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 LE KKE TRAHIT LA LUTTE CONTRE L'HEGEMONISME US

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Xuan
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   Posté le 26-05-2022 à 20:42:22   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

LE KKE TRAHIT LA LUTTE CONTRE L'HEGEMONISME US ET DIVISE LE MOUVEMENT COMMUNISTE INTERNATIONAL



Je reviendrai sur ce texte qui divise le mouvement communiste international, salit la Chine Populaire et choisit la neutralité voire l'hostilité envers le front uni mondial antihégémonique, au moment où les USA s'engagent dans une guerre totale contre la Russie et la Chine.

________________



Ci-dessous

La déclaration du KKE à l'issue de la réunion internationale des partis communistes et ouvriers :

Récemment, alors que la cinquième vague de la pandémie est en cours, une téléconférence extraordinaire de la Réunion internationale des partis communistes et ouvriers s'est tenue sous la responsabilité du Parti communiste de Grèce (KKE) et du Parti communiste de Turquie (TKP).
Les développements confirment que les gouvernements bourgeois n'ont pas été capables de gérer la pandémie du coronavirus dans l'intérêt des travailleurs. En outre, les restrictions de déplacement d'un pays à l'autre rendent les réunions en direct difficiles. Cette évolution négative trouve son origine dans les énormes lacunes des systèmes de santé publique, résultat de la politique anti-populaire mise en œuvre par tous les gouvernements au service du capital. C'est la politique de commercialisation et de privatisation des soins de santé, de soutien à la rentabilité des groupes monopolistiques, ainsi que le refus de répondre à la demande des partis communistes d'abolir le brevet sur les vaccins et les médicaments, ce qui permettrait d'accélérer la vaccination et de prévenir de nouvelles mutations du coronavirus.

Dans ces conditions, les partis communistes et ouvriers qui continuent à lutter pour la vie et les droits de la classe ouvrière et des autres couches populaires doivent échanger leurs points de vue et les expériences de leur action par d'autres moyens. Ces dernières années, plusieurs activités de ce type ont eu lieu. La téléconférence internationale extraordinaire, qui a nécessité un mode de réalisation spécial et bien élaboré, afin que des parties situées dans des fuseaux horaires différents puissent y participer, a contribué à l'échange d'opinions sur des questions brûlantes d'actualité.
Une fois de plus, l'étroite coopération entre le KKE et le TKP pour le succès de cet effort a été un autre exemple pratique de l'internationalisme prolétarien.

Les principaux sujets de la réunion
Les contributions des parties ont mis en évidence des aspects de leur action ainsi que la position de chaque partie par rapport aux principaux développements nationaux et internationaux. Les partis ont exprimé leur solidarité avec le parti communiste de Cuba, avec le peuple cubain dans son ensemble, qui lutte depuis des décennies contre le blocus imposé par les impérialistes. Ils ont également exprimé leur solidarité avec le peuple palestinien qui lutte pour ses droits.

Toutes les interventions des partis sont publiées sur le site de SOLIDNET, ainsi que les actions communes qui ont été approuvées et proposent des actions communes et convergentes à développer par les partis communistes en 2022. Ces actions concernent les droits des travailleurs et des peuples, le renforcement des systèmes de santé publique, la lutte contre l'anticommunisme et la déformation de l'apport historique de l'URSS et du socialisme, la célébration d'anniversaires - des jalons tels que la fondation de l'URSS le 30 décembre 1922, ainsi que des actions de solidarité avec les communistes et autres combattants qui subissent des persécutions et des interdictions, des actions contre les guerres et interventions impérialistes, contre l'OTAN et autres alliances militaires impérialistes, contre les bases militaires étrangères, pour promouvoir la nécessité, la validité et l'actualité du socialisme comme seule alternative au capitalisme.

Tout ceci ainsi que les discours d'introduction du Secrétaire général du KKE, le camarade D.Koutsoumba, et du Secrétaire général du TKP, le camarade K.Okuyan, ont été publiés dans SOLIDNET ainsi que dans le quotidien Rizospastis et sur le portail 902.gr traduit en grec.
Le reflet du débat idéologico-politique dans le mouvement communiste international
Bien sûr, d'importantes questions idéologico-politiques continuent de tourmenter le mouvement communiste international. Il faut dire que des partis comme le Parti communiste français ou le Parti communiste espagnol, qui ont joué un rôle de premier plan dans le courant opportuniste du soi-disant "eurocommunisme", ainsi que d'autres partis qui participent au "pilier" du centre opportuniste européen actuel, le soi-disant "Parti de la gauche européenne" (PIE) et la GUE/NGL, le groupe de "gauche" européenne au Parlement européen, qui, comme nous l'avons évalué, en est venu à fonctionner comme une sorte de représentation du PIE au Parlement européen, participent aux réunions internationales.
Même les partis qui ont rejeté le marxisme-léninisme, le marteau et la faucille et qui en rejettent la responsabilité sur la construction du socialisme en URSS sont impliqués.

Le débat sur la question de la participation aux gouvernements bourgeois
La question de la participation ou du soutien des partis communistes aux gouvernements de "gauche", "progressistes", qui émergent sur le terrain de la gestion capitaliste, reste un point clé de la controverse idéologico-politique.
Tout d'abord, parce que les partis qui ont cette position politique avec diverses constructions idéologiques telles que l'"humanisation" du capitalisme, la "démocratisation" de l'UE ou les "étapes vers le socialisme", la soi-disant "rupture avec la politique de droite" entretiennent des illusions sur la gestion du système. Ils blanchissent le rôle sale de la social-démocratie et concentrent leurs critiques sur une forme de gestion bourgeoise, le néo-libéralisme. Ces forces ignorent et sous-estiment les lois qui régissent l'économie capitaliste et le caractère concret et irréversiblement réactionnaire de l'État bourgeois qui n'est annulé par aucune forme de gestion bourgeoise. Ces forces renvoient la lutte pour le socialisme à la "perspective à long terme" et assument en pratique de grandes responsabilités envers les peuples car elles refusent d'effectuer le dur travail quotidien de rassemblement des forces sociales qu'il est dans leur intérêt d'affronter les monopoles et le capitalisme.

Par conséquent, nous constatons qu'ils se concentrent sur les solutions de gestion gouvernementale en votant même en faveur des dépenses militaires pour les besoins de l'OTAN, des missions impérialistes par exemple dans la zone du Sahel, ou en remplaçant la demande de retrait du pays de l'OTAN par la demande de sa "dissolution" indéfinie et abstraite. Le résultat d'une telle politique est visible en Espagne, où le Parti communiste espagnol participe à un gouvernement qui gère la pandémie de manière barbare et antipopulaire, prend de nouvelles mesures contre la classe ouvrière sur la base des orientations de l'UE, tout en allant jusqu'à prendre des mesures pour saper Cuba et, bien sûr, participe aux plans de l'OTAN.

