| | | | | | | | Posté le 01-06-2021 à 16:27:30
| Trois manières de concevoir la reconstruction du parti communiste par Georges Gastaud Article original : https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/trois-manieres-de-concevoir-la-reconstruction-du-parti-communiste-par-georges-gastaud/ https://youtu.be/Xjm4W5W2Gxg Trois conceptions de la reconstruction communiste sont de fait en compétition en France. Les communistes qui veulent vraiment reconstruire ce parti de combat que fut le PCF et quont tour à tour dénaturé, désorganisé et discrédité leurocommunisme des années 1970/80 et leuro-mutation social-démocrate des années 90/2000, ne doivent ni se lamenter à propos de cette compétition, qui est somme toute inévitable et naturelle à lissue de dizaines dannées de reniements, de dispersion et daffaiblissement du prolétariat organisé, ni attendre passivement que les divergences existantes entre communistes se règlent par miracle, mais réfléchir à la valeur de chacune des méthodes de reconstruction qui leur sont proposées et arbitrer entre elles en tirant, par leur engagement personnel et par leur choix organisationnel, toutes les conclusions pratiques qui en résultent en termes dengagement personnel. I Limites dune lutte purement interne à une organisation réformiste La première méthode est celle que proposent les camarades marxistes ou marxisants qui ont décidé de rester membres du PCF quoi que puissent dire et quoi que puissent faire lappareil et les directions du PCF. Ces camarades considèrent implicitement que, indépendamment de ses agissements, le PCF est et sera toujours le PCF, comme si une sorte d « essence » ou de « nature » métaphysique insensible au devenir historique lui était intimement associée. Ces camarades font en somme comme si lhéritage du mot PCF, de la dynamique organisation léniniste successivement dirigée par Cachin, Sémard, Thorez ou Waldeck Rochet, à lorganisation social-démocrate timorée successivement dirigée par Hue, Buffet, Laurent puis Roussel[2] ne posait aucun problème particulier, comme si laffiliation pluri-décennale du PCF au « Parti de la Gauche européenne » subventionné et adoubé par Bruxelles nétait quune bricole politique, comme si le fait que le PCF ait depuis 1976 (référence à la dictature du prolétariat), 1979 (références au marxisme-léninisme et à linternationalisme prolétarien), 1994 (références au centralisme démocratique, à la classe ouvrière, au marxisme, au socialisme et à la socialisation des moyens de production) renié tous ses fondamentaux, était une question accessoire ; ces mêmes camarades font aussi comme si le fait que, par deux fois, en 1981 (gouvernement pré-maastrichtien et ultra-atlantiste de Mauroy incluant les communistes Fiterman, Rigout, Ralite et Le Pors) puis en 1996 (gouvernement Jospin menant deux guerres impérialistes, préparant le passage à leuro et privatisant le secteur public avec laide des « communistes » Buffet, Gayssot et Demessine) nétaient au fond que des anicroches de lhistoire communiste contemporaine. Pas trop grave non plus à leurs yeux que le PCF de G. Marchais dont le long et contradictoire interrègne joue un rôle-pivot dans le lancement de linvolution réformiste ait applaudi à ce que les Russes appellent désormais la « catastroïka » gorbatchévienne et quil ait qualifié, à lépoque, de « bouleversements démocratiques »
la plus grande contre-révolution de lhistoire moderne. Pas rédhibitoire non plus aux yeux de ces camarades, décidément bien indulgents, que, depuis 1976, le PCF ait liquidé ses cellules dusine, rompu ses liens privilégiés avec la CGT (qui a elle-même dérivé en quittant la FSM « rouge » pour rallier la jaunâtre CES), et
perdu les 9/10èmes de son électorat prolétarien et de sa militance ouvrière.
Après tout, le PCF ne sappelle-t-il pas toujours « PCF » même si sa direction a moult fois tenté de liquider ce nom et ny a renoncé que par crainte dabandonner ce sigle aux militants de la Renaissance communiste et la dénomination dun parti nest-elle pas en apparence ! lessentiel quand il sagit de définir son identité[3] ? Du même coup, dès lors que le PCF se sera affirmé comme tel, et même si son chef de file actuel, M. Fabien Roussel, ne manque jamais une occasion de moquer lourdement le centralisme démocratique et lhéritage soviétique, voire de faire léloge de lécrivain archi-réactionnaire Soljenitsyne, et quand bien même ledit Roussel piétinerait allègrement la langue dAragon et des Lettres françaises clandestines en déclarant niaisement à « Marianne » que « PCF is back ! » , même sil fait allégeance à Paris à la social-libérale Hidalgo et dans le Nord, bastion de F. Roussel, aux eurofédéralistes verts et autres maastrichtiens du PS, tout cela est davance déclaré secondaire : car au fond, voyez-vous, le parti sera toujours le parti, comme un sou sera toujours un sou et comme Paris sera toujours Paris [4] Approche historique ou approche métaphysique de la « nature » du PCF Le plus grave dans cette approche fixiste et quasi métaphysique de la reconstruction communiste est que, lappartenance formelle au « parti » primant sur toute considération de contenu politico-idéologique, on refusera de construire en sy investissant vraiment et durablement un regroupement communiste daction visant à affronter concrètement, pratiquement, sans attendre un très improbable redressement du « Parti », lUnion européenne, cette broyeuse à court terme de notre pays, la zone euromark, cette arme de destruction massive de nos industries et de notre classe ouvrière, lAlliance atlantique, cette machine à mondialiser les prédations étatsuniennes, et le capitalisme-impérialisme lui-même, ce mode de production devenu franchement exterministe dont le maintien de plus en plus réactionnaire menace de mort lhumanité et son environnement terrestre. Cen est au point que le fait de partager la même « carte » politique sur laquelle, sans le moindre débat interne, une étoile ornée dun e discret a remplacé lemblème ouvrier et paysan avec Pierre, Fabien ou Marie-George[5] , semble compter davantage aux yeux de certains que le fait dêtre tous ensemble dans laction du même côté de la barricade sociale contre lennemi capitaliste, contre leuro-dislocation maastrichtienne, contre le tout-anglais dissolvant (détails infimes que tout cela !), pour la nationalisation démocratique des monopoles capitalistes et contre la criminalisation paneuropéenne du communisme historique et de son emblème ouvrier et pays par le Parlement européen
Entendons-nous bien : ce nest pas le fait de maintenir ou pas, ici ou là, une appartenance formelle au PCF qui pose en soi problème : à chacun de juger si, localement, une telle appartenance peut ou non lui faciliter le travail de sensibilisation et de formation de certains membres du PCF, voire de certaines cellules, au marxisme-léninisme ; même si lexpérience montre que ces possibilités sont rares, voire de plus en plus rares tant la plupart des vrais marxistes ont quitté le PCF (ou en ont été exclus de fait), et tant cette organisation dérivante au long cours a été rejointe, au fil des décennies de « mutation » social-démocrate, par des petit-bourgeois
