avec 13 interventions,
3ème De Gaulle 10 interventions (15 ans au Cameroun pour éradiquer l’Union des Population du Cameroun)
4ème Valéry Giscard d’Estaing 8 interventions (dont l’opération Lamentin contre le Front Polisario),
Mentions spéciales à Sarkozy avec 5 interventions (dont celle en Libye où un chef d’Etat a été assassiné et les conséquences dans la région)
François Hollande avec 5 interventions (dont Barkhane en 2014, toujours en piste en 2021).

Mais la France n’est pas seule à envoyer ses troupes en Afrique.
Dans un rapport de mars 2018, Ecofin Hebdo indiquait « l’Afrique est à nouveau devenue un enjeu militaire majeur, cette fois ci, entre puissances occidentales et émergentes. Le continent africain n’avait plus connu pareille concentration de forces militaires étrangères sur son sol depuis la fin de la seconde guerre mondiale puis, par la suite, de la guerre froide. »

Ainsi, dans 23 pays du continent, se trouvent présentes 12 puissances étrangères qui s’y côtoient souvent dans un même pays :

La France présente dans 10 pays (Djibouti, Côte d’Ivoire, Gabon, Sénégal, Tchad, Burkina Faso, Niger, Mauritanie, Mali, Centrafrique et des navires dans le golfe de Guinée),
Les USA avec AFRICOM présents dans 14 pays (Burkina Faso, Cameroun, Djibouti, Gabon, Ghana, Kenya, Seychelles, Niger, Ouganda, Centrafrique, RDC, Sénégal, Soudan du sud, Tchad, des navires dans le golfe de Guinée le Washington Post a signalé des conseillers en Algérie, Egypte, Erythrée, Ethiopie et Tunisie). l’Arabie saoudite (Djibouti, Libye, Somalie, Somaliland), la Turquie (Somalie, Libye), le Royaume uni (Kenya, Mali), l’Inde (Madagascar, Seychelles), l’Allemagne (Niger, Mali), l’Italie (Libye, Niger), la Russie (Centrafrique), la Chine (Djibouti), le Japon (Djibouti), la Belgique (Mali).

La question de la solidarité internationale posée pour ce meeting nous amène à revenir sur la construction du front anti impérialiste. Il fut initié par les peuples asiatiques libérés du colonialisme, à l’origine de la conférence de Bandoeng en 1955, où se sont lié les luttes afro-asiatiques contre le racisme et le colonialisme.

C’est là que s’affirma la remise en cause par un tiers-monde de la domination impérialiste, concrétisée par l’adoption le 14 décembre 1960, de la résolution 1514 de l’Assemblée générale des Nations unies.
Ce texte est une ode aux peuples en lutte. Je tiens à en lire les premiers attendus pour susciter votre intérêt à revisiter cette résolution historique.

L’Assemblée générale
Reconnaissant le désir passionné de liberté de tous les peuples dépendants et le rôle décisif de ces peuples dans leur accession à l'indépendance,
Consciente des conflits croissants qu'entraîne le fait de refuser la liberté à ces peuples ou d'y faire obstacle, constitue une grave menace pour la paix mondiale,
Reconnaissant que les peuples du monde souhaitent ardemment la fin du colonialisme dans toutes ses manifestations,
Convaincue que le maintien du colonialisme empêche le développement de la coopération économique internationale, entrave le développement social, culturel et économique des peuples dépendants et va à l'encontre de l'idéal de paix universelle des Nations Unies,
A partir des années 50 et durant une vingtaine d’années, 10 pays d’Asie et 39 pays d’Afrique accèdent à l’indépendance. Dans le même temps l’impérialisme procède à des répressions à travers le monde : Madagascar, Sao Tomé, Indonésie, Timor, sept années de guerre en Algérie, des coups d’Etat militaires avec la CIA en Iran où le pétrole a été nationalisé et au Guatémala où s’est engagé une réforme agraire.
Dans son article intitulé « Luttes de libération et contre révolution impérialiste » paru dans le numéro spécial d’Aujourd’hui l’Afrique, Nils Anderson écrit

« L’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine sont la zone des tempêtes, le peuple algérien se montre irréductible et malgré la puissance de l’armée française et la violence de la répression, l’Algérie accède à l’indépendance et devient une plaque tournante des mouvements de libération. Pour organiser cette force révolutionnaire, il est créé la Tricontinentale. Les peuples colonisés écrivent l’Histoire ».