La confusion autour du concept d'impérialisme
Au fond, ce sont les mêmes forces qui traitent l'impérialisme non pas avec les critères léninistes, c'est-à-dire comme le capitalisme dans sa phase monopoliste, mais simplement comme une politique étrangère agressive. Ainsi, ils négligent le fait qu'à notre époque, les monopoles, les États capitalistes et leurs associations sont en conflit pour les matières premières, l'énergie, les ressources minérales, les voies de transport, les parts de marché. De plus, certains partis rejettent le fait que l'antagonisme entre les monopoles est la base de l'aggravation des contradictions à l'échelle internationale.

Sur cette question, ces partis se concentrent sur la politique étrangère agressive des États-Unis, de l'OTAN ou d'autres puissances fortes, interprétant unilatéralement l'"agression impérialiste" et proposant le soi-disant "monde multipolaire" comme solution. Cependant, la position qui limite l'impérialisme aux seuls Etats-Unis, ainsi que la position selon laquelle la coexistence de nombreux "pôles" internationaux où un pôle contrôlera l'autre, aboutissant à un "monde pacifique", est complètement désorientante pour les peuples. Il masque la réalité. Il entretient l'illusion qu'il peut y avoir un impérialisme "non agressif", un capitalisme dit "pacifique".

Le KKE et les autres partis ont critiqué des points de vue similaires qui ont été avancés au siècle dernier, tant par les forces opportunistes en Europe que par le PCUS, surtout après son virage opportuniste lors de son 20e Congrès, lorsque la ligne de la "concurrence pacifique" des deux systèmes sociopolitiques a prévalu.

Coopération "antifasciste" avec les forces bourgeoises
Certains partis sont déroutés par le fait que le système capitaliste utilise dans divers cas le chien de garde du système, c'est-à-dire diverses forces fascistes, et les utilise pour promouvoir divers plans des classes bourgeoises, comme cela s'est produit en Ukraine. Même certaines forces qui reconnaissent que le fascisme est "né et élevé" dans le capitalisme, ont tendance à détourner cette question de la lutte contre le capitalisme ; elles sont conduites à la perception d'une coopération "antifasciste" avec certaines forces bourgeoises ou même à leur soutien.

Aujourd'hui, en ce qui concerne les développements internationaux, on souligne l'importance capitale de l'évaluation du KKE résultant de l'étude de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Que cette guerre était impérialiste et injuste pour les puissances capitalistes fascistes ainsi que pour les pays capitalistes "démocratiques", qu'ils ont eux aussi commis de grands crimes contre l'humanité, comme le bombardement nucléaire d'Hiroshima et de Nagasaki. Que cette guerre n'était que pour l'URSS et les mouvements de guérilla et de libération populaire dans les pays occupés, où les communistes ont joué un rôle de premier plan.
Cette position est directement liée au présent, avec la manifestation des contradictions inter-impérialistes en Ukraine, lorsque les États-Unis, l'OTAN et l'UE utilisent les forces fascistes en Ukraine pour leurs plans géopolitiques, et que d'autre part la Russie capitaliste promeut les intérêts de ses propres monopoles.

Il est évident que les Etats-Unis, les alliances impérialistes de l'OTAN et de l'UE, ainsi que les classes bourgeoises qui les ont constituées, ont d'énormes responsabilités par rapport à ces développements. Dans le même temps, la bourgeoisie russe porte également d'énormes responsabilités dans la situation actuelle. Tous ceux qui en font actuellement partie ont joué un rôle de premier plan dans la dissolution de l'URSS. Le 30e anniversaire de sa dissolution a été récemment célébré. Ensuite, Eltsine et les forces sociales et politiques qui l'ont suivi se sont souciés de faire tomber l'URSS ; ils ne se sont pas souciés, par exemple, de ce qu'il adviendrait de la Crimée, des millions de Russes et de russophones qui se retrouveraient en dehors des frontières de la Russie, de ce qu'il leur arriverait. Il est donc provocateur de voir des hommes politiques qui, à l'époque, soutenaient Eltsine pour renverser l'URSS, dénoncer sans cesse aujourd'hui Lénine pour la dissolution de l'URSS et appeler à une "lutte antifasciste" en Ukraine.

L'approche de la Chine aujourd'hui
En outre, la question de la confrontation idéologico-politique sur ce qu'est le socialisme est de la plus haute importance. Il existe plusieurs partis qui "appellent le poisson viande". Il y a quelques années, il existait diverses théories sur le "socialisme du XXIe siècle" ou le "socialisme de la bonne vie", comme s'appelaient divers gouvernements sociaux-démocrates d'Amérique latine, qui tentaient de gérer le système capitaliste avec des slogans présentés comme "radicaux" et des mesures visant à atténuer l'extrême misère de la population. Aujourd'hui, l'accent est mis sur la Chine, qui prétend construire le "socialisme aux caractéristiques chinoises", mais ce qui est construit là-bas n'a rien à voir avec le socialisme, avec les principes et les lois scientifiques de la construction socialiste. Le socialisme consiste en la socialisation des moyens de production, le pouvoir des travailleurs, la planification centrale. Rien de tout cela n'existe dans la Chine d'aujourd'hui, où les monopoles chinois déterminent les développements, promeuvent par le biais du parti communiste chinois leurs décisions, qui conduisent entre autres à d'énormes inégalités et injustices sociales.
Cette question a non seulement une dimension théorique, mais aussi une dimension directement politique et est liée à la lutte pour la suprématie dans le système impérialiste entre les États-Unis et la Chine.

La question de la lutte pour la suprématie dans le système impérialiste
Cette question n'est pas simple, car il a été pratiquement prouvé que dans des conditions similaires, lorsque la suprématie du système impérialiste a été contestée, de grandes confrontations militaires ont eu lieu, avec l'implication de dizaines de pays, avec de nombreux morts pour les profits des capitalistes en conflit.

Aujourd'hui, les États-Unis sont toujours la plus grande puissance politique, économique et militaire de l'impérialisme dans le monde, suivis de près par la Chine. En raison de la loi du développement inégal du capitalisme, nous constatons que les monopoles chinois gagnent des positions importantes sur le marché capitaliste mondial, dans l'exportation de biens et de capitaux.

Malheureusement, certains partis communistes tentent par erreur de réutiliser les formes du passé, en parlant d'une nouvelle "guerre froide", à la différence qu'à la place de l'URSS contre les États-Unis, ils mettent maintenant la Chine. Cependant, la situation actuelle n'a rien à voir avec la confrontation entre l'URSS et les États-Unis, car il y a aujourd'hui une confrontation dans le domaine du conflit des monopoles, c'est-à-dire une confrontation intra-impérialiste. Le KKE, par sa position, a souligné cette différence, tandis que d'autres partis comme le Parti communiste du Mexique, le Parti communiste du Pakistan ont souligné le caractère capitaliste actuel de la Chine, tandis que le Parti communiste des Philippines-1930 a ouvertement parlé de l'hégémonisme expansionniste de la Chine contre les pays voisins du Pacifique, qui sert de prétexte aux Etats-Unis pour intervenir dans la région.

