| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 16-05-2016 à 23:02:02
| 14 mai 2016 Washington lance son attaque contre les BRICS (Counterpunch) Paul Craig ROBERTS Après avoir eliminé la présidente réformiste de l'Argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, Washington élimine maintenant la présidente réformiste du Brésil, Dilma Rousseff. Washington a utilisé un juge fédéral pour ordonner à l'Argentine de sacrifier son programme de restructuration de la dette afin de payer aux fonds vautours US la totalité des obligations argentines en défaut que les fonds vautours avaient acheté pour quelques centimes du dollar. Ces vautours étaient des « créanciers » qui avaient octroyé des « prêts », indépendamment du fait qu'ils ne sont pas des créanciers et n'avaient en réalité octroyé aucun prêt. C'était des opportunistes à la chasse de l'argent facile et ils ont été utilisés par Washington pour se débarrasser d'un gouvernement réformiste. La présidente Cristina Fernandez de Kirchner a résisté et, en conséquence, elle devait partir. Washington a donc inventé une histoire. La présidente avait couvert un « attentat iranien » perpétré à Buenos Aires en 1994. Ce prétexte invraisemblable, ( il ny a aucune preuve dune limplication iranienne), a été fourni par lun des agents de Washington au bureau du procureur de la nation et un événement douteux qui sest produit il y a 22 ans a été utilisé pour laisser libre la voie du pillage de lArgentine par les États-Unis. Au Brésil, Washington a utilisé des insinuations de corruption pour obtenir la mise en accusation par la chambre basse de la présidente présidente Dilma Rousseff. Aucune preuve nest nécessaire, les accusations suffisent. Tout cela ne nous change pas des « armes nucléaires iraniennes », « des armes de destruction massive » de Saddam Hussein ", de lutilisation darmes chimiques par Assad et, dans le cas de Rousseff cest seulement des insinuations. Le Secrétaire général de lOrganisation des États américains, Luis Almagro, note que Rousseff "na pas été accusée de quoi que ce soit." Les oligarchies locales soutenues par les Etats-Unis utilisent simplement la mise en accusation pour éliminer une présidente quelles ne peuvent pas vaincre électoralement. En résumé, nous assistons à une attaque de Washington contre les BRICS. Washington fait ce quil faut pour remettre au pouvoir un parti de droite contrôlé par les Etats-Unis, dans le but évident de torpiller les relations croissantes du Brésil avec la Chine et la Russie. Notons ironiquement que le projet de loi de mise en accusation a été concocté par le président corrompu de la chambre basse, Eduardo Cunha (destitué lui-même depuis : il nest plus président de lAssemblée National, ni même député et ne sera donc pas le vice-président du pays -ndt), on a découvert récemment quil avait accumulé des millions de dollars dans des comptes secrets en Suisse (peut-être les pots-de-vin de Washington) et quil était parjure pour avoir nié posséder des comptes bancaires à létranger. Vous pouvez lire cette histoire sordide à ladresse suivante. http://www.globalresearch.ca/us-complicity-after-vote-to-remove-brazils-president-key-opposition-figure-holds-meetings-in-washington/5521059 Les « crimes » de la présidente Cristina Fernandez de Kirchner et de la présidente Dilma Rousseff sont leurs efforts pour que les gouvernements de lArgentine et du Brésil représentent les peuples de lArgentine et du Brésil, plutôt que leurs oligarchies respectives et Wall Street. Pour Washington cest un délit très grave parce que Washington préfère utiliser les élites et les oligarques pour contrôler les pays dAmérique du Sud. Chaque fois que les Latino-Américains élisent un gouvernement qui les représentent réellement, Washington fera tout pour tomber ce gouvernement ou même assassiner le président. Washington est bien près de remettre le Venezuela sous le contrôle de la droite oligarchique, leur alliée. Les présidents de lEquateur et de la Bolivie sont également dans le collimateur. Une raison pour laquelle Washington ne permettra pas à son toutou britannique de respecter lasile accordé par lEquateur à Julian Assange, cest parce que Washington ne perd pas espoir davoir son propre agent en tant que président de lEquateur, auquel cas le droit dasile accordé à Assange sera révoqué . Washington a toujours bloqué les réformes en Amérique latine. Les peuples latino-américains seront toujours des serfs pour les États-Unis jusquau jour où ils éliront des gouvernements avec des majorités si larges quils puissent se permettre denvoyer en exil les perfides oligarchies, de fermer les ambassades américaines et expulsent toutes les sociétés américaines. Tout pays dAmérique latine qui supporte la présence américaine sur son territoire na pas dautre avenir que la servitude. Paul Craig Roberts Paul Craig Roberts, ancien secrétaire adjoint du Trésor US, éditeur associé au Wall Street Journal. Traduction vers le français par ALfare
