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 La guerre du lait est déclarée

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Xuan
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   Posté le 11-09-2009 à 00:35:58   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Déjà déclenchée en Allemagne en mai 2008 par le syndicat allemand BDM, membre de l’EMB (European Milk Board), la grève du lait est déclarée cette fois en Europe.

L’EMB regroupe plus de 100.000 producteurs de quatorze pays européens.
Ce mouvement est relayé en France par l'OPL (Organisation des producteurs de lait), branche laitière de la Coordination rurale, et l'Apli (Association des producteurs de lait indépendants) , née fin 2008 dans l'Aveyron, qui se dit apolitique et asyndicale,.
La Coordination rurale se veut également indépendante de toute organisation économique et politique, et défenseur de tous les agriculteurs.
Sa ligne corporatiste et poujadiste trouve ses origines dans les Comités de défense paysanne dits aussi « chemises vertes », fondés en 1934 par Henry Dorgères. Le mouvement de Dorgères participa activement au "Front Paysan" d'Edmond Jacquet et Jacques Le Roy Ladurie. Ses organisations de base se trouvèrent à l’origine de la Corporation paysanne de Vichy dont il obtint le grade de général. Il fut décoré de la francisque par le maréchal Pétain.
Cette organisation est souvent taxée d’ultralibérale voire d’extrême droite.
Depuis des mois, l'Apli multiplie les réunions dans la France entière pour mobiliser ses troupes. En Bretagne, ces rencontres ont attiré des centaines d'éleveurs, syndiqués ou non.

Selon l’OPL, la contractualisation entre les producteurs et les laiteries va aboutir à la fixation des prix du lait par les grands groupes agroalimentaires. «On va aboutir à des monopoles dans les laiteries» . Résultat : «des groupes comme Danone et Lactalis vont faire la pluie et le beau temps» , estime son dirigeant Nicolas Coudray.
Les producteurs veulent le retour à un prix du lait rémunérateur : 400euros minimum les 1.000 litres, contre 280 euros actuellement.
Ils réclament aussi le maintien des quotas laitiers, ou du moins des outils pour réguler la production en fonction de la demande.


La Confédération paysanne ne donne pas de consignes mais dit partager les mêmes réflexions que les grévistes.
Elle avait d’ailleurs soutenu la grève du syndicat BDM en 2008.
Aujourd’hui, elle se bat avant tout pour l’éviction de Mariann Fischer Boel de la commission agricole du parlement européen, qu’elle a exhortée de « prendre des mesures immédiates pour baisser les volumes, de changer pour une politique de maîtrise publique des volumes de lait produits, pour que les quotas soient améliorés, que les stocks soient régulés. »
Sa dernière « action sur le terrain » le 2 septembre a été une réception chez Bruno Le Maire. Mais elle a mené récemment des actions contre Lactalis ainsi que contre la coopérative SODIAAL : séquestration, détournement de camions.


Enfin la FNSEA et sa branche laitière la FNPL s’opposent farouchement à la grève et préconisent la défense de la production française, du producteur au distributeur : création d’un logo "Eleveurs laitiers de France" pour inciter le consommateur à acheter du lait produit, collecté et transformé en France.
C’est une défense ouverte du protectionnisme, au profit des plus gros producteurs de lait, des industries laitières et de la grande distribution.
«La grève du lait, c'est une formidable machine à monter les gens les uns contre les autres» déclare Henri Brichart, président de la Fédération Nationale des Producteurs de Lait.
En effet, on se souvient des manifestations de producteurs laitiers contre les industriels.
Notamment contre Lactalis, qui possède une situation de quasi monopole en Europe.

La société Orlait, principale société de commercialisation du lait en France, est la première à rejoindre l'opération de la FNPL.
Roger Beguinot, PDG d'Orlait, veut créer "une marque militante qui va s'appeler j'aime le lait d'ici " (accompagnée d’une campagne de publicité de 10 millions d'euros), et "favoriser une démarche d'achat responsable pour la consommation d'un lait plus citoyen" .

L'inquiétude des distributeurs de lait vient en fait de la concurrence allemande, 15 % inférieure sur les laits premiers prix. Cette catégorie représente plus d'un milliard de litres, soit près du tiers de la consommation de lait en France. Cette concurrence sert de prétexte pour écraser les producteurs de lait.



