| | | | | | | | robertbibeau | | Militant de valeur | | 280 messages postés |
| Posté le 25-10-2012 à 02:02:52
| Les migrants du Bounty ? Pourquoi les métropoles européennes sont-elles pleines dafricaines et dafricains au regard hagard, au sourire contrit, désemparés mendiant pauvrement, vendant à la tire, «bossant» durement, le balai à la main, la pelle au bout du bras, fouillant la benne à ordures derrière le restaurant ? Quel désespoir incommensurable a bien pu chasser ces êtres admirables hors de leur patrie ensoleillée quils apprécient tant ¬ et les pousser sur les chemins de lexil pleins de périls pour aboutir sous le pont Mirabeau, sur la Grande Place, derrière le Parthénon, autour du Colisée, sur Piccadilly Circus et face au Reijks Museum ? Leur exode risqué sest amorcé il y a quelques années au Sénégal, en Côte dIvoire, en RDC, au Burkina, au Kenya, en Somalie, au Mali ou au Rwanda, peu importe; il a toujours débuté là où leur vie était menacée, puis par monts et par vaux, à pied, en car, en train ou en bateau, la longue caravane des déshérités sest ébranlée laissant ça et là son tribut déclopés, daffamés, dépuisés, de morts vivants, dans le grand désert brûlant, sur les chemins de brousse mal famée, dans locéan déchaîné jusquà Ceuta linsolente, Tripoli la décadente, Alexandrie lénigmatique ou Tunis la tragique. Là, les derniers rescapés de ces sentiers de souffrance se feront offrir à gros prix par un passeur bandit de compléter la traversée du continent de la faim vers un illusoire paradis pour démunis où ils iront grossir les rangs des exclus de la prospérité tapageuse et surfaite. Nul ne sait encore sur ce rafiot de la mort quau bout de ce chemin de Calvaire sur les flots mortifères, la dernière épreuve sera dêtre arraisonnée avant que dêtre retourné sur leur chemin damertume ! Dans les pages qui suivent nous allons répondre à une question simple et complexe, à savoir : « Pourquoi tant dimmigrants africains affrontent le désert, locéan et la mer, les garde-côtes et les passeurs tueurs pour migrer vers lEurope ce continent de malheur ? ». Cest que dans les pays africains de misère, où les compagnies minières pillent le minerai précieux et cher alors quelles nabandonnent rien aux crève-la-faim, si bien quaprès avoir travaillé pour presque rien dans ces charniers denfer les fils de lAfrique, sils ny sont pas trépassé, entreprennent la traversée de la jungle, des savanes, des déserts, des barbelés, de la mer meurtrière afin daller gagner quelques deniers à expédier à la parenté restée sous le tir des troupiers et sous les bombes anti-personnel des terrassiers, ou sur la plantation de café-exporté, mal payé, ou au fond dun trou de mine-assassine. Le pillage du coltan Nous ferons la démonstration de ce crime sanglant à partir de lexemple du coltan. Le coltan (métal rare, indispensable à la fabrication de cellulaires et de téléviseurs) est extirpé des puits de mines artisanales en République Démocratique du Congo (80 % des réserves mondiales), puis, aussitôt exproprié et exporté vers les usines de transformation dEurope, dAmérique et surtout dAsie (1). Cest la transformation industrielle du minerai qui crée de la valeur et de la plus-value doù les capitalistes tirent leurs profits industriels et marchands et lÉtat ses impôts et ses taxes (le kilo de coltan traité se vend 500 $ sur le marché). Lextraction minière du coltan rapporte très peu. Le salaire dun mineur de la mort dans la province du Kivu (RDC) se situe entre 10$ et 50$ par semaine, ce qui est tout de même le quadruple du salaire congolais moyen (10$-50$ par mois). Un mineur extrayant en moyenne 1 kilo de coltan par jour, 7 jours par semaine, reçoit donc pour sa peine un salaire hebdomadaire médian de 35$ contre une production de 7 kilos x 500$ = 3 500$, soit un pourcent de la valeur de la marchandise. Vous croyez que lAfrique reçoit sa juste part des richesses quon lui vole ? Cessons de distribuer la charité aux africains mal-aimés. Cessons de leur prêter de largent pour sendetter pour léternité et laissons-les bénéficier de leurs richesses continentales et ils seront prospères, croyez-vous ? Non évidemment ! Pourquoi ? Parce que tout dépend de quelle classe sociale sapproprie ces richesses privées ou collectives ! Nous y reviendrons plus avant. Sachez quen moyenne chaque kilo de coltan coûte la vie à deux enfants mineurs au Kivu-Congo ravageur, peu importe la langue, lethnie ou la religion de ces jeunes