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Xuan
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   Posté le 24-02-2018 à 00:11:59   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon :
L'Ere du peuple, petite association et grosses factures


France Info
La campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon a-t-elle donné lieu à des surfacturations au profit de structures proches des Insoumis ? C’est sur une petite association baptisée L'Ere du peuple que se concentre la plupart des soupçons.

Cellule Investigation de Radio France
Sylvain Tronchet
Elodie Guéguen
Radio France
Mis à jour le 22/02/2018 | 06:12
publié le 22/02/2018 | 06:12


Des structures dirigées par des proches de Jean-Luc Mélenchon ont-elles surfacturé leurs services pendant la dernière campagne présidentielle et bénéficié du remboursement de l’État ? Plusieurs centaines de milliers d’euros de factures posent question. Franceinfo a enquêté sur ces étranges factures de campagne.

C’est sur une petite association, baptisée L'Ere du peuple, que se concentre la plupart des soupçons. Elle a été créée par trois proches de Jean-Luc Mélenchon (son directeur de cabinet de l’époque, Laurent Mafféïs, et les actuels députés La France insoumise Mathilde Panot et Bastien Lachaux), le 29 décembre 2015. A ce moment-là, la campagne pour la présidentielle n’a pas encore débuté. Mais dans tous les partis, on prépare le terrain. La garde rapprochée de Jean-Luc Mélenchon dépose auprès de la préfecture de police de Paris les statuts d’une nouvelle structure associative dont l’objet est de "servir de support technique et logistique à toutes les initiatives prises au service des idées développées par Jean-Luc Mélenchon pour réaliser la 'révolution citoyenne'". L’Ere du peuple sera la base arrière du candidat Mélenchon. La première pierre du mouvement des Insoumis. Elle deviendra aussi, quelques mois plus tard, un prestataire très onéreux.

Une campagne très lucrative
Les doutes sont nourris par les rapporteurs de la Commission des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) qui ont soigneusement, des mois durant, épluché les comptes de campagne du candidat Mélenchon. La petite association a facturé au candidat, pendant la présidentielle, pour près de 450 000 euros de "prestations matérielles et intellectuelles". Certains de ces services auraient pu être surfacturés.

Plusieurs points suscitent des interrogations. Deux des trois dirigeants de L'Ere du peuple, Mathilde Panot (secrétaire) et Bastien Lachaud (trésorier), étaient aussi salariés de l’association. La première avait le titre de "chef de projets", le second celui de "responsable de projet de communication". Or, Mathilde Panot et Bastien Lachaud font tous les deux partie du staff de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Dans l’organigramme, Bastien Lachaud est le "coordonnateur des actions de campagne et événements". Mathilde Panot, elle, est chargée de coordonner "l'animation des groupes d’appui".

Externalisation des embauches
Si Bastien Lachaud et Mathilde Panot ont exclusivement travaillé pour la campagne de Jean-Luc Mélenchon entre le printemps 2016 et le printemps 2017, pourquoi n’ont-ils pas été directement employés par le candidat à travers son association de financement ? Pourquoi les avoir d’abord fait employer par L'Ere du peuple ? En fait, il apparaît qu’en refacturant les prestations au candidat, l’association "L’Ere du peuple" s’est constituée de jolies marges. Pour l’emploi de Bastien Lachaud, elle a fait payer au candidat Mélenchon la somme de 129 920 euros, pour 1 856 heures de travail. Or, Bastien Lachaud n’a touché "que" 29 976 euros. En retranchant le salaire de Lachaud, l’opération a donc rapporté près de 100 000 euros à l’association.

Le constat est le même pour l’emploi de Mathilde Panot. La chef de projets était rémunérée 2 208 euros brut par mois par L'Ere du peuple. Pour 1 725 heures de travail au service de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, elle a touché 11 040 euros brut. Mais ce sont 87 150 euros qui ont été refacturées par L’Ere du peuple au candidat. Une somme multipliée par 7,8.

Le cas de M.H. a également posé problème à la CNCCFP. Ce régisseur de la campagne de Jean-Luc Mélenchon était lui aussi employé par le biais de l’association. Selon des documents que nous avons pu consulter, il a été payé 16 500 euros brut pour sa participation à la campagne. Mais, là encore, L’Ere du peuple a facturé une somme bien plus importante au candidat Mélenchon : 42 000 euros. Pour les rapporteurs qui ont examiné les factures et les contrats, il y a plus troublant encore : le régisseur bénéficiait d’un "emploi aidé" et 4 950 euros de son salaire pendant la présidentielle ont été pris en charge par l’État. La somme a pourtant été entièrement refacturée au candidat Mélenchon.

La Commission des comptes de campagne s’est aussi penchée sur le cas de M.D., le responsable des "cars insoumis" pendant la campagne. Sur le réseau social Linkedin, il indique dans son CV qu’il a été en stage à la France insoumise entre janvier et avril 2017. Mais selon nos informations, c’est bien L’Ere du peuple qui a facturé ses services au candidat Mélenchon : 4 000 euros pour 400 heures de travail. M.D. a pourtant "seulement" touché pour la campagne 1 900 euros brut.