Dans ce moment-ci s’opère une jonction entre les luttes sociales ouvrières dans les pays dits développés et des luttes nationales d’indépendance dans les pays dits sous-développés, le rapport de forces peut basculer en faveur d’un monde différent. Pour le capitalisme et les États impérialistes et colonialistes, la menace est réelle, il faut, par tous les moyens, combattre les mouvements d’indépendance et révolutionnaires, briser les luttes de libération nationale et sociale des peuples, exterminer les forces révolutionnaires, disqualifier les idéologies de progrès. Cette contre-révolution est menée par la guerre, des coups d’État, des massacres de populations et l’assassinat politique. »
Après avoir développé les exemples de succès des forces progressistes et les contre-révolutions impérialistes sur les trois continents, Nils termine son article en pointant ce qui a manqué pour que le vent de l’Histoire puisse aller au bout de son élan.

« Force est de constater qu’au côté des luttes révolutionnaires et d’émancipation depuis le sortir de la Seconde Guerre mondiale, il y a un absent, les forces révolutionnaires en Europe. (…) Alors qu’avec l’accession à l’indépendance de plusieurs pays africains et asiatiques, il y avait nécessité de rechercher une plateforme stratégique commune avec les mouvements de libération nationale, les forces révolutionnaires et émancipatrices européennes n’ont pas discerné l’importance des révolutions dans le « Tiers monde », considérant les mouvements de libération nationale comme un fait particulier, n’ayant pas le caractère de classe requis. Cette inintelligibilité est une des causes du maintien de rapports coloniaux, mais aussi de l’affaiblissement des forces progressistes en Europe.
Ce sont des leçons de l’Histoire, mais pas la fin de l’Histoire, l’émancipation peut connaître de longs temps de revers, la braise ne s’éteint pas. »


Ces braises se sont ranimées dans les révoltes populaires au Maghreb qui ont débuté en octobre 2010 à Gdeim Izik Sahara occidental occupé, elles ont enflammé la Tunisie où la dictature est tombée puis celle d’Egypte, et ce fut le Mouvement du 20 février au Maroc, où résonnait le slogan « Makhzen dégage ». Les puissants Hirak au nord du Maroc et en Algérie, aujourd’hui en sourdine du fait des mesures sanitaires mais les raisons de ces soulèvements sont toujours d’actualité.

Tomas Borge, poète vénézuélien, membre fondateur du Front Sandiniste disait « La solidarité c’est la tendresse des peuples ».
Les puissances impérialistes elles aussi sont aussi solidaires, pas par tendresse, mais par intérêt financier. Et pour cela elles s’organisent très bien.
La rapacité capitaliste n’épargnant aucun peuple du monde, il est temps de déjouer les idéologiques réactionnaires et obscurantistes qui masquent le dessous des cartes et s’acharnent à opposer les peuples, y compris en instrumentalisant le contexte de la pandémie.
A nous toutes et tous d’y faire face dans la réflexion et en conduisant des luttes transnationales.

Michèle DECASTER
Secrétaire générale
Association Française d’Amitié
et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique
site internet : http://www.afaspa.com/


Edité le 19-01-2021 à 07:09:56 par Xuan




--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
marquetalia
Grand classique (ou très bavard)
10200 messages postés
   Posté le 19-01-2021 à 09:08:03   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

C est l esprit de la conférence de Bandoeng qui revient.

--------------------
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
15960 messages postés
   Posté le 11-03-2021 à 15:53:08   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Parlons du Tchad, voulez-vous ?