anticommunistes et violemment antisoviétiques, le PRCF na jamais imposé à personne de quitter le PCF, la réalité dominante étant cependant que nombre de communistes ont dû quitter le « nouveau PCF » tant le climat interne y devenait irrespirable pour eux. Cest si vrai que, sans sêtre le moins du monde concertés, des dizaines de camarades « anciens », notamment de grands Résistants, qui ont rallié le PRCF au fil des années, de St-Brieuc à Marseille et de Menton à Boulogne-sur-Mer, ont tous tenu à déclarer en substance, et de manière émouvante, voire déchirante, quand ils ont rejoint le Pôle de Renaissance Communiste en France : « je nai pas quitté le Parti, cest lui qui ma quitté ». Non, ce qui est dangereux dans la posture attentiste et, hélas, accompagnatrice, que nous critiquons ici, cest moins lappartenance formelle au PCF-PGE, ici ou là, de tel ou tel camarade, que le fait constant que, pour valoriser avant tout lintégration formelle dans « le Parti » et lengagement dans ses instances internes, dabord on se taira auprès des masses populaires sur les félonies de lappareil à légard de la classe, notamment sur ses allégeances à répétition, aux moments politiques décisifs, envers le PS, voire, envers le PGE, voire envers
Hollande ou Macron[6]. Encore une fois, est-ce un détail politique si, à toutes les élections, législatives, municipales, sénatoriales, présidentielle, le PCF quil soit dirigé par le sénateur ouvertement prosocialiste Pierre Laurent, quil soit représenté aux européennes par M. Ian Brossat ou quil ait pour secrétaire national le « communiste identitaire » (?) Roussel, sallie systématiquement, ou essaie de sallier, toujours en position subordonnée, au PS et aux Euro-Écologistes après toutes les horreurs que ces ennemis acharnés de la République souveraine, indivisible et sociale ont infligé à la France des travailleurs depuis, au minimum, le Traité de Maastricht ? Alors que le « minimum syndical », si lon tient à toute force à rester dans « le Parti », cest de souligner les contradictions, non de les minimiser, et de dénoncer en même temps et jour après jour les manquements criants du PCF officiel à la lutte des classes nationale et internationale[7]. Et cest bien parce quil ne manquait pas de dénoncer publiquement ces manquements que lauteur de ces lignes a été lui-même éjecté manu militari du Parti en 2004, ainsi que nombre de militants de Lens, Liévin et Boulogne-sur-Mer, qui plus est par une fédération qui se disait alors opposante mais qui ne voulait surtout par rompre, par gros temps électoral, avec la direction nationale du PCF et avec linfluent « baron » nordiste Alain Bocquet, lex-président du groupe parlementaire adepte de la mutation qui avait su maintenir les députés communistes, desquels il faut excepter lautre député nordiste George Hage[8], dans lorbe du gouvernement Jospin de 1997 à 2002[9]
Bref, lappartenance formelle à un parti ouvertement réformiste nest concevable, dun point de vue léniniste Lénine explique cela en détail dans La maladie infantile du communisme que si lon se fait un devoir constant de dénoncer publiquement devant les masses les manquements de sa direction, de manière que les travailleurs ne confondent jamais les turpitudes dun appareil réformiste qui les trahit avec les marxistes qui naspirent quà servir la cause populaire. On me dira quune telle opposition publique est intenable : mais si elle lest en effet, comme nous lavons durement expérimenté à nos dépens à Lens et ailleurs, il faut en tirer les conséquences pratiques et ne pas rester, muet ou presque, dans un tel parti au prix de sa liberté dexpression communiste. Et si elle ne lest pas, il faut en profiter au maximum, sans frilosité, pour dénoncer leuro-réformisme et appeler les travailleurs à ne pas confondre le communisme véritable avec sa déshonorante contrefaçon mutante. Sans quoi on se condamne soi-même à accompagner les dérives, à les minimiser, à les enjoliver et à farder de rouge les innombrables compromissions de lappareil PCF-PGE avec la social-démocratie, avec lantisoviétisme, avec lanti-léninisme et avec les sociaux-maastrichtiens du Parti de la Gauche Européenne
Mettre au premier plan les échéances internes au parti réformiste ou privilégier les seuils minimaux en deçà-desquels il ny a ni parti communiste ni lutte sérieuse pour changer la société ? Surtout, cette manière de privilégier « la lutte interne » et les répétitives batailles de congrès à congrès ne permet pas de porter au premier plan les enjeux de classes brûlants, et pas davantage les enjeux nationaux et géopolitiques qui, concrètement, configurent les contours réels des affrontements de classes bien plus que ne le font les motions A, B et C dun congrès (et les inévitables « synthèses » de type social-démocrate et autres arrangements entre dirigeants qui suivent lesdites synthèses) : en toute logique, il reviendrait plutôt aux initiateurs desdites motions A, B ou C, de partir des enjeux de classes et de masse concrets afin que les travailleurs eux-mêmes deviennent artisans de la reconstruction communiste : cest ainsi que procédèrent au Congrès de Tours de 1920 les signataires de la motion Cachin-Frossard fortement conseillés par Lénine et Zetkin : pour ou contre la guerre impérialiste et lunion sacrée social-chauvine ? Pour ou contre ladhésion à lInternationale communiste ou pour le maintien dans lInternationale social-démocrate jaune ? Pour ou contre le soutien résolu à la Révolution prolétarienne en Russie et en Allemagne ? Et de nos jours, pour prendre une question décisive : « pour ou contre » le maintien de la France dans leuro, lUE et lAlliance atlantique ? Pour ou contre la campagne européenne de criminalisation de lURSS et du communisme historique ? Pour ou contre le maintien des troupes françaises en Afrique ? Pour ou contre leuro-démantèlement de la République une et indivisible partiellement héritée de 1793 au profit de lEurope des régions dont les Euro-Ecologistes verts et leur grand inspirateur Cohn-Bendit sont les plus ardents promoteurs ? Sans cela on est condamné à un archi-confus débat de congrès sur une candidature communiste « identitaire » à la présidentielle ; avec, en même temps, des alliances municipales et régionales avec les Verts et le PS, avec aussi à la clé un appel à voter Macron ou Xavier Bertrand au second tour de la présidentielle, ce qui dès aujourdhui ne peut que nourrir, par haine de ces combines politicardes, le dangereux vote lepéniste
