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 LES "RÉVOLUTIONS" DU XXe SIÈCLE

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robertbibeau
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   Posté le 04-06-2015 à 15:28:08   Voir le profil de robertbibeau (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à robertbibeau   

Chapitre 1 LES "RÉVOLUTIONS" DU XXe SIÈCLE *


Le XXe siècle a débuté par une guerre mondiale suivit d'une révolution continentale et il s'est terminé par une flopée de guerres locales suivit par une période de réaction mondiale. Comment et pourquoi ?


1) Il n’y a jamais eu de révolution socialiste et encore moins de révolution communiste victorieuse sur cette terre de misère. Dans la mesure où les marxistes sont concernés, une révolution est un mouvement social par lequel un mode de production est renversé, et remplacé par un nouveau pouvoir, une nouvelle classe sociale dominante et un nouveau mode de production dominant.

2) Ainsi, le "Printemps arabe" n'a jamais constitué une Révolution. Ce fut plutôt une série d'insurrections visant à secouer le joug d'une fraction de la classe capitaliste arabe afin d'exiger qu'elle prenne en compte les souffrances et les besoins des populations nationales paupérisées dans les différents pays ébranlés par ces soulèvements populistes. On sait aujourd'hui qu'une faction nationaliste bourgeoise, regroupée sous l'égide des "Frères musulmans", a tenté de diriger ces soulèvements et de se poser en alternative aux capitalistes compradores défaitistes qui dirigeaient les différents pays arabes en panade. Dans la plupart des cas les Frères musulmans ont échoué devant la résistance concertée des factions déjà en place soutenu par les puissances impérialistes "démocratiques et libératrices" (sic).

3) Dans le cas de la révolution prolétarienne à venir, l'objectif sera de renverser le pouvoir bourgeois, donc l'État bourgeois, de renverser le mode de production capitaliste (MPC) et de lui substituer la dictature du prolétariat (pas la dictature d'un parti, mais celle de la classe prolétarienne) et d'imposer le système socialiste, phase transitoire dans la construction du mode de production communiste.

4) Au cours du XXe siècle, les tentatives de "Révolution socialiste" ont toutes échoué et servent aujourd'hui de repoussoir dans le cadre de la propagande bourgeoise, cette classe décadente très inquiète de voir les ouvriers chercher une alternative communiste à leur misère et à leur colère. Misère profonde apportée par la crise économique systémique du mode de production capitaliste et qui ne fait que commencer, même dans les pays capitalistes avancés.

5) La première révolution - non pas socialiste ni communiste - mais la première révolution prolétarienne mondiale victorieuse est à venir. Nous l'espérons encore et ce pourrait être la surprise du XXIe siècle. Une surprise tant attendue par la classe prolétarienne au grand dam de la classe capitaliste moribonde et décadente.

6) Ce ne sont jamais les communistes qui déclenchent les insurrections populaires et encore moins les révolutions prolétariennes. Une insurrection prolétarienne est déclenchée par la classe prolétarienne et nulle autre classe ou fraction de classe. Les communistes l’assistent – l’accompagnent – tentent de l’orienter dans un sens révolutionnaire (tenteront dans le futur devrions-nous écrire puisqu’il n’y a jamais eu à ce jour une telle révolution prolétarienne victorieuse à long terme).

7) Une révolution prolétarienne exige l'existence d'une classe prolétarienne nombreuse, moderne – salariée dans des usines de pointe hautement sophistiquées – numérisées – mécanisées – robotisées – efficaces – efficientes – productives – fordiste et tayloriste – à la chaîne, aux cadences infernales, sous la gouvernance totalitaire des capitalistes, dirigés à la baguette par l'État "totalitaire" des riches déjantés. Les masses paysannes, les conglomérats de petits bourgeois frustrés, paupérisés, hargneux ne sont pas le bois dont on chauffe les révolutions prolétariennes. Il faut se méfier de ces classes et aviser la classe prolétarienne des tendances réformistes et conciliatrices de ces fractions de classe conspirationnistes et anarchisantes.

8) Un tel prolétariat s'échinant dans une telle économie industrielle et financière moderne, globalisée et mondialisée, n’existaient pas en Russie en 1917, ni en Chine (1949), ni en Corée (1950), ni à Cuba (1959) ni au Vietnam (1973), ni dans aucun autre pays, ni sous aucun autre soulèvement s'affublant du titre de "Révolution socialiste".

9) D’ailleurs, la plupart des révolutions ont été qualifiées de Révolution démocratique populaire – ou de lutte de Libération nationale anticolonialiste et anti-impérialiste ce qui était des appellations appropriées dans la plupart des cas étudiés.

10) Une Révolution démocratique populaire marque l’étape de la Révolution nationale bourgeoise capitaliste (il en est de même des luttes de libération nationaliste anticoloniales et anti-impérialistes). Ces "révolutions" ne visaient pas à renverser un mode de production capitaliste caduque pour le remplacer par le système socialiste (en marche vers le mode de production communiste). Ces "révolutions nationalistes" ont toutes marqué l'étape historique où certaines bourgeoisies nationales ont remis en cause les liens économiques et politiques coloniaux soient dans des colonies de peuplement comme en Algérie, en Israël, au Canada, en Australie, en Argentine, au Venezuela, en Afrique du Sud, etc.; ou alors dans des colonies d’exploitation comme au Congo, à Cuba, au Sénégal, en Libye, en Syrie, en Afghanistan, au Cambodge, aux Philippines etc.. Les capitalistes nationaux assujettis, attachés par des liens financiers à une ou à plusieurs puissances coloniales dominatrices, se sont révoltés et ont exigé l'établissement de nouveaux rapports de production où ils auraient la part plus belle dans le partage des richesses spoliées.

