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 sur les attentats terroristes à Paris

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Xuan
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   Posté le 15-11-2015 à 11:20:39   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

UIQP 59/62" <fuiqp6259@gmail.com>


Le FUIQP (Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires) apporte ses condoléances à toutes les victimes des attentats qui se sont déroulés à Paris hier.

Quelques soient les acteurs et/ou commanditaires de ces assassinats ces actes sont le résultat d'un monde gouverné par la seule règle du profit et de la domination suscitant une paupérisation sans précédent et de nouvelles guerres coloniales à répétition dont une des conséquences est l'émergence d'idéologie meurtrières, elles mêmes instrumentalisées pour le nouveau partage du monde entre grandes puissances qui s'appelle mondialisation.

Nous aurons l'occasion prochainement de développer plus profond ment notre analyse mais nous tenons alerter contre les dangers d'une instrumentalisation islamophobe et sécuritaire de la douleur et du deuil qui nous touche tous. Dans ce contexte alarmant nous appelons l'ensemble des militantes et militants et au-delà tous ceux et toutes celles qui aspirent à un monde de justice et de paix à se mobiliser contre toute tentative d'instrumentalisation raciste de ces attentats.

http://www.facebook.com/FUIQP-206225166232156/timeline?ref=page_internal


Edité le 15-11-2015 à 11:21:11 par Xuan




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   Posté le 15-11-2015 à 11:24:08   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur les attaques en région parisienne


drapeau rouge
De nouvelles attaques ont touché la région parisienne. Cette fois-ci d'une ampleur impressionnante, avec une coordination et des modes opératoires multiples, allant jusqu'à l'attentat suicide.

Les cibles étaient elles aussi multiples. Contrairement à l'attaque contre Charlie Hebdo et l'Hypercacher de janvier, les cibles étaient moins symboliques, plus générales et voulaient frapper l'ensemble de la population, à l'exception du Stade de France où la cible aurait pu être François Hollande.

L'attaque est revendiquée par Daech.

Nous condamnons ces attaques, comme nous avions condamné les attaques de janvier.

Mais nous ne crierons pas non plus avec les loups, pas plus que nous l'avions fait en janvier.

Nous nous plaçons encore une fois du côté du peuple, victime d'attaques dont les responsables sont avant tout les impérialistes.

Les différentes puissances impérialistes pillent le monde, sèment la misère, provoquent les conflits entre les peuples en utilisant les différences ethniques, religieuses, culturelles, etc. entre les peuples. Elles interviennent militairement, directement ou indirectement, ouvertement et secrètement. Tout cela, elles le font pour le pillage des ressources premières, l'exploitation de la main d’œuvre « bon marché », la mise en place de chiens de gardes locaux et le contrôle de zones stratégiques.

Depuis quelques années, l’État français fait partie des impérialistes très agressifs, avec plusieurs interventions extérieures de différentes nature : Afghanistan, Irak, Mali (transformée en opération militaire allant du Tchad à la Mauritanie dans la région du Sahel), Côte d'Ivoire, Centrafrique, Libye, Syrie,…

C'est la France qui a armé les pires réactionnaires se revendiquant de l'Islam en Syrie ! N'oublions pas la propagande d'Etat menée par le Parti Socialiste contre Bachar Al Assad, bourgeois compradore à la solde des impérialistes russes et chinois. La France a armé l'Armée Syrienne Libre pour le renverser. L'ALS était un vivier des pires réactionnaires religieux, notamment du Front Al Nosra, un des pires bourreau des peuples de Syrie. Ces armes ont fini entre les mains de Daech avec celles récupérées en Irak principalement fournies par les États-Unis et en Libye par la France ! D'autre part, les impérialistes s'enrichissent à travers d'importantes ventes d'armes à travers le monde, armes qui finissent par se retrouver entre les mains de groupes tels que Daech dans les pays que les impérialistes ont déstabilisé.

Ces interventions se font toutes au nom de la « démocratie », des « droits de l'Homme », etc. Mais à chaque fois, c'est surtout pour défendre les intérêts de l'impérialisme français.

Ces interventions ont armé, directement ou indirectement, des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaida ou Daech (plus récemment). Et ensuite, la déstabilisation provoquée par l'ingérence et les interventions impérialistes servent elles-mêmes comme prétexte à d'autres ingérences et interventions.

Les impérialistes sont des pompiers pyromanes ! Ils se brûlent les doigts avec l'incendie qu'ils ont eux-mêmes allumé ! Et comme toujours, ce sont les peuples du monde qui paient la facture.

Ce sont eux les responsables de ces attaques ! Daech et les autres groupes réactionnaires n'existeraient pas si les impérialistes ne semaient pas le chaos à travers la planète !

Maintenant, Hollande a déclaré l’État d'Urgence et a appelé l'armée en renfort. La France est en guerre, entend-on. Oui, la France est en guerre, et ce n'est pas nouveau ! Trop de peuples à travers le monde le savent à leurs dépens.

Nos craintes suite à ces attaques sont plusieurs.

Tout d'abord, nous craignons que le climat anti-immigrés et particulièrement anti-musulmans et anti-réfugiés ne se renforce. Les fascistes de tous bords s'appuyant sur une simplification extrême de la réalité et cachant l'oppression et l'exploitation impérialiste vont encore pousser plus loin leur propagande et leurs attaques. La division au sein du prolétariat et des masses populaires risque de se renforcer. Cela renforce les possibilités de mobilisations de masse réactionnaires, ciblant une partie de la population comme boucs-émissaires.

Ensuite, nous craignons que l’État d'Urgence permette à l’État de restreindre durablement les libertés démocratiques, telles que le droit de rassemblement et de manifestation. C'est d'ailleurs déjà le cas en région parisienne. Nous craignons ainsi un renforcement de l’État policier, sous la rengaine « C'est pour votre sécurité ».

Enfin, en conséquence, nous craignons que ces phénomènes facilitent l'accès au pouvoir d'une frange encore plus réactionnaire, voire fasciste, de la bourgeoisie. C'est une possibilité beaucoup plus dangereuse que celle de nouvelles attaques.

Nous devons voir clair les dynamiques qui se déroulent derrière ces attaques. Nous devons désigner les impérialistes qui cherchent à se repartager le monde comme étant les responsables de ces attaques.

La seule réponse que nous devons développer est celle de la lutte révolutionnaire pour abattre ce système qui sème la misère, la guerre, la barbarie, la mort tout autour de la planète !

Comme en janvier dernier, nous affirmons :

Pas d'union nationale derrière la république des bourgeois fauteurs de guerres et de misère !

Ne cédons pas à la propagande fasciste qui instrumentalise la barbarie pour faire le compte du patronat !

Dénonçons les réactionnaires religieux criminels qui servent à affaiblir nos luttes, à diviser le peuple et à propager des idées féodales dangereuses dans les masses populaires !

Solidarité avec les masses populaires musulmanes qui vont de nouveau subir une vague islamophobe après ces attaques !

Serrons les rangs autour de la classe ouvrière, dernier rempart contre le fascisme !


Bloc Rouge (Unification des maoïstes)

(Voir notre déclaration de janvier dernier : Tuerie à Charlie Hebdo : face à tous les réactionnaires, unité révolutionnaire ! )

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   Posté le 15-11-2015 à 11:47:22   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Assad: la politique française a contribué à "l’expansion du terrorisme"

L’équipe du site Al Manar

La politique française au Moyen-Orient a contribué à "l'expansion du terrorisme" a affirmé samedi le président syrien Bachar al-Assad, en réaction aux attentats revendiqués par le groupe wahhabite-takfiris Etat islamique (EI) qui ont fait au moins 128 morts à Paris.

"Les politiques erronées adoptées par les pays occidentaux, notamment la France dans la région ont contribué à l'expansion du terrorisme" , a dit M. Assad cité par l'agence officielle syrienne Sana.

Selon l'agence, le président Assad a fait cette déclaration en recevant une délégation française dirigée par le député Thierry Mariani (Les Républicains, opposition).

"Les attaques terroristes qui ont visé la capitale française ne peuvent pas être dissociées de ce qui s'est produit dernièrement à Beyrouth ni de ce qui se passe depuis cinq ans en Syrie" a dit M. Assad en référence à l'attentat de l'EI commis jeudi dans un fief du Hezbollah dans la capitale libanaise et qui a fait 44 morts.

"La France a connu hier ce que nous vivons en Syrie depuis 5 ans" , a-t-il répété.

"On avait averti sur ce qui allait se passer en Europe il y a 3 ans, on avait dit ne prenez pas ce qui se passe en Syrie à la légère. Malheureusement les responsables européens n'ont pas écouté" , a-t-il dit par ailleurs sur Europe 1.

"Faire seulement des déclarations contre le terrorisme ne sert à rien, il faut le combattre" , a-t-il ajouté.

Au sujet d'une possible collaboration avec la France dans la lutte antiterroriste, le président syrien a estimé que le gouvernement français n'était "pas sérieux" .

"Nous sommes prêts à combattre le terrorisme avec ceux qui le veulent vraiment et jusqu'ici le gouvernement français n'est pas sérieux" , a-t-il dit.

Et pour M. Assad, "on ne peut pas faire de la coopération des services
secrets sans faire de la coopération politique"
.

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   Posté le 15-11-2015 à 11:54:15   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Xinhua a publié un article

Les attentats de Paris pourraient pousser la France à modifier sa politique sur la crise syrienne


Publié le 2015-11-15 à 04:05 - french.xinhuanet.com

DAMAS, 14 novembre (Xinhua) -- Les attaques terroristes survenues vendredi soir à Paris et qui a fait au moins 129 morts et 352 blessés pourraient pousser le gouvernement français à donner la priorité à la lutte contre le terrorisme, au lieu de demander un changement du système politique en Syrie, estiment des analystes syriens.

Plus tôt ce mois, la présidence française a indiqué dans une déclaration que Paris soutient une transition politique en Syrie, dans laquelle le président Bachar el-Assad ne doit avoir de place.

Pour Ezz Aldein Qassem, analyste politique, les Français vont reconnaître tôt ou tard que le terrorisme est un phénomène mondial et que ce phénomène ne peut être contenu dans les pays du Moyen-Orient ou dans le monde islamique.

"Je pense que nous allons entendre des voix dans l'administration française qui appellent à reporter les négociations en vue d'un changement du régime politique en Syrie, afin de se concentrer sur la lutte contre les groupes terroristes" , a-t-il affirmé.

Osama Danura, un autre analyste, a indiqué le gouvernement français allaient certainement intensifier ses actions militaires contre l'Etat islamique (EI), qui a revendiqué les attaques de vendredi.

"Les Français ont explicitement indiqué qu'ils allaient combattre l'EI chez eux et à l'étranger. Cela pourrait signifier une augmentation de la pression militaire sur l'EI prochainement" , a déclaré à Xinhua M. Danura.

Pour lui, les Français doivent modifier leur politique sur la Syrie pour gagner la guerre contre le terrorisme, disant que l'Occident doit rejoindre les Russes pour mener de réelles frappes contre les groupes terroristes sans distinction.

Expliquant les différences entre les Russes et les Occidentaux sur la crise syrienne, M. Danura a affirmé que l'Occident désigne l'EI comme groupe terroriste qui doit être frapper tout en exigeant un changement de régime en Syrie.

Quant à la Russie, elle estime que plusieurs groupes rebelles en Syrie sont similiaires à l'EI et qu'ils doivent aussi être frappés, et que seule le peuple syrien a le droit de déterminer l'avenir de ses leaders.

Les Occidentaux " doivent reconnaître qu'il avaient eu un coup de main dans l'autonomisation des rebelles syriens ", a indiqué M. Danura, faisant allusion à des groupes rebelles "modérés".

Sinon, " le terrorisme pourrait se déplacer librement et frapper partout ", a-t-il averti.

Anas Joudeh, opposant syrien, estime que les attaques de Paris "auront certainement de grands impacts sur le conflit et l'alliance ".

Ce développement va renforcer la coalition internationale contre le terrorisme et pourrait pousser l'Occident à accélérer les démarches pour trouver une solution politique à la crise syrienne.

Il a indiqué que les attaques de Paris pourraient permettre de combler le fossé entre les positions des Occidentaux et des Russes sur la prochaine phase. "Nous pourrions voir une certaine détente sur la scène internationale quant à la crise syrienne", a-t-il relevé.

M. Joudeh a déclaré que les attaques de Paris pourraient permettre de rapprocher les opinions de l'Occident et de la Russie dans les pourparlers de Vienne.

Le président syrien Bachar el-Assad a condamné les attentats terroristes de Paris, tout en indiquant que la politique extérieure française favorise l'expansion du terrorisme jusqu'en Europe.

" Les mauvaises politiques de l'Occdient, incluant la France, dans la région arabe ont contribué à l'expansion du terrorisme ", a indiqué M. Assad.

" Nous ne pouvons pas parler de coopération dans les renseignements pour combattre les groupes terroristes, et le gouvernement français soutient encore les terroristes" , a-t-il dit.

Le président syrien s'est déclaré prêt à coopérer avec toutes les parties pour combattre le terrorisme, disant que le gouvernement français n'est pas sérieux jusqu'ici ".

Selon le président Assad, les attaques de Paris ne peuvent pas être séparées des attentats de Beyrouth survenus jeudi et qui ont tué plus de 40 personnes, et du conflit syrien.

Il a souligné l'importance d'adopter de nouvelles politiques qui coupent le soutien logistique et politique aux groupes terroristes.

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   Posté le 15-11-2015 à 11:55:10   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les attentats à Paris sont une violation flagrante de la civilisation : Quotidien du Peuple


Publié le 2015-11-15 à 15:05

BEIJING, 15 novembre (Xinhua) -- Le Quotidien du Peuple de la Chine a condamné les attentats de Paris dans un commentaire publié ce dimanche, indiquant que les attaques terroristes contre les civils constituaient une violation flagrante et extrême des droits fondamentaux de l'homme et de la civilisation.

L'extrémisme et le terrorisme sont répandus dans le monde, et les attaques terroristes causant une perte importante de civils sont devenues plus fréquentes et représentent un défi grave auquel fait face le monde entier, a indiqué le commentaire.

La paix demeurera compliquée tant que les déséquilibres du développement et les instabilités politiques régionales ne sont pas efficacement résolues, selon le journal.

La solution fondamentale à ce problème est de rendre prioritaire le développement, d'aider les pays pauvres à progresser, et d'aider des régions instables à restaurer l'ordre de manière autonome.

Toute forme de radicalisme est dangereuse, a noté l'article, ajoutant que seules les lumières de la paix, du développement et du progrès peuvent disperser le nuage du terrorisme.

Le commentaire a appelé la communauté internationale à renforcer sa détermination et sa confiance dans la lutte contre toute forme de terrorisme et dans le renforcement de la coopération pour sauvegarder la sécurité des vies de part le monde.

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   Posté le 15-11-2015 à 11:58:54   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Poutine appelle à conjuguer les efforts pour vaincre le terrorisme


Sputnik. Sergei Guneev

11:29 15.11.2015

Selon le président russe, la communauté internationale doit s’unir pour faire face au terrorisme et aider les réfugiés.

