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 la Chine est rouge

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Xuan
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   Posté le 03-02-2018 à 19:24:12   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

extrait de la brochure "contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit" - chapitre VII - absolu, universel et spécifique. Texte intégral téléchargeable sur le site des Editions Prolétariennes :

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La Chine est rouge


Enthousiasmé en son temps par la révolution culturelle, la décision de Mao Tsé-toung d’y mettre fin, puis les réformes de Deng Siao ping m’avaient comme beaucoup décontenancé. La Chine donnait alors une image de la condition ouvrière et de l’industrialisation qui rappelait l’Angleterre victorienne.

Je lus au hasard des recherches sur la toile une
interview de Jacques Jurquet par les Editions Prolétariennes fin novembre 2004, qu’il concluait en parlant de la Chine Populaire :

« Ici on la présente comme capitaliste -la bourgeoisie de tous les pays ne peut pas accepter de reconnaître que l'essor de la Chine s'effectue sous la direction du PCC, alors elle dit " c'est le capitalisme ! "- mais c'est une manière de contester ses résultats spectaculaires. Le premier rôle de la chine reste de sortir de la précarité des centaines de millions de chinois(e)s. Le socialisme doit-il perpétuer la pauvreté ou la combattre ? Bien sûr que non. »

Jacques Jurquet me semblait alors le dernier des Mohicans face au concert de dénigrement du socialisme chinois, qui couvrait presque tout l’horizon politique, de l’extrême droite jusqu’aux marxistes-léninistes. Mais je savais qu’il maintenait des contacts avec des officiels chinois, après avoir rencontré des dirigeants du PCC, dont Chou En Laï et Mao Tsé-toung, lors de plusieurs invitations en Chine Populaire (1). Au cours de ces visites il avait pu constater l’inégalité du développement dans ce pays immense (2) et le retard séculaire par rapport à nos pays industrialisés, alors que la plupart d’entre nous avions idéalisé la Chine, sans tenir compte de la situation des pays tout juste issus du féodalisme et de la colonisation, du fossé immense qui sépare le confort relatif du monde impérialiste et la pauvreté actuelle du monde émergent, que souligne justement Jean-Louis Aubert :
…Sur toutes les plages y a des p'tits garçons
Qui fixent l'horizon …
Et si pour toi, là bas c'est l'paradis
Dis-toi qu'dans leur p'tite tête l'paradis
C'est ici oui, c'est ici…


Le 19e congrès du PCC a redéfini la contradiction principale de la société chinoise :
« La principale contradiction dans la société chinoise s'est transformée en celle entre l'aspiration croissante de la population à une vie meilleure et le développement déséquilibré et insuffisant de la Chine »

La caractérisation du stade actuel du socialisme à la chinoise a donné lieu à des explications théoriques sur l’unité contradictoire du développement remarquable de l’économie chinoise et de la persistance du stade « primaire du socialisme » :

« Le rapport du 19e Congrès national du PCC a fait une dissertation de la transformation de la principale contradiction dans la société de notre pays, tout en soulignant que « bien que la principale contradiction sociale ait changé, notre affirmation sur la phase historique où se trouve le socialisme en Chine n'a pas changé : notre pays se trouve et se trouvera encore longtemps dans le stade primaire du socialisme, et cette réalité fondamentale n'a pas changé ; la Chine demeure le plus grand pays en développement dans le monde, et ce statut international n'a pas changé. »
Quand nous apprenons et comprenons le grand jugement politique de la transformation de la principale contradiction dans la société, il faut faire des réflexions et des études tout en combinant la transformation de la principale contradiction et le non-changement du stade primaire du socialisme, il faut comprendre et saisir les deux dissertations de la « transformation » et du « non-changement» d’une manière unifiée.
Le «non-changement» , c’est-à-dire que notre pays se trouve et se trouvera encore longtemps dans le stade primaire du socialisme, et cette réalité fondamentale n'a pas changé ; la Chine demeure le plus grand pays en développement dans le monde, et ce statut international n'a pas changé. C’est parce que la mission de la modernisation du socialisme de la Chine n’a pas été achevée.
Depuis la réforme et l’ouverture, quand nous avons compris que notre pays se trouve dans le stade primaire du socialisme, et que c’est la réalité fondamentale de la Chine, nous avons souligné que la connotation du stade primaire du socialisme est le socialisme sous-développé.
La raison de cette situation réside dans ce que le socialisme de notre pays est né de la société semi-coloniale et semi-féodale, les missions de l’industrialisation et de la modernisation ne sont pas terminées. Il faut réaliser dans la condition socialiste ces missions qui sont terminées dans beaucoup d’autres pays dans la condition capitaliste. Tant que ces missions ne soient pas terminées, notre pays se trouvera toujours dans le stade primaire du socialisme, et la Chine demeurera toujours le plus grand pays en développement dans le monde, ce statut international ne changera pas. »(3)


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(1) Il décrit ces visites en Chine Populaire dans « A contre-courant » .
(2) Dans son discours « sur les dix grands rapports » (1956) Mao Tsé-toung citait « le rapport entre l’industrie côtière et celle de l’intérieur » . Lors du 19e congrès du PCC, Xi Jin-ping relève que « La principale contradiction dans la société chinoise à la nouvelle ère est celle entre l'aspiration croissante de la population à une vie meilleure et un développement déséquilibré et insuffisant » , et annonce une stratégie de « redressement des régions rurales.»
(3) Article intégral : « Compréhension approfondie sur la grande signification de la transformation de la principale contradiction dans la société chinoise » par Li Junru - Theorie Chine 06/12/2017 – source le Quotidien du peuple 16/11/2017


Edité le 03-02-2018 à 19:41:22 par Xuan




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   Posté le 03-02-2018 à 19:26:53   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Il existe en France une tendance à juger les communistes des autres pays en fonction de nos bons principes, et à donner des leçons aux peuples qui édifient le socialisme dans les plus grandes difficultés, et qui progressent en terre inconnue, en tâtant les pierres pour traverser le ruisseau. Il y a là quelque chose qui rappelle le colon dispensant la civilisation aux indigènes . On dirait que les Lumières de la Révolution de 1789 nous autorisent à éclairer le monde entier comme le fanal du Midnight Special les barreaux des prisons. On oublie que ces Lumières sont celles de la démocratie bourgeoise, qu’elles ont légitimé les conquêtes africaines, et qu’en matière de révolution prolétarienne, depuis la Commune de Paris ce sont les autres qui pourraient nous en donner. Mais justement les autres peuples sont plus modestes et s’en abstiennent.

Trois ans plus tard je trouvai une confirmation du jugement original de Jacques Jurquet, lorsque le Dalaï Lama organisa des troubles à Lhassa. Des bonzes émeutiers, et des voyous saccagèrent et incendièrent des immeubles et des magasins, où plusieurs employées de commerce furent brûlées vives. Aucun document ne vint étayer la « répression » chinoise, malgré la présence de centaines de touristes, alors que les émeutiers causèrent 18 morts, dont un bébé de huit mois, et un policier.
Ceux qui étaient avertis depuis fort longtemps des crimes monstrueux perpétrés contre les serfs par les seigneurs féodaux tibétains, sous l’autorité spirituelle et temporelle du Dalaï Lama, ne furent nullement déconcertés par le déchaînement haineux de la quasi-totalité des médias, qui présentaient ce dernier comme un saint homme démocrate et compassionnel.

L’objectif de boycotter les JO de Pékin – qui se déroulaient pour la première fois dans un pays du Tiers Monde - apparut rapidement derrière le matraquage orchestré par un tout petit nombre de pays impérialistes, et tout particulièrement en France derrière le trio improbable de Pieds Nickelés qui associait un socialo, un anarchiste-libéral et un néo fasciste ex-trotskiste décoré de la légion d’honneur par Sarkozy : Bertrand Delanoë, Daniel Cohn-Bendit et Robert Ménard. Cette campagne fut relayée au plus haut niveau par le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et sa secrétaire d'Etat au Droit de L'Homme Rama Yade. Enfin Sarkozy fit un chantage à la participation de la France aux JO.
L’hystérie antichinoise fut en France et à Paris pire que partout ailleurs. On vit des fanatiques défenseurs des « droits de l’homme » agresser l’athlète chinoise Jing Jing sur son fauteuil roulant parce qu’elle portait la torche olympique, ou encore Arlette Chabot, directrice de l’information de France 2, qui crut confondre publiquement le représentant de l’ambassade de Chine en montrant des images de brutalités « tournées au Tibet » , mais où les policiers portaient l’uniforme népalais. Mon oncle simple ouvrier et avec qui j’avais beaucoup de complicité, mourut à ce moment-là, « dégoûté de tout » . Comme je m’en suis voulu de ne pas lui avoir téléphoné alors pour lui dire la vérité !
Il ne s’agissait pas dans cette campagne d’une rivalité « inter-impérialiste », mais d’un anticommunisme viscéral au nom des « droits de l’homme ». En juillet, Dany le rouge implorait encore au Parlement Européen un geste de son ami Sarkozy . Mais face aux protestations dans le monde entier, et aussi parce que les entreprises françaises craignirent d’en faire les frais, le boycott des JO de Pékin fut un fiasco, probablement un des premiers revers de l’hégémonisme US et de ses satellites.

