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 A propos de l'écotaxe et des conflits en Bretagne

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Xuan
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   Posté le 01-11-2013 à 18:46:32   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le gouvernement socialiste recule une nouvelle fois face à une fronde des petits patrons bretons coiffés de bonnets rouges, que la CGT Bretagne dénonce légitimement comme des exploiteurs.
Cependant on ne peut pas s'empêcher de voir à travers ces événements la manifestation de contradictions entre la grande distribution et l'industrie agroalimentaire d'un côté et les PME de l'autre.

D'autre part cette taxe mise en route par Borloo et Cie a visiblement alléché d'autres intérêts.

Ci-dessous un article de Médiapart communiqué par un militant du "réseau faire vivre et renforcer le pcf", suivi de la déclaration CGT Bretagne.


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Le Roman noir de l'écotaxe

Orange Martine, Médiapart du 01 novembre 2013


Un contrat léonin souscrit au détriment des intérêts de l’État, des soupçons de favoritisme et de corruption, la menace d'un montant faramineux de 800 millions d'euros à verser en cas d'annulation, une taxe qui ne répond pas aux objectifs de fiscalité écologique... La mise en place de l’écotaxe en France tourne au scandale d’État.

Qui a signé le contrat de l’écotaxe ?


Au lendemain de l’annonce de la suspension de la taxe sur les transports de poids lourds annoncés par Jean-Marc Ayrault, la pression politique monte au fur et à mesure que le gouvernement révèle les termes du contrat de partenariat public-privé dans lequel il se retrouve piégé.
L’État devrait verser 800 millions d’euros de dédit à la société privée Ecomouv, chargée de la mise en place de cette taxe, si jamais il revenait sur sa décision de l’implanter dans les conditions arrêtées par le contrat. 800 millions d’euros ! La somme a sidéré l’ensemble des Français.
« Il n’y a pas un scandale de l’ écotaxe, il y a un scandale Ecomouv », a dénoncé Joël Giraud, député radical de gauche lors de la séance des questions d’actualité. Le sénateur PS François Rebsamen demande une commission d’enquête parlementaire pour mettre au clair les conditions d'attribution de ce partenariat public-privé. Il avoue avoir des « doutes sur la création de cette société censée collecter l’écotaxe ». Jusqu’alors déterminée à utiliser sur tous les tons politiques le thème du ras-le-bol fiscal, prête à dauber sur le énième recul du gouvernement, la droite se tient silencieuse. C’est elle qui a imaginé, porté, choisi les modalités de la mise en œuvre de l’écotaxe, accepté les termes de la société Ecomouv. Même si le contrat a été officiellement signé le 20 octobre 2011 par le directeur des infrastructures, Daniel Bursaux, la signature a été précédée d’un accord écrit de Nathalie Kosciusko-Morizet, alors ministre de l’environnement, Valérie Pécresse, ministre du budget, François Baroin, ministre de l’économie et des finances. Mais, brusquement, les uns et les autres se dégagent de toute responsabilité. Tout semble s’être passé ailleurs, sans eux. « Nathalie Kosciusko-Morizet a bien signé. Mais elle ne s’en est pas occupée. Tout était déjà bouclé », assure sa porte-parole, éludant la question de savoir si elle aurait pu remettre en cause le projet. « Moi, je n’ai rien signé. Le seul texte que j’ai approuvé est le décret pour l’application de l’écotaxe, le 6 mai 2012 (le jour même du second tour de l’élection présidentielle - ndlr) », semble presque se féliciter Thierry Mariani, alors ministre des transports et normalement chargé de la gestion du dossier. Lui aussi dit qu’il n’avait aucun pouvoir de modifier les choses, « tout avait été arrêté avant ». Tous les regards se tournent vers Jean-Louis Borloo, qui a occupé auparavant le poste de ministre de l’environnement. C’est lui qui a lancé l’écotaxe, seul résultat tangible du Grenelle de l’environnement. Très bavard au lendemain de la révolte bretonne, critiquant la mauvaise gestion gouvernementale, l’ancien ministre de l’environnement se tait désormais. Il n’a pas retourné nos appels. Quant à Dominique Bussereau, ministre des transports qui a supervisé lui aussi le lancement du projet, il a disparu des écrans radars. Le jeu de défausse des responsables de droite traduit leur inquiétude. Les uns et les autres flairent le danger. Tout est en place pour un scandale d’État. Car il n’y a pas que les 800 millions d’euros de dédit qui sont hors norme. Des choix du contrat aux conditions d’implantation en passant par la sélection de la société, tout a été fait dans des conditions extravagantes, au détriment de l’État. Sous couvert d’écologie, le gouvernement de Nicolas Sarkozy et l’administration ont accepté des mesures exorbitantes du droit commun, allant jusqu’à revenir sur le principe républicain que seul l’État perçoit l’impôt. Chronique d’un naufrage. Dans l’opacité du PPP Cela n’a jamais fait l’objet d’un débat. D’emblée, il était évident pour Jean-Louis Borloo que la mise en place de l’écotaxe se ferait dans le cadre d’un partenariat public-privé. « Il y a un consensus dans la haute fonction publique sur ces contrats. Elle ne jure que par eux, avec toujours les mêmes arguments. D’abord, le privé est toujours mieux et sait toujours mieux faire. Et maintenant, l’État est ruiné. Il ne peut plus s’endetter pour mener les projets par lui-même. Désormais, tout passe par les PPP. Cela a coûté dix fois plus cher, comme l’a démontré la Cour des comptes, engagé la Nation et les finances publiques pour des décennies, et on continue. Depuis dix ans, on est ainsi en train de découper tranquillement tous les biens publics pour permettre à des privés de se constituer des rentes à vie », explique un ancien trésorier payeur général. Dans le cadre de l’écotaxe, un autre argument est ajouté : celui de la technicité. Il faut implanter des portiques de détection, diffuser des équipements embarqués à bord des camions pour permettre de les identifier, gérer les données, percevoir la taxe. Tout cela demande des équipements, des hommes, des logiciels, des traitements de données. Qui mieux que le privé peut gérer une telle complexité ? s’interroge le ministre de l’écologie, qui pas un instant n’imagine faire appel à des prestataires de services au nom de l’État. Toute la charge doit être déléguée au privé. Il y a bien un problème, malgré tout. C’est la perception de l’impôt. Depuis la Révolution, l’impôt ne peut être perçu que par l’État. Mais si le privé n’est pas assuré de mettre la main sur les recettes, jamais il n’acceptera de participer au projet. Qu’à cela ne tienne, on habillera le procédé d’un nouveau terme en novlangue : on parlera « d’externalisation de la collecte de l’impôt ». Une grande première qui sera confirmée dans les articles 269 à 283 quater du Code des douanes. Jamais l’État n’a confié au privé la perception des impôts.

« C’est le grand retour des fermiers généraux », dénonce Élie Lambert, responsable de Solidaires douanes, qui redoute le précédent. Très tôt, le syndicat s’est élevé contre les conditions obscures et léonines de ce partenariat public-privé en décortiquant avec précision tous les enjeux de ce contrat, mais sans rencontrer jusqu’à maintenant beaucoup d’audience (lire ici son analyse). « Non seulement, ce contrat tord tous les principes républicains. Mais il le fait dans des conditions désastreuses pour l’État. En exigeant 240 millions d’euros par an pour une recette estimée à 1,2 milliard d’euros, le privé a un taux de recouvrement de plus de 20 %, alors que le coût de la collecte par les services de l’État, estimé par l’OCDE, est d’à peine 1 %, un des meilleurs du monde », poursuit-il.

Soupçons de corruption

Dès le 31 mars 2009, Jean-Louis Borloo lance donc un appel d’offres pour la mise en place d’un télépéage sur l’écotaxe, dans le cadre d’un partenariat public-privé. Mais il le fait dans le cadre d’une procédure spéciale, uniquement possible pour les PPP : le dialogue compétitif. Cette procédure, dénoncée par des parlementaires dès la première loi sur les PPP en 2004, permet tous les détournements de la loi. L’État et les parties privées ne sont plus tenus par rien, ni par le code des marchés publics, ni par la loi Sapin. Les offres peuvent évoluer au gré des discussions. Une solution proposée par un candidat peut être reprise par l’autre. Officiellement, cela permet à l’État de garder la main sur toute la procédure et prendre les meilleures idées partout. Dans les faits, cela peut donner lieu à tous les tours de passe-passe. Vinci, premier groupe de BTP et premier concessionnaire autoroutier en France, qui était très attendu, choisit de ne pas répondre à l’appel d’offres « jugé trop compliqué » selon un de ses dirigeants. Trois candidatures demeurent : celle du groupe italien autoroutier, Autostrade, au départ tout seul ; celle de Sanef, deuxième groupe autoroutier français contrôlé par l’espagnol Abertis, accompagné par Atos et Siemens ; enfin un troisième consortium est emmené par Orange. Les enjeux sont si importants qu’ils vont donner lieu à une bataille féroce. Soupçons de corruption Le 13 janvier 2011, Pierre Chassigneux, préfet, ancien responsable des renseignements généraux, ancien directeur de cabinet de François Mitterrand, devenu président de Sanef, écrit à Jean-Paul Faugère, directeur de cabinet du premier ministre François Fillon. Il est inquiet. Par de multiples bruits de couloirs, si fréquents dans l’administration, la même information lui revient : la proposition de Sanef qui, jusqu’alors semblait en tête, est en train d’être distancée par celle d’Autostrade. Celui-ci fait maintenant figure de favori. Dans sa lettre, Pierre Chassigneux met en garde le directeur de cabinet sur la candidature d’Autostrade, qui n’a aucune référence en matière de télépéage à la différence de Sanef. Il le prévient aussi qu’au vu d’un certain nombre de distorsion dans l’appel d’offres, son consortium n’hésitera pas à porter le dossier devant le tribunal administratif. Son courrier est explicite : « Ajouté au risque politique évident que présente déjà l’instauration d’une taxe poids lourds, celui d’un cafouillage de mise en place dû à l’incapacité de l’opérateur choisi, additionné d’un contentieux (…) dont le résultat ne fait aucun doute, me paraît présenter une forte accumulation de facteurs négatifs. » Il ajoute : « Le groupe est tout à fait prêt à s’incliner devant une offre concurrente jugée meilleure, à condition que les règles de fair-play et de saine concurrence soient respectées, ce qui n’est hélas ici manifestement pas le cas. » Car le consortium emmené par Sanef a noté tous les changements intervenus depuis le dépôt des candidatures à l’appel d’offres. Le groupe italien qui était tout seul au départ s’est « francisé » en s’adjoignant le concours de la SNCF, Thalès, SFR et Steria comme partenaires très minoritaires (Autostrade détient 70 % du consortium). De plus, l’État a introduit des critères très imprécis pour évaluer les offres, comme celui de la crédibilité. Il a aussi changé les critères du coût global de l’offre. Enfin, le consultant extérieur, Rapp Trans, chargé d’aider l’État à évaluer les candidatures, est aussi conseiller d’Autostrade dans de nombreux projets. Cela fait beaucoup de transgressions par rapport aux règles usuelles. Mais il y a un autre fait qui alarme Pierre Chassigneux. Des rumeurs de corruption circulent autour de ce contrat. Sanef se serait vu conseiller d’appeler un grand cabinet d’avocats, rencontré dans de nombreuses autres affaires, s’il voulait l’emporter. L’ancien directeur des RG décide alors, comme cela a déjà été raconté par Charlie Hebdo et Le Point, de faire un signalement auprès du service central de prévention de la corruption. Tous ces faits ne semblent pas retenir les pouvoirs publics. Le 14 janvier 2011, le classement des appels d’offres, signé par Nathalie Kosciusko-Morizet, est publié : Autostrade, comme l’a annoncé la rumeur, est en tête. Sans attendre les deux mois de réflexion accordés par les textes, la ministre de l’écologie choisit de retenir tout de suite l’offre du candidat italien. Furieux, le consortium emmené par Sanef dépose une requête en référé devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise pour contester l’appel d’offres. Il reprend tous les griefs qu’il a déjà relevés pour souligner la distorsion de concurrence. Une semaine après, le tribunal administratif lui donne raison sur de nombreux points, notamment le changement de la candidature d’Autostrade avec l’arrivée de la SNCF, le caractère discrétionnaire des critères, le conflit d’intérêts avec le conseil de l’État, Rapp Trans, et casse l’appel d’offres. Dans ses attendus, le tribunal administratif souligne notamment un point intéressant, celui du prix : « L’État ne paierait pas le prix stipulé dans l’offre du candidat mais un prix qui se formerait dans des conditions qu’il ne maîtrise pas et qu’un candidat peut, le cas échéant, manipuler ; que le critère du coût global a été privé de signification par le pouvoir adjudicateur en introduisant la modification tendant à ne plus rendre comme objectif obligatoire le pourcentage d’abonnés ; qu’ainsi des soumissionnaires tels qu’Alvia (nom du consortium dirigé par Sanef) ont été défavorisés », écrivent les juges. Sans attendre, Thierry Mariani, ministre des transports, fait appel de la décision du tribunal administratif auprès du conseil d’État, au nom du gouvernement. Le 24 juin 2011, le conseil d’État casse le jugement du tribunal administratif, déclare l’appel d’offres valable et confirme la candidature retenue d’Autostrade. Ce jour-là, selon des témoins, Jean-Paul Faugère, ancien magistrat au conseil d’État, serait venu exceptionnellement assister à la délibération.