PAR ADMIN · PUBLIÉ 10 MARS 2021
http://www.entelekheia.fr/2021/03/10/parlons-du-tchad-voulez-vous/

Par Danny Sjursen
Paru sur Antiwar.com sous le titre We Need To Talk About Chad: Franco-America’s Favorite Hired Gun et Consortium News sous le titre How France and the US Cooperate

Après quelques suggestions de retrait, il s’avère que les troupes françaises au Sahel ne sont pas près d’en partir. C’est ce qu’a déclaré le président Emmanuel Macron à Paris le 16 février, avant même son sommet virtuel avec les anciens « partenaires » coloniaux de la France – le Burkina Faso, le Niger, le Mali, la Mauritanie et le Tchad – qui composent la Force conjointe du G5 Sahel.

Formée en 2014, elle est décrite dans le langage bureaucratique de Paris comme « un cadre de coopération intergouvernemental, afin de proposer une réponse régionale aux différents défis. »
En réalité, le G5 n’est guère plus qu’un groupe de forces par procuration problématiques aux ordres des généraux français, qui dirigent l’opération Barkhane depuis sept ans, et des proconsuls américains de l’AFRICOM qui soutiennent la guerre perpétuelle de Paris au Sahel.

Mercenaires en uniforme
Le sommet du G5 Sahel de cette année était basé – comme le quartier général de l’opération Barkhane – dans la capitale tchadienne N’Djamena, bien qu’en raison du Covid-19, les participants européens et américains s’y soient joints virtuellement.

La France a lancé son aventure militaire actuelle au Mali – initialement connue sous le nom d’opération Serval – en 2013, avant de l’étendre à toute la région sous l’égide de Barkhane. Ironiquement, alors que la mission française n’a cessé de s’étendre, et récemment, de rater ses objectifs, chaque indicateur de l’insécurité au Sahel a augmenté avec elle. Cela inclut des décès de civils (2 000 en 2019-20), des déplacements internes de populations (bien plus d’un million), de la pauvreté (30 millions de personnes en demande d’aide alimentaire) et des pertes de la coalition (29 soldats maliens, onusiens et français tués depuis le Nouvel An).

Malgré tout, lorsqu’il s’agit d’insister sur une mauvaise stratégie malgré les échecs, la France a pris ses leçons auprès des champions (les Américains). Ainsi, Macron a exclu toute réduction immédiate des troupes – malgré la montée du sentiment anti-guerre dans son pays et du sentiment anti-français dans la région – et a même obtenu l’engagement du Tchad de déployer 1 200 soldats supplémentaires, pour compléter les 5 100 soldats français de l’opération Barkhane. Voilà qui mérite d’être suivi de près. Le renfort tchadien représente un échange de « bons » procédés infâme, par lequel Paris caresse le dos du dictateur du moment de N’Djamena en échange de l’envoi sur le terrain de mercenaires au service de la France.

A bien y réfléchir, Paris fournit aussi souvent les armes, de sorte que les troupes tchadiennes sont en fait des mercenaires et de la chair à canon pour le combat néocolonial de la France. Par exemple, trois semaines seulement avant le sommet, l’ambassade de France a organisé une cérémonie pour célébrer la remise de neuf véhicules blindés ERC-90 aux mercenaires tchadiens en uniforme – alors que les civils du pays meurent de faim. On peut se demander combien de sacs de céréales, de moustiquaires et de vaccins ces neuf ERC-90, même s’ils ne sont pas de la première jeunesse, auraient pu acheter ? Peu importe, puisque l’ambassade a affirmé que ces véhicules « rustiques, efficaces et fiables » (…) « répondront parfaitement aux besoins opérationnels de l’armée tchadienne dans ses contributions à la lutte contre le terrorisme » . Dommage que les enfants tchadiens ne puissent pas les manger.