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   Posté le 03-02-2018 à 19:27:54   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un mois à peine après la cérémonie de clôture éclata le volet bancaire d’une crise mondiale financière et économique inégalée du système capitaliste, enfonçant des milliers des travailleurs américains dans la pauvreté, et ruinant la thèse de Fukuyama « La fin de l’histoire et le dernier homme » , qui prophétisait la victoire finale de la démocratie libérale. Mais la Chine continue d’entrainer l’économie mondiale en absorbant la surproduction et en aidant les pays pauvres à s’industrialiser.
Les experts bourgeois de l’économie prévoient la fin inévitable de la croissance chinoise, avec à la clé un effondrement catastrophique. Parmi eux Mylène Gaulard, économiste « marxiste » annonce régulièrement cette chute finale depuis sa soutenance de thèse en 2008. Complaisamment la presse bourgeoise lui ouvre ses colonnes, puis elle se fait oublier, puis elle recommence. L’économie chinoise continue de progresser, développe son commerce intérieur, les échanges sud-sud, et transforme qualitativement son économie pour la rendre plus propre et plus technologique. Seule la direction macroéconomique de l’Etat et du Parti communiste permet ce développement coordonné, à l’opposé de l’anarchie du système capitaliste.

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   Posté le 03-02-2018 à 19:30:29   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L’aspect général de la révolution prolétarienne tient au fait qu’elle est dirigée par la classe ouvrière alliée aux masses exploitées, elle réside dans sa direction, le parti communiste, et dans sa forme révolutionnaire. Son aspect spécifique provient des caractéristiques propres à chaque pays et à chaque période historique, qui se manifestent dans l’ampleur et la rapidité des mesures d’expropriation des capitalistes, dès lors que la base socialiste de l’économie est établie pour l’essentiel, c’est-à-dire pour les banques, les grandes entreprises, les services, etc.
Ces mesures dépendent en grande partie du degré de développement des forces productives. L’expérience de la dictature du prolétariat montre qu’en URSS comme en Chine, c’est-à-dire dans des pays durement frappés par la guerre et l’encerclement, ou encore peu ou très peu industrialisés, il fut nécessaire, sur la base de la propriété socialiste dominante des moyens de production, de laisser une part de l’économie se développer sous une forme individuelle ou capitaliste, ou mixte, dans la mesure où le capitalisme peut encore contribuer au développement des forces productives, sous l’autorité de l’Etat prolétarien.
Le socialisme de marché est lié à ce degré de développement, particulièrement dans un pays essentiellement agricole comme la Chine. Le marché et la loi de la valeur sont des marques du capitalisme mais ne se réduisent pas à lui car ils l’ont précédé. Dans « les problèmes économiques du socialisme » (bien que dans des conditions encore différentes de celles de la Chine), Staline rejette l’abandon de la production marchande et de la loi de la valeur sous le socialisme :
« On dit que la production marchande doit néanmoins, en toutes circonstances, aboutir et aboutira absolument au capitalisme. Cela est faux. Pas toujours ni en toutes circonstances ! »
[…] Tous ces faits pris ensemble font que la sphère d'action de la loi de la valeur est strictement limitée chez nous, et que la loi de la valeur ne peut, sous notre régime, jouer un rôle régulateur dans la production.
C'est ce qui explique d'ailleurs ce fait " stupéfiant " que malgré la montée incessante et impétueuse de notre production socialiste, la loi de la valeur n'aboutit pas chez nous aux crises de surproduction, alors que la même loi de la valeur, qui a une large sphère d'action sous le capitalisme, malgré les faibles rythmes de croissance de la production dans les pays capitalistes, aboutit à des crises périodiques de surproduction.
[…]La valeur, ainsi que la loi de la valeur, est une catégorie historique liée à l'existence de la production marchande. Avec la disparition de cette dernière disparaîtront aussi la valeur avec ses formes et la loi de la valeur. Dans la seconde phase de la société communiste, la quantité de travail dépensé pour fabriquer les produits ne se mesurera plus par des voies détournées, au moyen de la valeur et de ses formes, comme c'est le cas pour la production marchande, mais directement et immédiatement par la quantité de temps, la quantité d'heures dépensées pour fabriquer les produits. »


On lira un extrait de ce texte important en Annexe de la brochrue dans « production marchande et loi de la valeur en URSS », extrait de « les problèmes économiques du socialisme en URSS » (1951). L'extrait est reproduit plus bas.


Edité le 05-02-2018 à 20:01:18 par Xuan




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   Posté le 03-02-2018 à 19:38:08   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La phrase du Manifeste :

« Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production dans les mains de l'Etat, c'est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante, et pour augmenter aussi vite que possible la quantité des forces productives »

prend un relief particulier dans le cadre d’un pays à peine issu du féodalisme, marqué d’un retard séculaire par rapport aux pays impérialistes, une page blanche où le plus beau poème peut être écrit selon l’expression de Mao Tsé-toung.

Une formation sociale ne meurt jamais avant que soient développées toutes les forces productives auxquelles elle peut donner libre cours [Contribution à la critique de l'économie politique (1859)]

Ceci nous dit qu’en Chine (mais il en est de même dans tous les pays émergents), où le colonialisme et l’impérialisme occidental ont entravé par tous les moyens le développement industriel capitaliste, celui-ci ne peut suivre son cours naturel qu’en s’opposant à la domination impérialiste. L’expérience historique montre que ces pays ne peuvent sauter du féodalisme au socialisme sans utiliser les ressources de la révolution industrielle capitaliste. Mais dans l’environnement impérialiste, seul le socialisme peut conduire définitivement ces pays à l’indépendance. Le socialisme « à la chinoise » (1) présente cette spécificité qu’une partie capitaliste de l’économie permet encore le développement des forces productives. Que ce développement s’effectue sous la contrainte de l’Etat de dictature du prolétariat constitue son caractère universel propre à l’ensemble des révolutions prolétariennes.

On a affirmé que le mouvement de réforme lancé par Deng Siao-ping après la mort de Mao Tsé-toung aurait réintroduit le capitalisme privé en Chine. Quelques mois avant la prise du pouvoir le 1er octobre 1949, Mao Tsé-toung indiquait de façon assez précise dans cet extrait (2) la conduite à tenir avec l’industrie capitaliste privée et la structure économique de la démocratie nouvelle :

« 4… L'industrie capitaliste privée de la Chine, qui occupe la seconde place dans notre industrie moderne, est une force qu'on ne doit pas ignorer. Opprimés ou limités dans leur activité par l'impérialisme, le féodalisme et le capitalisme bureaucratique, la bourgeoisie nationale de Chine et ses représentants ont souvent participé aux luttes de la révolution démocratique populaire ou sont restés neutres dans ces luttes. Pour ces raisons, et du fait que l'économie chinoise est encore retardataire, il sera nécessaire, pendant une période assez longue après la victoire de la révolution, d'utiliser autant que possible les facteurs positifs du capitalisme privé des villes et de la campagne dans l'intérêt du développement de l'économie nationale. Pendant cette période, il faudra permettre à tous les éléments du capitalisme urbain et rural qui sont profitables et non nuisibles à l'économie nationale d'exister et de se développer. Ceci est non seulement inévitable, mais encore économiquement indispensable.
Cependant, le capitalisme n'existera ni ne se développera en Chine de la même façon que dans les pays capitalistes, où il peut déborder librement sans être endigué. Le capitalisme sera limité en Chine de plusieurs façons : par la restriction de son champ d'activité, par la politique fiscale, par les prix du marché et par les conditions de travail. Nous adopterons une politique appropriée et souple pour limiter le capitalisme de plusieurs façons, selon les conditions spécifiques de chaque lieu, de chaque branche et de chaque période. Il nous est nécessaire et utile de nous servir du mot d'ordre de Sun Yat-sen "contrôle du capital »(3).

