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 une nouvelle monnaie pour le monde ?

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Xuan
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   Posté le 25-02-2012 à 14:22:05   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

On en saura davantage à la fin du week end.

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   Posté le 31-05-2012 à 00:06:40   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Deux événement plus récents confirment cette orientation. Elle progresse au rythme des rapports multilatéraux entre les BRICS, mais aussi entre d'autres états, avec une apparente lenteur.
Mais celle-ci est rendue nécessaire par les conséquences considérables, inédites et irréversibles de ces transformations.

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Le 2 avril le site Afrique démocratie titrait :

Les BRICS lâchent le dollar


Les pays du bloc des BRICS regroupant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, ne devraient plus utiliser le dollar américain dans leurs échanges bilatéraux.

C’est ce qui a été décidé au terme 4e sommet des dirigeants de ces cinq pays, jeudi dernier dans la capitale indienne. Un document intitulé Déclaration de Delhi a été adopté par les BRICS dont les banques centrales ont signé, rapporte l’agence de presse Xinhua, «un accord-cadre sur les facilités de crédit entre les monnaies des cinq pays et une convention multilatérale de confirmation des facilités de crédit au sein des BRICS» .


Selon la même source, les deux accords consacrent le principe d’une coopération bilatérale dans un cadre multilatéral, afin de promouvoir les activités liées au commerce, aux services et aux investissements dans les monnaies nationales des cinq pays membres à l’intérieur de leurs frontières. Les BRICS peuvent ainsi utiliser leur propre monnaie dans le cadre des échanges commerciaux, des investissements bilatéraux et des activités de financement, ce qui pourrait, à terme, leur permettre de réduire leur dépendance par rapport au dollar américain, d’éviter les risques liés à la fluctuation des devises internationales et de réduire leurs frais commerciaux.

Dans la Déclaration de Delhi adoptée par ce sommet, les cinq pays membres ont exprimé, en outre, leur volonté d’étudier la faisabilité d’une banque de développement qui viserait à mettre les ressources des cinq pays en commun afin d’apporter un soutien financier aux projets d’infrastructure et de développement durable des BRICS, ainsi qu’à d’autres pays émergents ou en développement. Les experts estiment que l’approfondissement de la coopération financière entre les BRICS contribuera à la construction d’un système globalement plus équilibré pour ce qui est du commerce mondial, des devises et des prix des produits, exerçant ainsi une influence profonde sur l’économie mondiale.

Les pays du BRICS, qui connaissent une forte croissance économique, représentent près de 20% du total mondial du produit intérieur brut, plus de 15% de son volume des échanges et environ 75% des devises étrangères. Leur contribution à la croissance économique mondiale dépasse maintenant les 50%. Le bloc était au départ un concept commercial visant à offrir aux entreprises multinationales d’importants indices économiques pour profiter des chances commerciales dans les marchés émergents. Depuis, il évolué en un mécanisme de consultations multilatérales et de coopération entre les économies émergentes, avec la montée des pays en développement et avec la coopération Sud-Sud en plein essor au cours de la dernière décennie.

Quant à la décision d’abandonner le dollar, les experts estiment que cela devrait provoquer «un véritable basculement du monde» . Si à moyen terme, aucune monnaie, pas même l’euro, ne semble pouvoir remplacer le billet vert dans son statut de monnaie internationale hégémonique, un scénario de fragmentation de l’espace monétaire mondial n’est pas à écarter, rendant plus que jamais nécessaire un haut degré de coopération monétaire internationale


Lyes Mechti
Source: elwatan.com

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Hier, Le Figaro titrait La Chine et le Japon court-circuitent le dollar

Le site iranien IRNA reprenait le même titre : La Chine et le Japon court-circuitent le dollar

Téhéran.Irna. 29 Mai 2012.
Economie. Chine.
La Chine et le Japon vont démarrer dès vendredi un échange direct de leurs devises sans passer par l’intermédiaire du dollar américain, ont annoncé les deux pays ce mardi.
Pékin et Tokyo ont conclu un accord bilatéral qui permettra pour la première fois d’échanger directement entre le yuan et le yen vice-versa sans passer par le billet vert.

Cet accord sans précédent vise à dynamiser les échanges commerciaux et les investissements entre la deuxième et troisième économie de la planète à l’heure où les perspectives de la croissance mondiale sont en berne.

Jusqu'à présent, le yuan et le yen s'échangeaient via le dollar qui sert de pivot dans la détermination du taux de change. Ce système, peu pratique, fait que 60% des transactions bilatérales sont actuellement effectuées en dollar.

C'est la première fois que Pékin accepte de tels échanges directs avec une autre monnaie majeure.

"En évitant de passer par une tierce devise, nous allons rendre plus aisé l'usage des deux monnaies, limiter les risques de perte pour les banques, réduire le coût des transactions et stimuler le marché de Tokyo" , a expliqué mardi le ministre nippon des Finances, Jun Azumi.

La Banque populaire de Chine (BPC, banque centrale) a salué un "pas important" qui va "faciliter l'usage du renminbi (nom officiel du yuan) et du yen dans le commerce et l'investissement bilatéral, promouvoir la coopération financière et améliorer les liens économiques et financiers entre les deux pays" .

A Shanghai, à l'instar du système prévalant pour la fixation de la parité yuan/dollar, le taux de change yuan/yen sera décidé par la BPC et non par la loi de l'offre et de la demande.

Chaque matin avant l'ouverture des cotations, la banque centrale chinoise se renseignera sur les prix auprès des acteurs du marché, puis annoncera le cours central du yuan vis-à-vis du yen pour la journée à Shanghai, a expliqué la BPC, de la même manière qu'elle procède pour fixer le taux yuan/dollar.

Cette décision sino-japonaise intervient dans le cadre d'une série d'accords bilatéraux conclus fin décembre, destinés à faciliter et renforcer le commerce et les investissements bilatéraux entre la Chine et son voisin le Japon, respectivement deuxième et troisième puissances économiques mondiales.



Le site IRIB(Iran French Radio) va plus loin Chine-Japon : transactions, en monnaie nationale, fin du dollar!

IRIB- La Chine et le Japon, en tant que deuxième et troisième géants économiques du monde, commenceront l'échange direct de leurs devises, le yen et le yuan, à partir du 1er juin.

Le lundi 28 mai, les médias pékinois ont annoncé que la Chine et le Japon allaient démarrer un échange direct de leur devise, le Yen et le Yuan, sur le marché de Tokyo. Cette décision a été prise, dans le sillage d'un accord, conclu, en décembre dernier, lors de la visite du Premier ministre japonais, à Pékin.

Toujours, selon cet accord, le Japon pourra, désormais, acheter les bons de trésor publiés par le gouvernement chinois. Les experts sont d'avis que, vu le grand volume d'échanges commerciaux sino-japonaise, ce récent accord constitue le plus important accord concernant les coopérations financières entre ces deux pays.

A noter que le volume des échanges commerciaux entre la Chine et le Japon a atteint 358 milliards de dollars, en 2011. L'échange direct yen - yuan apportera quelques avantages, pour tous les deux pays; d'abord, les fluctuations de dollars n'auraient plus d'impact sur leurs échanges commerciaux, dont les mécanismes seraient, désormais, plus faciles. Jusque-là, les monnaies nippone et chinoise s'échangeaient, via un système incorporant le dollar comme pivot dans la détermination du taux de change, mais, désormais, les hommes d'affaires, les investisseurs et les patrons d'usines des deux pays pourront, tout simplement, utiliser la monnaie d'autrui, pour mener leurs transactions.

A l'heure actuelle, moins d'un pourcent des échanges commerciaux sino-japonais s'effectue, via le yuan, tandis que le Japon constitue le plus grand partenaire commercial de la Chine.

Pour d'aucun, cet échange direct sera dans l'intérêt de Pékin, plutôt que dans celui de Tokyo, car cela représente le premier pas, dans la transformation du yuan en une devise interchangeable international, ce qui favorisera les activités de la Chine, dans les marchés financiers du monde.

En effet, cet accord signifie que la Chine cherche à accéder à un pouvoir juste, au niveau de son poids économique, sur l'échiquier mondial.

A présent, le dollar américain, l'euro, le franc suisse, la livre britannique et le yen nippon s'affirment, en tant que cinq devises crédibles de plusieurs pays, du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, alors que la récente démarche de la Chine et du Japon pourra transformer le yuan en une des devises crédibles.
D'autre part, cette décision du Japon fait preuve de la confiance qu'il a dans l'économie chinoise et la méfiance qu'il éprouve envers l'économie des Etats-Unis et de l'Europe. Cet accord se fera, donc, en quelque sorte, au détriment de l'économie américaine et de l'euro, et pourra se traduire par une réduction des cours de ces devises, face aux autres devises.


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Comme on peut l'observer, ces événements - conséquence de la crise des subprimes et des dérèglements induits dans le commerce international - évoluent à l'échelle de plusieurs années. Mais leur progression est irréversible.
Ils traduisent tous deux la fin du dollar comme monnaie universelle d’échange international. .
Le dollar monnaie universelle constituait jusqu'ici, avec la puissance militaire qui l'accompagne, le pilier de l'hégémonie US.
Et la puissance militaire des USA repose elle-même sur la suprématie du dollar.

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Xuan
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   Posté le 02-06-2012 à 00:21:47   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Dans les Echos JM Vittori interprète cet événement à sa juste mesure.
Il en déduit que le yuan lui-même remplacera le dollar, ce qui ne tient pas compte d'autres aspects que j'ai souligné comme l'émergence financière des BRICS.
Dans tous les cas, le remplacement du dollar ne saurait attendre "au moins deux décennies de travail" , de sorte que le concurrent du dollar ne peut être exclusivement chinois.
Je publie quand même ce texte qui contient quelques infos intéressantes.

Quand la Chine prépare le concurrent du dollar


Par Jean-Marc Vittori | 01/06

C'est sans doute la plus vieille loi économique : la mauvaise monnaie chasse la bonne. Appelée loi de Gresham, du nom d'un commerçant anglais du XVI e siècle, elle était déjà exposée dans « Les Grenouilles », pièce du poète grec Aristophane écrite au V e siècle avant notre ère. Aujourd'hui, cette loi n'est plus seulement économique, mais aussi médiatique. La mauvaise monnaie chasse la bonne dans les portefeuilles... et dans l'information. Les malheurs de l'euro et de sa zone saturent les journaux tandis que la montée en puissance du yuan chinois se fait discrètement à l'autre bout du monde, pistée par quelques rares experts.