Comme on le voit, les choses ont leur logique : le primat, voire, en réalité, lexclusivité apportés à lappartenance formelle au PCF-PGE et à la « lutte interne », empêche de trancher dans le vif sur les questions relatives à la lutte de classes. En privilégiant cette appartenance formelle, en cristallisant la discussion politique sur la présentation ou pas dune « candidature communiste » formelle à la présidentielle quel quen soit le contenu programmatique et quelles que soit les alliances électorales d « union de la gauche » avec le PS et les Verts à toutes les autres élections on se soumet aussi implicitement de bas en haut à lensemble du dispositif euro-réformiste dont le PCF mutant est un élément subalterne, la social-démocratie et lécolo-eurocratie étant les pièces maîtresses de ce dispositif qui incarcère la classe laborieuse et prive ses luttes de débouché politique tant soit peu offensif
Et aujourdhui, alors que notre pays se désagrège dans lacide de l intégration européenne, du tout-anglais transatlantique, de la marche à larmée européenne, du pacte girondin, de leuro-séparatisme (Alsace, Corse, Bretagne, « Catalogne-Nord », etc.) accompagné par LAREM et EELV, de la fascisation et de lEtat policier impulsés tour à tour par Le Pen et par Macron[10], de larasement des avancées dues aux ministres communistes et marxistes-léninistes de 1945, quest-ce qui est capital pour un communiste, pour un patriote, pour un internationaliste et aussi pour la classe ouvrière ? Cest de se positionner dabord sur tous ces grands sujets, en unissant sur chaque question les communistes encore cartés au PCF à ceux qui ont eu laudace de sorganiser de manière indépendante, au lieu de dire : « dabord une candidature du PCF, pour son contenu, on verra petit à petit ! »
Et pendant que de congrès mutant en congrès muté on sefforce de grappiller quelque pourcents pour sa tendance et pour son « texte alternatif », la France, lemploi ouvrier et les services publics sévaporent à vitesse grand V au nom de la sacro-sainte « construction » européenne, le peuple na toujours pas de parti de combat à sa disposition et des seuils irréversibles de décomposition sociale, institutionnelle et linguistique sont en passe dêtre franchis sans que les marxistes, artificiellement séparés par la muraille de Chine immatérielle dune carte fétichisée, puissent sans attendre agir ensemble, aller aux entreprises avec des tracts communs, puissent ensemble dénoncer Le Pen en démasquant cette fausse patriote ralliée à lUE, puissent ensemble reconstituer une organisation disciplinée, claire sur les contenus dont la classe ouvrière et le monde du travail, dont la défense de la PAIX et de lenvironnement ont un urgent besoin vital ! Bref, au-dessous dun certain seuil idéologique et stratégique, non seulement une organisation donnée nest pas, nest plus communiste et na même aucune chance sérieuse de le (re-)devenir, mais ce quelle propose sous le nom de « changement » ne peut en rien changer la société ni satisfaire si peu que ce soit la classe laborieuse. Imaginons par ex. (cest une hypothèse décole vu les rapports de forces électoraux) que F. Roussel devienne président et quil soit chargé de conduire la politique du pays. Sans, donc, sortir de lUE et de leuro, en « renégociant » les traités européens dans le cadre de lUE[11], sans nationaliser les banques et le CAC 40[12], en demandant bien poliment à la BCE de négocier un « tournant social » ; sans avoir non plus la moindre idée claire, faute davoir compris le concept de dictature du prolétariat, sur ce quest un appareil dEtat aux mains du capital ; sans sortir de lAlliance atlantique (sinon, que diraient les « alliés » socialistes et « verts » ?) et sans chercher activement à nouer de vastes alliances défensives avec la Chine et avec la Russie pour briser létau germano-étatsunien qui menacerait de nous broyer ; eh bien, un tel programme totalement au-dessous des seuils minimaux permettant de récupérer les leviers du pouvoir de classe naurait aucune chance damorcer un vrai changement. Il napporterait, à la manière de Syriza en Grèce, que la capitulation en rase campagne devant le capital, que le retour rapide dans le giron européen ou que la débandade économique avec tous les dangers dultra-fascisation que précipite en général une défaite en rase campagne des forces progressistes. |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 01-06-2021 à 17:59:03
| Le texte est incomplet. Il n'est pas correct de tronquer un texte pour ne publier que ce qui convient, ou bien on le dit, mais ce n'est ni la première ni la dernière entourloupe de Plaristes. Je poursuis la publication du texte de Gastaud qu'on ne peut approuver ou critiquer qu'en le connaissant intégralement, les conclusions en particulier : II La fausse bonne idée du « plus grand commun dénominateur » La deuxième méthodologie proposée pour reconstruire le parti communiste est celle qui consisterait à partir de lémiettement existant (et, il se peut, en voie de dépassement
), à dire en gros ceci : mettons autour dune seule table tous les groupes qui refusent peu ou prou (certains plus « peu » que « prou » tant on se ménage mutuellement
) le réformisme du PCF et qui se réfèrent plus ou moins encore symboliquement à la faucille et au marteau, rejetons tout ce qui les divise et ne gardons comme « programme commun » que ce qui les rassemble. Telle est la méthode du « plus grand commun dénominateur » possible que, sans vouloir en rien injurier qui que ce soit (il peut arriver que sur un point donné des bolchéviks raisonnent en mencheviks
), on appellera la méthode menchévique. Ce fut en effet celle qui, telle quelle, prévalut en France en 1905 pour unifier le Parti socialiste SFIO en France en y mêlant les réformistes, les anarchistes et les révolutionnaires
et en aboutissant au reniement total du socialisme internationaliste, hors Jaurès, lors de lépreuve de vérité de 1914. Ce fut aussi cette méthode que prônaient les mencheviks russes au début du siècle et que Lénine refusait catégoriquement parce quelle ne pouvait conduire quà des synthèses impuissantes, quà masquer les divisions tout en les aggravant, quà empêcher toute délimitation claire, que ce soit en termes de composition du parti, de définition organisationnelle, de références idéologiques, dobjectifs programmatiques, de méthodes de lutte, ne parlons même pas de la discipline absolument indispensable si lon veut réellement mener une révolution ou de résister à une contre-révolution. Une telle méthode, acceptable dans certaines limites quand on construit un front large sur des objectifs limités (paix, indépendance nationale, libertés