Pour rappel :
Les 7 principaux groupes de l’industrie du lait réalisent 75 % des volumes fromagers français :
LACTALIS n° 1 européen du lait et n° 2 mondial du lait derrière Nestlé, et n° 2 mondial du fromage ( Président, Bridel, Lanquetot, Lepetit, Société, Salakis, Galbani, Rondelé).
DANONE n° 4 mondial du lait, 4ème groupe alimentaire mondial et n° 1 mondial en produits laitiers frais (Gervais, Gervillage, Gervita, Jockey, Taillefine)
BONGRAIN n°11 mondial du lait et n°1 mondial en spécialités fromagères ( Caprice des dieux, St Albray, Vieux Pané, Fol Epi, Bresse Bleu, St Agur, Brebiou, Chavroux, Tartare, St Moret.)
ENTREMONT ALLIANCE n° 1 mondial de l’Emmental (Entremont, Meule d’Or, Rippoz) et n°1 mondial en lactosérum déminéralisé.
FROMAGERIES BEL n° 2 mondial en fromages fondus (La Vache Qui Rit, Apéricube,Kiri, Samos, Leerdammer, Babybel, Sylphide, Boursin)
MAITRES LAITIERS DU COTENTIN (Montebourg)
GROUPE ERMITAGE (Ermitage, Rémy Rudler, Le Montagnon)

Environ 300 fromageries de taille inférieure produisent le reste de la production industrielle : Fromageries Occitanes-3A (Cantorel, Capitoul), Eurial-Poitouraine, (Soignon, Couturier, Bionat, Bio d’Armor)GLAC Surgères (Bougon, Saint Loup, Mottin Charentais), ainsi que Triballat Rians, Triballat Noyal, , Guilloteau, Coopérative d’Isigny-Sainte Mère, des entreprises privées et coopératives plus petites, et 220 fruitières de l’Est Central.

L’évolution du secteur consacre la domination du groupe Lactalis.
En 2006, ce groupe a repris la Laiterie Celia (marque Chaussée aux Moines) et diverses petites fromageries.
Il a depuis 40 ans racheté la quasi-totalité des « camembéristes » normands (hors Réaux, Gillot, Isigny et Graindorge), et détient Société des Caves (n°1 du Roquefort), Philipona (Comté), Pochat ( Reblochon), etc...

Parmi les coopératives une société domine le marché :
SODIAAL, n° 2 des produits laitiers frais avec Yoplait grâce à ses franchises dans 50 pays.
Son directeur est également président de la Fédération Nationale des Coopératives Laitières.

Lactalis, Bongrain, Sodiaal, Bel, Danone, Entremont Alliance représentent plus de 60% des facturations laitières françaises et plus de 50 % de la collecte française.

Ces sociétés pratiquent activement le lobbying de l'industrie du lait à Bruxelles, notamment à travers des organismes et des sociétés comme : le CIDIL (Centre interprofessionnel de documentation et d'information laitières) ou Tetra Pak.

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   Posté le 12-09-2009 à 22:25:57   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La fin de l'ancien système de fixation des prix a précipité le conflit.


Auparavant les entreprises de l'industrie laitière suivaient la "recommandation" trimestrielle de l'interprofession laitière sur l'évolution des prix.
Mais depuis juillet 2008, la DGCCRF a prié l'interprofession de ne plus donner de recommandation.
Résultat : Entremont a décidé unilatéralement de diminuer ses tarifs de 33 à 28,5 centimes le litre. Ce qui a notamment déclenché la colère des producteurs bretons.

La concentration se poursuit

Albert Frère, actionnaire de contrôle du fabricant d'emmental, Entremont Alliance, devrait céder sa participation au groupe coopératif français Sodiaal en vue de la création de l'un des cinq ou six plus grands acteurs de l'industrie du lait en Europe , selon Les Echos.

"Le nouvel ensemble, qui devrait également travailler avec le fromager Bongrain, se hissera parmi les cinq ou six premiers acteurs de cette industrie sur le Vieux Continent, avec une collecte de lait avoisinant les 5 milliards de litres et un chiffre d'affaires de 4,3 milliards d'euros."

Objectif : rivaliser avec les groupes européens comme le néerlandais Friesland Campina, le danois Arla Foods ou l'allemand Nordmilch.


Edité le 12-09-2009 à 22:32:44 par Xuan




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   Posté le 16-09-2009 à 20:36:43   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La FNSEA cherche à minimiser la grève du lait mais une partie de ses propres adhérents y participent

article paru dans La Voix du Nord :

Des agriculteurs du Pas-de-Calais ont déversé mercredi quelque 200 000 litres de lait dans un champ à proximité de Saint-Omer, affirmant leur «détermination» à faire la grève du lait, à l'appel de l'Apli (Association des producteurs de lait indépendants).

Une cinquantaine de producteurs, équipés d'une vingtaine de tracteurs, ont participé à l'opération qui a duré près d'une heure et demie.

Une distribution gratuite de lait a également été organisée sur la route bordant le champ.

« On veut prouver à nouveau notre détermination. On veut également prouver à tous nos collègues qui ne sont pas encore grévistes qu'on fait bien la grève », a déclaré Isabelle Dubois, porte-parole de l'Apli du Pas-de-Calais.

