| | | | | | | | robertbibeau | | Militant de valeur | | 280 messages postés |
| Posté le 11-09-2014 à 16:39:11
| LUTTE GRÉVISTE DU FRONT COMMUN DE LA FONCTION PUBLIQUE robertbibeau@hotmail.com http://www.les7duquebec.com/7-au-front/lutte-greviste-de-la-fonction-publique/ Lamorce dun Front commun syndical (2015) La lutte gréviste des employées de la fonction publique québécoise nest pas encore déclenchée que déjà les chefs syndicaux sagitent. Afin de mériter leur hyper salaire ils doivent mener des enquêtes et organiser des rencontres afin de préparer la négociation de la prochaine convention collective des 300 000 employés regroupés sous le sigle du Secrétariat intersyndical des Services publics (SISP), la Confédération des Syndicats Nationaux et la Fédération des Travailleurs du Québec. (1) Les patrons syndicaux se savent surveiller par les salariés syndiqués expérimentés. Afin de redorer leur blason terni ils ont eu lidée de signer une entente dunité des appareils syndicaux question de faire diversion. Une certaine gauche raffole de ces manigances à propos des Fronts communs, ce qui lui permet de faire la leçon aux travailleurs à propos de la nécessaire «solidarité» des syndiqués. Les ouvriers québécois de la construction (175 000 prolétaires), lors de la récente négociation de leur convention collective, ont goûté au narguilé de la «solidarité syndicale» quand la moitié des grévistes ont été invité par leurs dirigeants syndicaux à rentrer au travail laissant lautre moitié sur le pavé. Exit le «Front commun» des ouvriers de la construction du Québec. De limportance des conventions collectives dans le secteur public Que ce soit au Québec, au Canada, en France ou ailleurs, sous léconomie impérialiste moderne, lÉtat bourgeois a un rôle primordial à jouer dans le processus de reproduction du capital financier. Entre autres, lÉtat doit assurer de nombreux services pour la reproduction de la force de travail des salariés (reproduire former soigner encadrer réprimer) (2). Ces fonctions cruciales amènent lÉtat à engager et à payer des milliers et même, aux États-Unis, des millions demployés afin dassurer cette intendance et cette gouvernance. LÉtat bourgeois lémanation politique de la classe capitaliste se retrouve donc sur la sellette pendant ces périodes de négociations collectives, jouant à la fois le rôle de lÉtat employeur-exploiteur; le rôle de lÉtat législateur; de lÉtat payeur, mais aussi de lÉtat taxeur et emprunteur afin denrégimenter ces travailleurs pour leur faire donner le labeur maximum pour le salaire minimum socialement acceptable (la moitié des employés des services publics québécois gagnent moins de 30 000 $ CAD par année) (3). Étant donné limportance numérique et le rôle social crucial que joue cette multitude de travailleurs des secteurs public et parapublic dans la valorisation du capital financier, la classe capitaliste multiplie les efforts pour encadrer ces salariés; pour négocier leurs conditions de travail et leur salaire au plus serré; pour soudoyer les dirigeants syndicaux et finalement, pour placer tous ces travailleurs en concurrence nationale et internationale entre eux. Cest la raison des négociations en cours à Genève sur la «libéralisation» du commerce des services, afin de conclure un accord international global (ACS) tel que dévoilé par Wikileaks (Secret Trade in Services Agreement TISA) (4). Ainsi, la négociation des conventions collectives des employés de lÉtat pose directement la question du rôle de lÉtat bourgeois. Les travailleurs doivent profiter de cette opportunité pour sinterroger sur la légitimité de lÉtat de droit bourgeois. LÉtat est présenté comme uvrant au-dessus des classes sociales comme un tribunal impartial, ou alors comme un organe malencontreusement compromis et corrompu, dévoyé de sa mission historique déquité et de justice (Commission Charbonneau). Les parlements et les gouvernements devraient être conquis par la force des urnes et la puissance des bulletins de vote en faveur des redresseurs de torts de la gauche multicolore (sic) qui militent afin de maintenir lÉtat providence et rétablir sa politique dabondance, ce qui est impossible à lévidence. La conjoncture économique de crise ne permet plus cette «générosité» de la part de lÉtat corporatiste policier, qui a remplacé lÉtat providence. La conjoncture économique au Québec et au Canada LÉtat provincial, tout comme les municipalités québécoises, sont aux prises avec un déficit actuariel gigantesque pour ne pas avoir payé leurs