11) Partout où elles ont eu lieu, ces Révolutions démocratiques populaires (populistes) étaient des révolutions bourgeoises, paysannes, parfois antiféodales, souvent anticoloniales, mais jamais prolétariennes. Dans tous ces pays, sans exception aucune, la classe prolétarienne révolutionnaire n’existait pas en tant que classe "en soi" et en tant que classe "pour soi" (cherchant la conquête du pouvoir de classe sur l’ensemble de la société et surtout sur l’appareil d’État bourgeois). Ou alors, la classe prolétarienne existait "en soi", et menait des luttes de résistance sur le front économique de la lutte de classe, mais elle s'échinait dans un état larvaire faible et minoritaire, sans grande expérience historique de lutte de classe mortelle, acharnée, et elle ne possédait pas une vision ne serait-ce qu’embryonnaire de sa mission historique dont l’objectif est de créer une société entièrement nouvelle fondée sur le mode de production communiste.

12) Ces Révolutions démocratiques populaires (populistes) ne visaient pas à rompre totalement les liens économiques – politiques qui reliaient ces colonies, ou quasi-colonies, à leur “mère patrie” (dans le cas des colonies de peuplement); ou alors les reliant par de multiples liens à l’empire colonial occidental. Ces Révolutions démocratiques bourgeoises – même quand elles étaient dirigées par des partis se proclamant “Communistes”, "Socialistes", “Rouges” ou “Révolutionnaires”, cherchaient à redéfinir les relations économiques et politiques que la bourgeoisie nationale du pays révolté entretenait avec la bourgeoisie impérialiste hégémonique des pays dominants regroupés en une alliance impérialiste ou une autre.

13) Dans la plupart des pays colonisés, la bourgeoisie nationale s’est enveloppée dans l’effigie du socialisme ou du communisme qu’elle a amalgamée à ses propres idées nationalistes et chauvines afin d'embrigader le peuple – comprenant la classe ouvrière (souvent larvaire) – afin d’utiliser cette chair à canon nationale, cette force militante enrégimentée et formatée, dans la défense des intérêts de classe de l'un ou de l'autre des clans bourgeois en guerre "patriotique". Leur guerre de libération nationale ne visait qu'à imposer une clique nationale ou une autre comme bénéficiaire, ou à tout le moins comme intermédiaire dans l’exploitation impérialiste mondialisée des travailleurs – paysans – ouvriers – petits commerçants – et petits bourgeois nationaux.

14) Dans certains cas particuliers comme en Russie (1917), en Albanie (1945), en Chine (1949), en Corée (1950), au Vietnam (1973) les forces communistes (ce ne fut pas le cas à Cuba où Castro devient "communiste" seulement après le refus américain de transiger avec lui) ont pris la direction de l’insurrection populaire-populiste qui ne pouvait être des insurrections prolétariennes puisque le prolétariat de ces pays était faible, fortement minoritaire, inexpérimenté et aliéné, absolument pas galvanisée en faveur de la lutte de classe "pour-soi" en vue de la conquête du pouvoir d'État et l'édification d'une société communiste internationaliste. En usurpant la direction de classe de la révolution – à son corps défendant il faut l'admettre –, le Parti bolchevique par exemple, a été contraint de poursuivre cette usurpation et de se substituer aux soviets des paysans, ouvriers et soldats – et de prendre la gouvernance de l'appareil d’État qui ne pouvait qu'être capitaliste, car on ne peut faire l'économie d'un mode de production et enjamber une étape dans l'évolution économique et sociale, bondissant de la féodalité au communisme sans passer par le capitalisme productiviste. Les Partis communistes bolchevique, puis albanais, puis Chinois, puis Vietnamien, puis Coréen se sont retrouvés dans la position de devoir construire l'économie capitaliste industrielle, mécanisée, productiviste, et plus tard robotisée, numérisée et hautement scientifique, afin de constituer les forces productives et créer les assisses matérielles, industrielles, commerciales, communicationnelles capitalistes. La révolution prolétarienne mondiale exige l'existence d'un prolétariat mondial moderne et cette classe ne peut fleurir que sous le joug de la bourgeoisie et sous le mode de production capitaliste et sous les rapports de production capitaliste comprenant la propriété privée ou étatique bourgeoise des moyens de production. Les partis communistes au pouvoir (y compris ceux des pays du Comecon dans l'Europe de l'Est), en avance sur les conditions objectives de la révolution prolétarienne, ont construit les assises économiques et politiques capitalistes de la révolution prolétarienne mondiale dans chacun de leur pays respectif.

15) Il en fut ainsi en URSS (1921 la NEP, puis, plus tard, l'annihilation des soviets), en Albanie en 1945, en Chine en 1949, en Corée en 1950, à Cuba en 1959, au Vietnam en 1960-1973, etc.. En URSS, en Albanie, en Chine, à Cuba, en Corée, au Vietnam, au Cambodge et ailleurs des communistes "rouges" (véritables ou autoproclamés) se trouvèrent à suppléer la faiblesse organisationnelle et structurelle de leur classe bourgeoise nationale aliénée et à ordonnancer l’édification du mode de production capitaliste nécessaire et incontournable dans chacun de leur État-nation respectif (concept typiquement bourgeois et capitaliste) créant ainsi matériellement et concrètement les conditions de la révolution prolétarienne à venir.

