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 la Chine entre nationalisation et privatisation

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Xuan
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   Posté le 26-04-2021 à 07:38:06   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Chine : 44 entreprises cotées sont passées aux mains de l’État chinois en 2019

DANIELLE BLEITRACH 26 AVRIL 2021 https://histoireetsociete.com/2021/04/26/chine-44-entreprises-cotees-passent-aux-mains-de-letat-chinois-en-2019/

Un site qui étudie en priorité la Chine et qui fournit comme ici des informations intéressantes et qui confirment ce que que nous avons publié sur la relation de l’Etat au numérique, l’affaire Jack Ma s’intègre dans un processus continu visant à la fois à empêcher un pouvoir monopoliste de bloquer l’innovation et à acquérir un pouvoir supérieur à celui de l’État socialiste. (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société
par Clémence Mirgalet | Fév 11, 2020 | 0 commentairesXi JInping


Sur fond de guerre commerciale, le gouvernement chinois a initié un mouvement de grande ampleur de prise de contrôle de son industrie high tech en 2019. Par le biais des gouvernements provinciaux, d’entreprises d’État ou de fonds d’investissement public, l’État chinois est ainsi devenu actionnaire majoritaire de 44 entreprises cotées sur la seule année 2019.

Une volonté de préserver les fleurons technologiques nationaux des sanctions américaines
Selon plusieurs articles parus dans des media chinois spécialisés en finance, les gouvernements provinciaux et locaux ont levé environ 500 milliards CNY (72,7 milliards USD) depuis la fin de l’année 2018 pour venir en aide aux entreprises en difficulté du secteur privé. En réalité, seules 11 des 44 entreprises entrées dans le giron de l’État affichaient des résultats négatifs pour l’année 2018. Plusieurs d’entre elles affichaient même d’excellents résultats. Tout indique que le gouvernement a choisi ces entreprises pour les préserver des risques d’embargo et de la mise en place de tarifs douaniers punitifs américains. En effet, la rivalité sino-américaine s’accentue avec les décisions de l’administration Trump de placer plusieurs entreprises chinoises sous sanction, et de les priver de l’accès à certains composants produits aux États-Unis. Les États-Unis craignent de plus en plus que les entreprises technologiques chinoises rivalisent avec leurs homologues américaines dans des secteurs considérés comme stratégiques et pouvant porter atteinte à la sécurité de l’État.

Des entreprises actives dans des secteurs stratégiques pour l’État
Sans surprise, nombre de ces entreprises sont actives dans des domaines hautement stratégiques pour le pouvoir central, tels que la surveillance et les systèmes d’information. La somme de la capitalisation de ces 44 entreprises représente plus de 36 milliards USD. La plus grande d’entre elles est Xiamen Meiya Pico Information dont la capitalisation boursière représente 2,3 milliards USD. Placée sur liste noire par les États-Unis en octobre 2019, elle travaille aux côtés des officiels chinois en charge de l’application de la loi dans les enquêtes juridico-informatiques et la censure en ligne, et est désormais sous le contrôle de l’entreprise d’État State Development & Investment Corp.

Shenzhen Infinova, rachetée par une entreprise d’investissement du gouvernement municipal de Shenzhen, produit des systèmes de surveillance pour l’application de la loi. Ses produits ont été vendus dans plus de 100 pays, notamment en Amérique du Nord et en Europe. Un autre fournisseur de systèmes de surveillance NetPosa Technologies , a été acquis par le bras armé financier de la province du Sichuan.

Cette tendance des nationalisations s’étend au delà du seul secteur de la sécurité : Shenzhen Yinghe Technology fabrique des équipements pour la production de batteries au lithium, une des industries promues dans le plan gouvernemental « Made in China 2025 » . Yinghe a été achetée par le Shanghai Electric Group , lui-même détenu par l’État. Ygsoft, qui est à l’origine d’un logiciel utilisant l’intelligence artificielle pour les industries de l’énergie, est quant à lui passé sous la houlette du géant State Grid Corp. of China .

Une logique de long terme visant à renforcer le contrôle de l’État sur le secteur privé

Source: Nikkei Asian Review
Cette prise de participation massive ne doit pas être vue comme un phénomène conjoncturel, mais bien comme une volonté de renforcement du contrôle de l’Etat sur les entreprises privées, initiée depuis le début du mandat de Xi Jinping. Comme le rappelle Richard McGregor dans son livre Xi Jinping: The Backlash (Penguin Books), Xi a passé une grande partie de son premier mandat à maitriser les grandes entreprises publiques. Succédant à Hu Jintao, il récupérait les suites d’une décennie d’expansion très rapide et de faible discipline interne dans le secteur étatique. Une des mesures mise en place a été de renforcer le rôle du Parti dans la gouvernance interne en multipliant les cellules et en assurant une place de choix pour ses représentants dans les conseils d’administration.

