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 L'URCF sur les manœuvres impérialistes en Syrie

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Xuan
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   Posté le 08-07-2011 à 22:12:53   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Déclaration de l'URCF

ÉVÈNEMENTS EN SYRIE (juin 2011)
Déclaration de l’Union des Révolutionnaires Communistes de France


Concernant la Syrie, les médias bourgeois reprennent à leur compte un prisme dominant, celui des « révolutions arabes ». D’autant plus fort, que les Etats capitalistes ont combattu les soulèvements populaires en Tunisie et Egypte, que les chancelleries n’ont pas vu la montée de la révolution populaire dans ces deux pays.
Sarkozy, non sans cynisme, reconnaît : « Sur la Tunisie et l’Egypte, on a été mauvais, sur la Côte d’ivoire et la Libye, on a été bons » .

Ainsi est dévoilée la nouvelle tactique de l’impérialisme : susciter des troubles dans les pays qui s’opposent peu ou prou au nouvel ordre mondial capitaliste, qualifier de « soulèvements » ou de « révolution » les manifestations de l’opposition et les soutenir au nom de la « démocratie » et de la « liberté ».

C’est ignorer qu’en Côte d’Ivoire et en Libye, le soulèvement et l’opposition ont été utilisés pour conforter les forces réactionnaires, les plus à même de satisfaire les exigences du FMI et de la Banque mondiale.

Le journal (Russie ouvrière) de notre parti frère le Parti Communiste Ouvrier de Russie (PCOR) révèle que l’opposition libyenne, le « Conseil national de transition » , a promis 35% des ressources de ses champs pétrolifères à la France en échange de l’intervention militaire.
La réalité est là, brutale : l’impérialisme a repris l’offensive dans le monde arabe, y compris en Tunisie et en Egypte, pour s’assurer des meilleures conditions pour l’exploitation capitaliste et la conquête de nouveaux marchés.
Le renversement de régimes anti-impérialistes (comme en Syrie), ou même opposés partiellement (comme en Libye), constitue la stratégie impérialiste occidentale.
La Syrie est au cœur des appétits et contradictions inter-impérialistes. La région est une importante zone de ressources énergétiques ; et de plus, l’Iran, avec ses capacités nucléaires réelles ou non, reste au centre des préoccupations militaires de l’OTAN.

Les grandes puissances capitalistes cherchent à renforcer les régimes arabes réactionnaires comme les Emirats ou l’Arabie saoudite à la merci de soulèvements populaires ; à tisser des alliances avec les bourgeoisies locales des pays anti-impérialistes, aspirant à s’intégrer au système financier, à la politique impérialiste ; enfin à consolider les colonies sionistes en terre palestinienne et la mainmise d’Israël sur les terres prises aux pays arabes, dont le Golan syrien.

Le ministre de la défense israélien Ehoud Barak résume les objectifs impérialistes et sionistes en cours : « Si le peuple syrien peut exprimer sa volonté, c’est une bonne chose. Je ne pense pas que le pays tombera entre les mains des Frères Musulmans. Les Syriens ont été marqués par la présence française (appel du pied à Sarkozy ?). Ils sont majoritairement laïques. Et puis si Assad tombe, ce sera un coup très fort porté à l’Iran et au Hezbollah »

En Syrie, les puissances impérialistes occidentales (ensemble et chacune pour son compte) poursuivent l’objectif d’installer au pouvoir d’autres secteurs de la bourgeoisie et de liquider l’héritage national-démocratique d’Afez El Assad. Les évènements de Syrie ont des causes internes et externes qui se greffent aux premières.

La classe ouvrière et les couches populaires syriennes sont confrontées à de sérieux problèmes économiques, sociaux, politiques.
Dans les manifestations au début de la crise (mars), les revendications et aspirations justes des travailleurs ont été reprises puis instrumentalisées et détournées par les forces réactionnaires, impérialistes et sionistes, dans le but non de satisfaire ces revendications, mais de déclencher une guerre civile qui au-delà du renversement du régime baathiste (qui a d’ailleurs satisfait plusieurs revendications), encerclerait l’Iran, affaiblirait la résistance libanaise qui a infligé une défaite retentissante à l’armée sioniste.

Le mécontentement légitime de la classe ouvrière et des couches populaires et paysannes a sa source dans la politique de libéralisation, de privatisations et d’alignement croissant sur les exigences du FMI, par certains secteurs de la bourgeoisie au pouvoir.

Le Parti Communiste Syrien rappelle : « La présence de problèmes majeurs dans la vie politique syrienne : l’état d’urgence (levé depuis), l’absence de lois régissant la vie politique ; en outre, le PCS a attiré l’attention sur la colère populaire à propos de la dégradation du niveau de vie des Syriens suite au tournant de ce pays vers l’économie de marché, la diminution des aides d’Etat et des subventions pour les pauvres, les produits de première nécessité et la production agricole ; l’ouverture au libre-échange sans modernisation de l’industrie a abouti à une hausse du chômage, en particulier chez les jeunes » .
La répression démesurée, selon le PCS, est à l’origine de l’extension des manifestations.