"Nous sommes parfaitement conscients qu'il faut conjuguer les efforts de la communauté internationale afin de venir à bout de la menace terroriste et d'aider les millions de personnes privées de logement" , a déclaré M.Poutine lors d'une réunion avec les dirigeants des BRICS, peu avant le début du sommet du G20 dans la station balnéaire d'Antalya.

Néanmoins, le président russe a précisé qu'" il est nécessaire d'agir en stricte conformité avec la Charte des Nations unies, sur la base des normes internationales et en respectant les droits souverains et les intérêts légitimes de chaque Etat" .

Vladimir Poutine a également indiqué que ces dispositions fondamentales étaient reflétées dans la Déclaration de BRICS adoptée cette année à Oufa.

Un sommet informel des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), sous la présidence de Vladimir Poutine, a débuté ce dimanche en Turquie. Il se tient en marge du sommet du G20 à Antalya, qui devrait être largement consacré à la lutte antiterroriste.

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   Posté le 15-11-2015 à 12:05:27   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Après la bain de sang, à quoi la France devra-t-elle encore faire face?


Publié le 2015-11-14 à 21:25 - french.xinhuanet.com

BEIJING, 14 novembre (Xinhua) -- Six attaques simultanées et explosions qui ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi à Paris ont coûté la vie à au moins 120 personnes, à un peu plus de deux semaines de la 21e Conférence des Nations Unies sur le climat (COP21).

Cette série d'attaques d'une ampleur sans précédent s'est produite seulement dix mois après que des hommes armés de l'Etat islamique (EI) ont ouvert le feu au siège de Charlie Hebdo à Paris.

Bien que le président français François Hollande ait déclaré l'état d'urgence sur l'ensemble du territoire français et rétabli les contrôles aux frontières pour empêcher la fuite des assaillants, la France a subi une fois de plus de lourdes pertes humaines dans des attentats. L'AFP a indiqué que les terroristes avaient "placé la capitale française dans un état de sidération" .

Le 13 novembre n'est pas un choix aléatoire, mais significatif, selon Zhang Jinling, vice-directeur de la section des études sociales et culturelles de la faculté européenne de l'Académie chinoise des sciences sociales.

En effet, le président Hollande avait annoncé le 13 novembre 2012 que la France "[reconnaissait] la Coalition nationale syrienne comme seule représentante du peuple syrien, et donc comme futur gouvernement provisoire de la Syrie démocratique pour en finir avec Bachar Al-Assad" . L'interventionnisme adopté par la France à l'égard de la Syrie a incité des organisations extrémistes telles que l'EI à se venger. Le slogan "Pour la Syrie" a d'ailleurs été entendu au cours des attaques.

Les attaques terroristes pourraient avoir de multiples conséquences en France.

En premier lieu, les attaques terroristes ont révélé la faiblesse de la capacité de la France à faire face à des menaces de sécurité non traditionnelles croissantes. Bien que le plan Vigipirate soit à son niveau maximal en Ile-de-France depuis les attentats de janvier, les attaques meurtrières ont mis en évidence les lacunes de la France dans la lutte contre le terrorisme.

En plus de "djihadistes importés", la France métropolitaine est également menacée par un certain nombre de terroristes locaux, ce qui a compliqué la situation sécuritaire. Selon M. Zhang, le moment est venu pour le gouvernement français d'examiner les lacunes de son action de lutte contre le terrorisme.

Deuxièmement, suite aux attaques terroristes, le sens d'insécurité sociale se répandra en France, ce qui renforcera le nationalisme et le racisme et consolidera l'extrême-droite, et la cote de popularité du Parti socialiste (PS) et du gouvernement de M. Hollande baisseront encore davantage.

M. Zhang a rappelé que le PS avait subi quatre défaites électorales consécutives lors des élections municipales, des élections du Parlement européen, des élections sénatoriales et des élections départementales. Après ces attaques terroristes, les perspectives du PS aux élections régionales ne seront pas meilleures.

Par ailleurs, le renforcement des contrôles aux frontières, mesure adoptée à la suite des attentats, entravera certainement la circulation des personnes, des biens et des capitaux. Selon M. Zhang, à court terme, les marchés de Noël et les soldes de fin d'année seront certainement touchées, ce qui portera atteinte à la distribution et au tourisme en France. À long terme, la situation de sécurité volatile affectera la confiance des investisseurs en France, ce qui compromettra le rétablissement économique du pays.

Enfin, les attaques terroristes affecteront directement l'influence de la France dans la gestion des affaires internationales. François Hollande a déjà annulé son déplacement pour le sommet du G20 en Turquie.

Quant à la COP21 qui aura lieu prochainement, la France, dont l'image a été ternie par les actes terroristes, devra prouver qu'elle est en mesure d'obtenir des résultats satisfaisants lorsque 195 délégations officielles et des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement se rendront dans le pays, ce dont beaucoup doutent, selon M. Zhang.


Edité le 15-11-2015 à 12:49:26 par Xuan




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   Posté le 15-11-2015 à 12:30:47   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La bourgeoisie française est divisée sur la question syrienne et les attentats accentuent cette division.


Valeurs actuelles rapporte l’entretien entre son directeur de rédaction et Bachar el Assad.

Yves de Kerdrel : Comment réagissez-vous aux attaques terroristes qui ont frappé la France cette nuit?
Bachar el-Assad : Ce qui se passe est terrible. La France ne pourra pas lutter contre le terrorisme tant qu'elle sera alliée au Qatar ou à l'Arabie saoudite.
Yves de Kerdrel : La question de votre départ, demandée par certains, est-elle encore d'actualité?
Bachar el-Assad : La question de mon départ n’a pas à être posée dans des conférences internationales. La question de mon départ dépend uniquement de la volonté du peuple et du parlement syrien. Ceux qui veulent détruire la Syrie veulent surtout détruire le dernier état laïc de la région. La laïcité c’est notre identité. Elle est essentielle pour le Proche Orient.
Yves de Kerdrel : La Turquie joue un rôle trouble dans la guerre que vous menez contre le terrorisme...
Bachar el-Assad : C'est surtout l’Occident qui est aveugle sur ce qui se passe en Turquie. Les Turcs soutiennent Al-Nosra et Daech et ils vous envoient des migrants par millions. Vous devriez vous interroger davatange sur les arrières pensées de M. Erdogan. Quand je regarde l’état du monde je comprends que Vladimir Poutine est le seul défenseur de la civilisation chrétienne, sur lequel on peut s’appuyer.
http://youtu.be/R0E6aNASgWA

Sur le Point :
Nicolas Sarkozy : Nous avons besoin des Russes pour exterminer Daesh
Nicolas Sarkozy s'est exprimé après s'être entretenu avec François Hollande. Répétant à souhait que la France était en guerre, l'ancien président de la République a indiqué avoir demandé à François Hollande d'apporter des « réponses adaptées » à la situation que traverse la France.
Nicolas Sarkozy a notamment appelé à une « inflexion de la politique étrangère » française en Syrie.
« Nous avons besoin des Russes pour exterminer Daesh » , a souligné le président des Républicains.
« Il ne peut pas y avoir deux coalitions en Syrie. »
Sur la question des migrants, l'ex-président a réclamé à l'Europe une « nouvelle politique de l'immigration » afin de « maîtriser l'ensemble de la vague migratoire syrienne » .
Enfin, sur le plan intérieur, Nicolas Sarkozy a appelé François Hollande à « tirer des conséquences des failles » sécuritaires. « Nous devons adapter notre dispositif sur tous ceux qui consultent des sites djihadistes », a-t-il précisé, avant de rappeler : « La seule question qui compte est la sécurité (…) Aujourd'hui, les Français ne se sentent pas en sécurité. »

Ajoutées aux visites successives de députés en Syrie et dénoncées avec vigueur par le gouvernement français, ces dernières prises de position indiquent que Hollande et Fabius sont de plus en plus isolés, que leur position n'est plus tenable, et que la bourgeoisie devra reconsidérer sa politique étrangère.

Le Figaro liste les prises de position favorables et les retournements de veste sur la politique étrangère : http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2015/11/14/25002-20151114ARTFIG00215-l-executif-somme-de-revoir-sa-politique-etrangere-de-la-droite-jusqu-au-ps.php


Edité le 15-11-2015 à 12:46:27 par Xuan




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   Posté le 15-11-2015 à 12:48:37   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Dans l'Humanité :
Jean Ortiz
Samedi, 14 Novembre, 2015 - 16:12

OUI, L’HORREUR


Des fascistes ont frappé en plein cœur de Paris des dizaines d’innocents et notre République. A Paris, le Paris des Lumières, de la Révolution française et de sa devise, si belle. Des fous, des criminels, des monstres, ont semé la mort, l’inexcusable, la bestialité, la tragédie absolue.

Au nom de Qui ? Au nom de Quoi ? Aucune « cause » ne saurait justifier ce déchaînement aveugle de haine de l’autre, de brutalité inouïe. Ce vendredi 13 novembre restera marqué dans l’histoire par ce que l’on peut qualifier de crimes contre l’humanité.

On a assisté à la négation des principes élémentaires de la vie, de la vie en commun. Des corps sans vie, des blessés, des scènes insoutenables, qui imprègneront à jamais la mémoire de notre peuple. Ces fascistes servent la pire des causes : la dépréciation de la vie.

La stratégie de ces tueurs vise à horrifier, tétaniser, les peuples afin qu’ils acceptent l’inacceptable. Le traumatisme créé aura des conséquences politiques et sociales lourdes et durables. Il attise l’intolérance, la haine, la xénophobie, le fanatisme. Il recherche la limitation des libertés, l’étouffement de la raison, l’impossibilité de l’esprit critique.

Nombreux sont ceux qui disent : « Ça devait arriver ! » En effet, la politique interventionniste de la France, en Syrie, en Irak, en Libye, etc. ses liens avec des pays, des pétromonarchies qui financent le terrorisme, cette politique ne peut que renforcer « la haine de l’occident ». La France, chacun le sait, a des amitiés douteuses avec l’Arabie Saoudite, le Qatar ; elle a financé, armé des djihadistes... Cela ne justifie en rien les actes barbares, mais permet d’en situer le ferment et la genèse.

Les problèmes essentiels de la vie quotidienne risquent désormais d’être relégués derrière une psychose sécuritaire, un climat compréhensible de peur. Et que dire de l’intervention du président Obama, avant même celle de François Hollande, se posant en chef de coalition, en patron de l’OTAN et du « monde libre ». A l’horreur s’ajoutait l’abaissement national. Oui, la compassion, la douleur, le recueillement, sont de mise. Ils ne sauraient cependant empêcher la nécessaire réflexion politique sur la diplomatie de la France et ses conséquences.

L’appel à « l’union sacrée », comme en 1914-18, est le piège que nous tendent tous ceux qui veulent enterrer l’humain, la question sociale, et la solution politique des conflits dans le respect de la souveraineté des peuples. La limitation des libertés, une politique sécuritaire à outrance, la militarisation, l’état d’urgence, ne peuvent être les seules réponses ; ils ne peuvent constituer que des instruments transitoires, à double tranchant. Pour l’heure, nous pleurons avec les familles des victimes, nous avons tous mal à la France, pas forcément pour les mêmes raisons. Oui, très mal. Et il faudra pourtant s’en relever rapidement.


Edité le 15-11-2015 à 12:49:54 par Xuan




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Xuan
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   Posté le 15-11-2015 à 23:56:57   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'interview de Bachar el Assad sous titrée : http://youtu.be/pxzk3H7vewI

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DUROC
Jeune Communiste
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   Posté le 16-11-2015 à 09:38:44   Voir le profil de DUROC (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à DUROC   

Je ne vois pas le sous-titrage.

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   Posté le 16-11-2015 à 19:04:16   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

?

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   Posté le 16-11-2015 à 19:13:22   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La déclaration de Pierre Laurent.

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   Posté le 16-11-2015 à 22:46:07   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le blog oùvalacgt publie la déclaration de l'UD 75,
ainsi que la déclaration des militants de Voie Prolétarienne qui animent ce blog.


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Lundi 16 novembre 2015
Attentats de Paris : la déclaration de l'UD 75


Les attentats de Paris et de Seine Saint-Denis ont répandu la peur et l’effroi, suscité l’émotion partout autour de nous. Le blog "Où va la CGT ?" n’est bien sûr pas indifférent, et participe de ce large mouvement populaire de rejet du fascisme, qu’il s’agisse des terroristes de Daech ou des misérables tentatives de récupération des provocateurs associés au FN.
Pour notre part, nous saluons la mémoire de Patricia San Martin, responsable des communaux CGT à Sevran (93), tuée au Bataclan avec sa fille.

Mais c’est bien au-delà de ce rejet qu’il nous faut construire cette unité populaire (voir encadré ci-contre).

Nous publions ci-dessous la déclaration de l’UD de Paris, largement diffusée dans les syndicats de la région parisienne.

Elle est décevante, il faut le dire, peut-être faite trop vite sous le couvert de l’émotion.
> Pas un mot sur les responsabilités gouvernementales dans les attentats après des années d’interventions en Afghanistan, Afrique, Irak ou Syrie.
> Un appel à la communauté internationale à ne pas céder à la pression des sociétés multinationales qui est assez stupéfiant, dans la mesure où chacun sait que les gouvernements ne font que gérer le capitalisme mondialisé qui impose ses règles que sont la concurrence, le marché, la productivité, les délocalisations, le profit, le pillage le tout dans le sang et la sueur des travailleurs du Monde entier…
> La vision du progrès qui est ici proposée n’est au final que celle d’un capitalisme humanisé, de paix, de coopération, progrès économique et social comme si le capitalisme et l’exploitation pouvait porter ce projet… Qui en appelle à une « réorientation politique » sans jamais critiquer le gouvernement Hollande/Valls/Cazeneuve… celui qui après les lois Macron/Rebsamen, après les lois sur le renseignement, va réformer le Code du Travail et mettre en place une nouvelle loi encore plus réactionnaire sur le droit d’asile…

On attendait mieux de l’UD de Paris qui sur ce terrain ne se démarque pas des positions confédérales qu’elle sait parfois justement critiquer…
La déclaration en appelle par contre au maintien du droit de réunion et de manifestation, ce qui est particulièrement juste et sensible dans la période actuelle :

> La défense des camarades d’Air France prévue le 19/11
> La manifestation contre les violences faites aux femmes le 21/11
> La manifestation de solidarité avec les migrants le 22/11

Il faudrait rajouter les manifestations à venir très prochainement contre la COP21

Alors peut-être une déclaration trop rapide, mais encore de gros efforts pour construire une véritable unité populaire, de classe et anti-impérialiste, en réponse à l’Union Nationale dans laquelle Hollande et les autres veulent nous entraîner…



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Leurs guerres, nos mortEs ici comme ailleurs ! Leur unité nationale, notre unité populaire !