Des dépenses réformées
La CNCCFP a interrogé le candidat Mélenchon sur ces différentiels. Mais les réponses obtenues n’ont pas été jugées probantes. La Commission a ainsi décidé de réformer une partie des prestations intellectuelles facturées par L’Ere du peuple. La Commission s’en explique ainsi ans ses conclusions publiées au Journal officiel le 13 février 2018 : "L’examen des pièces justificatives produites" pour le personnel de l’association L’Ere du peuple "montre que les sommes facturées au mandataire comprenaient d’une part, les salaires augmentés des charges pour les trois salariés ainsi que la gratification pour le stagiaire et, d’autre part, une majoration variable selon les personnes concernées. En l’absence d’élément de nature à justifier ces majorations, seul le montant des salaires chargés versés par l’association l’Ere du Peuple peut ouvrir droit au remboursement forfaitaire de l’Etat."

Interrogé par la cellule Investigation de Radio France, François Logerot, le président de la CNCCFP résume : "Ces facturations à l’équipe de campagne ne nous ont pas paru justifiées par une valeur ajoutée, un service supplémentaire apporté par l’association L’Ere du peuple." Rien que pour ces "prestations intellectuelles", la CNCCFP a refusé à Jean-Luc Mélenchon le remboursement public de 152 688 euros. D’après nos informations, les rapporteurs ont aussi tiqué sur le coût du matériel informatique loué par L'Ere du peuple à Jean-Luc Mélenchon. En effet, ils ont constaté que le prestataire avait facturé au candidat, à prix coûtant, la location de matériel qui lui aurait été donné… Résultat : la Commission des comptes de campagne a choisi de réformer pour 41 000 euros de factures de matériel.

Sans qu’ils le mentionnent dans leur décision, les rapporteurs se sont aussi interrogés sur de possibles irrégularités fiscales. L’association L’Ere du peuple aurait exercé une activité commerciale durant la campagne présidentielle, mais sans s’acquitter de la TVA. Pourquoi le candidat Mélenchon – via son association de financement – est-il passé par une structure annexe pour salarier des permanents de campagne ? Nous avons tenté d’interroger sur tous ces points les des différents responsables de L’Ere du peuple, son actuel président, le conseiller d’Etat Bernard Pignerol – dont Jean-Luc Mélenchon aurait bien fait son secrétaire général à l’Elysée en cas de victoire - , les députés Bastien Lachaud et Mathilde Panot. Ainsi que les représentants de La France insoumise et de l’association de financement de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. A l’heure où nous publions, nous n’avons pas obtenu de retour. Dans un droit de réponse adressé à nos confrères de Mediapart, publié le 20 février 2018, Jean-Luc Mélenchon indique que la CNCCFP a "validé (s)on compte. Celui-ci est donc sincère et régulier". Le leader de La France insoumise ajoute qu’il "réfute les déclarations laissant croire que nous aurions tenté de solliciter le remboursement de prestations fictives (…)".

Possible infraction fiscale
Interrogé sur ce point, le président de la CNCCFP, François Logerot, n’exclut pas, après concertation, de faire un signalement auprès de l’administration fiscale ou de l’autorité judiciaire. "Le problème se pose surtout, semble-t-il, sur le terrain de la fiscalité puisque cette association n’ayant pas déclaré d’opérations commerciales, elle n’était pas soumise à la TVA. Ceci regarde donc l’administration fiscale. Au-delà, sur le plan pénal, il est pour l’instant impossible de dire si cette opération représentait une infraction". Avant de préciser : "Mais c’est un point que nous étudierons".

Selon des juristes que nous avons consultés, la prise en charge par une association prestataire de salariés de la campagne de Jean-Luc Mélenchon pourrait s’apparenter à un prêt de main d’œuvre illicite.

ENQUÊTE FRANCEINFO. Les étranges factures de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon


Edité le 24-02-2018 à 00:13:44 par Xuan




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   Posté le 16-08-2018 à 13:08:38   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Règlements de compte chez les bobos de gauche


Où il apparaît que l'enfer est pavé de bonnes intentions mais que sans un parti communiste organisé suivant le centralisme démocratique, le rassemblement informel aboutit à la promotion des ambitions personnelles, des querelles d'ego et des tripatouillages financiers.

http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2018/08/15/au-media-le-grand-deballage-se-poursuit_5342719_3236.html

Au « Média », le grand déballage se poursuit
La nouvelle direction et ses opposants s’affrontent via les réseaux sociaux. Dimanche, c’est l’un des cofondateurs, Gérard Miller, qui s’est exprimé sur sa page Facebook.

LE MONDE - 15.08.2018 à 14h37-
Par François Bougon

Au Média, c’est l’heure du grand déballage. Qui parfois tourne à l’invective, par comptes Twitter et Facebook interposés. Après les révélations de la presse sur les accusations portées par la nouvelle direction à l’encontre de l’une des cofondatrices, Sophia Chikirou – poussée à la démission en juillet –, les protagonistes multiplient communiqués et prises de position. Les uns dénoncent une tentative de putsch et des règlements de comptes, les autres cherchent à éteindre la polémique tout en évitant une possible hémorragie des « socios », ces abonnés qui constituent la source principale de financement du média alternatif de gauche, lancé en janvier.