Affaire d'Etat

Mais tout ce remue-ménage a laissé des traces. Au ministère des transports et de l’équipement comme dans les milieux du bâtiment, on n’a guère apprécié les initiatives de Pierre Chassigneux. D’autant qu’après avoir saisi la direction de la prévention de la corruption, il a aussi signalé le dossier à la brigade de la délinquance économique. Dans le monde discret du BTP, ce sont des choses qui ne se font pas. Et on le lui fait savoir. « On a fait pression sur moi pour que j’arrête. Certains sont venus me voir en me disant de tout stopper, sinon (dixit) "des gens risquaient d’aller en prison" », raconte Pierre Chassigneux aujourd’hui. Un de ses amis préfets, proche du pouvoir, lui confirmera en juillet 2011 : « C’est une affaire d’État. » Les représailles ne tarderont pas à son encontre. Dès le printemps, le milieu du BTP décide de le rayer de la présidence de l’association des autoroutes de France qui lui était destinée. Plus tard, profitant de ce que Pierre Chassigneux est atteint par la limite d’âge, l’actionnaire principal de Sanef, l’espagnol Abertis, qui a aussi des liens étroits avec l’italien Autostrade – ils voulaient fusionner en 2007, mais la direction de la concurrence européenne s’y est opposée –, optera pour un candidat nettement moins turbulent pour le remplacer : il nommera Alain Minc. Lorsqu’il était président de la commission des finances à l’Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac s’était intéressé aux conditions d’obtention du contrat de partenariat public-privé et avait auditionné Pierre Chassigneux. Il y fera référence lors d’un débat à l’Assemblée sur l’écotaxe le 17 juillet 2012 : « La régularité des procédures qui ont suivi l’adoption de la loi a été contestée devant les juridictions administratives. En première instance, l’appel d’offres qui avait attribué le marché à une entreprise italienne aux dépens d’une entreprise française, la société des autoroutes du Nord et de l’Est de la France, a été annulé. Le Conseil d’État a rétabli en appel la décision. Il ne m’appartient pas de juger les raisons pour lesquelles la Haute assemblée a désavoué la première instance, mais ceux qui s’intéressent à ce sujet seraient sans doute intrigués par certaines des modalités qui ont présidé à cette conclusion », déclare-t-il alors. Le ministère du budget, cependant, ne semble jamais s’être vraiment penché sur le sujet. Lorsque Pierre Chassigneux s’est enquis des suites données au dossier, un conseiller lui a répondu que c’était désormais dans les mains de la justice. Une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Paris. En juin 2011, le dossier a été transmis au parquet de Nanterre, territorialement compétent. À l’époque, ce parquet est dirigé par le juge Philippe Courroye. Depuis, il n’y a plus aucune nouvelle sur le sujet.

Un contrat en or

Au fur et à mesure des discussions avec l’État, le contrat de partenariat public-privé a beaucoup évolué par rapport à ce qui était envisagé au moment de l’appel d’offres. De dix ans au départ, celui-ci est passé à treize ans et trois mois. Comment ? Pourquoi ? Rien n’a été dit à ce sujet. Est-ce que cela seul ne remet pas en cause le contrat ? Mais ce changement est tout sauf anodin : au lieu de 2,4 milliards, ce sont 3,2 milliards d’euros qui sont promis à la société Ecomouv, société formée par le consortium dirigé par Autostrade. Jamais l’État n’a signé un PPP aussi ruineux. À titre d’exemple, le contrat de PPP pour la cité judiciaire de Paris, fortement contesté lui aussi, prévoit une rétribution de 3 milliards d’euros pour Bouygues qui a gagné l’adjudication. Mais c’est sur une période de trente ans. « Vous ne pouvez pas comparer la construction d’un bâtiment à un marché d’équipements où il faut des investissements, des remises à niveau, du personnel », objecte Thierry Mariani. Parlons-en justement des équipements, des investissements. Sous prétexte qu’il s’agit d’un contrat privé, peu de détails sont donnés. La société Ecomouv a pour mission d’assurer la surveillance de quelque 15 000 kilomètres de routes nationales. Elle affirme avoir investi 600 millions pour l’installation des portiques de télépéage, les boîtiers de géolocalisation, les logiciels. Un terrain a été acheté à Metz auprès du ministère de la défense pour installer des centres d’appels. Mais la société va aussi bénéficier de l’aide des douaniers, comme le confirme Élie Lambert de Solidaires douanes : « Nous sommes dans une complète confusion des genres. D’un côté, cette société va percevoir l’impôt, aura le droit de mettre des amendes, ce qui est aussi du jamais vu dans l’histoire de la République. Mais de l’autre, les services de Douanes vont être requis pour poursuivre et arrêter les contrevenants. C’est-à-dire que la tâche la plus coûteuse et la plus difficile est mise à la charge du public, pour des intérêts privés. » Côté recettes, l’État s’est engagé à verser 20 millions par mois à la société à partir du 1er janvier 2014, quelle que soit la date de départ de l’écotaxe. « Il faut bien commencer à rembourser les investissements et les frais financiers », a expliqué Michel Cornil, vice-président du groupement au Figaro. Ecomouv n’a pas retourné nos appels. On comprend que la société soit impatiente de réaliser très vite des rentrées d’argent. Car tout son montage financier repose sur une lévitation : une pincée de capital et une montagne de dettes. Créée le 21 octobre 2011, juste après la signature définitive du contrat, la société dominée par Autostrade – ils ont sept représentants sur dix – a constitué un capital de 30 millions d’euros. Pour un projet évalué autour de 800 millions d’euros, c’est peu. Il est étonnant que cet aspect n’ait pas attiré l’attention de l’État. Comment confier un tel projet à une société si peu solide même si elle a des actionnaires puissants derrière elle ? Que se passe-t-il si tout dérape ? Qui intervient ? On craint de connaître la réponse. Dès la première année, compte tenu des pertes liées aux investissements de départ, elle n’avait plus que 9 millions de capital. Depuis, à notre connaissance, aucune augmentation de capital n’a été réalisée. En face, il n’y a que des dettes. Au 31 décembre 2012, la société avait déjà un endettement de 300 millions d’euros. Selon ses déclarations, celui-ci s’élève à 485 millions d’euros aujourd’hui. L’effet de levier est donc gigantesque. Le financement est apporté par un consortium de banques emmené par le Crédit agricole, les banques italiennes Unicredit et Mediobanca, la Deutsche Bank, le Crédit lyonnais et la Caisse des dépôts. Le taux moyen est de 7,01 %. L’État, lui, emprunte à 2,7 %.
Goldman Sachs en percepteur ? Le montage est conçu de telle sorte que la société qui va dégager une rentabilité hors norme – sur la base des versements prévus, les investissements seront remboursés en moins de trois ans – ne fera jamais de bénéfices. Enfin, officiellement. Ce qui lui permettra de ne jamais payer d’impôts. Un comble pour celui qui se veut percepteur au nom de l’État. Un alinéa prévoit que Autostrade est libre de revendre toutes ses actions après deux ans de fonctionnement, après en avoir informé l’État qui n’a rien à dire sur le changement de contrôle, selon les statuts de la société. Là encore, pourquoi l’État a-t-il consenti une telle libéralité ? Compte tenu du dispositif, il n’est pas impossible que dans les prochaines années, Ecomouv repasse, avec fortes plus-values à la clé pour ses anciens propriétaires, dans d’autres mains attirées par cette rente perpétuelle. Un Goldman Sachs par exemple, qui prendrait ainsi un contrôle direct sur les impôts des Français. Curieusement, à entendre la société Ecomouv, elle n’a que des droits vis-à-vis de l’État. Il lui doit 800 millions de dédit si le contrat est cassé, 20 millions d’euros au 1er janvier 2014, même si l’écotaxe est retardée. Mais il n’est jamais évoqué ses propres engagements. Dans tout contrat, il est normalement prévu des dates de mise en exécution, des pénalités de retard ou si les recettes ne sont pas à la hauteur espérée, faute d’une mise en place satisfaisante. Dans celui d’Ecomouv, il n’en est jamais question. Les retards pourtant sont nombreux. L’écotaxe devait être mise en place en avril 2013 en Alsace et en juillet 2013 dans toute la France. Cela n’a pas été possible. Ecomouv n’était pas prêt. Le système technique était toujours défaillant. Comment se fait-il que l’État n’invoque pas des pénalités de retard, des amendes pour manque à gagner des recettes, voire n’ait pas envisagé la mise en œuvre d'une clause de déchéance ? Faut-il croire que le contrat a été rédigé de telle sorte que l’État soit dépourvu de toute arme ? Dans ce cas, qui a accepté de telles clauses ? Fin octobre, le système de télépéage n’a toujours pas reçu l’attestation de validation par l’administration. Cette attestation est espérée en novembre. De même, il était prévu afin que le système de perception fonctionne bien que 800 000 abonnements de télépéage soient souscrits au moment du lancement. Fin octobre, les abonnements ne dépassaient les 100 000. « La suspension de l’écotaxe décidée par Jean-Marc Ayrault est une vraie bénédiction pour Ecomouv. Car il n’est pas prêt pour entrer en service au 1er janvier. Cela lui permet de cacher ses défaillances », dit un connaisseur du dossier.
Une taxe qui n’a plus d’écologique que le nom Il existe tant de problèmes autour de ce contrat de PPP que cela semble impossible qu’il demeure en l’état. Mais le pire est que l’écotaxe, telle qu’elle a été conçue, ne répond en rien aux objectifs d’une véritable fiscalité écologique souhaitée officiellement par l’État. Lorsque Jean-Louis Borloo présente son projet d’écotaxe à l’Assemblée, le 17 juin 2009, le texte est adopté à une quasi-unanimité. À droite comme à gauche, chacun se félicite de cette avancée écologique. Chacun alors semble avoir compris qu’une nouvelle fiscalité écologique est en train de se mettre en place sur la base du pollueur-payeur, et que les recettes vont servir au développement des transports durables. Erreur ! Car le ministère des finances veille. L’écotaxe pour lui, ce sont des recettes nouvelles pour remplacer les 2 milliards d’euros évaporés à la suite de la perte des autoroutes, bradées au privé. Un moyen aussi de récupérer en partie la TVA sociale que le gouvernement n’a pas réussi à mettre en place. « Quand l’Allemagne a instauré une taxe sur les transports routiers, les élus alsaciens ont vu tous les camions passer chez eux. Ils ont alors demandé l’instauration d’une taxe pour freiner les nuisances et compenser les dégâts. L’idée a soulevé l’enthousiasme. Taxer les poids lourds était une idée de financement qui circulait depuis 2000. Alors qu’il y avait des autoroutes payantes, les routes nationales restaient gratuites. Pour les camions, c’était un moyen d’échapper aux taxes. Dans l’esprit de Bercy, cette taxe devait être récupérée par les camionneurs et payée par les consommateurs. Ensuite, on habillait tout cela de vert », raconte un ancien membre de cabinet ministériel à Bercy. C’est bien cela qui s’est passé : on habillait de vert sur les routes gratuites jusqu’alors. Lorsque le Conseil d’État approuve le 27 juillet 2011 le schéma futur de taxation du réseau routier soumis à l’écotaxe, il y a une première surprise : les autoroutes, principaux points de transit de tous les transports internationaux, n’y figurent pas. Motif avancé par les intéressés : les camions paieraient déjà la taxe au travers des péages. Dans les faits, ils ne paient rien du tout. Les sociétés privatisées d’autoroutes reversent juste une redevance d’utilisation du domaine public. Alors que la Cour des comptes dénonce l’opacité des tarifs et l’enrichissement sans cause des sociétés d’autoroutes, la redevance n’a jamais été réévaluée depuis leur privatisation : elle est de 200 millions d’euros par an pour 7,6 milliards de recettes en 2011. Le gouvernement vient de l’augmenter de 50 % pour la porter à 300 millions d’euros. « Ne pas inclure les autoroutes, c’est donner une super-prime au privé. Tout est fait pour créer un effet d’aubaine et ramener du trafic sur les autoroutes privées, au détriment de l’État et des principes écologiques », dénonce Élie Lambert. Mais il n’y a pas que cela qui choque dans le schéma retenu. La Bretagne, qui n’a aucune autoroute payante, se voit imposer une taxation sur l’essentiel de son réseau routier. Comme le relevait un excellent billet de blog sur le sujet, l’Aveyron, grand lieu de passage de camions s’il en est, se voit taxé en plusieurs endroits. En revanche, a pointé le député Joël Giraud, toutes les routes nationales empruntées par les camions entre la France et l’Italie, et qui sont un cauchemar pour certains villages, n’ont aucun portique de taxation. « Nous sommes dans un scandale absolu. Cette taxe qui devait servir à limiter les transports internationaux, réduire les nuisances, a été conçue et détournée de telle sorte qu’elle va en fait être payée par les seuls transporteurs locaux, tandis qu'une partie des transports internationaux en seront exemptés. Une fois de plus, le monde politique et le monde administratif tuent le pays réel », accuse Jean-Jacques Goasdoue, conseiller logistique. La fureur des clients et des transporteurs est d’autant plus grande qu’ils se sentent totalement piégés. Dans cette période de crise, alors que la pression des clients et en particulier de la grande distribution est très forte, ils ne peuvent pas répercuter la taxe qui varie entre 3,7 % et 4,4 % en moyenne, quelle que soit la valeur de la marchandise transportée, et qui va venir s’ajouter au prix de transport. Autant dire que pour nombre d’agriculteurs et de transporteurs, c’est leur marge qui risque de disparaître dans cette taxe. Le pire est qu’ils n’ont aucun choix. Depuis l’annonce de l’écotaxe en 2009, rien n’a été fait pour développer des transports alternatifs, mettre en place des solutions de ferroutage, de transport multi-modal. La faillite de la SNCF en ce domaine est pointée du doigt. « Nous sommes en matière de transport ferroviaire dans une situation pire qu’en 2007. Alors que le fret en Allemagne ne cesse de se développer, chez nous il régresse à vue d’œil », accuse Jean-Jacques Goasdoue. « En 2008, il y avait eu un accord entre Sarkorzy et Pepy (président de la SNCF). Le gouvernement aidait la Sncf à conforter son pôle marchandise, en regroupant le fret et les transports routiers sous l’enseigne Geodis. Geodis a été confié à Pierre Blayau. Ce président qui a déjà ruiné Moulinex dans le passé est en train de ruiner Geodis. Sous sa présidence, le fret n’a cessé de régresser. Il a supprimé le transport wagon par wagon, fermé certaines gares de triage. Il a été incapable de mettre en place une offre sur les grandes lignes, d’aider au développement du transport multi-modal », poursuit-il. Aucun changement ne se dessine. Les 750 millions d’euros de recettes que l’État est censé percevoir par le biais de l’écotaxe doivent normalement servir à l’amélioration des infrastructures de transport. C’est l’agence de financement des infrastructures de transports qui a la responsabilité de gérer cet argent. Une agence parfaitement inutile, a dénoncé la Cour des comptes, mais qui a tenu lieu de sinécure pour certains : Gérard Longuet puis Dominique Perben, ancien ministre des transports, en ont eu la présidence depuis sa création en 2005. C’est le maire de Caen, Philippe Duron, qui la dirige depuis novembre 2012. Cette agence n’a aucun pouvoir de décision. Elle ne fait que verser l’argent à des projets qui ont été sélectionnés ailleurs. Dans son rapport sur le sujet, le député UMP Hervé Mariton ne cachait pas quelle serait la principale utilisation de cet argent : tout devait être fait pour conforter l’offre routière et autoroutière française. Pas étonnant que la fédération des travaux publics ait été la première à s’émouvoir de la suspension de l’écotaxe. Elle devrait être la première bénéficiaire de cette manne. Cette fédération est dominée par les grands du BTP, qui (hasard...) sont aussi, à l’exception notable de Bouygues, les grands bénéficiaires de la privatisation des autoroutes. Pour l’avenir, Bercy a déjà un schéma tout arrêté sur le futur de l’écotaxe. « Dans l’esprit des finances, il est évident que les recettes de l’écotaxe sont appelées à augmenter. En fonction de son acceptabilité, il est possible de jouer sur différents leviers : son taux, son périmètre – on peut très bien imaginer inclure certaines départementales dans la taxe – et son assiette. Pour l’instant, la taxe est payée par les camions au-dessus de 3,5 tonnes, mais il est possible d’abaisser ce seuil, d’aller jusqu’aux fourgonnettes », dit cet ancien haut fonctionnaire des finances. Un vrai projet écologique !