Il ne s'agit en aucun cas d'une confrontation entre le capitalisme et le socialisme, comme l'ont affirmé à tort certains partis comme le Parti communiste du Brésil. Il est insensé que les communistes prennent la tête de campagnes politiques telles que celle du Parti communiste du Canada pour la libération de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, fille du président du monopole chinois, dont la fortune personnelle dépasse 3,4 milliards de dollars, qui a été détenue pendant un certain temps en raison du dur conflit entre les monopoles de haute technologie. Il n'est pas approprié pour un parti communiste d'organiser une mobilisation pour une femme d'affaires, dont la caution atteint 7,5 millions de dollars, et ce alors que dans des dizaines de pays du monde entier, des communistes sont aujourd'hui poursuivis en justice (par exemple en Ukraine, en Pologne), arrêtés (par exemple au Swaziland, etc.), persécutés (par exemple au Kazakhstan), assassinés de sang-froid (par exemple au Pakistan, en Inde) et ont besoin de notre solidarité internationaliste.

Il convient de préciser à ce stade que le KKE a envoyé des députés, des députés européens et d'autres cadres aux procès de communistes et de partis persécutés, en Ukraine, en Pologne, il y a quelques années dans les pays baltes, a dénoncé les meurtres et les persécutions de communistes dans d'autres pays comme le Pakistan, le Kazakhstan, le Soudan, l'Inde, le Venezuela et d'autres pays, soulevant de telles questions au Parlement européen.

Sur la question de "l'unité
Dans les rangs du Mouvement communiste international, il ne peut y avoir une "unité" artificielle avec des forces qui remettent en question et révisent les "fondamentaux" du marxisme-léninisme, tels que les principes de la révolution socialiste et de la construction socialiste, au nom du "maintien de ce qui nous unit pour le moment". Une telle "unité", outre l'image fausse et désorientante qu'elle donnerait aux communistes du monde entier, est également dangereuse, car "la moitié de la vérité est toujours un mensonge". De plus, elle dissimule les désaccords qui existent au sein du mouvement communiste et entrave la discussion pour les surmonter. Si les communistes n'ont pas une vue d'ensemble du monde impérialiste et ne se concentrent que sur les USA-OTAN, ou le néo-libéralisme, ou le fascisme, et se détournent de la "matrice" qui les engendre, c'est-à-dire le capitalisme et la nécessité de le renverser, ils seront conduits à des choix tragiques.

Le KKE, conscient de cette situation et éclairant le peuple à ce sujet, dirige actuellement le mouvement anti-impérialiste dans notre pays contre les bases américaines et de l'OTAN, contre les soi-disant "accords de défense" de la Grèce avec les États-Unis et la France, contre l'implication des forces armées grecques dans des missions au-delà des frontières, pour le retrait des alliances impérialistes de l'OTAN et de l'UE, avec le peuple au pouvoir. Prenant tout cela en compte, le KKE donne toutes ses forces contre les politiques anti-peuple du gouvernement ND, de SYRIZA et des autres partis bourgeois, ainsi que la lutte contre les formations criminelles fascistes, cherchant à créer les conditions préalables à l'Alliance sociale, au renversement du capitalisme, à mettre fin au cercle vicieux de l'exploitation de classe et des guerres impérialistes.

Sur le cours du regroupement révolutionnaire du mouvement communiste international
Il est nécessaire de poursuivre et d'approfondir le débat idéologico-politique et de clarifier les choses. Nous ne sommes pas d'accord avec l'échange de caractérisations entre les parties, mais nous avons l'intention de développer une discussion substantielle. En outre, nous cherchons à réaliser des actions communes et convergentes sur les questions où cela est possible, et en particulier à exprimer la solidarité internationaliste.

Nous soutenons les formes existantes d'échange de vues et de coopération entre les partis communistes, telles que les réunions internationales, régionales et thématiques des partis communistes.
Nous soutenons les formes les plus avancées de coopération du mouvement communiste international telles que l'"Initiative Communiste Européenne" (ICE) et la "Revue Communiste Internationale" (RCI) pour la formation d'un pôle communiste qui luttera pour le regroupement révolutionnaire et l'unité du mouvement communiste armé de notre vision du monde, le marxisme-léninisme.

Le récent 21ème Congrès de notre Parti a élaboré des critères importants pour notre coopération plus étroite avec les partis communistes que : (a) défendre le marxisme-léninisme et l'internationalisme prolétarien, la nécessité de former un pôle communiste international, (b) affronter l'opportunisme, le réformisme, rejeter la gestion de centre-gauche et toute variation de la stratégie d'étape, (c) défendre les lois scientifiques de la révolution socialiste avec lesquelles ils évaluent le cours de la construction socialiste, cherchent à enquêter et à tirer des conclusions des problèmes et des erreurs, d) ils ont un front idéologique contre les perceptions erronées de l'impérialisme, notamment celles qui séparent son agression militaire guerrière de son contenu économique, ils affrontent toute alliance impérialiste, e) ils développent des liens avec la classe ouvrière, ils essaient d'agir dans le mouvement syndical, dans les mouvements des secteurs populaires des couches moyennes, ils cherchent à intégrer la lutte quotidienne pour les droits ouvriers et populaires dans une stratégie révolutionnaire contemporaine pour le pouvoir des travailleurs.

La téléconférence internationale des partis communistes, les téléconférences de l'Initiative Communiste Européenne et de la Revue Communiste Internationale, qui ont également eu lieu au cours de la dernière période, aident notre Parti à mieux étudier la situation exacte du mouvement communiste international et toutes les formes de coopération, en mettant en évidence, sur la base des critères susmentionnés, les priorités et les activités communes avec les autres partis.

Publié dans le journal "Rizospastis" le 22.01.22.


Edité le 27-05-2022 à 20:41:13 par Xuan




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   Posté le 26-05-2022 à 23:25:14   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

http://www.editions-proletariennes.fr/Actu/ep27mai2022.htm

Dans le mouvement communiste international et sur la question de la lutte contre l’hégémonisme US, le KKE s’oppose frontalement à la lutte menée par le KPRF et le PCC contre l’hégémonisme US, au moment où le conflit a pris la forme de la guerre ouverte contre la Russie et de la guerre hors limites contre la Chine Populaire.