souffre- douleurs. Ces enfants meurent sous les éboulis dans des mines artisanales délabrées. Linternationalisme de lexploitation capitaliste sévit dans ce pays dans toute son ignominie. Les troupes du Rwanda, de lOuganda et du Burundi armées et financées par des multinationales des nouvelles technologies comme Apple, Nikon, Sony, Nokia, Ericsson et autres monopoles occidentaux occupent la région du Kivu afin dy exproprier le coltan exploité par de misérables flibustiers armés avec la complicité des généraux seigneurs de guerre congolais, rwandais et ougandais. Le corsaire du coltan Laurent Nkunda, vous connaissez ? On en parle encore au journal télé (2). Le Premier Ministre canadien Stephen Harper a-t-il dénoncé ces magouilles lors de sa visite à Kinshasa récemment ? Aucunement ! Léchauffourée tribale et nationaliste nest ici que le Gris-gris de pays conquis et des petit-bourgeois européens et américains aigris chantant le salut de la patrie par le sang des Partisans. La journaliste Belge Colette Braeckman constate ceci : « A Kivu, une vingtaine d'avions chargés de minerais décollent chaque jour pour le Rwanda (qui selon lONU a empoché 250 millions $ de la vente de coltan NDLR). On peut y croiser des enfants qui travaillaient dans les mines et qui se sont échappés. Ils vous racontent comment ils se sont fait kidnapper sur le chemin de l'école. Tout le monde le sait, mais personne ne fait rien, même pas les Nations unies. Ce trafic ne va pas s'arrêter de sitôt. L'armée congolaise n'est pas efficace - c'est un héritage de Mobutu - et les généraux bénéficient aussi de ce business. Ils disent aller à Kivu pour faire la guerre, mais ils y vont aussi pour s'enrichir. Chaque faction, l'armée congolaise, les milices tutsies, etc. tous profitent de cette situation et n'ont pas intérêt à la changer. » (3). En corolaire de ces salaires de misère, chacun se rappellera de lassassinat de 34 mineurs Sud-africains soi-disant libérés de lapartheid par la police raciste dAfrique du Sud pour cause de grève ouvrière visant à hausser un salaire de 400 euros par mois tout compté. Ça sappelle mourir de faim en peinant durement (4). De tels salaires de crève-la-faim nassurent même pas la reproduction élargie de la force de travail. En dautres termes, plus louvrier africain travaille et plus il sapproche de la mort par lente inanition. Ces salaires nassurent pas non plus lédification dun marché national consistant sur lequel sappuierait la bourgeoisie marchande locale pour assurer laccumulation primitive du capital constant (CC) puis linvestissement en usines (CV) et le « Take off » capitalistique industriel moderne (5). Il en résulte que dans la division internationale du travail induite par limpérialisme occidental dominant (du moins jusquà présent), lAfrique a toujours obtenu le rôle de fournisseur de matières premières. Au début, à titre de fournisseurs de bêtes de somme esclaves valant moins que leur poids de céréales puis fournisseur de bois précieux et de denrées alimentaires spoliés sur des plantations expropriées aux autochtones comptant pour moins que rien dans ce marché. Enfin, on assiste aujourdhui à la spoliation des minéraux rares (dont le coltan), des pierres précieuses et du pétrole (10% des réserves mondiales) dont les peuples locaux ne tirent pratiquement aucun bénéfice. Les pilleurs étrangers protégés par leurs serviteurs nationaux Un service de garde chiourme des intérêts locaux des compagnies impérialistes étrangères (dont canadiennes) est assuré par une caste de prédateurs rois nègres cravatés, généraux de carnaval en képi entourés de meurtriers, de repris de justice et de corsaires déguisés en militaires mis au service de clans négriers appointés par quelques grandes entreprises monopolistes les dits monopoles miniers solidement abouchés aux ambassades occidentales de leur pays dorigine affectées dans ces contrées saignées à blanc. Tant que le président-nègre local accomplit correctement son travail dadjudant et tant quil réfrène ses appétits de gourmand nespérant jamais devenir aussi gros que le buf de la fable et tant quil sait embrasser la main qui le maintient sur son trône de paille sa réélection « démocratique » est assurée. Que le goinfre noir prétentieux tente un jour de redresser léchine et de saffranchir de cette tutelle dominatrice; quil manigance quelque nouvelle alliance avec une nouvelle puissance (pensons à Gbagbo en Côte dIvoire ou à Kadhafi en Libye ou à