Hommes de main désaxés en location
Qu’en est-il de ces hommes de main ? En d’autres termes, qu’est-ce que les soldats de fortune de N’Djamena – payés 58 dollars par mois pour leur travail – apportent de concret à la déstabilisante mission franco-américaine de « stabilisation » du Sahel ? Au-delà d’attirer les balles, disons moins de zéro ! Même selon une évaluation plutôt généreuse de l’International Crisis Group, « l’armée tchadienne joue un rôle central dans les opérations internationales de lutte contre le terrorisme au Sahel, mais elle est une source d’instabilité potentielle chez elle. »

Cela ne veut pas dire que les soldats de l’actuel homme fort du Tchad, Idriss Déby, ne sont pas occupés. Il les a envoyés soutenir le combat de la France dans le centre et le nord du Mali (1 406 d’entre eux, en fait, en mars 2017), et avant, dans la mission de combat de cinq pays contre Boko Haram dans la région du lac Tchad au début de 2015 (fournissant environ un tiers des effectifs de la Force opérationnelle interarmées multinationale – qui est également basée dans la capitale tchadienne N’Djamena), ainsi que dans la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en République centrafricaine (MINUSCA) – une autre désastreuse ancienne zone coloniale française.

Que les « guerriers du désert » tchadiens apportent réellement une valeur ajoutée à ces aventures est une toute autre question. En avril 2014, les forces tchadiennes ont dû se retirer de la mission de l’ONU en République centrafricaine après avoir été accusées d’avoir tué 30 civils désarmés et d’avoir offert un soutien financier et militaire aux rebelles de la Seleka. Au Mali, il y a eu de nombreuses allégations de viols et de violences sexuelles perpétrés par les soldats tchadiens.

Néanmoins, même si les troupes tchadiennes maltraitent les civils, menacent la démocratie naissante au Tchad et n’ont remporté aucune victoire réelle à l’étranger, Déby considère la sous-traitance de ses soldats comme une garantie (pour le maintien de son régime du moins). Après avoir façonné l’image du Tchad en tant qu’allié indispensable dans la lutte contre le terrorisme, il a « joué la carte de la diplomatie militaire » pour consolider les partenariats de sécurité franco-américains – et par là même, son propre pouvoir politique.

La politologue Marielle Debos a même trouvé un bon slogan pour la méthode mercenaire de Déby – et en a fait le titre de son livre de 2016 – « La vie au rythme des armes à feu au Tchad » (« Living by the Gun in Chad »).

En 2017, elle expliquait que le statut autoproclamé du Tchad en tant que nouvelle puissance militaire régionale « conduit la France et les États-Unis à fermer les yeux sur des fraudes électorales et des violations des droits de l’homme. » Déby a même gagné un poids diplomatique décisif – comme on l’a vu avec la sélection, en janvier 2017, de son ancien ministre des Affaires étrangères Moussa Faki Mahamat à la tête de la Commission de l’Union africaine.

Danser avec des monstres, semer des désastres
Naturellement, le Tchad n’apporte pas grand-chose à l’étranger, compte tenu de sa propre instabilité et des crises humanitaires en cours. L’endroit est désastreux. Juste après le sommet qu’il a accueilli, 35 personnes ont été tuées dans le sud-est du Tchad au cours de combats communautaires – omniprésents dans le Sahel – entre agriculteurs et éleveurs.

En outre, dans un contexte de tensions croissantes résultant des incessants changements de cap constitutionnels de l’homme fort à perpétuité Idriss Déby (au pouvoir depuis 1990) – il l’a amendé et réamendé dans le but de rester au pouvoir jusqu’en 2033 – des forces de sécurité tchadiennes ont fait irruption cette semaine dans la maison du candidat de l’opposition à la présidence, tuant cinq personnes (dont sa mère et son fils).

