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| Posté le 30-06-2006 à 15:23:33
| Pour illustrer la question du révisionnisme (ancien ou moderne), voici un lien vers une brochure interne du PCRml (servant pour la formation) publiée en 1979. http://membres.lycos.fr/edipro/Dochml/presse/brochures/PCRml/lerevisionnisme/lerevisionnisme.htm Il est intéressant de voir comment l'histoire et la lutte contre le révisionnisme (ancien et moderne) était abordé dans ces différents aspects. Au sommaire : I LA PREMIÈRE MANIFESTATION HISTORIQUE DU RÉVISIONNISME II L'APPARITION DU RÉVISIONNISME MODERNE APRÈS LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE - ÉLÉMENTS SUR L'HISTOIRE DU PCF ET LES SOURCES DU RÉVISIONNISME MODERNE EN FRANCE. -LA SCISSION DU RÉVISIONNISME MODERNE AU SEIN DU MOUVEMENT COMMUNISTE INTERNATIONAL III LE PROJET DU PCF IV LA CRISE DU PCF ANNEXE: THOREZ DÉCLARATION A "THE TIMES" 1946 (extraits) Le texte complet de cette brochure est dispo sur le site des EP. Mais voici quelques extraits notamment concernant : -L'APPARITION DU RÉVISIONNISME MODERNE APRÈS LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE - ÉLÉMENTS SUR L'HISTOIRE DU PCF ET LES SOURCES DU RÉVISIONNISME MODERNE EN FRANCE. -LA SCISSION DU RÉVISIONNISME MODERNE AU SEIN DU MOUVEMENT COMMUNISTE INTERNATIONAL « L'apparition du révisionnisme moderne après la deuxième guerre mondiale ..... Le courant révisionniste, prédominant dans les partis ouvriers sociaux démocrates avant la guerre, s'est dans une large mesure déconsidéré: il a soutenu sa propre bourgeoisie dans sa guerre de rapine, il a trahi tous ses engagements de luttes contre la guerre, il se refuse en général à soutenir la révolution soviétique, quand il ne la dénigre pas, il participe directement au gouvernement et à la répression sanglante des mouvements révolutionnaires (en Allemagne, après la fin de la guerre). De la sorte il se coupe nettement de la volonté de lutte, des aspirations à la Révolution et du mouvement de solidarité avec les Soviets qui se manifestent, au sortir de la guerre, dans de larges franges de la classe ouvrière. ..... Il divise le mouvement ouvrier en se regroupant pour l'essentiel dans une IIè Internationale maintenue les partis qui font ainsi scission (en France la SFIO de Blum) et à qui sera désormais réservé le nom de social-démocratie, vont abandonner plus ou moins rapidement leurs références marxistes et pratiquer plus ouvertement, en général, une politique réformiste et de collaboration de classe. Les partis communistes qui se forment alors dans les différents pays marquent une victoire sur le révisionnisme. Ils adoptent, au moins en principe, clairement l'objectif de la révolution prolétarienne, de la dictature du prolétariat; ils combattent dans une large mesure le chauvinisme, le colonialisme et développent la solidarité avec les peuples et nations opprimés; ils s'efforcent d'appliquer le centralisme démocratique pour assurer la cohésion et renforcer la capacité offensive du Parti; ils donnent le plus souvent une orientation combative aux organisations de masse où ils s'investissent ou bien qu'ils créent; ils organisent une solidarité de classe active avec le premier Etat socialiste, contre les attaques de l'impérialisme et de la réaction. ..... Ces partis réunis dans la IIIè Internationale Communiste (fondée en 1919 et dissoute en 1943) ont, sur ces bases, incarné nettement la volonté révolutionnaire du prolétariat, dirigé et impulsé notamment sa lutte contre le fascisme y compris sa lutte armée dans le cours de la guerre antifasciste. ..... L'apparition du révisionnisme moderne, après le seconde guerre mondiale, se situe donc sur un terrain bien différent de celle du révisionnisme de la IIè Internationale: ..... -d'une part, il provient du processus de dégénérescence de partis qui, comme le PCF, avaient effectivement regroupé dans leurs rangs l'essentiel des ouvriers révolutionnaires, s'étaient efforcés de se transformer en partis communistes léninistes, avaient mené des actions de masse justes et organisé la lutte de résistance contre le nazisme. ..... -d'autre part, étant donné les liens étroits entre ces partis et le rôle très important d'exemple joué par l'Union Soviétique, la dégénérescence propre du PCUS dans les années 50, sa transformation en parti révisionniste pèse lourd pour rendre irréversible la dégénérescence des autres partis. Le révisionnisme moderne qui, en 1963, provoque la scission au sein du mouvement communiste internationale se trouve ainsi avoir une sorte de centre : le PCUS, en dégénérant en parti révisionniste, en restaurant le capitalisme en URSS, se trouve ainsi à la tête d'un Etat puissant. ..... ..... Nous examinerons plus en détail : ..... -d'une part quelques éléments qui permettent d'éclairer le processus de dégénérescence du PCF en parti révisionniste ..... -d'autre part, les bases politiques sur lesquelles les révisionnistes modernes, avec le PCUS pour chef de file provoquent la scission du mouvement communiste international en 1963. ÉLÉMENTS SUR L'HISTOIRE DU PCF ET LES SOURCES DU RÉVISIONNISME MODERNE EN FRANCE ..... La transformation du PCF en parti bourgeois, révisionniste à la fin, des années 50 est le résultat d'une évolution historique. Elle s'opère dans un parti qui.. dès 1944-1945, s'est donné une ligne de caractère révisionniste et qui, antérieurement, ne s'était point montré capable, quoique menant un certain nombre d'actions révolutionnaires, de s'édifier en véritable parti communiste. - LES CONDITIONS DE CRÉATION DU PCF ..... ..... Le PCF est né, en décembre 1920 au congrès de Tours, de la rupture avec le réformisme et le social-chauvinisme qui avait conduit l'ancien Parti Socialiste à collaborer ouvertement à l'effort de guerre de la bourgeoisie impérialiste française. Le Parti Socialiste français était assurément un des membres les plus dégénérés de la IIè Internationale. ..... Aussi, lorsqu'on examine le processus de différenciation qui se produira, à partir de 1915, au sein du Parti Socialiste (et de la CGT}, on ne peut perdre de vue ces deux caractéristiques essentielles du mouvement ouvrier d'avant-guerre : ..... -La domination sur une période relativement longue du réformisme (et de l'anarcho-syndicalisme). ..... -Le passage à la bourgeoisie de tous les "chefs" socialistes (et nombre de ceux de la CGT). ..... Elles contribueront de faire du PCF à sa naissance quelque chose de bien différent non seulement du Parti Bolchevik (car ce dernier s'est formé, depuis la fin du XIXe siècle par une lutte intransigeante, animée par Lénine, contre toutes les déformations du marxisme et pour le développement créateur, c'est-à-dire révolutionnaire du marxisme), mais aussi par exemple du Mouvement Révolutionnaire Allemand. En Allemagne, si la social-démocratie, elle aussi, avait complètement dégénéré en tant que telle, elle avait en son sein des dirigeants comme Bebel, Liebknecht, Rosa Luxembourg qui avaient mené la lutte pour le maintien de la voie révolutionnaire contre le réformisme et qui, dès le premier jour du déclenchement de la guerre impérialiste, avaient appelé le prolétariat à transformer la guerre impérialiste en guerre civile révolutionnaire. ..... Le ralliement de toute la direction du PS (et de la CGT) à l'"union sacrée" désarme complètement le prolétariat. ..... Néanmoins, les premières oppositions à l'intérieur de la CGT puis du PS, commencent à se manifester dès 1915. ..... Cette opposition est animée par des ouvriers ou des militants du rang. D'abord nécessairement inconséquente, de caractère pacifiste, elle évolue vers des positions plus révolutionnaires. En 1919, avec le "Comité pour l'Adhésion à la IIIè Internationale" elle contribue largement à regrouper au sein du Parti Socialiste et de la CGT les éléments révolutionnaires. ..... Mais elle manque d'expérience et d'unification au sein des dirigeants et est confrontée à un large courant centriste, majoritaire dès 1918, au sein du PS dont les dirigeants n'acceptent que contraints et forcés de quitter la IIè Internationale (début 1920). ..... Après avoir recommandé une attitude très ferme, à l'égard des centristes, l'Internationale sembla envisager en 1920 une ligne de démarcation plus large à l'intérieur même du courant centriste. Sans doute parce qu'elle croyait la révolution proche en Europe de l'Ouest et ressentait donc la nécessité de partis communistes suffisamment forts y compris numériquement. ..... Toutefois en fixant 21 conditions pour l'adhésion du PS, la IIIè Internationale délimite un cadre politique déterminé pour le futur parti communiste (propagande pour la dictature du prolétariat, travail anticolonialiste et antimilitariste, soutien à la Révolution d'Octobre, démarcation de classe avec le réformisme et le social-chauvinisme) mais elle prévoit aussi une série de dispositions relatives aux organismes dirigeants; au groupe parlementaire, à la presse etc, en vue d'épurer les éléments sociaux-chauvins. ..... Au Congrès de Tours (décembre 1920), le courant centriste va ainsi se diviser : -Une partie refusera les conditions d'adhésion, pensant qu'il serait impossible d'infléchir de l'intérieur le nouveau parti communiste. Elle suivra Blum dans la scission. -Une autre partie du courant centriste acceptera les 21 conditions, avec pour certains des "chefs" socialistes qui animent ce courant l'idée qu'il sera possible, progressivement. d'infléchir la ligne et l'action du futur parti. ..... Le ralliement d'une partie du courant centriste qui gardera d'ailleurs la direction du nouveau parti à ses débuts, est une caractéristique qui jouera un rôle important dans l'évolution du parti. ...-LES PREMIÈRES ANNÉES DU PCF ET LA DIFFICULTÉ A S'ÉDIFIER EN VÉRITABLE PARTI COMMUNISTE ..... Compte-tenu des circonstances qui ont marqué sa formation, les caractéristiques du PCF dans ses premières années sont contradictoires : ..... -D'une part, après avoir éliminé dans les années 22-23 une série d'éléments arrivistes, sociaux-démocrates, pacifistes, etc. il tente, sous l'impulsion de la IIIe Internationale de s'affirmer comme Parti Révolutionnaire de la classe ouvrière, reflétant et représentant un certain nombre d'aspirations révolutionnaires des masses. ..... Il est indéniable que le PCF regroupe tous les travailleurs qui veulent faire la révolution, qui veulent suivre la voie ouverte par les bolcheviks russes. Le PCF draine à lui les meilleurs éléments de l'ancien courant anarcho-syndicaliste, tels que, par exemple, Gaston Monmousseau. Il mène toute une série d'actions et de campagnes politiques qui tranchent aussi avec l'ancienne politique social-démocrate réformiste et chauvine: mobilisation, en rapport avec le Parti Communiste Allemand, contre l'occupation de la Ruhr; mobilisation contre la guerre du Rif; campagne contre le "bloc de gauche" de 24 etc. ..... Il cherche à modifier ses structures héritées de la vieille social-démocratie pour mener un travail révolutionnaire dans les entreprises. -Mais l'action révolutionnaire du PCF se heurte à une double limite : --->>Toutes les actions engagées, pour positives qu'elles soient, ne s'accompagnent pas d'une unification en profondeur sur le plan idéologique et politique. Certes, certaines questions (la liaison parti-syndicat, le travail anti-militariste, l'attitude vis-à-vis du colonialisme...) sont abordées au fur et à mesure des campagnes à engager. Mais elles le sont d'une manière rapide et souvent superficielle. Un bilan d'ensemble du mouvement ouvrier avant 14, des différentes manifestations du réformisme et de l'anarcho-syndicalisme n'est pas réellement entrepris. ..... Il n'apparaît d'ailleurs pas utile et ne se pose pas comme tâche aux dirigeants du PCF : la rupture organisationnelle avec les réformistes avérés et la possibilité de faire jouer les lois de la discipline à l'égard des directives de la IIIe Internationale semblent prémunir le PCF d'une résurgence des vieilles tares et garantir son maintien dans le droit chemin. ..... De ce fait, les acquis politiques restent limités. Malgré des victoires partielles de la voie juste, les tendances réformistes et anarcho-syndicalistes sont toujours présentes et toujours prêtes à ressurgir dans des conditions propices. --->> Elles le sont d'autant plus que ces actions révolutionnaires ne sont pas intégrées à une ligne politique construite, consciente, qui réalise la fusion du marxisme-léninisme et de la réalité concrète de la Révolution en France. Ce qui est significatif pour le PCF de cette période, c'est que cette tâche n'ait pas véritablement entreprise, et qu'il n'y a pas de réflexion véritablement propre et autonome du PCF sur les conditions et les chemins de la Révolution en France. ..... Il faut à ce propos se rappeler le fonctionnement de l'Internationale d'alors : ..... La IIIe Internationale était constituée comme un grand parti mondial, avec des sections dans les différents pays, sections qui devaient appliquer impérativement les directives du Comité Exécutif de l'Internationale. ..... Ce qu'a essayé de faire le PCF, c'est seulement d'appliquer autant que possible ces directives sans tenter véritablement de se livrer par lui-même à une analyse marxiste de la réalité française, de construire par sa propre réflexion un point de vue sur cette réalité. ..... Une telle approche du marxisme-léninisme a eu des conséquences directes qui ont affecté la vie du PCF dans ses premières années : ..... En l'absence d'une ligne construite et consciente, le PCF n'a cessé d'osciller d'erreurs de droite en erreurs de "gauche", de concessions opportunistes en tentatives aventuristes, chaque fois marquées, lorsqu'elles prenaient une trop grande extension, par des rappels à l'ordre de l'Internationale. D'autre part, la vie politique interne, de même que les rapports du parti avec les masses a toujours été marquée par un assez grand sectarisme. ..... On peut tirer de l'expérience des premières années du PCF que si ce parti était incontestablement un parti révolutionnaire, le parti révolutionnaire, il n'a pas su s'édifier en véritable parti communiste, noyau dirigeant de la cause du prolétariat. ... -DE L'OPPORTUNISME A UNE LIGNE RÉVISIONNISTE DÉS LA LIBÉRATION ..... De ce que nous venons da voir, il s'ensuit naturellement une grande sensibilité, une grande perméabilité au réformisme; c'est-à-dire à la voie de la facilité. ..... Dès 1936, confronté à un mouvement de masse d'une large ampleur. il cède à l'opportunisme et au réformisme. ..... Mais c'est au lendemain de la guerre, à la libération que le PCF franchit un pas extrêmement important dans la dégénérescence en se donnant une ligne franchement révisionniste sous l'impulsion de Thorez. ..... Au lendemain de la guerre, la bourgeoisie qui a collaboré en grande partie avec l'occupant nazi est largement discréditée et affaiblie, politiquement, mais aussi économiquement. Elle ne dispose plus d'un appareil d'État solide, tandis qu'une partie des masses populaires -dont une bonne partie sous la direction du PCF- se trouve armée. De plus, son appareil productif est largement endommagé et son empire colonial menacé par les luttes de libération en Indochine, à Madagascar, au Maghreb. etc. ..... Dans cette situation que fallait-il faire ? ..... Passer de la résistance à l'occupant étranger à la lutte pour le socialisme, ou alors aider à la restructuration d'une France soi-disant "républicaine", c'est-à-dire capitaliste ? ..... Devant ce choix, c'est la ligne révisionniste qui s'est imposée à la direction du PCF. Capitulant devant la bourgeoisie et ses différentes forces politiques de même que devant les risques d'une intervention étrangère en cas de transformation révolutionnaire, socialiste, Thorez et la direction du PCF imposèrent leur point de vue réformiste parlementaire: aidons à "reconstruire" la France, le peuple tranchera ensuite dans le cadre des institutions qu'il se sera lui-même données: une "constitution démocratique", un parlement "représentatif de la volonté populaire", et pourra passer progressivement. s'il le désire, au socialisme. Consciente du fait qu'elle ne pourrait préserver son pouvoir et éviter la révolution qu'avec l'appui des dirigeants du PCF, la bourgeoisie leur avait concédé plusieurs postes au ministère. ..... ...La ligne et la pratique des dirigeants révisionnistes à ce moment sont connues : . Désarmement des FTP et des milices patriotiques et ordre de s'intégrer à l'armée et à la police "régulières" placées en fait sous la direction de l'état-major et des officiers gaullistes. . Liquidation des comités de libération qui avaient pris en mains dans certaines localités les tâches d'administration, de justice, d'épuration des collabos, etc. et ordre de se plier en tout aux administrations "régulières" désignées par le pouvoir gaulliste. . Incitation à la "bataille pour la production". . Défense de la prétendue Union française et participation à la répression des peuples coloniaux. ..... Dans son interview au "Times", Thorez systématisa cette ligne révisionniste en prêchant ouvertement le passage pacifique et parlementaire au socialisme. ..... L'épisode de la libération et des premières années de l'après-guerre sont une des meilleures confirmations de cette appréciation de Lénine sur le révisionnisme : ..... "La pratique a démontré que ceux qui sont actifs dans le mouvement ouvrier et qui adhèrent au courant opportuniste sont les meilleurs défenseurs de la bourgeoisie que la bourgeoisie elle-même. Sans leur direction sur les ouvriers, la bourgeoisie n'aurait pu rester au pouvoir". ..... Sans la collaboration active des dirigeants révisionnistes, jamais la bourgeoisie n'aurait pu conserver aussi facilement son pouvoir . ..... A partir du moment où une ligne révisionniste a prédominé au sein de la direction du PCF, le Parti commença de subir d'importantes transformations dans sa composition, sa physionomie; des travailleurs le quittent (ou s'en trouvent exclus), notamment après la libération et lors de la guerre d'Algérie. Dans le même temps y affluent une masse d'éléments d'origine petite-bourgeoise (instituteurs, fonctionnaires d'abord) qui y accaparent souvent les postes responsables. Ceci dans la vague de l'après guerre. ..... Ensuite de plus en plus, des professeurs, techniciens, ingénieurs, membres de professions libérales. ..... L'existence d'une ligne révisionniste clairement affirmée de même que le changement déjà significatif de sa base de classe ne signifiait pas pour autant que la lutte entre les deux voies y ait été alors définitivement tranchée au profit de la voie bourgeoise. ..... Ce n'est qu'avec la scission opérée par les révisionnistes khroutchéviens en 1963 au sein du Mouvement Communiste International que disparaît toute possibilité de combattre de l'intérieur, pour la détruire, la ligne révisionniste du PCF. ..... C'est alors que se constituent dans notre pays les premières forces marxistes-léninistes. LA SCISSION DU REVISIONNISME MODERNE AU SEIN DU MOUVEMENT COMMUNISTE INTERNATIONAL. ..... Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l'URSS n'était plus le seul pays socialiste. En se libérant de l'occupant nazi, avec l'aide de l'Armée soviétique souvent, des peuples des pays de l'Est avaient instauré des démocraties populaires. La République Populaire de Chine est proclamée en 1949. Dans la mesure où les partis qui jouent un rôle dirigeant dans ces pays parviennent à une unité politique de vue suffisante, ils constituent alors un vaste camp socialiste. ..... Les partis communistes, partis au pouvoir ou non, manifestent alors leur appartenance au Mouvement Communiste International en participant à des Conférences qui les réunissent (1957.1960). La IIIè Internationale avait été dissoute en effet en 1943. ..... C'est dans le cadre de ces conférences et de leur préparation, où il, s'agissait donc de définir la ligne générale du M.C.I., que le PCUS a avancé ses thèses révisionnistes modernes et s'est fait le chef de file de la scission, consommée en 1963, entrainant dans son sillage la plupart des partis au pouvoir dans les pays de l'Est, et de nombreux autres partis (dont le PCF). ** ..... Quelles étaient alors les principales thèses du révisionnisme moderne, que Khroutchev entendait imposer comme ligne générale du MCI ? ...1) "LA CONTRADICTION ENTRE LE CAPITALISME ET LE SOCIALISME EST LA CONTRADICTION ESSENTIELLE DE NOTRE EPOQUE". ..... "Le système socialiste exerce une influence grandissante sur le développement mondial; Tout le processus révolutionnaire mondial se déroule à présent sous l'action directe de la grande force que constitue l'exemple de la nouvelle vie dans les pays du socialisme". ..... "A mesure que l'économie de la communauté socialiste progresse, on verra se manifester de plus en plus nettement les avantages du socialisme et la possibilité pour les travailleurs d'obtenir plus de biens matériels et spirituels que sous le capitalisme. L'élévation du niveau de vie des peuples est une grande force qui attire la classe ouvrière de tous les pays. " ..... "Plus le développement des forces productives des pays socialistes sera rapide, plus leur potentiel économique s'élèvera et plus forte sera l'influence de la communauté socialiste sur les cadences et l'orientation de tout le développement historique". .. "LES FUSÉES NUCLÈAIRES, MISES AU POINT AU MILIEU DE NOTRE SIÈCLE, ONT CHANGÉ L'IDÉE QU'ON SE FAISAIT DE LA GUERRE." ..... "Bien sûr personne ne peut garantir que les impérialistes n'essayeront pas de déclencher une guerre mondiale. Mais la situation de l'agresseur dans les conditions actuelles diffère radicalement de celle dans laquelle il se trouvait avant la deuxième guerre mondiale. La guerre thermonucléaire n'offre une telle perspective (de déclencher à nouveau une agression) à aucun agresseur et les impérialistes ne peuvent pas ne pas en tenir compte. La peur de la riposte la peur des représailles les empêche de déclencher une guerre mondiale." ..... " Tant que le désarmement ne sera pas réalisé, la communauté socialiste doit toujours avoir la supériorité sur les impérialistes en ce qui concerne les forces armées." ..... "L'Union soviétique développe au maximum son économie et sur cette base perfectionne sa défense, augmente sa puissance militaire, tient ses forces armées toujours prêtes au combat." ..... "Prévenir la guerre thermonucléaire, c'est sauver la classe ouvrière, les peuples de pays et même de continents entiers de la mort." ** Ces deux points clefs de l'argumentation révisionniste moderne prétendaient prendre en compte, de façon marxiste, deux données nouvellement apparues: l'extension du camp socialiste et, selon le PCUS le rapide développement économique de l'URSS à prévoir; l'arme thermonucléaire, possédée par les USA et par l'URSS. Il en découlait: ..... -La ligne de"COEXISTENCE PACIFIQUE" entre pays à systèmes sociaux différents, entendue en fait comme la collaboration plutôt que la confrontation avec l'impérialisme américain, ennemi no1 des peuples en cette période. ..... -La "COMPÉTITION PACIFIQUE": la tâche des pays socialiste, dans le cadre de cette coexistence pacifique, était de développer rapidement leurs forces productives, de façon à montrer sans conteste la supériorité du système socialiste. Kroutchev proclamait alors que l'URSS rattraperait dans un délai rapproché le niveau de vie des USA et que le communisme était en vue. ..... -le "PASSAGE PACIFIQUE": "La tâche de la classe ouvrière et des partis communistes consiste à utiliser au maximum les possibilités qui existent actuellement d'emprunter une voie pacifique de la révolution socialiste sans recourir à la guerre civile." ..... Les possibilités nouvelles venant notamment du poids du camp socialiste, de la coexistence pacifique, du prestige acquis dans la compétition pacifique etc.... ..... Ainsi la nouvelle bourgeoisie soviétique qui s'était emparée du parti et de l'état et qui restaurait le capitalisme en URSS entendait alors désarmer le mouvement communiste et ouvrier, en imposant une vision du monde qui estompait systématiquement les contradictions de classe, puisque leur solution dépendait de, et n'avait, en quelque sorte qu'à attendre les résultats de la compétition pacifique entre capitalisme et socialisme. ..... En même temps, en brandissant l'épouvantail de la guerre nucléaire, les révisionnistes modernes prétendaient contenir le développement de ces contradictions: pas de révolution violente mais plutôt le passage pacifique au socialisme, pas de guerre populaire de libération nationale mais plutôt "préparer les conditions pour la formation d'un Etat de démocratie nationale et la passage à la voie de développement non capitaliste. " ..... Ces thèses révisionnistes modernes ont pour particularité, dès cette période, de servir directement les intérêts à terme de la nouvelle bourgeoisie soviétique qui se constitue. ..... L'exigence du "renforcement de la communauté socialiste", de la "compétition (économique) pacifique" justifie par avance"la division internationale du travail,", l'intégration des économies des démocraties populaires et leur subordination au potentiel technologique et économique de l'URSS. ..... De même la mise en avant du risque de catastrophe nucléaire vise à instituer l'URSS détentrice face aux USA de l'arme nucléaire, comme la seule véritable protection militaire contre l'impérialisme américain. L'affaire des fusées de Cuba en est dès ce moment une illustration. ..... Le pacifisme des thèses révisionnistes contient la volonté de se constituer un empire et d'édifier une puissance capable de rivaliser avec l'impérialisme américain. ..... L'autre volet des thèses révisionnistes vise à dissimuler le caractère de la nouvelle domination bourgeoise en URSS, en vidant la dictature du prolétariat de son contenu. C'est la théorie de "l'Etat du peuple tout entier" et du "Parti du peuple tout entier" . " L'ETAT DU PEUPLE TOUT ENTIER" "On ne peut nier qu'actuellement la société soviétique est composée de deux classes essentielles: les ouvriers et les paysans, ainsi que les intellectuels, qu'aucune classe de la société soviétique n'occupe une fonction qui lui permettrait d'exploiter les autres classes. Contre qui les camarades chinois proposent-ils de réaliser la dictature, du prolétariat en URSS ?.. Après la victoire complète et définitive du socialisme, la classe ouvrière n'exerce plus son rôle dirigeant par la dictature du prolétariat." ..... ..... De même "LE PARTI REPRESENTANT TOUT LE PEUPLE" n'aurait plus lieu d'incarner les intérêts historiques du prolétariat. * * Le Parti communiste chinois a combattu vigoureusement, sur la base des principes marxistes léninistes, de l'expérience historique et de l'analyse concrète de la situation concrète, les thèses révisionnistes du PCUS, notamment dans la "Réponse du Comité central du PCC" du 14 Juin 1963 (dite "lettre en 25 points"). Il y affirme notamment : 1 - Le monde contemporain est toujours défini par quatre contradictions fondamentales. Il n'y a pas lieu d'admettre uniquement les contradictions entre camp socialiste et camp impérialiste. en négligeant ou sous-estimant les autres. 2 - "C'est dans les vastes régions d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine que convergent les différentes contradictions du monde contemporain, que la domination de l'impérialiste est le plus faible, et elles constituent aujourd'hui la principale zone des tempêtes de la révolution mondiale qui assène des coups directs à l'impérialisme. " "C'est pourquoi, dans un certain sens, l'ensemble de la cause révolutionnaire du prolétariat international dépend en définitive de l'issue de la lutte révolutionnaire menée par les peuples de ces régions, qui constituent l'écrasante majorité de la population mondiale." 3 - Le parti du prolétariat ne doit en aucun cas baser sa pensée, son orientation révolutionnaire et l'ensemble de son travail sur l'idée que l'impérialisme et la réaction accepteront la transformation pacifique." 4 - "AU cours de la lutte révolutionnaire des nations et peuples opprimés, le parti du prolétariat doit avancer, d'une façon indépendante, un programme combattant jusqu'au bout l'impérialisme et la réaction du pays et luttant pour l'indépendance nationale et la démocratie populaire, ... ...c'est seulement ainsi qu'il pourra poursuivre la révolution nationale et démocratique jusqu'au bout et l'amener sur la voie du socialisme. " 5 - "l'apparition de armes nucléaires n'a pas résolu et ne peut pas résoudre les différentes contradictions fondamentales du monde contemporain, elle n'a pas modifié et ne peut pas modifier la loi de la lutte de classe, elle n'a pas changé et ne peut pas changer la nature de l'impérialisme et de toute la réaction. " 6 - "Dans une longue période historique qui suit la conquête du pouvoir par le prolétariat, l'existence de la lutte de classe demeure une loi objective indépendante" ..... " la dictature du prolétariat continuera inévitablement à exister dans toute la période historique du passage du capitalisme au communisme." ..... "Le parti du prolétariat est le seul qui puisse représenter les intérêts du peuple tout entier." Finimore
