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 Les Maos,la GP...

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Paria
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Paria
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   Posté le 30-06-2006 à 18:57:01   Voir le profil de Paria (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Paria   

Je vais retranscrire ici le débat qui avit eu lieu sur le FML.




Finimore :


Cet article sur la GP est extraite d'une brochure intitulée " Face au gauchisme moderne " éditée par l'Humanité-Rouge -suppément n°155 -juillet 1972-

La Gauche Prolérarienne

I. Origine...
Nous n'allons pas réécrire l'histoire de l'U.J.C. (m.-l.), qui nous conduirait à réécrire celle de l'U.E.C. On sait déjà quelles furent les erreurs capitales de la jeune organisation issue du Cercle des étudiants de l'Ecole normale de la rue d'Ulm, lors de sa confrontation avec les événements de mai-juin 1968. L'U.J.C. (m.-l.) ne survécut pas longtemps au printemps révolutionnaire, elle explosa en plusieurs tendances après avoir balayé d'une " grande critique " les minoritaires restés fidèles à ses dirigeants (18 à 20 % des militants). Or, ce sont précisément ces derniers qui assument aujourd'hui la continuité historique du courant auto-proclamé " maoïste " fin 1966, non sans que sa survie n'ait exigé de nombreuses autocritiques et rectifications de ligne sur tous les plans. Ce qui n'est nullement condamnable en soi, bien entendu.
Des militants de l'U.J.C.. (m.-l.) s'associèrent, non sans péripéties diverses, aux actions du Mouvement du 22 Mars à la faculté de Nanterre avant même la première explosion de mai 1968. Il y eut même de sévères controverses entre étudiants des deux tendances sur les questions de la place et de la fonction du mouvement étudiant dans le processus de la révolution prolétarienne. Finalement, le M-22 fut à la tête de la " Commune étudiante " dont l'U.J.C. (m.-l.) fut pratiquement absente. Mais cette première rencontre entre les activistes du M-22 et ceux de l'U.J.C. n'est pas sans signification historique, comme nous allons le constater. Vers cette période, l'U.J.C. créa le " Mouvement de soutien aux luttes du peuple " (.M.S.L.P .), destiné à permettre aux étudiants de " servir le peuple ". Les " établis ", c'est-à- dire les étudiants entrés dans les usines en qualité d'ouvriers en constituèrent l'ossature. Leur organe prit pour titre La Cause du Peuple.
L'activité de ces militants resta d'autant plus difficile que leur organisation subissait non sans difficultés l'épreuve des événements en cours. En fait, les clivages se discernaient déjà qui allaient déboucher sur la désintégration idéologique, politique et organisationnelle de l'U.J..C. (m.-I.).Mais la ligne " ouvriériste ",voire " populiste ", des étudiants du M.S.L.P. ne manquait ni de sincérité, ni d'enthousiasme, ni de courage. Aussi ses partisans se retrouvèrent-ils aux côtés des ouvriers en grève à l'usine Renault de Flins, quand se produisit l'intervention répressive des forces dites "de l'ordre ". Pendant quatre jours, de durs affrontements opposèrent grévistes, paysans et étudiants aux C.R.S. et autres gardes mobiles ou " républicains ". La violence de ces journées est attestée par l'assassinat de Gilles Tautin, noyé dans la Seine le 10 juin 1968, à la suite d'une charge policière. !
A l'occasion de ces événements, les militants du M.S.L.P., auxquels s'étaient joints sans tambours ni trompettes quelques adhérents ouvriers et étudiants du P.C.M.L.F., se retrouvèrent avec les manifestants du M-22 organisés et dirigés par Alain Geismar, enseignant scientifique du cycle supérieur.
La future Gauche Prolétarienne était là. Elle naquit organisationnellement au printemps 1969, après le temps du repli et de la réflexion imposé par la contre-offensive fascisante du 12 juin 1968. En collaboration avec des dirigeants de l'U.J. dont la caractéristique réside dans le fait qu'ils sont toujours restés dans l'ombre (dont nous tairons les noms par conséquent, mais dont nous pouvons assurer au moins pour l'un d'eux qu'il est passé par l'école trotskyste), Geismar avait publié, entre-temps son ouvrage à prétention stratégique: Vers la guerre civile. .
La " Gauche Prolétarienne " n'assura pas à sa naissance la liaison entre étudiants, intellectuels et classe ouvrière, mais manifesta concrètement la jonction organisationnelle entre d'anciens militants du Mouvement du 22 Mars (faculté de Nanterre) et d'anciens militants de l'U.J.C. (m.-l.), la plupart ayant appartenu au Mouvement de soutien aux luttes du peuple. La Cause du Peuple, alors Journal communiste révolutionnaire prolétarien, n'avait connu qu'une brève interruption, sa parution ayant repris dès avant la fin de 1968, avec la mention " nouvelle série ".
En avril 1969 parut, complémentairement, le premier numéro des " Cahiers de la gauche prolétarienne ". Nous y découvrions confirmation de ce que nous avions ressenti lors de nos entretiens de 1967 avec les représentants du Bureau politique de l'U.J.C. (m.-l.) dont les positions restaient relativement ambiguës sur la question de la rupture organisationnelle complète avec les organisations révisionnistes (ils critiquaient alors comme inopportun un Appel de nos militants à quitter l'U.E.C. et en exigeaient l'autocritique !). Ils présentaient enfin dans ce numéro 1 des « Cahiers de la G..P . » l'autocritique d'avoir espéré une " scission de masse " dans les organisations ouvrières contrôlées par les révisionnistes.
Mais allaient-ils pour autant comprendre la forme tactique et le contenu stratégique de notre mot d'ordre: « Arracher la classe ouvrière à l'influence du révisionnisme moderne " ?
Ce n'est pas du tout sûr. D'ailleurs ces militants, qui se réclamaient toujours très bruyamment de la pensée-maotsétoung, réagissaient de façon petite bourgeoise, en termes de « concurrence ", du fait qu'une masse importante de leurs anciens camarades rejoignaient alors nos propres rangs. Nous avions tenté de rencontrer la direction de l'U.J. dès la fin juin 1968, alors que nous ignorions la tempête mortelle qui secouait cette organisation. Malheureusement, nous n'avions établi le contact qu'avec des individualités et avec les deux tendances dites" de Lyon " et " de Toulouse " dont l'idéologie restait particulièrement éloignée de celle du prolétariat.
Nous savons depuis lors que le ralliement de ces éléments à nos rangs dissimulait leur intention d'y prendre le pouvoir et d'imposer une direction intellectualiste petite bourgeoise aux ouvriers et aux authentiques communistes marxistes-léninistes. Ainsi le groupe " Front rouge " de Lyon a-t il pour principaux dirigeants d'anciens militants de l'U.J.C. (m.-l.).
La salutaire crise d'octobre 1970 (non point celle de février qui correspond à toute autre chose) nous a permis de rejeter définitivement cette entreprise dangereuse. Les anciens adhérents de l'U.J.C. (m.-l.), dont nous nous sommes alors séparés, se sont éparpillés par la suite dans différents groupes comme « Vive la Révolution ! ", « Ligne Rouge -Le Prolétaire ", " Front Rouge ", mais très peu d'entre eux ont rejoint la « Gauche Prolétarienne ".
Il semble bien qu'après le 12 juin 1968 une importante divergence nous sépara des actuels responsables de la G.P. dans l'analyse de la situation. Pour eux, l'essor révolutionnaire se poursuivait. Pour nous, il y avait reflux temporaire, même si ce phénomène faisait partie intégrante d'une période historique dont l'aspect principal était et restait la tendance à la révolution.
L'analyse de la G.P. ne pouvait qu'avoir des conséquences " gauchistes " et conduire ses militants à de graves revers. Prenons un exemple: dans une édition spéciale de mai 1969, "La Cause du Peuple" publiait un " Appel des rebelles révolutionnaires du lycée Louis-le- Grand " avec pour énorme sous-titre " l'insurrection lycéenne ", A Louis-le-Grand c'était " le temps des brasiers " ! Le moment était enfin venu de faire " feu sur l'Université (pour) écraser l'infamie " !
La phraséologie des proclamations révolutionnaires de ce numéro très spécial (en effet) se rattachait nettement au langage des gardes rouges engagés dans la " Grande Révolution Culturelle Prolétarienne " en Chine. Les lycéens et étudiants français, qui mimaient alors des événements spécifiquement chinois, oubliaient simplement que ceux-ci s'étaient développés dans le cadre d'une dictature du prolétariat et à l'Appel du président Mao Tsé toung lui-même. Ils faisaient preuve d'un dogmatisme infantile en ne retenant de la Révolution Culturelle chinoise qu'un seul de ses aspects, isolé de tous les autres et mutilé dans son contenu: la révolte " anti-autoritaire " qui n'était autre, en Chine, qu'une révolte " anti-révisionniste ". " Nous appelons à la mobilisation générale des masses lycéennes anti-autoritaires ", clamaient-ils. " Lorsque les lycéens parisiens ne seront plus que ruines idéologiques, la gauche ,des lycéens ira partout, dans les C.E.T. et les lycées des régions ouvrières, allumer la flamme de la révolte idéologique anti-autoritaire ", écrivaient-ils et, conservant toute leur sincérité (!), ils traçaient ainsi leur ligne du moment :
" A Louis-le-Grand, plusieurs dizaines d'entre nous, armés de la pensée-maotsétoung, mènent les différentes batailles dans le but de renforcer l'avant-garde tactique qu'est le mouvement lycéen, de développer sa fonction essentielle: travailler à la formation d'une force autonome prolétarienne dans les usines ".
Bien entendu, la presse bourgeoise et les révisionnistes ne manquaient pas d'utiliser ces proclamations juvéniles en leur conférant la qualité de " maoïstes ", trompant à la fois l'opinion publique et les étudiants eux-mêmes qui en arrivaient à se prendre pour d'authentiques révolutionnaires: " Vivent les longues marches des lycéens et des étudiants dans les régions ouvrières! Vivent les bataillons de la jeunesse au premier rang des luttes populaires ! "
Marchais et Séguy avaient alors beau jeu, tout en sachant parfaitement à quoi s'en tenir, de dire aux travailleurs ainsi qu'aux militant de base du P."C."F. et de la C.G.T. : " Voyez, regardez, voici les " maoïstes " ! Voici les partisans de Mao Tsé toung dans notre pays ! "
Et peu à peu les militants de ta G.P ., après avoir bénéficié du qualificatif de " Mao spontex ", devinrent pour tout le monde en France " les Maos ". C'est là évidemment une imposture que l'Histoire ne manquera pas de détruire. La situation. était alors identique à la faculté de Vincennes où quelques centaines d'étudiants impulsés par la G.P. affrontaient violemment l'Administration et ses défenseurs révisionnistes. Le fondement théorique et tactique de toutes ces activités consistait à faire fusionner la " révolution idéologique " de " forme anti-autoritaire " déclenchée par les " luttes étudiantes, avant garde tactique du mouvement révolutionnaire " avec " la révolution prolétarienne ". Il fallait édifier la " force révolutionnaire autonome " dont la conception n'était pas différente de celle de Cohn-Bendit et Geismar durant les événements de Mai-Juin 68 : " seule la liaison avec cette force prolétarienne peut garantir l'indépendance complète par rapport aux forces réactionnaires et aux groupuscules. Aujourd'hui, cette force est en constitution, cela veut dire que la gauche révolutionnaire dans les facultés doit être partie prenante du processus de constitution de cette force prolétarienne, du Parti communiste révolutionnaire prolétarien " ( " Cause du Peuple " n° 6 du 19 avril 19,69 - page 13). Précisons que par " forces réactionnaires ", il faut entendre le pouvoir bourgeois et ses serviteurs révisionnistes et que par " groupuscules " il faut entendre toute formation organisationnelle structurée se différenciant, par sa seule existence, du courant spontané des masses.
Nous allons nous rendre compte que l'idéologie et la pratique ultérieure de la " Gauche Prolétarienne " découlent exclusivement de cette conception spontanéiste et anti-autoritaire, qui n'a rien à voir en réalité avec l'authentique pensée-maotsétoung, pas plus qu'avec le marxisme et le léninisme.
Mais les prétendues " insurrections " lycéennes et étudiantes de 1969 permirent surtout à la nouvelle formation un appréciable recrutement dans le milieu social dont elle était elle-même issue, bientôt suivi d'une relance de " l'établissement " en usine.

" L'établissement "

Ici nous devons nous arrêter quelque peu, pour apprécier la pratique des jeunes intellectuels s'embauchant comme " ouvriers " et nous pouvons le faire d'autant plus sérieusement que plusieurs d'entre eux sont aujourd'hui dans nos rangs.
L'établissement en usine a été innové à l'Appel du président Mao au cours de la révolution chinoise. Il a connu un nouvel essor en Chine pendant et depuis la Grande Révolution Culturelle prolétarienne. Il a pour objet de transformer profondément l'idéologie bourgeoise des étudiants et travailleurs intellectuels en les soumettant aux conditions concrètes de la vie des ouvriers et des paysans. Ainsi les étudiants sont rééduqués par les travailleurs manuels et par le travail manuel lui-même. Il s'agit fondamentalement d'un moyen de rééducation sous l'autorité de l'idéologie prolétarienne. C'est le Parti Communiste Chinois qui décida et organisa, en temps choisi par lui, et par lui seul au nom du prolétariat, d'envoyer à la production certains étudiants.
L'U.J,C. (m.-l.) et, par la suite, la " Gauche Prolétarienne " ont-elles vraiment assimilé cette conception et l'ont-elles appliqué de manière juste et vivante aux conditions spécifiques de notre société ? Il est permis d'en douter, encore que certains " établis" aient, individuellement, parfaitement compris qu'ils s'installaient dans la classe ouvrière pour apprendre d'elle, et non pour éduquer les travailleurs, leur donner des leçons et les diriger .

