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 Le secrétariat de L'URCF et l'Irak.

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sti
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   Posté le 26-01-2007 à 01:41:16   Voir le profil de sti (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à sti   

Voilà la déclaration de l'URCF à la suite de la mort de Saddam Hussein.
Puisque j'ai étais questionné à ce sujet, je prend l'initiative d'ouvrir ce sujet qui est plus qu'une polémique mais un débat la "patrie", les luttes de libération nationnale ...




EXECUTION DE SADDAM HUSSEIN : UN NOUVEAU CRIME DE l’IMPERIALISME.
« L’URCF condamne la mise à mort du président irakien Saddam Hussein, par l’administration Bush et ses agents compradores locaux. Ce simulacre de justice illustre la réalité d’une guerre colonialiste conduite pour le seul profit du complexe pétrolier par les impérialismes américains et britanniques. Depuis 1991 et la première guerre du golfe, le peuple martyr de l’Irak a été victime de douze années de bombardements qui ont détruit ses installations industrielles, sanitaires sans toucher aux installations pétrolifères (futurs profits obligent). Plus de 600 000 personnes sont mortes de cette campagne, notamment les personnes les plus fragiles : enfants et vieillards. En dehors des forces anti-impérialistes nul n’a dénoncé ce génocide programmé par les soi-disant « défenseurs de la démocratie ».
Le président Saddam Hussein a refusé de plier devant les diktats des grandes puissances et d’obéir aux intérêts des magnats de l’OPEP. Nationaliste, il fit preuve parfois d’anticommunisme et commit des erreurs préjudiciables à son pays. Nous partageons cependant l’analyse de Lénine selon laquelle, dans certaines circonstances de la lutte anti-impérialiste, la cause de la bourgeoisie nationale dans les Etats opprimés s’avère infiniment plus juste en défendant l’intégrité territoriale et la souveraineté du pays que celle des dirigeants sociaux-démocrates des pays capitalistes qui conduisent les guerres de conquête comme le travailliste Blair, laquais de Bush pour satisfaire les intérêts boursiers de l’oligarchie financière ou celle de « communistes » (révisionnistes en fait) qui misent sur l’appui des puissances impérialistes pour leur « mission ».
Dès lors, Bush junior programma sa « guerre de 10 ans » visant à se subordonner totalement le Proche-Orient, à encercler la Russie capitaliste et la Chine via l’Afghanistan et les Républiques devenues « bananières » de l’Asie ex-soviétique, à rendre dépendants dans le domaine énergétique les pays de l’UE.
La guerre fut précédée par une campagne de bobards dignes de Goebbels, accusant l’Irak bombardée depuis tant d’années par l’aviation américano-britannique de « posséder des armes de destruction massive », média-mensonge repris par tous les plumitifs à la solde de Washington.
En mars 2003, ce fut l’invasion criminelle de l’Irak par les troupes de la « coalition » qui plongea l’Irak dans un chaos indescriptible, occasionnant des centaines de milliers de victimes, paupérisant le pays de manière dramatique. La prise de Bagdad permit à l’administration US de mettre en place un gouvernement de marionnettes locales (affairistes, chefs de clan kurdes, révisionnistes, cléricaux chiites), suite à un véritable putsch renversant Saddam.
La ligne de Washington est d’attiser toujours la discorde nationale, de s’appuyer sur le haut clergé chiite contre les autres croyants et nationalités, l’objectif des stratèges du pentagone étant de diviser la nation irakienne en plusieurs « bantoustans » chiite, sunnite, kurde.
Mais un peuple libre ne saurait tomber ! Depuis, une large résistance irakienne à l’occupation porte des coups militaires de plus en plus rude à l’armada américano-britannique, l’obligeant à l’envoi de troupes supplémentaires malgré les recommandation de plusieurs experts américains liés à l’administration de Bush senior qui recommandait pourtant un « désengagement » mais ce serait un aveu trop cuisant d’échec pour l’hôte de la maison blanche !
Les troupes d’occupation après la capture de celui qui était le président légal de l’Irak et en tant que tel reconnu par la communauté internationale, le simulacre de procès ( la défense ne pouvant exercer librement ses droits) suivi d’une sentence dictée par Bush et consorts, le mode d’exécution barbare (filmant les derniers instants du leader irakien) atteste du mensonge et alibi des interventionnistes impérialistes : loin d’amener la « démocratie » et les « droits de l’homme » amène la réaction intégriste et moyenâgeuse. De plus au nom de quel mandat ? Sinon celui du colonialisme anglo-saxon qui n’a jamais caché son racisme intrinsèque pour les peuples arabes.
Saddam Hussein est mort dignement avec courage et détermination, en combattant anti-impérialiste. Ses derniers mots animeront sans nul doute la résistance irakienne : « pas de confusion entre dirigeants et peuples des envahisseurs, irakiens restez unis et rejetez la coalition iranienne » (le gouvernement fantoche).
Le combat anti-impérialiste pour obtenir le retrait des troupes d’occupation afin de permettre à l’Irak de décider librement de son avenir et de vivre en paix, la condamnation par l’humanité progressiste des criminels de guerre Bush et Blair sera un des grands combats de l’année à venir. »