Cette ascension annonce pourtant un basculement majeur de la finance mondiale, comme il s'en produit une fois par siècle. Et les indices du changement se multiplient. A partir d'aujour-d'hui, il sera possible d'échanger des yuans chinois en yens japonais sans passer par le dollar américain. En mars-avril, les experts de la Société Générale ont recensé... 17 signes d'ouverture financière en Chine, de l'accroissement des marges de fluctuation du yuan face au dollar jusqu'à l'autorisation donnée aux banques chinoises de détenir des positions en devises à court terme en passant par l'achat de dette publique chinoise par le Japon et l'annonce du lancement de produits dérivés en yuans à Hong Kong. En septembre dernier, Air liquide a été le premier groupe français à emprunter en yuans, comme l'avaient fait peu avant Caterpillar ou Volkswagen. Pour Louis Gave, cofondateur du centre d'analyse économique Gavekal, la création d'un marché obligataire en yuans à Hong Kong restera dans l'histoire comme « l'événement financier le plus important de l'année 2011 » .

Jusqu'à présent, la « monnaie du peuple », ou renminbi, passait pour devise négligeable. Si la Chine est devenue un géant commercial et l'un des grands de ce monde économique, elle était considérée comme un nain monétaire. Pour Pékin, le contrôle strict de la monnaie et de la finance était une priorité absolue. Pas question de les laisser aux mains du marché ! Un taux de change largement sous-évalué était indispensable pour emmener le pays sur la route d'une croissance débridée, tirée par les exportations. Et il n'était pas question de reproduire les erreurs du Japon, où l'ouverture de la finance dans les années 1980 est soupçonnée d'avoir contribué au gonflement d'une formidable bulle spéculative et au marasme qui a suivi l'explosion de ladite bulle. Ni les errements des dragons d'Asie, qui ont libéralisé leurs finances dans les années 1990 juste avant de connaître à leur tour une grave crise en 1997-1998.

Mais le petit yuan est désormais rentré dans l'adolescence. C'est un choix politique, qui s'explique par deux raisons majeures. D'abord, la sous-évaluation du renminbi passait par un soutien au dollar de plus en plus insupportable. Au fil des ans, la Chine a stocké les plus formidables réserves de change de l'histoire, plus de 3.300 milliards de dollars à l'heure actuelle. En 2006, les trois quarts de ses réserves étaient investies en dollars. Or les Etats-Unis ne peuvent plus être considérés comme le pays de la certitude absolue. Ces dernières années, son déficit budgétaire a été largement financé par de l'argent fabriqué par la Réserve fédérale. Pékin a donc cherché à diversifier ses réserves, où le billet vert ne pèse désormais qu'un peu plus de la moitié du total. Au-delà, le but est clair : cesser d'accumuler de l'argent américain. Quitte à laisser enfin le yuan grandir.

C'est ici que commence la seconde raison : les dirigeants chinois ont décidé de changer le moteur de la croissance chinoise. La consommation et non plus l'exportation doit tirer l'activité. Les salaires doivent donc augmenter. L'an dernier par exemple, ils ont monté de 15 à 20 %. Du coup, les exportations ralentissent tandis que les importations accélèrent. L'excédent des échanges courants chinois, qui avait culminé à 10 % du PIB en 2007, est revenu à 5 % en 2009-2010 et pourrait dépasser à peine 2 % cette année. Dans ses dernières prévisions publiées fin avril, le FMI estime que l'excédent ne remontera pas au-delà de 4 % à moyen terme, alors qu'il prévoyait auparavant un surplus moitié plus grand. Dans le jargon du FMI, le message est clair : avec la flambée des salaires en Chine et son appréciation de 20 % face au dollar depuis 2005, le yuan n'est plus sous-évalué. Dès lors, il devient beaucoup plus facile d'abaisser les barrières qui empêchent les capitaux d'entrer et de sortir de Chine car les investisseurs n'auront plus la tentation d'y investir massivement pour spéculer sur la hausse du yuan. Dans un essai éclairant (1), l'économiste Shahin Vallée montre aussi comment la Chine développe offshore des marchés financiers en yuans, aujourd'hui à Hong Kong et bientôt Londres (où une obligation en yuans est cotée depuis début mai), pour développer le rôle du yuan à l'international sans bousculer les banques en Chine, à la santé fragile.

Bien sûr, la route est longue pour faire du yuan une grande monnaie internationale. Ouverture accrue de la Chine aux mouvements de capitaux, refonte du système bancaire et financier, émission massive d'obligations solides pour que d'autres pays puissent constituer des réserves en yuans, renforcement du cadre légal... Il y en a pour au moins deux décennies de travail. Il faudra aussi prendre toute une série de décisions dans un jeu politique qui se complique. Mais les Chinois ont prouvé leur capacité à agir à long terme. Et surtout, contrairement aux Japonais et aux Allemands dans les années 1980, ils semblent avoir envie de faire de leur monnaie une grande devise internationale, avec les responsabilités qui vont avec. L'euro n'est pas devenu assez puissant pour contester le dollar. Le yuan pourrait constituer le premier vrai rival de la monnaie américaine, qui domine le monde financier depuis près d'un siècle.

(1) « The Internationalisation Path of the Renminbi », Working Paper 2012/05, Bruegel, mars 2012.

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Xuan
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   Posté le 15-06-2012 à 13:54:43   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le Quotidien du Peuple publie un nouvel article sur la nécessité de rompre avec la domination du dollar et sur le commerce direct Yen/Yuan :

Pour échapper au piège du Dollar


Les transactions directes Yen-Yuan sont une nouvelle étape que prend la Chine pour tenter de se dégager de la dépendance excessive envers la monnaie américaine.

Dans le cadre des efforts visant à stimuler le commerce et les investissements bilatéraux, la Chine et le Japon ont débuté l'échange direct de leurs monnaies à Shanghai et à Tokyo le 1er juin dernier.

Permettre au Yuan de procéder directement à des échanges avec une autre monnaie majeure autre que le Dollar américain aidera la Chine dans ses efforts pour acquérir une plus grande puissance financière et de négociation.

La plus grande leçon que la Chine a tiré de la crise financière mondiale, c'est qu'elle devrait faire pression pour réformer le système monétaire international et accélérer l'internationalisation du Yuan. Il est aussi devenu de plus en plus évident que le système monétaire mondial dominé par le Dollar a non seulement brisé le mécanisme de croissance économique normale du monde, mais aussi causé le chaos économique et financier dans le monde entier. Ce «piège du Dollar», on peut le trouver dans tous les coins du monde.

L'émergence de « l'ère du Dollar » au cours de la seconde moitié du 20e siècle a été dans une large mesure une conséquence du rôle décisif des États-Unis dans l'élaboration des règles du marché et des institutions mondiales. Le Dollar américain est ainsi devenu le centre du système monétaire du monde tandis que les autres pays, dépendant envers les exportations ou les ressources, ont dû rattacher leurs monnaies au dollar, affaiblissant ainsi l'indépendance de leurs politiques monétaires.

Un tel déséquilibre a donné lieu à « un renchérissement par rapport au Dollar, mais à une dépréciation à la maison » pour certaines devises et aggravé les déséquilibres du commerce mondial. Dans ce contexte, comment désindexer progressivement leurs monnaies du Dollar et renforcer leur indépendance monétaire est devenue une préoccupation urgente pour certains pays.

Pendant longtemps, la Chine n'a autorisée l'échange direct du Yuan qu'avec le Dollar, et toutes les transactions avec d'autres monnaies devaient se faire via le billet vert. En conséquence, la valeur du Yuan et son émission ont été influencés par les politiques monétaires des États-Unis. Ce qui a rendu difficile la mise en place d'un taux de change réel du Yuan.

L'internationalisation du Yuan s'est accélérée depuis 2010, surtout avec l'émission cette année-là d'obligations en Yuan par HSBC à Londres en avril, un mouvement qui a amorcé la mise en place d'un autre centre financier offshore en Yuans en dehors de Hong Kong, et l'accord conclu entre la Banque Mondiale et la Banque Centrale de Chine pour les investissements accrédités sur le marché interbancaire chinois des titres.

La Chine reste le plus important partenaire commercial du Japon. En 2011, le volume du commerce bilatéral a atteint un niveau record de 344,9 millions de Dollars US, soit une augmentation de 14,3 % d'une année sur l'autre. Toutefois, 60 % du volume du commerce bilatéral entre les deux pays est réglé en Dollars, ce qui a fait augmenter les coûts de transaction et les risques de règlement pour les deux pays et les a contraint à augmenter le taux de règlements commerciaux par le biais de leurs propres monnaies.

Il y a une grande motivation au Japon pour échanger directement le Yen avec le Yuan. Le vieillissement accéléré de la population et de l'industrie du Japon au cours de la dernière décennie a été un facteur-clé dans son incapacité à sortir d'une récession persistante. Pour atténuer l'impact du renchérissement du Yen sur son économie, le Japon a commencé à déplacer son axe de croissance économique vers l'étranger dans les années 1980. Dans le cadre d'une stratégie de ce type, certaines entreprises japonaises qui ont perdu des avantages sur leur territoire ont déplacé leurs établissements de fabrication et de fonctionnement vers l'étranger à la poursuite de plus gros profits.

Depuis le tremblement de terre catastrophique et le tsunami qui a suivi en mars de l'année dernière, le Japon a accéléré le déplacement de son développement industriel et de ses investissements vers d'autres pays, notamment vers la Chine. Dans ce contexte, la négociation directe Yuan-Yen sans recourir au Dollar américain ne fera pas seulement offrir davantage d'opportunités à la croissance industrielle et commerciale du Japon, cela permettra également de promouvoir une meilleure intégration économique asiatique.

Les pratiques passées montrent que si une monnaie est en passe de devenir une monnaie internationale de premier plan, cela commence à partir de l'acquisition d'une position de tarification et de règlement dans le commerce international de marchandises en vrac, en particulier les sources d'énergie, comme le montre l'établissement de l'hégémonie du Dollar dans le commerce mondial de l'énergie au cours des dernières décennies. La formation du cycle d'un « Dollar, Dollar du pétrole, et Dollar des produits de base », un cycle fermé de circulation des capitaux mondiaux, a dans une large mesure décidé de la distribution de la richesse mondiale.