Kabila en RDC) et alors, les foudres de lenfer « démocratique » de lOccident hypocrite sabattent sur le récalcitrant en tourment. Lélection hier encore « démocratique » est aussitôt invalidée par lÉlysée la Maison Blanche le 10 Downing Street ou le Reichstag allemand la dite « communauté internationale » et lopposant complaisant décrété gagnant sur-le-champ. Le « démocrate » devient tyran, lami et lallié dhier devient usurpateur et les bombardiers et les drones téléguidés depuis les capitales occidentales fauchent soudainement les vies du peuple ainsi que le palais princier tout à coup outrancier après trente années tolérées au milieu de cette misère mortifère. Un polichinelle dun autre clan sera juché pour un temps sur le trône chambranlant quelques criminels de guerre seront promus généraux dopérette, les malfrats garde du corps de ce prétendant deviendront officiers dintendance, chargés dassurer la loyauté de ce nouveau métayer de la corvée présidentielle qui consiste essentiellement à signer les décrets de prospection et dexploitation des claims miniers, pétroliers et forestiers et les contrats dachat darmements afin dassurer la reproduction élargie du pouvoir compradore soumis. La petite et la moyenne bourgeoisie africaine «socialiste» Léconomie nationale des pays africains étant dominée et spoliée par les pays impérialistes occidentaux, la petite et la moyenne bourgeoisie nationale africaine, fragile et instable, na souvent pas grand accès aux prébendes, aux bakchichs, aux postes administratifs, gouvernementaux, judiciaires et militaires lucratifs, ni à la propriété foncière réservée à la grande bourgeoisie compradore. Ces fragments de classes sont donc aigris et menacés de paupérisation et déradication tout comme leurs cousins nord-américain et européen. La tentation est alors très grande pour ces sections de classes moribondes de lancer leur peuple dans la révolte aventurière sous le sceau frauduleux du « socialisme » lAngola, lAlgérie, lÉthiopie sont de ces pays qui ont connu de ces guerres « populaires » pour assoir le pouvoir de charlatans et de leurs sectes de prétendants moyens et petits bourgeois. On sait aujourdhui ce quil advint de ces tyrans pseudo-socialistes. Parfois, le néo-colonisateur ne laisse pas assez à boire et à manger, pas suffisamment de prébendes alléchantes pour satisfaire tous les larbins locaux vainqueurs du précédent gouvernement si bien que le partage du butin devient source de conflits sanglants entre pirates intra-tribaux intra-muros. Cest ce qui se produit en ce moment à Abidjan entre Ouattara ladjudant et ses sergents dapparat dont certains ont été abandonnés dans le caniveau au Ghana et au Burkina Faso doù les assassinats récents à la frontière du domaine convoité et contesté. Le prolétariat na rien à faire de ces guerres entre hyènes et chacals. LAFRICOM mène la charge Notez que les puissances impérialistes occidentales ne font pas confiance à cette engeance de larbins locaux pour maintenir lordre et le pouvoir de leur maître sur ces contrées convoitées. Aussi, les États-Unis ont-ils imaginé une superstructure militaire contraignante LAFRICOM pour représenter ses intérêts dans la région et pour embrigader, contrôler et entraîner ces va-nu-pieds déguisés en armée de métier. LAFRICOM organise et supervise les efforts de guerre et de maintien de lÉtat de guerre permanente, dextraction des ressources naturelles et de spoliation du travail salarié et de sa plus-value. Pour ne pas avoir accepté dembrigader son armée dans lagression en préparation au Nord du Mali le Président de Mauritanie a bien failli y laisser la vie. Il semble quaprès lattentat à demi réussi, il ait enfin compris. Lattaque contre le Mali aura bien lieu, supervisée par lAFRICOM et menée par la chair à canon régionale (6). En 2007, le conseiller du département dÉtat étasunien, le Dr J. Peter Pham, a affirmé que les objectifs stratégiques dAFRICOM consistaient à « protéger laccès aux hydrocarbures et autres ressources stratégiques abondantes en Afrique. [La] tâche [dAFRICOM] consiste à protéger la vulnérabilité de ces richesses naturelles et sassurer quaucune tierce partie comme la Chine, lInde, le Japon ou la Russie obtiennent des monopoles ou des traitements de faveur. (Nile Bowie, COVERT OPS IN NIGERIA: Fertile Ground for US Sponsored Balkanization, Global Research, 11 avril 2012.) (7). Une solution aux problèmes africains ? Par les temps qui courent, les peuples