Secrétariat de l’URCF le 30 décembre 2006


N’est-ce pas là un pur renoncement. Un manque total d’honneur communiste.

Sur le plan des principes, l’absence même d’un hommage aux milliers de Communistes qui sont morts, des propres mains de Saddam Hussein (tortionnaire d’ouvriers communistes et syndicalistes) jusqu’aux pendaisons et fusillades qui firent tant de victimes chez nos frères de lutte en Irak.
C’est que Saddam Hussein a été la main armé des Etats-Unis dans la lutte à mort contre les communistes irakiens et kurde.
« il (Saddam Hussein) fit preuve parfois d’anticommunisme et commit des erreurs préjudiciables à son pays »
Voilà le seul mot que les communistes authentiques en Irak (et non les révisionnistes qui participent au gouvernement !) auront de l’URCF.
Honte sur le secrétariat de L’URCF !!!

Sur le plan politique
« Le président Saddam Hussein a refusé de plier devant les diktats des grandes puissances et d’obéir aux intérêts des magnats de l’OPEP. Nationaliste »
« Les troupes d’occupation après la capture de celui qui était le président légal de l’Irak et en tant que tel reconnu par la communauté internationale »

Mieux …
« Saddam Hussein est mort dignement avec courage et détermination, en combattant anti-impérialiste » L’arme des impérialistes Américain, ce bourgeois tortionnaire de nos camarades, « un combattant Anti-impérialiste » !


« il fit preuve parfois d’anticommunisme et commit des erreurs préjudiciables à son pays. Nous partageons cependant l’analyse de Lénine selon laquelle , dans certaines circonstances de la lutte anti-impérialiste, la cause de la bourgeoisie nationale dans les Etats opprimés s’avère infiniment plus juste en défendant l’intégrité territoriale et la souveraineté du pays que celle des dirigeants sociaux-démocrates des pays capitalistes »
Voilà où mènent les interprétations bourgeoises des luttes d’indépendance, à l’oubli de leurs caractères tactiques et temporelles, au soutien à des fascistes notoires comme Saddam Hussein.
Un manque total de discernement politique.
Placer notre dirigeant révolutionnaire à la remorque de la défense du fasciste Saddam Hussein n’est-il pas un renoncement honteux ?

Pour le secrétariat de l’URCF, « Le peuple de Saddam Hussein » comprend t-il la nation Kurde ?
« l’objectif des stratèges du pentagone étant de diviser la nation irakienne en plusieurs « bantoustans » chiite, sunnite, kurde. »
La juste lutte du peuple Kurde pour un Kurdistan unifié est réduite à une revendication d’un état « bantoustans ».

La vérité est qu’au Kurdistan et en Irak, la nécessité de l’union du prolétariat révolutionnaire est impérieuse.
Etait-il difficile pour une organisation communiste de dire la nécessité de lutter politiquement contre l’impérialisme comme le texte le dit fort bien sans pleurer sur le sort du tortionnaire de nos camarades.
Les « ML » en France dorment-ils trop confortablement à l’abri des luttes sanglantes qu’affrontent nos camarades qu’ils en oublient la réalité des ennemis monstrueux comme l’a était Saddam Hussein pour leurs frères dans un passé tout récent ?
Combien de communistes, laissant femmes et enfants derrière eux, sont morts pour que vive notre idéal dans cette parti du monde ?
Aux camarades de l’URCF qui se poseraient ces questions de bon sens, il est important de leur dire l’importance de réclamer des comptes à propos de telles démonstrations d’inconsistances de la solidarité de classe international.