Un élément clé pour juger si la monnaie d'un pays est une monnaie internationale dominante est sa part dans les réserves mondiales étrangères. Selon le Fonds monétaire international, plus de 60 % des réserves mondiales de l'étranger étaient constituées de Dollars américains à la fin du troisième trimestre de 2011. Derrière le Dollar figurent l'Euro, la Livre sterling et le Yen, le Yuan n'étant acceptée que par quelques pays en tant que monnaie de réserve.

Bien que confronté à un chemin tortueux avant son internationalisation, les transactions directes entre le Yuan et le Yen marquent une étape importante en avant dans le souhait de la Chine de se dégager de la dépendance excessive envers le Dollar américain. La désindexation du Yuan face au Dollar facilitera son processus de convertibilité gratuite avec les autres monnaies et lui fera jouer un rôle plus important dans la redistribution de la richesse mondiale.

L'auteur, Zhang Monan, est chercheur en économie au Centre d'Information de l'Etat.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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   Posté le 20-09-2012 à 23:31:39   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Développement du commerce bilatéral sino-allemand en euros et en yuans


source : Reuters
30 août 2012

L'Allemagne et la Chine ont l'intention de procéder à une quantité croissante de leurs échanges commerciaux en euros et en yuans , est-il dit dans une déclaration commune issue des entretiens entre la chancelière Angela Merkel et le Premier ministre chinois Wen Jiabao à Pékin jeudi.

"Les deux parties ont l'intention de soutenir les institutions financières et les entreprises des deux pays dans l'utilisation du renminbi et l'euro dans le commerce bilatéral et les investissements" , a déclaré le texte de la déclaration.


Ce n'est pas une nouveauté que les relations commerciales progressent entre la Chine et l'Allemagne. Par contre l'utilisation de l'euro et du yuan dans les relations commerciales confirme une tendance :
> Le dollar n'est plus la monnaie d'échange universelle et les relations commerciales internationales existent indépendamment de lui
> L'Euro est une monnaie d'échange internationale
> Le yuan accède au rang de monnaie d'échange internationale
> Dans ces relations bilatérales il n'y a pas de monnaie dominante
> Ces relations bilatérales débordent du cadre sud-sud

De telles relations se sont succédées et accélérées depuis la crise.

Entre la Chine et la Russie ChinaDaily du 21/11/2010
La Chine et la Russie ont décidé de renoncer au dollar américain et de recourir à leurs propres devises pour le commerce bilatéral, ont annoncé mardi soir le Premier ministre Wen Jiabao et son homologue russe Vladimir Poutine[…]
"A propos de règlement des opérations, nous avons décidé d'utiliser nos propres monnaies» , a déclaré M. Poutine lors d'une conférence de nouvelles commune avec Wen à Saint-Pétersbourg.
Les deux pays ont l'habitude d'utiliser d'autres devises, notamment le dollar, le commerce bilatéral. Depuis la crise financière, cependant, de hauts fonctionnaires des deux côtés ont commencé à explorer d'autres possibilités.


Entre la Chine et le Brésil BBC news 22 juin 2012
"La motivation est d'être moins dépendant du dollar américain » , a déclaré à la BBC Sean Callow, chef stratège en devises chez Westpac.
"Nous verrons les entreprises des deux pays régler leurs comptes en monnaies locales» , a-t-il ajouté.


Entre la Chine et l’Australie
THe Financial Express vendredi 23 mars 2012
« l'accord avec l'Australie suit des accords similaires avec les pays dont la Corée du Sud, la Turquie et le Kazakhstan. La Chine est le partenaire commercial le plus important de l'Australie et représente environ un quart des ventes de marchandises de la nation à l'étranger. »

Entre l'Inde et le Japon
Reuters 28 déc 2011
(Reuters) - L'Inde et le Japon ont convenu d'une ligne de 15 milliards de dollars currency swap en roupies …

Entre l'Iran et la Russie
7 Jan 2012 Bloomberg : L'Iran et la Russie ont remplacé le dollar US par leurs monnaies nationales dans le commerce bilatéral, l'Iran gérée par l'Etat agence de nouvelles Fars, citant Seyed Reza Sajjadi, l'ambassadeur iranien à Moscou.
La proposition de passer au rouble et du rial a été soulevée par le président russe Dmitri Medvedev lors d'une réunion avec son homologue iranien, Mahmoud Ahmadinejad, à Astana, au Kazakhstan, de l'Organisation de coopération de Shanghai, a dit l'ambassadeur.


Entre la Chine et le Chili le 26 juin

etc.

La succession des accords bilatéraux de ce type prépare la transformation qualitative de la monnaie universelle, le remplacement du dollar par un panier de monnaies.


Edité le 21-09-2012 à 00:12:56 par Xuan




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   Posté le 07-10-2012 à 23:30:20   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La Chine veut augmenter ses réserves d'or grâce au Venezuela


La Chine se prépare à effectuer une révolution sur le marché mondial de l’or. Elle a obtenu l’accès à l’une des plus grandes mines du monde, Las Krestinas au Venezuela. Le groupe China International Trust and Investment Corp a signé un accord approprié. Précédemment, Pékin a annoncé son intention de devenir le deuxième pays au monde pour le volume de ses réserves d'or.


Aucun détail de la transaction n’a été divulgué. Lors d'un point de presse, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hong Lei n’a même pas donné le nom de la banque qui a investi dans le projet.
Hong Lei a également jugé infondées et rejeté les allégations selon lesquelles Pékin échangerait ses investissements financiers au Venezuela contre des avantages politiques.
Précédemment, ces mines étaient sous le contrôle du groupe canadien Crystallex International Corp.
En 2008, le gouvernement vénézuélien a révoqué sa licence. Aujourd'hui, les Canadiens tentent d’obtenir une compensation de 3,8 milliards de dollars par le moyen de l'arbitrage international.

En termes d'investissements au Venezuela, la Chine se montre très généreuse. Il y a deux ans, l’Empire du Milieu a déboursé 20 milliards de dollars dans des projets d’infrastructure. Ainsi, en mars 2011, 4 milliards de dollars ont été investis dans le développement de nouveaux gisements de pétrole.

La Chine est prête à financer n’importe quel « projet en or », désirant devenir le deuxième pays au monde en termes de réserves d’or. Son désir est tout à fait compréhensible, explique l’expert de l'Institut de l'Extrême-Orient Iakov Berger.

«La crise financière a aggravé la situation des monnaies de réserve mondiales, et en particulier celle du dollar. Les actifs en dollars sont évidemment menacés, et cela est également valable pour les avoirs chinois en monnaie américaine. C’est pourquoi la Chine est à la recherche des solutions pour renforcer ses réserves, et la conversion de la monnaie papier en or semple être une solution» .

Actuellement la Chine est le sixième pays au monde pour le volume des réserves d’or. Pour se retrouver derrière les Etats-Unis, il lui faudra acheter 6.000 tonnes d'or. Même en quelques années, cela ne sera pas si facile, car il s’agit du double de la production annuelle d'or dans le monde.

L’Afghanistan aidera la Chine à remplir ses réserves. Le pays a récemment admis les entreprises chinoises dans ses mines. Par ailleurs, la Chine va acheter 2 tonnes d’or à la Corée du Nord.

De toute évidence, cette ruée vers l’or de la Chine portera un nouveau coup au dollar, et le marché de l'or fera face à une nouvelle redistribution, estime le chef du Centre d'études politiques Andreï Vinogradov.

«La Chine est intéressée par le contrôle du marché de l’or. Cela va affecter la fiabilité du dollar, et la perception du dollar comme principale monnaie de réserve. Le fait même qu'ils achètent des ressources aurifères dans différentes usines est le reflet d’une tendance générale - le dollar n'est plus associé à une monnaie mondiale forte» .

La Chine regarde avec méfiance le déficit géant de l’économie américaine et la crise de la dette dans l'Union européenne. Il y a une méfiance croissante par rapport au dollar et à l'euro, et par conséquent - une réorientation vers l'or comme unité de réserve.

L'or est perçu comme l'alternative la plus viable aux monnaies occidentales. Les Etats-Unis restent pour l’instant la première économie du monde, et le premier pays en termes de réserves d'or. Mais la Chine pourrait bien inverser cette situation en devenant le plus grand détenteur du métal jaune de la planète.

V. Fedorov

Source cameron voice

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   Posté le 19-10-2012 à 23:48:23   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Fin de l'hégémonie du pétrodollar pour la Chine


Le site examiner.com relève qu'à dater du 6 septembre la Chine achète et vend du pétrole avec sa propre monnaie le yuan :

« Pour la première fois depuis les années 1970, quand Henry Kissinger a forgé un accord commercial avec la maison royale des Saoud de vendre du pétrole en utilisant uniquement des dollars américains, la Chine a annoncé son intention de contourner le dollar pour les clients mondiaux du pétrole et a commencé à vendre la marchandise en utilisant sa propre monnaie. »

Dès le lendemain la Russie lui a emboîté le pas en annonçant qu'elle pourrait vendre du pétrole à la Chine en grandes quantités.




Cela signifie que le monopole de la vente du pétrole en dollars est désormais brisé.

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   Posté le 31-05-2013 à 22:42:58   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les impérialistes européens cherchent une issue…du côté des banques chinoises


Cet article publié par Bloomberg marque en filigrane la défiance des capitalistes européens envers le dollar.


La Banque de France cherche un contrat de liquidité en Yuan pour la zone euro


Par Mark Deen - 29 mai 2013 - Bloomberg

Le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer annonce qu'il a demandé l'accord des banques centrales de la zone euro sur les moyens de fournir un soutien de liquidité en yuan chinois pour favoriser les affaires de ces pays dans la concurrence.
« L'essentiel est un renfort de liquidités, qu’elles soient publiques ou privées» , a déclaré Noyer hier dans une interview au Bloomberg News à Paris. «Nous sommes en cours de recherche dans le domaine public. Nous parlons de la façon dont nous pouvons avoir un filet de sécurité publique avec un accord de swap (*) dans le système de l'euro » .

Paris est en concurrence avec Londres et Zurich pour devenir le centre du négoce en yuan en Europe, du fait que la monnaie chinoise est la plus largement utilisée dans le monde entier. Un accord de swap permettrait aux banques centrales de fournir des yuans aux banques commerciales dont les clients peuvent avoir besoin. La Banque d'Angleterre a déclaré en Février qu'elle envisageait de signer prochainement un accord de swap en devises sur trois ans.