Cependant, dans l'intérêt de l'économie nationale tout entière et dans l'intérêt actuel et futur de la classe ouvrière et de tout le peuple travailleur, nous ne devons absolument pas limiter l'économie capitaliste privée d'une manière excessive ou trop rigide, mais lui laisser du champ pour qu'elle puisse exister et se développer dans le cadre de la politique économique et de la planification économique de la république populaire. La politique de limitation du capitalisme privé se heurtera inévitablement, à des degrés différents et sous des formes différentes, à la résistance de la bourgeoisie et surtout des grands propriétaires d'entreprises privées, c'est-à-dire des gros capitalistes. La limitation et l'opposition à cette limitation seront les formes principales de la lutte de classes dans l'Etat de démocratie nouvelle.
Estimer qu'à l'heure actuelle nous n'avons pas besoin de limiter le capitalisme et que nous pouvons rejeter le mot d'ordre de "contrôle du capital" est tout à fait faux ; c'est de l'opportunisme de droite. Estimer au contraire que nous devons imposer des limites des plus restreintes ou des plus rigides au capital privé, ou que nous pouvons même éliminer le capital privé très rapidement, est tout aussi faux ; c'est de l'opportunisme "de gauche" ou de l'aventurisme. […]
5 … L'économie d'Etat, de caractère socialiste, l'économie coopérative, de caractère semi-socialiste, plus le capitalisme privé, l'économie individuelle et l'économie du capitalisme d'Etat, gérée en commun par l 'Etat et le capital privé, seront les secteurs principaux de l'économie de la république populaire et constitueront la structure économique de démocratie nouvelle. […] »


Il n’y a donc pas eu de restauration du capitalisme dans la révolution chinoise comme ce fut le cas en URSS. La Chine Populaire traine le boulet du capitalisme et utilise en même temps sa capacité à développer l’économie socialiste. Cette contradiction prendra fin lorsque ce mode de production aura épuisé ses ressources, qu’il deviendra lui-même un frein au développement des forces productives et que les rapports de production socialistes pourront et devront le remplacer dans tous les domaines.

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(1) Voir l’interview de Ziouganov, président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie : « la Chine est capable d’accomplir toutes les tâches qu’elle s’est fixée »
(2) Rapport à la 2e session plénière du CC issu du VIIe congrès du PCC – chapitre 4 (5 mars 1949 – Tome IV des Œuvres choisies),
(3) Le "contrôle du capital" était un des célèbres mots d'ordre de Sun Yat-sen. Le manifeste, publié le 23 janvier 1924, du 1er Congrès du Kuomintang, marqué par la coopération entre le Kuomintang et le Parti communiste, interpréta ce mot d'ordre comme suit: "Toute entreprise, appartenant aux Chinois ou aux étrangers, ayant un caractère monopoliste ou dépassant, par son envergure, les possibilités d'un particulier, comme la banque, les chemins de fer et la navigation, doit être administrée par l'Etat, afin que le capital privé ne puisse contrôler la vie économique du peuple."


Edité le 03-02-2018 à 19:38:39 par Xuan




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   Posté le 05-02-2018 à 19:59:24   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Ci-dessous l'extrait cité plus haut.
En ce qui concerne le « socialisme de marché », Staline explique que le marché est à la fois indépendant du capitalisme et lié à lui. C’est-à-dire qu’il subsiste dans la période de transition du socialisme, en fonction des conditions propres de chaque pays, du développement de ses forces productives, de leur degré de socialisation.
Il faut préciser que la Chine Populaire est encore différente de l’URSS du temps de Staline parce qu’elle est issue du féodalisme et que le capitalisme peut encore jouer un rôle dans le développement des forces productives.
Parler de la NEP, comme le fait Peter Franssen dans la Revue n° 78 d'Etudes marxistes (2007-11-19), est une approximation mais les conditions sont différentes. Il faut ajouter que le développement de la Chine y compris commercial, s’oppose aussi à l’impérialisme.


______________________


Production marchande et loi de la valeur en URSS
(1)

[…]
2. De la production marchande sous le socialisme

Certains camarades affirment que le Parti a conservé à tort la production marchande après avoir pris le pouvoir et nationalisé les moyens de production dans notre pays. Ils estiment que le Parti aurait dû à ce moment éliminer la production marchande. Ce faisant, ils se réfèrent à Engels, qui dit :

" Avec la prise de possession des moyens de production par la société, la production marchande est éliminée, et par suite, la domination du produit sur le producteur ." (2)

Ces camarades font une erreur grave.
Analysons la formule d'Engels. On ne peut la considérer comme parfaitement claire et précise, puisqu'elle n'indique pas s'il s'agit de la prise de possession, par la société, de tous les moyens de production ou d'une partie seulement, c'est-à-dire si tous les moyens de production ont été remis en la possession du peuple ou seulement une partie. Donc, cette formule d'Engels peut être comprise de deux manières.

Dans un autre passage de son Anti-Dühring , Engels parle de la prise de possession de " tous les moyens de production ", " de la totalité des moyens de production ". Engels entend donc dans sa formule la nationalisation non pas d'une partie, mais de la totalité des moyens de production, c'est-à-dire la remise en la possession du peuple des moyens de production non seulement dans l'industrie, mais aussi dans l'agriculture.
Par conséquent, Engels a en vue les pays où le capitalisme et la concentration de la production sont suffisamment développés non seulement dans l'industrie, mais aussi dans l'agriculture, pour rendre possible l'expropriation de tous les moyens de production du pays, et en faire la propriété du peuple entier. Engels estime donc que dans ces pays il conviendrait, parallèlement à la socialisation de tous les moyens de production, d'éliminer la production marchande. Cela est, bien entendu, très juste.

A la fin du siècle dernier, à l'époque de la parution de l'Anti-Dühring , seule l'Angleterre était ce pays, où le développement du capitalisme et la concentration de la production, tant dans l'industrie que dans l'agriculture, avaient atteint un degré tel que la possibilité s'offrait, en cas de prise du pouvoir par le prolétariat, de remettre tous les moyens de production du pays en la possession du peuple et d'éliminer la production marchande.

Je fais abstraction ici de l'importance qu'a pour l'Angleterre le commerce extérieur avec sa part énorme dans l'économie nationale britannique. Je pense que c'est seulement après avoir étudié la question qu'on pourrait définitivement décider du sort de la production marchande en Grande-Bretagne au lendemain de la prise du pouvoir par le prolétariat et de la nationalisation de tous les moyens de production.
Du reste, non seulement à la fin du siècle dernier, mais aujourd'hui encore, aucun pays n'a atteint le degré de développement du capitalisme et de concentration de la production agricole que nous observons en Angleterre. Pour les autres pays, malgré le développement du capitalisme à la campagne, il y a là encore une classe assez nombreuse de petits et moyens propriétaires-producteurs, dont il importerait de déterminer le sort au cas où le prolétariat accéderait au pouvoir.

Mais la question se pose : Que doivent faire le prolétariat et son parti dans tel ou tel pays, y compris le nôtre, où les conditions sont favorables à la prise du pouvoir par le prolétariat et au renversement du capitalisme, où le capitalisme dans l'industrie a concentré les moyens de production au point qu'on peut les exproprier et les remettre en la possession de la société, mais où l'agriculture, malgré le progrès du capitalisme, est émiettée entre les nombreux petits et moyens propriétaires-producteurs au point que la possibilité ne se présente pas d'envisager l'expropriation de ces producteurs ?
A cette question la formule d'Engels ne répond pas. Du reste, elle ne doit pas y répondre, puisqu'elle a surgi sur la base d'une autre question, celle de savoir quel doit être le sort de la production marchande après que tous les moyens de production auront été socialisés.
Ainsi, comment faire si tous les moyens de production n'ont pas été socialisés, mais seulement une partie, et si les conditions favorables à la prise du pouvoir par le prolétariat sont réunies, — faut-il que le prolétariat prenne le pouvoir et faut-il aussitôt après supprimer la production marchande ?

On ne peut certes pas qualifier de réponse l'opinion de certains pseudo-marxistes qui considèrent que, dans ces conditions, il conviendrait de renoncer à la prise du pouvoir et d'attendre que le capitalisme ait pris le temps de ruiner les millions de petits et moyens producteurs, de les transformer en salariés agricoles et de concentrer les moyens de production dans l'agriculture; qu'après cela seulement on pourrait poser la question de la prise du pouvoir par le prolétariat et de la socialisation de tous les moyens de production. On comprend que les marxistes ne peuvent accepter pareille " solution " sans risquer de se déshonorer à fond.