16) La Seconde Guerre mondiale, que les “camarades” soviétiques ont très justement désignée sous le nom de Grande Guerre Patriotique multinationale dans ce mélodrame palliatif-capitaliste pour ériger le mode de production capitaliste en pays "socialiste" mérite un examen attentif, ce que nous ferons dans un prochain article. Cette guerre impérialiste mondiale galvaudée, trafiquée, dénaturée mérite une mise au point spécifique. Cette seconde guerre inter-clans impérialistes révèle le mûrissement des conditions objectives de la révolution prolétarienne à venir en même temps qu'elle recèle le dépérissement des conditions subjectives de cette révolution mondiale. Elle marque l'inversion des conditions de la révolution mondiale entre 1914-1918 et 1939-1945.

17) Aucune révolution prolétarienne mondiale ne fut victorieuse sur cette terre de misère et surtout pas au Cambodge, cimetière que des bouchers “rouges” ont marqué du sceau de la barbarie. Nous réfutons toute association avec ces assassins qui, comme un camarade l'a souligné, pour la plupart ne se réclamaient même pas du communisme contrairement aux rumeurs que répand la propagande bourgeoise (1).

18) La Révolution prolétarienne mondiale est à venir. La bourgeoisie mondiale, sur cette question comme sur d'autres, ment effrontément et sa propagande vise à tout confondre. L'ère des révolutions prolétariennes n'est pas derrière nous. C'est à peine si nous avons connu quelques échauffourées qui ont toutes échouées, mais qui étaient toutes nécessaires, l'histoire enseigne par l'exemple et le contre exemple. Le présent état de développement du mode de production capitaliste, de ses forces productives, de ses moyens de production, de distribution et de communication, dans un contexte inéluctable d’intensification et d’approfondissement de la crise économique systémique du capitalisme laisse présager une première secousse sismique de classe qui ébranlera les piliers du temple impérialiste mondial. Le Premier Mai de cette année fut un moment d'affrontement entre réformistes et révolutionnaires pour influencer les forces prolétariennes qui se gorgent de colère avant d'exploser (2).


(1) http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/cambodge-et-khmers-rouges-le/
(2) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/premier-mai-fete-internationale-de-166851

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Chapitre 2 DE LA RÉVOLUTION D'OCTOBRE À LA SECONDE GUERRE MONDIALE **


1) Les instances idéologique et politique ne sont jamais les instances dominantes de la lutte de classe. Toutefois, en situation insurrectionnelle ces instances peuvent devenir déterminantes. C'est l'instance économique de la lutte de classe entre le capital et le travail, entre la bourgeoisie et le prolétariat, qui est dominante. Toute analyse concrète d'une situation concrète doit donc commencer par l'analyse du contexte économique de la lutte.

2) Toute organisation prolétarienne évolue en fonction des balises imposées par la progression de la lutte de classe, d'abord sur le front économique, et ensuite, sur les fronts politique et idéologique. Aucune organisation politique ne maîtrise le mouvement prolétarien spontané et une organisation révolutionnaire doit s'ajuster aux flux et aux reflux du mouvement révolutionnaire mécanique. C'est cette incapacité de compréhension et d'ajustement qui explique l'anémie - l'isolement - le sectarisme et le dogmatisme du mouvement de la gauche communiste mondial face aux exigences de la phase prérévolutionnaire.

3) Après la défaite de la Révolution russe la "bolchevisation" des organisations communistes et de l'International communiste, s'imposa spontanément au mouvement comme l'acceptation de cette défaite. La "bolchevisation" des organisations ne constitua pas le motif de la défaite de la révolution en Russie et dans plusieurs autres pays. La "bolchevisation" fut la résultante du dépérissement de la vague insurrectionnelle spontanée et du cul-de-sac révolutionnaire dans lequel les prolétaires d'Europe et de Chine furent contraints.

4) Pour comprendre la voie empruntée par le Parti bolchevique, par l'Internationale communiste, et par les partis communistes nationaux, il faut analyser les transformations amorcées dans l'instance économique de la lutte de classe pendant la Grande Guerre. Ainsi, un pays féodal arriéré sur le plan économique, industriel, commercial, financier, et surtout du point de vue du développement des forces productives sociales (paysannes et artisanales), ne peut en aucun cas donner naissance à un État, à une société socialiste, en marche vers le mode de production communiste. Ceci est encore plus vrai si cette société arriérée est isolée et assiégée par des pays capitalistes agressifs et interventionnistes.

5) De ces axiomes, il découle que la prise de pouvoir par le Parti bolchevique en Russie, puis la campagne de conquête des territoires de toutes les Russies par l'Armée Rouge furent les erreurs fondamentales qui enclenchèrent la dégénérescence du mouvement révolutionnaire bolchevique. Si la construction d'une société socialiste, puis du mode de production communiste, avait été possible en URSS, en 1917, le "stalinisme" comme d'aucuns l'appellent, et toutes les autres variantes d'opportunisme et de réformisme auraient été écartées par le prolétariat révolutionnaire. Mais justement, le prolétariat russe étant minoritaire (7 millions d'individus tout au plus), alors que les masses paysannes étaient majoritaires (plus de 35 millions de moujiks, semi-esclaves, et analphabètes, travaillant le sol à l'araire) dans un pays pas encore sorti du féodalisme et dirigé par un monarque despotique. Les autres États et territoires regroupés autour de la fédération de toutes les Russies soviétiques étaient dans un état d'arriération économique et de déprédation sociale encore plus profond. Dans nombre de ces pays féodaux le prolétariat n'existait pas. Les conditions objectives de la révolution prolétarienne retardaient sur les conditions subjectives idéologiques et politiques. La volonté révolutionnaire du Parti bolchevique et de Lénine ne pouvait combler ce retard économique.