1 – Le KKE déforme la notion de monde multipolaire

« la position selon laquelle la coexistence de nombreux "pôles" internationaux où un pôle contrôlera l'autre, aboutissant à un "monde pacifique", est complètement désorientante pour les peuples. Il masque la réalité. Il entretient l'illusion qu'il peut y avoir un impérialisme "non agressif", un capitalisme dit "pacifique". »

La fin de la domination hégémonique des USA et son remplacement par un monde multipolaire aboutira à une situation où aucun des anciens impérialismes ne peut remplacer les USA. Cela ne signifie pas que le capitalisme cessera d’être agressif, ceci est une pure invention du KKE.
Si cette situation « désoriente » le KKE cela signifie qu’il ne tient pas compte de la réalité et qu’il a lui-même perdu le nord.

2 – Le KKE révise l’histoire du front uni mondial antifasciste et la nature du fascisme

« l'importance capitale de l'évaluation du KKE résultant de l'étude de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Que cette guerre était impérialiste et injuste pour les puissances capitalistes fascistes ainsi que pour les pays capitalistes "démocratiques", qu'ils ont eux aussi commis de grands crimes contre l'humanité, comme le bombardement nucléaire d'Hiroshima et de Nagasaki. »

Cette présentation est profondément erronée. D’une part il a réellement existé un front uni mondial anti fasciste parce que la principale contradiction mondiale se situait entre fascisme et anti fascisme. Staline et le PCUS ont insisté à plusieurs reprises pour que les pays impérialistes se joignent à la lutte contre le nazisme. Comme aujourd’hui le PCC met l’accent sur les oppositions entre l’hégémonisme US et les pays du second monde.
D’autre part la nature impérialiste des pays capitalistes n’a jamais cessé et s’est manifestée à plusieurs reprises, mais elle est restée secondaire jusqu’à la défaite des nazis. A la Libération ces pays se sont déchaînés contre l’émancipation des peuples, c’est-à-dire que la contradiction principale dans le monde s’est transformée.
Le KKE nie l’existence de contradiction dominante et ses transformations.
Ici le KKE nie aussi le caractère spécifique du nazisme, « dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier » suivant la définition de Dimitrov. Les nazis ont tué plus de 20 millions de soviétique, et les fascistes japonais plus de 20 millions de chinois.


3 – Le KKE met l’OTAN et la Russie sur le même plan.

« Il est évident que les Etats-Unis, les alliances impérialistes de l'OTAN et de l'UE, ainsi que les classes bourgeoises qui les ont constituées, ont d'énormes responsabilités par rapport à ces développements. Dans le même temps, la bourgeoisie russe porte également d'énormes responsabilités dans la situation actuelle. »

Que la bourgeoisie russe ait engagé une contre-révolution en s’appuyant sur les révisionnistes soviétiques n’empêche pas une partie d’entre elle de s’opposer à l’encerclement de l’OTAN, de réhabiliter la victoire de l’URSS sur le nazisme et de combattre la nazification de l’Ukraine et le massacre des russophones.
Face à l'hégémonisme US la défense de leurs intérêts par les bourgeoisies de différents pays joue un rôle positif parce qu'elles contribuent à la défaite de l'hégémonisme. Lorsqu'elles renoncent à cette résistance elles deviennent le jouet des USA, creusent les contradictions de classes dans leur propre pays et précipitent leur propre fin.


4 – Le KKE ment en attaquant le socialisme à la chinoise

« Aujourd'hui, l'accent est mis sur la Chine, qui prétend construire le "socialisme aux caractéristiques chinoises", mais ce qui est construit là-bas n'a rien à voir avec le socialisme, avec les principes et les lois scientifiques de la construction socialiste. Le socialisme consiste en la socialisation des moyens de production, le pouvoir des travailleurs, la planification centrale. Rien de tout cela n'existe dans la Chine d'aujourd'hui, où les monopoles chinois déterminent les développements, promeuvent par le biais du parti communiste chinois leurs décisions, qui conduisent entre autres à d'énormes inégalités et injustices sociales.
Cette question a non seulement une dimension théorique, mais aussi une dimension directement politique et est liée à la lutte pour la suprématie dans le système impérialiste entre les États-Unis et la Chine. »


Il existe en Chine plusieurs formes de propriété sociale. La socialisation des moyens de production existe, à travers la propriété publique et la propriété collective.
La planification existe, le 14e plan a commencé.
La situation de monopole capitaliste est combattue et ce ne sont pas eux qui déterminent les développements, comme le démontrent plusieurs exemples récents.
Les inégalités existent dans le système socialiste et les excès sont combattus par la lutte contre la pauvreté et les revenus excessifs.
En fait les progrès sociaux enregistrés en Chine sont visibles et dépassent par leur rapidité tout ce qui a été réalisé par les pays industrialisés, qui eux ont bénéficié de l’exploitation des colonies.
D'ailleurs le KKE écrit que "Les développements confirment que les gouvernements bourgeois n'ont pas été capables de gérer la pandémie du coronavirus dans l'intérêt des travailleurs". Or les chiffres des décès dus au Covid en Chine et dans les pays impérialistes sont éloquents et démontrent l'inanité des accusations du KKE.

Les mensonges du KKE sur la Chine servent à défendre une position « neutre » face à l’hégémonisme et à la guerre "hors limites" déclenchée particulièrement depuis Trump.
Le KKE s'oppose à l'ennemi principal désigné par les USA.

5 – Le KKE se veut le centre du mouvement communiste international.

« Le récent 21ème Congrès de notre Parti a élaboré des critères importants pour notre coopération plus étroite avec les partis communistes que : (a) défendre le marxisme-léninisme et l'internationalisme prolétarien, la nécessité de former un pôle communiste international… »

Personne n’a mandaté le KKE pour diriger le mouvement communiste international. De sa propre autorité il prétend « former un pôle communiste international » .
Or le PCC, qui a vaincu le féodalisme et l’occupation japonaise, instauré le socialisme et commencé son édification, et qui compte plus de 90 millions de membres, n’a jamais prétendu diriger le mouvement communiste international. Au contraire il s’est toujours opposé à la notion de « parti père ».

Non seulement le KKE nie la nécessité de former un front uni mondial contre l’hégémonisme US, pilier de l’impérialisme mondial et donneur d’ordre du terrorisme et du fascisme, non seulement il met dans le camp des ennemis ceux qui s’opposent le plus directement à cet hégémonisme, mais il prétend diriger le mouvement communisme international, c’est-à-dire diviser et décapiter la direction prolétarienne du front uni mondial anti hégémonique.
Et on observera qu'elle aboutit, sur la guerre en Ukraine et sur la Chine, aux positions défendues par les directions les plus réformistes de certains partis communistes.

Tout en prétendant combattre l'OTAN, le KKE s'oppose aux pays directement en conflit avec les USA et s’allie de fait avec la plus grande puissance impérialiste.


