| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 05-07-2011 à 09:53:32
| Pour beaucoup d'anti-impérialistes la situation actuelle semble complexe. Il leur paraît difficile de soutenir des bourgeoisies nationales qui oppriment réellement leurs peuples. Certaines thèses ont affirmé que ces bourgeoisies ne pouvaient être que compradores, soumises et alliées de l'impérialisme, ou bien expansionnistes et impérialistes elles-mêmes. La réalité est en effet complexe et on observe bien que les nations opprimées peuvent elles-mêmes opprimer des peuples et annexer d'autres pays. Par exemple le différend entre l'Algérie et le Maroc au sujet du Sahara occidental. Cependant cette situation n'est pas nouvelle. Lénine et Staline ont longuement abordé le sujet et clairement identifié l'impérialisme comme l'ennemi principal des peuples du monde, et les luttes nationales contre l'impérialisme comme partie intégrante de la révolution mondiale, y compris lorsque des princes ou des tyrans se trouvent à la tête d'un combat national contre l'impérialisme. Il importe pour les communistes de discerner impérialisme et anti-impérialisme et de ne pas se laisser mener par le bout du nez en adhérant à la propagande impérialiste, comme n'importe quel humaniste petit-bourgeois épris de "liberté" pour les pays du Tiers Monde mais aveugle et sourd aux crimes monstrueux commis par son propre pays aux quatre coins du monde. Un article du Petit Blanquiste sur la propagande utilisée par les pays impérialistes afin de justifier leurs guerres d'agression : 04/07/2011 LA PROPAGANDE DE GUERRE Pour la propagande de guerre occidentale, « de Saddam Hussein à Mahmoud Ahmadinejad, un "nouveau Hitler" remplace lautre » , observe Alain Gresh [1]. Cest, en effet, devenu une règle pour nos Etats impérialistes de préparer leur opinion publique à accepter une nouvelle aventure militaire en faisant de leur ennemi du moment un émule de Hitler.
Ce thème de propagande a été utilisé pour la première fois en 1956 par le socialiste Guy Mollet, alors quil était chef du gouvernement. Pour tenter de déstabiliser Gamal Abdel Nasser dont le gouvernement venait de nationaliser le canal de Suez, Mollet et ses comparses britanniques et israéliens se préparaient à lancer une expédition militaire contre l'Egypte. [2] Cest dans ce contexte que Guy Mollet a comparé Nasser à Hitler, et du même coup inauguré cet artifice de propagande avant quil ne devienne une spécialité de nos officines gouvernementales et de leurs relais médiatiques. Depuis, Slobodan Milosevic, Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi et quelques autres ont à leur tour « bénéficié » du même traitement.
Gamal Abdel Nasser, Slobodan Milosevic, Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi En observant ce leitmotiv de propagande, on pourrait sétonner du manque de créativité de nos spécialistes de la désinformation. Mais pourquoi innover puisque ça marche à tous les coups ? « La technique de diabolisation de leader ennemi est efficace et continuera sans doute longtemps à être appliquée. Il faut au lecteur et au citoyen des "bons" et des "mauvais", clairement identifiés, et le plus simpliste actuellement est de traiter laffreux de service de nouveau Hitler » . [3] On vient de le vérifier encore avec lagression de lOTAN contre la Libye. Dès quont débuté les combats dans lEst du pays, on nous a servi un déluge de propagande visant à diaboliser Mouammar Kadhafi et à glorifier les exploits des « insurgés ». « Un génocide est en cours en Libye, laviation bombarde la population civile, le viol est utilisé de manière massive », nous disait-on. « Ces "vérités" ont été assénées durant des semaines pour justifier lintervention militaire ». [4] Une revue italienne de géopolitique a parlé à ce propos d « utilisation stratégique du faux » qui consiste à discréditer ladversaire le temps datteindre les objectifs militaires visés. Cest ce qui sest passé avec les supposées « armes de destruction massive » de Saddam Hussein. Quimporte quaujourdhui tout le monde sache que cétait un mensonge des dirigeants américains, le « travail » est fait... En Libye, au moment où l'aviation de l'OTAN massacre des hommes, des femmes et des enfants à Tripoli, qui se souvient que la mission initiale était de « protéger les populations civiles » contre Kadhafi ? En 1937, Victor Serge s'indignait que la presse soit devenue « lempoisonneuse des cerveaux » . A un point tel - ajoutait-il - que l'on peut se demander « si linvention de limprimerie nest pas en train de se retourner contre lhomme » . En ces temps, où l'impérialisme occidental n'en finit pas avec ses guerres de rapine, que dirait-il de la télévision, de sa servilité et de ses mensonges ? JPD [1] Alain Gresh, Le Monde diplomatique, juillet 2011. [2] Pour Mitterrand, alors ministre de la Justice dans le gouvernement de Guy Mollet, lexpédition de Suez représentait une « défense de la civilisation ». Pas moins ! [3] Anne Morelli, Principes élémentaires de propagande de guerre, Ed. Aden, 2010. [4] Extraits de l'article de Alain Gresh qui spécifie, par ailleurs, qu'aucune organisation enquêtant sur place n'a pu confirmer les viols de masse. Quant à Yves Bonnet, ex-directeur de la DST, président du Centre international de recherches et détudes sur le terrorisme (CIRET), qui s'est rendu à Tripoli et à Benghazi, il a affirmé le 13 juin dernier sur RFI : « Nous avons un certain nombre déléments précis, donc des contre-vérités, pour ne pas dire des mensonges, qui ont été énoncées en particulier par Al-Jazira. Par exemple lassertion selon laquelle Kadhafi bombardait sa propre population. Nous avons constaté nous-mêmes à Tripoli que cétait totalement faux. Alors, accuser un dirigeant politique de bombarder sa propre population cest une accusation extrêmement grave, surtout quand la justification de lintervention internationale cest la protection des populations civiles ».
Edité le 05-07-2011 e 11:53:40 par Xuan
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 26-08-2011 à 23:38:39
| | L'ennemi principal des peuples du monde LOTAN coupable des massacres à Tripoli Les combats très violents se sont poursuivis dans Tripoli. Kadhafi a fait distribuer 2 millions de kalachnikovs dans la population et ôter leurs uniformes à ses soldats. Contrairement aux mensonges des médias, il ny a pas des snipers « tirant sur la population » , ce sont les partisans et des soldats de Kadhafi qui tirent sur les rebelles depuis les pâtés de maison. Cependant lOTAN bombarde les quartiers fidèles au régime tandis que les rebelles, équipés par lOTAN de matériel moderne, tirent à larme lourde sur les immeubles, pénètrent dans les maisons et mitraillent ses occupants. Les bombardements de lOTAN auraient fait 10 à 20 mille morts. Sur des images insoutenables, des victimes présentent les symptômes de contamination hautement toxique radioactive et chimique dû à luranium appauvri. La saturation des hôpitaux et labsence de soins ont encore alourdi ce sombre bilan entièrement imputable à limpérialisme occidental . En particulier lintervention visant à « libérer » Tripoli a mis un terme à toutes les initiatives de médiation provenant des pays du Tiers Monde et émergents, notamment dAmérique du Sud et de lUnion Africaine.
Un procédé bien rôdé Limpérialisme occidental étranglé par la crise économique et ses propres contradictions sest ainsi lancé dans une nouvelle aventure colonialiste qui ne sarrêtera pas à la Libye. Son objectif est notamment de sopposer aux pays émergents dont le développement constitue une concurrence insupportable. Il sagit ici de semparer des sources dénergie à son profit exclusif, mais aussi de briser lémergence des pays africains. Bien entendu la nature « dictatoriale » du pouvoir libyen nest quun prétexte. Limpérialisme saccommode des dictatures selon les circonstances. Limpérialisme sest fixé comme stratégie lutilisation des contradictions de ces pays à fins de subversion, de partition ou de coup détat .
Sur les contradictions des sociétés émergentes Dans les pays du Maghreb et dans lensemble des pays du Tiers Monde les rapports sociaux sont complexes. Dans les pays émergents, on a vu lors des révolutions arabes que les contradictions de classe peuvent prendre un tour antagonique, où le chômage des classes populaires et celui de jeunes instruits constitue la cause principale et se combine avec les reliquats de la société féodale, les antagonismes claniques, tribaux, et le fondamentalisme religieux. « La société libyenne, en effet, se structure en un ensemble de tribus, dont les intérêts divergent ; organisées en fonction de liens de parenté solides, elles sont elles-mêmes segmentées en plusieurs clans, plus ou moins rivaux, dont les alliances se recomposent en permanence, en fonction des circonstances et dintérêts sur le très court terme. Ainsi, sil est vrai que, au début des événements, le 17 février 2011 et durant les jours qui ont suivi, on a pu voir lémergence dune société civile sexprimant lors de manifestations hostiles au colonel Kadhafi, ces mouvements sont néanmoins restés très limités et ont rapidement servi de prétexte aux soulèvements de chefs de clans, auxquels ils ont cédé la place, et lesquels ont plongé la Libye dans le chaos. De même, croyant leur heure arrivée, plusieurs mastodontes du régime se sont dressés contre leur ancien maître et ont pris le contrôle dune partie de la rébellion. » Pierre Piccini en Libye Lintégralité de cette enquête réalisée au mois daoût auprès des tribus libyennes peut être vue sur le blog de J. Tourtaux, sur le site belge Le Soir Sur Cri du Peuple 1871 Abdelhakim Belhaj, alias Abou Abdallah al-Sadek, et une des principales figures du djihadisme libyen mène la bataille de Tripoli. [Europe 1] Ancien dirigeant du Groupe islamique des combattants libyens (GICL) lié à Al-Qaida, il, a été arrêté en 2004 par les Américains en Asie et livré par la suite à la Libye, selon la presse arabe. Il aurait bénéficié de l'amnistie de centaines d'islamistes libyens en mars 2010 ordonnée par Seif Al-Islam Kadhafi. A lissue des combats à Bab Al-Azizya, Al-Jazeera lui a consacré un long entretien. Déjà les politologues bourgeois sinterrogent sur les dissensions internes au CNT et ce qui pourrait bien en sortir. Enfin, outre la présence avant le conflit de très nombreux ouvriers et techniciens étrangers employés plus ou moins temporairement, la classe ouvrière libyenne elle-même ne joue aucun rôle dirigeant dans le CNT. Dautres contradictions sont apparues entre les pays impérialistes en fonction de leurs intérêts (*) , mais également entre les pays émergents. Certains de ces derniers ont regretté de ne pas sêtre opposés plus fermement à la guerre et davoir cédé à la pression internationale, émanant y compris dorganismes régionaux comme la Ligue Arabe. Même lUnion Africaine a fini par se diviser sur la question des fonds souverains libyens. On peut regretter ou bien critiquer, parler de lâcheté voire de complicité, cela ne diminue en rien la responsabilité criminelle des pays impérialistes fauteurs de guerre, armés jusquaux dents et détenteurs dun armement sophistiqué, jouissant enfin de réseaux internationaux et de moyens de pression auprès de certains états. Lennemi commun des peuples du monde est limpérialisme occidental Ces conflits larvés qui ont jailli comme les maux de la boite de Pandore, à la faveur de la révolte du Printemps ont déchiré la société libyenne, détruit villes et villages sans le moindre bénéfice pour le peuple, lont ramené des dizaines dannées en arrière au prix de terribles souffrances. Il nous incombe encore et toujours de combattre le bellicisme et les méfaits de limpérialisme occidental et français en particulier. Les considérations pseudos « marxistes » sur de prétendus conflits « inter-impérialistes » ou « entre bourgeoisies » ne résistent pas à la réalité des guerres dagression meurtrières, menées par notre pays aux côtés des USA et de lOTAN, contre des pays plus faibles, anciennes colonies sur la voie de lémancipation économique, et destinées à asservir leurs populations. Seules les puissances occidentales sarrogent le droit de singérer systématiquement dans les affaires dautres pays, de déclencher un pilonnage médiatique à léchelle internationale, dencenser les uns et de condamner les autres au nom de la « démocratie » et de la « liberté », mais en réalité en fonction de leurs intérêts économiques et stratégiques. Elles seules envoient des avions de combat bombarder des populations désarmées, arment des « rebelles », les instruisent et finissent au besoin les massacres sur place. Dans ce cas il est mensonger de mettre dans le même panier les bourgeoisies nationales des pays émergents, même si celles-ci exploitent et oppriment leur peuple exercent une dictature et pratiquent le népotisme et la corruption à différents niveaux. Cette attitude aboutit à l'inaction et au laisser-agir dans les pays impérialistes, dont l'intérêt est de réaliser l'Union Sacrée autour de l'effort de guerre. Ceci nélude en rien la lutte des prolétariats du monde entier pour leur émancipation et pour le socialisme. Leur combat peut prendre des formes pacifiques ou violentes contre les classes dominantes de leurs pays, en fonction des spécificités nationales ou de situations temporaires, que seuls les partis communistes de ces différents pays sont aptes à définir. Mais les luttes révolutionnaires du monde entier, tant dans les pays émergents que dans les pays impérialistes, ont un ennemi commun qui est limpérialisme occidental. Prolétaires de tous les pays unissons-nous ! Peuples du monde unissons-nous pour abattre limpérialisme US et ses alliés !