), ne peut mener quà léchec cuisant quand il sagit de construire un parti communiste, cest-à-dire un parti davant-garde du prolétariat qui a pour tâche dorienter la classe et de lui permettre de diriger la vaste alliance de classes indispensable pour battre le grand capital et pour ensuite tenir bon face à linévitable contre-révolution nationale et internationale qui ne manquerait pas de se dresser, y compris violemment, contre le nouveau pouvoir. Le contre-exemple de Rifondazione comunista (Italie) On a encore mesuré linanité de cette méthodologie menchévique ces dernières années en Italie : en effet, lors de lautoliquidation du PCI à lappel des renégats Achille Occhetto, Massimo DAlema et Cie, toutes sortes de courants saffirmant peu ou prou communistes se sont additionnés pour former le « Parti de la Refondation Communiste » (« Rifondazione » en abrégé), les communistes italiens théoriquement issus de la Troisième Internationale consentant à se dissoudre dans ce magma pseudo-« unitaire » où prédominaient les trotskistes et les mouvementistes », au premier rang desquels le chef du nouveau parti, Bertinotti : bref, à un parti auto-liquidé, lex-PCI, a succédé un parti demblée voué à lauto-liquéfaction, Rifondazione. Expérience très négative au final puisque cette manière de faire a logiquement conduit à la paralysie et à limplosion de Rifondazione et que cette seconde dissolution a terriblement amplifié le découragement dans la mouvance communiste transalpine : cen est venu au point que, à la suite du mouvement communiste italien organisé, cest la gauche italienne elle-même, y compris la social-démocratie classique en tant quelle était encore vaguement liée au mouvement ouvrier, qui sest volatilisée au point quil ny a plus au parlement italien ni député communiste ni député socialiste, si « rosé » soit-il ! Bref, en matière de reconstruction communiste comme dans le domaine amoureux, « qui trop embrasse mal étreint » au point que, à larrivée, la confusion entre parti et front est destructive à la fois pour le parti, quelle construit comme un front, de manière trop floue et exagérément « accueillante », et pour le front populaire lui-même, quelle tend à absorber de manière étriquée au sein du parti. De cet aspect, nos camarades vénézuéliens auraient sans doute beaucoup de choses à dire à partir de leur expérience sur ces constructions qui tendent à confondre le front et le parti davant-garde
La méthode du « plus grand commun dénominateur » méconnaît les seuils minimaux en-deçà desquels il ny a ni parti communiste ni même amorce dune lutte pour le changement de société Mais surtout, dans les conditions présentes, la seconde méthodologie menchévisante que nous analysons ici présente le même vice de forme rédhibitoire que celui que nous avons signalé à propos de la première méthodologie, celle qui privilégie la lutte de tendances à lintérieur du PCF : la seconde perspective nignore pas moins que la première cette évidence, pourtant sans cesse rappelée par Lénine à lencontre des menchéviks et de leurs amis trotskistes, que, au-dessous dun certain seuil idéologique, organisationnel et stratégique, non seulement un parti donné nest pas un parti communiste et ne peut pas le devenir, non seulement il ne peut pas réellement, à supposer quil le veuille, changer la société une impuissance que la classe ouvrière repère du premier coup dil (elle se dit: ces gaillards nous envoient dans le mur, eux-mêmes ne savent pas ce quils veulent, or pour nous ouvriers, la vie est déjà assez dure comme ça sans se livrer à ces amusement potentiellement mortels !) , mais un tel parti ne peut en rien intéresser la classe laborieuse : dinstinct, celle-ci a tôt fait de repérer que lesprit politicien et ses petits arrangements à base de lutte des places paralyseront davance ces constructions « communistes » dépourvues de cap, de ciment organisationnel et de programme clair.
Edité le 01-06-2021 e 18:45:54 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 01-06-2021 à 17:59:50
| III La tierce méthode : sorganiser, aller aux masses pour porter une alternative contre-cohérence patriotique, populaire et communiste à la cohérence politique réactionnaire de la bourgeoisie La tierce méthode qui na rien, faut-il le dire, dune « troisième voie » entre capitalisme et socialisme ! est la méthode franchement communiste quessaie de mettre en place le PRCF avec les moyens dont il dispose. Sans négliger de peser à loccasion sur les congrès du PCF, en soutenant fraternellement quand il y a lieu les mairies du PCF disposées au dialogue inter-communiste, sans cesser de tendre la main à la minorité marxisante du PCF, sans négliger dagir avec dautres groupes communistes sur des questions dintérêt commun, le PRCF part avant tout dune analyse du capitalisme et des explosives contradictions de classes de la formation sociale française. Il constate que la stratégie fondamentale de lennemi de classe dont létat-major se confond avec la direction du MEDEF, et plus précisément encore, avec le CAC 40 déjà hautement américanisé a été exposée de la manière la plus nette dans le manifeste patronal intitulé Besoin daire (2012) ; sy affiche sans vergogne la volonté cynique den finir avec lEtat-nation français partiellement hérité de la Révolution jacobine et de ce que lidéologue patronal Denis Kessler appelle le « compromis de 1945 entre communistes et gaullistes», celui que résument le sigle « CNR » et son programme Les Jours heureux. En toutes lettres, et à lissue dun vote unanime de ses instances, le MEDEF explique dans Besoin daire que, pour mener la chasse au profit maximal à léchelle continentale et transcontinentale, pour conjurer aussi les insurrections ou pré-insurrections populaires dont le peuple français reste coutumier en vertu de ses traditions frondeuses (de Mai 68 aux Gilets jaunes en passant par le refus de la constitution européenne, la révolte des jeunes contre le CPE ou les grandes grèves de 1995, 2003, 2010 et 2016), les monopoles capitalistes à base française doivent rapidement « changer daire »: cela signifie désactiver et déborder lEtat-nation à la fois par le bas et par le haut ; par le bas, en « reconfigurant les territoires » et en liquidant les communes et les département au profit des euro-métropoles et des Grandes régions à lallemande (Macron appellera cela le « Pacte girondin »); par le haut, en transférant la souveraineté française à léchelon européen (en novlangue macroniste, cela donne la « souveraineté européenne » et le « saut fédéral européen »), voire en construisant ce que Bruno Le Maire et D. Strauss-Kahn nhésitent pas à appeler un Empire. Et ça ne gêne en rien le MEDEF que dexpliquer que pour reconfigurer et redimensionner le capitalisme « français », il faut marginaliser à bas bruit la langue française elle-même, piétiner ce qui reste de la Francophonie internationale et instituer langlais comme seule « langue des affaires et de lentreprise », ainsi que la ouvertement exigé au nom de Businesseurope (le syndicat patronal européen) le Baron Seillière, ex-président du patronat « français ». Il est vrai que lex-président « français » de la BCE, le bien-nommé Jean-Claude Trichet, avait déjà cru devoir inaugurer sa présidence en déclarant devant le parterre des décideurs européens : « I am not a Frenchman » ! Enfin, le MEDEF projette dinsérer les futurs États-Unis dEurope (exit aussi la « souveraineté européenne » au sein dune nouvelle « Union transatlantique » bien évidemment centrée sur Washington. Et dimplorer Berlin, maître de leuro, et Washington, grand-maître du dollar et de lOTAN, de co-assumer la supervision de lEmpire euro-atlantique dans lequel la France anglicisée, divisée, et si jose dire, « éparpillée façon puzzle », aurait tôt fait de se réduire à une simple expression géographique, le grand capital redéployant son capitalisme monopoliste dÉtat[13] euro-régionalisé, continentalisé et transcontinentalisé, dans les structures néo-étatiques et culturelle (anglicisation du droit notamment) des Länder à la française et du nouveau Reich euro-atlantique. Dénoncer et affronter la cohérence réactionnaire du bloc Union européenne/MEDEF/Parti Maastrichtien Unique Or ce programme du MEDEF na rien dune glaçante rêverie : articulé à la pluie de directives européennes qui assaillent notre pays, il fournit concrètement la feuille de route concrète des attaques, apparemment disparates mais en réalité étroitement planifiées et coordonnées qui, par lentremise de ces petits commis du Parti Maastrichtien Unique que sont tour à tour Sarkozy, Hollande ou Macron (et demain Le Pen[14] ?), désossent jour après jour quitte à contourner lun après lautre tous les référendums populaires nationaux ou régionaux[15] toute espèce de vestige de République souveraine, sociale, laïque, démocratique et indivisible. Dans ces conditions, que faut-il revendiquer haut et fort pour, ne serait-ce que commencer à changer la société, remettre le monde du travail à loffensive, lui permettre de diriger un large rassemblement populaire majoritaire et daller à laffrontement de classes sur des bases dynamiques ? Quoi dautre, si lon balaie les pudeurs dappareils et les remugles électoralistes, si ce nest la sortie franche de la France de lUE atlantique dans la perspective affichée du socialisme pour notre pays ? En deçà de ce seuil minimal de ce que le PRCF appelle les « quatre sorties » -, de leuro, de lUE, de lOTAN et du capitalisme quobtiendra-t-on dans le meilleur des cas sinon des mois ou des années de tractation paralysante avec lUE sans pouvoir entretemps nationaliser franchement les monopoles capitalistes, sans pouvoir demblée instituer un contrôle national des capitaux, sans pouvoir réellement renverser les alliances internationales de la France, sans être à même de construire un pouvoir populaire capable de se confronter au pouvoir multiforme du capital, sans pouvoir frapper au cur la spéculation des milliardaires et « mettre le monde du travail au cur de la vie nationale », comme y invitait le PCF en 1944 ? Cohérence de classe contre cohérence de classe Cest pourquoi le PRCF construit pour notre pays, cohérence de classe contre cohérence de classe, une stratégie qui est lexact opposé de celle du MEDEF et qui, sous le nom dAlternative rouge et tricolore, conjugue défense du progrès social, reconquête de lindépendance nationale, recherche de coopérations transcontinentales, programme de transition révolutionnaire ciblant clairement le socialisme pour notre pays ? Une stratégie à la fois frontale, car elle suppose la construction dun large Front Antifasciste, Patriotique, Populaire et Ecologiste (Fr.A.P.P.E.), la centralité du monde du travail à lintérieur de ce front et dans ce but, la reconstitution dun PC de combat associé à laction dun large front syndical de classe et de lutte. Au-dessous de ce seuil minimal, on naura aucun changement, seulement du Mitterrand-bis, du Jospin-bis ou du Hollande bis, avec la fascisation surplombant nos têtes comme une épée de Damoclès. Au-dessous de ce même seuil stratégique, on nentrera même pas dans la temporalité politique que nous impose objectivement lagenda capitaliste endiablé de déconstruction de la nation et, sur le plan international, de marche à la guerre mondiale impérialiste sous légide du pas si « endormi » que ça Joe Biden. Au-dessous de ce seuil stratégique qui nest nullement un diktat arbitraire et « hégémonique » du PRCF mais le minimum raisonnable quon puisse attendre dun communiste , on ne reconstruira pas un parti de combat mais un petit ectoplasme rouge pâle ou rose vif qui nintéressera absolument pas les travailleurs : il nest que de voir combien de fois déjà la classe ouvrière, du Nord-Pas-de-Calais aux banlieues populaires des grandes villes, a déjà x fois répudié et humilié électoralement à la fois le PS et le PCF mutant, ou de voir à quel point la notion de gauche, y compris de « gauche unie », semble aujourdhui boudée par les milieux populaires tant cette noble idée a été salie et dévoyée depuis Mai 1981. Privilégier les luttes dappareil ou de micro-appareils ou partir du peuple et des conditions objectives du changement ? Bref, pour réunir les communistes et réorganiser un parti communiste digne de ce nom, il ne faut pas partir, en tout cas, pas principalement, des affrontements florentins à fleurets mouchetés auxquels donnent lieu, dans lindifférence absolue des travailleurs, les congrès du PCF pendant que la « France des travailleurs » chantée par Jean Ferrat part littéralement en boulettes, que les travailleurs étouffent sous le management patronat, que les Lumières séteignent peu à peu sous lavancée de nouveaux obscurantismes, que langlais patronal devient de fait, bien quillégalement, la langue de travail des grandes entreprises et que la jeunesse populaire, exproprié de toute perspective davenir, na plus envie que de hurler son désarroi. Il ne faut pas davantage absolutiser le regroupement de micro-organisations dénuées dancrage militant réel, même sil peut être utile ponctuellement de dialoguer sur des questions théoriques et de fédérer un maximum de militants sur des combats précis. Il faut partir au contraire de la problématique géopolitique et politique effective. De la défense de la paix et des souverainetés nationales. De la lutte contre tous les impérialismes, le « nôtre » inclus. Des besoins objectifs des travailleurs, dont le premier est que notre pays recouvre sa capacité de mener une politique autonome de développement économique et culturel. De la souffrance de masse qui monte du pays. Il faut se dire que l« explosion sociale » craintivement annoncée par lex-Premier Ministre Édouard Philippe peut venir à tout moment, comme la montré la crise inachevée des Gilets jaunes, et quil faut être en capacité, quand cette explosion se produira sans crier gare, de lui offrir au moins les bases dun programme de transition révolutionnaire et au moins lembryon dune organisation dynamique et disciplinée. Car sans cela, la désorientation idéologique générée par des décennies de carence du parti davant-garde est désormais si grave que le soulèvement populaire peut aussi être récupéré par lextrême droite, nourrir de suicidaires appels à lintervention politique de larmée[16], voire vers des formes de guerre civile inter-« communautaires » pilotées par la, ou par les, extrêmes droites. On peut bien sûr nous objecter que les moyens du