6) À l'exception de quelques rares courants communistes de gauche, la plupart des courants politiques d'opposition ne surent observer l'impasse dans laquelle s'engageait la révolution bolchevique en direction de la création d'un puissant État capitaliste monopoliste bureaucratique visant à faire franchir à la fédération de toutes les Russies le passage obligé vers le mode de production capitaliste monopoliste nécessaire. Les multiples oppositions gauchistes et droitistes suggérèrent que seule la direction révolutionnaire était erronée et qu'elle pouvait être rectifiée. Elles ont suggéré qu'une pléthore de décisions était fautive et qu'un solide coup d'étrier organisationnel suffirait à redresser la barre du bateau ivre de l'empire soviétique à construire.

7) Ce fut l'erreur de Trotski notamment qui proposa sa propre ligne opportuniste en lieu et place de celle de Staline. Même attitude de la part de Zinoviev, Kamenev, Piatakov, Radek, Rykov, Boukharine et de toutes les autres oppositions. Le "stalinisme", pour user de l'expression utiliser par ces opposants, fut la réponse opportuniste d'une révolution piégée par une économie et une société archi arriérée par rapport aux nécessités d'une révolution prolétarienne communiste.

8) De fait, user de l'expression "Stalinisme" révèle une déviation idéaliste dans l'analyse matérialiste dialectique de la situation économique, politique et sociale de la Russie soviétique. L'histoire de l'humanité n'est pas l'histoire des grands hommes. L'histoire de l'humanité est l'histoire des masses populaires organisées et agissantes en classes sociales. Le soi-disant "Stalinisme" fut la réponse du mode de production, des rapports de production, et des classes sociales (massivement paysannes et analphabètes) de toutes les Russies incapables d'accoucher du mode de production communiste alors qu'elles n'avaient pas encore connu le capitalisme monopoliste productiviste débridé et décadent. Il n'y a pas eu de révisionnisme stalinien. Il y eut un révisionnisme bolchevique (que Staline a concrétisé et quand Khrouchtchev déboulonna Staline le révisionnisme bolchevique demeura en place jusqu'à son effondrement sous sa forme totalitaire en 1991 - ayant accompli sa mission historique. La révolution prolétarienne est aujourd'hui à l'ordre du jour en Russie impérialiste.

9) Nonobstant les courants sectaires et dogmatiques, accordons au Parti bolchevique et à Staline le mérite d'avoir réussi mieux que quiconque à diriger l'empire de toutes les Russies féodales dans la construction d'un capitalisme monopoliste d'État totalitaire puissant. En vingt ans à peine, cette nouvelle puissance impérialiste a été capable d'affronter et d'écraser une puissance impérialiste mondiale de premier plan, l'Allemagne. Imaginer ce qu'il en aurait été si le Tsar et sa cour féodale avaient repris le pouvoir. Imaginer les détachements de cavalerie et leurs piétailles se fracassant sur les panzers divisions nazies. Car l'Allemagne aurait attaqué et occupé la Russie et ses dépendances sous gouvernance tsariste tout aussi sûrement qu'elle le firent des Russies soviétiques. Car l'impérialisme allemand aurait eu tout autant besoin du blé d'Ukraine, du pétrole de Bakou, des minerais de l'Oural et des esclaves salariés des Russies tsaristes que des ressources des Russies soviétiques.

10) La Révolution prolétarienne n'a pas été trahie Monsieur Trotski, elle s'est enlisée, car elle était paralysée dans cet étroit économique féodal, isolé et assiégé. La Révolution d'Octobre devançait l'histoire qui avançait à reculons. Les conditions subjectives devançaient les conditions objectives. L'inverse de ce que l'on observe un siècle plus tard en Amérique, en Europe, en Chine impérialistes. Comment et pourquoi cette inversion ? C'est avant et pendant la Seconde Guerre mondiale que s'amorça ce virage, cette liquidation des conditions de la Révolution prolétarienne internationale.




11) Le Parti bolchevique, à travers le contrôle légal qu'il exerçait sur l'appareil d'État soviétique devint le principal véhicule d'ascension sociale et d'édification de la classe bourgeoise bureaucratique totalitaire de toutes les Russies. C'est à travers le Parti, et à travers l'État contrôlé par le Parti, que s'édifia la superstructure de classe bourgeoise indispensable à la construction du mode de production et d'échange capitaliste (MPC), en même temps que cette édification créait les bases matérielles nécessaires à cette classe en consolidation. Cette classe affichera ouvertement son pouvoir à différentes étapes du développement historique du capitalisme en URSS. D'abord, lors de l'imposition de la Nouvelle Économie Politique (NEP- 1921), puis au moment de la "désoviétisation" de l'URSS (les Soviets étant transformés en coquilles vides démunies de tout pouvoir). Ensuite, dans la préparation du pays à l'affrontement mondial dont fit partie le processus de "bolchevisation" des organisations communistes nationales et internationales. Ce fut ensuite la révolte de palais organisée par la clique entourant Khrouchtchev, leur porte-parole. Ce "coup d'État", solidement soutenu par la bourgeoisie au sein du Parti, se fit sans que le Parti Communiste (bolchevique) ne bronche. Puis l'aboutissement de cette descente aux enfers marqua la liquidation définitive de l'ordre légal totalitaire "soviétique" orchestré par Gorbatchev, porte-parole des apparatchiks du Parti installés au pouvoir d'État et empressés de s'emparer privément des moyens de production et d'échanges publics. Malgré l'évidence de ces évidences observables pour qui a des yeux pour voir, la "bolchevisation"(qui débuta à la fin des années vingt), et sa chape de plomb eurent raison de toute dissension dans les organisations communistes, même parmi l'Opposition. Plus tard, les maoïstes à Pékin et les "Hodjistes" à Tirana furent incapables de comprendre les fondements profonds de la révolte de palais Khrouchtchévienne et de ses suites jusqu'à la dégénérescence "Gorbatchevienne" qui les emporta eux aussi.