______________________________________________ (*) Un article intéressant sur ce sujet : http://www.legrandsoir.info/La-guerre-en-Libye-et-l-approfondissement-du-conflit-entre-les-imperialistes-WSWS.html
Edité le 26-08-2011 e 23:47:19 par Xuan
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| Posté le 01-08-2012 à 00:50:53
| En décembre 2011 le site de Michel Collon publiait cet article de Bahar Kimyongür, qui garde toute son actualité. La reconquête de la Libye et la putréfaction morale de lextrême-gauche européenne Bahar Kimyongur 5 décembre 2011 Comment le mouvement anti-guerre a-t-il laissé faire ? Comment des militants avertis en sont-ils parvenus à gober tout ce que Sarkozy, TF1, Le Monde, France 24 et le Figaro leur balançaient sur Kadhafi ? Comment se peut-il que des êtres doués dune conscience et dune intelligence aigues naient pas tiré les leçons de la tragédie afghane ou irakienne qui se déroule encore sous leurs yeux ? Comment lextrême gauche européenne en a pu arriver à applaudir la coalition militaire la plus prédatrice du monde ? Comment se fait-il que le lynchage dun chef dEtat tiers-mondiste, torturé à coups de pieds, de poings et de crosses de fusil, sodomisé avec un tournevis, le supplice dun grand-père de 69 ans qui a vu quasi toute sa famille anéantie, bébés compris, ait réuni dans une même chorale les « Allah ou Akbar » de djihadistes voyous, les « Mazel Tov » du philosophe légionnaire franco-israélien Bernard-Henri Lévy, les tchin-tchin des Messieurs de lOTAN, lexplosion de joie cynique dHillary Clinton diffusée sur la chaîne CBS et les hourras des pacifistes européens ? On se rappellera que pour empêcher linvasion de lIrak dont le régime était bien plus despotique que celui de Mouammar Kadhafi, nous étions parfois dix millions à travers le monde. De Djakarta à New York, dIstanbul à Madrid, de Caracas à New Delhi, de Londres à Pretoria, nous avons mis notre hostilité envers la dictature baathiste en sourdine pour arrêter lacte le plus irréparable, le plus destructeur, le plus lâche, le plus terroriste et le plus barbare qui soit, à savoir la guerre. En dehors des nombreuses manifestations de soutien à la Jamahiriya libyenne organisées sur le continent africain et dans une moindre mesure en Amérique latine et en Asie, la solidarité avec le peuple libyen, a été quasi inexistante. Ce peuple composé dune myriade de tribus, de coutumes et de visages, ce peuple qui a commis le crime daimer son dirigeant et dictateur, dappartenir au mauvais camp, à la mauvaise tribu, à la mauvaise région ou au mauvais quartier, na eu droit à aucune compassion. Les médias aux ordres ont ignoré lexistence de ce peuple qui, le 1er juillet encore, était un million dans les rues de Tripoli à défendre sa souveraineté nationale, sa révolution authentique et ce, au nez et à la barbe des chasseurs bombardiers de lOTAN. Au même moment, un autre peuple, quasi identique à celui de Tripoli, un peuple tout aussi innocent qui pourtant na jamais mobilisé plus de quelques dizaines de milliers de manifestants même avec lappui massif des commandos qataris [1], des propagandistes du djihad venus dEgypte, de Syrie ou de Jordanie [2], même avec les techniques de cadrage trompeuses des caméras dAl Jazeera amplifiant l'effet de foule, fut désigné « peuple à lui tout seul ». Ce peuple-là bénéficia de toutes les faveurs et de toutes les attentions. De toutes les armes et de toute limpunité aussi. Lhumanisme paternaliste et intéressé de lOTAN à légard de ce pauvre peuple a ému nos gauchistes au point de leur faire dire : « Pour une fois, lOTAN avait raison dintervenir ». Sans doute que le mirage des bouleversements sociaux que lon appelle abusivement « printemps arabe » a contribué à brouiller les pistes, sans doute que la volte-face (coïncidant avec la démission de nombreux journalistes indépendants) des chaînes satellitaires arabes comme Al Jazeera qui sont désormais le joujou des pétromonarchies du Golfe et des stratèges américains ont semé la confusion, sans doute que la propagande de guerre était cette fois mieux préparée, sans doute que les rodomontades de Mouammar Kadhafi et de son fils Saïf Al Islam sciemment mal traduites par les agences de presse internationales ont aidé la propagande occidentale à rendre ces hommes détestables. Tout cela ne peut cependant expliquer lincroyable silence approbateur des mouvements alternatifs européens prônant le changement social. Défendre le faible contre le puissant Depuis laube de lhumanité, sil est une vertu qui a toujours élevé lhomme, cest le sens de la justice. Quand la justice vient à manquer, parfois, les hommes sont pris dune soif inextinguible et se battent pour elle au prix de leur vie. Dans lhistoire, divers courants philosophiques et mouvements sociaux ont un jour pris fait et cause pour la justice. De nos jours et dans nos contrées, les femmes et les hommes qui brûlent pour Dame Thémis se disent souvent de gauche. Ils ont fait de la défense du faible contre le puissant leur combat, parfois leur raison dêtre. Ils rejettent catégoriquement la loi du plus fort. Scrutant lhistoire, ces amoureux de la justice se placent quasi par réflexe du côté des Spartiates face aux troupes perses du roi Xerxès, du côté des Gaulois ou des Daces face aux légions romaines, du côté des Aztèques ou des Incas face aux Conquistadores de Pizarro ou de Cortes ou encore du côté des Cheyennes face à la cavalerie étasunienne du colonel Chivington ou du général Custer [3]. Le Juste nest pas dupe. Il sait que cest au nom de nobles causes comme la civilisation, la modernité ou les droits de lhomme que le colonisateur a réduit les « Barbares » en esclavage et exterminé près de 80 millions dIndiens dAmérique. Il sait aussi quen défendant le droit à la vie des Amérindiens par exemple, il cautionne indirectement des sociétés qui menaient des luttes fratricides ou des guerres dannexion, qui pratiquaient le sacrifice humain ou le scalp. Le Juste est conscient que si lon soppose à la guerre en Irak, on reconnaît implicitement la souveraineté nationale de lIrak et donc, le maintien au pouvoir du régime de Saddam Hussein. Ce paradoxe n'a pas empêché le Juste de s'indigner du traitement réservé par le régime baathiste irakien ou par la Jamahiriya libyenne à leurs opposants. Il a légitimement dénoncé les abus de pouvoir de certains privilégiés du système Kadhafi, à commencer par le Guide lui-même, sa famille et son clan, les tortures et les exécutions sommaires perpétrées par les services de sécurité libyens, les opérations de séduction que le régime a lancées vers les puissances impérialistes dont il a graissé la patte des chefs dEtat. Mais lorsque les opposants libyens se sont compromis aux pires ennemis de lhumanité, lorsquils sont devenus de vulgaires agents de lEmpire et se sont à leur tour livrés à des actes de barbarie notamment contre les loyalistes, leurs familles, les Libyens noirs et les émigrés subsahariens, nos Justes nont pas bronché. Ils nont pas dénoncé limposture. Ils auraient pu dire : « plutôt que de faire la guerre en Libye, sauvons la Corne de lAfrique sacrifiée par les marchés financiers ». En détruisant le pays le plus prospère et le plus solidaire dAfrique pendant que la Corne de lAfrique agonisait par la famine et la sécheresse, lEmpire nous a offert une occasion unique de lui porter un coup en pleine figure. Mais au lieu de rappeler cette cruelle réalité aussi intelligible et concrète quun slogan de lutte, nos Justes se sont terrés dans leur silence, se contentant de rabâcher les mêmes vieux clichés sur le régime libyen pour se donner bonne conscience et justifier leur couardise. Pourtant, le Juste ne se tait jamais avec les lâches comme il ne hurle jamais avec les loups. Il ne renvoie jamais dos à dos le petit et le grand tyran. Non pas quil apprécie le petit tyran mais il estime que dans un monde où le Léviathan atlantiste est caractérisé par une voracité, une violence et une félonie sans égal, il est indigne de sallier à lui pour écraser le petit tyran, en loccurrence Kadhafi. Si la résistance anti-régime qui sest déclarée en Cyrénaïque, fief des monarchistes, des salafistes et autres agents pro-occidentaux, avait repris à son compte le moindre slogan anti-impérialiste, si elle avait été un tant soi peu patriotique, progressiste, intègre, conséquente et organisée, dès lors, la question de soutenir celle-ci ne se serait pas posée étant donné quavec un tel programme et un tel profil, à défaut de pouvoir la corrompre, lOTAN aurait au moins tenté de soutenir le camp adverse, à savoir celui de Kadhafi. Or, dès le début de linsurrection, il paraissait évident que la présence en son sein de quelques intellectuels et cyber-dissidents potiches bénéficiant dun appui médiatique exceptionnel (alors que visiblement ils ne représentaient queux-mêmes et leurs protecteurs occidentaux) ne faisait pas delle un mouvement démocratique et révolutionnaire. Par conséquent, en Libye, le Juste devait défendre Kadhafi malgré Kadhafi. Il devait le défendre non pas par sympathie pour son idéologie ou ses pratiques mais par réalisme. Parce que malgré certains aspects douteux de ses manuvres diplomatiques et de son mode de gouvernance, pour la Libye, lAfrique et le Tiers-monde, Kadhafi représentait avec ses investissements économiques, ses programmes sociaux, son système laïc, ses tentatives (certes ratées) dinstauration dune démocratie directe garantie par la Charte verte de 1988, sa politique monétaire bravant la dictature du franc CFA et finalement, ses forces armées, la seule alternative réelle et concrète à la domination coloniale à défaut davoir mieux dans une région dominée par des courants obscurantistes et serviles.