D'autres opérations de ce type sont programmées jeudi et dimanche dans la région Nord - Pas-de-Calais, a indiqué Isabelle Dubois, qui évalue à environ 30% la proportion de producteurs grévistes dans le Pas-de-Calais.

Dans le Nord, des agriculteurs affiliés à la FDSEA, syndicat hostile à la grève du lait, doivent participer à ces opérations d'épandage, affirme Christophe Fourdinier, de l'Apli du Nord.

La base entre en « dissidence par rapport aux dirigeants » de la FDSEA, affirme M. Fourdinier.


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   Posté le 27-10-2009 à 22:44:32   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La réponse de la FNSEA et de la bourgeoisie aux paysans pauvres : on achève bien les chevaux !


Après la manifestation du 16 octobre, organisée par la FNSEA pour stopper l’hémorragie de ses troupes, Lemétayer attendait un "ballon d'oxygène en matière de trésorerie dans les exploitations". "J'ai demandé à ce que les banques puissent mettre 1 milliard d'euros sur la table avec des frais financiers pris en charge par l'Etat" , a-t-il rappelé. "Je ne suis pas sûr que l'effort (de l'Etat) soit à la hauteur de ce que nous demandons" sur ce point, à savoir "la prise en charge de la totalité des frais financiers" , ajoutait-il le 26 octobre.
Lemétayer avait rassuré Sarkozy en lui promettant des agriculteurs doux comme des agneaux : "les paysans sauront respecter le chef de l'Etat" , la situation étant "suffisamment grave" .
La situation était surtout gravissime pour le syndicat des paysans riches, de plus en plus désavoué par les petits producteurs menés à la ruine, et surtout intéressé à accélérer la concentration agricole.

Aussitôt dit aussitôt fait et son ami Sarkozy, qui n’a décidément rien à refuser à un collaborateur aussi précieux, déclare solennellement un prêt bonifié d’un milliard, afin de venir en aide aux producteurs …endettés jusqu’au cou. Et une aide de 650 millions de soutiens exceptionnels de l'État
Mais sur la cause fondamentale de l’appauvrissement des producteurs – l’exploitation éhontée pratiquée par l’industrie agroalimentaire et la grande distribution – la montagne a accouché d’une souris à savoir : un "futur observatoire des prix instauré dans le cadre de la loi de modernisation de l'agriculture" .
Même les larbins du Figaro avouent qu’à cet instant Sarkozy « n'a récolté que de maigres applaudissements » .
En effet Sarkozy a déclaré qu’il voulait «une transparence totale des marges.» , pas leur diminution.
La domination sans partage des monopoles industriels comme Lactalis n’étant pas remise en cause, la « contractualisation » donnée en charge à Bruno Lemaire n’aura pour objectif que de graver dans le marbre les rapports d’exploitation léonins au détriment des petits producteurs tout particulièrement.

Les organisations syndicales engagées dans la grève du lait et qui savent d’avance les réactions de la base se sont montrées sceptiques après les annonces « extraordinaires » du plan « massif» de Sarkozy.
Ne voulant pas être en reste la FNSEA fait à présent la fine bouche, comme si elle n’avait pas obtenu exactement ce qu’elle réclamait !



Tout ceci démontre que les propos démagogiques de Sarkozy sur l’agriculteur « entrepreneur responsable » et « chef d’entreprise » n’abusent plus les éleveurs intégrés, devenus quasiment esclaves salariés des coopératives, pour lesquelles ils ne sont plus qu’un rouage grevé de dettes de la chaîne de production, dépendant de l’état sanitaire de la bande d’animaux à nourrir, avec les aliment fournis par la coop et au prix fixé par elle.
Pour eux seule la « pluri-activité » - quand elle est possible - permet tout juste de tenir la tête hors de l’eau en allant se salarier hors de leur exploitation.
[cf : le développement du salariat dans la paysannerie (post du 30/07/06)]

Les paysans pauvres savent aussi à quoi s’en tenir sur les centaines de millions agités par Sarkozy :
l’argent des contribuables ira essentiellement dans les poches des plus gros propriétaires, qui bénéficieront notamment d’une exonération des charges sociales pour les saisonniers (soit le vol de 170 millions d’euros de salaires différés), voire directement dans d’autres branches de la « filière », comme...l’industrie de la collecte et de la transformation.