Nous connaissons en effet plusieurs exemples où les établis se réclamant de la G.P. ont agi de telle sorte qu'ils ont totalement échoué, se sont isolés des travailleurs, n'ont eu finalement aucune autre issue que de renoncer à leur objectif.
A notre avis, l'établissement, pour mériter d'être considéré comme répondant à la pensée-maotsétoung, exige une extrême modestie et une persévérance de longue durée dont peu d'étudiants ont été capables jusqu'ici.
L'impétuosité révolutionnaire, ce que Mao Tsé toung nomme le " prurit révolutionnaire ", ne va pas du tout dans le sens de la profonde transformation idéologique indispensable, pour que les " établis " se soumettent consciemment et efficacement à l'idéologie du prolétariat.
Mais sans doute cette question mériterait-elle un examen plus approfondi et fondé sur la connaissance détaillée et statistique des nombreuses expériences réalisées. Plusieurs de nos militants, d'ailleurs issus de l'U.J., sont aujourd'hui ouvriers et jouent un rôle appréciable dans les luttes syndicales et politiques de leurs camarades au sein de l'entreprise. Signalons simplement comme premiers éléments d'appréciation que ces travailleurs occupent leur place depuis quelquefois cinq et six années et que par ailleurs la majorité d'entre eux, même s'ils ont été étudiants ou simplement lycéens pendant quelque temps, sont issus de familles ouvrières, ont grandi au sein du prolétariat. Ajoutons que tous ont compris depuis longtemps l'attachement profond des ouvriers au principe même du syndicalisme, même si les syndicats sont dirigés par des réformistes ou des révisionnistes, qui entravent leur fonction dans le domaine revendicatif. Ces " établis " sont devenus eux-mêmes des militants syndicalistes, certes en lutte avec les bonzes, mais souvent reconnus et soutenu par la masse de leurs compagnons de travail.
Ceci dit, revenons-en à la " 'Gauche Prolétarienne ". Son implantation s'effectua essentiellement, au cours de la seconde partie de 1969, dans des usines du Nord et du Nord-Ouest de la France, de l'Est sidérurgique et, dans une moindre mesure, dans la région parisienne, par exemple à la Régie Nationale des usines Renault de Boulogne-Billancourt. Ses tentatives d'établissement dans le Midi -Marseille notamment (usine Coder)- devaient rapidement échouer par suite de la double répression du patronat et des révisionnistes, trop heureux d'exploiter des pratiques " ultra-gauchistes " leur permettant d'isoler rapidement de la masse des travailleurs les " établis " facilement repérés.
Quelle fut concrètement la pratique des militants de la G.P. " établis " en usines ? Il suffit de feuilleter la collection de " la Cause du Peuple " ou de lire quelques brochures ou volumes consacrés à son activité pour s'en faire une idée assez précise.
S'abandonnant volontiers à une certaine ivresse du langage et des métaphores, ils entreprirent d'organiser la " Nouvelle Résistance " " pour construire la France populaire ". Pour cela, il leur fallait " former des partisans ". Aussi décrétèrent-ils en mars 1970 : " Patrons, c'est la guerre ! ". Et d'emblée ils précisaient " ce qu'ils voulaient : TOUT ! c'est-à-dire l'usine aux ouvriers " et ce qu'ils ne voulaient plus: " les cadences qui tuent, les petits chefs qui humilient, la hiérarchie des salaires qui nous divise, développe l'égoïsme et par là-même ne sert que le patron ".
N'hésitant pas à s'appuyer sur la " riche " expérience qu'ils avaient accumulée... depuis quelques mois, ils exposaient sans sourciller leur solution miracle: " Ce que nous avons compris, c'est que sur le chemin de notre révolte nous devons briser le syndicat ", à quoi ils ajoutaient: " Se passer des syndicats, s'organiser à notre façon ? Oui, cela est possible, c'est même le seul moyen. Nous devons nous organiser dans chaque atelier, nous tous, les ouvriers, et de façon permanente. Ainsi seulement on peut frapper le patron, avec des formes de lutte à nous, le frapper dans sa personne ou dans ses biens : occupation, séquestration, nous sommes tous des délégués... " ( "Cause du Peuple " na 18 du 13 mars 1970). S'il y avait dans ces intentions et dans ces pratiques certaines formes susceptibles de correspondre efficacement à la nécessaire violence de classe prolétarienne, il n'en restait pas moins évident que l'idée de détruire le syndicat pour le remplacer par une organisation spontanée de conception encore très diffuse, n'émanait en rien de travailleurs ayant une tradition et une expérience solides de luttes de la classe ouvrière. Le moindre responsable syndicaliste, réformiste ou révisionniste, pouvait démonter, sans grands efforts, la puérile tactique de ces nouveaux venus dans l'usine et dans la production.

Les sabotages

Nous avons suivi de près l'expérience réalisée en 1969-1970 à l'usine Coder de Marseille, où deux adhérents de la G.P .avaient réussi à se faire embaucher. Rapidement l'un des deux fut licencié. Le second entreprit une activité qui gagna, au début, quelques travailleurs mécontents de l'inactivité et de l'inefficacité syndicales. Mais bientôt les pires erreurs furent accomplies (provocation patronale ou gestes effectifs des " maoïstes " ?). Une trentaine de camions furent sabotés (sable dans les boîtes de vitesse). Personne ne s'avisa dès lors de prendre la défense résolue d'un groupe de trente ouvriers licenciés, non sans que les bonzes C.G.T. ne s'en réjouissent. Cet exemple nous conduit à préciser que la G.P. considérait -et sans doute continue à considérer- que le sabotage des outils, des machines, des produits d'une usine constitue une forme de lutte efficace pour combattre le patronat.
Pour riposter à des accidents du travail, ses militants se livrèrent aux A.D.N. (Aciéries du Nord), à Dunkerque, à toute une série de sabotages successifs. Et nous ne l'écrivons que parce qu'ils l'ont eux-mêmes proclamé publiquement.
Etait-ce là une juste application de la pensée-maotsétoung ou tout simplement la résurgence de pratiques anarchistes plus que centenaires et révolues, dénoncées en leur temps par tous les révolutionnaires conséquents, de Marx et Engels à Lénine, Staline et. Mao Tsé toung ? La réponse ne saurait être équivoque. Le sabotage, oeuvre d'une minorité agissante coupée des larges masses de la classe ouvrière, n'a jamais été reconnu comme utile à la révolution prolétarienne ni conforme aux caractéristiques fondamentales de l'idéologie du prolétariat.

La répression

Naturellement vint la répression, à laquelle riposta la " Gauche Prolétarienne ", non sans courage. Ces " maoïstes " croyaient-ils à l'efficacité du fameux tryptique de Che Guevara : " Provocation - répression -révolution " ? Ce n'est pas impossible. D'ailleurs, dans leur ouvrage " Vers la guerre civile ", Geismar et ses co-auteurs avaient consacré de larges passages à " l'utilisation révolutionnaire de la répression " et à " la dialectique de la répression " que n'eut certainement pas désavoués feu le " révolutionnaire " sud-américain. Certains prétendent en outre que le leader de la G.P. se serait rendu à Cuba aussitôt après le printemps révolutionnaire de 68, mais on peut se demander quel fut l'accueil reçu là-bas lorsqu'on connaît le jugement négatif et totalement erroné de Fidel Castro sur les luttes qui venaient d'ébranler le capitalisme français, jugement comparable à celui des Soviétiques.
Toujours est-il que, sans hésiter à entrer en contradiction avec ce qu'avait aussi publié ce livre à propos de " l'attitude de la petite bourgeoisie ", face à la répression, la " Gauche Prolétarienne " engagea de grandes luttes contre la violence de la classe qui frappait
ses militants. Geismar fit le 25 mai 1970 une déclaration tonitruante, lors d'un meeting tenu dans la salle de la Mutualité. Un mois plus tard, il était arrêté et, poursuivi par la Cour de Sûreté de l'Etat, se retrouvait à la prison de La Santé, avec quelque soixante autres militants de la G.P. Le 20 octobre suivant, il était condamné à dix-huit mois de prison.
Une grève de la faim soutenue par 29 des emprisonnés de la G.P., ne manquant certes pas de résolution, leur permit d'obtenir un régime pénitentiaire amélioré. Le jour de la comparution de Geismar devant la Cour de Sûreté de l'Etat, environ trois milliers de manifestants lycéens et étudiants affrontèrent la police et lancèrent quelques cocktails Molotov, mais la classe ouvrière, en tant que telle, resta massivement indifférente. Nous ignorons quel bilan objectif ont dressé de ces événements les militants responsables de la " Gauche Prolétarienne ».
Pour notre part nous ne pensons pas que les interventions des " gauchistes prolétariens " pour éveiller et impulser le mouvement ouvrier révolutionnaire aient exercé quelque influence profonde et durable. Toutefois, il ne faut pas sous-estimer la valeur et la nature virtuelles de certaines formes de violence de classe qu'ils ont mises à l'épreuve. La séquestration des patrons, les luttes anti-hiérarchiques, (que nous-mêmes préconisions également), la démocratie prolétarienne directe réapparue à travers de larges assemblées ouvrières dictant leur volonté aux responsables syndicaux, constituent des expériences concrètes dont l'efficacité viendra s'ajouter en temps voulu aux vieilles formes des luttes de classe qui constituent le patrimoine traditionnel plus ancien du prolétariat: piquets de grève, autodéfense des mouvements, occupation des usines, organisation de la solidarité, etc.
L'aspect négatif de l'activité des établis de la G.,P. découle évidemment de leurs conceptions spontanéistes : de manière générale, après la flambée des luttes, il ne reste absolument rien; l'organisation révolutionnaire des travailleurs se dissipe aussi rapidement qu'elle s'était cristallisée.
Aujourd'hui, par exemple, à l'intérieur de l'usine Coder à Marseille, il n'y a plus un seul militant de la G.P. Chez Renault à Boulogne-Billancourt, après l'assassinat de Pierre Overney et les licenciements de tous les ouvriers soupçonnés d'être des militants de la G.P., que reste-t-il ? Rien.
Est-ce en déplaçant continuellement le point d'application de leurs efforts, de leur combat, que ces " maoïstes " croient remporter des succès et faire avancer la révolution ? Si tel est le cas, nous ne croyons pas à l'efficacité de leur tactique. Le problème capital qui reste posé, pour eux comme pour nous, n'est pas de gagner et entraîner les couches intellectuelles qu'incarnent des personnalités aussi marquantes que Jean-Paul Sartre ou Maurice Clavel, ou même Jacques Debu-Bridel (même s'il convient d'attacher de l'importance au soutien que l'intelligentsia peut apporter au prolétariat révolutionnaire). Le problème-clé, sans la solution duquel ne pourra s'ouvrir la voie de la préparation concrète de la révolution prolétarienne, c'est de soustraire au révisionnisme non seulement l'avant-garde, mais aussi la masse de la classe ouvrière. Et cela ne se réalisera jamais par une incitation artificielle venue de l'extérieur, mais seulement à l'initiative, sous l'impulsion et sous la direction d'un Parti révolutionnaire prolétarien, constituant cette avant-garde ouvrière, reconnu par la masse elle-même des travailleurs.
Tous les échecs de la G.P. ont leur source dans la méconnaissance, voire le mépris délibéré de la fonction historique du " Parti de type léniniste " qui a pourtant largement fait la preuve de son efficacité, ne serait-ce qu'en Russie en Octobre 1917, en Chine le 1er Novembre 1949.
Si cette vérité, sans cesse rappelée par Mao Tsé toung, n'est pas appliquée concrètement aux conditions spécifiques de la révolution en France, les plus remarquables flambées, comme la puissante manifestation de masse à laquelle donnèrent lieu les obsèques du courageux Pierre Overney, continueront à rester sans lendemain.