Tout cela se déroule avant l’élection prévue le 11 avril au Tchad, mais ne devrait guère surprendre même les moins perspicaces des observateurs. La décision de Déby de se présenter a incité plusieurs centaines de manifestants à braver l’interdiction gouvernementale de manifester en raison des restrictions imposées par le coronavirus, et à descendre dans les rues de N’Djamena, à mettre le feu à des pneus et à scander « Dégage, Déby ! »

Ils ont été accueillis par des gaz lacrymogènes de la police et plusieurs dizaines d’entre eux ont été arrêtés. C’est tout à fait normal au Tchad, un pays où, selon le rapport de 2020 de Freedom House, « la corruption, les pots-de-vin et le népotisme sont endémiques ».

Ces détails pesants mis à part, Paris et Washington considèrent tous deux le Tchad comme un allié essentiel dans la lutte régionale contre les groupes islamistes. En fait, presque deux mois jour pour jour avant le coup d’envoi du sommet du G5, le commandant de l’US AFRICOM, le général Stephen Townsend, est allé faire sa cour au dictateur Déby – en remerciant le Tchad « pour le maintien de son leadership dans la sécurité régionale et pour avoir accueilli les troupes américaines. »

Juste après, le proconsul Townsend a rendu visite à l’équipe française de Barkhane et au détachement d’entraînement de l’Union européenne (la Task Force Takuba), «reconnaissant leurs efforts pour apporter une sécurité et une stabilité accrues au Sahel » . C’est là que le bât blesse : c’est la France – soutenue par le grand frère américain et avec l’aide de l’UE – qui maintient Déby-le-despote au pouvoir, alimentant ainsi l’instabilité fondamentale à l’origine de la plupart des problèmes régionaux.

Je dis cela en toutes lettres. Pas plus tard qu’en février 2019, l’armée de l’air française a passé quatre jours à bombarder des convois rebelles qui étaient en route pour renverser le monstrueux dictateur de N’Djamena.

Du point de vue cynique de Paris, Déby est un monstre décidément utile – comme l’étaient les autres despotes qui l’ont précédé (jusqu’à ce qu’ils ne soient plus utiles) – car il fournit des bases militaires, y compris un quartier général pour l’opération Barkhane, et des troupes suffisantes pour exécuter les ordres de la France. Que les citoyens tchadiens affamés et opprimés aillent se faire f… ! Mais cette population n’a pas à être si mal en point. Les désastres humanitaires et les violations des droits de l’homme au Tchad sont en grande partie causés par la soif de pouvoir, et accélérés par les Franco-Américains.

Le Tchad exporte du pétrole depuis 2003 et, rien que de 2004 à 2011, il a gagné environ 4,5 milliards d’euros, ce qui n’est pas négligeable pour un pays de seulement 15 millions d’habitants. Mais le Tchadien moyen n’a jamais vu, ou ne voit jamais, la couleur des revenus pétroliers. Déby a hypothéqué la richesse énergétique de la nation, qui en avait désespérément besoin pour ses habitants, à la multinationale Glencore en 2014, lorsque son gouvernement a emprunté plus d’un milliard de dollars au conglomérat minier anglo-suisse. Le plan était de rembourser le prêt avec les futures ventes de pétrole, mais après l’effondrement du marché pétrolier, plus de 80 % des revenus pétroliers ont été nécessaires pour assurer le service de la dette. C’est ce qu’on appelle de l’extraction de ressources à l’ancienne, dans le style impérialiste !

Le peu d’infrastructures basées sur les services qui ont été construites avec les profits énergétiques restants sont souvent de mauvaise qualité – en raison de copains profiteurs corrompus – et limitées au nord du pays, d’où (vous l’avez deviné !) le clan de Déby est originaire. La plupart du reste est allé (vous l’avez encore deviné !) à des trafiquants d’armes internationaux.

Selon un briefing de 2016 pour la World Peace Foundation, « entre 2006 et 2010, le Tchad est devenu le troisième importateur d’armes en Afrique subsaharienne, apparaissant pour la première fois dans le top 10. » En outre, les dépenses militaires de N’Djamena ont été multipliées par huit entre 2004 et 2008.