On ne peut pas non plus considérer comme une réponse l'opinion d'autres pseudo-marxistes qui pensent qu'il conviendrait peut-être de prendre le pouvoir, de procéder à l'expropriation des petits et moyens producteurs à la campagne et de socialiser leurs moyens de production. Les marxistes ne peuvent pas non plus s'engager dans cette voie insensée et criminelle qui enlèverait à la révolution prolétarienne toute possibilité de victoire et rejetterait pour longtemps la paysannerie dans le camp des ennemis du prolétariat.
Lénine a répondu à cette question dans ses ouvrages sur " l'impôt en nature " et dans son fameux " plan coopératif ".
La réponse de Lénine se ramène brièvement à ceci :

a) ne pas laisser échapper les conditions favorables à la prise du pouvoir ; le prolétariat prendra le pouvoir sans attendre que le capitalisme ait réussi à ruiner les millions de petits et moyens producteurs individuels ;
b) exproprier les moyens de production dans l'industrie et les remettre en la possession du peuple ;
c) pour les petits et moyens producteurs individuels, on les groupera progressivement dans des coopératives de production, c'est-à-dire dans de grosses entreprises agricoles, les kolkhoz ;
d) développer par tous les moyens l'industrie et assigner aux kolkhoz une base technique moderne, celle de la grande production ; ne pas les exproprier mais, au contraire, les fournir abondamment de tracteurs et autres machines de premier ordre ;
e) pour assurer l'alliance économique de la ville et des campagnes, de l'industrie et de l'agriculture, on maintiendra pour un temps la production marchande (échange par achat et vente), comme la forme la seule acceptable — pour les paysans — des relations économiques avec la ville, et on développera à fond le commerce soviétique — le commerce d'Etat et le commerce coopératif et kolkhozien —, en éliminant du commerce tous les capitalistes.

L'histoire de notre édification socialiste montre que cette voie de développement, tracée par Lénine, est entièrement justifiée.
Il ne peut faire de doute que pour tous les pays capitalistes qui possèdent une classe plus ou moins nombreuse de petits et moyens producteurs, cette voie de développement est la seule qui soit possible et appropriée pour la victoire du socialisme.

On dit que la production marchande doit néanmoins, en toutes circonstances, aboutir et aboutira absolument au capitalisme. Cela est faux. Pas toujours ni en toutes circonstances ! On ne peut identifier la production marchande à la production capitaliste. Ce sont deux choses différentes. La production capitaliste est la forme supérieure de la production marchande. La production marchande ne conduit au capitalisme que si la propriété privée des moyens de production existe ; que si la force de travail apparaît sur le marché comme une marchandise que le capitaliste peut acheter et exploiter pour la production ; que si, par conséquent, il existe dans le pays un système d'exploitation des ouvriers salariés par les capitalistes. La production capitaliste commence là où les moyens de production sont détenus par des particuliers, tandis que les ouvriers, dépourvus de moyens de production, sont obligés de vendre leur force de travail comme une marchandise. Sans cela, il n'y a pas de production capitaliste.

Eh bien, si les conditions pour une transformation de la production marchande en une production capitaliste ne sont pas réunies, si les moyens de production ne sont plus une propriété privée, mais la propriété socialiste, si le salariat n'existe pas et la force de travail n'est plus une marchandise, si le système d'exploitation a été depuis longtemps aboli, qu'en est-il alors : peut-on considérer que la production marchande aboutira quand même au capitalisme ? Evidemment non. Or, notre société est précisément une société où la propriété privée des moyens de production, le salariat et l'exploitation n'existent plus depuis longtemps.
On ne peut pas considérer la production marchande comme une chose se suffisant à elle-même, indépendante de l'ambiance économique. La production marchande est plus vieille que la production capitaliste. Elle existait sous le régime d'esclavage et le servait, mais n'a pas abouti au capitalisme. Elle existait sous le féodalisme et le servait, sans toutefois aboutir au capitalisme, bien qu'elle ait préparé certaines conditions pour la production capitaliste.

La question se pose : pourquoi la production marchande ne peut-elle pas de même, pour un temps, servir notre société socialiste sans aboutir au capitalisme, si l'on tient compte que la production marchande n'a pas chez nous une diffusion aussi illimitée et universelle que dans les conditions capitalistes ; qu'elle est placée chez nous dans un cadre rigoureux grâce à des conditions économiques décisives comme la propriété sociale des moyens de production, la liquidation du salariat et du système d'exploitation ?

On dit que depuis que la propriété sociale des moyens de production occupe une position dominante dans notre pays et que le salariat et l'exploitation ont été liquidés, la production marchande n'a plus de sens, qu'il faudrait par conséquent l'éliminer.

Cela est également faux. A l'heure actuelle, il existe chez nous deux formes essentielles de production socialiste: celle de l'Etat, c'est-à-dire du peuple entier, et la forme kolkhozienne, que l'on ne peut pas appeler commune au peuple entier. Dans les entreprises d'Etat, les moyens de production et les biens produits constituent la propriété du peuple entier. Dans les entreprises kolkhoziennes, bien que les moyens de production (la terre, les machines) appartiennent à l'Etat, les produits obtenus sont la propriété des différents kolkhoz qui fournissent le travail de même que les semences ; les kolkhoz disposent pratiquement de la terre qui leur a été remise à perpétuité comme de leur bien propre, quoiqu'ils ne puissent pas la vendre, l'acheter, la donner à bail ou la mettre en gage.
L'Etat ne peut donc disposer que de la production des entreprises d'Etat, les kolkhoz bénéficiant de leur production comme de leur bien propre. Mais les kolkhoz ne veulent pas aliéner leurs produits autrement que sous la forme de marchandises, en échange de celles dont ils ont besoin. Les kolkhoz n'acceptent aujourd'hui d'autres relations économiques avec la ville que celles intervenant dans les échanges par achat et vente de marchandises. Aussi la production marchande et les échanges sont-ils chez nous, à l'heure actuelle, une nécessité pareille à celle d'il y a trente ans, par exemple, époque à laquelle Lénine proclamait la nécessité de développer par tous les moyens les échanges.

Certes, lorsqu'au lieu des deux secteurs essentiels de la production, le secteur d'Etat et le secteur kolkhozien, il se formera un seul secteur universel de production investi du droit de disposer de tous les produits de consommation du pays, la circulation des marchandises, avec son " économie monétaire ", aura disparu comme un élément inutile de l'économie nationale. D'ici là, aussi longtemps que les deux secteurs essentiels de la production existeront, la production marchande et la circulation des marchandises resteront en vigueur comme un élément nécessaire et très utile dans le système de notre économie nationale. Comment sera-t-il procédé à la formation d'un seul secteur universel ? Par simple absorption du secteur kolkhozien dans le secteur d'Etat — ce qui est peu probable (ceci pouvant être considéré comme une expropriation des kolkhoz), ou par la constitution d'un seul organisme économique national (avec des représentants de l'industrie d'Etat et des kolkhoz), ayant le droit d'abord de recenser tous les produits de consommation du pays et, avec le temps, de répartir la production, par exemple, sous forme d'échange des produits ? C'est là une question spéciale qui demande un examen à part.
Par conséquent, notre production marchande n'est pas une production marchande ordinaire, elle est d'un genre spécial, une production marchande sans capitalistes, qui se préoccupe pour l'essentiel des marchandises appartenant à des producteurs socialistes associés (Etat, kolkhoz, coopératives), et dont la sphère d'action est limitée à des articles de consommation personnelle, une production marchande qui ne peut évidemment pas se développer pour devenir une production capitaliste, mais doit aider, avec son " économie monétaire ", au développement et à l'affermissement de la production socialiste.

Aussi ont-ils absolument tort, ceux oui prétendent que, du moment que la société socialiste maintient les formes marchandes de la production, il y a lieu de rétablir chez nous toutes les catégories économiques propres au capitalisme: la force de travail comme marchandise, la plus-value, le capital, le profit du capital, le taux moyen du profit, etc. Ces camarades confondent la production marchande avec la production capitaliste et estiment que, du moment qu'il y a production marchande, il doit y avoir aussi production capitaliste. Ils ne comprennent pas que notre production marchande se distingue foncièrement de la production marchande sous le capitalisme.