Edité le 27-05-2022 à 20:38:50 par Xuan




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   Posté le 27-06-2022 à 17:57:33   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La position du KKE, reprise par Solidarité internationale PCF', qui définit une guerre "inter-imperialiste" et condamne simultanément le KPRF et le PCC :

A propos de la guerre impérialiste et de la position du Parti Communiste de la Fédération de Russie (KPRF)

Publié le 27/06/2022 à 12:22
Par Solidarité Internationale PCF

Couverture de l'article "A propos de la guerre impérialiste et de la position du Parti Communiste de la Fédération de Russie (KPRF)"
A propos de la guerre impérialiste et de la position du Parti Communiste de la Fédération de Russie (KPRF)
Document de la Section des Relations Internationales du CC du KKE. Publié dans Rizospastis, journal officiel du KKE, le 23-24 avril 2022. Traduction FS pour Solidarité Internationale PCF

"La lutte pour les marchés et le pillage des pays étrangers, la tendance à étouffer le mouvement révolutionnaire du prolétariat et de la démocratie à l’intérieur des pays, la tendance à endormir, fragmenter et pourchasser les prolétaires de tous les pays, en poussant les esclaves salariés d’une nation contre les esclaves salariés d’une autre nation pour le bénéfice de la bourgeoisie, c’est tout cela le véritable contenu, l’unique et le vrai sens de la guerre." (V.I Lénine, t. 26, p.1)

Tout ce qu'observait, il y a plus de 100 ans, le chef de la Révolution d’Octobre s’applique totalement à la guerre actuelle qui se mène en Ukraine. Dans de nombreux articles récents, nous avons insisté la part prise par la lutte pour les marchés, les matières premières, les voies de transport des marchandises. Le KKE a également exprimé des positions claires dans le cadre du Mouvement Communiste International.

Malheureusement certains PC, comme le Parti Communiste de la Fédération de Russie (KPRF) soutiennent des positions diamétralement opposées aux nôtres.

Quelques éléments au sujet du KPRF
Le KPRF, créé en 1993, est une force significative de la vie politique de la Russie capitaliste. Lors des dernières élections parlementaires en 2021, il a recueilli 18,9% des suffrages devenant ainsi la 2ème force politique avec 56 députés (sur un total de 450 sièges). Depuis la dissolution de l’URSS, le KPRF a exercé des positions gouvernementales, notamment en 1998-1999 : le premier Ministre G. Primakov avait géré la crise capitaliste qui frappait alors le pays. Le programme du KPRF, qui soutient une « ligne » de transition progressive du capitalisme au socialisme en de nombreuses étapes, prône des solutions gouvernementales de « centre-gauche ». Le KPRF, malgré son importante force parlementaire, n’apporte aucune contribution substantielle à la reconstruction du mouvement syndical ouvrier de Russie, comptant des forces déterminantes désormais passées sous contrôle de l’état et des employeurs.

La position que prônait le KPRF avant le début de l’invasion russe était une ligne de coexistence avec le parti gouvernemental Russie Unie et le président V. Poutine. C’est sur proposition du KPRF que fut approuvée à la Douma la reconnaissance de l’« indépendance » des dites « Républiques Populaires » du Dombass (Donetsk et Lougansk), reconnaissance qui fut d'ailleurs l'« effet déclencheur » de l’intervention russe en Ukraine. Le KPRF « régurgite » les arguments officiels du gouvernement russe sur la nécessité pour l’Etat russe d’écraser le fascisme en Ukraine, en y menant une « opération militaire spéciale », terminologie imposée en Russie, pour éviter d’employer le mot guerre. En fait, le KPRF considère que cette politique extérieure « antifasciste » doit aussi s’accompagner d’un « virage à gauche » en Russie, réclamant pour la énième fois un remaniement ministériel et leur participation au gouvernement.

1. La « guerre des civilisations » : le « milliard doré » face au « monde russe »
Mais le pire de tous les services rendus par le KPRF est son silence total sur les causes réelles des guerres impérialistes qui, comme celle en Ukraine, sont menées au profit des intérêts des monopoles et des bourgeoisies, et non au profit des peuples. Ce sont des guerres pour les matières premières, les richesses minérales, pour les voies de transport de marchandises, pour des points d’appuis géopolitiques, pour les parts de marché. Il n’est pas possible que le KPRF ignore l’importance pour le capital - tant russe qu’occidental - qu’ont les riches potentialités de l’Ukraine : ses richesses minérales (le titane par exemple, indispensable pour l’industrie aéronautique), les ports de Marioupol et d’Odessa, ses fertiles terres arables, les acquis des années du socialisme, mais également son importante base industrielle, l’énorme réseau de gazoducs qui quadrille le pays. Il n’est pas non plus possible que le KPRF puisse ignorer la farouche compétition que se livrent les Etats bourgeois dans de nombreuses régions du globe, pour les ressources, pour les voies de transport et les pipelines énergétiques, pour les parts des monopoles dans le marché de l’Énergie en Europe, pour les parts de marché des armes, etc. Une compétition impérialiste, dans laquelle interfèrent les monopoles et les Etats des USA, de l’UE, de la Russie, de la Chine, mais aussi d’autres « acteurs » périphériques comme la Turquie, Israël, les monarchies du Golfe, etc.

Par ses positions, le KPRF se place du côté des monopoles russes et chinois dans leur compétition avec les monopoles occidentaux qui ont tous transformé le peuple ukrainien en « punching ball ». Ce parti, depuis déjà de nombreuses années, « flirte » avec une approche nationaliste et avec des mouvements se présentant comme « patriotiques ».
Dans son livre Mondialisation et le sort de l’humanité (2002), le président du KPRF a repris la thèse de l’américain Samuel Philip Huntington sur le « choc des civilisations » ; une thèse selon laquelle le conflit ne s’applique plus entre Etats mais entre des forces de traditions culturelles différentes. Il voit ainsi dans les manœuvres d’encerclement de la Russie par l’OTAN, l’UE et les USA une « guerre totale » contre la Russie, lancée par les pays du prétendu « milliard doré », comme sont qualifiés les 30 pays membres de l'OCDE (Organisation pour la Coopération Économique et le Développement), dont fait partie la Grèce, totalisant une population de près d’un milliard d’habitants. Selon cette conception, il y a une « modération » des oppositions sociales et de classe au sein des sociétés du « milliard doré » mais il y a surtout une opposition fondamentale s’exprimant au niveau international « sur la base d’un axe Nord riche – Sud pauvre, non moins radicale que celle qui séparait auparavant le prolétariat de ses exploiteurs au sein d’un même pays»1 . Dans un document programmatique du KPRF, le caractère impérialiste de la Russie d’aujourd’hui n’est pas mis en avant, alors qu’il considère que « la Fédération de Russie s’est transformée en l’objet d’un nouveau partage du monde, en une annexe de matières premières pour les états impérialistes », remarquant aussi que « dans la deuxième moitié du 20ème siècle grâce à l’exploitation prédatrice des stocks de la planète, via la spéculation financière, les guerres et l’emploi de nouveaux modes sophistiqués de colonialisme, un groupe de pays capitalistes développés, le dénommé « milliard doré » est passé au stade de la « société de consommation », dans laquelle la consommation transforme le fonctionnement naturel d’une organisation humaine en une « obligation sacrée » dont la pleine réalisation détermine totalement son statut social…»2.

