| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 25-07-2015 à 16:39:43
| | LE PEUPLE GREC A LA CROISEE DES CHEMINS IMPASSE REFORMISTE ou VOIE REVOLUTIONNAIRE A linitiative du « mouvement social grec »[1], des manifestations se sont déroulées en France et dans toute lEurope afin de « soutenir le peuple grec » au moment où Syriza négocie une nouvelle fois le paiement de sa dette avec lUnion Européenne. Dans ces manifestations et les dernières positions publiques deux lignes se sont manifestées : celle qui tend à soutenir linitiative de Syriza qui tend à négocier le prix de la dette, son échéance, celle qui soutient laction des communistes grecs et qui dénonce laction du gouvernement, réclamant le non-paiement de la dette par le peuple. Les organisateurs veulent sen tenir à la question de la « solidarité avec le peuple grec. Pourtant, au sein de ces rassemblements, la discussion est engagée autour de la lutte des classes aigue qui traverse la Grèce. Soutenir le peuple ne veut rien dire en tant que tel. Derrière ce simple soutien au peuple, le mouvement de solidarité soutient en réalité la politique de Syriza. Il faut clarifier, quelle classe sociale, quel parti politique soutenons-nous en Grèce ? Il est clair que nous ne soutenons pas les capitalistes grecs et les différents partis politiques qui les représentent. Mais cela ne suffit pas. Les communistes sont internationalistes. Ils soutiennent les travailleurs grecs qui refusent laustérité, mettent en avant la perspective du socialisme. De même, la crise qui secoue la Grèce nest pas un phénomène isolé mais généralisé. Lensemble du monde capitaliste est touché par la crise, à divers degrés. La situation politique grecque a donc une portée internationale. Comme les Grecs, nous nous posons la question en France de savoir ce quil faut faire pour contrer laustérité imposée par les gouvernements de droite comme de gauche. Ainsi, pour développer des solutions à nos situations, nous ne devons pas hésiter à tirer des enseignements politiques de ce quil se passe en Grèce. Nous devons nous « nourrir » de lexpérience du mouvement ouvrier international pour lutte contre la classe bourgeoise. Cest en cela que vit linternationalisme prolétarien : solidarité avec les travailleurs du monde entier, et enseignements/bilan des luttes du mouvement ouvrier international. Disons-le clairement, la situation en Grèce avec larrivée au pouvoir de Syriza est un moment important pour le développement de la conscience politique du mouvement ouvrier des pays impérialistes. Il y a actuellement deux façons de répondre à la crise internationale du système capitaliste : La façon des réformistes : le système changera par réformes graduelles en arrivant au pouvoir par les élections. Les réformistes axent tout leur programme sur la redistribution des richesses sans toucher à la propriété capitaliste des moyens de production. En Europe, cette façon de voir sexprime, chacun dans leur contexte national par Syriza en Grèce, Podemos en Espagne, le Front de Gauche en France. La façon des révolutionnaire, des communistes : il faut changer de système. La réforme est possible avec un rapport de force de classe mais nest pas un but en soi, peut toujours être remise en cause sous le capitalisme. Il faut donc abattre le capitalisme, transformer la propriété privée en propriété du peuple travailleur (propriété sociale). Les communistes veulent construire une société socialiste. Jusquà présent, la lutte dans le mouvement ouvrier entre réformistes et communistes se faisait sur la base darguments idéologiques, théoriques ou historiques. Maintenant, nous sommes à un tournant. Les faits concrets, pratiques, sont en train de montrer en Grèce léchec du réformisme. Syriza ne tient pas parole, reste enfermé dans la dictature du capital et plie face aux exigences des bourgeoisies européennes. Les propositions de Tsipras aux créanciers le prouvent. Surtout, Syriza na pas touché à la cause des inégalités en Grèce. En conséquence, le peuple et plus particulièrement la classe ouvrière continuent de subir la crise du capitalisme et payent la dette de la Grèce. Mais quelle est lorigine de la dette ? Qui a endetté la Grèce ? Qui en profite ? LUE, ce cartel dimpérialistes et le gouvernement grec Syriza font payer la dette au prolétariat grec. Les communistes ne doivent pas se tromper : les travailleurs ne sont pas responsables de la dette. Ils produisent de la richesse, ce ne sont pas des feignants. Daprès lOCDE, les Grecs travaillaient en moyenne 42 h par semaine alors que la moyenne de lUnion Européenne est de 37 heures par semaines. Et les impérialistes en complicité avec Syriza veulent dégrader toujours plus les conditions de vie du peuple. Les communistes en France ne peuvent soutenir que les forces qui défendent le non-remboursement de la dette par le peuple. Lancien président du Burkina Faso, Thomas Sankara, assassiné par limpérialisme mettait en garde ainsi son peuple : «La dette ne peut pas être remboursée parce que si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre, si nous payons, cest nous qui allons mourir. Soyons en sûrs également.» Soyons-en sûr en effet , sans le rejet de la dette et la rupture avec le capitalisme, les travailleurs sont condamnés à verser leurs forces et leur sang pour créer des richesses dont ils ne profiteront pas, dont ils seront dépouillés par limpérialisme et la bourgeoisie grecque. Nous voyons bien tous que la volonté de réforme ne suffit pas concrètement à changer la situation. Il est impossible daménager le système capitaliste, le système capitaliste ne se change pas. Il reste toujours inégalitaire car la cause de linégalité entre une minorité dexploiteurs qui possède et une majorité dexploités qui produit est préservée par le réformisme. Il faut tirer les enseignements de cette expérience grecque. Pour changer sa situation, pour mettre fin à laustérité qui est la tâche immédiate de la classe ouvrière européenne, il est nécessaire de renverser le capitalisme et dinstaurer le socialisme. Il ny a pas dautre voie. Il ne suffit pas de contester le capital, dêtre contestataire, il faut aussi proposer des perspectives anticapitalistes. Léchec de Syriza et la capitulation de Tsipras devant les diktats du capital financier international est la démonstration concrète de lutopie des théories et des politiques réformistes, y compris celles du réformisme dit « radical ». De ce point de vue, lopposition dune partie de Syriza au plan daustérité signé par Tsipras et voté par le parlement sera vaine si ses membres ne rejoignent pas les forces anticapitalistes engagées dans la rue. Même si les conditions nen sont pas toutes réunies aujourdhui, la révolution est la question posée et à résoudre. Aujourdhui les communistes qui partagent cette analyse doivent agir pour expliquer et défendre la voie révolutionnaire en Grèce contre les utopies réformistes et opportunistes. Et ce combat en France ne peut que favoriser lémergence dun véritable parti communiste dont le prolétariat a besoin pour lui aussi sengager dans la voie révolutionnaire. ROCML JUILLET 2015
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
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