Le premier marchand de mort du monde – vous savez, « l’arsenal des démocraties » – l’Amérique, s’est largement mise de la partie. En août 2020, Washington a livré 8,5 millions de dollars de véhicules et d’équipements au Groupe spécial antiterroriste tchadien, dans le cadre d’un paquet de soutien total de 28 millions de dollars pour les troupes de N’Djamena contribuant à la force du G5 Sahel. En outre, de nombreux officiers militaires tchadiens – dont Idriss Déby, qui a fréquenté l’Ecole de guerre – ont été formés en France.

Le fait que les États-Unis et (plus encore) la France encouragent toute cette indécence – et l’hypocrisie inhérente à leur action – n’échappe pas aux Tchadiens, ni, franchement, aux autres Sahéliens. « Beaucoup de gens disent qu’un jour, nous allons chasser la France de l’Afrique » , a déclaré l’animateur d’une émission de radio canadienne destinée à ses compatriotes tchadiens exilés – « La France apprécie la démocratie à l’intérieur de ses frontières. [Mais] au Tchad, elle protège un seul homme, le dictateur » .

Ce qui est vraiment clé, c’est que le Tchad et le despotique Déby ne sont qu’un exemple anecdotique – mais instructif – de la manière dont la contre-productivité franco-américaine fonctionne au Sahel et dans toute l’Afrique. Le fait qu’elle se déroule dans l’ombre, comme une abstraction largement non rapportée par les médias – et avec des pertes relativement faibles (pour les États-Unis) – rend cette folie presque invisible. Mais alors que le nouveau président américain évalue ses options en matière de politique étrangère, et que Macron semble placer ses meilleurs espoirs dans un bail-out par Biden de la guerre perpétuelle de la France au Sahel, il faut garder un œil sur la formule tchadienne – et il est certainement temps d’en parler.

Danny Sjursen est officier retraité de l’armée américaine et collaborateur du site antiwar.com. Son travail est paru dans le LA Times, The Nation, le Huff Post, The Hill, Salon, Truthdig et Tom Dispatch, entre autres. Il a servi dans des unités de reconnaissance en Irak et en Afghanistan, et a ensuite enseigné l’histoire à West Point. Il est l’auteur de plusieurs livres. Son site est ici.

Traduction Corinne Autey-Roussel
Photo Ian Ingalula / Pixabay

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
15960 messages postés
   Posté le 11-03-2021 à 17:52:42   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

LIBÉRATION PROVISOIRE DE SONKO
UNE PREMIÈRE VICTOIRE POUR FAIRE EN SORTE QUE MACKY NE PUISSE PLUS NUIRE A L’ÉTAT DE DROIT AU SENEGAL

Diagne Fodé Roland

Douloureux et choquant de voir que c'est après plus de 10 morts et des dizaines de blessés que Macky Sall a été contraint par le peuple de libérer O. Sonko, leader de l'opposition sénégalaise, tout en gardant comme otages politiques 34 militants du FRAPP, de Pastef et autres dont Guy Marius Sagna, tous réprimés pour décapiter la résistance populaire contre l'autocratie féodale mise en place à partir de 2012.

Sonko a formulé les exigences suivantes : "- Réparations des familles des victimes et Indemnisations des blessés civils et militaires - Enquête indépendante pour identifier les auteurs des crimes et les traduire en justice - Libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques - Arrêt immédiat des espionnages malsains d’opposants - Arrêt et traduction en justice des milices de Macky Sall et leurs commanditaires - Création des conditions de transparence et d'équité des élections au Sénégal - La tenue des élections locales, législatives et présidentielles dans les délais - Restitution des droits civiques des candidats illégalement confisqués par Macky Sall - Les démissions du procureur, des ministres de l'intérieur et de la justice - Déclaration publique et sans ambiguïté de Macky Sall disant qu'il n'est pas candidat en 2024"