Oui à l’indépendance de l’état irakien en prélude à la révolution prolétarienne et si le cas se présentait (ce qui est douteux ici, c’est vrai) avant même cette « indépendance ».
Oui au soutien des stratégies révolutionnaires qui s’ébauchent en Irak et malgré les divergences idéologiques que nous pourrions avoir ici et là.
Pour la majeure parti, ce sont des ouvriers qui discutent ces ébauches et débattent de la ligne politique. A eux de faire les expériences nécessaires ouvrant la voie au socialisme scientifique.
Pour les camarades de l’URCF encore septiques, et puisque le secrétariat veut faire référence à Lénine, voilà comment Lénine traitaient cette question, non en petit bourgeois idéaliste mais en stratège, en tacticien de la révolution prolétarienne. Aucun mouvement révolutionnaire ne peut se concevoir comme un événement politique figé, mais comme un instant, ou si l’on préfère comme une étape d’un mouvement parfaitement dialectique …
Que les camarades ouvriers de l’URCF, osent allez jusqu’au bout de cette lecture, si quelques uns fréquentent ce forum comme observateurs. Que la ligne de classe parle. Loin d’être une recette sur la lutte anti-impérialiste, les positions de Lénine, ses mises en garde contre les vues à court terme etc. doivent servir de guide pour la pensée …

« La distinction entre réformiste et révolutionnaires, parmi les social-démocrates, parmi les socialistes en général, devait nécessairement se modifier dans les conditions de la guerre impérialiste. Quiconque se contente d’ « exiger » des gouvernements bourgeois qu’ils signent la paix ou « manifestent la volonté de la paix des peuples », etc., glisse vers le réformisme. Car, objectivement, le probléme de la guerre ne se pose que sur le plan révolutionnaire …
Pour sortir de la guerre et conclure une paix démocratique, non imposée par la violence ; pour affranchir les peuples de la servitude des intérêts, se chiffrant par milliard, à verser à messieurs les capitalistes qui se sont enrichis « du fait de la guerre », il n’est d’autre issue que la révolution prolétarienne. »


« La défense de la collaboration des classes, la répudiation de l'idée de la révolution socialiste et des méthodes révolutionnaires de lutte, l'adaptation au nationalisme bourgeois, l'oubli du caractère historiquement transitoire des frontières de nationalité et de patrie, la valeur de fétiche attribuée à la légalité bourgeoise, la renonciation au point de vue de classe et à la lutte de classe par crainte de s'aliéner « la grande masse de la population » (lire : la petite bourgeoisie), tels sont incontestablement les fondements idéologiques de l'opportunisme ….