Silvio Berlusconi reçoit Muammar Kadhafi arborant la photo dOmar Mukhtar, le héros de la résistance libyenne à la colonisation italienne. Limage montre la pendaison du héros libyen après son arrestation par les fascistes italiens, en 1931. Kadhafi obtient de l'Italie des excuses et une indemnité de 5 milliards de dollars pour le crime de colonialisme. La niaiserie des « ni-ni » Ni lOTAN ni Slobodan. Ni Sam ni Saddam. Ni les USA, ni les Talibans. A chaque guerre, ils nous servent la même recette. Face à un prédateur comme jamais lhumanité nen a connu auparavant qui désormais maîtrise terre, mer et ciel, un ennemi sans foi ni loi qui sest juré de mettre lhumanité à genoux et de faire régner le siècle américain, leur devise est un vibrant « ni-ni ». Alors que le pot de fer a atomisé le pot de terre, tout ce quils trouvent à dire, cest un simple « ni-ni ». Cette posture dapparence innocente a pour seul effet de décourager et de démobiliser les forces démocratiques et pacifistes. Elle offre donc un chèque en blanc aux forces qui dirigent les opérations de conquête de la Libye. Parmi les « ni-ni », certains intellectuels se réclamant du trotskisme comme Gilbert Achcar ont hélas applaudi la guerre de conquête de lOTAN [4]. Dautres comme le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) ont adopté une posture schizophrénique, oscillant entre critique « protocolaire » de lOTAN (faut quand-même pas quon passe pour des pro-impérialistes tout de même) et approbation de sa mission délimination de Kadhafi [5]. Dautres militants proche de la même mouvance [6], ont été jusquà lancer des appels à larmement des mercenaires djihadistes à la solde de lOTAN, ces mêmes fanatiques qui veulent en découdre avec le nationalisme de Kadhafi considéré comme une menace à leur projet panislamique, qui brûlent son Livre vert taxé d « uvre perverse », « communiste et athée » destinée à « remplacer le Coran ». Daprès certains membres dune 4e Internationale aussi hypothétique quinoffensive, le CNT serait malgré tout une « force révolutionnaire ». Peu importe que le CNT soit composé de tortionnaires anciennement kadhafistes, de maffieux et dislamistes équarrisseurs de « mécréants laïcs », peu importe que le CNT soit nostalgique du fascisme et du colonialisme italien [7] et veuille offrir la Libye aux Empires sur un plateau dargent, peu importe que le CNT soit financé et armé par la CIA, les commandos SAS britanniques, les royaumes du Qatar et dArabie saoudite et même par le président soudanais Omar El-Béchir lui-même poursuivi par la CPI pour crimes contre lhumanité, peu importe que lOTAN commette des crimes contre la population civile libyenne, nos amis trotskistes ont tranché : le CNT, cest lavant-garde révolutionnaire... Nostalgiques de la guerre dEspagne comme toujours, certains dentre eux me disaient quil fallait offrir aux rebelles libyens de nouvelles brigades internationales. Sans doute se sont-ils réjoui que le matamore des beaux salons grand amateur de tirades antifranquistes, le bien nommé BHL les ait écoutés. Brandissant le glaive de la liberté qui reflète sa sainte image et la bannière frappée de linvincible rose des vents, le Durruti milliardaire a dérouté les troupes de Kadhafi en bombant son torse glabre. Il est entré dans Tripoli sans se presser à la tête de sa Brigade internationale, à cheval sur un missile Tomahawk
Nest-il pas piètrement ridicule pour des gauchistes qui nont jamais touché à une arme de leur vie et qui crachent sur toutes les guérillas marxistes du monde parce quelles seraient staliniennes, de faire campagne pour lacheminement darmes fabriquées à lusine darmement belge, la FN de Herstal, à destination de mercenaires indigènes à la solde des nos élites ? Camarades trotskistes, dites-nous donc combien darmes vous avez fait parvenir à « vos » libérateurs ? Combien de brigadistes avez-vous envoyé sur le champ de bataille ? Combien de porteurs de valises avez-vous recrutés ? Honnêtement, qui des barbus supplétifs de lOTAN ou des combattants enrôlés dans larmée de Kadhafi sous la bannière du panafricanisme ressemblent plus aux Brigades internationales ? Comment un tel aveuglement, un tel pourrissement idéologique et moral a pu se produire parmi des forces qui se disent radicales et progressistes ? Après nous avoir sidéré et parfois écuré par ses frasques, son orgueil et ses excentricités, Mouammar Kadhafi aura à la fin de sa vie au moins eu le mérite de renouer avec son passé révolutionnaire. Au moment le plus critique de son existence, il a résisté à lOTAN. Il est resté dans son pays en sachant que lissue du combat lui serait fatale. Il a vu ses enfants et petits-enfants se faire massacrer et pourtant, il na trahi ni ses convictions ni son peuple. Peut-on en espérer de voir un jour le tiers du quart de la bravoure, de lhumilité et de la sincérité de Kadhafi parmi nos camarades de lextrême-gauche européenne dans leur lutte contre lennemi commun de lhumanité ? Bahar Kimyongür Le 4 décembre 2011 Notes [1] De laveu même du général Hamad ben Ali al-Attiya, chef détat-major qatari. Source : Libération, 26 octobre 2011 [2] Des rebelles « libyens » parlant des dialectes issus de différents pays arabes étaient régulièrement montrés sur les chaînes satellitaires arabes. [3] Dans tous ces cas, des tribus en lutte avec leurs frères ennemis ont fait appel ou se sont alliées aux envahisseurs. Lalliance OTAN/CNT libyen nest que lultime épisode de la longue histoire des guerres de conquête appuyées par des populations indigènes. [4] Interview de Gilbert Achcar réalisée par Tom Mills du site britannique New Left Project, 26 août 2011. Version française de linterview disponible sur le site www.alencontre.org [5] Communiqués NPA des 21 août et 21 octobre 2011. [6] Ligue internationale des travailleurs Quatrième Internationale (4e Internationale), Parti ouvrier argentin
[7] Le 8 octobre 2011, le président du Conseil national de transition libyen (CNT) Mustafa Abdel Jalil a célébré le centenaire de la colonisation de la Libye par lItalie aux côtés du ministre italien de la défense, Ignazio de la Russa, issu du Mouvement social italien (MSI), un parti néofasciste. Cette période de déportations, dexécutions et de pillages fut daprès Abdel Jalil une « ère de développement ». Source : Manlio Dinucci, Il Manifesto, 11 octobre 2011
Le président du CNT Moustafa Abdeljalil célèbre le centenaire de l'occupation italienne à l'occasion de la venue en Libye du ministre de la Défense italien, Ignazio La Russa (Peuple de la Liberté, ancien sénateur néofasciste du MST).
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| Posté le 22-08-2012 à 19:03:53
| | Le grand soir versus Charlie hebdo Le grand Soir ne se réclame pas du marxisme-léninisme. La querelle qui loppose à Charlie Hebdo nous intéresse cependant car elle est dans le droit fil de l'impérialisme et de lanti impérialisme aujourdhui. La guerre larvée de limpérialisme français en Syrie traverse notre société, et cette polémique en est une illustration. Xuan
_______________ 22 août 2012 Réflexions sur les limites de la liberté dexpression sur Internet Le fascisme reviendra sous couvert dantifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend.
Viktor DEDAJ Le 8 août 2012, nous avons eu la surprise de découvrir dans Charlie Hebdo, sous la signature dun de ses journalistes réguliers traitant de linternational, un article signalé en « une » sous le titre « Cette extrême droite qui soutient Damas », dans lequel (page 11) Le Grand Soir et deux de ses administrateurs sont qualifiés de « bruns » et « rouges bruns ». Pour qui connaît lhistoire des sinistres SA hitlériennes (« les chemises brunes »), cest une accusation de nazisme et dantisémitisme qui est ainsi tranquillement proférée. Cet article est erroné sur le fond (on sen doute) et dans plusieurs détails. Depuis, par le truchement damis communs et via des contacts directs (mails, coups de téléphone) avec le directeur de publication de Charlie Hebdo (Charb) et lauteur de larticle (Eric Simon), nous avons tenté dobtenir, non pas un « droit de réponse », mais un simple correctif, afin quune meute sans morale qui sacharne sur LGS depuis le mois de mars 2011 ne puisse se prévaloir de Charlie Hebdo pour poursuivre sa cabale diffamatoire accompagnée dactions pour nous empêcher de participer à des salons du livre ou de donner des conférences, sous peine de « coups de manche de pioche. Après 15 jours de réflexion, un discret entrefilet (22 août, p. 3) de Charlie Hebdo qualifie laccusation infamante de simple mise « en cause » qui « nétait pas une attaque » contre les deux administrateurs du GS, mais une simple « mise en garde contre la porosité qui existe trop souvent entre les sites fachos et les sites de gauche » . Bref, laccusation de rouge-brunisme nest pas retirée, les informations erronées de larticle dEric Simon sont validées et ladjudant auto-chargé de la revue de détail invite LGS à faire « le ménage » . Cette corvée étant « parfois difficile » nous bénéficierons du renfort (non sollicité ) dune escouade. En effet, nous avons appris par ailleurs que M. Propre (Eric Simon) a monté à Charlie Hebdo une équipe (diplômée es-plumeaux et balayettes) renforcée déléments extérieurs « en France et à létranger » (sic) pour continuer à débusquer la poussière sous les tapis du GS. Cest dautant plus inutile que, dans un mail à un des administrateurs diffamés, Eric Simon ne voit plus en LGS un site rouge-brun : « Pour le moment, jen reste au confusionnisme. » , dit-il, contredisant (en privé ) ses écrits ( publics). Dans ce contexte de « confusionnisme » avéré de Charlie Hebdo, il nous est malheureusement impossible de différer plus longtemps notre propre mise au point. Larticle que vous allez lire est le premier dune série qui vise, non pas à entretenir une querelle de cour de récréation, mais (au-delà même de Charlie Hebdo) : - à poser des questions de fond, relatives au droit à publier sur Internet des analyses sur limpérialisme, - à défendre notre liberté dexpression qui ne peut, nen déplaise aux modernes Torquemada, être plus limitée pour nous que pour lensemble des autres médias et en premier lieu que celle des incultes politiques qui nous dénigrent. Au passage, nos assaillants apprendront que nous ne comptons pas nous cantonner dans une posture de défense, mais que nous sommes fondés à jeter un oeil dans leurs poubelles. . LGS Le fascisme reviendra sous couvert dantifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend. Charlie Hebdo, cest comme les couches-culottes : à une certaine époque de sa vie, on trouve ça bien et on est content que ça existe. Rappel historique Mais je me souviens quen juin 2002, le rédacteur en chef du journal satirique français Charlie Hebdo nous expliquait comment la gauche pouvait sen sortir. Dans un article fleuve publié en plusieurs parties et intitulé « Pour aller à gauche, cest par où ? » , Philippe Val avait décidé dans la deuxième partie de sen prendre à Noam Chomsky. Ici, les contre-vérités se sont enchainées au rythme dun scandale boursier à New York. Chomsky y fut qualifié « damoureux des sectes », « il est gaga, (...) il empoisonne la réflexion de gauche en nourrissant une théorie du complot ne flattant que les instincts fascistes et visant à faire porter à un Autre les responsabilités des malheurs du monde » . Ou encore « il est évident que jamais, contrairement à ce que pense Chomsky, les citoyens nont disposé dautant dinformations » . Pas mal. Sauf que Chomsky est, et dit, à peu près tout le contraire. Sans oublier ce bijou : « le style (de Chomsky) est à lusage des enfants du CM2 » . Pas mal pour le rédacteur en chef dun journal qui fait dans le pipi-caca-prout. En septembre 2007, dans sa chronique radiophonique sur France-Inter, Philippe Val sous lemprise de la jalousie ? revient encore à lattaque et lance « Chomsky-Ben Laden, même combat ! » . Non, ce nétait pas de lhumour. Participant à un colloque du patronat en 2007, il se défendra en proférant ce Voltairisme à lusage des enfants de CM2 : « dialoguer ou débattre, ce nest en aucun cas être complice » , et que lessence même du dialogue était de réunir deux interlocuteurs de points de vue différents. (cf Wikipedia). On en pleurerait, tellement cest beau. Voilà tout le style de Philippe Val : pondre des articles supposés étaler une connaissance encyclopédique mais qui ne font en réalité que clapoter dans un jacuzzi. Défenseur ardent de toutes les guerres de lOTAN, toutes, il a quand même fini par être récompensé pour sa fidélité légendaire. Et cest ainsi quil fut promu en mai 2009 (« bombardé » aurais-je envie de dire...) à la direction de France-Inter. Car ce nest pas le tout que dêtre un vendu, encore faut-il savoir se vendre. Deux heures après sa nomination à France Inter, il renvoyait Frédéric Pommier qui faisait la revue de presse. En juin 2010, les humoristes Stéphane Guillon et Didier Porte sont licenciés de France Inter. Quatre mois plus tard, lhumoriste Gérald Dahan est licencié à son tour, au lendemain dune chronique critique envers Michèle Alliot-Marie. France-Inter est donc actuellement dirigée par un type capable de balancer à la fois « Chomsky-Ben Laden, même combat » et les derniers intervenants qui présentaient un quelconque intérêt sur cette radio (à lexception de lémission Là-bas si jy suis , évidemment). Comment la situation pourraient-elle être pire que ça ? Philippe Val a dirigé Charlie Hebdo de 1992 à 2009, soit 17 ans. 17 ans de propagande gaucho-impérialiste. 17 ans de complicités avec toutes les opérations dassassinat à ciel ouvert de lOTAN. 17 ans qui nont apparemment pas gêné plus que ça le reste de cette joyeuse équipe de soudards (à quelques rares exceptions près). Mais Charlie Hebdo, cest comme les couches-culottes : à une certaine époque de sa vie, on trouve ça bien et on est content que ça existe. Puis un jour on grandit et on est plutôt content de sen passer. Retour au présent Pourquoi parler de Charlie Hebdo ? Dans le numéro daté du 8 août 2012, un article intitulé « Les soutiens bruns de Damas » , annoncé en couverture ( « Syrie. Cette extrême droite qui soutient Damas » ) et signé Eric Simon, nous refait le coup de désigner Le Grand Soir, et nommément ses deux administrateurs, comme des relais de lextrême-droite. Sont également citées « des personnalités » telles que Michel Collon (salut Michel, ça va ? Quest quon rigole, non ?) qui, « avec lintellectuel Jean Bricmont se sont fourvoyées à tel point que la CGT les a interdit de conférence à Paris en novembre 2011. » Voilà une technique que lon reconnaît immédiatement : le "petit" mensonge qui vient se glisser, ni vu ni connu. Bricmont na jamais été "interdit", et Michel Collon, qui devait donner une conférence à la Bourse de Travail de Paris, en fut empêché suite à une campagne daffiches émanant de milieux "anarchistes". On commence déjà à deviner les sources dinspiration de Charlie Hebdo. Avec Ornella Guyet, les anticonspis-truc et Rudy Machin-chose, et maintenant Charlie Hebdo, ce nest même plus une technique, cest devenu un style. « Si lanalyse anti-impérialiste permet de débusquer les raisons cachées des guerres « justes » ou « humanitaires » du camp occidental, elle peut facilement dérailler si elle défend linnommable commis par le camp den face. Si, en outre, elle laisse reprendre ses thèses par les sites dextrême-droite, jusquà finir par sinviter les uns chez les autres, la messe est dite. Cest ce qui est arrivé à des sites comme legrandsoir.info de Maxime Vivas et Victor (sic) Dedaj, qui publient aussi bien des articles dInfosyrie que des (sic) contributions de Ginette Skandrani (