Après les attentats à Beyrouth et contre les kurdes en Turquie, plus de 100 morts à Paris, c’est le pire massacre dans la capitale depuis celui du 17 octobre 1961 lors d’une manifestation d’Algériens pour l’indépendance, assassinés par la police française. Les terroristes de Daech ont tiré à l’aveugle, à l’occasion d’un match de foot, sur des terrasses de café, dans un concert… Ces crimes horribles suscitent l’effroi, la peur et la stupéfaction. Certains d’entre nous pleurent des collègues, des amis, morts ou blessés, nous sommes choqués. C’est toute la population de Paris et de sa région qui était visée. Ce sont des attentats fascistes contre le peuple, porteurs d’une idéologie de mort et de domination par la terreur.

Le rejet est unanime face à la tuerie aveugle, tout le monde veut serrer les rangs contre Daech. Qu’on ne s’y trompe pas : l’unité affichée contre les criminels n’est pas le signe d’un ralliement derrière Hollande ou d’un quelconque camp réactionnaire. C’est l’expression spontanée d’une solidarité démocratique et antifasciste de base, positive, humaniste. Une aspiration légitime qu’il faut faire grandir comme une vraie résistance populaire, en ne laissant pas la bourgeoisie l’enfermer dans le drapeau de « l’union nationale ».

C’est la guerre entend-on partout autour de nous. C’est vrai. Mais cette guerre n’est pas la nôtre, nous n’en sommes que les victimes. Sans oublier ceux qui sont en première ligne, l’ensemble des peuples du Moyen-Orient et d’Afrique. Les terroristes de Daech sont les fruits des interventions impérialistes depuis des dizaines d’années, la Russie, les USA, la France et les pays européens en Afghanistan, en Irak, en Afrique, en Syrie ou ailleurs… Les premiers responsables de ce carnage, ce sont nos gouvernements ! Nous dénonçons les alliances françaises et européennes avec la Turquie et l’Arabie Saoudite qui sont les soutiens de Daech. Nous exigeons l’arrêt de toutes les interventions, le retrait des troupes françaises, la fermeture des bases militaires !

Le gouvernement annonce l’état d’urgence, la fermeture des frontières, de nouvelles lois et mesures répressives, c’est la surenchère avec Sarkozy et Le Pen… Après les massacres de Charlie Hebdo et de l’Hyper-Cacher, après les tueries de Mohammed Merah, après des dizaines d’autres lois similaires, ils n’ont pourtant pas pu empêcher ce nouveau massacre.
Mais ce dont on peut être sûrs, c’est que ces lois serviront contre les migrants, contre nos camarades travailleurs sans-papiers, contre tous les militants syndicaux, associatifs, écologistes...

Le gouvernement mène sa guerre, nous pleurons nos morts ici comme ailleurs. La peur est présente partout, sourde et lancinante. Mais il ne faut pas se résoudre à laisser notre sécurité dans les mains de nos exploiteurs et gouvernants. On veut nous faire croire que nous sommes impuissants, nous ne le sommes pas.
Dans la guerre contre Daech, notre soutien va au camp progressiste comme les combattants kurdes à Kobané et ailleurs. Nous devons faire vivre la solidarité avec tous ces réfugiés qui arrivent chassés par le chaos.
Dans nos quartiers, c’est la solidarité et le soutien, organiser le rejet de tous ceux qui nous entraînent au désastre et veulent nous diviser.
Partout, c’est notre guerre que nous devons mener avec courage, la guerre de classe, celle des sans-papiers pour leurs droits, celle des travailleurs d’Air France ou d’ailleurs contre les licenciements et l’exploitation, celle de la solidarité avec les migrants, la guerre de tous les prolétaires contre les gouvernements impérialistes…

Contre Hollande, la réaction et l’union nationale : unité populaire !
Régularisation sans condition de tous les sans-papiers, liberté de circulation !
Retrait des organisations progressistes et révolutionnaires de la liste des organisations terroristes !
Arrêt de toutes les interventions impérialistes à l’étranger, retrait des troupes !

Le 15 novembre 2015

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Un nouvel article du blog oùvalacgt
On notera que la Filpac reprend la thèse de Bachar-responsable-du terrorisme-avec-l'appui-de-la-Russie-et-de-l'Iran, thèse propagée par Fabius avec une récente mise en sourdine.
Dommage de reprendre ainsi la propagande de l'Elysée, sans s'interroger sur les ingérences et les responsabilités françaises manifestes dans le soutien au terrorisme à des fins de subversion.



Lundi 16 novembre 2015

FILPAC-CGT : du deuil à la guerre ?


Après la déclaration décevante de l'UD 75 (voir notre article ici), nous reproduisons ci-dessous un texte, beaucoup plus intéressant, trouvé sur le site de la FILPAC-CGT.
Les camarades ne traitent pas de l'ensemble des questions soulevées par les attentats, mais ont choisi d'insister sur un point trop souvent laissé de côté, le rôle de la France impérialiste, les guerres qu'elle mène, les ventes d'armes... Et sans langue de bois, c'est l'impérialisme français qui est ici dénoncé.
Un sujet qui fâche, c'est le moins qu'on puisse dire, mais c'est bien le moment de poser la question...






Edité le 16-11-2015 à 23:33:47 par Xuan




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Une intéressante réflexion de notre camarade Saïd Bouamama :

Un monde immonde engendre des actes immondes : Ne pas renoncer à penser face à l’horreur


Publié le 15 novembre 2015 par bouamamas
Bouamama Saïd

15 novembre 2015

A l’heure où nous écrivons le bilan des tueries parisiennes est de 128 morts et de 300 blessés. L’horreur de cette violence injustifiable est absolue. La condamnation doit l’être tout autant, sans aucune restriction et/ou nuance. Les acteurs et/ou commanditaires de ces meurtres aveugles ne peuvent invoquer aucune raison légitime pour justifier ces actes immondes. La tragédie que nous vivons débouchera sur une prise de conscience collective des dangers qui nous menacent ou au contraire sur un processus de reproduction dramatique, en fonction de notre capacité collective à tirer les leçons de la situation qui engendre un tel résultat. L’émotion est légitime et nécessaire mais ne peut pas être la seule réponse. La réponse uniquement sécuritaire est également impuissante. C’est justement dans ces moments marqués par l’émotion collective que nous ne devons pas renoncer à la compréhension, à la recherche des causes et à la lucidité face aux instrumentalisations de l’horreur .




Les postures face à notre tragédie

En quelques heures toute la panoplie des postures possibles face à la tragédie s’est exprimée. Il n’est pas inutile de s’arrêter sur chacune d’entre elles. La première se contente de dénoncer Daesh et à exiger cette dénonciation de manière pressante de nos concitoyens musulmans réels ou supposés. Le projet politique de Daesh et les actes qui en découlent ont déjà été dénoncés par la très grande partie des habitants de notre pays, populations issues de l’immigration incluses.

Il faut vraiment être coupés de nos concitoyens musulmans réels ou supposés pour en douter. Ces concitoyens français ou étrangers vivant en France sont les premiers à souffrir de cette instrumentalisation de leur foi à des fins politiques, réactionnaires et meurtrières. « Qu’est-ce qu’on va encore prendre » est la réaction la plus fréquente qui suit l’émotion face à ces meurtres, conscients qu’ils sont des instrumentalisations de l’émotion à des fins islamophobes qui ne manquerons pas. Il ne s’agit pas d’une paranoïa mais de l’expérience tirée du passé et en particulier des attentats du début de l’année. Dans ce contexte les injonctions à la dénonciation sont ressenties comme une suspicion de complicité ou d’approbation. Une nouvelle fois ce qui est ressenti c’est une accusation d’illégitimité de présence chez soi. Voici ce qu’en disait Rokhaya Diallo dans une émission radio à la suite des attentats de janvier :

« Quand j’entends dire que l’on somme les musulmans de se désolidariser d’un acte qui n’a rien d’humain, oui, effectivement, je me sens visée. J’ai le sentiment que toute ma famille et tous mes amis musulmans sont mis sur le banc des accusés. Est-ce que vous osez me dire, ici, que je suis solidaire ? Vous avez vraiment besoin que je verbalise ? Donc, moi, je suis la seule autour de la table à devoir dire que je n’ai rien à voir avec ça (1). »

La seconde posture est l’essentialisme et le culturalisme. Les actes barbares que nous vivons auraient une explication simple : ils sont en germe dans la religion musulmane elle-même qui à la différence des autres, porterait une violence congénitale, une barbarie consubstantielle et une irrationalité dans son essence. Cette religion à la différence des autres religions monothéiste serait allergique à la raison et inapte à la vie dans une société démocratique. De cette représentation de la religion découle la représentation de ses adeptes. Les musulmans seraient, contrairement aux autres croyants, une entité homogène partageant tous le même rapport au monde, à la société et aux autres. Une telle posture conduit inévitablement à l’idée d’une éradication, l’islam apparaissant comme incompatible avec la république, la laïcité, le droit des femmes, etc. Résultat de plusieurs décennies de diffusion politique et médiatique de la théorie du « choc des civilisations », cette posture s’exprime dans des formes plus ou moins nuancées mais est malheureusement bien ancrée dans notre société (2).

La troisième posture est celle de la relativisation de la gravité des tueries. Celles-ci ne seraient que le résultat d’une folie individuelle contre laquelle on ne pourrait rien si ce n’est de repérer le plus tôt possible les signes annonciateurs dans les comportements individuels. Nous ne serions qu’en présence d’accidents dans les trajectoires individuelles sans aucune base sociale, matérielle, politique. Une telle posture de « psychologisation » occulte que les individus ne vivent pas hors-sol et que leur mal-être prend telle ou telle forme en rencontrant un contexte social précis. C’est à ce niveau que se rencontre l’individu et sa société, la trajectoire individuelle et son contexte social, la fragilisation et les offres sociales et politiques qui la captent pour l’orienter. Il est évident que les candidats « djihadistes » sont issus de trajectoires fragilisées mais cela ne suffit pas à expliquer le basculement vers cette forme précise qu’est la violence nihiliste (3).

La quatrième posture s’exprime sous la forme de la théorie du complot. Les tueries seraient le fait d’un vaste complot ayant des objectifs précis : complot juif mondial, « illuminati », actes des services secrets, etc. Elle conduit à un aveuglement face au réel et à l’abandon de l’effort de compréhension du monde et des drames qui le secouent. Elle suscite une dépolitisation se masquant derrière une apparente sur-politisation : dépolitisation car il serait vain de rechercher dans l’économique, le social, le politique, etc., les causes de ce que nous vivons et sur-politisation car tout serait issu d’une cause politique occulte portée par un petit groupe secret. Elle est entretenue par la négation dominante de la conflictualité sociale, des oppositions d’intérêts et des stratégies des classes dominantes pour orienter l’opinion dans le sens de ses intérêts matériels. A ce niveau l’accusation de « confusionnisme » de toute dénonciation des stratégies des classes dominantes conduit consciemment ou non à entretenir la théorie du complot. Certains « anti-confusionnistes » de bonne foi ou non entretiennent en effet boomerang le « complotisme ». Ce faisant, certains « anti-confusionnistes » entretiennent la confusion (4).

La cinquième posture est l’explication en terme du « virus externe ». Notre société serait victime d’une contamination venant uniquement de l’extérieur contre laquelle il faudrait désormais se prémunir. Elle débouche sur une logique de guerre à l’externe et sur une logique sécuritaire à l’interne. Elle est créatrice d’une spirale où la peur et le discours sur la menace externe suscite une demande d’interventions militaires à l’extérieur et de limitation des libertés à l’interne. Susciter une demande pour ensuite y répondre est un mécanisme classique des périodes historiques réactionnaires. L’absence de mouvement anti-guerre dans notre société est le signe que cette posture est largement répandue. Or comme la précédente, elle conduit d’une part à l’abandon de la recherche des causes et d’autre part au sentiment d’impuissance (5).

Il reste la posture matérialiste ne renonçant pas à comprendre le monde et encore plus quand il prend des orientations régressives et meurtrières. Minoritaire dans le contexte actuel, cette posture est pourtant la seule susceptible d’une reprise de l’initiative progressiste. Elle suppose de recontextualiser les événements (et encore plus lorsqu’ils prennent des formes dramatiques) dans les enjeux économiques, politiques et sociaux. Elle nécessite la prise en compte des intérêts matériels qui s’affrontent pour orienter notre demande et qui produisent des conséquences précises. Elle inscrit les comportements individuels comme étant des résultats sociaux et non des essences en action. Elle prend l’histoire longue et immédiate comme un des facteurs du présent. Elle peut certes se tromper en occultant par méconnaissance une causalité ou en la sous-estimant, mais elle est la seule à permettre une réelle action sur ce monde.

Dans un monde marqué par la violence croissante sous toutes ses formes, le renoncement à la pensée nous condamne pour le mieux à une posture de l’impuissance et pour le pire à la recherche de boucs-émissaires à sacrifier sur l’autel d’une réassurance aléatoire.

Une offre de « djihadisme » qui rencontre une demande

Il existe une offre de « djihadisme » à l’échelle mondiale et nationale. Elle n’est ni nouvelle, ni inexplicable. Elle a ses espaces de théorisations et ses Etats financeurs. L’Arabie Saoudite et le Qatar entre autres, pourtant alliés des Etats-Unis et de la France, en sont les principaux (6).

Ces pétromonarchies appuient et financent depuis de nombreuses années des déstabilisations régionales dont elles ont besoin pour maintenir et/ou conquérir leur mainmise sur les richesses du sol et du sous-sol du Moyen-Orient. Cette base matérielle est complétée par un besoin idéologique. Elles ont besoin de diffuser une certaine vision de l’Islam pour éviter l’émergence et le développement d’autres visions de l’Islam progressistes et/ou révolutionnaire qui menaceraient l’hégémonie idéologique qu’elles veulent conquérir. Plus largement les pétromonarchies sont menacées par toutes les théorisations politiques qui remettent en cause leur rapport aux grandes puissances qui dominent notre planète : nationalisme, anti-impérialisme, progressisme dans ses différentes variantes, communisme, théologie de la libération, etc.

C’est à ce double niveaux matériel et idéologique que s’opère la jonction avec la « réal-politique » des puissances impérialistes. Elles aussi ont un intérêt matériel à la déstabilisation de régions entières pour s’accaparer les richesses du sol et du sous-sol, pour justifier de nouvelles guerres coloniales en Afrique et au Moyen-Orient, pour supplanter leurs concurrents, pour contrôler les espaces géostratégiques et pour balkaniser des Etats afin de mieux les maîtriser. Elles aussi ont un besoin idéologique de masquer les causes réelles du chaos du monde c’est-à-dire la mondialisation ultralibérale actuelle. Il n’y a aucune amitié particulière entre les classes dominantes occidentales et les pétromonarchies et/ou les « djihadistes », mais une convergence relative d’intérêts matériels et idéologiques. Comme le soulignait De Gaulle pour décrire la réal-politique : « Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ». C’est cette réal-politique qui a conduit dans le passé à présenter les « djihadistes » en Afghanistan comme des combattants de la liberté et qui conduit un Fabius à dire aujourd’hui : « El Nosra fait du bon boulot ».