___________________ Cet article important appelle quelques réflexions. Dabord il recoupe dautres infos sur la subversion US au Brésil en particulier : « Après le vote pour destituer la présidente du Brésil, les membres clés de lopposition ont tenu une réunion à Washington, par Glenn Greenwald » sur le site Les crises. Danielle Bleitrach reprend aussi Wikileaks révélations : le nouveau président du Brésil est un informateur des USA. Simultanément le Venezuela est aux prises avec des manifestations de « lopposition » réclamant un référendum pour révoquer Nicolas Maduro. On peut en tirer quelques conclusions. Sur la nature des gouvernements anti impérialistes Dabord lexpression « réformiste » à propos de Kirchner et Rousseff nest pas satisfaisante, ceci caractérise des effets de leurs politique mais ne dit rien de la classe et des intérêts quelles représentent. Il vaudrait mieux parler de bourgeoisie nationale. Cest-à-dire une classe montante, historiquement indispensable à lexpansion des forces productives, mais dont le développement est freiné par limpérialisme. Elle soppose inévitablement à lui et pour cela elle doit sappuyer sur le peuple. Mais comme bourgeoisie elle nest pas toujours capable de satisfaire réellement les besoins du peuple et de tenir tête à limpérialisme. Cest là que résident les limites « réformistes » de ces gouvernements ainsi que leur fragilité face à la subversion. Seul le nouveau prolétariat de ces pays et ses partis communistes peut mener à bien cette double tâche dans une révolution à la fois nationale et socialiste, de type « démocratie nouvelle », en sappuyant sur la bourgeoisie nationale mais en dirigeant la révolution. On constate aussi que le modèle occidental de la démocratie parlementaire, laissant la parole aux représentants de la bourgeoisie compradore pro impérialiste, ne permet pas lexpression dune démocratie populaire et quil peut être utilisé à des fins de subversion étrangère. Sur la tentation den faire un modèle de révolution pour la France Présenter ces pays comme socialistes, en se fiant aux déclarations de leurs dirigeants ou aux étiquettes de leurs partis nest pas réaliste. Ceci ne retire rien au caractère révolutionnaire anti impérialiste de leur lutte puisquelle est dirigée contre limpérialisme. Ce sont également des pays en voie dindustrialisation qui doivent aussi réaliser la réforme agraire et rattraper un retard séculaire en quelques décennies. En faire des modèles pour les vieux pays impérialistes comme le notre, ne tient pas compte de leurs spécificités et du caractère novateur et progressiste de leur bourgeoisie nationale. Sur la question du Front Uni anti impérialiste Pour cette raison la classe ouvrière dans ces pays peut établir un front uni avec la bourgeoisie nationale à cause de son double caractère anti impérialiste et bourgeois. En France la contradiction de classe nous oppose à une vieille bourgeoisie réactionnaire, impérialiste, pourrissante, qui na plus rien de révolutionnaire et qui soppose au développement des forces productives en privilégiant le capitalisme financier. Il serait irréaliste dimaginer une quelconque alliance anti impérialiste avec elle, malgré ses contradictions réelles avec lhégémonisme US, y compris avec ses éléments « nationaux » ou souverainistes, pour qui lennemi n°1 cest la classe ouvrière, son parti communiste et la révolution prolétarienne. Une telle illusion ne peut que nous entrainer dans les filets du chauvinisme. Sur les thèses gauchistes et la négation de limpérialisme Dautres théories, trotskistes ou néo trotskistes ont décrété la fin des luttes anti impérialistes depuis laccession à lindépendance des anciennes colonies. Elles ont défini les BRICS comme des impérialismes en formation et en concurrence avec les USA. Limpérialisme ne serait plus alors en concurrence quavec lui-même. Parmi les marxistes-léninistes les thèses albanaises ont répandu lidée que la lutte anti impérialiste est remplacée par des contradictions entre pays impérialistes et que partout la contradiction principale oppose bourgeoisie et prolétariat. La Chine a ainsi été définie comme un pays