) voire des discours de Kadhafi ou Bachar el-Assad... » Le journaliste de Charlie Hebdo na même pas su orthographier correctement mon prénom, cest vous dire si son enquête fut méticuleuse. Même pour calomnier ? Surtout pour calomnier, tu rigoles ou quoi ? Mais faire du copier/coller, Eric, cest pas bien, même pour un journaliste de Charlie Hebdo. Si vous pouviez faire corriger la coquille à ceux (et celle) qui vous ont inspiré, merci davance. Figure imposée : la vérité, rien que la vérité . LGS na jamais défendu « linnommable commis par le camp den face » . A lheure où le camp occidental navait pas sifflé le signal de lhallali, à lheure où Bashir Al Assad jouissait de la considération de notre gouvernement (et donc de notre presse), LGS dénonçait un deal « innommable » passé entre les USA et les tortionnaires au pouvoir en Syrie. Par ailleurs, LGS « laisse reprendre ses thèses par les sites dextrême-droite » ? Oui, et par des sites inconnus de divers pays et par pas mal de sites de la vraie gauche. Charlie Hebdo sait comment interdire la reproduction darticles en copyleft ? Est-ce quEric Simon ne serait pas en train de nous dire : « Taisez-vous et faites taire » ? Alors voyons-voir : le nombre phénoménal darticles dInfosyrie repris par le Grand Soir sélève à 2 (si jai bien compté ) et dont le contenu est irréprochable à mes yeux. Les (ah, un pluriel ?) contributions de Mme Skandrani sélèvent à... 1 (au contenu irréprochable - oui, oui, nous sommes au courant maintenant, merci). Quant aux « discours de Kadhafi ou Bachar el-Assad » , réunis il doit y en avoir 3 ou 4 (en comptant les interviews). Ces « discours » nont pas été publiés « comme ça », pour le fun , mais en pleine période dagression militaire ouverte contre la Libye et la Syrie. Charlie Hebdo voudrait que lon sabstienne de donner la parole aux dirigeants en exercice de pays en proie à une agression militaire, ou de reprendre des informations qui contre-balanceraient un tant soit peu le rouleau-compresseur médiatique. Où est la surprise pour un hebdomadaire qui a soutenu toutes les guerres de lOTAN ? Charlie Hebdo ne dit rien sur les articles repris par Le Grand Soir (et qui se sont révélés plus exacts que pas, soit-dit en passant), mais nous sert un laïus sur ladministrateur du site Infosyrie. Ancien du GUD ( « ancien » , cest bien, non ?) et autres affirmations qui demanderaient toutes à être vérifiées, vu la qualité et la précision habituelle de ce genre darticle. Mais tout ça au final pour dire quoi ? Rien. Aucun commentaire sur le contenu, sinon que le patron, ben il est pas de « notre bord » (en ce qui concerne lanti-impérialisme, il me semble que Charlie Hebdo non plus nest pas de « notre bord », en tous cas pas du mien). Mais Charlie annonce quand même une bonne nouvelle : Le Grand Soir et lextrême-droite « sinvitent les uns chez les autres » . Cest une bonne nouvelle parce que ça voudrait dire que l « extrême-droite » se gauchise au contact du Grand Soir. Sacré service que nous rendons à lhumanité, qui en sera certainement reconnaissante, et Charlie avec sans doute. Pardon, on me souffle dans loreillette que cest forcément le contraire. Mince, la contagion à sens unique (je parle évidemment dune poignée darticles sur une dizaine de milliers, mais quitte à jouer à ce petit jeu, jouons le jusquau bout...). Et par la grâce de ces mêmes lois mystérieuses, Charlie Hebdo, soutien indéfectible à toutes les guerres impérialistes et violations du droit international, ne saurait être, et en aucun cas, taxé de passerelle avec les fascistes néoconservateurs américains, parce que là, ça ferait « confusionniste ». Si tu cherches de leau dans un désert, il te faut marcher jusquau puits (dicton arabe, mais pas vraiment parce que je viens de linventer) Les lecteurs (vous comme moi) nauraient donc pas le droit de savoir ce que pourraient bien avoir à répondre les dirigeants des pays bombardés par nos forces militaires « humanitaires ». Donner à lire une intervention dun responsable syrien ou libyen est « rouge-brun ». Pour ne pas être rouge-brun, il faut donc sabstenir de donner à lire. Et pour celui qui « oserait » le faire (car on en est là...), il y a une punition à la clé. La situation est donc celle-ci : lorsque lOccident attaque ou menace dattaquer un pays dirigé par un salaud, toute information émanant peu ou prou du pays en question sera interprété comme un signe de ralliement au salaud en question et, par association, fera de vous un salaud. Donc un rouge-brun. Donc un antisémite. Donc une cible. Bonjour lambiance « USA post 11/9 » . Encore un peu, et Charlie Hebdo dira quon est des mauvais Français et nous reprochera notre manque de patriotisme. Philippe Val nest plus à la tête de Charlie Hebdo, mais son esprit rôde encore dans les locaux. Suis-je le seul à ressentir des frissons ? Énoncée à voix haute, claire et intelligible, voilà ce que ça donne : 1) Lorsquun pays est attaqué par lOccident, il est interdit de donner la parole aux agressés. 2) Lorsquun pays est attaqué par lOccident, il faut imposer un black-out sur toutes les informations ou interventions en provenance du pays ciblé sauf celles qui vont dans le sens ou servent le discours dominant. 3) Lorsquun pays est attaqué par lOccident, le seules « informations » issues du pays sont celles qui seront sélectionnées, filtrées, charcutées et commentées par les commentateurs officiels et attitrés du pays agresseur. 4) Lorsquun pays est attaqué par lOccident, toute tentative de relayer in extenso , sans tripatouillages ou coupures, des informations provenant du pays agressé ou toute tentative de contre-balancer a minima la campagne de propagande sera qualifiée de rouge-brunisme (en attendant le jour où ils emploieront le mot « trahison »). 5) Pour toutes les raisons qui précèdent, lorsquun pays est attaqué par lOccident, toute la presse y compris « rebelle », « anar », etc. salignera. Check-list : Irak, Afghanistan, Libye, Syrie... oui, ça marche et ça se vérifie à tous les coups. En une seule formule : 1) + 2) + 3) + 4) + 5) = propagande. Voilà : nous ne sommes même plus dans une situation où un journal nie faire de la propagande (ce qui est de "bonne guerre", ha, ha !), mais dans une situation où il la réclame, lexige, tape du pied et se roule par terre devant ceux qui refusent de sy plier. Suis-je le seul à ressentir des frissons ? Faites ce que je fais, pas ce que je dis que je fais Le plus cocasse est que tous ces donneurs de leçons et moralistes nont et nauraient - allez, soyons honnêtes - noseraient rien dire si le Monde ou Libération ou tout autre média appartenant à un grand groupe capitaliste hyper-soucieux du pluralisme publiaient des interventions de Kadhafi ou Bashir el-Assad ou Dieu sait qui. Non, non : eux seuls sont habilités à le faire, à décider lesquelles, à décider quels extraits, à commenter des phrases choisies sorties du contexte et à décider quand et où... Oui, on connaît la musique. Mais pas nous et pas vous. Pourquoi ? Parce que. Parce que quoi ? Parce que , quoi. Alors, Charlie Hebdo : votre conception effarante et effrayante de "linformation", gardez-la pour vous, roulez-la en forme de suppositoire et mettez-la où vous voulez. Guerre humanitaire : une éruption soudaine, inattendue et violente de bonté ? Sans oublier une certaine loi de la nature : dans tout conflit, cest plutôt lagresseur qui recourt au mensonge. Pourquoi ? Parce que lagresseur veut la guerre et cherchera donc des raisons pour la faire, quitte à les inventer. En réalité, lagresseur est pratiquement obligé de les inventer. Pourquoi ? Et bien parce que les justifications pour une guerre dagression selon le Tribunal de Nuremberg et selon le droit international sont au nombre dun chiffre très très proche de zéro. Et lorsque la loi ne convient pas, il y a pas trente-six solutions : il faut la respecter, la changer ou la violer. LOccident, en particulier, est un adepte de la troisième. Oui, je sais : il y a la « guerre humanitaire ». On ferait des guerres « humanitaires ». Comme dautres feraient de la « torture thérapeutique » ?. Risible, bien-sûr, mais pour la beauté du débat, admettons un instant ce concept de « guerre humanitaire ». Par conséquent : Il existerait un espace-temps (ici et maintenant apparemment) où des pouvoirs politiques seraient « forcés » par des événements « particulièrement tragiques » à faire une guerre pour des « raisons humanitaires ». La cavalerie légère volant au secours de la veuve et de lorphelin. Le petit garçon au fond de moi aime bien cette image. Ladulte, lui, lève un sourcil en entendant que les responsables politiques actuels seraient prêts à commettre le « crime des crimes » (toujours selon Nuremberg et le droit international) pour venir au secours dune population (« étrangère » qui plus est) dont jusquà présent ils se fichaient éperdument. Etrange « charge émotionnelle » et « application de principes » de la part de dirigeants politiques qui sont par ailleurs incapables de prendre la moindre mesure « humanitaire » lorsquil sagit des sans papiers, des Palestiniens, des personnes âgées, de qui vous voulez. Ils sont pourtant là, sous leurs fenêtres, ou pas très loin. Ces mêmes responsables politiques qui pourraient sauver pour des raisons « humanitaires » les 10.000 enfants qui meurent de faim par jour et pour un prix inférieur à un seul missile de croisière. Nan, trop compliqué. Allons plutôt bombarder un pays pour montrer toute létendue de notre « bonté ». En résumé : les salopards qui nous gouvernent auraient des crises dhumanisme tellement fortes quils sont capables de tout, y compris de commettre lirréparable, pour accomplir le bien. Elle est étrange, cette détermination - si soudaine, si inattendue, une véritable révélation - qui napparaît que lorsquil sagit de faire la guerre, loin de préférence, dans un rapport de forces totalement déséquilibré de préférence (parce quil y a des limites chez eux, même aux principes), là où personne ne peut vraiment contrôler ce qui se passe, et quon ne retrouve jamais en temps de paix... Oui, soudain, les voilà qui sont « bons », et « attentionnés », et « inflexibles », et « soucieux » du bien-être dune population. Tellement soucieux qui si un membre de la population se présente à la frontière pour un bout de pain, ils le renverront chez lui avec ces mots dencouragement : « rentrez chez vous, on va bientôt vous envoyer des secours » (sur la gueule). Oui, soudain, dans toutes les tribunes, les mots « intolérables » et « inadmissibles » leur sortent de la bouche, comme des colombes de la manche dun prestidigitateur. Oui, une véritable métamorphose. Mais qui ne dure, hélas, que le temps dune guerre. Et qui disparaît, comme par enchantement, une fois la bête repue. A croire que toute leur posture naura été créée et tenue que pour la circonstance. Mon Dieu que je suis mauvaise langue ! Le tout par des gens qui vous expliqueront avec tout le sérieux du monde et la main sur le coeur - de préférence autour dun dîner bien arrosé - combien ils sont contre la peine de mort, critiquant au passage les pays qui lappliquent encore (jusquà là, tout va bien) et qui enchaînent aussitôt quil faut faire la guerre, cest-à-dire appliquer la peine de mort à une échelle industrielle, mais cette fois-ci sans procès, sans jugements, sans discrimination, contre une population très majoritairement innocente de tout crime. Mon Dieu que je suis pinailleur ! Soutenir le fascisme suprême au nom dun antifascisme de salon Le Grand Soir ferait trop dans lanti-impérialisme ? Comme peut-on être trop contre le crime des crimes ? Comment peut-on être trop contre « le stade suprême du capitalisme » ? Le gant de velours du marché ne marchera jamais sans une main de fer derrière - McDonald ne peut prospérer sans McDonnell Douglas, le fabricant (de lavion de guerre) F15. - Thomas L. Friedman "A Manifesto for a fast World" - New York Times Magazine, 28 Mars, 1999 Je croyais que la guerre était plutôt de droite et la paix plutôt de gauche. Je croyais que le respect du droit (y compris international) était plutôt de gauche et sa violation plutôt de droite. Je croyais que le droit des peuples à disposer