12) Pire, une grande partie des énergies de la Gauche communiste d'opposition, des années vingt jusqu'à nos jours, sont dilapidées à s'entredéchirer et à s'excommunier mutuellement. Pourquoi le prolétariat internationaliste s'arrimerait-il à ces esquifs à la dérive s'écorchant sur des récifs idéologiques fumistes ou utopistes, si éloignés du marxisme dialectique ?

13) La "bolchevisation" du PC(b), de l'Internationale communiste et des partis communistes nationaux fut la réponse de la nouvelle bourgeoisie d'État soviétique à l'agression économique, politique et idéologique qu'elle subissait de la part des bourgeoisies capitalistes environnantes et concurrentes : " Comme le montre fort bien Arthur Koestler dans Le zéro et l'infini, la dialectique des épurations successives a été sous-tendue par le fait que le Parti et La Patrie du socialisme, l'URSS, étaient entourés d'ennemis. Il fallait donner l'impression d'une forteresse assiégée pour consolider la 'foi' dans le Parti et créer la nostalgie d'une communauté perdue : un patriotisme d'organisation. Cette fiction a bien marché puisque beaucoup d'opposants se sont dénoncés, ont fait leur autocritique ou ont signé des 'aveux' pour défendre le parti. Mais ce qui est assez incroyable, c'est que la tactique qui a fonctionné parfaitement au sein des partis communistes stalinisés de l'entre-deux-guerres a tendance à se perpétuer facilement dans les organisations révolutionnaires aujourd'hui " (1). Nous ajouterions quand à nous que la vague des organisations marxistes-léninistes et maoïstes qui a surgi pendant la crise économique systémique mondiale des années soixante-dix sombra elle aussi dans le salmigondis de la "bolchevisation" (comme l'appel les camarades français), dans la Cour des Miracles du sectarisme, du communalisme et du dogmatisme que Lénine avait pourtant vertement critiqué : " Il est du devoir des militants communistes de vérifier par eux-mêmes les résolutions des instances supérieures du Parti. Celui qui, en politique, croit sur parole est un indécrottable idiot ". (Lénine cité dans Conception du chef génial. Internationalisme, no 25, 1947.) (2)

14) L'organisation prolétarienne révolutionnaire repose sur la nécessité et le devoir du débat économique, politique et idéologique au sein des organisations et sur le droit de constituer des fractions au sein de l'organisation comme l'écrivent les camarades de la Gauche communiste : " Toute l'histoire du mouvement ouvrier, et ses moments les plus riches nous en apportent la preuve, n'a été qu'une continuelle confrontation de groupes et de tendances. " (3) L'organisation prolétarienne révolutionnaire n'est pas, et ne peut pas être, une organisation de masse comprenant des centaines de milliers de membres alors que sévit la toute-puissance du totalitarisme capitaliste monopoliste d'État. Quand l'économie capitaliste connaît des regains de prospérité relative - le mouvement révolutionnaire prolétarien connaît des replis significatifs. Quand l'économie capitaliste monopoliste d'État connaît des poussées de crise, le mouvement révolutionnaire prolétarien connaît des montées de fièvre révolutionnaire importantes. Il est alors à souhaiter que les organisations prolétariennes révolutionnaires parviennent à se hisser à la hauteur idéologique et politique de la mission historique de la classe qu'elles sont censée dirigée.

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15) En 1945, la victoire de l'économie politique et militaire capitaliste monopoliste d'État soviétique (totalitaire), contre l'économie politique et militaire impérialiste germanique (totalitaire), ne transformera pas pour autant cette Seconde Guerre meurtrière en une guerre ouvrière pour la défense de la "patrie" des prolétaires. Le prolétariat n'a pas de "patrie", il n'a que ses chaînes à défaire, notamment ses chaînes "patriotiques et nationalistes". Du point de vue de l'empire de toutes les Russies, le Parti "national" bolchevique avait raison d'appeler ce conflit la Grande Guerre Patriotique Multinationale car ce combat n'était pas la bataille du prolétariat soviétique internationaliste (en création dans les usines d'état monopolistes sous les mots d'ordre productivistes et stakhanovistes). Ce conflit était celui de la résistance des peuples et des bourgeois soviétiques multinationaux luttant avec acharnement pour conserver leur nouvel État-nation industrialisé et modernisé, créer en accéléré par des "communistes" désorientés. Une étape nécessaire et incontournable pour la préparation de la révolution prolétarienne à venir quand les prolétaires seront massivement majoritaires.

16) Du point de vue marxiste prolétarien, la guerre civile nationaliste-patriotique de la 2e République bourgeoise espagnole a constitué le prélude à la Grande Guerre Patriotique Soviétique de 1941. En 1936, ce sont les soldats nationalistes patriotiques espagnols, dirigés par Franco, qui assassinèrent leurs frères de classe républicains nationalistes-patriotiques soutenus par les puissances impérialistes de l’Ouest (comprenant l'URSS). Ce furent les troupes républicaines du Gouvernement bourgeois de Madrid qui exterminèrent leurs frères de classe qui étaient soutenus par les puissances impérialistes de l’Axe. Le mouvement ouvrier mondial était alors trois ans avant le Traité de non-agression germano-soviétique (1939 - un premier retournement d'alliances) et cinq ans avant l’Opération Barberousse (1941 - et un second retournement d'alliances); sept ans avant la dissolution de l'Internationale communiste (1943) et neuf ans avant les accords impérialistes de Yalta et de Potsdam (1945) et le partage du monde entre puissances impérialistes triomphantes et toujours concurrentes - ce qu'attestera la Guerre froide inter-impérialiste par la suite. Autant d'événements économiques, politico-militaires et diplomatiques ne contribuant en rien à la révolution prolétarienne quoiqu'en disent les exégètes du stalinisme (4).