-------------------- Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO) |
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| Posté le 30-06-2006 à 15:25:43
| Voici un article extrait de la revue Prolétariat n°17 -1978- (le PCF en question). L'article concerne le révisionnisme il s'intitule: Qu'est -ce que le révisionnisme Dans ce numéro spécial de Prolétariat, les termes de "révisionnistes, révisionnisme moderne" reviennent souvent. Pour en donner une définition suffisamment complète à nos lecteurs, nous publions ci-dessous la résolution du IIIe congrès du Parti communiste marxiste-léniniste de France. Après plusieurs mois de discussion et d'étude, après un débat fructueux et un travail de commission lors du congrès, cette résolution a été adoptée par les délégués. Elle donne sous une forme condensée l'ensemble des caractéristiques du révisionnisme moderne, telles que les marxistes-léninistes les analysent aujourd'hui. Le révisionnisme est un courant idéologique bourgeois infiltré dans les rangs ouvriers. "Le révisionnisme ou "révision" du marxisme, est l'une des principales manifestations, sinon la principale, de l'influence bourgeoise sur le prolétariat et de la corruption des prolétaires par la bourgeoisie". C'est la défmition fournie par Lénine en 1914, qui précise un an plus tard : "En réalité, l'affiliation formelle des opportunistes aux partis ouvriers ne les empêche nullement d'être -objectivement- un détachement politique de la bourgeoisie, d'être le canal par lequel s'exerce son influence, d'être ses agents au sein du mouvement ouvrier". C'est l'impérialisme qui produit le révisionnisme. Ainsi l'explique encore Lénine dans " L'impérialisme, stade suprême du capitalisme " : "L'impérialisme... qui procure des profits de monopole élevés à une poignée de pays très riches, crée la possibilité économique de corrompre les couches supérieures du prolétariat; par là même, il alimente l'opportunisme, lui donne corps et le consolide". L'impérialisme corrompt une petite partie de la classe ouvrière qui pratique la collaboration de classes: bureaucrates des partis et des syndicats, associés dans les organisations de collaboration de classe et dans la gestion des nationalisations. Cette minorité, c'est l'aristocratie ouvrière qui est le principal soutien social de la bourgeoisie. * Le révisionnisme est un phénomène international auquel sont confrontés tous les partis prolétariens. La lutte entre marxisme et révisionnisme n'a jamais cessé en leur sein. Et ceci, depuis la mort de Marx, où les opportunistes n'ont eu de cesse de se " déguiser en marxistes " pour vider la théorie du prolétariat de son contenu révolutionnaire. Lénine mena un combat incessant contre les révisionnistes de son propre parti et contre les sociaux-chauvins de la IIe Internationale qui collaborèrent avec leur propre impérialisme lors de la 1ère guerre mondiale impérialiste. A la fin des années 50, une clique bourgeoise, sous la conduite de Khrouchtchev, a usurpé le pouvoir en Union soviétique et a transformé le premier Etat socialiste en un Etat capitaliste qui, plus tard, avec l'invasion de la Tchécoslovaquie, a manifesté sa nature social-impérialiste. L'Union soviétique et son parti sont devenus le chef de file du nouveau révisionnisme, du révisionnisme moderne. Une bataille gigantesque a été alors déclenchée par Mao Tsetoung et le PCC contre ses trahisons théoriques et pratiques. Le révisionnisme moderne se distingue du révisionnisme ancien parce qu'il détient le pouvoir dans de nombreux pays anciennement socialistes. Il présente de multiples visages mais son centre de gravité reste toujours le révisionnisme soviétique. arracher la classe ouvrière au révisionnisme moderne Au sein du mouvement ouvrier français, marxisme et révisionnisme se sont affrontés en permanence. En 1920, la création du Parti communiste français marque une victoire du marxisme-léninisme. Dans les rangs du Parti se déroule ensuite une intense lutte de lignes. Ce parti qui, pendant de longues années, mena la lutte révolutionnaire classe contre classe, pour le communisme, fut porteur de tout l'espoir des masses populaires. Cependant, depuis 40 années, la ligne opportuniste de Thorez s'est développée et consolidée au sein du PCF, combattue et parfois vaincue par les justes positions prolétariennes. Avec la prise du pouvoir en URSS par le révisionnisme khrouchtchévien, cette ligne opportuniste a dominé dans la direction du Parti et ses représentants y ont pris définitivement le pouvoir. Le PCF est alors devenu irrémédiablement un parti révisionniste, un parti bourgeois. La bataille contre le révisionnisme moderne s'est notamment menée au niveau mondial contre la négation du rôle révolutionnaire des luttes du tiers-monde et dans le mouvement ouvrier français contre la trahison par le PCF de la lutte de libération nationale du peuple algérien. C'est dans le cadre de cette bataille contre le révisionnisme moderne à l'échelle internationale et nationale que s'est créé le Parti communiste marxiste-léniniste de France dont un objectif fondamental est d'arracher. la classe ouvrière au révisionnisme moderne. * Le PCF est aujourd'hui le principal représentant du révisionnisme moderne dans notre pays. Sur le plan de la théorie, et entre autres " révisions ", il prône la " voie pacifique au socialisme " et a rejeté la théorie de la dictature du prolétariat. Sur le plan de l'idéologie et de l'organisation, il a provoqué la scission, la division et le désarroi dans les rangs prolétariens. Il répand activement dans la classe ouvrière, le chauvinisme. Il tente ainsi d'opposer les travailleurs de notre pays aux peuples et pays du tiers-monde, les travailleurs français aux travailleurs immigrés, et d'entraîner la classe ouvrière à soutenir les intérêts de l'impérialisme français. Sur le plan politique, il a pour objectif de prendre les rênes du pouvoir capitaliste. Son but est d'assurer la direction et l'administration bureaucratique du capitalisme monopoliste d'Etat. Le parti révisionniste représente les intérêts non point de la bourgeoisie monopoliste actuellement en place, mais d'une bourgeoisie de formation récente, issue de l'aristocratie ouvrière. Tel est le sens de la stratégie de " nationalisations " du PCF . "Le révisionnisme au pouvoir, c'est la bourgeoisie au pouvoir" a indiqué Mao Tsetoung. Le projet politique du PCF, dans sa réalisation intégrale, implique une dictature terroriste ouverte contre les masses. En effet, la concentration accrue du Capital et le renforcement du rôle direct de l'Etat bourgeois, conduiront inévitablement les révisionnistes à prendre, face aux luttes ouvrières et populaires, des mesures de répression nouvelles instaurant dans notre pays un régime social-fasciste, à l'image des dictatures terroristes ouvertes qui règnent aujourd'hui en Union soviétique, avec asiles psychiatriques, syndicats fasciste " à la polonaise ", répression sauvage contre les minorités nationales. Ce processus peut s'accélérer brutalement. * Pour parvenir au pouvoir, le PCF a: développé depuis de longues années la thèse du passage pacifique au socialisme ; il a prôné la voie électorale et abandonné la voie révolutionnaire. Cependant, dans des circonstances données, les révisionnistes modernes sont susceptibles de recourir au putsch, au coup de force. Le PCF pratique la collaboration de classes; il s'efforce d'utiliser le mouvement spontané de la classe ouvrière à ses fins politiques. Aussi, tour à tour ou parallèlement, tente-t-il de briser les luttes de classe ou de les canaliser à son profit. Il met en place les moyens d'encadrement et de répression accrus des masses. Le PCF sert les intérêts impérialistes de l'Union soviétique. Il lui sert d'appui pour son infiltration économique (Doumeng, Eurobank...). Tout en développant des contradictions avec l'URSS, le PCF soutient la politique du social-impérialisme russe, prône les illusions de la " détente ", s'oppose à ce qui contrecarre les ambitions soviétiques en Europe (unité européenne), appuie l'expansionnisme russe (Angola, Zaïre). Le PCF prépare idéologiquement le terrain à une pénétration -subversive ou violente- du social-impérialisme dans notre pays. * Il faut arracher la classe ouvrière au révisionnisme moderne. L'idéologie révisionniste est une idéologie bourgeoise, ennemie du prolétariat. Lutter contre elle, c'est avant tout lutter contre sa principale forme organisée, le PCF. La destruction de l'influence de ce parti conditionne le développement du mouvement révolutionnaire des masses et la victoire de la révolution prolétarienne. En ce sens, le PCMLF condamne les thèses trotskistes selon lesquelles le parti révisionniste serait un " parti ouvrier bureaucratisé ", un faux-frère capable de se corriger. De même, il critique fermement la thèse selon laquelle "Les masses doivent faire l'expérience du révisionnisme au pouvoir pour être en mesure de le démasquer" ; cette politique du pire sous-estime gravement les capacités actuelles de la classe ouvrière et du peuple de prendre conscience et de combattre le révisionnisme moderne. C'est une vue pessimiste et dangereuse qui perpétue les illusions et s'interdit de le combattre effectivement. C'est dans le combat de classe contre la bourgeoisie capitaliste et contre les deux super-puissances que le PCMLF développe son activité pour amener les plus larges masses à rejeter le révisionnisme. Il faut combattre ouvertement la ligne idéologique et politique du PCF. Cette lutte, au sein des rangs ouvriers et des masses populaires, exige à la fois une grande fermeté et une juste appréciation tactique des coups à porter. En distinguant la grande majorité des militants trompés des dirigeants traîtres, nous pourrons unir les masses populaires et isoler les chefs révisionnistes. Finimore
-------------------- Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO) |
| | Jameul | | pas de justice pas de paix | | Grand classique (ou très bavard) | | 714 messages postés |
| Posté le 06-07-2006 à 13:08:44
| merci le texte amène bcp de précision... ca m'était nécessaire tu aurais d'autres textes traitant plus de la relation avec l'émergence du révisionnisme au PCUS et dans les autres partis européens ? de mon coté je vais chercher si je trouve les positions du pdt de l'époque (il y avait alors une nette démarcation avec l URSS)
Message édité le 06-07-2006 à 13:22:30 par Jameul |
| | Paria | | Les masses font et peuvent tout ! | | Grand classique (ou très bavard) |  | | 562 messages postés |
| Posté le 19-02-2007 à 11:17:17
| JETONS PAR-DESSUS BORD LES THÈSES RÉVISIONNISTES DU XXe CONGRÈS DU PARTI COMMUNISTE DE LUNION SOVIÉTIQUE ET LES POSITIONS ANTI-MARXISTES DU GROUPE DE KHROUCHTCHEV ! DÉFENDONS LE MARXISME-LÉNINISME ! Discours prononcé par le camarade Enver Hoxha en tant que représentant de la délégation du Parti du Travail dAlbanie à la Conférence des 81 Partis Communistes et Ouvriers à Moscou le 16 novembre 1960. Avant-propos. Dans son intervention à la Conférence des 81 Partis Communistes et Ouvriers tenue à Moscou en novembre 1960, le camarade Enver Hoxha procéda à une analyse complète des principaux problèmes qui préoccupaient le mouvement communiste international et défendit fermement le marxisme-léninisme. Ce discours constitue un des maillons essentiels dans la lutte de principe qua menée le Parti du Travail dAlbanie pour démasquer le révisionnisme moderne et renforcer lunité du mouvement communiste et ouvrier international. Le Parti du Travail dAlbanie engagea la lutte contre les points de vue révisionnistes de la direction soviétique khrouchtchévienne dès le lendemain même du XXe Congrès du Parti Communiste de lUnion Soviétique. Si le Parti du Travail dAlbanie navait pas, au début, mené cette lutte directement et de façon déclarée, il nen avait pas moins fait part au Comité Central du Parti Communiste de lUnion Soviétique de toutes ses réserves et oppositions à ces points de vue. Soucieux de ne pas fournir une arme aux ennemis du communisme, le Parti du Travail dAlbanie sappliquait par tous les moyens à ne pas rendre publiques ses divergences avec le Parti Communiste de lUnion Soviétique. Dautre part, encore dans lignorance des véritables desseins nourris par le groupe de Khrouchtchev, il cherchait à aplanir les divergences surgies, par des négociations et des consultations empreintes dun esprit de camaraderie. Tout en observant une attitude de principe, il espérait que les dirigeants soviétiques se rendraient compte de leurs erreurs et regagneraient la juste voie. Mais de jour en jour, le Parti du Travail dAlbanie discernait plus nettement le véritable visage de traître des révisionnistes soviétiques. Plus leur trahison était mise au jour, plus le Parti du Travail dAlbanie accentuait lâpreté et lintransigeance de sa lutte contre le révisionnisme khrouchtchévien, pour le stigmatiser et le réduire à néant. À la Rencontre de Bucarest qui eut lieu en juin 1960, le Parti du Travail dAlbanie prit ouvertement la défense des principes marxistes-léninistes et annihila les tentatives des révisionnistes khrouchtchéviens dorganiser un dangereux complot contre le Parti Communiste Chinois et lensemble du mouvement communiste international. Après la Rencontre de Bucarest, la direction révisionniste soviétique sen prit farouchement au Parti du Travail dAlbanie, afin de le contraindre à se solidariser avec sa propre ligne et son activité scissionniste. Dans les conditions ainsi créées, le Parti du Travail dAlbanie se convainquit encore davantage quil lui fallait défendre avec le plus grand courage et la plus grande fermeté sa position de principe sur toutes les questions fondamentales du mouvement communiste international. Cest précisément ce quil fit à la Conférence de Moscou qui se tint en novembre 1960 . Dans le discours quil prononça à cette Conférence, le camarade Enver Hoxha exposa ouvertement, franchement, et avec une hardiesse marxiste-léniniste le point de vue de principe du Parti du Travail dAlbanie sur les principaux problèmes du mouvement communiste international, à propos desquels avaient surgi des divergences, et critiqua sévèrement le groupe révisionniste de N. Khrouchtchev tant pour ses vues et ses actions erronées anti-marxistes, que pour ses actes dingérence dans les affaires intérieures du Parti du Travail dAlbanie, de même que pour les brutales attaques quil avait déclenchées contre lui. Le Parti du Travail dAlbanie formulait cette ferme critique de principe à ladresse de la direction soviétique afin de préserver lunité du mouvement communiste international et du camp socialiste, car lunité ne peut être sauvegardée sans mettre à nu les erreurs et les pratiques étrangères à lidéologie marxiste-léniniste, sans les dénoncer sévèrement et sans les corriger sur des bases marxistes-léninistes . À la Conférence de Moscou, les révisionnistes khrouchtchéviens firent tout leur possible pour éluder la critique de leurs points de vue révisionnistes et de leur activité scissionniste, mais en vain. À la suite de la ferme position de principe prise par le Parti du Travail dAlbanie sur tous les problèmes qui préoccupaient le mouvement communiste international et de lintervention de la délégation chinoise, les représentants de tous les partis participant à la réunion se virent contraints de faire connaître dune manière ou dune autre leur attitude. Dans ces circonstances, les révisionnistes sefforcèrent de détourner lattention des participants des problèmes de principe, et de se servir de cette conférence comme dune tribune pour y lancer leurs basses attaques contre le Parti du Travail dAlbanie et le Parti Communiste Chinois. Mais cette tentative échoua également. Lattitude de principe, internationaliste du Parti du Travail dAlbanie pour la défense du marxisme-léninisme et de lunité du mouvement communiste international fut soutenue par le Parti Communiste Chinois et par nombre de délégations dautres partis. Les révisionnistes khrouchtchéviens se virent contraints de battre en retraite. Le discours du camarade Enver Hoxha constituait une importante contribution à lheureux aboutissement de la Conférence de Moscou. Grâce à la lutte résolue du Parti Communiste Chinois, du Parti du Travail dAlbanie et de certains autres partis, la Conférence de Moscou approuva la Déclaration des Partis Communistes et Ouvriers . Certes, celle-ci comportait également certaines appréciations mal fondées ainsi que des thèses erronées, sur lesquelles le Parti du Travail dAlbanie avait des vues totalement opposées, quil avait exprimées ouvertement au cours de la conférence même. Néanmoins, la délégation du Parti du Travail dAlbanie signa la Déclaration en se basant sur le fait que, dans les grandes lignes, le fond en était juste. Cependant, si, dans lintérêt de lunité, le Parti du Travail dAlbanie fit des concessions sur des questions secondaires, il nen consentit aucune sur les questions essentielles touchant les principes fondamentaux du marxisme-léninisme. Le Parti du Travail dAlbanie estimait que lunité au sein du mouvement communiste international pouvait être établie si chaque parti appliquait fidèlement la Déclaration. Les divergences, selon lui, ne pourraient être éliminées quen respectant les normes qui doivent régir les rapports entre partis marxistes-léninistes, sans faire publiquement connaître ces divergences aux ennemis. Cest pour cette raison, notamment, que le Parti du Travail dAlbanie ne rendit pas public, à lépoque, le discours du camarade Enver Hoxha à la Conférence de Moscou, et quil lutta résolument pour lapplication de la Déclaration quil avait lui-même approuvée. Le discours du camarade Enver Hoxha à la Conférence de Moscou montre clairement que la lutte du Parti du Travail dAlbanie, bien que déjà ouvertement engagée, navait pas encore pris lampleur et la profondeur quelle devait connaître par la suite, en tant que conséquence logique de lexacerbation de la lutte entre le marxisme-léninisme et le révisionnisme moderne, et du fait de la dégénérescence de la direction révisionniste soviétique en une bande de renégats et de traîtres au socialisme. Ce document porte dun bout à lautre lempreinte de la période et des circonstances dans lesquelles il a été conçu. Il est publié ici dans sa teneur originale.__________ ********** « Chers camarades, Cette Conférence des Partis Communistes et Ouvriers est dune grande portée historique pour le mouvement communiste international, du fait quelle procède à une analyse minutieuse de la situation politique internationale, quelle dresse le bilan des succès et des erreurs que nous avons pu enregistrer sur notre voie, quelle nous aide à définir plus clairement la ligne quil nous faudra suivre à lavenir afin de remporter de nouveaux succès pour le plus grand bien du socialisme, du communisme et de la paix. Lexistence du camp socialiste avec à sa tête lUnion Soviétique est désormais une réalité. Le mouvement communiste dans lensemble sest élargi, renforcé et aguerri. Les Partis Communistes et Ouvriers sont devenus dans le monde entier une force colossale qui conduit lhumanité en avant vers le socialisme et vers la paix. Comme le souligne le projet de déclaration élaboré, notre camp, le camp du socialisme, est bien plus fort que le camp de limpérialisme. Le socialisme se renforce et grandit de jour en jour, alors que limpérialisme saffaiblit, se décompose. Par tous les moyens dont nous disposons et de toutes nos forces nous devons nous employer à accélérer ce processus. Nous y parviendrons à la condition de demeurer indéfectiblement fidèles au marxisme-léninisme et de le mettre correctement en uvre. Sinon, nous ne ferons que freiner ce processus, car nous avons à affronter des ennemis féroces quil nous faut vaincre et réduire à néant, nous avons à affronter limpérialisme, celui des États-Unis en tête. Nous voulons la paix, alors que limpérialisme, lui, ne la veut pas et quil se prépare à une troisième guerre mondiale. Nous devons lutter de toutes nos forces pour éviter une nouvelle guerre et faire triompher dans le monde une paix juste et démocratique. Nous natteindrons ce but que lorsque nous aurons contraint limpérialisme à désarmer. Limpérialisme ne déposera pas les armes de son propre gré. Croire à une telle possibilité revient à se leurrer soi-même et à duper les autres. Nous devons donc opposer à limpérialisme la puissance colossale du camp socialiste, sa puissance économique, militaire, morale, politique et idéologique, et en même temps les forces unies des peuples du monde entier, afin de saboter de toutes les manières possibles la guerre que préparent les impérialistes. Le Parti du Travail dAlbanie na pas caché et ne cachera pas à son peuple cette situation et la menace que limpérialisme fait peser sur lhumanité éprise de paix. Nous pouvons vous assurer que le peuple albanais qui hait la guerre, na pas été troublé par cette franche mise en garde lui venant de son Parti; il nest pas tombé dans le pessimisme, et na pas non plus marqué le pas en ce qui concerne la construction du socialisme. Il voit clairement ses perspectives davenir et travaille avec une entière confiance, sans jamais relâcher sa vigilance, en tenant dune main la pioche et de lautre le fusil. Notre point de vue est que limpérialisme, limpérialisme américain en tête, doit être démasqué sans merci, politiquement et idéologiquement, et quen aucun cas les flatteries, les cajoleries à légard de limpérialisme ne sont admissibles. Nous ne pouvons lui faire aucune concession de principe. Les tactiques et les compromis de notre part doivent, pour être admissibles, aider notre cause et non pas celle de lennemi. Devant un ennemi féroce, la garantie de la victoire de notre cause réside dans notre unité parfaite, qui sera assurée en éliminant les profondes divergences idéologiques surgies et en basant cette unité sur les fondements du marxisme-léninisme, sur légalité, la fraternité, lesprit de camaraderie et dinternationalisme prolétarien. Notre Parti estime que non seulement aucune faille idéologique ne doit nous diviser, mais que nous devons au contraire avoir une attitude politique unique sur toutes les questions. Notre tactique et notre stratégie, à lencontre de nos ennemis, doivent être élaborées par tous nos partis et se fonder sur les principes marxistes-léninistes, sur de justes critères politiques adaptés aux situations concrètes et réelles . Le camp socialiste, ayant à sa tête la glorieuse Union Soviétique, est devenu une force colossale sous tous les aspects, par son potentiel économique et culturel, comme par son potentiel militaire. Nos succès, la force de notre camp, ont pour fondement la puissance morale, politique, économique, culturelle et militaire colossale de lUnion Soviétique. LUnion Soviétique a enregistré dimmenses succès dans lindustrie, lagriculture, lenseignement et la culture, dans les domaines scientifique et militaire. Ces succès constituent pour les autres pays du camp socialiste un appoint incommensurable qui les aide