La stratégie de Xi a été d’initier la même chose au sein des entreprises privées. Dans un discours prononcé quelques mois avant sa prise de fonction en mars 2013, il soulignait le besoin d’augmenter le nombre de cellules du Parti dans les entreprises privées. De nouvelles réglementations étaient publiées dans la foulée, l’une d’elles appelant à « la participation du Secrétaire du Parti au sein de l’entreprise aux réunions de haut niveau ». Selon ses propres chiffres, le Parti semble avoir admirablement accompli cette tâche : 68% des entreprises privées chinoises étaient hôtes d’une cellule du Parti en 2016, 70% pour les entreprises étrangères.

Fraser Howie, co-auteur de Red Capitalism (John Wiley & Sons) explique que les grandes entreprises privées sont désormais des « entreprises supervisées par l’État ». « Toutes les grandes entreprises chinoises font désormais partie d’une des deux catégories : soit entreprises d’État, soit entreprises supervisées par l’État. Tout est fait pour que le secteur privé se sente redevable au Parti » .

Derrière ce contrôle croissant, l’objectif ultime du pouvoir reste inchangé : s’assurer que le secteur privé et les entrepreneurs individuels ne deviennent pas des rivaux dans le système politique. Le Parti veut de la croissance économique, mais pas au point de devoir tolérer des centres de pouvoir organisés alternatifs.

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   Posté le 05-12-2021 à 18:19:58   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Cette société d'Etat se créée dans le conflit qui oppose les USA à la Chine


La Chine construira un nouveau géant des terres rares appartenant à l'État qui sera créé dès ce mois-ci

Chine
Écrit par : Sumi
2021-12-05 09:33:02
Date de la dernière mise à jour :2021-12-05 09:33
sur dnews

"Le Wall Street Journal" a cité des personnes proches du dossier le 5 décembre, révélant que la Chine avait approuvé la création de l'une des plus grandes sociétés de terres rares au monde. Alors que les tensions avec les États-Unis s'intensifient, la décision de la Chine vise à maintenir sa position dominante dans cette chaîne d'approvisionnement mondiale stratégique en métal.

Selon des informations, ces personnes proches du dossier ont déclaré que la nouvelle société s'appellerait China Rare Earth Group et serait établie dès ce mois-ci dans la province riche en ressources du Jiangxi, dans le sud de la Chine. Cette nouvelle entité sera formée par la fusion des actifs de terres rares de plusieurs sociétés d'État, dont China Minmetals Corporation, Aluminium Corporation of China (Chinalco) et Ganzhou Rare Earth Group Co., Ltd.

On ne sait pas si la nouvelle société exercera ses activités à l'échelle nationale ou comment les activités considérables de terres rares de la Chine en Mongolie intérieure seront affectées par le plan.

Le Wall Street Journal a cité l'une des personnes proches du dossier disant que le groupe combiné vise à renforcer davantage le pouvoir de fixation des prix du gouvernement chinois, à éviter les querelles internes entre les entreprises chinoises et à utiliser cette influence pour affaiblir les efforts occidentaux pour dominer les technologies clés.

Il est rapporté que China Minmetals et Chinalco sont tous deux l'un des six plus grands groupes de terres rares de l'industrie chinoise des terres rares. Les quatre autres groupes de terres rares sont Northern Rare Earth, Xiamen Tungsten Industry, China Southern Rare Earth Group et Guangdong Rare Earth Group.

China Minmetals Corporation est contrôlée à 100 % par la Commission de surveillance et d'administration des actifs appartenant à l'État du Conseil d'État de Chine. La société est l'actionnaire majoritaire de Minmetals Rare Earth, détenant 23,98 % de cette dernière.

Minmetals Rare Earths est principalement engagée dans l'exploitation et le commerce d'oxydes de terres rares, de métaux de terres rares et de produits de traitement en profondeur des terres rares. C'est l'une des plus grandes entreprises de séparation et de traitement de terres rares de type ionique dans le sud de la Chine.

Selon l'annonce de Minmetals Rare Earth, en plus de Chinalco et Minmetals, la réorganisation des terres rares devrait impliquer Southern Rare Earth Group. Si les ressources en terres rares des trois groupes sont intégrées, un groupe de terres super rares sera formé.

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   Posté le 16-12-2021 à 09:06:26   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Comment la Chine noyaute les entreprises

DANIELLE BLEITRACH 16 DÉCEMBRE 2021

https://histoireetsociete.com/2021/12/16/comment-la-chine-noyaute-les-entreprises/