A ces exigences, il faut ajouter : - Respecter le régime déclaratif, l'encadrement et la sécurisation par l’État des manifestations pacifiques – Satisfaire la revendication de l'indépendance de la Magistrature par l'Union des Magistrats du Sénégal (UMS) – Ne pas interférer pour brouiller la piste ouverte par les PV de l'enquête de la gendarmerie sur les commanditaires de l'accusation visant le député O. Sonko - Indemniser les télévisions dont le faisceau a été suspendu arbitrairement – Enquêter sur les interrogatoires ethnicistes et les tortures lors des arrestations – Établir la vérité sur le déclenchement de la guerre de Macky en Casamance le 26 janvier 2021, l'implication du Président Emballo qui aurait permis le passage sur le territoire de Guinée Bissau de l'armée nationale de notre pays, les bombardements anti-écologiques à coups de mortiers, d'avions, de drones de la forêt Casamançaise, les fameux dossiers "top secret" et la "victoire" sans cadavres, ni prisonniers de combattants du MFDC – La levée des mandats d'arrêt de l’État du Sénégal visant des dirigeants du MFDC comme premier pas vers des négociations sérieuses, sincères pour la paix et la solution démocratique dans une optique panafricaine en Casamance – Le respect par l’État du Sénégal des positions et décisions de la CEDEAO, de l'UA et de l'ONU en ce qui concerne le respect des citoyens – Considérer que les Assises Nationales sont le point de départ de tout contrat national pour refonder l'état républicain -

L'apprenti dictateur Macky Sall a été obligé de reculer parce qu'il a vu cette formidable fraternisation avec le peuple de l'armée nationale, de la gendarmerie nationale et d'une partie de la police nationale à l'exception de sa partie anti-républicaine qui agissait violemment contre la mobilisation populaire avec les milices voyous "marrons du feu" de l'APR/BBY.

Mais son esprit reste maladivement obsédé par le 3éme mandat inconstitutionnel et la "sécurisation" de l'argent volé par son clan – des 6.000 milliards aux 94 milliards de francs CFA – et comment repasser à la première occasion à la contre-offensive de la mafia libérale néocoloniale françafricaine contre l'opposition et le peuple.
Voilà pourquoi il a besoin des otages politiques et la mise en libération conditionnelle de Sonko comme épée de Damoclès, comme monnaie d'échange pour faire chanter et échapper à l'exigence de justice.

Plus que jamais la vigilance et la mobilisation du peuple sont les seules garanties pour parachever, non la révolution, mais l'instauration sous le contrôle du peuple de l’État de droit et le respect des conquêtes démocratiques pour lesquelles le peuple vient encore une fois dans l'histoire du Sénégal de payer un lourd sacrifice.
Gagner une bataille, c'est pas encore gagner la guerre, il s'agit donc de rester mobiliser pour éviter tout retour en arrière vers le fascisme dont le libéral néocolonial Macky Sall, le féodal "torodo", vient de nous donner un avant goût sanglant bien amer.
9 mars 2021

LES SYNDICATS DOIVENT ASSURER LEUR RESPONSABILITÉ
DANS LA RÉSISTANCE DU PEUPLE
A LA DICTATURE DE MACKY SALL QUI FAIT COULER LE SANG DE LA JEUNESSE

Diagne Fodé Roland, votre cher camarade, ex-membre du bureau du SUDES/Tambacounda en 1982-84 et membre du bureau national de l'Union des Travailleurs Sénégal en France/AR en France (UTSF/AR), de Yoonu Askan Wi (YAW) et du journal ouvrier et populaire Ferñent du Sénégal

Vous avez assisté au dévoilement du complot d'Etat par l'étalage public des pv d'audition de la gendarmerie, la levée illégale de l'immunité parlementaire du député et l'enlèvement de O. Sonko alors qu'il se rendait répondre à la convocation du juge d'instruction en bloquant son véhicule avant de lui coller l'accusation de "trouble à l'ordre public" et de le mettre en garde à vue.