africains, loin de se reprendre en main et de mener à bien leurs luttes de libération contre la domination néocoloniale impérialiste, et surtout contre leur bourgeoisie compradore nationale organisée en castes autour de généraux seigneurs de guerre complaisants laissent plutôt tous ces vauriens offrir leur service dhomme de main aux différentes puissances hégémoniques. Aujourdhui en Afrique, certaines des anciennes puissances coloniales sont réapparues sur le devant de la scène, concurremment à leur allié et concurrent étatsunien, face à la Chine, nouvelle superpuissance ascendante. En 2012, la Chine est devenue le premier partenaire commercial de lAfrique devant les USA et la France. La Chine impérialiste a construit le siège social de lUnion Africaine, elle investit chaque année des milliards de dollars en projets routiers et ferroviaires. Elle exploite les mines et le pétrole et change la donne en construisant des usines clés en main en Éthiopie notamment, créant ainsi un prolétariat africain au Nord du Continent, complément au prolétariat de lAfrique du Sud. Ce sont là dexcellentes nouvelles pour la classe révolutionnaire africaine qui voit ainsi grossir ses rangs (8). Si vous souhaitez combattre les sectes religieuses intégristes, construisez des usines en Afrique. Voilà, résumées en quelques pages, les causes fondamentales du misérable exode africain vers lhémisphère Nord. Les puissances impérialistes occidentales absorbant lusufruit des ressources naturelles et expropriant une large part de la plus-value ouvrière et paysanne ainsi que les profits et les revenus des États croupions, il ne reste pratiquement rien pour la survie de ces pays. Aussi, plutôt que de se laisser mourir les africains suivent la trace de leurs richesses jusquau Nord de la Méditerranée. Peut-on changer ce désordre des choses ? Oui, certainement ! Il revient aux ouvriers et aux employés, mineurs, travailleurs des champs, métayers et artisans de sorganiser en parti politique révolutionnaire indépendant de laristocratie bureaucratique locale, aussi loin que possible de la petite et de la moyenne bourgeoisie nationale fuyant comme la peste les intellectuels hâbleurs et pédants pour diriger leurs coups meurtriers visant à renverser les commettants locaux de la classe capitaliste monopoliste internationale (9). ______________________________________________ (1) Lexploitation du coltan http://www.umoya.org http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_d%C3%A9mocratique_du_Congo (2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Kivu (3) Colette Braeckman (2012). http://observers.france24.com/fr/content/20081112-coltan-minerai-sang-congo (4) Afrique du Sud (2012). http://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_%C3%A0_Marikana (5) Robert Bibeau. La crise économique dans tous ses méfaits. (2012). http://les7duquebec.org/7-au-front/la-crise-economique-dans-tous-ses-mefaits/ (6) Exemple récent du coup dÉtat avorté en Mauritanie http://kassataya.com/mauritanie/vacance-du-pouvoir-qui-dirige-maintenant-le-pays (7) Julie Lévesque. (2012). Guerres secrètes des États-Unis en Afrique. http://www.mondialisation.ca/la-guerre-secrete-des-etats-unis-en-afrique/5308437 (8) Vincent Gouysse. (2012). 2011-2012 : Reprise de la crise. http://www.marxisme.fr/reprise_de_la_crise.htm La Chine avance ses pions en Afrique.(2012). http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-chine-avance-ses-pions-en-121877 La Chine en Afrique http://www.refletsdechine.com/apres-la-france-afric-la-chine-en-afrique.html (9) http://haratine.blogspot.fr/2012/04/la-bourse-des-esclaves.html http://www.afrohistorama.info/ http://kassataya.com/mauritanie/vacance-du-pouvoir-qui-dirige-maintenant-le-pays Le Parti Sadi. (2012). http://www.partisadi.net/2012/10/%c2%ab-faisons-payer-les-riches-%c2%bb-les-partis-%c2%ab-socialisants%c2%bb-au-pouvoir/
-------------------- http://www.les7duquebec.com |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 25-10-2012 à 14:13:29
| J'ai repris intégralement ici les deux articles correspondant aux liens de la note (8) : La Chine avance ses pions en Afrique et Après la FrancAfric, la Chine en Afrique ? Ces deux articles sont très instructifs sur les rapports comparés entre Chine - Afrique et Occident - Afrique. Il n'en ressort pas que la Chine soit impérialiste d'ailleurs.
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
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