deux-mêmes était plutôt de gauche et lingérence plutôt de droite. Je croyais que la censure était plutôt de droite et la liberté dexpression plutôt de gauche. Je croyais que laveuglement idéologique était plutôt de droite et louverture desprit plutôt de gauche. Je croyais que cétaient nos actes et nos prises de position qui définissaient notre positionnement politique. Je croyais que sendormir dans son lit et se réveiller dans un monde où toutes les valeurs étaient étrangement inversées narrivait que dans les romans de science-fiction. Je trouve même totalement indécent que lon nait rien dautre à nous opposer, sinon que le président syrien ne serait pas lAbbé Pierre (comme si nous ne le savions pas. Comme si navions pas nous-même rappelé que la Syrie, il y a encore peu, servait de centre de torture décentralisé pour les Etats-Unis - pas très reconnaissants, comme à leur habitude) ou que le responsable de tel site ne serait pas du même bord politique. Remarquez, ça pourrait être une autre bonne nouvelle parce que si ce nest que ça, on va arranger ça ici et maintenant : « Le président de la Syrie est un salaud et le patron dInfosyrie pue de la gueule. » Ca vous va ? Tout le monde est content ? On peut aller à la manifestation maintenant et tenter darrêter le massacre - où allez-vous encore nous trouver une autre excuse à la con ? Genre : lancien du GUD a lhaleine fraîche. Eric Simon pourra trancher puisquil se vante davoir discuté avec lui (il a le droit ! Pourquoi ? Parce que la Sainte Inquisition a tranché ainsi : à Charlie Hebdo, on peut, au Grand Soir, ce serait sacrilège). Lextrême-droite ferait de lentrisme ? De lentrisme dans quoi ? Le désert laissé par la gauche ? Et ce serait la faute du Grand Soir ? On entre dans une salle dautant plus facilement quelle est vide. Cest plus difficile lorsquelle est pleine à craquer. En réalité, ce nest pas le Grand Soir qui alimente des « passerelles vers lextrême-droite », mais des journaux comme Charlie qui se la jouent « contestataires/libertaires » à longueur de semaine et qui, au moment le plus crucial, tombent - presque « naturellement » - du côté le plus sombre, laissant le champ libre, et même ouvrant la voie, à dautres. Charlie Hebdo fait partie de cette presse, à linstar de Libération, qui est devenu au fil du temps une véritable fabrique de « gauche réactionnaire » et qui fait dire à un de ses journalistes (conversation téléphonique avec un des administrateurs du Grand Soir) : « lanti-impérialisme me fait gerber » . Heureusement que le Grand Soir est là pour sauver (un peu) lhonneur de la gauche française. Mais nous ne sommes pas seuls. Nous avons avec nous la quasi-totalité de la gauche latino-américaine, nord-américaine, asiatique et africaine. Alors, être « isolés » au sein de la gauche française, appelons ça « une position pas très confortable », mais sans plus. Ce qui me fait penser à ce quIgnacio Ramonet (que japprécie beaucoup) avait écrit lors de la guerre contre la Libye intervention quil a soutenue (eh oui...). En référence à lopposition de la gauche latino-américaine à cette intervention, il a écrit que cette dernière avait commis « une erreur historique ». Curieux quil ne se soit pas demandé si, a contrario , ce nétait pas la gauche française, et lui avec, qui avait commis lerreur historique en question. Lorsque Charlie Hebdo se promène la braguette ouverte Mais revenons à nos moutons (sic) de Charlie Hebdo : Charlie Hebdo, na apparemment rien à dire sur le fond de ce que nous publions et serait bien incapable de trouver un seul texte, une seule ligne, qui aille à lencontre de notre ligne rédactionnelle qui est ce quelle est, que ça plaise ou non. Nous, nous parlons de guerre et de paix, eux nous parlent du slip duntel ou untel qui dépasserait alors queux-mêmes se promènent la braguette grande ouverte. Exemples ? Acrimed rappelle que (extraits) : Une brève du 18 avril 2007 signale que « sur 38 collaborateurs de Charlie Hebdo : 18 votent Royal , 9 votent Voynet, 3 votent Buffet, 3 votent Besancenot, 3 votent Bayrou , 1 vote Bové, 1 vote blanc. » Soient 21 collaborateurs qui votent à « droite » et 16 à gauche. Charlie Hebdo, de droite ? Oui, si lon en croit Philippe Val lui-même, puisque ce dernier, en juin 1998 écrivait que « la vraie droite aujourdhui, cest le PS. » Neuf ans plus tard, le 9 février 2007, il lâche chez Pascale Clark sur Canal+ (« en aparté » ) : « Je voterai pour le candidat de gauche le mieux placé. » Le mieux placé ? Comprendre Ségolène Royal. (...) Sur les principales questions internationales, Charlie hebdo reproduit peu à peu les positions dominantes. Ainsi sur le Kosovo. Alors que dans les années 70, Cabu sinsurgeait « contre toutes les guerres » et collectionnait les procès intentés par larmée, en 1999, il soutient, avec toute léquipe de Charlie Hebdo, exception faite de Siné et Charb, lintervention militaire de lOTAN au Kosovo. Dans le n°361 de Charlie Hebdo (19 mai 1999), en lieu et place de la chronique de Charb, un texte de Riss (qui nécrit pas dordinaire) reproche même aux pacifistes dêtre des collabos ! De même sur le traité constitutionnel européen : si dautres voix que celle de Philippe Val se font entendre, cest lui qui conduit une campagne véhémente et caricaturale contre les partisans du « non » au référendum. (...) Ce glissement politique de gauche à droite, de la paix vers la guerre, de la subversion vers lorthodoxie, sest fait progressivement, mais sûrement. On voit ainsi disparaître, dans le silence quasi-général, des signatures talentueuses (Cyran, Camé, Boujut,
) au profit de plumes conventionnelles et/ou médiatiquement plus « reluisantes » : le dessinateur Joan Sfar, lex-patron de France Inter Jean-Luc Hees, le sociologue médiatique Philippe Corcuff (lui même acculé à démissionner [16]), Renaud Dély venant de Libération, Philippe Lançon du même, Anne Jouan du Figaro, etc. (...) ...lévolution conjointe des positions politiques et du positionnement médiatique na pas été sans effet sur les pratiques journalistiques de lhebdomadaire, et, au premier chef, de Philippe Val lui même : calomnies et mensonges (notamment sur Noam Chomsky), fausses rumeurs (par exemple sur le Forum social européen), diffamations de membres de lObservatoire français des médias, refus des droits de réponse, que nous avons plusieurs fois relevés ici-même ... (...) Charb a estimé, le 16 juillet 2008, que Siné avait porté cest un comble - « atteinte » aux « valeurs essentielles » de Charlie Hebdo. Et cest pourtant le même Charb qui dans sa chronique « Charb naime pas les gens » datée du 30 juillet 2008 écrit : « Personne na dit que Siné était antisémite (
) parce que ça na jamais été le sujet du débat. Aurait-on travaillé durant seize ans avec un antisémite ? Moi, non. » Si cela na jamais été le sujet du débat, alors pourquoi Philippe Val, dans son éditorial du même jour se pose la question et ressort une affaire vieille de 26 ans ? « Antisémite, Siné ? Ce nest pas à moi den juger. Mais au lendemain de lattentat de la rue des Rosiers, en 1982, cest lui-même qui déclarait sur la radio Carbone 14 : "Je suis antisémite et je nai plus peur de lavouer. Je vais faire dorénavant des croix gammées sur tous les murs
Je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf sil est pro palestinien. Quils meurent." » (...) Une histoire de Charlie Hebdo http://www.acrimed.org/article2960.html Etc. Lorsque le dessinateur "de gauche" Plantu touche officiellement un chèque de 10.000 euros de la dictature brune-brune islamiste du Qatar, tout le showbiz, chasseurs de rouges-bruns et Charlie Hebdo réunis regardent ailleurs. Vous appelez ça de la pudeur, de la honte ou de la complicité ? (Tiens, et soudain je pense à cet autre ancien dessinateur vedette du journal le Monde, Konk, qui a fini par rejoindre lextrême-droite.) Lorsque Charlie "de gauche" Hebdo publie à trois reprises et interviewe à domicile une des sommités du "rouge-brunisme" en France, membre du FN qui plus est à lépoque, vous appelez ça du journalisme, de lautisme ou de jaurais-mieux-fait-de-fermer-ma-gueule-isme ? Et on trouve tout ça sans même vraiment chercher. Le problème, Charlie, cest que vous ne savez même plus où vous en êtes pour venir faire les marioles autour de Grand Soir. On en rirait si ce nétait pas aussi pathétique. Alors le jour où Le Grand Soir examinera à la loupe certains médias comme ces derniers aiment tant le faire pour nous, il va y avoir de sacrées surprises. En attendant, Charlie Hebdo a bien fait de ne pas employer le mot « confusionnisme » parce que là, ils auraient eu lair vraiment ballots... Eh oui, Charlie Hebdo, cest comme les couches-culottes : à une certaine époque de sa vie, on trouve ça bien et on est content que ça existe. Puis un jour on grandit et on est plutôt content de sen passer. Et avec le recul, même si on nen a pas honte, on nen est pas forcément fiers pour autant. Viktor Dedaj « alors, on rajoute une couche ou on en reste là ? » (Version 2).
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 31-08-2012 à 13:35:36
| Afrique-Asie publie un article sur la question impérialisme et anti impérialisme : Syrie : la catalyse des ruptures Par : Ahmed Halfaoui Publié le : 30/08/12 On est face à une coalition OTAN/pétromonarchies plus déterminée que jamais à imposer son diktat. Pour le commun, il y a incontestablement une entreprise étatsunienne de mise en coupe réglée du monde, il n'y a qu'à voir l'agitation effrénée d'Hillary Clinton et de ses supplétifs britannique, français et arabe dominer l'actualité. Pourtant, cela n'est pas évident pour tout le monde, notamment au sein des milieux traditionnellement réactifs aux événements politiques. A cet égard, ce que l'opération de l'Alliance atlantique en Libye a permis d'initier, la situation en Syrie est en phase de l'accomplir. Elle est en train de constituer un catalyseur de toutes les ruptures au sein des courants admis comme étant marxistes révolutionnaires. Entre anti-impérialistes et soutiens à la «révolution syrienne», les clivages ont atteint le point de non-retour. Au milieu, un marais de militants désemparés est ballotté entre les arguments des uns et des autres. Et ce n'est pas le flot d'informations des médias de l'OTAN qui peut aider à se faire une idée claire des forces en présence sur le terrain, sauf à prendre pour argent comptant ce que disent les grands groupes de presse. C'est-à-dire, en toute simplicité, qu'il y aurait un peuple en mouvement contre la dictature de Bachar Al Assad qui le réprime. Exit le fait que la moitié des morts soient des «pro-régime» et l'implication massive de combattants étrangers. Exit les manifestations massives des Syriens en défense de leur pays contre la volonté d'agression. Un pas est vite franchi par la majorité de l'extrême gauche européenne, selon le principe qui veut que toute contestation populaire est bonne à prendre contre un pouvoir considéré comme liberticide, conformément aux critères de la démocratie occidentale. Cette attitude ancrée dans ses certitudes n'est pas trop perturbée par la formidable machine de guerre mise en branle par les Etats-Unis et leurs vassalités européennes et arabes, principaux acteurs d'une «révolution», «représentée» par un CNS, dont on sait la composante interlope et le rejet dont il fait l'objet, y compris par les bandes armées. La difficulté est tournée par la dénonciation de l'ingérence impérialiste (en filigrane) qui sonne comme un alibi en marge d'un engagement franc aux côtés de «révolutionnaires» invisibles et inaudibles, qui ne sont pas islamistes et qui ne sont pas ces milliers de miliciens infiltrés par l'OTAN et par ses dépendances. Ainsi, le confort intellectuel est assuré puis conforté par le fait que les anti-impérialistes sont rejoints par l'Iran, par le Hezbollah et par des personnalités qui flirteraient avec l'extrême-droite nationaliste. A contrario, le fait de se trouver, en tant qu'anti-Bachar, dans le même camp que l'OTAN et les monarchies du Golfe, ne semble pas déranger la conviction d'être du bon côté des choses. Pour la tendance anti-impérialiste, les éléments mis en jeu sont beaucoup moins emberlificotés. A aucun moment il n'y a de caution donnée au pouvoir syrien, qui de son point de vue ne diffère en rien, par sa nature, de tous les pouvoirs au service de l'argent et du marché mondial. Ce qui rend, de fait, infondée l'accusation de soutien à Bachar Al Assad et rend suspectes les attaques enrobées, qui occultent l'anti-impérialisme fondateur d'une opposition à l'ingérence étrangère et aux atteintes à la souveraineté d'un pays, sous n'importe quel prétexte et, encore moins, du fait d'une coalition impérialiste, dont les objectifs sont, on ne peut plus, évidents. Ceux de choisir les gouvernements à la place des peuples. Une coalition OTAN/pétromonarchies plus déterminée que jamais à imposer son diktat. Sources : Les Débats (Alger) 30 août 2012
Edité le 31-08-2012 e 13:36:12 par Xuan
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| Posté le 16-09-2012 à 21:18:45
| quelle sera la réaction de l otan à une guerre sinonippone?appuyer l inde?
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 17-09-2012 à 14:44:08
| l'Inde est en guerre ?
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| | marquetalia | | Grand classique (ou très bavard) | | 9697 messages postés |
| Posté le 17-09-2012 à 19:00:39
| l inde est appuyée par l otan contre la chine,et revendique le territoire de l aksai chin,administré par pékin.de plus,new dehli est la base arrière des séparatistes tibétains,ouighours,sud mongols et mandchous.il est possible que le japon cherche a s allier a l inde pour prendre la chine a revers-d autant plus que l inde n a pas ete occupé par le japon impérial pendant la seconde guerre mondiale,qui n y a donc commis aucune exaction.par contre,la corée du sud et taiwan ne soutiendront pas l empire du soleil levant.