contributions aux régimes de retraite de leurs employés. La défense des fonds de pension sera donc un enjeu majeur de cette négociation sur le front économique de la lutte de classe. De plus, le déficit courant de lÉtat québécois est de plus de trois milliards de dollars par année et la dette cumulée est de 267 milliards $ ou 53 803$ par habitant (5). Plus de la moitié des employés de lÉtat touchent moins que 30 000 dollars par année avant impôt. Avec ces salaires de misère la défense du pouvoir dachat sera un enjeu majeur. Sans compter la sécurité demploi, alors que le tiers des employés de lÉtat sont à statut précaire. De la stratégie à la tactique de combat Le choix dune tactique de combat dépend de lobjectif stratégique, des moyens mis en uvre et du rapport des forces en présence. Examinons chacun de ces points concernant léventuelle lutte gréviste des employés de la fonction publique. Les travailleurs savent quil y a des grèves perdues davance. Ils savent quil y a des grèves facilement gagnées. Ils savent surtout que la plupart des négociations de conventions collectives sont lobjet dâpres disputes entre les classes sociales en présence. Cest de la multiplication des grèves combatives et à grande échelle que surgira lespoir de faire reculer lÉtat québécois dans ses visées de rejeter le fardeau de la crise sur les épaules des salariés. En attendant ce mouvement espéré, le militant propose des mots dordre unificateurs qui dirigent lanimosité de la classe contre lennemi principal, cest-à-dire contre lÉtat corporatiste policier. Ce mot dordre visant lunité et la combativité de laffrontement gréviste pour faire reculer lÉtat policier ne peut pas être : «Luttons pour le contrôle démocratique de la base sur lappareil syndical. Renversons lexécutif syndical». Un tel mot dordre perturbateur oriente le combat ouvrier, non pas contre lÉtat policier, employeur et législateur, mais contre lexécutif syndical censé organiser la lutte des travailleurs. Bien entendu, le militant aguerri rétorquera que tôt ou tard, comme par le passé, les bureaucrates syndicaux trahiront la lutte des travailleurs. Ce qui est tout à fait exact. Mais si la grande majorité des travailleurs nest pas déterminée à congédier les officiers syndicaux, le seul résultat dune telle consigne sera de provoquer la division au sein de lorganisation, possiblement lexpulsion des militants et un gaspillage dénergie qui favorisera la partie patronale, ce dont les salariés feront reproche aux militant(e)s engagé(e)s. Cest dans le cours même de la lutte que les tergiversations et les trahisons des bureaucrates syndicaux seront mises au jour, exposées concrètement aux yeux des travailleurs. Il sera temps alors de les afficher de façon que les travailleurs apprennent et se souviennent. Inutile toutefois pour les militants de la gauche de tenter de semparer des postes des bureaucrates syndicaux évincés. Un militant de gauche qui devient agent syndical de combat se transformera plus tard en syndicaliste daffaires, négociateur bien payé de conventions collectives pour ouvriers sous-payés. Il ne peut en être autrement sous lhégémonie de la classe capitaliste. Deux cents ans dhistoire du mouvement ouvrier mondial nous lont enseigné. Cest au moment de linsurrection que la classe ouvrière réglera ses comptes avec les apparatchiks de lindustrie du syndicalisme. Il est aussi illusoire de croire à un syndicalisme de combat, à un syndicalisme communiste, que de rêver à un capitalisme humaniste (6). Les travailleurs décident de leurs revendications Grâce à la riche expérience dont bénéficient les travailleurs des pays capitalistes avancés ils sont parfaitement à même de décider de leurs revendications, de leurs tactiques de combat et de juger le rapport de force qui les oppose à leur patron, lÉtat policier, ceci inclue les « boss » syndicaux. Les travailleurs qui engagent leur salaire, leur emploi, qui risquent des poursuites judiciaires, et laffrontement avec les forces policières, décideront des concessions quils tolèreront et de celles quils refuseront. De toute façon, aucun militant nest en mesure de contraindre les salariés de sortir en grève illégale et illimitée si ces derniers jugent le moment inapproprié ou le rapport de force mal engagé. Mener cabale en faveur de telle ou telle revendication «transversale», soi-disant non corporatiste et soi-disant «progressiste» ne peut que saboter lobjectif stratégique de faire reculer lÉtat des riches. Il ne revient pas aux communistes de choisir les