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Suspension de l’ECOTAXE : un communiqué du Comité Régional CGT de Bretagne


Rennes, le 29 octobre 2013
Communiqué

Le gouvernement vient d’annoncer la suspension de l’écotaxe. C’est un nouveau recul face aux exigences patronales.
Cela est d’autant plus déplorable que cette décision fait suite à un mouvement violent et radical initié par les principaux responsables de la crise, les licencieurs et les plus riches.
Le gouvernement se fragilise, et avec lui l’ensemble des salariés de la région, puisqu’ il abonde dans le sens d’une aggravation de la casse industrielle.
La manipulation des « saigneurs » de la région, qui ont volé le symbole des bonnets rouges, est honteuse, et malhonnête quant aux motivations qui les guident.
Il n’y a pas plus de défense de l’emploi qu’il n’y a de défense des industries, puisque ce sont les premiers à fermer leurs usines et à licencier les salariés.
L’écotaxe sert aussi de prétexte pour organiser un mouvement anti-gouvernement et anti-démocratique.
Cela est d’autant plus inadmissible pour la CGT, que 5 de ses militants sont traduits devant les tribunaux à Roanne le 5 Novembre pour avoir refusé de donner leur ADN, et qu’aucune interpellation n’a été opérée ces dernières semaines en Bretagne alors que des casseurs, connus, détruisent les biens publics en toute impunité.
Les meneurs de cette fronde capitaliste ne s’en cachent pas, ils vont continuer leur mobilisation.
La CGT entend tout mettre en œuvre pour rassembler les salariés autour de revendications précises sur les questions d’emploi, de politiques industrielles, de salaire, de services publics, de protection sociale.
Le mouvement syndical doit s’unir pour construire le rapport de force en rassemblant les salariés, les retraités et les privés d’emploi.
Si le gouvernement cède aux sirènes du patronat, les salariés ne doivent pas rester spectateurs.
La CGT les appelle à organiser la riposte, dans les entreprises, pour imposer leurs revendications, tant à leurs employeurs qu’au gouvernement.


Thierry Gourlay
Secrétaire régional

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Xuan
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   Posté le 02-11-2013 à 09:29:38   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La réaction des camarades de la CGT Bretagne relève d'un légitime sentiment de classe. Il est surprenant que certains puissent casser impunément des portiques et menacer de recommencer devant les caméras de la télé, tandis que des syndicalistes sont poursuivis parce qu'ils ont renversé des chaises et secoué la game boy du sous-préfet, on ne l'a pas oublié !

Mais l'examen approfondi montre que la fronde des petits patrons locaux s'oppose de fait aux intérêts des monopoles capitalistes, de la grande distribution, des affairistes de la haute bourgeoisie et de l'Etat bourgeois, car dans notre système les donneurs d'ordres font systématiquement payer la note aux sous-traitants...ou bien aux usagers puisque l'écotaxe aurait fini sa course dans nos caddies. Non seulement la casse des portiques est légitime mais ce sont tous les péages d'autoroutes qu'il faudrait supprimer, en rappelant que les taxes sont les plus injustes des impôts prélevés par l'Etat capitaliste.
N'oublions pas que l'Etat ne représente pas l'intérêt général mais celui de la classe dominante.

Par conséquent critiquer prioritairement les PME et TPE locales élargit la cible de façon gauchiste, au lieu de désigner à la vindicte populaire les grands monopoles capitalistes et l'Etat bourgeois. Nous devons aussi utiliser les contradictions au sein des patrons et viser notre ennemi principal.



Edité le 02-11-2013 à 21:19:29 par Xuan




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   Posté le 03-11-2013 à 23:41:10   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Ci-dessous l'article posté par pam sur le site "faire vivre le pcf" :


Les portiques, le 44 tonnes, le rail et les wagons isolés...
De Quimper à Carhaix, les conditions du rassemblement...


samedi 2 novembre 2013
par pam



Ce samedi, deux manifestations vont se faire entendre en Bretagne, les opposants à l’éco-taxe, notamment agriculteurs et transporteurs, à Quimper, et les salariés, notamment de l’agro-alimentaire, à Carhaix dans une manifestation qui au fil des jours est présentée par certains comme une "contre-manifestation".

La crise qui frappe l’emploi en Bretagne comme ailleurs provoque périodiquement des coups de colère, mais les militants savent d’expérience que la bataille des idées, des représentations, des objectifs fait rage au cœur des luttes, et plus encore des révoltes. Ce sont les luttes de classes qui font l’histoire nous dit le manifeste du parti communiste, mais les luttes de classes se mènent sur tous les fronts, sociaux, économiques, politiques, théoriques...


L’écotaxe illustre à quel point nous sommes enfermés dans un brouillard théorique et politique qui permet toutes les manipulations, et qu’il faut absolument éclairer pour ne pas laisser le système tirer les marrons du feu social. Car faut-il, pour ne pas se retrouver avec les petits patrons bretons, défendre une écotaxe inventée par Sarkozy, sur la base du pillage de l’état par un prestataire privé et d’un péage routier électronique, nouvelle avancée du flicage informatique... ?

A l’évidence, le patronat local et les forces de droite qui ont pourtant inventé et négocié cette écotaxe, utilisent sa mise en œuvre pour faire monter la colère contre le gouvernement socialiste, et continuer à défendre un modèle économique fondé sur la mise en concurrence des territoires, et donc leur "spécialisation intelligente" comme disent les "experts", ce qui conduit à faire rouler des camions pour transporter des porcs élevés en Bretagne, abattus en Pologne, et conditionnés de nouveau en Bretagne... tout en contraignant des milliers de travailleurs polonais à émigrer pour chercher du travail, et en imposant les reculs sociaux aux travailleurs de France...

Mais le gouvernement socialiste et écologiste parle d’autant plus de la nécessité de privilégier le train sur le camion, qu’il poursuit la politique de démantèlement du fret ferroviaire de tous les gouvernements depuis 30 ans, qui fait que la part du rail dans le transport des marchandises est en chute libre, remettant en cause l’équilibre économique de l’activité [1]. La SNCF a abandonné toute activité dite "wagon isolé", autant dire toute activité en direction des PME-PMI ! Et moins on transporte par le rail, plus le coût du rail est élevé compte tenu du coût d’entretien et de développement des infrastructures [2], alors que les infrastructures routières sont massivement financées par les usagers et les contribuables... [3]

Les écologistes insistent d’autant plus sur cette écotaxe et la dénonciation des industriels productivistes qu’ils pèsent sur le débat public depuis leur compromis du Grenelle avec Sarkozy pour accélérer le démontage des services publics, développer ce capitalisme vert qu’ils parent de toutes les vertus, en même temps qu’ils sont les principaux défenseurs politiques, y compris et malheureusement à gauche, des réponses "de marché", des taxes diverses - transport, carbone, tarif de rachat éolien ou photovoltaïque... - qui toutes, aggravent les inégalités sociales, des mécanismes de quota qui permettent de nouvelles bulles spéculatives et attirent les grands financiers... Et ils se sont félicités, il y a quelques mois, de cette "commission mobilité" qui, au nom des équilibres budgétaires, a reporté de grands investissements d’infrastructures, dont le contournement ferroviaire de l’agglomération Lyonnaise pourtant indispensable à tout développement du fret dans le Sud-Est Lyonnais... sans proposer aucun projet pour permettre le développement du fret en Bretagne [4] !

Les syndicalistes, les militants progressistes, doivent absolument se dégager de ces impasses politiques en refusant de choisir un camp contre l’autre, mais en partant au contraire des intérêts des travailleurs, de leur autonomie d’action et d’organisation, et ouvrir en grand le chantier de la critique du capitalisme pour ouvrir la perspective du socialisme. Car il est impossible de sortir du modèle économique actuel en cherchant des réponses dans le cadre de ce système capitaliste, dans le cadre de la mondialisation capitaliste.

Quelques éléments de réflexion pour y contribuer :

Oui, le capitalisme organise la concurrence mondialisée. Pour cela, il peut investir massivement pendant 10 ans dans un secteur, le plus souvent mobilisant de larges financements publics pour cela, puis casser ces investissements en en reportant une partie ailleurs, en réorganisant sa "chaine logistique", pour toujours minimiser la part de la richesse produite reversée en salaire et maximiser la part de profit mis à la disposition des actionnaires. Mais qui peut dire aux travailleurs de l’agroalimentaire breton que pour rompre avec ce modèle, il faut fermer leurs usines qui ont été conçues pour ce modèle ? Pour les communistes, au contraire, nous proposons d’utiliser le développement des forces productives qu’imposent le capitalisme pour nous les approprier et les orienter alors selon les besoins. Nous proposons d’utiliser y compris le développement des échanges imposés par la mondialisation pour organiser de nouvelles coopérations, en les libérant de la guerre des monnaies et de la guerre des salaires...

Donc, non, la réponse n’est pas fondamentalement le retour aux "circuits courts", même si leur développement est légitime et nécessaire. Aucun développement local n’est possible sans s’insérer dans des échanges régionaux et mondiaux, sans rechercher des coopérations, le partage et donc la répartition des investissements nécessaires. Répondre à la mondialisation capitaliste par une relocalisation en circuit court, c’est refuser de s’attaquer à ce qu’est profondément la mondialisation capitaliste, non pas le "village monde", mais la "concurrence monde" .

Oui, il faut réduire le transport routier, mais pas dans l’illusion qu’on peut réduire massivement les échanges, même s’il est bien sûr nécessaire de faire la chasse aux transports inutiles, et à tous les gaspillages que la mondialisation fondée sur la concurrence impose. A partir du moment ou les coopérations sont dégagées de la guerre économique, alors il faut organiser la logistique qui leur correspond, en la sortant du modèle du flux tendu qui impose pratiquement la route, en créant les outils de planification logistique qui permettent de définir des règles de choix du mode de transport selon les produits, les volumes... Il est évident que des yaourts ne se transportent pas comme des équipements électroniques...

Donc, non, il ne faut pas "taxer" encore plus le transport routier, qui contribue déjà avec la TIPP à une des premières ressources fiscales. Non, il ne faut pas légitimer cette écotaxe prélevée par Godman-Sachs et Benetton avec un système technologique qui est une gabegie ! Les communistes qui se battent contre les péages routiers et la privatisation des autoroutes ne peuvent se compromettre avec le gouvernement socialiste-écologiste dans ce scandale issu de Sarkozy ! Il faut par contre en urgence un plan de relance du fret ferroviaire, avec un plan d’investissement massif dans les infrastructures du réseau ferré, dans les trains et les systèmes de transfert rail-route pour les livraisons locales. Ce sont les milliards que l’état accorde aux grandes entreprises en crédit-import, dégrèvement de charges, de cotisations sociales, qui doivent être réorientés vers les infrastructures et les services publics.