Ce pouvoir finissant ne fait même plus semblant de respecter le pouvoir judiciaire qu'il court-circuite aux yeux de tous par cette arrestation en directe qui éclaire pourquoi un haut magistrat ait pu déclarer qu'il "démissionne parce que la justice à démissionner". Aux yeux de tous, le président Macky Sall, censé constitutionnel "garantir les droits", piétine la Constitution, l'état de droit, les lois et toutes les libertés citoyennes.
Au même moment, Guy Marius Sagna, porte-parole du FRAPP, arrêté auparavant illégalement chez lui et déféré arbitrairement en prison a été mis à nu et en isolement punitif pour avoir protesté contre la mise dans une cellule de 50 places plus de 150 prisonniers.

Guy Marius Sagna est en grève de la faim pour protester contre ce traitement inhumain et dégradant qui montre que la prison sénégalaise est devenue une grossière singerie de la sauvage prison US de "Guantanamo".

Ces atteintes liberticides autocratiques et cette instrumentalisation sans scrupule du pouvoir d'état n'ont pour d'autres objectifs que l'élimination d'un adversaire politique et imposer une troisième candidature anti-constitutionnelle de Macky Sall.

Le peuple a décidé de se révolter pour dire STOP A LA DICTATURE DE MACKY SALL.
L'armée de l'impérialisme français au Sénégal, huée par les foules devant le Tribunal où devait comparaître O. Sonko, est à l'origine du ciblage par la révolte de tout ce qui représente aux yeux des populations des symboles de la françafrique dans un contexte où la faim commence à s'installer dans le pays.

Macky Sall vient de faire appel à l'armée et utilise des nervis "marrons du feu" accompagnés de la police pour attaquer les manifestants protestataires.
La RÉSISTANCE à la DICTATURE se répand dans tout le pays, du nord au sud, de l'est à l'ouest et doit s'inscrire dans la durée pour vaincre.

Macky Sall, bénéficiaire en 2012 de la révolte victorieuse du peuple contre la monarchisation promue par son ex-mentor libéral A. Wade, est aujourd'hui le fossoyeur des conquêtes démocratiques qui lui avait permis de devenir président.
Dans l'histoire de notre pays toutes les conquêtes sociales et démocratiques ont été obtenues avec l'engagement du mouvement syndical et des citoyens des classes populaires. Ce fut les cas lors de:
- la grande grève des cheminots en 1947, immortalisée par Sembène Ousmane dans les "bouts de bois de dieu" qui raconte la marche des femmes de Thiès à Dakar, tournant décisif dans la lutte pour les indépendances,
- de la grève générale de 1968 qui protesta contre la répression de la grève des élèves et étudiants et contraignit le pouvoir PS à concéder le« multipartisme limité puis intégral »,
- des grèves de la CSS en 1983 qui améliora les conditions de travail et les salaires et freina les attaques contre le code du travail,
- celles de l'usine de Taïba avec l'héroïque marche des femmes sur le tribunal de Thiès,
- celles de la SENELEC des années 1990, d'abord en solidarité avec les personnels de la santé et puis contre les conséquences sociales des Plans d’Ajustement Structurel (PAS), la dévaluation du franc CFA, le projet de privatisation de l’électricité et les arrestations de syndicalistes.

La GRÉVE GENERALE POUR STOPPER LA DICTATURE DE MACKY SALL QUI TUE DES JEUNES EST DEVENUE NÉCESSAIRE.
Appel vous est fait pour que vous preniez vos responsables devant l'histoire et dans l'intérêt des conquêtes démocratiques et du peuple.
Fait le 05/02/2021

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
15960 messages postés
   Posté le 26-05-2021 à 19:20:32   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sénégal

https://www.facebook.com/watch/live/?v=333672408153611&ref=notif&notif_id=1622047658284121&notif_t=live_video

Présentation du mémorandum sur les événements de février mars avec le M2D
FRAPP-France Dégage

--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Haut de pagePages : 1  
 
 Forum Marxiste-Léniniste  Actualités  A bas l'impérialisme français !  présence française en Afrique, le ras-le-bolNouveau sujet   Répondre
 
Identification rapide :         
 
Divers
Imprimer ce sujet
Aller à :   
 
créer forum