Edité le 17-09-2012 e 20:37:11 par marquetalia
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| Posté le 20-10-2012 à 11:58:35
| Sur Le Petit blanquiste : 17 octobre 2012 Européocentrisme et impérialisme Sans réalité géographique, « Occident » est un euphémisme utilisé pour désigner le bloc des pays capitalistes/impérialistes constitués des principales puissances européennes et de certaines de leurs extensions historiques : Etats-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, etc. Les peuples de ces pays, qui ne représentent qu'environ 20% de la population mondiale, ont le privilège de bénéficier du niveau de vie moyen le plus élevé de la planète. Ils se partagent 86 % de la consommation privée totale et consomment ou disposent de 45 % de la viande et du poisson, de 58 % de lénergie, de 84 % du papier, de 87 % des véhicules, de 74 % des lignes téléphoniques, etc. [1] Quant à leur espérance de vie, elle est en moyenne de 80 ans contre 60 ans pour les pays pauves, voire 50 ans pour certains pays de lAfrique subsaharienne.
Occident : Pays où l'indice de développement humain (IDH) est supérieur à 0,9 (données 2001) Pour la majorité d'entre eux, les peuples occidentaux ont une conviction commune de leur propre supériorité et tendent à se considèrer comme le centre du monde ( l'européocentrisme ). [2] Cette idéologie plonge ses racines dans l'expansion impérialiste qui a conduit, durant plusieurs siècles, à la domination européenne sur les peuples d'Asie, d'Afrique et des Amériques. Au niveau planétaire, les citoyens des pays occidentaux - même les moins favorisés dentre eux - bénéficient dun sort enviable sans quils aient toujours conscience que ce privilège repose sur une usurpation.
Car, comme le relevait Frantz Fanon : « Le bien-être et le progrès de lEurope ont été bâtis avec la sueur et les cadavres des Nègres, des Arabes, des Indiens et des Jaunes » . [3]
*** [1] Rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) de 1998. [2] Cet européocentrisme se retrouve également dans les concepts de « Moyen-Orient » ou d'« Extrême-Orient » qui n'ont de sens que si on considère l'Europe comme centre du monde. [3] Frantz Fanon, Les damnés de la terre, Ed. Maspero, 1960, Ed. La Découverte, 2010. JPD
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| Posté le 16-11-2012 à 23:59:47
| | FRANCIS ARZALIER : LES NOUVELLES GUERRES COLONIALES DE L'IMPERIALISME OCCIDENTAL, EN AFRIQUE ET AU MOYEN ORIENT Intervention liminaire pour le Collectif Polex aux Rencontres internationalistes de Vénissieux le 27 octobre 2012 . Contrairement à ce que les médias ont réussi à faire croire à une bonne partie de lopinion, limpérialisme occidental est une réalité planétaire depuis plusieurs siècles. ° Jusquau milieu du 20ème siècle, limpérialisme occidental avait le visage des empires coloniaux. Les métropoles coloniales, industrialisées, se procuraient à bas prix les matières premières nécessaires à leurs usines dans leurs colonies, et leur interdisaient tout développement économique autonome. ° Les empires coloniaux ont disparu vers 1960, mais les rapports dinégalité entre puissances impérialistes et pays sous-développés, soumis économiquement, politiquement, et parfois militairement, ont persisté. Indépendants en théorie, la plupart des pays dAfrique ou dAsie nétaient que producteurs de matières premières au service de lEurope et des USA, et livrés de ce fait à la pauvreté, au chômage et à lémigration. Les maîtres occidentaux ont même cru en 1990 que la disparition de lURSS signifiait « la fin de lhistoire » en leur faveur, et le règne sans partage de limpérialisme occidental. ° Mais depuis le début du 21ème siècle, limpérialisme occidental est en crise, par un effet pervers de cette loi du marché qui est pourtant son credo essentiel. La flambée du cours des matières premières, les mutations démographiques, ont amené lapparition de nouvelles puissances dites émergentes, comme Chine, Brésil, Inde, Russie, etc
, qui concurrencent les firmes occidentales en Afrique ou Asie. De nombreux pays, autrefois colonisés, se révèlent capables de devenir à leur tour des puissances industrielles moyennes : cétait le cas au Moyen Orient, de lIrak ou lIran. ° La riposte de limpérialisme occidental est, depuis dix ans, une vague ininterrompue de guerres déclenchées par les occidentaux, avec pour objectif dimposer aux pays qui exprimaient une volonté dindépendance des dirigeants soumis aux choix de limpérialisme, pour leur interdire le développement économique industriel et agricole. ° Lexemple le plus parfait fut la guerre menée par les USA et lOTAN contre lIrak, en 1991, et finalement en 2003. Lobjectif est atteint : le pays est ruiné pour vingt ans, livré aux haines tribales et religieuses, et redevient un simple fournisseur de matières premières, notamment de pétrole aux firmes occidentales. ° La plus récente de ces guerres impérialistes est la conquête de la Libye en 2011 par lOTAN, avec aux premiers rangs la France de Sarkozy et les émirs pétroliers du Qatar. Le résultat est identique : ce pays est aujourdhui livré aux exactions de groupes armés concurrents, à base ethniciste ou intégriste, et pourvu de dirigeants pro-occidentaux prêts à le maintenir dans un statut de fournisseur exclusif de pétrole aux sociétés occidentales. Les projets antérieurs de développement dune économie industrielle autonome ne sont plus dactualité. ° Conséquence directe de la guerre occidentale en Libye, lexplosion du Mali, cet Etat africain grand deux fois et demie comme la France. Toute la partie nord saharienne, les deux tiers du pays, sont aux mains de mercenaires touaregs autrefois au service de Kadhafi, devenus indépendantistes avec le soutien du Quai dOrsay, et dislamistes radicaux financés et armés par le Qatar et Arabie Saoudite, sous le regard compréhensif du parrain étasunien, qui voit dans tout cela la possibilité de contrôler enfin le Sahara et ses richesses minérales. Il serait inacceptable que la France ou les USA profitent du malheur malien pour se réinstaller au Sahara militairement (bases et troupes) et économiquement, comme à lancienne époque coloniale. ° La plus grave peut être des ingérences impérialistes est le soutien massif, financier et militaire, apporté aux insurgés syriens, et notamment aux intégristes qui sont les plus actifs parmi eux. La guerre qui ravage ce pays depuis un an nest pas simplement une lutte féroce entre partisans du régime et opposants insurgés, mais une intervention de puissances étrangères comme les USA, la Turquie, le Qatar, lArabie Saoudite, avec pour objectif avoué de mettre en place à Damas des dirigeants à leur dévotion. Et malheureusement les dirigeants socialistes de la France leur emboîtent le pas en prônant une zone dexclusion aérienne, comme cela sest fait en Libye : un véritable acte de guerre, qui peut avoir des conséquences imprévisibles. Le but des pouvoirs occidentaux est bien de décider à la place des Syriens, seuls habilités à le faire, de qui dirigera le pays : ils ne pardonnent pas au régime de Damas de soutenir la résistance palestinienne à Gaza et au Liban, et dêtre lallié de lIran. ° Car le projet guerrier lié à la subversion de la Syrie est la mise au pas de lIran, puissance émergente qui projette de développer ses industries grâce aux énergies nucléaires et pétrolières, et à lalliance avec Russie, Chine et autres concurrents de lOccident. Les dirigeants colonialistes israéliens, chiens fous de limpérialisme US, qui possèdent plus de 200 ogives nucléaires, ne cessent de claironner leur volonté de bombarder les sites nucléaires iraniens avant novembre 2012, au risque dembraser toute la région, et de déclencher un conflit mondial. ° Il est temps donc de lutter résolument pour stopper cette offensive de limpérialisme occidental, qui mène le monde droit au gouffre dun conflit régional ou planétaire. ° Et pour cela, nous devons tout dabord éviter les pièges de limpérialisme, ne pas prendre les prétextes pour les causes. Le caractère autoritaire de dirigeants comme Saddam Hussein en Irak, Kadhafi en Libye, Assad en Syrie, ou les mollahs dans la théocratie iranienne, ne sont que les prétextes hypocrites des guerres impérialistes. Les Occidentaux et leurs comparses du Qatar et Saoudiens nont dailleurs aucun scrupule à utiliser, pour réaliser leurs objectifs, les terroristes intégristes les plus fanatiques et réactionnaires, quils dénoncent par ailleurs à grands cris, au nom des droits de lhomme et des femmes. ° Autre ruse hypocrite de limpérialisme occidental, cest la manipulation partout des séparatismes, ethnicismes, des revendications touaregs au Sahara, des Sunnites en Syrie contre les Alaouites et les Chrétiens syriens, etc
° Un dernier point enfin : on ne peut que regretter la faiblesse des réactions anti-impérialistes en France. Cela tient à la fois au matraquage médiatique de lopinion (la désinformation par les télés à propos de la guerre en Syrie est effarante), et à lopportunisme dune bonne part des partis et mouvements de gauche, soumis à un PS fidèle à lOTAN et à limpérialisme. Il est temps, ensemble, de redresser la barre. Francis Arzalier Source J. Tourtaux
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| Posté le 05-01-2013 à 22:56:12
| Jean Bricmont n'est pas un communiste marxiste-léniniste, mais sa ferme position anti-impérialiste dénonce la pseudo gauche radicale qui se fait le soutien idéologique de l'hégémonisme US et de l'impérialisme revanchard français. Il s'agit de positions social-impérialistes qui justifient l'intervention impérialiste au nom de prétendus idéaux humanitaires . Sur le site de Michel Collon : Réponse à la gauche anti-anti-guerre JEAN BRICMONT 6 décembre 2012 Depuis les années 1990 et en particulier depuis la guerre du Kosovo en 1999, les adversaires des interventions occidentales et de lOTAN ont dû faire face à ce quon pourrait appeler une gauche (et une extrême-gauche) anti-anti-guerre, qui regroupe la social-démocratie, les Verts, et le plus gros de la gauche « radicale » (le Nouveau Parti Anticapitaliste (1), divers groupes antifascistes etc.) (2). Celle-ci ne se déclare pas ouvertement en faveur des interventions militaires occidentales et est parfois critique de celles-ci (en général, uniquement par rapport aux tactiques suivies et aux intentions, pétrolières ou géo-stratégiques, attribuées aux puissances occidentales), mais elle dépense le plus gros de son énergie à « mettre en garde » contre les dérives supposées de la partie de la gauche qui reste fermement opposée à ces interventions.