Non, il ne faut pas opposer les petits patrons bretons, les petits transporteurs, les agriculteurs, et les travailleurs de l’agro-alimentaire, il faut au contraire travailler à unir autour de la classe ouvrière la plus grande part possible des couches sociales non oligarchiques ! Nous pouvons subvertir ceux qui ont tenté de faire du symbole des bonnets rouge un symbole réactionnaire et s’en saisir au contraire comme symbole de rassemblement populaire contre le système. La CGT de Bretagne a raison de ne pas laisser le patronat instrumentaliser la crise de l’emploi agro-alimentaire pour faire défiler les travailleurs licenciés derrière le patronat et la droite sur l’écotaxe, mais, vu de loin, et donc dans le respect des décisions militantes sur place, j’ai le sentiment que l’objectif devrait être à l’inverse de prendre la tête du mouvement des bonnets rouges, en imposant l’intérêt des travailleurs et des familles bretonnes comme question centrale de ce mouvement. D’autant qu’il ne faudrait pas permettre au gouvernement non plus de manifester avec les victimes des restructurations, restructurations qu’il laisse faire, au mieux, et de toute façon, auxquelles il contribue avec sa politique économique et européenne.

Il y a deux conditions du rassemblement :
- poser jusqu’au bout et de manière concrète les questions d’une autre société, non capitaliste,
- affirmer l’autonomie et le rôle central des travailleurs organisés, indépendamment des institutions et du patronat.


___________________


[1] Il a autorisé la circulation depuis le 1er janvier 2013 des camions de 44 tonnes, alors que les études disent qu’avec ces 44 tonnes dans la zone euro, 35% du fret ferroviaire irait sur les routes.

[2] Rapport SNCF de 2009 : « L’effondrement des trafics de 40% depuis début 2009 a fait augmenter le coût moyen par wagon de 70%. Pour que cette activité soit rentable pour la SNCF, il faudrait que ses volumes augmentent de 65% ».

[3] La filiale historique de transport ferroviaire de la SNCF, Geodis, est passée de 55 milliards de tonnes kilomètre transportées en 2000 à 21,1 milliards en 2012. Certes, c’est la crise, mais pendant ce temps, l’activité routière de Geodis BM est passé de 600 millions d’euros en 2007 à 827,6 millions d’euros en 2012 !

[4] Cette "commission mobilité" a bien validé deux projets d’autoroute ferroviaire, mais pour répondre aux besoins de transit internationaux notamment européens nord-sud, sans rien pour le développement des territoires en France


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   Posté le 04-11-2013 à 14:22:52   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Mélenchon sème la division dans le combat populaire contre la grande bourgeoisie



Dans Libération :

«Encouragé par la timidité et la pleutrerie du gouvernement qui leur cède tout, le patronat et les cléricaux des départements bretons vont faire manifester les nigauds pour défendre leur droit de transporter à bas coût des cochons d’un bout à l’autre de l’Europe dans des conditions honteuses» , écrit Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué.
«A Quimper manifestent ceux qui veulent que continue la souillure de notre belle Bretagne par les nitrates de l’agriculture productiviste. A Quimper manifestent ceux qui veulent les salaires de misère pour les agriculteurs et le règne de la grande distribution. A Quimper les esclaves manifesteront pour les droits de leurs maîtres» , dit le député européen.
«Les salariés des départements bretons ne doivent pas se tromper de colère ! Ils ne doivent pas aller baiser la main qui les frappe. Ils doivent manifester à Carhaix avec leurs syndicats de salariés et leur classe, leur camp, leur famille. S’ils aiment les symboles historiques, les Bretons qui réfléchissent préfèreront se souvenir de leurs ancêtres qui déclenchèrent la grande révolution de 1789 contre les privilèges des riches et créèrent le club des jacobins plutôt que de marcher derrière les saigneurs de leur époque!» , ajoute-t-il.

Plus tard, lors d’une conférence de presse, Jean-Luc Mélenchon a estimé que la situation bretonne était «avant-coureur et très significatif de ce qui se passe dans tout le pays» , victime selon lui des «politiques d’austérité, de la priorité donnée au patronat» .

Récusant avoir insulté les Bretons, le leader politique a plutôt parlé de «réveiller les consciences» et a ensuite vanté les mérites des «départements bretons, parmi les plus audacieux de France, avec des milliers d’idées».
«On peut faire tout ce que l’on veut en Bretagne, il y a l’intelligence et les moyens, et tout cela est perverti par une espèce de jacquerie qui n’a pas de sens politique, si ce n’est de dire qu’ils ne sont pas contents parce que les écotaxes vont coûter cher aux transporteurs de cochons!»
, a-t-il ajouté.

«Vous tous de Bretagne, n’acceptez pas qu’il soit donné de votre région cette image archaïque et folklorique que donnent ces prêtres qui marchent devant, avec le patronat local et les autres déguisés de circonstance» , a renchéri Jean-Luc Mélenchon. Quant aux représentants de l’exécutif, «ils ne feront rien, comme d’habitude, sinon exposer la face navrée de Jean-Marc Ayrault dont tout le monde sait qu’il est sur le départ» .


Au lieu de désigner l'ennemi principal et d'unir les masses - y compris les petits patrons et les prêtres ! - derrière le combat pour l'emploi de la classe ouvrière , Mélenchon divise le peuple et le laisse sans aucune perspective, avec ses pâles excuses et dans les bras du FN.
Puis il essaie de se raccrocher aux branches en dénonçant "la farce de l'écotaxe", mais en laissant ses partisans dans l'expectative devant ses incohérences, et ignorants de savoir si le combat contre l'écotaxe est du folklore d'arrière -garde ou la mise à jour et l'abolition d'une escroquerie d'Etat.
Une belle opération de sabotage



Edité le 04-11-2013 à 14:55:05 par Xuan




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   Posté le 04-11-2013 à 22:38:26   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur Le Monde :

" Deux nouveaux portiques écotaxe pris pour cibles en Bretagne et dans le Nord

Après la Bretagne, le Nord. Une borne écotaxe a été partiellement incendiée samedi soir sur une route nationale près d'Avesnes-sur-Helpe (Nord), et mise hors service, a indiqué dimanche 3 novembre la gendarmerie, confirmant une information du site internet de La Voix du Nord. Une enquête a été ouverte pour "dégradations par incendie".

Il s'agit du premier incendie de ce type dans le département du Nord. En Bretagne, cinq portiques écotaxe ont été rendus inopérants après avoir été visés par des manifestants qui protestent contre cette taxe sur les poids lourds, dont le gouvernement a annoncé la suspension mardi. La dernière destruction en date a eu lieu dimanche à Lanredec, dans les Côtes-d'Armor, au lendemain d'une manifestation qui a réuni 15 000 à 30 000 personnes à Quimper contre l'écotaxe et pour l'emploi en Bretagne...."

Portique de Lanrodec à terre. :MoisonFBA sur place.

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Voir l'article des Echos Ecotaxe : incidents en marge de la manifestation de Quimper et la vidéo.






tracteur dans les rues de Quimper


Edité le 04-11-2013 à 22:43:46 par Xuan




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   Posté le 05-11-2013 à 15:10:02   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le conseil général d'Ardèche pour la suppression de l'écotaxe :


Lors d’un vœu, la majorité du conseil général de l’Ardèche (PS, PCF, PRG et divers gauche) a demandé, hier, "solennellement" la suppression de l’écotaxe poids-lourds.
Les élus n’ont pas hésité à dénommer cette nouvelle fiscalité “Fillon-Sarkozy” afin de ne pas se mettre en porte-à-faux avec le gouvernement.
Au nom de l’opposition, Jacques Genest (UMP) avait, lui, proposé que la RN 102, seule route nationale de l’Ardèche, soit exonérée de cette écotaxe.
C’est finalement la suppression pure et simple qui a été préférée par la majorité départementale.


Le Dauphiné Libéré

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gorki
Les ouvriers n'ont pas de patrie
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   Posté le 06-11-2013 à 11:19:58   Voir le profil de gorki (Offline)   Répondre à ce message   http://ouvrier.communiste.free.fr/   Envoyer un message privé à gorki   

Bonjour à tous :

Comment De la juste résolution des contradictions au sein du peuple devient par le propos de Xuan : De la juste résolution des contradictions au sein de la bourgeoisie et la classe ouvrière se faire mettre « gros jean comme devant ».

- Que l’écotaxe soit une arnaque, visant à remplir les poches de quelques uns, rien ici de bien nouveau sous la couette.
- Que l’état de la grande bourgeoisie magouille, pour toujours plus de concentration du capital, en dépouillant toujours plus large, touchant des catégories sociales jusque là plus ou moins épargnées, c’est juste une banalité !
- Que parmi ces catégories, se trouve celle de la petite bourgeoisie traditionnelle, regroupant les pires exploiteurs de la classe ouvrière, des travailleurs hommes, femmes vivant la précarité : petit entrepreneurs, artisans commerçants et même exploitants agricoles, la encore rein de nouveau sous la couette… (mais faudrait quant même que se soit chose entendue surtout quant ont se prêtant communiste).
- Que Mélenchon fasse passer le clivage de classe ailleurs qu’entre grande bourgeoisie et petit bourgeoisie traditionnelle, au profit des nouvelles catégories de la petite bourgeoisie moderne constituées d’un salariat aisée aux conditions de vie proches des seconds la encore rien de bien nouveau sous les cieux de l’impérialisme stade suprême du capitalisme !

Mais qu’à partir de là Xuan ! que tu arrives à nous pondre (excuse-moi du peu) une connerie pareil... je te cite :

Xuan a écrit :

Au lieu de désigner l'ennemi principal et d'unir les masses - y compris les petits patrons et les prêtres ! - derrière le combat pour l'emploi de la classe ouvrière, Mélenchon divise le peuple et le laisse sans aucune perspective, avec ses pâles excuses et dans les bras du FN.


...faut vraiment que ces notions de masses et de peuple t’aient embrouillé le cerveau.

Si tu veux bien réfléchir à ton propos, tu observeras que ta manière de présenter les contradictions dans cette affaire, t'a porter inconsciemment à classer la CGT dans le camp des gauchistes, et toute cette chienlit bretonnante des petits patrons, commerçants artisan, et autres fachos identitaires, comme des éléments progressistes à unir à la classe ouvrière...

Mais d’ailleurs laquelle ? et organisée ou ? et surtout pour quoi faire en absence d’un véritable parti ouvrier capable d’arriver à détacher le bon grain de livrai de toute cette bande de charognards, qui, pour la plupart, trouvent qu’un sou versé dans les caisses de la protection sociale ou dans dans ce qu'ils appellent dédaigneusement l'assistanat et un sou de taxe de trop versé dans la poches des « fainéants ».

Mais plus grave dans ton propos, c’est quant tu laisses sous-entendre que la lutte pour l’emploi de la classe ouvrière nécessiterait nécessairement la prise en compte des revendications économiques des petits patrons, voir des industrielles, car tu sais comme moi pas d’union sans concessions, etc. etc. etc.

Non Xuan , la ligne de classe elle ne passe pas décidément pas par là ! Par contre, l’occasion était trop belle pour effectivement pousser toute cette chienlit à montrer son vrai visage, en appelant la classe ouvrière de Bretagne l’ensemble des exploités à descendent dans la rue et à réclamer à leur tour des comptes, tant à leurs exploiteurs locaux, qu’a l’état aux service des actionnaires du grand capital.

Xuan il ne ta pas échappé que le discours de toute cette chienlit poli- patronal c’est entre autres choses:
- nous voulons que nos entreprise vives face à la concurrence;
- nous voulons plus d’aide de l’état ;
- nous voulons le retour des subventions européennes;
Bref! nous voulons tirer plus de profit de l’exploitation des nos salariés, nous voulons plus grosse part dans la redistribution de la plus-value générale…

Petit piqûre idéologique de rappel :


Les classes moyennes, petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu’elle est une menace pour leur existence en tant que classe moyenne. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices ; bien plus elles sont réactionnaires, elles cherchent à faire tourner à l’envers la roue de l’histoire. Si elle sont révolutionnaires, c’est en considération de leur passage imminent au prolétariat : elles défendent alors leur intérêts futurs et non leurs intérêts actuels ; elles abandonnent leur propre point de vue pour ce placer à celui du prolétariat * .


Maintenant xuan, ce qui laisse le peuple sans perspective et « prêt à se jeter dans les bras du fascisme » comme tu le dis, c’est pas l’absence de clairvoyance politique d’un Mélenchon, ou de je ne sais qui de la représentation petite bourgeoise de la gauche radicale; (et d’ailleurs depuis quant faudrait leur accorder un quelconque crédits politique à ces gens là ?) c’est tout « simplement » l’absence d’un authentique parti communiste de l’avant-garde ouvrière, doté d’une ligne est d’un programme redonnant confiance en ses forces à la classe ouvrière, et par la même devenir un pole d’attraction pour petit bourgeois décidé à s’unir à elle en se plaçant sous sa direction.

Réfléchis Xuan ! La classe ouvrière de Bretagne les couches les plus pauvres n’auraient-elles pas leurs propres revendications ? Ou n’auraient-elles que cette perspective à défendre, que de s’unir à leur exploiteurs pour le plus grand bien des intérêts régionaux ! qui rappelons-le demeurent ceux du capital.

Tu vois Xuan ! et je n’en montre encore une fois désolé, mais tu viens une fois de plus, de nous faire politiquement la démonstration, qu’avec les standards idéologiques du maoïsme c’est toujours difficile de si repérer : qu’entre l’opportunisme de gauche et celui de droite c’est toujours l’éternel valse des hésitations, l’un et l’autre étant toujours à la fête.