à remporter à leur tour de grands succès. Le projet de déclaration élaboré souligne à juste titre que la force immense et inépuisable du camp socialiste, lUnion Soviétique en tête, constitue le facteur décisif du triomphe de la paix dans le monde, que cest une force morale, politique et idéologique qui inspire les peuples du monde luttant pour saffranchir du joug des colonisateurs buveurs de sang, des griffes de limpérialisme et du capitalisme, et qui par la grande force de son exemple et de lappui économique quelle leur prête, aide et inspire les autres peuples à gagner la bataille pour saffranchir complètement du capitalisme exploiteur. Cest pour cette grande raison que lUnion Soviétique et le camp socialiste sont devenus le cur des peuples du monde entier et la source de leurs espérances, leur force, leur soutien moral, politique et économique, leurs défenseurs sûrs et dévoués contre les menaces des agresseurs fauteurs de guerre, américains, anglais, français, et de leurs alliés. Tous les peuples du monde aspirent à la liberté, à lindépendance, à la souveraineté nationale, à la justice sociale, à la culture, à la paix, et ils luttent pour se les assurer. Ces aspirations sacrées ont été et sont étouffées par les capitalistes, les féodaux et les impérialistes ; aussi est-il naturel que ces peuples mènent une lutte des plus âpres contre les capitalistes, contre les féodaux, contre les impérialistes. Il est également naturel que les peuples du monde se cherchent des alliés dans cette lutte pour lexistence quils livrent à leurs bourreaux. Leurs grands, puissants et fidèles alliés sont seuls lUnion Soviétique et le camp socialiste. Aussi dans la lutte pour la paix, pour le désarmement, pour le progrès social dans le monde, le camp du socialisme nest pas seul face au camp impérialiste, mais allié étroitement à tous les peuples progressistes du monde, alors que les impérialistes, eux, se trouvent isolés face au camp socialiste. Nous vivons à une époque où lon assiste à leffondrement total du colonialisme, à la liquidation de ce fléau qui tendait à supprimer les peuples de la face du globe. Des États nouveaux voient le jour en Afrique, en Asie. Des pays où régnaient le capital, le fouet et le fusil, secouent le joug de la servitude, et les peuples prennent leur destin dans leurs propres mains. Cela sest réalisé et se réalise grâce à la lutte de ces peuples et à lappui moral que leur prêtent lUnion Soviétique, la Chine Populaire et les autres pays du camp socialiste. Des traîtres au marxisme-léninisme, des agents de limpérialisme et des intrigants du type de Josip Broz Tito, sefforcent de mille manières, en ourdissant des plans diaboliques, tels que la création dune troisième force, de désorienter les peuples et les jeunes États, de les détacher de leurs alliés naturels, de les lier directement à limpérialisme américain. Nous devons tendre toutes nos forces pour réduire à néant les plans de ces valets de limpérialisme. Nous assistons actuellement à la désagrégation de limpérialisme, à sa décomposition, à son agonie. Nous vivons et nous luttons à une époque caractérisée par le passage irrésistible du capitalisme au socialisme. On voit se confirmer tous les enseignements géniaux de Marx et de Lénine, enseignements qui ne sont nullement surannés comme le prétendent les révisionnistes. Limpérialisme mondial essuie des coups sévères qui montrent clairement quil nen est plus à son « âge dor », lorsquil faisait la loi ou et quand il le voulait. Si linitiative lui a maintenant échappé, il ne la pas abandonnée de gaîté de cur. Cette initiative ne lui a pas été arrachée que par des mots ou des discours, mais à lissue dun long processus de révolutions et de combats sanglants, que le capitalisme a lui-même suscités contre le prolétariat, contre la force des peuples qui se dressaient pour détruire le monde de la faim et de la misère, le monde de la servitude. Cette page glorieuse a été ouverte par la grande Révolution socialiste dOctobre, par la grande Union Soviétique, par le grand Lénine. Même maintenant quil sent venir la mort, quil voit se dresser devant lui des adversaires puissants et résolus, comme le sont le camp socialiste et sa grande alliance avec tous les peuples du monde, limpérialisme mondial, limpérialisme américain en tête, rassemble, organise et arme ses forces dassaut. Il se prépare à la guerre. Qui ne voit pas cela, est aveugle. Qui le voit, mais le dissimule, est un traître au service de limpérialisme. Le Parti du Travail dAlbanie estime quen dépit des difficultés auxquelles nous nous heurtons pour instaurer la paix dans le monde, réaliser le désarmement et régler les autres problèmes internationaux, il ny a pas lieu dêtre pessimistes . Seuls nos ennemis qui subissent défaite sur défaite peuvent et doivent être pessimistes. Nous avons été, nous sommes et nous serons victorieux, et cest pourquoi nous avons été et restons optimistes, et nous sommes convaincus que nos efforts seront couronnés de succès. Nous estimons toutefois que loptimisme excessif, non réaliste, loin dêtre bénéfique, est même nuisible. Qui nie, qui minimise notre grande force économique, politique, militaire, morale, qui na pas foi en elle, celui-là est un défaitiste et ne mérite pas de porter le nom de communiste. Mais de même, qui est grisé par notre force, qui sous-estime ladversaire, qui simagine, que lennemi a perdu tout espoir, quil est devenu inoffensif et entièrement à notre merci, celui-là nest pas réaliste et ne fait que duper, endormir les gens, endormir les peuples, face à ces situations complexes et pleines de dangers, qui exigent de tous une très grande vigilance, qui exigent la montée du mouvement révolutionnaire des masses et non pas son déclin, son relâchement, sa désagrégation, et sa décomposition. Notre peuple fort expérimenté dit bien : « Leau dort, mais lennemi est toujours en éveil. » Regardons les faits bien en face. Limpérialisme mondial, avec à sa tête son détachement le plus agressif, limpérialisme américain, oriente son économie vers la préparation de la guerre. Il sarme jusquaux dents. Limpérialisme américain équipe lAllemagne de Bonn, le Japon et tous ses alliés et satellites de toutes les armes existantes. Il a organisé et il perfectionne les organisations militaires dagression, il a créé et il crée des bases militaires aux quatre coins du monde, tout autour du camp socialiste. Il augmente ses stocks darmes nucléaires, il refuse de désarmer, il refuse de cesser les essais darmes nucléaires, il travaille fébrilement à inventer de nouveaux moyens dextermination massive. Et pourquoi fait-il tout cela ? Pour préparer une partie de plaisir ? Non ! pour nous faire la guerre, pour anéantir le socialisme et le communisme, pour asservir les peuples. Le Parti du Travail dAlbanie estime que sexprimer et juger différemment signifie se leurrer soi-même et duper les autres. Nous ne serions pas des communistes si nous perdions courage dans ladversité. Nous, communistes, nous haïssons la guerre, et nous nous battrons jusquau bout pour annihiler les plans diaboliques et belliqueux quourdit limpérialisme américain, mais sil nous déclare la guerre, nous devrons porter à limpérialisme un coup écrasant pour quil soit balayé à jamais de la surface de la terre . Devant les menaces de guerre atomique que lance limpérialisme mondial, conduit par limpérialisme américain, nous devons être parfaitement préparés économiquement, politiquement, moralement, et militairement, pour faire front à toute éventualité. Nous devons chercher à éviter une guerre mondiale, car elle nest pas inéluctable, mais nous serions impardonnables de nous bercer dillusions et de nous laisser surprendre, car la loyauté a toujours été étrangère à nos ennemis ; en eût-il été autrement, ils nauraient pas été nos ennemis. Nos ennemis sont et resteront des ennemis, et des ennemis perfides. Qui se fie à lennemi perdra tôt ou tard la partie. Pour éviter la guerre, il nous faudra déployer de gros efforts, lutter par tous les moyens. La politique de lUnion Soviétique, de notre camp socialiste, a été et demeura une politique de paix. Toutes les propositions du gouvernement soviétique et de ceux de nos pays de démocratie populaire dans larène internationale, ont visé à la détente internationale, au règlement de toutes les questions demeurées en suspens par voie de négociations et non par la guerre. La politique pacifique de lUnion Soviétique et des pays du camp socialiste a beaucoup contribué à mettre à nu les visées agressives de limpérialisme, à mobiliser les peuples contre les fauteurs de guerre, à intensifier leur glorieux combat contre les oppresseurs impérialistes et leurs instruments. Lexemple de lhéroïque Cuba, de la lutte du peuple japonais et des événements de Corée du Sud et de Turquie, témoignent, on ne peut mieux, de linfluence de cette politique. Néanmoins, de nombreux problèmes concrets mis sur le tapis, telles notamment les propositions sur le désarmement, sur une conférence au sommet, etc., nont pas été réglés, et leur règlement est systématiquement saboté par les impérialistes américains. Quelles conclusions devons-nous en tirer ? Le Parti du Travail dAlbanie estime que limpérialisme et, au premier chef, limpérialisme américain na changé ni de peau, ni de nature. Il est agressif et il demeurera tel même sil ne lui reste quune dent dans la gueule. Agressif par nature, il est capable de précipiter le monde dans une guerre. Aussi, pour notre part, ainsi que nous lavons souligné à la Commission de rédaction, nous insistons pour quil soit bien expliqué aux peuples quil ny aura de garantie absolue contre une guerre mondiale que lorsque le socialisme aura triomphé dans le monde entier ou pour le moins dans la plupart des pays du monde. Les Américains ne cachent pas leur jeu ; loin daccepter de désarmer, ils intensifient leur armement, ils préparent la guerre, aussi devons-nous être vigilants. Nous ne devons faire aucune concession de principe à lennemi, ne nous faire aucune illusion sur limpérialisme, car en croyant arranger les choses nous ne ferions que les aggraver. Lennemi, non seulement sarme et prépare la guerre contre nous, mais il mène aussi une propagande effrénée pour empoisonner et désorienter les esprits. Il dépense des millions de dollars pour stipendier des agents et des espions, des millions de dollars pour organiser dans nos pays des activités despionnage, de diversion et des attentats. Limpérialisme américain a donné et donne des milliards de dollars à ses fidèles agents, à la bande de traîtres de Tito. Toutes ces menées ont pour but daffaiblir notre front intérieur, de nous diviser, de débiliter et de désorganiser nos arrières . On discute beaucoup de la question de la coexistence pacifique, et daucuns disent à ce sujet de telles absurdités quils vont même jusquà prétendre que la Chine Populaire et lAlbanie sont contre la coexistence pacifique. Jestime quil convient de réfuter une bonne fois de tels points de vue nuisibles et erronés. Il ne peut y avoir dÉtat socialiste, de communiste qui soit contre la coexistence pacifique, qui soit contre la paix. Le grand Lénine a, le premier, posé le principe de la coexistence pacifique des pays à systèmes sociaux différents, comme une nécessité objective, tant quil existera, dans le monde, à la fois des pays socialistes et des pays capitalistes. Notre Parti du Travail, fidèle à ce grand principe de Lénine, a toujours estimé et il estime toujours que la politique de coexistence pacifique répond aux intérêts fondamentaux de tous les peuples, quelle répond à lobjectif du renforcement ultérieur des positions du socialisme ; aussi ce principe de Lénine est-il à la base de toute la politique extérieure de notre État populaire. La coexistence pacifique entre les deux systèmes opposés, ne signifie pas, comme le prétendent les révisionnistes modernes, quil convient de renoncer à la lutte de classes. Au contraire, la lutte de classes doit se poursuivre, la lutte politique et idéologique contre limpérialisme, contre lidéologie bourgeoise et lidéologie révisionnistes, doit sintensifier toujours davantage. Tout en luttant conséquemment pour linstauration de la coexistence pacifique léniniste, sans faire aucune concession de principe à limpérialisme, il convient de développer plus avant la lutte de classes dans les pays capitalistes, ainsi que le mouvement de libération nationale des peuples des pays coloniaux et dépendants. Selon notre point de vue, les Partis Communistes et Ouvriers des pays capitalistes doivent lutter pour que sinstaure la coexistence pacifique entre leurs pays, encore dominés par le système capitaliste, et nos pays socialistes. Une telle action renforce les positions de la paix, affaiblit les positions du capitalisme dans chacun de leur pays et apporte plus généralement un soutien à la lutte de classe dans ces pays. Mais ce nest pas là leur seule tâche. Il faut que dans ces pays se développe, croisse et se renforce la lutte de classe et que les masses travailleuses, guidées par le prolétariat de chaque pays, leur Parti Communiste en tête, et en alliance avec tout le prolétariat mondial, rendent lexistence impossible à limpérialisme, sapent les bases de son appareil de guerre et de son économie, lui arrachent de vive force le pouvoir économique et politique pour sacheminer vers la destruction de lancien pouvoir et instaurer le nouveau pouvoir du peuple. Cela le feront-elles par la violence ou par la voie pacifique et parlementaire ? Cette question était claire et il était inutile que le camarade Khrouchtchev vienne lembrouiller au XXe Congrès comme il la fait pour la plus grande satisfaction des opportunistes . Pourquoi fallait-il parodier de la sorte les thèses si claires de Lénine et de la Révolution socialiste dOctobre ? Le Parti du Travail dAlbanie a toujours eu une claire compréhension des enseignements de Lénine à ce sujet et il leur est toujours resté fidèle. Jusquà présent, aucun peuple, aucun prolétariat ni aucun Parti Communiste ou Ouvrier, ne sest emparé du pouvoir sans violence et sans effusion de sang. Certains camarades sécartent en fait de la réalité lorsquils prétendent quils ont pris le pouvoir sans effusion de sang ; ils oublient que la glorieuse Armée Soviétique a versé des flots de sang pour eux durant la Seconde Guerre mondiale. Notre Parti estime quen cette matière nous devons nous préparer, et nous préparer avec soin pour les deux voies, mais surtout pour la prise du pouvoir par la violence, car si nous nous préparons bien pour cette éventualité, nous renforçons nos chances de succès pour lautre. La bourgeoisie vous permet bien de discourir, mais elle monte ensuite un coup de force fasciste et vous écrase, du fait quon na préparé ni les cadres de choc, ni le travail dans la clandestinité, ni les lieux où se mettre à labri et travailler, ni les moyens de combat. Nous devons prévenir cette tragique éventualité. Le Parti du Travail dAlbanie sest battu, se bat et se battra pour la coexistence pacifique sur la voie marxiste-léniniste telle que nous lenseigne Lénine et quelle est définie par le Manifeste de Moscou pour la paix. Il a toujours été, il est et il sera pour le désarmement général et il luttera activement pour la mise en uvre de ce désarmement. En aucun cas et pas un instant le Parti du Travail lAlbanie ne cessera de combattre politiquement et idéologiquement les menées de limpérialisme et du capitalisme ainsi que lidéologie bourgeoise, il ne cessera de livrer une lutte acharnée, continue et intransigeante, au révisionnisme moderne et au révisionnisme titiste yougoslave en particulier. Il se peut que certains camarades nous accusent, nous Albanais, dêtre obstinés, emportés, sectaires, dogmatiques et de tout ce quon voudra, mais nous réfutons ces fausses accusations et leur déclarons que nous ne bougerons pas de nos positions car ce sont des positions marxistes-léninistes. On prétend que nous voulons la guerre et que nous sommes opposés à la coexistence. Le camarade Kozlov nous a même placés, nous Albanais, devant lalternative suivante : soit la coexistence, telle que lui la conçoit, soit une bombe atomique des impérialistes sur lAlbanie, une bombe qui réduirait le pays en cendres et ne laisserait aucun Albanais vivant. Le peuple albanais ne sétait jamais jusquici entendu proférer une telle menace atomique même par un représentant de limpérialisme américain. Mais voilà que cette menace lui vient dun membre du Présidium du Comité Central du Parti Communiste de lUnion Soviétique, et à qui celui-ci ladressait-il ? À un petit peuple héroïque qui a lutté pendant des siècles contre des ennemis farouches et innombrables et qui ne sest jamais incliné, à un petit peuple qui a combattu avec un héroïsme sans pareil les hitlériens et les fascistes italiens, il ladresse à un peuple qui est lié comme les doigts de la main à la glorieuse Union Soviétique, il ladresse à un parti qui témoigne une fidélité conséquente et indéfectible au marxisme-léninisme et au Parti Communiste de lUnion Soviétique. Mais, camarade Frol Kozlov, vous vous êtes grossièrement mépris, vous ne pouvez nous intimider ni nous plier à votre volonté égarée et nous ne confondons en rien le glorieux Parti de Lénine avec vous et votre comportement si hostile et éhonté envers le peuple albanais et le Parti du Travail dAlbanie. Le Parti du Travail dAlbanie appuiera toutes les propositions justes et pacifiques de lUnion Soviétique et des pays du camp socialiste, ainsi que des autres pays épris de liberté, et luttera pour les voir mettre en uvre. Le Parti du Travail dAlbanie tendra toutes ses forces, usera de tous ses droits et sacquittera de toutes ses obligations afin de consolider lunité du camp socialiste, son unité marxiste-léniniste. Il serait absurde de penser que la petite Albanie socialiste puisse se détacher du camp socialiste et vivre en dehors de ce camp, en dehors de la fraternité de nos peuples socialistes. Son appartenance au camp socialiste, lAlbanie ne la pas reçue en cadeau, mais cest notre peuple lui-même et le Parti du Travail dAlbanie qui lont conquise par leur sang versé, par leur labeur, par les sacrifices quils ont consentis, par lé système de gouvernement quils ont instauré et par la voie marxiste-léniniste quils suivent. Mais que personne ne se figure que lAlbanie, parce quelle est un petit pays, et le Parti du Travail dAlbanie, parce quil est un petit parti, obéiront à qui que ce soit, sils sont convaincus que la voie quon leur indique est erronée. Comme je lai dit plus haut, le Parti du Travail dAlbanie estime que notre camp socialiste qui poursuit un objectif unique et qui est guidé par le marxisme-léninisme, doit aussi avoir une stratégie et une tactique qui lui soient propres et que celles-ci doivent être élaborées en commun par nos partis et nos États du camp socialiste. Au sein de notre camp nous avons créé certaines formes dorganisation du travail, mais il est juste de dire que celles-ci sont demeurées en quelque sorte purement formelles, ou plutôt, quelles ne fonctionnent pas de façon collégiale. Tels sont notamment les organismes du Traité de Varsovie et ceux du Conseil Économique dEntraide. Comprenons-nous bien. Nous ne soulevons pas ici la question de savoir si nous devons également être consultés ou non. Bien entendu, personne ne peut nous dénier le droit dêtre consultés, mais pour lêtre, il faut que nous nous réunissions. Nous soulevons la question en principe et nous affirmons que ces formes dorganisation doivent fonctionner régulièrement, que cest là quil faut poser les problèmes, prendre les décisions et en contrôler lexécution. Le développement et le renforcement de léconomie des pays socialistes ont toujours été une des premières préoccupations de nos partis et de nos gouvernements, un des facteurs déterminants de la puissance invincible du camp socialiste. Lédification du socialisme et du communisme progresse impétueusement dans nos pays. Cela est dû aux grands efforts de nos peuples et aux bienfaits de lassistance mutuelle que saccordent nos pays. La coordination des plans économiques de nos pays et le Conseil Économique dEntraide ont joué un rôle important dans ce sens. Jusquà présent, la République Populaire dAlbanie na jamais accordé daide à personne, dabord parce que notre pays est pauvre et ensuite parce que personne na sollicité notre appui. Mais dans les limites de justes normes, nous avons fait et nous faisons tous nos efforts pour aider tant soit peu par nos exportations les pays amis et frères. Nous avons été aidés par nos amis et en premier lieu par lUnion Soviétique. Nous avons été aidés par loctroi de crédits et lenvoi de spécialistes sans lesquels il eût été fort difficile à notre pays et à notre économie de se développer à des rythmes aussi rapides. De cette aide généreuse de lUnion Soviétique et des autres pays de démocratie populaire, le Parti du Travail dAlbanie et le Gouvernement de la République Populaire dAlbanie ont tiré le meilleur profit pour le plus grand avantage du peuple albanais. Notre peuple sera à jamais reconnaissant de cette aide aux peuples soviétiques, au Parti Communiste de lUnion Soviétique et au Gouvernement Soviétique, aux peuples, aux partis et aux gouvernements des pays de démocratie populaire. Cette aide, nous lavons conçue, nous la concevons et la concevrons non pas comme une aumône, mais comme une aide fraternelle, comme une aide internationaliste. Notre peuple, en tant que peuple qui a connu un extrême dénuement, qui a combattu avec héroïsme, qui a été massacré et spolié, avait pleinement le droit de solliciter laide de ses amis et de ses frères, plus grands et économiquement plus riches que lui. Et ses amis avaient le devoir internationaliste de lui venir en aide. Aussi faut-il réfuter toute conception ténébreuse et anti-marxiste qui pourrait éventuellement se manifester quant au caractère et aux fins de cette aide. Les pressions économiques sur le Parti du Travail dAlbanie, sur notre Gouvernement et sur notre peuple sont vouées à léchec. Je voudrais soulever ici la question de laide des pays économiquement plus puissants aux pays ayant une économie plus faible, comme cest le cas du nôtre, et proposer par ailleurs que cette aide soit accrue. Le peuple albanais ne compte nullement se croiser les bras et attendre la bouche ouverte quon le nourrisse. Ce nest pas son habitude. Notre peuple na pas davantage la prétention que le niveau de vie dans notre pays atteigne dun seul coup celui de maints pays de démocratie populaire, mais il nen demeure pas moins que laide qui doit lui être accordée pour le développement ultérieur de ses forces productives doit être plus considérable. Nous estimons que les pays économiquement puissants du camp socialiste doivent accorder des crédits aux pays capitalistes neutres également, et aussi aux peuples à peine affranchis du colonialisme, lorsque les gouvernements de ces pays capitalistes sopposent à limpérialisme, quils appuient la politique pacifique du camp socialiste et quils nentravent ni ne contrecarrent la lutte légitime des forces révolutionnaires, mais ce quil faut avant tout, cest considérer plus attentivement les besoins des pays du camp socialiste et satisfaire ces besoins. Certes, lInde a besoin de fer et dacier, mais lAlbanie en a besoin plus quelle et avant elle, lEgypte a besoin dune industrie énergétique et douvrages dirrigation, mais lAlbanie socialiste en a besoin plus quelle et avant elle. Sur bien des problèmes politiques primordiaux, les points de vue à lintérieur de notre camp socialiste ont été et sont identiques. Or, du fait que la voie des consultations collégiales nest pas devenue une pratique régulière, on a souvent observé que des pays de notre camp socialiste prennent des initiatives politiques, à propos de quoi nous devons dire, bien que nous ne soyons pas en principe contraires à la prise dinitiatives, que celles-ci portent souvent atteinte à dautres pays du camp socialiste. Certaines de ces initiatives ne sont pas justes, en particulier quand celles-ci doivent être prises collectivement par les membres du Traité de Varsovie. Telle est linitiative du Gouvernement bulgare, qui a informé le Gouvernement grec, sans faire aucun cas de lAlbanie, que les pays de démocratie populaire des Balkans sont disposés à désarmer si le Gouvernement grec accepte également de le faire. À notre point de vue, cette initiative fut erronée, car même si la Grèce souscrivait à une telle proposition, le Gouvernement albanais, lui, ne laccepterait jamais. LAlbanie adhère à la proposition soviétique faite par Nikita Khrouchtchev en mai 1959, mais non pas à la proposition bulgare qui tend à désarmer les pays des Balkans, sans toucher à lItalie. Les camarades bulgares auraient-ils oublié que lItalie bourgeoise et fasciste a attaqué à plusieurs reprises lAlbanie au cours de ce siècle ? Est-il permis aux camarades bulgares dagir comme ils lont fait encore en une autre occasion, sans nullement consulter le Gouvernement albanais auquel ils sont liés par un traité dalliance défensive, lorsquils ont proposé au Gouvernement grec de conclure avec lui un traité dalliance et de non agression, et ce en un temps où la Grèce maintient létat de guerre avec lAlbanie, et nourrit des visées territoriales à son égard ? Il nous semble dangereux que de telles actions soient menées de façon unilatérale . Cette juste et légitime opposition de notre part a pu induire les camarades bulgares à conclure que nous, Albanais, navons pas une juste conception de la coexistence, que nous voulons la guerre, etc. Ce sont là des points de vue erronés. Des actions analogues ont également été le fait des camarades polonais aux Nations Unies, lorsque le camarade Gomulka a présenté unilatéralement devant lAssemblée Générale une proposition de la Pologne en faveur du maintien du statu quo en ce qui concerne le stationnement des forces militaires dans le monde et, précisément, contre la création de nouvelles bases militaires, mais pour le maintien des bases existantes, contre linstallation de nouvelles rampes