PRCF sont trop modestes pour donner corps à cette voie exigeante. Mais, outre le fait que le PRCF attire de plus en plus de jeunes et que ses liens avec le Mouvement communiste international et avec les syndicalistes de classe de France ne cessent de sétoffer, la modestie des forces nest pas un argument sérieux pour des communistes. Mieux a toujours valu, pour des léninistes des forces modestes mais bien orientées, que des forces plus grandes paralysées par des alliances compromettantes avec des appareils enlisés dans des alliances électoralistes totalement discréditées. En outre, si notre orientation est juste et cest ce quil faut voir en premier quand on nest pas un opportuniste il ne faut pas faire de la faiblesse des effectifs une objection, au contraire, il faut se demander comment aider le PRCF à accroître sa force et son impact militants. Car noublions pas quaucun individu nest extérieur aux rapports de forces sociaux et que lindifférence organisationnelle dun trop grand nombre de communistes qui « comptent les points » et ne sengagent pas est aussi un élément du rapport des forces. Conclusion Cest cette voie populaire et révolutionnaire, patriotique et internationaliste à la fois, qua choisi de privilégier le PRCF, sans pour autant, répétons-le, sinterdire de tendre la main aux camarades qui luttent à lintérieur du PCF ni de dialoguer fraternellement avec ceux qui croient juste de privilégier les regroupements dorganisation. Si nous avons tort de procéder de la sorte, quon nous le démontre sans invectives. Si nous avons raison, que lon cesse de compter les points et despérer passivement lavènement de « jours meilleurs ». Et que lon vienne plutôt nous aider et que lon « retrousse les manches » en faisant ce que doit faire tout communiste désireux de mettre en accord ses idées et ses actes : non pas pantoufler sans fin dans une organisation discréditée et sans ressort, qui na plus guère à « vendre » quun passé quelle a déjà cent fois renié, ne pas ménager la chèvre et le chou en naviguant éternellement entre les organisations soi-disant « antilibérales » de la gauche établie, PCF-PGE inclus, mais accomplir le premier devoir du communiste : celui de sorganiser, de sengager pour du bon, avec discipline et abnégation dans une organisation marxiste-léniniste prolongeant au présent le grand passé du grand PCF, donc porteuse dune alternative rouge et tricolore pour le temps présent. Georges Gastaud, le 23.4.2021
Edité le 01-06-2021 e 18:03:27 par Xuan
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| Posté le 01-06-2021 à 18:00:16
| Notes : [1] Auteur notamment de Mondialisation capitaliste et projet communiste (1997) et du Nouveau défi léniniste (2017). [2] Jexcepte Georges Marchais de cette liste: cest sous son autorité que les plus graves dérives ont pris corps au 22, 23, 24, 28èmes congrès, que la rupture avec le Mouvement communiste international a été consommée, que le PCF a adhéré au bloc fractionnel « eurocommuniste » emmené par Berlinguer (PC italien) et Carrillo (PC dEspagne), que le PCF est entré à reculons certes dans le gouvernement pré-maastrichtien et social-atlantiste de Mauroy (1981), tout cela sous linfluence dintellectuels antisoviétiques et anti-léninistes de choc comme Ellenstein, Damette, Juquin, Martelli, etc. Cependant, il faut reconnaître que Marchais était tout de même, de par ses origines de classe ouvrière et son ancrage dans ce que jappellerai l « ancien Parti », capable de résister épisodiquement et de manière brouillonne et inconséquente à ces dérives destructives. Il se méfiait viscéralement de Mitterrand et de la social-démocratie et a toujours tenté dassocier la défense de la classe ouvrière à celle de la nation (par ex. lors de la belle bataille du Non à Maastricht que mena le PCF en 1992, avant, très vite, de se rallier sous légide de Francis Wurtz à la funeste théorie de la « réorientation progressiste de lUE »). La longue et très contrastée mandature de Marchais à la tête du PCF a donc été marquée par une série de zigzags politiques, des tentatives de raidissements, voire de re-communisation partielle, succédant de manière inconséquente et abruptes à des phases irrémédiables de honteux déferlement révisionniste, antisoviétique et droitier. Mais globalement, cest la pente droitière qui a triomphé jusquà emporter Marchais : après avoir parrainé lhyper-opportuniste Robert Hue, alors chef de file des élus du PCF, G. Marchais naura guère tardé à se faire humilier inhumainement par la clique renégate de Hue que lex-député du Val-de-Marne avait imprudemment placé à la tête du PCF. [3] Cest évidemment faux. Même si le nom dun parti est une question très importante, on a vu dauthentiques Partis marxistes-léninistes comme le SED est-allemand rester le « parti des communistes » même en changeant de nom (SED signifie Parti Socialiste Unitaire dAllemagne) alors quon a vu à linverse des « PC » en titre se décommuniser totalement, par ex. le PC dEspagne de Santiago Carrillo (qui a fini sa triste carrière de renégat en éditorialiste du principal journal bourgeois espagnol
). Pour prendre un exemple plus direct encore, cela fait maintenant
107 ans que le Parti « socialiste » français sappelle ainsi alors que depuis 1914 cette organisation na cessé dêtre, selon le mot de Léon Blum, non par le constructeur du socialisme (bien que le PS, alias SFIO, ait plusieurs fois dirigé le gouvernement) le « gérant loyal du capitalisme ». [4] Y compris si cette ville
qui a déjà changé de nom, soit dit en passant, parachève son anglicisation galopante et quelle cesse dêtre principalement la capitale française pour devenir le centre de leuro-pôle francilien ? Car cest ce que voulait très explicitement lancien président « socialiste » de la Région francilienne, le sinistre Jean-Paul Huchon (cf son Livre « De battre ma gauche sest arrêtée »), alors uni aux « communistes » en son Conseil régional ? [5] Le destructif et politiquement indécent Robert Hue sétant entretemps fait élire sénateur sur une liste PS avant dappeler à voter Macron au 1er tour de la présidentielle, à linstar de lancien ministre « communiste » Gayssot
[6] Par ex. le vote par les députés du PCF de la loi Molac (avril 2021) qui pousse à leuro-régionalisation linguistique de la France, ou par ex. le vote de létat durgence par le groupe « communiste » en 2015, sachant que cet état durgence ne pouvait manquer dêtre utilisé contre la classe ouvrière, comme on la très vite vu à lépoque où Valls était ministre de lIntérieur, puis Premier Ministre