II. -STRUCTURES...

Y a-t-il des structures organisationnelles à la " Gauche Prolétarienne " ? Il ne semble pas. Il y a certes une direction, il y a des: dirigeants connus et certainement d'autres dirigeants qui restent dans la clandestinité, il y a nécessairement un groupe de rédacteurs et d'administrateurs de " la Cause du Peuple ". Mais à la base, les conceptions organisationnelles, si elles existent, nous sont inconnues. Les militants de la G.P. agissent à travers des " Comités " lancés dans les masses en différentes occasions ( exemples: les tribunaux populaires, le comité de lutte Renault, les occupations de logements vides, etc.). Pendant une période donnée les efforts sont concentrés sur une tâche centrale, et sans doute est-ce là une application juste des enseignements de Mao Tsé toung. Mais ont-ils une tâche principale donnée pour une période donnée ? On peut en douter. Les effectifs de la G.P. sont tout aussi difficile à estimer. Si l'on parle de ses sympathisants, on peut alors assurer qu'ils sont plusieurs milliers à Paris et nettement moins nombreux en province, à l'exception de quelques grandes villes peu nombreuses.
Le contenu social de la G.P. est essentiellement intellectuel et petit-bourgeois, en dépit du fait qu'elle soit parvenue à recruter de jeunes ouvriers français et immigrés.
Son idéologie, nous l'avons constaté, ne s'apparente pas encore solidement à celle du prolétariat. Son activisme, ignorant délibérément la théorie (le mépris et le rejet de la "théorie" est explicitement proclamé dans le livre " Les Maos " ), s'apparente au populisme et au spontanéisme. La G.P. bénéficie de l'appui de nombreux intellectuels bourgeois libéraux. Outre son journal " la Cause du Peuple " dont la périodicité est irrégulière, et qui édite de nombreux numéros spéciaux, elle publie des brochures en nombre relativement modeste.

III. -POSITIONS...

La " Gauche Prolétarienne " attaque le Parti " Communiste " Français et la C.G.T. sans faire aucune distinction entre dirigeants et militants de base. A leur égard, elle emploie plus souvent l'injure que l'argumentation. Elle utilise valablement la qualification de " révisionniste " et, sans jamais défendre quelque aspect que ce soit de l'oeuvre de Staline, elle ne met jamais en cause, du moins publiquement, le " stalinisme ". Toutefois, en privé, nombre de ses militants, comme par exemple Le Dantec (nous ne le citons en exemple que parce que nous avons eu écho de ses propos et non pour faire une critique " personnelle " ) s'avèrent franchement hostiles à Staline.
La G.P. s'occupe peu des questions internationales. Lorsqu'elle le fait, c'est en général en adoptant de justes positions. Elle dénonce le social-impérialisme " russe ". Elle soutient la juste politique des camarades chinois. Elle a publié récemment deux plaquettes intéressantes sur la République Populaire de Chine. Elle commet parfois des erreurs d'appréciation mais jusqu'ici les a rectifiées rapidement. Enfin, nous ignorons pourquoi la G..P. ignore totalement le Parti du Travail d'Albanie et la République Populaire d'Albanie.

IV. -VOIE...

Pour passer du capitalisme au socialisme, la G.P. récuse sans équivoque la voie " pacifique " et électoraliste et proclame l'inéluctabilité de la voie de la " violence révolutionnaire armée ".


V. -OBJECTIF...

Cependant, la G.P. ne se prononce pas explicitement pour la " dictature du prolétariat ". Elle parle de" pouvoir populaire ", envisage la gestion des entreprises par les travailleurs eux-mêmes, mais semble en avoir une conception différente de celle des partisans de l'autogestion excluant tout pouvoir centralisé.

VI. -LIGNE...

La ligne politique de la G.P. consiste à opposer immédiatement, sans préparation prolongée, la contre-violence de classe du prolétariat à la violence permanente de la bourgeoisie. Elle vise à faire la démonstration constante que la légalité en vigueur peut être contestée tout de suite et même battue. C'est là, pour la G.P., un moyen efficace d'éducation révolutionnaire des masses. Chacune de ses actions est pensée et développée comme devant servir d'exemple et de suggestion.
La G.P. agit en alliance avec tout groupe dit" gauchiste ", mais s'efforce de préserver son autonomie et son indépendance dans l'action. Au cours de la période des manifestations consécutives à l'assassinat de Pierre Overney, la G.P. a même fait preuve d'opportunisme de droite en abandonnant temporairement l'initiative et la direction du courant petit-bourgeois révolutionnariste à la " Ligue Communiste ".
Les dirigeants de la G.P. paraissent divisés sur l'attitude à notre égard. Certains n'éprouvent qu'indifférence, peut-être même quelque intérêt à s'unir avec nous en certaines circonstances. D'autres nous sont franchement hostiles pour des raisons que nous ne nous expliquons pas, mais qui appartiennent sans doute au passé et se situent au niveau de l'idéologie.
La G.P. n'hésite pas à s'unir à des personnalités en vue, y compris des gaullistes de gauche notoires comme Maurice Clavel ou Jacques Debu-Bridel.
Enfin, la G.P. est contre les syndicats par principe; en certains cas récents, elle a même condamné le recours à la grève en le qualifiant d'inefficace, lui préférant des formes d'action violentes comme la seule séquestration des patrons.
On sait aussi dans quelles circonstances la " Nouvelle Résistance Populaire ", organisation clandestine, a procédé à des enlèvements, tels celui du député U.D.R. de Grailly ou plus récemment du cadre répressif de la Régie Renault, Nogrette. Nous en traiterons plus loin pour dire que s'il s'agit d'actes" ultra-gauchistes ", nous n'avons aucune raison de les tenir systématiquement pour " manipulés par la police ". C'est là la position des révisionnistes, avec laquelle nous n'avons absolument rien à voir.

VII. -INTERNATIONALISME...

La Gauche Prolétarienne est attachée au principe de l'internationalisme, mais elle n'a pas poursuivi l'initiative positive de l'U.J.C. (m.-l.) qui avait réussi à développer un grand nombre de " Comités Vietnam de base " soutenant activement 1a guerre de résistance du peuple vietnamien (à l'époque; aujourd'hui, il s'agirait de tous les peuples indochinois) à l'agression de l'impérialisme américain et de ses fantoches. Il semble même que 1a G.P. participe maintenant aux manifestations organisées sous l'égide des trotskystes de la " Ligue " par le" Front Solidarité Indochine ".
La solidarité prolétarienne de la G .P. s'exprime largement et continuellement vis-à-vis des travailleurs immigrés, spécialement vis-à- vis de ceux venus d'Afrique du Nord ou d'Afrique Noire.
A noter que la G.P. n'hésite pas à s'ingérer dans les affaires intérieures du peuple algérien en lançant de vigoureuses attaques contre son gouvernement, ses représentants diplomatiques et l'Amicale des Algériens en France. C'est là une attitude qui ne correspond en rien à l'analyse réaliste et à la juste attitude de nos camarades chinois pour qui les pays récemment débarrassés du colonialisme ont avant tout à consolider leur indépendance.

VIII. -ASPECT PRINCIPAL...

Sur le plan idéologique, l'aspect principal de la G.P. reste qu'il s'agit d'une formation petite-bourgeoise. Sur le plan politique, sa ligne est " opportuniste de gauche ", mais dans certains cas débouche sur des pratiques de droite comme cela arrive souvent pour les " ultra- gauchistes "
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   Posté le 30-06-2006 à 18:59:33   Voir le profil de Paria (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Paria   

Armenak :


il y eut aussi de bonnes réflexions politiques de la GP, comme ce texte sur le syndicalisme, utile à relire aujourd'hui je pense:

SUR LA QUESTION DE LA LIGNE DE DEMARCATION EN MATIERE SYNDICALE[Supplément au Bulletin intérieur n°11 de la Gauche Prolétarienne. .]

Après notre détour par la ligne "syndicaliste prolétarien" nous nous sommes rendus à l'évidence: il ne suffit pas d'avoir des formes d'action nouvelles et dures pour se démarquer des revisos-réformistes quand on garde le même esprit syndicaliste, ou la même revendication isolée prise dans le programme de la CGT.
On ne réussit qu'à prendre quelques jours d'avance, et l'appareil
syndical a tôt fait de tout récupérer en fin de compte.Notre problème, depuis que des camarades ont essayé de constituer des programmes " revendicatifs " reste le même : la ligne de démarcation doit être radicale et elle ne l'est toujours pas; le vieil esprit syndicaliste traîne toujours dans tous ces programmes de lutte , et pourtant nous devons avancer et nous soucier des conditions de vie et de travail immédiates des plus larges couches ouvrières.
Nous croyons, camarades, qu'il faut non seulement révolutionnariser nos esprits, mais aussi notre langage : car qu'on le veuille ou non : revendications, syndicats et toutes ces listes de revendications sentent la litanie réformiste.
En effet ce sont les révisionnistes qui ont banalisé, abruti ces mots d'ordre à force de les répéter sans contenu, de même qu'ils avaient autrefois dénaturé le nom de "social-démocrate".
Pour des militants travailleurs l'éternelle liste de revendications au bout de chaque tract, de chaque affiche, est devenue comme un attribut de la CGT, au même titre que son sigle.
Au lieu de faire progresser la conscience des masses ces listes
constamment rabattues amusent le populo et font vivre le syndicat.
Quand aux luttes passées et à leurs victoires elles constituent le
bagage juridique du syndicat : pour être un bon délégué ou permanent il faut avoir son bagage juridique : telle est devenue la soi-disant tradition de lutte syndicale : une tradition législative ou légalo-bourgeoise. A tous les coups, le réflexe syndicaliste préfère l'argument juridique à la lutte : " j'ai quinze ans de travail dans la boîte, donc j'ai droit à la prime d'ancienneté ".
Il faut détruire l'esprit syndicaliste, il ne s'agit pas de faire "mieux " que la CGT, de " demander " par exemple 5% d'augmentation de plus qu'elle, car pour les travailleurs cela ne fait qu'une organisation de plus qui " demande ". Il s'agit de contester les salaires pas de demander au patron.En effet ce n'est pas la liste des revendications passives qui mobilisera les travailleurs.
A Olibet Bordeaux, comment des camarades ouvriers ont-ils brisé des cadences insupportables?
En cassant délibérément pour 300 000 AF de biscuits.
Ces camarades n'ont rien mendié mais l'accélération des cadences a
cessé. Ça c'est la lutte qui s'oppose aux " revendications " synonymes de " discussion ". Car c'est la parlotte qui aurait permis au patron de détourner le problème, en augmentant les salaires ou en donnant
comme à Dassault une prime de technicité tout en conservant le même rythme.
La " revendication " est le frein légal entre le patron et les ouvriers, elle mène à la participation et a pour but d'empêcher de poser les problèmes à fond, d'aller à la racine du mal.
Voici ce qu'on peut entendre par exemple de la bouche même d'un
magouilleur expérimenté, ancien journaliste et théoricien du PCF :
" On ne peut pas toujours mettre à la fin de chaque article qu'on
veut renverser le Capital, qu'on est pour la révolution. " C'est en effet lassant pour la bourgeoisie et pour ceux qui n'y croient plus : telle est la démarche d'esprit qui conduit tout droit au révisionnisme : le but est trop loin alors au lieu de nous en approcher, enlisons-nous dans le présent et l'immédiat.
Quand ce sont des revendications qui ne veulent pas en être (comme
on en trouve souvent et c'est inévitable dans nos tracts) : ça donne des ambiguïtés, des détours (" si le pouvoir était aux travailleurs " qui ne sont pas clairs.Le syndicat actuellement c'est comme les Conseils d'UER, purement et simplement de la participation.
Les camarades qui commencent à lutter contre la hiérarchie des
salaires sont souvent tombés dans ce piège : le problème est-il entre augmentation, diminution ou modification? Alors qu'on laisse en premier accepter l'idée que la hiérarchie est nécessaire, alors qu'on ne conteste ni son principe ni sa grille elle-même (pourtant on ne peut plus arbitraire).Se battre sur le terrain de la bourgeoisie ou sur celui du prolétariat? Adopter la conception de la vie bourgeoise ou la
conception de la vie prolétarienne? Préférer le syndicalisme-participation-intégration à la lutte pour la révolution?
Car le syndicalisme est bien une variante du révisionnisme : " le
mouvement syndical est tout, le but révolutionnaire n'est rien ".
Le terrain juridique est le terrain du savoir et des formes de lutte bourgeoises. Quand un délégué syndical ou tout autre l'adopte il devient le spécialiste prélevé par le Capital à sa classe; pour le contrôler il faut devenir comme lui : un parvenu de l'aristocratie ouvrière. D'ailleurs dans la majorité des cas, personne ne le contrôle car personne ne comprend plus rien à ses calculs. A Labaz près de Bordeaux on a fait venir un permanent PCF-CGT pour faire reprendre le travail en période de paix électorale. Son grand art a été de camoufler une défaite par des chiffres, de confondre ce que tous auraient obtenu sans faire grève et ce qu'on leur accordait.
Autre exemple il y a deux ans à Dassault : plus la lutte durait moins les ouvriers comprenaient pourquoi ils se battaient. Partie sur la parité des pourcentages avec Paris la lutte a débouché sur des pourcentages d'augmentation. Pourtant les méthodes de lutte étaient dures, mais quand les ouvriers n'ont pas la direction politique de leur grève, quand leur objectif concret leur est incompréhensible ils perdent pied. En fait seuls 200 inconditionnels restaient à la fin du mouvement déterminés à se battre pour se battre.Ce qui est sûr maintenant c'est qu'on doit faire preuve d'imagination, inventer des nouvelles formes de lutte en s'appuyant sans réserve sur l'initiative des masses, mais surtout accepter un langage nouveau pour exprimer les aspirations des masses.Il faut détruire l'esprit syndicaliste et le jargon syndical et le remplacer par un esprit dynamique, révolutionnaire et nouveau.C'est par ce changement radical que nous construirons sur le cadavre syndicaliste, un programme de contestation révolutionnaire.Nous proposons que dans cette direction tous les camarades rivalisent.
A BAS LE SYNDICALISME-PARTICIPATION
A BAS LES REVENDICATIONS BIDONS
Pour une nouvelle forme de contestation !
Dans un esprit révolutionnaire militant !