* Marx Engels : Manifeste du parti communiste




Edité le 06-11-2013 à 11:27:22 par gorki


Xuan
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   Posté le 06-11-2013 à 20:39:44   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Qu'il s'agisse des petits patrons, des artisans ou des petits agriculteurs, il y a aura toujours ces deux aspects : d'un côté ils sont écrasés par les monopoles et de l'autre ils s'en prennent aux salariés.
Mais de surcroît ceci ne s'atténuera pas parce que la crise ne fait que l'aggraver.



Tu sais très bien ce que j'entends par viser l'ennemi principal en l'occurrence l'Etat bourgeois.
L'opposition à l'écotaxe - et il ne s'agit de rien d'autre ici - est légitime. Du reste il était bien prévu que cette taxe frappe en dernier ressort les budgets populaires.
Après avoir soutenu que les bonnets rouges défendent des intérêts particuliers "contre l'intérêt général", le Front de Gauche nous démontre que l' intérêt général en question n'est autre qu'une escroquerie. A part ceux qui ont la foi du charbonnier, comment les masses populaires peuvent-elles prendre ce genre d'incohérence sinon en adhérant au FN ?


Un mot sur le caractère réactionnaire des classes moyennes et sur tes piqûres de rappel . Je crois que tu as besoin de quelques cachet parce qu'Alzheimer te guette :
Tu sais très bien toi aussi que j'ai dénoncé en long, en large et en travers la prétention du patronat grand ou petit à gratter les "charges exorbitantes", c'est-à-dire le salaire des ouvriers et de tous les autres salariés. Il est notoire que les petits patrons sont les premiers à embaucher des stagiaires, des précaires et des sans papiers, y compris chez les paysans modestes.
Il est hors de question de transiger sur tout cela et il n'est pas difficile de remettre les pendules à l'heure : il suffit a minima de rappeler les revendications salariales.
Les ouvriers bretons savent très bien ce qu'ils ont à faire sur ce terrain et je n'ai aucune leçon à leur donner.

Qui a parlé de concessions, et s'il y en avait qui devrait les faire ?
Le rôle historique de la classe ouvrière est de prendre la direction de toutes les classes qui sont victimes de l'oppression de la bourgeoisie monopoliste, pour faire la révolution.
Seul le socialisme peut leur proposer des solutions humaines (par exemple des coopératives) tandis que le capitalisme ne peut que les entraîner à la ruine. Seule la classe ouvrière peut véritablement libérer ces classes, y compris en imposant ses conditions.
Mais en manifestant séparément on n'en prend pas le chemin.

Tu sais encore parfaitement que lorsque Mélenchon joue les bouffeurs de patrons et de curés c'est du flan. Mais il faut aussi se demander pourquoi.
Cette attitude "gauchiste" en apparence aboutit à diviser l'opposition des masses au pouvoir capitaliste, à empêcher la classe ouvrière de prendre la direction de toutes des révoltes contre l'oppression.
En mai 68, il ne fallait surtout pas que la classe ouvrière fraye avec les étudiants "fils-à-papa", mais quel était la finalité de ce cordon sanitaire ?

Ce n'est pas de gauchisme qu'il s'agit mais bel et bien de l' opportunisme de droite le plus réactionnaire : cantonner la classe ouvrière aux luttes économiques, et laisser les élus s'occuper des affaires politiques, passer de fructueuses alliances avec les amis sociaux-démocrates. On connaît le résultat.
Le fonds du sac est que Mélenchon comme le parti révisionniste sont assis le cul entre deux chaises, à vouloir critiquer le PS mais sans faire le jeu de la droite , ils ne veulent surtout pas mettre en péril le pouvoir d'Etat ni sortir des limites de la démocratie républicaine , et ils coulent avec le Titanic.
Cela n'aurait aucune importance s'ils n'entraînaient avec eux leurs adhérents
et les syndiqués.


Edité le 06-11-2013 à 20:48:36 par Xuan




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Komintern
C'est la lutte finale
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Komintern
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   Posté le 06-11-2013 à 21:58:58   Voir le profil de Komintern (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Komintern   

Le camarade Gorki m'a précédé plus haut et je souscrit totalement à ce qui y est dit.
Mais l'idée qui me vient en voyant ta réponse c'est: A touché le fond mais creuse encore!
La classe ouvrière ne peut en aucun cas se mobiliser sur ces revendications ! Ici il ne s'agit pas d'unité mais de prostitution et de trahison!
C'est ce genre de mouvement qui pave la voie au fascisme en répandant les illusions sur les pseudos convergences d'intérêt et la collaboration de classe!
n peut y avoir d'unité avec les exploiteurs et comment peut tu croire que le petit patronat pourrait rallier le camp de la révolution? Il n'y a rien de plus anti matérialiste!
Après peu importe le nombre de précautions que tu prends derrière mais dire que la classe ouvrière peut libérer ces classes c'est du grand n'importe quoi! Je ne sais pas si dans ton cas c'est du révisionnisme ancien ou moderne mais en tout cas c'est métaphysique... libérer une classe d'exploiteurs en la faisant disparaitre... c'est du christiano-maoisme?

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Vive le drapeau victorieux de Marx, Engels, Lénine et Staline. Vive le communisme
Xuan
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   Posté le 06-11-2013 à 23:03:47   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je te rappelle que le prolétariat en se libérant libère l'ensemble de la société.
Et effectivement la classe ouvrière peut libérer une classe d'exploiteurs en la faisant disparaitre en tant que classe d'exploiteurs et non en tant qu'individus évidemment.
C'est le b-a-ba du marxisme Komintern.
Dans la critique du Programme de Gotha et d'Erfurt, Marx dénonce la conception qui range les classes moyennes dans « une même masse réactionnaire » en face de la classe ouvrière. « les classes moyennes... sont révolutionnaires... en considération de leur passage imminent au prolétariat » .


Quelle trahison y a-t-il à réclamer l'abolition d'une escroquerie d'Etat manigancée sous Sarkozy, et dont les promoteurs font maintenant les canards ? Explique-moi ça Komintern.
Qui touche le fonds dans cette affaire ?
Tous les politiciens et les affairistes de la bourgeoisie essaient de se débarrasser du bâton merdeux et toi tu ne veux surtout pas les enfoncer ?
Avec quelle classe collabores-tu pour ménager ainsi leurs intérêts ?
Qui pave la voie au fascisme en laissant partir à la dérive les petits-bourgeois, au lieu de dénoncer la dictature de l'Etat et des monopoles capitalistes sur le reste de la société ?


Edité le 06-11-2013 à 23:04:18 par Xuan




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   Posté le 07-11-2013 à 00:11:11   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur "faire vivre le pcf"

Ecotaxe, Quimper, Carhaix, agro-alimentaire et transporteurs : qui porte les bonnets rouges ? Partie II

mercredi 6 novembre 2013


La suite de l’article du site Le-Militant sur le mouvement contre l’écotaxe et les licenciements en Bretagne : tout les ingrédients y sont expliqués, depuis les véritables initiateurs de la manif de Quimper, la récupération politicienne de certains et le bourbier dans lequel la CGT et le PCF-PGE ont sauté à pieds joints, sans oublier les insultes de notre gauchiste de service, Mélenchon qui entraîne de plus en plus le PCF loin de ses bases...


PB

Bretagne : conclusion...
A l’issue de la journée du samedi 2 novembre, un premier bilan et de premières leçons politique sont possibles et nécessaires.

A Quimper, 30.000 à 40.000 manifestants, ce qui est considérable à l’échelle d’un département et d’une région. Les salariés sont là, en masse, dont la quasi-totalité des ouvriers de Doux, Gad-SAS, Marine Harvey, Tilly-Sabco, ainsi que la population locale. Les « patrons » étaient majoritairement des agriculteurs, très nombreux, pêcheurs, et transporteurs de petite taille, parfois sans aucun salarié. L’UD FO, une partie conséquente de la FSU locale qui avait décidé d’appeler à la fois à Quimper et à Carhaix, ainsi que la CGT des marins et d‘autres sections CGT, étaient là, FO ayant formé un cortège initialement séparé à Penvillers. A 15h, un groupe organisé de FNSEA est venu casser la sono de FO.

Rappelons encore une fois que cette manifestation, appelée initialement par le Comité pour l’emploi en centre-Bretagne - salariés de Marine Harvey exigeant l’interdiction des licenciements ou la mise sous séquestre de l’entreprise, mairie de Carhaix, NPA local, Alternatifs …- a été « prise en main » par la FNSEA seulement à partir de l’émeute de Pont-de-Buis du samedi précédent, au départ pour « calmer les troupes » le jour même. A partir de là une opération politique s’est développée pour interdire le front commun du salariat et des agriculteurs, marins et transporteurs contre les licenciements et les écotaxes, ou au moins pour en brouiller le contenu et tenter d’empêcher le monde du travail, dans toute la France, de se saisir de ce mouvement menaçant pour les patrons et le gouvernement.

Il faut être clairs : la fuite à Carhaix, appelée par les directions régionales (sur impulsion nationale) de la CGT, de la FSU et de Solidaires, rejoints par le PCF et le Front de Gauche local avec EELV et le MJS, soutenant explicitement les écotaxes et donc le gouvernement, ne pouvait aboutir à aucune manifestation de masse à Carhaix, mais avait pour fonction, de fait, d’isoler les militants syndicaux des salariés allant en masse à Quimper. Cette réalité physique était éclatante à Carhaix, ou les délégués CGT de plusieurs entreprises ont eu la parole… en l’absence de la quasi-totalité de leurs collègues de travail, tous à Quimper ! Il est pourtant probable qu’un plus grand nombre de syndiqués CGT, FSU et Solidaires étaient à ce moment même à Quimper. Là, une présence organisée massive et tout à fait possible aurait été nécessaire, par exemple pour mater le petit groupe FNSEA venu agresser la sono de FO parce que celle-ci lançait des slogans anti-patronaux, et plus généralement pour que les syndicats jouent leur rôle de syndicats, avec les travailleurs et là où ils sont.

Mais tout au contraire, le milieu militant « de gauche », à quelques exceptions notables près, s’est gargarisé d’un discours de mépris et de stigmatisation des prolétaires bretons « manifestant avec leurs patrons » ou, pire, « marchant avec les fascistes ». Le pire du pire de l’aristocratie militante crachant sur Bécassine en lutte pour son émancipation fut atteint, il faut le dire, par les propos de J.L. Mélenchon, largement médiatisés, sur les « esclaves » et les « nigauds ». Ces propos marquent une rupture : on ne calomnie pas impunément la classe ouvrière. Ces propos marquent aussi un choix politique : peut-être celui d’EELV contre les ouvriers, en tout cas celui de la coalition avec le gouvernement au moment où celui-ci accentue sa politique anti-ouvrière.

A tout cela, s’ajoute la campagne gouvernementale et médiatique sur les « violences » qui allaient survenir et la « conjonction des extrêmes », à laquelle J.L. Mélenchon échappait donc, pour la première fois depuis longtemps, puisqu’ayant lui-même dénoncé le bas peuple, il n‘était plus « populiste ». Affolement policier et affolement « de gauche » sur les réseaux sociaux se renforçaient mutuellement : au moment où de jeunes ouvriers lançaient des pots de chrysanthèmes sur la préfecture à Quimper et sur les CRS, des bruits courraient sur « les Identitaires qui attaquent la police ». Et pourquoi pas Aube dorée pendant qu‘on y est ?

Alors, certes, la manifestation de Quimper, qui n’était pas « pure » puisqu’elle était une manifestation de masse, et en raison de la fuite organisée à Carhaix d’une partie décisive des syndicalistes (mettant en péril leurs propres organisations syndicales : c’est la défense de la CGT notamment qui exige qu’on le dise ! ), apparut largement comme dominée, au niveau des médias et de la tonalité générale des sonos et des drapeaux, par la FNSEA, les régionalistes et la droite. Pour autant, ce sont bien les masses prolétariennes qui étaient là et qui cherchent, ni esclaves ni nigauds, la voie du combat et de l’émancipation.

Saluons à cette occasion le geste de Philippe Poutou, dont nous n’avons pas soutenu en général la ligne politique. S’il est venu à Quimper, c’est parce qu’il est un ouvrier et sait ce que c’est qu’un ouvrier. Sa présence sauvait l’honneur et montrait ce qu’aurait dû faire le mouvement ouvrier organisé : venir en masse, écouter les gens, généraliser et centraliser leur colère, et alors, plus de problème avec « la droite » et « les fachos ».

Le 2 novembre breton marque une cassure. Il y a ceux qui cherchent leurs drapeaux, leurs fétiches et leurs grigris et insultent le mouvement réel. Partir du réel pour aller à l’idéal, comme disait Jaurès, c’est le contraire de partir de ses petites idées et petits plans pour formater de force le réel et l’insulter quand il suit sa propre voie. Ceux qui bavent sur le prolétariat breton en l’accusant de marcher avec « les patrons » et « les fascistes » sont les meilleurs alliés des patrons. La cause politique de cela, c’est le refus ou l’incapacité de rompre avec le gouvernement, actuellement état-major central des attaques patronales. Quand on soutient sa politique, écotaxes ou autres, on ne peut pas combattre le patronat et on divise à l’avantage du patronat. Les syndiqués et militants CGT, FSU et Solidaires évidemment présents en masse à Quimper montrent la seule voie pour leurs organisations.

On ne peut pas demander à Bécassine, on ne peut pas demander aux travailleurs, d’avoir le look du bon petit révolutionnaire comme dans les livres. Le vrai révolutionnaire est celui qui commence par se mettre à l’école du prolétariat, pas par humilité ni par charité, mais pour exprimer le mouvement réel, le colérer, l’amplifier, le généraliser, le centraliser.