17) Après les accords impérialistes de Yalta et de Potsdam (1945), l'empire de toutes les Russies s'étendra encore davantage, jusqu'aux portes de l'Adriatique, vers l'Elbe, vers la Baltique, sur une partie de la Finlande et sur les îles Kouriles après l'entrée en guerre non provoquée contre l'impérialisme japonais (5). Nous savons maintenant ce qu'il adviendra de ces conquêtes éphémères pour l'empire russo- soviétique. Dès 1989, l'anachronique Mur de Berlin sera détruit, symbole de la déchéance de cette alliance économique branlante (Comecon 1949-1991) empêtrée dans ses contradictions économiques d'abord, politiques, sociales et militaires ensuite. Chacun devrait conclure que le capitalisme monopoliste d'État soviétique s'est avéré moins efficient - moins productiviste - moins aptes à valoriser et à faire circuler le capital en accéléré, moins capable de produire de la plus-value que le capitalisme monopoliste "libéral" financiarisé, globalisé et mondialisé. La preuve économique étant faite l'effondrement de l'État monopoliste soviétique et de ses satellites en sanctionna le verdict (6).

18) Toutefois, aussi tôt qu'en 2008, la variante soi-disant "libérale" des rapports de production capitalistes en phase impérialiste connaîtra des secousses sismiques d'envergure internationale qui ne seront que les prémices de plus grandes à venir. Cet effondrement inéluctable sera cependant infiniment plus catastrophique, car ce mode de production décadent est au terme de sa déchéance et ne peut envisager sa survie temporaire qu'à travers une guerre thermonucléaire.

19) La Seconde Guerre mondiale fut la réponse du mode de production capitaliste à la crise économique de 1929, tout comme la Première Grande Guerre mondiale avait été la réponse du mode de production capitaliste à la crise économique de la fin du XIXe siècle. Sous le mode de production capitaliste (MPC) une guerre n'est jamais fondamentalement idéologique, ethnique, raciale, religieuse, morale, sociale, nationale. Sous le mode de production capitaliste, une guerre est toujours le résultat des contradictions économiques profondes qui se répercutent dans les rapports de production des classes sociales antagonistes. C'est alors que ces guerres de rapines et de partage des zones d'influence prennent des apparences de conflits ethniques, culturels, religieux, moraux, sociaux et nationalistes.


Chapitre 3 DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE À LA PROCHAINE INÉVITABLE (3)




(Les semaines précédentes, nous avons traité de la Révolution d'octobre en Russie. Le texte est disponible à cette adresse : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/de-la-revolution-doctobre-a-la-seconde-guerre-mondiale/ Puis, nous avons approfondi la question de la Seconde Guerre mondiale dont le texte est ici : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/206279/
Cette semaine nous traitons des plus récentes guerres impérialistes et de celle à venir).


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20) La résurgence de la crise économique systémique du capitalisme moribond amène les puissances d'une alliance impérialiste (Atlantique) à lancer une série de guerres de rapines au Moyen-Orient pétrolier afin d'y contrôler plus directement les sources d'énergies fossiles. Elles assassinent et remplacent les anciens intermédiaires nationalistes locaux trop gourmands ou déviants. Elles se sont butées à une autre puissance impérialiste quand elles ont tenté de remplacer le sous fifres Bachar al Assad en Syrie. Cette succession de guerres de rapines localisées a entraîné la dislocation des rapports sociaux de production dans ces pays intégrés à l'ensemble économique impérialiste globalisée et mondialisée. Le vacuum de la gouvernance étatique bourgeoise provoquée par ces guerres continuelles, dans cette aire géographique fragile et en crise économique sévère (le chômage et la misère étant le lot de la majorité), a provoqué l'émergence d'alternatives tribales, ethniques, grégaires, religieuses, nationalistes, mises de l'avant par différents segments de la bourgeoise et de l'oligarchie princière locale (l'État islamique, le Yémen divisé, l'État kurde, l'État bantoustan-Palestinien, le Soudan chrétien, le Liban segmenté, l'Irak divisé, etc.) soutenus par différentes puissances internationales. Contrairement à ce que prétendent les "conspirationnistes" bourgeois - "chaos et anarchie" ne sont pas les objectifs recherchés, mais sont néanmoins les résultantes de ces menées guerrières entretenues et financées de l'intérieure et de l'extérieure des zones de combats. Guerres et diplomatie ne sont jamais que les prolongements de la politique, elle-même extension de l'économique en crise systémique (7).

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21) Revenons à la Seconde Guerre mondiale dont il est largement question dans l'actualité au moment des célébrations du 70e anniversaire de la victoire impérialiste Soviétique sur l'impérialisme Allemand. Sans aucun doute l'impérialisme soviétique a subi l'assaut le plus important de la part de l'armée germanique. Six millions de soldats ont été déployés à travers la plaine de toutes les Russies, comprenant les unités d'élite du Troisième Reich. Il est compréhensible qu'il en ait été ainsi. C'est bien à partir des richesses confisquées à l'Union de toutes les Russies Soviétiques que l'empire germanique comptait ravitailler son armée, relancer son économie, revitaliser son industrie, se préparer à contrer l'invasion américano-britannique sur le front Ouest et poursuivre son agression contre l'Afrique du Nord. Le capitalisme monopoliste d'État totalitaire russe a réussi à mobiliser toutes les forces de toutes les Russies multiethniques dans la Grande Guerre Patriotique pour sauvegarder le pouvoir du Parti bolchevique sur l'appareil d'État totalitaire et repousser l'envahisseur étranger venu piller, exploiter, pressurer, tuer et saigner à blanc la patrie aux multiples nationalismes.