Mais se limiter à l’offre ne permet pas de comprendre l’efficacité actuelle du phénomène. Encore faut-il expliquer le fait que cette offre rencontre une « demande ». Nous disions plus haut que cette offre n’est pas nouvelle. Nous l’avons-nous même rencontrée dans les quartiers populaires, il y a plus de trois décennies. Simplement à l’époque, elle ne rencontrait aucune « demande ». Nous pensions à vivre, à nous amuser, à militer et à aimer et regardions ces prédicateurs comme des allumés. C’est la raison pour laquelle il faut se pencher sur les processus d’émergence et de développement de cette demande « made in France ». A ce niveau force est de faire le lien avec les processus de paupérisation et de précarisation massive qui touchent les classes populaires. L’existence avérée de candidats « djihadistes » non issus de familles musulmanes souligne que c’est bien l’ensemble des classes populaires qui sont concernés par ces processus conduisant les plus fragilisés de leurs membres à sombrer dans des comportements nihilistes. Force également est de faire le lien avec les discriminations racistes systémiques et institutionnelle qui abîment des vies pour nos concitoyens noirs, arabes et musulmans. Force enfin est de prendre en compte dans l’analyse les effets des discours et pratiques islamophobes qui se sont répandus dans la société française et qu’il de bon ton de relativiser, d’euphémiser, voir de nier. Ce sont l’ensemble de ces processus qui conduisent à l’émergence du nihilisme contemporain.

Enfin la vision méprisante des habitants des quartiers populaires comme « sous-prolétariat » incapable de penser politiquement conduit à sous-estimer le besoin du politique dans les classes populaires en général et dans leurs composantes issues de l’immigration post-coloniale en particulier. Ces citoyennes et citoyens observent le monde et tentent de le comprendre avec les grilles disponibles dans une séquence historique donnée. Ils et Elles ne peuvent que constater que des guerres se multiplient et que l’on trouve des financements pour le faire alors qu’on leur serine que les caisses sont vides. Elles et ils ne peuvent qu’interroger la soi-disant nécessité urgente d’intervenir en Irak, en Afghanistan, en Syrie, en Lybie, en Côte d’Ivoire, au Mali, etc. et à l’inverse la soi-disant nécessité urgente à soutenir l’Etat d’Israël en dépit de ses manquements à toutes les résolutions des Nations-Unies. Tous ces facteurs conduisent pour la majorité à une révolte qui cherche un canal d’expression et pour une extrême minorité à l’orientation nihiliste.

A ne pas vouloir comprendre qu’un monde immonde conduit à des actes immondes, on constitue le terreau de la rencontre entre l’offre et la demande de nihilisme.

Notes :

1) http://www.atlasinfo.fr/Charlie-Hebdo-Ivan-Rioufol-somme-les-musulmans-de-se-desolidariser-de-l-attentat-Rokhaya-Diallo-en-larmes_a58395.html

2) Voir sur ce sujet : Jocelyne Cesari, l’Islam à l’épreuve de l’Occident, La Découverte, Paris, 2004.

3) Sur la rencontre entre le contexte social et effets fragilisant sur les trajectoires individuelles voir Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, Le Seuil, 1952.

4) Luc Boltanski, Enigmes et complots. Une enquête à propos d’enquêtes, Gallimard, Paris, 2012.

5) Voir notre article avec Yvon Fotia « Discrimination systémique » , Dictionnaire des dominations de sexe, de race, de classe, Syllepse, Paris, 2012.

6) David Benichou, Farhad Khosrokhavar, Philippe Migaux, Le jihadisme, comprendre pour mieux combattre, Plon, Paris, 2015. Et Richard Labévière, Les dollars de la terreur, Les Etats-Unis et l’islamisme, Grasset, Paris, 1999.

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   Posté le 16-11-2015 à 23:28:49   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La position de Communistes :

Notre Parti s’incline devant les victimes du lâche attentat perpétré le 13 novembre. Nous partageons le deuil des familles si durement éprouvées et celui de leurs proches.
Nous condamnons cet attentat contre le peuple. Les coupables doivent être rapidement identifiés, jugés et condamnés.
La France vit aujourd’hui une tragédie qui frappe tout notre peuple.
Une fois de plus Hollande appelle tous les partis politiques à une « Union Natio-nale ». Du PS aux Républicains, du Front National aux Verts et du Front de Gauche, tous sont d’accord pour renforcer la participation de la France aux interventions militaires en Syrie et au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis, de l’Europe. Dans cette guerre, les USA, la France, l’Europe, la Russie et des pays de la Région comme Israël, la Turquie, L’Iran, le Qatar, les pays du Golfe, s’affrontent pour la domination de cette région.
L’objectif de ces interventions est d’assurer le partage et la domination de toute la région. Il n’y a aucune place pour l’émancipation des peuples.
Cette politique conduit inévitablement à l’aggravation de la guerre dans cette région avec ses destructions massives et ses populations chassées de leur pays. Elle conduit à l’aggravation de l’insécurité dans le nôtre. Une telle situation est utilisée pour renforcer encore les mesures liberticides. Ce n’est pas en muselant les libertés démocrati¬ques que l’on assure la sécurité.
La seule issue positive pour la France, c’est qu’elle joue le rôle qui devrait être le sien, pour établir la paix au Moyen-Orient en permettant aux peuples de cette région de décider de leur avenir.
Nous dénonçons « l’Union Sacrée » qui veut rassembler les exploiteurs, les grands industriels et financiers, le gouvernement et les partis à leur service et celles et ceux qu’ils exploitent : les travailleurs et le peuple. Cette démarche vise à camoufler les vraies responsabilités. Dans le capitalisme, il ne peut pas y avoir d’union entre les exploiteurs et les exploités. Les multinationales dans la course effrénée aux profits, dans la conquête de richesses nouvelles aidées en cela par les gouvernements successifs sont les premiers responsables de la situation en France et dans les pays agressés.
Nous appelons les travailleurs et le peuple à développer la lutte pour imposer la paix au Moyen-Orient. Il y a urgence.
Paris le 16 novembre 2015

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   Posté le 16-11-2015 à 23:45:51   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La situation évolue rapidement avec la révision de la Constitution pour créer "un régime civil d'état de crise" .
La lutte contre le terrorisme sert de prétexte car l'intervention militaire de la France vise avant tout à chasser Bachar et renverser le régime sans demander l'avis du peuple syrien, comme les bombardements qui se font au mépris du droit international.

En France la lutte contre le terrorisme sert à quadriller les rues tout en faisant mine de rechercher des armes dans les caves des barres d'immeuble. Avec 168 perquisitions la police n'a trouvé que 31 armes et procédé à 28 interpellations. On se doute que des terroristes ne vont pas planquer des armes dans un quartier sensible au lendemain d'attentats.
En fait ce sont les libertés individuelles, le droit de réunion qui sont menacés.

On notera que pour la première fois s'est exprimée devant le congrès la proposition de travailler "avec les gouvernements".

Sur les attentats proprement dits on observe que celui du stade de France est un échec puisque les terroristes n'ont pas pu pénétrer à l'intérieur du stade, ni même intervenir au moment de l'ouverture, lorsque le public était nombreux.
Par ailleurs les attentats présentent une différence importante avec celui de Charlie Hebdo, puisque les cibles n'avaient pas de signification politique à l'exception du Bataclan.
Le déchaînement de violence de Daech à l'étranger correspond à une déstabilisation sur le terrain et n'a pas d'écho de sympathie.


Edité le 17-11-2015 à 00:02:19 par Xuan




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une image à faire circuler...



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L'émancipation des ouvriers sera l'œuvre des ouvriers eux-mêmes
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   Posté le 18-11-2015 à 00:21:07   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Merci pour ta contribution Gorki.

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   Posté le 18-11-2015 à 00:25:44   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

UNe contribution de Gilbert Remond et plusieurs courriers :


Les jours passent et" l'ébriété guerrière" loin de retomber, nous engage encore d'avantage dans l'état de guerre.
Guerre avec une partie du monde que l'empire nous désigne sous l'espèce des états terroristes (l'empire romain naguère disait "les barbares" pour mieux les disqualifier) guerre intérieures, où nous retrouvons encore les signes monstrueux de l’hydre a têtes multiples sous nos propres fenêtres, dans nos quartiers, dans nos familles peut être? . Nous sommes mis de force sous la perfusion de l’émotionnel.
Tout un armada de commentateurs a revêtu la blouse des soignants pour nous prescrire les bonnes thérapies, celle du choc qu'évoquait Noamie Klein dans ces lignes " Un traumatisme collectif, un coup d'état, une catastrophe naturelle, une attaque terroriste, plonge tout un chacun dans un état de choc. c'est ainsi qu'après le choc, tel un prisonnier dans un interrogatoire, nous redevenons des enfants désormais plus enclin à suivre les leader qui prétendent nus protéger.
Milton Freidman, le prix Nobel d'économie de 1976 aux théories ultra-libérales, comprit très tôt ce phénomène et conseilla aux hommes politiques proches de ses idées d'imposer immédiatement après une crise des réformes douloureuses et impopulaires ( privatisations effrénées de l’école à la santé avant que les gens n'aient le temps de se ressaisir.
Il qualifiait cette méthode de traitement de choc, c'est-a-dire préparer le terrain a des réformes radicale de libération des marcher", nous prescrire ce qu'il faut dire ce qu'il faut lire, ce qu'il faut penser. Marcon la coqueluche des parisiens bon chic bon genre auto désignés par la communication élyséenne, son premier ministre libéral autoritaire et leur président va-t'en guerre, ne pouvaient pas mieux rêver. Depuis quelques jours cependant la résistance intellectuelle a ce déferlement de propagande partisane s'organise sur internet et un peu partout dans les organisations .

Je vous donne dans ce courrier un échantillon d'articles et de communiqués qui permettent de donner le change et de penser l'évènement.

Du monde diplo en passant par les blogs amis, nous pouvons disposer de tout un matériel. Il est conséquent. L'envoie est sans doute un peu lourd mais je n'ai toujours pas compris comment faire les liens avec windows 8. Vous voudrez bien m'en excuser. Cela dit nous voyons qu'existe un arc possible pour un rassemblement .
Tous ne le disent pas de la même manière, les analyses prennent le chemin des histoires politiques propre a chacun, mais elles ont en ordonnée suffisamment de variantes commune pour ne pas décourager des interprétations convergentes. Elles doivent nous encourager a poursuivre le débat et a rechercher des actions pour notre unité. je vous souhaite bonne réception et bonne lecture.

Amicalement

Gilbert Rémond


____________________________



Le texte qui suit a été publié par Pierre Alain Millet sur le site faire vivre le PCF au lendemain des attentats. Il a donc été écrit à chaud à partir toute fois d'une documentation que je lui avais fait parvenir, la même que celle que je vous avais adressé il y a deux jours. J'ai pour ma part dit clairement je que je pensais hier de l'union nationale et de ses caractéristiques de tables gigognes ou de poupée russe si l'on préfère, à savoir" Il faut condamner avec fermeté ces fascistes, ne pas tomber dans le piège qu'ils nous tendent, celui de la haine communautaire et de la guerre civile, mais il faut le faire en prenant garde de ne pas nous faire embarquer dans les amalgames commodes, les appels à l'unité national gigognes et l’obtention de blanc seing pour continuer les politiques d'interventions coloniales que mène la France dans le sillage de l'OTAN". Malgré cela, les mythes ont la vie dure chez nos camarades en particulier celui qui concerne l'union anti fasciste porté par le conseil national de la résistance et son programme.

Il y a cependant dans ce texte des éléments d'analyses qui sont positifs en particulier sur les responsabilités qui ont conduits à ce carnage. Il faut s'appuyer sur eux pour tirer les camarades vers des jugements qui s'inscrivent dans la réalité de la lutte de classes d'aujourd'hui, car nous comprenons bien que lorsque certains au parti socialiste veulent nous refaire le coup de Chirac contre Le Pen et que comme dans le cas de Valls ils avaient déjà été approchés pour être les ministres d'ouverture de Sarko que nous nous trouvons dans une perspective dont les lignes de fuite nous préparent a nous mettre sous le patronage politique des forces du grand capital.

Ce qu'il vient de se passer est une occasion bien trop tenante pour qu'ils ne la laisse pas passer. Je ne crois pas comme PAM que nous pourrons compter sur les forces de l'appareil d'état pour mener une lutte déterminé contre le fascisme, mais c'est déjà un acte politique important de pouvoir désigner les auteurs de l'attentat comme étant des adversaires fascistes. Il faut pouvoir qualifier une situation a sa juste mesure pour pouvoir ensuite organiser la défense . Il faut surtout bien l'identifier pour lutter contre les divisions dans la classe ouvrière et dans les catégories populaires que nos adversaire de tout temps essaient de provoquer pour assurer leur domination. Les identitaire ont tout de suite pris la relève, et ont su mettre le doigt ou la faille pouvait s'élargir.

L'islamisme est le faux nez de l'impérialisme, dans son expression concrète ceux qui l'utilise fonctionnent comme les fascistes de tous les temps,raison de plus pour ne pas semer la confusion et ne pas leur donner la possibilité d'étendre leur idéologie malgré eux, à tous ceux qui se réclame de l'islam et que le terme islamiste désigne mécaniquement dans son enveloppe sémantique.
j'entends ici de la" ce texte n'est pas de mon camp".( il s'agit dans ce prédicat de désigner celui de la classe ouvrière). Il ne fait pas apparaitre la dimension de classe. Je pense qu'en effet il n'ouvre pas la perspective qu'attendent les impatiens et pures et dure du marxisme léninisme, en tous cas pas, du point de vu des objectifs immédiats qu'il se donne pour tache de régler. Cela ne veut pas dire qu'il n'est pas de ce camp. Il l'est de manière plus subtile, parce qu'il procède d'une démarche a plusieurs coups qui engage des alliances et des priorités, dans des moments différenciées, sans abattre d'un coup toute les cartes. Mais Je pense aussi que la manière dont ces moments sont esquissés, soulignent une méthode et une culture politique, qui restent liée a une époque et a une démarche.

Il s'agit de celle du CNR revisité par celle du programme commun. La critique n'en est toujours pas faite quand au fond. Nous restons d'une certaine manière encore embarrassés par le manque de questionnement sur ces périodes de notre histoire et sur les impasses où elles nous ont laissé. Nous n'avancerons pas tant qu'une réflexion ne sera pas engagée sérieusement sur ces deux périodes et que nous ne sortirons pas de la fausse perspective donnée en forme d'excuse, des acquis q'elles nous ont permis d'obtenir, comme s'ils avaient été en soit leur propre fin. Il nous faudrait pour regarder cette période, la reprendre du point de vu de la stratégie a laquelle leurs démarches présidaient, à savoir, à celle de la prise du pouvoir par les classes populaires et leurs organisations.