"Insuffisant", "fausses mesures" crient les socialos, "Un plan insuffisant et aucune vision solide d'avenir" titre l'Humanité.
Contrairement à ce que prétend l’opposition réformiste et révisionniste, le plan agricole de la bourgeoisie n'a rien de fortuit et il a bien des conséquences structurelles et une solide vision d'avenir du point de vue des capitalistes :

C'est la paupérisation des salariés agricoles, l’accaparement de la propriété agricole, la prolétarisation de la paysannerie au profit des paysans riches et pour finir, la "contractualisation" de l'état de fait de la domination du capital industriel, commercial et financier sur l'activité agricole et la normalisation de l'asservissement des paysans pauvres au Capital.

Le tout ficelé au nom de l’unité nationale, c’est-à-dire de la grande corporation paysanne et de son identité terrienne au-dessus des classes, de l'ouvrier agricole au propriétaire latifundiaire et de l'intérimaire de SODIAAL à l'actionnaire de Lactalis !

Tel est le contenu de la « refondation de la politique agricole » .
On achève bien les chevaux, pourquoi le capital monopoliste prendrait-il des gants avec la petite propriété agricole et les paysans pauvres qui ne sont plus solvables en tant qu' entrepreneurs pour les banquiers ?

La seule issue pour les paysans pauvres n’est autre que l’alliance avec la classe ouvrière et la lutte classe contre classe face aux banques et aux monopoles de l’agroalimentaire.


Edité le 27-10-2009 à 23:11:24 par Xuan




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Xuan
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   Posté le 15-09-2010 à 00:37:00   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

la FNSEA et le ministre dans le même sac :

Tandis que la Confédération Paysanne occupait la maison du lait à Paris pour obtenir la fin de la représentation exclusive de la FNSEA, Bruno Lemaire et Jean-Michel Le Métayer ont étés conspués par 300 agriculteurs excédés au salon de l’élevage à Rennes. Les stands du ministère de l'Agriculture, de la Fnsea, des Jeunes Agriculteurs (JA) et du CNIEL (interprofession laitière) ont été dévastés.



Après avoir tenu une réunion en catimini avec la FNSEA pour lui confirmer l’élimination des petits producteurs contre 300 millions d’euros sur trois ans , Le Maire a dû sortir par une porte dérobée pour éviter les sacs à merde, tandis que son acolyte récoltait la monnaie de sa pièce.

Le ministre de l’Agriculture et la FNSEA, représentants les gros paysans, les trusts de l’agroalimentaire et de la grande distribution se retrouvent donc au coude à coude face aux agriculteurs acculés à la ruine.
La FNSEA et les JA (Jeunes agriculteurs) ont critiqué à cette occasion "une telle violence qui crée un climat de haine et de rejet" .
Comme on les comprends.

De son côté l’éditorialiste de l’Huma Matthieu Alexandre titrait « des éleveurs désemparés » .
On sait que les ouvriers licenciés sont désespérés et que les paysans ruinés sont désemparés, mais qu’ils ne sont jamais en colère.
La colère est mauvaise conseillère et elle est punie par les tribunaux bourgeois, tandis que l’action désespérée autorise la clémence des juges.
On aura bien compris tout le désarroi du camarade Matthieu Alexandre .

A cette occasion, je cite Staline sur le question paysanne :
« On ne peut certes pas qualifier de réponse l'opinion de certains pseudo-marxistes qui considèrent que, dans ces conditions, [lorsqu’il reste des petits et moyens producteurs] il conviendrait de renoncer à la prise du pouvoir et d'attendre que le capitalisme ait pris le temps de ruiner les millions de petits et moyens producteurs, de les transformer en salariés agricoles et de concentrer les moyens de production dans l'agriculture; qu'après cela seulement on pourrait poser la question de la prise du pouvoir par le prolétariat et de la socialisation de tous les moyens de production. On comprend que les marxistes ne peuvent accepter pareille « solution » sans risquer de se déshonorer à fond.
On ne peut pas non plus considérer comme une réponse l'opinion d'autres pseudo-marxistes qui pensent qu'il conviendrait peut-être de prendre le pouvoir, de procéder à l'expropriation des petits et moyens producteurs à la campagne et de socialiser leurs moyens de production. Les marxistes ne peuvent pas non plus s'engager dans cette voie insensée et criminelle qui enlèverait à la révolution prolétarienne toute possibilité de victoire et rejetterait pour longtemps la paysannerie dans le camp des ennemis du prolétariat. »

[Staline : Les problèmes économiques du socialisme en URSS]

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Membre désinscrit
   Posté le 15-09-2010 à 03:49:49   

Xuan a écrit :


Le ministre de l’Agriculture et la FNSEA, représentants les gros paysans, les trusts de l’agroalimentaire et de la grande distribution se retrouvent donc au coude à coude face aux agriculteurs acculés à la ruine.
La FNSEA et les JA (Jeunes agriculteurs) ont critiqué à cette occasion "une telle violence qui crée un climat de haine et de rejet" .