Elle nous appelle à soutenir les « victimes » contre les « bourreaux », à être « solidaires des peuples contre les tyrans », à ne pas céder à un « anti-impérialisme », un « anti-américanisme », ou un « anti-sionisme » simplistes, et, surtout, à ne pas sallier à lextrême-droite. Après les Albano-Kosovars en 1999 on a eu droit aux femmes afghanes, aux Kurdes irakiens, et plus récemment aux peuples libyen et syrien, que « nous » devons protéger. On ne peut pas nier que la gauche anti-anti-guerre ait été extrêmement efficace. La guerre en Irak, qui était présentée sous forme dune lutte contre une menace imaginaire, a bien suscité une opposition passagère, mais il ny a eu quune très faible opposition à gauche aux interventions présentées comme « humanitaires », telles que celle du Kosovo, le bombardement de la Libye, ou lingérence en Syrie aujourdhui. Toute réflexion sur la paix ou limpérialisme a simplement été balayée devant linvocation du « droit dingérence », de la « responsabilité de protéger », ou du « devoir dassistance à peuple en danger ». Une extrême-gauche nostalgique des révolutions et des luttes de libération nationale tend à analyser tout conflit à lintérieur dun pays donné comme une agression dun dictateur contre son peuple opprimé aspirant à la démocratie. Linterprétation, commune à la gauche et à la droite, de la victoire de lOccident dans la lutte contre le communisme, a eu un effet semblable. Lambiguité fondamentale du discours de la gauche anti-anti-guerre porte sur la question de savoir qui est le « nous » qui doit protéger, intervenir etc. Sil sagit de la gauche occidentale, des mouvements sociaux ou des organisations de défense des droits de lhomme, on doit leur poser la question que posait Staline à propos du Vatican : « combien de divisions avez-vous ? » En effet, tous les conflits dans lesquels « nous » sommes supposés intervenir sont des conflits armés. Intervenir signifie intervenir militairement et pour cela, il faut avoir les moyens militaires de le faire. Manifestement, la gauche européenne na pas ces moyens. Elle pourrait faire appel aux armées européennes pour quelles interviennent, au lieu de celles des Etats-Unis ; mais celles-ci ne lont jamais fait sans un appui massif des Etats-Unis, ce qui fait que le message réel de la gauche anti-anti-guerre est : « Messieurs les Américains, faites la guerre, pas lamour ! » . Mieux : comme, après leur débâcle en Afghanistan et en Irak, les Américains ne vont plus se risquer à envoyer des troupes au sol, on demande à lUS Air Force, et à elle seule, daller bombarder les pays violateurs des droits de lhomme. On peut évidemment soutenir que lavenir des droits de lhomme doit être confié aux bons soins et à la bonne volonté du gouvernement américain, de ses bombardiers et de ses drones. Mais il est important de comprendre que cest cela que signifient concrètement tous les appels à la « solidarité » et au « soutien » aux mouvements sécessionnistes ou rebelles engagés dans des luttes armées. En effet, ces mouvements nont nul besoin de slogans criés dans des « manifestations de solidarité » à Bruxelles ou Paris, et ce nest pas cela quils demandent. Ils veulent des armes lourdes et le bombardement de leurs ennemis et, cela, seuls les Etats-Unis peuvent le leur fournir. La gauche anti-anti-guerre devrait, si elle était honnête, assumer ce choix, et appeler ouvertement les Etats-Unis à bombarder là où les droits de lhomme sont violés ; mais elle devrait alors assumer ce choix jusquau bout. En effet, cest la même classe politique et militaire qui est supposée sauver les populations « victimes de leur tyrans » et qui a fait la guerre du Vietnam, lembargo et les guerres contre lIrak, qui impose des sanctions arbitraires contre Cuba, lIran et tous les pays qui leur déplaisent, qui soutient à bout de bras Israël, qui soppose par tous les moyens, y compris les coups détat, à tous les réformateurs en Amérique Latine, dArbenz à Chavez en passant par Allende, Goulart et dautres, et qui exploite de façon éhontée les ressources et les travailleurs un peu partout dans le monde. Il faut beaucoup de bonne volonté pour voir dans cette classe politique et militaire linstrument du salut des « victimes », mais cest, en pratique, ce que la gauche anti-anti-guerre prône, parce que, étant donné les rapports de force dans le monde, il nexiste aucune autre instance capable dimposer sa volonté par des moyens militaires. Evidemment, le gouvernement américain sait à peine que la gauche anti-anti-guerre européenne existe ; les Etats-Unis décident de faire ou non la guerre en fonction de ses chances de succès, de leurs intérêts, de lopposition interne et externe à celle-ci etc. Et, une fois la guerre déclenchée, ils veulent la gagner par tous les moyens. Cela na aucun sens de leur demander de ne faire que de bonnes interventions, seulement contre les vrais méchants, et avec des gentils moyens qui épargnent les civils et les innocents. Ceux qui ont appelé lOTAN à « maintenir les progrès pour les femmes afghanes » , comme Amnesty International (USA) la fait lors du meeting de lOTAN à Chicago (3), appellent de fait les EU à intervenir militairement et, entre autres, à bombarder des civils afghans et à envoyer des drones sur le Pakistan. Cela na aucun sens de leur demander de protéger et pas de bombarder, parce que cest ainsi que les armées fonctionnent. Un des thèmes favoris de la gauche anti-anti-guerre est dappeler les opposants aux guerres à ne pas « soutenir le tyran » , en tout cas pas celui dont le pays est attaqué. Le problème est que toute guerre nécessite un effort massif de propagande ; et que celle-ci repose sur la diabolisation de lennemi et, surtout, de son dirigeant. Pour sopposer efficacement à cette propagande, il faut nécessairement dénoncer les mensonges de la propagande, contextualiser les crimes de lennemi, et les comparer à ceux de notre propre camp. Cette tâche est nécessaire mais ingrate et risquée : on vous reprochera éternellement la moindre erreur, alors que tous les mensonges de la propagande de guerre sont oubliés une fois les opérations terminées. Bertrand Russell et les pacifistes britanniques étaient déjà, lors de la première Guerre mondiale, accusés de « soutenir lennemi » ; mais, sils démontaient la propagande des alliés, ce nétait pas par amour du Kaiser, mais par attachement à la paix. La gauche anti-anti-guerre adore dénoncer « les deux poids deux mesures » des pacifistes cohérents qui critiquent les crimes de leur propre camp mais contextualisent ou réfutent ceux qui sont attribués à lennemi du moment (Milosevic, Kadhafi, Assad etc.), mais ces « deux poids deux mesures » ne sont jamais que la conséquence dun choix délibéré et légitime : contrer la propagande de guerre là où lon se trouve (cest-à-dire en Occident), propagande qui elle-même repose sur une diabolisation constante de lennemi attaqué ainsi que sur une idéalisation de ceux qui lattaquent. La gauche anti-anti-guerre na aucune influence sur la politique américaine, mais cela ne veut pas dire quelle na pas deffets. Dune part, sa rhétorique insidieuse a permis de neutraliser tout mouvement pacifiste ou anti-guerre, mais elle a aussi rendu impossible toute position indépendante dun pays européen, comme ce fut le cas pour la France sous De Gaulle, et même, dans une moindre mesure, sous Chirac, ou pour la Suède dOlof Palme. Aujourdhui, une telle position serait immédiatement attaquée par la gauche anti-anti-guerre, qui possède une caisse de résonance médiatique considérable, comme un « soutien au tyran » , une politique « munichoise » , coupable du « crime dindifférence » . Ce que la gauche anti-anti-guerre a accompli, cest de détruire la souveraineté des Européens face aux Etats-Unis et déliminer toute position de gauche indépendante face aux guerres et à limpérialisme. Elle a aussi mené la majorité de la gauche européenne à adopter des positions en totale contradiction avec celles de la gauche latino-américaine et à sériger en adversaires de pays comme la Chine ou la Russie qui cherchent à défendre le droit international (et ont parfaitement raison de le faire). Un aspect bizarre de la gauche anti-anti-guerre cest quelle est la première à dénoncer les révolutions du passé comme ayant mené au totalitarisme (Staline, Mao, Pol Pot etc.) et quelle nous met sans cesse en garde contre la répétition des « erreurs » du soutien aux dictateurs faite par la gauche de lépoque. Mais maintenant que la révolution est menée par des islamistes nous sommes supposés croire que tout va aller bien et applaudir. Et si la « leçon à tirer du passé » était que les révolutions violentes, la militarisation et les ingérences étrangères nétaient pas la seule ou la meilleure façon de réaliser des changements sociaux ? On nous répond parfois quil faut agir « dans lurgence » (pour sauver les victimes). Même si on admettait ce point de vue, le fait est quaprès chaque crise, aucune réflexion nest menée à gauche sur ce que pourrait être une politique autre que lappui aux interventions militaires. Une telle politique devrait opérer un virage à 180° par rapport à celle qui est prônée actuellement par la gauche anti-anti-guerre. Au lieu de demander plus dinterventions, nous devrions exiger de nos gouvernements le strict respect du droit international, la non ingérence dans les affaires intérieures des autres états et le remplacement des confrontations par la coopération. La non ingérence nest pas seulement la non intervention sur le plan militaire, mais aussi sur les plans diplomatique et économique : pas de sanctions unilatérales, pas de menaces lors de négociations et le traitement de tous les états sur un pied dégalité. Au lieu de « dénoncer » sans arrêt les méchants dirigeants de pays comme la Russie, la Chine, lIran, Cuba, au nom des droits de lhomme, ce que la gauche anti-anti-guerre adore faire, nous devrions les écouter, dialoguer avec eux, et faire comprendre leurs points de vue politiques à nos concitoyens. Evidemment, une telle politique ne résoudrait pas les problèmes des droits de lhomme, en Syrie, ou Libye ou ailleurs. Mais quest-ce qui les résout ? La politique dingérence augmente les tensions et la militarisation dans le monde. Les pays qui se sentent visés par cette politique, et ils sont nombreux, se défendent comme ils peuvent ; les campagnes de diabolisation empêchent les relations pacifiques entre états, les échanges culturels entre leurs citoyens et, indirectement, le développement des idées libérales que les partisans de lingérence prétendent promouvoir. A partir du moment où la gauche anti-anti-guerre a abandonné tout programme alternatif face à cette politique, elle a de fait renoncé à avoir la moindre influence sur les affaires du monde. Il nest pas vrai quelle « aide les victimes » comme elle le prétend. A part détruire toute résistance ici à limpérialisme et à la guerre, elle ne fait rien, les seuls qui agissent réellement étant, en fin de compte, les gouvernements américains. Leur confier le bien-être des peuples est une attitude de désespoir absolu. Cette attitude est un aspect de la façon dont la majorité de la gauche a réagi à la « chute du communisme » , en soutenant lexact contrepied des politiques suivies par les communistes, en particulier dans les affaires internationales, où toute opposition à limpérialisme et toute défense de la souveraineté nationale est vue à gauche comme une forme darchéo-stalinisme. La politique dingérence, comme dailleurs la construction européenne, autre attaque majeure contre la souveraineté nationale, sont deux politiques de droite, lune appuyant les tentatives américaines dhégémonie, lautre le néo-libéralisme et la destruction des droits sociaux, qui ont été justifiées en grande partie par des discours « de gauche » : les droits de lhomme, linternationalisme, lantiracisme et lanti-nationalisme. Dans les deux cas, une gauche désorientée par la fin du communisme a cherché une bouée de secours dans un discours « humanitaire » et « généreux » , auquel manquait totalement une analyse réaliste des rapports de force dans le monde. Avec une gauche pareille, la droite na presque plus besoin didéologie, celle des droits de lhomme lui suffit. Néanmoins, ces deux politiques, lingérence et la construction européenne, se trouvent aujourdhui dans une impasse : limpérialisme américain fait face à des difficultés énormes, à la fois sur le plan économique et diplomatique ; la politique dingérence a réussi à unir une bonne partie du monde contre elle. Presque plus personne ne croit à une autre Europe, à une Europe sociale, et lEurope réellement existante, néo-libérale (la seule possible) ne suscite pas beaucoup denthousiasme parmi les travailleurs. Bien sûr, ces échecs profitent à la droite et à lextrême-droite, mais cela uniquement parce que le plus gros de la gauche a abandonné la défense de la paix, du droit international et de la souveraineté nationale, comme condition de possibilité de la démocratie. Jean Bricmont version française du texte publié sur Counterpunch (1) Sur cette organisation, voir Ahmed Halfaoui, Colonialiste d« extrême gauche » ? (2) Par exemple, en février 2011, un tract distribué à Toulouse demandait, à propos de la Libye et des menaces de génocide de la part de Kadhafi : Où est lEurope ? Où est la France ? Où est lAmérique ? Où sont les ONG ? » et : « Est-ce que la valeur du pétrole et de luranium est plus importante que le peuple libyen ? » . Cest-à-dire que les auteurs du tract, signé entre autres par : Alternative Libertaire, Europe Écologie-Les Verts, Gauche Unitaire, LDH, Lutte Ouvrière, Mouvement de la Paix (Comité 31), MRAP, NPA31, OCML-Voie Prolétarienne Toulouse, PCF31, Parti Communiste Tunisien, Parti de Gauche31, reprochaient aux Occidentaux de ne pas intervenir, en raison dintérêts économiques. On se demande ce quont du penser ces auteurs lorsque le CNT libyen a promis de vendre 35% du pétrole libyen à la France (et cela, indépendamment du fait que cette promesse soit ou non tenue ou que le pétrole soit ou non la cause de la guerre). (3) Voir par exemple : Jodie Evans, Why I Had to Challenge Amnesty International-USAs Claim That NATOs Presence Benefits Afghan