Armenak
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   Posté le 30-06-2006 à 19:00:52   Voir le profil de Paria (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Paria   

Finimore :


Armenak à écrit : il y eut aussi de bonnes réflexions politiques de la GP, comme ce texte sur le syndicalisme, utile à relire aujourd'hui je pense:

Oui, mon opinion n'est absolument pas de rejeter toutes les analyses et expériences de la GP, ni de nier le courage de ses militants.
C'est d'ailleurs ce que reconnait la brochure d'HR (voir le premier texte du topic).
Concernant la question syndicale j'ai également un n° spécial de "Servir le peuple" journal publié par l'UJCML qui également est très intéressant.
Le sujet du syndicalisme a été un gros point d'interrogation, et de divergences entre les orgas des années 60 et 70 principalement.
Dans les années 80, il n'y a pratiquement plus que l'UCFML qui pratique l'anti-syndicalisme de classe, alors que les principales organisations comme le PCRML, le PCML, le PCOF, l'OCF-ML travaillent dans les syndicats (principalement CGT et CFDT).

Finimore
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   Posté le 30-06-2006 à 19:02:04   Voir le profil de Paria (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Paria   

Koba :


Fini.more a écrit : Le sujet du syndicalisme a été un gros point d'interrogation, et de divergences entre les orgas des années 60 et 70 principalement.

Le gros problème du syndicalisme est d'arriver à mettre en place un syndicalisme de lutte de classes, sans pour autant délaisser le travail dans les syndicats réformistes (ce que Staline soulignait déjà dans les années 20) ni sombrer soi-même dans la collaboration de classe.

Sur la question syndicale, j'ai un excellent ouvrage : Filip Kota - "Deux lignes opposées dans le mouvement syndical mondial", Tirana, 1973. (disponible en édition numérique.)
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   Posté le 30-06-2006 à 19:02:50   Voir le profil de Paria (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Paria   

Finimore :


Moi, je préfère largement les expériences pratiques concrètes dans les luttes (et aussi dans les syndicats). De ce point de vue là, les ML ont une expérience (positive et négative) à faire connaître aux jeunes générations.

Finimore
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   Posté le 30-06-2006 à 19:04:28   Voir le profil de Paria (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Paria   

Koba :



Fini.more a écrit : Moi, je préfère largement les expériences pratiques concrètes dans les luttes (et aussi dans les syndicats). De ce point de vue là, les ML ont une expérience (positive et négative) à faire connaître aux jeunes générations.


Eh oui, encore la bonne vieille opposition théorie-pratique !!!

"Derrière le culte de la "pratique" se cache en fait l'incompréhension de la position matérialiste du marxisme-léninisme sur cette question. Le maoïsme est incapable de concevoir la théorie comme la généralisation scientifique de la multitude des faits économiques, sociaux, politiques, etc., que livre la vie dans tous les domaines, dont elle confirme ou infirme en retour les thèses et les conceptions, par son développement ultérieur et l'action qui peut être menée pour la transformer. (...) Pour cet ignorant qu'est le maoïste français, la théorie, à cause (!) de son abstraction est inutile et trahit la réalité sensible à laquelle il accorde une valeur absolue" (L'émancipation, Edition numérique, p. 9.)

PS : je crois que l'auteur à pas mal d'expériences pratiques dans le domaine du syndicalisme, ayant assumé de hautes fonctions au sein des UPA... dans ce livre, il s'agit donc de la généralisation théorique d'expériences pratiques du mouvement m-l. C'est important pour la jeunesse !
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   Posté le 30-06-2006 à 19:05:54   Voir le profil de Paria (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Paria   

Finimore :


Koba a écrit : Eh oui, encore la bonne vieille opposition théorie-pratique !!!

Et en quoi j'opposerai théorie et pratique ? Ma réponse était une précision concernant ce que tu disais sur le syndicalisme et les ML (ce topic ne concerne cependant pas ce sujet, si je l'ai abordée c'est uniquement pour répondre à Armenak), et comme je sais que ta démarche politique est prioritairement théorique, je t'ai répondu que je préférai les expériences pratiques concrètes, et que les ML (je pensai au PCMLF et au PCRML principalement, mais aussi à d'autres...) avaient une expérience (positive et négative) à faire connaître aux jeunes générations.

Koba a écrit : "Derrière le culte de la "pratique" se cache en fait l'incompréhension de la position matérialiste du marxisme-léninisme sur cette question. Le maoïsme est incapable de concevoir la théorie comme la généralisation scientifique de la multitude des faits économiques, sociaux, politiques, etc., que livre la vie dans tous les domaines, dont elle confirme ou infirme en retour les thèses et les conceptions, par son développement ultérieur et l'action qui peut être menée pour la transformer. (...) Pour cet ignorant qu'est le maoïste français, la théorie, à cause (!) de son abstraction est inutile et trahit la réalité sensible à laquelle il accorde une valeur absolue" (L'émancipation, Edition numérique, p. 9.)

En dehors du fait que tu ne loupe aucune occasion pour faire de l'anti-maoïsme, tout marxiste-léniniste un tant soit-peu conséquent, sait très bien que Lénine a dit : " La pratique est supérieure à la connaissance (théorique), car elle a la dignité non seulement du général, mais du réel immédiat.".

Dans son excellent ouvrage " De la pratique ", Mao indique: "Du point de vue marxiste, la théorie est importante, et son importance s'exprime pleinement dans cette parole de Lénine : " Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire. "
Mais le marxisme accorde une grande importance à la théorie justement et uniquement parce qu'elle peut être un guide pour l'action.
Si, étant arrivé à une théorie juste, on se contente d'en faire un sujet de conversation pour la laisser ensuite de côté, sans la mettre en pratique, cette théorie, si belle qu'elle puisse être, reste sans intérêt.
La connaissance commence avec la pratique ; quand on a acquis par la pratique des connaissances théoriques, on doit encore retourner à la pratique." (...)

"L'histoire de la connaissance humaine nous apprend que de nombreuses théories étaient d'une vérité incomplète, et que c'est leur vérification dans la pratique qui a permis de la compléter.
Nombre de théories étaient erronées, et c'est leur vérification dans la pratique qui a permis d'en corriger les erreurs.
C'est pourquoi la pratique est le critère de la vérité. " Le point de vue de la vie, de la pratique, doit être le point de vue premier, fondamental de la théorie de la connaissance."
Staline s'est exprimé d'une manière remarquable à ce sujet :
" ... la théorie devient sans objet si elle n'est pas rattachée à la pratique révolutionnaire ; de même, exactement, que la pratique devient aveugle si sa voie n'est pas éclairée par la théorie révolutionnaire"

Finimore
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   Posté le 01-07-2006 à 19:49:11   Voir le profil de Paria (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Paria   

jo limaille :

Koba a écrit : "Derrière le culte de la "pratique" se cache en fait l'incompréhension de la position matérialiste du marxisme-léninisme sur cette question. Le maoïsme est incapable de concevoir la théorie comme la généralisation scientifique de la multitude des faits économiques, sociaux, politiques, etc., que livre la vie dans tous les domaines, dont elle confirme ou infirme en retour les thèses et les conceptions, par son développement ultérieur et l'action qui peut être menée pour la transformer. (...) Pour cet ignorant qu'est le maoïste français, la théorie, à cause (!) de son abstraction est inutile et trahit la réalité sensible à laquelle il accorde une valeur absolue" (L'émancipation, Edition numérique, p. 9.)
PS : je crois que l'auteur à pas mal d'expériences pratiques dans le domaine du syndicalisme, ayant assumé de hautes fonctions au sein des UPA... dans ce livre, il s'agit donc de la généralisation théorique d'expériences pratiques du mouvement m-l. C'est important pour la jeunesse !


C’est dans les différentes pratiques sociales (pratique par opposition à contemplation ou intuition) que nous sommes en contact avec la réalité matérielle.
« I. Le principal défaut de tout matérialisme jusqu’ici (y compris celui de Feuerbach) est que l’objet extérieur, la réalité, le sensible ne sont saisis que sous la forme d’objet ou d’intuition, mais non en tant qu’activité humaine sensible, en tant que pratique, de façon subjective. C’est pourquoi en opposition au matérialisme l’aspect actif fut développé de façon abstraite par l’idéalisme, qui ne connaît naturellement pas l’activité réelle, sensible, comme telle. Feuerbach veut des objets sensibles, réellement distincts des objets de la pensée : mais il ne saisit pas l’activité humaine elle-même en tant qu’activité objective. C’est pourquoi dans " L’Essence du christianisme " il ne considère comme authentiquement humaine que l’attitude théorique, tandis que la pratique n’est saisie et fixée par lui que dans sa manifestation juive sordide. C’est pourquoi il ne comprend pas l’importance de l’activité " révolutionnaire ", de l’activité " pratiquement-critique ». Karl Marx, Thèses sur Feuerbach, 1848.

C’est la pratique sociale qui rend nécessaire, qui en appelle à la théorie et c’est elle encore qui est le critère de vérité de la théorie. Pratique-Théorie-Pratique.
« II. La question de l’attribution à la pensée humaine d’une vérité objective n’est pas une question de théorie, mais une question pratique. C’est dans la pratique que l’homme a à faire la preuve de la vérité, c’est-à-dire de la réalité et de la puissance de sa pensée, la preuve qu’elle est de ce monde (note perso : la preuve de l’en deçà de sa pensée). Le débat sur la réalité ou l’irréalité de la pensée isolée de la pratique est une question purement scolastique. » Karl Marx, Thèses sur Feuerbach, 1848.

Si l’on ne veut pas se tromper dans la théorie , il importe de s’engager dans la critique pratique, dans la révolution sociale.
« XI. Les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, ce qui importe, c’est de le transformer. » Karl Marx, Thèses sur Feuerbach, 1848.

Ceci dit il existe bel et bien une tendance forte au culte de la pratique et au mépris de la théorie - et je ne suis pas sur que Mao en soit personnellement responsable - ce qui conduit immanquablement à une conception empiriste, pragmatique du monde et son cortège de populisme, ouvriérisme, économisme, électoralisme, parlementarisme,...
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   Posté le 01-07-2006 à 19:50:45   Voir le profil de Paria (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Paria   

Finimore :

jo limaille a écrit : Ceci dit il existe bel et bien une tendance forte au culte de la pratique et au mépris de la théorie - et je ne suis pas sur que Mao en soit personnellement responsable - ce qui conduit immanquablement à une conception empiriste, pragmatique du monde et son cortège de populisme, ouvriérisme, économisme, électoralisme, parlementarisme, …

Au contraire de ce que tu dis, je pense que la faiblesse du mouvement ML reste aussi une pratique politique assez faible. Je précise que, dans pratique politique je n'inclus pas l'activisme tout azimuth, ou se noyer dans les mouvements de masses.

Finimore
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   Posté le 01-07-2006 à 19:52:01   Voir le profil de Paria (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Paria   

jo limaille :

Ce n'est pas si contraire que tu le penses.
En effet le matérialisme dialectique, contrairement à l'idéalisme, ne dissocie pas Pratique et Théorie, comme si elles pouvaient se développer indépendamment l'une de l'autre. Dés lors une théorie faible est l'autre pôle d'une pratique faible. Et à une théorie faible correspondra bien plus surement l'activisme et le suivisme.
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   Posté le 01-07-2006 à 19:53:24   Voir le profil de Paria (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Paria   

Koba :

Mais bien sur que la pratique politique est des plus faibles, puisqu’elle n’est pas guidée par la théorie révolutionnaire ! Le mouvement se réclamant du m-l en France n’en serait pas là s’il avait eu une pratique politique conséquente.

De quelle pratique politique parles-tu ? J’ai peu d’expérience pratiques vu mon jeune âge, mais il y a déjà une chose que j’ai remarquée durant les quelques mois de ma première expérience professionnelle en CDD dans une entreprise du secteur recherche-pharmacie employant plus de 300 personnes. Beaucoup de salariés, jeunes et moins jeunes sentent bien qu’ils sont exploités, un vieux syndicaliste d’origine portugaise me disait en substance : « la différence entre les salariés qui votent à droite et ceux qui votent à gauche c’est que si on se fait tous enculer, les premiers semblent aimer ça » ; il me disait aussi « la démocratie n’existe pas dans une entreprise ». Ce syndicaliste est à la CFDT et n’est absolument pas marxiste : il se cantonne seulement à essayer de limiter les empiètements du capital sur les intérêts immédiat des travailleurs. Aujourd’hui, ça ne le gêne pas de discuter avec un « m-l », un « stal », bien au contraire, puisqu’il sait que nous avons le même ennemi.