impérialiste à lextérieur et fasciste à lintérieur, de sorte que toutes les agressions impérialistes contre elle et contre les BRICS devraient nous laisser au moins indifférents. Or décréter la fin des luttes anti impérialistes signifie aussi décréter la fin de limpérialisme, car lun et lautre sont dialectiquement liés. De fait ces théories, complémentaires à la campagne anti communiste des années Mitterrand, ont conduit de nombreux progressistes à avaler le sermon sur la « démocratie » occidentale et lexportation de ses vertus universelles, à reprendre la propagande impérialiste sur les « dictateurs » quil faut bombarder au nom de lingérence humanitaire. Certains maîtres à penser, « maos » repentis, trotskistes, « nouveaux philosophes », ont été promus idéologues officiels de la social-démocratie au pouvoir, ministre, chef de guerre ou dirigeant du Parti Socialiste. Le critère des faits Les crimes commis au Maghreb et au Moyen Orient sous prétexte de destituer les dictateurs, au nom de lingérence humanitaire et des printemps arabes, ont réveillé les consciences et remis en cause ces thèses erronées. Il reste malgré tout du chemin à faire pour lunité de vues des communistes. La subversion US en Amérique Latine confirme que les USA restent les gendarmes du monde impérialiste et la seule puissance hégémonique. Deuxièmement il savère par là même que la lutte anti impérialiste se poursuit dans les pays émergents sous la forme économique, technologique, financière, scientifique, etc. Cest la raison pour laquelle les USA mènent de leur côté une guerre économique, commerciale, financière et monétaire contre eux, et sopposent à leur développement économique afin de les asservir. En utilisant la nature anti populaire de leurs institutions calquées sur le modèle occidental, et la « liberté dexpression pour tous » y compris les représentants des intérêts impérialistes, les USA tentent de renverser leurs gouvernements à laide de révolutions colorées, de diverses formes de sédition, de groupes dopposition représentant les intérêts compradores vendus à limpérialisme. Le cas de la Chine La Chine se trouve dans une situation comparable, mais la dictature du prolétariat permet de maîtriser le développement de la bourgeoisie nationale chinoise et de sopposer à la subversion impérialiste. Ceci donne lieu à de sempiternelles diatribes sur le sort des opposants en Chine, dont Le Monde sest fait une spécialité. Le bashing anti chinois consistant à dénoncer la pollution, les bas salaires, la richesse des bourgeois, la corruption, labsence de liberté, la menace expansionniste, ou à linverse, les bulles immobilières, les fonds fantômes, le risque de crise économique menaçant le monde entier, etc. Tout ceci, sappuyant parfois sur des faits réels mais tronqués, relève de la guerre idéologique impérialiste visant à déstabiliser le régime en soufflant dans la baudruche dune poignée dopposants. Etudier limpérialisme à laide du matérialisme dialectique et prendre la tête du combat anti impérialiste. Il est important pour les communistes détudier avec soin la question de limpérialisme et des luttes anti impérialistes dans la période actuelle, fort différente de lépoque des guérillas et des combattants Viêt-Cong, rampant dans les boyaux, sous les villages bombardés par les B 52. Parce quanti impérialiste, le développement économique des pays du Tiers Monde participe toujours de la révolution prolétarienne mondiale, et ceci malgré la disparition du camp socialiste. Nous devons le soutenir en tenant pleinement compte des caractéristiques duales des bourgeoisies nationales de ces pays. Pour cela il faudrait se débarrasser de notre cartésianisme suranné et appliquer le matérialisme dialectique, pour nous unir sur une compréhension commune, marxiste-léniniste des contradictions mondiales. Notre silence et nos contradictions sur ce terrain-là ont favorisé le développement dun anti américanisme rouge-brun, nationaliste bourgeois, antisémite et foncièrement anti communiste. Cest aux communistes quil revient de prendre la tête du combat anti impérialiste. En avant pour une ligne anti impérialiste promouvant les cinq principes* de la coexistence pacifique et fondée sur linternationalisme prolétarien ! (* respect mutuel de la souveraineté et de l'intégrité territoriale, non-agression mutuelle, non-ingérence mutuelle dans les affaires intérieures, égalité et avantages réciproques et coexistence pacifique.)
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
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