__________________ Ci-dessous l'article de Mohamed Arfaoui dénonce tout particulièrement les thèses du NPA : Colonialiste d« extrême gauche » ? 7 novembre 2012 Ahmed HALFAOUI En ces temps troubles que traversent nos contrées ciblées par la voracité colonialiste, les positions dune partie de lextrême gauche, française en particulier, constituent un indicateur très significatif de lunion sacrée qui se construit par-dessus les déchirements qui peuvent affecter les élites politiques occidentales. Car, lorsque la gangrène gagne les parties les plus réfractaires du champ politique, elle révèle lampleur de son expansion. La Libye dabord et la Syrie ensuite ont surtout servi de révélateur au phénomène de conversion du Nouveau parti anticapitaliste dadversaire de la mondialisation impérialiste en soutien aux entreprises de lOTAN. Lexpression de ce soutien est très subtile par la conservation de la marque de fabrique, sans laquelle le courant perdrait son identité « marxiste-révolutionnaire » , partant sa raison dêtre. Mais plus la crise syrienne dure, plus lalignement contre-nature se précise, malgré les précautions qui peuvent être prises, dont lattitude critique envers lintervention étrangère. Dans une dernière livraison, intitulée « Syrie : les mauvais remèdes des impérialistes » , ce sont les arguments de lAlliance atlantique qui sont confortés ouvertement. Ainsi, Bernard-Henri Lévy, André Glucksmann et Bernard Kouchner auraient raison de vouloir « livrer des armes à la révolution » , parce qu « on ne saurait pas être contre, à condition toutefois de préciser certaines conditions » . Celles de « livrer avant tout des armes dont les rebelles puissent facilement se servir en toute autonomie, sans tomber dans le besoin davoir recours à des conseillers militaires » . Etant donné que « le problème ne réside pas dans la description de la réalité actuelle par les auteurs, qui sonne dans une bonne partie juste » et quil « réside dans les remèdes quils prétendent y apporter » . Après cette franche reconnaissance de la proximité des points de vue avec les propagandistes atlantistes, suivent des conseils qui pourraient éviter les « mauvais remèdes » . Cest-à-dire que lagression en elle-même pourrait, selon nos « marxistes » en délire, être menée dans le seul intérêt du peuple syrien, grâce à leur pression. Et ils y vont : « Nous disons fermement, quant à nous, quune intervention militaire de lOtan, de lUnion européenne, de la France et des USA nest pas une solution réaliste, souhaitable et soutenable » , sans plus et sans que cette intervention soit dénoncée dans son principe, ne serait-ce que du seul point de vue de faire barrage à lagression. Ici lavertissement est tordant : « Le remède risque dêtre créateur de beaucoup dautres maux et dautres massacres » . Il est donné en comparaison de laventure libyenne, implicitement légitimée, du fait que « la Libye (était) un pays militairement faible, faiblement peuplé » , au contraire de la Syrie « pays nettement plus densément peuplé, société multiconfessionnelle et multiethnique » , qui « risque de produire des conséquences très différentes » . Sinon, pourrait-on ajouter, les bombardiers auraient pu y aller et installer à Damas les prétendants dûment listés par Hillary Clinton. Par Ahmed Halfaoui lesdebats.com
Edité le 05-01-2013 e 23:15:22 par Xuan
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| Posté le 17-01-2013 à 13:34:59
| Nous ne partageons pas l'ensemble des positions du ROCML, essentiellement pour ce qui concerne la Chine. Mais nous associons pleinement à cet appel important à l'unité des anti-impérialistes et des marxistes-léninistes, dirigé contre l'impérialisme occidental qui pratique la subversion, la guerre et le dépeçage des nations pour satisfaire les appétits des monopoles, et tout particulièrement contre notre propre impérialisme. Je mets en ligne ici un article extrait de la
Voix des communistes n° 8 Organe central du Rassemblement Organisé des Communistes Marxistes-Léninistes [téléchargement] Source : ROCML SYRIE QUEST DEVENU LE MOUVEMENT ANTI-IMPERIALISTE EN FRANCE ? Que ce soit pour sopposer à lagression armée directe des impérialistes occidentaux contre la Côte dIvoire puis la Libye et aujourdhui pour sopposer à celle dirigée contre la Syrie et réalisée par mercenaires interposés, aucun mouvement dopposition concret ne sest manifesté ici, en France. Pourtant, dans ces trois cas, limpérialisme français est au premier rang des agresseurs. Avant lagression étasunienne et britannique contre lIrak, des centaines de milliers de manifestants sétaient rassemblés à Paris pour dénoncer lacte criminel en préparation. Le gouvernement français sétait lui-même refusé daccompagner les USA et la Grande Bretagne. Pour la LIBYE et la SYRIE, rien
à part quelques communiqués de presse. Alors ? Paradoxe ? Peut-être. Ou peut-être pas
En tout cas, visiblement, il est plus difficile de sopposer à son propre impérialisme que de dénoncer les impérialismes autres que le sien ! Phénomène à approfondir
En tout cas aussi, après Sarkozy, Hollande a les mains libres pour conduire lagression contre la Syrie. Comment expliquer cette absence du mouvement anti-impérialiste? Pour les uns, Bachar El Assad comme Khaddafi et Gbagbo avant lui, sont des dictateurs et on ne peut que se réjouir de la chute dun dictateur. Pas question donc, pour ces bons démocrates de sopposer aux campagnes politico-militaires occidentales visant à les chasser du pouvoir avant de les assassiner. Le fait que leurs tombeurs soient des puissances impérialistes (USA, Grande Bretagne, France), des régimes moyenâgeux tout aussi dictatoriaux (Qatar, Arabie Saoudite), des troupes sanguinaires recrutées dans les organisations terroristes internationales (Djihadistes de diverses obédiences, Al Qaïda
), tout cela les laisse indifférents. La tête des dictateurs devenus subitement les ennemis des gérants réunis de lEtat français, voilà leur credo. Quimporte même si après leur chute, les pires ennemis de leur « démocratie », les pires régimes obscurantistes simposent à leur place. Tous les partis de gauche, de la gauche de la gauche, en passant par Mélenchon et Besancenot, toutes les organisations démocratiques comme la Ligue des Droit de lHomme tous ont soutenu, soutiennent ou laissent faire avec bienveillance les politiques militaires agressives dictées par les intérêts économiques et géostratégiques de limpérialisme français. Cette gauche et extrême gauche trotskyste là ne sétaient pas opposées, au contraire, à la politique impérialiste guerrière de la droite. Elles ne peuvent aujourdhui quappuyer cette même politique quand elle est impulsée par la gauche. On ne sétonnera donc pas des positions de ces soutiens traditionnels directs ou indirects, ouverts ou complaisants de limpérialisme français. Ce qui est plus incompréhensible en revanche, cest la frigidité incroyable des organisations du courant communiste marxiste léniniste face à la tâche fondamentale de construire le front contre les guerres impérialistes actuelles. Le ROCML a lancé un appel aux organisations communistes se réclamant du marxisme léninisme et aux organisations anti-impérialistes pour former un front de lutte contre lagression impérialiste occidentale contre la Syrie, et en particulier contre la politique belliciste de limpérialisme français. Cet appel était accompagné dune invitation à une première réunion le 12 octobre 2012 à Paris. Toutes les organisations de ce courant ont reçu cette invitation. Le PCOF, lURCF, Le RCC, COMMUNISTES, lOCML/VP nont pas répondu. Le PRCF a répondu tardivement quil était daccord avec lappel, mais nest pas venu à la réunion. Depuis, plus de nouvelles. Lors de la réunion, des personnes se sont avérées comme désireuses dinclure dans la base politique du front, un soutien explicite à Bachar El Assad. Un désaccord sest imposé sur ce point. Ces militants pro-Assad se sont donc exclus de lappel. Les autres participants à la réunion ont au contraire affirmé leur accord avec le contenu de lappel. Une deuxième réunion est prévue à laquelle seront de nouveau invités, sur la base de lappel, les organisations et les militants contactés pour participer à la première. Le ROCML espère encore que le PCOF, lURCF, le PRCF, le RCC, lOCML/VP et dautres organisations contactées viendront sassocier à ceux qui se sont déjà engagés autour de cet appel. Car aucune raison ne peut justifier que les marxistes léninistes et les anti-impérialistes soient divisés et donc inactifs, face à la nécessité de combattre notre propre impérialisme dans ses guerres de pillage et de domination. Ou alors
il faudra chercher des explications ! Cela signifie-t-il quil faille soutenir et que nous soutenions Bachar El Assad et son régime ? Nullement. Bachar El Assad est le représentant dune partie de la bourgeoisie syrienne. Les luttes populaires et ouvrières ont été durement réprimées, de même que le mouvement communiste syrien, par le régime baasiste. Cela, nous le savons et ne loublions pas. Nous ne soutenons pas Bachar El Assad en tant quindividu et encore moins en tant que lun des chefs de la bourgeoisie syrienne. Notre doctrine internationaliste nous place aux côtés des prolétaires et du peuple syrien. Mais alors, faut-il le dénoncer ? Pas plus. Nous pensons que laquestion, aujourdhui, nest pas de dénoncer les actes passés de Bachar El Assad. Même si nous savons quil pourrait y recourir de nouveau. La question est de savoir si la défaite de Bachar El Assad, cest-à-dire la victoire des impérialistes occidentaux suivie de linstallation dune dictature religieuse sous tutelle impérialiste, apporterait un avantage pour les luttes des prolétaires et du peuple syrien et pour les peuples de la région. Seuls des inconscients pourraient répondre oui à cette question. En bref, nous condamnons lintervention impérialiste occidentale contre la Syrie et son peuple, et nous appelons à construire un front daction contre la participation active de limpérialisme français dans cette agression. Nous condamnons cette intervention au nom du droit des nations à disposer delles-mêmes et au nom de notre soutien au peuple et aux ouvriers syriens. Nous ne soutenons ni ne combattons Bachar El Assad. Cette question concerne le peuple syrien lui-même. Nous souhaitons la défaite de limpérialisme, de notre propre impérialisme. Nous espérons convaincre lensemble des communistes et des anti-impérialistes de la justesse de notre analyse, de nos positions et de nos propositions. Mais même si des divergences existent sur certains points, nous les appelons à construire avec nous le front de lutte contre lintervention impérialiste contre la Syrie sur la base de lappel du ROCML.
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 19-01-2013 à 21:03:42
| Sur ce sujet je rappelle le post Persévérer dans la lutte anti-impérialiste mis en ligne en décembre 2008.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 10-09-2013 à 18:03:32
| Un mot à propos de l'article Le repartage du monde entre les puissances impérialistes - Les marxistes-léninistes-maoïstes et les confusionnistes , dont nous ne partageons absolument pas les positions. Il ne sert à rien de se réclamer de Lénine ou de Mao Tsé-toung si cest pour caricaturer la théorie marxiste-léniniste sur les luttes de libération nationale. Que signifie ce résidu de citation « La théorie maoïste nous apprend que « partout ou il y a une guerre, il y a une situation militaire densemble.» (Mao Tse Toung, Problèmes stratégiques de la guerre révolutionnaire en Chine). » , sinon faire passer Mao Tsé-toung pour un demeuré ? La compréhension de la situation densemble a permis à Mao Tsé-toung et au PCC de réaliser un Front Uni anti japonais avec le massacreur de Shanghai, qui avait tenté plusieurs campagnes dextermination contre les communistes. La « nature impérialiste » de la Russie et de la Chine nest absolument pas démontrée par les faits. Ces deux pays ont un comportement diamétralement opposé à celui des pays impérialistes et contribuent à préserver la paix au Proche Orient au lieu dy semer la guerre. Assad est un anti communiste, ce nest pas une découverte. Aujourdhui il soppose au terrorisme et à limpérialisme. Cest une réalité. Supprimez aujourdhui larmée syrienne et que devient la lutte du peuple syrien invoquée par nos « maoïstes » ? Ce nest pas une découverte non plus que la bourgeoisie nationale présente souvent ces caractéristiques et quelle nest pas toujours ferme dans son opposition à limpérialisme, comme Mao Tsé-toung précisément la démontré sur le plan théorique et pratique. Cest aux communistes syriens délaborer une juste ligne politique dans les conditions particulières dune agression étrangère, et nous navons certainement pas à dicter aux « éléments avancés de la classe ouvrière syrienne » la conduite à tenir. Lépoque des « partis pères » est révolue. La principale confusion dans notre pays résulte de la position opportuniste du P « C »F, qui reprend régulièrement les thèses de lhumanitarisme petit-bourgeois et les invectives des impérialistes envers les pays émergents et leurs « dictateurs ». La seconde confusion est que les souverainistes, les fascistes et les antisémites utilisent nos hésitations pour se faire les champions de la lutte contre limpérialisme. La guerre que veulent entreprendre les impérialistes contre le peuple et la nation syrienne, après lIrak, puis la Libye, soulève lopposition des peuples du monde et de nombreux états. Il sagit dun Front Uni mondial contre limpérialisme et lhégémonisme US en particulier. Dans notre pays nous nous réjouissons que lensemble des marxistes-léninistes dénoncent lintervention française, à lunisson avec limmense majorité des masses populaires. Poursuivons et élargissons lopposition à la guerre. Pas dintervention ! Retrait de lOTAN ! Fabius dehors !
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 10-09-2013 à 18:06:46
| Commentaire de Jacques Lacaze sur le blog de J. Tourtaux : Je partage tout à fait le point de vue exprimé par le camarade. Il faut en finir, dans les rangs de ceux qui s'autoproclament marxistes, léninistes, maoïstes etc de développer des point de vue aberrants en les habillant d'une citation hors contexte. Nous devons comprendre ce qui se passe aujourd'hui dans le cadre de l'affrontement mondial actuel entre la Révolution et l'impérialisme agonisant, mais toujours aussi féroce et destructeur. Pas plus Marx que Lénine, l'oncle Ho ou Castro entre autres n'ont passé leur temps à citer. Ils ont analysé les situations concrètes de leur temps, mondiales et nationales en gros. Faisons comme eux. Ces groupes qui s'accrochent comme des noyés aux "célèbres citations" qui cherchent à comprendre notre histoire à partir de situations totalement différentes se fourvoient et fourvoient les masses. Aujourd'hui il existe deux pôles principaux de résistance à l'impérialisme: l'Amérique du Sud et le Machrik (que les colonialistes dénomment moyen-orient, comme ils parlaient d'indochine en évoquant les nations de cette région). Le devoir des progressistes et des communistes est de soutenir ces résistances. Les contradictions qui ne peuvent qu'apparaître, comme le signale le camarade, sont des contradictions au sein du peuple à régler par la voie démocratique. Et je le dit sans la moindre arrière pensée, vive la Résistance des peuples et armées des nations du Machrik et du Magreb. Ils sont en train de remporter une victoire historique qui ne peut qu'affaiblir l'impérialisme. Notre soutien doit leur être acquis à 100%. Vive l'internationalisme militant. Jacques Lacaze, militant pour le communisme. Commentaire n°1 posté par Jacques Lacaze aujourd'hui à 09h37
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