J’essaie de me montrer prudent (étant en CDD), mais j’arrive à parler politique avec des collègues, et si au début certains sont surpris quand je leur parle de ce que vaut la démocratie bourgeoise, la classe politique « de gauche » comme de droite toujours au service du patronat, ils m’écoutent avec un intérêt certain quand je leur parle des acquis concrets du socialisme en Albanie ou en URSS. Et quand tu parles à un travailleur d’une société où un travailleur qualifié pouvait toucher plus que le responsable d’une entreprise, d’une société ou aucune taxe ou impôt ne venait grever le salaire des travailleurs, d’une société où le chômage n’existait pas, d’un Etat qui légiférait sans pression du dehors sur la journée de 7 heures, ect. ; alors les travailleurs auxquels tu parles en viennent à se poser des questions et sortent pour un instant de l’apathie politique dans laquelle ils sont plongés quotidiennement par la société bourgeoise. Aux sourires (ou rires jaunes) face à la défense de l’URSS de Staline, se substituent rapidement des attitudes neutres, voir intéressées. En tout cas, plus d’hostilité.

Le problème majeur dans le travail pratique, c’est d’arriver à hausser le niveau théorique des travailleurs, à leur faire prendre conscience de leur force quand ils sont organisés, le tout dans l’environnement hostile de l’entreprise capitaliste. (surtout pour un jeune en CDD, toujours sur un siège potentiellement éjectable.)

J’ai constaté par ma propre expérience que beaucoup de jeunes et moins jeunes au SMIC (ou même moins jeunes payés à peine au dessus du SMIC) ne se font aucune illusion sur la classe politique en général, mais il leur manque l’explication scientifique de leur exploitation, la claire conscience de l’incompatibilité entre leurs intérêts et ceux de la direction, ainsi qu’une claire perspective pour l’avenir. Et ce n’est pas en ressortant les discours théoriques de Mao sur la « pratique », la « lutte de classes » ou la « dictature du prolétariat » que tu parviendras à intéresser les travailleurs prolétarisés au communisme, vu que Mao n’a rien fait dans la pratique (de la lutte de classe, puis « industrieuse ») pour démontrer la supériorité de la société socialiste, ce que j’ai abordé dans d’autres sujets. (sur lesquels tu restes sobre en paroles…) Un ancien de Voie Prolétarienne que j’ai rencontré récemment (Tom Thomas, qui a écrit plein de saloperies - comme Bettelheim dont il se revendique - sur le socialisme soviétique tout en portant aux nues le « socialisme » chinois…) me l’a avoué : « les ouvriers se désintéressaient de notre propagande ». Pas étonnant selon moi : ce n’est pas en effet en prêchant le socialisme petit-bourgeois qu’on y arrivera !

Peut-être que lorsque les communistes auront un véritable Parti m-l capable de se guider sur une théorie scientifique et d’élaborer un programme de luttes pratiques en conséquence, alors les travailleurs rejoindront les communistes…
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   Posté le 01-07-2006 à 19:54:02   Voir le profil de Paria (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Paria   

Armenak :

“Chaque fois qu'on avance dans la libération du peuple arabe, on avance aussi dans la révolution française.”
MOKTAR, 24 ANS, TRAVAILLEUR IMMIGRÉ
1971
Ce texte est extrait de l’ouvrage de Michèle Manceaux «les maos en France» (Gallimard, 1972). Ce livre présente les maoïstes à travers une série d’interviews et de portraits de militants : un étudiant, un ingénieur devenu ouvrier, deux mineurs du Nord, etc. Moktar est marocain. Il est en France depuis presque trois ans. Il fait partie des quatre millions de travailleurs immigrés recensés en France en 1971. Il travaille alors dans une grande usine de la région lyonnaise, comme manœuvre. Moktar appartient aussi à l'organisation de lutte des travailleurs arabes. Il explique ce que sont les comités Palestine. Et
pourquoi il y appartient.