En même temps puisque nous sommes convié par certaines des critiques adressé a ce texte sur ma page facebook, il nous reste a définir ce que sont les intérêts de" la classe" et de leur donner un contenu dicible et entendable. Marx dans le manifeste du parti communiste ne les présentait pas comme ceux relevant d'une chasse gardé qui exprimeraient un point de vu égoïste. Il présentait la classe ouvrière comme la classe universaliste. Celle dont les intérêts ne lèsent personne et dans lesquels les autres classes devaient pouvoir se reconnaitre de sorte a dégager des alliances. C'est a mon avis ce point de vu qui travaille le texte de Pierre Alain mais qu'il ne parvient a exprimer que du point de vu national, sans prendre en compte de manière explicite la nature de l'état bourgeois et de sa fonction répressive au service de la classe dominante.

C'est a mon avis de ce point de vu que quelque chose devrait être à reprendre. Althusser avait commencé a poser ce problème dans ses textes sur les appareils d'état et les appareils idéologiques d'état. Sa réflexion qui rencontrait un écho important dans le parti et en dehors a été stoppé avec l'abandon de la dictature du prolétariat. Comme il l’annonçait dans son texte "qu'est-ce qui ne peut plus duré dans le parti", nous voyons bien qu'alors quelque chose d'essentiel nous coupait de la démarche qui avait conduit a création au congrès de Tours d'un parti communiste. Le cordon ombilicale était coupé pour une mue qui allait immanquablement nous conduire vers une défaite profonde du mouvement populaire, une défaite dont nous pourrons nous relever que si nous reprenons l'ouvrage là ou il a été laissé, en relevant les concepts abandonnés et les problématiques qu'ils habillaient .

La question de l'état est essentielle. Elle se rappelle à nous sous l'espèce de "l'état d'urgence" aujourd'hui. Oui le politique est entièrement déterminé par ce réel et nous mesurons avec ce qui nous arrive, que la démocratie en est complètement dépendante. L'état dans certaines circonstances peut la suspendre. Il en a d'ailleurs les moyens institutionnels et constitutionnels. Il ne doit alors de compte qu'a lui même. Questionner ce point qui nous en amène a un autre que Marx et Engels avaient pourtant abordé parce qu'ils le considéraient incontournable:" le rôle de la violence dans l'histoire".

Gilbert Rémond


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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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   Posté le 18-11-2015 à 00:37:05   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un crime de guerre, une guerre contre le fascisme
7 janvier (Paris), 18 Aout (Nigeria), 10 octobre (Ankara), 1 novembre (avion russe), 12 novembre (Beyrouth), 14 novembre (Paris)

Comme des millions de Français, regardant la fin du match, j’ai découvert stupéfait l’horreur de ce qui n’est plus un attentat, mais bien un acte de guerre, et même un crime de guerre, car dans la guerre, la tuerie de civils est un crime. Comme des millions de Français, j’ai cherché à avoir des nouvelles de mes proches habitant en Ile de France, et passé une partie de la nuit à suivre les informations qui décrivaient une véritable tuerie.

Il faut dire d’abord la stupeur et l’émotion, les pensées pour les victimes et leurs proches, et ce constat douloureux que ces crimes de guerres ne sont pas au loin, dans des pays "dangereux", mais bien désormais chez nous et partout...

Rappelons-nous cette année commencée par 16 morts à Paris le 7 janvier, 50 morts au Nigeria le 18 Aout, 120 morts à Ankara le 10 octobre, 224 morts dans l’avion russe le 1er novembre, 43 morts à Beyrouth le 12 novembre, et en permanence, en Syrie, en Irak, au Yemen, au Koweit, en Lybie et ailleurs, la même horreur.

Oui, il s’agit d’une guerre, et il faut donc désigner clairement l’ennemi, celui qui choisit la guerre, et le pire de la guerre. Parler de terrorisme est insuffisant. Parler d’islamisme ou d’intégrisme est une erreur. Car partout au moyen-orient, ce sont des musulmans qui sont victimes, dont de nombreux pratiquants qui pourraient être qualifiés d’intégristes. Et on sait que des occidentaux élevés dans le système scolaire européen jouent un rôle clé dans l’état islamique ou Al Qaida. Pour désigner des forces politiques qui choisissent la violence contre les civils comme mode d’action, il existe une histoire et un mot sans ambiguïté. Ce sont des fascistes ! Et face au fascisme, il faut organiser le rassemblement le plus large, et donc lever tous les amalgames, toutes les confusions qui créent les conditions des divisions, du repli communautaire.

Oui, il s’agit d’une guerre, mais les guerres ne prennent jamais la forme que prévoyaient les militaires. Cette guerre est une guerre mondialisée, une guerre sur tous les terrains, et comme toute guerre, elle suppose une logistique particulière, adaptée aux réseaux qui doivent être financés, approvisionnés, non pas à travers des terrains conquis, mais à travers le monde entier. Plus que jamais, la première arme de défense est le renseignement pour identifier ces réseaux et leurs financements. Et quoi que chacun pense des politiques étrangères occidentales ou du rôle de l’OTAN, les Français peuvent exiger tous ensemble que l’état impose la rupture de tout financement des terroristes à nos "partenaires" du golfe, de tout échange économique, notamment de pétrole avec Daech. C’est le seul sens et c’est la condition de cette "unité nationale" qui est demandée par le gouvernement. Oui, nous devons être unis pour gagner cette guerre contre ces fascistes.

Nous devons aussi être unis au plan international. Il n’y a pas de "bons" terroristes quand ils attaquent le pouvoir syrien et de "mauvais" terroristes quand ils nous attaquent. Il n’y a pas de bombardements des bases terroristes justes quand ils sont le fait de l’OTAN, et mauvais quand ils sont le fait des russes ! La guerre contre le fascisme terroriste ne peut être gagnée que dans une logique internationale mobilisant l’ONU, combinant en permanence action militaire et de renseignement, avec l’action politique dans le respect des souverainetés nationales, avec enfin l’action pour le développement et le recul des inégalités. Cela suppose de sortir de la logique d’affrontement contre la Russie et les Brics, affrontement tant recherché par certains à l’Ouest. Cela suppose aussi de limiter la puissance des multinationales et de leurs intérêts propres dans les relations internationales

Sur tous ces sujets, la France doit montrer l’exemple, travailler réellement avec toutes les forces qui combattent le fascisme de Daech, sortir de toute politique militariste et atlantiste et reconnaitre le droit aux souverainetés nationales, retrouver le sens d’une France universelle, dans le sens du mouvement des non alignés pour sortir d’une logique d’affrontement des blocs, agir pour un monde réellement multi-polaire.
Devant les milliers de réfugiés morts en méditerranée ou parqués un peu partout de Grèce à Calais, ces attentats fascistes nous montrent ce que fuient ces familles qui se pressent vers l’Europe. Et la France comme les USA ont une responsabilité particulière sur ces réseaux que nous avons utilisés dans un jeu géopolitique qui se révèle meurtrier. Non, ils ne faisaient pas "du bon boulot sur le terrain en Syrie".

Avant que ne se construise l’unité dans le combat anti-fasciste des années 30, il y a eu beaucoup de débat sur ce qu’était le fascisme, de ceux qui préféraient Hitler au Front Populaire à ceux qui pensaient que le fascisme n’était rien d’autre que le capitalisme, ceux qui considéraient le nazisme moins important que l’affrontement avec l’URSS, et ceux qui attendaient son engagement. Mais nous avons l’expérience. Le diable se retourne toujours contre ses créateurs. Hitler mis au pouvoir par le système capitaliste face à la menace rouge a mis en cause le monde entier. C’est la même chose pour Daech.

C’est pourquoi il faut appeler à l’union la plus large contre le fascisme, dans la transparence sur les seuls objectifs de guerre légitimes. Faire cesser les attentats, isoler et réduire les réseaux terroristes, en commençant par les priver de tout soutien et financement.
Pierre Alain Millet" faire vivre le PCF"

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Parti Communiste Français Section de Paris 15ème
Atroces attentats de Paris : non au terrorisme, non à la guerre, ici et là-bas !


http://pcf-paris15.over-blog.com/2015/11/atroces-attentats-de-paris-non-au-terrorisme-non-a-la-guerre-ici-et-la-bas.html

EDT pour Vivelepcf, 15 novembre 2015
Comme tout le monde ou presque, après les horribles attentats du 13 novembre à Paris, communistes, nous avons eu peur que certains de nos proches se trouvent parmi les victimes. Notre première pensée est allée aux blessés, aux familles des tués auxquelles nous adressons nos condoléances.
Comme tout le monde ou presque, nous condamnons formellement ces actes odieux et cruels qui nous révulsent d’autant plus qu’ils sont lâches et aveugles, revendiqués par un discours obscurantiste de haine.
Comme tout le monde ou presque, nous saluons l’efficacité de l’ensemble des services publics, notamment des hôpitaux publics, et le dévouement des personnels.
S’il peut y avoir un consensus politique dans le pays après ces attentats, pour nous, il s’arrête là, au deuil national.
Nous n’acceptons pas que le développement d’un climat de peur soit utilisé pour étouffer le débat public indispensable sur plusieurs questions.
Nous dénonçons d’abord tous les politiciens qui récupérèrent le drame pour attiser les peurs, les divisions et les haines. Les propos venimeux des Vauquiez, Le Pen ou De Villiers, en particulier, suscitent notre écœurement dans ces circonstances. Nous ne les laisserons pas associer scandaleusement et insidieusement une partie de la population de France aux criminels et montrer du doigt les réfugiés. Ces derniers fuient justement le terrorisme quotidien de la guerre.
L’émotion ne nous conduira pas non plus – tout au contraire – à nous ranger, sous quelque appel à « l’union sacrée », derrière la politique guerrière poursuivie par le gouvernement français.

Le premier ministre Valls ne cesse d’asséner depuis des semaines que la France est en guerre, de justifier les bombardements en Irak et en Syrie et leurs terribles effets collatéraux au nom de la « légitime défense » devant les attentats terroristes sur le sol national. On ne peut pas faire plus incendiaire pour nourrir l’engrenage de la violence et fournir aux terroristes une justification politique de leurs actes.

La politique extérieure guerrière de la France, surtout depuis 2007, porte une lourde responsabilité dans le développement de forces politiques et militaires obscurantistes et terroristes. Avant 2007 – on se souvient du refus de Chirac de suivre les Etats-Unis dans la destruction de l’Irak - l’impérialisme français semblait plutôt en retrait sur l’agressivité de l’OTAN et de l’impérialisme américain. Depuis l’avènement de Sarkozy, puis sous Holllande, il semble en être devenu le poisson pilote. Personne ne peut nier que la liquidation de l’Etat libyen, soutenu par une bonne partie de la « gauche », a fait le nid de « l’islamisme » prétendument combattu. Depuis, l’armée française a été engagée à nouveau en Afrique. La diplomatie de Hollande et de Fabius s’est acharnée sur la Syrie.

Nous posons aujourd’hui, à nouveau, la question des intérêts économiques qui ont amené à ce changement dans la politique de l’impérialisme français, notamment celle des ventes d’armes aux dictatures du Golfe.
C’est maintenant évident aux yeux de tous : en bombardant en Irak et en Syrie, l’intervention des impérialismes américain et européens ne recherche pas un règlement des conflits. Elle a rééquilibré les forces des belligérants et perpétué la guerre. Elle s’inscrit maintenant dans le cadre d’une lutte d’influence avec la Russie plus que jamais sur fond de concurrence pour le contrôle des richesses énergétiques. Il est avéré qu’ils soutiennent tantôt l’une, tantôt l’autre des milices « islamistes ». Leurs alliés, les dictatures obscurantistes du Golfe, ou l’impérialisme turc se cachent à peine de soutenir Al Qaïda ou Daech.

Au lendemain des attentats de Paris, nous appelons plus que jamais à l’arrêt de la participation de la France à la guerre en Irak et en Syrie, à la cessation des bombardements français. Nous appelons aussi à une condamnation internationale par la France des Etats complices d’Al Qaïda et Daech, à des pressions et des sanctions sur l’Arabie Saoudite, le Qatar, autre sur la Turquie, pour assécher leur alimentation militaire et financière. Le règlement politique du conflit syrien passe notamment par la fin de toutes ces interventions extérieures.

MM. Hollande et Valls, vous n’arriverez pas à faire défiler une deuxième fois le peuple de Paris, choqué et outragé, derrière les dirigeants de dizaines d’Etats fauteurs de guerre et de dictatures !
Notamment depuis le 11 septembre 2001, les stratèges américains appliquent la théorie de la guerre permanente, la logique du développement de grandes peurs collectives, pour écraser la contestation politique et sociale du système capitaliste par un renforcement de l’appareil répressif, par un embrigadement idéologique des peuples. Nous appelons les travailleurs et l’ensemble du peuple de France à ne pas se laisser manipuler.

Bien évidemment, nous voulons que les auteurs du crime soient identifiés, retrouvés si certains ne se sont pas suicidés, que leurs commanditaires et complices soient aussi retrouvés, jugés et condamnés. Par définition, nous ne pouvons pas savoir si les services de renseignements français, services secrets, travaillent efficacement ou non.

C’est du ressort du gouvernement, comme l’organisation des moyens de police. Mais nous refusons que les derniers soient à nouveau le prétexte à la généralisation de mesures d’exception attentatoires aux libertés publiques sans lien réel avec la sécurité intérieure. Nous demandons la levée de « l’état d’urgence » décrété par le Président Hollande. Nous n’accepterons pas que soient interdites ou restreintes les manifestations sociales – comme celles qui étaient prévues cette semaine dans les hôpitaux parisiens, aux finances publiques et à Air-France notamment -, les réunions politiques. La justice sociale est aussi un facteur de paix, un des plus importants.

Pour la justice sociale, contre les logiques de division et de haine, contre l’engrenage de la guerre impérialiste, qui nourrit le terrorisme là-bas et ici, pour la solidarité internationaliste, pour la paix, communistes, nous réaffirmons notre engagement total, l’entière disponibilité de nos organisations pour les travailleurs et les populations.

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Attentats de Paris : la responsabilité écrasante de l’exécutif français


http://www.les-crises.fr/attentats-de-paris-la-responsabilite-ecrasante-de-lexecutif-francais/

Arrêt sur info.ch, le 14 novembre 2015.

La vague d’attentats sans précédent qui a touché Paris hier soir et qui aurait fait, selon un premier bilan, au moins 127 morts, est la conséquence directe de la politique étrangère menée par la France en Syrie et qui vise moins la lutte contre le terrorisme salafiste que la destruction de ce pays et le renversement du président Bachar-al-Assad.

Si plusieurs auteurs du carnage perpétré dans la salle de concert du Bataclan auraient déclaré, selon des témoins : « C’est la faute de Hollande, c’est la faute de votre président, il n’a pas à intervenir en Syrie » , il faut ici rappeler quelle a été la réalité de la politique française dans ce pays depuis le début du conflit en 2011.

La république française, comme le révèle le président François Hollande dans un entretien avec le journaliste Xavier Panon, a en effet fourni des armes aux « rebelles » syriens dés 2012. Par l’intermédiaire de la DGSE, ce sont des canons de 20 mm, mitrailleuses, lance-roquettes, missiles anti-chars qui auraient été livrés aux rebelles dits « modérés », en violation de l’embargo mis en place l’été 2011 par l’Union Européenne.