Notons par ailleurs que les revendications de ces JA ont été largement reprises par le NPA dans de nombreux départements l'année dernière quand le NPA se la jouait LKP du pauvre
En ce qui concerne le Vaucluse, voici les revendications de l'AG "interpro"/début mars (cad profs, étudiants... et jeunes agriculteurs ):
Nous exigeons :
- L'augmentation de tous les bas salaires
- la diminution des marges de la grande distribution pour une rétribution juste des producteurs
- Baisse des prix de tous les produits de 1ère nécessité
- le soutien à une consommation locale et solidaire
- une répartition équitable des richesses
- la transparence totale du système bancaire mondial
- Abrogation des traités économiques Européens
- la reconnaissance de la légitimité des militants et de leurs revendications

Véridique, j'ai rien enlevé, et rien rajouté...!
Faut dire aussi que les JA ont un peu les mêmes pratiques que le NPA 84 tendance islamiste (les camarades de blaki) qui constitue le gros des forces de la milice BDS pro-Hamas locale, à savoir venir faire les guignols dans les supermarchés...
Xuan
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   Posté le 21-02-2013 à 17:48:02   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   



Manifestation de la Confédération Paysanne lors de l'élection du Président de la Chambre d'Agriculture de l'Ardèche.
Sur les pancartes on lit :

Elections 2013 CA
mode de scrutin injuste
représentativité bafouée


mode de scrutin actuel
Conf Pays 37,2 % - 4 élus
FDSEA Ja 47,7 % - 16 élus
C. R. 15,1 % - 1 élu


En ce moment, les nouveaux élus de la chambre d’agriculture de l’Ardèche votent, à bulletin secret, pour élire le nouveau président de la chambre consulaire. Deux candidats sont en lice : Jean-Luc Flaugère (FDSEA-JA, président sortant) et David Loupiac (Confédération paysanne). Avant de se déclarer candidat, ce dernier a expliqué pourquoi, dans le fond de la salle, quatre paysans étaient bâillonnés. Sur une pancarte relative à l’élection du conseil d’administration 2013, on pouvait lire : « Mode de scrutin = injuste ; Représentativité bafouée ». Ils ont ainsi protesté contre le mode de scrutin actuel des élections professionnelles. Immédiatement, ils ont reçu le soutien de Gibert Besseas, seul élu de la Coordination rurale. [Dauphiné Libéré]

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   Posté le 23-02-2013 à 19:56:23   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le Foll visé par une manifestation d'agriculteurs dans le Finistère


Source BFMTV


Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a été visé dans la nuit de vendredi à samedi par une action d'agriculteurs, principalement des producteurs de lait, qui ont déversé plusieurs centaines de chariots à proximité de sa maison, à Berrien (Finistère), a-t-on appris auprès du préfet et de la gendarmerie.

Peu avant 3 heures du matin, un cortège de douze tracteurs et remorques s'est dirigé vers la maison de Stéphane Le Foll, à Berrien, dans le centre du Finistère.

A 150 mètres de l'habitation, protégée par les gendarmes, ils ont déversé de la terre et "plusieurs centaines de chariots d'hypermarchés", selon la gendarmerie, qui évoque des manifestants "cagoulés, masqués et qui avaient masqué les plaques d'immatriculation des tracteurs".

Dans la soirée et dans la nuit, les manifestants, "très virulents mais agissant hors des organisations syndicales" , selon Jean-Jacques Brot, préfet du Finistère, ont aussi manifesté dans plusieurs grandes surfaces du département, à Morlaix notamment, déversant des détritus, de la terre, arrachant des chariots ou endommageant les abris où ils sont rangés.

Les manifestants ont dénoncé par des tags -comme "Voleurs"- l'attitude de la grande distribution à l'égard des producteurs de lait en particulier. L'entrée d'un centre Leclerc a été défoncée. Il n'y a pas eu d'interpellation.

Egalement :
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-agriculteurs-s-en-prennent-a-la-maison-de-stephane-le-foll_1223975.html



Ce lundi soir, après une journée d’action mouvementée dans les rues de Quimper, les agriculteurs ont vidé leur dernière benne au rond-point du Lududu, avant d’entrer sur la Transbigoudène.

Ce doit être la dernière action de la journée avant un retour plus tranquille vers chacune des exploitations. Les agriculteurs ont bloqué le rond-point du Lududu, ce lundi soir, en signe de protestation face à la hausse des charges. « Aujourd’hui, le coût de revient du lait, c’est 350 €/1000 litres. Le prix de base payé au producteur, c’est 310€/1000 litres. Ce qui représente un déficit de 40 €/1000 litres supportés par qui ? Par nous, les producteurs » , explique un agriculteur de Douarnenez.