de lancement de fusées, mais pour le maintien des rampes existantes, pour le maintien du secret de la bombe atomique par les États qui fabriquent de ces bombes et contre la transmission de ce secret à dautres États. Une telle proposition, à notre sens, est contraire aux intérêts de notre camp. Quon ninstalle plus de rampes de lancement de fusées ? Mais à qui cette interdiction sadresserait-elle et dans quels pays sappliquerait-elle ? Tous les alliés de lO.T.A.N., y compris lItalie, lAllemagne occidentale et la Grèce, sont pourvus de fusées. Quon ne révèle pas le secret de la bombe atomique ? Mais à qui ? LAngleterre, comme la France ou lAllemagne occidentale, en ont connaissance. Il est bien clair que si une telle proposition était acceptée, nous, les pays de démocratie populaire, serions obligés de ne pas installer de rampes de lancement de fusées et aucun pays du camp socialiste, lUnion Soviétique exceptée, ne pourrait posséder la bombe atomique. Nous demandons pourquoi la Chine communiste ne devrait pas avoir la bombe atomique. Nous estimons quelle doit la posséder et lorsque la Chine disposera de la bombe atomique et de fusées on verra bien alors quel sera le langage de limpérialisme américain, on verra bien si lon continuera à dénier à la Chine ses droits dans larène internationale, on verra bien si les impérialistes américains oseront brandir leurs armes comme ils le font aujourdhui. On pourra demander si la possession et la possibilité de se servir de la bombe permettraient à la Chine dacquérir ces droits en dépit de laction contraire des États-Unis. Non, la Chine, tout comme lUnion Soviétique, ne fera jamais usage de cette arme, si nous ne sommes pas attaqués par ceux qui ont lagression et la guerre dans le sang. Si lUnion Soviétique ne possédait pas la bombe atomique, limpérialisme nous tiendrait un autre langage. Nous ne serons jamais les premiers à employer les armes atomiques, nous sommes contre la guerre, nous sommes pour la destruction des armes nucléaires, mais nous avons besoin de la bombe pour nous défendre. « La crainte est la meilleure gardienne des vignes », dit un adage de notre peuple. Les impérialistes doivent nous craindre et même nous craindre beaucoup. Le Parti du Travail dAlbanie, se fondant sur le marxisme-léninisme et sur la Déclaration des Partis Communistes et Ouvriers et le Manifeste pour la Paix de Moscou a suivi en ce qui concerne les questions de politique internationale et les problèmes importants de lédification du socialisme, une juste ligne marxiste-léniniste. Dans les relations internationales, la ligne de notre Parti a été conforme à la politique du camp socialiste et a suivi lorientation de la politique pacifique de lUnion Soviétique. Le Parti du Travail dAlbanie a considéré et ne cessera de considérer lUnion Soviétique comme le sauveur de notre peuple, et sa grande expérience comme universelle et indispensable à tous les partis. Le Parti du Travail dAlbanie a suivi, a appliqué et fait sienne sans réserve cette grande expérience dans tous les domaines et il lui doit de grands succès. Nous avons remporté des succès dans la création et le renforcement de notre industrie, dans la collectivisation de lagriculture, dans le développement de linstruction et de la culture, qui connaissent chez nous un grand essor, dans la construction de notre État et de notre Parti. Notre Parti sest dores et déjà acquis une maturité et une expérience considérables dans ces domaines dactivités. Notre Parti a éduqué et ne cessera déduquer notre peuple dans un esprit dattachement et de grande fidélité à légard des peuples de lUnion Soviétique et du Parti Communiste de lUnion Soviétique. Cet attachement est trempé et il le sera chaque jour davantage car il est imprégné du sang versé au combat ; car il a crû sur les fondements du marxisme-léninisme et de linternationalisme prolétarien. Nous avons aimé et nous aimons les hommes soviétiques de tout notre cur, et cest avec la même ferveur quils ont aimé et quils aiment le peuple et le Parti du Travail dAlbanie. Cest une amitié de peuples, une amitié de partis marxistes-léninistes ; aussi sépanouira-t-elle à jamais dans les siècles. Cest là la ferme conviction des communistes albanais et cette conviction, ils lont inculquée au peuple albanais et ils ne cesseront de la cimenter en lui. Nous lavons déjà dit et nous le répétons, sans cette amitié il naurait pu y avoir de liberté pour notre peuple. Cest là le fruit du léninisme. Le Parti du Travail dAlbanie et notre petit peuple ont toujours été préoccupés par les grands problèmes du moment. Notre République Populaire a été et est toujours géographiquement encerclée par des États capitalistes et par les révisionnistes yougoslaves, et il nous a fallu être très vigilants, engager des hommes et des fonds considérables pour assurer la défense de nos frontières, pour défendre la liberté et la souveraineté de la patrie contre les tentatives sans nombre des impérialistes, de leurs satellites et de leurs valets. Nous sommes un petit pays et un petit peuple, et nous avons énormément souffert, mais aussi beaucoup lutté. La liberté dont nous jouissons aujourdhui personne ne nous en a fait cadeau, nous lavons conquise au prix du sang versé. Nous avons appris à connaître et nous connaissons de mieux en mieux nos ennemis impérialistes, leurs menées contre le camp socialiste et contre notre pays en particulier, aussi navons-nous eu et navons-nous aucune illusion de les voir changer de nature et de modifier leurs visées à lencontre des peuples, de notre camp et de lAlbanie socialiste en particulier. Notre Parti a été et reste toujours un défenseur de la paix et il se battra inlassablement, aux côtés de lUnion Soviétique, de la Chine Populaire, des autres pays du camp socialiste et de tous les peuples progressistes pour défendre la paix. Mus par cet objectif sacré, le Parti du Travail dAlbanie et notre Gouvernement ont appuyé de toutes leurs forces la politique pacifique du Parti Communiste de lUnion Soviétique, du Gouvernement Soviétique et de tous les pays du camp socialiste. En tout point, sur toutes leurs propositions, nous avons été solidaires avec eux. Les impérialistes américains et anglais nous ont accusé et nous accusent dêtre « intraitables et belliqueux ». Cest compréhensible, car le peuple albanais a écrasé leurs tentatives réitérées de lasservir et a anéanti leurs agents qui ont comploté contre le Parti du Travail dAlbanie et notre régime de démocratie populaire. La bande de Tito, celle des monarcho-fascistes chauvins grecs et les dirigeants de Rome nous ont accusé et nous accusent dêtre « des fauteurs de guerre, de perturber la paix dans les Balkans », car nous leur avons cassé et nous leur casserons toujours les reins, sans la moindre hésitation, leurs objectifs ayant été et demeurant toujours de démembrer lAlbanie à leur profit, dasservir notre peuple. Il nous semble superflu de réaffirmer à cette réunion que la guerre est étrangère à nos pays socialistes, à nos partis marxistes-léninistes, mais la question se pose de savoir pourquoi les impérialistes et leurs agents accusent la Chine et lAlbanie dêtre des fauteurs de guerre et soi-disant hostiles à la coexistence pacifique. Prenons le cas de lAlbanie. À qui lAlbanie ferait-elle la guerre et pourquoi ? Il serait ridicule de nous attarder à répondre à cette question. Ce qui est vrai cest que ceux qui nous lancent cette accusation ont besoin eux-mêmes de camoufler leurs visées agressives à lencontre de lAlbanie. Rankovic souhaiterait nous voir faire de nos frontières des auberges à deux portes, par où entrent et sortent sans visa agents et armes yougoslaves, italiens ou grecs, pour nous apporter la « culture du poignard » entre les dents, pour que Tito réalise son rêve de faire de lAlbanie la septième république de Yougoslavie, ou pour que la bourgeoisie réactionnaire italienne mette à exécution pour la troisième fois ses visées spoliatrices à lencontre de lAlbanie, ou encore que les monarcho-fascistes grecs réalisent leur rêve insensé de semparer de lAlbanie du Sud. Comme nous les en avons empêchés et nous les en empêcherons toujours, on nous accuse dêtre des « fauteurs de guerre ». Ils savent fort bien que sils touchent à nos frontières, ils auront la guerre avec nous et avec tout le camp socialiste. Leur objectif a donc été et reste de nous isoler de notre camp et de nos amis, et parce que nous ne leur ouvrons pas nos frontières pour quils puissent venir paître librement sur notre territoire, ils nous accusent dêtre « violents et belliqueux », dêtre hostiles à la coexistence. Mais lironie du sort veut quil se trouve des camarades qui se laissent tromper par ce manège des révisionnistes et ajoutent foi à ces calomnies dirigées contre le Parti du Travail dAlbanie. Bien entendu, nous sommes opposés à une coexistence dans lintérêt de laquelle nous, Albanais, devrions faire des concessions territoriales et politiques à Sophocle Venizelos. Non, les temps sont révolus à jamais, où le territoire dAlbanie était considéré comme un objet de marchandage. Nous sommes opposés à une coexistence avec lÉtat yougoslave, qui impliquerait lextinction de la lutte idéologique et politique contre les révisionnistes yougoslaves, contre ces agents de limpérialisme international, contre ces traîtres au marxisme-léninisme. Nous sommes opposés à une coexistence avec les Anglais ou les Américains, dans lintérêt de laquelle nous devrions reconnaître, comme ils le réclament, la validité des anciennes concessions politiques, diplomatiques et commerciales que leur avait accordé le régime du roi Zog. En conclusion générale, le Parti du Travail dAlbanie est pleinement convaincu que notre grande cause, la cause de la victoire du socialisme et de la paix, triomphera. Les forces unies du camp socialiste, lUnion Soviétique en tête, du mouvement communiste et ouvrier international et de tous les hommes et peuples épris de liberté, sont en mesure, par une action plus résolue, de contraindre les impérialistes à accepter la coexistence pacifique, afin déviter la guerre mondiale. Mais en même temps nous ne devons cesser de renforcer notre vigilance révolutionnaire, pour que nos ennemis ne puissent jamais nous prendre au dépourvu. Nous sommes convaincus que nous lemporterons dans cette noble lutte pour la paix dans le monde et le triomphe du socialisme. Le peuple albanais et le Parti du Travail dAlbanie semploieront, comme ils lont fait jusquici, à contribuer de toutes leurs forces au triomphe de notre cause commune. Comme toujours, nous irons de lavant, en unité dairain avec tout le camp socialiste, avec la glorieuse Union Soviétique, avec tout le mouvement communiste et ouvrier international. Chers camarades, Lunité du mouvement communiste et ouvrier international constitue le facteur décisif pour la réalisation du noble objectif quest le triomphe de la paix, de la démocratie, de lindépendance nationale et du socialisme. Ce point est souligné de façon particulière tant dans la Déclaration de Moscou de 1957 que dans le projet de déclaration préparé pour la présente réunion. La Déclaration de 1957 indique que « les Partis Communistes et Ouvriers assument une responsabilité historique particulièrement lourde pour les destinées du système socialiste mondial et du mouvement communiste international. Les Partis Communistes et Ouvriers participant à la Conférence déclarent quils consolideront inlassablement leur unité et leur collaboration fraternelle pour affermir plus encore la communauté des États socialistes, renforcer le mouvement ouvrier international et servir la cause de la paix et du socialisme. » Il convient de dire que, particulièrement dans les derniers temps, dans le mouvement communiste international et les relations de quelques partis entre eux, se sont fait jour de profondes divergences idéologiques et politiques, dont laccentuation ne peut que porter préjudice à notre grande cause. Aussi le Parti du Travail dAlbanie estime-t-il, que, pour pouvoir aller de lavant, unis, vers de nouvelles victoires, il nous faut condamner les erreurs et les manifestations négatives relevées jusquici dans notre action, et y remédier. Nous voulons nous arrêter ici sur la question de la réunion de Bucarest, où notre Parti, comme on le sait, nexprima pas son point de vue relativement aux divergences apparues entre le Parti Communiste de lUnion Soviétique et le Parti Communiste Chinois, mais se réserva, dès lors, le droit de le faire à cette réunion des représentants des Partis Communistes et Ouvriers. Le Parti du Travail dAlbanie fut accusé à lépoque par les camarades soviétiques et par certains camarades des autres partis frères de tous les maux de la terre, mais personne ne sest avisé de réfléchir un moment et de se demander pourquoi ce parti avait adopté une telle attitude contre lensemble du courant, pourquoi ce parti qui est toujours resté fidèle jusquau bout au marxisme-léninisme et à la Déclaration de Moscou, était subitement accusé dêtre prétendument « hostile au marxisme-léninisme et à la Déclaration de Moscou », pourquoi ce parti si étroitement lié à lUnion Soviétique et au Parti Communiste de lUnion Soviétique, se dressait tout dun coup contre la direction de lUnion Soviétique. À présent que tous les camarades ont en main tant les matériaux dinformation soviétiques que ceux du Parti Communiste Chinois, quils réfléchissent eux-mêmes sur ce sujet. Pour notre part, nous avons lu et étudié aussi bien les documents soviétiques que les documents chinois, nous avons discuté attentivement ces documents avec les cadres actifs de notre Parti et nous venons ainsi à cette réunion avec le point de vue unanime de notre Parti. Comme on le sait, le 24 juin dernier, à loccasion du Congrès du Parti des Travailleurs de Roumanie, inopinément et sans le moindre préavis, du moins en ce qui concerne notre Parti, sur linitiative des camarades de la direction du Parti Communiste de lUnion Soviétique, fut organisée la Rencontre de Bucarest. Celle-ci, au lieu de servir, conformément à laccord conclu par les lettres du 2 et du 7 juin, à un « échange didées » et à fixer la date de lactuelle conférence, soccupa dune tout autre question, de laccusation idéologique et politique lancée contre le Parti Communiste Chinois, sur la base de la « lettre dinformation soviétique ». Sur la base de cette lettre, totalement ignorée deux quelques heures avant la réunion, les délégués des Partis Communistes et Ouvriers frères qui se trouvaient à Bucarest pour une autre question et qui nétaient pourvus daucun mandat (du moins en ce qui concerne la délégation da notre Parti) de leurs partis pour discuter, et encore moins pour décider, dune question si importante du communisme international, ces délégués, donc, devaient se prononcer en faveur des points de vue du C.C. du P.C.U.S. Il ne pouvait même être question dune discussion sérieuse de cette lettre qui contenait de si graves accusations contre un autre parti marxiste-léniniste, alors quil nétait pas permis non seulement aux délégués, mais encore et surtout aux directions des Partis Communistes et Ouvriers de létudier sous tous les aspects et quil nétait pas donné à la partie accusée le temps voulu pour présenter, elle aussi, sous les mêmes formes que la partie accusatrice, ses points de vue. Le fait est que la direction soviétique avait pour première préoccupation de faire rapidement approuver ses accusations à lencontre du Parti Communiste Chinois et de le faire condamner à tout prix. Cétait cette question qui préoccupait le camarade Khrouchtchev et les autres camarades soviétiques à Bucarest et non pas les questions de politique internationale intéressant notre camp et le monde entier en général et qui ont surgi à la suite de léchec de la conférence au sommet de Paris. Notre Parti serait entièrement daccord pour que se réunisse une telle conférence, et toute autre conférence, avec nimporte quel ordre du jour qui pourrait être fixé, mais à la condition que ces conférences soient régulières, quelles reçoivent lapprobation de tous les partis, que lordre du jour en soit clairement et préalablement défini, que soient fournis aux Partis Communistes et Ouvriers les matériaux nécessaires, pour se préparer et pour que les bureaux politiques des partis, puissent, le cas échéant, obtenir lapprobation des plenums de leurs comités centraux pour les décisions qui pourraient être éventuellement prises à ces conférences. Les conférences doivent donc se dérouler conformément aux normes léninistes qui régissent les rapports entre Partis Communistes et Ouvriers, elles doivent se dérouler sur un pied de complète égalité entre les partis, dans un esprit de camaraderie communiste, internationaliste et de haute morale communiste. La Rencontre de Bucarest ne respectait pas ces normes, aussi notre Parti, bien quil ait participé à cette réunion, la dénoncée et il la dénonce comme une conférence irrégulière qui a enfreint les normes léninistes. Nous estimons que la Rencontre de Bucarest a très mal servi la cause du mouvement communiste international, la cause de la solidarité internationale des travailleurs, la cause du renforcement de lunité du camp socialiste, la cause du règlement marxiste-léniniste des divergences de caractère idéologique qui peuvent surgir au sein des Partis Communistes et Ouvriers et qui portent préjudice au marxisme-léninisme. La responsabilité doit en retomber sur les camarades de la direction du Parti Communiste de lUnion Soviétique qui organisèrent cette rencontre, qui lont conçue sous ces formes et qui y ont appliqué ces normes non marxistes. Leur dessein était de faire condamner le Parti Communiste Chinois par le mouvement communiste international pour des erreurs et des fautes imaginaires. Cest là la profonde conviction du Comité Central du Parti du Travail dAlbanie, une conviction quil sest acquise par létude des faits, sur la base des matériaux soviétiques et chinois dont dispose maintenant le Parti du Travail dAlbanie, sur la base dune analyse minutieuse que celui-ci a faite de lévolution de la situation internationale et des positions officielles du Parti Communiste de lUnion Soviétique et du Parti Communiste Chinois. Le Parti du Travail dAlbanie est unanime à penser que les camarades soviétiques se sont lourdement trompés à Bucarest, en dénonçant injustement le Parti Communiste Chinois pour avoir soi-disant dévié du marxisme-léninisme, pour sêtre soi-disant écarté de la Déclaration de Moscou de 1957, en accusant le Parti Communiste Chinois dêtre « dogmatique », « sectaire », dêtre « pour la guerre », « contre la coexistence pacifique », de convoiter « une place privilégiée » au sein du camp socialiste et du mouvement communiste international, etc. Les camarades soviétiques ont également commis une lourde erreur en profitant du grand attachement des communistes pour lUnion Soviétique et le Parti Communiste de lUnion Soviétique, pour tenter dimposer aux autres Partis Communistes et Ouvriers leurs points de vue erronés à légard du Parti Communiste Chinois. Le Parti du Travail dAlbanie sest clairement rendu compte dès les premiers moments, dès que les camarades soviétiques entreprirent fiévreusement et de façon inadmissible les camarades de notre délégation à Bucarest, quils cherchaient, par des arguments spécieux et des pressions, à attirer la délégation du Parti du Travail dAlbanie dans le piège quils montaient, à la rallier à leurs points de vue erronés. Ce qui était important pour le camarade Khrouchtchev, (et cela le camarade Antropov en a fait part au camarade Hysni Kapo) cétait de savoir « si nous nous rallierions ou non à la partie soviétique ». Ce souci, le camarade Khrouchtchev lexprima également sous dautres formes au cours de ses interventions contre notre Parti à la Rencontre de Bucarest. Cela fut également confirmé à plusieurs reprises par lattitude injustifiée et inamicale de la direction soviétique et du personnel de lambassade soviétique à Tirana, après la Rencontre de Bucarest, attitude dont je parlerai plus loin. Les camarades dirigeants soviétiques ne faisaient aucun cas du point de vue dun parti marxiste-léniniste, comme notre Parti ; ce qui importait pour eux, cest quil se ralliât à la position prise par le Comité Central du Parti Communiste de lUnion Soviétique à Bucarest. Le Parti Communiste de lUnion Soviétique, qui organisa la Rencontre de Bucarest, na nullement prévenu le Parti du Travail dAlbanie quà loccasion du Congrès du Parti des Travailleurs de Roumanie, le Parti Communiste Chinois serait accusé de prétendues fautes graves dans la ligne suivie. Ces attaques furent pour le Parti du Travail dAlbanie tout à fait inopinées. Or, nous apprenons maintenant que les autres partis du camp socialiste, à lexception du Parti du Travail dAlbanie, du Parti Communiste Chinois, du Parti du Travail de Corée, du Parti des Travailleurs du Vietnam, étaient au courant quune rencontre serait organisée à Bucarest en vue de mettre la Chine en accusation. Sil en a été ainsi, il est alors bien clair que laffaire devient très sérieuse et revêt la forme dune fraction de caractère international. Néanmoins, notre Parti ne fut pas pris au dépourvu et la vigilance ne lui a jamais fait défaut. Cela, il le doit au fait quil respecte constamment les normes léninistes dans ses rapports avec les autres partis, quil éprouve un profond respect marxiste pour le Parti Communiste de lUnion Soviétique, pour le Parti Communiste Chinois et pour tous les autres Partis Communistes et Ouvriers, quil observe le principe de légalité entre les partis, principe que doivent respecter les autres partis également à légard du Parti du Travail dAlbanie, indépendamment de sa petitesse numérique. À la Rencontre de Bucarest, notre Parti a vu dès le début, que toutes ces normes étaient violées. Cest pour cette raison quil a adopté lattitude que lon sait, lattitude quil estimait et quil estime la seule juste face à lévolution des événements. Certains dirigeants des partis frères nous ont qualifiés de « neutralistes », certains nous ont accusés « de nous être écartés de la juste ligne marxiste-léniniste » et ces dirigeants sont allés jusquà entreprendre au sein de leurs partis de discréditer le nôtre. Nous rejetons toutes ces menées avec mépris, car ce ne sont là que calomnies, pratiques malhonnêtes incompatibles avec la morale, communiste. Nous demandons à ceux qui ont entrepris ces actions blâmables contre le Parti du Travail dAlbanie, si un parti a ou non le droit dexprimer librement son opinion, telle quil se lest lui-même formée ? Quelle opinion le Parti du Travail dAlbanie a-t-il exprimée à Bucarest ? Nous avons exprimé notre fidélité au marxisme-léninisme et cette fidélité est attestée par toute la vie et la lutte du Parti du Travail dAlbanie ; nous avons exprimé notre fidélité à légard des décisions de la Déclaration de Moscou et du Manifeste pour la Paix de 1957 et cette attitude est illustrée par la ligne suivie avec conséquence par le Parti du Travail dAlbanie ; nous avons exprimé notre attachement à lunité du camp du socialisme et notre détermination à la défendre, et ces sentiments sont confirmés par toute la lutte du Parti du Travail dAlbanie ; nous avons exprimé notre attachement, notre fidélité au Parti Communiste de lUnion Soviétique et aux peuples soviétiques, et ces sentiments trouvent leur manifestation dans toute la vie du Parti du Travail dAlbanie. Nous nous sommes refusés à juger les « erreurs » du Parti Communiste Chinois et encore moins à « condamner » le Parti Communiste Chinois sans tenir compte dans cette appréciation des points de vue du Parti Communiste. Chinois sur les questions qui étaient soulevées faussement, hâtivement, et de manière anti-marxiste, contre lui. Nous avons conseillé que cette question dimportance vitale et extrêmement grave pour le communisme international fût réglée avec pondération, sang-froid et dans un esprit de camaraderie. Voilà quel fut tout notre « crime » pour lequel nous a été lancée la pierre. Mais nous pensons que la pierre qui a été brandie pour nous frapper est retombée sur la tête même de ceux qui la lançaient. Les jours qui passent ne feront que confirmer le bien-fondé de lattitude du Parti du Travail dAlbanie. Pourquoi le camarade Khrouchtchev et les autres camarades soviétique se sont-ils tant hâtés daccuser le Parti Communiste Chinois de façon mal fondée et sans faits à lappui ? Est-il permis à des communistes et en particulier aux principaux dirigeants dun si grand et glorieux parti que le Parti Communiste de lUnion Soviétique de commettre un acte aussi blâmable ? Ils peuvent donner leur réponse à ce sujet, mais le Parti du Travail dAlbanie a lui aussi parfaitement le droit de donner son opinion. Le Parti du Travail dAlbanie estime que non seulement la Rencontre de Bucarest a constitué une initiative complètement erronée, mais que lerreur commise a été consciemment approfondie. La Rencontre de Bucarest ne doit nullement être laissée dans loubli, mais être sévèrement condamnée comme une tache dans le mouvement communiste international. Il ne fait pas le moindre doute que de grandes divergences idéologiques se sont fait jour et se sont développées entre le Parti Communiste de lUnion Soviétique et le Parti Communiste Chinois. Ces divergences auraient dû être depuis longtemps aplanies, par la voie marxiste-léniniste, entre les deux partis. Dans le document chinois, le Parti Communiste Chinois affirme que ces divergences de principe sont apparues au lendemain même du XXe Congrès du Parti Communiste de lUnion Soviétique et que les questions controversées ont été soulevées par les camarades chinois. Certains de ces points de vue ont été pris en considération par les camarades soviétiques, dautres ont été réfutés. Le Parti du Travail dAlbanie estime que si ces divergences nétaient pas réglées entre les deux partis, il fallait alors chercher à organiser une réunion des Partis Communistes et Ouvriers, qui se verrait soumettre ces questions, qui en discuterait et où chaque parti prendrait position à leur sujet.