On arrive ici avec beaucoup de gens venus avec des contrats pour
Chausson, pour Simca. Il y avait des cars qui attendaient ceux qui sont venus pour Simca. Nous, on se retrouve à huit dans la gare. On sait pas où aller. Aucun de nous n'a de l'argent. Il y en avait encore un qui avait des cigarettes, c'est tout. On est arrivé à six heures et on a attendu jusqu'à minuit. Là, un mec de Chausson est arrivé, il nous prend avec des voitures et nous emmène à Chausson. Celui qu'on a vu au Maroc est venu. Il a répété au moins cinq fois : «Surtout pas de politique. Vous êtes là pour travailler. Vous gagnerez assez d'argent pour l'envoyer à vos parents.» On faisait pas de politique à ce moment-là. On pensait que l'essentiel, c'est travailler. Mais à l'usine on voit que c'est pas bien. que le travail est très dur. On se rencontrait entre nous, on disait : « Ça va pas.» On pensait que la France, c'était pas ça.On était logés dans des foyers de travailleurs, la société gérante dit que le foyer est pour le bien des travailleurs, qu'elle a pas de bénéfices, mais en voyant de près la chose, on voit qu'elle fait des bénéfices très importants. Ils louent des piaules à 15 000 balles. Il y a le lit où s'allonger et c'est tout. Et ce foyer-là était pas le plus dégueulasse. Souvent ils sont à dix par chambre. On n'a pas le droit que quelqu'un vienne nous rendre visite, pas le droit de faire du bruit, pas le droit de rentrer à une heure tardive, vraiment
une prison. Je me suis dit : « C'est clair que c'est pas bien, alors je vais faire comme tout le monde, je vais résister.» Ça commence à travailler dans la tête ; je vais à l'usine, le travail est dur, les chefs gueulent, les cadences me rendent fou, la paye est mauvaise. Je reviens chez moi, le gérant gueule, j'ai pas le temps de faire la cuisine... Alors à peine le contrat fini - c'était un contrat de six mois on quitte tous Chausson. On dit qu'on va aller autre part. On parlait à ce moment-là de Renault.Avant, dans le foyer j'écoutais toujours la radio, j'achetais beaucoup de journaux. J'avais beaucoup de copains qui quelquefois n'osaient pas parler avec le gérant pour des draps, pour toutes les histoires... enfin ils osaient pas, alors je descendais avec eux. Pour tous les papiers de Sécurité sociale les gens venaient me voir, ils me racontaient tout sur le gérant : un officier dans
l'armée française en Tunisie, qui parlait bien l'arabe, et qui disait : « Moi, je suis comme les Arabes», mais en fait il était très raciste. Il rentrait dans les chambres à n'importe quelle heure, il réveillait les gens. Il disait : « Vous êtes dégueulasses, vous n'avez qu'à retourner chez vous, vous ne savez pas lire, ni écrire. Normalement vous ne devriez pas vivre, vous n'avez pas le droit de vivre.» Moi je l'engueulais, je lui disais : «C'est pas vrai ».En travaillant à Renault-Flins, c'est là que j'ai commencé à voir des tracts, à entendre qu'il y avait des maoïstes. Sur la Chine, je savais que c'était très bien. J'ai jamais vu quelqu'un dire que la Chine est mauvaise. Je comprenais que c'était un pays progressiste, mais différent des autres vu que personne ne dit de mal de la Chine, pas comme la Russie. Le fait que la Chine était pas à l'O.N.U. c'était très bien aussi. Et même j'expliquais aux gens pourquoi la Chine, c'est bien ; la Chine sait que les autres gouvernements sont tous des salauds, alors elle va pas à l'O.N.U. J'ai vu des tracts signés «les maoïstes» qui étaient distribués à Flins. Je lisais et je faisais la différence avec les autres tracts distribués par la C.F.T.C. et tous les autres syndicats. Les tracts des maos expliquaient, s'il y a un chef dégueulasse, voilà comment il
faut faire. Pour les cadences, voilà comment il faut faire. En prenant un tract de la C.G.T. on voyait des tas de chiffres pour les coefficients machin et tout, je comprenais pas. Enfin, je savais que ça intéressait personne. Que les ouvriers aient une grille de salaire de plus ou de moins, c'est pas ça qui va diminuer les cadences. C'étaient aussi les seuls tracts qui défendaient les immigrés, qui disaient qu'il n'y avait pas de différence entre Français et immigrés, qu'ils ont tous les mêmes droits et que tous doivent s'unir. La chose qui m'a frappé aussi, c'est les ouvriers qui sont à la C.G.T., en fait, c'est pas les ouvriers qui parlent, c'est la C.G.T. Si la C.G.T. voit que les immigrés
ont pas les mêmes droits que les Français, elle voit aussi que le gouvernement ne leur donne pas ces droits. Comme elle dit qu'elle est contre le gouvernement, moi, je dis que la seule chose à faire, c'est que les immigrés soient délégués eux aussi, qu'ils aient les mêmes droits. Mais la C.G.T s'intéressait pas aux immigrés.
Avant de connaître les copains maoïstes pour organiser des luttes, je faisais des trucs surtout sur le foyer. Ça veut pas dire qu'il y a eu des victoires, j'ai pas su m'y prendre. Mais il y avait un ouvrier qui s'est engueulé avec le gérant pour payer le loyer... Ça criait fort. Moi, je travaillais la nuit, j'étais encore en pyjama, je sors à la fenêtre et je trouve tous les gens aux fenêtres pour voir ce qui se passait en bas. Alors je suis descendu et j'entends le gérant qui dit à l'ouvrier : «Tu n'as pas le droit de parler parce que tu ne sais pas lire. T'as intérêt à monter dormir.» Moi, je gueule aussi : « C'est ça, tu crois que s'il sait pas lire, c'est une bête, c'est un animal.» Et je dis aux autres ouvriers : « Il faut descendre.» Tous les ouvriers sont descendus
mais je ne savais plus quoi faire. Les ouvriers ont dit : «Il faut que le
gérant choisisse, soit il s'en va, soit on le tue. Et même si la police vient, on va tout brûler.» Ils disaient n'importe quoi. On est resté, dans le foyer, à peu près 350 personnes, en bas. Le gérant avait peur, la femme du gérant voulait me parler, elle me disait : «Vous ne comprenez pas!» Les gens de l'Amicale - ce sont les représentants du gouvernement algérien - viennent et commencent à dire : «Du calme! on est bien d'accord que le gérant est salaud avec vous, on va
arranger ça.» Qu'est-ce qu'ils font ? Ils entrent avec le gérant pour discuter. La majeure partie des ouvriers de ce foyer sont des Algériens, un peu moins des Marocains et puis beaucoup moins des Tunisiens. Les gens de l'Amicale disent : « C'est nous les représentants des Algériens, on va lutter.» Moi, je dis : «Mais y a aussi des Marocains. C'est pas l'Amicale qui va s'occuper de ça, c'est
nous.» Ils m'ont dit : « Nous, on est pour l'intérêt de tous les ouvriers.» C'est pas vrai... Il y a même pas trois jours, j'ai eu une discussion avec un Algérien. Il m'a dit : «Tu as raison, ce qui se passe dans l'Amicale c'est que dans chaque section, si c'est un chef kabyle, tous les autres, c'est uniquement des Kabyles. Si c'est un chef qui n'est pas kabyle, il n'y a pas de Kabyles», etc. Si l'Amicale représentait vraiment les ouvriers, elle devrait déjà unir les gens sur ces trucs simples et pas favoriser ces contradictions de rien du tout. Donc au foyer, un grand responsable de l'Amicale arrive - un vieux qui était
dans le F.L.N. ici, en France - il passe dans toutes les chambres et il dit : «Ce soir, on va avoir une grande réunion pour discuter.» On descend. Primo, il ne parle que de l'Algérie, que des Algériens, que du F.L.N., que du gouvernement algérien, et à la fin il dit qu'il jure, au nom du sang qui a coulé, des martyrs qui sont tombés pendant la guerre d'Algérie, que le gérant quittera avant la fin du mois, et cela, grâce aux démarches faites par Je Consulat d'Algérie. Alors les ouvriers disent : «Si c'est comme ça, on est d'accord, le gérant va
quitter, c'est ce qu'on veut.» Il a jamais quitté ! Maintenant, quand les gens de l'Amicale viennent, on se fout pas mal d'eux.
C'est après cette histoire que j'ai commencé à rencontrer les copains
maoïstes. Avant j'achetais La Cause du peuple, j'étais très content parce que c'était simple. Ce qu'ils disaient était vrai. La rencontre avec les maoïstes a changé mes perspectives parce que j'ai vu qu'il fallait s'organiser, j'ai vu déjà comment faire. Dans le foyer, il y avait des copains qui avaient des idées, des expériences mais je ne savais pas ce qu'on pouvait faire de plus. J'ai pas fini sur le foyer parce qu'après j'ai fini par être expulsé.Je voyais que c'était très bien quand on est descendus, qu'on était tous contents, et que le gérant avait peur mais je ne savais pas comment continuer pour qu'on ait la parole et que le gérant parte. Après, dès que quelqu'un avait un problème, c'était moi qui descendais engueuler le gérant, jusqu'au jour où il
est venu avec des gendarmes. Il m'a dit : «Tu vas être expulsé.» J'ai dit : «Donne-moi un papier.» Il avait peur de me donner le papier. Je savais pas ce que je pourrais faire avec ce papier, mais comme il avait peur, je me disais il me faut un papier. Il me l'a pas donné, mais après j'ai dit aux copains : «Je vais pas partir comme ça. Je veux rester pour voir jusqu'où il peut aller».Un jour, je vais au boulot et quand je reviens je trouve dans ma chambre des nouveaux qui installent leurs bagages. Je leur dis : «Qu'est-ce que vous faites là ?» Ils me disent : «C'est le gérant qui nous a donné la chambre». Moi, je dis
: «Non, il faut sortir.» Ils voulaient se bagarrer avec moi. Alors, je leur ai expliqué que nous sommes pareils, que si c'est le gérant qui leur a donné la chambre, ils doivent retourner au gérant pour lui demander pourquoi il donne une chambre où il y a quelqu'un dedans. Ils ont compris et on est descendus ensemble voir le gérant qui a dit : «Bon, je vais appeler la police.» Je suis allé avertir mes amis, on est restés dans la chambre à attendre. A onze heures tout
le monde est allé se coucher parce qu'ils travaillaient le lendemain. Je suis resté avec un type. Alors y a quatre gendarmes qui entrent. Le gérant dit : «C'est un rebelle, il porte atteinte à la sûreté de l'État, c'est un agitateur, c'est un maoïste.» Moi, je comprenais pas ce qu'il disait. C'est vrai, j'étais seul avec les ouvriers, j'avais jamais eu de contacts avec d'autres personnes, je connaissais pas encore les camarades. Je savais pas ce que ça voulait dire : maoïste. Quand il me disait : «Tu es maoïste», je me disais : «Si les maoïstes font comme je fais, alors c'est très bien.» Les gendarmes me prennent à deux, par les épaules, ils me descendent jusqu'en bas. Deux se mettent à la porte du foyer et me disent : «Barre-toi.» C'était la nuit, vers onze heures, minuit. Je dis : «Je remonte prendre mes bagages pour aller à l'hôtel, j'ai pas où aller. Non, non. Ce soir tu ne rentres pas. Un autre jour peut-être, mais pas aujourd'hui.» Ils avaient peur que j'aille réveiller tous les copains. Alors je suis parti seul dans la nuit.C'est là que j'ai contacté des camarades et qu’on a vu beaucoup plus sérieusement ce qu'on pouvait faire. J'ai vu qu'il y a beaucoup à faire. On est sur la même route. Dans le foyer, je me disais que je suis peut-être tout seul à voir comme ça ; peut-être je pense mal, mais quand j'ai vu qu'il y avait beaucoup de gens, beaucoup d'ouvriers qui réfléchissaient comme moi, qui se disaient : «Ça va me servir à quoi devenir ici en France : ramasser des petites économies, retourner chez soi, revenir ici.» Je voyais que ça n'avait aucun sens de continuer comme ça. Qu'il fallait qu'on se retrouve ensemble, même ceux qui
avaient peur, même ceux que la famille empêchait de lutter. La lutte que je mène ici et la lutte que je mènerai chez moi, c'est la même. La question de l'unité avec les travailleurs français doit venir des travailleurs immigrés parce qu'ils sont beaucoup plus disposés à s'unir : ils ont échappé à toute l'intoxication du parti communiste français, il y a pas beaucoup de choses qui les arrêtent. Les travailleurs immigrés sont conscients du besoin d'unité avec les
travailleurs français. Par exemple, ce qui s'est passé dernièrement à Chausson : la concentration du travail le plus dur est pour les Marocains et les Arabes, c'est eux qui déclenchent le mouvement. La C.G.T. sort un tract pour calmer. La réaction des Français à ce moment, c'est : «Les Arabes, ils en veulent.» Être maoïste, pour moi, ça veut dire qu'ici, en France, les ouvriers et surtout les ouvriers immigrés vont relever la tête.Je me dis que le jour où je décide de retourner chez moi, ce sera beaucoup plus simple qu'ici parce que chez nous les gens sont pauvres et c'est clair : il y a pas toutes ces C.G.T. qui trompent les gens. Là-bas, ils comprendront tout de suite. Je lutte ici vu qu'actuellement les ouvriers immigrés sont exploités ici. Je lutte pas uniquement pour retourner chez moi, mais pour faire
la révolution ici en France et chez moi.Si les travailleurs immigrés sont une force pour la révolution en France ?
Sûrement. S'il n'y a pas de participation des ouvriers immigrés dans la
révolution en France, il y aura peut-être quelque chose mais ce ne sera jamais une révolution en France, il y aura peut-être quelque chose mais ce ne sera jamais une révolution, - ce ne sera jamais les ouvriers au pouvoir. Tous les ouvriers immigrés doivent penser comme moi, mais pour nous, les Arabes, c'est rare de penser qu'on est définitivement en France, alors beaucoup disent : « Ça va me servir à quoi ? D'accord je suis exploité, les ouvriers sont exploités, il faut lutter mais on va retourner chez nous et ça va pas servir à grand-chose.» Moi je pense que si on lutte pas ici, on va rien faire chez nous non plus. Si on vient ici où il y a tous les ennemis, les patrons, et tout, on doit faire l'unité avec les travailleurs français : c'est la meilleure solution pour écraser les patrons, mais la C.G.T. empêche les Français de lutter, alors que la lutte est claire à ce moment-là, pour les cadences et tout. Si le mouvement de lutte se déclenche à la base, si c'est les ouvriers qui décident la grève, ils la suivent tous, que ce soit les immigrés ou les autres, mais comment veux-tu que les ouvriers immigrés suivent un mot d'ordre de la C.G.T. alors qu'ils savent que la C.G.T. ne fait rien pour eux ? C'est comme si la C.G.T. disait que
les immigrés et les Français c'est pas la même chose. La C.G.T. lance des mots d'ordre, comme «La retraite à 60 ans». Tout le monde voudrait bien avoir sa retraite à 60 ans, même les immigrés, mais les immigrés pensent qu'ils vont rester ici trois ans, cinq ans (dans la réalité ils sont forcés de rester beaucoup plus), mais la retraite à 60 ans, ça les concerne pas vraiment. C'est pas tant la peur de la répression qui empêche les immigrés de lutter mais qu'ils ne voient souvent pas le but de la lutte qu'ils vont mener. Les ouvriers
français de leur côté, se rendent pas compte encore des conditions réelles de la vie des immigrés, parce que s'ils se rendaient compte, il y aurait beaucoup de choses de changées.
Sur l'unité avec les Français, avant, je pensais qu'il y avait des Français pas racistes, mais qu'en général, ils étaient tous des racistes. Je pensais pas qu'un jour des Français puissent s'unir comme des frères pour mener une bataille où les risques et les buts sont les mêmes, comme on le fait maintenant. Je me disais : il y aura peut-être des exceptions comme pendant la guerre d'Algérie
où il y a des Français qui ont participé au truc, mais je pensais qu'il y avait beaucoup d'idées racistes chez les Français. Maintenant je le pense plus et je vois qu'on avance à grands pas vers l'unité entre les immigrés et les Français. Si la majeure partie des Français ont des réactions racistes, c'est qu'ils tombent dans le panneau des patrons, mais jamais ils tombent au point de se mettre contre la lutte des immigrés. Ils disent que les immigrés c'est une chose, eux, c'est autre chose. Pourtant je sens que ça a changé et que ça change de plus en plus, parce que les travailleurs français sentent de plus en plus
leur exploitation. Avec la nouvelle génération d'ouvriers français c'est
beaucoup plus facile. Les jeunes échappent à l'expérience des vieux ouvriers français. J'ai discuté avec pas mal d'ouvriers français. Le niveau de conscience des vieux ouvriers est vachement net sur la question des patrons, mais sur la question des immigrés, c'est dur. Le barrage de la langue n'est pas le principal parce que les immigrés, dès qu'ils sont en France, font beaucoup d'efforts pour parler le français. L'alphabétisation, c'est une bonne chose pour la
compréhension entre les ouvriers, mais la question de l'unité c'est dans la lutte à l'usine que ça va s'apprendre, en multipliant les luttes ici et en soutenant les luttes des peuples arabes. L'étape de la prise de conscience et l'étape de l'agitation sont largement dépassées. On est dans une étape beaucoup plus sérieuse, il faut penser à l'organisation. Maintenant, on peut parler d'une force des travailleurs en France.
La question de la Révolution française et de la Révolution arabe est très liée. Si je prends ce qui s'est passé au Maroc le 10 juillet (Skirat), d'après tous les gens que j'ai vus, c'était l'affolement total à la télévision française. Ça prouve que le gouvernement français tire encore beaucoup deprofit des pays des pays arabes, ne serait-ce que la main d'œuvre.Y a même un ouvrier qui a fait enregistrer une chanson populaire vachement connue - c'est pas politique la chanson - mais il raconte très bien la situation dans laquelle vit un ouvrier ici. La chanson s'appelle Le Passeport : il raconte comment l'ouvrier a eu le passeport, comment il arrive ici, comment il se réveille le matin, la pluie, la chambre à six, l'usine, le racisme, etc. Le racisme est
toujours présent mais il y a des victoires sur ce racisme, c'est ça que je voulais dire.
Chez les larges masses immigrées, quand il y a le truc des élections ils disent que si un jour c'est Duclos ou le parti communiste qui gagne, on va nous chasser. Sur le parti communiste, les immigrés ont les idées claires. La prise de conscience des ouvriers se forge. Ils comprennent bien que si tous les ouvriers ne luttent pas pour la victoire, ça ne veut rien dire de continuer de trimer pendant toute la vie et, à la fin, il y a la mort.J'ai reparlé avec mon père, surtout sur le Maroc. Je lui ai montré qu'il n'y avait même pas la liberté d'expression au Maroc, et que l'on ne peut pas attendre que la loi ou je ne sais quoi donne la parole ou la démocratie. «La seule chose, maintenant, c'est les armes.» Il paraissait plus ou moins d'accord, mais mon père respecte la religion. La question de la religion chez les travailleurs immigrés a perdu tout son sens. La religion, c'est devenu comme un
rite. La seule chose que pratiquent encore les immigrés c’est le carême et le Ramadan, mais la façon dont ils pratiquent – est totalement différente de ce que dit la religion. D'année en année ça change, les gens commencent à arranger à critiquer, à dire : « Ça sert à rien.” Non, la question de la religion ne pose pas de problèmes. Dans la religion musulmane, il y a d'ailleurs beaucoup de bonnes choses, sur la question de l'égalité des hommes. C'est clair pour tous
les émigrés, et surtout les Arabes, que la meilleure solution pour gagner c'est la violence, la lutte violente et les armes. C'est rare de trouver quelqu'un qui dira qu'il faut discuter. Si demain, par exemple, la révolution palestinienne avait besoin de volontaires, il y en a des millions qui voudraient partir. La question des armes pour les immigrés s'est vachement propagée. Les Français, eux ont tendance à régler les problèmes pacifiquement et c'est ça qu'il faut
combattre. Il faut une organisation maoïste de tous les travailleurs en France, avec une autonomie, de mouvement pour les travailleurs immigrés, enfin surtout pour les travailleurs arabes, je ne connais pas les problèmes pour les autres nationalités. On est entrain de constituer cette organisation au même titre qu'on est en train de constituer celle de tous les travailleurs. C'est dans le mouvement qu'on voit comment il faut faire et ce qu'on veut concrètement. J'ai
travaillé dans des usines de voitures et je sais ce que sentent tous les ouvriers : qu'ils sont pas en train de faire des voitures mais qu'ils sont entrain de faire n'importe quoi. L'important c'est que les gens comprennent ce qu'ils font pour le faire mieux. L'organisation de la lutte, c'est que les gens comprennent qu'ils doivent compter sur leurs propres forces pour changer ça. Un maoïste arabe, quand il lutte ici contre les patrons, contre la bourgeoisie, en même temps il lutte et il s'organise contre les réactionnaires des pays arabes. Pour arriver à la libération de la Palestine et des pays arabes il faut qu'il y ait un front de lutte pas seulement en Palestine. Il faut que les fronts soient
dans tous les pays contre les réactionnaires.Un militant maoïste arabe qui aura acquis ici une expérience de lutte fera l'effet d'une bombe atomique quand il retournera dans un pays arabe. Là-bas, il
y a les paysans et peu d'ouvriers et puis, il y a ceux qui gouvernent, c'est le féodalisme. On n'aura pas à régler les problèmes P.C.F., C.G.T., etc. ; ce sera beaucoup plus simple et plus rapide, mais il faut savoir qu'un militant maoïste, là-bas, ne pourra pas bouger. Il ira directement en taule. Tout de suite en débarquant, parce que les gouvernements ont déjà tous les renseignements sur lui. Il faudra avoir des méthodes de travail clandestines que nous, ici, on a
pas encore. J'ai lu l'autre jour le rapport du parti maoïste de l'Inde. C'est un truc analogue qu'il faut faire au Maroc. Pour un pays comme le Maroc, où la répression est à un haut niveau, il faudra physiquement éliminer les ennemis de classe. Dans le rapport indien c'est très clair.Pour la France, c'est pas ça. En septembre 70, il y a eu une levée, dans les cafés,dans tous les foyers, partout, des travailleurs arabes qui ont commencé à discuter, à bouger, à bouillonner. La répression féroce du peuple palestinien a fait que tous les travailleurs arabes se sont reconnus dans le peuple palestinien parce qu'il faut avoir ça en tête : même ici, les travailleurs arabes, ils appartiennent au peuple arabe. En septembre 70, on a compris qu'il
existe, ici, un peuple arabe, un peuple uni, que nous, ouvriers arabes, nous sommes l'avant-garde pour la lutte de libération du peuple arabe. C'est ce qui nous permet d'entrer dans la lutte ici en France parce que la question nationale et la question de la lutte de classes sont, pour nous, deux choses qui sont unies. Les comités Palestine naissent en septembre 70. Il y avait un certain nombre de militants maoïstes arabes qui, d'ailleurs, pour dire la vérité, se posaient des questions : « Qu'est-ce qu'on fait ici ?» Pour nous, faire la révolution en France c'était un problème. Le travailleur immigré, il pense
toujours qu'il va rentrer, qu'ici c'est pas la peine de lutter. S'ils ne
pensaient pas ça, tous les travailleurs arabes seraient déjà avec nous. C'est contre ça qu'on doit lutter. Maintenant, c'est clair, les Arabes comprennent, la solution est apportée par septembre 70.
Avant septembre 70, l'esprit c'était souvent : « Tu vas lutter ici mais qui est-ce qui va aller au pouvoir, c'est les Français. Alors pourquoi lutter ?» Avant septembre 70, c'était l'esprit national. Les Arabes disaient : «Les patrons, c'est tous des sionistes.” Quand on disait pas : «C'est tous des Juifs» Maintenant, le courant maoïste, l'esprit de la lutte de classes, est passé : les Arabes savent qu'ils ont le même ennemi que les français ça se voit à la Goutte d'Or quand les Arabes sont entrés chez la boulangère parce que c'est une raciste. Ils lui ont pas tout saccagé, ils ont tout vidé mais pas saccagé.
Pourquoi ? Parce qu'ils ont pensé : « Si on fout tout en l'air, après les
Français comprendront pas»Maintenant, il y a vraiment des ouvriers maoïstes arabes. C'est comme ça que l'autre semaine à Barbès pour Djellali1, les frères algériens sont descendus avec le drapeau algérien, pas celui de la Révolution bourgeoise de Boumediene, celui de la Révolution algérienne. Et aussi avec le drapeau rouge, de la
Révolution française. Chaque fois qu'on avance dans le sentiment qu'on est des Arabes, chaque fois qu'on avance dans la libération du peuple arabe, on avance aussi dans l'unité avec les Français, on avance dans la Révolution française. Tout est lié. Dans la lutte commune, le racisme, il tombe. Ça, on le voit déjà au moment des grèves. Les différences, c'est plus ce qui compte en premier.
1. Djellali Ben Ali, un jeune Algérien de seize ans, assassiné dans le quartier de la Goutte d'Or à Paris, en novembre 71, par un concierge Français.
Paria
Les masses font et peuvent tout !
Grand classique (ou très bavard)
Paria
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   Posté le 01-07-2006 à 19:58:27   Voir le profil de Paria (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Paria   