La Bretagne, c’est la France. Ce qui vient de se passer est la première manche d’une série d’affrontements où la trame des combats sociaux se reconstituera à sa façon. L’explosion lycéenne à la veille des vacances ressemble plus à ce que « le militant de gauche » a l’habitude d’imaginer, au point que là non plus il n’a souvent pas vu ce qui se passait réellement : un début rapide de centralisation spontanée de la jeunesse contre le ministère de l’Intérieur. Une force révolutionnaire ferait la liaison entre un tel mouvement et celui qui porte des travailleurs et des petits producteurs désespérés à casser les portiques d’écotaxes, affrontant directement l’Etat du capital. Et cela va continuer avec le mouvement de fond contre la réforme dite des rythmes scolaires. Sur les réseaux sociaux, les parents s’organisent pour refuser l’ « après-midi de rattrapage » du mercredi 13 novembre et en faire une journée de grève scolaire contre l’attaque portée à l’école : ils ont raison. Parallèlement, les professeurs se demandent bien pourquoi cette demi-journée de travail en plus, et des réunions, heures syndicales et autres se préparent pour ce jour là. Plusieurs petits syndicats (CGT, FO, SUD, FAEN) appellent à une grève des écoles pour le retrait de cette contre-réforme le lendemain jeudi 14. Le principal syndicat SNUIPP-FSU appelle à des délégations au ministère le mercredi 20 pour demander sa renégociation, mais sa principale section, celle de Paris, appelle à la grève elle aussi le 14. Toute cette effervescence, en partie faite de manœuvres et de contre-manœuvres pour ne pas affronter le gouvernement, est en train de nourrir une vague qui monte d’en bas. Elle aussi se fera traiter de « fasciste », puisque ce terme est revenu pour insulter ceux qui entrent en mouvement.

Sans doute aurons nous à nouveau droit à « la grève arme des trusts » ! Une chose est claire : le front unique du monde du travail se construit contre son principal adversaire de classe : le gouvernement. Parce qu’il fait le contraire de ce pour quoi Sarkozy a été chassé, il n’est pas « notre gouvernement ». Telle est la conclusion à laquelle la masse qui a voté Hollande en 2012 est en train de parvenir. A partir de là, commence le présent.

Le-militant.org, dimanche 3 novembre 2013


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Commentaire posté par Joel Yan mercredi 6 novembre 2013 à 21h30,


Cet article explique ma gêne vis à vis de cet appel de Carhaix, qui constitue de la part de nos forces organisées un véritable abandon des travailleurs en détresse, alors que nous voyons bien qu’il n’y a plus de "grain à moudre", plus de "matelas" pour dissimuler, pour amortir le choc de la "libéralisation" totale qui nous est imposée avec un chômage de masse qui facilitera la baisse du "coût du travail" avec toutes les conséquences dans notre vie, voire dans la survie de millions de familles, d’ ouvrièr(e)s, employé(e)s, artisans, petits paysans...

C’était sur place à Quimper, qu’il fallait être, l’exploitation capitaliste rationnelle et impitoyable, le mépris des êtres humains et de leur travail, la destruction de la nature, la Bretagne en est un exemple type.

On ne peut se contenter désormais de compter sur le seul doublement des indemnités de licenciements en laissant se promener impunément "le renard dans le poulailler" et attendre de nouveaux "plans sociaux".

On ne peut oublier la "vache folle", les fréquentes crises du cours de la viande qui acculent des centaines d’agriculteurs à la faillite, le rôle dominant de la FNSEA, auxiliaire zélé du Capital, dans l’intégration à marche forcée des paysans dans le marché mondialisé via l’UE qui a tombé le masque et ses conséquences...

Nous n’avons pas le droit d’aller dans le sens du gouvernement PS qui s’empresse de favoriser des divisions dans le camp des exploités pour continuer sa politique, comme à la "belle époque" du Mitterrandisme sur les rejets et sur les haines qui paralysent le mouvement populaire.

Quelle caricature et quel symbole que ces bonnets rouges vendus 5 euros par "Armor Lux", hérault du "made in France" régulièrement fêté par les médias qui arrondit ses marges en délocalisant la fabrication de certains de ses produits...

Comment faire cesser ces ambigüités électoralistes qui font passer le PCF pour un soutien fidèle de la politique du gouvernement, faute de réelle volonté pour construire un rapport de forces vis à vis d’un PS désormais assimilé à la Droite par beaucoup de ceux là mêmes qui l’ont porté au pouvoir ?


Edité le 07-11-2013 à 00:13:36 par Xuan




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Xuan a écrit :

Je te rappelle que le prolétariat en se libérant libère l'ensemble de la société.
Et effectivement la classe ouvrière peut libérer une classe d'exploiteurs en la faisant disparaitre en tant que classe d'exploiteurs et non en tant qu'individus évidemment.
C'est le b-a-ba du marxisme Komintern.
Dans la critique du Programme de Gotha et d'Erfurt, Marx dénonce la conception qui range les classes moyennes dans « une même masse réactionnaire » en face de la classe ouvrière. « les classes moyennes... sont révolutionnaires... en considération de leur passage imminent au prolétariat » .


Quelle trahison y a-t-il à réclamer l'abolition d'une escroquerie d'Etat manigancée sous Sarkozy, et dont les promoteurs font maintenant les canards ? Explique-moi ça Komintern.
Qui touche le fonds dans cette affaire ?
Tous les politiciens et les affairistes de la bourgeoisie essaient de se débarrasser du bâton merdeux et toi tu ne veux surtout pas les enfoncer ?
Avec quelle classe collabores-tu pour ménager ainsi leurs intérêts ?
Qui pave la voie au fascisme en laissant partir à la dérive les petits-bourgeois, au lieu de dénoncer la dictature de l'Etat et des monopoles capitalistes sur le reste de la société ?


Confusion, mensonges, manipulation c'est de mieux en mieux...
Non monsieur faire disparaitre une classe ce n'est pas la sauver c'est bel et bien la condamner en tant que classe mais ça peut libérer les individus qui la composent... Ta sortie sur le b a ba du marxisme est juste antimarxiste...
Ta manipulation prend toute sa forme quand tu parle du caractère révolutionnaire des classes moyennes. Gorki a cité le paragraphe correspondant plus haut et donc tu ne peux ignorer que Marx affirme clairement que ces classes sont réactionnaires quand elles défendent leur intérêt et qu'elle ne deviennent révolutionnaires que si elles défendent les intérêts du prolétariat, leurs intérêts futurs...
Un bel exemple de malhonnêteté ta sortie!
Quand à ton dernier paragraphe... Tout ce qui bouge n'est pas rouge pur commencer!
Ensuite la trahison c'est d'aller défendre la liberté d'exploiter de ses exploiteurs en rajoutant au passage que dans le lot de tes "révolutionnaires" on trouve aussi de la bourgeoisie monopoliste pour la grande distribution et l'agro alimentaire!
Ensuite croire une seconde que ce mouvement enfonce l'Etat bourgeois c'est une belle connerie qui ne tient pas compte des réalités matérielles.
Et j'en rajoute oui ce mouvement pave la voie au fascisme, collaboration de classe, revendications identitaires, différents partis tous bras dessus bras dessous faisant avancer l'idée d'un gouvernement d'union nationale...

Inutile de rabâcher plus longtemps le sujet mais il est intéressant de constater ou finissent certaines trajectoires politiques...

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Eric
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Contrairement à ce que raconte Mélenchon et les syndicats collabos du gouvernement socialo la révolte des Bonnets rouge n'est pas le fait que du patronat et des curés .
Certes il y a des petits patrons , ce que l'on appelle la bourgeoisie nationale , mais il y a aussi une majorité de paysans , d'ouvriers et de commerçants .
Le fait que le prolétariat défile aux cotés de la bourgeoisie nationale n'a rien de choquant car ces classes subissent les mémes conséquences du capitalisme mondialisé et de la dure loi des multinationales : le chomage et la misère .
gorki
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Xuan a écrit :

Quelle trahison y a-t-il à réclamer l'abolition d'une escroquerie d'Etat manigancée sous Sarkozy, et dont les promoteurs font maintenant les canards ? Explique-moi ça Komintern. Qui touche le fonds dans cette affaire ?


Toi !

Tu vois Xuan ! ta réaction je m’y attendais, elle est juste celle d’un « militant » blessé dans son orgueil, en raison d’avoir été rappelé à ces fondamentaux.. Et pourtant si tu veux bien prendre un peu de recul, tu observeras que dans cette histoire tu avais juste mis la charrue avant les bœufs.

Oui le camarade Komintern à raison ! à la lecture de tes interventions, on avait l’impression de baigner dans une ambiance de politique fiction, parce que:

- Tu voulais unir le peuple, avant d’unir la classe
- Tu voulais combattre le Fascisme avec « ses propres troupes »
- Tu refusais de voir que la contradiction principale, et ce quelle que soient les alliances qui ici ou la pourraient se réaliser avec certains secteurs de la petite bourgeoisie, demeure en toutes circonstance celle entre la classe ouvrière et tous ses exploiteurs.
- Tu donnais à la lutte pour l’emploi de notre classe, des horizons bornés, des limites économiques du système que tu condamnes, etc.

Maintenant je vais te démontrer un exemple des manipulations dont tu te montres capable : ou pour me montrer plus sympa, je dirais, des d’égarements idéologiques dont tu sais faire preuve, et qui font la spécificité maoïste en France :

Tu interroges notre camarade Komintern comme ceci :

« Quelle trahison y a-t-il à réclamer l'abolition d'une escroquerie d’État manigancée sous Sarkozy »


Dis comme cela ! rien bien sur, et même que dans des circonstances bien précises, ( aujourd’hui pas réunies ) su été le rôle des communiste de s’atteler à cette tache, etc.

Mais la question n’est pas là ! la question, la seule qu’un militant communiste devait se poser dans les circonstances présentes, et sans prendre le risque de se faire taxer de vouloir nager en eau trouble, était : avec qui, et au profit idéologique de qui voila ce que tu t’acharnes à cacher, ou que tu ne veux pas voir :

Petit rappel ( te vexe pas ) la dénonciation des escroquerie d’état c’est principalement l’outil de propagande des Fascistes, Les communistes s’en distinguent toujours en démontrant la nature de classe de l’état en question…

Pour conclure :

Puisque tu parles de la période Sarkozy… je te rappellerais que durant cette période, et principalement au cours de la dernière année de son mandat, des centaines de voies se sont élevés à la gauche de la gauche, dans l’extrême- gauche politique et syndicale pour réclamer, voir tenter de construire le recours à la grève générale.
Chez les « lutteurs de classe » de l’extréme-gauche, la dent n’était jamais assez dur pour fustiger la mollesse des ripostes voulues par les directions syndicale. Aujourd’hui alors que la crise frappe toujours plus durement l’ensemble du monde du salariat, que la pauvreté s’étend de plus en plus, plus rien ou presque, que des atermoiements, comme ceux que l’on peut observer sur le blog d’ouvalacgt.

Et c’est dans cette ambiance, de quasi renoncement que tu viens « comme une alternative possible » nous signer un poste, appelant les travailleurs à s’associer à des besogneux du fascisme sous couvert d’unir le peuple contre son ennemi principal qui serait juste l’état des monopoles exit : toute la pourriture des exploiteurs anonymes, des petits comptoirs et ateliers etc. et cela juste en faisant de l’anti étatisme primaire. Aussi quant ont sait qu’en l’absence d’un véritable parti communiste, se genre de démarche ne peut servir qu’une cause, celle du fascisme, c’est ce qui s’appel Xuan se décerner à soi même un certificat d’indigence politique.

Oui Xuan t-a touché le fond, comme dirais le camarade Komintern, et même deux fois, une première fois avec tes prises de positions et une seconde fois avec les réponses prenant la forme d’une fuite en avant .

Petite réponse à Eric :

Tout ce qui bonnettent rouge n’est pas forcément rouge.

La présence dans ce mouvement de travailleurs touchés par la crise (principalement dans leur emploi) n’immunise pas cette lutte contre son caractère bourgeois de classe. Surtout cela ne justifie pas que l’on fasse cause commune avec ses exploiteurs qui détiennent la direction idéologique de ce mouvement. Simplement elle doit nous interroger sur l’absence d’un authentique parti communiste capable de bien orienter les révoltes de notre classe. J’espère qu’il ne t’as pas échappé que n'est convié aux négociations avec Matignon que la représentation patronale. Le souci premier de tous cette confrérie de petits exploiteurs c’est pas de chercher à employer plus de personnel, mais de maintenir voir d’augmenter le montant des bénéfices.




Edité le 07-11-2013 à 10:41:15 par gorki


Xuan
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   Posté le 07-11-2013 à 12:21:34   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Tout ce qui mélenchonne n'est pas nécessairement prolétarien, et je m'étonne que tu mordes à ce chiffon rouge, qui ne sert que les intérêts de la grande bourgeoisie. Et ton pote Komintern fait visiblement une rechute.

Il n'y a pas d'orgueil de ma part, je suis ulcéré de voir le sabotage et l'impasse créés par le pseudo tribun du peuple Mélenchon.
Je m'attendais à être attaqué par sa pseudo gauche radicale - ce fut le cas d'ailleurs - mais pas par toi sur ce terrain-là, et je t'aurais cru plus averti.

Tu voulais ceci, tu voulais cela...le peuple est dans la rue contre l'Etat bourgeois et tu pérores sur les "alliances", sur les indésirables et sur ceux qui sont reçus à Matignon. Lamentable.


Edité le 07-11-2013 à 12:24:03 par Xuan




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Entièrement d'accord avec Eric, je vous invite à lire la série d'articles très instructifs mis en ligne sur le sujet par le blog "militant" :

La bataille du portique de Pont de Buis

Bretagne : les faits

et Bretagne : conclusion... déjà repris plus haut.