Bien plus, je pense qu'il faut renoncer à certaines autres notions empruntées au Capital, où Marx se livrait à l'analyse du capitalisme, — et artificiellement accolées à nos rapports socialistes. Je veux parler entre autres de notions telles que le travail " nécessaire " et le " surtravail ", le produit " nécessaire " et le " surproduit ", le temps " nécessaire " et le " temps extra ". Marx a analysé le capitalisme, afin d'établir l'origine de l'exploitation de la classe ouvrière, la plus-value, et de fournir à la classe ouvrière privée des moyens de production une arme spirituelle pour renverser le capitalisme. On comprend que Marx se sert ici de notions (catégories) qui répondent parfaitement aux rapports capitalistes. Mais il serait plus qu'étrange de se servir actuellement de ces notions, alors que la classe ouvrière, loin d'être privée du pouvoir et des moyens de production, détient au contraire le pouvoir et possède les moyens de production. Les propos sur la force de travail comme marchandise et sur le " salariat " des ouvriers sonnent d'une façon assez absurde sous notre régime :
comme si la classe ouvrière, qui possède les moyens de production, se salarie elle-même et se vend à elle-même sa force de travail. Il n'est pas moins étrange de parler aujourd'hui du travail " nécessaire " et du " surtravail ":
comme si le travail des ouvriers dans nos conditions, donné à la société en vue d'élargir la production, de développer l'instruction et la santé publique, d'organiser la défense nationale, etc., n'était pas aussi nécessaire à la classe ouvrière, aujourd'hui au pouvoir, que le travail dépensé pour subvenir aux besoins personnels de l'ouvrier et de sa famille.

Il est à noter que Marx dans sa Critique du programme de Gotha , où il analyse non plus le capitalisme, mais entre autres la première phase de la société communiste, reconnaît que le travail consacré à la société pour élargir la production, pour l'instruction et la santé publique, pour les frais d'administration, pour la constitution de réserves, etc., est aussi nécessaire que le travail dépensé pour subvenir aux besoins de consommation de la classe ouvrière.

Je pense que nos économistes doivent en finir avec ce défaut de concordance entre les vieilles notions et le nouvel état de choses dans notre pays socialiste, en substituant aux notions anciennes des notions appropriées à la nouvelle situation.
Nous avons pu tolérer ce défaut de concordance jusqu'à un certain temps. Mais l'heure est venue où nous devons enfin y remédier.

3. De la loi de la valeur sous le socialisme

On demande parfois si la loi de la valeur existe et fonctionne chez nous, sous notre régime socialiste.
Oui, elle existe et fonctionne. Là où il y a marchandises et production marchande, la loi de la valeur existe nécessairement.

La sphère d'action de la loi de la valeur s'étend chez nous tout d'abord à la circulation des marchandises, à l'échange des marchandises par achat et vente, à l'échange surtout des marchandises d'usage personnel. Dans ce domaine, la loi de la valeur conserve, bien entendu, dans certaines limites, un rôle régulateur.

L'action de la loi de la valeur ne se borne pas cependant à la sphère de la circulation des marchandises. Elle s'étend de même à la production. Il est vrai que la loi de la valeur ne joue pas un rôle régulateur dans notre production socialiste, mais elle agit néanmoins sur la production, et on ne peut ne pas en faire état en dirigeant la production. Le fait est que les produits de consommation, nécessaires pour compenser les pertes en force de travail dans le processus de la production, sont fabriqués chez nous et sont réalisés en tant que marchandises soumises à l'action de la loi de la valeur. Là précisément la loi de la valeur agit sur la production. Ceci étant, l'autonomie financière et la rentabilité, le prix de revient, les prix, etc. ont aujourd'hui une importance d'actualité dans nos entreprises.

C'est pourquoi nos entreprises ne peuvent ni ne doivent se passer de la loi de la valeur.
Est-ce un bien ?
Ce n'est pas un mal. Dans les conditions où nous sommes aujourd'hui, ce n'est vraiment pas un mal, puisque le résultat en est de former nos dirigeants des affaires économiques à la conduite rationnelle de la production, et de les discipliner.
Ce n'est pas un mal, puisque nos dirigeants des affaires économiques apprennent ainsi à évaluer le potentiel de production, à l'évaluer avec exactitude et à tenir compte aussi exactement des réalités de la production, au lieu de perdre leur temps à bavarder sur des " chiffres ctimatifs " pris au hasard.
Ce n'est pas un mal, puisque nos dirigeants des affaires économiques apprennent ainsi à chercher, à trouver et à exploiter les réserves latentes, tapies dans les profondeurs de la production, au lieu de les fouler aux pieds.
Ce n'est pal un mal, puisque nos dirigeants des agraires économiques apprennent ainsi à améliorer systématiquement les méthodes de fabrication, à réduire le prix de revient, à pratiquer l'autonomie financière et à réaliser la rentabilité des entreprises.
C'est la une bonne école pratique, qui hâtera la montée de nos cadres chargés des affaires économiques pour en faire de vrais dirigeants de la production socialiste à l'étape actuelle du développement.

Le malheur n'est pas que la loi de la valeur agit chez nous sur la production. Le malheur est que nos dirigeants des affaires économiques et nos spécialistes de la planification, à peu d'exceptions près, connaissent mal l'action de la loi de la valeur, ne l'étudient pas et ne savent pas en tenir compte dans leurs calculs. C'est ce qui explique la confusion qui règne encore chez nous dans la politique des prix. Voici un exemple entre tant d'autres. Il y a quelque temps, on avait décidé de régler, dans l'intérêt de la culture cotonnière, le rapport des prix du coton et des céréales, de préciser le prix des céréales vendues aux cultivateurs de coton et de relever les prix du coton livré à l'Etat.

Dès lors, nos dirigeants des affaires économiques et nos spécialistes de la planification apportèrent une proposition qui ne pouvait que surprendre les membres du Comité central, puisque cette proposition établissait un prix à peu près égal pour une tonne de céréales et une tonne de coton ; au surplus, le prix d'une tonne de céréales était le même que celui d'une tonne de pain cuit. Les membres du Comité central ayant fait remarquer que le prix d'une tonne de pain cuit devait être supérieur à celui d'une tonne de céréales, en raison des frais supplémentaires nécessités par la mouture et la cuisson ; que le coton en général coûtait bien plus cher que les céréales, témoin les prix mondiaux du coton et des céréales , — les auteurs de la proposition ne purent rien dire d'explicite. Force fut au Comité central de prendre la chose en mains propres, de diminuer les prix des céréales et de relever ceux du coton. Que serait-il advenu si la proposition de ces camarades avait reçu force légale ? Nous aurions ruiné les cultivateurs et serions restés sans coton.

Est-ce à dire que la loi de la valeur s'exerce chez nous avec la même ampleur que sous le capitalisme, qu'elle est chez nous régulatrice de la production ? Evidemment non. En réalité, la loi de la valeur, sous notre régime économique, exerce son action dans un cadre strictement limité. On a déjà dit que la production marchande, sous notre régime, exerce son action dans un cadre limité. On peut en dire autant de l'action exercée par la loi de la valeur. Il est certain que l'absence de propriété privée des moyens de production et leur socialisation dans la ville comme à la campagne ne peuvent que limiter la sphère d'action de la loi de la valeur et le degré de sa réaction sur la production.

C'est dans le même sens qu'intervient dans l'économie nationale la loi du développement harmonieux (proportionné), qui a remplacé la loi de concurrence et d'anarchie de la production.
C'est dans le même sens qu'interviennent nos plans annuels et quinquennaux et toute notre politique économique, lesquels s'appuient sur les exigences de la loi du développement harmonieux de l'économie nationale.
Tous ces faits pris ensemble font que la sphère d'action de la loi de la valeur est strictement limitée chez nous, et que la loi de la valeur ne peut, sous notre régime, jouer un rôle régulateur dans la production.

C'est ce qui explique d'ailleurs ce fait " stupéfiant " que malgré la montée incessante et impétueuse de notre production socialiste, la loi de la valeur n'aboutit pas chez nous aux crises de surproduction, alors que la même loi de la valeur, qui a une large sphère d'action sous le capitalisme, malgré les faibles rythmes de croissance de la production dans les pays capitalistes, aboutit à des crises périodiques de surproduction.
On dit que la loi de la valeur est une loi constante, obligatoire pour toutes les périodes d'évolution historique ; que si la loi de la valeur perd sa force comme régulatrice des rapports d'échange dans la seconde phase de la société communiste, elle maintiendra dans cette phase de développement sa force comme régulatrice des rapports entre les diverses branches de la production, comme régulatrice de la répartition du travail entre les branches de la production.