La question de la patrie, répondrons nous aux opportunistes, ne peut pas être posée en ignorant le caractère historique concret de la guerre actuelle. C'est une guerre impérialiste, c'est à dire une guerre de l'époque du capitalisme le plus développé, de l'époque de la fin du capitalisme. La classe ouvrière doit d'abord « s'organiser dans le cadre de la nation », dit le « Manifeste communiste », qui indique à quelles conditions et dans quelles limites nous reconnaissons la nationalité et la patrie, comme des formes nécessaires de la société bourgeoise et aussi, par conséquent, de la patrie bourgeoise. Les opportunistes dénaturent cette vérité en prenant ce qui est juste à l'époque de la naissance du capitalisme, et en le rapportant à celle de la fin de ce régime. Or, à propos de cette époque, des tâches du prolétariat dans la lutte pour l'abolition, non pas de la féodalité, mais du capitalisme, le Manifeste communiste déclare nettement et sans ambiguïté : « Les ouvriers n'ont pas de patrie. » On comprend pourquoi les opportunistes craignent de reconnaître cette vérité du socialisme, et même le plus souvent de l'affronter au grand jour. Le mouvement socialiste ne peut pas vaincre dans l'ancien cadre de la patrie. Il crée des formes nouvelles, supérieures, de la société humaine, où les besoins légitimes et les aspirations progressistes des masses laborieuses de toutes les nationalités seront, pour la première fois, satisfaits dans l'unité internationale, les frontières nationales actuelles étant abolies. Aux efforts de la bourgeoisie contemporaine qui cherche à diviser et à désunir les ouvriers en alléguant hypocritement la « défense de la patrie », les ouvriers conscients répondront par des efforts renouvelés un vue d'unir les travailleurs des différentes nations dans la lutte pour renverser le pouvoir de la bourgeoisie de toutes les nations.
La bourgeoisie trompe les masses en dissimulant le brigandage impérialiste sous la vieille idéologie de la « guerre nationale ». Le prolétariat dénonce cette duperie en proclamant le mot d'ordre de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile. C'est précisément ce mot d'ordre qui est indiqué par les résolutions de Stuttgart et de Bâle, qui prévoyaient non pas la guerre en général, mais bien la guerre actuelle, et parlaient non pas de « défendre la patrie », mais de « précipiter la chute de la domination capitaliste », d'utiliser à cette fin la crise suscitée par la guerre, de suivre l'exemple de la Commune. La Commune a été la transformation d'une guerre de peuples en guerre civile.
Une transformation de ce genre n'est évidemment pas facile et ne peut pas s'accomplir « au gré » de tels ou tels partis. Mais elle s'inscrit dans les conditions objectives du capitalisme en général, et de l'époque de la fin du capitalisme en particulier. C'est dans cette direction exclusivement que doit s'orienter l'activité des socialistes. Ne pas voter les crédits militaires, né pas encourager le chauvinisme de « son propre » pays (et des pays qui lui sont alliés), combattre au premier chef le chauvinisme de « sa propre » bourgeoisie …
La guerre n'est pas un accident, … mais une étape inévitable du capitalisme, une forme aussi naturelle de la vie capitaliste que la paix. De nos jours, la guerre est une guerre de peuples. Cette vérité n'implique pas qu'il faille se laisser emporter par le courant « populaire » du chauvinisme, mais elle signifie que les contradictions de classe qui déchirent les peuples persistent et se manifesteront également en temps de guerre, à la guerre dans le cadre de la guerre. …
Dans l'armée aussi, un socialiste a pour devoir d'être le propagandiste de la lutte de classe ; l'action visant à transformer la guerre des peuples en guerre civile est la seule action socialiste à l'époque du conflit impérialiste armé des bourgeoisies de toutes les nations. A bas la niaise sentimentalité des vœux pieux sur « la paix à tout prix » ! Levons le drapeau de la guerre civile !
…»

Lénine, sur les tâches de l’internationnal.
sti
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   Posté le 26-01-2007 à 01:46:09   Voir le profil de sti (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à sti   

Si le coeur vous en dit, voilà l'article d'un social-démocrate du monde diplomatique en 2004 qui apporte un point de vue bien plus intéressant. C'est un comble.


Quand les Etats-Unis et la France s’alliaient à la dictature
Notre ami Saddam
"Tandis que les violences se poursuivent en Irak, le gouvernement provisoire affirme vouloir juger l’ancien dictateur Saddam Hussein pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. Pourtant, le tribunal et les juges, mis en place sous le contrôle étroit des Etats-Unis, ne disposeront que de compétences limitées et ils se garderont d’inculper nombre de complices étrangers. Ils ne pourront pas mettre en cause les capitales, en particulier Washington et Paris, qui, au cours de plus de deux décennies, ont permis au régime baasiste de survivre et d’écraser ses opposants.
Par Michel Despratx et Barry LandoDans un café de l’ancien centre de Bagdad, les clients interrogés sur le procès à venir de l’ancien président Saddam Hussein prennent d’abord un air grave pour rappeler les crimes du dictateur ou la nécessité d’un tel jugement. Puis, au bout de quelques phrases, tout le monde sourit et regarde ailleurs, comme si le procès ne devait rien apporter de sérieux. Tous sont persuadés que les Etats-Unis contrôlent entièrement le tribunal devant lequel va comparaître l’ancien dictateur et qu’aucun étranger n’y sera mis en cause. « Si ce procès a vraiment lieu un jour, et j’en doute, précise un professeur, il ne posera jamais la question des relations de Saddam avec les pays étrangers. » Un ingénieur ajoute : « Cela risquerait de révéler trop d’affaires qui ne sont pas dans l’intérêt de l’Occident. »

