| | | | | | | | Grecfrites | | Jeune Communiste | | 230 messages postés |
| Posté le 06-09-2020 à 18:21:36
| https://acta.zone/alibaba-en-terrain-minier/ À propos de l'arrivée d'Alibaba, un des (si ce n'est LE) plus gros groupe chinois en Europe et notamment dans la région de Liège. ALIBABA EN TERRAIN MINIER 31 août 2020 Résistance liégeoise contre lautre géant du e-commerce Si Amazon fait désormais office de symbole du capitalisme ravageur, son homologue Chinois, Alibaba, demeure assez méconnu dans les pays occidentaux. Cette multinationale du commerce en ligne atteint pourtant une taille colossale et ambitionne désormais dinvestir les marchés européens. Pour ce faire, lentreprise a besoin dune première méga-plateforme logistique sur le continent et cest la ville wallonne de Liège qui a été désignée pour laccueillir. Dans ce territoire industriel en déclin, la construction dun entrepôt de 380 000 m² (un des plus grands du monde), suscite de faux espoirs demplois mais génère aussi des résistances qui font écho aux mobilisations croissantes contre Amazon. Cédric Leterme, membre du collectif Watching Alibaba et chercheur au GRESEA (Groupe de Recherche pour une Stratégie Économique Alternative) et au CETRI (Centre tricontinental), revient sur cette mobilisation dont les enjeux dépassent largement les frontières belges. Peux-tu nous expliquer ce que représente aujourdhui Alibaba ? En quoi le géant chinois diffère-t-il dAmazon, son homologue étasunien ? Doit-on sattendre à une expansion de même ampleur pour Alibaba que pour Amazon, à une concurrence effrénée entre ces deux multinationales ? Alibaba est aujourdhui une des plus puissantes entreprises du monde. Elle fait partie des « BATX » (« Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi »), léquivalent chinois des GAFA. Cet été, elle a détrôné Facebook à la sixième place des entreprises ayant la plus forte valorisation boursière. On la qualifie souvent « dAmazon chinois », même si des différences importantes existent entre les deux groupes. Par exemple, à la différence dAmazon, Alibaba sest historiquement construite comme une pure « place de marché », cest-à-dire comme un simple intermédiaire entre acheteurs et vendeurs. Ça lui a permis de dégager des marges et des taux de profits longtemps supérieurs (et de loin) à Amazon parce quelle devait embaucher moins de monde, construire moins dentrepôts, stocker moins de marchandises, etc. Mais aujourdhui, les deux modèles tendent à se rejoindre. Dune part, parce quAmazon développe aussi son activité de place de marché. Dautre part, parce quAlibaba fait le chemin inverse, en internalisant de plus en plus dactivités quelle se contentait jusque-là de coordonner, une tendance que devrait renforcer la crise du coronavirus. Mais les deux groupes se ressemblent aussi et surtout parce quils sont aujourdhui devenus bien plus que de simples plateformes de commerce électronique. Ils font désormais office de leaders mondiaux dans des domaines stratégiques comme lintelligence artificielle ou linformatique en nuage (le cloud). Leur véritable business, comme pour les autres géants du numérique, ce sont les données. Pour en récolter et en exploiter un maximum, Alibaba peut-être encore plus quAmazon a rapidement développé tout un écosystème de services intégrés autour de ses plateformes : messagerie en ligne, paiement électronique, services logistiques, etc. À limage dAmazon, elle se diversifie aussi en investissant dans des secteurs comme laudiovisuel, les médias, la santé, et elle nhésite pas à racheter des rivaux potentiels et/ou des entreprises prometteuses. Par contre, là où il y a encore une grosse différence, cest au niveau de limplantation internationale. Alibaba continue de réaliser lécrasante majorité de son chiffre daffaire et de ses profits en Chine, alors quAmazon a une présence internationale plus établie. Mais ici aussi les choses évoluent, puisquAlibaba cherche précisément à sinternationaliser depuis quelques années pour faire face à la saturation du marché chinois et au ralentissement plus général de léconomie en Chine. Pour lheure, cest surtout en Asie du Sud-Est quelle a réussi à simplanter, en y dominant dailleurs Amazon. Elle vise désormais lAfrique et surtout lEurope (le continent américain paraît plus difficile à contester). Cest dans ce contexte que sinscrit larrivée dAlibaba à Liège, qui doit devenir son principal hub logistique européen. Pourquoi Alibaba a-t-il choisi Liège pour implanter sa première grande base logistique en Europe ? Quels sont les enjeux pour lentreprise ? Et quels sont les promesses et les risques pour le territoire Liégeois, déjà très marqué par la grande industrie ? Un des éléments de la stratégie dAlibaba pour conquérir des parts de marché à linternational consiste assez logiquement à essayer dy améliorer ses délais de livraison. À lheure actuelle, il faut compter entre une semaine et dix jours. Lobjectif, cest de ramener ce délai à moins de 72h, quel que soit lendroit doù vous commander. Pour ce faire, la première étape consiste à établir un réseau de hubs logistiques régionaux de première ligne qui serviront de relais vers des réseaux secondaires, tertiaires, etc., jusquaux consommateurs finaux. Il faut donc choisir des lieux stratégiques, à la fois dun point de vue géographique, mais aussi en termes dintermodalité par exemple. Or, Liège