Selon cette approche fallacieuse dénuée de classes, au « milliard doré » s’oppose le prétendu « monde russe » qui est aujourd’hui un des axes fondamentaux de la politique extérieure de l’état bourgeois russe. Sous ce concept se cache la manipulation par la Russie de millions de russes et russophones, au gré des options du capitalisme russe. « Nous sommes tous obligés de défendre le « monde russe » (...) Le monde russe est rassemblé ici depuis des milliers d’années. Et l’on accueille non seulement les russes mais aussi les ukrainiens et les biélorusses. Nous avons une foi commune, des victoires communes, une même langue, une même culture » , a dit le président du KPRF dans son discours au Parlement russe au cours des débats sur la reconnaissance de l’indépendance des dites « Républiques populaires»3. Sur cette base-là, le KPRF fournit un soutien total à la politique extérieure de la classe dirigeante russe et à la constitution d’unions capitalistes transnationales telles que l’Union Économique Européenne et l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC) sur le sol de l’ex-URSS. Il est significatif qu’en janvier dernier le KPRF ait soutenu la mission militaire des forces de l’OTSC au Kazakhstan envoyée réprimer le soulèvement populaire et ouvrier.
En conclusion, tout en déclarant que son objectif est le socialisme, le KPRF envisage d’y parvenir par la voie électorale et parlementaire, préconisant un programme réformiste de gestion du système capitaliste qui s’accorde pleinement avec les objectifs de la bourgeoisie russe et avec les projets de l’Etat russe. Cela se reflète aussi dans les questions de politique extérieure.

2. Silence sur la responsabilité du gouvernement russe
Le KPRF, en ne pointant que les grandes et indéniables responsabilités des autres forces impérialistes (USA, OTAN, UE), celles du « fascisme libéral » comme il les nomme, n’évoque nullement les responsabilités de la bourgeoisie russe. Pourtant, après la dissolution de l’URSS, des millions de Russes et de russophones se sont retrouvés hors des frontières de la Fédération de Russie, comme par exemple dans les régions de Crimée et du Donbass. Alors qu’elles démantelaient l’URSS, les forces contre-révolutionnaires russes se sont-elles préoccupées des droits de ces gens, à quel pays allaient désormais appartenir les régions dans lesquelles ils vivaient ? Non, bien sûr que non ! Ces populations étaient considérées par la toute nouvelle bourgeoisie russe comme des « pions » pour ses projets géopolitiques sur les territoires de l’ex-URSS.
En même temps, et ce depuis 30 ans, la bourgeoisie ukrainienne « abreuve » méthodiquement le peuple ukrainien du « poison » de l'anticommunisme, de la propagande à la Goebbels sur le « génocide » du peuple ukrainien par les bolcheviks, les communistes ou les Russes. En 1998, le président de l'époque, L. Koutchma, a signé le premier décret présidentiel effectif officialisant cette propagande, la répandant dans tout le système éducatif. Dès 2006, sous le président V. Iouchtchenko, débuta l’entreprise de « reconnaissance internationale » du prétendu « génocide », tandis qu’à l’intérieur toute opinion le refutant était passible de poursuites peinales. En 2010, le président pro-russe V. Ianoukovitch – c’est ainsi qu’on le qualifie –, tout en conservant ces dispositions, déclara qu'il ne s'agissait pas d'un génocide du peuple ukrainien mais d'un « crime du régime totalitaire stalinien ». C’est sur ce mythe qu’a grandi toute une génération d'Ukrainiens. Et sur ce plan-là les organisations fascistes l'ont « doublé » pour se reconstruire idéologiquement et politiquement.

Qu’ont fait, durant toute ces années, les autorités russes actuelles pour empêcher cette évolution inacceptable ? Du business, comme l'a fièrement déclaré V. Poutine : « en 2011 la balance du commerce bilatéral dépassait les 50 milliards de dollars »4 . À l’heure où se développait en Ukraine une propagande digne de Goebbels, la Russie lui apportait un « soutien matériel » : rien que pour la période 1991- 2013 (où les idées fascistes se sont enracinées) le budget ukrainien était excédentaire de 250 milliards, grâce à un prêt préférentiel de la Russie et aux tarifs spéciaux de l’énergie russe. Quant aux dettes de l’Ukraine contractées du temps de l’URSS, elles furent entièrement garanties par la Russie.
La renaissance de la propagande fasciste et nazie en Ukraine est-elle donc de la seule responsabilité des ukrainiens ? La bourgeoisie russe n’en est-elle pas aussi responsable ? Le KPRF ignorait-il tout de cela ?

3. A propos de la lutte contre le fascisme
Depuis des années, l’Etat russe dépose chaque année à l’ONU un projet de résolution condamnant la « glorification » du nazisme et invitant à des mesures de restriction du phénomène nazi, particulièrement dans les Etats baltes et en Ukraine. Les USA ont systématiquement voté contre tandis que les pays de l’UE se sont abstenus. Parallèlement, une fois par an le 9 mai, jour de la Victoire Antifasciste des Peuples, le drapeau rouge flotte en Russie. La bourgeoise dirigeante de Russie s’efforce ainsi de détourner la victoire et les sentiments antifascistes du peuple russe.

Au même moment, dans les écoles de Russie, on « abreuve » les enfants du le poison de l’anticommunisme, en citant par exemple l’antisoviétique bien connu Soljenitsyne qui justifiait la collaboration des russes avec les nazis, admirait Franco et soutenait Pinochet. Les médias tant publics que privés débordent d’anticommunisme, et la victoire contre l’Allemagne fasciste y est présentée comme un exploit qui fut réalisé sans et parfois malgré l’action du parti des bolchéviks. V. Poutine lui-même a publiquement déclaré qu’il étudiait l’œuvre d’Ivan Iline, un idéologue russe du fascisme et la recommandait à la jeunesse. Il s’est d’ailleurs rendu sur sa tombe pour y déposer des fleurs.

Cela démontre une fois encore que lorsque la lutte contre le fascisme se détourne de la « matrice » qui l’a engendré, du combat contre le capitalisme, il s’agit alors d’une posture totalement hypocrite dans le but de promouvoir d’autres objectifs, comme c’est le cas aujourd’hui en Ukraine, où l’intervention militaire russe a soi-disant pour objectif la « dénazification » de l’Ukraine. Qui va la faire cette dénazification ? L’admirateur du fasciste I. Iline, avec le drapeau et les emblèmes de l’empire tsariste, cette « prison des peuples » comme l’appelait Lénine ? Il n’est pas possible pour le KPRF de ne pas être conscient de l’hypocrisie de cette posture.