Un système privé d'arrangement en liquidité est déjà mis en place, dit Noyer.
«Nous avons travaillé avec les autorités de Hong Kong, les banques chinoises » , a déclaré Christian Noyer. « Le système est actuellement mis en place. Les banques chinoises sont très intéressées et les grandes banques internationales aussi. »


Pour contacter le journaliste sur cet article: Mark Deen à Paris markdeen@bloomberg.net
Pour contacter l'éditeur : Craig Stirling à cstirling1@bloomberg.net


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(*) Le swap de devises (ou swap de taux d’intérêt et de devises) est un accord conclu entre deux parties qui s’échangent un montant déterminé de devises étrangères et s’engagent mutuellement à effectuer régulièrement des paiements correspondant aux intérêts ainsi qu’à se rendre le montant échangé à une échéance déterminée.

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source La Voix de la Russie
14 mai, 11:56

Moscou-Occident : des tensions bénéfiques pour le BRICS



WASHINGTON, 14 mai - RIA Novosti/La Voix de la Russie Les tensions envenimant ces derniers temps les relations entre la Russie et l'Occident peuvent encourager le développement de la coopération au sein des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), considère Dmitri Beskournikov, de la Chambre de commerce et d'industrie de Russie.

"La situation peut accélérer la création d'une banque des BRICS ou d'une zone de libre-échange" , a indiqué mardi à Washington M.Beskournikov, qui prenait part à une conférence intitulée "Business avec les pays des BRICS" .

"A mon avis, non seulement les BRICS, mais aussi beaucoup d'autres pays en développement se pencheront sur l'idée qu'un Etat n'a pas le droit de décréter à sa guise des sanctions capables de se répercuter sur leur économie, d'où la nécessité d'élaborer des mesures de protection" , a poursuivi le responsable.

Selon ce dernier, les sanctions américaines et européennes à leur stade actuel peuvent "discipliner" la Russie et favoriser la réorganisation de son économie. A titre d'exemple, il a cité le projet de la création d'un système de paiement national.
"Il me semble que toutes les sanctions décrétées à ce jour renforcent l'économie russe, ce qui se passera demain sera une autre histoire" , a conclu M.Beskournikov.

Suite au rattachement le 18 mars dernier de l'ex-république ukrainienne de Crimée et de la ville de Sébastopol à la Fédération de Russie, dénoncé comme une annexion par les autorités de Kiev, les Etats-Unis, le Canada, le Japon et l'UE ont entrepris une série de mesures politiques et économiques visant la Russie.

Les pays du G7 ont également menacé de décréter des sanctions sectorielles contre plusieurs secteurs de l'économie russe en cas d'escalade de la situation autour de l'Ukraine.

Lundi, l'Union européenne et le Canada ont élargi leur liste des sanctions ciblées en raison de l'absence de détente en Ukraine.

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Internationalisation du yuan :

La Chine lance les transactions directes yuan-euro




French.china.org.cn - Mis à jour le 29-09-2014

La banque centrale chinoise a autorisé le China Foreign Exchange Trading System d'effectuer les transactions directes du yuan vers l'euro, a-t-elle annoncé lundi.
"Les transactions directes yuan-euro sont favorables pour ... réduire les coûts de change pour les acteurs du marché" , a indiqué la Banque populaire de Chine (BPC) dans un communiqué publié sur son site Internet.

La banque centrale s'est engagée à offrir un "soutien actif" pour les transactions directes yuan-euro, indiquant que cela aiderait à approfondir les relations économiques et financières bilatérales.

Plus tôt cette année, la Chine a permis les transactions nationales directes vers la livre sterling anglaise et le dollar néo-zélandais pour encourager de telles transactions afin d'internationaliser la monnaie chinoise.

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Chine: début mardi de la conversion directe entre le yuan et l'euro


http://www.20minutes.fr/economie/1451413-20140929-chine-debut-mardi-conversion-directe-entre-yuan-euro

Il sera possible à partir de mardi d'échanger directement le yuan et l'euro, a annoncé lundi une autorité chinoise en charge des échanges de devises, alors que Pékin cherche à intensifier l'internationalisation de sa monnaie.
L'euro et le yuan pourront désormais être échangés de façon directe, et non plus en passant par l'intermédiaire du dollar pour calculer le taux de conversion comme c'est actuellement le cas, a indiqué l'opérateur du China Foreign Exchange Trade System (CFETS).

Cette mesure «permettra d'abaisser les frais de conversion, de soutenir les échanges commerciaux bilatéraux» tout en facilitant «l'usage du renminbi (nom officiel du yuan, NDLR) pour des investissements» et en dopant les «relations financières entre Chine et Union européenne», a estimé la banque centrale chinoise dans un communiqué.
En juin, la Chine --qui encadre encore très étroitement les échanges de sa devise-- avait déjà autorisé les transactions directes entre le yuan et la livre britannique.
Pékin permet depuis longtemps une conversion directe entre le renminbi et le dollar américain et, depuis quelques années, avec le yen japonais, les dollars australien et néo-zélandais, ou encore le ringgit malaisien.

De son côté, la banque HSBC a indiqué avoir reçu l'approbation des autorités pour opérer des échanges directs yuans/euros sur le marché interbancaire chinois.
«Autoriser une conversion directe entre le renminbi et la deuxième monnaie la plus utilisée dans le monde représente une étape importante de l'internationalisation du yuan» , a souligné Ryan Song, responsable des activités de marché en Chine pour HSBC, pointant le caractère «plus commode» des transactions entre deux économies majeures.

En dépit de multiples contentieux, l'UE est le principal partenaire commercial de la Chine --avec 559 milliards de dollars d'échanges bilatéraux en 2013 selon les douanes chinoises--, tandis que la Chine constitue le deuxième partenaire de l'Union.

Et l'Europe représente désormais 10% de l'ensemble des transactions libellées en yuans, selon la société financière Swift -- la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et le Luxembourg se situant même dans le top 10 des pays utilisant la monnaie chinoise (hors Chine continentale et Hong Kong).

Sur un an, la Grande-Bretagne a vu ses paiements en yuan grimper de 124%, l'Allemagne de 116%, la France de 44% et le Luxembourg de 42%, avait précisé Swift fin août, expliquant ces bonds par la conclusion d'accords bilatéraux de compensation entre la Chine et ces pays européens.

De fait, Pékin promeut activement l'utilisation du renminbi (ou «monnaie du peuple» ) hors des frontières chinoises, multipliant les coopérations avec les grandes banques centrales et les accords permettant des investissements directs en yuans.

La banque centrale a par ailleurs élargi en mars la fourchette journalière au sein de laquelle le yuan est autorisé à fluctuer par rapport au dollar, même si l'on est encore loin d'une convertibilité totale du yuan, Pékin redoutant des flux de capitaux incontrôlés.
La monnaie chinoise se situe au septième rang des devises les plus utilisées pour des paiements internationaux, avec une part de 1,57% en août, selon le rapport de Swift.

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   Posté le 10-10-2014 à 20:00:49   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le Royaume-Uni lance le processus d'émission du premier emprunt d'Etat en renminbi hors de Chine


Publié le 2014-10-09 à 21:26 french.xinhuanet.com

LONDRES, 9 octobre (Xinhua) -- Le Trésor britannique a annoncé jeudi avoir commencé le processus d'émission du premier emprunt d'Etat en devise chinoise, le renminbi (RMB), hors de la Chine.

Trois grandes banques, dont la Banque de Chine, la HSBC et Standard Chartered, ont été désignées par le gouvernement britannique, a indiqué le Trésor dans un communiqué. Les recettes de ces obligations seront utilisées pour financer les réserves du pays.

L'émission de l'emprunt d'Etat britannique en renminbi montre le potentiel du RMB comme devise de réserve future, a expliqué le Trésor. Actuellement, le Royaume-Uni possède des réserves en dollars américains, en euros, en yens et en dollars canadiens.

Cette annonce représente "une mesure décisive" vers l'émission du premier emprunt d'Etat en RMB par un pays occidental, et fait suite à l'annonce faite par le ministre britannique des Finances George Osborne lors du récent sommet économique annuel entre le Royaume-Uni et la Chine à Londres, a indiqué le Trésor.

Annoncé lors d'une conférence de presse après le Sixième Dialogue économique et financier sino-britannique, George Osborne a dévoilé l'intention du gouvernement britannique d'émettre un emprunt d'Etat en RMB et d'utiliser les recettes comme réserves de devises étrangères.

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   Posté le 14-03-2015 à 08:46:17   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La Chine poursuit l'édification d'un Front Uni mondial contre l'hégémonie US.
Ses relations avec les pays du second monde vont dans le même sens.
Il s'agit de pays impérialistes dominés par la superpuissance US. Leurs intérêts impérialistes les conduisent à s'opposer à des degrés divers à l'hégémonie du $.

Ci-dessous un article des Echos :


Cette nuit en Asie : la docilité britannique face à la Chine insupporte Washington



La décision de Londres de rejoindre les rangs d’une banque multilatérale créée par Pékin pour concurrencer la Banque mondiale et le Banque asiatique de développement est vertement critiquée par Washington - Shutterstock

La décision de Londres de rejoindre les rangs d’une banque multilatérale créée par Pékin pour concurrencer la Banque mondiale et le Banque asiatique de développement passe mal outre-Atlantique.

Jusqu’où peut-on se rapprocher de la Chine sans courroucer les Etats-Unis ? A en croire le «Financial Times», le Royaume-Uni est en train d’aller trop loin sur cette trajectoire. Le quotidien des affaires britannique cite une source au sein de l’administration américaine qui ne mâche pas ses mots au sujet de la décision de Londres de rejoindre les rangs d’une banque multilatérale créée par Pékin pour concurrencer la Banque mondiale et le Banque asiatique de développement. Alors que la Banque asiatique d’infrastructures apparaît de toute évidence comme un projet chinois visant à reprendre la main dans une activité jusque-là menée par des institutions sous domination américaine ou japonaise, elle s’est lancée, à l’origine, sans la participation de pays comme le Japon, la Corée du Sud ou l’Australie – réticents, notamment, à l’idée de froisser Washington. Mais la Grande-Bretagne s’apprêterait à rejoindre la vingtaine de pays qui se sont engagés à abonder cette banque de développement. A en croire la source citée par le «Financial Times», il n’y aurait eu, sur ce sujet «aucune consultation avec les Etats-Unis».

A Washington, cette attitude est perçue comme contraire à la «relation spéciale» censée unir la première puissance mondiale à la Grande-Bretagne. «Nous sommes vigilants devant une tendance à être systématiquement accommodant vis-à-vis de la Chine, qui n’est pas le meilleur moyen de se positionner face à une puissance émergente », a commenté l’officiel américain. Déjà, les Etats-Unis reprochent actuellement à la Grande-Bretagne une tendance au désengagement militaire, avec des budgets de la Défense qui risquent de passer bientôt sous les 2% du PIB, un pourcentage défini comme un plancher dans les règles de l’OTAN.