Cela est tout à fait faux. La valeur, ainsi que la loi de la valeur, est une catégorie historique liée à l'existence de la production marchande. Avec la disparition de cette dernière disparaîtront aussi la valeur avec ses formes et la loi de la valeur. Dans la seconde phase de la société communiste, la quantité de travail dépensé pour fabriquer les produits ne se mesurera plus par des voies détournées, au moyen de la valeur et de ses formes, comme c'est le cas pour la production marchande, mais directement et immédiatement par la quantité de temps, la quantité d'heures dépensées pour fabriquer les produits.
En ce qui concerne la répartition du travail, celle-ci ne se réglera pas entre les branches de production par la loi de la valeur qui aura perdu sa force à ce moment-là, mais par l'accroissement des besoins de la société en produits. Ce sera une société où la production se réglera par les besoins de la société, et le recensement des besoins de la société acquerra une importance de premier ordre pour les organismes de planification. Il est de même absolument faux de prétendre que, dans notre régime économique actuel, à la première phase du développement de la société communiste, la loi de la valeur règle les " proportions " de la répartition du travail entre les diverses branches de production.
Si cela était juste, pourquoi ne développerait-on pas à fond nos industries légères comme étant les plus rentables, de préférence à l'industrie lourde qui est souvent moins rentable et qui parfois ne l'est pas du tout ?

Si cela était juste, pourquoi ne fermerait-on pas chez nous les entreprises pour l'instant non rentables de l'industrie lourde, où le travail des ouvriers ne produit pas " l'effet voulu ", et pourquoi n'ouvrirait-on pas de nouvelles entreprises de l'industrie légère assurément rentable, où le travail des ouvriers pourrait produire un " plus grand effet " ?
Si cela était juste, pourquoi ne transférerait-on pas chez nous les ouvriers des entreprises peu rentables, bien que très nécessaires à l'économie nationale, vers les entreprises plus rentables, selon la loi de la valeur qui règle soi-disant les " proportions " de la répartition du travail entre les branches de production ?

Sans doute qu'en suivant à la trace ces camarades, il nous faudrait renoncer au primat de la production des moyens de production sur la production des moyens de consommation. Et que signifie renoncer au primat de la production des moyens de production ? C'est rendre impossible la montée incessante de notre économie nationale, car on ne saurait réaliser la montée incessante de l'économie nationale sans réaliser en même temps le primat de la production des moyens de production.

Ces camarades oublient que la loi de la valeur ne peut être la régulatrice de la production que sous le capitalisme, alors qu'existent la propriété privée des moyens de production, la concurrence, l'anarchie de la production, les crises de surproduction. Ils oublient que la sphère d'action de la loi de la valeur est limitée chez nous par la propriété sociale des moyens de production, par l'action de la loi du développement harmonieux de l'économie nationale, — elle est donc limitée aussi par nos plans annuels et quinquennaux qui sont le reflet approximatif des exigences de cette loi.

Certains camarades tirent de là cette conclusion que la loi du développement harmonieux de l'économie nationale et la planification de celle-ci suppriment le principe de la rentabilité. Cela est absolument faux. Il en va tout autrement. Si l'on considère la rentabilité non du point de vue de chacune des entreprises ou branches de production ni au cours d'une seule année, mais du point de vue de l'ensemble de l'économie nationale et au cours de dix à quinze ans par exemple, ce qui serait le seul moyen d'aborder la question correctement, la rentabilité momentanée et fragile des différentes entreprises ou branches de production ne peut soutenir aucune comparaison avec la forme supérieure d'une rentabilité solide et constante que nous donnent l'action de la loi du développement harmonieux de l'économie nationale et la planification de cette dernière en nous débarrassant des crises économiques périodiques, destructrices de l'économie nationale et qui apportent à la société un immense dommage matériel, et en nous assurant le progrès continu de l'économie nationale avec ses rythmes élevés.
En bref : il n'est pas douteux que, dans nos conditions socialistes actuelles de la production, la loi de la valeur ne peut être " régulatrice des proportions " dans la répartition du travail entre les diverses branches de production. […]


____________________


(1)Extrait de J. Staline - « les problèmes économiques du socialisme en URSS » - 1952 – ces « remarques relatives aux questions économiques soulevées à la discussion de novembre 1951 » s’adressent aux participants à la discussion économique « qui s’est déroulée autour de l’appréciation du projet de manuel d’économie politique»
(2) F. Engels : "Anti-Dühring", Œuvres complètes de K. Marx et F. Engels, tome 20.


Edité le 05-02-2018 à 20:00:30 par Xuan




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Conférence de Rémy Herrera (durée 1h35)

Chercheur au CNRS (Centre d’Économie de la Sorbonne)
Auteur de : La Maladie dégénérative de l’économie : le néoclacissisme (Delga, 2015)


“ÉCONOMIE CHINOISE : LE SOCIALISME OU… LA CRISE ?”


Pourquoi la croissance chinoise est-elle la plus élevée du monde ?



Edité le 08-02-2018 à 18:34:12 par Xuan




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   Posté le 04-03-2018 à 00:03:57   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Xin Ming: toujours maintenir l'esprit révolutionnaire des communistes


Maison d'édition populaire www.ccpph.com.cn 2018-03-01 Source: Guangming Daily
TheoryChine


Le secrétaire général Xi Jinping a prononcé un discours important lors de la cérémonie d’ouverture du 19e congrès national du PCC, déclarant : « Nous sommes des révolutionnaires, et nous ne devons pas perdre l'esprit de la révolution. »
L'esprit révolutionnaire est un atout précieux que le Parti communiste chinois a bien préservé, une source d’énergie dans les graves difficultés, l'avantage politique vers la victoire. Pour réaliser la prospérité du parti et du pays et la paix et la stabilité à long terme, les communistes chinois doivent garder au premier plan leur esprit révolutionnaire et leur moral, ne jamais oublier leurs convictions initiales, garder leur mission à l'esprit et s'efforcer de perpétuer la révolution sociale.

1, l'esprit de la révolution vient de la compréhension profonde du concept révolutionnaire marxiste

L'insistance du Secrétaire général Xi Jinping sur l'esprit révolutionnaire est cohérente. Depuis le 18e Congrès national du PCC, des «idéaux révolutionnaires supérieurs au ciel» à «ne jamais oublier le début de la révolution» , la conscience révolutionnaire, les sentiments et les aspirations révolutionnaires n’ont jamais disparu de son langage. En particulier, à la fin de l'année 2016, lors de la réception du Nouvel An du Comité national de la CCPPC, il a clairement déclaré qu’il fallait «poursuivre avec vigueur l'esprit de mener la révolution jusqu'au bout» . L'accent mis avec insistance par le Secrétaire général Xi Jinping sur l'esprit révolutionnaire résume la compréhension profonde, la conformité scientifique et la volonté des communistes chinois d’accomplir le concept révolutionnaire marxiste.

Depuis quelque temps, certains membres de la société chinoise ont simplement assimilé la révolution à des révolutions violentes, à des guerres révolutionnaires et à des mouvements révolutionnaires qui ont eu lieu: ils croyaient que la révolution avait cessé et que la révolution n'était plus nécessaire. Cette compréhension est extrêmement fausse. Bien que la forme ci-dessus soit sans aucun doute une forme révolutionnaire et même la forme la plus directe, la plus réaliste et la plus efficace de la révolution, elle ne peut pas être considérée comme le contenu intégral de la révolution. En ce qui concerne la nature de la révolution, Marx fit une remarque extrêmement concise, scientifique et profonde dans l'article «Les luttes des classes en France de 1848 à 1858» : C'est «la locomotive révolutionnaire de l'histoire» . Plus tard, Marx a également appelé la révolution «un puissant moteur de progrès social et politique»

Le marxisme soutient que l'incompatibilité croissante entre le développement des forces sociales productives d'une société et ses rapports de production se manifeste toujours par de fortes contradictions, crises et spasmes. Ce genre de contradiction, de crise et de spasme ne peut être résolu que par la révolution. Une fois résolue, la société se développera et progressera, et l'histoire ira de l'avant. Par conséquent, dans la longue histoire du développement de la société humaine, la transition révolutionnaire du pouvoir de classe se manifeste directement par la chute d’un système social et l’ascension d’un autre, mais elle est plus fondamentale dans l'émancipation et le développement ultérieurs des forces sociales productives. Le camarade Mao Zedong a fait remarquer que le but de la révolution socialiste était de libérer les forces productives. La productivité est le facteur le plus révolutionnaire. La productivité a toujours été révolutionnaire. La raison pour laquelle Deng Xiaoping a dit que «la réforme est la deuxième révolution en Chine» c’est aussi que «comme les révolutions passées, la réforme consiste aussi à supprimer les obstacles au développement des forces productives sociales et sortir la Chine de la pauvreté et du retard. En ce sens, La réforme peut aussi être appelée un changement révolutionnaire» .