22) Mission fut accomplie et la barbarie ennemie déchaînée contre les nations de toutes les Russies fut repoussée au prix de multiples sacrifices (26 millions de morts et des millions de blessés). Après la guerre, l'Union des Russies "Socialistes" Soviétiques, en vertu des accords négociés avec ses alliés impérialistes, protégea ses frontières par un glacis de pays asservis. Ces pays, à commencer par la Yougoslavie titiste et la Roumanie de Ceausescu, devaient par la suite tenter de se dégager de cette emprise impérialiste contraignante, croyant que de jouer à la fois sur les tableaux soviétique et américano-britannique pourrait leur être profitable. Aujourd'hui, Vladimir Poutine, digne successeur des apparatchiks soviétiques, poursuit cette politique de maintien d'un glacis de pays soumis aux portes de l'empire encerclé. Les guerres du Caucase, des Balkans, et d'Ukraine en attestent amplement.

23) Indubitablement la Russie est en mode défensif et subit les assauts de l'alliance impérialiste atlantique (OTAN). C'est le prix qu'elle doit payer pour s'être acoquinée avec la nouvelle puissance impérialiste chinoise dont l'ombre menaçante se profile à l'horizon de l'économie politique mondiale. Tout ceci n'empêche pas la Russie et la Chine impérialistes d'étendre leur zone d'influence en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est (8).

24) La Gauche communiste n'a pas à endosser la propagande russe et pas d'avantages à contrecarrer la propagande américaine à propos des événements entourant la Seconde Guerre impérialiste mondiale sur le front Est. Quel est l'intérêt pour la classe prolétarienne révolutionnaire de connaître le quantum de l'effort fourni par chacune des puissances engagées dans cette guerre impérialiste meurtrière ? Ce que la classe ouvrière doit savoir c'est que dans cette guerre comme dans celle qui l'a précédé elle servit de chair à canon pour la défense des intérêts des différentes bourgeoisies et oligarchies nationalistes. Telle fut la nature impérialiste de cette Seconde guerre économique, politique et militaire et tout comme hier les capitalistes nationalistes faisaient campagne pour la défense du totalitarisme "démocratique" contre le totalitarisme "fasciste". Du bilan de ces évènements catastrophiques - allant jusqu'à l'usage de la bombe atomique par l'une des alliances belligérantes (comprenant l'URSS) -, nous devrons dégager des enseignements pour la révolution prolétarienne espérée et contre la guerre thermonucléaire projetée.

25) Spécifions au passage que compte tenu du niveau de développement des moyens de production, des forces productives et des rapports de production parmi les puissances belligérantes la défaite des puissances de l'Axe était inéluctable. Ainsi, l'Allemagne s'avéra incapable de monter un projet militaro-scientifique comme le projet Manhattan (bombe atomique), par lequel, l'impérialisme américain se positionna comme la première puissance hégémonique du siècle à venir. Quand au Japon, il suffit de mentionner qu'il ne produisit aucun nouveau porte-avions ni aucun nouveau grand cuirassé au cours de la guerre - attestant que son effort de guerre démesuré absorbait la quasi totalité des forces vitales de cette économie à peine entrée dans l'économie mondialisée. L'impérialisme américain pour sa part accéléra énormément la production de sa marine de guerre, l'arme privilégiée dans la Guerre du Pacifique. L'énorme puissance économique et militaire américaine alliée à la puissance soviétique formèrent le duo invincible de cette Seconde Guerre impérialiste mondiale. L'après-guerre - la "Guerre froide" - mettra cinquante ans pour départager les capacités de chacune de ces puissances dominantes à survivre à la crise systémique du capitalisme-impérialiste.

26) Pour conclure, deux modes de production antagonistes - capitalisme et socialisme pour l'édification du communisme - ne peuvent coexister ni pacifiquement, ni militairement, ni diplomatiquement, ni autrement. Si l'URSS a survécu pendant soixante-dix années aux côtés du camp impérialiste Atlantique, c'est que l'Union des Russies "Socialistes" Soviétiques était la forme économique, politique, juridique, idéologique, du mode de production et d'échange capitaliste monopoliste dans cette partie du monde. Il semble aujourd'hui que la puissance impérialiste russe se soit trouvé quelques complices (BRICS) avec qui faire alliance en vue de poursuivre sa destinée économique et sociale bourgeoise. Malheureusement, pour les héritiers des bâtisseurs du capitalisme monopoliste "soviétique", quel que soit leur allié impérialiste, le mode de production capitaliste globalisé et mondialisé est moribond et les entraînera jusqu'au fond avec le reste de la société capitaliste en panade.