Au vu de l’attitude de Londres face à Pékin, l’agacement de Washington est compréhensible. Après avoir reçu le Dalai-lama, et été cloué au pilori par la diplomatie et la presse chinoises, le Premier ministre britannique, David Cameron, a totalement changé d’attitude vis-à-vis de Pékin et multiplié les preuves d’allégeance face à un pays dont il veut capter une partie de la puissance économique et financière. La place financière de Londres, notamment, livre une intense campagne de lobbying pour devenir le principal centre offshore européen pour la devise chinoise, le yuan – elle est concurrencée notamment par Paris, tout aussi dynamique en la matière.

Au plan politique, une controverse a d’ailleurs secoué la classe politique britannique ces derniers mois : les autorités gouvernementales ont été d’une grande docilité après que Pékin eut refusé d’accorder des visas à une délégation de parlementaires souhaitant se rendre à Hong Kong pour y dresser un diagnostic de la situation politique. En pleine montée des tensions sur la question de la démocratie dans l’ancienne colonie britannique, Londres s’illustre actuellement par son silence.

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   Posté le 13-06-2015 à 10:40:43   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'internalisation du Yuan revient sur le tapis, ci-dessous un article paru sur le réseau Voltaire le 12 avril, après l'opposition des USA début avril :


Incorporer le yuan aux Droits de tirage spéciaux


par Ariel Noyola Rodríguez

Malgré l’opposition des États-Unis, la montée globale du yuan est devenue imparable. Dans le cadre des réunions du FMI, le gouvernement chinois cherche maintenant à obtenir l’intégration du yuan dans les Droits de tirage spéciaux, une étape décisive pour le faire devenir une monnaie de réserve mondiale.


Avec le yuan, la Chine est désormais prête à contrebalancer la domination du dollar dans le Système Monétaire International. En 2009, Zhou Xiachuan, gouverneur de la Banque populaire de Chine a appelé à une réforme du système mondial des réserves ; les fluctuations violentes du dollar obligeaient à donner plus de confiance et de stabilité à l’économie mondiale. En fin de compte, la Chine a refusé de prendre en charge les coûts de la crise que cela avait généré à la bourse de New York.

Dans cette même perspective, l’agence de presse Xinhua a lancé une polémique en octobre 2013 sur la désaméricanisation du monde : l’endettement irresponsable de la part du gouvernement de Barack Obama augmentait les ‘déséquilibres structurels’ et révélait ainsi l’urgente nécessité de diminuer le pouvoir et l’influence des États-Unis [1]. En mars 2015, Li Keqiang, Premier ministre de la Chine, a demandé au Fonds Monétaire International (FMI) l’ouverture de discussions sur l’incorporation du yuan dans les Droits de tirage spéciaux (DTS).

Les DTS sont une réserve internationale créée par le FMI dans les années 60 pour compléter les réserves des banques centrales et soutenir le système des parités fixes établi en 1944. Au début, les DTS étaient calculées sur la base d’une valeur équivalente à 0,888 grammes d’or. Cependant, une fois que le président nord-américain Richard Nixon eût mis fin aux accords de Bretton Woods, au début des années 1970, les DTS furent calculés sur la base d’un panier de devises.

En pratique, les pays membres du FMI achètent les DTS pour s’acquitter de leurs obligations. Dans d’autres cas, ils les vendent pour moduler la composition de leurs réserves internationales. Dans ce contexte, le FMI agit en qualité d’intermédiaire entre ses membres et les porteurs autorisés des DTS pour garantir les échanges en monnaies « convertibles ».

Tous les 5 ans, la révision des DTS par le FMI devrait théoriser l’importance de ses devises dans les systèmes financiers et commerciaux du monde. Cependant, et malgré le rôle de plus en plus important des pays émergents dans l’économie mondiale la composition des DTS est restée inchangée : le dollar américain conserve 42% du portefeuille, suivi par l’euro avec 37,4%, la livre sterling avec 11,3% et finalement le yen (Japon) avec 9,4%.

Comment est-il possible, malgré la baisse du dollar de 70 à 60% dans la composition des réserves des banques centrales dans les 15 dernières années, que les parts de pouvoir des États-Unis au FMI n’aient pas été modifiées un minimum ? Il est évident qu’une telle disproportion divise les leaders du Parti Communiste, qui soutiennent que le leadership de la Chine dans l’économie mondiale devrait donner lieu à une influence plus importante dans la prise de décisions au FMI, ainsi qu’à l’intégration du yuan dans les DTS.

Dans l’ensemble, il existe 2 critères à prendre en compte pour intégrer une monnaie aux DTS. Premièrement, l’économie en question doit participer fortement aux exportations mondiales ; la Chine répond pleinement à cette exigence. Deuxièmement, la monnaie doit être entièrement convertible. Cela veut dire que le pays émetteur ne doit pas fermer son compte de capital (qui inclue les crédits et les investissements de portefeuille) afin que les investisseurs du reste du monde puissent acheter et vendre des actifs financiers libellés dans la monnaie en question, et que ce soient « les forces libres du marché » qui déterminent leurs cours.

Dans le cas de la Chine, le deuxième aspect est le plus controversé. En 2010, dans le cadre du 41ème anniversaire des DTS, les fonctionnaires du FMI refusèrent l’intégration du yuan parce qu’ils considéraient qu’il était sujet à des contrôles de capital. De plus, ils ajoutèrent que seuls quelques pays libellaient des transactions dans cette monnaie. Enfin, ils déclarèrent que la Banque populaire de Chine sous-évaluait le taux de change et de ce fait, renforçait la suprématie manufacturière du géant asiatique sur le marché mondial.

Les autorités du FMI ne peuvent pas s’imaginer qu’à la différence d’autres pays émergents, le gouvernement chinois détermine les étapes de son ouverture. Les expériences de crises financières en Amérique latine et sur le continent asiatique pendant années 80 et 90 ont révélé au monde les terribles conséquences de l’adoption sans restriction des principes du Consensus de Washington.

Cependant, la Chine a bien retenu les leçons de l’histoire économique. Elle a évité avec succès de tomber dans les provocations du Département du Trésor et du système de la Réserve fédérale, institutions qui avec le président du FMI comme porte-parole mondial, l’accusent de manipuler le taux de change, et en conséquence, insistent pour qu’elle ouvre inconditionnellement son compte de capital.

Il ne fait aucun doute qu’en pleine précarité économique due à la crise des prêts hypothécaires (subprime), le gouvernement des États-Unis considère plus simple d’utiliser des boucs émissaire au lieu d’assumer ses propres responsabilités.

En fin de compte, les chinois concentrent leurs efforts à se focaliser sur eux-mêmes et petit à petit, mener à bien le processus de libéralisation financière. D’un côté, ils mettront en place plus de mesures incitatives pour participer au Programme chinois d’Investisseurs Institutionnels Étrangers en Renminbi (désigné en anglais par le sigle RQFII). En même temps, ils développeront le projet « Stock-Connect », mécanisme pilote qui depuis novembre 2014 permet d’acheter et de vendre des actions d’entreprises de la Chine continentale en passant par la place financière de Hong Kong.

S’il est bien vrai que les banques privées auront une meilleure gravitation dans les circuits de crédit, le gouvernement chinois a fait de l’administration des risques sa plus grande priorité : la tendance à la déflation (baisse des prix) menace de saper la croissance économique et la stabilité financière. Dans les prochains mois, la Chine mettra en place un système d’assurance dépôt. De cette façon, les banques paieront des primes d’assurance et un organisme central se chargera de gérer l’argent. En cas d’insolvabilité, une compensation maximum de 500 000 yuans (81 500 dollars) par dépôt devra être payée. Cette mesure est une condition nécessaire pour libéraliser les taux de dépôt et ultérieurement, les taux d’intérêt. L’objectif est de donner plus d’amplitude au yuan.

Par ailleurs, rappelons-nous qu’en 2005, le yuan a brisé son ancrage avec le dollar (8,28 yuans par dollar) et s’est placé dans une marge de fluctuation autour de 0,3%. A partir de ce moment-là, les limites de flottation de la monnaie ont augmenté à trois reprises. L’augmentation la plus récente s’est produite en mars 2014, quand les marges furent à 2%.

Pendant les cinq dernières années, même si le yuan a gagné plus de 10% par rapport à la devise nord-américaine, le muscle économique chinois s’est renforcé. La stratégie d’endiguement mise au point par le Département d’Etat et le Pentagone consistant à cloisonner géopolitiquement les mers du sud-est asiatique n’a pas fonctionné : la Chine augmente ses flux de commerce et d’investissement en Amérique latine et aux Caraïbes, dans les pays du Nord de l’Afrique, au Moyen-Orient, en Europe, etc...

Même avec les États-Unis, la Chine a vu augmenter ses liens en matière économique. Entre 2007 et 2014, le gouvernement chinois a multiplié par deux le montant de ses importations, passant de 62 à 124 milliards de dollars, selon le Bureau du Recensement des États-Unis. Quelles sont alors les terribles conséquences du « commerce déloyal » et de la « manipulation du change » provoqués contre les entreprises nord-américaines ?

Alors que les États-Unis agissent unilatéralement dans les domaines de la finance et de la géopolitique, la Chine se fraye un chemin par le biais de l’augmentation exorbitante de son commerce extérieur, qui soit dit en passant, constitue la force la plus importante de l’internationalisation du yuan. Quand la Chine est devenue la première puissance d’exportation devant les États-Unis en 2007, dans les échanges, le yuan a commencé à remplacer le dollar. Selon les projections élaborées par HSBC, dans les 5 prochaines années, la proportion du commerce chinois libellé en yuans passera de 25 à 50% [2].

En octobre 2013, le yuan a dépassé l’euro dans les monnaies les plus utilisées dans les opérations de financement commercial [3]. Avec la Chine, continentale, Hong Kong et Singapour comme principaux centres d’émission, les crédits commerciaux libellés en yuans ont enregistré une participation de 9,43% au début 2015, une augmentation de 30% par rapport à 2013 [4].