revendications des conventions collectives sinon pour supporter les grévistes qui souhaitent concentrer leurs énergies sur les enjeux décisifs. Les travailleurs ne mèneront que les luttes quils veulent mener pour les revendications quils veulent privilégier. Les camarades de gauche, plutôt que de faire des remontrances et de deviser à propos des revendications que les salariées doivent prioriser, seraient mieux avisées dobserver quelles sont les revendications que les travailleurs de la fonction publique sont prêts à défendre et respecter leurs choix tactiques. Les camarades devraient prendre exemple sur les bureaucrates syndicaux à ce propos. Les «boss» syndicaux ont une grande expérience de mener des sondages pour dresser le cahier des doléances de leurs membres. Ce nest pas à cette étape quils liquident la lutte de résistance. Ils noient les revendications importantes dans une masse de demandes en prévision de leur capitulation aux tables de négociations marathons. Puis, ils enclenchent avec lemployeur la « négociation » de la vente de la force de travail de leurs membres et ils conjurent les militants de ne rien faire, de ne pas se battre. Quand la négociation est en panne, ils en appellent aux travailleurs, non pas pour défendre leurs revendications importantes, mais simplement pour faire pression pour que lÉtat du capital revienne aux tables de négociation épuisant les salariés par des actions délurés. Ou alors ils appellent à une grève symbolique ou une grève sociale tout en respectant les services essentiels. Cest à ce moment précisément quils trahissent la lutte gréviste. Un peu dhistoire des luttes grévistes au Québec Certains camarades présentent la création du «Front uni des travailleurs de Sept-Îles», en 1972, comme un modèle de Front Populaire qui aurait donné, disent-ils, de la «profondeur» et un aspect «insurrectionnel» en radicalisant la lutte des travailleurs. Quant à nous, nous pensons que cest le radicalisme de la lutte gréviste de ces travailleurs qui a mené à cette proclamation dun «Front populaire», lequel, a été rapidement abandonné et pour cause. Il y avait peu de chance de créer et de préserver une République socialiste du Front populaire des Sept Iles. Les ouvriers militants de cette municipalité ont rapidement constaté la nécessité dun soulèvement prolétarien continental, à tout le moins, sils souhaitaient préserver leur «Front populaire» régional. Il en fut de même au printemps 2012 (Printemps Érable) lors de la lutte de résistance syndicale étudiante contre la hausse des tarifs de scolarité imposée. Les étudiants ont choisi eux-mêmes leur mot dordre et leur revendication «réformiste» sous le slogan : «Stoppons la hausse», rejetant les revendications gauchistes en faveur de la création dune université prolétarienne au cur de la cité urbaine bourgeoise. Ils se sont dotés dune nouvelle organisation syndicale étudiante suite au refus des associations existantes de diriger la lutte de résistance et ils ont lancé le combat à deux reprises (2005 et 2011) avant de faire reculer lÉtat policier, ce qui était le but visé. Aujourdhui, lAssociation pour la solidarité syndicale étudiante (ASSE) débat de laffectation quelle fera des cotisations étudiantes quelle ne cesse daccumuler (!) Présentement le combat des policiers et des pompiers pour défendre leur régime de retraite dévalisé offre un bel exemple de liquidation syndicale. Les bureaucrates syndicaux ont commencé à liquider la lutte en paralysant le front commun spontané de tous les employés des municipalités, et en réclamant le droit de négocier unité par unité daccréditation syndicale. Lattaque gouvernementale ne porte pas fondamentalement sur le droit de négocier dans chaque municipalité mais sur les conditions de contribution des deux parties (municipalités employés) dans les fonds de pension et sur le paiement des arriérés que les municipalités nont pas versées. Les policiers et les pompiers ne se battent pas pour que leurs «boss» syndicaux se pavanent aux tables gouvernementales mais pour ne pas perdre 6000 ou 8000 $ de prestation par année pendant la durée de leur retraire. Les précédentes négociations des conventions collectives de la fonction publique québécoise, en 2005 et en 2010, sont qualifiées de désastreuses par le Groupe Internationaliste ouvrier (GIO). Les camarades déclarent : «Lorganisation autonome de la classe ouvrière contre le patronat, lapprofondissement et lextension de la lutte tout comme lémergence dune conscience de classe révolutionnaire