Ouest-France





Dans la nuit de vendredi à samedi, entre 11 h 30 et 2 h du matin, une quarantaine de tracteurs et de remorques ont investi les parkings de trois grandes surfaces de l’agglomération morlaisienne, Géant, Leclerc et Intermarché.

Abris bus, lampadaires, chariots, arbres, toit de parking couvert ont fait les frais de la colère d’une centaine d’agriculteurs. Certains manifestants étaient encagoulés.

Les dégâts sont très importants. L’hypermarché Leclerc estime son préjudice entre 300 000 et 400 000 €. Cependant l’accès aux trois commerces n’est pas entravé ce samedi.

Ouest-France


Edité le 23-02-2013 à 20:15:45 par Xuan




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   Posté le 02-08-2013 à 16:01:46   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le décès du Président de la FNSEA Lemétayer donne lieu à pas mal de réactions, où les paysans modestes reconnaîtront leurs amis et les autres : http://www.terre-net.fr/actualite-agricole/politique-syndicalisme/article/coop-de-france-salue-sa-memoire-205-92049.html

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   Posté le 03-01-2015 à 22:46:20   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Après deux ans d'accalmie, les abris de grande surface risquent de voler à nouveau sur les parkings.

Sous le titre Prix du lait : avis de gros temps pour les producteurs , les Echos annoncent la menace de surproduction, à trois mois de la fin des quotas :

"Poussés par une forte demande et des prix très rémunérateurs, tous les pays producteurs de l'Union européenne ont anticipé la fin des quotas, accroissant largement leur production.
Si bien que la collecte de lait en Europe a augmenté de 5,1 % entre le 1er janvier et le 31 octobre.
Les Britanniques viennent en tête de la croissance, avec un bond des volumes de 9,1 %, suivis par la Pologne (+ 7,7 %) et l'Espagne (+ 6,3 %), qui a bénéficié d'une pluviométrie favorable à la persistance des pâturages.
L'Irlande et la France suivent, avec des progressions respectives de 5,9 % et 5,8 %. Au total, sept pays européens ont dépassé leur quota dans de fortes proportions, de 5 % à 6 %."


La fin des quotas se traduira par des amendes dont l'effet accroît encore la surproduction :
« Les éleveurs n'ont pas vraiment le choix. Ils ont des coûts fixes importants et, quand les marges se réduisent, ils augmentent les volumes pour essayer de dégager un revenu malgré tout. »

La surproduction - entraînée aussi par l'embargo contre la Russie - n'est pas limitée à ces quelques pays mais concerne le monde entier, occasionnant des baisses de prix de 50 %.

Encore une fois les contradictions entre producteurs et industrie agro-alimentaire / grande distribution vont devenir explosives. Les conséquences de la recherche du profit maximum et la soumission aux directives de l'OTAN aboutiront ainsi à la ruine de milliers de producteurs.


Edité le 03-01-2015 à 22:53:19 par Xuan




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   Posté le 22-08-2016 à 11:02:36   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La ruine des producteurs de lait continue, les monopoles comme Lactalis (et non plus Bruxelles) sont clairement désignés comme l'ennemi des producteurs. Des contradictions sont aussi apparues avec des syndicats agricoles dirigés par des cumulards.

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Pourquoi les producteurs de lait sont-ils en guerre contre Lactalis ?


Boursorama avec AFP le 22/08/2016 à 08:50, mis à jour à 09:027

Les producteurs de Bretagne, Normandie et Pays de la Loire se sont donné rendez-vous lundi soir à Laval, devant le siège du numéro un mondial des produits laitiers. Ils veulent manifester contre le groupe qui rémunère le moins bien ses producteurs.


Action des agriculteurs contre les produits Lactalis dans un supermarché du Mans le 29 juillet 2016 (Illustration) ( AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER )

Chez les producteurs de lait, la colère gronde. "On est dans une situation dramatique" , résume auprès de l'AFP Pascal Clément, président de la section laitière de la FRSEA/Ouest. "Et elle continue de se dégrader" , alors que "les groupes laitiers ont fait des résultats en très forte hausse l'an dernier". "Sur le dos des producteurs" . Cible de cette gronde : Lactalis.

Le numéro un mondial du secteur, connu pour ses marques comme Lactel, Bridel ou Président, est considéré comme "le plus mauvais payeur" parmi les industriels laitiers. Le géant familial dirigé par Emmanuel Besnier propose 257 euros pour 1.000 litres de lait. Les concurrents comme Bongrain, Danone ou des PME proposent de 10 à 30 euros de plus.

Or, selon le président de la FDSEA de Mayenne, Philippe Jéhan, il faudrait que le prix du lait atteigne 386 euros les 1.000 litres pour qu'un producteur puisse s'accorder un salaire d'un SMIC et demi.