Selon le fournisseur mondial de services de messagerie financière sécurisés (en anglais désigné sous le sigle SWIFT), pour la première fois en janvier 2015, le yuan est devenu la 5ème monnaie la plus utilisée dans les transactions au niveau mondial, devant les dollars canadien et australien [5]. Il y a tout juste 4 ans, un petit groupe de 900 institutions bancaires réalisait des opérations en yuans. Fin 2014, ce chiffre atteignait 10 000 entités.

Selon Christine Lagarde, la présidente du FMI, l’intégration du yuan dans les DTS est un fait imminent. Cependant, celle-ci refuse de donner une date [6]. À l’instar de ce qui est en train de se produire avec le système de représentation du FMI, les États-Unis s’opposent à tout changement destiné à affaiblir le rôle du dollar.

Cependant, contrairement aux autres décisions qui demandent obligatoirement l’approbation de 85% des membres du FMI, le vote pour incorporer une devise aux DTS requiert seulement 70% de voix en faveur. Ainsi, le pouvoir de veto de Washington (17,69%) souffre d’un manque total d’importance.

Quelles seront donc les conséquences, dans le domaine des finances internationales, d’une éventuelle adhésion du yuan aux DTS ? Les réserves accumulées en yuan seront finalement reconnues par le FMI ; l’émission d’obligations et l’ouverture de comptes bancaires en yuans augmentera de façon significative. De surcroît, la diminution des frais de transaction développera l’expansion des entreprises chinoise outre-mer. Une fois incorporée dans les DTS, la monnaie chinoise dépassera les poids relatifs tant du yen (Japon) que de la livre sterling [7].

La montée du yuan est sans doute devenue imparable. Selon les estimations de Massimiliano Castelli, directeur de la stratégie des institutions souveraines de la banque UBS, en 2020, les banques centrales augmenteront leurs réserves libellées en « monnaie du peuple » (renminbi) pour atteindre 500 milliards de dollars [8].

Les débats autour de l’incorporation du yuan dans les DTS auront lieu à partir du mois de mai prochain. Au mois de novembre sera peut-être votée l’initiative présentée par la Chine et en janvier 2016, ces changements seront effectifs. Les États-Unis et leurs alliés réussiront-ils à faire basculer les membres du FMI contre l’internationalisation du yuan ?


Ariel Noyola Rodríguez

Traduction
Jean-François Rey
Traducteur professionnel. Master de traduction de l’Université d’Orléans. Maîtrise en civilisation hispano-américaine de l’Université de la Sorbonne.


Source
Russia Today (Russie)

[1] “Commentary : U.S. fiscal failure warrants a de-Americanized world”, Xinhua, October 13, 2013.

[2] “Half of China’s total trade to be settled in yuan by 2020 - HSBC CEO”, Michelle Chen, Reuters, March 26, 2015.

[3] “RMB now 2nd most used currency in trade finance, overtaking the Euro”, SWIFT, November 2013.

[4] “RMB strengthens its position as the second most used currency for documentary credit transactions”, SWIFT, February 2015.

[5] “RMB breaks into the top five as a world payments currency”, SWIFT, January 2015.

[6] “IMF’s Lagarde says inclusion of China’s yuan in SDR basket question of when”, Reuters, March 20, 2015.

[7] “Guest post : IMF decision could propel renminbi past sterling and yen”, Jukka Pihlman, The Financial Times, December 15, 2014.

[8] “Yuan reserves set to rise by $500 billion over 5 years : banks”, Patrick Graham & John Geddie, Reuters, February 25, 2015.


Edité le 13-06-2015 à 10:43:34 par Xuan




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sur Sputnik

La Chine lance un nouveau contrat pétrolier coté en yuan



Les autorités chinoises ont prévu de lancer un nouveau contrat à terme de référence sur le pétrole brut pour tenter de rivaliser avec le Brent à Londres et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI), annonce The Telegraph. Ce contrat sera un coup de plus sur le dollar américain, affirment les experts.

Le Brent sert toujours de référence mondiale sur la base de laquelle presque toutes les transactions peuvent être mesurées depuis la découverte du secteur dans les années 70. Depuis la signature du contrat en 1988, le Brent londonien est appelé à stabiliser les prix et à atténuer leur volatilité.

Pourtant, la deuxième économie mondiale est censée, elle aussi, influencer activement la formation des prix d'un produit étant la source principale d'énergie dans le pays. C'est pourquoi le Shanghai International Energy Exchange (INE) a décidé de lancer son contrat à terme coté en yuan.

La Chine est également le deuxième consommateur mondial de pétrole et son rôle dans la formation des prix sur l'or noir est déjà important. Ainsi, la vente de métaux sur la bourse chinoise est souvent plus élevée qu'à la City. De plus, 10 sur 20 contrats d'actifs de matières premières ont été signés sur le plateau chinois. C'est pourquoi les experts estiment que les "futures" chinois pourraient rivaliser avec le Brent londonien et les WTI américain.

Le lancement des "futures" sur le brut à Shanghai a obtenu l'an dernier le feu vert de l'Etat. Ce contrat prévu serait le premier permettant à des investisseurs internationaux d'intervenir directement sur le marché.

Les experts soulignent qu'il est encore tôt pour parler de la mort du Bent. Pour cela, il faudra du temps. Cependant, l'influence de ce contrat sur le marché mondial sera énorme et le recours au yuan aura significativement augmenté.

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Une information confirmée par ailleurs, lire dans "débâcle de la bourse à Shanghai" le post "La Chine se débarrasse de ses dollars".

La vente de "treasuries" atteint un record depuis plus de 35 ans.


Du jamais-vu depuis la fin des années 1970. Entre juillet 2014 et juillet 2015, les Banques centrales étrangères, Chine en tête, ont vendu beaucoup plus d’emprunts d’Etat américains qu’elles n’en ont acheté, dans des proportions inédites. Les ventes nettes de "treasuries" sur 12 mois glissants ont atteint 123 milliards de dollars. Certes, cela pourrait paraître peu au regard des 12.800 milliards de dollars que représente ce marché. Mais selon Deutsche Bank, qui a publié ces chiffres, il s’agit de la plus mauvaise performance enregistrée depuis qu’elle a initié son étude, en 1978 ! Un revirement brutal, alors que les titres d’Etat américains sont les plus prisés d’habitude par les banques centrales, pour leur sécurité et leur très grande liquidité.



Cette contre-performance est principalement le fait, selon le "Wall Street Journal", de quatre pays émergents, au premier rang desquels la Chine. Après leur décision de déprécier volontairement le yuan de 3 % en août, les autorités ont dû consacrer un montant important, prélevé sur leurs réserves de change, pour défendre leur monnaie. Rien qu’au mois d’août, la Chine aurait dépensé entre 120 et 130 milliards de dollars dans cette optique, en achetant des yuans et en vendant des dollars. A commencer par ses principaux actifs dans la devise américaine : les treasuries. Cherchant eux aussi à protéger leurs monnaies, la Russie, le Brésil et Taiwan auraient également vendu beaucoup de titres.

De quoi réveiller les craintes exprimées depuis longtemps, liées à une trop grande dépendance des Etats-Unis vis-à-vis des marchés émergents, et au premier rang la Chine, en matière de dette publique. Toutefois, les treasuries font plus que résister. Les taux à 10 ans américains n’ont pas flambé sous l’effet de ces ventes massives. Au contraire, leur rendement a même baissé, passant de 2,218 % fin août à 2,065 % jeudi.

Une situation qui s’explique par la grande aversion au risque qui s’est développée sur les marchés au cours des dernières semaines. Celle-ci pousse les investisseurs vers les actifs refuges que sont les treasuries. D’autant plus que la perspective de l’éloignement d’une hausse de la Réserve fédérale américaine augmente encore l’attractivité des emprunts d’Etat américains. Une tendance qui devrait permettre d'amortir quelque temps encore les mouvements baissiers.

Guillaume Benoit Les Echos

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L'internationalisation du RMB, un essor économique pour le monde


Publié le 2015-10-12 à 20:41 french.xinhuanet.com

LIMA, 12 octobre (Xinhua) -- Cette semaine, des annonces majeures ont grandement fait avancer la cause de l'internationalisation de la monnaie chinoise, ce qui devrait bénéficier davantage au monde.

Jeudi, la première phase du système de paiement interbancaire international de Chine (CIPS) a été lancée à Shanghai, permettant aux institutions financières de profiter de services de compensation et de règlement pour les transactions transfrontalières en renminbi (RMB).

Vendredi, la présidente du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde a annoncé que le FMI avait bientôt fini d'évaluer si le RMB allait être inclus dans le panier monétaire des Droits de tirage spéciaux (DTS).

Ces annonces ont renforcé le statut du RMB en tant que monnaie mondiale, et l'internationalisation rapide du RMB a parallèlement eu un impact positif sur d'autres pays.

En mai dernier, lors de la visite du Premier ministre chinois Li Keqiang au Chili, les deux pays ont convenu sur un swap de devises d'une valeur de 22 milliards de yuans (3,5 milliards de dollars) dans les trois prochaines années, ce qui devrait promouvoir le commerce et les investissements bilatéraux.

La Chine a convenu d'accorder un quota de 50 milliards de yuans (8,1 milliards de dollars) aux investisseurs institutionnels étrangers qualifiés au Chili. La China Constuction Bank a été nommée en tant que banque en charge de la compensation du yuan pour le Chili, devenant la première de ce genre en Amérique Latine.

En janvier, l'Argentine a demandé le quatrième versement d'une valeur de 400 millions de dollars dans le cadre d'un swap de devises de 11 milliards de dollars signé en juillet 2014.

Ces accords ont également aidé l'Argentine a réduire une partie de sa dette, selon un rapport de la société de conseil argentine Ecolatina publié au mois d'août. Un autre rapport publié par la société de conseil argentine Econometrica a également révélé que ce swap avait "sauvé 2015" pour l'Argentine et "l'avait protégée de revers économiques internationaux" .

En septembre, la Banque populaire de Chine a nommée la banque chinoise ICBC (Industrial and Commercial Bank of China) en tant que banque en charge de la compensation du RMB en Argentine, facilitant le commerce et les investissements bilatéraux.

Ces actions ont aidé l'Argentine, comme le révèlent les efforts du gouverneur de la Banque centrale d'Argentine Alejandro Vanoli pour obtenir un second swap de devises cette semaine.

L'ambassadeur de Chine en Argentine, Yang Wanming, a confié à l'agence de presse argentine Noticias Argentinas fin septembre que "nous sommes actuellement en train d'examiner cette requête (pour un second swap), car nous accordons une grande importance à la coopération financière avec l'Argentine" .