Un conseiller de l’Elysée admet également auprès de Xavier Panon :
« Oui, nous fournissons ce dont ils ont besoin, mais dans la limite de nos moyens et en fonction de notre évaluation de la situation. Dans la clandestinité, vous ne pouvez agir qu’à petite échelle. À moyens limités, objectifs limités. »

La France aurait également envoyé des forces spéciales sur le terrain destinées à la formation et au soutien opérationnel des combattants.

En mars 2012, treize officiers français ont ainsi été capturés par l’armée syrienne lors de la reprise du califat islamique instauré dans le quartier de Baba Amr à Homs par la brigade Al-Farsouq et Al-Waleed. Cette dernière a ensuite rejoint les rangs de l’Etat Islamique.

Le président Hollande, cité par le journal Le Monde a encore confié en août 2014 :
« Nous ne devons pas relâcher le soutien que nous avions accordé à ces rebelles qui sont les seuls à participer à l’esprit démocratique. »

Alors que le président Syrien Bachar-al-Assad a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’y avait pas de rebelles « modérés » sur le terrain, on peut s’interroger sur la véritable nature des groupes rebelles soutenus et armés par l’état français depuis 2012. Le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius a déclaré à ce propos en 2012 que le Front Al-nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, « faisait du bon boulot »
Une plainte de victimes syriennes des groupes rebelles a d’ailleurs été déposé à l’encontre du ministre français à ce sujet auprès du tribunal administratif de Paris pour « les fautes personnelles commises par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dans ses fonctions. »

Dans un rapport de 2012 l’agence de renseignement militaire américaine (DIA) avançait déjà que le soutien aux rebelles dits « modérés » profitait en réalité essentiellement à l’Etat Islamique.
Selon le directeur de l’agence, le général Flynn le soutien indirect des USA et de la coalition occidentale à l’Etat Islamique « était une décision intentionnelle ». Dans un précédent article sur le rôle trouble de la coalition occidentale en Irak et en Syrie, j’avais également pointé différents éléments factuels qui montraient le soutien et la collaboration opérationnelle de la Turquie, des états-unis et d’Israël avec différents groupes djihadistes.

Ces différents éléments montrent assez clairement que la coalition occidentale, dont fait partie la France, a mené une politique de soutien à divers groupes djihadistes en Syrie dans l’objectif de renverser le président Bachar-al-Assad, sous couvert de la fiction de l’aide apportée à des groupes fictifs de rebelles « modérés ».
La véritable nature de ces prétendus groupes rebelles a été récemment mise en lumière par l’intervention russe qui a entraîné un déchaînement de protestations de la part des chancelleries occidentales au motif que les frappes aériennes auraient visé les rebelles soutenus par l’Occident. Or, les groupes frappés par l’aviation russe appartenaient à l‘Armée de la Conquête, qui regroupe notamment le Front Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda et des groupes islamistes comme Ahrar al-Cham.

Il est malheureusement fort peu probable que le soutien de l’exécutif français aux groupes djihadistes en Syrie soit dénoncé à la lumière de cette vague d’attentats sans précédents, qui constitue pourtant son aboutissement logique et prévisible. Le chaos auquel a été réduite la Syrie et la prolifération des groupes djihadistes sont en effet le résultat direct de la politique étrangère française au Proche et Moyen-Orient.

Alors que lors des précédents attentats de janvier dernier, l’exécutif avait érigé le réseau Internet, qui aurait favorisé« l’auto-radicalisation » des terroristes, présentés à l’époque de manière mensongère comme des « loups solitaires », en boucs émissaires censés masquer les lacunes et les incompétences des services de renseignement et de sécurité français, et instauré des dispositifs de surveillance de masse des citoyens, cette politique visant essentiellement les libertés individuelles, a montré aujourd’hui son inanité. Il est pour autant fort peu probable que les responsables des services de sécurité, dont le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve – qui ont une fois de plus failli à leur mission – aient à rendre des comptes. Le gouvernement et la classe politique, à quelques exceptions près, se retranchent une fois de plus derrière l’émotion et l’injonction à « l’unité nationale ».

Pourtant, les mêmes qui aujourd’hui ont décrété l’état d’urgence et le rétablissement des contrôles aux frontières s’engageaient il y a quelques semaines à peine à participer à l’accueil des migrants syriens, au nom de principes humanitaires, et ce malgré les réserves de l’agence de coopération européenne Eurojust qui affirmait que le trafic clandestin entretenait des liens étroits avec les organisations terroristes en Syrie :

« C’est une situation alarmante parce que nous voyons clairement que le trafic est destiné à financer le terrorisme et que les passeurs sont utilisés parfois pour mener des infiltrations par les membres de l’Etat Islamique. »

Si comme le dit le président François Hollande, la France est « en guerre » aujourd’hui, elle le doit donc pour l’essentiel aux incompétences de l’exécutif et aux incohérences criminelles de la politique étrangère française qui a soutenu et armé les groupes djihadistes ayant plongé la Syrie dans le chaos…

Guillaume Borel
14 nov 2015

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“Les États occidentaux ne peuvent combattre le jihadisme en soutenant ses parrains pétromonarchiques !”, par Maxime Chaix

Source : Maxime Chaix – qui a durement travaillé ces dernières années pour nous alerter sur les graves dérives pro-islamistes de nos dirigeants…

http://www.les-crises.fr/les-etats-occidentaux-ne-peuvent-combattre-le-jihadisme-en-soutenant-ses-parrains-petromonarchiques-par-maxime-chaix/

Maxime Chaix, 13/11/2015 – Source : maximechaix.info
En deuil et en colère.
Depuis plusieurs années, j’ai pu comprendre, étayer et documenter le fait que les réseaux jihadistes sont non seulement des ennemis mortels des peuples à travers le monde, mais qu’ils sont aussi des forces clandestinement utilisées par les États occidentaux et leurs alliés du golfe Persique dans la satisfaction d’intérêts profonds inavouables. En mars dernier, dans un important article intitulé « L’État islamique, cancer du capitalisme moderne », Nafeez Ahmed avait résumé cette instrumentalisation récurrente de milices jihadistes par les principales puissances de l’OTAN et leurs partenaires afin de déstabiliser l’Afghanistan, la Bosnie, le Kosovo, la Libye puis la Syrie. Comme l’a souligné le journaliste Marc de Miramon dans L’Humanité en juillet 2015, « [p]our Alain Chouet, ancien chef du service de renseignements de sécurité à la DGSE, la “guerre de civilisation” et celle contre le “terrorisme” brandies par le gouvernement [français] comme par l’opposition de droite constituent une imposture qui en masque une autre, celle de l’alliance militaire entre les pays occidentaux et les parrains financiers du djihad. » Dans le contexte de cette interview, Alain Chouet désignait les pétromonarchies wahhabites, essentiellement l’Arabie saoudite et le Qatar, auxquelles la France vend des armements sophistiqués malgré leur soutien notoire aux principaux réseaux jihadistes – et pas seulement en Syrie. Soulignons-le : Monsieur Chouet est un ancien officier de renseignement qui a travaillé de nombreuses années en tant que chef du contre-terrorisme à la DGSE, les services secrets extérieurs français. Cet homme plus que tout autre sait de quoi il parle lorsqu’il affirme que nos « alliés » du Golfe sont « les parrains financiers du djihad ». Ainsi, son constat est aussi alarmant que révoltant en ce funeste 13-Novembre, dans notre France déjà meurtrie par les attentats de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher et de Montrouge.
En janvier 2015, à la suite de ces attentats abominables, j’avais écrit dans un élan de rage et de tristesse que « notre actuel ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a ouvertement soutenu en décembre 2012 le Front al-Nosra – c’est-à-dire la branche “syrienne” d’al-Qaïda. [À cette époque, cette organisation incluait Daech, ces deux factions s’étant séparées en avril 2013]. (…) [S]elon les informations du journal Le Monde, “la décision des États-Unis de placer Jabhat Al-Nosra, un groupe djihadiste combattant aux côtés des rebelles, sur leur liste des organisations terroristes, a été vivement critiquée par des soutiens de l’opposition [en Syrie]. M. Fabius a ainsi estimé, mercredi, que “tous les Arabes étaient vent debout” contre la position américaine, “parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot”. “C’était très net, et le président de la Coalition était aussi sur cette ligne”, a ajouté le ministre.” (…) Plus grave encore : en août 2014, le journal Le Monde a révélé que le Président Hollande avait ordonné aux services spéciaux français de livrer clandestinement des armes de guerre à des rebelles “modérés” en Syrie – ce qui est contraire à la Charte des Nations Unies [et à l’embargo sur les armes alors en vigueur]. Malheureusement, il s’est avéré [que, selon le Canard Enchaîné du 21 janvier 2015, la plupart] des armements livrés par les services français sont – d’une manière ou d’une autre – tombés entre les mains de groupes jihadistes, qui se réjouissent aujourd’hui de la vague d’attentats qui déstabilise la France en profondeur. » Et l’État français n’est pas le seul fautif dans ce fiasco syrien. Selon l’expert Joshua Landis, « entre 60 et 80 % des armes que les États-Unis ont introduites en Syrie [depuis 2011] sont allées à al-Qaïda et les groupes qui lui sont affiliés ».
À partir de l’année 2014, deux parlementaires de l’opposition ont successivement dénoncé le rôle trouble des services spéciaux français dans ce conflit, l’un d’entre eux ayant même déclaré en juin 2015 sur La Chaîne Parlementaire que « la France soutient al-Qaïda en Syrie ». En effet, d’après le député Claude Goasguen, « la France [appuie] des rebelles syriens, qui sont soi-disant des rebelles démocrates. (…) Qui a récupéré les rebelles syriens démocrates ? [Le Front] al-Nosra. Qu’est-ce que c’est qu’al-Nosra, al-Nosra c’est pas al-Qaïda ? (…) [C]ertains rebelles ont été récupérés par al-Qaïda avec des armes françaises[.] (…) Monsieur [le député (PS) Olivier Dussopt], nous continuons à fournir des armes à al-Nosra, par l’intermédiaire des rebelles syriens ! Je le dis, je l’ai dit à Monsieur le Drian en Commission de la Défense, je l’ai dit à Monsieur Fabius, comme tous les autres députés [sic]. Il va falloir éclairer tout ça ! L’attitude de la France en Syrie n’est pas nette ! » Comme je l’avais souligné à l’époque, ces révélations fracassantes du député Goasguen ont été quasiment ignorées par les médias français. J’avais également relevé le fait que ce « député LR accus[ait] l’actuel gouvernement de soutenir al-Qaïda en Syrie (Front al-Nosra), alors que la majorité précédente, dont il est issu, s’était accommodée du fait qu’al-Qaïda en Libye (GICL) avait été intégrée aux opérations de l’OTAN ! Voila à quel niveau notre État s’est abaissé, depuis quelques années, dans sa post-“politique arabe de la France”. Néanmoins, même en cas de changement de majorité, le prochain gouvernement continuera certainement de vendre des armements sophistiqués au Qatar et à l’Arabie saoudite – qui restent les principaux soutiens du jihadisme à travers le monde. »
Plus globalement, depuis le 11-Septembre, les intérêts profonds évoqués au début de cet article représentent un nombre inestimable de milliards de dollars de bénéfices pour différentes entreprises privées, principalement générés par la soi-disant « guerre “contre” le terrorisme ». Financées à perte par les contribuables occidentaux, ces interventions militaires catastrophiques et meurtrières ont engendré d’immenses profits pour les multinationales impliquées dans ce désastre mondial – tout en déstabilisant le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Asie centrale au point que les groupes extrémistes qui y sévissent aujourd’hui semblent inarrêtables. La catastrophe qu’a constitué jusqu’à présent cette soi-disant « guerre “contre” le terrorisme » est sans précédent : elle aurait tué au moins 1,3 millions de civils rien qu’en Irak et en « AfPak » depuis 2001, les foyers jihadistes se sont multipliés à travers le monde, et tant Daech qu’al-Qaïda semblent plus menaçants, fanatiques et enracinés que jamais. Affirmons-le clairement : dans le monde occidental, ce fléau jihadiste justifie des guerres à la légalité, à l’efficacité et à la légitimité douteuses, tout en accélérant un basculement autoritaire de nos États – ce qui s’est notamment traduit en France par la dangereuse « loi Renseignement ». À l’heure où j’écris ces lignes, le Président Hollande vient de décréter l’état d’urgence national, et nul doute qu’un durcissement sécuritaire majeur est en vue – sans parler d’une escalade militaire qui aggravera certainement ces conflits trop lointains et complexes pour que les citoyens s’y opposent. Au vu de l’échec retentissant de la « guerre globale “contre” le terrorisme », il serait peut-être temps de réfléchir collectivement à son utilité, au lieu de céder à la tentation de répondre à la violence par la violence.
Néanmoins, ces guerres auto-génératrices ne doivent plus masquer une réalité aussi cruelle que scandaleuse : depuis la fin des années 1970, des puissances occidentales majeures et leurs alliés du Golfe ont soutenu l’essor des principaux réseaux islamistes à travers le monde, que ce soit de manière directe ou non selon les circonstances et les acteurs concernés. En octobre 2015, après qu’une parlementaire états-unienne ait dénoncé sur CNN le soutien d’al-Qaïda par la CIA pour renverser Bachar el-Assad, un ancien officier de la CIA spécialisé dans le contreterrorisme m’a confirmé la collaboration de l’Agence avec cette nébuleuse terroriste pour faire tomber le gouvernement syrien. Récemment, j’ai étudié en profondeur l’implication massive et clandestinedes services spéciaux occidentaux et moyen-orientaux dans le soutien de réseaux jihadistes combattant le régime el-Assad, dont la branche « syrienne » d’al-Qaïda. Insistons sur ce point : cet engagement clandestin de l’Agence et de ses alliés contre le gouvernement syrien implique militairement la France. En effet, en la comparant à la guerre secrète de la CIA en Afghanistan, l’éditorialiste du Point Michel Colomès a récemment écrit que les « Américains et [les] Français, depuis l’entrée de la Russie dans la guerre syrienne, fournissent des armes à des islamistes réputés fréquentables. Ils ont la mémoire courte ». D’autres « islamistes réputés fréquentables » qui seraient revenus de Syrie sont-ils à l’origine de ces terribles attentats du 13-Novembre ? Il est encore trop tôt pour répondre à cette question, mais il est clair que ces terroristes ont agi de façon coordonnée selon un mode opératoire clairement militarisé et jihadiste – deux, voire trois kamikazes ayant actionné leurs bombes devant notre Stade de France, symbole de l’unité, de la liesse populaire et du rassemblement.
Dans notre pays meurtri par ce funeste 13-Novembre, le fait que le gouvernement français soutienne des jihadistes à l’étranger, et qu’il commerce sereinement avec leurs principaux parrains étatiques est grave, dangereux et inacceptable ! Aucune raison d’État, aucun intérêt supérieur, aucun impératif économique, diplomatique ou géopolitique ne peuvent le justifier. Ce constat doit susciter la mobilisation générale de tous les citoyens français. Nous devons faire pression sur notre gouvernement afin qu’il cesse d’armer et de soutenir les États qui répandent le fléau jihadiste à travers le monde depuis des décennies, au premier rang desquels l’Arabie saoudite et le Qatar. En effet, comme l’avait déclaré Alain Chouet dans l’interview citée au début de cet article, « ce que nous appelons “salafisme”, en arabe, cela s’appelle “wahhabisme”. Et là nous sommes à contre-emploi de manière systématique et dans toutes les situations d’affrontement militaire, puisqu’au Moyen-Orient, au Sahel, en Somalie, au Nigeria, etc., nous sommes alliés avec ceux qui sponsorisent depuis trente ans le phénomène terroriste. »
Mes chers compatriotes, je vous remercie d’envoyer massivement cet article au Président de notreRépublique, à nos élus et à votre entourage, puisque l’État français et ses alliés occidentaux ne peuvent combattre le fléau jihadiste en soutenant ses parrains du golfe Persique. Ils ne pourront pas non plus lutter efficacement contre le terrorisme s’ils appuient clandestinement des réseaux islamistes pour renverser des gouvernements étrangers, comme en Libye puis en Syrie. Mobilisons-nous pour mettre en échec ces politiques profondes dangereuses et inacceptables !
Maxime Chaix, 13/11/2015 – Source : maximechaix.info
15
nov
2015