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27) Vite, que la Gauche prolétarienne révolutionnaire authentique se retire de ce salmigondis et qu'elle revienne à l'essentiel. C'est-à-dire, mieux comprendre le monde économique, politique et idéologique actuel afin d'éclairer la voie de la révolution prolétarienne à venir. Comme la Gauche communiste italienne le fit dans les années trente et suivantes nous affirmons que le programme de la Gauche prolétarienne révolutionnaire est aujourd'hui :

1. De ne pas trahir les principes de l'internationalisme prolétarien. En cette période de crise systémique du capitalisme en phase impérialiste décadente les luttes de libération nationale sont réactionnaire et anti-prolétarienne.
2. Aucun front uni avec les sociaux patriotes, les "antis-fascistes" et les pros-dictature bourgeoises "démocratiques" ne tient la route. La classe prolétarienne est la seule classe sociale révolutionnaire conséquente et tout autre classe ou fragment de classe qui souhaite contribuer à l'insurrection prolétarienne doit se mettre sous la direction, sans condition, de la classe prolétarienne.
3. La classe prolétarienne n'a pas à fédérer ou à assumer les revendications réformistes des autres classes ou sections de classes sociales paupérisées dans le cours de la crise systémique dégénérative du capitalisme moribond.
4. Partout dans le monde globalisé et mondialisé la seule façon de stopper la marche à la guerre et au totalitarisme d'État bourgeois c'est de promouvoir l'insurrection et la révolution prolétarienne mondiale. Il n'y a plus aucune place pour les pleurnichages opportunistes ni les supputations réformistes. L'heure est au rappel de la troupe pour mener des escarmouches préparant l'insurrection générale.
5. Tirons les bilans des échecs de la vague révolutionnaire des années vingt, de la Révolution bolchevique en particulier; de la vague révolutionnaire d'après-guerre, de la Révolution chinoise en particulier (1949); de la vague prérévolutionnaire des années soixante et soixante-dix, de la guerre du Vietnam en particulier (1973); pour élaborer les leçons appropriées afin qu'elles servent de fondement idéologique marxiste aux nouveaux partis qui surgiront inévitablement dans la résurgence du mouvement prolétarien spontané qui ne fait que commencer (9).
6. Comment la Gauche prolétarienne révolutionnaire parviendra-t-elle à transformer le mouvement insurrectionnel prolétarien spontané en révolution prolétarienne consciente pour amener cette classe à accomplir sa mission historique maintenant - ou dans cinquante ans ? Voilà ce qui nous préoccupe (10).


La semaine prochaine: LES CONDITIONS DE LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE

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(1) Groupe Internationale de la Gauche communiste. Contribution à une histoire du mouvement révolutionnaire. La dégénérescence de l'IC : le cas du Parti communiste français (1924-1927). Page 32. http://igcl.org/La-degenerescence-de-l-IC-43
(2) Groupe Internationale de la Gauche Communiste. Contribution à une histoire du mouvement révolutionnaire. La dégénérescence de l'IC : le cas du Parti communiste français (1924-1927). Page 33. http://igcl.org/La-degenerescence-de-l-IC-43
(3) Groupe Internationale de la Gauche Communiste. Contribution à une histoire du mouvement révolutionnaire. La dégénérescence de l'IC : le cas du Parti communiste français (1924-1927). Page 36. http://igcl.org/La-degenerescence-de-l-IC-43 Aussi
Sur la nature et la fonction politique du parti politique du prolétariat. In Internationalisme. No 38. Gauche Communiste de France. 1948. Réédité 2012.
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_de_Yalta et http://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_de_Potsdam et http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Espagne
(5) http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/kouriles
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_d%27assistance_%C3%A9conomique_mutuelle
(7) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/la-finalite-le-chaos-pas-la-victoire/
(8) Quelques activités des BRICS http://www.solidariteetprogres.org/zepp-larouche-lima-nouvelle-route-de-la-soie.html
(9) Courant Communiste International. Septembre 1998. La Gauche communiste et la continuité du marxisme. 24 pages, réédité par le CIM en mai 2010. Montréal. http://www.fractioncommuniste.org/
(10) Bibeau, Robert. (2014). Manifeste du Parti ouvrier. Publibook. Paris. http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520


à lire sur :


* http://www.les7duquebec.com/7-au-front/les-revolutions-du-xxe-siecle/
** http://www.les7duquebec.com/7-au-front/de-la-revolution-doctobre-a-la-seconde-guerre-mondiale/
*** http://www.les7duquebec.com/7-au-front/206279/
**** http://www.les7duquebec.com/7-au-front/de-la-seconde-guerre-mondiale-a-la-prochaine-inevitable-3/

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http://www.les7duquebec.com
DUROC
Militant de valeur
272 messages postés
   Posté le 04-06-2015 à 17:38:47   Voir le profil de DUROC (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à DUROC   

Comment Bibeau peut-il parler d''impérialisme soviétique dans le cadre de la seconde guerre mondiale ? Et qu'est-ce que c'est que cette " Union de toutes les Russies Soviétiques " pour désigner l'URSS ?
Cet " intellectuel " se révèle de plus en plus comme un trotskiste ultra.
Encore un dont la mission est de semer le trouble dans le courant de l'offensive idéologique anticommuniste de la bourgeoisie. Les uns diabolisent le socialisme de l' URSS de Staline, d'autres nient que le socialisme a existé avec succès. Mais tous crachent sur l'oeuvre du Parti Communiste (Bolchévique) d'Union Soviétique.
De tels cocos ne méritent que le mépris des communistes.

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marquetalia
Grand classique (ou très bavard)
6816 messages postés
   Posté le 04-06-2015 à 18:07:16   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

selon Robet Bibeau Staline aurait "concrétisé le révisionnisme bolchevique";donc,robertbibeau est effectivement un trotskyste.

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Eric
Jeune Communiste
160 messages postés
   Posté le 05-06-2015 à 11:10:04   Voir le profil de Eric (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Eric   

Oui , j'en ai marre aussi de recevoir sa propagande dans ma boite .
S'il peut arrêter de me l'envoyer je lui en serai reconnaissant .
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