Comme le démontrent les exemples du Chili et de l'Argentine, l'internationalisation du RMB aide les deux parties dans un moment de sévères restrictions financières. Le dollar américain montant en flèche vis-à-vis des devises latino-américaines, le RMB fournit une alternative puissante.

Avec les banques en charge de la compensation et les swaps de devises, les pays tels que l'Argentine et le Chili peuvent renforcer leurs réserves de change dans une nouvelle dénomination et promouvoir le commerce bilatéral avec l'un de leurs partenaires clés. Pour la Chine, cela fixe le RMB en tant qu'alternative viable face au dollar américain.

Bien que le RMB n'ait pas la présence de la monnaie américaine en terme de commerce mondial, il est maintenant plus logique pour les pays de l'utiliser pour le commerce avec la Chine ou des entreprises chinoises.

Le tant-attendu système de paiement international CIPS, lancé par la banque centrale de Chine, inclut 19 banques chinoises et étrangères en tant que participants directs. Les participants indirects incluent 38 banques chinoises et 138 banques étrangères, a indiqué la banque centrale dans un communiqué.

De telles actions aident également à soulager les critiques de longues dates selon lesquelles la Banque mondiale et le FMI sont les seules organisations internationales vers lesquelles les pays en développement puissent se tourner.

De nombreux pays, dont ceux qui soutiennent normalement la Banque mondiale, saluent la compétition dans la finance internationale, comme l'on peut également le voir dans la popularité de la Banque asiatique d'investissements pour les infrastructures (BAII) proposée par la Chine.

Les pays latino-américains saluent la coopération financière avec la Chine, car l'internationalisation du RMB a déjà bénéficié et continuera à bénéficier à la région.

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Le FMI décide d'inclure le yuan RMB dans le panier des DTS


Publié le 2015-12-01 à 02:50 french.xinhuanet.com

WASHINGTON, 30 novembre (Xinhua) -- Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé lundi l'inclusion de la monnaie chinoise, le yuan RMB, dans le panier des devises composants ses Droits de tirage spéciaux (DTS).

Cette décision apporte le yuan RMB dans un groupe exclusif de devises qui composent le panier des réserves en devises du FMI, qui comprend actuellement le dollar américain, l'euro, le livre sterling et le yen japonais.

L'inclusion du yuan RMB prendra effet le 1 octobre 2016, a déclaré le FMI dans un communiqué de presse.

Christine Lagarde, directrice générale du FMI, a déclaré que la décision du Conseil d'administration pour inclure le yuan dans le panier des DTS est "une étape importante dans l'intégration de l'économie chinoise dans le système financier mondial."

Il y a aussi une "reconnaissance des progrès que les autorités chinoises ont fait dans les dernières années dans la réforme des systèmes monétaires et financiers" , a-t-elle indiqué. Fin

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Sur Voltairenet

Le yuan sera la troisième monnaie la plus puissante dans le panier du FMI



par Ariel Noyola Rodríguez

En dépit de la forte opposition du Trésor des États-Unis, le FMI a finalement approuvé le 30 novembre l’inclusion du yuan dans les Droits de tirage spéciaux, un panier de devises qui a été créé en 1969 pour compléter les réserves officielles des membres de cette organisation multilatérale. Ainsi, la monnaie chinoise deviendra dès le 1er octobre 2016, le cinquième membre du panier du FMI. L’influence financière de la Chine continue à augmenter à l’échelle mondiale : le poids du yuan dans les droits de tirage spéciaux sera plus élevé que celui du yen japonais et de la livre sterling.

RÉSEAU VOLTAIRE - MEXICO (MEXIQUE) - 10 DÉCEMBRE 2015

Il y a un mois on percevait beaucoup de scepticisme quant à savoir si le Fonds monétaire international (FMI) allait intégrer ou non la « monnaie du peuple » de la Chine (renminbi) dans son panier de devises [1]. Enfin, les doutes ont été levés : en dépit de la forte opposition de la direction du Trésor des États-Unis, très bientôt, le yuan deviendra le cinquième élément du panier de devises du FMI [2].

Comment sommes-nous arrivés là ? Suite à la crise du système des taux de change fixes —qui avait été établi au cours de l’année 1944, à Bretton Woods— le FMI a créé, en 1969, une réserve d’actifs appelés Droits de tirage spéciaux (DTS). Comme le Système de la Réserve fédérale (FED) des États-Unis a été de plus en plus incapable d’honorer les échanges en or du montant de l’excédent de dollars que les banques centrales du reste du monde avaient accumulés, l’objectif des DTS a été de compléter les réserves officielles des pays participant au FMI.

Dans un premier temps, la valeur du DTS a été définie comme équivalent à 0,888671 grammes d’or fin. Puis, dans un deuxième temps, après l’effondrement des accords de Bretton Woods, la valeur du DTS a été établie par référence à un panier de monnaies des économies les plus importantes de l’époque : États-Unis, Allemagne, Japon, Royaume-Uni et France. À la fin de la décennie 1990, le panier du FMI était constitué par le dollar, l’euro, le yen japonais et la livre sterling.

Et, depuis ce moment là, rien n’a changé. Malgré les énormes transformations dans l’échiquier politique et économique mondial au cours des dernières décennies, la composition du panier du FMI est restée inchangée.

La détérioration de l’économie des États-Unis n’a pas empêché le dollar de maintenir sa domination : en 2011, ils représentaient près de 42% du portefeuille des DTS ; suivis de l’euro, avec 37,4% ; de la livre sterling, à 11,3% ; et du yen japonais, avec 9,4%. Cependant, après le 30 novembre, le conseil d’administration du FMI a décidé d’ajouter la monnaie chinoise, la composition du panier va changer [3].

De cette façon, le yuan sera la troisième monnaie dans les DTS, avec 10,92% du total, au-dessus du yen japonais (8,33%) et de la livre sterling (8,09%), bien que toujours derrière le dollar américain (41,73%) et l’euro (30,93%). Cette décision entrera en vigueur dans un délai de 11 mois, le 1er octobre 2016.

Selon la Banque populaire de Chine dans un communiqué de presse : « L’inclusion du yuan va augmenter la représentativité et l’attractivité des DTS, et permettra d’améliorer le système monétaire international en vigueur, une circonstance qui bénéficiera à la fois à la Chine et au reste du monde » [4].

En 2009, Pékin a déjà fait savoir qu’il espérait que le yuan serait une monnaie de réserve mondiale. Comme je l’ai mentionné dans mes articles précédents, l’internationalisation du yuan est basée sur le « gradualisme » et repose avant tout sur la force commerciale de la Chine.

Au cours des dernières années, la Banque populaire de Chine a signé des swaps de change avec plus de 40 banques centrales, dont certaines situées dans les pays de l’Asie-Pacifique, en Afrique, en Europe, au Chili et au Canada, fervents alliés des États-Unis. Il ne faut pas oublier non plus l’installation de banques étrangères de compensation afin de faciliter l’utilisation du renminbi, ainsi que l’octroi de quotas d’investissement pour participer au programme chinois Renminbi Qualified Foreign Institutional Investor Program (Programme pour les investisseurs institutionnels étrangers qualifiés en renminbi).

Toutefois, ces mesures étaient insuffisantes pour que le yuan entre dans les grandes ligues. Il manquait encore la reconnaissance par un établissement déterminant dans la gestion des finances, tel que le FMI. La Chine a commencé à gagner la bataille en août lors de la dévaluation du yuan. Immédiatement, Pékin a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une action temporaire ; qu’il n’y aurait pas de nouvelles dévaluations [5].

C’est alors que la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, est venue calmer les esprits des investisseurs, neutralisant ainsi la propagande américaine qui accusait la Chine de provoquer des turbulences économiques mondiales [6].

D’autre part, Pékin n’a pas renoncé à son programme de « réformes structurelles », au contraire, il est destiné à accélérer l’ouverture de son secteur financier. Tout pointe vers la libéralisation du taux de change et des taux d’intérêt, ainsi que du marché des capitaux. Après la connexion aux bourses de Shanghai et de Hong Kong à la mi-novembre 2014 [7], la Chine envisage d’établir une importante relation boursière avec Londres [8].

En conclusion, s’il est vrai que le yuan a encore un long chemin à parcourir pour être en mesure de rivaliser avec le dollar, il n’y a aucun doute que son intégration proche dans le panier de devises du FMI constitue un jalon dans l’histoire [9]. Le monde de la finance est en train de changer…

Ariel Noyola Rodríguez
Traduction

site : Le Saker Francophone
Source
Russia Today (Russie)



[1] « Incorporer le yuan aux Droits de tirage spéciaux », par Ariel Noyola Rodríguez, Traduction Jean-François Rey, Russia Today (Russie), Réseau Voltaire, 12 avril 2015.

[2] « El Fondo Monetario Internacional incluye el yuan en la cesta de sus divisas de reserva », Russia Today, 30 de noviembre de 2015.

[3] “IMF Agrees to Include China’s RMB in SDR Basket”, Zou Luxiao, People’s Daily, December 01, 2015.

[4] “PBC Welcomes IMF Executive Board`s Decision to Include the RMB into the SDR Currency Basket”, People’s Bank of China, Decembre 1, 2015.

[5] « La dévaluation du yuan teste la montée de la Chine comme puissance mondiale », par Ariel Noyola Rodríguez, Traduction JJ, Russia Today (Russie), Réseau Voltaire, 29 août 2015.

[6] « IMF’s Christine Lagarde Tries to Tamp Down China Panic, but Urges Vigilance », Ian Talley, The Wall Street Journal, September 1, 2015.

[7] « Shanghái y Hong Kong : la nueva dupla bursátil », por Ariel Noyola Rodríguez, Red Voltaire, 22 de noviembre de 2014.

[8] « Yuanisation mondiale grâce à la City de Londres », par Ariel Noyola Rodríguez, Traduction JJ, Russia Today (Russie), Réseau Voltaire, 5 novembre 2015.

[9] « Hito histórico : El FMI decide sobre la inclusión del yuan como moneda de reserva », Russia Today, 30 de noviembre de 2015.

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Sur le Blog finance :

Afrique : les banques centrales préparent la monnaie unique



Elisabeth Studer

Alors que l’Union Européenne s’effiloche quelque peu, menacée notamment par une sortie du Royaume-Uni (Brexit) et la crise des migrants, le monde de la finance du continent africainse rapproche chaque jour un peu plus.