"FAIRE PLIER LACTALIS"

Cette colère va prendre la forme dès ce lundi soir 22 août d'un siège du rond-point d'accès au siège de Lactalis de Laval, en Mayenne. Les producteurs de Bretagne, Normandie et Pays de la Loire se sont donné rendez-vous pour cette manifestation interrégionale, une initiative des Fédérations départementales des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA, syndicat majoritaire) et des Jeunes agriculteurs (JA). L'objectif : faire plier Lactalis". "Il faut que les négociations reprennent" avec le groupe, pour arriver à "un juste prix", disent les responsables syndicaux.

Les producteurs de lait lanceront l'assaut dès 21h et tiendront le siège toutes les nuits et se relayeront chaque jour afin "de tenir dans la durée" , selon Franck Guéhennec, de la FDSEA du Morbihan. Ainsi, pour relever les agriculteurs de Mayenne, les fédérations du Morbihan et du Maine-et-Loire assureront la garde mardi de 9h à 21h, tandis que celles du Finistère, des Côtes-d'Armor, l'Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique prendront celle de mercredi rapporte France Bleu. La Sarthe et la Vendée s'occuperont de celle de jeudi.

UNE CRISE DE SURPRODUCTION

"Il n'y a qu'en France où le syndicalisme agricole refuse la réalité du marché et s'en prend à une entreprise en particulier, avec un discours irresponsable que le groupe Lactalis a dénoncé et condamne fermement", dénonçait jeudi Lactalis face à cette contestation annoncée.

Le groupe laitier rappelait que cette crise est "avant tout une crise de surproduction". Depuis deux ans, la situation en Europe s'est en effet dégradée avec la fin des quotas laitiers au 1er avril 2015, le coup de frein aux importations chinoises et l'embargo russe, décidé à la mi-2014. Comme la demande interne n'a pas augmenté, cela a créé une situation de surproduction.

LACTALIS " TRÈS AFFECTÉ PAR DES PRIX CONCURRENTIELS "

Sur France Info ce lundi matin, Michel Nalet, porte-parole du groupe laitier expliquait que ce "prix est un prix qui a été décidé uniquement sur cette période estivale". "Le prix du lait ne s'apprécie pas sur deux mois mais sur une année et rien ne dit que ce prix va rester sur ce niveau-là", assurait-il.

Au micro de la station publique, il a assuré que les conséquences de la baisse du prix du lait sur les producteurs n'était pas sous-estimées. "Mais aujourd'hui, nous avons aussi à faire face à une crise de surproduction, un environnement économique très concurrentiel. Cette réalité du marché, nous ne pouvons pas nous en exonérer avec des concurrents européens qui paient le prix du lait de manière bien inférieure à celui que nous payons en France" , a-t-il également dit.

Alors que Lactalis fait partie des industriels qui achètent au plus bas, M. Nalet s'est justifié : "Notre groupe a proportionnellement beaucoup plus d'excédents à traiter. Ils sont commercialisés sur des bases de prix du lait autour de 220 euros les 1.000 litres, alors que nous sommes sur des prix d'achat aux producteurs à 260. Pratiquement 50% de nos volumes sont soumis à cette concurrence européenne internationale. Notre groupe est très affecté par des prix concurrentiels."


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Dans l'Humanité :

Le jeu dangereux de Lactalis contre les producteurs de lait


GÉRARD LE PUILL
DIMANCHE, 21 AOÛT, 2016
HUMANITE.FR


AFP

En deux ans, le premier groupe industriel laitier français a fait baisser de prix du lait qu’il paie aux producteurs de 10 centimes par litre. Des manifestations de producteurs sont prévues dès lundi auprès des laiteries du groupe pour obtenir une hausse alors que la firme envisage une nouvelle baisse de la rémunération des éleveurs laitiers.

Des manifestations de producteurs de lait sont prévues à partir de lundi devant le siège de Lactalis à Laval en Mayenne. Lactalis est le plus grand groupe privé de l’industrie du lait. C’est même le second industriel laitier au niveau mondial derrière Nestlé avec 16 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. Propriété de la famille Besnier , il collecte le lait de 20% des producteurs en France et est connu des consommateurs via les marques Président pour certains fromages et autres plaquettes de beurre , pour le Roquefort Société , pour les briques de lait et autres produits frais vendus sous la marque Lactel dans nos grandes surfaces. En juillet 2014 Lactalis versait à ses fournisseurs un prix moyen de 363€ pour 1.000 litres de lait collectés à la ferme. En juillet 2016, Lactalis ne verse plus que 257€ pour la même quantité de lait, soit une baisse d’environ 30% sur chaque litre de lait. C’est 15€ de moins que les autres grands groupes coopératifs ou privés et même 40 à 45€ de moins que certaines PME qui ont une bonne valorisation du lait. Au prix que paie Lactalis, rares sont les producteurs de lait à ne pas perdre de l’argent chaque jour. On estime en effet que le prix de revient moyen du litre de lait est de 34 centimes, en France comme en Allemagne. Or Lactalis va, selon certaines sources, encore baisser le prix du lait à 250€ les 1.000 litres. D’où la colère des producteurs notamment dans les régions Bretagne et Pays de la Loire.