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Après les attentats du 13 novembre
Ébriété guerrière
17 novembre 2015


Ébriété guerrière

« Etoiles » (un marché à Damas, en Syrie)
cc Christophe
Le 13 novembre 2015, une série de fusillades et d’explosions ont endeuillé Paris et Saint-Denis, provoquant la mort d’au moins 130 personnes. Les auteurs de ces attentats, souvent des jeunes Français musulmans, ont motivé leur acte en invoquant l’intervention militaire de leur pays en Syrie contre l’Organisation de l’Etat islamique (OEI, Daech en arabe). Deux jours plus tard, Paris a procédé à de nouveaux bombardements contre les positions de l’OEI en Syrie, principalement dans la « capitale » de l’organisation, à Rakka. Et, dorénavant, le gouvernement français comme l’opposition de droite s’accordent sur la nécessité de multiplier les « frappes » en Syrie. L’urgence de mener sur le front intérieur une « guerre » implacable ne les distingue pas davantage.
La seule question qui semble faire débat entre eux tient à la composition de la coalition internationale combattant l’OEI. Avec ou sans la Russie ? Avec ou sans l’Iran ? Avec ou sans le gouvernement syrien ? La politique étrangère française, dont le crédit a été largement atteint par une succession d’hypocrisies et de maladresses, paraît à présent se rallier à l’idée d’une alliance aussi large que possible. Une telle position est déjà celle que défendent l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, l’ancien premier ministre François Fillon et l’ancien ministre des affaires étrangères Alain Juppé. Tous exigeaient il y a encore quelques mois, ou quelques semaines, le départ préalable du président syrien Bachar Al-Assad ; tous y ont dorénavant renoncé.
Décidée de manière solitaire, sans débat public, sans participation autre que purement décorative du Parlement, dans un alignement médiatique conforme aux habitudes du journalisme de guerre, l’intervention militaire française soulève néanmoins plusieurs questions de fond.
L’existence d’une « coalition », tout d’abord : celle-ci est d’autant plus large que les buts de guerre de ses principaux membres diffèrent, parfois très sensiblement. Certains participants (Russie, Iran, Hezbollah libanais, etc.) veulent avant tout maintenir au pouvoir le régime de M. Al-Assad, bien que celui-ci soit détesté par une large partie de la population. D’autres (Turquie et Arabie saoudite en particulier), qui ont manifesté de la complaisance envers l’OEI jusqu’à ce que celle-ci se retourne contre eux, aimeraient s’assurer que M. Al-Assad va tomber. Comment imaginer que ce malentendu fondamental ne débouche pas sur de nouvelles convulsions dans l’hypothèse d’une victoire des alliés de circonstance contre l’OEI ? Faudra-t-il alors imaginer une nouvelle intervention pour séparer (ou pour détruire) certains des ex-coalisés ? Les atrocités de l’OEI sont largement documentées, y compris par l’organisation elle-même. Malgré cela, elle a été bien accueillie dans des régions sunnites d’Irak et de Syrie dont les habitants avaient été exploités ou tyrannisés par des milices chiites. Aussi éprouvés soient-ils par la férule qu’ils subissent en ce moment, ces habitants ne se sentiront pas forcément libérés par leurs anciens persécuteurs.
L’autre question fondamentale tient à la légitimité et à l’efficacité des interventions militaires occidentales par rapport même aux buts qu’elles s’assignent. L’OEI n’est que l’avatar un peu plus sanglant d’un salafisme djihadiste encouragé par le wahabbisme d’Arabie saoudite, une monarchie obscurantiste que les capitales occidentales n’ont cessé de dorloter. Au demeurant, à moins d’imaginer que l’objectif que visent à présent les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, etc., soit simplement de s’assurer que le Proche-Orient et les monarchies obscurantistes du Golfe demeureront un marché dynamique pour leurs industries de l’armement, comment ne pas avoir à l’esprit le bilan proprement calamiteux des dernières expéditions militaires auxquelles Washington, Paris, Londres, etc. ont participé, ou que ces capitales ont appuyées ?
Entre 1980 et 1988, lors de la guerre entre l’Iran et l’Irak, les pays du Golfe et les puissances occidentales ont largement aidé le régime de Saddam Hussein, en espérant ainsi affaiblir l’Iran. Objectif atteint au prix d’un million de victimes. Quinze ans plus tard, en 2003, une coalition emmenée par les Etats-Unis et le Royaume-Uni (mais sans la France) détruisait l’Irak de Saddam Hussein. Résultat, ce pays, ou ce qu’il en reste, est devenu un allié très proche… de l’Iran. Et plusieurs centaines de milliers de ses habitants ont péri, principalement des suites d’affrontements confessionnels entre sunnites et chiites. Pour que le désastre soit tout à fait complet, l’OEI contrôle une partie du territoire irakien.
Même scénario en 2011 quand, outrepassant le mandat d’une résolution de l’Organisation des Nations unies, les Occidentaux ont provoqué la chute de Mouammar Kadhafi. Ils prétendaient ainsi rétablir la démocratie en Libye, comme si ce souci avait jamais déterminé la conduite de leur politique étrangère dans la région. Aujourd’hui, la Libye n’est plus un pays, mais un territoire où s’affrontent militairement deux gouvernements. Elle sert d’arsenal, de refuge aux groupes terroristes les plus divers, dont l’OEI, et de facteur de déstabilisation régionale. Serait-il insolent de réfléchir quelques secondes — voire davantage — au bilan de ces dernières interventions occidentales avant d’en engager une nouvelle, dans l’enthousiasme général évidemment ? L’année dernière, à West Point, le président américain Barack Obama admettait lui-même : « Depuis la seconde guerre mondiale, quelques-unes de nos erreurs les plus coûteuses sont venues non pas de notre retenue, mais de notre tendance à nous précipiter dans des aventures militaires, sans réfléchir à leurs conséquences. »
Comme toujours, le discours de « guerre » se double d’un dispositif sécuritaire et policier renforcé. On sait à quels excès cela a donné lieu aux Etats-Unis. En France, il est déjà question de rétablissement des contrôles aux frontières, de déchéances de nationalité et de modification de la Constitution afin, comme vient de l’expliquer le président de la République, de « permettre aux pouvoirs publics d’agir contre le terrorisme de guerre ».
A l’évidence, nul ne saurait nier la nécessité d’une protection des lieux publics contre des actes de terreur, d’autant que les attentats coordonnés du 13 novembre viennent de témoigner d’une défaillance évidente des services de sécurité. Doit-on pour autant bricoler dans la hâte un nouvel arsenal de restriction des libertés individuelles, alors même que des lois « antiterroristes » n’ont cessé de se succéder, souvent durcies avant même d’entrer en application ? L’actuel climat d’affolement et de surenchère sécuritaire favorise par ailleurs les suggestions les plus inquiétantes. Ainsi celle d’incarcérer les « suspects » de djihadisme, ou de radicalisation, ce qui reviendrait à confier à la police et à l’administration le droit de rendre la justice, y compris pour décider unilatéralement des mesures privatives de liberté.
Après une série de crimes prémédités ciblant des lieux de loisirs et de sociabilité un vendredi soir, l’émotion de la population française est compréhensible. Mais les responsables politiques ont pour responsabilité de réfléchir aux motivations de leurs adversaires et aux dynamiques qu’ils engagent plutôt que d’enchaîner les rodomontades dans l’espoir éphémère de conforter leur popularité flageolante.
On en est loin.


Edité le 19-11-2015 à 23:23:14 par Xuan




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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
marquetalia
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   Posté le 18-11-2015 à 07:50:09   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Le plus grand gagnant dans la question de Daech sera au final Vladimir Poutine,qui va bientôt obtenir l élimination des 4000 combattants tchétchènes presents parmi les djihadistes,qui ne reviendront plus au Nord Caucase.reste a savoir si la Russie est prête à sacrifier Assad en échange.

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Xuan
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   Posté le 18-11-2015 à 11:56:39   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Qu'attendons-nous pour couper l'oxygène à l'Etat islamique, son approvisionnement en argent et en armes ?


Peter Mertens Président du PTB
http://www.levif.be/actualite/international/qu-attendons-nous-pour-couper-l-oxygene-a-l-etat-islamique-son-approvisionnement-en-argent-et-en-armes/article-opinion-434067.html

Le groupe terroriste Etat islamique ne dispose pas de fabrique d'armes. Quant à son pétrole, il doit bien le vendre à quelqu'un. Qu'attendons-nous pour couper l'oxygène à l'EI ? En fermant le robinet d'arrivée d'argent et d'armes, et en mettant fin aux liens avec l'Arabie saoudite. Tant que nous ne ferons pas cela, cette situation schizophrénique se poursuivra.



Oui, vendredi soir, je regardais le football. Je regardais des talents comme Kevin De Bruyne et Radja Nainggolan, issu du quartier anversois du Luchtbal. Je regardais le magicien du ballon Yannick Ferreira-Carrasco et son assist à Michy Batshuayi. C'était la planète Diables rouges, diverse et colorée, à l'image de notre pays. Et puis, avec l'incroyable nouvelle de Paris, ce fut un retour brutal sur la planète Terre. D'abord, on n'arrive pas à y croire. Ensuite, peu à peu, l'épouvantable réalité s'impose.

Ne laissons pas la haine et le terrorisme nous diviser

Stéphane Albertini, Jorge Alonso de Celada, Élodie Breuil, Ciprian Calciu, Manuel Colaco Dias, Patricia San Martin Nunez, Asta Diakite, Elif Dogan, Fabrice Dubois, Mathias Dymarski, Djamila Houd, Milko Jozic, Kheireddine Sahbi, Halima Saadi, Estelle Rouat et 114 autres jeunes et moins jeunes ont eu la vie arrachée par des fous déchaînés. Ces victimes sont Paris. Comme l'indiquent leurs noms, ils sont originaires d'Algérie, de Belgique, du Brésil, du Chili, de France, de Grande-Bretagne, du Maroc, du Mexique, du Portugal, de Roumanie, d'Espagne, de Tunisie, de Suède, de Suisse... Tous victimes de la même folie.

C'est au Stade de France, durant le match amical France-Allemagne, qu'ont retenti les premières explosions. Au début, on a cru à des pétards. Puis, ce fut le doute. Sur le terrain, dans l'équipe française, il y avait Lassana Diarra, coéquipier de Michy Batshuayi à l'Olympique Marseille. Pendant qu'il jouait au sein des "Bleus", sa cousine, Asta Diakite, a été assassinée par des lâches. "Asta Diakite a été pour moi un repère, un soutien, une grande soeur. Dans ce climat de terreur, il est important (...) de rester unis face à une horreur qui n'a ni couleur ni religion" a twitté le lendemain le footballeur international. Oui, les victimes de Paris représentent toute l'humanité, dans sa diversité. Ne laissons pas la haine et le terrorisme nous diviser. Car c'est précisément ce que veulent obtenir les organisations terroristes.

La récupération des attentats par l'extrême droite ne profite qu'à l'Etat islamique

La veille de l'horreur à Paris, les fanatiques de l'Etat islamique (EI) commettaient un attentat tout près de l'hôpital de Bourj al-Barajneh à Beyrouth, la capitale du Liban, faisant 37 morts et 200 blessés. A Beyrouth et à Paris, en à peine deux jours, il y a eu 168 morts et 550 blessés. Non, l'EI n'est pas seulement en guerre contre "l'Occident". Les fanatiques déments de l'EI sont convaincus que le combat final pour leur Etat sacré est proche. Ils sont en guerre contre chaque personne qui ne se plie pas à leur absurde doctrine. Les premières victimes de leur barbarie ont été des citoyens irakiens. Des chiites, alévis, Kurdes et yézidis ont été massacrés sur l'autel des salafistes djihadistes, après la déstabilisation de toute la région par la guerre illégale menée par les Etats-Unis en Irak. Et après que les troupes américaines du général Petraeus ont attisé pendant des années une sale guerre entre escadrons de la mort sectaires afin de diviser et d'affaiblir la résistance irakienne.

Des dizaines de milliers de personnes fuient la violence de l'EI. Ils fuient une région qui a été entièrement déstabilisée par les interventions étrangères et par une violence sectaire extrême. A quel degré de cynisme en est arrivée l'extrême droite pour rejeter la responsabilité de la violence commise ici par l'EI sur des gens qui ont fui la même violence de l'EI dans leur pays ? Celui qui rejette aujourd'hui la responsabilité du terrorisme sur "les réfugiés", celui qui attise encore davantage le feu de la haine et de la division joue précisément le jeu voulu par les barbares. La récupération des attentats par l'extrême droite profite en effet uniquement à l'EI : plus de division, plus d'exclusion, plus de radicalisation, moins de vivre-ensemble.

Mettre l'EI financièrement à sec

Le succès de l'organisation terroriste EI tient en grande partie à sa force financière. L'EI contrôle un territoire qui peut produire chaque jour 350.000 tonnes de pétrole brut. On estime que sa capacité de production est de 20.000 à maximum 50.000 barils. Mais ce pétrole doit bien évidemment être vendu. Et l'EI ne le vend pas à la planète Mars. Déjà en 2014, Jana Hybá¨ková, l'ambassadrice de l'Union européenne en Irak, signalait que certains pays européens achetaient de manière indirecte du pétrole provenant des champs pétroliers occupés par l'EI. Ce pétrole arrivait en Europe clandestinement en passant entre autres par la frontière turque. Et l'argent du pétrole constitue l'artère vitale de l'EI pour se fournir en armes, financer des camps d'entraînement, acheter la "loyauté" et - ce n'est pas sans importance - payer de hauts salaires. Car, religion ou pas, l'argent reste bel et bien l'argent. Durant l'été 2014, une partie des combattants d'Al-Nosra est ainsi passée à l'EI en raison des "hauts salaires". La vente de pétrole rapporterait à l'Etat islamique 360.000 dollars à 2 millions de dollars par jour.