Le bureau de l’Association des banques centrales africaines (ABCA) vient ainsi de se réunir cette semaine à Dakar, capitale sénégalaise, au siège de la Banque Centrale des États de l`Afrique de l`Ouest (BCEAO), en vue de se pencher sur l’état d’avancement du projet d’intégration monétaire de l’Afrique.

A cette occasion, Lucas Abaga Nchama, président de l’ABCA, par ailleurs gouverneur de la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC), a tenu à rappeler à l’ouverture des travaux que les chefs d’Etat avaient décidé en 1991 à Abuja de la création de trois principales institutions financières devant assurer l’intégration monétaire et financière du continent : à savoir le Fonds monétaire africain (FMA), la Banque centrale africaine (BCA) et la Banque africaine d’investissement (BAI).

Selon les acteurs du dossier, la coopération entre la commission de l’Union Africaine (UA), l’Association des banques centrales d’Afrique et les Etats membres de l’UA devrait permettre d’effectuer un travail de préparation et de pilotage du processus de réalisation des projets. Les Etats membres ont ainsi l’intention de signer et ratifier leur statut en vue de favoriser le développement et l’émancipation de l’Afrique.

Selon Lucas Abaga Nchama, la prochaine réunion du conseil des gouverneurs qui se tiendra à Abuja, doit être vue comme une opportunité pour avancer dans la mise en œuvre du programme de coopération monétaire en Afrique. « Ce programme constitue notre cadre de convergence pour construire l’intégration monétaire et financière du continent et préparer l’avènement de la monnaie unique » , soutient ainsi le président de l’ABCA, souhaitant ainsi insuffler une nouvelle énergie au projet. Une manière aussi d’inciter les Etats à résoudre leurs difficultés à satisfaire les critères de convergence, poussant le conseil des gouverneurs à proroger, en 2013 à Maurice, la période impartie à la phase III. Cette dernière prévoyant le respect du Ratio Déficit budgétaire / PIB inférieur à 3 %, l’élimination du crédit de la Banque Centrale à l’Etat, un taux d’inflation inférieur à 5 % et un Ratio Réserves extérieures / Importations supérieur à 6 mois.

Usant de diplomatie, le président de l’ABCA a toutefois ajouté que le caractère souvent « procyclique » des critères retenus et le manque d’harmonie quant à la façon de les calculer ne simplifiait pas les choses. De ce fait, des travaux seront réalisés en vue d’une révision, les conclusions qui en ressortiront devant être présentées lors du prochain conseil des gouverneurs à Abuja au Nigeria.

De son côté, le Dr Anthony Mothae Maruping, Commissaire pour les affaires économiques de la Commission de l’Union Africaine, s’est voulu encore plus insistant, exhortant les participants à la réunion à « accélérer la mise en place des pré-requis indispensables » à la mise en route du processus d’intégration financière en Afrique.
Pour le président de l’Association des Banques Centrales Africaine, le renforcement de l’intégration financière et la coopération bancaire à l’échelle régionale et continentale passera par « l’amélioration des échanges d’informations et la collaboration dans le domaine des activités bancaires transfrontalières » .

C’est dès le 25 mai 1963 que les chefs d’Etats des pays composants l’Organisation de l’unité africaine (OUA), ancêtre de l’Union Africaine (UA), demandaient la mise en place d’un comité économique en charge de produire des études sur les questions monétaires dans la perspective d’une monnaie unique africaine. Cette volonté des chefs d’Etats s’est traduite par la mise en place de l’Association des gouverneurs des banques centrales africaines (ABCA) et des comités sous régionaux de cette institution, laquelle compte à ce jour 39 Banques centrales.

Le 4 septembre 2002 l’ABCA définissait un programme de travail en vue de mettre en place la monnaie unique africaine. Un an plus tard, en aout 2003, l’ABCA avait annoncé qu’en 2021, l’Afrique sera dotée d’une monnaie unique et d’une banque centrale panafricaine.

En août 2015, Lucas Ababa Nchama avait déclaré que ce rêve pourrait devenir réalité d’ici une quinzaine d’année. « Nous sommes en train de travailler. On peut fixer un horizon. Peut-être 2030. Nous avons préféré adopter une approche graduelle. Constituer d’abord des sous-régions. Il y en a six », avait-il précisé. Le gouverneur de la BEAC avait également précisé qu’en vue de « rester conforme à la théorie économique, notamment celles des zones monétaires optimales où il faut d’abord un minimum de convergence macroéconomique au niveau de l’économie réelle avant de passer au monétaire » , la préférence avait été donnée à la « constitution de groupements sous-régionaux. »

Lucas Ababa Nchama avait alors également affirmé que le projet était réalisable malgré les conventions liant les pays de la zone Franc (CFA) à la France. « C’est comme l’intégration à l’intérieur de la Cémac [Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale]. Un Etat peut décider d’aller avec les autres, comme il peut décider de revenir » , avait-il ajouté, rappelant la souveraineté des Etats. Tout en soulignant : « nous ne sommes pas les otages des Français [mais]» des partenaires » . Précisant que les pays d’Afrique francophone avaient signé une convention monétaire avec le Trésor français juste pour la convertibilité extérieure, il avait au final affirmé : « nous sommes libres».

La création d’une monnaie unique qui constitue certes une utopie pour certains … mais que des pays comme la Chine suivent de près …

Selon l’Abca, la concrétisation du projet favorisera, entre autres, d’importants échanges inter-africains et une intégration politique projetée depuis un demi-siècle. « S’il y a une intégration africaine avec une population jeune, avec tout ce dont regorge le continent africain, nous sommes capables de rêver qu’avant 2050, comme la Chine l’a montré au monde, l’Afrique est capable de devenir une puissance économique mondiale. C’est dans cette perspective que nous travaillons », avait assuré en août 2015 le gouverneur de la BEAC.

Sources : APA, Xinhua, allafrica.com
Elisabeth Studer – 05 mars 2016 – leblogfinance.com


Edité le 12-03-2016 à 23:53:49 par Xuan




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La Chine ouvre sa première chambre de compensation en RMB en Amérique du Sud


French.china.org.cn - Mis à jour le 22-06-2016


La China Construction Bank (CCB) a annoncé mardi qu'elle avait ouvert sa première chambre de compensation en renminbi (RMB ou yuan) à Santiago du Chili, la première de son genre en Amérique du Sud.

Plus de 200 personnes ont assisté lundi soir à l'inauguration de cette succursale dans la capitale chilienne. Guo You, président du conseil de surveillance de la CCB, a salué le soutien que la banque avait reçu de la part des autorités locales.

La branche chilienne de la CCB, l'une des dix plus grandes banques du monde, n'aidera non seulement à dynamiser les échanges économiques, commerciaux et financiers, mais aussi à étendre les services de la banque vers toute l'Amérique latine, a-t-il dit.
En fournissant des services bancaires aux entreprises et en promouvant activement les transactions transfrontalières en RMB, elle aidera à faciliter le commerce, a poursuivi M. Guo.

"L'inauguration de cette banque au Chili est une étape fondamentale dans les liens entre nos deux pays", a salué pour sa part l'ancien président chilien Eduardo Frei lors de l'inauguration.

Lors de la visite du Premier ministre chinois Li Keqiang en mai 2015, les deux pays avaient signé un accord ouvrant la voie à l'implantation de la CCB, s'est-il souvenu en jugeant important d'avoir une entité bancaire capable de mener au Chili des transactions directes en RMB. Celle-ci permettra de supprimer de coûteuses opérations de change, profitant ainsi aux PME chinoises et chiliennes, selon lui.

Pour le ministre chilien de l'Economie, Luis Felipe Cespedes, l'arrivée de la CCB est le signe du bon climat des affaires dans son pays. La filiale "va permettre de resserrer et de renforcer les liens entre nos deux pays. Ceux-ci sont déjà forts car la Chine est notre premier partenaire commercial".

Le gouverneur de la banque centrale chilienne, Rodrigo Vergara, a souligné l'importance de l'accord de 2015 qui permet aussi, outre l'utilisation du RMB au Chili, aux Chiliens d'investir dans les marchés financiers chinois.

L'accord de l'an dernier a été signé alors que les deux fêtaient le 45e anniversaire de l'établissement de liens diplomatiques. Cette année marque le 10e anniversaire de leur accord de libre-échange. "Au cours de cette période, le commerce bilatéral s'est multiplié par quatre", s'est réjoui Li Baorong, ambassadeur de Chine au Chili.

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Le Matin

LE YUAN PARMI LES GRANDES MONNAIES MONDIALES


Le yuan chinois fait son entrée dans la cour des monnaies de référence aux côtés du dollar et de l'euro. Cette opération scelle une importante victoire des autorités de Pékin dans leur quête de reconnaissance sur la scène économique.

A partir de samedi, la devise chinoise fera officiellement partie intégrante de l'unité de compte du Fonds monétaire international, baptisée droits de tirage spéciaux (DTS). Elle rejoindra les monnaies américaine et européenne mais également la livre britannique et le yen japonais.

Concrètement, le changement ne devrait pas bousculer le rapport de forces sur le globe où le billet vert reste de loin le plus utilisé (41% des transactions mondiales) devant l'euro (30,8%) ou la livre (8,7%), selon la société financière Swift.

Le renminbi, autre nom de la devise chinoise, devrait toutefois en profiter pour poursuivre son internationalisation naissante et pourra désormais atterrir dans les caisses des pays placés sous assistance financière du FMI.

Puissance économique

Mais la charge symbolique est en revanche bien plus significative. Depuis plusieurs années, Pékin cherche à consolider son rang de deuxième puissance économique mondiale et ne ménage pas ses efforts pour faire du yuan une monnaie de réserve internationale sur fond d'ouverture graduelle de son marché.

Ce sont ainsi les autorités chinoises qui ont frappé à la porte du FMI pour soumettre l'inclusion du renminbi dans le panier de devises de l'institution.

Après un long examen, l'organe de direction du fonds, qui représente ses 189 Etats membres, a donné son feu vert en novembre 2015 en assurant que le yuan remplissait deux grands critères: être massivement présent dans les transactions internationales et être «librement utilisable».

L'institution s'était donnée près d'un an de délai, jusqu'à samedi, pour assurer une transition en douceur. La dernière modification de son panier de devises remontait à 2000 quand l'euro avait remplacé le franc et le deutsche mark.

Sur l'année écoulée, le renminbi a enregistré une forte dépréciation: en septembre 2015, il s'échangeait à 6,36 yuans pour un dollar. Il est désormais tombé à 6,68, des niveaux plus vus depuis six ans. (ats/nxp)

(Créé: 30.09.2016, 19h00)

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