Je m'arrête donc ici, les postes qui suivent n'ayant pas vraiment d'interet pour le débat
sti
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   Posté le 01-07-2006 à 20:02:36   Voir le profil de sti (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à sti   

De qui la poule ou de l'oeuf ?

Je me souviens bien de ce débat

La vérité, c'est que cette recherche du prima de la théorie est essentiellement l'attribu argumentaire d'une parti de la petite bourgeoisie d'extréme gauche qui veut expliquer de facon "scientifique" son inexistence dans l'action.

Ces messieurs et dames sont des penseurs, ce qu'ils oublient (ou qu'ils affirment sans l'arpercevoir (1) ) c'est que toutes les "théories" qu'ils exposent sont des analyses de la "pratique" bien réelles, politiques, économiques et ... SOCIALE.

Cette sublimation de la "théorie", c'est à dire de la dialectique isolé des confrontations d'avec les pratiques sociales, porte un nom bien connu en philosophie, c'est de l'idéalisme.
La croyance dans la "théorie" ou dans l'analyse "pré-machéé" comme c'est le cas ici, est bien une constante de l'intellectualisme petit bourgeois.
Nous, ouvriers communiste, portons bien haut les pensées politiques de Marx, Engels, Lenine, Staline puis Mao ou Hoxha non par le fait de leur pouvoir "mystificateur" sur nos "pauvres esprits en attente de nourriture spirituelle" , mais bien parce que dans notre pratique sociale on constate tous les jours la justesse de leurs analyses, qui elles-mêmes ne sont pas le fruits de la pensée "pure" mais de l'observation des pratiques sociales et du rapport qu'elles fondent d'avec l'économie puis la politique.
C'est pour cela que pour nous, ni Staline ni Mao ni Hoxha ne seront jamais autres choses que des CAMARADES. Des camarades qui plus que d'autres auront su prendre les charges du dirigeant grâce à un potentiel d'analyse intellectuel du réel qui devait servir notre cause. C'est en definitive les communiste qui choisissent leurs dirigeants et pas l'inverse.
Cela nous reserve aussi le droit de pensée qu'à la lumiére de telle ou telle expérience POUR la classe ouvrière dans une époque et à un endroit donné, tel ou telle camarade dirigeante, dans le sens Ossipien , se sera peut être trompé dans son action ou ses analyses ( peut être ... cela restant à prouver et je suis pas encore candidat )

Cette article issu de la GP est soit plein de bon sens pour l'époque (ce qu'il me semble avec l'énorme facilité que donne X années d'écoulées depuis ) soit une vision claire du présent.
Cette question ne devrait même plus se poser. Lenine affirmait que le syndicalisme c'est le réformisme dans le mouvement ouvrier.
Notre tâche en entrant dans le syndicat n'est donc pas d'être le meilleur syndicaliste mais d'en montrer justement les limites aux camarades les plus honnêtes vis à vis de leur classe, d'enraciner l'idée, chez eux, que les véritables changements viendront de l'action politique.
Je crois que cela ne pouvait pas forcément se distiguer de cette façon il y a trente ans et moins peut être, surtout pour les camarades ouvriers pour qui la lutte syndicale restait synonyme d'amélioration des conditions de travail.
Maintenant, au regard de l'evolution du syndicalisme en france et de sa représentation dans la classe ouvrière, nous sommes en droit, surtout nous jeunes ouvriers, de poser cette question:
Le syndicat doit-il être encore l'endroit principale de notre action politique ?


(1) Dans le post de Koba ...
Le maoïsme est incapable de concevoir la théorie comme la généralisation scientifique de la multitude des faits économiques, sociaux, politiques, etc., que livre la vie dans tous les domaines, dont elle confirme ou infirme en retour les thèses et les conceptions, par son développement ultérieur et l'action qui peut être menée pour la transformer.

La "vie" ne livre rien, la lutte des classes est le moteur de l'histoire, c'est elle qui livre son lot de "faits" et ce n'est pas "la vie" qui confirme ou infirme quoi que ce soit, mais bien la pratique sociale.
Et à mon avis, ici git un lièvre, en ne nomant pas la lutte de classe dans son rôle de "laboratoire" de toute activité humaine, les "théoriciens" ne sont donc pas dans la position délicate (pour eux) d'exprimer de l'observation de quelles pratiques sociales on tire effectilement des enseignements (théories) sur lesquels on développe de la politique (pratique révolutionnaire en ce qui nous concerne, nous communistes) et dont on juge la véracité non dans l'esprit contemplateur mais dans le retour de la pratique.

Tout ça pour dire que comme toi finimore je préfère largement les expériences pratiques concrètes dans les luttes (et aussi dans les syndicats) . J'ai bien noté cette différenciation qui a son importance si je te lis bien.

Message édité le 01-07-2006 à 20:05:25 par sti
Xuan
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   Posté le 07-09-2006 à 23:11:19   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

sti a écrit :

Lénine affirmait que le syndicalisme c'est le réformisme dans le mouvement ouvrier.
Notre tâche en entrant dans le syndicat n'est donc pas d'être le meilleur syndicaliste mais d'en montrer justement les limites aux camarades les plus honnêtes vis à vis de leur classe, d'enraciner l'idée, chez eux, que les véritables changements viendront de l'action politique.
Je crois que cela ne pouvait pas forcément se distinguer de cette façon il y a trente ans et moins peut être, surtout pour les camarades ouvriers pour qui la lutte syndicale restait synonyme d'amélioration des conditions de travail.
Maintenant, au regard de l'évolution du syndicalisme en France et de sa représentation dans la classe ouvrière, nous sommes en droit, surtout nous jeunes ouvriers, de poser cette question:
Le syndicat doit-il être encore l'endroit principale de notre action politique ?


Sur le fond, l’avis de Lénine est juste, mais c’est un peu court pour épuiser le sujet.
J’ajouterai que la direction révisionniste ou réformiste des syndicats est largement responsable de leur désaffection, et qu’ils constituent un outil privilégié pour leurs campagnes électoralistes.
Mais il y a trente ans il en était déjà ainsi, et peut-être même davantage parce que le parti révisionniste n’avait pas encore subi les revers électoraux qu’il a connus et que son influence ne souffrait aucune contradiction.
Actuellement, le syndicat est encore la seule forme d’organisation permanente de la classe ouvrière, et un des rares endroits où sa conscience de classe peut s’exprimer.
C’est toujours le lieu privilégié de la lutte contre la bourgeoisie et le révisionnisme au sein de l’entreprise.


--------------------
contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
sti
Grand classique (ou très bavard)
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   Posté le 07-09-2006 à 23:50:05   Voir le profil de sti (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à sti   

Xuan a écrit :

Actuellement, le syndicat est encore la seule forme d’organisation permanente de la classe ouvrière


Ou ? Quand ? Comment ?
Tu te trompe de décennie camarade !



Xuan a écrit :

C’est toujours le lieu privilégié de la lutte contre la bourgeoisie


Une lutte sur quel plan ? Economique ?



Xuan a écrit :

et le révisionnisme au sein de l’entreprise.




Le révisionnisme dans l'action syndicale ? Tu donnes dans l'anarco-syndicalisme ?
30 années de pratique ML dans le syndicats ! Les lecons, on les tire quand ? Quand nous jeune ouvriers on nous auras épuisé dans des luttes économiques sans lendemains politiques ?
Je n'ai pas voulu clore le débat sur cette question mais le prolonger de cette facon ...


Camarade, donne le sens profond de cette intervention qui prend appui sur mes paroles.

Message édité le 07-09-2006 à 23:52:55 par sti
gorki
Les ouvriers n'ont pas de patrie
Grand classique (ou très bavard)
gorki
835 messages postés
   Posté le 08-09-2006 à 10:36:52   Voir le profil de gorki (Offline)   Répondre à ce message   http://ouvrier.communiste.free.fr/   Envoyer un message privé à gorki   

Paria a écrit :

Je m'arrête donc ici, les postes qui suivent n'ayant pas vraiment d'interet pour le débat



ha bon!
Jameul
pas de justice pas de paix
Grand classique (ou très bavard)
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   Posté le 08-09-2006 à 11:43:23   Voir le profil de Jameul (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Jameul   

je suis assez d'accord avec le point de vue de sti pour une fois. Le syndicalisme n'est plus (l'a-til été??) un outil amenant des progrès tangible. Je pense que la participation aux syndicats ne devraient se faire que sur la même base que d'éventuelles participations à des élections : dans un but de visibilité d'agitation et de propagande.
sti
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   Posté le 08-09-2006 à 12:09:53   Voir le profil de sti (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à sti   

Jameul a écrit :

je suis assez d'accord avec le point de vue de sti pour une fois


J'vois pas en quoi ca apporte quoi que soit que tu sois d'accord ou pas pour une fois !!!

Ceci dit mon propos est de dire qu'aujourd'hui sur des millions d'ouvriers en france, le taux de syndicalisation c'est "peanuts".
De la je dit pas qu'il faille pas se syndiquer, nous ouvriers communiste. Je pose la question suivante: 30 ans de participation au syndicalisme "tout azimut" avec à l'arrivé aucun parti ouvrier.
Pourtant c'est bien sur ce théme que les Marxistes Léninistes ont voulu rompre avec le révisionnisme et de fait se placer en champion de lutte de classe économique.

Bilan ???

Le camarade Armenak a initié ce débat à partir de sa propre pratique. Le topic a fini par être fuit.

Jameul, la question je ne te la pose pas (en ne réfutant pas ton droit à la participation) ton expérience de la stratégie des communistes dans le syndicat est livresque, étudiant, aujourd'hui tu n'en est pas responsable, mais seul les camarades qui ont pratiqué cette stratégie sont en mesure d'en tirer des enseignements pratique pour l'avenir.

Nous sommes quelques jeunes ouvriers à nous poser cette question et pour ma part je ne plongerais pas dans une stratégie militante sans que des bilans complets aient été tiré, en négatif comme en positif, même si la déconfiture de l'action de ML ces trentes derniéres années nous améne à plus de négatif que de positif.