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   Posté le 07-11-2013 à 21:33:17   Voir le profil de Komintern (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Komintern   

Ce qui est con l'est pour de bon...
C'est bien la provoc ça permet d'éviter d'argumenter... surtout quand tout ce que tu peux opposer ne fait que te dévoiler!
T'as de la chance je suis d'humeur!
Alors oui étant jeune j'ai été militant au pcf.
Et alors le marxisme c'était inné chez toi? Manifestement non!
Mais surtout tu te prend pour qui?
Arracher la classe ouvrière au révisionnisme pour être 50 ans plus tard plus loin du but qu'au départ ça devrait encourager à la modestie!
C'est quoi tes hauts faits révolutionnaires?
Alors lancer l'anathème, se la jouer victime et sur jouer son influence tout en usant de manipulations grotesques ça mérite rien d'autre que "ferme ta gueule" avec la ponctuation quand tu veux...
Et pourtant je vais te dire une dernière chose j'ai peut être commencé mon militantisme en étant inconsciemment sur des positions révisionnistes mais je préfère ça à finir comme toi dans un tel état de dégénérescence politique que c'est même pas du révisionnisme c'est du trotskisme!
J'en finis là!

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   Posté le 07-11-2013 à 21:49:52   Voir le profil de gorki (Offline)   Répondre à ce message   http://ouvrier.communiste.free.fr/   Envoyer un message privé à gorki   

Bon Xuan ! je sais que c’est compliqué, mais tu réponds à rien, pire tu nous envois(sans oublier au passage, de monter une petite provocation en direction du camarade Komintern ) nous abreuver aux pitreries d’un site, "Militant" qui à pour responsable un cacique du trotskisme anti-stalinien notoire au parcours politique aussi sinueux que la grande muraille de chine, je veux nommer Raymond Debord.

Quand même, comme diraient les jeunes, c’est chelou cette façon faire. Au Fait ! tu n’as pas trouvé mieux comme référence pour trouver argumentations à tes égarements idéologiques? parce que ça craint

Allez à +
Xuan
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   Posté le 07-11-2013 à 23:04:53   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Vous évitez les insultes en guise d'arguments pour commencer.

Deuxio à part ce discours pseudo "gauche" les prolos de base comprennent parfaitement quelle différence existe entre les artisans, les petits commerçants, les petits patrons d'un côté, et de l'autre les trusts de la grande distribution, les TIR et les monopoles capitalistes en général, et y compris ceux du Front de Gauche, parce que ce qui les intéresse ce sont les faits.

Tertio vous avez tous les éléments matériels pour juger, mais la seule réalité qui compte pour vous ce sont vos idées. Il n'y a décidément rien à répondre à cela. Quand vous aurez fini d'organiser la classe ouvrière autour de vos idées, puis le peuple autour de la classe ouvrière et autour de vos idées, puis de trier ce qui est prolétarien et ce qui ne l'est pas, songez à jeter un coup d’œil au cas où tout ce mode serait déjà dans la rue à l'insu de votre plein gré.

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   Posté le 08-11-2013 à 06:36:53   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Pour "détendre" l'atmosphère voici pour infos ce que diffuse l'UD CGT de Saône et Loire sur le sujet :

Pourquoi la CGT n’est pas aux côtés des bonnets rouges….

Le combat des bonnets rouges n’est pas celui des salariés



La fronde antifiscale organisée en sous-main, voire ouvertement par le patronat et les élus de l’UMP en Bretagne n’a que peu à voir avec les intérêts des salariés dont le mécontentement légitime est aujourd’hui instrumentalisé.

Pour les trois organisations syndicales bretonnes CGT,Solidaires et FSU,
"les initiateurs de la manifestation du 2 novembre à Quimper ne portent pas les revendications des salariés."


Déclaration des organisations syndicales de salariés CGT, Solidaires et FSU de Bretagne

La Bretagne souffre du fait de sa situation économique et sociale. Les pans industriels de la région sont mis à mal par des restructurations et des suppressions massives d’emplois dans tous les secteurs.

Les organisations syndicales participent, à leur niveau, à freiner les conséquences de cette catastrophe.

Ce gâchis engendre colère, désespoir et mécontentement. Cette détresse monte partout en France et doit alerter les pouvoirs publics sur la réalité sociale du pays.

Pour les organisations syndicales, c’est le signal d’alarme d’une situation qui ne peut plus durer, et dans laquelle, le gouvernement devrait avoir un rôle majeur pour redonner confiance, par des actes, aux salariés licenciés et ceux qui ont un emploi.

La Bretagne n’est pas en dehors de l’augmentation du chômage et de la misère. Cette restructuration de l’industrie est d’autant plus grave qu’il n’est rien prévu, ni par les licencieurs, ni par les pouvoirs publics, pour permettre aux salariés de continuer à vivre d’un travail.

Les politiques d’austérité imposées par l’Europe, ses pays membres, en rajoutent à la situation dans cette crise dont les conséquences sont déjà bien lourdes pour les salariés, les retraités et les privés d’emploi.

C’est pour cela que les organisations syndicales de salariés mobilisent pour le maintien de l’emploi industriel, au quotidien, mais aussi lors de manifestations interprofessionnelles.

Le discours antifiscal de certains acteurs des mobilisations en cours s’appuie sur des réalités. Au lieu d’une urgente réforme fiscale, le gouvernement impose de plus en plus les ménages, d’où une légitime incompréhension. Pour autant, les actions violentes sur médiatisées ne relèvent pas d’un mouvement social de salariés.
Le détournement du mécontentement, réel, d’une grande partie de la population à des fins politiciennes met en cause l’intégrité et l’indépendance des salariés dans un combat qui n’est pas le leur.

Les « bourreaux » sont aux commandes de cette manœuvre et se servent de leurs victimes pour faire en même temps bouclier et bélier. Ils voudraient que les salariés oublient qu’ils ont toujours soutenu les politiques néolibérales responsables de la crise actuelle et que leur « modèle agricole breton » est aujourd’hui une faillite économique, sociale et environnementale.

Les manipulations sont lourdes puisque ce sont les « seigneurs de jadis » qui portent maintenant le bonnet rouge contre le peuple. Les initiateurs de la manifestation du 2 novembre à Quimper ne portent pas les revendications des salariés.
La casse industrielle est un gâchis pour l’économie, mais aussi et surtout pour les femmes et les hommes.


Aujourd’hui ce sont ceux qui licencient qui veulent en découdre avec le gouvernement. Ce combat n’est pas celui des salariés, non pas parce que le gouvernement ferait bien son travail, mais parce que ce qu’exigent les meneurs de cette manifestation, c’est d’aller encore plus loin dans leur stratégie de destruction sociale.

Rares sont les moments d’histoire où les patrons cassent, manifestent et refusent le dialogue.

C’est aussi un signe fort que cette agitation porte en lui des germes qui dépassent largement l’écotaxe, même suspendue.

Pour permettre aux salariés de se retrouver, pour faire valoir leurs exigences, pour s’opposer aux fermetures des entreprises, à la casse des services publics et de la protection sociale qui ont comme conséquence des suppressions d’emplois, les organisations syndicales de la région
Bretagne C.G.T., Solidaires et F.S.U. ont appelé l’ensemble des salariés, et ceux qui s’associent à leurs combats, à se rassembler : le samedi 2 novembre à 15 heures place du Champ de Foire à Carhaix.

Rennes, le 30 octobre 2013

La CGT en Saône et Loire

Site : http://www.ud71.cgt.fr/

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Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO)
Eric
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Hallucinant de lire des trucs pareilles .
Les travailleurs licenciés qui manifestaient vont étre contents de lire çà .
La cgt n'a toujours pas compris le rôle contre-révolutionnaire et anti prolétariat de la social- démocratie .
Non ce pouvoir de gauche et "socialiste " n'est pas l'ami des travailleurs .
Il est , même comme l'ump , notre pire ennemi .
D'ailleurs si on regarde l'histoire c'est toujours la social démocratie qui a commis les pires saloperies contre le prolétariat et le communisme .
Ce sont bien les " socialistes " qui ont écrasé les révolutions allemandes et préparé ainsi la venue des nazis .
Ce sont bien les " socialistes " qui ont interdit le PCF et criminalisé la propagande communiste .
Le " ps " n'est que le représentant des intérêts de la grande bourgeoisie transnationale et des monopoles internationaux ; ce n'est pas l'ami ni le défenseur du prolétariat .
La bourgeoisie nationale , les petits patrons , les agriculteurs et les commerçants sont donc en conflit avec cette grande bourgeoisie mondialisée qui risque de les faire disparaître à terme .
Là , en l'occurrence nous avons en tant que prolétaires et bourgeoisie nationale le même ennemi : le capitalisme transnational , le grand capital , représenté par les socialos .Car il pousse aussi cette petite bourgeoisie et cette bourgeoisie nationale vers la misère et le chômage .
Bien sur on peut regretter que çà ne soit pas une lutte menée sous la direction d'un parti communiste .
Mais c'est simple car il n'y en a plus de parti communiste en France .
Alors devons-nous attendre les bras croisés , 100 ans , afin de voir enfin renaître un parti communiste ou pas , tout propre , tout pur avec des ouvriers à 100 pour cent ?
De toute façon çà n'a jamais exister nulle part une révolution qu'avec des prolétaires .
Il y a toujours eu une alliance entre plusieurs classes , certes sous la direction du prolétariat : prolétariat , paysannerie et bourgeoisie nationale .
Or c'est ce qui se passe en ce moment en Bretagne .
Pour la gauche et les syndicats il ne faut rien faire afin de ne pas gêner les amis du gouvernement .
Ce n'est ni plus ni moins qu'une trahison , une de plus .


Edité le 08-11-2013 à 11:14:36 par Eric


gorki
Les ouvriers n'ont pas de patrie
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gorki
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   Posté le 08-11-2013 à 12:48:33   Voir le profil de gorki (Offline)   Répondre à ce message   http://ouvrier.communiste.free.fr/   Envoyer un message privé à gorki   

Xuan a écrit :

Quand vous aurez fini d'organiser la classe ouvrière autour de vos idées, puis le peuple autour de la classe ouvrière et autour de vos idées, puis de trier ce qui est prolétarien et ce qui ne l'est pas, songez à jeter un coup d’œil au cas où tout ce mode serait déjà dans la rue à l'insu de votre plein gré.


Faut vraiment que tu sois dépité pour conclure, rejetant l’organisation méthodique des forces du prolétariat, sur cette note en forme d’adhésion qui fait du spontanéisme des masses ce qui alimente « le feu sacré » Lénine avait à son époque une belle expression pour juger de cette attitude qui consiste à ce placer à la remorque de tous se qui bouge dans le mouvement sociale, il appelait cela pratiquer le queuisme. Avec en plus que pour toi, cela prend des allures de soumission à l’idéologie petite bourgeoise ambiante, et qui plus est en choisissant le coté obscure de la force.

Tu peux enregistrer cela comme une réponse à ton intervention Eric ! Intervention où tu nous dis en gros l’état bourgeois fait des mécontents dans toutes les classes de la société, mieux défiler avec les patrons réacs que pas défiler du tous. Moi quant je lis des trucs comme cela, tout de suite me revient en tête ce vieille adage du mouvement ouvrier qui dit : « montre moi qui tu soutiens je te dirais qui tu es !)

Un dernier truc Stp ! renseigne toi sur ce qui permet ou pas à un individus de se coller l’étiquette de prolétaire avant d’en revendiquer l’appellation comme tu le fais dans ton intervention… et puis affirmer que c’est les prolétaires qui maîtrisent la direction du mouvement des « benêts rouges » en Bretagne c’est juste pas conforme à la réalité, et je rajouterai… et quant-bien même…etc.

J’en ai lu et relu des interviews de prolos dans ce mouvement : J’ai même entendu une ouvrière totalement déboussolée déclarer en gros : mos boulot nous brisent les reins, mais mieux ces boulots que pas de boulot du tout.

Avec un tel degrés de résignation, nourrit de désespoir on imagine bien comment cette pauvre femme peut-être l’objet de manipulation, comme par exemple celle de se faire mettre son portrait en avant, pour affirmer : « voyez! sont avec nous les prolos… avec nous, il demandent que les industrielles ne soient pas pénaliser face à la concurrence.

Sur l’info communiquer par Finimore:

Ce texte de la Cgt si il dénonce les collusions là ou faut le faire n’en n’exonère pas moins la CGT de ses responsabilité… car à trop gueuletonner avec l’ennemi de classe ont fini par montrer le mauvais exemple etc.

Tien à propos de gueuletonner :

Je vous offre l'occasion d'une franche rigolade :

L’indélicat : un autre postulant pour la médaille du "Bénnet "rouge"

Philipe Poutou ancien candidat trotskiste du MPA à la dernière présidentielle pique au vif ou un peu comme Xuan, piqué la main dans le sac à conneries, nous à pondu cela dans son droit de réponse au site Politis :

Vous avez le droit d’écrire ce que vous voulez, c’est la liberté de la presse et on est archi pour… ( cela ne mérite même pas de commentaire tellement c’est rampant à tous point de vue… )
Et il poursuit : « En aucun cas le Npa et les autres participants à la manifestation de Quimper n’ont manifesté « avec le patronat, le FN et les identitaires ». ( ha bienfaitrices et bien utiles guillemets!…Mais la suite vaut son pesant d'hilarité ) : « Le Medef en tant que tel n’était pas représenté, même pas à la tribune où des organisations patronales ont pourtant pris la parole… » *

En gros un patron ça peut causer, et même se servir des tribunes populaires pour le faire, du moment qu’il planque sa carte d’adhérent au MEDEF… Voila qui s’appelle établir les niveaux d’intensité dans la collaboration de classe. Peut-être encore une tentative des trotskistes de pratiquer l’entrisme au sein des organisations patronales…


vous pouvez consulter ici le reste de son droit de réponse :


Edité le 08-11-2013 à 13:59:15 par gorki


Xuan
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   Posté le 08-11-2013 à 22:33:25   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L’écotaxe est une mesure antisociale et antipopulaire , nullement écologique et nullement destinée à faire payer les grands capitalistes, mais des classes moyennes et populaires. Les masses s’y opposent et c’est parfaitement normal.