ne sont même pas effleurée dans les documents frontistes qui circulent dans les assemblées du groupe Offensive Syndicale et Front dAction Socialiste». Tout ceci amène le GIO à conclure que le Front social devant englober le Front commun syndical est hautement improbable. La lutte gréviste est défensive Toute négociation dune convention collective, toute lutte défensive sur le front économique de la lutte de classe est par nature un compromis, une lutte défensive, un combat de résistance. Du moment quun travailleur vend sa force de travail contre salaire il consent quen vertu du droit bourgeois son surtravail lui soit confisqué et dès lors il tolère son sort desclave salarié spolié. Le fait que lemployé négocie une augmentation de salaire pour son travail nécessaire seul ou regroupé en syndicat ne remet nullement en cause sa soumission à son patron qui lachète contre rémunération. Il ny a là rien de révolutionnaire. Spontanément, et sans lidéologie marxiste révolutionnaire, la lutte réformiste syndicale est le plus loin que puisse aller la lutte de classe «en soi». Dinstinct, louvrier reconnaît quil est plus avantageux de vendre collectivement sa force de travail en étant organisé en syndicat pour marchander plutôt que de se vendre à la criée, isolé. Si aussi peu que 10% des travailleurs américains sont syndiqués, cest que lÉtat policier étatsuniens réprime fortement la syndicalisation et ils compensent par des prestations sociales et des services pour une partie du manque à gagner des non-syndiqués. Sans compter quune partie des patrons étatsuniens ajustent les salaires en fonction de ce qui est consentis par les grandes entreprises syndiquées. Que font les communistes dans cette galère «syndicaliste réformiste»? Les communistes engrangent de lexpérience de lutte par la lutte et à travers les luttes grévistes (syndiquées et non syndiquées). Nous venons clarifier les enjeux et stigmatiser les compromis, identifier les parties et leurs intérêts respectifs et faire comprendre à notre classe que ce jeu des négociations-marchandages de leurs conditions de survie naura jamais de cesse et que la partie est au bout du compte perdue davance. Les lois de léconomie capitaliste forceront les patrons à céder de moins en moins de salaires et à réclamer de plus en plus de surtravail non payé. Pire, tous les efforts réclamés à la classe ouvrière pour augmenter la productivité et rétablir la profitabilité sont vains, car le système économique capitaliste ne peut se perpétuer, sinon, en détruisant nombre de moyens de production et en éliminant nombre de forces productives. Chaque gain de productivité ouvrier ce sont des emplois qui disparaissent. En travaillant plus le salarié est assuré de gagner moins sous le système capitaliste. Front commun ou pas de front commun ? Nous allons parmi les salariés, avec ou sans Front commun syndical (cette question nest pas cruciale, lunité ouvrière naîtra dans la lutte et par la lutte), pour expliquer à notre classe quil lui faudra un jour se résigner à dépasser les luttes de classe «en soi», pour sauver son pouvoir dachat et pour survivre, et elle devra entreprendre la lutte de classe «pour soi», pour la conquête du pouvoir dÉtat, lexpropriation sans compensation des moyens de production, déchanges et de communication, létablissement de la dictature du prolétariat et pour lédification du mode de production socialiste. Au moment de linsurrection, la question de la direction des syndicats de collaboration de classe se réglera demblée (7). Nous sommes la mémoire des luttes au service de notre classe et nous venons ici aujourdhui soutenir la lutte gréviste. Notes 1. http://www.pressegauche.org/spip.php?article18131 2. http://www.pressegauche.org/spip.php?article17465 3. http://www.leftcom.org/fr/articles/2014-05-13/le-front-commun-n-aura-pas-lieu-r%C3%A9ponse-au-camarade-alain-savard-du-front-d 4. https://wikileaks.org/tisa-financial/ ET http://www.fr.lapluma.net/index.php?option=com_content&view=article&id=1975:2014-07-06-13-23-57&catid=94:monde&Itemid=427 5. http://www.iedm.org/fr/57-compteur-de-la-dette-quebecoise et http://www.pressegauche.org/spip.php?article18131 6. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/lindustrie-du-syndicalisme-daffaire/ 7. Rosa Luxembourg (1906) Grève de masses, parti et syndicat. https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve2.htm A LIRE EN COMPLÉMENT : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520
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