Les conflits sociaux ne disparaîtront pas et la révolution est inévitable et ne disparaîtra pas. Par conséquent, il n'est pas question de savoir si le révolutionnaire aime ou n'aime pas que la révolution soit la nécessité inévitable de l'histoire et la «force matérielle de la nécessité» . En 1851, Marx et Engels écrivaient une lettre: «La révolution a toujours été une façon de changer le système qui n'est pas dominée par la loi qui détermine habituellement le développement de la société, mais plutôt un phénomène purement naturel régi par les lois de la physique. De nouvelles demandes apparaissent progressivement, les vieilles choses s'effondrent, etc. » et l'établissement d'un nouveau système « passe toujours par une véritable révolution » .

C'est précisément à cause de la compréhension scientifique de la révolution que Marx et Engels ont clairement déclaré dans le «Manifeste communiste» : «Les communistes ne s'abaissent pas à dissimuler leurs opinions et leurs projets.» Les communistes sont révolutionnaires et pour faire la révolution il faut un parti révolutionnaire. La révolution que le Parti communiste chinois a menée avec le peuple pour écraser le vieux monde et s'emparer du pouvoir a certainement pris fin : la révolution qui conduit les masses à construire un nouveau monde continue et continuera. D'un point de vue idéologique, le Parti communiste chinois est déjà le parti qui dirige le peuple depuis longtemps, mais par sa nature même, il est toujours le parti révolutionnaire qui conduit le peuple à construire un nouveau monde, un parti révolutionnaire avec un esprit révolutionnaire.

Après la fondation de la nouvelle Chine, le camarade Mao Zedong a exhorté tout le parti à maintenir « jusqu’au bout la même vigueur que dans le passé pendant la guerre révolutionnaire, l'élan de l'enthousiasme révolutionnaire, l'esprit défiant la mort de l'œuvre révolutionnaire » .

Au cours de la réforme et de l'ouverture, le camarade Deng Xiaoping a notamment souligné que l'esprit révolutionnaire est très précieux et qu'il n'y a pas d'action révolutionnaire sans esprit révolutionnaire. En soutenant et en développant le socialisme avec des caractéristiques chinoises dans la nouvelle ère, nous devons, conformément aux instructions importantes du Secrétaire Général Xi Jinping, utiliser notre esprit révolutionnaire énergique pour mener à bien notre propre révolution et promouvoir la grande révolution sociale.

2, pour maintenir l'esprit révolutionnaire il faut constamment promouvoir la grande révolution sociale

Dès la guerre de l'opium, débutait en Chine le mouvement révolutionnaire des Boxers, mais ce n’est qu’après la création du Parti communiste chinois que la révolution chinoise est entrée dans une nouvelle étape. Lla révolution socialiste chinoise était sur la bonne voie. L'expérience historique nous montre que pour qu'une révolution sociale remporte la victoire finale, il faut souvent un long processus historique.
Cette grande révolution sociale dans la Chine contemporaine a traversé trois étapes de l'histoire:

La première étape est la révolution de démocratie nouvelle . A ce stade, le Parti communiste chinois s’unit pour conduire le peuple dans une juste voie révolutionnaire, en encerclant les villes, et s’empare militairement du pouvoir. Après 28 ans de combats sanglants, le peuple chinois a renversé l’oppression de trois montagnes : l'impérialisme, le féodalisme et le capitalisme bureaucratique, et atteint l'indépendance nationale, la libération du peuple, la réunification du pays et la stabilité sociale. Cette révolution met complètement fin à l'histoire de la vieille société semi-féodale de la Chine, à la désunion de l’ancienne Chine, abolit les pouvoirs des traités inégaux imposés à la Chine et tous les privilèges de l'impérialisme en Chine, pour réaliser la dictature démocratique du peuple.

La deuxième étape est la révolution socialiste . Après la fondation de la Chine nouvelle, le Parti communiste chinois s’unit pour amener le peuple à se contribuer à la construction socialiste, sans précédent dans l’histoire chinoise : le Parti communiste chinois établit en peu de temps un système industriel indépendant relativement complet et un système économique national.
La Chine, puissance importante dans les grandes puissances orientales mais avec des forces productives sociales moins développées, a établi le système socialiste de base, a mis en œuvre avec succès la révolution sociale la plus profonde et la plus profonde de l'histoire chinoise et a jeté les bases du développement et du progrès de la Chine contemporaine.
Sur ces prémisses et sur la base de ce système pour le développement d’une Chine riche et prospère, le peuple chinois a jeté des bases solides pour réaliser une vie riche et pour que la nation chinoise fasse un grand bond en avant irréversible vers la prospérité continue.

La troisième étape est la réforme et l'ouverture. A partir des fin des années 1970, le Parti communiste chinois s’unit pour conduire le peuple dans une grande et nouvelle révolution pour la réforme et l'ouverture, se débarrassant de tous les obstacles idéologiques et institutionnels au développement du pays et de la nation, et permettant à la Chine de rattraper son retard.
Cette grande révolution a ouvert la voie du socialisme aux caractéristiques chinoises, mis en place une théorie du socialisme aux caractéristiques chinoises, établi un système socialiste aux caractéristiques chinoises et une culture socialiste prospère aux caractéristiques chinoises, ce qui a grandement stimulé la créativité des masses populaires, libéré les forces sociales productives, amélioré dans une large mesure la vitalité du développement social, amélioré la vie des masses de manière significative, considérablement renforcé la force de la nation, et accru le statut international, permettant au peuple chinois de devenir riche et fort.
Aujourd'hui, le socialisme aux caractéristiques chinoises est entré dans une nouvelle ère. A cette époque, la Chine a commencé sa transition d'un développement rapide à un développement global et d'une grande puissance à une très grande puissance. En particulier, la transformation des contradictions sociales majeures signifie que le développement de la société chinoise a subi un changement fondamental et révolutionnaire du macro au micro-niveau, de la stratégie à la tactique et du concept au système. Nous ne devons jamais être fiers de la victoire, nous ne devons jamais relâcher nos efforts, nous devons faire des plans stratégiques dans la perspective de promouvoir un développement humain global et un progrès social complet. En réponse, nous devrions ouvrir une nouvelle révolution dans une nouvelle ère avec un esprit révolutionnaire plus vigoureux. Approfondir la révolution sociale à travers l'esprit révolutionnaire et utiliser la révolution sociale pour étancher l'esprit révolutionnaire.

3, maintenir l'esprit révolutionnaire, c’est aussi avoir le courage de mener une profonde autocritique

Le secrétaire général Xi Jinping a souligné: «le courage de l’autocritique, est le caractère le plus distinctif de notre parti, le principal atout de notre parti» . L’atout principal du Parti communiste chinois n'est pas de ne jamais commettre d’erreurs, mais de ne jamais hésiter à se remettre en cause, à oser affronter les problèmes avec courage dans l'autocritique, avec une forte capacité d'auto-guérison.
Pourquoi le Parti communiste chinois peut-il se démarquer des contestations répétées de diverses forces politiques dans la Chine moderne? Pourquoi peut-on toujours marcher à l'avant-garde de l'époque et devenir l'épine dorsale du peuple chinois et de la nation chinoise? La raison fondamentale est que nous avons toujours eu le courage d'admettre et de corriger les erreurs, de reprendre le scalpel encore et encore pour se débarrasser de nos propres maladies et résoudre nos propres problèmes.