est au cur de lEurope, à quelques heures seulement de la plupart des grandes capitales du continent. Son aéroport est spécialisé dans le transport de marchandises (les vols passagers ne représentent que 10% du total) et il sagit dun des rares aéroports européens à pouvoir encore fonctionner 24h/24, 7j/7. La ville est également connectée aux grands réseaux autoroutiers, ferroviaires, fluviaux et mêmes maritimes. Et puis, il sagit dun ancien bassin sidérurgique avec un taux de chômage élevé, ce qui en fait également un lieu dimplantation de choix pour les projets logistiques. Côté liégeois, larrivée dAlibaba sinscrit dans le prolongement dune stratégie de redéploiement économique par la logistique aéroportuaire mise en place dès les années 1990. Avec cet accord, laéroport ambitionne dintégrer le top 3 des principaux aéroports de fret en Europe, avec la première place en ligne de mire. À court terme, cest toutefois évidemment la création demplois qui est mise en avant. On parle ainsi de 900 emplois directs créés une fois le projet complété et denviron 2100 emplois indirects. On se flatte également de devenir un partenaire privilégié dun des fleurons mondiaux de léconomie numérique, et des possibilités que cela ouvrira pour les entreprises wallonnes, notamment en termes de nouvelles opportunités sur le marché chinois. Dans cette optique, un accord a dailleurs été conclu, en parallèle, entre le gouvernement fédéral belge et linitiative publique-privée « eWTP » dAlibaba pour développer ensemble le commerce électronique entre les deux pays et au-delà. Mais cet accord ne fait pas que des heureux. Il y a dabord toute la question des riverains. Ceux qui seront expropriés pour faire de la place au projet dentrepôt et aux aménagements afférents (routes, parking, etc.). Et ceux qui auront à subir (encore plus) les nuisances liées à laéroport, à commencer par le bruit des avions ou le trafic autoroutier. On parle quand même de la possibilité de multiplier par 4 le nombre de camions sur les routes suite à larrivée dAlibaba. Or, pour beaucoup de riverains, la situation actuelle nest déjà pas tenable. Et les projets dexpansion risquent de toucher des personnes qui ne sont pas incluses pour linstant dans les programmes de compensation. Donc, il y a déjà là toute une série de problèmes qui devrait donner lieu à des recours en justice. Alibaba en terrain minier Ensuite, il y a la question de limpact environnemental plus général du projet. On la dit, on parle dune augmentation drastique du trafic aérien et autoroutier avec son lot de gaz à effet de serre et de pollutions diverses. Et on parle également de bétonner, à terme, une surface dau moins 380 000 m2 (la taille prévue de lentrepôt) sur des terres particulièrement fertiles dont une partie se trouve au-dessus dune nappe phréatique
Et tout ça pour quoi ? Pour accueillir une multinationale qui promeut la surconsommation et le dumping fiscal, social et environnemental, soit lexact opposé de ce quil faudrait faire pour commencer à se préparer aux chocs écologiques et sociaux qui vont se multiplier dans les années à venir. Dans ce contexte, beaucoup de liégeois trouvent donc la pilule difficile à avaler, dautant que les emplois quon nous promet en échange risquent bien dêtre des emplois précaires et pénibles. Certains ont donc décidé de se mobiliser contre ce projet, avec notamment la création de la plateforme Watching Alibaba qui constitue aujourdhui la coupole la plus large et qui sest lancée dans un travail de sensibilisation, danalyse, de mise en réseau et dorganisation dactions qui dure maintenant depuis plus dun an. Comment sest construite la mobilisation contre Alibaba et quels types de réseaux militants sont impliqués ? Sachant que cette thématique de lutte peut créer des croisements intéressants, mais aussi soulever des antagonismes, comme les classiques chantages à lemploi. En quoi la vague écologiste a-t-elle nourrie cette lutte, en pratiques et en symboles ? Pour Watching Alibaba, la mobilisation a commencé par la publication dune carte blanche et la création dun site internet, suivis de lorganisation de soirées dinformation à Liège qui ont réuni pas mal de monde. Lidée cétait de faire exister le débat et surtout davoir un point de contact et une structure permettant de fédérer et de coordonner les différentes oppositions au projet. Très vite, un noyau de coordination sest constitué et quatre groupes de travail ont été créé : un groupe juridique, un groupe étude, un groupe communication et un groupe action. Les acteurs impliqués sont assez divers, ce qui constitue à la fois une richesse et un défi. Pour caricaturer un peu, à un extrême on retrouve des riverains, souvent dun certain âge, qui se mobilisent dabord pour des raisons qui touchent leur vie quotidienne avec une approche très technique, juridique. Et à lautre, des jeunes activistes qui sont plutôt là pour lutter contre le capitalisme mondialisé et qui rêveraient dune zad liégeoise. Entre les deux on retrouve des travailleurs associatifs liés à des réseaux militants dinspiration écosocialiste, des militants de structures plus instituées comme ATTAC ou Greenpeace, des profs duniversité engagés,