Consulté très en amont par le département d’Etat, qui joua un rôle-clé dans la création de ce tribunal, l’expert judiciaire américain Cherif Bassiouni explique : « Tout a été fait pour installer un tribunal dont les juges ne seront pas indépendants, mais, au contraire, strictement contrôlés ; en parlant de contrôle, je veux dire que les organisateurs de ce tribunal doivent s’assurer que les Etats-Unis et les autres puissances occidentales ne seront pas mis en cause. Les statuts mêmes du tribunal feront en sorte que les Etats-Unis et les autres pays soient complètement écartés des accusations. Ce qui fera de ce procès un procès incomplet et injuste. Une vengeance du vainqueur. »

Les organisateurs américains et irakiens du procès ont en effet décidé que le tribunal spécial qui va juger les crimes de M. Saddam Hussein ne pourra accuser de complicité aucun étranger. Or l’histoire de ces quarante dernières années déborde d’exemples où des non-Irakiens, parmi lesquels cinq présidents américains, au moins trois présidents français, plusieurs premiers ministres britanniques et quantité d’entrepreneurs occidentaux ont été les complices, parfois les coauteurs, de crimes commis par le régime baasiste.

C’est sous la présidence de John F. Kennedy que Washington a commencé à soutenir des tueries en Irak. En 1963, inquiets de voir le président Abdel Karim Qassem se rapprocher de Moscou et menacer de nationaliser le pétrole, les Etats-Unis décidèrent d’agir. Le 8 février 1963, ils appuient le coup d’Etat d’un parti politique très anticommuniste, le Baas. Conseiller politique de l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad juste après ce coup d’Etat, M. James Akins confirme : « Nous fournissions aux baasistes de l’argent, beaucoup d’argent, ainsi que de l’équipement. Cela ne se disait pas ouvertement, mais beaucoup parmi nous le savaient. »

Après avoir fusillé le président Qassem, les baasistes ont torturé et tué des milliers de communistes et de sympathisants de la gauche : médecins, magistrats, ouvriers. « Nous n’avions reçu qu’un seul ordre : exterminer les communistes ! », déclare un des auteurs de ce massacre, aujourd’hui directeur d’une école primaire à Bagdad, M. Abdallah Hatef. « Le jeune Saddam Hussein était très motivé. Il s’occupait de torturer les ouvriers, ce qui consistait à gonfler les hommes avec de l’eau, à leur briser les os, ou bien à les “électrifier”. » Washington l’a toujours nié, mais plusieurs organisateurs du coup d’Etat ont révélé que la CIA a joué un rôle actif dans la tuerie, notamment en fournissant des listes de communistes. En 2003, un ancien responsable de la diplomatie américaine interrogé par une agence de presse a, avant de répondre, requis l’anonymat : « Nous étions franchement heureux d’être débarrassés des communistes ! Vous pensez qu’ils méritaient une justice plus équitable ? Vous plaisantez. L’affaire était bien trop sérieuse (1) ! »

Jusque-là inédit, le compte rendu d’une réunion tenue à Bagdad le 9 juin 1963 (2) entre les Américains et les baasistes confirme la volonté « commune d’endiguer le communisme dans la région ». L’ennemi visé comprenait aussi les Kurdes résistant au pouvoir baasiste dans le nord du pays. A Bagdad, M. Subhi Abdelhamid (3), qui, à l’époque, commandait les opérations de l’armée irakienne contre les Kurdes, a confirmé qu’il avait personnellement négocié avec l’attaché américain la livraison de cinq mille bombes afin de briser la résistance. « Puis les Américains nous ont offert, sans facture à payer, mille bombes au napalm pour bombarder les villages kurdes. » D’après les Kurdes qui ont vécu ces bombardements, le napalm a brûlé des troupeaux et des villages entiers. Mais, à l’époque, ils imaginaient que ce napalm avait été fourni par les Soviétiques.