Il faut évidemment combattre le terrorisme islamiste, mais pas sous la houlette des gouvernements bourgeois dont toute la politique, tant étrangère quintérieure, alimente le terrorisme. Pas plus quil ne faut combattre lintégrisme salafiste de la manière dont a procédé lex-député PCF André Gerin quand il flirtait avec Sarkozy sur ce terrain pseudo-républicain. [7] Cest ce que lauteur de ces lignes shonore davoir fait quand il était secrétaire de la section de Lens du PCF, notamment à lépoque du gouvernement Jospin-Buffet : pas un numéro de LIncorruptible, le journal de la section lensoise du PCF, nest alors sorti des presses sans que ce gouvernement social-impérialiste (guerre de Yougoslavie notamment) et social-maastrichtien (préparation du passage à leuro, privatisation de France-Télécom, dAir-France, etc.), ministres « communistes » inclus, ne soit clairement dénoncé auprès des travailleurs lensois. À une tout autre échelle historique, eût-on imaginé Rosa Luxemburg ou Karl Liebknecht demeurer membre du SPD (encore formellement marxiste) sans dénoncer sa ligne impérialiste durant la guerre de 1914/18 ? Rosa elle-même nenvoyait pas dire, du fond de sa prison dEmpire, et alors quelle était encore membre, formellement, du SPD, que « la social-démocratie nest plus quun cadavre puant ». Le tort tactique de Rosa aux yeux de Lénine aura été dêtre demeurée trop longtemps au sein du SPD, davoir trop différé la création du PC dAllemagne (le KPD). Au point que, lorsque linsurrection prolétarienne aura pris son élan en Allemagne, le prolétariat de ce pays naura pas pu disposer pleinement dun parti de combat discipliné et apte à diriger loffensive. De la Commune de Paris à linsurrection spartakiste, toutes deux sauvagement réprimées, la question majeure demeure et elle reste une vraie croix pour tous les éléments centristes qui veulent éternellement cultiver le marxisme dans un cadre social-démocrate : celle de la séparation organisationnelle entre révolutionnaire et réformiste. Bref, la question du Congrès de Tours qui nest pas derrière, mais DEVANT nous ! [8]
alors président dhonneur de la FNARC, lorganisation qui précéda le PRCF. [9] On ne sache pas quà lépoque, Fabien Roussel se soit signalé par une quelconque opposition au gouvernement social-privatiseur Jospin auquel participait sans états dâme exagérés la sénatrice « communiste » nordiste Michèle Demessine
[10] Un vote Macron de second tour que la direction du PCF a osé présenter comme un barrage possible à lextrême droite en mai 2017
Comme les fédérations Nord et Pas-de-Calais du PCF nont pas craint, toute honte bue, de soutenir Xavier Bertrand en le présentant, au second tour, comme un « barrage » au FN aux précédentes régionales
[11] Propos qui, au mieux, ne signifie rien et veut dire quon reste tout en sortant, qui na aucune espèce de crédibilité (pour renégocier les traités, il faut laccord des 27 gouvernements européens, tous plus à droite les uns que les autres, voire dextrême droite : Pologne, Hongrie, Pays baltes, etc.) et qui, quand bien même il prendrait forme, ne pourrait mener quà la ruine rapide de la France puisque, pendant quauraient lieu les négociations, notre pays subirait dénormes saignées spéculatives et serait dans lincapacité de se défendre, nayant pas rétabli sa souveraineté monétaire
[12] Contournant la question toujours décisive des nationalisations (le mot « nation » étant devenu quasiment tabou), le programme actuel du PCF est non seulement inférieur au programme commun PS/PCF de 1972, non seulement très inférieur à celui du PCF seul de 1971 (intitulé « Changer de cap »), mais il est même très en deçà de celui du PS mitterrandien des années 1970
Jentends bien que le PS navait aucune intention réelle dappliquer son programme. Mais que dire dun parti « communiste » qui, avant même dêtre au pied du mur, commence par raboter ses intentions elles-mêmes ? Rappelons quen 1976, le programme commun PC/PS a éclaté sur la question des nationalisations, G. Marchais jugeant à juste titre que, en deça dun certain seuil de nationalisations démocratiques, le futur gouvernement dunion populaire naurait certainement pas en main les leviers économiques minimaux nécessaires à sa politique. Mais cette notion de « seuil minimal » de nationalisation semble être totalement sortie de la tête de nombre de communistes actuels
[13] Il est temps que les marxistes cessent dêtre dupes des analyses néokeynésiennes critiquant le prétendu « ultralibéralisme », la « déconstruction de lÉtat » et autres sornettes qui rabattent les communistes vers les fadaises de l« antilibéralisme » tout en les éloignant à la fois de la lutte pour le socialisme et de la confrontation pure et dure avec lUE. Le capitalisme monopoliste dÉtat, ce concept dorigine léniniste que le PCF savait parfaitement analyser à lépoque du gaullisme et du pompidolisme triomphants, reste bien ce « mécanisme unique de lÉtat bourgeois et des monopoles capitalistes » que critiquait, une foison de faits à lappui, le livre éponyme paru en 1972 aux Editions sociales. Ce « CME » na nullement disparu : il a avant tout migré et changé déchelle changé d « aire » dirait le MEDEF si bien que la déconstruction de lÉtat bourgeois NATIONAL au profit, dune part, des Grandes Régions à lallemande, dautre part de lEurope fédérale (« saut fédéral européen » co-pilotée par Berlin et par Washington a déplacé et radicalisé le CME bien plus quelle ne la aboli. Même la fameuse « concurrence libre et non faussée » inhérente au traité de Maastricht nest quune ruse de la raison dialectique : en instaurant une concurrence débridée à léchelle continentale et transcontinentale, on dé-segmente et on détruit les marchés local et national, on fait place nette pour les trusts continentaux et transcontinentaux, on arase à la fois les monopoles publics (pour construire des monopoles privés, par ex. SUEZ-GDF aux dépens dEDF-GDF) et lindépendance des PME, et lon fait monter en puissance un maxi-État continental (doté de sa monnaie, de son armée, de sa gendarmerie, de son Parquet, voire de sa langue unique : le globish), à savoir lEmpire européen producteur de « normes » tatillonnes. Un Empire si peu « libéral » quil dispense sans fin dénormes subventions publiques directes (cf le « grand emprunt européen », garanti par le contribuable européen et déversé sans contrôle sur les monopoles capitalistes) ou indirectes (milliards deuro GRATUITS injectés à jet continu par la BCE vers les banques et vers les monopoles industriels) tout en détruisant au passage, non pas « le CME » mais les services publics et la protection sociale gagnés par les travailleurs dans le cadre des luttes de classe menées à léchelle des États-nations. Bref, de moins en moins d « Etat (nation) -Providence » pour les travailleurs, les artisans et les petits paysans, et de plus en plus dÉtats (européens) Providence