Ce nest donc pas spécialement évident de faire coexister tout ce petit monde qui na pas toujours les mêmes envies, les mêmes codes et cultures politiques, les mêmes disponibilités. Ce problème a été en partie contourné implicitement par la création des groupes de travail, mais cest à double tranchant, puisque ça a tendance à créer des dynamiques parallèles qui ne se croisent pas assez. Et quand ça finit par être le cas, les problèmes peuvent vite ressortir
Donc la question de la coordination reste une question cruciale sur laquelle on continue dessayer davancer par essai-erreur, en sefforçant dêtre les plus bienveillants et constructifs possibles entre nous, mais ce nest pas toujours facile
Lautre gros problème, cest la relation avec le monde syndical. Pour linstant, elle est quasiment inexistante. Les deux principaux syndicats (FGTB, socialiste et CSC, catholique) sont assez mal à laise sur cette question, parce quils ne veulent pas cracher sur des centaines demplois. Dautant quils ont largement cautionné la spécialisation logistique liégeoise de ces dernières décennies. Donc cest difficile de venir maintenant remettre en cause cette implantation-ci sans remettre en cause toute la stratégie
et les emplois qui vont avec. Leur discours consiste à dire quil ne faut pas trop faire la fine bouche compte tenu du taux de chômage à Liège et que limportant cest surtout de sassurer de la qualité des emplois promis. Chez certains militants et dirigeants syndicaux, il y a même une forme dirritation face à une mobilisation qui est perçue (en partie à raison) comme étant portée par des personnes qui peuvent se payer le luxe de défendre des considérations écologiques sans mettre en péril leur emploi ou leur possibilité den trouver un. Mais il y a aussi des grosses divisions au sein même des syndicats, notamment générationnelles, avec beaucoup de jeunes militants ou permanents syndicaux, par exemple, qui sont actifs dans les mobilisations pour le climat et qui ne comprennent pas que leur syndicat ne se mobilise pas plus explicitement contre ce type de projet. Donc ça va être un des enjeux clés des mois à venir. Construire des ponts avec le monde syndical, et plus largement le monde du travail, sans jouer les donneurs de leçon, en insistant à la fois sur les coûts écologiques du projet et sur la précarité et la pénibilité structurelles des emplois logistiques. Mais aussi en réfléchissant ensemble à des alternatives concrètes et enviables à mettre en avant. Étant donné lenvergure dun groupe comme Alibaba et ses liens avec lÉtat chinois, son implantation en Europe et la concurrence avec Amazon soulèvent aussi des enjeux géopolitiques. Alibaba est-il le symbole dune nouvelle expansion chinoise ? Dun nouvel équilibre international ? La simple prolongation dun modèle capitaliste occidental ou bien une version renouvelée ? Cest une question délicate, parce quil ne faut pas tomber dans lethnicisation du débat ou la rhétorique anti-chinoise primaire, même sil y a effectivement des spécificités liées au fait quAlibaba est une entreprise chinoise. Dabord, il faut bien voir que ces spécificités sont surtout liées à la structure politique et économique du pays, ainsi quà la position et à la stratégie internationales actuelles du gouvernement chinois. Pour ce dernier, les technologies numériques sont un secteur stratégique prioritaire, non seulement en termes de développement économique mais aussi du point de vue de ses ambitions géopolitiques. Des entreprises comme Alibaba sont explicitement considérées et soutenues comme des vecteurs clés de linfluence (numérique) chinoise à linternational, essentiellement à travers le volet numérique des « nouvelles routes de la soie » dont elles sont les principales bénéficiaires. En retour, elles défendent donc plus ou moins directement les intérêts et les objectifs de Pékin sur la scène internationale. La promotion par Alibaba de leWTP, par exemple, sinscrit parfaitement dans le discours officiel chinois de promotion dune mondialisation alternative à celle promue jusquici par les américains et qui naurait bénéficié quà une poignée de multinationales occidentales. Mais sils prennent des formes institutionnelles et rhétoriques particulières dans le cas chinois, ces liens entre lÉtat et des multinationales du numérique se retrouvent aussi ailleurs. Aux États-Unis, en particulier, on ne compte plus les scandales liés aux révélations des liens entretenus par lÉtat et les GAFAM. Et ces derniers temps, beaucoup de ces entreprises numériques américaines ont publiquement revendiqué leur patriotisme, notamment face à la Chine
Enfin, il ne faut pas non plus surestimer le degré dalignement entre une entreprise comme Alibaba et la stratégie officielle du gouvernement chinois (qui peut elle-même se révéler contradictoire, mais cest un autre sujet). Alibaba reste une entreprise privée, avec un statut et des marges de manuvres différents de ceux dont disposent les entreprises dÉtat chinoises, par exemple, ce qui crée dailleurs des tensions en Chine entre ces différents acteurs. En outre, comme le souligne notamment la chercheuse Hong Shen il est difficile de caractériser Alibaba comme une société purement chinoise quand on observe la structure de son actionnariat, lequel regroupe un réseau complexe et divers dinvestisseurs internationaux. Il y a donc évidemment des alignements stratégiques plus ou moins contraints entre Alibaba et lÉtat chinois, mais aussi des tensions, voire des contradictions, y compris en matière dexpansion internationale.