Message édité le 19-02-2007 à 11:21:45 par Paria |
| | Paria | | Les masses font et peuvent tout ! | | Grand classique (ou très bavard) |  | | 562 messages postés |
| Posté le 19-02-2007 à 11:19:03
| . Il nest pas juste que ces questions naient pas été soulevées, et la responsabilité en retombe sur les camarades soviétiques, qui avaient connaissance de ces divergences et qui nen firent pas cas, convaincus quils étaient de la justesse de leur ligne et de son « inviolabilité », ce qui, à notre sens, est un point de vue idéaliste et métaphysique. Si les camarades soviétiques étaient véritablement convaincus du bien-fondé de leur ligne et de leur tactique, pourquoi norganisèrent-ils pas en temps utile une réunion de ce genre pour y régler ces divergences ? Les questions soulevées étaient-elles de si peu dimportance, alors quil sagissait notamment de la condamnation de Joseph Staline, de la contre-révolution hongroise, de la forme de la prise du pouvoir, sans parler de bien dautres questions fort importantes qui surgirent par la suite ? Non, il ne sagissait pas du tout de questions sans importance. Tous, nous avons nos points de vue sur ces problèmes, car ils nous intéressent tous en communistes que nous sommes, et si tous nos partis ont assumé une responsabilité devant leurs peuples, ils sont aussi responsables devant le communisme international. Pour pouvoir condamner le Parti Communiste Chinois pour des fautes et des péchés imaginaires, le camarade Khrouchtchev et dautres dirigeants soviétiques avaient grand intérêt à présenter ces questions comme sil sagissait là de divergences entre la Chine et lensemble du mouvement communiste international, mais quand il sest agi de questions du genre de celles que nous venons dévoquer, le camarade Khrouchtchev ou les camarades de son proche entourage, ont pris sur eux de les juger et de les trancher tout seuls, estimant inutile leur discussion collégial par une réunion des représentants de tous les partis, en dépit de limportant caractère international de ces questions. La contre-révolution hongroise se produisit, mais on fit le silence sur les questions qui la concernaient. Pourquoi cette tactique des camarades soviétiques qui consiste à couvrir les choses quand ils le jugent de leur intérêt, alors que dans le cas contraire, non seulement ils organisent des réunions comme celle de Bucarest, mais ils font tout leur possible pour imposer aux autres le point de vue selon lequel « la Chine sen tient à une ligne qui va à lencontre de celle de tous les Partis Communistes et Ouvriers du monde » ? Les camarades soviétiques ont également fait une tentative de ce genre auprès de nous. Au mois daoût dernier, la direction soviétique adressa à notre Parti une lettre dans laquelle elle nous proposait, « afin que de létincelle des divergences ne jaillît point la flamme », une rencontre des représentants de nos deux partis pour que notre Parti se range aux côtés de lUnion Soviétique, contre le Parti Communiste Chinois, et que nos deux partis se rendent en un front uni à la conférence actuelle. Bien entendu, le Comité Central de notre Parti naccepta pas une telle proposition et, dans sa réponse officielle, il considéra cette façon dagir comme nétant nullement marxiste, comme une action fractionnelle dirigée contre un troisième parti frère, contre le Parti Communiste Chinois. Il va sans dire que cette attitude juste et de principe de notre Parti ne fut pas du goût de la direction du Parti Communiste de lUnion Soviétique. Il est absolument hors de doute que ces questions sont dune importance primordiale et quelles nous concernent tous de très près, mais pour le Parti du Travail dAlbanie il ne fait guère de doute non plus que les questions soulevées à Bucarest contre la Chine létaient à des fins tendancieuses et quelles avaient pour but de condamner le Parti Communiste Chinois et de lisoler de lensemble du mouvement communiste international. Le Parti du Travail dAlbanie considérait une telle action comme scandaleuse et inadmissible, non seulement parce quil nétait pas convaincu quil y eut lieu de lentreprendre, mais parce quil soupçonnait à juste titre quon entreprenait, par une voie non marxiste, une action contre un grand et glorieux parti comme le Parti Communiste Chinois, quon organisait sous le couvert dune accusation de dogmatisme contre la Chine, une attaque contre le marxisme-léninisme et les principes de la Déclaration et du Manifeste pour la paix de Moscou. À la Rencontre, le Parti Communiste Chinois fut accusé de bien des fautes. Cela devait figurer dans le communiqué. Pourquoi nen a-t-il rien été ? Si les accusations étaient fondées, pourquoi a-t-on hésité et publié un communiqué qui ne traduisait pas les objectifs de la Rencontre ? Pourquoi ny était-il pas fait mention du « grand danger de dogmatisme » qui, prétendument, menaçait le communisme international ? Non, camarades, la Rencontre de Bucarest est indéfendable, elle contrevenait aux principes, elle avait des visées tendancieuses dont la principale était, selon le jugement du Parti du Travail dAlbanie, en accusant le Parti Communiste Chinois de dogmatisme, de dissimuler certaines fautes graves que se sont permis de commettre les camarades dirigeants soviétiques dans lapplication de la ligne. Les camarades soviétiques avaient besoin de lappui des autres partis sur ces questions. Aussi tentèrent-ils de les prendre par surprise. Les camarades soviétiques atteignirent à moitié leur objectif et obtinrent que ces partis examinent la question de la condamnation à prononcer contre la Chine, par une prochaine « conférence internationale du communisme ». Les Partis Communistes et Ouvriers, à lexception du Parti du Travail dAlbanie et de quelques autres Partis Communistes et Ouvriers, furent saisis « des graves erreurs commises dans lobservance de la ligne par le Parti Communiste Chinois » il leur fut fait part de la condamnation « unanime » prononcée à Bucarest contre la Chine, et on semploya à accréditer cette opinion auprès de chacun de ces partis et parmi chacun de ces peuples. À certaines de ces réunions de parti, on dénonça également le Parti du Travail dAlbanie. Après la Rencontre de Bucarest, le Comité Central du Parti du Travail dAlbanie décida, à juste titre, de nexaminer en son sein que le communiqué, dinformer le Parti quentre le Parti Communiste de lUnion Soviétique et le Parti Communiste Chinois sétaient fait jour des divergences de principe qui devaient être discutées et réglées à la future conférence convoquée pour novembre à Moscou. Et cest ce qui fut fait. Mais cette attitude de notre Parti ne plut guère aux camarades de la direction du Parti Communiste de lUnion Soviétique, et nous eûmes tôt fait de nous en apercevoir. Au lendemain même de la Rencontre de Bucarest, une attaque soudaine, en opposition avec les principes, et qui prit la forme dune ingérence brutale et de pressions multilatérales, fut lancée contre notre Parti et son Comité Central. Lassaut fut donné par Khrouchtchev à Bucarest, puis repris par le camarade Kozlov à Moscou. Les camarades du Bureau Politique de passage dans la capitale soviétique furent entrepris afin de se dresser contre la direction de notre Parti, sous prétexte que la direction du Parti du Travail dAlbanie avait « trahi » lamitié qui unissait lAlbanie et lUnion Soviétique, que la ligne que suivait la direction du Parti du Travail dAlbanie était essentiellement « tortueuse », que lAlbanie « devait décider » si elle se rallierait aux 200 millions (cest-à-dire à lUnion Soviétique) ou aux 650 millions (cest-à-dire à la Chine Populaire) et enfin que « lAlbanie, isolée, était en péril », quil « suffisait dune seule bombe atomique jetée par les Américains pour lanéantir complètement, elle et toute sa population », et il leur furent lancées dautres menaces de ce genre. Il est tout à fait évident que lobjectif poursuivi était de provoquer une scission dans la direction de notre Parti, den éliminer les éléments qui, selon leur jugement, faisaient obstacle à leur entreprise tortueuse et déloyale. Ce travail de scission eut pour résultat de faire capituler la camarade Liri Belishova, membre du Bureau Politique du Comité Central du Parti du Travail dAlbanie, devant les flagorneries des dirigeants soviétiques, devant leurs menées de chantage et dintimidation, et de la mettre en opposition ouverte avec la ligne de son parti. La tentative, faite par les camarades soviétiques dans leur lettre adressée au Comité Central du Parti Communiste Chinois, pour présenter la question comme si en Albanie on condamnait les amis de lUnion Soviétique, est fallacieuse. Les véritables amis de lUnion Soviétique et de son Parti Communiste, les amis fidèles des peuples soviétiques, sont et seront toujours le million et demi dAlbanais et le Parti du Travail dAlbanie, qui a forgé et cimenté cette amitié trempée dans le sang, et non pas les capitulards, les scissionnistes et déviationnistes de tout genre. Mais ce nest pas seulement à Moscou que les camarades soviétiques tentèrent de susciter des doutes quant au bien-fondé de lattitude de notre Parti à Bucarest. Des tentatives encore plus pressantes furent faites à Tirana également par des fonctionnaires de lambassade soviétique, lambassadeur en tête. Comme je lai dit plus haut, avant la Rencontre de Bucarest, les liens qui nous unissaient aux camarades soviétiques étaient des plus étroits, des plus sincères et des plus fraternels que lon pût imaginer. Nous navions aucun secret, fût-ce de parti, fût-ce dÉtat, pour les camarades soviétiques. Cette attitude avait été décidée par notre Comité Central. Et ces liens reflétaient les vifs sentiments dattachement et de dévouement du peuple albanais pour le peuple soviétique, ces sentiments que notre Parti a trempés par son sang versé. Et ces sentiments sacrés du Parti du Travail dAlbanie et de notre peuple, certains éléments malsains, lambassadeur soviétique en tête, les ont foulés aux pieds. Profitant de ces liens amicaux et de la confiance des cadres, ils se mirent fiévreusement et intensément à attaquer la ligne marxiste-léniniste du Parti du Travail dAlbanie, cherchèrent à scinder notre Parti, à semer la panique et la confusion dans ses rangs, à séparer le Parti de sa direction, et les choses en arrivèrent au point que lambassadeur soviétique à Tirana incita les généraux de notre armée à dresser lArmée Populaire dAlbanie contre la direction du Parti du Travail dAlbanie et de lÉtat albanais. Mais ils sont tombés sur un os, car lunité de notre Parti est une unité dairain. Nos cadres, trempés dans la Lutte de Libération Nationale et dans la lutte à mort menée contre les révisionnistes yougoslaves, ont défendu à la manière marxiste leur parti héroïque, et ils savent fort bien faire la distinction entre le Parti Communiste de lUnion Soviétique, le Parti de Lénine, dune part, et ses scissionnistes de lautre, ils savent fort bien sauvegarder et cimenter leur attachement et leur dévouement à lUnion Soviétique. Et, en fait, ils remirent à leur place ces dénigreurs. Les fonctionnaires de lambassade soviétique à Tirana, lambassadeur en tête, usant de pratiques inadmissibles et anti-marxistes, réussirent à attirer le président de la Commission de Vérification du Parti du Travail dAlbanie, qui, quinze jours plus tôt, sétait déclaré solidaire de la ligne suivie par le Comité Central du Parti du Travail dAlbanie à Bucarest, dans les griffes de ces intrigants, à lécarter entièrement de la voie du marxisme-léninisme et à le mettre en opposition flagrante avec la ligne de son parti. Il est clair que ces agissements blâmables de ces camarades soviétiques visaient à scinder la direction du Parti du Travail dAlbanie, à la séparer des masses du Parti. Et cela pour nous punir du « crime » que nous avions commis à Bucarest, de ce que nous nous étions permis dexprimer librement notre point de vue, tel que nous lestimions juste. Les fonctionnaires de lambassade soviétique à Tirana allèrent encore plus loin sur cette voie. Ils entreprirent les Albanais qui avaient fait leurs études en Union Soviétique pour les monter contre la direction albanaise, espérant trouver en eux des contingents qui se prêteraient à leurs sinistres desseins. Mais les Albanais, quils aient ou non terminé leurs études en Union Soviétique, ont toujours aimé et ils aimeront toujours lUnion Soviétique et le Parti Communiste de lUnion Soviétique dun amour ardent et sincère et ils savent bien que les basses méthodes employées par les fonctionnaires de lambassade soviétique à Tirana sont tout à fait étrangères à lUnion Soviétique et au Parti Communiste de lUnion Soviétique. Les Albanais sont les fils de leur peuple, les fils de leur parti, ce sont des marxistes-léninistes, des internationalistes. Nous pourrions citer bien dautres exemples qui illustrent cette attitude, mais pour ne pas accaparer trop de temps à cette importante réunion je me contenterai de citer deux autres cas caractéristiques. Les pressions sur notre Parti se poursuivirent également ici à Moscou lors des travaux de la commission chargée de rédiger le projet de déclaration qui nous a été présenté ; en effet les camarades soviétiques nous disaient alors que nous devions porter nos regards en avant et non pas en arrière. Ces jours-là, à Moscou, au cours dune réunion élargie des chefs dÉtat-Major des pays signataires du Traité de Varsovie, le maréchal Malinovski, membre du Comité Central et ministre de lUnion Soviétique, attaqua ouvertement le peuple albanais, le Parti du Travail dAlbanie, le Gouvernement albanais et notre direction. Cette attaque inamicale et publique ressemblait fort à lattaque de diversion de lambassadeur soviétique à Tirana qui cherchait à monter notre armée populaire contre la direction de notre Parti et de notre État. Mais tout comme lambassadeur soviétique, le maréchal Malinovski se trompe lourdement. Nul ne peut espérer arriver ainsi à ses fins et encore moins rompre lamitié qui unit notre peuple et les peuples de lUnion Soviétique. La juste lutte du Parti du Travail dAlbanie contre ces activités de sape ne fait que consolider lamitié sincère qui unit notre peuple à ceux de lUnion Soviétique et au glorieux Parti Communiste de lUnion Soviétique. Cette amitié ne peut non plus être altérée par les étonnantes déclarations du maréchal Gretchko, commandant en chef des armées du traité de Varsovie, qui, non content de dire à notre délégation militaire quil serait prétendument difficile de satisfaire les besoins de notre armée en certains armements indispensables et qui devaient nous être fournis aux termes des accords conclus, nous a aussi déclaré ouvertement : « Vous ne faites partie du Traité de Varsovie que pour un certain temps », laissant entendre, par là, quil aurait décidé de nous en exclure. Mais une telle décision nest heureusement pas du ressort du camarade maréchal. En octobre de lannée en cours, le camarade Khrouchtchev, avec le plus grand sérieux, a déclaré aux camarades chinois que « nous traiterons lAlbanie comme la Yougoslavie ». Nous faisons part de ces déclarations à cette réunion du communisme international, afin de montrer jusquà quel point on a poussé les choses, de quelle manière on se comporte à légard dun petit pays socialiste. Quel est le « crime » commis par le Parti du Travail dAlbanie, pour que notre pays soit traité comme la Yougoslavie titiste ? Aurions-nous trahi le marxisme-léninisme, comme la fait la clique de Tito ? Ou bien aurions-nous quitté le camp socialiste pour nous mettre à la remorque de limpérialisme américain, comme sy est mis le révisionnisme yougoslave ? Non, et tout le mouvement communiste international en témoigne ; en fait foi aussi toute lactivité concrète, politique, idéologique et économique, de notre Parti et de notre État tout au long de la Lutte de Libération Nationale et des seize années qui se sont écoulées depuis la libération de notre patrie ; en témoigne le Comité Central du Parti Communiste de lUnion Soviétique lui-même, qui déclare dans sa lettre en date du 13 août 1960, adressée au Comité Central du Parti du Travail dAlbanie : « Les rapports entre le Parti du Travail dAlbanie et le Parti Communiste de lUnion Soviétique, fondés sur les principes de linternationalisme prolétarien, ont toujours été véritablement fraternels. Lamitié qui unit nos partis et nos peuples na jamais été assombrie par aucun désaccord ou écart. Les positions du Parti du Travail dAlbanie et du Parti Communiste de lUnion Soviétique sur toutes les questions les plus importantes du mouvement communiste et ouvrier international et de politique extérieure ont toujours coïncidé. » Alors en quoi consiste notre faute ? Notre seul « crime » est de ne pas avoir accepté, à Bucarest, que soit injustement blâmé un Parti Communiste frère comme lest le Parti Communiste Chinois, notre seul « crime » est davoir ouvertement, dans une réunion communiste internationale (et non pas en le criant sur les toits), osé nous opposer à laction injustifiée du camarade Khrouchtchev, notre seul « crime » est dêtre un petit parti, le parti dun petit pays, dun pays pauvre, qui, selon les conceptions du camarade Khrouchtchev, doit se contenter dapplaudir, dapprouver, mais ne pas exprimer son opinion. Or cette conception nest pas marxiste, et elle est inadmissible. Le droit de dire notre mot nous a été conféré par le marxisme-léninisme, et ce droit, personne ne peut nous en priver, quelles que soient les pressions politiques ou économiques exercées contre nous, quelles que soient les menaces quon nous lance ou les épithètes dont on nous gratifie. À cette occasion nous aimerions demander au camarade Khrouchtchev : « Pourquoi cette déclaration, ne nous la-t-il pas faite à nous, mais à un représentant dun parti tiers ? Ou bien le camarade Khrouchtchev pense-t-il que le Parti du Travail dAlbanie na pas ses propres points de vue, quil a fait cause commune avec le Parti Communiste Chinois au mépris des principes et que, de ce fait, on peut discuter des affaires de notre parti avec les camarades chinois ? Non, camarade Khrouchtchev, vous persistez dans vos erreurs et vous avez une très mauvaise opinion de notre Parti. Le Parti du Travail dAlbanie a ses points de vue et il en répond devant son propre peuple, comme devant le mouvement communiste et ouvrier international. Nous sommes contraints dinformer cette réunion que la direction soviétique est passée, en fait, des menaces de traiter lAlbanie comme la Yougoslavie titiste à des actions concrètes. Cette année, notre pays a été frappé dune série de calamités naturelles. Ce fut dabord un violent tremblement de terre, puis, en octobre, de graves inondations, mais surtout, par la suite, une terrible sécheresse, pas une goutte de pluie nétant tombée sur lAlbanie pendant quatre mois. La population était menacée de famine. Les faibles réserves du pays furent consommées. Notre Gouvernement demanda durgence à lUnion Soviétique de lui acheter du blé en lui exposant la très grave situation du pays. Cela se produisit après la Rencontre de Bucarest. Nous dûmes attendre 45 jours pour recevoir une réponse de lUnion Soviétique, alors que nous navions de vivres que pour deux semaines. Au bout de 45 jours, et à la suite de nos sollicitations réitérées, le Gouvernement soviétique, au lieu des 50.000 tonnes de blé que nous lui avions demandées, ne nous en accorda que 10.000 ; ce qui équivalait aux besoins de la population pour quinze jours, et encore cette quantité ne devait nous être livrée quen septembre-octobre. Cétait là une pression ouverte exercée contre notre Parti pour le plier à la volonté des camarades soviétiques. En ces journées difficiles, nous pûmes constater bien des choses. Comment lUnion Soviétique, qui vend du blé au monde entier, nen avait-elle pas 50.000 tonnes pour les fournir au peuple albanais, un peuple frère, fidèle au peuple soviétique, au marxisme-léninisme et au camp socialiste, en un temps où, pour des raisons qui ne lui étaient pas imputables, il était menacé de famine ? Le camarade Khrouchtchev nous avait dit un jour : « Ne vous inquiétez pas à propos de votre pain, chez nous les rats seuls, mangent autant de blé que vous en consommez. » En Union Soviétique, les rats, donc, continuaient de se nourrir, mais le peuple albanais, lui, devait mourir de faim tant que la direction du Parti du Travail dAlbanie ne se serait pas soumise à la volonté de la direction soviétique. Cela est terrible, camarades, mais vrai. Le peuple soviétique ne pardonnera jamais, sil lapprend, cette façon dagir de ses dirigeants, car ce comportement nest ni marxiste, ni internationaliste, ni amical. Il nest guère amical non plus de la part de ceux-ci de refuser un accord de clearing pour cet achat de blé, et de nous obliger à sortir de notre banque nationale notre petite réserve dor pour acheter en Union Soviétique le maïs nécessaire à la subsistance de notre population. Ces actions sont liées entre elles ; elles ne sont pas fortuites. Ces jours derniers en particulier, les attaques du camarade Khrouchtchev contre notre Parti du Travail ont atteint leur paroxysme. Vous, camarade Khrouchtchev, déclariez le 6 novembre que « les Albanais se comportent avec nous comme Tito ». Vous avez dit aux camarades chinois : « Nous avons perdu lAlbanie, et vous, Chinois, lavez gagnée. » Et vous avez finalement affirmé que le Parti du Travail dAlbanie était un maillon faible du mouvement communiste. Que sont ces accusations monstrueuses, ces comportements de « marchand » à légard de notre Parti, de notre peuple et dun pays socialiste, que lon perdrait ou gagnerait comme une mise au jeu ? Que sont ces jugements portés sur un parti frère, qui serait selon vous un maillon faible du mouvement communiste international ? Il nous paraît évident que cest notre juste attitude de principe, laudace que nous avons de ne pas souscrire à vos actions injustifiées et de les blâmer, qui vous poussent à attaquer notre Parti, à pratiquer toutes sortes de pressions sur lui, à proférer même les monstruosités les plus inouïes à son adresse. Il ny a dans cette attitude rien damical, rien de communiste. Vous nous comparez aux révisionnistes yougoslaves. Or tout le monde sait bien comment notre Parti sest battu et se bat contre les révisionnistes yougoslaves. Ce nest pas nous qui agissons comme les Yougoslaves, mais bien vous, camarade Khrouchtchev, qui employez contre notre Parti des méthodes étrangères au marxisme-léninisme. Vous considérez lAlbanie comme une marchandise négociable que quiconque peut acquérir ou céder. Il fut un temps, il est vrai, où lAlbanie était considérée comme telle, cétait lorsque certains croyaient quil dépendait deux quelle existe ou non, mais ce temps-là est révolu depuis que les idées du marxisme-léninisme ont triomphé dans notre pays. Et vous, vous avez fait revivre cet état de choses en prétendant que vous « aviez perdu » lAlbanie et que quelquun dautre « lavait gagnée », en décidant que lAlbanie nétait plus un pays socialiste, ce qui ressort de la lettre que vous nous avez remise le 8 novembre, et dans laquelle notre pays nest pas défini comme un pays socialiste. Que lAlbanie avance dans la voie du socialisme et quelle fasse partie du camp du socialisme, ce nest pas vous, camarade Khrouchtchev, qui en décidez, cela ne dépend pas de votre bon vouloir. Cela, cest le peuple albanais, avec à sa tête son Parti du Travail, qui la décidé, par sa lutte, et il nest pas de force au monde qui puisse lécarter de cette voie. Quant à votre jugement selon lequel notre Parti du Travail serait le maillon le plus faible du camp socialiste et du mouvement communiste international, nous répondons que les vingt années dhistoire de notre Parti, la lutte héroïque de notre peuple et de notre Parti contre les occupants fascistes, les seize années qui se sont écoulées depuis la Libération et au cours desquelles notre Parti et notre petit peuple ont tenu tête à toutes les tempêtes, prouvent bien le contraire. Entourée dennemis, comme une île au milieu des flots, la République Populaire dAlbanie a résisté vaillamment à toutes les attaques et provocations des impérialistes et de leurs valets. Tel un roc de granit, elle a tenu et elle tient haut levé le drapeau du socialisme sur les arrières de lennemi. Camarade Khrouchtchev, vous avez levé la main contre notre petit peuple et son Parti, mais nous sommes convaincus que le peuple soviétique qui a versé son sang pour la liberté de notre peuple également, que le grand Parti de Lénine, napprouveront pas votre action. Nous avons pleinement foi dans le marxisme-léninisme, nous sommes certains que les partis frères, qui ont envoyé leurs représentants à cette réunion, considéreront et jugeront cette question dans un parfait esprit de justice marxiste-léniniste. Notre Parti a toujours considéré le Parti Communiste de lUnion Soviétique comme le parti père, parce que cest le parti le plus ancien, [#0000ff]le glorieux parti des bolchéviks ; il la tenu pour tel à cause de son expérience universelle, de sa grande maturité. [#800000]Mais notre Parti na jamais accepté et il nacceptera jamais quun dirigeant soviétique, quel quil soit, lui impose ses propres conceptions, des conceptions que, pour sa part, il juge erronées. La direction soviétique a regardé cette importante question de principe de façon erronée, idéaliste et métaphysique ; elle sest monté la tête à la suite des succès colossaux remportés par les peuples soviétiques et le Parti Communiste de lUnion Soviétique, et elle enfreint les principes marxistes-léninistes, elle se juge infaillible, elle estime parfaits et immuables toute décision, toute action, tout propos et tout geste de sa part. Les autres, eux, peuvent se tromper, les autres sont blâmables, elle pas. « Nos décisions sont sacrées, elles sont inviolables. Nous ne pouvons faire aucune concession au Parti Communiste Chinois, aucun compromis avec lui », disaient les dirigeants du Parti Communiste de lUnion Soviétique à nos représentants. Alors pourquoi nous ont-ils convoqués à Bucarest ? Assurément afin de nous faire voter les yeux fermés les points de vue de la direction soviétique. Et une telle manière dagir serait marxiste ? Une telle attitude serait normale ? Peut-on admettre des actes de diversion de la part dun parti contre un autre parti pour briser lunité de celui-ci, renverser sa direction ou celle dun autre État ? Jamais de la vie ! Les dirigeants soviétiques ont accusé le camarade Staline dêtre soi-disant intervenu auprès des autres partis pour leur imposer les points de vue du Parti bolchévik ; nous pouvons témoigner que jamais le camarade Staline na agi de la sorte envers nous , quil sest comporté en toute occasion à légard du peuple albanais et du Parti du Travail dAlbanie comme un grand marxiste, comme un internationaliste éminent, comme an camarade, un frère et un ami sincère du peuple albanais. En 1945, lorsque notre peuple était menacé de famine, le camarade Staline dérouta les navires chargés de céréales destinées au peuple soviétique, qui souffrait pourtant lui-même à lépoque dune pénurie de vivres, pour les envoyer aussitôt au peuple albanais. Tout au contraire, la direction soviétique actuelle sest permis des actions indignes. De telles pressions économiques sont-elles admissibles ? Est-il admissible que le peuple albanais soit menacé comme il la été par la direction soviétique après la Rencontre de Bucarest ? En aucune manière. LUnion Soviétique nous a aidés en toute circonstance, généreusement, par des crédits et de mille manières. LAlbanie nouvelle neût pu être édifiée sans laide qui lui a été prêtée avant tout