« Exiger des personnes responsables de fautes, de rendre des comptes, en particulier celles commises par les forces de sécurité avec un usage disproportionné de la force contre des innocents. Des comptes doivent être rendus tant par les officiers de police que par les hauts fonctionnaires » (résolution du Parti communiste syrien).

En Syrie en 1966, sous la direction du parti Baath avec la participation du PCS, a été conduite une révolution national-démocratique, sous la direction de la bourgeoisie nationale, assurant l’indépendance du pays, des réformes progressistes, une politique anti-impérialiste.

Avec le développement de l’opportunisme dans le Mouvement communiste International, conséquence de la « ligne générale » du XXème congrès du PCUS, des thèses erronées ont vu le jour : celle sur le passage pacifique au socialisme sous la direction de la bourgeoisie nationale ou encore celle sur la confusion entre les positions diplomatiques favorables à l’URSS et une transition national démocratique analysée comme régime stable en ignorant les contradictions en son sein, notamment au sein de la bourgeoisie.

Le concept de « bourgeoisie nationale » n’englobe pas toute une période historique mais un moment précis, celui où ce secteur bourgeois, lésé par la domination impérialiste, les survivances féodales et le caractère compradore de la bourgeoisie au pouvoir, entre en opposition avec les couches ouvrières et populaires contre la domination impérialiste… jusqu’à son renversement.

Une fois parvenue au pouvoir, son régime consolidé, la bourgeoisie nationale va ressentir le cours national-démocratique comme trop « étroit » pour sa recherche du profit et son insertion (en tant que classe capitaliste) dans le système capitaliste mondial et la division internationale du travail.

La bourgeoisie bureaucratique d’Etat en Syrie est à l’initiative des privatisations et de la libéralisation économique et a ainsi renforcé à un pôle la misère et à l’autre l’offensive de la bourgeoisie pour liquider l’héritage progressiste.

Pour les marxistes-léninistes, la révolution national-démocratique est historiquement transitoire : soit si les conditions objectives et subjectives permettent d’aller vers la victoire du prolétariat et de la paysannerie pauvre dans la révolution socialiste ; soit, sur la base du renforcement de la bourgeoisie, l’orientation prise conduit à la régression vers le capitalisme et à la liquidation des acquis nationaux-révolutionnaires.

L’impérialisme appuie de toutes ses forces cette seconde alternative. Mais de même qu’après la contre-révolution bourgeoise dans l’Est européen, l’impérialisme s’est débarrassé des révisionnistes, malgré les services rendus (à l’exception des agents d’influence comme
Gorbatchev, Yakovlev, Eltsine), après la liquidation des régimes nationaux démocratiques, l’impérialisme va chasser de la vie politique tous les éléments même bourgeois qui ont appuyé le régime anti-impérialiste, pour installer des éléments inféodés au système impérialiste mondial.

Si l'impérialisme parvient à renverser l'Etat syrien, le Parti Baath sera écarté du pouvoir, comme il l’a été en Irak, parce qu’il comporte des secteurs anti-impérialistes de la petite bourgeoisie.

Le Parti Communiste Syrien a raison de rappeler que « La Syrie a joué un rôle clé en déjouant les plans des Etats-Unis au Proche-Orient visant à redessiner la région selon leurs intérêts, à porter un coup à la résistance palestinienne et à servir l’expansionnisme israélien » .
Ces derniers jours, le journal « Le Monde » faisait état de la nostalgie des opposants syriens pour le régime réactionnaire précédent, c'est-à-dire sous le joug du colonialisme français et la soumission aux Etats-Unis !

En effet, le mécontentement légitime est récupéré par les forces les plus réactionnaires notamment la réaction cléricale moyenâgeuse, qui s’est acoquinée (quand ce ne sont pas les mêmes) avec les traders admirateurs de Wall Street.

Très vite, l’impérialisme a su profiter de la situation de crise pour avancer ses pions. Toute préparation à l’intervention armée ou aux ingérences dans les affaires d’un pays souverain exige une campagne médiatique tous azimuts, plutôt une campagne de désinformation systématique.

Entre la fausse bloggeuse syrienne lesbienne qui appelle ses sœurs à la révolte et décrit les « massacres », qui est en réalité un homme canadien qui n’a jamais mis les pieds en Syrie, et la fausse interview d’une femme censée être l’ambassadrice syrienne à Paris, faisant état de sa (fausse) démission sur la chaîne du ministère des Affaires étrangères français: France 24… ; tout est bon pour tromper et répandre des mensonges à la « Goebbels » afin d’affaiblir la Syrie et de jeter de l’huile sur le feu.
De même sont utilisés les chiffres manipulés des victimes, qui d’ailleurs ne sont pas toutes dans le même camp, comme le prouve la découverte d’un charnier d’agents de la sécurité exécutés.
Les images tronquées, truquées mises en scène par Al Jazeera (surnommée par les progressistes arabes « la voix de la bourgeoisie arabe »), envoyées au monde entier pour pousser l’opinion des pays occidentaux à soutenir leur propre impérialisme, sont la marque des ingérences des régimes arabes réactionnaires des Emirats et de l’Arabie saoudite contre la Syrie anti-impérialiste.