Il est évident que les commerçants, les artisans, les petits agriculteurs, petits pêcheurs et petits patrons sont aussi victimes du grand capital et simultanément, pour une partie d’entre eux des exploiteurs, de façon saisonnière ou à plein temps.
Lorsqu’ils s’opposent à l’Etat bourgeois et aux grandes entreprises leur combat peut rejoindre celui de la classe ouvrière, et lorsqu’ils défendent leurs profits contre nos salaires évidemment il faut s’opposer à eux.
Or l'écotaxe n'a rien à voir avec l'augmentation des salaires, à terme elle viderait plutôt nos caddies.

Qu’ensuite les partis bourgeois essaient de récupérer cette colère pour la détourner dans leur intérêt (par exemple pour réclamer la baisse des charges ou l’exception bretonne), ou qu’ils la stigmatisent en utilisant un naturel réflexe de classe, mais uniquement pour gratter des voix chez les ouvriers, ça ne change absolument pas la nature de l’écotaxe, qui reste dans les faits une mesure anti populaire et non de progrès social. Il est légitime de la combattre et non de pignocher dans la purée pour y chercher des arêtes.

Or les dirigeants CGT l’ont parfaitement compris en écrivant que « Le discours antifiscal de certains acteurs des mobilisations en cours s’appuie sur des réalités . Au lieu d’une urgente réforme fiscale, le gouvernement impose de plus en plus les ménages, d’où une légitime incompréhension. »
On appréciera cette « légitime incompréhension » en se demandant où se situe finalement la collusion et avec qui. Parce que l’assimilation des 30 000 manifestants et d’une poignée de caciques du patronat n’a pas d’autre finalité que ménager l’Etat bourgeois et son personnel socialo .
A lire "ce sont ceux qui licencient qui veulent en découdre avec le gouvernement" on croirait bientôt qu'Hollande est devenu Allende face à la grève des transporteurs.

Double « incompréhension » en fait des dirigeants CGT envers la politique réactionnaire des socialistes et envers la violence populaire, pour dénoncer au passage les « actions violentes surmédiatisées» .
La réalité est que la police a brutalement réprimé les premières manifestations et que les représentants du patronat se sont farouchement opposés aux actions violentes.
Il n’est pas nouveau que des paysans défoncent les grilles des préfectures avec leurs tracteurs ou déversent du fumier à Bruxelles et s’en sortent sans être inquiétés, tandis que les ouvriers paient le prix fort pour avoir bousculé quelques bureaux : c’est d’ailleurs la première chose que j’ai écrite au début de ce post.
De là à se formaliser de la « violence » pis à la dénoncer, on laissera ce genre de réaction aux bonzes révisos ou aux ministres de la bourgeoisie.
En ce qui concerne la violence de masse (et pas des individus), nous ne la combattons que lorsqu’elle s’exerce contre le peuple, et non lorsqu’elle vise l’Etat bourgeois, ses symboles et ses instruments d’oppression.

La CGT n’a pas à se plaindre que "les initiateurs de la manifestation du 2 novembre à Quimper ne portent pas les revendications des salariés." , c’est bien la première conséquence d'en avoir soigneusement tenu à l’écart les salariés, leur syndicat et leurs revendications.
Les commerçants ne battent pas spontanément le pavé pour les salaires des ouvriers mais ils sont parfaitement capables de comprendre que sans ces derniers leur fond de commerce est gravement compromis, et que leur intérêt est de les suivre ou de les appuyer.
Mais encore faut-il que la classe ouvrière soit là pour leur montrer le chemin avec ses revendications, ses propres drapeaux et bannières, et pas à 60 bornes en accusant les dits commerçants et artisans d’être des suppôts de la bourgeoisie.

Quant à l’organisation du prolétariat dans son parti elle ne doit passer à la trappe. C’est également dans ce genre d’émeutes contre l'Etat bourgeois que se constitue pratiquement le parti du prolétariat, à condition que la classe ouvrière et ses éléments les plus avancés soient présents pour avancer leurs propres mots d'ordre et éprouver leur rôle dirigeant, y compris en présence de la petite bourgeoisie, de catégories intermédiaires et même d’ennemis de classe, et y compris s'ils essuient un échec.
En l'absence de parti communiste, il tombe quand même sous le sens qu'écarter les militants syndicaux du théâtre des opérations n'a pas d'autre résultat que de laisser la base ouvrière à la merci des démagogues bourgeois et des syndicats jaunes. La mépriser ensuite c'est vraiment le pompon.

D’autres occasions ne manqueront pas, la crise n’est pas finie et ce genre de situation ne peut que se renouveler et s’amplifier.

On aurait tout intérêt à anticiper.


Edité le 08-11-2013 à 23:13:30 par Xuan




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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Finimore
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   Posté le 09-11-2013 à 07:12:41   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Dans sa brochure "La maladie infantile du communisme, le gauchisme"
avril 1920, Lénine dit dans "JAMAIS DE COMPROMIS" :

"Le capitalisme ne serait pas le capitalisme si le prolétariat « pur » n'était entouré d'une foule extrêmement bigarrée de types sociaux marquant la transition du prolétaire au semi-prolétaire (à celui qui ne tire qu'à moitié ses moyens d'existence de la vente de sa force de travail), du semi prolétaire au petit paysan (et au petit artisan dans la ville ou à la campagne, au petit exploitant en général) ; du petit paysan au paysan moyen, etc. ; si le prolétariat lui-même ne comportait pas de divisions en catégories plus ou moins développées, groupes d'originaires, professionnels, parfois religieux, etc. D'où la nécessité, la nécessité absolue pour l'avant-garde du prolétariat, pour sa partie consciente, pour le Parti communiste, de louvoyer, de réaliser des ententes, des compromis avec les divers groupes de prolétaires, les divers partis d'ouvriers et de petits exploitants. Le tout est de savoir appliquer cette tactique de manière à élever, et non à abaisser le niveau de conscience général du prolétariat, son esprit révolutionnaire, sa capacité de lutter et de vaincre. Notons d'ailleurs que la victoire des bolcheviks sur les mencheviks a exigé, non seulement avant mais aussi après la Révolution d'Octobre 1917, l'application d'une tactique de louvoiement, d'ententes, de compromis, de celles et de ceux, bien entendu, qui pouvaient faciliter, hâter, consolider, renforcer la victoire des bolcheviks aux dépens des mencheviks. Les démocrates petits-bourgeois (les mencheviks y compris) balancent forcément entre la bourgeoisie et le prolétariat, entre la démocratie bourgeoise et le régime soviétique, entre le réformisme et l'esprit révolutionnaire, entre l'ouvriérisme et la crainte devant la dictature du prolétariat, etc. La juste tactique des communistes doit consister à utiliser ces hésitations, et non point à les ignorer ; or les utiliser, c'est faire des concessions aux éléments qui se tournent vers le prolétariat, et n'en faire qu'au moment et dans la mesure où ils s'orientent vers ce dernier, tout en luttant contre ceux qui se tournent vers la bourgeoisie. Grâce à l'application de cette juste tactique, le menchevisme s'est de plus en plus disloqué et se disloque chez nous, isolant les chefs qui s'obstinent dans l'opportunisme et amenant dans notre camp les meilleurs ouvriers, les meilleurs éléments de la démocratie petite-bourgeoise. C'est là un processus de longue haleine, et les « solutions » à tir rapide : « Jamais de compromis, jamais de louvoiement » ne peuvent qu'être préjudiciables à l'accroissement de l'influence du prolétariat révolutionnaire et à la montée de ses effectifs."

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Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO)
gorki
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   Posté le 09-11-2013 à 17:06:34   Voir le profil de gorki (Offline)   Répondre à ce message   http://ouvrier.communiste.free.fr/   Envoyer un message privé à gorki   

Xuan a écrit :

Il est évident que les commerçants, les artisans, les petits agriculteurs, petits pêcheurs et petits patrons sont aussi victimes du grand capital et simultanément, pour une partie d’entre eux des exploiteurs, de façon saisonnière ou à plein temps. Lorsqu’ils s’opposent à l’Etat bourgeois et aux grandes entreprises leur combat peut rejoindre celui de la classe ouvrière, et lorsqu’ils défendent leurs profits contre nos salaires évidemment il faut s’opposer à eux. Or l'écotaxe n'a rien à voir avec l'augmentation des salaires, à terme elle viderait plutôt nos caddies.


Tu remets le PS dans l’opposition, tu reformes l’union de la gauche, tu changes un peu la formulation, en évitant le « gros mots » et c’est pile un propos de campagne électorale réformiste. Tous les ingrédients qui font s’y ménager et la chèvre et le choux y sont réunis pour. (arrête de creuser Xuan! je te jure il n’en remonte rien de bon).

Xuan a écrit :

La CGT n’a pas à se plaindre que "les initiateurs de la manifestation du 2 novembre à Quimper ne portent pas les revendications des salariés." , c’est bien la première conséquence d'en avoir soigneusement tenu à l’écart les salariés, leur syndicat et leurs revendications. Les commerçants ne battent pas spontanément le pavé pour les salaires des ouvriers mais ils sont parfaitement capables de comprendre que sans ces derniers leur fond de commerce est gravement compromis, et que leur intérêt est de les suivre ou de les appuyer. Mais encore faut-il que la classe ouvrière soit là pour leur montrer le chemin avec ses revendications, ses propres drapeaux et bannières, et pas à 60 bornes en accusant les dits commerçants et artisans d’être des suppôts de la bourgeoisie.


Idem : A la suite de ce propos, tu reformes l’unité syndicale, tu établis un cahier de revendication interprofessionnelles fourre-tout et tu obtiens une grande mobilisation de réformisme sociale ou les commerçants solidairement intéressés baissent leur rideau en mettant la carotte : n’ont dans le panier du prolétaire mais là où tu sais… (Arrête de creuser Xuan maintenant c’est toi qui t’enfonce)

Xuan a écrit :

Il n’est pas nouveau que des paysans défoncent les grilles des préfectures avec leurs tracteurs ou déversent du fumier à Bruxelles et s’en sortent sans être inquiétés, tandis que les ouvriers paient le prix fort pour avoir bousculé quelques bureaux : c’est d’ailleurs la première chose que j’ai écrite au début de ce post. De là à se formaliser de la « violence » pis à la dénoncer, on laissera ce genre de réaction aux bonzes révisos ou aux ministres de la bourgeoisie. En ce qui concerne la violence de masse (et pas des individus), nous ne la combattons que lorsqu’elle s’exerce contre le peuple, et non lorsqu’elle vise l’Etat bourgeois, ses symboles et ses instruments d’oppression.


Oui effectivement on leur laissera ça aux bonzes syndicaux, aux ministres et au média ! Mais quant même, si Xuan faut s’en formaliser. Faut même s’attacher à trouver quel type de malaise social elle exprime. La violence «««excepté celle entre individu»»» revêt toujours un caractère de classe, et elle n’est jamais de même nature, suivant qu’elle est exercée par les différentes catégories sociales pour la défense de leurs intérêts particuliers, intérêts qui peuvent même se trouver antagonistes.

Maintenant Xuan (parce qu’il faut bien abréger) le parti ouvrier est-il déjà si bien implanté et dirigé par les meilleur éléments de notre classe ? pour que tu te sentes capable de faire un travail de propagande en direction des petits artisans, commerçants, et autres petits exploitants agricoles. Pour aller leur expliquer que leur avenir n’est pas dans le maintien de leur petite structure d’exploitation et de commerce mais dans la collectivisation générale de leur activité établie sur la base du plan, etc.

Regarde ! c’est même Finimore qui te l’explique, qu’il y a des conditions préalables à réunirent pour cela, avec sa citation tirée d’un des ouvrages de Lénine ou il est dit :

"Le capitalisme ne serait pas le capitalisme si le prolétariat « pur » n'était entouré d'une foule extrêmement bigarrée de types sociaux marquant la transition du prolétaire au semi-prolétaire (à celui qui ne tire qu'à moitié ses moyens d'existence de la vente de sa force de travail), du semi prolétaire au petit paysan (et au petit artisan dans la ville ou à la campagne, au petit exploitant en général) ; du petit paysan au paysan moyen, etc. ; si le prolétariat lui-même ne comportait pas de divisions en catégories plus ou moins développées, groupes d'originaires, professionnels, parfois religieux, etc. D'où la nécessité, la nécessité absolue pour l'avant-garde du prolétariat, pour sa partie consciente, pour le Parti communiste, de louvoyer, de réaliser des ententes, des compromis avec les divers groupes de prolétaires, les divers partis d'ouvriers et de petits exploitants. Le tout est de savoir appliquer cette tactique de manière à élever, et non à abaisser le niveau de conscience général du prolétariat, son esprit révolutionnaire, sa capacité de lutter et de vaincre.

Hé oui effectivement…« Le tout est de savoir appliquer cette tactique de manière à élever, et non à abaisser le niveau de conscience général du prolétariat, son esprit révolutionnaire, sa capacité de lutter et de vaincre. » c’est bien là que le bas blesse, et continue de blesser dans tes prises de position.

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