-------------------- |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 07-09-2020 à 11:12:54
| "une multinationale qui promeut la surconsommation et le dumping fiscal, social et environnemental" C'est un jugement un peu rapide. - surconsommation ? Non la consommation s'ajuste nécessairement au pouvoir d'achat et c'est un argument décroissant qui ne tient pas. La conséquence des plate-formes est l'accélération de la fin du petit commerce, mais c'est un mouvement qui est indépendant de la Chine et irréversible. - dumping fiscal ? Bonne question. Est-ce qu'Alibaba paie des taxes contrairement à Amazon ? Est-ce que la Chine menace de taxer les vins français comme a fait Trump avec les GAFA ? - dumping social ? Idem. Est-ce qu'Alibaba paie ses salariés en Europe en dessous du tarif légal ? - Dumping environnemental ? L'article développe les nuisances liées au transport, elles sont identiques à toutes les plateformes et la ceinture et la route est essentiellement par voie ferrée. Après cela dépend des infrastructures de chaque pays, pas de la plateforme qui s'y installe. Sur ces quatre point l'article affirme sans démontrer. C'est purement de l'insinuation. La construction dun entrepôt de 380 000 m² (un des plus grands du monde), suscite de faux espoirs demplois" L'article donne des chiffres. Evidemment il s'agit d'anticipation et non de données réelles mais il ne démontre nulle part que les "espoirs d'emplois" soient faux. Sur la question environnementale, c'est vrai que le développement du commerce mondialisé induit des nuisances qu'on observe partout, et qui ne sont pas imputables spécialement à la Chine, comme le transport aérien et routier, ce dernier envahissant les autoroutes avec des risques d'accidents à la clé et une grande pollution sonore et atmosphérique. Il est nécessaire de trouver des alternatives mais la mondialisation ne va pas revenir en arrière. Maintenant l'économie - mais même les particuliers - ne peuvent plus attendre des semaines avant de recevoir une pièce, et la relocalisation n'est pas généralisable. Ce serait actuellement un retour à l'économie fermée et un recul dans le développement des forces productives à l'échelle mondiale. L'article ne dit absolument rien des plateformes étrangères installées en Chine comme Wallmart, qui y tient une large place. Pourquoi Alibaba n'aurait-il pas le droit de s'implanter aussi à l'étranger ? Quant à la saturation du marché chinois c'est un mensonge pur et simple puisque la lutte contre la pauvreté dans les campagnes se poursuit et que la consommation intérieure a encore beaucoup de chemin à parcourir. Je trouve que cet article arrive à point nommé dans le conflit US contre RPC, alors qu'Amazon tient le haut du pavé et qu'Alibaba commence tout juste à s'implanter en Europe. Existe-il un collectif Watching Amazon animé par les mêmes ? A ma connaissance Watching Amazon est une appli Amazon... Le CETRI qui se veut une ONG au service du sud, "anticapitaliste" et opposé à une mondialisation libérale, ne dénonce nulle part l'hégémonisme US et prétend que l'opposition à la mondialisation libérale puisse venir "d'initiatives citoyennes"...c'est franchement bidon. J'aimerais voir comment des "initiatives citoyennes" pourraient développer une alternative à Google par exemple. Lorsque la Chine oppose à l'hégémonisme US une alternative, le CETRI se met en travers. Ce groupe se situe dans le même fil que Libé, l'Obs et Cie. et pratique comme eux une info biaisée.
Edité le 07-09-2020 e 11:21:17 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| | |
| | | | | | | | | |
|