Pour terminer, afin que mon propos soit bien compris. Je ne me pose pas en juge de l'action de nos ainés. La tactique, la stratégie était telle qu'elle était, sans la pratiquer, les communistes ne pouvait juger de ses qualitées et de ses défaults. Simplement, aujourd'hui devant la nécessité de repenser notre action, je pense qu'on ne peut pas contourner ce débat et que des camarades comme xuan sont les mieux placé pour nous instruire des expériences en question.
Jameul
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   Posté le 08-09-2006 à 12:38:51   Voir le profil de Jameul (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Jameul   

je m'y intéresse j'ai lu plusieurs ouvrages sur la question du syndicalisme (je me sentais proche des anarchos-syndicalsites à l'époque) mais j'ai surtout participé à plusieurs campagnes par rapport à des négociations ou votations (en suisse on a le droit d'initiative et le référendum facultatif ou obligatoire pour certaines votations)


bien sûr je n'ai pas l'expérience de Gorki mais je ne vois pas pourquoi (et de nouveau en te lisant tu donnes l'impression de donner dans l'ouvriérisme mais bon je ne vais pas passer ma vie à vous rappler que le prolétariat n'est pas composé que des ouvriers) je n'aurais pas le droit de m'y intéresser en tant que étuidant ou n'importe quel autre "citoyen".

Si je venais cracher des absurdités que j'aurais resorti de mon imagination ta remarque aurait été pertinente mais même si j'ai certainement pas défilé aussi souvent que toi au 1er mai ou distribuer autant de tracts j'ai alimenté ma réflexion depuis longtemps déjà (aussi sur le syndicalisme au sens large, réformiste) ...

aussi les mots que j'écrits sont écrits par ma main mais sont le fruits de discussion de rencontre de débats qui souvent ont eu lieu avec des personnes bien plus âgés que moi et ayant accumulé une grande expérience.

Sinon je suis tout à fait d'accord avec toi et si un parti communiste doit être fondé il ne saurait l'être sans avoir étudié la question. On ne peut pas se passer de ce débat même si il risque (enfin de ce que j'ai pu emmagasiné comme témoignage et expérience) de nous refroidir et nous rendre compte de l'immensité de la tâche qui reste à faire.


PS: tu n'étais pas obligé de relever le "pour une fois" (qui reste globalment vrai) et surtout le fait que tu le relèves est en complète contradiction avec le fait que ça ne soit pas intéressant et que ça n'amène rien au débat. La prochaine fois que je te parlerai j'enlèverai tous les compléments de phrases.
sti
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   Posté le 08-09-2006 à 13:36:35   Voir le profil de sti (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à sti   

Sur la forme:
Je reléve tout ce qui me semble être de la démégogie, ton "pour une fois" n'apportait rien, ci ce n'est que de te mettre en évidence d'abord en contradictiction un autre participant.

Lit la phrase ci-dessous et dit moi si elle est infamente à ton encontre:

je suis assez d'accord avec le point de vue de sti
Cela m'aurais moins "choqué"

Sur le fond:

Sur la question du prolétariat, tu peux si tu veux ou pas, répéter que le prolétariat c'est pas que la classe ouvrière, ça changera rien au fait que 1) c'est faux. Cela sera l'objet de dévelloppement ultérieur car je conséde que la question est compliqué et que 2) c'est l'argument de la petite bourgeoisie qui pense entrer à bon compte dans l'avant garde du prolétariat. La grande majorité des ouvriers non embourgeoisé (aristocratie) disent le prolétaire c'est l'ouvrier.
Aujourd'hui la majorité de la petite bourgeoisie "revolutionnaire" dit "nous sommes aussi prolétaire".
Alors ? Interprétation différente du marxisme ou compartiment de la lutte de classe ?

Je ne t'ai pas enlevé le droit au débat (c'est le droit de chacun quelle que soit son appartenance de classe). Je dit, moi, jeune ouvrier communiste, j'ai besoin d'entendre les avis des militants ML expérimenté s(pas tous ouvrier d'ailleur) sur cette question, car eux seul ont cette pratique.
Gorki a eu cette pratique il propose aussi le débat sur cette question car la pratique d'un seul n'est pas la pratique de tous ...
Jameul
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   Posté le 08-09-2006 à 14:04:13   Voir le profil de Jameul (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Jameul   

bon... sur la forme je ne suis pas d'accord avec toi j'avais pas voulu mettre en avant une différence qui me semblait évidente pour tous... je les singalé et comme je l'ai déjà dit avant tout comme complément de phrase.


sur le fond :

1) tu ne me connais pas. Ca veut dire que tu ne sais absolument pas à quelle classe j'appartiens ni mon parcours. (je te fais remarqué que c'est réciproque... sauf que je te crois quand tu dis être ouvrier et si je me rappel bien tu as connu également le chomage et des emplois précaires tout comme la pluspart de mes amis)

2) sur l'argument prolétaire=ouvrier je crois que tu te moques de moi ! ( et de tous en même temps) on a déjà eu le débat dans la partie enquête et analyse : prolétariat = masse des personnes devant vendre leur force de travail pour subsister (grosso modo). Donc ça inclut les ouvriers mais pas seulement ... à chaque fois que tu parles des ouvriers tu oublies tout les métiers qui représentent une plus en plus grande part de la production nationale comme les (pour reprendre un exemple connu) les caissières de grandes surfaces.

3) ta définition de la petite bourgeoisie (d'après ce que tu dis plus haut) ne se base absolument pas sur les rapports de production... pour savoir qui est bourgeois ou qui est prolétaire il faut savoir de quel côté du processus de fabrication on est . Ou bien du côté des producteurs ou bien du côté des capitalistes (et bien souvent et de plus en plus les producteurs sont également sournoisement introduits dans le côté capitaliste par l'actionnariat et diffèrentes méthodes visant peut être à leur enlever leur identité de classe.... mais c'est un autre sujet)


maitnenant je ne désire pas polémiquer avec toi plus longtemps sur un sujet qui nous intéresse tous les deux et qui demande bcp de réflexion... je t'ai lu avec intention (dans ce sujet et dans les autes auxquels tu as participé) et même si je ne suis pas souvent d'accord avec toi je respecte ton avis et je te crois sincère.... mais je suis désolé je me devais quand même de réagir sur ce qui me semble être un gros défaut chez certains ML.


pour finir je te colle deux définitions de "prolétaire" je les ai pris de wikipédia et de increvablesanarchistes.org (après avoir tapper "définition du prolétariat" c'est ce que google me resortait).

wikipédia : "Le critère de définition du prolétariat est qu'il est la classe sociale ne disposant pas des moyens matériels de production détenus par le Capital et se voit donc dans l'obligation de vendre sa force de travail à la classe antagoniste pour survivre. Ainsi le prolétariat regroupe l'ensemble des personnes dans cette situation, autrement dit les salariés et les chômeurs (qui sont des salariés sans emploi)"


increvablesanarchistes : "PROLÉTARIAT
Ensemble de ceux qui n'ont, pour faire vivre les leurs et eux-mêmes, que leur force de travail. Le prolétaire jouit de la liberté civique, mais n'a que le travail comme unique moyen de subsistance."


donc tu vois bien que les ouvriers seuls ne sont pas le prolétariat...


il faut soir revoir ta définition de prolétariat soit nous explicité ce que tu entends par classe ouvrière.
sti
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   Posté le 08-09-2006 à 17:04:13   Voir le profil de sti (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à sti   

Personne est obligé de croire personne. Tu as raison.
Il y a encore deux mois de ça j'étais chomeur SANS QUALIFICATION !
Aujourd'hui être chomeur ça peut vouloir dire et n'importe quoi !
Tu as des milliers cadres au chomage !
Depuis l'âge d'être "productif", je n'ai jamais été en position d'être plus qu'un "sous-prolétaire", catégorie laborieuse s'il en est !!!

Fils d'ouvrier, d'ouvriére eux-même fils et fille d'ouvriers, ouvrière ...
C'est pas un pédigré mais individu sans diplome et sans qualification professionnelle tu vois maintenant qu'aujourd'hui ouvrier menuisier, c'est un jackpot social pour moi, le mieu auque je peux prétendre aujourd'hui.

Ce que je sais de toi par contre, c'est que, socialement, tu n'est pas ouvrier et pas même prolétaire dans ta conception "wikipédieste" du terme. Politiquement tu ne te veux pas communiste, tu es en recherche. Tes conditions de vie d'étudiant te laisse certainement le temps de trouver une idéologie qui traduisent véritablement tes intérêts politiques en temp qu'individu dans la classe.

Moi, ce "temps" est inutile. Le Marxisme Leninisme EST la pensée qui représente le mieu mes intérêts politiques en tant qu'individu dans la classe. Sous-prolétaire ou ouvrier. Pour l'ouvrier et le sous-prolétaire (qui plus que les autres souffre du capitalisme dans sa vie de tout les jours), point de salut sans socialisme.

Comme on est loin du topic de départ, xuan peut certainement mettre toute cette discussion ailleur ?

sur l'argument prolétaire=ouvrier je crois que tu te moques de moi ! ( et de tous en même temps)

Tu es le porte parole de ce forum toi ? Le topic en question n'a jamais que conforter chacun dans ses positions. Cite moi un seul passage ou un participant ai formulé sa reconnaissance pour l'aspect instructif du topic ? Le sujet reste plein de contradiction et tu es plutôt gonflé de prétendre en proposer une synthése (au nom de tous, cf au-dessus) grâce à l'arme intellectuelle ultime, la bible du savoir marxiste, le DICTIONNAIRE UNIVERSEL, j'ai nomé .............

wikipédia

Une chose est sûr cependant, si tu me permet de redescendre de sommet de la politique, moi lundi je retourne à l'atelier et toi probablement dans un amphi ...
Finimore
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   Posté le 08-09-2006 à 17:49:09   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Bien que ce topic soit principalement consacré aux maos, la GP etc... et qu'il aborde nécessairement des points qui lui sont liés (l'idéologie, la pratique...) le sujet du syndicalisme me semble nécessité un débat approfondi ( et je ne pense pas que ce débat est été abandonné...).
Je comptais faire une petite réponse tant à Sti qu'a Jameul dans la journée, mais des imprévus et je n'ai pas pu m'y plonger sérieusement, mais peut-être que demain, je pourrai m'y mettre.


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Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO)
Jameul
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   Posté le 08-09-2006 à 20:01:15   Voir le profil de Jameul (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Jameul   

il y a au moins quelques points où tu as tort sti

quand tu dis "Ce que je sais de toi par contre, c'est que, socialement, tu n'est pas ouvrier et pas même prolétaire dans ta conception "wikipédieste" du terme"----->>> comme bcp d'étuidants je travail à côté de mes études et bien sûr je ne possède pas les moyens de production

"Politiquement tu ne te veux pas communiste, tu es en recherche." ----->>>>FAUX... tu confonds peut-être marxisme et communisme... je répète encore une fois que je ne prétend pas utilisé exclusivement le matérialisme dialectique ce qui ne signfie pas que je ne l'utilise jamais.




et je ne prétend pas être un représentant du dogme marxiste mais sur ce coup je trouve que tu y vas fort dans la mauvaise foi... alors certes wikipédia n'est pa une encyclopédie marxiste mais même dans une encyclopédie marxiste tu trouveras cette défintion du prolétariat et tu sais pourquoi ?? parce que c'est la défition de marx.... c'est pas plus compliqué que ca....


sinon je vais te parlé d'une misère autrement plus grave que la tienne : tu te décris comme chomeur sans qualification, moi jai bcp de mes amis qui n'ont pas le droit à la rente chomage car ils n'ont jamais travaillé et donc jamais cotisé

ces memes amis contrairement à toi se trouve dans une autre misère... la misère intellectuelle. Tu as une conscience politique eux non... Tu as certainment lu bcp de livres eux aucun. Tu pourras peut etre te re-qualifié ou faire une formation complémentaire eux non.

alors c'est meme pas une atelier de menuisier à quoi ils aspirent mais simplement un job encore plus précaire au Macdonald parce que c'est le seul endroit (ou presque) où on acceptera de les embaucher malgrès leur nom et leur couleur. Ils ont passés 20 ans savent à peine lire et écrire, vivent à la charge de leur parent, n'ont pas de perspective d'amélioration même à court terme et leur principal employeur s'appelle cannabis.

voilà ça c'est la réalité des "jeunes" avec qui j'ai grandi depuis l'âge de 4 ans. C'est pas la mienne (j'ai eu la chance d'avoir une mère qui a réussi à échapper à sa condition de fille de prolétaire) mais croire que je ne la connais pas où qu'elle me conditionne pas ne permanence serait une erreur. Tu ne me connais qu'à travers ce forum alors c'est normal qu l'image que tu te fais de moi soit biaisé mais je te serai gré ne plus supposé ou sous-entendre que je ne connais pas la misère de ceux que je qualifierai de lumpen-prolétariat (car aucune conscience de classe et c'est bel et bien une armée de bras en réserve)


autant cette appartée entre moi et sti que le début sur le syndicalisme devrait été déplacé (je laisse le soin aux modérateurs) et je reste curieux de ta définition du prolétariat et de la classe ouvrière car je n'en sais toujours pas plus.
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