1980 - Guerre contre l’Iran
A son procès, M. Saddam Hussein sera accusé d’avoir entrepris, en septembre 1980, une guerre contre l’Iran, qui a coûté la vie à un million d’hommes et de femmes. Cependant, plusieurs témoins affirment que Washington l’a encouragé à déclencher ce conflit. L’Occident avait tout à gagner à le voir attaquer la très menaçante révolution islamique de l’ayatollah Khomeyni. Un document gouvernemental américain top secret, daté de 1984, révèle : « Le président Carter a fait passer à Saddam Hussein un feu vert pour déclencher la guerre contre l’Iran (4). »

Ayant donné ce feu vert, les Etats-Unis ont-ils aussi participé au plan de bataille contre l’Iran ? C’est ce qu’affirme le président iranien d’alors, M. Abolhassan Bani Sadr. Ses services secrets avaient acheté une copie de ce plan, rédigé, selon ses sources, dans un hôtel parisien par des Irakiens et des Américains. « Ce qui me permet d’affirmer qu’il était authentique, c’est que la guerre irakienne a été menée exactement d’après ce plan de bataille ! C’est parce que nous avions ce plan que nous avons pu tenir tête aux attaques irakiennes (5). »

Officiellement, Washington était neutre dans le conflit Iran-Irak. Une commission d’enquête américaine a toutefois révélé que la Maison Blanche et la CIA ont secrètement fait passer à M. Saddam Hussein toutes sortes d’armes, dont des bombes à fragmentation. Leurs informations satellites ont permis de mieux cibler les troupes iraniennes, alors que Washington connaissait l’utilisation d’armes chimiques par les troupes irakiennes. D’après M. Rick Francona, officier du renseignement militaire américain, qui, en 1988, apportait à Bagdad des listes de cibles iraniennes à bombarder, ce sont ces informations qui ont offert à l’Irak la victoire finale sur l’Iran.

1988 - Gazage à Halabja
Un des crimes dont M. Hussein devra répondre devant le tribunal spécial est le gazage, en 1988, de cinq mille civils du village kurde de Halabja. Bagdad les accusait d’avoir collaboré avec les Iraniens. A l’époque, les Etats-Unis et la France avaient tout fait pour empêcher que M. Saddam Hussein soit condamné pour ce crime. Non seulement le président Ronald Reagan a mis son veto à une loi destinée à bloquer le commerce américain avec l’Irak, mais Washington a envoyé un télex à ses différentes ambassades dans le monde leur demandant d’affirmer que les Kurdes de Halabja avaient été gazés par... les Iraniens.

La France aussi a « oublié » de condamner M. Saddam Hussein. Le lendemain du drame, le gouvernement de M. Michel Rocard publiait un communiqué dénonçant les attaques chimiques « d’où qu’elles viennent », mais sans jamais citer le président irakien. M. Roland Dumas, alors ministre des affaires étrangères, explique : « C’est vrai que l’Occident fermait un petit peu les yeux, parce que l’Irak était un pays que nous jugions nécessaire à l’équilibre des lieux. » Quant à M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de la défense à l’époque, il nous a déclaré : « Si on veut juger l’affaire de Halabja dans son ensemble, il faut revenir à l’importance décisive de cette région dans l’approvisionnement pétrolier du monde : qui tient cette région tient l’équilibre financier de la planète. Alors, on n’a jamais le choix entre le bien et le mal : on a le choix entre ce qui est horrible et ce qui est affreux. » Au-delà de ses besoins en pétrole, la France était aussi le premier fournisseur militaire de l’Irak.

A Paris, l’homme qui dirigeait la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) en 1981, M. Pierre Marion, s’inquiétait du soutien militaire de la France de François Mitterrand à M. Saddam Hussein. Il affirme aujourd’hui que ce soutien était alimenté par les marchands d’armes, qui avaient tout avantage à entretenir la guerre Iran-Irak. « Dassault, nous dit M. Marion, est le vendeur d’armes qui a le plus profité de cette guerre, et qui a le plus poussé. Il avait des moyens de pression extrêmement énergiques et puissants sur tous les dirigeants français. » En 1992, une petite association européenne, Juristes contre la raison d’Etat, assigna en justice les vendeurs d’armes français Dassault, Thomson et Aérospatiale. Les tribunaux parisiens ont alors abouti à la conclusion que, en vendant des armes à un pays qui les utilisait pour bombarder des civils, ces sociétés françaises s’exposaient au risque de devoir, un jour, rendre des comptes à la justice.