Ces média-mensonges ont d’ailleurs provoqué la démission de trois journalistes d’Al Jazeera.

Cette campagne prélude à de possibles actions militaires ou de commandos (modèle assassinat de Ben Laden) en Syrie ; dans tous les cas, elle se traduit par le mépris de la souveraineté de ce pays.
Il est vrai que la résistance libyenne à l’intervention de la France, de la Grande Bretagne des Etats-Unis et de l’OTAN, oblige ces messieurs à réviser leurs plans guerriers, mais la vigilance s’impose !

L’actualité récente a mis l’accent sur la corrélation entre le développement de la crise du capitalisme et le renforcement des tendances militaristes et bellicistes de l’impérialisme avec plusieurs guerres engagées sur plusieurs fronts.

La voie choisie par les puissances capitalistes occidentales est celle des livraisons massives d’armes et probablement d’instructeurs pour renforcer l’opposition syrienne, notamment sa frange réactionnaire cléricale fondamentaliste.

Le PCS précise, après avoir salué la légitimité des manifestations et du mécontentement :
« Le cours des évènements a changé récemment. Des bandes armées visant les forces de l’armée et de la police mettent à sac les propriétés des particuliers et publiques, font de nombreuses victimes à la fois parmi les civils et les forces de sécurité (…) les médias syriens ont diffusé des images montrant des groupes fondamentalistes terroristes qui admettaient avoir reçu des armes de l’étranger »

Le but des grandes puissances capitalistes est d’utiliser ces groupes fascistes intégristes pour déclencher une guerre civile d’ailleurs en marche. L’impérialisme n’hésite pas à jouer la carte dangereuse des conflits religieux dans un pays où le régime a reconnu le caractère multiconfessionnel de la Syrie.

La classe ouvrière comprend progressivement le danger de récupération et de manipulation de ceux qui sont ses ennemis camouflés mais réels, qui ont pour objectif de briser l’indépendance de la nation syrienne.
Alors que les pays occidentaux impérialistes (Grande-Bretagne, Etats-Unis, France) appellent à des ingérences accrues, à des sanctions contre la Syrie, les contradictions inter-impérialistes qui opposent ces pays à la Russie et à la Chine (qui ont leurs propres intérêts en Syrie) sont les plus fortes, mais pour combien de temps ?

L’URCF soutient le combat du Parti communiste syrien, pour la consolidation du cours progressiste et anti-impérialiste, ce qui passe par la mise en examen des éléments corrompus de l’appareil d’Etat et de la bourgeoisie, par des réformes démocratiques et sociales profondes dont le droit de grève, les libertés politiques, contre les ingérences impérialistes de toute nature, pour l’indépendance et la souveraineté de la Syrie.

« Le Parti communiste syrien a publié un appel qui a remporté une large adhésion parmi les forces nationales, à la tenue d’une Conférence nationale réunissant tous les partis politiques, y compris l’opposition dans le pays, des représentants des syndicats et des associations professionnelles, des responsables intellectuels, culturels, économiques et religieux pour le dialogue et la réconciliation.
La mission de cette conférence serait de parvenir à un accord sur un programme national pour mettre le pays sur la voie d’une réforme d’ensemble politique, économique et sociale qui contribuerait à créer une Nouvelle Syrie démocratique, dotée de droits qui garantissent les libertés publiques, pour tous les citoyens et toutes les composantes de la société civile tels que les partis politiques, les syndicats, les associations d’Etat qui reconnaissent le pluralisme politique, les libertés d’expression et de réunion ; un Etat où la vie politique serait libre de toute censure, un Etat qui permette aux citoyens de satisfaire leurs besoins et aspirations politiques, économiques et sociales (…) renforçant la fermeté face aux projets de capitulation et renforçant la lutte pour libérer le Golan (…)
Les Syriens peuvent faire la différence entre ceux qui demandent des réformes et le développement économique et social afin de renforcer le pays, et ceux qui tentent de tirer profit de la situation pour attiser des conflits qui ne servent qu’à renforcer les ennemis de la Syrie (…)
Notre peuple prend très au sérieux les menaces pesant sur notre pays et se rassemble pour y faire face. Les intrigues étrangères ne réussiront pas à changer la politique anti-impérialiste de notre pays : l’opposition au projet américano-israélien, la lutte de la Syrie pour libérer le Golan, le soutien à la lutte du peuple palestinien pour sa libération et la création de son Etat ayant Jérusalem-Est comme capitale, ainsi que les luttes pour libérer l’Irak de l’occupation américaine et le Sud-Liban de l’occupation israélienne ».


L’URCF appelle les travailleurs de France à refuser l'engagement de la France dans une nouvelle guerre et à refuser de la payer.

De l'argent pour les salaires et les services publics, pas pour la guerre impérialiste !

URCF, le 18 juin 2011


Edité le 03-12-2011 à 00:14:03 par Xuan




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