pour le grand capital. [14] Le mensuel du PRCF, « Initiative communiste » a déjà moult fois dénoncé le faux duel et vrai duo que constitue le couple mortifère Macron/Le Pen, le premier ne cessant de « prendre de droite » la seconde à coups de lois sécuritaires et de stigmatisation « des » musulmans, la second cherchant à déborder Macron sur le terrain de leuro-atlantisme en validant sans la moindre pudeur « nationaliste » leuro, lUE, Schengen et, bien entendu, lOTAN. Si bien que le « bloc bourgeois » personnifié par Macron ne sinscrit pas moins dans le processus de fascisation dont le lepénisme est laile marchante que symétriquement le Rassemblement lepéniste sinscrit de plus en plus dans le Parti Maastrichtien Unique héritier de feu l « UMPS ». La base commune permanente des blocs bourgeois européen type Merkel, Macron, Draghi-Renzi, etc. et des blocs euro-identitaires (type Le Pen, Kaczynski, Orban, etc.) est lamalgame « antitotalitaire » que pratique désormais le Parlement européen lui-même entre communistes et nazi pour mieux criminaliser les premiers et, de moins en moins insidieusement, banaliser et réhabiliter lextrême droite déjà au pouvoir ou aux portes du pouvoir dans un bon tiers des pays européens. Nest-il pas évident dailleurs que si Le Pen devient présidente en 2022, elle ne rompra pas plus avec lUE que lUE ne rompra avec elle. Tout ce beau monde convergera dans lanticommunisme, latlantisme, lantisyndicalisme primaire et la marche aux guerres néocoloniales, le tout supervisé par Berlin et « super-supervisé » par Washington. [15] Non seulement le référendum sur la constitution européenne de 2005, mais aussi les référendums corse et alsacien des années 2000 qui, tous deux, avaient refusé la constitution dune « collectivité territoriale unique » corse ou alsacienne abolissant les départements républicains. Là aussi, dans les deux cas, les grandes bourgeoisies hexagonale et régionales ont froidement violé la volonté populaire. Dans ces conditions de viol permanent de Marianne et de la Constitution, continuer comme si de rien nétait, comme le fait le PCF, à ne sinterroger en rien sur la participation aux élections européennes et régionales (sans préjuger du résultat de cette réflexion, ne serait-ce quen étudiant démocratiquement la question !), alors que ces élections sont bâties elles-mêmes sur déclatants dénis de démocratie (quand les populations concernées ont-elles eu à valider la mise en place des treize Grandes Régions créées par F. Hollande ?), montre à quel point dabaissement est tombé lesprit critique dans notre pays. [16] Nous avons eu loccasion de dénoncer sur www.initiative-communiste.fr lappel irresponsable du chanteur en gilet jaune Francis Lalanne à une intervention de larmée pour « rétablir la démocratie ». Comme quoi le spontanéisme et le rejet démagogique des partis en général et du PC en particulier peut conduire aux pires naïvetés. La lettre ouverte à Macron datée du 22 avril 2021 quont publiée un certain nombre de généraux retraités menaçant à demi-mots Macron dun putsch sil ne peut rétablir à temps l « ordre » et la « civilisation », est un symptôme de ce qui nous menace si les communistes, au lieu de se perdre en jeux florentins dappareil et de micro-appareils, ne sattachent pas à construire ensemble, en se tournant de manière privilégiée vers les travailleurs (entrées des entreprises, manifs populaires, quartiers défavorisés, LP et LT, soutien public au syndicalisme de classe
) une alternative patriotique et populaire tourné vers le Frexit progressiste dans la perspective du socialisme pour notre pays.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 01-06-2021 à 21:09:26
| Commentaires : 1 - Sur la lutte « de tendance » au sein du PCF. Il est exact que lappartenance au PCF, même si le centralisme démocratique nexiste pas vraiment et quil est bafoué par les « liquidateurs », impose de défendre des positions que lon rejette. Inversement la dénonciation publique de ces positions affaiblit ce parti et place ses militants en porte-à-faux. Mais comment sappuyer sur les masses autrement ? Cest un problème difficile pour nos camarades communistes au sein de ce parti. Je ne reprends pas la liste des critiques sur les dirigeants du PCF souvent fondées. Cependant elles ne tiennent pas compte des divisions réelles au sein du PCF, que F. Roussel essaie vainement destomper pour conserver une unité qui nexiste pas. Et certaines ne sont pas justes. Sur le plan international, le soutien à la Chine socialiste contre lhégémonisme US a clairement progressé. Il est important que le PCF ne reste pas dans une position trotskiste voire pro US. Les liens avec la social-démocratie atlantiste du genre Glucksmann doivent impérativement être rompus. Roussel se présente comme un candidat des salariés et à ce titre il sappuie sur les besoins populaires. Cette orientation nouvelle du PCF soppose aux préoccupations « sociétales », afin de reprendre pied dans la classe ouvrière, ce qui ne peut que lui faire du bien, si tant est que sa ligne politique renoue avec le marxisme-léninisme. La critique interne a réussi à rejeter le soutien systématique à un candidat social-démocrate, ce qui était le fondement de lUnion de la Gauche et de la ligne électoraliste. Pour autant lobjectif dune société socialiste nest pas clairement affirmé et le programme actuel défendu par Roussel est réformiste. Pour beaucoup, la référence reste la ligne Marchais, que Gastaud critique à juste titre. Nous verrons jusquà quel point pourra progresser le courant communiste dans le PCF, tout en encourageant ce qui est positif et en critiquant fraternellement ce qui ne lest pas. Enfin on ne peut pas spéculer sur ce que ferait Roussel au gouvernement car il ne peut pas être élu. La seule question qui se posera est celle de son désistement ou de son abstention au second tour. Ce sera aussi un combat politique important de ne pas choisir entre la peste ou le choléra. 2 - La méthode du « plus grand dénominateur » vise la construction dun groupe hétéroclite avec une lutte de tendances aussi. Il est clair quun tel regroupement ne peut pas exister longtemps. 3 - Sur le fond, le PRCF propose de reconstruire un parti communiste à partir de lui-même. Nous avons déjà critiqué la stratégie dun frexit progressiste. Pour tenir debout il devrait imposer aux monopoles capitalistes, financiers en particulier, des conditions qui impliquent déjà la dictature du prolétariat et qui ne peuvent pas sappliquer dans lEtat actuel de dictature de la bourgeoisie. En ce qui concerne les alliances avec une bourgeoisie « nationale », lexpérience a montré au PRCF quelles sont exclues dans le stade monopoliste dEtat. Inversement lavènement du socialisme implique naturellement la renégociation de tous les accords commerciaux et le rejet des alliances politiques impérialistes. 4 - Le PRCF ne peut pas imposer sa ligne politique pour des raisons organisationnelles. Nous nous en tenons aux principes suivants : > partir du désir dunité et non de la magouille, du noyautage, des intrigues et des déguisements. > Partir des faits et non de nos propres désirs si louables soient-ils > Lutter ensemble sur les objectifs communs > Poursuivre la méthode unité critique-unité entre les marxistes-léninistes, sans illères, tant à lextérieur du PCF que dans sa direction.
Edité le 01-06-2021 e 21:11:19 par Xuan
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