Dans les premiers temps de la fondation du Parti communiste chinois, il réalisa l'autocritique sur "l'impureté" des membres du parti et de certaines organisations du parti et sur les erreurs "gauchistes" et "de droite". Pendant la période de Yanan, furent autocritiqués le subjectivisme, le dogmatisme et l'empirisme au sein du parti Après la fondation de la Chine Nouvelle, furent lancées une série de rectifications telles que la lutte contre la corruption et la bureaucratie. C'est aussi dans une telle rectification que le Parti communiste chinois s'est transformé de manière critique d’une crise après l’autre, transformant la crise en opportunité et menant la société chinoise de victoire en victoire

La période de réforme et d’ouverture, est une rectification des communistes chinois contre une compréhension idéologique rigide, dogmatique, unilatérale et immature, de comportements et de modèles institutionnels formés durant le processus de construction socialiste, et prenant la lutte de classe pour objectif principal. La construction économique est prise comme centre, abandonnant l'économie planifiée pour mettre en œuvre l'économie de marché socialiste. C’est aussi à travers une telle rectification profonde que le Parti communiste chinois a entrepris un grand voyage de la société chinoise dans le développement du socialisme avec des caractéristiques chinoises et que le Parti communiste chinois est devenu le noyau du socialisme avec des caractéristiques chinoises.

La réforme est une administration complète et stricte du parti par les communistes chinois. Depuis le 18e Congrès national du PCC, le Comité central avec pour noyau le camarade Xi Jinping, a toujours exercé un contrôle strict sur le parti en incisant avec courage ses éléments infectés, incarnant la détermination et la volonté d’avant-garde du Parti communiste chinois.
Par les huit dispositions du style de travail , la lutte révolutionnaire contre la corruption, le système d’auto surveillance pour maintenir des idéaux et des convictions élevés, une vie politique stricte au sein du parti et le renforcement du contrôle interne du parti, le parti communiste chinois pu renaître comme le Phoenix, et résolu efficacement les problèmes concernant style de travail, l'idéologie, l'organisation, la discipline, il s’est radicalement réformé, a considérablement amélioré son image, ses organismes, et accru ses capacités.

Dans une nouvelle ère, la tâche décisive consiste à construire de manière globale une société modérément prospère, pour atteindre une modernisation socialiste complète, mission historique du grand rajeunissement de la nation chinoise. Ce sont de nouvelles exigences sans précédent pour notre parti. Les «quatre épreuves», les «quatre dangers» et les différents facteurs qui affectent la nature d’avant-garde du parti et affaiblissent sa pureté sont encore plus dangereux et dévastateurs. Afin de ne pas être renversés par ce défi, nous devons courageusement mener à bien une réforme profonde afin de maintenir la vigueur et la vitalité du Parti. Cette réforme s’appuie sur l’estime de soi et la confiance en soi du Parti communiste chinois.

Le Secrétaire général Xi Jinping a souligné: « Notre parti a eu le courage de se révolutionner, parce qu’il n'a pas d’autre intérêt que ceux du pays, de la nation et du peuple » . Le rapport du 19e Congrès du Parti dit : «Empêchez fermement la formation de groupes d'intérêt » . Cette détermination catégorique est également fondée sur le nouvel éveil politique du Parti communiste chinois. L'un des partis politiques les plus grands et les plus puissants du monde ne devrait pas commettre ni permettre une telle erreur subversive. Le Parti communiste chinois s’est renforcé dans la forge révolutionnaire, nous devons continuer d’affiner l'acier dans la grande auto-révolution du contrôle complet et strict du parti.

(Auteur: Xin Ming, Département de l’École centrale du Parti, Xi Jinping nouvelle ère du socialisme idéologique avec le chercheur du centre de recherche sur les caractéristiques chinoises) (Éditeur: Jiang Pingping, Chang Xuemei)

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   Posté le 22-03-2018 à 00:15:36   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

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Xi Jinping : le peuple, créateur de l'histoire et véritable héros




BEIJING, 20 mars (Xinhua) -- Le peuple chinois est le créateur de l'histoire et le véritable héros, a déclaré mardi le président chinois Xi Jinping.

"Les efforts du peuple chinois ont conduit à un grand bond de la nation chinoise, passant d'une nation qui s'est relevée à une nation riche, puis à une nation puissante", a noté M. Xi lors de la clôture de la première session de la 13e Assemblée populaire nationale.


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Xi Jinping insiste sur l'importance de l'étude du Manifeste communiste



BEIJING, 24 avril (Xinhua) -- Xi Jinping, secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), a souligné l'importance d'étudier le Manifeste communiste.

Le but de l'étude du Manifeste communiste est de comprendre et de saisir la force de la vérité du Marxisme et d'écrire un nouveau chapitre du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, a souligné M. Xi en présidant lundi une session d'études en groupe du Bureau politique du Comité central du PCC.

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"Etudier le Manifeste Communiste pour la Chine aujourd'hui!": Xi Jinping

Par Dirk Nimmegeers le 26 avril 2018


Xi Jinping a souligné l'importance de l'étude du Manifeste Communiste .
Lundi dernier, le secrétaire général du Parti communiste chinois ( PCC ) a fait une présentation à ses collègues du Bureau politique .

Juste et puissante
Les principaux dirigeants politiques de Chine organisent régulièrement des discussions de groupe et des sessions d'étude, tout comme les cadres supérieurs. Pourquoi doivent-ils étudier le manifeste communiste à maintes reprises? Selon Xi, vous pouvez comprendre à quel point l'analyse du marxisme est juste et puissante. «Il est nécessaire d'écrire un nouveau chapitre en ce moment dans l'histoire du socialisme avec des caractéristiques chinoises» .

Il est également bon pour un parti marxiste de lui donner une conviction solide. Ce parti a besoin de retourner à la source de ses théories pour sa pureté et de continuer à jouer un rôle de pionnier. Dans la pratique de la Chine contemporaine, le parti devrait être capable d'aborder les problèmes encore mieux avec l'aide des principes marxistes élémentaires.

Source scientifique
Xi a appelé le Manifeste Communiste "un monument". Il a expliqué les points de départ scientifiques sur le développement humain qui y est contenu. Selon le chef du parti chinois, le manifeste a été écrit pour le salut du peuple et la libération de l'humanité.

"Le Parti communiste chinois est le fidèle héritier de l'essence du Manifeste communiste" , selon Xi. Puis il a appelé à la confiance dans le socialisme avec des caractéristiques chinoises. «Respectez vos idéaux et votre conviction en tant que communiste. N'ayez pas peur des dangers et ne soyez pas déroutés par les étrangers " , a déclaré M. Xi.

Mission
La mission que le parti avait en tête depuis le début et qu'il doit continuer à remplir est le service au peuple. L'action est engagée dans les intérêts et pour le bonheur du peuple. Elle travaille sur le progrès social et le développement humain dans tous les domaines possibles.

Puis Xi a fait le lien avec des thèmes familiers: le développement de la Chine, l'ouverture au monde. La coopération internationale pour relever les défis de la mondialisation économique a également été examinée. Il a brisé une autre lance pour permettre à différents pays, couches et groupes de la population de partager les bénéfices et les opportunités.

"Propager le marxisme"
Ensuite, le chef du parti est revenu au rôle essentiel de leadership du parti. Selon lui, le marxisme devrait être développé. Il doit donc être préparé pour le 21ème siècle et pour le contexte chinois. Les membres du PCC doivent «étudier, interpréter, populariser le marxisme» . De cette façon, ils veilleront à ce que des centaines de millions de personnes l'adoptent. Certains observateurs en Chine et à l'étranger ont commenté que les nouvelles des déclarations de Xi au sujet du Manifeste du Parti communiste sont apparues sur tous les médias d'état .

Visions occidentales
Le sinologue de Leyde, Rogier Creemers, voit dans le marxisme le fait que le PCC comprend une manière de penser objective et scientifique. Selon lui, cela donne au parti l'opportunité de gérer la société de manière paternaliste et à travers des interventions étatiques. Cependant, il nie également la nécessité d'une représentation politique. Pour un autre observateur respecté de la Chine, l'Américain Bill Bishop, Xi est en effet un marxiste ardent. En tant que matérialiste historique chinois conscient, il voit comment le monde d'aujourd'hui se développe de telle sorte qu'il devient de plus en plus convaincant . Le célèbre économiste britannique et spécialiste de la Chine Peter Nolan a écrit plus tôt dans son livre Comprendre la Chine: la route de la soie et le manifeste communiste (2015). "Si l'Occident veut comprendre la Chine, il doit savoir qu'à l'intérieur du système il y a un débat approfondi sur l'héritage idéologique de Karl Marx" .

Sources: Xinhua, supchina.com, chinaplus.cri.cn

Dans une courte vidéo, vous pouvez voir et entendre Xi vous-même. Des collègues comme Li Keqiang, Li Zhanshu et Wang Yang appartiennent.
http://www.youtube.com/watch?v=PSZDV7I_o5c


Edité le 28-04-2018 à 23:41:16 par Xuan




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