Ruineuse pour les producteurs, cette baisse du prix du lait est la conséquence directe d’une politique de dérégulation. Durant la présidence de Nicolas Sarkozy en France, avec Bruno Le Maire au ministère de l’Agriculture, les pays membres de l’Union européenne, ont accepté, sur proposition de la Commission, de mettre fin aux quotas laitiers à partir d’avril 2015. En place depuis 1984, les quotas laitiers autorisaient un volume annuel de lait à ne pas dépasser dans chaque pays membre de l’Union. Cette régulation permettait de faire de sorte que l’offre laitière européenne dépassait rarement la demande globale de produits transformés, la concurrence entre pays et entreprises étant néanmoins ouverte au sein de l’Union. Il en résultait un prix du lait plutôt stable et convenablement rémunérateur pour les paysans dans toute l’Union.
Avant même la sortie des quotas, les laiteries de pays comme l’Allemagne, l’Irlande, la Pologne, les Pays Bas et quelques autres ont poussé leurs livreurs à augmenter la production afin de prendre des parts de marché au sein de l’Union comme dans des pays tiers tels que la Chine et la Russie. Mais la Chine a réduit ses achats et la Russie a répliqué aux sanctions économiques européennes à propos de l’Ukraine en mettant l’embargo sur les exportations de produits agricoles européens dont le beurre et les fromages. Entre 2014 et 2016, la production laitière européenne a augmenté d’environ 4%. Comme pour l’extraction du pétrole, cette offre légèrement supérieure à la demande s’est traduite par une baisse du prix du lait de 20 à 30% selon les laiteries dans la plupart des pays de l’Union européenne. Autant dire que l’immense majorité des producteurs européens est aujourd’hui en difficulté. Car le prix du lait est fixé de façon unilatérale par les transformateurs, les producteurs ayant le choix entre vendre à ce prix où ne pas trouver preneur pour le produit de la traite des vaches deux fois par jour.

Il faut avoir ces éléments en tête pour analyser le communiqué de Lactalis du 18 août qui dénonce le « discours irresponsable » de la FNSEA et de sa Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) affirmant qu’ « il n’y a qu’en France que le syndicalisme agricole refuse la réalité du marché et s’en prend à une entreprise en particulier, avec un discours irresponsable que le groupe Lactalis a dénoncé et condamne fermement » . Dans son communiqué, le premier groupe laitier français concède que cette crise est « avant tout une crise de surproduction » et ajoute qu’elle paie le lait un prix « supérieur à ceux de tous les grands concurrents européens » avant de fustiger « les déclarations irresponsables de la FNSEA et de la FNPL» .

Il est vrai que le président de la FNSEA s’est adressé à Emmanuel Besnier, PDG de Lactalis dans un courrier en date du 4 août dernier. Dans cette lettre au contenu très modéré, Xavier Beulin écrit que « la FNSEA et la FNPL, sa branche laitière, en tant qu’organisations responsables, ont toujours porté la voix des producteurs laitiers en étant force de proposition (…) C’est ainsi que la FNPL a porté sa charte laitière des valeurs. Tous les distributeurs ont montré leur bonne volonté en la signant et en respectant leur engagement. Mais votre groupe a soigneusement évité d’apparaître comme signataire de cette charte. Peut-être parce que cette initiative émanait du syndicalisme » , poursuit le président de la FNSEA en souhaitant être reçu avec le président de la FNPL par le patron de Lactalis.
Car poursuivait Xavier Beulin « nous devons désormais évoquer les sujets de fond : évidemment, en premier lieu, le niveau de rémunération du prix du lait, mais aussi l’avenir de la filière. Les industriels aussi ont besoin de stabilité et de visibilité. Pas uniquement d’un approvisionnement au plus bas prix possible qui ne saura être durable pour personne »

Tels étaient le propos du président de la FNSEA que le PDG de Lactalis a pris pour un « discours irresponsable » choisissant de répondre à cet appel au dialogue par un communiqué au lieu de recevoir le premier responsable du syndicat majoritaire avec Thierry Roquefeuil , le président de la FNPL.. Dès lors, il ne reste plus que l’appel à la mobilisation contre Lactalis à partir de lundi matin pour tenter de sortir de l’impasse.

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