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 la "Voix des communistes" : deux fers au feu...

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Xuan
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   Posté le 06-03-2012 à 13:43:43   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Ci-dessous l'éditorial de la "Voix des communistes" n° 6 - 1er trimestre 2012
[Organe central du Rassemblement d'organisations communistes marxistes-léninistes]
"Pour la construction du Parti Communiste Révolutionnaire"


GESTIONS DE LA CRISE
L’ ALTERNANCE DROITE-GAUCHE : DEUX FERS AU FEU POUR
LA BOURGEOISIE


L a crise actuelle est une crise mondiale de surproduction. Tous les autres phénomènes de crise, la crise financière, la crise bancaire, la crise boursière, la crise de la dette, la crise de l’euro… sont des effets et non des causes de cette crise, même s’ils agissent en retour sur l’activité économique.

Le capitalisme, même globalisé et bénéficiant des techniques les plus modernes de prospective et de communication, est en effet incapable par nature d’harmoniser la production de marchandises et les besoins croissants de l’humanité.


Le capital n’a pas pour but, en effet, de satisfaire les besoins individuels et collectifs des hommes et des femmes. Son but c’est de réaliser le profit le plus élevé possible en taux et en quantité. Conduit par ce but et confronté à la concurrence, le capital est porté naturellement à réduire les coûts de production des marchandises et à en accroître la quantité qu’il escompte vendre. Sans vente, en effet, le profit n’est pas réalisé. C’est là le nœud de la question.

Quand les marchandises ne se vendent plus parce que les consommateurs, même s’ils en ont besoin, n’ont plus les moyens de les acheter, les capitalistes n’ont alors plus d’intérêt à les fabriquer. Les monopoles les plus puissants ralentissent leur production et les entreprises les plus vulnérables arrêtent de produire complètement et disparaissent. Le chômage augmente alors, la paupérisation des masses s’accentue et le marché des marchandises régresse encore plus : c’est la spirale qui enfonce le capitalisme dans sa crise et qui n’épargne plus aucun des mécanismes qui le font fonctionner.
L’économie capitaliste monopoliste mondiale est dans cette situation.

Reconnaître que la crise est le produit de ce processus, ce serait reconnaître sa nature irrationnelle et contraire aux besoins des masses prolétariennes et populaires. Ce serait alimenter la prise de conscience que le prolétariat doit se débarrasser de ce système.
C’est pourquoi, pour détourner les travailleurs des véritables causes de la crise, les économistes et les politiciens bourgeois de droite et de gauche s’évertuent à mettre en avant des politiques censées résoudre les effets de la crise de surproduction capitaliste mais ne s’attaquant pas au système qui crée cette crise.

Ainsi, à la crise financière de 2007-2008, se sont ajoutées d’autres « crises » : la crise de la dette, la crise de l’euro, la crise de la zone euro… et la droite et la gauche rivalisent de « solutions » pour les résoudre.

Certes, il y a urgence ; car le navire prend l’eau de toutes parts et le bateau a commencé à couler. Mais parviendraient-ils à colmater ces brèches qu’ils n’empêcheront pas la structure de craquer et d’autres brèches de s’ouvrir sous la force destructrice de la crise de surproduction qui les a créées.
Et cela, de Hollande à Marine Le Pen, personne ne le dit.

Qu’est-ce qui distingue donc alors la droite et la gauche pour colmater ces brèches et gérer la crise ? Pas grand-chose.
Car sur le fond, ils sont d’accord sur l’essentiel : aider les capitalistes à sortir de leur crise, les inciter à relancer la production, donner aux banques les moyens de prêter aux entreprises, établir le meilleur rapport possible entre le profit capitaliste et les revenus du travail, afin de dynamiser le marché et la production.
Pour le reste, c’est une question de méthode, de dosage, de priorités… et de discours.