4. Silence sur l’anticommunisme du gouvernement
Le KPRF constate l’anticommunisme des « autorités fascistes » ukrainiennes, comme il les qualifie, mais ne remarque absolument pas celui qui émane de la plus officielle des voix de Russie, celle du président V. Poutine, lors de son discours justifiant la guerre imminente. Rappelons-nous comment celui-ci a utilisé ces mêmes qualificatifs nauséabonds, qu’utilisent l’UE et les USA à propos de l’Union Soviétique : « dictature stalinienne », « régime totalitaire », « terrorisme rouge », etc.
Il est très significatif que le KPRF n’ait pas réagi à cette inacceptable attaque anticommuniste lancée par le président russe V. Poutine. Il n’a pas même répondu à ses accusations tout autant inacceptables, rendant Lénine et les bolchéviques responsables de la désintégration de l’URSS et non les forces économiques et politiques de la contre-révolution, auxquelles Poutine a lui-même participé aux côtés du maire de Léningrad (A. Sobtchak, bras droit de B. Eltsine qui, avec M. Gorbatchev, a mené l’offensive anticommuniste et antisoviétique contre les forces qui luttaient pour sauver le socialisme et l’URSS).

5. La falsification des thèses du KKE à propos de la guerre
Dans les circonstances actuelles le KPRF s’est efforcé de tromper le peuple russe sur la position du KKE quant aux événements en Ukraine. Il lui a caché que, dès les premiers instants, le KKE avait condamné l’invasion en Ukraine, qu’il avait organisé une manifestation à Athènes depuis l’ambassade russe jusqu’à l’ambassade américaine, qu’il s’est prononcé contre les deux camps de ce conflit impérialiste, appelant les deux peuples à ne pas choisir entre des « brigands », qu’il mobilise contre l’extension de l’« incendie » de la guerre impérialiste et l’implication permanente et toujours plus profonde de la Grèce, notamment par le transit d’armes meurtrières vers le lieu du conflit.
Au contraire, Le KPRF a cherché à tirer profit de la mobilisation de masse du KKE, pour continuer à manipuler le peuple russe. Ainsi, sur les réseaux sociaux G. Ziouganov a republié une photo de la mobilisation du KKE en la présentant comme un soutien au prétendu « monde russe ». En outre, dans un message de solidarité qu’il a envoyé à la suite de l’arrestation de responsables du KKE et de la répression de la manifestation de Thessalonique, le KPRF s’est efforcé d’y intégrer sa thèse sur la « guerre totale de l’OTAN contre la Russie ». Thèse qui cherche à justifier l’invasion russe en Ukraine. Ce message a trouvé l’« hospitalité » d’un journal bourgeois de notre pays, qui s’en est servi pour accuser le KKE de double langage et d'un soi-disant soutien à la Russie capitaliste.
Or, si dans notre pays des mobilisations populaires se déroulent devant les bases, camps, ports et gares ferroviaires d’où partent les forces américano-otaniennes, c’est bien parce que que notre pays est déjà engagé dans l'un des camps de ce conflit : celui de l’OTAN et des américains. Nous réclamons ainsi que la Grèce se désengage de la guerre, des projets criminels de l’euro-atlantisme qui menacent notre peuple. Personne ne peut « traduire » cela comme un soutien à la Russie capitaliste, sauf le KPRF et quelques autres partis communistes qui fournissent un alibi politique et idéologique aux projets de la bourgeoisie russe.
Le KKE et 40 autres partis communistes et 30 organisations de jeunesse communiste du monde entier ont déclaré que :
- Ils condamnent la guerre impérialiste en soulignant que « les événements en Ukraine, qui se déroulent sur le sol du capitalisme monopoliste, sont liés aux visées des USA, de l’OTAN, de l’UE, et à leur ingérence dans la région dans le cadre de la féroce compétition de ces forces avec la Russie capitaliste.
- Ils manifestent leur solidarité « aux communistes et aux peuples de Russie et d’Ukraine », appelant à renforcer le front contre le nationalisme que cultivent toutes les bourgeoisies. Les peuples de ces deux pays qui ont vécu ensemble en paix dans le cadre de l’URSS, mais aussi tous les autres peuples n’ont aucuns intérêts à se ranger dans le camp de l’un ou l’autre des impérialismes, dans l’une ou l’autre des alliances qui ne servent que les intérêts des monopoles.

- Ils soulignent : « Les intérêts de la classe ouvrière et des couches populaires nécessitent de renforcer les critères de classe dans l’analyse des événements, de suivre notre propre route indépendante contre les monopoles et les bourgeoisies, pour renverser le capitalisme, pour intensifier le combat de classe contre la guerre impérialiste et pour le socialisme qui reste toujours d’actualité et nécessaire. »

Références
1. G. Ziouganov : «Mondialisation : impasse ou sortie ?» (2001)
2. Programme du KPRF ΚΚΡΟ. https://kprf.ru/party/program
3. G. Ziouganov : La reconnaissance des Républiques Populaires du Dombas est une question de principes. https://kprf.ru/party-live/cknews/208757.html
4. V. Poutine. Message du président de la Fédération de Russie du 21/02/22 http://kremlin.ru/events/president/news/67828

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
17314 messages postés
   Posté le 27-06-2022 à 18:01:04   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

NB : solidarité internationale PCF est Paris XVe, branche trotskiste du PCF.


URGENT ! DÉCLARATION COMMUNE DES PARTIS COMMUNISTES ET DES TRAVAILLEURS, NON À LA GUERRE IMPÉRIALISTE EN UKRAINE !

Solidarité Internationale PCF
Ukraine, Russie et ex-URSS, Impérialisme
28 FÉVR. 2022

http://solidarite-internationale-pcf.fr/2022/02/urgent-declaration-commune-des-partis-communistes-et-des-travailleurs-non-a-la-guerre-imperialiste-en-ukraine.html

Déclaration commune des Partis communistes et des Travailleurs.
Non à la guerre impérialiste en Ukraine

Une lutte indépendante est nécessaire pour faire face aux monopoles privés et aux classes bourgeoises pour renverser le capitalisme, pour renforcer la lutte des classes contre la guerre impérialiste, pour le socialisme !