Via des pays du Golfe persique comme l'Arabie saoudite, le Qatar, Les Emirats Arabes Unis et le Koweït, tous des alliés proches de nos gouvernements, il y a toujours beaucoup d'argent qui va aux groupes terroristes. Depuis le Qatar - pays qui a en plus été gratifié de l'organisation de la Coupe du monde de football -, les milliardaires du pétrole versent des sommes énormes aux salafistes djihadistes. En juin dernier, le Wall Street Journal écrivait : "Il est difficile pour les fonctionnaires occidentaux de faire en sorte que le Koweït et d'autres alliés du Golfe arrêtent leurs dons privés aux groupes djihadistes. Ces dons ont souvent offert un capital de départ à des groupes comme l'Etat islamique, encore avant que ceux-ci soient devenus suffisamment grands pour pouvoir contrôler des morceaux de territoire." Il y a quelques mois, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, déclarait : "Si on coupe l'oxygène, c'est-à-dire l'approvisionnement en argent et en armes, les parties belligérantes devront bien s'asseoir autour d'une table." Que ceci ne se soit pas encore produit défie toute imagination. En son temps, c'est sans problème que l'Iran avait été exclu du réseau de traitement d'opérations bancaires internationales SWIFT, basé dans notre pays. Les banques contrôlées par l'EI ont cependant continué à fonctionner pendant des mois sans aucun problème; et, même aujourd'hui, les flux d'argent formels et informels ne sont toujours pas entièrement stoppés (http://uk.businessinsider.com/heres-how-isis-keeps-up-its-access-to-the-global-financial-system-2015-3?r=US&IR=T).

Couper les liens avec l'Arabie saoudite

En mai dernier, avec toute la direction de l'entreprise portuaire d'Anvers, le bourgmestre Bart De Wever ne se tenait plus de joie et saluait en termes presque lyriques l'arrivée des Saoudiens dans le port de la métropole. Les Saoudiens déclarent en effet vouloir construire une usine de déchets de 3,7 milliards d'euros sur le dock Delwaide. Ils enverront quotidiennement à Anvers quatre bateaux chargés de déchets industriels d'Arabie saoudite afin de les transformer en ammoniaque et en urée. C'est un sale boulot, mais quelqu'un doit bien le faire, n'est-ce pas ? Que précisément l'Arabie saoudite soit depuis des années le plus grand financeur du djihadisme salafiste, le bourgmestre et la direction du port s'en contrefichent. Par ailleurs, le roi Philippe s'est encore rendu en janvier dernier en Arabie saoudite pour rendre hommage au défunt souverain Abdullah et serrer la main au nouveau roi Salman. François Hollande y était également, tout comme David Cameron.

" L'Arabie saoudite a continué à soutenir, à payer, à propager les prêcheurs de haine les plus extrémistes. Qu'y a-t-on fait ? Et qu'y fait-on aujourd'hui ? Rien. Les Etats-Unis et presque tous les gouvernements européens ont continué à soutenir l'Arabie saoudite envers et contre tout. Le pétrole, vous savez bien... Pour le pétrole, tous les principes tombent ", avais-je écrit en janvier dans un article d'opinion sur knack.be. (http://www.knack.be/nieuws/belgie/dubbele-moraal-ons-leger-zit-in-antwerpen-onze-armes-in-saoedi-arabie/article-opinion-526483.html). C'est bien connu, l'argent n'a pas d'odeur. Officiellement, l'Arabie saoudite lutte contre l'EI et ce pays soutient le programme antiterroriste des Nation unies. Mais ce n'est rien de plus qu'une façade. Tous les rapports continuent à montrer que les salafistes les plus radicaux continuent à recevoir du soutien idéologique et matériel du royaume saoudien. D'après un mémo d'Hillary Clinton publié par Wikileaks, les donateurs saoudiens constituent "la source la plus importante de soutien financier pour les groupes terroristes sunnites dans le monde" (sic). Il est plus que jamais important que les Etats-Unis et les pays européens, le nôtre compris, cessent cette politique de deux poids deux mesures et coupent leurs liens financiers et militaires avec l'Arabie saoudite. Maintenant.

Arrêter les livraisons d'armes

Dernièrement, la Suède a décidé de ne plus livrer d'armes à l'Arabie saoudite. Dans notre pays, la situation est totalement différente. Pendant la période de 1998 à 2012, la Belgique a livré des armes au royaume saoudien pour plus de 2 milliards d'euros. C'est ce qui ressort de la liste des licences d'exportation européennes. L'Arabie saoudite achète en moyenne un sixième de tout l'armement belge et est ainsi, après les Etats-Unis, le plus gros client de la Belgique. Il s'agit des armes produites par la FN en Wallonie, mais aussi des composants de haute technologie pour de plus grands systèmes d'armement produits en Flandre. En février dernier, des entreprises belges ont encore participé à un salon de l'armement à Abu Dhabi, la capitale des Émirats Arabes Unis, pour y recommander leurs marchandises aux acteurs de la région. Ces armes trouvent souvent le chemin de l'EI et d'autres organisations terroristes.

Le groupe terroriste EI ne possède aucune fabrique d'armes, et il doit donc bien aller chercher ses armes quelque part. Les djihadistes salafistes ont pu s'approprier énormément d'armes américaines en Irak. Mais ce n'est pas tout. Déjà en 2012, le New York Times faisait remarquer que les armes fournies par l'Occident aux rebelles syriens se retrouvaient surtout dans les mains de terroristes. Depuis, la situation s'est aggravée. En septembre dernier, les "rebelles modérés" formés par les Américains remettaient tout simplement leurs armes à la branche syrienne d'Al-Qaïda. Le 9 octobre dernier, la vice-ministre américaine de La Défense, Christine Wormuth, déclarait que les Etats-Unis ne vérifiaient même plus si les groupements qu'ils équipent en armements comptent des terroristes dans leurs rangs. Ils ne contrôlent que l'arrière-plan des dirigeants de ces groupes... Cela suffit ! Il n'y a aucune raison de ne pas décréter immédiatement une interdiction d'exporter des armes vers la région.

Réunissons enfin toutes les forces anti-EI

La soi-disant "lutte contre le terrorisme" proclamée par Bush remonte déjà à 14 ans, mais quelle personne sensée oserait parler de succès ? Les droits civiques ont été bafoués, l'armée est dans les rues (aucun attentat à Paris n'a d'ailleurs pu être empêché), nous avons été abreuvés de généralisations sur les musulmans, l'extrême droite a de nouveau le vent en poupe partout en Europe, nous avons assisté à une intervention après l'autre et des dizaines de milliers de gens sont en errance à cause de la guerre et de la violence. Et le résultat de tout cela n'a pas rendu le monde plus sûr. Pourquoi alors s'obstiner à maintenir une politique étrangère qui ne fonctionne pas ?

"La seule solution durable pour cette crise en Syrie passe par un processus politique inclusif dirigé par et avec les Syriens" : tel était le constat du Conseil de sécurité de l'ONU du 17 août. Cette prise de conscience devrait aussi devenir le fil rouge de notre politique étrangère. Il n'existe évidemment pas de formule magique pour anéantir l'EI. Après plus de quatre ans de guerre en Syrie, toutes les parties combattantes ont énormément de sang sur les mains. Mais, pour vaincre les djihadistes salafistes de l'EI, il est nécessaire de dialoguer avec tous les acteurs locaux. Il est absurde de ne pas avoir invité de Syriens aux discussions sur la Syrie à Vienne. Les Nations unies travaillent depuis des mois à une conférence pour la paix incluant les acteurs régionaux. Notre pays peut soutenir activement ce processus.

Pas de solutions faciles

Je suis tout à fait conscient que la lutte contre le terrorisme doit être menée à différents niveaux, que c'est un processus complexe. Je l'écrivais déjà en janvier dans knack.be : "Il n'existe malheureusement pas "solutions faciles " dans la lutte contre le terrorisme, et celui qui prétend cela nous jette de la poudre aux yeux. Il faudra travailler sur plusieurs plans, mais il est clair que la politique étrangère devra faire partie de la stratégie contre la terreur." Il y a donc beaucoup de travail à effectuer.

"En Europe, nous parlons de fermer les frontières, de limiter l'asile, de renvoyer des gens. Mais nous rendons-nous compte que nous parlons seulement des symptômes du vrai problème ? Le vrai problème, c'est que nous avons fait trop peu de choses pour éviter le chaos dans le monde arabe, et que nous l'avons en partie attisé" , écrivait la journaliste Caroline de Gruyter samedi sur le site néerlandais NRC (http://was.nrc.nl/handelsblad/2015/11/14/de-hoge-prijs-van-regime-change-in-syrie-1556137). Nous pouvons cesser d'attiser ce feu en modifiant notre politique étrangère. D'une part, en adoptant une approche globale pour contrer la division et le racisme et en oeuvrant pour une conférence de paix avec les acteurs régionaux. D'autre part, en asphyxiant l'EI par la fermeture du robinet d'arrivée d'argent et d'armes, et en mettant fin aux liens avec l'Arabie saoudite. Qu'attendons-nous encore ?

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
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   Posté le 18-11-2015 à 12:08:33   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Rassemblement des Cercles Communistes

http://www.facebook.com/rassemblementcommuniste.org/?fref=nf

Ce sont les guerres impérialistes qui créent les fanatiques terroristes!


Le Rassemblement des Cercles Communistes (RCC) présente toutes ses condoléances aux familles des victimes de la tuerie barbare qui a ensanglanté notre pays. Il tient à les ASSURER ainsi que l'ensemble des populations de notre pays de tout son soutien et de toute sa solidarité fraternelle. Il associe à ses condoléances les victimes un jour avant de Beyrouth et celles quotidiennes des populations africaines, irakiennes et syriennes victimes aussi des mêmes fanatiques assassins.

L'horreur s'est donc abattue sur les quartiers populaires de Paris et Saint Denis un jour après Beyrouth. Le massacre est revendiqué par les terroristes assassins de DAESH qui font exactement au quotidien la même chose en Irak et en Syrie. L'abomination que viennent de subir nos compatriotes est le quotidien que fuient les migrants réfugiés qui arrivent chez nous.

Les multiples groupes de terroristes fanatiques en Irak et en Syrie et ceux qui sévissent en Afrique sous les noms de Boko Haram, Mujao, Ansardine, Al Qaïda, etc., sont en réalité les mêmes financés par les théocraties des pétro-dollars (Arabie Saoudite, Qatar, Koweit, Barhein, Emirats Arabes) et armés par le complexe militaro-industriel et les firmes transnationales pétrolières comme EXON, BP, SHELL des USA, de l'UE et TOTAL de la France.

Mais pour comprendre pourquoi ces monstres fanatisés se "vengent" en tuant aveuglément partout les populations, et notamment à Paris, il faut se souvenir de Hollande appelant à la guerre contre la Syrie avant d'être laissé au milieu du guet par le vote du parlement britannique et le congrès US saisi par Obama. Fabius, le ministre des affaires étrangères encensait les assassins d'Al Nosra, la branche syrienne d'Al Qaïda, comme des "combattants de la liberté".

Les chefs d'Etat de l'UE et des USA savaient déjà à l'époque pour ne pas dire plus que des milliers d'enfants et de jeunes "jihadistes" de nos quartiers populaires constituaient une part importante des "jihadistes" qui semaient la désolation et la mort en Syrie et en Irak. Et c'est seulement lorsque le projet israélien, turc et des impérialistes US, anglais et français de guerre contre la Syrie a été mis en échec par la Russie, la Chine, l'Iran et les pays anti-impérialistes d'Amérique du Sud que le discours des gouvernants PS et de la droite a commencé à se préoccuper des "plus de 3000 jeunes jihadistes français en Syrie".

Tant qu'il s'agissait d'en finir avec le pouvoir laïc panarabe de Syrie, tout comme ils l'ont fait pour la Libye sous l'égide de l'OTAN avec la résolution de "no fly zone" du Conseil de Sécurité de l'ONU, les "jihadistes" étaient les alliés de nos gouvernants de droite et du PS.

Apprentis sorciers, ils fabriquent ainsi les monstres terroristes qui assassinent de l'Afghanistan dans les années 80, à l'Algérie dans les années 90, en Libye, au Mali, au Nigéria, au Cameroun, en Syrie, en Irak, puis aujourd'hui au Liban et à Paris et demain... ailleurs.

La stratégie cynique consiste à utiliser le chaos, la peur et la haine pour se lancer dans la "croisade contre les barbares" au nom des "valeurs de la civilisation occidentale". C'est ainsi que notre impérialisme français est en guerre en Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Mali, en Centrafrique, dans toute la bande sahelo-saharienne avec l'opération Barkhane qui signifie "dunes qui se déplacent au grè des vents", après l'avoir été en Côte d'Ivoire et en Libye.

Les jeunes fanatisés qui deviennent des meurtriers sont aussi produits par le laisser-faire dans nos quartiers populaires de l'embrigadement par l'argent des pétrodollars. Enrôlement facilité par le racisme islamophobe véhiculé à coups d'émissions télévisées, de discours racistes.

Ainsi, l'argent des salafistes, wahhabites, takfiristes des monarchies totalitaires du Moyen-Orient n'achète pas seulement les rafales, les Airbus, navires de guerres, le Paris Saint Germain, les stades de foot, mais sert maintenant à financer l'encadrement de la misère sociale et les victimes des discriminations racistes dans les quartiers populaires.
Les enfants du peuple sont ainsi condamnés à faire le circuit de la case ‘dealers’ puis de la case ‘prison’, ensuite pour certains de la case "jihadistes", avant de finir abattus ou explosés après avoir commis un carnage parmi les populations.

Cette décadence parasitaire guerrière de l'impérialisme US, de l'UE et de l'OTAN est bien entendu accompagnée d'une stratégie de la tension instrumentalisant à la fois l'émotion, la peur et le racisme islamophobe, rromophobe, négrophobe, arabophobe. C'est aussi le terreau politique qui propulse puis banalise l'extrême droite fasciste. C'est cela la fascisation à l'intérieur même des puissances impérialistes, lesquelles produisent aussi par leurs guerres extérieures le fascisme des terroristes fanatiques.

Cette stratégie guerrière de l'insécurité permanente n'a d'autre but que de diviser les travailleurs et les peuples confrontés à la régression sociale et à la broyeuse des conquêtes démocratiques. Les lois liberticides à l'instar du "patriot act" US servent ainsi à mâter toute résistance aux guerres coloniales et à la barbarie capitaliste-impérialiste.
Pour se débarrasser des monstres terroristes et des manipulateurs impérialistes et de leurs amis des pétrodollars, il faut l'unité du peuple pour battre les fascismes, stopper les guerres, faire échec à la régression sociale et renverser le capitalisme et l'impérialisme.

Le capitalisme en crise et son nouveau cycle de guerre impérialiste fabrique les deux faces d'une même médaille fasciste : les terroristes fanatiques religieux et les racistes islamophobes.

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