En définitive, si Sarkozy l’emporte, il fera ce qu’il a dit et qu’il a déjà fait: il favorisera le capital et imposera des tours de ceinture supplémentaires à la classe ouvrière et aux couches populaires.
Et si c’est la gauche qui gagne, elle n’appliquera pas ses promesses, sous prétexte que la situation est plus grave que prévu et ne le permet pas. Début décembre 2011, alors que la campagne des présidentielles est à peine lancée, Hollande a déjà affirmé qu’il n’était pas prisonnier du programme du PS ! C’est tout dire…

Pour être clair, la classe ouvrière et l’ensemble des couches du prolétariat et du peuple n’ont rien à attendre des politiciens qui se présenteront à eux à l’élection présidentielle de 2012. Quel que soit celui qui sera élu, il ne résoudra aucun des problèmes auxquels est confronté le prolétariat (chômage, salaires de misère, précarité, absence de perspective pour la jeunesse populaire, école, santé, retraites, transports publics dégradés…). Pire, quel qu’il soit, ces problèmes s’aggraveront. Car aucun d’entre eux n’ayant l’intention de s’attaquer au système capitaliste qui en est la cause, que ce soit l’un ou que ce soit l’autre, il fera payer la crise aux travailleurs.

En dépit de ses discours populistes de gauche, Mélenchon n’échappe pas à la règle et n’a pas d’autre utilité que de ratisser l’électorat anticapitaliste au premier tour pour le pousser à voter pour Hollande au second. Se distinguer pour se rallier, tel est son rôle ! Rien à attendre de ce côté-là non plus, donc.
Le ROCML combat Sarkozy, Bayrou et Le Pen comme des ennemis déclarés de la classe ouvrière. Mais il n’appellera à voter ni pour Hollande, ni pour Mélenchon, ni pour un(e) Vert(e) ni pour un(e) candidat(e) trotskiste. Car ni les uns, ni les autres, ne sont porteurs des intérêts fondamentaux du prolétariat.

En l’absence d’une perspective politique de classe que seul un Parti Communiste révolutionnaire serait capable de leur apporter, la haine de Sarkozy sera sans doute plus forte que la méfiance envers les candidats de la gauche, et des exploités, militants ou non, voteront au premier tour par défaut pour Mélenchon et au second tour pour Hollande. Le ROCML comprend ces travailleurs mais nous leur disons : quels que soient les résultats électoraux, n’ayez pas d’illusions, vos revendications ne seront pas satisfaites, c’est par la lutte qu’il faudra les arracher et vous devrez pour cela combattre ceux pour qui vous avez voté !

Nous leur disons encore ceci : le monde traverse aujourd’hui un paradoxe de civilisation : d’un côté se sont accumulées à travers le monde de prodigieuses forces productives et de l’autre, des centaines de millions de personnes meurent de faim et de maladie et des centaines de millions d’autres voient leurs conditions de travail et d’existence se dégrader jour après jour, sans en voir la fin.
La résolution de cette contradiction ne se fera pas en écoutant les promesses des politiciens charlatans et en changeant périodiquement, avec un bulletin de vote, les chefs de gouvernement chargés de gérer le système capitaliste en place. La classe ouvrière doit se fixer l’objectif d’arracher les moyens de production des mains de la bourgeoisie et de les faire fonctionner pour elle-même, pour satisfaire ses besoins et ceux des autres travailleurs. Cela nécessite qu’elle prenne le pouvoir par la révolution et construise une autre société fondée sur une autre base que le profit : le socialisme.

Préparer cette prise du pouvoir en organisant dès maintenant les éléments avancés du mouvement ouvrier pour construire leur parti, c’est la tâche que s’est fixée le ROCML. Elle est incontournable.

« La classe dominante s’avère désormais incapable de régner, parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave au sein de son esclavage, parce qu’elle est contrainte de le laisser déchoir dans une situation où elle doit le nourrir, au lieu d’être nourrie par lui. La société ne peut plus vivre sous cette domination, c’est dire que l’existence de la bourgeoisie n’est plus compatible avec les besoins de la société » .
(K. Marx - Manifeste du Parti communiste - chapitre « Bourgeois et Prolétaires »).

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
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