par 1Union Soviétique, puis par les autres pays de démocratie populaire. À dire la vérité, nous sommes très reconnaissants à lUnion Soviétique, au Parti Communiste de lUnion Soviétique et au Gouvernement soviétique, de limportant appui quils ont accordé à notre pays pour lui permettre dédifier son industrie, de mettre sur pied son agriculture, en un mot daméliorer les conditions dexistence de notre peuple et daccélérer la construction du socialisme en Albanie. Nous considérons que cette aide offerte à notre petit peuple, qui était plongé avant la guerre dans une misère profonde et générale, à un peuple dont le pays fut gravement dévasté durant la Seconde Guerre mondiale mais qui, sans plier le genou, et sous la glorieuse conduite du Parti Communiste dAlbanie, combattit héroïquement jusquà sa libération, que cette aide-là, donc, est une aide internationaliste. Or, pourquoi lattitude de la direction soviétique à notre égard a-t-elle changé après Bucarest, au point de laisser le peuple albanais souffrir de la faim ? Et les dirigeants roumains ont agi de même, refusant denvoyer, dans le cadre dun accord de clearing, le moindre grain de blé à notre peuple, alors que la Roumanie exporte des céréales aux pays capitalistes, et que nous étions, pour notre part, contraints dacheter du maïs contre devises aux producteurs français. Quelques mois avant la Rencontre de Bucarest, le camarade Dej invita expressément une délégation de notre Parti à discuter avec elle des perspectives de développement de lAlbanie. Cétait là une préoccupation louable et marxiste. Le camarade Dej dit à notre Parti : « Nous, les autres pays de démocratie populaire, ne devons plus discuter de limportance des crédits à accorder à lAlbanie, mais cest lAlbanie elle-même qui doit décider de construire telles et telles fabriques, délever le niveau de ses moyens de production, quant aux millions de roubles que de telles réalisations pourront nécessiter, peu importe. » Et le camarade Dej ajouta même : « Nous en avons parlé aussi avec le camarade Khrouchtchev et il est daccord avec nous. » Mais vint la Rencontre de Bucarest et notre Parti adopta lattitude que lon sait. Les camarades roumains oublièrent ce quils avaient dit et choisirent la voie qui consistait à laisser le peuple albanais souffrir de la faim. Nous avons auparavant fait part officiellement de ces questions au Comité Central du Parti Communiste de lUnion Soviétique, nous ne les avons pas soulevées et nen avons pas discuté publiquement, nous nen avons chuchoté à loreille de personne et nous les révélons pour la première fois à une réunion de partis, comme lest la Conférence daujourdhui. Pourquoi donc soulevons-nous ces questions ? Notre but est de mettre un terme à ces manifestations négatives, qui loin de la renforcer, affaiblissent au contraire notre unité. Nous sommes mus par le désir de voir raffermir les relations et les liens marxistes-léninistes entre les Partis Communistes et Ouvriers et entre les États socialistes, de manière que soient balayées toutes les manifestations pernicieuses qui ont pu jusquà présent se faire jour. Nous sommes optimistes et fermement convaincus que les camarades soviétiques, de même que les autres camarades, comprendront correctement nos critiques. Elles sont sévères, mais franches et cordiales, et elles visent à renforcer nos relations. Notre Parti et notre peuple, indépendamment des attitudes injustes et malveillantes que lon observe à notre égard, et que nous espérons voir cesser dans lavenir, cimenteront encore plus leur attachement et leur dévouement infinis aux peuples soviétiques, au Parti Communiste de lUnion Soviétique, aux peuples et aux Partis Communistes et Ouvriers du camp socialiste, un attachement et un dévouement qui auront toujours pour fondements les enseignements marxistes-léninistes. Notre Parti ne conçoit lamitié que fondée sur la justice, le respect réciproque et les principes marxistes-léninistes. Cela est dit en toutes lettres dans la Déclaration de Moscou de 1957, cest également ce que souligne le projet de déclaration qui nous est présenté. Nous déclarons avec la plus profonde conviction que le Parti du Travail dAlbanie et le peuple albanais combattront résolument comme ils lont toujours fait jusquici pour raffermir les relations entre les membres du camp socialiste, pour renforcer son unité et le mouvement communiste international. Le peuple albanais est prêt à se jeter au feu pour défendre ses vrais amis et il nen est aucun quil place avant lUnion Soviétique. Ce ne sont pas là des paroles creuses qui ne sortent que de ma bouche, je ne fais quexprimer ici les sentiments de mon peuple et de mon Parti et on doit bien se dire que si nous aimons lUnion Soviétique et le Parti Communiste de lUnion Soviétique, ce nest pas pour les beaux yeux de qui que ce soit, ou pour flatter quelquun, mais parce que sans lUnion Soviétique il ny aurait pas aujourdhui de vie libre dans le monde, et lon verrait régner le fascisme et la terreur capitaliste. Voilà pourquoi nous aimons lUnion Soviétique et le Parti du grand Lénine et nous leur resterons à jamais fidèles. Chers camarades, La Déclaration de Moscou de 1957 tout comme le projet de déclaration qui nous est soumis constatent que le révisionnisme constitue aujourdhui le principal danger dans le mouvement communiste et ouvrier international. La Déclaration de 1957 souligne à juste titre que la source intérieure du révisionnisme est la persistance de linfluence bourgeoise, alors que la capitulation face à la pression de limpérialisme constitue sa source extérieure. La vie a pleinement confirmé que le révisionnisme moderne, camouflé de slogans pseudo-marxistes et révolutionnaires, sest employé de toutes les manières à discréditer notre grande doctrine, le marxisme-léninisme, quil a proclamée « surannée » et ne répondant plus à lévolution sociale. Sous le couvert du slogan du marxisme créateur, de prétendues conditions nouvelles, les révisionnistes ont tenté, dune part, de dépouiller le marxisme-léninisme de son esprit révolutionnaire et de saper la confiance de la classe ouvrière et du peuple travailleur dans le socialisme, et, dautre part, et de mille façons, denjoliver limpérialisme, de faire croire quil sest adouci, quil est devenu pacifique. Les trois années qui se sont écoulées depuis la Conférence de Moscou ont pleinement confirmé que les révisionnistes modernes ne sont que des scissionnistes du mouvement communiste et du camp socialiste, des laquais fidèles de limpérialisme, des ennemis jurés du socialisme et de la classe ouvrière. Lexpérience même a montré jusquà présent que le révisionnisme moderne a dans les révisionnistes yougoslaves, dans la clique traîtresse de Tito et Cie, ses porte-drapeau, ses représentants les plus agressifs et les plus dangereux. À lépoque où fut approuvée la Déclaration de Moscou, bien que, à notre sens, il existât alors déjà des données et des faits suffisants pour le faire, ce groupe hostile, agence de limpérialisme américain, ne fut pas dénoncé publiquement. De surcroît, par la suite, lorsque le danger quil présentait apparut plus clairement, la lutte contre le révisionnisme yougoslave, la lutte conséquente et ininterrompue pour son démantèlement idéologique et politique, ne fut pas menée avec la vigueur voulue. Au contraire. Et ce fut là lorigine de bien des maux et de torts enregistrés dans notre mouvement communiste et ouvrier international. De lavis de notre Parti, si le groupe de Tito na pas été totalement démasqué, si lon a entretenu des « espérances » mensongères dune soi-disant « amélioration » et dun « tournant » positifs de ce groupe de traîtres, cest parce quont joué dans ce sens la tendance conciliatrice, la conception erronée et le jugement faussé du camarade Khrouchtchev et de certains autres dirigeants soviétiques à légard du dangereux groupe révisionniste titiste. Il a été dit que J. V. Staline sétait trompé dans le jugement quil avait porté sur les révisionnistes yougoslaves et en exacerbant lattitude adoptée à leur encontre. Notre Parti na jamais été daccord avec un tel point de vue, car le temps et la pratique ont précisément démontré le contraire. Staline avait fait une très juste appréciation du danger que présentaient les révisionnistes yougoslaves, et il a cherché à résoudre cette question en temps voulu et par la voie marxiste. Le Bureau dInformation en tant quorgane collégial se réunit à lépoque et, le groupe titiste ayant été démasqué, une lutte sans merci fut engagée contre lui. Et le temps a démontré et il continue de démontrer quune telle action était juste et indispensable. Le Parti du Travail dAlbanie a toujours été convaincu que le groupe de Tito trahit le marxisme-léninisme, que cest une officine de limpérialisme, un dangereux ennemi du camp socialiste et de lensemble du mouvement communiste et ouvrier international, et quil faut donc mener contre lui une lutte impitoyable. Pour notre part, nous avons mené et nous continuons de mener cette lutte, parce que nous sommes des communistes internationalistes et que nous avons senti et nous sentons chaque jour sur notre dos tout le poids de lactivité hostile de la clique révisionniste de Tito contre notre Parti et notre pays. Mais cette attitude de notre Parti na pas été du goût du camarade Khrouchtchev ni de quelques autres camarades. Le groupe titiste est, de longue date, un groupe de trotskistes et de renégats. Du moins pour le Parti du Travail dAlbanie, il est tel depuis 1942, cest-à-dire depuis 18 ans. Dès 1942, lorsque la lutte du peuple albanais prit une grande ampleur, le groupe trotskiste de Belgrade, sous le masque de lamitié et profitant de notre bonne foi, sefforça par tous les moyens dentraver le développement de notre lutte armée, dempêcher la création de puissants détachements de choc de partisans albanais et, se voyant incapable de le faire, il tenta den prendre directement la conduite politique et militaire. Ce groupe chercha à faire en sorte que tout dans notre action dépendît de Belgrade et que notre Parti, notre armée partisane, fussent de simples appendices du Parti Communiste Yougoslave et de larmée de libération nationale yougoslave. Notre Parti, tout en préservant lamitié qui lunissait aux partisans yougoslaves, contrecarra victorieusement ces desseins diaboliques. Dès cette époque, le groupe titiste semployait à jeter les fondements dune Fédération Balkanique placée sous la direction de Belgrade, à mettre les Partis Communistes à la remorque du Parti Communiste de Yougoslavie, et les armées partisanes des peuples des Balkans sous la dépendance de létat-major titiste. À cette fin, il tenta, de concert avec les Anglais, de créer lÉtat-Major Balkanique et de placer celui-ci, cest-à-dire nos armées, sous la direction des Anglo-américains. Notre Parti déjoua victorieusement ces plans diaboliques. Et lorsque le drapeau de la Libération fut hissé sur Tirana, la bande titiste de Belgrade donna lordre à ses agents en Albanie de rabaisser le succès du Parti Communiste dAlbanie et dorganiser un putsch afin de renverser la direction du Parti, la direction même qui avait organisé le Parti, guidé la Lutte de Libération Nationale et conduit le peuple albanais à la victoire. Et Tito, de concert avec ses agents secrets dans notre Parti, organisa son premier putsch chez nous. Mais le Parti Communiste dAlbanie fit échouer ce complot. Les comploteurs de Belgrade ne déposèrent pas les armes pour autant, et en collusion avec le traître Koçi Xoxe, leur premier agent dans notre Parti, ils reprirent, sous de nouvelles formes, lorganisation de leur complot contre lAlbanie nouvelle. Leur but était de faire de lAlbanie une septième république de la Yougoslavie. En un temps où le pays était dévasté, incendié, et quil fallait le reconstruire à partir de ses fondements, que notre peuple était sans pain et sans abri, mais animé dun moral élevé, que notre peuple et notre armée, les armes à la main, montaient une garde vigilante contre les complots de la réaction organisés par les missions anglo-américaines qui menaçaient lAlbanie nouvelle de nouvelles invasions, quune grande partie de larmée partisane albanaise avait franchi la frontière de lAlbanie pour se porter au secours de ses frères yougoslaves, combattre à leurs côtés et libérer avec eux le Monténégro, la Bosnie, lHerzégovine, Kosovë et Métohi, et la Macédoine, en ce temps-là les comploteurs de Belgrade ourdissaient de nouveaux plans pour asservir lAlbanie. Mais notre Parti a tenu tête héroïquement à ces agents camouflés en communistes. Les trotskistes de Belgrade, voyant quils perdaient la partie, que leurs complots étaient réduits à néant par notre Parti, jouèrent leur dernière carte : ils tentèrent denvahir lAlbanie militairement, dy étouffer la résistance, darrêter les dirigeants du Parti du Travail dAlbanie et de lÉtat albanais et de déclarer lAlbanie septième république de la Yougoslavie. Le Parti déjoua, comme les autres, ce plan diabolique monté par eux. Lappui et lintervention de Joseph Staline à ces moments-là furent décisifs pour notre Parti et la liberté du peuple albanais . Cest précisément à ce moment que la clique de Tito fut démasquée par le Bureau dInformation. Staline et lUnion Soviétique sauvaient ainsi le peuple albanais pour la seconde fois. Le Bureau dInformation fit échouer les menées et complots de la clique de Tito, non seulement en Albanie, mais aussi dans les autres pays de démocratie populaire. Masqués en communistes, Tito et sa bande, ces renégats et agents de limpérialisme, tentèrent de rompre lamitié et lalliance de combat qui unissaient les pays de démocratie populaire des Balkans et de lEurope centrale à lUnion Soviétique, de détruire les Partis Communistes et Ouvriers de nos pays et de transformer nos États en réserve de limpérialisme anglo-américain. Qui ne connaissait et ne voyait alors en action ces plans hostiles de limpérialisme et de son serviteur fidèle Tito ? Tous en avaient connaissance, tous en furent informés et tous approuvèrent unanimement les justes décisions du Bureau dInformation, tous, sans exception, souscrivirent aux résolutions du Bureau dInformation, lesquelles, selon notre point de vue, étaient et sont demeurées toutes justes. Ceux qui ne voulurent voir, ni comprendre les agissements de cette bande de criminels, éprouvèrent pour la seconde fois, avec la contre-révolution en Hongrie et les complots incessants en Albanie, que le loup meurt dans sa peau ; Tito et sa bande ont eu beau recourir à toutes les ruses, saffubler de tous les masques, ils nen demeurent pas moins des traîtres, des criminels, des agents de limpérialisme, des assassins des héroïques communistes internationalistes yougoslaves, et ils le resteront tant quils nauront pas été liquidés. Quant aux décisions prises contre le groupe renégat de Tito par le Bureau dInformation, le Parti du Travail dAlbanie ne les considère pas comme ayant été arrêtées personnellement par le camarade Staline, mais par tous les partis qui faisaient partie du Bureau dInformation. Et non seulement par les partis membres du Bureau dInformation, mais aussi par les Partis Communistes et Ouvriers qui nen faisaient pas partie. Cette question concernant tous les Partis Communistes et Ouvriers, touchait par conséquent aussi le Parti du Travail dAlbanie, lequel, ayant reçu et étudié la lettre adressée par Staline et Molotov au Comité Central du Parti Communiste de Yougoslavie, se montra pleinement solidaire de cette lettre et des décisions du Bureau dInformation. Pourquoi alors le « tournant » opéré par le camarade Khrouchtchev et le Comité Central du Parti Communiste de lUnion Soviétique en 1955 à légard des révisionnistes yougoslaves, ne donna-t-il pas lieu à une consultation régulière avec les autres Partis Communistes et Ouvriers, mais fut-il conçu et mis en application si rapidement et unilatéralement ? Cétait là une question qui nous concernait tous. Ou bien les révisionnistes yougoslaves sétaient dressés contre le marxisme-léninisme et les Partis Communistes et Ouvriers du monde, ou bien ils ne lavaient pas fait ; ou bien cest eux qui avaient commis une faute, ou bien cest nous qui en avions commis une à leur égard, et pas seulement Staline. Et ce point, le camarade Khrouchtchev ne pouvait ni ne devait le résoudre seul, à sa guise. Cest pourtant ce quil fit et il rattacha le tournant dans les rapports avec les révisionnistes yougoslaves à son voyage à Belgrade. Cette initiative fit leffet dune bombe au Parti du Travail dAlbanie et il sy opposa immédiatement de façon catégorique. Avant le départ, en mai 1955, du camarade Khrouchtchev pour Belgrade, le Comité Central du Parti du Travail dAlbanie adressa au Comité Central du Parti Communiste de lUnion Soviétique une lettre dans laquelle il exprimait lopposition de notre Parti à ce voyage à Belgrade, en soulignant que la question yougoslave ne pouvait être résolue unilatéralement, mais quelle devait être discutée par une réunion du Bureau dInformation, à laquelle le Parti du Travail dAlbanie demandait à être invité. Cest là que cette question devait être décidée après un long et juste débat. Certes, du point de vue de la forme, il ne nous appartenait pas de décider si le camarade Khrouchtchev devait faire ou non ce voyage à Belgrade, mais, dans le fond, nous avions raison et le temps a confirmé que la question yougoslave ne devait pas être réglée ainsi au pied levé. On lança le slogan des « superpositions », on annula rapidement la seconde résolution du Bureau dInformation, on inaugura l« époque de la réconciliation » avec les « camarades yougoslaves », on révisa les cas des comploteurs, qui furent réhabilités, on ne fit plus que parler avec chaleur des « camarades yougoslaves », et les « camarades yougoslaves » se dressèrent sur leurs ergots, se mirent à clamer que leur « juste cause » avait triomphé, que cétait « Staline, ce criminel », qui avait ourdi toutes ces accusations contre eux, et il se créa ainsi une situation où quiconque refusait de marcher droit dans ce sens était traité de « stalinien » et devait être éliminé. Notre Parti sopposa à ladoption dune telle voie conciliatrice et opportuniste. Il se maintint sur de justes positions idéologiques, marxistes-léninistes, sur les positions de la lutte idéologique et politique contre les révisionnistes yougoslaves . Le Parti du Travail demeura inébranlablement attaché à son point de vue que le groupe titiste était un groupe de traîtres, de renégats, de trotskistes, un groupe de diversion et à la solde des Américains, et que le Parti du Travail dAlbanie ne sétait pas trompé à leur égard. Le Parti du Travail dAlbanie sen tint fermement au point de vue selon lequel le camarade Staline ne sétait pas trompé sur ces questions, que les révisionnistes, suivant leur ligne de trahison, avaient tenté dasservir lAlbanie, de détruire le Parti du Travail dAlbanie, et quen tramant contre notre pays une série de complots internationaux en collusion avec les impérialistes anglo-américains, ils cherchaient à le plonger dans des conflits internationaux. Par ailleurs, le Parti du Travail dAlbanie était daccord pour établir avec la République Fédérative Populaire de Yougoslavie des rapports dÉtat à État, de bon voisinage, des relations commerciales et culturelles, si les normes de la coexistence pacifique entre États à régimes différents étaient respectées, car pour le Parti du Travail dAlbanie, la Yougoslavie titiste na jamais été, elle nest et elle ne sera jamais un pays socialiste, tant quelle aura à sa tête un groupe renégat et agent de limpérialisme. Aucune tentative ouverte ou camouflée ne put écarter le Parti du Travail dAlbanie de ces justes positions. Vainement, le Comité Central du Parti Communiste de lUnion Soviétique, par le truchement du camarade Souslov, semploya à nous convaincre de ne pas évoquer la question de Koçi Xoxe au rapport dactivité que nous devions présenter à notre IIIe Congrès, en mai 1956, ce qui eut signifié de notre part le reniement de notre lutte et de nos positions de principe. Avec lAlbanie, les titistes tombèrent sur un os, ou comme le dit Tito, « lAlbanie lui devint une épine au pied », et le groupe des traîtres titistes poursuivit naturellement sa lutte contre le Parti du Travail dAlbanie, croyant nous démasquer en nous qualifiant de « staliniens ». Le groupe de Belgrade ne se borna pas à nous combattre par la propagande, mais il continua ses menées despionnage, ses actes de diversion, ses complots, il envoya des bandes armées dans notre pays et se montra encore plus agissant quavant 1948. Tout cela est établi par des faits. Mais la tragédie réside en ce que dune part le Parti du Travail dAlbanie devait se défendre contre les dures et incessantes attaques des révisionnistes yougoslaves, et que dautre part, la position inébranlable, de principe, marxiste-léniniste, de notre Parti était en opposition avec lattitude conciliatrice adoptée à légard des révisionnistes yougoslaves par les dirigeants soviétiques et ceux de certains autres Partis Communistes et Ouvriers. On clamait et écrivait alors partout que « la Yougoslavie est de fait un pays socialiste », que « les communistes yougoslaves ont une grande expérience et de grands mérites », que « lexpérience yougoslave est digne dun grand intérêt et mérite une étude attentive », que « la période des querelles et des malentendus navait pas été suscitée par la Yougoslavie et que celle-ci avait été victime dune grande injustice », etc. etc. Bien entendu, ces attitudes encouragèrent la clique de Tito, qui crut avoir totalement gagné la partie, à part « lépine » qui lui était restée « au pied » et quelle comptait bien isoler et finalement liquider. Mais non seulement elle ne put isoler et encore moins liquider notre Parti, mais le temps est au contraire venu confirmer le bien-fondé des points de vue de notre Parti. À cause de cette position quil a adoptée, notre Parti a été lobjet de pressions multiples. La direction albanaise fut jugée « emportée », « entêtée », on laccusa de « gonfler » limportance de ses litiges avec la Yougoslavie, dexciter injustement les Yougoslaves, etc. Sur ce plan, notre Parti fut attaqué au premier chef par le camarade Khrouchtchev . |
| | Paria | | Les masses font et peuvent tout ! | | Grand classique (ou très bavard) |  | | 562 messages postés |
| Posté le 19-02-2007 à 11:21:04
| . Jai brièvement évoqué plus haut les agissements des révisionnistes yougoslaves contre notre Parti et notre pays durant la guerre, après la guerre, et après 1948, mais je marrêterai aussi un peu sur la période antérieure à la contre-révolution en Hongrie, contre-révolution qui fut luvre des agents yougoslaves. Le groupe de traîtres de Belgrade entreprit dorganiser une contre-révolution en Albanie également. Si notre Parti avait commis lerreur dentrer dans la « danse de la réconciliation » avec les révisionnistes yougoslaves, comme on le lui conseillait après 1955, la démocratie populaire en Albanie aurait été perdue. Nous Albanais, ne serions pas aujourdhui dans cette salle, mais en train de combattre encore dans nos montagnes. Notre Parti et notre peuple, [#0000ff]fondus en une unité dacier, [#800000]constamment en éveil, découvrirent et démasquèrent les espions de Tito infiltrés dans notre Comité Central, qui travaillaient en collusion avec la Légation de Yougoslavie à Tirana. Tito fit savoir à ces traîtres quils sétaient trop hâtés et quils devaient attendre ses instructions. Ces espions et traîtres écrivirent aussi au camarade Khrouchtchev, lui demandant dintervenir contre le Comité Central du Parti du Travail dAlbanie. Ce sont là des faits établis. Le dessein de Tito était de coordonner la contre-révolution en Albanie avec la contre-révolution hongroise. Quelque temps après le XXe Congrès du Parti Communiste de lUnion Soviétique, devait se tenir notre IIIe Congrès. Lagence yougoslave jugea le moment venu de renverser la direction albanaise « obstinée et stalinienne » et organisa le complot qui fut découvert et écrasé à la Conférence du Parti à Tirana, en avril 1956. Les comploteurs reçurent le châtiment sévère quils méritaient. Dautres agents dangereux de Tito en Albanie, Dali Ndreu et Liri Gega, reçurent de lui lordre de senfuir en Yougoslavie, car « ils étaient en péril et les actions [contre notre Parti] devaient être organisées sur le territoire yougoslave ». Le Parti avait pleinement connaissance de lactivité et de lordre secret de Tito. Il veillait et se saisit des traîtres sur la frontière, alors quils tentaient de senfuir. Ceux-ci furent jugés et fusillés. Lagence yougoslave qui préparait la contre-révolution en Albanie fut découverte et complètement anéantie. Chose curieuse, le camarade Khrouchtchev se posa devant nous en défenseur de ces traîtres et agents yougoslaves : il nous accusa davoir fait fusiller lagent yougoslave Liri Gega, alors quelle était soi-disant « en état de grossesse, ce qui navait pas de précédent même à lépoque du tsar, et avait produit une très mauvaise impression dans lopinion publique mondiale ». Cétaient là des calomnies des Yougoslaves, en qui le camarade Khrouchtchev avait plus confiance quen nous. Bien entendu, nous réfutâmes ses insinuations. Mais dans son attitude injuste, contraire aux principes et inamicale à légard de notre Parti et de sa direction, le camarade Khrouchtchev ne sen tint pas là. Panajot Plaku, un autre agent yougoslave, traître au Parti du Travail dAlbanie et au peuple albanais, senfuit en Yougoslavie et se mit au service des Yougoslaves. Il organisait les émissions hostiles de la station dite « lAlbanie socialiste ». Ce traître écrivit au bandit Tito et au camarade Khrouchtchev, demandant notamment à ce dernier de se prévaloir de son autorité pour éliminer la direction albanaise, Enver Hoxha en tête, parce que nous serions « anti-marxistes, staliniens ». Le camarade Khrouchtchev, loin de sindigner de la lettre de ce traître, estimait au contraire que celui-ci devait pouvoir rentrer en Albanie sans y être inquiété ou, sinon, quil pourrait trouver asile politique en Union Soviétique. En entendant ces propos, nous eûmes limpression que les murs du Kremlin sécroulaient sur nous, car nous naurions jamais pu imaginer que le premier secrétaire du Comité Central du Parti Communiste de lUnion Soviétique en arriverait au point de soutenir les agents de Tito et les traîtres à notre Parti, contre notre Parti et notre peuple. Mais nos divergences de principe avec le camarade Khrouchtchev sur la question yougoslave atteignirent leur point culminant lorsque, devant notre insistance de principe à démasquer lagence titiste de Belgrade, il sindigna à tel point, quau cours des entretiens officiels davril 1957 entre nos deux délégations, il nous dit, en colère : « Arrêtons là nos discussions, nous ne pouvons pas nous entendre avec vous. Vous cherchez à nous ramener sur la voie de Staline. » Nous étions, pour notre part, outrés dune telle attitude inamicale de la part du camarade Khrouchtchev, qui cherchait à rompre les conversations, en dautres termes à envenimer ses rapports avec le Parti et lÉtat albanais sur la question des traîtres au marxisme-léninisme, du groupe de Tito. Nous ne pouvions en aucune manière souscrire à cette attitude, et pourtant, bien quaccusés demportement, nous gardâmes notre sang-froid, car nous étions convaincus que cétait nous et non le camarade Khrouchtchev qui étions dans le vrai, que cétait la ligne que nous suivions et non pas celle du camarade Khrouchtchev qui était juste, que le bien-fondé de notre ligne serait démontré une fois de plus par la vie, comme il le fut effectivement. Selon