l’hebdomadaire Challenge et l’Institut Montaigne- de leur point de vue- nous annoncent que le parti communiste chinois se renforce dans les entreprises. Bien sur selon eux tout cela estle fruit de l’abominable Monsieur XI. Ce que ce type de propagande oublie de dire c’est que premièrement comme nous l’avons analysé ici, la politique de XI est une décision collective née en particulier de la crise de 2008 et de la nécessité de contrôler les dérives du marché capitaliste. Deuxièmement, que le choix dans tous les domaines est celui du but du socialisme, assurer le développement de la population. On l’a vu dans le cas de l’épidémie où a été privilégié la santé publique avant tout et où on a découvert le rôle des cellules du parti comme on a découvert la capacité de construire des hôpitaux et de mobiliser le personnel santé en trois jours. Les exemple de reprise en main des entreprises monopolistiques ne sont pas de simples jeux de pouvoir mais là aussi elles combinent l’inquiétude de jeux boursiers déstabilisant l’Etat avec le constat de l’épuisement des travailleurs et la nécessité donc de l’intervention publique. Mais dans le même temps, M. Xi a lui-même assuré les conditions d’implantation des sociétés occidentales et la stabilité qu’elles y rencontreraient en matière de protection de leurs investissements. Notez la méthode, on décrit des faits souvent intéressant mais l’interprétation doit toujours énoncer que c’est un renforcement de la “dictature” et que c’est fait en faveur du “parti” symbole de cette dictature et tant qu’il ne se trouvera pas en France des communistes pour rétablir l’interprétation le communisme sera considérée comme une dictarure que l’on doit marginaliser. (notede danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Antoine Izambard© AFP Xi Jinping

Le Parti communiste chinois contrôle de plus en plus étroitement l’activité économique. Les conglomérats d’Etat, mais aussi le secteur privé, prié d’accueillir ses “cellules”.
Un milliardaire célèbre –Jack Ma– qui disparaît durant quatre mois après avoir ouvertement critiqué le modèle économique chinois. Puis, lorsqu’il réapparaît en janvier 2021, la méga introduction boursière d’Ant Group, filiale du géant Alibaba qu’il dirigeait, stoppée nette, moins de quarante-huit heures avant le lancement de l’opération tant attendue. Ou encore: le patron –Wu Xiaohui– du troisième groupe d’assurance chinois, Anbang, condamné à dix-huit ans de prison pour “crimes financiers” alors que dans le même temps son conglomérat privé est placé sous la tutelle de l’Etat.

Renforcée par l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2013, la mainmise du Parti communiste chinois (PCC) sur les entreprises atteint aujourd’hui un niveau inégalé. Une main de fer illustrée par la modification de la charte du PCC qui précise depuis 2017: ” Parti, gouvernement, armée, société et éducation –à l’est, à l’ouest, au sud et au nord, le parti dirige sur tous les fronts. “Pour le sinologue François Godement, conseiller pour l’Asie à l’Institut Montaigne, il n’y a pas de doute: ” Les entreprises d’Etat mais aussi privées et les sociétés étrangères sont contrôlées de plus en plus étroitement via les cellules du parti.”

Présence obligatoire
Car le contrôle, autoritaire, est aussi capillaire. Le PCC est présent partout. Depuis 1993, une loi impose à toutes les sociétés, locales ou étrangères, basées en Chine, qu’elles acceptent en leur sein la présence de cellules du parti. Alors qu’en 2012 Pékin avait affiché l’objectif de “couvrir de manière exhaustive” le secteur privé, un peu moins de 50% des entreprises privées chinoises hébergeaient en 2018 une section du parti, selon un sondage officiel du régime. Dans les grands groupes privés, la pénétration est en revanche quasi-totale puisque 92% des 500 plus grandes entreprises du pays abritent une cellule du parti. Et les choses ne devraient pas en rester là. “Le quatorzième plan quinquennal couvrant la période 2021-2025, et adopté en mars dernier, confirme que le pouvoir central compte renforcer significativement son contrôle de l’économie au cours des cinq prochaines années” , juge Alice Ekman, analyste responsable de l’Asie à l’Institut des études de sécurité de l’Union européenne.

S’agissant des grands conglomérats d’Etat, la situation est bien sûr la même. Mais la part des 160.000 entreprises publiques a fortement baissé par rapport au produit intérieur brut (PIB). Le ratio est passé de 90% à environ 30% en trente ans. Mais leur rôle est crucial. Une centaine d’entre elles dépendent d’ailleurs directement de l’Etat central et sont comme le géant du BTP, CHEC, les têtes de pont du PCC concernant les Nouvelles routes de la soie ou le plan d’expansion industrielle “Made in China 2025”. A cela se greffent, à l’instar de Huawei, des entreprises “grises”. Leur opacité actionnariale et la manne financière publique dont elles disposent les placent de fait dans le giron immédiat de l’Etat-parti.

Prospérité commune
Ce tour de vis s’explique aussi à travers le slogan en vogue et cher à Xi Jinping: la “prospérité commune”. Face au problème de redistribution des revenus –1% des Chinois les plus riches détiennent 30,6% de la richesse nationale – Pékin oriente ses entreprises vers des secteurs jugés utiles au parti. Afin de rendre son tissu économique encore plus malléable, le principal outil d’influence de la Chine, l’organe Front Uni, rattaché au PCC, a lancé en janvier 2021 une nouvelle section destinée aux classes sociales émergentes. “L’objectif est de cibler dans les entreprises les jeunes urbains éduqués et de faire en sorte qu’ils soient les relais de la stratégie du parti”, analyse Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique. Des hauts potentiels, oui, mais au service du pouvoir central.

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