Tout d’abord, l’un des cofondateurs, le psychanalyste Gérard Miller, qui a décidé de prendre du recul en démissionnant de la présidence de l’association, a publié un long texte, dimanche 12 août sur le compte Facebook des « socios », où il s’adresse directement à Sophia Chikirou – appelée à rejoindre la campagne de La France insoumise (LFI) pour les élections européennes –, rappelant leurs anciens liens d’amitié :

« Pendant un an, sans mégoter une seule fois et comme tant d’autres, je t’ai accompagnée, encouragée, défendue, tu étais LA présidente du “Média “, et tu ne pourrais pas supporter qu’Aude [Lancelin, la journaliste désormais présidente de l’entreprise de presse] ait tout simplement la possibilité de faire ses preuves ! “J’aurais dû créer le Média toute seule”, as-tu dit un jour de colère. Peut-être, mais tu l’as créé avec nous et avec des milliers de Socios — aide-le à survivre plutôt que de contribuer à le tuer. C’est toi qui as décidé de partir, arrête de considérer a priori que rien de bon ne peut te survivre. »

Il aborde également le sujet qui fâche : l’argent que réclame Sophia Chikirou au Média pour le compte de sa société de communication Mediascop correspondant à ses prestations de « direction conseil et stratégique ». Ces dernières étaient encadrées, affirme-t-elle, par une convention dont avaient connaissance les deux autres cofondateurs, Gérard Miller et Henri Poulain. Deux demandes de virement, pour un montant total de 130 000 euros, ont été présentées à la banque fin juillet, dont la deuxième a été refusée.

« C’est toi et personne d’autre qui as signé le chèque »

« Je n’ai jamais entendu parler de la convention liant le “Média” à Mediascop, convention dont tu fais état dans différents messages, et je ne souhaite pas que tu me mêles à ça. Idem quand tu expliques que le règlement de la première facture de Mediascop s’est fait sans problème, laissant là encore entendre je ne sais quel accord de ma part ou de celle des autres membres du comité de pilotage. Je ne veux pas aller sur ce terrain et je n’irai pas : tu étais présidente de la Société de production, tu as établi puis reçu cette première facture de Mediascop, c’est toi et personne d’autre qui as signé le chèque correspondant et c’est toi et personne d’autre qui l’as encaissé — point final. »

Enfin, M. Miller, qui promet d’« en finir avec l’opacité » qui caractérisait, selon lui, l’époque Chikirou, enjoint aux « socios » de donner du temps au temps et de laisser Aude Lancelin et son équipe leur présenter le nouveau projet : le JT quotidien, qui phagocytait les énergies, devrait être supprimé et l’accent mis sur l’investigation et le décryptage des médias. Mais, au sein de la rédaction, les divisions sont tout aussi vives. Et elles sont étalées sur les réseaux sociaux.

La Société des journalistes (SDJ) du Média a été la première à s’exprimer. Dans son texte, elle revient notamment sur les accusations portées par un des journalistes, Serge Faubert, qui, interrogé par Le Monde, avait dénoncé « une chasse aux sorcières [faisant] curieusement écho à des tentatives communautaires ou identitaires au sein de la rédaction ». « Nous aurions pu imaginer entendre cette position de la part d’un journaliste de Valeurs actuelles, pas du Média, ce qui nous choque terriblement. La SDJ fera de la reconnaissance du pluralisme et de la diversité dans notre rédaction un combat et s’oppose à toute velléité de les étouffer ou de les nier. Quant à ceux et celles qui craignent un “changement d’identité”, nous leur répondons que nous sommes fier-ère-s de la diversité présente au sein de notre rédaction » , réagit la SDJ, tout en appelant de ses vœux un Média « réellement démocratique et transparent, avec la participation des socios ». Elle nie également toute « purge anti-FI » (La France insoumise).

http://twitter.com/sdj_lemedia/status/1029394435757490176/photo/1?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1029394435757490176&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.lemonde.fr%2Factualite-medias%2Farticle%2F2018%2F08%2F15%2Fau-media-le-grand-deballage-se-poursuit_5342719_3236.html

Mais, en réponse, Serge Faubert et trois autres journalistes et chroniqueur (Julie Maury, Léonard Vincent et Alexis Poulain) ont cosigné un texte dans lequel ils dénient toute légitimité à la SDJ, qualifiée d’ « instrument pour la prise de pouvoir sur les sociétés du Média par une nouvelle direction » . Désapprouvant la fin annoncée du JT, ils s’inquiètent de la nomination du président de la SDJ, Théophile Kouamouo, au poste de « rédacteur en chef pour les questions d’actualité » : « Rappelons que c’est lui qui était le présentateur le jour où a été annoncé “un blessé grave à Tolbiac”, information qui s’est avérée fausse. »

http://twitter.com/Poulin2012/status/1029418766361354241/photo/1?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1029418766361354241&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.lemonde.fr%2Factualite-medias%2Farticle%2F2018%2F08%2F15%2Fau-media-le-grand-deballage-se-poursuit_5342719_3236.html

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