nous, la contre-révolution en Hongrie fut principalement luvre des titistes. Les impérialistes américains avaient, au premier chef en Tito et dans les renégats de Belgrade, la meilleure arme pour saper la démocratie populaire en Hongrie. Après le voyage du camarade Khrouchtchev à Belgrade, en 1955, la question de lactivité de sape de Tito fut négligée. La contre-révolution en Hongrie néclata pas inopinément, elle fut préparée quasi ouvertement et personne ne réussirait à nous convaincre que cette révolution a été préparée dans le plus grand secret. La contre-révolution fut préparée par lagence de la bande Tito, en collusion avec le traître Imre Nagy, en collusion avec les fascistes hongrois, qui, tous ensemble, agissaient ouvertement sous la direction des américains. Les titistes, principaux fauteurs de la contre-révolution hongroise, projetaient de détacher la Hongrie de notre camp socialiste, de la transformer en une seconde Yougoslavie, de lallier à lO.T.A.N. par lintermédiaire de la Yougoslavie, de la Grèce et de la Turquie, de lassujettir à laide de lAmérique et de lui faire poursuivre la lutte, de concert avec la Yougoslavie, et sous la direction de limpérialisme, contre le camp socialiste. Les contre-révolutionnaires en Hongrie uvraient au grand jour. Comment leurs agissements ne furent-ils remarqués par personne ? Nous ne pouvons concevoir que dans une démocratie sur comme la Hongrie, où le Parti est au pouvoir et dispose des armes de la dictature du prolétariat, où étaient stationnées des troupes soviétiques, Tito et les bandes horthystes aient pu uvrer aussi librement quils le firent. Nous estimons que les positions du camarade Khrouchtchev et des autres camarades soviétiques à légard de la Hongrie nont pas été claires, du fait que leurs points de vue tout à fait erronés sur la bande de Belgrade les empêchaient davoir une juste vision de ces questions. Les camarades soviétiques avaient confiance en Imre Nagy, lhomme de Tito. Et ce que nous disons là nest pas un vain propos. Avant que néclate la contre-révolution et quand la chaudière bouillait au cercle « Petöfi », jétais de passage à Moscou et, au cours dun entretien que jeus avec le camarade Souslov, je lui fis part de ce que javais vu en passant par Budapest, je lui dis aussi que le révisionniste Imre Nagy se dressait et quil organisait la contre-révolution au cercle « Petöfi ». Le camarade Souslov rejeta catégoriquement mon point de vue et, pour me prouver les bons sentiments dImre Nagy, il me sortit dun tiroir « lautocritique toute fraîche dImre Nagy ». Néanmoins, je répétai au camarade Suslov quImre Nagy était un traître. Nous avons un autre sujet détonnement et nous posons cette question légitime : pourquoi le camarade Khrouchtchev et les camarades soviétiques sont-ils allés plusieurs fois à Brioni pour y converser avec le renégat Tito sur laffaire hongroise ? Du moment que les camarades dirigeants soviétiques étaient informés que les titistes préparaient la contre-révolution dans un pays de notre camp, leur était-il permis daller sentretenir avec un ennemi qui fomente des complots et des contre-révolutions dans les pays socialistes ? Il est naturel que nous demandions au camarade Khrouchtchev et aux camarades soviétiques, en Parti Communiste, en État de démocratie populaire, en membre du Traité de Varsovie et du camp socialiste que nous sommes, pourquoi ils ont jugé opportunes ces rencontres répétées à Brioni en 1956 avec Tito, avec ce traître au marxisme-léninisme, et nont pas estimé utile de se réunir une seule fois avec les représentants de nos pays, ni dorganiser une seule réunion des pays membres du Traité de Varsovie. Quand donc se réuniront les pays membres du Traité de Varsovie ? Faudra-t-il attendre pour cela quun de nos pays soit en danger ? Nous estimons que le fait dintervenir ou non par les armes en Hongrie est une question qui ne doit pas relever du jugement dune seule personne ; du moment que nous avons mis sur pied le Traité de Varsovie, nous devons prendre les décisions qui nous concernent en commun, sinon il est vain de parler dalliance, de collégialité et de coopération entre les partis. La contre-révolution hongroise a coûté du sang à notre camp, elle a coûté du sang à la Hongrie et à lUnion Soviétique. Comment a-t-on permis cette effusion de sang et na-t-on pas pris de mesures pour la prévenir ? Nous estimons quaucune mesure préalable ne pouvait être prise, dès lors que le camarade Khrouchtchev et les camarades soviétiques avaient confiance dans lorganisateur de la contre-révolution hongroise, dans le traître Tito, et quils faisaient si bon marché des réunions régulières indispensables avec leurs amis, avec leurs alliés, quils jugeaient seules justes leurs propres décisions sur des questions qui nous touchent tous, sans faire le moindre cas du travail et des décisions collégiales. Le Parti du Travail dAlbanie na pas une idée claire de la manière dont les choses se sont déroulées ni de la façon dont les décisions ont été prises sur cette affaire. En un temps où les titistes, dune part sentretiennent à Brioni avec les camarades soviétiques et, dautre part, organisent fébrilement la contre-révolution en Hongrie et en Albanie, les camarades soviétiques ne se donnent même pas la peine de mettre notre direction au courant, ne fût-ce que de façon purement formelle, par égard pour les alliés que nous sommes, de ce qui se passe, des mesures quils entendent prendre. Les camarades soviétiques savent fort bien quels étaient les vues et les desseins de Belgrade à légard de lAlbanie. En fait, lattitude des camarades soviétiques est non seulement blâmable mais même incompréhensible. Laffaire hongroise nous a servi de précieuse leçon, par ce qui sy est passé, sur la scène comme dans les coulisses. Nous pensions que la contre-révolution hongroise était plus que suffisante pour prouver la trahison de Tito et de sa bande. Nous savons que de nombreux documents sont conservés dans las tiroirs et ne sont pas révélés, des documents qui démasquent lactivité barbare du groupe de Tito dans laffaire hongroise. Nous ne comprenons pas pourquoi lon agit ainsi. Quels sont les intérêts qui se cachent derrière ces documents, lesquels ne sont pas révélés mais soigneusement conservés dans des classeurs ? On a recherché et découvert les moindres documents pour condamner après sa mort le camarade Staline et on serre dans les tiroirs les documents qui démasqueraient le vil traître quest Tito. Toutefois même après la contre-révolution hongroise la lutte politique et idéologique contre la bande titiste, au lieu daller crescendo, comme le requiert le marxisme-léninisme, est allée séteignant, vers la réconciliation, les sourires, les contacts, ladoucissement, pour aboutir presque à des embrassades. En fait, les titistes, grâce à cette attitude opportuniste observée à leur égard, réussirent à franchir également ce fossé. Le Parti du Travail dAlbanie était opposé à la ligne suivie par le camarade Khrouchtchev et les autres camarades à légard des révisionnistes yougoslaves. Notre Parti poursuivit sa lutte contre les révisionnistes avec encore plus de force. Nombre damis et de camarades, et en premier lieu les camarades soviétiques et les camarades bulgares, incapables dattaquer notre juste ligne, nous raillaient, avaient un sourire ironique à notre adresse et, par leurs contacts amicaux avec les titistes, isolaient partout nos représentants. Nous espérions quaprès le VIIe Congrès titiste, même les aveugles, sans parler des marxistes, verraient à qui ils avaient affaire et comment ils devaient agir. Par malheur, il nen fut rien. Peu de temps après le VIIe Congrès titiste, la dénonciation du révisionnisme sémoussa. Les revues théoriques soviétiques parlaient de toutes sortes de révisionnisme, même du révisionnisme dHonolulu, mais ne disaient que fort peu de chose du révisionnisme yougoslave. Cétait ne pas voir le loup quon avait devant soi et chercher ses traces. On vit lancer les slogans : « Ne parlons plus de Tito et de son groupe, car cela ne fait qualimenter leur vanité », « Ne parlons plus de Tito et de son groupe, car nous faisons du tort au peuple yougoslave », « Ne parlons pas des renégats titistes, car Tito tire parti de nos propos pour mobiliser le peuple yougoslave contre notre camp », etc. Un bon nombre de partis firent leurs ces slogans, mais notre parti ne les suivit pas dans cette voie et nous estimons avoir agi judicieusement. Il se créa ainsi une situation telle, que la presse des pays amis nacceptait dinsérer des articles de collaborateurs albanais quà condition quil ny fût pas fait mention des révisionnistes yougoslaves. Dans tous les pays de démocratie populaire européens, à lexception de la Tchécoslovaquie, où les camarades tchécoslovaques, jugèrent dans lensemble nos actions judicieuses, nos ambassadeurs furent indirectement isolés, car les diplomates des pays amis préféraient converser avec les diplomates titistes ; ils détestaient les nôtres et ne voulaient pas les voir. Et les choses en arrivèrent au point que le camarade Khrouchtchev fit de la question yougoslave une condition de sa venue en Albanie, à la tête dune délégation du Parti et du Gouvernement soviétique, au mois de mai 1959. Les premiers mots du camarade Khrouchtchev, au début des entretiens à Tirana, furent pour avertir les assistants quil ne parlerait pas contre les révisionnistes yougoslaves, ce que personne du reste ne lobligeait à faire, mais cette déclaration signifiait clairement son désaccord avec le Parti du Travail dAlbanie sur cette question. Nous respectâmes son désir, comme étant celui dun ami, tant quil séjourna en Albanie, indépendamment du fait que la presse titiste, qui se réjouit outre mesure de cette attitude, ne manqua pas de dire que Khrouchtchev avait cloué le bec aux Albanais. En fait, cela ne correspondait pas exactement à la réalité, car le camarade Khrouchtchev était fort loin de nous rallier à ses vues sur cette question et les titistes apprirent clairement, après le départ de notre hôte, que le Parti du Travail dAlbanie nétait plus lié aux conditions que Khrouchtchev lui avait posées et quil poursuivait sa propre voie marxiste-léniniste. Le camarade Khrouchtchev, dans ses entretiens avec Vukmanovié Tempo, a, entre autres, jugé nos prises de position, quant au ton, similaires à celles des Yougoslaves et a désapprouvé le ton des Albanais. Nous considérons erronés et répréhensibles les propos du camarade Khrouchtchev tenus à Vukmanovic Tempo, ennemi du marxisme, du camp du socialisme et de lAlbanie. Nous disons que chacun doit être traité comme il le mérite et, pour notre part, nous ne sommes pas daccord avec le ton conciliant de Khrouchtchev à légard des révisionnistes, car notre peuple dit bien quon doit parler durement à lennemi et avoir les paroles les plus douces pour ceux quon aime. Certains camarades, dont le jugement sur ce point est erroné, prétendent que nous observons cette attitude à légard des titistes parce que nous tiendrions, prétendument, à porter le drapeau de la lutte contre le révisionnisme ou parce que nous avons une manière étroite, strictement nationale, de considérer ce problème, et que de ce fait nous nous sommes engagés, sinon dans une voie « chauvine », tout au moins dans la voie dun « nationalisme étroit ». Le Parti du Travail dAlbanie a jugé et juge la question du révisionnisme yougoslave à travers le prisme du marxisme-léninisme, il la regardé comme le principal danger pour le mouvement communiste international, comme un danger pour lunité du camp socialiste, et il le combat en tant que tel. Mais tout en étant internationalistes, nous nen sommes pas moins des communistes dun pays donné, de lAlbanie. Nous, communistes albanais, ne nous considérerions pas comme des communistes, si nous ne défendions pas avec esprit de suite et détermination la liberté de notre chère patrie contre les complots et les attaques de diversion de la clique révisionniste de Tito, qui visent à envahir lAlbanie et dont tout le monde a désormais parfaitement connaissance. Est-il possible et permis que nous, communistes albanais, laissions notre pays devenir la proie de Tito, des Américains, des Grecs ou des Italiens ? Non, jamais ! Dautres nous conseillent de ne pas nous en prendre aux Yougoslaves. « Que craignez-vous ? nous dit-on Vous avez la protection de lUnion Soviétique. » Nous avons dit et nous répétons à ces camarades que nous ne craignons ni les trotskistes yougoslaves, ni personne au monde. Nous avons toujours dit et nous répétons que lUnion Soviétique nous a défendus, quelle nous défend et quelle nous défendra, mais nous sommes marxistes-léninistes, et nous ne relâcherons jamais un seul moment notre lutte contre les révisionnistes et les impérialistes, avant de les avoir liquidés. Car pour être protégé par lUnion Soviétique, il faut dabord être capable de se défendre soi-même. Les Yougoslaves nous accusent dêtre soi-disant « chauvins », de nous « ingérer dans leurs affaires intérieures et de rechercher une rectification de frontières avec la Yougoslavie ». Nombre de nos amis pensent et laissent entendre que nous, communistes albanais, inclinons dans ce sens. Nous déclarons à ceux de nos amis qui ont cette opinion quils se trompent lourdement. Nous ne sommes pas chauvins, nous navons demandé ni ne demandons aucune rectification de frontière. Mais ce que nous demandons et que nous demanderons constamment aux titistes, cest de mettre fin à leurs crimes de génocide contre la minorité albanaise de Kosovë et de Metohi, à la terreur blanche contre les Albanais de Kosovë, à lexpulsion des Albanais de leurs territoires et à leur envoi en masse en Turquie, nous demandons que, conformément à la Constitution de la République Populaire de Yougoslavie, la minorité albanaise en Yougoslavie se voie reconnaître ses droits, et nous dénoncerons les Yougoslaves jusquau bout sur tous ces points. Cette attitude est-elle chauvine ou marxiste ? Cest là notre position sur cette question. Mais si les titistes parlent de coexistence, de paix, de rapports de bon voisinage, et sils organisent par ailleurs des complots, des troupes de mercenaires et de fascistes en Yougoslavie pour violer nos frontières et démembrer, de concert avec la Grèce monarcho-fasciste, notre Albanie socialiste, alors soyez certains que non seulement le peuple albanais de lAlbanie nouvelle se dressera les armes à la main, mais que se dresseront aussi, les armes à la main, un million dAlbanais qui vivent sous la servitude de Tito pour arrêter la main du criminel. Et il ny a rien là que de marxiste, et cest bien ce qui surviendra, si une action de ce genre est entreprise. Le Parti du Travail dAlbanie ne permet à personne de jouer ou de faire de la politique avec les droits du peuple albanais. Nous nintervenons pas dans les affaires intérieures dautrui, mais lorsque, du fait de latténuation de la lutte contre les révisionnistes yougoslaves, les choses en arrivent au point que, dans un pays ami comme la Bulgarie, on publie une carte des Balkans qui englobe lAlbanie à lintérieur des frontières de la Yougoslavie, nous ne pouvons rester cois. On nous dit que cela est imputable à une erreur technique dun employé, mais comment se fait-il que rien de tel ne se soit produit auparavant ? Et ce nest pas là un cas isolé. À un meeting, à Sremska Mitrovica, le bandit Rankovic sen est pris comme dhabitude à lAlbanie, la qualifiant « denfer, où règnent les barbelés et les bottes des gardes-frontières » et prétendant que la démocratie des néo-fascistes italiens est plus avancée que la nôtre. Les propos de Rankovic ne seraient daucune importance pour nous, mais ces propos ont été écoutés avec la plus grande sérénité, et sans la moindre protestation, par lambassadeur soviétique et lambassadeur bulgare à Belgrade qui assistaient à ce meeting. Nous avons pour notre part protesté amicalement contre cette attitude auprès des Comités Centraux du Parti Communiste de lUnion Soviétique et du Parti Communiste Bulgare. Le camarade Jivkov, dans sa lettre de réponse adressée au Comité Central du Parti du Travail dAlbanie, a eu le front de rejeter notre protestation et de définir le discours du bandit Rankovic de positif. Nous naurions jamais pu imaginer que le premier secrétaire du Comité Central du Parti Communiste Bulgare aurait qualifié de positif le discours dun bandit comme Rankovic qui outrage si gravement lAlbanie socialiste en la décrivant comme un enfer: Non seulement nous rejetons avec mépris cet outrage intolérable qui nous est fait par le premier secrétaire du Comité Central du Parti Communiste Bulgare, mais nous sommes pleinement convaincus que le Parti Communiste Bulgare et lhéroïque peuple bulgare eux-mêmes se révolteraient sils apprenaient cela. Si nous permettons que de si graves fautes soient commises dans les attitudes que nous observons les uns à légard des autres, les choses niront pas bien. Nous ne pouvons en aucune façon être daccord avec le camarade Khrouchtchev, et nous avons protesté auprès de lui en temps utile, sur les entretiens quil a eus avec Sophocle Venizelos, à propos de la minorité grecque dAlbanie. Le camarade Khrouchtchev sait bien que les frontières de lAlbanie sont inviolables et sacrées, que qui les touche est un agresseur. Le peuple albanais versera son sang si on touche à ses frontières. Le camarade Khrouchtchev a commis une grave erreur, en disant à Venizélos quil avait vu à Korçë des Grecs et des Albanais travaillant côte à côte en frères. Il nexiste pas à Korçë la moindre minorité grecque, mais ce qui existe, ce sont les convoitises séculaires des Grecs sur la région de Korçë, comme sur toute lAlbanie. Il existe une toute petite minorité grecque à Gjirokastër. Le camarade Khrouchtchev sait bien quil est reconnu à cette minorité tous les droits et lusage de la langue grecque, quelle a ses églises, ses écoles et quen fait ses membres jouissent exactement des mêmes droits que tous les autres citoyens albanais. Les revendications des Grecs et notamment celles formulées par Sophocle Vénizélos, le fils dEleutherios Venizélos, lassassin des Albanais, lincendiaire des régions albanaises du Sud, le chauvin grec le plus enragé et le père de la « mégaliidhea » grecque, le fauteur du démembrement de lAlbanie et de son annexion sous le couvert du slogan de lautonomie, sont bien connus. Le camarade Khrouchtchev connaît bien lattitude du Parti du Travail dAlbanie, du Gouvernement et du peuple albanais sur cette question. Dans ces conditions, ne pas donner la réponse quil mérite, laisser des espérances et des illusions à un agent anglais, à un chauvin, à un ennemi du communisme et de lAlbanie, et lui dire quon transmettra ses vux aux camarades albanais, cela, pour nous, est inadmissible et blâmable. Nous avons donné, camarade Khrouchtchev, notre réponse à Sophocle Vénizélos, et nous pensons que vous devez en avoir pris connaissance par la presse. Nous navons aucune objection à ce que vous fassiez votre politique avec Sophocle Vénizélos, mais vous ne devez pas faire de politique avec nos frontières et avec nos droits, car cela nous ne lavons jamais permis et nous ne le permettrons jamais à personne. Et en cela nous ne sommes pas nationalistes, mais internationalistes. Quelquun pourra considérer mes propos comme déplacés, comme des déclarations qui ne sont pas à la hauteur de la réunion. Il ne me serait pas difficile de composer un discours au ton soi-disant théorique, daligner des phrases et des citations de caractère général, de vous présenter un rapport général, de vous faire plaisir et de passer mon tour. Mais le Parti du Travail dAlbanie estime quil ny a pas lieu dagir ainsi, et quelquun jugera peut-être mes propos comme des attaques, mais ce sont là des critiques qui ont été faites par la voie normale, qui ont déjà été formulées en lieu et en temps voulus, conformément aux normes léninistes, mais devant les erreurs qui saggravent, ce serait une erreur que de se taire, car les prises de position, les actes, la pratique, confirment, enrichissent et créent la théorie. Comme on eut tôt fait dorganiser la conférence de Bucarest et de blâmer le Parti Communiste Chinois pour « dogmatisme » ! Pourquoi donc na-t-on pas aussi organisé rapidement une conférence pour dénoncer le révisionnisme ? Mais le révisionnisme serait-il totalement démasqué comme le prétendent les camarades soviétiques ? Aucunement. Le révisionnisme a été et continue dêtre le principal danger, le révisionnisme yougoslave nest pas liquidé et, par la manière dont nous nous comportons à son égard, nous lui laissons un vaste champ daction sous toutes les formes. Et dans les autres partis ny aurait-il aucun signe inquiétant de révisionnisme moderne ? Qui le nie, ne fait que fermer les yeux devant ce péril, et risque un beau matin davoir de mauvaises surprises. Nous sommes marxistes, et il nous faut analyser notre travail comme nous lenseignait Lénine et comme il le faisait lui-même en pratique. Il ne redoutait pas les erreurs, les regardait en face et les corrigeait. Cest ainsi que sest trempé le Parti Bolchévik, cest ainsi que se sont trempés nos partis également. Que se passe-t-il au sein de nos partis ? Que se passe-t-il dans notre camp depuis le XXe Congrès ? Le camarade Souslov peut être très optimiste à cet égard. Cet optimisme, il la manifesté à la commission réunie au mois doctobre dernier, accusant le camarade Hysni Kapo, délégué du Parti du Travail dAlbanie, de pessimisme dans la vision des événements. Nous communistes albanais, navons pas été pessimistes même dans les temps les plus sombres de lhistoire de notre Parti et de notre peuple et nous ne le deviendrons jamais, mais nous sommes et nous serons toujours réalistes. On parle beaucoup de notre unité. Cette unité est indispensable et nous devons tout mettre en uvre pour la renforcer, pour la cimenter. Mais il est de fait que sur maintes importantes questions de principe, cette unité nexiste pas. Le Parti du Travail dAlbanie estime que les choses doivent être revues à la lumière dune analyse marxiste-léniniste et que les erreurs doivent être corrigées. Prenons la question de la critique à lencontre de Staline et de son uvre. Notre Parti, en tant que parti marxiste-léniniste, est pleinement conscient que le culte de la personnalité est une manifestation étrangère et néfaste pour nos partis et pour le mouvement communiste lui-même. Les partis marxistes ne doivent pas se borner à empêcher le développement du culte de la personnalité en ce quil freine lactivité des masses, dénie leur rôle et soppose au développement de la vie même du Parti et des lois qui la régissent, mais ils doivent aussi lutter de toutes leurs forces pour extirper ce culte dès quil commence à se manifester ou lorsquil est déjà apparu dans un pays. Dans cette optique, nous sommes entièrement daccord quil convient de critiquer le culte de la personnalité de Staline comme une manifestation néfaste dans la vie du Parti. À notre avis, le XXe Congrès et en particulier le rapport secret du camarade Khrouchtchev, nont pas posé la question du camarade Staline de façon correcte et objective, dans un esprit marxiste-léniniste. À cet égard, Staline a été gravement et injustement condamné par le camarade Khrouchtchev et le XXe Congrès. Le camarade Staline et son activité nappartiennent pas seulement au Parti Communiste de lUnion Soviétique et au peuple soviétique, mais ils nous appartiennent à tous. De même que le camarade Khrouchtchev a précisé à Bucarest que les divergences existantes nopposent pas le Parti Communiste de lUnion Soviétique et le Parti Communiste Chinois, mais le Parti Communiste Chinois et le communisme international, de même quil se complaît à dire que les décisions du XXe et du XXIe Congrès ont été adoptées par tous les Partis Communistes et Ouvriers du monde, de même il devait se montrer plus large et conséquent et faire juger les actes de Staline en toute conscience par les Partis Communistes et Ouvriers du monde entier. Il ne peut y avoir deux poids et deux mesures sur ces questions. Alors pourquoi le camarade Staline a-t-il été condamné au XXe Congrès sans que les autres Partis Communistes et Ouvriers du monde entier eussent été préalablement consultés ? Comment se fait-il que soudainement lanathème ait été jeté sur Staline devant les Partis Communistes et Ouvriers du monde entier et que bien des partis frères naient appris cette dénonciation que lorsque les impérialistes firent répandre le rapport secret du camarade Khrouchtchev à tous les vents ? Le monde communiste et le monde progressiste se virent imposer, par le camarade Khrouchtchev la condamnation du camarade Staline. Que pouvaient bien faire nos partis dans ces conditions, quand, subitement, usant de la grande autorité de lUnion Soviétique, on leur imposait ainsi en bloc une pareille question ? Le Parti du Travail dAlbanie se trouva dans un grand dilemme. Il nétait pas, comme il ne le sera du reste jamais, persuadé du bien-fondé de la condamnation du camarade Staline, de la manière et sous les formes empruntées par le camarade Khrouchtchev. Mais si notre Parti souscrivit globalement aux formulations du XXe Congrès sur cette question, il ne sen tint pas strictement aux limitations fixées par ce Congrès, il ne sinclina pas devant les menées de chantage et dintimidation dirigées du dehors contre notre pays. Sur la question de Staline, le Parti du Travail dAlbanie se montrait réaliste, il se montrait juste et reconnaissant à légard de ce glorieux marxiste, que, de son vivant, personne de nous neut la « bravoure » de critiquer, et quon couvre de boue après sa mort. Il sest ainsi créé une situation intolérable. Toute une époque glorieuse de lhistoire de lUnion Soviétique, une époque qui vit sériger le premier État socialiste au monde, qui vit lUnion Soviétique se renforcer, venir victorieusement à bout des complots impérialistes, écraser les trotskistes, les boukhariniens, les koulaks en tant que classe, mettre triomphalement sur pied son industrie lourde, et collectiviser son agriculture, en un mot, une époque qui vit lUnion Soviétique devenir une puissance colossale, édifier avec succès le socialisme et, durant la Seconde Guerre mondiale, se battre avec un héroïsme légendaire, mettre à bas le fascisme et libérer les peuples, une époque qui vit se créer le puissant camp socialiste, etc., etc., cette glorieuse époque, donc, de lhistoire de lUnion Soviétique est ainsi privée de tête, de guide. Le Parti du Travail dAlbanie estime quil nest ni juste, ni naturel, ni marxiste, que, de toute cette époque, soient effacés le nom et la grande uvre de Staline, comme ils le sont à présent. Luvre féconde et immortelle de Staline, il nous incombe à tous de la défendre ; qui ne la défend pas est un opportuniste et un lâche. Le camarade Staline, par son rôle personnel et en tant que dirigeant du Parti Communiste bolchévik, fut également le guide le plus éminent du communisme international après la mort de Lénine ; il influa de façon très positive et avec la plus grande autorité sur la consolidation et le développement des conquêtes du communisme dans le monde entier. Toutes les uvres théoriques du camarade Staline sont un ardent témoignage de sa fidélité à son maître génial, au grand Lénine et au léninisme. Staline lutta pour les droits de la classe ouvrière et des travailleurs dans le monde entier, il lutta avec un grand esprit de suite jusquau bout pour la liberté des peuples de nos pays de démocratie populaire. Ne fût-ce que sous ces aspects, Staline appartient au monde communiste tout entier et pas seulement aux communistes