1. Les partis communistes et partis des travailleurs qui signent cette déclaration commune s’opposent au conflit impérialiste en Ukraine : une des conséquences tragiques de l’état des peuples suite au renversement du socialisme et à la dissolution de l’Union soviétique. Les forces bourgeoises et opportunistes sont complètement à découvert. Ces forces ont toujours œuvré contre l’URSS et ont récemment célébré les 30 ans de sa dissolution, passant sous silence le fait que la restauration du capitalisme a entraîné le démantèlement des acquis historiques des travailleurs et des peuples, renvoyant le peuple soviétique à une ère d’exploitation et de guerres impérialistes.

2. Les développements en Ukraine, qui entrent dans le cadre du capitalisme monopolistique, sont liés aux plans des États-Unis, de l’OTAN et de l’UE et à leur intervention dans la région dans le contexte d’une compétition acharnée avec la Russie capitaliste pour le contrôle des marchés, des matières premières et des réseaux de transport du pays. Ces desseins sont cachés par les puissances impérialistes qui se contredisent avec leurs prétextes de « défense de la démocratie », « autodéfense », droit à « choisir ses alliances », l’application des principes de l’ONU ou de l’OSCE face au prétendu « fascisme » alors même qu’ils séparent volontairement le fascisme du système capitaliste qui en est la source et qui l’instrumentalise.

3. Nous dénonçons l’activité des forces fascistes et nationalistes en Ukraine, l’anti-communisme et la persécution des communistes, la discrimination de la population russophone, les attaques armées du gouvernement ukrainien contre le peuple du Donbass. Nous condamnons l’instrumentalisation des forces politiques réactionnaires en Ukraine, y compris les groupes fascistes, par les puissances euro-atlantiques pour parvenir à leurs fins. En outre, le recours à la rhétorique anti-communiste contre Lénine, les bolcheviques et l’Union soviétique par les dirigeants russes pour justifier leurs plans stratégiques dans la région est inacceptable. Cela étant, rien ne peut ternir l’énorme contribution du socialisme en Union soviétique, une union multinationale de républiques socialistes égales.

4. La décision du gouvernement russe de reconnaître l’« indépendance » des soi-disant « Républiques populaires »dans le Donbass avant de lancer une intervention militaire russe sous le prétexte d’« autodéfense » de la Russie, de « démilitarisation » et de « défascisation » de l’Ukraine n’a pas été prise dans le but de protéger le peuple de la région ou d’obtenir la paix, mais de promouvoir les intérêts des monopoles russes en territoire ukrainien dans leur compétition acharnée face aux monopoles occidentaux. Nous exprimons notre solidarité avec les communistes et les peuples de Russie et d’Ukraine et nous tenons à leurs côtés pour renforcer la lutte contre le nationalisme, nourri des deux côtés par la bourgeoisie. Les peuples des deux pays, qui au temps de l’URSS vivaient en paix et prospéraient, de même que tous les autres peuples n’ont aucun intérêt à se rallier à l’une ou l’autre des alliances impérialistes qui servent les intérêts des monopoles.

5. Nous soulignons que les illusions portées par les forces bourgeoises selon lesquelles il serait possible d’obtenir une « meilleure architecture de la sécurité » en Europe par l’intervention de l’UE, une OTAN « sans plans militaires ni systèmes d’armement agressif sur son territoire », une « UE pour la paix » ou un « monde multipolaire pacifique », etc. sont extrêmement dangereuses. Toutes ces hypothèses n’ont rien à voir avec la réalité et sont trompeuses dans la lutte anticapitaliste et anti-impérialiste, cherchant à cultiver l’idée qu’un « impérialisme pacifique » est possible. La réalité, c’est que l’OTAN et l’UE, comme toutes les unions multinationales capitalistes, sont des alliances prédatrices de nature profondément réactionnaire qui n’œuvreront jamais pour les peuples et continueront à attaquer les droits des peuples et des travailleurs : le capitalisme va de pair avec les guerres impérialistes.

6. Nous appelons les peuples des pays dont les gouvernements sont impliqués dans les développements, principalement à travers l’action de l’OTAN et de l’UE, mais aussi le peuple russe à lutter contre la propagande des forces bourgeoises qui attire les peuples dans le hachoir à viande de la guerre impérialiste en usant de prétextes fallacieux, à exiger la fermeture des bases militaires, le retour des troupes de leurs missions à l’étranger, à renforcer la lutte pour le désengagement des pays de toute organisation et alliance impérialistes telles que l’OTAN ou l’UE.

7. L’intérêt de la classe ouvrière et des couches populaires nécessite que nous renforcions les critères de classe pour analyser les développements, que nous dessinions notre propre chemin contre les monopoles privés et classes bourgeoises, pour le renversement du capitalisme, pour le renforcement de la lutte des classes face à la guerre impérialiste, pour le socialisme, qui demeure plus que jamais nécessaire.

Partis Solidnet signataires de cette déclaration commune

Parti algérien pour la démocratie et le socialisme, Parti des communistes algériens (PADS)
Parti communiste d’Azerbaïdjan
Parti des travailleurs d’Autriche (PdA)
Parti communiste du Bangladesh
Parti communiste de Belgique (PCB-CPB)
Parti communiste du Danemark (KPiD)
Parti communiste du Salvador (PCS)
Parti communiste de Finlande
Parti communiste de Grèce (KKE)
Parti communiste du Kurdistan/Iraq
Parti des travailleurs d’Irlande
Parti communiste jordanien (PCJ)​
Mouvement socialiste du Kazakhstan
Parti socialiste de Lettonie
Parti communiste mexicain (PCM)
Nouveau Parti Communiste des Pays-Bas (NCPN)
Parti communiste norvégien (NKP)
Parti communiste du Pakistan (CPP)
Parti communiste paraguayen (PCP)
Parti communiste péruvien
Parti communiste des Philippines (PKP-1930)
Parti socialiste roumain (PSR)
Parti communiste sud-africain (SACP)
Parti communiste des travailleurs d'Espagne (PCTE)
Parti communiste soudanais
Parti communiste du Swaziland (CPS)
Parti communiste de Suède
Parti communiste de Syrie
Parti communiste de Turquie (TKP)
Union des communistes d’Ukraine

Les jeunesses communistes signant la déclaration commune

Jeunesse communiste du Danemark
Jeunesse communiste de Grèce
Front de la jeunesse communiste, Italie
Mouvement de la jeunesse communiste, Pays-Bas
Union de la jeunesse socialiste, Roumanie
Ligue de la jeunesse communiste révolutionnaire (bolcheviks), Russie
Collectifs de jeunes communistes, Espagne
Union de la jeunesse socialiste, Sri Lanka
Jeunesse communiste de Suède
Union de la jeunesse communiste léniniste du Tadjikistan
Jeunesse communiste de Turquie
Ligue des jeunes communistes des Etats-Unis
Autres partis signataires de la déclaration commune :

Mouvement « Che Guevara » (Union des communistes en Bulgarie)
Front communiste (Italie)
Parti communiste révolutionnaire de France (PCRF)

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