Ce n’est plus un secret : M. Saddam Hussein n’aurait jamais pu attaquer ses voisins ni commettre ses crimes sans l’aide des entreprises et des gouvernements occidentaux. Les gaz mortels venaient d’Allemagne, des usines de fabrication irakiennes étaient équipées par la France et les Etats-Unis. La liste exhaustive de ces entreprises complices n’a pas encore été révélée. En décembre 2002, la CIA s’est emparée en pleine nuit d’un rapport de 12 000 pages sur l’armement de M. Saddam Hussein remis aux Nations unies. Elle l’a rendu 48 heures plus tard avec une centaine de pages manquantes. Une fuite gouvernementale a permis à M. Gary Milhollin, expert américain en marchés d’armement, de récupérer les pages enlevées. Nous avons pu les consulter : elles révèlent que le Laboratoire Pasteur a vendu à l’Irak des germes biologiques, que l’entreprise alsacienne Protec a équipé une usine de gaz de combat à Samarra, ou encore que la firme américaine Bechtel, qui finance les campagnes électorales de la famille Bush, a fourni à l’Irak une usine chimique. D’autres documents qui pourraient impliquer des sociétés occidentales dorment encore au siège new-yorkais des Nations unies, où sont rangés les dossiers des inspecteurs de l’ONU en Irak. « J’ai discuté avec des fonctionnaires de l’ONU à New York, et ils m’ont assuré que ces informations doivent demeurer confidentielles », regrette M. Milhollin.
"
[...]
Melestam
6ème classique unanimement reconnu.
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Melestam
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   Posté le 26-01-2007 à 21:39:04   Voir le profil de Melestam (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Melestam   




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"Le boukharinisme est ainsi en définitive une thèse niant la négation de la négation."
gorki
Les ouvriers n'ont pas de patrie
Grand classique (ou très bavard)
gorki
835 messages postés
   Posté le 12-02-2007 à 11:13:37   Voir le profil de gorki (Offline)   Répondre à ce message   http://ouvrier.communiste.free.fr/   Envoyer un message privé à gorki   

De la mëme eau nauséabonde lu en couverture du Bulletin du CEL "communistes en lutte" N° 39 (membre eu aussi du CNU), nous y voyons une photo grand format de SADDAM HUSSEIN avec cette légende:

LA RESISTANCE ANTI-IMPERIALISTE IRAKIENNE VAINCRA! NOUS AVONS LE DEVOIR DE LA SOUTENIR PAR TOUS LES MOYENS.

SADDAM HUSSEIN EST MORT DIGNEMENT EN COMBATTANT, SYMBOLE DE LA RESISTANCE ANTI-IMPERIALISTE DU PEUPLE IRAKIEN, A CE TITRE ET EN TANT QUE COMMUNISTE, NOUS LUI RENDONS HOMMAGE.

Surement encore de la tactique qui sert la stratégie , ou qui camoufle beaucoup de relents social-chauvin? les deux en fait.


« La distinction entre réformiste et révolutionnaires, parmi les social-démocrates, parmi les socialistes en général, devait nécessairement se modifier dans les conditions de la guerre impérialiste. Quiconque se contente d’ « exiger » des gouvernements bourgeois qu’ils signent la paix ou « manifestent la volonté de la paix des peuples », etc., glisse vers le réformisme. Car, objectivement, le probléme de la guerre ne se pose que sur le plan révolutionnaire …
Pour sortir de la guerre et conclure une paix démocratique, non imposée par la violence ; pour affranchir les peuples de la servitude des intérêts, se chiffrant par milliard, à verser à messieurs les capitalistes qui se sont enrichis « du fait de la guerre », il n’est d’autre issue que la révolution prolétarienne. . . . La défense de la collaboration des classes, la répudiation de l'idée de la révolution socialiste et des méthodes révolutionnaires de lutte, l'adaptation au nationalisme bourgeois, l'oubli du caractère historiquement transitoire des frontières de nationalité et de patrie, la valeur de fétiche attribuée à la légalité bourgeoise, la renonciation au point de vue de classe et à la lutte de classe par crainte de s'aliéner « la grande masse de la population » (lire : la petite bourgeoisie), tels sont incontestablement les fondements idéologiques de l'opportunisme. Lénine


voila ce qui méritait d'être répété Gorki

Message édité le 12-02-2007 à 11:24:06 par gorki


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L'émancipation des ouvriers sera l'œuvre des ouvriers eux-mêmes
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