soviétiques, il appartient à tous les travailleurs du monde et pas seulement aux travailleurs soviétiques. Si le camarade Khrouchtchev et les camarades soviétiques avaient regardé cette question dans cet esprit, les grandes erreurs commises auraient été évitées. Mais ils considérèrent la question de Staline superficiellement, uniquement du point de vue intérieur de lUnion Soviétique. Mais, de lavis du Parti du Travail dAlbanie, ils ont, même de ce point de vue, considéré la question de façon unilatérale, nont vu que ses erreurs, ont presque totalement ignoré son immense activité, sa grande contribution au renforcement de lUnion Soviétique, à la trempe du Parti Communiste de lUnion Soviétique, à la mise sur pied de léconomie, de lindustrie soviétiques, de lagriculture kolkhozienne, à la conduite du peuple soviétique dans la grande lutte victorieuse contre le fascisme allemand. Staline a-t-il commis des erreurs ? Assurément oui. Il était inévitable quune si longue période, remplie dactes héroïques, de combats, de victoires, comportât aussi des erreurs, non seulement personnelles de Joseph Staline, mais aussi de la direction en tant quorgane collectif. Est-il un parti ou un dirigeant qui se considère exempt de toute erreur dans son travail ? Lorsque des critiques sont soulevées à légard de la direction soviétique actuelle, les camarades soviétiques nous conseillent de regarder en avant, de ne pas revenir sur le passé et de mettre un terme à la polémique, mais lorsquil sagit de Staline, non seulement ils ne regardent pas en avant, mais ils reviennent en arrière, très en arrière, pour ne fouiller que dans les faiblesses de luvre de Staline. Le culte de la personnalité de Staline devait, certes, être critiqué. Mais peut-on dire, comme on la dit, que Staline était lui-même lartisan de ce culte de la personnalité ? Le culte de la personnalité doit assurément être réprouvé, mais pour cela était-il nécessaire et juste que quiconque mentionne le nom de Staline soit immédiatement mis à lindex, montré du doigt, que quiconque fait une citation de Staline soit regardé de travers. Certains sempressèrent avec zèle de briser les statues de Staline, de changer le nom des villes baptisées de son nom. Mais est-il besoin den dire plus long ? À Bucarest, le camarade Khrouchtchev dit aux camarades chinois : « Vous vous accrochez à un cheval mort », « Si vous en avez envie, vous pouvez même venir prendre ses restes. » Et ces propos étaient tenus à ladresse de Staline. Le Parti du Travail dAlbanie déclare solennellement quil est opposé à ces actes et à ces appréciations sur luvre et la personne de Joseph Staline. Mais pourquoi, camarades Soviétiques, ces questions ont-elles été posées de cette manière et sous des formes faussées, alors quil était possible de faire ressortir comme il convient et les erreurs de Staline et celles de la direction, de corriger ces erreurs et de ne pas susciter un tel choc au cur des communistes du monde entier, que seuls leur sens de la discipline et lautorité de lUnion Soviétique retinrent délever vigoureusement leur voix ? Le camarade Mikoyan nous a dit que nous nosions pas critiquer le camarade Staline de son vivant, car il nous aurait supprimés. Nous sommes certains que le camarade Khrouchtchev ne nous fera rien de tel si nous lui adressons de justes critiques. Le XXe Congrès fut suivi dune succession dévénements ; ce furent dabord les faits que lon sait en Pologne, puis la contre-révolution en Hongrie, ensuite le système soviétique commença à être mis en cause, de nombreux Partis Communistes et Ouvriers furent en proie au désarroi, et finalement voilà cette dernière secousse. Nous demandons quon éclaircisse pourquoi ces choses-là se sont produites au sein du mouvement communiste international, au sein de notre camp après le XXe Congrès ? Serait-ce parce que la direction du Parti du Travail dAlbanie est soi-disant sectaire, dogmatique et pessimiste ? Un tel état de choses doit nous préoccuper à lextrême ; nous devons déceler lorigine de la maladie et la guérir. Assurément, la maladie ne peut être guérie ni en donnant des tapes sur lépaule du renégat Tito, ni en affirmant dans la déclaration que le révisionnisme moderne est définitivement liquidé, comme le prétendent les camarades soviétiques. Lautorité du léninisme a été et demeure déterminante. Elle doit être instaurée de manière à balayer partout et totalement toutes les conceptions erronées. Pour les communistes, il nest pas dautre voie. Si lon peut et si lon doit parler juste, dire les choses telles quelles sont, il faut le faire dès à présent, tant quil nest pas trop tard, à cette conférence même. À notre sens, les communistes doivent avoir la conscience nette, renforcer leur unité marxiste, mais sans nourrir en eux ni réserves, ni préférences malsaines, ni rancunes. Un communiste doit dire ouvertement ce quil a sur le cur et les choses doivent être sainement jugées. Il se peut que la position de notre petit Parti ne soit pas du goût de certains, il se peut que notre petit Parti soit isolé, que des pressions économiques soient exercées sur notre pays pour soi-disant démontrer à notre peuple lincapacité de ceux qui le guident, il se peut que notre Parti soit lobjet dattaques et il lest en fait : Mihail Souslov compare en effet le Parti du Travail dAlbanie aux partis bourgeois et ses dirigeants à Kerenski. Mais cela ne nous effraye pas. Nous sommes habitués à ces attitudes à notre égard. Rankovic na rien dit de plus sur le Parti du Travail dAlbanie, Tito nous a traités de Gbbels ; nous nen demeurons pas moins des léninistes et ce sont eux qui sont des trotskistes, des traîtres, des valets et des agents de limpérialisme. Je tiens à souligner que le Parti du Travail dAlbanie et le peuple albanais ont prouvé par leurs actes à quel point ils sont attachés et fidèles à lUnion Soviétique et au Parti Communiste de lUnion Soviétique, à quel point ils les respectent, et lorsque le Parti du Travail dAlbanie critique les actions erronées de certains dirigeants soviétiques, cela ne signifie pas quil y ait quelque chose de changé dans nos vues et notre attitude. Nous, Albanais, avons le courage marxiste de critiquer ces camarades, non pas par animosité contre eux, mais au contraire parce que nous les aimons et parce que nous aimons par-dessus tout le Parti Communiste de lUnion Soviétique et les peuples soviétiques. Cest de cette manière que nous aimons lUnion Soviétique, le Parti Communiste de lUnion Soviétique et la direction soviétique. Avec une rigueur marxiste, nous leur disons amicalement et en toute franchise ce que nous pensons, car nous navons jamais été hypocrites et nous ne le serons jamais. Le Parti Communiste de lUnion Soviétique nous conservera son amitié, en dépit de notre sévérité et même si nous nous trompons. Quoi quil en soit, il est une chose dont le Parti Communiste de lUnion Soviétique et les Partis Communistes et Ouvriers du monde ne nous blâmeront pas : cest notre franchise et le fait que nous ne disons pas de mal des gens derrière leur dos, ou encore que nous navons pas cent drapeaux. Jaimerais, pour finir, dire quelques mots du projet de déclaration qui nous à été présenté par la commission de rédaction. Notre délégation a pris connaissance de ce projet et la étudié attentivement. Le nouveau document qui nous est soumis comporte pas mal de modifications, par rapport au premier texte proposé par la délégation de lUnion Soviétique, et qui a servi de base au travail de la commission de rédaction. Avec les amendements qui lui ont été apportés, le nouveau projet est sensiblement amélioré, nombre didées importantes y sont soulignées avec plus de force, bien des thèses y sont formulées plus correctement, presque toutes les allusions hostiles au Parti Communiste Chinois y ont été supprimées. La délégation de notre Parti a fait, à la commission de rédaction, maintes observations, dont il a été partiellement tenu compte. Notre délégation, quoique nétant pas daccord sur le maintien de certains points importants et de principe dans le projet, a consenti que ce document soit présenté à cette réunion, en se réservant le droit dexprimer son opinion une nouvelle fois sur tous les points quelle napprouvait pas. Avant tout, nous estimons quil convient de régler, dune manière qui soit acceptable pour tous, les cinq questions sur lesquelles laccord na pas été fait, afin quil soit publié un document approuvé à lunanimité. Nous jugeons nécessaire que la déclaration fasse nettement ressortir lidée de Lénine, exprimée ces temps derniers par le camarade Maurice Thorez ainsi que par le camarade Souslov dans son discours à la réunion de la commission de rédaction, selon laquelle le danger de guerre ne sera définitivement conjuré que lorsque le socialisme laura emporté dans le monde entier, ou du moins dans un certain nombre de grands pays impérialistes. De même, il convient de supprimer de la déclaration le paragraphe qui fait mention dactivités fractionnelles et desprit de groupe au sein du mouvement communiste international, cela, comme nous lavons également expliqué à la réunion de la commission, ne servant pas lunité mais au contraire la sapant. Nous sommes également davis quil convient de supprimer les passages faisant état de lélimination des conséquences néfastes du culte de la personnalité, ou dy ajouter les mots « qui se manifestait dans plusieurs partis », ce qui correspond mieux à la réalité. Je ne veux pas trop occuper le temps de la conférence avec cette question et les autres observations que nous avons à faire sur le projet de déclaration. Notre délégation présentera ses observations concrètes lorsque sera examiné le projet même de déclaration. Il serait très salutaire quà cette conférence nous regardions nos erreurs courageusement en face et que nous pansions nous blessures, partout où elles apparaissent, car elles risquent de senvenimer et de devenir dangereuses. Nous ne nous considérons pas offensés des critiques que nous font les camarades, quand celles-ci sont justes et fondées sur des faits, mais nous nadmettrons jamais dêtre traités gratuitement de « dogmatiques », de « sectaires », de « nationalistes étroits », rien que parce que nous luttons opiniâtrement contre le révisionnisme moderne et en particulier contre le révisionnisme yougoslave. Si quelquun considère notre lutte contre le révisionnisme comme du dogmatisme ou du sectarisme, nous lui conseillerons dôter ses lunettes révisionnistes pour y voir clair. Le Parti du Travail dAlbanie estime que cette conférence demeurera historique, du fait quelle se rangera dans la tradition des conférences léninistes organisées par le Parti Bolchévik pour dénoncer et extirper les points de vue erronés, renforcer et cimenter, sur la base du marxisme-léninisme, lunité de notre mouvement communiste et ouvrier international. Notre Parti du Travail luttera résolument dans lavenir également pour souder notre unité, nos liens fraternels, et renforcer laction commune des Partis Communistes et Ouvriers, car dans cette unité et dans cette action commune il faut voir la garantie de la victoire de la cause de la paix et du socialisme. Lunité du camp socialiste, lUnion Soviétique en tête, lunité du mouvement communiste et ouvrier international, ayant pour centre le glorieux Parti Communiste de lUnion Soviétique, est le bien le plus sacré, que notre Parti préservera comme la prunelle de ses yeux et quil renforcera de jour en jour. Extrait de Documents principaux du Parti du Travail dAlbanie, tome III, Éditions « Naim Frashëri », Tirana, République Populaire dAlbanie, 1969. |
| | Paria | | Les masses font et peuvent tout ! | | Grand classique (ou très bavard) |  | | 562 messages postés |
| Posté le 19-02-2007 à 11:27:25
| Voici un extrait du rapport au VIII ème congrès du PTA présenté par Enver Hoxha en novembre 1981 : "Le révisionnisme soviétique a été et demeure le courant le plus dangereux du révisionnisme moderne. Il garde, plus que toute autre variante révisionniste, les masques socialistes et la phraséologie léniniste afin de couvrir la réalité capitaliste actuelle de lUnion soviétique et sa politique extérieure impérialiste et agressive. C'est un révisionnisme qui a pris le pouvoir dans un Etat qui est en fait une grande puissance et qui dispose d'abondants moyens et possibilités pour exercer son influence dans le monde et agir avec une grande force et dans de multiples directions. De même que les autres courants révisionnistes, le révisionnisme khrouchtchévien a eu son processus d'éclosion et de croissance pour aboutir à sa forme actuelle de révisionnisme total, qui déforme toutes les questions de la théorie marxiste et de la pratique socialiste. En tant que phénomène social, le révisionnisme khrouchtchévien a ses racines et ses causes idéologiques, sociales et historiques. Le Parti du Travail d'Albanie a procédé à une analyse marxiste approfondie de ces causes. Il en a dégagé des conclusions et a adapté une série de mesures pour barrer les accès à l'apparition d'un phénomène régressif similaire dans notre pays. Mais il nous faut nous saisir toujours mieux de ce problème, pour faire en sorte que le révisionnisme ne passe jamais en Albanie. Le groupe Khrouchtchev, dès le début, se fixa pour but principal de liquider la dictature du prolétariat, de saper les bases de la société socialiste, d'engager l'Union soviétique dans la voie capitaliste et d'en faire une superpuissance impérialiste. Maintenant tout le monde voit bien la grande transformation contre-révolutionnaire qui s'est produite en Union soviétique. Il n'y a plus que la bourgeoisie et l'impérialisme qui citent encore ce pays comme étant communiste. Et s'ils présentent l'Union soviétique actuelle capitaliste comme un pays socialiste, c'est pour discréditer le marxisme-léninisme et le socialisme authentique. Le révisionnisme khrouchtchévien est l'idéologie et la politique du capitalisme d'Etat, lequel domine toute la vie du pays. Le retour de l'Union soviétique au capitalisme devait nécessairement avoir ses particularités, et le régime capitaliste y revêtir des formes propres. Ces particularités et ces formes sont déterminées par le fait que le capitalisme y a été restauré à la suite du renversement du socialisme, comme un processus régressif, au contraire du processus progressif que constitue le passage de l'ordre féodal renversé au capitalisme de type classique. La particularité fondamentale de ce type de capitalisme est qu'on y a préservé beaucoup de formes socialistes en matière de propriété, d'organisation et de direction, mais le contenu en a été radicalement transformé. Aujourd'hui en Union soviétique les moyens de production sont en fait propriété capitaliste d'Etat ou collective, car ils sont utilisés dans l'intérêt de la nouvelle classe bourgeoise qui a accédé au pouvoir, la classe qui précisément s'approprie le travail des ouvriers et des paysans. Les anciennes lois, traditions et pratiques ont été remplacées par de nouvelles, qui laissent la bureaucratie de l'Etat et du parti libre d'exprimer et d'appliquer sans obstacle sa propre volonté. Elle a utilisé les nouvelles compétences qu'elle a acquises par suite des réformes économiques, pour assurer et augmenter les revenus et les privilèges des diverses castes dirigeantes, pour conserver le pouvoir et se défendre contre les manifestations de mécontentement et les révoltes de la classe ouvrière et des masses travailleuses. Certes, la propriété d'Etat demeure et les usines n'ont pas été distribuées à des particuliers, les kolkhozes sont restés des exploitations collectives communes et les banques n'ont pas été remises à des actionnaires, mais la répartition du produit social, sa destination, ont complètement changé. Bien que l'on prétende appliquer le principe de la rémunération selon le travail, en réalité, les divers groupes de la nouvelle bourgeoisie s'approprient la plus-value créée par les ouvriers et les paysans. Cette spoliation à grande échelle est présentée comme un type de stimulant matériel visant soi-disant à encourager l'activité productive, le travail scientifique et la création artistique, etc. En vérité il s'agit là d'une exploitation typiquement capitaliste. Afin de frayer la voie à la restauration du capitalisme, les révisionnistes khrouchtchéviens s'en sont pris aux thèses fondamentales de la théorie marxiste-léniniste sur la production marchande et à l'action de la loi de la valeur sous le socialisme. En théorie et dans la pratique, ils ont identifié la production marchande socialiste avec la production capitaliste et, sur cette base, réformé tout le mécanisme économique. Graduellement, les entreprises économiques, mais aussi bon nombre d'institutions, ont acquis une plus grande indépendance à l'égard du plan d'Etat. Les directeurs des entreprises et des diverses institutions se sont vu attribuer des droits et des pouvoirs étendus pour diriger et manipuler le production et la répartition, embaucher et licencier des ouvriers, distribuer les bénéfices, etc. Le financement centralisé des entreprises existantes par l'Etat a été limité et la pratique de l'autofinancement et des crédits étendue. Les révisionnistes soviétiques prétendent que leur économie est dirigée et se développe sur la base de plans élaborés suivant le principe du centralisme démocratique. Or le plan d'Etat, tel qu'ils le conçoivent en théorie et l'appliquent dans la pratique, n'est ni ne peut être en aucune manière un plan de véritable économie socialiste. En Union soviétique cohabitent le centralisme bureaucratique de type monopoliste et un large libéralisme économique à la base. On cherche à donner l'image d'une direction planifiée de l'économie, alors que dans la pratique on a laissé le champ libre aux lois et aux catégories économiques du mode de production capitaliste. La consommation parasitaire a pris des proportions d'une ampleur sans précédent. Le rapport entre les rémunérations des ouvriers et celles des administrateurs bureaucrates et technocrates de la production, calculé sur la base du salaire nominal, est de plus de 1 à 10, mais si l'on y ajoute les revenus provenant de la distribution des bénéfices et des gratifications de toutes sortes, et autres privilèges sans nombre, cet écart s'accentue encore. Ces différences dans les salaires et dans le niveau de vie sont à peu près analogues à celles qui existent entre les administrateurs bourgeois et les ouvriers dans les pays occidentaux. Etant donné que la rétribution de la valeur de la force de travail se forme, dans une proportion de 35 à 40 pour cent, de manière décentralisée, à travers la distribution des bénéfices, que les normes de rendement du travail ne sont pas uniques ni appliquées de manière centralisée, que le stimulant matériel en faveur de la nouvelle bourgeoisie a la priorité absolue et que l'inflation, surtout en raison de la militarisation de l'économie qui engloutit un tiers du revenu national, ne cesse de croître, la société a, fondamentalement, perdu tout contrôle véritable sur la mesure du travail et de la consommation, ces deux clés essentielles d'une économie socialiste. Ces mesures et une série d'autres de caractère capitaliste, qui ont été tant vantées comme un développement créateur de la théorie et de la pratique économiques marxistes-léninistes, avaient pour but de saper les bases de l'économie socialiste et elles y sont parvenues. Les conséquences de ce cours apparaissent dans la vie quotidienne du peuple soviétique. Les articles de première nécessité manquent sur le marché, l'inflation, le chômage, la fluctuation de la force de travail se sont aggravés, on constate une hausse déclarée et non déclarée des prix des diverses marchandises. Le secteur privé de l'économie s'est étendu, les portes ont été ouvertes au capital monopoliste étranger, et l'on voit fleurir le marché noir, les spéculations, les abus, les pots-de-vin et les fraudes. La réalité soviétique actuelle témoigne que ce processus ne va pas vers «la suppression des distinctions de classe» et «la création d'une nouvelle unité sociale», comme le proclament les révisionnistes khrouchtchéviens-brejnéviens, mais vers une profonde différenciation sociale entre la nouvelle classe bourgeoise, composée de la couche des bureaucrates et des technocrates, et les larges masses travailleuses, qui se trouvent dans la situation d'une force simplement productive. Le fossé entre elles va constamment s'approfondissant à mesure que s'élève le degré d'exploitation des travailleurs et que s'accroissent les avantages de la bourgeoisie. Cette situation a engendré toute une idéologie et une politique, qui s'attachent à justifier et à défendre ce nouveau système d'exploitation capitaliste. Le pouvoir des soviets n'est plus des soviets, des ouvriers et des paysans. Il s'est détaché d'eux et est devenu une force distincte, qui leur est étrangère. Sur le plan de la forme également, les révisionnistes khrouchtchéviens ont déclaré la dictature du prolétariat liquidée. Ils ont baptisé l'Etat, Etat du peuple tout entier, justement pour masquer le fait qu'il n'est plus effectivement du peuple, mais une dictature de la nouvelle bourgeoisie soviétique. Son caractère capitaliste apparaît clairement dans toute sa politique intérieure et extérieure, qui sert les intérêts de la classe bourgeoise au pouvoir. L'Etat soviétique, qui dispose des principaux moyens de production et dirige toute l'économie, s'est transformé en un représentant et un défenseur des intérêts de la classe dominante. Pour garder leurs masques socialistes et «prouver» que l'Union soviétique est un pays socialiste, les révisionnistes soviétiques déclarent qu'il n'y a chez eux qu'un seul parti, le parti communiste, et que son rôle dirigeant est sanctionné par la Constitution. Le fait qu'un parti dirigeant est unique et que son pouvoir sans partage est reconnu par la loi, ne le rend pas communiste. Dans beaucoup de pays bourgeois il n'y a qu'un seul parti dominant. Le caractère d'un parti politique n'est pas défini par sa position dans l'Etat. Il est déterminé en premier lieu par la classe à laquelle il appartient et les forces qu'il sert, par l'idéologie sur laquelle il se guide et la politique qu'il poursuit. Le Parti communiste de l'Union soviétique est actuellement le représentant direct de la classe bourgeoise au pouvoir, c'est au nom de celle-ci qu'il exerce le pouvoir, qu'il sert le développement et le renforcement de l'ordre capitaliste restauré. Il n'a de communiste que le nom. L'appellation de communiste que ce parti a conservée et les quelques phrases marxistes et mots d'ordre socialistes qu'il invoque ont un caractère hypocrite et purement démagogique. Cela fait partie de sa propagande trompeuse, qui vise à maintenir les masses dans les ténèbres, à leur faire croire qu'elles vivent en régime socialiste, et non pas dans une société capitaliste d'oppression et d'exploitation. Par tradition, pour se camoufler ou par simple inertie, beaucoup de partis ont gardé les appellations de «démocratique», «populaire», «socialiste», etc., alors que ce sont des partis typiquement bourgeois et réactionnaires. La politique révisionniste et capitaliste qui est appliquée en Union soviétique a ranimé les anciens démons de l'empire tsariste, comme l'oppression nationale, l'antisémitisme, le racisme slave, le mysticisme religieux orthodoxe, le culte des castes militaires, l'aristocratisme de l'intelligentsia, le tchinovnisme [Du russe tchinovnik, fonctionnaire bureaucrate de la Russie tsariste.] bureaucratique, etc. Les théories des révisionnistes soviétiques sur la prétendue création d'une «nouvelle communauté historique», du «peuple soviétique unique» ont été inventées précisément pour dissimuler cette réalité pleine de profondes contradictions sociales, de classe et nationales. La force dominante aujourd'hui en Union soviétique est l'armée. La militarisation effrénée de la vie du pays, la lourde charge des dépenses militaires, qui ont atteint des chiffres astronomiques et ébranlent toujours plus l'économie soviétique, en déforment le développement, appauvrissent le peuple. La restauration du capitalisme dans le pays ne pouvait pas ne pas conduire à un grand versement dans la sphère des relations internationales et de la politique extérieure du Parti communiste et de l'Etat soviétiques. Le révisionnisme khrouchtchévien s'est converti graduellement en une idéologie et une politique de nouvelle superpuissance impérialiste, qui justifient et soutiennent lexpansion, l'agression et les guerres pour instaurer sa domination sur le monde. C'est cette idéologie et cette politique qui ont engendré les théories tristement célèbres de la «souveraineté limitée», de la «division internationale du travail», de l'«intégration économique, politique et militaire» des pays de la prétendue communauté socialiste, théories qui ont mis un carcan à ces pays et en ont fait des Etats vassaux. Ces relations, Brejnev, au XXVIe Congrès du PCUS, les a qualifiées de «relations entre peuples», pour dépouiller ainsi ces pays de toute identité nationale et étatique. Afin d'atteindre ses objectifs expansionnistes et néo-colonialistes, le social-impérialisme soviétique a créé une théorie selon laquelle aucun pays ne peut se libérer et se défendre contre l'impérialisme ni se développer de manière indépendante sans l'aide et la tutelle soviétiques. Il spécule sur le slogan de l'«aide internationaliste» pour entreprendre des agressions et piller les richesses des autres pays. Toute la politique extérieure expansionniste, hégémoniste et agressive de l'Union soviétique social-impérialiste est une preuve et un témoignage de plus du fait que l'ordre soviétique est un ordre capitaliste, car seul un tel ordre peut poursuivre une pareille politique dans l'arène internationale. Comme l'a dit Lénine, la politique extérieure est le prolongement de la politique intérieure et toutes deux ensemble sont l'expression concentrée des rapports économiques existant dans un pays donné. Les masques socialistes et communistes que les révisionnistes soviétiques s'efforcent encore de conserver, leur sont déchirés chaque jour par leur réalité capitaliste et par la politique social-impérialiste qu'ils poursuivent. Quant au temps qu'il faudra pour que prenne fin cette grande mystification du peuple soviétique, qui croit vivre en régime socialiste, pour que la classe ouvrière soviétique cesse de se bercer d'illusions, cela dépend de beaucoup de facteurs, intérieurs et extérieurs. Les événements de Pologne sont annonciateurs des situations qui attendent les pays où règne le révisionnisme khrouchtchévien. Le fait est qu'en Pologne a éclaté un conflit de classes entre les travailleurs et la classe bourgeoise au pouvoir, représentée par le parti révisionniste. Indépendamment du fait qu'elle a été manipulée par les forces de droite, la révolte de la classe ouvrière polonaise atteste bien que celle-ci a pris conscience de sa position de classe opprimée et exploitée, que le pouvoir existant en Pologne appartient à une classe antagoniste de la classe ouvrière, que le socialisme y a été trahi. Après la Pologne à qui le tour ? Les processus de différenciation de classe couvent dans tous les pays révisionnistes. Les conflits de classe se durcissent rapidement. Et à cet égard l'Union soviétique elle-même, bien qu'elle semble le plus stable d'entre eux, ne fait pas exception. Les plaies qu'y a ouvertes la restauration du capitalisme ne peuvent être guéries que par le renversement du révisionnisme et la restauration du socialisme." |
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